Résultats : 12 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 7-79
DISCOURS DE Mr GILLY, Touchant les motifs qui l'ont obligé à rentrer dans l'Eglise Catholique.
Début :
Messieurs, Les grandes difficultez qui m'embarassent depuis longtemps sur les [...]
Mots clefs :
Religion, Ministre, Véritable Église, Abjuration, Humilité, Dieu, Prière, Méditation, Députés, Écritures, Synode, Communion, Controverse, Bible, Foi, Jésus, Salut, Obscurité, Chrétiens, Saint-Esprit, Connaissances, Explications, Doctrine, Parole de Dieu, Enseignement, Livres d'Évangiles, Autorité divine, Immortalité, Prophètes, Morale, Dogme, Sentiments, Conscience, Fidèles, Consistoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS DE Mr GILLY, Touchant les motifs qui l'ont obligé à rentrer dans l'Eglise Catholique.
DISCOURS
DE M GILLY,
Touchant les motifs qui l'ont
obligé à rentrer dans l'Eglife
Catholique.
MESSIEURS,
Les grandes difficultez
qui m'embaraſſent
depuis lōgtemps fur les
matieres de la Religion ,
ne me permettant plus
d'exercer mon Minifte-
A iiij
8
re , j'ay crû qu'il eftoit
de mon devoir de vous
les expofer , fans m'inquieter
d'autre choſe
que de fatisfaire aux
mouvemens de ma confcience
, dont je dois
oppofer le bon témoi
gnage aux mauvais
bruits , que l'on répand
ordinairement
contre
ceux qui retournent
dans la
veritable Egliſe .
Je vous prie donc treshumblement
de m'accorder
voftre attention,
& d'eftre perfuadez
, que j'agiray toû
jours dans les mouvemens
de la crainte de
Dieu , & felon les regles
de la douceur & de l'humilité
, que noftrc.commun
Maiftre, le débonnaire
& l'humble par
excellence , nous a fi expreffement
recommandées
, tant par fes leçons
que parfon exemple.
Je me crois obligé,
10
Meffieurs , de vous faire
d'abord un aveu public
& fincere de mes
diférentes démarches
dans le cours de mes
Etudes , où j'ay employé
avec un extréme
foin tous les
moyens
que le S. Efprit nous
fuggere
, la priere , le
travail , la méditation
,
la lecture . Je ne diray
rien icy de ma vie , parce
que je ne doute pas
que M' le Député
de
II
mon Egliſe ne confir
me de bouchele témoignage
authentique qu'-
elle m'en a donné par
écrit. Comme donc je
fupofois ,avec toutes les
Societez féparées de l'Eglife
Romaine , le principe
de la ſuffiſance de
l'Ecriture , fur lequel
eft uniquement fondée
leur féparation , & que
je croyois avec elles
que cette Ecriture confiderée
en elle-meſme
12
cftoit
l'unique regle de
la Foy ; qu'elle contenoit
toute feule clairement
, & parfaitement
tout ce qu'il eftoit neceffaire
de croire & de
faire pour le falut , &
qu'il falloit par conféquent
examiner toutes
chofes par elle , je n'eus
pas plutoft repaffé dans
mon efprit felon cette
regle , les Difputes que
nous avons avec les Remontrans
que leSynode
13
de Dordrecht chaffa de
nôtre Communion , que
je trouvay quebien loin
qu'on les puft convaincre
de faux par la fainte
Ecriture , leur fentiment
touchant plufieurs
queftions , dont il
n'eft pas neceffaire de
faire icy le détail , y
eftoit fans contredit
contenu d'une maniere
plus vray - femblable
que le noftre. Je con-
Liderois là-deffus , que
14
l'on
demandoit
parmynous
dans la pratique
une foûmiffion
entiere
à nos
Synodes , quoy
qu'on foûtinft
le contraire
dans la théorie;
mais il me fembloit que
c'eftoit là renoncer à
noftre principe, & condamner
tacitemēt ceux
qui dans le fiecle précedent
, refuferent de rendre
cette foûmiffion.
Cependant comme embraffant
ces opinions,je
15
ne m'apuyois dans le
fond que fur le plus ou
le moins de probabilité
,
qui fe trouve dans la
fainte Ecriture à l'égard
des matieres controverfées
parmy les Chrêtiens
, & qu'ainfi ayant
toujours fujet de douter,
j'étois porté d'hipotheſe
en hipothefe , fans
avoir jamais rien de fixe
ny de certain , je crus en
confultant les Livres
& les Docteurs , que
16
pour calmer les agitations
de mon efprit , il
falloit neceffairement
venir à l'examen du
principe en luy meſme,
dont j'avois jufque- là
fupofé la verité, & dont
il me fembla de voir la
fauſſeté , par les raiſons
que je m'en vais brievement
déduire.
Je dis donc, Meffieurs,
qu'il femble que l'Ecri
ture fainte confiderée
en elle-mefme , & fepa17
rée de l'intelligence pu
blique de l'Eglife qui en
détermine le fens , n'a
pas efté deſtinée de
Dieu , pour eftre l'unique
regle de la Foy pour
tous les Peuples , ny
mefme pour les Docteurs
, parce que fi vous
en exceptez quelque
peu d'articles qu'elle
traite amplement , &
formellement
en plu
fieurs endroits , comme
I. C. eft le Meffie , &
B.
18
qu'il y aura une Refur
rection , l'obſcurité , &
l'ambiguité qui font
inféparables du langage
humain , la rendent
prefque par tout ailleurs
fufceptible de plufieurs
fens oppoſez , &
ne nous
permettent
pas par conféquent
de
la regarder
comme
un principe
fuffifant
,
qui contienne
parfaitement
, & clairement
tout ce qu'il eft necef
19
faire de croire , & de
faire pour le falut . Les
difcours
ordinaires que
les circonſtances préfentes
rendent clairs &
intelligibles , feroient
infailliblement obfcurs,
s'ils eftoient détachez
de ces circonstances, &
qu'on les confidéraft
dans des temps , & dans
des lieux fort éloignez
de ceux dans lefquels ils
ont efté prononcez,
comme cela arrive à l'é-
Bij
20
1
gard de l'Ecriture . De
la vient l'obfcurité des
Livres anciens , comme
par exemple des Livres
des Peres , dont les Chrêtiens
expliquent ſi diféremment
les paffages.
De là vient l'obſcurité
de l'Ecriture meſme,
que le S. Efprit n'a pas
voulu eftre intelligible
à tous ; car tantoft il en
faut preffer les paroles,
tantoft il ne les faut pas
preffer . Là elle parle dās
21
un fens populaire , icy il
faut l'expliquer à la rigueur
de la lettre ; fon
difcours eft fimple dans
un endroit , & dans
l'autre il y a des métaphores
, & c. Les Théologiens
de toutes les
Communions quife fervent
avec raifon de ces
clefs , & de beaucoup
d'autres dans l'expofition
de la fainte Ecritu
re , devroient eftre obligez
par la de reconnoî22
tre que des explications
fondées fur les clefs,
font probables ; & que
quand tous les paffages
que l'on cite pour établir
une certaine doctrine
,
peuvent par le
moyen de ces clefs recevoir
des explications
raifonnables qui ne la
fuppofent pas , on ne
doit point dire qu'elle
foit certainement établie
par l'Ecriture , qui
eft meſme d'autant plus
23
obfcure que les autres
Livres anciens , qu'au
lieu que dans ceux- cy ,
comme ils ne traitent
que des chofes humaines
, la raiſon nous apprend
ce qui eft poſſible
, & ce qui eft impoffible
; das celuy- là , com- dās
me il parle de Dieu , la
raifon elle -mefme nous
apprend qu'on en peut
dire des chofes qu'elle
ne pourroit comprendre.
C'est ce qui fait
24
que dans toutes les
Controverfes
, quelque
party que l'on prenne,
on peut toujours fe défaire
des
paffages oppofez
par les adverfaires
,
en donnant des explications,
qui à ne confiderer
que l'Ecriture
, font
auffi
probables que
celles que les Chrêtiens
de toutes les Communions
appliquent
à d'autres
endroits , pour les
accommoder
à leur do-
Єtrine .
25
ctrine. En tout cela, la
raifon, fi nous l'appellons
à noſtre ſecours,
juge apres avoir cōparé
tous les paffages les uns
avec les autres , qu'ils
peuvent- eftre étendus
raifonnablement , fuivant
une hypotheſe qui
les rend inutiles pour la
doctrine effentielle que
l'on veut prouver ; &
que les deux doctrines,
dont l'une eft
propofée
pour effentielle
, ne
C
26
ne
font point incompatibles
avec l'analogic de
la Foy , c'eft à dire, avec
les veritez de l'Ecriture ,
qu'un grand nombre
de paffages clairs
permet pas de révoquer
en doute ; mais elle ne
fçauroit fans temérité ,
juger à fond des mifteres
que tout le monde
reconnoift eftre infiniment
au deffus d'elle
En fecond lieu , je
voy que Dieu n'a point
27
enfeigné dans fa parole,
qu'on deuft la regarder
comme la regle unique
de la Foy , & qu'ainfi la
plus effentielle de tou-
Les les veritez n'y eft
pas clairement & parfaitement
contenuë .
Cela paroift évidemment
, ce me femble,
par l'éxamen de tous
les paffages que nous
alléguons
pour prouver
cette fuffifance d'Ecriture
, & dont l'on peut
Cij
28
facilement tirer des
preuves du contraire,
comme par exemple,
Apoc. 22. v . 18. & 19. où
il eft dit que Si quelqu'un
y adjoute quelque
chofe , Dieu le frapera
des playes quifont écrites
dans ce Livre ; & que
Si quelqu'un retranche
quelque chofe des paroles
du Livre de cette Prophetie
, Dieu le retranchera
du Livre de Vie.
Car fi S. Jean parle de
29
cette maniere d'un Livre
Prophetique , où le
monde Chreftien reconnoift
qu'on ne trouve
pas tous les points
effentiels clairement révelez
, il eft certain que
tous les autres paffages
alléguez fur cette matiere
, pofé mefme qu'ils
regardaſſent toute l'Ecriture
, ne prouve
roient pas bien que
toutes les veritez effentielles
y fuffent évidem
C iij
30
ment enſeignées , parce
que les autres ne font
pas plus forts pour la
fuffifance des faintes
Ecritures , que celuy- cy
l'eft pour la fuffifance
de
l'Apocalipfe en particulier
; outre que la
plus grande partie de
ces paffages , comme
celuy de la 2. à Tim.
Chap. 3. Toute Ecriture
qui eft inspirée de Dieu,
eft utile pour inftruire,
c. ne parlent que de
31
l'Ecriture du Vieux Teltament
, où tous les
Chreftiens reconnoiffent
que toutes les chofes
, qui eftoient effentielles
du temps des
Apoftres , n'eftoient pas
clairement propofées ,
ou bien feulement , de
ce que les Apoftres ont
annoncé fans qu'il fuſt
écrit , comme lors que
S. Paul dit , Quand nous
mêmes , ou un Ange, vous
évangeliferoit, & c.
Cif
J'ajoûte en troifiéme
lieu, qu'on ne peut qu'-
eftre confirmé dans le
fentiment de l'infuffifance
de l'Ecriture pour
toutes les choſes neceffaires,
lors qu'on l'examine
en particulier; car
peut- on dire que l'Ecriture
de l'ancien Teftament
fuffit , pour faire
reconnoiftre l'autorité
Divine de chacun defes
Livres , & que la ſeule
lecture de ces Livres ,
33
peut faire connoiſtre
certainement
qu'ils
n'euffent pas cfté faits.
par des Hommes non
infpirez , qui pouvoient
y avoir inſeré quelque
erreur ? Peut- on foûtenirque
l'immortalité de
l'Ame , la réfurrection
des Corps, le Paradis &
l'Enfer , la venuë du
Meffie, & c. qui font des
dogmes fi effentiels, fuffent
clairement contenus
dans cette ancienne
34
Ecriture ? Le pourroiton
foûtenir à l'égard du
temps qui a precedéles
Livres des Prophetes,
ou par rapport à celuy
où l'on n'avoit que les
Livres de Moïfe ? Le
contraire paroift fort
évidemment , quand on
a devant les yeux une
maxime qui eft trescertaine
, qui eft meſme
reconnuë de tous les
Chreftiens qui en font
le fondement de leurs
35
Réponces , aux paffages
de l'Ecriture qu'on
leur objecte. C'est que
quand on peut donner
deux fens probables à
un Paffage , ny l'un ny
l'autre n'eft certain . En
effet il y a des fens probables
de tous les Paffages
qu'on cite en faveur
des Dogmes que
je viens de marquer ,
qui les détournent à
d'autres veuës . L'on ne
peut pas non plus , ce
36
me femble, foûtenir que
l'Ecriture du nouveau
Teftament , contienne
clairement & parfaitement
toutes les chofes
neceffaires à falut . Ilya
plufieurs Apoftres dont
nous n'avons point d'Ecrits
, & il eft peu vrayfemblable
que nous
ayons toutes les Lettres
de ceux dont nous en
avons quelques - unes .
Dans les Livres qui font
venus juſqu'à nous , il
37
n'y a rien de
propre à
nous faire croire que
quelqu'un
d'eux ait eu
deffein d'écrire , avec
une évidence qui fubfiftât
toujours , toute la
Doctrine & la Morale
Chreftienne ; on peut
mefme démontrer le
contraire à l'égard de
chacun d'eux en particulier
. Il ne paroiſt
point auffi qu'ils euffent
partagé entr'eux la Doctrine
& la Morale
38
Chreftienne , afin que
chacun en expofant
clairement une partie
dans fes Ecrits , le tout
fe trouvaft évidemment
propofé dans le Corps
des faintes Ecritures ,
pour l'ufage des Fidelles
de tous les Siecles . Il
eft marqué clairement
dans la plupart de leurs
Ecrits , qu'ils les avoient
faits pour de certaines
occafions particulieres,
fans lefquelles on voit
39
aſſez qu'ils n'auroient
point penſé à les faire.
En verité toute ces apparences
ne font point
propres à faire croire.
que ce que nous avons
d'écrits des
Apoftres ,
contiennent clairement
tout ce qu'ils enfeignoient
. En cffet , la
feule lecture du nouveau
Teftament ne fuffit
pas pour faire connoiftre
l'autorité divine
des Livres qui le com40
.
pofent. Les plus finceres
& les plus éclaircz
de nos Théologiens
reconnoiffent aujourd'huy
qu'on ne le fçauroit
connoiſtre que par
les caracteres que l'on
y remarque ordinairement
; & il eft conſtant
que le Peuple Chrêtien
recevroit pluſieurs
des Livres Canoniques
comme apocriphes , ſi
on les luy préfentoit
comme tels ; & qu'il
t
41
recevroit tout au contraire
les apocriphes
comme Canoniques , fi
on les luy faifoit regarder
comme divins . La
mefme
difficulté peut
naiſtre à l'égard des
Verfets des Livres , à
l'égard de l'ordre de ces
Verſets , & à l'égard
mefme des Mots dont
?
ils font compofez , & de
leur ordre, d'où dépend
fouvent une doctrine
effentielle ; car felon nò-
D
42
tre principe de la fuffifance
de l'Ecriture &
de l'infuffifance
de tous
les autres moyens
, il
faudroit pouvoir affurer
les Chreftiens par la
feule Ecrituré fur toutes
les difficultez raiſonnables.
Voila donc des
points effentiels, qui n'y
font point certainement
contenus .
Cela paroît encore
plus évidemment par
l'examen des doctrines
43
particulieres. De bonne
foy ceux qui multiplicnt
davantage les
points cffentiels , peuvent-
ils trouver que les
Livres du nouveau Tef
tament les contiennent
tous clairement & parfaitement,
comme ils le
foûtiennent? Combien
de Dogmes propofentils
comme neceffaires ,
qui ne font pas clairement
révelez ; & cependant
ils agiffent a-
Dij
44
vec les plus grandes rigueurs,
contre ceux qui
ne les veulent pas recevoir
. Je mets dans ce
rang ceux qui regardent
les doctrines de la
juftification par la feule
foy , de la mort de J.
