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Liste
8951
p. 176-177
ESPAGNE.
Début :
Le Roi a envoyé ordre aux Gouverneurs des provinces limitrophes [...]
Mots clefs :
Madrid, Tarifa, Tremblement de terre, Secours, Provisions, Argent, Dégâts, Secousses, Effondrement d'une montagne, Inondations
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
E S P A G N E.
D E M A D R 1 D , le 27 Novembre.
Le Roi a envoyé ordre aux Gouverneurs des
rovinces limitrophes au Portugal, de fournir aux
† tous les ſecours de vivres & d'argent
† pourroit leur procurer. Indépendamment
e cela, Sa Majeſté a fait expédier pluſieurs cou
riers avec des§conſidérables, afin que le
Secrétaire du feu Comte de la Perelada†
buât aux habitans de Liſbonne , qui ont été rui
nés par le déſaſtre qu'a #cette ville. Il n'y a
preſque aucune partie des deux Royaumes de Sa
Majeſté Très-Fidele, qui ne ſe ſoit reſſentie des
effets du tremblement de terre. Les villes de Por
to, de Santarem, de Guimaraens , de Bragance,
de Viana, de Lamego, deSintra , de Villaréal ,
|
J A N V I E R. 1756. 177
de Caſtellobranco, de Beja, de Portalegre, d'El
vas & de Taveira, préſentent , chacune en par
ticulier , de triſtes veſtiges du dégât que les ſe
conſſes y ont cauſé. Pluſieurs montagnes, entre
autres l'Eſtrella , l'Arrabida , le Marvan, & le
Monte Junio, ont été fortement ébranlées.Quel
ques-unes ſe ſont entr'ouvertes. La crue extraor
dinaire des eaux du Tage, de la Guadiana , du
Minho & du Douro, a produit des inondations ,
qui ont interrompu preſque toute communica
tion entre les différentes provinces.
D E T A R 1 F F A , le 19 Novembre,
Si l'on en croit diverſes lettres , les ſecouſſes
ont été encore plus violentes à Gibraltar que dans
toutes les autres villes de cette côte Une partie
de la montagne voiſine du port s'eſt écroulée ſuz
la ville , & y a cauſé un grand dommage.
D E M A D R 1 D , le 27 Novembre.
Le Roi a envoyé ordre aux Gouverneurs des
rovinces limitrophes au Portugal, de fournir aux
† tous les ſecours de vivres & d'argent
† pourroit leur procurer. Indépendamment
e cela, Sa Majeſté a fait expédier pluſieurs cou
riers avec des§conſidérables, afin que le
Secrétaire du feu Comte de la Perelada†
buât aux habitans de Liſbonne , qui ont été rui
nés par le déſaſtre qu'a #cette ville. Il n'y a
preſque aucune partie des deux Royaumes de Sa
Majeſté Très-Fidele, qui ne ſe ſoit reſſentie des
effets du tremblement de terre. Les villes de Por
to, de Santarem, de Guimaraens , de Bragance,
de Viana, de Lamego, deSintra , de Villaréal ,
|
J A N V I E R. 1756. 177
de Caſtellobranco, de Beja, de Portalegre, d'El
vas & de Taveira, préſentent , chacune en par
ticulier , de triſtes veſtiges du dégât que les ſe
conſſes y ont cauſé. Pluſieurs montagnes, entre
autres l'Eſtrella , l'Arrabida , le Marvan, & le
Monte Junio, ont été fortement ébranlées.Quel
ques-unes ſe ſont entr'ouvertes. La crue extraor
dinaire des eaux du Tage, de la Guadiana , du
Minho & du Douro, a produit des inondations ,
qui ont interrompu preſque toute communica
tion entre les différentes provinces.
D E T A R 1 F F A , le 19 Novembre,
Si l'on en croit diverſes lettres , les ſecouſſes
ont été encore plus violentes à Gibraltar que dans
toutes les autres villes de cette côte Une partie
de la montagne voiſine du port s'eſt écroulée ſuz
la ville , & y a cauſé un grand dommage.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 27 novembre, le roi d'Espagne a ordonné aux gouverneurs des provinces frontalières du Portugal de fournir des secours en vivres et en argent aux victimes du tremblement de terre qui a frappé Lisbonne. Plusieurs courriers ont été envoyés pour transmettre des aides financières aux habitants de Lisbonne. Les effets du séisme se sont fait sentir dans presque toutes les parties des royaumes de Sa Majesté Très-Fidèle. Les villes de Porto, Santarem, Guimaraens, Bragance, Viana, Lamego, Sintra, Villaréal, Castellobranco, Beja, Portalegre, Elvas et Taveira montrent des signes de destruction. Plusieurs montagnes, dont l'Estrella, l'Arrabida, le Marvan et le Monte Junio, ont été ébranlées et certaines se sont ouvertes. La crue extraordinaire des rivières Tage, Guadiana, Minho et Douro a provoqué des inondations, interrompant les communications entre les provinces. Le 19 novembre, des lettres rapportent que les secousses à Gibraltar ont été plus violentes qu'ailleurs, causant l'effondrement d'une partie de la montagne voisine du port et des dommages importants.
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8952
p. 177-179
ITALIE.
Début :
On essuya ici la nuit du 7 au 8 un orage [...]
Mots clefs :
Rome, Naples, Milan, Schaffhouse, Orage, Congrégation de missionnaires, Chevalier de Polastron, Bataille navale, Débordement du Pô, Dégâts, Fonte des neiges, Crue
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME , le 15 Novembre.
On effuya ici la nuit du au un orage furrieux.
Le tonnerre tomba fur le Monaftere de Ste
Anne de Catenari, & y fit beaucoup de ravage. II
tomba auffi dans la Galerie du Palais Colonna
di Sciarra ; mais le dommage qu'il y a caufé , eft
peu confidérable. Deux Eccléfiaftiques font venus
de la province de la Capitanate pour faire ap
prouver par le Pape le deffein qu'ils ont d'établir
une nouvelle Congrégation de Miffionnaires.
Le Corfaire Algérien , dont le Chevalier de Polaftron
s'eft emparé , étoit monté de quatorze
canons & de vingt pierriers . Son équipage étoit
composé de cent dix Turcs ou Mores. Trente-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
quatre ont été tués . Les autres , parmi lesquels il
ya trente-fix bleffés , ont été faits efclaves. Le
Chevalier de Polaftron n'a eu fur fon bord que
deux hommes tués , & quatre bleffés.
DE NAPLES , le 15 Novembre.
On effuya ici ces jours derniers un orage fi térrible
, qu'on ne fe fouvient point d'en avoir vu de
femblable. La grêle étoit d'une groffeur extraordinaire
, & il s'eft trouvé des grains qui peſoient
jufqu'à dix onces.
DE MILAN , le 18 Novembre.
On reçoit journellement les triftes détails du
ravage , que le débordement du Po a caufé dans la
Lombardie Autrichienne & dans les pays voifins.
La ville de Cazal- Major a couru rifque d'une fubmerſion
totale. Il a fallu que la Garnifon , pendant
plufieurs jours , luttât contre l'impétuofité
des eaux ; foit en leur oppofant des digues , foit
en faifant des coupures , pour leur procurer des
écoulemens. Il en a été prefque de même à Ferrare.
Dans le Parmeſan & le Plaiſantin tout le
plat pays a été inondé. Plufieurs perfonnes ont
été noyées , & dans une feule maiſon il en a péri
quatorze. Les villages de Montecelli , de Pancegiano
, de San Lazaro , de San Pedretto , de Caf
telrettro & de San Giuliano , font fous les eaux,
DE SCHAFFOUSE , le 20 Novembre.
Les vents du Sud & d'Oueft ont fait fondre fi
fubitement les neiges , qu'il eft tombé des montagnes
une infinité de torrens , qui ont emporté
dix-neuf moulins & plus de trente ponts. Cet ac
JANVIER. 179 1756 .
cident a couté la vie à un grand nombre d'habi
tans de la campagne.
DE ROME , le 15 Novembre.
On effuya ici la nuit du au un orage furrieux.
Le tonnerre tomba fur le Monaftere de Ste
Anne de Catenari, & y fit beaucoup de ravage. II
tomba auffi dans la Galerie du Palais Colonna
di Sciarra ; mais le dommage qu'il y a caufé , eft
peu confidérable. Deux Eccléfiaftiques font venus
de la province de la Capitanate pour faire ap
prouver par le Pape le deffein qu'ils ont d'établir
une nouvelle Congrégation de Miffionnaires.
Le Corfaire Algérien , dont le Chevalier de Polaftron
s'eft emparé , étoit monté de quatorze
canons & de vingt pierriers . Son équipage étoit
composé de cent dix Turcs ou Mores. Trente-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
quatre ont été tués . Les autres , parmi lesquels il
ya trente-fix bleffés , ont été faits efclaves. Le
Chevalier de Polaftron n'a eu fur fon bord que
deux hommes tués , & quatre bleffés.
DE NAPLES , le 15 Novembre.
On effuya ici ces jours derniers un orage fi térrible
, qu'on ne fe fouvient point d'en avoir vu de
femblable. La grêle étoit d'une groffeur extraordinaire
, & il s'eft trouvé des grains qui peſoient
jufqu'à dix onces.
DE MILAN , le 18 Novembre.
On reçoit journellement les triftes détails du
ravage , que le débordement du Po a caufé dans la
Lombardie Autrichienne & dans les pays voifins.
La ville de Cazal- Major a couru rifque d'une fubmerſion
totale. Il a fallu que la Garnifon , pendant
plufieurs jours , luttât contre l'impétuofité
des eaux ; foit en leur oppofant des digues , foit
en faifant des coupures , pour leur procurer des
écoulemens. Il en a été prefque de même à Ferrare.
Dans le Parmeſan & le Plaiſantin tout le
plat pays a été inondé. Plufieurs perfonnes ont
été noyées , & dans une feule maiſon il en a péri
quatorze. Les villages de Montecelli , de Pancegiano
, de San Lazaro , de San Pedretto , de Caf
telrettro & de San Giuliano , font fous les eaux,
DE SCHAFFOUSE , le 20 Novembre.
Les vents du Sud & d'Oueft ont fait fondre fi
fubitement les neiges , qu'il eft tombé des montagnes
une infinité de torrens , qui ont emporté
dix-neuf moulins & plus de trente ponts. Cet ac
JANVIER. 179 1756 .
cident a couté la vie à un grand nombre d'habi
tans de la campagne.
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Résumé : ITALIE.
Le 15 novembre, Rome a subi un violent orage endommageant le monastère de Sainte-Anne de Catenari et la Galerie du Palais Colonna di Sciarra. Deux ecclésiastiques de la province de la Capitanate sont arrivés à Rome pour obtenir l'approbation papale afin de créer une nouvelle congrégation de missionnaires. Le Chevalier de Polastron a capturé un corsaire algérien armé de quatorze canons et vingt pierriers, avec un équipage de cent dix Turcs ou Maures. Trente-quatre d'entre eux ont été tués, et les autres, dont trente-six blessés, ont été réduits en esclavage. Le Chevalier de Polastron a perdu deux hommes et en a eu quatre blessés. À Naples, un violent orage avec des grêlons pesant jusqu'à dix onces a été signalé. À Milan, le débordement du fleuve Po a causé des ravages en Lombardie autrichienne et dans les régions voisines, menaçant notamment la ville de Casal-Maggiore. À Ferrare, la situation était similaire. Dans les régions de Parmesan et Plaisantin, plusieurs personnes ont été noyées, et quatorze personnes ont péri dans une seule maison. Les villages de Montecelli, Pancegiano, San Lazaro, San Pedretto, Castelletto et San Giuliano étaient submergés. À Schaffhouse, le 20 novembre, des vents du sud et de l'ouest ont fait fondre rapidement les neiges, provoquant des torrents qui ont emporté dix-neuf moulins et plus de trente ponts, causant la mort de nombreux habitants de la campagne.
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8953
p. 179-182
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Les Communes délibérerent le 21 Novembre en grand Comité sur le [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Ministres étrangers, Landgrave de Hesle-Cassel, Vaisseaux, Octroi de fonds
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le 11 Decembre.
Les Communes délibérerent le 21 Novembre
en grand Comité fur le fubfide , & elles accorderent
au Roi cinquante mille Matelots , en
y comprenant cinq mille cent trente- huit foldats
de marine. Le 26 , cette Chambre régla qu'on
leveroit quatre fchelings par livre fterling fur les
revenus des terres dans toute l'étendue de la Grande-
Bretagne , & que les droits fur la Dréche ſeroient
continués pendant l'année prochaine. Les
traités conclus avec l'Impératrice de Ruffie &
avec le Landgrave de Heffe Caffel furent remis â
la Chambre des Seigneurs par le Comte de Holderneff
, & à celle des Communes par M. Fox .
L'une & l'autre Chambre ont renvoyé à la quinzaine
l'examen de ces traités , & elles ont ordonné
que tous les membres feroient fommés d'y
affifter.
Plufieurs des Miniftres Ettangers furent le 25
Novembre en conférence avec les Miniftres du
Roi. La Compagnie des Indes Orientales tint le
26 une affemblée générale. Il y fut décidé que le
Dividende fur fon fonds capital , à compter du
commencement du mois de Janvier 1756 , feroit
réduit de huit à fix pour cent. Dans une affemblée
que le Corps de la Bourgeoisie de cette ville
tint le 25 Novembre , on propofa de fupplier le
Parlement d'établir en Angleterre une milice générale.
Mais la négative l'emporta à la pluralité
de quatre-vingt-fix voix contre foixante - fix . La
Milice particuliere des provinces méridionales
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
fe leve avec toute la diligence poffible . Le Duc de
Marlbouroug partira dans peu pour aller prendre
le commandement des troupes dans la province
de Kent . Suivant l'arrangement propofé
par le Général Ligonier , chaque Bataillon aura
déformais deux pieces de campagne. Quelques
Bataillons des Gardes à pied & une Compagnie
des Gardes du Corps ont reçu ordre de fe tenir
prêts à marcher. Le Duc de Bedfort a fait offre au
Roi d'entretenir à fes dépens pendant une année
un Corps de dix mille hommes . Des Commiffaires
font chargés d'aller vifiter les fortifications
de toutes les places d'Irlande , & de faire réparer
celies qui en auront befoin .
Quelques vaiffeaux & plufieurs chaloupes croifent
le long de la côte du Comté de Suffex , afin
de s'opposer aux defcentes qu'on pourroit tenter
dans ce te province.
En divers endroits de la Grande- Bretagne on
a obſervé dans les eaux la même agitation qui
s'eft fait remarquer en Hollande , en Allemagne
& en Italie , & qui a caufé de fi terribles ravages
à Cadix & dans le Portugal.
On propofa le 2 de ce mois à la Chambre d'encourager
les Matelots par quelques récompenfes.
extraordinaires , & de requérir que le Roi décla
rât légitimes les prifes faites fur les Francois. Ces
deux propofitions exciterent de longs débats , &
furent enfin rejettées.
On a embarqué ces jours - ci vingt - cinq mille
livres fterlings , & une grande quantité de toutes
fortes de provifions pour le Portugal . En faveur
de ce Royaume défolé on a levé l'embargo qui
avoit été mis dans tous les ports d'Irlande fur les
beftiaux & fur les grains.
Le s,le Comte de Holderneffremit à la Chambre
JANVIER. 1756. 181
les copies qu'elle avoit demandées de plufieurs an
ciens Traités. Elle réfolut de fupplier le Roi de
lai faire communiquer les Mémoires refpectifs
de ce Miniſtere & de celui de France au fujet des
différends qui regardent l'Amérique . Le Roi fe
rendit à la Chambre le ro , & S. M. ayant mandé les
Communes, donna fon confentement au Bill de la
Dréche. Lorsque le Roi fe fut retiré, les Seigneurs
prirent en confidération les deux Traités faits avec
' Impératrice de Ruffie & avec le Landgrave de
Heffe-Caffel. L'un & l'autre furent approuvés à
la pluralité de quatre-vingt - cinq voix contre douze.
Lei , le 6 & le 8 , la Chambre des Communes
examina en Committé le Bill de la taxe fur les ter
res. Il fut ordonné de porter un Bill pour recruter
plus promptement les troupes. La Chambre
a accordé neuf cens trente mille fix cens trois
livres sterlings pour l'entretien des troupes employées
dans la Grande- Bretagne ; deux cens huit
mille cinq cens trente- quatre pour les troupes
d'Amérique , ainfi que pour les garnifons de Ġibraltar
& de Port-Mahon ; cent cinquante- deux
mille quatre cens trente- cinq pour l'artillerie de
terre, cent quarante -fix mille pour les dépenses extraordinaires
que ce département a exigées, & auxquelles
le Parlement n'avoit pas pourvu ; cent
mille pour fecourir les malheureux qui ont été
rainés par la cataſtrophe de Liſbonne.
Le vaiffeau de guerre la Hamptoncourt , de
foixante-dix canons , a fait voile de Portsmouth
pour Lisbonne, chargé de provifions , & de cinquante
mille livres fterlings. Plufieurs autres vaiffeaux
partirone fucceffivement avec de femblables
fecours pour la même deſtination . Le Capitaine
& l'équipage d'un navire , appartenant à MM.
de Godwill & Cotterel ont déclaré que le & No182
MERCURE DE FRANCE.
vembre ils avoient effuyé en pleine mer , à plus
de foixante lieues des côtes du Portugal , une fecouffe
auffi violente que celle du plus fort tremblement
de terre.
DE LONDRES , le 11 Decembre.
Les Communes délibérerent le 21 Novembre
en grand Comité fur le fubfide , & elles accorderent
au Roi cinquante mille Matelots , en
y comprenant cinq mille cent trente- huit foldats
de marine. Le 26 , cette Chambre régla qu'on
leveroit quatre fchelings par livre fterling fur les
revenus des terres dans toute l'étendue de la Grande-
Bretagne , & que les droits fur la Dréche ſeroient
continués pendant l'année prochaine. Les
traités conclus avec l'Impératrice de Ruffie &
avec le Landgrave de Heffe Caffel furent remis â
la Chambre des Seigneurs par le Comte de Holderneff
, & à celle des Communes par M. Fox .
L'une & l'autre Chambre ont renvoyé à la quinzaine
l'examen de ces traités , & elles ont ordonné
que tous les membres feroient fommés d'y
affifter.
Plufieurs des Miniftres Ettangers furent le 25
Novembre en conférence avec les Miniftres du
Roi. La Compagnie des Indes Orientales tint le
26 une affemblée générale. Il y fut décidé que le
Dividende fur fon fonds capital , à compter du
commencement du mois de Janvier 1756 , feroit
réduit de huit à fix pour cent. Dans une affemblée
que le Corps de la Bourgeoisie de cette ville
tint le 25 Novembre , on propofa de fupplier le
Parlement d'établir en Angleterre une milice générale.
Mais la négative l'emporta à la pluralité
de quatre-vingt-fix voix contre foixante - fix . La
Milice particuliere des provinces méridionales
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
fe leve avec toute la diligence poffible . Le Duc de
Marlbouroug partira dans peu pour aller prendre
le commandement des troupes dans la province
de Kent . Suivant l'arrangement propofé
par le Général Ligonier , chaque Bataillon aura
déformais deux pieces de campagne. Quelques
Bataillons des Gardes à pied & une Compagnie
des Gardes du Corps ont reçu ordre de fe tenir
prêts à marcher. Le Duc de Bedfort a fait offre au
Roi d'entretenir à fes dépens pendant une année
un Corps de dix mille hommes . Des Commiffaires
font chargés d'aller vifiter les fortifications
de toutes les places d'Irlande , & de faire réparer
celies qui en auront befoin .
Quelques vaiffeaux & plufieurs chaloupes croifent
le long de la côte du Comté de Suffex , afin
de s'opposer aux defcentes qu'on pourroit tenter
dans ce te province.
En divers endroits de la Grande- Bretagne on
a obſervé dans les eaux la même agitation qui
s'eft fait remarquer en Hollande , en Allemagne
& en Italie , & qui a caufé de fi terribles ravages
à Cadix & dans le Portugal.
On propofa le 2 de ce mois à la Chambre d'encourager
les Matelots par quelques récompenfes.
extraordinaires , & de requérir que le Roi décla
rât légitimes les prifes faites fur les Francois. Ces
deux propofitions exciterent de longs débats , &
furent enfin rejettées.
On a embarqué ces jours - ci vingt - cinq mille
livres fterlings , & une grande quantité de toutes
fortes de provifions pour le Portugal . En faveur
de ce Royaume défolé on a levé l'embargo qui
avoit été mis dans tous les ports d'Irlande fur les
beftiaux & fur les grains.
Le s,le Comte de Holderneffremit à la Chambre
JANVIER. 1756. 181
les copies qu'elle avoit demandées de plufieurs an
ciens Traités. Elle réfolut de fupplier le Roi de
lai faire communiquer les Mémoires refpectifs
de ce Miniſtere & de celui de France au fujet des
différends qui regardent l'Amérique . Le Roi fe
rendit à la Chambre le ro , & S. M. ayant mandé les
Communes, donna fon confentement au Bill de la
Dréche. Lorsque le Roi fe fut retiré, les Seigneurs
prirent en confidération les deux Traités faits avec
' Impératrice de Ruffie & avec le Landgrave de
Heffe-Caffel. L'un & l'autre furent approuvés à
la pluralité de quatre-vingt - cinq voix contre douze.
Lei , le 6 & le 8 , la Chambre des Communes
examina en Committé le Bill de la taxe fur les ter
res. Il fut ordonné de porter un Bill pour recruter
plus promptement les troupes. La Chambre
a accordé neuf cens trente mille fix cens trois
livres sterlings pour l'entretien des troupes employées
dans la Grande- Bretagne ; deux cens huit
mille cinq cens trente- quatre pour les troupes
d'Amérique , ainfi que pour les garnifons de Ġibraltar
& de Port-Mahon ; cent cinquante- deux
mille quatre cens trente- cinq pour l'artillerie de
terre, cent quarante -fix mille pour les dépenses extraordinaires
que ce département a exigées, & auxquelles
le Parlement n'avoit pas pourvu ; cent
mille pour fecourir les malheureux qui ont été
rainés par la cataſtrophe de Liſbonne.
Le vaiffeau de guerre la Hamptoncourt , de
foixante-dix canons , a fait voile de Portsmouth
pour Lisbonne, chargé de provifions , & de cinquante
mille livres fterlings. Plufieurs autres vaiffeaux
partirone fucceffivement avec de femblables
fecours pour la même deſtination . Le Capitaine
& l'équipage d'un navire , appartenant à MM.
de Godwill & Cotterel ont déclaré que le & No182
MERCURE DE FRANCE.
vembre ils avoient effuyé en pleine mer , à plus
de foixante lieues des côtes du Portugal , une fecouffe
auffi violente que celle du plus fort tremblement
de terre.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 21 novembre, les Communes britanniques ont accordé au roi cinquante mille matelots, incluant cinq mille cent trente-huit soldats de marine. Le 26 novembre, elles ont décidé d'imposer une taxe de quatre schellings par livre sterling sur les revenus des terres et de maintenir les droits sur la drêche pour l'année suivante. Les traités avec l'impératrice de Russie et le landgrave de Hesse-Cassel ont été soumis aux Chambres des Lords et des Communes, qui ont reporté leur examen à la quinzaine. Plusieurs ministres étrangers ont rencontré les ministres du roi le 25 novembre. La Compagnie des Indes Orientales a réduit son dividende de huit à six pour cent à partir de janvier 1756. La proposition d'établir une milice générale en Angleterre a été rejetée par la bourgeoisie de Londres. La milice des provinces méridionales est en cours de levée, et le duc de Marlborough doit prendre le commandement des troupes dans le Kent. Le duc de Bedford a proposé d'entretenir un corps de dix mille hommes à ses frais. Des commissaires inspectent les fortifications en Irlande. Des navires patrouillent la côte du Suffolk pour prévenir des descentes ennemies. Des agitations sous-marines similaires à celles observées en Hollande, Allemagne et Italie ont été notées en Grande-Bretagne. La Chambre des Communes a rejeté des propositions de récompenses pour les matelots et de légitimation des prises sur les Français. Des provisions et des fonds ont été envoyés au Portugal, et l'embargo sur les bestiaux et les grains en Irlande a été levé. Le comte de Holderness a remis des copies d'anciens traités à la Chambre, qui a demandé au roi de communiquer les mémoires respectifs concernant les différends en Amérique. Le roi a approuvé le Bill de la drêche. Les Chambres ont examiné et approuvé les traités avec la Russie et la Hesse-Cassel. Des fonds ont été alloués pour l'entretien des troupes en Grande-Bretagne, en Amérique, et pour les garnisons de Gibraltar et de Port-Mahon, ainsi que pour l'artillerie et les dépenses extraordinaires. Des secours ont été envoyés à Lisbonne après le tremblement de terre. Plusieurs navires ont signalé une secousse violente en mer.
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8954
p. 182-186
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Je m'empresse, Monsieur, à vous faire part d'un nouveau phénomène, [...]
Mots clefs :
Prodige, Michelot, Ponsard, Évanouissement, Arrêt de l'alimentation, Perte de parole, Perte de mobilité, Mystère, Remèdes inefficaces, Prières, Survie
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
E m'empreffe , Monfieur , à vous faire part
d'un nouveau phénoméne, afin que les Sçavans
en étant inftruits , veuillent bien nous en donner
l'explication.
Plufieurs perfonnes du voisinage , des étrangers
même , & furtout les Médecins du pays , à qui la
confidération en appartient plus particuliérement ,
ont vu ce phénoméne ; ils en ont été étonnés ,
comme les plus ignorans , mais ils n'ont pas voulu
, ou plutôt ils n'ont pu nous en donner aucune
raifon , & nous ont laiffé dans l'étonnement
fans pouvoir nous en tirer .
Voici , Monfieur , quel eft ce phénoméne , on
fi vous voulez , ce prodige . C'eft une fille qui a
vécu plus de trois ans fans manger , près de ſix
mois fans boire , & qui vit encore.
Entrons dans le détail . Pour une plus grande
intelligence , il faut en faire l'hiftoire , & vous
en marquer le commencement , le progrès & la
fin ; en un mot toutes les circonftances qui ont
précédé & accompagné la maladie de cette fille ,
qui n'eft pas entièrement rétablie , puifquelle ne
peut encore marcher qu'avec des potences .
Une nommée Michelot , âgée d'onze ans , néc
JANVIER. 1756. 185
en 1742 à Ponfard , village fitué à une demilieue
de Beaune , au Diocèle d'Autun , fille d'un
Vigneron dudit lieu , fut furprife en 1751 , quelque
tems après la vendange , à laquelle elle avoit
travaillé à couper quelques raifins , autant que
fon âge le permettoit , fut furprife , dis-je , environ
vers la Touffaint , d'un évanouiffement
confidérable , qui dura long-tems . Pour la faire
revenir , quelques-uns du village s'érigeant en
médecins , & donnant leur avis à tout hazard ,
dirent qu'il falloit écorcher un mouton , & envelopper
l'enfant dans fa peau : on le fit , elle revint
de fon évanouiffement ; mais il lui prit des
tremblemens par tout le corps , ' qui lui durerent
près d'un mois , & fi violens , qu'il falloit la tenir
ou l'attacher.
Depuis fa chute jufqu'au commencement du
Carême de 1755 , cette fille n'a rien mangé exactement
, n'a pas même pu prendre du bouillon .
Tout ce qu'on vouloit lui faire avaler par force ,
elle le rejettoit . Dans les fix premiers mois de fa
maladie , elle n'a bu ni eau ni vin ; elle trempoit
feulement de fois à autre fon doigt dans de
Peau , & le fuçoit . La plupart de ceux qui la
voyoient , & fes parens même , crurent que c'étoit
un fort qu'on avoit jetté ſur cet enfant.
Comme ce font des gens de la campagne , il n'eft
pas étonnant qu'ils ayent donné dans cette idée ,
qui eft aflez ordinaire aux villageois , quand ils
ne connoiffent point une maladie , & qu'elle a
quelque chofe de fingulier dans fon principe &
dans les effets. Au bout de fix mois elle a commencé
à boire de l'eau , mais en petite quantité ;
elle a toujours uriné , mais elle n'alloit pas à la
felle.
Elle devint très-maigre, fon ventre étoit appla
184 MERCURE DE FRANCE.
ti , & même enfoncé comme celui d'un levrier ,
cela eft tout fimple ; mais elle avoit toutefois le
vifage affez plein , un beau teint , avec toutes les
couleurs de la jeuneffe : ce qui eft furprenant.
Elle perdit en même tems avec l'appétit & le
befoin de manger , la parole & l'ufage de fes
jambes. Du commencement , pour aller d'un endroit
de la chambre à l'autre , elle fe traînoit fur
fon ventre , à l'aide de fes mains , enfuite fur le
derriere ; & long- tems après elle a marché fur
fes genoux , & enfin avec des potences ; actucllement
même elle ne marche pas autrement.
Ses parens n'oublierent rien pour lui donner.
tous les fecours imaginables , autant que le permettoit
leur petite faculté . On envoya chercher
les Médecins , les Chirurgiens , toute la Pharmacie
fut appellée , mais en vain . Voyant que les
remedes naturels étoient inutiles , & que les Maîtres
de l'Art n'y connoiffoient rien , & l'avoient
abandonnée dix -huit mois après ils,eurent recoursaux
prieres & aux 'remedes furnaturels ; ils implorerent
le fecours du médecin des Médecins,
celui qui d'une feule parole guérit tous les maux.
Touchés du triste état où étoit leur fille , la piété
& la tendreffe paternelle leur fuggéra la penſée
de s'adreffer au Seigneur par l'interceffion de la
Sainte Vierge ; ils la menerent à cet effet en dévotion
à fept ou huit lieues delà , à une Notre-
Dame , qu'on appelle N. D. d'Etang , à deux
lieues de Dijon , où il y a un couvent de Minimes.
Il y firent leurs prieres , & y firent célébrer
une Meffe pour la guérifon de leur fille . Au retour
de leur pélérinage , & pendant le chemin , la
malade recouvra la parole ; & voici comment ..
Les gens qui la conduifoient fur une petite voitre
, comme il faifoit chaud , s'arrêterent fur le
JANVIER. 1756. 183
bord d'un ruiffeau pour étancher leur foif ; quand
le premier eut bu , la fille demanda à boire à fon
pere , qui pleura de joie d'entendre que fa fille
avoit recouvré la parole , & en rendit graces au
Seigneur. Dès ce moment elle a toujours parlé ;
mais toutes les pfieres & les remedes qu'on a
pu faire , n'ont pu lui rendre l'appétit , ni la
faculté de marcher.
Pendant tout le cours de fa maladie , elle n'a
pas eu de fievre. Il y apparence que les jambes
étoient attaquées de paralyfie ; car on les avoit
piquées , fans qu'elle en eût rien fenti : enfin ,
aprés avoir vécu plus de trois ans en cet état ,
elle a commencé à manger au mois de Février
1755-
Quoique bien des perfonnes foient allées voir
cette fille par curiofité , comme j'ai déja eu l'honneur
de vous le dire , perfonne n'a encore pu
jufqu'ici nous expliquer ni la caufe , ni les effets
d'une maladie auffi extraordinaire . Perfonne n'a
pu rendre raison de ce qu'elle a pu vivre filongtems
fans manger , & près de fix mois fans boire.
Il ne paroît pas d'abord à l'efprit que cela puiffe
fe faire fans miracle ; on ne peut cependant pas
dire qu'il y en ait eu , fi ce n'eft peut- être dans
le recouvrement de la parole , car il ne faut pas
multiplier les miracles fans néceffité . Comme la
maladie de cette fille probablement eft venue
naturellement , & non par un fort , comme le
croyoient ces bonnes gens , il y a toutes les apparences
du monde que la guérifon s'eft faite de
même . Mais comment a-t- elle pu fubfifter naturellement
pendant près de quarante mois fans.
Labor eft manger : Hoc opus , lic labor eft
Ce prodige , tout fingulier qu'il eft , n'eft pas
unique en France . La même chofe eft arrivée à
186 MERCURE DE FRANCE.
ne ,
pea-près à une femme de Moify , village de Beauil
y a déja quelques années. La maladie , &
furtout la guérilon de cette femme fit beaucoup
plus de bruit , que celle de notre fille de Pommard.
Là on crioit au miracle , ici perfonne ne dit mot .
On m'a pourtant affuré que M.Piloye , un des plus
accrédités Médecins de Beaune , en avoit écrit à
la Faculté de Médecine de Paris , pour fçavoir làdeffus
fon fentiment ; mais je ne fçais ce qu'elle
a répondu , ni même fielle a répondu.
J'ai l'honneur d'être , & c.
F ..... D ....
A Beaune , ce 24 Juillet 1755.
E m'empreffe , Monfieur , à vous faire part
d'un nouveau phénoméne, afin que les Sçavans
en étant inftruits , veuillent bien nous en donner
l'explication.
Plufieurs perfonnes du voisinage , des étrangers
même , & furtout les Médecins du pays , à qui la
confidération en appartient plus particuliérement ,
ont vu ce phénoméne ; ils en ont été étonnés ,
comme les plus ignorans , mais ils n'ont pas voulu
, ou plutôt ils n'ont pu nous en donner aucune
raifon , & nous ont laiffé dans l'étonnement
fans pouvoir nous en tirer .
Voici , Monfieur , quel eft ce phénoméne , on
fi vous voulez , ce prodige . C'eft une fille qui a
vécu plus de trois ans fans manger , près de ſix
mois fans boire , & qui vit encore.
Entrons dans le détail . Pour une plus grande
intelligence , il faut en faire l'hiftoire , & vous
en marquer le commencement , le progrès & la
fin ; en un mot toutes les circonftances qui ont
précédé & accompagné la maladie de cette fille ,
qui n'eft pas entièrement rétablie , puifquelle ne
peut encore marcher qu'avec des potences .
Une nommée Michelot , âgée d'onze ans , néc
JANVIER. 1756. 185
en 1742 à Ponfard , village fitué à une demilieue
de Beaune , au Diocèle d'Autun , fille d'un
Vigneron dudit lieu , fut furprife en 1751 , quelque
tems après la vendange , à laquelle elle avoit
travaillé à couper quelques raifins , autant que
fon âge le permettoit , fut furprife , dis-je , environ
vers la Touffaint , d'un évanouiffement
confidérable , qui dura long-tems . Pour la faire
revenir , quelques-uns du village s'érigeant en
médecins , & donnant leur avis à tout hazard ,
dirent qu'il falloit écorcher un mouton , & envelopper
l'enfant dans fa peau : on le fit , elle revint
de fon évanouiffement ; mais il lui prit des
tremblemens par tout le corps , ' qui lui durerent
près d'un mois , & fi violens , qu'il falloit la tenir
ou l'attacher.
Depuis fa chute jufqu'au commencement du
Carême de 1755 , cette fille n'a rien mangé exactement
, n'a pas même pu prendre du bouillon .
Tout ce qu'on vouloit lui faire avaler par force ,
elle le rejettoit . Dans les fix premiers mois de fa
maladie , elle n'a bu ni eau ni vin ; elle trempoit
feulement de fois à autre fon doigt dans de
Peau , & le fuçoit . La plupart de ceux qui la
voyoient , & fes parens même , crurent que c'étoit
un fort qu'on avoit jetté ſur cet enfant.
Comme ce font des gens de la campagne , il n'eft
pas étonnant qu'ils ayent donné dans cette idée ,
qui eft aflez ordinaire aux villageois , quand ils
ne connoiffent point une maladie , & qu'elle a
quelque chofe de fingulier dans fon principe &
dans les effets. Au bout de fix mois elle a commencé
à boire de l'eau , mais en petite quantité ;
elle a toujours uriné , mais elle n'alloit pas à la
felle.
Elle devint très-maigre, fon ventre étoit appla
184 MERCURE DE FRANCE.
ti , & même enfoncé comme celui d'un levrier ,
cela eft tout fimple ; mais elle avoit toutefois le
vifage affez plein , un beau teint , avec toutes les
couleurs de la jeuneffe : ce qui eft furprenant.
Elle perdit en même tems avec l'appétit & le
befoin de manger , la parole & l'ufage de fes
jambes. Du commencement , pour aller d'un endroit
de la chambre à l'autre , elle fe traînoit fur
fon ventre , à l'aide de fes mains , enfuite fur le
derriere ; & long- tems après elle a marché fur
fes genoux , & enfin avec des potences ; actucllement
même elle ne marche pas autrement.
Ses parens n'oublierent rien pour lui donner.
tous les fecours imaginables , autant que le permettoit
leur petite faculté . On envoya chercher
les Médecins , les Chirurgiens , toute la Pharmacie
fut appellée , mais en vain . Voyant que les
remedes naturels étoient inutiles , & que les Maîtres
de l'Art n'y connoiffoient rien , & l'avoient
abandonnée dix -huit mois après ils,eurent recoursaux
prieres & aux 'remedes furnaturels ; ils implorerent
le fecours du médecin des Médecins,
celui qui d'une feule parole guérit tous les maux.
Touchés du triste état où étoit leur fille , la piété
& la tendreffe paternelle leur fuggéra la penſée
de s'adreffer au Seigneur par l'interceffion de la
Sainte Vierge ; ils la menerent à cet effet en dévotion
à fept ou huit lieues delà , à une Notre-
Dame , qu'on appelle N. D. d'Etang , à deux
lieues de Dijon , où il y a un couvent de Minimes.
Il y firent leurs prieres , & y firent célébrer
une Meffe pour la guérifon de leur fille . Au retour
de leur pélérinage , & pendant le chemin , la
malade recouvra la parole ; & voici comment ..
Les gens qui la conduifoient fur une petite voitre
, comme il faifoit chaud , s'arrêterent fur le
JANVIER. 1756. 183
bord d'un ruiffeau pour étancher leur foif ; quand
le premier eut bu , la fille demanda à boire à fon
pere , qui pleura de joie d'entendre que fa fille
avoit recouvré la parole , & en rendit graces au
Seigneur. Dès ce moment elle a toujours parlé ;
mais toutes les pfieres & les remedes qu'on a
pu faire , n'ont pu lui rendre l'appétit , ni la
faculté de marcher.
Pendant tout le cours de fa maladie , elle n'a
pas eu de fievre. Il y apparence que les jambes
étoient attaquées de paralyfie ; car on les avoit
piquées , fans qu'elle en eût rien fenti : enfin ,
aprés avoir vécu plus de trois ans en cet état ,
elle a commencé à manger au mois de Février
1755-
Quoique bien des perfonnes foient allées voir
cette fille par curiofité , comme j'ai déja eu l'honneur
de vous le dire , perfonne n'a encore pu
jufqu'ici nous expliquer ni la caufe , ni les effets
d'une maladie auffi extraordinaire . Perfonne n'a
pu rendre raison de ce qu'elle a pu vivre filongtems
fans manger , & près de fix mois fans boire.
Il ne paroît pas d'abord à l'efprit que cela puiffe
fe faire fans miracle ; on ne peut cependant pas
dire qu'il y en ait eu , fi ce n'eft peut- être dans
le recouvrement de la parole , car il ne faut pas
multiplier les miracles fans néceffité . Comme la
maladie de cette fille probablement eft venue
naturellement , & non par un fort , comme le
croyoient ces bonnes gens , il y a toutes les apparences
du monde que la guérifon s'eft faite de
même . Mais comment a-t- elle pu fubfifter naturellement
pendant près de quarante mois fans.
Labor eft manger : Hoc opus , lic labor eft
Ce prodige , tout fingulier qu'il eft , n'eft pas
unique en France . La même chofe eft arrivée à
186 MERCURE DE FRANCE.
ne ,
pea-près à une femme de Moify , village de Beauil
y a déja quelques années. La maladie , &
furtout la guérilon de cette femme fit beaucoup
plus de bruit , que celle de notre fille de Pommard.
Là on crioit au miracle , ici perfonne ne dit mot .
On m'a pourtant affuré que M.Piloye , un des plus
accrédités Médecins de Beaune , en avoit écrit à
la Faculté de Médecine de Paris , pour fçavoir làdeffus
fon fentiment ; mais je ne fçais ce qu'elle
a répondu , ni même fielle a répondu.
J'ai l'honneur d'être , & c.
F ..... D ....
A Beaune , ce 24 Juillet 1755.
Fermer
Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre décrit un phénomène médical exceptionnel survenu dans le village de Pommard, près de Beaune, en France. Une fille nommée Michelot, âgée de onze ans, a cessé de s'alimenter et de boire pendant plusieurs années. En 1751, après un évanouissement, elle a développé des tremblements violents et a perdu l'appétit, la parole et l'usage de ses jambes. Malgré les interventions des médecins et les remèdes naturels, son état n'a pas montré d'amélioration. Ses parents ont alors eu recours à des prières et à un pèlerinage à Notre-Dame d'Étang, où elle a recouvré la parole. Cependant, elle n'a pas retrouvé l'appétit ni la capacité de marcher. La maladie, bien que mystérieuse, semble naturelle et non due à un sort. Un cas similaire a été observé chez une femme de Mosly, mais sans le même retentissement. Le médecin Piloye de Beaune a consulté la Faculté de Médecine de Paris, mais la réponse n'est pas connue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8955
p. 186-191
CAMP DE VALENCE.
Début :
Le Camp formé près de cette Ville, étoit composé des Régimens [...]
Mots clefs :
Marquis de Voyer, Infanterie, Artillerie, Bataille, Marquis de Monteynard, Dragons, Régiments, Ennemis, Bataillons, Valence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CAMP DE VALENCE.
CAMP DE VALENCE.
Le Camp formé près de cette Ville , étoit compolé
des Régimens d'infanterie de Navarre ,
de Bretagne , de Bigorre , de Nice de Vaubecourt
& de la Roche- Aymon , & des Régimens
de Dragons , Dauphin & de Languedoc.
M. le Marquis de Voyer ; Maréchal des Camps &
armées du Roi , & Infpecteur général de la Cavalerie
, commandoit ce camp. Il avoit fous fes
ordres le Marquis de Monteynard , auſſi Maréchal
de Camp les Comtes de la Queuille & de
la Roche -Aymon , Brigadiers d'Infanterie ; & M.
Severac de Juffes , Brigadier de Dragons. Le
Chevalier de Soupire rempliffoit les fonctions
de Maréchal Général des Logis.
Le 22 Août , le Marquis de Voyer fit la revue
générale des troupes , qui étoient fous les ordres.
Tous les Corps étant en bataille fans alignemens
tracés , qui étoient défendus pendant la
durée du Camp , les Brigades d'Infanterie fo
JANVIER . 1756. 187
porterent fur le centre . Au fignal d'un coup de
canon , la Ligne d'Infanterie fe trouva rompue ,
à droite , par tiers de rang , & à gauche , jufqu'à
la droite du Camp. Chaque divifion fit enfuite
un quart de converfion à gauche , marcha quarante
pas en avant , fit un fecond quart de converfion
à gauche , & marcha jufqu'à la droite du
Camp , d'où par des quarts de converfion à droite ,
chaque Corps fe trouva fur le front de fon terrein
, & y rentra par un demi-tour à droite . Les
Régimens de Dragons Dauphin & de Languedoc,
qui s'étoient rompus par Compagnies , l'un à
la droite , l'autre à la gauche , rentrerent auffi
dans le Camp , peu après l'Infanterie. Le Marquis
de Voyer vifita enfuite tous les poftes avancés
. Avant -hier , les troupes firent en fa préfence
, d'abord par Régiment , & enfuite par
Brigade , tous les feux preferits par l'Ordonnance
du 6 Mai de cette année. Les deux Brigades de
la gauche ſe ferrerent fur celle de Navarre. Elles
marcherent en bataille , au pas ordinaire & au
pas redoublé , environ deux cens toifes en avant
des fleches qui couvrent le Camp. Les Bataillons ,
qui dans la marche avoient trouvé des obſtacles ,
comme Caffines, Haies , Redents , s'étoient placés,
par le pas de côté, derriere les Bataillons qui avoient
trouvé le chemin libre . Ils les avoient fuivis jufqu'au
de-là de l'obſtacle. Alors , par le pas de côté ,
ils s'étoient replacés vis-à- vis des intervalles , &
par le pas redoublé ils avoient repris leur rang
dans la Ligne. Vis -à- vis des obftacles , quelquesuns
des Bataillons fe formerent en colonne derriere
les Bataillons , dont le chemin n'étoit point
embarraflé , & quand l'obftacle étoit paffé , ils
rentroient dans la ligne à pas redoublé . Sur
les onze heures , le Marquis de Voyer fit rompre.
188 MERCURE DE FRANCE.
la ligne par un quart de converfion à gauche par
Bataillon. La colonne marcha , jufqu'à ce que
chaque Bataillon fe trouvât vis - vis de fon Camp
où il rentra . L'objet de cette manoeuvre fut d'exercer
les troupes à faire les pas perfcrits par l'Ordonnance
, & de leur apprendre à s'en fervir
felon les différentes occafions & les différens terreins
.
Le 3 Septembre , le Marquis de Voyer fuppofa
que des troupes ennemies , qui couvroient
la ville de Valence , s'en étoient écartées pour
inquietter l'armée, Il fe propofa de leur dérober
une marche , & de fe pofter entr'elles & la
Ville , dans le deffein de les éloigner , ou de les
combattre . Selon cette idée , fix Bataillons &
la moitié des Dragons , deftinés à repréſenter
P'armée ennemie , partirent à cinq heures du
matin fous les ordres du Marquis de Monteynard
, & fe porterent fur deux colonnes vers l'a
Ville , entre les hauteurs de l'Auragne & la droite
du Camp. Une heure après , le Marquis de Voyer
fe mit en marche avec fept Bataillons , le refte
des Dragons & l'artillerie , & il s'avança auffi
fur deux colonnes vers la Ville par la cenfe de
Faventine . L'artillerie étoit à la colonne de la
droite , qui étoit compofée de deux Bataillons ,
& précédée des Dragons & de quelques Piquets.
Le reste de l'Infanterie formoit la colonne de la
gauche. Le Marquis de Monteynard , informé
de la marche du Marquis de Voyer , fe mit en
bataille dans les Prez le long d'une naville profonde
& pleine d'eau , & dont la digue couvroit
le Soldat par un parapet. La droite des ennemis appuyoit
à un chemin étroit , qui formoit un retranchement
, & leur gauche à la cenfe de la Palla. Ils
jetterent leurs troupes legeres avec quelque Infan
JANVIER. 1756. 189
terie dans des navilles à fec , & derriere des haies,
& ils placerent leur Cavalerie dans une petite , plaine
, à côté de la Cenfe. Le Marquis de Voyer ,
ayant reconnu cette difpofition , forma la fienne
en conféquence. L'armée devoit arriver par un
plateau , qui déroboit fes manoeuvres aux enne
mis . Il eût été défavantageux de les attaquer par
leur front de bataille , parce que les troupes fe
feroient trouvées obligées de fe former fous le
feu d'une Infanterie , qui auroit tiré à couvert.
Ainfi le Marquis de Voyer fe détermina , à diriger
La principale attaque fur le flanc gauche. Profitant
de la fupériorité de fon artillerie , il fit faire
feu. 11 dépofta les piquets & les troupes légeres , &
jl fit attaquer le gros de l'armée ennemie par les
Grenadiers , par les Dragons à pied , & par quatre
Bataillons. Les troupes , qui étoient à la gauche
& au centre fur le plateau , étoient luffifantes
pour contenir la droite & le centre des
ennemis , & pour les empêcher de fe dégarnir ,
& de le porter en force fur la gauche . Par - lá
on les mit hors d'état de foutenir la cenfe , qui
fit beaucoup de réfiftance , mais qu'à la fin on
emporta. Les ennemis , voyant le Marquis de
Voyer dans leur flanc , abandonnerent le terrein
fur lequel ils vouloient combattre. Leur Infanterie
fit demi- tour à droite, marcha en bataille,
& fe porta lentement vers une naville Parallele ;
& leur droite fe trouva appuyée au même chemin
, qui l'appuyoit dans leur premiere pofition .
Le Marquis de Monteynard couvrit cette ma
noeuvre par des Grenadiers & des Piquets de
fon centre & de fa gauche , qui firent ferme
fur la naville abandonnée , & if fe retira à petits
pas vers la cenfe de Thibert , qu'il occupa. Les
Grenadiers & les Piquets de la droite s'avançe
190 MERCURE DE FRANCE.
tent fur le chemin , & inquiéterent affez la gauche
du Marquis de Voyer , pour la contenir . Ils
fe replierent enfuite le long du chemin fur la
droite de leur armée. Dans l'intervalle , la Cavalerie
, l'artillerie & les troupes legeres du Marquis
de Voyer , avancerent pour attaquer la
Ĉavalerie des ennemis , & pour l'éloigner de la
cenfe , d'où il vouloit les dépofter. La nature du
terrein obligea la colonne de fon artillerie & de
la Cavalerie , de fe féparer de l'Infanterie . Alors
les ennemis firent gliffer entre les colonnes leurs
troupes legeres , leurs Dragons à pied & quelques
Grenadiers , qui firent feu fur le flanc de la Cavalerie
du Marquis de Voyer. Elle fut en mêmetemps
chargée par la Cavalerie du Marquis de
Monteynard, & obligée de fe replier. Les enennemis
tomberent fur l'efcorte de l'artillerie ,
& s'emparerent même de quelques pieces de canon
; mais le Marquis de Voyer y ayant promptement
porté des Grenadiers , des Dragons , des
Piquets & deux Bataillons , reprit fon artillerie
, & força les ennemis de fe remettre dans
leur premiere pofition. Il fit pour lors canonner
la cenfe , qu'on prit à revers. Les Ravins ,
dont elle est entourée , furent attaqués par les
troupes , que le Marquis de Voyer avoit portées
à fa droige ; & le Marquis de Monteynard fe retira
en bon ordre derriere une troifiéme naville ,
la Cavalerie en échiquier , par la tête d'un Ravin
garni de troupes legeres , qui tinrent aflez
longtemps pour favorifer fa retraite , & qui fe
replierent enfuite fur le corps de l'armée. Dans
cette troifiéme pofition , les ennemis fe retirerent
fur deux colonnes, & le Marquis de Voyer ,
dont l'objet étoit rempli , ne les inquiéta plus
que par de foibles détachemens . Nous nous borJANVIER.
1756. 191
hons àce Camp faute d'efpace ; d'ailleurs celui
de Richemont a été fuffisamment décrit par l'extrait
du Journal de M. Vallier , que nous avons
donné dans le premier Mercure de Decembre.
Le Camp formé près de cette Ville , étoit compolé
des Régimens d'infanterie de Navarre ,
de Bretagne , de Bigorre , de Nice de Vaubecourt
& de la Roche- Aymon , & des Régimens
de Dragons , Dauphin & de Languedoc.
M. le Marquis de Voyer ; Maréchal des Camps &
armées du Roi , & Infpecteur général de la Cavalerie
, commandoit ce camp. Il avoit fous fes
ordres le Marquis de Monteynard , auſſi Maréchal
de Camp les Comtes de la Queuille & de
la Roche -Aymon , Brigadiers d'Infanterie ; & M.
Severac de Juffes , Brigadier de Dragons. Le
Chevalier de Soupire rempliffoit les fonctions
de Maréchal Général des Logis.
Le 22 Août , le Marquis de Voyer fit la revue
générale des troupes , qui étoient fous les ordres.
Tous les Corps étant en bataille fans alignemens
tracés , qui étoient défendus pendant la
durée du Camp , les Brigades d'Infanterie fo
JANVIER . 1756. 187
porterent fur le centre . Au fignal d'un coup de
canon , la Ligne d'Infanterie fe trouva rompue ,
à droite , par tiers de rang , & à gauche , jufqu'à
la droite du Camp. Chaque divifion fit enfuite
un quart de converfion à gauche , marcha quarante
pas en avant , fit un fecond quart de converfion
à gauche , & marcha jufqu'à la droite du
Camp , d'où par des quarts de converfion à droite ,
chaque Corps fe trouva fur le front de fon terrein
, & y rentra par un demi-tour à droite . Les
Régimens de Dragons Dauphin & de Languedoc,
qui s'étoient rompus par Compagnies , l'un à
la droite , l'autre à la gauche , rentrerent auffi
dans le Camp , peu après l'Infanterie. Le Marquis
de Voyer vifita enfuite tous les poftes avancés
. Avant -hier , les troupes firent en fa préfence
, d'abord par Régiment , & enfuite par
Brigade , tous les feux preferits par l'Ordonnance
du 6 Mai de cette année. Les deux Brigades de
la gauche ſe ferrerent fur celle de Navarre. Elles
marcherent en bataille , au pas ordinaire & au
pas redoublé , environ deux cens toifes en avant
des fleches qui couvrent le Camp. Les Bataillons ,
qui dans la marche avoient trouvé des obſtacles ,
comme Caffines, Haies , Redents , s'étoient placés,
par le pas de côté, derriere les Bataillons qui avoient
trouvé le chemin libre . Ils les avoient fuivis jufqu'au
de-là de l'obſtacle. Alors , par le pas de côté ,
ils s'étoient replacés vis-à- vis des intervalles , &
par le pas redoublé ils avoient repris leur rang
dans la Ligne. Vis -à- vis des obftacles , quelquesuns
des Bataillons fe formerent en colonne derriere
les Bataillons , dont le chemin n'étoit point
embarraflé , & quand l'obftacle étoit paffé , ils
rentroient dans la ligne à pas redoublé . Sur
les onze heures , le Marquis de Voyer fit rompre.
188 MERCURE DE FRANCE.
la ligne par un quart de converfion à gauche par
Bataillon. La colonne marcha , jufqu'à ce que
chaque Bataillon fe trouvât vis - vis de fon Camp
où il rentra . L'objet de cette manoeuvre fut d'exercer
les troupes à faire les pas perfcrits par l'Ordonnance
, & de leur apprendre à s'en fervir
felon les différentes occafions & les différens terreins
.
Le 3 Septembre , le Marquis de Voyer fuppofa
que des troupes ennemies , qui couvroient
la ville de Valence , s'en étoient écartées pour
inquietter l'armée, Il fe propofa de leur dérober
une marche , & de fe pofter entr'elles & la
Ville , dans le deffein de les éloigner , ou de les
combattre . Selon cette idée , fix Bataillons &
la moitié des Dragons , deftinés à repréſenter
P'armée ennemie , partirent à cinq heures du
matin fous les ordres du Marquis de Monteynard
, & fe porterent fur deux colonnes vers l'a
Ville , entre les hauteurs de l'Auragne & la droite
du Camp. Une heure après , le Marquis de Voyer
fe mit en marche avec fept Bataillons , le refte
des Dragons & l'artillerie , & il s'avança auffi
fur deux colonnes vers la Ville par la cenfe de
Faventine . L'artillerie étoit à la colonne de la
droite , qui étoit compofée de deux Bataillons ,
& précédée des Dragons & de quelques Piquets.
Le reste de l'Infanterie formoit la colonne de la
gauche. Le Marquis de Monteynard , informé
de la marche du Marquis de Voyer , fe mit en
bataille dans les Prez le long d'une naville profonde
& pleine d'eau , & dont la digue couvroit
le Soldat par un parapet. La droite des ennemis appuyoit
à un chemin étroit , qui formoit un retranchement
, & leur gauche à la cenfe de la Palla. Ils
jetterent leurs troupes legeres avec quelque Infan
JANVIER. 1756. 189
terie dans des navilles à fec , & derriere des haies,
& ils placerent leur Cavalerie dans une petite , plaine
, à côté de la Cenfe. Le Marquis de Voyer ,
ayant reconnu cette difpofition , forma la fienne
en conféquence. L'armée devoit arriver par un
plateau , qui déroboit fes manoeuvres aux enne
mis . Il eût été défavantageux de les attaquer par
leur front de bataille , parce que les troupes fe
feroient trouvées obligées de fe former fous le
feu d'une Infanterie , qui auroit tiré à couvert.
