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1
p. 2799-2809
Nouvelles Litteraires, Sethos, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons rendu compte dans le Mercure de Septembre des six premiers [...]
Mots clefs :
Sethos, Guerre de Troie, Nouvelle Tyr, Nouvelle Phénicie, Royaume du Congo, Esclaves
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Litteraires, Sethos, &c. [titre d'après la table]
N
DES BEAUX ARTS , &c.
Ous avons rendu compte dans le
Mercure de Septembre des six premiers
livres de Sethos : nous donnerons
icy une legere idée des quatre derniers.
Le septième livre commence par une
courte exposition des témoignages de
l'Antiquité , qui nous apprennent que
le tour entier de l'Affrique a été fait dans
le siécle qui a précedé la Guerre de Troye.
Ainsi l'Auteur n'avance rien que de
vrai - semblable , en rapportant à Sethos
ou à Cherés en particulier ce que dest
Historiens connus indiquent en general ;
lorsqu'ils disent que les Phéniciens for-
1. Vol.
E vj
mez
2800 MERCURE DE FRANCE
mez à la navigation par les Egyptiens ,
ont doublé la pointe de l'Affrique avant
tous les autres Peuples , et dès les temps .
héroïques.
Sethos est déja parti de la Taprobane ,
avec une Flotte composée de Phéniciens
et d'habitans de cette Isle ; quoique les
Rois de ces derniers n'aspirassent pas à
d'aussi grands établissemens que les Phéniciens.
Aussi Sethos ne leur a-t'il cedé
en propre , que la partie méridionale de
l'Isle de Menuthias qu'il a soumise par
voye de douceur. Il avoit des projets plus
étendus en faveur des Phéniciens . Il les
a d'abord rendu maîtres par la force des
Antropophages d'Ophir , et leur a donné
la proprieté de ces Mines si fameuses
chez les Anciens. Mais son dessein étoit
de ne leur procurer que des facilitez er
des entrepots de commerce chez les Peuples
qui se trouveroient capables de societé
et d'alliance. Sethos nommé Commandant
d'une Flotte étrangere à sa Nation
, ne pouvoit agir que pour les interêts
des Princes , à qui ces Vaisseaux
appartenoient. Mais d'ailleurs , l'Auteur
a fait remarquer en plus d'un endroit
que les Egyptiens n'entretenoient leur
commerce que par les Phéniciens et
qu'à cet égard , c'étoit les servir directe-
J.Vola ment
DECEMBRE. 1731. 280x
:
ment que de servir les Phéniciens . C'est
une réponse que la nature du sujet avoit
seule preparée à une objection qu'il étoit
difficile de prévoir. I em seroit ainsi de
quelques autres inais comme elles tombent
sur les livres précedens , ce n'est pas
icy le lieu d'en parler. La Flotte s'avançant
vers l'extremité de l'Affrique , rencontre
des Sauvages qu'on a peine de réconnoître
pour des hommes : ce sont les
Hottentots . Il fut impossible de les réduire
, par la crainte même de la mort ,
à aucun travail. C'est à leur occasion que
Sethos pensa qu'il y a des hommes comme
des animaux , dont la proprieté est
d'être inutiles , et qui ne sont capables
ni de societé , ni d'esclavage . On double:
le Cap les Phéniciens y étant abordez ,
y élevent une Forteresse , qui doit être
un monument de leur découverte , et un
hospice pour ceux qui , dans la suite , entreprendroient
le voyage des deux Mers.
Continuant désormais leur route du
Sud au Nord , le long des côtes occidentales
de l'Affrique , les Phéniciens se fixent
en un lieu situé entre le Tropique
du Capricorne et l'Equateur , pour y
former un établissement considerable. Ils
y bâtissent une Ville qu'ils appellent
Nouvelle Tyr , et ils donnent le nom de
JoVol. nouvelle
2802 MERCURE DE FRANCE
L
nouvelle Phenicie à la campagne des environs
. Cette campagne voisine du Royaume
du Congo étoit le commencement des
Pays fertiles et habitables ; mais elle n'ayoit
encore point d'habitans naturels.
Cependant un grand nombre de famil
les chassées du Congo , par la crainte d'être
sacrifiées aux Idoles , et qui comptoient
de s'établir là , voyant le Pays déja
occupé par les nombreux Etrangers , se
soumirent à eux . Cherés les reçut comme
des Compatriotes ; il leur donna même
la possession des Terres sous l'inspection
des Prêtres Egyptiens qui devoient être
leurs Juges . Il leur laissa dans la suite des
Loix , à l'observation desquelles il engagea
le Viceroy Phénicien qu'il nomma
Chef de cette Colonie , et de toutes
dépendances.
pour
ses
5
›
>
Avant que de conduire
la Flotte
dans
le Congo
, Cherés
voulut
prévenir
le Roi
de ce Pays
par une Ambassade
et se fit
lui-même
, sous un autre
nom
le premier
de ses Ambassadeurs
. Le Roi de
Congo
, bon Prince
d'ailleurs
, mais livré
aux Conseils
insensez
de son Ministre
, voulut
que les trois
Ambassadeurs
se prosternassent
devant
lui . Cherés
dont
le projet
étoit de policer
ces Peuples
sauvages
, et d'établir
chez eux le commerce
I. Vol.
PhéDECEMBRE
1731. 2803
Phenicien
>
,
:
se soûmit sans balancer à
cette condition après quoi , profitant
de la considération que le Roy avoit
pour lui , il tâcha de le désabuser des
sacrifices humains ausquels ses Prêtres le
forçoient , en quelque sorte , de consentir.
Mais ceux - ci se doutant bien les
que
Etrangers n'étoient pas favorables à leurs
pratiques firent craindre au Roy la colere
de leurs Dieux , ou de leurs Idoles.
Ce Prince timide et superstitieux , renvoya
sur le champ les Ambassadeurs et
leur suite. Cherés , que cette expulsion
ignominieuse mettoit en droit de vanger
l'honneur des Phéniciens et des Insulailaires
, revint au Congo avec toute sa
Flotte. Il réduit d'abord les Prêtres à se
brûler eux -mêmes dans leur maison : il
rend le Roy Vassal des Phéniciens , et fait
trancher la tête au Ministre. Mais d'ailleurs
, il fait tant de bien à toute la Nation
, que le Roy lui- même est pénetré
de reconnoissance envers son vainqueur.
Ce morceau du septiéme livre a été regardé
comme un des plus beaux endroits
de tout l'ouvrage.
Cherés arrive ensuite dans la Guinée.
Le Roy de ces Peuples travailloit luimême
à les polir. Ainsi Cherés n'a icy
qu'à seconder ses intentions. Il substitue
I.Vol. à
2804 MERCURE DE FRANCE
à une initiation aussi cruelle dans ses
exercices , que funeste dans ses effets
une image de l'initiation Egyptienne ,
rendue plus convenable à tout sexe et à
toute condition . Le Commerce Phénicien
est reçu là volontairement : et c'est le
dernier exemple que fournit la course
de Cherés , des differentes maniéres dont
des Etrangers puissans puissent se faire
recevoir , avec justice , chez des Peuples
nouveaux et inconnus.
Le septième livre finit par le récit
abregé de la Navigation de Cherés , depuis
la Guinée jusqu'aux jardins des Hesperides
, ou le Pays des Atlantes , situé
dans la Terre- ferme , aux environs du
Fleuve Lixus , assès près du détroit d'Hercule
, appellé aujourd'hui le détroit de
Gibraltar. La course ne laisse pas d'être
longue ; mais comme toute cette côte
étoit déja connue du temps de Cherés ,
et que les Phéniciens y avoient tous les
établissemens qui leur convenoient , let
Héros s'arrête peu en chaque endroit
et l'Historien ne dit que ce qu'il croit
nécessaire pour faire connoître ces Pays
en general et pour préparer ce qu'il
doit exposer des moeurs des Atlantes
dans le huitiéme livre qui commence let
dernier volume.
Is Volo
و
و
Le
DECEMBRE. 1731. 1805
Le premier volume de Sethos contenant
l'éducation de ce Prince , que l'ini
tiation qui y entre rend très- singuliere ,
et le second volume comprenant ses voyages
, nouveaux alors pour le monde en
tier , et qui le sont encore aujourd'hui ,
par la felicité qu'il procure à tant de
Peuples découverts , le troisiéme Volu
me presente en general au Lecteur un
spectacle très- different encore des deux
premiers. Comme il rentre encore chez
des Nations policées , la scene devient
toute autre ; mais il ne faut pas s'attendre
de trouver dans cet abregé le même spectacle
et les mêmes interêts que l'Auteur
fait trouver dans l'étenduë qu'il donne
à ses faits. Nous quittons même icy la
forme d'extrait qui seroit encore trop
longue et nous dirons seulement à l'égard
du huitiéme livre , que Cherés ayant
•
:
été averti de laisser sa Flotte dans un Port
voisin arrive avec deux compagnons
seulement et deux Esclaves chez les
Atlantes , Peuple que la Religion envers
les Dieux avoit rendu lui- même un objet
de Religion à l'égard de tous les Peuples
de la Terre. On lui fait icy , par rapport
à une Guerre sanglante qu'Antée , Roy
de la Tingitane a déclarée à l'Empire de
Cartage , une Histoire nouvelle de Sa-
1. Vol. phon
2806 MERCURE DE FRANCE
,
phon et de Giscon , deux personnages
d'autant mieux choisis , qu'ils sont déja
connus par l'Episode du quatriéme livre.
Dans cette histoire entre celle de
Giscon , second fils de Zoros , Prince de
Carthage , et de Zarite Fille du Roy
Antée. Ce recit est fait d'abord à Cherés
par un Atlante , qui ne sçait que ce qui
a paru dans le Public ; mais le vrai secret
lui en est découvert ensuite par Amedés
que Cherés rencontre dans une solitude
de ce Pays. Aucun Roman n'a fourni une
histoire de ce goût- là , parce qu'aucun
Auteur de Roman n'a cherché aussi soigneusement
que celui- ci , les exemples
ou de foiblesse ou de sagesse qui pouvolent
porter les lecteurs à la vertu .
Le neuviéme livre expose les moyens
par lesquels Cherés vient à bout de délivrer
Carthage pressée par le Roy Antée.
Il commence par enlever en passant
devant Tingi le fils de ce Roy , âgé de
douze ans , que son Pere y avoit laissé.
Il paroît par la suite de ce livre que
cet enlevement qui sembloit n'être fait
d'abord que pour déconcerter Antée ,
avoit aussi pour but de former un bon
Roy pour les Tingitans. En effet , dès
que Cherés a délivré Carthage , par la
mort du Roy Antée qu'il tuë de sa main ,
1. Vol. -non-
7
DECEMBRE. 1731. 2807
>
non- seulement il fait reconnoître le jeune
Tygée son captif , fils de ce Prince , pour
Roy de la Tingitane mais il lui fait
rendre la Ville de Siga , que Cherés luimême
avoit aidé à prendre pour le service
des Carthaginois avant que d'arriver
à Carthage et de plus il y retourne
avec lui pour achever de le former à la.
vertu par le secours des Prêtres Egyptiens
, pendant une année ou deux des
commencemens de son regne.
Enfin le dixiéme livre contient le retour
de Cherés dans sa patrie. Sa réputation
y étoit déja extraordinaire ; mais
comme un ancien Esclave de Sethos nommé
Asarés , qui s'étoit saisi de l'Anneau
de son Maître , blessé et crû mort devant
Coptos , s'étoit fait passer pour lui auprès
d'un Roy d'Arabie ; et que le vrai
Sethos ne paroissoit point s'opposer
à
cette supposition ; celui - ci ne passoit encore
que pour un homme né dans la simple
Milice de l'Egypte , et que sa vertu
seule avoit tiré de l'obscurité. Asarés
entré en Egypte avant lui à la tête d'une
Armée d'Arabes , fut bien - tôt chassé par
le vrai Sethos du Royaume de Tanis
par où l'imposteur avoit commencé son
invasion. Cette Victoire donne lieu à.
l'amour de la Princesse de Tanis pour
I. Vol. Cherés
>
2808 MERCURE DE FRANCE
Cherés . Cet amour est approuvé du Roy
son Pere , qui , par des raisons de poli
tique , ne lui vouloit donner aucun époux
qui pût être Roy par lui-même. Cherés
qui ignoroit cette circonstance , se laissa
vaincre lui-même par un amour qui servira
à donner un nouveau lustre à sa
vertu héroïque.
Le Roy de Tanis lui procure le titre
de conservateur de l'Egypte , qui lui est
déferé du commun consentement de tous
les Rois de cette nation . Cependant ce
titre même que le Roy de Fanis croyoit
être suffisant pour mettre un simple
Egyptien à portée d'épouser sa fille , devient
dans la suite un obstacle à ce' Mariage
, parce que les Rois ne l'auroient
jamais donné à un d'entre eux. C'est pour
cette raison que Sethos étant reconnu à
Memphis par l'aveu d'Asarés , pris à la
fin d'une grande bataille qu'il vint de
perdre encore en Egypte , Sethos n'accepta
la couronne que son Pere lui remit
que pour la rendre quelques jours après
à Beon , son frere , aîné des deux enfans
qu'Osoroth avoit eûs de Daluca . Cette
méchante Reine s'étoit empoisonnée dès
le jour de la réconnoissance du vrai Sethos
; mais ce Heros ne borna pas à sa
generosité l'aîné de ses deux freres ; sur-
I. Vol. mon
DECEMBRE . 1731. 2809
montant son amour même , il retourna
à Tanis , pour convaincre la Princesse
qu'elle seroit plus heureuse , et que son
regne seroit plus tranquille , en épousant
le Prince Pemphos , son second frere
qui l'avoit aimée avant lui , et qu'elle
avoit envoyé eile-même se former saus
lui aux champs de Carthage , dans toutes
les vertus morales et militaires . Sethos ne
fit que prévenir , par sa prudence en cette
occasion , la priere que les Rois de Thebes
et de This firent au Roy de Tanis
de ne pas donner sa fille au conservateur
de l'Egypte. Ainsi Sethos s'étant soûmis
d'avance aux loix de la vertu la plus héroïque
, et au désir de conserver la paix
de sa Patrie aux dépens de ses interêts les
plus chers aux autres hommes , vient se
retirer chez les Prêtres de Memphis
dans des circonstances, où sa retraite n'est
pas moins glorieuse pour lui que ses dé
Couvertes et ses exploits.
DES BEAUX ARTS , &c.
Ous avons rendu compte dans le
Mercure de Septembre des six premiers
livres de Sethos : nous donnerons
icy une legere idée des quatre derniers.
Le septième livre commence par une
courte exposition des témoignages de
l'Antiquité , qui nous apprennent que
le tour entier de l'Affrique a été fait dans
le siécle qui a précedé la Guerre de Troye.
Ainsi l'Auteur n'avance rien que de
vrai - semblable , en rapportant à Sethos
ou à Cherés en particulier ce que dest
Historiens connus indiquent en general ;
lorsqu'ils disent que les Phéniciens for-
1. Vol.
E vj
mez
2800 MERCURE DE FRANCE
mez à la navigation par les Egyptiens ,
ont doublé la pointe de l'Affrique avant
tous les autres Peuples , et dès les temps .
héroïques.
Sethos est déja parti de la Taprobane ,
avec une Flotte composée de Phéniciens
et d'habitans de cette Isle ; quoique les
Rois de ces derniers n'aspirassent pas à
d'aussi grands établissemens que les Phéniciens.
Aussi Sethos ne leur a-t'il cedé
en propre , que la partie méridionale de
l'Isle de Menuthias qu'il a soumise par
voye de douceur. Il avoit des projets plus
étendus en faveur des Phéniciens . Il les
a d'abord rendu maîtres par la force des
Antropophages d'Ophir , et leur a donné
la proprieté de ces Mines si fameuses
chez les Anciens. Mais son dessein étoit
de ne leur procurer que des facilitez er
des entrepots de commerce chez les Peuples
qui se trouveroient capables de societé
et d'alliance. Sethos nommé Commandant
d'une Flotte étrangere à sa Nation
, ne pouvoit agir que pour les interêts
des Princes , à qui ces Vaisseaux
appartenoient. Mais d'ailleurs , l'Auteur
a fait remarquer en plus d'un endroit
que les Egyptiens n'entretenoient leur
commerce que par les Phéniciens et
qu'à cet égard , c'étoit les servir directe-
J.Vola ment
DECEMBRE. 1731. 280x
:
ment que de servir les Phéniciens . C'est
une réponse que la nature du sujet avoit
seule preparée à une objection qu'il étoit
difficile de prévoir. I em seroit ainsi de
quelques autres inais comme elles tombent
sur les livres précedens , ce n'est pas
icy le lieu d'en parler. La Flotte s'avançant
vers l'extremité de l'Affrique , rencontre
des Sauvages qu'on a peine de réconnoître
pour des hommes : ce sont les
Hottentots . Il fut impossible de les réduire
, par la crainte même de la mort ,
à aucun travail. C'est à leur occasion que
Sethos pensa qu'il y a des hommes comme
des animaux , dont la proprieté est
d'être inutiles , et qui ne sont capables
ni de societé , ni d'esclavage . On double:
le Cap les Phéniciens y étant abordez ,
y élevent une Forteresse , qui doit être
un monument de leur découverte , et un
hospice pour ceux qui , dans la suite , entreprendroient
le voyage des deux Mers.
Continuant désormais leur route du
Sud au Nord , le long des côtes occidentales
de l'Affrique , les Phéniciens se fixent
en un lieu situé entre le Tropique
du Capricorne et l'Equateur , pour y
former un établissement considerable. Ils
y bâtissent une Ville qu'ils appellent
Nouvelle Tyr , et ils donnent le nom de
JoVol. nouvelle
2802 MERCURE DE FRANCE
L
nouvelle Phenicie à la campagne des environs
. Cette campagne voisine du Royaume
du Congo étoit le commencement des
Pays fertiles et habitables ; mais elle n'ayoit
encore point d'habitans naturels.
Cependant un grand nombre de famil
les chassées du Congo , par la crainte d'être
sacrifiées aux Idoles , et qui comptoient
de s'établir là , voyant le Pays déja
occupé par les nombreux Etrangers , se
soumirent à eux . Cherés les reçut comme
des Compatriotes ; il leur donna même
la possession des Terres sous l'inspection
des Prêtres Egyptiens qui devoient être
leurs Juges . Il leur laissa dans la suite des
Loix , à l'observation desquelles il engagea
le Viceroy Phénicien qu'il nomma
Chef de cette Colonie , et de toutes
dépendances.
pour
ses
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>
Avant que de conduire
la Flotte
dans
le Congo
, Cherés
voulut
prévenir
le Roi
de ce Pays
par une Ambassade
et se fit
lui-même
, sous un autre
nom
le premier
de ses Ambassadeurs
. Le Roi de
Congo
, bon Prince
d'ailleurs
, mais livré
aux Conseils
insensez
de son Ministre
, voulut
que les trois
Ambassadeurs
se prosternassent
devant
lui . Cherés
dont
le projet
étoit de policer
ces Peuples
sauvages
, et d'établir
chez eux le commerce
I. Vol.
PhéDECEMBRE
1731. 2803
Phenicien
>
,
:
se soûmit sans balancer à
cette condition après quoi , profitant
de la considération que le Roy avoit
pour lui , il tâcha de le désabuser des
sacrifices humains ausquels ses Prêtres le
forçoient , en quelque sorte , de consentir.
Mais ceux - ci se doutant bien les
que
Etrangers n'étoient pas favorables à leurs
pratiques firent craindre au Roy la colere
de leurs Dieux , ou de leurs Idoles.
Ce Prince timide et superstitieux , renvoya
sur le champ les Ambassadeurs et
leur suite. Cherés , que cette expulsion
ignominieuse mettoit en droit de vanger
l'honneur des Phéniciens et des Insulailaires
, revint au Congo avec toute sa
Flotte. Il réduit d'abord les Prêtres à se
brûler eux -mêmes dans leur maison : il
rend le Roy Vassal des Phéniciens , et fait
trancher la tête au Ministre. Mais d'ailleurs
, il fait tant de bien à toute la Nation
, que le Roy lui- même est pénetré
de reconnoissance envers son vainqueur.
Ce morceau du septiéme livre a été regardé
comme un des plus beaux endroits
de tout l'ouvrage.
Cherés arrive ensuite dans la Guinée.
Le Roy de ces Peuples travailloit luimême
à les polir. Ainsi Cherés n'a icy
qu'à seconder ses intentions. Il substitue
I.Vol. à
2804 MERCURE DE FRANCE
à une initiation aussi cruelle dans ses
exercices , que funeste dans ses effets
une image de l'initiation Egyptienne ,
rendue plus convenable à tout sexe et à
toute condition . Le Commerce Phénicien
est reçu là volontairement : et c'est le
dernier exemple que fournit la course
de Cherés , des differentes maniéres dont
des Etrangers puissans puissent se faire
recevoir , avec justice , chez des Peuples
nouveaux et inconnus.
Le septième livre finit par le récit
abregé de la Navigation de Cherés , depuis
la Guinée jusqu'aux jardins des Hesperides
, ou le Pays des Atlantes , situé
dans la Terre- ferme , aux environs du
Fleuve Lixus , assès près du détroit d'Hercule
, appellé aujourd'hui le détroit de
Gibraltar. La course ne laisse pas d'être
longue ; mais comme toute cette côte
étoit déja connue du temps de Cherés ,
et que les Phéniciens y avoient tous les
établissemens qui leur convenoient , let
Héros s'arrête peu en chaque endroit
et l'Historien ne dit que ce qu'il croit
nécessaire pour faire connoître ces Pays
en general et pour préparer ce qu'il
doit exposer des moeurs des Atlantes
dans le huitiéme livre qui commence let
dernier volume.
Is Volo
و
و
Le
DECEMBRE. 1731. 1805
Le premier volume de Sethos contenant
l'éducation de ce Prince , que l'ini
tiation qui y entre rend très- singuliere ,
et le second volume comprenant ses voyages
, nouveaux alors pour le monde en
tier , et qui le sont encore aujourd'hui ,
par la felicité qu'il procure à tant de
Peuples découverts , le troisiéme Volu
me presente en general au Lecteur un
spectacle très- different encore des deux
premiers. Comme il rentre encore chez
des Nations policées , la scene devient
toute autre ; mais il ne faut pas s'attendre
de trouver dans cet abregé le même spectacle
et les mêmes interêts que l'Auteur
fait trouver dans l'étenduë qu'il donne
à ses faits. Nous quittons même icy la
forme d'extrait qui seroit encore trop
longue et nous dirons seulement à l'égard
du huitiéme livre , que Cherés ayant
•
:
été averti de laisser sa Flotte dans un Port
voisin arrive avec deux compagnons
seulement et deux Esclaves chez les
Atlantes , Peuple que la Religion envers
les Dieux avoit rendu lui- même un objet
de Religion à l'égard de tous les Peuples
de la Terre. On lui fait icy , par rapport
à une Guerre sanglante qu'Antée , Roy
de la Tingitane a déclarée à l'Empire de
Cartage , une Histoire nouvelle de Sa-
1. Vol. phon
2806 MERCURE DE FRANCE
,
phon et de Giscon , deux personnages
d'autant mieux choisis , qu'ils sont déja
connus par l'Episode du quatriéme livre.
Dans cette histoire entre celle de
Giscon , second fils de Zoros , Prince de
Carthage , et de Zarite Fille du Roy
Antée. Ce recit est fait d'abord à Cherés
par un Atlante , qui ne sçait que ce qui
a paru dans le Public ; mais le vrai secret
lui en est découvert ensuite par Amedés
que Cherés rencontre dans une solitude
de ce Pays. Aucun Roman n'a fourni une
histoire de ce goût- là , parce qu'aucun
Auteur de Roman n'a cherché aussi soigneusement
que celui- ci , les exemples
ou de foiblesse ou de sagesse qui pouvolent
porter les lecteurs à la vertu .
Le neuviéme livre expose les moyens
par lesquels Cherés vient à bout de délivrer
Carthage pressée par le Roy Antée.
Il commence par enlever en passant
devant Tingi le fils de ce Roy , âgé de
douze ans , que son Pere y avoit laissé.
Il paroît par la suite de ce livre que
cet enlevement qui sembloit n'être fait
d'abord que pour déconcerter Antée ,
avoit aussi pour but de former un bon
Roy pour les Tingitans. En effet , dès
que Cherés a délivré Carthage , par la
mort du Roy Antée qu'il tuë de sa main ,
1. Vol. -non-
7
DECEMBRE. 1731. 2807
>
non- seulement il fait reconnoître le jeune
Tygée son captif , fils de ce Prince , pour
Roy de la Tingitane mais il lui fait
rendre la Ville de Siga , que Cherés luimême
avoit aidé à prendre pour le service
des Carthaginois avant que d'arriver
à Carthage et de plus il y retourne
avec lui pour achever de le former à la.
vertu par le secours des Prêtres Egyptiens
, pendant une année ou deux des
commencemens de son regne.
Enfin le dixiéme livre contient le retour
de Cherés dans sa patrie. Sa réputation
y étoit déja extraordinaire ; mais
comme un ancien Esclave de Sethos nommé
Asarés , qui s'étoit saisi de l'Anneau
de son Maître , blessé et crû mort devant
Coptos , s'étoit fait passer pour lui auprès
d'un Roy d'Arabie ; et que le vrai
Sethos ne paroissoit point s'opposer
à
cette supposition ; celui - ci ne passoit encore
que pour un homme né dans la simple
Milice de l'Egypte , et que sa vertu
seule avoit tiré de l'obscurité. Asarés
entré en Egypte avant lui à la tête d'une
Armée d'Arabes , fut bien - tôt chassé par
le vrai Sethos du Royaume de Tanis
par où l'imposteur avoit commencé son
invasion. Cette Victoire donne lieu à.
l'amour de la Princesse de Tanis pour
I. Vol. Cherés
>
2808 MERCURE DE FRANCE
Cherés . Cet amour est approuvé du Roy
son Pere , qui , par des raisons de poli
tique , ne lui vouloit donner aucun époux
qui pût être Roy par lui-même. Cherés
qui ignoroit cette circonstance , se laissa
vaincre lui-même par un amour qui servira
à donner un nouveau lustre à sa
vertu héroïque.
Le Roy de Tanis lui procure le titre
de conservateur de l'Egypte , qui lui est
déferé du commun consentement de tous
les Rois de cette nation . Cependant ce
titre même que le Roy de Fanis croyoit
être suffisant pour mettre un simple
Egyptien à portée d'épouser sa fille , devient
dans la suite un obstacle à ce' Mariage
, parce que les Rois ne l'auroient
jamais donné à un d'entre eux. C'est pour
cette raison que Sethos étant reconnu à
Memphis par l'aveu d'Asarés , pris à la
fin d'une grande bataille qu'il vint de
perdre encore en Egypte , Sethos n'accepta
la couronne que son Pere lui remit
que pour la rendre quelques jours après
à Beon , son frere , aîné des deux enfans
qu'Osoroth avoit eûs de Daluca . Cette
méchante Reine s'étoit empoisonnée dès
le jour de la réconnoissance du vrai Sethos
; mais ce Heros ne borna pas à sa
generosité l'aîné de ses deux freres ; sur-
I. Vol. mon
DECEMBRE . 1731. 2809
montant son amour même , il retourna
à Tanis , pour convaincre la Princesse
qu'elle seroit plus heureuse , et que son
regne seroit plus tranquille , en épousant
le Prince Pemphos , son second frere
qui l'avoit aimée avant lui , et qu'elle
avoit envoyé eile-même se former saus
lui aux champs de Carthage , dans toutes
les vertus morales et militaires . Sethos ne
fit que prévenir , par sa prudence en cette
occasion , la priere que les Rois de Thebes
et de This firent au Roy de Tanis
de ne pas donner sa fille au conservateur
de l'Egypte. Ainsi Sethos s'étant soûmis
d'avance aux loix de la vertu la plus héroïque
, et au désir de conserver la paix
de sa Patrie aux dépens de ses interêts les
plus chers aux autres hommes , vient se
retirer chez les Prêtres de Memphis
dans des circonstances, où sa retraite n'est
pas moins glorieuse pour lui que ses dé
Couvertes et ses exploits.
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Résumé : Nouvelles Litteraires, Sethos, &c. [titre d'après la table]
Le texte résume les quatre derniers livres de l'œuvre 'Sethos'. Le septième livre commence par des témoignages antiques affirmant que le tour de l'Afrique a été accompli avant la Guerre de Troie. Sethos, accompagné d'une flotte phénicienne et d'habitants de la Taprobane, explore l'Afrique. Il soumet les Anthropophages d'Ophir et accorde aux Phéniciens la propriété des mines d'Ophir, tout en cherchant à établir des entrepôts commerciaux. La flotte rencontre les Hottentots, jugés inutiles et incapables de société. Les Phéniciens construisent une forteresse au Cap et fondent la ville de Nouvelle Tyr en Afrique. Cherés, un personnage clé, reçoit des familles exilées du Congo et établit des lois pour elles. Il se rend ensuite en Guinée pour promouvoir le commerce phénicien. Le livre se termine par la navigation de Cherés jusqu'aux jardins des Hespérides. Le huitième livre relate l'arrivée de Cherés chez les Atlantes, où il apprend une histoire de guerre entre Antée, roi de Tingitane, et Carthage. Le neuvième livre décrit comment Cherés délivre Carthage et forme un jeune prince pour régner sur la Tingitane. Le dixième livre narre le retour de Cherés en Égypte, où il est reconnu comme le vrai Sethos. Il refuse la couronne pour la donner à son frère aîné et convainc la princesse de Tanis d'épouser son autre frère. Sethos se retire ensuite chez les prêtres de Memphis, mettant ses intérêts personnels de côté pour préserver la paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2810-2821
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, avec un Catalogue raisonné de leurs Ouvrages. Tome XV. de 409 pages sans les Tables. A Paris, chez Briasson, Libraire, ruë S. Jacques, à la Science. 1731.
Début :
On trouve à la tête de ce tome la Fable alphabetique des Sçavans qui [...]
Mots clefs :
Hommes illustres, Savants, Vol, Lettres, Maladie, Disgrâces
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, avec un Catalogue raisonné de leurs Ouvrages. Tome XV. de 409 pages sans les Tables. A Paris, chez Briasson, Libraire, ruë S. Jacques, à la Science. 1731.
MEMOIRES pour servir à l'Histoire
des Hommes Illustres , dans la République
des Lettres, avec un Catalogue raisonné de
leurs Ouvrages. Tome XV.de 409 pages
sans les Tables . A Paris , chez Briasson,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science.
1731.
N trouve à la tête de ce tome la
Fable alphabetique des Sçavans qui
y sont contenus. Le P. Niceron n'en a
point mis qui expose leurs noms ,
selon
l'ordre qu'ils tiennent dans ce volume.
Il y a dans ce Tome , comme dans les
autres , un nombre de Sçavans , du pre
mier ordre , entre lesquels il est difficile
de choisir. Nous nous sommes déterminez
en faveur d'Olympia Fulvia Morata,
dont l'article nous a paru très -singulier ,
parce qu'elle a été une Dame sçavante , et
par les différentes révolutions qui ont accompagné
sa vie.Le voicy tel qu'il est rapporté
dans les Mémoires.
Olympia Fulvia Morata , nâquit à Ferrare
, l'an 1526, Fulvio Peregrino Morato
son pere ,
natif de Mantouë , avoit professé
les belles Lettres en plusieurs Villes
I. Vol.
(d'Italic
-
DECEMBRE . 1731. 2811
d'Italie , et son mérite et sa capacité Pavoient
fait choisir pour Précepteur des
Princes de Ferrare, Hyppoliteet François ,
fils d'Alphonse.
On trouve une de ses Lettres sur la pro
nonciation de la Langue Latine , à la tête
de celles de Fluvia Morata sa fille , à qui
elle est addressée.
Les grandes dispositions qu'il remarqua
dans sa fille pour les Sciences , l'engagerent
à les cultiver ; il l'instruisit avec beaucoup
de soin , et elle fit en peu de temps
de si grands progrès , qu'elle devint l'admiration
de tout le monde.
La Princesse de Ferrare , Anne , fille
d'Hercule II. étudioit alors les Lettres
sous la conduite de Jean Sinapius , et l'on
jugea à propos de mettre auprès d'elle Ful
via Morata , afin que l'émulation que sa
compagnie lui inspireroit , la fit avancer
davantage dans les sciences qu'on lui enseignoit.
Le séjour de la Cour fût avanta
geux à notre sçavante,pour la même raison
, et on l'y vit , avec étonnement , réciter
des Discours Latins , parler Grec
expliquer les Paradoxes de Ciceron , et répondre
à toutes les questions qu'on lui
faisoit.
Mais l'affection que lui témoigna la Duchesse
de Ferrare , Renée de France , mere
1.Vol.
de
2012 MERCURE DE FRANCE
de la Princesse Anne , lui fut funeste ; car
elle lui communiqua le goût qu'elle avoit
pour les nouvelles opinions , au sujet de
Ia Religion , qu'elle favorisoit secretement
, et que Fulvia Morata embrassa
dans la suite.
Après avoir demeuré quelques années.
auprès de la jeune Princesse qui l'aimoit
beaucoup , elle retourna dans la maison
paternelle , pour assister son pere dans la
maladie dont il mourut. Elle ne retourna
plus après à la Cour , parce que sa mere
étant fort valetudinaire , elle se trouvoit
obligée , en qualité d'aînée de la famille ,
d'avoir soin de l'éducation de ses trois
soeurs et de son frere .
Une autre raison s'y joignit encore , celle,
dit- elle dans une de ses Lettres à Cælius
Secundus Curion , avec qui elle étoit liée
depuis long- temps d'une étroite amitié ,
qui auroit dû nous proteger , prévenuë par
les discours calomnieux de quelques personnes
mal intentionnées , nous a abandonnées et
maltraitées. Il eſt à présumer qu'elle veut
entendre , par là , la Duchesse de Ferrare
qui changea alors de dispositions à son
égard.
Quoiqu'il en soit , un jeune Allemand ,
nommé André Grunthler , qui étudioit
alors en Medecine à Ferrare , où il se fit
I.Vol. rece
DECEMBRE 1731. 2813
recevoir Docteur en cette Faculté , ayant
eu occasion de la voir et de la connoître ,
fut si touché de son mérite, qu'il l'épousa.
Il paroît incontestablement par ses Lettres
, que ce Mariage se fit avant leur dé
part pour l'Allemagne , c'est - à - dire , à
Ferrare ; mais M. de Thou veut qu'il ne
se soit fait qu'en Allemagne ; et ce qu'il
dit là- dessus semble s'accorder avec ce
que Grunthler assure dans une Lettre à
Curion , sur la mort de Fulvia -Morata sa
femme, qu'ils n'avoient pas vécu ensemble
cinq années. Si cela est , ils ont dû se
marier en 1550. c'est - à - dire , deux ans
après leur arrivée en Allemagne ; mais
cela ne paroît gueres probable ; il est
plutôt à croire que Grunthler n'a voulu
parler que du temps qu'ils ont été effectivement
ensemble , ses fréquens voyages
l'ayant obligé d'être souvent séparé d'elle.
Peut- être aussi y a-t-il faute d'impression
dans sa Lettre.
Fulvia- Morata laissa à Ferrare , sa mere,
nommée Lucrece , qu'elle aima toûjours
tendrement , et qu'elle n'oublia pas dans
toutes ses disgraces . Car on voit par une
de ses Lettres , que quoiqu'elle eût perdu
elle-même tout son bien dans les Guerres
d'Allemagne , elle prenoit parc à l'état .
E d'indigence où elle avoit appris qu'elle
I. Vol. F étoit
1814 MERCURE DE FRANCE
"
étoit réduite , en lui envoyant une somme
d'argent pour l'aider à subsister. Elle laissa
aussi en Italie ses trois soeurs , dont l'une
fut mariée quelque-temps après à un jeune
homme fort riche , qui l'épousa pour
son mérite , et les deux autres entrerent
au service de quelques Dames de considération
.
Pour ce qui est de son frere Emile , qui
n'avoit alors que huit ans , elle l'emmena
en Allemagne , et l'instruisit elle- même
dans les Langues Grecque et Latine.
Fulvia-Morata et son mari arriverent
en Allemagne , le 12 Juin 1548. et firent
quelque séjour à Ausbourg, chez une personne
de considération , nommée George
Herman, que Grunthler guérit d'une maladie
fâcheuse . Ils se rendirent ensuite à
Schweinfurt , Ville Impériale de Franconie
, dont ce Medecin étoit natif.
Il n'y avoit pas long- temps qu'ils y
étoient , lorsque les Troupes des Evêques
de Bamberg et de Wirtzbourg , de l'Elecfeur
de Saxe , du Duc de Brunswic et de
la Ville de Nuremberg vinrent l'assiéger,
parce que le Marquis de Brandebourg
contre qui ils étoient en Guerre , s'y étoit
retiré avec son armée. Ce Siége dura quatorze
mois , pendant lesquels on eût à
souffrir la famine et la peste. Près de la
Vol. moitié
DECEMBRE . 1731 . 2815.
moitié des habitans moururent de cette
maladie , et Gunthler en fut attaqué si
dangereusement , qu'on désespera de sa.
vie , cependant il en revint .
La résolution que prit le Marquis de
Brandebourg de faire sortir ses Troupes
secrettement de la Ville pendant la nuit,
fit croire qu'elle alloit voir la fin de ses
disgraces ; mais on fut trompé dans cette
pensée. Car à peine en fut il dehors, que
l'armée des deux Evêques et de Nuremberg
la prit d'assaut , la saccagea et y mit
le feu.
Au premier tumulte , Morata et son
mari se retirerent dans une Eglise pour se
mettre à couvert de l'insolence et de la
fureur des Soldats ; mais ils sortirent de
cet azile sur l'avis que leur donna un
Soldat inconnu , qu'on alloit réduire la
Ville en cendre. Avis d'autant plus important
, que s'ils fussent demeurez dans
ce lieu , ils y eussent été étouffez par la
fumée , de même que les autres qui s'y
étoient réfugiez.
› Comme ils sortoient de la Ville , ils furent
dépouillez entierement par les Soldats
, qui ne laisserent à Morata que sa
chemise ; son mari fut même arrêté deux
fois , mais il s'échappa heureusement à
chacune
Fij Le 1. Vol.
2816 MERCURE DE FRANCE
Le mari et la femme s'étant réunis
furent d'abord incertains du parti qu'ils
prendroient ; mais enfin ils se déterminerent
à se retirer à Hamelbourg. Comme
cette Ville étoit éloignée de trois mille
d'Allemagne de Schweinfurt
, Morata
eut bien de la peine à s'y rendre , étant
nuds pieds , toute déeḥevelée et n'ayant
qu'un mechant habit tout déchiré , qu'on
lui avoit prêté dans sa route. Les habitans
firent d'abord difficulté de les y laisser
entrer , parce qu'il leur avoit été défendu
de recevoir ceux qui sortiroient de
Schweinfurt , et tout ce qui purent obfut
la permission d'y demeurer
و
quatre jours , après lesquels ils furent
obligez d'en sortir , quoique Morata fût
actuellement malade de la fièvre que lui
avoient causé les fatigues de son voyage.
Echappez de tous ces dangers , ils en
coururent un nouveau , en passant par
une Ville dépendante d'un Evêque , que
Morata qui nous instruit de ce détail , ne
nomme point , mais qui ne peut être
autre que celui de Wirtzbourg. Celui qui
y commandoit pour ce Prélat , fit arrêter
Grunthler , à qui il déclara qu'il avoit
ordre de lui , de fiire mourir tous les habitans
de Schvveinfutt qui tomberoient
entre ses mains ; mais cet ordre n'eût
1. Vol.
poing
DECEMBRE. 1731. 2817
point d'execution , parce qu'il vint dès
Lettres de l'Evêque , qui lui procurerent
la liberté.
Le Comte de Reineck et celui d'Erbach
, chez qui ils passerent ensuite , les
reçurent avec beaucoup d'humanité.
Comme ils professoient la nouvelle Religion
aussi bien qu'eux , ils n'oublierent
rien pour leur faite oublier les disgraces
passées , et leur fournirent abondamment
des habits et tout ce qui leur étoit né
cessaire .
Ils commençoient alors à respirer, lorsque
l'Electeur Palatin appella Grunthler à
Heidelberg , pour professer la Medecine.
Ils allerent donc demeurer dans cette Ville
, où le nouveau Professeur entra en
exercice la même année , c'es-à- dire en
1554.
Les maux que Morata avoit eu à souffrir
, avoient alteré son temperament , et
elle ne fut pas long- temps sans ressentir
des effets de cette altération . Sa santé fut
toujours depuis tres- chancellante , et après
avoir langui quelques mois , elle mourut
le 26 Octobre 1555. n'ayant pas encore
29 ans complets.
1
Son mari et son frere la suivirent de'
bien près , et ils furent ensevelis tous trois
en un même tombeau , dans l'Eglise de
saint Pierre.
1. Vol.
Fiij Voicy
2818 MERCURE DE FRANCE
Voici son Epitaphe :
DEO IMM . S.
Et virtuti ac memoria Olympia Fulvia
Morata , Fulvii Morati Mantuani , viri
Doctiss. filia , Andrea Grunthleri Medici
conjugis lectissima , foemina cujus ingenium
ac singularis utriusque lingua cognitio , in
moribus autem probitas , summumque pietatis
studium , suprà communem modum semper
existimata sunt. Quod de ejus vita hominum
judicium , beata mors sanctissimè ac pacatistimé
ab ea obita , divino quoque confir
mavit testimonio . Obiit mutato solo à salute
DEV. suprà mille. Sua atatis XXIX. hic cum
Marito et Emilio fratre sepulta Heidelberga.
Guillelmus Rascalonus M. D. B. B. MM . Pr.
le
L'Epitaphe de son mari , faite par
même Auteur , merite d'être rapportée ,
d'autant plus qu'elle contient quelques
particularitez de sa mort.
D. O. M. Trino et Uni S.
'Andrea Zunthlero Swinfordiano , magne
peritia viro Medico et Philosopho qui simul
atque schola , in qua vix dum ab exilio
, profiteri artem coeperat , pestis metu hic
I. Vol. dissi
ป
ย
"
DECEMBRE . 1731. 2819
dissiparetur , solvi à corpore exoptavit ,proque
voto solutus est , non tadio solo amissa
incomparabilis exempli socia ac conjugis
Minerva sua ( erat enim in omni fortuna
homo modestissimus ) sed ut ex densâ hâc
cælestium ignoratione in lucem traductus , ab
errationibus Deum non ampliùs off.nderet ,
hic in spem resurrectionis quiescenti sodalis
sodali, Medicus Medico , Guillelmus Rascalonus
posuit.
Olympia Fulvia Morata avoit composé
plusieurs Ouvrages , dont la plûpart pés
rirent dans l'Incendie de la Ville de
Schvveinfert. Le peu qui s'est conservé , a
été ramassé par Cælius Secundus Curion ,
qui les publia sous ce titre.
Olympia Fulvia Morate , Foemina doctissima
ac planè divina , Opera omnia que
hactenus inveniri potuerunt ; quibus Coelii
secundi Curionis Epistola ac Orationes accesserunt.
Basilea 1558. in 8. C'est la premiere
édition, qui a été suivie de plusieurs
autres , faites aussi à Bâle dans la même
forme , en 1562 , 1570 , 1580 , & c.
Les Ouvrages de Morata consistent dans
les pieces suivantes .
1. Trois Discours prononcez en presence
de la Princesse Anne de Ferrare
1. Vol.
Fiiij . d'unc
2820 MERCURE DE FRANCE
d'une assemblée choisie , à qui elle expliquoit
les Paradoxes de Ciceron ..
2. L'Eloge de Q. Mutius Scevola, en Grec.
et en Latin.
3.
4.
•
S.
Les deux premieres Nouvelles de Bocace
, traduites en Latin.
Deux Dialogues.
Deux Livres de Lettres. On y apprend
plusieurs particularitez de sa vie . C'est
une négligence impardonnable à Curion
de ne les avoir pas rangées selon
l'ordre des temps , et d'avoir obmis les
dattes à la plupart.
6. Deux Livres de Poësies Grecques.
Voyez ses Lettres . Melchior Adam vi
ta Philosophorum Germanorum .
Les Eloges de M. de Thou , et les additions
de Teissier.
Voicy les noms des Scavans , contenus
dans la Table Alphabetique , du même
quinziéme Tome.
Jean Boscager, Tycho-Brahé, Guillaume
Caoursin , Hyacinthe Cestoni , Pierre
Corneille , Louis de Courcillon de Dangeau
, Pierre Delfini , Louis de Dieu
Charles Drelincourt , Guillaume Dugdale
, Jacques Esprit , Alberic Gentilis ,
Scipion Gentilis, François Genet, Ulric de
1. Vol. Hutten,
DECEMBRE. 1731. 2821
Hutten , Pierre la Sena , François de Launay
, Thomas Lydiat , Henry de Monantheüil
, Olympia Fulvia Morata , Christophle
Persona , Gobelin Persona , Jacques
Picolomini , Jacques Pilarino , Jean Pitseus
, Antoine Sanderus , Nicolas Sanderus
, Michel Scot , George de Scudery ,
Madeleine de Scudery , Philippe Sidney
Sebastien le Nain de Tillemont, Evangeliste
Torriceli , Thomas Willis , Henry
V varton .
des Hommes Illustres , dans la République
des Lettres, avec un Catalogue raisonné de
leurs Ouvrages. Tome XV.de 409 pages
sans les Tables . A Paris , chez Briasson,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science.
1731.
N trouve à la tête de ce tome la
Fable alphabetique des Sçavans qui
y sont contenus. Le P. Niceron n'en a
point mis qui expose leurs noms ,
selon
l'ordre qu'ils tiennent dans ce volume.
Il y a dans ce Tome , comme dans les
autres , un nombre de Sçavans , du pre
mier ordre , entre lesquels il est difficile
de choisir. Nous nous sommes déterminez
en faveur d'Olympia Fulvia Morata,
dont l'article nous a paru très -singulier ,
parce qu'elle a été une Dame sçavante , et
par les différentes révolutions qui ont accompagné
sa vie.Le voicy tel qu'il est rapporté
dans les Mémoires.
Olympia Fulvia Morata , nâquit à Ferrare
, l'an 1526, Fulvio Peregrino Morato
son pere ,
natif de Mantouë , avoit professé
les belles Lettres en plusieurs Villes
I. Vol.
(d'Italic
-
DECEMBRE . 1731. 2811
d'Italie , et son mérite et sa capacité Pavoient
fait choisir pour Précepteur des
Princes de Ferrare, Hyppoliteet François ,
fils d'Alphonse.
On trouve une de ses Lettres sur la pro
nonciation de la Langue Latine , à la tête
de celles de Fluvia Morata sa fille , à qui
elle est addressée.
Les grandes dispositions qu'il remarqua
dans sa fille pour les Sciences , l'engagerent
à les cultiver ; il l'instruisit avec beaucoup
de soin , et elle fit en peu de temps
de si grands progrès , qu'elle devint l'admiration
de tout le monde.
La Princesse de Ferrare , Anne , fille
d'Hercule II. étudioit alors les Lettres
sous la conduite de Jean Sinapius , et l'on
jugea à propos de mettre auprès d'elle Ful
via Morata , afin que l'émulation que sa
compagnie lui inspireroit , la fit avancer
davantage dans les sciences qu'on lui enseignoit.
Le séjour de la Cour fût avanta
geux à notre sçavante,pour la même raison
, et on l'y vit , avec étonnement , réciter
des Discours Latins , parler Grec
expliquer les Paradoxes de Ciceron , et répondre
à toutes les questions qu'on lui
faisoit.
Mais l'affection que lui témoigna la Duchesse
de Ferrare , Renée de France , mere
1.Vol.
de
2012 MERCURE DE FRANCE
de la Princesse Anne , lui fut funeste ; car
elle lui communiqua le goût qu'elle avoit
pour les nouvelles opinions , au sujet de
Ia Religion , qu'elle favorisoit secretement
, et que Fulvia Morata embrassa
dans la suite.
Après avoir demeuré quelques années.
auprès de la jeune Princesse qui l'aimoit
beaucoup , elle retourna dans la maison
paternelle , pour assister son pere dans la
maladie dont il mourut. Elle ne retourna
plus après à la Cour , parce que sa mere
étant fort valetudinaire , elle se trouvoit
obligée , en qualité d'aînée de la famille ,
d'avoir soin de l'éducation de ses trois
soeurs et de son frere .
Une autre raison s'y joignit encore , celle,
dit- elle dans une de ses Lettres à Cælius
Secundus Curion , avec qui elle étoit liée
depuis long- temps d'une étroite amitié ,
qui auroit dû nous proteger , prévenuë par
les discours calomnieux de quelques personnes
mal intentionnées , nous a abandonnées et
maltraitées. Il eſt à présumer qu'elle veut
entendre , par là , la Duchesse de Ferrare
qui changea alors de dispositions à son
égard.
Quoiqu'il en soit , un jeune Allemand ,
nommé André Grunthler , qui étudioit
alors en Medecine à Ferrare , où il se fit
I.Vol. rece
DECEMBRE 1731. 2813
recevoir Docteur en cette Faculté , ayant
eu occasion de la voir et de la connoître ,
fut si touché de son mérite, qu'il l'épousa.
Il paroît incontestablement par ses Lettres
, que ce Mariage se fit avant leur dé
part pour l'Allemagne , c'est - à - dire , à
Ferrare ; mais M. de Thou veut qu'il ne
se soit fait qu'en Allemagne ; et ce qu'il
dit là- dessus semble s'accorder avec ce
que Grunthler assure dans une Lettre à
Curion , sur la mort de Fulvia -Morata sa
femme, qu'ils n'avoient pas vécu ensemble
cinq années. Si cela est , ils ont dû se
marier en 1550. c'est - à - dire , deux ans
après leur arrivée en Allemagne ; mais
cela ne paroît gueres probable ; il est
plutôt à croire que Grunthler n'a voulu
parler que du temps qu'ils ont été effectivement
ensemble , ses fréquens voyages
l'ayant obligé d'être souvent séparé d'elle.
Peut- être aussi y a-t-il faute d'impression
dans sa Lettre.
Fulvia- Morata laissa à Ferrare , sa mere,
nommée Lucrece , qu'elle aima toûjours
tendrement , et qu'elle n'oublia pas dans
toutes ses disgraces . Car on voit par une
de ses Lettres , que quoiqu'elle eût perdu
elle-même tout son bien dans les Guerres
d'Allemagne , elle prenoit parc à l'état .
E d'indigence où elle avoit appris qu'elle
I. Vol. F étoit
1814 MERCURE DE FRANCE
"
étoit réduite , en lui envoyant une somme
d'argent pour l'aider à subsister. Elle laissa
aussi en Italie ses trois soeurs , dont l'une
fut mariée quelque-temps après à un jeune
homme fort riche , qui l'épousa pour
son mérite , et les deux autres entrerent
au service de quelques Dames de considération
.
Pour ce qui est de son frere Emile , qui
n'avoit alors que huit ans , elle l'emmena
en Allemagne , et l'instruisit elle- même
dans les Langues Grecque et Latine.
Fulvia-Morata et son mari arriverent
en Allemagne , le 12 Juin 1548. et firent
quelque séjour à Ausbourg, chez une personne
de considération , nommée George
Herman, que Grunthler guérit d'une maladie
fâcheuse . Ils se rendirent ensuite à
Schweinfurt , Ville Impériale de Franconie
, dont ce Medecin étoit natif.
Il n'y avoit pas long- temps qu'ils y
étoient , lorsque les Troupes des Evêques
de Bamberg et de Wirtzbourg , de l'Elecfeur
de Saxe , du Duc de Brunswic et de
la Ville de Nuremberg vinrent l'assiéger,
parce que le Marquis de Brandebourg
contre qui ils étoient en Guerre , s'y étoit
retiré avec son armée. Ce Siége dura quatorze
mois , pendant lesquels on eût à
souffrir la famine et la peste. Près de la
Vol. moitié
DECEMBRE . 1731 . 2815.
moitié des habitans moururent de cette
maladie , et Gunthler en fut attaqué si
dangereusement , qu'on désespera de sa.
vie , cependant il en revint .
La résolution que prit le Marquis de
Brandebourg de faire sortir ses Troupes
secrettement de la Ville pendant la nuit,
fit croire qu'elle alloit voir la fin de ses
disgraces ; mais on fut trompé dans cette
pensée. Car à peine en fut il dehors, que
l'armée des deux Evêques et de Nuremberg
la prit d'assaut , la saccagea et y mit
le feu.
Au premier tumulte , Morata et son
mari se retirerent dans une Eglise pour se
mettre à couvert de l'insolence et de la
fureur des Soldats ; mais ils sortirent de
cet azile sur l'avis que leur donna un
Soldat inconnu , qu'on alloit réduire la
Ville en cendre. Avis d'autant plus important
, que s'ils fussent demeurez dans
ce lieu , ils y eussent été étouffez par la
fumée , de même que les autres qui s'y
étoient réfugiez.
› Comme ils sortoient de la Ville , ils furent
dépouillez entierement par les Soldats
, qui ne laisserent à Morata que sa
chemise ; son mari fut même arrêté deux
fois , mais il s'échappa heureusement à
chacune
Fij Le 1. Vol.
2816 MERCURE DE FRANCE
Le mari et la femme s'étant réunis
furent d'abord incertains du parti qu'ils
prendroient ; mais enfin ils se déterminerent
à se retirer à Hamelbourg. Comme
cette Ville étoit éloignée de trois mille
d'Allemagne de Schweinfurt
, Morata
eut bien de la peine à s'y rendre , étant
nuds pieds , toute déeḥevelée et n'ayant
qu'un mechant habit tout déchiré , qu'on
lui avoit prêté dans sa route. Les habitans
firent d'abord difficulté de les y laisser
entrer , parce qu'il leur avoit été défendu
de recevoir ceux qui sortiroient de
Schweinfurt , et tout ce qui purent obfut
la permission d'y demeurer
و
quatre jours , après lesquels ils furent
obligez d'en sortir , quoique Morata fût
actuellement malade de la fièvre que lui
avoient causé les fatigues de son voyage.
Echappez de tous ces dangers , ils en
coururent un nouveau , en passant par
une Ville dépendante d'un Evêque , que
Morata qui nous instruit de ce détail , ne
nomme point , mais qui ne peut être
autre que celui de Wirtzbourg. Celui qui
y commandoit pour ce Prélat , fit arrêter
Grunthler , à qui il déclara qu'il avoit
ordre de lui , de fiire mourir tous les habitans
de Schvveinfutt qui tomberoient
entre ses mains ; mais cet ordre n'eût
1. Vol.
poing
DECEMBRE. 1731. 2817
point d'execution , parce qu'il vint dès
Lettres de l'Evêque , qui lui procurerent
la liberté.
Le Comte de Reineck et celui d'Erbach
, chez qui ils passerent ensuite , les
reçurent avec beaucoup d'humanité.
Comme ils professoient la nouvelle Religion
aussi bien qu'eux , ils n'oublierent
rien pour leur faite oublier les disgraces
passées , et leur fournirent abondamment
des habits et tout ce qui leur étoit né
cessaire .
Ils commençoient alors à respirer, lorsque
l'Electeur Palatin appella Grunthler à
Heidelberg , pour professer la Medecine.
Ils allerent donc demeurer dans cette Ville
, où le nouveau Professeur entra en
exercice la même année , c'es-à- dire en
1554.
Les maux que Morata avoit eu à souffrir
, avoient alteré son temperament , et
elle ne fut pas long- temps sans ressentir
des effets de cette altération . Sa santé fut
toujours depuis tres- chancellante , et après
avoir langui quelques mois , elle mourut
le 26 Octobre 1555. n'ayant pas encore
29 ans complets.
1
Son mari et son frere la suivirent de'
bien près , et ils furent ensevelis tous trois
en un même tombeau , dans l'Eglise de
saint Pierre.
1. Vol.
Fiij Voicy
2818 MERCURE DE FRANCE
Voici son Epitaphe :
DEO IMM . S.
Et virtuti ac memoria Olympia Fulvia
Morata , Fulvii Morati Mantuani , viri
Doctiss. filia , Andrea Grunthleri Medici
conjugis lectissima , foemina cujus ingenium
ac singularis utriusque lingua cognitio , in
moribus autem probitas , summumque pietatis
studium , suprà communem modum semper
existimata sunt. Quod de ejus vita hominum
judicium , beata mors sanctissimè ac pacatistimé
ab ea obita , divino quoque confir
mavit testimonio . Obiit mutato solo à salute
DEV. suprà mille. Sua atatis XXIX. hic cum
Marito et Emilio fratre sepulta Heidelberga.
Guillelmus Rascalonus M. D. B. B. MM . Pr.
le
L'Epitaphe de son mari , faite par
même Auteur , merite d'être rapportée ,
d'autant plus qu'elle contient quelques
particularitez de sa mort.
D. O. M. Trino et Uni S.
'Andrea Zunthlero Swinfordiano , magne
peritia viro Medico et Philosopho qui simul
atque schola , in qua vix dum ab exilio
, profiteri artem coeperat , pestis metu hic
I. Vol. dissi
ป
ย
"
DECEMBRE . 1731. 2819
dissiparetur , solvi à corpore exoptavit ,proque
voto solutus est , non tadio solo amissa
incomparabilis exempli socia ac conjugis
Minerva sua ( erat enim in omni fortuna
homo modestissimus ) sed ut ex densâ hâc
cælestium ignoratione in lucem traductus , ab
errationibus Deum non ampliùs off.nderet ,
hic in spem resurrectionis quiescenti sodalis
sodali, Medicus Medico , Guillelmus Rascalonus
posuit.
Olympia Fulvia Morata avoit composé
plusieurs Ouvrages , dont la plûpart pés
rirent dans l'Incendie de la Ville de
Schvveinfert. Le peu qui s'est conservé , a
été ramassé par Cælius Secundus Curion ,
qui les publia sous ce titre.
Olympia Fulvia Morate , Foemina doctissima
ac planè divina , Opera omnia que
hactenus inveniri potuerunt ; quibus Coelii
secundi Curionis Epistola ac Orationes accesserunt.
Basilea 1558. in 8. C'est la premiere
édition, qui a été suivie de plusieurs
autres , faites aussi à Bâle dans la même
forme , en 1562 , 1570 , 1580 , & c.
Les Ouvrages de Morata consistent dans
les pieces suivantes .
1. Trois Discours prononcez en presence
de la Princesse Anne de Ferrare
1. Vol.
Fiiij . d'unc
2820 MERCURE DE FRANCE
d'une assemblée choisie , à qui elle expliquoit
les Paradoxes de Ciceron ..
2. L'Eloge de Q. Mutius Scevola, en Grec.
et en Latin.
3.
4.
•
S.
Les deux premieres Nouvelles de Bocace
, traduites en Latin.
Deux Dialogues.
Deux Livres de Lettres. On y apprend
plusieurs particularitez de sa vie . C'est
une négligence impardonnable à Curion
de ne les avoir pas rangées selon
l'ordre des temps , et d'avoir obmis les
dattes à la plupart.
6. Deux Livres de Poësies Grecques.
Voyez ses Lettres . Melchior Adam vi
ta Philosophorum Germanorum .
Les Eloges de M. de Thou , et les additions
de Teissier.
Voicy les noms des Scavans , contenus
dans la Table Alphabetique , du même
quinziéme Tome.
Jean Boscager, Tycho-Brahé, Guillaume
Caoursin , Hyacinthe Cestoni , Pierre
Corneille , Louis de Courcillon de Dangeau
, Pierre Delfini , Louis de Dieu
Charles Drelincourt , Guillaume Dugdale
, Jacques Esprit , Alberic Gentilis ,
Scipion Gentilis, François Genet, Ulric de
1. Vol. Hutten,
DECEMBRE. 1731. 2821
Hutten , Pierre la Sena , François de Launay
, Thomas Lydiat , Henry de Monantheüil
, Olympia Fulvia Morata , Christophle
Persona , Gobelin Persona , Jacques
Picolomini , Jacques Pilarino , Jean Pitseus
, Antoine Sanderus , Nicolas Sanderus
, Michel Scot , George de Scudery ,
Madeleine de Scudery , Philippe Sidney
Sebastien le Nain de Tillemont, Evangeliste
Torriceli , Thomas Willis , Henry
V varton .
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Résumé : MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres, avec un Catalogue raisonné de leurs Ouvrages. Tome XV. de 409 pages sans les Tables. A Paris, chez Briasson, Libraire, ruë S. Jacques, à la Science. 1731.
Le texte est un extrait des 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, dans la République des Lettres', publié en 1731 à Paris. Il présente une fable alphabétique des savants contenus dans le tome XV, qui compte 409 pages. Parmi les savants mentionnés, Olympia Fulvia Morata est particulièrement mise en avant. Olympia Fulvia Morata naquit à Ferrare en 1526. Son père, Fulvio Peregrino Morato, était un érudit qui avait été précepteur des princes de Ferrare. Reconnaissant les dispositions exceptionnelles de sa fille pour les sciences, il l'instruisit avec soin. Elle devint rapidement admirée pour ses compétences en latin, grec et philosophie. Elle fut ensuite placée auprès de la princesse Anne de Ferrare pour stimuler son éducation. Cependant, l'affection de la duchesse de Ferrare, Renée de France, pour Morata lui fut funeste, car elle lui transmit son goût pour les nouvelles opinions religieuses. Après avoir quitté la cour pour s'occuper de sa famille, Morata épousa André Grunthler, un médecin allemand. Ils se réfugièrent en Allemagne en 1548 et vécurent des périodes de grande détresse, notamment lors du siège de Schweinfurt. Malgré les épreuves, Morata continua à écrire et à instruire son frère. Elle mourut en 1555 à l'âge de 29 ans. Ses œuvres, en grande partie perdues lors de l'incendie de Schweinfurt, furent rassemblées et publiées par Cælius Secundus Curion. Elles incluent des discours, des traductions, des dialogues, des lettres et des poèmes. Le texte mentionne également trois autres figures historiques : Torricelli, Thomas Willis et Henry Varton. Torricelli est connu pour ses contributions scientifiques, notamment dans le domaine de la physique et de la mécanique des fluides. Thomas Willis est célèbre pour ses travaux en médecine, en particulier dans le domaine de la neurologie et de l'anatomie du cerveau. Henry Varton est mentionné sans détails supplémentaires sur ses contributions spécifiques.
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3
p. 2821-2822
Nouveaux Principes de l'art d'écrire. [titre d'après la table]
Début :
LES NOUVEAUX PRINCIPES DE L'ART D'ECRIRE, ou la vraye Méthode d'y exceller [...]
Mots clefs :
Art d'écrire, Plume, Posture du corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Principes de l'art d'écrire. [titre d'après la table]
LES NOUVEAUX PRINCIPES DE L'ART
D'ECRIRE , ou la vraye Méthode d'y exceller
, divisée en deux parties. La premiere
,, par Demandes et par Réponses ',
et la seconde en six Tables . Dédiée à
M. le Premier Président du Parlement ,
par le seur Royellet , Expert Ecrivain Juré,
demeurant à Paris , ruë de la Verrerie.
A Paris , rue S. Severin , chez Alex. Mesnier
, 1731 petit infolio de 36. pages
pour la premiere Partie , et 18. pour la
seconde , sans compter l'Epitre Dédicatoire
, l'Avis au Lecteur , la Dissertation
sur l'Ecriture et un très- grand nombre
de Planches.
و
Cet Ouvrage est divisé en deux Parties ,
la premiere contient dix-Chapitres , dans
lesquels on explique la maniere de tailler"
IsVol.·
Fy la
2822 MERCURE DE FRANCE
·la plume , la posture du corps , des bras,
et les moyens de former les Mineures et
les Majeures , &c. La seconde Partie est
formée par six Tables de differens caracteres
, &c. Elles paroissent fort méthodiques
ec fort instructives , ainsi que les
principes établis pour apprendre à écrire
correctement de soi -même ; ouvrage utile
aux Commençans et à ceux qui aspirent
à la plus grande perfection de cet Art.
Les Planches sont fort bien gravées et le
Livre fort bien imprimé. Il coute 7. livres
10. sols pour la Province.
D'ECRIRE , ou la vraye Méthode d'y exceller
, divisée en deux parties. La premiere
,, par Demandes et par Réponses ',
et la seconde en six Tables . Dédiée à
M. le Premier Président du Parlement ,
par le seur Royellet , Expert Ecrivain Juré,
demeurant à Paris , ruë de la Verrerie.
A Paris , rue S. Severin , chez Alex. Mesnier
, 1731 petit infolio de 36. pages
pour la premiere Partie , et 18. pour la
seconde , sans compter l'Epitre Dédicatoire
, l'Avis au Lecteur , la Dissertation
sur l'Ecriture et un très- grand nombre
de Planches.
و
Cet Ouvrage est divisé en deux Parties ,
la premiere contient dix-Chapitres , dans
lesquels on explique la maniere de tailler"
IsVol.·
Fy la
2822 MERCURE DE FRANCE
·la plume , la posture du corps , des bras,
et les moyens de former les Mineures et
les Majeures , &c. La seconde Partie est
formée par six Tables de differens caracteres
, &c. Elles paroissent fort méthodiques
ec fort instructives , ainsi que les
principes établis pour apprendre à écrire
correctement de soi -même ; ouvrage utile
aux Commençans et à ceux qui aspirent
à la plus grande perfection de cet Art.
Les Planches sont fort bien gravées et le
Livre fort bien imprimé. Il coute 7. livres
10. sols pour la Province.
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Résumé : Nouveaux Principes de l'art d'écrire. [titre d'après la table]
Le texte présente 'Les Nouveaux Principes de l'Art d'Ecrire, ou la vraye Méthode d'y exceller', publié en 1731 à Paris par Alexandre Mesnier. L'auteur, le sieur Royellet, expert écrivain juré, dédie cet ouvrage à M. le Premier Président du Parlement. Le livre est structuré en deux parties. La première, composée de dix chapitres, détaille la manière de tailler la plume, la posture du corps et des bras, ainsi que les techniques pour former les minuscules et les majuscules. La seconde partie comprend six tables de différents caractères, offrant des principes méthodiques et instructifs pour apprendre à écrire correctement. L'ouvrage inclut également une épître dédicatoire, un avis au lecteur, une dissertation sur l'écriture et de nombreuses planches gravées. Imprimé avec soin, le livre coûte 7 livres 10 sols en province. Il est particulièrement destiné aux débutants et à ceux qui visent la perfection dans l'art de l'écriture.
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4
p. 2822-2830
Poësies du P. Vaniere, Jesuite, &c. [titre d'après la table]
Début :
On ne sçauroit trop multiplier les bons Livres, Robert, Libraire à Toulouze, [...]
Mots clefs :
Chasse, Poules, Jeunesse, Inaction, Ménage des champs, Agriculture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Poësies du P. Vaniere, Jesuite, &c. [titre d'après la table]
On ne sçauroit trop multiplier les
bons Livres , Robert , Libraire à Toulouze,
a réimprimé les Poësies du R. P. Vaniere
Jesuite , sur l'Agriculture , et le Ménage
des Champs. Cette Edition surpasse de
beaucoup les précedentes , non- seulement
à cause de l'augmentation de deux Livres,
P'une sur les Maladies des Arbres , l'autre
sur les Abeilles , mais parce que l'Auteur
a retouché beaucoup d'endroits , et qu'il
a répandu d'ailleurs dans tout l'Ouvrage
des Digressions , qui en rendent la lectu
re plus agréable par la beauté et par la
varieté des images.
Les bornes qui nous resserrent , nous
permettent à peine d'indiquer quelques-
I. Fol. unes
DECEMBRE 1731. 2823
unes de ces agréables Additions. Dans la
Digression sur la maniere dont il faut se
loger à la Campagne , l'Auteur , après
avoir preferé l'ancienne mode à la nou
velle , qui est d'éclairer extrémement les
Bâtimens , conclud que les François sont
si fort tyrannisez par les modes que in
morem sit venerit , aurum argentumque levi
placeat mutare papyro , &c . ce que l'Histoire
ne confirmera que trop un jour.
Dans le second Livre , rempli d'excellens
préceptes et d'images brillantes , on
trouve un trait réjouissant sur les Paniers
des Dames , qu'un Vilageois obligé de
faire un voyage à la Ville , voit pour
premiere fois. On ne peut guere mieux
exprimer le ridicule de cette mode que
par ce trait,
Obstupet in primis cum spectat in urbe puellas ,
Purpureis grandes intexere vestibus orbes ,
Qualibus ille solet sua cingere dolia vinclis :
Occupat una vias , laxosque Canephora vicos ,
Vixque suas intrat foribus bipatentibus ædes ;
Protensis latè tunicis , inflantur ut Austro ,
Carbusa , cum plenis sulcat ratis æquora velis.
la
Une Nôce de Village , morceau travaillé
avec soin finit agreablement ce
Livre.
*
1. Vol.
F vj
Le
2824 MERCURE DE FRANCE
Le troisiéme contient une Digression
bien differente , et non moins artistement
maniée ; elle est sur la Peste de Marseille ,
dont le Poëte fait le triomphe de notre Religion
, qui seule peut apprendre aux hommes
à exposer leur vie pour sauver celle de
leur Prochain. Les Ministres du Seigneur
accourent en foule pour ce pieux sujet ,
jusqu'à traverser à la nâge un Fleuve ra
pide pour arriver plutôt à Marseille.
Iter per Alumina quærunt ,
Nec dubitant ( via quæ sibi visa brevissima }
vastos ,
Amnis inexpertinando perrumpere fluctus ,
Et duplici fortes animas committere fato.
Ce grand exemple de courage et de
charité fut donné par deux PP. Capucins.
Le P. Vaniere n'oublie pas le grand
mobile de l'oeuvre de Dieu dans Marseille
, durant tout le temps que dura
cette affreuse calamité , c'est- à - dire M. l'Evêque
, dont le nom seul sera toujours un
grand Eloge.
Fecerat hos animos vitæ qui Præsul et auri ,
Prodigus , assiduis animas et corpora curis ,
Sustinuit , mortem visus calcare metumque ,
latrepida vadens per strata cadavera passu .
I. Fol.. Less
1
"
(
DECEMBRE 1731. 2825
Les justes louanges dues en cette occasion
à M les Officiers des Galeres ne
sont pas non- plus omises. Ils ne convien
dront cependant pas eux-mêmes de tout
ce que l'enthousiasme poëtique fait dire
à notre Auteur de ces combats de Mer ,
ausquels ils se sont , dit-il , auparavant
trouvez , &c. On sçait que les Galéres
n'en ont point donné depuis près 'd'un ·
siecle , faure d'occasion , mais cela ne fair
aucun tort à leur veritable gloire sur le
sujet dont il s'agit ici ..
Necisque Ministram ,
Inter bella manum vitæ admovere tuendæ ;
Afflatam neque peste magis timuere , cruentam -
Quam prius horruerant media inter prælia mor-
Iem ..
Nous passons bien des choses agréables
et utiles , par la raison que nous
avons dite , pour ne point omettre quelques
endroits qui méritent d'être particu
lierement remarquez ; par exemple , dans
le dixiéme Livre le Poëte s'exprime ainsi
sur les Larmes de la Vigne , utiles pour :
le soulagement des douleurs de la Pierre,
et your faire passer l'yvresse .
Si largius olim ,
Hausta nocent quæ vina dabit , præsaga futuri , )
I. Vol. Pro
2826 MERCURE DE FRANCE
Providet auxilium succo lacrymosa salubri ,
Vulnus opemque ferens uno de stipite vitis.
Dans le XII . la peinture et tout ce qu'il
dit du Paon , a quelque chose qui frappe
et qui doit contenter les Connoisseurs les
plus difficiles.
En pictas ut in orbem gemineus alas ,
Explicat ; et caudæ longo quasi syrmate verrens,
Atria , gallinas inter gallumque minorem ,
Atque humiles inter capos , anatumque cohortem
Fluctivagam , cunctis mirantibus , altior unus ,
Ingreditur , plumisque tumens , cristâque su
perbus ,
Regia fastosa jactat diademata frontis.
Et un peu plus bas sur l'usage des Plu
mes de ce superbe Oyseau.
Pictæ det gemmea caudæ ,
Ornamenta Ducum Galeis , det et aurea Flabra
Queis molles animant Zephiros æstate Puellæ,
L'empressement qu'ont les meres ambitieuses
des jeunes Paons , de les produire
avant qu'elles ayent suffisamment couvé
tous les oeufs , donne ici lieu au P. Vaniere
de les comparer , avec son énergie
ordinaire , aux Poëtes trop avides de gloi-
> qui ne prennent pas assez de peine
I. Vol. • pous
DECEMBRE. 1731. 4 2827
pour rendre leurs Ouvrages finis et parfaits
, avant que de les exposer au grand
jour.
Ce qu'il a ajoûté dans le même Livre
au sujet des Poules , est également d'un
excellent Poëte et d'un bon Physicien .
Quoique les Poules se levent et se couchent
ordinairement avec le Soleil , l'Auteur
les a vûës se retirer à Midi pendant
l'Eclipse du mois de May 1715.
et sortir incessamment après que le Soleil'
eut reparû .
Obstupuere breues tenebras , er solis oborti ,
Præcipitem , Gallo non compellante, recursum
Le XIII. Livre destiné à chanter les Colombes
, a reçû aussi des changemens et des
Additions heureuses de la main de l'habile
Auteur. Par exemple , sur l'attachement
qu'ont les Pigeons pour leur ancienne
demeure , il n'a pas oublié l'avantage que
les Romains en tirerent pendant le Siege
de la Ville de Modene. Ils avoient transporté
au Camp des Pigeons de la Ville ,
et ils avoient envoyé au Gouverneur de
la Place des Pigeons de la Campagne
qu'on lâchoit de part et d'autre , quand
il y avoit quelque chose d'important à
faire sçavoir.
I. Vol
-
Ob
2828 MERCURE DE FRANCE
Obsessis tellure viis , it nuncia Coelo ,
Sub pennis nexas ultro citroque tabellas ;
Telorum secura ferens.
Notre Poëté a sans doute ignoré , car
il en auroit dit un mot , que la mêmé
chose se pratique encore tous les jours
entre nos Marchands François d'Alep ;
et leurs Correspondans d'Alexandrete ,
lesquels par le moyen des Pigeons , se
donnent réciproquement avis de l'arrivée
des Vaisseaux d'Europe , de leurs charges
mens, du prix courant des Marchandises ,
du passage des Caravannes et de tout ce
qui peut interesser leur Commerce."
Nous finirons par une Digression heu
reuse et des mieux travaillées , sur les Chasses
du Roi , ajoutée au seiziéme Livre .
Ce noble exercice donne à la Jeunesse
des avantages,sur lesquels le Poëte préludè
d'abord en ces termes :
Nobilium labor ille virum est, bellique cruenti ,
Dulce rudimentum : Juvenes exercita cursu ,
Corpora venando durant ad frigus et æstum ,
Corda sibi generosa parant, animamque capacem3.
Mortis et expertem media inter tela pavoris :
Exercent et ad arma manus ; astuque ferarum ,
At nemorum insidiis et bellica furte docentur , 1
Is Vol. HostilesDECEMBRE.
1731. 2825
Hostilesque dolos ; domitorum strage Luporum ,
Nobile Martis opus discunt ; et ab hoste tuentur ,
Defensos Apris à vastatoribus agros.
Il n'y a que la Chasse , ajoûte- t'il , qui
puisse disposer la Jeunesse aux penibles
travaux de la guerre , et suppléer à l'utilité
des Carousels et des autres exercices
depuis long- temps abandonnez , les .
quels fortifioient le corps en délassant
Besprit.
Fluxit in hos juvenum nunc mollis inertia mores
Ut nisi venandi studium firmaverit artus
Torpeat enervi cum corpore bellicus ardor :
Deservere pilam, simulacraque ludricæ pugnæ ,
Et celeres in equo cursus , &c....
Vestitu indulgent muliebrite , oraque fuco
Dedecorant , speculumque magis quàm ferrea
tractant
Tela manu : dant vel choreis vel amoribus unum ,
Dulcibus aut epulis ludum ; resolutaque luxu
Corpora militiæ tradunt ; nisi forte Dianæ .
Quam Veneri servire , ferisque nivosa sequendis,
Per loca maluerint acri praludere bello.
Pour remedier à l'inaction , source des
desordres du temps,que le Poëte vient de
remarquer ; un grand Roy , continuë- t'il ,
L.. Vol. yeut
2830 MERCURE DE FRANCE
veut tacher par son exemple d'inspirer
l'amour de la Chasse à la Noblesse Françoise
et empêcher par ce laborieux exercice
qu'une longue Paix n'énerve enfin
son courage.
Exemplo mores et tempora Princeps
Emendare volens , ubi magna negotia Regni
Explicuit ; vacuas rerum venatibus horas
Dans Lodoix , bellum Gallos desuescere longâ ,
Pace vetat : juvenum ftoremper acerba Locorum
Indefessus agit vaga post vestigia cervi :
Et soles hyememque pati , Martisque labores
Ferre docet,presensque levat : duce Principe sudor
Erroresque placent ; neque jam palatia curant ,
Cum populi Lodoix amor inde recedit , et
Aulæ
Delicias secum montes transmutat in altos,
bons Livres , Robert , Libraire à Toulouze,
a réimprimé les Poësies du R. P. Vaniere
Jesuite , sur l'Agriculture , et le Ménage
des Champs. Cette Edition surpasse de
beaucoup les précedentes , non- seulement
à cause de l'augmentation de deux Livres,
P'une sur les Maladies des Arbres , l'autre
sur les Abeilles , mais parce que l'Auteur
a retouché beaucoup d'endroits , et qu'il
a répandu d'ailleurs dans tout l'Ouvrage
des Digressions , qui en rendent la lectu
re plus agréable par la beauté et par la
varieté des images.
Les bornes qui nous resserrent , nous
permettent à peine d'indiquer quelques-
I. Fol. unes
DECEMBRE 1731. 2823
unes de ces agréables Additions. Dans la
Digression sur la maniere dont il faut se
loger à la Campagne , l'Auteur , après
avoir preferé l'ancienne mode à la nou
velle , qui est d'éclairer extrémement les
Bâtimens , conclud que les François sont
si fort tyrannisez par les modes que in
morem sit venerit , aurum argentumque levi
placeat mutare papyro , &c . ce que l'Histoire
ne confirmera que trop un jour.
Dans le second Livre , rempli d'excellens
préceptes et d'images brillantes , on
trouve un trait réjouissant sur les Paniers
des Dames , qu'un Vilageois obligé de
faire un voyage à la Ville , voit pour
premiere fois. On ne peut guere mieux
exprimer le ridicule de cette mode que
par ce trait,
Obstupet in primis cum spectat in urbe puellas ,
Purpureis grandes intexere vestibus orbes ,
Qualibus ille solet sua cingere dolia vinclis :
Occupat una vias , laxosque Canephora vicos ,
Vixque suas intrat foribus bipatentibus ædes ;
Protensis latè tunicis , inflantur ut Austro ,
Carbusa , cum plenis sulcat ratis æquora velis.
la
Une Nôce de Village , morceau travaillé
avec soin finit agreablement ce
Livre.
*
1. Vol.
F vj
Le
2824 MERCURE DE FRANCE
Le troisiéme contient une Digression
bien differente , et non moins artistement
maniée ; elle est sur la Peste de Marseille ,
dont le Poëte fait le triomphe de notre Religion
, qui seule peut apprendre aux hommes
à exposer leur vie pour sauver celle de
leur Prochain. Les Ministres du Seigneur
accourent en foule pour ce pieux sujet ,
jusqu'à traverser à la nâge un Fleuve ra
pide pour arriver plutôt à Marseille.
Iter per Alumina quærunt ,
Nec dubitant ( via quæ sibi visa brevissima }
vastos ,
Amnis inexpertinando perrumpere fluctus ,
Et duplici fortes animas committere fato.
Ce grand exemple de courage et de
charité fut donné par deux PP. Capucins.
Le P. Vaniere n'oublie pas le grand
mobile de l'oeuvre de Dieu dans Marseille
, durant tout le temps que dura
cette affreuse calamité , c'est- à - dire M. l'Evêque
, dont le nom seul sera toujours un
grand Eloge.
Fecerat hos animos vitæ qui Præsul et auri ,
Prodigus , assiduis animas et corpora curis ,
Sustinuit , mortem visus calcare metumque ,
latrepida vadens per strata cadavera passu .
I. Fol.. Less
1
"
(
DECEMBRE 1731. 2825
Les justes louanges dues en cette occasion
à M les Officiers des Galeres ne
sont pas non- plus omises. Ils ne convien
dront cependant pas eux-mêmes de tout
ce que l'enthousiasme poëtique fait dire
à notre Auteur de ces combats de Mer ,
ausquels ils se sont , dit-il , auparavant
trouvez , &c. On sçait que les Galéres
n'en ont point donné depuis près 'd'un ·
siecle , faure d'occasion , mais cela ne fair
aucun tort à leur veritable gloire sur le
sujet dont il s'agit ici ..
Necisque Ministram ,
Inter bella manum vitæ admovere tuendæ ;
Afflatam neque peste magis timuere , cruentam -
Quam prius horruerant media inter prælia mor-
Iem ..
Nous passons bien des choses agréables
et utiles , par la raison que nous
avons dite , pour ne point omettre quelques
endroits qui méritent d'être particu
lierement remarquez ; par exemple , dans
le dixiéme Livre le Poëte s'exprime ainsi
sur les Larmes de la Vigne , utiles pour :
le soulagement des douleurs de la Pierre,
et your faire passer l'yvresse .
Si largius olim ,
Hausta nocent quæ vina dabit , præsaga futuri , )
I. Vol. Pro
2826 MERCURE DE FRANCE
Providet auxilium succo lacrymosa salubri ,
Vulnus opemque ferens uno de stipite vitis.
Dans le XII . la peinture et tout ce qu'il
dit du Paon , a quelque chose qui frappe
et qui doit contenter les Connoisseurs les
plus difficiles.
En pictas ut in orbem gemineus alas ,
Explicat ; et caudæ longo quasi syrmate verrens,
Atria , gallinas inter gallumque minorem ,
Atque humiles inter capos , anatumque cohortem
Fluctivagam , cunctis mirantibus , altior unus ,
Ingreditur , plumisque tumens , cristâque su
perbus ,
Regia fastosa jactat diademata frontis.
Et un peu plus bas sur l'usage des Plu
mes de ce superbe Oyseau.
Pictæ det gemmea caudæ ,
Ornamenta Ducum Galeis , det et aurea Flabra
Queis molles animant Zephiros æstate Puellæ,
L'empressement qu'ont les meres ambitieuses
des jeunes Paons , de les produire
avant qu'elles ayent suffisamment couvé
tous les oeufs , donne ici lieu au P. Vaniere
de les comparer , avec son énergie
ordinaire , aux Poëtes trop avides de gloi-
> qui ne prennent pas assez de peine
I. Vol. • pous
DECEMBRE. 1731. 4 2827
pour rendre leurs Ouvrages finis et parfaits
, avant que de les exposer au grand
jour.
Ce qu'il a ajoûté dans le même Livre
au sujet des Poules , est également d'un
excellent Poëte et d'un bon Physicien .
Quoique les Poules se levent et se couchent
ordinairement avec le Soleil , l'Auteur
les a vûës se retirer à Midi pendant
l'Eclipse du mois de May 1715.
et sortir incessamment après que le Soleil'
eut reparû .
Obstupuere breues tenebras , er solis oborti ,
Præcipitem , Gallo non compellante, recursum
Le XIII. Livre destiné à chanter les Colombes
, a reçû aussi des changemens et des
Additions heureuses de la main de l'habile
Auteur. Par exemple , sur l'attachement
qu'ont les Pigeons pour leur ancienne
demeure , il n'a pas oublié l'avantage que
les Romains en tirerent pendant le Siege
de la Ville de Modene. Ils avoient transporté
au Camp des Pigeons de la Ville ,
et ils avoient envoyé au Gouverneur de
la Place des Pigeons de la Campagne
qu'on lâchoit de part et d'autre , quand
il y avoit quelque chose d'important à
faire sçavoir.
I. Vol
-
Ob
2828 MERCURE DE FRANCE
Obsessis tellure viis , it nuncia Coelo ,
Sub pennis nexas ultro citroque tabellas ;
Telorum secura ferens.
Notre Poëté a sans doute ignoré , car
il en auroit dit un mot , que la mêmé
chose se pratique encore tous les jours
entre nos Marchands François d'Alep ;
et leurs Correspondans d'Alexandrete ,
lesquels par le moyen des Pigeons , se
donnent réciproquement avis de l'arrivée
des Vaisseaux d'Europe , de leurs charges
mens, du prix courant des Marchandises ,
du passage des Caravannes et de tout ce
qui peut interesser leur Commerce."
Nous finirons par une Digression heu
reuse et des mieux travaillées , sur les Chasses
du Roi , ajoutée au seiziéme Livre .
Ce noble exercice donne à la Jeunesse
des avantages,sur lesquels le Poëte préludè
d'abord en ces termes :
Nobilium labor ille virum est, bellique cruenti ,
Dulce rudimentum : Juvenes exercita cursu ,
Corpora venando durant ad frigus et æstum ,
Corda sibi generosa parant, animamque capacem3.
Mortis et expertem media inter tela pavoris :
Exercent et ad arma manus ; astuque ferarum ,
At nemorum insidiis et bellica furte docentur , 1
Is Vol. HostilesDECEMBRE.
1731. 2825
Hostilesque dolos ; domitorum strage Luporum ,
Nobile Martis opus discunt ; et ab hoste tuentur ,
Defensos Apris à vastatoribus agros.
Il n'y a que la Chasse , ajoûte- t'il , qui
puisse disposer la Jeunesse aux penibles
travaux de la guerre , et suppléer à l'utilité
des Carousels et des autres exercices
depuis long- temps abandonnez , les .
quels fortifioient le corps en délassant
Besprit.
Fluxit in hos juvenum nunc mollis inertia mores
Ut nisi venandi studium firmaverit artus
Torpeat enervi cum corpore bellicus ardor :
Deservere pilam, simulacraque ludricæ pugnæ ,
Et celeres in equo cursus , &c....
Vestitu indulgent muliebrite , oraque fuco
Dedecorant , speculumque magis quàm ferrea
tractant
Tela manu : dant vel choreis vel amoribus unum ,
Dulcibus aut epulis ludum ; resolutaque luxu
Corpora militiæ tradunt ; nisi forte Dianæ .
Quam Veneri servire , ferisque nivosa sequendis,
Per loca maluerint acri praludere bello.
Pour remedier à l'inaction , source des
desordres du temps,que le Poëte vient de
remarquer ; un grand Roy , continuë- t'il ,
L.. Vol. yeut
2830 MERCURE DE FRANCE
veut tacher par son exemple d'inspirer
l'amour de la Chasse à la Noblesse Françoise
et empêcher par ce laborieux exercice
qu'une longue Paix n'énerve enfin
son courage.
Exemplo mores et tempora Princeps
Emendare volens , ubi magna negotia Regni
Explicuit ; vacuas rerum venatibus horas
Dans Lodoix , bellum Gallos desuescere longâ ,
Pace vetat : juvenum ftoremper acerba Locorum
Indefessus agit vaga post vestigia cervi :
Et soles hyememque pati , Martisque labores
Ferre docet,presensque levat : duce Principe sudor
Erroresque placent ; neque jam palatia curant ,
Cum populi Lodoix amor inde recedit , et
Aulæ
Delicias secum montes transmutat in altos,
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Résumé : Poësies du P. Vaniere, Jesuite, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une réimpression des 'Poësies' du Père Vaniere, jésuite, spécialisées dans l'agriculture et le ménage des champs. Cette édition, réalisée par Robert, libraire à Toulouse, est enrichie par l'ajout de deux nouveaux livres : l'un sur les maladies des arbres et l'autre sur les abeilles. De plus, l'auteur a apporté des retouches et des digressions qui enrichissent le contenu original. Parmi les digressions notables, l'auteur critique les nouvelles modes d'éclairage des bâtiments, comparant les changements fréquents des modes françaises aux changements de papyrus. Dans le second livre, une description humoristique des paniers des dames est mise en avant. Le troisième livre contient une digression sur la peste de Marseille, soulignant le courage et la charité des ministres du Seigneur, notamment deux pères capucins et l'évêque de Marseille. Le texte mentionne également des louanges pour les officiers des galères, bien que leur rôle dans les combats de mer soit discuté. D'autres digressions traitent des larmes de la vigne, utiles pour soulager les douleurs de la pierre, et des caractéristiques du paon. Le treizième livre, dédié aux colombes, inclut des anecdotes historiques sur l'utilisation des pigeons pour la communication. Enfin, une digression sur les chasses du roi est ajoutée au seizième livre. Cette digression souligne les avantages de cet exercice pour la jeunesse et son utilité pour préparer à la guerre. Le roi est présenté comme un modèle pour inspirer la noblesse française à pratiquer la chasse et à maintenir leur courage.
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5
p. 2830-2831
Almanach Astronomique. [titre d'après la table]
Début :
ALMANACH ASTRONOMIQUE, Géographique, Historique, Moral, General, Particulier, et qui plus est, [...]
Mots clefs :
Almanach, Astronomique, Moral
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texteReconnaissance textuelle : Almanach Astronomique. [titre d'après la table]
ALMANACH ASTRONOMIQUE , Géographique
, Historique , Moral , General ,
Particulier , et qui plus est , veritable ,
pour l'An de grace 1732. dans lequel on
trouvera des Predictions infaillibles pour
chaque saison , à chaque mois . Ouvr
ge curieux et solide , malgré son titre.
Avec douze Couplets de Centuries chantantes
, de Me Michel Nostradamus. Par
M. Constantin Fleurlurlault , Mathéma
ticien.
DECEMBRE 1731 2831
Dic quibus in terris et eris mihi magnus Apollo ,
Tres poteat Coeli spatium non amplius ulnas.
A Paris , chez Ant. Huqueville , ruë
Gist- l- Coeur.
, Historique , Moral , General ,
Particulier , et qui plus est , veritable ,
pour l'An de grace 1732. dans lequel on
trouvera des Predictions infaillibles pour
chaque saison , à chaque mois . Ouvr
ge curieux et solide , malgré son titre.
Avec douze Couplets de Centuries chantantes
, de Me Michel Nostradamus. Par
M. Constantin Fleurlurlault , Mathéma
ticien.
DECEMBRE 1731 2831
Dic quibus in terris et eris mihi magnus Apollo ,
Tres poteat Coeli spatium non amplius ulnas.
A Paris , chez Ant. Huqueville , ruë
Gist- l- Coeur.
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Résumé : Almanach Astronomique. [titre d'après la table]
L'Almanach pour l'année 1732, rédigé par Constantin Fleurlurlault, mathématicien, propose des prédictions saisonnières et mensuelles. Il inclut des couplets des Centuries chantantes de Nostradamus. Publié à Paris par Ant. Huqueville, il commence par une citation en latin.
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6
p. 2831
Almanach du Mariage. [titre d'après la table]
Début :
ALMANACH DU MARIAGE, pour l'année 1732. Ouvrage instructif et énigmatique [...]
Mots clefs :
Mariage, Jeunesse amoureuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Almanach du Mariage. [titre d'après la table]
ALMANACH DU MARIAGE , pour l'année
1732. Ouvrage instructif et énigmatique
, augmenté de la Carte du Mariage
, en Taille- douce , de la Description
Litterale du Pays , et d'un Placet presenté
par les Maris au Libraire , pour le supplier
de ne point imprimer ce Livre. Cet
Ouvrage est dédié à la Jeunesse amoureuse
, par un Philosophe garçon. Il set
vend chez Guillaum: et Gan doüin , le jeune
, Libraires , au coin du Pont S. Michel,
et rue du Hurpoix.
1732. Ouvrage instructif et énigmatique
, augmenté de la Carte du Mariage
, en Taille- douce , de la Description
Litterale du Pays , et d'un Placet presenté
par les Maris au Libraire , pour le supplier
de ne point imprimer ce Livre. Cet
Ouvrage est dédié à la Jeunesse amoureuse
, par un Philosophe garçon. Il set
vend chez Guillaum: et Gan doüin , le jeune
, Libraires , au coin du Pont S. Michel,
et rue du Hurpoix.
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7
p. 2831-2832
L'Esprit du Commerce, autre Almanach, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît aussi un petit Almanach in 24. pour l'année 1732. intitulé, l'Esprit du [...]
Mots clefs :
Commerce, Fermiers généraux
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texteReconnaissance textuelle : L'Esprit du Commerce, autre Almanach, [titre d'après la table]
Il paroît aussi un petit Almanach in 24.
pour l'année 1732. intitulé , l'Esprit du
Commerce , rendu aussi curieux que necessaire
, troisiéme Edition , dans laquelle
l'on trouve les Fêtes des mois , ce qui s'est
passé de plus curieux dans l'année , les
noms et demeures de M" les Maîtres des
Requêtes , des Fermiers Generaux , la
Naissance de la Famille Royale , les Banquiers
, les Payeurs des Rentes , divers
Tarifs , ainsi que plusieurs choses néces-
1. Vol. saires
2832 MERCURE DE FRANCE
saires au Commerce. Par M. Roflin. A
Paris . rue Galande et au Palais , chez
Quillan et Gl. Girard.
pour l'année 1732. intitulé , l'Esprit du
Commerce , rendu aussi curieux que necessaire
, troisiéme Edition , dans laquelle
l'on trouve les Fêtes des mois , ce qui s'est
passé de plus curieux dans l'année , les
noms et demeures de M" les Maîtres des
Requêtes , des Fermiers Generaux , la
Naissance de la Famille Royale , les Banquiers
, les Payeurs des Rentes , divers
Tarifs , ainsi que plusieurs choses néces-
1. Vol. saires
2832 MERCURE DE FRANCE
saires au Commerce. Par M. Roflin. A
Paris . rue Galande et au Palais , chez
Quillan et Gl. Girard.
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Résumé : L'Esprit du Commerce, autre Almanach, [titre d'après la table]
En 1732, l'almanach 'L'Esprit du Commerce' a été publié. Il contient des informations sur les fêtes des mois, les événements marquants, les maîtres des requêtes, les fermiers généraux, la généalogie royale, les banquiers et les payeurs des rentes, ainsi que divers tarifs commerciaux. L'ouvrage est rédigé par M. Roflin et disponible à Paris, rue Galande et au Palais.
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8
p. 2832-2834
Vie, Eloge et Opuscules de P. Danès. [titre d'après la table]
Début :
Il se debite à Paris, chez Quillau, rvë Galande, et Bauche, Quay des Augustins, [...]
Mots clefs :
Abrégé historique, Évêque, Latinité, Éloge du Mensonge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vie, Eloge et Opuscules de P. Danès. [titre d'après la table]
Il se debite à Paris , chez Quillau , rvë
Galande , et Bauche , Quay des Augustins ,
un Livre in 4. de 184. pages , sans nom
d'Auteur , qui a pour titre : Vies , Eloges,
et Opuscules de Pierre Danés , Evêque de
Lavaur, Ambassadeur de François I. an
Concile de Trente , Precepteur et Confesseur
de François I.
Le titre de ce Livre annonce les trois
Parties dont il est composé.
La premiere est un Abregé Historique
de la Vie celebre de P. Danés , Evêque de
Lavaur , il y est parlé entr'autres choses
de l'institution du College Royal à Paris,
pour enseigner les Langues sçavantes, & c.
de l'affaire de Ramus , de son caractere ,
&c. de la celebration du Concile de
Trente , et de ce qui s'y est passé de considerable
pendant le temps que Danés
a assisté.
Y
La seconde Partie est un Recueil d'Extraits
des Ouvrages de plus de trente ce-
Febres Ecrivains qui ont parlé assez au
long de P. Danés , entr'autres Erasmes ,
Ronsard , Joachim du Bellay , le Prési
dent de Thou , &c. On y a pas oublié
1. Vol. POraison
DECEMBRE 1731. 2833
'Oraison Funebre de P. Danés , prononcée
par Genebrand , à S. Germain des
Prez , le 27. Avril 1577. qui est pleine
de Remarques sçavantes et curieuses , et
qui étoit devenue très - rare.
Dans la troisiéme Partie on a ramassé
le peu d'Opuscules de P. Danés , qu'on
a pû trouver. La Lettre Latine de ce Sçavant
,
adressée à l'Abbé de S. Ambroise .
et le Manifeste Latin qu'il a fait en faveur
de François I. contre Charles - Quint,
ont déja été donnez au Public par les
sçavans Alde , Manuce et Henry Etienne,
comme des Chefs - d'oeuvres d'Eloquence
et de belle Latinité.
On a ajoûté deux Memoires concernant
Jacques Danés , parent de Pierre, Evêque
de Toulon , &c. qui est mort en odeur
de sainteté le 5. Juin 1662. Un de ces
Memoires a été envoyé de Toulon .
Les Portraits des deux Prélats y sont
gravez de bonne main et d'après de bons
Originaux. Ce Livre , qui est bien imprimé
, se vent 4. livres relié.
REPONSE à l'Eloge du Mensonge , par
celui de la Verité. Par M. R ... Brochure
in 12. Prix sept sols. A Paris , che
·P. Morisset , rue S. Facques , 1731 .
Je Vol ŞER2834
MERCURE DE FRANCE
SERMONS DU P. HUBERT , Prêtre de
l'Oratoire , pour le Carême , pour l'Avent
, et sur differens sujets . 6. vol . in 12 .
A Paris , chez Cailleau , Place du Pont
S. Michel , Sangrain , Quay de Gêvres
Chardon , rue S. Severin , Gissey , ruë
de la Bouclerie , Bordelet et Henry , ruë
S. Jacques , 1731 .
HISTOIRE des Rois de Chypre de la
Maison de Lusignan , et des differentes
guerres qu'ils ont eues contre les Sarrazins
et les Genois. Traduite de l'Italien
du Chevalier Henry Giblet , Cypriot ,
2. vol. in 12. A Paris , chez André Caillean
et Guill. Saugrain , 1732.
LES AVANTURES du Sultan Jakaya ,
ou le Triomphe de l'Amour sur l'Ambition
, Anecdotes secretes de la Cour
Othomane , divisée en deux Parties. Par
M. le C. D. V. dédiées à M. le Chevalier
d'Orleans. A Paris , chez Guill. Denis
David , rue du Hurpoix , et Jacq. Clousier
, rue S. Jacques , 1732.
Galande , et Bauche , Quay des Augustins ,
un Livre in 4. de 184. pages , sans nom
d'Auteur , qui a pour titre : Vies , Eloges,
et Opuscules de Pierre Danés , Evêque de
Lavaur, Ambassadeur de François I. an
Concile de Trente , Precepteur et Confesseur
de François I.
Le titre de ce Livre annonce les trois
Parties dont il est composé.
La premiere est un Abregé Historique
de la Vie celebre de P. Danés , Evêque de
Lavaur , il y est parlé entr'autres choses
de l'institution du College Royal à Paris,
pour enseigner les Langues sçavantes, & c.
de l'affaire de Ramus , de son caractere ,
&c. de la celebration du Concile de
Trente , et de ce qui s'y est passé de considerable
pendant le temps que Danés
a assisté.
Y
La seconde Partie est un Recueil d'Extraits
des Ouvrages de plus de trente ce-
Febres Ecrivains qui ont parlé assez au
long de P. Danés , entr'autres Erasmes ,
Ronsard , Joachim du Bellay , le Prési
dent de Thou , &c. On y a pas oublié
1. Vol. POraison
DECEMBRE 1731. 2833
'Oraison Funebre de P. Danés , prononcée
par Genebrand , à S. Germain des
Prez , le 27. Avril 1577. qui est pleine
de Remarques sçavantes et curieuses , et
qui étoit devenue très - rare.
Dans la troisiéme Partie on a ramassé
le peu d'Opuscules de P. Danés , qu'on
a pû trouver. La Lettre Latine de ce Sçavant
,
adressée à l'Abbé de S. Ambroise .
et le Manifeste Latin qu'il a fait en faveur
de François I. contre Charles - Quint,
ont déja été donnez au Public par les
sçavans Alde , Manuce et Henry Etienne,
comme des Chefs - d'oeuvres d'Eloquence
et de belle Latinité.
On a ajoûté deux Memoires concernant
Jacques Danés , parent de Pierre, Evêque
de Toulon , &c. qui est mort en odeur
de sainteté le 5. Juin 1662. Un de ces
Memoires a été envoyé de Toulon .
Les Portraits des deux Prélats y sont
gravez de bonne main et d'après de bons
Originaux. Ce Livre , qui est bien imprimé
, se vent 4. livres relié.
REPONSE à l'Eloge du Mensonge , par
celui de la Verité. Par M. R ... Brochure
in 12. Prix sept sols. A Paris , che
·P. Morisset , rue S. Facques , 1731 .
Je Vol ŞER2834
MERCURE DE FRANCE
SERMONS DU P. HUBERT , Prêtre de
l'Oratoire , pour le Carême , pour l'Avent
, et sur differens sujets . 6. vol . in 12 .
A Paris , chez Cailleau , Place du Pont
S. Michel , Sangrain , Quay de Gêvres
Chardon , rue S. Severin , Gissey , ruë
de la Bouclerie , Bordelet et Henry , ruë
S. Jacques , 1731 .
HISTOIRE des Rois de Chypre de la
Maison de Lusignan , et des differentes
guerres qu'ils ont eues contre les Sarrazins
et les Genois. Traduite de l'Italien
du Chevalier Henry Giblet , Cypriot ,
2. vol. in 12. A Paris , chez André Caillean
et Guill. Saugrain , 1732.
LES AVANTURES du Sultan Jakaya ,
ou le Triomphe de l'Amour sur l'Ambition
, Anecdotes secretes de la Cour
Othomane , divisée en deux Parties. Par
M. le C. D. V. dédiées à M. le Chevalier
d'Orleans. A Paris , chez Guill. Denis
David , rue du Hurpoix , et Jacq. Clousier
, rue S. Jacques , 1732.
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Résumé : Vie, Eloge et Opuscules de P. Danès. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication à Paris d'un livre intitulé 'Vies, Éloges, et Opuscules de Pierre Danés, Évêque de Lavaur, Ambassadeur de François I au Concile de Trente, Précepteur et Confesseur de François I.' Ce livre, édité par Quillau et Bauche, situé au Quay des Augustins, compte 184 pages et est divisé en trois parties. La première partie offre un abrégé historique de la vie de Pierre Danés, incluant des détails sur l'institution du Collège Royal à Paris, l'affaire de Ramus, et les événements du Concile de Trente. La deuxième partie rassemble des extraits d'écrivains ayant parlé de Pierre Danés, tels qu'Érasme, Ronsard, et Joachim du Bellay, ainsi qu'une oraison funèbre prononcée par Genebrand en 1577. La troisième partie présente les opuscules de Pierre Danés, dont une lettre latine à l'Abbé de Saint-Ambroise et un manifeste en faveur de François I contre Charles Quint. Le livre inclut également des mémoires sur Jacques Danés, parent de Pierre, et des portraits gravés des deux prélats. Le livre est bien imprimé et se vend 4 livres relié. Le texte mentionne aussi d'autres publications, telles que des sermons du Père Hubert, une histoire des Rois de Chypre, et un récit intitulé 'Les Aventures du Sultan Jakaya.'
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9
p. 2834-2842
Géographie d'Abulfeda, &c. [titre d'après la table]
Début :
ISMAELIS ABULFEDE Principis Hamah, Geographia Universalis, &c. C'est le titre abregé [...]
Mots clefs :
Syrie, Géographie, Califes, Texte arabe, Traduction latine, Traducteur, Religion, Hamah
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Géographie d'Abulfeda, &c. [titre d'après la table]
ISMAELIS ABULFEDE Principis Hamah ,
Geographia Universalis , &c. C'est le titre
abregé d'un Ouvrage important , qui
'imprime actuellement à Londres et
I.Vol.
dont
,
(
DECEMBRE. 1731. 2835-
dont on vient de réimprimer le Prospectus.
Abulfeda étoit non - seulement Prince
dans une Partie de la Syrie , mais c'étoit
un Prince sçavant. Il avoit tourné particulierement
ses Etudes du côté de l'Histoire
et de la Géographie , inclination
qui a donné le jour au grand Ouvrage
dont il s'agit ici , et qui est dans une estime
singuliere dans tout l'Orient. Il l'acheva
vers l'an 1 321. de J. C. et on croit
qu'il a vécû jusqu'en 1345. sur quoi nous
remarquerons en passant l'erreur de quelques
Sçavans Européens qui ont placé ce
personnage dans le IV . siécle , erreur dont
Moreri et ses premiers Editeurs ne se
sont pas apperçus , et qui saute aux yeux,
puisque , de leur aveu , Abulfeda étoit
Mahometan , et que le Mahometisme
étoit inconnu ayant le VII. siecle . Remarquons
aussi en passant qu'il est échappé
quelque chose à l'exactitude de M. Bayle,
sur le Chapitre de notre Géographe
quoiqu'il releve plusieurs bévûes dePostel,
de Pocok et d'Erpenius, sur le même sujet.
Jean Grave , Professeur d'Astronomię
en l'Université d'Oxford , et qui avoit
appris l'Arabe dans l'Orient même , avoit
traduit en Latin toute la Geographie d'Abulfeda
, comme il le dit lui-même dans
I. Vol. la
2836 MERCURE DE FRANCE
la Préface d'une petite Partie de cet Ouvrage
, qu'il publia à Londres en 1650.
par maniere d'Essay. Le reste, à ce qu'on
dit dans le Prospectus , périt malheureusement
dans les desordres des Guerres
Civiles , tems auquel la Maison du sçavant
Anglois fut entierement pillée .
Pour réparer cette perte , M. Jean Gagnier
, François , Professeur des Laugues
Orientales à Oxford , s'est donné des soins
dont peu de Sçavans sont capables , et dont
la République des Lettres va bien - tôt recueillir
les fruits. 1 °.Ila lû avec la plus scrupuleuse
attention , tous les Manuscrits de
1'Auteur Arabe, qui sont conservez dans la
fameuse Bibliotheque de Bodley , les mêmes
dont Grave s'étoit servi dans son
travail . 2 ° . Il a mis à profit tout ce que
d'autres Sçavans avoient fait sur le même
Auteur avant et après Graves sçavoir ,
Erpenius , Golius , le Clerc , Wilde , &c .
entre lesquels on distingue particulierement
Guill. de Guise , homme aussi r´-
commandable par l'éclat de sa naissance
que par la superiorité de son érudition .
3º. Enfin après avoir encore exactement
collationné les differens Exemplaires
manuscrits , il a écrit de nouveau tout
le Texte Arabe , qu'il a traduit en Latin ,
il a orné tout l'Ouvrage de Cartes Geographiques
,
1. Vol.
་
DECEMBRE 1731 2837
graphiques , et l'a éclaircie par des Notes
critiques de sa façon.C'est le même M.Gagner
, qui en 1723. fit imprimer à Oxford
la Vie de Mahomet par Abulfeda ,
avec sa Traduction Latine à côté duTexte
Arabe , et qui nous promet de la même
maniere et du même Auteur , la Vie des
premiers Califes , successeurs de Mahomet.
Il paroît par le Programme que Guill.
Guise auroit donné lui-même l'Edition
d'Abulfeda de son propre fonds , si la
mort ne l'eût prévenu . Il paroît aussi que
tout ce qu'il avoit travaillé et préparé
sur ce sujet a été mis en dépôt par son
illustre Epouse , dans les Archives du
College des Ames à Oxford ' , comme un
Monument de son érudition et d'un tra
vail infatigable
Le Programme finit par un bel Eloge
de G. Guise,adressé à M. Narcisse Marsh,
Evêque de Ferne en Irlande. Episcops
Fernensi , par E. Bernard. Il mérite d'être
lû , parce qu'on y trouve un détail
curieux de toute l'Erudition Orientale
de cet habile Anglois.
Le sçavant Editeur nous permettra , s'il
lui plait,deux ou trois Remarques au sujet
de l'Auteur Arabe et de Jean Graves
son premier Traducteur , qui naissent de
1. Vol.
Gla
2838 MERCURE DE FRANC
la lecture du Prospectus , dont nous ve¬
nons de rendre compte au Public.
Il semble d'abord par son exposé qu'il
ne soit absolument rien resté du travail
de J. Grave , sur Abulfeda , que les deux
Tables Géographiques , l'une du Persan
Nassir Eddin , l'autre d'Ulugbeg , Prince
Tartare , petit- fils de Tamerlan , publiées
en 1650. Or , nous sçavons qu'à peu près
dans le même- temps Grave avoit aussi
fait imprimer en Angleterre une Version
Latine avec l'Arabe à côté de la Descrip
tion que fait Abulfeda dans son Ouvrage
de deux vastes Pays , nommez en Arabe
Khuaresme , et Mawara Inhar, autrement
la Transoxiane , parce qu'ils sont situez
au- delà du Fleuve Oxus. Ce Livre est devenu
très-rare.
De plus , le sçavant Anglois après avoir
travaillé sur l'Arabie de Ptolomée avoit
aussi traduit en Latin l'Arabie de notre
Abulfeda , mais il n'eut pas le temps dé
publier cette autre partie de son travail,
qui est dans un sens la plus considerable.
La République des Lettres n'y a rien.
perdu , car M. Hudson , si connu par son
erudition Orientale , ayant déterré le
Texte Arabe , sur lequel Grave avoit fait
sa Version , fit imprimer à Oxford en
1712. dans le III. volume in 4. des Petits
Géo- 1 Vol.
*
DECEMBRE 1731. 2839
O
Géographes Grecs , non seulement la
Description de la Transoxiane , et les
deux Tables Géographiques dont nous
avons parlé , mais encore la Description
entiere de l'Arabie de la Traduction de
Grave , placée au dessous du Texte Arabe.
Ce Livre , alors encore peu connu en
France , et très - obligeamment commu
niqué par M. l'Abbé Bignon , à un Homme
de Lettres , donna lieu à celui - cy de
faire sur ce Texte Arabe , nouvellement
imprimé , et sur celui de deux Manuscrits
du même Auteur , l'un de la Bibliothé
que du Roy , l'autre de feu M. Petis- dela
Croix , une Traduction Françoise de
la Déscription de l'Arabie d'Abulfeda ,
Description dont on peut dire ce qu'a
dit Etienne de Byzance , de l'Arabie de
Prolomée , que c'est ce qu'il nous a donné
de plus exact et de meilleur en matiere
de Géographie ; car l'Auteur Arabe y
épuise son sujet en mêlant , comme il
a fait , agréablement l'Histoire à la Géographic
, et en n'oubliant rien de tout ce
qui peut interesser un Lecteur curieux.
›
Cette Traduction accompagnée de Notes
, fut imprimée à Paris , chez A. Cailleau
, à la suite d'un autre ouvrage , inti
tulé , Voyage fait par ordre du Roy Louis
XIV. dans la Palestine , vers le Grand
I.Vol.
Gij Emir,
2840 MERCURE DE FRANCE
•
Emir , Chef des Princes Arabes du désert¸
c. vol. in 12. 1717. lequel fut réimprimé
la même Année à Amsterdam , et
l'Année suivante à Londres , traduit en
Anglois par M. Stroder Medecin de
cette Ville.
>
Pour derniere Remarque , on ne voir
dans ce Prospectus , qu'un Abregé des
qualités du Sultan Abulfeda , qui a été
mis en Latin , de la main de G. Guise ,
et de Thomas Smith , à la tête des Manuscrits
qu'ils ont vûss si l'Editeur s'en
tient à cet Abregé , il privera les Lecteurs
d'une connoissance que l'exactitude
demande de ne pas ômettre. Le nom entier
et les qualitez d'Abulfeda > qu'on
voit dans le Manuscrit de la Bibliothé
que du Roy , et ailleurs , sont Almalic,
Almuayd, Amaddin , Aboulfeda , Ismaël
Ebn Maliç Alafdal Nouraddin Aly , Ebn
Fumaladdin Mahmoud , Ebn Omar , Ebn
Schahinschah , Ebn Ayoub , Saheb Hamah
, c'est-à- dire , le Roy aidé de Dieu ,
J'appuy de la Religion , le Pere du Ra
chapt , Ismaël , fils du très- excellent Roi,
Lumiere de la Foy , Aly , fils de Mahmoud
beauté de la Religion , Fils d'Omar
, Fils de Schah , Inschah , ou Empereur
des Empereurs , Fils d'Ayoub , Prince
eu Sultan de Hamah.
1.Vol. Op
DECEMBRE. 1731 . 284
>
On voit par cette maniere fastueuse des
Orientaux , d'exprimer les qualitez , et
une partie de la Généalogie des Grands ,
dans leurs Titres , qu'Abulfeda étoit de
la Maison des Ajoubites , ou Jobites
dont Ayoub a été le Chef, Maison qui a
donné naissance au grand Saladin , et à
d'autres fameux Capitaines . Il est appellé
Roy , Prince et Sultan , parcequ'il étoit
de Race Royale , et qu'il a lui-même regné
en Syrie après son Pere et son Frere
aîné , dans une étenduë de Pays dont la
Ville de Hamah , que plusieurs Auteurs
troyent être Hammoth dans la Galilée ,
de la Tribu de Nephtali , étoit la Capitale.
Le Programe qui a donné lieu à cès ob.
servations , finit par un court Avertissement
en faveur de ceux qui voudront
souscrire en France pour la nouvelle Edition
d'Abulfeda , qui s'imprime actuellement
à Londres , in fol. ils n'auront qu'à
s'adresser pour cela à Pierre - Fean Meviette
, Imprimeur et Libraire , à Paris.
Le prix pour les souscripteurs est réduit
à 48. livres , dont moitié en prenant la
souscription , et l'autre moitié en rece
vant le Livre . Ceux qui voudront des
Exemplaires en plus grand Papier , payeront
72. livres , sçavoir , 48. d'avance ,
et 24. lorsque l'Edition sera achevée.
I.Vel. G iij On
2842 MERCURE DE FRANCE
›
On vend des Ecrans pareils à ceux qui
ont été présentez à la Reine , chez le
Sr. Rigaud , Professeur de Mathématiques
, et Graveur , ruë S. Jacques , visà
- vis le Sr. Du Change , Graveur du Roi;
et chez le Sr. Blondel neveu Architecte
et Graveur , à l'entrée de la rue des
Mathurins , du côté de la ruë de la Harpe.
Ces Ecrans sont ornez d'Estampes , ou
sont représentées les Scenes principales !
d'une Piece intitulée les petits Comédiens
qui a eu à l'Opera Comique un fort grand
succès. La Cour en a vû , avec plaisir
la répresentation.
On a joint à ces Estampes des ornemens
d'un très - bon goût , et des Vers qui donnent
une entiere explication du sujet. Ces
Ecrans ont donné lieu aux Vers qu'on va
lire.
Geographia Universalis , &c. C'est le titre
abregé d'un Ouvrage important , qui
'imprime actuellement à Londres et
I.Vol.
dont
,
(
DECEMBRE. 1731. 2835-
dont on vient de réimprimer le Prospectus.
Abulfeda étoit non - seulement Prince
dans une Partie de la Syrie , mais c'étoit
un Prince sçavant. Il avoit tourné particulierement
ses Etudes du côté de l'Histoire
et de la Géographie , inclination
qui a donné le jour au grand Ouvrage
dont il s'agit ici , et qui est dans une estime
singuliere dans tout l'Orient. Il l'acheva
vers l'an 1 321. de J. C. et on croit
qu'il a vécû jusqu'en 1345. sur quoi nous
remarquerons en passant l'erreur de quelques
Sçavans Européens qui ont placé ce
personnage dans le IV . siécle , erreur dont
Moreri et ses premiers Editeurs ne se
sont pas apperçus , et qui saute aux yeux,
puisque , de leur aveu , Abulfeda étoit
Mahometan , et que le Mahometisme
étoit inconnu ayant le VII. siecle . Remarquons
aussi en passant qu'il est échappé
quelque chose à l'exactitude de M. Bayle,
sur le Chapitre de notre Géographe
quoiqu'il releve plusieurs bévûes dePostel,
de Pocok et d'Erpenius, sur le même sujet.
Jean Grave , Professeur d'Astronomię
en l'Université d'Oxford , et qui avoit
appris l'Arabe dans l'Orient même , avoit
traduit en Latin toute la Geographie d'Abulfeda
, comme il le dit lui-même dans
I. Vol. la
2836 MERCURE DE FRANCE
la Préface d'une petite Partie de cet Ouvrage
, qu'il publia à Londres en 1650.
par maniere d'Essay. Le reste, à ce qu'on
dit dans le Prospectus , périt malheureusement
dans les desordres des Guerres
Civiles , tems auquel la Maison du sçavant
Anglois fut entierement pillée .
Pour réparer cette perte , M. Jean Gagnier
, François , Professeur des Laugues
Orientales à Oxford , s'est donné des soins
dont peu de Sçavans sont capables , et dont
la République des Lettres va bien - tôt recueillir
les fruits. 1 °.Ila lû avec la plus scrupuleuse
attention , tous les Manuscrits de
1'Auteur Arabe, qui sont conservez dans la
fameuse Bibliotheque de Bodley , les mêmes
dont Grave s'étoit servi dans son
travail . 2 ° . Il a mis à profit tout ce que
d'autres Sçavans avoient fait sur le même
Auteur avant et après Graves sçavoir ,
Erpenius , Golius , le Clerc , Wilde , &c .
entre lesquels on distingue particulierement
Guill. de Guise , homme aussi r´-
commandable par l'éclat de sa naissance
que par la superiorité de son érudition .
3º. Enfin après avoir encore exactement
collationné les differens Exemplaires
manuscrits , il a écrit de nouveau tout
le Texte Arabe , qu'il a traduit en Latin ,
il a orné tout l'Ouvrage de Cartes Geographiques
,
1. Vol.
་
DECEMBRE 1731 2837
graphiques , et l'a éclaircie par des Notes
critiques de sa façon.C'est le même M.Gagner
, qui en 1723. fit imprimer à Oxford
la Vie de Mahomet par Abulfeda ,
avec sa Traduction Latine à côté duTexte
Arabe , et qui nous promet de la même
maniere et du même Auteur , la Vie des
premiers Califes , successeurs de Mahomet.
Il paroît par le Programme que Guill.
Guise auroit donné lui-même l'Edition
d'Abulfeda de son propre fonds , si la
mort ne l'eût prévenu . Il paroît aussi que
tout ce qu'il avoit travaillé et préparé
sur ce sujet a été mis en dépôt par son
illustre Epouse , dans les Archives du
College des Ames à Oxford ' , comme un
Monument de son érudition et d'un tra
vail infatigable
Le Programme finit par un bel Eloge
de G. Guise,adressé à M. Narcisse Marsh,
Evêque de Ferne en Irlande. Episcops
Fernensi , par E. Bernard. Il mérite d'être
lû , parce qu'on y trouve un détail
curieux de toute l'Erudition Orientale
de cet habile Anglois.
Le sçavant Editeur nous permettra , s'il
lui plait,deux ou trois Remarques au sujet
de l'Auteur Arabe et de Jean Graves
son premier Traducteur , qui naissent de
1. Vol.
Gla
2838 MERCURE DE FRANC
la lecture du Prospectus , dont nous ve¬
nons de rendre compte au Public.
Il semble d'abord par son exposé qu'il
ne soit absolument rien resté du travail
de J. Grave , sur Abulfeda , que les deux
Tables Géographiques , l'une du Persan
Nassir Eddin , l'autre d'Ulugbeg , Prince
Tartare , petit- fils de Tamerlan , publiées
en 1650. Or , nous sçavons qu'à peu près
dans le même- temps Grave avoit aussi
fait imprimer en Angleterre une Version
Latine avec l'Arabe à côté de la Descrip
tion que fait Abulfeda dans son Ouvrage
de deux vastes Pays , nommez en Arabe
Khuaresme , et Mawara Inhar, autrement
la Transoxiane , parce qu'ils sont situez
au- delà du Fleuve Oxus. Ce Livre est devenu
très-rare.
De plus , le sçavant Anglois après avoir
travaillé sur l'Arabie de Ptolomée avoit
aussi traduit en Latin l'Arabie de notre
Abulfeda , mais il n'eut pas le temps dé
publier cette autre partie de son travail,
qui est dans un sens la plus considerable.
La République des Lettres n'y a rien.
perdu , car M. Hudson , si connu par son
erudition Orientale , ayant déterré le
Texte Arabe , sur lequel Grave avoit fait
sa Version , fit imprimer à Oxford en
1712. dans le III. volume in 4. des Petits
Géo- 1 Vol.
*
DECEMBRE 1731. 2839
O
Géographes Grecs , non seulement la
Description de la Transoxiane , et les
deux Tables Géographiques dont nous
avons parlé , mais encore la Description
entiere de l'Arabie de la Traduction de
Grave , placée au dessous du Texte Arabe.
Ce Livre , alors encore peu connu en
France , et très - obligeamment commu
niqué par M. l'Abbé Bignon , à un Homme
de Lettres , donna lieu à celui - cy de
faire sur ce Texte Arabe , nouvellement
imprimé , et sur celui de deux Manuscrits
du même Auteur , l'un de la Bibliothé
que du Roy , l'autre de feu M. Petis- dela
Croix , une Traduction Françoise de
la Déscription de l'Arabie d'Abulfeda ,
Description dont on peut dire ce qu'a
dit Etienne de Byzance , de l'Arabie de
Prolomée , que c'est ce qu'il nous a donné
de plus exact et de meilleur en matiere
de Géographie ; car l'Auteur Arabe y
épuise son sujet en mêlant , comme il
a fait , agréablement l'Histoire à la Géographic
, et en n'oubliant rien de tout ce
qui peut interesser un Lecteur curieux.
›
Cette Traduction accompagnée de Notes
, fut imprimée à Paris , chez A. Cailleau
, à la suite d'un autre ouvrage , inti
tulé , Voyage fait par ordre du Roy Louis
XIV. dans la Palestine , vers le Grand
I.Vol.
Gij Emir,
2840 MERCURE DE FRANCE
•
Emir , Chef des Princes Arabes du désert¸
c. vol. in 12. 1717. lequel fut réimprimé
la même Année à Amsterdam , et
l'Année suivante à Londres , traduit en
Anglois par M. Stroder Medecin de
cette Ville.
>
Pour derniere Remarque , on ne voir
dans ce Prospectus , qu'un Abregé des
qualités du Sultan Abulfeda , qui a été
mis en Latin , de la main de G. Guise ,
et de Thomas Smith , à la tête des Manuscrits
qu'ils ont vûss si l'Editeur s'en
tient à cet Abregé , il privera les Lecteurs
d'une connoissance que l'exactitude
demande de ne pas ômettre. Le nom entier
et les qualitez d'Abulfeda > qu'on
voit dans le Manuscrit de la Bibliothé
que du Roy , et ailleurs , sont Almalic,
Almuayd, Amaddin , Aboulfeda , Ismaël
Ebn Maliç Alafdal Nouraddin Aly , Ebn
Fumaladdin Mahmoud , Ebn Omar , Ebn
Schahinschah , Ebn Ayoub , Saheb Hamah
, c'est-à- dire , le Roy aidé de Dieu ,
J'appuy de la Religion , le Pere du Ra
chapt , Ismaël , fils du très- excellent Roi,
Lumiere de la Foy , Aly , fils de Mahmoud
beauté de la Religion , Fils d'Omar
, Fils de Schah , Inschah , ou Empereur
des Empereurs , Fils d'Ayoub , Prince
eu Sultan de Hamah.
1.Vol. Op
DECEMBRE. 1731 . 284
>
On voit par cette maniere fastueuse des
Orientaux , d'exprimer les qualitez , et
une partie de la Généalogie des Grands ,
dans leurs Titres , qu'Abulfeda étoit de
la Maison des Ajoubites , ou Jobites
dont Ayoub a été le Chef, Maison qui a
donné naissance au grand Saladin , et à
d'autres fameux Capitaines . Il est appellé
Roy , Prince et Sultan , parcequ'il étoit
de Race Royale , et qu'il a lui-même regné
en Syrie après son Pere et son Frere
aîné , dans une étenduë de Pays dont la
Ville de Hamah , que plusieurs Auteurs
troyent être Hammoth dans la Galilée ,
de la Tribu de Nephtali , étoit la Capitale.
Le Programe qui a donné lieu à cès ob.
servations , finit par un court Avertissement
en faveur de ceux qui voudront
souscrire en France pour la nouvelle Edition
d'Abulfeda , qui s'imprime actuellement
à Londres , in fol. ils n'auront qu'à
s'adresser pour cela à Pierre - Fean Meviette
, Imprimeur et Libraire , à Paris.
Le prix pour les souscripteurs est réduit
à 48. livres , dont moitié en prenant la
souscription , et l'autre moitié en rece
vant le Livre . Ceux qui voudront des
Exemplaires en plus grand Papier , payeront
72. livres , sçavoir , 48. d'avance ,
et 24. lorsque l'Edition sera achevée.
I.Vel. G iij On
2842 MERCURE DE FRANCE
›
On vend des Ecrans pareils à ceux qui
ont été présentez à la Reine , chez le
Sr. Rigaud , Professeur de Mathématiques
, et Graveur , ruë S. Jacques , visà
- vis le Sr. Du Change , Graveur du Roi;
et chez le Sr. Blondel neveu Architecte
et Graveur , à l'entrée de la rue des
Mathurins , du côté de la ruë de la Harpe.
Ces Ecrans sont ornez d'Estampes , ou
sont représentées les Scenes principales !
d'une Piece intitulée les petits Comédiens
qui a eu à l'Opera Comique un fort grand
succès. La Cour en a vû , avec plaisir
la répresentation.
On a joint à ces Estampes des ornemens
d'un très - bon goût , et des Vers qui donnent
une entiere explication du sujet. Ces
Ecrans ont donné lieu aux Vers qu'on va
lire.
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Résumé : Géographie d'Abulfeda, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente l'ouvrage 'Geographia Universalis' d'Ismaël Abulfeda, un prince et savant syrien du XIVe siècle. Abulfeda, reconnu pour ses contributions en histoire et en géographie, acheva son œuvre majeure vers 1321 et vécut jusqu'en 1345. Son travail est très respecté dans l'Orient. Une erreur courante parmi certains savants européens a été de situer Abulfeda au IVe siècle, alors qu'il était musulman, une religion apparue au VIIe siècle. Jean Grave, professeur d'astronomie à Oxford, traduisit la géographie d'Abulfeda en latin en 1650. Cependant, une grande partie de son travail fut perdue lors des guerres civiles. Pour pallier cette perte, Jean Gagnier, professeur des langues orientales à Oxford, étudia les manuscrits d'Abulfeda conservés à la bibliothèque de Bodley et utilisa les travaux d'autres savants. Il traduisit et commenta l'œuvre, ajoutant des cartes géographiques et des notes critiques. Le texte mentionne également Guillaume de Guise, un érudit qui avait prévu publier l'œuvre d'Abulfeda, mais décéda avant de pouvoir le faire. Son épouse déposa ses travaux au College des Ames à Oxford. Le programme de l'édition inclut un éloge de Guillaume de Guise par E. Bernard. Des remarques sur les travaux de Jean Grave et d'Abulfeda ont été publiées, ainsi que des traductions et des descriptions de l'Arabie d'Abulfeda en France et en Angleterre. Le texte détaille les qualités et l'origine d'Abulfeda, révélant qu'il appartenait à la maison des Ajoubites et régna en Syrie après son père et son frère aîné. Enfin, des informations sur la souscription à la nouvelle édition de l'ouvrage d'Abulfeda à Londres sont fournies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 2842-2844
A LA REINE, Pour lui présenter des Ecrans,
Début :
Delices d'un Auguste Epoux, [...]
Mots clefs :
Reine, Hiver, Vivacité , Écrans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE, Pour lui présenter des Ecrans,
A LA REINE ,
Pour lui présenter des Ecrans,
DElices d'un AugusteEpoux ,
Reine , dont la sagesse orne le Diadême ,
O vous , que la vertu ne fit regner sur nous ,
Qu'afin de regner avec vous ,
Et de s'honorer elle-même ;
L'Hyver environné de Neige et de frimats ,
1. Vol. Fat
DECEMBRE. 1731. 2843
Fait tout trembler dans ces climats ;
A présent le foyer cessant d'être inutile ,
Devient un agréable azile >
2
Et malgré sa noirceur a pour nous des appas
S'il se pouvoit que le feu de mon zèle ,
Contre le froid piquant d'une saison cruelle
Vous fût un suffisant secours ;
Vous n'auriez rien à craindre d'elle ;
Un Printemps éternel éclaireroit vos jours."
Mais puisqu'un feu bien plus sensible
Peut seul contre l'Hyver vous mettre en sûreté,
Et que ce même feu peut vous être nuisible
Par son trop de vivacité ;
Daignez , excellente Princesse ,
Souffrir qu'aujourd'ui je m'empresse
De vous offrir de quoi temperer sa chaleur ,
Et repousser son excessive ardeur.
Pour que ces Ecrans pûssent plairé ,
On les a décorez d'ornemens curieux ,
Et leur usage gracieux ,
Sans doute empêchera la flamme témeraire
D'offenser la douceur et l'éclat de vos yeux ,
Et que jamais elle n'altere
Votre visage précieux.
Noble et charmante fleur , vous que la Provis
dence
A transplantée entre nos Lys ,
1. Vol € iiij Que
2844 MERCURE DE FRANCE
Que pour vous l'Aquilon calme sa violence ,
Et que vos rejetons adorez et chéris ,
Puissent faire à jamais l'ornement de la France.
Par M. Moraine.
Pour lui présenter des Ecrans,
DElices d'un AugusteEpoux ,
Reine , dont la sagesse orne le Diadême ,
O vous , que la vertu ne fit regner sur nous ,
Qu'afin de regner avec vous ,
Et de s'honorer elle-même ;
L'Hyver environné de Neige et de frimats ,
1. Vol. Fat
DECEMBRE. 1731. 2843
Fait tout trembler dans ces climats ;
A présent le foyer cessant d'être inutile ,
Devient un agréable azile >
2
Et malgré sa noirceur a pour nous des appas
S'il se pouvoit que le feu de mon zèle ,
Contre le froid piquant d'une saison cruelle
Vous fût un suffisant secours ;
Vous n'auriez rien à craindre d'elle ;
Un Printemps éternel éclaireroit vos jours."
Mais puisqu'un feu bien plus sensible
Peut seul contre l'Hyver vous mettre en sûreté,
Et que ce même feu peut vous être nuisible
Par son trop de vivacité ;
Daignez , excellente Princesse ,
Souffrir qu'aujourd'ui je m'empresse
De vous offrir de quoi temperer sa chaleur ,
Et repousser son excessive ardeur.
Pour que ces Ecrans pûssent plairé ,
On les a décorez d'ornemens curieux ,
Et leur usage gracieux ,
Sans doute empêchera la flamme témeraire
D'offenser la douceur et l'éclat de vos yeux ,
Et que jamais elle n'altere
Votre visage précieux.
Noble et charmante fleur , vous que la Provis
dence
A transplantée entre nos Lys ,
1. Vol € iiij Que
2844 MERCURE DE FRANCE
Que pour vous l'Aquilon calme sa violence ,
Et que vos rejetons adorez et chéris ,
Puissent faire à jamais l'ornement de la France.
Par M. Moraine.
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Résumé : A LA REINE, Pour lui présenter des Ecrans,
Le texte est une dédicace à une reine, probablement Marie Leszczyńska, épouse de Louis XV. L'auteur admire la sagesse et la vertu de la reine, soulignant que sa vertu inspire le peuple. Le poème compare la protection offerte par des écrans contre le froid à celle que la reine apporte à son peuple. Ces écrans, ornés de manière curieuse, protègent la reine de la flamme ardente, préservant ainsi la douceur et l'éclat de son visage. L'auteur espère que la reine acceptera ces écrans pour tempérer la chaleur excessive du feu. Il souhaite également que la reine, comparée à une noble fleur transplantée entre les lys de France, soit protégée des vents violents et que ses descendants soient chéris et deviennent un ornement pour la France.
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11
p. 2844-2846
AVIS touchant l'Horlogerie.
Début :
Le Sieur de la Richardiere a inventé trois moyens très-utiles aux Horlogers. [...]
Mots clefs :
Horlogers, Cadrans, Pendule, Aiguille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS touchant l'Horlogerie.
AVIS touchant l'Horlogerie.
Le Sieur de la Richardiere a inventé
trois moyens très- utiles aux Horlogers.
Sçavoir , d'éviter de percer les Cadrans ,
qui le sont toûjours au moins en deux
endroits ; en sorte que par une Machine
fort simple de son invention , sans rouës,
pignons, corde ni chaine , il fait trouver
I'Arbre qui reçoit la Clef pour monter
la Pendulle , aussi éloigné du Cadran
qu'on le peut désirer , sans que le plus
comme le moins de détachement cause
plus d'ouvrage , ni change ce moyen en
aucune autre forme.
›
Ce premier moyen , outre qu'il évite
la difformité qui se trouve dans les Cadrans
percés , évite encore l'incommodité
d'attendre pour monter la Pendulle
,
, que les Eguilles qui se trouvent
souvent sur ces trous , soient passées audelà
; à moins de les ranger , en les avançant
ou réculant , ce qui cause un contretemps
également incommode et préjudiciable
à la régularité de la Pendulle , ou-
I. Vol. tre
DECEMBR E. 1731. 2845
les Eguilles au danger
tre que
d'être
cassées.
cela expose
Ce moyen est également utile pour les
Pendulles qui n'ont qu'un ressort pour
les deux mouvemens .
→
Le second moyen , qui est aussi sans
rouës , pignons , cordes ni chaines , est
de fixer la portée des grands ressors à
un point déterminé ensorte qu'on ne
pourra pas les outrer ni les porter à leur
plus haut degré , quelques efforts qu'on
fasse en les montant. Ainsi n'étant
jamais dans le plus ni dans le moins,
la Pendulle non- seulement en va plus.
juste , étant par cette nouvelle machine ,
montée toujours également ; mais encore
on n'est jamais dans le danger de
casser les ressorts ; et on est d'ailleurs
toujours assuré de monter la Pendulle
pour la longueur du temps pour laquelle
elle aura été faite.
Le troisiéme moyen est une répetition
dite tyrage de Pendulle à demy- quart , réduit
à une seule et simple rouë , divisée
en vingt , n'ayant qu'un seul pignon servant
au Rateau on supprime aussi la
fusée pour remedier à l'effort préjudiciable
qu'elle fait faire entre le Rateau
et son Pignon aux répetitions ordinaires.
La surprise est d'une invention simple et
I. Vol. G v d'une
2846 MERCURE DE FRANCE
d'une infaillibilité certaine à ne pouvoir
laisser jamais décompter prévenant le
tirage d'une intervale suffisant.
,
Les pieces qui composent ce tirage ,
se placent sans démonter la cage , et dans
un instant.
›
L'Auteur a fait aussi qu'avec l'Aiguille
des heures on transpose tout d'un coup
le Limaçon à l'heure desirée sans être
obligé , lorsqu'il s'en trouve éloigné , de
faire faire à l'Aiguille des minutes , plusieurs
fois le tour du Cadran.-
Il donnera encore la maniere d'une
Rouë en Rochet , avec son Ancre , d'une
façon extraordinaire où l'échapement
se fait égal.
"
Il demeure à Paris , rue de la vieille Bouelerie
, chez Mr. Gissey , Imprimeur , à
Arbre de Jessé.
Le Sieur de la Richardiere a inventé
trois moyens très- utiles aux Horlogers.
Sçavoir , d'éviter de percer les Cadrans ,
qui le sont toûjours au moins en deux
endroits ; en sorte que par une Machine
fort simple de son invention , sans rouës,
pignons, corde ni chaine , il fait trouver
I'Arbre qui reçoit la Clef pour monter
la Pendulle , aussi éloigné du Cadran
qu'on le peut désirer , sans que le plus
comme le moins de détachement cause
plus d'ouvrage , ni change ce moyen en
aucune autre forme.
›
Ce premier moyen , outre qu'il évite
la difformité qui se trouve dans les Cadrans
percés , évite encore l'incommodité
d'attendre pour monter la Pendulle
,
, que les Eguilles qui se trouvent
souvent sur ces trous , soient passées audelà
; à moins de les ranger , en les avançant
ou réculant , ce qui cause un contretemps
également incommode et préjudiciable
à la régularité de la Pendulle , ou-
I. Vol. tre
DECEMBR E. 1731. 2845
les Eguilles au danger
tre que
d'être
cassées.
cela expose
Ce moyen est également utile pour les
Pendulles qui n'ont qu'un ressort pour
les deux mouvemens .
→
Le second moyen , qui est aussi sans
rouës , pignons , cordes ni chaines , est
de fixer la portée des grands ressors à
un point déterminé ensorte qu'on ne
pourra pas les outrer ni les porter à leur
plus haut degré , quelques efforts qu'on
fasse en les montant. Ainsi n'étant
jamais dans le plus ni dans le moins,
la Pendulle non- seulement en va plus.
juste , étant par cette nouvelle machine ,
montée toujours également ; mais encore
on n'est jamais dans le danger de
casser les ressorts ; et on est d'ailleurs
toujours assuré de monter la Pendulle
pour la longueur du temps pour laquelle
elle aura été faite.
Le troisiéme moyen est une répetition
dite tyrage de Pendulle à demy- quart , réduit
à une seule et simple rouë , divisée
en vingt , n'ayant qu'un seul pignon servant
au Rateau on supprime aussi la
fusée pour remedier à l'effort préjudiciable
qu'elle fait faire entre le Rateau
et son Pignon aux répetitions ordinaires.
La surprise est d'une invention simple et
I. Vol. G v d'une
2846 MERCURE DE FRANCE
d'une infaillibilité certaine à ne pouvoir
laisser jamais décompter prévenant le
tirage d'une intervale suffisant.
,
Les pieces qui composent ce tirage ,
se placent sans démonter la cage , et dans
un instant.
›
L'Auteur a fait aussi qu'avec l'Aiguille
des heures on transpose tout d'un coup
le Limaçon à l'heure desirée sans être
obligé , lorsqu'il s'en trouve éloigné , de
faire faire à l'Aiguille des minutes , plusieurs
fois le tour du Cadran.-
Il donnera encore la maniere d'une
Rouë en Rochet , avec son Ancre , d'une
façon extraordinaire où l'échapement
se fait égal.
"
Il demeure à Paris , rue de la vieille Bouelerie
, chez Mr. Gissey , Imprimeur , à
Arbre de Jessé.
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Résumé : AVIS touchant l'Horlogerie.
Le document 'AVIS touchant l'Horlogerie' expose trois inventions du Sieur de la Richardiere visant à améliorer les mécanismes des horloges. La première invention permet de positionner l'arbre de la clé de remontage sans percer les cadrans, évitant ainsi les problèmes liés aux aiguilles bloquées. La deuxième invention fixe la portée des grands ressorts à un point déterminé, assurant une montée constante de la pendule. La troisième invention simplifie le mécanisme de répétition à demi-quart en utilisant une seule roue divisée en vingt parties, supprimant la fusée et réduisant les efforts préjudiciables. De plus, l'auteur propose une méthode pour transposer rapidement le limaçon à l'heure désirée sans tourner l'aiguille des minutes. Il mentionne également une invention concernant une roue en rochet avec son ancre, permettant un échappement égal. Le Sieur de la Richardiere réside à Paris, rue de la vieille Bouclerie, chez Monsieur Gissey, imprimeur, à l'Arbre de Jessé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12
p. 2846-2847
Ouverture du College Royal.
Début :
Les Professeurs du College Royal de France, fondé à Paris par le Roy François [...]
Mots clefs :
Collège royal de France, Chaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouverture du College Royal.
Ouverture du College Royal
Les Professeurs du College Royal de
France , fondé à Paris par le Roy François
I. le Pere et le Restaurateur des Lettres
, reprirent leurs exercices , et commencerent
leur Année Académique le
Lundi 19 Novembre . Voici les noms des
Sçavans qui remplissent actuellement les
I. Vol. Chaires
DECEMBRE 2847 1732 .
Chaires de ce fameux College , sous l'ins,
pection de M. Clement.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs. Sallier et Henri.
Pour la Langue Grecque.
Mrs. Capperonnier et N ....
Pour les Mathematiques:
Mrs. Chevalier et Pothenot.
Pour la Philosophie.
Mrs. Terrasson et Privat de Molieres
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs. Rollin et N....
Pour la Medecine , la Chirurgie ,
la Pharmacie et la Botanique.
Mrs. Andry , Burette , Astruc et N ....
Pour la Langue Arabe.
Mrs. de Fiennes , Secretaire , Interprete
ordinaire du Roy , et Fourmont.
Pour le Droit Canon .
Mrs. Cappon et le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
M. l'Abbé Fourmont.
Les Professeurs du College Royal de
France , fondé à Paris par le Roy François
I. le Pere et le Restaurateur des Lettres
, reprirent leurs exercices , et commencerent
leur Année Académique le
Lundi 19 Novembre . Voici les noms des
Sçavans qui remplissent actuellement les
I. Vol. Chaires
DECEMBRE 2847 1732 .
Chaires de ce fameux College , sous l'ins,
pection de M. Clement.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs. Sallier et Henri.
Pour la Langue Grecque.
Mrs. Capperonnier et N ....
Pour les Mathematiques:
Mrs. Chevalier et Pothenot.
Pour la Philosophie.
Mrs. Terrasson et Privat de Molieres
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs. Rollin et N....
Pour la Medecine , la Chirurgie ,
la Pharmacie et la Botanique.
Mrs. Andry , Burette , Astruc et N ....
Pour la Langue Arabe.
Mrs. de Fiennes , Secretaire , Interprete
ordinaire du Roy , et Fourmont.
Pour le Droit Canon .
Mrs. Cappon et le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
M. l'Abbé Fourmont.
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Résumé : Ouverture du College Royal.
Le Collège Royal de France, fondé par François Ier, a repris ses activités académiques le 19 novembre 1732 sous la supervision de M. Clément. Les chaires sont occupées par des savants renommés dans divers domaines, dont M. Sallier et M. Henri pour l'hébreu, M. Chevalier et M. Pothenot pour les mathématiques, et M. Andry pour la médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 2848-2851
SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
Début :
On écrit de Londres que le Bureau Typographique y a excité la curiosité des François [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Inflammations, Actrice, Bureau typographique, Tropes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
N écrit de Londres que le Bureau Typographique
y a excité la curiosité des François
et des Anglois. On demande sur la construction
et l'usage de ce Bureau , les éclaircissemens nécessaires
, et tout ce qui a paru pour et contre
cette nouvelle maniere de montrer aux Enfans
les premiers élemens des Lettres.
Bien des Personnes à Paris trouvent la Machine
du Bureau trop longue pour être placée
dans un appartement ; mais on a déja fait voir
le peude place qu'elle occupe derriere trois Fauteuils
, sans déranger la Chambre de ceux qui
préferent l'arangement des Meubles à l'éducation
de leurs Enfans : d'ailleurs , en faisant faire de
plus petites cartes que celles dont on se sert ordinairement
, il sera facile d'avoir des Bureaux
plus courts et moins larges.
Trois Enfans du Bureau Typographique sont
heureusement guéris , deux de la petite Verole ,
et l'autre d'une maladie encore plus dangereuse :
si le Seigneur en avoit pris quelqu'un , les critiques
n'auroient pas manqué d'en mettre la mort
sur le compte de la nouvelle methode , ne résonmant
pas plus juste en cela que si l'on attribuoit
Jeur guérison au précedent Exercice Typographique
.
Pierre Wite , rue S. Jacques , à l'Ange Gardien
, vend une Brochure in 12. de 108. pages
intitulée , Réponse de M. Perquis , Maître de
Philosophie , d'Humanités et de Typographie
à la Lettre d'un Professeur anonime , de l'Uni
versité de Paris , inserée dans le Mercure d
4. Vol. Fevrie
DECEMBRE 1731. 2849
dit
Fevrier 1731. Ce Professeur anonime est ,
on , le nouvel Editeur de la Methode de M. Le
Fevre , Methode bien differente de celles des Colleges.
L'Auteur des Tropes , dans le 2d Vol. du
Mercure du mois de Juin , a justifié contre ce Professeur
anonime , l'Article des nouvelles Metho
des. La réponse de M. Perquis , quoique de vieille
datte , pourra cependant servir de réponse et de
réplique aux adversaires du Bureau , qui préferent
toujours les anciennes méthodes aux nouvelles.
L'on verra par cette Brochure , que le
Maître de Bureau Typographique ne soûtient
pas mal sa qualité de Maître de Philosophie ,
par la force et la justesse des raisonnemens dont
sa vive réponse est remplie ; cela paroît d'autant
plus surprenant dans un Humaniste , qu'il
y en a peu de sensibles à l'esprit philosophique ,
ou à l'art de raisonner.
Les curieux qui voudront faire faire des Bureaux
à leur Menuisier , et prendre eux -mêmes
la peine de les garnir , trouveront des Abécés
sur cuivre , ou des lettres à jour chez le Sr. Le
Comte , rue Jacob , à la porte de la Charité ,
et chez le Sr. Cadoret , aux Charniers des Sts.
Innocents , du côté de la rue au Fer , à l'Enseigne
du Bureau Typographique.
Les Personnes qui souhaitteront faire usage
des Classes du Bureau , en trouveront de toutes
garnies dans la maison atenant la porte du College
de Lisieux , du côté de S. Etienne des Grès.
On y trouvera aussi des grands et des petits
Abécés , imprimés sur des cartes , avec la feüille
élementaire en Placard pour la démonstration ,
la dénomination des Lettres la premiere silabisation
, &c.
>
Quoique les matieres de Chirurgie ne soient
I. Vol pas
2850 MERCURE DE FRANCE
pas entierement du ressort du Mercure › nous
pune
nous dispenserons pas , ( attendu l'utilité
blique , d'annoncer un Livre imprimé chez
Charles Osmont , rue S. Jacques , intitulé , Observations
de Chirurgie , par Henry Ledran
Chirurgien Juré à Paris , de la Societé des Arts
Ce qui nous engage à en parler , c'est qu'on
nous a montré un livre du même Auteur , intitulé
, Parallele des differentes manieres de parà
ler , qui se vend chez le même Imprimeur , et
que Mr. Duglas , fameux Docteur en Medecine
à Londres a traduit en Anglois sans y faire
aucun changement. Il a fait honneur à notre
Chirurgie , et le Public ne sera pas fâché d'apprendre
que les Etrangers ne dédaignent pas
d'adopter nos manieres de penser , et d'operer
dans un Art aussi nécessaire à la vie , qui a fait
tant de progrès chez nous , et qui se perfectionne
tous les jours,
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё
?
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
2
4
DECEMBRE 1731. 28 Fr
rue neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
L'Utilité publique nous engage de publier l'Avis
qui suit :
Par Brevet de M. le premier Medecin du Roy
le Sr. Decourbiere fait distribuer une Poudre
composée de Simples , pour la guérison radicalle
des Hemorroïdes . Elle appaise les Enflammations,
gonflemens et douleurs en cinq ou six prises
Elle est facile à prendre , et ne cause aucune révolution
; elle se conserve , et on peut l'envoyer
par tout. Il faut s'adresser à Paris , au Sieur La
Coste , Chirurgien , rue du petit Lion , Fauxbourg
S. Germain , chez Madame Frontier . Ceux
qui auront besoin de ce Remede sont priez
d'envoyer des gens
fideles ; il est le seul qui le
distribuë , et il donne les prises cachetées , avec
la maniere de les prendre.
N écrit de Londres que le Bureau Typographique
y a excité la curiosité des François
et des Anglois. On demande sur la construction
et l'usage de ce Bureau , les éclaircissemens nécessaires
, et tout ce qui a paru pour et contre
cette nouvelle maniere de montrer aux Enfans
les premiers élemens des Lettres.
Bien des Personnes à Paris trouvent la Machine
du Bureau trop longue pour être placée
dans un appartement ; mais on a déja fait voir
le peude place qu'elle occupe derriere trois Fauteuils
, sans déranger la Chambre de ceux qui
préferent l'arangement des Meubles à l'éducation
de leurs Enfans : d'ailleurs , en faisant faire de
plus petites cartes que celles dont on se sert ordinairement
, il sera facile d'avoir des Bureaux
plus courts et moins larges.
Trois Enfans du Bureau Typographique sont
heureusement guéris , deux de la petite Verole ,
et l'autre d'une maladie encore plus dangereuse :
si le Seigneur en avoit pris quelqu'un , les critiques
n'auroient pas manqué d'en mettre la mort
sur le compte de la nouvelle methode , ne résonmant
pas plus juste en cela que si l'on attribuoit
Jeur guérison au précedent Exercice Typographique
.
Pierre Wite , rue S. Jacques , à l'Ange Gardien
, vend une Brochure in 12. de 108. pages
intitulée , Réponse de M. Perquis , Maître de
Philosophie , d'Humanités et de Typographie
à la Lettre d'un Professeur anonime , de l'Uni
versité de Paris , inserée dans le Mercure d
4. Vol. Fevrie
DECEMBRE 1731. 2849
dit
Fevrier 1731. Ce Professeur anonime est ,
on , le nouvel Editeur de la Methode de M. Le
Fevre , Methode bien differente de celles des Colleges.
L'Auteur des Tropes , dans le 2d Vol. du
Mercure du mois de Juin , a justifié contre ce Professeur
anonime , l'Article des nouvelles Metho
des. La réponse de M. Perquis , quoique de vieille
datte , pourra cependant servir de réponse et de
réplique aux adversaires du Bureau , qui préferent
toujours les anciennes méthodes aux nouvelles.
L'on verra par cette Brochure , que le
Maître de Bureau Typographique ne soûtient
pas mal sa qualité de Maître de Philosophie ,
par la force et la justesse des raisonnemens dont
sa vive réponse est remplie ; cela paroît d'autant
plus surprenant dans un Humaniste , qu'il
y en a peu de sensibles à l'esprit philosophique ,
ou à l'art de raisonner.
Les curieux qui voudront faire faire des Bureaux
à leur Menuisier , et prendre eux -mêmes
la peine de les garnir , trouveront des Abécés
sur cuivre , ou des lettres à jour chez le Sr. Le
Comte , rue Jacob , à la porte de la Charité ,
et chez le Sr. Cadoret , aux Charniers des Sts.
Innocents , du côté de la rue au Fer , à l'Enseigne
du Bureau Typographique.
Les Personnes qui souhaitteront faire usage
des Classes du Bureau , en trouveront de toutes
garnies dans la maison atenant la porte du College
de Lisieux , du côté de S. Etienne des Grès.
On y trouvera aussi des grands et des petits
Abécés , imprimés sur des cartes , avec la feüille
élementaire en Placard pour la démonstration ,
la dénomination des Lettres la premiere silabisation
, &c.
>
Quoique les matieres de Chirurgie ne soient
I. Vol pas
2850 MERCURE DE FRANCE
pas entierement du ressort du Mercure › nous
pune
nous dispenserons pas , ( attendu l'utilité
blique , d'annoncer un Livre imprimé chez
Charles Osmont , rue S. Jacques , intitulé , Observations
de Chirurgie , par Henry Ledran
Chirurgien Juré à Paris , de la Societé des Arts
Ce qui nous engage à en parler , c'est qu'on
nous a montré un livre du même Auteur , intitulé
, Parallele des differentes manieres de parà
ler , qui se vend chez le même Imprimeur , et
que Mr. Duglas , fameux Docteur en Medecine
à Londres a traduit en Anglois sans y faire
aucun changement. Il a fait honneur à notre
Chirurgie , et le Public ne sera pas fâché d'apprendre
que les Etrangers ne dédaignent pas
d'adopter nos manieres de penser , et d'operer
dans un Art aussi nécessaire à la vie , qui a fait
tant de progrès chez nous , et qui se perfectionne
tous les jours,
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё
?
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
2
4
DECEMBRE 1731. 28 Fr
rue neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
L'Utilité publique nous engage de publier l'Avis
qui suit :
Par Brevet de M. le premier Medecin du Roy
le Sr. Decourbiere fait distribuer une Poudre
composée de Simples , pour la guérison radicalle
des Hemorroïdes . Elle appaise les Enflammations,
gonflemens et douleurs en cinq ou six prises
Elle est facile à prendre , et ne cause aucune révolution
; elle se conserve , et on peut l'envoyer
par tout. Il faut s'adresser à Paris , au Sieur La
Coste , Chirurgien , rue du petit Lion , Fauxbourg
S. Germain , chez Madame Frontier . Ceux
qui auront besoin de ce Remede sont priez
d'envoyer des gens
fideles ; il est le seul qui le
distribuë , et il donne les prises cachetées , avec
la maniere de les prendre.
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Résumé : SUITE des Nouvelles du Bureau Typographique.
Le texte décrit l'intérêt suscité par le Bureau Typographique à Londres, tant par les Français que par les Anglais, qui cherchent des informations sur sa construction et son usage pour l'éducation des enfants. À Paris, certains jugent la machine trop volumineuse pour les appartements, mais des solutions comme réduire la taille des cartes ou adapter l'aménagement sont envisagées. Le texte souligne également la guérison de trois enfants ayant utilisé le Bureau Typographique, réfutant ainsi toute critique sur une éventuelle mort liée à son utilisation. Pierre Wite vend une brochure intitulée 'Réponse de M. Perquis' contre un professeur anonyme de l'Université de Paris, qui critique la méthode de M. Lefèvre. Cette brochure défend les nouvelles méthodes pédagogiques contre les anciennes. Les intéressés peuvent se procurer des abécédaires et des lettres chez Le Comte et Cadoret, ou des classes complètes près du Collège de Lisieux. Le texte mentionne également divers sujets, tels qu'un livre de chirurgie de Henry Ledran, traduit en anglais par Mr. Duglas, et une estampe de Mme Le Couvreur réalisée par Charles Coypel et N. Drevet. Enfin, il est fait référence à une poudre pour soigner les hémorroïdes distribuée par le Sr. Decourbiere, disponible chez le Sr. La Coste et Madame Frontier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 2850
Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un très-grand débit, et qui mérite bien l'approbation [...]
Mots clefs :
Estampe, Actrice du Théâtre-Français
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texteReconnaissance textuelle : Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
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Résumé : Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
L'estampe, œuvre de Charles Coypel et N. Drevet, représente Mlle Le Couvreur dans le rôle de Cornélie. Actrice célèbre du Théâtre Français, elle est décédée en mars 1730. L'estampe est disponible chez M. Francoeur et M. Drevet. Un article détaillé sur Mlle Le Couvreur est publié dans le Mercure du même mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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