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51
p. 219-224
Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
Début :
J'ai reçu, Messieurs, toutes les Lettres dont vous m'avez honoré. [...]
Mots clefs :
Vérité, Critiques, Remède, Certificats, Fausses accusations, Amitié, Médecins, Cure, Composants, Maréchal de Biron
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
LETTRE de M. Keyfer à Meffieurs fes
Correfpondans , tant dans les principales
Villes du Royaume , que dans
l'étranger.
J'AI ' AI reçu , Meffieurs , toutes les Lettres dont
vous m'avez honoré . Je fais fenfible comme je
le dois à toutes les marques de bonté & de zèle
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
que vous n'avez ceffé de me témoigner jufqu'ici,
Je vous fais mille remercimens du mépris & du
renvoi que vous m'avez fait du fot imprimé en
forme de prophétie , qui vous a été adreflé fans
doute par quelqu'un de ces Anonymes dont les
écrits font auffi méprifables que leurs perfonnes ,
gens qui ne s'occupent qu'à imaginer des noirceurs
pour fatisfaire à la fois leur jaloufie & leur
envie de nuire. Je fuis également pénétré de reconnoiffance
du peu de croyance que vous avez
donnée à tout ce que l'Auteur du Traité des Tumeurs
& Ulcères a légèrement avancé contre
mon remède , dont vous connoiſſez & avez été
à portée de voir les effets beaucoup mieux que lui.
Vous fçavez , Meffieurs , que lorſqu'il a été
queftion de vous envoyer ce remède , je ne vous
ai jamais demandé que ce que l'honneur , la jultice
& la vérité pouvoient exiger de vous . Jefuis
même perfuadé que j'aurois très- mal réuffi s'il
en eût été autrement . Vous fçavez qu'aucun motif
d'intérêt n'eft encore entré dans notre corref
pondance , puifque non feulement je ne vous ai
encore fixé aucun prix , mais que je vous ai toujours
prié de faire des effais , de m'en dire votre
fentiment avec franchiſe , & de foulager les Pauvres
dans l'occafion . Ce font ici des faits , Meffieurs:
vous fçavez qu'il n'y a point de myſtères
entre nous , & que je ne vous ai jamais demandé
pi grace ni faveur. La querelle que l'on me fait ,"
quoiqu'injufte & défapprouvée des honnêtes
gens , devient longue & férieufe. C'eſt la cauſe du
Public , c'eft la vôtre , c'eſt la mienne , & il eſt
aifé de voir que je ne crains pas de la plaider
ouvertement , ne voulant avoir que la vérité pour
moi , & ne réclamant que ce que vous m'avez.
mandé avoir fait & vu.
Yous avez depuis quatre ans eu la bonić de
DECEMBRE. 1759 2212
me témoigner par quantité de lettres remiſes à
Mgr le Maréchal Duc de Biron , & qui feront
préfentées avant qu'il foit peu à l'Académie des
Sciences, une fatisfaction générale, en m'envoyant
même les détails des guérifons nombreuſes &
étonnantes que vous avez opérées partout. Suivant
vos certificats , vos lettres & vos aveux , je
les ai fucceffivement fait inférer dans les différens
Mercures.
Vous fçavez , Meffieurs , fi ces détails ont été
faux , fi vos Certificats ont été factices , mendics
ou extorqués , & vous trouverez fans doute bien
fingulier , pour ne pas dire plus , que fans voir ,
fans rien examiner , dans le temps que j'annonce
que ces Pièces font entre les mains d'un Maréchal
de France , il fe trouve quelqu'un qui ofe les
combattre , doute de leur réalité , & veuille raifonner
imprudemment de ce qu'il ne connoît
pas.
Vous avez reconnu de plus par les analyfes que
vous avez bien voulu faire faire partout fous VOS
yeux , & celles que vous avez faites vous-même ,
la légéreté de la premiere imputation de mon
adverfaire , n'ayant trouvé ni reconnu aucune
trace de Sublimé corrofif dans le remède ; cependant
je dois vous prévenir que quoiqu'il en ait été
bien perfuadé lui - même , ou qu'il air du moins
fait lemblant de l'être , il vient de m'attaquer
de nouveau , & avec plus de vivacité que jamais
dans un extrait de fon dernier ouvrage accompagné
de Lettres qu'il a intitulées Lettres de Mé--
decins de Paris , dé Province , &c . Or comme
vous êtes , Meffieurs , en état actuellement de fçavoir
à quoi vous en tenir par vos propres faits anciens
& journaliers , je vous prie de vouloir bien
faire acheter ces belles & magnifiques lettres
ou plutôt libelles contre moi , qui ne fe vendent:
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
que 18 fols chez Cavelier à Paris , afin de comparer
tous les raifonnemens dont elles font remplies
avec ce que vous avez vû .
Je finis en vous priant de me continuer votre
amitié , mais en vous recommandant de n'avoir ja
mais que le bien public en vue , de n'avoir à
mon égard aucune complaifance quelconque.
Dans les cas où vous ne feriez pas contens ,
ou que vous auriez des raifons particulieres de
ne plus vous fervir de mon remede , je vous
fupplie de l'abandonner ou de me le renvoyer
tout uniment , mon intention n'ayant jamais
été de vous demander grace , ni faveur , ni de
vous gêner d'aucune façon ; ayant , ( quelque ,
chofe que puiffe dire mon adverfaire , ) beaucoup
moins en vue les motifs d'intérêt & de fortune ,
que l'avantage public & le falut des Citoyens.
Quant aux autres reproches que non adverfaire
me fait dans fes lettres , j'aurai l'honneur
de lui répondre inceffamment , & je ne fuis pas
embarraffé de mettre les perfonnes vraies &
impartiales de mon parti , comme je me flatte
de l'avoir toujours fait. En attendant je vous prie
d'être perfuadés que tant que vous verrez fubfifter
cet Hôpital , ce fera une preuve indubitable
de l'efficacité de mon remede ; car il feroit extra--
vagant de croire que M. le Maréchal de Biron
s'obftinât à l'y faire adminiftrer à moins d'une
fuite conftante de guérifons réelles.
Quelqu'un qui avant de fe inettre en état
de connoître & de juger mon remede difoit?
tout haut à qui vouloit l'entendre qu'il m'écraféroit
; qui ayant vu en diverfes occafions de
belles cures & des effets étonnans , toujours feul
de fon avis , toujours déclamant contre moi
fans juftice & fans raifon , quoi qu'ayent pu lu
DECEMBRE. 1759: 223
•
dire plufieurs Médecins célèbres & d'habiles Chirurgiens
, n'a jamais voulu convenir ni´de la ma- ´
ladie , ni de la guérifon ;
Quelqu'un qui ayant reconnu chez MM. Piat
& Cadet la premiere erreur à l'égard du fubli
mé corrofif, ayant dit en préfence de témoinst
qu'il étoit galant homme , qu'il fe rétracteroit ,.
loin de fuivre ces fentimens généreux , imagine?
& employe de nouveaux moyens pour m'écra--
fer & intimider le Public mal - à- propos ;
Quelqu'un qui lorfque j'ai cité 3 ou 4 mille
cures operées par vous , Meffieurs , & par moi ,
tant à Paris que dans les Provinces , ne dédaigne
pas de fe joindre avec le fieur Thomas & le
heur Maunier pour me fufciter un pauvre garcon
Perruquier qui n'a pas été traité par moi
libertin obftiné qu'on n'a pas guéri à caufe'
de fa débauche continuelle même pendant le:
traitement , qui n'a pris qu'une centaine de dragées
au plus , lorfqu'il en faut cinq à fix cent:
pour un traitement ; à qui l'on a fait figner un
certificat qu'il défavoue par un autre certificat qui
eft entre les mains de M. le Maréchal de Biron ;
Quelqu'un qui lorfque l'Académie des Scien--
ces eft fuppliée de vouloir bien examiner & juger
publiquement la compofition du remede &
fes effets , moyen approuvé du Public & de tous
les honnêtes gens , n'a rien de plus preffé que de
faire affembler la Faculté pour tâcher de s'oppofer
à cette démarche , & finit par pier la
compétence de l'Académie , quoiqu'il y ait plufieurs
de fes Confreres , & d'habiles Chirurgiens
reconnus pour être plus en état que qui que ce
foit de terminer la querelle d'une façon juſte &
décente ;
Quelqu'un enfin qui n'a mis dans tout ceci
que de l'injuftice , de l'entêtement & de l'animo
224 MERCURE DE FRANCE.
fité , n'eft pas je crois au tribunal des gens équi
tables & éclau és un ennemi bien redoutable.
Plufieurs de vous , Mellieurs , m'offrent d'écrire
à mon adverfaire & de lui prouver que fes raifonnemens
ne tiennent pas contre des faits . J'accepte
vos offres ; mais en même temps M. le Maréchal
Duc de Biron m'ordonne de vous mander
de vouloir bien lui envoyer directement la copie
fignée des lettres que vous écrirez au Médecin
, ou bien un détail abrégé de ce que vous avez
fait , de ce que vous avez vu , & de ce que vous
penfez du remede; mondit Seigneur voulant outre
les preuves qu'il a acquifes , connoître la vérité de
toutes parts. Vous êtes foixante ; il n'y a parmi
vous que deux perſonnes à qui on puiffe donner
le nom de mes élèves ; cette cauſe vous intérelle .
Soyez mes juges , & montrez- vous foit en me
confondant , foit en confondant mon adverfaire,
les Partifans de la vérité.
Jai l'honnneur d'être & c. KEYSER.
Correfpondans , tant dans les principales
Villes du Royaume , que dans
l'étranger.
J'AI ' AI reçu , Meffieurs , toutes les Lettres dont
vous m'avez honoré . Je fais fenfible comme je
le dois à toutes les marques de bonté & de zèle
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
que vous n'avez ceffé de me témoigner jufqu'ici,
Je vous fais mille remercimens du mépris & du
renvoi que vous m'avez fait du fot imprimé en
forme de prophétie , qui vous a été adreflé fans
doute par quelqu'un de ces Anonymes dont les
écrits font auffi méprifables que leurs perfonnes ,
gens qui ne s'occupent qu'à imaginer des noirceurs
pour fatisfaire à la fois leur jaloufie & leur
envie de nuire. Je fuis également pénétré de reconnoiffance
du peu de croyance que vous avez
donnée à tout ce que l'Auteur du Traité des Tumeurs
& Ulcères a légèrement avancé contre
mon remède , dont vous connoiſſez & avez été
à portée de voir les effets beaucoup mieux que lui.
Vous fçavez , Meffieurs , que lorſqu'il a été
queftion de vous envoyer ce remède , je ne vous
ai jamais demandé que ce que l'honneur , la jultice
& la vérité pouvoient exiger de vous . Jefuis
même perfuadé que j'aurois très- mal réuffi s'il
en eût été autrement . Vous fçavez qu'aucun motif
d'intérêt n'eft encore entré dans notre corref
pondance , puifque non feulement je ne vous ai
encore fixé aucun prix , mais que je vous ai toujours
prié de faire des effais , de m'en dire votre
fentiment avec franchiſe , & de foulager les Pauvres
dans l'occafion . Ce font ici des faits , Meffieurs:
vous fçavez qu'il n'y a point de myſtères
entre nous , & que je ne vous ai jamais demandé
pi grace ni faveur. La querelle que l'on me fait ,"
quoiqu'injufte & défapprouvée des honnêtes
gens , devient longue & férieufe. C'eſt la cauſe du
Public , c'eft la vôtre , c'eſt la mienne , & il eſt
aifé de voir que je ne crains pas de la plaider
ouvertement , ne voulant avoir que la vérité pour
moi , & ne réclamant que ce que vous m'avez.
mandé avoir fait & vu.
Yous avez depuis quatre ans eu la bonić de
DECEMBRE. 1759 2212
me témoigner par quantité de lettres remiſes à
Mgr le Maréchal Duc de Biron , & qui feront
préfentées avant qu'il foit peu à l'Académie des
Sciences, une fatisfaction générale, en m'envoyant
même les détails des guérifons nombreuſes &
étonnantes que vous avez opérées partout. Suivant
vos certificats , vos lettres & vos aveux , je
les ai fucceffivement fait inférer dans les différens
Mercures.
Vous fçavez , Meffieurs , fi ces détails ont été
faux , fi vos Certificats ont été factices , mendics
ou extorqués , & vous trouverez fans doute bien
fingulier , pour ne pas dire plus , que fans voir ,
fans rien examiner , dans le temps que j'annonce
que ces Pièces font entre les mains d'un Maréchal
de France , il fe trouve quelqu'un qui ofe les
combattre , doute de leur réalité , & veuille raifonner
imprudemment de ce qu'il ne connoît
pas.
Vous avez reconnu de plus par les analyfes que
vous avez bien voulu faire faire partout fous VOS
yeux , & celles que vous avez faites vous-même ,
la légéreté de la premiere imputation de mon
adverfaire , n'ayant trouvé ni reconnu aucune
trace de Sublimé corrofif dans le remède ; cependant
je dois vous prévenir que quoiqu'il en ait été
bien perfuadé lui - même , ou qu'il air du moins
fait lemblant de l'être , il vient de m'attaquer
de nouveau , & avec plus de vivacité que jamais
dans un extrait de fon dernier ouvrage accompagné
de Lettres qu'il a intitulées Lettres de Mé--
decins de Paris , dé Province , &c . Or comme
vous êtes , Meffieurs , en état actuellement de fçavoir
à quoi vous en tenir par vos propres faits anciens
& journaliers , je vous prie de vouloir bien
faire acheter ces belles & magnifiques lettres
ou plutôt libelles contre moi , qui ne fe vendent:
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
que 18 fols chez Cavelier à Paris , afin de comparer
tous les raifonnemens dont elles font remplies
avec ce que vous avez vû .
Je finis en vous priant de me continuer votre
amitié , mais en vous recommandant de n'avoir ja
mais que le bien public en vue , de n'avoir à
mon égard aucune complaifance quelconque.
Dans les cas où vous ne feriez pas contens ,
ou que vous auriez des raifons particulieres de
ne plus vous fervir de mon remede , je vous
fupplie de l'abandonner ou de me le renvoyer
tout uniment , mon intention n'ayant jamais
été de vous demander grace , ni faveur , ni de
vous gêner d'aucune façon ; ayant , ( quelque ,
chofe que puiffe dire mon adverfaire , ) beaucoup
moins en vue les motifs d'intérêt & de fortune ,
que l'avantage public & le falut des Citoyens.
Quant aux autres reproches que non adverfaire
me fait dans fes lettres , j'aurai l'honneur
de lui répondre inceffamment , & je ne fuis pas
embarraffé de mettre les perfonnes vraies &
impartiales de mon parti , comme je me flatte
de l'avoir toujours fait. En attendant je vous prie
d'être perfuadés que tant que vous verrez fubfifter
cet Hôpital , ce fera une preuve indubitable
de l'efficacité de mon remede ; car il feroit extra--
vagant de croire que M. le Maréchal de Biron
s'obftinât à l'y faire adminiftrer à moins d'une
fuite conftante de guérifons réelles.
Quelqu'un qui avant de fe inettre en état
de connoître & de juger mon remede difoit?
tout haut à qui vouloit l'entendre qu'il m'écraféroit
; qui ayant vu en diverfes occafions de
belles cures & des effets étonnans , toujours feul
de fon avis , toujours déclamant contre moi
fans juftice & fans raifon , quoi qu'ayent pu lu
DECEMBRE. 1759: 223
•
dire plufieurs Médecins célèbres & d'habiles Chirurgiens
, n'a jamais voulu convenir ni´de la ma- ´
ladie , ni de la guérifon ;
Quelqu'un qui ayant reconnu chez MM. Piat
& Cadet la premiere erreur à l'égard du fubli
mé corrofif, ayant dit en préfence de témoinst
qu'il étoit galant homme , qu'il fe rétracteroit ,.
loin de fuivre ces fentimens généreux , imagine?
& employe de nouveaux moyens pour m'écra--
fer & intimider le Public mal - à- propos ;
Quelqu'un qui lorfque j'ai cité 3 ou 4 mille
cures operées par vous , Meffieurs , & par moi ,
tant à Paris que dans les Provinces , ne dédaigne
pas de fe joindre avec le fieur Thomas & le
heur Maunier pour me fufciter un pauvre garcon
Perruquier qui n'a pas été traité par moi
libertin obftiné qu'on n'a pas guéri à caufe'
de fa débauche continuelle même pendant le:
traitement , qui n'a pris qu'une centaine de dragées
au plus , lorfqu'il en faut cinq à fix cent:
pour un traitement ; à qui l'on a fait figner un
certificat qu'il défavoue par un autre certificat qui
eft entre les mains de M. le Maréchal de Biron ;
Quelqu'un qui lorfque l'Académie des Scien--
ces eft fuppliée de vouloir bien examiner & juger
publiquement la compofition du remede &
fes effets , moyen approuvé du Public & de tous
les honnêtes gens , n'a rien de plus preffé que de
faire affembler la Faculté pour tâcher de s'oppofer
à cette démarche , & finit par pier la
compétence de l'Académie , quoiqu'il y ait plufieurs
de fes Confreres , & d'habiles Chirurgiens
reconnus pour être plus en état que qui que ce
foit de terminer la querelle d'une façon juſte &
décente ;
Quelqu'un enfin qui n'a mis dans tout ceci
que de l'injuftice , de l'entêtement & de l'animo
224 MERCURE DE FRANCE.
fité , n'eft pas je crois au tribunal des gens équi
tables & éclau és un ennemi bien redoutable.
Plufieurs de vous , Mellieurs , m'offrent d'écrire
à mon adverfaire & de lui prouver que fes raifonnemens
ne tiennent pas contre des faits . J'accepte
vos offres ; mais en même temps M. le Maréchal
Duc de Biron m'ordonne de vous mander
de vouloir bien lui envoyer directement la copie
fignée des lettres que vous écrirez au Médecin
, ou bien un détail abrégé de ce que vous avez
fait , de ce que vous avez vu , & de ce que vous
penfez du remede; mondit Seigneur voulant outre
les preuves qu'il a acquifes , connoître la vérité de
toutes parts. Vous êtes foixante ; il n'y a parmi
vous que deux perſonnes à qui on puiffe donner
le nom de mes élèves ; cette cauſe vous intérelle .
Soyez mes juges , & montrez- vous foit en me
confondant , foit en confondant mon adverfaire,
les Partifans de la vérité.
Jai l'honnneur d'être & c. KEYSER.
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Résumé : Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
M. Keyfer écrit une lettre à ses correspondants dans diverses villes du Royaume et à l'étranger pour exprimer sa gratitude pour leur soutien et leur zèle. Il remercie également ses correspondants d'avoir ignoré et renvoyé un écrit anonyme diffamatoire et de ne pas avoir cru aux accusations du Traité des Tumeurs et Ulcères contre son remède. Keyfer souligne que sa correspondance avec eux n'a jamais été motivée par l'intérêt personnel et qu'il n'a jamais demandé de faveur ou de grâce. Il mentionne une querelle injuste et longue qui se prolonge, affirmant qu'il ne craint pas de la plaider ouvertement, ne voulant que la vérité. Depuis quatre ans, Keyfer a reçu des lettres de satisfaction générale, notamment via le Maréchal Duc de Biron, concernant les guérisons opérées grâce à son remède. Ces témoignages ont été publiés dans divers Mercures. Il invite ses correspondants à acheter et comparer les lettres diffamatoires récemment publiées contre lui, afin de les confronter avec les faits qu'ils ont observés. Keyfer conclut en demandant à ses correspondants de continuer leur amitié tout en ayant uniquement le bien public en vue. Il les encourage à abandonner ou à lui renvoyer son remède s'ils ne sont pas satisfaits, affirmant que son intention n'a jamais été de demander des faveurs ou de les gêner. Il promet de répondre aux autres reproches de son adversaire et de prouver l'efficacité de son remède, soutenu par les guérisons constantes observées à l'hôpital sous la direction du Maréchal de Biron.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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52
p. 256
« Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...] »
Début :
Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...]
Mots clefs :
Essence, Ambre gris, Liqueur, Odeur douce, Maux de tête, Défaillances, Remède
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texteReconnaissance textuelle : « Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...] »
Elence volatile d'Ambre gris. Les propriétés
extraordinaires de cette Elence volatile , l'ont
rendue d'un ufage univerfel. La Nobleife en
porte conltamment une bouteille dans la poche ;
& en général , elle fait équilibre du côté oppolé
avec la tabatiere. La décadence des célébres eaur
de la Reine d'Hongrie & de Lavande, a commencé
dès que celle - ci a paffé , & ne font prèſque
point d'ufage aujourd'hui.Cette liqueur eft douce,
d'une odeur plus vive & pénétrante qu'aucune de
l'Angleterre dès qu'on la fent , eile ranime les
efprits défaillants , rappelle les perdus , & porte
un remede auffi fubit qu'efficace aux affections
hystériques. On s'en fert heureuſement dans les
maux de tête , défaillances , toutes affections nerveufes
& hypocondriaques , & pour siguifer l'ima
gination dans les affections foporeufes. Cette
Ellence volatile fe vend chez M. le Duc , Marchand
Epicier Drogaifte , au Magazin de
Provence , rue Dauphine. Le prix eſt de trois livres
le flacon . il y en a auffi à quatre francs.
extraordinaires de cette Elence volatile , l'ont
rendue d'un ufage univerfel. La Nobleife en
porte conltamment une bouteille dans la poche ;
& en général , elle fait équilibre du côté oppolé
avec la tabatiere. La décadence des célébres eaur
de la Reine d'Hongrie & de Lavande, a commencé
dès que celle - ci a paffé , & ne font prèſque
point d'ufage aujourd'hui.Cette liqueur eft douce,
d'une odeur plus vive & pénétrante qu'aucune de
l'Angleterre dès qu'on la fent , eile ranime les
efprits défaillants , rappelle les perdus , & porte
un remede auffi fubit qu'efficace aux affections
hystériques. On s'en fert heureuſement dans les
maux de tête , défaillances , toutes affections nerveufes
& hypocondriaques , & pour siguifer l'ima
gination dans les affections foporeufes. Cette
Ellence volatile fe vend chez M. le Duc , Marchand
Epicier Drogaifte , au Magazin de
Provence , rue Dauphine. Le prix eſt de trois livres
le flacon . il y en a auffi à quatre francs.
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Résumé : « Essence volatile d'Ambre gris. Les propriétés extraordinaires de cette Essence volatile, [...] »
L'Elence volatile d'Ambre gris est une substance prisée pour ses propriétés remarquables. Utilisée principalement par la Noblesse, elle est souvent portée dans une tabatière. Sa popularité a éclipsé celle des eaux de la Reine d'Hongrie et de Lavande, désormais peu utilisées. L'Elence volatile se distingue par sa douceur et son odeur vive et pénétrante. Elle est efficace pour ranimer les esprits défaillants, traiter les affections hystériques, les maux de tête, les défaillances, les troubles nerveux et hypocondriaques, et stimuler l'imagination dans les affections soporeuses. Cette essence est disponible chez M. le Duc, Marchand Epicier Droguiste, au Magazin de Provence, rue Dauphine, au prix de trois livres le flacon, avec une option à quatre francs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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53
p. 234-236
LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
Début :
Messieurs, j'ai voulu dissiper vos préjugés, & vous être réellement utile, [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède, Composition, Médecin, Guérison, Découverte, Soulagement, Goût agréable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
LETTRE de M. CHAVY DE MONGERBET ,
Docteur en Médecine , à préſent à l'Hôtel de
Châtillon , rue de Tournon , à Paris, à Methieurs
les Goutteux .
MESSIEU
E SIEURS , j'ai voulu diffiper vos préju
gés , & vous être réellement utile , en confiant la
compofition de mon Reméde au célèbre M. Morand,
Chirurgien du Collège de Paris , Docteur en Méde
cine , Secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirur
gie , Membre de l'Académie des Sciences de Paris ,
& de plufieurs autres de l'Europe ; & à M. Peſtalozzi
, Médecin de Lyon , très-diftingué , & précédemment
celui de fon Eminence Mgr le Cardinal de
Tencin , Archevêque de Lyon . Jefouhaite que vous
recherchiez , dans mon travail & mes découvertes ,
les foulagemens que vous devez en attendre , & que
mes progrès far de très-grands Seigneurs , me mettent
en droit de vous annoncer. Ceffez d'être les triftes
victimes de vos préjugés , & jouiffez des fruits que
mes foibles lumières peuvent vous procurer : en attendant
un temps plus heureux , où quelque Mé
decin beaucoup plus éclairé pourra vous propofet
une cure radicale , profitez des douceurs que vous
pourrez trouver dans l'ufage de ma Ptifane , qui
n'eft formée que de Simples , que j'envoye en pou
die , & dont chaque prife forme une bouteille , con
AVRIL. 1760 .. 235
formément à mon Ordonnance imprimée . Vous trouverez
le tout chez mes Correfpondans , qui auront
foin de l'annoncer, pour la commodité des differentes
Provinces . Ce Reméde , d'un goût agréable , n'agit
que par l'infenfible tranfpiration & les urines , routes
ordinaires de la Nature , qui n'expofe jamais à
aucun danger , & qui tend à purifier le fangpeu à
peu. Meffieurs , me fera-t-il permis d'infifierfur le
régime que je prefcris dans mon Ordonnance ? il intereffe
votre fanté ; il eft de conféquence pour les
progrès de mon Reméde ; & une conduite oppofée
deviendroit funefte à une infinité de vos Confrères ,
qui , comme vous , effuyent des tourmens affreux ,
& n'attendent que les fuccès pour y avoir recours.
Meffieurs , jufqu'à ce jour, l'on a exigé de mon Reméde
des qualités prèfque miraculeufes , & l'on a
prétendu qu'il devoit agir également fur des perfonnes
dont le tempérament ufe , & les differentes complications
de maux , paroiffoient ne les plus rendre
fufceptibles d'aucun foulagement. Je vous prends
pour mes Juges, & je me flatte que la Médecine ,
dont j'ai eu l'honneur d'être un Membre , me renira
la justice qu'elle accorde à tous ceux qui ont d'oit
de l'attendre , & qui agiſſent de bonne foi & en faveur
de l'Humanité . J'ai l'honneur d'être , &c.
CHAVY DE MONGERBET , D. M.
Le prix commun pour chaque bouteille de ma
ptifane , eft de ; liv . Les Seigneurs & autres
perfonnes à qui je donnerai mes foins particu
liers pendant l'année , proportionneront mes
honoraires à mes fervices , & c . Je laiffe au rebur
les Lettres qui ne font pas affranchies ; mes correfpondans
feront de même. J'ai oublié de dire
dans mon Ordonnance , que je reçois des Lettres
de plufieurs Goutteux qui me marquent que le
lair , ou les affoiblit, ou s'aigrit , quoiqu'il ait bien
236 MERCURE DE FRANCE.
paffé pendant plufieurs mois , &c. Je ne le regarde
point avec indifférence , & je n'en confeille
l'ufage , que quand on aura fait attention à fon
tempérament , à la qualité de l'air , & au genre
de vie que l'on obferve.
Docteur en Médecine , à préſent à l'Hôtel de
Châtillon , rue de Tournon , à Paris, à Methieurs
les Goutteux .
MESSIEU
E SIEURS , j'ai voulu diffiper vos préju
gés , & vous être réellement utile , en confiant la
compofition de mon Reméde au célèbre M. Morand,
Chirurgien du Collège de Paris , Docteur en Méde
cine , Secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirur
gie , Membre de l'Académie des Sciences de Paris ,
& de plufieurs autres de l'Europe ; & à M. Peſtalozzi
, Médecin de Lyon , très-diftingué , & précédemment
celui de fon Eminence Mgr le Cardinal de
Tencin , Archevêque de Lyon . Jefouhaite que vous
recherchiez , dans mon travail & mes découvertes ,
les foulagemens que vous devez en attendre , & que
mes progrès far de très-grands Seigneurs , me mettent
en droit de vous annoncer. Ceffez d'être les triftes
victimes de vos préjugés , & jouiffez des fruits que
mes foibles lumières peuvent vous procurer : en attendant
un temps plus heureux , où quelque Mé
decin beaucoup plus éclairé pourra vous propofet
une cure radicale , profitez des douceurs que vous
pourrez trouver dans l'ufage de ma Ptifane , qui
n'eft formée que de Simples , que j'envoye en pou
die , & dont chaque prife forme une bouteille , con
AVRIL. 1760 .. 235
formément à mon Ordonnance imprimée . Vous trouverez
le tout chez mes Correfpondans , qui auront
foin de l'annoncer, pour la commodité des differentes
Provinces . Ce Reméde , d'un goût agréable , n'agit
que par l'infenfible tranfpiration & les urines , routes
ordinaires de la Nature , qui n'expofe jamais à
aucun danger , & qui tend à purifier le fangpeu à
peu. Meffieurs , me fera-t-il permis d'infifierfur le
régime que je prefcris dans mon Ordonnance ? il intereffe
votre fanté ; il eft de conféquence pour les
progrès de mon Reméde ; & une conduite oppofée
deviendroit funefte à une infinité de vos Confrères ,
qui , comme vous , effuyent des tourmens affreux ,
& n'attendent que les fuccès pour y avoir recours.
Meffieurs , jufqu'à ce jour, l'on a exigé de mon Reméde
des qualités prèfque miraculeufes , & l'on a
prétendu qu'il devoit agir également fur des perfonnes
dont le tempérament ufe , & les differentes complications
de maux , paroiffoient ne les plus rendre
fufceptibles d'aucun foulagement. Je vous prends
pour mes Juges, & je me flatte que la Médecine ,
dont j'ai eu l'honneur d'être un Membre , me renira
la justice qu'elle accorde à tous ceux qui ont d'oit
de l'attendre , & qui agiſſent de bonne foi & en faveur
de l'Humanité . J'ai l'honneur d'être , &c.
CHAVY DE MONGERBET , D. M.
Le prix commun pour chaque bouteille de ma
ptifane , eft de ; liv . Les Seigneurs & autres
perfonnes à qui je donnerai mes foins particu
liers pendant l'année , proportionneront mes
honoraires à mes fervices , & c . Je laiffe au rebur
les Lettres qui ne font pas affranchies ; mes correfpondans
feront de même. J'ai oublié de dire
dans mon Ordonnance , que je reçois des Lettres
de plufieurs Goutteux qui me marquent que le
lair , ou les affoiblit, ou s'aigrit , quoiqu'il ait bien
236 MERCURE DE FRANCE.
paffé pendant plufieurs mois , &c. Je ne le regarde
point avec indifférence , & je n'en confeille
l'ufage , que quand on aura fait attention à fon
tempérament , à la qualité de l'air , & au genre
de vie que l'on obferve.
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Résumé : LETTRE de M. Chavy De Mongerbet, Docteur en Médecine, à présent à l'Hôtel de Châtillon, rue Tournon, à Paris, à Messieurs les Goutteux.
M. Chavy de Mongerbet, docteur en médecine, adresse une lettre aux personnes souffrant de la goutte pour dissiper leurs préjugés et offrir un remède efficace. Ce remède, nommé 'Ptifane', a été élaboré par des experts renommés tels que M. Morand, chirurgien et membre de plusieurs académies, et M. Pestalozzi, médecin de Lyon. La Ptifane, présentée en poudre, agit par transpiration et urines pour purifier le sang sans danger. M. Chavy de Mongerbet souligne l'importance de suivre le régime prescrit pour maximiser les bénéfices du remède. Il reconnaît les attentes miraculeuses placées sur son remède mais invite les goutteux à juger de son efficacité. Il mentionne également le prix de la Ptifane et propose des honoraires proportionnels à ses services pour certains patients. Il note l'impact du climat sur les symptômes de la goutte et conseille de prendre en compte le tempérament et le mode de vie des patients.
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54
p. 259-260
Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
Début :
Les progrès que ce reméde opére en tant de différens genres de maladies, [...]
Mots clefs :
Opiate, Remède, Maladies, Preuve, Succès, Guérison, Purgatifs, Dysenterie, Scorbut, Abcès, Jaunisse, Certificats, Médecins, Approbation
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texteReconnaissance textuelle : Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
Opiat philofophique du fieur Mutelé fils , feul
pofeffeur dudit Reméde de feu fon pere ,
Apothicaire du Roi.
>
LES progrès que ce reméde opére en tant de
différens genres de maladies ont donné affez
de preuves convaincantes de fon efficacité , pour
difpenfer l'Auteur d'en renouveller l'expofition
il fe contente de répéter que c'eft un fondant &
un purgatif fi épuré de fon terrestre , qu'il fe
glife avec douceur dans toutes les parties les
plus fecrettes du corps humain , & en expulfe
tout le vice , de quelque nature qu'il puiffe être ,
fans violence , vomiffement ni mal de coeur ,
eft lain & fénatif, & purifie la inatle du fang ,
même fcorbutique. Il eft propre pour la guérifon
des Squirres , fi anciens qu'ils foient , ainfi que
les obftructions ,
glandéoméfentaires , abfcès , généralement
toutes caufes étrangères qui portent
obſtacle à la nature . Il eſt connu auſſi pour la
guérison du lait répandu & autres fâcheufes fuites
de couches. Il n'y a pas de fièvres , de telle nature
qu'elles foient , que ledit Opiat Philofophique
ne guériffe , ainfi que les dyflenteries ; ce qui eft
d'un grand fecours pour Meffieurs les Militaires ,
foit en campagne ou ailleurs , tant par ner que
par terre. Il eft fouverain pour garantir les attaques
d'apoplexie & coups de fang ; fi l'on en
prend par précaution une ou deux prifes de fuite ,
ou à un jour d'intervalle , l'on fe mettra à l'abri
de tous ces accidens : les jauniſſes , pâles couleurs
2.
260 MERCURE DE FRANCE.
ou bile répandues ne fçauroient y réfifter.
Ce reméde s'eft fait connoître & diftinguer de
tout le vulgaire , dans le cas des guérilons des vapeurs
, telles qu'elles foient , & mal-caduc , s'il
ne vient pas de naiſſance.
Ledit Opiat eft connu propre pour
être adminiftré
aux malades , dans le cas de toutes les ma
ladies les plus dangereutes caufées par la lenteur
de la limphe , & manque de circulation du fang
& autres ; cela eft confirmé par nombre infini de
cures en différens genres de maladies déſeſpérées
qui ont été guéries, ainfi que l'Auteur eft en état
de le le faire voir & prouver , par Meffieurs les
Magiftrats & Meffieurs les Médecins & Chirur
giens de la Faculté de Paris , & autres , qui ont
vu & donné leurs applaudiflemens & approba
tions.
Afin de procurer plus promtenent la guériſon
des maladies , & pour la facilité du Public , il y
a des boetes dudit Opiat , de 3 liv . 6 liv 12 liv.
& 24.
pofeffeur dudit Reméde de feu fon pere ,
Apothicaire du Roi.
>
LES progrès que ce reméde opére en tant de
différens genres de maladies ont donné affez
de preuves convaincantes de fon efficacité , pour
difpenfer l'Auteur d'en renouveller l'expofition
il fe contente de répéter que c'eft un fondant &
un purgatif fi épuré de fon terrestre , qu'il fe
glife avec douceur dans toutes les parties les
plus fecrettes du corps humain , & en expulfe
tout le vice , de quelque nature qu'il puiffe être ,
fans violence , vomiffement ni mal de coeur ,
eft lain & fénatif, & purifie la inatle du fang ,
même fcorbutique. Il eft propre pour la guérifon
des Squirres , fi anciens qu'ils foient , ainfi que
les obftructions ,
glandéoméfentaires , abfcès , généralement
toutes caufes étrangères qui portent
obſtacle à la nature . Il eſt connu auſſi pour la
guérison du lait répandu & autres fâcheufes fuites
de couches. Il n'y a pas de fièvres , de telle nature
qu'elles foient , que ledit Opiat Philofophique
ne guériffe , ainfi que les dyflenteries ; ce qui eft
d'un grand fecours pour Meffieurs les Militaires ,
foit en campagne ou ailleurs , tant par ner que
par terre. Il eft fouverain pour garantir les attaques
d'apoplexie & coups de fang ; fi l'on en
prend par précaution une ou deux prifes de fuite ,
ou à un jour d'intervalle , l'on fe mettra à l'abri
de tous ces accidens : les jauniſſes , pâles couleurs
2.
260 MERCURE DE FRANCE.
ou bile répandues ne fçauroient y réfifter.
Ce reméde s'eft fait connoître & diftinguer de
tout le vulgaire , dans le cas des guérilons des vapeurs
, telles qu'elles foient , & mal-caduc , s'il
ne vient pas de naiſſance.
Ledit Opiat eft connu propre pour
être adminiftré
aux malades , dans le cas de toutes les ma
ladies les plus dangereutes caufées par la lenteur
de la limphe , & manque de circulation du fang
& autres ; cela eft confirmé par nombre infini de
cures en différens genres de maladies déſeſpérées
qui ont été guéries, ainfi que l'Auteur eft en état
de le le faire voir & prouver , par Meffieurs les
Magiftrats & Meffieurs les Médecins & Chirur
giens de la Faculté de Paris , & autres , qui ont
vu & donné leurs applaudiflemens & approba
tions.
Afin de procurer plus promtenent la guériſon
des maladies , & pour la facilité du Public , il y
a des boetes dudit Opiat , de 3 liv . 6 liv 12 liv.
& 24.
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Résumé : Opiat philosophique du sieur Mutelé fils, seul possesseur dudit Reméde de feu son pere, Apothicaire du Roi.
L'Opiat philosophique, élaboré par le sieur Mutelé fils, apothicaire du Roi, est présenté comme un remède polyvalent. Ce fondant et purgatif épuré agit en douceur pour expulser les maux du corps sans violence. Il est recommandé pour traiter les scirrhes, les obstructions, les abcès, et les fuites de couches. L'Opiat est également efficace contre les fièvres, les dysentéries, et les attaques d'apoplexie. Il peut prévenir les accidents vasculaires par des doses préventives. Ce remède est particulièrement utile pour les maladies causées par la lenteur de la lymphe et le manque de circulation sanguine. Son efficacité est confirmée par de nombreuses guérisons et approuvée par des magistrats, médecins et chirurgiens de la Faculté de Paris. L'Opiat est disponible en boîtes de 3, 6, 12 et 24 livres pour faciliter son accès.
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55
p. 204-205
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-uniéme Traitement consécutif depuis son Etablissement.
Début :
Les nommés Compagnies. Coeur-de-roy, d'Aspremont. Augustin, de Villers. [...]
Mots clefs :
Soldats, Maladies, Guérison, Remède, M. Keyser, Succès, Londres, Compagnie des Indes, Dragées
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-uniéme Traitement consécutif depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON..
Vingt- uniéme Traitement confécutifdepuis
Son Etabliffement.
Les nommés
COUR-DE- ROY
Auguftin ,
Divertillant ,
Moreau ,
Lafortune ,
Clermont ,
D'Avennes ,
Lafrance ,.
Ponlay ,
La Cour ,
Léchaudé ,
Lapierre ,
Compagnies.
d'Afpremont
de Villers.
de Villers.
d'Afpremont.
de Pronlerox.
de Graffe.
de la Tour
de Villers .
d'Anteroches.
de la Tour.
de Villers.
de Viennay.
Ces douze Soldats étoient attaqués des maladies
les plus graves ; la plus grande partie avoit
été inutilement traitée, plufieurs fois, par les frictions
, & ils font tous fortis parfaitement guéris ,
dans les mois de Janvier & de Février , de l'année
1760.
M. Keyfer a l'honneur d'informer le Public que
plufieurs Hôpitaux du Royaume , après des
épreuves bien conftatées , & des fuccès également
reconnus , ont adopté fon reméde & fa méthode
AQUST. 1760. 205
& qu'il s'y fait tous les jours des cures très - confidérables
, dont les détails feroient trop longs
pour les inférer ici.
Il le prévient auffi , qu'il vient de le faire à
Londres , onze épreuves publiques , dont le Docteur
Couper a annoncé les détails , dans les écrits
qu'il a publiés,& répandus dans toute l'Angleterre.
Que la Compagnie des Indes de France,fait actuellement
faire à l'Orient , de nouvelles épreuves
fur les Soldats qui font à fa folde ; & qu'il fera
rendu un compte public & exact defdites épreuves.
I ofe fe flatter enfin , qu'à force de montrer
des faits , & d'en faire voir la multiplicité ,
il parviendra à faire percer une vérité conftante ,
que fes ennemis ont cherché continuellement à
éloigner des yeux du Public .
Ill'avertit en même temps , & le fupplie d'être
bien en garde,fur divers remédes que l'on imagine
tous les jours de faire , & de propofer fous le
nom de fes dragées ; remédes contrefaits, & d'autant
plus dangereux , qu'il fçait plufieurs perfonnes
qui , fous la bonne foi de faire ufage de fes
dragées par des mains étrangères , fe font trèsmal
trouvées de certain reméde maſqué & contrefait
;, & le prie de n'accorder de confiance
qu'à celui qui fera préfenté par lui ou par MM.
Bourbelain & Dieuzayde , Maîtres en Chirurgie
de Paris , qui en font munis depuis longtemps , &
ont fait avec , des cures très - confidérables.
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON..
Vingt- uniéme Traitement confécutifdepuis
Son Etabliffement.
Les nommés
COUR-DE- ROY
Auguftin ,
Divertillant ,
Moreau ,
Lafortune ,
Clermont ,
D'Avennes ,
Lafrance ,.
Ponlay ,
La Cour ,
Léchaudé ,
Lapierre ,
Compagnies.
d'Afpremont
de Villers.
de Villers.
d'Afpremont.
de Pronlerox.
de Graffe.
de la Tour
de Villers .
d'Anteroches.
de la Tour.
de Villers.
de Viennay.
Ces douze Soldats étoient attaqués des maladies
les plus graves ; la plus grande partie avoit
été inutilement traitée, plufieurs fois, par les frictions
, & ils font tous fortis parfaitement guéris ,
dans les mois de Janvier & de Février , de l'année
1760.
M. Keyfer a l'honneur d'informer le Public que
plufieurs Hôpitaux du Royaume , après des
épreuves bien conftatées , & des fuccès également
reconnus , ont adopté fon reméde & fa méthode
AQUST. 1760. 205
& qu'il s'y fait tous les jours des cures très - confidérables
, dont les détails feroient trop longs
pour les inférer ici.
Il le prévient auffi , qu'il vient de le faire à
Londres , onze épreuves publiques , dont le Docteur
Couper a annoncé les détails , dans les écrits
qu'il a publiés,& répandus dans toute l'Angleterre.
Que la Compagnie des Indes de France,fait actuellement
faire à l'Orient , de nouvelles épreuves
fur les Soldats qui font à fa folde ; & qu'il fera
rendu un compte public & exact defdites épreuves.
I ofe fe flatter enfin , qu'à force de montrer
des faits , & d'en faire voir la multiplicité ,
il parviendra à faire percer une vérité conftante ,
que fes ennemis ont cherché continuellement à
éloigner des yeux du Public .
Ill'avertit en même temps , & le fupplie d'être
bien en garde,fur divers remédes que l'on imagine
tous les jours de faire , & de propofer fous le
nom de fes dragées ; remédes contrefaits, & d'autant
plus dangereux , qu'il fçait plufieurs perfonnes
qui , fous la bonne foi de faire ufage de fes
dragées par des mains étrangères , fe font trèsmal
trouvées de certain reméde maſqué & contrefait
;, & le prie de n'accorder de confiance
qu'à celui qui fera préfenté par lui ou par MM.
Bourbelain & Dieuzayde , Maîtres en Chirurgie
de Paris , qui en font munis depuis longtemps , &
ont fait avec , des cures très - confidérables.
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Vingt-uniéme Traitement consécutif depuis son Etablissement.
En janvier et février 1760, douze soldats atteints de maladies graves ont été guéris à l'hôpital du maréchal duc de Birón grâce à une nouvelle méthode, après que les frictions se soient révélées inefficaces. M. Keyfer rapporte que cette méthode a également été adoptée avec succès dans plusieurs hôpitaux en France et à Londres. La Compagnie des Indes de France teste cette méthode sur les soldats à l'Orient. Keyfer met en garde contre les remèdes contrefaits vendus sous le nom de ses dragées et recommande d'utiliser uniquement ceux fournis par lui-même ou par les maîtres en chirurgie Bourbelain et Dieuzayde.
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56
p. 208-209
Taffetas d'Angleterre, par M. WOODCOCK.
Début :
Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile reméde dont [...]
Mots clefs :
Taffetas, Remède, Coupures, Brûlures, Saignement, Douleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Taffetas d'Angleterre, par M. WOODCOCK.
Taffetas d'Angleterre , par M. WOODCOCK.
CE Taffetas eft le plus commode & le plus utile
reméde dont les Mellieurs & Dames puiffent fe
OCTOBRE. 1760. 200
fervir . Les plus délicats peuvent le porter dans
leurs Poches ; car non feulement l'odeur n'en eſt
point fâcheufe ; mais elle eft agréable . Il ne sçauroit
manquer de guérir toutes Coupures ou Brûlures.
Et étant immédiatement appliqué , il arrête
d'abord le fang & te entiere.nent la douleur.
En le mouillant feulement avec la langue & le
mettant fur la partie affligée , il y tiendra fi fort ,
qu'en fe lavant il ne fe dérangera pas.
N. B. Il fuffit de le couper de la même grandeur
de la bleffure.
Ce Taffetas fe vend à Paris chez la Veuve
Leduc , au Magafin de Provence , rue Dauphine ,
36 fois la pièce.
CE Taffetas eft le plus commode & le plus utile
reméde dont les Mellieurs & Dames puiffent fe
OCTOBRE. 1760. 200
fervir . Les plus délicats peuvent le porter dans
leurs Poches ; car non feulement l'odeur n'en eſt
point fâcheufe ; mais elle eft agréable . Il ne sçauroit
manquer de guérir toutes Coupures ou Brûlures.
Et étant immédiatement appliqué , il arrête
d'abord le fang & te entiere.nent la douleur.
En le mouillant feulement avec la langue & le
mettant fur la partie affligée , il y tiendra fi fort ,
qu'en fe lavant il ne fe dérangera pas.
N. B. Il fuffit de le couper de la même grandeur
de la bleffure.
Ce Taffetas fe vend à Paris chez la Veuve
Leduc , au Magafin de Provence , rue Dauphine ,
36 fois la pièce.
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Résumé : Taffetas d'Angleterre, par M. WOODCOCK.
Le 'Taffetas d'Angleterre' est un remède décrit par M. Woodcock, utile pour hommes et femmes. Il soigne les coupures et brûlures, arrête le sang et soulage la douleur. Appliqué mouillé, il adhère bien et ne se détache pas. Disponible à Paris chez la Veuve Leduc, rue Dauphine, au prix de 36 fois la pièce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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57
p. 201-204
GOUTTES PHILOSOPHIQUES du sieur Mutelé du Chevalier.
Début :
Le sieur Mutelé, dont l'étude continuelle lui a mérité l'attention du Public, [...]
Mots clefs :
Cure, Opiate, Remède, Efficacité, Sang corrompu, Nature, Humeurs, Médecine, Eaux , Fortifiant, Contagion, Usage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GOUTTES PHILOSOPHIQUES du sieur Mutelé du Chevalier.
GOUTTES PHILOSOPHIQUES du fieur Mutelé
du Chevalier.
Le fieur MUTE LÉ , dont l'étude continuelle
lui a mérité l'attention du Public , par le nombre
des cures furprenantes qu'il a opérées, & qu'il opére
continuellement par les vertus finguliéres de fon
Opiat Philofophique, qui eft l'ouvrage de la nature
& de l'art ; fe croit obligé par reconnoiffance de
la confiance dont on l'a honoré , de faire part à fa
Patrie d'un nouveau reméde qui par d'heureux &
& infaillibles fuccès , guérit une infinité de maladies
& maintient en parfaite fanté.
Il eft bon de fçavoir que toutes les maladies en
général qui affligent le corps humain , tirent leuc
202 MERCURE DE FRANCE.
origine de la corruption de la maffe du fang , cau→
fée les excès du boire & du manger ,
par
ainfi que
des mauvais alimens qui formant un mauvais levain
, fe communiquent en naiffant par nos péres
& méres , dont les vices du tempérament font
la foibleffe de la conftitution , & la rendent plus
fufceptible des influences malignes qui dominent
fur les corps. Chaque Aftre comme chef dominateur
fur ce monde fubcéleste nous communique
fuivant la nature les maux qu'il gouverne. C'eſt
ce qu'ont voulu nous faire entendre ces fçavans
Philofophes Ephémériftes , vrais fcrutateurs de la
Nature , en nous difant après Salomon, que Dieu
a créé une Médecine de la terre que le Sage ne
méprifera pas , puifque cette Médecine , en fervant
à prolonger nos jours , & à nous conferver
la fanté, devroit faire l'objet de nos plus férieufes
attentions. C'eft dans cette fource que l'Auteur
du préfent écrit , en s'efforçant de dévoiler les
fens obfcurs & énigmatiques de ces naturaliſtes
Ecrivains , qui étoient jaloux de leurs fecrets , &
croyoient que les meilleures chofes deviennent
méprifables à mesure qu'elles deviennent communes
, eft parvenu à la découverte de fes Gouttes
Philofophiques , dont les heureux fuccès font
l'éloge , malgré la bale jalouse de ceux qui condaminent
d'abord tout ce qui paffe leur intelligence
bornée , aimant mieux fe fixer à ces remédes
qu'ils appellent familiers , & qui ne font
bons qu'à mettre les humeurs en mouvement
& le corps hors d'état de recevoir cette précieuſe
Médecine diſtribuée par les fages mains de la Nature.
C'est un reméde agréable à la bouche ; une
Médecine qui furpaffe en vertu la Pierre de Buther
, plus excellente que le grand Alkaeſt & Or
horizontal des Spagiriques ; plus amie de nos
corps que les Népentes des Poëtes ; qui nous con
DECEMBRE. 1760. 203
ferve & délivre beaucoup mieux d'une infinité de
maux que tous les Elixirs des laboratoires , ri
que la Panacée chimérique des Philofophes , &
que ces Effences ou Baumes de Vie , que des
Etrangers & autres diftribuent , dont la baſe eſt
l'Efprit-de-Vin rectifié , ou l'Eau- de- vie diftillée ,
qui font autant de corrofifs & fubtiles poiſons
qui brûlent le fang , attaquent le genre nerveux
& dont l'ufage caufe toujours des effets funeſtes.
On y trouvera un reméde naturel , qui eft un
Elixir parfait , une quintellence ſpécifique & une
femence vitale , propre à réparer les efprits diffi
pés par la perte continuelle que nous faisons de
notre propre ſubſtance ; à multiplier les principes
radicaux , à entretenir & rétablir dans une
bonne fanté les tépides & les vieillards en pro
Fongeant leurs jours. D'où il s'enfuit qu'il guérit
toutes les maladies humorales , en pacifiant
l'archée irritée & fortifiant les efprits vitaux
animaux & naturels , purifie la maffe du fang
même fcorbutique ; ôte la difficulté de refpirer
, & guérit toutes les maladies qui proviennent
du poulmon ; réjouit le coeur & le cerveau
fortifie les nerfs & les membranes , maintient l'har
monieux accord de la tête , de l'eftomach & dù
foye dans un jufte équilibre , réfite au mal cat
duc , empêche les fyncopes , les défaillances , &
chaffe le venin des maladies contagieufes , toutes
fiévres & poifons , partie par les urines , par les
fueurs , partie par l'infenfible tranfpiration & le's
felles. En outre , il modifie , déterge & confo
lide les ulcères internes externes , & généra
lement toutes playes , arrête le crachement de
fang , nettoye les reins & la veffie , guérit les
fuffocations de mere , régle les Dames , diffipe
leurs pertes en blanc , & les rend par ce moyen
fécondes. Toutes perfonnes qui auront la pré-
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
caution de s'en munir d'une bouteille , foit à la
campagne , foit en voyage , feront exempts de
toutes maladies dangereules , comme apoplexie ,
paralyfie , coups de fang , & généralement de
toutes menaces & avant-coureurs de maladies
qui font des progrès , furtout dans les Provinces
où les morts fubites font fi fréquentes , faute de
précautions & de fecours. Ce Reméde fympathife
d'autant plus avec mon Opiat philofophique
, dont les vertus fingulières font connues pour
le plus excellent fondant & défobftructif qu'il y
ait , comme le Mémoire ſuivant l'annonce . Ceux
qui pourroient concevoir une mauvaiſe idée de
mon Opiat & de mes Gouttes philofophiques , par
la raison qu'ils font propres à la guériton d'un
grand nombre de maladies articulées ci- deffus
pourront voir chez le Sieur MUTELÉ les Certificats
Ipécifiés des guérifons opérées par ces Remédes.
L'ufage familier de ce Reméde eft de neuf gourtes
pour les femmes , & douze pour les hommes ,
pris le matin dans quelque véhicule convenable.
Il y a des bouteilles à 3 liv. 6 liv. 12 liv . 24 liv.
On trouvera tous les matins le fieur Mutelé chez
lui ; & dans le cas où il n'y feroit pas , on s'adreffera
en toute fûreté à Madame fon Epoufe qui
travaille avec lui , & qui eft la feule dépofitaire de
fes deux excellens Remédes.
du Chevalier.
Le fieur MUTE LÉ , dont l'étude continuelle
lui a mérité l'attention du Public , par le nombre
des cures furprenantes qu'il a opérées, & qu'il opére
continuellement par les vertus finguliéres de fon
Opiat Philofophique, qui eft l'ouvrage de la nature
& de l'art ; fe croit obligé par reconnoiffance de
la confiance dont on l'a honoré , de faire part à fa
Patrie d'un nouveau reméde qui par d'heureux &
& infaillibles fuccès , guérit une infinité de maladies
& maintient en parfaite fanté.
Il eft bon de fçavoir que toutes les maladies en
général qui affligent le corps humain , tirent leuc
202 MERCURE DE FRANCE.
origine de la corruption de la maffe du fang , cau→
fée les excès du boire & du manger ,
par
ainfi que
des mauvais alimens qui formant un mauvais levain
, fe communiquent en naiffant par nos péres
& méres , dont les vices du tempérament font
la foibleffe de la conftitution , & la rendent plus
fufceptible des influences malignes qui dominent
fur les corps. Chaque Aftre comme chef dominateur
fur ce monde fubcéleste nous communique
fuivant la nature les maux qu'il gouverne. C'eſt
ce qu'ont voulu nous faire entendre ces fçavans
Philofophes Ephémériftes , vrais fcrutateurs de la
Nature , en nous difant après Salomon, que Dieu
a créé une Médecine de la terre que le Sage ne
méprifera pas , puifque cette Médecine , en fervant
à prolonger nos jours , & à nous conferver
la fanté, devroit faire l'objet de nos plus férieufes
attentions. C'eft dans cette fource que l'Auteur
du préfent écrit , en s'efforçant de dévoiler les
fens obfcurs & énigmatiques de ces naturaliſtes
Ecrivains , qui étoient jaloux de leurs fecrets , &
croyoient que les meilleures chofes deviennent
méprifables à mesure qu'elles deviennent communes
, eft parvenu à la découverte de fes Gouttes
Philofophiques , dont les heureux fuccès font
l'éloge , malgré la bale jalouse de ceux qui condaminent
d'abord tout ce qui paffe leur intelligence
bornée , aimant mieux fe fixer à ces remédes
qu'ils appellent familiers , & qui ne font
bons qu'à mettre les humeurs en mouvement
& le corps hors d'état de recevoir cette précieuſe
Médecine diſtribuée par les fages mains de la Nature.
C'est un reméde agréable à la bouche ; une
Médecine qui furpaffe en vertu la Pierre de Buther
, plus excellente que le grand Alkaeſt & Or
horizontal des Spagiriques ; plus amie de nos
corps que les Népentes des Poëtes ; qui nous con
DECEMBRE. 1760. 203
ferve & délivre beaucoup mieux d'une infinité de
maux que tous les Elixirs des laboratoires , ri
que la Panacée chimérique des Philofophes , &
que ces Effences ou Baumes de Vie , que des
Etrangers & autres diftribuent , dont la baſe eſt
l'Efprit-de-Vin rectifié , ou l'Eau- de- vie diftillée ,
qui font autant de corrofifs & fubtiles poiſons
qui brûlent le fang , attaquent le genre nerveux
& dont l'ufage caufe toujours des effets funeſtes.
On y trouvera un reméde naturel , qui eft un
Elixir parfait , une quintellence ſpécifique & une
femence vitale , propre à réparer les efprits diffi
pés par la perte continuelle que nous faisons de
notre propre ſubſtance ; à multiplier les principes
radicaux , à entretenir & rétablir dans une
bonne fanté les tépides & les vieillards en pro
Fongeant leurs jours. D'où il s'enfuit qu'il guérit
toutes les maladies humorales , en pacifiant
l'archée irritée & fortifiant les efprits vitaux
animaux & naturels , purifie la maffe du fang
même fcorbutique ; ôte la difficulté de refpirer
, & guérit toutes les maladies qui proviennent
du poulmon ; réjouit le coeur & le cerveau
fortifie les nerfs & les membranes , maintient l'har
monieux accord de la tête , de l'eftomach & dù
foye dans un jufte équilibre , réfite au mal cat
duc , empêche les fyncopes , les défaillances , &
chaffe le venin des maladies contagieufes , toutes
fiévres & poifons , partie par les urines , par les
fueurs , partie par l'infenfible tranfpiration & le's
felles. En outre , il modifie , déterge & confo
lide les ulcères internes externes , & généra
lement toutes playes , arrête le crachement de
fang , nettoye les reins & la veffie , guérit les
fuffocations de mere , régle les Dames , diffipe
leurs pertes en blanc , & les rend par ce moyen
fécondes. Toutes perfonnes qui auront la pré-
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
caution de s'en munir d'une bouteille , foit à la
campagne , foit en voyage , feront exempts de
toutes maladies dangereules , comme apoplexie ,
paralyfie , coups de fang , & généralement de
toutes menaces & avant-coureurs de maladies
qui font des progrès , furtout dans les Provinces
où les morts fubites font fi fréquentes , faute de
précautions & de fecours. Ce Reméde fympathife
d'autant plus avec mon Opiat philofophique
, dont les vertus fingulières font connues pour
le plus excellent fondant & défobftructif qu'il y
ait , comme le Mémoire ſuivant l'annonce . Ceux
qui pourroient concevoir une mauvaiſe idée de
mon Opiat & de mes Gouttes philofophiques , par
la raison qu'ils font propres à la guériton d'un
grand nombre de maladies articulées ci- deffus
pourront voir chez le Sieur MUTELÉ les Certificats
Ipécifiés des guérifons opérées par ces Remédes.
L'ufage familier de ce Reméde eft de neuf gourtes
pour les femmes , & douze pour les hommes ,
pris le matin dans quelque véhicule convenable.
Il y a des bouteilles à 3 liv. 6 liv. 12 liv . 24 liv.
On trouvera tous les matins le fieur Mutelé chez
lui ; & dans le cas où il n'y feroit pas , on s'adreffera
en toute fûreté à Madame fon Epoufe qui
travaille avec lui , & qui eft la feule dépofitaire de
fes deux excellens Remédes.
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Résumé : GOUTTES PHILOSOPHIQUES du sieur Mutelé du Chevalier.
Le texte présente les 'Gouttes Philosophiques' du fieur Mutelé, un remède aux succès remarquables dans le traitement de diverses maladies. Mutelé est reconnu pour ses cures surprenantes grâce à son Opiat Philosophique. Il introduit un nouveau remède, les Gouttes Philosophiques, qui guérit une multitude de maladies et maintient la santé. Les maladies proviennent souvent de la corruption du sang due aux excès alimentaires et aux mauvaises influences astrologiques. Les Gouttes Philosophiques sont décrites comme un élixir parfait, supérieur à d'autres remèdes, capable de purifier le sang, soigner les maladies pulmonaires, fortifier les nerfs, et traiter diverses affections. Elles sont également efficaces contre les maladies contagieuses et les poisons. Le remède est recommandé pour les voyages et les campagnes pour prévenir les maladies graves. Mutelé offre des certificats de guérison et vend les Gouttes Philosophiques en bouteilles de différentes tailles, avec des prix variant de 3 à 24 livres. Il est disponible chaque matin chez lui, ou via son épouse qui travaille avec lui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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58
p. 203-208
NOUVEL Avis, concernant le Spécifique antivénérien du Docteur FELS, premier Médecin & Bourgmestre de la ville de Schelestat en Alsace.
Début :
La Dame veuve du Docteur Fels ayant obtenu un Arrêt du Conseil d'Etat du Roi, par lequel Sa [...]
Mots clefs :
Remède, Docteur, Maladie, Vénérien, Chirurgiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVEL Avis, concernant le Spécifique antivénérien du Docteur FELS, premier Médecin & Bourgmestre de la ville de Schelestat en Alsace.
NOUVEL Avis , concernant le Spécifique antivénérien
du Docteur FELS , premier Médecin &
·Bourgmestre de la ville de Scheleftat en Alface.
La Dame veuve du Docteur Fels ayant obtent
un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , par lequel Sa
Majefté lui a permis de continuer de compofer
& d'adminiftrer , ou faire adminiftrer par fes Pré-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
pofés , tant à Paris , fous l'infpection & direction
de M. Caumont , Médecin ordinaire du Roi ,
que dans les Provinces du Royaume , le Remède ,
ou Spécifique anti - vénérien , dont fon mari a fait
la découverte , en fit publier peu après cette
obtention , les propriétés effentielles & très-intéreffantes
pour le Public . ( Voyez le Mercure
d'Août 1762 & la Feuille des Affiches du 19 Juillet
même année , &c. ) Mais , comme elle ne put
alors accompagner fon Avis ou Inftruction d'un
Extrait de Piéces juftificatives propres à prouver
& conftater l'excellence & les avantages de ce
Spécifique , ces Piéces étant pour - lors fous les
fcellés appofés après le décès de fon mari ; elle
croit devoir maintenant faire part au Public de
quelques-uns des principaux faits qui y font
énoncés & atteftés par pluſieurs Médecins & Chirurgiens
très- célébres .
1. Trois Atteftations qui prouvent très- authentiquement
qu'une femme de la Paroiffe d'Ablincourt
, Diocèle de Noyon , enceinte de 4 mois
& demi , ayant tous les fymptômes les plus graves
& les plus caractériſtiques de la V .... a été parfairement
guérie en huit jours par l'ufage de la Tifane
ou Apozême du Docteur Fels. Ces Atteftations
font fignées par M. Petit , premier Médecin de S.
A. S. Mgr. le Duc d'Orléans ; par M. Guérin ,
Chirurgien- Major des Moufquetaires Noirs , &
M. Moreau , premier Chirurgien de l'Hôtel- Dieu
de Paris. Il est à remarquer que le reste du temps
de la groffeffe de cette femme s'elt paflé en parfaite
fanté , & que l'enfant dont elle eſt accouchée
à terme & très - heureufement , ne s'est trouvé
affecté d'aucun fymptôme de maladie vénérienne.
2. Trois autres Atteftations , par lesquelles
FEVRIER. 1763 . 205
Te même M. Petit , M. le Thieullier & M. Cantwel
, Docteurs Régens de la Faculté de Médecine
de Paris , certifient que le mari de cette même
femme avoit auffi les fymptômes véroliques
les plus graves , lefquels fymprômes ont été en
outre reconnus tels par M. de Senac , premier
Médecin du Roi , par M. Quefnay , M. de la
Sone , MM. le Gagneur , Caumont , Hevin ,
Duval & autres Médecins & Chirurgiens de la
Cour & de la ville de Verſailles , où ce malade a
été traité fous leurs yeux , jufqu'à parfaite guérifon
, obtenue en pareil efpace de temps que la
précédente.
3º. Un Certificat de M. M... Capitaine de
Dragons & Chevalier de S. Louis , par lequel cet
Officier attefte qu'il a été parfaitement guéri par
la Tifane du Docteur Fels , d'une maladie vénérienne
très-grave & très-invétérée , qui l'avoit réduit
à une telle extrémité , que l'on défefpéroit
de la vie.
4. Une Déclaration volontaire , paffée devant
Me Deruelle & fon Confrère , Notaires à Paris ,
par le fieur D ... bourgeois de Paris , contenant ,
qu'après avoir été traité d'une maladie vénérienne
par plufieurs Chirurgiens , qui l'avoient manqué
(ce font les termes.) il a été parfaitement guéri par
le Reméde fpécifique qui lui a été confeillé & adminiftré
par M. Fels.
5º. Une Lettre de M. Monnet , par laquelle il
déclare que dès le neuvième jour •qu'il a fait
ufage de la Tifane du Docteur Fels , il a été délivré
de très vives douleurs de tête , de bras & de
jambes , qui le tourmentoient depuis long- temps ,
& qu'aucuns remédes n'avoient pu guérir ; qu'il
avoit confulté plufieurs Médecins , qui n'avoient
pu découvrir aucun fymptôme qui caractériſâr la
206 MERCURE DE FRANCE.
V.... mais que , fur quelques foupçons , il s'étoit
déterminé à prendre ce Remède , par lequel il
certifie avoir été parfaitement guéri en vingtquatre
jours , jouillant préfentement de la meil
leure fanté en foi de quoi , ce généreux Citoyen
a confenti que ce fait fût rendu public , & qu'on
le nommâr , pour lui donner plus d'authenticité.
On pourroit encore rapporter plufieurs autres
guérifons de maux vénériens de toutes eſpèces ,
& notamment de plufieurs caries , exoftoles &
autres maladies affectant les os , les cartilages ,
&c. que cet excellent Spécifique a radicalement
détruites ; mais les perfonnes qui ont été guéries
ne confentant pas d'être citées , on les doit
paffer fous filence ; d'autant plus que les fairs cideffus
rapportés fuffifent pour faire connoître évidemment
que ce Reméde eft un Spécifique certain
contre toute maladie vénérienne , foit récente
, ſoit invétérée , ſoit héréditaire , &c . &
que , de plus , un de fes effets particuliers eft de
réuffir parfaitement dans la cure des maladies
vénériennes qui ont réfifté à l'uſage du mercure
le mieux adminiftré ; avantage dont l'humanité
étoit privée avant la découverte de ce précieux
Reméde. Une remarque qu'il eft encore trèsnéceffaire
de faire , & qui ajoûte beaucoup à
l'importance de ce Spécifique , c'eft qu'il eft compofé
fans aucun ingrédient mercuriel , & par conféquent
exempt de tous les inconvéniens inféparables
du mercure.
M. Caumont efpere donner dans peu les obfervations
qu'il a faites fur ce Reméde & fur les
effets , depuis qu'il eft fous la direction.
Sa demeure eft à Paris , rue de Bourgogne ,
près de la rue de Varenne .
FEVRIER. 1763. 20
Madame Fels demeure toujours rue Quincampoix
, près de la rue de Venife , même maifon
que M. Arnoult , ancien Epicier- Droguifte.
Il eft bon de rappeller ici , en faveur des perfonnes
qui pourroient n'avoir pas été à portée de
lire les ouvrages périodiques où il a été fait mention
de ce Reméde , ce qui a déja été dit ſur ſes
propriétés.
Ce Spécifique eft un Apozême dont on boit trois
verres par jour.
Il a l'avantage , 1º. de guérir les maladies vénériennes,
fans jamais caufer de falivation , étant
compofé , comme on vient de le faire remarquer
, fans aucun ingrédient mercuriel.
2º. Les préparations qui le précédent fe font
-en très-peu de jours , les bains n'y étant pas néceffaires.
3º. Pendant l'ufage de ce Reméde , qui ne dure
ordinairement que vingt - quatre jours , on n'eſt
point aftreint à garder la chambre : on peut
même vaquer aux affaires qui ne caufent point
trop de fatigue & n'exigent point une trop longue
contention d'efprit , ayant foin néanmoins
de ne fe pas expofer aux injures de l'air.
4°. Ce Spécifique n'a rien de contraire aux
eftomachs débiles ni aux poitrines délicates ; il
en eſt même fouvent le véritable antidote , principalement
lorsque la langueur ou le mal- aife
de ces organes provient de quelques anciens
réfidus , vénériens maſqués ou dégénérés , comme
il n'arrive que trop communément à ceux qui
ont eu dans la jeuneffe certaines galanteries imparfaitement
terminées.
> s . Ce Reméde agit avec tant de douceur
que M. Fels , ainſi qu'on l'a vu ci-deffus , l'a
employé pendant le cours de la groffeffe même ,
208 MERCURE DE FRANCE.
avec le plus heureux fuccès ; & de même , pour
les enfans à la mammelle , en le faiſant boire à
leurs nourrices.
60. Loin d'être affoibli ou maigri par fon
ulage , on y recouvre les forces & l'embon
point détruits ou diminués par la maladie.
du Docteur FELS , premier Médecin &
·Bourgmestre de la ville de Scheleftat en Alface.
La Dame veuve du Docteur Fels ayant obtent
un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , par lequel Sa
Majefté lui a permis de continuer de compofer
& d'adminiftrer , ou faire adminiftrer par fes Pré-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
pofés , tant à Paris , fous l'infpection & direction
de M. Caumont , Médecin ordinaire du Roi ,
que dans les Provinces du Royaume , le Remède ,
ou Spécifique anti - vénérien , dont fon mari a fait
la découverte , en fit publier peu après cette
obtention , les propriétés effentielles & très-intéreffantes
pour le Public . ( Voyez le Mercure
d'Août 1762 & la Feuille des Affiches du 19 Juillet
même année , &c. ) Mais , comme elle ne put
alors accompagner fon Avis ou Inftruction d'un
Extrait de Piéces juftificatives propres à prouver
& conftater l'excellence & les avantages de ce
Spécifique , ces Piéces étant pour - lors fous les
fcellés appofés après le décès de fon mari ; elle
croit devoir maintenant faire part au Public de
quelques-uns des principaux faits qui y font
énoncés & atteftés par pluſieurs Médecins & Chirurgiens
très- célébres .
1. Trois Atteftations qui prouvent très- authentiquement
qu'une femme de la Paroiffe d'Ablincourt
, Diocèle de Noyon , enceinte de 4 mois
& demi , ayant tous les fymptômes les plus graves
& les plus caractériſtiques de la V .... a été parfairement
guérie en huit jours par l'ufage de la Tifane
ou Apozême du Docteur Fels. Ces Atteftations
font fignées par M. Petit , premier Médecin de S.
A. S. Mgr. le Duc d'Orléans ; par M. Guérin ,
Chirurgien- Major des Moufquetaires Noirs , &
M. Moreau , premier Chirurgien de l'Hôtel- Dieu
de Paris. Il est à remarquer que le reste du temps
de la groffeffe de cette femme s'elt paflé en parfaite
fanté , & que l'enfant dont elle eſt accouchée
à terme & très - heureufement , ne s'est trouvé
affecté d'aucun fymptôme de maladie vénérienne.
2. Trois autres Atteftations , par lesquelles
FEVRIER. 1763 . 205
Te même M. Petit , M. le Thieullier & M. Cantwel
, Docteurs Régens de la Faculté de Médecine
de Paris , certifient que le mari de cette même
femme avoit auffi les fymptômes véroliques
les plus graves , lefquels fymprômes ont été en
outre reconnus tels par M. de Senac , premier
Médecin du Roi , par M. Quefnay , M. de la
Sone , MM. le Gagneur , Caumont , Hevin ,
Duval & autres Médecins & Chirurgiens de la
Cour & de la ville de Verſailles , où ce malade a
été traité fous leurs yeux , jufqu'à parfaite guérifon
, obtenue en pareil efpace de temps que la
précédente.
3º. Un Certificat de M. M... Capitaine de
Dragons & Chevalier de S. Louis , par lequel cet
Officier attefte qu'il a été parfaitement guéri par
la Tifane du Docteur Fels , d'une maladie vénérienne
très-grave & très-invétérée , qui l'avoit réduit
à une telle extrémité , que l'on défefpéroit
de la vie.
4. Une Déclaration volontaire , paffée devant
Me Deruelle & fon Confrère , Notaires à Paris ,
par le fieur D ... bourgeois de Paris , contenant ,
qu'après avoir été traité d'une maladie vénérienne
par plufieurs Chirurgiens , qui l'avoient manqué
(ce font les termes.) il a été parfaitement guéri par
le Reméde fpécifique qui lui a été confeillé & adminiftré
par M. Fels.
5º. Une Lettre de M. Monnet , par laquelle il
déclare que dès le neuvième jour •qu'il a fait
ufage de la Tifane du Docteur Fels , il a été délivré
de très vives douleurs de tête , de bras & de
jambes , qui le tourmentoient depuis long- temps ,
& qu'aucuns remédes n'avoient pu guérir ; qu'il
avoit confulté plufieurs Médecins , qui n'avoient
pu découvrir aucun fymptôme qui caractériſâr la
206 MERCURE DE FRANCE.
V.... mais que , fur quelques foupçons , il s'étoit
déterminé à prendre ce Remède , par lequel il
certifie avoir été parfaitement guéri en vingtquatre
jours , jouillant préfentement de la meil
leure fanté en foi de quoi , ce généreux Citoyen
a confenti que ce fait fût rendu public , & qu'on
le nommâr , pour lui donner plus d'authenticité.
On pourroit encore rapporter plufieurs autres
guérifons de maux vénériens de toutes eſpèces ,
& notamment de plufieurs caries , exoftoles &
autres maladies affectant les os , les cartilages ,
&c. que cet excellent Spécifique a radicalement
détruites ; mais les perfonnes qui ont été guéries
ne confentant pas d'être citées , on les doit
paffer fous filence ; d'autant plus que les fairs cideffus
rapportés fuffifent pour faire connoître évidemment
que ce Reméde eft un Spécifique certain
contre toute maladie vénérienne , foit récente
, ſoit invétérée , ſoit héréditaire , &c . &
que , de plus , un de fes effets particuliers eft de
réuffir parfaitement dans la cure des maladies
vénériennes qui ont réfifté à l'uſage du mercure
le mieux adminiftré ; avantage dont l'humanité
étoit privée avant la découverte de ce précieux
Reméde. Une remarque qu'il eft encore trèsnéceffaire
de faire , & qui ajoûte beaucoup à
l'importance de ce Spécifique , c'eft qu'il eft compofé
fans aucun ingrédient mercuriel , & par conféquent
exempt de tous les inconvéniens inféparables
du mercure.
M. Caumont efpere donner dans peu les obfervations
qu'il a faites fur ce Reméde & fur les
effets , depuis qu'il eft fous la direction.
Sa demeure eft à Paris , rue de Bourgogne ,
près de la rue de Varenne .
FEVRIER. 1763. 20
Madame Fels demeure toujours rue Quincampoix
, près de la rue de Venife , même maifon
que M. Arnoult , ancien Epicier- Droguifte.
Il eft bon de rappeller ici , en faveur des perfonnes
qui pourroient n'avoir pas été à portée de
lire les ouvrages périodiques où il a été fait mention
de ce Reméde , ce qui a déja été dit ſur ſes
propriétés.
Ce Spécifique eft un Apozême dont on boit trois
verres par jour.
Il a l'avantage , 1º. de guérir les maladies vénériennes,
fans jamais caufer de falivation , étant
compofé , comme on vient de le faire remarquer
, fans aucun ingrédient mercuriel.
2º. Les préparations qui le précédent fe font
-en très-peu de jours , les bains n'y étant pas néceffaires.
3º. Pendant l'ufage de ce Reméde , qui ne dure
ordinairement que vingt - quatre jours , on n'eſt
point aftreint à garder la chambre : on peut
même vaquer aux affaires qui ne caufent point
trop de fatigue & n'exigent point une trop longue
contention d'efprit , ayant foin néanmoins
de ne fe pas expofer aux injures de l'air.
4°. Ce Spécifique n'a rien de contraire aux
eftomachs débiles ni aux poitrines délicates ; il
en eſt même fouvent le véritable antidote , principalement
lorsque la langueur ou le mal- aife
de ces organes provient de quelques anciens
réfidus , vénériens maſqués ou dégénérés , comme
il n'arrive que trop communément à ceux qui
ont eu dans la jeuneffe certaines galanteries imparfaitement
terminées.
> s . Ce Reméde agit avec tant de douceur
que M. Fels , ainſi qu'on l'a vu ci-deffus , l'a
employé pendant le cours de la groffeffe même ,
208 MERCURE DE FRANCE.
avec le plus heureux fuccès ; & de même , pour
les enfans à la mammelle , en le faiſant boire à
leurs nourrices.
60. Loin d'être affoibli ou maigri par fon
ulage , on y recouvre les forces & l'embon
point détruits ou diminués par la maladie.
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Résumé : NOUVEL Avis, concernant le Spécifique antivénérien du Docteur FELS, premier Médecin & Bourgmestre de la ville de Schelestat en Alsace.
Le document traite d'un avis concernant le spécifique antivénérien du Docteur Fels, premier médecin et bourgmestre de la ville de Scheleftat en Alface. La veuve du Docteur Fels a obtenu un arrêt du Conseil d'État du Roi, lui permettant de continuer à composer et administrer ce remède à Paris et dans les provinces du Royaume, sous la direction de M. Caumont, médecin ordinaire du Roi. Le texte mentionne plusieurs attestations et certificats de médecins et chirurgiens célèbres, prouvant l'efficacité du spécifique antivénérien. Parmi les cas notables, une femme enceinte de quatre mois et demi, guérie en huit jours, et son mari, également guéri en peu de temps. D'autres témoignages incluent un capitaine de dragons et un bourgeois de Paris, tous ayant été guéris de maladies vénériennes graves. Le spécifique est décrit comme un apozème à boire, composé sans ingrédient mercuriel, ce qui évite les inconvénients du mercure. Il guérit les maladies vénériennes sans salivation, en peu de jours, et permet de vaquer aux affaires sans contrainte excessive. Il est également bénéfique pour les estomacs débiles et les poitrines délicates, et peut être utilisé pendant la grossesse et pour les nourrissons via leurs nourrices. Le remède renforce les forces et l'embonpoint. M. Caumont prévoit de publier ses observations sur ce remède. Les adresses de M. Caumont et de Madame Fels sont fournies pour toute demande d'information.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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59
p. 208-209
LETTRE de M. GUERIN, Chirurgien-Major des Mousquetaires du Roi, à l'Auteur du Mercure.
Début :
Je croirois manquer au Public, Monsieur, si je ne vous priois de vouloir bien insérer dans [...]
Mots clefs :
Certificat, Chirurgien, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. GUERIN, Chirurgien-Major des Mousquetaires du Roi, à l'Auteur du Mercure.
LETTRE de M. GUERIN , Chirurgien-Major
des Moufquetaires du Roi , à l'Auteur du Mer-
Cure.
Je croirois manquer au Public , Monfieur , fi
je ne vous priois de vouloir bien inférer dans
le prochain Mercure un fait dont il eft bon de
l'éclaircir & que voici.
J'ai vu avec étonnement dans la feuille des
Affiches du mois de Janvier que Madame Fels ,
pour accréditer vraisemblablement le remede
qu'elle diftribue pour les maladies vénériennes ,
a annoncé un Certificat de M. Moreau & de
moi. Comme j'étois perfuadé de n'en avoir pas
donné , n'ayant pas plus l'honneur de la connoître
que fon Reméde , ainfi que les effets , j'ai
cru qu'il convenoit , avant d'en faire mon défaveu
, que j'éclairciffe les raifons qui pouvoient
avoir engagé Madame Fels à me citer , & je
me tranſportai à cet effet chez elle . Ne l'ayant
pas trouvée , & M Arnoult , Auteur des Sachets
apoplectiques , m'ayant demandé ce que je voulois
, & dit qu'il étoit en état de répondre à mes
queftions , je l'interpellai fur le prétendu certificat
de M. Moreau & de moi , & le priai de me
le faire voir , ce qu'il fit en me tirant deux papiers
, dont effectivement je reconnus l'un pour
être de mon écriture , & fur lequel au lieu
' d'être un certificat , ainfi qu'il le difoit , étoir
FEVRIER. 1763. 209
un énoncé pur & fimple de différens fymptômes
d'une maladie vénérienne , pour laquelle une
femme m'étoit venu confulter avec M. Moreau ,
mon confrère , il y a environ trois ans , & qui
avoit également confulté M. Moreau , mon confrère
, Chirurgien- Major de l'Hôtel- Dieu .
Mais comme depuis ce temps je n'ai plus entendu
parler de ladite femme , que j'ai ignoré fi
elle avoit été traitée , & par quel remède , fi elle
avoit été guérie ou non , & que par conféquent je
n'avois point donné de certificat , je vous réïtére
que j'ai vu avec le plus grand étonnement
que l'on m'avoit cité pour l'avoir donné avec autant
de légéreté .
Quant à celui de M. Moreau , fon prétenda
certificat eft le même énoncé que le mien , & il
protefte ainfi que moi qu'il n'en a pas donné.
Je finis en ajoutant que je crois devoir ce témoignage
à la vérité. Les certificats en fait de
remèdes nouveaux me paroiffant pour le Public
de la derniere conféquence , & trouvant fort
mauvais que l'on me faffe parler d'une choſe
que je ne connois point , & fur laquelle je n'ai
rien dit.
J'ai l'honneur d'être & c.
Paris , le 31 Janvier 1763.
des Moufquetaires du Roi , à l'Auteur du Mer-
Cure.
Je croirois manquer au Public , Monfieur , fi
je ne vous priois de vouloir bien inférer dans
le prochain Mercure un fait dont il eft bon de
l'éclaircir & que voici.
J'ai vu avec étonnement dans la feuille des
Affiches du mois de Janvier que Madame Fels ,
pour accréditer vraisemblablement le remede
qu'elle diftribue pour les maladies vénériennes ,
a annoncé un Certificat de M. Moreau & de
moi. Comme j'étois perfuadé de n'en avoir pas
donné , n'ayant pas plus l'honneur de la connoître
que fon Reméde , ainfi que les effets , j'ai
cru qu'il convenoit , avant d'en faire mon défaveu
, que j'éclairciffe les raifons qui pouvoient
avoir engagé Madame Fels à me citer , & je
me tranſportai à cet effet chez elle . Ne l'ayant
pas trouvée , & M Arnoult , Auteur des Sachets
apoplectiques , m'ayant demandé ce que je voulois
, & dit qu'il étoit en état de répondre à mes
queftions , je l'interpellai fur le prétendu certificat
de M. Moreau & de moi , & le priai de me
le faire voir , ce qu'il fit en me tirant deux papiers
, dont effectivement je reconnus l'un pour
être de mon écriture , & fur lequel au lieu
' d'être un certificat , ainfi qu'il le difoit , étoir
FEVRIER. 1763. 209
un énoncé pur & fimple de différens fymptômes
d'une maladie vénérienne , pour laquelle une
femme m'étoit venu confulter avec M. Moreau ,
mon confrère , il y a environ trois ans , & qui
avoit également confulté M. Moreau , mon confrère
, Chirurgien- Major de l'Hôtel- Dieu .
Mais comme depuis ce temps je n'ai plus entendu
parler de ladite femme , que j'ai ignoré fi
elle avoit été traitée , & par quel remède , fi elle
avoit été guérie ou non , & que par conféquent je
n'avois point donné de certificat , je vous réïtére
que j'ai vu avec le plus grand étonnement
que l'on m'avoit cité pour l'avoir donné avec autant
de légéreté .
Quant à celui de M. Moreau , fon prétenda
certificat eft le même énoncé que le mien , & il
protefte ainfi que moi qu'il n'en a pas donné.
Je finis en ajoutant que je crois devoir ce témoignage
à la vérité. Les certificats en fait de
remèdes nouveaux me paroiffant pour le Public
de la derniere conféquence , & trouvant fort
mauvais que l'on me faffe parler d'une choſe
que je ne connois point , & fur laquelle je n'ai
rien dit.
J'ai l'honneur d'être & c.
Paris , le 31 Janvier 1763.
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Résumé : LETTRE de M. GUERIN, Chirurgien-Major des Mousquetaires du Roi, à l'Auteur du Mercure.
M. Guerin, Chirurgien-Major des Moufquetaires du Roi, écrit au rédacteur du Mercure pour contester une annonce parue dans les Affiches de janvier. Cette annonce, signée par Madame Fels, mentionne un certificat attribué à M. Moreau et à lui-même, appuyant un remède contre les maladies vénériennes. Guerin nie avoir émis un tel certificat et affirme ne pas connaître Madame Fels ni son remède. Pour clarifier la situation, il se rend chez Madame Fels mais la trouve absente. M. Arnoult, auteur des Sachets apoplectiques, lui montre un document écrit par Guerin, décrivant des symptômes d'une maladie vénérienne consultée avec M. Moreau trois ans auparavant. Guerin précise qu'il ignore si la femme a été traitée ou guérie, et qu'il n'a donc pas émis de certificat. Il exprime son étonnement d'être cité pour un certificat qu'il n'a pas donné. M. Moreau, également interrogé, confirme ne pas avoir émis de certificat. Guerin conclut en soulignant l'importance de la vérité et le danger des faux certificats pour le public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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60
p. 64-71
MÉTHODE de M. KEYSER pour l'administration de ses dragées dans le traitement des Maladies vénériennes, imprimée par ordre du ROI ; 1763. Brochure in-8 °.
Début :
De toutes les maladies qui affligent l'humanité, il n'en est point de plus digne [...]
Mots clefs :
Remède, Maladies vénériennes, Mercure, Salivation, Chirurgie
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texteReconnaissance textuelle : MÉTHODE de M. KEYSER pour l'administration de ses dragées dans le traitement des Maladies vénériennes, imprimée par ordre du ROI ; 1763. Brochure in-8 °.
NOUVELLES LITTERAIRES.
MÉTHODE de M. KEYSER pour.
l'adminiftration de fes dragées dans
le traitement des Maladies vénériennes
, imprimée par ordre du RoI ;
1763. Brochure in - 8 ° .
E De toutes les maladies qui affligent
l'humanité , il n'en eft point de plus digne
de la vigilance du Gouvernement,
& des foins de la médecine , que celles
qui portent la corruption dans la maffe'
générale de nos humeurs infectent
notre origine , tranfmettent un funefte
héritage aux races futures , & affoiblif
fent infenfiblement l'efpèce humaine .
Telles font les maladies vénériennés
dont M.Keyfer fait une defcription bien
éffrayante dans l'excellent avant- propos
qui précéde fa méthode. Ce terrible fléau
éxerce furtout fa fureur far le bas peuple
& fur les foldats , moins pourvûs de
moyens pour fe prémunir contre fes
MARS, 1763. 65
premieres atteintes. Ici M. Keyfer nous
donne une hiftoire curieufe & intéref-
? fante , quoique très -fuccinte, des remédes
employés en différens temps contre
les maladies vénériennes. Les vé-,
gétaux célébres dont le nouveau mon-,
de fe fervoit fi avantageufement pour,
les combattre , n'eurent qu'un médiocre
fuccès dans nos climats. On apprit,
par expérience , que le mercure en étoit
le feul fpécifique ; mais on a prèfque
toujours varié fur la maniere de le préparer
, de l'introduire dans le corps &
de l'adminiftrer. Les premieres épreuves
on été en faveur de l'application exté
rieure; on a enfuite penfé que fon ufage
intérieur pourroir être plus éfficace.
On l'a donné , pour ainfi dire , tel que
la nature nous l'a fourni ; & l'on s'eft
contenté d'une légére purification extérieure
; mais l'on s'eft bientôt apperçu
que fon poids l'entraînoir par la voye
intefimale , & ne lui permettoit point
d'entrer dans les veines lactées. On a
conclu qu'il falloit lui donner différentes
préparations ; & les Maîtres de l'Art
fe font éxercés à le rendre propre
opérer de la maniere la plus efficace.
De-la tant de diverfes méthodes qui ont
eu quelque fuccès ; mais leur crédit
66 MERCURE DE FRANCE.
plus fouvent con redit par l'expérience ,
ne s'eft jamais foutenu long- temps. Le
plus grand nombre des Chirurgiens ont
tourné leur confiance du côté des frictions
en y préparant le corps par tout
ce qui pouvoit les rendre falutaires. On
eft venu à bout d'établir ainfi un traitement
plus prudent , plus ménagé &
plus méthodique que les précédens . On
a opéré des guérifons ; mais on en a
manqué un grand nombre. Quelque
fageffe qu'on ait employée dans l'adininiftration
, fouvent on n'a pu prévenir
des accidens redoutables. L'épuiſement
des malades , par l'excès de la falivation,'
a été tel , pour l'ordinaire , que les convalefcences
ont été une feconde maladie.
On a cru obvier à cet inconvénient
en évitant la falivation la plus
légére ; mais en adouciffant le reméde,
on n'a fait, pour ainfi dire,que pallier
le mal. Nous pafferons fous filence
les autres méthodes inventées jufqu'au
temps de Boerhaave, qui ofa faire l'effai
du fublimé corrofif , avec les ménagemens
qu'éxigeoit une entreprife fi
périlleufe. Son autorité prépondérante,
celle de fon illuftre difciple le Baron
de Vanfwieten , & quelques fuccès fur
les tempéramens robuftes , ont accrédi
MARS. 1763. 67
té jufqu'à un certain point ce reméde ,
mais n'ont pu effacer la jufte méfiance
que mérite un poiſon , quelque petite
qu'en foit la dofe , avec quelque prudence
qu'on l'adminiftre. Le feul point
fur lequel on ne varie pas , c'eft que
le vrai fpécifique du virus vénérien , ne
doit point être cherché ailleurs que dans
le mercure. On ne fe partage que fur
la maniere de le préparer & de l'adminiftrer.
M. Keyfer appellé dès fa jeuneſſe à
l'exercice de la Chirurgie , & particulierement
livré au traitement des maladies
vénériennes , apprit de bonne
heure à connoître l'imperfection des
différentes méthodes. Prévenu d'un
goût décidé pour la Chymie , il s'appliqua
principalement à travailler le
Mercure , dans tous les fens poffibles ,
pour découvrir le plus propre à développer
& à manifefter complettement fa
vertu anti-vénérienne . Il faut lire dans
l'ouvrage même les raifonnemens pleins
de folidité , de jufteffe , de clarté & de
précifion fur la nature de ce minéral ,
fur fa vertu , fes effets & la manière
de le préparer. Ce que M. Keyfer a
imaginé avec tant de fagacité , il l'a exécuté
avec le fuccès le plus heureux ;
}
68 MERCURE DE FRANCE.
1
mais il n'y eft parvenu qu'après des efforts
redoublés ; & fa conftance courageufe
le conduifit enfin au terme defiré.
Dès-lors fon reméde ne pouvoit
manquer d'éprouver bien des contradictions
; mas il en triompha par le
nombre & la folidité des cures qu'il
opéra ,, ppaarr fa conduite prudente & circonfpecte
, par le témoignage des perfonnes
vertueufes & éclairées qui ont
fuivi fes traitemens , & par la protection
particulière de M. le Maréchal de Biron.
Ce Seigneur , ami de la vérité & du bien
public , en établiffant & en foutenant
un Hôpital pour les Soldats des Gardes
Françoifes , a fervi puiffament M. Key
fer , le Corps illuftre qu'il commande,
& la totalité des citoyens. Convaincu
par fes propres yeux de l'éfficacité d'un
reméde dont il voyoit chaque jour les
effets les plus falutaires , il n'a point dédaigné
de defcendre dans des détails
pour en maintenir le crédit , pour dévoiler
l'impofture attachée à le décrier.
L'expérience continua à parler en faveur
des dragées de M. Keyfer. Le Public y
eut recours avec un redoublement de
confiance. Plufieurs perfonnes recom→
mandables par leur probité , par leur
zéle pour tous les objets d'utilité puMAR
S. 1763.. 69
blique , joignirent leurs voix à celle de
M. le Maréchal de Biron. Un Miniftre
également diftingué par la fupériorité
de fes lumiéres , par fes dignités & par
fa naiffance , fans interrompre fes grandes
occupations publiques , militaires &
maritimes , recueillit avec foin tous ces
fuffrages , parce qu'ils tendoient à fecourir
tous les fujets du Roi , & furtout
cette partie qui fait la force de
l'Etat. Il les fit valoir aifément auprès
de Sa Majefté , qui a bien voulu agréer
l'offre que M. Keyfer lui a faite du fecret
de fa compofition ; & dans la vue
de proportionner la récompenfe à l'utilité
du reméde , Elle l'a gratifié d'une
penfion annuelle de dix mille livres ,
ainfi que nous l'avons déja dit dans un
de nos Mercures précédens. Les Lettres
Patentes du Roi rappellent les raifons
qui ont déterminé S. M. à acquérir
ce fecret ; c'eft 1 ° . l'ufage qui s'eft fair
des dragées anti-vénériennes,tant fur un
grand nombre de Particuliers, que dans
les Hôpitaux militaires , & les fuccès
authentiques qui l'ont fuivi . 2 °. Le defir
de ménager à tout le monde la facilité
de fe procurer pour un prix modique
un reméde excellent , & fi fouvent
néceffaire , & de ne point l'expo70
MERCURE DE FRANCE .
re ,
fer à tomber dans le difcrédit l'i-
, par
gnorance , l'inexpérience , & peut- être
la mauvaiſe foi de quelques - uns de
ceux qui le prépareroient. On n'a point
à craindre que cet important dépôt périffe
il ne pouvoit être confié à desmains
plus fures & plus habiles qu'à
celles de M. Senac. La place qu'il occupe
, la confiance dont le Roi l'honol'étendue
de fes connoiffances en
Médecine , fes fçavans écrits & fes lumières
particulières en Chymie , doivent
donner le plus grand poids au rapport
fidéle qu'il en a fait à Sa Majeſté.
Un autre témoignage qui doit encore
foutenir la confiance générale pour un
reméde fi précieux à l'humanité , eſt
celui de M. Richard , premier Médecin
de l'Armée , qui eft auffi le dépofitaire
de ce fecret. Plus de mille expériences
faites fous fes yeux , & dont il a rendu
un compte fidéle au Miniftre , font des
preuves qui n'ont laiffé aucun doute fur
féfficacité du reméde , & que fa probité
reconnue & fon zéle pour le bien public
ne lui ont pas perinis de diffimuler.
Nous n'entrerons ici dans aucun détail
au fujet de la Méthode de M. Keyfer. Un
fimple extrait ne fuffiroit pas aux malades
qui font dans le cas de faire ufaMARS.
1763.
ge du reméde , & deviendroit inutile à
ceux qui fe portent bien. Les premiers
fe procureront aifément l'ouvrage même
qui s'envoye avec la dofe de dragées
néceffaire à leur guériſon , pour la
fomme de 14 liv.
MÉTHODE de M. KEYSER pour.
l'adminiftration de fes dragées dans
le traitement des Maladies vénériennes
, imprimée par ordre du RoI ;
1763. Brochure in - 8 ° .
E De toutes les maladies qui affligent
l'humanité , il n'en eft point de plus digne
de la vigilance du Gouvernement,
& des foins de la médecine , que celles
qui portent la corruption dans la maffe'
générale de nos humeurs infectent
notre origine , tranfmettent un funefte
héritage aux races futures , & affoiblif
fent infenfiblement l'efpèce humaine .
Telles font les maladies vénériennés
dont M.Keyfer fait une defcription bien
éffrayante dans l'excellent avant- propos
qui précéde fa méthode. Ce terrible fléau
éxerce furtout fa fureur far le bas peuple
& fur les foldats , moins pourvûs de
moyens pour fe prémunir contre fes
MARS, 1763. 65
premieres atteintes. Ici M. Keyfer nous
donne une hiftoire curieufe & intéref-
? fante , quoique très -fuccinte, des remédes
employés en différens temps contre
les maladies vénériennes. Les vé-,
gétaux célébres dont le nouveau mon-,
de fe fervoit fi avantageufement pour,
les combattre , n'eurent qu'un médiocre
fuccès dans nos climats. On apprit,
par expérience , que le mercure en étoit
le feul fpécifique ; mais on a prèfque
toujours varié fur la maniere de le préparer
, de l'introduire dans le corps &
de l'adminiftrer. Les premieres épreuves
on été en faveur de l'application exté
rieure; on a enfuite penfé que fon ufage
intérieur pourroir être plus éfficace.
On l'a donné , pour ainfi dire , tel que
la nature nous l'a fourni ; & l'on s'eft
contenté d'une légére purification extérieure
; mais l'on s'eft bientôt apperçu
que fon poids l'entraînoir par la voye
intefimale , & ne lui permettoit point
d'entrer dans les veines lactées. On a
conclu qu'il falloit lui donner différentes
préparations ; & les Maîtres de l'Art
fe font éxercés à le rendre propre
opérer de la maniere la plus efficace.
De-la tant de diverfes méthodes qui ont
eu quelque fuccès ; mais leur crédit
66 MERCURE DE FRANCE.
plus fouvent con redit par l'expérience ,
ne s'eft jamais foutenu long- temps. Le
plus grand nombre des Chirurgiens ont
tourné leur confiance du côté des frictions
en y préparant le corps par tout
ce qui pouvoit les rendre falutaires. On
eft venu à bout d'établir ainfi un traitement
plus prudent , plus ménagé &
plus méthodique que les précédens . On
a opéré des guérifons ; mais on en a
manqué un grand nombre. Quelque
fageffe qu'on ait employée dans l'adininiftration
, fouvent on n'a pu prévenir
des accidens redoutables. L'épuiſement
des malades , par l'excès de la falivation,'
a été tel , pour l'ordinaire , que les convalefcences
ont été une feconde maladie.
On a cru obvier à cet inconvénient
en évitant la falivation la plus
légére ; mais en adouciffant le reméde,
on n'a fait, pour ainfi dire,que pallier
le mal. Nous pafferons fous filence
les autres méthodes inventées jufqu'au
temps de Boerhaave, qui ofa faire l'effai
du fublimé corrofif , avec les ménagemens
qu'éxigeoit une entreprife fi
périlleufe. Son autorité prépondérante,
celle de fon illuftre difciple le Baron
de Vanfwieten , & quelques fuccès fur
les tempéramens robuftes , ont accrédi
MARS. 1763. 67
té jufqu'à un certain point ce reméde ,
mais n'ont pu effacer la jufte méfiance
que mérite un poiſon , quelque petite
qu'en foit la dofe , avec quelque prudence
qu'on l'adminiftre. Le feul point
fur lequel on ne varie pas , c'eft que
le vrai fpécifique du virus vénérien , ne
doit point être cherché ailleurs que dans
le mercure. On ne fe partage que fur
la maniere de le préparer & de l'adminiftrer.
M. Keyfer appellé dès fa jeuneſſe à
l'exercice de la Chirurgie , & particulierement
livré au traitement des maladies
vénériennes , apprit de bonne
heure à connoître l'imperfection des
différentes méthodes. Prévenu d'un
goût décidé pour la Chymie , il s'appliqua
principalement à travailler le
Mercure , dans tous les fens poffibles ,
pour découvrir le plus propre à développer
& à manifefter complettement fa
vertu anti-vénérienne . Il faut lire dans
l'ouvrage même les raifonnemens pleins
de folidité , de jufteffe , de clarté & de
précifion fur la nature de ce minéral ,
fur fa vertu , fes effets & la manière
de le préparer. Ce que M. Keyfer a
imaginé avec tant de fagacité , il l'a exécuté
avec le fuccès le plus heureux ;
}
68 MERCURE DE FRANCE.
1
mais il n'y eft parvenu qu'après des efforts
redoublés ; & fa conftance courageufe
le conduifit enfin au terme defiré.
Dès-lors fon reméde ne pouvoit
manquer d'éprouver bien des contradictions
; mas il en triompha par le
nombre & la folidité des cures qu'il
opéra ,, ppaarr fa conduite prudente & circonfpecte
, par le témoignage des perfonnes
vertueufes & éclairées qui ont
fuivi fes traitemens , & par la protection
particulière de M. le Maréchal de Biron.
Ce Seigneur , ami de la vérité & du bien
public , en établiffant & en foutenant
un Hôpital pour les Soldats des Gardes
Françoifes , a fervi puiffament M. Key
fer , le Corps illuftre qu'il commande,
& la totalité des citoyens. Convaincu
par fes propres yeux de l'éfficacité d'un
reméde dont il voyoit chaque jour les
effets les plus falutaires , il n'a point dédaigné
de defcendre dans des détails
pour en maintenir le crédit , pour dévoiler
l'impofture attachée à le décrier.
L'expérience continua à parler en faveur
des dragées de M. Keyfer. Le Public y
eut recours avec un redoublement de
confiance. Plufieurs perfonnes recom→
mandables par leur probité , par leur
zéle pour tous les objets d'utilité puMAR
S. 1763.. 69
blique , joignirent leurs voix à celle de
M. le Maréchal de Biron. Un Miniftre
également diftingué par la fupériorité
de fes lumiéres , par fes dignités & par
fa naiffance , fans interrompre fes grandes
occupations publiques , militaires &
maritimes , recueillit avec foin tous ces
fuffrages , parce qu'ils tendoient à fecourir
tous les fujets du Roi , & furtout
cette partie qui fait la force de
l'Etat. Il les fit valoir aifément auprès
de Sa Majefté , qui a bien voulu agréer
l'offre que M. Keyfer lui a faite du fecret
de fa compofition ; & dans la vue
de proportionner la récompenfe à l'utilité
du reméde , Elle l'a gratifié d'une
penfion annuelle de dix mille livres ,
ainfi que nous l'avons déja dit dans un
de nos Mercures précédens. Les Lettres
Patentes du Roi rappellent les raifons
qui ont déterminé S. M. à acquérir
ce fecret ; c'eft 1 ° . l'ufage qui s'eft fair
des dragées anti-vénériennes,tant fur un
grand nombre de Particuliers, que dans
les Hôpitaux militaires , & les fuccès
authentiques qui l'ont fuivi . 2 °. Le defir
de ménager à tout le monde la facilité
de fe procurer pour un prix modique
un reméde excellent , & fi fouvent
néceffaire , & de ne point l'expo70
MERCURE DE FRANCE .
re ,
fer à tomber dans le difcrédit l'i-
, par
gnorance , l'inexpérience , & peut- être
la mauvaiſe foi de quelques - uns de
ceux qui le prépareroient. On n'a point
à craindre que cet important dépôt périffe
il ne pouvoit être confié à desmains
plus fures & plus habiles qu'à
celles de M. Senac. La place qu'il occupe
, la confiance dont le Roi l'honol'étendue
de fes connoiffances en
Médecine , fes fçavans écrits & fes lumières
particulières en Chymie , doivent
donner le plus grand poids au rapport
fidéle qu'il en a fait à Sa Majeſté.
Un autre témoignage qui doit encore
foutenir la confiance générale pour un
reméde fi précieux à l'humanité , eſt
celui de M. Richard , premier Médecin
de l'Armée , qui eft auffi le dépofitaire
de ce fecret. Plus de mille expériences
faites fous fes yeux , & dont il a rendu
un compte fidéle au Miniftre , font des
preuves qui n'ont laiffé aucun doute fur
féfficacité du reméde , & que fa probité
reconnue & fon zéle pour le bien public
ne lui ont pas perinis de diffimuler.
Nous n'entrerons ici dans aucun détail
au fujet de la Méthode de M. Keyfer. Un
fimple extrait ne fuffiroit pas aux malades
qui font dans le cas de faire ufaMARS.
1763.
ge du reméde , & deviendroit inutile à
ceux qui fe portent bien. Les premiers
fe procureront aifément l'ouvrage même
qui s'envoye avec la dofe de dragées
néceffaire à leur guériſon , pour la
fomme de 14 liv.
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Résumé : MÉTHODE de M. KEYSER pour l'administration de ses dragées dans le traitement des Maladies vénériennes, imprimée par ordre du ROI ; 1763. Brochure in-8 °.
Le texte de 1763 présente la méthode de M. Keyfer pour traiter les maladies vénériennes, considérées comme graves car elles corrompent les humeurs, se transmettent aux générations futures et affaiblissent l'espèce humaine. Ces maladies touchent principalement le bas peuple et les soldats, moins capables de se protéger. Historiquement, divers remèdes ont été utilisés, mais le mercure s'est révélé le plus efficace. Cependant, les méthodes d'administration du mercure ont varié et souvent échoué. Les premières tentatives utilisaient des applications extérieures, puis intérieures, mais avec des résultats mitigés. Les frictions et les préparations internes ont également été essayées, mais sans succès durable. M. Keyfer, chirurgien spécialisé dans les maladies vénériennes, a développé une méthode innovante en travaillant sur le mercure. Après des efforts intenses, il a créé des dragées anti-vénériennes qui ont obtenu des résultats positifs. Son travail a été soutenu par le Maréchal de Biron et d'autres personnalités influentes, ce qui a conduit le roi à accorder à M. Keyfer une pension annuelle de dix mille livres pour son secret de fabrication. Les Lettres Patentes du roi soulignent l'efficacité des dragées et la nécessité de les rendre accessibles à un prix modique. Le secret de la composition a été confié à M. Senac et à M. Richard, premier médecin de l'armée, tous deux reconnus pour leur expertise et leur probité.
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61
p. 133-135
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE.
Début :
Je crois devoir, Monsieur, vous faire part, par principe de Religion, & par [...]
Mots clefs :
Remède, Cendre, Malade, Hydropisie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE.
LETTRE A L'AUTEUR DU
MERCURE.
REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE .
E Je crois devoir , Monfieur , vous faire
part , par principe de Religion , & par
fenfibilité aux différentes maladies qui
attaquent le corps humain , d'un reméde
que j'ai contre l'hydropifie , efpéce
de maladie à laquelle nos Payfans
de cette Province font extrêmement
fujets. L'expérience heureufe que je
fais de ce reméde m'engage à vous
prier de l'inférer dans votre Mercure ;
rien n'eft plus fimple que ce reméde :
le voici.
On fait faire trois fagots de trois différens
bois , fçavoir de houx , de fureau
& de frefne , tous les trois de poids
égal ; on les brule enſemble , après quoi
on en paffe la cendre par un tamis
bien fin ; on , la met enfuite dans un
134 MERCURE DE FRANCE.
pot ou autre vafe bien couvert. Il faut
obferver qu'il faut couper ces différens
bois dans les deux temps de la féve ,
comme au mois de Mai ou au mois
d'Août , & les bruler auffitôt qu'ils font
coupés. Comme on a beaucoup de peine
à allumer ces bois verts je me fers
d'un réchaud rempli de braife que je
mets fous ces bois pour les allumer. Dès
que le feu eft bien pris , on retire le
réchaud avec la braize qui y étoit , afin
qu'il n'entre rien d'étranger dans la cen
dre . Il faut obferver que pour bien faire
confommer cette cendre , on a foin ,
après que tous les bois font brulés , de
la raffembler dans un tas ; on la couvre
enfuite , & on la laiffè dans la cheminée
l'efpace de trente- fix heures au
moins , enfuite on la paffe par le tamis
le plus fin. On donne au malade le poids
d'un liard de cette cendre dans une demie
chopine de vin blanc , que l'on répand
dans un vafe de terre ou autre ,
pourvu qu'il ne foit point de bois, parce
que cette cendre s'y attacheroit ; on la
mêle de même avec un inftrument qui
ne foit point de bois , après quoi on
donne le tout à boire au malade que
l'on a foin de bien couvrir , afin de le
faire fuer ; & trois ou quatre heures
AVRIL. 1763. 135
après on lui donne un potage. Il fautrecommander
au malade de n'ufer ni
de lait , ni de galette , ou autre nourriture
groffière, pendant cinq ou fix mois.
Ce reméde peut fe répéter jufqu'à trois
fois , pourvu que l'on laiffe huit jours
d'intervalle entre chaque prife. Voilà ,
Monfieur , le reméde dont j'ai cru devoir
vous inftruire ; il feroit inutile pour
une hydropifie de poitrine formée, mais
pour toute autre efpéce d'hydropific il
eft excellent , & je l'éprouve tous les
jours avec le plus grand fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DULAS , Gentilhomme de Rennes en Bretagne..
MERCURE.
REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE .
E Je crois devoir , Monfieur , vous faire
part , par principe de Religion , & par
fenfibilité aux différentes maladies qui
attaquent le corps humain , d'un reméde
que j'ai contre l'hydropifie , efpéce
de maladie à laquelle nos Payfans
de cette Province font extrêmement
fujets. L'expérience heureufe que je
fais de ce reméde m'engage à vous
prier de l'inférer dans votre Mercure ;
rien n'eft plus fimple que ce reméde :
le voici.
On fait faire trois fagots de trois différens
bois , fçavoir de houx , de fureau
& de frefne , tous les trois de poids
égal ; on les brule enſemble , après quoi
on en paffe la cendre par un tamis
bien fin ; on , la met enfuite dans un
134 MERCURE DE FRANCE.
pot ou autre vafe bien couvert. Il faut
obferver qu'il faut couper ces différens
bois dans les deux temps de la féve ,
comme au mois de Mai ou au mois
d'Août , & les bruler auffitôt qu'ils font
coupés. Comme on a beaucoup de peine
à allumer ces bois verts je me fers
d'un réchaud rempli de braife que je
mets fous ces bois pour les allumer. Dès
que le feu eft bien pris , on retire le
réchaud avec la braize qui y étoit , afin
qu'il n'entre rien d'étranger dans la cen
dre . Il faut obferver que pour bien faire
confommer cette cendre , on a foin ,
après que tous les bois font brulés , de
la raffembler dans un tas ; on la couvre
enfuite , & on la laiffè dans la cheminée
l'efpace de trente- fix heures au
moins , enfuite on la paffe par le tamis
le plus fin. On donne au malade le poids
d'un liard de cette cendre dans une demie
chopine de vin blanc , que l'on répand
dans un vafe de terre ou autre ,
pourvu qu'il ne foit point de bois, parce
que cette cendre s'y attacheroit ; on la
mêle de même avec un inftrument qui
ne foit point de bois , après quoi on
donne le tout à boire au malade que
l'on a foin de bien couvrir , afin de le
faire fuer ; & trois ou quatre heures
AVRIL. 1763. 135
après on lui donne un potage. Il fautrecommander
au malade de n'ufer ni
de lait , ni de galette , ou autre nourriture
groffière, pendant cinq ou fix mois.
Ce reméde peut fe répéter jufqu'à trois
fois , pourvu que l'on laiffe huit jours
d'intervalle entre chaque prife. Voilà ,
Monfieur , le reméde dont j'ai cru devoir
vous inftruire ; il feroit inutile pour
une hydropifie de poitrine formée, mais
pour toute autre efpéce d'hydropific il
eft excellent , & je l'éprouve tous les
jours avec le plus grand fuccès.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DULAS , Gentilhomme de Rennes en Bretagne..
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. REMEDE CONTRE L'HYDROPISIE.
Dans une lettre adressée à l'éditeur du Mercure, un auteur partage un remède contre l'hydropisie, une maladie courante dans sa province. Le traitement consiste à brûler trois fagots de bois de houx, de sureau et de frêne, coupés en mai ou en août, puis à tamiser la cendre obtenue. Cette cendre est mélangée à du vin blanc et administrée au malade, qui doit être bien couvert pour transpirer. Après quelques heures, un potage est donné au patient, qui doit éviter le lait et les aliments grossiers pendant cinq à six mois. Le traitement peut être répété jusqu'à trois fois, avec un intervalle de huit jours entre chaque prise. L'auteur précise que ce remède est efficace pour toutes les formes d'hydropisie sauf celle de la poitrine. Il se présente comme Dulas, gentilhomme de Rennes en Bretagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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62
p. 135-136
LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
Début :
J'AI lû, Monsieur, avec satisfaction, dans le second volume d'Avril, la lettre [...]
Mots clefs :
Hydropisie, Remède, Précaution, Grandes personnes, Femmes grosses, Public, Informé
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure , au
fujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
J'AI lû , Monfieur , avec fatisfaction ,
dans le ſecond volume d'Avril , la let
136 MERCURE DE FRANCE.
tre que j'eus l'honneur de vous adreffer
il y a quelque temps , laquelle concernoit
un reméde contre l'hydropifie ,
page 133 dudit ſecond volume. J'avois
oublié , Monfieur , dans cette lettre une
précaution très- éſſentielle à prendre, c'eſt
de ne point donner le reméde à des
femmes groffes , il ſeroit pernicieux &
elles en fouffriroient. J'ai vu auſſi que
je m'étois trompé pour la doſe de ce reméde
; il faut qu'elle foit du poids de
deux liards pour les grandes perſonnes ,
&du poids d'un liard pour les enfans audeſſous
de 13 ans. Je vous prie en grace ,
Monfieur , d'inférer dans le Mercure du
mois de Juin ces deux articles , dont le
premier eſt d'une conféquence infinie ,
&dont par conféquent le Public ne
peut être informé trop tôt.
J'ai l'honneur d'être &c .
DULAS , Gentilhomme de Vannes enBretagne.
fujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
J'AI lû , Monfieur , avec fatisfaction ,
dans le ſecond volume d'Avril , la let
136 MERCURE DE FRANCE.
tre que j'eus l'honneur de vous adreffer
il y a quelque temps , laquelle concernoit
un reméde contre l'hydropifie ,
page 133 dudit ſecond volume. J'avois
oublié , Monfieur , dans cette lettre une
précaution très- éſſentielle à prendre, c'eſt
de ne point donner le reméde à des
femmes groffes , il ſeroit pernicieux &
elles en fouffriroient. J'ai vu auſſi que
je m'étois trompé pour la doſe de ce reméde
; il faut qu'elle foit du poids de
deux liards pour les grandes perſonnes ,
&du poids d'un liard pour les enfans audeſſous
de 13 ans. Je vous prie en grace ,
Monfieur , d'inférer dans le Mercure du
mois de Juin ces deux articles , dont le
premier eſt d'une conféquence infinie ,
&dont par conféquent le Public ne
peut être informé trop tôt.
J'ai l'honneur d'être &c .
DULAS , Gentilhomme de Vannes enBretagne.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet d'un reméde contre l'HYDROPISIE.
Dulas, gentilhomme de Vannes, corrige des informations sur un remède contre l'hydropisie dans une lettre au Mercure. Il met en garde contre son usage chez les femmes enceintes et précise la dose : deux liards pour les adultes, un liard pour les enfants de moins de 13 ans. Il demande la publication de ces précisions dans le Mercure de juin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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63
p. 145-150
CHIRURGIE. REMÉDE fondant de M. JACQUET, ancien Chirurgien de S. A. Mgr le Prince de WIRTEMBERG.
Début :
LES découvertes en Médecine, lorsqu'elles font constatées par les Maîtres [...]
Mots clefs :
Remède, Antimoine, Maladies, Usage
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texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE. REMÉDE fondant de M. JACQUET, ancien Chirurgien de S. A. Mgr le Prince de WIRTEMBERG.
CHIRURGIE.
REMEDE fondant de M. JACQUET ,
ancien Chirurgien de S. A. Mgr le
Prince de WIRTEMBERG.
LES découvertes en Médecine , lorfqu'elles
font conftatées par les Maîtres
de l'Art , ſont de nouveaux moyens
qu'on préſente aux hommes pour dompter
les maladies qui les affiégent. De toutes
les infirmités auſquelles notre Nature
eſt ſujette , il n'y en a point de plus
rebelles fans doute que les maladies vénériennes
, les écrouelles & autres vices
lymphatiques . Ces affections réſiſtent
aux médicamens. Le Mercure lui-même
malgré toutes les formes différentes qu'on
lui donne , ſe trouve quelquefois infuffifant
en pareil cas , & ſouvent dangereux
quand il eſt manié par des mains
G
146 MERCURE DE FRANCE .
novices. En faiſant uſage des pilules antimoniées
, on obtiendra les bons effets
du vif-argent , ſans avoir à redouter aucun
des inconvéniens de ce demimétal.
On ſçait que M. Jacquet convaincu
de la bonté de ſon fondant , chercha à
ſe procurer l'approbation de la Faculté
de Médecine de Paris , Ecole célébre
depuis tant de Siécles. Ses defirs furent
fatisfaits . On lui nomma des Commiffaires
devant leſquels il fit ſes différentes
manipulations & opérations. Bientôt
après , pluſieurs Docteurs ordonnerent
ce fondant. Il réuffit très-bien ſous
leurs yeux. Cela encouragea d'autres à
s'en ſervir . Tant-mieux pour le Public
fi cet excellent reméde prend faveur de
jour en jour. Il eſt à remarquer qu'on
peut l'adminiſtrer dans tous les cas où
convient le Kermès minéral , mais avec
plus de certitude d'en tirer les avantages
qu'on attend quelquefois en vain de la
poudre des Chartreux.
La conduite qu'a tenue l'Inventeur
de la nouvelle préparation d'antimoine ,
démontre qu'il a fui juſqu'à l'ombre du
charlataniſme. Le defir d'être utile à
l'humanité eſt le motif qui l'a animé.
Voilà ce qui l'a foutenu dans ſes longs
JUIN. 1763 . 147
travaux. Son fondant une fois trouvé ,
loin de ſe ſouſtraite à l'examen & à la
déciſion de ſes Juges naturels , il a été
au-devant d'eux. Il eſt récompenſé aujourd'hui
de ſa façon d'agir , par les obſervations
que les Médecins ſont à portée
de faire en adminiftrant fon fondant.
Entre beaucoup d'autres , voici
deux obfervations qui lui ont été communiquées
par M. Guilbert de Préval,
Docteur de l'Univerſité de Caën & de
celle de Paris . Ce Médecin eſt renommé
pour les maladies de la lymphe dont il
à fait une étude particulière.
PREMIERE OBSERVATION
par M. de PRÉVAL.
>> Un Particulier âgé de 35 ans eut
>> recours à moi , au commencement de
>> l'année 1760 ; il étoit tourmenté par
>> les plus violens accidens vénériens. Je
>>lui procurai un fecours qui n'avoit
>>déja été que trop différé. Cependant
>> on le traitoit depuis fix mois; mais le
>> zéle des perſonnes qui le condui-
>> foient , ne leurdonnoit pas les lumiè-
>> res néceſſaires. Le Malade ne pouvoit
>> fortir du lit par rapport à ſa foibleſſe.
» Je lui fis prendre à petite doſe , la
>> nouvelle préparation d'antimoine en
1
Gij
14.8 MERCURE DE FRANCE.
>> commençant d'abord par quatre
>> grains tous les matins pendant fix jours.
>>J'obtins pour premier ſuccès un peu
» de fommeil & une diminution confi-
>>dérable des douleurs. Encouragé par
>>la réuffite , j'augmentai la doſe par
>> gradation de deux grains chaque jour
>>juſqu'à ce que je fufſe parvenu à dou-
» ze grains. Les forces du malade ſe
>>réparant un peu , je lui en donnai pen-
>> dant trois jours douze grains le matin
» & fix le foir. La ceſſation des douleurs ,
>>des cuiffons , un ſommeil plus tran-
» quille , n'empêchoient pourtant pas
» que les principaux ſymptômes ne ſub-
>>fiſtaſſent toujours. J'augmentai donc
» la doſe de trois grains , c'est-à-dire
>> que deux fois par jour , foir & matin ,
>> mon malade en prenoit quinze . Cinq
>>jours après l'uſage de notre antimoine
>> à cette doſe , j'apperçus manifeſte-
>> ment fon effet fondant & antivéné-
>> rien. Alors tous les ſymptômes dimi-
» nuèrent à vue d'oeil. Le malade ſe
>> trouvant beaucoup plus fort , faifoit ,
>> toutes ſes fonctions aufli parfaitement
» qu'en bonne ſanté. Je le reftreignis
>>alors à une fois par jour en augmen-
>>tant la doſe de deux grains. Le ventre
>>devint libre de plus en plus à proporJUIN.
1763 .. 149
>> tion de l'augmentation. Parvenu à la
>> doſe de vingt-quatre grains , qui eſt la
>>plus grande qu'il ait priſe en une feule
>> fois , il fut purgé fortement pendant
>>>les quatre premiers jours fans que ce
>> flux falutaire altérât en rien ſa ſanté
>>> renaiſſante. Au contraire , elle fem-
>> bloit augmenter par ces évacuations
>> multipliées . Tous les accidens difpa-
>> rurent à la cinquiéme priſe. Je lui fis
>> encore continuer le reméde pendant
>>huit jours & enfuite de deux ou trois
>>>l'un, l'efpace de quelque temps. Par
>> ce moyen fa fanté s'eſt parfaitement
„ rétablie
SECONDE OBSERVATION.
>> Une Cuifinière du Fauxbourg - S.
>>Germain me fut adreſſée par un Mar-
>> chand de la rue Dauphine. Cette fille
>> avoit employé vainement beaucoup
» de remédes pour guérir des dartres
>>dont elle étoit couverte fur le viſage ,
>> les bras , la poitrine & le long du dos .
>>En faiſant uſage de l'antimoine prépa-
>> ré de M. Jacquet , les dartres ont dif-
>> paru entiérement au bout de trois
>> mois.
120
On continuera à prouver combien
ce reméde a d'efficacité pour fondre &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
réfoudre l'épaiffiſſement de la lymphe ,
en donnant par la ſuite , l'Histoire d'une
tumeur fingulière qui approche de
ſa guériſon. On mettra auſſi ſous les
yeux , la deſcription de la maladie d'une
Jeune fille , qui juſqu'à préſent ayant
fait inutilement unuſage ſuivi des fondans
les plus connus , a été obligée par
l'avis de très-habiles Médecins , de recourir
au reméde nouveau que nous
annonçons.
Les perſonnes qui voudront ſe procurer
le reméde de M. Jacquet , le trouveront
chez trois Apoticaires de Paris ,
ſçavoir , M. Taſſard , vieille rue du
Temple , près l'Hôtel de Soubiſe ; M.
Brocor, rue Montmartre , pre celle des
vieux Auguſtins ; M. Morice , rue S.
André des Arts , vis-à-vis la rue de l'éperon.
REMEDE fondant de M. JACQUET ,
ancien Chirurgien de S. A. Mgr le
Prince de WIRTEMBERG.
LES découvertes en Médecine , lorfqu'elles
font conftatées par les Maîtres
de l'Art , ſont de nouveaux moyens
qu'on préſente aux hommes pour dompter
les maladies qui les affiégent. De toutes
les infirmités auſquelles notre Nature
eſt ſujette , il n'y en a point de plus
rebelles fans doute que les maladies vénériennes
, les écrouelles & autres vices
lymphatiques . Ces affections réſiſtent
aux médicamens. Le Mercure lui-même
malgré toutes les formes différentes qu'on
lui donne , ſe trouve quelquefois infuffifant
en pareil cas , & ſouvent dangereux
quand il eſt manié par des mains
G
146 MERCURE DE FRANCE .
novices. En faiſant uſage des pilules antimoniées
, on obtiendra les bons effets
du vif-argent , ſans avoir à redouter aucun
des inconvéniens de ce demimétal.
On ſçait que M. Jacquet convaincu
de la bonté de ſon fondant , chercha à
ſe procurer l'approbation de la Faculté
de Médecine de Paris , Ecole célébre
depuis tant de Siécles. Ses defirs furent
fatisfaits . On lui nomma des Commiffaires
devant leſquels il fit ſes différentes
manipulations & opérations. Bientôt
après , pluſieurs Docteurs ordonnerent
ce fondant. Il réuffit très-bien ſous
leurs yeux. Cela encouragea d'autres à
s'en ſervir . Tant-mieux pour le Public
fi cet excellent reméde prend faveur de
jour en jour. Il eſt à remarquer qu'on
peut l'adminiſtrer dans tous les cas où
convient le Kermès minéral , mais avec
plus de certitude d'en tirer les avantages
qu'on attend quelquefois en vain de la
poudre des Chartreux.
La conduite qu'a tenue l'Inventeur
de la nouvelle préparation d'antimoine ,
démontre qu'il a fui juſqu'à l'ombre du
charlataniſme. Le defir d'être utile à
l'humanité eſt le motif qui l'a animé.
Voilà ce qui l'a foutenu dans ſes longs
JUIN. 1763 . 147
travaux. Son fondant une fois trouvé ,
loin de ſe ſouſtraite à l'examen & à la
déciſion de ſes Juges naturels , il a été
au-devant d'eux. Il eſt récompenſé aujourd'hui
de ſa façon d'agir , par les obſervations
que les Médecins ſont à portée
de faire en adminiftrant fon fondant.
Entre beaucoup d'autres , voici
deux obfervations qui lui ont été communiquées
par M. Guilbert de Préval,
Docteur de l'Univerſité de Caën & de
celle de Paris . Ce Médecin eſt renommé
pour les maladies de la lymphe dont il
à fait une étude particulière.
PREMIERE OBSERVATION
par M. de PRÉVAL.
>> Un Particulier âgé de 35 ans eut
>> recours à moi , au commencement de
>> l'année 1760 ; il étoit tourmenté par
>> les plus violens accidens vénériens. Je
>>lui procurai un fecours qui n'avoit
>>déja été que trop différé. Cependant
>> on le traitoit depuis fix mois; mais le
>> zéle des perſonnes qui le condui-
>> foient , ne leurdonnoit pas les lumiè-
>> res néceſſaires. Le Malade ne pouvoit
>> fortir du lit par rapport à ſa foibleſſe.
» Je lui fis prendre à petite doſe , la
>> nouvelle préparation d'antimoine en
1
Gij
14.8 MERCURE DE FRANCE.
>> commençant d'abord par quatre
>> grains tous les matins pendant fix jours.
>>J'obtins pour premier ſuccès un peu
» de fommeil & une diminution confi-
>>dérable des douleurs. Encouragé par
>>la réuffite , j'augmentai la doſe par
>> gradation de deux grains chaque jour
>>juſqu'à ce que je fufſe parvenu à dou-
» ze grains. Les forces du malade ſe
>>réparant un peu , je lui en donnai pen-
>> dant trois jours douze grains le matin
» & fix le foir. La ceſſation des douleurs ,
>>des cuiffons , un ſommeil plus tran-
» quille , n'empêchoient pourtant pas
» que les principaux ſymptômes ne ſub-
>>fiſtaſſent toujours. J'augmentai donc
» la doſe de trois grains , c'est-à-dire
>> que deux fois par jour , foir & matin ,
>> mon malade en prenoit quinze . Cinq
>>jours après l'uſage de notre antimoine
>> à cette doſe , j'apperçus manifeſte-
>> ment fon effet fondant & antivéné-
>> rien. Alors tous les ſymptômes dimi-
» nuèrent à vue d'oeil. Le malade ſe
>> trouvant beaucoup plus fort , faifoit ,
>> toutes ſes fonctions aufli parfaitement
» qu'en bonne ſanté. Je le reftreignis
>>alors à une fois par jour en augmen-
>>tant la doſe de deux grains. Le ventre
>>devint libre de plus en plus à proporJUIN.
1763 .. 149
>> tion de l'augmentation. Parvenu à la
>> doſe de vingt-quatre grains , qui eſt la
>>plus grande qu'il ait priſe en une feule
>> fois , il fut purgé fortement pendant
>>>les quatre premiers jours fans que ce
>> flux falutaire altérât en rien ſa ſanté
>>> renaiſſante. Au contraire , elle fem-
>> bloit augmenter par ces évacuations
>> multipliées . Tous les accidens difpa-
>> rurent à la cinquiéme priſe. Je lui fis
>> encore continuer le reméde pendant
>>huit jours & enfuite de deux ou trois
>>>l'un, l'efpace de quelque temps. Par
>> ce moyen fa fanté s'eſt parfaitement
„ rétablie
SECONDE OBSERVATION.
>> Une Cuifinière du Fauxbourg - S.
>>Germain me fut adreſſée par un Mar-
>> chand de la rue Dauphine. Cette fille
>> avoit employé vainement beaucoup
» de remédes pour guérir des dartres
>>dont elle étoit couverte fur le viſage ,
>> les bras , la poitrine & le long du dos .
>>En faiſant uſage de l'antimoine prépa-
>> ré de M. Jacquet , les dartres ont dif-
>> paru entiérement au bout de trois
>> mois.
120
On continuera à prouver combien
ce reméde a d'efficacité pour fondre &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
réfoudre l'épaiffiſſement de la lymphe ,
en donnant par la ſuite , l'Histoire d'une
tumeur fingulière qui approche de
ſa guériſon. On mettra auſſi ſous les
yeux , la deſcription de la maladie d'une
Jeune fille , qui juſqu'à préſent ayant
fait inutilement unuſage ſuivi des fondans
les plus connus , a été obligée par
l'avis de très-habiles Médecins , de recourir
au reméde nouveau que nous
annonçons.
Les perſonnes qui voudront ſe procurer
le reméde de M. Jacquet , le trouveront
chez trois Apoticaires de Paris ,
ſçavoir , M. Taſſard , vieille rue du
Temple , près l'Hôtel de Soubiſe ; M.
Brocor, rue Montmartre , pre celle des
vieux Auguſtins ; M. Morice , rue S.
André des Arts , vis-à-vis la rue de l'éperon.
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64
p. 164-165
COPIE de la Lettre de M. LERICHE, Chirurgien Major de l'Hôpital de STRASBOURG, à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 20 Janvier.
Début :
MONSIEUR, Je crois ne pouvoir me dispenser d'avoir l'honneur de rendre compte à votre [...]
Mots clefs :
Hôpital, Remède, Vénériens, Grandeur, Virus
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texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre de M. LERICHE, Chirurgien Major de l'Hôpital de STRASBOURG, à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 20 Janvier.
COPIE de la Lettre de M. LERICHE ,
Chirurgien Major de l'Hôpital de
STRASBOURG , à Mgr le Duc DE
CHOISEUL , en date du 20 Janvier.
1
1
ONSEIGNEUR ,
Je crois ne pouvoir me diſpenſer d'avoir
l'honneur de rendre compte à votre
Grandeur , que depuis le 22 de Novembre
que j'ai commencé de traiter les
Vénériens de cet Hôpital avec les dragées
de M. Keyfer , je ſuis très- fatisfait
des effets que ce reméde produit , en ce
qu'il s'ouvre promptement & fans aucun
effort, les iffues par leſquels le virus doit
fortir , & que ces effets diminuent d'abord
les ſymptômes de la maladie & les
font diſparoître enfuite dans uneſpacede
temps plus ou moins grand. C'eſt ceque
j'ai obſervé ſur pluſieurs qui ſont guéris
& fortis , comme fur d'autres qui fuivront
de près ces premiers , dans le nombre
deſquels il s'eſt trouvé des maladies
de toutes eſpéces & des mieux caractérifées.
Depuis plus de 30 ans , Monfei
JUIN. 1763 . 165
gneur , que j'exerce ma profeſſion dans
cet Hôpital , où l'on a toujours traité
beaucoup de Vénériens , je dois dire à
votre Grandeur , que je n'ai point trouvéde
remédes , dont les opérations fufſent
ſi bien ſuivies & fi bien réglées ,
& c'eſt là certainement un grand préjugé
pour la fureté &la folidité de ces
cures ; car on eft bien aiſe de voir
agir un reméde quelconque , toutes les
fois qu'il eſt queſtion de détruire un vice
connu , & nous ne ſommes jamais fi
inquiets ſur les événemens , que lorſque
les effets ne ſe montrent pas bien , ou
même lorſqu'ils font retardés. C'eſt ici
tout le contraire , & c'eſt cette raifon
qui m'a fait bien augurer de ce reméde
la première fois que je l'ai mis en ufage
à cet Hôpital , pour en faire l'épreuve .
Ceux qui font fortis de même que ceux
qui vont fortir inceſſamment , ont conſervé
leurs forces , & on ne diroit pas à
les voir qu'ils viennent de paſſer par les
remédes.
Je ſuis avec reſpect .
Signé LE RICHE .
Chirurgien Major de l'Hôpital de
STRASBOURG , à Mgr le Duc DE
CHOISEUL , en date du 20 Janvier.
1
1
ONSEIGNEUR ,
Je crois ne pouvoir me diſpenſer d'avoir
l'honneur de rendre compte à votre
Grandeur , que depuis le 22 de Novembre
que j'ai commencé de traiter les
Vénériens de cet Hôpital avec les dragées
de M. Keyfer , je ſuis très- fatisfait
des effets que ce reméde produit , en ce
qu'il s'ouvre promptement & fans aucun
effort, les iffues par leſquels le virus doit
fortir , & que ces effets diminuent d'abord
les ſymptômes de la maladie & les
font diſparoître enfuite dans uneſpacede
temps plus ou moins grand. C'eſt ceque
j'ai obſervé ſur pluſieurs qui ſont guéris
& fortis , comme fur d'autres qui fuivront
de près ces premiers , dans le nombre
deſquels il s'eſt trouvé des maladies
de toutes eſpéces & des mieux caractérifées.
Depuis plus de 30 ans , Monfei
JUIN. 1763 . 165
gneur , que j'exerce ma profeſſion dans
cet Hôpital , où l'on a toujours traité
beaucoup de Vénériens , je dois dire à
votre Grandeur , que je n'ai point trouvéde
remédes , dont les opérations fufſent
ſi bien ſuivies & fi bien réglées ,
& c'eſt là certainement un grand préjugé
pour la fureté &la folidité de ces
cures ; car on eft bien aiſe de voir
agir un reméde quelconque , toutes les
fois qu'il eſt queſtion de détruire un vice
connu , & nous ne ſommes jamais fi
inquiets ſur les événemens , que lorſque
les effets ne ſe montrent pas bien , ou
même lorſqu'ils font retardés. C'eſt ici
tout le contraire , & c'eſt cette raifon
qui m'a fait bien augurer de ce reméde
la première fois que je l'ai mis en ufage
à cet Hôpital , pour en faire l'épreuve .
Ceux qui font fortis de même que ceux
qui vont fortir inceſſamment , ont conſervé
leurs forces , & on ne diroit pas à
les voir qu'ils viennent de paſſer par les
remédes.
Je ſuis avec reſpect .
Signé LE RICHE .
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65
p. 166-167
COPIE de la Lettre de M. BERNIER, Chirurgien Major des Hôpitaux Militaires de BESANÇON à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 24 Février 1763.
Début :
MONSEIGNEUR, Les avantages que je reçois journellement du reméde de M. Keyser dans [...]
Mots clefs :
Remède, Hôpital, Usage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre de M. BERNIER, Chirurgien Major des Hôpitaux Militaires de BESANÇON à Mgr le Duc DE CHOISEUL, en date du 24 Février 1763.
COPIE de la Lettre de M. BERNIER ,
Chirurgien Major des Hópitaux Militaires
de BESANÇON à Mgr le Duc
DE CHOISEUL , en date du 24 Février
1763 .
MONSEIGNEUR ,
Les avantages que je reçois journellement
du reméde de M. Keyfer dans
l'Hôpital dont j'ai l'honneur d'être chargé
, ne me permettent pas de différer
plus longtemps à vous en inſtruire. Je
m'acquitte de ce devoir avec d'autant
plus d'empreſſement , qu'il ne peut que
contribuer au bien des Sujets de S. M.
& rendre plus grand & plus efficace un
reméde , dont vous vous êtes rendu le
Protecteur pour le bien de l'humanité.
Le reméde dont il s'agit , mérite d'autant
plus d'éloges , qu'il a non-feulement
la vertu de guérir , mais encore , parce
que les Sujets qui en font uſage , le
ſupportent avec plus de facilité , en reçoivent
moins de fatigue , & ne font
point énervés ni défigurés , comme on a
pu l'obſerver par l'uſage des frictions.
4
JUIN. 1763 . 167
Au contraire , ils ſe trouvent en bon
état & propres à faire leurs ſervices au
fortir de l'Hôpital.
Je ſuis avec reſpect.
Signé BERNIER.
Chirurgien Major des Hópitaux Militaires
de BESANÇON à Mgr le Duc
DE CHOISEUL , en date du 24 Février
1763 .
MONSEIGNEUR ,
Les avantages que je reçois journellement
du reméde de M. Keyfer dans
l'Hôpital dont j'ai l'honneur d'être chargé
, ne me permettent pas de différer
plus longtemps à vous en inſtruire. Je
m'acquitte de ce devoir avec d'autant
plus d'empreſſement , qu'il ne peut que
contribuer au bien des Sujets de S. M.
& rendre plus grand & plus efficace un
reméde , dont vous vous êtes rendu le
Protecteur pour le bien de l'humanité.
Le reméde dont il s'agit , mérite d'autant
plus d'éloges , qu'il a non-feulement
la vertu de guérir , mais encore , parce
que les Sujets qui en font uſage , le
ſupportent avec plus de facilité , en reçoivent
moins de fatigue , & ne font
point énervés ni défigurés , comme on a
pu l'obſerver par l'uſage des frictions.
4
JUIN. 1763 . 167
Au contraire , ils ſe trouvent en bon
état & propres à faire leurs ſervices au
fortir de l'Hôpital.
Je ſuis avec reſpect.
Signé BERNIER.
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66
p. 211-212
EAU DE RÉTINE, propre pour les Maladies des Yeux.
Début :
Les effets salutaires de cette Eau n'ont besoin que de l'exposé le plus simple [...]
Mots clefs :
Remède, Maladies des yeux, Fatigue occulaire, Paralysie, Soins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EAU DE RÉTINE, propre pour les Maladies des Yeux.
EAU DE RÉTINE , propre pour les Maladies
des Yeux.
LES effers falutaires de cette Eau n'ont befoin
que de l'expofé le plus fimple , pour en accrédi
ter l'ufage. Dans tous les cas où il s'agit de remédier
a la foiblefle des yeux , elle a les fuccès
les plus heureux ; fa vertu fpiritueuſe & balſamique
eft appropriée à la nature des parties nerveufes
& tendineules , dont cet organe eft com-'
pofé ; elle les fortifie , leur donne du reffort & de
l'énergie lorfque l'oeil eft naturellement foible ,
ou qu'il eft fatigué par l'excès de la lecture , par
les veilles , par les travaux à la lumiere.
L'Eau de Rétine éteint auffi les rougeurs & les
phlogofes auxquelles les yeux font fi fujets : l'uſage
en eft fûr dans tous ces cas ; la feule attention
qu'il faille avoir eft de la tempérer avec trois
parties d'eau de Riviere lorfqu'il y a inflammation.
La vertu pénétrante de cette Eau procure une
circulation plus facile dans les vailleaux lymphatiques
de la cornée ; elle prévient les obftructions
opaques , les nébulofités , & les taies :
enfin , elle est très -propre à empêcher la paralyfie
& la goutte fereine de fe fixer . Volci comment
on doit fe fervir de cette Eau .
Il faut , plufieurs fois dans la journée , baffiner
légérement les fourcils & les paupières fupérieures
avec une petite éponge très - fine & très- nette , im212
MERCURE DE FRANCE.
bibée de cette eau pure : elle agira encore avec plus
d'éfficacité , fi l'on s'en frotte les mains , & qu'on'
les approche des yeux pour donner lieu à fa vapeur
de les pénétrer. Enfin en l'affoiblillant , comme if
a été dit , avec trois parties ou même une plus
grande quantité d'eau de riviere fuivant les cas ,
on peut imbiber des comprelles qu'on mettra far
les yeux pendant la nuit .
La Bouteille coûte 1 liv. 16 f. I
Cette Eau fe vend chez le fieur FAC10T7 , rue S.
Denis , la porte cochere vis - à-vis de la rue du petit
Lion.
des Yeux.
LES effers falutaires de cette Eau n'ont befoin
que de l'expofé le plus fimple , pour en accrédi
ter l'ufage. Dans tous les cas où il s'agit de remédier
a la foiblefle des yeux , elle a les fuccès
les plus heureux ; fa vertu fpiritueuſe & balſamique
eft appropriée à la nature des parties nerveufes
& tendineules , dont cet organe eft com-'
pofé ; elle les fortifie , leur donne du reffort & de
l'énergie lorfque l'oeil eft naturellement foible ,
ou qu'il eft fatigué par l'excès de la lecture , par
les veilles , par les travaux à la lumiere.
L'Eau de Rétine éteint auffi les rougeurs & les
phlogofes auxquelles les yeux font fi fujets : l'uſage
en eft fûr dans tous ces cas ; la feule attention
qu'il faille avoir eft de la tempérer avec trois
parties d'eau de Riviere lorfqu'il y a inflammation.
La vertu pénétrante de cette Eau procure une
circulation plus facile dans les vailleaux lymphatiques
de la cornée ; elle prévient les obftructions
opaques , les nébulofités , & les taies :
enfin , elle est très -propre à empêcher la paralyfie
& la goutte fereine de fe fixer . Volci comment
on doit fe fervir de cette Eau .
Il faut , plufieurs fois dans la journée , baffiner
légérement les fourcils & les paupières fupérieures
avec une petite éponge très - fine & très- nette , im212
MERCURE DE FRANCE.
bibée de cette eau pure : elle agira encore avec plus
d'éfficacité , fi l'on s'en frotte les mains , & qu'on'
les approche des yeux pour donner lieu à fa vapeur
de les pénétrer. Enfin en l'affoiblillant , comme if
a été dit , avec trois parties ou même une plus
grande quantité d'eau de riviere fuivant les cas ,
on peut imbiber des comprelles qu'on mettra far
les yeux pendant la nuit .
La Bouteille coûte 1 liv. 16 f. I
Cette Eau fe vend chez le fieur FAC10T7 , rue S.
Denis , la porte cochere vis - à-vis de la rue du petit
Lion.
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Résumé : EAU DE RÉTINE, propre pour les Maladies des Yeux.
Le texte décrit l'Eau de Rétine, un remède pour les maladies des yeux. Ses effets bénéfiques sont rapides et visibles. Elle renforce les yeux faibles ou fatigués par la lecture, les veilles ou les travaux à la lumière. Elle apaise également les rougeurs et les inflammations oculaires. Pour les inflammations, il est conseillé de la diluer avec trois parties d'eau de rivière. L'Eau de Rétine améliore la circulation dans les vaisseaux lymphatiques de la cornée, prévient les opacités et les taies, et évite la paralysie et la goutte séreuse. L'application se fait en badigeonnant les sourcils et les paupières supérieures avec une éponge imbibée d'Eau de Rétine. Pour une efficacité accrue, on peut se frotter les mains avec le produit et approcher les yeux de la vapeur. En cas d'inflammation, l'Eau de Rétine peut être diluée davantage et utilisée pour des compresses nocturnes. La bouteille coûte 1 livre 16 sous et est disponible chez le fournisseur FAC10T7, rue Saint-Denis, près de la rue du Petit Lion.
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67
p. 203-206
SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
Début :
La préparation d'Antimoine de M. Jacquet, dont les effets sont déjà connus par [...]
Mots clefs :
Antimoine, Purgatifs, Préparation, Médecins, Maladie, Remède, Pilule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE.
1
MÉMOIRE de M. GUILBERT DE
PREVAL, Docteur - Régent en Mé
decine de la Faculté de Paris , fur
l'ufage de l'ANTIMOINE préparé
de M. JACQUET.
La préparation d'Antimoine de M. Jacquer
dont les effets font déja connus par les divers
ufages qu'en ont faits les Médecins , eſt un des
meilleurs fondans qu'on puiffe employer. Elle
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
a cela de particulier , que , fans avoir aucun
des inconvéniens qu'on reproche à toutes les
préparations où entre le Mercure , elle en a toutes
les propriétés , M. Jacquet ayant trouvé le
moyen de réunir les propriétés du Mercure &
celles de l'Antimoine.
:
Sa préparation a de commun avec le Mercure
d'être antivénérienne au meilleur degré ,
puifque par fon moyen on guérir des maladies
qui ont réfifté avec la plus grande opiniâtreté
à toutes les préparations du Mercure les plus
ufitées , aux frictions mêmes comme les exoftofes
, les douleurs , les duretés des glandes ,
les gonorrhées les plus invétérées &c. dans les
nouvelles , c'eſt une choſe bien remarquable que
deux ou trois prifes de cette préparation faſfent
conftamment ceffer les cuiffons & ardeurs ,
qui , dans les premiers temps de cette incommodité
, font les fymptômes les plus infupportables
aux malades . Dans tous les autres vices
lymphatiques , qui femblent dégénérer du vénérien
, comme les fcrophules humeurs froides
, les dartres , herpés & autres maladies cutanées
, il faut convenir qu'il n'eft pas de reméde
plus efficace puifqu'on a guéri par fon
moyen ce que toutes les préparations mercurielles
les plus connues & les plus renommées ,
la cigue même, n'ont pû guérir , quoique ces
remédes fuffent adminiftrés par d'excellens Médecins.
Dans les engorgemens fpontanés des
glandes du foye &c , fa réuffite eſt également
certaine ; tous faits dont on a la preuve en
main.
Cette préparation d'Antimoine fe peut auffi
employer dans tous les cas fans exception où
l'on employe le Kermès minéral , dont tous les
JANVIER. 1764. 205
Médecins clyniques connoiffent les inconvéniens.
En quadruplant la dofe de l'Antimoine de M. Jacquer
, on l'adminiftre de la même maniere que le
Kermès. L'événement convaincra ceux qui l'employeront
, qu'il eft décidément préférable au
Kermès , fur- tout dans tous les cas où la délicatele
de la poitrine & des vifcères demande
du ménagement . La fuite apprendra que dans
les maladies putrides ce reméde n'eft pas indif
férent .
:
On l'employe comme altérant & comme purgatif
comme altérant , on le donne depuis
quatre ou fix jufqu'à douze & quinze grains ,
en pilules ou en poudre , avec tel véhicule qu'on
juge à propos : dans les loochs comme le Kermès
, en mettant 4 grains pour un ; 16 pour
4 comme purgatif , depuis 12 ou 15 grains ,
jufqu'à 25 & 30 , par-deffus chaque prife , le
malade boira toujours l'un des bouillons prefcrits
fuivant l'indication' qu'aura eu à remplir
le Médecin qui l'adminiftrera ; ou bien quelques
taffes d'infufion de Thé , de Sauge , de
Méliffe , ou même de petit Lait.
Chaque pilule eft formée de 6 grains en
la féparant en deux , on a la plus petite dofe
à laquelle on puiffe l'adminiftrer , aux enfans
mêmes on peut également à ce moyen le donner
par gradation , en commençant par fix
grains qui ne forment qu'une pilule , enfuite
neuf , une pilule & demie & ainfi de fuite tous
les jours jufqu'à ce qu'on foit parvenu à le
rendre purgatif ; alors on ne le donne plus
que de deux jours l'un à la doſe où on l'ap-.
perçoit purgatif ; quoiqu'on le puiffe donner
comme altérant le jour qu'on n'a pas intention
de purger en ſe bornant à la doſe de ſiz
206 MERCURE DE FRANCE.
grains. Au furplus c'eft à la fageffe du Méde
ein d'écarter plus ou moins les jours où il le
preferira comme purgatif, faivant fon effet &
les forces du malade.
C'eſt à - peu- près ce que nous pouvons dire
fur les généralités de l'adminiftration de ce reméde
conformément aux engagemens que nous
avons pris dans les Gazettes du courant de Novembre
dernier. G. de P.
1
MÉMOIRE de M. GUILBERT DE
PREVAL, Docteur - Régent en Mé
decine de la Faculté de Paris , fur
l'ufage de l'ANTIMOINE préparé
de M. JACQUET.
La préparation d'Antimoine de M. Jacquer
dont les effets font déja connus par les divers
ufages qu'en ont faits les Médecins , eſt un des
meilleurs fondans qu'on puiffe employer. Elle
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
a cela de particulier , que , fans avoir aucun
des inconvéniens qu'on reproche à toutes les
préparations où entre le Mercure , elle en a toutes
les propriétés , M. Jacquet ayant trouvé le
moyen de réunir les propriétés du Mercure &
celles de l'Antimoine.
:
Sa préparation a de commun avec le Mercure
d'être antivénérienne au meilleur degré ,
puifque par fon moyen on guérir des maladies
qui ont réfifté avec la plus grande opiniâtreté
à toutes les préparations du Mercure les plus
ufitées , aux frictions mêmes comme les exoftofes
, les douleurs , les duretés des glandes ,
les gonorrhées les plus invétérées &c. dans les
nouvelles , c'eſt une choſe bien remarquable que
deux ou trois prifes de cette préparation faſfent
conftamment ceffer les cuiffons & ardeurs ,
qui , dans les premiers temps de cette incommodité
, font les fymptômes les plus infupportables
aux malades . Dans tous les autres vices
lymphatiques , qui femblent dégénérer du vénérien
, comme les fcrophules humeurs froides
, les dartres , herpés & autres maladies cutanées
, il faut convenir qu'il n'eft pas de reméde
plus efficace puifqu'on a guéri par fon
moyen ce que toutes les préparations mercurielles
les plus connues & les plus renommées ,
la cigue même, n'ont pû guérir , quoique ces
remédes fuffent adminiftrés par d'excellens Médecins.
Dans les engorgemens fpontanés des
glandes du foye &c , fa réuffite eſt également
certaine ; tous faits dont on a la preuve en
main.
Cette préparation d'Antimoine fe peut auffi
employer dans tous les cas fans exception où
l'on employe le Kermès minéral , dont tous les
JANVIER. 1764. 205
Médecins clyniques connoiffent les inconvéniens.
En quadruplant la dofe de l'Antimoine de M. Jacquer
, on l'adminiftre de la même maniere que le
Kermès. L'événement convaincra ceux qui l'employeront
, qu'il eft décidément préférable au
Kermès , fur- tout dans tous les cas où la délicatele
de la poitrine & des vifcères demande
du ménagement . La fuite apprendra que dans
les maladies putrides ce reméde n'eft pas indif
férent .
:
On l'employe comme altérant & comme purgatif
comme altérant , on le donne depuis
quatre ou fix jufqu'à douze & quinze grains ,
en pilules ou en poudre , avec tel véhicule qu'on
juge à propos : dans les loochs comme le Kermès
, en mettant 4 grains pour un ; 16 pour
4 comme purgatif , depuis 12 ou 15 grains ,
jufqu'à 25 & 30 , par-deffus chaque prife , le
malade boira toujours l'un des bouillons prefcrits
fuivant l'indication' qu'aura eu à remplir
le Médecin qui l'adminiftrera ; ou bien quelques
taffes d'infufion de Thé , de Sauge , de
Méliffe , ou même de petit Lait.
Chaque pilule eft formée de 6 grains en
la féparant en deux , on a la plus petite dofe
à laquelle on puiffe l'adminiftrer , aux enfans
mêmes on peut également à ce moyen le donner
par gradation , en commençant par fix
grains qui ne forment qu'une pilule , enfuite
neuf , une pilule & demie & ainfi de fuite tous
les jours jufqu'à ce qu'on foit parvenu à le
rendre purgatif ; alors on ne le donne plus
que de deux jours l'un à la doſe où on l'ap-.
perçoit purgatif ; quoiqu'on le puiffe donner
comme altérant le jour qu'on n'a pas intention
de purger en ſe bornant à la doſe de ſiz
206 MERCURE DE FRANCE.
grains. Au furplus c'eft à la fageffe du Méde
ein d'écarter plus ou moins les jours où il le
preferira comme purgatif, faivant fon effet &
les forces du malade.
C'eſt à - peu- près ce que nous pouvons dire
fur les généralités de l'adminiftration de ce reméde
conformément aux engagemens que nous
avons pris dans les Gazettes du courant de Novembre
dernier. G. de P.
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
Le document est un supplément à un article sur la médecine, présentant un mémoire de M. Guilbert de Préval, docteur et régent en médecine à la Faculté de Paris. Ce mémoire traite de l'usage de l'antimoine préparé par M. Jacquet. Cette préparation est appréciée pour ses propriétés similaires à celles du mercure, mais sans en avoir les inconvénients. Elle est particulièrement efficace contre les maladies vénériennes résistantes aux traitements mercuriels, ainsi que contre diverses affections cutanées et lymphatiques. L'antimoine peut également remplacer le kermès minéral, offrant des avantages notables dans les cas nécessitant une grande délicatesse, comme les maladies putrides. La préparation est administrée en pilules ou en poudre, en doses variables selon l'effet recherché, qu'il soit altérant ou purgatif. Elle peut être donnée aux enfants par gradation. Le médecin doit ajuster la fréquence et la dose en fonction de l'état du patient.
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68
p. 210
AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Début :
On fait prendre trois grains d'émétique dans du bouillon, & une heure ou [...]
Mots clefs :
Maladie, Chiens, Bouillon, Émétiques, Huile d'olive, Tabac, Vinaigre, Remède
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texteReconnaissance textuelle : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
AVIS.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
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Résumé : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Le document décrit un traitement pour une maladie canine. Il consiste à donner trois grains d'émétique dans du bouillon, suivi d'un autre bouillon après une à deux heures. Le chien doit boire de l'huile d'olive. Une seringue avec un mélange d'huile d'olive et de tabac en poudre est instillée dans les narines. Si le tabac n'induit pas d'éternuements, il est remplacé par du vinaigre.
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69
p. 211-212
« Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
Début :
Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...]
Mots clefs :
Taffetas, Remède, Odeur, Guérison, Blessures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
TAFFETAs d'Angleterre, par M. Woodock.
Ce Taffetas eſt le plus commode & le plus
utile reméde dont les Meſſieurs & les Dames
puiſſent ſe ſervir. Les plus délicats peuvent le por
/-
212 MERCURE DE FRANCE.
ter dans leurs poches : car non ſeulement l'Odeur
n'eſt point fâcheuſe, mais elle eſt agréa
ble. Il ne ſçauroit manquer de guérir toutes
les coupures ou bleſſures. Étant immédiate
menr appliqué , il arrête d'abord le ſang &
ôte entierement la douleur. En le mouillant ſeu
lement avec la langue & le mettant ſur la par
tie affligée, il y tiendra ſi fort qu'en ſe lavant
il ne ſe dérangera pas.
N. B. Il ſuffit de le couper de la même gran
deur de la -bleſſure.
Ce Taffetas ſe vend à Paris chez le Brun,
au Magaſin de Provence , rue Dauphine , à
56 ſols la pièce.
A Lyon chez Prodon & Compagnie, rue
Bard Argent.
Ce Taffetas eſt le plus commode & le plus
utile reméde dont les Meſſieurs & les Dames
puiſſent ſe ſervir. Les plus délicats peuvent le por
/-
212 MERCURE DE FRANCE.
ter dans leurs poches : car non ſeulement l'Odeur
n'eſt point fâcheuſe, mais elle eſt agréa
ble. Il ne ſçauroit manquer de guérir toutes
les coupures ou bleſſures. Étant immédiate
menr appliqué , il arrête d'abord le ſang &
ôte entierement la douleur. En le mouillant ſeu
lement avec la langue & le mettant ſur la par
tie affligée, il y tiendra ſi fort qu'en ſe lavant
il ne ſe dérangera pas.
N. B. Il ſuffit de le couper de la même gran
deur de la -bleſſure.
Ce Taffetas ſe vend à Paris chez le Brun,
au Magaſin de Provence , rue Dauphine , à
56 ſols la pièce.
A Lyon chez Prodon & Compagnie, rue
Bard Argent.
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Résumé : « Taffetas d'Angleterre, par M. Woodock. Ce Taffetas est le plus commode & le plus utile [...] »
Le 'Taffetas d'Angleterre' de M. Woodock est un remède pratique pour hommes et femmes, idéal pour les personnes délicates. Il soigne les coupures et les blessures en arrêtant le sang et en éliminant la douleur. Appliqué mouillé, il adhère bien et résiste au lavage. Disponible à Paris chez le Brun et à Lyon chez Prodon & Compagnie, au prix de 56 sols la pièce.
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70
p. 212-213
« Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
Début :
Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...]
Mots clefs :
Tablettes, Maux d'estomac, Humeurs, Remède, Maladies pulmonaires, Vertus, Conseils d'utilisation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
LEs Tablettes d'Angleterre Pecterales & Sto
machales, trouvées par le ſieur Anhbald. Ces
Tablettes ſont un reméde ſûr & infaillible con
tre les maladies ordinaires de la Poitrine &
du Poulmon, telles que le rhume, la toux, &
l'enrouement, &c. Elles préviennent l'Aſthme,
la Phthiſie, la Poulmonie, & diſſipent les hu
meurs qui ſe fixent ſur la Poitrine , & dont
l'irritation occaſionne des efforts continuels pour
touſſer. -
Ces Tablettes par leurs vertus balſamiques &
nutritives, guériſſent les tendres vaiſſeaux de l'eſ
tomach , qui ſont ſouvent lacérés par ſes mou
vemens convulſifs ; & en fortiſiant ſes organes,
elles aident à la digeſtion, & ne manquent ja
mais d'avancer la chylification.
Elles ſe fondent dans l'eau comme du ſucre,
le goût en eſt des plus agréable, & ne manque
jamais de corriger l'haleine & les exhalaiſons
impures de l'eſtomach.
M A I. 1764. 213
Manière de ſe ſervir de ces Tablettes.
Quand on eſt enrhumé ou enroué, on prend
une de ces Tablettes dans la bouche où elles ſe
fondent comme du ſucre On le répéte toutes
les fois que la toux devient incommode , &
on en peut prendre ainſi , cinq ou ſix fois par
jour , ce qui préviendra en niême temps les
maladies dont le Poulmon eſt ſi ſouvent atta
qué. Ceux qui ont l'eſtomach foible , ou mau
vais goût dans la bouche , en prennent égale
ment cinq ou ſix par jour, ou plus ou moins.
La quantité ne ſçauroit nuire en aucune †
l'épreuve qu'on en peut faire en laiſſant fon
dre une de ces Tablettes dans un verre d'eau ,
fera voir qu'il n'y entre rien de pernicieux, &
† la compoſition eſt bienfaiſante & des plus
alutaire. -
Ces Tablettes ſe vendent par commiſſion chez
le ſieur le Brun , Marchand Epicier, rue Dau
· phine, au Magaſin de Provence & de Mont
pellier, a 36 ſols la Boëte.
L'on trouve chez le même Marchand le vé
ritable Elixir de Garrus.
machales, trouvées par le ſieur Anhbald. Ces
Tablettes ſont un reméde ſûr & infaillible con
tre les maladies ordinaires de la Poitrine &
du Poulmon, telles que le rhume, la toux, &
l'enrouement, &c. Elles préviennent l'Aſthme,
la Phthiſie, la Poulmonie, & diſſipent les hu
meurs qui ſe fixent ſur la Poitrine , & dont
l'irritation occaſionne des efforts continuels pour
touſſer. -
Ces Tablettes par leurs vertus balſamiques &
nutritives, guériſſent les tendres vaiſſeaux de l'eſ
tomach , qui ſont ſouvent lacérés par ſes mou
vemens convulſifs ; & en fortiſiant ſes organes,
elles aident à la digeſtion, & ne manquent ja
mais d'avancer la chylification.
Elles ſe fondent dans l'eau comme du ſucre,
le goût en eſt des plus agréable, & ne manque
jamais de corriger l'haleine & les exhalaiſons
impures de l'eſtomach.
M A I. 1764. 213
Manière de ſe ſervir de ces Tablettes.
Quand on eſt enrhumé ou enroué, on prend
une de ces Tablettes dans la bouche où elles ſe
fondent comme du ſucre On le répéte toutes
les fois que la toux devient incommode , &
on en peut prendre ainſi , cinq ou ſix fois par
jour , ce qui préviendra en niême temps les
maladies dont le Poulmon eſt ſi ſouvent atta
qué. Ceux qui ont l'eſtomach foible , ou mau
vais goût dans la bouche , en prennent égale
ment cinq ou ſix par jour, ou plus ou moins.
La quantité ne ſçauroit nuire en aucune †
l'épreuve qu'on en peut faire en laiſſant fon
dre une de ces Tablettes dans un verre d'eau ,
fera voir qu'il n'y entre rien de pernicieux, &
† la compoſition eſt bienfaiſante & des plus
alutaire. -
Ces Tablettes ſe vendent par commiſſion chez
le ſieur le Brun , Marchand Epicier, rue Dau
· phine, au Magaſin de Provence & de Mont
pellier, a 36 ſols la Boëte.
L'on trouve chez le même Marchand le vé
ritable Elixir de Garrus.
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Résumé : « Les Tablettes d'Angleterre Pectorales & Stomachales, trouvées par le sieur Anhbald. [...] »
Le texte présente les Tablettes d'Angleterre Pectérales et Stomachales, découvertes par le sieur Anhbald, comme un remède efficace contre diverses affections de la poitrine et des poumons, telles que le rhume, la toux, l'enrouement, l'asthme, la phthisie et la pneumonie. Elles préviennent également l'accumulation d'humeurs irritantes dans la poitrine. Grâce à leurs propriétés balsamiques et nutritives, elles soignent les vaisseaux de l'estomac, aident à la digestion et favorisent la chylification. Les tablettes se dissolvent dans l'eau comme du sucre, ont un goût agréable et corrigent l'haleine. Pour les utiliser, il suffit de les laisser fondre dans la bouche plusieurs fois par jour en cas de rhume, d'enrouement ou de mauvais goût dans la bouche. La composition est considérée comme bienfaisante et sans danger. Les tablettes sont disponibles chez le sieur le Brun, Marchand Epicier, rue Dauphine, au prix de 36 sols la boîte. Le même marchand propose également le véritable Élixir de Garrus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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71
p. 208-209
Reméde pour les maux de dents, &c.
Début :
Il y a à Paris, comme on l'a dit ci-devant, dans les Volumes de Septembre [...]
Mots clefs :
Remède, Dents, Douleurs, Symptômes, Topique, Guérison, Approbation, Gencives, Voyage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reméde pour les maux de dents, &c.
Reméde pour les maux de dents, &c.
IL y a à Paris,comme on l'a dit ci-devant, dans
les Volumes de Septembre 1762 , en Mai 176 3,
un nouveau reméde , pour la conſervation des
dents, tant ſaines que gâtées, ſans qu'elles faſ
ſent jamais aucun mal ni douleur , & ſans qu'il
faille les faire arracher quelque gâtées qu'elles
foient.
C'eſt un Topique, de la compoſition du Sieur
David, demeurant à Paris, rue & a l'Hôtel Ste
Anne, Butte S. Roch, au troiſiéme. -
Ce Topique s'applique le ſoir en ſe couchant,
ſur l'artére temporal du côté de la douleur ; il ne
fait aucun dommage ni marque à la peau; il tom
be de lui - même, & on eſt guéri pour la vie
des maux de dents, des fluxions qui en provien
nent, des maux de tête, migraine , & rhume de
cerveau ſans qu'il entre rien dans la bouche ni
dans le corps. -
Ce reméde qui eſt approuvé par MM. les
Doyens de la Faculté de Médecine , acquiert
tous les jours des preuves ſans équivoque de ſon
efficacité ; il n'y en eut jamais de plus doux, puiſ
qu'il guérit en dormant.
Tout le monde ſçait, que les maux de dents
prennent dans tous les momens de la journée, &
que l'on ne peut pas toujours s'aller coucher, pour
que l'on puiſſe vaquer à ſes affaires en attendant
ce moment; le Sieur David , a de l'Eau ſpirie
J U I N. 1764. , 25g
rueuſe d'une nouvelle compoſition, qui eſt in -
coruptible , très-agréable au goût & à l'odorat,
qui fait paſſer, dans la minute, les douleurs de
dents les plus vives, guérit les gencives gonfiées,
fait tranſpirer les ſéroſités, raffermit les dents
qui branlent , empêche le commencement & la
continuation de la carie, prévient les humeurs
ſcorbutiques, guérit radicalement de cette ma
ladie, & généralement de tous les maux qui vien
ment dans la bouche.
· MM. les Marins ainſi que beaucoup de voya
geurs , tant par terre que par mer, en font
proviſion ainſi que des topiques, & ſont certains
de faire leurs voyages, ſans avoir jamais aucun
mal aux dents ni a la bouche, & ceux qui ſe
fervent de cette eau, fans être incommodé, ont
toujours les gencives & les dents ſaines ; il y a des
bouteilles à 24 ſols, à y livres, & à 6 livres, &
les topiques à 24 ſols chaque ; il donne un im
primé de la manière de ſe ſervir de tous les deux,
& il en fournit dans toutes les Provinces & hors du
Royaume.
IL y a à Paris,comme on l'a dit ci-devant, dans
les Volumes de Septembre 1762 , en Mai 176 3,
un nouveau reméde , pour la conſervation des
dents, tant ſaines que gâtées, ſans qu'elles faſ
ſent jamais aucun mal ni douleur , & ſans qu'il
faille les faire arracher quelque gâtées qu'elles
foient.
C'eſt un Topique, de la compoſition du Sieur
David, demeurant à Paris, rue & a l'Hôtel Ste
Anne, Butte S. Roch, au troiſiéme. -
Ce Topique s'applique le ſoir en ſe couchant,
ſur l'artére temporal du côté de la douleur ; il ne
fait aucun dommage ni marque à la peau; il tom
be de lui - même, & on eſt guéri pour la vie
des maux de dents, des fluxions qui en provien
nent, des maux de tête, migraine , & rhume de
cerveau ſans qu'il entre rien dans la bouche ni
dans le corps. -
Ce reméde qui eſt approuvé par MM. les
Doyens de la Faculté de Médecine , acquiert
tous les jours des preuves ſans équivoque de ſon
efficacité ; il n'y en eut jamais de plus doux, puiſ
qu'il guérit en dormant.
Tout le monde ſçait, que les maux de dents
prennent dans tous les momens de la journée, &
que l'on ne peut pas toujours s'aller coucher, pour
que l'on puiſſe vaquer à ſes affaires en attendant
ce moment; le Sieur David , a de l'Eau ſpirie
J U I N. 1764. , 25g
rueuſe d'une nouvelle compoſition, qui eſt in -
coruptible , très-agréable au goût & à l'odorat,
qui fait paſſer, dans la minute, les douleurs de
dents les plus vives, guérit les gencives gonfiées,
fait tranſpirer les ſéroſités, raffermit les dents
qui branlent , empêche le commencement & la
continuation de la carie, prévient les humeurs
ſcorbutiques, guérit radicalement de cette ma
ladie, & généralement de tous les maux qui vien
ment dans la bouche.
· MM. les Marins ainſi que beaucoup de voya
geurs , tant par terre que par mer, en font
proviſion ainſi que des topiques, & ſont certains
de faire leurs voyages, ſans avoir jamais aucun
mal aux dents ni a la bouche, & ceux qui ſe
fervent de cette eau, fans être incommodé, ont
toujours les gencives & les dents ſaines ; il y a des
bouteilles à 24 ſols, à y livres, & à 6 livres, &
les topiques à 24 ſols chaque ; il donne un im
primé de la manière de ſe ſervir de tous les deux,
& il en fournit dans toutes les Provinces & hors du
Royaume.
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Résumé : Reméde pour les maux de dents, &c.
Le texte décrit deux remèdes pour les maux de dents proposés par le Sieur David à Paris. Le premier est un topique appliqué le soir sur l'artère temporale du côté douloureux. Il guérit les maux de dents, les fluxions, les maux de tête, la migraine et le rhume de cerveau sans nécessiter d'ingestion. Approuvé par les Doyens de la Faculté de Médecine, ce remède est efficace et doux, agissant pendant le sommeil. Le second remède est une eau spirituelle incorruptible, agréable au goût et à l'odorat, qui soulage instantanément les douleurs dentaires, guérit les gencives gonflées, raffermit les dents qui branlent et prévient la carie. Les marins et voyageurs utilisent ce remède pour éviter les maux de dents pendant leurs voyages. Les produits sont disponibles en bouteilles et topiques à des prix variés, avec des instructions d'utilisation fournies par le Sieur David, qui livre dans toutes les provinces et hors du royaume.
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72
p. 210-211
« Le sieur Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un Reméde efficace [...] »
Début :
Le sieur Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un Reméde efficace [...]
Mots clefs :
Remède, Topique, Pieds, Maux, Amputation, Vertus, Pansement, Guérison, Succès
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texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un Reméde efficace [...] »
LE fieur ROUSSEL donne avis au Public quila
trouvé un Reméde efficace pour les cors des
pieds. Juſqu'ici ces maux avoient paru ne pas
devoir mériter une attention particulière , &
Pon s'eſt contenté de chercher dans les ſecrets
douteux de quelques Empyriques un foulagement
, trop ſouvent inutilement attendu. Il ſuf
fifoit , en diminuant leur volume par l'amputation
d'en rendre les douleurs un peu plus fup
portables. Beaucoup de perſonnes , ou riſquoient
les inconvéniens dangereux qui réſultent tous les
jours de pareilles opérations , ou aimolent mieux
fouffrir les maux que cauſent les Cors , plutôt que
* Les actes qui la conſtituentfont des 13 Octobre
1763 & 6 Avril 1764.
AOUST. 1764. 211
d'endurer la compreſſion ou l'introduction d'aucun
corps étranger. Aujourd'hui l'expérience a fait
trouver un Topique auſſi sûr contre ce mal , qu'il
eſt aiſé à employer. Un morceau de toile noire ,
ou de foie , enduit du médicament dont il s'agit a,
la vertu d'ôter très-promptement la douleur des
Cors , de les amollir , & de les faire mourir par
fucceſſion de temps . On en forme une Emplâtre
un peu plus large que le mal , que l'on enveloppe
d'une bandelette. Au boutde huit jours on peut
lever cepremier appareil , & remettre une autre
Emplâtre pour autant de temps. Ce Reméde eft
auffi efficace pour les Verrues ou Poireaux , ayant
foin d'en relever l'Emplâtre , d'en fubſtituer une
autre à la place , tous les deux jours , pendant
l'eſpace de huit ou dix jours.
Un grand nombre de perſonnes ont été par
faitement guéries par l'ufage de ce Topique ; en
tr'autres
,
M. de la Place Auteur du Mercure , rue
Fromenteau.
-M. Baret , Maître de Langues de la Cour de
Munich , actuellement à Paris , rue S. Etienne
des Grès , près le Collège de Lyſieux .
M. David , Marchand Mercier & Négociant ,
rueBeaurepaire.
M. & Madame Thibault , Maître Plombier ,
rue S. Sauveur.
Madame de Mongeville , Maréchale de
rue Camp Couture Ste Catherine. 1
Mademoiſelle
vis le Maréchal.
Tumerie , rue de Limoge , vis-à-
La demeure du Sieur ROUSSEL eft rue Jeande-
l'Epine près la Grève , chez M. Dumon au S.
Efprit.
trouvé un Reméde efficace pour les cors des
pieds. Juſqu'ici ces maux avoient paru ne pas
devoir mériter une attention particulière , &
Pon s'eſt contenté de chercher dans les ſecrets
douteux de quelques Empyriques un foulagement
, trop ſouvent inutilement attendu. Il ſuf
fifoit , en diminuant leur volume par l'amputation
d'en rendre les douleurs un peu plus fup
portables. Beaucoup de perſonnes , ou riſquoient
les inconvéniens dangereux qui réſultent tous les
jours de pareilles opérations , ou aimolent mieux
fouffrir les maux que cauſent les Cors , plutôt que
* Les actes qui la conſtituentfont des 13 Octobre
1763 & 6 Avril 1764.
AOUST. 1764. 211
d'endurer la compreſſion ou l'introduction d'aucun
corps étranger. Aujourd'hui l'expérience a fait
trouver un Topique auſſi sûr contre ce mal , qu'il
eſt aiſé à employer. Un morceau de toile noire ,
ou de foie , enduit du médicament dont il s'agit a,
la vertu d'ôter très-promptement la douleur des
Cors , de les amollir , & de les faire mourir par
fucceſſion de temps . On en forme une Emplâtre
un peu plus large que le mal , que l'on enveloppe
d'une bandelette. Au boutde huit jours on peut
lever cepremier appareil , & remettre une autre
Emplâtre pour autant de temps. Ce Reméde eft
auffi efficace pour les Verrues ou Poireaux , ayant
foin d'en relever l'Emplâtre , d'en fubſtituer une
autre à la place , tous les deux jours , pendant
l'eſpace de huit ou dix jours.
Un grand nombre de perſonnes ont été par
faitement guéries par l'ufage de ce Topique ; en
tr'autres
,
M. de la Place Auteur du Mercure , rue
Fromenteau.
-M. Baret , Maître de Langues de la Cour de
Munich , actuellement à Paris , rue S. Etienne
des Grès , près le Collège de Lyſieux .
M. David , Marchand Mercier & Négociant ,
rueBeaurepaire.
M. & Madame Thibault , Maître Plombier ,
rue S. Sauveur.
Madame de Mongeville , Maréchale de
rue Camp Couture Ste Catherine. 1
Mademoiſelle
vis le Maréchal.
Tumerie , rue de Limoge , vis-à-
La demeure du Sieur ROUSSEL eft rue Jeande-
l'Epine près la Grève , chez M. Dumon au S.
Efprit.
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Résumé : « Le sieur Roussel donne avis au Public qu'il a trouvé un Reméde efficace [...] »
Le document présente la découverte d'un remède efficace contre les cors des pieds par le Sieur ROUSSEL. Jusqu'alors, ces affections étaient souvent négligées ou traitées par des méthodes inefficaces, comme l'amputation. Le nouveau traitement consiste en un emplâtre fabriqué à partir d'un morceau de toile noire ou de foie, enduit d'un médicament spécifique. Cet emplâtre doit être appliqué sur le cor, enveloppé d'une bandelette, et changé tous les huit jours. Le remède est également efficace contre les verrues, nécessitant un changement de l'emplâtre tous les deux jours pendant huit à dix jours. Plusieurs personnes ont été guéries grâce à ce traitement, notamment M. de la Place, M. Baret, M. David, M. et Madame Thibault, Madame de Mongeville et Mademoiselle Tumerie. Le Sieur ROUSSEL réside rue Jean-de-l'Épine près la Grève, chez M. Dumon au Saint-Esprit.
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73
p. 197-199
SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
Début :
AUTANT le traitement de la Goutte effrayoit ceux qui en font affligés, [...]
Mots clefs :
Goutte, Remède, Maux, Soulagement, Poudre balsamique, Baume végétal, Effets positifs, Fièvre
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
SUPPLÉMENT à l'Art . des Sciences
MÉDECINE.
Gouttes fciatiques & Rhumatifmes.
AUTANT UTANT le traitement de la Goutte
éffrayoit ceux qui en font affligés , &
trouvoit des contradicteurs , autant les
fuccès répétés depuis dix années d'une
pratique auffi douce que fimple & méthodique,
portent le calme & la confiance
dans les efprits prévenus. Les maux des
Goutteux ne fe bornoient pas à la feule
violence des tourmens & des révolutions
les plus funeffes ; le plus cruel de tous
étoit le défaut d'aucune efpéce de foulagement
. Je dois leur mettre fous les
yeux ce que l'expérience m'a appris
en leur faveur.
La Poudre balfantique infufée dans de
l'eau , en forme de thé , ou dans une
eau de veau conformément au tempé
rament de chacun , calme les accès les
plus vifs , & agit uniquement par les
urines & par une tranfpiration un peu
augmentée fans fueur ; les fuccès plus
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
,
ou moins prompts dépendent de l'ad
miniftration propre à chacun. Ce réméde
empêche que les nodofités fe
forment & s'oppofe aux révolutions
fuivant l'attention qu'on apporte dans
fon ufage. Le Baume végétal , par fes
qualités propres à l'eftomach , rend les
digeftions parfaites forme un fang
bien travaillé & donne du reffort ; c'eſt
par ce moyen qu'il éloigne les accès ;
fon action n'échauffe point , & il eſt
parfait anti - fcorbutique. Ceux qui ne
peuvent fe gêner fur rien pendant qu'ils
en font ufage , ou qui ont des complications
qu'ils ne déclarent point
font dans le cas d'en recevoir peu d'effets.
Le fruit que j'ai tiré de ma pratique
, eft une connoiffance particulière
des effets des différens remédes employés
en Europe ; leur danger , leur
inutilité , ou leurs vrais moyens , ce qui
forme l'objet le plus intéreffant par les
funeftes accidens qui en résultent. Je
me flatte par mes foins continués de
rendre de jour en jour le traitement
de la Goutte auffi familier que celui
des fiévres intermittentes ; c'est -à - dire ,
d'affurer les moyens calmans dans tous
les cas , & ceux d'éloigner les accès ; ·
c'est tout ce que l'on peut propo fer
NOVEMBRE. 1764. 199
il faut être précis & net fur fon état
en me confultant. Je ne reçois que les
Lettres affranchies. Je loge rue du Gros
Chenet , Quartier Montmartre , à Paris.
C. DE MONGERBET , Médecin du
Roi & Ordinaire de fes Bâtimens .
MÉDECINE.
Gouttes fciatiques & Rhumatifmes.
AUTANT UTANT le traitement de la Goutte
éffrayoit ceux qui en font affligés , &
trouvoit des contradicteurs , autant les
fuccès répétés depuis dix années d'une
pratique auffi douce que fimple & méthodique,
portent le calme & la confiance
dans les efprits prévenus. Les maux des
Goutteux ne fe bornoient pas à la feule
violence des tourmens & des révolutions
les plus funeffes ; le plus cruel de tous
étoit le défaut d'aucune efpéce de foulagement
. Je dois leur mettre fous les
yeux ce que l'expérience m'a appris
en leur faveur.
La Poudre balfantique infufée dans de
l'eau , en forme de thé , ou dans une
eau de veau conformément au tempé
rament de chacun , calme les accès les
plus vifs , & agit uniquement par les
urines & par une tranfpiration un peu
augmentée fans fueur ; les fuccès plus
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
,
ou moins prompts dépendent de l'ad
miniftration propre à chacun. Ce réméde
empêche que les nodofités fe
forment & s'oppofe aux révolutions
fuivant l'attention qu'on apporte dans
fon ufage. Le Baume végétal , par fes
qualités propres à l'eftomach , rend les
digeftions parfaites forme un fang
bien travaillé & donne du reffort ; c'eſt
par ce moyen qu'il éloigne les accès ;
fon action n'échauffe point , & il eſt
parfait anti - fcorbutique. Ceux qui ne
peuvent fe gêner fur rien pendant qu'ils
en font ufage , ou qui ont des complications
qu'ils ne déclarent point
font dans le cas d'en recevoir peu d'effets.
Le fruit que j'ai tiré de ma pratique
, eft une connoiffance particulière
des effets des différens remédes employés
en Europe ; leur danger , leur
inutilité , ou leurs vrais moyens , ce qui
forme l'objet le plus intéreffant par les
funeftes accidens qui en résultent. Je
me flatte par mes foins continués de
rendre de jour en jour le traitement
de la Goutte auffi familier que celui
des fiévres intermittentes ; c'est -à - dire ,
d'affurer les moyens calmans dans tous
les cas , & ceux d'éloigner les accès ; ·
c'est tout ce que l'on peut propo fer
NOVEMBRE. 1764. 199
il faut être précis & net fur fon état
en me confultant. Je ne reçois que les
Lettres affranchies. Je loge rue du Gros
Chenet , Quartier Montmartre , à Paris.
C. DE MONGERBET , Médecin du
Roi & Ordinaire de fes Bâtimens .
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. des Sciences MÉDECINE. Gouttes sciatiques & Rhumatismes.
Le texte, rédigé par C. de Mongerbet, médecin du Roi, traite du traitement de la goutte, une maladie douloureuse et invalidante. Mongerbet propose une méthode douce et méthodique, éprouvée au fil des années. Il recommande l'utilisation de la Poudre balfantique, infusée dans de l'eau ou une eau de veau, pour calmer les accès violents et favoriser l'élimination des toxines par les urines et la transpiration. Ce remède prévient également la formation de nodules et les crises suivantes, à condition d'un usage attentif. Le Baume végétal est suggéré pour améliorer la digestion, renforcer l'organisme et éloigner les accès sans effet chauffant, tout en étant antiscorbutique. Cependant, son efficacité peut être réduite chez ceux qui ne suivent pas les recommandations ou ont des complications non déclarées. Mongerbet affirme posséder une connaissance approfondie des remèdes européens et vise à rendre le traitement de la goutte aussi familier que celui des fièvres intermittentes. Il insiste sur la nécessité de consulter précisément et de manière franche. Il loge rue du Gros Chenet, Quartier Montmartre, à Paris, et ne reçoit que des lettres affranchies.
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74
p. 204-206
COPIE de la Lettre d'un Curé de Campagne, à M.... Médecin à Paris.
Début :
Monsieur, J'ai trouvé dans les papiers de mon Prédécesseur le reméde contre la rage, [...]
Mots clefs :
Remède, Rage, Effets positifs, Coquilles, Huître, Poudre, Malade, Aliments, Morsure
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texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre d'un Curé de Campagne, à M.... Médecin à Paris.
COPIE de la Lettre d'un Curé de
Campagne , à M.... Médecin à Paris.
MONSIEUR ,
J'AI trouvé dans les papiers de mon Prédéceffeur
le reméde contre la rage , que je joins
à la préfente , & tous les Habitans de ma Paroiffe
perfuadés de fon utilité , il m'a été rapporté
des effets fi falutaires de ce reméde , queconnoiffant
la bonté de votre coeur & l'étendue
de vos lumières >
j'ai vu que je pouvois vous
prier de l'éxaminer , afin qu'appuyé de votre
autorité , il puiffe acquérir dans le Royaume le
crédit qu'il a dans ma Paroiffe.
J'ai l'honneur d'être & c ,
NOVEMBRE. 1764. 2051
Remède contre la Rage.
Prenez des coquilles d'huîtres mâles ( celles
de dellous faites les calciner au feu ou au four
jufqu'à ce qu'elles fe rompent fans effort , redaifez
-les en poudre & la pallez au tamis faites
la prendre enfuite au malade comme il eft dit
ci - après.
en
Il y a trois manières de la prendre.
'
La première qui opére le plus promptement
eft d'en donner en bolle comme le Quinquina
mettant cette poudre fimplement dans du
pain à chanter mouillé , & en multipliant ces
bolles à proportion de la facilité avec laquelle le
malade pourra la prendre.
La deuxième eft de la donner dans du vin
blanc.
La troifiéme eft de battre cette poudre dans
quatre ceufs frais , d'en faire une omelette que
l'on fera cuire avec de l'huile au lieu de beurre
qui en empêcheroit abfolument l'effet. Il la faut
faire manger au malade fans pain & fans le
faire boire.
La dofe ordinaire pour ceux qui font dans
l'accès , eft le poids de fix gros pour la première
fois , & que l'on doit donner au malade le plus
promptement qu'il eft poffible après qu'on s'en
eft apperçu , & les deux jours fuivans il faut
lui en donner chaque jour quatre gros à jeun ,
& qu'il ne prenne aucune nourriture ni boiffon
que trois heures après.
La dofe pour ceux qui font mordus à fang
& pour ceux qui ont été manqués à la mer eſt
de quatre gros chacun des trois jours.
La dofe pour ceux qui n'ont été que pincés¿
206 MERCURE DE FRANCE.
léchés ou éraflés , ou qui craignent la Rage ;
ce qui eft fouvent auffi dangereux que la morfure
à fang , n'eft que de deux gros , & il n'en
faut prendre qu'une feule fois.
Campagne , à M.... Médecin à Paris.
MONSIEUR ,
J'AI trouvé dans les papiers de mon Prédéceffeur
le reméde contre la rage , que je joins
à la préfente , & tous les Habitans de ma Paroiffe
perfuadés de fon utilité , il m'a été rapporté
des effets fi falutaires de ce reméde , queconnoiffant
la bonté de votre coeur & l'étendue
de vos lumières >
j'ai vu que je pouvois vous
prier de l'éxaminer , afin qu'appuyé de votre
autorité , il puiffe acquérir dans le Royaume le
crédit qu'il a dans ma Paroiffe.
J'ai l'honneur d'être & c ,
NOVEMBRE. 1764. 2051
Remède contre la Rage.
Prenez des coquilles d'huîtres mâles ( celles
de dellous faites les calciner au feu ou au four
jufqu'à ce qu'elles fe rompent fans effort , redaifez
-les en poudre & la pallez au tamis faites
la prendre enfuite au malade comme il eft dit
ci - après.
en
Il y a trois manières de la prendre.
'
La première qui opére le plus promptement
eft d'en donner en bolle comme le Quinquina
mettant cette poudre fimplement dans du
pain à chanter mouillé , & en multipliant ces
bolles à proportion de la facilité avec laquelle le
malade pourra la prendre.
La deuxième eft de la donner dans du vin
blanc.
La troifiéme eft de battre cette poudre dans
quatre ceufs frais , d'en faire une omelette que
l'on fera cuire avec de l'huile au lieu de beurre
qui en empêcheroit abfolument l'effet. Il la faut
faire manger au malade fans pain & fans le
faire boire.
La dofe ordinaire pour ceux qui font dans
l'accès , eft le poids de fix gros pour la première
fois , & que l'on doit donner au malade le plus
promptement qu'il eft poffible après qu'on s'en
eft apperçu , & les deux jours fuivans il faut
lui en donner chaque jour quatre gros à jeun ,
& qu'il ne prenne aucune nourriture ni boiffon
que trois heures après.
La dofe pour ceux qui font mordus à fang
& pour ceux qui ont été manqués à la mer eſt
de quatre gros chacun des trois jours.
La dofe pour ceux qui n'ont été que pincés¿
206 MERCURE DE FRANCE.
léchés ou éraflés , ou qui craignent la Rage ;
ce qui eft fouvent auffi dangereux que la morfure
à fang , n'eft que de deux gros , & il n'en
faut prendre qu'une feule fois.
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Résumé : COPIE de la Lettre d'un Curé de Campagne, à M.... Médecin à Paris.
En novembre 1764, un curé de campagne adresse une lettre à un médecin parisien pour lui soumettre un remède contre la rage, découvert parmi les affaires de son prédécesseur. Les habitants de la paroisse attestent de son efficacité. Le curé demande au médecin d'examiner le remède afin qu'il puisse être reconnu et adopté dans tout le royaume. Ce remède est une poudre fabriquée à partir de coquilles d'huîtres mâles calcinées et tamisées. Elle peut être administrée en boule dans du pain, dans du vin blanc, ou dans une omelette cuite à l'huile. La dose varie selon la gravité du cas : six gros pour les personnes en accès, quatre gros pour celles mordues à sang ou blessées en mer, et deux gros pour celles pincées, léchées, éraflées ou craignant la rage. Le traitement doit être pris à jeun, sans nourriture ni boisson pendant trois heures après la prise.
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75
p. 206-208
Par Permission de Monseigneur le Lieutenant Général de Police.
Début :
Le Sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a trouvé un Reméde [...]
Mots clefs :
Cor de pied, Traitement, Soulagement, Remède, Maux, Topique, Emplâtre, Verrue plantaire, Guérison, Patients
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Par Permission de Monseigneur le Lieutenant Général de Police.
Par Permiffion de Monfeigneur le Lieutenant»
Général de Police.
LE Sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a
trouvé un Reméde efficace pour les Cors des pieds.
Jufqu'ici ces maux avoient paru ne pas mériter
une attention particuliere , & l'on s'eft contenté
de chercher dans les fecrets douteux de quelques
Empyriques un foulagement , trop fouvent inu
tilement attendu . Il fuffifoit , en diminuant leur
volume par l'amputation , d'en rendre les douleurs
un peu plus fupportables. Beaucoup de perfonnes,
ou rifqucient les inconvéniens dangcreux qui
réfultent tous les jours de pareilles opérations , ou
aimoient mieux fouffrir les maux que caufent les
Cors , plutôt que d'endurer la compreffion ou l'introduction
d'aucun corps étranger. Aujourd'hui
l'expérience a fait trouver une Topique auffi fûr
coni e ce mal , qu'il eft aifé de l'employer. Un
morceau de toile noire , ou de foie , enduit du médicament
dont il s'agit , a la vertu d'ôter très
promptement la douleur des Cors , de les amollir
, & de les faire mourir par fucceffion de temps.'
On en forme une Emplâtre un peu plus large
que le mal , que l'on enveloppe d'une bandelette
après avoir coupé le Cors . Au bout de huit jours
on peut lever ce premier appareil; & remettre une
autre Emplâtre pour autant de temps . Ce Reméde
eft auffi efficace pour les Verrues ou Poireaux ,
ayant foin d'en relever l'Emplâtre, d'en fubftituer
une autre à la place , tous les deux jours , pendant
T'efpace de huit ou dixjours.
NOVEMBRE. 1764. 267
Un grand nombre de perfonnes ont été parfaitement
guéries par l'ufage de ce Topique ;
entr'autres :
M. de la Place , Auteur du Mercure , rue Fromenteau.
M. Baret , Maître de Langues de la Cour de
Munich actuellement à Paris , rue S. Etienne des
Grès , près le College de Lyfieux.
M. David , Marchand Mercier & Négociant ,
rue Beaurepaire.
M. & Madame Thibault , Maître Plombier ,
rue S. Sauveur.
Madame la Comteffe de Stainville , rue S.
Dominique, au coin de la rue de Bourgogne.
L'Epoufe de M. de Menjeville , Maréchal de
Camp , rue couture Sainte - Catherine au Marais .
Mademoiſelle Thumérie fa tante ,
Limoges au Marais.
" rue de
Madame Pelerin , rue du Rempart S. Honoré.
M. Billecoq , Fermier du Roi & Receveur à la
Barrière du Roulle.
M. l'Abbé l'Huillier , chez M. de Graffin ,
rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
Le Maître d'Hôtel de M. de Sainte- Croix
même rue.
Mademoiſelle Maignon , à l'Hôtel Torpanne ,
rue des Bernardins .
Madame Forbet , Marchande de Ceinturons ,
fur le Pont S. Michel.
Mademoiſelle Thomas , Maîtreffe Couturiere ,
au Bras d'or , rue S. Louis , près le Palais.
M. Duclos , Marchand Horloger , & la gouvernante
, dans la même rue.
M. Ritter , Horloger , dans la maison de M.
Barat , Place Dauphine.
Madame Michel , Horlogere , dans la maiſon
de M. le Normand , Place Dauphine.
208 MERCURE DE FRANCE.
Dom de Méromont , Feuillant.
M. Langevin , Marchand de Parafol , dans S.
Denis de la Chartre , dans le grand Escalier.
M. Goffet le jeune , chez Monfeigneur le Comte
de Saint - Florentin .
La Gouvernante des Enfans de M. de Norville
Receveur Général des Maréchauffées de France ,
rue dugrand Chantier.
Plufieurs perfonnes de Génêve ont écrit à M.
Bernier , Bourgeois , chez M. Rouſſeau , rue
Notre- Dame des Victoires , qu'ils étoient trèscontens
de l'onguent du fieur ROUSSEL pour les
Cors , & qu'ils le prient de vouloir bien leur en
renvoyer quatre Boetes , tenant un quarteron
chacune , c'est-à- dire une livte d'Onguent.
Le prix des Boëtes à douze Mouches eft de 3
livres.
I
t
Celui des Boétés à fix Mouches eft de 1 livres
10 fols.
La demeure du fieur ROUSSEL eft chez le fieur
Dumont , rue Jean-de- l'Epine , près la Grève ,
l'Hôtel du S. Efprit, où on le trouvera toujours , ou
une Perfonne qui le repréſentera .
Général de Police.
LE Sieur ROUSSEL donne avis au Public qu'il a
trouvé un Reméde efficace pour les Cors des pieds.
Jufqu'ici ces maux avoient paru ne pas mériter
une attention particuliere , & l'on s'eft contenté
de chercher dans les fecrets douteux de quelques
Empyriques un foulagement , trop fouvent inu
tilement attendu . Il fuffifoit , en diminuant leur
volume par l'amputation , d'en rendre les douleurs
un peu plus fupportables. Beaucoup de perfonnes,
ou rifqucient les inconvéniens dangcreux qui
réfultent tous les jours de pareilles opérations , ou
aimoient mieux fouffrir les maux que caufent les
Cors , plutôt que d'endurer la compreffion ou l'introduction
d'aucun corps étranger. Aujourd'hui
l'expérience a fait trouver une Topique auffi fûr
coni e ce mal , qu'il eft aifé de l'employer. Un
morceau de toile noire , ou de foie , enduit du médicament
dont il s'agit , a la vertu d'ôter très
promptement la douleur des Cors , de les amollir
, & de les faire mourir par fucceffion de temps.'
On en forme une Emplâtre un peu plus large
que le mal , que l'on enveloppe d'une bandelette
après avoir coupé le Cors . Au bout de huit jours
on peut lever ce premier appareil; & remettre une
autre Emplâtre pour autant de temps . Ce Reméde
eft auffi efficace pour les Verrues ou Poireaux ,
ayant foin d'en relever l'Emplâtre, d'en fubftituer
une autre à la place , tous les deux jours , pendant
T'efpace de huit ou dixjours.
NOVEMBRE. 1764. 267
Un grand nombre de perfonnes ont été parfaitement
guéries par l'ufage de ce Topique ;
entr'autres :
M. de la Place , Auteur du Mercure , rue Fromenteau.
M. Baret , Maître de Langues de la Cour de
Munich actuellement à Paris , rue S. Etienne des
Grès , près le College de Lyfieux.
M. David , Marchand Mercier & Négociant ,
rue Beaurepaire.
M. & Madame Thibault , Maître Plombier ,
rue S. Sauveur.
Madame la Comteffe de Stainville , rue S.
Dominique, au coin de la rue de Bourgogne.
L'Epoufe de M. de Menjeville , Maréchal de
Camp , rue couture Sainte - Catherine au Marais .
Mademoiſelle Thumérie fa tante ,
Limoges au Marais.
" rue de
Madame Pelerin , rue du Rempart S. Honoré.
M. Billecoq , Fermier du Roi & Receveur à la
Barrière du Roulle.
M. l'Abbé l'Huillier , chez M. de Graffin ,
rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
Le Maître d'Hôtel de M. de Sainte- Croix
même rue.
Mademoiſelle Maignon , à l'Hôtel Torpanne ,
rue des Bernardins .
Madame Forbet , Marchande de Ceinturons ,
fur le Pont S. Michel.
Mademoiſelle Thomas , Maîtreffe Couturiere ,
au Bras d'or , rue S. Louis , près le Palais.
M. Duclos , Marchand Horloger , & la gouvernante
, dans la même rue.
M. Ritter , Horloger , dans la maison de M.
Barat , Place Dauphine.
Madame Michel , Horlogere , dans la maiſon
de M. le Normand , Place Dauphine.
208 MERCURE DE FRANCE.
Dom de Méromont , Feuillant.
M. Langevin , Marchand de Parafol , dans S.
Denis de la Chartre , dans le grand Escalier.
M. Goffet le jeune , chez Monfeigneur le Comte
de Saint - Florentin .
La Gouvernante des Enfans de M. de Norville
Receveur Général des Maréchauffées de France ,
rue dugrand Chantier.
Plufieurs perfonnes de Génêve ont écrit à M.
Bernier , Bourgeois , chez M. Rouſſeau , rue
Notre- Dame des Victoires , qu'ils étoient trèscontens
de l'onguent du fieur ROUSSEL pour les
Cors , & qu'ils le prient de vouloir bien leur en
renvoyer quatre Boetes , tenant un quarteron
chacune , c'est-à- dire une livte d'Onguent.
Le prix des Boëtes à douze Mouches eft de 3
livres.
I
t
Celui des Boétés à fix Mouches eft de 1 livres
10 fols.
La demeure du fieur ROUSSEL eft chez le fieur
Dumont , rue Jean-de- l'Epine , près la Grève ,
l'Hôtel du S. Efprit, où on le trouvera toujours , ou
une Perfonne qui le repréſentera .
Fermer
Résumé : Par Permission de Monseigneur le Lieutenant Général de Police.
Le Sieur ROUSSEL, autorisé par Monseigneur le Lieutenant Général de Police, annonce un remède efficace pour les cors des pieds. Jusqu'alors, les traitements étaient douteux ou impliquaient l'amputation, souvent avec des résultats inutiles ou dangereux. ROUSSEL propose une topique appliquée sur un morceau de toile noire ou de foie, soulageant rapidement la douleur et éliminant les cors. Ce remède, sous forme d'emplâtre renouvelé tous les huit jours, est également efficace contre les verrues, avec un renouvellement tous les deux jours pendant huit à dix jours. De nombreuses personnes, y compris M. de la Place, M. Baret et Madame la Comtesse de Stainville, ainsi que des habitants de Genève, ont été guéries par ce traitement. Les prix des boîtes de médicament sont de 3 livres pour douze mouches et de 1 livre 10 sols pour six mouches. ROUSSEL peut être contacté chez le Sieur Dumont, rue Jean-de-l'Épine, près la Grève, à l'Hôtel du Saint-Esprit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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77
p. 118-126
De la Passion de l'Amour, [titre d'après la table]
Début :
De la Passion de l'Amour, de ses causes, & des remèdes qu'il y faut apporter, en [...]
Mots clefs :
Amour, Passion, Remède, Objet, Objets, Homme, Remèdes, Cerveau, Mère, Morale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Passion de l'Amour, [titre d'après la table]
De la Paffion de l'Amour , de fes caufes ,
& des remèdes qu'il y faut apporter, en
la confidérant comme maladie , par M. F. ,
Médecin Anglois. A Paris , chez Pichard ,
Quai & près des Théatins ; petit in- 1 2.
PRESQUE tous les Poetes ont dit beaucoup
de bien & beaucoup de mal de l'Amour ;
les Moraliftes fe font contentés d'en dire
du mal. Qu'en eft il réfulté ? De bons ou de
méchans vers d'une part , & de la morale
inutile de l'autre. L'Auteur de l'Ouvrage que
nous annonçons , n'ayant prefque trouvé
que des Philofophes & des Poëtes parmi les
Cenfeurs & les Panégyriftes de l'Amour , a
pris un fentier moins battu ; il a voulu traiter
ce fujet en Phyficien , en Médecin même ;
& il s'eft propofé de confidérer l'Amour
comme maladie. Ce titre eft piquant , quoiDE
FRANCE.
qu'un peu trifte. Notre Docteur Anglois
n'a pourtant rien de farouche , ni dans fes
idées , ni dans fon ftyle ; il paroît même
difpofé à devenir , dans ce genre - là , auffi
malade que fes malades mêmes. Nous
prions donc les Dames de n'être pas effrayées
de fon titre. Si M. F. leur fait envifager
l'Amour comme une maladie , il prétend
leur indiquer auffi le moyen de la guérir ; &
il leur reftera toujours , après avoir pefe fes
raifons , la liberté d'opter entre le mal & le
remède.
L'Auteur combat d'abord l'opinion de
ceux qui croyent que la reffemblance enfante
l'amour ou l'amitié. Nous croyons
comme lui que cette règle offre de fi nombreufes
exceptions , qu'elle ceffe d'être une
règle , mais n'a- t'il pas un peu confondu le
phyfique & le moral , lorfqu'il a dit qu'un
homme laid reffemblant plus à une laide
femme , devroir , dans le fyftême qu'il combat
, aimer davantage la laide ? Ceux qu'il
réfute n'ont- ils pas voulu parler d'une reffemblance
morale , & non d'une reffemblance
phyfique ? Il eft bien clair qu'on n'a
pas voulu dite qu'un homme chauve doive
néceffairement devenir amoureux d'une femme
fans cheveux , un borgne , d'une femine
qui n'a qu'un cil. Une affertion auffi ridicule
ne mériteroit pas les frais d'une réponſe.
Pour achever de réfuter la fympathie de
la reflemblance , foit en amour
foit en
amitié , notre Auteur cite l'exemple de plu110
MERCURE
fieurs perfonnes célèbres qui fe font fingulièrement
attachées à des animaux . Il nous
rappelle à cette occafion ce qu'on lit aans
Homère , & ce qu'on ne peut répéter fans
une efpèce de chagrin , que la tendre &
fidelle Andromaque , à qui Racine fait prononcer
tant de beaux vers ; cette veuve défolée
, qui dit à fon amie:
Ma flamme pour Hector fut jadis allumée ;
Avec lui dans fa tombe elle s'eft enfermée.
Que cette chafte épouſe enfin aimoit plus les
chevaux de fon mari que fon mari même.
Il ne faut pas , felon notre Auteur , chercher
la caufe de l'Amour dans les différens
tempéramens , le bilieux , le fanguin , &c.;
c'eft au cerveau que l'Amour lance fon premier
trait ; ce qui changeroit un peu notre
mythologie poétique. Les fibres du cerveau ,
felon leur conformation particulière , reçoivent
plus ou moins l'impreffion de l'Amour
, qui fe tranfmet enfuite au coeur par
la correfpondance des nerfs. La force ou la
foibleffe de cette paffion dépend donc de la
diverfe organifation du cerveau , & non de
la difference des tempéramens. « Il y a , dit
l'Auteur , des gens d'un caractère fi tendre
" & fi doux , qu'ils conçoivent de l'Amour
» pour toutes les perfonnes qu'ils fréquen-
» tent ; d'autres , au contraire , font d'un
» caractère fi dur & fi fec , que le mérite le
plus diftingué ne fauroit faire aucune imes
preflion
DE FRANCE. 128
"3
22
""
*
preffion fur eux. Je n'approuve point les
premiers , mais je détefte les feconds. Les
premiers font des génies doux , indul-
» gens , bénins , irréfolus , mais pleins de
» bonté , les feconds , des génies féroces ,
méchants , mutins , fauvages , à qui tout
déplaît , & qui n'aiment qu'eux- mêmes.
» Les premiers manquent de prudence , les
feconds de raifon , n'y ayant , comme dit
Barclay , que des génies tout à fait bar-
» bares qui foient infenfibles aux charmes
» de l'Amour.
"}
ود
رو
Ce qu'on vient de lire prouve que la morale
de l'Auteur n'eft point fauvage. C'eft
dans le même efprit qu'il pofe & qu'il réfoud
la queftion fi l'on doit faire cas de ceux
que cette paffion domine. Il combat le fentiment
de Bacon , qui regarde l'Amour com
me une paffion baffe & étrangère aux grandes
âmes , par l'exemple d'Alcibiade & de Démétrius
le conquérant. Il cite avec plus de
complaifance encore Henri IV , toujours
yaillant , toujours actif , toujours vainqueur
& toujours amoureux. Il le repréfente ave
les mêmes foibleffes que la Fable reproche
à Alcide , fans perdre les qualités du Héros.
Il rapporte à ce propos que ce grand Roi fe
déguifa une fois en Payfan , prit une batte
de paille fur fon dos , & s'introduifit ain
chez la belle Gabrielle. Mais en avouant que
l'Amour n'exclud point le courage , notre
Auteur ne diffimule pas qu'il lui fait faire
bien des fautes. Il cite en preuve le même
N°. 51 , 21 Décembre 1782 .
F
MERCURE
Henri , qui , après la bataille de Coutras ,
Au lieu de poursuivre l'ennemi , fuivant le
Confeil du Prince de Conde , aima mieux
s'en aller en Gascogne voir la Coniteffe de
Guiche , & perdit par- là le fruit de fa vicfoite
.
Si M. F, combat le fentiment de Bacon ,
il n'admet pas non plus dans fon intégrité
celui de Barclay , qui pretend qu'il n'y a que
les grandes âmes qui foient fufceptibles de
la paffion de l'Amour, Comme il ne croit
pas que l'Amour foit incompatible avec le
courage , il ne croit pas aufli qu'il en foit inféparable.
" Ces deux qualités , dit il , fe
» trouvent réunies dans certains fujets ;
elles font diftinctes dans d'autres. Il eft
» vrai que l'Amour infpire du courage ,
mais ce n'eft que pour les entreprifes qui
procurent le moyen de le fatisfaire. Il en eft
de même des autres paffions dominantes,
Un homme avide de gain , quoique timide
, s'expofe aux dangers de la mer
pour amaffer du bien ; un ambitieux , à
ceux de la guerre , pour avançer ſa fortune.
"
. Nous voici arrivés à l'article des remèdes
contre l'Amour. Les perfonnes que cette paf
fion domine , prétendent qu'on ne peut la
guérir par des remèdes na'urels ; les autres
ne voyent rien de plus facile que la gué
rifon , & ils penfent que l'excès de cette
paffion eſt toujours la preuve d'un petit
génie, Parmi les exemples que M. F. oppofe
DE FRANCE.
128.
à cette dernière affertion , fe trouve celui
d'Ange Policien , qu'Erafme appelle un efprit
angélique & un prodige de la Nature,
& qui mourut de la paffion qu'une Courtifane
lui avoit infpirée. « Il étoit fi plein
» de fon objet , que dans l'ardeur de la
» fièvre que l'Amour avoit allumée dans
» fes veines , il fe leva pour prendre fon
» luth , & accompagner une chanſon qu'il
avoit compofée , & qu'il expira en ache-
» vant le fecond couplet.
» Bien des gens , continue- t'il , prétendent
» que la tendreffe du coeur eft une marque
d'efprit. Je ne regarde point cette règle
comme une règle générale ; mais je puis
affurer que je ne regarderai jamais un
homme dur comme un homme fpiri-
→ tuel.
•
Quant à la guérifon de l'Amour , il la juge
poffible, mais difficile. Les remèdes naturels
lui paroiffent infuffifans , & il le moque des
purgations & des faignées ordonnées à ce
fujet. L'abſence eft un remède qui ne peut
agir que contre une paffion naiſſante ; encore
eft il impraticable pour la plupart des
hommes à qui leurs affaires ou leur fortune,
ne permettent pas de s'abfenter affez longtemps.
Un troifième remède eft de fixer fon
attention fur des objets étrangers. Mais
l'homme paffionné peut - il vouloir ſe diftraire
? Souvent la douleur même ne peut
fairc diverfion à l'Amour. En voici un exemple.
Charles IV , Duc de Loraine , avoit
Fij
724
MERCURE
conçu une paffion violente pour la fille d'un
Bourguemeftre de Bruxelles. Il n'avoit pu
la voir encore , parce que fa mère la furveilloit
de trop près. Un jour s'étant trouvé
avec elle & fa mère dans un feftin , comme
falpaffion étoit connue, il demanda à la mère,
devant tous les convives qui étoient nombreux
, la permiffion de dire deux mots à
fa fille dans le fallon même. Sur fon refus ,
il fit une propofition affez étrange : il offrit
de ne lui parler qu'autant de temps qu'il
pourroit tenir dans fa main un charbon ardent.
Cette condition parut fi forte à la mère ,
qu'elle y confentit , peut être par curiofité.
Le Duc s'étant donc retiré à l'écart avec la
Demoiselle , prit dans fa main un charbon
allumé; & la converfation fe prolongeà fi
fort , que la mère perdit plutôt patience que
le Duc qui fe brûloit. Elle rompit l'entretien ,
& l'on trouva le charbon éteint ; par où , dit
notre Docteur , l'on peut juger de la douleur
que le Duc dût fouffrir en le ferrant.
Après avoir combattu d'autres remèdes ,
confeillés par les Poëtes ou par les Mora
liftes , il faut bien que l'Auteur propoſe le
fien ; or , le voici une fois pofé que ce
n'eft pas la préfence feule , mais le fouvenir
même de l'objet qui réveille en nous le
fentiment de l'Amour , c'eft dans l'imagination
qu'il faut en chercher le remède ; c'eftà
- dire , que fi l'image des objets qui ont
affez d'activité pour émouvoir les fibres du
cerveau , & exciter les paffions , produir
DE FRANCE. 129
وو
23
"
l'effet des objets mêmes , on peut changer,
corriger , ou ralentir ce mouvement
» en le repréfentant un autre objet qui
» excite une paffion différente. » L'Auteur
développe cette idée par un exemple. » Sup
» pofons , dit- il , un amant qui , voyant
l'objet qu'il chérit , fent toute la violence
de la paffion qui le domine ; fuppofons
» encore qu'étant dans cet état , il furvienne
» un coup de tonnerre , qu'on lui annonce
» une nouvelle fâcheufe , ou que fon ennemi
fonde tout - à - coup fur lui l'épée nue à la
main , il eft certain que chacun de ces objets
excitera dans les fibres de fon cerveau
» un mouvement qui troublera ou diffipera
celui que leur imprimoit l'objet aimé ,
& que ce mouvement fe communiquant
» au coeur par l'entremife des nerfs , la
frayeur fuccédera à l'Amour, "
23
33
33
73
7
Tel eft le genre de fituation que l'Autent
confeille de fe rendre habituel pour combattre
l'Amour. Chacun doit donc choifir
l'objet , foit effrayant , foit attendriffant ,
qui contre-balance le plus fon Amour , &
l'oppofer ainfi fréquemment à la paffion . Il
réfulte de l'habitude de marier dans fon imagination
deux idées ou deux objets différens ,
que l'on s'en forme une efpèce de lien mental
étroit, qu'on ne peut fonger à l'un des deux
objets , fans fonger en même temps à l'autre
; de manière que quand l'Amour fe réveillera
dans l'imagination , l'objet contraire
Le réveillant auffi , travaillera fans ceffe à le
Fiij
126 MERCURE.
mener & à le détruite. Il faut obſerver pourtant
que fi le mal devient opiniâtre , il fau
dra lui oppofer de nouveaux objets , parce
que le même remède employé tous les
jours fait par ne plus produire aucun
effer.
Voilà , avec toute la clarté & la préciſion
dont nous fommes capables , l'expofition du
remède que propofe M. F.; l'application ne
nous en paroît pas auffi facile qu'à lui - même ,
& nous craignons bien qu'on ne l'accufe ici
de fe montrer trop Médecin ; c'eft à - dire ,
de réuflir mieux à raifonner fur le mal qu'à
découvrir le remède.
Au refte , cette differtation nous a paru
fort bien faite. La phyſique , la morale & la
métaphyfique y font employées avec clarté ,
& fouvent avec des vues nouvelles. On fent
que dans un pareil fujer on doit plutôt
s'attendre à des conjectures qu'à des preuves.
Quoi qu'il en foit , tout le monde peut
fire ce difcours avec utilité & plaifir ; c'eft
l'Ouvrage d'un Docteur bon à confulter ;
car , s'il ne guérit point fes malades , il faura
au moins les inftruire fans les ennuyer.
& des remèdes qu'il y faut apporter, en
la confidérant comme maladie , par M. F. ,
Médecin Anglois. A Paris , chez Pichard ,
Quai & près des Théatins ; petit in- 1 2.
PRESQUE tous les Poetes ont dit beaucoup
de bien & beaucoup de mal de l'Amour ;
les Moraliftes fe font contentés d'en dire
du mal. Qu'en eft il réfulté ? De bons ou de
méchans vers d'une part , & de la morale
inutile de l'autre. L'Auteur de l'Ouvrage que
nous annonçons , n'ayant prefque trouvé
que des Philofophes & des Poëtes parmi les
Cenfeurs & les Panégyriftes de l'Amour , a
pris un fentier moins battu ; il a voulu traiter
ce fujet en Phyficien , en Médecin même ;
& il s'eft propofé de confidérer l'Amour
comme maladie. Ce titre eft piquant , quoiDE
FRANCE.
qu'un peu trifte. Notre Docteur Anglois
n'a pourtant rien de farouche , ni dans fes
idées , ni dans fon ftyle ; il paroît même
difpofé à devenir , dans ce genre - là , auffi
malade que fes malades mêmes. Nous
prions donc les Dames de n'être pas effrayées
de fon titre. Si M. F. leur fait envifager
l'Amour comme une maladie , il prétend
leur indiquer auffi le moyen de la guérir ; &
il leur reftera toujours , après avoir pefe fes
raifons , la liberté d'opter entre le mal & le
remède.
L'Auteur combat d'abord l'opinion de
ceux qui croyent que la reffemblance enfante
l'amour ou l'amitié. Nous croyons
comme lui que cette règle offre de fi nombreufes
exceptions , qu'elle ceffe d'être une
règle , mais n'a- t'il pas un peu confondu le
phyfique & le moral , lorfqu'il a dit qu'un
homme laid reffemblant plus à une laide
femme , devroir , dans le fyftême qu'il combat
, aimer davantage la laide ? Ceux qu'il
réfute n'ont- ils pas voulu parler d'une reffemblance
morale , & non d'une reffemblance
phyfique ? Il eft bien clair qu'on n'a
pas voulu dite qu'un homme chauve doive
néceffairement devenir amoureux d'une femme
fans cheveux , un borgne , d'une femine
qui n'a qu'un cil. Une affertion auffi ridicule
ne mériteroit pas les frais d'une réponſe.
Pour achever de réfuter la fympathie de
la reflemblance , foit en amour
foit en
amitié , notre Auteur cite l'exemple de plu110
MERCURE
fieurs perfonnes célèbres qui fe font fingulièrement
attachées à des animaux . Il nous
rappelle à cette occafion ce qu'on lit aans
Homère , & ce qu'on ne peut répéter fans
une efpèce de chagrin , que la tendre &
fidelle Andromaque , à qui Racine fait prononcer
tant de beaux vers ; cette veuve défolée
, qui dit à fon amie:
Ma flamme pour Hector fut jadis allumée ;
Avec lui dans fa tombe elle s'eft enfermée.
Que cette chafte épouſe enfin aimoit plus les
chevaux de fon mari que fon mari même.
Il ne faut pas , felon notre Auteur , chercher
la caufe de l'Amour dans les différens
tempéramens , le bilieux , le fanguin , &c.;
c'eft au cerveau que l'Amour lance fon premier
trait ; ce qui changeroit un peu notre
mythologie poétique. Les fibres du cerveau ,
felon leur conformation particulière , reçoivent
plus ou moins l'impreffion de l'Amour
, qui fe tranfmet enfuite au coeur par
la correfpondance des nerfs. La force ou la
foibleffe de cette paffion dépend donc de la
diverfe organifation du cerveau , & non de
la difference des tempéramens. « Il y a , dit
l'Auteur , des gens d'un caractère fi tendre
" & fi doux , qu'ils conçoivent de l'Amour
» pour toutes les perfonnes qu'ils fréquen-
» tent ; d'autres , au contraire , font d'un
» caractère fi dur & fi fec , que le mérite le
plus diftingué ne fauroit faire aucune imes
preflion
DE FRANCE. 128
"3
22
""
*
preffion fur eux. Je n'approuve point les
premiers , mais je détefte les feconds. Les
premiers font des génies doux , indul-
» gens , bénins , irréfolus , mais pleins de
» bonté , les feconds , des génies féroces ,
méchants , mutins , fauvages , à qui tout
déplaît , & qui n'aiment qu'eux- mêmes.
» Les premiers manquent de prudence , les
feconds de raifon , n'y ayant , comme dit
Barclay , que des génies tout à fait bar-
» bares qui foient infenfibles aux charmes
» de l'Amour.
"}
ود
رو
Ce qu'on vient de lire prouve que la morale
de l'Auteur n'eft point fauvage. C'eft
dans le même efprit qu'il pofe & qu'il réfoud
la queftion fi l'on doit faire cas de ceux
que cette paffion domine. Il combat le fentiment
de Bacon , qui regarde l'Amour com
me une paffion baffe & étrangère aux grandes
âmes , par l'exemple d'Alcibiade & de Démétrius
le conquérant. Il cite avec plus de
complaifance encore Henri IV , toujours
yaillant , toujours actif , toujours vainqueur
& toujours amoureux. Il le repréfente ave
les mêmes foibleffes que la Fable reproche
à Alcide , fans perdre les qualités du Héros.
Il rapporte à ce propos que ce grand Roi fe
déguifa une fois en Payfan , prit une batte
de paille fur fon dos , & s'introduifit ain
chez la belle Gabrielle. Mais en avouant que
l'Amour n'exclud point le courage , notre
Auteur ne diffimule pas qu'il lui fait faire
bien des fautes. Il cite en preuve le même
N°. 51 , 21 Décembre 1782 .
F
MERCURE
Henri , qui , après la bataille de Coutras ,
Au lieu de poursuivre l'ennemi , fuivant le
Confeil du Prince de Conde , aima mieux
s'en aller en Gascogne voir la Coniteffe de
Guiche , & perdit par- là le fruit de fa vicfoite
.
Si M. F, combat le fentiment de Bacon ,
il n'admet pas non plus dans fon intégrité
celui de Barclay , qui pretend qu'il n'y a que
les grandes âmes qui foient fufceptibles de
la paffion de l'Amour, Comme il ne croit
pas que l'Amour foit incompatible avec le
courage , il ne croit pas aufli qu'il en foit inféparable.
" Ces deux qualités , dit il , fe
» trouvent réunies dans certains fujets ;
elles font diftinctes dans d'autres. Il eft
» vrai que l'Amour infpire du courage ,
mais ce n'eft que pour les entreprifes qui
procurent le moyen de le fatisfaire. Il en eft
de même des autres paffions dominantes,
Un homme avide de gain , quoique timide
, s'expofe aux dangers de la mer
pour amaffer du bien ; un ambitieux , à
ceux de la guerre , pour avançer ſa fortune.
"
. Nous voici arrivés à l'article des remèdes
contre l'Amour. Les perfonnes que cette paf
fion domine , prétendent qu'on ne peut la
guérir par des remèdes na'urels ; les autres
ne voyent rien de plus facile que la gué
rifon , & ils penfent que l'excès de cette
paffion eſt toujours la preuve d'un petit
génie, Parmi les exemples que M. F. oppofe
DE FRANCE.
128.
à cette dernière affertion , fe trouve celui
d'Ange Policien , qu'Erafme appelle un efprit
angélique & un prodige de la Nature,
& qui mourut de la paffion qu'une Courtifane
lui avoit infpirée. « Il étoit fi plein
» de fon objet , que dans l'ardeur de la
» fièvre que l'Amour avoit allumée dans
» fes veines , il fe leva pour prendre fon
» luth , & accompagner une chanſon qu'il
avoit compofée , & qu'il expira en ache-
» vant le fecond couplet.
» Bien des gens , continue- t'il , prétendent
» que la tendreffe du coeur eft une marque
d'efprit. Je ne regarde point cette règle
comme une règle générale ; mais je puis
affurer que je ne regarderai jamais un
homme dur comme un homme fpiri-
→ tuel.
•
Quant à la guérifon de l'Amour , il la juge
poffible, mais difficile. Les remèdes naturels
lui paroiffent infuffifans , & il le moque des
purgations & des faignées ordonnées à ce
fujet. L'abſence eft un remède qui ne peut
agir que contre une paffion naiſſante ; encore
eft il impraticable pour la plupart des
hommes à qui leurs affaires ou leur fortune,
ne permettent pas de s'abfenter affez longtemps.
Un troifième remède eft de fixer fon
attention fur des objets étrangers. Mais
l'homme paffionné peut - il vouloir ſe diftraire
? Souvent la douleur même ne peut
fairc diverfion à l'Amour. En voici un exemple.
Charles IV , Duc de Loraine , avoit
Fij
724
MERCURE
conçu une paffion violente pour la fille d'un
Bourguemeftre de Bruxelles. Il n'avoit pu
la voir encore , parce que fa mère la furveilloit
de trop près. Un jour s'étant trouvé
avec elle & fa mère dans un feftin , comme
falpaffion étoit connue, il demanda à la mère,
devant tous les convives qui étoient nombreux
, la permiffion de dire deux mots à
fa fille dans le fallon même. Sur fon refus ,
il fit une propofition affez étrange : il offrit
de ne lui parler qu'autant de temps qu'il
pourroit tenir dans fa main un charbon ardent.
Cette condition parut fi forte à la mère ,
qu'elle y confentit , peut être par curiofité.
Le Duc s'étant donc retiré à l'écart avec la
Demoiselle , prit dans fa main un charbon
allumé; & la converfation fe prolongeà fi
fort , que la mère perdit plutôt patience que
le Duc qui fe brûloit. Elle rompit l'entretien ,
& l'on trouva le charbon éteint ; par où , dit
notre Docteur , l'on peut juger de la douleur
que le Duc dût fouffrir en le ferrant.
Après avoir combattu d'autres remèdes ,
confeillés par les Poëtes ou par les Mora
liftes , il faut bien que l'Auteur propoſe le
fien ; or , le voici une fois pofé que ce
n'eft pas la préfence feule , mais le fouvenir
même de l'objet qui réveille en nous le
fentiment de l'Amour , c'eft dans l'imagination
qu'il faut en chercher le remède ; c'eftà
- dire , que fi l'image des objets qui ont
affez d'activité pour émouvoir les fibres du
cerveau , & exciter les paffions , produir
DE FRANCE. 129
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"
l'effet des objets mêmes , on peut changer,
corriger , ou ralentir ce mouvement
» en le repréfentant un autre objet qui
» excite une paffion différente. » L'Auteur
développe cette idée par un exemple. » Sup
» pofons , dit- il , un amant qui , voyant
l'objet qu'il chérit , fent toute la violence
de la paffion qui le domine ; fuppofons
» encore qu'étant dans cet état , il furvienne
» un coup de tonnerre , qu'on lui annonce
» une nouvelle fâcheufe , ou que fon ennemi
fonde tout - à - coup fur lui l'épée nue à la
main , il eft certain que chacun de ces objets
excitera dans les fibres de fon cerveau
» un mouvement qui troublera ou diffipera
celui que leur imprimoit l'objet aimé ,
& que ce mouvement fe communiquant
» au coeur par l'entremife des nerfs , la
frayeur fuccédera à l'Amour, "
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Tel eft le genre de fituation que l'Autent
confeille de fe rendre habituel pour combattre
l'Amour. Chacun doit donc choifir
l'objet , foit effrayant , foit attendriffant ,
qui contre-balance le plus fon Amour , &
l'oppofer ainfi fréquemment à la paffion . Il
réfulte de l'habitude de marier dans fon imagination
deux idées ou deux objets différens ,
que l'on s'en forme une efpèce de lien mental
étroit, qu'on ne peut fonger à l'un des deux
objets , fans fonger en même temps à l'autre
; de manière que quand l'Amour fe réveillera
dans l'imagination , l'objet contraire
Le réveillant auffi , travaillera fans ceffe à le
Fiij
126 MERCURE.
mener & à le détruite. Il faut obſerver pourtant
que fi le mal devient opiniâtre , il fau
dra lui oppofer de nouveaux objets , parce
que le même remède employé tous les
jours fait par ne plus produire aucun
effer.
Voilà , avec toute la clarté & la préciſion
dont nous fommes capables , l'expofition du
remède que propofe M. F.; l'application ne
nous en paroît pas auffi facile qu'à lui - même ,
& nous craignons bien qu'on ne l'accufe ici
de fe montrer trop Médecin ; c'eft à - dire ,
de réuflir mieux à raifonner fur le mal qu'à
découvrir le remède.
Au refte , cette differtation nous a paru
fort bien faite. La phyſique , la morale & la
métaphyfique y font employées avec clarté ,
& fouvent avec des vues nouvelles. On fent
que dans un pareil fujer on doit plutôt
s'attendre à des conjectures qu'à des preuves.
Quoi qu'il en foit , tout le monde peut
fire ce difcours avec utilité & plaifir ; c'eft
l'Ouvrage d'un Docteur bon à confulter ;
car , s'il ne guérit point fes malades , il faura
au moins les inftruire fans les ennuyer.
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