C. pour les feuls Eleus,
& c. comme eſtant du
nombre des doctrines
effentielles. Neferoit- il
pas bien facile de montrer
que leurs points,
quelques importans
45
qu'ils leurs paroiffent,
ne fe peuvent tirer de
l'Ecriture que par des
Argumens tout au plus
probables ; & ne peuton
pas regarder comme
une des chofes du
monde les plus inconcevables,
que ceux qui
ne croyent d'eſſentiel,
que ce qui eft clairement
étably dans l'Ecriture
, pofent neantmoins
dans la Religion
un fi grand nombre de
46
Doctrines effentielles ,
qui ne font contenuës
dans aucun des Livres
Sacrez ?
Ceux qui en poſent
le moins , ne ſe tirent
pas cependant mieux
d'affaire ; car comme le
font fort bien voir les
plus habiles Docteurs
Catholiques , il n'y a
point de Paffage , par
exemple fur le Dogme
de la tres-fainte & adorable
Trinité , que tous
47
ceux qui n'ont pas entierement
renoncé au
Chriftianiſme , regardcnt
avec raifon comme
le plus important &
le plus effentiel de la
Religion, auquel les Arriens
ne puiffent appliquer
des fens probables.
qui les détournent ailleurs
. Je dis la meſme
chofe à l'égard du peché
originel, de la neceſſité
de la grace, de l'éternité
des peines , du fiecle à
48
venir, de la toute- puiffance
de Dieu , de la
fatisfaction de I. C. &
d'une infinité d'autres
points effentiels ; à l'é
gard defquels il eft certain
que ceux qui les
nient , peuvent concilier
leurs fentimens avec
la fainte Ecriture ,
par des explications ,
dont on ne peut contefter
la vray ſemblance.
L'on peut dire la
mefme choſe non feulement
49
ment à l'égard du Bapteſme
des petits Enfans,
fur lequel on ne peut.
rien montrer d'évident
dans l'Evangile ; mais
auffi à l'égard de la celébration
du Dimanche
, fur laquelle il eft
certain que le nouveau
Teftament ne fournit
que des probabilitez.
Je dis encore la meſme
chofe à l'égard de la
P
Morale Chreftiene, que
tout le monde regarde
E
50
comme abfolument neceffaire
à falut . On pouroit
, fur les choſes qui
font neceffaires à l'égard
de l'humilité , fur
celles qui font neceffaires
à l'égard de la chafteté,
fur celles qui font
neceffaires à l'égard de
l'obeiffance aux Supérieurs,
fur les chofes qui
font neceffaires à l'égard
du culte que nous
devons à Dieu en public
& en particulier ,
SE
fur celles qui font neceffaires
à l'égard de la
charité, de la fincerité
& de l'amour de foymeſme
ذ
on pourroit,
·
dis-je, à l'égard de toutes
ces chofes former
des difficultez qu'il feroit
impoffible de réfoudre
certainement par
l'Ecriture feule ; & pour
venir dans le détail, qui
me prouvera que les
Mariages inceftueux , &
l'homicide de foy- mef-
E ij
52
me , foient clairement
défendus dans l'Evangile
? Qui m'afſurera
que J. C. n'a pas voulu
établir dans fon Egliſe
le lavement des pieds ,
comme une cerémonie
facrée que nous conſidérerions
fans contredit
comme la chofe du
monde la plus formellement
établie dans l'Evangile,
fi nous l'avions
trouvée pratiquée dans
toute l'Eglife ? Je dis
53
de mcfme qu'on ne peut
point fçavoir certainement
par l'Ecriture , fi
nous sōmes délivrez aujourd'huy
de la défenſe
de la manducation
du
fang , qui cft fi expreffe
dans l'Evangile. Commēt
cōvaincra- t.on certainement
par l'Ecriture
feule les Anabatiſtes ,
qui foutiennent qu'il ne
faut pas exercer les Magiſtratures
, ny faire la
guerre ; & qu'un Parti-
E iij
54
culier ne fe peut pas legitimement
défendre ,
quand il eft attaqué ?
Quand on aprofondit
ces chofes , on ne peut
que s'étonner comment
l'on ne voyoit pas que
Dieu n'avoit point pris
les précautions que fa
fageffe , qui prévoyoit
l'avenir, auroit jugé neceffaires
, s'il euft voulu
faire de cette Ecriture
un Livre qui fuft non
feulement utile , mais
55
qui fervift de regle par
faite , où les Chreftiens
devoient cófiderer dans
tous les temps , fi toute
l'Eglife s'eftoit corrompuë,
ou fi elle perſéveroit
dans fa pureté.
En quatriéme lieu ,
perfonne ne doute qu'il
ne foit abfolument neceffaire
à chaque Fidelle
de connoiftre les points
effentiels , & de les dif
tinguer d'avec ceux qui
ne le font pas , afin de
E iiij
I $6
fçavoir fi nous les avons
tous receus dans le
coeur; quelles font les
chofes dans lesquelles
nous devons fouffrir de
nos Freres , & quelles
font celles qui nous doivent
empefcher d'avoir
Communion avec eux .
Cependant peut - on dire
en bonne confcience
que l'Ecriture fuffife
pour inftruire clairement
fur cette diftinction
? Cela eft fi peu
1
57
T
vray, que les Sçavans
eux- mefmes y font prefen
que tous diférens
les
uns des autres , & s'y
trouvent
chacun
fon particulier
extrémemet
embaraffez
. On les
voit établir d'abord
de
certains principes
, mais
ce font des principes
qu'ils pofent d'eux - mefmes
fans les pouvoir
prouver
par l'Ecriture
.
Un autre Docteur
a le
mefme
droit de les re58
jetter , & d'en pofer de
diférens. Apres les avoir
pofez , on leur en
voit faire l'application
de la maniere du monde
la plus vifiblement
incertaine . Ils tirent
leurs coféquences beaucoup
moins en ſuivant
leur principe , qu'en prenant
garde à l'intéreſt
de leur party ; ils les
continuent quand elles
font favorables aux intérefts
de leur Societé;
59
ils les arreftent quand
clles s'y trouvent contraires
, quoy qu'elles
foient liées avec les
principes qu'ils ont pofez.
Comment pourrons-
nous donc aprendre
par l'Ecriture ce
qui eft effentiel , & ce
qui ne l'eft pas , foit
à l'égard des veritez
qu'il faut neceſſairement
croire , foit à l'égard
des erreurs qu'il
faut neceffairement re60
jetter ? On ne peut rien
dire là-deffus , ce me
femble , de clair , ny de
certain.
C'eft auffi de là que
vient la terrible inconftance
, où font contraints
de tomber ceux
qui fuivent ce principe
de la fuffifance de l'Ecriture
; tantoft ils fuivent
la lettre de l'Ecriture
nonobftant les lumieres
de la raiſon; tantoft
ils fuivent les lu61
mieres de la raiſon nonobftant
la lettre de l'Ecriture;
tantoft ils fuivent
la Tradition dans
les chofes ou l'Ecriture
ne parle pas , ou dans
lefquelles elle eft obfcure
; & tantoft ils la
mépriſent dans ces meſmes
choſes . Quelquefois
ils
concluent que
l'Ecriture eft la regle de
la Foy, qu'il ne faut recevoir
dans la Religion
que ce qui y eft claire62
ment enfeigné ; & tantoft
ils en tirent feulement
qu'il ne faut rien
recevoir qui y foit oppofé
. C'eſt encore de là
que viennent toutes les
diviſions qui troublent
aujourd'huy
le Chriftianifme
, parce que ceux
qui font remplis
de ce
principe
, tirent de leur
imagination
plûtoft que
de la parole de Dieu,
tous les objets de leur
foy, quoy qu'ils préten63
dent ne fe regler que
par elle. C'eſt par des
principes tout diférens
qu'ils forment leurs
idées fur les veritez , &
fur l'importance des
doctrines de la Religion
. Ils fefont déterminez
, ou par l'autorité
du party dans lequel ils
vivent , ou par leur aveuglement
pour les
Maiftres qui les ont enfeignées,
ou par les genres
d'études où ils fe
64
font appliquez , ou par
les Hipothefes de Philofophie
qu'ils ont embraffées,
ou par les inclinations
de leur tempérament
. Ces cauſes
qui font fentir leur efficace
à leurs coeurs ,
fans les faire connoiftre
à leurs efprits , font les
veritables
fources de
l'évidence
qu'ils prétendent
avoir dans
leurs déterminations
.
C'eft apres ces déter6.5
minations , qu'ils confiderent
l'Ecriture
, pour
y chercher des fens favorables
dans les Paffages
qu'on leur oppo .
fe, & d'autres Paffages ,
dont la lettre favorife
leur fentiment, pour les
preffer , en rejettant
avec indignation & avec
mépris les autres
qu'on peut leur donner,
fans fe fouvenir de
ce qu'ils font ailleurs
eux-mefmes . Ainfi cha-
F
66
cun des Partis qui diviſent
aujourd'huy
les
Chreftiens
qui fuivent
le principe
de la fuffifance
de l'Ecriture ,
peut
dire
que
les Doctrines
de l'autre Secte
n'y font
pas clairement
propofées , parce qu'il
"
des
peut montrer par
explications
vray-femblables
, qu'elles n'y
font pas évidemment
entenduës
Ainfi quoy que nous
67
puffions dire de l'Ecritu
re dans la theorie , il paroit
par notre pratique
que nous ne la tenons
pas dans le fond pour
l'unique regle de la Foy;
car premierement il eſt
impoffible que le Peuple
examine les Articles
de la - Foy par l'Ecriture
, puis qu'on ne la
tient que de l'Eglife; on
en ignore le fens & les
divers changemens qui
y font furvenus . Se-
•
Fij
68
condement, nous avons
aboly bien des choſes
qui font dans l'Ecriture,
comme l'onction des
Malades , la défenſe
de manger des viandes
étouffées , & du fang, la
Confirmation
par l'im
pofition des mains, & c .
Troifiémement
, nous
en tenons bien d'autres
qui n'y font pas , comme
le Baptefme des petits
Enfans , & cela par la
feule afperfion , au lieu
69
qu'il a efté inftitué par
immerſion
, l'obfervation
du jour du Dimanche
, & c. Quatrièmement,
nous n'en tenons
pas tout au contraire
qui y font , comme le
lavement des pieds , la
défenſe de faluer en
chemin ceux que nous
rencontrons , & celle
de donner la prefféance
aux Riches fur les Pauvres
. Cinquièmement,
nous en tenons qui
70
femblent contraires à
l'Ecriture , comme la
liberté que nous donnons
de jurer, & de fe
défendre contre fon ennemy
, foit en public ,
foit en particulier, contre
la lettre de l'Ecriture
, qui femble défendre
expreffément l'un &
l'autre. Sixiémement *
nous en tenons à l'égard
defquelles nous
ne pouvons rien tirer
que de probable de l'E71
criture , & même moins
probable que ce que
nos Adverfaires alleguent
, comme à l'égard
de la juftification par la
feule foy , de la grace
victorieuſe , du decret
abfolu, & c. que nous regardons
pourtant comme
effentielles .
Toutes ces confidérations
, Meffieurs , me
font voir clairement
qu'on eft obligé de reconnoiftre
que Dieu ,
72
qui rend toûjours lest
chofes propres à l'ufage
auquel il les veut employer
, n'a
pas deftiné
Ecriture fainte pour
eftre la regle unique de
ce que nous devons
croire & faire , &
qu'ainfi il faut neceffai-
>
rement y joindre l'intelligence
publique de
l'Eglife , & regler fa Foy
& fes moeurs par la Tradition
univerfelle , &
atteftée par le conſentement
73
tement unanime de
tous les Chreſtiens ,
telle qu'elle l'eftoit du
temps de nos Peres , à
l'égard des points effentiels
pour lefquels ils fe
font féparez , parce que
c'eft le feul moyen de
Foy , certain , propre
pour les Peuples , &
deftigé de Dieu de tous
temps pour les conduire
dans toutes les
chofes effentielles , &
contre lequel on.ne
G
74
peut rien du tout oppofer
de clair & de
convainquant
, foit de
l'Ecriture
, foit des Pea
res , à caufe des diférens
fens dont les anciens
Ecrits font toûjours
fufceptibles
, parce que les
circoftances qui les rendoient
clairs , font entierement
péries . C'e par
ce témoignage unanime
de l'Eglife , que nous
connoiffons les Livres
facrez , que nous ſça75
vons que J. C. a fait
des Miracles
, ſurprenans
par leurs qualitez,
& par leur nombre ; &
qu'il a donné à fes Apôtres
la vertu d'en faire
de femblables . Ce n'eft
donc que par ce meſme
témoignage
, que nous
pouvons apprendre certainement
ce que ces
Apôtres nous ont enfeigné
à faire , & à croire ,
de la part de leur Maitre
; & c'eft à ce principe.
Gij
76
que je crois eſtre obligé
par toutes ces raifons
de foûmettre entierement
ma Foy , & d'embraffer
par conféquent
la Communion
Catholique
Romaine , dans
laquelle feule il fe
trouve .
Onpeutjugerde l'étonnement
qu'une pareille
déclaration
,faite en plein
Synode ( ce qui n'estoit
jamais
arrivé depuis
77
que Calvin a répandu
fon Héréfie ) caufa à
tous ceux qui s'y trouverentprefens.
Ce Synode
eftoit compofé des Députez
des Confiftoires de la
Touraine , d'Anjou , ε
du Maine. Cefont trois
Claffes ou Colloques , qui
forment une Province
parmy ceux de la Religion
Prétendue Réformée
, & c'est ce que nous
appellerions trois Evef
chez. Le Difcours de
Giij
78
M' Gilly nefut point interrompu
; & foit que
ceux à qui il le fit , eftant
tous Gens graves , d'éru
dition 5 de bon fens , en
examinaffent en euxmefmes
les raifons , foit
qu'ils fuffent retenus par
la préfence de M' d'Au
tichamp qui représentoit
Sa Majefte , foit enfin
qu'une action fi hardie,
tout enfemble fi peu
attendue , lesfurprift af
Sez pour leur ofter lapa79
role , on écoûta tout, son
nefit aucune réponse
DE M GILLY,
Touchant les motifs qui l'ont
obligé à rentrer dans l'Eglife
Catholique.
MESSIEURS,
Les grandes difficultez
qui m'embaraſſent
depuis lōgtemps fur les
matieres de la Religion ,
ne me permettant plus
d'exercer mon Minifte-
A iiij
8
re , j'ay crû qu'il eftoit
de mon devoir de vous
les expofer , fans m'inquieter
d'autre choſe
que de fatisfaire aux
mouvemens de ma confcience
, dont je dois
oppofer le bon témoi
gnage aux mauvais
bruits , que l'on répand
ordinairement
contre
ceux qui retournent
dans la
veritable Egliſe .
Je vous prie donc treshumblement
de m'accorder
voftre attention,
& d'eftre perfuadez
, que j'agiray toû
jours dans les mouvemens
de la crainte de
Dieu , & felon les regles
de la douceur & de l'humilité
, que noftrc.commun
Maiftre, le débonnaire
& l'humble par
excellence , nous a fi expreffement
recommandées
, tant par fes leçons
que parfon exemple.
Je me crois obligé,
10
Meffieurs , de vous faire
d'abord un aveu public
& fincere de mes
diférentes démarches
dans le cours de mes
Etudes , où j'ay employé
avec un extréme
foin tous les
moyens
que le S. Efprit nous
fuggere
, la priere , le
travail , la méditation
,
la lecture . Je ne diray
rien icy de ma vie , parce
que je ne doute pas
que M' le Député
de
II
mon Egliſe ne confir
me de bouchele témoignage
authentique qu'-
elle m'en a donné par
écrit. Comme donc je
fupofois ,avec toutes les
Societez féparées de l'Eglife
Romaine , le principe
de la ſuffiſance de
l'Ecriture , fur lequel
eft uniquement fondée
leur féparation , & que
je croyois avec elles
que cette Ecriture confiderée
en elle-meſme
12
cftoit
l'unique regle de
la Foy ; qu'elle contenoit
toute feule clairement
, & parfaitement
tout ce qu'il eftoit neceffaire
de croire & de
faire pour le falut , &
qu'il falloit par conféquent
examiner toutes
chofes par elle , je n'eus
pas plutoft repaffé dans
mon efprit felon cette
regle , les Difputes que
nous avons avec les Remontrans
que leSynode
13
de Dordrecht chaffa de
nôtre Communion , que
je trouvay quebien loin
qu'on les puft convaincre
de faux par la fainte
Ecriture , leur fentiment
touchant plufieurs
queftions , dont il
n'eft pas neceffaire de
faire icy le détail , y
eftoit fans contredit
contenu d'une maniere
plus vray - femblable
que le noftre. Je con-
Liderois là-deffus , que
14
l'on
demandoit
parmynous
dans la pratique
une foûmiffion
entiere
à nos
Synodes , quoy
qu'on foûtinft
le contraire
dans la théorie;
mais il me fembloit que
c'eftoit là renoncer à
noftre principe, & condamner
tacitemēt ceux
qui dans le fiecle précedent
, refuferent de rendre
cette foûmiffion.
