Résultats : 69 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
51
p. 140-143
Arrivée de Leurs Majestés à Versailles, & Réjouissances faites dans cette Ville, [titre d'après la table]
Début :
Leurs Majestés arriverent enfin à Versailles. Les Habitans de cette Ville n'avoient [...]
Mots clefs :
Versailles, Roi, Avenue, Portiques, Portique, Arc de triomphe, Colonnes, Pilastres, Statue, Renommée, Château, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée de Leurs Majestés à Versailles, & Réjouissances faites dans cette Ville, [titre d'après la table]
Leurs Majestés arriverent enfin à Verfailles
. Les Habitans de cette Ville n'avoient
pas été moins empreſſés , que ceux
de Paris , à faire éclater la joie que leur
caufoit le retour du Roi.
Ils avoient fait élever vis-à-vis du Château,
à l'entrée de la principale Avenuë, entre
la Grande & la Petite Ecurie , un Arc
de Triomphe , compofé de trois Portiques
, dont celui du milieu avoit trentehuit
pieds de haut fur vingt de large. La
NOVEMBRE. 1744. 141
hauteur des deux autres Portiques étoit de
trente - quatre pieds , & leur largeur de
quinze. Ces Portiques étoient accompa
gnés de Colonnes & de Pilastres d'Ordre
Corinthien avec les Chapiteaux ornés de
Volutes & de feuillages d'or. Les Colonnes
& les Pilaſtres foutenoient un Entablement
, furmonté d'une Balustrade dont la
Friſe étoit embellie par pluſieurs Guirlandesde
fleurs .
د
Au-deſſus de la Balustrade , du côté de
l'Avenuë , on voyoit fur le Portique du
milieu , un Tableau de trente pieds de hauteur
dans lequel la Muſe de l'Hiſtoire
étoit repréſentée , écrivant dans un Livre
que portoit le Tems , les actions du Roi ,
dictées par la Renommée. Des Palmes &
des branches de Laurier entrelaffées achevoient
le Couronnement. Dans le retour
circulaire , étoient à droite la Statuë de la
Gloire , & à gauche celle de l'Amour de la
Patrie , chacune ſur un Piédeſtal & entre
deux Pilaſtres ..
La Constance & la Clémence étoient placées
, l'une à la gauche du Portique de la
droite ,& l'autre à la droite du Portique de
la gauche , chacune entre deux Colonnes
entourées de Guirlandes. A la droite du
premier de ces deux Portiques & à la gau
Gy
142 MERCURE DEFRANCE.
chedu ſecond s'élévoit entre deux Pilaſtres
un ſuperbe Trophée , poſé ſur un Cul de
Lampe , dans lequel étoit un Ecuffon avec
trois Lis d'Or .
Dans la façade du côté du Château , on
liſoit à l'Architrave du grand Portique cette
Infcription , Regi , Patri , Heroi. Un
Globe avec les Armes de France , foutenu
par deux Eſclaves , faifoit le Couronnement.
La Renommée au-deſſus de ceGlobe
tenoit le Portrait du Roi , tandis qu'un Genie
deſcendoit du Ciel , pour couronner
Sa Majefté . Aux pieds de la Renommée
quelques autres Genies badinoient avec
une Guirlande de fleurs. On avoit placé
aux deux côtés de ce Portique la Valeur &
la Libéralité,
6
L'Humanité & la Force occupoient dans
cette façade les mêmes places que la Conftance
& la Clémence dans la façade du côté
de l'Avenue , & la Décoration étoit terminée
de même par deux Trophées. Les Platfonds
des trois Portiques étoient revêtus
dedivers ornemens relevés en Or , & l'on
avoit peintdes Trophées dans les Cloifons.
Entre cet Arc de Triomphe & le Châreau
, étoient ſous les Armes , d'un côté
cent Enfans de douze à quatorze ans , tous
vêtus de blanc , & de l'autre la Garde de la
,
NOVEMBRE. 1744 143
Ville. Huit Compagnies Bourgeoiſes , de
cent cinquante 'hommes chacune , cinq de
la Ville-Neuve , & trois du vieux Verfailles
, bordoient le paſſage du Roi depuis
l'Arcde Triomphe juſqu'à la moitié de l'Avenuë.
Trois autres Compagnies , à cheval
, dont une avoit un Uniforme bleu
avec des Brandebourgs d'argent &les.
deux autres un Uniforme écarlate avec des
veſtes galonnées d'or , chapeaux bordés
avec des plumets , allerent au-devant du
Roi juſqu'à l'extrêmité de l'Avenue ,&
elles avoient à leur tête le Comte de Noailles
, Gouverneur de Verſailles.
: Ces trois dernieres Compagnies accom
pagnerent Sa Majesté dans le reſte de ſa
marche juſqu'au Château , qui étoit illuminé,
ainſi que l'Arc de Triomphe , avec
autant de goût que de magnificence.
Le foir , avant le fouper du Roi , la Ville
fit tirer un feu d'artifice ily eut des illu
minations dans toutes les rues , & l'on
n'entendoit de toutes parts que des acclamations
réitérées ,d'autant plus flateuſes
pour Sa Majesté , qu'on pouvoit lire dans
tous les yeux , que ces hommages étoient
rendus moins à ſon rang quà ſa per
fonne.
. Les Habitans de cette Ville n'avoient
pas été moins empreſſés , que ceux
de Paris , à faire éclater la joie que leur
caufoit le retour du Roi.
Ils avoient fait élever vis-à-vis du Château,
à l'entrée de la principale Avenuë, entre
la Grande & la Petite Ecurie , un Arc
de Triomphe , compofé de trois Portiques
, dont celui du milieu avoit trentehuit
pieds de haut fur vingt de large. La
NOVEMBRE. 1744. 141
hauteur des deux autres Portiques étoit de
trente - quatre pieds , & leur largeur de
quinze. Ces Portiques étoient accompa
gnés de Colonnes & de Pilastres d'Ordre
Corinthien avec les Chapiteaux ornés de
Volutes & de feuillages d'or. Les Colonnes
& les Pilaſtres foutenoient un Entablement
, furmonté d'une Balustrade dont la
Friſe étoit embellie par pluſieurs Guirlandesde
fleurs .
د
Au-deſſus de la Balustrade , du côté de
l'Avenuë , on voyoit fur le Portique du
milieu , un Tableau de trente pieds de hauteur
dans lequel la Muſe de l'Hiſtoire
étoit repréſentée , écrivant dans un Livre
que portoit le Tems , les actions du Roi ,
dictées par la Renommée. Des Palmes &
des branches de Laurier entrelaffées achevoient
le Couronnement. Dans le retour
circulaire , étoient à droite la Statuë de la
Gloire , & à gauche celle de l'Amour de la
Patrie , chacune ſur un Piédeſtal & entre
deux Pilaſtres ..
La Constance & la Clémence étoient placées
, l'une à la gauche du Portique de la
droite ,& l'autre à la droite du Portique de
la gauche , chacune entre deux Colonnes
entourées de Guirlandes. A la droite du
premier de ces deux Portiques & à la gau
Gy
142 MERCURE DEFRANCE.
chedu ſecond s'élévoit entre deux Pilaſtres
un ſuperbe Trophée , poſé ſur un Cul de
Lampe , dans lequel étoit un Ecuffon avec
trois Lis d'Or .
Dans la façade du côté du Château , on
liſoit à l'Architrave du grand Portique cette
Infcription , Regi , Patri , Heroi. Un
Globe avec les Armes de France , foutenu
par deux Eſclaves , faifoit le Couronnement.
La Renommée au-deſſus de ceGlobe
tenoit le Portrait du Roi , tandis qu'un Genie
deſcendoit du Ciel , pour couronner
Sa Majefté . Aux pieds de la Renommée
quelques autres Genies badinoient avec
une Guirlande de fleurs. On avoit placé
aux deux côtés de ce Portique la Valeur &
la Libéralité,
6
L'Humanité & la Force occupoient dans
cette façade les mêmes places que la Conftance
& la Clémence dans la façade du côté
de l'Avenue , & la Décoration étoit terminée
de même par deux Trophées. Les Platfonds
des trois Portiques étoient revêtus
dedivers ornemens relevés en Or , & l'on
avoit peintdes Trophées dans les Cloifons.
Entre cet Arc de Triomphe & le Châreau
, étoient ſous les Armes , d'un côté
cent Enfans de douze à quatorze ans , tous
vêtus de blanc , & de l'autre la Garde de la
,
NOVEMBRE. 1744 143
Ville. Huit Compagnies Bourgeoiſes , de
cent cinquante 'hommes chacune , cinq de
la Ville-Neuve , & trois du vieux Verfailles
, bordoient le paſſage du Roi depuis
l'Arcde Triomphe juſqu'à la moitié de l'Avenuë.
Trois autres Compagnies , à cheval
, dont une avoit un Uniforme bleu
avec des Brandebourgs d'argent &les.
deux autres un Uniforme écarlate avec des
veſtes galonnées d'or , chapeaux bordés
avec des plumets , allerent au-devant du
Roi juſqu'à l'extrêmité de l'Avenue ,&
elles avoient à leur tête le Comte de Noailles
, Gouverneur de Verſailles.
: Ces trois dernieres Compagnies accom
pagnerent Sa Majesté dans le reſte de ſa
marche juſqu'au Château , qui étoit illuminé,
ainſi que l'Arc de Triomphe , avec
autant de goût que de magnificence.
Le foir , avant le fouper du Roi , la Ville
fit tirer un feu d'artifice ily eut des illu
minations dans toutes les rues , & l'on
n'entendoit de toutes parts que des acclamations
réitérées ,d'autant plus flateuſes
pour Sa Majesté , qu'on pouvoit lire dans
tous les yeux , que ces hommages étoient
rendus moins à ſon rang quà ſa per
fonne.
Fermer
52
p. 105-106
LOGOGRYPHE.
Début :
Dans le siécle passé, ce Roi dont la puissance [...]
Mots clefs :
Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYP HE.
Ans le fiécle paffé , ce Roi dont la puiffance
Fit trembler l'ennemi fur les Rives du Rhin ,
Par le fecours de l'art me donna la naiſſance
Dans un ingrat terrein.
Voici comme j'explique
Le fens énigmatique
Du Sphinx audacieux
Que j'expofe à vos yeux.
1,7,6,4 , 10 , joignez 9 , la Phrygie
Du fang de fes fujets a vû ma main rougie.
3,7,6 , on me vit au milieu d'Ifpahan
>
E v
106 MERCURE DE FRANCE,
Prêcher avec chaleur les loix de l'Alcoran .
2,7,6,4,9 , celle qui pour Enée
Finit , par défefpoir , ſa triſte deſtinée.
4 , 6 , 7 , 8 , 5 , tout le peuple Romain
Me vit pour dominer , les armes à la main.
l'ennemi de la Déeffe Flore ,
I 2 3,
" "
Qui fouvent fait mourir ce qu'elle fait éclore.
10 , 9 , 3 , 5 , 6 , 7 , mes fuperbes lambris
Renferment des Sultans les amours & les ris
6 , 4 , 7 & 2 , dans les eaux je fuis née
Et de tous les côtés j'en fuis environnée .
2 , 7 , 6 , avec 9 , je confondrai l'erreur
D'un monftre le Ciel verra naître en fureur
Ans le fiécle paffé , ce Roi dont la puiffance
Fit trembler l'ennemi fur les Rives du Rhin ,
Par le fecours de l'art me donna la naiſſance
Dans un ingrat terrein.
Voici comme j'explique
Le fens énigmatique
Du Sphinx audacieux
Que j'expofe à vos yeux.
1,7,6,4 , 10 , joignez 9 , la Phrygie
Du fang de fes fujets a vû ma main rougie.
3,7,6 , on me vit au milieu d'Ifpahan
>
E v
106 MERCURE DE FRANCE,
Prêcher avec chaleur les loix de l'Alcoran .
2,7,6,4,9 , celle qui pour Enée
Finit , par défefpoir , ſa triſte deſtinée.
4 , 6 , 7 , 8 , 5 , tout le peuple Romain
Me vit pour dominer , les armes à la main.
l'ennemi de la Déeffe Flore ,
I 2 3,
" "
Qui fouvent fait mourir ce qu'elle fait éclore.
10 , 9 , 3 , 5 , 6 , 7 , mes fuperbes lambris
Renferment des Sultans les amours & les ris
6 , 4 , 7 & 2 , dans les eaux je fuis née
Et de tous les côtés j'en fuis environnée .
2 , 7 , 6 , avec 9 , je confondrai l'erreur
D'un monftre le Ciel verra naître en fureur
Fermer
53
p. 152
AUTRE.
Début :
Je suis un séjour renommé ; [...]
Mots clefs :
Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fuis un féjour renommé ;
Dans mon riche fein tout abonde ;
A mon afpect l'oeil cft charmé ;
Je fuis rempli du plus beau monde.
Mes quatre premiers pieds préfentent un talent ,
Qu'on ne peut acquerir , s'il ne vient en naiffant;
Trois autres en ſuivant , une plante très - forte ,
Qui fouvent à pleurer nous porte.
Ceci n'eft-il pas fingulier ?
Je montre encor fur mer un espace de terre ;
Je contiens de l'efprit l'aliment néceſſaire ;
La femelle du fanglier ;
Une femme proftituée ,
Et chez les Turcs enfin un endroit enchanteur ,
Où vous , ainfi que moi , Lecteur ,
Voudricz-bien , je crois , avoir entrée.
J. F. Guichard
.
Fait à Versailles , ce 30 Juillet 1749-
E fuis un féjour renommé ;
Dans mon riche fein tout abonde ;
A mon afpect l'oeil cft charmé ;
Je fuis rempli du plus beau monde.
Mes quatre premiers pieds préfentent un talent ,
Qu'on ne peut acquerir , s'il ne vient en naiffant;
Trois autres en ſuivant , une plante très - forte ,
Qui fouvent à pleurer nous porte.
Ceci n'eft-il pas fingulier ?
Je montre encor fur mer un espace de terre ;
Je contiens de l'efprit l'aliment néceſſaire ;
La femelle du fanglier ;
Une femme proftituée ,
Et chez les Turcs enfin un endroit enchanteur ,
Où vous , ainfi que moi , Lecteur ,
Voudricz-bien , je crois , avoir entrée.
J. F. Guichard
.
Fait à Versailles , ce 30 Juillet 1749-
Fermer
54
p. 101-107
De Paris, le 13 Septembre.
Début :
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce jour en comblant les voeux de la Famille [...]
Mots clefs :
Duc de Gesvres, Ville, Paris, Roi, Versailles, Gardes, Argent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 13 Septembre.
De Paris, le 13 Septembre.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
jitized by Goc
202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
00
104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
3
10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
EV
d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
jitized by Goc
202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
00
104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
3
10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
EV
d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
Fermer
55
p. 192-193
De Versailles.
Début :
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet, de la bouche & de la fouriere de Madame [...]
Mots clefs :
Versailles, Dauphine, Concert, Feu d'artifice, Fête, Duchesse, Catherine-Nicole Le Maure, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles.
De Versailles.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
Fermer
56
p. 229-230
De Versailles le 19 Décembre.
Début :
Leurs Majestés tinrent appartement dans la grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de [...]
Mots clefs :
Versailles, Galerie, Roi, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 19 Décembre.
De Versailles le 19 Décembre.
Leurs Majestés tinrent appartement dans la
grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de
la multitude des lustres & des girandoles dont elle
(toit éclairée. Les Seigneurs & les Dames de la
Cour, ainsi que tous les Etrangers de distinction,
y parurent avec des habits d'une extrême magni-
ficence. Le Roi joua au lansquenet, & la Reine
au cavagnole, & il y eut plusieurs autres tabies
de jeu. Vers les onze heures du soir, Leurs Ma-
jestés sonperent avec Monseigneur le Dauphin,
ed by Goc
230 MERCURE DEFRANCE.
Madame la Dauphine & Mesdames de France. Le
même jour la décoration du feu d'artifice que le
Roi avoit ordonné de préparer vis-à-vis du bassin
de Latone, & qui fut tiré le 30, fut entierement
illuminé. La vatiété des couleurs de cette illumi-
mination, qui étoit toute en transparens, l'élé-
gance de chacune des parties dont elle étoit com-
posée, & leur parfait accord, formerent pour la
Gallerie une des plus belles perspectives.
Leurs Majestés tinrent appartement dans la
grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de
la multitude des lustres & des girandoles dont elle
(toit éclairée. Les Seigneurs & les Dames de la
Cour, ainsi que tous les Etrangers de distinction,
y parurent avec des habits d'une extrême magni-
ficence. Le Roi joua au lansquenet, & la Reine
au cavagnole, & il y eut plusieurs autres tabies
de jeu. Vers les onze heures du soir, Leurs Ma-
jestés sonperent avec Monseigneur le Dauphin,
ed by Goc
230 MERCURE DEFRANCE.
Madame la Dauphine & Mesdames de France. Le
même jour la décoration du feu d'artifice que le
Roi avoit ordonné de préparer vis-à-vis du bassin
de Latone, & qui fut tiré le 30, fut entierement
illuminé. La vatiété des couleurs de cette illumi-
mination, qui étoit toute en transparens, l'élé-
gance de chacune des parties dont elle étoit com-
posée, & leur parfait accord, formerent pour la
Gallerie une des plus belles perspectives.
