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1
p. 11-22
ODE.
Début :
Vous, qui guidez nos pas au Temple de la Gloire, [...]
Mots clefs :
Gloire, Maroc, Louis, Ambassadeurs, Siam, Univers, Regards, Maure, Terre, Rois
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texteReconnaissance textuelle : ODE.
ODE. vOus
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
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Résumé : ODE.
Le poème célèbre les exploits et la grandeur du roi Louis XIV. Il commence par une invocation aux Muses pour inspirer le poète à chanter les victoires du roi. Le texte décrit les réactions des peuples et des nations face à la puissance et à la magnanimité de Louis XIV, notamment la soumission d'Alger et de Gênes, ainsi que l'admiration de l'Europe. Le roi est présenté comme un héros glorieux dont les exploits sont admirés dans le monde entier, y compris par les ambassadeurs du Maroc et de Siam. Le poème met en avant la beauté et la grandeur de Paris et de Versailles, soulignant les merveilles architecturales et artistiques présentes dans ces lieux. Des sites emblématiques comme le Louvre, l'Observatoire, et les jardins de Versailles sont mentionnés. Les ambassadeurs étrangers sont émerveillés par ces splendeurs et par la personne du roi lui-même, entouré de figures allégoriques telles que Minerve et Bellone, symbolisant respectivement la sagesse et la guerre. Le poème se conclut par une prière adressée à Dieu, demandant Sa protection et Sa sagesse pour le roi. Cette prière souhaite que les sujets vivent sous les lois divines et que le roi continue à régner avec justice et gloire. Les ambassadeurs sont invités à témoigner des grandeurs du roi en Asie, contribuant ainsi à perpétuer sa renommée et son immortalité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 254-260
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
La Reine a donné la Charge de Colonel du second Regiment [...]
Mots clefs :
Maroc, Reine, Angleterre, Régiment des gardes, Messager, Prisonniers d'État, Édimbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles etAngleterre.
La Reine a donné la
Charge de Colonel du second
Regiment des Gardes
que possedoit le General
~Chuuhitl,frerede Mylord
W~Mu^hIbeorrso.ugghh,,aauu GGcenn-ecriaall
Le General Cadogan qui
a (UIVI Mylord-Marlboroùgh
a elle privé de tous
fe* emplois, la Charge de
Lieutenant de la Tour, a
cté donnée au General
Compton, il a aussi ordre
de se défaire de son Regi.
mçnt de Cavalerie en faveur
du sieur Kelham, qui en est
Lieutenant Colonel. Sa Majesté
a ordonné de reformer
quatreCavaliers dans chacune
des trois Compagnies
des Gardes du Corps, & leur
paye fera employée à l'entretien
desveuves desOfficiers
de ces Cor ps.
c
Le Comte de Porrmore
qui coromandoic les Troupes
Angloises enPorrugal a été
faitChevalier de l'Ordre
dEcosse. k :Le Due d'Argyle arriva
de Port-Mahon à Londres
le Jjnvfer, il n'a esté que
quinze jours en son voyaget
il arendu compteàla Reine
des ordres qu'il y avoir donné,
& de l'arrivée des Troupes
Angloises qui éroient en
Catalogne , à l'Ille de
Minor que.
j'On arme cinq Vaufrauj!
de guerre pour donner la
chasse aux Coi faires de Salé,
qui ont renouvellé leurs pirateries
& qui ont prisquelques
Navires Anglais, ils
exercent ces hdlTilitczà
causeque lie Roy de Maroc
fait difficulté de continuer
le traité de Paix.
-
Les Lettres de Baston dans
h' nouvelle Angleterre
pPoidrgteenotn qÔucpelalïeteuCraspaiwta-irnees
Angfois-,ayant
été pris par
lesIndiens, avoientété rcrénusdeux
mois dans les Bois
t*àils 3voient befr^oub
foufferr,nuis qu'ayant esté
conduits à Quebec ils y
avoicnt esté bien traitez &
renvoyez à Baston, où ils
font arrivez il y. a quelques.
jours.
L'Ambassadeur du Roy
de Maroc qui a été arrêté en
represailles de plusieurs Anglois
faits Esclaves par ce
Prince, a été mis àla garde
d'un Mefljgerj,n'ayant pas
dequoy fournir à Ces besoins,
il a fait presenter une Requeste
à la Reine pour la
:;pricr:: de le faire entretenir
rçommt il se pratique çnvep
les pri sonniers d'Etat, ce qui
luy a été accordé. On croie
que son emprisonnement
fera peu d'impression sur
l'esprit, duRoy des Maroc
qui regarde tous ses sujets
comme ses Esclaves.