Cependant comme embraffant
ces opinions,je
15
ne m'apuyois dans le
fond que fur le plus ou
le moins de probabilité
,
qui fe trouve dans la
fainte Ecriture à l'égard
des matieres controverfées
parmy les Chrêtiens
, & qu'ainfi ayant
toujours fujet de douter,
j'étois porté d'hipotheſe
en hipothefe , fans
avoir jamais rien de fixe
ny de certain , je crus en
confultant les Livres
& les Docteurs , que
16
pour calmer les agitations
de mon efprit , il
falloit neceffairement
venir à l'examen du
principe en luy meſme,
dont j'avois jufque- là
fupofé la verité, & dont
il me fembla de voir la
fauſſeté , par les raiſons
que je m'en vais brievement
déduire.
Je dis donc, Meffieurs,
qu'il femble que l'Ecri
ture fainte confiderée
en elle-mefme , & fepa17
rée de l'intelligence pu
blique de l'Eglife qui en
détermine le fens , n'a
pas efté deſtinée de
Dieu , pour eftre l'unique
regle de la Foy pour
tous les Peuples , ny
mefme pour les Docteurs
, parce que fi vous
en exceptez quelque
peu d'articles qu'elle
traite amplement , &
formellement
en plu
fieurs endroits , comme
I. C. eft le Meffie , &
B.
18
qu'il y aura une Refur
rection , l'obſcurité , &
l'ambiguité qui font
inféparables du langage
humain , la rendent
prefque par tout ailleurs
fufceptible de plufieurs
fens oppoſez , &
ne nous
permettent
pas par conféquent
de
la regarder
comme
un principe
fuffifant
,
qui contienne
parfaitement
, & clairement
tout ce qu'il eft necef
19
faire de croire , & de
faire pour le falut . Les
difcours
ordinaires que
les circonſtances préfentes
rendent clairs &
intelligibles , feroient
infailliblement obfcurs,
s'ils eftoient détachez
de ces circonstances, &
qu'on les confidéraft
dans des temps , & dans
des lieux fort éloignez
de ceux dans lefquels ils
ont efté prononcez,
comme cela arrive à l'é-
Bij
20
1
gard de l'Ecriture . De
la vient l'obfcurité des
Livres anciens , comme
par exemple des Livres
des Peres , dont les Chrêtiens
expliquent ſi diféremment
les paffages.
De là vient l'obſcurité
de l'Ecriture meſme,
que le S. Efprit n'a pas
voulu eftre intelligible
à tous ; car tantoft il en
faut preffer les paroles,
tantoft il ne les faut pas
preffer . Là elle parle dās
21
un fens populaire , icy il
faut l'expliquer à la rigueur
de la lettre ; fon
difcours eft fimple dans
un endroit , & dans
l'autre il y a des métaphores
, & c. Les Théologiens
de toutes les
Communions quife fervent
avec raifon de ces
clefs , & de beaucoup
d'autres dans l'expofition
de la fainte Ecritu
re , devroient eftre obligez
par la de reconnoî22
tre que des explications
fondées fur les clefs,
font probables ; & que
quand tous les paffages
que l'on cite pour établir
une certaine doctrine
,
peuvent par le
moyen de ces clefs recevoir
des explications
raifonnables qui ne la
fuppofent pas , on ne
doit point dire qu'elle
foit certainement établie
par l'Ecriture , qui
eft meſme d'autant plus
23
obfcure que les autres
Livres anciens , qu'au
lieu que dans ceux- cy ,
comme ils ne traitent
que des chofes humaines
, la raiſon nous apprend
ce qui eft poſſible
, & ce qui eft impoffible
; das celuy- là , com- dās
me il parle de Dieu , la
raifon elle -mefme nous
apprend qu'on en peut
dire des chofes qu'elle
ne pourroit comprendre.
C'est ce qui fait
24
que dans toutes les
Controverfes
, quelque
party que l'on prenne,
on peut toujours fe défaire
des
paffages oppofez
par les adverfaires
,
en donnant des explications,
qui à ne confiderer
que l'Ecriture
, font
auffi
probables que
celles que les Chrêtiens
de toutes les Communions
appliquent
à d'autres
endroits , pour les
accommoder
à leur do-
Єtrine .
25
ctrine. En tout cela, la
raifon, fi nous l'appellons
à noſtre ſecours,
juge apres avoir cōparé
tous les paffages les uns
avec les autres , qu'ils
peuvent- eftre étendus
raifonnablement , fuivant
une hypotheſe qui
les rend inutiles pour la
doctrine effentielle que
l'on veut prouver ; &
que les deux doctrines,
dont l'une eft
propofée
pour effentielle
, ne
C
26
ne
font point incompatibles
avec l'analogic de
la Foy , c'eft à dire, avec
les veritez de l'Ecriture ,
qu'un grand nombre
de paffages clairs
permet pas de révoquer
en doute ; mais elle ne
fçauroit fans temérité ,
juger à fond des mifteres
que tout le monde
reconnoift eftre infiniment
au deffus d'elle
En fecond lieu , je
voy que Dieu n'a point
27
enfeigné dans fa parole,
qu'on deuft la regarder
comme la regle unique
de la Foy , & qu'ainfi la
plus effentielle de tou-
Les les veritez n'y eft
pas clairement & parfaitement
contenuë .
Cela paroift évidemment
, ce me femble,
par l'éxamen de tous
les paffages que nous
alléguons
pour prouver
cette fuffifance d'Ecriture
, & dont l'on peut
Cij
28
facilement tirer des
preuves du contraire,
comme par exemple,
Apoc. 22. v . 18. & 19. où
il eft dit que Si quelqu'un
y adjoute quelque
chofe , Dieu le frapera
des playes quifont écrites
dans ce Livre ; & que
Si quelqu'un retranche
quelque chofe des paroles
du Livre de cette Prophetie
, Dieu le retranchera
du Livre de Vie.
Car fi S. Jean parle de
29
cette maniere d'un Livre
Prophetique , où le
monde Chreftien reconnoift
qu'on ne trouve
pas tous les points
effentiels clairement révelez
, il eft certain que
tous les autres paffages
alléguez fur cette matiere
, pofé mefme qu'ils
regardaſſent toute l'Ecriture
, ne prouve
roient pas bien que
toutes les veritez effentielles
y fuffent évidem
C iij
30
ment enſeignées , parce
que les autres ne font
pas plus forts pour la
fuffifance des faintes
Ecritures , que celuy- cy
l'eft pour la fuffifance
de
l'Apocalipfe en particulier
; outre que la
plus grande partie de
ces paffages , comme
celuy de la 2. à Tim.
Chap. 3. Toute Ecriture
qui eft inspirée de Dieu,
eft utile pour inftruire,
c. ne parlent que de
31
l'Ecriture du Vieux Teltament
, où tous les
Chreftiens reconnoiffent
que toutes les chofes
, qui eftoient effentielles
du temps des
Apoftres , n'eftoient pas
clairement propofées ,
ou bien feulement , de
ce que les Apoftres ont
annoncé fans qu'il fuſt
écrit , comme lors que
S. Paul dit , Quand nous
mêmes , ou un Ange, vous
évangeliferoit, & c.
Cif
J'ajoûte en troifiéme
lieu, qu'on ne peut qu'-
eftre confirmé dans le
fentiment de l'infuffifance
de l'Ecriture pour
toutes les choſes neceffaires,
lors qu'on l'examine
en particulier; car
peut- on dire que l'Ecriture
de l'ancien Teftament
fuffit , pour faire
reconnoiftre l'autorité
Divine de chacun defes
Livres , & que la ſeule
lecture de ces Livres ,
33
peut faire connoiſtre
certainement
qu'ils
n'euffent pas cfté faits.
par des Hommes non
infpirez , qui pouvoient
y avoir inſeré quelque
erreur ? Peut- on foûtenirque
l'immortalité de
l'Ame , la réfurrection
des Corps, le Paradis &
l'Enfer , la venuë du
Meffie, & c. qui font des
dogmes fi effentiels, fuffent
clairement contenus
dans cette ancienne
34
Ecriture ? Le pourroiton
foûtenir à l'égard du
temps qui a precedéles
Livres des Prophetes,
ou par rapport à celuy
où l'on n'avoit que les
Livres de Moïfe ? Le
contraire paroift fort
évidemment , quand on
a devant les yeux une
maxime qui eft trescertaine
, qui eft meſme
reconnuë de tous les
Chreftiens qui en font
le fondement de leurs
35
Réponces , aux paffages
de l'Ecriture qu'on
leur objecte. C'est que
quand on peut donner
deux fens probables à
un Paffage , ny l'un ny
l'autre n'eft certain . En
effet il y a des fens probables
de tous les Paffages
qu'on cite en faveur
des Dogmes que
je viens de marquer ,
qui les détournent à
d'autres veuës . L'on ne
peut pas non plus , ce
36
me femble, foûtenir que
l'Ecriture du nouveau
Teftament , contienne
clairement & parfaitement
toutes les chofes
neceffaires à falut . Ilya
plufieurs Apoftres dont
nous n'avons point d'Ecrits
, & il eft peu vrayfemblable
que nous
ayons toutes les Lettres
de ceux dont nous en
avons quelques - unes .
Dans les Livres qui font
venus juſqu'à nous , il
37
n'y a rien de
propre à
nous faire croire que
quelqu'un
d'eux ait eu
deffein d'écrire , avec
une évidence qui fubfiftât
toujours , toute la
Doctrine & la Morale
Chreftienne ; on peut
mefme démontrer le
contraire à l'égard de
chacun d'eux en particulier
. Il ne paroiſt
point auffi qu'ils euffent
partagé entr'eux la Doctrine
& la Morale
38
Chreftienne , afin que
chacun en expofant
clairement une partie
dans fes Ecrits , le tout
fe trouvaft évidemment
propofé dans le Corps
des faintes Ecritures ,
pour l'ufage des Fidelles
de tous les Siecles . Il
eft marqué clairement
dans la plupart de leurs
Ecrits , qu'ils les avoient
faits pour de certaines
occafions particulieres,
fans lefquelles on voit
39
aſſez qu'ils n'auroient
point penſé à les faire.
En verité toute ces apparences
ne font point
propres à faire croire.
que ce que nous avons
d'écrits des
Apoftres ,
contiennent clairement
tout ce qu'ils enfeignoient
. En cffet , la
feule lecture du nouveau
Teftament ne fuffit
pas pour faire connoiftre
l'autorité divine
des Livres qui le com40
.
pofent. Les plus finceres
& les plus éclaircz
de nos Théologiens
reconnoiffent aujourd'huy
qu'on ne le fçauroit
connoiſtre que par
les caracteres que l'on
y remarque ordinairement
; & il eft conſtant
que le Peuple Chrêtien
recevroit pluſieurs
des Livres Canoniques
comme apocriphes , ſi
on les luy préfentoit
comme tels ; & qu'il
t
41
recevroit tout au contraire
les apocriphes
comme Canoniques , fi
on les luy faifoit regarder
comme divins . La
mefme
difficulté peut
naiſtre à l'égard des
Verfets des Livres , à
l'égard de l'ordre de ces
Verſets , & à l'égard
mefme des Mots dont
?
ils font compofez , & de
leur ordre, d'où dépend
fouvent une doctrine
effentielle ; car felon nò-
D
42
tre principe de la fuffifance
de l'Ecriture &
de l'infuffifance
de tous
les autres moyens
, il
faudroit pouvoir affurer
les Chreftiens par la
feule Ecrituré fur toutes
les difficultez raiſonnables.
Voila donc des
points effentiels, qui n'y
font point certainement
contenus .
Cela paroît encore
plus évidemment par
l'examen des doctrines
43
particulieres. De bonne
foy ceux qui multiplicnt
davantage les
points cffentiels , peuvent-
ils trouver que les
Livres du nouveau Tef
tament les contiennent
tous clairement & parfaitement,
comme ils le
foûtiennent? Combien
de Dogmes propofentils
comme neceffaires ,
qui ne font pas clairement
révelez ; & cependant
ils agiffent a-
Dij
44
vec les plus grandes rigueurs,
contre ceux qui
ne les veulent pas recevoir
. Je mets dans ce
rang ceux qui regardent
les doctrines de la
juftification par la feule
foy , de la mort de J.
C. pour les feuls Eleus,
& c. comme eſtant du
nombre des doctrines
effentielles. Neferoit- il
pas bien facile de montrer
que leurs points,
quelques importans
45
qu'ils leurs paroiffent,
ne fe peuvent tirer de
l'Ecriture que par des
Argumens tout au plus
probables ; & ne peuton
pas regarder comme
une des chofes du
monde les plus inconcevables,
que ceux qui
ne croyent d'eſſentiel,
que ce qui eft clairement
étably dans l'Ecriture
, pofent neantmoins
dans la Religion
un fi grand nombre de
46
Doctrines effentielles ,
qui ne font contenuës
dans aucun des Livres
Sacrez ?
Ceux qui en poſent
le moins , ne ſe tirent
pas cependant mieux
d'affaire ; car comme le
font fort bien voir les
plus habiles Docteurs
Catholiques , il n'y a
point de Paffage , par
exemple fur le Dogme
de la tres-fainte & adorable
Trinité , que tous
47
ceux qui n'ont pas entierement
renoncé au
Chriftianiſme , regardcnt
avec raifon comme
le plus important &
le plus effentiel de la
Religion, auquel les Arriens
ne puiffent appliquer
des fens probables.
qui les détournent ailleurs
. Je dis la meſme
chofe à l'égard du peché
originel, de la neceſſité
de la grace, de l'éternité
des peines , du fiecle à
48
venir, de la toute- puiffance
de Dieu , de la
fatisfaction de I. C. &
d'une infinité d'autres
points effentiels ; à l'é
gard defquels il eft certain
que ceux qui les
nient , peuvent concilier
leurs fentimens avec
la fainte Ecriture ,
par des explications ,
dont on ne peut contefter
la vray ſemblance.
L'on peut dire la
mefme choſe non feulement
49
ment à l'égard du Bapteſme
des petits Enfans,
fur lequel on ne peut.
rien montrer d'évident
dans l'Evangile ; mais
auffi à l'égard de la celébration
du Dimanche
, fur laquelle il eft
certain que le nouveau
Teftament ne fournit
que des probabilitez.
Je dis encore la meſme
chofe à l'égard de la
P
Morale Chreftiene, que
tout le monde regarde
E
50
comme abfolument neceffaire
à falut . On pouroit
, fur les choſes qui
font neceffaires à l'égard
de l'humilité , fur
celles qui font neceffaires
à l'égard de la chafteté,
fur celles qui font
neceffaires à l'égard de
l'obeiffance aux Supérieurs,
fur les chofes qui
font neceffaires à l'égard
du culte que nous
devons à Dieu en public
& en particulier ,
SE
fur celles qui font neceffaires
à l'égard de la
charité, de la fincerité
& de l'amour de foymeſme
ذ
on pourroit,
·
dis-je, à l'égard de toutes
ces chofes former
des difficultez qu'il feroit
impoffible de réfoudre
certainement par
l'Ecriture feule ; & pour
venir dans le détail, qui
me prouvera que les
Mariages inceftueux , &
l'homicide de foy- mef-
E ij
52
me , foient clairement
défendus dans l'Evangile
? Qui m'afſurera
que J. C. n'a pas voulu
établir dans fon Egliſe
le lavement des pieds ,
comme une cerémonie
facrée que nous conſidérerions
fans contredit
comme la chofe du
monde la plus formellement
établie dans l'Evangile,
fi nous l'avions
trouvée pratiquée dans
toute l'Eglife ? Je dis
53
de mcfme qu'on ne peut
point fçavoir certainement
par l'Ecriture , fi
nous sōmes délivrez aujourd'huy
de la défenſe
de la manducation
du
fang , qui cft fi expreffe
dans l'Evangile. Commēt
cōvaincra- t.on certainement
par l'Ecriture
feule les Anabatiſtes ,
qui foutiennent qu'il ne
faut pas exercer les Magiſtratures
, ny faire la
guerre ; & qu'un Parti-
E iij
54
culier ne fe peut pas legitimement
défendre ,
quand il eft attaqué ?