Fermer
57
p. 230-232
De Versailles le 30.
Début :
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de [...]
Mots clefs :
Versailles, Naissance du duc de Bourgogne, Feu d'artifice, Fusées, Arc de triomphe, Félicité, Guirlandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 30.
De Versailles le 30.
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de
préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de
la grande Gallerie, fut tiré le tiente. L'édifice,
construit pour ce feu, s'étendoit depuis l'allée de
Saturne jusqu'à celle du Dragon, sur un plan cir-
culaire de cent quarante- deux toises. Il étoit com-
posé de trois Corps d'Architecture, dont le prin-
cipal étoit 'dOrdre Corinthien, & représentoit
un Arc de Triomphe, consacré à la Felicité.
Au devant des massiss, qui séparoient les 3 por-
tiques de l'arc de triomphe, étoient accouplées des
colonnes de lapis, ornées de guirlandes de lys &
de roses. Deux bas reliefs en or décoroient le des-
sus des portes latérales, qui accompagnoient
la grande arcade. Dans l'un paroissoit Appollon
distribuant aux Muses les differens attributs des
Sciences & des Beaux Arts. On voyoit, dans l'au-
tre, Cer s sur son char, répandant l'abondance,
La corniche portoit les Statues de la Justice, de la
Prudence, de la Tempérance & de la Magnani-
mité, entre lesquelles étoit, sur un pied d'estal
le Globe des Armes de France, soutenu par la
Force & par diflérens Genies. La Victoire & la
Paix le présentoient à la Felicité. Cette derniere
by Goc
JANVIER. 1752.
231
figure domincit le Groupe: elle tenoit un Cadu-
cée, Symbole de l'union, & selon les Egyptiens
le hierogliphe de la naissance des Grands-Hom-
mes. D'une corne d'abondance, qui étoit à ses
pieds, sortoient des fruits mêlés de fleurs. Près de
la Félicité, la Ronommée prenoit son vol pout aller
annoncer à l'Univers la naislance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne & ses heureux destins.
Les deux autres Corps d'Architecture étoient
d'ordre Composite, & formoient des deux côtés de
l'arc de Triomphe, une continuite d'arcades en
niches, séparées par des pilastres revêtus de tro-
phés en or & de camayeux en azur. Les miédaillons
représentoient tous les Arts qui contribuent au bon-
heur, & ils étoient entoures de guirlandes de roses
lesquelles se réunissoient en festons au dessus des
ceintres & des pilastres.
Des avant-corps, aussi d'ordre Composite, ter-
minoient les ailes. Ils étoient ornés deStatues de dif-
sérentes Divinités. Des Faunes & des Tritons,
supportant des vases de Lapis surchargés de giran-
doles, interrompoieut la balustrade, qui couron-
noit ces avant-corps.
On avoit distribué des girandoles rout le long
de l'édisice. Plusicurs lustres pendoient du sein
des archivoltes, & toutes les niches étoient gar-
nies d'orangers dans des vases d'or, an tout des-
quels jouoient des guirlandes de fleurs naturelles.
A tiavers les portiques de l'arc de Tiiomphe on
découvroit dans le lointain le Temple de la Felicité.
Ce fut cette vaste & magnisique décoration,
qui fut illuminée le 19 par des transparens. Divers
cordons de feu dessinoient l'Architecture, & l'on
avoit placé sur la tertasse différens groupes de lu-
mieres, dont les effets s'accordoient avec l'objet
principal.
Le seu d'artifice, fut annoncé pra un bruit
ed by Go-
232 MERCUREDE FRANCE
de boëtes & de fusées d'honneur, & il à été
divisé en trois parties. La premiere fut compo-
sée de feu brillaus, qui représenterent succe ssi-
vement différentes formes, & qui furent ac-
compagnées de jets, d'iss, de bombes, & d'u-
ne grande multitude de fusées variées. Le second
changement offrit des cascades, qui occuperent
toute l'étendue de l'édifice, & dont la principale
en achevant de se précipiter, se métamorphosa
en plusieurs jets; ce coup de feu fut soutenu par
des fusées formant en l'air des berceaux de lumiere.
Dans le troisiéme changement, toute l'Architec-
ture se trouva représentée en seu clair. Uue gitan-
de de plus de huit mille fusées, coutonnée de bom-
bes brillantes, termina P'artifice. Les intervalles
qu'on fut obligé de mettre entre les divers chan-
gemens pour donner le tems la fumée de se dis-
siper, furent remplis par le tirage de cent caisses de
fusées, placées derriere l'arc de Triomphe & les
ailes. Le Roi ayant passé sur les dix heures du soir
dans l'appartement de la Reine, on tira au bout
de la piéce d'eau des Suisses, cinq bombes d'arti-
fices, qui firent un effet extraordinaire.
Le même jour, Leurs Majestés tinrent grand
appartement; & la Cour, tant pat l'extrême ri-
chesse des habits que par l'éclat & le nombre des
pierreries, surpassa encore la magnificence qu'el-
le avoit fait paroître le jour de l'illumination. La
Gallerie étoit éclaitée, ainsi qu'elle l'avoit été le
19, par trois rangs de lustres, suspendus à des
festons de gaze bouillonnée, qu'entouroient des
guirlandes de fleurs. Il y avoit des deux côtés une
grande quantité de girandoles sur des Torcheres
les unes d'argent, les autres d'or; & l'art, avec
lequel les lumieres étoient distribuées, pro-
duisoit un coup d'oil des plus frappans.
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de
préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de
la grande Gallerie, fut tiré le tiente. L'édifice,
construit pour ce feu, s'étendoit depuis l'allée de
Saturne jusqu'à celle du Dragon, sur un plan cir-
culaire de cent quarante- deux toises. Il étoit com-
posé de trois Corps d'Architecture, dont le prin-
cipal étoit 'dOrdre Corinthien, & représentoit
un Arc de Triomphe, consacré à la Felicité.
Au devant des massiss, qui séparoient les 3 por-
tiques de l'arc de triomphe, étoient accouplées des
colonnes de lapis, ornées de guirlandes de lys &
de roses. Deux bas reliefs en or décoroient le des-
sus des portes latérales, qui accompagnoient
la grande arcade. Dans l'un paroissoit Appollon
distribuant aux Muses les differens attributs des
Sciences & des Beaux Arts. On voyoit, dans l'au-
tre, Cer s sur son char, répandant l'abondance,
La corniche portoit les Statues de la Justice, de la
Prudence, de la Tempérance & de la Magnani-
mité, entre lesquelles étoit, sur un pied d'estal
le Globe des Armes de France, soutenu par la
Force & par diflérens Genies. La Victoire & la
Paix le présentoient à la Felicité. Cette derniere
by Goc
JANVIER. 1752.
231
figure domincit le Groupe: elle tenoit un Cadu-
cée, Symbole de l'union, & selon les Egyptiens
le hierogliphe de la naissance des Grands-Hom-
mes. D'une corne d'abondance, qui étoit à ses
pieds, sortoient des fruits mêlés de fleurs. Près de
la Félicité, la Ronommée prenoit son vol pout aller
annoncer à l'Univers la naislance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne & ses heureux destins.
Les deux autres Corps d'Architecture étoient
d'ordre Composite, & formoient des deux côtés de
l'arc de Triomphe, une continuite d'arcades en
niches, séparées par des pilastres revêtus de tro-
phés en or & de camayeux en azur. Les miédaillons
représentoient tous les Arts qui contribuent au bon-
heur, & ils étoient entoures de guirlandes de roses
lesquelles se réunissoient en festons au dessus des
ceintres & des pilastres.
Des avant-corps, aussi d'ordre Composite, ter-
minoient les ailes. Ils étoient ornés deStatues de dif-
sérentes Divinités. Des Faunes & des Tritons,
supportant des vases de Lapis surchargés de giran-
doles, interrompoieut la balustrade, qui couron-
noit ces avant-corps.
On avoit distribué des girandoles rout le long
de l'édisice. Plusicurs lustres pendoient du sein
des archivoltes, & toutes les niches étoient gar-
nies d'orangers dans des vases d'or, an tout des-
quels jouoient des guirlandes de fleurs naturelles.
A tiavers les portiques de l'arc de Tiiomphe on
découvroit dans le lointain le Temple de la Felicité.
Ce fut cette vaste & magnisique décoration,
qui fut illuminée le 19 par des transparens. Divers
cordons de feu dessinoient l'Architecture, & l'on
avoit placé sur la tertasse différens groupes de lu-
mieres, dont les effets s'accordoient avec l'objet
principal.
Le seu d'artifice, fut annoncé pra un bruit
ed by Go-
232 MERCUREDE FRANCE
de boëtes & de fusées d'honneur, & il à été
divisé en trois parties. La premiere fut compo-
sée de feu brillaus, qui représenterent succe ssi-
vement différentes formes, & qui furent ac-
compagnées de jets, d'iss, de bombes, & d'u-
ne grande multitude de fusées variées. Le second
changement offrit des cascades, qui occuperent
toute l'étendue de l'édifice, & dont la principale
en achevant de se précipiter, se métamorphosa
en plusieurs jets; ce coup de feu fut soutenu par
des fusées formant en l'air des berceaux de lumiere.
Dans le troisiéme changement, toute l'Architec-
ture se trouva représentée en seu clair. Uue gitan-
de de plus de huit mille fusées, coutonnée de bom-
bes brillantes, termina P'artifice. Les intervalles
qu'on fut obligé de mettre entre les divers chan-
gemens pour donner le tems la fumée de se dis-
siper, furent remplis par le tirage de cent caisses de
fusées, placées derriere l'arc de Triomphe & les
ailes. Le Roi ayant passé sur les dix heures du soir
dans l'appartement de la Reine, on tira au bout
de la piéce d'eau des Suisses, cinq bombes d'arti-
fices, qui firent un effet extraordinaire.
Le même jour, Leurs Majestés tinrent grand
appartement; & la Cour, tant pat l'extrême ri-
chesse des habits que par l'éclat & le nombre des
pierreries, surpassa encore la magnificence qu'el-
le avoit fait paroître le jour de l'illumination. La
Gallerie étoit éclaitée, ainsi qu'elle l'avoit été le
19, par trois rangs de lustres, suspendus à des
festons de gaze bouillonnée, qu'entouroient des
guirlandes de fleurs. Il y avoit des deux côtés une
grande quantité de girandoles sur des Torcheres
les unes d'argent, les autres d'or; & l'art, avec
lequel les lumieres étoient distribuées, pro-
duisoit un coup d'oil des plus frappans.
Fermer
58
p. 207-215
DESCRIPTION Des Fêtes données à Versailles par ordre du Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
La Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne ayant comblé les voeux de la France, [...]
Mots clefs :
Fêtes, Versailles, Corps, Feu, Architecture, Arc, Fleurs, Colonnes, Lapis, Guirlandes, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION Des Fêtes données à Versailles par ordre du Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
DESCRIPTION
Des Fêtes données à Versailles par ordre du
Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à
l'occasion de la Naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
La Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne
ayant comblé les voeux de la France,
le Roi voulut qu'elle fut celebrée à Versa illes par
des Fêtes dignes d'un évenement aussi cher à la
Nation.
M. le Duc deGesvres PremierGentilhomme de la
Chambre du Roi, en exercice, donna des ordres
en consequence. Ces Fêtes furent conduites par
Monsieur de Curys, Intendant & Contrôleur Gé-
néral de l'Argenterie, Menus Plaisirs, & Affaires
de la Chambre de Sa Majesté.
On n'eut que sixsemaines, environ, pour les pré-
paratifs, & tout fut prêt au terups marqué, mah-
gré les incommodités d'une saison contraire & ri-
gourense.
Musfines beO
208 MERCURE DE FRANCE.
En face de la grande Gallerie, on avoit formé ui,
vaste plancher qui s'étendoit depuis l'allée de Sa-
turne jusqu'à celle qui conduit au Bassin du Dra-
gon: ce plancher construit sur un terrain inégal
commençoit au bout du parterre d'eau à quatre
pieds de hauteur & s'avançoit de 30 toises jusqu'au
Bassin de Latone, au dessus duquel il avoit 36
pieds d'élévation.
Là sur un plancher circulaire de 142 toises re-
gnoient trois grands corps d'Architecture dont le
principal étoit un Arc de Triomphe isolé consacté
à la Félicité.
Cet édifice étoit d'ordre Corinthien; on y
montoit par 9 dégrés de maibre blanc, la porte
triomphale avoit 40 pieds d'élévation, elle étoit
accompagnée de deux autres qui terminoient leur
forme quarrée au dessous de l'Imposte à 28 pieds.
Au devant des massiss qui les divisoient étoient
accouplées des Colonnes de lapis canelées & eu-
tourées de Guirlandes de roses.
Leurs Pied-d'estaux de marbre breche violette
encadroient des Paneaux de lapis, sur lesquels
éclatoient des Festons en or.
Les Basses & les Chapiteaux étoient de bronze
doré, la Corniche de marbre breche violette, l'lm-
poste & les Archivoltes de marbre blanc veiné
ainsi que le Corps d'Architecture.
La Frise étoit festonnée de Guirlandes de lau-
rier en or sur un fond de lapis, & à l'endroit ou
l'entablement faisoit ressaut sur chaqne Grouppe
de Colonnes elle étoit enrichie de Palmes sur mon-
tées d'une Fleur de Lis.
Deux Bas reliess en or de 14 pieds de longueur
sur 8 de hauteur, décoroient le dessus des Portes
laterales.
Dans l'un paroissoit Apollon distribuant aux Mu-
MARS.
1752.
209
ses les différents attributs des Sciences & des
Beaux Arts.
On voyoit dans l'autre, Cérés sur son Char,
répandant l'abondance, elle étoit suivie de la Con-
corde & des Graces, & dans le fond du Tableau;
on découvroit un Soleil naissant.
Un Socle de marbre verd s'affermissoit sur la
Corniche, & portoit à l'endroit des Colonnes
les Statues de la Justice, de la Prudence, de la
Modération & de la Magnanimité.
Entre ces figures s'élevoit sur cinq dégrez de mar-
bre jaune antique, un pied d'estal de forme circu-
laire orné de canelures avec des ornemens en or,
& ceint par le haut d'un tors de feuilles de Chêne
en bronze doré.
Sur ce pied-d'estal on voyoit le Globe des Ar-
mes de France, soutenu par la force & par diffé-
tens Génies, la Victoire & la Paix le présentoient
à la Félicité; cette derniere figure dominoit le
Grouppe, elle tenoit un Caducée, simbole de l'u-
nion, & selon les Egyptiens le Hyerogliphe de la
naissance des Grands Hommes. D'une Corne d'a-
bondance qui étoit à ses pieds, sortoient des fruits
mêlés de fleurs. De l'autre côté la Renommée
prenoit son vol pour aller annoncer à l'Univers la
Naissance du Prince & ses heureux destins.
Toutes les Figures étoient de bronze doré, le Glo-
be étoit de lapis, & ses Fleurs de lys d'or, de mê,
me que sa Couronne qui terminoit l'arc de triom-
phe pat amortissement à 97 pieds d'élévation.
Les deux autres corps d'architecture étoient
d'un ordre composé, ils formoient des deux côtés
de l'Arc de triomphe une continuité d'arcades en
niches ornées de Paneaux & de Coquilles, ces ni-
ches étoiant séparées par des pilastres revêtus de
Trophées en bronze doré qui se détachoient sur
Hiues vOO
LIO MERCURE DEFRANCE.
un fond verd d'émeraude incrusté dans un marbre
blanc veiné.
Au-lessus des Trophées étoient des Camayeux
en azur en forine de médaillons, réprésentans
tous les Arts qui contribuent au bonheur & tous
les Etats qui y participent.
Des Guirlandes de fleurs de toute espêce leut
fervoient de bordures & se réunissoient en festons
au dessus des Ceintres & des Pilastres.
Des avant corps terminoient les ailes, ils étoient
ornés de Statues de différentes Divinités en bronze
doré, on y remarquoit d'un côté Jupiter, Junon,
Mercure & Minerve, & de l'autre, Apollon, Dia
ne, Mars & Venus.
Les Ballustres d'or bordoient les galleries ou
plates-formes qui regnoient généralement sut les
édifices des parties laterales, ils étoient interrom-
pus sur les avant cotps seulement par des Frontons
on s'appuyoient des Faunes & des Tritons de
bronze doré, tenant des tors de feuilles de chêne
entremélés de coquillages & supportans des vases
de lapis surchargés de Girandoles.
On avoit aussi distribué des Girandoles sur tous
les couronnemens, plusieurs lustres pendoient du
sein des archivoltes, & toutes les niches étoient
garnies d'Otangers dans des vases d'or, autour
desquels jouoient des guirlandes de fleurs naturel-
les.
Trois grands escaliers de sept degrez se presen-
toienr au-devant de toute la décoration.
Le principal occupoit 20 toises de face; les deux
autres qui répondoient aux avant-corps avoient
chacun 12 toises d'ouverture, des balustres s'éten-
doient entre ces escaliers d'un aîle à l'autre & for-
moient carrément, & par des angles coupés des
retours en saillies pour accompagner les Corpo-
avancés.
MARS. 1752.
211
Ces balustrades étoient divisées par seize
Pied- d'estaux portans des girandoles sur des for-
mes d'ornemens en lapis, rehaussées d'or &
entourées de guirlandes de fleurs.