On mande d'Edimbourg
que le Comte de Linlithgow
y avoit été élu d'un consentement
unanime pour rflifter
au Parlement en qualité de
l'un des seize Pairs dAf;coffe,:
à la place du feu Duc de
HamiltOn*
Les Lettres deLisbone
portent qu'on n'y fait aucuns.
préparatifs pour la Campagne
prochaine, & qu'au?
contraire on travaille à reformer
les Troupes, pour
les rcduire sur le pied ou
elles estoient avant la guerre..
La Reine a donné la
Charge de Colonel du second
Regiment des Gardes
que possedoit le General
~Chuuhitl,frerede Mylord
W~Mu^hIbeorrso.ugghh,,aauu GGcenn-ecriaall
Le General Cadogan qui
a (UIVI Mylord-Marlboroùgh
a elle privé de tous
fe* emplois, la Charge de
Lieutenant de la Tour, a
cté donnée au General
Compton, il a aussi ordre
de se défaire de son Regi.
mçnt de Cavalerie en faveur
du sieur Kelham, qui en est
Lieutenant Colonel. Sa Majesté
a ordonné de reformer
quatreCavaliers dans chacune
des trois Compagnies
des Gardes du Corps, & leur
paye fera employée à l'entretien
desveuves desOfficiers
de ces Cor ps.
c
Le Comte de Porrmore
qui coromandoic les Troupes
Angloises enPorrugal a été
faitChevalier de l'Ordre
dEcosse. k :Le Due d'Argyle arriva
de Port-Mahon à Londres
le Jjnvfer, il n'a esté que
quinze jours en son voyaget
il arendu compteàla Reine
des ordres qu'il y avoir donné,
& de l'arrivée des Troupes
Angloises qui éroient en
Catalogne , à l'Ille de
Minor que.
j'On arme cinq Vaufrauj!
de guerre pour donner la
chasse aux Coi faires de Salé,
qui ont renouvellé leurs pirateries
& qui ont prisquelques
Navires Anglais, ils
exercent ces hdlTilitczà
causeque lie Roy de Maroc
fait difficulté de continuer
le traité de Paix.
-
Les Lettres de Baston dans
h' nouvelle Angleterre
pPoidrgteenotn qÔucpelalïeteuCraspaiwta-irnees
Angfois-,ayant
été pris par
lesIndiens, avoientété rcrénusdeux
mois dans les Bois
t*àils 3voient befr^oub
foufferr,nuis qu'ayant esté
conduits à Quebec ils y
avoicnt esté bien traitez &
renvoyez à Baston, où ils
font arrivez il y. a quelques.
jours.
L'Ambassadeur du Roy
de Maroc qui a été arrêté en
represailles de plusieurs Anglois
faits Esclaves par ce
Prince, a été mis àla garde
d'un Mefljgerj,n'ayant pas
dequoy fournir à Ces besoins,
il a fait presenter une Requeste
à la Reine pour la
:;pricr:: de le faire entretenir
rçommt il se pratique çnvep
les pri sonniers d'Etat, ce qui
luy a été accordé. On croie
que son emprisonnement
fera peu d'impression sur
l'esprit, duRoy des Maroc
qui regarde tous ses sujets
comme ses Esclaves.
On mande d'Edimbourg
que le Comte de Linlithgow
y avoit été élu d'un consentement
unanime pour rflifter
au Parlement en qualité de
l'un des seize Pairs dAf;coffe,:
à la place du feu Duc de
HamiltOn*
Les Lettres deLisbone
portent qu'on n'y fait aucuns.
préparatifs pour la Campagne
prochaine, & qu'au?
contraire on travaille à reformer
les Troupes, pour
les rcduire sur le pied ou
elles estoient avant la guerre..
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires en Angleterre et ailleurs. La Reine a nommé Lord Churchill au poste de Colonel du second Régiment des Gardes, et le Général Compton a remplacé le Général Cadogan, démis de ses fonctions. Le régiment de cavalerie de Cadogan a été transféré au sieur Kelham. La Reine a également ordonné la réforme de quatre cavaliers dans les Gardes du Corps pour soutenir les veuves des officiers. Le Comte de Portland, commandant les troupes anglaises au Portugal, a été fait Chevalier de l'Ordre d'Écosse. Le Duc d'Argyle a rapporté à la Reine l'arrivée des troupes anglaises en Catalogne et à Minorque. Cinq vaisseaux de guerre ont été armés pour lutter contre les corsaires de Salé, qui ont capturé plusieurs navires anglais. En Nouvelle-Angleterre, des Anglais capturés par les Indiens ont été bien traités à Québec avant d'être renvoyés à Boston. L'ambassadeur du Roi du Maroc, arrêté en représailles, a été placé sous la garde d'un messager et entretenu comme les prisonniers d'État. À Édimbourg, le Comte de Linlithgow a été élu pour représenter le Parlement en tant que Pair d'Écosse. Des lettres de Lisbonne indiquent que les troupes sont réformées pour être réduites à leur effectif d'avant-guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1154-1155
LOGOGRIPHE par Mademoiselle. ***
Début :
Mon nom est étranger, cinq pieds font ma mesure ; [...]
Mots clefs :
Maroc
4
p. 1532-1533
SECOND LOGOGRYPHE.
Début :
Tourné de diverse façon, [...]
Mots clefs :
Maroc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND LOGOGRYPHE.
SECOND
LOGOGRYPHE
.
Tou
Ourné de diverse façon ,
Me prenant au pied de la lettre ,
J'offre dès l'abord un Pronom
,
A quiconque
s'explique
en maître
; Mon tout , tantôt
Cité , quelquefois
Région
, Pour deux de moins
n'est guere
bon , Qu'à faire un saut par la fenêtre
. Voulez-vous un Oracle , un Saint de grand re
nom ?
Faites un cercle disparoitre
.
Je pourrois
sur le même ton ,
Nombrer
l'or et l'argent
que le Perou voit naître.
Par trois soeurs prises dans mon nom , Qu'il est aisé de reconnoître
,
Des Peuples
se sont faits raison ,
Et le Sauvage
encor , peut être ,
saison .
S'en sert presqu'en
toute saiso
Un des bouts sans combinaison
,
Souvent
connu , mais souvent
traître,
Sur
II. Vol
JUIN.
1731. 1533
Sur l'Element où le Mouton ,
Ne peut sauter , bondir et paître ,
A Jean Bart causa maint frisson.
Ici je finis ma leçon ;
Devinez ce que ce peut être.
C. In. au Montlouis.
LOGOGRYPHE
.
Tou
Ourné de diverse façon ,
Me prenant au pied de la lettre ,
J'offre dès l'abord un Pronom
,
A quiconque
s'explique
en maître
; Mon tout , tantôt
Cité , quelquefois
Région
, Pour deux de moins
n'est guere
bon , Qu'à faire un saut par la fenêtre
. Voulez-vous un Oracle , un Saint de grand re
nom ?
Faites un cercle disparoitre
.
Je pourrois
sur le même ton ,
Nombrer
l'or et l'argent
que le Perou voit naître.
Par trois soeurs prises dans mon nom , Qu'il est aisé de reconnoître
,
Des Peuples
se sont faits raison ,
Et le Sauvage
encor , peut être ,
saison .
S'en sert presqu'en
toute saiso
Un des bouts sans combinaison
,
Souvent
connu , mais souvent
traître,
Sur
II. Vol
JUIN.
1731. 1533
Sur l'Element où le Mouton ,
Ne peut sauter , bondir et paître ,
A Jean Bart causa maint frisson.
Ici je finis ma leçon ;
Devinez ce que ce peut être.
C. In. au Montlouis.
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5
p. 195-197
DE COPPENHAGUE, le 11 Décembre.
Début :
Il paroît des copies de l'Exposé que le Roi a envoyé à ses Ministres dans les Cours Etrangeres, [...]
Mots clefs :
Longueville, Reine, Traité, Prince, Ports, Sainte Croix, Commerce, Maroc, Danois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE COPPENHAGUE, le 11 Décembre.
DE COPPENHAGUE, le 11 Décembre.
Il paroît des copies de l'Exposé que le Roi a envoyé
à ses Ministres dans les Cours Etrangeres,
touchant l'affaire qui regarde les Ports de Sainte
Croix & de Saffia. Cet exposé porte que Sa Ma-
jesté, toujours attentive à favoriser le commerce
de ses Sujets, accorda il y a quelques mois une
escorte de deux de ses Fregates aux Navires des-
tinés pour les deux Ports ci dessus nommés; qu'en
même tems elle chargea le sieur de Longueville,
Lieutenant Colonel dans ses troupes, de négocier
à la Cour de Maroc un traité de commerce, &
d'y sollicitet les permissions néceessaires pour que
les Danois pusseat trasiquer librement dans les Etata
de l'Empereur de Maroc; que les instructions du
sicur de Longueville étoient simples & positives.
& qu'il étoit charge seulement d'obtenir pour les
Sujets du Roi, les mêmes avantages dont jouis-
soiens d'autres Nations, que telles ont été les vues de
SaMajesté, & tels ont été ses commandemens, qu'elle
n'a donc pû qu'être extrêment surprise, en appre-
naut que le sieur de Longueville, entraîné par un
zéle inconsidéré, s'étoit écarté de l'obéissance
exacte dûc aux ordres qu'elle lui avoit donnés, &
qu'il avoit conclu avec le Prince Sidy-Mahomet
fils de l'Empereur de Maroc, & Commandant
dans les Ports de Sainte-Croix & de Saffia, un
Traité en vertu duquel les Danois devoient pren
Iij
ad by Goc
196 MERCUREDEFRANCE.
dre à ferme le commerce de la premiere de ces
deux Places, & le faire exclusivement à tous les
autres Peuples de l'Europe; que le Roi n'a point
ratifie ce Traité, dont il n'etoit pas difficile de pré.
venn les conséquences, que Sa Majesté étoit oc-
cupée du soin de les prévenir, losqu'elle fut infor-
mée par une lettre du sicur de Longueville, dattée
du 27 Sepembre detnier, que l'Empereur de Ma-
roc, non seulement avoit désaprouvé le Traité
signé par le Prince son fils, mais même avoit fait
signifier les ariêts au sieur de Longueville, & sé-
questier les effers des Danois qui sont à Sainte-
Croix
Depuis quelque tems la Reine étoir incommo-
dée d'une liernie, le mal étant devenu d'autant
plus dangereux que cette Princesse approchoit de
la fin de sa grossesse, les Médecins & les Chirurgiens
firent le 11 une consultation; Ils jugerent qu'il
ne restoit d'aurte ressource que de faire à Sa Ma-
jeste une incision latérale pour temettre les instins
dans leur plaee. Quelque douloureuse que dût
etre cette opération, la Reine se détermina à la
souffrir. L'operation fut faite le même jour au soir
aussi heureusement qu'on pouvoit le souhiaiter, &
le 17 on commençoit à augurer favorablement
de l'état de Sa Majesté, mais la nuit du 18 au 19,
on perdit toute espérance, & vers les quatre
heures du matin la Reine mourut, ayrès avoir
donné les marques de la piété la plus solide & de
la plus parfaite résignation. Cette Princesse, qui
se nommoit Louise Suphie Magdelaine étoit agee
de vingt six ans, onze mois & vingi jours, étant
née le 19 Décembre 1714. Elle étoit la cinquiéme
fille de Georges II, Roi de la Grande Bietagne
& Electeur de Hanover, & de Guillelmine Do-
rothée de Brandebourg-Anspach, morte le pre-
zed by Goc
FEVRIER. 1752.
197
mier Décembre 1737. Le 9 Novembre 1743 elle
avoit épousé le Roi, & de lent mariage sont
nés le Prince Royal & les Princesles Sophie-Ma-
gdelaine, Louise Guillelmine Caroline, & Louise.
La Reine réunissoit toutes les qualités les plus
propres à la faire chérir & respecter. En ouvrant
son corps, on a reconnu que l'enfant, dont elle
étoit enceinte, étoit un Prince. Cette circonstance
redouble l'affliction du Roi, sur qui la mort de la
Reine a fait une telle impression, qu'il en est tombé
malade, & qu'il a deja eu deux accès de fievre.
Il paroît des copies de l'Exposé que le Roi a envoyé
à ses Ministres dans les Cours Etrangeres,
touchant l'affaire qui regarde les Ports de Sainte
Croix & de Saffia. Cet exposé porte que Sa Ma-
jesté, toujours attentive à favoriser le commerce
de ses Sujets, accorda il y a quelques mois une
escorte de deux de ses Fregates aux Navires des-
tinés pour les deux Ports ci dessus nommés; qu'en
même tems elle chargea le sieur de Longueville,
Lieutenant Colonel dans ses troupes, de négocier
à la Cour de Maroc un traité de commerce, &
d'y sollicitet les permissions néceessaires pour que
les Danois pusseat trasiquer librement dans les Etata
de l'Empereur de Maroc; que les instructions du
sicur de Longueville étoient simples & positives.
& qu'il étoit charge seulement d'obtenir pour les
Sujets du Roi, les mêmes avantages dont jouis-
soiens d'autres Nations, que telles ont été les vues de
SaMajesté, & tels ont été ses commandemens, qu'elle
n'a donc pû qu'être extrêment surprise, en appre-
naut que le sieur de Longueville, entraîné par un
zéle inconsidéré, s'étoit écarté de l'obéissance
exacte dûc aux ordres qu'elle lui avoit donnés, &
qu'il avoit conclu avec le Prince Sidy-Mahomet
fils de l'Empereur de Maroc, & Commandant
dans les Ports de Sainte-Croix & de Saffia, un
Traité en vertu duquel les Danois devoient pren
Iij
ad by Goc
196 MERCUREDEFRANCE.
dre à ferme le commerce de la premiere de ces
deux Places, & le faire exclusivement à tous les
autres Peuples de l'Europe; que le Roi n'a point
ratifie ce Traité, dont il n'etoit pas difficile de pré.
venn les conséquences, que Sa Majesté étoit oc-
cupée du soin de les prévenir, losqu'elle fut infor-
mée par une lettre du sicur de Longueville, dattée
du 27 Sepembre detnier, que l'Empereur de Ma-
roc, non seulement avoit désaprouvé le Traité
signé par le Prince son fils, mais même avoit fait
signifier les ariêts au sieur de Longueville, & sé-
questier les effers des Danois qui sont à Sainte-
Croix
Depuis quelque tems la Reine étoir incommo-
dée d'une liernie, le mal étant devenu d'autant
plus dangereux que cette Princesse approchoit de
la fin de sa grossesse, les Médecins & les Chirurgiens
firent le 11 une consultation; Ils jugerent qu'il
ne restoit d'aurte ressource que de faire à Sa Ma-
jeste une incision latérale pour temettre les instins
dans leur plaee. Quelque douloureuse que dût
etre cette opération, la Reine se détermina à la
souffrir. L'operation fut faite le même jour au soir
aussi heureusement qu'on pouvoit le souhiaiter, &
le 17 on commençoit à augurer favorablement
de l'état de Sa Majesté, mais la nuit du 18 au 19,
on perdit toute espérance, & vers les quatre
heures du matin la Reine mourut, ayrès avoir
donné les marques de la piété la plus solide & de
la plus parfaite résignation. Cette Princesse, qui
se nommoit Louise Suphie Magdelaine étoit agee
de vingt six ans, onze mois & vingi jours, étant
née le 19 Décembre 1714. Elle étoit la cinquiéme
fille de Georges II, Roi de la Grande Bietagne
& Electeur de Hanover, & de Guillelmine Do-
rothée de Brandebourg-Anspach, morte le pre-
zed by Goc
FEVRIER. 1752.
197
mier Décembre 1737. Le 9 Novembre 1743 elle
avoit épousé le Roi, & de lent mariage sont
nés le Prince Royal & les Princesles Sophie-Ma-
gdelaine, Louise Guillelmine Caroline, & Louise.
La Reine réunissoit toutes les qualités les plus
propres à la faire chérir & respecter. En ouvrant
son corps, on a reconnu que l'enfant, dont elle
étoit enceinte, étoit un Prince. Cette circonstance
redouble l'affliction du Roi, sur qui la mort de la
Reine a fait une telle impression, qu'il en est tombé
malade, & qu'il a deja eu deux accès de fievre.
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6
p. 219-221
ESPAGNE.
Début :
Le Roi désirant de favoriser les progrès des Sciences, particulierement [...]
Mots clefs :
Madrid, Sa Majesté, Financement des sciences, Tremblements de terre, Maroc, Dégâts, Tetuan, Tanger, Épouvante, Victimes de catastrophes
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a soutenu les avancées scientifiques, notamment en médecine, en offrant au Collège de Médecine la maison de Migascalientes pour créer un jardin des plantes. Il a également financé deux chaires de botanique, dirigées par Don Joseph Quer et Don Juan Mingar, sous la supervision de Don Joseph Zuniga, médecin du roi. Le 1er décembre, un violent tremblement de terre a frappé le Maroc et l'Espagne simultanément. À Marrakech, la plupart des bâtiments ont été détruits, causant de nombreuses victimes. Une peuplade arabe a été engloutie par une fissure terrestre, et un fort abritant cinq mille personnes a disparu, ainsi que six mille cavaliers. Les villes de Safi et de Sainte-Croix ont également subi des dégâts importants. La mer s'est retirée puis élevée, endommageant les navires et laissant des débris sur les côtes. Le 18 décembre, un second tremblement de terre a touché Tétouan et ses environs, avec des réplices jusqu'au 20 décembre. Les habitants se sont réfugiés à la campagne. Le même phénomène a été ressenti à Tanger, où les eaux se sont retirées pendant vingt-quatre heures. À Fez, les tremblements ont détruit la plupart des édifices, causant la mort de plus de trois mille personnes. La ville de Meknès a été détruite, ne laissant qu'une maison debout. Les habitants se sont réfugiés dans les champs. On compte environ quatre mille Maures et huit mille Juifs parmi les victimes. Des mouvements de terre et des bruits effrayants continuent de semer la peur dans toute cette région d'Afrique.
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