Ainfi le Marquis de Voyer fe détermina , à diriger
La principale attaque fur le flanc gauche. Profitant
de la fupériorité de fon artillerie , il fit faire
feu. 11 dépofta les piquets & les troupes légeres , &
jl fit attaquer le gros de l'armée ennemie par les
Grenadiers , par les Dragons à pied , & par quatre
Bataillons. Les troupes , qui étoient à la gauche
& au centre fur le plateau , étoient luffifantes
pour contenir la droite & le centre des
ennemis , & pour les empêcher de fe dégarnir ,
& de le porter en force fur la gauche . Par - lá
on les mit hors d'état de foutenir la cenfe , qui
fit beaucoup de réfiftance , mais qu'à la fin on
emporta. Les ennemis , voyant le Marquis de
Voyer dans leur flanc , abandonnerent le terrein
fur lequel ils vouloient combattre. Leur Infanterie
fit demi- tour à droite, marcha en bataille,
& fe porta lentement vers une naville Parallele ;
& leur droite fe trouva appuyée au même chemin
, qui l'appuyoit dans leur premiere pofition .
Le Marquis de Monteynard couvrit cette ma
noeuvre par des Grenadiers & des Piquets de
fon centre & de fa gauche , qui firent ferme
fur la naville abandonnée , & if fe retira à petits
pas vers la cenfe de Thibert , qu'il occupa. Les
Grenadiers & les Piquets de la droite s'avançe
190 MERCURE DE FRANCE.
tent fur le chemin , & inquiéterent affez la gauche
du Marquis de Voyer , pour la contenir . Ils
fe replierent enfuite le long du chemin fur la
droite de leur armée. Dans l'intervalle , la Cavalerie
, l'artillerie & les troupes legeres du Marquis
de Voyer , avancerent pour attaquer la
Ĉavalerie des ennemis , & pour l'éloigner de la
cenfe , d'où il vouloit les dépofter. La nature du
terrein obligea la colonne de fon artillerie & de
la Cavalerie , de fe féparer de l'Infanterie . Alors
les ennemis firent gliffer entre les colonnes leurs
troupes legeres , leurs Dragons à pied & quelques
Grenadiers , qui firent feu fur le flanc de la Cavalerie
du Marquis de Voyer. Elle fut en mêmetemps
chargée par la Cavalerie du Marquis de
Monteynard, & obligée de fe replier. Les enennemis
tomberent fur l'efcorte de l'artillerie ,
& s'emparerent même de quelques pieces de canon
; mais le Marquis de Voyer y ayant promptement
porté des Grenadiers , des Dragons , des
Piquets & deux Bataillons , reprit fon artillerie
, & força les ennemis de fe remettre dans
leur premiere pofition. Il fit pour lors canonner
la cenfe , qu'on prit à revers. Les Ravins ,
dont elle est entourée , furent attaqués par les
troupes , que le Marquis de Voyer avoit portées
à fa droige ; & le Marquis de Monteynard fe retira
en bon ordre derriere une troifiéme naville ,
la Cavalerie en échiquier , par la tête d'un Ravin
garni de troupes legeres , qui tinrent aflez
longtemps pour favorifer fa retraite , & qui fe
replierent enfuite fur le corps de l'armée. Dans
cette troifiéme pofition , les ennemis fe retirerent
fur deux colonnes, & le Marquis de Voyer ,
dont l'objet étoit rempli , ne les inquiéta plus
que par de foibles détachemens . Nous nous borJANVIER.
1756. 191
hons àce Camp faute d'efpace ; d'ailleurs celui
de Richemont a été fuffisamment décrit par l'extrait
du Journal de M. Vallier , que nous avons
donné dans le premier Mercure de Decembre.
Fermer
Résumé : CAMP DE VALENCE.
Le camp de Valence, établi près de la ville, regroupait plusieurs régiments d'infanterie et de dragons. Le Marquis de Voyer, Maréchal des Camps et armées du Roi, en assurait le commandement. Ses subordonnés incluaient le Marquis de Monteynard, les Comtes de la Queuille et de la Roche-Aymon, ainsi que M. Severac de Juffes, Brigadier de Dragons. Le Chevalier de Soupire occupait la fonction de Maréchal Général des Logis. Le 22 août, le Marquis de Voyer organisa une revue générale des troupes. Les régiments d'infanterie et de dragons exécutèrent diverses manœuvres, telles que des marches en avant et des quarts de conversion. Les soldats pratiquèrent également des tirs conformément à l'ordonnance du 6 mai 1756. Le 3 septembre, le Marquis de Voyer simula une attaque ennemie pour entraîner ses troupes. Six bataillons et la moitié des dragons, sous les ordres du Marquis de Monteynard, se dirigèrent vers la ville de Valence. Simultanément, le Marquis de Voyer avança avec sept bataillons, le reste des dragons et l'artillerie. Les manœuvres incluaient des attaques sur les flancs ennemis et l'utilisation de l'artillerie pour déloger les troupes légères adverses. Après une résistance initiale, les ennemis se retirèrent en bon ordre derrière une troisième rivière. Le Marquis de Voyer, ayant atteint son objectif, ne les poursuivit pas davantage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8956
p. 191-199
RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada.
Début :
La frégate du Roi la Syrene, partie de Québec le 8 Novembre, & arrivée [...]
Mots clefs :
Canada, Vaisseaux anglais, Combat terrestre, Belle-Rivière, Sa Majesté anglaise, Troupes canadiennes, Attaques, Les sauvages, Baron de Dieskaw, Frontières
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texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada.
RELATION de ce qui s'eft paffé cette année
en Canada.
La frégate du Roi la Syrene , partie de Québec
le 8 Novembre , & arrivée à Brest le 10 Décembre
, a apporté des lettres qui contiennent les détails
de ce qui s'eft paffé cette année en Canada ,
rélativement aux entreprifes des Anglois contre
cette Colonie.
Indépendamment des forces navales que les
Anglois ont envoyées dès le commencement du
printemps dans les mers de l'Amérique feptentrionale
, afin d'intercepter les Vaiffeaux François
qui feroient destinés pour le Canada & pour l'ife
Royale ; ils avoient raffemblé dans leurs Colonies
plufieurs corps de troupes , pour attaquer le
Canada tout à la fois par les frontieres de l'Acadie ,
par le Lac Champlain , par le Lac Ontario , & du
côté de la Belle Riviere.
Le corps de troupes deſtiné à agir contre les
frontieres du côté de l'Acadie , & compolé d'environ
dix-huit cens hommes , fe rendit dans les
premiers jours du mois de Juin avec un train confidérable
d'artillerie de toute efpece , au fond de la
Baye Françoiſe , & attaqua tout d'un coup le Fort
de Beauféjour , qui , par les effets du canon & des
bombes , fe trouva en peu de jours hors d'état de
défenſe. La garnifon , qui n'étoit que de deux
compagnies de einquante hommes chacune , fur
obligée de capituler , aux conditions qu'elle forti
192 MERCURE DE FRANCE.
roit avec armes & bagages , tambour battant ;
qu'elle feroit tranfportée à Louisbourg , & qu'elle
ne porteroit point les armes en Amérique pendant
le terme de fix mois . Les Anglois fommerent
tout de fuite l'Officier François qui commandoit
à Gafpareaux , pofte fitué à quelques lieues de
Beauféjour , & où il n'y avoit qu'un détachement
de vingt hommes , & cet Officier fe rendit aux
mêmes conditions de la capitulation de Beauféjour.
Après cette expédition , les Anglois marcherent
du côté de la riviere Saint -Jean. Il n'y avoit
fur cette riviere qu'un petit Fort très-anciennement
bâti . L'Officier qui y commandoit & qui
n'avoit que quelques foldats , prit le parti de le
brûler & de fe retirer chez des habitans établis
dans ce canton , où il s'eft maintenu ; & il n'y a
eu de ce côté là que quelques efcarmouches , dans
lefquelles les Anglois ont toujours été battus par
les François & les Sauvages qui ont joint cet
Officier.
Le corps de troupes qui avoit été raffemblé
pour agir du côté de la Belle Riviere , étoit compofé
des Régimens de troupes reglées , qui avoient
été envoyés d'Angleterre à la Virginie , & des régimens
de Milices , qui avoient été formés tant
dans cette Colonie que dans les Colonies voisines.
Il fe trouvoit compofé de trois mille hommes ,
lorfque le Général Braddock en prit le commandement
pour marcher contre le Fort du Quefne.
Le fieur de Contrecoeur , Capitaine dans les troupes
du Canada , qui commandoit dans ce Fort ,
avoit été informé qu'on faifoit des préparatifs en
Virginie ; mais il ne s'attendoit pas à devoir être
attaqué par des forces fi confidérables . Ayant envoyé
différens détachemens fur la route des Anglois,
il apprit le & Juillet qu'ils n'étoient qu'à
fix
JANVIER. 1756. 193
Gx lieues du Fort , & qu'ils marchoient fur trois
colonnes. Il forma fur le champ un détachement
de tout ce qu'il crut pouvoir mettre hors du Fort
pour aller à leur rencontre. Ce détachement fe
trouva compofé de deux cens cinquante François
& de fix cens cinquante Sauvages ; & M. de
Beaujeu qui le commandoit , avoit avec lui
MM. Dumas & Ligneris , tous deux Capitaines ,
& quelques autres Officiers fubalternes . Il partit
à huit heures du matin , & dès midi & demi , il
fe trouva en préſence des Anglois à environ trois
lieues du Fort. Il les attaqua fur le champ avec
beaucoup de vivacité . Les deux premieres décharges
de leur artillerie firent un peu reculer fa petite
troupe ; mais à la troifieme où il eut le malheur
d'être tué , M. Dumas , qui prit le commandement
, M. de Ligneris & les autres Officiers
, fuivis des François & des Sauvages , tomberent
avec tant de vigueur fur les Anglois , qu'ils
les firent plier à leur tour. Ceux-ci le défendirent
encore quelque tems en faifant très-bonne contenance
; mais enfin après quatre heures d'un grand
feu , ils fe débanderent , & la déroute fut générale .
On les pourfuivit pendant quelque tems ; mais
M. Dumas ayant appris que le Général Braddock
avoit laiffé à quelques lieues de - là un corps de
fept cens hommes fous les ordres du Colonel
Dumbar , il fit ceffer la pourfuite. Les Anglois
ont perdu dans cette affaire près de dix- fept cens
hommes. Prefque tous leurs Officiers ont été tués ,
& le Général Braddock eft mort peu de jours après
de fes bleffures . On a pris tous leurs équipages
qui étoient fort confidérables , leurs vivres , leur
artillerie , qui étoit compofée de huit pieces de
canon , fept mortiers & uftenciles de toute efpece
, beaucoup d'armes & de munitions de guerre ,
I,Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
leur caiffe militaire , & généralement toutes leurs
provisions . On a trouvé auffi les inftructions qui
avoient été données en Angleterre au Général
Braddock , avec plufieurs lettres qu'il avoit écrites
aux Miniftres du Roi de la Grande- Bretagne , pour
leur rendre compte des difpofitions qu'il faifoit
pour l'exécution des projets dont il avoit été
chargé en fa qualité de Commandant en chef
de toutes les troupes de Sa Majesté Britannique
dans l'Amérique feptentrionale. M. de Contrecoeur
eft resté enfuite fur la défenfive dans fon
Fort , après s'être affuré de la retraite du corps
de troupes du Colonel Dumbar . Mais quelques
partis Sauvages ont fait des incurfions fur les
frontieres des Colonies Angloifes.
Les deux autres corps de troupes Angloifes s'étoient
auffi mis en marche , l'un compofé d'environ
cinq mille hommes vers le Lac Ontario
pour attaquer le Fort de Niagara & le Fort Frontenac
, & l'autre encore plus confidérable vers le
Lac Champlain pour affiéger le Fort Saint -Fréderic
. M. de Vaudreuil , Gouverneur & Lieutenant
Général de la Nouvelle France , ayant d'abord
été informé que le fieur Shirley , Gouver
neur de la Nouvelle Angleterre , étoit déja rendu
avec une partie du premier de ces deux corps à
Choueguen , pofte Anglois établi depuis quelques
années au Sud du Lac Ontario , il prit le parti de
faire marcher un Détachement des Troupes &
des Milices de Canada , les quatre Bataillons de la
Reine , de Languedoc , de Guyenne & de Béarn ,
que le Roi a fait paffer cette année à Quebec , &
un certain nombre de Sauvages , pour aller couvrir
les Forts de Niagara & de Frontenac , & il
donna le commandement du tout au Baron de
Dieskaw , Maréchal de Camp. Mais ayant été
JANVIER. 1756. 195
inftruit peu de jours après , que le Colonel
Jonhlon étoit en pleine marche à la tête de
L'autre Corps , pour attaquer le Fort Saint- Frederic
, & qu'il avoit même déja établi plufieurs poftes
d'entrepôt fur la route , il envoya un courier
au Baron de Dieskaw, pour l'informer de ces avis ,
& du parti qu'il prenoit de faire marcher en diligence
un Detachement de Troupes & de Milices
avec des Sauvages , pour aller au fecours du
Fort Saint- Frederic. Le Baron de Dieskaw y marcha
lui -même , & amena avec lui les Bataillons
de la Reine & de Languedoc , qui ne ſe trouvoient
compofés que de neuf Compagnies chacun. A
fon arrivée au Fort Saint- Frederic , il jugea à propos
d'aller au-devant des Anglois , & le 1r de Septembre
il fe trouva à huit lieues en avant de ce
Fort , à un endroit appellé Carillon . Il s'arrêtalà
, & ayant envoyé à la découverte de différens
côtés , il apprit que les Anglois étoient occupés
à conftruire un Fort à quelques lieues de - là ;
qu'il y avoit déja dans ce Fort , qui fe trouvoit
très- avancé , une Garnifon de cinq cens hommes;
qu'on y attendoit inceffamment un renfort
confidérable de troupes ; & que le Colonel
Jonhlon étoit avec fon Corps d'armée au fond
du Lac Saint-Sacrement. Sur ce rapport le Baron
de Dieskaw prit le parti de marcher en diligence
, pour tâcher de furprendre ce même Fort à
la tête de quinze cens hommes ; fçavoir , fix cens
Sauvages fous les ordres de M. de Saint - Pierre ,
fix cens Canadiens fous les ordres de M. de Repentigny
, & trois cens hommes de troupes , y
compris les deux Compagnies de Grenadiers des
Bataillons de la Reine & de Languedoc avec
trois Piquets de la Compagnie de Canonniers
de la Colonic. Il envoya le refte de ces deux
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Bataillons fous les ordres de M. de Roquemaure
, Commandant de celui de la Reine , à
l'endroit nommé les Deux Rochers , afin de fe replier
fur lui en cas qu'il fût obligé de ſe retirer
; & il fit marcher M. de Celoron Major ,
commandant les Troupes & Milices de la Colonie
, avec le reftant de fon Corps , vers la chute
du Lac Saint - Sacrement , pour empêcher les
Anglois de tenter une entreprife de ce côté- là.
En conféquence de ces difpofitions , il marcha
depuis le 4 jufqu'au 7 Septembre qu'il fe trouva
à environ une lieue du Fort Anglois . Comme la
fin du jour approchoit , il s'arrêta avec la troupe
, & envoya un Détachement de Sauvages
commandé par le fieur de Saint - Pierre , pour reconnoître
les lieux . Les Sauvages tuerent un
courier que le Colonel Jonhfon envoyoit au
Commandant du Fort pour l'avertir de la marche
des François. Ils s'emparerent auffi de quelques
charriots, qui y portoient de l'artillerie & des munitions
, mais dont quelques-uns des conducteurs
fe fauverent. Comme il n'étoit plus douteux que
le Fort Anglois étoit averti , le Baron de Diefkaw
fit propofer aux Sauvages l'option , ou de
fuivre le projet d'aller attaquer ce Fort , ou de
marcher contre le Camp du Colonel Jonhion ,
n'étoit qui ,fuivant tous les avis qu'on avoit eus ,
qu'à cinq ou fix lieues de- là avec un Corps de
troupes de trois mille hommes . Les Sauvages
opinerent tous pour cette derniere entrepriſe.
Le 8 on partit de grand matin fur cinq colonnes
dans l'ordre fuivant ; les troupes de France ,
& les canonniers au centre , une colonne de Canadiens
, & une autre de Sauvages à la droite ,
deux autres Colonnes femblables à la gauche.
Dès dix heures du matin , on ne fe trouva qu'à
&
JANVIER. 1756. 197
une lieue du Camp . Des prifonniers qui furent
faits par les Sauvages , déclarerent que , par le
chemin où marchoit l'Armée , il venoit des charriots
que les Anglois envoyoient à leur Fort , &
que ces chatriots étoient efcortés par un Détachement
confidérable. Le Baron de Dieskaw fit paffer
fur la gauche du chemin les Canadiens & les
Sauvages , avec ordre de laiffer engager les Anglois
, & de ne tirer fur eux que lorfque les troupes
reglées , qui continueroient leur marche par
le chemin , auroient commencé l'attaque . Quelques
minutes après , on entendit des coups de fufil
, & le feu s'anima entre les Sauvages qui marchoient
devant , & les Anglois. Les Canadiens
coururent fur le champ à leur fecours . Les Anglois
prirent la fuite. On les pourfuivit juſqu'à la
vae de leurs tentes ; & ce détachement qui étoit
de buit à neuf cens hommes , fut prefque tout détrait
: il en rentra fort peu dans le Camp ; & c'eſt
dans ce choc que M. de Saint - Pierre fut tué.
Le Baron de Dieskaw marchoit toujours par le
chemin , pendant que l'Ennemi fe battoit en retraite.
Quoique les Canadiens & les Sauvages fe
trouvaffent fort fatigués , il crut que le meilleur
moyen de les engager à le fuivre étoit de hâter fa
marche , pour profiter de la confufion que la défaite
de ce détachement devoit occafionner parmi
les troupes du Camp du Colonel Jonhfon. Il ne
fut pas longtems fans être en préfence . On lui
fit remarquer qu'il n'avoit point de colonne à la
droite pour le foutenir. Alors une petite troupe
de Canadiens s'étendit de ce côté-là , & fit un trèsgrand
feu fur les Anglois . Mais le Camp fe trouvant
retranché avec des bateaux , des charriots &
de gros arbres : l'infanterie des François , qui étoit
en front , eut un fi grand feu d'artillerie & de
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
moufqueterie à effuyer, qu'elle fut obligée de reculer,
& de s'emparer de quelques arbres : elle y
refta pendant deux heures à fufiller avec le refte
des troupes , qui ne confiftoit pas en plus de cinq
cens hommes dans cette attaque , parce qu'il n'y
avoit qu'une partie des Canadiens , qui avoit fuivi,
& que les Sauvages s'étoient arrêtés. Ce fut- là que
le Baron de Dieskaw fut d'abord bleflé à la jambe ,
& que peu de tems après il reçut une balle qui lui
perça le genouil droit , & lui paffa dans les chairs
de la cuiffe gauche ; ce qui l'obligea de fe laiffer
porter à quelques pas de - là pour s'affeoir. Il ordonna
au Chevalier de Montreuil , Major général,
& Commandant en fecond , de le laiffer là , &
d'aller voir fi on ne pouvoit pas pénétrer dans le
Camp. Le Chevalier de Montreuil en vit l'impoffibilité
:les troupes étoient trop fatiguées , en trop
petit nombre , & trop maltraitées par le feu qu'elles
avoient effuyé. Il prit le parti de la retraite.
Il y eut d'abord quelque confufion ; mais la Troupe
fe rendit en bon ordre au lieu où l'on avoit laiffé
les bateaux. La perte des Anglois a été de plus
de fept cens hommes dans le détachement qui a
été attaqué par les Sauvages & les Canadiens , fans
compter les bleffés qui font rentrés dans le camp ,
& l'on ignore la perte qu'ils ont dû faire dans les
retranchemens . Celle des François n'a été que de
quatre-vingt-quinze hommes tués , tant officiers ,
feldats , que Canadiens & Sauvages , & cent- trente
bleffés de tous ces différens corps. Le Baron de
Dieskaw a été pris & conduit à Orange avec le
fieur Bernier fon Aide- de - Camp , & deux officiciers
de milice , tous trois bleffés comme lui.
Il ne s'est rien paffé depuis de ce côté-là . La
perte que le Colonel Jonshfon avoit faite , & la
préfence des troupes Françoifes , qui fe font enJANVIER.
1756. 199
fuite retranchées aux environs du FortSaint- Frédéric
, lui ont fait abandonner l'exécution de fon
projet contre ce Fort.
Les fecours que M. de Vaudreuil avoit envoyés
aux Forts Frontenac & de Niagara , en ont
impofé auffi au Gouverneur Shirley , qui s'eft retiré
avec les troupes , à l'exception d'une Garnifon
nombreufe qu'il a laiffée à Chouegen avec un
train confidérable d'artillerie. La défaite du Général
Braddok , & le mauvais fuccès du Colonel
Jonshfon doivent avoir contribué à lui faire prendre
ce parti ; car toutes ces différentes entrepriſes
avoient été combinées enfemble.
en Canada.
La frégate du Roi la Syrene , partie de Québec
le 8 Novembre , & arrivée à Brest le 10 Décembre
, a apporté des lettres qui contiennent les détails
de ce qui s'eft paffé cette année en Canada ,
rélativement aux entreprifes des Anglois contre
cette Colonie.
Indépendamment des forces navales que les
Anglois ont envoyées dès le commencement du
printemps dans les mers de l'Amérique feptentrionale
, afin d'intercepter les Vaiffeaux François
qui feroient destinés pour le Canada & pour l'ife
Royale ; ils avoient raffemblé dans leurs Colonies
plufieurs corps de troupes , pour attaquer le
Canada tout à la fois par les frontieres de l'Acadie ,
par le Lac Champlain , par le Lac Ontario , & du
côté de la Belle Riviere.
Le corps de troupes deſtiné à agir contre les
frontieres du côté de l'Acadie , & compolé d'environ
dix-huit cens hommes , fe rendit dans les
premiers jours du mois de Juin avec un train confidérable
d'artillerie de toute efpece , au fond de la
Baye Françoiſe , & attaqua tout d'un coup le Fort
de Beauféjour , qui , par les effets du canon & des
bombes , fe trouva en peu de jours hors d'état de
défenſe. La garnifon , qui n'étoit que de deux
compagnies de einquante hommes chacune , fur
obligée de capituler , aux conditions qu'elle forti
192 MERCURE DE FRANCE.
roit avec armes & bagages , tambour battant ;
qu'elle feroit tranfportée à Louisbourg , & qu'elle
ne porteroit point les armes en Amérique pendant
le terme de fix mois . Les Anglois fommerent
tout de fuite l'Officier François qui commandoit
à Gafpareaux , pofte fitué à quelques lieues de
Beauféjour , & où il n'y avoit qu'un détachement
de vingt hommes , & cet Officier fe rendit aux
mêmes conditions de la capitulation de Beauféjour.
Après cette expédition , les Anglois marcherent
du côté de la riviere Saint -Jean. Il n'y avoit
fur cette riviere qu'un petit Fort très-anciennement
bâti . L'Officier qui y commandoit & qui
n'avoit que quelques foldats , prit le parti de le
brûler & de fe retirer chez des habitans établis
dans ce canton , où il s'eft maintenu ; & il n'y a
eu de ce côté là que quelques efcarmouches , dans
lefquelles les Anglois ont toujours été battus par
les François & les Sauvages qui ont joint cet
Officier.
Le corps de troupes qui avoit été raffemblé
pour agir du côté de la Belle Riviere , étoit compofé
des Régimens de troupes reglées , qui avoient
été envoyés d'Angleterre à la Virginie , & des régimens
de Milices , qui avoient été formés tant
dans cette Colonie que dans les Colonies voisines.
Il fe trouvoit compofé de trois mille hommes ,
lorfque le Général Braddock en prit le commandement
pour marcher contre le Fort du Quefne.
Le fieur de Contrecoeur , Capitaine dans les troupes
du Canada , qui commandoit dans ce Fort ,
avoit été informé qu'on faifoit des préparatifs en
Virginie ; mais il ne s'attendoit pas à devoir être
attaqué par des forces fi confidérables . Ayant envoyé
différens détachemens fur la route des Anglois,
il apprit le & Juillet qu'ils n'étoient qu'à
fix
JANVIER. 1756. 193
Gx lieues du Fort , & qu'ils marchoient fur trois
colonnes. Il forma fur le champ un détachement
de tout ce qu'il crut pouvoir mettre hors du Fort
pour aller à leur rencontre. Ce détachement fe
trouva compofé de deux cens cinquante François
& de fix cens cinquante Sauvages ; & M. de
Beaujeu qui le commandoit , avoit avec lui
MM. Dumas & Ligneris , tous deux Capitaines ,
& quelques autres Officiers fubalternes . Il partit
à huit heures du matin , & dès midi & demi , il
fe trouva en préſence des Anglois à environ trois
lieues du Fort. Il les attaqua fur le champ avec
beaucoup de vivacité . Les deux premieres décharges
de leur artillerie firent un peu reculer fa petite
troupe ; mais à la troifieme où il eut le malheur
d'être tué , M. Dumas , qui prit le commandement
, M. de Ligneris & les autres Officiers
, fuivis des François & des Sauvages , tomberent
avec tant de vigueur fur les Anglois , qu'ils
les firent plier à leur tour. Ceux-ci le défendirent
encore quelque tems en faifant très-bonne contenance
; mais enfin après quatre heures d'un grand
feu , ils fe débanderent , & la déroute fut générale .
On les pourfuivit pendant quelque tems ; mais
M. Dumas ayant appris que le Général Braddock
avoit laiffé à quelques lieues de - là un corps de
fept cens hommes fous les ordres du Colonel
Dumbar , il fit ceffer la pourfuite. Les Anglois
ont perdu dans cette affaire près de dix- fept cens
hommes. Prefque tous leurs Officiers ont été tués ,
& le Général Braddock eft mort peu de jours après
de fes bleffures . On a pris tous leurs équipages
qui étoient fort confidérables , leurs vivres , leur
artillerie , qui étoit compofée de huit pieces de
canon , fept mortiers & uftenciles de toute efpece
, beaucoup d'armes & de munitions de guerre ,
I,Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE .
leur caiffe militaire , & généralement toutes leurs
provisions . On a trouvé auffi les inftructions qui
avoient été données en Angleterre au Général
Braddock , avec plufieurs lettres qu'il avoit écrites
aux Miniftres du Roi de la Grande- Bretagne , pour
leur rendre compte des difpofitions qu'il faifoit
pour l'exécution des projets dont il avoit été
chargé en fa qualité de Commandant en chef
de toutes les troupes de Sa Majesté Britannique
dans l'Amérique feptentrionale. M. de Contrecoeur
eft resté enfuite fur la défenfive dans fon
Fort , après s'être affuré de la retraite du corps
de troupes du Colonel Dumbar . Mais quelques
partis Sauvages ont fait des incurfions fur les
frontieres des Colonies Angloifes.
Les deux autres corps de troupes Angloifes s'étoient
auffi mis en marche , l'un compofé d'environ
cinq mille hommes vers le Lac Ontario
pour attaquer le Fort de Niagara & le Fort Frontenac
, & l'autre encore plus confidérable vers le
Lac Champlain pour affiéger le Fort Saint -Fréderic
. M. de Vaudreuil , Gouverneur & Lieutenant
Général de la Nouvelle France , ayant d'abord
été informé que le fieur Shirley , Gouver
neur de la Nouvelle Angleterre , étoit déja rendu
avec une partie du premier de ces deux corps à
Choueguen , pofte Anglois établi depuis quelques
années au Sud du Lac Ontario , il prit le parti de
faire marcher un Détachement des Troupes &
des Milices de Canada , les quatre Bataillons de la
Reine , de Languedoc , de Guyenne & de Béarn ,
que le Roi a fait paffer cette année à Quebec , &
un certain nombre de Sauvages , pour aller couvrir
les Forts de Niagara & de Frontenac , & il
donna le commandement du tout au Baron de
Dieskaw , Maréchal de Camp. Mais ayant été
JANVIER. 1756. 195
inftruit peu de jours après , que le Colonel
Jonhlon étoit en pleine marche à la tête de
L'autre Corps , pour attaquer le Fort Saint- Frederic
, & qu'il avoit même déja établi plufieurs poftes
d'entrepôt fur la route , il envoya un courier
au Baron de Dieskaw, pour l'informer de ces avis ,
& du parti qu'il prenoit de faire marcher en diligence
un Detachement de Troupes & de Milices
avec des Sauvages , pour aller au fecours du
Fort Saint- Frederic. Le Baron de Dieskaw y marcha
lui -même , & amena avec lui les Bataillons
de la Reine & de Languedoc , qui ne ſe trouvoient
compofés que de neuf Compagnies chacun. A
fon arrivée au Fort Saint- Frederic , il jugea à propos
d'aller au-devant des Anglois , & le 1r de Septembre
il fe trouva à huit lieues en avant de ce
Fort , à un endroit appellé Carillon . Il s'arrêtalà
, & ayant envoyé à la découverte de différens
côtés , il apprit que les Anglois étoient occupés
à conftruire un Fort à quelques lieues de - là ;
qu'il y avoit déja dans ce Fort , qui fe trouvoit
très- avancé , une Garnifon de cinq cens hommes;
qu'on y attendoit inceffamment un renfort
confidérable de troupes ; & que le Colonel
Jonhlon étoit avec fon Corps d'armée au fond
du Lac Saint-Sacrement. Sur ce rapport le Baron
de Dieskaw prit le parti de marcher en diligence
, pour tâcher de furprendre ce même Fort à
la tête de quinze cens hommes ; fçavoir , fix cens
Sauvages fous les ordres de M. de Saint - Pierre ,
fix cens Canadiens fous les ordres de M. de Repentigny
, & trois cens hommes de troupes , y
compris les deux Compagnies de Grenadiers des
Bataillons de la Reine & de Languedoc avec
trois Piquets de la Compagnie de Canonniers
de la Colonic. Il envoya le refte de ces deux
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Bataillons fous les ordres de M. de Roquemaure
, Commandant de celui de la Reine , à
l'endroit nommé les Deux Rochers , afin de fe replier
fur lui en cas qu'il fût obligé de ſe retirer
; & il fit marcher M. de Celoron Major ,
commandant les Troupes & Milices de la Colonie
, avec le reftant de fon Corps , vers la chute
du Lac Saint - Sacrement , pour empêcher les
Anglois de tenter une entreprife de ce côté- là.
En conféquence de ces difpofitions , il marcha
depuis le 4 jufqu'au 7 Septembre qu'il fe trouva
à environ une lieue du Fort Anglois . Comme la
fin du jour approchoit , il s'arrêta avec la troupe
, & envoya un Détachement de Sauvages
commandé par le fieur de Saint - Pierre , pour reconnoître
les lieux . Les Sauvages tuerent un
courier que le Colonel Jonhfon envoyoit au
Commandant du Fort pour l'avertir de la marche
des François. Ils s'emparerent auffi de quelques
charriots, qui y portoient de l'artillerie & des munitions
, mais dont quelques-uns des conducteurs
fe fauverent. Comme il n'étoit plus douteux que
le Fort Anglois étoit averti , le Baron de Diefkaw
fit propofer aux Sauvages l'option , ou de
fuivre le projet d'aller attaquer ce Fort , ou de
marcher contre le Camp du Colonel Jonhion ,
n'étoit qui ,fuivant tous les avis qu'on avoit eus ,
qu'à cinq ou fix lieues de- là avec un Corps de
troupes de trois mille hommes . Les Sauvages
opinerent tous pour cette derniere entrepriſe.
Le 8 on partit de grand matin fur cinq colonnes
dans l'ordre fuivant ; les troupes de France ,
& les canonniers au centre , une colonne de Canadiens
, & une autre de Sauvages à la droite ,
deux autres Colonnes femblables à la gauche.
Dès dix heures du matin , on ne fe trouva qu'à
&
JANVIER. 1756. 197
une lieue du Camp . Des prifonniers qui furent
faits par les Sauvages , déclarerent que , par le
chemin où marchoit l'Armée , il venoit des charriots
que les Anglois envoyoient à leur Fort , &
que ces chatriots étoient efcortés par un Détachement
confidérable. Le Baron de Dieskaw fit paffer
fur la gauche du chemin les Canadiens & les
Sauvages , avec ordre de laiffer engager les Anglois
, & de ne tirer fur eux que lorfque les troupes
reglées , qui continueroient leur marche par
le chemin , auroient commencé l'attaque . Quelques
minutes après , on entendit des coups de fufil
, & le feu s'anima entre les Sauvages qui marchoient
devant , & les Anglois. Les Canadiens
coururent fur le champ à leur fecours . Les Anglois
prirent la fuite. On les pourfuivit juſqu'à la
vae de leurs tentes ; & ce détachement qui étoit
de buit à neuf cens hommes , fut prefque tout détrait
: il en rentra fort peu dans le Camp ; & c'eſt
dans ce choc que M. de Saint - Pierre fut tué.
Le Baron de Dieskaw marchoit toujours par le
chemin , pendant que l'Ennemi fe battoit en retraite.
Quoique les Canadiens & les Sauvages fe
trouvaffent fort fatigués , il crut que le meilleur
moyen de les engager à le fuivre étoit de hâter fa
marche , pour profiter de la confufion que la défaite
de ce détachement devoit occafionner parmi
les troupes du Camp du Colonel Jonhfon. Il ne
fut pas longtems fans être en préfence . On lui
fit remarquer qu'il n'avoit point de colonne à la
droite pour le foutenir. Alors une petite troupe
de Canadiens s'étendit de ce côté-là , & fit un trèsgrand
feu fur les Anglois . Mais le Camp fe trouvant
retranché avec des bateaux , des charriots &
de gros arbres : l'infanterie des François , qui étoit
en front , eut un fi grand feu d'artillerie & de
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
moufqueterie à effuyer, qu'elle fut obligée de reculer,
& de s'emparer de quelques arbres : elle y
refta pendant deux heures à fufiller avec le refte
des troupes , qui ne confiftoit pas en plus de cinq
cens hommes dans cette attaque , parce qu'il n'y
avoit qu'une partie des Canadiens , qui avoit fuivi,
& que les Sauvages s'étoient arrêtés. Ce fut- là que
le Baron de Dieskaw fut d'abord bleflé à la jambe ,
& que peu de tems après il reçut une balle qui lui
perça le genouil droit , & lui paffa dans les chairs
de la cuiffe gauche ; ce qui l'obligea de fe laiffer
porter à quelques pas de - là pour s'affeoir. Il ordonna
au Chevalier de Montreuil , Major général,
& Commandant en fecond , de le laiffer là , &
d'aller voir fi on ne pouvoit pas pénétrer dans le
Camp. Le Chevalier de Montreuil en vit l'impoffibilité
:les troupes étoient trop fatiguées , en trop
petit nombre , & trop maltraitées par le feu qu'elles
avoient effuyé. Il prit le parti de la retraite.
Il y eut d'abord quelque confufion ; mais la Troupe
fe rendit en bon ordre au lieu où l'on avoit laiffé
les bateaux. La perte des Anglois a été de plus
de fept cens hommes dans le détachement qui a
été attaqué par les Sauvages & les Canadiens , fans
compter les bleffés qui font rentrés dans le camp ,
& l'on ignore la perte qu'ils ont dû faire dans les
retranchemens . Celle des François n'a été que de
quatre-vingt-quinze hommes tués , tant officiers ,
feldats , que Canadiens & Sauvages , & cent- trente
bleffés de tous ces différens corps. Le Baron de
Dieskaw a été pris & conduit à Orange avec le
fieur Bernier fon Aide- de - Camp , & deux officiciers
de milice , tous trois bleffés comme lui.
Il ne s'est rien paffé depuis de ce côté-là . La
perte que le Colonel Jonshfon avoit faite , & la
préfence des troupes Françoifes , qui fe font enJANVIER.
1756. 199
fuite retranchées aux environs du FortSaint- Frédéric
, lui ont fait abandonner l'exécution de fon
projet contre ce Fort.
Les fecours que M. de Vaudreuil avoit envoyés
aux Forts Frontenac & de Niagara , en ont
impofé auffi au Gouverneur Shirley , qui s'eft retiré
avec les troupes , à l'exception d'une Garnifon
nombreufe qu'il a laiffée à Chouegen avec un
train confidérable d'artillerie. La défaite du Général
Braddok , & le mauvais fuccès du Colonel
Jonshfon doivent avoir contribué à lui faire prendre
ce parti ; car toutes ces différentes entrepriſes
avoient été combinées enfemble.
Fermer
Résumé : RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada.
En 1755, les Britanniques lancèrent plusieurs offensives contre le Canada. Dès le printemps, ils déployèrent des forces navales pour intercepter les vaisseaux français destinés au Canada et à l'Île Royale. Ils rassemblèrent également des troupes pour attaquer le Canada par différentes frontières : l'Acadie, le Lac Champlain, le Lac Ontario et la Belle Rivière. En juin, les Britanniques capturèrent le Fort de Beaufort en Acadie après quelques jours de bombardements. La garnison française capitula avec honneurs militaires et fut transportée à Louisbourg. Les Britanniques s'emparèrent ensuite du poste de Gaspareaux, où un détachement français se rendit également. Ils avancèrent vers la rivière Saint-Jean, où un petit fort fut incendié par les Français. Sur la Belle Rivière, le Général Braddock mena trois mille hommes contre le Fort Duquesne. Le Capitaine de Contrecoeur, commandant du fort, envoya un détachement de 250 Français et 550 Amérindiens à leur rencontre. Lors de la bataille, les Britanniques subirent de lourdes pertes, y compris la mort du Général Braddock. Les Français capturèrent une grande quantité de matériel et de provisions britanniques. Simultanément, deux autres corps de troupes britanniques avancèrent : l'un vers le Lac Ontario pour attaquer les forts Niagara et Frontenac, et l'autre vers le Lac Champlain pour assiéger le Fort Saint-Frédéric. Le Gouverneur Vaudreuil envoya des renforts pour défendre ces forts. Le Baron de Dieskau, commandant les troupes françaises, affronta les Britanniques près du Fort Saint-Frédéric. Après une bataille intense, les Britanniques furent repoussés, mais les Français durent se retirer en raison de leurs pertes et de la fatigue. Les Britanniques perdirent plus de 700 hommes dans cette confrontation. Le texte décrit également les événements militaires entre les Français et les Britanniques en janvier 1756. Lors d'un affrontement, les pertes françaises s'élèvent à quatre-vingt-quinze hommes tués et cent-trente blessés, incluant des officiers, des soldats, des Canadiens et des Amérindiens. Le Baron de Dieskau et le sieur Bernier, aide-de-camp, ainsi que deux officiers de milice, ont été capturés et blessés. Depuis cet événement, aucune autre action militaire n'a été signalée. La perte subie par le Colonel Johnson et la présence des troupes françaises retranchées près du Fort Saint-Frédéric ont conduit Johnson à abandonner son projet contre ce fort. Les renforts envoyés par M. de Vaudreuil aux Forts Frontenac et Niagara ont également contraint le Gouverneur Shirley à se retirer, laissant une garnison nombreuse à Chouegen avec un train d'artillerie conséquent. La défaite du Général Braddock et l'échec du Colonel Johnson ont probablement influencé cette décision, car ces entreprises étaient coordonnées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8957
p. 199-213
Dédicace de la Statue du Roy, dans la Place Royale de Nancy.
Début :
Sa Majesté Polonoise, Duc de Lorraine & de Bar, ayant conçu en 1752 [...]
Mots clefs :
Hôtel de ville, Sa Majesté, Statue, Naissance, Cérémonies, Duc de Gesvres, Duc de Fleury, Marchands, Régiments, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : Dédicace de la Statue du Roy, dans la Place Royale de Nancy.
Dédicace de la Statue du Roy , dans la Place
Royale de Nancy.
Sa Majesté Polonoife , Duc de Lorraine & de
Bar , ayant conçu en 1752 le deflein de faire élever
un monument de fa tendreffe à Sa Majesté
Très-Chrétienne , a dreffé elle - même le plan
d'une place , dont l'exécution confiée à M. Heré
de Corny, fon premier Architecte , répond à la
magnificence des idées de Sa Majesté & à la gran
deur du fujet . Les édifices qui environnent cette
place , font d'une fymmétrie parfaite . Celui du
fond eft deftiné à l'Hôtel de Ville . Ceux de droite
& de gauche forment quatre pavillons . La place
eft terminée par un Corps de bâtimens à un
étage , qui fait retour pour donner une rue de
communication de la Ville Neuve à la Ville
Vieille. Au fond de la rue eft un arc de triomphe
, compoféde trois portiques. Dans les quatre
angles de la place , dont l'extérieur eft décoré
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'une architecture d'ordre Corinthien en pilaftres
, on a mis quatre grands grillages fur un
plan ceintré. Les deux du fond font employés à
mafquer les baftions . Ils forment chacun un grand
portique & deux petits. Le portique du milieu
eft une cafcade , où l'on voit la figure de Neptune
fur fon char tiré par des chevaux marins ;
d'un côté , un fleuve & une Nayade ; & de l'autre
un dragon. Toutes les eaux que jettent ces différentes
figures , fe répandent en nappes dans un
vafte baffin. Les fontaines des petits portiques
font ornées de grouppes d'enfans qui jouent avec
des poiffons. Les deux autres grands grillages
font aux angles de l'Hôtel de Ville , & ils forment
deux effeces de portes Flamandes , de vingtdeux
pieds d'ouvertures , deftinés pour donner entrée
à quatre rues.
Au milieu de la place s'éleve un piedestal de
marbre blanc , fur lequel eft la ftatue pedeftre
de Louis XV habillé à la Romaine , cuiraflé &
revêtu du manteau royal . Cette figure de bronze
eft haute de onze pieds. Quatre bas reliefs auffi
de bronze décorent les quatre faces du piedeftal ,
& repréfentent , le premier le mariage du Roi
Très - Chrétien ; le fecond la paix conclue à Vienne
; le 3e la prife de poffeffion de la Lorraine ; le
quatrieme l'Academie des Sciences & Belles - Lettres
établie dans cette ville. Aux quatre angles du
piedeftal , fur le pallier des marches font quatre
figures coloffales , qui repréfentent la prudence ,
la juftice , la valeur & la clémence.
Sa Majefté Polonoiſe ayant fixé le jour de la
Dédicace de la ftatue au 26 Novembre ,vingt trois
jours auparavant à la Malgrange. La fête ne pouvoit
mieux commencer que par des actions de
graces , pour la naiffance de Monfeigneur le Com
ง
JANVIER. 1756. 201
te de Provence. Le Roi fe rendit le 25 à l'églife
primatiale , pour y aflitter à une Meffe folemnelle
, & au Te Deum. Le Primat revêtu de fes
habits pontificaux , reçut Sa Majesté à la porte de
l'églife , où les Compagnies fupérieures , les autres
Corps de Juftice , & le Clergé féculier &
régulier s'étoient rendus.
疹
Le lendemain 26 , Sa Majefté entendit dans
P'églife de Bon-Secours une Mefle célébrée par le
Primat. Vers midi , Sa Majefté arriva ici avec
toute la pompe de la Royauté. Le Régiment d'Infanterie
du Roi Très -Chrétien en garnifon dans
cette ville , bordoit en haie les rues depuis la porte
Saint Nicolas jufqu'à la place royale . Sa Majefté
Polonoife fut faluée de trois décharges de
l'artillerie des remparts. A la porte de l'Hôtel de
Ville , elle fut complimentée par M. Thibault ,
Lieutenant- Général de Police , à la tête des Magiftrats
.
Sa Majefté s'étant placée fur le balcon du grand
fallon de l'Hôtel de Ville , un Héraut d'Armes ,
précédé des Timballiers & Trompettes des plaifirs,"
& monté fur un cheval richement caparaçonné ,
fortit de deffous l'arc de triomphe , & en s'avançant
par la droite , il fit le tour de la place . Devant
chaque pavillon , il fit à haute voix la proclamation
de la Dédicace de la ftatue. La Nobleſſe
& le peuple répondirent à l'envi par des acclamations
réitérées. Alors on ôta de deffus la ftatue le
voile qui la couvroit , & de nouvelles acclamations
en couronnerent la Dédicace. Pendant la
cérémonie , l'artillerie des remparts & la moufqueterie
du Régiment du Roi Très - Chrétien firent
des falves continuelles .
Au lieu d'eau il coula du vin des Fontaines de
la place pendant le refte du jour . Quatre Confeil-
I y
202 MERCURE DE FRANCE.
lers de l'Hôtel de Ville jetterent à pleines mains
de l'argent par les fenêtres des quatre pavillons ,
& l'on diftr bua en même - tems dans toute la ville
des largeffes confidérables aux pauvres honteux .
Sa Majesté reçut les complimens de fa Cour fupérieure
, de fa Chambre des Comptes , de l'Académie
des Sciences & Belles- Lettres , & des quatre
Chapitres de Chanoineffes de Remiremont
d'Epinal , de Bouxieres & de Pouffay.
Sur les quatre heures elle fe rendit à la falle de
la Comédie , où elle entendit un prologue relatif
à la cérémonie du jour. L'Auteur des paroles eft
M. Paliffot de Montenoy , & la Mufique eft de M.
Surat . Après le fpectacle , Sa Majefté paffa à la
falle du bal paré que donnoit la Ville. Il étoit
compofé de toute la haute Nobleffe de Lorraine ,
& d'Etrangers de la plus grande diftinction , que le
défir de faire leur cour à Sa Majefté avoit attirés
de toutes parts. Le Roi y demeura une demi-heure,
& partit enfuite au bruit de l'artillerie , & au
milieu des acclamations dictées par l'allégrefle
générale.
En paffant près de la grande place de la Ville
Neuve , Sa Majefté y vit les Soldats & Sergens
des quatre Bataillons du Régiment du Roi , affis
à de longues tables , où la Ville leur avoit fait
fervir un repas dans lequel il régna autant d'ordre
que d'abondance. Les tables formoient un
quarré. Elles étoient éclairées par cinq pyramides
, dont quatre de vingt- trois pieds , & celle
du milieu de quarante , toutes furmontées de
fleurs de lys couronnées , ayant dans leurs corps
les armes de Sa Majefté Polonoife , & celles de la
Ville en feu tranfparent. Le devant & le derriere
des tables étoient ornés des faifceaux d'armes
du Régiment , fur chacun defquels il y avoit une
JANVIE R. 1756. 203
fleur de lys illuminée. Les drapeaux étoient déployés
autour des tables , fur lefquelles veillont
le Corps des Officiers , le Marquis de Guerchy ,
Colonel-Lieutenant , à la tête .
A la fuite du bal paré il y eut grand bal
mafqué à l'Hôtel de Ville.
Sa Majesté revint ici le 27. La Place royale
étoit illuminée fuivant l'ordre de l'architecture .
Après avoir confidéré l'illumination , le Roi defcendit
du grand fallon de l'Hôtel de Ville pour
fe rendre fous le periftile de l'arc de triomphe.
Avant fa fortie , M. Thibault lui préfenta fur
le feuil de la porte une médaille d'or . Eile porte
d'un côté la tête de Sa Majesté Polonoife avec cette
infcription : Stanislaus Í , Rex Polonia , Magnus
Duc Lithuania , Lotharingia & Barri . Au revers
eft la ftatue pedeſtre de Louis XV fur fon piedeftal
, avec cette légende : Uriufque immortalitati,
Et pour exergue , Civitas Nanceiana . MDCCLV.
En recevant cette médaille , qui a été gravée
par la Dame de Saint Urbain , Sa Majesté eut la
bonté de dire aux Magiftrtas : Meffieurs , fur ce médaillon
eft mon effigie , mais les vôtres font gravées
dans mon coeur.
On tira enfuite le magnifique feu d'artifice ,
qui avoit été préparé . Sa Majesté après le feu ,
retourna à la place royale , pour voir une feconde
fois l'illumination , & elle partit enfin au bruit de
nouvelles falves d'artillerie & de moufqueterie.
Pendant les trois jours qu'ont duré les réjouiffances
publiques , les habitans de Nancy ont fait
les honneurs de la Ville , en tenant table ouverte
pour les Etrangers , qui , après avoir admiré les
magnificences dont ils ont été témoins , ont remporté
la plus haute idée de l'amour fincere &
refpectueux des Lorrains pour leurs Majeftés
Très- Chrétienne & Polonoife.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Cette fête n'a point été particuliere à la ville
de Nancy : elle a été générale dans toutes les
villes & dans les bourgs de la Lorraine & du
Barrois.
Le 14 Décembre , les Députés de la Ville de
Nancy eurent l'honneur de préſenter au Roi les
Médailles d'or & d'argent , qui ont été frappées
à l'occafion de cette Dédicace. Le Roi pour leur
donner de fa fatisfaction une marque diftinguée ,
les reçut dans fon cabinet. Ils furent préfentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Fleury, premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur & Lieutenant-
Général de Lorraine & du Barrois, & par M.
le Comte d'Argenfon, Miniftre & Secrétaire d'Etat.
Les Députés eurent le même honneur chez la
Reine , chez Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, Monfeigneur le Duc de Berry , & Monfeigneur
le Comte de Provence , ainfi que chez Madame
, & chez Mefdames Victoire , Sophie &
Louife, étant préfentés de même par M. le Duc de
Fleury , & M. le Comte d'Argenfon. La Députation
étoit compofée de M. Thibault , Lieutenant-
Général de Police , & Chef du Magiſtrat de
Nancy ; de M. Breton , Confeiller pour la Nobleffe
; de M. Puiffeur , Confeiller pour le Tiers-
Etat ; & de M. Richer , Confeiller , Tréforier de
l'Hôtel de Ville de Nancy. M. Thibault porta la
parole.
Le 12 , la rentrée de la Cour des Aides fe fit
avec les cérémonies ordinaires. Après la Meffe
célébrée , felon la coutume , dans la falle de la
Cour , les trois Chambres s'affemblerent dans la
premiere , & l'on fit la lecture des Ordonnances
& des Réglemens. Les Huifliers ayant prêté ferJANVIER
. 1756. 205
ment , M. de Lamoignon de Malesherbes , Premier
Préfident , prononça un difcours fur le choix
des Etudes. Enfuite M. Boula de Mareuil , fecond
Avocat Général , prit la parole , & haranguafur
Pemploi du Tems.
M. de Landreville , Maréchal de Camp & chef
de Brigade des Gardes du Corps , vint le 17 Novembre
, de la part du Roi , annoncer la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence au Corps
de ville qui s'étoit affemblé fur la premiere nouvelle
que Madame la Dauphine avoit reffenti
quelques douleurs. M. le Marquis de Dreux , Grand
Maître des cérémonies , a remis en même tems
au Corps de ville une lettre de Sa Majeſté ſur le
même ſujet. Auffi - tôt les Prévôt des Marchands
& Echevins firent annoncer à toute la ville , par
une falve générale de l'artillerie , & par la cloche
de l'Hôtel de ville , qui a fonné jufqu'à minuit ,
la nouvelle faveur qu'il a plu à Dieu d'accorder à
la France.
A fix heures du foir on fit une feconde falve
de l'artillerie , après laquelle les Prévôt des Marchands
& Echevins allumerent , avec les cérémonies
ordinaires , le bucher qui avoit été dreſſé
dans la Place devant l'Hôtel de ville . On tira enfuite
une grande quantité de fufées volantes ; on
fit couler dans les quatre coins de la place des
fontaines de vin , & on diftribua au peuple du
pain & des viandes. Plufieurs Orcheftres remplis
de Muficiens , mêlerent le fon de leurs inftrumens
aux acclamations dictées par l'alegreffe
publique. La façade de l'Hôtel de ville fut illuminée
le foir par plufieurs filets de terrines , ainfi
que l'hôtel du Duc de Gefvres , Gouverneur de
Paris , celui du Prévôt des Marchands & les maifons
des Echevins & Officiers du Bureau de la
ville,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi ayant écrit à l'Archevêque de Paris
pour faire rendre à Dieu de folemnelles actions
de graces à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence , on chanta le 23
Novembre le Te Deum dans l'églife Métropolitaine
, & l'Abbé de Saint Exupery , Doyen du
Chapitre , y officia. Le Chancelier & le Garde
des Sceaux , accompagnés de plufieurs Confeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifterent , ainfi
que le Parlement , la Chambre des Comptes ,
la Cour des Aides , & le Corps de ville , qui y
avoient été invités de la part de Sa Majesté par
le Marquis de Dreux , Grand Maître des cérémonies.
On tira le même jour dans la place de l'Hôtel
de ville , par ordre des Prévôt des Marchands &
Echevins , un très -beau feu d'artifice . La décoration
repréfentoit un Temple de Lucine , formant
par fon plan un quarré régulier de marbre blanc.
Une ordonnance compofite , portée fur un focle
& terminée par un attique , préfentoit fur chaque
face du quarré quatre colonnes ifolées , embraffées
par des branches de lys , & grouppées
deux à deux , qui foutenoient un fronton triangulaire.
A côté des colonnes étoient des figures de
fept pieds de proportion , repréfentant des Vertus.
Le milieu des façades étoit ouvert par un portique
élevé fur des dégrés de marbre blanc , qui
conduifoient jufqu'à l'autel , fur lequel étoit placée
la Déeffe . Les colonnes , les frontons , les panneaux
du focle & de l'attique étoient de marbre
ferancolin. L'intérieur du temple étoit de bréche
violette. Les chapiteaux , la frife , les moulures ,
les bas reliefs & les figures étoient en or . Au-deffus
du fronton étoit le médaillon des armes du
Roi , fupporté par le Génie de la France , & par
JANVIER. 1756. 207
une Renommée. Des Amours , foutenus fur des
nuages , formoient différens jeux , & fervoient
de couronnement à tout l'édifice . Le temple avoit
ving- cinq pieds de largeur fur quarante de hauteur.
Il portoit fur une terraffe de quarante-huit
pieds de baſe , dont les appuis formoient autour
de l'édifice principal , une enceinte décorée dans
tous les angles par des acroteres qui foutenoient
des vafes de fleurs . On montoit fur la terrafle
par des perrons diftribués fur toutes les faces .
Après l'artifice , la façade de l'Hôtel de ville fut
illuminée avec autant de goût que de magnifi- *
cence. Toutes les colonnes dans leur pourtour
étoient garnies de lampions . Des filets de terrines
regnoient le long des entablemens. Plufieurs
Juftres formés de lanternes de verre éclairoient
les autres parties . La place vis - à- vis de l'Hôtel de
ville étoit entourée d'Ifs , portant chacun plus de
cent cinquante lumieres .
Il y eut auffi de magnifiques illuminations
aux hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt des
Marchands , ainfi qu'aux maifons des Echevins &
des principaux Officiers du Corps de Ville .
Des fontaines de vin coulerent dans ces différens
endroits , de même que dans la place de
l'Hôtel de ville , & dans les autres principales places
de Paris ; & l'on diftribua du pain & des viandes
au peuple. On avoit placé des orcheftres partout
où le faifoient ces diftributions.
La cloche de l'Hôtel de ville fonna en tocfin
depuis cinq heures du matin juſqu'à minuit. Pendant
la journée il y eut quatre falves d'artillerie ;
une à cinq heures du matin , une à midi , une pendant
le Te Deum , & la derniere avant le feu
d'artifice .