A travers les portes de l'arc triomphal
& par les espaces qui divisoient les trois grands
corps d'architecture, on découvroit dans l'é-
loignement le Temple de la Félicité sur une
vaste terrasse, audevant de laquelle étoit une
fontaine ornée de Pilastres rustiques & de
Statues.
On montoit à cette terrasse par deux grands
escaliers: des colonnades d'Ordre Dorique
conduisoient aux dégrés du Temple.
Ce Temple étoit une rotonde d'Ordre Com-
posite, dont le corps étoit de Porphire, les
Colonnes & les Frises d'émeraudes, & les Cha-
pitaux, Bazes, Architraves, & Corniches
d'or, de même que les courbes & les festons
qui enrichissoient la Coupole.
On entroit dans ce Temple par huit Porti-
ques: au milieu du Sanctuaire étoit un riche
baldaquin, dont les rideaux retroussés, lais-
soient voir sur un Pied-d'estal de marbre verd
antique, la Statue en or de la Félicité. Des
balustres entouroient l'estrade: au de vant étoit
un Autel de Sacrifice, où brûloient des par-
fums en actions de graces.
Ou appercevoit au de-là du Temple & des
colonnades, une partie des jardins de la Fé-
licité, où s'élevoient des Palmiers, des Lau-
riers, des Myrthes, des Oliviers & autres Ar-
bres chargés de fleurs & de fruits.
Le Roi ordonna que cette décoration seroit
illuminée le 17, & qu'elle serviroit le 30 ;
pour un feu d'artifice. Sa Majesté devant tenir
212 MERCURÉDE FRANCE.
ces mêmes jours grand appartement, on décora
l'intérieur du Château avec autant de soin
que les jardins.
Trois rangées de lustres étoient attachées au
platfond de la galletie par des gazes bouillon-
nées, où s'entrelaçoient des festons de rozes.
Ces gazos, & ces festons étoient disposés de
manière qu'ils laissoient voir tout l'éclat des
Peintures, & toute la richesse des lambris.
Une multitude de girandoles s'elevoient à
la hauteur des lustres de chaque côté de la gal-
lerie, sur une longue file de gueridons dorés,
& de torcheres d'argent d'une compesition ga-
lante.
Des Amours assis sur ces torcheres, entre
des palmes & des mirthes, jouoient avec des
guirlandes de fleurs en cristaux, sous des ber-
ceaux d'étoiles.
Les Sallons de la Guerre & de la Paix ter-
minoient aux deux extrémités cette brillante
perspective; les autres appartemens étoient
décorés à proportion.
Le 19, sur les six heures du soir, le Roi &
toute la Conr s'étant rendus dans la gallerie,
la décoration qui faisoit face au Château, pa-
rut tout à coup illuminée, & malgré la con-
trariété du vent, on sentit l'effet que devoient
produire les différentes espéces d'illumination,
que l'on n'avoit point encore hazardé d'em-
ployer sous un même point de vue.
Leurs Majestés, après avoir joui quelques
momens de la beauté de ce spectacle, conti-
nuerent de tenir appartement jusqu'à dix heu-
res. Il y eut ensuite grand couvert, pendant
sequel tout le monde eut la liberté d'entrer
dans les appartemens.
213
MARS. 1752.
Le 30 du même mois, jour indiqué pour le
feu d'artifice, la décoration de l'arc de triom-
phe & des ailes parut toute différente. Des
Mosaiques dorées & découpées, remplissoient
les Piedestaux, les Frises, les Bas-reliefs, les
Pilastres, les Médaillons.
Les Colonnes étoient cannelées à jour, &
ceintes de bandeaux. Leurs Bazes & leurs Cha-
piteaux étoient découpés.
Des Piramides spirales remplaçoient les
orangers qui avoient décoré les niches.
Aux lustres & aux girandoles en succederent
d'autres composés d'artisice.
En face des corps d'Architecture étoient
plusieurs grandes Cascades d'artifice en am-
phithéâtre de quarante & cinquante pieds de
hauteur.
Au-devant de l'enceinte, on avoit placé
tout le long de la balustrade & vis-à vis les
escaliers de grandes Piéces figurées en com-
partimens.
Sur les côtés on voyoit des treillages en
berceaux qui s'étendoient jusqu'aux dégres de
la terrasse du Château.
L'arangement de toutes ces différentes pié-
ces composoit une décoration légere & ga-
lante, qui constrastoit avec celle que l'on avoit
vû les jours précédens,
Sur les cinq heures du soir, la gallerie fut
éclairée comme elle l'avoit été le 19.
Au moment que Leurs Majestés s'y rendi-
rent avec toute la Cour, on donna le signal
pour tirer le feu d'artifice, qui devoit être
exécuté selon les dispositions suivantes.
Des fusées d'honneurs & des fusés de table
drées de l'arc de triomphe & des ailes, au
Vigires vOO
214 MERCURE DE FRANCE.
bruit d'une infinité de boetes distribuées odans
plusieurs endroits du Parc, devoient servit
de prélude, & annoncer la premiere décora-
tion d'artifice, composées de Pièces figurées
formant en feu brillant différentes Mosaiques
successivement variées.
Après ce tableau, des gerbes, des Ifs, &
des napes de feu devoient occuper toute l'é-
tendue comprise entre les édifices, en même
tems que les grandes Cascades paroîtroient,
& donneroient naissance à douze grands jets
portans leur feu à quarante pieds d'élévation.
On devoit voir ensuite tous les contours de
l'Architecture dessinés par des feux de lance,
ainsi que les lustres, les girandoles & les pira-
mides tournantes, pendant que les Colonnes,
les Bas-reliefs, les Pilastres & les Médaillons
seroient pronnoncés par des feux mouvants
jouant derriere leurs découpures & leurs Mo-
saiques.
Au tiers de la durée des lances, devoient
paroître les treillages en berceaux qui bornoient
la terrasse, les Gloires qui couronnoient les
entablemens, & les Soleils fixes, dont le prin-
cipal fo moit un globe de seu de soixante pieds
de diametre.
Sur les trois corps d'Architecture étoient dis-
posés des vases lumineux, jettans continuelle-
ment des étoiles & des serpentaux, pour ser-
vir de cadre à cette brillante decoration.
Des bombes, des pluyes d'or, des grenades
à étoiles, de très grosses fusées de chevalet,
des pots-à-feu, des pots-à-égrettes & des
feux de caisses de toute e spéce, etoient desti-
nés à garnir les airs pendant toute la durée du
feu, qui devoit finir par une guirlande coma
MARS.
1752.
215
posée d'une multiiude infinie de fusées cou-
romhées de bombes brillantes, s'élevant tou-
tes à la fois de l'arc de triomphe & des ailes.
Après le feu d'artifice, il y eut apparte-
ment jusqu'à dix heures, & cette journée se
termina, comme la premiere, par un grand
couvert.
Ces Fêtes furent exécutées sur les plans &
desseins des Sieurs Slodtz, Dessinateur du Ca-
binet du Roi, Peintre & Sculpteur de ses me-
nus plaisirs.
Les Sieurs Dumas, Girault & Plenet furent
chargés de la construction des charpentes, &
le Sieur Vedy, de la partie concernant la ser-
rurerie.
Le Sieur l'Evêque, Garde-Magazin des me-
nus, & toutes les personnes employées dans
cette partie, se distinguerent par leur exactitu-
de à exécuter les ordres dont on les avoit
chargés.
Des Fêtes données à Versailles par ordre du
Roi le 19 & le 30 Décembre 1751. à
l'occasion de la Naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
La Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne
ayant comblé les voeux de la France,
le Roi voulut qu'elle fut celebrée à Versa illes par
des Fêtes dignes d'un évenement aussi cher à la
Nation.
M. le Duc deGesvres PremierGentilhomme de la
Chambre du Roi, en exercice, donna des ordres
en consequence. Ces Fêtes furent conduites par
Monsieur de Curys, Intendant & Contrôleur Gé-
néral de l'Argenterie, Menus Plaisirs, & Affaires
de la Chambre de Sa Majesté.
On n'eut que sixsemaines, environ, pour les pré-
paratifs, & tout fut prêt au terups marqué, mah-
gré les incommodités d'une saison contraire & ri-
gourense.
Musfines beO
208 MERCURE DE FRANCE.
En face de la grande Gallerie, on avoit formé ui,
vaste plancher qui s'étendoit depuis l'allée de Sa-
turne jusqu'à celle qui conduit au Bassin du Dra-
gon: ce plancher construit sur un terrain inégal
commençoit au bout du parterre d'eau à quatre
pieds de hauteur & s'avançoit de 30 toises jusqu'au
Bassin de Latone, au dessus duquel il avoit 36
pieds d'élévation.
Là sur un plancher circulaire de 142 toises re-
gnoient trois grands corps d'Architecture dont le
principal étoit un Arc de Triomphe isolé consacté
à la Félicité.
Cet édifice étoit d'ordre Corinthien; on y
montoit par 9 dégrés de maibre blanc, la porte
triomphale avoit 40 pieds d'élévation, elle étoit
accompagnée de deux autres qui terminoient leur
forme quarrée au dessous de l'Imposte à 28 pieds.
Au devant des massiss qui les divisoient étoient
accouplées des Colonnes de lapis canelées & eu-
tourées de Guirlandes de roses.
Leurs Pied-d'estaux de marbre breche violette
encadroient des Paneaux de lapis, sur lesquels
éclatoient des Festons en or.
Les Basses & les Chapiteaux étoient de bronze
doré, la Corniche de marbre breche violette, l'lm-
poste & les Archivoltes de marbre blanc veiné
ainsi que le Corps d'Architecture.
La Frise étoit festonnée de Guirlandes de lau-
rier en or sur un fond de lapis, & à l'endroit ou
l'entablement faisoit ressaut sur chaqne Grouppe
de Colonnes elle étoit enrichie de Palmes sur mon-
tées d'une Fleur de Lis.
Deux Bas reliess en or de 14 pieds de longueur
sur 8 de hauteur, décoroient le dessus des Portes
laterales.
Dans l'un paroissoit Apollon distribuant aux Mu-
MARS.
1752.
209
ses les différents attributs des Sciences & des
Beaux Arts.
On voyoit dans l'autre, Cérés sur son Char,
répandant l'abondance, elle étoit suivie de la Con-
corde & des Graces, & dans le fond du Tableau;
on découvroit un Soleil naissant.
Un Socle de marbre verd s'affermissoit sur la
Corniche, & portoit à l'endroit des Colonnes
les Statues de la Justice, de la Prudence, de la
Modération & de la Magnanimité.
Entre ces figures s'élevoit sur cinq dégrez de mar-
bre jaune antique, un pied d'estal de forme circu-
laire orné de canelures avec des ornemens en or,
& ceint par le haut d'un tors de feuilles de Chêne
en bronze doré.
Sur ce pied-d'estal on voyoit le Globe des Ar-
mes de France, soutenu par la force & par diffé-
tens Génies, la Victoire & la Paix le présentoient
à la Félicité; cette derniere figure dominoit le
Grouppe, elle tenoit un Caducée, simbole de l'u-
nion, & selon les Egyptiens le Hyerogliphe de la
naissance des Grands Hommes. D'une Corne d'a-
bondance qui étoit à ses pieds, sortoient des fruits
mêlés de fleurs. De l'autre côté la Renommée
prenoit son vol pour aller annoncer à l'Univers la
Naissance du Prince & ses heureux destins.
Toutes les Figures étoient de bronze doré, le Glo-
be étoit de lapis, & ses Fleurs de lys d'or, de mê,
me que sa Couronne qui terminoit l'arc de triom-
phe pat amortissement à 97 pieds d'élévation.
Les deux autres corps d'architecture étoient
d'un ordre composé, ils formoient des deux côtés
de l'Arc de triomphe une continuité d'arcades en
niches ornées de Paneaux & de Coquilles, ces ni-
ches étoiant séparées par des pilastres revêtus de
Trophées en bronze doré qui se détachoient sur
Hiues vOO
LIO MERCURE DEFRANCE.
un fond verd d'émeraude incrusté dans un marbre
blanc veiné.
Au-lessus des Trophées étoient des Camayeux
en azur en forine de médaillons, réprésentans
tous les Arts qui contribuent au bonheur & tous
les Etats qui y participent.
Des Guirlandes de fleurs de toute espêce leut
fervoient de bordures & se réunissoient en festons
au dessus des Ceintres & des Pilastres.
Des avant corps terminoient les ailes, ils étoient
ornés de Statues de différentes Divinités en bronze
doré, on y remarquoit d'un côté Jupiter, Junon,
Mercure & Minerve, & de l'autre, Apollon, Dia
ne, Mars & Venus.
Les Ballustres d'or bordoient les galleries ou
plates-formes qui regnoient généralement sut les
édifices des parties laterales, ils étoient interrom-
pus sur les avant cotps seulement par des Frontons
on s'appuyoient des Faunes & des Tritons de
bronze doré, tenant des tors de feuilles de chêne
entremélés de coquillages & supportans des vases
de lapis surchargés de Girandoles.
On avoit aussi distribué des Girandoles sur tous
les couronnemens, plusieurs lustres pendoient du
sein des archivoltes, & toutes les niches étoient
garnies d'Otangers dans des vases d'or, autour
desquels jouoient des guirlandes de fleurs naturel-
les.
Trois grands escaliers de sept degrez se presen-
toienr au-devant de toute la décoration.
Le principal occupoit 20 toises de face; les deux
autres qui répondoient aux avant-corps avoient
chacun 12 toises d'ouverture, des balustres s'éten-
doient entre ces escaliers d'un aîle à l'autre & for-
moient carrément, & par des angles coupés des
retours en saillies pour accompagner les Corpo-
avancés.
MARS. 1752.
211
Ces balustrades étoient divisées par seize
Pied- d'estaux portans des girandoles sur des for-
mes d'ornemens en lapis, rehaussées d'or &
entourées de guirlandes de fleurs.
A travers les portes de l'arc triomphal
& par les espaces qui divisoient les trois grands
corps d'architecture, on découvroit dans l'é-
loignement le Temple de la Félicité sur une
vaste terrasse, audevant de laquelle étoit une
fontaine ornée de Pilastres rustiques & de
Statues.
On montoit à cette terrasse par deux grands
escaliers: des colonnades d'Ordre Dorique
conduisoient aux dégrés du Temple.
Ce Temple étoit une rotonde d'Ordre Com-
posite, dont le corps étoit de Porphire, les
Colonnes & les Frises d'émeraudes, & les Cha-
pitaux, Bazes, Architraves, & Corniches
d'or, de même que les courbes & les festons
qui enrichissoient la Coupole.
On entroit dans ce Temple par huit Porti-
ques: au milieu du Sanctuaire étoit un riche
baldaquin, dont les rideaux retroussés, lais-
soient voir sur un Pied-d'estal de marbre verd
antique, la Statue en or de la Félicité. Des
balustres entouroient l'estrade: au de vant étoit
un Autel de Sacrifice, où brûloient des par-
fums en actions de graces.
Ou appercevoit au de-là du Temple & des
colonnades, une partie des jardins de la Fé-
licité, où s'élevoient des Palmiers, des Lau-
riers, des Myrthes, des Oliviers & autres Ar-
bres chargés de fleurs & de fruits.
Le Roi ordonna que cette décoration seroit
illuminée le 17, & qu'elle serviroit le 30 ;
pour un feu d'artifice. Sa Majesté devant tenir
212 MERCURÉDE FRANCE.
ces mêmes jours grand appartement, on décora
l'intérieur du Château avec autant de soin
que les jardins.
Trois rangées de lustres étoient attachées au
platfond de la galletie par des gazes bouillon-
nées, où s'entrelaçoient des festons de rozes.
Ces gazos, & ces festons étoient disposés de
manière qu'ils laissoient voir tout l'éclat des
Peintures, & toute la richesse des lambris.
Une multitude de girandoles s'elevoient à
la hauteur des lustres de chaque côté de la gal-
lerie, sur une longue file de gueridons dorés,
& de torcheres d'argent d'une compesition ga-
lante.
Des Amours assis sur ces torcheres, entre
des palmes & des mirthes, jouoient avec des
guirlandes de fleurs en cristaux, sous des ber-
ceaux d'étoiles.
Les Sallons de la Guerre & de la Paix ter-
minoient aux deux extrémités cette brillante
perspective; les autres appartemens étoient
décorés à proportion.
Le 19, sur les six heures du soir, le Roi &
toute la Conr s'étant rendus dans la gallerie,
la décoration qui faisoit face au Château, pa-
rut tout à coup illuminée, & malgré la con-
trariété du vent, on sentit l'effet que devoient
produire les différentes espéces d'illumination,
que l'on n'avoit point encore hazardé d'em-
ployer sous un même point de vue.
Leurs Majestés, après avoir joui quelques
momens de la beauté de ce spectacle, conti-
nuerent de tenir appartement jusqu'à dix heu-
res. Il y eut ensuite grand couvert, pendant
sequel tout le monde eut la liberté d'entrer
dans les appartemens.
213
MARS. 1752.
Le 30 du même mois, jour indiqué pour le
feu d'artifice, la décoration de l'arc de triom-
phe & des ailes parut toute différente. Des
Mosaiques dorées & découpées, remplissoient
les Piedestaux, les Frises, les Bas-reliefs, les
Pilastres, les Médaillons.