Quand on aprofondit
ces chofes , on ne peut
que s'étonner comment
l'on ne voyoit pas que
Dieu n'avoit point pris
les précautions que fa
fageffe , qui prévoyoit
l'avenir, auroit jugé neceffaires
, s'il euft voulu
faire de cette Ecriture
un Livre qui fuft non
feulement utile , mais
55
qui fervift de regle par
faite , où les Chreftiens
devoient cófiderer dans
tous les temps , fi toute
l'Eglife s'eftoit corrompuë,
ou fi elle perſéveroit
dans fa pureté.
En quatriéme lieu ,
perfonne ne doute qu'il
ne foit abfolument neceffaire
à chaque Fidelle
de connoiftre les points
effentiels , & de les dif
tinguer d'avec ceux qui
ne le font pas , afin de
E iiij
I $6
fçavoir fi nous les avons
tous receus dans le
coeur; quelles font les
chofes dans lesquelles
nous devons fouffrir de
nos Freres , & quelles
font celles qui nous doivent
empefcher d'avoir
Communion avec eux .
Cependant peut - on dire
en bonne confcience
que l'Ecriture fuffife
pour inftruire clairement
fur cette diftinction
? Cela eft fi peu
1
57
T
vray, que les Sçavans
eux- mefmes y font prefen
que tous diférens
les
uns des autres , & s'y
trouvent
chacun
fon particulier
extrémemet
embaraffez
. On les
voit établir d'abord
de
certains principes
, mais
ce font des principes
qu'ils pofent d'eux - mefmes
fans les pouvoir
prouver
par l'Ecriture
.
Un autre Docteur
a le
mefme
droit de les re58
jetter , & d'en pofer de
diférens. Apres les avoir
pofez , on leur en
voit faire l'application
de la maniere du monde
la plus vifiblement
incertaine . Ils tirent
leurs coféquences beaucoup
moins en ſuivant
leur principe , qu'en prenant
garde à l'intéreſt
de leur party ; ils les
continuent quand elles
font favorables aux intérefts
de leur Societé;
59
ils les arreftent quand
clles s'y trouvent contraires
, quoy qu'elles
foient liées avec les
principes qu'ils ont pofez.
Comment pourrons-
nous donc aprendre
par l'Ecriture ce
qui eft effentiel , & ce
qui ne l'eft pas , foit
à l'égard des veritez
qu'il faut neceſſairement
croire , foit à l'égard
des erreurs qu'il
faut neceffairement re60
jetter ? On ne peut rien
dire là-deffus , ce me
femble , de clair , ny de
certain.
C'eft auffi de là que
vient la terrible inconftance
, où font contraints
de tomber ceux
qui fuivent ce principe
de la fuffifance de l'Ecriture
; tantoft ils fuivent
la lettre de l'Ecriture
nonobftant les lumieres
de la raiſon; tantoft
ils fuivent les lu61
mieres de la raiſon nonobftant
la lettre de l'Ecriture;
tantoft ils fuivent
la Tradition dans
les chofes ou l'Ecriture
ne parle pas , ou dans
lefquelles elle eft obfcure
; & tantoft ils la
mépriſent dans ces meſmes
choſes . Quelquefois
ils
concluent que
l'Ecriture eft la regle de
la Foy, qu'il ne faut recevoir
dans la Religion
que ce qui y eft claire62
ment enfeigné ; & tantoft
ils en tirent feulement
qu'il ne faut rien
recevoir qui y foit oppofé
. C'eſt encore de là
que viennent toutes les
diviſions qui troublent
aujourd'huy
le Chriftianifme
, parce que ceux
qui font remplis
de ce
principe
, tirent de leur
imagination
plûtoft que
de la parole de Dieu,
tous les objets de leur
foy, quoy qu'ils préten63
dent ne fe regler que
par elle. C'eſt par des
principes tout diférens
qu'ils forment leurs
idées fur les veritez , &
fur l'importance des
doctrines de la Religion
. Ils fefont déterminez
, ou par l'autorité
du party dans lequel ils
vivent , ou par leur aveuglement
pour les
Maiftres qui les ont enfeignées,
ou par les genres
d'études où ils fe
64
font appliquez , ou par
les Hipothefes de Philofophie
qu'ils ont embraffées,
ou par les inclinations
de leur tempérament
. Ces cauſes
qui font fentir leur efficace
à leurs coeurs ,
fans les faire connoiftre
à leurs efprits , font les
veritables
fources de
l'évidence
qu'ils prétendent
avoir dans
leurs déterminations
.
C'eft apres ces déter6.5
minations , qu'ils confiderent
l'Ecriture
, pour
y chercher des fens favorables
dans les Paffages
qu'on leur oppo .
fe, & d'autres Paffages ,
dont la lettre favorife
leur fentiment, pour les
preffer , en rejettant
avec indignation & avec
mépris les autres
qu'on peut leur donner,
fans fe fouvenir de
ce qu'ils font ailleurs
eux-mefmes . Ainfi cha-
F
66
cun des Partis qui diviſent
aujourd'huy
les
Chreftiens
qui fuivent
le principe
de la fuffifance
de l'Ecriture ,
peut
dire
que
les Doctrines
de l'autre Secte
n'y font
pas clairement
propofées , parce qu'il
"
des
peut montrer par
explications
vray-femblables
, qu'elles n'y
font pas évidemment
entenduës
Ainfi quoy que nous
67
puffions dire de l'Ecritu
re dans la theorie , il paroit
par notre pratique
que nous ne la tenons
pas dans le fond pour
l'unique regle de la Foy;
car premierement il eſt
impoffible que le Peuple
examine les Articles
de la - Foy par l'Ecriture
, puis qu'on ne la
tient que de l'Eglife; on
en ignore le fens & les
divers changemens qui
y font furvenus . Se-
•
Fij
68
condement, nous avons
aboly bien des choſes
qui font dans l'Ecriture,
comme l'onction des
Malades , la défenſe
de manger des viandes
étouffées , & du fang, la
Confirmation
par l'im
pofition des mains, & c .
Troifiémement
, nous
en tenons bien d'autres
qui n'y font pas , comme
le Baptefme des petits
Enfans , & cela par la
feule afperfion , au lieu
69
qu'il a efté inftitué par
immerſion
, l'obfervation
du jour du Dimanche
, & c. Quatrièmement,
nous n'en tenons
pas tout au contraire
qui y font , comme le
lavement des pieds , la
défenſe de faluer en
chemin ceux que nous
rencontrons , & celle
de donner la prefféance
aux Riches fur les Pauvres
. Cinquièmement,
nous en tenons qui
70
femblent contraires à
l'Ecriture , comme la
liberté que nous donnons
de jurer, & de fe
défendre contre fon ennemy
, foit en public ,
foit en particulier, contre
la lettre de l'Ecriture
, qui femble défendre
expreffément l'un &
l'autre. Sixiémement *
nous en tenons à l'égard
defquelles nous
ne pouvons rien tirer
que de probable de l'E71
criture , & même moins
probable que ce que
nos Adverfaires alleguent
, comme à l'égard
de la juftification par la
feule foy , de la grace
victorieuſe , du decret
abfolu, & c. que nous regardons
pourtant comme
effentielles .
Toutes ces confidérations
, Meffieurs , me
font voir clairement
qu'on eft obligé de reconnoiftre
que Dieu ,
72
qui rend toûjours lest
chofes propres à l'ufage
auquel il les veut employer
, n'a
pas deftiné
Ecriture fainte pour
eftre la regle unique de
ce que nous devons
croire & faire , &
qu'ainfi il faut neceffai-
>
rement y joindre l'intelligence
publique de
l'Eglife , & regler fa Foy
& fes moeurs par la Tradition
univerfelle , &
atteftée par le conſentement
73
tement unanime de
tous les Chreſtiens ,
telle qu'elle l'eftoit du
temps de nos Peres , à
l'égard des points effentiels
pour lefquels ils fe
font féparez , parce que
c'eft le feul moyen de
Foy , certain , propre
pour les Peuples , &
deftigé de Dieu de tous
temps pour les conduire
dans toutes les
chofes effentielles , &
contre lequel on.ne
G
74
peut rien du tout oppofer
de clair & de
convainquant
, foit de
l'Ecriture
, foit des Pea
res , à caufe des diférens
fens dont les anciens
Ecrits font toûjours
fufceptibles
, parce que les
circoftances qui les rendoient
clairs , font entierement
péries . C'e par
ce témoignage unanime
de l'Eglife , que nous
connoiffons les Livres
facrez , que nous ſça75
vons que J. C. a fait
des Miracles
, ſurprenans
par leurs qualitez,
& par leur nombre ; &
qu'il a donné à fes Apôtres
la vertu d'en faire
de femblables . Ce n'eft
donc que par ce meſme
témoignage
, que nous
pouvons apprendre certainement
ce que ces
Apôtres nous ont enfeigné
à faire , & à croire ,
de la part de leur Maitre
; & c'eft à ce principe.
Gij
76
que je crois eſtre obligé
par toutes ces raifons
de foûmettre entierement
ma Foy , & d'embraffer
par conféquent
la Communion
Catholique
Romaine , dans
laquelle feule il fe
trouve .
Onpeutjugerde l'étonnement
qu'une pareille
déclaration
,faite en plein
Synode ( ce qui n'estoit
jamais
arrivé depuis
77
que Calvin a répandu
fon Héréfie ) caufa à
tous ceux qui s'y trouverentprefens.
Ce Synode
eftoit compofé des Députez
des Confiftoires de la
Touraine , d'Anjou , ε
du Maine. Cefont trois
Claffes ou Colloques , qui
forment une Province
parmy ceux de la Religion
Prétendue Réformée
, & c'est ce que nous
appellerions trois Evef
chez. Le Difcours de
Giij
78
M' Gilly nefut point interrompu
; & foit que
ceux à qui il le fit , eftant
tous Gens graves , d'éru
dition 5 de bon fens , en
examinaffent en euxmefmes
les raifons , foit
qu'ils fuffent retenus par
la préfence de M' d'Au
tichamp qui représentoit
Sa Majefte , foit enfin
qu'une action fi hardie,
tout enfemble fi peu
attendue , lesfurprift af
Sez pour leur ofter lapa79
role , on écoûta tout, son
nefit aucune réponse
Fermer
Résumé : DISCOURS DE Mr GILLY, Touchant les motifs qui l'ont obligé à rentrer dans l'Eglise Catholique.
M. Gilly expose son retour à l'Église catholique, motivé par des raisons de conscience et de crainte de Dieu. Initialement convaincu de la suffisance de l'Écriture pour guider la foi, il a découvert des contradictions et des ambiguïtés après des études approfondies et des disputes avec les Remontrants. L'Écriture, isolée de l'intelligence publique de l'Église, ne peut être la seule règle de foi en raison de ses obscurités et de ses multiples interprétations possibles. Les théologiens utilisent des clés d'interprétation pour expliquer l'Écriture, reconnaissant que certaines doctrines ne sont pas établies par l'Écriture seule. Gilly souligne que l'Écriture ne contient pas clairement toutes les vérités essentielles de la foi chrétienne. L'Ancien Testament ne suffit pas à reconnaître l'autorité divine de ses livres ni à contenir clairement des dogmes essentiels comme l'immortalité de l'âme ou la résurrection des corps. Le Nouveau Testament, bien que contenant des vérités essentielles, ne couvre pas toute la doctrine chrétienne de manière évidente. Des pratiques comme le baptême des enfants ou la célébration du dimanche ne trouvent pas de réponses évidentes dans l'Écriture seule. La confusion dans l'interprétation des Écritures conduit à des divisions dans le christianisme. Pour pallier ces difficultés, Gilly propose de compléter l'Écriture par la tradition et l'intelligence publique de l'Église. Il soutient que l'Écriture seule ne suffit pas comme règle unique de croyance et d'action, et qu'il est crucial d'ajouter la tradition universelle, attestée par le consentement unanime des chrétiens. Cette tradition est vue comme le seul moyen sûr et divin pour guider les fidèles. Les écrits anciens étant sujets à diverses interprétations, le témoignage unanime de l'Église est essentiel pour connaître les livres sacrés, les miracles de Jésus-Christ et les enseignements des apôtres. Gilly exprime sa soumission à la foi catholique romaine, seule communion respectant ce principe. Cette déclaration a été faite lors d'un synode réunissant des députés des consistoires de Touraine, d'Anjou et du Maine, au sein de la religion prétendue réformée. Le discours de M. Gilly n'a pas été interrompu, peut-être en raison de la gravité et de l'éducation des participants, de la présence de M. d'Autichamp représentant Sa Majesté, ou de la surprise causée par cette action audacieuse et inattendue. Aucune réponse n'a suivi le discours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 163
« Je ne vous envoyeray aucune Explication des Enigmes de Janvier. [...] »
Début :
Je ne vous envoyeray aucune Explication des Enigmes de Janvier. [...]
Mots clefs :
Énigmes, Explications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne vous envoyeray aucune Explication des Enigmes de Janvier. [...] »
Je ne vous envoyeray aucune Explication
des Enigmes de Fanvier..
La premiere eftoit faite fur mon nom,.
& je me contente de remercier ceux
qui m'ont fait l'honneur de travailler
Sur ce fujet , fans faire voir ce qui a
efte fait à mon avantage. Perfonne
n'a écrit la feconde . Voicy encore
quelques Explications des Enigmes de
Decembre , que j'ay oublié de joindre :
aux premieres .
des Enigmes de Fanvier..
La premiere eftoit faite fur mon nom,.
& je me contente de remercier ceux
qui m'ont fait l'honneur de travailler
Sur ce fujet , fans faire voir ce qui a
efte fait à mon avantage. Perfonne
n'a écrit la feconde . Voicy encore
quelques Explications des Enigmes de
Decembre , que j'ay oublié de joindre :
aux premieres .
Fermer
3
p. 168-169
AUX NIMPHES ENJOUÉES CLIONE ET ROSELINDE.
Début :
Le Rival du Charbonnier de Rheims a expliqué la premiere Enigme / Belles Nymphes que je revere, [...]
Mots clefs :
Énigmes, Explications, Nymphes, Amour, Bandeau, Mots
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUX NIMPHES ENJOUÉES CLIONE ET ROSELINDE.
LeRivaldu Charbonnier de Rheims
expliqué la premiere Enigme de
Ianvier fur le Bandeau. Quoy que ·
ce n'en foitpas le vrayfens , le Ma.
drigal qu'il a fait fur ce mot, mérite
bien que vous le voyiez..
AUX NIMPHES ENJOUE'ES
CLIONE ET ROSELINDE .
B
Elles Nymphes que je revere,
Il valoit mieux fans vous déplaire,.
Prendre à l'Amour & Carquois &.
Flambeau,
Que de luy prendre fon Bandeau.
Pourquoy, me direz - vous ? Pourquoy?
voicy l'Affaire..
Sil
du Mercure Galant . 169
S'ilmettoit tout enfeu, quand il ne voyoit
pas,
Et s'il faifoit avec fes Flèches
A maints coeurs mille & mille bréches,
Vous allez voir un beaufracas .
Si vous enfentez quelque chofe,
Nevous en plaignez pas , vous en eftes la
cauſe.
Le mefme a expliqué ainfi lafeconde
farles Mots. C'eftoitfon vrayfens.
Eriez- vous fipeu charitable,
Philis, que de laiffer mourir.
Unpauvre Miférable
Que vous pouvez guérir?
C'est ce qu'affurément vous ne voudrez
pasfaire.
Pour me retirer du trépas ,
Trois petits Motsferont l'affaire,
Toft, dites- les.... Vous ne lesfçavez pas?.
Ecoutez-moy, dites de mefme,
Je vous aime, Philis, dites donc, Je vous
aime.
expliqué la premiere Enigme de
Ianvier fur le Bandeau. Quoy que ·
ce n'en foitpas le vrayfens , le Ma.
drigal qu'il a fait fur ce mot, mérite
bien que vous le voyiez..
AUX NIMPHES ENJOUE'ES
CLIONE ET ROSELINDE .
B
Elles Nymphes que je revere,
Il valoit mieux fans vous déplaire,.
Prendre à l'Amour & Carquois &.
Flambeau,
Que de luy prendre fon Bandeau.