Le 23 , la Vicomteffe de Cambis fut préſentée
à leurs Majeftés .
208 MERCURE DE FRANCE.
Le 24 , le Corps de ville alla à l'Eglife paroiffiale
de Saint Jean en Greve , pour rendre les
actions particulieres de graces ; & il affifta à un
Te Deum qu'il fic chanter en mufique L'Hôtel
de ville , les hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt
des Marchands , & les maiſons des Echevins
& des principaux Officiers du Corps de Ville furent
de nouveau illuminés.
Le Marquis de Braffac , un des Chambellans du
Roi de Pologne Duc de Lorraine & de Bar , eft
venu de la part de Sa Majefté Polonoiſe pour
complimenter ieurs Majeftés & la Famille royale
fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence
; & le 24 Novembre il s'acquitta de cette
commiffion.
M. Séguier , Avocat Général du Parlement ,
ouvrit le 24 les Audiences de la Grand'Chambre ,
par une barangue fur l'Emulation. Cette harangue
fut fuivie d'un difcours de M. de Maupeou , premier
Préfident , fur le Vice de la Jalousie.
Selon les lettres de Bordeaux , on y effuya le
premier Novembre une fecouffe de tremblement
de terre qui dura quelques minutes . Elle fut accompagnée
d'une agitation extraordinaire des
eaux de la Garonne. Heureufement la ville n'a
fouffert aucun dommage.
Conformément à l'ordre que le Roi avoit donné
, le Régiment des Gardes Suiffes s'affembla
à Versailles le 29 de Novembre dans la place
d'armes vis - à-vis de la grille du château , & il
forma un bataillon quarré. A midi & demi M. le
Comte d'Eu ayant averti le Roi , que le Régiment
étoit fous les armes , Sa Majesté monta à cheval ,
accompagnée de M.le Comte d'Argenfon ,Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de laGuerre,
ainsi que de M.le Marquis de Paulmy , Secrétaire
JANVIER. 1756. 209
d'Etat en ſurvivance de M. le Comte d'Argenſon.
Le Bataillon quarré s'ouvrit à l'arrivée du Roi ; Sa
Majefté y entra avec la fuite & avec les Officiers
des Gardes du Corps , & le Bataillon ſe referma
fur le champ , les Gardes du Corps reftant en
dehors. Les Capitaines des Gardes Suifles firent
un cercle autour de Sa Majefté ; les Lieutenans
formerent un fecond cercle , & les Sergens un
troifieme. Après que les tambours eurent battu
le ban , le Roi ordonna au Régiment de reconnoître
le Comte d'Eu pour Colonel Général des
Suiffes & Grifons , & de lui obéir en tout ce qui
concerne le fervice de Sa Majefté. Enfuite le Roi
fortit du Bataillon , & alla fe placer vis- à- vis de
la petite Ecurie , d'où Sa Majesté vit défiler le
Régiment. Le Comte d'Eu étoit à la tête. Lorfque
la premiere ligne fut paffée , ce Prince fe
plaça auprès de Sa Majeſté. Il donna le même jour
dans fon château de Clagny un fomptueux dîner
aux Officiers du Régiment , & il fit diftribuer du
pain , de la viande & du vin à tous les foldats .
Sur ce qui a été repréſenté au Roi , qu'entre les
différens moyens qui peuvent concourir avec ceux
que Sa Majefté s'elt déja procurés , pour fubvenir
aux dépenses extraordinaires auxquelles les circonftances
préfentes l'obligent , il n'en eft point
de plus facile & de plus défiré qu'une nouvelle
Loterie ; Sa Majesté s'y eſt d'autant plus volontiers
déterminée , que l'augmentation du bail de
fes Fermes la met en état d'y fatisfaire , fans rien
prendre fur fex autres revenus. En conféquence ,
par un Arrêt du Confeil d'Etat , du 11 de Novembre
, elle a établi une troiſieme Loterie royale.
Cette Loterie dont l'exécution durera douze
ans , à compter du premier Avril 1756 , & dont
le Roi a fixé le fonds à la fomme de trente mil
210 MERCURE DE FRANCE.
lions de livres , fut ouverte le 1t de Décembre au
Tréfor royal. Elle fera compofée de so mille billets
, chacun de fix cens livres. Il y aura cent mille
lots , dont cinquante mille , dits de rembourfement,
qui éteindront & amortiront le capital des
billets & cinquante mille de faveur , aufquels les
billets amortis par le remboursement qui leur
fera parvenu , participeront nonobftant ledit rem
bourfement. Les cent mille lots feront diftribués
en quatorze Tirages pendant le cours des douzé
années que durera la Loterie. Le premier tirage
du premier femeftre fe fera le 15 du mois d'Avril
prochain , & les cinq autres d'année en année au
même tems . Ces fix premiers tirages feront de
lots de rembourfement. Le feptieme qui fera de
faveur , ſe fera un mois après. Le premier des fix
tirages du deuxieme femeftre qui feront également
pour lots de remboursement , fe fera le 15
Avril 1762 , les cinq autres auffi d'année en année,
& le quatorzieme & dernier qui fera de faveur ,
un mois après le fixieme du fecond femeftre. Les
vingt-quatre mille deux ceux quarante huit billets,
qui auront obtenu les lots de rembourſement dans
les fix tirages du Ir femeftre , participeront feuls
au tirage de faveur qui les fuivra. De même les
vingt-cinq mille fept cens cinquante- deux billets.
aufquels feront échus les lots de remboursement
des fix tirages du deuxieme femeftre , auront feuls
part au quatorzieme tirage , qui formera la clôture
de la Loterie . A chacun des douze tirages
pour lots de remboursement il y aura un premier
lot de vingt mille livres , un fecond de dix mille,
un troifieme de quatre mille , deux autres de deux
mille. Dans le premier des deux tirages de faveur
le premier lot fera de cent vingt mille livies
, & le fecond de cinquante mille . Le princiJANVIE
R. 1756. 211
pal lot du quatorzieme & dernier tirage fera de
deux cens mille livres , & le fecond de quatrevingt
mille. Sa Majefté attribue pendant chacune
des deuxieme & fubfequentes années de l'exécution
de la Loterie , jufques & compris la onzieme,
vingt-quatre livres à chacun des billets qui entreront
dans la roue , pour concourir en chaque femeftre
au gain des lots de remboursement , & ce
jufqu'à ce qu'il leur en foit échu un à chacun ;
laquelle attribution fera payée , même pour l'année
révolue , au tems que lefdits lots échoiront
fans aucune réduction deſdits lots.
Il paroît une Ordonnance du Roi pour augmenter
de dix Maîtres chaque Compagnie des Régimens
de Cavalerie, tant Françoifes qu'Etrangeres,
même celles des cinq Brigades du Régiment des
Carabiniers.
Sa Majesté a accordé des lettres d'ennobliffement
à M. Daran , l'un de fes Chirurgiens , qui
s'eft acquis un nom célébre dans toute l'Europe.
Le Marquis de Soragna , Gentilhomme de la
Chambre de l'Infant Duc de Parme , & qui eft
venu de la part de ce Prince & de Madame Infante
pour complimenter leurs Majestés fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence
s'acquitta le 16 de fa commiffion. Il fut préfenté
par Don Jaimes Mafones de Lima & Sotomayor,
Ambaffadeur Extraordinaire & Plénipotentiaire
du Roi d'Efpagne.
Six cloches de la nouvelle Eglife Paroiffiale de
Saint Louis à Verfailles furent bénites le 15. M. le
Duc de Fleury & Me. la Ducheffe de Laynes , Dame
d'honneur de la Reine , les tinrent au nom de
leurs Majeftés & de la Famille royale. Le Curé de
la Paroiffe fit la cérémonie. Il y eut mufique , illumination
, feu , & plufieurs falves de mouſqueterie,
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 14,Mdme la Marquise de Gamaches fut préfentée
à leurs Majeftés & à la Famille royale .
Dans ces préfentations elle prit le tabouret
comme Grande d'Espagne , ayant hérité de la
Grandeffe par la mort du Maréchal de la Mothe .
Houdancourt , dont elle eft fille unique.
Madame la Marquiſe de Brehant fut préſentée le
même jour.
Le 17 M. le Marquis de Marigny, Directeur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , préfenta
à Leurs Majeftés plufieurs pieces de Tapif
ferie en haute- liffe , de la Manufacture des Gobelins.
Quatre de ces pieces repréfentent : la premiere
, Jafon affoupiffant le Dragon , enlevant
la Toifon d'Or , & partant avec Medée : la
deuxieme , le mariage de Jafon & de Creüfe , fille
du Roi de Corinthe : la troisieme , Creuſe confumée
par le feu de la robe fatale , dont Medée
lui a fait préfent : la quatrieme , Medée poignar
dant les deux fils qu'elle avoit eus de Jafon , &
embrafant Corinthe. Ces morceaux ont été exécutés
fur des Tableaux de feu M. de Troy , & ils
font les trois premiers de M. Cozette , & le dernier
de M. Audran. Trois autres Pieces font de M.
Audran. Les ſujets font la Scene s du quatrieme
Acte de l'Opera de Roland : la Scene 4 du cinquieme
Acte d'Armide , d'après feu M. Coypel
& l'Entrée de Marc - Antoine à Ephefe
d'après M. Nattoire , Directeur de l'Académie
de Peinture à Rome. Une huitieme Piece de l'exécution
de M. Cozette , eft une copie d'un Tableau
de M. Parrocel , d'Avignon , repréfentant
la Sainte-Famille , & qui a trois pieds deux pouces
de haut , fur deux pieds cinq pouces de large.
Par une Ordonnance du 8 de ce mois , le Roi
a réglé que les Bataillons du Régiment Royal
JANVIER . 1756. 213
Artillerie , les Compagnies de Mineurs & d'Ouvriers
qui fervent à leur fuite , les Officiers d'Artillerie
& les Ingénieurs , ne feroient dorénavant
qu'un feul & même Corps , fous la dénomination
de Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
On a répandu mal -à-propos le bruit , que le
Coche d'eau d'Auxerre avoit péri. Cette Voiture
n'a pas couru le moindre danger , & celles
de cette efpece ne vont que lorfque la riviere eft
navigable.
Le 18 Décembre les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt livres
les Billets de la premiere Loterie Royale à
huit cens quarante quatre ; ceux de la feconde
Loterie à fept cens vingt - huit , & ceux de la
troifieme Loterie à fix cens vingt-trois.
Royale de Nancy.
Sa Majesté Polonoife , Duc de Lorraine & de
Bar , ayant conçu en 1752 le deflein de faire élever
un monument de fa tendreffe à Sa Majesté
Très-Chrétienne , a dreffé elle - même le plan
d'une place , dont l'exécution confiée à M. Heré
de Corny, fon premier Architecte , répond à la
magnificence des idées de Sa Majesté & à la gran
deur du fujet . Les édifices qui environnent cette
place , font d'une fymmétrie parfaite . Celui du
fond eft deftiné à l'Hôtel de Ville . Ceux de droite
& de gauche forment quatre pavillons . La place
eft terminée par un Corps de bâtimens à un
étage , qui fait retour pour donner une rue de
communication de la Ville Neuve à la Ville
Vieille. Au fond de la rue eft un arc de triomphe
, compoféde trois portiques. Dans les quatre
angles de la place , dont l'extérieur eft décoré
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'une architecture d'ordre Corinthien en pilaftres
, on a mis quatre grands grillages fur un
plan ceintré. Les deux du fond font employés à
mafquer les baftions . Ils forment chacun un grand
portique & deux petits. Le portique du milieu
eft une cafcade , où l'on voit la figure de Neptune
fur fon char tiré par des chevaux marins ;
d'un côté , un fleuve & une Nayade ; & de l'autre
un dragon. Toutes les eaux que jettent ces différentes
figures , fe répandent en nappes dans un
vafte baffin. Les fontaines des petits portiques
font ornées de grouppes d'enfans qui jouent avec
des poiffons. Les deux autres grands grillages
font aux angles de l'Hôtel de Ville , & ils forment
deux effeces de portes Flamandes , de vingtdeux
pieds d'ouvertures , deftinés pour donner entrée
à quatre rues.
Au milieu de la place s'éleve un piedestal de
marbre blanc , fur lequel eft la ftatue pedeftre
de Louis XV habillé à la Romaine , cuiraflé &
revêtu du manteau royal . Cette figure de bronze
eft haute de onze pieds. Quatre bas reliefs auffi
de bronze décorent les quatre faces du piedeftal ,
& repréfentent , le premier le mariage du Roi
Très - Chrétien ; le fecond la paix conclue à Vienne
; le 3e la prife de poffeffion de la Lorraine ; le
quatrieme l'Academie des Sciences & Belles - Lettres
établie dans cette ville. Aux quatre angles du
piedeftal , fur le pallier des marches font quatre
figures coloffales , qui repréfentent la prudence ,
la juftice , la valeur & la clémence.
Sa Majefté Polonoiſe ayant fixé le jour de la
Dédicace de la ftatue au 26 Novembre ,vingt trois
jours auparavant à la Malgrange. La fête ne pouvoit
mieux commencer que par des actions de
graces , pour la naiffance de Monfeigneur le Com
ง
JANVIER. 1756. 201
te de Provence. Le Roi fe rendit le 25 à l'églife
primatiale , pour y aflitter à une Meffe folemnelle
, & au Te Deum. Le Primat revêtu de fes
habits pontificaux , reçut Sa Majesté à la porte de
l'églife , où les Compagnies fupérieures , les autres
Corps de Juftice , & le Clergé féculier &
régulier s'étoient rendus.
疹
Le lendemain 26 , Sa Majefté entendit dans
P'églife de Bon-Secours une Mefle célébrée par le
Primat. Vers midi , Sa Majefté arriva ici avec
toute la pompe de la Royauté. Le Régiment d'Infanterie
du Roi Très -Chrétien en garnifon dans
cette ville , bordoit en haie les rues depuis la porte
Saint Nicolas jufqu'à la place royale . Sa Majefté
Polonoife fut faluée de trois décharges de
l'artillerie des remparts. A la porte de l'Hôtel de
Ville , elle fut complimentée par M. Thibault ,
Lieutenant- Général de Police , à la tête des Magiftrats
.
Sa Majefté s'étant placée fur le balcon du grand
fallon de l'Hôtel de Ville , un Héraut d'Armes ,
précédé des Timballiers & Trompettes des plaifirs,"
& monté fur un cheval richement caparaçonné ,
fortit de deffous l'arc de triomphe , & en s'avançant
par la droite , il fit le tour de la place . Devant
chaque pavillon , il fit à haute voix la proclamation
de la Dédicace de la ftatue. La Nobleſſe
& le peuple répondirent à l'envi par des acclamations
réitérées. Alors on ôta de deffus la ftatue le
voile qui la couvroit , & de nouvelles acclamations
en couronnerent la Dédicace. Pendant la
cérémonie , l'artillerie des remparts & la moufqueterie
du Régiment du Roi Très - Chrétien firent
des falves continuelles .
Au lieu d'eau il coula du vin des Fontaines de
la place pendant le refte du jour . Quatre Confeil-
I y
202 MERCURE DE FRANCE.
lers de l'Hôtel de Ville jetterent à pleines mains
de l'argent par les fenêtres des quatre pavillons ,
& l'on diftr bua en même - tems dans toute la ville
des largeffes confidérables aux pauvres honteux .
Sa Majesté reçut les complimens de fa Cour fupérieure
, de fa Chambre des Comptes , de l'Académie
des Sciences & Belles- Lettres , & des quatre
Chapitres de Chanoineffes de Remiremont
d'Epinal , de Bouxieres & de Pouffay.
Sur les quatre heures elle fe rendit à la falle de
la Comédie , où elle entendit un prologue relatif
à la cérémonie du jour. L'Auteur des paroles eft
M. Paliffot de Montenoy , & la Mufique eft de M.
Surat . Après le fpectacle , Sa Majefté paffa à la
falle du bal paré que donnoit la Ville. Il étoit
compofé de toute la haute Nobleffe de Lorraine ,
& d'Etrangers de la plus grande diftinction , que le
défir de faire leur cour à Sa Majefté avoit attirés
de toutes parts. Le Roi y demeura une demi-heure,
& partit enfuite au bruit de l'artillerie , & au
milieu des acclamations dictées par l'allégrefle
générale.
En paffant près de la grande place de la Ville
Neuve , Sa Majefté y vit les Soldats & Sergens
des quatre Bataillons du Régiment du Roi , affis
à de longues tables , où la Ville leur avoit fait
fervir un repas dans lequel il régna autant d'ordre
que d'abondance. Les tables formoient un
quarré. Elles étoient éclairées par cinq pyramides
, dont quatre de vingt- trois pieds , & celle
du milieu de quarante , toutes furmontées de
fleurs de lys couronnées , ayant dans leurs corps
les armes de Sa Majefté Polonoife , & celles de la
Ville en feu tranfparent. Le devant & le derriere
des tables étoient ornés des faifceaux d'armes
du Régiment , fur chacun defquels il y avoit une
JANVIE R. 1756. 203
fleur de lys illuminée. Les drapeaux étoient déployés
autour des tables , fur lefquelles veillont
le Corps des Officiers , le Marquis de Guerchy ,
Colonel-Lieutenant , à la tête .
A la fuite du bal paré il y eut grand bal
mafqué à l'Hôtel de Ville.
Sa Majesté revint ici le 27. La Place royale
étoit illuminée fuivant l'ordre de l'architecture .
Après avoir confidéré l'illumination , le Roi defcendit
du grand fallon de l'Hôtel de Ville pour
fe rendre fous le periftile de l'arc de triomphe.
Avant fa fortie , M. Thibault lui préfenta fur
le feuil de la porte une médaille d'or . Eile porte
d'un côté la tête de Sa Majesté Polonoife avec cette
infcription : Stanislaus Í , Rex Polonia , Magnus
Duc Lithuania , Lotharingia & Barri . Au revers
eft la ftatue pedeſtre de Louis XV fur fon piedeftal
, avec cette légende : Uriufque immortalitati,
Et pour exergue , Civitas Nanceiana . MDCCLV.
En recevant cette médaille , qui a été gravée
par la Dame de Saint Urbain , Sa Majesté eut la
bonté de dire aux Magiftrtas : Meffieurs , fur ce médaillon
eft mon effigie , mais les vôtres font gravées
dans mon coeur.
On tira enfuite le magnifique feu d'artifice ,
qui avoit été préparé . Sa Majesté après le feu ,
retourna à la place royale , pour voir une feconde
fois l'illumination , & elle partit enfin au bruit de
nouvelles falves d'artillerie & de moufqueterie.
Pendant les trois jours qu'ont duré les réjouiffances
publiques , les habitans de Nancy ont fait
les honneurs de la Ville , en tenant table ouverte
pour les Etrangers , qui , après avoir admiré les
magnificences dont ils ont été témoins , ont remporté
la plus haute idée de l'amour fincere &
refpectueux des Lorrains pour leurs Majeftés
Très- Chrétienne & Polonoife.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Cette fête n'a point été particuliere à la ville
de Nancy : elle a été générale dans toutes les
villes & dans les bourgs de la Lorraine & du
Barrois.
Le 14 Décembre , les Députés de la Ville de
Nancy eurent l'honneur de préſenter au Roi les
Médailles d'or & d'argent , qui ont été frappées
à l'occafion de cette Dédicace. Le Roi pour leur
donner de fa fatisfaction une marque diftinguée ,
les reçut dans fon cabinet. Ils furent préfentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Fleury, premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur & Lieutenant-
Général de Lorraine & du Barrois, & par M.
le Comte d'Argenfon, Miniftre & Secrétaire d'Etat.
Les Députés eurent le même honneur chez la
Reine , chez Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, Monfeigneur le Duc de Berry , & Monfeigneur
le Comte de Provence , ainfi que chez Madame
, & chez Mefdames Victoire , Sophie &
Louife, étant préfentés de même par M. le Duc de
Fleury , & M. le Comte d'Argenfon. La Députation
étoit compofée de M. Thibault , Lieutenant-
Général de Police , & Chef du Magiſtrat de
Nancy ; de M. Breton , Confeiller pour la Nobleffe
; de M. Puiffeur , Confeiller pour le Tiers-
Etat ; & de M. Richer , Confeiller , Tréforier de
l'Hôtel de Ville de Nancy. M. Thibault porta la
parole.
Le 12 , la rentrée de la Cour des Aides fe fit
avec les cérémonies ordinaires. Après la Meffe
célébrée , felon la coutume , dans la falle de la
Cour , les trois Chambres s'affemblerent dans la
premiere , & l'on fit la lecture des Ordonnances
& des Réglemens. Les Huifliers ayant prêté ferJANVIER
. 1756. 205
ment , M. de Lamoignon de Malesherbes , Premier
Préfident , prononça un difcours fur le choix
des Etudes. Enfuite M. Boula de Mareuil , fecond
Avocat Général , prit la parole , & haranguafur
Pemploi du Tems.
M. de Landreville , Maréchal de Camp & chef
de Brigade des Gardes du Corps , vint le 17 Novembre
, de la part du Roi , annoncer la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence au Corps
de ville qui s'étoit affemblé fur la premiere nouvelle
que Madame la Dauphine avoit reffenti
quelques douleurs. M. le Marquis de Dreux , Grand
Maître des cérémonies , a remis en même tems
au Corps de ville une lettre de Sa Majeſté ſur le
même ſujet. Auffi - tôt les Prévôt des Marchands
& Echevins firent annoncer à toute la ville , par
une falve générale de l'artillerie , & par la cloche
de l'Hôtel de ville , qui a fonné jufqu'à minuit ,
la nouvelle faveur qu'il a plu à Dieu d'accorder à
la France.
A fix heures du foir on fit une feconde falve
de l'artillerie , après laquelle les Prévôt des Marchands
& Echevins allumerent , avec les cérémonies
ordinaires , le bucher qui avoit été dreſſé
dans la Place devant l'Hôtel de ville . On tira enfuite
une grande quantité de fufées volantes ; on
fit couler dans les quatre coins de la place des
fontaines de vin , & on diftribua au peuple du
pain & des viandes. Plufieurs Orcheftres remplis
de Muficiens , mêlerent le fon de leurs inftrumens
aux acclamations dictées par l'alegreffe
publique. La façade de l'Hôtel de ville fut illuminée
le foir par plufieurs filets de terrines , ainfi
que l'hôtel du Duc de Gefvres , Gouverneur de
Paris , celui du Prévôt des Marchands & les maifons
des Echevins & Officiers du Bureau de la
ville,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi ayant écrit à l'Archevêque de Paris
pour faire rendre à Dieu de folemnelles actions
de graces à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence , on chanta le 23
Novembre le Te Deum dans l'églife Métropolitaine
, & l'Abbé de Saint Exupery , Doyen du
Chapitre , y officia. Le Chancelier & le Garde
des Sceaux , accompagnés de plufieurs Confeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifterent , ainfi
que le Parlement , la Chambre des Comptes ,
la Cour des Aides , & le Corps de ville , qui y
avoient été invités de la part de Sa Majesté par
le Marquis de Dreux , Grand Maître des cérémonies.
On tira le même jour dans la place de l'Hôtel
de ville , par ordre des Prévôt des Marchands &
Echevins , un très -beau feu d'artifice . La décoration
repréfentoit un Temple de Lucine , formant
par fon plan un quarré régulier de marbre blanc.
Une ordonnance compofite , portée fur un focle
& terminée par un attique , préfentoit fur chaque
face du quarré quatre colonnes ifolées , embraffées
par des branches de lys , & grouppées
deux à deux , qui foutenoient un fronton triangulaire.
A côté des colonnes étoient des figures de
fept pieds de proportion , repréfentant des Vertus.
Le milieu des façades étoit ouvert par un portique
élevé fur des dégrés de marbre blanc , qui
conduifoient jufqu'à l'autel , fur lequel étoit placée
la Déeffe . Les colonnes , les frontons , les panneaux
du focle & de l'attique étoient de marbre
ferancolin. L'intérieur du temple étoit de bréche
violette. Les chapiteaux , la frife , les moulures ,
les bas reliefs & les figures étoient en or . Au-deffus
du fronton étoit le médaillon des armes du
Roi , fupporté par le Génie de la France , & par
JANVIER. 1756. 207
une Renommée. Des Amours , foutenus fur des
nuages , formoient différens jeux , & fervoient
de couronnement à tout l'édifice . Le temple avoit
ving- cinq pieds de largeur fur quarante de hauteur.
Il portoit fur une terraffe de quarante-huit
pieds de baſe , dont les appuis formoient autour
de l'édifice principal , une enceinte décorée dans
tous les angles par des acroteres qui foutenoient
des vafes de fleurs . On montoit fur la terrafle
par des perrons diftribués fur toutes les faces .
Après l'artifice , la façade de l'Hôtel de ville fut
illuminée avec autant de goût que de magnifi- *
cence. Toutes les colonnes dans leur pourtour
étoient garnies de lampions . Des filets de terrines
regnoient le long des entablemens. Plufieurs
Juftres formés de lanternes de verre éclairoient
les autres parties . La place vis - à- vis de l'Hôtel de
ville étoit entourée d'Ifs , portant chacun plus de
cent cinquante lumieres .
Il y eut auffi de magnifiques illuminations
aux hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt des
Marchands , ainfi qu'aux maifons des Echevins &
des principaux Officiers du Corps de Ville .
Des fontaines de vin coulerent dans ces différens
endroits , de même que dans la place de
l'Hôtel de ville , & dans les autres principales places
de Paris ; & l'on diftribua du pain & des viandes
au peuple. On avoit placé des orcheftres partout
où le faifoient ces diftributions.
La cloche de l'Hôtel de ville fonna en tocfin
depuis cinq heures du matin juſqu'à minuit. Pendant
la journée il y eut quatre falves d'artillerie ;
une à cinq heures du matin , une à midi , une pendant
le Te Deum , & la derniere avant le feu
d'artifice .
Le 23 , la Vicomteffe de Cambis fut préſentée
à leurs Majeftés .
208 MERCURE DE FRANCE.
Le 24 , le Corps de ville alla à l'Eglife paroiffiale
de Saint Jean en Greve , pour rendre les
actions particulieres de graces ; & il affifta à un
Te Deum qu'il fic chanter en mufique L'Hôtel
de ville , les hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt
des Marchands , & les maiſons des Echevins
& des principaux Officiers du Corps de Ville furent
de nouveau illuminés.
Le Marquis de Braffac , un des Chambellans du
Roi de Pologne Duc de Lorraine & de Bar , eft
venu de la part de Sa Majefté Polonoiſe pour
complimenter ieurs Majeftés & la Famille royale
fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence
; & le 24 Novembre il s'acquitta de cette
commiffion.
M. Séguier , Avocat Général du Parlement ,
ouvrit le 24 les Audiences de la Grand'Chambre ,
par une barangue fur l'Emulation. Cette harangue
fut fuivie d'un difcours de M. de Maupeou , premier
Préfident , fur le Vice de la Jalousie.
Selon les lettres de Bordeaux , on y effuya le
premier Novembre une fecouffe de tremblement
de terre qui dura quelques minutes . Elle fut accompagnée
d'une agitation extraordinaire des
eaux de la Garonne. Heureufement la ville n'a
fouffert aucun dommage.
Conformément à l'ordre que le Roi avoit donné
, le Régiment des Gardes Suiffes s'affembla
à Versailles le 29 de Novembre dans la place
d'armes vis - à-vis de la grille du château , & il
forma un bataillon quarré. A midi & demi M. le
Comte d'Eu ayant averti le Roi , que le Régiment
étoit fous les armes , Sa Majesté monta à cheval ,
accompagnée de M.le Comte d'Argenfon ,Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de laGuerre,
ainsi que de M.le Marquis de Paulmy , Secrétaire
JANVIER. 1756. 209
d'Etat en ſurvivance de M. le Comte d'Argenſon.
Le Bataillon quarré s'ouvrit à l'arrivée du Roi ; Sa
Majefté y entra avec la fuite & avec les Officiers
des Gardes du Corps , & le Bataillon ſe referma
fur le champ , les Gardes du Corps reftant en
dehors. Les Capitaines des Gardes Suifles firent
un cercle autour de Sa Majefté ; les Lieutenans
formerent un fecond cercle , & les Sergens un
troifieme. Après que les tambours eurent battu
le ban , le Roi ordonna au Régiment de reconnoître
le Comte d'Eu pour Colonel Général des
Suiffes & Grifons , & de lui obéir en tout ce qui
concerne le fervice de Sa Majefté. Enfuite le Roi
fortit du Bataillon , & alla fe placer vis- à- vis de
la petite Ecurie , d'où Sa Majesté vit défiler le
Régiment. Le Comte d'Eu étoit à la tête. Lorfque
la premiere ligne fut paffée , ce Prince fe
plaça auprès de Sa Majeſté. Il donna le même jour
dans fon château de Clagny un fomptueux dîner
aux Officiers du Régiment , & il fit diftribuer du
pain , de la viande & du vin à tous les foldats .
Sur ce qui a été repréſenté au Roi , qu'entre les
différens moyens qui peuvent concourir avec ceux
que Sa Majefté s'elt déja procurés , pour fubvenir
aux dépenses extraordinaires auxquelles les circonftances
préfentes l'obligent , il n'en eft point
de plus facile & de plus défiré qu'une nouvelle
Loterie ; Sa Majesté s'y eſt d'autant plus volontiers
déterminée , que l'augmentation du bail de
fes Fermes la met en état d'y fatisfaire , fans rien
prendre fur fex autres revenus. En conféquence ,
par un Arrêt du Confeil d'Etat , du 11 de Novembre
, elle a établi une troiſieme Loterie royale.
Cette Loterie dont l'exécution durera douze
ans , à compter du premier Avril 1756 , & dont
le Roi a fixé le fonds à la fomme de trente mil
210 MERCURE DE FRANCE.
lions de livres , fut ouverte le 1t de Décembre au
Tréfor royal. Elle fera compofée de so mille billets
, chacun de fix cens livres. Il y aura cent mille
lots , dont cinquante mille , dits de rembourfement,
qui éteindront & amortiront le capital des
billets & cinquante mille de faveur , aufquels les
billets amortis par le remboursement qui leur
fera parvenu , participeront nonobftant ledit rem
bourfement. Les cent mille lots feront diftribués
en quatorze Tirages pendant le cours des douzé
années que durera la Loterie. Le premier tirage
du premier femeftre fe fera le 15 du mois d'Avril
prochain , & les cinq autres d'année en année au
même tems . Ces fix premiers tirages feront de
lots de rembourfement. Le feptieme qui fera de
faveur , ſe fera un mois après. Le premier des fix
tirages du deuxieme femeftre qui feront également
pour lots de remboursement , fe fera le 15
Avril 1762 , les cinq autres auffi d'année en année,
& le quatorzieme & dernier qui fera de faveur ,
un mois après le fixieme du fecond femeftre. Les
vingt-quatre mille deux ceux quarante huit billets,
qui auront obtenu les lots de rembourſement dans
les fix tirages du Ir femeftre , participeront feuls
au tirage de faveur qui les fuivra. De même les
vingt-cinq mille fept cens cinquante- deux billets.
aufquels feront échus les lots de remboursement
des fix tirages du deuxieme femeftre , auront feuls
part au quatorzieme tirage , qui formera la clôture
de la Loterie . A chacun des douze tirages
pour lots de remboursement il y aura un premier
lot de vingt mille livres , un fecond de dix mille,
un troifieme de quatre mille , deux autres de deux
mille. Dans le premier des deux tirages de faveur
le premier lot fera de cent vingt mille livies
, & le fecond de cinquante mille . Le princiJANVIE
R. 1756. 211
pal lot du quatorzieme & dernier tirage fera de
deux cens mille livres , & le fecond de quatrevingt
mille. Sa Majefté attribue pendant chacune
des deuxieme & fubfequentes années de l'exécution
de la Loterie , jufques & compris la onzieme,
vingt-quatre livres à chacun des billets qui entreront
dans la roue , pour concourir en chaque femeftre
au gain des lots de remboursement , & ce
jufqu'à ce qu'il leur en foit échu un à chacun ;
laquelle attribution fera payée , même pour l'année
révolue , au tems que lefdits lots échoiront
fans aucune réduction deſdits lots.
Il paroît une Ordonnance du Roi pour augmenter
de dix Maîtres chaque Compagnie des Régimens
de Cavalerie, tant Françoifes qu'Etrangeres,
même celles des cinq Brigades du Régiment des
Carabiniers.
Sa Majesté a accordé des lettres d'ennobliffement
à M. Daran , l'un de fes Chirurgiens , qui
s'eft acquis un nom célébre dans toute l'Europe.
Le Marquis de Soragna , Gentilhomme de la
Chambre de l'Infant Duc de Parme , & qui eft
venu de la part de ce Prince & de Madame Infante
pour complimenter leurs Majestés fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence
s'acquitta le 16 de fa commiffion. Il fut préfenté
par Don Jaimes Mafones de Lima & Sotomayor,
Ambaffadeur Extraordinaire & Plénipotentiaire
du Roi d'Efpagne.
Six cloches de la nouvelle Eglife Paroiffiale de
Saint Louis à Verfailles furent bénites le 15. M. le
Duc de Fleury & Me. la Ducheffe de Laynes , Dame
d'honneur de la Reine , les tinrent au nom de
leurs Majeftés & de la Famille royale. Le Curé de
la Paroiffe fit la cérémonie. Il y eut mufique , illumination
, feu , & plufieurs falves de mouſqueterie,
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 14,Mdme la Marquise de Gamaches fut préfentée
à leurs Majeftés & à la Famille royale .
Dans ces préfentations elle prit le tabouret
comme Grande d'Espagne , ayant hérité de la
Grandeffe par la mort du Maréchal de la Mothe .
Houdancourt , dont elle eft fille unique.
Madame la Marquiſe de Brehant fut préſentée le
même jour.
Le 17 M. le Marquis de Marigny, Directeur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , préfenta
à Leurs Majeftés plufieurs pieces de Tapif
ferie en haute- liffe , de la Manufacture des Gobelins.
Quatre de ces pieces repréfentent : la premiere
, Jafon affoupiffant le Dragon , enlevant
la Toifon d'Or , & partant avec Medée : la
deuxieme , le mariage de Jafon & de Creüfe , fille
du Roi de Corinthe : la troisieme , Creuſe confumée
par le feu de la robe fatale , dont Medée
lui a fait préfent : la quatrieme , Medée poignar
dant les deux fils qu'elle avoit eus de Jafon , &
embrafant Corinthe. Ces morceaux ont été exécutés
fur des Tableaux de feu M. de Troy , & ils
font les trois premiers de M. Cozette , & le dernier
de M. Audran. Trois autres Pieces font de M.
Audran. Les ſujets font la Scene s du quatrieme
Acte de l'Opera de Roland : la Scene 4 du cinquieme
Acte d'Armide , d'après feu M. Coypel
& l'Entrée de Marc - Antoine à Ephefe
d'après M. Nattoire , Directeur de l'Académie
de Peinture à Rome. Une huitieme Piece de l'exécution
de M. Cozette , eft une copie d'un Tableau
de M. Parrocel , d'Avignon , repréfentant
la Sainte-Famille , & qui a trois pieds deux pouces
de haut , fur deux pieds cinq pouces de large.
Par une Ordonnance du 8 de ce mois , le Roi
a réglé que les Bataillons du Régiment Royal
JANVIER . 1756. 213
Artillerie , les Compagnies de Mineurs & d'Ouvriers
qui fervent à leur fuite , les Officiers d'Artillerie
& les Ingénieurs , ne feroient dorénavant
qu'un feul & même Corps , fous la dénomination
de Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
On a répandu mal -à-propos le bruit , que le
Coche d'eau d'Auxerre avoit péri. Cette Voiture
n'a pas couru le moindre danger , & celles
de cette efpece ne vont que lorfque la riviere eft
navigable.
Le 18 Décembre les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt livres
les Billets de la premiere Loterie Royale à
huit cens quarante quatre ; ceux de la feconde
Loterie à fept cens vingt - huit , & ceux de la
troifieme Loterie à fix cens vingt-trois.
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Résumé : Dédicace de la Statue du Roy, dans la Place Royale de Nancy.
En 1752, Stanislas Leszczyński, Duc de Lorraine et de Bar, décida d'élever un monument en l'honneur de Louis XV à Nancy. Il conçut une place royale, confiée à l'architecte Emmanuel Héré, entourée de bâtiments symétriques, incluant un hôtel de ville, quatre pavillons et un corps de bâtiments à un étage. La place était ornée de fontaines et de sculptures, notamment une statue de Neptune et des figures allégoriques. Au centre de la place, une statue pédestre de Louis XV en bronze, haute de onze pieds, était placée sur un piédestal de marbre blanc. Ce piédestal était décoré de quatre bas-reliefs représentant le mariage de Louis XV, la paix de Vienne, la prise de possession de la Lorraine et l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Nancy. Quatre figures colossales symbolisant la prudence, la justice, la valeur et la clémence étaient également présentes. La dédicace de la statue eut lieu le 26 novembre 1755. Stanislas assista à une messe solennelle et au Te Deum à l'église primatiale. Le lendemain, après une autre messe, il se rendit à la place royale accompagné de troupes et d'artillerie. Un héraut d'armes proclama la dédicace, et la statue fut dévoilée sous les acclamations du peuple. Des salves d'artillerie et de mousqueterie furent tirées, et du vin coula des fontaines. Des largesses furent distribuées aux pauvres. Stanislas reçut les compliments des autorités locales et assista à une représentation théâtrale suivie d'un bal. Le soir, un grand feu d'artifice fut tiré, et la place fut illuminée. Stanislas reçut une médaille commémorative et repartit au milieu des acclamations. Les réjouissances durèrent trois jours, avec des tables ouvertes pour les étrangers et des illuminations. La fête fut célébrée dans toute la Lorraine et le Barrois. Le 14 décembre, des députés de Nancy présentèrent des médailles au roi et à la famille royale à Versailles. En parallèle, des festivités eurent lieu à Paris, avec l'Hôtel de ville comme centre des célébrations. La façade fut illuminée avec des lampions et des lustres, et des fontaines de vin furent organisées. Le 23 novembre, la vicomtesse de Cambis fut présentée aux Majestés. Le 24 novembre, le Corps de ville se rendit à l'église paroissiale de Saint-Jean-en-Grève pour des actions de grâce. Le marquis de Braffiac complimenta la famille royale pour la naissance du comte de Provence. M. Séguier ouvrit les audiences de la Grand'Chambre avec une harangue sur l'émulation. À Bordeaux, un tremblement de terre fut ressenti sans causer de dommages. Le régiment des Gardes Suisses se rassembla à Versailles pour reconnaître le comte d'Eu comme colonel général. Le roi ordonna une nouvelle loterie royale pour subvenir aux dépenses extraordinaires. Le marquis de Soragna complimenta la famille royale, et six cloches de la nouvelle église paroissiale de Saint-Louis à Versailles furent bénites. Plusieurs présentations à la cour eurent lieu, notamment celle de la marquise de Gamaches et de la marquise de Brehant. M. le marquis de Marigny présenta des pièces de tapisserie de la manufacture des Gobelins aux Majestés. Une ordonnance royale régla la fusion de plusieurs bataillons en un seul corps. Enfin, les actions de la Compagnie des Indes et des billets des loteries royales furent cotés à des valeurs spécifiques le 18 décembre.
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8958
p. 213
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de S. Armand, Ordre de S. Benoît, [...]
Mots clefs :
Ordre de St-Benoît, Diocèses, Vicaire général, Sa Majesté, Cardinal de la Rochefoucauld
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES
DONNÉ s.
LE Roi a donné l'Abbaye de S. Amand , Ordre
de S. Benoît , Diocèle de Cambrai , au Cardinal
d'Yorck.
Sa Majesté a accordé l'Abbaye de S. Vandrille ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Rouen , au
Cardinal de la Rochefoucauld .
Elle a auffi donné l'Abbaye d'Aumale , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé de
Savary de Breves , Vicaire Général de l'Archevêché
de Vienne ; celle de Chezi , même Ordre ,
Diocèfe de Soiffons , à l'Abbé Thierri , Chancelier
de l'Eglife Métropolitaine
& de l'Univerfité
de Paris ; celle de Beaulieu , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Boulogne , à l'Abbé de Mons ,
Vicaire Général de l'Evêché de Saint - Flour ; &
Dioceile
de Ferrieres , Ordre de Saint Benoît ,
cèfe de Poitiers , à l'Abbé de Fretat de Sarra ,
Vicaire Général de l'Evêché du Puy,
DONNÉ s.
LE Roi a donné l'Abbaye de S. Amand , Ordre
de S. Benoît , Diocèle de Cambrai , au Cardinal
d'Yorck.
Sa Majesté a accordé l'Abbaye de S. Vandrille ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Rouen , au
Cardinal de la Rochefoucauld .
Elle a auffi donné l'Abbaye d'Aumale , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé de
Savary de Breves , Vicaire Général de l'Archevêché
de Vienne ; celle de Chezi , même Ordre ,
Diocèfe de Soiffons , à l'Abbé Thierri , Chancelier
de l'Eglife Métropolitaine
& de l'Univerfité
de Paris ; celle de Beaulieu , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Boulogne , à l'Abbé de Mons ,
Vicaire Général de l'Evêché de Saint - Flour ; &
Dioceile
de Ferrieres , Ordre de Saint Benoît ,
cèfe de Poitiers , à l'Abbé de Fretat de Sarra ,
Vicaire Général de l'Evêché du Puy,
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Résumé : BENEFICES DONNÉS.
Le Roi a attribué plusieurs abbayes. Saint-Amand (Cambrai) au Cardinal d'Yorck, Saint-Vandrille (Rouen) au Cardinal de la Rochefoucauld, Aumale (Rouen) à l'Abbé de Savary de Brèves, Chezi (Soissons) à l'Abbé Thierry, Beaulieu (Boulogne) à l'Abbé de Mons, Ferrières (Poitiers) à l'Abbé de Fretat de Sarra.
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8959
p. 214-218
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Vous serez sans doute informé, Monsieur, du malheur que vient [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Portugal, Effondrements, Incendie, Tsunami, Lisbonne, Dégâts, Morts
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
LETTRE
A L'AUTEUR DU MERCURE .
De Lisbonne , ce 25 Novembre , 1755.
Vous ferez fans doute informé , Monfieur
, du malheur que vient d'effuyer le
Portugal. Le premier de Novembre à neuf
heures quarante- cinq minutes du matin ,
par un temps calme & le ciel le plus ferain
, le mercure étant à vingt- fept pouces
fept lignes , & le termometre de M. de
Réaumur à quatorze degrés , la terre trembla
par trois reprifes. La premiere fecouffe
fut fi foible qu'elle n'épouvanta prefque
perfonne , & dura à peu près une minute :
mais après un intervalle de trente à quarante
fecondes , la terre trembla de nouveau
, mais avec tant de violence que la
plupart des maifons commencerent à crouler.
Cette feconde fecouffe dura à peu près
huit ou dix minutes . Il y eut encore un intervalle
de deux minutes à peu près ; ce que je
préfume , parce que la pouffiere que caufa
l'écroulement des maifons , & qui étoit fi
épaiffe que le foleil en étoit totalement
obfcurci , baiffa peu à peu , & rendit au
jour affez de clarté pour que l'on pût s'envifager
& fe reconnoître.
JANVIE R. 1756. 215
Une troifieme fecouffe reconfondit tout
de nouveau ; les maifons qui avoient réfifté
jufqu'alors , tomberent avec fracas. Le ciel
s'obfurcit , & la terre fembloit vouloir
rentrer dans le cahos . Les gémiffemens des
mourans , les cris de ceux qui étoient expofés
au danger , les fecouffes réitérées de
la terre, l'obfcurité du jour augmentoient le
trouble , la confufion , l'horreur & l'effroi.
Enfin , après dix à douze minutes , tout ſe
calma . Mais notre malheur n'étoit pas
encore à fon comble. A peine commençions-
nous à refpirer , le feu parut dans
différens quartiers de la Ville. Le vent qui
fouffloit avec violence , excitoit la flamme.
Perfonne ne penfa à empêcher fa voracité ,
on ne fongea qu'à fauver fa vie , & à fuir
vers la campagne : les tremblemens de terre
fe fuccédoient toujours foibles à la vérité
, mais trop violens pour des gens qui
avoient échappé à une mort qui fembloit
inévitable. Ainfi Lifbonne devint en peu
de tems une feconde Troie.
On auroit pu fans doute apporter quelque
remede au feu , fi la mer n'eût menacé
de fubmerger la ville ; ou du moins
le peuple effrayé par une fi horrible
cataſtrophe , fe le perfuada , en voyant les
Alots entrer avec fureur dans des lieux ou
il fembloit impoffible que la mer pût
jamais parvenir.
216 MERCURE DE FRANCE.
Dans le commencement du tremblement
, quelques perfonnes croyant trouver
un afyle fur les eaux , s'y expoferent ;
mais la mer ne leur fut pas plus favorable
car le flux portoit vaiffeaux ,
barques , batteaux contre le rivage , les
écrafoit les uns contre les autres , &
bientôt les retirant avec violence , fembloit
vouloir les engloutir avec les malheureux
qu'ils portoient.
Ce flux & reflux dura toute la nuit
& fe faifoit fentir plus fortement de cinq
en cinq minutes. L'effroi n'a pas encore
ceffé ; car il n'y a pas de jour que nous
n'ayons fenti deux ou trois fecouffes.
J'ai remarqué que les plus fortes , que
l'on peut comparer à un coup de canon
tiré dans un fouterrein , fe font toujours
fentir à la fortie de la Lune , & vers le
crépuscule du matin.
Le 8. vers les cinq heures & demie du
matin , nons avons fenti une fecouffe de
peu de durée , mais très violente. Le
16. à trois heures & demie après midi ,
la terre bailla & fit le même effet que
le d'un navire à la cape. corps
On affure que la mer a furpaffé de 9 .
pieds le plus grand débordement dont on
fe fouvienne en Portugal.
Le tremblement & le feu ont détruit
1S
JANVIER. 1756. 217
18 paroilles , prefque tous les couvens ,
& les plus beaux Palais de Liſbonne , tels
que le Palais du Roi , celui de Bragance ,
le Tréfor , les Hôtels des Ducs de Cadaval
, de Lafoens & d'Avéiro , ceux des
Marquis de Valence , de Lourical , de
Tavora , de Marialva , de Limiares , de
Frontiere , d'Anjeja , des Comtes de
Vimieiro , d'Atouguia , das Galvéas , de
Saint Jacques , d'Alva , de Coucoulin :
l'Hôtel de l'Ambaffadeur d'Efpagne l'a
enfeveli fous fes ruines. Le chantier ,
toutes les douanes pleines de marchandifes
, les Magafins publics du bled ont
été confumés . Les environs de Lisbonne
ont prefque tous été détruits . Les Bourgs
d'Alverca , Alandra , Villa Franca , Caftanheira
, Povos , Alenquer , Sétuval ,
font prefque entierement ravagés. La
partie baffe de Santarem a beaucoup
fouffert , de même que Peniche & la
fortereffe de Cafcaes . Quelques villes du
Royaume des Algarves ont été détruites
moins le tremblement de terre , que
par la mer qui a inondé une lieue de
Pays. La pointe du Cap de la Boque s'eft
affaiffée. La fameufe bibliotheque de S.
Dominique , celle du Comte de Ericeira
& celle du Comte de Vimieiro , célébres
I. Vol.
par
K
218 MERCURE DE FRANCE.
par leurs manufcrits rares , ont été la
proie des flammes.
On ne fçait pas encore le nombre des
morts. On conjecture qu'il doit monter
de 30. à 40. mille perfonnes. Tout le
monde campe , depuis le Roi jufqu'au
dernier membre de la République.
Pedegache.
A L'AUTEUR DU MERCURE .
De Lisbonne , ce 25 Novembre , 1755.
Vous ferez fans doute informé , Monfieur
, du malheur que vient d'effuyer le
Portugal. Le premier de Novembre à neuf
heures quarante- cinq minutes du matin ,
par un temps calme & le ciel le plus ferain
, le mercure étant à vingt- fept pouces
fept lignes , & le termometre de M. de
Réaumur à quatorze degrés , la terre trembla
par trois reprifes. La premiere fecouffe
fut fi foible qu'elle n'épouvanta prefque
perfonne , & dura à peu près une minute :
mais après un intervalle de trente à quarante
fecondes , la terre trembla de nouveau
, mais avec tant de violence que la
plupart des maifons commencerent à crouler.
Cette feconde fecouffe dura à peu près
huit ou dix minutes . Il y eut encore un intervalle
de deux minutes à peu près ; ce que je
préfume , parce que la pouffiere que caufa
l'écroulement des maifons , & qui étoit fi
épaiffe que le foleil en étoit totalement
obfcurci , baiffa peu à peu , & rendit au
jour affez de clarté pour que l'on pût s'envifager
& fe reconnoître.
JANVIE R. 1756. 215
Une troifieme fecouffe reconfondit tout
de nouveau ; les maifons qui avoient réfifté
jufqu'alors , tomberent avec fracas. Le ciel
s'obfurcit , & la terre fembloit vouloir
rentrer dans le cahos . Les gémiffemens des
mourans , les cris de ceux qui étoient expofés
au danger , les fecouffes réitérées de
la terre, l'obfcurité du jour augmentoient le
trouble , la confufion , l'horreur & l'effroi.
Enfin , après dix à douze minutes , tout ſe
calma . Mais notre malheur n'étoit pas
encore à fon comble. A peine commençions-
nous à refpirer , le feu parut dans
différens quartiers de la Ville. Le vent qui
fouffloit avec violence , excitoit la flamme.
Perfonne ne penfa à empêcher fa voracité ,
on ne fongea qu'à fauver fa vie , & à fuir
vers la campagne : les tremblemens de terre
fe fuccédoient toujours foibles à la vérité
, mais trop violens pour des gens qui
avoient échappé à une mort qui fembloit
inévitable. Ainfi Lifbonne devint en peu
de tems une feconde Troie.
On auroit pu fans doute apporter quelque
remede au feu , fi la mer n'eût menacé
de fubmerger la ville ; ou du moins
le peuple effrayé par une fi horrible
cataſtrophe , fe le perfuada , en voyant les
Alots entrer avec fureur dans des lieux ou
il fembloit impoffible que la mer pût
jamais parvenir.
216 MERCURE DE FRANCE.
Dans le commencement du tremblement
, quelques perfonnes croyant trouver
un afyle fur les eaux , s'y expoferent ;
mais la mer ne leur fut pas plus favorable
car le flux portoit vaiffeaux ,
barques , batteaux contre le rivage , les
écrafoit les uns contre les autres , &
bientôt les retirant avec violence , fembloit
vouloir les engloutir avec les malheureux
qu'ils portoient.
Ce flux & reflux dura toute la nuit
& fe faifoit fentir plus fortement de cinq
en cinq minutes. L'effroi n'a pas encore
ceffé ; car il n'y a pas de jour que nous
n'ayons fenti deux ou trois fecouffes.
J'ai remarqué que les plus fortes , que
l'on peut comparer à un coup de canon
tiré dans un fouterrein , fe font toujours
fentir à la fortie de la Lune , & vers le
crépuscule du matin.
Le 8. vers les cinq heures & demie du
matin , nons avons fenti une fecouffe de
peu de durée , mais très violente. Le
16. à trois heures & demie après midi ,
la terre bailla & fit le même effet que
le d'un navire à la cape. corps
On affure que la mer a furpaffé de 9 .
pieds le plus grand débordement dont on
fe fouvienne en Portugal.
Le tremblement & le feu ont détruit
1S
JANVIER. 1756. 217
18 paroilles , prefque tous les couvens ,
& les plus beaux Palais de Liſbonne , tels
que le Palais du Roi , celui de Bragance ,
le Tréfor , les Hôtels des Ducs de Cadaval
, de Lafoens & d'Avéiro , ceux des
Marquis de Valence , de Lourical , de
Tavora , de Marialva , de Limiares , de
Frontiere , d'Anjeja , des Comtes de
Vimieiro , d'Atouguia , das Galvéas , de
Saint Jacques , d'Alva , de Coucoulin :
l'Hôtel de l'Ambaffadeur d'Efpagne l'a
enfeveli fous fes ruines. Le chantier ,
toutes les douanes pleines de marchandifes
, les Magafins publics du bled ont
été confumés . Les environs de Lisbonne
ont prefque tous été détruits . Les Bourgs
d'Alverca , Alandra , Villa Franca , Caftanheira
, Povos , Alenquer , Sétuval ,
font prefque entierement ravagés. La
partie baffe de Santarem a beaucoup
fouffert , de même que Peniche & la
fortereffe de Cafcaes . Quelques villes du
Royaume des Algarves ont été détruites
moins le tremblement de terre , que
par la mer qui a inondé une lieue de
Pays. La pointe du Cap de la Boque s'eft
affaiffée. La fameufe bibliotheque de S.
Dominique , celle du Comte de Ericeira
& celle du Comte de Vimieiro , célébres
I. Vol.
par
K
218 MERCURE DE FRANCE.
par leurs manufcrits rares , ont été la
proie des flammes.
On ne fçait pas encore le nombre des
morts. On conjecture qu'il doit monter
de 30. à 40. mille perfonnes. Tout le
monde campe , depuis le Roi jufqu'au
dernier membre de la République.
Pedegache.
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Le 1er novembre 1755, Lisbonne a été frappée par un violent tremblement de terre à 9 heures 45 du matin, par un temps calme et un ciel serein. Le séisme s'est manifesté en trois secousses principales. La première, faible et de courte durée, n'a pas causé de dégâts majeurs. La deuxième, beaucoup plus violente, a duré environ huit à dix minutes et a provoqué l'effondrement de nombreuses maisons. Une troisième secousse a suivi, augmentant la confusion et l'horreur. Après environ dix à douze minutes, le séisme s'est calmé, mais des incendies ont éclaté dans divers quartiers, alimentés par un vent violent. Les habitants, terrifiés, ont fui vers la campagne. La mer, en flux et reflux violents, a également causé des ravages, détruisant des navires et menaçant de submerger la ville. Les secousses se sont poursuivies, avec des pics d'intensité à la sortie de la Lune et au crépuscule du matin. Le 8 novembre et le 16 novembre, des secousses supplémentaires ont été ressenties. Le tremblement de terre et les incendies ont détruit 18 paroisses, de nombreux couvents, palais royaux et privés, ainsi que des infrastructures publiques. Les environs de Lisbonne ont également été ravagés, et plusieurs villes du Royaume des Algarves ont été inondées. La bibliothèque de São Domingos et celles des comtes d'Ériceira et de Vimieiro ont été détruites. Le nombre de morts est estimé entre 30 000 et 40 000 personnes. En raison des destructions, depuis le roi jusqu'au dernier membre de la République, tout le monde a dû camper.
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8960
p. 218-229
MARIAGES ET MORTS.
Début :
François-Martial Comte de Choiseul-Beaupré, Brigadier, Inspecteur général de l'Infanterie, & [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Roi de Pologne, Lieutenant général des armées, Comte de Choiseul-Beaupré, Maréchal de Beranger, Marquis de Sablonieres, Marquis d'Asfeld, Comte de Rochemore, Louis Hardouin-Jacques-Auguste de Grout-de Beaufort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
François-Martial Comte de Choifeul - Beaupré ,
Brigadier , Inspecteur général de l'Infanterie , &
Menin de Monfeigneur le Dauphin , veuf depuis
1753 de Charlotte-Rofalie de Romanet , époufa
le 24 Juin Demoiſelle N ... Thiroux de Mauregard
; la bénédiction nuptiale leur a été donnée à
Paris dans la chapelle de la maifon de la Dame
de Lailly : le Roi avoit figné le 22 leur contrat de
mariage.
Raymond- Pierre , Marquis de Beranger , Comte
du Guat , Chevalier d'honneur de Madame la
Dauphine en furvivance , & Colonel dans le corps
des Grenadiers de France , époufa le 2 de Juillet
Marie-Françoile de Saffenage , fille de Charles-
François , Marquis de Saffenage , fecond Baron
du Dauphiné , Commiffaire né des Etats de cette
province , Brigadier de Cavalerie , Chevalier des
Ordres du Roi ; & Chevalier d'honneur de Madame
la Dauphine , & de Marie- Françoife- Camille
de Saffenage , Baronne de Saffenage , Marquife
de Pont- en - Royan , Comtefle de Montallier.
La bénédiction nuptiale leur fut donnée par
1.
JANVIER. 1756. 219
l'Archevêque de Sens , dans l'Eglife de la Paroifle
du château , à Verfailles . Le Marquis de
Beranger eft fils de feu Pierre , Comte de Beranger
, Lieutenant général des armées du Roi , &
Chevalier des Ordres de fa Majefté , & de Dame
Antoinette-Françoife Boucher d'Orsay.
Voyez fur les Maifons de Beranger & de Saffenage,
les Tablettes hiftoriques , IV. Part. page
54 fuivantes.
Meffire René-Théophile de Maupeon , Marquis
de Sablonieres , Colonel du Régiment d'Infanterie
de Bigorre , fils de feu Meffire René-
Theophile de Maupeou , Marquis de Sablonieres,
Lieutenant général des armées du Roi , Infpecteur
général d'Infanterie , & .de Dame Jeane-
René Blanchard de Banneville , épouſa le 13 Juillet
dans la Chapelle du château de Paris - Fontaine
, Damoiſelle Marie - Julie de Caqueray de-
Maucomble.
Meffire Claude-Etienne Bidal , Marquis d'Affeld
, Maréchal des camps & armées du Roi , fut
marié le 14 à Damoifelle Anne- Louiſe-Charlotte
Pajot de Villeperot , fille de feu Meffire
Pierre-Maximilien Pajot de Villeperot , Maréchal
de camps , & de Dame Louiſe- Génévieve
Pajot. La bénédiction nuptiale leur fut donnée à
Paris par l'Archevêque de Narbonne , dans l'Eglife
de S. Germain l'Auxerrois. Leur contrat
de mariage avoit été figné le 8 par leurs Majeftés.
Le Marquis d'Asfeld eft fils de feu Claude-François
Bidal , Marquis d'Asfeld , Maréchal de France ,
Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or , Commandeur
de celui de S. Louis , Gouverneur des
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
ville & citadelle de Strafbourg , Directeur géné
ral des fortifications de France , Lieutenant Général
des armées du Roi ; & de feu Dame Anne le
Clerc- de- Lafferille. -
Voyez la VII. Part. des Tablettes hiſtoriques.
page 84.
Meffire Anne-Joachim - Annibal Comte de Rochemore
, fils de Mefire Jean-Louis-Annibal de
Rochemore & de Dame Catherine - Pauline de
Fays- de Rochepierre , époufa le 31 Juillet à Vivier
, Damoiselle Judith de Boufchet , fille de Meffire
Louis de Boufchet , Marquis de Sourches , Comte
de Montforeau , Lieutenant général des armées
du Roi , Prevôt de l'Hôtel de fa Majefté, & Grand
Prevôt de France , & de feue Charlotte-Antonine
de Gontaut de Biron. La bénédiction nuptiale leur
a été donnée par l'Evêque de Viviers.
Claude -Antoine- Cleriadus Comte de Choiseul ,
Lieutenant général de la Province de Champagne
& de Brie , Guidon de Gendarmerie , Meftre de
Camp de Cavalerie , Chambellan & Capitaine des
Gardes du Corps du Roi de Pologne , Duc de Lorraine
& de Bar , époufa le 1 Sept. au château de Harouel
en Lorraine , Diane- Gabriele , Marquife de
la Baume - Montrevel , ci -devant Chanoineffe de
Kemiremont , fille de feu Charles - Ferdinand-
François , Marquis de la Baume Montrevel , Meſtre
de Camp de Cavalerie & de Elifabeth - Charlotte de
Beauvau. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
par l'Abbé de Choifeul , Vicaire général &
Grand Archidiacre de Châlons fur Marne . Le
Comte de Choifeul eft fils de Charles - Marie ,
Marquis de Choifeul Beaupré , Lieutenant général
des armées du Roi , & ci - devant Chevalier
JANVIER. 1756. 221
d'honneur de la feu Reine de Pologne , & de
Henriette-Charlotte de Balompierve , Dame du
Palais de cette Princelle .
François- Jacques Damas d'Antigny , Comte de
Ruffey , Baron de Chevreau , Gouverneur de la
fouveraineté de Dombes , fils de Jofeph - François
Damas , Marquis d'Antigny , Conite de Ruffey
& de Commarin , Baron de Chevreau , Colonel
du Régiment de Boulonnois , Brigadier des
armées du Roi , mort en 1736 , & de Maric-Judith
de Vienne , Comteffe de Commarin , a épousé
le 6 Octobre Zephirine-Félicité de Rochechouart ,
fille de Charles de Rochechouart , Lieutenant
Général des armées du Roi , Ambaffadeur de fa
Majefté auprès de l'Infant Don Philippe , Duc
de Parme , & de Marie- Françoife de Conflans
d'Armentieres , Dame de Madame la Dauphine.
Monſeigneur l'Evêque Duc de Laon , fon oncle
paternel , leur a donné la bénédiction nuptiale
dans la Paroiffe de S. Sulpice.
Ces maifons font trop connues pour avoir be
foin d'en donner la généalogie . Nous renvoyons
à tous les Généalogiſtes qui en ont parlé Voyez
pour la maison de Damas le P. Anfelme. Généalogie
des Grands Officiers de la Couronne , trorfiéme
édition en 1733 , tome 8 , page 339 , à
l'article des Grands Maîtres de la Maifon du
Roi. Pour la maiſon de Vienne , l'article des
Amiraux de France , même édition , page 804 :
& pour la maifon de Rochechouart , le même
ouvrage , tome IV. page 649.
Demoiſelle Catherine - Henriette Canonville
de Raffetot , eft morte à Paris le premier Juin.
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Charles - Pierre- Jofeph de Caftagnet de
Tanchoue , Brigadier des Gardes du Corps , eft
décédé le 12 à Paris.
Meffire Jean - Baptifte Duval de Morgny , fils
de Meffire Yves - Michel Duval de Morgny
-Préfident à la Chambre des Comptes de Rouen ,
eft mort à Paris le 26.
Eleonore-Marie de Montmorenci-Luxembourg-
Tingry , époufe de Meffire Louis -Leon Potier de
Gefures , Comte de Trefmes , Lieutenant - Géné–
ral des armées du Roi , Gouverneur des ville &
château de Ponteau de Mer , & Lieutenant pour
Sa Majefté au Bailliage de Rouen & pays de Caux ,
eft morte le 3 Juillet dans la quarante- neuvieme
année de fon âge.
Jacques- Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France par la démiffion du Duc de
la Force fon pere , mourut à Bagnieres le 14 ,
âgé de quarante-un ans.
Louis Benigne , Marquis de Baufrement & de
Liftenois, fubftitué aux noms & armes des maiſons
de Vienne Liftenois de Villelume & de Gorrevod ,
Seigneur héréditaire du Duché de Pontdevaux
Chevalier de l'Ordre de laToiſon d'or , Grand Bailli
d'Aval & Lieutenant - Général des armées du Roi ,
mourut à Paris le 18 Juillet , âgé d'environ foixante-
treize ans .
Voyez les Tablettes hiſtoriques , IV partie , p.
388 ; lave, p. 269..
Meffire Louis Hardouin- Jacques - Augufte de
Grout de Beaufort , penfionné du Roi , ci - devant
Capitaine au Régiment de Briouze , Infanterie
, eft décédé dans le mois de Juillet dernier
JANVIE R. 1756. 223
la terre de la Harie en Baffe -Normandie , âgé
d'environ foixante-dix -huit ans . Il eut l'honneur
d'avoir beaucoup de part dans les bonnes graces
de feu Louis XIV , & de Monfeigneur le Grand
Dauphin , & fut toujours de leur Cour jufqu'à
leur mort . Il étoit fils de feu Louis -Hardouin
de Grout-de Beaufort , Capitaine au Régiment
Dauphin , qui avoit été nommé par Mlle de
Montpenfier , dite Mademoiſelle , & petit fils de
feu Louis- Hardouin de Grout , ou Groulth - de
Beaufort , Chevalier de l'Ordre du Roi , Gentilhomme
ordinaire de fa Chambre , nommé Major
des Gardes du Corps . Il vint en France fur la
fin du regne de Louis XIII , & éprouva les
bontés de la Reine - Mere Anne d'Autriche. Louis
Hardouin , qui donne occafion à cet article ,
laiffe deux fils & une fille ; fçavoir , Anne- Ange-
Gabriel de Grout de Beaufort , Préfident en la
Cour des Monnoies à Paris ; Louis de Grout- de
Beaufort , Religieux de l'ancienne Obfervance de
l'Ordre de Cluni , Prieur en titre de Notre-Dame
de Mainfat; Marie-Magdeleine de Grout de Beaufort
, Religieufe Bernardine à l'Abbaye de Villers-
Cannivet , près Falaiſe en Normandie. Cette famille
qui eft originaire d'Allemagne , s'eft bien
alliée depuis qu'elle eft en France.
Meffire Louis-François Vivet de Montelus ;
Evêque d'Alais , & Abbé de l'Abbaye Royale &
féculiere de S. Gilles , Diocéfe de Nifme , eft
mort à Alais le 21 dans la foixante - feiziéme année
de fon âge. Il avoit été nommé en 1727 à
l'Evêché de S. Brieux , & en 1744 à celui d'Alais.
Meffire N... Soucelier , Abbé de l'Abbaye de
5. Paul - lez- Sens , & Doyen de Bray-fur- Seine ,
K iv
224 MERCURE DE FRANCE .
eft mort en cette derniere ville le 24 , âgé d'envi
ron cinquante- fept ans.
Meffire Chriſtophe, Marquis de Cuftine , grand
Bailli de Nanci , mourut à Nanci le 26 dans fa
quatre-vingt- quinziéme année. Après - avoir fervi
en France jufqu'au fiége de Bonne , & avoir
obtenu le grade de Lieutenant- Colonel , il paffa
au fervice de l'Empereur Léopold , & fit toutes
les campagnes de Hongrie contre les Turcs ,
depuis 1683 jufqu'en 1697. Il revint alors en
Lorraine avec le Duc Léopold , qui le nomma
d'abord fon premier Chambellan , enfuite Colonel
de fon Régiment des Gardes , Commandant
en Lorraine , Gouverneur des ville & citadelle
de Nanci , & Confeiller d'Etat d'épée . Le
Marquis de Cuftine à la ceffion de la Lorraine
refta attaché à la France malgré les offres avantageufes
de l'Empereur Charles VI . le Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , lui donna le
grand Baillage de Nanci , & le Roi le gratifia
d'une penfion de 4000 liv. que Sa Majefté a bien
voulu continuer à fa famille .
Louife-Françoise de Rohan-Rohan , veuve de
Gui- Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin & de
la Meilleraye , Pair de France , Prince de Châr
teau-Porcien , Gouverneur des villes du Port-
Louis , de Hennebont & de Quimperlay , mou
rut à Paris le 27 Juillet , âgée de foixante ans.
Demoiſelle Petronille - Elizabeth Maffon de
Melay, fille de Mefire Antoine- Lambert Maffon
de Mellay , Préfident en la Chambre des
Comptes , eft morte à Paris le 6 Août.
>
Demoiſelle Julie -Apolline - Géneviève Hubers
"
JANVIER. 1756. 225
Fontenu , Baronne d'Evon , Vicomtefle de Prémartin
, eft morte à Paris le 12 , & a été inhuméc
le lendemain à S. Sulpice.
Dame Bonne Barillon , veuve de Meffire François-
Germain le Camus , Marquis de Bligny ,
Maréchal de Camp , eft morte à Paris le 13 ,
& a été inhumée à S. Sulpice.
Dame Marie-Magdelaine de la Vieuville , veu
ve de Meffire Céfar- Alexandre de Baudéan, Com
te de Parabere , eſt morte le 14 à Paris , âgée
de foixante- deux ans.
Meffire Jean- Gabriel de la Porte du Theil,
Chevalier des Ordres de N. D. du Mont-Carmel
& de Saint - Lazare , Secrétaire de la chambre
& du cabinet de Sa Majefté & des comman
demens de Monfeigneur le Dauphin & de Mefdames
de France , eft mort à Paris le 17 Août
âgé de foixante- douze ans. Il avoit été ci-devant
premier Commis des affaires étrangeres : il
fat chargé en différens temps de la part du
Roi , de commiffions importantes dans plufieurs
Cours de l'Europe : en 1747 il affifta aux conférences
de Breda en qualité de Miniftre Plemipotentiaire
, & fut revêtu du titre d'Ambafla--
deur extraordinaire & Plenipotentiaire à cellesqui
fe tinrent en 1748 à Aix- la- Chapelle . Lestalens
& le zéle avec lefquels il s'eft acquitté de
ces différens emplois , lui ont mérité les marques
de fatisfaction & de bonté dont le Roi a bien vou--
lu l'honorer..
Meffire Jean Baptifte Bofe , Chancelier & Gar
de des Sceaux des Ordres Royaux , Militaires &
Hafpitaliers de Notre Dame du Mont Carmel &
K
226 MERCURE DE FRANCE.
de S. Lazare , de Jérufalem , & Confeiller d'honneur
de la Cour des Aides , dans laquelle il a été
pendant quarante - fept ans Procureur- Général , eft
mort le 18 Août à Paris , âgé de quatre-vingt- deux
ans.
Meffire Jean - François Boyer , ancien Evêque
de Mirepoix , Abbé de l'Abbaye de Corbie , Ordre
de S. Benoît , Diocèſe d'Amiens , l'un des quarante
de l'Académie Françoiſe , honoraire de l'Académie
royale des Infcriptions & Belles- Lettres ,
& de l'Académie royale des Sciences , mourut à
Verſailles le 20 dans fa quatre - vingt - unieme
année . Il avoit été Précepteur de Monſeigneur
le Dauphin , & enfuite premier Aumônier de Madame
la Dauphine . En 1743 , à la mort du Cardinal
de Fleury , le Roi chargea l'ancien Evêque de
Mirepoix du détail des affaires qui concernent la
nomination aux Bénéfices.
Claude- Lamoral- Hyacinthe-Ferdinand , Prince
de Ligne , & du S. Empire , Chevalier de l'Ordre
de S. Hubert , mourut à Paris le 30 , âgé de foixante-
douze ans.
Voyez les Tablettes hiftoriques , III. part. pag.
70 ; & lave, p. 158 .
Meffire Guy- Michel Billard de Loriere , fous-
Doyen des Confeillers du Grand Confeil, Seigneur
de Charenton , eft mort à Paris le 31 , âgé de
foixante-quinze ans. Il a été préfenté à S André
des Arts , & tranſporté en l'égliſe paroiffiale de
Charenton .
Damoiselle Claire-Françoiſe de Roncherolles de
Heuqueville , eft morte le 4 Septembre à Paris.
JANVIE R. 1756. 227
Jofeph-Marie d'Hoftun , Duc d'Hoftun , Pair
de France , Comte de Tallard , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier d'Infanterie , Gouverneur
de Franche-Comté , & Gouverneur particulier des
Ville & Citadelle de Befançon , mourut à Paris.
le 6 Septembre , âgé de près de foixante - onze
ans. Par fa mort eſt éteint le Duché de Hoftun ,
qui avoit été érigé par Lettres - Patentes , du mois
de Mars 1712 , en faveur de Camille d'Heftun
Comte de Tallard , Maréchal de France , & qui
fut déclaré Pairie , par Lettres - Patentes du mois
de Mars 1715 , en faveur du Duc qui vient de
mourir , & qui étoit fils du Maréchal de Tallard .
Meffire Edme-Marie Duval de Sainte Marie ,
Grand Prévôt Général de la Cavalerie de France &
Etrangere, eft mort à Baubigny , près de Pantin,
le 7 , & a été inhumé dans l'Eglife paroiffiale de
ce lieu .
Meffire Charles-Nicolas Rouillé d'Orfeuil , Enfeigne
au Régiment des Gardes Françoiles , eft
mort à Paris le 11.
Meffire Charles- François Renouard , Doyen
des Confeillers honoraires à la Grand'Chambre
de Parlement de Paris , eft mort le 20 en fon
Château de Fleuri , près d'Auxerre , âgé de quatrevingt-
trois ans.
Mellire Louis-Etienne Jobal , fecond Préfident
du Parlement de Metz , eft mort à Paris le 24
âgé de foixante-buit ans.
Meffire Jean-Profper Goujon de Gafville , Maltre
des Requêtes honoraire & ancien Intendant
de Rouen , eft mort à Paris le même jour , âgé
de foixante-quatorze ans.
Kj
22S MERCURE DE FRANCE
Louis Charles - Antoine de Saint Simon de
Courtomer , Chevalier de l'Ordre de Saint Jean
de Jérufalem , Lieutenant au Régiment du Roi
infanterie , fils de feu Meffire Guy- Antoine de
Saint - Simon , Chevalier Seigneur Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil - Bonnin , Meftre
de Camp de cavalerie , Capitaine des Gardes
de feu fon Alteffe Royale Madame Ducheffe de
Berry ; & de Dame Marie - Magdelaine de Saint
Remi , Marquife de Courtomer , Dame de la
Motte-Fouqué & Mongoubert , Dame Chateleine.
de Pecoux eft décédé le 3 Novembre au Château
de la Motte- Fouqué en Normandie , âgé de
vingt-un ans huit mois.
;
Meffire Jean de Mailly, Marquis de Mailly-Hau
court , mourut le 7 Décembre au Château de la
Roche de Vaux , dans le Maine , âgé de quatrevingt-
quatre ans. Le Comte de Mailly , fon fils ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , & Infpecteur
de la Cavalerie , ayant perdu deux fre-.
res , dont l'un étoit Eccléfiaftique , & l'autre Che-.
valier de Malte , eft le feul qui refte de cette
Branche. Le Chevalier eft mort à Vienne en Autriche
après la derniere campagne de Hongrie ,
où il étoit allé finir les Caravanes .
Le nommé Marais eft mort à Honfleur , dans :
la cent-fixieme année de fon âge. Il n'a connu.
aucune des infirmités de la vieilleffe .
Dom Jacques-Nicolas Maumouffeau , Supérieur
Général de la Congrégation de Saint Maur ,
mourut le 12 Décembre , à Paris , en l'Abbaye de
Saint Germain-des-Prés , dans la foixante- onzieme
année de fon âge , & dans la cinquante - troi-
Geme de fa Profeffion Religieufe .
JANVIER. 1756. 229
Dame Marie-Louiſe Henriette de Beaumanoir-
Lavardin , veuve de Meffire Jacques- Louis , Marquis
de Beringhen , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , Premier Ecuyer de Sa Majesté , &
Gouverneur des Ville & Citadelle de Marſeille ,
mourut en cette Ville le 14 Décembre , âgée de
foixante- cinq ans..
François-Martial Comte de Choifeul - Beaupré ,
Brigadier , Inspecteur général de l'Infanterie , &
Menin de Monfeigneur le Dauphin , veuf depuis
1753 de Charlotte-Rofalie de Romanet , époufa
le 24 Juin Demoiſelle N ... Thiroux de Mauregard
; la bénédiction nuptiale leur a été donnée à
Paris dans la chapelle de la maifon de la Dame
de Lailly : le Roi avoit figné le 22 leur contrat de
mariage.
Raymond- Pierre , Marquis de Beranger , Comte
du Guat , Chevalier d'honneur de Madame la
Dauphine en furvivance , & Colonel dans le corps
des Grenadiers de France , époufa le 2 de Juillet
Marie-Françoile de Saffenage , fille de Charles-
François , Marquis de Saffenage , fecond Baron
du Dauphiné , Commiffaire né des Etats de cette
province , Brigadier de Cavalerie , Chevalier des
Ordres du Roi ; & Chevalier d'honneur de Madame
la Dauphine , & de Marie- Françoife- Camille
de Saffenage , Baronne de Saffenage , Marquife
de Pont- en - Royan , Comtefle de Montallier.
La bénédiction nuptiale leur fut donnée par
1.
JANVIER. 1756. 219
l'Archevêque de Sens , dans l'Eglife de la Paroifle
du château , à Verfailles . Le Marquis de
Beranger eft fils de feu Pierre , Comte de Beranger
, Lieutenant général des armées du Roi , &
Chevalier des Ordres de fa Majefté , & de Dame
Antoinette-Françoife Boucher d'Orsay.
Voyez fur les Maifons de Beranger & de Saffenage,
les Tablettes hiftoriques , IV. Part. page
54 fuivantes.
Meffire René-Théophile de Maupeon , Marquis
de Sablonieres , Colonel du Régiment d'Infanterie
de Bigorre , fils de feu Meffire René-
Theophile de Maupeou , Marquis de Sablonieres,
Lieutenant général des armées du Roi , Infpecteur
général d'Infanterie , & .de Dame Jeane-
René Blanchard de Banneville , épouſa le 13 Juillet
dans la Chapelle du château de Paris - Fontaine
, Damoiſelle Marie - Julie de Caqueray de-
Maucomble.
Meffire Claude-Etienne Bidal , Marquis d'Affeld
, Maréchal des camps & armées du Roi , fut
marié le 14 à Damoifelle Anne- Louiſe-Charlotte
Pajot de Villeperot , fille de feu Meffire
Pierre-Maximilien Pajot de Villeperot , Maréchal
de camps , & de Dame Louiſe- Génévieve
Pajot. La bénédiction nuptiale leur fut donnée à
Paris par l'Archevêque de Narbonne , dans l'Eglife
de S. Germain l'Auxerrois. Leur contrat
de mariage avoit été figné le 8 par leurs Majeftés.
Le Marquis d'Asfeld eft fils de feu Claude-François
Bidal , Marquis d'Asfeld , Maréchal de France ,
Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or , Commandeur
de celui de S. Louis , Gouverneur des
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
ville & citadelle de Strafbourg , Directeur géné
ral des fortifications de France , Lieutenant Général
des armées du Roi ; & de feu Dame Anne le
Clerc- de- Lafferille. -
Voyez la VII. Part. des Tablettes hiſtoriques.
page 84.
Meffire Anne-Joachim - Annibal Comte de Rochemore
, fils de Mefire Jean-Louis-Annibal de
Rochemore & de Dame Catherine - Pauline de
Fays- de Rochepierre , époufa le 31 Juillet à Vivier
, Damoiselle Judith de Boufchet , fille de Meffire
Louis de Boufchet , Marquis de Sourches , Comte
de Montforeau , Lieutenant général des armées
du Roi , Prevôt de l'Hôtel de fa Majefté, & Grand
Prevôt de France , & de feue Charlotte-Antonine
de Gontaut de Biron. La bénédiction nuptiale leur
a été donnée par l'Evêque de Viviers.
Claude -Antoine- Cleriadus Comte de Choiseul ,
Lieutenant général de la Province de Champagne
& de Brie , Guidon de Gendarmerie , Meftre de
Camp de Cavalerie , Chambellan & Capitaine des
Gardes du Corps du Roi de Pologne , Duc de Lorraine
& de Bar , époufa le 1 Sept. au château de Harouel
en Lorraine , Diane- Gabriele , Marquife de
la Baume - Montrevel , ci -devant Chanoineffe de
Kemiremont , fille de feu Charles - Ferdinand-
François , Marquis de la Baume Montrevel , Meſtre
de Camp de Cavalerie & de Elifabeth - Charlotte de
Beauvau. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
par l'Abbé de Choifeul , Vicaire général &
Grand Archidiacre de Châlons fur Marne . Le
Comte de Choifeul eft fils de Charles - Marie ,
Marquis de Choifeul Beaupré , Lieutenant général
des armées du Roi , & ci - devant Chevalier
JANVIER. 1756. 221
d'honneur de la feu Reine de Pologne , & de
Henriette-Charlotte de Balompierve , Dame du
Palais de cette Princelle .
François- Jacques Damas d'Antigny , Comte de
Ruffey , Baron de Chevreau , Gouverneur de la
fouveraineté de Dombes , fils de Jofeph - François
Damas , Marquis d'Antigny , Conite de Ruffey
& de Commarin , Baron de Chevreau , Colonel
du Régiment de Boulonnois , Brigadier des
armées du Roi , mort en 1736 , & de Maric-Judith
de Vienne , Comteffe de Commarin , a épousé
le 6 Octobre Zephirine-Félicité de Rochechouart ,
fille de Charles de Rochechouart , Lieutenant
Général des armées du Roi , Ambaffadeur de fa
Majefté auprès de l'Infant Don Philippe , Duc
de Parme , & de Marie- Françoife de Conflans
d'Armentieres , Dame de Madame la Dauphine.
Monſeigneur l'Evêque Duc de Laon , fon oncle
paternel , leur a donné la bénédiction nuptiale
dans la Paroiffe de S. Sulpice.
Ces maifons font trop connues pour avoir be
foin d'en donner la généalogie . Nous renvoyons
à tous les Généalogiſtes qui en ont parlé Voyez
pour la maison de Damas le P. Anfelme. Généalogie
des Grands Officiers de la Couronne , trorfiéme
édition en 1733 , tome 8 , page 339 , à
l'article des Grands Maîtres de la Maifon du
Roi. Pour la maiſon de Vienne , l'article des
Amiraux de France , même édition , page 804 :
& pour la maifon de Rochechouart , le même
ouvrage , tome IV. page 649.
Demoiſelle Catherine - Henriette Canonville
de Raffetot , eft morte à Paris le premier Juin.
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Charles - Pierre- Jofeph de Caftagnet de
Tanchoue , Brigadier des Gardes du Corps , eft
décédé le 12 à Paris.
Meffire Jean - Baptifte Duval de Morgny , fils
de Meffire Yves - Michel Duval de Morgny
-Préfident à la Chambre des Comptes de Rouen ,
eft mort à Paris le 26.
Eleonore-Marie de Montmorenci-Luxembourg-
Tingry , époufe de Meffire Louis -Leon Potier de
Gefures , Comte de Trefmes , Lieutenant - Géné–
ral des armées du Roi , Gouverneur des ville &
château de Ponteau de Mer , & Lieutenant pour
Sa Majefté au Bailliage de Rouen & pays de Caux ,
eft morte le 3 Juillet dans la quarante- neuvieme
année de fon âge.
Jacques- Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France par la démiffion du Duc de
la Force fon pere , mourut à Bagnieres le 14 ,
âgé de quarante-un ans.
Louis Benigne , Marquis de Baufrement & de
Liftenois, fubftitué aux noms & armes des maiſons
de Vienne Liftenois de Villelume & de Gorrevod ,
Seigneur héréditaire du Duché de Pontdevaux
Chevalier de l'Ordre de laToiſon d'or , Grand Bailli
d'Aval & Lieutenant - Général des armées du Roi ,
mourut à Paris le 18 Juillet , âgé d'environ foixante-
treize ans .
Voyez les Tablettes hiſtoriques , IV partie , p.
388 ; lave, p. 269..
Meffire Louis Hardouin- Jacques - Augufte de
Grout de Beaufort , penfionné du Roi , ci - devant
Capitaine au Régiment de Briouze , Infanterie
, eft décédé dans le mois de Juillet dernier
JANVIE R. 1756. 223
la terre de la Harie en Baffe -Normandie , âgé
d'environ foixante-dix -huit ans . Il eut l'honneur
d'avoir beaucoup de part dans les bonnes graces
de feu Louis XIV , & de Monfeigneur le Grand
Dauphin , & fut toujours de leur Cour jufqu'à
leur mort . Il étoit fils de feu Louis -Hardouin
de Grout-de Beaufort , Capitaine au Régiment
Dauphin , qui avoit été nommé par Mlle de
Montpenfier , dite Mademoiſelle , & petit fils de
feu Louis- Hardouin de Grout , ou Groulth - de
Beaufort , Chevalier de l'Ordre du Roi , Gentilhomme
ordinaire de fa Chambre , nommé Major
des Gardes du Corps . Il vint en France fur la
fin du regne de Louis XIII , & éprouva les
bontés de la Reine - Mere Anne d'Autriche. Louis
Hardouin , qui donne occafion à cet article ,
laiffe deux fils & une fille ; fçavoir , Anne- Ange-
Gabriel de Grout de Beaufort , Préfident en la
Cour des Monnoies à Paris ; Louis de Grout- de
Beaufort , Religieux de l'ancienne Obfervance de
l'Ordre de Cluni , Prieur en titre de Notre-Dame
de Mainfat; Marie-Magdeleine de Grout de Beaufort
, Religieufe Bernardine à l'Abbaye de Villers-
Cannivet , près Falaiſe en Normandie. Cette famille
qui eft originaire d'Allemagne , s'eft bien
alliée depuis qu'elle eft en France.
Meffire Louis-François Vivet de Montelus ;
Evêque d'Alais , & Abbé de l'Abbaye Royale &
féculiere de S. Gilles , Diocéfe de Nifme , eft
mort à Alais le 21 dans la foixante - feiziéme année
de fon âge. Il avoit été nommé en 1727 à
l'Evêché de S. Brieux , & en 1744 à celui d'Alais.
Meffire N... Soucelier , Abbé de l'Abbaye de
5. Paul - lez- Sens , & Doyen de Bray-fur- Seine ,
K iv
224 MERCURE DE FRANCE .
eft mort en cette derniere ville le 24 , âgé d'envi
ron cinquante- fept ans.
Meffire Chriſtophe, Marquis de Cuftine , grand
Bailli de Nanci , mourut à Nanci le 26 dans fa
quatre-vingt- quinziéme année. Après - avoir fervi
en France jufqu'au fiége de Bonne , & avoir
obtenu le grade de Lieutenant- Colonel , il paffa
au fervice de l'Empereur Léopold , & fit toutes
les campagnes de Hongrie contre les Turcs ,
depuis 1683 jufqu'en 1697. Il revint alors en
Lorraine avec le Duc Léopold , qui le nomma
d'abord fon premier Chambellan , enfuite Colonel
de fon Régiment des Gardes , Commandant
en Lorraine , Gouverneur des ville & citadelle
de Nanci , & Confeiller d'Etat d'épée . Le
Marquis de Cuftine à la ceffion de la Lorraine
refta attaché à la France malgré les offres avantageufes
de l'Empereur Charles VI . le Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , lui donna le
grand Baillage de Nanci , & le Roi le gratifia
d'une penfion de 4000 liv. que Sa Majefté a bien
voulu continuer à fa famille .
Louife-Françoise de Rohan-Rohan , veuve de
Gui- Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin & de
la Meilleraye , Pair de France , Prince de Châr
teau-Porcien , Gouverneur des villes du Port-
Louis , de Hennebont & de Quimperlay , mou
rut à Paris le 27 Juillet , âgée de foixante ans.
Demoiſelle Petronille - Elizabeth Maffon de
Melay, fille de Mefire Antoine- Lambert Maffon
de Mellay , Préfident en la Chambre des
Comptes , eft morte à Paris le 6 Août.
>
Demoiſelle Julie -Apolline - Géneviève Hubers
"
JANVIER. 1756. 225
Fontenu , Baronne d'Evon , Vicomtefle de Prémartin
, eft morte à Paris le 12 , & a été inhuméc
le lendemain à S. Sulpice.
Dame Bonne Barillon , veuve de Meffire François-
Germain le Camus , Marquis de Bligny ,
Maréchal de Camp , eft morte à Paris le 13 ,
& a été inhumée à S. Sulpice.
Dame Marie-Magdelaine de la Vieuville , veu
ve de Meffire Céfar- Alexandre de Baudéan, Com
te de Parabere , eſt morte le 14 à Paris , âgée
de foixante- deux ans.
Meffire Jean- Gabriel de la Porte du Theil,
Chevalier des Ordres de N. D. du Mont-Carmel
& de Saint - Lazare , Secrétaire de la chambre
& du cabinet de Sa Majefté & des comman
demens de Monfeigneur le Dauphin & de Mefdames
de France , eft mort à Paris le 17 Août
âgé de foixante- douze ans. Il avoit été ci-devant
premier Commis des affaires étrangeres : il
fat chargé en différens temps de la part du
Roi , de commiffions importantes dans plufieurs
Cours de l'Europe : en 1747 il affifta aux conférences
de Breda en qualité de Miniftre Plemipotentiaire
, & fut revêtu du titre d'Ambafla--
deur extraordinaire & Plenipotentiaire à cellesqui
fe tinrent en 1748 à Aix- la- Chapelle . Lestalens
& le zéle avec lefquels il s'eft acquitté de
ces différens emplois , lui ont mérité les marques
de fatisfaction & de bonté dont le Roi a bien vou--
lu l'honorer..
Meffire Jean Baptifte Bofe , Chancelier & Gar
de des Sceaux des Ordres Royaux , Militaires &
Hafpitaliers de Notre Dame du Mont Carmel &
K
226 MERCURE DE FRANCE.
de S. Lazare , de Jérufalem , & Confeiller d'honneur
de la Cour des Aides , dans laquelle il a été
pendant quarante - fept ans Procureur- Général , eft
mort le 18 Août à Paris , âgé de quatre-vingt- deux
ans.
Meffire Jean - François Boyer , ancien Evêque
de Mirepoix , Abbé de l'Abbaye de Corbie , Ordre
de S. Benoît , Diocèſe d'Amiens , l'un des quarante
de l'Académie Françoiſe , honoraire de l'Académie
royale des Infcriptions & Belles- Lettres ,
& de l'Académie royale des Sciences , mourut à
Verſailles le 20 dans fa quatre - vingt - unieme
année . Il avoit été Précepteur de Monſeigneur
le Dauphin , & enfuite premier Aumônier de Madame
la Dauphine . En 1743 , à la mort du Cardinal
de Fleury , le Roi chargea l'ancien Evêque de
Mirepoix du détail des affaires qui concernent la
nomination aux Bénéfices.
Claude- Lamoral- Hyacinthe-Ferdinand , Prince
de Ligne , & du S. Empire , Chevalier de l'Ordre
de S. Hubert , mourut à Paris le 30 , âgé de foixante-
douze ans.
Voyez les Tablettes hiftoriques , III. part. pag.
70 ; & lave, p. 158 .
Meffire Guy- Michel Billard de Loriere , fous-
Doyen des Confeillers du Grand Confeil, Seigneur
de Charenton , eft mort à Paris le 31 , âgé de
foixante-quinze ans. Il a été préfenté à S André
des Arts , & tranſporté en l'égliſe paroiffiale de
Charenton .
Damoiselle Claire-Françoiſe de Roncherolles de
Heuqueville , eft morte le 4 Septembre à Paris.
JANVIE R. 1756. 227
Jofeph-Marie d'Hoftun , Duc d'Hoftun , Pair
de France , Comte de Tallard , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier d'Infanterie , Gouverneur
de Franche-Comté , & Gouverneur particulier des
Ville & Citadelle de Befançon , mourut à Paris.
le 6 Septembre , âgé de près de foixante - onze
ans. Par fa mort eſt éteint le Duché de Hoftun ,
qui avoit été érigé par Lettres - Patentes , du mois
de Mars 1712 , en faveur de Camille d'Heftun
Comte de Tallard , Maréchal de France , & qui
fut déclaré Pairie , par Lettres - Patentes du mois
de Mars 1715 , en faveur du Duc qui vient de
mourir , & qui étoit fils du Maréchal de Tallard .
Meffire Edme-Marie Duval de Sainte Marie ,
Grand Prévôt Général de la Cavalerie de France &
Etrangere, eft mort à Baubigny , près de Pantin,
le 7 , & a été inhumé dans l'Eglife paroiffiale de
ce lieu .
Meffire Charles-Nicolas Rouillé d'Orfeuil , Enfeigne
au Régiment des Gardes Françoiles , eft
mort à Paris le 11.
Meffire Charles- François Renouard , Doyen
des Confeillers honoraires à la Grand'Chambre
de Parlement de Paris , eft mort le 20 en fon
Château de Fleuri , près d'Auxerre , âgé de quatrevingt-
trois ans.
Mellire Louis-Etienne Jobal , fecond Préfident
du Parlement de Metz , eft mort à Paris le 24
âgé de foixante-buit ans.
Meffire Jean-Profper Goujon de Gafville , Maltre
des Requêtes honoraire & ancien Intendant
de Rouen , eft mort à Paris le même jour , âgé
de foixante-quatorze ans.
Kj
22S MERCURE DE FRANCE
Louis Charles - Antoine de Saint Simon de
Courtomer , Chevalier de l'Ordre de Saint Jean
de Jérufalem , Lieutenant au Régiment du Roi
infanterie , fils de feu Meffire Guy- Antoine de
Saint - Simon , Chevalier Seigneur Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil - Bonnin , Meftre
de Camp de cavalerie , Capitaine des Gardes
de feu fon Alteffe Royale Madame Ducheffe de
Berry ; & de Dame Marie - Magdelaine de Saint
Remi , Marquife de Courtomer , Dame de la
Motte-Fouqué & Mongoubert , Dame Chateleine.
de Pecoux eft décédé le 3 Novembre au Château
de la Motte- Fouqué en Normandie , âgé de
vingt-un ans huit mois.
;
Meffire Jean de Mailly, Marquis de Mailly-Hau
court , mourut le 7 Décembre au Château de la
Roche de Vaux , dans le Maine , âgé de quatrevingt-
quatre ans. Le Comte de Mailly , fon fils ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , & Infpecteur
de la Cavalerie , ayant perdu deux fre-.
res , dont l'un étoit Eccléfiaftique , & l'autre Che-.
valier de Malte , eft le feul qui refte de cette
Branche. Le Chevalier eft mort à Vienne en Autriche
après la derniere campagne de Hongrie ,
où il étoit allé finir les Caravanes .
Le nommé Marais eft mort à Honfleur , dans :
la cent-fixieme année de fon âge. Il n'a connu.
aucune des infirmités de la vieilleffe .
Dom Jacques-Nicolas Maumouffeau , Supérieur
Général de la Congrégation de Saint Maur ,
mourut le 12 Décembre , à Paris , en l'Abbaye de
Saint Germain-des-Prés , dans la foixante- onzieme
année de fon âge , & dans la cinquante - troi-
Geme de fa Profeffion Religieufe .
JANVIER. 1756. 229
Dame Marie-Louiſe Henriette de Beaumanoir-
Lavardin , veuve de Meffire Jacques- Louis , Marquis
de Beringhen , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , Premier Ecuyer de Sa Majesté , &
Gouverneur des Ville & Citadelle de Marſeille ,
mourut en cette Ville le 14 Décembre , âgée de
foixante- cinq ans..
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1756, plusieurs mariages et décès notables ont été enregistrés parmi l'aristocratie française. Les mariages incluent celui de François-Martial Comte de Choiseul-Beaupré, Brigadier et Inspecteur général de l'Infanterie, avec Demoiselle N... Thiroux de Mauregard à Paris le 24 juin. Raymond-Pierre, Marquis de Beranger, Colonel des Grenadiers de France, a épousé Marie-Françoise de Saffenage à Versailles le 2 juillet. René-Théophile de Maupeou, Marquis de Sablonieres, a épousé Damoiselle Marie-Julie de Caqueray de Maucomble le 13 juillet. Claude-Étienne Bidal, Marquis d'Asfeld, Maréchal des camps et armées du Roi, a épousé Damoiselle Anne-Louise-Charlotte Pajot de Villeperot à Paris le 14 juillet. Anne-Joachim-Annibal Comte de Rochemore a épousé Damoiselle Judith de Boufchet à Viviers le 31 juillet. Claude-Antoine-Cleriadus Comte de Choiseul a épousé Diane-Gabriele, Marquise de la Baume-Montrevel en Lorraine le 1 septembre. Enfin, François-Jacques Damas d'Antigny, Comte de Ruffey, a épousé Zephirine-Félicité de Rochechouart à Paris le 6 octobre. Parmi les décès, Catherine-Henriette Canonville de Raffetot est morte à Paris le 1er juin. Charles-Pierre-Joseph de Castagnet de Tanchoue, Brigadier des Gardes du Corps, est décédé à Paris le 12 juin. Jean-Baptiste Duval de Morgny, fils de Yves-Michel Duval de Morgny, est mort à Paris le 26 juin. Éléonore-Marie de Montmorency-Luxembourg-Tingry, épouse de Louis-Léon Potier de Gesvres, est décédée le 3 juillet. Jacques-Nompar de Caumont, Duc de Caumont, est mort à Bagnères le 14 juillet. Louis-Bénigne, Marquis de Bauffremont, est décédé à Paris le 18 juillet. Louis Hardouin-Jacques-Auguste de Grout de Beaufort, pensionné du Roi, est mort en juillet en Basse-Normandie. Louis-François Vivet de Montelus, Évêque d'Alais, est décédé à Alais le 21 juillet. Christophe, Marquis de Custine, grand Bailli de Nancy, est mort à Nancy le 26 juillet. Louise-Françoise de Rohan-Rohan, veuve de Gui-Paul-Jules Mazarin, est décédée à Paris le 27 juillet. Petronille-Elisabeth Masson de Melay est morte à Paris le 6 août. Julie-Apolline-Génévieve Hubers Fontenu, Baronne d'Évon, est décédée à Paris le 12 août. Bonne Barillon, veuve de François-Germain le Camus, Marquis de Bligny, est morte à Paris le 13 août. Marie-Magdelaine de la Vieuville, veuve de César-Alexandre de Baudéan, Comte de Parabère, est décédée à Paris le 14 août. Jean-Gabriel de la Porte du Theil, Secrétaire de la chambre et du cabinet du Roi, est mort à Paris le 17 août. Jean-Baptiste Bose, Chancelier des Ordres Royaux, est décédé à Paris le 18 août. Jean-François Boyer, ancien Évêque de Mirepoix, est mort à Versailles le 20 août. Claude-Lamoral-Hyacinthe-Ferdinand, Prince de Ligne, est décédé à Paris le 30 août. Guy-Michel Billard de Loriere, sous-Doyen des Conseillers du Grand Conseil, est mort à Paris le 31 août. Claire-Françoise de Roncherolles de Heuqueville est décédée à Paris le 4 septembre. Joseph-Marie d'Hoftun, Duc d'Hoftun, Pair de France, Comte de Tallard, Chevalier des Ordres du Roi, Brigadier d'Infanterie, Gouverneur de Franche-Comté et de la Ville et Citadelle de Besançon, est décédé à Paris le 6 septembre à l'âge de près de soixante-onze ans. Sa mort a entraîné l'extinction du Duché d'Hoftun. D'autres décès notables incluent Edme-Marie Duval de Sainte Marie, Grand Prévôt Général de la Cavalerie, mort à Baubigny le 7 septembre.
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8961
p. 229-230
AVIS
Début :
Le Bon Jardinier. Almanach pour l'année 1756, contenant une idée [...]
Mots clefs :
Almanach, Jardinage, Tablettes historiques, topographiques & physiques, Catalogue des livres de la bibliothèque, Bernard de Chantant, Librairie
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texteReconnaissance textuelle : AVIS
AVIS
Almanach LE BON JARDINIER.
pour l'année 1756 , contenant une idée
générale des quatre fortes de Jardins , lest
régles pour les cultiver , & la maniere
d'élever les plus belles fleurs. A Paris ,
chez Guillyn , quai des Auguftins. 1756.
On trouve chez le même Libraire , chez
Ganeau , rue S. Severin , & chez Defventes
, à Dijon , les Tablettes hiftoriques , topographiques
& Phyfiques de Bourgogne ,
pour l'année 1756 .
Catalogue des Livres de la Bibliotheque
de feu M. Bernard de Chantant , Con-.
feiller au Parlement de Dijon , dont la
vente fe fera dans cette ville. L'on trouve
ce Catalogue à Paris , chez Guillyn , quay
des Augustins , qui donnera les éclairciffemens
néceffaires : il fe chargera de faire.
230 MERCURE DE FRANCE .
acheter les Livres que l'on lui commettra ,
& de les remettre aux acquéreurs à Paris :
on peut auffi s'adreffer chez Defventes à
Dijon.
Almanach LE BON JARDINIER.
pour l'année 1756 , contenant une idée
générale des quatre fortes de Jardins , lest
régles pour les cultiver , & la maniere
d'élever les plus belles fleurs. A Paris ,
chez Guillyn , quai des Auguftins. 1756.
On trouve chez le même Libraire , chez
Ganeau , rue S. Severin , & chez Defventes
, à Dijon , les Tablettes hiftoriques , topographiques
& Phyfiques de Bourgogne ,
pour l'année 1756 .
Catalogue des Livres de la Bibliotheque
de feu M. Bernard de Chantant , Con-.
feiller au Parlement de Dijon , dont la
vente fe fera dans cette ville. L'on trouve
ce Catalogue à Paris , chez Guillyn , quay
des Augustins , qui donnera les éclairciffemens
néceffaires : il fe chargera de faire.
230 MERCURE DE FRANCE .
acheter les Livres que l'on lui commettra ,
& de les remettre aux acquéreurs à Paris :
on peut auffi s'adreffer chez Defventes à
Dijon.
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Résumé : AVIS
En 1756, 'Le Bon Jardinier' décrit les types de jardins, leurs cultures et les méthodes de floriculture. Les 'Tablettes historiques de Bourgogne' sont également publiées. Le catalogue de la bibliothèque de Bernard de Chantant est en vente à Dijon et à Paris chez Guillyn et Defventes. Guillyn fournit des éclaircissements et achète les livres pour les acquéreurs.
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8962
p. 230
AUTRE.
Début :
Le Sieur Compigné, Marchand Tabletier, Privilegié du Roi, qui demeuroit [...]
Mots clefs :
Sieur Compigné, Tablettes, Métaux, Dessins, Paysages, Fleurs, Carton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E Sieur Compigné , Marchand Tabletier , Pri
vilegié du Roi , qui demeuroit ci- devant dans
le Temple , donne avis au Public qu'il a tranfporté
fes fabriques de Tabatieres d'écaille & de
carton , rue Grenetal , à l'enfeigne du Roi David ,
où le vafte emplacement lui a permis de l'augmenter
confidérablement ; pour mériter dans fon
art, les éloges du Public & des gens de goût , il
travaille tous les jours à le perfectionner.
Depuis plufieurs années , il exécute avec fes
tours des deffeins d'étoffe de toute espece.
Il va inceffamment mettre au jour différens
deffeins de fa compofition , qu'il exécute fur l'écaille
& fur le carton ; l'effet de ce travail eft d'autant
plus frappant qu'il repréfente le naturel .
Ceux qui défireront les avoir fur or & fur argent
, ou autres métaux , pourront les lui commander
: il les rendra avec autant de précifion
que tels deffeins Chinois , de fleurs , d'architecture
, de païfage , & autres qu'on voudroit ſe
procurer.
Il double en écaille les tabatieres de carton :
il raccommode les unes & les autres , & vend des
deux efpeces à très -jufte prix , en gros & en
détail.
On trouvera encore chez lui des affortimens
de toutes efpeces , en ce qui concerne la Tabletterie.
E Sieur Compigné , Marchand Tabletier , Pri
vilegié du Roi , qui demeuroit ci- devant dans
le Temple , donne avis au Public qu'il a tranfporté
fes fabriques de Tabatieres d'écaille & de
carton , rue Grenetal , à l'enfeigne du Roi David ,
où le vafte emplacement lui a permis de l'augmenter
confidérablement ; pour mériter dans fon
art, les éloges du Public & des gens de goût , il
travaille tous les jours à le perfectionner.
Depuis plufieurs années , il exécute avec fes
tours des deffeins d'étoffe de toute espece.
Il va inceffamment mettre au jour différens
deffeins de fa compofition , qu'il exécute fur l'écaille
& fur le carton ; l'effet de ce travail eft d'autant
plus frappant qu'il repréfente le naturel .
Ceux qui défireront les avoir fur or & fur argent
, ou autres métaux , pourront les lui commander
: il les rendra avec autant de précifion
que tels deffeins Chinois , de fleurs , d'architecture
, de païfage , & autres qu'on voudroit ſe
procurer.
Il double en écaille les tabatieres de carton :
il raccommode les unes & les autres , & vend des
deux efpeces à très -jufte prix , en gros & en
détail.
On trouvera encore chez lui des affortimens
de toutes efpeces , en ce qui concerne la Tabletterie.
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Résumé : AUTRE.
Le Sieur Compigné, marchand tabletier privilégié du Roi, annonce son déménagement. Ses fabriques de tabatières d'écaille et de carton sont désormais situées rue Grenetal, à l'enseigne du Roi David. Ce nouvel emplacement plus spacieux lui permet d'accroître sa production. Compigné se consacre quotidiennement à l'amélioration de son art et crée des dessins d'étoffes variés à l'aide de ses tours. Il prévoit de publier divers dessins sur écaille et carton, reproduisant fidèlement la nature. Il accepte également des commandes pour des dessins sur or, argent ou autres métaux, avec une précision comparable aux dessins chinois. Compigné double en écaille les tabatières de carton, raccommode les tabatières et vend les deux types à des prix compétitifs, en gros et au détail. Il propose également une gamme d'accessoires liés à la tabletterie.
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8963
p. 231
AUTRE.
Début :
Le sieur Georges Douay, Marchand fabriquant de Gazes, demeurant rue [...]
Mots clefs :
Gazes, Marly d'Angleterre, Motifs variés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fieur Georges Douay, Marchand fabriquant
vis le Bon Paſteur , Fauxbourg S. Marceau à Paris
, donne avis aux Négocians qu'il poffede le
fecret de faire le Marly d'Angleterre , de toutes
les façons qu'il puiffe fe faire ; fçavoir , à carreau ,
rayé & uni , noir & blanc , & du plus beau blanc
qu'on puiffe le défirer.
E fieur Georges Douay, Marchand fabriquant
vis le Bon Paſteur , Fauxbourg S. Marceau à Paris
, donne avis aux Négocians qu'il poffede le
fecret de faire le Marly d'Angleterre , de toutes
les façons qu'il puiffe fe faire ; fçavoir , à carreau ,
rayé & uni , noir & blanc , & du plus beau blanc
qu'on puiffe le défirer.
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8964
p. 231-232
AUTRE.
Début :
On a fait depuis plusieurs années différentes tentatives en Horlogerie, [...]
Mots clefs :
Horlogerie, Pendules, Perfectionnement, Nouvelle méthode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
ON a fait depuis plufieurs années différentes
tentatives en Horlogerie , pour fimplifier les pendules
, & furtout celles d'obfervation ; mais le
haut prix auquel on étoit obligé de les mettre ,
a toujours affez prouvé au Public , & fait fentir
à leurs Auteurs mêmes , qu'elles n'étoient rien
moins que fimples.
En voici une dont la préciſion & la folidité
font à toute épreuve , & dont on n'a voulu faire
part au Public , qu'après des expériences réitérées
depuis environ huit années par des Aftronoines
& autres Connoiffeurs en ce genre. La nouvelle
conftruction de celle - ci en eft une preuve fatiffaifante
, puifqu'elle offre l'avantage d'une machine
perfectionnée principalement par des
voies très-peu difpendieufes : fa fimplicité ne peur
échapper à quiconque voudra l'examiner & faire
attention à la modicité du prix de ces pendules ,
qui n'eft que de vingt piftoles tout ajustées dans
feurs caiffes de transport . Ce motif d'oeconomie
joint à leur exactitude , en a fait débiter un aſſez
grand nombre,
23,2 MERCURE DE FRANCE.
Ces pendules font renfermées dans des boëtesde
cuivre , ajustées d'une façon nouvelle par des
vis qui les font mouvoir, & qui fervent à les fixer
dans leurs échappemens , d'une maniere au
fimple que folide. On les place à fix pieds environ
de hauteur , ce qui fuffit pour les faire aller
à peu près quinze jours ; elles marquent les heures
, les minutes & les fecondes , & toutes leurs
aiguilles font placées concentriquement . Elles ne
fonnent point , mais on fçait d'ailleurs qu'une
fonnerie eft inutile aux Pendules d'obfervation.
Le pendule fe brife en trois parties d'une façon
nouvelle , & cela fans fe féparer , afin de diminuer
le volume de la caiffe , & rendre par-là ces
machines plus portatives. La caiffe qui leur fert
d'enveloppe , a environ dix-huit pouces de longueur
fur fept à huit pouces de largeur & d'épaiffeur.
On donne à ceux qui prennent de ces Pendules
une petite inftruction fur la façon de les
conduire & de les placer ; & ces Pendules fe trouvent
chez leur Auteur M. Gallonde , Horloger
du Roi , rue Quincanpoix .
Le fieur Gallonde avertit auffi qu'il a fait une
Loterie d'une Pendule finguliere & unique en
fon genre ; cette Loterie eft composée de millè
billets à raison de fix livres le billet , & qu'il ne
lui en refte plus que très- peu. Le jour du tirage
eft fixé au 27 de Janvier prochain , l'après- midi ,
au College de Navarre. Ceux qui fouhaiteront
prendre de ces billets , auront la bonté d'envoyer.
chez M. Gallonde.
ON a fait depuis plufieurs années différentes
tentatives en Horlogerie , pour fimplifier les pendules
, & furtout celles d'obfervation ; mais le
haut prix auquel on étoit obligé de les mettre ,
a toujours affez prouvé au Public , & fait fentir
à leurs Auteurs mêmes , qu'elles n'étoient rien
moins que fimples.
En voici une dont la préciſion & la folidité
font à toute épreuve , & dont on n'a voulu faire
part au Public , qu'après des expériences réitérées
depuis environ huit années par des Aftronoines
& autres Connoiffeurs en ce genre. La nouvelle
conftruction de celle - ci en eft une preuve fatiffaifante
, puifqu'elle offre l'avantage d'une machine
perfectionnée principalement par des
voies très-peu difpendieufes : fa fimplicité ne peur
échapper à quiconque voudra l'examiner & faire
attention à la modicité du prix de ces pendules ,
qui n'eft que de vingt piftoles tout ajustées dans
feurs caiffes de transport . Ce motif d'oeconomie
joint à leur exactitude , en a fait débiter un aſſez
grand nombre,
23,2 MERCURE DE FRANCE.
Ces pendules font renfermées dans des boëtesde
cuivre , ajustées d'une façon nouvelle par des
vis qui les font mouvoir, & qui fervent à les fixer
dans leurs échappemens , d'une maniere au
fimple que folide. On les place à fix pieds environ
de hauteur , ce qui fuffit pour les faire aller
à peu près quinze jours ; elles marquent les heures
, les minutes & les fecondes , & toutes leurs
aiguilles font placées concentriquement . Elles ne
fonnent point , mais on fçait d'ailleurs qu'une
fonnerie eft inutile aux Pendules d'obfervation.
Le pendule fe brife en trois parties d'une façon
nouvelle , & cela fans fe féparer , afin de diminuer
le volume de la caiffe , & rendre par-là ces
machines plus portatives. La caiffe qui leur fert
d'enveloppe , a environ dix-huit pouces de longueur
fur fept à huit pouces de largeur & d'épaiffeur.
On donne à ceux qui prennent de ces Pendules
une petite inftruction fur la façon de les
conduire & de les placer ; & ces Pendules fe trouvent
chez leur Auteur M. Gallonde , Horloger
du Roi , rue Quincanpoix .
Le fieur Gallonde avertit auffi qu'il a fait une
Loterie d'une Pendule finguliere & unique en
fon genre ; cette Loterie eft composée de millè
billets à raison de fix livres le billet , & qu'il ne
lui en refte plus que très- peu. Le jour du tirage
eft fixé au 27 de Janvier prochain , l'après- midi ,
au College de Navarre. Ceux qui fouhaiteront
prendre de ces billets , auront la bonté d'envoyer.
chez M. Gallonde.
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Résumé : AUTRE.
Le texte présente une nouvelle pendule d'observation, résultat de plusieurs années de développement visant à simplifier les mécanismes horlogers. Cette pendule se distingue par sa précision, sa solidité et son coût abordable, fixé à vingt pistoles. Après huit années de tests réussis par des astronomes et autres experts, elle est désormais disponible au public. Les pendules sont logées dans des boîtes de cuivre ajustées par des vis et mesurent environ six pieds de hauteur, offrant une autonomie d'environ quinze jours. Elles indiquent les heures, les minutes et les secondes grâce à des aiguilles concentriques et ne nécessitent pas de sonnerie. Le mécanisme est conçu pour être compact et portable, avec une caisse de dimensions réduites. M. Gallonde, horloger du Roi, fournit une instruction pour l'utilisation et la mise en place des pendules. De plus, il organise une loterie pour une pendule unique, composée de mille billets à six livres chacun, avec un tirage prévu le 27 janvier au Collège de Navarre.
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8965
p. 233
AUTRE.
Début :
Le Sieur Maillard au College des Trois-Evêques, Place de Cambray, [...]
Mots clefs :
Sieur Maillard, Étrennes, Ornements, Vignettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Sieur MAILLARD au College des Trois-
Evêques , Place de Cambray , près la rue Saint-
Jacques , fait & vend différens fujets d'Etrennes
gravés & enluminés , ornés de vignettes . Il mérite
la préférence par le choix qu'il a fait de tout
ce qui peut amufer & inferuire ; Emblêmes facrés
, petites Fables , Devifes , Complimens , Sou
haits heureux , Bouquets , &c. avec lesquels on
peut compoſer ou orner des Tabacieres , Ecrans. ,
Almanachs , &c . Il continue de faire & vendre
toutes fortes de caracteres , deffeins , vignettes.,
& papiers à lettres peints en vignettes. On le
trouve tous les jours juſqu'à midi.
LE Sieur MAILLARD au College des Trois-
Evêques , Place de Cambray , près la rue Saint-
Jacques , fait & vend différens fujets d'Etrennes
gravés & enluminés , ornés de vignettes . Il mérite
la préférence par le choix qu'il a fait de tout
ce qui peut amufer & inferuire ; Emblêmes facrés
, petites Fables , Devifes , Complimens , Sou
haits heureux , Bouquets , &c. avec lesquels on
peut compoſer ou orner des Tabacieres , Ecrans. ,
Almanachs , &c . Il continue de faire & vendre
toutes fortes de caracteres , deffeins , vignettes.,
& papiers à lettres peints en vignettes. On le
trouve tous les jours juſqu'à midi.
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Résumé : AUTRE.
Le Sieur Maillard, au Collège des Trois-Evêques, propose des sujets d'Étrennes gravés et enluminés, incluant emblèmes sacrés, fables, devises, compliments, souhaits et bouquets. Ses articles ornent tabatières, écrans, almanachs. Il vend aussi caractères, dessins, vignettes et papiers à lettres peints. Disponible jusqu'à midi.
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8966
p. 233-234
AUTRE.
Début :
Mademoiselle Collet continue de vendre pour l'utilité du Public, une [...]
Mots clefs :
Mademoiselle Collet, Pommade, Hémorroïdes, Guérison, Sans effets secondaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Mademoiſelle COLLET continue de vendre
pour l'utilité du Public , une pomade de fa compofition
qui foulage dans l'inftant , & guérit radicalement
les Hémorroïdes tant internes qu'externes
, fuffent- elles ulcérées & fiftuleuſes ; cette
pomade eft fi connue qu'elle n'a pas besoin de
recommandation , la preuve en a été faite à
l'Hôtel Royal des Invalides , par ordre de feu
Monfieur de Breteuil , Miniftre d'Etat , M. Morand
, Chirurgien , lui a délivré fon certificat
après avoir vu les guérifons des perfonnes qui
en étoient affligées , de même que M. Peirard ,
Chirurgien Accoucheur de la Reine , & plufieurs
autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pomade ne peut produire aucun mauvais
effet. Ceux qui craignent par un préjugé mal
234 MERCURE DE FRANCE.
fondé de fe faire guérir radicalement , pourront
en ufer feulement pour fe foulager dans leurs
fouffrances. Toutes les perfonnes qui feront ufage
de certe pomade , ne doivent avoir aucune
crainte de la fiftule , au contraire elle la détourneroit.
Cette Pomade fe garde autant de tems que
l'on veut , & fe peut transporter par tout , pourvû
qu'on ait foin de la garantir de la chaleur &
& du feu Elle avertit le Public qu'il n'y a qu'elle
feule qui débite fa Pomade , & fon nom eft audeffus
de chaque écrit de fa main.
Les moindres pôts font de 3 liv . de 6 liv. de
10 liv. de 12 liv . de 18 liv . de 20 liv . & de tous
les prix que l'on fouhaitera , on donnera la façon
de s'en fervir aux perfonnes qui voudront en faire
ufage ; on aura la bonté d'affranchir les ports de
Lettres.
Mademoiſelle Collet demeure rue des Petits-
Champs, vis-à-vis la petite porte S. Honoré , dans
la maifon de M. Jollivet , Marchand Papetier , à
l'enſeigne de l'Espérance.
Mademoiſelle COLLET continue de vendre
pour l'utilité du Public , une pomade de fa compofition
qui foulage dans l'inftant , & guérit radicalement
les Hémorroïdes tant internes qu'externes
, fuffent- elles ulcérées & fiftuleuſes ; cette
pomade eft fi connue qu'elle n'a pas besoin de
recommandation , la preuve en a été faite à
l'Hôtel Royal des Invalides , par ordre de feu
Monfieur de Breteuil , Miniftre d'Etat , M. Morand
, Chirurgien , lui a délivré fon certificat
après avoir vu les guérifons des perfonnes qui
en étoient affligées , de même que M. Peirard ,
Chirurgien Accoucheur de la Reine , & plufieurs
autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pomade ne peut produire aucun mauvais
effet. Ceux qui craignent par un préjugé mal
234 MERCURE DE FRANCE.
fondé de fe faire guérir radicalement , pourront
en ufer feulement pour fe foulager dans leurs
fouffrances. Toutes les perfonnes qui feront ufage
de certe pomade , ne doivent avoir aucune
crainte de la fiftule , au contraire elle la détourneroit.
Cette Pomade fe garde autant de tems que
l'on veut , & fe peut transporter par tout , pourvû
qu'on ait foin de la garantir de la chaleur &
& du feu Elle avertit le Public qu'il n'y a qu'elle
feule qui débite fa Pomade , & fon nom eft audeffus
de chaque écrit de fa main.
Les moindres pôts font de 3 liv . de 6 liv. de
10 liv. de 12 liv . de 18 liv . de 20 liv . & de tous
les prix que l'on fouhaitera , on donnera la façon
de s'en fervir aux perfonnes qui voudront en faire
ufage ; on aura la bonté d'affranchir les ports de
Lettres.
Mademoiſelle Collet demeure rue des Petits-
Champs, vis-à-vis la petite porte S. Honoré , dans
la maifon de M. Jollivet , Marchand Papetier , à
l'enſeigne de l'Espérance.
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Résumé : AUTRE.
Mademoiselle Collet vend une pommade efficace pour traiter les hémorroïdes internes et externes, même ulcérées et fistuleuses. Cette pommade est reconnue pour son efficacité immédiate et sa capacité à guérir radicalement. Sa renommée est confirmée par des preuves présentées à l'Hôtel Royal des Invalides sous l'ordre de feu Monsieur de Breteuil, Ministre d'État. Des chirurgiens renommés comme M. Morand et M. Peirard ont délivré des certificats après avoir observé des guérisons. La pommade est également recommandée par plusieurs autres chirurgiens et personnes distinguées. Elle ne provoque aucun effet secondaire et peut être utilisée sans crainte de complications. La pommade se conserve bien et peut être transportée à condition d'être protégée de la chaleur et du feu. Mademoiselle Collet est la seule à vendre cette pommade, son nom étant apposé sur chaque écrit de sa main. Les pots sont disponibles en différentes tailles et prix, allant de 3 à 20 livres, avec des instructions d'utilisation fournies. Les frais de port pour les lettres sont à la charge de l'expéditeur. Mademoiselle Collet réside rue des Petits-Champs, face à la petite porte Saint-Honoré, dans la maison de M. Jollivet, marchand papetier, à l'enseigne de l'Espérance.
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8967
p. 234-235
AUTRE.
Début :
Le public est averti que M. Seignette Conseiller au présidial de la [...]
Mots clefs :
M. Seignette, Sel polychreste, Ester Seignette, La Rochelle
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE public eft averti que M. Seignette Confeillier
au préfidial de la Rochelle y demeurant rue
des Auguftins , continue de compofer & débiter
le véritable fel polychrefte ainfi qu'il a toujours
fait depuis la mort de fon pere Medecin de S. A. R.
Monfeigneur le Duc Dorléans . Il met comme cidevant
fon parafe dans chaque paquet , ceux qui
auront befoin de fon fel peuvent s'adreffer directement
à lui a l'adreffe c'y deffus on trouve à Paris
du fel de fa compofition chez le fieur le Fébvre
JANVIE R. 1756. 235
Marchand Epicier , rue des Arcis au coin de la
rue de la Vannerie , à côté de la petite vertu .
Le Public eft auffi averti que la Demoiſelle
Efter Seignette , Marchande Droguiſte à la Rochelle
, continue de compofer & débiter le véritable
fel Polichrefte , ainfi qu'elle a toujours fait
depuis la mort de fon pere. Elle met fon parafe
dans le dedans de chaque paquet , & tous ceux
qui ne l'ont pas,font faux & fuppofés aujourd'hui.
Ceux qui en auront befoin , pourront s'adreffer
directement à elle , à l'adreffe ci - deffus . Elle en
envoie à tous ceux qui lui font l'honneur de lui
en demander.
LE public eft averti que M. Seignette Confeillier
au préfidial de la Rochelle y demeurant rue
des Auguftins , continue de compofer & débiter
le véritable fel polychrefte ainfi qu'il a toujours
fait depuis la mort de fon pere Medecin de S. A. R.
Monfeigneur le Duc Dorléans . Il met comme cidevant
fon parafe dans chaque paquet , ceux qui
auront befoin de fon fel peuvent s'adreffer directement
à lui a l'adreffe c'y deffus on trouve à Paris
du fel de fa compofition chez le fieur le Fébvre
JANVIE R. 1756. 235
Marchand Epicier , rue des Arcis au coin de la
rue de la Vannerie , à côté de la petite vertu .
Le Public eft auffi averti que la Demoiſelle
Efter Seignette , Marchande Droguiſte à la Rochelle
, continue de compofer & débiter le véritable
fel Polichrefte , ainfi qu'elle a toujours fait
depuis la mort de fon pere. Elle met fon parafe
dans le dedans de chaque paquet , & tous ceux
qui ne l'ont pas,font faux & fuppofés aujourd'hui.
Ceux qui en auront befoin , pourront s'adreffer
directement à elle , à l'adreffe ci - deffus . Elle en
envoie à tous ceux qui lui font l'honneur de lui
en demander.
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Résumé : AUTRE.
Le document annonce que M. Seignette, conseiller au présidial de La Rochelle, résidant rue des Augustins, continue de fabriquer et de vendre le véritable sel polychreste, une activité qu'il a héritée de son père, médecin de Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orléans. Chaque paquet de ce sel est marqué de sa signature. À Paris, ce sel est disponible chez le sieur Le Fèvre, marchand épicier, situé rue des Arcis au coin de la rue de la Vannerie, près de la petite vertu. Par ailleurs, Mademoiselle Esther Seignette, marchande droguiste à La Rochelle, poursuit également la fabrication et la vente du véritable sel polychreste depuis le décès de son père. Elle appose sa signature à l'intérieur de chaque paquet, et ceux sans cette signature sont considérés comme faux. Les intéressés peuvent s'adresser directement à elle ou lui en demander par correspondance.
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8968
p. 235
AUTRE.
Début :
Le Sieur d'Ardel ancien Echevin de Chamberri, donne avis au [...]
Mots clefs :
Eau royale, Sieur d'Ardel, Frères Alice Sommini, Liqueurs
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Steur d'Ardel ancien Echevin de Chamberri
, donne avis au Public que fon Bureau pour
la diftribution général de fon Eau Royale , eft
toujours chez le fieur Bertaut , rue S. Antoine ,
au coin de la rue Percée , à Paris .
Les freres Alice Sommini , de Lunéville , Diftillateurs
du Roi de Pologne , donnent aufli avis ,
qu'ils viennent d'établir chez ledit fieur Bertaut ,
un entrepôt général de toutes leurs liqueurs ; le
Public y trouvera le même avantage de les prendre
audit entrepôt , que s'ils les tiroient directement
de Lunéville , tant pour le prix que pour la
qualité.
LE Steur d'Ardel ancien Echevin de Chamberri
, donne avis au Public que fon Bureau pour
la diftribution général de fon Eau Royale , eft
toujours chez le fieur Bertaut , rue S. Antoine ,
au coin de la rue Percée , à Paris .
Les freres Alice Sommini , de Lunéville , Diftillateurs
du Roi de Pologne , donnent aufli avis ,
qu'ils viennent d'établir chez ledit fieur Bertaut ,
un entrepôt général de toutes leurs liqueurs ; le
Public y trouvera le même avantage de les prendre
audit entrepôt , que s'ils les tiroient directement
de Lunéville , tant pour le prix que pour la
qualité.
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Résumé : AUTRE.
Le Sieur d'Ardel, ancien échevin de Chambéry, installe son bureau pour l'Eau Royale chez le Sieur Bertaut, rue Saint-Antoine à Paris. Les frères Alice Sommini, distillateurs du Roi de Pologne, y établissent également un entrepôt général de leurs liqueurs, offrant les mêmes avantages de prix et de qualité qu'à Lunéville.
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8969
p. 235-236
AUTRE.
Début :
Le sieur d'Offemont qui a inventé des corps d'une ingénieuse [...]
Mots clefs :
Corps, Enfants, Taille, Dérangement des os, Sieur d'Ossemont, Ouvrage médical
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur d'Offemont qui a inventé des corps
d'une ingénieufe ftructure , tant pour prévenir
que pour corriger le défaut de la taille des enfans ,
en a préfenté deux , un de chaque fexe , au Cabi236
MERCURE DE FRANCE.
net des Curiofités, au Jardin du Roi, qui y ont été
agréés pour y être vus au nombres des Curieufes
inventions. Il en fait pour le jour & pour la nuit ;
ceux de la nuit ne nuifent aucunement au repo's.
Tous ces corps fervent un jour d'un côté & l'autze
de l'autre côté , afin que la taille ne prenne aucune
forme contraire à la fanté & à l'ordre naturel
, pour empêcher le dérangement des os , ou
opérer le parfait rétabliffement de ceux qui pouroient
être dérangés. Ces corps font droits dans
toutes leurs parties , ont une parfaite folidité , fans
aucuns ferremens qui font toujours très-dangereux
, & caufent fouvent de très- grands dérangemens
dans la taille .
Le fieur d'Offemont. diftribue chez lui un Livre
contenant les détails des différentes formes de
Les corps : pour en prouver l'utilité , il a l'approbation
de plufieurs perfonnes illuftres qui
en ont fait ufage , & celle de Meffieurs du Collége
& Accadémie Royale de Chirurgie, qui en
ont reconnu la bonté & la perfection : il a le
privilége du Roi de faire imprimer ſes livres.
Sa demeure eft rue de la Verrerie , vis-à-vis
l'Eglife S. Meri , à côté du Coq lié de Perles , au
fecond fur le devant , à Paris.
LE fieur d'Offemont qui a inventé des corps
d'une ingénieufe ftructure , tant pour prévenir
que pour corriger le défaut de la taille des enfans ,
en a préfenté deux , un de chaque fexe , au Cabi236
MERCURE DE FRANCE.
net des Curiofités, au Jardin du Roi, qui y ont été
agréés pour y être vus au nombres des Curieufes
inventions. Il en fait pour le jour & pour la nuit ;
ceux de la nuit ne nuifent aucunement au repo's.
Tous ces corps fervent un jour d'un côté & l'autze
de l'autre côté , afin que la taille ne prenne aucune
forme contraire à la fanté & à l'ordre naturel
, pour empêcher le dérangement des os , ou
opérer le parfait rétabliffement de ceux qui pouroient
être dérangés. Ces corps font droits dans
toutes leurs parties , ont une parfaite folidité , fans
aucuns ferremens qui font toujours très-dangereux
, & caufent fouvent de très- grands dérangemens
dans la taille .
Le fieur d'Offemont. diftribue chez lui un Livre
contenant les détails des différentes formes de
Les corps : pour en prouver l'utilité , il a l'approbation
de plufieurs perfonnes illuftres qui
en ont fait ufage , & celle de Meffieurs du Collége
& Accadémie Royale de Chirurgie, qui en
ont reconnu la bonté & la perfection : il a le
privilége du Roi de faire imprimer ſes livres.
Sa demeure eft rue de la Verrerie , vis-à-vis
l'Eglife S. Meri , à côté du Coq lié de Perles , au
fecond fur le devant , à Paris.
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Résumé : AUTRE.
Le sieur d'Offemont a inventé des dispositifs structurels pour prévenir et corriger les défauts de taille chez les enfants. Il a présenté deux modèles, un pour chaque sexe, au Cabinet des Curiosités du Jardin du Roi, où ils ont été approuvés pour exposition. Ces dispositifs permettent une croissance droite et naturelle de la colonne vertébrale, évitant les dérangements osseux et favorisant le rétablissement des déformations existantes. Ils sont conçus pour être utilisés jour et nuit sans nuire au repos et sont solides, sans ferrailles dangereuses. Le sieur d'Offemont distribue un livre détaillant ces dispositifs, dont l'utilité est attestée par plusieurs personnes illustres et approuvée par le Collège et l'Académie Royale de Chirurgie. Il détient un privilège royal pour imprimer ses livres. Sa résidence est située rue de la Verrerie, vis-à-vis de l'église Saint-Merry, à côté du Coq lié de Perles, au second étage, à Paris.
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8970
p. 236-238
AUTRE.
Début :
Chervain, ci-devant, Officier de maison, actuellement Négociant à Paris, donne avis que [...]
Mots clefs :
Bijoux en sucre, Chervain, Nouvelles pièces, Utile et agréable
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
CHERVAIN , ci -devant Officier de maiſon ;
actuellement Négociant à Paris , donne avis que
depuis vingt ans qu'il a imaginé les bijoux en
fucre , ayant toujours travaillé dans le dernier
goût , il eft parvenu encore à fe faire connoître
avantageufement par les nouvelles piéces qu'il a
compofées cette année , lefquelles réuniffeat
JANVIE R. 1756. 237
l'utile & l'agréable tout enſemble ; il ofe fe flatter
d'avoir pouffé les ouvrages en fucre au dernier
degré il a furtout une piece furnommée le
Palais de Bacchus , conronné d'un treillage rempli
de raifins ; le petit tonneau fur lequel Bacchus
eft en triomphe , répand toutes fortes de
liqueurs les plus fines & les plus excellentes ,
fans que la liqueur ne gâte nin'humecte le fucre
; les barils font de différentes façons .
Il a auffi une botte d'afperges , imitant le naturel
à s'y méprende.
Un grouppe d'enfans portans une corbeille de
feurs.
Une corbeille nouvelle , garnie de fleurs les
mieux choifies avec de l'artifice aux quatre coins ,
fait & exécuté par le fieur Gautier , Artificier
ordinaire du Roi & de fes menus plaifirs .
Un pot d'ornement en façon de la Manufacture
Royale de Vincennes , des petits paniers
à jour , des petits buffets , de trente - deux façons
de tabatieres en facre , tant rondes que
quarrées , peintes en miniature dans le dernier
goût , des Tabatieres de Bergamotte peintes auffi
en toutes fortes de beaux camayeux ; toutes fortes
d'ouvrages au Cabriolet , & autres que l'on
ne peut détailler ; vingt - neufà trente façons de
petits paftillages des plus excellens , pour remplir
les ouvrages qu'il vend. Il tient chez lui magafin
de dragées de Verdun , toutes fortes de fruits ,
figures , & ouvrages à devifes , toutes fortes d'attrapes
dans quelque genre qu'elles puiffent être .
Ces fortes de bijoux s'envoient dans les Provinces
, par la précaution que l'on a de faire
faire des étuis pour chaque piece . Il eft connu
Four vendre en confcience. Il fait auffi les envois
238 MERCURE DE FRANCE.
de toutes les marchandiſes qu'on lui demande :
le tout à jufte prix.
> Il demeure rue Montmartre au coin de la
rue du Jour , près S. Euftache , la porte cochere
vis-à-vis le Notaire , à Paris.
CHERVAIN , ci -devant Officier de maiſon ;
actuellement Négociant à Paris , donne avis que
depuis vingt ans qu'il a imaginé les bijoux en
fucre , ayant toujours travaillé dans le dernier
goût , il eft parvenu encore à fe faire connoître
avantageufement par les nouvelles piéces qu'il a
compofées cette année , lefquelles réuniffeat
JANVIE R. 1756. 237
l'utile & l'agréable tout enſemble ; il ofe fe flatter
d'avoir pouffé les ouvrages en fucre au dernier
degré il a furtout une piece furnommée le
Palais de Bacchus , conronné d'un treillage rempli
de raifins ; le petit tonneau fur lequel Bacchus
eft en triomphe , répand toutes fortes de
liqueurs les plus fines & les plus excellentes ,
fans que la liqueur ne gâte nin'humecte le fucre
; les barils font de différentes façons .
Il a auffi une botte d'afperges , imitant le naturel
à s'y méprende.
Un grouppe d'enfans portans une corbeille de
feurs.
Une corbeille nouvelle , garnie de fleurs les
mieux choifies avec de l'artifice aux quatre coins ,
fait & exécuté par le fieur Gautier , Artificier
ordinaire du Roi & de fes menus plaifirs .
Un pot d'ornement en façon de la Manufacture
Royale de Vincennes , des petits paniers
à jour , des petits buffets , de trente - deux façons
de tabatieres en facre , tant rondes que
quarrées , peintes en miniature dans le dernier
goût , des Tabatieres de Bergamotte peintes auffi
en toutes fortes de beaux camayeux ; toutes fortes
d'ouvrages au Cabriolet , & autres que l'on
ne peut détailler ; vingt - neufà trente façons de
petits paftillages des plus excellens , pour remplir
les ouvrages qu'il vend. Il tient chez lui magafin
de dragées de Verdun , toutes fortes de fruits ,
figures , & ouvrages à devifes , toutes fortes d'attrapes
dans quelque genre qu'elles puiffent être .
Ces fortes de bijoux s'envoient dans les Provinces
, par la précaution que l'on a de faire
faire des étuis pour chaque piece . Il eft connu
Four vendre en confcience. Il fait auffi les envois
238 MERCURE DE FRANCE.
de toutes les marchandiſes qu'on lui demande :
le tout à jufte prix.
> Il demeure rue Montmartre au coin de la
rue du Jour , près S. Euftache , la porte cochere
vis-à-vis le Notaire , à Paris.
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Résumé : AUTRE.
Chervain, ancien officier de maison et actuel négociant à Paris, se distingue par son expertise dans la création de bijoux en pâte depuis vingt ans. Il suit les dernières tendances et présente plusieurs nouvelles pièces, dont 'Le Palais de Bacchus', représentant Bacchus en triomphe sur un tonneau, répandant des liqueurs sans altérer la pâte. Parmi ses autres créations figurent une botte d'asperges, un groupe d'enfants portant une corbeille de fleurs, et une corbeille garnie de fleurs réalisée par le sieur Gautier, artificier du Roi. Chervain propose également divers objets décoratifs tels que des pots d'ornement, des paniers ajourés, des buffets, des tabatières en pâte, et des pastillages. Il vend aussi des dragées, des fruits, des figures, des ouvrages à devis et des attrape. Les bijoux sont envoyés dans les provinces avec précaution, chaque pièce étant protégée par un étui. Chervain garantit la vente en conscience et l'envoi de toutes les marchandises demandées à juste prix. Il réside rue Montmartre au coin de la rue du Jour, près de Saint-Eustache, à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8971
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATION.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le premier volume du Mercure de Janvier
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 27 Décemb. 1755 .
GUIROY.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le premier volume du Mercure de Janvier
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 27 Décemb. 1755 .
GUIROY.
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8973
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers faits à la campagne, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
V
Ers faits à la campagne , par M. de Baſtide
page 7
La Navette d'amour , ou l'origine des Navettes ,
II
239
21
Vers pour accompagner un manchon donné à
Mademoiſelle ***
Députation de voeux à Mademoiſelle V*** , pour
le premier jour de l'An 1756. 22
Lettre à l'Auteur du Mercure fur une nouvelle
traduction de Lucrece ,
Ode au nouvel An ,
23
29
31
Réponse de M. Def... Gendarme Ecoffois , à M.
du L...
Lettre d'une jeune Dame Hollandoife, à l'Auteur
de la Toilette des Dames ,
33
Vers à Madame la Baronne de Ponçardin , par M.
Lemarié ,
36
Vers du même Auteur , à Mademoiſelle *** en
lui envoyant uu ruban dans une bourſe , ibid.
Bouquet ,
Vers fur les dangers de la guerre ,
37
38
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de M. Rouffeau
de Genève .
Avis d'un Anonyme par M. Rouffeau ,
39
42
Ode fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de
Provence , par M. Teifferenc , de Lodève , 45
Remerciement du même , Auteur à M. le Duc de
Béthune , après qu'il lui eut fait l'honneur de
le recevoir Garde- du - corps ,
Lettre à M. de B. fur le Roman Anglois intitulé :
Hiftoire du Chevalier Charles Grandifon , 50
Chanfon ,
49
78
79
Madrigal , à une Dame déguiſée en chevalier de
Malte ,
Explication du mot de l'Enigme & du Logogryphe
du fecond volume du Mercure de Decembre
,
Enigmes & Logogryphes ,
Chanfon ,
Ibid.
ibida
821
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Difcours prononcé le jour de la Dédicace de la
240
Place Royale de Nancy ,
83
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de la vie de
Bacon , 96
Précis , annonces & indications des livres nouveaux
,
97
Aflemblée Publique de J'Académie des Belles-
Lettres de Marſeille , 124
129
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Obfervations fur une Lettre de l'Année
Littéraire ,
Médecine & Métallurgie. Lettre au fujet des Eaux
Minérales de Pafly ,
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences
,
138
145
Séance publique de l'Académie des Infcriptions &
Belles- Lettres , 146
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie , 148
ART. IV. BEAUX ARTS.
151 Mufique.
Peinture . Suite des Mémoires d'une Société de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 , 152
Gravure. 169
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoife.
171
Comédie Italienne. 172
Concert Spirituel. 173
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
175
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
182
Camp de Valence ,
Relation de ce qui s'eſt paſſé en Canada ,
Bénéfices donnés .
Lettre de Lisbonne .
Mariages & morts.
Avis .
186
191
213
214
216
229
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
V
Ers faits à la campagne , par M. de Baſtide
page 7
La Navette d'amour , ou l'origine des Navettes ,
II
239
21
Vers pour accompagner un manchon donné à
Mademoiſelle ***
Députation de voeux à Mademoiſelle V*** , pour
le premier jour de l'An 1756. 22
Lettre à l'Auteur du Mercure fur une nouvelle
traduction de Lucrece ,
Ode au nouvel An ,
23
29
31
Réponse de M. Def... Gendarme Ecoffois , à M.
du L...
Lettre d'une jeune Dame Hollandoife, à l'Auteur
de la Toilette des Dames ,
33
Vers à Madame la Baronne de Ponçardin , par M.
Lemarié ,
36
Vers du même Auteur , à Mademoiſelle *** en
lui envoyant uu ruban dans une bourſe , ibid.
Bouquet ,
Vers fur les dangers de la guerre ,
37
38
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de M. Rouffeau
de Genève .
Avis d'un Anonyme par M. Rouffeau ,
39
42
Ode fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de
Provence , par M. Teifferenc , de Lodève , 45
Remerciement du même , Auteur à M. le Duc de
Béthune , après qu'il lui eut fait l'honneur de
le recevoir Garde- du - corps ,
Lettre à M. de B. fur le Roman Anglois intitulé :
Hiftoire du Chevalier Charles Grandifon , 50
Chanfon ,
49
78
79
Madrigal , à une Dame déguiſée en chevalier de
Malte ,
Explication du mot de l'Enigme & du Logogryphe
du fecond volume du Mercure de Decembre
,
Enigmes & Logogryphes ,
Chanfon ,
Ibid.
ibida
821
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Difcours prononcé le jour de la Dédicace de la
240
Place Royale de Nancy ,
83
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de la vie de
Bacon , 96
Précis , annonces & indications des livres nouveaux
,
97
Aflemblée Publique de J'Académie des Belles-
Lettres de Marſeille , 124
129
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Obfervations fur une Lettre de l'Année
Littéraire ,
Médecine & Métallurgie. Lettre au fujet des Eaux
Minérales de Pafly ,
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences
,
138
145
Séance publique de l'Académie des Infcriptions &
Belles- Lettres , 146
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie , 148
ART. IV. BEAUX ARTS.
151 Mufique.
Peinture . Suite des Mémoires d'une Société de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 , 152
Gravure. 169
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoife.
171
Comédie Italienne. 172
Concert Spirituel. 173
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
175
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
182
Camp de Valence ,
Relation de ce qui s'eſt paſſé en Canada ,
Bénéfices donnés .
Lettre de Lisbonne .
Mariages & morts.
Avis .
186
191
213
214
216
229
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des œuvres de divers auteurs tels que M. de Bastide, M. Def... Gendarme Ecoffois et M. Lemarié. Ces pièces couvrent des sujets variés comme des poèmes dédiés à des personnes spécifiques, des lettres et des odes pour des occasions particulières. L'Article II traite des nouvelles littéraires, incluant un discours prononcé lors de la dédicace de la Place Royale de Nancy, une lettre sur la vie de Bacon et des annonces de livres nouveaux. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, avec des observations en physique, une lettre sur les eaux minérales de Pasly et des séances publiques d'académies. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, incluant la musique, la peinture et la gravure. L'Article V liste les spectacles, tels que la Comédie Française, la Comédie Italienne et les Concerts Spirituels. Enfin, l'Article VI présente des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des relations sur des événements au Canada et des avis divers.
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8974
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 82. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 82. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 82. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 82.
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8975
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. A. JOMBERT.
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8976
p. 217-218
DU NORD.
Début :
Quelque attentif que le Gouvernement soit à maintenir la sureté [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Sûreté publique, Vols et brigandages, Exécutions, Mal contagieux, Secousses
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DUNOR D.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
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Résumé : DU NORD.
Le texte décrit des événements récents à Varsovie et dans d'autres régions. À Varsovie, malgré les efforts du gouvernement pour maintenir l'ordre, les vols persistent. La semaine précédente, un magasin appartenant à un riche négociant arménien a été cambriolé, et des marchandises de grande valeur ont été dérobées. Les Juifs, soupçonnés de complicité, ont été expulsés de la capitale par un décret publié avant-hier et exécuté aujourd'hui. Dix brigands ont été arrêtés, et l'un de leurs chefs a été capturé hier. Au début du mois dernier, un jeune Turc est arrivé de Bender à Laticzew. Suspecté de dépenses excessives, il a été arrêté et a déclaré avoir hérité de son maître, mort de la peste avec sa famille. Peu après, il est décédé, et d'autres prisonniers et geôliers ayant été en contact avec lui ont également succombé à la maladie. Cette épidémie a semé la panique à Laticzew et à Nimirow, poussant les habitants à fuir leurs maisons. Cependant, l'absence de nouveaux cas contagieux a dissipé les inquiétudes. De Stockholm, les nouvelles rapportent une secousse sismique en Dalécarlie et dans d'autres provinces le premier du mois dernier, durant laquelle les eaux de plusieurs rivières et lacs ont été fortement agitées.
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8977
p. 218-219
ALLEMAGNE.
Début :
Le 30 du mois dernier, on rendit de solemnelles actions de graces [...]
Mots clefs :
Dresde, Hambourg, Naissance, Madame la Dauphine, Portugal, Tremblement de terre, Secours, Navires, Marchandises
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DRESDE , le 8 Decembre.
Le 30 du mois dernier , on rendit de folemnelles
actions de graces dans toutes les églifes de
cette ville , pour les heureufes couches de Madame
la Dauphine.
DE HAMBOURG , le 10 Decembre.
Sur la nouvelle de l'affreux déſaftre que le Por
tugal vient d'effuyer , la Régence de cette ville a
réfolu de faire partir inceffamment quatre navires
chargés de tous les fecours néceffaires dont
ce Royaume infortuné peut avoir befoin. La plú
part des Hambourgeois qui étoient établis à Lif
bonne , fe font heureufement fauvés , mais leurs
maiſons & leurs effets ont été enveloppés dans la
JANVIER. 1756. 219
difgrace commune , & ont été détruits , ou par
le tremblement , ou par le feu.
DE DRESDE , le 8 Decembre.
Le 30 du mois dernier , on rendit de folemnelles
actions de graces dans toutes les églifes de
cette ville , pour les heureufes couches de Madame
la Dauphine.
DE HAMBOURG , le 10 Decembre.
Sur la nouvelle de l'affreux déſaftre que le Por
tugal vient d'effuyer , la Régence de cette ville a
réfolu de faire partir inceffamment quatre navires
chargés de tous les fecours néceffaires dont
ce Royaume infortuné peut avoir befoin. La plú
part des Hambourgeois qui étoient établis à Lif
bonne , fe font heureufement fauvés , mais leurs
maiſons & leurs effets ont été enveloppés dans la
JANVIER. 1756. 219
difgrace commune , & ont été détruits , ou par
le tremblement , ou par le feu.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 30 novembre, des actions de grâce ont été célébrées à Dresde pour les accouchements de Madame la Dauphine. Le 10 décembre, Hambourg a envoyé quatre navires de secours au Portugal après le tremblement de terre. La plupart des Hambourgeois à Lisbonne ont survécu, mais leurs biens ont été détruits.
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8978
p. 219-221
ESPAGNE.
Début :
Le Roi désirant de favoriser les progrès des Sciences, particulierement [...]
Mots clefs :
Madrid, Sa Majesté, Financement des sciences, Tremblements de terre, Maroc, Dégâts, Tetuan, Tanger, Épouvante, Victimes de catastrophes
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a soutenu les avancées scientifiques, notamment en médecine, en offrant au Collège de Médecine la maison de Migascalientes pour créer un jardin des plantes. Il a également financé deux chaires de botanique, dirigées par Don Joseph Quer et Don Juan Mingar, sous la supervision de Don Joseph Zuniga, médecin du roi. Le 1er décembre, un violent tremblement de terre a frappé le Maroc et l'Espagne simultanément. À Marrakech, la plupart des bâtiments ont été détruits, causant de nombreuses victimes. Une peuplade arabe a été engloutie par une fissure terrestre, et un fort abritant cinq mille personnes a disparu, ainsi que six mille cavaliers. Les villes de Safi et de Sainte-Croix ont également subi des dégâts importants. La mer s'est retirée puis élevée, endommageant les navires et laissant des débris sur les côtes. Le 18 décembre, un second tremblement de terre a touché Tétouan et ses environs, avec des réplices jusqu'au 20 décembre. Les habitants se sont réfugiés à la campagne. Le même phénomène a été ressenti à Tanger, où les eaux se sont retirées pendant vingt-quatre heures. À Fez, les tremblements ont détruit la plupart des édifices, causant la mort de plus de trois mille personnes. La ville de Meknès a été détruite, ne laissant qu'une maison debout. Les habitants se sont réfugiés dans les champs. On compte environ quatre mille Maures et huit mille Juifs parmi les victimes. Des mouvements de terre et des bruits effrayants continuent de semer la peur dans toute cette région d'Afrique.
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8979
p. 221-223
ITALIE.
Début :
Les Jésuites, dans le Chapitre qu'ils tinrent le 30 Novembre, ont élu [...]
Mots clefs :
Rome, Gênes, Général des Jésuites, Élection, Patricien Grimaldi, Corse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME , le 6 Decembre.
Les Jéfuites , dans le Chapitre qu'ils tinrent le
30 Novembre , ont élu pour leur Général le Pere
Louis Centurione , Génois . L'après - midi , ce nouveau
Général alla rendre fes refpects au Pape , &
recevoir la bénédiction de Sa Sainteté.
DE GENES , le
15
Decembre.
La connoiffance que le Patricien Jean -Jacques
Grimaldi a acquife de la Corfe pendant le long
féjour qu'il y a fait , & le zele avec lequel il veut
bien expofer fa perfonne pour rétablir l'ordre
dans l'intérieur de l'ifle , a déterminé le Gouvernement
à lui en confier le foin , de concert avec
le Patricien Jofeph Doria , qui lui a fuccédé en
qualité de Commiffaire Général . La premiere
opération du Patricien Grimaldi a été de faire
conftruire fur une éminence appellée l'Ifola Roffa
, une redoute , qui bat la Plage du même nom
par où il fe faifoit ci - devant beaucoup de débarquemens
frauduleux , Cette redoute a battu parti-
Kiij
i22 MERCURE DE FRANCE.
culierement en ruine dans le continent un fort
qui fervoit à les favorifer. Le Patricien Grimaldi
eft paffé delà à S. Florent. Après avoir mis cette
pla e en état de défenſe , il a fait rafer plufieurs
redoutes qui la dominoient du côté de la terre.
Il s'eft mis enfuite à la tête d'un certain nombre
de Piquets , avec lefquels il a deffein de pénétrer
peu-à- peu dans tous les endroits de l'ifle
Jes plus propres au brigandage , & dont les habitans
font plus difpofés à fuivre les impreffions
de ceux qui trouvent leur intérêt à le perpétuer.
Le 16 du mois dernier , il avoit déja franchi les
plaines d'Oletta & la province de Nebbio , jufques
& compris le même village d'Oletta. Tous les
poftes de Paoli fe font repliés fucceffivement les
uns fur les autres. Dans les environs du village
d'Oletta , fe croyant fuffifamment en force ils
ont fait front. Mais les meſures ont été fi bien
prifes , que malgré leur nombre & la vivacité de
leur feu ils ont été bientôt mis en fuite.
Le Général Génois eft resté maître de tout le
pays qu'il a parcouru , fans avoir fait d'autre perte
que celle d'un ſoldat . A la vérité , il en a couté
trois ou quatre à un détachement qui eft forti
trop foible de la Baftie quelques momens après
l'action , & qui a donné dans le gros des fuyards.
Le 24 du mois dernier , il furprit un de leur
poftes affez confidérable ; & le 27 M. Bacigalu
po , Officier de beaucoup de mérite qui eft fous
Tes ordres , fit abattre en leur préfence plus de
quatre cens arbres pour effayer de rendre les
chemins un peu plus furs , fans qu'aucun des
Rébelles ofât s'y oppofer. Le 4 de ce mois ,
Général Génois , après avoir fait occuper la men
tagne de Penne-Roffe , chargea un détachement
commandé par un de leurs principaux Chefs ,
JANVIER. 1756. 223
nommé Cafa Bianca . Ce détachement prit auflitôt
la fuite , à l'exception de quarante hommes ,
qui furent tués ou faits prifonniers. Le Commandant
qui fut bleflé mortellement , fut du nombre
des derniers . Les troupes Génoiſes n'ont pas
perdu un foldat dans cette action,
DE ROME , le 6 Decembre.
Les Jéfuites , dans le Chapitre qu'ils tinrent le
30 Novembre , ont élu pour leur Général le Pere
Louis Centurione , Génois . L'après - midi , ce nouveau
Général alla rendre fes refpects au Pape , &
recevoir la bénédiction de Sa Sainteté.
DE GENES , le
15
Decembre.
La connoiffance que le Patricien Jean -Jacques
Grimaldi a acquife de la Corfe pendant le long
féjour qu'il y a fait , & le zele avec lequel il veut
bien expofer fa perfonne pour rétablir l'ordre
dans l'intérieur de l'ifle , a déterminé le Gouvernement
à lui en confier le foin , de concert avec
le Patricien Jofeph Doria , qui lui a fuccédé en
qualité de Commiffaire Général . La premiere
opération du Patricien Grimaldi a été de faire
conftruire fur une éminence appellée l'Ifola Roffa
, une redoute , qui bat la Plage du même nom
par où il fe faifoit ci - devant beaucoup de débarquemens
frauduleux , Cette redoute a battu parti-
Kiij
i22 MERCURE DE FRANCE.
culierement en ruine dans le continent un fort
qui fervoit à les favorifer. Le Patricien Grimaldi
eft paffé delà à S. Florent. Après avoir mis cette
pla e en état de défenſe , il a fait rafer plufieurs
redoutes qui la dominoient du côté de la terre.
Il s'eft mis enfuite à la tête d'un certain nombre
de Piquets , avec lefquels il a deffein de pénétrer
peu-à- peu dans tous les endroits de l'ifle
Jes plus propres au brigandage , & dont les habitans
font plus difpofés à fuivre les impreffions
de ceux qui trouvent leur intérêt à le perpétuer.
Le 16 du mois dernier , il avoit déja franchi les
plaines d'Oletta & la province de Nebbio , jufques
& compris le même village d'Oletta. Tous les
poftes de Paoli fe font repliés fucceffivement les
uns fur les autres. Dans les environs du village
d'Oletta , fe croyant fuffifamment en force ils
ont fait front. Mais les meſures ont été fi bien
prifes , que malgré leur nombre & la vivacité de
leur feu ils ont été bientôt mis en fuite.
Le Général Génois eft resté maître de tout le
pays qu'il a parcouru , fans avoir fait d'autre perte
que celle d'un ſoldat . A la vérité , il en a couté
trois ou quatre à un détachement qui eft forti
trop foible de la Baftie quelques momens après
l'action , & qui a donné dans le gros des fuyards.
Le 24 du mois dernier , il furprit un de leur
poftes affez confidérable ; & le 27 M. Bacigalu
po , Officier de beaucoup de mérite qui eft fous
Tes ordres , fit abattre en leur préfence plus de
quatre cens arbres pour effayer de rendre les
chemins un peu plus furs , fans qu'aucun des
Rébelles ofât s'y oppofer. Le 4 de ce mois ,
Général Génois , après avoir fait occuper la men
tagne de Penne-Roffe , chargea un détachement
commandé par un de leurs principaux Chefs ,
JANVIER. 1756. 223
nommé Cafa Bianca . Ce détachement prit auflitôt
la fuite , à l'exception de quarante hommes ,
qui furent tués ou faits prifonniers. Le Commandant
qui fut bleflé mortellement , fut du nombre
des derniers . Les troupes Génoiſes n'ont pas
perdu un foldat dans cette action,
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Résumé : ITALIE.
Le 6 décembre, les Jésuites ont élu le Père Louis Centurione comme nouveau Général et il a reçu la bénédiction papale le même jour. À Gênes, le 15 décembre, Jean-Jacques Grimaldi a été nommé commissaire général de la Corse, avec Joseph Doria comme collaborateur. Grimaldi a construit une redoute sur l'Isola Rossa et renforcé les défenses de Saint-Florent. Il a ensuite repoussé les postes de Paoli dans les zones propices au brigandage. Le 16 décembre, il a pris le contrôle des plaines d'Oletta et de la province de Nebbio sans pertes significatives. Le 24 décembre, il a surpris un poste rebelle et, le 27, l'Officier Bacigalupo a dégagé les chemins sans opposition. Le 4 janvier, les troupes génoises ont attaqué un détachement rebelle commandé par Casa Bianca, tuant ou capturant quarante hommes sans perte de leur côté.
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8980
p. 223-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Les Seigneurs passerent le 16 Decembre le Bill de la taxe sur les terres. [...]
Mots clefs :
Londres, Taxes sur les terres, Vaisseaux marchands, Comte de Marchmont, Sa Majesté, Charges gouvernementales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le 22 Decembre.
Les Seigneurs pafferent le 16 Decembre le Bil
de la taxe fur les terres . Le 12 de ce mois , la
Chambre des Communes accorda au Roi cent
mille livres fterlings, pour mettre Sa Majesté en
état de remplir les engagemens avec l'Impératrice
de Ruffie ; & cinquante- quatre mille cent quarante
pour fatisfaire au traité conclu avec le Landgrave
de Heffe- Caffel.
Il a été ordonné d'augmenter de dix hommes
chaque Efcadron des Régimens de Dragons fur
l'établiſſement de la Grande Bretagne. Les trois
-Régimens des Gardes à pied on ordre de prépa
rer leurs bagages. On affure que le Gouverner
ment fera pafler au Printems prochain un corps
de troupes Angloifes dans les Pays-Bas. 4
Le Comte d'Egmont s'étant excufé d'accepter
la charge de Tréforier Général des troupes , le
Roi l'a partagée entre le Comte de Darlington &
M. Hay.
Tous les vaiffeaux marchands qui étoient prêts
à faire voile de Spithead pour Lifbonne , lors
qu'on été informé de la ruine de cette ville
feront déchargés inceffamment.
On affure que le Comte Marchmont doit fe
rendre à Berlin en qualité d'Envoyé Extraordi
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
naire & Plénipotentiaire de Sa Majefté auprès du
Roi de Pruffe. Le Roi a nommé le Duc de Marlboroug
, Grand Maître de l'Artillerie ; le Comte
de Gower , Garde du Sceau Privé ; le Comte de
Sandwich , Garde des Forêts d'Angleterre ; le
Comte de Hilfbouroug , Tréforier de la Maifon
de Sa Majesté. Le Roi a difpofé du Gouvernement
de la nouvelle Ecofle , vacant par la démiffion
du Colonel Hopfon , en faveur de M. Lawrence
, Lieutenant - Gouverneur de cette Province.
DE LONDRES , le 22 Decembre.
Les Seigneurs pafferent le 16 Decembre le Bil
de la taxe fur les terres . Le 12 de ce mois , la
Chambre des Communes accorda au Roi cent
mille livres fterlings, pour mettre Sa Majesté en
état de remplir les engagemens avec l'Impératrice
de Ruffie ; & cinquante- quatre mille cent quarante
pour fatisfaire au traité conclu avec le Landgrave
de Heffe- Caffel.
Il a été ordonné d'augmenter de dix hommes
chaque Efcadron des Régimens de Dragons fur
l'établiſſement de la Grande Bretagne. Les trois
-Régimens des Gardes à pied on ordre de prépa
rer leurs bagages. On affure que le Gouverner
ment fera pafler au Printems prochain un corps
de troupes Angloifes dans les Pays-Bas. 4
Le Comte d'Egmont s'étant excufé d'accepter
la charge de Tréforier Général des troupes , le
Roi l'a partagée entre le Comte de Darlington &
M. Hay.
Tous les vaiffeaux marchands qui étoient prêts
à faire voile de Spithead pour Lifbonne , lors
qu'on été informé de la ruine de cette ville
feront déchargés inceffamment.
On affure que le Comte Marchmont doit fe
rendre à Berlin en qualité d'Envoyé Extraordi
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
naire & Plénipotentiaire de Sa Majefté auprès du
Roi de Pruffe. Le Roi a nommé le Duc de Marlboroug
, Grand Maître de l'Artillerie ; le Comte
de Gower , Garde du Sceau Privé ; le Comte de
Sandwich , Garde des Forêts d'Angleterre ; le
Comte de Hilfbouroug , Tréforier de la Maifon
de Sa Majesté. Le Roi a difpofé du Gouvernement
de la nouvelle Ecofle , vacant par la démiffion
du Colonel Hopfon , en faveur de M. Lawrence
, Lieutenant - Gouverneur de cette Province.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 16 décembre, les Seigneurs ont approuvé la taxe sur les terres. Le 12 décembre, la Chambre des Communes a alloué 100 000 livres sterling au Roi pour les engagements avec l'Impératrice de Russie et 54 140 livres pour le traité avec le Landgrave de Hesse-Cassel. Une augmentation de dix hommes par escadron a été ordonnée pour les régiments de dragons en Grande-Bretagne. Les trois régiments des Gardes à pied doivent préparer leurs bagages pour une mission prévue dans les Pays-Bas au printemps. Le Comte d'Egmont ayant refusé le poste de Trésorier Général des troupes, celui-ci a été partagé entre le Comte de Darlington et M. Hay. Les vaisseaux marchands destinés à Lisbonne seront déchargés en raison de la ruine de cette ville. Le Comte Marchmont est nommé Envoyé Extraordinaire et Plénipotentiaire auprès du Roi de Prusse. Le Roi a nommé plusieurs personnalités à des postes importants : le Duc de Marlborough comme Grand Maître de l'Artillerie, le Comte de Gower comme Garde du Sceau Privé, le Comte de Sandwich comme Garde des Forêts d'Angleterre, et le Comte de Hillsborough comme Trésorier de la Maison du Roi. M. Lawrence a été désigné pour gouverner la nouvelle Écosse, poste laissé vacant par la démission du Colonel Hopson.
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8981
p. 224-228
« Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
Début :
Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...]
Mots clefs :
Famille royale, Chevalier, Lieutenant, Ambassadeur, Tremblement de terre, Crue du Rhône, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
Il y a eu des illuminations & des feux de joie
'dans les terres de M. le Marquis de Monpefat ,
du Dauphiné & du Languedoc à l'occafion de la
naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence.
2 Le 23 , M. le Duc de Mirepoix prit 'congé de
leurs Majeftés & de la Famille Royale. Il part
inceffamment pour aller tenir les Etats de Languedoc
, qui doivent s'affembler le mois prochain.
" M. le Chevalier Chauvelin Lieutenant - Général
des armées du Roi , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne étant arrivé depuis
peu de Turin , fut préfenté le 21 à Sa Majesté
par M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ayant le département des Affaires étrangeres.
Le même jour , Madame la Maréchale de Lo
JANVIE R. 1756 . 225
wendalh fit fes révérences au Roi , à la Reine , &
à la Famille Royale .
Madame la Marquife de Conflans fut préfentée
le même jour à leurs Majeftés.
On a fenti une legere fecouffe de tremblement
de terre à Besançon , & dans d'autres villes
de la Franche- Comté. M. de la Lande , de
l'Académie Royale des Sciences , a mandé à cette
Académie , que le 9 Décembre , à deux heures
quarts après-midi , il y avoit eu auffi deux fecouf-
Bourg-en Breffe .
Les eaux du Rhône , groffies par une fonte fubite
des neiges , font montées à une hauteur à
laquelle on ne les avoit jamais vués. Ce fleuve
a rompu toutes les digues. Une furface de plus
de quarante lieues quarrées , que contient le territoire
d'Arles , a été totalement fubmergée , à
P'exception feulement du fommet de quelques.
monticules. Les deux bras du fleuve qui entourent
l'ifle de Camargue , n'ont fait qu'une feule
riviere , & ils ont couvert entierement cette ifle.
Près de trente mille bêtes à laine ont été noyées,
ainfi qu'un nombre prodigieux de bêtes à cornes ,
de chevaux & de mulets. La ville d'Arles a , ellemême
beaucoup fouffert. A Tarascon , les eaux
ont paffé par- deflus les grandes chauffées , & ont
inondé la campagne jufqu'à huit pieds de hauteur.
Elles étoient au niveau du premier étage
des maifons dans la ville baffe. La ville d'Avignon
a été expofée au même fléau . L'inondation
y a fait écrouler plufieurs maiſons , & en a
ébranlé un grand nombre d'autres. Dans le Comtat
Venaiffin , auffi bien qu'en Provence , on a
fait une perte immenſe en bled , vin , huile , &
autres denrées.
Madame la Dauphine fut relevée de fes cou
K.v
226 MERCURE DE FRANCE.
ches le 28 du mois dernier , dans la chapelle du
Château. L'Archevêque de Sens , premier Aumônier
de cette Princeffe , fit la cérémonie , en préfence
du Curé de l'Eglife paroiffiale de Notre-
Dame.
Le même jour , Madame la Comteffe de Beuzeville
, à l'occafion de la mort du Comte fon
époux , fit fes révérences à leurs Majeſtés , & à la
Famille Royale.
Le même jour , M. Jannel , Chevalier de Saint
Michel , ci- devant Contrôleur Général des Poftes
& Relais de France , nommé le 24 pour fuc
céder à feu M. de Gerfeuil , Intendant Général
des Poftes & Relais de France , a été préſenté en
la même qualité au Roi dans fon cabinet par M.
le Comte d'Argenſon , Surintendant des Poftes .
M. Jannel a été Secrétaire du Congrès de Soiffons.
I eft connu d'ailleurs par plufieurs négociations
importantes , dont il a été chargé en différentes
Cours.
Le premier jour de l'an , les Princes & Prin
ceffes , ainfi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , ont eu l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année. Le Corps de Ville a rendu
à cette occafion fes refpects à leurs Majeftés & à
la Famille Royale.
Les Chevaliers , Commandeurs , & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit , s'étant afſemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi ; Sa
Majefté a tenu un Chapitre , dans lequel elle a
nommé Chevaliers de fes Ordres le Prince Camille
de Lorraine , le Duc d'Harcourt , le Duc de Fitz-
James , le Duc d'Aiguillon ; le Comte de Stainville
, Ambaffadeur Extraordinaire du Roi auprès
du Saint Siege ; le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de Sa Majesté en Portugal ; le Marquis de SaintJANVIER.
1756 . 227
Viral , Chevalier d'honneur de Madame Ducheffe
de Parme ; le Prince Jablonowski , & le Prince
Louis de Wirtemberg. Le Roi eft forti enfuite de
fon appartement pour aller à la chapelle. Sa Majefté
, devant qui les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en manteau , le
collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
P'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée de
Mgr. le Dauphin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre. Après la grand'Mefle , qui a été célébrée
par le Prince Conftantin , premier Aumônier
du Roi , & Prélat Commandeur de l'Ordre
du Saint Efprit , Sa Majefté a été reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
1. Le Roi a donné à M. le Maréchal Duc de Belle-
Ine le commandement général des côtes maritimes
depuis Bayonne juſqu'à Dunkerque.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Dunois ,
fils aîné de M. le Duc de Chevreuſe , la Commiffion
du fecond Meftre de Camp- Lieutenant du
Régiment du Colonel général des Dragons , & le
commandement de ce Régiment en l'absence du
Marquis de Goyon , Brigadier , qui en eft prez
mier Mestre de Camp- Lieutenant .
On mande de Bruxelles , que la nuit du 26 au
27 Décembre , il y a eu deux fecouffes de tremblement
de terre , l'une à onze heures trois quarts,
l'autre à minuit. Elle n'ont pas été violentes.
Le 31 du mois dernier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens vingt li
vres : les Billets de la feconde Loterie Royale à
fept cens vingt- deux, & ceux de la troifieme Lo-
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
terie à fix cens vingt- un. Ceux de la premiere
fixe.
'dans les terres de M. le Marquis de Monpefat ,
du Dauphiné & du Languedoc à l'occafion de la
naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence.
2 Le 23 , M. le Duc de Mirepoix prit 'congé de
leurs Majeftés & de la Famille Royale. Il part
inceffamment pour aller tenir les Etats de Languedoc
, qui doivent s'affembler le mois prochain.
" M. le Chevalier Chauvelin Lieutenant - Général
des armées du Roi , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne étant arrivé depuis
peu de Turin , fut préfenté le 21 à Sa Majesté
par M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ayant le département des Affaires étrangeres.
Le même jour , Madame la Maréchale de Lo
JANVIE R. 1756 . 225
wendalh fit fes révérences au Roi , à la Reine , &
à la Famille Royale .
Madame la Marquife de Conflans fut préfentée
le même jour à leurs Majeftés.
On a fenti une legere fecouffe de tremblement
de terre à Besançon , & dans d'autres villes
de la Franche- Comté. M. de la Lande , de
l'Académie Royale des Sciences , a mandé à cette
Académie , que le 9 Décembre , à deux heures
quarts après-midi , il y avoit eu auffi deux fecouf-
Bourg-en Breffe .
Les eaux du Rhône , groffies par une fonte fubite
des neiges , font montées à une hauteur à
laquelle on ne les avoit jamais vués. Ce fleuve
a rompu toutes les digues. Une furface de plus
de quarante lieues quarrées , que contient le territoire
d'Arles , a été totalement fubmergée , à
P'exception feulement du fommet de quelques.
monticules. Les deux bras du fleuve qui entourent
l'ifle de Camargue , n'ont fait qu'une feule
riviere , & ils ont couvert entierement cette ifle.
Près de trente mille bêtes à laine ont été noyées,
ainfi qu'un nombre prodigieux de bêtes à cornes ,
de chevaux & de mulets. La ville d'Arles a , ellemême
beaucoup fouffert. A Tarascon , les eaux
ont paffé par- deflus les grandes chauffées , & ont
inondé la campagne jufqu'à huit pieds de hauteur.
Elles étoient au niveau du premier étage
des maifons dans la ville baffe. La ville d'Avignon
a été expofée au même fléau . L'inondation
y a fait écrouler plufieurs maiſons , & en a
ébranlé un grand nombre d'autres. Dans le Comtat
Venaiffin , auffi bien qu'en Provence , on a
fait une perte immenſe en bled , vin , huile , &
autres denrées.
Madame la Dauphine fut relevée de fes cou
K.v
226 MERCURE DE FRANCE.
ches le 28 du mois dernier , dans la chapelle du
Château. L'Archevêque de Sens , premier Aumônier
de cette Princeffe , fit la cérémonie , en préfence
du Curé de l'Eglife paroiffiale de Notre-
Dame.
Le même jour , Madame la Comteffe de Beuzeville
, à l'occafion de la mort du Comte fon
époux , fit fes révérences à leurs Majeſtés , & à la
Famille Royale.
Le même jour , M. Jannel , Chevalier de Saint
Michel , ci- devant Contrôleur Général des Poftes
& Relais de France , nommé le 24 pour fuc
céder à feu M. de Gerfeuil , Intendant Général
des Poftes & Relais de France , a été préſenté en
la même qualité au Roi dans fon cabinet par M.
le Comte d'Argenſon , Surintendant des Poftes .
M. Jannel a été Secrétaire du Congrès de Soiffons.
I eft connu d'ailleurs par plufieurs négociations
importantes , dont il a été chargé en différentes
Cours.
Le premier jour de l'an , les Princes & Prin
ceffes , ainfi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , ont eu l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année. Le Corps de Ville a rendu
à cette occafion fes refpects à leurs Majeftés & à
la Famille Royale.
Les Chevaliers , Commandeurs , & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit , s'étant afſemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi ; Sa
Majefté a tenu un Chapitre , dans lequel elle a
nommé Chevaliers de fes Ordres le Prince Camille
de Lorraine , le Duc d'Harcourt , le Duc de Fitz-
James , le Duc d'Aiguillon ; le Comte de Stainville
, Ambaffadeur Extraordinaire du Roi auprès
du Saint Siege ; le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de Sa Majesté en Portugal ; le Marquis de SaintJANVIER.
1756 . 227
Viral , Chevalier d'honneur de Madame Ducheffe
de Parme ; le Prince Jablonowski , & le Prince
Louis de Wirtemberg. Le Roi eft forti enfuite de
fon appartement pour aller à la chapelle. Sa Majefté
, devant qui les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en manteau , le
collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
P'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée de
Mgr. le Dauphin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre. Après la grand'Mefle , qui a été célébrée
par le Prince Conftantin , premier Aumônier
du Roi , & Prélat Commandeur de l'Ordre
du Saint Efprit , Sa Majefté a été reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
1. Le Roi a donné à M. le Maréchal Duc de Belle-
Ine le commandement général des côtes maritimes
depuis Bayonne juſqu'à Dunkerque.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Dunois ,
fils aîné de M. le Duc de Chevreuſe , la Commiffion
du fecond Meftre de Camp- Lieutenant du
Régiment du Colonel général des Dragons , & le
commandement de ce Régiment en l'absence du
Marquis de Goyon , Brigadier , qui en eft prez
mier Mestre de Camp- Lieutenant .
On mande de Bruxelles , que la nuit du 26 au
27 Décembre , il y a eu deux fecouffes de tremblement
de terre , l'une à onze heures trois quarts,
l'autre à minuit. Elle n'ont pas été violentes.
Le 31 du mois dernier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens vingt li
vres : les Billets de la feconde Loterie Royale à
fept cens vingt- deux, & ceux de la troifieme Lo-
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
terie à fix cens vingt- un. Ceux de la premiere
fixe.
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Résumé : « Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
En janvier 1756, plusieurs événements notables ont marqué la France. La naissance de Monseigneur le Comte de Provence a été célébrée par des illuminations et des feux de joie dans les terres du Marquis de Monpefat, du Dauphiné et du Languedoc. Le 23 janvier, le Duc de Mirepoix a quitté la famille royale pour se rendre aux États de Languedoc. Le Chevalier Chauvelin, Lieutenant-Général des armées du Roi et Ambassadeur auprès du Roi de Sardaigne, a été présenté au Roi par M. Rouillé, Ministre et Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. La même journée, Madame la Maréchale de Lowendahl et Madame la Marquise de Conflans ont fait leurs révérences au Roi et à la famille royale. Une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie à Besançon et dans d'autres villes de la Franche-Comté. Les eaux du Rhône, gonflées par la fonte subite des neiges, ont rompu toutes les digues, submergeant une vaste superficie autour d'Arles et de la Camargue. Cette inondation a causé la noyade de milliers d'animaux et des dégâts importants dans les villes d'Arles, Tarascon et Avignon. Le Comtat Venaissin et la Provence ont également subi des pertes considérables en blé, vin, huile et autres denrées. Madame la Dauphine a été relevée de ses couches le 28 décembre dans la chapelle du Château. Madame la Comtesse de Beuzeville a présenté ses respects à la famille royale à l'occasion du décès de son époux. M. Jannel, Chevalier de Saint-Michel, a été nommé Intendant Général des Postes et Relais de France et présenté au Roi par le Comte d'Argenson. Le 1er janvier, les Princes, Princesses, Seigneurs et Dames de la Cour ont complimenté le Roi pour la nouvelle année. Les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ont tenu un chapitre, durant lequel plusieurs personnalités ont été nommées Chevaliers de l'Ordre. Le Roi a ensuite assisté à la grand-messe célébrée par le Prince Constantin, premier Aumônier du Roi. Le Roi a confié à M. le Maréchal Duc de Belle-Isle le commandement général des côtes maritimes depuis Bayonne jusqu'à Dunkerque. Il a également accordé à M. le Comte de Dunois une commission de Maître de Camp-Lieutenant du Régiment des Dragons. Des secousses de tremblement de terre ont été signalées à Bruxelles. Enfin, les actions de la Compagnie des Indes et les billets de loterie royale ont été évalués à des montants spécifiques.
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8982
p. 228-235
NAISSANCES ET MORTS.
Début :
Le 11 Novembre, l'Abbé de Lorraine, & Mademoiselle de Brionne, au nom [...]
Mots clefs :
Naissances, Morts, Chauvelin, Lieutenant général des armées, Charlotte de Lorraine, Duc de Rochechouart, Baron de Veuilli Hautevesnes, Grands officiers de la couronne, Brigadier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES ET MORTS.
NAISSANCE
ET MORTS..
LE 11 Novembre , l'Abbé de Lorraine , &
Mademoiſelle de Brionnė , au nom du Prince
Charles de Lorraine , Gouverneur des Pays- bas ;
& de la Princeſſe Charlotte de Lorraine , tinrent
fur les Fonts dans l'égliſe de S. Germain-l'Auxerrois
une fille du Comte de Brionne, Grand Ecuyer
de France , laquelle fut nommée Anne-Charlotte,
La cérémonie fut fuivie d'une fête que donna
J'Abbé de Lorraine, ..
5
Jacques-Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France , fils de M. le Duc de la
Force , eft décédé à Bagnieres le 14 Juiller, 175.5: 1 âgé de quarante-un ans. Il avoit épousé Dame
Marie-Louife de Noailles , fille de M. le Maréchal
de Noailles. La maison de Caumont -la korce eft
fi connue par fon ancienneté , qu'il eft inutile
d'en dire davantage, an
Le 25
I
Août mourut en ſon château du Grand,
val fous Sucy , Meflire Nicolas Daine , Confeile
ler , Secrétaire du Roi , Maifon - Couronne de
France & de fes Finances , Syndic de fa Compagnie
, ancien premier Secrétaire au département
de la guerre , fils de feu Marius-Bafile Daine ,
Infpecteur Général de l'habillement des troupes
de Sa Majefté ; & de défunte Damoiselle Marie-
Magdeleine de Montigny. Illaifle de fon mariage
avec Dainoifelle Sufanne de Wefterbourg un fils ,
Meffire Marius - Jean - Baptifte - Nicolas Daine
JANVIER. 1756. 229
Confeiller du Roi , fon Procureur au Bureau ,
Chambre des Finances & Voyerie de la Généralité
de Paris , Affocié de l'Académie Royale des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe; & deux filles.
Dame Marie- Marthe Landry , veuve de Meffire
Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard
, Comte de Marcieu , Marquis de Boultieres
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Gouverneur des ville & citadelle de Grenoble , &
fous Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire
de Sa Majefté , mourut à Paris. le premier
Octobre , âgée de vingt- un ans.
Voyez le Mercure d'Octobre de l'année 1753 .
Dame Anne- Elifabeth Filleul , veuve de Paul
de Montefquiou , Comte d'Artagnan , Brigadier
de Cavalerie , eft morte le 2 à Paris dans la cinquante-
cinquieme année.
Voyez fur Pilluftre Maifon de Montefquiou les
Tablettes biftoriques , VIIe partie , pag. 30s , &
Les grands Officiers de la Couronne , tome VII ,
pag. 262.
"
Meffire Jean- Antoine-François de S. Simon de
Courtomer ; Comte de la Noue , connu fous le
nom de Chevalier de Courtomer , Brigadier d'In
fanterie, ci- devant Capitaine d'une Compagnie de
Grenadiers dans le Régiment des Gardes Françoifes
, mourut le 6 Octobre au Château de Mezy en
bafle Normandie , dans la cinquante -'feptiemé
année de fon âge .
Armande -Amélie Du Plaffis - Richelieu – d'Aiguillon
, fille d'Emmanuel - Armand - Louis dur
Pleflis -Richelieu , Duc d'Aiguillon , Pair de Fran
ce, Maréchal des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
Général pour Sa Majeſté dans le Comté
Nantois, & Commandant en Bretagne, nommé Che
valier des Ordres du Roi le 1 Janvier 1756 ; & de
-
230 MERCURE DE FRANCE .
Louife- Félicité de Brebant-Mauron , eft morte
à Paris le 13 Octobre , âgée de trois ans.
Meffire Bernard Chauvelin , Seigneur de Beauféjour
, Confeiller d'Etat ordinaire , eft mort à
Paris le 16 dans fa quatre- vingt-troifiéme année.
Il étoit veuf depuis le 21 Juillet 1735 , de
Catherine Martin , de laquelle il a faillé pour
enfans.
1º. Jacques- Bernard Chauvelin , d'abord Confeiller
au Parlement en 1725 , Maître des Requê
tes en 1728 , Intendant d'Amiens en 1731 , &
actuellement Confeiller d'Etat & Intendant des
Finances depuis 1751. Il a époufé le 16 Février
1719 , Marie , fille de Jean Ourfin , Secrétaire du
Roi & Receveur Général des Finances de la
généralité de Caen , de laquelle il a eu un fils ,
mort en 1737 , & cinq filles actuellement vi
vantes.
2º, Louis-Germain Chauvelin , Abbé de Saint
Jouin , Diocéfe de Poitiers , Doyen de l'Eglife
du Mans , & Chanoine honoraire de celle de
Paris.
3. Bernard- Louis , appellé le Chevalier de
Chauvelin , Commandeur de l'Ordre de Sain
Louis , Lieutenant général des armées du Roi ,
nommé Ambaffadeur auprès du Roi de Sardaigne
en 1753.
4. Henri-Pierre Chauvelin , Abbé Commen
dataire de Montiere-Ramey , Chanoine Hono
raire de l'Eglife de Paris , & Confeiller- Clerc
au Parlement.
5. Marie-Reine Chauvelin , morte en 1739 ,
ayant été mariée en 1734 à Gui Chartraire , Seigneur
de Ragny , & c.
M. Chauvelin dont nous annonçons la mort ,
avoit été fucceffivement Confeiller au Parlement,
JANVIE R. 1756. 23 ?
Maître des Requêtes , Intendant de Tours , d'Alençon
& d'Amiens , & Confeiller d'Erat & Maître
des Requêtes honoraire ; il étoit iffu de Jacques
Chauvelin , Treforier de France en la Généralité
de Paris , frere du célébre François Chauvelin,
reçu en 1562 Avocat au Parlement de Paris,
dont il fut la lumiere & l'oracle ; ce même François
Chauvelin, fut depuis Intendant des affaires en
France , de Marie Stuart Reine d'Ecoffe , & femme
de François II , enfuite Maître des Requêtes
de la Reine Catherine de Médicis , & Procureur
Général de Marie de Médicis , feconde femme de
Henri IV. Il fat bifayeul de Louis Chauvelin , Seignear
de Crifenoi , Maître des Requêtes & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort en 1719 ; ce dernier
cut pour enfans.
I. Louis Chauvelin , mort le z Août 1715 , Avocat
Général au Parlement , & Grand Tréforier ,
Commandeur des Ordres du Roi ; laiffant pour
'enfans , 1 °. Louis Chauvelin , Seigneur de Crifenoi
, &c. aujourd'hui Préfident du Parlement de
Paris , lequel a épousé le 25 Novembre 1729
Marie-Renée , fille d'Antoine Jacomel , Seigneur
d'Atis & de Bienaffife , Capitaine de Grenadiers
dans le régiment de Souppa ; de cette alliance if
n'y a point d'enfans. 20. Magdeleine-Françoife
Chauvelin , veuve da Mars 1744 , de . Denis-
Louis Talon , Marquis du Tremblai , Préſident da
Parlement de Paris.
- II. Germain Louis Chauvelin , Marquis de
Grofbois , &c. Succeffivement Confeiller au Grand
Confeil , Maître des Requêtes , Avocat Général
au Parlement , Préfident à Mortier en 1718 ,
dont il s'eft demis en 1746 , Garde des Sceaux de
France en 1727 , qu'il a remis en 1737 , avec la
charge de Secrétaire d'Etat au département des
232 MERCURE DE FRANCE.
affaires étrangeres , dont il avoit été pourvu la
même année 1727 ; & Secrétaire - Commandeur
des ordres du Roi en 1736. Il a été marié le 12
Août 1718 à Anne , fille de Claude Cahouet , Seigneur
de Beauvais , premier Préfident des Tréforiers
de France , en la Généralité d'Orleans , &
'de N... Fontaines - des - Montées. De cette alliance
font fortis. 1 °. Claude - Louis Chauvelin , mort
Gouverneur de Brie - Comte - Robert en 1750 .
2º. Anne-Germain Chauvelin , mort jeune. 3°.
Anne-Efpérance Chauvelin , née en 1725 , veuve
fans enfans depuis 1748 , de Henri -François-
René Edouard Colbert , Comte de Maulevrier ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes Anglois. 4° . Anne-
Magdeleine Chauvelin , née le 19 Novembre
1727, femme de Louis - Michel Chamillart , Comte
de la Suze , &c . Lieutenant général des armées
du Roi , & Grand Maréchal des Logis de ſa Maifon.
5. Anne -Sabine - Rofalie Chauvelin , née en
1732 , époufe de Jean - François de la Rochefou
cauld , Comte de Surgeres , Cornette des Gendarmes
de Flandres.
III. Angelique-Henriette Chauvelin , qui a été
mariée le 1 Mai 1712 , à Anne - Claude de Thiard .
Marquis de Biffy , Lieutenant général des Armées
du Roi.
Chauvelin, porte pour armes, d'argent au choux
pommé arraché de finople entouré par la tige
d'unferpent d'or , la tête en haut .
Anne- Charlotte de Conflans , fille de Hubert ,
Comte de Conflans , Lieutenant - Général des
armées navales , eft décédée à Paris , & a été inhumée
le 18 Octobre à S. Sulpice .
Damoiſelle Thérefe Charron de Menars de Neuville
, morte à Paris , âgée de quatre-vingt ans
futinhumée le 21 à S. Euftache.
JANVIER. 1756. 233
Marie -Magdeleine- Jofephe de Croy -Havre,
veuve de Paſcal - Gaëtan d'Aragon , Comte d'Aliffe
, de la branche des Ducs de Laurenzano
mourut à Bruxelles le 27 Octobre , âgée de foixante-
quinze ans. Elle étoit fille de Ferdinand-
François- Jofeph de Croy , Duc d'Havré , Prince
& Maréchal de l'Empire , Grand d'Eſpagne de la
premiere claffe , & Chevalier de l'Ordre de la toifon
d'or , & de Jofephe - Barbe de Hallewin ,
derniere de fa maiſon.
Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille ,
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu , Ordre de faint
Auguftin , Diocèle de Boulogne , eft mort le
28 , âgé d'environ foixante- dix ans.
Auguftin- François de Rochechouart-Mortem art,
Comte de Vihiers,eft mort à Paris le 31 Octobre,
âgé de quatorze ans , étant né le 21 Juin 1741 .
Il étoit unique fils de Jean- Baptifte - Victor de
Rochechouart-Mortemart, Duc de Rochechouart,
Pair de France , & Brigadier d'Infanterie ; & de
fa premiere femme Eléonore - Gabrielle- Louife-
Françoile de Crux , morte le 3 Octobre 1742. Le
Duc de Rochechouart avoit époufé en fecondes
noces le 13 Janvier 1749 , Marie- Therefe- Sophie
de Rouvroy , de laquelle il eft refté veuf fans
enfans , le 21 Février 1750. Il a été marié en troifiemes
noces le premier Mai 1751 , avec Charlotte-
Natalie de Manneville , fille de Henri- Jofeph
, Comte de Manneville , Gouverneur de
Dieppe , de laquelle il a pour fils Victurnien-
Jean -Baptifte - Marie de Rochechouart , né le g
Février 1752
N
Voyez fur la Maifon de Rochechouart les
grands Officiers de la Couronne , tom. IV. p. 649.
Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière, de
S. Amand , Ordre de S. Benoît, Diocèle de Tour234
MERCURE DE FRANCE.
nay , eft mort dans le mois d'Octobre en fon
Abbaye.
Charles-Louis de Lorraine , Prince de Pons &
de Mortagne , Comte de Marfan , Souverain de
Bedeilles , Marquis de Mirambeau , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant- Général des armées
de Sa Majeſté , mourut à Paris le 1 Novembre
, âgé de cinquante-neuf ans onze mois
& treize jours , étant né le 19 Novembre 1696.
Il étoit fils de Charles de Lorraine , Comte dé
Marfan , mort le 13 Novembre 1708 , & de
Catherine-Théréfe de Goyon - Matignon , morte le
7 Décembre 1699. De fon mariage avec feue
Elizabeth de Roquelaure , il a eu Gafton-Jean-
Baptifte de Lorraine , Comte de Marfan , Brigadier
d'infanterie , & Colonel du Régiment de
fon nom , marié en 1736 à Marie - Louiſe de
Roban- Soubize , aujourd'hui Gouvernante des
enfans de France , lequel mourut le 2 Mai 1743 ;
Louis-Jofeph de Lorraine , Chevalier de l'Ordre
de Saint Jean de Jérufalem , mort le 13 Janvier
1727 ; Camille-Louis de Loraine , connu fous le
nom de Prince Camille , Maréchal des camps
& armées du Roi ; Léopoldine- Elizabeth -Charlotte
de Lorraine , d'abord Chanoineffe de l'Abbaye
de Remiremont , enfuite mariée le i Mars
1733 , à Joachim de Zuniga Soto - Mayor , Comte
de Bejar , Grand d'Efpagne ; Louife-Henriette
Gabrielle de Lorraine , mariée à Godefroi- Charles-
Henri de la Tour d'Auvergne , Prince de
Turenne , Maréchal de camp , Colonel général
de la Cavalerie de France ; & Marguerite- Louiſe-
Elizabeth de Lorraine , Chanoineffe de Remiremont.
Le 26 Novembre 1755 , eft morte à Château,
Thieri , Dame Marianne de Valfan , veuve deJANVIER.
1756 . 1756. 235
puis les Novembre 1745 , de Pierre de Cugnac ,
Chevalier Seigneur Baron de Veuilli , Hautevefnes,
Lici- lez -Chanoines & autres lieux , âgée de
foixante-onze ans trois mois & vingt- cinq jours;
elle étoit fille de François de Vaffan , d'une ancienne
nobleffe du Valois , & d'Anne Provoſt.
Elle avoit pour fils unique , Anne- Gabriel
Marquis de Cugnac , Chevalier Seigneur Baron de
Veuilli , Hautevefnes , Lici-lez- Chanoines , Bezale-
Gueri & autres lieux , décedé au Château de
Veuilli , le 28 Novembre 1755 , âgé de quarantefept
ans & neuf mois ; il avoit fervi Lieutenant
dans le régiment des Gardes Françoiſes , & avoit
épousé en 1728 , Jeanne -Marie-Jofeph Guyon ,
fille d'Armand-Jacque Guyon , & de Marie de
Bauoncle , duquel mariage il laiffe trois filles ,
fçavoir Jeanne- Anne-Magdeleine de Cugnac ,
Marie-Louife de Cugnac , mariée à N ... Forget ,
Capitaine général des Fauconneries du cabinet
du Roi , & Henriette-Diane de Cugnac.
Voyez pour la généalogie de cette mailon ,
le Mercure de Décembre 1745 , & l'Hiftoire
généalogique des Grands Officiers de la Couronne
, du Pere Anfelme , chapitre des grands Mattes
des eaux & forêts de France , & des Chevaliers
du Saint-Elprit.
ET MORTS..
LE 11 Novembre , l'Abbé de Lorraine , &
Mademoiſelle de Brionnė , au nom du Prince
Charles de Lorraine , Gouverneur des Pays- bas ;
& de la Princeſſe Charlotte de Lorraine , tinrent
fur les Fonts dans l'égliſe de S. Germain-l'Auxerrois
une fille du Comte de Brionne, Grand Ecuyer
de France , laquelle fut nommée Anne-Charlotte,
La cérémonie fut fuivie d'une fête que donna
J'Abbé de Lorraine, ..
5
Jacques-Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France , fils de M. le Duc de la
Force , eft décédé à Bagnieres le 14 Juiller, 175.5: 1 âgé de quarante-un ans. Il avoit épousé Dame
Marie-Louife de Noailles , fille de M. le Maréchal
de Noailles. La maison de Caumont -la korce eft
fi connue par fon ancienneté , qu'il eft inutile
d'en dire davantage, an
Le 25
I
Août mourut en ſon château du Grand,
val fous Sucy , Meflire Nicolas Daine , Confeile
ler , Secrétaire du Roi , Maifon - Couronne de
France & de fes Finances , Syndic de fa Compagnie
, ancien premier Secrétaire au département
de la guerre , fils de feu Marius-Bafile Daine ,
Infpecteur Général de l'habillement des troupes
de Sa Majefté ; & de défunte Damoiselle Marie-
Magdeleine de Montigny. Illaifle de fon mariage
avec Dainoifelle Sufanne de Wefterbourg un fils ,
Meffire Marius - Jean - Baptifte - Nicolas Daine
JANVIER. 1756. 229
Confeiller du Roi , fon Procureur au Bureau ,
Chambre des Finances & Voyerie de la Généralité
de Paris , Affocié de l'Académie Royale des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe; & deux filles.
Dame Marie- Marthe Landry , veuve de Meffire
Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard
, Comte de Marcieu , Marquis de Boultieres
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Gouverneur des ville & citadelle de Grenoble , &
fous Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire
de Sa Majefté , mourut à Paris. le premier
Octobre , âgée de vingt- un ans.
Voyez le Mercure d'Octobre de l'année 1753 .
Dame Anne- Elifabeth Filleul , veuve de Paul
de Montefquiou , Comte d'Artagnan , Brigadier
de Cavalerie , eft morte le 2 à Paris dans la cinquante-
cinquieme année.
Voyez fur Pilluftre Maifon de Montefquiou les
Tablettes biftoriques , VIIe partie , pag. 30s , &
Les grands Officiers de la Couronne , tome VII ,
pag. 262.
"
Meffire Jean- Antoine-François de S. Simon de
Courtomer ; Comte de la Noue , connu fous le
nom de Chevalier de Courtomer , Brigadier d'In
fanterie, ci- devant Capitaine d'une Compagnie de
Grenadiers dans le Régiment des Gardes Françoifes
, mourut le 6 Octobre au Château de Mezy en
bafle Normandie , dans la cinquante -'feptiemé
année de fon âge .
Armande -Amélie Du Plaffis - Richelieu – d'Aiguillon
, fille d'Emmanuel - Armand - Louis dur
Pleflis -Richelieu , Duc d'Aiguillon , Pair de Fran
ce, Maréchal des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
Général pour Sa Majeſté dans le Comté
Nantois, & Commandant en Bretagne, nommé Che
valier des Ordres du Roi le 1 Janvier 1756 ; & de
-
230 MERCURE DE FRANCE .
Louife- Félicité de Brebant-Mauron , eft morte
à Paris le 13 Octobre , âgée de trois ans.
Meffire Bernard Chauvelin , Seigneur de Beauféjour
, Confeiller d'Etat ordinaire , eft mort à
Paris le 16 dans fa quatre- vingt-troifiéme année.
Il étoit veuf depuis le 21 Juillet 1735 , de
Catherine Martin , de laquelle il a faillé pour
enfans.
1º. Jacques- Bernard Chauvelin , d'abord Confeiller
au Parlement en 1725 , Maître des Requê
tes en 1728 , Intendant d'Amiens en 1731 , &
actuellement Confeiller d'Etat & Intendant des
Finances depuis 1751. Il a époufé le 16 Février
1719 , Marie , fille de Jean Ourfin , Secrétaire du
Roi & Receveur Général des Finances de la
généralité de Caen , de laquelle il a eu un fils ,
mort en 1737 , & cinq filles actuellement vi
vantes.
2º, Louis-Germain Chauvelin , Abbé de Saint
Jouin , Diocéfe de Poitiers , Doyen de l'Eglife
du Mans , & Chanoine honoraire de celle de
Paris.
3. Bernard- Louis , appellé le Chevalier de
Chauvelin , Commandeur de l'Ordre de Sain
Louis , Lieutenant général des armées du Roi ,
nommé Ambaffadeur auprès du Roi de Sardaigne
en 1753.
4. Henri-Pierre Chauvelin , Abbé Commen
dataire de Montiere-Ramey , Chanoine Hono
raire de l'Eglife de Paris , & Confeiller- Clerc
au Parlement.
5. Marie-Reine Chauvelin , morte en 1739 ,
ayant été mariée en 1734 à Gui Chartraire , Seigneur
de Ragny , & c.
M. Chauvelin dont nous annonçons la mort ,
avoit été fucceffivement Confeiller au Parlement,
JANVIE R. 1756. 23 ?
Maître des Requêtes , Intendant de Tours , d'Alençon
& d'Amiens , & Confeiller d'Erat & Maître
des Requêtes honoraire ; il étoit iffu de Jacques
Chauvelin , Treforier de France en la Généralité
de Paris , frere du célébre François Chauvelin,
reçu en 1562 Avocat au Parlement de Paris,
dont il fut la lumiere & l'oracle ; ce même François
Chauvelin, fut depuis Intendant des affaires en
France , de Marie Stuart Reine d'Ecoffe , & femme
de François II , enfuite Maître des Requêtes
de la Reine Catherine de Médicis , & Procureur
Général de Marie de Médicis , feconde femme de
Henri IV. Il fat bifayeul de Louis Chauvelin , Seignear
de Crifenoi , Maître des Requêtes & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort en 1719 ; ce dernier
cut pour enfans.
I. Louis Chauvelin , mort le z Août 1715 , Avocat
Général au Parlement , & Grand Tréforier ,
Commandeur des Ordres du Roi ; laiffant pour
'enfans , 1 °. Louis Chauvelin , Seigneur de Crifenoi
, &c. aujourd'hui Préfident du Parlement de
Paris , lequel a épousé le 25 Novembre 1729
Marie-Renée , fille d'Antoine Jacomel , Seigneur
d'Atis & de Bienaffife , Capitaine de Grenadiers
dans le régiment de Souppa ; de cette alliance if
n'y a point d'enfans. 20. Magdeleine-Françoife
Chauvelin , veuve da Mars 1744 , de . Denis-
Louis Talon , Marquis du Tremblai , Préſident da
Parlement de Paris.
- II. Germain Louis Chauvelin , Marquis de
Grofbois , &c. Succeffivement Confeiller au Grand
Confeil , Maître des Requêtes , Avocat Général
au Parlement , Préfident à Mortier en 1718 ,
dont il s'eft demis en 1746 , Garde des Sceaux de
France en 1727 , qu'il a remis en 1737 , avec la
charge de Secrétaire d'Etat au département des
232 MERCURE DE FRANCE.
affaires étrangeres , dont il avoit été pourvu la
même année 1727 ; & Secrétaire - Commandeur
des ordres du Roi en 1736. Il a été marié le 12
Août 1718 à Anne , fille de Claude Cahouet , Seigneur
de Beauvais , premier Préfident des Tréforiers
de France , en la Généralité d'Orleans , &
'de N... Fontaines - des - Montées. De cette alliance
font fortis. 1 °. Claude - Louis Chauvelin , mort
Gouverneur de Brie - Comte - Robert en 1750 .
2º. Anne-Germain Chauvelin , mort jeune. 3°.
Anne-Efpérance Chauvelin , née en 1725 , veuve
fans enfans depuis 1748 , de Henri -François-
René Edouard Colbert , Comte de Maulevrier ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes Anglois. 4° . Anne-
Magdeleine Chauvelin , née le 19 Novembre
1727, femme de Louis - Michel Chamillart , Comte
de la Suze , &c . Lieutenant général des armées
du Roi , & Grand Maréchal des Logis de ſa Maifon.
5. Anne -Sabine - Rofalie Chauvelin , née en
1732 , époufe de Jean - François de la Rochefou
cauld , Comte de Surgeres , Cornette des Gendarmes
de Flandres.
III. Angelique-Henriette Chauvelin , qui a été
mariée le 1 Mai 1712 , à Anne - Claude de Thiard .
Marquis de Biffy , Lieutenant général des Armées
du Roi.
Chauvelin, porte pour armes, d'argent au choux
pommé arraché de finople entouré par la tige
d'unferpent d'or , la tête en haut .
Anne- Charlotte de Conflans , fille de Hubert ,
Comte de Conflans , Lieutenant - Général des
armées navales , eft décédée à Paris , & a été inhumée
le 18 Octobre à S. Sulpice .
Damoiſelle Thérefe Charron de Menars de Neuville
, morte à Paris , âgée de quatre-vingt ans
futinhumée le 21 à S. Euftache.
JANVIER. 1756. 233
Marie -Magdeleine- Jofephe de Croy -Havre,
veuve de Paſcal - Gaëtan d'Aragon , Comte d'Aliffe
, de la branche des Ducs de Laurenzano
mourut à Bruxelles le 27 Octobre , âgée de foixante-
quinze ans. Elle étoit fille de Ferdinand-
François- Jofeph de Croy , Duc d'Havré , Prince
& Maréchal de l'Empire , Grand d'Eſpagne de la
premiere claffe , & Chevalier de l'Ordre de la toifon
d'or , & de Jofephe - Barbe de Hallewin ,
derniere de fa maiſon.
Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille ,
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu , Ordre de faint
Auguftin , Diocèle de Boulogne , eft mort le
28 , âgé d'environ foixante- dix ans.
Auguftin- François de Rochechouart-Mortem art,
Comte de Vihiers,eft mort à Paris le 31 Octobre,
âgé de quatorze ans , étant né le 21 Juin 1741 .
Il étoit unique fils de Jean- Baptifte - Victor de
Rochechouart-Mortemart, Duc de Rochechouart,
Pair de France , & Brigadier d'Infanterie ; & de
fa premiere femme Eléonore - Gabrielle- Louife-
Françoile de Crux , morte le 3 Octobre 1742. Le
Duc de Rochechouart avoit époufé en fecondes
noces le 13 Janvier 1749 , Marie- Therefe- Sophie
de Rouvroy , de laquelle il eft refté veuf fans
enfans , le 21 Février 1750. Il a été marié en troifiemes
noces le premier Mai 1751 , avec Charlotte-
Natalie de Manneville , fille de Henri- Jofeph
, Comte de Manneville , Gouverneur de
Dieppe , de laquelle il a pour fils Victurnien-
Jean -Baptifte - Marie de Rochechouart , né le g
Février 1752
N
Voyez fur la Maifon de Rochechouart les
grands Officiers de la Couronne , tom. IV. p. 649.
Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière, de
S. Amand , Ordre de S. Benoît, Diocèle de Tour234
MERCURE DE FRANCE.
nay , eft mort dans le mois d'Octobre en fon
Abbaye.
Charles-Louis de Lorraine , Prince de Pons &
de Mortagne , Comte de Marfan , Souverain de
Bedeilles , Marquis de Mirambeau , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant- Général des armées
de Sa Majeſté , mourut à Paris le 1 Novembre
, âgé de cinquante-neuf ans onze mois
& treize jours , étant né le 19 Novembre 1696.
Il étoit fils de Charles de Lorraine , Comte dé
Marfan , mort le 13 Novembre 1708 , & de
Catherine-Théréfe de Goyon - Matignon , morte le
7 Décembre 1699. De fon mariage avec feue
Elizabeth de Roquelaure , il a eu Gafton-Jean-
Baptifte de Lorraine , Comte de Marfan , Brigadier
d'infanterie , & Colonel du Régiment de
fon nom , marié en 1736 à Marie - Louiſe de
Roban- Soubize , aujourd'hui Gouvernante des
enfans de France , lequel mourut le 2 Mai 1743 ;
Louis-Jofeph de Lorraine , Chevalier de l'Ordre
de Saint Jean de Jérufalem , mort le 13 Janvier
1727 ; Camille-Louis de Loraine , connu fous le
nom de Prince Camille , Maréchal des camps
& armées du Roi ; Léopoldine- Elizabeth -Charlotte
de Lorraine , d'abord Chanoineffe de l'Abbaye
de Remiremont , enfuite mariée le i Mars
1733 , à Joachim de Zuniga Soto - Mayor , Comte
de Bejar , Grand d'Efpagne ; Louife-Henriette
Gabrielle de Lorraine , mariée à Godefroi- Charles-
Henri de la Tour d'Auvergne , Prince de
Turenne , Maréchal de camp , Colonel général
de la Cavalerie de France ; & Marguerite- Louiſe-
Elizabeth de Lorraine , Chanoineffe de Remiremont.
Le 26 Novembre 1755 , eft morte à Château,
Thieri , Dame Marianne de Valfan , veuve deJANVIER.
1756 . 1756. 235
puis les Novembre 1745 , de Pierre de Cugnac ,
Chevalier Seigneur Baron de Veuilli , Hautevefnes,
Lici- lez -Chanoines & autres lieux , âgée de
foixante-onze ans trois mois & vingt- cinq jours;
elle étoit fille de François de Vaffan , d'une ancienne
nobleffe du Valois , & d'Anne Provoſt.
Elle avoit pour fils unique , Anne- Gabriel
Marquis de Cugnac , Chevalier Seigneur Baron de
Veuilli , Hautevefnes , Lici-lez- Chanoines , Bezale-
Gueri & autres lieux , décedé au Château de
Veuilli , le 28 Novembre 1755 , âgé de quarantefept
ans & neuf mois ; il avoit fervi Lieutenant
dans le régiment des Gardes Françoiſes , & avoit
épousé en 1728 , Jeanne -Marie-Jofeph Guyon ,
fille d'Armand-Jacque Guyon , & de Marie de
Bauoncle , duquel mariage il laiffe trois filles ,
fçavoir Jeanne- Anne-Magdeleine de Cugnac ,
Marie-Louife de Cugnac , mariée à N ... Forget ,
Capitaine général des Fauconneries du cabinet
du Roi , & Henriette-Diane de Cugnac.
Voyez pour la généalogie de cette mailon ,
le Mercure de Décembre 1745 , & l'Hiftoire
généalogique des Grands Officiers de la Couronne
, du Pere Anfelme , chapitre des grands Mattes
des eaux & forêts de France , & des Chevaliers
du Saint-Elprit.
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Résumé : NAISSANCES ET MORTS.
En 1755 et début 1756, plusieurs naissances et décès notables ont été enregistrés. Le 11 novembre 1755, Anne-Charlotte, fille du Comte de Brionne, Grand Écuyer de France, est née et baptisée dans l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois. La cérémonie a été suivie d'une fête organisée par l'Abbé de Lorraine. Parmi les décès, Jacques-Nompar de Caumont, Duc de Caumont et Pair de France, est mort à Bagnères le 14 juillet 1755 à l'âge de quarante-et-un ans. Il était marié à Dame Marie-Louise de Noailles, fille du Maréchal de Noailles. Le 25 août, Meffire Nicolas Daine, Conseiller et Secrétaire du Roi, est décédé dans son château du Grand Val sous Sucy, laissant un fils et deux filles. Dame Marie-Marthe Landry, veuve de Meffire Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard, est morte à Paris le 1er octobre à l'âge de vingt-et-un ans. Dame Anne-Élisabeth Filleul, veuve de Paul de Montesquiou, Comte d'Artagnan, est décédée à Paris le 2 octobre à l'âge de cinquante-cinq ans. Meffire Jean-Antoine-François de Saint Simon de Courtomer, Chevalier de Courtomer, est mort le 6 octobre au Château de Mezy en Basse-Normandie à l'âge de cinquante-sept ans. Armande-Amélie Du Plessis-Richelieu d'Aiguillon, fille du Duc d'Aiguillon, est décédée à Paris le 13 octobre à l'âge de trois ans. Bernard Chauvelin, Seigneur de Beauféjour et Conseiller d'État, est mort à Paris le 16 octobre à l'âge de quatre-vingt-trois ans, laissant plusieurs enfants, dont Jacques-Bernard Chauvelin, Conseiller d'État et Intendant des Finances, et Louis-Germain Chauvelin, Abbé de Saint-Jouin. D'autres décès notables incluent Dame Anne-Élisabeth de Conflans, fille du Comte de Conflans, décédée le 18 octobre, et Damoiselle Thérèse Charron de Menars de Neuville, morte à Paris à l'âge de quatre-vingts ans. Marie-Magdeleine-Joseph de Croy-Havré, veuve du Comte d'Aliffe, est décédée à Bruxelles le 27 octobre à l'âge de soixante-quinze ans. Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille, Abbé de l'Abbaye de Beaulieu, est mort le 28 octobre à l'âge d'environ soixante-dix ans. Augustin-François de Rochechouart-Mortemart, Comte de Vihiers, est décédé à Paris le 31 octobre à l'âge de quatorze ans. Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière de Saint-Amand, est mort en octobre dans son abbaye. Charles-Louis de Lorraine, Prince de Pons et de Mortagne, est décédé à Paris le 1er novembre à l'âge de cinquante-neuf ans, laissant plusieurs enfants, dont Gaston-Jean-Baptiste de Lorraine, Comte de Marfan, et Louise-Henriette-Gabrielle de Lorraine, mariée au Prince de Turenne. Enfin, Dame Marianne de Valfan, veuve de Pierre de Cugnac, est morte à Château-Thierry le 26 novembre 1755 à l'âge de soixante-onze ans. Son fils unique, Anne-Gabriel Marquis de Cugnac, est décédé le 28 novembre 1755 à l'âge de quarante-sept ans, laissant trois filles.
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8983
p. 235-236
AVIS
Début :
Le Sieur Besson Oculiste, reçu à S. Côme, fait avec succès [...]
Mots clefs :
Sieur Besson, Oculiste , Maladies des yeux, Opérations, Pommade, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS
AVIS .
LE Sieur Beffon Oculite , reçu à S. Côme , fait
avec fuccès toutes les opérations qui font néceffaires
aux maladies des yeux.
Il fe dit poffeffeur d'une Eau , qui à la vertu de
fortifier les foibleffes de la vue , foit qu'elles proviennent
de maladies , ou d'une trop grande ap236
MERCURE DE FRANCE .
plication ; elle réfout les humeurs vicieufes dont
le féjour altére les organes de l'oeil , elle diffipe
les brouillards , & éclaircit la vue.
Il débite auffi une Pommade qui guérit les
maladies des paupieres , tels que font les ulceres
prurigineux, comme la galle, la gratelle , les dartres
qui s'attachent à leur bord , d'où découle
une fanie ou chaffie baveuſe & gluante , quelquefois
féche & dure , qui colle les paupieres pendant
la nuit , caufe des gonflemens , des durétes , démangeaifons
de chaleur & des rougeurs , tant à
l'oeil qu'aux paupieres.
Ladite Pommade les détruit promptement.
Les bouteilles de fon Eau font de 3 , 6 & 121.
Les pots de Pommade font de 30 fols 3 & 6 liv .
Il donne la maniere néceffaire de fe fervir de
ces remédes qui peuvent fe tranfporter dans les
Pays étrangers , fans fe corrompre ni perdre de
leur qualité.
On trouve chez lui tous les fecours néceſſaires ;
pour toutes les autres maladies des yeux.
On le trouve chez lui depuis huit heures jufqu'à
onze , & depuis deux jufqu'à cinq ; il va chez les
perfonnes qui lui font l'honneur de l'appeller ,
il prie ceux qui lui écriront de faire un petit
état de leur maladie & d'affranchir les lettres.
Sa demeure eft à Paris rue Montmartre , entre
la rue du Mail & la rue des Foffés , vis-à- vis le
Caffé de Billard.
Nota. Il vient d'achever la guérifon d'un enfant
né aveugle , fils de la Dame Benoiſt , demeurant
à Saint Denis , porte Pontoife ; il avoit un an
quand il l'a entrepris , & n'avoit jamais eu l'afage
de la lumiere ; il eft radicalement guéri , &
diftingue parfaitement les objets.
LE Sieur Beffon Oculite , reçu à S. Côme , fait
avec fuccès toutes les opérations qui font néceffaires
aux maladies des yeux.
Il fe dit poffeffeur d'une Eau , qui à la vertu de
fortifier les foibleffes de la vue , foit qu'elles proviennent
de maladies , ou d'une trop grande ap236
MERCURE DE FRANCE .
plication ; elle réfout les humeurs vicieufes dont
le féjour altére les organes de l'oeil , elle diffipe
les brouillards , & éclaircit la vue.
Il débite auffi une Pommade qui guérit les
maladies des paupieres , tels que font les ulceres
prurigineux, comme la galle, la gratelle , les dartres
qui s'attachent à leur bord , d'où découle
une fanie ou chaffie baveuſe & gluante , quelquefois
féche & dure , qui colle les paupieres pendant
la nuit , caufe des gonflemens , des durétes , démangeaifons
de chaleur & des rougeurs , tant à
l'oeil qu'aux paupieres.
Ladite Pommade les détruit promptement.
Les bouteilles de fon Eau font de 3 , 6 & 121.
Les pots de Pommade font de 30 fols 3 & 6 liv .
Il donne la maniere néceffaire de fe fervir de
ces remédes qui peuvent fe tranfporter dans les
Pays étrangers , fans fe corrompre ni perdre de
leur qualité.
On trouve chez lui tous les fecours néceſſaires ;
pour toutes les autres maladies des yeux.
On le trouve chez lui depuis huit heures jufqu'à
onze , & depuis deux jufqu'à cinq ; il va chez les
perfonnes qui lui font l'honneur de l'appeller ,
il prie ceux qui lui écriront de faire un petit
état de leur maladie & d'affranchir les lettres.
Sa demeure eft à Paris rue Montmartre , entre
la rue du Mail & la rue des Foffés , vis-à- vis le
Caffé de Billard.
Nota. Il vient d'achever la guérifon d'un enfant
né aveugle , fils de la Dame Benoiſt , demeurant
à Saint Denis , porte Pontoife ; il avoit un an
quand il l'a entrepris , & n'avoit jamais eu l'afage
de la lumiere ; il eft radicalement guéri , &
diftingue parfaitement les objets.
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Résumé : AVIS
L'avis concerne le Sieur Beffon Oculite, un praticien spécialisé dans les maladies des yeux, reçu à Saint-Côme. Il propose une eau fortifiante pour la vue, efficace contre les humeurs vicieuses et les brouillards, ainsi qu'une pommade guérissant les maladies des paupières, telles que les ulcères prurigineux, la galle, la gratelle et les dartres. Cette pommade traite également les sécrétions collantes, les gonflements, les démangeaisons et les rougeurs. Les bouteilles d'eau sont disponibles en tailles de 3, 6 et 12 onces, tandis que les pots de pommade sont vendus à 30 sols, 3 et 6 livres. Beffon Oculite fournit des instructions pour l'utilisation de ces remèdes, qui peuvent être transportés à l'étranger sans perte de qualité. Il est disponible pour des consultations à domicile et reçoit les patients à son domicile parisien, rue Montmartre, entre la rue du Mail et la rue des Fossés, vis-à-vis du Café de Billard. Notamment, il a récemment guéri un enfant né aveugle, fils de la Dame Benoist, résidant à Saint-Denis.
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8984
p. 237-238
ERRATA Pour le second volume de Décembre.
Début :
Page 56, lig. 26, à M. le Marquis de Livri, lis. à M. le Marquis [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA Pour le second volume de Décembre.
ERRATA
Pour le fecond volume de Décembre.
PAGE 56 , lig. 26 , à M. le Marquis de Livri ,
lif. à M. le Marquis de Givri.
Page 131 , ligne 16 , des démonftrations d'admirations
, lif. d'admiration.
Pour le premier volume de ce mois.
Page 15 , lig. 30. toutes fois que vous fongerez ,
lif. toutes les fois.
Page 31 , lig. 7 , n'en trouble point le cours , lif.
n'en troublent point le cours.
Pag. 36 , lig. 8 , fi Ponçardin , lif. fi Ponçardin.
Page 44 , lig. 29 , au tems que perdois , líf. que
je perdois.
Page 67 , lig. 14 , fur le Comte de la Signora ,
lif. fur le compte de la Signora.
Page 75 , lig. 7 , quelque peu connue , lif. quelque
peu connu .
Page 94 , lig. premiere , attaches à fon ſervice ,
lif. attachés.
Page 120 , lig. 18 , trois partis , lif. trois parties.
Page 124 , lig. 8 , nous en avoit prié , lif. nous
en avoit priés.
Page 148 , lig. 23 , ceux qui enveront , lif. ceux
qui enverront.
Page 154, lig. 8 , les a conduit , lif. les a conduits.
Page 172 , lig. 10 , la Coquête corrigée , lif. la
Coquette , &c.
Même page , lig. 13 , qu'el- mettront, lif. qu'elles
mettront .
238
Même pag. lig 19 , Roland , ou le Médecin a moureux
, lif: Bolan , &c.
Page 174 , lig. 12 , fon nouveau concert , lifex
fon nouveau concerto.
Pour le fecond volume de Décembre.
PAGE 56 , lig. 26 , à M. le Marquis de Livri ,
lif. à M. le Marquis de Givri.
Page 131 , ligne 16 , des démonftrations d'admirations
, lif. d'admiration.
Pour le premier volume de ce mois.
Page 15 , lig. 30. toutes fois que vous fongerez ,
lif. toutes les fois.
Page 31 , lig. 7 , n'en trouble point le cours , lif.
n'en troublent point le cours.
Pag. 36 , lig. 8 , fi Ponçardin , lif. fi Ponçardin.
Page 44 , lig. 29 , au tems que perdois , líf. que
je perdois.
Page 67 , lig. 14 , fur le Comte de la Signora ,
lif. fur le compte de la Signora.
Page 75 , lig. 7 , quelque peu connue , lif. quelque
peu connu .
Page 94 , lig. premiere , attaches à fon ſervice ,
lif. attachés.
Page 120 , lig. 18 , trois partis , lif. trois parties.
Page 124 , lig. 8 , nous en avoit prié , lif. nous
en avoit priés.
Page 148 , lig. 23 , ceux qui enveront , lif. ceux
qui enverront.
Page 154, lig. 8 , les a conduit , lif. les a conduits.
Page 172 , lig. 10 , la Coquête corrigée , lif. la
Coquette , &c.
Même page , lig. 13 , qu'el- mettront, lif. qu'elles
mettront .
238
Même pag. lig 19 , Roland , ou le Médecin a moureux
, lif: Bolan , &c.
Page 174 , lig. 12 , fon nouveau concert , lifex
fon nouveau concerto.
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Résumé : ERRATA Pour le second volume de Décembre.
Le document présente une liste d'errata pour les premier et second volumes de la publication 'Décembre'. Les corrections concernent divers volumes et pages spécifiques. Pour le second volume, des modifications de noms, de phrases et de termes sont nécessaires. Par exemple, à la page 56, ligne 26, 'M. le Marquis de Livri' doit être corrigé en 'M. le Marquis de Givri'. À la page 131, ligne 16, 'des démonftrations d'admirations' doit être corrigé en 'd'admiration'. Pour le premier volume, les corrections incluent des modifications de phrases et de termes. Par exemple, à la page 15, ligne 30, 'toutes fois que vous fongerez' doit être corrigé en 'toutes les fois'. D'autres corrections concernent des ajustements de conjugaison, de genre et de nombre, ainsi que des modifications de titres d'œuvres.
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8985
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATIO N.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le fecond volume du Mercure de Janvier
,& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 13 Janvier 1756.
GUIROY.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le fecond volume du Mercure de Janvier
,& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 13 Janvier 1756.
GUIROY.
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8986
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers sur les Coquettes, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VErs Ers fur les Coquettes , par M. de Baſtide ,
pages
Les Mémoires d'un homme à bonnes fortunes ,.par
le même Auteur , 7
Vers àM. Monin , Secrétaire de M. le Prince de
Conty ,
18
Envoi d'une branche de Laurier cueillie fur le
tombeau de Virgile , par S. A. R. Madame la
Margrave de Bareith , au Roi de Pruffe fon
20
frere ,
Ellai fur le caractere des Nations , par M. Hume ,
21
Vers à Mademoiſelle *** pour le renouvellement
de l'année ,
239
Rondeau en ſtyle de Marot ,
50
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet des Mariages,
Bouquet ,
Madrigal ,
Fable. Le mouton , & le buiffon ,
60
ibid.
61
Lettre de Mlle Pliffon à l'Auteur du Mercure ,
62
Portraits de fix fameux Peintres de l'école d'Ita
fie ,
66
68
Explication du mot des Enigmes & des Logogryphes
du 1 volume du Mercure de Janvier,
Enigme & Logogryphe , 69
Chanfon à l'occafion de la Statue élevée dans la
place Royale de Nancy , 72
Vers de M ... à Madame de ***. en lui envoyant
des lacets de Conftantinople ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
81
ibid.
83
Lettre de M. de M .. à M. de S..au fujet des écrits
Anglois fur les limites de l'Amérique ,
Extraits , précis ou indication des livres nouveaux,
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
87,
Hiftoire. Mémoire fur les anciennes repréſentations
théâtrales pieuſes , où le mêlange de la
fiction a quelquefois obfcurci le fonds de la vé-
M. l'Abbé le Boeuf , de l'Académie des
119 rité; par
Belles -Lettres
,
Métallurgie
. Réponfe
de M. de Machy
aux obfervations
de M. Cadet
, inférées
dans
le premier
volume
du Mercure
de Décembre
, 134
Chirurgie
. Differtation
fur le ver plat ou folitai-
146
re ,
240
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Befiers ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
157
173 Mufique.
Peinture. Lettre écrite de Bruxelles fur le fecret
de tranfporter les tableaux fur de nouveaux
fonds , & de les réparer
174
Lettre de M. Gautier à l'Auteur du Mercure , &
réponſe à la lettre anonyme fur l'invention
d'imprimer en tableaux ,
189
204
205
Gravure.
Architecture.
ART. V.
SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
209
Comédie Italienne.
ibid.
Précis de l'Epouſe ſuivante ,
210
Programme des Fêtes Parifiennes ,
212
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres
217
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
224
Naiffance , & Morts ,
228
'Avis.
235
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VErs Ers fur les Coquettes , par M. de Baſtide ,
pages
Les Mémoires d'un homme à bonnes fortunes ,.par
le même Auteur , 7
Vers àM. Monin , Secrétaire de M. le Prince de
Conty ,
18
Envoi d'une branche de Laurier cueillie fur le
tombeau de Virgile , par S. A. R. Madame la
Margrave de Bareith , au Roi de Pruffe fon
20
frere ,
Ellai fur le caractere des Nations , par M. Hume ,
21
Vers à Mademoiſelle *** pour le renouvellement
de l'année ,
239
Rondeau en ſtyle de Marot ,
50
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet des Mariages,
Bouquet ,
Madrigal ,
Fable. Le mouton , & le buiffon ,
60
ibid.
61
Lettre de Mlle Pliffon à l'Auteur du Mercure ,
62
Portraits de fix fameux Peintres de l'école d'Ita
fie ,
66
68
Explication du mot des Enigmes & des Logogryphes
du 1 volume du Mercure de Janvier,
Enigme & Logogryphe , 69
Chanfon à l'occafion de la Statue élevée dans la
place Royale de Nancy , 72
Vers de M ... à Madame de ***. en lui envoyant
des lacets de Conftantinople ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
81
ibid.
83
Lettre de M. de M .. à M. de S..au fujet des écrits
Anglois fur les limites de l'Amérique ,
Extraits , précis ou indication des livres nouveaux,
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
87,
Hiftoire. Mémoire fur les anciennes repréſentations
théâtrales pieuſes , où le mêlange de la
fiction a quelquefois obfcurci le fonds de la vé-
M. l'Abbé le Boeuf , de l'Académie des
119 rité; par
Belles -Lettres
,
Métallurgie
. Réponfe
de M. de Machy
aux obfervations
de M. Cadet
, inférées
dans
le premier
volume
du Mercure
de Décembre
, 134
Chirurgie
. Differtation
fur le ver plat ou folitai-
146
re ,
240
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Befiers ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
157
173 Mufique.
Peinture. Lettre écrite de Bruxelles fur le fecret
de tranfporter les tableaux fur de nouveaux
fonds , & de les réparer
174
Lettre de M. Gautier à l'Auteur du Mercure , &
réponſe à la lettre anonyme fur l'invention
d'imprimer en tableaux ,
189
204
205
Gravure.
Architecture.
ART. V.
SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
209
Comédie Italienne.
ibid.
Précis de l'Epouſe ſuivante ,
210
Programme des Fêtes Parifiennes ,
212
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres
217
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
224
Naiffance , & Morts ,
228
'Avis.
235
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. L'**Article Premier** répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des œuvres de M. de Bastide, des vers adressés à plusieurs personnes, des envois, des lettres, des portraits de peintres italiens et des énigmes. L'**Article II** traite des **Nouvelles Littéraires**, avec une lettre sur les écrits anglais concernant les limites de l'Amérique et des extraits de livres nouveaux. L'**Article III** aborde les **Sciences et Belles-Lettres**, incluant un mémoire sur les anciennes représentations théâtrales pieuses par l'Abbé le Boeuf, une réponse sur la métallurgie par M. de Machy, une dissertation sur le ver plat, et une séance publique de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Besançon. L'**Article IV** est consacré aux **Beaux-Arts**, avec des lettres sur la peinture et la gravure, ainsi que des discussions sur la musique et l'architecture. L'**Article V** concerne les **Spectacles**, incluant la comédie française et italienne, un précis d'une épouse suivante, et un programme des fêtes parisiennes. Enfin, l'**Article VI** présente les **Nouvelles Étrangères**, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les naissances et décès.
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8987
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. A. JOMBERT.
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8988
p. 211-212
DU NORD.
Début :
Entre les différens effets que le tremblement de terre, du premier [...]
Mots clefs :
Stockholm, Copenhague, Tremblements de terre, Affaissement des terres, Crue, Globe de feu, Débordement des lacs, Dégâts
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD.
DE STOCKHOLM , le 30 Décembre.
Entre les différens effets que le tremblentent de
tërre, du premier Novembre , a produits en Dale
earlie , on a remarqué que pendant la crue extraordinaire
des eaux des lacs de Frixem & de
Stora-Leed , le terrein des environs s'eft affaillé
avec un grand bruit , & qu'il s'eft relevé à meſure
que ces lacs font rentrés dans leur lit. Les lettres
de Wexio dans le Smaland marquent , que le 28
du même mois , à huit heures cinquante-une minutes
du foir , on apperçut au ciel un globe de
feu , dont le diametre apparent étoit de la grandeur
de celui de la lune , lorfqu'elle eft dans fon
plein. Ce globe courut rapidement du fud - oueft
au nord- est. Ainfi que plufieurs cometes il traînoit
après lui une queue lumineufe . Il ſe détacha
de ce globe une portion , qui après s'être développée
, remplit un très-grand efpace , & répandit
une clarté égale à celle du jour. La durée de
ce phénomene fut de trente fecondes.
Selon les avis reçus de la Gothie occidentale
, le tremblement de teire du premier Novembre
s'y eft fait fentir avec beaucoup de violence.
De très-gros arbres ont été renversés. En plufieurs
endroits , les eaux ont páru mugir . Sut le lac de
(
212 MERCURE DE FRANCE.
Miorn, près de Gothenbourg , la plupart des ra
deaux ont été emportés & difperfés de côté &
d'autre .
DE COPPENHAGUE, le 19 Déc.
Le 10 Septembre , vers minuit , on fentit une
violente fecouffe de tremblement de terre dans le
diftrict de Hufewig. Il y en eut le lendemain
plufieurs autres . Celle des deux heures après-midi
renverfa un grand nombre de maiſons. On a
perdu par ces accidens une quantité confidérable
de provifions d'hyver. Pendant prefque toute la
journée du 12 , les eaux d'une petite riviere , qui
coule près de Nord- Syffel , devinrent blanches
comme du lait.
DE STOCKHOLM , le 30 Décembre.
Entre les différens effets que le tremblentent de
tërre, du premier Novembre , a produits en Dale
earlie , on a remarqué que pendant la crue extraordinaire
des eaux des lacs de Frixem & de
Stora-Leed , le terrein des environs s'eft affaillé
avec un grand bruit , & qu'il s'eft relevé à meſure
que ces lacs font rentrés dans leur lit. Les lettres
de Wexio dans le Smaland marquent , que le 28
du même mois , à huit heures cinquante-une minutes
du foir , on apperçut au ciel un globe de
feu , dont le diametre apparent étoit de la grandeur
de celui de la lune , lorfqu'elle eft dans fon
plein. Ce globe courut rapidement du fud - oueft
au nord- est. Ainfi que plufieurs cometes il traînoit
après lui une queue lumineufe . Il ſe détacha
de ce globe une portion , qui après s'être développée
, remplit un très-grand efpace , & répandit
une clarté égale à celle du jour. La durée de
ce phénomene fut de trente fecondes.
Selon les avis reçus de la Gothie occidentale
, le tremblement de teire du premier Novembre
s'y eft fait fentir avec beaucoup de violence.
De très-gros arbres ont été renversés. En plufieurs
endroits , les eaux ont páru mugir . Sut le lac de
(
212 MERCURE DE FRANCE.
Miorn, près de Gothenbourg , la plupart des ra
deaux ont été emportés & difperfés de côté &
d'autre .
DE COPPENHAGUE, le 19 Déc.
Le 10 Septembre , vers minuit , on fentit une
violente fecouffe de tremblement de terre dans le
diftrict de Hufewig. Il y en eut le lendemain
plufieurs autres . Celle des deux heures après-midi
renverfa un grand nombre de maiſons. On a
perdu par ces accidens une quantité confidérable
de provifions d'hyver. Pendant prefque toute la
journée du 12 , les eaux d'une petite riviere , qui
coule près de Nord- Syffel , devinrent blanches
comme du lait.
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Résumé : DU NORD.
Le 30 décembre, des effets du tremblement de terre du 1er novembre ont été observés en Dalécarlie, où le terrain s'est affaissé puis relevé lors d'une crue extraordinaire des lacs de Frixem et de Stora-Leed. Le 28 novembre à 8 heures 51 minutes, un globe de feu apparut dans le ciel au-dessus de Wexio, dans le Småland, se déplaçant rapidement du sud-ouest au nord-est avec une queue lumineuse. Une partie de ce globe se détacha, illuminant la région pendant trente secondes. En Gothie occidentale, le tremblement de terre du 1er novembre fut violent, renversant des arbres et dispersant des radeaux sur le lac de Mjörn près de Göteborg. À Copenhague, un violent tremblement de terre fut ressenti le 10 septembre vers minuit, suivi de plusieurs secousses le lendemain, causant la destruction de nombreuses maisons et la perte de provisions d'hiver. Le 12 septembre, les eaux d'une petite rivière près de Nord-Syssel devinrent blanches comme du lait pendant presque toute la journée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8989
p. 212-213
ALLEMAGNE.
Début :
Une forte secousse de tremblement de terre se fit sentir ici [...]
Mots clefs :
Munich, Töplitz, Secousses, Bains thermaux, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE TEPLITZ , le 9 Décembre.
Une forte fecouffe de tremblement de terre fa
fit fentir ici le premier de ce mois . Elle ne cauſa
aucun dommage , mais elle affecta fingulierement
les bains chauds de cette ville , qui , ayant
été découverts en 762 , n'avoient point éprouvé
depuis près de mille ans le moindre changement.
Sur le midi , l'eau de la fource fe troubla. Bien
tot elle ceffa de couler. Quelques minutes après
elle revint à grands flots , mais fort épaiffe , &
auffi rouge que du fang. Pendant un quart-d'heure
elle fut abfolument froide. Elle reprit infenfiblement
fa limpidité & fon dégré de chaleur
ordinaire. Depuis cette fecouffe ," la fontaine eft
devenue plus abondante. Lorsqu'on avoit vuidé
les bains , il falloit huit heures pour les remplin,
à préfent il n'en faut plus que quatre. On foupFEVRIER.
1756. 213
çonne qu'il s'eft formé une feconde fource à côsé
de la premiere.
DE MUNICH , le 20 Décembre.
Il y eut ici le 9 de ce mois une légere ſecouſſe
de tremblement de terre . Le même jour on en
fentit une à Donawert. Elle a ébranlé le couvent
des Capucins , & endommagé une partie des murailles
de l'Abbaye de Sainte Croix. A Ingolstadt,
les eaux des fontaines baifferent confidérablement
, & devinrent d'une couleur rouffâtre. Le
11 , on éprouva une nouvelle fecouffe en divers
endroits de cet Electorat.
DE TEPLITZ , le 9 Décembre.
Une forte fecouffe de tremblement de terre fa
fit fentir ici le premier de ce mois . Elle ne cauſa
aucun dommage , mais elle affecta fingulierement
les bains chauds de cette ville , qui , ayant
été découverts en 762 , n'avoient point éprouvé
depuis près de mille ans le moindre changement.
Sur le midi , l'eau de la fource fe troubla. Bien
tot elle ceffa de couler. Quelques minutes après
elle revint à grands flots , mais fort épaiffe , &
auffi rouge que du fang. Pendant un quart-d'heure
elle fut abfolument froide. Elle reprit infenfiblement
fa limpidité & fon dégré de chaleur
ordinaire. Depuis cette fecouffe ," la fontaine eft
devenue plus abondante. Lorsqu'on avoit vuidé
les bains , il falloit huit heures pour les remplin,
à préfent il n'en faut plus que quatre. On foupFEVRIER.
1756. 213
çonne qu'il s'eft formé une feconde fource à côsé
de la premiere.
DE MUNICH , le 20 Décembre.
Il y eut ici le 9 de ce mois une légere ſecouſſe
de tremblement de terre . Le même jour on en
fentit une à Donawert. Elle a ébranlé le couvent
des Capucins , & endommagé une partie des murailles
de l'Abbaye de Sainte Croix. A Ingolstadt,
les eaux des fontaines baifferent confidérablement
, & devinrent d'une couleur rouffâtre. Le
11 , on éprouva une nouvelle fecouffe en divers
endroits de cet Electorat.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 1er décembre, une forte secousse sismique a été ressentie à Teplitz, affectant les bains chauds de la ville, découverts en 762. L'eau de la source s'est troublée, a cessé de couler, puis est revenue en grands flots, épaissie et rougeâtre, avant de retrouver sa limpidité et sa température habituelle. Depuis cet événement, la fontaine est devenue plus abondante, remplissant les bains en quatre heures au lieu de huit. On suspecte la formation d'une seconde source à côté de la première. Le 9 décembre, une légère secousse a été ressentie à Munich et à Donawert, endommageant partiellement les murailles de l'Abbaye de Sainte Croix. À Ingolstadt, les eaux des fontaines ont changé de couleur, devenant rouillées. Le 11 décembre, une nouvelle secousse a été ressentie dans divers endroits de l'Électorat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8990
p. 213-216
ESPAGNE.
Début :
Nous avons éprouvé le même tremblement, dont les lettres de Portugal [...]
Mots clefs :
Ceuta, Belém, Compostelle, Cadix, Málaga, Tremblements de terre, Crue de la mer, Décrue de la mer, Dégâts, Vols et brigandages, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE CEUTA , le 24 Novembre.
Nous avons éprouvé le même tremblement ,
dont les lettres de Portugal rapportent des effets
fi funcftes. Le premier de ce mois , à dix heures
dix minutes du matin , nous eûmes une fecouffe
qui dura environ trente fecondes . Elle fut fuivie
peu après de quelques autres plus légeres , dont
la durée fut de trois minutes. Les fept pointes
du fommet de la montagnedes Sept Freres ont
paru s'élever & s'abaiffer , foit que ce mouvement
ait été réel , foit que ce n'ait été qu'une apparence
occafionnée dans les yeux des Spectateurs
par le propre mouvement de leurs corps.
La mer monta de la hauteur de fept pieds , & un
quart-d'heure après elle baiffa tellement , qu'il
refta quantité de barques & de poiffons à fec fur
le fable. Ces flux & feflux fe fuccéderent alternativement
jufqu'au lendemain matin ; mais à
deux heures après-midi ils commencerent à diminuer
par dégrés . Le 3 , à fept heures du matin ,
214 MERCURE DE FRANCE.
nous effuyâmes une nouvelle fecouffe affez vi
ve , mais très-courte. Il y en eut une légere le
4 , à deux heures après-midi. Les , à huit heures
un quart du foir , nouvelle fecouffle plus forte
que les deux précédentes. On en a eu encore
quelques- unes depuis le 6 jufqu'au 16. Le 17 , à
dix heures & demie du matin , on en reffentit
une autre plus confidérable , accompagnée d'une
horrible tempête . Pendant les fecoufles du premier
de ce mois , les fontaines de cette ville &
du château ont ceffé de couler. Leurs eaux font
enfuite revenues avec autant de rapidité que d'abondance.
Les Maures qui bloquent cette ville , épouvantés
par le tremblement , s'étoient réfugiés
dans l'intérieur des terres. Ils font revenus dans
leur camp , depuis que leur premiere terreur eſt
diffipée.
On mande de Tanger , que de même qu'ici ,
pendant le tremblement les fontaines ont tari , &
qu'enfuite elles ont donné une grande abondance
d'eau rouge comme du fang ; que la mer fur
la côte voisine a monté de cinquante pieds , &
que fes eaux dans cette crue ont perdu prefque
toute leur amertume & toute leur falure.
DE BELEM , le 19 Décembre.
Les exemples de févérité étant néceffaires pour
réprimer les brigandages qui fe commettent journellement
dans ce Royaume , on a exécuté depuis
quinze jours plus de deux cens perfonnes
convaincues de différens délits . Quoique les tremblemens
de terre n'ayent pas entiérement ceffé ,
les & qu'il y ait eu encore le 11 une fecouffe ,
habitans de Lifbonne commencent à ſe remettre
เอา
Les
OL
D
C
FEVRIER. 1756. 215
T
de leur épouvante. Ils font occupés à chercher
dans les ruines de cette malheureufe ville ceux
de leurs effets , qui ont échappé à la voracité des
Hammes , & à l'avidité des voleurs . Il regne quantité
de maladies cauſées par la rigueur de la faifon,
& par les autres incommodités auxquelles
les riches comme les pauvres , ont été exposés
dans le défaftre général. Sa Majesté ne s'eft point
encore expliquée , & elle feroit rebâtir Lisbonne ,
ou fi elle fonderoit iei une nouvelle ville .
DE COMPOSTELLE , le 22 Novemb.
Cette ville n'a pas été exemte du fléau , qui a
caufé en plufieurs endroits tant de ravage ; mais
elle en a peu fouffert. Celle de la Corogne a
efluyé des allarmes plus confidérables. Voici la
copie d'une lettre écrite de ce port. « Le trem-
» blement de terre du premier de ce mois s'eft
» fait fentir ici d'une façon très -violente . Il a du-
» ré cinq minutes. Tous les édifices en ont été
» ébranlés ; cependant il n'y en a eu aucun de
>> renverfé . La mier pendant les fecouffes s'enfla
» prodigieufement. En plufieurs endroits elle Ra-
» roiffoit bouillonner. A midi elle monta telle-
» ment , qu'on ne l'avoit jamais vue à une pa-
» reille hauteur. Depuis une heure jufqu'à une
» heure & demie , elle monta & baiffa fept fois,
> On devoit avoir la baffe mer à fix heures du
» foir , à fept heures & demie on ne l'avoit pas
encore. Peu après la mer baiffa un tiers de plus
que dans les plus vives eaux. La pleine mer paroiffant
devoir venir à proportion , l'on crai-
» gnit que la ville ne fût fubmergée Les flux &
>> reflux ne cefferent que fur les dix heures du ma-
» tin du jour fuivant , que l'oude reprit enfin fon
» affiette ordinaire .
216 MERCURE DE FRANCE .
DE CADIX , le 14 Décembre.
A quelque diſtance de ce port on a découvert
depuis peu un rocher , qui juſqu'à préſent
n'avoit pas été apperçu des Navigateurs . On conjecture
qu'il a été formé par les effets du dernier
tremblement. Le vaiffeau de guerre Anglois le
Briſtol, en allant au devant d'une flotte qui
de Turquie , a heurté contre cet écueil. Ce bâtiment
a été obligé de relâcher ici pour réparer le
dommage qu'il a fouffert.
revient
DE MALAGA , le 10 Décembre.
On fentit le 27 du mois dernier à Cordoue une
fecoufle affez forte. Il y en eut une ici le 29.
Pendant plufieurs jours on a remarqué une agitation
extraordinaire dans les eaux.
DE CEUTA , le 24 Novembre.
Nous avons éprouvé le même tremblement ,
dont les lettres de Portugal rapportent des effets
fi funcftes. Le premier de ce mois , à dix heures
dix minutes du matin , nous eûmes une fecouffe
qui dura environ trente fecondes . Elle fut fuivie
peu après de quelques autres plus légeres , dont
la durée fut de trois minutes. Les fept pointes
du fommet de la montagnedes Sept Freres ont
paru s'élever & s'abaiffer , foit que ce mouvement
ait été réel , foit que ce n'ait été qu'une apparence
occafionnée dans les yeux des Spectateurs
par le propre mouvement de leurs corps.
La mer monta de la hauteur de fept pieds , & un
quart-d'heure après elle baiffa tellement , qu'il
refta quantité de barques & de poiffons à fec fur
le fable. Ces flux & feflux fe fuccéderent alternativement
jufqu'au lendemain matin ; mais à
deux heures après-midi ils commencerent à diminuer
par dégrés . Le 3 , à fept heures du matin ,
214 MERCURE DE FRANCE.
nous effuyâmes une nouvelle fecouffe affez vi
ve , mais très-courte. Il y en eut une légere le
4 , à deux heures après-midi. Les , à huit heures
un quart du foir , nouvelle fecouffle plus forte
que les deux précédentes. On en a eu encore
quelques- unes depuis le 6 jufqu'au 16. Le 17 , à
dix heures & demie du matin , on en reffentit
une autre plus confidérable , accompagnée d'une
horrible tempête . Pendant les fecoufles du premier
de ce mois , les fontaines de cette ville &
du château ont ceffé de couler. Leurs eaux font
enfuite revenues avec autant de rapidité que d'abondance.
Les Maures qui bloquent cette ville , épouvantés
par le tremblement , s'étoient réfugiés
dans l'intérieur des terres. Ils font revenus dans
leur camp , depuis que leur premiere terreur eſt
diffipée.
On mande de Tanger , que de même qu'ici ,
pendant le tremblement les fontaines ont tari , &
qu'enfuite elles ont donné une grande abondance
d'eau rouge comme du fang ; que la mer fur
la côte voisine a monté de cinquante pieds , &
que fes eaux dans cette crue ont perdu prefque
toute leur amertume & toute leur falure.
DE BELEM , le 19 Décembre.
Les exemples de févérité étant néceffaires pour
réprimer les brigandages qui fe commettent journellement
dans ce Royaume , on a exécuté depuis
quinze jours plus de deux cens perfonnes
convaincues de différens délits . Quoique les tremblemens
de terre n'ayent pas entiérement ceffé ,
les & qu'il y ait eu encore le 11 une fecouffe ,
habitans de Lifbonne commencent à ſe remettre
เอา
Les
OL
D
C
FEVRIER. 1756. 215
T
de leur épouvante. Ils font occupés à chercher
dans les ruines de cette malheureufe ville ceux
de leurs effets , qui ont échappé à la voracité des
Hammes , & à l'avidité des voleurs . Il regne quantité
de maladies cauſées par la rigueur de la faifon,
& par les autres incommodités auxquelles
les riches comme les pauvres , ont été exposés
dans le défaftre général. Sa Majesté ne s'eft point
encore expliquée , & elle feroit rebâtir Lisbonne ,
ou fi elle fonderoit iei une nouvelle ville .
DE COMPOSTELLE , le 22 Novemb.
Cette ville n'a pas été exemte du fléau , qui a
caufé en plufieurs endroits tant de ravage ; mais
elle en a peu fouffert. Celle de la Corogne a
efluyé des allarmes plus confidérables. Voici la
copie d'une lettre écrite de ce port. « Le trem-
» blement de terre du premier de ce mois s'eft
» fait fentir ici d'une façon très -violente . Il a du-
» ré cinq minutes. Tous les édifices en ont été
» ébranlés ; cependant il n'y en a eu aucun de
>> renverfé . La mier pendant les fecouffes s'enfla
» prodigieufement. En plufieurs endroits elle Ra-
» roiffoit bouillonner. A midi elle monta telle-
» ment , qu'on ne l'avoit jamais vue à une pa-
» reille hauteur. Depuis une heure jufqu'à une
» heure & demie , elle monta & baiffa fept fois,
> On devoit avoir la baffe mer à fix heures du
» foir , à fept heures & demie on ne l'avoit pas
encore. Peu après la mer baiffa un tiers de plus
que dans les plus vives eaux. La pleine mer paroiffant
devoir venir à proportion , l'on crai-
» gnit que la ville ne fût fubmergée Les flux &
>> reflux ne cefferent que fur les dix heures du ma-
» tin du jour fuivant , que l'oude reprit enfin fon
» affiette ordinaire .
216 MERCURE DE FRANCE .
DE CADIX , le 14 Décembre.
A quelque diſtance de ce port on a découvert
depuis peu un rocher , qui juſqu'à préſent
n'avoit pas été apperçu des Navigateurs . On conjecture
qu'il a été formé par les effets du dernier
tremblement. Le vaiffeau de guerre Anglois le
Briſtol, en allant au devant d'une flotte qui
de Turquie , a heurté contre cet écueil. Ce bâtiment
a été obligé de relâcher ici pour réparer le
dommage qu'il a fouffert.
revient
DE MALAGA , le 10 Décembre.
On fentit le 27 du mois dernier à Cordoue une
fecoufle affez forte. Il y en eut une ici le 29.
Pendant plufieurs jours on a remarqué une agitation
extraordinaire dans les eaux.
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le 1er novembre, Ceuta a été frappée par un tremblement de terre d'environ trente secondes, suivi de secousses plus légères durant trois minutes. Les habitants ont observé des mouvements dans les montagnes et une montée de la mer de sept pieds, suivie d'un reflux laissant des barques échouées. Ces flux et reflux se sont succédé jusqu'au lendemain matin, diminuant progressivement. Des secousses ont continué jusqu'au 17 novembre, accompagnées d'une tempête. Pendant les secousses, les fontaines de la ville ont cessé de couler avant de revenir avec abondance. Les Maures, qui bloquaient la ville, se sont réfugiés à l'intérieur des terres avant de revenir. À Tanger, les fontaines ont également tari puis ont produit de l'eau rouge. La mer a monté de cinquante pieds, perdant son amertume et sa salure. À Lisbonne, malgré les tremblements persistants, les habitants commencent à se remettre de leur épouvante et cherchent leurs effets parmi les ruines. De nombreuses maladies sévissent en raison du froid et des autres inconvénients. Le roi n'a pas encore décidé s'il reconstruira Lisbonne ou fondera une nouvelle ville. À Compostelle, la ville a peu souffert du séisme, contrairement à La Corogne où le tremblement a duré cinq minutes, ébranlant les édifices sans en renverser. La mer a monté et baissé de manière inhabituelle, causant des inquiétudes de submersion. À Cadix, un nouveau rocher a été découvert, probablement formé par le tremblement, endommageant un vaisseau anglais. À Malaga, une secousse a été ressentie le 29 novembre, accompagnée d'une agitation extraordinaire des eaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8991
p. 216-217
ITALIE.
Début :
Depuis trois semaines on a essuyé dans toute la partie méridionale de [...]
Mots clefs :
Naples, Rome, Milan, Orages violents, Découverte archéologique, Tremblement de terre, Dégâts, Incendie, Guerre Tunis - Alger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI
E.
DE NAPLES , le 6 Décembre.
Depuis trois ſemaines on a effuyé dans toute
la partie méridionale de l'Italie des orages auffi
fréquens que violens , qui ont caufe de grands
dommages , tant à la campagne que dans les villes
,& beaucoup de naufrages fur les côtes.
DE ROME , le 16 Décembre.
avec
En creufant la terre près d'Orte , on a trouvé
un chandelier de la hauteur d'un homme ,
un grand piedeſtal en forme de pupitre . Ce chandelier
eft d'un métal de compoſition. Sa Sainteté
a ordonné de fouiller dans l'endroit d'où l'on a
tiré cette antiquité , pour voir ſi l'on n'en découvrira
pas quelques autres,
DE
FEVRIER. 1756. 217
DE MILAN , le 26 Décembre.
1 2
Le tremblement de terre qu'on a fenti ici le
de ce mois , a été plus effrayant que celui du premier
Novembre. La bibliothéque Ambrofienne a
éprouvé de fi rudes fecouffes , qu'on l'a crue fur
le point d'être renversée. Les murs du Collége
de Breve ont été confidérablement ébranlés , & la
façade de la falle des exercices publics s'eft entr'-
ouverte.
Le feu a pris ici le 28 du mois dernier , &
tout le quartier de la porte du Tefin a été confumé
par les flammes. Diverfes lettres affurent
qu'il y a eu au Grand Caire un incendie encore
plus terrible. Que plus de fix mille maiſons ont
été brulées , & que la perte causée par cet embrafement
monte à vingt millions . Selon les nouvelles
des côtes de Barbarie , la guerre continue
vivement entre la Régence de Tunis & celle d'Alger.
La Régence de Tripoli s'eft jointe aux Tunifiens.
E.
DE NAPLES , le 6 Décembre.
Depuis trois ſemaines on a effuyé dans toute
la partie méridionale de l'Italie des orages auffi
fréquens que violens , qui ont caufe de grands
dommages , tant à la campagne que dans les villes
,& beaucoup de naufrages fur les côtes.
DE ROME , le 16 Décembre.
avec
En creufant la terre près d'Orte , on a trouvé
un chandelier de la hauteur d'un homme ,
un grand piedeſtal en forme de pupitre . Ce chandelier
eft d'un métal de compoſition. Sa Sainteté
a ordonné de fouiller dans l'endroit d'où l'on a
tiré cette antiquité , pour voir ſi l'on n'en découvrira
pas quelques autres,
DE
FEVRIER. 1756. 217
DE MILAN , le 26 Décembre.
1 2
Le tremblement de terre qu'on a fenti ici le
de ce mois , a été plus effrayant que celui du premier
Novembre. La bibliothéque Ambrofienne a
éprouvé de fi rudes fecouffes , qu'on l'a crue fur
le point d'être renversée. Les murs du Collége
de Breve ont été confidérablement ébranlés , & la
façade de la falle des exercices publics s'eft entr'-
ouverte.
Le feu a pris ici le 28 du mois dernier , &
tout le quartier de la porte du Tefin a été confumé
par les flammes. Diverfes lettres affurent
qu'il y a eu au Grand Caire un incendie encore
plus terrible. Que plus de fix mille maiſons ont
été brulées , & que la perte causée par cet embrafement
monte à vingt millions . Selon les nouvelles
des côtes de Barbarie , la guerre continue
vivement entre la Régence de Tunis & celle d'Alger.
La Régence de Tripoli s'eft jointe aux Tunifiens.
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Résumé : ITALIE.
En décembre 1755, l'Italie méridionale a subi des orages violents, provoquant des dommages dans les campagnes et les villes, ainsi que des naufrages sur les côtes. À Rome, une découverte archéologique a été réalisée près d'Orte, incluant un chandelier et un piédestal en métal. Le pape a ordonné des fouilles supplémentaires. À Milan, un tremblement de terre le 26 décembre a endommagé la bibliothèque Ambrosienne et le Collège de Brève, tandis qu'un incendie a ravagé le quartier de la porte du Tessin. Par ailleurs, un incendie au Grand Caire a détruit plus de six mille maisons, causant une perte estimée à vingt millions. Des combats intenses se poursuivaient entre les régences de Tunis, Alger et Tripoli sur les côtes de Barbarie.
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8992
p. 217-219
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
On a reçu avis qu'il y avoit eu à la Barbade, [...]
Mots clefs :
Londres, Comté de Hereford, Tremblement de terre, Dégâts, Colonies américaines, Soulèvement des amérindiens, Troubles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 15 Janvier.
On a reçu avis qu'il y avoit eu à la Barbade ;
à Antigoa , & dans la plupart des autres Illes fous
le Vent , une agitation dans les eaux , ſemblable
à celle qu'on a remarqué , en divers endroits de
l'Europe.
On écrit du village de Glonfow , près de la
Wye dans le Comté de Hereford , qu'on y a été
fort allarmé le 18 du mois dernier par une violente
fecouffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit fouterrein affreux , Environ à
cinq cens pas de ce village , un terrein de près
K
218 MERCURE DE FRANCE.
de deux arpens s'eft abîmé. Selon les lettres de la
nouvelle Angleterre , cette province n'a pas été
exemte du fléau qui a caufé tant de ravage en
Europe & en Afrique. Le 18 Novembre , la ville
de Bofton a fouffert plufieurs fecouffes , & il y eft
tombé un grand nombre de cheminées & de toits
de maifons . Pendant ce tremblement , les eaux
partout font montées fubitement de vingt pieds.
Le 6 Janvier , on expédia fept couriers
pour différentes Cours. Il s'eft tenu ces jours- ci
plufieurs Confeils . Le Gouvernement a reçu de la
Virginie , & de la nouvelle Ecoffe des dépêches
qui ont été tenues fecretes , ce qui fait juger
qu'elles ne font pas favorables. Quelques lettres
écrites de ces Colonies à digers particuliers , af
furent que les Sauvages y ont fait de grands ravages.
On a été inftruit par les mêmes avis , que
le 18 du mois de Novembre il y avoit eu de fortes
fecouffes de tremblement de terre à Philadelphie
& à la nouvelle York , ainsi qu'en d'autres
endroits de la côte de l'Amérique Septentrionale,
mais qu'elles n'avoient caufé aucun dommage
notable . Ces lettres confirment que les opérations
militaires des Généraux Johnſon & Shirley
font abfolument fufpendues. Depuis quelques
jours on a commencé la vente des marchandifes
fujettes à dépériffement , qui font à bord des
vaiffeaux pris fur les François. Elle fe fait en préfence
des principales perfonnes des équipages
de chaque bâtiment. On fait prendre aux Capitaines
un duplicata de la note des marchandifes ,
& du prix qu'elles font vendues . I eft décidé
que chaque Régiment de Dragons aura défor
mais un Efcadron de Huffards. Chaque Compagnie
des trois Régimens des Gardes à pied doit
être portée de foixante- dix hommes à quatrevingt-
dix.
FEVRIE R. 1756. 219
Les derniers avis qu'on a reçus de nos Colonies
ne font pas plus favorables que les précédens.
On parle de faire paffer quelques troupes
à la Virginie , & l'on affure que le Roi a envoyé
ordre de lever plufieurs nouveaux Régimens
dans l'Amérique Septentrionale.
DE LONDRES , le 15 Janvier.
On a reçu avis qu'il y avoit eu à la Barbade ;
à Antigoa , & dans la plupart des autres Illes fous
le Vent , une agitation dans les eaux , ſemblable
à celle qu'on a remarqué , en divers endroits de
l'Europe.
On écrit du village de Glonfow , près de la
Wye dans le Comté de Hereford , qu'on y a été
fort allarmé le 18 du mois dernier par une violente
fecouffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit fouterrein affreux , Environ à
cinq cens pas de ce village , un terrein de près
K
218 MERCURE DE FRANCE.
de deux arpens s'eft abîmé. Selon les lettres de la
nouvelle Angleterre , cette province n'a pas été
exemte du fléau qui a caufé tant de ravage en
Europe & en Afrique. Le 18 Novembre , la ville
de Bofton a fouffert plufieurs fecouffes , & il y eft
tombé un grand nombre de cheminées & de toits
de maifons . Pendant ce tremblement , les eaux
partout font montées fubitement de vingt pieds.
Le 6 Janvier , on expédia fept couriers
pour différentes Cours. Il s'eft tenu ces jours- ci
plufieurs Confeils . Le Gouvernement a reçu de la
Virginie , & de la nouvelle Ecoffe des dépêches
qui ont été tenues fecretes , ce qui fait juger
qu'elles ne font pas favorables. Quelques lettres
écrites de ces Colonies à digers particuliers , af
furent que les Sauvages y ont fait de grands ravages.
On a été inftruit par les mêmes avis , que
le 18 du mois de Novembre il y avoit eu de fortes
fecouffes de tremblement de terre à Philadelphie
& à la nouvelle York , ainsi qu'en d'autres
endroits de la côte de l'Amérique Septentrionale,
mais qu'elles n'avoient caufé aucun dommage
notable . Ces lettres confirment que les opérations
militaires des Généraux Johnſon & Shirley
font abfolument fufpendues. Depuis quelques
jours on a commencé la vente des marchandifes
fujettes à dépériffement , qui font à bord des
vaiffeaux pris fur les François. Elle fe fait en préfence
des principales perfonnes des équipages
de chaque bâtiment. On fait prendre aux Capitaines
un duplicata de la note des marchandifes ,
& du prix qu'elles font vendues . I eft décidé
que chaque Régiment de Dragons aura défor
mais un Efcadron de Huffards. Chaque Compagnie
des trois Régimens des Gardes à pied doit
être portée de foixante- dix hommes à quatrevingt-
dix.
FEVRIE R. 1756. 219
Les derniers avis qu'on a reçus de nos Colonies
ne font pas plus favorables que les précédens.
On parle de faire paffer quelques troupes
à la Virginie , & l'on affure que le Roi a envoyé
ordre de lever plufieurs nouveaux Régimens
dans l'Amérique Septentrionale.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En janvier 1756, des phénomènes naturels et des troubles ont été observés en Grande-Bretagne et dans ses colonies. Des agitations dans les eaux ont été notées à la Barbade, Antigua et d'autres îles des Caraïbes, ainsi qu'en Europe. Le 18 décembre, un violent tremblement de terre a frappé Glonfow, près de la Wye, causant l'effondrement d'un terrain. En Nouvelle-Angleterre, Boston a subi plusieurs secousses le 18 novembre, entraînant la chute de cheminées et de toits, ainsi qu'une montée subite des eaux. Des dépêches secrètes de Virginie et de Nouvelle-Écosse signalent des raids de Sauvages causant des ravages. Des tremblements de terre ont également été signalés à Philadelphie, New York et d'autres lieux de la côte américaine, sans dommages notables. Les opérations militaires des généraux Johnson et Shirley sont suspendues. La vente des marchandises saisies sur des vaisseaux français a commencé, avec des procédures spécifiques pour les capitaines. Chaque régiment de dragons recevra un escadron de hussards, et les compagnies des trois régiments des Gardes à pied passeront de soixante-dix à quatre-vingt-dix hommes. Les dernières nouvelles des colonies restent défavorables, avec des plans de déploiement de troupes en Virginie et de levée de nouveaux régiments en Amérique du Nord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8993
p. 219-222
LETTRE à l'Auteur du Mercure, par M. l'Abbé Moreilhon, Prêtre, Docteur en Théologie, Curé de Portet, Jurvielle, & Pobeau, Diocèse de Commenges.
Début :
Un étrange phénomene, Monsieur, a répandu l'effroi dans ce coin de l'Univers. [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Jurvielle, Eau rouge, Prodige, Fontaines, Couleur de l'eau, Phénomène mystérieux
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure, par M. l'Abbé Moreilhon, Prêtre, Docteur en Théologie, Curé de Portet, Jurvielle, & Pobeau, Diocèse de Commenges.
LETTRE à l'Auteur du Mercure , par M.
l'Abbé Moreilhon , Prêtre , Docteur en
Théologie , Curé de Portet , Jurvielle , &
Pobean , Diocèfe de Commenges.
UN étrange phénomene , Monfieut , a répandu
l'effroi dans ce coin de l'Univers. Il pourra
mériter l'attention du Public , fi vous daignez
P'expofer à fes yeux dans un de vos recueils périodiques.
Le premier de ce mois , un vieux Paſteur con
duifit fes moutons dans la prairie de Jurvielle.
C'est un petit Bourg fitué à l'extrêmité de la vallée
de Larbouft , dans la Généralité d'Auch ,
tout au pied des Pyrenées. Vers les onze heures
du matin , ce Berger s'aflit auprès d'une fontaine
où il avoit accoutumé de faire fes champêtres repas.
Il avoit déja bu de cette eau pure dans le
creux de fa main , lorfqu'il vit tout- à -coup fa
Cource fe troubler , au point qu'il la crut changée
en fots de fang.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Effrayé du fpectacle il fuit d'un lieu qui avoit
fait jufqu'alors fes plus cheres délices ; mais à
peine a -t'il fait quelque pas , que le ruiffeau qui
ferpente dans le vallon , lui préfente un femblable
prodige. Il appelle d'autres Paſteurs. Des
cris mêlés de gémiflemens fe font entendre au
loin . Un peuple nombreux accourt au bord du
Ruiffeau. On crie de plus en plus au miracle. La
crainte redouble à chaque inftant , & l'allarme
vint me troubler dans les fonctions du faint miniftere
dont j'étois occupé.
Je voulois me convaincre par moi - même du
fujet de la terreur publique. J'allai fur les lieux
& je vis qu'on ne m'en avoit point impofé. Les
caux du ruiffeau étoient d'une couleur parfaitement
reffemblante à celle d'un fang livide . Je
remontai à la fource , & par la verification exacte
que j'en fis , je trouvai le long du vallon quatre
fontaines qui avoient fouffert le même changement.
Non feulement le cryſtal de leurs eaux ne
préfentoit plus fa tranfparence ordinaire , mais
leur goût & leur odeur étoient aufli changée ;
& dans le courant cette liqueur dépofoit une efpece
de limon , tel que le mar du caffé au
clair.
Ce n'eft pas tout. L'émotion populaire me
rendit témoin d'un autre prodige ; tandis que
les quatre fources dont j'ai parlé , avoient pris
une couleur rouge en coulant. de l'Ouestau Sud,
ily en a deux du côté de ce même vallon , dont
les eaux étoient blanches , comme fi l'on y avoir'
détrempé du plâtre. Je continuai mes obferva-"
tions vis- à- vis de ces fontaines qui coulent duNord
at Sud. Après les avoir examinées je trouvai que
cette cau fentoit la vafe , & que les parties craffes
qu'elle entraînoit , étoient de la véritable argille ,
FEVRIER. 1756. 221
Je m'informai fi l'on n'avoit jamais vu un pareil
changement dans ces fontaines , & des perfonnes
âgées de quatre-vingts ans me certifierent qu'elles
n'avoient point vu , ni même oui dire , que
la diverfité des faifons eût produit dans ces fources
la moindre altération. Le tems étoit affez ferein
, & mes foins ne me mirent point à même
de foupçonner quelque caufe extérieure qui eût
trait à cet événement .
Pendant environ fix heures , le changement de
couleur dans ces différentes fontaines fut toujours
au même dégré , fans qu'il furvînt aucune altération
dans plus de vingt fources qui fe trouvent
au-deffus , au- deffous , & à côté , dans l'efpace
d'environ demi - quart de lieue que, contient le
vallon de Jurvielle. Dans la nuit , le prodige diminua
, & vers les huit heures du lendemain matin
les fontaines furent parfaitement rétablies dans
leur étát naturel.
J'avois auguré qu'un tremblement de terre ou
des feux fouterreins avoient pu occafionner le
prétendu miracle. Mes conjectures fe font , à mon
avis , trouvées plus vraisemblables , lorfque les
nouvelles publiques ont annoncé les ravages arrivés
par le tremblement de terre qui a eu lieu
le même jour , premier Novembre à Sévile , à
Cadix, à Salamanque, à Ségovie, à Carthagene, à
Valence , à Bilbao , & furtout à Liſbonne.
Mais comment les fecouffes de la terre ébranlée
à l'embouchure du Tage & du Guadalquivir ,
ont- elles pu troubler des fontaines fituées à quatre
cens lieues de diftance ? Quand le tremblement
de terre auroit été encore plus violent &
plus étendu dans les provinces voifines du détroit
de Gibraltar , fe feroit-il communiqué jufqu'à
P'extrémité de la Gafcogne : Les Pyrenées ne font
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
ils pas une barriere fuffifante pour y mettre obf
tacle ? La communication a - t'elle pu fe faire
dans deux heures de tems, puifque le tremblement
a commencé dans Lifbonne à neuf heures, & qu'ici
les fources ont changé de couleur à onze heures
du matin D'où vient la teinture rouge des quatre
fontaines , & la couleur blanche des deux autres
fources dont j'ai parlé , fi les feux fouterreins,
la crue de la mer , ou l'ébranlement de la terre en
font la véritable cauſe D'où vient que les fontaines
voisines font demeurées dans leur état naturel ?
Ne pourroit-on pas dire , en adoptant l'opinion
commune , fur l'origine des fontaines , que celles-
ci tirent leur fource d'un grand refervoir , où
il s'eft fait quelque éboulement qui a communiqué
à l'eau la différente couleur , felon la différente
qualité du terrein ? Les fonctions rédoutables
dont je fuis furchargé , me rendent depuis
long tems étranger à la Philofophie. Je n'ai donc
garde de prévenir le jugement des Sçavans fur
les queftions propofées. Je me fuis borné à conftater
les faits avec exactitude , & je me contente
de les expofer avec fimplicité .
*
4
J'ai l'honneur d'être , &c.
Ce 20 Novembre 1755.
l'Abbé Moreilhon , Prêtre , Docteur en
Théologie , Curé de Portet , Jurvielle , &
Pobean , Diocèfe de Commenges.
UN étrange phénomene , Monfieut , a répandu
l'effroi dans ce coin de l'Univers. Il pourra
mériter l'attention du Public , fi vous daignez
P'expofer à fes yeux dans un de vos recueils périodiques.
Le premier de ce mois , un vieux Paſteur con
duifit fes moutons dans la prairie de Jurvielle.
C'est un petit Bourg fitué à l'extrêmité de la vallée
de Larbouft , dans la Généralité d'Auch ,
tout au pied des Pyrenées. Vers les onze heures
du matin , ce Berger s'aflit auprès d'une fontaine
où il avoit accoutumé de faire fes champêtres repas.
Il avoit déja bu de cette eau pure dans le
creux de fa main , lorfqu'il vit tout- à -coup fa
Cource fe troubler , au point qu'il la crut changée
en fots de fang.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Effrayé du fpectacle il fuit d'un lieu qui avoit
fait jufqu'alors fes plus cheres délices ; mais à
peine a -t'il fait quelque pas , que le ruiffeau qui
ferpente dans le vallon , lui préfente un femblable
prodige. Il appelle d'autres Paſteurs. Des
cris mêlés de gémiflemens fe font entendre au
loin . Un peuple nombreux accourt au bord du
Ruiffeau. On crie de plus en plus au miracle. La
crainte redouble à chaque inftant , & l'allarme
vint me troubler dans les fonctions du faint miniftere
dont j'étois occupé.
Je voulois me convaincre par moi - même du
fujet de la terreur publique. J'allai fur les lieux
& je vis qu'on ne m'en avoit point impofé. Les
caux du ruiffeau étoient d'une couleur parfaitement
reffemblante à celle d'un fang livide . Je
remontai à la fource , & par la verification exacte
que j'en fis , je trouvai le long du vallon quatre
fontaines qui avoient fouffert le même changement.
Non feulement le cryſtal de leurs eaux ne
préfentoit plus fa tranfparence ordinaire , mais
leur goût & leur odeur étoient aufli changée ;
& dans le courant cette liqueur dépofoit une efpece
de limon , tel que le mar du caffé au
clair.
Ce n'eft pas tout. L'émotion populaire me
rendit témoin d'un autre prodige ; tandis que
les quatre fources dont j'ai parlé , avoient pris
une couleur rouge en coulant. de l'Ouestau Sud,
ily en a deux du côté de ce même vallon , dont
les eaux étoient blanches , comme fi l'on y avoir'
détrempé du plâtre. Je continuai mes obferva-"
tions vis- à- vis de ces fontaines qui coulent duNord
at Sud. Après les avoir examinées je trouvai que
cette cau fentoit la vafe , & que les parties craffes
qu'elle entraînoit , étoient de la véritable argille ,
FEVRIER. 1756. 221
Je m'informai fi l'on n'avoit jamais vu un pareil
changement dans ces fontaines , & des perfonnes
âgées de quatre-vingts ans me certifierent qu'elles
n'avoient point vu , ni même oui dire , que
la diverfité des faifons eût produit dans ces fources
la moindre altération. Le tems étoit affez ferein
, & mes foins ne me mirent point à même
de foupçonner quelque caufe extérieure qui eût
trait à cet événement .
Pendant environ fix heures , le changement de
couleur dans ces différentes fontaines fut toujours
au même dégré , fans qu'il furvînt aucune altération
dans plus de vingt fources qui fe trouvent
au-deffus , au- deffous , & à côté , dans l'efpace
d'environ demi - quart de lieue que, contient le
vallon de Jurvielle. Dans la nuit , le prodige diminua
, & vers les huit heures du lendemain matin
les fontaines furent parfaitement rétablies dans
leur étát naturel.
J'avois auguré qu'un tremblement de terre ou
des feux fouterreins avoient pu occafionner le
prétendu miracle. Mes conjectures fe font , à mon
avis , trouvées plus vraisemblables , lorfque les
nouvelles publiques ont annoncé les ravages arrivés
par le tremblement de terre qui a eu lieu
le même jour , premier Novembre à Sévile , à
Cadix, à Salamanque, à Ségovie, à Carthagene, à
Valence , à Bilbao , & furtout à Liſbonne.
Mais comment les fecouffes de la terre ébranlée
à l'embouchure du Tage & du Guadalquivir ,
ont- elles pu troubler des fontaines fituées à quatre
cens lieues de diftance ? Quand le tremblement
de terre auroit été encore plus violent &
plus étendu dans les provinces voifines du détroit
de Gibraltar , fe feroit-il communiqué jufqu'à
P'extrémité de la Gafcogne : Les Pyrenées ne font
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
ils pas une barriere fuffifante pour y mettre obf
tacle ? La communication a - t'elle pu fe faire
dans deux heures de tems, puifque le tremblement
a commencé dans Lifbonne à neuf heures, & qu'ici
les fources ont changé de couleur à onze heures
du matin D'où vient la teinture rouge des quatre
fontaines , & la couleur blanche des deux autres
fources dont j'ai parlé , fi les feux fouterreins,
la crue de la mer , ou l'ébranlement de la terre en
font la véritable cauſe D'où vient que les fontaines
voisines font demeurées dans leur état naturel ?
Ne pourroit-on pas dire , en adoptant l'opinion
commune , fur l'origine des fontaines , que celles-
ci tirent leur fource d'un grand refervoir , où
il s'eft fait quelque éboulement qui a communiqué
à l'eau la différente couleur , felon la différente
qualité du terrein ? Les fonctions rédoutables
dont je fuis furchargé , me rendent depuis
long tems étranger à la Philofophie. Je n'ai donc
garde de prévenir le jugement des Sçavans fur
les queftions propofées. Je me fuis borné à conftater
les faits avec exactitude , & je me contente
de les expofer avec fimplicité .
*
4
J'ai l'honneur d'être , &c.
Ce 20 Novembre 1755.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure, par M. l'Abbé Moreilhon, Prêtre, Docteur en Théologie, Curé de Portet, Jurvielle, & Pobeau, Diocèse de Commenges.
Le 1er novembre 1755, un événement inhabituel s'est produit à Jurvielle, un petit bourg situé à l'extrémité de la vallée de Larbouf, près des Pyrénées. Vers onze heures du matin, un berger a observé que l'eau de la fontaine où il se trouvait avait subitement changé d'apparence, devenant semblable à des flots de sang. Ce phénomène s'est également manifesté dans le ruisseau voisin, provoquant l'effroi des habitants. L'abbé Moreilhon, curé de Portet, Jurvielle et Pobean, s'est rendu sur place et a constaté que quatre fontaines du vallon avaient changé de couleur. Certaines prenaient une teinte rouge, tandis que d'autres devenaient blanches. L'eau avait également un goût et une odeur altérés, et déposait un limon semblable à celui du marc de café. Ce phénomène a duré environ six heures avant de disparaître complètement le lendemain matin. L'abbé Moreilhon a émis plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène. Il a d'abord envisagé un tremblement de terre ou des feux souterrains, mais les distances et les délais rendaient cette explication improbable. Il a ensuite suggéré que les fontaines pourraient tirer leur eau d'un réservoir souterrain où un éboulement aurait modifié la couleur de l'eau. L'abbé Moreilhon s'est limité à constater les faits avec exactitude et les a exposés simplement, sans interprétation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8994
p. 222-233
« Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...] »
Début :
Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...]
Mots clefs :
Roi, Bataillons, Protection des frontières, Sa Majesté britannique, Différends, Colonies américaines, Apaisement, Naissance du Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...] »
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint -Efprit , tous en Manteau de
deuil , s'étant affemblés le a de Janvier , vers les
dix heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa
Majefté fortit de fon appartement pour aller à la
Chapelle. Le Roi , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs Maffes , étoit en
Manteau violet ,le Collier de l'Ordre par- deffus ,
ainfi que celui de l'Ordre de la Toifon d'Or. Sa
FEVRI E R. 1756. 223
Majefté étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, du Duc d'Orléans , du Prince de Condé ,
du Comte de Clermont , du Prince de Conty , du
Comte de la Marche , du Comte d'Eu , du Duc
de Penthiévre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre . Elle affifta à la Meffe de
Requiem , que l'Archevêque de Narbonne , Prélat
Commandeur de l'Ordre du Saint - Esprit , célébra
pour le repos des ames des Chevaliers morts pendant
le cours de l'année derniere. Enfuite Sa Ma
jefté fut reconduite à fon appartement , ains
qu'Elle étoit venue à la Chapelle.
Le 3 , les Députés des Etats de Bretagne eurent
audience du Roi . Ils furent préfentés à Sa Majesté
par M. le Duc de Penthievre , Gouverneur de la
Province , & par M. le Comte de Saint Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par M.
le Marquis de Dreux , Grand Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée pour le Cler.
gé , de M. l'Evêque de Nantes qui porta la parole ;
de M. le Comte de Polignac pour la Nobleffe , &
de M. Marion , Député du Commerce de Saint-
Malo , pour le Tiers- Etat.
Le 4, Madame la Marquife de Broglie fur
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
M. de Machault , Garde des Sceaux de France ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de la Marine , préſenta le même jour au Roi M. le
Chevalier de Tourville , Officier des Vaiffeaux de
Sa Majesté.
Les Officiers Généraux qui feront employés
fur les côtes de l'Océan , depuis Dunkerque jufqu'à
la frontiere d'Efpagne , fous les ordres de M.
le Maréchal Duc de Belle-Ifle , font :
LIEUTENANS-GENERAUX , Meffieurs , le Mar
quis de Clermont Gallerande , fur les côtes de
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Saintonge , Païs d'Aunis & Poitou . Le Comte
d'Eftrées & le Duc d'Harcourt , côtes de Normandie
& du Gouvernement du Havre . Le Prince de
Soubize , côtes de Flandre. Le Duc de Chaulnes ,
côtes de Picardie & Calaifis. M. de Crémille , le
Marquis d'Hérouville , côtes de Guyenne , de
Bayonne & du Païs de Labour. Le Comte de Saint
Germain , côtes de Flandre.
t.
MARECHAUX DE CAMP . MM . le Duc d'Aiguillon
, côtes de Bretagne . Du Barail , côtes de
Flandre. Le Marquis de Dreux , côtes de Saintonge
, Païs d'Aunis & Poitou, Le Marquis de Puyfegur
, côtes de Normandie & du Gouvernement
du Havre. Le Marquis de Voyer , M. Lally , dans
le Boulonnois. Le Marquis de Narbonne , côtes
de Guyenne , de Bayonne & du Pais de Labour.
Le Marquis de Curfay , côtes de Bretagne. Le
Comte de Raymond , côtes de Normandie & du
Gouvernement du Havre .
T
Le Maréchal Duc de Richelieu , à qui le Roi a
donné le commandement général des côtes de la
Méditerranée depuis la frontiere d'Eſpagne jufqu'au
Var , aura fous fes ordres trois Lieutenans-
Généraux, & deux Maréchaux de Camp .
LIEUTENANS- GENERAUX employés fous les ordres
de ce Maréchal. Le Duc de Mirepoix , fur les côtes
de Languedoc. Le Comte de Graville , côtes
de Rouffillon . Le Marquis de Maillebois , côtes
de Provence.
MARECHAUX DE CAMP qui ferviront fous les
mêmes ordres. Le Comte de Moncan , côtes de
Languedoc. Le Comte de Lannion , côtes de Provence
.
On a annoncé l'année derniere , que l'Académie
de Pau avoit propofé pour le Sujet du Prix
qu'elle doit diftribuer en 1756 , L'utilité des déFEVRIER.
1756. 225
44
couvertesfaites dans les Sciences fous le Regne de
Louis XV. Une des Pieces de Poélies qui ont été
envoyées à cette Académie , a été adreffée par la
Pofte à l'Abbé de Sorberio , ci - devant Secrétaire
de la Compagnie , & on lit au bas cette Sentence ,
Eft aliquidfub Sole novum. L'Auteur n'a pas joine
à fon Poëme le billet cacheté qui devoit contenir
fon nom , & fur lequel devoit être répetée la
Sentence ci- deſſus mentionnée. Il eft averti qu'il
ne peut entrer en concours s'il ne répare cette
omiffion , en envoyant une autre copie de fon
ouvrage , accompagnée d'un Billet dans lequel i
obferve les deux formalités dont on vient de parler.
On a appris que le 21 du mois dernier il y avoit
eu un nouveau tremblement de terre à Lisbonne.
Plufieurs des maifons qui n'avoient été qu'ébranlées
, ont été détruites . Leur chûte a fait périt
encore plus de trois cens perfonnes. Nouvelle
incertaine .
Sur la démiſſion volontaire'de M. le Duc de
Bethune en faveur de M. le Duc de Charoft fon
petit- fils , le Roi a accordé à ce dernier la Lieurtenance
- Générale de Picardie & du Boulonnois ,
ainfi que le Gouvernement des Ville & Citadelle
de Calais.
On apprend de Luneville , que le Roi ayant
nommé Commandeur Honoraire de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint Louis M. de Baye , Brigadier
de Cavalerie , Commandant les deux Compagnies
des Cadets Gentilshommes du Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , Sa Majefté Polonoife
a fait l'honneur à cet Officier , de le revêtir lui-
-même du grand Cordon rouge.
La nuit du 26 au 27 de Décembre , on fentit
à Rocroy deux legeres fecouffes de tremblement
de terre , la premiere à onze heures cin-
K v
226 MERCURE DE FRANCE.
quante-fix minutes , la feconde à minuit douze
minutes . Elles s'annoncerent par un bruit fourd
de peu de durée , & le Ciel , au rapport des fentinelles
qui étoient pour lors en faction , parut tour
en feu.
M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département des Affaires Etrangeres , écrivit
le 21 du même mois à Monfieur Fox , Secrétaire
d'Etat du Roi d'Angleterre , la Lettre fuivante.
·
Monfieur , c'est par ordre du Roi mon Maître ,
que j'ai l'honneur d'envoyer à votre Excellence le
Mémoire que je joins ici , &c.
« Il n'a pas tenu au Roi que les différends concernant
l'Amérique n'ayent été terminés par les
» voies de la conciliation , & Sa Majesté eft en
» état de le démontrer à l'Univers entier par des
preuves authentiques.
Le Roi , toujours animé du défir le plus fin-
» cere de maintenir le repos public & la plus parfaite
intelligence avec Sa Majefté Britannique
» a fuivi avec la bonne foi & la confiance la plus
entiere la négociation relative à cet objet.
» Les affurances que le Roi de la Grande Bre-
» tagne & fes Miniftres renouvelloient fans ceffe
» de vive voix & par écrit , étoient fi formelles
» & fi préciſes fur les difpofitions pacifiques de Sa
Majefté Britannique , que le Roi fe feroit re-
» proché le moindre doute fur la droiture des in-
» tentions de la Cour de Londres .
» Il n'eft guere poflible de concevoir com-
» ment ces affurances pouvoient fe concilier avec
ples ordres offenfifs , donnés en Novembre 1754
au Général Braddock , & au mois d'Avril 1755à
» P'Amiral Bofſcawen.
» L'attaque au mois de Juillet dernier , & la
prife de deux vaiffeaux du Roi en pleine mer &
7 FEVRIER. 1756. 227
D fans déclaration de guerre , étoient une infulte
publique au pavillon de Sa Majefté ; & elle auroit
témoigné fur le champ tout le jufte reffen-
» tinient que lui infpiroit une entrepriſe fi irrégu
liere & fi violente , fi elle avoit pu croire que
» P'Amiral Boscawen n'eût agi que par les ordres.
» de la Cour.
» Le même motif avoit d'abord fufpendu le
» jugement du Roi fur les pirateries que les vaiffeaux
de guerre Anglois exercent depuis plu
» fieurs mois contre la navigation & le commervce
des fujets de Sa Majefté , au mépris du droit
des gens , de la foi des traités , des ufages établis
parmi les nations policées , & des égards
» qu'elles fe doivent réciproquement.
Le Roi avoit lieu d'attendre des fentimens
de Sa Majefté Britannique , qu'à fon retour à
» Londres elle défavoueroit la conduite de fon
Amirauté & de fes Officiers de mer , & qu'elle
» donneroit à Sa Majefté une fatisfaction'
tionnée à l'injure & au dommage,
propor
» Mais le Roi voyant que le Roi d'Angleterre
» bien loin de punir les brigandages de la Marine
» Angloife , les encourage au contraire , en demandant
à fes Sujets de nouveaux fecours con
» tre la France , Sa Majesté manqueroit à ce qu'el
» le doit à fa propre gloire , à la dignité de ſa
» Couronne , & à la défenfe de fes peoples , fi
elle différoit plus long - tems d'exiger du Roi
» de la Grande Bretagne une réparation éclatante:
» de l'outrage fait au pavillon François , & des
dommages caufes aux Sujets du Roi,
Sa Majefté croit donc devoir s'adreffer direc
tement à Sa Majefté Britannique , & lui deman
der la rehitution prompte & entiere de tous les
» vaiffeaux Francois , tant de guerre que mar-
3Y
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
chands, qui, contre toutes les loix & contre tou
tes les bienséances , ont été pris par la Marine
» Angloife , & de tous les Officiers , Soldats , Ma-
» telots , Artillerie , Munitions , Marchandifes , &
genéralement de tout ce qui appartenoit à ces
>> vaiffeaux .
»
» Le Roi aimera toujours mieux devoir à l'équité
du Roi d'Angleterre qu'à tout autre moyen
»la fatisfaction que Sa Majeſté a droit de recla-
» mer & toutes les Puiffances verront fans dou
» te dans la démarche qu'elle s'eft déterminée à
» faire une nouvelle preuve bien ſenſible de cet
» amour conftant pour la paix , qui dirige fes
» confeils & fes réfolutions.
» Si Sa Majefté Britannique ordonne la refti-
» tution des vailleaux dont il s'agit , le Roi fera
» difpofé à entier en négociation fur les autres
fatisfactions qui lui font légitimement dues , &
» continuera de fe prêter , comme il a fait précé-
» demment à un accommodement équitable &
» folide fur les difcuffions qui concernent l'Amé
>> rique.
» Mais fi , contre toute efpérance , le Roi d'Angleterre
fe refufe à la réquifition que le Roi luí
» fait , Sa Majefté regardera će deni de jufticé
» comme la déclaration de guerre la plus authen-
» tique , & comme un deffein forme par la Cour
» de Londres , de troubler le repos de l'Europe .
M. Fox á fait à M. Rouillé la réponſe qui fuit
& qui eft datée de Whitehall , le 13 Janvier.
Monfieur , j'ai reçu le 3 de ce mois la lettre
dont votre Excellence m'a honoré , en date du zí
du mois paffé , avec le Mémoire dont elle étoit accompagnée
. Je n'ai pas tardé à les mettre devant
le Roi mon Maître, c'eft par fes ordres que j'ai
P'honneur d'informer votre Excellence que Sa Ma
FEVRIER. 1756. 229
jefté continue de fouhaiter la confervation de la
tranquillité publique ; mais quoique le Roi fe prê
tera volontiers à un accommodement équitable &
folide , Sa Majesté ne fçauroit accorder la deman
de qu'on fait de la reftitution prompte entiere
de tous les vaiffeaux François , & de tout ce qui y
appartenoit , comme une condition préliminaire à
toute négociation ; le Roi n'ayant rien fait dans
toutes fes démarches , que ce que les hoftilités com
mencées pas la France en tems de pleine paix ( dont
on a les preuves les plus authentiques ) , & ce que
Sa Majesté doit à fon honneur , à la défense des
droits & poffeffions de fa Couronne , & à la fureté
defes Royaumes, ont rendu jufte indifpenfable.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Le 18 M. le Duc de Charoft prêta ferment
entre les mains du Roi , pour la Lieutenance- Générale
de Picardie & du Boulonnais , & pour le
Gouvernement
des Ville & Citadelle de Calais .
Monfeigneur le Dauphin & Madame la Dauphine
vinrent le 19 de Janvier à Paris , pour rendre
à Dieu leurs folemnelles actions de graces , à
l'occafion de la naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence. Ce Prince & cette Princeffe arriverent
fur les trois heures & demie après- midi à
PEglife Métropolitaine , & furent reçus à la porte
de l'Eglife par l'Abbé de Saint- xupery , Doyen
du Chapitre , à la tête des Chanoines . Ayant été
conduits dans le Choeur , ils affifterent au Te
Deum , auquel le Doyen officia . En fortant , ils
firent leur priere à la Chapelle de la Vierge . De
1'Eglife Métropolitaine , Monfeigneur le Dau
phin & Madame Pa Dauphine fe rendirent à celle
de Sainte Geneviévé . L'Abbé , à la tête de fa Communauté
, les reçut à la porte de l'Eglife . Lorfque
ce Prince & cette Princeffe furent entrés dans le
230 MERCURE DE FRANCE.
Choeur , on célebra le Salut. La Châffe de Sainte
Géneviéve étoit découverte. Monfeigneur le Dauphin
& Madame la Dauphine , en arrivant à l'Eglife
Métropolitaine & à celle de Sainte Géneviéve
, ont trouvé une Compagnie des Gardes Françoifes
& une des Gardes Suiffes fous les armes . Le
foir , ce Prince & cette Princeffe retournerent à
Verfailles. Le peuple eft accouru partout en foule
fur leur paffage , & a témoigné par fes acclamations
la joie que lui caufoit leur préfence.
Sa Majesté voulant qu'il foit pourvu au remplacement
des Soldats , qui manquent dans les
Bataillons de Milice , & en même- tems à la levée
de l'augmentation qu'Elle a réfolu de faire dans
ces Bataillons , a ordonné ce qui fuit . ARTICLE I.
Les Bataillons de Milice , qui font actuellement
compofés de cinq cens hommes en dix Compa
gnies , feront portés à cinq cens quatre-vingt-dix
hommes chacun , formant le même nombre de
dix Compagnies , dont une de Grenadiers de cinquante
hommes , une de Grenadiers Poftiches de
foixante , & huit de Fufiliers de pareil nombre ;
les neuf Compagnies , tant de Grenadiers Poftiches
que de Fusiliers , devant être augmentées
chacune de dix hommes. ART. II. Entend Sa Majefté
, que , conformément aux ordres qu'Elle
donnés pour fufpendre la délivrance des congés
d'ancienneté aux Cavaliers , Dragons & Soldats
de fes troupes , il ne foit également délivré aucun
congé d'ancienneté aux Soldats de fes Bataillons
de Milice pendant la préfente année ; fe réſervant
de régler ceux qui devront être expédiés dans la
fuite. ART. III. Veut Sa Majefté , qu'il foit incel
famment procédé par le fieur Berryer , Lieutenant-
Général de Police de la Ville de Paris , &
par les Intendans des Provinces & Généralités di
FEVRIER. 1756. 271
A
Royaume , ou leurs Subdélégués , à la levée tant
des remplacemens qu'il y a à faire pour completer
le fonds actuel des Bataillons de Milice de
leurs Départemens , que des quatre -vingt- dix
hommes d'augmentation par Bataillon , enforte
qu'ils puiffent être affemblés auffi- tôt que Sa Majesté
le preferira .
L'honneur qu'a la Provence , de voir porter fon
nom au troifiéme petit - Fils de France , faifoit à la
Ville d'Aix une loi de célébrer la naiffance de ce
Prince , par des réjouiffances éclatantes. La Fêtefut
annoncée le 12 de Décembre par plufieurs
troupes de Trompettes , de Tambours & de Tambourins
qui parcoururent la Ville . Le 14 , on
chanta le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine.
Un Bucher fut allumé dans la Place des Prêcheurs.
Devant l'Hôtel du Gouvernement , dont la façade
étoit illuminée avec autant de goût que de magnificence
, s'élevoit un Arc de Triomphe , fous lequel
le Duc de Villars fir diftribuer des viandes au
peuple pendant quatre heures confécutives . Toute
la nuit , il coula des quatre angles du Buffet quatre
Fontaines de vin. Une Cavalcade d'environ deux
cens Citoyens , divifés en quatre Compagnies
différemment habillées , fe promena dans les principales
rues. Trois de ces Compagnies , l'une de
Mafques de divers caracteres , l'autre de Cavaliers
Turcs , la troifiéme vêtue d'un riche uniforme
militaire , précédoient un Char orné de dorures
& d'emblêmes , & rempli de Symphonistes. Au
fond de ce Char , on voyoit deux perfonnes ,
dont l'une repréſentoit la Provence tenant dans fes
bras un Enfant , & l'autre le Roi René , qui regardoit
cet enfant avec complaifance . La quatriéme
Compagnie , habillée à la Chinoife ,fuivait
le Char. Chaque Compagnieavoit fes laftrumens,
232 MERCURE DE FRANCE.
*
fes Etendards & fes Officiers ; & la bride du cheval
de chaque Cavalier étoit tenue par un Valet
mafqué , lequel portoit un flambeau. Quinze Bergeres
& autant de Bergers fe rendirent chez M. le
Duc de Villars en chantant l'événement qui
caufoit l'allégreffe publique , & en exprimant la
leur d'une maniere d'autant plus tonchante
qu'elle étoit plus naïve . Il y eut au Gouvernement
un fouper fomptueux , & l'on y fervit huit tables,
compofant enfemble deux cens cinquante couverts.
M. le Duc de Villars donna le lendemain dans
la Salle de l'Hôtel de Ville un Bal , pendant lequel
on diftribua des rafraîchiffemens de toute
efpece Le 21 , ce Seigneur a la tête des Confuls
& du Corps de Ville , affifta à la Meffe , que la
Ville fit chanter dans l'Eghte des Dominicains . A
Pentrée de la nuit , on tira dans la Place de l'Hô .
tul de Ville , un feu d'artifice qui dura trois quarts
d'heure. La face de cet Hôtel étoit illuminée en
lampions & en pots à feu. Toutes les perfonnes
de diftinction y fouperent. Cette Fête , dans laquelle
la Nobleffe & le peuple ont fait éclater à
l'envi leur zele & leur joie , fera mémorable particuliérement
pour les pauvres . La Ville en a habillé
& diverſement fecouru un très- grand nombre,
& M. le Duc de Villars a répandu fes largeſſes
fur tous ceux qui le font préfentés.
Pendant le cours de l'année derniere , il eft
mort à Paris vingt mille vingt- une perſonnes :
il s'y eft fait dix-neuf mille quatre cens douze
baptêmes , & quatre mille cinq cens un mariages;
& il y a eu quatre mille deux cens foixantetreize
Enfans Trouvés.
Le 22 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à quatorze cens livres : les Billets de la
premiere Loterie Royale , à huit cens vingt-cinq;
FEVRIER. 1756. 233
& ceux de la troifiéme Loterie , à fix cens dix- huit.
Ceux de la Seconde n'avoient point de prix fixe.
l'Ordre du Saint -Efprit , tous en Manteau de
deuil , s'étant affemblés le a de Janvier , vers les
dix heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa
Majefté fortit de fon appartement pour aller à la
Chapelle. Le Roi , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs Maffes , étoit en
Manteau violet ,le Collier de l'Ordre par- deffus ,
ainfi que celui de l'Ordre de la Toifon d'Or. Sa
FEVRI E R. 1756. 223
Majefté étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, du Duc d'Orléans , du Prince de Condé ,
du Comte de Clermont , du Prince de Conty , du
Comte de la Marche , du Comte d'Eu , du Duc
de Penthiévre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre . Elle affifta à la Meffe de
Requiem , que l'Archevêque de Narbonne , Prélat
Commandeur de l'Ordre du Saint - Esprit , célébra
pour le repos des ames des Chevaliers morts pendant
le cours de l'année derniere. Enfuite Sa Ma
jefté fut reconduite à fon appartement , ains
qu'Elle étoit venue à la Chapelle.
Le 3 , les Députés des Etats de Bretagne eurent
audience du Roi . Ils furent préfentés à Sa Majesté
par M. le Duc de Penthievre , Gouverneur de la
Province , & par M. le Comte de Saint Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par M.
le Marquis de Dreux , Grand Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée pour le Cler.
gé , de M. l'Evêque de Nantes qui porta la parole ;
de M. le Comte de Polignac pour la Nobleffe , &
de M. Marion , Député du Commerce de Saint-
Malo , pour le Tiers- Etat.
Le 4, Madame la Marquife de Broglie fur
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
M. de Machault , Garde des Sceaux de France ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de la Marine , préſenta le même jour au Roi M. le
Chevalier de Tourville , Officier des Vaiffeaux de
Sa Majesté.
Les Officiers Généraux qui feront employés
fur les côtes de l'Océan , depuis Dunkerque jufqu'à
la frontiere d'Efpagne , fous les ordres de M.
le Maréchal Duc de Belle-Ifle , font :
LIEUTENANS-GENERAUX , Meffieurs , le Mar
quis de Clermont Gallerande , fur les côtes de
Kiv
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Saintonge , Païs d'Aunis & Poitou . Le Comte
d'Eftrées & le Duc d'Harcourt , côtes de Normandie
& du Gouvernement du Havre . Le Prince de
Soubize , côtes de Flandre. Le Duc de Chaulnes ,
côtes de Picardie & Calaifis. M. de Crémille , le
Marquis d'Hérouville , côtes de Guyenne , de
Bayonne & du Païs de Labour. Le Comte de Saint
Germain , côtes de Flandre.
t.
MARECHAUX DE CAMP . MM . le Duc d'Aiguillon
, côtes de Bretagne . Du Barail , côtes de
Flandre. Le Marquis de Dreux , côtes de Saintonge
, Païs d'Aunis & Poitou, Le Marquis de Puyfegur
, côtes de Normandie & du Gouvernement
du Havre. Le Marquis de Voyer , M. Lally , dans
le Boulonnois. Le Marquis de Narbonne , côtes
de Guyenne , de Bayonne & du Pais de Labour.
Le Marquis de Curfay , côtes de Bretagne. Le
Comte de Raymond , côtes de Normandie & du
Gouvernement du Havre .
T
Le Maréchal Duc de Richelieu , à qui le Roi a
donné le commandement général des côtes de la
Méditerranée depuis la frontiere d'Eſpagne jufqu'au
Var , aura fous fes ordres trois Lieutenans-
Généraux, & deux Maréchaux de Camp .
LIEUTENANS- GENERAUX employés fous les ordres
de ce Maréchal. Le Duc de Mirepoix , fur les côtes
de Languedoc. Le Comte de Graville , côtes
de Rouffillon . Le Marquis de Maillebois , côtes
de Provence.
MARECHAUX DE CAMP qui ferviront fous les
mêmes ordres. Le Comte de Moncan , côtes de
Languedoc. Le Comte de Lannion , côtes de Provence
.
On a annoncé l'année derniere , que l'Académie
de Pau avoit propofé pour le Sujet du Prix
qu'elle doit diftribuer en 1756 , L'utilité des déFEVRIER.
1756. 225
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couvertesfaites dans les Sciences fous le Regne de
Louis XV. Une des Pieces de Poélies qui ont été
envoyées à cette Académie , a été adreffée par la
Pofte à l'Abbé de Sorberio , ci - devant Secrétaire
de la Compagnie , & on lit au bas cette Sentence ,
Eft aliquidfub Sole novum. L'Auteur n'a pas joine
à fon Poëme le billet cacheté qui devoit contenir
fon nom , & fur lequel devoit être répetée la
Sentence ci- deſſus mentionnée. Il eft averti qu'il
ne peut entrer en concours s'il ne répare cette
omiffion , en envoyant une autre copie de fon
ouvrage , accompagnée d'un Billet dans lequel i
obferve les deux formalités dont on vient de parler.
On a appris que le 21 du mois dernier il y avoit
eu un nouveau tremblement de terre à Lisbonne.
Plufieurs des maifons qui n'avoient été qu'ébranlées
, ont été détruites . Leur chûte a fait périt
encore plus de trois cens perfonnes. Nouvelle
incertaine .
Sur la démiſſion volontaire'de M. le Duc de
Bethune en faveur de M. le Duc de Charoft fon
petit- fils , le Roi a accordé à ce dernier la Lieurtenance
- Générale de Picardie & du Boulonnois ,
ainfi que le Gouvernement des Ville & Citadelle
de Calais.
On apprend de Luneville , que le Roi ayant
nommé Commandeur Honoraire de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint Louis M. de Baye , Brigadier
de Cavalerie , Commandant les deux Compagnies
des Cadets Gentilshommes du Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , Sa Majefté Polonoife
a fait l'honneur à cet Officier , de le revêtir lui-
-même du grand Cordon rouge.
La nuit du 26 au 27 de Décembre , on fentit
à Rocroy deux legeres fecouffes de tremblement
de terre , la premiere à onze heures cin-
K v
226 MERCURE DE FRANCE.
quante-fix minutes , la feconde à minuit douze
minutes . Elles s'annoncerent par un bruit fourd
de peu de durée , & le Ciel , au rapport des fentinelles
qui étoient pour lors en faction , parut tour
en feu.
M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département des Affaires Etrangeres , écrivit
le 21 du même mois à Monfieur Fox , Secrétaire
d'Etat du Roi d'Angleterre , la Lettre fuivante.
·
Monfieur , c'est par ordre du Roi mon Maître ,
que j'ai l'honneur d'envoyer à votre Excellence le
Mémoire que je joins ici , &c.
« Il n'a pas tenu au Roi que les différends concernant
l'Amérique n'ayent été terminés par les
» voies de la conciliation , & Sa Majesté eft en
» état de le démontrer à l'Univers entier par des
preuves authentiques.
Le Roi , toujours animé du défir le plus fin-
» cere de maintenir le repos public & la plus parfaite
intelligence avec Sa Majefté Britannique
» a fuivi avec la bonne foi & la confiance la plus
entiere la négociation relative à cet objet.
» Les affurances que le Roi de la Grande Bre-
» tagne & fes Miniftres renouvelloient fans ceffe
» de vive voix & par écrit , étoient fi formelles
» & fi préciſes fur les difpofitions pacifiques de Sa
Majefté Britannique , que le Roi fe feroit re-
» proché le moindre doute fur la droiture des in-
» tentions de la Cour de Londres .
» Il n'eft guere poflible de concevoir com-
» ment ces affurances pouvoient fe concilier avec
ples ordres offenfifs , donnés en Novembre 1754
au Général Braddock , & au mois d'Avril 1755à
» P'Amiral Bofſcawen.
» L'attaque au mois de Juillet dernier , & la
prife de deux vaiffeaux du Roi en pleine mer &
7 FEVRIER. 1756. 227
D fans déclaration de guerre , étoient une infulte
publique au pavillon de Sa Majefté ; & elle auroit
témoigné fur le champ tout le jufte reffen-
» tinient que lui infpiroit une entrepriſe fi irrégu
liere & fi violente , fi elle avoit pu croire que
» P'Amiral Boscawen n'eût agi que par les ordres.
» de la Cour.
» Le même motif avoit d'abord fufpendu le
» jugement du Roi fur les pirateries que les vaiffeaux
de guerre Anglois exercent depuis plu
» fieurs mois contre la navigation & le commervce
des fujets de Sa Majefté , au mépris du droit
des gens , de la foi des traités , des ufages établis
parmi les nations policées , & des égards
» qu'elles fe doivent réciproquement.
Le Roi avoit lieu d'attendre des fentimens
de Sa Majefté Britannique , qu'à fon retour à
» Londres elle défavoueroit la conduite de fon
Amirauté & de fes Officiers de mer , & qu'elle
» donneroit à Sa Majefté une fatisfaction'
tionnée à l'injure & au dommage,
propor
» Mais le Roi voyant que le Roi d'Angleterre
» bien loin de punir les brigandages de la Marine
» Angloife , les encourage au contraire , en demandant
à fes Sujets de nouveaux fecours con
» tre la France , Sa Majesté manqueroit à ce qu'el
» le doit à fa propre gloire , à la dignité de ſa
» Couronne , & à la défenfe de fes peoples , fi
elle différoit plus long - tems d'exiger du Roi
» de la Grande Bretagne une réparation éclatante:
» de l'outrage fait au pavillon François , & des
dommages caufes aux Sujets du Roi,
Sa Majefté croit donc devoir s'adreffer direc
tement à Sa Majefté Britannique , & lui deman
der la rehitution prompte & entiere de tous les
» vaiffeaux Francois , tant de guerre que mar-
3Y
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
chands, qui, contre toutes les loix & contre tou
tes les bienséances , ont été pris par la Marine
» Angloife , & de tous les Officiers , Soldats , Ma-
» telots , Artillerie , Munitions , Marchandifes , &
genéralement de tout ce qui appartenoit à ces
>> vaiffeaux .
»
» Le Roi aimera toujours mieux devoir à l'équité
du Roi d'Angleterre qu'à tout autre moyen
»la fatisfaction que Sa Majeſté a droit de recla-
» mer & toutes les Puiffances verront fans dou
» te dans la démarche qu'elle s'eft déterminée à
» faire une nouvelle preuve bien ſenſible de cet
» amour conftant pour la paix , qui dirige fes
» confeils & fes réfolutions.
» Si Sa Majefté Britannique ordonne la refti-
» tution des vailleaux dont il s'agit , le Roi fera
» difpofé à entier en négociation fur les autres
fatisfactions qui lui font légitimement dues , &
» continuera de fe prêter , comme il a fait précé-
» demment à un accommodement équitable &
» folide fur les difcuffions qui concernent l'Amé
>> rique.
» Mais fi , contre toute efpérance , le Roi d'Angleterre
fe refufe à la réquifition que le Roi luí
» fait , Sa Majefté regardera će deni de jufticé
» comme la déclaration de guerre la plus authen-
» tique , & comme un deffein forme par la Cour
» de Londres , de troubler le repos de l'Europe .
M. Fox á fait à M. Rouillé la réponſe qui fuit
& qui eft datée de Whitehall , le 13 Janvier.
Monfieur , j'ai reçu le 3 de ce mois la lettre
dont votre Excellence m'a honoré , en date du zí
du mois paffé , avec le Mémoire dont elle étoit accompagnée
. Je n'ai pas tardé à les mettre devant
le Roi mon Maître, c'eft par fes ordres que j'ai
P'honneur d'informer votre Excellence que Sa Ma
FEVRIER. 1756. 229
jefté continue de fouhaiter la confervation de la
tranquillité publique ; mais quoique le Roi fe prê
tera volontiers à un accommodement équitable &
folide , Sa Majesté ne fçauroit accorder la deman
de qu'on fait de la reftitution prompte entiere
de tous les vaiffeaux François , & de tout ce qui y
appartenoit , comme une condition préliminaire à
toute négociation ; le Roi n'ayant rien fait dans
toutes fes démarches , que ce que les hoftilités com
mencées pas la France en tems de pleine paix ( dont
on a les preuves les plus authentiques ) , & ce que
Sa Majesté doit à fon honneur , à la défense des
droits & poffeffions de fa Couronne , & à la fureté
defes Royaumes, ont rendu jufte indifpenfable.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Le 18 M. le Duc de Charoft prêta ferment
entre les mains du Roi , pour la Lieutenance- Générale
de Picardie & du Boulonnais , & pour le
Gouvernement
des Ville & Citadelle de Calais .
Monfeigneur le Dauphin & Madame la Dauphine
vinrent le 19 de Janvier à Paris , pour rendre
à Dieu leurs folemnelles actions de graces , à
l'occafion de la naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence. Ce Prince & cette Princeffe arriverent
fur les trois heures & demie après- midi à
PEglife Métropolitaine , & furent reçus à la porte
de l'Eglife par l'Abbé de Saint- xupery , Doyen
du Chapitre , à la tête des Chanoines . Ayant été
conduits dans le Choeur , ils affifterent au Te
Deum , auquel le Doyen officia . En fortant , ils
firent leur priere à la Chapelle de la Vierge . De
1'Eglife Métropolitaine , Monfeigneur le Dau
phin & Madame Pa Dauphine fe rendirent à celle
de Sainte Geneviévé . L'Abbé , à la tête de fa Communauté
, les reçut à la porte de l'Eglife . Lorfque
ce Prince & cette Princeffe furent entrés dans le
230 MERCURE DE FRANCE.
Choeur , on célebra le Salut. La Châffe de Sainte
Géneviéve étoit découverte. Monfeigneur le Dauphin
& Madame la Dauphine , en arrivant à l'Eglife
Métropolitaine & à celle de Sainte Géneviéve
, ont trouvé une Compagnie des Gardes Françoifes
& une des Gardes Suiffes fous les armes . Le
foir , ce Prince & cette Princeffe retournerent à
Verfailles. Le peuple eft accouru partout en foule
fur leur paffage , & a témoigné par fes acclamations
la joie que lui caufoit leur préfence.
Sa Majesté voulant qu'il foit pourvu au remplacement
des Soldats , qui manquent dans les
Bataillons de Milice , & en même- tems à la levée
de l'augmentation qu'Elle a réfolu de faire dans
ces Bataillons , a ordonné ce qui fuit . ARTICLE I.
Les Bataillons de Milice , qui font actuellement
compofés de cinq cens hommes en dix Compa
gnies , feront portés à cinq cens quatre-vingt-dix
hommes chacun , formant le même nombre de
dix Compagnies , dont une de Grenadiers de cinquante
hommes , une de Grenadiers Poftiches de
foixante , & huit de Fufiliers de pareil nombre ;
les neuf Compagnies , tant de Grenadiers Poftiches
que de Fusiliers , devant être augmentées
chacune de dix hommes. ART. II. Entend Sa Majefté
, que , conformément aux ordres qu'Elle
donnés pour fufpendre la délivrance des congés
d'ancienneté aux Cavaliers , Dragons & Soldats
de fes troupes , il ne foit également délivré aucun
congé d'ancienneté aux Soldats de fes Bataillons
de Milice pendant la préfente année ; fe réſervant
de régler ceux qui devront être expédiés dans la
fuite. ART. III. Veut Sa Majefté , qu'il foit incel
famment procédé par le fieur Berryer , Lieutenant-
Général de Police de la Ville de Paris , &
par les Intendans des Provinces & Généralités di
FEVRIER. 1756. 271
A
Royaume , ou leurs Subdélégués , à la levée tant
des remplacemens qu'il y a à faire pour completer
le fonds actuel des Bataillons de Milice de
leurs Départemens , que des quatre -vingt- dix
hommes d'augmentation par Bataillon , enforte
qu'ils puiffent être affemblés auffi- tôt que Sa Majesté
le preferira .
L'honneur qu'a la Provence , de voir porter fon
nom au troifiéme petit - Fils de France , faifoit à la
Ville d'Aix une loi de célébrer la naiffance de ce
Prince , par des réjouiffances éclatantes. La Fêtefut
annoncée le 12 de Décembre par plufieurs
troupes de Trompettes , de Tambours & de Tambourins
qui parcoururent la Ville . Le 14 , on
chanta le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine.
Un Bucher fut allumé dans la Place des Prêcheurs.
Devant l'Hôtel du Gouvernement , dont la façade
étoit illuminée avec autant de goût que de magnificence
, s'élevoit un Arc de Triomphe , fous lequel
le Duc de Villars fir diftribuer des viandes au
peuple pendant quatre heures confécutives . Toute
la nuit , il coula des quatre angles du Buffet quatre
Fontaines de vin. Une Cavalcade d'environ deux
cens Citoyens , divifés en quatre Compagnies
différemment habillées , fe promena dans les principales
rues. Trois de ces Compagnies , l'une de
Mafques de divers caracteres , l'autre de Cavaliers
Turcs , la troifiéme vêtue d'un riche uniforme
militaire , précédoient un Char orné de dorures
& d'emblêmes , & rempli de Symphonistes. Au
fond de ce Char , on voyoit deux perfonnes ,
dont l'une repréſentoit la Provence tenant dans fes
bras un Enfant , & l'autre le Roi René , qui regardoit
cet enfant avec complaifance . La quatriéme
Compagnie , habillée à la Chinoife ,fuivait
le Char. Chaque Compagnieavoit fes laftrumens,
232 MERCURE DE FRANCE.
*
fes Etendards & fes Officiers ; & la bride du cheval
de chaque Cavalier étoit tenue par un Valet
mafqué , lequel portoit un flambeau. Quinze Bergeres
& autant de Bergers fe rendirent chez M. le
Duc de Villars en chantant l'événement qui
caufoit l'allégreffe publique , & en exprimant la
leur d'une maniere d'autant plus tonchante
qu'elle étoit plus naïve . Il y eut au Gouvernement
un fouper fomptueux , & l'on y fervit huit tables,
compofant enfemble deux cens cinquante couverts.
M. le Duc de Villars donna le lendemain dans
la Salle de l'Hôtel de Ville un Bal , pendant lequel
on diftribua des rafraîchiffemens de toute
efpece Le 21 , ce Seigneur a la tête des Confuls
& du Corps de Ville , affifta à la Meffe , que la
Ville fit chanter dans l'Eghte des Dominicains . A
Pentrée de la nuit , on tira dans la Place de l'Hô .
tul de Ville , un feu d'artifice qui dura trois quarts
d'heure. La face de cet Hôtel étoit illuminée en
lampions & en pots à feu. Toutes les perfonnes
de diftinction y fouperent. Cette Fête , dans laquelle
la Nobleffe & le peuple ont fait éclater à
l'envi leur zele & leur joie , fera mémorable particuliérement
pour les pauvres . La Ville en a habillé
& diverſement fecouru un très- grand nombre,
& M. le Duc de Villars a répandu fes largeſſes
fur tous ceux qui le font préfentés.
Pendant le cours de l'année derniere , il eft
mort à Paris vingt mille vingt- une perſonnes :
il s'y eft fait dix-neuf mille quatre cens douze
baptêmes , & quatre mille cinq cens un mariages;
& il y a eu quatre mille deux cens foixantetreize
Enfans Trouvés.
Le 22 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à quatorze cens livres : les Billets de la
premiere Loterie Royale , à huit cens vingt-cinq;
FEVRIER. 1756. 233
& ceux de la troifiéme Loterie , à fix cens dix- huit.
Ceux de la Seconde n'avoient point de prix fixe.
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Résumé : « Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...] »
En janvier 1756, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent pour une messe de requiem en mémoire des membres décédés. Le roi, accompagné du Dauphin et divers princes, était vêtu d'un manteau violet et des colliers des ordres du Saint-Esprit et de la Toison d'Or. Le 3 janvier, les députés des États de Bretagne furent reçus par le roi, présentés par le duc de Penthièvre et le comte de Saint Florentin. Le 4 janvier, la marquise de Broglie fut présentée à la famille royale, et le chevalier de Tourville fut introduit au roi par Machault, Garde des Sceaux. Plusieurs officiers généraux furent nommés pour surveiller les côtes de l'Océan et de la Méditerranée sous les ordres du maréchal duc de Belle-Isle et du maréchal duc de Richelieu. L'Académie de Pau proposa un sujet pour le prix de poésie de 1756. Un nouveau tremblement de terre à Lisbonne causa davantage de victimes. Le duc de Charost reçut la lieutenance générale de Picardie et du Boulonnais et prêta serment pour sa nouvelle fonction. Le roi de Pologne honora un officier français, et des secousses sismiques furent ressenties à Rocroy. Le ministre Rouillé écrivit au secrétaire d'État britannique Fox concernant les différends en Amérique et les attaques navales. Fox répondit que le roi d'Angleterre ne pouvait accorder la restitution des vaisseaux français comme condition préliminaire à toute négociation. Le Dauphin et la Dauphine se rendirent à Paris pour des actions de grâce à l'occasion de la naissance du comte de Provence. Le roi ordonna l'augmentation du nombre de soldats dans les bataillons de milice. Le document mentionne également la composition des compagnies militaires, incluant une de Grenadiers de cinquante hommes, une de Grenadiers Postiches de soixante, et huit de Fusiliers de cinquante hommes. Les neuf compagnies de Grenadiers Postiches et de Fusiliers doivent être augmentées chacune de dix hommes. Les congés d'ancienneté pour les soldats des Bataillons de Milice sont suspendus pour l'année en cours. Des festivités furent organisées à Aix pour célébrer la naissance du troisième petit-fils de France. Ces réjouissances inclurent des annonces par des troupes de trompettes et tambours, un Te Deum chanté dans l'église métropolitaine, un bûcher allumé sur la Place des Prêcheurs, et un Arc de Triomphe devant l'Hôtel du Gouvernement. Des distributions de nourriture et de vin furent faites, et une cavalcade de citoyens parcourut les principales rues. La fête comprenait également des masques, des cavaliers turcs, et des uniformes militaires, ainsi qu'un char orné de dorures et d'emblèmes. Enfin, le texte fournit des statistiques sur les naissances, mariages, et décès à Paris au cours de l'année précédente, ainsi que les prix des actions de la Compagnie des Indes et des billets de loterie.
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8995
p. 233
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné à l'Abbaye Réguliere & Elective de Marback, Ordre [...]
Mots clefs :
Abbaye, Dom Hergott, Diocèse de Bayeux, Dame de Baneville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES DONNÉS.
Le Roi a donné l'Abbaye Réguliere & Elective
de Marback , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe
de Bafle , à Dom Hergott , Religieux de cette
Abbaye , & celle de Cordillon , Ordre de Saint
Benoît , Diocèfe de Bayeux , à la Dame de Banneville
, Religieufe dudit Ordre .
Le Roi a donné l'Abbaye Réguliere & Elective
de Marback , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe
de Bafle , à Dom Hergott , Religieux de cette
Abbaye , & celle de Cordillon , Ordre de Saint
Benoît , Diocèfe de Bayeux , à la Dame de Banneville
, Religieufe dudit Ordre .
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8996
p. 233-235
Mariage & Morts.
Début :
Messire N..... Marquis de Bréhant, Brigadier d'Infanterie, & Colonel du Régiment de [...]
Mots clefs :
Marquis de Bréhant, Mariage, Morts, Maison de Melun, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage & Morts.
Mariage & Morts.
M Effire N..... Marquis de Bréhant , Brigadier
d'Infanterie , & Colonel du Régiment de Picardie
, époufa le 17 Novembre au Château de
Bercy, Demoiselle N..... Tafchereau de Baudry
, fille de feu Meffire Gabriel - Talchereau de
Baudry , Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant
des Finances , mort le 22 Avril 1755. Le jour du
mariage le Régiment de Picardie donna à la Garnifon
de Valenciennes un fouper , qui fut fuivi
d'un bal auquel toute la Ville fut invitée.
Louis-Charles , Comte de la Mothe- Houdancourt
, Maréchal de France , Grand d'Espagne de
la premiere Claffe , Chevalier des Ordres du Roi ,
Chevalier d'honneur de la Reine &Gouverneur de
Gravelines , eft mort à Paris le 3 Novemb. âgé de
68 ans. Le Roi a difpofé de la charge de Chevalier
d'honneur de la Reine , vacante parfalnmort, en faveur
du Comte de Saulx-Tavannes , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
234 MERCURE DE FRANCE.
teau du Taureau en Baffe- Bretagne , & l'un des
Menins de Monfeigneur le Dauphin.
Le 27 Novembre , mourut dans fes terres de
Normandie , Louife- Elifabeth de Melun , Marquife
de Langheac ; elle avoit époufé en premieres
noces Alexandre - Théodofe , Comte de Melun,
Meftre de camp du régiment Royal , fon coufin
germain, mort en 1739 ; & en fecondes, Gilbert-
Allire , Marquis de Langheac : de ce mariage
elle laiffe trois filles ,& deux du premier , feu!
refte de la derniere branche de fon illuftre maifon
: ( 1 ) Charle- Alexandre-Albert de Melun , Vicomte
de Gand , grand pere de la Marquife
de Langheac , en étoit l'auteur. Il étoit fils puîné
de Guillaume de Melun , Prince d'Epinoi , &
d'Erneftine de Ligne-Aremberg , & avoit pour
frere 1°, Alexandre-Guillaume , Prince d'Epinoi ,
dont par la mort de fon petit-fils , Louis, créé Duc
de Joyeufe , tué par un cerf à Chantilli le 31 Juillet
1724 , tous les biens pafferent à fa foeur , Anne-
Julie-Adelaïde , Princeffe de Soubiſe . 2 °. François
- Philippe de Melun , Marquis de Richebourg
dont la poftérité mafculine s'eft pareillement
éteinte , par la mort de Philippe Marquis de
Kichebourg , Grand d'Efpagne de la premiere
claffe , & celle de Guillaume Comte de Beauffart,
auffi Grand d'Espagne , fes petits-fils . Le Vicomte
de Gand , par Renée de Rupiere fa femme
fut pere de trois fils ; Alexandre l'aîné , Marquis
de Melun , époufa Elifabeth de Rohan- Gué-
(1 ) Robert, Moine de S. Remi de Rheims , écrivant:
en 1089, dans fon Hiftoire d'Antioche , Contemporain
de Guillaume de Melun , dit le Charpentier
par fa valeur par fa force , le dit iſſu de race
royale
FEVRIER . 1756. 235
A
menée, dont une fille unique , Louife- Armande ,
mariée avec Gabriel Vicomte de Melun , le troifiéme
des freres de fon pere , mort en 1740 , Lieutenant
général des armées du Roi , Commandant
à Abbeville ; c'eft de ce mariage qu'étoit iffue
la Marquife de Langheac ; & fon premier mari ,
de celui de Charlotte de Monchy - Senarpont
avec Ambroise Comte de Melun , autre frere
de fon pere , & grand pere , tous trois fils du
Vicomte de Gand.
Marie - Louiſe - Victoire de Gramont , épouſe
d'Antoine Duc de Gramont , Pair de France
Souverain de Bidache , Brigadier d'Infanterie ,
Gouverneur & Lieutenant- Général de Navarre
& de Bearn , mourut à Paris le 11 de Janvier ,
âgée de trente-trois ans .
- Meffire Louis Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au château de la Taule en
Picardie , dans fa cinquante - fixième année.
Meffire Henri , Comte de Bukeley , Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , & Lieutenant - Général
de les armées , eft mort en cette ville le 14 .
Dame Jeanne-Thérefe- Pélagie d'Albert , veuve
de Meffire Louis de Guilhelm de Caftelnau de
Clermont Lodeve , Marquis de Seffac , Maître de
la Garde-robe du Roi , eft morte en cette ville le
14,dans la quatre-vingt-uniéme année de fon âge.
Geneviève de Gontant-Biron , veuve de Louis
"Duc de Gramont , Pair de France , Lieutenant-
Général des armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
- Général de Navarre & de Bearn , & Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris le is , agée de cinquante- neuf ans.
Le Pere Jean- Baptifte Radominski , Confeffeur
de la Reine , eft mort à Verſailles le 18 , âgé de
foixante- dix ans. Il étoit de la Compagnie de Jefus,,
& Polonois de Nation..
M Effire N..... Marquis de Bréhant , Brigadier
d'Infanterie , & Colonel du Régiment de Picardie
, époufa le 17 Novembre au Château de
Bercy, Demoiselle N..... Tafchereau de Baudry
, fille de feu Meffire Gabriel - Talchereau de
Baudry , Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant
des Finances , mort le 22 Avril 1755. Le jour du
mariage le Régiment de Picardie donna à la Garnifon
de Valenciennes un fouper , qui fut fuivi
d'un bal auquel toute la Ville fut invitée.
Louis-Charles , Comte de la Mothe- Houdancourt
, Maréchal de France , Grand d'Espagne de
la premiere Claffe , Chevalier des Ordres du Roi ,
Chevalier d'honneur de la Reine &Gouverneur de
Gravelines , eft mort à Paris le 3 Novemb. âgé de
68 ans. Le Roi a difpofé de la charge de Chevalier
d'honneur de la Reine , vacante parfalnmort, en faveur
du Comte de Saulx-Tavannes , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
234 MERCURE DE FRANCE.
teau du Taureau en Baffe- Bretagne , & l'un des
Menins de Monfeigneur le Dauphin.
Le 27 Novembre , mourut dans fes terres de
Normandie , Louife- Elifabeth de Melun , Marquife
de Langheac ; elle avoit époufé en premieres
noces Alexandre - Théodofe , Comte de Melun,
Meftre de camp du régiment Royal , fon coufin
germain, mort en 1739 ; & en fecondes, Gilbert-
Allire , Marquis de Langheac : de ce mariage
elle laiffe trois filles ,& deux du premier , feu!
refte de la derniere branche de fon illuftre maifon
: ( 1 ) Charle- Alexandre-Albert de Melun , Vicomte
de Gand , grand pere de la Marquife
de Langheac , en étoit l'auteur. Il étoit fils puîné
de Guillaume de Melun , Prince d'Epinoi , &
d'Erneftine de Ligne-Aremberg , & avoit pour
frere 1°, Alexandre-Guillaume , Prince d'Epinoi ,
dont par la mort de fon petit-fils , Louis, créé Duc
de Joyeufe , tué par un cerf à Chantilli le 31 Juillet
1724 , tous les biens pafferent à fa foeur , Anne-
Julie-Adelaïde , Princeffe de Soubiſe . 2 °. François
- Philippe de Melun , Marquis de Richebourg
dont la poftérité mafculine s'eft pareillement
éteinte , par la mort de Philippe Marquis de
Kichebourg , Grand d'Efpagne de la premiere
claffe , & celle de Guillaume Comte de Beauffart,
auffi Grand d'Espagne , fes petits-fils . Le Vicomte
de Gand , par Renée de Rupiere fa femme
fut pere de trois fils ; Alexandre l'aîné , Marquis
de Melun , époufa Elifabeth de Rohan- Gué-
(1 ) Robert, Moine de S. Remi de Rheims , écrivant:
en 1089, dans fon Hiftoire d'Antioche , Contemporain
de Guillaume de Melun , dit le Charpentier
par fa valeur par fa force , le dit iſſu de race
royale
FEVRIER . 1756. 235
A
menée, dont une fille unique , Louife- Armande ,
mariée avec Gabriel Vicomte de Melun , le troifiéme
des freres de fon pere , mort en 1740 , Lieutenant
général des armées du Roi , Commandant
à Abbeville ; c'eft de ce mariage qu'étoit iffue
la Marquife de Langheac ; & fon premier mari ,
de celui de Charlotte de Monchy - Senarpont
avec Ambroise Comte de Melun , autre frere
de fon pere , & grand pere , tous trois fils du
Vicomte de Gand.
Marie - Louiſe - Victoire de Gramont , épouſe
d'Antoine Duc de Gramont , Pair de France
Souverain de Bidache , Brigadier d'Infanterie ,
Gouverneur & Lieutenant- Général de Navarre
& de Bearn , mourut à Paris le 11 de Janvier ,
âgée de trente-trois ans .
- Meffire Louis Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au château de la Taule en
Picardie , dans fa cinquante - fixième année.
Meffire Henri , Comte de Bukeley , Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , & Lieutenant - Général
de les armées , eft mort en cette ville le 14 .
Dame Jeanne-Thérefe- Pélagie d'Albert , veuve
de Meffire Louis de Guilhelm de Caftelnau de
Clermont Lodeve , Marquis de Seffac , Maître de
la Garde-robe du Roi , eft morte en cette ville le
14,dans la quatre-vingt-uniéme année de fon âge.
Geneviève de Gontant-Biron , veuve de Louis
"Duc de Gramont , Pair de France , Lieutenant-
Général des armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
- Général de Navarre & de Bearn , & Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris le is , agée de cinquante- neuf ans.
Le Pere Jean- Baptifte Radominski , Confeffeur
de la Reine , eft mort à Verſailles le 18 , âgé de
foixante- dix ans. Il étoit de la Compagnie de Jefus,,
& Polonois de Nation..
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Résumé : Mariage & Morts.
Le texte relate divers événements de mariage et de décès au sein de la noblesse française. Le 17 novembre, le Marquis de Bréhant, Brigadier d'Infanterie et Colonel du Régiment de Picardie, a épousé Demoiselle Tafchereau de Baudry au Château de Bercy. Le Régiment de Picardie a célébré cet événement par un souper et un bal à la garnison de Valenciennes et à la ville. Le père de la mariée, Gabriel Tafchereau de Baudry, Conseiller d'État et Intendant des Finances, est décédé le 22 avril 1755. Louis-Charles, Comte de la Mothe-Houdancourt, Maréchal de France et Gouverneur de Gravelines, est mort à Paris le 3 novembre à l'âge de 68 ans. Sa charge de Chevalier d'honneur de la Reine a été attribuée au Comte de Saulx-Tavannes. Louise-Élisabeth de Melun, Marquise de Langheac, est décédée le 27 novembre dans ses terres de Normandie. Elle avait épousé en premières noces Alexandre-Théodose, Comte de Melun, et en secondes noces Gilbert-Alire, Marquis de Langheac. Elle laisse trois filles de son second mariage et deux du premier, étant la dernière de la branche de sa famille. Plusieurs autres décès notables ont été enregistrés en janvier. Marie-Louise-Victoire de Gramont, épouse d'Antoine Duc de Gramont, est morte à Paris le 11 janvier à l'âge de trente-trois ans. Louis Antoine du Fos, Marquis de Mery, est décédé le 12 janvier à l'âge de cinquante-six ans. Henri, Comte de Bukeley, Lieutenant-Général des armées, est mort le 14 janvier. Jeanne-Thérèse-Pélagie d'Albert, veuve de Louis de Guilhelm de Castelnau de Clermont Lodeve, est décédée le 14 janvier à l'âge de quatre-vingt-un ans. Geneviève de Gontaut-Biron, veuve de Louis Duc de Gramont, est morte à Paris le 11 janvier à l'âge de cinquante-neuf ans. Le Père Jean-Baptiste Radominski, confesseur de la Reine, est décédé à Versailles le 18 janvier à l'âge de soixante-dix ans.
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8997
p. 236
AVIS
Début :
Bechique souverain, ou syrop pectoral approuvé par Brevet du 24 Août [...]
Mots clefs :
Sirop béchique, Sirop pectoral, Maladies de poitrine, Humeurs engorgées, Guérison, Dame veuve Mouton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS
AVIS
BEchique fouverain , ou fyrop pectoral approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foiblefle de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le
poumon , d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en
tant que balfamique , & rétablir les forces abattues
, en rappellant peu- à- peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que la bouteille
taxée à fix livres , fcellée & étiquêtée à l'ordinaire
, eft fuffifante pour en procurer toute
P'efficacité avec fuccès.
Il ne le débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue faint
Denis , à côté de la rue Thevenot , vis - à- vis le
Roi François.
BEchique fouverain , ou fyrop pectoral approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foiblefle de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le
poumon , d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en
tant que balfamique , & rétablir les forces abattues
, en rappellant peu- à- peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que la bouteille
taxée à fix livres , fcellée & étiquêtée à l'ordinaire
, eft fuffifante pour en procurer toute
P'efficacité avec fuccès.
Il ne le débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue faint
Denis , à côté de la rue Thevenot , vis - à- vis le
Roi François.
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Résumé : AVIS
Le médicament 'Béchique fouverain' ou 'fyrop pectoral', approuvé en 1750, traite les maladies de poitrine comme le rhume, la toux et l'asthme. Il fond les humeurs pulmonaires, adoucit la lymphe et restaure les forces. Une bouteille, six livres, est suffisante. Disponible chez la Dame veuve Mouton, apothicaire à Paris, rue Saint-Denis.
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8998
p. 236-237
AUTRE.
Début :
La veuve du sieur Bunon, Dentiste des Enfants de France, donne avis qu'elle [...]
Mots clefs :
Remèdes, Veuve Bunon, Élixir anti-scorbutique, Soins, Dents, Gencives, Eau souveraine, Opiate, Poudre de corail
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LA veuve du fieur Bunon , Dentiste des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue fainte Avoye , au coin de
la rue de Braque , chez M. Georget fon frere ,
Chirurgien , les remedes de feu fon mari , dont
elle a feule la compofition , & qu'elle a toujours
préparés elle -même .
Sçavoir ;
1º. Un Elixir anti-fcorbutique qui affermit les
dents , diffipe le gonflement & l'inflammation
FEVRIER. 1756 . 237
des gencives , les fortifie , les fait recroître , diffipe
& prévient toutes les afflictions fcorbutiques ,
& appaiſe la douleur des dents .
20. Une eau appellée Souveraine , qui affermit
auffi les dents , rétablit les gencives , en diffipe
toutes tumeurs , chancres & boutons qui viennent
auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues en fe rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la
rend fraîche & fans odeur , & en éloigne les
corruptions ; elle calme la douleur des dents.
3º. Un Opiat pour affermir & blanchir les
dents , diffiper le fang épais & groffier des gencives
, qui les rend tendres & moliaffes , & caufe
de l'odeur à la bouche.
4°. Une poudre de corail pour blanchir les
dents & les entretenir ; elle empêche que le limon
ne fe forme en tartre , & qu'il ne corrompe
les gencives , & elle les conferve fermes & bonnes
; de forte qu'elle peut fuffire pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'ilfoit
néceffaire de les faire nettoyer.
Les plus petites bouteilles d'Elixir font d'une
livre dix fols.
Les plus petites bouteilles d'eau Souveraine
font d'une livre quatre fols , mais plus grandes
que celles de l'Elixir .
Les petits pots d'Opiate font d'une livre dix fols.
Les boîtes de poudre de Corail font d'une liv.
quatre fols.
LA veuve du fieur Bunon , Dentiste des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue fainte Avoye , au coin de
la rue de Braque , chez M. Georget fon frere ,
Chirurgien , les remedes de feu fon mari , dont
elle a feule la compofition , & qu'elle a toujours
préparés elle -même .
Sçavoir ;
1º. Un Elixir anti-fcorbutique qui affermit les
dents , diffipe le gonflement & l'inflammation
FEVRIER. 1756 . 237
des gencives , les fortifie , les fait recroître , diffipe
& prévient toutes les afflictions fcorbutiques ,
& appaiſe la douleur des dents .
20. Une eau appellée Souveraine , qui affermit
auffi les dents , rétablit les gencives , en diffipe
toutes tumeurs , chancres & boutons qui viennent
auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues en fe rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la
rend fraîche & fans odeur , & en éloigne les
corruptions ; elle calme la douleur des dents.
3º. Un Opiat pour affermir & blanchir les
dents , diffiper le fang épais & groffier des gencives
, qui les rend tendres & moliaffes , & caufe
de l'odeur à la bouche.
4°. Une poudre de corail pour blanchir les
dents & les entretenir ; elle empêche que le limon
ne fe forme en tartre , & qu'il ne corrompe
les gencives , & elle les conferve fermes & bonnes
; de forte qu'elle peut fuffire pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'ilfoit
néceffaire de les faire nettoyer.
Les plus petites bouteilles d'Elixir font d'une
livre dix fols.
Les plus petites bouteilles d'eau Souveraine
font d'une livre quatre fols , mais plus grandes
que celles de l'Elixir .
Les petits pots d'Opiate font d'une livre dix fols.
Les boîtes de poudre de Corail font d'une liv.
quatre fols.
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Résumé : AUTRE.
La veuve du dentiste Bunon, spécialiste des enfants en France, vend quotidiennement les remèdes de son défunt mari, qu'elle prépare elle-même. Ces remèdes incluent un élixir antiscorbutique qui renforce les dents, dissout les gonflements et les inflammations des gencives, les fortifie, les fait repousser, prévient les affections scorbutiques et apaise la douleur dentaire. Une eau souveraine renforce également les dents, rétablit les gencives, dissout les tumeurs, les chancres et les boutons dans la bouche, et rafraîchit l'haleine. Un opiat renforce et blanchit les dents, dissout le sang épais et grossier des gencives, et élimine les mauvaises odeurs. Une poudre de corail blanchit et entretient les dents, prévient la formation de tartre et conserve les gencives en bonne santé. Les prix des produits sont les suivants : les plus petites bouteilles d'élixir coûtent une livre dix sols, les bouteilles d'eau souveraine une livre quatre sols, les petits pots d'opiat une livre dix sols, et les boîtes de poudre de corail une livre quatre sols.
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8999
p. 238
ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
Début :
Page 21, lig. 19, au lieu de enfaite, lis. en Suisse. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
ERRAT A.
pour le fecond Volume de Janvier.
Page 11 , lig. 19 , au lieu de enfuite , lis. en
Suiffe .
Page 81 , lig. 16 , un Enigme , lif. une Enigme.
Pag. 91 , Poéfies del Signor Abbate Pietro Metaltafio
, lif. Poéfie del Signor , &c.
Page 101 ,lig. 9 , l'heure du pafla- , lif. du paflage
.
Page 180 , lig. 21 , au lieu de c'est tout , lis. c'eft
tout dire.
Page 188 , lig. 18 , au lieu de paroiffent , lif.
paroiffoient obfcures.
Page 189 , lig. 11 , au lieu de Saturne , lif. Juturne
.
Page 215 , lig. 12 , un cartouche en forme de médailles
, lif en forme de médaillon.
pour le fecond Volume de Janvier.
Page 11 , lig. 19 , au lieu de enfuite , lis. en
Suiffe .
Page 81 , lig. 16 , un Enigme , lif. une Enigme.
Pag. 91 , Poéfies del Signor Abbate Pietro Metaltafio
, lif. Poéfie del Signor , &c.
Page 101 ,lig. 9 , l'heure du pafla- , lif. du paflage
.
Page 180 , lig. 21 , au lieu de c'est tout , lis. c'eft
tout dire.
Page 188 , lig. 18 , au lieu de paroiffent , lif.
paroiffoient obfcures.
Page 189 , lig. 11 , au lieu de Saturne , lif. Juturne
.
Page 215 , lig. 12 , un cartouche en forme de médailles
, lif en forme de médaillon.
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Résumé : ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
Le document liste des corrections pour le deuxième volume d'un ouvrage publié en janvier. Les erreurs concernent plusieurs pages. Par exemple, 'enfuite' doit devenir 'en suiffe' à la page 11, et 'un Enigme' doit être 'une Enigme' à la page 81. D'autres corrections incluent des modifications de titres et de termes spécifiques.
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9000
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATION.
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le Mercure du mois de Février , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 29 Janvier 1756.
GUIROY.
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le Mercure du mois de Février , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 29 Janvier 1756.
GUIROY.
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