Les Colonnes étoient cannelées à jour, &
ceintes de bandeaux. Leurs Bazes & leurs Cha-
piteaux étoient découpés.
Des Piramides spirales remplaçoient les
orangers qui avoient décoré les niches.
Aux lustres & aux girandoles en succederent
d'autres composés d'artisice.
En face des corps d'Architecture étoient
plusieurs grandes Cascades d'artifice en am-
phithéâtre de quarante & cinquante pieds de
hauteur.
Au-devant de l'enceinte, on avoit placé
tout le long de la balustrade & vis-à vis les
escaliers de grandes Piéces figurées en com-
partimens.
Sur les côtés on voyoit des treillages en
berceaux qui s'étendoient jusqu'aux dégres de
la terrasse du Château.
L'arangement de toutes ces différentes pié-
ces composoit une décoration légere & ga-
lante, qui constrastoit avec celle que l'on avoit
vû les jours précédens,
Sur les cinq heures du soir, la gallerie fut
éclairée comme elle l'avoit été le 19.
Au moment que Leurs Majestés s'y rendi-
rent avec toute la Cour, on donna le signal
pour tirer le feu d'artifice, qui devoit être
exécuté selon les dispositions suivantes.
Des fusées d'honneurs & des fusés de table
drées de l'arc de triomphe & des ailes, au
Vigires vOO
214 MERCURE DE FRANCE.
bruit d'une infinité de boetes distribuées odans
plusieurs endroits du Parc, devoient servit
de prélude, & annoncer la premiere décora-
tion d'artifice, composées de Pièces figurées
formant en feu brillant différentes Mosaiques
successivement variées.
Après ce tableau, des gerbes, des Ifs, &
des napes de feu devoient occuper toute l'é-
tendue comprise entre les édifices, en même
tems que les grandes Cascades paroîtroient,
& donneroient naissance à douze grands jets
portans leur feu à quarante pieds d'élévation.
On devoit voir ensuite tous les contours de
l'Architecture dessinés par des feux de lance,
ainsi que les lustres, les girandoles & les pira-
mides tournantes, pendant que les Colonnes,
les Bas-reliefs, les Pilastres & les Médaillons
seroient pronnoncés par des feux mouvants
jouant derriere leurs découpures & leurs Mo-
saiques.
Au tiers de la durée des lances, devoient
paroître les treillages en berceaux qui bornoient
la terrasse, les Gloires qui couronnoient les
entablemens, & les Soleils fixes, dont le prin-
cipal fo moit un globe de seu de soixante pieds
de diametre.
Sur les trois corps d'Architecture étoient dis-
posés des vases lumineux, jettans continuelle-
ment des étoiles & des serpentaux, pour ser-
vir de cadre à cette brillante decoration.
Des bombes, des pluyes d'or, des grenades
à étoiles, de très grosses fusées de chevalet,
des pots-à-feu, des pots-à-égrettes & des
feux de caisses de toute e spéce, etoient desti-
nés à garnir les airs pendant toute la durée du
feu, qui devoit finir par une guirlande coma
MARS.
1752.
215
posée d'une multiiude infinie de fusées cou-
romhées de bombes brillantes, s'élevant tou-
tes à la fois de l'arc de triomphe & des ailes.
Après le feu d'artifice, il y eut apparte-
ment jusqu'à dix heures, & cette journée se
termina, comme la premiere, par un grand
couvert.
Ces Fêtes furent exécutées sur les plans &
desseins des Sieurs Slodtz, Dessinateur du Ca-
binet du Roi, Peintre & Sculpteur de ses me-
nus plaisirs.
Les Sieurs Dumas, Girault & Plenet furent
chargés de la construction des charpentes, &
le Sieur Vedy, de la partie concernant la ser-
rurerie.
Le Sieur l'Evêque, Garde-Magazin des me-
nus, & toutes les personnes employées dans
cette partie, se distinguerent par leur exactitu-
de à exécuter les ordres dont on les avoit
chargés.
Fermer
59
p. 211-216
« M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
Début :
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...]
Mots clefs :
Duc de Coigny, Comte de Coigny, Secousses, Versailles, Paris, Marquis, Régiments, La Reine, Sa Majesté, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
Fermer
Résumé : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
En février et avril 1756, plusieurs événements notables ont eu lieu. Le maréchal duc de Coigny a obtenu la permission de céder son duché à son petit-fils, le comte de Coigny. Madame la comtesse de Coigny a été présentée à Leurs Majestés et à la famille royale le 22 février, prenant le tabouret en qualité de duchesse. Le 18 février, deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Paris et dans plusieurs autres villes, sans causer de dommages significatifs. Le 2 mars, M. de Montenault a présenté au roi le second volume de la nouvelle édition des Fables de La Fontaine. Le roi a également disposé du gouvernement de Dieppe en faveur de M. de Mailly de Rubempré. Plusieurs nominations et promotions militaires ont été annoncées, notamment celles de M. le marquis du Châtelet-Lomont et de M. le marquis de Valory. Le 12 avril, la marquise de Beauffremont a fait ses révérences à Leurs Majestés à l'occasion de son veuvage. Le 16 avril, Monseigneur le duc de Berry a été fiévreux. Le 20 avril, la reine a entendu une messe de Requiem pour l'anniversaire de la feue reine de Pologne. Madame la duchesse de Luynes a présenté à Leurs Majestés l'épouse de M. Perinc de Moras. Le roi a nommé l'archevêque de Rouen au chapeau de cardinal. Plusieurs autres nominations et promotions ont été effectuées, notamment dans les finances et les intendances. Le 22 avril, une procession solennelle a été organisée en mémoire de la réduction de la capitale sous l'obéissance de Henri IV. Le 28 mars, M. Feydeau de Marville a été présenté au roi en qualité de conseiller d'État ordinaire. Un phénomène météorologique inhabituel a été observé à Avignon, Cannes et Nice. Le 20 mars, le comte de Clermont a passé en revue son régiment d'infanterie à Berny, offrant un dîner somptueux aux seigneurs et officiers présents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
60
p. 224-232
« Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine partirent de Versailles le 19 Juin, [...] »
Début :
Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine partirent de Versailles le 19 Juin, [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, Madame la Dauphine, Princes, Ducs, Comtes, Nonce du Pape, Versailles, Marquis, Minorque, Guerre de siège, Guerre contre l'Angleterre, Nominations, Canada, Combats sur terre, Actions boursières, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine partirent de Versailles le 19 Juin, [...] »
Monfeigneur le Dauphin & Madame la Dauphine
partirent de Verfailles le 19 Juin , vers
les neuf heures & demie du matin , pour fe
rendre à Chartres. Ce Prince & cette Princeffe
y arriverent à trois heures après- midi , &
ils defcendirent à l'Evêché , où ils dînerent.
Ils y ont féjourné le 20 , & ils font revenus
ici le 21 au matin. L'Evêque de Chartres , qui
a eu l'honneur de recevoir chez lui Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine
avec les Seigneurs & Dames de leur fuite , n'a
rien laiffé à défirer de tout ce qui pouvoit contribuer
à la magnificence de la réception..
Le 23 , Monfeigneur le Dauphin & Mada
me tinrent fur les Fonts , dans la Chapelle
du Château , le fils du Marquis de Loftanges ,
Meftie de Camp du Régiment des Cuiraffiers ,
& Premier Ecuyer de Madame , en furvivance
; & de Dame Gallucci de l'Hôpital , une des
Dames nommées pour accompagner Madame.
Le Prince Conftantin , Premier Aumônier du
Roi , fuppléa les cérémonies du Baptême , en
préfence du Curé de l'Eglife Paroiffiale de Notre-
Dame , à l'enfant qui fut nommé Henri .
Le 20 Juin , M. Gualtieri , Archevêque de
Mira , Nonce Ordinaire du Pape , fit fon Entrée
publique à Paris. Le Prince Camille , &
M. Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs ,
JUILLET. 1756. 225
allerent le prendre dans les carroffes de Leurs
Majeftés au Couvent de Picpus , d'où la marche
fe fit en cet ordre . Le carroffe de l'Introducteur
; le carroffe du Prince Camille ; un Suiffe
du Nonce , à cheval ; fa Livrée , à pied ; fon
Maître d'Hôtel & fix de fes Officiers ; fon
Ecuyer & fes Pages , à cheval : le carroffe du
Roi , aux côtés duquel marchoient la Livrée
du Prince Camille & celle de M. Dufort ; le
carroffe de la Reine ; celui de Madame la Dauphine
; ceux du Duc d'Orléans , de la Ducheffe
d'Orléans , du Prince de Condé , de la
Princeffe de Condé , du Comte de Charolois ,
du Comte de Clermont , de la Princeffe Douairiere
de Conty , du Prince de Conty , du Comte
de la Marche , du Comte d'Eu , de la Comteffe
de Toulouſe , du Duc de Penthievre ; &
celui de M. Rouillé , Miniftre d'Etat ayant le
Département des Affaires Etrangeres. A une
diftance de trente ou quarante pas marchoient
les quatre carroffes du Nonce , précédés d'un
Suiffe à cheval . Lorsqu'il fut arrivé à fon Hôtel
, il fut complimenté , de la part du Roi ,
par M. le Duc de Gefvres , Premier Gentilhomme
de la Chambre de Sa Majefté ; de la part
de la Reine , par M. le Comte de Saoly Tavannes
, fon Chevalier d'Honneur ; de la part de
Madame la Dauphine, par M. le Marquis de Muy,
fon Premier Maître d'Hôtel ; & de la part de
Madame , par M. le Marquis de l'Hôpital ,
Premier Ecuyer de cette Princeffe .
Le 22 , le Comte de Brionne , Grand Ecuyer
de France , & M. Dufort , Introducteur des
Ambaffadeurs , allerent prendre le Nonce du
Pape en fon Hôtel , & le conduifirent avec les
carroffes de Leurs Majeftés , à Verfailles , où il
Κν
226 MERCURE DE FRANCE.
eut fa premiere audience publique du Roi. Le
Nonce trouva à fon paffage , dans l'avantcourt
du Château , les Compagnies des Gardes Françoifes
& Suiffes , fous les armes ; les Tambours
appellant ; dans la cour , les Gardes de la Pors
te & ceux de la Prevôté de l'Hôtel , auffi ſous
les armes , à leurs poftes ordinaires ; & fur l'efcalier
, les Cent- Suiffes , en habit de cérémonie
, la hallebarde à la main. Il fut reçu en dedans
de la Salle des Gardes par M. le Duc
d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps , qui
étoient en haie & fous les armes. Après l'audience
du Roi , le Nonce, fut conduit à l'audience
de la Reine , & à celles de Monſeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine
par M. le Comte de Brionne & par M. Dufort.
Il eut enfuite audience de Madame , &
de Mefdames Victoire , Sophie & Louiſe ; &
après avoir été traité par les Officiers du Roi ,
ilfut reconduit à Paris dans les carroffes de Leurs
Majeftés avec les cerémonies accoutumées.
>
Le même jour , le Roi fit à Verſailles dans
la Cour du Château , la revue des deux Com .
pagnies des Moufquetaires de fa Gardė Ordi ,
naire. Le Roi paffa dans les rangs , & après
que les Compagnies eurent fait l'exercice , Sa
Majefté les vit défiler. Monfeigneur le Dauphin
accompagna le Roi à cette revue. La Reine
Madame la Dauphine , Madame , & Mefdames
Victoire , Sophie & Louife , la virent de l'appartement
du Comte de Clermont..
"
M. Le Marquis de Peruffy , Premier Sous-
Lieutenant de la Premiere Compagnie des
Moufquetaires , ayant demandé la permiffion de
fe retirer , M. le Comte de Carvoifin , fecond
Sous-Lieutenant de cette Compagnie , en eft
JUILLET. 1756. 227
devenu Premier Sous-Lieutenant ; M. le Chevalier
de la Cheze , qui étoit Premier Enſeigne ,
a monté à la place de Second Sous - Lieutenant ;
M. le Marquis de Cucé , Second Enfeigne , a paflé
à la premiere Enfeigne ; M. le Marquis de la Vaupaliere
premier Cornette , a été nommé fecond
Enfeigne , & M. le Marquis de Montillet , Second
Cornette , eft devenu Premier Cornette . Le Roi a
accordé à M. le Comte de Merle l'agrément de la
place de Second Cornette , vacante par ces mutations.
En conféquence de la retraite de M. du Rouret
, Maréchal des Logis de la même Compagnie ,.
Sa Majesté a nommé M. de Sarcé Maréchal des
Logis , M. de Charlary Brigadier , M. de Fa
jac Sous- Brigadier & Sous- Aide Major ; & MM.
de Chanvallon , Villiers & Monneron , ont obtenu
les Sous- Brigades vacantes dans la Compagnie.
Par la retraite de MM. de Vervan , du Fou &
de Sampigny , Maréchaux des Logis de la feconde
Compagnie des Moufquetaires , le Chevalier de la
Douze & MM. de Mancy & de Vandômois font
devenus Maréchaux des Logis de cette Compagnie.
MM. de Launay , de Blaignac & de Gouberville ,
en ont été nommés Brigadiers ; & MM. de Beau
chefne , de Tremenec & de Vefins , ont obtenu
des places de Sous- Brigadiers .
Suivant les nouvelles écrites de Minorque le
14 Juin , on avoit employé plufieurs jours à
faire des tranfports de terre , pour élever de nouvelles
batteries , qui avoient commencé à tirer
le 5 au matin , & dont le feu fucceffif avoit ruiné
une grande partie des defenfes des Affiégés.
Le 8 M. Bélon , Capitaine au Régiment de Talaru
, a été bleffé . M. de Saint-Alby , Capitaine
de Grenadiers au Régiment de Bretagne , a été
sué le 9. Le 10 , M. la Rivétifon , Capitaine
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
au Régiment Royal , fut bleffé légérement. Le
12 M. Pupille , Lieutenant du Corps Royal d'Ar
tillerie & du Génie , a auffi été bleffé légèrement
d'un éclat de bombe.
Afin de prévenir le dépériffement des Navires
Anglois , détenus dans les Ports du Royaume
, & d'empêcher qu'ils ne foient confondus
avec les prifes qui pourront être faites durant
la guerre que le Roi de la Grande- Bretagne a
déclarée à la France , le Roi a donné ordre qu'il
fût procédé à la vente de ces Bâtimens & de leurs
chargemens. Veut Sa Majefté , que le produit
defdites ventes foit mis en dépôt , pour y refter
jufqu'à ce qu'il en ait été par Elle autrement
ordonné. j
M. de Maupertuis , un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Préfident de l'Académie des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe , & M. Godin ,
ont été déclarés Penfionnaires Vétérans de l'Aca
démie Royale des Sciences , dans l'Affemblée que
cette Compagnie tint le 16.
Sa Majefté a donné à M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , Chancelier
de la Reine , & Commandeur- Secretaire des
Ordres de Saint Michel & du Saint Efprit , la
charge de Commandeur- Chancelier , Garde des
Sceaux , & Sur Intendant des Finances defdits
Ordres , qui vaquoit par la mort de M. l'Abbé
de Pomponne. M. le Marquis de Marigny ,
Directeur & Ordonnateur Général des Bâtimens
Arts , Jardins & Manufactures , a eu l'agrément
du Roi , pour fuccéder à M. le Comte de Saint-
Florentin dans la charge de Commandeur- Secretaire
des Ordres de Sa Majesté.
La place de Confeiller d'Etat Eccléfiaftique
de M. l'Abbé de Pomponne paffe à M. l'Abbé
JUILLET. 1756. 229
Comte de Bernis , nommé Ambaffadeur de Sa
Majefté à la cour de Madrid , lequel avoit l'expectative
pour la premiere qui viendroit à vaquer.
M. le Marquis de Puyziculx ayant demandé
la permiffion de fe retirer du Confeil , Sa Majesté
Jui a confervé la penfion de Miniftre , & il
continuera d'avoir un logement à la Cour.
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame , & Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , vinrent le 27 Juin fe promener fur le
Boulevard de cette Ville. Il vifiterent le réfervoir
qui fert à nettoyer le grand égout qui l'entoure.
Le défir de jouir de la préfence de ce Prince
& de ces Princeffes , attira fur le Boulevard une
multitude innombrable de perfonnes de toutes
les conditions.
Par des lettres du Canada , on a appris le
détail fuivant. M. de Vaudreuil , Gouverneur Général
, ayant été informé que les Anglois avoient
établi à vingt lieues de Choueguen , un Fort , ou
étoit le principal entrepôt de tous les approvifionnemens
deftiné pour l'entrepriſe projettée
contre les Forts de Niagara & de Frontenac , fit
partir à la fin du mois de Février un Détachement
commandé par M. de Lery , Lieutenant
des Troupes , & compofé de cinq cens hommes
tant Soldats que Canadiens & Sauvages ,
pour aller détruire ce Fort , appellé de Bull.
Le 27 Mars , M. de Lery rencontra un convoi
de neuf charrettes chargées de vivres , qu'un Détachement
Anglois conduifoit à Choueguen. Après
avoir pris ce convoi & l'efcorte , il marcha
vers le Fort de Bull , dont il étoit déja aſſez
près. Comme il avoit été découvert , il trouva
que le Commandant de ce Fort s'étoit mis en
défenſe avec la garnison , qui étoit compoſée
230 MERCURE DE FRANCE .
d'environ cent hommes. Quoique M. de Lery
n'eût point dans ce moment tout fon détachement
avec lui , une partie des Sauvages étant restée
en arriere , il inveftit le Fort , & fit fommer
le Commandant de fe rendre : mais celui – ci
ne lui répondit que par un feu très- vif de grenades
& de moufqueterie . Ce feu n'empêcha
pas M. de Lery , de faire fon attaque, Pendant
que les Canadiens faifoient des breches fur les
derrieres du Fort , il fit rompre la porte à coups
de hache , & fomma de nouveau le Commandant,
de fe rendre . Cette nouvelle ſommation ne fervit
qu'à faire redoubler le feu des Anglois ; mais bientôt
les Affiégeans entrerent avec précipitation
dans le Fort , & pafferent toute la Garniſon
au fil de l'épée , à l'exception de trois ou quatre
hommes que M. de Lery trouva le moyen de
fauver , & qui furent faits prifonniers. Dans le
tems qu'il vifitoit les magafins où il avoit déja
trouvé près de quarante milliers de poudre ,
une grande quantité de bombes , grenades, boulets
& autres munitions , avec une provifion
très- confidérable de vivres prêts à être tranfpor
tés, on s'apperçut que le feu étoit dans les magafins.
M. de Lery étoit à peine retiré avec tout
fon monde , que les magafins fauterent avec
tout les bâtimens & toute l'enceinte même du
Fort , de maniere qu'il n'en refta point de veftiges.
Après cette expédition dans laquelle ledétachement
François n'a eu qu'un Soldat & un Sauvage de tués ,
avec deux Soldats , deux Canadiens & trois Sauvages
bleffés , M. de Lery a marché contre un
Détachement Anglois , qui venoit au ſecours du
Fort ; mais il ne lui a pas été poffible de le
joindre.
Le 2 Juillet , le Roi accompagné de Monfei
JUILLET. 1756. 231
gneur le Dauphin , de Madame la Dauphinede
Madame , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , fe rendit à Compiegne du Châteaude
la Meute , où Sa Majefté avoit couché la
nuit précédente . Le Roi a fait l'honneur à
M. de Machault , Garde des Sceaux de France
, & Secretaire d'Etat ayant le Département
de la Marine , de s'arrêter une heure au Château
d'Arnouville . Monfeigneur le Dauphin étoit
avec Sa Majefté. La Reine arriva de Verſailles
le 3.
Le Roi a difpofé de la charge de Grand Aumônier
de France , vacante par la mort du Cardinal
de Soubife , en faveur du Cardinal de la
Rochefoucauld.
Sa Majefté a donné au Vidame d'Amiens , fils de
M.leDuc de Chaulnes , une Commiffion de Cornette
, avec Brevet de Mestre de Camp , à la fuite de
la Compagnie des Chevaux- Légers de la Garde..
En même tems , Sa Majesté a accordé une gratification
annuelle de huit mille livres à M. le Comte
de Luberfac de Livron , fecond Sous- Lieutenant
de cette Compagnie. Le Roi a accordé auffi
des Commiffions de Capitaines de Cavalerie , &.
plufieurs penfions & gratifications , aux Chevaux-
Légers , qui fe rendent utiles à l'Ecole établie
dans ce Corps , & qui fe font diftingués dans lesexercices
que Sa Majeſté a honorés de fa préfence.
Le Bureau des Affaires Eccléfiaftiques , qu'avoit
le feu Abbé de Pomponne , a été donné par
Sa Majesté à M. Feydeau de Brou , Conſeiller
d'Etat Ordinaire , & au Confeil Royal ..
Le 8 de ce mois , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quinze cens quarante- cinq
livres les Billets de la troisieme Loterie Royale
232 MERCURE DE FRANCE.
à fix cens quarante- quatre ; ceux de la premiere
Loterie , & ceux de la feconde , n'avoient point
de prix fixe .
partirent de Verfailles le 19 Juin , vers
les neuf heures & demie du matin , pour fe
rendre à Chartres. Ce Prince & cette Princeffe
y arriverent à trois heures après- midi , &
ils defcendirent à l'Evêché , où ils dînerent.
Ils y ont féjourné le 20 , & ils font revenus
ici le 21 au matin. L'Evêque de Chartres , qui
a eu l'honneur de recevoir chez lui Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine
avec les Seigneurs & Dames de leur fuite , n'a
rien laiffé à défirer de tout ce qui pouvoit contribuer
à la magnificence de la réception..
Le 23 , Monfeigneur le Dauphin & Mada
me tinrent fur les Fonts , dans la Chapelle
du Château , le fils du Marquis de Loftanges ,
Meftie de Camp du Régiment des Cuiraffiers ,
& Premier Ecuyer de Madame , en furvivance
; & de Dame Gallucci de l'Hôpital , une des
Dames nommées pour accompagner Madame.
Le Prince Conftantin , Premier Aumônier du
Roi , fuppléa les cérémonies du Baptême , en
préfence du Curé de l'Eglife Paroiffiale de Notre-
Dame , à l'enfant qui fut nommé Henri .
Le 20 Juin , M. Gualtieri , Archevêque de
Mira , Nonce Ordinaire du Pape , fit fon Entrée
publique à Paris. Le Prince Camille , &
M. Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs ,
JUILLET. 1756. 225
allerent le prendre dans les carroffes de Leurs
Majeftés au Couvent de Picpus , d'où la marche
fe fit en cet ordre . Le carroffe de l'Introducteur
; le carroffe du Prince Camille ; un Suiffe
du Nonce , à cheval ; fa Livrée , à pied ; fon
Maître d'Hôtel & fix de fes Officiers ; fon
Ecuyer & fes Pages , à cheval : le carroffe du
Roi , aux côtés duquel marchoient la Livrée
du Prince Camille & celle de M. Dufort ; le
carroffe de la Reine ; celui de Madame la Dauphine
; ceux du Duc d'Orléans , de la Ducheffe
d'Orléans , du Prince de Condé , de la
Princeffe de Condé , du Comte de Charolois ,
du Comte de Clermont , de la Princeffe Douairiere
de Conty , du Prince de Conty , du Comte
de la Marche , du Comte d'Eu , de la Comteffe
de Toulouſe , du Duc de Penthievre ; &
celui de M. Rouillé , Miniftre d'Etat ayant le
Département des Affaires Etrangeres. A une
diftance de trente ou quarante pas marchoient
les quatre carroffes du Nonce , précédés d'un
Suiffe à cheval . Lorsqu'il fut arrivé à fon Hôtel
, il fut complimenté , de la part du Roi ,
par M. le Duc de Gefvres , Premier Gentilhomme
de la Chambre de Sa Majefté ; de la part
de la Reine , par M. le Comte de Saoly Tavannes
, fon Chevalier d'Honneur ; de la part de
Madame la Dauphine, par M. le Marquis de Muy,
fon Premier Maître d'Hôtel ; & de la part de
Madame , par M. le Marquis de l'Hôpital ,
Premier Ecuyer de cette Princeffe .
Le 22 , le Comte de Brionne , Grand Ecuyer
de France , & M. Dufort , Introducteur des
Ambaffadeurs , allerent prendre le Nonce du
Pape en fon Hôtel , & le conduifirent avec les
carroffes de Leurs Majeftés , à Verfailles , où il
Κν
226 MERCURE DE FRANCE.
eut fa premiere audience publique du Roi. Le
Nonce trouva à fon paffage , dans l'avantcourt
du Château , les Compagnies des Gardes Françoifes
& Suiffes , fous les armes ; les Tambours
appellant ; dans la cour , les Gardes de la Pors
te & ceux de la Prevôté de l'Hôtel , auffi ſous
les armes , à leurs poftes ordinaires ; & fur l'efcalier
, les Cent- Suiffes , en habit de cérémonie
, la hallebarde à la main. Il fut reçu en dedans
de la Salle des Gardes par M. le Duc
d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps , qui
étoient en haie & fous les armes. Après l'audience
du Roi , le Nonce, fut conduit à l'audience
de la Reine , & à celles de Monſeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine
par M. le Comte de Brionne & par M. Dufort.
Il eut enfuite audience de Madame , &
de Mefdames Victoire , Sophie & Louiſe ; &
après avoir été traité par les Officiers du Roi ,
ilfut reconduit à Paris dans les carroffes de Leurs
Majeftés avec les cerémonies accoutumées.
>
Le même jour , le Roi fit à Verſailles dans
la Cour du Château , la revue des deux Com .
pagnies des Moufquetaires de fa Gardė Ordi ,
naire. Le Roi paffa dans les rangs , & après
que les Compagnies eurent fait l'exercice , Sa
Majefté les vit défiler. Monfeigneur le Dauphin
accompagna le Roi à cette revue. La Reine
Madame la Dauphine , Madame , & Mefdames
Victoire , Sophie & Louife , la virent de l'appartement
du Comte de Clermont..
"
M. Le Marquis de Peruffy , Premier Sous-
Lieutenant de la Premiere Compagnie des
Moufquetaires , ayant demandé la permiffion de
fe retirer , M. le Comte de Carvoifin , fecond
Sous-Lieutenant de cette Compagnie , en eft
JUILLET. 1756. 227
devenu Premier Sous-Lieutenant ; M. le Chevalier
de la Cheze , qui étoit Premier Enſeigne ,
a monté à la place de Second Sous - Lieutenant ;
M. le Marquis de Cucé , Second Enfeigne , a paflé
à la premiere Enfeigne ; M. le Marquis de la Vaupaliere
premier Cornette , a été nommé fecond
Enfeigne , & M. le Marquis de Montillet , Second
Cornette , eft devenu Premier Cornette . Le Roi a
accordé à M. le Comte de Merle l'agrément de la
place de Second Cornette , vacante par ces mutations.
En conféquence de la retraite de M. du Rouret
, Maréchal des Logis de la même Compagnie ,.
Sa Majesté a nommé M. de Sarcé Maréchal des
Logis , M. de Charlary Brigadier , M. de Fa
jac Sous- Brigadier & Sous- Aide Major ; & MM.
de Chanvallon , Villiers & Monneron , ont obtenu
les Sous- Brigades vacantes dans la Compagnie.
Par la retraite de MM. de Vervan , du Fou &
de Sampigny , Maréchaux des Logis de la feconde
Compagnie des Moufquetaires , le Chevalier de la
Douze & MM. de Mancy & de Vandômois font
devenus Maréchaux des Logis de cette Compagnie.
MM. de Launay , de Blaignac & de Gouberville ,
en ont été nommés Brigadiers ; & MM. de Beau
chefne , de Tremenec & de Vefins , ont obtenu
des places de Sous- Brigadiers .
Suivant les nouvelles écrites de Minorque le
14 Juin , on avoit employé plufieurs jours à
faire des tranfports de terre , pour élever de nouvelles
batteries , qui avoient commencé à tirer
le 5 au matin , & dont le feu fucceffif avoit ruiné
une grande partie des defenfes des Affiégés.
Le 8 M. Bélon , Capitaine au Régiment de Talaru
, a été bleffé . M. de Saint-Alby , Capitaine
de Grenadiers au Régiment de Bretagne , a été
sué le 9. Le 10 , M. la Rivétifon , Capitaine
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
au Régiment Royal , fut bleffé légérement. Le
12 M. Pupille , Lieutenant du Corps Royal d'Ar
tillerie & du Génie , a auffi été bleffé légèrement
d'un éclat de bombe.
Afin de prévenir le dépériffement des Navires
Anglois , détenus dans les Ports du Royaume
, & d'empêcher qu'ils ne foient confondus
avec les prifes qui pourront être faites durant
la guerre que le Roi de la Grande- Bretagne a
déclarée à la France , le Roi a donné ordre qu'il
fût procédé à la vente de ces Bâtimens & de leurs
chargemens. Veut Sa Majefté , que le produit
defdites ventes foit mis en dépôt , pour y refter
jufqu'à ce qu'il en ait été par Elle autrement
ordonné. j
M. de Maupertuis , un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Préfident de l'Académie des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe , & M. Godin ,
ont été déclarés Penfionnaires Vétérans de l'Aca
démie Royale des Sciences , dans l'Affemblée que
cette Compagnie tint le 16.
Sa Majefté a donné à M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , Chancelier
de la Reine , & Commandeur- Secretaire des
Ordres de Saint Michel & du Saint Efprit , la
charge de Commandeur- Chancelier , Garde des
Sceaux , & Sur Intendant des Finances defdits
Ordres , qui vaquoit par la mort de M. l'Abbé
de Pomponne. M. le Marquis de Marigny ,
Directeur & Ordonnateur Général des Bâtimens
Arts , Jardins & Manufactures , a eu l'agrément
du Roi , pour fuccéder à M. le Comte de Saint-
Florentin dans la charge de Commandeur- Secretaire
des Ordres de Sa Majesté.
La place de Confeiller d'Etat Eccléfiaftique
de M. l'Abbé de Pomponne paffe à M. l'Abbé
JUILLET. 1756. 229
Comte de Bernis , nommé Ambaffadeur de Sa
Majefté à la cour de Madrid , lequel avoit l'expectative
pour la premiere qui viendroit à vaquer.
M. le Marquis de Puyziculx ayant demandé
la permiffion de fe retirer du Confeil , Sa Majesté
Jui a confervé la penfion de Miniftre , & il
continuera d'avoir un logement à la Cour.
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame , & Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , vinrent le 27 Juin fe promener fur le
Boulevard de cette Ville. Il vifiterent le réfervoir
qui fert à nettoyer le grand égout qui l'entoure.
Le défir de jouir de la préfence de ce Prince
& de ces Princeffes , attira fur le Boulevard une
multitude innombrable de perfonnes de toutes
les conditions.
Par des lettres du Canada , on a appris le
détail fuivant. M. de Vaudreuil , Gouverneur Général
, ayant été informé que les Anglois avoient
établi à vingt lieues de Choueguen , un Fort , ou
étoit le principal entrepôt de tous les approvifionnemens
deftiné pour l'entrepriſe projettée
contre les Forts de Niagara & de Frontenac , fit
partir à la fin du mois de Février un Détachement
commandé par M. de Lery , Lieutenant
des Troupes , & compofé de cinq cens hommes
tant Soldats que Canadiens & Sauvages ,
pour aller détruire ce Fort , appellé de Bull.
Le 27 Mars , M. de Lery rencontra un convoi
de neuf charrettes chargées de vivres , qu'un Détachement
Anglois conduifoit à Choueguen. Après
avoir pris ce convoi & l'efcorte , il marcha
vers le Fort de Bull , dont il étoit déja aſſez
près. Comme il avoit été découvert , il trouva
que le Commandant de ce Fort s'étoit mis en
défenſe avec la garnison , qui étoit compoſée
230 MERCURE DE FRANCE .
d'environ cent hommes. Quoique M. de Lery
n'eût point dans ce moment tout fon détachement
avec lui , une partie des Sauvages étant restée
en arriere , il inveftit le Fort , & fit fommer
le Commandant de fe rendre : mais celui – ci
ne lui répondit que par un feu très- vif de grenades
& de moufqueterie . Ce feu n'empêcha
pas M. de Lery , de faire fon attaque, Pendant
que les Canadiens faifoient des breches fur les
derrieres du Fort , il fit rompre la porte à coups
de hache , & fomma de nouveau le Commandant,
de fe rendre . Cette nouvelle ſommation ne fervit
qu'à faire redoubler le feu des Anglois ; mais bientôt
les Affiégeans entrerent avec précipitation
dans le Fort , & pafferent toute la Garniſon
au fil de l'épée , à l'exception de trois ou quatre
hommes que M. de Lery trouva le moyen de
fauver , & qui furent faits prifonniers. Dans le
tems qu'il vifitoit les magafins où il avoit déja
trouvé près de quarante milliers de poudre ,
une grande quantité de bombes , grenades, boulets
& autres munitions , avec une provifion
très- confidérable de vivres prêts à être tranfpor
tés, on s'apperçut que le feu étoit dans les magafins.
M. de Lery étoit à peine retiré avec tout
fon monde , que les magafins fauterent avec
tout les bâtimens & toute l'enceinte même du
Fort , de maniere qu'il n'en refta point de veftiges.
Après cette expédition dans laquelle ledétachement
François n'a eu qu'un Soldat & un Sauvage de tués ,
avec deux Soldats , deux Canadiens & trois Sauvages
bleffés , M. de Lery a marché contre un
Détachement Anglois , qui venoit au ſecours du
Fort ; mais il ne lui a pas été poffible de le
joindre.
Le 2 Juillet , le Roi accompagné de Monfei
JUILLET. 1756. 231
gneur le Dauphin , de Madame la Dauphinede
Madame , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife , fe rendit à Compiegne du Châteaude
la Meute , où Sa Majefté avoit couché la
nuit précédente . Le Roi a fait l'honneur à
M. de Machault , Garde des Sceaux de France
, & Secretaire d'Etat ayant le Département
de la Marine , de s'arrêter une heure au Château
d'Arnouville . Monfeigneur le Dauphin étoit
avec Sa Majefté. La Reine arriva de Verſailles
le 3.
Le Roi a difpofé de la charge de Grand Aumônier
de France , vacante par la mort du Cardinal
de Soubife , en faveur du Cardinal de la
Rochefoucauld.
Sa Majefté a donné au Vidame d'Amiens , fils de
M.leDuc de Chaulnes , une Commiffion de Cornette
, avec Brevet de Mestre de Camp , à la fuite de
la Compagnie des Chevaux- Légers de la Garde..
En même tems , Sa Majesté a accordé une gratification
annuelle de huit mille livres à M. le Comte
de Luberfac de Livron , fecond Sous- Lieutenant
de cette Compagnie. Le Roi a accordé auffi
des Commiffions de Capitaines de Cavalerie , &.
plufieurs penfions & gratifications , aux Chevaux-
Légers , qui fe rendent utiles à l'Ecole établie
dans ce Corps , & qui fe font diftingués dans lesexercices
que Sa Majeſté a honorés de fa préfence.
Le Bureau des Affaires Eccléfiaftiques , qu'avoit
le feu Abbé de Pomponne , a été donné par
Sa Majesté à M. Feydeau de Brou , Conſeiller
d'Etat Ordinaire , & au Confeil Royal ..
Le 8 de ce mois , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quinze cens quarante- cinq
livres les Billets de la troisieme Loterie Royale
232 MERCURE DE FRANCE.
à fix cens quarante- quatre ; ceux de la premiere
Loterie , & ceux de la feconde , n'avoient point
de prix fixe .
Fermer
Résumé : « Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine partirent de Versailles le 19 Juin, [...] »
Du 19 au 21 juin, le Dauphin et la Dauphine se rendirent à Chartres, où ils furent reçus par l'évêque dans une réception somptueuse. Le 23 juin, ils tinrent sur les fonts baptismaux le fils du Marquis de Loftanges, en présence du Prince Constantin et du curé de Notre-Dame. Le 20 juin, le Nonce Ordinaire du Pape, M. Gualtieri, fit son entrée publique à Paris, accompagné du Prince Camille et de M. Dufort. Le 22 juin, le Comte de Brionne et M. Dufort conduisirent le Nonce à Versailles pour une audience avec le Roi, la Reine, le Dauphin et la Dauphine. Le même jour, le Roi passa en revue les Mousquetaires à Versailles, accompagné du Dauphin, tandis que la Reine, la Dauphine, Madame et Mesdames Victoire, Sophie et Louise assistèrent à la revue depuis l'appartement du Comte de Clermont. Des mutations eurent lieu dans la première compagnie des Mousquetaires, avec des promotions et des nominations d'officiers. Des nouvelles de Minorque rapportèrent des combats et des blessés parmi les troupes françaises. Le Roi ordonna la vente des navires anglais détenus dans les ports du royaume. M. de Maupertuis et M. Godin furent déclarés pensionnaires vétérans de l'Académie Royale des Sciences. M. le Comte de Saint-Florentin succéda à M. l'Abbé de Pomponne comme Commandeur-Chancelier des Ordres du Roi, et M. le Marquis de Marigny prit la charge de Commandeur-Secrétaire des Ordres du Roi. M. l'Abbé Comte de Bernis fut nommé Conseiller d'État Ecclésiastique et ambassadeur à Madrid, tandis que M. le Marquis de Puyzieulx se retira du Conseil tout en conservant sa pension de ministre. Le 27 juin, le Dauphin, la Dauphine, Madame et Mesdames Victoire, Sophie et Louise se promenèrent sur le boulevard de Paris, attirant une grande foule. Des lettres du Canada rapportèrent une expédition française contre un fort anglais près de Choueguen, dirigée par M. de Lery, qui fut détruit après un combat où les Français perdirent peu d'hommes. Le 2 juillet, le Roi, accompagné du Dauphin, de la Dauphine, de Madame et de Mesdames Victoire, Sophie et Louise, se rendit à Compiègne. Le Roi nomma le Cardinal de la Rochefoucauld Grand Aumônier de France et accorda diverses commissions et gratifications aux Chevaux-Légers de la Garde. Le Bureau des Affaires Ecclésiastiques fut confié à M. Feydeau de Brou. Les actions de la Compagnie des Indes et les billets de loterie royale furent cotés à des valeurs spécifiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
61
p. 216-223
« Dans les premiers momens de trouble & la consternation générale qu'a causé le danger [...] »
Début :
Dans les premiers momens de trouble & la consternation générale qu'a causé le danger [...]
Mots clefs :
Récit de l'attaque du roi, Versailles, Trianon, Monseigneur le Dauphin, Horreur, Pleurs, Blessure du roi, Rétablissement, Procès, Colonel, Comte, Marquis, Brigadier, Maitre de camp, Capitaine, Cavalerie, Cérémonie, Audience, Prières collectives, Députés, Duc, Coupable, Corsaires, Marchandises, Anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dans les premiers momens de trouble & la consternation générale qu'a causé le danger [...] »
Dans les premiers momens du trouble & de
la conſternation générale qu'a cauſé le danger où
le Roi s'eſt trouvé , on a publié précipitemment
le procès - verbal dreſſé par MM. Senac , Premier
Médecin , & de la Martiniere , Premier Chirurgien
de Sa Majesté , ſans ſonger même à donner
les ſoins ordinaires au récit de l'événement.
Le Roi étoit revenu de Trianon à Versailles ,
pour voir Madame Victoire qui ſetrouvoit indiſpoſée.
Sa Majesté , après avoir fatisfait ſon inquiétude
paternelle , alloit remonter en carroſſe
pour retourner à Trianon , lorſqu'elle fut frappée
à deux pas de Monſeigneur le Dauphin. Sa
Majeſté eut la force de remonter l'eſcalier , qui
conduit à ſon appartement. Elle demanda ſon
confeſſeur & l'extrême-onction , & elle fut confeſſée
un moment après. Comment retracer ce
moment de ſurpriſe & d'horreur ? Comment ſurtout
repréſenter le profond accablement de la
Reine , celui de Monſeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Madame & Meſdames
de France ? Toute la cour étoit en pleurs :
le Roi ſeul , ferme , & réſigné , donnoit ſes
penſées à la Religion , conſoloit tendrement
ſa famille , & s'occupoit du ſoin de ſes peuples,
A la nouvelle de la bleſſure du Roi , qui fut
rapidement portée à Paris , & répandue dans la
nuit même , les Princes &les Princeſſes duSang,
les Miniftres , les Grands du Royaume , & un
concours prodigieux de perſonnes de tout état
accoururent
JANVIER . 1757. 217
1
1
&
accoururent à Verſailles. Heureuſement cette blef
fure , dont l'étendue avoit effrayé , étant peu profonde
, n'a eu aucune fuite fâcheuſe , & a été
promptement cicatriſée. Le Roi a envoyé des
lettres d'attribution à la Grand Chambre du Parlement
de Paris , pour inſtruirele procès de ce
ſcélérat. Sa Majeſté a été purgée le 9 , & s'eſt
levée l'après-midi en très bonne ſanté. Le 10
les Députés des Etats de Bretagne eurent audience
du Roi. Ils furent préſentés à Sa Majesté par M.
le Duc de Penthievre , Gouverneur de la Province
, & par M. le Comte de Saint-Florentin ,
Miniftre & Secretaire d'Etat. La Députation étoit
compoſée , pour le Clergé , de l'Evêque de Quimper
, qui porta la parole ; du Comte de Morant ,
Mestre de Camp , Lieutenant du Régiment de
Dragons de la Reine , pour la Nobleffe , &du
ſieur de Prévin , Maire de la ville de Nantes , pour
le Tiers - Etat . Le 11 , le Roi dîna en public
en robe de chambre dans ſon grand Cabiner.
Sur les neuf heures du ſoir , Sa Majefté reçut
les révérences des Dames de la Cour. Hier le
Roi s'eſt habille , & a tenu conſeil d'Etat. La
Famille Royale & la nation ont fait ſuccéder aux
pleurs &aux inquiétudes , les plus vifs tranſporns
de joie; & les Eglifes ne retentiſſent que d'actions
de graces.
: Sa Majesté , la ſurveille de ce déſaftre , avoit
fait lacérémonie de recevoir Chevaliers de l'Ordre
de Saint Louis le Prince de Robecq , Brigadier ,
Colonel du Régiment d'Infanterie de Limofin; le
Marquis de Cambis , Brigadier , Meſtre de Camp
Lieutenant du Régiment de Cavalerie de Bour
bon ; le Prince de Rohan , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , le Comte de Civrac , Colonel
du Régiment Royal des Vaiſſeaux ; le Comte du
K
218 MERCURE DE FRANCE.
4
,
Châtelet- Lomont,Colonel du Régiment de Navarre;
le Comte de Montmorency- Laval , Colonel
duRégiment de Guyenne ; le Comte d'Estaing ,
Colonel du Régiment de Rouergue ; le Marquis
de Chaſtelux , Colonel du Régiment d'Auvergne;
le Comtede la Tour-Dupin , Colonel dans
le Corps des Grenadiers de France ; le Marquis
de Saint - Chamond , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , le Comte d'Uffons-de Bonnac , Réformé
dans le Régimentde Briffac; le ſieur de Laubepine
, Mestre de Camp Réformé à la ſuite du
Régiment de Cavalerie de Bauvillier ; le Comte
de Bethune Meſtre de Camp du Régiment
Royal Pologne , Cavalerie, le Marquis de Clermont-
Tonnerre , Capitaine au Régiment duMeftre
de Camp Général de la Cavalerie , avec rang
de Mestre de Camp; le Compte de Fumel , Meltre
de Camp d'un Régiment de Cavalerie ; le
Marquis de Caraman , Mestre de Camp d'un Régiment
deDragons; le Marquis de Cruffol-d'Amboiſe
, Capitaine-Lieutenantdes Chevaux- Légers
deBerry; le ſieur Farges ; Capitaine dans le Régiment
de Cavalerie de Harcourt , avec rang de
Meſtre de Camp; le Comte de Saint-Chamans
Premier Cornette des Chevaux- Légers de Bourgogne;
le Marquis de Janſon, Enſeigne des Gendarmes
d'Aquitaine ; le ſieur du Hamel de Maifoncelle
, Lieutenant-Colonel du Régiment de
Cavalerie de Montcalm; & le Marquis de Chaftenai
Mouſquetaire , ci-devant Enſeigne des
Gendarmes Anglois. Le 10 , jour de l'audience
des Députés des Etats de Bretagne , le Roi reçut
auffi Chevalier de Saint Louis le Comte deMorant
, Députéde ces Etats pour la Nobleſſe , auquel
Sa Majesté avoit accordé précédemment la
Croix..
,
FEVRIER . 1757 . 219
-
!
!
1
Le Roi a nommé Lieutenant-Général de ſes
Armées le Prince Louis de Wirtemberg , Maréchal
de Camp , Meſtre de Camp d'un Régiment de
Cavalerie Allemande. Sa Majesté a accordé le
grade de Brigadier de Cavalerie au Comte de Lameth,
MeſtredeCamp d'unRegiment de Cavalerie.
Elle a donné la Brigade , vacante dans le Régiment
Royal des Carabiniers par la retraite du
Chevalier de Montmorency , au Vicomte de
Dutfort , Meſtre de Camp Réformé de Cavalerie;
celle qui vaquoit par la retraite du Comte
de Buffy - Lameth , à M. de la Tour , Lieutenant-
Colonel de la Brigade ci-devant Braſſac ;
&celle dont le Marquis de Braſſac s'eſt démis ,
à M. Pinon-de Saint-Georges , Capitaine dans
le Régiment du Colonel Général de la Cavalerie,
avec rangdeMestre de Camp.
Monſeigneur leDauphin prit ſéance le is Jan
vier au Conſeil d'Etat.
-Les Prevôt des Marchands & Echevins terminerent
le 15 la Neuvaine qu'ils ont faite dans l'Egliſe
de Sainte Geneviève , où le concours des
Citoyens de cette Capitale & la ferveur de leurs
prieres ont marqué tout leur amour pour la per-
Tonne du Roi , & le 16 , ils aſſiſterent dans la
même Egliſe à une Meſſe ſolemnelle , ſuivie du
Te Deum , en action de graces de l'heureux &
prompt rétabliſſement de la ſanté de Sa Majesté.
Le Roi étant parfaitement rétabli , entendit
le 16 de ce mois la Meſſe dans la Chapelle. On
y chanta le Te Deum , de la compoſition du
ſieur Rebel , Surintendant de la Muſique de la
Chambre de Sa Majefté. Cette Hymne fut entonnée
par l'Abbé Gergoy , Chapelain ordinaire
de la Chapelle-Muſique , revêtu du Surplis &
de l'Etole.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
4
Le même jour , le Roi fit l'honneur à la ville
de Rheims de recevoir ſes Députés , qui complimenterent
Sa Majesté ſur l'heureux rétabliſſement
de ſa ſanté. Ils furent préſentés au Roi
par M. le Comte de Clermont , Prince du Sang ,
Gouverneur de la Province de Champagne , &
par M. le Comte de Saint-Florentin , Miniſtre &
Secretaire d'Etat. Les Députés étoient MM. Rogier
, de la Salle -de l'Etang , de Bourgogne , &
Mopinot-de la Chapotte , Capitaine de Cavalerie
au Régiment Dauphin .
Le 19 les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi , & furent préſentés à Sa Majefié
par M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la
Province, & par M. le Comte d'Argenſon , Minif.
tre & Secretaire d'Etat. La Députation étoit compoſée
, pour le Clergé , de l'Evêque de Saint-
Omer , qui porta la parole ; du Marquis de Creny
, pour la Nobleſſe ; & du ſieur De Canchy',
Maire d'Arras , pour le tiers Etat.
Le Roi a accordé au Duc de Bouillon la permiſſion
de lever dans le Duché de Bouillon ,
pour le ſervice de Sa Majesté , un Régiment d'Infanterie
de deux Bataillons , ſur le pied étranger,
dont le Prince de Bouillon , ſon petit fils , a été
nommé Colonel .
Sa Majesté ayant permis au Corps de ſaMuſique-
Chapelle , de célébrer ſa convalefcence par
un Te Deum chanté dans la Chapelle du Château
, ce Corps s'eſt acquitté le vingt de ce devoir.
La Reine & la Famille Royale ont affiſté
à cette cérémonie. L'Abbé Gergoy , Chapelain
ordinaire de la Chapelle-Muſique , a entonné
'Hymne. Le Motet étoit de la compoſition , &
a été exécuté ſous la direction du ſieur Mondonville
, Maître de Muſique de la Chapelle.
FEVRIER. 1757 . 221
i
1
に
1
2
LeRoi a fait remettre cent mille écus aux Curés
de Paris , pour être diſtribués aux pauvres de leur
Paroiſſes .
La nuit du 17 au 18 Janvier , le ſcélérat ,
qui a oſé attenter à la vie du Roi , fut amené
de Verſailles à Paris. Il a été mis à la Conciergerie
dans la Tour de Montgommery. Cet afſaſſin
a été eſcorté par des Sergens & des Grenadiers
des Gardes Françoiſes , la bayonnette au
bout du fufil , leurs Officiers à cheval , ainſi que
par les Gardes de la Prevôté de l'Hôtel. Il étoit
dans une gondole accompagné d'un Lieutenant ,
d'un Exempt, de deux Gardes&du Chirurgien
de la Prevôté. La gondole étoit ſuivie de deux
caroſſes , dans l'un deſquels étoit un priſonnier
avec deux Gardes.
Pendant le cours de l'année derniere , il eſt
mort à Paris dix- sept mille deux cens trente - fix
perſonnes : il s'y eſt fait quatre mille ſept cens
dix mariages , & vingt mille fix baptêmes : le
nombre des enfans trouvés a été de quatre mille
ſept cens vingt-deux.
On mande de Calais , que les Capitaines Canon
& Bachelier , qui commandent les Corſaires
le Prince de Soubize & le Saint- Louis , de Dunkerque
, ont pris & ont conduit dans ce premier
Port les Navires Anglois le Château d'Edimbourg
, de 160 tonneaux , chargé d'huile , & le
Guillaume , de 100 tonneaux , dont la cargaiſon
eſt compoſée d'oranges , de citrons , de limons
&de raiſins.
Les mêmes Corſaires ont pris , & ont fait comduire
à Fécamp un troiſieme Navire Anglois appellé
le Nansey & Betty , de 150 tonneaux
chargé de farines , de ſucre , de tabac , de draps
&d'autres marchandises.
Kij
222 MERCURE DE FRANCE.
Le Navire Anglois la Concorde , de 250 tonneaux;
chargé de tabac &de fer , a été pris par
leCorfaire le Poftillon , de Morlaix , qui l'a fait
conduire à Cherbourg.
,
Il eſt arrivé à Saint-Valleryen Caux un Senaw
'Anglois , d'environ 100 tonneaux qui a été
pris par le Corfaire le Sainte-Barbe , de Morlaix
, & qui eft chargé de tabac , de brai & de
goudron.
Le Corfaire leMachault, deGranville , commandé
par le Capitaine Magnonnet , y a fait conduire
le Navire Anglois le London , de Poole ,
de 130 tonneaux , chargé de vin , de ſel , d'orange&
de citrons , dont ils'eſt emparé.
On écrit de Morlaix , que le Corfaire la Cigale
, de Saint-Malo , ya fait conduire les NaviresAnglois
le Luk , de 180 tonneaux , chargé de
tabac & de fer , & le Rodalan , de 120 tonneaux ,
chargé de diverſes marchandises .
Le Navire Anglois le Neptune , de Boſton ,
chargé de quatorze cens quintaux de morue , a
été pris par le Capitaine Laurent Hirigoyen ,
commandant leCorſaire le Saint-Jean-Baptiste ,
deBayonne.
Un autre BâtimentAnglois appellé le Friendfip
, de 60 tonneaux , chargé de faumon , ayant
été jetté par le mauvais temps ſur la Barre de
Bayonne , a été conduit en ce Port par le nommé
Sallenave , Pilote Lamaneur.
Le Corfaire l'Aimable Dauphin , de Saint-
Jean- de- Luz , s'eſt emparé d'un Navire Anglois
qui est arrivé au Paſſage , &dont la cargaiſon eſt
compoſée de 180 boucauts de tabac.
On apprend par des lettres écrites de la Ciotat
, qu'il y est arrivé un Navire Anglois , qui
avec la cargaiſon eſt eſtimé environ trois cens
FEVRIER. 1757 . 223
1
mille livres , & qui a été pris par le Corſaire le
Fleuron , de Marseille , dont eſt Capitaine Jean-
André Arnoux.
On apprend par des lettres écrites de Saint-
Malo , que le Corfaire la Vengeance , de ce Port ,
y eſt rentré avec le Navire le Grand Alexandre,
de Nantes , de 350 tonneaux , armé de 14
canons , chargé de ſucre , de café, de coton &
d'indigo , qu'il a enlevé au Corſaire Anglois le
Terrible , de Londres , de 24 canons & de 202
hommes d'équipage , dont il s'eſt auffi rendu
maître , & qui a été conduit à Morlaix. Le ſieur
Bourdas , Capitaine de la Vengeance, ayant été
tuédès lecommencement du combat, le commandement
eſt échu au ſieur de Breville , qui , par
fa bravoure & fa belle manoeuvre , a mis ces
deux bâtimens dans l'impoſſibilité de lui échapper.
On mande de Marseille , que le Capitaine
Pierre-Antoine Martiche , qui commande le Corfaire
le Grand Alexandre , de ce Port, y a conduit
un Navire , dont le Capitaine a déclaré que
le chargement , qui eſt eſtimé plus de quinze
cens mille livres, appartient aux Anglois.
Le 20 Janvier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quinze cens deux livres , dix
fols: les Billets de la premiere Loterie Royal , à
neuf cens ſoixante ; ceux de la troiſieme Loterie
àfix cens quatre-vingts. Ceux de la ſeconde Lote
rie n'avoient point de prix fixe.
la conſternation générale qu'a cauſé le danger où
le Roi s'eſt trouvé , on a publié précipitemment
le procès - verbal dreſſé par MM. Senac , Premier
Médecin , & de la Martiniere , Premier Chirurgien
de Sa Majesté , ſans ſonger même à donner
les ſoins ordinaires au récit de l'événement.
Le Roi étoit revenu de Trianon à Versailles ,
pour voir Madame Victoire qui ſetrouvoit indiſpoſée.
Sa Majesté , après avoir fatisfait ſon inquiétude
paternelle , alloit remonter en carroſſe
pour retourner à Trianon , lorſqu'elle fut frappée
à deux pas de Monſeigneur le Dauphin. Sa
Majeſté eut la force de remonter l'eſcalier , qui
conduit à ſon appartement. Elle demanda ſon
confeſſeur & l'extrême-onction , & elle fut confeſſée
un moment après. Comment retracer ce
moment de ſurpriſe & d'horreur ? Comment ſurtout
repréſenter le profond accablement de la
Reine , celui de Monſeigneur le Dauphin , de
Madame la Dauphine , de Madame & Meſdames
de France ? Toute la cour étoit en pleurs :
le Roi ſeul , ferme , & réſigné , donnoit ſes
penſées à la Religion , conſoloit tendrement
ſa famille , & s'occupoit du ſoin de ſes peuples,
A la nouvelle de la bleſſure du Roi , qui fut
rapidement portée à Paris , & répandue dans la
nuit même , les Princes &les Princeſſes duSang,
les Miniftres , les Grands du Royaume , & un
concours prodigieux de perſonnes de tout état
accoururent
JANVIER . 1757. 217
1
1
&
accoururent à Verſailles. Heureuſement cette blef
fure , dont l'étendue avoit effrayé , étant peu profonde
, n'a eu aucune fuite fâcheuſe , & a été
promptement cicatriſée. Le Roi a envoyé des
lettres d'attribution à la Grand Chambre du Parlement
de Paris , pour inſtruirele procès de ce
ſcélérat. Sa Majeſté a été purgée le 9 , & s'eſt
levée l'après-midi en très bonne ſanté. Le 10
les Députés des Etats de Bretagne eurent audience
du Roi. Ils furent préſentés à Sa Majesté par M.
le Duc de Penthievre , Gouverneur de la Province
, & par M. le Comte de Saint-Florentin ,
Miniftre & Secretaire d'Etat. La Députation étoit
compoſée , pour le Clergé , de l'Evêque de Quimper
, qui porta la parole ; du Comte de Morant ,
Mestre de Camp , Lieutenant du Régiment de
Dragons de la Reine , pour la Nobleffe , &du
ſieur de Prévin , Maire de la ville de Nantes , pour
le Tiers - Etat . Le 11 , le Roi dîna en public
en robe de chambre dans ſon grand Cabiner.
Sur les neuf heures du ſoir , Sa Majefté reçut
les révérences des Dames de la Cour. Hier le
Roi s'eſt habille , & a tenu conſeil d'Etat. La
Famille Royale & la nation ont fait ſuccéder aux
pleurs &aux inquiétudes , les plus vifs tranſporns
de joie; & les Eglifes ne retentiſſent que d'actions
de graces.
: Sa Majesté , la ſurveille de ce déſaftre , avoit
fait lacérémonie de recevoir Chevaliers de l'Ordre
de Saint Louis le Prince de Robecq , Brigadier ,
Colonel du Régiment d'Infanterie de Limofin; le
Marquis de Cambis , Brigadier , Meſtre de Camp
Lieutenant du Régiment de Cavalerie de Bour
bon ; le Prince de Rohan , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , le Comte de Civrac , Colonel
du Régiment Royal des Vaiſſeaux ; le Comte du
K
218 MERCURE DE FRANCE.
4
,
Châtelet- Lomont,Colonel du Régiment de Navarre;
le Comte de Montmorency- Laval , Colonel
duRégiment de Guyenne ; le Comte d'Estaing ,
Colonel du Régiment de Rouergue ; le Marquis
de Chaſtelux , Colonel du Régiment d'Auvergne;
le Comtede la Tour-Dupin , Colonel dans
le Corps des Grenadiers de France ; le Marquis
de Saint - Chamond , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , le Comte d'Uffons-de Bonnac , Réformé
dans le Régimentde Briffac; le ſieur de Laubepine
, Mestre de Camp Réformé à la ſuite du
Régiment de Cavalerie de Bauvillier ; le Comte
de Bethune Meſtre de Camp du Régiment
Royal Pologne , Cavalerie, le Marquis de Clermont-
Tonnerre , Capitaine au Régiment duMeftre
de Camp Général de la Cavalerie , avec rang
de Mestre de Camp; le Compte de Fumel , Meltre
de Camp d'un Régiment de Cavalerie ; le
Marquis de Caraman , Mestre de Camp d'un Régiment
deDragons; le Marquis de Cruffol-d'Amboiſe
, Capitaine-Lieutenantdes Chevaux- Légers
deBerry; le ſieur Farges ; Capitaine dans le Régiment
de Cavalerie de Harcourt , avec rang de
Meſtre de Camp; le Comte de Saint-Chamans
Premier Cornette des Chevaux- Légers de Bourgogne;
le Marquis de Janſon, Enſeigne des Gendarmes
d'Aquitaine ; le ſieur du Hamel de Maifoncelle
, Lieutenant-Colonel du Régiment de
Cavalerie de Montcalm; & le Marquis de Chaftenai
Mouſquetaire , ci-devant Enſeigne des
Gendarmes Anglois. Le 10 , jour de l'audience
des Députés des Etats de Bretagne , le Roi reçut
auffi Chevalier de Saint Louis le Comte deMorant
, Députéde ces Etats pour la Nobleſſe , auquel
Sa Majesté avoit accordé précédemment la
Croix..
,
FEVRIER . 1757 . 219
-
!
!
1
Le Roi a nommé Lieutenant-Général de ſes
Armées le Prince Louis de Wirtemberg , Maréchal
de Camp , Meſtre de Camp d'un Régiment de
Cavalerie Allemande. Sa Majesté a accordé le
grade de Brigadier de Cavalerie au Comte de Lameth,
MeſtredeCamp d'unRegiment de Cavalerie.
Elle a donné la Brigade , vacante dans le Régiment
Royal des Carabiniers par la retraite du
Chevalier de Montmorency , au Vicomte de
Dutfort , Meſtre de Camp Réformé de Cavalerie;
celle qui vaquoit par la retraite du Comte
de Buffy - Lameth , à M. de la Tour , Lieutenant-
Colonel de la Brigade ci-devant Braſſac ;
&celle dont le Marquis de Braſſac s'eſt démis ,
à M. Pinon-de Saint-Georges , Capitaine dans
le Régiment du Colonel Général de la Cavalerie,
avec rangdeMestre de Camp.
Monſeigneur leDauphin prit ſéance le is Jan
vier au Conſeil d'Etat.
-Les Prevôt des Marchands & Echevins terminerent
le 15 la Neuvaine qu'ils ont faite dans l'Egliſe
de Sainte Geneviève , où le concours des
Citoyens de cette Capitale & la ferveur de leurs
prieres ont marqué tout leur amour pour la per-
Tonne du Roi , & le 16 , ils aſſiſterent dans la
même Egliſe à une Meſſe ſolemnelle , ſuivie du
Te Deum , en action de graces de l'heureux &
prompt rétabliſſement de la ſanté de Sa Majesté.
Le Roi étant parfaitement rétabli , entendit
le 16 de ce mois la Meſſe dans la Chapelle. On
y chanta le Te Deum , de la compoſition du
ſieur Rebel , Surintendant de la Muſique de la
Chambre de Sa Majefté. Cette Hymne fut entonnée
par l'Abbé Gergoy , Chapelain ordinaire
de la Chapelle-Muſique , revêtu du Surplis &
de l'Etole.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
4
Le même jour , le Roi fit l'honneur à la ville
de Rheims de recevoir ſes Députés , qui complimenterent
Sa Majesté ſur l'heureux rétabliſſement
de ſa ſanté. Ils furent préſentés au Roi
par M. le Comte de Clermont , Prince du Sang ,
Gouverneur de la Province de Champagne , &
par M. le Comte de Saint-Florentin , Miniſtre &
Secretaire d'Etat. Les Députés étoient MM. Rogier
, de la Salle -de l'Etang , de Bourgogne , &
Mopinot-de la Chapotte , Capitaine de Cavalerie
au Régiment Dauphin .
Le 19 les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi , & furent préſentés à Sa Majefié
par M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la
Province, & par M. le Comte d'Argenſon , Minif.
tre & Secretaire d'Etat. La Députation étoit compoſée
, pour le Clergé , de l'Evêque de Saint-
Omer , qui porta la parole ; du Marquis de Creny
, pour la Nobleſſe ; & du ſieur De Canchy',
Maire d'Arras , pour le tiers Etat.
Le Roi a accordé au Duc de Bouillon la permiſſion
de lever dans le Duché de Bouillon ,
pour le ſervice de Sa Majesté , un Régiment d'Infanterie
de deux Bataillons , ſur le pied étranger,
dont le Prince de Bouillon , ſon petit fils , a été
nommé Colonel .
Sa Majesté ayant permis au Corps de ſaMuſique-
Chapelle , de célébrer ſa convalefcence par
un Te Deum chanté dans la Chapelle du Château
, ce Corps s'eſt acquitté le vingt de ce devoir.
La Reine & la Famille Royale ont affiſté
à cette cérémonie. L'Abbé Gergoy , Chapelain
ordinaire de la Chapelle-Muſique , a entonné
'Hymne. Le Motet étoit de la compoſition , &
a été exécuté ſous la direction du ſieur Mondonville
, Maître de Muſique de la Chapelle.
FEVRIER. 1757 . 221
i
1
に
1
2
LeRoi a fait remettre cent mille écus aux Curés
de Paris , pour être diſtribués aux pauvres de leur
Paroiſſes .
La nuit du 17 au 18 Janvier , le ſcélérat ,
qui a oſé attenter à la vie du Roi , fut amené
de Verſailles à Paris. Il a été mis à la Conciergerie
dans la Tour de Montgommery. Cet afſaſſin
a été eſcorté par des Sergens & des Grenadiers
des Gardes Françoiſes , la bayonnette au
bout du fufil , leurs Officiers à cheval , ainſi que
par les Gardes de la Prevôté de l'Hôtel. Il étoit
dans une gondole accompagné d'un Lieutenant ,
d'un Exempt, de deux Gardes&du Chirurgien
de la Prevôté. La gondole étoit ſuivie de deux
caroſſes , dans l'un deſquels étoit un priſonnier
avec deux Gardes.
Pendant le cours de l'année derniere , il eſt
mort à Paris dix- sept mille deux cens trente - fix
perſonnes : il s'y eſt fait quatre mille ſept cens
dix mariages , & vingt mille fix baptêmes : le
nombre des enfans trouvés a été de quatre mille
ſept cens vingt-deux.
On mande de Calais , que les Capitaines Canon
& Bachelier , qui commandent les Corſaires
le Prince de Soubize & le Saint- Louis , de Dunkerque
, ont pris & ont conduit dans ce premier
Port les Navires Anglois le Château d'Edimbourg
, de 160 tonneaux , chargé d'huile , & le
Guillaume , de 100 tonneaux , dont la cargaiſon
eſt compoſée d'oranges , de citrons , de limons
&de raiſins.
Les mêmes Corſaires ont pris , & ont fait comduire
à Fécamp un troiſieme Navire Anglois appellé
le Nansey & Betty , de 150 tonneaux
chargé de farines , de ſucre , de tabac , de draps
&d'autres marchandises.
Kij
222 MERCURE DE FRANCE.
Le Navire Anglois la Concorde , de 250 tonneaux;
chargé de tabac &de fer , a été pris par
leCorfaire le Poftillon , de Morlaix , qui l'a fait
conduire à Cherbourg.
,
Il eſt arrivé à Saint-Valleryen Caux un Senaw
'Anglois , d'environ 100 tonneaux qui a été
pris par le Corfaire le Sainte-Barbe , de Morlaix
, & qui eft chargé de tabac , de brai & de
goudron.
Le Corfaire leMachault, deGranville , commandé
par le Capitaine Magnonnet , y a fait conduire
le Navire Anglois le London , de Poole ,
de 130 tonneaux , chargé de vin , de ſel , d'orange&
de citrons , dont ils'eſt emparé.
On écrit de Morlaix , que le Corfaire la Cigale
, de Saint-Malo , ya fait conduire les NaviresAnglois
le Luk , de 180 tonneaux , chargé de
tabac & de fer , & le Rodalan , de 120 tonneaux ,
chargé de diverſes marchandises .
Le Navire Anglois le Neptune , de Boſton ,
chargé de quatorze cens quintaux de morue , a
été pris par le Capitaine Laurent Hirigoyen ,
commandant leCorſaire le Saint-Jean-Baptiste ,
deBayonne.
Un autre BâtimentAnglois appellé le Friendfip
, de 60 tonneaux , chargé de faumon , ayant
été jetté par le mauvais temps ſur la Barre de
Bayonne , a été conduit en ce Port par le nommé
Sallenave , Pilote Lamaneur.
Le Corfaire l'Aimable Dauphin , de Saint-
Jean- de- Luz , s'eſt emparé d'un Navire Anglois
qui est arrivé au Paſſage , &dont la cargaiſon eſt
compoſée de 180 boucauts de tabac.
On apprend par des lettres écrites de la Ciotat
, qu'il y est arrivé un Navire Anglois , qui
avec la cargaiſon eſt eſtimé environ trois cens
FEVRIER. 1757 . 223
1
mille livres , & qui a été pris par le Corſaire le
Fleuron , de Marseille , dont eſt Capitaine Jean-
André Arnoux.
On apprend par des lettres écrites de Saint-
Malo , que le Corfaire la Vengeance , de ce Port ,
y eſt rentré avec le Navire le Grand Alexandre,
de Nantes , de 350 tonneaux , armé de 14
canons , chargé de ſucre , de café, de coton &
d'indigo , qu'il a enlevé au Corſaire Anglois le
Terrible , de Londres , de 24 canons & de 202
hommes d'équipage , dont il s'eſt auffi rendu
maître , & qui a été conduit à Morlaix. Le ſieur
Bourdas , Capitaine de la Vengeance, ayant été
tuédès lecommencement du combat, le commandement
eſt échu au ſieur de Breville , qui , par
fa bravoure & fa belle manoeuvre , a mis ces
deux bâtimens dans l'impoſſibilité de lui échapper.
On mande de Marseille , que le Capitaine
Pierre-Antoine Martiche , qui commande le Corfaire
le Grand Alexandre , de ce Port, y a conduit
un Navire , dont le Capitaine a déclaré que
le chargement , qui eſt eſtimé plus de quinze
cens mille livres, appartient aux Anglois.
Le 20 Janvier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quinze cens deux livres , dix
fols: les Billets de la premiere Loterie Royal , à
neuf cens ſoixante ; ceux de la troiſieme Loterie
àfix cens quatre-vingts. Ceux de la ſeconde Lote
rie n'avoient point de prix fixe.
Fermer
Résumé : « Dans les premiers momens de trouble & la consternation générale qu'a causé le danger [...] »
En janvier 1757, un attentat fut perpétré contre le Roi alors qu'il se trouvait à Versailles pour voir Madame Victoire. Le Roi fut blessé près du Dauphin. Malgré la gravité de la situation, il monta à son appartement, demanda les derniers sacrements et consola sa famille. La nouvelle de l'attentat se répandit rapidement, provoquant une grande consternation à la cour et à Paris. Le Roi, bien que blessé, se montra ferme et résigné, s'occupant du bien-être de ses peuples. La blessure, bien que superficielle, fut rapidement soignée. Le Roi reprit ses activités, recevant des députés et des dignitaires, et nomma plusieurs officiers à l'Ordre de Saint-Louis. La famille royale et la nation exprimèrent leur soulagement et leur joie par des actions de grâce. L'assassin fut arrêté et incarcéré. Parallèlement, diverses activités administratives et militaires furent menées, telles que des nominations et des prises de navires anglais par des corsaires français.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
63
p. 193-195
De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Début :
Le 2 de ce mois, le sieur Tiepolo, Ambassadeur Ordinaire de la République [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, République de Venise, Maréchal de Biron, Carosses, Cortège, Famille royale, Comte, Marquis, Versailles, Audience du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
ARTICLE VII.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
Fermer
Résumé : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Le 7 octobre 1763, l'ambassadeur de la République de Venise, le sieur Tiepolo, fit son entrée publique à Paris. Accompagné par le maréchal de Biron et le sieur de la Live, il fut pris au Couvent des Picpus et se dirigea vers son hôtel dans un cortège ordonné. Ce cortège comprenait divers détachements du Guet à cheval, des carrosses de la famille royale, des nobles et des officiers, ainsi que les carrosses de l'ambassadeur et de son suite. À son arrivée, Tiepolo fut complimenté par des représentants du roi, de la reine, du dauphin, de la dauphine et de Madame Adélaïde. Le 4 janvier 1764, le prince de Marfan et le sieur de la Live conduisirent Tiepolo à Versailles pour sa première audience publique avec le roi. À son passage dans l'avant-cour du château, il fut accueilli par les compagnies des Gardes Françaises et Suisses sous les armes. Dans la cour et sur l'escalier, les Gardes de la Porte, ceux de la Prévôté de l'Hôtel et les Cent-Suisses étaient également en position. Le maréchal de Luxembourg, Capitaine des Gardes du Corps, le reçut dans la Salle des Gardes. Après l'audience royale, Tiepolo fut conduit aux audiences de la reine, du dauphin et de la dauphine, puis à celle de Mesdames. Il fut ensuite reconduit à Paris dans les carrosses du roi et de la reine, avec les cérémonies habituelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
64
p. 191
De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
Début :
Le Comte de Bienlinski, Staroste de Czersk, est parti le 7 [...]
Mots clefs :
Comte, Versailles, Majesté très chrétienne, Commission, Décès, Roi Auguste III
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 10 Décembre 1763.
De WARSOVIE , le 10 Décembre 1763.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
E Comte de Bielinski , Starofte de Czersɛ ,
eft parti le 7 de ce mois pour le rendre à Verfailles
& y notifier à Sa Majefté Très- Chrétienne
la mort du Roi Augußte III. Il eft chargé de la
même commiffion auprès du Roi Stanillas , Duc.
de Lorraine & de Bar.
Fermer
65
p. 207-208
SERVICES.
Début :
Le 10 Février, on célébra dans l'Eglise Paroissiale de Notre-Dame à Versailles, [...]
Mots clefs :
Célébration, Église paroissiale, Versailles, Service, Famille royale, Cérémonies, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICES.
S E R V I C E S.
Le 1o Février, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ- .
ſiale de Notre-Dame à Verſailles, un Service pour
feue Madame Henriette de France; la Reine y aſſiſ
ta, ainſi que Monſeigneur le Dauphin , Madame
Adélaïde , & Meſdames Sophie & Louiſe.
Le 11 , on célébra, avec les cérémonies accou
mées, le Service annuel fondé par le Roi dans
l'Abbaye Royale de S.Denis en France , pour feue
Madame Henriette L'Evêque de Meaux, premier
Aumônier de cette Princeſſe, y aſſiſta, ainſi que la
Ducheſſe de Beauvilliers, Dame d'Honneur, le
Baron de Montmorency, Chevalier d'Honneur,
le Marquis de Lhôpital, premier Ecuyer, & les au- -
2o8 MERCURE DE FRANCE.
tres Dames & Officiers de la Maiſon de feue Ma
dame.
Le 1o Février, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ- .
ſiale de Notre-Dame à Verſailles, un Service pour
feue Madame Henriette de France; la Reine y aſſiſ
ta, ainſi que Monſeigneur le Dauphin , Madame
Adélaïde , & Meſdames Sophie & Louiſe.
Le 11 , on célébra, avec les cérémonies accou
mées, le Service annuel fondé par le Roi dans
l'Abbaye Royale de S.Denis en France , pour feue
Madame Henriette L'Evêque de Meaux, premier
Aumônier de cette Princeſſe, y aſſiſta, ainſi que la
Ducheſſe de Beauvilliers, Dame d'Honneur, le
Baron de Montmorency, Chevalier d'Honneur,
le Marquis de Lhôpital, premier Ecuyer, & les au- -
2o8 MERCURE DE FRANCE.
tres Dames & Officiers de la Maiſon de feue Ma
dame.
Fermer
Résumé : SERVICES.
Le 1er février, un service religieux en mémoire de Madame Henriette de France eut lieu à l'église paroissiale de Notre-Dame à Versailles. La Reine, le Dauphin, Madame Adélaïde et Mesdames Sophie et Louise y assistèrent. Le 11 février, un service annuel fut célébré à l'Abbaye Royale de Saint-Denis. L'évêque de Meaux, la Duchesse de Beauvilliers et d'autres personnalités y participèrent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
66
p. 171
SERVICE.
Début :
On célébra à Versailles, le 12 Mai, dans l'Eglise Paroissiale [...]
Mots clefs :
Versailles, Église paroissiale, Louis XIII
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICE.
SERVICE.
On célébra à Verſailles , le 12 Mai , dans l'Eglife
Paroiffiale de Notre - Dame un Service
pour Louis XIII.
On célébra à Verſailles , le 12 Mai , dans l'Eglife
Paroiffiale de Notre - Dame un Service
pour Louis XIII.
Fermer
67
p. 222-223
De VERSAILLES, le 10 Septembre.
Début :
La Reine qui avance très-heureusement dans sa grossesse, a été saignée le 5 de ce mois. [...]
Mots clefs :
Versailles, Reine, Grossesse, Ministre, Honneur, Roi, Prix de dessin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 10 Septembre.
De VERSAILLES , le 10 Septembre.
La Reine qui avance très- heureuſement dans fa
groffelle , a été faignée le 5 de ce mois.
Le 25 du mois dernier , fête de Saint -Louis , S. M.
reçut le ferment de M. Lefevre de Caumartin , Maître
des Requêtes ordinaires , ci- devant Intendant de
Flandres , en la nouvelle qualité de Prevôt des Marchands
de la Ville de Paris , & celui de MM . Cauchat
& Incelin , nouveaux Echevins . Le 28 , l'Evêque
de Viviers prêta , pendant la Meffe , ferment de
fidélité entre les mains du Roi.
La veille de Saint-Louis , M. Deslandes de Lancelot
, Penfionnaire au Collège Royal & Militaire
de Beaumont , préfenta à Monfieur , fon Parrain , un
deffin à l'Encre de la Chine , repréfentant la vue
du College & de fes dépendances , & lui fit
hommage du Prix de Deffin qu'il a remporté cette
année.
-
Le 27 , le Baron de Tott , Brigadier des Armées
du Roi , Infpecteur Général des Etabliffements
François dans les Echelles du Levant & de Barbarie ,
eut à fon arrivée ici , l'honneur d'être préfenté au
Roi par le Miniftre de la Marine. Le 30 M. Hocquart
de Cueilly , Préfident de la feconde Chambre
de la Cour des Aides de Paris , nommé Procureur.
Général de cette Cour , fur la demiffion de M. Terray
de Rofieres , eut l'honneur de faire fes remerciements
au Roi , préfenté par M. le Garde des
( 223 )
Sceaux. Le même jour le Vicomte de Vibraye , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près le Duc de Wirtemberg
, & fon Miniftré près le Cercle de Souabe
qui étoit ici par congé , eut l'honneur d'être préfenté
à S. M. par le Miniftre des affaires Etrangères , & de
prendre congé pour fe rendre à fa deftination.
La Reine qui avance très- heureuſement dans fa
groffelle , a été faignée le 5 de ce mois.
Le 25 du mois dernier , fête de Saint -Louis , S. M.
reçut le ferment de M. Lefevre de Caumartin , Maître
des Requêtes ordinaires , ci- devant Intendant de
Flandres , en la nouvelle qualité de Prevôt des Marchands
de la Ville de Paris , & celui de MM . Cauchat
& Incelin , nouveaux Echevins . Le 28 , l'Evêque
de Viviers prêta , pendant la Meffe , ferment de
fidélité entre les mains du Roi.
La veille de Saint-Louis , M. Deslandes de Lancelot
, Penfionnaire au Collège Royal & Militaire
de Beaumont , préfenta à Monfieur , fon Parrain , un
deffin à l'Encre de la Chine , repréfentant la vue
du College & de fes dépendances , & lui fit
hommage du Prix de Deffin qu'il a remporté cette
année.
-
Le 27 , le Baron de Tott , Brigadier des Armées
du Roi , Infpecteur Général des Etabliffements
François dans les Echelles du Levant & de Barbarie ,
eut à fon arrivée ici , l'honneur d'être préfenté au
Roi par le Miniftre de la Marine. Le 30 M. Hocquart
de Cueilly , Préfident de la feconde Chambre
de la Cour des Aides de Paris , nommé Procureur.
Général de cette Cour , fur la demiffion de M. Terray
de Rofieres , eut l'honneur de faire fes remerciements
au Roi , préfenté par M. le Garde des
( 223 )
Sceaux. Le même jour le Vicomte de Vibraye , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près le Duc de Wirtemberg
, & fon Miniftré près le Cercle de Souabe
qui étoit ici par congé , eut l'honneur d'être préfenté
à S. M. par le Miniftre des affaires Etrangères , & de
prendre congé pour fe rendre à fa deftination.
Fermer
Résumé : De VERSAILLES, le 10 Septembre.
Le 10 septembre, la reine a donné naissance à un enfant. Le 25 août, le roi a reçu les serments de M. Lefèvre de Caumartin, nouveau Prévôt des Marchands de Paris, ainsi que ceux des échevins MM. Cauchat et Incelin. Le 28 août, l'évêque de Viviers a prêté serment de fidélité au roi. La veille de la fête de Saint-Louis, M. Deslandes de Lancelot a offert à son parrain un dessin du Collège Royal et Militaire de Beaumont et lui a remis son prix de dessin. Le 27 août, le baron de Tott, brigadier des armées du roi et inspecteur général des établissements français dans les Échelles du Levant et de Barbarie, a été présenté au roi par le ministre de la Marine. Le 30 août, M. Hocquart de Cueilly a été nommé procureur général à la place de M. Terray de Rosières et a exprimé sa gratitude au roi, présenté par le Garde des Sceaux. Le même jour, le vicomte de Vibraye, ministre plénipotentiaire auprès du duc de Wurtemberg et du Cercle de Souabe, a été présenté au roi par le ministre des Affaires étrangères avant de partir pour sa destination.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
68
p. 151
LOGOGRYPHE.
Début :
Lecteur, je suis Françoise, & depuis ma naissance [...]
Mots clefs :
Versailles
69
p. 128-129
De VERSAILLES, le 17 Décembre.
Début :
Le 6 de ce mois l'assemblée du Clergé, composée de Cardinaux, d'Archevêques, [...]
Mots clefs :
Versailles, Ordre, Ordre de Cîteaux, Abbé, Dame, Diocèse, Vicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 17 Décembre.
De VERSAILLES , le 17 Décembre.
LE 6 de ce mois l'affemblée du Clergé ,
compofée de Cardinaux , d'Archevêques ,
d'Evêques , & de Députés du fecond Ordre ,
fe rendit ici & fut préfentée à l'Audience du
Roi par M. Amelot , Secrétaire d'Etat . L'Evêque
d'Auxerre , au nom de l'Affemblée
porta la parole à S. M. , après quoi les
Députés du premier & du fecond Ordre
furent préfentés & nommés au Roi
Cardinal de la Rochefoucault.
par
le
Le Roi a nommé à l'Abbaye des Clairets ,
Ordre Cîteaux , Diocèle de Chartres , la
Dame de Galad- Bearn , Religieufe de l'Abbaye
de St-Julien d'Auxerre , fur la nomination
& préfentation de Monfieur en
vertu de fon Apanage ; à celle de St- Crépinle-
Grand , Ordre de St-Benoît , Diocèfe de
Soiffons , l'Abbé d'Argens , Vicaire-Général
de Paris ; à celle de Montolieu , même Ordre,
( 129 )
Diocèle de Carcaffonne , l'Abbé d'Alais de
Montales , Vicaire- Général de Cambray ; à
celle de Beaulieu , Ordre de Cîteaux , Diocèſe
de Langres , l'Abbé de Montefquieu ,
Vicaire Général d'Aix ; à celle de Lanvaux ,
même Ordre , Diocèfe de Vannes , l'Abbé
de la Villeon , Vicaire de St- Euſtache ; à
celle de St -Lo , Ordre de St- Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , l'Abbé de Brandés ; à
l'Abbaye régulière de Notre - Dame de Prorection
, même Diocèfe ,' la Dame Millo , Religieufe
Profeffe de l'Ordre de Cîteaux ; à
celle des Ifles , Ordre de Cîteaux , Diocèle
d'Auxerre , la dame de Prioreau , Religieufe
Profeffe du même Ordre .
LE 6 de ce mois l'affemblée du Clergé ,
compofée de Cardinaux , d'Archevêques ,
d'Evêques , & de Députés du fecond Ordre ,
fe rendit ici & fut préfentée à l'Audience du
Roi par M. Amelot , Secrétaire d'Etat . L'Evêque
d'Auxerre , au nom de l'Affemblée
porta la parole à S. M. , après quoi les
Députés du premier & du fecond Ordre
furent préfentés & nommés au Roi
Cardinal de la Rochefoucault.
par
le
Le Roi a nommé à l'Abbaye des Clairets ,
Ordre Cîteaux , Diocèle de Chartres , la
Dame de Galad- Bearn , Religieufe de l'Abbaye
de St-Julien d'Auxerre , fur la nomination
& préfentation de Monfieur en
vertu de fon Apanage ; à celle de St- Crépinle-
Grand , Ordre de St-Benoît , Diocèfe de
Soiffons , l'Abbé d'Argens , Vicaire-Général
de Paris ; à celle de Montolieu , même Ordre,
( 129 )
Diocèle de Carcaffonne , l'Abbé d'Alais de
Montales , Vicaire- Général de Cambray ; à
celle de Beaulieu , Ordre de Cîteaux , Diocèſe
de Langres , l'Abbé de Montefquieu ,
Vicaire Général d'Aix ; à celle de Lanvaux ,
même Ordre , Diocèfe de Vannes , l'Abbé
de la Villeon , Vicaire de St- Euſtache ; à
celle de St -Lo , Ordre de St- Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , l'Abbé de Brandés ; à
l'Abbaye régulière de Notre - Dame de Prorection
, même Diocèfe ,' la Dame Millo , Religieufe
Profeffe de l'Ordre de Cîteaux ; à
celle des Ifles , Ordre de Cîteaux , Diocèle
d'Auxerre , la dame de Prioreau , Religieufe
Profeffe du même Ordre .
Fermer
Résumé : De VERSAILLES, le 17 Décembre.
Le 6 décembre, l'assemblée du Clergé, incluant des cardinaux, archevêques, évêques et députés du second ordre, s'est réunie à Versailles et a été présentée au roi par M. Amelot, secrétaire d'État. L'évêque d'Auxerre a pris la parole au nom de l'assemblée. Les députés du premier et du second ordre ont ensuite été présentés et nommés au roi par le cardinal de la Rochefoucauld. Le roi a procédé à plusieurs nominations pour diverses abbayes : Dame de Galad-Bearn à l'abbaye des Clairets, diocèse de Chartres ; Abbé d'Argens à l'abbaye de Saint-Crépin-le-Grand, diocèse de Soissons ; Abbé d'Alais de Montals à l'abbaye de Montolieu, diocèse de Carcassonne ; Abbé de Montescieu à l'abbaye de Beaulieu, diocèse de Langres ; Abbé de la Villeon à l'abbaye de Lanvaux, diocèse de Vannes ; Abbé de Brandés à l'abbaye de Saint-Lô, diocèse de Coutances ; Dame Millo à l'abbaye régulière de Notre-Dame de Protection, diocèse de Coutances ; et Dame de Prioreau à l'abbaye des Isles, diocèse d'Auxerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer