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1
p. 116-121
L'HYVER. Idille de Madame des Houlieres, à Mr Lucas.
Début :
Quand tout ce qui part de l'Illustre Madame des Houlieres / L'Hyver suivy des vents, des frimats, des orages, [...]
Mots clefs :
Temps, Esprit, Hiver, Tombeau, Nature
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texteReconnaissance textuelle : L'HYVER. Idille de Madame des Houlieres, à Mr Lucas.
uand tout ce qui part de
FIlluftre Madame des Houlieres neferoit pas d'une beauté achevée , la faifon où nous
fommes m'obligeroit à vous
envoyer le nouvel Idiile de fa
façonque vous allez lire.Ainfi
vous aurez tous fes ouvrages ,
répandus feparément dans mes
Lettres felon les temps qu'elle
en a bien voulu donner des
copies. Ce dernier cft adreflé à
GALANT, 117
M. Lucas. C'eft un homme
d'efprit & de merite fort connu
& eftimé des gens de Lettres,
& quia efté plufieurs années
Lieutenantgeneral de l'Admi
rauté de Normandie.
* thin
L'HYVER.
Idille de Madame des Houlieres , à Mr Lucas.
L'
'Hyver fuivy des vents ,
frimats , desorages ,
des
De ces aimables lieux trouble l'heureufe paix ;
Il a déja ravy par de cruels outrages
Ce que la Terre avoit d'attraits.
Quelles douloureufes images
Ledefordre qu'ilfait imprime dans
l'efprit!
r18
MERCURE
Helas ! ces Prez fans fleurs , ces
Arbres fansfeuillages ,
Ces Ruiffeaux glacez , tout nous
dit
Le temps fera chez vous de femblables ravages.
Commela terre nous gardons
Fufques au milieu del'Automne
Quelques - uns des appas que le
Printemps nous donne ,
L'Hyver vient-il , nous les perdons.
Pouvoir, Thréfors, Grandeurs, n'en
exemptent perfonne ;
On fe déguife en vain ces trifles
veritez ;
Les terreurs , les infirmitez ,
De la froide vieilleſſe ordinaires
compagnes,
Font fur nous ce que font les Autans irritez ,
Et la neige fur les Campagnes.
Encorfi comme les Hyvers
GALANT. 119
Dépouillent les Forefts de leurs
feuillages verds ,
L'âge nous dépouilloit des paffions
cruelles ,
Plus fortes à dompter que ne lefont
les flots,
Nous goufterions un doux repos
Qu'onnepeuttrouver avec elles.
Mais nous avons beau voir détrui
re par le temps
La plus forte fanté , les plus vifs
agrémens;
Nous confervons toujours nos premieres foibleffes.
L'Ambitieuxcourbéfous lefardeau
des ans ,
Dè la fortune encore écoute les promeffes ;
L'Avare enexpirant regrettemoins
Le jour
Que fes inutiles richeffes ,
301
Et quijeune adonné toutfon temps
à l'amour,
120 MERCURE
Unpied dans le Tombeau , veut encor des Maiftreffes.
Il refte dans l'efprit un gouft pour
les plaifirs ,
Prefqu'auffidangereux que leurplus
doux ufage.
Pour eftre heureux,pour eftrefage
Ilfautfçavoir donner un frein à
fes defirs.
Mieux qu'un autre , fage Timandre ,
De cet illuftre effort vous connoiffez
le prix.
Yous , en qui la nature a joint une
ame tendre
Avec undes plus beauxEfprits ;
Vous qui dans lafaifon desgraces &
des ris ,
Loin d'éviter l'Amour,faifiezgloire
d'en prendre,
Et qui par effort de raifon
Fuyez defesplaifirs la folle inquietude
Avant
GALANT. 121
Avant que l'arriere Saifon
Vous aitfaitreffentir tout ce qu'elle
a de rude.
FIlluftre Madame des Houlieres neferoit pas d'une beauté achevée , la faifon où nous
fommes m'obligeroit à vous
envoyer le nouvel Idiile de fa
façonque vous allez lire.Ainfi
vous aurez tous fes ouvrages ,
répandus feparément dans mes
Lettres felon les temps qu'elle
en a bien voulu donner des
copies. Ce dernier cft adreflé à
GALANT, 117
M. Lucas. C'eft un homme
d'efprit & de merite fort connu
& eftimé des gens de Lettres,
& quia efté plufieurs années
Lieutenantgeneral de l'Admi
rauté de Normandie.
* thin
L'HYVER.
Idille de Madame des Houlieres , à Mr Lucas.
L'
'Hyver fuivy des vents ,
frimats , desorages ,
des
De ces aimables lieux trouble l'heureufe paix ;
Il a déja ravy par de cruels outrages
Ce que la Terre avoit d'attraits.
Quelles douloureufes images
Ledefordre qu'ilfait imprime dans
l'efprit!
r18
MERCURE
Helas ! ces Prez fans fleurs , ces
Arbres fansfeuillages ,
Ces Ruiffeaux glacez , tout nous
dit
Le temps fera chez vous de femblables ravages.
Commela terre nous gardons
Fufques au milieu del'Automne
Quelques - uns des appas que le
Printemps nous donne ,
L'Hyver vient-il , nous les perdons.
Pouvoir, Thréfors, Grandeurs, n'en
exemptent perfonne ;
On fe déguife en vain ces trifles
veritez ;
Les terreurs , les infirmitez ,
De la froide vieilleſſe ordinaires
compagnes,
Font fur nous ce que font les Autans irritez ,
Et la neige fur les Campagnes.
Encorfi comme les Hyvers
GALANT. 119
Dépouillent les Forefts de leurs
feuillages verds ,
L'âge nous dépouilloit des paffions
cruelles ,
Plus fortes à dompter que ne lefont
les flots,
Nous goufterions un doux repos
Qu'onnepeuttrouver avec elles.
Mais nous avons beau voir détrui
re par le temps
La plus forte fanté , les plus vifs
agrémens;
Nous confervons toujours nos premieres foibleffes.
L'Ambitieuxcourbéfous lefardeau
des ans ,
Dè la fortune encore écoute les promeffes ;
L'Avare enexpirant regrettemoins
Le jour
Que fes inutiles richeffes ,
301
Et quijeune adonné toutfon temps
à l'amour,
120 MERCURE
Unpied dans le Tombeau , veut encor des Maiftreffes.
Il refte dans l'efprit un gouft pour
les plaifirs ,
Prefqu'auffidangereux que leurplus
doux ufage.
Pour eftre heureux,pour eftrefage
Ilfautfçavoir donner un frein à
fes defirs.
Mieux qu'un autre , fage Timandre ,
De cet illuftre effort vous connoiffez
le prix.
Yous , en qui la nature a joint une
ame tendre
Avec undes plus beauxEfprits ;
Vous qui dans lafaifon desgraces &
des ris ,
Loin d'éviter l'Amour,faifiezgloire
d'en prendre,
Et qui par effort de raifon
Fuyez defesplaifirs la folle inquietude
Avant
GALANT. 121
Avant que l'arriere Saifon
Vous aitfaitreffentir tout ce qu'elle
a de rude.
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Résumé : L'HYVER. Idille de Madame des Houlieres, à Mr Lucas.
Madame des Houlières adresse une lettre à Monsieur Lucas, lieutenant-général de l'Amirauté de Normandie, pour lui envoyer une idylle intitulée 'L'Hyver'. Elle le décrit comme un homme d'esprit et de mérite, reconnu dans les cercles littéraires. L'idylle 'L'Hyver' décrit les ravages de l'hiver, comparés aux effets du temps sur les êtres humains. L'hiver trouble la paix des lieux et ravage les attraits de la terre, tout comme le temps dénudant les forêts de leurs feuillages, comparé à l'âge qui dépouille les hommes de leurs passions. Personne n'est exempt des terreurs et des infirmités de la vieillesse, malgré les pouvoirs et les grandeurs. L'idylle conclut en soulignant que les hommes conservent leurs premières faiblesses, désirant toujours la fortune, les richesses ou les maîtresses, même face à la mort. Pour être heureux et sage, il faut savoir freiner ses désirs. Timandre est loué pour sa sagesse et sa maîtrise des plaisirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 148
CHANSON NOUVELLE. Par Monsieur P.
Début :
Inhumaine, c'est trop souffrir, [...]
Mots clefs :
Tombeau, Souffrir, Chaînes
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE. Par Monsieur P.
CHANSON
NOUVELLE.
Par Monsieur P. I NhumAine,c'efl trop fouf
friry
Accabléfous lepoids d'unefatale chaînes
Un impuissant dépit ria pu
me
secourir;
A lafinjesuccombeà ma mor..
telle peine,
C'en estfait, & je vais pour
courir au tombeau,
7c vais percer & vuider mon
tonneau
NOUVELLE.
Par Monsieur P. I NhumAine,c'efl trop fouf
friry
Accabléfous lepoids d'unefatale chaînes
Un impuissant dépit ria pu
me
secourir;
A lafinjesuccombeà ma mor..
telle peine,
C'en estfait, & je vais pour
courir au tombeau,
7c vais percer & vuider mon
tonneau
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3
p. 149
RÉPONSE. Par Mad. de R. Sur les mêmes rimes.
Début :
Cher Leandre, c'est trop souffrir, [...]
Mots clefs :
Souffrir, Chaînes, Tombeau
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE. Par Mad. de R. Sur les mêmes rimes.
REPONS E.
Par Mad. de R.
Sur les mêmes rimes.
CHer Leandre, c'esttrop
souffrir,
Je vais te délivrer de ta fatale chaîne;
Touchée de ta langueur jevais
te Jecourir>
A lafin j'ai pitié de ta mortelle peine;
Je vais, pour te tirer des horreurs du tombeau,
JevantaiderÀ vuider ton
-
tonneau
Par Mad. de R.
Sur les mêmes rimes.
CHer Leandre, c'esttrop
souffrir,
Je vais te délivrer de ta fatale chaîne;
Touchée de ta langueur jevais
te Jecourir>
A lafin j'ai pitié de ta mortelle peine;
Je vais, pour te tirer des horreurs du tombeau,
JevantaiderÀ vuider ton
-
tonneau
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4
p. 24-34
LETTRE écrite aux Auteurs du Mercure pour servir de réponse aux Remarques sur les figures du Portail de l'Eglise de l'Abbaye S. Germain
Début :
Vous avez inseré, Messieurs, dans vôtre Journal du mois de May de [...]
Mots clefs :
Clotaire, Saint-Germain, Abbaye, Église, Portail, Figures, Dom Bouillart, Couronnes de gloire, Patron, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite aux Auteurs du Mercure pour servir de réponse aux Remarques sur les figures du Portail de l'Eglise de l'Abbaye S. Germain
LETTRE écrite aux Auteurs du Mercure
four servir de réponse aux Remarques
fur les figures du Portail de CEglist
de CAbbaye S. Germain.
VOus avez iníèré, Messieurs ., dans
vôtre Journal du mois de May de
l'année derniere , les Remarques d'un'
Auteur Anonyme, fur les figuras du
grand Portail de VEglise Saint Germain
des Pre^, par leíquelles il prétend dé
truire le sentiment du R. P. Dòm Jean'
Mabillon', qui' dit dàns ses Anrtales (a);
que l'£glise de S. Germain a été bâtie
Se fondée par Cliildebert L. & que les'
figures qui íònt au Portail de la même.
Eglise dix coté gauche en entrant , font
S. Germain , Clovis , Sainte Clotilde Se
Clodomir , & au côté opposé , Chilperic,
Childebert , Ultrogothe ,. íà femmes &
Clotaire î.
L'Auteur dés Remarques refute ausii
Dom Thierry Riíinard , qui prétend à
la fin de son Edition de S. Gregoire (b)
de Tours / que les figures qui font à
gauche en entrant representent Saint
(a) Annal. Ben. tom; i. pag. 169.
{í) Gieg. Turpn.
Remv>
JANVIER 1714. ; 2;
Remy , Clovis , Sainte Clotilde & Clo.
domir , Se que celles qui sont à droite ,
sont Thierry , Chlldebert , Ultrogoche
8e Clotaire.
Ces deujr sentimens ne sont pas du
goût de l'Auteur , parce qu'il prétend
l p que c'est Clotaire , & non pas ChHdebert
, qui a achevé de bâtir l'Egliíe,.
& il cite pour ses garants l'Auteur de
la vie de S. Droctovée, (a) Se l'Histoire
interpolée d'Aimoin ^ í. . 2 < cv 29. Se. 3 6 .
& 1. 3. c }1.
2° Il ajoute que ce Portail étant bien
Í>osterieur à la construction de l'Eglise , .
es figures qui y sont repreíentées ne
sont point celles que Dom Mabillon &
Dom Ruinard ont prétendu ; mais cel
les de S. Germain, de Pepin, de Bertrade
, íâ femme ., de Charlemagne Se
Carloman leurs fils , de Childebert , &
d'Ultrogothe , fa femme , & de Clotaire.
Voici les raisons qui confirment l'Au-.
teur dans cette idée. 1 * La donation du.!
Domaine de Palaiíëau , Se de ses dépen
dances faites à' l'Eglise de l'Abbaye par
Pepin , le jour de la Translation de Saints.
Germain y Se confirmée par Charlema
gne en 77 9' Cette Eglise , selon lui ,
eut un nouveau Patron en même temps:-
que la France eut des Rois d'une nou-
(4) Si. OrA. S. Btned. tMt. r.
Bt rell#
ié MERCURE DE FRANCE.
velle race , & les Moines de l'Abbaye J.
pour éterniíèr la memoire d'un si grand
changement , firent construire un Por
tail, où ils placerent les figures de ces
Princes , en conservant toujours la mé
moire de leurs premiers Fondateurs. 2*'
Le peu de vrai.semblance que l'on ait
mis à la porte d'une Eglise les Statues du
pere , de la mere & des freres du Fon
dateur. Et a quelle porte £'Eglise , dit-il
a..t'qn representé ainft des genealogies ?
3° Les Couronnes de gloire qui font
derriere la tête des sept figures , ne íê
mettoient qu'à ceux qui étroient décedezs .
& que l'on croyoit dans la beatitude t
par consequent celui qui n'en a point ne.
peut être que Charlemagne qui vivoit
alors. 4° La difficulté de trouver des^
Couronnes du sixième siecle semblables ;
à celles' que portent les figures du Por-'
tail de Saint Germain.. Enfin le peu de'
eertitude que le tombeau deFredegonde^
qui a une semblable Couronne , soit veri- :
tablement d'elle.. .
Ce íônt là Meísieurs les principaux.^
argumens que l'Auteur des Remarques.
propose dans vôtre Journa.l contre les :
ientimens de Dom Mabillon , & de Dom 1
Huinart au íujet de ces figures. Il seroit?
k- íouhaiter qu'il eut apporté des autorir'
ter tirées de bons Auteurs , au lieu de
Ï'AN VÌ E R 1724. 27
íèá íimples. conjectures qui ne peuvent
fSrvir de preuves dans les difficultez
dont il est ici question.
Dom Jacques Bouillart , qui vient de
mettre au jour l'Histoire de l'Abbaye de
Saint Germain des Prez a répondu dans
íon ouvrage aux objections que l'on
Vient deráporter. Il prouve d'abord que
l'Auteur des Remarques s'est trompé
considerablement , en citant la vie de
Saint Droctovée , & l'Histoire interpo
lée d'Aimoin , & qu'il n'y a pas un seul
mot dans les endroits par lui citez où il
soit marqué que l'Egliíê fut achevée par-
Clotaire. Dom Bouillart prouve au con
traire par les mêmes Auteurs , que Chil.
debert acheva cet Edifice avant ía mort,
& que Saint Germain la dédia , à la sol
licitation de Clotaire , le jour même des
funerailles de Childebert.
Pour ce qui est du Portail , lé même'
Auteur soutient qu'il est aufli ancien que
l'Eglise : fa si uation sous la grosse tour,
faiíant corps avec elle , le goût du temps , .
le jugement qu'en ont porté juíqu'à.
present les personnes /ça vantes dans la
connoissance des anciens monumens , sont
des autoritez plus que suffisantes pour'
prouver ce qu'il avance..
L'Historien dë Saint Germain répond5
aussi à l'Aùteu.X- des Remarques , sor ce
B vj qu'il
2 8 MERCURE DE FRANCE:
qu'il avance que l'Egliíe de l'Abbaye
eut uh nouveau Patron , après la Trans
lation de Saint Germain. Il avouè que
Pepin donna alors le Domaine de Palaiseau,
& ses dépendances avec une en
tiere franchise de tous peages , Se que
cette donation fut confirmée par Charle.
magne en 779. mais. il nie que l'Eglise
ait eu dans cette occasion un nouveau.
Patron, & que les Moines de S. Ger
main ayent fait construire un Portail pour
y placer les Statues de S. Germain , des
Pepin , dç Bertrade , &c. pour éterniser
la memoire. du;. grand changement arrivé
en France. Il prouve d'une maniere so
lide & convaincante que l'Eglise, quoi
que dédiée en l'honneur de Sainte Croix,,
& de Saint Vincent, a eu aussi: le nom
de Saint Germain dès la mort du même
Saint, à cause des frequens. miracles que
Dieu operoit à son tombeau ,.nom qui lui
est resté dans les siecles^suivans. II cite
pour ce sujet le testament de Bertrant ,
í ou Bertieram Evêque du Mans , S. Gre
goire de Tours , Saint Ouen , Archevêque
de Rouen qui a écrit la -vie de Saint
Eloy, l'Auteur de la vie dé Sainte Batilde
, & plusieurs Chartes.très.ancien
nes , qu'il a mises parmi les preuves à
la fin de son Histoire. Ilisoutient de plus
que l'Eglise dc.S. Germain n'a eu que
deux
JANVIER
deux dédicaces , la premiere faite par
Saint Germain , & la seconde par le
Pape Alexandre III. en ii6}, Se que.
dans ces deux dédicaces il n'est fait men
tion que de. Sainte Croix & de Saint Vin
cent. Or comme l'on ne donne un Patron
aux Eglises que dans cétte ceremonie y
Dom Bouillart demande à l'Auteur de*
Remarques qu'il lui faste voir. une autre
dédicace faite en 7f4-. ou. environ ,
dans laquelle l'on ait changé le nom de
Saint Vincent , ou ajpûté celui de Saint'
Germain-
Quant à. la íècoside objection , qu'il .
n'est pas vrai-íèmblable que l'on ait pJa--
oé à la porte d'une Eglise les. Statues du
pere -, de la m ere & des freres du Fon-.
dateur1. Dom Bouillart répond que cet
n'est pas une chose inusitée, puisque l'on.
en voit dé íemblables au Portail de Nô
tre.Dame la Répostetdènt l'Auteur mê
me des Remarques fait mention , Se dont
ilparoît reconnoître l'antiquité,
Enfin l' Auteur. de l'Histoire de Saint'
Germain dit que l'Auteur des Remar
ques fait une question inutile, loríqu'il.
demande à' quelle porte d'Eglise a-t'om
representé ainsi des genealogies ? puis
qu'il les admet lui-même dans le Por
tail de S: Germaini en disant qu'il s'ima*
fifre ». voir Pepin , Bertrade tjâ femme ,
Jfe* MERCURE DE FRANCS.
Charlemagne & Carloman ses fils. N'estce
pas là en eiíèt une genealogie à íà
maniere, & suivant ces propres idées.
Un des principaux argumensde l'Au
teur des Remarques est comme ori
IV déja dit, que ces Statues du Por
tail de Saint Germain ont des Cou
ronnes de gloire , qui ne se mettoient
qu'aux' personnes décedées , que l'on
croyoit dans la beatitude , d'où il conclut
que la huitième Statue, qui n'en a point,
represente Charlemagne qui vivoit en
core alors , & par coníequent que le Por
tail de Saint Germain n'a été construit
que de son temps.
Dom Bouillart lui répond que les
Couronnes de gloire se mettoient aux vi-
Vans aussi bien qu'aux morts. , d'où il
conclut que ceux qui font representez .
au Portail de Saint Germain , pou voient
être vivans dans le temps de là construc
tion. Il donne plusieurs exemples de cetusage.
fa) L'Empereur Trajan est repre
senté deux fois dans l'Arc de Constantin,.
2ui est à Rome , comme vivant avec une'
louronne de gloire derriere fa tête.'
(i) Dans les siecles suivans l'Empereur'
(a) V. l'Antiquité expliquée, &c' tòm. ti.
$ 186. & tom. 3. pagg. 31J. 330. & tom. v
p. 167.
{b) iiidt Supplement.
y-alen
t
y á n v nr r ry.»^ f*
Valentinien II. paróît avec une Couron
ne de gloire faiíant des largeíses au peu
ple. On voit auflì des Medailles (#)fra*
pées du vivant des Empereurs Justin , <
Justin le jeune , Maurice , Phocas , & de
quelques Imperatrices , où ils font re
presenter de même. Il ajoute après M. le
Blanc dans son Traité des Monnoyes,
que, les Gaulois ayant été' íubjuguez par
les premiers Rois de la Monarchie Fran
çoise , ont gardé pendant quelque temps'
les usages des Romains leurs derniers
maîtres. Les Rois même de lá premiere
race les ont auflì conservez, principale
ment dans leurs Monnoyes. Ainsi il ne
faut pas s'étònnersi dans ks' temps de la
premiere race l'on mettait des Courons
ries de gloire dérriere la tête dés Rois,
Si même des Evêques qui étoient encore
en vie. L'on en trouve une preuve dans
le premier tome des Annales de Dom
Mabillon , f b) où il est: fait mention de'
S. Armand , Evêque dé Mastric , lequel.
fft son testament en presence de Rieul,^
Archevêque de Rheims , de Mommolen,'
Evê qùe deNoyon, de Vendicien de Cam.
bray ', de Bertin ; Abbé de Sithiu , Se des
Prêtres Jéán & Baudemond. Ils ont tous
des Couronnes de Gloire derriere leurs
f» Numism. Imp. Rom. ulhselm.Sfiwiuri 2-.
>z. MERCURE DE FRANCE.
têtes , comme on le peut voir dans It
planche que Dom Mabíllon' a Fait gras
ver , laquelle a été tirée des anciens. monumens
de l'Abbaye de & Amand.' Ce
íçavant homme fait là - dessus la mê
me obíervation que l'Auteur des Re
marques r5c il s'étonne que ces figu
res portent des couronnes de gloire , quoi
que ceux qu'elles representent fussent en
core vivans. L'on doit donc conclure ne-.
cessairement de ces exemples , que l'on
mettoit íouvent des couronnes de gloire
aux personnes vivantes , & que ce n'est.
pas une preuve que ceux qui íònt repre
sentez au Portail de S. Germain , fus
sent decedez.
Dom Bouillait ajoute: Y a ) l'Auteur
des Remarques admet , fans y penser , k;
même chose ; car en mettant la construc
tion du portail dans le huitième siecle ,.
il dit que les Religieux. de S. Germain le
firent faire pour éterniser la mémoire du
grand changement arrivé en France, en'
754. lorsque le corps de S. Germain fut
transferé, què l'Eglise eut un nouveau
Patron , Se que Pepitvla combla de biens.-
Or s'il est vrai que les figures du Por
tail representent Pepin, fa femme & ses
Énfans , l'Auteur des Remarques doit
convenir que l'on donnoit des couronnes
( * ) Híst. de S. Gertiwpag, 30*.
1
Janvier 17I4." :W
3è gloire aux Rois & auxpersonnes illus
tres, lorsqu'elles vivoient.j puiíque Pepin
& les Princes qu'il íoutient être re1.
preíentez par ces- figures ,- vivoient en
754. 8c que cependant ils ont des' cousonnes
de gloire , ou des nimbes derriere
leurs têtes. Il. est inutile de dire que Gharlemagnen'en
a point , parce qu'il étoit
encore vivant, ^& que les autres étoient
morts. Il en avdit auslì ; mais celui qu'il
avoit est tombe dans la fuite, ou pour
n'avoir pas. bien été attaché,' ou pour
avoir été rompu >. en eífet on voit encore
derriere íà tête un crampon de fer qui le
íetenoit t & il estcouché horiíôntalemerjt
contre la muraille.
Il ne s'agit p.lt»s que de la difficulté que
iorrrîe lf Auteur des Remarques /qui est
defaire voir des couronnes du íixième
siecle íemblables à celles que portent les.
figures' du Portail de S. Germain , & que'
le tombeau de Fredegondc qui Jt une
semblable couronne y soit Veritablement
d'elle. C'est ce que Dom Boùillart déve-
Ibpe avec solidité , en diíànt d'abord que
les anciens Historiens ont fait mention de
la íépulture de Fredegende dans l'Eglise
de S. Vincent, maintenant de S. Germain
des Prez. Il lë prouse ensuite par la situa
tion 8c la distinction des tombeaux des.
Rois 8c des Reines de la premiere race »
f4 MERCURE DE FRANCE;
inhumez dans la' même Egliie,tlonc les
.inícriptions , quoique moins anciennes T
.(ont restées julqu'en 1656. par la tra
dition des Religieux de l'Abbaye , & par
le jugement des períônnes les plus éciar*.
rées dans l'Antiquicé , qui ont regardé
le tombeau de Fredcgondë , comme uQ
monument aussi ancien qu'elle. il répond
enfin aux objections que l'on pourroit fai
re au sujet des Fleurs.de.lys qui font à la
couronne 8c au Iccprre de cette Reine ',
&c rapporte quelques exemples qui font
voir que les fleurs de lys étoient en usage
íòus les Rois de la premiere race s d'où il
Conclut que le tombeau & la couronne de
Frédegoncle «'tant aussi ancien qu'elle, les
couronnesdes statues du Portail de S. Ger
main sont aussi anciennes que & construc^
tion & du sixième siecle.
Je fuis , Messieurs , Sec1
A Paris le 13. Janvier 1714»'
four servir de réponse aux Remarques
fur les figures du Portail de CEglist
de CAbbaye S. Germain.
VOus avez iníèré, Messieurs ., dans
vôtre Journal du mois de May de
l'année derniere , les Remarques d'un'
Auteur Anonyme, fur les figuras du
grand Portail de VEglise Saint Germain
des Pre^, par leíquelles il prétend dé
truire le sentiment du R. P. Dòm Jean'
Mabillon', qui' dit dàns ses Anrtales (a);
que l'£glise de S. Germain a été bâtie
Se fondée par Cliildebert L. & que les'
figures qui íònt au Portail de la même.
Eglise dix coté gauche en entrant , font
S. Germain , Clovis , Sainte Clotilde Se
Clodomir , & au côté opposé , Chilperic,
Childebert , Ultrogothe ,. íà femmes &
Clotaire î.
L'Auteur dés Remarques refute ausii
Dom Thierry Riíinard , qui prétend à
la fin de son Edition de S. Gregoire (b)
de Tours / que les figures qui font à
gauche en entrant representent Saint
(a) Annal. Ben. tom; i. pag. 169.
{í) Gieg. Turpn.
Remv>
JANVIER 1714. ; 2;
Remy , Clovis , Sainte Clotilde & Clo.
domir , Se que celles qui sont à droite ,
sont Thierry , Chlldebert , Ultrogoche
8e Clotaire.
Ces deujr sentimens ne sont pas du
goût de l'Auteur , parce qu'il prétend
l p que c'est Clotaire , & non pas ChHdebert
, qui a achevé de bâtir l'Egliíe,.
& il cite pour ses garants l'Auteur de
la vie de S. Droctovée, (a) Se l'Histoire
interpolée d'Aimoin ^ í. . 2 < cv 29. Se. 3 6 .
& 1. 3. c }1.
2° Il ajoute que ce Portail étant bien
Í>osterieur à la construction de l'Eglise , .
es figures qui y sont repreíentées ne
sont point celles que Dom Mabillon &
Dom Ruinard ont prétendu ; mais cel
les de S. Germain, de Pepin, de Bertrade
, íâ femme ., de Charlemagne Se
Carloman leurs fils , de Childebert , &
d'Ultrogothe , fa femme , & de Clotaire.
Voici les raisons qui confirment l'Au-.
teur dans cette idée. 1 * La donation du.!
Domaine de Palaiíëau , Se de ses dépen
dances faites à' l'Eglise de l'Abbaye par
Pepin , le jour de la Translation de Saints.
Germain y Se confirmée par Charlema
gne en 77 9' Cette Eglise , selon lui ,
eut un nouveau Patron en même temps:-
que la France eut des Rois d'une nou-
(4) Si. OrA. S. Btned. tMt. r.
Bt rell#
ié MERCURE DE FRANCE.
velle race , & les Moines de l'Abbaye J.
pour éterniíèr la memoire d'un si grand
changement , firent construire un Por
tail, où ils placerent les figures de ces
Princes , en conservant toujours la mé
moire de leurs premiers Fondateurs. 2*'
Le peu de vrai.semblance que l'on ait
mis à la porte d'une Eglise les Statues du
pere , de la mere & des freres du Fon
dateur. Et a quelle porte £'Eglise , dit-il
a..t'qn representé ainft des genealogies ?
3° Les Couronnes de gloire qui font
derriere la tête des sept figures , ne íê
mettoient qu'à ceux qui étroient décedezs .
& que l'on croyoit dans la beatitude t
par consequent celui qui n'en a point ne.
peut être que Charlemagne qui vivoit
alors. 4° La difficulté de trouver des^
Couronnes du sixième siecle semblables ;
à celles' que portent les figures du Por-'
tail de Saint Germain.. Enfin le peu de'
eertitude que le tombeau deFredegonde^
qui a une semblable Couronne , soit veri- :
tablement d'elle.. .
Ce íônt là Meísieurs les principaux.^
argumens que l'Auteur des Remarques.
propose dans vôtre Journa.l contre les :
ientimens de Dom Mabillon , & de Dom 1
Huinart au íujet de ces figures. Il seroit?
k- íouhaiter qu'il eut apporté des autorir'
ter tirées de bons Auteurs , au lieu de
Ï'AN VÌ E R 1724. 27
íèá íimples. conjectures qui ne peuvent
fSrvir de preuves dans les difficultez
dont il est ici question.
Dom Jacques Bouillart , qui vient de
mettre au jour l'Histoire de l'Abbaye de
Saint Germain des Prez a répondu dans
íon ouvrage aux objections que l'on
Vient deráporter. Il prouve d'abord que
l'Auteur des Remarques s'est trompé
considerablement , en citant la vie de
Saint Droctovée , & l'Histoire interpo
lée d'Aimoin , & qu'il n'y a pas un seul
mot dans les endroits par lui citez où il
soit marqué que l'Egliíê fut achevée par-
Clotaire. Dom Bouillart prouve au con
traire par les mêmes Auteurs , que Chil.
debert acheva cet Edifice avant ía mort,
& que Saint Germain la dédia , à la sol
licitation de Clotaire , le jour même des
funerailles de Childebert.
Pour ce qui est du Portail , lé même'
Auteur soutient qu'il est aufli ancien que
l'Eglise : fa si uation sous la grosse tour,
faiíant corps avec elle , le goût du temps , .
le jugement qu'en ont porté juíqu'à.
present les personnes /ça vantes dans la
connoissance des anciens monumens , sont
des autoritez plus que suffisantes pour'
prouver ce qu'il avance..
L'Historien dë Saint Germain répond5
aussi à l'Aùteu.X- des Remarques , sor ce
B vj qu'il
2 8 MERCURE DE FRANCE:
qu'il avance que l'Egliíe de l'Abbaye
eut uh nouveau Patron , après la Trans
lation de Saint Germain. Il avouè que
Pepin donna alors le Domaine de Palaiseau,
& ses dépendances avec une en
tiere franchise de tous peages , Se que
cette donation fut confirmée par Charle.
magne en 779. mais. il nie que l'Eglise
ait eu dans cette occasion un nouveau.
Patron, & que les Moines de S. Ger
main ayent fait construire un Portail pour
y placer les Statues de S. Germain , des
Pepin , dç Bertrade , &c. pour éterniser
la memoire. du;. grand changement arrivé
en France. Il prouve d'une maniere so
lide & convaincante que l'Eglise, quoi
que dédiée en l'honneur de Sainte Croix,,
& de Saint Vincent, a eu aussi: le nom
de Saint Germain dès la mort du même
Saint, à cause des frequens. miracles que
Dieu operoit à son tombeau ,.nom qui lui
est resté dans les siecles^suivans. II cite
pour ce sujet le testament de Bertrant ,
í ou Bertieram Evêque du Mans , S. Gre
goire de Tours , Saint Ouen , Archevêque
de Rouen qui a écrit la -vie de Saint
Eloy, l'Auteur de la vie dé Sainte Batilde
, & plusieurs Chartes.très.ancien
nes , qu'il a mises parmi les preuves à
la fin de son Histoire. Ilisoutient de plus
que l'Eglise dc.S. Germain n'a eu que
deux
JANVIER
deux dédicaces , la premiere faite par
Saint Germain , & la seconde par le
Pape Alexandre III. en ii6}, Se que.
dans ces deux dédicaces il n'est fait men
tion que de. Sainte Croix & de Saint Vin
cent. Or comme l'on ne donne un Patron
aux Eglises que dans cétte ceremonie y
Dom Bouillart demande à l'Auteur de*
Remarques qu'il lui faste voir. une autre
dédicace faite en 7f4-. ou. environ ,
dans laquelle l'on ait changé le nom de
Saint Vincent , ou ajpûté celui de Saint'
Germain-
Quant à. la íècoside objection , qu'il .
n'est pas vrai-íèmblable que l'on ait pJa--
oé à la porte d'une Eglise les. Statues du
pere -, de la m ere & des freres du Fon-.
dateur1. Dom Bouillart répond que cet
n'est pas une chose inusitée, puisque l'on.
en voit dé íemblables au Portail de Nô
tre.Dame la Répostetdènt l'Auteur mê
me des Remarques fait mention , Se dont
ilparoît reconnoître l'antiquité,
Enfin l' Auteur. de l'Histoire de Saint'
Germain dit que l'Auteur des Remar
ques fait une question inutile, loríqu'il.
demande à' quelle porte d'Eglise a-t'om
representé ainsi des genealogies ? puis
qu'il les admet lui-même dans le Por
tail de S: Germaini en disant qu'il s'ima*
fifre ». voir Pepin , Bertrade tjâ femme ,
Jfe* MERCURE DE FRANCS.
Charlemagne & Carloman ses fils. N'estce
pas là en eiíèt une genealogie à íà
maniere, & suivant ces propres idées.
Un des principaux argumensde l'Au
teur des Remarques est comme ori
IV déja dit, que ces Statues du Por
tail de Saint Germain ont des Cou
ronnes de gloire , qui ne se mettoient
qu'aux' personnes décedées , que l'on
croyoit dans la beatitude , d'où il conclut
que la huitième Statue, qui n'en a point,
represente Charlemagne qui vivoit en
core alors , & par coníequent que le Por
tail de Saint Germain n'a été construit
que de son temps.
Dom Bouillart lui répond que les
Couronnes de gloire se mettoient aux vi-
Vans aussi bien qu'aux morts. , d'où il
conclut que ceux qui font representez .
au Portail de Saint Germain , pou voient
être vivans dans le temps de là construc
tion. Il donne plusieurs exemples de cetusage.
fa) L'Empereur Trajan est repre
senté deux fois dans l'Arc de Constantin,.
2ui est à Rome , comme vivant avec une'
louronne de gloire derriere fa tête.'
(i) Dans les siecles suivans l'Empereur'
(a) V. l'Antiquité expliquée, &c' tòm. ti.
$ 186. & tom. 3. pagg. 31J. 330. & tom. v
p. 167.
{b) iiidt Supplement.
y-alen
t
y á n v nr r ry.»^ f*
Valentinien II. paróît avec une Couron
ne de gloire faiíant des largeíses au peu
ple. On voit auflì des Medailles (#)fra*
pées du vivant des Empereurs Justin , <
Justin le jeune , Maurice , Phocas , & de
quelques Imperatrices , où ils font re
presenter de même. Il ajoute après M. le
Blanc dans son Traité des Monnoyes,
que, les Gaulois ayant été' íubjuguez par
les premiers Rois de la Monarchie Fran
çoise , ont gardé pendant quelque temps'
les usages des Romains leurs derniers
maîtres. Les Rois même de lá premiere
race les ont auflì conservez, principale
ment dans leurs Monnoyes. Ainsi il ne
faut pas s'étònnersi dans ks' temps de la
premiere race l'on mettait des Courons
ries de gloire dérriere la tête dés Rois,
Si même des Evêques qui étoient encore
en vie. L'on en trouve une preuve dans
le premier tome des Annales de Dom
Mabillon , f b) où il est: fait mention de'
S. Armand , Evêque dé Mastric , lequel.
fft son testament en presence de Rieul,^
Archevêque de Rheims , de Mommolen,'
Evê qùe deNoyon, de Vendicien de Cam.
bray ', de Bertin ; Abbé de Sithiu , Se des
Prêtres Jéán & Baudemond. Ils ont tous
des Couronnes de Gloire derriere leurs
f» Numism. Imp. Rom. ulhselm.Sfiwiuri 2-.
>z. MERCURE DE FRANCE.
têtes , comme on le peut voir dans It
planche que Dom Mabíllon' a Fait gras
ver , laquelle a été tirée des anciens. monumens
de l'Abbaye de & Amand.' Ce
íçavant homme fait là - dessus la mê
me obíervation que l'Auteur des Re
marques r5c il s'étonne que ces figu
res portent des couronnes de gloire , quoi
que ceux qu'elles representent fussent en
core vivans. L'on doit donc conclure ne-.
cessairement de ces exemples , que l'on
mettoit íouvent des couronnes de gloire
aux personnes vivantes , & que ce n'est.
pas une preuve que ceux qui íònt repre
sentez au Portail de S. Germain , fus
sent decedez.
Dom Bouillait ajoute: Y a ) l'Auteur
des Remarques admet , fans y penser , k;
même chose ; car en mettant la construc
tion du portail dans le huitième siecle ,.
il dit que les Religieux. de S. Germain le
firent faire pour éterniser la mémoire du
grand changement arrivé en France, en'
754. lorsque le corps de S. Germain fut
transferé, què l'Eglise eut un nouveau
Patron , Se que Pepitvla combla de biens.-
Or s'il est vrai que les figures du Por
tail representent Pepin, fa femme & ses
Énfans , l'Auteur des Remarques doit
convenir que l'on donnoit des couronnes
( * ) Híst. de S. Gertiwpag, 30*.
1
Janvier 17I4." :W
3è gloire aux Rois & auxpersonnes illus
tres, lorsqu'elles vivoient.j puiíque Pepin
& les Princes qu'il íoutient être re1.
preíentez par ces- figures ,- vivoient en
754. 8c que cependant ils ont des' cousonnes
de gloire , ou des nimbes derriere
leurs têtes. Il. est inutile de dire que Gharlemagnen'en
a point , parce qu'il étoit
encore vivant, ^& que les autres étoient
morts. Il en avdit auslì ; mais celui qu'il
avoit est tombe dans la fuite, ou pour
n'avoir pas. bien été attaché,' ou pour
avoir été rompu >. en eífet on voit encore
derriere íà tête un crampon de fer qui le
íetenoit t & il estcouché horiíôntalemerjt
contre la muraille.
Il ne s'agit p.lt»s que de la difficulté que
iorrrîe lf Auteur des Remarques /qui est
defaire voir des couronnes du íixième
siecle íemblables à celles que portent les.
figures' du Portail de S. Germain , & que'
le tombeau de Fredegondc qui Jt une
semblable couronne y soit Veritablement
d'elle. C'est ce que Dom Boùillart déve-
Ibpe avec solidité , en diíànt d'abord que
les anciens Historiens ont fait mention de
la íépulture de Fredegende dans l'Eglise
de S. Vincent, maintenant de S. Germain
des Prez. Il lë prouse ensuite par la situa
tion 8c la distinction des tombeaux des.
Rois 8c des Reines de la premiere race »
f4 MERCURE DE FRANCE;
inhumez dans la' même Egliie,tlonc les
.inícriptions , quoique moins anciennes T
.(ont restées julqu'en 1656. par la tra
dition des Religieux de l'Abbaye , & par
le jugement des períônnes les plus éciar*.
rées dans l'Antiquicé , qui ont regardé
le tombeau de Fredcgondë , comme uQ
monument aussi ancien qu'elle. il répond
enfin aux objections que l'on pourroit fai
re au sujet des Fleurs.de.lys qui font à la
couronne 8c au Iccprre de cette Reine ',
&c rapporte quelques exemples qui font
voir que les fleurs de lys étoient en usage
íòus les Rois de la premiere race s d'où il
Conclut que le tombeau & la couronne de
Frédegoncle «'tant aussi ancien qu'elle, les
couronnesdes statues du Portail de S. Ger
main sont aussi anciennes que & construc^
tion & du sixième siecle.
Je fuis , Messieurs , Sec1
A Paris le 13. Janvier 1714»'
Fermer
Résumé : LETTRE écrite aux Auteurs du Mercure pour servir de réponse aux Remarques sur les figures du Portail de l'Eglise de l'Abbaye S. Germain
La lettre répond aux critiques d'un auteur anonyme publiées dans le Mercure de mai précédent, concernant les figures du portail de l'église Saint-Germain-des-Prés. L'auteur anonyme remet en question les interprétations du Père Jean Mabillon et de Dom Thierry Ruinard, qui attribuent les figures du portail à des personnages spécifiques de la dynastie mérovingienne. Selon l'auteur anonyme, le portail est postérieur à la construction de l'église et représente des personnages comme Pépin, Bertrade, Charlemagne, et leurs descendants. Il soutient que Clotaire, et non Childebert, a achevé la construction de l'église, citant des sources comme la vie de Saint Droctovée et l'histoire interpolée d'Aimoin. Il argue également que les couronnes de gloire sur les statues indiquent que Charlemagne, qui n'en porte pas, était vivant lors de la construction du portail. Dom Jacques Bouillart, dans son histoire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, réfute ces remarques. Il prouve que Childebert a achevé l'église avant sa mort et que Saint Germain l'a dédiée. Bouillart soutient que le portail est aussi ancien que l'église et que les figures représentent bien des personnages mérovingiens. Il démontre également que les couronnes de gloire pouvaient être attribuées à des personnes vivantes, citant des exemples historiques pour appuyer cette affirmation. Enfin, Bouillart confirme l'ancienneté du tombeau de Frédégonde et des couronnes des statues du portail, les datant du sixième siècle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1573
LOGOGRIPHE.
Début :
Sept lettres composent mon nom : [...]
Mots clefs :
Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGO GRIP HE.
SEpt lettres compofent mon nom :
On peut en ôter deux de ma terminaiſon
Je n'en fignifirai pas moins la même choſe.
Ce n'eft plus aux paffans qu'aujourd'hui je m'ex
poſe ;
" On ne me trouve plus au bord des grands che
mias ;
Ma vûë en d'autres lieux étonne les Humains.
Je fuis pour quelques-uns un vain fujet de gloire ;
Mais , ô Ciel ! qu'elle eft illufoire !
Peuvent-ils tirer vanité
D'un vrai fujet d'humilité ? -
Si vous me partagez , la plus groffe partie
N'offre rien qui ne plaiſe à l'eſprit comme aux
yeux ;
Otez-en le furplus , vous verrez qu'à la vie
C'eft chofe neceffaire , ainfi qu'à certains lieux,
L'autre priſe à rebours auffi-tôt vous préſente
Ce que vous trouverez fi vous me devinez .
Remettez tout enſemble , enfuite combinez ,
Votre efprit trouvera pour peu qu'il ſe tourmente
Ce qui s'unit par fois avec univerfel.
Si de mes Lettres on compoſe
Ce qui termine mainte chofe ,
On pourra du reftant faire un être immortel.
R ....
SEpt lettres compofent mon nom :
On peut en ôter deux de ma terminaiſon
Je n'en fignifirai pas moins la même choſe.
Ce n'eft plus aux paffans qu'aujourd'hui je m'ex
poſe ;
" On ne me trouve plus au bord des grands che
mias ;
Ma vûë en d'autres lieux étonne les Humains.
Je fuis pour quelques-uns un vain fujet de gloire ;
Mais , ô Ciel ! qu'elle eft illufoire !
Peuvent-ils tirer vanité
D'un vrai fujet d'humilité ? -
Si vous me partagez , la plus groffe partie
N'offre rien qui ne plaiſe à l'eſprit comme aux
yeux ;
Otez-en le furplus , vous verrez qu'à la vie
C'eft chofe neceffaire , ainfi qu'à certains lieux,
L'autre priſe à rebours auffi-tôt vous préſente
Ce que vous trouverez fi vous me devinez .
Remettez tout enſemble , enfuite combinez ,
Votre efprit trouvera pour peu qu'il ſe tourmente
Ce qui s'unit par fois avec univerfel.
Si de mes Lettres on compoſe
Ce qui termine mainte chofe ,
On pourra du reftant faire un être immortel.
R ....
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6
p. 1790-1791
« L'Enigme du mois dernier a dû être expliquée par le Chant, & le Logogryphe [...] »
Début :
L'Enigme du mois dernier a dû être expliquée par le Chant, & le Logogryphe [...]
Mots clefs :
Chant, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Enigme du mois dernier a dû être expliquée par le Chant, & le Logogryphe [...] »
L'Enigme du mois dernier a dû être
expliquée par le Chant , & le Logogryphe
par
AOUST. 1730. 1791
par Tombeau , dans lequel on trouve tombe
, beau , eau , mot , baume , ame.
expliquée par le Chant , & le Logogryphe
par
AOUST. 1730. 1791
par Tombeau , dans lequel on trouve tombe
, beau , eau , mot , baume , ame.
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7
p. 1794-1800
« MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...] »
Début :
MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...]
Mots clefs :
Épitaphe, Tombeau, Monument, Pyramide, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...] »
MONUMENTI Elia Lælia Crifpis ,.
five celeberrimi Enigmatis Bononienfis ,
Hiftorica Explicatio , Fragmentum Anti--
quum incerti Auctoris Bononiæ Senatui :
FRANCISCUS MASTRIUS . Additis
aliquibus Notis D. D. D. Bononiæ , typis
Conftantini Pifarri , vol . in- 4. 1717. C'eſtà-
dire ,, EXPLICATION hiftorique de las
fameufe Epitaphe énigmatique de Boulogne ,
&c. dédiée au Sénat de cette Ville, parFrançois
Mafirius, & c..
+
Comme ces Sçavans Journaliſtes onts.
parlé de ce Livre en l'année 1706. à l'oc--
afion
AOUST. 1730. 1793
cafion de la premiere Edition qui en fut
faite à Veniſe en 1702. & que dès l'année
1684. ils avoient auffi parlé dans leur
Journal de l'Ouvrage compofé fur le même
fujet par le Docteur Charles- CefarMalvafia
, celebre Jurifconfulte & Profeffeur
en Droit à Boulogne , ils ont eftimé
inutile de donner deux Extraits de la Differtation
de Maftrius ; mais le Public doit
leur fçavoir gré de produire ici , au lieu
d'une répetition , l'Explication de la même
Enigme , donnée par M. Heuman ,
leur Collegue , dans une Differtation imprimée
en 1706. & réimprimée deux ans
après fous ce titre , De Fato Uxoris Loti.
Car ce Sçavant croit , & il eft étonnant ,
difent nos Journaliſtes , que cette penſée
ne foit encore venue à perfonne ; il croit ,
dis- je , que l'Auteur du Monument énigmatique
de Boulogne , n'a eu d'autre intention,
en le compofant ,que d'écrire d'u
ne maniere ingénieufe & obfcure , le
malheur arrivé à la femme de Lor . Mais
avant que de voir l'application qu'il fait
dés termes de l'Infcription au fujer que
nous venons de dire , il eft bon de rap
porter cette Infcription dans fon entier ,
& telle que Maftrius l'a donnée plus ré--
cemment dans la feconde Edition de fon
Ouvrage , faite , comme nous l'avons dit ,
à Boulogne même en l'année 1717.
E vj DI.
(1796 MERCURE DE FRANCE
D. M.
Alia Lalia Crifpis
Nec Vir Nec Mulier
Nec Androgyna
Nec Puella nec Juvenis
Nec Anus
Nec cafta nec Meretrix
Nec Pudica
Sed omnia
Sublata
Neque fame neque ferro
Neque Veneno
Sed omnibus
Nec Colo nec Terris
Nec Aquis
Sed Ubique jacet.
Lucius Agatho Prifcius
Nec Maritus nec Amator
Nec Neceffarius
Neque Moerens neque gaudens
Neque Flens
Hanc
Nec Molem nec Pyramidem
Nec
Sepulcrum
Sed omnia
Scit & nefcit cui Pofuerit.
Nous la donnerons auffi en François , afin
que tous nos Lecteurs puiffent l'entendre
juger de l'interpretation de M. Heuman ,
& ufer auffi du droit que tout le Monde
AOUST . 1730. 1797
a de s'exercer fur cette fameufe Enigme ;
dans un temps , fur tout,où les fujets énigmatiques
paroiffent devenir du gout du
Public.
AUX DIEUX MANE S.
Alia , Lalia Crifpis , qui n'eft ni Hom
me , ni Femme , ni Hermaphrodite , ni Fille,
nijeune , ni vieille , ni chafte , ni prostituée,
ni pudique, mais tout cela enfemble : qui n'eft
ni morte de faim , qui n'a été tuée ni par
le fer , ni par le poifon ; mais par ces trois
chofes ensemble : n'eft ni au Ciel , ni dans
Peau , ni dans la terre ; mais eft par tout.
Lucius Agathon Prifcius , qui n'eft ni fon
mari , ni fon amant , ni fon parent ; ni trifte
ni joyeux , ni pleurant ; fçait & ne sçait pas
pour qui il a pofé ceci , qui n'est ni Monument
, ni Pyramide , ni Tombeau.
Voici quelles font les penfées de M.Heuman.
La femme de Lot , dit- il , changée ,
felon la plus commune opinion , en Statuë
de Sel , n'étoit plus ni homme , ni femme
, ni hermaphrodite , ni rien de tout
ce que marquent les premieres lignes de
l'Epitaphe , cependant elle avoit été tout
cela enfemble. Car elle a été femme & vieille
, & d'elle ont pû fortir un homme , un
Hermaphrodite , une fille , &c. deforte qu'étant
, pour ainfi- dire , la matiere premiere
de
1798 MERCURE DE FRANCE
de toutes ces chofes , on peut dire avec
raifon qu'elle a été tout cela.
Ce qui fuit marque encore mieux fon
deftin , & convient parfaitement à la fenime
de Lot ; car elle n'a péri ni par la faim,
ni par le fer , ni par le poifon ; quoiqu'on
puiffe dire que ces trois chofes enfemble lui
ont ôté la vie. 1º . Elle avala un mortel
poifon répandu dans l'air par la pluye de
fouffre qui tomboit alors du Ciel. 2º . Elle
fouffrit une faim fpirituelle par le regret
qu'elle eut en regardant Sodome , aux
biens qu'elle y laiffoit , dont le defir &
la convoitife la devoroient , regret & faim -
dans lefquels elle ceffa de vivre. 3 ° . J'avouë
, continue M. Heuman , que le fer
m'embarraffe un peu ; peut-être l'Auteur
de l'Epitaphe a- t- il eu en vûe le récit de
quelques Voyageurs , qui content que
cette Statue de Sel eft fouvent mutilée
par ceux qui én coupent des morceauxavec
un couteau ou autre inftrument der
fer , ajoûtant que ce qu'ils en enlevent
eft auffi- tôt reproduit , enforte que la Sta--
tuë ne paroît preſque jamais défectueuſe,
ce que notre Interprete eftime fabuleux.-
Au refte , il est très - vrai de dire que
la femme de Loth n'eft ni au Ciel , ni dans
Les eaux , ni fur la terre , c'est-à - dire fépa--
rément, & cependant elle eſt partout. Car
elle eft fituée comme dans l'air , par con--
Lequenes
AOUST. 1730. 1799
fequent on peut dire qu'elle eft au Ciel ,
elle n'eft pas moins tout enſemble dans
·les eaux lorfqu'il pleut , & fur la terre
puifqu'elle eft pofée deffus .
L'Auteur de ce Monument eft Dieu.
même , ainfi il eft appellé très- à propos
Lucius , car il eft la lumiere , le Pere des
lumieres , qui habite dans une lumiere
inacceffible , &c. Le nom d'Agatho lui
convient auffi parfaitement , car nul n'eft
parfaitement bon , fi ce n'eft Dieu . Enfin ›
ce n'eſt pas fans raifon que Prifcius eft à·
la fuite de ces deux noms , c'eft en effet
ce Vieillard reſpectable qui eft ainfi repré--
fenté par le Prophete Daniel. On peut
bien dire auffi de Dieu , que ce neft ni
le Mari, ni l'Amant , ni le parent de la
femme de Loth , ainfi il n'eft pas éton--
nant qu'en dreffant ce Monument
il
n'ait été ni trifte , ni joyeux , ni en état de
verfer des larmes.
.
,
Si quelqu'un regarde ce Monument
comme une Piramide , un Sépulchre , & c . il·
s'écartera de la maniere ordinaire de par--
ler. Cependant on peut dire que la Statue
de Sel femble avoir été tout cela. En effet
elle a été tout enfemble & Monument &
Pyramide , s'élevant en l'air à la maniere
des Pyramides , elle a été auffi un Séput--
chre , qui contient une perfonne fans vie..
Enfin Dieu fait , fans doute , ce qu'il a :
Rosé,
1800 MERCURE DE FRANCE
pofé , mais on peut dire , en un lens , qu'il
nefçait pas fi c'eft là un Monument ou une
Pyramide , ou un Tombeau , car Dieu n'a
voulu faire aucune de ces trois choſes.
D'autres finiffent l'Epitaphe par ces paroles.
C'est ici un Tombeau qui ne renferme
point de Cadavre , c'eft un Cadavre qui n'a
point de Tombeau , mais c'eft un Cadavre
qui eft lui-même fon Tombeau. Ces paroles
font fi claires , dit M.Heuman , en finiffant
fon Interpretation , & s'appliquent fi parfaitement
à la femme de Loth , que ce
feror perdre le temps que d'en ajoûter ici
l'explication
five celeberrimi Enigmatis Bononienfis ,
Hiftorica Explicatio , Fragmentum Anti--
quum incerti Auctoris Bononiæ Senatui :
FRANCISCUS MASTRIUS . Additis
aliquibus Notis D. D. D. Bononiæ , typis
Conftantini Pifarri , vol . in- 4. 1717. C'eſtà-
dire ,, EXPLICATION hiftorique de las
fameufe Epitaphe énigmatique de Boulogne ,
&c. dédiée au Sénat de cette Ville, parFrançois
Mafirius, & c..
+
Comme ces Sçavans Journaliſtes onts.
parlé de ce Livre en l'année 1706. à l'oc--
afion
AOUST. 1730. 1793
cafion de la premiere Edition qui en fut
faite à Veniſe en 1702. & que dès l'année
1684. ils avoient auffi parlé dans leur
Journal de l'Ouvrage compofé fur le même
fujet par le Docteur Charles- CefarMalvafia
, celebre Jurifconfulte & Profeffeur
en Droit à Boulogne , ils ont eftimé
inutile de donner deux Extraits de la Differtation
de Maftrius ; mais le Public doit
leur fçavoir gré de produire ici , au lieu
d'une répetition , l'Explication de la même
Enigme , donnée par M. Heuman ,
leur Collegue , dans une Differtation imprimée
en 1706. & réimprimée deux ans
après fous ce titre , De Fato Uxoris Loti.
Car ce Sçavant croit , & il eft étonnant ,
difent nos Journaliſtes , que cette penſée
ne foit encore venue à perfonne ; il croit ,
dis- je , que l'Auteur du Monument énigmatique
de Boulogne , n'a eu d'autre intention,
en le compofant ,que d'écrire d'u
ne maniere ingénieufe & obfcure , le
malheur arrivé à la femme de Lor . Mais
avant que de voir l'application qu'il fait
dés termes de l'Infcription au fujer que
nous venons de dire , il eft bon de rap
porter cette Infcription dans fon entier ,
& telle que Maftrius l'a donnée plus ré--
cemment dans la feconde Edition de fon
Ouvrage , faite , comme nous l'avons dit ,
à Boulogne même en l'année 1717.
E vj DI.
(1796 MERCURE DE FRANCE
D. M.
Alia Lalia Crifpis
Nec Vir Nec Mulier
Nec Androgyna
Nec Puella nec Juvenis
Nec Anus
Nec cafta nec Meretrix
Nec Pudica
Sed omnia
Sublata
Neque fame neque ferro
Neque Veneno
Sed omnibus
Nec Colo nec Terris
Nec Aquis
Sed Ubique jacet.
Lucius Agatho Prifcius
Nec Maritus nec Amator
Nec Neceffarius
Neque Moerens neque gaudens
Neque Flens
Hanc
Nec Molem nec Pyramidem
Nec
Sepulcrum
Sed omnia
Scit & nefcit cui Pofuerit.
Nous la donnerons auffi en François , afin
que tous nos Lecteurs puiffent l'entendre
juger de l'interpretation de M. Heuman ,
& ufer auffi du droit que tout le Monde
AOUST . 1730. 1797
a de s'exercer fur cette fameufe Enigme ;
dans un temps , fur tout,où les fujets énigmatiques
paroiffent devenir du gout du
Public.
AUX DIEUX MANE S.
Alia , Lalia Crifpis , qui n'eft ni Hom
me , ni Femme , ni Hermaphrodite , ni Fille,
nijeune , ni vieille , ni chafte , ni prostituée,
ni pudique, mais tout cela enfemble : qui n'eft
ni morte de faim , qui n'a été tuée ni par
le fer , ni par le poifon ; mais par ces trois
chofes ensemble : n'eft ni au Ciel , ni dans
Peau , ni dans la terre ; mais eft par tout.
Lucius Agathon Prifcius , qui n'eft ni fon
mari , ni fon amant , ni fon parent ; ni trifte
ni joyeux , ni pleurant ; fçait & ne sçait pas
pour qui il a pofé ceci , qui n'est ni Monument
, ni Pyramide , ni Tombeau.
Voici quelles font les penfées de M.Heuman.
La femme de Lot , dit- il , changée ,
felon la plus commune opinion , en Statuë
de Sel , n'étoit plus ni homme , ni femme
, ni hermaphrodite , ni rien de tout
ce que marquent les premieres lignes de
l'Epitaphe , cependant elle avoit été tout
cela enfemble. Car elle a été femme & vieille
, & d'elle ont pû fortir un homme , un
Hermaphrodite , une fille , &c. deforte qu'étant
, pour ainfi- dire , la matiere premiere
de
1798 MERCURE DE FRANCE
de toutes ces chofes , on peut dire avec
raifon qu'elle a été tout cela.
Ce qui fuit marque encore mieux fon
deftin , & convient parfaitement à la fenime
de Lot ; car elle n'a péri ni par la faim,
ni par le fer , ni par le poifon ; quoiqu'on
puiffe dire que ces trois chofes enfemble lui
ont ôté la vie. 1º . Elle avala un mortel
poifon répandu dans l'air par la pluye de
fouffre qui tomboit alors du Ciel. 2º . Elle
fouffrit une faim fpirituelle par le regret
qu'elle eut en regardant Sodome , aux
biens qu'elle y laiffoit , dont le defir &
la convoitife la devoroient , regret & faim -
dans lefquels elle ceffa de vivre. 3 ° . J'avouë
, continue M. Heuman , que le fer
m'embarraffe un peu ; peut-être l'Auteur
de l'Epitaphe a- t- il eu en vûe le récit de
quelques Voyageurs , qui content que
cette Statue de Sel eft fouvent mutilée
par ceux qui én coupent des morceauxavec
un couteau ou autre inftrument der
fer , ajoûtant que ce qu'ils en enlevent
eft auffi- tôt reproduit , enforte que la Sta--
tuë ne paroît preſque jamais défectueuſe,
ce que notre Interprete eftime fabuleux.-
Au refte , il est très - vrai de dire que
la femme de Loth n'eft ni au Ciel , ni dans
Les eaux , ni fur la terre , c'est-à - dire fépa--
rément, & cependant elle eſt partout. Car
elle eft fituée comme dans l'air , par con--
Lequenes
AOUST. 1730. 1799
fequent on peut dire qu'elle eft au Ciel ,
elle n'eft pas moins tout enſemble dans
·les eaux lorfqu'il pleut , & fur la terre
puifqu'elle eft pofée deffus .
L'Auteur de ce Monument eft Dieu.
même , ainfi il eft appellé très- à propos
Lucius , car il eft la lumiere , le Pere des
lumieres , qui habite dans une lumiere
inacceffible , &c. Le nom d'Agatho lui
convient auffi parfaitement , car nul n'eft
parfaitement bon , fi ce n'eft Dieu . Enfin ›
ce n'eſt pas fans raifon que Prifcius eft à·
la fuite de ces deux noms , c'eft en effet
ce Vieillard reſpectable qui eft ainfi repré--
fenté par le Prophete Daniel. On peut
bien dire auffi de Dieu , que ce neft ni
le Mari, ni l'Amant , ni le parent de la
femme de Loth , ainfi il n'eft pas éton--
nant qu'en dreffant ce Monument
il
n'ait été ni trifte , ni joyeux , ni en état de
verfer des larmes.
.
,
Si quelqu'un regarde ce Monument
comme une Piramide , un Sépulchre , & c . il·
s'écartera de la maniere ordinaire de par--
ler. Cependant on peut dire que la Statue
de Sel femble avoir été tout cela. En effet
elle a été tout enfemble & Monument &
Pyramide , s'élevant en l'air à la maniere
des Pyramides , elle a été auffi un Séput--
chre , qui contient une perfonne fans vie..
Enfin Dieu fait , fans doute , ce qu'il a :
Rosé,
1800 MERCURE DE FRANCE
pofé , mais on peut dire , en un lens , qu'il
nefçait pas fi c'eft là un Monument ou une
Pyramide , ou un Tombeau , car Dieu n'a
voulu faire aucune de ces trois choſes.
D'autres finiffent l'Epitaphe par ces paroles.
C'est ici un Tombeau qui ne renferme
point de Cadavre , c'eft un Cadavre qui n'a
point de Tombeau , mais c'eft un Cadavre
qui eft lui-même fon Tombeau. Ces paroles
font fi claires , dit M.Heuman , en finiffant
fon Interpretation , & s'appliquent fi parfaitement
à la femme de Loth , que ce
feror perdre le temps que d'en ajoûter ici
l'explication
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Résumé : « MONUMENTI AElia Laelia Crispis, sive celeberrimi AEnigmatis Bononiensis, [...] »
Le texte traite de l'explication historique d'une épitaphe énigmatique de Boulogne, dédiée au Sénat de cette ville par François Mastrius en 1717. Cette épitaphe a été mentionnée dans des journaux savants dès 1706 et 1684, où ils parlaient également d'un ouvrage similaire du Docteur Charles-César Malvasia. Les journalistes ont choisi de ne pas reproduire deux extraits de la dissertation de Mastrius, mais ont présenté l'explication de l'énigme par M. Heuman, publiée en 1706 et réimprimée en 1708. M. Heuman propose que l'épigramme énigmatique de Boulogne fait référence à la femme de Lot, transformée en statue de sel. Il explique que cette femme n'était plus ni homme, ni femme, ni hermaphrodite, mais avait été tout cela ensemble. Elle n'est morte ni de faim, ni par le fer, ni par le poison, mais par une combinaison de ces éléments. Heuman interprète également que la femme de Lot n'est ni au ciel, ni dans les eaux, ni sur la terre, mais partout à la fois. L'auteur du monument est identifié comme étant Dieu, représenté sous le nom de Lucius Agatho Prifcius. Dieu n'est ni le mari, ni l'amant, ni le parent de la femme de Lot, et n'a pas de sentiments humains. L'épigramme est vue comme une métaphore complexe de la condition de la femme de Lot, transformée en statue de sel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 2479-2482
Décorations, [titre d'après la table]
Début :
Cet Opéra n'ayant eu que 7 representation, on reprit Thesée le jeudi 9 de ce [...]
Mots clefs :
Opéra, Décorations, Thésée, Colonnes, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Décorations, [titre d'après la table]
Cet Opéra n'ayant eu que 7 reprefentations
, on reprit Thefée le jeudi 9 de ce
mois , en attendant Phaeton , qu'on prépare.
Au refte quoique cet Ouvrage n'ait
pas eu le fuccès qu'on en efperoit , il doit`
faire honneur au Poëte & au Muficien par
les beaux morceaux qu'on y trouve . Les
Déco-
G iiij
2480 MERCURE DE FRANCE
Décorations en ont été trouvées tres bekles
& tres- bien entenduës. Les habits en
font riches , bien caracteriſez & de bon
gout. Trois de ces décorations meritent
une attention particuliere . Celle du premier
Acte , qui fait un effet admirable
eft une Gallerie tres - vafte , d'ordre Ionique
, richement ornée , avec des Colonnes
& des Contrepilaftres en marbre compoſé.
Les ornemens en or , avec ftatues & basreliefs
. La Gallerie eft terminée par 10
Arcades fort exhauffées , cinq de chaque
côté , foûtenuës par des colonnes qui
forment un efpace tres- grand par où en
tre le jour , lequel produit des échape
mens de lumieres tres- bien entendus.
Entre les Arcades , il y a de grandes , colonnes
ifolées & des contrepilaftres , avec
leurs Piedeftaux & Entablemens , entre
lefquels font des Statues. Le Plafond eft
à compartimens , dans le gout antique
fort riche, lequel par la perfpective trompe
fi- bien les yeux , qu'il paroît de niveau
d'un bout à l'autre, Le tout enfemble
fait une fongueur confiderable
proportionnée à la hauteur , & forme
plan poffible pour l'execution réelle .
On voit au troifiéme Acte , un Antre
ou Souterrain affreux , dont le fond s'ouvrant
tout d'un coup , on découvre les
un
>
Enfers
NOVEMBRE. 1730. 2481.
Enfers ,formez par plufieurs tranfparans
& entremêlez de flâmes naturelles ; le
tout composé d'une maniere qu'il n'y a
aucun rifque pour le feu.. Les trois Eumenides
paroiffent au milieu des flames ;
ee moment eft furprenant & plein d'horreur.
Les Spectateurs en ont été frapez.
23
Le Tombeau du cinquième Acte, étoit
une grande Colonnade circulaire , percée
àjour , avec les entre colonnes fpacieufes
pour voir tout leTombeau dans le milieu ...
Une moitié du Tombeau étoit en Sculpture
de relief, & l'autre en plate peinture ,
mais toute deux liées avec un tel art, qu'ili
paroiffoit tout de ronde boffe , & forme:
piramidalement ; il commençoit par un
Socle au bas qui portoit un Piedeftal
avec un bas - relief à chaque côté du
Piedeſtal , où l'on voyoit des figures enchaînées
de ronde boffe , grandes comme
nature , & deux Lions couchez fur le
Piedestal , qui portoient le Maufolée ,
terminé par des Trophées d'armes &
furmonté par une Urne de Lapis , envi
ronnée d'unFefton , pittorefquement jetté
ainfi . que le refte ; tout le Tombeau étoit
de Marbre précieux , & de Bronze doré
ayant 15 pieds d'hauteur , fur ro de lar
geur par le bas. Tous ces Ouvrages font
de M. Servandoni , qui donne tous les
jours de nouvelles marques de fon habi
Teré Gx L'Opera
2482 MERCURE DE FRANCE
L'Opera de Thefée avoit été remis au
Théatre au mois de Decembre de l'année
derniere . La De le Maure chante le rôle
d'Eglé avec beaucoup d'aplaudiffement.
Le 12 , le fieur Dupré, cy- devant Danfeur
de la même Academie , qui avoit
quitté le Théatre en 1722. & que le Pu
blic regrettoit fort , reparut & danfa dans
le fecond & le troifiéme Acte du même
Opera , avec l'applaudiffement d'une tresnombreuſe
affemblée . Sa danfe eft noble
vive & légere, & il exprime parfaitement
les differens caracteres , animez & violens.
Il est arrivé depuis peu de Pologne . It
doit refter à Paris cet Hyver , & il danfera
à l'Opera pendant ce temps-là .
Le même jour , il y eut à l'Opera le Bal
public , que l'Academie donne tous les
ans à la S. Martin, & qu'on continuë pendant
differens jours juſqu'à l'Avent. On
le reprend ordinairement à la fête des
Rois.
, on reprit Thefée le jeudi 9 de ce
mois , en attendant Phaeton , qu'on prépare.
Au refte quoique cet Ouvrage n'ait
pas eu le fuccès qu'on en efperoit , il doit`
faire honneur au Poëte & au Muficien par
les beaux morceaux qu'on y trouve . Les
Déco-
G iiij
2480 MERCURE DE FRANCE
Décorations en ont été trouvées tres bekles
& tres- bien entenduës. Les habits en
font riches , bien caracteriſez & de bon
gout. Trois de ces décorations meritent
une attention particuliere . Celle du premier
Acte , qui fait un effet admirable
eft une Gallerie tres - vafte , d'ordre Ionique
, richement ornée , avec des Colonnes
& des Contrepilaftres en marbre compoſé.
Les ornemens en or , avec ftatues & basreliefs
. La Gallerie eft terminée par 10
Arcades fort exhauffées , cinq de chaque
côté , foûtenuës par des colonnes qui
forment un efpace tres- grand par où en
tre le jour , lequel produit des échape
mens de lumieres tres- bien entendus.
Entre les Arcades , il y a de grandes , colonnes
ifolées & des contrepilaftres , avec
leurs Piedeftaux & Entablemens , entre
lefquels font des Statues. Le Plafond eft
à compartimens , dans le gout antique
fort riche, lequel par la perfpective trompe
fi- bien les yeux , qu'il paroît de niveau
d'un bout à l'autre, Le tout enfemble
fait une fongueur confiderable
proportionnée à la hauteur , & forme
plan poffible pour l'execution réelle .
On voit au troifiéme Acte , un Antre
ou Souterrain affreux , dont le fond s'ouvrant
tout d'un coup , on découvre les
un
>
Enfers
NOVEMBRE. 1730. 2481.
Enfers ,formez par plufieurs tranfparans
& entremêlez de flâmes naturelles ; le
tout composé d'une maniere qu'il n'y a
aucun rifque pour le feu.. Les trois Eumenides
paroiffent au milieu des flames ;
ee moment eft furprenant & plein d'horreur.
Les Spectateurs en ont été frapez.
23
Le Tombeau du cinquième Acte, étoit
une grande Colonnade circulaire , percée
àjour , avec les entre colonnes fpacieufes
pour voir tout leTombeau dans le milieu ...
Une moitié du Tombeau étoit en Sculpture
de relief, & l'autre en plate peinture ,
mais toute deux liées avec un tel art, qu'ili
paroiffoit tout de ronde boffe , & forme:
piramidalement ; il commençoit par un
Socle au bas qui portoit un Piedeftal
avec un bas - relief à chaque côté du
Piedeſtal , où l'on voyoit des figures enchaînées
de ronde boffe , grandes comme
nature , & deux Lions couchez fur le
Piedestal , qui portoient le Maufolée ,
terminé par des Trophées d'armes &
furmonté par une Urne de Lapis , envi
ronnée d'unFefton , pittorefquement jetté
ainfi . que le refte ; tout le Tombeau étoit
de Marbre précieux , & de Bronze doré
ayant 15 pieds d'hauteur , fur ro de lar
geur par le bas. Tous ces Ouvrages font
de M. Servandoni , qui donne tous les
jours de nouvelles marques de fon habi
Teré Gx L'Opera
2482 MERCURE DE FRANCE
L'Opera de Thefée avoit été remis au
Théatre au mois de Decembre de l'année
derniere . La De le Maure chante le rôle
d'Eglé avec beaucoup d'aplaudiffement.
Le 12 , le fieur Dupré, cy- devant Danfeur
de la même Academie , qui avoit
quitté le Théatre en 1722. & que le Pu
blic regrettoit fort , reparut & danfa dans
le fecond & le troifiéme Acte du même
Opera , avec l'applaudiffement d'une tresnombreuſe
affemblée . Sa danfe eft noble
vive & légere, & il exprime parfaitement
les differens caracteres , animez & violens.
Il est arrivé depuis peu de Pologne . It
doit refter à Paris cet Hyver , & il danfera
à l'Opera pendant ce temps-là .
Le même jour , il y eut à l'Opera le Bal
public , que l'Academie donne tous les
ans à la S. Martin, & qu'on continuë pendant
differens jours juſqu'à l'Avent. On
le reprend ordinairement à la fête des
Rois.
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Résumé : Décorations, [titre d'après la table]
L'opéra mentionné a été représenté sept fois avant la reprise de 'Thésée' le 9 novembre. Malgré son manque de succès, il est apprécié pour ses beaux morceaux, ses décorations et ses costumes riches et bien caractérisés. Trois décorations sont particulièrement notables : celle du premier acte, représentant une galerie ornée de colonnes ioniques, d'ornements en or et de statues ; celle du troisième acte, montrant un antre avec des flammes naturelles et les Érinyes ; et celle du cinquième acte, un tombeau circulaire avec des sculptures en relief et des peintures formant une pyramide. Ces œuvres sont de M. Servandoni. 'Thésée' avait été remis au théâtre en décembre précédent. La De la Maure a interprété avec succès le rôle d'Églé. Le 12 novembre, le danseur Dupré est revenu et a dansé dans 'Thésée', recevant les applaudissements du public. Le même jour, le bal public annuel de l'Académie a eu lieu à l'Opéra.
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9
p. 1045-1053
LETTRE DE M. le B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, à M. de la Roque ; au sujet d'une Inscription Romaine, découverte le 10. May 1731. proche de cette Ville.
Début :
J'ai déjà fait remarquer dans un petit livre imprimé, il y a huit ans, que nôtre [...]
Mots clefs :
Lettre, Inscription romaine, Basilique, Sépultures, Chanoine régulier, Inscription païenne, Tombeau, Guerre
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE M. le B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, à M. de la Roque ; au sujet d'une Inscription Romaine, découverte le 10. May 1731. proche de cette Ville.
LETTRE de M. le B. Chanoine et Sous-
Chantre d'Auxerre , à M. de la Roque ;
au sujet d'une Inscription Romaine , découverte
le 10. May 1731. proche de
cette Ville.
J'Ay déja fait remarquer dans un petit
livre imprimé , il y a huit ans , que nôtre
Ville étoit originairement fort petite ,
et qu'elle n'est devenuë grande, et du circuit
d'environ une lieue ; que par l'accroissement
des Bourgs , qui se sont formés
autour des Monastéres et des Eglises
que la pieté des Evéques fonda autour des
anciens murs. Entre- autres Eglises , nous
avons au Septentrion de nôtre Ville , la
Basilique de S. Germain , dont le contour
souterrain est rempli de tous côtés de sépultures
de Chrétiens , qui se faisoient inhumer
au déhors de cette Eglise par devotion
envers ce grand Evêque , le second de
toute la France qui ait été le plus fameux
en miracles aprés le celebre S. Martin , et
dont aucunDiocese de France ne peut ignorer
les vertus et les merveilles , à moins
qu'il ne soit tout -à - coup privé des connoissances
les plus communes. Nous avons
C iiij ensuite
1046 MERCURE DE FRANCE
•
ensuite au midi , un Bourg surnommé de
Saint-Amatre , que son éloignement du
quartier de la Cité, n'a fait renfermer encore
que dans nos murs construits au douziéme
siècle. Quiconque connoît S. Germain
Gouverneur pour les Romains dans
la Gaule Celtique , ne peut manquer de
connoître celui qui lui confera la tonsure.
C'est S. Amateur. Il fût inhumé dans le
lieu où il avoit livré la guerre au reste
des Payens , et où quelques- uns de ses
prédecesseurs avoient été pareillement
inhumés , poury attirer le concours des
fideles à la place des dévotions précédentes
de l'Idolâtric. On trouve que ce lieu fût
appellé Autricum , ou bien Mons Autricus.
Il y a une prairie au bas : ce qui sert à appuyer
la pensée sur l'origine des noms locaux
, où la syilabe au est contenuë , que
M. Huet , ancien Evêque d'Avranches , a
avancée , et qui a été suivie depuis par
M. l'Abbé des Thuilleries : et c'est , selon
que je le prouve ailleurs , vers cette prairie
qu'ont existé les commencemens des
Villes Payennes , dont a été depuis formé
Auxerre Chrétien . Le côteau qui fait face
à cette prairie vers l'Occident , n'est pas
moins rempli de tombeaux de pierre , que
celui du Bourg Septentrional de Saint Germain.
Mais il est arrivé à presque tous ces
tombeaux
MAY. 173 P. 1047
tombeaux, tant à ceux de Saint - Germain'
qu'à ceux de Saint Amatre , la même chose
qu'à ceux que de nos jours l'on a trouvés
à Paris autour de l'Eglise de Saint- Germain
des Prez , et que l'on a vû rompre
pour faire place à des fondations de bâtimens.
L'éloignement des temps ayant fait
perdre la mémoire des personnes inhumées
dans ces lieux , la necessité de bâtir
ou de cultiver , a été cause que dépuis
plusieurs siecles , ce qui servoit de cimetière
est devenu un lieu profane ; c'està-
dire, qu'il a été changé ou en jardin , ou
en vigne , ou bien en place publique ; desorte
qu'on n'a plus fait aucun cas des
morts qui pouvoient y réposer. Il en est
arrivé de même en plusieurs Villes. Le
besoin où Monsieur Carouge , Chanoine
régulier , Prieur et Seigneur de Saint- Amatre
lez- Auxerre , a été de se fermer de
murs , parceque toutes les anciennes murailles
et bâtimens de son Monastere furent
démolis dans le temps fâcheux de la Ligue ,
qui causa des maux extrêmes en ce payscy
, l'a obligé de faire curer toutes les anciennes
fondations d'édifices , de ramasser
toutes les démolitions , et de lever tous
les obstacles au plan de bâtir qu'il s'est
formé. Entre le grand nombre de tombeaux
qui se présenterent l'an passé sous
C v
la
1048 MERCURE DE FRANCE
la main des ouvriers , on n'en a trouvé
qu'un seul , où il y eût une inscription.
Elle me parût être du moyen âge , et un
peu frivole , parcequ'elle n'est que commencée
: cependant je n'ai pas laissé d'en
dire un mot à un sçavant Antiquaire Ecclesiastique
, dans une lettre que je lui ai
adressée surdifferentes matieres , le dixième
jour du mois dernier. Mais hier matin nous
nous sommes trouvés plus riches , et nous
avons éprouvé la verité de ce qui arrive
souvent à Rome , qu'en levant un tombeau
de Chrétien , on rencontre en dedans
ou en déhors une Inscription Payenne .
Celle que nous avons trouvée , est au déhors
d'un tombeau : mais il n'est pas difficile
de juger par ce qu'elle contient , que
l'inscription n'a pas été faite pour le tombeau
, et qu'elle est beauconp plus ancienne
que le tombeau même. Cette pierre
étoit un gros bloc de la hauteur d'un pied
dix pouces , large de quatre pieds et demi
sur deux pieds six pouces de travers. Il
ya apparence qu'il y avoit un sacrifice representé
à l'une des deux faces , qui n'ont
que deux pieds et demi ; on y voit encore
sur les bords de la rainure qui y régnoit
une moitié de tête de Belier d'un côté , et
de l'autre comme une moitié de roue avec
des restes de rayons . Si l'on n'y apperçoit
pas
MAY. 1731. 1049
pas davantage de sculpture , c'est que la
pierre fût creusée dépuis , et vuidée pour
servir à former les deux tiers d'un sépulchre
à commencer par le côté de la tête ,
ensorte que ce reste de sepulture dont je
viens de parler , est du côté qui devoit
être réuni à un autre bloc creusé, et destiné
pour contenir les pieds du défunt . Mais
comme toute l'inscription ne s'est pas trouvée
dans le superflu que l'ouvrier du sépulchre
a cru devoir ôter , on y lit heureusement
sur le haut d'une des deux fácès
les plus larges , ces deux lignes trés bien
gravées, et en caractéres romains trés beaux
et de la hauteur d'un pouce et demi .
PRO SALUTE DOMINORUM. V. S. L. M.
DEDICAVIT MODESTO ET PROBO CÓS.
Il n'y a pas à hésiter dans la date de cette
inscription : elle est sûrement de l'année
228. de Jesus- Christ , puisque c'est à
cette année que se rapporte selon les Fastes
le Consulat de Modeste et de Probus . C'étoit
en partie la sixième et septième année
de l'Empire d'Alexandre Severe , et la
trentiéme avant que nôtre premier Evêque
S. Pelerin fût envoyé dans les Gaules ;
mais ne pouvoit-on pas en tirer quelque
avantage pour l'éclaircissement de l'his-
C vj toire
1050 MERCURE DE FRANCE
toire de cet empereur ? On paroît embarrassé
à assurer positivement que ce fût l'an
228.qu'Alexandre Sevére s'associa Ovindus
Camillus. On croit que la médaille rapportée
par
Occon
, n'est pas suffisante pour
prouver le temps du départ de ces deux
Princes contre les Barbares , et l'on dit
qu'il faudroit qu'il y eut clairement sur
cette médaille Profectio Augg. au plurier ,
et non simplement Profectio Aug. qui ne
veut dire que Profectio Augusti. Vôtre inscription
s'exprime nettement au Plurier ,
ainsi que vous le voyez : et l'on ne peut
guére entendre Dominorum , d'autres que
d'Alexandre , et de Camillus qui étoit regardé
comme un nouveau César depuis
l'honneur qu'Alexandre lui avoit fait de
l'associer à l'Empire. J'ai donc dans la
sée , que cette Pierre vient d'un Autel
érigé en mémoire de quelque Taurobole ,
ou de quelque Criobole , cerémonie qui
avoit marqué le zéle des habitans de nos
cantons , pour la prosperité de ces deux
Princes. Les Tailleurs de pierre réconnoissent
dans ce bloc le grain de la pierre du
pays , c'est à dire d'une carriere qui est à
quatre ou cinq lieües d'icy , et y auroit- il
apparence qu'une pierre qui pesoit bien
trois ou quatre muids de vin avant qu'elle
fût cavée , eût été apportée icy d'une aupentre
MAY . 1731. 1051
>
tre Ville trés éloignée ? Quoiqu'il en soit
le reste d'inscription qu'elle contient
peut servir non seulement à confirmer ce
que l'on apprend par la Médaille d'Occo ,
mais il appuye encore le raisonnement ,
par lequel Lampride , auteur de la vie
d'Alexandre , réfute l'opinion populaire ,
qui attribuoit à Trajan l'association de ce
Camillus. Lampride après avoir rappor
té le fait , ajoûte que ni Fabius Marcellinus
, ni Aurelius Verus , ni Statius Valens
dont il avoit les écrits sous les yeux , n'attribuoient
l'élevation de Camillus à Trajan
; et qu'au contraire Septimius, Acholius
et Encolpius , écrivains de la vie d'Alexandre
Severe , disoient de lui le fait singulier
de cette association subite , et im.
prevue , et de cette expedition militaire
qu'ils firent en commun contre les Barba
res. Je ne vous retracerai pas icy ce que
Lampride rapporte de cette guerre. On a
des preuves que ce fût contre les Allemans
qu'Alexandre et Camillus partirent l'an
228. ce qui est curieux à lire , et qu'-
Alexandre partit à pied, invitant son nouvel
associé d'en faire de même , Camillus
qui n'étoit point accoutumé , comme
Alexandre , à cette voiture , se trouva trés
fatigué au bout de cinq mille pas , c'est-àdire
, aprés avoir fait deux lieues ou envi .
ron.
A
1052 MERCURE DE FRANCE
ron. Alexandre lui fit donner un cheval ,
qu'il ne pût supportet que pendant deux
journées , parcequ'il étoit d'un temperament
trés delicat ; enfin le chariot ne lui
convint pas davantage , et il fût obligé de
renoncer au métier de la guerre , sans cependant
abandonner sesprétentions à l'Empire.
On voit par là que la santé de cet associé
avoit un peu plus besoin des voeux du
peuple envers les Dieux , que celle d'Alexandre
, qui étoit robuste et vigoureuse:
mais on ne les separa point dans la ceremonie
qui fût faite à Auxerre à leur intention
, et les voeux furent portés également
pour la santé de ces deux Maîtres
pro falute Dominorum .
Si vous, ou vos amis, avez une autre explication
à donner à nôtre inscription , qui
ne fait que commencer à voir le jour , je
ne m'y oppose aucunement ; je l'attendrai
avec plaisir , principalement celle qui sera
donnée des quatre lettres initiales de la
premiere ligne , sur lesquelles je laisse à
d'autres à deviner ce qu'elles signifient.
Je ne vous parle point d'une autre inscription
aussi trouvée avant hier au même
lieu , parcequ'elle est encore plus mutilée
que la précedente . Elle est egalement
d'un trés-beau'caractére Romain, et on y lit
lecommencement du mot de LUPERC alia
PeutMAY.
1731. 1053
Peut-être trouvera- t- on dans la suite les
autres morceaux de ces inscriptions ; en
ce cas je ne manquerai pas de vous en donner
avis , étant &c.
A Auxerre ce 11. May 1731.
Chantre d'Auxerre , à M. de la Roque ;
au sujet d'une Inscription Romaine , découverte
le 10. May 1731. proche de
cette Ville.
J'Ay déja fait remarquer dans un petit
livre imprimé , il y a huit ans , que nôtre
Ville étoit originairement fort petite ,
et qu'elle n'est devenuë grande, et du circuit
d'environ une lieue ; que par l'accroissement
des Bourgs , qui se sont formés
autour des Monastéres et des Eglises
que la pieté des Evéques fonda autour des
anciens murs. Entre- autres Eglises , nous
avons au Septentrion de nôtre Ville , la
Basilique de S. Germain , dont le contour
souterrain est rempli de tous côtés de sépultures
de Chrétiens , qui se faisoient inhumer
au déhors de cette Eglise par devotion
envers ce grand Evêque , le second de
toute la France qui ait été le plus fameux
en miracles aprés le celebre S. Martin , et
dont aucunDiocese de France ne peut ignorer
les vertus et les merveilles , à moins
qu'il ne soit tout -à - coup privé des connoissances
les plus communes. Nous avons
C iiij ensuite
1046 MERCURE DE FRANCE
•
ensuite au midi , un Bourg surnommé de
Saint-Amatre , que son éloignement du
quartier de la Cité, n'a fait renfermer encore
que dans nos murs construits au douziéme
siècle. Quiconque connoît S. Germain
Gouverneur pour les Romains dans
la Gaule Celtique , ne peut manquer de
connoître celui qui lui confera la tonsure.
C'est S. Amateur. Il fût inhumé dans le
lieu où il avoit livré la guerre au reste
des Payens , et où quelques- uns de ses
prédecesseurs avoient été pareillement
inhumés , poury attirer le concours des
fideles à la place des dévotions précédentes
de l'Idolâtric. On trouve que ce lieu fût
appellé Autricum , ou bien Mons Autricus.
Il y a une prairie au bas : ce qui sert à appuyer
la pensée sur l'origine des noms locaux
, où la syilabe au est contenuë , que
M. Huet , ancien Evêque d'Avranches , a
avancée , et qui a été suivie depuis par
M. l'Abbé des Thuilleries : et c'est , selon
que je le prouve ailleurs , vers cette prairie
qu'ont existé les commencemens des
Villes Payennes , dont a été depuis formé
Auxerre Chrétien . Le côteau qui fait face
à cette prairie vers l'Occident , n'est pas
moins rempli de tombeaux de pierre , que
celui du Bourg Septentrional de Saint Germain.
Mais il est arrivé à presque tous ces
tombeaux
MAY. 173 P. 1047
tombeaux, tant à ceux de Saint - Germain'
qu'à ceux de Saint Amatre , la même chose
qu'à ceux que de nos jours l'on a trouvés
à Paris autour de l'Eglise de Saint- Germain
des Prez , et que l'on a vû rompre
pour faire place à des fondations de bâtimens.
L'éloignement des temps ayant fait
perdre la mémoire des personnes inhumées
dans ces lieux , la necessité de bâtir
ou de cultiver , a été cause que dépuis
plusieurs siecles , ce qui servoit de cimetière
est devenu un lieu profane ; c'està-
dire, qu'il a été changé ou en jardin , ou
en vigne , ou bien en place publique ; desorte
qu'on n'a plus fait aucun cas des
morts qui pouvoient y réposer. Il en est
arrivé de même en plusieurs Villes. Le
besoin où Monsieur Carouge , Chanoine
régulier , Prieur et Seigneur de Saint- Amatre
lez- Auxerre , a été de se fermer de
murs , parceque toutes les anciennes murailles
et bâtimens de son Monastere furent
démolis dans le temps fâcheux de la Ligue ,
qui causa des maux extrêmes en ce payscy
, l'a obligé de faire curer toutes les anciennes
fondations d'édifices , de ramasser
toutes les démolitions , et de lever tous
les obstacles au plan de bâtir qu'il s'est
formé. Entre le grand nombre de tombeaux
qui se présenterent l'an passé sous
C v
la
1048 MERCURE DE FRANCE
la main des ouvriers , on n'en a trouvé
qu'un seul , où il y eût une inscription.
Elle me parût être du moyen âge , et un
peu frivole , parcequ'elle n'est que commencée
: cependant je n'ai pas laissé d'en
dire un mot à un sçavant Antiquaire Ecclesiastique
, dans une lettre que je lui ai
adressée surdifferentes matieres , le dixième
jour du mois dernier. Mais hier matin nous
nous sommes trouvés plus riches , et nous
avons éprouvé la verité de ce qui arrive
souvent à Rome , qu'en levant un tombeau
de Chrétien , on rencontre en dedans
ou en déhors une Inscription Payenne .
Celle que nous avons trouvée , est au déhors
d'un tombeau : mais il n'est pas difficile
de juger par ce qu'elle contient , que
l'inscription n'a pas été faite pour le tombeau
, et qu'elle est beauconp plus ancienne
que le tombeau même. Cette pierre
étoit un gros bloc de la hauteur d'un pied
dix pouces , large de quatre pieds et demi
sur deux pieds six pouces de travers. Il
ya apparence qu'il y avoit un sacrifice representé
à l'une des deux faces , qui n'ont
que deux pieds et demi ; on y voit encore
sur les bords de la rainure qui y régnoit
une moitié de tête de Belier d'un côté , et
de l'autre comme une moitié de roue avec
des restes de rayons . Si l'on n'y apperçoit
pas
MAY. 1731. 1049
pas davantage de sculpture , c'est que la
pierre fût creusée dépuis , et vuidée pour
servir à former les deux tiers d'un sépulchre
à commencer par le côté de la tête ,
ensorte que ce reste de sepulture dont je
viens de parler , est du côté qui devoit
être réuni à un autre bloc creusé, et destiné
pour contenir les pieds du défunt . Mais
comme toute l'inscription ne s'est pas trouvée
dans le superflu que l'ouvrier du sépulchre
a cru devoir ôter , on y lit heureusement
sur le haut d'une des deux fácès
les plus larges , ces deux lignes trés bien
gravées, et en caractéres romains trés beaux
et de la hauteur d'un pouce et demi .
PRO SALUTE DOMINORUM. V. S. L. M.
DEDICAVIT MODESTO ET PROBO CÓS.
Il n'y a pas à hésiter dans la date de cette
inscription : elle est sûrement de l'année
228. de Jesus- Christ , puisque c'est à
cette année que se rapporte selon les Fastes
le Consulat de Modeste et de Probus . C'étoit
en partie la sixième et septième année
de l'Empire d'Alexandre Severe , et la
trentiéme avant que nôtre premier Evêque
S. Pelerin fût envoyé dans les Gaules ;
mais ne pouvoit-on pas en tirer quelque
avantage pour l'éclaircissement de l'his-
C vj toire
1050 MERCURE DE FRANCE
toire de cet empereur ? On paroît embarrassé
à assurer positivement que ce fût l'an
228.qu'Alexandre Sevére s'associa Ovindus
Camillus. On croit que la médaille rapportée
par
Occon
, n'est pas suffisante pour
prouver le temps du départ de ces deux
Princes contre les Barbares , et l'on dit
qu'il faudroit qu'il y eut clairement sur
cette médaille Profectio Augg. au plurier ,
et non simplement Profectio Aug. qui ne
veut dire que Profectio Augusti. Vôtre inscription
s'exprime nettement au Plurier ,
ainsi que vous le voyez : et l'on ne peut
guére entendre Dominorum , d'autres que
d'Alexandre , et de Camillus qui étoit regardé
comme un nouveau César depuis
l'honneur qu'Alexandre lui avoit fait de
l'associer à l'Empire. J'ai donc dans la
sée , que cette Pierre vient d'un Autel
érigé en mémoire de quelque Taurobole ,
ou de quelque Criobole , cerémonie qui
avoit marqué le zéle des habitans de nos
cantons , pour la prosperité de ces deux
Princes. Les Tailleurs de pierre réconnoissent
dans ce bloc le grain de la pierre du
pays , c'est à dire d'une carriere qui est à
quatre ou cinq lieües d'icy , et y auroit- il
apparence qu'une pierre qui pesoit bien
trois ou quatre muids de vin avant qu'elle
fût cavée , eût été apportée icy d'une aupentre
MAY . 1731. 1051
>
tre Ville trés éloignée ? Quoiqu'il en soit
le reste d'inscription qu'elle contient
peut servir non seulement à confirmer ce
que l'on apprend par la Médaille d'Occo ,
mais il appuye encore le raisonnement ,
par lequel Lampride , auteur de la vie
d'Alexandre , réfute l'opinion populaire ,
qui attribuoit à Trajan l'association de ce
Camillus. Lampride après avoir rappor
té le fait , ajoûte que ni Fabius Marcellinus
, ni Aurelius Verus , ni Statius Valens
dont il avoit les écrits sous les yeux , n'attribuoient
l'élevation de Camillus à Trajan
; et qu'au contraire Septimius, Acholius
et Encolpius , écrivains de la vie d'Alexandre
Severe , disoient de lui le fait singulier
de cette association subite , et im.
prevue , et de cette expedition militaire
qu'ils firent en commun contre les Barba
res. Je ne vous retracerai pas icy ce que
Lampride rapporte de cette guerre. On a
des preuves que ce fût contre les Allemans
qu'Alexandre et Camillus partirent l'an
228. ce qui est curieux à lire , et qu'-
Alexandre partit à pied, invitant son nouvel
associé d'en faire de même , Camillus
qui n'étoit point accoutumé , comme
Alexandre , à cette voiture , se trouva trés
fatigué au bout de cinq mille pas , c'est-àdire
, aprés avoir fait deux lieues ou envi .
ron.
A
1052 MERCURE DE FRANCE
ron. Alexandre lui fit donner un cheval ,
qu'il ne pût supportet que pendant deux
journées , parcequ'il étoit d'un temperament
trés delicat ; enfin le chariot ne lui
convint pas davantage , et il fût obligé de
renoncer au métier de la guerre , sans cependant
abandonner sesprétentions à l'Empire.
On voit par là que la santé de cet associé
avoit un peu plus besoin des voeux du
peuple envers les Dieux , que celle d'Alexandre
, qui étoit robuste et vigoureuse:
mais on ne les separa point dans la ceremonie
qui fût faite à Auxerre à leur intention
, et les voeux furent portés également
pour la santé de ces deux Maîtres
pro falute Dominorum .
Si vous, ou vos amis, avez une autre explication
à donner à nôtre inscription , qui
ne fait que commencer à voir le jour , je
ne m'y oppose aucunement ; je l'attendrai
avec plaisir , principalement celle qui sera
donnée des quatre lettres initiales de la
premiere ligne , sur lesquelles je laisse à
d'autres à deviner ce qu'elles signifient.
Je ne vous parle point d'une autre inscription
aussi trouvée avant hier au même
lieu , parcequ'elle est encore plus mutilée
que la précedente . Elle est egalement
d'un trés-beau'caractére Romain, et on y lit
lecommencement du mot de LUPERC alia
PeutMAY.
1731. 1053
Peut-être trouvera- t- on dans la suite les
autres morceaux de ces inscriptions ; en
ce cas je ne manquerai pas de vous en donner
avis , étant &c.
A Auxerre ce 11. May 1731.
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Résumé : LETTRE DE M. le B. Chanoine et Sous-Chantre d'Auxerre, à M. de la Roque ; au sujet d'une Inscription Romaine, découverte le 10. May 1731. proche de cette Ville.
Le 11 mai 1731, un chanoine et sous-chantre d'Auxerre adresse une lettre à M. de la Roque pour relater la découverte d'une inscription romaine près d'Auxerre, le 10 mai 1731. L'auteur décrit la croissance de la ville d'Auxerre, initialement petite, qui s'est agrandie grâce à l'expansion des bourgs autour des monastères et des églises fondées par les évêques. Parmi ces églises, la basilique de Saint-Germain au nord et le bourg de Saint-Amatre au sud sont particulièrement notables. Saint-Germain et Saint-Amatre étaient des figures importantes dans l'histoire chrétienne de la région. L'inscription découverte est gravée sur un bloc de pierre utilisé pour un sépulcre. Elle contient les lignes 'PRO SALUTE DOMINORUM. V. S. L. M. DEDICAVIT MODESTO ET PROBO CÓS.' et date de l'année 228 après J.-C., correspondant au consulat de Modeste et Probus. Cette inscription est liée à une cérémonie en l'honneur des empereurs Alexandre Sévère et Ovindus Camillus, associés à l'Empire. La pierre provient probablement d'une carrière locale et pourrait confirmer des événements historiques relatifs à Alexandre Sévère et Camillus. L'auteur invite M. de la Roque à partager d'autres interprétations de l'inscription et mentionne une autre inscription mutilée trouvée au même endroit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 1213-1217
DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
Début :
Dieux ! quel est le projet que la douleur m'inspire ! [...]
Mots clefs :
Enfers, Jupiter, Ombre, Dieux, Destinées, Tombeau, Tristesse, Haine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
DESCENTE AUX ENFERS,
O DE.
D
Ieux quel est le projet que la douleur
m'inspire !
Je me livre aux transports que j'éprouve en co
jour ::
N'hésitons plus allons au ténébreux empire
Ravir l'aimable objet d'un malheureux amour..
Orphée à ses accords dut le rare avantage ,
De pouvoir pénétrer jusqu'au sombre rivage ;
* Le Eils de Jupiter le dut à sa valeur ::
Pour attendrir Caron , pour appaiser Cerbere ,,
Pour flêchir des enfers le Monarque severe ,,
Je ne veux employer que ma vive douleur..
$2
* Hercule.
ܬܵܐ
I. Vol. Sii A vi
1214 MERCURE DE FRANCE
Si je ne puis te rendre à la clarté celeste ,
Chere ombre ; j'y renonce et je reste avec toi ...
Mais ou suis- je ! Quel bruit ! Quel Spectacle
funefte !
La frayeur me saisit ... c'est le styx que je voi :
Que des Manes errants sur ses fatales rives !
Insensible aux regrets de ces ombres plaintives ;
Caron prête l'oreille à mes tristes accords :
Il approche , et malgré les ordres de la Parque ;
Il se rend à mes voeux , me reçoit dans sa barque,
Il me passe ; déja je touche à d'autres bords.
M
Ici , Dieux immortels , des tourmens innom→
brables ,
Vous vangent de l'abus qu'on fit de vos bienfaits.
Hé , qui ne plaindroit pas le sort de ces coupables?
Quels supplices affreux punissent leurs forfaits ?
Trois monstres , Alecton , Tisiphone & Megere,
Ont le soin de servir votre juste colere.
En leurs barbares mains vous remettez vos droits
Je fremis , et mon oeil à regret les contemple ;
Ha ! je n'ai pas besoin d'un si terrible exemple ,
Dieux justes,pour apprendre à respecter vos Loix
Fuyons : éloignons nous de ces objets funebres :
Ils me glacent d'horreur ... je tombe dans la nuit ;
Par où dois -je passer ? je suis dans les tenebres ....
I, Vol.
Mais
JUIN. 1215 1731.
à
Mais d'où vient la clarté qui tout
La cruelle Atropos à mes yeux se presente ;
Je sens à cet aspect que
ma douleur augmente
Elle tient en ses mains le terrible ciseau ,
Qui de tous les mortels regle les destinées ,
Et qui vient de trancher les plus belles années
D'un objet que j'adore au de- là du tombeau.
coup me luie?
Elevé sur un Trône , au milieu des fantômes ,
Le Gendre de Cerés vient s'offrir à mes yeux.
Terrible Souverain de ces sombres Royaumes ,
Tu connois le dessein qui m'amene en ces lieux ;
Soulage la douleur de mon ame éperduë ,
Ordonne qu'à mes voeux Camille soit rendûë :
Pluton , si -mes sanglots ne peuvent t'émouvoir¿
Și la Loi du destin s'oppose à ma tendresse
Attendri par mes pleurs , sensible à ma tristesse
Daigne permettre au moins que je puisse le voir.
Le severe Pluton n'est pas inéxorable ,
Touché de mes regrets , il ordonne à Minos
De conduire mes pas vers cet azile aimable ,
Où Camille joüit d'un éternel repos :
J'apperçois du Léthé les tranquilles rivages ;
Agréable séjour ; c'est ici que les Sages ,
Goûtent après leur mort le plus parfait bonheur g
I. Vol.
Pour
1216 MERCURE DE FRANCE -
Pour ces lieux fortunez , les Dieux nous ont faig
naître ......
Camille à mes regards tarde trop de paroître ;
Minos , que tu sers mal les transports de mon
coeur !
Hâtons-nous je la vois , elle a repris ces
charmes ,
Que la faulx de la mort avoit sçû moissonner..
Chere ombre , arrête toi sois sensible à mes
larmes ,
>
A mes chastes transports , 'daigne t'abandonner …..
Camille ! tu me fuis ! tu ne veux pas m'entendre ,
A ce nouveau malheur aurois- je dû m'attendre ,
Après avoir franchi tant d'obstacles affreux ?
Quel accueil ! Quels regards ! Quel farouche
silence !
...
9
Helas ! me faudra -t-il pleurer ton inconstance !
Les plus tendres Amans sont-ils les moins heu
reux ?
Les Dieux condamnent-ils une si belle flâme ?
As tu pûte resoudre à me manquer de foy ?
Que dis-je ! quel soupçon vient s'offrir â mon
ame !
Ah ! tel est du destin l'irrévocable Loy :
Oui , ce n'est qu'à regret que Camille m'évite ;
Mais, de tant de malheurs mon desespoir s'irrite
St
I. Vol. Je
JUIN. 173F. 1217
Je la suivrai par tout , je ne la quitte pas ....
Minos , près de Pluton vas reprendre ta place ,,
De rester en ces lieux qu'il m'accorde la grace .
Sans Camille la vie a pour moi peu d'appas .
Ay-je pû , justes Dieux , meriter votre haine ,.
Pourquoi me forcez -vous de quitter ce séjour !:
Je vous implore en vain ; et Minos qui me meine
Va me rendre bientôt à la clarté du jour .
Pour la seconde fois chere ombre on nous sépare;;
Cedons sans murmurer à cet ordre barbare ,
Et respectons les Dieux jusques dans leur rigueur;
Adieu , puisse du moins la douleur qui m'accable,
Abreger de mes jours le reste déplorable ,
Cette seule esperance adoucit mon malheur.
Par M. V. D. L. T. d'Aix..
O DE.
D
Ieux quel est le projet que la douleur
m'inspire !
Je me livre aux transports que j'éprouve en co
jour ::
N'hésitons plus allons au ténébreux empire
Ravir l'aimable objet d'un malheureux amour..
Orphée à ses accords dut le rare avantage ,
De pouvoir pénétrer jusqu'au sombre rivage ;
* Le Eils de Jupiter le dut à sa valeur ::
Pour attendrir Caron , pour appaiser Cerbere ,,
Pour flêchir des enfers le Monarque severe ,,
Je ne veux employer que ma vive douleur..
$2
* Hercule.
ܬܵܐ
I. Vol. Sii A vi
1214 MERCURE DE FRANCE
Si je ne puis te rendre à la clarté celeste ,
Chere ombre ; j'y renonce et je reste avec toi ...
Mais ou suis- je ! Quel bruit ! Quel Spectacle
funefte !
La frayeur me saisit ... c'est le styx que je voi :
Que des Manes errants sur ses fatales rives !
Insensible aux regrets de ces ombres plaintives ;
Caron prête l'oreille à mes tristes accords :
Il approche , et malgré les ordres de la Parque ;
Il se rend à mes voeux , me reçoit dans sa barque,
Il me passe ; déja je touche à d'autres bords.
M
Ici , Dieux immortels , des tourmens innom→
brables ,
Vous vangent de l'abus qu'on fit de vos bienfaits.
Hé , qui ne plaindroit pas le sort de ces coupables?
Quels supplices affreux punissent leurs forfaits ?
Trois monstres , Alecton , Tisiphone & Megere,
Ont le soin de servir votre juste colere.
En leurs barbares mains vous remettez vos droits
Je fremis , et mon oeil à regret les contemple ;
Ha ! je n'ai pas besoin d'un si terrible exemple ,
Dieux justes,pour apprendre à respecter vos Loix
Fuyons : éloignons nous de ces objets funebres :
Ils me glacent d'horreur ... je tombe dans la nuit ;
Par où dois -je passer ? je suis dans les tenebres ....
I, Vol.
Mais
JUIN. 1215 1731.
à
Mais d'où vient la clarté qui tout
La cruelle Atropos à mes yeux se presente ;
Je sens à cet aspect que
ma douleur augmente
Elle tient en ses mains le terrible ciseau ,
Qui de tous les mortels regle les destinées ,
Et qui vient de trancher les plus belles années
D'un objet que j'adore au de- là du tombeau.
coup me luie?
Elevé sur un Trône , au milieu des fantômes ,
Le Gendre de Cerés vient s'offrir à mes yeux.
Terrible Souverain de ces sombres Royaumes ,
Tu connois le dessein qui m'amene en ces lieux ;
Soulage la douleur de mon ame éperduë ,
Ordonne qu'à mes voeux Camille soit rendûë :
Pluton , si -mes sanglots ne peuvent t'émouvoir¿
Și la Loi du destin s'oppose à ma tendresse
Attendri par mes pleurs , sensible à ma tristesse
Daigne permettre au moins que je puisse le voir.
Le severe Pluton n'est pas inéxorable ,
Touché de mes regrets , il ordonne à Minos
De conduire mes pas vers cet azile aimable ,
Où Camille joüit d'un éternel repos :
J'apperçois du Léthé les tranquilles rivages ;
Agréable séjour ; c'est ici que les Sages ,
Goûtent après leur mort le plus parfait bonheur g
I. Vol.
Pour
1216 MERCURE DE FRANCE -
Pour ces lieux fortunez , les Dieux nous ont faig
naître ......
Camille à mes regards tarde trop de paroître ;
Minos , que tu sers mal les transports de mon
coeur !
Hâtons-nous je la vois , elle a repris ces
charmes ,
Que la faulx de la mort avoit sçû moissonner..
Chere ombre , arrête toi sois sensible à mes
larmes ,
>
A mes chastes transports , 'daigne t'abandonner …..
Camille ! tu me fuis ! tu ne veux pas m'entendre ,
A ce nouveau malheur aurois- je dû m'attendre ,
Après avoir franchi tant d'obstacles affreux ?
Quel accueil ! Quels regards ! Quel farouche
silence !
...
9
Helas ! me faudra -t-il pleurer ton inconstance !
Les plus tendres Amans sont-ils les moins heu
reux ?
Les Dieux condamnent-ils une si belle flâme ?
As tu pûte resoudre à me manquer de foy ?
Que dis-je ! quel soupçon vient s'offrir â mon
ame !
Ah ! tel est du destin l'irrévocable Loy :
Oui , ce n'est qu'à regret que Camille m'évite ;
Mais, de tant de malheurs mon desespoir s'irrite
St
I. Vol. Je
JUIN. 173F. 1217
Je la suivrai par tout , je ne la quitte pas ....
Minos , près de Pluton vas reprendre ta place ,,
De rester en ces lieux qu'il m'accorde la grace .
Sans Camille la vie a pour moi peu d'appas .
Ay-je pû , justes Dieux , meriter votre haine ,.
Pourquoi me forcez -vous de quitter ce séjour !:
Je vous implore en vain ; et Minos qui me meine
Va me rendre bientôt à la clarté du jour .
Pour la seconde fois chere ombre on nous sépare;;
Cedons sans murmurer à cet ordre barbare ,
Et respectons les Dieux jusques dans leur rigueur;
Adieu , puisse du moins la douleur qui m'accable,
Abreger de mes jours le reste déplorable ,
Cette seule esperance adoucit mon malheur.
Par M. V. D. L. T. d'Aix..
Fermer
Résumé : DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
Le texte 'Descente aux enfers' narre le périple d'un personnage déterminé à retrouver son amour perdu, Camille. Motivé par une profonde douleur, il s'engage dans une expédition vers le 'ténébreux empire' pour sauver Camille. À l'instar d'Orphée et d'Hercule, il utilise sa souffrance pour apitoyer Caron et Cerbère, ainsi que pour émouvoir le souverain des enfers. Il traverse le fleuve Styx et observe les tourments infligés aux coupables, surveillés par les Furies. Il rencontre ensuite Atropos, qui lui révèle le destin scellé de Camille. Désespéré, il supplie Pluton de lui rendre Camille ou, à défaut, de lui permettre de la voir. Ému par ses larmes, Pluton ordonne à Minos de conduire le personnage vers Camille. Après l'avoir retrouvée, Camille le fuit. Désespéré, il décide de rester aux enfers avec elle. Cependant, Minos le ramène à la surface. Avant de partir, il espère que la douleur mettra fin à ses jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. [1627]-1637
ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Début :
Quelle douleur obstinée, [...]
Mots clefs :
Tombeau, Chagrin, Funèbres couleurs, Ombre, Douleur extrême, Destin, Mort, Gémir, Ennui, Mânes paisibles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
ODE
A Made *** Mere.d'une jeune Religieuse,
morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Uelle douleur obstinée ,
Change en nuits vos plus beaux
jours ?
Près d'un Tombeau prosternée ,
Voulez-vous pleurer toûjours ?
Le chagrin qui vous dévore ,
Chaque jour , avant l'Aurore ,
A ij Remet
SHIP
1628
MERCURE DE
FRANCE
Remet votre esprit aux fers :
La nuit vient , et trouve encore
Vos yeux aux larmes ouverts.
Les Graces accoûtumées ,
'A servir votre enjoûment ,
Sont surprises , allarmées ,
De cet affreux changement ;
Elles ne sçauroient se plaire ,
Dans ce réduit solitaire ,
Peint de funebres couleurs , *
Où votre ennui volontaire ,
Vient se nourrir dans les pleurs.
Trop justement attendrie ,
Vous avez dû pour un temps ,
Plaindre une fille chérie ,
Moissonnée en son printemps :
Dans ces premieres allarmes ,
La plainte même a des charmes ,
Dont un coeur triste est jaloux ;
Loin de condamner vos larmes ,
J'en répandois avec vous.
Mais c'est être trop constante ,
Dans de mortels déplaisirs :
La Nature se contente ,
T
D'u
JUILLET.
16.29
1731.
D'un mois entier de soupirs.
Hélas ! un chagrin si tendre,
Ranimera- t'il ta cendre
Ombre , encor chere à nos coeurs ?
Non , tu ne peux nous entendre ,
Ni répondre à nos clameurs.
C'en est fait : son jour suprême ,
Est expiré sans retour.;
Er votre douleur extrême ,
Ne peut lui rendre un seul jour.
Si les larmes maternelles ,
Du sein des nuits éternelles ,
Pouvoient enfin l'arracher ,
Vos yeux à l'amour fidelles ,
Ne devroient point se sécher..
La plainte la plus amére ,
N'attendrit pas le Destin :
Malgré les cris d'une mere "
La Mort retient sọn butin ;
Avide de funerailles ,
Ce Monstre né sans entrailles ,
g Sans cesse armé de flambeaux
Erre autour de nos Murailles
Pour nous creuser des Tombeaux,
y
A iij La
1630 MERCURE DE FRANCE
La Mort dans sa vaste course ,
Voit des Parens éplorez ,
Gémir ( trop foible ressource ! )
Sur des Enfans expirez ;
Sourde à leur plainte importune ,
Elle unit leur infortune-
Aux objets de leurs regrets ,
Dans une tombe commune
Et sous les mêmes Cyprès.
Des Enfers pâle Ministre ,
L'Ennui , comme un fier Vautour
Suit leurs pas d'un vol sinistre ,
Et les devore à leur tour.
De leur tragique tristesse ,
N'imitez point la foiblesse ;
Victime de vos langueurs 2
Bientôt à notre tendresse ,
Vous couteriez d'autres pleurs.
Soupirez-vous par coutume ,
Comme ces sombres Esprits ,
`Qui traînent dans l'amertume ,
La chaîne de leurs ennuis ?
C'est à tort que le Portique ,
Avec le Parnasse antiquè ,
Tient qu'il est doux de gémir ;
Un
JUILLET. 1731 , 1631
Un deüil lent et léthargique
Ne fut jamais un plaisir.
Quelle constance insensée ,
Veut nous dévouer aux Morts ?
Croit- on leur cendre glacée ,
Jalouse de ces transports ?
Pourquoi ces sanglots pénibles ,
Qui chez les Mânes paisibles ,
Ne seront point entendus ?
Leurs Ombres sont insensibles
Er nos soupirs sont perdus.
Dans l'horreur d'un bois sauvage ,
La Tourterelle gémie ,
Mais des peines du veuvage ,
Le Temps enfin l'affranchit ;
Semblable à la Tourterelle ,
En vain la douleur fidelle
T
Veut conserver son dégout ,
Le Temps triomphe enfin d'elle ,
Comme il triomphe de tout.
' D'Iphigénie immolée ,
Je vois le Bucher fumant:
Clytemnestre désolée ,
A iiij
Veut
1622
MERCURE DE FRANCE
Veut la suivre au Monument ;.
Une si triste manie ,
Par Egisthe fut bannie ,
L'Amour essuya ses pleurs.
Tels , de notre Iphigénie ,
Nous oublirons les malheurs.
Sur son aîle fugitive ,
Si le Temps doit emporter ,
Cette tristesse plaintive ,
Que vous semblez, respecter 3.
Sans attendre en servitude
Que de votre inquiétude ,
Il chasse le noir poison ,
Combattez-en l'habitude ,
Et vainquez-vous par raison.
D'une Grecque
magnanime ,
L'Héroïque fermeté ,
D'un chagrin pusillanime ,
Vous apprend l'indignité ;
Céphise , d'un oeil austere ,
Voit sa fille la plus chere ,
Entre ses bras expirer ,
Plus Heroïne que mere ,.
Elle craint de soupirer.,
D&
JUILLET. 1731. 1633
De son courage infléxible ,
Nature , ne te plains pas ;
Un coeur peut être sensible,
Sans cris pompeux sans éclats.
A la Parque en vain rebelle ,
Pourquoi m'affliger , dit-elle ,
J'y songeai , dès soǹ Berceau
J'élevois une Mortelle
Soumise au fatal Cizeau.
Mais non , Stoïques exemples ,,
Vous êtes d'un vain secours ;
Ce n'est que dans tes saints Temples ,
Grand Dieu , qu'est notre recours :
Pour guérir ce coup
funeste
Il faut une main Celeste ,
N'esperons rien des Mortels;
Un Consolateur nous reste
Il nous attend aux Autels.
"
Portez donc au Sanctuaire ,,
Soumise aux Divins Arrêts ,
Portez le coeur d'une mere
97
Chrétienne dans ses regrets..
Adorez- y , dans vos peines ,
L'Auteur des Loix souveraines ,
Qui décident de nos jours :
Av
1634 MERCURE DE FRANCE
Il rompt nos plus tendres chaînes,
Pour fixer seul nos amours.
Son choix nous l'avoit ravie ,
Celle dont j'écris le sórt ,
Long -temps avant que sa vie ,
Fût éteinte par la Mort.
D'un Monde que P'erreur vante
Une retraite fervente ,
Lui fermoit tous les chemins ;
Pour Dieu seul encor vivante ,
Elle étoit morte aux Humains...
La Victime , Dieu propice ,
A l'Autel alloit marcher ;
Déja pour le Sacrifice ,
L'Amour Saint dresse un Bucher ;
L'Encens , les Fleurs , tout s'aprête ,
Bien- tôt ta jeune Conquête ,
Va s'offrir ... Que dis-je ? helas !
J'allois chanter une Fête ,
Il faut pleurer un Trépas.
Qu'entens -je ? quels cris funebres !"
* Quelque temps avant sa derniere maladie
alle étoit sur le point de faire ses voeux ; elle
les prononça au lit de la mort,
Je
JUILLET. 1731. 1635
Je vois la Jeunesse en deuil :
Dans ces profondes tenebres.
Pour qui s'ouvre le cercueil ?
O Mort ! s'il est temps encore
De ses jours , dans leur Aurore
Ne tranche point le tissu ;
Cruelle ! envain je t'implore ,
Elle expire ! elle a vécu.
Ainsi périt une Rose ,
Que frappe un souffle mortel
On la cueille à peine éclose ,
Pour en parer un Autel
Depuis l'Aube matinale ,
La douce odeur qu'elle exhale
Parfume un Temple enchanté ;
Le jour fuit , la nuit fatale
Ensevelit sa beauté.
}
Ciel , nous plaignons sa jeunesse ,
Dont tes Loix ferment le cours ,
de ta Sagesse
Mais aux yeux
Elle avoit rempli ses jours ;
Ce n'est point par la durée,
Que doit être mesurée ,
La course de tes Elus ::
La mort n'est prématurée ,
Que pour qui meurt sans vertusä
A vj Pour
1636 MERCURE DE FRANCE
Pour départir ses Couronnes
Dieu ne compte point les ans ,
De ceux qu'aux Celestes Trônes ,
Sa main place avant le temps ;
Oui , d'un âge exempe de vices,
Les innocentes Prémices ,
Egalent , devant ses yeux ,
Vos plus nombreux sacrifices ,
Heros , vicillis pour les Cieux..
Vous donc Objet de mes rimes
De votre coeur abbatu ,
Par ces solides maximes ,
Fortifiez la vertu ; .·
A mille maux asservie ,,
Celle qui vous est ravie
Sembloit née à la douleur ::
Pour elle une courte vie ,
Fut un bienfait du Seigneur..
Si le Ciel est son partage ),
Gardez d'elle à l'avenir ,
Sans la pleurer davantage ,
112 .
uile souvenir ;.
Arbitre des années ,
(
Dieu, qui voit nos destinées:
Eclore et s'évanouir ,
Joigne
JUILLET. 1637 1737.
Joigne à vos ans les journées ,
Dont elle auroit dû joüit.
A Tours....
A Made *** Mere.d'une jeune Religieuse,
morte à Amiens au mois de Mars 1731.
Uelle douleur obstinée ,
Change en nuits vos plus beaux
jours ?
Près d'un Tombeau prosternée ,
Voulez-vous pleurer toûjours ?
Le chagrin qui vous dévore ,
Chaque jour , avant l'Aurore ,
A ij Remet
SHIP
1628
MERCURE DE
FRANCE
Remet votre esprit aux fers :
La nuit vient , et trouve encore
Vos yeux aux larmes ouverts.
Les Graces accoûtumées ,
'A servir votre enjoûment ,
Sont surprises , allarmées ,
De cet affreux changement ;
Elles ne sçauroient se plaire ,
Dans ce réduit solitaire ,
Peint de funebres couleurs , *
Où votre ennui volontaire ,
Vient se nourrir dans les pleurs.
Trop justement attendrie ,
Vous avez dû pour un temps ,
Plaindre une fille chérie ,
Moissonnée en son printemps :
Dans ces premieres allarmes ,
La plainte même a des charmes ,
Dont un coeur triste est jaloux ;
Loin de condamner vos larmes ,
J'en répandois avec vous.
Mais c'est être trop constante ,
Dans de mortels déplaisirs :
La Nature se contente ,
T
D'u
JUILLET.
16.29
1731.
D'un mois entier de soupirs.
Hélas ! un chagrin si tendre,
Ranimera- t'il ta cendre
Ombre , encor chere à nos coeurs ?
Non , tu ne peux nous entendre ,
Ni répondre à nos clameurs.
C'en est fait : son jour suprême ,
Est expiré sans retour.;
Er votre douleur extrême ,
Ne peut lui rendre un seul jour.
Si les larmes maternelles ,
Du sein des nuits éternelles ,
Pouvoient enfin l'arracher ,
Vos yeux à l'amour fidelles ,
Ne devroient point se sécher..
La plainte la plus amére ,
N'attendrit pas le Destin :
Malgré les cris d'une mere "
La Mort retient sọn butin ;
Avide de funerailles ,
Ce Monstre né sans entrailles ,
g Sans cesse armé de flambeaux
Erre autour de nos Murailles
Pour nous creuser des Tombeaux,
y
A iij La
1630 MERCURE DE FRANCE
La Mort dans sa vaste course ,
Voit des Parens éplorez ,
Gémir ( trop foible ressource ! )
Sur des Enfans expirez ;
Sourde à leur plainte importune ,
Elle unit leur infortune-
Aux objets de leurs regrets ,
Dans une tombe commune
Et sous les mêmes Cyprès.
Des Enfers pâle Ministre ,
L'Ennui , comme un fier Vautour
Suit leurs pas d'un vol sinistre ,
Et les devore à leur tour.
De leur tragique tristesse ,
N'imitez point la foiblesse ;
Victime de vos langueurs 2
Bientôt à notre tendresse ,
Vous couteriez d'autres pleurs.
Soupirez-vous par coutume ,
Comme ces sombres Esprits ,
`Qui traînent dans l'amertume ,
La chaîne de leurs ennuis ?
C'est à tort que le Portique ,
Avec le Parnasse antiquè ,
Tient qu'il est doux de gémir ;
Un
JUILLET. 1731 , 1631
Un deüil lent et léthargique
Ne fut jamais un plaisir.
Quelle constance insensée ,
Veut nous dévouer aux Morts ?
Croit- on leur cendre glacée ,
Jalouse de ces transports ?
Pourquoi ces sanglots pénibles ,
Qui chez les Mânes paisibles ,
Ne seront point entendus ?
Leurs Ombres sont insensibles
Er nos soupirs sont perdus.
Dans l'horreur d'un bois sauvage ,
La Tourterelle gémie ,
Mais des peines du veuvage ,
Le Temps enfin l'affranchit ;
Semblable à la Tourterelle ,
En vain la douleur fidelle
T
Veut conserver son dégout ,
Le Temps triomphe enfin d'elle ,
Comme il triomphe de tout.
' D'Iphigénie immolée ,
Je vois le Bucher fumant:
Clytemnestre désolée ,
A iiij
Veut
1622
MERCURE DE FRANCE
Veut la suivre au Monument ;.
Une si triste manie ,
Par Egisthe fut bannie ,
L'Amour essuya ses pleurs.
Tels , de notre Iphigénie ,
Nous oublirons les malheurs.
Sur son aîle fugitive ,
Si le Temps doit emporter ,
Cette tristesse plaintive ,
Que vous semblez, respecter 3.
Sans attendre en servitude
Que de votre inquiétude ,
Il chasse le noir poison ,
Combattez-en l'habitude ,
Et vainquez-vous par raison.
D'une Grecque
magnanime ,
L'Héroïque fermeté ,
D'un chagrin pusillanime ,
Vous apprend l'indignité ;
Céphise , d'un oeil austere ,
Voit sa fille la plus chere ,
Entre ses bras expirer ,
Plus Heroïne que mere ,.
Elle craint de soupirer.,
D&
JUILLET. 1731. 1633
De son courage infléxible ,
Nature , ne te plains pas ;
Un coeur peut être sensible,
Sans cris pompeux sans éclats.
A la Parque en vain rebelle ,
Pourquoi m'affliger , dit-elle ,
J'y songeai , dès soǹ Berceau
J'élevois une Mortelle
Soumise au fatal Cizeau.
Mais non , Stoïques exemples ,,
Vous êtes d'un vain secours ;
Ce n'est que dans tes saints Temples ,
Grand Dieu , qu'est notre recours :
Pour guérir ce coup
funeste
Il faut une main Celeste ,
N'esperons rien des Mortels;
Un Consolateur nous reste
Il nous attend aux Autels.
"
Portez donc au Sanctuaire ,,
Soumise aux Divins Arrêts ,
Portez le coeur d'une mere
97
Chrétienne dans ses regrets..
Adorez- y , dans vos peines ,
L'Auteur des Loix souveraines ,
Qui décident de nos jours :
Av
1634 MERCURE DE FRANCE
Il rompt nos plus tendres chaînes,
Pour fixer seul nos amours.
Son choix nous l'avoit ravie ,
Celle dont j'écris le sórt ,
Long -temps avant que sa vie ,
Fût éteinte par la Mort.
D'un Monde que P'erreur vante
Une retraite fervente ,
Lui fermoit tous les chemins ;
Pour Dieu seul encor vivante ,
Elle étoit morte aux Humains...
La Victime , Dieu propice ,
A l'Autel alloit marcher ;
Déja pour le Sacrifice ,
L'Amour Saint dresse un Bucher ;
L'Encens , les Fleurs , tout s'aprête ,
Bien- tôt ta jeune Conquête ,
Va s'offrir ... Que dis-je ? helas !
J'allois chanter une Fête ,
Il faut pleurer un Trépas.
Qu'entens -je ? quels cris funebres !"
* Quelque temps avant sa derniere maladie
alle étoit sur le point de faire ses voeux ; elle
les prononça au lit de la mort,
Je
JUILLET. 1731. 1635
Je vois la Jeunesse en deuil :
Dans ces profondes tenebres.
Pour qui s'ouvre le cercueil ?
O Mort ! s'il est temps encore
De ses jours , dans leur Aurore
Ne tranche point le tissu ;
Cruelle ! envain je t'implore ,
Elle expire ! elle a vécu.
Ainsi périt une Rose ,
Que frappe un souffle mortel
On la cueille à peine éclose ,
Pour en parer un Autel
Depuis l'Aube matinale ,
La douce odeur qu'elle exhale
Parfume un Temple enchanté ;
Le jour fuit , la nuit fatale
Ensevelit sa beauté.
}
Ciel , nous plaignons sa jeunesse ,
Dont tes Loix ferment le cours ,
de ta Sagesse
Mais aux yeux
Elle avoit rempli ses jours ;
Ce n'est point par la durée,
Que doit être mesurée ,
La course de tes Elus ::
La mort n'est prématurée ,
Que pour qui meurt sans vertusä
A vj Pour
1636 MERCURE DE FRANCE
Pour départir ses Couronnes
Dieu ne compte point les ans ,
De ceux qu'aux Celestes Trônes ,
Sa main place avant le temps ;
Oui , d'un âge exempe de vices,
Les innocentes Prémices ,
Egalent , devant ses yeux ,
Vos plus nombreux sacrifices ,
Heros , vicillis pour les Cieux..
Vous donc Objet de mes rimes
De votre coeur abbatu ,
Par ces solides maximes ,
Fortifiez la vertu ; .·
A mille maux asservie ,,
Celle qui vous est ravie
Sembloit née à la douleur ::
Pour elle une courte vie ,
Fut un bienfait du Seigneur..
Si le Ciel est son partage ),
Gardez d'elle à l'avenir ,
Sans la pleurer davantage ,
112 .
uile souvenir ;.
Arbitre des années ,
(
Dieu, qui voit nos destinées:
Eclore et s'évanouir ,
Joigne
JUILLET. 1637 1737.
Joigne à vos ans les journées ,
Dont elle auroit dû joüit.
A Tours....
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Résumé : ODE A Made *** Mere d'une jeune Religieuse, morte à Amiens au mois de Mars 1731.
L'ode commémore une jeune religieuse décédée à Amiens en mars 1731. Le texte exprime la douleur intense et persistante de la mère de la défunte, qui pleure sa fille emportée en pleine jeunesse. Les Grâces, habituées à servir le bonheur, sont surprises par ce changement funeste et ne peuvent se plaire dans ce lieu de deuil. La mère reconnaît la légitimité de son chagrin après une telle perte, mais critique la constance excessive dans la douleur. Elle souligne que les larmes maternelles ne peuvent ramener les morts. La Mort est décrite comme un monstre avide, indifférent aux pleurs des parents. Le poème met en garde contre l'imitation de la faiblesse tragique et encourage à surmonter la tristesse par la raison. Il évoque l'exemple de Céphise, une mère stoïque qui, malgré sa douleur, ne se laisse pas submerger par les pleurs. La mère de la jeune religieuse trouve finalement du réconfort dans la foi chrétienne, adore Dieu et accepte la volonté divine. Elle rappelle que la mort n'est prématurée que pour ceux qui meurent sans vertus et que Dieu récompense les âmes pures, indépendamment de leur âge. Elle conclut en souhaitant que les jours perdus par la défunte soient ajoutés à sa propre vie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. [2296]-2297
AUTRE SONNET, Sur le même sujet.
Début :
Sur le bord tenebreux, la Faye est descendu, [...]
Mots clefs :
Goût, Urbanité, Muses, Culte, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE SONNET, Sur le même sujet.
AUTRE SONNET
,
Sur le même fujet.
HIJATI
Ur le bord tenebreux , la Faye est descendu
Le Gout , l'Urbanité , la Raison délicate.
Tout ce qui distingua le Romain du Sarmate
Contre le trait fatal rien ne l'a deffendu .
C 4
Muses , qu'il chérissoit , & qui l'avez perdu ; ›
Du culte qu'on vous rend , si la douceur vous flate
Qu'en éloges plaintifs tout le Parnasse éclate
A sa memoire hélas ! ce tribut est bien dû.
Mais
OCTOBRE 1931. 2297
Mais ne l'exigez point de ma douleur trop
tendre. ༡ * 2
Que ne ferois-je pas pour honorer sa cendre ?
Souvent sur son Tombeau je veux jetter des fleurs?
Pour ma triste amitié Alatteuse et vaine'amorce !
Ma main, de les cueillir n'aura jamais la force ;
Et mon pouvoir ne va qu'à lui donner des pleurs.
,
Sur le même fujet.
HIJATI
Ur le bord tenebreux , la Faye est descendu
Le Gout , l'Urbanité , la Raison délicate.
Tout ce qui distingua le Romain du Sarmate
Contre le trait fatal rien ne l'a deffendu .
C 4
Muses , qu'il chérissoit , & qui l'avez perdu ; ›
Du culte qu'on vous rend , si la douceur vous flate
Qu'en éloges plaintifs tout le Parnasse éclate
A sa memoire hélas ! ce tribut est bien dû.
Mais
OCTOBRE 1931. 2297
Mais ne l'exigez point de ma douleur trop
tendre. ༡ * 2
Que ne ferois-je pas pour honorer sa cendre ?
Souvent sur son Tombeau je veux jetter des fleurs?
Pour ma triste amitié Alatteuse et vaine'amorce !
Ma main, de les cueillir n'aura jamais la force ;
Et mon pouvoir ne va qu'à lui donner des pleurs.
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Résumé : AUTRE SONNET, Sur le même sujet.
Le sonnet 'HIJATI' rend hommage à une personne décédée, incarnant le goût, l'urbanité et la raison délicate. Le poète, incapable de célébrer sa mémoire comme il le souhaite, exprime sa douleur et promet de verser des pleurs sur sa tombe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 1810-1811
Autres Antiques, trouvées en Portugal, Rome, &c. [titre d'après la table]
Début :
Des Lettres de Lisbonne portent, qu'on y avoit reçû avis de Braga, que des Ouvriers [...]
Mots clefs :
Braga, Vestiges, Colonne, Tombeau, Rome, Statues, Médailles, Antiquités romaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Antiques, trouvées en Portugal, Rome, &c. [titre d'après la table]
Des Lettres de Lisbonne portent , qu'on
y avoit reçû avis de Braga , que des Ou
vriers travaillant aux fondemens de l'ancienne Eglise de S. Martin de Dume ,
avoient trouvé les vestiges d'un Edifice
du temps des Romains , qu'on croit être
ceux d'un Temple dédié à Jupiter , parce
qu'on a trouvé des caracteres Romains
sur plusieurs pierres qui formoient les
Colomnes , et sur une Colomne assez bien
conservée , l'Inscription suivante , Jovi
expulsori Armia Lussina ex Voto posuit.
On a découvert aussi près de cette Colomne , un Tombeau de Marbre blanc ,
d'onze palmes de contour et large de trois
palmes , dans lequel on a trouvé les os
d'un Corps humain , que quelques Sçayans du Païs croyent être celui de Théadomire , l'un des Rois des Sueves , qui
ont regné en Portugal , qui mourut l'an
570. et qui avoit fondé le Monastete de
S.
AOUST. 1732.
1811
S. Martin de Dume. Comme les Goths
avoient ruiné les Edifices des Romains, les
Arabes ou Sarrazins ont pareillement détruit les Edifices des Goths , c'est ce qui
peut occasionner la confusion et le mêlange de toutes ces ruines , sur lesquelles
l'Académie Royale de l'Histoire , a ordre
de faire des recherches , dont elle fera
part au Public.
On écrit de Rome , que des Ouvriers
creusant depuis peu la terre aux environs
de la Chapelle de la Maison Corsini , y
trouverent quatre Statuës , une Colomne
de Jaspe antique ; deux autres Colomnes, des Urnes sépulcrales, quelques Lampes de Terre cuite , plusieurs Médailles
d'Empereurs , et diverses autres Antiqui- tez Romaines.
y avoit reçû avis de Braga , que des Ou
vriers travaillant aux fondemens de l'ancienne Eglise de S. Martin de Dume ,
avoient trouvé les vestiges d'un Edifice
du temps des Romains , qu'on croit être
ceux d'un Temple dédié à Jupiter , parce
qu'on a trouvé des caracteres Romains
sur plusieurs pierres qui formoient les
Colomnes , et sur une Colomne assez bien
conservée , l'Inscription suivante , Jovi
expulsori Armia Lussina ex Voto posuit.
On a découvert aussi près de cette Colomne , un Tombeau de Marbre blanc ,
d'onze palmes de contour et large de trois
palmes , dans lequel on a trouvé les os
d'un Corps humain , que quelques Sçayans du Païs croyent être celui de Théadomire , l'un des Rois des Sueves , qui
ont regné en Portugal , qui mourut l'an
570. et qui avoit fondé le Monastete de
S.
AOUST. 1732.
1811
S. Martin de Dume. Comme les Goths
avoient ruiné les Edifices des Romains, les
Arabes ou Sarrazins ont pareillement détruit les Edifices des Goths , c'est ce qui
peut occasionner la confusion et le mêlange de toutes ces ruines , sur lesquelles
l'Académie Royale de l'Histoire , a ordre
de faire des recherches , dont elle fera
part au Public.
On écrit de Rome , que des Ouvriers
creusant depuis peu la terre aux environs
de la Chapelle de la Maison Corsini , y
trouverent quatre Statuës , une Colomne
de Jaspe antique ; deux autres Colomnes, des Urnes sépulcrales, quelques Lampes de Terre cuite , plusieurs Médailles
d'Empereurs , et diverses autres Antiqui- tez Romaines.
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Résumé : Autres Antiques, trouvées en Portugal, Rome, &c. [titre d'après la table]
En août 1732, des ouvriers à Lisbonne ont découvert les vestiges d'un temple romain dédié à Jupiter sous les fondations de l'ancienne église de Saint-Martin de Dume. Cette hypothèse est confirmée par des inscriptions en caractères romains, dont une sur une colonne : 'Jovi expulsori Armia Lussina ex Voto posuit'. Près de cette colonne, un tombeau de marbre blanc contenant des ossements humains a été trouvé. Certains savants locaux suggèrent que ces ossements pourraient appartenir à Théodomir, roi des Suèves mort en 570. Les ruines romaines, gothiques et arabes se mélangent en raison des destructions successives. L'Académie Royale de l'Histoire a été chargée d'étudier ces vestiges et de publier les résultats. Parallèlement, à Rome, des antiquités romaines, incluant des statues, des colonnes et des médailles d'empereurs, ont été découvertes près de la chapelle de la Maison Corsini.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 1262-1276
SUITE de la Dissertation sur les Enseignes Militaires des François.
Début :
Les Eglises dédiées à des Saints, du rang des Confesseurs, avoient leurs [...]
Mots clefs :
Enseignes militaires, Oriflamme, Abbaye de Saint-Denis, Montjoye, Rois, Tombeau, Armée, Saints, Montagne, Coutume, Martyrs, Trésor, Gardiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Dissertation sur les Enseignes Militaires des François.
SUITE de la Dissertation sur les
Enseignes Militaires des François.
La
Es Eglises dédiées à des Saints , du
rang des Confesseurs , avoient leurs
Bannieres de couleur Bleue ou Violette :
celle de S.Martin devoit être de cette cou-
* L'Auteur ne prétend point condamner le jugement
de l'Académie , et quiconque l'interpréteroit
ainsi , n'entendroit point le sens de la Strophe.
II. Vol. leus
JUIN. 1733. 1263
leur , et c'est peut - être ce qui fit que lorsque
nos Rois prirent des Fleurs de Lys
pour armoiries , ils les mirent sur un
fond de gros bleu , en l'honneur de saint
Martin , dont la dévotion n'étoit pas
tout-à- fait tombée dans ces temps - là.
On prit la coutume de faire les Bannieres
de couleurs qui montrassent la
classe des Saints à qui elles étoient dédiées
, conformement à l'usage des Ecclesiastiques
, qui ont toujours observé ,
en faisant l'Office Divin , d'avoir des ornemens
qui désignassent la qualité du
Saint dont on fait la fête , prenant des
Chappes blanches pour les fêtes des
Vierges , des rouges pour les Martyrs ,
des vertes et des bleues pour les Confesseurs
, et des noires pour l'Office des
Morts.
Toutes ces Bannieres se terminoient en
trois pointes , désignant la Trinité. Celle
de Saint Denys prit le nom d'Oriflamme;
à cause de sa forme qui étoit une Lance
dorée , à laquelle pendoit un morééau
d'Etoffe de soye rouge , taillé en ma→
niere de flamme à trois pointes , terminées
chacune par une Houpe verte.M.du
Cange a fait une Dissertation qui renferme
tout ce que les Auteurs François ont
II. Vol. A v ' écrit
1264 MERCURE DE FRANCE
écrit de cette mystérieuse Enseigne , on
peut y avoir recours.
L'emploi de celui qui la portoit pour
le Roy , n'étoit qu'une commission ; le
Gentilhomme qui en avoit été chargé
pendant une Guerre , la reportoit à saint
Denis aussi- tôt que la Guerre étoit finie ;
et si on avoit besoin de la reprendre pour
une autre expédition , la commission en
étoit donnée souvent à un autre Gentilhomme.
Mais comme le temps change les usages,
les derniers Porte Oriflammes se succedoient
quelquefois de pere en fils dans
cette fonction ; et de plus ils négligeoient
de rapporter ce pieux dépôt qu'on leur
avoit confié dans le lieu où il devoit être
et le gardoient chez eux , sur tout quand
l'expedition pour laquelle ont l'avoit
prise , n'étoit point terminée , et qu'il
falloit retourner à la Guerre la Campagne
suivante .
On voit par l'Histoire de l'Abbaye de
S. Denys , de Dom Félibien , ( pag. 313. )
que le Roy Charles VI.après avoir nommé
Hurin , Sire d'Aumont , pour garder
l'Oriflamme , lui ordonna d'aller prendre
cetre Enseigne que Guillaume des
Bordes ( qui la gardoit auparavant ) avoit
11. Vol.
reJUIN.
1733 .
1265
retenue chez lui , n'ayant point eu occasion
de la déployer pour le service du
Roy , et ordonna en même temps au Sire
d'Aumont de la reporter dans l'Abbaye
de S. Denys .
L'ignorance et la crédulité où l'on étoit
dans lessiéc les où l'Oriflamme fut en réputation
, faisoit débiter bien des contes
sur son origine , on prétendoit qu'elle
avoit été apportée du Ciel , par un Ange ,
avec l'Ecu flourdelisé , dans le temps de
la conversion de Clovis , et long - temps
après que cette Enseigne eut cessé de paroître
dans les Armées,on croïoit qu'elle s'en
étoit retournée au Ciel , on se persuadoit
core qu'elle ne s'usoit point ; mais présentement
qu'on est revenu de toutes ces
pieuses fables , il est raisonnable de penser
que quand l'Oriflamme étoit vieille
et déchirée, on en substituoit une autre à
sa place , et les Religieux faisoient de la
vieille ce qu'ils vouloient , et quelquefois
elle restoit au Porte - Oriflamme , qui
en disposoit à sa volonté; comme les Colonels
font aujourd'hui des Drapeaux et des
Etendarts qui ont servi à leurs Regimens
qu'ils gardent souvent chez eux comme
des marques honorables pour leurs Descendans
, quand ils n'en veulent pas disposer
en faveur de quelque Eglise où
II. Vol.
·A vj
il
1266 MERCURE DE FRANCE
ils ont dévotion , ou en faire quelqu'au
tre usage.
La coutume d'offrir à la Divinité les
Enseignes prises sur l'Ennemi est tresancienne
; les Payens mettoient dans les
Temples de leurs Dieux les Trophées
qu'ils rapportoient de la Guerre. Les Philistins
après avoir vaincu Saül , appendirent
les armes de ce Roy aux voutes du
Temple de leur Dieu Astaroth, ( Les Rois,
liv. 1. ) et dans l'histoire de Sablé , par
M. Ménage , on voit dans la Généalogie
des Seigneurs de Mayenne , qu'un de ces
Seigneurs étant revenu d'une Croisade
offrit à une Eglise de sa Terre les Enseignes
qu'il avoit rapportées de son voïage.
On expose dans l'Eglise de Notre - Dame
de Paris toutes les Enseignes de Terre
et de Mer qui se gagnent sur l'Ennemi
pendant une Guerre , et on ne les ôte que
quand la paix est faite.
Le Poëte Malherbe dans une Lettre
qu'il écrit à son Cousin , le 22 Decembre
1627. lui dit : Les Drapeaux pris sur les
Anglois , à l'attaque de l'Isle de Rhé ,
furent hier apportez au Louvre , on leur
fit faire un tour dans la Cour , selon la
coutume , et on les porta ensuite à N. D.
Il y en a 44. qui ont tous au bout d'enhaut
et au coin , qui est vers le bois , un
II. Vol mor
JUIN. 1733. 1267
morceau de Tafetas blanc , d'environ 3
pieds en quarré , et en ce Tafetas , il yуэa
une Croix rouge qui touche à toutes les
4 faces de ce quarré. De maniere qu'en
admettant ( comme on le doit ) le renouvellement
de l'Oriflamme, quand elle étoit
usée , on accordera deux opinions diffé
rentes d'Auteurs sur le sort que cette Enseigne
a eu depuis que nos Rois ne l'ont
plus fait porter dans leurs Armées ; ce
qui arriva sous Charles VII . pendant que
les Anglois étoient Maîtres de Paris. Les
uns soutenant qu'elle étoit toujours restée
dans le trésor de S. Denys , où on la
voyoit encore en 1534 et 1594. suivant
les Inventaires du même trésor, faits dans
ces années- là ; et les autres ont pensé
qu'elle a pû rester en la possession des
Gentilhommes qui en avoient la garde ,
et que par conséquent on peut trouver
des Oriflammes dans les Archives des
descendans de ces Gentilhommes. Messieurs
d'Harcourt en conservent un , qui
leur vient par succession de Pierre de
Villiers l'Isle - Adam , Grand - Maître de
France et Porte Oriflamme , dont la fille
épousa Jean de Garenciere , et fut Ayeul
d'une Tugdal de Karmoisien , mariée à
Jean de Gaillon , grand- pere de ' Françoise
de Gaillon femme de François.
II. Vol. d'Har
1268 MERCURE DE FRANCE
d'Harcourt , Seigneur de Beuvron , à la
posterité duquel appartient ( selon M. de
la Roque, dans son Histoire de la Maison
d'Harcourt , ) le droit de garder l'Oriflamme
, en supposant que cette dignité
étoit devenue sur sa fin héréditaire dans
les familles de ceux qui l'ont possedée .
Quant à la difference que le P. Daniel
( dans sa Milice Françoise ) trouve ,
entre l'Oriflamme, qui est chez Messieurs
d'Harcourt , et celle qui étoit dans le
Trésor de S.Denys , ce qui lui fait dire que
la premiere n'est pas la véritable , c'est
une minutie où il ne faut point s'arrêter ,
car quoique l'Etendart de S. Denys ait
été pendant long temps d'une seule couleur
pleine , la mode y'a pû faire ajouter
dans les derniers temps des ornemens ,
comme des Flammes et des Couronnes
en Broderies d'or. Il suffit que la couleur
de l'Oriflamme, conservée chez Messieurs
d'Harcourt, soit rouge, pour croire qu'el
le peut être aussi véritable que celle qui
se trouvoit dans le Trésor de S. Denys au
16 siécle, quoique celle - cy fut plus grande
et d'une étoffe unie .
Il n'est pas même certain qu'il n'y eut
qu'une Oriflamme d'usage en mêmetemps
, et que quand il y en avoit une à
l'Armée , il n'y en cut pas encore une
II. Vol.
autre
JUIN. 1733. 1269
autre qui restoit à S. Denys , pour les
besoins extraordinaires de l'Abbaye , ou
pour envoyer à une seconde Armée
Royale ; car l'Oriflamme étoit un Etendart
, attaché à l'Armée , et non à la personne
des Rois , comme je le ferai voir
en parlant de l'Etendart Royal , autre
Enseigne qui ne quittoit point le Corps
du Roy , au lieu que l'Oriflamme alloit
toute seule à la tête de l'armée , gardée
seulement par une Troupe de Cavaliers
d'Elite Vexillum sancti Dionisii quod
omnes præcedere in bella solebat.
Voicy ce que dit Rigord , Historien
de Philippe Auguste , en parlant de ce
qui se fit à S. Denis , lorsque ce Prince y
alla prendre l'Oriflamme pour son voyage
d'Outremer , après que le Roy , à genoux
devant le Sépulchre des Saints Martyrs
, eut imploré par ses prieres et ses larmes
, l'assistance du Ciel , il reçut la Pannetiere
et le Bourdon des mains de Guillaume
, Archevêque de Rheims , son oncle
maternel , et il y prit ensuite de sa propre
main deux Etendarts qui étoient sur la
Châsse des Saints Martyrs .
Voilà certainement une occasion où il
paroît deux Oriflammes à la fois , peutêtre
qu'on les doubloit pour n'en pas
manquer en cas qu'il s'en perdît une ;
II. Vol. en
270 MERCURE DE FRANCE
en supposant cela on accordera ce qui
se trouve dans deux Historiens , Jacques
Meyer et Guillaume Guyard , le premier
soutenant que la véritable Oriflamme
fut perdue au combat de Mons en
Puelle, et qu'elle ne se retrouva plus, pendant
que le second assure que l'Oriflamme
qui se perdit dans ce Combat , n'étoit
qu'une Enseigne contrefaite que le
Roy avoit fait paroître ce jour - là pour
encourager ses Soldats ; cecy sent bien
le conte fait à plaisir ; quelle raison le
Roy auroit-il eû de tromper ses Soldats.
dans la supposition de cette fausse Enseigne
? Ne vaut-il pas mieux convenir
que dans les occasions que l'on jugeoit
devoir être périlieuses , on se munissoit
de deux de ces Enseignes , pour pouvoir
les substituer l'une à l'autre , en cas qu'il
s'en perdit une , et que c'est ce qui fut
fait à la bataille de Mons en Puelle , où
l'une ayant été perduë la veille , il en
reparut une autre le lendemain .
Ce que je dis n'est point pour diminuer
l'estime que nous croyons que nos
Ancêtres faisoient de cet Etendart . Ils le
regardoient comme un Symbole de Religion
; et dans cette idée ils lui donnoient
le premier rang sur toutes leurs autres:
Enseignes .
4
II. Vol Qmaibus
JUIN . 1733: 1271
Omnibus in bellis habet omnia signa
preire , dans l'esperance que leur Saint
Patron , à qui appartenoit cette Enseigne,
obtiendroit du Ciel par ses prieres la direction
des guerres qu'ils entreprenoient
et les feroient réussir à leur avantage.
Le nom du Saint devint aussi leur cri
de guerre ; ce fut sous Louis le Gros
qu'on commença à invoquer S. Denis ,
Patron du Royaume , dans tous les besoins
Militaires par ces mots , MONTJOYE
SAINT DENIS , qui sont devenus la Devise
génerale de nos Rois. Dans tous les
temps et chez toutes les Nations , la
coûtume des Soldats étoit de faire de
grands cris avant que de combattre et
après avoir combattu ; les premiers de
ces cris pour exciter le courage et jetter
l'effroy dans le coeur de l'Ennemi , et les
seconds pour remercier les Dieux qu'on
adoroit du gain d'une bataille , et en célebrer
la premiere réjouissance .
Clovis dans le Champ de Colbrac ;
implore le secours du Dieu que sa femme
adore. Les François devenus Chrétiens ,
adressent leurs cris à S. Martin , ensuite
à S. Denis , esperant attirer sur eux les
faveurs du Ciel par l'intercession de leurs
Saints Protecteurs.
De tous les Auteurs qui ont voulu
II. Vol.
expliquer
1272 MERCURE DE FRANCE
expliquer le mot de Montjoye , qui précedoit
celui de S. Denis dans l'acclamation
Militaire des François , Mrs Ducange
et de Caseneuve , sont ceux qui ont
le mieux pensé sur la véritable signifisation
de ce mot , en disant que c'est
un vieux terme François qui exprime
une Colline ,
diminutif de Montagne 3
toute l'erreur du premier de ces deux
Sçavans , est de dire que par le mot de
Montjoye , il faut entendre seulement la
Montagne de Montmartre où S. Denis
fut martyrisé ; le Pere Daniel , dans sa
Milice Françoise , qui a voulu le relever
sur cette méprise , a plus mal fait que
lui en disant que Montmartre est une
veritable Montagne , qu'elle est trop
haute pour qu'on lui puisse donner ce
nom de Montjoye , et qu'elle se trouve
appellée par tout Montagne de Mars , et
non pas Montjoye , est- ce là une raison assez
solide pour que Montjoye ne puisse pas
signifier un petit Mont ? Si ce Pere avoit
poussé ses Recherches jusques dans les
usages que les Gaulois et les Germains
observoient en enterrant leurs Morts ,
il auroit trouvé la preuve que Montjoye
a signifié une petite Montagne artificielle
qui se formoit de la maniere que voicy :
Quand un Chef de Guerre de ces Na-
II. Vol. tions
JUIN. 1733. 1273
tions mouroit au milieu de son armée ,
après que le corps avoit été mis dans
une fosse avec toutes les ceremonies qui
s'observoient en pareil cas , chaque Soldat
portoit une pelletée de terre pour
recouvrir la fosse de son General , ca
qui formoit dessus une petite éminence
qui devenoit haute à proportion que
l'armée
qui faisoit l'enterrement , étoit nombreuse.
La Flandre et les Provinces qui l'avoisinent
, sont encore pleines de ces monticules
qu'on appelloit dans le Pays des
Tombes , pour mieux conserver le souvenir
du sujet qui les a produites ; avant
que de prendre ce nom de Tombes , elles
avoint celui de Montjoye , terme qui a
toujours signifié en vieux François une
élevation , qui sert à marquer un lieu
que l'on veut reconnoître , et où l'on
veut parvenir quand on en est éloigné.
›
Les Phares qui sont sur les Ports de
Mer , les Balises , faites de tonneaux ou
de pieces de bois flotantes sur l'eau pour
servir à guider les Vaisseaux entre des
Rochers cachez sous l'eau , et enfin toutes
sortes de marques propres à faire éviter
les dangers et à montrer les lieux éloignez
, ou ceux qui renferment des choses
dignes de memoire , étoient nommez
II. Vel. des
1274 MERCURE DE FRANCE
des Montjoyes , parcequ'elles apprenoient
avec plaisir à ceux qui les voyoient , des
Endroits que l'on auroit eu peine à re
trouver sans leurs secours.
On élevoit des Montjoyes sur les Tombeaux
des personnes de considération ,
plus ou moins magnifiques et remarqua
bles , selon la dignité de ces personnes ;
les premiers Chrétiens persécutez , mirent
des marques moins sensibles sur les Tombeaux
des Martyrs qui se trouvoient en
pleine campagne ; ces marques , qui n'étoient
souvent que de simples pierres ,
eurent le même nom . On n'oublia pas
sans doute de mettre une Montjoye sur
le Tombeau de S. Denis et de ses Compagnons
, jusqu'à-ce qu'on fût en liberté
de renfermer ce Tombeau dans une Eglise
; dans la suite l'Eglise où il étoit renfermé
étant devenue célebre par la dévotion
les Fidelles eurent à ce Tomque
beau , les Rois qui s'en rendirent les Protecteurs
, se regarderent en même-temps
comine les Gardiens de ce S. Tombeau ; et
pour montrer publiquement l'honneus
qu'ils se faisoient de cette qualité , ils
l'exprimoient par le nom ancien de Montjoye
, et prirent delà occasion de crier
à la guerre Montjoye S. Denis , comme
s'ils eussent voulu dire nous sommes les
II. Vel.
garN.
1733. 1275
"
gardiens du Tombeau de S. Denis , la
Banniere dont nous nous servons en est
la marque , et nous la portons pour deffendre
les biens qui appartiennent à ce
Saint , et qui ont été offerts à son Tombeau.
Dans toutes les Religions du Monde
les Princes qui ont eu de la pieté , se
sont toujours fait honneur d'être dépositaires
de quelques Monumens respectables
de ces Religions. Il semble même
que la destinée des Empires soit , pour
ainsi dire , attachée à la conservation de
ces Monumens. Les Payens enchaînoient
leurs Dieux . Une Ville croyoit ne jamais
succomber aux efforts de ses Ennemis
tant qu'elle étoit en possession de ses
Lares et de ses Pénates. La ruine de Troye
ne fut attribuée qu'à l'enlevement du
Palladium.
Les Empereurs Ottomans gardent avec
soin dans leur Serrail l'Etendart de guerre
et la Robbe de Mahomet. Tous les
Princes de cette Religion qui ont possedé
la Ville de Jérusalem , ont tous pris
la qualité de Maîtres ou de Possesseurs
du S. Tombeau.
Pourquoi nos Rois Très- Chrétiens ne
se seroient-ils pas fait le même honneur
de se dire les Gardiens du Tombeau d'un
II. Vol.
Martys
16/0 VIL
ע ע
Martyr de qui leurs Peuples tiennent la
Foy , et de montrer l'estime qu'ils faisoient
de ce Titre par ce cri d'allegresse
Montjoye S. Denis.
Enseignes Militaires des François.
La
Es Eglises dédiées à des Saints , du
rang des Confesseurs , avoient leurs
Bannieres de couleur Bleue ou Violette :
celle de S.Martin devoit être de cette cou-
* L'Auteur ne prétend point condamner le jugement
de l'Académie , et quiconque l'interpréteroit
ainsi , n'entendroit point le sens de la Strophe.
II. Vol. leus
JUIN. 1733. 1263
leur , et c'est peut - être ce qui fit que lorsque
nos Rois prirent des Fleurs de Lys
pour armoiries , ils les mirent sur un
fond de gros bleu , en l'honneur de saint
Martin , dont la dévotion n'étoit pas
tout-à- fait tombée dans ces temps - là.
On prit la coutume de faire les Bannieres
de couleurs qui montrassent la
classe des Saints à qui elles étoient dédiées
, conformement à l'usage des Ecclesiastiques
, qui ont toujours observé ,
en faisant l'Office Divin , d'avoir des ornemens
qui désignassent la qualité du
Saint dont on fait la fête , prenant des
Chappes blanches pour les fêtes des
Vierges , des rouges pour les Martyrs ,
des vertes et des bleues pour les Confesseurs
, et des noires pour l'Office des
Morts.
Toutes ces Bannieres se terminoient en
trois pointes , désignant la Trinité. Celle
de Saint Denys prit le nom d'Oriflamme;
à cause de sa forme qui étoit une Lance
dorée , à laquelle pendoit un morééau
d'Etoffe de soye rouge , taillé en ma→
niere de flamme à trois pointes , terminées
chacune par une Houpe verte.M.du
Cange a fait une Dissertation qui renferme
tout ce que les Auteurs François ont
II. Vol. A v ' écrit
1264 MERCURE DE FRANCE
écrit de cette mystérieuse Enseigne , on
peut y avoir recours.
L'emploi de celui qui la portoit pour
le Roy , n'étoit qu'une commission ; le
Gentilhomme qui en avoit été chargé
pendant une Guerre , la reportoit à saint
Denis aussi- tôt que la Guerre étoit finie ;
et si on avoit besoin de la reprendre pour
une autre expédition , la commission en
étoit donnée souvent à un autre Gentilhomme.
Mais comme le temps change les usages,
les derniers Porte Oriflammes se succedoient
quelquefois de pere en fils dans
cette fonction ; et de plus ils négligeoient
de rapporter ce pieux dépôt qu'on leur
avoit confié dans le lieu où il devoit être
et le gardoient chez eux , sur tout quand
l'expedition pour laquelle ont l'avoit
prise , n'étoit point terminée , et qu'il
falloit retourner à la Guerre la Campagne
suivante .
On voit par l'Histoire de l'Abbaye de
S. Denys , de Dom Félibien , ( pag. 313. )
que le Roy Charles VI.après avoir nommé
Hurin , Sire d'Aumont , pour garder
l'Oriflamme , lui ordonna d'aller prendre
cetre Enseigne que Guillaume des
Bordes ( qui la gardoit auparavant ) avoit
11. Vol.
reJUIN.
1733 .
1265
retenue chez lui , n'ayant point eu occasion
de la déployer pour le service du
Roy , et ordonna en même temps au Sire
d'Aumont de la reporter dans l'Abbaye
de S. Denys .
L'ignorance et la crédulité où l'on étoit
dans lessiéc les où l'Oriflamme fut en réputation
, faisoit débiter bien des contes
sur son origine , on prétendoit qu'elle
avoit été apportée du Ciel , par un Ange ,
avec l'Ecu flourdelisé , dans le temps de
la conversion de Clovis , et long - temps
après que cette Enseigne eut cessé de paroître
dans les Armées,on croïoit qu'elle s'en
étoit retournée au Ciel , on se persuadoit
core qu'elle ne s'usoit point ; mais présentement
qu'on est revenu de toutes ces
pieuses fables , il est raisonnable de penser
que quand l'Oriflamme étoit vieille
et déchirée, on en substituoit une autre à
sa place , et les Religieux faisoient de la
vieille ce qu'ils vouloient , et quelquefois
elle restoit au Porte - Oriflamme , qui
en disposoit à sa volonté; comme les Colonels
font aujourd'hui des Drapeaux et des
Etendarts qui ont servi à leurs Regimens
qu'ils gardent souvent chez eux comme
des marques honorables pour leurs Descendans
, quand ils n'en veulent pas disposer
en faveur de quelque Eglise où
II. Vol.
·A vj
il
1266 MERCURE DE FRANCE
ils ont dévotion , ou en faire quelqu'au
tre usage.
La coutume d'offrir à la Divinité les
Enseignes prises sur l'Ennemi est tresancienne
; les Payens mettoient dans les
Temples de leurs Dieux les Trophées
qu'ils rapportoient de la Guerre. Les Philistins
après avoir vaincu Saül , appendirent
les armes de ce Roy aux voutes du
Temple de leur Dieu Astaroth, ( Les Rois,
liv. 1. ) et dans l'histoire de Sablé , par
M. Ménage , on voit dans la Généalogie
des Seigneurs de Mayenne , qu'un de ces
Seigneurs étant revenu d'une Croisade
offrit à une Eglise de sa Terre les Enseignes
qu'il avoit rapportées de son voïage.
On expose dans l'Eglise de Notre - Dame
de Paris toutes les Enseignes de Terre
et de Mer qui se gagnent sur l'Ennemi
pendant une Guerre , et on ne les ôte que
quand la paix est faite.
Le Poëte Malherbe dans une Lettre
qu'il écrit à son Cousin , le 22 Decembre
1627. lui dit : Les Drapeaux pris sur les
Anglois , à l'attaque de l'Isle de Rhé ,
furent hier apportez au Louvre , on leur
fit faire un tour dans la Cour , selon la
coutume , et on les porta ensuite à N. D.
Il y en a 44. qui ont tous au bout d'enhaut
et au coin , qui est vers le bois , un
II. Vol mor
JUIN. 1733. 1267
morceau de Tafetas blanc , d'environ 3
pieds en quarré , et en ce Tafetas , il yуэa
une Croix rouge qui touche à toutes les
4 faces de ce quarré. De maniere qu'en
admettant ( comme on le doit ) le renouvellement
de l'Oriflamme, quand elle étoit
usée , on accordera deux opinions diffé
rentes d'Auteurs sur le sort que cette Enseigne
a eu depuis que nos Rois ne l'ont
plus fait porter dans leurs Armées ; ce
qui arriva sous Charles VII . pendant que
les Anglois étoient Maîtres de Paris. Les
uns soutenant qu'elle étoit toujours restée
dans le trésor de S. Denys , où on la
voyoit encore en 1534 et 1594. suivant
les Inventaires du même trésor, faits dans
ces années- là ; et les autres ont pensé
qu'elle a pû rester en la possession des
Gentilhommes qui en avoient la garde ,
et que par conséquent on peut trouver
des Oriflammes dans les Archives des
descendans de ces Gentilhommes. Messieurs
d'Harcourt en conservent un , qui
leur vient par succession de Pierre de
Villiers l'Isle - Adam , Grand - Maître de
France et Porte Oriflamme , dont la fille
épousa Jean de Garenciere , et fut Ayeul
d'une Tugdal de Karmoisien , mariée à
Jean de Gaillon , grand- pere de ' Françoise
de Gaillon femme de François.
II. Vol. d'Har
1268 MERCURE DE FRANCE
d'Harcourt , Seigneur de Beuvron , à la
posterité duquel appartient ( selon M. de
la Roque, dans son Histoire de la Maison
d'Harcourt , ) le droit de garder l'Oriflamme
, en supposant que cette dignité
étoit devenue sur sa fin héréditaire dans
les familles de ceux qui l'ont possedée .
Quant à la difference que le P. Daniel
( dans sa Milice Françoise ) trouve ,
entre l'Oriflamme, qui est chez Messieurs
d'Harcourt , et celle qui étoit dans le
Trésor de S.Denys , ce qui lui fait dire que
la premiere n'est pas la véritable , c'est
une minutie où il ne faut point s'arrêter ,
car quoique l'Etendart de S. Denys ait
été pendant long temps d'une seule couleur
pleine , la mode y'a pû faire ajouter
dans les derniers temps des ornemens ,
comme des Flammes et des Couronnes
en Broderies d'or. Il suffit que la couleur
de l'Oriflamme, conservée chez Messieurs
d'Harcourt, soit rouge, pour croire qu'el
le peut être aussi véritable que celle qui
se trouvoit dans le Trésor de S. Denys au
16 siécle, quoique celle - cy fut plus grande
et d'une étoffe unie .
Il n'est pas même certain qu'il n'y eut
qu'une Oriflamme d'usage en mêmetemps
, et que quand il y en avoit une à
l'Armée , il n'y en cut pas encore une
II. Vol.
autre
JUIN. 1733. 1269
autre qui restoit à S. Denys , pour les
besoins extraordinaires de l'Abbaye , ou
pour envoyer à une seconde Armée
Royale ; car l'Oriflamme étoit un Etendart
, attaché à l'Armée , et non à la personne
des Rois , comme je le ferai voir
en parlant de l'Etendart Royal , autre
Enseigne qui ne quittoit point le Corps
du Roy , au lieu que l'Oriflamme alloit
toute seule à la tête de l'armée , gardée
seulement par une Troupe de Cavaliers
d'Elite Vexillum sancti Dionisii quod
omnes præcedere in bella solebat.
Voicy ce que dit Rigord , Historien
de Philippe Auguste , en parlant de ce
qui se fit à S. Denis , lorsque ce Prince y
alla prendre l'Oriflamme pour son voyage
d'Outremer , après que le Roy , à genoux
devant le Sépulchre des Saints Martyrs
, eut imploré par ses prieres et ses larmes
, l'assistance du Ciel , il reçut la Pannetiere
et le Bourdon des mains de Guillaume
, Archevêque de Rheims , son oncle
maternel , et il y prit ensuite de sa propre
main deux Etendarts qui étoient sur la
Châsse des Saints Martyrs .
Voilà certainement une occasion où il
paroît deux Oriflammes à la fois , peutêtre
qu'on les doubloit pour n'en pas
manquer en cas qu'il s'en perdît une ;
II. Vol. en
270 MERCURE DE FRANCE
en supposant cela on accordera ce qui
se trouve dans deux Historiens , Jacques
Meyer et Guillaume Guyard , le premier
soutenant que la véritable Oriflamme
fut perdue au combat de Mons en
Puelle, et qu'elle ne se retrouva plus, pendant
que le second assure que l'Oriflamme
qui se perdit dans ce Combat , n'étoit
qu'une Enseigne contrefaite que le
Roy avoit fait paroître ce jour - là pour
encourager ses Soldats ; cecy sent bien
le conte fait à plaisir ; quelle raison le
Roy auroit-il eû de tromper ses Soldats.
dans la supposition de cette fausse Enseigne
? Ne vaut-il pas mieux convenir
que dans les occasions que l'on jugeoit
devoir être périlieuses , on se munissoit
de deux de ces Enseignes , pour pouvoir
les substituer l'une à l'autre , en cas qu'il
s'en perdit une , et que c'est ce qui fut
fait à la bataille de Mons en Puelle , où
l'une ayant été perduë la veille , il en
reparut une autre le lendemain .
Ce que je dis n'est point pour diminuer
l'estime que nous croyons que nos
Ancêtres faisoient de cet Etendart . Ils le
regardoient comme un Symbole de Religion
; et dans cette idée ils lui donnoient
le premier rang sur toutes leurs autres:
Enseignes .
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II. Vol Qmaibus
JUIN . 1733: 1271
Omnibus in bellis habet omnia signa
preire , dans l'esperance que leur Saint
Patron , à qui appartenoit cette Enseigne,
obtiendroit du Ciel par ses prieres la direction
des guerres qu'ils entreprenoient
et les feroient réussir à leur avantage.
Le nom du Saint devint aussi leur cri
de guerre ; ce fut sous Louis le Gros
qu'on commença à invoquer S. Denis ,
Patron du Royaume , dans tous les besoins
Militaires par ces mots , MONTJOYE
SAINT DENIS , qui sont devenus la Devise
génerale de nos Rois. Dans tous les
temps et chez toutes les Nations , la
coûtume des Soldats étoit de faire de
grands cris avant que de combattre et
après avoir combattu ; les premiers de
ces cris pour exciter le courage et jetter
l'effroy dans le coeur de l'Ennemi , et les
seconds pour remercier les Dieux qu'on
adoroit du gain d'une bataille , et en célebrer
la premiere réjouissance .
Clovis dans le Champ de Colbrac ;
implore le secours du Dieu que sa femme
adore. Les François devenus Chrétiens ,
adressent leurs cris à S. Martin , ensuite
à S. Denis , esperant attirer sur eux les
faveurs du Ciel par l'intercession de leurs
Saints Protecteurs.
De tous les Auteurs qui ont voulu
II. Vol.
expliquer
1272 MERCURE DE FRANCE
expliquer le mot de Montjoye , qui précedoit
celui de S. Denis dans l'acclamation
Militaire des François , Mrs Ducange
et de Caseneuve , sont ceux qui ont
le mieux pensé sur la véritable signifisation
de ce mot , en disant que c'est
un vieux terme François qui exprime
une Colline ,
diminutif de Montagne 3
toute l'erreur du premier de ces deux
Sçavans , est de dire que par le mot de
Montjoye , il faut entendre seulement la
Montagne de Montmartre où S. Denis
fut martyrisé ; le Pere Daniel , dans sa
Milice Françoise , qui a voulu le relever
sur cette méprise , a plus mal fait que
lui en disant que Montmartre est une
veritable Montagne , qu'elle est trop
haute pour qu'on lui puisse donner ce
nom de Montjoye , et qu'elle se trouve
appellée par tout Montagne de Mars , et
non pas Montjoye , est- ce là une raison assez
solide pour que Montjoye ne puisse pas
signifier un petit Mont ? Si ce Pere avoit
poussé ses Recherches jusques dans les
usages que les Gaulois et les Germains
observoient en enterrant leurs Morts ,
il auroit trouvé la preuve que Montjoye
a signifié une petite Montagne artificielle
qui se formoit de la maniere que voicy :
Quand un Chef de Guerre de ces Na-
II. Vol. tions
JUIN. 1733. 1273
tions mouroit au milieu de son armée ,
après que le corps avoit été mis dans
une fosse avec toutes les ceremonies qui
s'observoient en pareil cas , chaque Soldat
portoit une pelletée de terre pour
recouvrir la fosse de son General , ca
qui formoit dessus une petite éminence
qui devenoit haute à proportion que
l'armée
qui faisoit l'enterrement , étoit nombreuse.
La Flandre et les Provinces qui l'avoisinent
, sont encore pleines de ces monticules
qu'on appelloit dans le Pays des
Tombes , pour mieux conserver le souvenir
du sujet qui les a produites ; avant
que de prendre ce nom de Tombes , elles
avoint celui de Montjoye , terme qui a
toujours signifié en vieux François une
élevation , qui sert à marquer un lieu
que l'on veut reconnoître , et où l'on
veut parvenir quand on en est éloigné.
›
Les Phares qui sont sur les Ports de
Mer , les Balises , faites de tonneaux ou
de pieces de bois flotantes sur l'eau pour
servir à guider les Vaisseaux entre des
Rochers cachez sous l'eau , et enfin toutes
sortes de marques propres à faire éviter
les dangers et à montrer les lieux éloignez
, ou ceux qui renferment des choses
dignes de memoire , étoient nommez
II. Vel. des
1274 MERCURE DE FRANCE
des Montjoyes , parcequ'elles apprenoient
avec plaisir à ceux qui les voyoient , des
Endroits que l'on auroit eu peine à re
trouver sans leurs secours.
On élevoit des Montjoyes sur les Tombeaux
des personnes de considération ,
plus ou moins magnifiques et remarqua
bles , selon la dignité de ces personnes ;
les premiers Chrétiens persécutez , mirent
des marques moins sensibles sur les Tombeaux
des Martyrs qui se trouvoient en
pleine campagne ; ces marques , qui n'étoient
souvent que de simples pierres ,
eurent le même nom . On n'oublia pas
sans doute de mettre une Montjoye sur
le Tombeau de S. Denis et de ses Compagnons
, jusqu'à-ce qu'on fût en liberté
de renfermer ce Tombeau dans une Eglise
; dans la suite l'Eglise où il étoit renfermé
étant devenue célebre par la dévotion
les Fidelles eurent à ce Tomque
beau , les Rois qui s'en rendirent les Protecteurs
, se regarderent en même-temps
comine les Gardiens de ce S. Tombeau ; et
pour montrer publiquement l'honneus
qu'ils se faisoient de cette qualité , ils
l'exprimoient par le nom ancien de Montjoye
, et prirent delà occasion de crier
à la guerre Montjoye S. Denis , comme
s'ils eussent voulu dire nous sommes les
II. Vel.
garN.
1733. 1275
"
gardiens du Tombeau de S. Denis , la
Banniere dont nous nous servons en est
la marque , et nous la portons pour deffendre
les biens qui appartiennent à ce
Saint , et qui ont été offerts à son Tombeau.
Dans toutes les Religions du Monde
les Princes qui ont eu de la pieté , se
sont toujours fait honneur d'être dépositaires
de quelques Monumens respectables
de ces Religions. Il semble même
que la destinée des Empires soit , pour
ainsi dire , attachée à la conservation de
ces Monumens. Les Payens enchaînoient
leurs Dieux . Une Ville croyoit ne jamais
succomber aux efforts de ses Ennemis
tant qu'elle étoit en possession de ses
Lares et de ses Pénates. La ruine de Troye
ne fut attribuée qu'à l'enlevement du
Palladium.
Les Empereurs Ottomans gardent avec
soin dans leur Serrail l'Etendart de guerre
et la Robbe de Mahomet. Tous les
Princes de cette Religion qui ont possedé
la Ville de Jérusalem , ont tous pris
la qualité de Maîtres ou de Possesseurs
du S. Tombeau.
Pourquoi nos Rois Très- Chrétiens ne
se seroient-ils pas fait le même honneur
de se dire les Gardiens du Tombeau d'un
II. Vol.
Martys
16/0 VIL
ע ע
Martyr de qui leurs Peuples tiennent la
Foy , et de montrer l'estime qu'ils faisoient
de ce Titre par ce cri d'allegresse
Montjoye S. Denis.
Fermer
Résumé : SUITE de la Dissertation sur les Enseignes Militaires des François.
Le texte aborde les enseignes militaires françaises, notamment les bannières dédiées à des saints confesseurs, qui étaient généralement de couleur bleue ou violette. La bannière de Saint Martin, par exemple, était bleue, influençant ainsi le choix du fond bleu des armoiries royales ornées de fleurs de lys. Les bannières ecclésiastiques étaient codifiées par couleur selon la classe des saints célébrés : blanches pour les vierges, rouges pour les martyrs, vertes et bleues pour les confesseurs, et noires pour les offices des morts. L'Oriflamme, bannière de Saint Denis, se distinguait par sa forme de lance dorée avec un morceau d'étoffe rouge en forme de flamme à trois pointes, chacune terminée par une houpe verte. Cette enseigne était portée par un gentilhomme lors des guerres et rapportée à l'abbaye de Saint Denis après chaque conflit. Avec le temps, cette fonction est devenue héréditaire, et les porteurs négligeaient parfois de rapporter l'Oriflamme. L'Oriflamme était considérée comme un symbole religieux et était utilisée pour encourager les troupes. Le cri de guerre 'Montjoie Saint Denis' est devenu la devise générale des rois de France. Le mot 'Montjoie' signifie une petite colline ou monticule artificiel formé par les soldats lors des enterrements de leurs chefs. Le texte traite également de l'origine et de la signification de l'Oriflamme, certains croyant qu'elle était apportée du ciel par un ange, tandis que d'autres pensent qu'elle était remplacée lorsqu'elle était usée. Les Montjoyes étaient des élévations servant à marquer des lieux importants ou à éviter des dangers, comme les phares et balises. Elles étaient également érigées sur les tombeaux de personnes de considération, et les premiers chrétiens utilisaient des marques simples sur les tombeaux des martyrs. Le tombeau de Saint Denis et de ses compagnons fut marqué par une Montjoye jusqu'à ce qu'il soit transféré dans une église. Cette église devint célèbre, et les rois, en tant que protecteurs, se considéraient comme les gardiens du tombeau. Ils criaient 'Montjoye Saint Denis' en guerre pour affirmer leur rôle de défenseurs des biens du saint. Dans diverses religions, les princes pieux se faisaient honneur de protéger des monuments religieux, croyant que la conservation de ces monuments était liée à la destinée de leurs empires. Par exemple, les Ottomans gardaient l'étendard de Mahomet, et les princes possédant Jérusalem se proclamaient maîtres du Saint Tombeau. De même, les rois très chrétiens se voyaient comme les gardiens du tombeau de Saint Denis, un martyr dont les peuples tenaient la foi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 1811-1822
EXPLICATION de quelques Marbres antiques, dont les Originaux sont dans le Cabinet de M...... Brochure in 4[o.] de 50 pages. A Aix, chez Joseph David, 1733.
Début :
Une sçavante Dissertation, sous le nom de Lettre, addressée à M... [...]
Mots clefs :
Inscription, Smyrne, Monument, Marbres, Inscriptions, Homme, Monuments, Couronnes, Tombeau, Explication, Couronne, Marbre, Hicesius, Symbole
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texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION de quelques Marbres antiques, dont les Originaux sont dans le Cabinet de M...... Brochure in 4[o.] de 50 pages. A Aix, chez Joseph David, 1733.
EXPLICATION de quelques Marbre's
antiques , dont les Originaux sont dans
le Cabinet de M...... Brochure in 41
de 50 pages. A Aix , chez Joseph David
, 1733 .
U
Ne sçavante Dissertation , sous la
nom de Lettre , addressée à M ...
Possesseur des Marbres en question , contient
toute l'Explication de ces Monu
mens d'Antiquité. On ne sçauroit rien lire
en ce genre de plus curieux , de plus ins
tructif, de plus clairement et de plus modestement
exposé . On n'en sera pas sur
pris quand on sçaura que cette Explication
est l'Ouvrage de M. Bouhier , ancien
Président à Mortier au Parlement de Dijon
, de l'Académie Françoise ; Homme
aussi distingué dans la République des
Lettres que dans la Magistrature.
La Personne illustre à qui la Dissertation
est addressée , est aussi un de ces
Hommes dont on ne sçauroit trop louer
les grandes qualitez ; mais dont nous sommes
forcez de respecter icy la modestie ;
F iij c'est
1812 MERCURE DE FRANCE
c'est presque à cette condition que la
Piece nous a été envoyée , et qu'il nous
est permis , pour ainsi dire , d'en orner
notre Journal.
Les Marbres , dont les Bas-Reliefs , et
les Inscriptions sont gravez et expliquez
dans cet Ouvrage , sont au nombre de
sept , et fournissent de quoi exercer la sagacité
des Antiquaires , sur tout le dernier
, sur lequel l'illustre Auteur s'est le
plus étendu , après avoir dit , avec raison
, que c'est un des plus curieux Monumens
qui ayent jamais été dé errez .
Comme il ne nous est pas possible d'entrer
dans le détail de toutes ces différentes
explications , nous nous contenterons
de mettre sous les yeux de nos Lecteurs
une Interprétation entiere et suivie , de
P'un de ces Marbres , t lle qu'on la trouve
dans ce Livre , page 15. et c'est celle
du second Monument que nous avons
choisie, comme la plus propre à ne point
trop nous jetter au - delà de nos bornes
ordinaires.
Ce Marbre apporté de Smyrne , dont
la hauteur est de 3 pieds , 3 pouces , 3 -ligres
; et la largeur d'un pied , 2 pouces , 6
lignes est chargé de 3 figures en bas relief.
Un homme y touche dans la main
d'une femme , laquelle est accompagnée
d'un
AOUST. 1733.
1813
d'un enfant qui tient un Livre fermé
devant lui ; et au dessus des 3 figures est
l'Inscription
sur laquelle l'habile Interprête
a xercé sa capacité de la maniere
qui suit :
t
Ο ΔΗΜΟΣ
Α ΘΗΝΑΙΟΝ
ΙΚΗΣΙΟΥ
Ο ΔΗΜΟΣ
NANNION
Α ΘΗΝΑΙΟΥ
Populus ( coronat ) Populus ( coronat )
Atheneum
Higesii filium.
Nannium
Athenei filiam.
Pour l'intelligence de cette Inscription
il faut remarquer avant toutes choses ,
que ces mots , O AHMOΣ , sont entourez
d'une Couronne.
voir
Cela étoit fort d'usage à Smyrne ; on
le reconnoît par divers Monumens qui
y ont été trouvez , et qu'on peut
dans différens Recueils d'Inscriptions *
Antiques , quoiqu'on n'y ait pas toujours
fait mention des Couronnes , comme on
auroit dû le faire . Cela s'appelloit cepav&v
ονομαςί
Mais quelle est la raison qui a pû faire
accorder des Couronnes , soit en ce Monument
soir en d'autres semblables ,
* Reinasius , Spon , les Marbres d'Oxford.
F iiij
aux
1814 MERCURE DE FRANCE
aux Particuliers qui y sont nommeż ?
C'est ce qu'il faut essayer de découvrir.
Car de croire que te n'étoit qu'un simple
ornement , dépendant de la fantaisie du
Sculpteur , c'est ce qu'il est difficile de
penser' , quand on considére l'uniformité
qui regne sur ce point dans tous ces divers
Marbres.
J'ai cru quelques temps que ces Couronnes
étoient celles dont on honoroit
les Vainqueurs aux Jeux solemnels ; car
il s'en faisoit de celebres à Smyrne, comme
il paroît par une Inscription du Recueil
de Gruter , pag. 314. n. 1. on y entretenoit
même des combats de Poësie ,
suivant Aristide , tom. 1. Oration . et cela
pouvoit regarder les femmes comme les
hommes.
Cependant en examinant la chose de
plus près , j'ai reconnu que cette idée ne
pouvoit compatir avec les bas - reliefs qui
accompagnent la plupart de ces Inscriptions
, et entr'autres celle- cy ; car on
n'y voit rien qui ait rapport à une victoire
remportée dans des Jeux .Au contraire,
un mari qui touche dans la main de sa
femme , avec un enfant qui est à leur
côté a tout à- fait l'air d'un Monument
sépulchral.
Ce n'étoit autre chose, en effet , suivant
qu'en
A O UST . 1733. 1815
qu'en a tres-bien jugé notre illustre ami
le P. de Montfaucon , dans son Supplément
des Antiquitez , tom . 5. pag. 27.en
parlant d'un autre Monument ; et ce qui
me confirme dans ce sentiment , c'est un
Passage de Ciceron , pro Flacco , cap. 31.
qui justifie que l'un des honneurs funebres
, que rendoit quelquefois la Ville
de Smyrne à ceux qu'elle en jugeoit dignes
, étoit la Couronne d'or , que ses
Magistrats faisoient mettre sur le corps
du deffunt : Postremò ut imponeretur aurea
Corona mortuo Honneur dont on conservoit
, sans doute , la mémoire , en faisant
graver sur le Tombeau une Couronne de
la même forme ; car encore qu'il fut d'u- .
sage de couronner * les morts , en les portant
au Tombeau , on n'avoir pas coutu
me de graver des Couronnes sur leurs
monumens , sans quelque raison particuliere.
Or cette Couronne représente divers
feuillages , suivant les personnes dont i
s'agissoit , mais plus souvent les feuilles
d'Olivier , ainsi que d'autres l'ont remar
qué. Ils en donnent pour raison , que POlivier
est le symbole de la Victoire , er
qu'on en couronnoit les Morts , com ne :
* Kirchman , de Funere L. II. Aringbi , Roma
subter. lib. 1. cap. 2.5.
Fy ayant
1816 MERCURE DE FRANCE
ayant
surmonté tous les travaux de cette
vie. Mais il me paroît plus naturel de
dir qu'on leur donnoit des Couronnes
d'Olivier , parce que cet Arbre est le
symbole de la Paix . C'est ce qui a fait
dire au Poëte Prudence :
Verticem flavis oleis revincta,`
Pacis honore.
"
Or on sçait que le Tombeau a été regardé
par tous les Peuples comme un séjour
de repos et de paix éternelle. Delà
ces formules des Inscriptions Sépul- .
chrales. QUIETI AFTERNE PERPETUE
SECURITATI ; EN EIPH NH , et cllecy
du Recueil de Fabretti , pag. 113. n.
180. Inscription. D. Q. ETERNAM , &c .
Ce qu'il explique fort bien : Dom.um
Quietis AEternam . A quoi on peut ajoûter
le sentiment formel de Clement d'Alexandrie
Pa lag. I I. qui , parlant en general
de l'usage de couronner les Morts ,
dit que c'étoit le symbole d'une tranquillité
exemte de tout trouble , A'oxλáre
αμεριμνίας συμβολον .
Mais avant que de finir , je crois que
vous ne serez pas fâché que j'insere ici
une Inscription qui confirme à merveille
ce qui vient d'être avancé , et qu'on dit
être à Arles sur un Marbre , qui sert à
present
AOUST. 1733. 1817
present de Lavoir au Refectoire des
Minimes .
PAX ETERNA
DULCISSIMÆ ET INN
OCENTISSIM. FILIE CH .
RYSOGONE. JUNIOR SIRICI
'QUÆ VIXIT ANN. III . M. II. DIE
B. XXVII. VALERIUS. ET. CHRYSE
GONE PARENTES FILIE RARI
SSIME . ET OMNI TEMPORE VI
TÆ. SUE. DESIDERANTISSI
ME.
Je rapporte au long cette Inscription ,
tant parce que je ne crois pas qu'elle
ait encore été imprimée , que pour y
corriger quelques petites fautes. Car je
suis persuadé , qu'au lieu de SIRICI , il
faut SIRICE , pour SIRICE. C'est un second
surnom de Chrysogone , connu
par d'autres Inscriptions ; entr'autres
une Latine de Gruter , pag. 609. n . 2. et
par
* Il semble que les Minimes de Marseille ont
encore plus dégradé l'Antiquité que ceux d'Arles.
Ici le Monument sert de Lavoir pour le Réfectoire ;
à Marseille un Tombeau antique , orné aussi d'une
Inscription,sert d' Auge auPuits du Monastere.M.de
Ruffy, Hist. de Marseille. T. II. L. XIII p . 320..
F vj par
1818 MERCURE DE FRANCE
par une Grecque de Fabetti , pag. 59r.
7. 108. il est évident qu'il faut aussi
CHRYSOGONE à la sixième ligne. A l'égard
de DESIDERANTISSIME pour DESIDERATISSIMÆ
, c'est une méprise du Graveur
, mais qui n'est pas sans exemple ,
comme il paroît par une Inscription du
Recueil de Reinesius IX . 33. D'ailleurs
les Anciens mêloient souvent des N superflues
dans leur Orthographe , comme
quand ils écrivoient Formonsus Cherronensus
, &c. Mais je reviens à notre Inscription.
*
A OHNAION ) ce nom étoit fort
commun parmi les Grecs. Le sçavant. ét
laborieux Auteur de la nouvelle Bibliotheque
Grecque , inm . 3. p . 630. a dorz
né la Liste de tous les Gens de Lettres
qui l'ont porté. Mais je n'y en ai trouvé
aucun de Smyrne.
Au reste on sent bien que dans cette
Inscription , ainsi que dans les autres pareilles
, il manque un Verbe qu'il est nécessaire
de suppléer . Personne , que je
scache , n'a encore . enseigné celui qui y
étoit sous - entendu . Mais je crois l'avoir
trouvé dans deux Inscriptions qui nous
viennent d'autres Villes , et que Spon
nous a con´ervées , Miscel , p. 335. Elles
* Jean Albert Fabricius.
prou
A OUST. 1733. 1819
prouvent de plus- en - plus que c'est ici un
Monument Sépulchral . Il suffira d'en rape
porter l'une.
Η ΒΟΥΛΗΚΑΙ ΟΔΗΜΟΣ
ΣΤΕΦΑΝΟΙ ΧΡΥΣU CTE
ΦΑΝΟ ΕΥΡΥΘΜΟΝ ΕΠΙ
ΤΥΧΩΣ ΠΡΟΜΟΙΡΟΣ
BIOCANTA
C'est à - dire Senatus et Populus coro→
nant aurea Corona Eurythmum , Epitychis
F. pra naturatâ morte defunctum . Delà
il est aisé de juger que ce qui est énoncé
tout du long dans ce Monument , l'étoit
en abregé dans ceux de Smyrne , où
il faut par conséquent sous - entedre T-
φαιδί χρυσώςεφάνω. Comme des Courone
nes d'or y étoient apparemment d'un
usage plus fréquent , cela s'entendoit à
demi mot.
ΙΚΗΣ
IKHE IOT , il y a ici , ce me semble;
une faute du Marbrier , qui auroit dû graver
I KEZIOr , car ce nom est écrit
par tout de cette maniere , comme il pa
roît par la Géographie de Strabon , L. 13 .
lorsqu'il parle d'un Hicesius , qui tenoit
peu de temps avant lui une Ecole céle
bre de Medecine à Smyrne. Et ce qui
prouve que ce n'est point par une faute
du
1820 MERCURE DE FRANCE
du Copiste , que Son est écrit , Ixámog
dans ce Géographe , c'est qu'il est représenté
ainsi sur deux Médailles Grecques
du même Medecin , que M. Mead nous
a données depuis peu . Dans une autre
Inscription en Vers , qui est parmi les
Marbres d'Oxfort , pag. 78. le nom d'un
autre Hicesius est encore écrit de la même
maniere. C'étoit pareillement celui du
Pere du fameux Cynique Diogêne. Mais
il n'est pas rare de trouver l'E et l'H
employez l'un pour l'autre dans ces sortes
de Monumens . Cela est trop connu
pour m'arrêter à le prouver.
Pour ce qui est de notre Hicesius , si
c'étoit le Médecin dont je viens de pa
ler , et que je ne crois pas different de
l'Icesius , dont il est fait mention dans
Pline et ailleurs , quoique le sçavant Fabricius
, Bibliot. Gr . Tom. 13. p. 189. et
253. semble les avoir distinguez , votre
Inscription seroit du siecle d'Auguste ,
et auroit été posée pour faire honneur au
fils d'un homme qui en a beaucoup fait
à la Ville de Smyrne. Mais c'est ce qu'on
ne peut assurer sur un Argument aussi
foible que celui de la conformité des
noms.
NANNION ) c'est un nom de femme ,
témoin la fameuse Courtisane Narrior ,
dont
A O UST. 17330 1821
dont il est parlé dans Athénée XII. 3 .
et 6. et ailleurs . Ce nom est un diminutif
de Navy , comme Nicium de Nico, Myrtium
de Myrto , Glycerium de Glycera , &c.
il est encore fait mention d'une Nannium ,
fille d'Isagoras , dans un autre Marbre de
Smyrne , qu'a publié Jacques Gronovius
Memor Cosson , p. 149.
On ne peut douter que la nôtre ne
soit l'une des Figures représentées dans
le bas- relief qui est au - dessous de l'Inscription
, où elle donne la main à un
homme qui paroît l'Athénée , fils de Hicesius
, dont il a été parlé cy - dessus. Cet
homme à l'air trop jeune pour être son
Pere. Il est plus probable que c'est son
Mary ; et cela étant il faut qu'elle fût
fille d'un autre Athénée. Pour l'Enfant
qui est à côté d'elle , c'est apparemment
son fils , il tient devant lui un Livre qui
peut faire juger qu'il avoit commencé ses
Etudes , et même qu'il y avoit déja fait
quelque progrès ; mais cela ne vaut pas
la peine que je m'y arrête davantage.
Nous reiterons que nous sommes fâchez
de ne pouvoir pas rapporter d'autres
Parties ou d'autres Morceaux du même
Ouvrage , sur tout de l'Explication
du dernier de ces Monumens , le plus
considerable de tous, apporté de Tripoly
de
1822 MERCURE DE FRANCE
gue
de Barbarie. On en jugera par le mérite de
l'Inscription Grecque , laquelle contient
Decretun fait en l'honneur d'un Gouverneur
d'Egypte par les Chefs de la Synagodes
Juifs de la Ville de Berenice , en
reconnoissance des bienfaits qu'ils en
avoient reçûs.Pour en faire connoître l'importance
et les singularitez , il falloit tout
P'heureux génie et toute l'érudition de
notre sçavant Auteur , et nous ne risquons
rien d'assurer que les Lecteurs les
plus intelligens seront particulierement
satisfaits de cette partie de son
travail.
antiques , dont les Originaux sont dans
le Cabinet de M...... Brochure in 41
de 50 pages. A Aix , chez Joseph David
, 1733 .
U
Ne sçavante Dissertation , sous la
nom de Lettre , addressée à M ...
Possesseur des Marbres en question , contient
toute l'Explication de ces Monu
mens d'Antiquité. On ne sçauroit rien lire
en ce genre de plus curieux , de plus ins
tructif, de plus clairement et de plus modestement
exposé . On n'en sera pas sur
pris quand on sçaura que cette Explication
est l'Ouvrage de M. Bouhier , ancien
Président à Mortier au Parlement de Dijon
, de l'Académie Françoise ; Homme
aussi distingué dans la République des
Lettres que dans la Magistrature.
La Personne illustre à qui la Dissertation
est addressée , est aussi un de ces
Hommes dont on ne sçauroit trop louer
les grandes qualitez ; mais dont nous sommes
forcez de respecter icy la modestie ;
F iij c'est
1812 MERCURE DE FRANCE
c'est presque à cette condition que la
Piece nous a été envoyée , et qu'il nous
est permis , pour ainsi dire , d'en orner
notre Journal.
Les Marbres , dont les Bas-Reliefs , et
les Inscriptions sont gravez et expliquez
dans cet Ouvrage , sont au nombre de
sept , et fournissent de quoi exercer la sagacité
des Antiquaires , sur tout le dernier
, sur lequel l'illustre Auteur s'est le
plus étendu , après avoir dit , avec raison
, que c'est un des plus curieux Monumens
qui ayent jamais été dé errez .
Comme il ne nous est pas possible d'entrer
dans le détail de toutes ces différentes
explications , nous nous contenterons
de mettre sous les yeux de nos Lecteurs
une Interprétation entiere et suivie , de
P'un de ces Marbres , t lle qu'on la trouve
dans ce Livre , page 15. et c'est celle
du second Monument que nous avons
choisie, comme la plus propre à ne point
trop nous jetter au - delà de nos bornes
ordinaires.
Ce Marbre apporté de Smyrne , dont
la hauteur est de 3 pieds , 3 pouces , 3 -ligres
; et la largeur d'un pied , 2 pouces , 6
lignes est chargé de 3 figures en bas relief.
Un homme y touche dans la main
d'une femme , laquelle est accompagnée
d'un
AOUST. 1733.
1813
d'un enfant qui tient un Livre fermé
devant lui ; et au dessus des 3 figures est
l'Inscription
sur laquelle l'habile Interprête
a xercé sa capacité de la maniere
qui suit :
t
Ο ΔΗΜΟΣ
Α ΘΗΝΑΙΟΝ
ΙΚΗΣΙΟΥ
Ο ΔΗΜΟΣ
NANNION
Α ΘΗΝΑΙΟΥ
Populus ( coronat ) Populus ( coronat )
Atheneum
Higesii filium.
Nannium
Athenei filiam.
Pour l'intelligence de cette Inscription
il faut remarquer avant toutes choses ,
que ces mots , O AHMOΣ , sont entourez
d'une Couronne.
voir
Cela étoit fort d'usage à Smyrne ; on
le reconnoît par divers Monumens qui
y ont été trouvez , et qu'on peut
dans différens Recueils d'Inscriptions *
Antiques , quoiqu'on n'y ait pas toujours
fait mention des Couronnes , comme on
auroit dû le faire . Cela s'appelloit cepav&v
ονομαςί
Mais quelle est la raison qui a pû faire
accorder des Couronnes , soit en ce Monument
soir en d'autres semblables ,
* Reinasius , Spon , les Marbres d'Oxford.
F iiij
aux
1814 MERCURE DE FRANCE
aux Particuliers qui y sont nommeż ?
C'est ce qu'il faut essayer de découvrir.
Car de croire que te n'étoit qu'un simple
ornement , dépendant de la fantaisie du
Sculpteur , c'est ce qu'il est difficile de
penser' , quand on considére l'uniformité
qui regne sur ce point dans tous ces divers
Marbres.
J'ai cru quelques temps que ces Couronnes
étoient celles dont on honoroit
les Vainqueurs aux Jeux solemnels ; car
il s'en faisoit de celebres à Smyrne, comme
il paroît par une Inscription du Recueil
de Gruter , pag. 314. n. 1. on y entretenoit
même des combats de Poësie ,
suivant Aristide , tom. 1. Oration . et cela
pouvoit regarder les femmes comme les
hommes.
Cependant en examinant la chose de
plus près , j'ai reconnu que cette idée ne
pouvoit compatir avec les bas - reliefs qui
accompagnent la plupart de ces Inscriptions
, et entr'autres celle- cy ; car on
n'y voit rien qui ait rapport à une victoire
remportée dans des Jeux .Au contraire,
un mari qui touche dans la main de sa
femme , avec un enfant qui est à leur
côté a tout à- fait l'air d'un Monument
sépulchral.
Ce n'étoit autre chose, en effet , suivant
qu'en
A O UST . 1733. 1815
qu'en a tres-bien jugé notre illustre ami
le P. de Montfaucon , dans son Supplément
des Antiquitez , tom . 5. pag. 27.en
parlant d'un autre Monument ; et ce qui
me confirme dans ce sentiment , c'est un
Passage de Ciceron , pro Flacco , cap. 31.
qui justifie que l'un des honneurs funebres
, que rendoit quelquefois la Ville
de Smyrne à ceux qu'elle en jugeoit dignes
, étoit la Couronne d'or , que ses
Magistrats faisoient mettre sur le corps
du deffunt : Postremò ut imponeretur aurea
Corona mortuo Honneur dont on conservoit
, sans doute , la mémoire , en faisant
graver sur le Tombeau une Couronne de
la même forme ; car encore qu'il fut d'u- .
sage de couronner * les morts , en les portant
au Tombeau , on n'avoir pas coutu
me de graver des Couronnes sur leurs
monumens , sans quelque raison particuliere.
Or cette Couronne représente divers
feuillages , suivant les personnes dont i
s'agissoit , mais plus souvent les feuilles
d'Olivier , ainsi que d'autres l'ont remar
qué. Ils en donnent pour raison , que POlivier
est le symbole de la Victoire , er
qu'on en couronnoit les Morts , com ne :
* Kirchman , de Funere L. II. Aringbi , Roma
subter. lib. 1. cap. 2.5.
Fy ayant
1816 MERCURE DE FRANCE
ayant
surmonté tous les travaux de cette
vie. Mais il me paroît plus naturel de
dir qu'on leur donnoit des Couronnes
d'Olivier , parce que cet Arbre est le
symbole de la Paix . C'est ce qui a fait
dire au Poëte Prudence :
Verticem flavis oleis revincta,`
Pacis honore.
"
Or on sçait que le Tombeau a été regardé
par tous les Peuples comme un séjour
de repos et de paix éternelle. Delà
ces formules des Inscriptions Sépul- .
chrales. QUIETI AFTERNE PERPETUE
SECURITATI ; EN EIPH NH , et cllecy
du Recueil de Fabretti , pag. 113. n.
180. Inscription. D. Q. ETERNAM , &c .
Ce qu'il explique fort bien : Dom.um
Quietis AEternam . A quoi on peut ajoûter
le sentiment formel de Clement d'Alexandrie
Pa lag. I I. qui , parlant en general
de l'usage de couronner les Morts ,
dit que c'étoit le symbole d'une tranquillité
exemte de tout trouble , A'oxλáre
αμεριμνίας συμβολον .
Mais avant que de finir , je crois que
vous ne serez pas fâché que j'insere ici
une Inscription qui confirme à merveille
ce qui vient d'être avancé , et qu'on dit
être à Arles sur un Marbre , qui sert à
present
AOUST. 1733. 1817
present de Lavoir au Refectoire des
Minimes .
PAX ETERNA
DULCISSIMÆ ET INN
OCENTISSIM. FILIE CH .
RYSOGONE. JUNIOR SIRICI
'QUÆ VIXIT ANN. III . M. II. DIE
B. XXVII. VALERIUS. ET. CHRYSE
GONE PARENTES FILIE RARI
SSIME . ET OMNI TEMPORE VI
TÆ. SUE. DESIDERANTISSI
ME.
Je rapporte au long cette Inscription ,
tant parce que je ne crois pas qu'elle
ait encore été imprimée , que pour y
corriger quelques petites fautes. Car je
suis persuadé , qu'au lieu de SIRICI , il
faut SIRICE , pour SIRICE. C'est un second
surnom de Chrysogone , connu
par d'autres Inscriptions ; entr'autres
une Latine de Gruter , pag. 609. n . 2. et
par
* Il semble que les Minimes de Marseille ont
encore plus dégradé l'Antiquité que ceux d'Arles.
Ici le Monument sert de Lavoir pour le Réfectoire ;
à Marseille un Tombeau antique , orné aussi d'une
Inscription,sert d' Auge auPuits du Monastere.M.de
Ruffy, Hist. de Marseille. T. II. L. XIII p . 320..
F vj par
1818 MERCURE DE FRANCE
par une Grecque de Fabetti , pag. 59r.
7. 108. il est évident qu'il faut aussi
CHRYSOGONE à la sixième ligne. A l'égard
de DESIDERANTISSIME pour DESIDERATISSIMÆ
, c'est une méprise du Graveur
, mais qui n'est pas sans exemple ,
comme il paroît par une Inscription du
Recueil de Reinesius IX . 33. D'ailleurs
les Anciens mêloient souvent des N superflues
dans leur Orthographe , comme
quand ils écrivoient Formonsus Cherronensus
, &c. Mais je reviens à notre Inscription.
*
A OHNAION ) ce nom étoit fort
commun parmi les Grecs. Le sçavant. ét
laborieux Auteur de la nouvelle Bibliotheque
Grecque , inm . 3. p . 630. a dorz
né la Liste de tous les Gens de Lettres
qui l'ont porté. Mais je n'y en ai trouvé
aucun de Smyrne.
Au reste on sent bien que dans cette
Inscription , ainsi que dans les autres pareilles
, il manque un Verbe qu'il est nécessaire
de suppléer . Personne , que je
scache , n'a encore . enseigné celui qui y
étoit sous - entendu . Mais je crois l'avoir
trouvé dans deux Inscriptions qui nous
viennent d'autres Villes , et que Spon
nous a con´ervées , Miscel , p. 335. Elles
* Jean Albert Fabricius.
prou
A OUST. 1733. 1819
prouvent de plus- en - plus que c'est ici un
Monument Sépulchral . Il suffira d'en rape
porter l'une.
Η ΒΟΥΛΗΚΑΙ ΟΔΗΜΟΣ
ΣΤΕΦΑΝΟΙ ΧΡΥΣU CTE
ΦΑΝΟ ΕΥΡΥΘΜΟΝ ΕΠΙ
ΤΥΧΩΣ ΠΡΟΜΟΙΡΟΣ
BIOCANTA
C'est à - dire Senatus et Populus coro→
nant aurea Corona Eurythmum , Epitychis
F. pra naturatâ morte defunctum . Delà
il est aisé de juger que ce qui est énoncé
tout du long dans ce Monument , l'étoit
en abregé dans ceux de Smyrne , où
il faut par conséquent sous - entedre T-
φαιδί χρυσώςεφάνω. Comme des Courone
nes d'or y étoient apparemment d'un
usage plus fréquent , cela s'entendoit à
demi mot.
ΙΚΗΣ
IKHE IOT , il y a ici , ce me semble;
une faute du Marbrier , qui auroit dû graver
I KEZIOr , car ce nom est écrit
par tout de cette maniere , comme il pa
roît par la Géographie de Strabon , L. 13 .
lorsqu'il parle d'un Hicesius , qui tenoit
peu de temps avant lui une Ecole céle
bre de Medecine à Smyrne. Et ce qui
prouve que ce n'est point par une faute
du
1820 MERCURE DE FRANCE
du Copiste , que Son est écrit , Ixámog
dans ce Géographe , c'est qu'il est représenté
ainsi sur deux Médailles Grecques
du même Medecin , que M. Mead nous
a données depuis peu . Dans une autre
Inscription en Vers , qui est parmi les
Marbres d'Oxfort , pag. 78. le nom d'un
autre Hicesius est encore écrit de la même
maniere. C'étoit pareillement celui du
Pere du fameux Cynique Diogêne. Mais
il n'est pas rare de trouver l'E et l'H
employez l'un pour l'autre dans ces sortes
de Monumens . Cela est trop connu
pour m'arrêter à le prouver.
Pour ce qui est de notre Hicesius , si
c'étoit le Médecin dont je viens de pa
ler , et que je ne crois pas different de
l'Icesius , dont il est fait mention dans
Pline et ailleurs , quoique le sçavant Fabricius
, Bibliot. Gr . Tom. 13. p. 189. et
253. semble les avoir distinguez , votre
Inscription seroit du siecle d'Auguste ,
et auroit été posée pour faire honneur au
fils d'un homme qui en a beaucoup fait
à la Ville de Smyrne. Mais c'est ce qu'on
ne peut assurer sur un Argument aussi
foible que celui de la conformité des
noms.
NANNION ) c'est un nom de femme ,
témoin la fameuse Courtisane Narrior ,
dont
A O UST. 17330 1821
dont il est parlé dans Athénée XII. 3 .
et 6. et ailleurs . Ce nom est un diminutif
de Navy , comme Nicium de Nico, Myrtium
de Myrto , Glycerium de Glycera , &c.
il est encore fait mention d'une Nannium ,
fille d'Isagoras , dans un autre Marbre de
Smyrne , qu'a publié Jacques Gronovius
Memor Cosson , p. 149.
On ne peut douter que la nôtre ne
soit l'une des Figures représentées dans
le bas- relief qui est au - dessous de l'Inscription
, où elle donne la main à un
homme qui paroît l'Athénée , fils de Hicesius
, dont il a été parlé cy - dessus. Cet
homme à l'air trop jeune pour être son
Pere. Il est plus probable que c'est son
Mary ; et cela étant il faut qu'elle fût
fille d'un autre Athénée. Pour l'Enfant
qui est à côté d'elle , c'est apparemment
son fils , il tient devant lui un Livre qui
peut faire juger qu'il avoit commencé ses
Etudes , et même qu'il y avoit déja fait
quelque progrès ; mais cela ne vaut pas
la peine que je m'y arrête davantage.
Nous reiterons que nous sommes fâchez
de ne pouvoir pas rapporter d'autres
Parties ou d'autres Morceaux du même
Ouvrage , sur tout de l'Explication
du dernier de ces Monumens , le plus
considerable de tous, apporté de Tripoly
de
1822 MERCURE DE FRANCE
gue
de Barbarie. On en jugera par le mérite de
l'Inscription Grecque , laquelle contient
Decretun fait en l'honneur d'un Gouverneur
d'Egypte par les Chefs de la Synagodes
Juifs de la Ville de Berenice , en
reconnoissance des bienfaits qu'ils en
avoient reçûs.Pour en faire connoître l'importance
et les singularitez , il falloit tout
P'heureux génie et toute l'érudition de
notre sçavant Auteur , et nous ne risquons
rien d'assurer que les Lecteurs les
plus intelligens seront particulierement
satisfaits de cette partie de son
travail.
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Résumé : EXPLICATION de quelques Marbres antiques, dont les Originaux sont dans le Cabinet de M...... Brochure in 4[o.] de 50 pages. A Aix, chez Joseph David, 1733.
La brochure 'Explication de quelques Marbres antiques', publiée en 1733 à Aix chez Joseph David, est une dissertation de 50 pages sous forme de lettre adressée à M..., propriétaire des marbres. L'auteur, M. Bouhier, ancien Président au Parlement de Dijon et membre de l'Académie Française, est reconnu pour ses compétences en antiquités. La brochure analyse sept marbres antiques, avec des bas-reliefs et inscriptions gravés et interprétés. L'auteur se concentre particulièrement sur le dernier marbre, considéré comme l'un des plus curieux jamais découverts. Il présente une interprétation complète d'un marbre apporté de Smyrne. Ce marbre mesure 3 pieds, 3 pouces et 3 lignes de haut, et 1 pied, 2 pouces et 6 lignes de large. Il est orné de trois figures en bas-relief accompagnées d'une inscription en grec traduite comme suit : 'Le peuple couronne le fils d'Higésius, Athénée, et la fille d'Athénée, Nannion.' L'auteur discute de la signification des couronnes entourant les noms dans l'inscription, soulignant que cet usage était courant à Smyrne. Il explore diverses hypothèses sur la raison de ces couronnes, concluant qu'elles étaient probablement des honneurs funèbres. Il cite des passages de Cicéron et d'autres auteurs pour appuyer cette interprétation. Une inscription à Arles, servant de lavoir, confirme ses conclusions sur les couronnes funéraires. Le document se termine par une réflexion sur les noms grecs et les erreurs potentielles dans les inscriptions, illustrant la complexité de l'interprétation des antiquités.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 751-752
EPITAPHE DE MLLE L'HERITIER DE VILLADON, De l'Académie de Toulouze et de celle du Ricovrati de Padoüe. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
Début :
Arrête ta cource, Passant ; [...]
Mots clefs :
L'Héritier de Villandon, Académie des jeux floraux, Académie des Ricovrati de Padoue, Tombeau
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texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE DE MLLE L'HERITIER DE VILLADON, De l'Académie de Toulouze et de celle du Ricovrati de Padoüe. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
EPITAPHE
DE MILE L'HERITIER DE VILLADON ,
De l'Académie de Toulouze et de celle du
Ricovrati de Padoйe. Par Mlle de Malcrais
de la Vigne.
ARrête ta cource , Passant ;
Le Corps de l'Heritier cy - dessous est gisant ,
Son Ame au Ciel s'est envolée .
"
Son Tombeau n'offre rien de superbe à tes yeux ;
Mais ses rares vertus dans les coeurs en tous lieux
Lui bâtissent un Mausolée.
Niece d'un grand Magistrat , (a)
Dont le goût excellent dans la Litteraturé ,
Se fit autant briller que son insigne état ,
"
Elle reçut de la Nature
La noblesse du sang , et le Ciel y joignit
Une Ame que son souffle aussi- tôt annoblit.
Par vos Tournois Floraux , Illustre Académie ,
(a) Elle étoit petite Niece du celebre Garde des
Sceaux du Vair.
F vj Yous
752 MERCURE DE FRANCE
Vous, Ricovrati d'Italie ,
Gémissez , vous perdez un ornement exquis.
Que d'esprit ! quel brillant ! que de sçavoir ac
quis !
Langues , Philosophie , Histoire ,
Anecdotes , des traits curieux et divers ,
Composoient un trésor dans sa vaste mémoire:
Mais ses Ouvrages pour sa gloire ,
Parleront bien mieux que mes Vers.
En ma place il faudroit que son illustre Amie ,
L'habile Scudery retournât à la vie ,
Pour couvrir aujourd'hui son Tombeau reveré
De Parfums aussi fins et de fleurs aussi belles
Que celles dont le sien fut par elle honoré. (a)
Les neuf sçavantes Immortelles ,
La comblerent de leurs faveurs ;
Mais , hélas ô dons infidelles ,
Dont la possession fit languir mille Auteurs
Elle vécut ! ô temps ! ô moeurs !
Docte , Vierge, et pauvre comme elles. (b)
(a),Mlle P'Heritier afait l'Apothéose de Mlle de
Scudery , volume in 16. Paris 1702.
( b ) Elle ressentit presque toute sa vie les malbeurs
de l'indigence , n'ayant obtenu que depuis
quelques années une pension de 400. livres sur les
Sceaux. La Duchesse de Nemours , qui avoit l'esprit
fort orné, et dont on a imprimé les Memoires ,
goutoit fort le mérite de Mlle l'Heritier et l'attacha
elle par quelques bienfaits ; mais ils cesserent à sa
mort , quoiqu'elle eût dessein de les perpetuer. Cette
Princesse n'a pointfait de Testament.
DE MILE L'HERITIER DE VILLADON ,
De l'Académie de Toulouze et de celle du
Ricovrati de Padoйe. Par Mlle de Malcrais
de la Vigne.
ARrête ta cource , Passant ;
Le Corps de l'Heritier cy - dessous est gisant ,
Son Ame au Ciel s'est envolée .
"
Son Tombeau n'offre rien de superbe à tes yeux ;
Mais ses rares vertus dans les coeurs en tous lieux
Lui bâtissent un Mausolée.
Niece d'un grand Magistrat , (a)
Dont le goût excellent dans la Litteraturé ,
Se fit autant briller que son insigne état ,
"
Elle reçut de la Nature
La noblesse du sang , et le Ciel y joignit
Une Ame que son souffle aussi- tôt annoblit.
Par vos Tournois Floraux , Illustre Académie ,
(a) Elle étoit petite Niece du celebre Garde des
Sceaux du Vair.
F vj Yous
752 MERCURE DE FRANCE
Vous, Ricovrati d'Italie ,
Gémissez , vous perdez un ornement exquis.
Que d'esprit ! quel brillant ! que de sçavoir ac
quis !
Langues , Philosophie , Histoire ,
Anecdotes , des traits curieux et divers ,
Composoient un trésor dans sa vaste mémoire:
Mais ses Ouvrages pour sa gloire ,
Parleront bien mieux que mes Vers.
En ma place il faudroit que son illustre Amie ,
L'habile Scudery retournât à la vie ,
Pour couvrir aujourd'hui son Tombeau reveré
De Parfums aussi fins et de fleurs aussi belles
Que celles dont le sien fut par elle honoré. (a)
Les neuf sçavantes Immortelles ,
La comblerent de leurs faveurs ;
Mais , hélas ô dons infidelles ,
Dont la possession fit languir mille Auteurs
Elle vécut ! ô temps ! ô moeurs !
Docte , Vierge, et pauvre comme elles. (b)
(a),Mlle P'Heritier afait l'Apothéose de Mlle de
Scudery , volume in 16. Paris 1702.
( b ) Elle ressentit presque toute sa vie les malbeurs
de l'indigence , n'ayant obtenu que depuis
quelques années une pension de 400. livres sur les
Sceaux. La Duchesse de Nemours , qui avoit l'esprit
fort orné, et dont on a imprimé les Memoires ,
goutoit fort le mérite de Mlle l'Heritier et l'attacha
elle par quelques bienfaits ; mais ils cesserent à sa
mort , quoiqu'elle eût dessein de les perpetuer. Cette
Princesse n'a pointfait de Testament.
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Résumé : EPITAPHE DE MLLE L'HERITIER DE VILLADON, De l'Académie de Toulouze et de celle du Ricovrati de Padoüe. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
L'épitaphe rend hommage à Mile l'Héritier de Villadon, membre de l'Académie de Toulouse et de l'Académie des Ricovrati de Padoue. Elle invite à s'arrêter devant sa tombe modeste, soulignant ses vertus exceptionnelles qui lui construisent un mausolée dans les cœurs. Niece d'un grand magistrat, Mile l'Héritier était reconnue pour son goût littéraire et sa noblesse d'âme. Les académies déplorent la perte d'un ornement précieux, doté d'un esprit brillant et d'un vaste savoir en langues, philosophie, histoire et anecdotes. Ses œuvres témoignent mieux de sa gloire que les vers de l'épitaphe. La Duchesse de Nemours appréciait son mérite et lui accorda quelques bienfaits, mais ceux-ci cessèrent à sa mort. Mile l'Héritier vécut dans l'indigence presque toute sa vie, obtenant une pension de 400 livres sur les Sceaux seulement quelques années avant sa mort. Les neuf savantes Immortelles lui accordèrent leurs faveurs, mais ces dons ne lui apportèrent pas la richesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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18
p. 133-163
Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Début :
SOUVERAINS. Interregne. 593-4-5 & 6 Childebert II, Roi d'Austrasie, se [...]
Mots clefs :
Paris, Histoire de la ville de Paris, Histoire, Roi, Childebert II, Normands, Parisiens, Évêque de Paris, Clotaire II, Clovis II, Clovis III, Empereur, Charles Martel, Troupes, Tombeau, Abbaye, Royaume, Charlemagne, Dagobert II, Clovis III, Thierry Ier, Clotaire IV, Louis Ier, Louis II le Bègue, Louis III, Carloman II, Charles III le Gros
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texteReconnaissance textuelle : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
HISTOIRE.
Suite de l'abrégé hiftorique de la ville de
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avo- .
cat au Parlement .
CH
SOUVERAIN S.
Interregne.
593-4-5
& 6.
Hildebert II , Roi d'Auftrafie , fe
rend maître de Paris , & des autres
villes qui avoient appartenues au ( a ) Roi
Sigebert fon pere ; mais il ne jouit pas
long - tems de fes conquêtes. Une mort
précipitée l'enleve à la fleur de fon âge.
Frédégonde fe rend à ſon tour maîtreffe
de Paris , (b ) brûle & faccage tout ce qui
fe trouve fur fon paffage ; fait marcher
des troupes contre Théodebert , Roi d'Auftrafie
, & Thieri Roi de Bourgogne , en-
16.
( a ) Frédegon. chronol. c. 14. ( b ) Idem , c.
134 MERCURE DE FRANCE.
core jeunes. La bataille s'engage en préfence
des trois Rois. (c ) Clothaire demeure
victorieux , & s'affermit fur le thrône de
Paris.
Ordonnance de Childebert concernant
le Guet à pied , qui rend refponfables les.
foldats des vols ou affaffinats faits dans le
quartier où ils font de garde , & qui fait
un réglement à ce fujet. 11 feroit à fou--
haiter que cette ( d ) Ordonnance fut actuellement
en vigueur.
Respectivement à Paris.
597 & 8:
La Reine Frédegonde au plus haut point
de fes profpérités , meurt à Paris , & fon:
corps eft inhumé dans l'Eglife de S. Vincent
à côté de celui du Roi Chilperic font
mari on voit encore fon tombeau dans
S. Germain des Prez , monument de la reconnoiffance
de Clothaire II fon fils .
Interregne.
5.99 & 603.
Les affaires de Clothaire changent de
face. Il eft attaqué par Théodebert , &
Thieri unis enfemble près d'un village ,
nommé Ormeille en Gatinois. Il perd la
bataille ( e ) , fe réfugie dans Paris , en eſt
(c ) Idem. c. 17. ( d ) Capit. Reg. Fr. to . 1. p.
20. Hift. de l'Apolog, to , 1. pag . 236. ( e ) Geſt
Reg. Fr. c. 37.
OCTOBRE. 1755 133
chaffe par les vainqueurs , & forcé de demander
la paix , qui ne lui fut accordée
qu'en perdant une partie de fes Etats.
604 & 612.
Clothaire (f) voulant réparer fes pertes,
met deux armées fur pied , donne le commandement
de l'une à Landri , Maire du
Palais , & marche à la tête de l'autre..
Landri eft battu près d'Etampes par Thieri
, qui rentre victorieux dans Paris ; &
Clothaire obligé de prendre la fuite , de
mande la paix pour la feconde fois.
Clothaire II.
613 & 14.
Clothaire réunit dans fa perfonne toute
la Monarchie Françoife..
615-16 & 17
Sixiéme ( g ) Concile de Paris , compo
fé d'Evêques & de Seigneurs. Il s'en eft
tenu fouvent de pareils depuis Charlelemagne
& les Rois fuivans , où l'on fit
des Ordonnances pour tout le royaume ,
qui portent le nom de Capitulaires , comme
ayant été faites dans les affemblées de.
la nation.
618 & 21 .
(b ) La Reine Gertrude meurt' , & eft
enterrée dans l'Abbaye S. Vincent , aujourd'hui
S. Germain des Prez..
(f)Fredeg. c. 26. ( g ) Conc. to . 5. p. 1649″
( b) Fredeg. c. 46.
136 MERCURE DE FRANCE.
622 & 27.
Clothaire fait fa réfidence ordinaire à
Paris.
628 & 29.
Il meurt âgé de 45 ans , & eft enterré à
Paris dans l'Eglife S. Germain des Prez.
Dagobert I.
Dagobert , Roi d'Auftrafie, lui fuccede,
fixe fon féjour à Paris , s'abandonne à toutes
fortes d'excès , pille le bien de fes fujets,
& ne refpecte même pas les chofes faintes.
Pour racheter en quelque façon fes pechés
, il fonde de nouveau , & dote la célébre
Abbaye de S. Denis.
630 & 37.
S. Eloi , depuis Evêque de Paris , Garde
des Sceaux , engage Judicaël , Prince des
Bretons , à faire au ( i ) Roi fatisfaction
des courfes qu'il avoit faites fur les frontieres
, & à le reconnoître pour fon Seigneur.
638-39-40 & 5o.
Fondation d'un couvent de Filles par S.
Eloi , dont St Aure eft la premiere Abbeffe.
( k) Le circuit de cet ancien monaftere ,
autrefois entouré de murailles , s'appelle
(i ) Préf. Henault , pag. 25. ( k ) Curiof. & antiq.
fr. 35.
OCTOBRE. 1755. 137
encore aujourd'hui la ceinture de S. Elci ,
& comprend les rues de la Cité , où font à
préfent Ste Croix , S. Pierre des Arcis &
S. Martial.
S. Eloi ( 1 ) fonde l'Eglife de S. Paul ,
autrefois appellée des Champs , & S. Martial
dans la Cité fait chaffer de Paris un
Apoftat qui féduifoit le peuple , & bannir
de France un autre fourbe , qui fe difoit
Evêque.
Paris fouffre un incendie confidérable ,
qui confume la plupart des maifons.
Dagobert malade à Epinai -fur- Seine ,
fe fait tranfporter à S. Denis , pour implo
rer la protection de ce faint martyr ; ( m ) il
y meurt quelques jours après , âgé de 36
ans , & y eft enterré. On célébre tous les
ans l'anniverfaire de fa mort à S. Denis ,
le 19 Janvier.
Clovis II.
Clovis II. monte fur le thrône , & fait
fa réfidence ordinaire à Paris.
Les Maires du Palais abforbent l'autorité
royale.
651 & 59.
La famine qui défoloit tout le Royaume
, fe fait fentir dans la capitale. Il pa-
( 1) Vita Sancti Eligii , 1. 1. c. 13. ( m ) Free
deg. chron. c . 79.
738 MERCURE DE FRANCE.
roit qu'elle fut extrême , puifque pour fub
venir aux befoins des pauvres , le Roi fut
obligé de dépouiller le tombeau de S. Denis
des richeſſes dont ( n ) Dagobert l'avoit
enrichi S. Landri , alors Evêque de Paris
, vendit fa vaiffelle & fes meubles pour
foulager la mifere publique. Les vaſes facrés
ne furent même pas épargnés.
Fondation ( o ) de l'Hôtel-Dieu par S.
Landri. Erchinoald , Maire & Comte de
Paris , donna le terrein fur lequel il eft
bâti , & contribua à ſon établiſſement par
d'autres largeffes.
S. Landri meurt , (p) & eft enterré dans
l'Eglife S. Germain- l'Auxerrois .
Clothaire III.
660 & 65.
Clovis II . meurt la dix- neuvième année
de fon regne , & la vingt- troifiéme de fon
âge. Il eft inhumé à S. Denis.
Clothaire III . commence à regner fous
la Régence de Baltilde fa mere. Le Confeil
eft compofé de S. Ouen , de S. Eloi ,
& de quelques autres Evêques.
Abolition d'un tribut par tête , qui réduifoit
fouvent les chefs d'une nombreuſe
famille au défefpoir.
( n ) Dubois , Hift . Eccl . Par. tom. 1. p . 179.
(o ) Le Maire , Par. anc. & nouv. to . 3. pag. 127.
(p ) Malingue..
OCTOBRE. 1755. 139
Baltilde fe retire dans le Monaftere de
Chelles qu'elle avoit fondé , & laiffe le
royaume , & le Roi âgé de quatorze ans ,
à la merci d'Ebroin , Maire du Palais , dont
elle avoit jufques- là réprimé les violences.
665-6-7 & 8.'\
Sigobrand , Evêque de Paris , maffacré
par les Grands , malgré les défenfes de la
Reine.
Elle meurt à Chelles vers l'an 680 , Le
30 Janvier.
La peſte ( q ) dépeuple une partie de
la ville de Paris , & la contagion fe fair
fentir jufques dans les maifons religieufes.
Clothaire III. meurt , & Thieri fon
frere lui fuccéde par les foins d'Ebroin
Maire du Palais ; mais la haine qu'on
avoit pour ce Miniftre , réjaillit fur le
Roi même , & Thieri eft enfermé dans
l'Abbaye de S. Denis ..
Childeric II.
669 & 680 .
Childeric II. fe voit maître de toute la
France par la mort de Clothaire III , &
par la retraite forcée de Thieri.
Il eſt maffacré avec la Reine Blichilde
& Dagobert fon fils , dans la forêt de Li-
( 2 ) Vita S. Eligiil. z .
140 MERCURE DE FRANCE.
vri par Bodille. Il eft enterré dans l'églife
de S. Germain des Prez , où l'on voit encore
fon tombeau .
Thieri I.
Thieri fort de l'Abbaye S. Denis , &
commence à regner. Ebroin , le même qui
avoit été Maire du Palais fous Clothaire
III , contraint par les armes Thieri à le
recevoir de nouveau pour fon Maire du
Palais.
681 & 90.
Ebrouin eft tué d'un coup d'épée un
Dimanche matin avant le jour , lorſqu'il
alloit à Matines , felon l'ufage de ce temslà.
A Ebrouin fuccede Warathon , qui eft
Maire du Palais , de Neuftrie & de Bourgogne.
Pepin le fut de l'Auftrafie , s'en fit
nommer Duc & Gouverneur.
La difcorde s'allume entre les deux Maires
, & les François mécontens ſe retirent
en Auftrafie Berthier fuccede à Warathon,
& époufe fa haine contre Pepin. Ce dernier
leve des troupes , & s'avance vers
Péronne. Berthier va au- devant de lui avec
le Roi Thieri . On en vient aux mains , &
Thieri vaincu fe retire à la hâte dans Paris
. Pepin s'avance vers cette capitale , rue
Berthier échappé au carnage , fait le frége
i
OCTOBRE. 1755 . 141
de Paris , s'en rend le maître , s'empare
de la perfonne de Thieri & de tous fes
thréfors ; il lui laiffe le nom de Roi , &
fous celui de Maire du Palais, a toute l'autorité
, rend la paix à la France , & fait
fleurir le commerce.
691 & 710.
Thieri meurt , âgé de trente- neuf ans ,
après en avoir regné dix - fept. ( r ) Sa mort
ne fait pas plus de bruit que celle d'un particulier.
Un Seigneur , nommé Vandemir , fait
de grandes largeffes à plufieurs églifes de
Paris , de concert avec fa femme Ercamberte.
Clovis 111.
Clovis III fuccede à Thieri , & Pepin
continue de regner fous le nom de ce Roi .
S. Meri où Mederic vient à Paris , fe
loge dans un Monaftere contigu à la Chapelle
de S. Pierre. (f) Il y meurt le 29
Août. Deux ans & neuf mois après il eft
enterré dans la Chapelle voifine , connue
aujourd'hui fous le nom de S. Meri , égliſe
paroiffiale & collégiale foumise à la Jurifdiction
du chapitre de Notre Dame.
Son corps eft levé de terre pour la
pre-
(r ) Pref. Henault. (S) Inventaire du thréfor.
Hift. eccl. par. to. 1. p. 579.
142 MERCURE DE FRANCE.
miere fois en 884 , par Gozlin , Evêque de
Paris. Il eft confervé dans une magnifique
châffe , élevée fur le maître autel' , par les
foins de M. l'Abbé Artaud , Curé actuel ,
dont la piété & le zéle pour la maifon du
Seigneur font connus de tout le monde.
L'églife qui fubfifte , fut fondée fous
François I. On voit au milieu du choeur
cette infcription.
Hic jacet bone memoria Odo Falconarius ,
fundator bujus Ecclefia . ( t )
On conferve dans la même églife le
corps de S. Frou , difciple de S. Meri .
Clovis III meurt , après cinq ans de
regne.
Childebert 11.
711-12-13 & 14.
Childebert II , frere de Clovis III ,
monte fur le thrône. Pepin continue de
regner , & fait fon fils aîné , Duc de Bourgogne
, & fon cadet Maire du Palais.
Dagobert II.
Childebert meurt. Dagobert II lui fuc-
'cede. Pepin qui a toujours toute l'autorité
, fait fon petit- fils Théodebalde Maire
du Palais.
(6) Du Breuil , antiq. 1. 3.
OCTOBRE . 1755 143
714.
Pepin meurt après avoir joui de toute
l'autorité fous quatre Rois , qui n'eurent
qu'un vain nom. ( ) Ces Princes au reſte
ne demeurerent guere à Paris. Les maiſons
de plaifance qu'ils avoient aux environs ,
furent leur féjour ordinaire .
La mere de Théodebalde , Maire du Pa
lais , ambitionne le commandement , &
fait arrêter Charles Martel , fils naturel de
Pepin. Le peuple fe révolte contre le gouvernement
injufte de cette femme ; Théodebalde
ſe ſauve , & Rainfroi le remplace.
Charles Martel s'évade de la prifon dans
laquelle il étoit retenu , va en Neuftrie ,
& en eft reconnu Duc.
Chilperic II.
715 & 20.
Dagobert II meurt . Daniel fils de Childeric
II lui fuccede fous le nom de Chilperic
II.
Il
Clothaire IV.
porte la guerre en Auftrafie , eft dé-'
fait par Charles Martel , & fe réfugie dans
Paris. Il tente une feconde fois de s'oppofer
aux entrepriſes de ce Duc , lui livre
une bataille près de Soiffons , & la perd ; il
(# ) Geft. Reg. Fr. cap. 49.
144 MERCURE DE FRANCE.
rentre dans Paris, enleve tous les thréfors
& fe réfugie en Aquitaine. Charles Martel
arrive à Paris avec un Roi poftiche , qu'il
fait nommer ( x ) Clothaire , & qui mourut
la même année . On rappelle Chilperic
, qui mourut deux ans après.
Thieri 11.
721 & 36.
Thieri II , dit de Chelles , monte fur le
thrône , & Charles Martel , Maire du Palais
, a toute l'autorité . ( y ) Ce dernier fejourne
peu à Paris , toujours en courfe
contre les ennemis de l'Etat ; il n'y revient
qu'en 732 , chargé de riches dépouilles
prifes fur les Sarrafins. Thieri meurt , & fa
mort eft fuivie d'un interregne de dix-fept
ans.
Interregne.
737 & 41.
Charles Martel va à l'Abbaye S. Denis,
revient enfuite à Paris , & partage le royaume
de France entre fes deux fils Carloman
& Pepin , fe fait enfuite tranfporter à
Quierci-fur-Oife où il meurt le 22 Octobre
741. Il fut enterré à S. Denis , dans le
tombeau des Rois , quoiqu'il n'en eût jamais
porté le titre.
(x ) Geft. Reg. Fr. ( y ) Geft. Reg. Fr. cap. ult.
annal Fuld. &c.
742.
OCTOBRE. 1755. 145
742 .
Carloman & Pepin unis gouvernent le
Toyaume , pacifient les défordres , affemblent
des Conciles ( z ) , & font plufieurs
réglemens pour la réformation des moeurs.
Childeric III.
743.4 & 5.
Pepin croit qu'il eft plus avantageux de
faire ceffer l'interregne ; il fait proclamer
Roi Childeric III dans la Neuftrie , la
Bourgogne , & la Provence. Carloman
gouverne l'Auftrafie .
746-7-8 & 9 .
Carloman quitte le gouvernement de
l'Auftrafie , & fe retire à Rome , où il embraffe
la vie religieufe. Pepin devient feul
maître en France.
750.
Childeric III eſt détrôné , rafé & enfermé
dans un monaftere .
Pepin le Bref. Seconde race.
751-2 & 3.
Pepin fils de Charles Martel , eſt proclamé
Roi de France. Ce changement ne
cauſe aucun trouble à Paris , parce que le
peuple accoutumé à fon gouvernement
( z ) Concil . to. 1. p . 1534-37 & 52.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
fon Prin- n'avoit aucun attachement pource
légitime .
754-5-6 & 7.
Tranflation du corps de S. Germain , le
25 Juillet 754 , par Lanfroi , Abbé de S.
Vincent. Pepin affifte à la cérémonie avec
fes deux fils , un grand nombre d'Evêques
& Seigneurs. On peut fixer à cette époque
le changement du nom de cette Abbaye
dite de S. Vincent en celui de S. Ger-
'main des Prez.
758 & 769 .
( a ) Taffilon , Duc de Baviere , après
avoir fait ferment de fidelité au Roi à
Compiegne , vient le renouveller à Paris
fur le tombeau de S. Germain .
fe
( b ) Pepin tombe malade à Poitiers ,
fait tranfporter à Paris , & enfuite au tombeau
de S. Denis ; il partage la France entre
fes deux fils Charles & Carloman , &
meurt le 24 Septembre 768 , âgé de cinquante-
quatre ans.
Charlemagne.
Charles , dit Charlemagne , & Carloman
fon frere , partagent le Royaume.
Paris demeure à Charles.
,
770 , & inclufivement 778 .
La mort de Carloman rend Charlema-
( a ) Annal. not. ( b ) Hift. de S. Denis , p . 54
OCTOBRE . 1755 . 147
gne maître de toute la Monarchie Françoife.
Il vient rarement à Paris.
(c ) En 775 il affifte à la dédicace de
l'églife de l'Abbaye S. Denis .
779.
Charlemagne établit une école publique
à Paris dans fon propre Palais. Établiffement
qui lui mérita le furnom de reftaurateur
des Lettres en France .
800 .
Il vient à Paris au mois de Juillet , &
en part peu de jours après pour Aix- la-
Chapelle.
802 & inclufivement 812 .
Ordonnances ajoutées à la loi falique ,
publiées à Paris.
813.
( d) Ordonnance de l'an 813 , inférée
dans les capitulaires pour la fûreté des
Bourgeois de Paris pendant la nuit.
814 & inclufivement 823 .
Charlemagne meurt d'une pleuréfic le
28 Janvier 814 dans la foixante - onzieme
année de fon âge . Le Palais & le Châtelet
vaquent tous les ans ce jour- là.
(e ) Hift. de S. Denis , 1, 2. n. 10. ( d ) Capit
40. 2. pag. $ 14
Gij
148 MERCURE DE FRANCE:
Louis I.
Louis I lui fuccede , & confirme la Jurifdiction
de l'Evêque de Paris fur la terre
de Ste Marie dans l'Iffe , fur la rue S. Germain-
l'Auxerrois & autres , avec défenſe à
tous autres Officiers qu'à ceux de l'Evêque
, de lever ni cens ni droits dans l'étende
fa juriſdiction .
824-5-6-7 & 8 .
(e ) Septieme Concile de Paris , convoqué
par Louis I , pour délibérer concernant
le culte des images.
les
Il fut décidé qu'il ne falloit pas
brifer ni les adorer , mais les conferver
l'inftruction des fideles , fur - tout des pour
ignorans.
829.
(f) Le huitieme Concile de Paris fut
ouvert le 6 de Juin de l'an 829 dans l'églife
de S. Etienne le vieux , qui étoit à
côté de la cathédrale, auquel affifterent 25
Evêques. Les actes de ce Concile font divifés
en trois livres : Le premier contient
cinquante- quatre articles fur la dignité &
le devoir des Evêques & Paſteurs,
Le fecond en treize articles , traite des
principaux devoirs . des Rois. Le troifiéme
( e ) Concil. to. 7. p. 1648. (f ) Conc.to: 731
p. 1598.
OCTOBRE . 1755. 149
compofé de vingt- fept articles , traite des
conciles & des écoles publiques . On y fit
auffi un réglement pour le partage des
biens eccléfiaftiques
.
(g ) Inftitution d'un chapitre de Chanoines
de l'églife de Paris. On fait pour eux
une régle par ordre du Roi .
Partage des biens de l'Abbaye S. Germain
des Prez , entre l'Abbé & les Moines
, par Hilduin Archichapelain du
palais de l'Empereur , & Abbé de Saint
Germain .
830 & inclufivement 839. •
L'Empereur fe fentant infirme , fait un
nouveau partage entre fes enfans . Paris
avec toute la France occidentale , tombe
à Charles.
840.
Louis I , dit le Débonnaire , meurt dans
une ifle du Rhin , près de Mayence, le 23
Juin 840 , après quarante jours de mala-
-die. Charles II , dit le Chauve , lui fuc-
- cede.
Charles II.
La ville de Paris devient le centre des
guerres civiles. Lothaire frere du Roi ,
paroît fur la Seine avec une puiffante armée.
Gerard , Comte de Paris , va au-de-
(g) Hift. eccl Par . to . 2. p. 561.
C iij
150 MERCURE DE FRANCE.
vant de lui au mépris de l'autorité royale .
Charles ayant appris cette nouvelle , remonte
la Seine , de Rouen à Paris , avec
trente -huit barques chargées de troupes ,
& défait Gerard , Comte de Paris , qui
vouloit s'opposer à fon paffage.
841-2-3 & 4
Charles- le - Chauve va faire fa priere à
S. Germain des Prez , d'où il part incon
tinent pour aller à Troyes , delà à Châlonsfur-
Saone , où ayant reçu un renfort de
troupes il gagne avec Louis de Baviere
für Lothaire & Pepin fon neveu , la
fameufe bataille de Fontenai , un famedi
25 Juin 841 .
(b ) La nouvelle en parvient jufqu'à
Paris , & le peuple croit le Roi Charles.
mort. Pour détromper les Parifiens & foumettre
le Comte Gerard , il vient lui-même
à Paris , & delà fe rend à l'affemblée
de Langres. Il revient à Paris joindre Louis
de Baviere fon frere avec fes troupes. Lothaire
en eft inftruit , & arrive à S. Denis
avec une puiffante armée. D'un autre
côté Charles-le - Chauve campe à S. Cloud .
Les pluies furviennent ; on parle d'accomdement
fans rien conclure . L'hyver fépare
les deux armées . Lothaire fe retire à Sens,
(b ) Nit. to. 3,
OCTOBRE. 1755 . 151
.
& défole tous les environs. Charles quitte
Paris , & va à Châlons fur- Saône.
845-6 & 7.
Les Normans entrés en France ( i ) depuis
environ quatre ans à la faveur des
guerres civiles , remontent la Seine avec
fix vingts bâtimens , s'approchent de Paris
& y entrent fans réfiftance . Les Parifiens à
leur arrivée abandonnent la ville , & les
Religieux leurs monafteres ; chargés des
reliques qu'ils poffedoient , ils vont chercher
un afyle dans les villes voifines.
Charles accourt pour fecourir Paris. Il
arrive à S. Denis , où les chefs des Normans
vont le trouver. La paix y eft conclue
au moyen d'une fomme de 7000 livres
qu'on leur donne. Ils quittent Paris , &
emportent avec eux un riche butin. Les
Religieux de Saint Germain rapportent le
corps de ce Saint , & le dépofent fur l'autel
de l'Abbaye S. Vincent.
Nouveau Concile ( k ) tenu à Paris le
14 Février 846.
Ebbon , Archevêque de Reims , déposé
depuis quelques années , y eft cité , ne
comparoît pas , & fa dépofition eft confirmée.
(i ) Chron. Fontenel , apud Duch. tom. 2. p .
388. ( k ) Concil . to . 7. p . 1812 .
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
848 & inclufivement 860.
Autre Concile ( 1 ) tenu à Paris au mois
de Novembre 848 , compofé de vingtdeux
Evêques.
Les Normans entrent dans Paris pour
la feconde fois , & y mettent le feu . L'incendie
fut fi général , que toute la ville
fut réduite en cendres , les églifes même
ne furent pas épargnées ; il n'y eut que
S. Etienne (m ) , aujourd'hui Notre Dame ,
& S. Germain des Prez qui furent confervées
, parce que les Moines les racheterent
à force d'argent.
Un de leurs partis revient à la charge ,
& pille l'Abbaye S. Germain des Prez . Les
Religieux effrayés fe fauvent, quelques- uns
font tués avec plufieurs domeftiques. Les
Normans mettent le feu au monaftere.
Les Normans (n) continuent leurs courfes
, & enlevent le Chancelier , Louis , Abbé
de S. Denis , & Gozlin fon frere Abbé
de S. Germain des Prez. Il en coute des
fommes confidérables pour les racheter.
861-2-3 & 4
Nouvelle irruption des Normans dans
Paris. Ils brûlent l'églife S. Germain des
( 1 ) Duch. to . 2. pag . 388. ( m ) Geſta Normand.
Duch . to. 2. pag. 525. ( n ) Mabill , ann,
Bened. 1. 25. n°. 33•
OCTOBRE.
1755. 153
Prez qu'ils avoient jufqu'alors refpectée .
Charles les pourfuit , & les défait enfin
près de Meaux . Cette victoire rend la tranquillité
à Paris .
Pour ( o ) arrêter les incurfions des Normans
, Charles le Chauve fait conftruire
-un grand pont , & le foumet à la jurifdiction
de l'Evêque de Paris ; c'eft aujour
d'hui le pont au Change.
Le corps de S. Germain eft rapporté à
Paris , & dépofé dans la chapelle S. Sym-
-phorien , lieu de fa premiere fépulture.
865-6-7 & 8.
Par une chartre du Roi Charles ( p ) , du
22 Avril 867 , il donne à l'églife de Notre
Dame l'ifle de Notre Dame , aujourd'hui
appellée de S. Louis , qui lui avoit été
ufurpée par les Comtes de Paris .
869 & 70.
L'églife de S. Germain des Prez ruinée
par les Normans eft entierement réparée ,
& le corps de ce Saint y eft tranfporté avec
beaucoup de pompe. Charles le Chauve ,
la Reine Richilde & S. Ingelrin affiftent à
cette cérémonie .
(e ) Baluz. opp, ad capitul. p. 1491 , ex parvo
cartul. ecclefiæ Parif. ( P ) Hift . ecclef. Parif.
to. 1. p. 46.1 . 1. 2, n. 34.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
C
871 & inclufivement 877 .
Le Roi donne l'Abbaye de S. Eloi ( q )
en propriété à l'Evêque de Paris & à fon
églife , aux conditions portées dans la donation.
Nouveau partage des biens ( r ) de l'abbaye
S. Germain des Prez , entre l'Abbé
& les Religieux .
Les Normans reparoiffent aux environs
de Paris , entrent dans S. Denis , dont les
Religieux étoient fortis ; mais ils n'y font
aucun mal , parce que le Roi traita avec
eux , & les renvoya en leur donnant une
fomme d'argent.
Le Pape envoie des Légats à Charles le
Chauve , pour le folliciter de fecourir
Rome contre les Sarrafins. Charles part
pour l'Italie , & laiffe l'adminiftration du
royaume à fon fils Louis , déja âgé de plus
de trente- trois ans . Il lui recommande de
faire continuer les fortifications ( ſ) de
Paris , de S. Denis , & autres néceffaires
pour arrêter les incurfions des Normans.
Inftitution de la foire du Landi . Charles
le Chauve ( 1 ) meurt ; & Louis II , dit le
Begue , lui fuccede .
( q ) Baluz. opp. ad capit . p. 149 .
(7 ) Debouil. hift . de l'Abb . S. Germ. des Prez,
P. 46. n°. 22. (S) Ann. Bened. (1) Chron. Nang.
OCTOBRE. 1755- 755
Louis II , dit le Begue.
878 & inclufivement 884 .
Louis ( u ) confirme la donation de
l'abbaye de S. Eloi faite par
fon l'Evêque
de Paris
& à fon
églife
.
pere
a
Mort de Louis II ; Louis III & Carloman
lui fuccedent.
Tranflation du corps de S. Meri ( x)
dans l'églife de fon nom , le 29 Août
$ 84 . Tout le Clergé de Paris affifta à cette
cérémonie.
Louis 111 , & Carloman .
Hildebrand , Evêque de Séez , fe réfugie
à Paris avec partie de fon Clergé. Le
Roi (y ) lui donne l'hermitage de Notre-
Dame des Bois , fitué dans une forêt près
Paris . Il y fait tranfporter les Reliques de
Sainte Opportune , Abbeffe d'Almenefche.
Elles font d'abord dépofées dans la
maifon d'un particulier ; mais la dévotion
des fideles la convertit bientôt en une églife
collégiale , où partie de fes reliques
font confervées .
Fondation de l'Hôpital Sainte Catheri
ne , rue St Denis .
(u) Baluz. opp . ad cap. p. 1501. ( x ) Hift . eccl.
Par. to. 1. p. 502. ( y ) Goffet , vie de Sainte Opportune
, fec. 3. Benedict . part. 2. pag. 220, hift.
ecel. to. 1. p. 514. ·
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Louis III meurt fans enfans. Carloman
le fuit de près.
Charles le Gras.
Charles le Gras Empereur leur fuccede ,
& donne le Gouvernement de Paris à Eudes
Comte de Paris , & à Gozlin Evêque
de la même ville .
$ 85.
Sigefroi , l'un des Rois Normans , fe
montre devant Paris avec une armée de
quarante mille hommes (z ) , & une flotte
compofée de fept cens voiles , fans y comprendre
les petites barques . Il entre dans
Paris avec une eſcorte , va trouver l'Evêque
Gozlin , & lui demande le paffage à travers
la ville , lui promettant de ne rien
entreprendre contre les habitans. L'Evêque
le refufe. Sigefroi infifte , & irrité
de fa réfiftance menace de faccager Paris.
En effet il vient l'attaquer le lendemain .
Eudes & Robert qui furent depuis Rois
de France , défendoient la ville . L'attaque
commença au Pont- an- Change , appellé
alors le grand Pont. Les alliégés firent une
fortie , & reponfferent les ennemis. La nuit
furvint , & fervit à réparer les pertes du
jour. Les Parifiens rehaufferent la tour du
pont de plufieurs étages en bois , pour y
( z Abb, de bello Par. 1. 1 .
OCTOBRE . 1755. 157
placer plus de foldats pour la défendre .
Le lendemain l'attaque recommença.Les
Normans parvinrent même, malgré l'huile
bouillante qu'on leur jettoit du haut de la
tour , à faire une bréche , mais ils furent
répouffés pour la feconde fois , avec perte
de trois cens hommes.
Sigefroi furpris de tant de réfiftance ,
emploie deux mois à fortifier fon camp
placé autour de St Germain - l'Auxerrois.
Il fait ravager avec des cruautés inouies
pendant tout ce tems -là les environs de
Paris.
886.
Pendant que tout cédoit à l'impétuofité
des Normans ( a ) , la feule ville de Paris
leur réfiftoit. Expofés à une nouvelle attaque
mieux conçue & foutenue avec plus
de force que les autres , les Parifiens fe
défendirent avec une valeur extraordinaire.
Les Normans irrités forment un nouveau
fiége ; ils partagent leurs forces , &
attaquent le pont & la tour en même
tems.
Toutes les machines de guerre font mifes
en ufage . Ils font pleuvoir une grêle
de pierres & de fléches , mais rien ne ralentit
l'ardeur des Parifiens .
( a ) Frod. 1. 4.
35S MERCURE DE FRANCE.
1
Le Comte Eudes & Robert fon frere fe
multiplient pour fa défenfe. En vain trois
mille Normans attaquent- ils la tour , leurs
efforts font inutiles , ils font contraints de
fe retirer avec perte.
Ils reviennent le lendemain à la charge
, battent la tour avec des beliers , ont
la cruauté d'égorger les prifonniers pour
combler les foffés ; mais voyant leurs tentatives
inutiles , ils rempliffent trois bateaux
de matieres combuſtibles , & les approchent
de la tour & du pont qui n'étoit
que de bois. Les Parifiens effrayés ont
recours aux reliques de St Germain , &.
par l'interceffion de ce Saint , les barques
déja enflammées donnent contre une pile
du pont , & font coulées à fond.
Les Normans rébutés fe retirent le 1
3.1
Janvier 886 , & fe contentent de tenir la
place bloquée. Quelques uns entrent dans
St Germain , en profanent l'églife , & font
punis de Dieu par une mort fubite .
Le 6 Février la Seine déborde , & l'impétuofité
( b ) des eaux renverfe le petit
pont. Les normans tentent de profiter de
cette occafion pour fe faifir de la tour défendue
par douze hommes feulement. Ces
derniers font une vigoureufe réfiftance :
(b ) Chron. S. Vedaſti.
OCTOBRE . 1755. 159
en vain les Normans leur crient- ils de fe
rendre , une défenſe opiniâtre eft leur réponfe.
On les preffe de nouveau , & on
leur promet la vie. Réduits à l'extrêmité
ils fe foumettent fur la parole des Normans
; mais ces Barbares fans refpect pour
d'auffi braves foldats , fauffent leur parole
, & les égorgent tous à l'exception d'un
feul nommé Ervé , qu'ils conferverent à
caufe de fa bonne mine.
La ville demeure bloquée , & les Normans
donnent de nouveaux affauts . L'Empereur
envoie Henri , Duc de Saxe , (c) au
fecours des Parifiens , les Normans reçoivent
un échec dans leur camp.
Eudes , Comte de Paris , fait une fortie
qui manque à lui coûter la vie , mais fa valeur
& celle de fes gens le fauvent. Il ren
tre dans Paris , & Sigefroi admire fon courage
, vent perfuader aux Normans de
lever le fiége , ils le refufent , donnent un
nouvel affaut à la ville , & font repouffés
avec perte de deux de leurs Rois . Sigefroi
fe mocque d'eux , accepte une fomme de
foixante livres d'argent que Gozlin , évêque
de Paris , lui donne , & fe retire . Gozlin
meurt quelques jours après.
Les Normans qui ne fuivirent pas Sigefroid
, continuent le fiege , la ville fe trou-
(c) Abb. 1. 2. Chron. S. Vedafti.
160 MERCURE DE FRANCE.
ve réduite à l'extrêmité : affiégée au-dehors
, la pefte ravageoit le dedans . Les Parifiens
ont recours aux prieres publiques ;
on fait des proceffions , & la châffe de
S. Germain eft portée dans les rues .
D'un autre côté , le Comte Eudes va
demander du fecours au Roi Charles , Empereur.
L'Abbé Eblé commande en fon
abfence ( d ) , & fait des forties glorieufes.
Le Comte Eudes revient avec trois
corps de cavalerie ; il paroît fur la montagne
de Mars ou Montmartre. Les ennemis
veulent s'opposer à fon paffage , ils font
-repouffés , & le Comte entre dans Paris .
la
( e ) Henti , Duc de Saxe , vient pour
feconde fois au fecours des Parifiens , eft
attiré au combat par les Normans , & périt
miférablement dans un piége qu'ils lui
avoient tendu ; après la mort , fes troupes
ne fongerent plus qu'à la retraite.
Les Normans fiers de cet avantage ,
donnent un affauit général à la ville , les
Parifiens effrayés , courent à la défenſe , on
porte le corps de fainte Génevieve à la
pointe de l'Ile derriere Notre - Dame , &
la victoire fe déclare pour les affiégés ; il
n'en eft pas de même des autres attaques ,
les Normans ont partout l'avantage ; la
terreur commence à fe répandre dans la
(d) Chron. S. Tedafti. ( ) Abb. Ann. met,
OCTOBR E. 1755. 161
ville , la confternation devient générale ,
le clergé & le peuple reclament la protection
de S. Germain . On apporte fon corps ,
& fa feule préfence ranime les Parifiens ,
donne de la terreur aux ennemis , & la
victoire n'eft plus douteufe , les affiégeans
font partout repouffés , ils mettent le feu à
la tour & fe retirent .
L'Empereur vient au fecours de Paris
& fait un traité honteux avec les Normans
auxquels il accorde le paffage de la
Seine , & fept cens livres d'argent : il fe
retire enfuite en Allemagne.
887 & $ 3 .
Les Normans reparoiffent devant Paris,
l'Abbé Eblé les attaque vigoureufement ,
leur tue cinq cens hommes , & les force
de fe retirer.
Charles le Begue , Roi de France & Empereur
, meurt , & Eudes , Comte de Paris
, eft proclamé Roi dans l'affemblée de
Compiegne.
Endes
Les Normans honteux- d'avoir levé le
fiége de Paris , après avoir été deux ans
devant cette place , reparoiffent aux environs.
Le Roi Eudes , fecondé de l'Evêque
Anſchrie , fucceffeur du brave Gozlin , bat
162 MERCURE DE FRANCE.
N
les Normans , en fait plufieurs prifonniers,
& les renvoie enfuite fur leur parole .
Anfchrie défait fix cens Normans &
rentre triomphant dans Paris.
Le Roi Eudes gagne une victoire fignalée
fur les Normans le jour de la faint Jean
de l'an 888 , près du Montfaucon , petite
butte à préfent à un quart de lieue de
Paris .
889 inclufivement 891 .
La ville de Paris eft encore affiégée
deux fois en 889. Les Parifiens fe défendent
avec valeur & les Normans fe retirent .
(f)Les Parifiens qui avoient eu feuls l'avantage
de réfifter aux Normans , en attribuent
toute la gloire à fainte Génevieve &
à faint Germain : ils rapportent leurs reliques
dans leurs églifes à l'exception d'un
bras de faint Germain qui fut laiffé à faint
Germain le vieux au Marché- neuf , en reconnoiffance
de l'hofpitalité accordée à ſes
reliques pendant le fiége.
892 & inclufiv. 897.
L'Abbé Eblé , grand Chancelier du Roi ,
qui avoit défendu la ville de Paris avec
tant de valeur , meurt le 10 Octobre 886 .
(f) Chron. S. Vedaftis
OCTOBRE. 1755. 163
898.
Le Roi Eudes quitte la Neuftrie , revient
à Paris où il fait fon féjour ordinaire , fait
un voyage à la Fere fur Oife , & y meurt
le 13 Janvier 898. âgé de quarante ans .
Charles le fimple , déja proclamé Roi en
893 , lui fuccede.
La fuite de cette Hiftoire pour le mois prochain.
Suite de l'abrégé hiftorique de la ville de
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avo- .
cat au Parlement .
CH
SOUVERAIN S.
Interregne.
593-4-5
& 6.
Hildebert II , Roi d'Auftrafie , fe
rend maître de Paris , & des autres
villes qui avoient appartenues au ( a ) Roi
Sigebert fon pere ; mais il ne jouit pas
long - tems de fes conquêtes. Une mort
précipitée l'enleve à la fleur de fon âge.
Frédégonde fe rend à ſon tour maîtreffe
de Paris , (b ) brûle & faccage tout ce qui
fe trouve fur fon paffage ; fait marcher
des troupes contre Théodebert , Roi d'Auftrafie
, & Thieri Roi de Bourgogne , en-
16.
( a ) Frédegon. chronol. c. 14. ( b ) Idem , c.
134 MERCURE DE FRANCE.
core jeunes. La bataille s'engage en préfence
des trois Rois. (c ) Clothaire demeure
victorieux , & s'affermit fur le thrône de
Paris.
Ordonnance de Childebert concernant
le Guet à pied , qui rend refponfables les.
foldats des vols ou affaffinats faits dans le
quartier où ils font de garde , & qui fait
un réglement à ce fujet. 11 feroit à fou--
haiter que cette ( d ) Ordonnance fut actuellement
en vigueur.
Respectivement à Paris.
597 & 8:
La Reine Frédegonde au plus haut point
de fes profpérités , meurt à Paris , & fon:
corps eft inhumé dans l'Eglife de S. Vincent
à côté de celui du Roi Chilperic font
mari on voit encore fon tombeau dans
S. Germain des Prez , monument de la reconnoiffance
de Clothaire II fon fils .
Interregne.
5.99 & 603.
Les affaires de Clothaire changent de
face. Il eft attaqué par Théodebert , &
Thieri unis enfemble près d'un village ,
nommé Ormeille en Gatinois. Il perd la
bataille ( e ) , fe réfugie dans Paris , en eſt
(c ) Idem. c. 17. ( d ) Capit. Reg. Fr. to . 1. p.
20. Hift. de l'Apolog, to , 1. pag . 236. ( e ) Geſt
Reg. Fr. c. 37.
OCTOBRE. 1755 133
chaffe par les vainqueurs , & forcé de demander
la paix , qui ne lui fut accordée
qu'en perdant une partie de fes Etats.
604 & 612.
Clothaire (f) voulant réparer fes pertes,
met deux armées fur pied , donne le commandement
de l'une à Landri , Maire du
Palais , & marche à la tête de l'autre..
Landri eft battu près d'Etampes par Thieri
, qui rentre victorieux dans Paris ; &
Clothaire obligé de prendre la fuite , de
mande la paix pour la feconde fois.
Clothaire II.
613 & 14.
Clothaire réunit dans fa perfonne toute
la Monarchie Françoife..
615-16 & 17
Sixiéme ( g ) Concile de Paris , compo
fé d'Evêques & de Seigneurs. Il s'en eft
tenu fouvent de pareils depuis Charlelemagne
& les Rois fuivans , où l'on fit
des Ordonnances pour tout le royaume ,
qui portent le nom de Capitulaires , comme
ayant été faites dans les affemblées de.
la nation.
618 & 21 .
(b ) La Reine Gertrude meurt' , & eft
enterrée dans l'Abbaye S. Vincent , aujourd'hui
S. Germain des Prez..
(f)Fredeg. c. 26. ( g ) Conc. to . 5. p. 1649″
( b) Fredeg. c. 46.
136 MERCURE DE FRANCE.
622 & 27.
Clothaire fait fa réfidence ordinaire à
Paris.
628 & 29.
Il meurt âgé de 45 ans , & eft enterré à
Paris dans l'Eglife S. Germain des Prez.
Dagobert I.
Dagobert , Roi d'Auftrafie, lui fuccede,
fixe fon féjour à Paris , s'abandonne à toutes
fortes d'excès , pille le bien de fes fujets,
& ne refpecte même pas les chofes faintes.
Pour racheter en quelque façon fes pechés
, il fonde de nouveau , & dote la célébre
Abbaye de S. Denis.
630 & 37.
S. Eloi , depuis Evêque de Paris , Garde
des Sceaux , engage Judicaël , Prince des
Bretons , à faire au ( i ) Roi fatisfaction
des courfes qu'il avoit faites fur les frontieres
, & à le reconnoître pour fon Seigneur.
638-39-40 & 5o.
Fondation d'un couvent de Filles par S.
Eloi , dont St Aure eft la premiere Abbeffe.
( k) Le circuit de cet ancien monaftere ,
autrefois entouré de murailles , s'appelle
(i ) Préf. Henault , pag. 25. ( k ) Curiof. & antiq.
fr. 35.
OCTOBRE. 1755. 137
encore aujourd'hui la ceinture de S. Elci ,
& comprend les rues de la Cité , où font à
préfent Ste Croix , S. Pierre des Arcis &
S. Martial.
S. Eloi ( 1 ) fonde l'Eglife de S. Paul ,
autrefois appellée des Champs , & S. Martial
dans la Cité fait chaffer de Paris un
Apoftat qui féduifoit le peuple , & bannir
de France un autre fourbe , qui fe difoit
Evêque.
Paris fouffre un incendie confidérable ,
qui confume la plupart des maifons.
Dagobert malade à Epinai -fur- Seine ,
fe fait tranfporter à S. Denis , pour implo
rer la protection de ce faint martyr ; ( m ) il
y meurt quelques jours après , âgé de 36
ans , & y eft enterré. On célébre tous les
ans l'anniverfaire de fa mort à S. Denis ,
le 19 Janvier.
Clovis II.
Clovis II. monte fur le thrône , & fait
fa réfidence ordinaire à Paris.
Les Maires du Palais abforbent l'autorité
royale.
651 & 59.
La famine qui défoloit tout le Royaume
, fe fait fentir dans la capitale. Il pa-
( 1) Vita Sancti Eligii , 1. 1. c. 13. ( m ) Free
deg. chron. c . 79.
738 MERCURE DE FRANCE.
roit qu'elle fut extrême , puifque pour fub
venir aux befoins des pauvres , le Roi fut
obligé de dépouiller le tombeau de S. Denis
des richeſſes dont ( n ) Dagobert l'avoit
enrichi S. Landri , alors Evêque de Paris
, vendit fa vaiffelle & fes meubles pour
foulager la mifere publique. Les vaſes facrés
ne furent même pas épargnés.
Fondation ( o ) de l'Hôtel-Dieu par S.
Landri. Erchinoald , Maire & Comte de
Paris , donna le terrein fur lequel il eft
bâti , & contribua à ſon établiſſement par
d'autres largeffes.
S. Landri meurt , (p) & eft enterré dans
l'Eglife S. Germain- l'Auxerrois .
Clothaire III.
660 & 65.
Clovis II . meurt la dix- neuvième année
de fon regne , & la vingt- troifiéme de fon
âge. Il eft inhumé à S. Denis.
Clothaire III . commence à regner fous
la Régence de Baltilde fa mere. Le Confeil
eft compofé de S. Ouen , de S. Eloi ,
& de quelques autres Evêques.
Abolition d'un tribut par tête , qui réduifoit
fouvent les chefs d'une nombreuſe
famille au défefpoir.
( n ) Dubois , Hift . Eccl . Par. tom. 1. p . 179.
(o ) Le Maire , Par. anc. & nouv. to . 3. pag. 127.
(p ) Malingue..
OCTOBRE. 1755. 139
Baltilde fe retire dans le Monaftere de
Chelles qu'elle avoit fondé , & laiffe le
royaume , & le Roi âgé de quatorze ans ,
à la merci d'Ebroin , Maire du Palais , dont
elle avoit jufques- là réprimé les violences.
665-6-7 & 8.'\
Sigobrand , Evêque de Paris , maffacré
par les Grands , malgré les défenfes de la
Reine.
Elle meurt à Chelles vers l'an 680 , Le
30 Janvier.
La peſte ( q ) dépeuple une partie de
la ville de Paris , & la contagion fe fair
fentir jufques dans les maifons religieufes.
Clothaire III. meurt , & Thieri fon
frere lui fuccéde par les foins d'Ebroin
Maire du Palais ; mais la haine qu'on
avoit pour ce Miniftre , réjaillit fur le
Roi même , & Thieri eft enfermé dans
l'Abbaye de S. Denis ..
Childeric II.
669 & 680 .
Childeric II. fe voit maître de toute la
France par la mort de Clothaire III , &
par la retraite forcée de Thieri.
Il eſt maffacré avec la Reine Blichilde
& Dagobert fon fils , dans la forêt de Li-
( 2 ) Vita S. Eligiil. z .
140 MERCURE DE FRANCE.
vri par Bodille. Il eft enterré dans l'églife
de S. Germain des Prez , où l'on voit encore
fon tombeau .
Thieri I.
Thieri fort de l'Abbaye S. Denis , &
commence à regner. Ebroin , le même qui
avoit été Maire du Palais fous Clothaire
III , contraint par les armes Thieri à le
recevoir de nouveau pour fon Maire du
Palais.
681 & 90.
Ebrouin eft tué d'un coup d'épée un
Dimanche matin avant le jour , lorſqu'il
alloit à Matines , felon l'ufage de ce temslà.
A Ebrouin fuccede Warathon , qui eft
Maire du Palais , de Neuftrie & de Bourgogne.
Pepin le fut de l'Auftrafie , s'en fit
nommer Duc & Gouverneur.
La difcorde s'allume entre les deux Maires
, & les François mécontens ſe retirent
en Auftrafie Berthier fuccede à Warathon,
& époufe fa haine contre Pepin. Ce dernier
leve des troupes , & s'avance vers
Péronne. Berthier va au- devant de lui avec
le Roi Thieri . On en vient aux mains , &
Thieri vaincu fe retire à la hâte dans Paris
. Pepin s'avance vers cette capitale , rue
Berthier échappé au carnage , fait le frége
i
OCTOBRE. 1755 . 141
de Paris , s'en rend le maître , s'empare
de la perfonne de Thieri & de tous fes
thréfors ; il lui laiffe le nom de Roi , &
fous celui de Maire du Palais, a toute l'autorité
, rend la paix à la France , & fait
fleurir le commerce.
691 & 710.
Thieri meurt , âgé de trente- neuf ans ,
après en avoir regné dix - fept. ( r ) Sa mort
ne fait pas plus de bruit que celle d'un particulier.
Un Seigneur , nommé Vandemir , fait
de grandes largeffes à plufieurs églifes de
Paris , de concert avec fa femme Ercamberte.
Clovis 111.
Clovis III fuccede à Thieri , & Pepin
continue de regner fous le nom de ce Roi .
S. Meri où Mederic vient à Paris , fe
loge dans un Monaftere contigu à la Chapelle
de S. Pierre. (f) Il y meurt le 29
Août. Deux ans & neuf mois après il eft
enterré dans la Chapelle voifine , connue
aujourd'hui fous le nom de S. Meri , égliſe
paroiffiale & collégiale foumise à la Jurifdiction
du chapitre de Notre Dame.
Son corps eft levé de terre pour la
pre-
(r ) Pref. Henault. (S) Inventaire du thréfor.
Hift. eccl. par. to. 1. p. 579.
142 MERCURE DE FRANCE.
miere fois en 884 , par Gozlin , Evêque de
Paris. Il eft confervé dans une magnifique
châffe , élevée fur le maître autel' , par les
foins de M. l'Abbé Artaud , Curé actuel ,
dont la piété & le zéle pour la maifon du
Seigneur font connus de tout le monde.
L'églife qui fubfifte , fut fondée fous
François I. On voit au milieu du choeur
cette infcription.
Hic jacet bone memoria Odo Falconarius ,
fundator bujus Ecclefia . ( t )
On conferve dans la même églife le
corps de S. Frou , difciple de S. Meri .
Clovis III meurt , après cinq ans de
regne.
Childebert 11.
711-12-13 & 14.
Childebert II , frere de Clovis III ,
monte fur le thrône. Pepin continue de
regner , & fait fon fils aîné , Duc de Bourgogne
, & fon cadet Maire du Palais.
Dagobert II.
Childebert meurt. Dagobert II lui fuc-
'cede. Pepin qui a toujours toute l'autorité
, fait fon petit- fils Théodebalde Maire
du Palais.
(6) Du Breuil , antiq. 1. 3.
OCTOBRE . 1755 143
714.
Pepin meurt après avoir joui de toute
l'autorité fous quatre Rois , qui n'eurent
qu'un vain nom. ( ) Ces Princes au reſte
ne demeurerent guere à Paris. Les maiſons
de plaifance qu'ils avoient aux environs ,
furent leur féjour ordinaire .
La mere de Théodebalde , Maire du Pa
lais , ambitionne le commandement , &
fait arrêter Charles Martel , fils naturel de
Pepin. Le peuple fe révolte contre le gouvernement
injufte de cette femme ; Théodebalde
ſe ſauve , & Rainfroi le remplace.
Charles Martel s'évade de la prifon dans
laquelle il étoit retenu , va en Neuftrie ,
& en eft reconnu Duc.
Chilperic II.
715 & 20.
Dagobert II meurt . Daniel fils de Childeric
II lui fuccede fous le nom de Chilperic
II.
Il
Clothaire IV.
porte la guerre en Auftrafie , eft dé-'
fait par Charles Martel , & fe réfugie dans
Paris. Il tente une feconde fois de s'oppofer
aux entrepriſes de ce Duc , lui livre
une bataille près de Soiffons , & la perd ; il
(# ) Geft. Reg. Fr. cap. 49.
144 MERCURE DE FRANCE.
rentre dans Paris, enleve tous les thréfors
& fe réfugie en Aquitaine. Charles Martel
arrive à Paris avec un Roi poftiche , qu'il
fait nommer ( x ) Clothaire , & qui mourut
la même année . On rappelle Chilperic
, qui mourut deux ans après.
Thieri 11.
721 & 36.
Thieri II , dit de Chelles , monte fur le
thrône , & Charles Martel , Maire du Palais
, a toute l'autorité . ( y ) Ce dernier fejourne
peu à Paris , toujours en courfe
contre les ennemis de l'Etat ; il n'y revient
qu'en 732 , chargé de riches dépouilles
prifes fur les Sarrafins. Thieri meurt , & fa
mort eft fuivie d'un interregne de dix-fept
ans.
Interregne.
737 & 41.
Charles Martel va à l'Abbaye S. Denis,
revient enfuite à Paris , & partage le royaume
de France entre fes deux fils Carloman
& Pepin , fe fait enfuite tranfporter à
Quierci-fur-Oife où il meurt le 22 Octobre
741. Il fut enterré à S. Denis , dans le
tombeau des Rois , quoiqu'il n'en eût jamais
porté le titre.
(x ) Geft. Reg. Fr. ( y ) Geft. Reg. Fr. cap. ult.
annal Fuld. &c.
742.
OCTOBRE. 1755. 145
742 .
Carloman & Pepin unis gouvernent le
Toyaume , pacifient les défordres , affemblent
des Conciles ( z ) , & font plufieurs
réglemens pour la réformation des moeurs.
Childeric III.
743.4 & 5.
Pepin croit qu'il eft plus avantageux de
faire ceffer l'interregne ; il fait proclamer
Roi Childeric III dans la Neuftrie , la
Bourgogne , & la Provence. Carloman
gouverne l'Auftrafie .
746-7-8 & 9 .
Carloman quitte le gouvernement de
l'Auftrafie , & fe retire à Rome , où il embraffe
la vie religieufe. Pepin devient feul
maître en France.
750.
Childeric III eſt détrôné , rafé & enfermé
dans un monaftere .
Pepin le Bref. Seconde race.
751-2 & 3.
Pepin fils de Charles Martel , eſt proclamé
Roi de France. Ce changement ne
cauſe aucun trouble à Paris , parce que le
peuple accoutumé à fon gouvernement
( z ) Concil . to. 1. p . 1534-37 & 52.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
fon Prin- n'avoit aucun attachement pource
légitime .
754-5-6 & 7.
Tranflation du corps de S. Germain , le
25 Juillet 754 , par Lanfroi , Abbé de S.
Vincent. Pepin affifte à la cérémonie avec
fes deux fils , un grand nombre d'Evêques
& Seigneurs. On peut fixer à cette époque
le changement du nom de cette Abbaye
dite de S. Vincent en celui de S. Ger-
'main des Prez.
758 & 769 .
( a ) Taffilon , Duc de Baviere , après
avoir fait ferment de fidelité au Roi à
Compiegne , vient le renouveller à Paris
fur le tombeau de S. Germain .
fe
( b ) Pepin tombe malade à Poitiers ,
fait tranfporter à Paris , & enfuite au tombeau
de S. Denis ; il partage la France entre
fes deux fils Charles & Carloman , &
meurt le 24 Septembre 768 , âgé de cinquante-
quatre ans.
Charlemagne.
Charles , dit Charlemagne , & Carloman
fon frere , partagent le Royaume.
Paris demeure à Charles.
,
770 , & inclufivement 778 .
La mort de Carloman rend Charlema-
( a ) Annal. not. ( b ) Hift. de S. Denis , p . 54
OCTOBRE . 1755 . 147
gne maître de toute la Monarchie Françoife.
Il vient rarement à Paris.
(c ) En 775 il affifte à la dédicace de
l'églife de l'Abbaye S. Denis .
779.
Charlemagne établit une école publique
à Paris dans fon propre Palais. Établiffement
qui lui mérita le furnom de reftaurateur
des Lettres en France .
800 .
Il vient à Paris au mois de Juillet , &
en part peu de jours après pour Aix- la-
Chapelle.
802 & inclufivement 812 .
Ordonnances ajoutées à la loi falique ,
publiées à Paris.
813.
( d) Ordonnance de l'an 813 , inférée
dans les capitulaires pour la fûreté des
Bourgeois de Paris pendant la nuit.
814 & inclufivement 823 .
Charlemagne meurt d'une pleuréfic le
28 Janvier 814 dans la foixante - onzieme
année de fon âge . Le Palais & le Châtelet
vaquent tous les ans ce jour- là.
(e ) Hift. de S. Denis , 1, 2. n. 10. ( d ) Capit
40. 2. pag. $ 14
Gij
148 MERCURE DE FRANCE:
Louis I.
Louis I lui fuccede , & confirme la Jurifdiction
de l'Evêque de Paris fur la terre
de Ste Marie dans l'Iffe , fur la rue S. Germain-
l'Auxerrois & autres , avec défenſe à
tous autres Officiers qu'à ceux de l'Evêque
, de lever ni cens ni droits dans l'étende
fa juriſdiction .
824-5-6-7 & 8 .
(e ) Septieme Concile de Paris , convoqué
par Louis I , pour délibérer concernant
le culte des images.
les
Il fut décidé qu'il ne falloit pas
brifer ni les adorer , mais les conferver
l'inftruction des fideles , fur - tout des pour
ignorans.
829.
(f) Le huitieme Concile de Paris fut
ouvert le 6 de Juin de l'an 829 dans l'églife
de S. Etienne le vieux , qui étoit à
côté de la cathédrale, auquel affifterent 25
Evêques. Les actes de ce Concile font divifés
en trois livres : Le premier contient
cinquante- quatre articles fur la dignité &
le devoir des Evêques & Paſteurs,
Le fecond en treize articles , traite des
principaux devoirs . des Rois. Le troifiéme
( e ) Concil. to. 7. p. 1648. (f ) Conc.to: 731
p. 1598.
OCTOBRE . 1755. 149
compofé de vingt- fept articles , traite des
conciles & des écoles publiques . On y fit
auffi un réglement pour le partage des
biens eccléfiaftiques
.
(g ) Inftitution d'un chapitre de Chanoines
de l'églife de Paris. On fait pour eux
une régle par ordre du Roi .
Partage des biens de l'Abbaye S. Germain
des Prez , entre l'Abbé & les Moines
, par Hilduin Archichapelain du
palais de l'Empereur , & Abbé de Saint
Germain .
830 & inclufivement 839. •
L'Empereur fe fentant infirme , fait un
nouveau partage entre fes enfans . Paris
avec toute la France occidentale , tombe
à Charles.
840.
Louis I , dit le Débonnaire , meurt dans
une ifle du Rhin , près de Mayence, le 23
Juin 840 , après quarante jours de mala-
-die. Charles II , dit le Chauve , lui fuc-
- cede.
Charles II.
La ville de Paris devient le centre des
guerres civiles. Lothaire frere du Roi ,
paroît fur la Seine avec une puiffante armée.
Gerard , Comte de Paris , va au-de-
(g) Hift. eccl Par . to . 2. p. 561.
C iij
150 MERCURE DE FRANCE.
vant de lui au mépris de l'autorité royale .
Charles ayant appris cette nouvelle , remonte
la Seine , de Rouen à Paris , avec
trente -huit barques chargées de troupes ,
& défait Gerard , Comte de Paris , qui
vouloit s'opposer à fon paffage.
841-2-3 & 4
Charles- le - Chauve va faire fa priere à
S. Germain des Prez , d'où il part incon
tinent pour aller à Troyes , delà à Châlonsfur-
Saone , où ayant reçu un renfort de
troupes il gagne avec Louis de Baviere
für Lothaire & Pepin fon neveu , la
fameufe bataille de Fontenai , un famedi
25 Juin 841 .
(b ) La nouvelle en parvient jufqu'à
Paris , & le peuple croit le Roi Charles.
mort. Pour détromper les Parifiens & foumettre
le Comte Gerard , il vient lui-même
à Paris , & delà fe rend à l'affemblée
de Langres. Il revient à Paris joindre Louis
de Baviere fon frere avec fes troupes. Lothaire
en eft inftruit , & arrive à S. Denis
avec une puiffante armée. D'un autre
côté Charles-le - Chauve campe à S. Cloud .
Les pluies furviennent ; on parle d'accomdement
fans rien conclure . L'hyver fépare
les deux armées . Lothaire fe retire à Sens,
(b ) Nit. to. 3,
OCTOBRE. 1755 . 151
.
& défole tous les environs. Charles quitte
Paris , & va à Châlons fur- Saône.
845-6 & 7.
Les Normans entrés en France ( i ) depuis
environ quatre ans à la faveur des
guerres civiles , remontent la Seine avec
fix vingts bâtimens , s'approchent de Paris
& y entrent fans réfiftance . Les Parifiens à
leur arrivée abandonnent la ville , & les
Religieux leurs monafteres ; chargés des
reliques qu'ils poffedoient , ils vont chercher
un afyle dans les villes voifines.
Charles accourt pour fecourir Paris. Il
arrive à S. Denis , où les chefs des Normans
vont le trouver. La paix y eft conclue
au moyen d'une fomme de 7000 livres
qu'on leur donne. Ils quittent Paris , &
emportent avec eux un riche butin. Les
Religieux de Saint Germain rapportent le
corps de ce Saint , & le dépofent fur l'autel
de l'Abbaye S. Vincent.
Nouveau Concile ( k ) tenu à Paris le
14 Février 846.
Ebbon , Archevêque de Reims , déposé
depuis quelques années , y eft cité , ne
comparoît pas , & fa dépofition eft confirmée.
(i ) Chron. Fontenel , apud Duch. tom. 2. p .
388. ( k ) Concil . to . 7. p . 1812 .
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
848 & inclufivement 860.
Autre Concile ( 1 ) tenu à Paris au mois
de Novembre 848 , compofé de vingtdeux
Evêques.
Les Normans entrent dans Paris pour
la feconde fois , & y mettent le feu . L'incendie
fut fi général , que toute la ville
fut réduite en cendres , les églifes même
ne furent pas épargnées ; il n'y eut que
S. Etienne (m ) , aujourd'hui Notre Dame ,
& S. Germain des Prez qui furent confervées
, parce que les Moines les racheterent
à force d'argent.
Un de leurs partis revient à la charge ,
& pille l'Abbaye S. Germain des Prez . Les
Religieux effrayés fe fauvent, quelques- uns
font tués avec plufieurs domeftiques. Les
Normans mettent le feu au monaftere.
Les Normans (n) continuent leurs courfes
, & enlevent le Chancelier , Louis , Abbé
de S. Denis , & Gozlin fon frere Abbé
de S. Germain des Prez. Il en coute des
fommes confidérables pour les racheter.
861-2-3 & 4
Nouvelle irruption des Normans dans
Paris. Ils brûlent l'églife S. Germain des
( 1 ) Duch. to . 2. pag . 388. ( m ) Geſta Normand.
Duch . to. 2. pag. 525. ( n ) Mabill , ann,
Bened. 1. 25. n°. 33•
OCTOBRE.
1755. 153
Prez qu'ils avoient jufqu'alors refpectée .
Charles les pourfuit , & les défait enfin
près de Meaux . Cette victoire rend la tranquillité
à Paris .
Pour ( o ) arrêter les incurfions des Normans
, Charles le Chauve fait conftruire
-un grand pont , & le foumet à la jurifdiction
de l'Evêque de Paris ; c'eft aujour
d'hui le pont au Change.
Le corps de S. Germain eft rapporté à
Paris , & dépofé dans la chapelle S. Sym-
-phorien , lieu de fa premiere fépulture.
865-6-7 & 8.
Par une chartre du Roi Charles ( p ) , du
22 Avril 867 , il donne à l'églife de Notre
Dame l'ifle de Notre Dame , aujourd'hui
appellée de S. Louis , qui lui avoit été
ufurpée par les Comtes de Paris .
869 & 70.
L'églife de S. Germain des Prez ruinée
par les Normans eft entierement réparée ,
& le corps de ce Saint y eft tranfporté avec
beaucoup de pompe. Charles le Chauve ,
la Reine Richilde & S. Ingelrin affiftent à
cette cérémonie .
(e ) Baluz. opp, ad capitul. p. 1491 , ex parvo
cartul. ecclefiæ Parif. ( P ) Hift . ecclef. Parif.
to. 1. p. 46.1 . 1. 2, n. 34.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
C
871 & inclufivement 877 .
Le Roi donne l'Abbaye de S. Eloi ( q )
en propriété à l'Evêque de Paris & à fon
églife , aux conditions portées dans la donation.
Nouveau partage des biens ( r ) de l'abbaye
S. Germain des Prez , entre l'Abbé
& les Religieux .
Les Normans reparoiffent aux environs
de Paris , entrent dans S. Denis , dont les
Religieux étoient fortis ; mais ils n'y font
aucun mal , parce que le Roi traita avec
eux , & les renvoya en leur donnant une
fomme d'argent.
Le Pape envoie des Légats à Charles le
Chauve , pour le folliciter de fecourir
Rome contre les Sarrafins. Charles part
pour l'Italie , & laiffe l'adminiftration du
royaume à fon fils Louis , déja âgé de plus
de trente- trois ans . Il lui recommande de
faire continuer les fortifications ( ſ) de
Paris , de S. Denis , & autres néceffaires
pour arrêter les incurfions des Normans.
Inftitution de la foire du Landi . Charles
le Chauve ( 1 ) meurt ; & Louis II , dit le
Begue , lui fuccede .
( q ) Baluz. opp. ad capit . p. 149 .
(7 ) Debouil. hift . de l'Abb . S. Germ. des Prez,
P. 46. n°. 22. (S) Ann. Bened. (1) Chron. Nang.
OCTOBRE. 1755- 755
Louis II , dit le Begue.
878 & inclufivement 884 .
Louis ( u ) confirme la donation de
l'abbaye de S. Eloi faite par
fon l'Evêque
de Paris
& à fon
églife
.
pere
a
Mort de Louis II ; Louis III & Carloman
lui fuccedent.
Tranflation du corps de S. Meri ( x)
dans l'églife de fon nom , le 29 Août
$ 84 . Tout le Clergé de Paris affifta à cette
cérémonie.
Louis 111 , & Carloman .
Hildebrand , Evêque de Séez , fe réfugie
à Paris avec partie de fon Clergé. Le
Roi (y ) lui donne l'hermitage de Notre-
Dame des Bois , fitué dans une forêt près
Paris . Il y fait tranfporter les Reliques de
Sainte Opportune , Abbeffe d'Almenefche.
Elles font d'abord dépofées dans la
maifon d'un particulier ; mais la dévotion
des fideles la convertit bientôt en une églife
collégiale , où partie de fes reliques
font confervées .
Fondation de l'Hôpital Sainte Catheri
ne , rue St Denis .
(u) Baluz. opp . ad cap. p. 1501. ( x ) Hift . eccl.
Par. to. 1. p. 502. ( y ) Goffet , vie de Sainte Opportune
, fec. 3. Benedict . part. 2. pag. 220, hift.
ecel. to. 1. p. 514. ·
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
Louis III meurt fans enfans. Carloman
le fuit de près.
Charles le Gras.
Charles le Gras Empereur leur fuccede ,
& donne le Gouvernement de Paris à Eudes
Comte de Paris , & à Gozlin Evêque
de la même ville .
$ 85.
Sigefroi , l'un des Rois Normans , fe
montre devant Paris avec une armée de
quarante mille hommes (z ) , & une flotte
compofée de fept cens voiles , fans y comprendre
les petites barques . Il entre dans
Paris avec une eſcorte , va trouver l'Evêque
Gozlin , & lui demande le paffage à travers
la ville , lui promettant de ne rien
entreprendre contre les habitans. L'Evêque
le refufe. Sigefroi infifte , & irrité
de fa réfiftance menace de faccager Paris.
En effet il vient l'attaquer le lendemain .
Eudes & Robert qui furent depuis Rois
de France , défendoient la ville . L'attaque
commença au Pont- an- Change , appellé
alors le grand Pont. Les alliégés firent une
fortie , & reponfferent les ennemis. La nuit
furvint , & fervit à réparer les pertes du
jour. Les Parifiens rehaufferent la tour du
pont de plufieurs étages en bois , pour y
( z Abb, de bello Par. 1. 1 .
OCTOBRE . 1755. 157
placer plus de foldats pour la défendre .
Le lendemain l'attaque recommença.Les
Normans parvinrent même, malgré l'huile
bouillante qu'on leur jettoit du haut de la
tour , à faire une bréche , mais ils furent
répouffés pour la feconde fois , avec perte
de trois cens hommes.
Sigefroi furpris de tant de réfiftance ,
emploie deux mois à fortifier fon camp
placé autour de St Germain - l'Auxerrois.
Il fait ravager avec des cruautés inouies
pendant tout ce tems -là les environs de
Paris.
886.
Pendant que tout cédoit à l'impétuofité
des Normans ( a ) , la feule ville de Paris
leur réfiftoit. Expofés à une nouvelle attaque
mieux conçue & foutenue avec plus
de force que les autres , les Parifiens fe
défendirent avec une valeur extraordinaire.
Les Normans irrités forment un nouveau
fiége ; ils partagent leurs forces , &
attaquent le pont & la tour en même
tems.
Toutes les machines de guerre font mifes
en ufage . Ils font pleuvoir une grêle
de pierres & de fléches , mais rien ne ralentit
l'ardeur des Parifiens .
( a ) Frod. 1. 4.
35S MERCURE DE FRANCE.
1
Le Comte Eudes & Robert fon frere fe
multiplient pour fa défenfe. En vain trois
mille Normans attaquent- ils la tour , leurs
efforts font inutiles , ils font contraints de
fe retirer avec perte.
Ils reviennent le lendemain à la charge
, battent la tour avec des beliers , ont
la cruauté d'égorger les prifonniers pour
combler les foffés ; mais voyant leurs tentatives
inutiles , ils rempliffent trois bateaux
de matieres combuſtibles , & les approchent
de la tour & du pont qui n'étoit
que de bois. Les Parifiens effrayés ont
recours aux reliques de St Germain , &.
par l'interceffion de ce Saint , les barques
déja enflammées donnent contre une pile
du pont , & font coulées à fond.
Les Normans rébutés fe retirent le 1
3.1
Janvier 886 , & fe contentent de tenir la
place bloquée. Quelques uns entrent dans
St Germain , en profanent l'églife , & font
punis de Dieu par une mort fubite .
Le 6 Février la Seine déborde , & l'impétuofité
( b ) des eaux renverfe le petit
pont. Les normans tentent de profiter de
cette occafion pour fe faifir de la tour défendue
par douze hommes feulement. Ces
derniers font une vigoureufe réfiftance :
(b ) Chron. S. Vedaſti.
OCTOBRE . 1755. 159
en vain les Normans leur crient- ils de fe
rendre , une défenſe opiniâtre eft leur réponfe.
On les preffe de nouveau , & on
leur promet la vie. Réduits à l'extrêmité
ils fe foumettent fur la parole des Normans
; mais ces Barbares fans refpect pour
d'auffi braves foldats , fauffent leur parole
, & les égorgent tous à l'exception d'un
feul nommé Ervé , qu'ils conferverent à
caufe de fa bonne mine.
La ville demeure bloquée , & les Normans
donnent de nouveaux affauts . L'Empereur
envoie Henri , Duc de Saxe , (c) au
fecours des Parifiens , les Normans reçoivent
un échec dans leur camp.
Eudes , Comte de Paris , fait une fortie
qui manque à lui coûter la vie , mais fa valeur
& celle de fes gens le fauvent. Il ren
tre dans Paris , & Sigefroi admire fon courage
, vent perfuader aux Normans de
lever le fiége , ils le refufent , donnent un
nouvel affaut à la ville , & font repouffés
avec perte de deux de leurs Rois . Sigefroi
fe mocque d'eux , accepte une fomme de
foixante livres d'argent que Gozlin , évêque
de Paris , lui donne , & fe retire . Gozlin
meurt quelques jours après.
Les Normans qui ne fuivirent pas Sigefroid
, continuent le fiege , la ville fe trou-
(c) Abb. 1. 2. Chron. S. Vedafti.
160 MERCURE DE FRANCE.
ve réduite à l'extrêmité : affiégée au-dehors
, la pefte ravageoit le dedans . Les Parifiens
ont recours aux prieres publiques ;
on fait des proceffions , & la châffe de
S. Germain eft portée dans les rues .
D'un autre côté , le Comte Eudes va
demander du fecours au Roi Charles , Empereur.
L'Abbé Eblé commande en fon
abfence ( d ) , & fait des forties glorieufes.
Le Comte Eudes revient avec trois
corps de cavalerie ; il paroît fur la montagne
de Mars ou Montmartre. Les ennemis
veulent s'opposer à fon paffage , ils font
-repouffés , & le Comte entre dans Paris .
la
( e ) Henti , Duc de Saxe , vient pour
feconde fois au fecours des Parifiens , eft
attiré au combat par les Normans , & périt
miférablement dans un piége qu'ils lui
avoient tendu ; après la mort , fes troupes
ne fongerent plus qu'à la retraite.
Les Normans fiers de cet avantage ,
donnent un affauit général à la ville , les
Parifiens effrayés , courent à la défenſe , on
porte le corps de fainte Génevieve à la
pointe de l'Ile derriere Notre - Dame , &
la victoire fe déclare pour les affiégés ; il
n'en eft pas de même des autres attaques ,
les Normans ont partout l'avantage ; la
terreur commence à fe répandre dans la
(d) Chron. S. Tedafti. ( ) Abb. Ann. met,
OCTOBR E. 1755. 161
ville , la confternation devient générale ,
le clergé & le peuple reclament la protection
de S. Germain . On apporte fon corps ,
& fa feule préfence ranime les Parifiens ,
donne de la terreur aux ennemis , & la
victoire n'eft plus douteufe , les affiégeans
font partout repouffés , ils mettent le feu à
la tour & fe retirent .
L'Empereur vient au fecours de Paris
& fait un traité honteux avec les Normans
auxquels il accorde le paffage de la
Seine , & fept cens livres d'argent : il fe
retire enfuite en Allemagne.
887 & $ 3 .
Les Normans reparoiffent devant Paris,
l'Abbé Eblé les attaque vigoureufement ,
leur tue cinq cens hommes , & les force
de fe retirer.
Charles le Begue , Roi de France & Empereur
, meurt , & Eudes , Comte de Paris
, eft proclamé Roi dans l'affemblée de
Compiegne.
Endes
Les Normans honteux- d'avoir levé le
fiége de Paris , après avoir été deux ans
devant cette place , reparoiffent aux environs.
Le Roi Eudes , fecondé de l'Evêque
Anſchrie , fucceffeur du brave Gozlin , bat
162 MERCURE DE FRANCE.
N
les Normans , en fait plufieurs prifonniers,
& les renvoie enfuite fur leur parole .
Anfchrie défait fix cens Normans &
rentre triomphant dans Paris.
Le Roi Eudes gagne une victoire fignalée
fur les Normans le jour de la faint Jean
de l'an 888 , près du Montfaucon , petite
butte à préfent à un quart de lieue de
Paris .
889 inclufivement 891 .
La ville de Paris eft encore affiégée
deux fois en 889. Les Parifiens fe défendent
avec valeur & les Normans fe retirent .
(f)Les Parifiens qui avoient eu feuls l'avantage
de réfifter aux Normans , en attribuent
toute la gloire à fainte Génevieve &
à faint Germain : ils rapportent leurs reliques
dans leurs églifes à l'exception d'un
bras de faint Germain qui fut laiffé à faint
Germain le vieux au Marché- neuf , en reconnoiffance
de l'hofpitalité accordée à ſes
reliques pendant le fiége.
892 & inclufiv. 897.
L'Abbé Eblé , grand Chancelier du Roi ,
qui avoit défendu la ville de Paris avec
tant de valeur , meurt le 10 Octobre 886 .
(f) Chron. S. Vedaftis
OCTOBRE. 1755. 163
898.
Le Roi Eudes quitte la Neuftrie , revient
à Paris où il fait fon féjour ordinaire , fait
un voyage à la Fere fur Oife , & y meurt
le 13 Janvier 898. âgé de quarante ans .
Charles le fimple , déja proclamé Roi en
893 , lui fuccede.
La fuite de cette Hiftoire pour le mois prochain.
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Résumé : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Le texte présente un abrégé historique de la ville de Paris entre les années 593 et 900, couvrant plusieurs règnes et événements marquants. Hildebert II, roi d'Austrasie, prend le contrôle de Paris mais meurt prématurément. Frédégonde incendie et saccage la ville avant d'être vaincue par Clothaire II, qui s'affirme sur le trône de Paris. Clothaire II doit faire face à plusieurs batailles et pertes territoriales, notamment contre Théodebert et Thieri. Il meurt en 628 et est enterré à Paris. Son fils Dagobert I lui succède, mais son règne est marqué par des excès et des pillages. Dagobert fonde l'abbaye de Saint-Denis et meurt en 639. Clovis II lui succède et doit affronter une famine sévère à Paris. Saint Landri, évêque de Paris, vend ses biens pour soulager la misère publique. Clothaire III succède à Clovis II sous la régence de sa mère, Baltilde. La peste dépeuple une partie de Paris, et Clothaire III meurt en 673. Thieri III lui succède mais est rapidement renversé par Childeric II, qui est assassiné en 675. Thieri III revient au pouvoir mais est tué en 691. Clovis III et Childebert III se succèdent brièvement avant que Dagobert II ne monte sur le trône. Charles Martel, maire du palais, exerce une autorité significative, notamment en battant Chilperic II et en installant Clothaire IV comme roi fantoche. Thieri III succède à Clothaire IV mais meurt en 737. Charles Martel partage le royaume entre ses fils Carloman et Pepin, qui gouvernent conjointement. Childeric III est proclamé roi mais est rapidement détrôné par Pepin le Bref, fils de Charles Martel, en 751. En 754, l'abbaye de Saint-Vincent change de nom pour devenir Saint-Germain-des-Prés. En 768, Pépin le Bref meurt et laisse le royaume à ses fils Charles et Carloman. Charles, dit Charlemagne, devient seul maître après la mort de Carloman en 771. Il établit une école publique à Paris en 779 et promulgue plusieurs ordonnances entre 802 et 812. Charlemagne meurt en 814 et est remplacé par son fils Louis I, qui confirme les juridictions de l'évêque de Paris. En 829, un concile à Paris décide de conserver les images pour l'instruction des fidèles. Louis I meurt en 840 et Charles II, dit le Chauve, lui succède. Paris devient le centre de guerres civiles, notamment contre Lothaire. En 845, les Normands pillent Paris, mais sont repoussés. Charles le Chauve fait construire un pont pour défendre la ville. En 869, l'église Saint-Germain-des-Prés est réparée. Charles le Chauve meurt en 877 et Louis II lui succède. Les Normands continuent leurs incursions, et Paris est souvent assiégée. En 885, Sigefroi, roi des Normands, attaque Paris mais est repoussé par Eudes et Robert. Les Parisiens montrent une grande résistance face aux attaques normandes. En 885-886, les Normands assiègent Paris. Ils tentent de brûler la tour et le pont en utilisant des bateaux remplis de matières combustibles, mais les Parisiens, aidés par l'intervention de Saint Germain, réussissent à couler les barques enflammées. Les Normands se retirent le 13 janvier 886 mais continuent de bloquer la ville. Ils profanent l'église de Saint Germain, et ceux qui commettent ce sacrilège sont frappés par une mort subite. Le 6 février, la Seine déborde et renverse le petit pont, permettant aux Normands de tenter une attaque sur la tour défendue par douze hommes. Malgré leur résistance, les défenseurs se rendent sur la promesse des Normands, qui les égorgent ensuite, à l'exception d'un nommé Ervé. La ville reste bloquée, et les Normands lancent de nouveaux assauts. L'empereur envoie Henri, Duc de Saxe, pour secourir les Parisiens, mais il est tué par les Normands. Eudes, Comte de Paris, mène une sortie et est sauvé par sa bravoure. Sigefroi, un chef normand, refuse de lever le siège malgré une somme d'argent offerte par Gozlin, évêque de Paris.
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