Pourquoy, me direz - vous ? Pourquoy?
voicy l'Affaire..
Sil
du Mercure Galant . 169
S'ilmettoit tout enfeu, quand il ne voyoit
pas,
Et s'il faifoit avec fes Flèches
A maints coeurs mille & mille bréches,
Vous allez voir un beaufracas .
Si vous enfentez quelque chofe,
Nevous en plaignez pas , vous en eftes la
cauſe.
Le mefme a expliqué ainfi lafeconde
farles Mots. C'eftoitfon vrayfens.
Eriez- vous fipeu charitable,
Philis, que de laiffer mourir.
Unpauvre Miférable
Que vous pouvez guérir?
C'est ce qu'affurément vous ne voudrez
pasfaire.
Pour me retirer du trépas ,
Trois petits Motsferont l'affaire,
Toft, dites- les.... Vous ne lesfçavez pas?.
Ecoutez-moy, dites de mefme,
Je vous aime, Philis, dites donc, Je vous
aime.
Fermer
Résumé : AUX NIMPHES ENJOUÉES CLIONE ET ROSELINDE.
Le texte du 'Mercure Galant' de janvier présente deux énigmes poétiques. La première, adressée aux nymphes Clione et Roselinde, traite des attributs d'Amour. Le poème suggère de préférer le carquois et le flambeau d'Amour à son bandeau, et met en garde contre les conséquences de l'amour, comparant ses flèches à des blessures dans les cœurs. La seconde énigme raconte qu'un individu demande à Philis de prononcer trois mots pour éviter la mort. Ces mots sont 'Je vous aime', soulignant leur importance cruciale pour échapper au trépas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 312-314
Noms de ceux qui ont deviné les Enigmes du dernier mois, [titre d'après la table]
Début :
J'ay peu de choses à vous dire des Enigmes. A [...]
Mots clefs :
Énigme, Mot, Explications, Auteur, Mr Roux, Chevalier, Rival
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui ont deviné les Enigmes du dernier mois, [titre d'après la table]
J'ay peu de chofes à vousdire
des Enigmes. A la priere
d'un galant Homme j'ay employé
la premiere du dernier
mois , fans que j'en fçûffe le
Mot.
GALANT. 313
Mot.J'ay connu par les Expli
cations qu'on m'a envoyées,
TTT
:
la vil
vite expuquee que pai
Dd
Fevrier
1685.
312 MERCURE
nous fommes porte chacun
à la jove : c'eft pour cela
lans que en içune le
Mot.
GALANT. 313
Mot . J'ay connu par les Explications
qu'on m'a envoyées ,
que mon nom y eft renfer
mé. Elles font fort obligeantes
; mais quoy que les Au
theurs m'ayent fait un fort
grand honneur , ils trouveront
bon que je fupprime les
Madrigaux que j'en ay receus.
A l'avenir je prendray
mes précautions, en ne vous
envoyant aucune Enigme ,
dont le vray fens ne m'ait
eſté confié. La ſeconde Enigme
a efté faite fur les Mots
qui compofent le Difcours. Elle
n'a efté expliquée que par
Fevrier 1685. Dd
314 MERCURE
M' le Roux , Médecin à Vitré
en Bretagne ; Le Chevalier B.
du Quartier S. Paul ; la petite
Gamard de Sons , & le Rival
du C. de Rheims.
des Enigmes. A la priere
d'un galant Homme j'ay employé
la premiere du dernier
mois , fans que j'en fçûffe le
Mot.
GALANT. 313
Mot.J'ay connu par les Expli
cations qu'on m'a envoyées,
TTT
:
la vil
vite expuquee que pai
Dd
Fevrier
1685.
312 MERCURE
nous fommes porte chacun
à la jove : c'eft pour cela
lans que en içune le
Mot.
GALANT. 313
Mot . J'ay connu par les Explications
qu'on m'a envoyées ,
que mon nom y eft renfer
mé. Elles font fort obligeantes
; mais quoy que les Au
theurs m'ayent fait un fort
grand honneur , ils trouveront
bon que je fupprime les
Madrigaux que j'en ay receus.
A l'avenir je prendray
mes précautions, en ne vous
envoyant aucune Enigme ,
dont le vray fens ne m'ait
eſté confié. La ſeconde Enigme
a efté faite fur les Mots
qui compofent le Difcours. Elle
n'a efté expliquée que par
Fevrier 1685. Dd
314 MERCURE
M' le Roux , Médecin à Vitré
en Bretagne ; Le Chevalier B.
du Quartier S. Paul ; la petite
Gamard de Sons , & le Rival
du C. de Rheims.
Fermer
Résumé : Noms de ceux qui ont deviné les Enigmes du dernier mois, [titre d'après la table]
Le texte aborde la résolution d'énigmes et la divulgation de leurs solutions. L'auteur a résolu la première énigme du mois précédent sans connaître le mot clé. Il a découvert que son nom était impliqué dans l'énigme, ce qui constituait un grand honneur, mais il a préféré supprimer les madrigaux reçus. À l'avenir, il s'assurera de comprendre le sens véritable des énigmes avant de les envoyer. La seconde énigme a été expliquée par plusieurs personnes, dont M. le Roux, Médecin à Vitré en Bretagne, le Chevalier B. du Quartier S. Paul, la petite Gamard de Sons, et le Rival du C. de Rheims, en février 1685.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 323-325
Noms de ceux qui ont expliqué les Enigmes du dernier mois. [titre d'après la table]
Début :
M. Bouchet ancien Curé de Nogent le Roy, la petite Assemblée G. [...]
Mots clefs :
Curé, Truite, Signification, Énigmes, Explications, Liste de noms, Mademoiselle , Mathématicien, Procureur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui ont expliqué les Enigmes du dernier mois. [titre d'après la table]
M. Bouchet ancien Curé
de Nogent le Roy , la petite
Affemblée G. & la belle
Nouriture du Havre, font les
feuls qui ayent expliqué la
324 MERCURE
premiere des Enigmes du
dernier mois , fur la Truite
qui en eftoit le vray fens.
L'Homme à cheval eftoit le
vray mot de la feconde , &
ila efté trouvé par M Rault
de Rouen , l'Epinay - Buret
& fa chere Soeur de Vitré en
Bretagne , Hordé de Senlis
Mefdemoiſelles Marie de
Vaux , Madelon Provais , &
l'Epoux fidelle & defolé de
Picardie. Ceux qui ont expliqué
l'une & l'autre Enigme
dans leur vray fens, font
M" de Lhofpital Lieutenant
au Grenier à Sel ; le Vaffeur
GALANT. 325
le Cadet , Mathematicien ;
Mantois de Clereville ; Sorbiere
Banquier de la ruë des
cinq Diamans ; P. Carrier de
Rouen ; de Rouville de Vernon
; Leger de la Verbiſſon-
Mademoiſelle Goffemant
de Troye en Champagne
; le Procureur Palafan
de Mirette , le Breffan Fleurifte
d'auprés de Cognac , &
la grande Fille Margot d'auprés
de Roüen.
de Nogent le Roy , la petite
Affemblée G. & la belle
Nouriture du Havre, font les
feuls qui ayent expliqué la
324 MERCURE
premiere des Enigmes du
dernier mois , fur la Truite
qui en eftoit le vray fens.
L'Homme à cheval eftoit le
vray mot de la feconde , &
ila efté trouvé par M Rault
de Rouen , l'Epinay - Buret
& fa chere Soeur de Vitré en
Bretagne , Hordé de Senlis
Mefdemoiſelles Marie de
Vaux , Madelon Provais , &
l'Epoux fidelle & defolé de
Picardie. Ceux qui ont expliqué
l'une & l'autre Enigme
dans leur vray fens, font
M" de Lhofpital Lieutenant
au Grenier à Sel ; le Vaffeur
GALANT. 325
le Cadet , Mathematicien ;
Mantois de Clereville ; Sorbiere
Banquier de la ruë des
cinq Diamans ; P. Carrier de
Rouen ; de Rouville de Vernon
; Leger de la Verbiſſon-
Mademoiſelle Goffemant
de Troye en Champagne
; le Procureur Palafan
de Mirette , le Breffan Fleurifte
d'auprés de Cognac , &
la grande Fille Margot d'auprés
de Roüen.
Fermer
Résumé : Noms de ceux qui ont expliqué les Enigmes du dernier mois. [titre d'après la table]
Le texte énumère les personnes ayant résolu deux énigmes du Mercure. La première énigme sur la truite a été expliquée par M. Bouchet et une assemblée au Havre. La seconde, 'L'Homme à cheval', a été résolue par M. Rault, l'Épinay-Buret, et d'autres. Plusieurs individus ont expliqué les deux énigmes, dont M. de Lhôpital, Sorbière, et Mademoiselle Goffemant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 309-310
Explication de la Fable Enigmatique du dernier mois. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que la Fable énigmatique que je vous / On décrit icy les Travaux [...]
Mots clefs :
Fable énigmatique, Explications, Travaux, Rayons, Roi d'Espagne, Étoile, Soleil, Louis, Lecteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la Fable Enigmatique du dernier mois. [titre d'après la table]
Je vous ay mandé que la
Fable énigmatique que je
vous envoyay le dernier
mois , eftoit de M. B.
D. de Thoulouze. Je vous
l'ay dit fur un faux Memoire.
Elle eft de M. Broüilhet
du Rocq , qui eft de
Blaye , & non de Thoulouze .
Je vous en envoye l'explication
faite par luy mefme.
ONN décrit icy les Travaux
De Seignelay, la derniere Campagne;
Par Aftres & Rayons on entend des
Vaiffeaux,
310 MERCURE
Par la Lune le Roy d'Espagne.
Venusfigure les Genois .
Fiefque eft l'Etoile gemiſſante,
Et le Soleil nous reprefente
L'invincible LOUIS , le plus parfait
des Roys .
Enfin Saturne qui s'engage
Dans lepenible foin d'un accommodement,
De noftre Saint Pontife eft une vive'
Image.
En voila , cher Lecteur , plus que fuffifamment,
Pour trouver de ma Fable un entier
dénouement.
Fable énigmatique que je
vous envoyay le dernier
mois , eftoit de M. B.
D. de Thoulouze. Je vous
l'ay dit fur un faux Memoire.
Elle eft de M. Broüilhet
du Rocq , qui eft de
Blaye , & non de Thoulouze .
Je vous en envoye l'explication
faite par luy mefme.
ONN décrit icy les Travaux
De Seignelay, la derniere Campagne;
Par Aftres & Rayons on entend des
Vaiffeaux,
310 MERCURE
Par la Lune le Roy d'Espagne.
Venusfigure les Genois .
Fiefque eft l'Etoile gemiſſante,
Et le Soleil nous reprefente
L'invincible LOUIS , le plus parfait
des Roys .
Enfin Saturne qui s'engage
Dans lepenible foin d'un accommodement,
De noftre Saint Pontife eft une vive'
Image.
En voila , cher Lecteur , plus que fuffifamment,
Pour trouver de ma Fable un entier
dénouement.
Fermer
Résumé : Explication de la Fable Enigmatique du dernier mois. [titre d'après la table]
Le texte clarifie l'auteur d'une fable énigmatique, M. Broüilhet du Rocq de Blaye, et non M. B. D. de Thoulouze. La fable décrit les travaux de Seignelay. Les éléments symboliques incluent les astres pour les vaisseaux, la Lune pour le roi d'Espagne, Vénus pour les Génois, Fiefque comme l'étoile du Berger, et le Soleil pour Louis, le roi parfait. Saturne représente le Saint-Père en effort d'accommodement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
7
p. 310-311
Noms de ceux qui l'ont devinée. [titre d'après la table]
Début :
Ceux qui l'ont expliquée sur Genes soumise, sont Mrs Vignier, Giraut de [...]
Mots clefs :
Réponses, Explications, Liste de noms
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui l'ont devinée. [titre d'après la table]
Ceux qui l'ont expliquée
fur Genes foumife , font M'S
Vignier , Giraut de Sainville,
de la Tronche de Rouen,
GALANT. 311
Hutuge d'Orleans , demeurant
à Mets , ces quatre en
Vers , P. Carrier de Rouen,
l'Epinay Buret , de Vitré ; la
Beauté de Chalons fur Saol'Infenfible
de Monne
;
talte , & la Fidelle Solitaire
defolée.
On a expliqué cette mefme
Hiſtoire énigmatique fur
la Montre.
fur Genes foumife , font M'S
Vignier , Giraut de Sainville,
de la Tronche de Rouen,
GALANT. 311
Hutuge d'Orleans , demeurant
à Mets , ces quatre en
Vers , P. Carrier de Rouen,
l'Epinay Buret , de Vitré ; la
Beauté de Chalons fur Saol'Infenfible
de Monne
;
talte , & la Fidelle Solitaire
defolée.
On a expliqué cette mefme
Hiſtoire énigmatique fur
la Montre.
Fermer
8
p. 345-347
Noms de ceux qui ont trouvé les veritables mots des Enigmes du mois dernier. [titre d'après la table]
Début :
La premiere des deux dernieres Enigmes, dont la Feüille de [...]
Mots clefs :
Énigmes, Réponses, Explications, Feuille de papier, Main de papier, Liste de noms
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui ont trouvé les veritables mots des Enigmes du mois dernier. [titre d'après la table]
La premiere des deux dernieres
Emgmes dontlaFeüilledepapier
estoit le vra y mot, a esté expliquée
par Mr de la Huproyes de
Troye; Diereville, &duPelerin
d'Iquebu; levieuxTircis, Amant
des Belles ôc des Nouveautezde
la grand' Ruë de Chasteaubriand
en Bretagne; les deux Soeurs de
Clermont en Picardie l'Hermophile
d'Antiser la belle Nourriture,
& la petite Assemblée G. du
Havre.
La Vaindepapier estoir levray
mot de la seconde, & il a cfié,
trouvé par Mr Carrier de Roüen,
& par M1,c Cato du Boquet,de
Chartres.
Ceux qui ont expliqué l'une Se l'autre dans leur vray sens
,
font
Mrs l'Abbé l' Encour,delaVes- 1
fier, L. Boucher, ancien Curéde
Nogent le Roy) Avice de Caen;
Lepinay Buret de Vitre en Bre.
fitagnèy Lourderde la Place Maubert
; de Souveras; Alcidor; Gigés;
les Bergers de Tempe
,
du
Havre, le petit Colin
,
& le Riwal
du petit Colin de Pithiviers;
Mademoiselle Launay Bur7t; la
Ixhere de Lorme; & la Claire brumede
la Porte de Vitré en Bretagne;
Silvie, & la petite Assemblée
A. du Havre; la plusaimable
Brunette du petit Colinde
Pithiviers.
Emgmes dontlaFeüilledepapier
estoit le vra y mot, a esté expliquée
par Mr de la Huproyes de
Troye; Diereville, &duPelerin
d'Iquebu; levieuxTircis, Amant
des Belles ôc des Nouveautezde
la grand' Ruë de Chasteaubriand
en Bretagne; les deux Soeurs de
Clermont en Picardie l'Hermophile
d'Antiser la belle Nourriture,
& la petite Assemblée G. du
Havre.
La Vaindepapier estoir levray
mot de la seconde, & il a cfié,
trouvé par Mr Carrier de Roüen,
& par M1,c Cato du Boquet,de
Chartres.
Ceux qui ont expliqué l'une Se l'autre dans leur vray sens
,
font
Mrs l'Abbé l' Encour,delaVes- 1
fier, L. Boucher, ancien Curéde
Nogent le Roy) Avice de Caen;
Lepinay Buret de Vitre en Bre.
fitagnèy Lourderde la Place Maubert
; de Souveras; Alcidor; Gigés;
les Bergers de Tempe
,
du
Havre, le petit Colin
,
& le Riwal
du petit Colin de Pithiviers;
Mademoiselle Launay Bur7t; la
Ixhere de Lorme; & la Claire brumede
la Porte de Vitré en Bretagne;
Silvie, & la petite Assemblée
A. du Havre; la plusaimable
Brunette du petit Colinde
Pithiviers.
Fermer
Résumé : Noms de ceux qui ont trouvé les veritables mots des Enigmes du mois dernier. [titre d'après la table]
Le texte présente deux énigmes récemment résolues. La première énigme, dont la solution était 'la feuille de papier', a été expliquée par plusieurs individus, parmi lesquels Monsieur de la Huproyes de Troye, Diereville, et le Pelerin d'Iquebu. D'autres participants incluent le vieux Tircis, les deux sœurs de Clermont en Picardie, l'Hermophile d'Antiser, ainsi que des personnes associées à des lieux spécifiques comme la grand' Rue de Chasteaubriand en Bretagne et Le Havre. La deuxième énigme, dont la solution était 'la vainde papier', a été résolue par Monsieur Carrier de Rouen et Monsieur Cato du Boquet de Chartres. De nombreux individus ont expliqué ces énigmes dans leur véritable sens, incluant l'abbé L'Encour de la Vesvrier, Louis Boucher, ancien curé de Nogent-le-Roi, Avice de Caen, Lepinay Buret de Vitre en Bretagne, Lourder de la Place Maubert, Alcidor, Gigés, les Bergers de Tempe du Havre, le petit Colin et son rival de Pithiviers, Mademoiselle Launay Burt, la Ixhere de Lorme, la Clairebrune de la Porte de Vitré en Bretagne, Sylvie, et la petite Assemblée A. du Havre, ainsi que la plus aimable Brunette du petit Colin de Pithiviers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 194-201
« Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...] »
Début :
Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...]
Mots clefs :
Explications, Énigmes, Ombre, Blé, Madrigal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...] »
Je croy ne pouvoir mieux commencer
à vous fatisfaire touchant les Explications
en Vers que vous attendez
fur les deux Enigmes propofées dans
ma Lettre d'Octobre , qu'en vous envoyant
la Lettre quifuit. Les vrais
mots de ces Enigmes, estoient l'Ombre
& l'Epy de Bled.
du´Mercure Galant. 195
V
APethiviers le 12 , Nov. 1685.
>
Ous avez accordé , Monfieur
une place dans vos
Lettres precedentes à mes petites
Explications. L'on en á pris occafion
de m'impofer pour loy indif
penſable , de vous envoyer dorefnavant
tous les mois ces mefmes
Explications en Vers. Voicy donc
celles du dernier mois.
La feconde eft affeurément le
Bled. Pour la premiere, je vous avouë
qu'elle m'a un peu embaraffé
; je crûs d'abord que c'eftoit la
Glace , je trouvay un moment aprés,
que l'ombre y convenoit en
core mieux ; mais l'un & l'autre
me faifoient du fcrupule , parce
que l'Auteur ayant commencé de
parler au feminin, change de gen.
Rij
196
Extraordinaire
re fur la fin , & met l'un au lieu
de l'une. Ce doute , qui fufpendit
quelque temps ma decifion , me
fut bien cher vendu ; vous allez
voir comment la choſe ſe paſſa ,
& à quelles gens j'ay affaire.
Un Petulant Eain de naiſſantes Brunettes
,
Fraifches comme des fleurs , comme des
Anges faites ,
Mais paffant en malignité ,
La plus maligne des Planetes.
Ces dangereux Afpics, fans comtract ny
traité,
M'ont engagé de leur autorité ,
A leur faire un tribut de contes , de
fornettes ,
D'avantures , de jeux, de vers , de chan-
Sonnettes.
Il leur en faut foir & matin.
Ces gourmandes de bagatelles
En ont à tous momens une fi grandefaim,
Qu'on n'a jamais fait avec elles. -
du Mercure Galant. 197
C'a, m'ont- elles dit aujourd' buy,
Petit Avorton de la Rime,
Qu'on nous dife le mot de la premiere
Enigme!
N'obeir pas d'abord , chez elles c'est un
crime ,
Qu'à coups de pieds , de poing, do Cifeaux
ou d'Etuy ,
D'ongles , de bufcs , de gands , d'épin
gles , ou d'éguilles ,
Ces Eutins incarnez , ces bruyantes che
nilles
Mefont expier à l'inftant .
Fe la lis donc , mais rien , trois fois je
recommence ,
Trois fois il m'en arrive autant ,
Bref plus je lis , & moins j'avance.
Defefperé , je bats la chamade à genoux;
Quartier! Comment quartier , m'ont dit
mes obftinées ,
En doit-on attendre de nous ?
A ces mots, contre moy les voilà déchai
nées ,
Je me fens accabler d'une grefle de coups.
R. iij
198 Extraordinaire
Eh bien , nous l'expliquerez- vous ?
Oùfaudra -t-il encor, fur nouveaux frais,
vous battre,
M'ont-elles repeté ? Parlez vifte . Ah!
tout doux ,
Fiffiez-vous plus encor les diableſſes à
quatre ,
Leur ay-je répondu d'un ton de fuppliant,
Cette Enigme, ma foy, me rebutte & me
paffe .
Son mot eft feminin dans le commencement
,
Et fur ce pied , j'y trouve également
Celuy de l'Ombre
Glace :
> & celuy de la
Mais le genre changé fur la fin , m'embaraffe
,
Et deflors je n'en fuis affeuré ny content:
Ainfi pour cette fois , mes belles Enfans,
grace.
Sur mon humble difcours , leur confeil
affemblé ,
M'impofe pour rançon ' d'expliquer la
dernieré.
du Mercure Galant . 199 .
Je la prends , je la lis , inquiet & troublé,
Par un tres-grand bonheur , j'en perce lemiftere.
Helas ! pour peu qu'elle enft tenu de la
premiere ,
Feftois pris comme dans un Blé.
Je fuis , Monfieur , voftre , &c.
Le petit Colin .
Depuis ma Lettre écrite , j'ay
efté bourré, par le Madrigal dont
je vous envoye la Copie. C'eſt au
fujet du double mot fur la premiere
Enigme.
'Ombre eft le vray mot, il me plaift.
Mais pour la Glace , on nesçait so
que c'eft.
On s'en raille , Colin , & j'en suis defolée.
De bonne foy , quand tu l'as mis ainfi,
Ilfalloit que pour toy Pegafe fuft tranfi,
Et l'eau d'Hypocrenne gelée.
Adieu, ta feptiéme Brunette N. S.
RiiTHE
LYON
1893
200 Extraordinaire
Vous voyez bien , Monfieur ,
que j'ay prefqu'autant de Brunettes
qu'Apollon á de Mufes. La
difference , c'eft que celles- cy
rendent quelquesfois d'affez bons
offices , & que les autres ne mé
font que du mal , & ne fe plaifent
qu'à me perfecuter . J'ay tâche
de juftifier à cette belle Criti .
que , le mot de Glace , dont elle eft
choquée , par la réponſe Luivante
à fon Madrigal.
L'
'Ombre plaift en Efté , la Glace
plaift de mefme,
Dans l'Hyver on lafuit avec un foin extrême
,
Elle naift dans la Ville , ainsi que dans
les Bois,
De l'humide & du froid elle tire fon
estre,
du Mercure Galant. 201
Et ces deux qualitez , vous le fçavez
peut- eftre ,
Dans tous les corps fe trouvent à la
fois.
Si le jeu divertit des Femmes un grand
nombre ,
Un plus grand nombre encor prend plaifir
àfe voir
Dans une Glace de miroir ,
Bref l'on mange , l'on boit le matin & le
Soir,
A la Glace auffi-bien qu'à l'Ombre :
Ainfi je nefçay point , Belle & Criti
que Iris
Auquel de ces deux mots donner la preference
Voftre gout feul chez moy fait pancher,
La balance ,
Et je cede à l'Ombre le prix..
à vous fatisfaire touchant les Explications
en Vers que vous attendez
fur les deux Enigmes propofées dans
ma Lettre d'Octobre , qu'en vous envoyant
la Lettre quifuit. Les vrais
mots de ces Enigmes, estoient l'Ombre
& l'Epy de Bled.
du´Mercure Galant. 195
V
APethiviers le 12 , Nov. 1685.
>
Ous avez accordé , Monfieur
une place dans vos
Lettres precedentes à mes petites
Explications. L'on en á pris occafion
de m'impofer pour loy indif
penſable , de vous envoyer dorefnavant
tous les mois ces mefmes
Explications en Vers. Voicy donc
celles du dernier mois.
La feconde eft affeurément le
Bled. Pour la premiere, je vous avouë
qu'elle m'a un peu embaraffé
; je crûs d'abord que c'eftoit la
Glace , je trouvay un moment aprés,
que l'ombre y convenoit en
core mieux ; mais l'un & l'autre
me faifoient du fcrupule , parce
que l'Auteur ayant commencé de
parler au feminin, change de gen.
Rij
196
Extraordinaire
re fur la fin , & met l'un au lieu
de l'une. Ce doute , qui fufpendit
quelque temps ma decifion , me
fut bien cher vendu ; vous allez
voir comment la choſe ſe paſſa ,
& à quelles gens j'ay affaire.
Un Petulant Eain de naiſſantes Brunettes
,
Fraifches comme des fleurs , comme des
Anges faites ,
Mais paffant en malignité ,
La plus maligne des Planetes.
Ces dangereux Afpics, fans comtract ny
traité,
M'ont engagé de leur autorité ,
A leur faire un tribut de contes , de
fornettes ,
D'avantures , de jeux, de vers , de chan-
Sonnettes.
Il leur en faut foir & matin.
Ces gourmandes de bagatelles
En ont à tous momens une fi grandefaim,
Qu'on n'a jamais fait avec elles. -
du Mercure Galant. 197
C'a, m'ont- elles dit aujourd' buy,
Petit Avorton de la Rime,
Qu'on nous dife le mot de la premiere
Enigme!
N'obeir pas d'abord , chez elles c'est un
crime ,
Qu'à coups de pieds , de poing, do Cifeaux
ou d'Etuy ,
D'ongles , de bufcs , de gands , d'épin
gles , ou d'éguilles ,
Ces Eutins incarnez , ces bruyantes che
nilles
Mefont expier à l'inftant .
Fe la lis donc , mais rien , trois fois je
recommence ,
Trois fois il m'en arrive autant ,
Bref plus je lis , & moins j'avance.
Defefperé , je bats la chamade à genoux;
Quartier! Comment quartier , m'ont dit
mes obftinées ,
En doit-on attendre de nous ?
A ces mots, contre moy les voilà déchai
nées ,
Je me fens accabler d'une grefle de coups.
R. iij
198 Extraordinaire
Eh bien , nous l'expliquerez- vous ?
Oùfaudra -t-il encor, fur nouveaux frais,
vous battre,
M'ont-elles repeté ? Parlez vifte . Ah!
tout doux ,
Fiffiez-vous plus encor les diableſſes à
quatre ,
Leur ay-je répondu d'un ton de fuppliant,
Cette Enigme, ma foy, me rebutte & me
paffe .
Son mot eft feminin dans le commencement
,
Et fur ce pied , j'y trouve également
Celuy de l'Ombre
Glace :
> & celuy de la
Mais le genre changé fur la fin , m'embaraffe
,
Et deflors je n'en fuis affeuré ny content:
Ainfi pour cette fois , mes belles Enfans,
grace.
Sur mon humble difcours , leur confeil
affemblé ,
M'impofe pour rançon ' d'expliquer la
dernieré.
du Mercure Galant . 199 .
Je la prends , je la lis , inquiet & troublé,
Par un tres-grand bonheur , j'en perce lemiftere.
Helas ! pour peu qu'elle enft tenu de la
premiere ,
Feftois pris comme dans un Blé.
Je fuis , Monfieur , voftre , &c.
Le petit Colin .
Depuis ma Lettre écrite , j'ay
efté bourré, par le Madrigal dont
je vous envoye la Copie. C'eſt au
fujet du double mot fur la premiere
Enigme.
'Ombre eft le vray mot, il me plaift.
Mais pour la Glace , on nesçait so
que c'eft.
On s'en raille , Colin , & j'en suis defolée.
De bonne foy , quand tu l'as mis ainfi,
Ilfalloit que pour toy Pegafe fuft tranfi,
Et l'eau d'Hypocrenne gelée.
Adieu, ta feptiéme Brunette N. S.
RiiTHE
LYON
1893
200 Extraordinaire
Vous voyez bien , Monfieur ,
que j'ay prefqu'autant de Brunettes
qu'Apollon á de Mufes. La
difference , c'eft que celles- cy
rendent quelquesfois d'affez bons
offices , & que les autres ne mé
font que du mal , & ne fe plaifent
qu'à me perfecuter . J'ay tâche
de juftifier à cette belle Criti .
que , le mot de Glace , dont elle eft
choquée , par la réponſe Luivante
à fon Madrigal.
L'
'Ombre plaift en Efté , la Glace
plaift de mefme,
Dans l'Hyver on lafuit avec un foin extrême
,
Elle naift dans la Ville , ainsi que dans
les Bois,
De l'humide & du froid elle tire fon
estre,
du Mercure Galant. 201
Et ces deux qualitez , vous le fçavez
peut- eftre ,
Dans tous les corps fe trouvent à la
fois.
Si le jeu divertit des Femmes un grand
nombre ,
Un plus grand nombre encor prend plaifir
àfe voir
Dans une Glace de miroir ,
Bref l'on mange , l'on boit le matin & le
Soir,
A la Glace auffi-bien qu'à l'Ombre :
Ainfi je nefçay point , Belle & Criti
que Iris
Auquel de ces deux mots donner la preference
Voftre gout feul chez moy fait pancher,
La balance ,
Et je cede à l'Ombre le prix..
Fermer
Résumé : « Je croy ne pouvoir mieux commencer à vous satisfaire / VOus avez accordé, Monsieur, une place dans vos Lettres [...] »
Dans une correspondance, Colin discute des solutions à deux énigmes posées dans une lettre précédente. Il mentionne avoir été harcelé par des jeunes femmes, surnommées 'Brunettes', pour résoudre ces énigmes. La première énigme l'a particulièrement embarrassé, car il hésitait entre 'Glace' et 'Ombre'. Les Brunettes ont exercé une pression sur lui pour obtenir la solution. Après réflexion, Colin choisit 'Ombre' comme réponse, bien que la question du genre grammatical ait compliqué sa décision. Une des Brunettes, identifiée par les initiales N.S., lui envoie un madrigal confirmant que 'Ombre' est le bon mot, tout en se moquant de l'hypothèse 'Glace'. Colin justifie ensuite le choix de 'Glace' en expliquant ses propriétés et son utilité. Il mentionne que la glace est utile pour rafraîchir les boissons et conserve les aliments. Cependant, il conclut en donnant la préférence à 'Ombre' selon son goût personnel. La discussion autour de cette énigme montre les différentes perspectives et arguments des interlocuteurs, chacun défendant son point de vue avec des raisons spécifiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10
p. 318-322
« Mademoiselle de Rivarennes de la Chastre en Berry a expliqué [...] »
Début :
Mademoiselle de Rivarennes de la Chastre en Berry a expliqué [...]
Mots clefs :
Liste de noms, Explications, Énigmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mademoiselle de Rivarennes de la Chastre en Berry a expliqué [...] »
Mademoiselle de Rivarennes de la
Chaftre en Berry a expliqué la premiere.
Enigme dans fon vray fens ,
ainfi que Mrs le Baron de l'Eftang;
du Buiffon , Leger de la Verbiffonne
, d'Orgeval de Chartres , Momen,
d'Ax ; du Fey le Sage de Falaife ;
Toupet de la Rue des vicilles Eftuves;
le Chantre endurant ; le Perfeverant
Houdanois ; les petits Fils Paffez
l'ancien Maistre des Philiftins ; la
Belle brune de Noiret d'Amiens ; la
fidelle Epoufe d'Orleans , & l'obligeante
Manette du mefme lieu.
La feconde a esté expliquée par
du Mercure Galant.
319
Mrs l'Abbé Pernuit, premier Chantre
de Saint Etienne ; Prevost ; Darnetal
; de la Haye le jeune de Falaiſe ;
Bugnet de la Rue Saint Severin ;
Feanfon Sr de Berné , Promoteur à
Troye ; l'Abbé de Belay ; Talon de
Nevers Longault de la Rue des
Cordiers ; Manfais de Ville- Tuifvess
De Villemont de Paris ; L'Abbé Car
du Pont de Bois ; Le Senechal de
Morlaix ; L'Infenfible de Traverfais;
Le Brave de Saint Brice ; Le fa
meux Quingault ; L'Habitant de la
Virginie ; L'adorateur d'une beauté
cruelle Le Mercure Galant des Re
fultats du Confeil de la Compagnie
det Quatorze d'Orleans ; Le Politi
que mal heureux Les deux Frere s
Unis du Faux- bourg Saint Lacques ;
C. A. Romain ; L'ortholan de la Rug
du Séjour ; & par Mademoiſelle F
Q. d'Octobre 1685. Ee
j
320 Extraordinaire.
i
Y. Veuve de Mr de la M. Bellenger
de Falaife , & la Bien-faifante bru
nette de la Croix rouge d'Orleans.
Ceux qui ont trouvé le vrayfens
de toutes les deux Enigmes font Mrs
P. Carrier de Rouën ; M. Loron
d'Ingré d'Orleans ; René Haubin de
la Rue Trouffevache ; L'Abbé d'Acon
d'Amiens ; De la Lande Controlleur
des Poftes de Provence ; Le Prefident
Estienne de Senlis ; Le Chevalier
Girault de Tours ; Brillon
Le Chevalier Baret ; Le Praticien de
la Ruë de la Harpe ; Boiftel de Saint
Romain ; Dumefnil ; Radigues ; Pen
tel le Fils , de la Ruë Saint Denis ; La
petite Affemblée de Senlis ; De Bazon
gers de Grazay Avocaten Parlement;
De Boiffec ; Deffablons d'Aumont de
Senlis ; Mefdemoiffelles de Bourneuf
de Rennes ; De la Chuprois de Troyes
du Mercure Galant. 32
Catin Hodeau ; Toinon de la Rouës
Elifabeth Angelique Ferret de
Vallencourt ; Ponyer Tuteur des enfans
trouvez de la Rue Saint Denis ;
Le Berger Nicaife de verfailles ;
Hyacinthe Ravechet ; Gillotin Bachelier
; L'Amant fidelle de l'aymable
Indifpofée du Quay de la Megif
ferie ; Le Neveu de l'aymable Madelon
du Palais ; Le jeune Ecclefiafti
que de Rouen ; L'ajmé du coin de la
Rue des trois Mores ; Le Voifin de
Image Saint Louis ; Les Thiangeaux
& les Baclos ; L'Indifferent
de la Rue Saint Severin ; Le bon Pi
card ; L'amant de la fimpleffe ; La
Belle Cleron dAmiens ; La charmante
Manon de Paix proche les Andetis
Sapho de Saint Landry ; La
grande Anachorettes La Belle Angelique
La Princeffe Pati Pata de
322
Extraordinaire
Diane de la Foreft d'Alcleon ; La
petite Compagnie de Neufville proche
Orleans ; La plus fpirituelle du
Temps ; & la petite Femme du bel
Ange d'Arnouville , du Marais dis
Temple.
Chaftre en Berry a expliqué la premiere.
Enigme dans fon vray fens ,
ainfi que Mrs le Baron de l'Eftang;
du Buiffon , Leger de la Verbiffonne
, d'Orgeval de Chartres , Momen,
d'Ax ; du Fey le Sage de Falaife ;
Toupet de la Rue des vicilles Eftuves;
le Chantre endurant ; le Perfeverant
Houdanois ; les petits Fils Paffez
l'ancien Maistre des Philiftins ; la
Belle brune de Noiret d'Amiens ; la
fidelle Epoufe d'Orleans , & l'obligeante
Manette du mefme lieu.
La feconde a esté expliquée par
du Mercure Galant.
319
Mrs l'Abbé Pernuit, premier Chantre
de Saint Etienne ; Prevost ; Darnetal
; de la Haye le jeune de Falaiſe ;
Bugnet de la Rue Saint Severin ;
Feanfon Sr de Berné , Promoteur à
Troye ; l'Abbé de Belay ; Talon de
Nevers Longault de la Rue des
Cordiers ; Manfais de Ville- Tuifvess
De Villemont de Paris ; L'Abbé Car
du Pont de Bois ; Le Senechal de
Morlaix ; L'Infenfible de Traverfais;
Le Brave de Saint Brice ; Le fa
meux Quingault ; L'Habitant de la
Virginie ; L'adorateur d'une beauté
cruelle Le Mercure Galant des Re
fultats du Confeil de la Compagnie
det Quatorze d'Orleans ; Le Politi
que mal heureux Les deux Frere s
Unis du Faux- bourg Saint Lacques ;
C. A. Romain ; L'ortholan de la Rug
du Séjour ; & par Mademoiſelle F
Q. d'Octobre 1685. Ee
j
320 Extraordinaire.
i
Y. Veuve de Mr de la M. Bellenger
de Falaife , & la Bien-faifante bru
nette de la Croix rouge d'Orleans.
Ceux qui ont trouvé le vrayfens
de toutes les deux Enigmes font Mrs
P. Carrier de Rouën ; M. Loron
d'Ingré d'Orleans ; René Haubin de
la Rue Trouffevache ; L'Abbé d'Acon
d'Amiens ; De la Lande Controlleur
des Poftes de Provence ; Le Prefident
Estienne de Senlis ; Le Chevalier
Girault de Tours ; Brillon
Le Chevalier Baret ; Le Praticien de
la Ruë de la Harpe ; Boiftel de Saint
Romain ; Dumefnil ; Radigues ; Pen
tel le Fils , de la Ruë Saint Denis ; La
petite Affemblée de Senlis ; De Bazon
gers de Grazay Avocaten Parlement;
De Boiffec ; Deffablons d'Aumont de
Senlis ; Mefdemoiffelles de Bourneuf
de Rennes ; De la Chuprois de Troyes
du Mercure Galant. 32
Catin Hodeau ; Toinon de la Rouës
Elifabeth Angelique Ferret de
Vallencourt ; Ponyer Tuteur des enfans
trouvez de la Rue Saint Denis ;
Le Berger Nicaife de verfailles ;
Hyacinthe Ravechet ; Gillotin Bachelier
; L'Amant fidelle de l'aymable
Indifpofée du Quay de la Megif
ferie ; Le Neveu de l'aymable Madelon
du Palais ; Le jeune Ecclefiafti
que de Rouen ; L'ajmé du coin de la
Rue des trois Mores ; Le Voifin de
Image Saint Louis ; Les Thiangeaux
& les Baclos ; L'Indifferent
de la Rue Saint Severin ; Le bon Pi
card ; L'amant de la fimpleffe ; La
Belle Cleron dAmiens ; La charmante
Manon de Paix proche les Andetis
Sapho de Saint Landry ; La
grande Anachorettes La Belle Angelique
La Princeffe Pati Pata de
322
Extraordinaire
Diane de la Foreft d'Alcleon ; La
petite Compagnie de Neufville proche
Orleans ; La plus fpirituelle du
Temps ; & la petite Femme du bel
Ange d'Arnouville , du Marais dis
Temple.
Fermer
Résumé : « Mademoiselle de Rivarennes de la Chastre en Berry a expliqué [...] »
Le document énumère les personnes ayant résolu deux énigmes. La première énigme a été expliquée par Mademoiselle de Rivarennes de la Chaftre en Berry, le Baron de l'Eftang, du Buiffon, Leger de la Verbiffonne, et d'autres. La seconde énigme a été résolue par l'Abbé Pernuit, Prevost, Darnetal, et plusieurs autres. Parmi ceux ayant trouvé les vraies solutions aux deux énigmes figurent P. Carrier de Rouën, M. Loron d'Ingré d'Orléans, René Haubin, ainsi que divers abbés, chevaliers, avocats, et habitants de différentes régions françaises. Le texte mentionne également des appellations telles que 'Le Brave de Saint Brice', 'L'Habitant de la Virginie', et 'La Belle Cleron d'Amiens'. Enfin, il liste des participants supplémentaires comme 'La petite Compagnie de Neufville proche Orléans' et 'La plus spirituelle du Temps'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11
p. 343-347
Article des Enigmes. [titre d'après la table]
Début :
Je passe à l'Article des Enigmes qui ont fait autrefois [...]
Mots clefs :
Énigmes, Prix, Explications, Deviner, Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article des Enigmes. [titre d'après la table]
Je paffe à l'Article des Enigmes qui ont fait autrefois
l'occupation des plus grands
Princes de la Grece , & dans
les Cours defquels on donnoit
des prix à ceux qui les expliquoient. La derniere Enigme
a efté devinée par Mr Olivier,
Ff iiij.
•
344 MERCURE
de la Ville de Graffe voicy
l'explication qu'il en a donnée
en Vers; &il a juſtement trouvé la raifon qui m'a obligé
de vous envoyer deux fois de
fuite des Enigmes qui ayant
le mefme mot , font neanmoins entierement differentes ;
ce qui marque la diverfité du
genie des hommes , qui en
travaillant fur la mefme matiere ne rencontrent en rien.
En vain vouliez - vous nous
Steroli Surprendre
Et nous faire long-temps chercher,
GALANT 345
La Cloche ne peut fe cacher;
Elle fonne fi haut qu'elle fe fait
entendre
Lors qu'on voudroit s'en empê
cher.
Ceux qui ont deviné le mor
font , Mrs le Chevalier de
Boiffieux , âgé de douze ans,
& qui n'en manque pas unes
le Chevalier , le Chevalier
d'Ellis, de S. Germain en Laye;
Ridel ; des Crenaux ; Robinet;
le Petit Bruner , de la ruë S.
Honoré ; du Frefne , demeurant chez Me la Maréchale de
la Ferté ; Roger le Blazonneur,
9
346 MERCURE
Organiſte du Roy Jacques ; le
Solitaire de la rue aux Fêves ;
de la M....pere du Petit Jacob , Cloiftre Noftre- Dame;
le Solitaire des Angloux, &fon
Amy Darius ; le Berger Tircis
de la Bergere Climene ; l'Anagramatifte ; l'Amant trop cu
rieux , & le beau Nouvellifte.
Mela Marquife , & fon aimable fille la bonne amie ; Mlles
Percheron & du Buiffon , du
Marais d'Aftruc , du Fauxbourg S. Germain ; de la Coliniere ; de Rezé , proche les
Comediens , que l'on affure
avoir des Remedes qui gue-
GALANY 347
riffent tous les maux des Dents;
Marie Anne du Cloiſtre S.
Nicolas du Louvre , My Lady,
Angloife ; la Jeune Muſe renaiſſante , G. O. la Brune &
Blanche , de la rue des Bernardins ; la Charmante Therefe qui ne veut pas jouer à
l'hombre ; la BelleBrune, de la
rue Neuve des Petits Champs?
l'aimable Mufe du Palais d'Orphée, de Rouen ; & la Groffe
Gouvernante de Mr le Prince
de Tarente , qui l'a expliquée
en Vers.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle. Elle eft de Mr d'Aubicourt.
l'occupation des plus grands
Princes de la Grece , & dans
les Cours defquels on donnoit
des prix à ceux qui les expliquoient. La derniere Enigme
a efté devinée par Mr Olivier,
Ff iiij.
•
344 MERCURE
de la Ville de Graffe voicy
l'explication qu'il en a donnée
en Vers; &il a juſtement trouvé la raifon qui m'a obligé
de vous envoyer deux fois de
fuite des Enigmes qui ayant
le mefme mot , font neanmoins entierement differentes ;
ce qui marque la diverfité du
genie des hommes , qui en
travaillant fur la mefme matiere ne rencontrent en rien.
En vain vouliez - vous nous
Steroli Surprendre
Et nous faire long-temps chercher,
GALANT 345
La Cloche ne peut fe cacher;
Elle fonne fi haut qu'elle fe fait
entendre
Lors qu'on voudroit s'en empê
cher.
Ceux qui ont deviné le mor
font , Mrs le Chevalier de
Boiffieux , âgé de douze ans,
& qui n'en manque pas unes
le Chevalier , le Chevalier
d'Ellis, de S. Germain en Laye;
Ridel ; des Crenaux ; Robinet;
le Petit Bruner , de la ruë S.
Honoré ; du Frefne , demeurant chez Me la Maréchale de
la Ferté ; Roger le Blazonneur,
9
346 MERCURE
Organiſte du Roy Jacques ; le
Solitaire de la rue aux Fêves ;
de la M....pere du Petit Jacob , Cloiftre Noftre- Dame;
le Solitaire des Angloux, &fon
Amy Darius ; le Berger Tircis
de la Bergere Climene ; l'Anagramatifte ; l'Amant trop cu
rieux , & le beau Nouvellifte.
Mela Marquife , & fon aimable fille la bonne amie ; Mlles
Percheron & du Buiffon , du
Marais d'Aftruc , du Fauxbourg S. Germain ; de la Coliniere ; de Rezé , proche les
Comediens , que l'on affure
avoir des Remedes qui gue-
GALANY 347
riffent tous les maux des Dents;
Marie Anne du Cloiſtre S.
Nicolas du Louvre , My Lady,
Angloife ; la Jeune Muſe renaiſſante , G. O. la Brune &
Blanche , de la rue des Bernardins ; la Charmante Therefe qui ne veut pas jouer à
l'hombre ; la BelleBrune, de la
rue Neuve des Petits Champs?
l'aimable Mufe du Palais d'Orphée, de Rouen ; & la Groffe
Gouvernante de Mr le Prince
de Tarente , qui l'a expliquée
en Vers.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle. Elle eft de Mr d'Aubicourt.
Fermer
Résumé : Article des Enigmes. [titre d'après la table]
Le texte évoque la résolution d'énigmes, une activité prisée des princes grecs et récompensée dans les cours. La dernière énigme a été résolue par Monsieur Olivier, qui a présenté sa solution en vers. Cette énigme, bien que partageant un mot clé commun, diffère d'une autre, soulignant la diversité des talents humains. L'énigme en question est : 'En vain vouliez-vous nous surprendre Et nous faire long-temps chercher, La Cloche ne peut se cacher; Elle sonne si haut qu'elle se fait entendre Lors qu'on voudrait s'en empêcher.' Plusieurs personnes ont deviné le mot, dont le Chevalier de Boiffieux, âgé de douze ans, ainsi que le Chevalier d'Ellis, Ridel, Robinet, et d'autres résidents. Parmi les femmes ayant résolu l'énigme figurent Mademoiselle Percheron, Mademoiselle du Buisson, et la Grosse Gouvernante de Monsieur le Prince de Tarente, qui a également expliqué sa solution en vers. Enfin, une nouvelle énigme de Monsieur d'Aubicourt est annoncée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 208-212
AVIS sur la Loterie accordée par le Roi à son Ecole Royale Militaire, par Arrêt du Conseil du 15 Octobre 1757.
Début :
La Loterie accordée par Sa Majesté à son Ecole Militaire, est composée sur les principes [...]
Mots clefs :
Loterie de l'école royale militaire, Numéros, Roue de Fortune, Tirage, Sommes, Ambe, Extrait, Terne, Explications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS sur la Loterie accordée par le Roi à son Ecole Royale Militaire, par Arrêt du Conseil du 15 Octobre 1757.
AVIS fur la Loterie accordée par le Roi à fon Ecole
Royale Militaire , par Arrêt du Conseil du 15
Octobre 1757.
LA Loterie accordée par Sa Majeſté à ſon Ecole
Militaire , eft compofée fur les principes de celles
qui font établies depuis long - temps à Genes ,
Rome , à Venife , à Milan , à Naples , & en
dernier lieu par l'Impératrice Reine dans fes Etats
héréditaires d'Allemagne , & à Prague.
Cette Loterie confifte en 90 numéros , depuis
1 jufques & compris 90 , à chacun defquels on a
joint , fuivant l'ufage d'Italie , un nom de Fille ,
pour les mieux diftinguer. De ces 90 numéros ,
renfermés tous dans une roue de fortune , on en
tire cinq feulement au hazard à chaque tirage ,
& ces cinq numéros décident de la perte ou du
gain de tous ceux qui ont mis à la Loterie. Il y
aura huit tirages par an .
On met à cette Loterie de trois manieres différentes
, par Extrait , par Ambe & par Terne.
Par Extrait : c'eft placer une fomme quelconque
fur un feul numéro . Si le numéro que l'on
aura choifi fe trouve parmi les cinq numéros
fortis de la roue , on gagnera is fois fa mife.
Si la mife eft de 24 livres , le lot fera de 360 liv.
on pourra mettre de cette maniere fur chaque
numéro , depuis 12 fols jufqu'à 6000 livres.
Par Ambe : c'eft placer une fomme quelconque
fur deux numéros enfemble. Si les deux numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les deux parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 270 fois la miſe.
FEVRIER. 1758. 209
Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de 6480 liv.
S'il ne fort qu'un des deux numéros , on ne gagnera
rien : on peut mettre de cette maniere depuis
12 fols jufqu'à 300 liv.
Par Terne : c'eft placer une fomme quelconque
fur trois numéros enfemble. Si les trois numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les trois parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 5200 fois la
mife. Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de
124800 liv. Si des trois numéros choifis il n'en
fort qu'un ou deux , on ne gagnera rien : on peut
mettre de cette maniere depuis 12 fols jufqu'à
150 liv.
On eft le maître du choix des numéros : ainfi
les mêmes numéros peuvent être pris concurremment
par 50 , 100 ou mille perfonnes plus ou
moins l'événement des numéros qu'elles ont
choifis , leur eft commun à toutes.
On peut mettre par Extrait fur plufieurs nu
méros , dans un feul & même billet , en plaçant
fur chacun une fomme quelconque ; on le peut
faire également par Ambe & par Terne, en payang
autant de fois la mife quelconque , que la quan
tité des numéros que l'on aura choifis , pourra
produire d'Ambes ou de Ternes : 3 numéros font
3 Ambes , 4 numéros font 6 Ambes , s numéros
font 10 Ambes , & c.
Am-
Exemple. Soient les numéros 7 , 15 , 22 .
bes qui en résultent : 7-15 . 7-22 . 15-22.
Soient les quatre numéros 10 , 25 , 60 , 71 .
Ambes qui en résultent : 10-25. 10-60. 10-71 .
25-60. 25-71.60-71.
Soient les cinq numéros 11 , 22 , 26 , 30 , 60:
Ambes qui en résultent : 11-22. 11-26.11-30.
11-60. 22-26 . 22-30. 22-60 , 26-30, 26-604
30-60.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par conféquent , fi on veut mettre 24 liv . par
Ambe fur 3 numéros , il faudra payer 72 livres.
On payera 144 liv . pour 4 numéros ,
& 240 liv.
pours numéros.
Il en fera de même fi on veut mettre par
Terne fur plufieurs numéros . Quatre numéros
font 4 Ternes ; cinq numéros font 10 Ternes , &c.
Exemple. Soient les 4 numéros 71 , 83 , 88 , 90 .
Ternes qui en résultent : 71 - 83 - 88. 71-83-90.
71-88-90 . 83 - 88 - 90 .
Soient les numéros 50 , 57 , 67 , 81 , 86.
Ternes qui en réfultent : 50-57-67 . 50-57-81 .
50-57-86. 50-67-81 . 50-67-86. 50-81-86.
57-67-81 . 57-67-86. 57-81-86 . 67-81-86.
On voit clairement que fi on veut mettre 6 liv.
par Terne fur quatre numéros , il faudra payer
24 livres . Si on veut placer la même miſe de
6 livres par Terne fur cinq numéros , il faudra
payer 60 liv. Si on a mis 6 liv . par Terne fur
cinq numéros , c'est - à -dire 60 liv. & que des cinq
numéros que l'on aura choifis , il en forte quatre,
on gagnera quatre lots de Terne , chacun de
5200 fois la mife , c'est-à- dire de 31200 liv . chacun.
Si les numéros choifis fortent tous les cinq
de la roue , on gagnera dix lots de Terne , faifanr
enfemble 3120co liv . On peut faire le calcul des
autres mifes fur la même regle.
Quoiqu'on ne puiffe jamais gagner à la Loterie
plus de cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes,
parce que les cinq numéros que l'on tire de la
roue , n'en font pas davantage , il est évident
cependant qu'en prenant une plus grande quantité
de numéros , on en a moins de contraires ;
& la chance par- là devient beaucoup plus avantageufe.
Enfin on peut mettre à cette Loterie fur telle
quantité de numéros qu'on veut.
Q
FEVRIER. 1758 . 211
Enſemble par Extrait & par Ambe.
Enſemble par Extrait & par Terne.
Enſemble par Ambe & par Terne.
Enſemble par Extrait , par Ambe & par Terne.
On va voir , par l'exemple ci-après , l'avantage
qu'on peut retirer en mettant à la Loterie de
cette derniere maniere . Suppofons la mife de
6 liv. fur cinq numéros quelconques , par Extrait,
par Ambe & par Terne : comme cinq numéros
font cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes , on
payera vingt- cinq fois 6 liv . qui font 150 livres.
Si un feul des cinq numéros fort de la roue ,
on gagnera un feul lot d'Extrait de quinze fois
la mife , c'eſt- à- dire 90 livres . S'il fort de la roue
deux numéros , on gagnera trois lots , deux lots
d'Extrait & un lot d'Ambe , pour chaque lot
d'Extrait 90 liv. & pour le lot d'Ambe 270 fois
la mife , ce qui fait 1620 liv. & en total 1800 liv .
S'il fort trois numéros des cinq qu'on aura choifis ,
on gagnera fept lots , trois lots d'Extrait , trois
lots d'Ambe & un lot de Terne ; pour chacun
des lots d'Extrait 90 liv. pour chacun des lots
d'Ambe 1620 liv . & pour le lot de Terne 5200
fois la mife de 6 liv. c'eft- à-dire 31200 liv. & en
total 36330 livres . S'il fort quatre numéros , on
gagnera quatorze lots ; fçavoir , quatre lots d'Extrait
, fix lots d'Ambe , quatre lots de Terne : ce
qui fera en total 134880 liv. Enfin fi tous les
cinq numéros fortent de la roue , on gagnera
vingt-cinq lots ; fçavoir , cinq lots d'Extrait , dix
lots d'Ambe & dix lots de Terne ; ce qui fera en
total 328650 livres.
On peut appliquer ce principe généralement
à toutes les mifes quelconques , plus ou moins
confidérables , ou par Extrait & par Ambe , ou
par Extrait & par Terne , ou par Ambe & par
212 MERCURE DE FRANCE .
Terne , ou par Extrait , par Ambe & par Terne:
On peut ajouter à ce détail une réflexion fort
fimple ; c'eft que cette Loterie pouvant perdre &
gagner , toutes les chances qu'elle offre font donc
plus égales & plus intéreffantes.
On pourra s'adreffer , pour mettre cette Lo
terie , à Paris , chez Lambert , Libraire & Receveur
de ladite Loterie ,rue & à côté de la Comédie
Françoile , en obfervant d'affranchir les lettres
& l'argent qu'on lui enverra. Il donnera aux
perfonnes qui le défireront , tous les éclairciffemens
dont elles auront beſoin , & leur enverra
même , fi elles le fouhaitent , l'Arrêt du Conſeil ,
qui fera imprimé inceffamment , & dont cet Avis
n'eft que l'extrait . Et à M. Ducoin , Négociant ,
rue du Mail , vis - à- vis l'hôtel d'Angleterre .
Royale Militaire , par Arrêt du Conseil du 15
Octobre 1757.
LA Loterie accordée par Sa Majeſté à ſon Ecole
Militaire , eft compofée fur les principes de celles
qui font établies depuis long - temps à Genes ,
Rome , à Venife , à Milan , à Naples , & en
dernier lieu par l'Impératrice Reine dans fes Etats
héréditaires d'Allemagne , & à Prague.
Cette Loterie confifte en 90 numéros , depuis
1 jufques & compris 90 , à chacun defquels on a
joint , fuivant l'ufage d'Italie , un nom de Fille ,
pour les mieux diftinguer. De ces 90 numéros ,
renfermés tous dans une roue de fortune , on en
tire cinq feulement au hazard à chaque tirage ,
& ces cinq numéros décident de la perte ou du
gain de tous ceux qui ont mis à la Loterie. Il y
aura huit tirages par an .
On met à cette Loterie de trois manieres différentes
, par Extrait , par Ambe & par Terne.
Par Extrait : c'eft placer une fomme quelconque
fur un feul numéro . Si le numéro que l'on
aura choifi fe trouve parmi les cinq numéros
fortis de la roue , on gagnera is fois fa mife.
Si la mife eft de 24 livres , le lot fera de 360 liv.
on pourra mettre de cette maniere fur chaque
numéro , depuis 12 fols jufqu'à 6000 livres.
Par Ambe : c'eft placer une fomme quelconque
fur deux numéros enfemble. Si les deux numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les deux parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 270 fois la miſe.
FEVRIER. 1758. 209
Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de 6480 liv.
S'il ne fort qu'un des deux numéros , on ne gagnera
rien : on peut mettre de cette maniere depuis
12 fols jufqu'à 300 liv.
Par Terne : c'eft placer une fomme quelconque
fur trois numéros enfemble. Si les trois numéros
que l'on aura ainfi choifis , fe trouvent
tous les trois parmi les cinq numéros fortis de
la roue , on gagnera un lot de 5200 fois la
mife. Si la mife eft de 24 liv. le lot fera de
124800 liv. Si des trois numéros choifis il n'en
fort qu'un ou deux , on ne gagnera rien : on peut
mettre de cette maniere depuis 12 fols jufqu'à
150 liv.
On eft le maître du choix des numéros : ainfi
les mêmes numéros peuvent être pris concurremment
par 50 , 100 ou mille perfonnes plus ou
moins l'événement des numéros qu'elles ont
choifis , leur eft commun à toutes.
On peut mettre par Extrait fur plufieurs nu
méros , dans un feul & même billet , en plaçant
fur chacun une fomme quelconque ; on le peut
faire également par Ambe & par Terne, en payang
autant de fois la mife quelconque , que la quan
tité des numéros que l'on aura choifis , pourra
produire d'Ambes ou de Ternes : 3 numéros font
3 Ambes , 4 numéros font 6 Ambes , s numéros
font 10 Ambes , & c.
Am-
Exemple. Soient les numéros 7 , 15 , 22 .
bes qui en résultent : 7-15 . 7-22 . 15-22.
Soient les quatre numéros 10 , 25 , 60 , 71 .
Ambes qui en résultent : 10-25. 10-60. 10-71 .
25-60. 25-71.60-71.
Soient les cinq numéros 11 , 22 , 26 , 30 , 60:
Ambes qui en résultent : 11-22. 11-26.11-30.
11-60. 22-26 . 22-30. 22-60 , 26-30, 26-604
30-60.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par conféquent , fi on veut mettre 24 liv . par
Ambe fur 3 numéros , il faudra payer 72 livres.
On payera 144 liv . pour 4 numéros ,
& 240 liv.
pours numéros.
Il en fera de même fi on veut mettre par
Terne fur plufieurs numéros . Quatre numéros
font 4 Ternes ; cinq numéros font 10 Ternes , &c.
Exemple. Soient les 4 numéros 71 , 83 , 88 , 90 .
Ternes qui en résultent : 71 - 83 - 88. 71-83-90.
71-88-90 . 83 - 88 - 90 .
Soient les numéros 50 , 57 , 67 , 81 , 86.
Ternes qui en réfultent : 50-57-67 . 50-57-81 .
50-57-86. 50-67-81 . 50-67-86. 50-81-86.
57-67-81 . 57-67-86. 57-81-86 . 67-81-86.
On voit clairement que fi on veut mettre 6 liv.
par Terne fur quatre numéros , il faudra payer
24 livres . Si on veut placer la même miſe de
6 livres par Terne fur cinq numéros , il faudra
payer 60 liv. Si on a mis 6 liv . par Terne fur
cinq numéros , c'est - à -dire 60 liv. & que des cinq
numéros que l'on aura choifis , il en forte quatre,
on gagnera quatre lots de Terne , chacun de
5200 fois la mife , c'est-à- dire de 31200 liv . chacun.
Si les numéros choifis fortent tous les cinq
de la roue , on gagnera dix lots de Terne , faifanr
enfemble 3120co liv . On peut faire le calcul des
autres mifes fur la même regle.
Quoiqu'on ne puiffe jamais gagner à la Loterie
plus de cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes,
parce que les cinq numéros que l'on tire de la
roue , n'en font pas davantage , il est évident
cependant qu'en prenant une plus grande quantité
de numéros , on en a moins de contraires ;
& la chance par- là devient beaucoup plus avantageufe.
Enfin on peut mettre à cette Loterie fur telle
quantité de numéros qu'on veut.
Q
FEVRIER. 1758 . 211
Enſemble par Extrait & par Ambe.
Enſemble par Extrait & par Terne.
Enſemble par Ambe & par Terne.
Enſemble par Extrait , par Ambe & par Terne.
On va voir , par l'exemple ci-après , l'avantage
qu'on peut retirer en mettant à la Loterie de
cette derniere maniere . Suppofons la mife de
6 liv. fur cinq numéros quelconques , par Extrait,
par Ambe & par Terne : comme cinq numéros
font cinq Extraits , dix Ambes & dix Ternes , on
payera vingt- cinq fois 6 liv . qui font 150 livres.
Si un feul des cinq numéros fort de la roue ,
on gagnera un feul lot d'Extrait de quinze fois
la mife , c'eſt- à- dire 90 livres . S'il fort de la roue
deux numéros , on gagnera trois lots , deux lots
d'Extrait & un lot d'Ambe , pour chaque lot
d'Extrait 90 liv. & pour le lot d'Ambe 270 fois
la mife , ce qui fait 1620 liv. & en total 1800 liv .
S'il fort trois numéros des cinq qu'on aura choifis ,
on gagnera fept lots , trois lots d'Extrait , trois
lots d'Ambe & un lot de Terne ; pour chacun
des lots d'Extrait 90 liv. pour chacun des lots
d'Ambe 1620 liv . & pour le lot de Terne 5200
fois la mife de 6 liv. c'eft- à-dire 31200 liv. & en
total 36330 livres . S'il fort quatre numéros , on
gagnera quatorze lots ; fçavoir , quatre lots d'Extrait
, fix lots d'Ambe , quatre lots de Terne : ce
qui fera en total 134880 liv. Enfin fi tous les
cinq numéros fortent de la roue , on gagnera
vingt-cinq lots ; fçavoir , cinq lots d'Extrait , dix
lots d'Ambe & dix lots de Terne ; ce qui fera en
total 328650 livres.
On peut appliquer ce principe généralement
à toutes les mifes quelconques , plus ou moins
confidérables , ou par Extrait & par Ambe , ou
par Extrait & par Terne , ou par Ambe & par
212 MERCURE DE FRANCE .
Terne , ou par Extrait , par Ambe & par Terne:
On peut ajouter à ce détail une réflexion fort
fimple ; c'eft que cette Loterie pouvant perdre &
gagner , toutes les chances qu'elle offre font donc
plus égales & plus intéreffantes.
On pourra s'adreffer , pour mettre cette Lo
terie , à Paris , chez Lambert , Libraire & Receveur
de ladite Loterie ,rue & à côté de la Comédie
Françoile , en obfervant d'affranchir les lettres
& l'argent qu'on lui enverra. Il donnera aux
perfonnes qui le défireront , tous les éclairciffemens
dont elles auront beſoin , & leur enverra
même , fi elles le fouhaitent , l'Arrêt du Conſeil ,
qui fera imprimé inceffamment , & dont cet Avis
n'eft que l'extrait . Et à M. Ducoin , Négociant ,
rue du Mail , vis - à- vis l'hôtel d'Angleterre .
Fermer
Résumé : AVIS sur la Loterie accordée par le Roi à son Ecole Royale Militaire, par Arrêt du Conseil du 15 Octobre 1757.
L'arrêt du Conseil du 15 octobre 1757 autorise la création d'une loterie au profit de l'École Royale Militaire, s'inspirant des loteries existantes à Gênes, Rome, Venise, Milan, Naples, dans les États héréditaires d'Allemagne et à Prague. Cette loterie, composée de 90 numéros associés chacun à un nom de fille, fonctionne par tirages de cinq numéros parmi les 90, avec huit tirages annuels. Les mises peuvent être placées de trois manières : par Extrait, par Ambe et par Terne. Par Extrait, une somme est placée sur un seul numéro, offrant un gain de 15 fois la mise si le numéro est tiré. Par Ambe, une somme est placée sur deux numéros, avec un gain de 270 fois la mise si les deux numéros sont tirés. Par Terne, une somme est placée sur trois numéros, avec un gain de 5200 fois la mise si les trois numéros sont tirés. Les mises minimales et maximales varient selon le type de mise. Les participants peuvent choisir librement les numéros et plusieurs personnes peuvent miser sur les mêmes numéros. Il est également possible de miser sur plusieurs numéros dans un même billet, en payant proportionnellement au nombre de combinaisons possibles. Les gains sont limités à cinq Extraits, dix Ambes et dix Ternes par tirage. Les mises peuvent être effectuées à Paris chez Lambert, libraire et receveur de la loterie, ou chez M. Ducoin, négociant. Les détails complets seront disponibles dans l'arrêt du Conseil, qui sera imprimé prochainement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer