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12651
p. 70
AUTRE.
Début :
Il faut trouver dans un seul mot, [...]
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Hermaphrodite
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Il faut trouver dans un ſeul mot , L
Arme, Mitre , rime , Marot ,
Dame , mérite , Hermite , aprêt ,
Métier , Remi , Martyr , Arrêt ,
Atôme , Droit , Thême , Morphée ,
Terme , mari , Parme & marée.
Par REGNAULT , R. à Versailles.
Il faut trouver dans un ſeul mot , L
Arme, Mitre , rime , Marot ,
Dame , mérite , Hermite , aprêt ,
Métier , Remi , Martyr , Arrêt ,
Atôme , Droit , Thême , Morphée ,
Terme , mari , Parme & marée.
Par REGNAULT , R. à Versailles.
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12652
p. 104-114
ECOLE de Littérature, tirée des meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez Babuty fils, Libraire, quai des Augustins, entre les rues Gît-le-coeur & Pavée, à l'Etoile, & chez Brocas & Humblot, rue S. Jacq. au-dessus de la rue des Mathurins, au Chef S. Jean ; avec approbation & privilége du Roi, deux vol. in-12 très-bien exécutés quant à la partie typographique : beau papier, beaux caractères. Prix, 2 liv. 10 s. chaque volume, & 3 liv. relié ; ou 5 liv. les deux volumes brochés, & 6 liv. reliés.
Début :
NOUS n'avions encore aucun Cours complet de Belles-Lettres ; aucun qui [...]
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texteReconnaissance textuelle : ECOLE de Littérature, tirée des meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez Babuty fils, Libraire, quai des Augustins, entre les rues Gît-le-coeur & Pavée, à l'Etoile, & chez Brocas & Humblot, rue S. Jacq. au-dessus de la rue des Mathurins, au Chef S. Jean ; avec approbation & privilége du Roi, deux vol. in-12 très-bien exécutés quant à la partie typographique : beau papier, beaux caractères. Prix, 2 liv. 10 s. chaque volume, & 3 liv. relié ; ou 5 liv. les deux volumes brochés, & 6 liv. reliés.
ECOLE de Littérature, tirée des meilleurs
Ecrivains ; à Paris, chez Babuty fils,
Libraire, quai des Augustins, entre les
rues Gît-le-coeur & Pavée, à l'Etoile, &
chez Brocas & Humblot, rue S. Jacq.
au-dessus de la rue des Mathurins, au
Chef S. Jean ; avec approbation &
privilége du Roi, deux vol. in-12 très-bien
exécutés quant à la partie typographique :
beau papier, beaux caractères.
Prix, 2 liv. 10 s. chaque volume,
& 3 liv. relié ; ou 5 liv. les deux
volumes brochés, & 6 liv. reliés.
NOUS n'avions encore aucun Cours
complet de Belles-Lettres ; aucun qui
renfermât des Régles pour compoſer des
MARS. 1764.
105
Ouvrages dans tous les genres de Lit-
térature. Nous n'en avions point dont
les Auteurs , joignant la pratique à la
théorie ,euffent fournià la fois lesmo-
dèles & les préceptes. Enfin , ceux qui
nous ont donné juſqu'ici des Règles
& des Principes , n'ont pas toujours été
de ces hommes de génie , dont les lu-
mières ont éclairé leur fiécle & honoré
leur Nation. Un Livre qui raſſembleroit
tous ces avantages ; un Recueil qui con-
tiendroit autant de Traités particuliers ,
qu'il y a de différensOuvrages dans tou-
tes les langues ; qui ſeroit compofé par
les Ecrivains les plus diſtingués , &dont
les préceptes auroient été confirmés par
des chefs -d'œuvre de l'art , ſeroit ſans
contredit la collection la plus utile pour
les gens du monde , & la plus néceſſaire
aux gens de Lettres. Les uns y puiſe-
roient des règles fûres pour juger avec
Intelligence de toutes fortes d'Ouvrages ;
les autres pour les compoſer avec goût :
& c'eſt ce que nous croyons que l'on
trouvera dans cette nouvelle ECOLE DE
LITTÉRATURE , comme nous allons le
faire voir.
3 Nous avons dit d'abord qu'elle con-
tient des préceptes pourtous les genres ;
une liste des articles renfermés dans ces
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
deux volumes , indiquera au premier
coup d'œil,la multitude des objets qui
entrent dans cette collection. La pre-
mière partie , qui comprend l'artd'écrire
en général , traire de lafignification , du
choix & de l'arrangement des mots ; des
desſynonimes , des tropes , desfigures ,
de l'éloquence , duſtyle & du goût. La
feconde partie traite des règles particu
lières de chaque genre de Littérature en
profe & en vers; tels que les Lettres , le
Dialogue , la Critique , les Journaux ,
les Romans , l'Histoire , le Discours ora-
toire , les Sermons , le Panegyrique ,
V'Oraiſonfunebre , l'Eloquence du Bar-
rean , l'Art de traduire ; la Poësie engé-
néral ,la Versification , l'Epopée, la Tra-
gédie,la Comédie, le Comique larmoyant,
le Comique bourgeois , 'Opéra , 'Opéra-
Comique , la Parodie , la Farce , la Pa-
rade , l'Eglogue , la Fable , l'ode , la
Chanfon , la Cantate , l'Elégie , la Sa-
tyre , l'Epitre , le Poëme didactique ,
Epithalame , les Stances , l'Enigme , le
Logogryphe , l'Epigramme , la Devise ,
les autres petits Poëmes , juſqu'à l'Inf-
cription & l'Impromptu. Voilà donc
2
comme nous l'avons dit , des Traités fur
tous lesgenres. Ces Traités ont été four-
nis pardes Auteurs célébres , qui ontfou
1
MAR S. 1764.
107
joindre à la ſcience des règles ,le méri-
te , plus difficile & plus rare , d'en four-
nir des éxemples. Tels font , par éxem-
ple , M. de Voltaire pour le Poëme épi-
que , Corneille pour la Tragédie , Fon-
tenelle pour l'Eglogue , la Mothe pour
l'Ode & pour la Fable , Boileau pour la
Satyre,M.Favart pour l'OpéraComique,
Fuzelier pour la Parodie , Rémond de
Cinqmars pour le Dialogue, l'Abbé Des-
fontainespourla Critique , &c. &c.Enun
mot,nous ne trouvons,à chaque article,
que des noms diftinguéstels queFenelon,
Bouhours , Godeau , Fraguier, d'Olivet ,
BrumoyduMarſais,Nivernois, d'Allem-
bert , Diderot , Marmontel , &c. &c. &c.
Ce ne fontdonc point les idées d'un ſeul
homme,que l'on offre au Public dans ce
nouveau Cours de Belles - Lettres ; c'eft
une Ecole complette de Littérature ,
compoſée par tout ce que nous avons
eu de meilleurs Ecrivains ; c'eft, pour
ainſi dire , l'efprit de tous nos grands
hommes réunis , pour former d'autres
grands hommes dans tous les genres où
ils ont excellé. Nous pourrions citer
beaucoup de morceaux , pris de chacun
desArt. qui compoſentcette Collection
précieuſe & eftimable. Nous nous con--
tenterons , pour aujourd'hui , de rappør-
E vj
4
108 MERCURE DE FRANCE.
ter les Règles du Goût , par M. Poncet
dela Riviere , ancien Evêque de Troyes.
» Qu'est-ce que le goût ? Une qua-
>> lité qu'un génie médiocre regarde
>> comme la fienne , qu'un eſprit criti-
» que croit n'être celle de perſonne ,
>> dont tout le monde parle , que peu
» d'hommes connoiffent , & qui à force
>> d'être définie , eſt devenue prèſque
>> indéfiniſſable. Ce terme ne préſente
>> à l'eſprit qu'une facilité à voir d'un
>> coup d'œil , & à faifir dans l'inſtant
>> le point de beauté propre à chaque
» Sujet que l'on traite. Mais qu'est-ce
»que beauté dans les Ouvrages ? Force
» & vivacité du génie , liaiſon exacte
» de toutes les parties , rapport immé-
>> diat des unes avec les autres , juſteſſe
>> dans ces rapports , & même dans les
>> contraſtes , degré de nuance , ton de
>> couleurs , aſſortiment & aſſemblage
>> de tout ce qui enléve d'abord le fuf-
>> frage & fixe l'admiration. Par exem-
» ple, dans les pensées , rien de beau
>> ſans le noble & le vrai ; le faux & le
» rampant doivent en être bannis. Dans
>> les ſentimens , rien de beau ſans l'é-
» lévation & le touchant; le décent &
>> le pathétique font leur mérite. Dans
>>les expreffions , rien de beau fans le
MARS. 1764.
109
>>naturel & le gracieux ; l'obscur &
>> l'affecté ſont leurs défauts eſſentiels.
>> La hardieſſe, mais ſans écarts dans les
>>idées ; les ornemens , mais fans paru-
>> re dans le ſtyle ; la variété , mais fans
>>bigarrure dans les tours ; une richeſſe,
>> mais fobre & fans fafte ; une ſageſſé ,
>>mais égayée ſans indifcrétion ; une
» abondance , mais meſuréeſans profu-
>> fion ; une facilité qui ne ſoit point
» négligence ; une fineſſe qui ne ſoit
>> point affectation ; une méthode qui
>>>ſoit ſans contrainte ; l'art enfin , mais
» déguiſé ; qui ſemble n'avoir étudié
>> tout, que pour tout dire ſans étude ,
» & ne travailler que pour diffimuler
>>les efforts du travail. Telles font les
>> qualités avantageuſes qui nous faifif-
>> fent d'abord dans les Ouvrages d'ef-
» prit.
>> Le goût conſidéré dans le cœur ne
» ſe définit pas , parce qu'il eſt ſenti-
>> ment ; il ne s'acquiert pas ,parce qu'il
>>eſt qualité : la Nature le donne. Re-
• >> gardé comme faculté d'eſprit & prom-
>> ptitude à bien juger , il ſe forme par
>> la lecture ; il s'épure par les comparai-
>>fons; les réfléxions l'affurent; les exem-
>> ples l'étendent , & l'imitation l'affer-
mit. Sentiment du vrai , droiture de
NO MERCURE DE FRANCE.
>> raiſon , ce ſont ſes principes : juſteffe
>>de penſées , netteté d'expreffions , ce
>>font ſes régles; foupleſſe d'un eſprit
»qui ſçait obéir à la loi des bienféan-
>>ces ; ſageſſe de détail qui ſçait adop-
>> ter le néceffaire & retrancher le fu-
>> perflu ; économie des régles qui pré-
>> fident à l'Ordonnance , ce ſont ſes
>>qualités : tableaux naturels , images
>> animées , peintures juſtes , ſaillies me-
>>>ſurées ; à leur ſuite, ſaiſiſſementd'ad-
>>miration , fuffrages auffitôt obtenus
>> que demandés , eſprits à peine atta-
>>qués que fubjugués; ce ſontſes effets.
>>Pour prouver la néceffitédu goût ,
>>j'oſe avancer que fans lui legénie le
>>plus fublime eſt ſouvent plus dange-
>> reux pour les Arts , qu'il ne leur eft
>>>utile. Naturellement hardi , il s'éléve
>> au-deſſus du vrai comme au-deffus du
» commun. Sa paffion eſt le nouveau.
>>Toujours avide de distinctions , il
>> prend fon vol ; ce qui eſt naturelaux
>>autres , eft étranger pour lui ; une ré-
>>gion fupérieure d'où il puiſſe domi-
>>ner , voilà fon centre. L'imagination ,
>>guide inſenſé lorſqu'elle n'eſt pas
>> guidée elle-même, lui prête ſes aîles ;
» nouvel Icare , il va dans la région du
feu ,& tandis qu'il ſe livre àun nou-
MARS. 1764.
IFF
»vel éffor dans des plages inconnues ,
>>>les nues qu'il a percées ſe rejoignent;
>>leur ombre le dérobe aux regards des
>> Mortels ; & il ne leur eſt rendu que
>> par fa chûte. L'eſprit qui ne peut at-
>>teindre à la hauteur du génie, le laiſſe
» s'élever , ſe contente de marcher; mais
>ſa marche irrégulière ne le conduit
>> point à fon but; un goût frivole
» s'empare de lui ; il tourne ſans ceſſe
>>dans le tourbillon de la mode ; c'eſt
>> un papillon qui cherche une lueur
> favorable pour faire briller les cou-
>>> leurs dont ſes aîles font nuancées. Là
>ſe borne ſon ambition. Il plaît aux
>>>Lecteurs légers comme le papillon
>> aux enfans. Son éclat dure autant que
>>>la lueur autour de laquelle il voltige ;
» l'aîle ſe déſſéche , ſe brûle enfuite ,&
➤ l'inſecte rampe.
>> Ce portrait n'eſt que trop véritable
>> même dans la Littérature ; & l'image
» n'eſt que d'après des modéles. En efe
» fet , parcourez les Ouvrages divers
>>dont le déluge inonde aujourd'hui
>>plus que jamais la République des
>> Lettres : untitre fingulier ,des avan-
tures imaginées , un ſtyle marqueté ,
>>>une Sentence hardie , un tour de
>> penſées biſarres , un aſſemblage d'ex
112 MERCURE DE FRANCE.
>>preffions colorées , un jargon obfcur
» & précieux; diſons tout,une barbarie
>>de langage ornée & parée de faux
>>brillans & de clinquans où le vernis
>> eſt ſubſtitué à la peinture , la décou-
>> pure au tableau , & au ſérieux du bon
>>>ſens , le frivole de l'affectation. N'est-
>>ce pas là le fond , ou du moins le
>>> courant de la Littérature moderne:
>> Que fait le goût ? Il ſoutient le gé-
>>nie dans fon éffor, & le rappelle de
>> ſes écarts; lui marque fa route dans
>> les airs , & lui preſcrit ſes bornes ; ne
>>>l'affranchit du commerce des hom-
>>>mes , que pour l'aſſocier à celui des
>> Dieux ; lui permet de s'élever quand
>> il peut; l'oblige à marcher quand il
>>>le doit; & en lui laiſſant toute la li-
>> berté que l'imagination defire, le re-
>>tient dans les limites que la raiſon a
>>marquées. Il ouvre toutes les routes
>> du labyrinthedans lequel l'eſprit fri-
>> vole s'égare ; lui laiſſe la fineſſe du
>> langage, mais en bannit l'obſcurité;
>> retranche la parure qui eſt étrangère ,
>>pour ne laiſſer que l'ornement qui
» eſt propre ; admet les grâces , mais
> veutque lesvertus les reconnoiffent ,
>>que les Muſes les conduiſent , & ne
>>ſouffre pas qu'un amour aveugle les
MARS. 1764.
•
113
» égare ; à l'étincelle enfin qui ne ré-
>> pand qu'une lueur afſez ſemblable à
>>la nuit , legoût ſubſtitue le flambeau
>> qui produit la lumière , & enfante ou
>> remplace le jour.
>>C'eſt par lui , c'eſt par ce goût fa-
>> ge & hardi , que furent inſpirés ces
>>génies puiſſans qui dans un fiécle af-
>> fez peu éloigné du nôtre , rallume-
>> rent dans le Temple des Arts , ce feu
>>ſacré que la moleſſe avoit laiſſé étein-
>> dre , diſſipérent les ténébres dont l'i-
>> gnorance avoit couvert le Parnaffe ,
>> rappellérent l'Antiquité plus défigurée
>> encore par le pinceau de la nouveau-
>>té, que par ſes propres rides , ouvrí-
>> rent à des Lecteurs curieux d'appren-
>>dre , les tréfors littéraires que les ſfié-
>>>cles nous ont conſervés , comme l'hé-
>> ritage des eſprits , & nous montérent
>>enfin à ce degré d'intelligence qui a
>>fixé les Lettres parmi nous. Juſques-
>>>là les Muſes errantes avoient en vain
>> cherché un aſyle
Elles
avoient
>> franchi quelques montagnes , par-
>>couru quelques Provinces
,
éclairé
>>quelques Nations : le hafard ou la
>> curiofité leur ménagérentde temps en
>> temps des protecteurs afſez zélés pour
» les défendre ; mais il étoit réſervé au
114 MERCURE DE FRANCE:
>>goût de leur fufciter des Connoif-
>> feurs intelligens , capables de les ac-
>> créditer en les cultivant , de profiter
>>>de leurs richeſſes , & de leur en don-
»nerr, de ſe pénétrer de leurs précep-
» tes , & de les tranſmettre aux autres.
>> C'eſt de ces Reſtaurateurs des Scien-
>> ces , que nous avons reçu le goût ſage
» & heureux qui les maintient encore
>>malgré la conſpiration des préjugés.
>> Puiffions-nous ſentir toujours le prix
>>d'un tel avantage , & nous conferver
>>la poffeffion glorieuſe où nous fom-
>>mes depuis fi longtemps , de ſervir
>> dans ce genre , comme dans prèf-
>> que tous les autres , de modéles aux..
>> autres Peuples.
Nous finirons l'Extrait de l'Ecole de
Littérature dans le prochain Mercure.
Ecrivains ; à Paris, chez Babuty fils,
Libraire, quai des Augustins, entre les
rues Gît-le-coeur & Pavée, à l'Etoile, &
chez Brocas & Humblot, rue S. Jacq.
au-dessus de la rue des Mathurins, au
Chef S. Jean ; avec approbation &
privilége du Roi, deux vol. in-12 très-bien
exécutés quant à la partie typographique :
beau papier, beaux caractères.
Prix, 2 liv. 10 s. chaque volume,
& 3 liv. relié ; ou 5 liv. les deux
volumes brochés, & 6 liv. reliés.
NOUS n'avions encore aucun Cours
complet de Belles-Lettres ; aucun qui
renfermât des Régles pour compoſer des
MARS. 1764.
105
Ouvrages dans tous les genres de Lit-
térature. Nous n'en avions point dont
les Auteurs , joignant la pratique à la
théorie ,euffent fournià la fois lesmo-
dèles & les préceptes. Enfin , ceux qui
nous ont donné juſqu'ici des Règles
& des Principes , n'ont pas toujours été
de ces hommes de génie , dont les lu-
mières ont éclairé leur fiécle & honoré
leur Nation. Un Livre qui raſſembleroit
tous ces avantages ; un Recueil qui con-
tiendroit autant de Traités particuliers ,
qu'il y a de différensOuvrages dans tou-
tes les langues ; qui ſeroit compofé par
les Ecrivains les plus diſtingués , &dont
les préceptes auroient été confirmés par
des chefs -d'œuvre de l'art , ſeroit ſans
contredit la collection la plus utile pour
les gens du monde , & la plus néceſſaire
aux gens de Lettres. Les uns y puiſe-
roient des règles fûres pour juger avec
Intelligence de toutes fortes d'Ouvrages ;
les autres pour les compoſer avec goût :
& c'eſt ce que nous croyons que l'on
trouvera dans cette nouvelle ECOLE DE
LITTÉRATURE , comme nous allons le
faire voir.
3 Nous avons dit d'abord qu'elle con-
tient des préceptes pourtous les genres ;
une liste des articles renfermés dans ces
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
deux volumes , indiquera au premier
coup d'œil,la multitude des objets qui
entrent dans cette collection. La pre-
mière partie , qui comprend l'artd'écrire
en général , traire de lafignification , du
choix & de l'arrangement des mots ; des
desſynonimes , des tropes , desfigures ,
de l'éloquence , duſtyle & du goût. La
feconde partie traite des règles particu
lières de chaque genre de Littérature en
profe & en vers; tels que les Lettres , le
Dialogue , la Critique , les Journaux ,
les Romans , l'Histoire , le Discours ora-
toire , les Sermons , le Panegyrique ,
V'Oraiſonfunebre , l'Eloquence du Bar-
rean , l'Art de traduire ; la Poësie engé-
néral ,la Versification , l'Epopée, la Tra-
gédie,la Comédie, le Comique larmoyant,
le Comique bourgeois , 'Opéra , 'Opéra-
Comique , la Parodie , la Farce , la Pa-
rade , l'Eglogue , la Fable , l'ode , la
Chanfon , la Cantate , l'Elégie , la Sa-
tyre , l'Epitre , le Poëme didactique ,
Epithalame , les Stances , l'Enigme , le
Logogryphe , l'Epigramme , la Devise ,
les autres petits Poëmes , juſqu'à l'Inf-
cription & l'Impromptu. Voilà donc
2
comme nous l'avons dit , des Traités fur
tous lesgenres. Ces Traités ont été four-
nis pardes Auteurs célébres , qui ontfou
1
MAR S. 1764.
107
joindre à la ſcience des règles ,le méri-
te , plus difficile & plus rare , d'en four-
nir des éxemples. Tels font , par éxem-
ple , M. de Voltaire pour le Poëme épi-
que , Corneille pour la Tragédie , Fon-
tenelle pour l'Eglogue , la Mothe pour
l'Ode & pour la Fable , Boileau pour la
Satyre,M.Favart pour l'OpéraComique,
Fuzelier pour la Parodie , Rémond de
Cinqmars pour le Dialogue, l'Abbé Des-
fontainespourla Critique , &c. &c.Enun
mot,nous ne trouvons,à chaque article,
que des noms diftinguéstels queFenelon,
Bouhours , Godeau , Fraguier, d'Olivet ,
BrumoyduMarſais,Nivernois, d'Allem-
bert , Diderot , Marmontel , &c. &c. &c.
Ce ne fontdonc point les idées d'un ſeul
homme,que l'on offre au Public dans ce
nouveau Cours de Belles - Lettres ; c'eft
une Ecole complette de Littérature ,
compoſée par tout ce que nous avons
eu de meilleurs Ecrivains ; c'eft, pour
ainſi dire , l'efprit de tous nos grands
hommes réunis , pour former d'autres
grands hommes dans tous les genres où
ils ont excellé. Nous pourrions citer
beaucoup de morceaux , pris de chacun
desArt. qui compoſentcette Collection
précieuſe & eftimable. Nous nous con--
tenterons , pour aujourd'hui , de rappør-
E vj
4
108 MERCURE DE FRANCE.
ter les Règles du Goût , par M. Poncet
dela Riviere , ancien Evêque de Troyes.
» Qu'est-ce que le goût ? Une qua-
>> lité qu'un génie médiocre regarde
>> comme la fienne , qu'un eſprit criti-
» que croit n'être celle de perſonne ,
>> dont tout le monde parle , que peu
» d'hommes connoiffent , & qui à force
>> d'être définie , eſt devenue prèſque
>> indéfiniſſable. Ce terme ne préſente
>> à l'eſprit qu'une facilité à voir d'un
>> coup d'œil , & à faifir dans l'inſtant
>> le point de beauté propre à chaque
» Sujet que l'on traite. Mais qu'est-ce
»que beauté dans les Ouvrages ? Force
» & vivacité du génie , liaiſon exacte
» de toutes les parties , rapport immé-
>> diat des unes avec les autres , juſteſſe
>> dans ces rapports , & même dans les
>> contraſtes , degré de nuance , ton de
>> couleurs , aſſortiment & aſſemblage
>> de tout ce qui enléve d'abord le fuf-
>> frage & fixe l'admiration. Par exem-
» ple, dans les pensées , rien de beau
>> ſans le noble & le vrai ; le faux & le
» rampant doivent en être bannis. Dans
>> les ſentimens , rien de beau ſans l'é-
» lévation & le touchant; le décent &
>> le pathétique font leur mérite. Dans
>>les expreffions , rien de beau fans le
MARS. 1764.
109
>>naturel & le gracieux ; l'obscur &
>> l'affecté ſont leurs défauts eſſentiels.
>> La hardieſſe, mais ſans écarts dans les
>>idées ; les ornemens , mais fans paru-
>> re dans le ſtyle ; la variété , mais fans
>>bigarrure dans les tours ; une richeſſe,
>> mais fobre & fans fafte ; une ſageſſé ,
>>mais égayée ſans indifcrétion ; une
» abondance , mais meſuréeſans profu-
>> fion ; une facilité qui ne ſoit point
» négligence ; une fineſſe qui ne ſoit
>> point affectation ; une méthode qui
>>>ſoit ſans contrainte ; l'art enfin , mais
» déguiſé ; qui ſemble n'avoir étudié
>> tout, que pour tout dire ſans étude ,
» & ne travailler que pour diffimuler
>>les efforts du travail. Telles font les
>> qualités avantageuſes qui nous faifif-
>> fent d'abord dans les Ouvrages d'ef-
» prit.
>> Le goût conſidéré dans le cœur ne
» ſe définit pas , parce qu'il eſt ſenti-
>> ment ; il ne s'acquiert pas ,parce qu'il
>>eſt qualité : la Nature le donne. Re-
• >> gardé comme faculté d'eſprit & prom-
>> ptitude à bien juger , il ſe forme par
>> la lecture ; il s'épure par les comparai-
>>fons; les réfléxions l'affurent; les exem-
>> ples l'étendent , & l'imitation l'affer-
mit. Sentiment du vrai , droiture de
NO MERCURE DE FRANCE.
>> raiſon , ce ſont ſes principes : juſteffe
>>de penſées , netteté d'expreffions , ce
>>font ſes régles; foupleſſe d'un eſprit
»qui ſçait obéir à la loi des bienféan-
>>ces ; ſageſſe de détail qui ſçait adop-
>> ter le néceffaire & retrancher le fu-
>> perflu ; économie des régles qui pré-
>> fident à l'Ordonnance , ce ſont ſes
>>qualités : tableaux naturels , images
>> animées , peintures juſtes , ſaillies me-
>>>ſurées ; à leur ſuite, ſaiſiſſementd'ad-
>>miration , fuffrages auffitôt obtenus
>> que demandés , eſprits à peine atta-
>>qués que fubjugués; ce ſontſes effets.
>>Pour prouver la néceffitédu goût ,
>>j'oſe avancer que fans lui legénie le
>>plus fublime eſt ſouvent plus dange-
>> reux pour les Arts , qu'il ne leur eft
>>>utile. Naturellement hardi , il s'éléve
>> au-deſſus du vrai comme au-deffus du
» commun. Sa paffion eſt le nouveau.
>>Toujours avide de distinctions , il
>> prend fon vol ; ce qui eſt naturelaux
>>autres , eft étranger pour lui ; une ré-
>>gion fupérieure d'où il puiſſe domi-
>>ner , voilà fon centre. L'imagination ,
>>guide inſenſé lorſqu'elle n'eſt pas
>> guidée elle-même, lui prête ſes aîles ;
» nouvel Icare , il va dans la région du
feu ,& tandis qu'il ſe livre àun nou-
MARS. 1764.
IFF
»vel éffor dans des plages inconnues ,
>>>les nues qu'il a percées ſe rejoignent;
>>leur ombre le dérobe aux regards des
>> Mortels ; & il ne leur eſt rendu que
>> par fa chûte. L'eſprit qui ne peut at-
>>teindre à la hauteur du génie, le laiſſe
» s'élever , ſe contente de marcher; mais
>ſa marche irrégulière ne le conduit
>> point à fon but; un goût frivole
» s'empare de lui ; il tourne ſans ceſſe
>>dans le tourbillon de la mode ; c'eſt
>> un papillon qui cherche une lueur
> favorable pour faire briller les cou-
>>> leurs dont ſes aîles font nuancées. Là
>ſe borne ſon ambition. Il plaît aux
>>>Lecteurs légers comme le papillon
>> aux enfans. Son éclat dure autant que
>>>la lueur autour de laquelle il voltige ;
» l'aîle ſe déſſéche , ſe brûle enfuite ,&
➤ l'inſecte rampe.
>> Ce portrait n'eſt que trop véritable
>> même dans la Littérature ; & l'image
» n'eſt que d'après des modéles. En efe
» fet , parcourez les Ouvrages divers
>>dont le déluge inonde aujourd'hui
>>plus que jamais la République des
>> Lettres : untitre fingulier ,des avan-
tures imaginées , un ſtyle marqueté ,
>>>une Sentence hardie , un tour de
>> penſées biſarres , un aſſemblage d'ex
112 MERCURE DE FRANCE.
>>preffions colorées , un jargon obfcur
» & précieux; diſons tout,une barbarie
>>de langage ornée & parée de faux
>>brillans & de clinquans où le vernis
>> eſt ſubſtitué à la peinture , la décou-
>> pure au tableau , & au ſérieux du bon
>>>ſens , le frivole de l'affectation. N'est-
>>ce pas là le fond , ou du moins le
>>> courant de la Littérature moderne:
>> Que fait le goût ? Il ſoutient le gé-
>>nie dans fon éffor, & le rappelle de
>> ſes écarts; lui marque fa route dans
>> les airs , & lui preſcrit ſes bornes ; ne
>>>l'affranchit du commerce des hom-
>>>mes , que pour l'aſſocier à celui des
>> Dieux ; lui permet de s'élever quand
>> il peut; l'oblige à marcher quand il
>>>le doit; & en lui laiſſant toute la li-
>> berté que l'imagination defire, le re-
>>tient dans les limites que la raiſon a
>>marquées. Il ouvre toutes les routes
>> du labyrinthedans lequel l'eſprit fri-
>> vole s'égare ; lui laiſſe la fineſſe du
>> langage, mais en bannit l'obſcurité;
>> retranche la parure qui eſt étrangère ,
>>pour ne laiſſer que l'ornement qui
» eſt propre ; admet les grâces , mais
> veutque lesvertus les reconnoiffent ,
>>que les Muſes les conduiſent , & ne
>>ſouffre pas qu'un amour aveugle les
MARS. 1764.
•
113
» égare ; à l'étincelle enfin qui ne ré-
>> pand qu'une lueur afſez ſemblable à
>>la nuit , legoût ſubſtitue le flambeau
>> qui produit la lumière , & enfante ou
>> remplace le jour.
>>C'eſt par lui , c'eſt par ce goût fa-
>> ge & hardi , que furent inſpirés ces
>>génies puiſſans qui dans un fiécle af-
>> fez peu éloigné du nôtre , rallume-
>> rent dans le Temple des Arts , ce feu
>>ſacré que la moleſſe avoit laiſſé étein-
>> dre , diſſipérent les ténébres dont l'i-
>> gnorance avoit couvert le Parnaffe ,
>> rappellérent l'Antiquité plus défigurée
>> encore par le pinceau de la nouveau-
>>té, que par ſes propres rides , ouvrí-
>> rent à des Lecteurs curieux d'appren-
>>dre , les tréfors littéraires que les ſfié-
>>>cles nous ont conſervés , comme l'hé-
>> ritage des eſprits , & nous montérent
>>enfin à ce degré d'intelligence qui a
>>fixé les Lettres parmi nous. Juſques-
>>>là les Muſes errantes avoient en vain
>> cherché un aſyle
Elles
avoient
>> franchi quelques montagnes , par-
>>couru quelques Provinces
,
éclairé
>>quelques Nations : le hafard ou la
>> curiofité leur ménagérentde temps en
>> temps des protecteurs afſez zélés pour
» les défendre ; mais il étoit réſervé au
114 MERCURE DE FRANCE:
>>goût de leur fufciter des Connoif-
>> feurs intelligens , capables de les ac-
>> créditer en les cultivant , de profiter
>>>de leurs richeſſes , & de leur en don-
»nerr, de ſe pénétrer de leurs précep-
» tes , & de les tranſmettre aux autres.
>> C'eſt de ces Reſtaurateurs des Scien-
>> ces , que nous avons reçu le goût ſage
» & heureux qui les maintient encore
>>malgré la conſpiration des préjugés.
>> Puiffions-nous ſentir toujours le prix
>>d'un tel avantage , & nous conferver
>>la poffeffion glorieuſe où nous fom-
>>mes depuis fi longtemps , de ſervir
>> dans ce genre , comme dans prèf-
>> que tous les autres , de modéles aux..
>> autres Peuples.
Nous finirons l'Extrait de l'Ecole de
Littérature dans le prochain Mercure.
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12652
ECOLE de Littérature, tirée des meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez Babuty fils, Libraire, quai des Augustins, entre les rues Gît-le-coeur & Pavée, à l'Etoile, & chez Brocas & Humblot, rue S. Jacq. au-dessus de la rue des Mathurins, au Chef S. Jean ; avec approbation & privilége du Roi, deux vol. in-12 très-bien exécutés quant à la partie typographique : beau papier, beaux caractères. Prix, 2 liv. 10 s. chaque volume, & 3 liv. relié ; ou 5 liv. les deux volumes brochés, & 6 liv. reliés.
12653
p. 115-116
LA VEUVE, Comédie, en un Acte, & en Prose, par l'AUTEUR DE DUPUIS ET DES RONAIS. Le Prix est de 24 sols ; à Paris, chez Duchesne, Libraire, rue Saint Jacques, au-dessous de la fontaine Saint Benoît, au Temple du Goût, 1764. Avec Approbation & Privilége du Roi.
Début :
NOUS nous contentons, simplement ici, d'annocer cette jolie Comédie, attendu [...]
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texteReconnaissance textuelle : LA VEUVE, Comédie, en un Acte, & en Prose, par l'AUTEUR DE DUPUIS ET DES RONAIS. Le Prix est de 24 sols ; à Paris, chez Duchesne, Libraire, rue Saint Jacques, au-dessous de la fontaine Saint Benoît, au Temple du Goût, 1764. Avec Approbation & Privilége du Roi.
LA VEUVE, Comédie, en un Acte, &
en Prose, par l'AUTEUR DE DUPUIS
ET DES RONAIS. Le Prix est
de 24 sols ; à Paris, chez Duchesne,
Libraire, rue Saint Jacques, au-dessous
de la fontaine Saint Benoît, au
Temple du Goût, 1764. Avec Approbation
& Privilége du Roi.
NOUS nous contentons, simplement
ici, d'annocer cette jolie Comédie, attendu
que , pour les raiſons que nous
endirons , nous en donnerons un ex-
trait , à la fin de l'Article des Specta-
cles du prochain Mercure.
LE ROSSIGNOL , Comédie en un
Acte , en Vaudevilles , du méme Auteur,
eſt , actuellement , ſous preffe ; &
paroîtra inceſſament. On la trouvera
pareillement chez Duchesne.
Ce n'eſt point le Roffignol , qui a
été joué à l'Opéra Comique ; mais ,
cette Piéce charmante , qui a déja ſa
réputation faite , & qui a été repréſen-
tée avec tant de ſuccès , il y a plusde
116 MERCURE DE FRANCE .
douze ans , chez S. A. S. Monſeigneur
le Comte de Clermont, Prince du Sang.
:
M. Collé ſeroit en état, s'il le vouloit, de
donner au Public un Théâtre de Socié-
té, affez conſidérable. Ilya longtemps
que les Amateurs , & que les perſonnes
qui jouent la Comédie , entr'elles à
Paris , ou dans leurs campagne , atten-
dent , avec la plus vive impatience , qu'il
fafle imprimer ce Recueil précieux de
Comédies , & de petites Piéces , qui ne
peuvent être repréſentées ſurdes Théâ-
tres Publics , mais qui feroient comme
elles l'ont déjafait, l'amusement , & le
charme des Sociétés particulières.
en Prose, par l'AUTEUR DE DUPUIS
ET DES RONAIS. Le Prix est
de 24 sols ; à Paris, chez Duchesne,
Libraire, rue Saint Jacques, au-dessous
de la fontaine Saint Benoît, au
Temple du Goût, 1764. Avec Approbation
& Privilége du Roi.
NOUS nous contentons, simplement
ici, d'annocer cette jolie Comédie, attendu
que , pour les raiſons que nous
endirons , nous en donnerons un ex-
trait , à la fin de l'Article des Specta-
cles du prochain Mercure.
LE ROSSIGNOL , Comédie en un
Acte , en Vaudevilles , du méme Auteur,
eſt , actuellement , ſous preffe ; &
paroîtra inceſſament. On la trouvera
pareillement chez Duchesne.
Ce n'eſt point le Roffignol , qui a
été joué à l'Opéra Comique ; mais ,
cette Piéce charmante , qui a déja ſa
réputation faite , & qui a été repréſen-
tée avec tant de ſuccès , il y a plusde
116 MERCURE DE FRANCE .
douze ans , chez S. A. S. Monſeigneur
le Comte de Clermont, Prince du Sang.
:
M. Collé ſeroit en état, s'il le vouloit, de
donner au Public un Théâtre de Socié-
té, affez conſidérable. Ilya longtemps
que les Amateurs , & que les perſonnes
qui jouent la Comédie , entr'elles à
Paris , ou dans leurs campagne , atten-
dent , avec la plus vive impatience , qu'il
fafle imprimer ce Recueil précieux de
Comédies , & de petites Piéces , qui ne
peuvent être repréſentées ſurdes Théâ-
tres Publics , mais qui feroient comme
elles l'ont déjafait, l'amusement , & le
charme des Sociétés particulières.
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12654
p. 116-119
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives. VERS à Mde de B..... qui le soir de ses nôces, après que tout le monde fut retiré, éxigea, toute affaire cessante, que son mari la menât au Bal de l'Opéra qu'elle n'avoit jamais vu. Le père du nouveau marié qui les avoit entendus se lever, s'habilla, se masqua, les suivit au Bal ; & à force de plaisanteries, il obligea sa bru de revenir avec son Mari masqués encore l'un & l'autre, & ne comprenant pas comment ils avoient pu être reconnus. Le père m'écrivit l'aventure le matin, & elle reçut ces Vers l'après-diner à sa toilette : ce qui l'étonna beaucoup.
Début :
CONDUITS par l'Hyménée & le Dieu de Cythère, [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives. VERS à Mde de B..... qui le soir de ses nôces, après que tout le monde fut retiré, éxigea, toute affaire cessante, que son mari la menât au Bal de l'Opéra qu'elle n'avoit jamais vu. Le père du nouveau marié qui les avoit entendus se lever, s'habilla, se masqua, les suivit au Bal ; & à force de plaisanteries, il obligea sa bru de revenir avec son Mari masqués encore l'un & l'autre, & ne comprenant pas comment ils avoient pu être reconnus. Le père m'écrivit l'aventure le matin, & elle reçut ces Vers l'après-diner à sa toilette : ce qui l'étonna beaucoup.
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives.
VERS à Mde de B..... qui le soir de
ses nôces, après que tout le monde fut
retiré, éxigea, toute affaire cessante,
que son mari la menât au Bal de l'Opéra
qu'elle n'avoit jamais vu. Le père
du nouveau marié qui les avoit entendus
se lever, s'habilla, se masqua,
les suivit au Bal ; & à force de plaisanteries,
il obligea sa bru de revenir avec son Mari masqués encore l'un & l'autre, & ne comprenant pas comment ils avoient pu être reconnus. Le père m'écrivit l'aventure le matin, & elle reçut ces Vers l'après-diner à sa toilette : ce qui l'étonna beaucoup.
MARS. 1764.
117
CONDUITS par l'Hyménée & le Dieu de Cythère,
Dans le lit nuptial , cette nuitdeux époux,
Alloient goûter lesplaiſirs les plus doux ,
Sous les yeux du tendre myſtère ;
Quandtout-à-coup ,jalouxde leursjoyeux ébats,
Momus , cédant au dépit qui l'emporte ,
Entredans leur réduit, ſans frapper à la porte ,
S'approchedesconjointsquines'endormoientpas,
Etdes tendres amours écartant la cohorte,
A l'épouſe parle tout bas ,
Et la tance de cette forte.
Quoi !dit-il, à votre âge on n'eſtdonc pas touché,
D'un plaiſir qu'à vosyeux on atoujours caché ?
Tandisquedansmontemple,ou régnel'allégreſſe,
Bourgeois & Financier , Robin , Prince, Ducheſſe,
Tous viennent me faire la cour ;
Vous ſeule , à mon culte rebelle ,
Epriſe d'un nouvel amour ,
A côté d'un mari , jeune, aimable , fidéle ,
Vous voulez attendre le jour ?
Ypenſez-vous:d'Hymencommençantla carrière
,
118 MERCURE DE FRANCE.
Apeineunpauvre époux ouvre-t-il la barrière ;
Qu'il eſt déja prèſque ſur le côté :
De votre propre bien ſoyez plus ménagère ,
Par principe de volupté.
Votre époux eſt à vous : uſez-ende manière ,
Qu'il n'altére.point ſa ſanté.
Plaiſirs pouffés trop loin cauſent ſatiété.
D'Hymen toute la vie on peut chomer la fête;
Onprévoit ſesdouceurs juſques dans l'avenir;
Ses jours coulent en paix , & les miens vontfinir.
Profitez des jeux que j'apprête :
L'Ennemi* qui me ſuit va bientôt lesbannir.
Après ces mots, l'indiſcrette folie
Force les deux époux à ſortir de leur lit.
L'épouſe en eſt charmée , & l'époux obéit.
Peut-on rienrefuſer à femme qui ſupplie ?
On s'habille à la hâte , on s'échappe ſans bruit:
Au Bal de l'Opéra leplaiſir les conduit.
Ils arrivent maſqués ; qui peut les reconnoître ?
Qui ? l'Amourqui les ſuit. Déjàce petit traître,
Voyantque d'une utile nuit ,
Dont ildoit diſpoſer en maître ,
Un autreDieu perçoit le fruit ,
Dit lenom des époux , découvre le myſtère ,
A tout venant conte l'affaire ;
Lui-même déguiſé , prend l'épouſe àl'écart ,
Et lui flétrit le cœur par maint & maint brocard,
* Le Carême.
MARS. 1764.
L'aventure devient publique ;
L'un applaudit , l'autre critique :
La fingularité trouve despartiſans ;
Et cet époux afait la nique
A tous les maris complaiſans :
Mais peu fuivront cette pratique.
AimableBi.... vous qui dans votre lit ,
Avez paſſé la nuit , & vu naître l'aurore ,
Dont tout le monde parle encore ,
Dans les foyersde Terpficore.
119
En comblant de plaiſir l'époux qui vous adore ,
Amuſez-vous de ce récit ,
VERS à Mde de B..... qui le soir de
ses nôces, après que tout le monde fut
retiré, éxigea, toute affaire cessante,
que son mari la menât au Bal de l'Opéra
qu'elle n'avoit jamais vu. Le père
du nouveau marié qui les avoit entendus
se lever, s'habilla, se masqua,
les suivit au Bal ; & à force de plaisanteries,
il obligea sa bru de revenir avec son Mari masqués encore l'un & l'autre, & ne comprenant pas comment ils avoient pu être reconnus. Le père m'écrivit l'aventure le matin, & elle reçut ces Vers l'après-diner à sa toilette : ce qui l'étonna beaucoup.
MARS. 1764.
117
CONDUITS par l'Hyménée & le Dieu de Cythère,
Dans le lit nuptial , cette nuitdeux époux,
Alloient goûter lesplaiſirs les plus doux ,
Sous les yeux du tendre myſtère ;
Quandtout-à-coup ,jalouxde leursjoyeux ébats,
Momus , cédant au dépit qui l'emporte ,
Entredans leur réduit, ſans frapper à la porte ,
S'approchedesconjointsquines'endormoientpas,
Etdes tendres amours écartant la cohorte,
A l'épouſe parle tout bas ,
Et la tance de cette forte.
Quoi !dit-il, à votre âge on n'eſtdonc pas touché,
D'un plaiſir qu'à vosyeux on atoujours caché ?
Tandisquedansmontemple,ou régnel'allégreſſe,
Bourgeois & Financier , Robin , Prince, Ducheſſe,
Tous viennent me faire la cour ;
Vous ſeule , à mon culte rebelle ,
Epriſe d'un nouvel amour ,
A côté d'un mari , jeune, aimable , fidéle ,
Vous voulez attendre le jour ?
Ypenſez-vous:d'Hymencommençantla carrière
,
118 MERCURE DE FRANCE.
Apeineunpauvre époux ouvre-t-il la barrière ;
Qu'il eſt déja prèſque ſur le côté :
De votre propre bien ſoyez plus ménagère ,
Par principe de volupté.
Votre époux eſt à vous : uſez-ende manière ,
Qu'il n'altére.point ſa ſanté.
Plaiſirs pouffés trop loin cauſent ſatiété.
D'Hymen toute la vie on peut chomer la fête;
Onprévoit ſesdouceurs juſques dans l'avenir;
Ses jours coulent en paix , & les miens vontfinir.
Profitez des jeux que j'apprête :
L'Ennemi* qui me ſuit va bientôt lesbannir.
Après ces mots, l'indiſcrette folie
Force les deux époux à ſortir de leur lit.
L'épouſe en eſt charmée , & l'époux obéit.
Peut-on rienrefuſer à femme qui ſupplie ?
On s'habille à la hâte , on s'échappe ſans bruit:
Au Bal de l'Opéra leplaiſir les conduit.
Ils arrivent maſqués ; qui peut les reconnoître ?
Qui ? l'Amourqui les ſuit. Déjàce petit traître,
Voyantque d'une utile nuit ,
Dont ildoit diſpoſer en maître ,
Un autreDieu perçoit le fruit ,
Dit lenom des époux , découvre le myſtère ,
A tout venant conte l'affaire ;
Lui-même déguiſé , prend l'épouſe àl'écart ,
Et lui flétrit le cœur par maint & maint brocard,
* Le Carême.
MARS. 1764.
L'aventure devient publique ;
L'un applaudit , l'autre critique :
La fingularité trouve despartiſans ;
Et cet époux afait la nique
A tous les maris complaiſans :
Mais peu fuivront cette pratique.
AimableBi.... vous qui dans votre lit ,
Avez paſſé la nuit , & vu naître l'aurore ,
Dont tout le monde parle encore ,
Dans les foyersde Terpficore.
119
En comblant de plaiſir l'époux qui vous adore ,
Amuſez-vous de ce récit ,
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12654
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives. VERS à Mde de B..... qui le soir de ses nôces, après que tout le monde fut retiré, éxigea, toute affaire cessante, que son mari la menât au Bal de l'Opéra qu'elle n'avoit jamais vu. Le père du nouveau marié qui les avoit entendus se lever, s'habilla, se masqua, les suivit au Bal ; & à force de plaisanteries, il obligea sa bru de revenir avec son Mari masqués encore l'un & l'autre, & ne comprenant pas comment ils avoient pu être reconnus. Le père m'écrivit l'aventure le matin, & elle reçut ces Vers l'après-diner à sa toilette : ce qui l'étonna beaucoup.
12655
p. 120
CAMPAGNE du Marquis de CRÉQUI, en Lorraine & en Alaace, en 1677 ; rédigée par M. Carlet de la Roziere, Chevalier de S. Louis, Capitaine réformé de Dragons, & ci-devant Aide-Major Général des Logis de l'Armée du Rhin ; à Paris, chez Lesclapart, Libraire, quai de Gêvres ; vol. in 8 o . petit format ; 1764 ; avec une Carte très-bien faite de la Lorraine, & d'une partie de l'Alsace.
Début :
L'AUTEUR a jugé cette Carte d'autant plus nécessaire, qu'outre qu'elle facilite [...]
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texteReconnaissance textuelle : CAMPAGNE du Marquis de CRÉQUI, en Lorraine & en Alaace, en 1677 ; rédigée par M. Carlet de la Roziere, Chevalier de S. Louis, Capitaine réformé de Dragons, & ci-devant Aide-Major Général des Logis de l'Armée du Rhin ; à Paris, chez Lesclapart, Libraire, quai de Gêvres ; vol. in 8 o . petit format ; 1764 ; avec une Carte très-bien faite de la Lorraine, & d'une partie de l'Alsace.
CAMPAGNE du Marquis de CRÉQUI,
en Lorraine & en Alaace, en 1677 ;
rédigée par M. Carlet de la Roziere,
Chevalier de S. Louis, Capitaine réformé
de Dragons, & ci-devant Aide-Major
Général des Logis de l'Armée du
Rhin ; à Paris, chez Lesclapart, Libraire,
quai de Gêvres ; vol. in 8o. petit
format ; 1764 ; avec une Carte très-bien
faite de la Lorraine, & d'une partie
de l'Alsace.
L'AUTEUR a jugé cette Carte d'autant
plus nécessaire, qu'outre qu'elle facilite
l'intelligence de cette Campagne ,
elle est un moyen ſimple & aiſé d'en re-
paffer d'un coupd'œil toutes les opéra-
tions , & d'en conſerver une idée nette
&fructueuſe. Quant à l'Ouvrage même,
la Campagne de M. de Créqui eſt ſi cu-
rieuſe &fi inſtructive , par les événe-
mens qu'elle préſente , par la conduite
admirable de ce Général , & par le dé-
tailde toutes les marches de fon Armée ,
& des Camps qu'elle a occupés , que ce
Livre ne peut manquer d'être d'une très-
grande utilité aux Militaires : furtout les
faitsy étant expoſés avec une clarté , un
ordre & une précision quifont honneur
à l'Auteur de cette utile & précieuſe ré-
daction.
en Lorraine & en Alaace, en 1677 ;
rédigée par M. Carlet de la Roziere,
Chevalier de S. Louis, Capitaine réformé
de Dragons, & ci-devant Aide-Major
Général des Logis de l'Armée du
Rhin ; à Paris, chez Lesclapart, Libraire,
quai de Gêvres ; vol. in 8o. petit
format ; 1764 ; avec une Carte très-bien
faite de la Lorraine, & d'une partie
de l'Alsace.
L'AUTEUR a jugé cette Carte d'autant
plus nécessaire, qu'outre qu'elle facilite
l'intelligence de cette Campagne ,
elle est un moyen ſimple & aiſé d'en re-
paffer d'un coupd'œil toutes les opéra-
tions , & d'en conſerver une idée nette
&fructueuſe. Quant à l'Ouvrage même,
la Campagne de M. de Créqui eſt ſi cu-
rieuſe &fi inſtructive , par les événe-
mens qu'elle préſente , par la conduite
admirable de ce Général , & par le dé-
tailde toutes les marches de fon Armée ,
& des Camps qu'elle a occupés , que ce
Livre ne peut manquer d'être d'une très-
grande utilité aux Militaires : furtout les
faitsy étant expoſés avec une clarté , un
ordre & une précision quifont honneur
à l'Auteur de cette utile & précieuſe ré-
daction.
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12655
CAMPAGNE du Marquis de CRÉQUI, en Lorraine & en Alaace, en 1677 ; rédigée par M. Carlet de la Roziere, Chevalier de S. Louis, Capitaine réformé de Dragons, & ci-devant Aide-Major Général des Logis de l'Armée du Rhin ; à Paris, chez Lesclapart, Libraire, quai de Gêvres ; vol. in 8 o . petit format ; 1764 ; avec une Carte très-bien faite de la Lorraine, & d'une partie de l'Alsace.
12656
p. 121-129
BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine, tirée des Ouvrages périodiques tant François qu'Etrangers, avec plusieurs Piéces rares & des remarques utiles & curieuses. Par M. PLANQUE, Docteur en Médecine, Tome VIII. avec Figures. A Paris, chez la veuve d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'ORLÉANS, rue Severin, près la rue S. Jacques. 1763.
Début :
LA matière qui compose ce huitieme Volume, est comprise dans les mots [...]
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texteReconnaissance textuelle : BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine, tirée des Ouvrages périodiques tant François qu'Etrangers, avec plusieurs Piéces rares & des remarques utiles & curieuses. Par M. PLANQUE, Docteur en Médecine, Tome VIII. avec Figures. A Paris, chez la veuve d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'ORLÉANS, rue Severin, près la rue S. Jacques. 1763.
BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine,
tirée des Ouvrages périodiques tant
François qu'Etrangers, avec plusieurs
Piéces rares & des remarques utiles
& curieuses. Par M. PLANQUE,
Docteur en Médecine, Tome VIII.
avec Figures. A Paris, chez la veuve
d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'ORLÉANS, rue Severin,
près la rue S. Jacques. 1763.
LA matière qui compose ce huitieme
Volume, est comprise dans les mots
néphrétique , nerf, nourriture , obésité ,
odontalgie , odorat , œil , œsophage ,
ongle , opération Césarienne , ophthal-
mie , & os.
Le premier Article renferme la ſtruc-
ture des reins dans l'état naturel &
dans l'état contre nature ; l'on en dé-
veloppe la méchanique ; on expoſe leurs
maladies & les moyens de les guérir.
On rapporte l'hiſtoire d'une néphréti-
quepériodique quiattaquoit une Dame
de 50 ans tous les mois & à la même
heure. Cette hiſtoire eſt ſuivie de beau-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
coupde remarques curieuſes non-feule-
ment ſur la néphrétique , mais encore
ſur pluſieurs autres affections dont les
retours périodiques ſont ſurprenans ,
comme des fiévres qui revenoient tous
les ans , la parole perdue , qui revenoît
tous les jours depuis midi juſqu'à une
heure , &c.
Les nerfs dont la connoiſſance eſt ſi
néceſſaire , fait le ſujet du ſecond Ar-
ticle. On y examine leur nature , leur
origine , leur progrès , leurs diviſions.
On prouve l'existence des eſprits ani-
maux dans les nerfs ; on expoſe leur
puiſſance dans l'economie animale , on
démontre que c'eſt par leur moyen
que l'âme s'apperçoit de ce qui ſe
paffe dans notre machine vivante ;
on recherche quelle eſt la partie du
cerveau où l'âme exerce ſes fonctions ,
& où elle reçoit les impreffions des ob-
jets ; on explique la cauſe de ladouleur
& l'on rapporte quelques conjectures
fur les maladies des eſprits & fur le dé-
fordre du cerveau dans certaines affec-
tions ſurprenantes , comme dans la ca-
talepfie ,dans les raviſſemens ou exta-
fes , &c.
L'Article fuivant regarde la nourritu-
re. On y traite de la nature des alimens,
MARS. 1764.
123
de leur différence dans différens Pays ;
on demande ſi l'on peut vivre long-
temps ſans leur fecours. On rapporte
pluſieurs exemples d'hommes & d'ani-
maux qui ont vêcu pluſieurs années
fans boire & fans manger ; on y lit
l'hiſtoire d'une femme qui depuis 18
ans juſqu'à un âge avancé rejettoit ce
qu'elle prenoit , a l'exception de l'eau
& du petit lait. On remarque qu'elle a
été ſeize ans n'allant qu'une fois à la
ſelle chaque année , c'étoit toujours au
mois de Mars .
Cet Article finit par la méthode de
faire cuire les Os , par l'hiſtoire du Cho-
colat & par les moyens de conferver les
Grains &c.
Le quatrieme Article eſt employé à
traiter de l'Obésité, cet embonpoint ex-
ceffif, qui fait tantd'obstacles aux fonc-
tions animales & vitales. Il renferme
beaucoupd'exemples de groſſeurs énor-
mes , des accidens qui les accompagnent
& des moyens de les détruire.
Le mot Odontalgie fournit des ſujets
auffi curieux qu'utiles. On parle dans ce
cinquiéme Article , de la nature des
Dents , de leurs maladies , de leurs re-
médes , des accidens qui peuvent ar-
river en les arrachant
des fecours
qu'on doit y apporter. L'on finit cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
Article par les prognoſtics qu'on peut
tirer de l'inſpection des Dents.
L'on paſſe enſuite à la connoiſſance
de la ſtructure du fiége de l'Odorat ,
on donne une deſcription exacte de
toutes les parties de cet organe ; on
rend raiſon de pluſieurs phénomènes
curieux ; par exemple , pourquoi l'on
pleure quand on a reſpiré des odeurs
fortes , pourquoi l'on éternue , quand
les yeux font frappés d'une vive lumière.
Onparle enfuite de l'éternuëment ; on
en découvre la cauſe , ſes bons & fes
mauvais effets , auſſi bien que ceux du
Tabac ; enfin on recherche l'origine des
ſouhaits qu'on fait à ceux qui éternuent ;
dans l'Article de l'œil on lit la defcrip-
tion de cet organe , on parle de l'action
de fes muſcles & de leur uſage , on rap-
portédes obſervations ſurla méchanique
des muſcles obliques , ſur l'iris & fur
la porofitéde la cornée tranſparente ; on
y trouve pluſieurs découvertes fur les
yeux de differens animaux , une differ-
tation ſçavante ſur la Méchanique des
mouvemens de la prunelle , où l'on é-
xamine quelle est la ſtructure & la ma-
nière d'agir des fibres droites de l'uvée;on
y traite des mouvemens de l'iris , & par
occafionde la partie principale del'orga-
ne de la vue; on y litun mémoire fur les
MARS. 1764.
125
yeux gelés , dans lequel on détermine la
grandeur des chambres que renferme
l'humeur aqueuſe;delaconnoiffance exac-
tedes parties de l'œil,&de leurs fonctions;
l'on paſſe aux maladies dont les princi-
pales font la cataracte , & la fiftule la-
crymale. On rapporte les diverſes ma-
nières d'en faire les opérations , plu-
fieurs obſervations ſur une maladie du
ſyphon lacrymal dont les Auteurs n'a-
voient pas encore parlé ; ſur un ban-
dage compreffif deſtiné à la cure de la
tumeur lacrymale ; une diſſertation ſur
la cauſe du ſtrabisme ou des yeux lou-
ches , & fur d'autres maladies qui atta-
quent cet organe , & les paupières.
Le mot œsophage conduit à des cho-
ſes intéreſſantes qui regardent la déglu-
tition : après être entré dans la defcrip-
tion des parties de cet organe, on expli-
que comment ſe fait la déglutition ; on
rencontre des remarques ſur la luette ,
ſur ſes fonctions , ſur ſes maladies & fur
celles de plufieurs autres parties de la
bouche. On y lit auffi un Mémoire fur
une difficulté d'avaler , & l'on y donne
les moyens de ſecourir les malades.
Les ongles occupent le neuviéme arti-
cle : on y explique de quoi & comment
ils ſe forment , comment ils ſe nourrif-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
ſent , comment ils croiſſent & comment
ils végétent. On réfutel'opinionde ceux
qui s'imaginent qu'ils croiffent après la
mort de l'animal. On rapporte pluſieurs
hiſtoires d'ongles monstrueux ; on y lit
une lettre curieuſe touchant une fille à
qui il venoit des cornes fur plufieurs en-
droits de fon corps.
Après cetarticle on vient à l'opération
céſarienne, l'on en rapporte l'origine , le
temps de fa néceſſité & la façon de la
faire. On finit cet article par l'hiſtoire
d'une opération céſarienne fingulière.
L'ophthalmie remplit ledixiéme arti-
cle. On y explique enquoiconfiſte cette
maladie , quelle eſt la partie qu'elle af-
fecte, & combienil y en a de fortes. On
rapporte des éxemples de pluſieurs acci-
dens , fuites fâcheuſes de l'ophthalmie ,
qui ont conduit à l'aveuglement. L'émé
ralopie ou vue de jour fournit la matière
d'un Mémoire fort curieux & fingulier :
les perſonnes attaquées de cette maladie
n'apperçoivent les objets qu'aux grands
rayons du Soleil , encore même avec
quelque confufion ; on explique la caufe
de cette affection extraordinaire , & l'on
enſeigne les remédes capables de la gué-
rir. On prendde-là occafion de rappor-
tor pluſieurs hiſtoires de vues ſiperçantes,
qu'à peine peut- on y ajouter foi , com
MARS. 1764.
127
me d'appercevoir ce qui eft caché dans
la terre , le mouvement du ſang dans le
cœur , les dépôts d'humeurs formés inté-
rieurement. On parle auſſi de ceux qui
voyent les objets doubles ,& on rend
raiſon de ce phénomène ; comme auſſi
de ceux qui ne voyent qu'une partie des
objets. On rapporte auſſi des éxemples
de ceux qui ne voyent pas le jour , &
qui voyent affez bien la nuit.
De ces phénomènes extraordinaires ,
l'on paſſe à une maladie qui eſt aſſez
commune , mais dont on ſe défait diffi-
cilement. Ce fontdes filamens , des pe-
tits pelotons , d'eſpèces d'aîles de mou-
ches , & autres apparences qui ſemblent
voltiger dans l'œil. On tâche d'en décou-
vrir la cauſe , & l'on en donne quelques
remédes.
Les os terminent la matière de ce vo-
lume : l'on y éxamine leur nature , leurs
parties , leur uſage ; on explique com-
ment ils parviennent à cette dureté qui
les diftingue des autres parties , & com-
ment il arrive que certaines parties mol-
les s'offifient; on lit des obſervations fur
la ſtructure & fur les maladies des carti-
lages qui ſe trouvent dans les articula-
tions ; on en rapporte d'autres ſur les
jointures écailleuſes & fur les jointures
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
dentelées du crâne , fur les os du palais ,
fur les vertébres des côtes ; fur la propor-
tion des os du ſquélettede l'homme; fur
le mouvement des mâchoires ; ſur la
ſtructure & le ſentiment de la moëlle ;
fur la teinture en rouge des os des ani-
maux vivans. On paffe enſuite aux ob-
ſervations qui regardent leurs maladies ,
comme le craquement des os , la fracture
de la rotule , de l'humerus , de la cuiſſe.
On fait mention d'une partie de ſquélette
qui étoit ſans articulation , & d'un ſqué-
lette entier qui ne formoit qu'une feule
piéce d'os ; c'étoit un domeſtique qui
mourut à foixante-un ans.Il commença à
être moins agile à l'âge de dix-huit ans.
Vingt ans avant la mort de cet homme ,
il eut une fiévre très- violente , pouravoir
paffé une partie de la nuit à dormir fur
l'herbe , ayant chaud. Depuis qu'il fut
rétabli , il ne futjamais fans reffentir de
grandes douleurs dans les os. En quatre
ans , il perdit l'uſage & le mouvement
des mâchoires ; de forte qu'on fut obli-
gé de lui arracher pluſieurs dents pour le
nourrir de foupe , de lait& de bierre ; il
ne pouvoit ni s'aſſeoir , ni ſe baiffer ; il
dormoit dans une guérite avec une pe-
tite planche qu'il gliſſoit dans une cou-
liffe, contre laquelle il appuyoit ſon eſto-
mac. Il ne pouvoit pas faire le moindre
MARS. 1764.
129
mouvement avec ſa tête. Il pouvoit ſe
mouvoir fur un terrein uni par une eſpè
ce de faut , & il reſtoit plufieurs heures
dans un jardin , en ſe tenant le dos ap-
puyé contre une muraille. Ily a dans ce
huitiéme volume une infinité de faits
auſſi utiles que curieux, furleſquels il ne
nous eſt pas poſſible de nous arrêter , &
nous ne croyons pas nous compromettre
en afſurant le Public que ce volume ne
mérite pas moins fon approbation que
les précédens.
Le neuviéme volume eſt ſous preſſe ,
auffi-bien que le vingt- cinquiéme de
l'édition in- 12 , de laquelle il paroît
vingt-quatre Tomes.
tirée des Ouvrages périodiques tant
François qu'Etrangers, avec plusieurs
Piéces rares & des remarques utiles
& curieuses. Par M. PLANQUE,
Docteur en Médecine, Tome VIII.
avec Figures. A Paris, chez la veuve
d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'ORLÉANS, rue Severin,
près la rue S. Jacques. 1763.
LA matière qui compose ce huitieme
Volume, est comprise dans les mots
néphrétique , nerf, nourriture , obésité ,
odontalgie , odorat , œil , œsophage ,
ongle , opération Césarienne , ophthal-
mie , & os.
Le premier Article renferme la ſtruc-
ture des reins dans l'état naturel &
dans l'état contre nature ; l'on en dé-
veloppe la méchanique ; on expoſe leurs
maladies & les moyens de les guérir.
On rapporte l'hiſtoire d'une néphréti-
quepériodique quiattaquoit une Dame
de 50 ans tous les mois & à la même
heure. Cette hiſtoire eſt ſuivie de beau-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
coupde remarques curieuſes non-feule-
ment ſur la néphrétique , mais encore
ſur pluſieurs autres affections dont les
retours périodiques ſont ſurprenans ,
comme des fiévres qui revenoient tous
les ans , la parole perdue , qui revenoît
tous les jours depuis midi juſqu'à une
heure , &c.
Les nerfs dont la connoiſſance eſt ſi
néceſſaire , fait le ſujet du ſecond Ar-
ticle. On y examine leur nature , leur
origine , leur progrès , leurs diviſions.
On prouve l'existence des eſprits ani-
maux dans les nerfs ; on expoſe leur
puiſſance dans l'economie animale , on
démontre que c'eſt par leur moyen
que l'âme s'apperçoit de ce qui ſe
paffe dans notre machine vivante ;
on recherche quelle eſt la partie du
cerveau où l'âme exerce ſes fonctions ,
& où elle reçoit les impreffions des ob-
jets ; on explique la cauſe de ladouleur
& l'on rapporte quelques conjectures
fur les maladies des eſprits & fur le dé-
fordre du cerveau dans certaines affec-
tions ſurprenantes , comme dans la ca-
talepfie ,dans les raviſſemens ou exta-
fes , &c.
L'Article fuivant regarde la nourritu-
re. On y traite de la nature des alimens,
MARS. 1764.
123
de leur différence dans différens Pays ;
on demande ſi l'on peut vivre long-
temps ſans leur fecours. On rapporte
pluſieurs exemples d'hommes & d'ani-
maux qui ont vêcu pluſieurs années
fans boire & fans manger ; on y lit
l'hiſtoire d'une femme qui depuis 18
ans juſqu'à un âge avancé rejettoit ce
qu'elle prenoit , a l'exception de l'eau
& du petit lait. On remarque qu'elle a
été ſeize ans n'allant qu'une fois à la
ſelle chaque année , c'étoit toujours au
mois de Mars .
Cet Article finit par la méthode de
faire cuire les Os , par l'hiſtoire du Cho-
colat & par les moyens de conferver les
Grains &c.
Le quatrieme Article eſt employé à
traiter de l'Obésité, cet embonpoint ex-
ceffif, qui fait tantd'obstacles aux fonc-
tions animales & vitales. Il renferme
beaucoupd'exemples de groſſeurs énor-
mes , des accidens qui les accompagnent
& des moyens de les détruire.
Le mot Odontalgie fournit des ſujets
auffi curieux qu'utiles. On parle dans ce
cinquiéme Article , de la nature des
Dents , de leurs maladies , de leurs re-
médes , des accidens qui peuvent ar-
river en les arrachant
des fecours
qu'on doit y apporter. L'on finit cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
Article par les prognoſtics qu'on peut
tirer de l'inſpection des Dents.
L'on paſſe enſuite à la connoiſſance
de la ſtructure du fiége de l'Odorat ,
on donne une deſcription exacte de
toutes les parties de cet organe ; on
rend raiſon de pluſieurs phénomènes
curieux ; par exemple , pourquoi l'on
pleure quand on a reſpiré des odeurs
fortes , pourquoi l'on éternue , quand
les yeux font frappés d'une vive lumière.
Onparle enfuite de l'éternuëment ; on
en découvre la cauſe , ſes bons & fes
mauvais effets , auſſi bien que ceux du
Tabac ; enfin on recherche l'origine des
ſouhaits qu'on fait à ceux qui éternuent ;
dans l'Article de l'œil on lit la defcrip-
tion de cet organe , on parle de l'action
de fes muſcles & de leur uſage , on rap-
portédes obſervations ſurla méchanique
des muſcles obliques , ſur l'iris & fur
la porofitéde la cornée tranſparente ; on
y trouve pluſieurs découvertes fur les
yeux de differens animaux , une differ-
tation ſçavante ſur la Méchanique des
mouvemens de la prunelle , où l'on é-
xamine quelle est la ſtructure & la ma-
nière d'agir des fibres droites de l'uvée;on
y traite des mouvemens de l'iris , & par
occafionde la partie principale del'orga-
ne de la vue; on y litun mémoire fur les
MARS. 1764.
125
yeux gelés , dans lequel on détermine la
grandeur des chambres que renferme
l'humeur aqueuſe;delaconnoiffance exac-
tedes parties de l'œil,&de leurs fonctions;
l'on paſſe aux maladies dont les princi-
pales font la cataracte , & la fiftule la-
crymale. On rapporte les diverſes ma-
nières d'en faire les opérations , plu-
fieurs obſervations ſur une maladie du
ſyphon lacrymal dont les Auteurs n'a-
voient pas encore parlé ; ſur un ban-
dage compreffif deſtiné à la cure de la
tumeur lacrymale ; une diſſertation ſur
la cauſe du ſtrabisme ou des yeux lou-
ches , & fur d'autres maladies qui atta-
quent cet organe , & les paupières.
Le mot œsophage conduit à des cho-
ſes intéreſſantes qui regardent la déglu-
tition : après être entré dans la defcrip-
tion des parties de cet organe, on expli-
que comment ſe fait la déglutition ; on
rencontre des remarques ſur la luette ,
ſur ſes fonctions , ſur ſes maladies & fur
celles de plufieurs autres parties de la
bouche. On y lit auffi un Mémoire fur
une difficulté d'avaler , & l'on y donne
les moyens de ſecourir les malades.
Les ongles occupent le neuviéme arti-
cle : on y explique de quoi & comment
ils ſe forment , comment ils ſe nourrif-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
ſent , comment ils croiſſent & comment
ils végétent. On réfutel'opinionde ceux
qui s'imaginent qu'ils croiffent après la
mort de l'animal. On rapporte pluſieurs
hiſtoires d'ongles monstrueux ; on y lit
une lettre curieuſe touchant une fille à
qui il venoit des cornes fur plufieurs en-
droits de fon corps.
Après cetarticle on vient à l'opération
céſarienne, l'on en rapporte l'origine , le
temps de fa néceſſité & la façon de la
faire. On finit cet article par l'hiſtoire
d'une opération céſarienne fingulière.
L'ophthalmie remplit ledixiéme arti-
cle. On y explique enquoiconfiſte cette
maladie , quelle eſt la partie qu'elle af-
fecte, & combienil y en a de fortes. On
rapporte des éxemples de pluſieurs acci-
dens , fuites fâcheuſes de l'ophthalmie ,
qui ont conduit à l'aveuglement. L'émé
ralopie ou vue de jour fournit la matière
d'un Mémoire fort curieux & fingulier :
les perſonnes attaquées de cette maladie
n'apperçoivent les objets qu'aux grands
rayons du Soleil , encore même avec
quelque confufion ; on explique la caufe
de cette affection extraordinaire , & l'on
enſeigne les remédes capables de la gué-
rir. On prendde-là occafion de rappor-
tor pluſieurs hiſtoires de vues ſiperçantes,
qu'à peine peut- on y ajouter foi , com
MARS. 1764.
127
me d'appercevoir ce qui eft caché dans
la terre , le mouvement du ſang dans le
cœur , les dépôts d'humeurs formés inté-
rieurement. On parle auſſi de ceux qui
voyent les objets doubles ,& on rend
raiſon de ce phénomène ; comme auſſi
de ceux qui ne voyent qu'une partie des
objets. On rapporte auſſi des éxemples
de ceux qui ne voyent pas le jour , &
qui voyent affez bien la nuit.
De ces phénomènes extraordinaires ,
l'on paſſe à une maladie qui eſt aſſez
commune , mais dont on ſe défait diffi-
cilement. Ce fontdes filamens , des pe-
tits pelotons , d'eſpèces d'aîles de mou-
ches , & autres apparences qui ſemblent
voltiger dans l'œil. On tâche d'en décou-
vrir la cauſe , & l'on en donne quelques
remédes.
Les os terminent la matière de ce vo-
lume : l'on y éxamine leur nature , leurs
parties , leur uſage ; on explique com-
ment ils parviennent à cette dureté qui
les diftingue des autres parties , & com-
ment il arrive que certaines parties mol-
les s'offifient; on lit des obſervations fur
la ſtructure & fur les maladies des carti-
lages qui ſe trouvent dans les articula-
tions ; on en rapporte d'autres ſur les
jointures écailleuſes & fur les jointures
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
dentelées du crâne , fur les os du palais ,
fur les vertébres des côtes ; fur la propor-
tion des os du ſquélettede l'homme; fur
le mouvement des mâchoires ; ſur la
ſtructure & le ſentiment de la moëlle ;
fur la teinture en rouge des os des ani-
maux vivans. On paffe enſuite aux ob-
ſervations qui regardent leurs maladies ,
comme le craquement des os , la fracture
de la rotule , de l'humerus , de la cuiſſe.
On fait mention d'une partie de ſquélette
qui étoit ſans articulation , & d'un ſqué-
lette entier qui ne formoit qu'une feule
piéce d'os ; c'étoit un domeſtique qui
mourut à foixante-un ans.Il commença à
être moins agile à l'âge de dix-huit ans.
Vingt ans avant la mort de cet homme ,
il eut une fiévre très- violente , pouravoir
paffé une partie de la nuit à dormir fur
l'herbe , ayant chaud. Depuis qu'il fut
rétabli , il ne futjamais fans reffentir de
grandes douleurs dans les os. En quatre
ans , il perdit l'uſage & le mouvement
des mâchoires ; de forte qu'on fut obli-
gé de lui arracher pluſieurs dents pour le
nourrir de foupe , de lait& de bierre ; il
ne pouvoit ni s'aſſeoir , ni ſe baiffer ; il
dormoit dans une guérite avec une pe-
tite planche qu'il gliſſoit dans une cou-
liffe, contre laquelle il appuyoit ſon eſto-
mac. Il ne pouvoit pas faire le moindre
MARS. 1764.
129
mouvement avec ſa tête. Il pouvoit ſe
mouvoir fur un terrein uni par une eſpè
ce de faut , & il reſtoit plufieurs heures
dans un jardin , en ſe tenant le dos ap-
puyé contre une muraille. Ily a dans ce
huitiéme volume une infinité de faits
auſſi utiles que curieux, furleſquels il ne
nous eſt pas poſſible de nous arrêter , &
nous ne croyons pas nous compromettre
en afſurant le Public que ce volume ne
mérite pas moins fon approbation que
les précédens.
Le neuviéme volume eſt ſous preſſe ,
auffi-bien que le vingt- cinquiéme de
l'édition in- 12 , de laquelle il paroît
vingt-quatre Tomes.
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12656
BIBLIOTHÉQUE choisie de Médecine, tirée des Ouvrages périodiques tant François qu'Etrangers, avec plusieurs Piéces rares & des remarques utiles & curieuses. Par M. PLANQUE, Docteur en Médecine, Tome VIII. avec Figures. A Paris, chez la veuve d'Houry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'ORLÉANS, rue Severin, près la rue S. Jacques. 1763.
12657
p. 129-131
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
HARMONIE des Pseaumes & de l'Evangile, ou Traduction des Pseaumes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
HARMONIE des Pseaumes & de
l'Evangile, ou Traduction des Pseaumes
& des Cantiques de l'Eglife ; avec
des Notes relatives à la Vulgate , aux
Septante & au Texte Hébreu ; ouvra-
ge posthume de M. Pluche ; à Paris
chez les Freres Eflienne , rue S. Jac-
ques , à la Vertu ; 1764 , un Vol. in-12..
Avec Approbation & Privilége du Roi.
Cette nouvelle Traduction des Preau-
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
mes, qui ne le céde à aucune de celles
qui ont paru juſqu'à préſent , eſt pré-
cédé d'une Préface très-étendue & très-
inſtructive , quidonne la clefdes Pſeau-
mes , fait connoître le caractère parti-
culier du langage des Hébreux , le
tour de leur Poësie , l'état actuel du
Texte de l'Ecriture , & les divers acci-
dens arrivés aux verſions Grecque &
Latine. Les Notes dont M. Pluche a
accompagnié ſa verſion , répandent
beaucoup de clarté ſur le Texte.
DISSERTATION fur différens points
de Géographie , adreſſée à l'Académie
des Sciences & Belles-Lettres de Gor-
tingue ; par M. Rizzi Zannoni ; 1764 ,
brochure in-8°.
Le but de cet écrit eſt de réfuter M.
Bonne , Mathématicien , qui avoit atta-
qué M. Rizzi Zannoni au ſujet dequel-
ques fentimens ſur la Géographie : on
réduit ici à deux points principaux , les
plaintes de M. Bonne. Le premier roule
fur ce que M.Rizzi Zannoni avoitdit que
c'étoitun projet chimérique & ridicule
,
que de prétendre nous donner des Car-
tes arplaties vers les Pôles ; dans le
fecond M. Bonne reproche à fon Ad-
verſaire de l'avoir copié dans ſa Carte
MARS. 1764.
131
des Côtes Maritimes de la France , &
d'y avoir ajouté des fautes. La réfuta-
tion des accuſations de M. Bonne fait
tout le ſujet de cette differtation.
HARMONIE des Pseaumes & de
l'Evangile, ou Traduction des Pseaumes
& des Cantiques de l'Eglife ; avec
des Notes relatives à la Vulgate , aux
Septante & au Texte Hébreu ; ouvra-
ge posthume de M. Pluche ; à Paris
chez les Freres Eflienne , rue S. Jac-
ques , à la Vertu ; 1764 , un Vol. in-12..
Avec Approbation & Privilége du Roi.
Cette nouvelle Traduction des Preau-
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
mes, qui ne le céde à aucune de celles
qui ont paru juſqu'à préſent , eſt pré-
cédé d'une Préface très-étendue & très-
inſtructive , quidonne la clefdes Pſeau-
mes , fait connoître le caractère parti-
culier du langage des Hébreux , le
tour de leur Poësie , l'état actuel du
Texte de l'Ecriture , & les divers acci-
dens arrivés aux verſions Grecque &
Latine. Les Notes dont M. Pluche a
accompagnié ſa verſion , répandent
beaucoup de clarté ſur le Texte.
DISSERTATION fur différens points
de Géographie , adreſſée à l'Académie
des Sciences & Belles-Lettres de Gor-
tingue ; par M. Rizzi Zannoni ; 1764 ,
brochure in-8°.
Le but de cet écrit eſt de réfuter M.
Bonne , Mathématicien , qui avoit atta-
qué M. Rizzi Zannoni au ſujet dequel-
ques fentimens ſur la Géographie : on
réduit ici à deux points principaux , les
plaintes de M. Bonne. Le premier roule
fur ce que M.Rizzi Zannoni avoitdit que
c'étoitun projet chimérique & ridicule
,
que de prétendre nous donner des Car-
tes arplaties vers les Pôles ; dans le
fecond M. Bonne reproche à fon Ad-
verſaire de l'avoir copié dans ſa Carte
MARS. 1764.
131
des Côtes Maritimes de la France , &
d'y avoir ajouté des fautes. La réfuta-
tion des accuſations de M. Bonne fait
tout le ſujet de cette differtation.
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12658
p. 131
« LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à son Emile, & à ses autres [...] »
Début :
LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à son Emile, & à ses autres [...]
Mots clefs :
M. Rousseau, Lettres, Philosophe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à son Emile, & à ses autres [...] »
LETTRES à M. Rousseau , pour fervir
de réponſe à fon Emile , & à ſes autres
ouvrages ; in- 8°. chez Panckoucke
, rue & à côté de la Comédie
Françoiſe ; au Bureau du Mercure , au
Palais Royal & chez l'Auteur. Le
prix des deux premières Lettres eſt de
3 liv. 6 fols brochées.
,
L'Ouvrage deſtiné à combattre M.
Rousseau , fuivant le Plan qui en a été
trace dans la Préface , a été circonfcrit
dans quinze Lettres , dont chacune formera
un volume d'environ quinze feuilles.
La réfutation des Ecrits de ce Philoſophe
a été regardée par pluſieurs Prélats
comme d'autant plus néceſſaire ,
qu'à la faveur du ſtyle le plus féduisant ,
il a frappé du même coup fur la Religion
& fur le Gouvernement. On pourra
juger par les deux premieres Lettres , du
tour que doit prendre entre les mains de
l'Auteur, une controverſe , que l'intempérance
du génie a rendue malheureuſement
trop néceſſaire dans ce ſiècle.
de réponſe à fon Emile , & à ſes autres
ouvrages ; in- 8°. chez Panckoucke
, rue & à côté de la Comédie
Françoiſe ; au Bureau du Mercure , au
Palais Royal & chez l'Auteur. Le
prix des deux premières Lettres eſt de
3 liv. 6 fols brochées.
,
L'Ouvrage deſtiné à combattre M.
Rousseau , fuivant le Plan qui en a été
trace dans la Préface , a été circonfcrit
dans quinze Lettres , dont chacune formera
un volume d'environ quinze feuilles.
La réfutation des Ecrits de ce Philoſophe
a été regardée par pluſieurs Prélats
comme d'autant plus néceſſaire ,
qu'à la faveur du ſtyle le plus féduisant ,
il a frappé du même coup fur la Religion
& fur le Gouvernement. On pourra
juger par les deux premieres Lettres , du
tour que doit prendre entre les mains de
l'Auteur, une controverſe , que l'intempérance
du génie a rendue malheureuſement
trop néceſſaire dans ce ſiècle.
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Résumé : « LETTRES à M. Rousseau, pour servir de réponse à son Emile, & à ses autres [...] »
L'ouvrage 'Lettres à M. Rousseau' vise à réfuter les écrits de Jean-Jacques Rousseau, jugés dangereux pour la religion et le gouvernement. Composé de quinze lettres, chaque lettre forme un volume d'environ quinze feuilles. Les deux premières lettres sont disponibles au prix de 3 livres 6 sols. Plusieurs prélats ont approuvé cette réfutation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12659
p. 132-133
« THÉATRE de la dernière Guerre en Allemagne, &c, en six Volumes in- 2. [...] »
Début :
THÉATRE de la dernière Guerre en Allemagne, &c, en six Volumes in- 2. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « THÉATRE de la dernière Guerre en Allemagne, &c, en six Volumes in- 2. [...] »
THÉATRE de la dernière Guerre en
Allemagne, &c, en six Volumes in- 2.
chez Langlois , fils , Libraire à Paris
,
rue de la Harpe , près de la rue Poupée ,
à la Couronne d'Or.
Ce Libraire propoſe de le donner
au Public par forme de ſouſcription
avec une diminution de prix confidéra-
ble. Juſqu'ici les fix premiers Volumes
ont toujours été vendus chacun 3 liv.
en Feuilles ; ce qui faisoit pour le tout
18 liv. Chaque Volume pareillement
en Feuilles , fera donné pour 2 livres &
relié coûtera 2. liv. 12 ſols. Cela fait
fur les fix Volumes une diminution
du tiers , ou une réduction de 18 liv.
à 12 liv. Les deux derniers Volumes
fept & huit qui paroîtront dans le
mois de Mai prochain 1764 , ne feront
auffi vendus chacun en feuilles que 2
livres à ceux qui auront pris les fix pré-
cédens ; c'est-à-dire , à ceux qui auront
ſouſcrit juſqu'au mois de Mai : ainfi
l'Ouvrage entier composé de huit Volu-
mes , ne coûtera plus que 16 livres au
lieu de 24 livres , & l'on aura dans cet
Ouvrage une collection complette &
très-bien gravéedes Plans de Batailles ,
Siéges , Combats , Marches , & autres
actions de la dernière Guerre. Cette in
MARS. 1764 .
133
téreſſante collection,recommandable par
la beauté & la quantité des Gravures
qui monteront à plus de cent Planches ,
ainſi que par l'exactitude & par la fin-
gularité desdétails , ſera très-utile pour
PHiſtoire. La diminution qu'on annon-
се, n'aura lieu que juſqu'au premier
Mai 1764. Ce terme paſſé , l'Ouvrage
entier ſera vendu comme auparavant
trois livres chaque Volume en feuilles.
Allemagne, &c, en six Volumes in- 2.
chez Langlois , fils , Libraire à Paris
,
rue de la Harpe , près de la rue Poupée ,
à la Couronne d'Or.
Ce Libraire propoſe de le donner
au Public par forme de ſouſcription
avec une diminution de prix confidéra-
ble. Juſqu'ici les fix premiers Volumes
ont toujours été vendus chacun 3 liv.
en Feuilles ; ce qui faisoit pour le tout
18 liv. Chaque Volume pareillement
en Feuilles , fera donné pour 2 livres &
relié coûtera 2. liv. 12 ſols. Cela fait
fur les fix Volumes une diminution
du tiers , ou une réduction de 18 liv.
à 12 liv. Les deux derniers Volumes
fept & huit qui paroîtront dans le
mois de Mai prochain 1764 , ne feront
auffi vendus chacun en feuilles que 2
livres à ceux qui auront pris les fix pré-
cédens ; c'est-à-dire , à ceux qui auront
ſouſcrit juſqu'au mois de Mai : ainfi
l'Ouvrage entier composé de huit Volu-
mes , ne coûtera plus que 16 livres au
lieu de 24 livres , & l'on aura dans cet
Ouvrage une collection complette &
très-bien gravéedes Plans de Batailles ,
Siéges , Combats , Marches , & autres
actions de la dernière Guerre. Cette in
MARS. 1764 .
133
téreſſante collection,recommandable par
la beauté & la quantité des Gravures
qui monteront à plus de cent Planches ,
ainſi que par l'exactitude & par la fin-
gularité desdétails , ſera très-utile pour
PHiſtoire. La diminution qu'on annon-
се, n'aura lieu que juſqu'au premier
Mai 1764. Ce terme paſſé , l'Ouvrage
entier ſera vendu comme auparavant
trois livres chaque Volume en feuilles.
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12660
p. 133-135
« TRAITÉ Historique des Plantes de la Lorraine & des trois Evêchés ; par M. [...] »
Début :
TRAITÉ Historique des Plantes de la Lorraine & des trois Evêchés ; par M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ Historique des Plantes de la Lorraine & des trois Evêchés ; par M. [...] »
TRAITÉ Historique des Plantes de la
Lorraine & des trois Evêchés ; par M.
Buchoz, Médecin Ordinaire du Roi de
Pologne , &c.
Nous avons déjà donné pluſieurs ex-
traits de ce Livre utile , qui ſe conti-
nue avec ſuccès. Nous ajoutons ſeule-
ment , qu'il fera diviſé en vingt Volu-
mes. Le premiereſt le proſpectus de l'Ou-
vrage ; les dix-neuf autres renferment
chacun une famille différente de Plan-
tes , ſuivant le ſyſtême de leurs vertus.
Ondonne dans cet Ouvrage la deſcrip-
tion botanique de la Plante , ſa figure ,
l'endroit où elle croît , ſa culture , ſon
analyſe chymique & ſes propriétés , tant
pourlamédecine que pourles arts & mé-
tiers. On raporte les, ſentimens des an
134 MERCURE DE FRANCE.
ciens & des modernes , auxquels on
ajoute toutes les nouvelles obſervations
qui font faites fur ces matières. Le ſim-
ple expoſé de cet Ouvrage en démontre
l'utilité & la vaſte étendue.
L'Auteur a beſoin d'inſtruction pour
remplir cet objet ; les différens voyages
qu'il a faits dans la Lorraine & les
trois Evêchés ne font pas fuffifans ; il
réitére donc ſes inſtances auprès des
curieux , & il les prie très-inſtamment ,
de même que MM. les Cultivateurs ,
Curés , Médecins , Chirurgiens , Phar-
maciens , Phyficiens , Jardiniers , Artif
tes,& autres perſonnes,de luifaire tenir ,
par des commodités sûres & ſans frais
9
des notes de tout ce qui peut ſe trouver
de remarquable dans les différentes
contrées qu'ils habitent
,
obſervations ſur la nature du climat ,
fur ſes différentes productions , fur les
avantages que les habitans du pays peu-
yent en tirer.
avec leurs
La ſouſcriptionde l'hiſtoire des végé-
taux ſera de foixante livres pendant le
courant de 1764 , & de foixante-douze
livres pour les années poſtérieures ; le
tout payable en quatre termes , en re-
cevant les premier , cinquiéme , dixiéme
& quinziéme Volumes. Ceux néan-
MARS. 1764.
135
moins qui voudront bien contribuer
aux frais de quelques planches , auront
toujours en tout tems l'Ouvrage entier
pour quarante-huit livres. Il ſera orné
de 400 planches gravées en taille-dou-
ce , & deffinées d'après nature , au bas
deſquelles font gravées les armes & les
qualités de ceux qui y ont coopéré.
Les premier & fecond volume font
déja imprimés. Ceux qui voudront faire
les fraisde quelques planches , ſouſcrire
à cet Ouvrage & communiquer leurs
obſervations , ſont priés de s'adreſſer
directement à l'Auteur à Nancy , grande
rue , ville-vieille.
Lorraine & des trois Evêchés ; par M.
Buchoz, Médecin Ordinaire du Roi de
Pologne , &c.
Nous avons déjà donné pluſieurs ex-
traits de ce Livre utile , qui ſe conti-
nue avec ſuccès. Nous ajoutons ſeule-
ment , qu'il fera diviſé en vingt Volu-
mes. Le premiereſt le proſpectus de l'Ou-
vrage ; les dix-neuf autres renferment
chacun une famille différente de Plan-
tes , ſuivant le ſyſtême de leurs vertus.
Ondonne dans cet Ouvrage la deſcrip-
tion botanique de la Plante , ſa figure ,
l'endroit où elle croît , ſa culture , ſon
analyſe chymique & ſes propriétés , tant
pourlamédecine que pourles arts & mé-
tiers. On raporte les, ſentimens des an
134 MERCURE DE FRANCE.
ciens & des modernes , auxquels on
ajoute toutes les nouvelles obſervations
qui font faites fur ces matières. Le ſim-
ple expoſé de cet Ouvrage en démontre
l'utilité & la vaſte étendue.
L'Auteur a beſoin d'inſtruction pour
remplir cet objet ; les différens voyages
qu'il a faits dans la Lorraine & les
trois Evêchés ne font pas fuffifans ; il
réitére donc ſes inſtances auprès des
curieux , & il les prie très-inſtamment ,
de même que MM. les Cultivateurs ,
Curés , Médecins , Chirurgiens , Phar-
maciens , Phyficiens , Jardiniers , Artif
tes,& autres perſonnes,de luifaire tenir ,
par des commodités sûres & ſans frais
9
des notes de tout ce qui peut ſe trouver
de remarquable dans les différentes
contrées qu'ils habitent
,
obſervations ſur la nature du climat ,
fur ſes différentes productions , fur les
avantages que les habitans du pays peu-
yent en tirer.
avec leurs
La ſouſcriptionde l'hiſtoire des végé-
taux ſera de foixante livres pendant le
courant de 1764 , & de foixante-douze
livres pour les années poſtérieures ; le
tout payable en quatre termes , en re-
cevant les premier , cinquiéme , dixiéme
& quinziéme Volumes. Ceux néan-
MARS. 1764.
135
moins qui voudront bien contribuer
aux frais de quelques planches , auront
toujours en tout tems l'Ouvrage entier
pour quarante-huit livres. Il ſera orné
de 400 planches gravées en taille-dou-
ce , & deffinées d'après nature , au bas
deſquelles font gravées les armes & les
qualités de ceux qui y ont coopéré.
Les premier & fecond volume font
déja imprimés. Ceux qui voudront faire
les fraisde quelques planches , ſouſcrire
à cet Ouvrage & communiquer leurs
obſervations , ſont priés de s'adreſſer
directement à l'Auteur à Nancy , grande
rue , ville-vieille.
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12661
p. 135-144
« PROSPECTUS d'une Diplomatique pratique, ou traité de l'arrangement des [...] »
Début :
PROSPECTUS d'une Diplomatique pratique, ou traité de l'arrangement des [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « PROSPECTUS d'une Diplomatique pratique, ou traité de l'arrangement des [...] »
PROSPECTUS d'une Diplomatique
pratique, ou traité de l'arrangement des
archives & tréſors d'icelles ; Ouvrage
néceſſaire aux dépofitaires des titres des
anciennes Seigneuries , des Evêchés ,
des Chapitres , des Abbayes , des Com-
munautés Religieuſes , des Corps de
Villes ,& à tous ceux qui veulent s'a-
donner à l'étude des titres & des écri-
tures anciennes ; par M. le Moine , Sé-
crétaire & Archiviſte de l'Egliſe Cathé-
drale de Toul , & ci-devant de l'infigne
Egliſe de Saint Martin de Tours ; de
l'Académie Royale des Sciences , & des
136 MERCURE DE FRANCE.
Arts de Metz; propoſé par ſouſcription ;
à Metz , chez Joseph Antoine , Impri-
meur Ordinaire du Roi & de la Socié-
té Royale , place des Charrons ; 1763 ,
feuille in-folio.
Ce Profpectus offre dans le plus grand
détail , les différentes parties qui com-
poferont le traité que nous annonçons.
Il contiendra ſeize Chapitres partagés en
pluſieurs ſections ; & le tout enſemble
ne formera qu'un Volume in-4°. d'en-
viron 400 pages : ceux qui defireront
là deſſus de plus amples éclairciſſemens ,
trouveront des exemplaires du profpec-
tus à Paris chez Despilly ; rue Saint
Jacques , à Lyon,chezBruyfet Ponthus,
rue Saint Dominique ; à Rouen chez
Richard l'Allemand, & à Nancy , chez
Baurain.
POESIES de Malherbe , rangées par
ordres Chronologique , avec la vie de
l'Auteur & de courtes notes'; nouvelle
édit. revue & corrigée avec ſoin ; à Paris
chez Barbou , rue Saint Jacques , aux
Cigognes ; 1764. Volume in-8°. petit
format.
Voici unedesplus belles éditions qui
foient forties des preſſes célébres de
Barbou : elle a été revueavec beaucoup
MARS. 1764.
,
137
de foinparunhomme deLettres qui aux
Mémoires pour la vie de Malherbe par
M. Racan , a ſubſtituéla vie de Malherbe
qui eſt à la tête de cette nouvelle édition ..
Cette vie eſt faite avec beaucoup de
préciſion ; & quoique moins étendue
que les Mémoires de M. Racan , elle
fait encore mieux connoître le caractère
de Malherbe. On y apprend plufieurs
anecdotes intéreſſantes ; & cette édition
plus commode & plus portative que
celle qui parut en 1758 , grand in-8°.
contient au bas des pages , des notes
courtes qui expliquent l'Hiſtorique de
certaines piéces , & les noms Géogra-
phiques & Mythologiques , & quelques
termes ſurannés qui pourroient em-
baraſſer le lecteur. On vend ſéparément
le portrait de Malherbe.
DE Imitatione Chriſti , libri quatuor,
adManufcriptorum ac primarum editio-
num fidem caftigati , & mendis plus
quamfexcentis expurgati. Recenfuit S.
VALART
Acad. Amb. Dissertatio-
nemque de ejufdem operis Authore addi-
dit. Nova Editio ; Parifiis , Typis J. Bar-
bou,via San-Jacobea ; 1764. vol.in- 12.
A la ſeule inſpection de cette Edition
nouvelle de l'Imitation deJ. C. revue fur
les Manufcrits de M. Valart , il eſt aiséde
138 MERCURE DE FRANCE.
ſeconvaincre que l'Imprimeur n'a rien
négligépour la rendre vraiment digne
de l'approbation des Amateurs. Il a fait
graver cinq Estampes en taille-douce ,
qui méritent les éloges des Connoiffeurs.
M. Valart a retouché ſa Differtation fur
l'Auteur de ce Livre admirable , & l'a
confidérablement augmentée. Pour ré-
pondre au zèle de ce Sçavant , l'Impri-
meur a cru devoir redoubler ſes ſoins
pour la partie typographique ; & nous
pouvons affurer que cette Edition eſt
bienſupérieure à la première , qui paſſoit
déja pour un chef-d'œuvre. On vend
les Figures ſéparément. On trouve auffi
chez Barbou la Traduction du même
Livre.
Le même Libraire a reçu d'Angle-
terre les Livres ſuivans : Homeri Ilias
& Odyssea , græcè & latinè , cum anno-
tat. Clarke , 4 vol. in-4°.
Callimachi Hymni , & Epigrammata ,
in-8°.
Lucani Pharfalia , cum notis Gravit
& Bentleii , in-4°. 1760 .
ManiliusAftronomicon , ex recenfione
Bentleii, in-4°.
MÉMOIRE ſur la Culture du Murier
blanc, dans lequel on trouvera les inf
MARS. 1764.
139
tructions néceſſaires aux Jardiniers pour
la Culture de cet Arbre , depuis le femis
juſqu'à la cueillette de ſes feuilles. Lû
à la Société Royale d'Agriculture de
Lyon , par M. Thomé , de la même So-
ciété. A Lyon , chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur- Libraire du Gouvernement
& de la Ville , aux Halles de la Grenette ;
avec permiffion ,& par ordre de la So-
ciété Royale d'Agriculture de Lyon ;
1763 , brochure in-8°.
Le Murier , dont les feuilles ſont pro-
pres à la nourriture des Vers à Soye , eſt
connu ſous la dénomination générale
de Murier blanc , qui en comprend plu-
ſieurs eſpèces. La Culture de cet Arbre
devenant chaque jour plus intéreſſante
en France , on a penſé avec raiſon que
ce Mémoire ſeroit utile à ceux qui pof-
fédent des Terreins convenables pour
ces fortes de Plantations. Les méthodes
que l'on indique nous ont paru d'au-
tant plus afſurées , qu'on s'apperçoit
qu'elles font le fruit de l'expérience ; &
qu'on s'eſt attaché furtout à donner
ces inſtructions avec la plus grande clar-
té, leur principal objet étant d'inſtruire
les gens de la Campagne fur toutes les
pratiques de cette Culture.
140 MERCURE DE FRANCE.
DISCOURS ſur l'Education ; avec
cette Epigraphe : Non fi male nunc , &
olimfic erit. Horat. Od. VII. Lib. II. A
Lyon , de l'Imprimerie d'Aimé de la
Roche , aux Halles de la Grenette ; avec
approbation & permiffion; 1763. bro-
chure in- 12.
Malgré la multitude prodigieuſe d'Ou-
vrages faits depuis quelque temps ſur
cette matière , fort agitée dans tous les
temps , on lit encore avec plaifir ces
nouveaux Discours, dontle premier & le
ſecond traitent des avantages de l'Hif-
toire , relativement à l'Education ; le
troifiéme ſur la multiplicité des Colléges.
Nous renvoyons nos Lecteurs à l'Ou-
vrage même , où ils trouveront des vues
nouvelles.
EPITRE à Meffieurs les Docteurs de
la Maiſon & Société de Sorbonne , &
de la Faculté de Théologie ; feuille in-4°.
à Paris , chez Ballard, rue des Noyers ;..
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoife.
Nous préſenterons aux Lecteurs dans
un de nos prochains Mercures , quel-
ques morceaux de cette Epitre critique ,
morale , hiſtorique & chrétienne , par
M. Tannevot , auſſi connu par ſes talens
MARS. 1764.
141
pour la Poëfie , que par ſes ſentimens
*religieux & patriotiques.
RÉCAPITULATION & Méthode du
Sieur Defpommiers , pour la Culture du
Sainfoin , dans les Terres qui ſe ſontjuf-
qu'ici refuſées à cette Culture. Feuille
in-4°. à deux colonnes.
Ce n'eſt ici que le réſultat d'un Ecrit
eftimé , intitulé : L'Art de s'enrichir
promptement par l'Agriculture , prouvé
par des Expériences où l'on trouve la.
manière de cultiver le Sainfoin , la Lu-
zerne , le Trefle , &c. par le Sieur Des-
pommiers ; chez Guillyn , quai des Au-
gustins. Prix i liv. 4 5.
HISTOIRE & pratique de la Clôture
desReligieuſes , ſelon l'eſprit de l'Egliſe
& la Jurisprudence de France , dédiée
à Noſſeigneurs les Archevêques & Evê-
ques du Royaume , par M. Cherrier , C.
R. à Paris , chez Desprez, Imprimeur
du Roi & du Clergé de France , rue S.
Jacques , au coin de la rue des Noyers ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi ; un vol. in- 12 de 730 pages. Prix ,
3 liv. relié.
Le principal objet de ce gros volume
eſt d'inſtruire les Religieuſes , & de dé-
142 MERCURE DE FRANCE.
truireles préjugésd'un grandnombred'au
tres perſonnes ſurle pointde la Clôture.
Les Supérieurs & les Confefſeurs des Mo-
naſtères y trouveront des obfervations
utiles ſur des points qu'ils ne pouroient
apprendre que par une longue expérien-
ce. Cet Ouvrage pourra contribuer en-
core à faire connoître aux perſonnes
laïques , qui ont enfreint les Loix de
l'Egliſe touchant la Clôture , combien
elles ſe ſont égarées. Il ſera même utile à
pluſieurs Curés qui ontdes Monastères de
Filles ſur leurs Paroiſſes. On ne s'eſt pas
contenté de donner la partie hiſtorique
de la Clôture dans fon origine & dans ſes
progrès ; on a encore mis ſous les yeux
des Lecteurs quantité d'exemples édi-
fians , anciens & nouveaux , d'une éxac-
te obfervation de la Clôture.
DESCRIPTION hiſtoriquedes Curio-
fités de l'Egliſe de Paris , contenant le
détail de l'édifice tant extérieur qu'in-
térieur , le Tréſor , les Chapelles , Tom-
beaux , Epitaphes , & l'explication des
Tableaux avec les noms des Peintres
&c; par M. C. P. C. ornée de figures ;
à Paris , chez C. P. Gueffier , Père , Li-
braire , parvis Notre Dame , à la Libera-
lité ; 1763. Vol. in- 12.
MARS. 1764.
143
Cet Ouvrage eſt différent de celui qui
parut en 1752 ſous le titre de Curiofités
de Notre Dame de Paris , & qui n'étoit
qu'une explication fimple de ce que
cette Métropole renferme de plus cu-
rieux. Ici on a ajouté tous les Faits hiſto-
riques qui ont quelques rapports avec
cette Eglife.
CONCORDE de la Géographie des
différens âges ; Ouvrage pofthume de
M. Pluche ; à Paris , chez les Frères
Eftienne, rue Saint Jacques , à la Vertu ;
1764 ; avec Approbation & Privilége
du Roi. Vol, in- 12, de près de 600.
pages,
L'état actuel de la Terre , & les états
différens qui y ſont ſurvenus d'âge en
âge, fontla matière de ceVolume , pré-
cédé dune vie de M. Pluche. Dans le
premier Livre , on traite de la Géo-
graphie moderne , en la partageant en
différens Voyages maritimes ; dans le
ſecond , on place de ſuite les Voyages
des Hommes célébres qui ont traverſé
de grandes Régions ; qui ont établi
de nouvelles Colonies , & qui ont
juſqu'à nos jours découvert quelques
Terres auparavant inconnues. Nous
nous bornons aujourd'hui à cette fim-
f144 MERCURE DE FRANCE.
ple annonce ; l'Ouvrage demande un
plus long Extrait , & nous ne le ferons
pas attendre longtemps.
LETTRE de Zeila , jeune Sauvage ,
à Valcourt
:
,
Officier François , par
l'Auteur de Barnevelt. A Paris , chez
Sébastien Jorry , rue & vis-à-vis la
Comédie Françoiſe ; 1764. Brochure
in-8°. avec de très-belles Gravures.
Nous rendrons compte dans le Mer-
cure prochain , de ces deux Ouvrages.
pratique, ou traité de l'arrangement des
archives & tréſors d'icelles ; Ouvrage
néceſſaire aux dépofitaires des titres des
anciennes Seigneuries , des Evêchés ,
des Chapitres , des Abbayes , des Com-
munautés Religieuſes , des Corps de
Villes ,& à tous ceux qui veulent s'a-
donner à l'étude des titres & des écri-
tures anciennes ; par M. le Moine , Sé-
crétaire & Archiviſte de l'Egliſe Cathé-
drale de Toul , & ci-devant de l'infigne
Egliſe de Saint Martin de Tours ; de
l'Académie Royale des Sciences , & des
136 MERCURE DE FRANCE.
Arts de Metz; propoſé par ſouſcription ;
à Metz , chez Joseph Antoine , Impri-
meur Ordinaire du Roi & de la Socié-
té Royale , place des Charrons ; 1763 ,
feuille in-folio.
Ce Profpectus offre dans le plus grand
détail , les différentes parties qui com-
poferont le traité que nous annonçons.
Il contiendra ſeize Chapitres partagés en
pluſieurs ſections ; & le tout enſemble
ne formera qu'un Volume in-4°. d'en-
viron 400 pages : ceux qui defireront
là deſſus de plus amples éclairciſſemens ,
trouveront des exemplaires du profpec-
tus à Paris chez Despilly ; rue Saint
Jacques , à Lyon,chezBruyfet Ponthus,
rue Saint Dominique ; à Rouen chez
Richard l'Allemand, & à Nancy , chez
Baurain.
POESIES de Malherbe , rangées par
ordres Chronologique , avec la vie de
l'Auteur & de courtes notes'; nouvelle
édit. revue & corrigée avec ſoin ; à Paris
chez Barbou , rue Saint Jacques , aux
Cigognes ; 1764. Volume in-8°. petit
format.
Voici unedesplus belles éditions qui
foient forties des preſſes célébres de
Barbou : elle a été revueavec beaucoup
MARS. 1764.
,
137
de foinparunhomme deLettres qui aux
Mémoires pour la vie de Malherbe par
M. Racan , a ſubſtituéla vie de Malherbe
qui eſt à la tête de cette nouvelle édition ..
Cette vie eſt faite avec beaucoup de
préciſion ; & quoique moins étendue
que les Mémoires de M. Racan , elle
fait encore mieux connoître le caractère
de Malherbe. On y apprend plufieurs
anecdotes intéreſſantes ; & cette édition
plus commode & plus portative que
celle qui parut en 1758 , grand in-8°.
contient au bas des pages , des notes
courtes qui expliquent l'Hiſtorique de
certaines piéces , & les noms Géogra-
phiques & Mythologiques , & quelques
termes ſurannés qui pourroient em-
baraſſer le lecteur. On vend ſéparément
le portrait de Malherbe.
DE Imitatione Chriſti , libri quatuor,
adManufcriptorum ac primarum editio-
num fidem caftigati , & mendis plus
quamfexcentis expurgati. Recenfuit S.
VALART
Acad. Amb. Dissertatio-
nemque de ejufdem operis Authore addi-
dit. Nova Editio ; Parifiis , Typis J. Bar-
bou,via San-Jacobea ; 1764. vol.in- 12.
A la ſeule inſpection de cette Edition
nouvelle de l'Imitation deJ. C. revue fur
les Manufcrits de M. Valart , il eſt aiséde
138 MERCURE DE FRANCE.
ſeconvaincre que l'Imprimeur n'a rien
négligépour la rendre vraiment digne
de l'approbation des Amateurs. Il a fait
graver cinq Estampes en taille-douce ,
qui méritent les éloges des Connoiffeurs.
M. Valart a retouché ſa Differtation fur
l'Auteur de ce Livre admirable , & l'a
confidérablement augmentée. Pour ré-
pondre au zèle de ce Sçavant , l'Impri-
meur a cru devoir redoubler ſes ſoins
pour la partie typographique ; & nous
pouvons affurer que cette Edition eſt
bienſupérieure à la première , qui paſſoit
déja pour un chef-d'œuvre. On vend
les Figures ſéparément. On trouve auffi
chez Barbou la Traduction du même
Livre.
Le même Libraire a reçu d'Angle-
terre les Livres ſuivans : Homeri Ilias
& Odyssea , græcè & latinè , cum anno-
tat. Clarke , 4 vol. in-4°.
Callimachi Hymni , & Epigrammata ,
in-8°.
Lucani Pharfalia , cum notis Gravit
& Bentleii , in-4°. 1760 .
ManiliusAftronomicon , ex recenfione
Bentleii, in-4°.
MÉMOIRE ſur la Culture du Murier
blanc, dans lequel on trouvera les inf
MARS. 1764.
139
tructions néceſſaires aux Jardiniers pour
la Culture de cet Arbre , depuis le femis
juſqu'à la cueillette de ſes feuilles. Lû
à la Société Royale d'Agriculture de
Lyon , par M. Thomé , de la même So-
ciété. A Lyon , chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur- Libraire du Gouvernement
& de la Ville , aux Halles de la Grenette ;
avec permiffion ,& par ordre de la So-
ciété Royale d'Agriculture de Lyon ;
1763 , brochure in-8°.
Le Murier , dont les feuilles ſont pro-
pres à la nourriture des Vers à Soye , eſt
connu ſous la dénomination générale
de Murier blanc , qui en comprend plu-
ſieurs eſpèces. La Culture de cet Arbre
devenant chaque jour plus intéreſſante
en France , on a penſé avec raiſon que
ce Mémoire ſeroit utile à ceux qui pof-
fédent des Terreins convenables pour
ces fortes de Plantations. Les méthodes
que l'on indique nous ont paru d'au-
tant plus afſurées , qu'on s'apperçoit
qu'elles font le fruit de l'expérience ; &
qu'on s'eſt attaché furtout à donner
ces inſtructions avec la plus grande clar-
té, leur principal objet étant d'inſtruire
les gens de la Campagne fur toutes les
pratiques de cette Culture.
140 MERCURE DE FRANCE.
DISCOURS ſur l'Education ; avec
cette Epigraphe : Non fi male nunc , &
olimfic erit. Horat. Od. VII. Lib. II. A
Lyon , de l'Imprimerie d'Aimé de la
Roche , aux Halles de la Grenette ; avec
approbation & permiffion; 1763. bro-
chure in- 12.
Malgré la multitude prodigieuſe d'Ou-
vrages faits depuis quelque temps ſur
cette matière , fort agitée dans tous les
temps , on lit encore avec plaifir ces
nouveaux Discours, dontle premier & le
ſecond traitent des avantages de l'Hif-
toire , relativement à l'Education ; le
troifiéme ſur la multiplicité des Colléges.
Nous renvoyons nos Lecteurs à l'Ou-
vrage même , où ils trouveront des vues
nouvelles.
EPITRE à Meffieurs les Docteurs de
la Maiſon & Société de Sorbonne , &
de la Faculté de Théologie ; feuille in-4°.
à Paris , chez Ballard, rue des Noyers ;..
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoife.
Nous préſenterons aux Lecteurs dans
un de nos prochains Mercures , quel-
ques morceaux de cette Epitre critique ,
morale , hiſtorique & chrétienne , par
M. Tannevot , auſſi connu par ſes talens
MARS. 1764.
141
pour la Poëfie , que par ſes ſentimens
*religieux & patriotiques.
RÉCAPITULATION & Méthode du
Sieur Defpommiers , pour la Culture du
Sainfoin , dans les Terres qui ſe ſontjuf-
qu'ici refuſées à cette Culture. Feuille
in-4°. à deux colonnes.
Ce n'eſt ici que le réſultat d'un Ecrit
eftimé , intitulé : L'Art de s'enrichir
promptement par l'Agriculture , prouvé
par des Expériences où l'on trouve la.
manière de cultiver le Sainfoin , la Lu-
zerne , le Trefle , &c. par le Sieur Des-
pommiers ; chez Guillyn , quai des Au-
gustins. Prix i liv. 4 5.
HISTOIRE & pratique de la Clôture
desReligieuſes , ſelon l'eſprit de l'Egliſe
& la Jurisprudence de France , dédiée
à Noſſeigneurs les Archevêques & Evê-
ques du Royaume , par M. Cherrier , C.
R. à Paris , chez Desprez, Imprimeur
du Roi & du Clergé de France , rue S.
Jacques , au coin de la rue des Noyers ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi ; un vol. in- 12 de 730 pages. Prix ,
3 liv. relié.
Le principal objet de ce gros volume
eſt d'inſtruire les Religieuſes , & de dé-
142 MERCURE DE FRANCE.
truireles préjugésd'un grandnombred'au
tres perſonnes ſurle pointde la Clôture.
Les Supérieurs & les Confefſeurs des Mo-
naſtères y trouveront des obfervations
utiles ſur des points qu'ils ne pouroient
apprendre que par une longue expérien-
ce. Cet Ouvrage pourra contribuer en-
core à faire connoître aux perſonnes
laïques , qui ont enfreint les Loix de
l'Egliſe touchant la Clôture , combien
elles ſe ſont égarées. Il ſera même utile à
pluſieurs Curés qui ontdes Monastères de
Filles ſur leurs Paroiſſes. On ne s'eſt pas
contenté de donner la partie hiſtorique
de la Clôture dans fon origine & dans ſes
progrès ; on a encore mis ſous les yeux
des Lecteurs quantité d'exemples édi-
fians , anciens & nouveaux , d'une éxac-
te obfervation de la Clôture.
DESCRIPTION hiſtoriquedes Curio-
fités de l'Egliſe de Paris , contenant le
détail de l'édifice tant extérieur qu'in-
térieur , le Tréſor , les Chapelles , Tom-
beaux , Epitaphes , & l'explication des
Tableaux avec les noms des Peintres
&c; par M. C. P. C. ornée de figures ;
à Paris , chez C. P. Gueffier , Père , Li-
braire , parvis Notre Dame , à la Libera-
lité ; 1763. Vol. in- 12.
MARS. 1764.
143
Cet Ouvrage eſt différent de celui qui
parut en 1752 ſous le titre de Curiofités
de Notre Dame de Paris , & qui n'étoit
qu'une explication fimple de ce que
cette Métropole renferme de plus cu-
rieux. Ici on a ajouté tous les Faits hiſto-
riques qui ont quelques rapports avec
cette Eglife.
CONCORDE de la Géographie des
différens âges ; Ouvrage pofthume de
M. Pluche ; à Paris , chez les Frères
Eftienne, rue Saint Jacques , à la Vertu ;
1764 ; avec Approbation & Privilége
du Roi. Vol, in- 12, de près de 600.
pages,
L'état actuel de la Terre , & les états
différens qui y ſont ſurvenus d'âge en
âge, fontla matière de ceVolume , pré-
cédé dune vie de M. Pluche. Dans le
premier Livre , on traite de la Géo-
graphie moderne , en la partageant en
différens Voyages maritimes ; dans le
ſecond , on place de ſuite les Voyages
des Hommes célébres qui ont traverſé
de grandes Régions ; qui ont établi
de nouvelles Colonies , & qui ont
juſqu'à nos jours découvert quelques
Terres auparavant inconnues. Nous
nous bornons aujourd'hui à cette fim-
f144 MERCURE DE FRANCE.
ple annonce ; l'Ouvrage demande un
plus long Extrait , & nous ne le ferons
pas attendre longtemps.
LETTRE de Zeila , jeune Sauvage ,
à Valcourt
:
,
Officier François , par
l'Auteur de Barnevelt. A Paris , chez
Sébastien Jorry , rue & vis-à-vis la
Comédie Françoiſe ; 1764. Brochure
in-8°. avec de très-belles Gravures.
Nous rendrons compte dans le Mer-
cure prochain , de ces deux Ouvrages.
Fermer
12662
p. 144-145
SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux Prix qui seront distribués le premier Jeudi du mois de Février 1765.
Début :
L'ACADÉMIE ayant jugé à propos de réserver le Prix de la Poësie, en 1764, [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux Prix qui seront distribués le premier Jeudi du mois de Février 1765.
SUJETS proposés par l'Académie
Royale des Sciences & Beaux-Arts,
établie à Pau, pour deux Prix qui
seront distribués le premier Jeudi du
mois de Février 1765.
L'ACADÉMIE ayant jugé à propos de
réserver le Prix de la Poësie, en 1764,
endonnera deux en 1765 , l'un à un
Ouvrage
MARS. 1764.
145
Ouvrage de Proſe qui aura pour Sajet :
Le moyen le plus propre d'établir un
Commerce utile en Bearn.
L'autre à un Ouvrage de Poëfie dont
le Sujet ſera :
Les Avantages de la Navigation.
Les Ouvrages , ne pourront excéder
une demie heure de lecture , il en fera
fait deux exemplaires , qui feront adref-
fés à M. de Faget de Pomps , Secrétaire
de l'Académie ; on n'en recevra aucun
après le mois de Novembre & s'ils ne
font affranchis des frais du port. Cha-
que Auteur mettra à la fin de fon Ou-
vrage la Sentence qu'il voudra ;
il la
répétera au-deſſus d'un Billet cacheté
dans lequel il écrira ſon nom.
M. Cazalet de Pau , qui n'a pas vingt
ans , eſt l'Auteur de l'Ouvrage qui a
remporté le prix en 1764.
Royale des Sciences & Beaux-Arts,
établie à Pau, pour deux Prix qui
seront distribués le premier Jeudi du
mois de Février 1765.
L'ACADÉMIE ayant jugé à propos de
réserver le Prix de la Poësie, en 1764,
endonnera deux en 1765 , l'un à un
Ouvrage
MARS. 1764.
145
Ouvrage de Proſe qui aura pour Sajet :
Le moyen le plus propre d'établir un
Commerce utile en Bearn.
L'autre à un Ouvrage de Poëfie dont
le Sujet ſera :
Les Avantages de la Navigation.
Les Ouvrages , ne pourront excéder
une demie heure de lecture , il en fera
fait deux exemplaires , qui feront adref-
fés à M. de Faget de Pomps , Secrétaire
de l'Académie ; on n'en recevra aucun
après le mois de Novembre & s'ils ne
font affranchis des frais du port. Cha-
que Auteur mettra à la fin de fon Ou-
vrage la Sentence qu'il voudra ;
il la
répétera au-deſſus d'un Billet cacheté
dans lequel il écrira ſon nom.
M. Cazalet de Pau , qui n'a pas vingt
ans , eſt l'Auteur de l'Ouvrage qui a
remporté le prix en 1764.
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12663
p. 145-149
PRIX proposés par la Société Royale d'Agriculture de la Généralité de PARIS.
Début :
UN des principaux objets des recherches de l'Agriculture, est la connoissance [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par la Société Royale d'Agriculture de la Généralité de PARIS.
PRIX proposés par la Société Royale
d'Agriculture de la Généralité de
PARIS.
UN des principaux objets des recherches de l'Agriculture, est la connoissance
G
146 MERCURE DE FRANCE.
ce de la plus grande fécondité poffible
des terres , relativement à leurs quali-
tés; & des moyens de procurer cette
fécondité, ſoit par les labours, ſoit par
les engrais.
Le ſuccès des labours peut dépendre
de pluſieurs cauſes, telles que leur fré-
quence , leur profondeur plus ou moins
grande , & l'influence du temps le plus
propre à la préparation des terres.
Le ſuccès des engrais procède de
leur qualité & quantité, qui doivent
toujours être relatives à la qualité des
terres; de la meilleure méthode de pré-
parer les fumiers; du degréde leur fer-
mentation au temps où ils font em-
ployés, & plus particulièrement encore
du temps de les répandre & de les en-
fouir; enfin de l'état où se trouvent les
terres lorſqu'on y enterre les fumiers.
On ne peut parvenir à une connoif-
fance exacte de ces moyens de fécon-
dité, que par des obſervations & des
expériences dont les réſultats ſoient
bien conftatés.
Dans lavue d'encourager les Cultiva-
reurs à ſe livrer à un travail auffi eſſen-
tiel au bien public, la Société Royale
d'Agriculture propoſe des Prix à ceux
MARS. 1764.
147
quiauront obtenu la récolte defroment la
plus abondante & de la meilleure quali-
té ,fur un terrain de cinq arpens.
Les Laboureurs font, par leur pro-
feffion,à portée de connoître la qualité
de chaque eſpèce de terres , & les pro-
priétés des différentes cultures;la Socié-
té les invite à ſe regarder comme plus
plus particulièrement engagés à des re-
cherches auffi intéreſſantes, & dont le
fuccès leur feroit fi honorable.
Conditions du Concours.
1.º Les cinq arpens qui feront culti-
vés pour concourir aux Prix , feront
enune ſeule pièce , & de la meſure du
lieu; la différence des meſures locales
étant relatives à celle qui ſe trouve dans
les produits.
2. On ne pourra choiſir que des
terres qui ſoient actuellement & ha-
bituellement en culture , & non des
terres nouvellement défrichées , ſoit
d'herbages , foit de vignes ou de bois ,
ou précédemment employées au jardi-
nage , ni à toute autre production cul-
tivée à bras.
3.º Ces terres feront entièrement
labourées à la charrue.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
4.º Les ſemences pourront ſe faire
à la main , ſuivant l'ufage de chaque
lieu ; ou avec le ſemoir , ſi les Concur-
rens jugent à propos de ſe ſervir de
cet inſtrument , ou par telle autre mé-
thode qu'ils voudront éſſayer.
tatée par la meſure & le poids.
:
5.º La quantité de ſemence ſera conf-
6.° La récolte ſera conſtatée par le
nombre & la meſure des gerbes , par
la meſure & le poids du grain qui en
fera provenu , après qu'elles auront
été battues , & que le grain en aura
été bien criblé.
7.º Ceux qui ſe propoſeront pour
le concours , en donneront avis , avant
le 1. Août au plus tard , à M. de Pa-
lerne , Secrétaire perpétuel de la Société
Royale d'Agriculture , & lui adrefſferont
leurs lettres , ſous l'enveloppe de M.
l'Intendant de la Généralité de Paris..
8.º Les faits qui font l'objet des fix
premiers articles de ces conditions , ſe-
ront conſtatés diſtinctement & dans la
forme la plus exacte , par des cettificats
des Curé , Syndic , & des deux princi-
paux Laboureurs du lieu ; & le Con-
currentjoindra à ces certificats unMés
moire détaillé de la culture ordinaire
du lieu , & de la méthode particulière
MARS. 1764.
149
qu'il aura pratiquée , tant à l'égard des
labours qu'à l'égard des engrais , pour
faire connoître par cette comparaiſon ,
les principes & les avantages d'une
meilleure culture ; ce Mémoire fera cer-
tifié de même que les autres piéces.
9.° Ces certificats &Mémoires ſeront
adreſſés à M. de Palerne , ainſi
er
de quoi ils ne ſferont plus reçus.
qu'il
eſt dit à l'article 7. avant le 1. Dé-
cembre 1765 au plus tard , à défaut
10. ° Il ſera diſtribué , dans les pre-
miers jours de Janvier 1766 , cinq Prix
à ceux des Concurrens qui auront le
mieux réuffi. Le premier , de la ſomme
de Cinq cens livres , ſera adjugé à celui
qui aura obtenu la récolte la plus abon-
dante , relativement à la qualité & au
produit ordinaire de la terre qu'il aura
cultivée. Les quatre autres ,l'un de Trois
cens livres , un de Deux cens livres ,
& deux de Cent livres chacun , feront
la récompenſe de ceux des Concurrens
qui auront le plus approché du fuccés
qui aura mérité le premier Prix.
d'Agriculture de la Généralité de
PARIS.
UN des principaux objets des recherches de l'Agriculture, est la connoissance
G
146 MERCURE DE FRANCE.
ce de la plus grande fécondité poffible
des terres , relativement à leurs quali-
tés; & des moyens de procurer cette
fécondité, ſoit par les labours, ſoit par
les engrais.
Le ſuccès des labours peut dépendre
de pluſieurs cauſes, telles que leur fré-
quence , leur profondeur plus ou moins
grande , & l'influence du temps le plus
propre à la préparation des terres.
Le ſuccès des engrais procède de
leur qualité & quantité, qui doivent
toujours être relatives à la qualité des
terres; de la meilleure méthode de pré-
parer les fumiers; du degréde leur fer-
mentation au temps où ils font em-
ployés, & plus particulièrement encore
du temps de les répandre & de les en-
fouir; enfin de l'état où se trouvent les
terres lorſqu'on y enterre les fumiers.
On ne peut parvenir à une connoif-
fance exacte de ces moyens de fécon-
dité, que par des obſervations & des
expériences dont les réſultats ſoient
bien conftatés.
Dans lavue d'encourager les Cultiva-
reurs à ſe livrer à un travail auffi eſſen-
tiel au bien public, la Société Royale
d'Agriculture propoſe des Prix à ceux
MARS. 1764.
147
quiauront obtenu la récolte defroment la
plus abondante & de la meilleure quali-
té ,fur un terrain de cinq arpens.
Les Laboureurs font, par leur pro-
feffion,à portée de connoître la qualité
de chaque eſpèce de terres , & les pro-
priétés des différentes cultures;la Socié-
té les invite à ſe regarder comme plus
plus particulièrement engagés à des re-
cherches auffi intéreſſantes, & dont le
fuccès leur feroit fi honorable.
Conditions du Concours.
1.º Les cinq arpens qui feront culti-
vés pour concourir aux Prix , feront
enune ſeule pièce , & de la meſure du
lieu; la différence des meſures locales
étant relatives à celle qui ſe trouve dans
les produits.
2. On ne pourra choiſir que des
terres qui ſoient actuellement & ha-
bituellement en culture , & non des
terres nouvellement défrichées , ſoit
d'herbages , foit de vignes ou de bois ,
ou précédemment employées au jardi-
nage , ni à toute autre production cul-
tivée à bras.
3.º Ces terres feront entièrement
labourées à la charrue.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
4.º Les ſemences pourront ſe faire
à la main , ſuivant l'ufage de chaque
lieu ; ou avec le ſemoir , ſi les Concur-
rens jugent à propos de ſe ſervir de
cet inſtrument , ou par telle autre mé-
thode qu'ils voudront éſſayer.
tatée par la meſure & le poids.
:
5.º La quantité de ſemence ſera conf-
6.° La récolte ſera conſtatée par le
nombre & la meſure des gerbes , par
la meſure & le poids du grain qui en
fera provenu , après qu'elles auront
été battues , & que le grain en aura
été bien criblé.
7.º Ceux qui ſe propoſeront pour
le concours , en donneront avis , avant
le 1. Août au plus tard , à M. de Pa-
lerne , Secrétaire perpétuel de la Société
Royale d'Agriculture , & lui adrefſferont
leurs lettres , ſous l'enveloppe de M.
l'Intendant de la Généralité de Paris..
8.º Les faits qui font l'objet des fix
premiers articles de ces conditions , ſe-
ront conſtatés diſtinctement & dans la
forme la plus exacte , par des cettificats
des Curé , Syndic , & des deux princi-
paux Laboureurs du lieu ; & le Con-
currentjoindra à ces certificats unMés
moire détaillé de la culture ordinaire
du lieu , & de la méthode particulière
MARS. 1764.
149
qu'il aura pratiquée , tant à l'égard des
labours qu'à l'égard des engrais , pour
faire connoître par cette comparaiſon ,
les principes & les avantages d'une
meilleure culture ; ce Mémoire fera cer-
tifié de même que les autres piéces.
9.° Ces certificats &Mémoires ſeront
adreſſés à M. de Palerne , ainſi
er
de quoi ils ne ſferont plus reçus.
qu'il
eſt dit à l'article 7. avant le 1. Dé-
cembre 1765 au plus tard , à défaut
10. ° Il ſera diſtribué , dans les pre-
miers jours de Janvier 1766 , cinq Prix
à ceux des Concurrens qui auront le
mieux réuffi. Le premier , de la ſomme
de Cinq cens livres , ſera adjugé à celui
qui aura obtenu la récolte la plus abon-
dante , relativement à la qualité & au
produit ordinaire de la terre qu'il aura
cultivée. Les quatre autres ,l'un de Trois
cens livres , un de Deux cens livres ,
& deux de Cent livres chacun , feront
la récompenſe de ceux des Concurrens
qui auront le plus approché du fuccés
qui aura mérité le premier Prix.
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12664
p. 150-154
LETTRE à l'Auteur du Mercure de France. SUR LA GOUTE, &c.
Début :
JE VOUS PRIE, Monsieur, de m'acquitter envers le Public, à qui j'ai promis, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure de France. SUR LA GOUTE, &c.
LETTRE à l'Auteur du Mercure de
France.
SUR LA GOUTE, &c.
JE VOUS PRIE, Monsieur, de m'acquitter
envers le Public, à qui j'ai promis,
à la fin de mes nouvelles Obferva-
tions , & dans les Journaux Etrangers ,
de lui faire part ,dansleMercuredeMars
prochain , des heureuxeffets qu'auroient
opéré , ſoit la Poudre Balfamique , ſoit
le Baume Végétal , relativement à fes
qualités qui méritent une attention parti-
culière. Si vousdaignez remplir le même
objet tous les trois mois , ce Public inf-
truit par des faits incontestables , devra
autant àvotre attention , qu'à mes ſoins
empreſlés de ruiner un préjugé qui lui
eft funeſte , & qui intéreſſe tant de mil-
liers d'hommes reſpectables , ſi ſouvent
abufés , & prèſque toujours livrés fans.
fecours aux maux les plus crue's.
Poudre Balsamique.
Je ne rappelle point les faits de prati-
que furprenans opérés dans les Provin-
ces,& cités dans mon Ouvrage ; la vé
ر
MARS. 1764:
151
ritéles a tracés , & ce caractère eſt infé-
parablede mesſentimens. Voici de nou-
veaux faits qui ſe ſont préſentés dans
Paris.
En Mai 1763 , le R. P. Gardien des
Capucins deMeudon ,étant attaquéd'un
accès de goute au pied & au genouil ,
dans le Couvent de la rue S. Honoré, en
fut bientôt délivré par l'uſage de la Pou-
dre Balfamique.
M. de Poilly , Inſpecteur de la Place
du Roi , rue S. Honoré , en Décembre
1763 , eut un accès de goute aux muf-
cles de la poitrine , au coude & à l'é-
paule. Il fut tranquilliſé la même nuit
par la Poudre Balsamique , & bientôt
rétabli par fon uſage.
M. Fontaine , Maître-d'Hôtel de M. le
Marquis de Marigny , en Décembre
1763 , eut un violent accès de goute aux
deux pieds. Il fut calmé la même nuit ,
& rétabli en peu de jours par la Poudre
Balfamique.
M. Jacquiau , Négociant , rue Mont-
martre , vis-à-vis la Juffienne , chez le
Chapelier , a eu en Janvier un accès de
goute au pied , avec extravafion defang.
Il en a été rétabli en peu de jours par la
Poudre Balfamique , &c.
MM. le Duc de Laval, le Comte de
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Mailly , de Janssen , Duval de l'Epinoy
à Paris , & M. Lebégue , Concierge du
Grand-Commun à Versailles , font un
uſage répété de la Poudre Balſamique &
duBaume Végétal : ce qui parle en fa-
veur des Remèdes.
MM. les Profeſſeurs de Médecine de
Montpellier ont eu la Poudre Balfami-
que à leur difpofition en faveur des Pau-
vres. M. Carquet , Apoticaire de cette
Ville, m'a envoyé des certificats de ſes
heureux effets.
Baume Végétal.
J'ai annoncé que l'uſage du Baume
Végétal, trois jours de chaque mois ,
éloignoit les accès de goute , en y affo-
ciant la Manne ; & la pratique m'a ap-
pris ce que je n'ofois en attendre , & ce
que ne peut opéreraucune eſpèce d'Eli-
xirs , foit par leur activité , ſoit par leur
goût , qui ne peut corriger celui de la
Manne , &c. & qui en altéreroient les
vertus. Voici quelques faits.
LaCuiſinière de Madame de Létang ,
rue du Sépulcre , ayant une bile répan-
due&une langueur ; après avoir été éva-
cuée unefoisavec peu d'Ypécacuana , a
fait uſage du Baume Végétal avec de
la Manne & le Sel de Duobus pendant
MARS. 1764.
ſon appétit& ſes forces.
153
quelques jours , & elle reprit ſon tein ,
Dlle Houdinet , petite rue S. Roch ,
quartier Montmartre , ayant des infom-
nies & des dégoûts continués depuis fix
mois , s'eſt procurée l'appétit & le fom-
meil en peu de jours par l'uſage du Bau-
me Végétal dans un peu de vin.
Un très-grand nombre de perſonnes
de tous âges , ſéxes & tempéramens , ſe
fontpurgées avec deux onces de Manne ,
ungros &demi de SeldeDuobus,& trois
cuillerées du Baume Végétal dans une
verrée d'eau , & y ont trouvé la dou-
ceur des effets , l'abondance proportion-
née des évacuations , & l'agrément du
goût. Ce qui eſt inconnujuſques à ce
jour.
Le Baume Végétal détruit totalement
le mauvais goût & la fadeur de la Manne ,
des Syrops & des Sels purgatifs ; ne don-
nant qu'un goût de mielvineux , fans
nauſée ni dégoût. Il en aiguiſe les ver-
tus, fans échauffer , & fans caufer la
moindre tranchée ; & les effets ne font
pas lents à ſe produire : un moment en
fait la preuve.
Il faut voir l'Ordonnance à la fin de
mon Ouvrage , où ſes uſagesparticuliers
&ſes moyens font détaillés.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
Je ne parlerai que pratique dans le
Mercure de Juillet prochain , & j'expli-
querai les vrais moyens de dériver las
goute aux pieds.
Je loge petite rue S. Roch , quartier-
Montmartre ; & pour Pâques prochain ,
mon adreſſe ſera dans la rue du Gros-
Chenet, la ſeconde porte cochère à l'en-
trée de la rue de Clery , quartier Mont-
martre.
Je laiſſe à la Poſte les Lettres que l'ons
n'a pas le foin d'affranchir.
:
:
:
C. DE MONTGERBET, Méd. ord. des Bâtimens
du Roi.
France.
SUR LA GOUTE, &c.
JE VOUS PRIE, Monsieur, de m'acquitter
envers le Public, à qui j'ai promis,
à la fin de mes nouvelles Obferva-
tions , & dans les Journaux Etrangers ,
de lui faire part ,dansleMercuredeMars
prochain , des heureuxeffets qu'auroient
opéré , ſoit la Poudre Balfamique , ſoit
le Baume Végétal , relativement à fes
qualités qui méritent une attention parti-
culière. Si vousdaignez remplir le même
objet tous les trois mois , ce Public inf-
truit par des faits incontestables , devra
autant àvotre attention , qu'à mes ſoins
empreſlés de ruiner un préjugé qui lui
eft funeſte , & qui intéreſſe tant de mil-
liers d'hommes reſpectables , ſi ſouvent
abufés , & prèſque toujours livrés fans.
fecours aux maux les plus crue's.
Poudre Balsamique.
Je ne rappelle point les faits de prati-
que furprenans opérés dans les Provin-
ces,& cités dans mon Ouvrage ; la vé
ر
MARS. 1764:
151
ritéles a tracés , & ce caractère eſt infé-
parablede mesſentimens. Voici de nou-
veaux faits qui ſe ſont préſentés dans
Paris.
En Mai 1763 , le R. P. Gardien des
Capucins deMeudon ,étant attaquéd'un
accès de goute au pied & au genouil ,
dans le Couvent de la rue S. Honoré, en
fut bientôt délivré par l'uſage de la Pou-
dre Balfamique.
M. de Poilly , Inſpecteur de la Place
du Roi , rue S. Honoré , en Décembre
1763 , eut un accès de goute aux muf-
cles de la poitrine , au coude & à l'é-
paule. Il fut tranquilliſé la même nuit
par la Poudre Balsamique , & bientôt
rétabli par fon uſage.
M. Fontaine , Maître-d'Hôtel de M. le
Marquis de Marigny , en Décembre
1763 , eut un violent accès de goute aux
deux pieds. Il fut calmé la même nuit ,
& rétabli en peu de jours par la Poudre
Balfamique.
M. Jacquiau , Négociant , rue Mont-
martre , vis-à-vis la Juffienne , chez le
Chapelier , a eu en Janvier un accès de
goute au pied , avec extravafion defang.
Il en a été rétabli en peu de jours par la
Poudre Balfamique , &c.
MM. le Duc de Laval, le Comte de
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
Mailly , de Janssen , Duval de l'Epinoy
à Paris , & M. Lebégue , Concierge du
Grand-Commun à Versailles , font un
uſage répété de la Poudre Balſamique &
duBaume Végétal : ce qui parle en fa-
veur des Remèdes.
MM. les Profeſſeurs de Médecine de
Montpellier ont eu la Poudre Balfami-
que à leur difpofition en faveur des Pau-
vres. M. Carquet , Apoticaire de cette
Ville, m'a envoyé des certificats de ſes
heureux effets.
Baume Végétal.
J'ai annoncé que l'uſage du Baume
Végétal, trois jours de chaque mois ,
éloignoit les accès de goute , en y affo-
ciant la Manne ; & la pratique m'a ap-
pris ce que je n'ofois en attendre , & ce
que ne peut opéreraucune eſpèce d'Eli-
xirs , foit par leur activité , ſoit par leur
goût , qui ne peut corriger celui de la
Manne , &c. & qui en altéreroient les
vertus. Voici quelques faits.
LaCuiſinière de Madame de Létang ,
rue du Sépulcre , ayant une bile répan-
due&une langueur ; après avoir été éva-
cuée unefoisavec peu d'Ypécacuana , a
fait uſage du Baume Végétal avec de
la Manne & le Sel de Duobus pendant
MARS. 1764.
ſon appétit& ſes forces.
153
quelques jours , & elle reprit ſon tein ,
Dlle Houdinet , petite rue S. Roch ,
quartier Montmartre , ayant des infom-
nies & des dégoûts continués depuis fix
mois , s'eſt procurée l'appétit & le fom-
meil en peu de jours par l'uſage du Bau-
me Végétal dans un peu de vin.
Un très-grand nombre de perſonnes
de tous âges , ſéxes & tempéramens , ſe
fontpurgées avec deux onces de Manne ,
ungros &demi de SeldeDuobus,& trois
cuillerées du Baume Végétal dans une
verrée d'eau , & y ont trouvé la dou-
ceur des effets , l'abondance proportion-
née des évacuations , & l'agrément du
goût. Ce qui eſt inconnujuſques à ce
jour.
Le Baume Végétal détruit totalement
le mauvais goût & la fadeur de la Manne ,
des Syrops & des Sels purgatifs ; ne don-
nant qu'un goût de mielvineux , fans
nauſée ni dégoût. Il en aiguiſe les ver-
tus, fans échauffer , & fans caufer la
moindre tranchée ; & les effets ne font
pas lents à ſe produire : un moment en
fait la preuve.
Il faut voir l'Ordonnance à la fin de
mon Ouvrage , où ſes uſagesparticuliers
&ſes moyens font détaillés.
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
Je ne parlerai que pratique dans le
Mercure de Juillet prochain , & j'expli-
querai les vrais moyens de dériver las
goute aux pieds.
Je loge petite rue S. Roch , quartier-
Montmartre ; & pour Pâques prochain ,
mon adreſſe ſera dans la rue du Gros-
Chenet, la ſeconde porte cochère à l'en-
trée de la rue de Clery , quartier Mont-
martre.
Je laiſſe à la Poſte les Lettres que l'ons
n'a pas le foin d'affranchir.
:
:
:
C. DE MONTGERBET, Méd. ord. des Bâtimens
du Roi.
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12665
p. 154-158
EAUX FILTRÉES. AVIS AU PUBLIC.
Début :
LES Entrepreneurs des Eaux filtrées du Port-à-l'Anglois ont commencé [...]
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texteReconnaissance textuelle : EAUX FILTRÉES. AVIS AU PUBLIC.
EAUX FILTRÉES.
AVIS AU PUBLIC.
LES Entrepreneurs des Eaux filtrées
du Port-à-l'Anglois ont commencé
leurdiſtribution le 30 Janvier dernier
avec un applaudiſſement; & tous les
honnêtes gens ont pris part aux dif-
férens, accidens qu'ils ont éſſuyés par
la crue inattendue des eaux & le débor-
dement de la rivière , qui a ſubmergé
toute leur manutention , & mis leur
établiſſement à deux doigtsde ſa perte
MARS. 1764.
155
C'eſt dans cette criſe que leur zéle a fair
les plus grands efforts pour foutenir
leur ſervice , & remplir autant qu'il a
été en leur pouvoir les obligations d'un
Etabliſſement ſi intéreſſant au bien de
l'humanité. Ils n'ont rien épargné pour
fatisfaire le Public ; ſoins , peines &
dépenſes , tout a été prodigué ; ils ſe
ſont même montrés avec distinction
dans quelques occafions périlleuſes , où
il y a eu pluſieurs de leurs barques
toutes chargées de paniers , bouteilles.
&autres uftenciles , qui ont été écrafés
par des coups de vent , & coulés à
fonds avec perte de quelques-uns de
leurs mariniers. Ils ont donc vu avec le
plus grand chagrin en portant les yeux.
fur les vafes & bouteilles de grez qui
contiennent leur eau , qu'il y en avoit
-d'une qualité inférieure qui donne un
louche à ces mêmes eaux & ſe diffol-
vent enpartie par le défaut qu'ont ces
vafes de n'avoir pas été affés cuits ni
féchés. Les Entrepreneurs les font re--
tirer à meſure qu'on les découvre; &
quoiqu'en laiſſantun peu repoſer l'eau
dans ces bouteilles,elle reprennebien-
tôt ſa première clarté, ſans jamais al--
térer ſa bonté primitive , néanmoins
comme l'eau de ces vaſes choque les
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
yeux , les Entrepreneurs prient le Pu-
blic de vouloir bien faire rapporter ces
mêmes bouteilles chacun au dépôt où il
ſe fournit avec une petite marque à
la craye qui les puiſſe faire recon-
noître.
Leur ſervice ayant commencé dans
la ſaiſon la plus ingrate & la plus ri-
goureuſe , ils n'ont pu être en garde
contre l'infidélité de quelques fournif
ſeurs qui ont trompé leur confiance par
la défectuoſité de ces vaſes. Il en eft
de même pour la fureté du cachet des
bouteilles ; les Entrepreneurs font in-
formés qu'il s'eſt déja gliffé de la frau-
de , & qu'il ſe ſubſtitue dans quelques
maiſons une autre eau à la leur en levant
le bouchon qui n'étoit pas affez her-
métiquement cacheté. Dans cet état ,
quoique l'expédient de la ficelle & du
nœud des Marchands de vin ſoit plus
couteux à la régie , les Entrepreneurs
vont faire ficeler& cacheter leurs vafes ;
en forte qu'il ſera à la portée des Maî-
tres , de jetter un coup d'œil ſur les
bouteilles , & de s'aſſurer par eux-mê-
mes de la fidélité des cachets: précau-
tion très-recommandée par les Entre-
preneurs , comme de renvoyer aux dé-
pôts , les bouteilles douteuſes , où il y
MARS. 1764 .
157
aura ordre d'en donner d'autres à la
place , toujours avec une marque qui
puiſſe les faire mettre au rebut.
Les nouveaux établiſſemens ont tou-
jours des précautions à prendre & des
fraudes à réprimer. Les Entrepreneurs
ne peuvent pas eſpérer que le leur fera
tout d'un coup affranchi de ces défagré-
mens ; & c'eſt ce qui les a portés à prier
le Public de donner ſes conſeils & fes
avis dans les ſujets qui lui paroîtront
dignes de ſes remarques.
A l'égard d'une infinité de propos
abfurdes
,
que des mal-intentionnés
répandent journellement ſur la qualité
&la bonté de leurs eaux , les Entrepre-
neurs en appellent au Public fenfé &
impartial. Tout le monde connoît quel-
les font leurs opérations & leur manu-
tention au Port - à - l'Anglois; tout le
monde peut voir en détail & fe con-
vaincre par ſes propres yeux , fi la
flitration ſe fait par des préparations
chymiques , & s'ils employent ou l'alun
ouaucuneautre eſpéce de compoſitions.
Ces contes groffiers , & ces inventions ri-
dicules ne peuvent ſurprendre que les
eſprits foibles qui croyent ſans appro-
fondir , ou le vulgaire ignorant.
: La Faculté de Médecine a déja conf-
(
158 MERCURE DE FRANCE.
taté par ſes Commiſſaires labonté& les
excellentes qualités de l'eau des Entre-
preneurs : fon décret qui n'a été rendu
qu'après l'examen le plus fcrupuleux ,
eſt l'écueil des rêveries qui ſe débitent ,
&la ſeule réponſe qu'on doity faire.
Les Entrepreneurs ne s'occupant que
des moyens d'étendre leur établiſe-
ment , pour le mettre à la portée d'un
chacun , vont augmenter le nombre
de leurs petits dépôts , & employer
pluſieurs charettes pour approviſionner
tous les différens quartiers de la Ca-
pitale.
AVIS AU PUBLIC.
LES Entrepreneurs des Eaux filtrées
du Port-à-l'Anglois ont commencé
leurdiſtribution le 30 Janvier dernier
avec un applaudiſſement; & tous les
honnêtes gens ont pris part aux dif-
férens, accidens qu'ils ont éſſuyés par
la crue inattendue des eaux & le débor-
dement de la rivière , qui a ſubmergé
toute leur manutention , & mis leur
établiſſement à deux doigtsde ſa perte
MARS. 1764.
155
C'eſt dans cette criſe que leur zéle a fair
les plus grands efforts pour foutenir
leur ſervice , & remplir autant qu'il a
été en leur pouvoir les obligations d'un
Etabliſſement ſi intéreſſant au bien de
l'humanité. Ils n'ont rien épargné pour
fatisfaire le Public ; ſoins , peines &
dépenſes , tout a été prodigué ; ils ſe
ſont même montrés avec distinction
dans quelques occafions périlleuſes , où
il y a eu pluſieurs de leurs barques
toutes chargées de paniers , bouteilles.
&autres uftenciles , qui ont été écrafés
par des coups de vent , & coulés à
fonds avec perte de quelques-uns de
leurs mariniers. Ils ont donc vu avec le
plus grand chagrin en portant les yeux.
fur les vafes & bouteilles de grez qui
contiennent leur eau , qu'il y en avoit
-d'une qualité inférieure qui donne un
louche à ces mêmes eaux & ſe diffol-
vent enpartie par le défaut qu'ont ces
vafes de n'avoir pas été affés cuits ni
féchés. Les Entrepreneurs les font re--
tirer à meſure qu'on les découvre; &
quoiqu'en laiſſantun peu repoſer l'eau
dans ces bouteilles,elle reprennebien-
tôt ſa première clarté, ſans jamais al--
térer ſa bonté primitive , néanmoins
comme l'eau de ces vaſes choque les
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
yeux , les Entrepreneurs prient le Pu-
blic de vouloir bien faire rapporter ces
mêmes bouteilles chacun au dépôt où il
ſe fournit avec une petite marque à
la craye qui les puiſſe faire recon-
noître.
Leur ſervice ayant commencé dans
la ſaiſon la plus ingrate & la plus ri-
goureuſe , ils n'ont pu être en garde
contre l'infidélité de quelques fournif
ſeurs qui ont trompé leur confiance par
la défectuoſité de ces vaſes. Il en eft
de même pour la fureté du cachet des
bouteilles ; les Entrepreneurs font in-
formés qu'il s'eſt déja gliffé de la frau-
de , & qu'il ſe ſubſtitue dans quelques
maiſons une autre eau à la leur en levant
le bouchon qui n'étoit pas affez her-
métiquement cacheté. Dans cet état ,
quoique l'expédient de la ficelle & du
nœud des Marchands de vin ſoit plus
couteux à la régie , les Entrepreneurs
vont faire ficeler& cacheter leurs vafes ;
en forte qu'il ſera à la portée des Maî-
tres , de jetter un coup d'œil ſur les
bouteilles , & de s'aſſurer par eux-mê-
mes de la fidélité des cachets: précau-
tion très-recommandée par les Entre-
preneurs , comme de renvoyer aux dé-
pôts , les bouteilles douteuſes , où il y
MARS. 1764 .
157
aura ordre d'en donner d'autres à la
place , toujours avec une marque qui
puiſſe les faire mettre au rebut.
Les nouveaux établiſſemens ont tou-
jours des précautions à prendre & des
fraudes à réprimer. Les Entrepreneurs
ne peuvent pas eſpérer que le leur fera
tout d'un coup affranchi de ces défagré-
mens ; & c'eſt ce qui les a portés à prier
le Public de donner ſes conſeils & fes
avis dans les ſujets qui lui paroîtront
dignes de ſes remarques.
A l'égard d'une infinité de propos
abfurdes
,
que des mal-intentionnés
répandent journellement ſur la qualité
&la bonté de leurs eaux , les Entrepre-
neurs en appellent au Public fenfé &
impartial. Tout le monde connoît quel-
les font leurs opérations & leur manu-
tention au Port - à - l'Anglois; tout le
monde peut voir en détail & fe con-
vaincre par ſes propres yeux , fi la
flitration ſe fait par des préparations
chymiques , & s'ils employent ou l'alun
ouaucuneautre eſpéce de compoſitions.
Ces contes groffiers , & ces inventions ri-
dicules ne peuvent ſurprendre que les
eſprits foibles qui croyent ſans appro-
fondir , ou le vulgaire ignorant.
: La Faculté de Médecine a déja conf-
(
158 MERCURE DE FRANCE.
taté par ſes Commiſſaires labonté& les
excellentes qualités de l'eau des Entre-
preneurs : fon décret qui n'a été rendu
qu'après l'examen le plus fcrupuleux ,
eſt l'écueil des rêveries qui ſe débitent ,
&la ſeule réponſe qu'on doity faire.
Les Entrepreneurs ne s'occupant que
des moyens d'étendre leur établiſe-
ment , pour le mettre à la portée d'un
chacun , vont augmenter le nombre
de leurs petits dépôts , & employer
pluſieurs charettes pour approviſionner
tous les différens quartiers de la Ca-
pitale.
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12666
p. 158-161
CHIRURGIE. PRIX proposé par l'Académie Royale de CHIRURGIE, pour l'Année 1765.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Chirurgie propose pour le Prix de l'année 1765, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE. PRIX proposé par l'Académie Royale de CHIRURGIE, pour l'Année 1765.
CHIRURGIE.
PRIX proposé par l'Académie Royale
de CHIRURGIE, pour l'Année
1765.
L'ACADÉMIE Royale de Chirurgie propose pour le Prix de l'année 1765,
MARS. 1764.
159
le Sujet ſuivant :
Déterminer le caractère eſſentiel des
Tumeurs connues ſous le nom de Lou-
pes , expoſer leurs différences , & quels
font les moyens que la Chirurgie doit
employer de préférence dans chaque ef-
péce & relativement à la partie qu'elles
occupent.
Le Prix eſt une Médaille d'or de la
valeur de cinq cens livres , fondé par
M. de la Peyronnie.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort liſibles.
Les Auteurs mettront ſimplement
une deviſe à leurs Ouvrages ; mais ,
pour ſe faire connoître ,ils y joindront
àpart dans un papier cacheté & écrit
de leur propre main, leurs nom , qua-
lité & demeure ; & ce papier ne ſera
ouvert qu'en cas que la Piéce ait rem-
porté le Prix.
Ils adreſſeront leurs ouvrages , franc
de port , à M. Morand, Secrétaire per-
pétuel de l'Académie Royale de Chi-
rurgie à Paris , ou les lui feront remet-
tre entre les mains..
160 MERCURE DE FRANCE .
Toutes perſonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront aſpi-
rer au Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie.
La Médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui ſe ſera fait connoître , ou
au Porteur d'une procuration de ſa part ;
l'un ou l'autre repréſentant la marque
diftinctive , & une copie nette du Mé-
moire.
Les Ouvrages feront reçus juſqu'au
dernier jour de Décembre 1764 inclu-
fivement ; & l'Académie , à fonAffem-
blée publique de 1765 , qui ſe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâ-
ques , proclamera la Piéce qui aura
remporté le Prix.
L'Académie ayant établi qu'elle don-
neroit tous les ans fur les fonds qui
lui ont été légués par M. de la Peyro-
nie , une Médaille d'or de deux cens
livres , à celui des Chirurgiens Etran-
gers ou Régnicoles , non Membres de
l'Académie , qui l'aura méritée par un
Ouvrage fur quelque matière de Chi-
rurgie que ce ſoit , au choix de l'Au-
teur; elle l'adjugera à celui qui aura
envoyé le meilleur Ouvrage dans le
courant de l'année 1764. Ce prix d'é-
mulation ſera proclamé le jour de la
Séance publique.
1
MARS. 1764.
161
Le même jour , elle diſtribuera cinq
Médailles d'or de cent francs chacune ,
à cinq Chirurgiens , ſoit Académiciens
de laClaſſe des Libres , ſoit ſimplement
Régnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1764 un Mémoire , ou
trois obſervations intéreſſantes.
PRIX proposé par l'Académie Royale
de CHIRURGIE, pour l'Année
1765.
L'ACADÉMIE Royale de Chirurgie propose pour le Prix de l'année 1765,
MARS. 1764.
159
le Sujet ſuivant :
Déterminer le caractère eſſentiel des
Tumeurs connues ſous le nom de Lou-
pes , expoſer leurs différences , & quels
font les moyens que la Chirurgie doit
employer de préférence dans chaque ef-
péce & relativement à la partie qu'elles
occupent.
Le Prix eſt une Médaille d'or de la
valeur de cinq cens livres , fondé par
M. de la Peyronnie.
Ceux qui envoyeront des Mémoires
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'avoir attention qu'ils
foient fort liſibles.
Les Auteurs mettront ſimplement
une deviſe à leurs Ouvrages ; mais ,
pour ſe faire connoître ,ils y joindront
àpart dans un papier cacheté & écrit
de leur propre main, leurs nom , qua-
lité & demeure ; & ce papier ne ſera
ouvert qu'en cas que la Piéce ait rem-
porté le Prix.
Ils adreſſeront leurs ouvrages , franc
de port , à M. Morand, Secrétaire per-
pétuel de l'Académie Royale de Chi-
rurgie à Paris , ou les lui feront remet-
tre entre les mains..
160 MERCURE DE FRANCE .
Toutes perſonnes de quelque qualité
& pays qu'elles foient , pourront aſpi-
rer au Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie.
La Médaille fera délivrée à l'Auteur
même qui ſe ſera fait connoître , ou
au Porteur d'une procuration de ſa part ;
l'un ou l'autre repréſentant la marque
diftinctive , & une copie nette du Mé-
moire.
Les Ouvrages feront reçus juſqu'au
dernier jour de Décembre 1764 inclu-
fivement ; & l'Académie , à fonAffem-
blée publique de 1765 , qui ſe tiendra
le Jeudi d'après la quinzaine de Pâ-
ques , proclamera la Piéce qui aura
remporté le Prix.
L'Académie ayant établi qu'elle don-
neroit tous les ans fur les fonds qui
lui ont été légués par M. de la Peyro-
nie , une Médaille d'or de deux cens
livres , à celui des Chirurgiens Etran-
gers ou Régnicoles , non Membres de
l'Académie , qui l'aura méritée par un
Ouvrage fur quelque matière de Chi-
rurgie que ce ſoit , au choix de l'Au-
teur; elle l'adjugera à celui qui aura
envoyé le meilleur Ouvrage dans le
courant de l'année 1764. Ce prix d'é-
mulation ſera proclamé le jour de la
Séance publique.
1
MARS. 1764.
161
Le même jour , elle diſtribuera cinq
Médailles d'or de cent francs chacune ,
à cinq Chirurgiens , ſoit Académiciens
de laClaſſe des Libres , ſoit ſimplement
Régnicoles , qui auront fourni dans le
cours de l'année 1764 un Mémoire , ou
trois obſervations intéreſſantes.
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12667
p. 163
MUSIQUE.
Début :
RECUEIL D'AIRS, avec des Accompagnemens de Guittarre, faciles & à la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.RECUEIL D'AIRS, avec des Accompagnemens
de Guittarre, faciles & à la
portée des Commençans. Par M. Merchi.
8. Livre de Guittarre. Œuvre XI . Prix
3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Auteur , rue
S. Thomas du Louvre , du côté du Châ-
teau d'Eau , chez un Menuifier , le ſe
cond eſcalier après la Cour ; & aux
adreſſes ordinaires de Mufique.
Pluſieurs Amateurs de Guittarre ayant
foufcrit , pour SIX DUO de Guittarre &
Violon , avec Sourdine , par M. Merchi ,
& qui font fon Œuvre XII ; l'Auteur
les avertit qu'il va paroître , & qu'on en
trouvera des Exemplaires chez lui , rue
S.Thomas du Louvre,àlamême adreſſe.
de Guittarre, faciles & à la
portée des Commençans. Par M. Merchi.
8. Livre de Guittarre. Œuvre XI . Prix
3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Auteur , rue
S. Thomas du Louvre , du côté du Châ-
teau d'Eau , chez un Menuifier , le ſe
cond eſcalier après la Cour ; & aux
adreſſes ordinaires de Mufique.
Pluſieurs Amateurs de Guittarre ayant
foufcrit , pour SIX DUO de Guittarre &
Violon , avec Sourdine , par M. Merchi ,
& qui font fon Œuvre XII ; l'Auteur
les avertit qu'il va paroître , & qu'on en
trouvera des Exemplaires chez lui , rue
S.Thomas du Louvre,àlamême adreſſe.
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12668
p. 164
GRAVURE.
Début :
CARTE du Passage de l'ombre de la Lune à travers de l'Europe, de la fameuse [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
CARTE du Passage de l'ombre de la
Lune à travers de l'Europe, de la fameuse
Eclipse centrale & annulaire de
Soleil du premier Avril prochain , calcu-
lée par Madame Lepaute , de l'Académie
de Béziers , qui a eu l'honneur de la pré-
ſenter à Sa Majeſté ;avec une explication
intéreſſante de ce Phénomène. A Paris ,
chez Lattré , Graveur rue S. Jacques ,
près la Fontaine S. Severin , à la Ville de
Bordeaux ; avec Privilége du Roi.
CARTE du Passage de l'ombre de la
Lune à travers de l'Europe, de la fameuse
Eclipse centrale & annulaire de
Soleil du premier Avril prochain , calcu-
lée par Madame Lepaute , de l'Académie
de Béziers , qui a eu l'honneur de la pré-
ſenter à Sa Majeſté ;avec une explication
intéreſſante de ce Phénomène. A Paris ,
chez Lattré , Graveur rue S. Jacques ,
près la Fontaine S. Severin , à la Ville de
Bordeaux ; avec Privilége du Roi.
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12669
p. 164
SUPPLÉMENT à l'Article des Sciences. GÉOGRAPHIE.
Début :
CALCULS & projection de la grande Eclipse de Soleil, du premier Avril 1764. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Article des Sciences. GÉOGRAPHIE.
SUPPLÉMENT à l'Article des Sciences.
GÉOGRAPHIE.
CALCULS & projection de la grande
Eclipse de Soleil, du premier Avril 1764.
Par M. le Carlier d'Epuifart , Confeiller
en la Cour des Monnoyes. Approuvés
par l'Académie Royale des Sciences ,le
3 Septembre 1763. Brochure in-4°. à
Paris , chez Moreau , Libraire - Impri-
meur de la Reine , & de Mgr le Dau-
phin ; Seguin , rue Dauphine , & la veuve
Gautier, Cloître S. Honoré ,débitans la
Carte de France.
GÉOGRAPHIE.
CALCULS & projection de la grande
Eclipse de Soleil, du premier Avril 1764.
Par M. le Carlier d'Epuifart , Confeiller
en la Cour des Monnoyes. Approuvés
par l'Académie Royale des Sciences ,le
3 Septembre 1763. Brochure in-4°. à
Paris , chez Moreau , Libraire - Impri-
meur de la Reine , & de Mgr le Dau-
phin ; Seguin , rue Dauphine , & la veuve
Gautier, Cloître S. Honoré ,débitans la
Carte de France.
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12670
p. 165-169
« LE JEUDI 19 Janvier, les Comédiens François représentèrent Blanche & Guiscard, [...] »
Début :
LE JEUDI 19 Janvier, les Comédiens François représentèrent Blanche & Guiscard, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE JEUDI 19 Janvier, les Comédiens François représentèrent Blanche & Guiscard, [...] »
LE JEUDI 19 Janvier, les Comédiens
François représentèrent Blanche & Guiscard,
Tragédie nouvelle , par M. SAU-
RIN , de l'Académie Françoiſe .
Le rôle de Guiſcard étoit joué par le
Sr LE KAIN ; celui d'Osmont , Conné-
table , par le Sr MOLE ; Rodolphe , par
le Sr DAUBERVAL ; Blanche , par la
Dile CLAIRON ; Laure ſa Confidente ,
par la Dile PRÉVILLE.
CetteTragédie fut ſuivie du François
àLondres , Comédie en un Acte & en
Profe , de feu M. DE BOISSY ,
1723.)
( de
Le Mardi 24 Janvier , les mêmes Co-
médiens repréſenterent le Diſtrait , Co-
médie en cinq Actes & en vers , de
REGNARD , (de 1697. ) Le Sr BEL-
COURTjouoit le rôle du Diſtrait; le Sr
166 MERCURE DE FRANCE.
MOLÉ , celui du Chevalier ; le Sr PRÉ-
VILLE, le rôle de Carlin , la Demoiſelle
DROUIN , celui de Mad. Grognac , &c.
Pour ſeconde Pièce , le Retour impré-
vu , Comédie en un Acte & en profe du
même Auteur , (de 1700.)
Le Mercredi 25 , par les Comédiens
Italiens , le Maréchal , Opera-Comique
en deux Actes , précédé des Frères Ri-
vaux , petite Pièce Italienne.
Le lendemain 26 ,
les Comédiens
François repréſentèrent Brutus , Tra-
gédie de M. DE VOLTAIRE , (de 1730.)
Le rôle de Brutus futjoué parle Sr BRI-
ZARD ; celui de fon fils Titus , par le Sr
MOLÉ ; Arons , par le Sr DUBOIS, & le
rôle de Tullie ,par la Dile DUBOIS , &c.
&c.
Pour ſeconde Piéce , on donna l'E-
tourderie , Comédie en un Acte & en
profe , de feu M. FAGAN , (de 1737.)
LeMercredi premier Février , lesCo-
médiens Italiens repréſentèrent le Diable
Boiteux , Comédie Italienne en deux
Actes , qui fut ſuiviedes Enforcelés , ou
Jeannot & Jeannette , Opéra-Comique
en un Acte , en Vaudevilles , par laDile
FAVART en Société, ( de 1757. )
Le 7 Février , les Comédiens Fran-
çois repréſentèrent la Métromanie, Co-
MARS. 1764.
167
médie en cinq Actes & en vers , de M.
PIRON , (de 1738. )
Le Sr BELCOUR joua le rôle de Da-
mis ; le Sr MOLÉ , celui de Dorante ; le
Sr PRÉVILLE , celui de Mondor. Le rôle
de Lucile par la Dlle DESPINAY , & le
rôle de Lisette par la Dile FANIER ,
Débutante , &c. &c.
Pour ſeconde Piece , on donna le
Colin Maillard, Comédie en un Acte &
enprofe , du feu Sr DANCOURT , ( de
1702); dans laquelle la Dile FANIER ,
Débutante , joua auſſi le rôle de Sou-
brette: la DlleDOLIGNY yjouoit celui
d'Angélique , &c.
LeMercredi 8 Février , les Comédiens
Italiens repréſentèrent la Joûte d'Arle-
quin & de Scapin , Comédie Italienne.
Le même jour , après la Pièce Italien-
ne , les Sujets de l'Académie Royale de
Muſique & de la Muſique du Roi,éxécu-
tèrent, pour la feconde fois , laDanfe ,
troiſième Entrée du Ballet des Talens
Lyriques. Les Acteurs & les Danſeurs
étoient les mêmes qu'à la première Re-
préſentation. On en a donné le détail
dans le Mercure de Février.
Le Jeudi 9 , les Comédiens François
repréſentèrent Edipe , Tragédie de M.
DE VOLTAIRE , (de 1718.) Le Sr LE
68 MERCURE DE FRANCE.
KAIN joua le rôle d'Edipe , le Sr BEL-
COUR celui de Philoctete ; la Dlle Du-
MESNIL joua le rôle de Jocafte , &c.
&c.
Cette Piéce fut ſuiviedu ProcureurAr-
bitre , Comédie en un Acte & en vers ,
du feu Sr POISSON , ( de 1728. ) Le Sr
BELCOUR joua le rôle du Procureur,
Je Sr GRANGER celui d'Agénor ; la
Dile DOLIGNI , Isabelle ; la Dlle P
VILLE , la Veuve; & la Dlle DROUIN ,
la Baronne , &. &c.
Le Mardi 14, les Comédiens François
repréſentèrent le Misantrope , Comédie
de MOLIERE , en cinq Actes & en vers,
(de 1666. ) Le Sr GRANDVAL y joua
le rôle du Misantrope. Il y fit le même
plaifir qu'il avoit fait à Paris ; & l'on y
jugea de même des nouveaux degrés de
perfection qu'il avoit acquis dans lejeu
de ce rôle. *
La grande Piéce fut ſuivie du Mari re-
trouvé, Comédie en un Acte & en profe
du feu Sr DANCOURT , ( de 1698. )
Le 15 , les Comédiens Italiens donné-
rent Arlequin Barbierparalytique , Pié-
ce Italienne , qui fut ſuivie du Peintre
* Voyez ci-après à l'Article des Spectacle
de Paris, celui de la Comédie Françoiſe.
amoureux
MARS. 1764.
169
amoureux defon Modéle , Opéra-Comi-
que mêlé d'Ariettes.
Le Jeudi 16 , les Comédiens François
repréſentèrent Polieucte , Tragédie du
Grand CORNEILLE. Le Sr MOLÉjoua
le rôle de Polieucte , le Sr BELLECOUR
celui de Sévère , le Sr PAULIN celuide
Félix. La Dile DUMESNIL y jouoit le
rôle de Pauline , &c. &c. ( Cette Piéce
eſtde 1640. )
Pour ſeconde Piéce , on donna le
Rendez-vous , Comédie en un Acte & en
vers de feu M. FAGAN , ( de 1733. )
Lafuite au Mercure prochain.
François représentèrent Blanche & Guiscard,
Tragédie nouvelle , par M. SAU-
RIN , de l'Académie Françoiſe .
Le rôle de Guiſcard étoit joué par le
Sr LE KAIN ; celui d'Osmont , Conné-
table , par le Sr MOLE ; Rodolphe , par
le Sr DAUBERVAL ; Blanche , par la
Dile CLAIRON ; Laure ſa Confidente ,
par la Dile PRÉVILLE.
CetteTragédie fut ſuivie du François
àLondres , Comédie en un Acte & en
Profe , de feu M. DE BOISSY ,
1723.)
( de
Le Mardi 24 Janvier , les mêmes Co-
médiens repréſenterent le Diſtrait , Co-
médie en cinq Actes & en vers , de
REGNARD , (de 1697. ) Le Sr BEL-
COURTjouoit le rôle du Diſtrait; le Sr
166 MERCURE DE FRANCE.
MOLÉ , celui du Chevalier ; le Sr PRÉ-
VILLE, le rôle de Carlin , la Demoiſelle
DROUIN , celui de Mad. Grognac , &c.
Pour ſeconde Pièce , le Retour impré-
vu , Comédie en un Acte & en profe du
même Auteur , (de 1700.)
Le Mercredi 25 , par les Comédiens
Italiens , le Maréchal , Opera-Comique
en deux Actes , précédé des Frères Ri-
vaux , petite Pièce Italienne.
Le lendemain 26 ,
les Comédiens
François repréſentèrent Brutus , Tra-
gédie de M. DE VOLTAIRE , (de 1730.)
Le rôle de Brutus futjoué parle Sr BRI-
ZARD ; celui de fon fils Titus , par le Sr
MOLÉ ; Arons , par le Sr DUBOIS, & le
rôle de Tullie ,par la Dile DUBOIS , &c.
&c.
Pour ſeconde Piéce , on donna l'E-
tourderie , Comédie en un Acte & en
profe , de feu M. FAGAN , (de 1737.)
LeMercredi premier Février , lesCo-
médiens Italiens repréſentèrent le Diable
Boiteux , Comédie Italienne en deux
Actes , qui fut ſuiviedes Enforcelés , ou
Jeannot & Jeannette , Opéra-Comique
en un Acte , en Vaudevilles , par laDile
FAVART en Société, ( de 1757. )
Le 7 Février , les Comédiens Fran-
çois repréſentèrent la Métromanie, Co-
MARS. 1764.
167
médie en cinq Actes & en vers , de M.
PIRON , (de 1738. )
Le Sr BELCOUR joua le rôle de Da-
mis ; le Sr MOLÉ , celui de Dorante ; le
Sr PRÉVILLE , celui de Mondor. Le rôle
de Lucile par la Dlle DESPINAY , & le
rôle de Lisette par la Dile FANIER ,
Débutante , &c. &c.
Pour ſeconde Piece , on donna le
Colin Maillard, Comédie en un Acte &
enprofe , du feu Sr DANCOURT , ( de
1702); dans laquelle la Dile FANIER ,
Débutante , joua auſſi le rôle de Sou-
brette: la DlleDOLIGNY yjouoit celui
d'Angélique , &c.
LeMercredi 8 Février , les Comédiens
Italiens repréſentèrent la Joûte d'Arle-
quin & de Scapin , Comédie Italienne.
Le même jour , après la Pièce Italien-
ne , les Sujets de l'Académie Royale de
Muſique & de la Muſique du Roi,éxécu-
tèrent, pour la feconde fois , laDanfe ,
troiſième Entrée du Ballet des Talens
Lyriques. Les Acteurs & les Danſeurs
étoient les mêmes qu'à la première Re-
préſentation. On en a donné le détail
dans le Mercure de Février.
Le Jeudi 9 , les Comédiens François
repréſentèrent Edipe , Tragédie de M.
DE VOLTAIRE , (de 1718.) Le Sr LE
68 MERCURE DE FRANCE.
KAIN joua le rôle d'Edipe , le Sr BEL-
COUR celui de Philoctete ; la Dlle Du-
MESNIL joua le rôle de Jocafte , &c.
&c.
Cette Piéce fut ſuiviedu ProcureurAr-
bitre , Comédie en un Acte & en vers ,
du feu Sr POISSON , ( de 1728. ) Le Sr
BELCOUR joua le rôle du Procureur,
Je Sr GRANGER celui d'Agénor ; la
Dile DOLIGNI , Isabelle ; la Dlle P
VILLE , la Veuve; & la Dlle DROUIN ,
la Baronne , &. &c.
Le Mardi 14, les Comédiens François
repréſentèrent le Misantrope , Comédie
de MOLIERE , en cinq Actes & en vers,
(de 1666. ) Le Sr GRANDVAL y joua
le rôle du Misantrope. Il y fit le même
plaifir qu'il avoit fait à Paris ; & l'on y
jugea de même des nouveaux degrés de
perfection qu'il avoit acquis dans lejeu
de ce rôle. *
La grande Piéce fut ſuivie du Mari re-
trouvé, Comédie en un Acte & en profe
du feu Sr DANCOURT , ( de 1698. )
Le 15 , les Comédiens Italiens donné-
rent Arlequin Barbierparalytique , Pié-
ce Italienne , qui fut ſuivie du Peintre
* Voyez ci-après à l'Article des Spectacle
de Paris, celui de la Comédie Françoiſe.
amoureux
MARS. 1764.
169
amoureux defon Modéle , Opéra-Comi-
que mêlé d'Ariettes.
Le Jeudi 16 , les Comédiens François
repréſentèrent Polieucte , Tragédie du
Grand CORNEILLE. Le Sr MOLÉjoua
le rôle de Polieucte , le Sr BELLECOUR
celui de Sévère , le Sr PAULIN celuide
Félix. La Dile DUMESNIL y jouoit le
rôle de Pauline , &c. &c. ( Cette Piéce
eſtde 1640. )
Pour ſeconde Piéce , on donna le
Rendez-vous , Comédie en un Acte & en
vers de feu M. FAGAN , ( de 1733. )
Lafuite au Mercure prochain.
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12671
p. 169-170
OPERA.
Début :
L'EMPRESSEMENT qu'avoit témoigné le Public pour le Spectacle de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'EMPRESSEMENT qu'avoit témoigné
le Public pour le Spectacle de
l'Opéra , a été pleinement juſtifié par
le concours foutenu des Spectateurs
juſqu'à préſent. Les beautés du Pоёте
& de la Muſique de Castor & Pollux ,
jointes à la magnificence du Spectacle ,
font de plus en plus ſenties , & prou-
vées par une affluence
perpétuelle.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Titon & l'Aurore n'eſt pas moins ſuivi
les Jeudis , quoique ce jour fût ordi-
nairement un des plus foibles.
Plus on fréquente la nouvelle Salle du
Bal , & plus on en reconnoît la beauté
&tous les agrémens : le plus grandnom-
bre de Maſques n'y produit que la viva-
cité néceſſaire à l'amusement du Bal,
& cette forte de confufion qui en fait
tout le brillant , ſans que l'on y éprouve
les incommodités d'une foule trop reffer-
rée. Il ſeroit difficile de diſpoſer un lieu
plus commode & plus convenable pour
la fête la plus magnifique.
L'EMPRESSEMENT qu'avoit témoigné
le Public pour le Spectacle de
l'Opéra , a été pleinement juſtifié par
le concours foutenu des Spectateurs
juſqu'à préſent. Les beautés du Pоёте
& de la Muſique de Castor & Pollux ,
jointes à la magnificence du Spectacle ,
font de plus en plus ſenties , & prou-
vées par une affluence
perpétuelle.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Titon & l'Aurore n'eſt pas moins ſuivi
les Jeudis , quoique ce jour fût ordi-
nairement un des plus foibles.
Plus on fréquente la nouvelle Salle du
Bal , & plus on en reconnoît la beauté
&tous les agrémens : le plus grandnom-
bre de Maſques n'y produit que la viva-
cité néceſſaire à l'amusement du Bal,
& cette forte de confufion qui en fait
tout le brillant , ſans que l'on y éprouve
les incommodités d'une foule trop reffer-
rée. Il ſeroit difficile de diſpoſer un lieu
plus commode & plus convenable pour
la fête la plus magnifique.
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12672
p. 170-172
AVIS aux Amateurs d'Instrumens. NOUVELLE Invention d'une LYRE pareille à celle des Anciens. N. B. L'analogie de l'objet nous engage à placer l'Avis suivant dans cet Article.
Début :
NOUS avions annoncé précédemment un Instrument qui approchoit de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : AVIS aux Amateurs d'Instrumens. NOUVELLE Invention d'une LYRE pareille à celle des Anciens. N. B. L'analogie de l'objet nous engage à placer l'Avis suivant dans cet Article.
AVIS aux Amateurs d'Instrumens.
NOUVELLE Invention d'une LYRE
pareille à celle des Anciens.
N. B. L'analogie de l'objet nous engage
à placer l'Avis suivant dans cet Article.
NOUS avions annoncé précédemment
un Instrument qui approchoit de
la Lyre : mais dont il paroît que le fuc-
cès n'a pas répondu à l'eſpoir de fon In-
venteur. Nous croyons que celui-ci ſera
MARS. 1764.
171
plus heureux. On regrettoit avec raifon
quelaformedela Lyreantique , ſiagréa-
ble , fi noble , propre à nous réaliſer les
idées poëtiques , ne pût pas ſe concilier
avec la conſtruction propre aux effets
harmoniques. Dans l'Inftrument dont
nous parlons , on eſt parvenu à lever
cettedifficulté. Sa forme eſt entièrement
telle que l'on nous peint la LYRE d'A-
pollon. Elle est auſſi ſevelte , auffi élé-
gante & très- ornée. La partie inférieure
eſt traverſée par un corps de Lut , fur
lequel font poſées obliquement les qua-
rante cordes diviſées fur deux lignes pa-
rallèles. Il en réſulte une auffi belle qua-
lité de ſon que fur la Harpe. Les cordes
ſe pincentdemême , mais avec beaucoup
plus de facilité , le corps de tout l'Inftru-
ment n'excédant pas la portée du bras
d'un enfant. Nous avons entendu jouer
de cette Lyre , & l'effet nous en a parů
très-agréable , en ce que les cordes des
deffus rendent un ſon plus moëleux que
celles de la Harpe. Si l'effet général n'eſt
pas d'une auffi forte réfonance que fur
ce dernier Inſtrument , cette Lyre nous
a paru égalerà cet égard ,pour le moins ,
un très - fort Archiluth. Les quarante
cordes contiennent trois octaves & de-
mi de tonsde ſuite. Ilyadansla traverſe
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
fupérieure de la Lyre , une méchanique
cachéeaffez curieuse pour les Diezes &
les Bémols fur toutes les cordes ; on en
fait uſage à volonté ſuivant les divers
tons que l'on veut parcourir. Nous
ne doutons pas que l'on n'adopte ce
nouvel Inſtrument , par la facilité de
fon exécution , par celle de le tranf-
porter , par l'agrément dont fon jeu
peut être , enfin par les grâces de fon
aſpect , par celles qu'il prêteroit à
ceux & fur- tout à celles qui len
joueroient. Les Peintres doivent être
intéreſlés au progrès de cette Lyre Ils
y trouveroient de nouvelles pofitions
pour les Portraits , infiniment plus avan-
tageuſes que toutes celles qui ſont déja
épuiſées & devenues ſi communes.
L'Inventeurde cette LYRE eft le Sieur
MICHELOT , Luthier , rue S. Honoré
près la rue de l'Echelle , à côté des Ecu-
ries de M. le Dauphin.
NOUVELLE Invention d'une LYRE
pareille à celle des Anciens.
N. B. L'analogie de l'objet nous engage
à placer l'Avis suivant dans cet Article.
NOUS avions annoncé précédemment
un Instrument qui approchoit de
la Lyre : mais dont il paroît que le fuc-
cès n'a pas répondu à l'eſpoir de fon In-
venteur. Nous croyons que celui-ci ſera
MARS. 1764.
171
plus heureux. On regrettoit avec raifon
quelaformedela Lyreantique , ſiagréa-
ble , fi noble , propre à nous réaliſer les
idées poëtiques , ne pût pas ſe concilier
avec la conſtruction propre aux effets
harmoniques. Dans l'Inftrument dont
nous parlons , on eſt parvenu à lever
cettedifficulté. Sa forme eſt entièrement
telle que l'on nous peint la LYRE d'A-
pollon. Elle est auſſi ſevelte , auffi élé-
gante & très- ornée. La partie inférieure
eſt traverſée par un corps de Lut , fur
lequel font poſées obliquement les qua-
rante cordes diviſées fur deux lignes pa-
rallèles. Il en réſulte une auffi belle qua-
lité de ſon que fur la Harpe. Les cordes
ſe pincentdemême , mais avec beaucoup
plus de facilité , le corps de tout l'Inftru-
ment n'excédant pas la portée du bras
d'un enfant. Nous avons entendu jouer
de cette Lyre , & l'effet nous en a parů
très-agréable , en ce que les cordes des
deffus rendent un ſon plus moëleux que
celles de la Harpe. Si l'effet général n'eſt
pas d'une auffi forte réfonance que fur
ce dernier Inſtrument , cette Lyre nous
a paru égalerà cet égard ,pour le moins ,
un très - fort Archiluth. Les quarante
cordes contiennent trois octaves & de-
mi de tonsde ſuite. Ilyadansla traverſe
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
fupérieure de la Lyre , une méchanique
cachéeaffez curieuse pour les Diezes &
les Bémols fur toutes les cordes ; on en
fait uſage à volonté ſuivant les divers
tons que l'on veut parcourir. Nous
ne doutons pas que l'on n'adopte ce
nouvel Inſtrument , par la facilité de
fon exécution , par celle de le tranf-
porter , par l'agrément dont fon jeu
peut être , enfin par les grâces de fon
aſpect , par celles qu'il prêteroit à
ceux & fur- tout à celles qui len
joueroient. Les Peintres doivent être
intéreſlés au progrès de cette Lyre Ils
y trouveroient de nouvelles pofitions
pour les Portraits , infiniment plus avan-
tageuſes que toutes celles qui ſont déja
épuiſées & devenues ſi communes.
L'Inventeurde cette LYRE eft le Sieur
MICHELOT , Luthier , rue S. Honoré
près la rue de l'Echelle , à côté des Ecu-
ries de M. le Dauphin.
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12673
p. 172-177
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
LE 4 Février, on donna pour la dernière fois Blanche & Guiscard, Tragédie [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
LE 4 Février, on donna pour la dernière
fois Blanche & Guiscard, Tragédie
nouvelle , qui a eu neufrepréſen
MARS. 1764.
73
tations , y compris les trois , avant le
Voyage de Fontainebleau.
L'Epreuve indifcrette , Comédie nou-
velle , dont nous avons annoncé la pre-
mière Repréſentation dans le précédent
Mercure , a étéretirée après la quatrième
le 6 du même mois.
N. B. On trouvera les Extraits de ces deux
Piéces à la fin de cet Article.
Lemêmejour (6 Février) M. GRAND-
VAL eſt rentré au Théâtre , par le rôle
du Misantrope. Dès qu'il parut , les
les applaudiſſemens les plus vifs fufpen-
dirent long-temps le commencement
de la ſcène. Ces témoignages , quoi-
que mérités , de la prévention favo-
rable du Public , redoublérent , dans
cet ancien Acteur , la crainte de n'y
pas répondre ſuffiſamment. Il fut facile
d'appercevoir ſon émotion. Cependant il
donna de nouvelles preuves d'un talent
confommé; & tous les Spectateurs intel-
ligens ſont convenus qu'il avoit joué un
grand nombre de traits dans ce rôle ,
non-feulementd'une manière fort ſupé-
rieure à celle dont il le jouoit avant fa
retraite , mais encore à tout ce qu'on
pouvoit ſe rappeller de mieux. Il jouale
8 , avec ſuccès , le rôle du Philofophe
Marié,dans la Piéce de ce nom. Lorf-
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
que M. BELCOUR yparut dans le rôle
de Damon , le Public , par des applaudif-
femens redoublés , donna à cet Acteur
dépoffédé de pluſieurs rôles qu'il jouoit
pendant l'absence de M. GRANDVAL ,
des marques de lajustice qu'ilrend à fon
zèle infatigable , à l'intelligence de fon
jeu, ainſi qu'à l'utilité & à l'agrément
dont lui feront toujours ſes ſervices.
M. GRANDVAL a joué depuis le rôle
de Cimon dans l'Andrienne. L'épreuve
de ce caractère , nouveau pour l'Acteur,
étoit auffi intéreſſante pour lesAmateurs
du Théâtre que pour lui-même. Quoi-
qu'avec une figure , moins changée par
l'âge que peut-être notre opinion ou
notre habitude n'éxige pour cet emploi ,
il a rempli toutes les parties du rôle avec
ce talent de détail & de raifonnement ,
toujours fi agréable pour le connoiffeur,
joint à un pathétique vrai & ſenſible ,
dont l'impreffion a entraîné les fuffrages
& les applaudiffemens.
Nous devons, enparlant del'Andrien-
ne, renouvellerles juftes murmures d'un
Public éclairé fur l'habitude de jouer
toujours cette Piéce en habits François.
Cette habitude ,digne des temps obſcurs
& barbares de notre Théâtre , ne peut
avoir fon excuſe dans le défaut d'habil
MAR S. 1764.
175
lement , 1 °. parce qu'on en afait la dé-
penſe pour des Piéces fort inférieures à
celle-ci , qui deviendroit par-là toute
nouvelle; 2º. parce qu'on voitjournel-
lement fur la Scène tragique des habits
ſimples , dont la forme conviendroit
fort bien à ce genrede comique. Croit-
on que , les habits militaires exceptés ,
les Anciens changeaſſent de vêtemens
pour les fituations tragiques qui pou-
voient traverſer le cours de leur vie ?
L'erreur de croire n'avoir pas d'habille-
mens propres à jouer des Comédies
Grecques , ne peutvenirque d'une autre
erreur , qui eſt de rapporter la forme
d'habillementde l'ancienne Gréce à celle
des vêtemens mordenes du Levant. Que
l'on confulte les monumens antiques ,
& l'on trouvera bien plus de rapport
dans ces vêtemens entre les habitans
d'Athènes & ceux de Rome , qu'entre
les Grecs modernes & les anciens. En un
mot , le plus déſagréable de tous les in-
convéniens , & la plus abfurde de toutes
les difparates , eſt de voir au milieu d'A-
thènes Cimon en vieux Seigneur de no-
tre Cour , fon fils Pamphile en petit-
maître , les efclaves en laquais , &c. &c.
M. GRANDVAL joua le 12 dans le
Misantrope , & le même jour le Faux
Η iv
176 MERCURE DE FRANCE .
Damis dans le Mariage fait & rompu.
Mlle LE KAIN jouoit dans cette fecon-
de Piéce le rôle de Soubrette avec beau-
coup de naturel. Qu'il nous ſoit permis
de remarquer que de bons Juges du ta-
lens en accordent à cette Actrice , pour
certains genres de Soubrettes , dans lef
quels elle ſe perfectionne de plus en
plus.
Le Lundi 13 on donna la première re-
préſentation d'Idomenée , Tragédie nou-
velle de M. le Mierre. Cette Piéce fut
reçue avec applaudiſſement à tous les
Actes. Une acclamationfoutenue appella
l'Auteur à la fin de la Piéce : il ſe dif-
penſa de paroître. Nous ne faiſons pas
mention de cette circonſtance , pour
preuve de fuccès. L'abus que l'on fait
aujourd'hui dans le Parterre de cette ef-
péce de cri de triomphe en a trop avili le
prix. Mais , ce qui eſt plus décifif en fa-
veur de l'Ouvrage , eſt la continuation
des repréſentations.
1 Mile FANNIER , dont nous avons
parlé dans les précédens Mercures a ter-
miné ſes débuts. L'eſpoir du Public fur
les talens de cette jeune Actrice , doit
être fondé ſur ceux que l'on reconnoît
& que l'on applaudit journellement
dans M. MOLÉ , de qui elle eſt Eléve.
MAR S. 1764.
177
L'intelligence fine du Maître , ne per-
met pas dedouter qu'il n'ait reconnu
dans ce Sujet , des diſpoſitions dignes
de ſes ſoins , & propres à lui faire
honneur.
LE 4 Février, on donna pour la dernière
fois Blanche & Guiscard, Tragédie
nouvelle , qui a eu neufrepréſen
MARS. 1764.
73
tations , y compris les trois , avant le
Voyage de Fontainebleau.
L'Epreuve indifcrette , Comédie nou-
velle , dont nous avons annoncé la pre-
mière Repréſentation dans le précédent
Mercure , a étéretirée après la quatrième
le 6 du même mois.
N. B. On trouvera les Extraits de ces deux
Piéces à la fin de cet Article.
Lemêmejour (6 Février) M. GRAND-
VAL eſt rentré au Théâtre , par le rôle
du Misantrope. Dès qu'il parut , les
les applaudiſſemens les plus vifs fufpen-
dirent long-temps le commencement
de la ſcène. Ces témoignages , quoi-
que mérités , de la prévention favo-
rable du Public , redoublérent , dans
cet ancien Acteur , la crainte de n'y
pas répondre ſuffiſamment. Il fut facile
d'appercevoir ſon émotion. Cependant il
donna de nouvelles preuves d'un talent
confommé; & tous les Spectateurs intel-
ligens ſont convenus qu'il avoit joué un
grand nombre de traits dans ce rôle ,
non-feulementd'une manière fort ſupé-
rieure à celle dont il le jouoit avant fa
retraite , mais encore à tout ce qu'on
pouvoit ſe rappeller de mieux. Il jouale
8 , avec ſuccès , le rôle du Philofophe
Marié,dans la Piéce de ce nom. Lorf-
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
que M. BELCOUR yparut dans le rôle
de Damon , le Public , par des applaudif-
femens redoublés , donna à cet Acteur
dépoffédé de pluſieurs rôles qu'il jouoit
pendant l'absence de M. GRANDVAL ,
des marques de lajustice qu'ilrend à fon
zèle infatigable , à l'intelligence de fon
jeu, ainſi qu'à l'utilité & à l'agrément
dont lui feront toujours ſes ſervices.
M. GRANDVAL a joué depuis le rôle
de Cimon dans l'Andrienne. L'épreuve
de ce caractère , nouveau pour l'Acteur,
étoit auffi intéreſſante pour lesAmateurs
du Théâtre que pour lui-même. Quoi-
qu'avec une figure , moins changée par
l'âge que peut-être notre opinion ou
notre habitude n'éxige pour cet emploi ,
il a rempli toutes les parties du rôle avec
ce talent de détail & de raifonnement ,
toujours fi agréable pour le connoiffeur,
joint à un pathétique vrai & ſenſible ,
dont l'impreffion a entraîné les fuffrages
& les applaudiffemens.
Nous devons, enparlant del'Andrien-
ne, renouvellerles juftes murmures d'un
Public éclairé fur l'habitude de jouer
toujours cette Piéce en habits François.
Cette habitude ,digne des temps obſcurs
& barbares de notre Théâtre , ne peut
avoir fon excuſe dans le défaut d'habil
MAR S. 1764.
175
lement , 1 °. parce qu'on en afait la dé-
penſe pour des Piéces fort inférieures à
celle-ci , qui deviendroit par-là toute
nouvelle; 2º. parce qu'on voitjournel-
lement fur la Scène tragique des habits
ſimples , dont la forme conviendroit
fort bien à ce genrede comique. Croit-
on que , les habits militaires exceptés ,
les Anciens changeaſſent de vêtemens
pour les fituations tragiques qui pou-
voient traverſer le cours de leur vie ?
L'erreur de croire n'avoir pas d'habille-
mens propres à jouer des Comédies
Grecques , ne peutvenirque d'une autre
erreur , qui eſt de rapporter la forme
d'habillementde l'ancienne Gréce à celle
des vêtemens mordenes du Levant. Que
l'on confulte les monumens antiques ,
& l'on trouvera bien plus de rapport
dans ces vêtemens entre les habitans
d'Athènes & ceux de Rome , qu'entre
les Grecs modernes & les anciens. En un
mot , le plus déſagréable de tous les in-
convéniens , & la plus abfurde de toutes
les difparates , eſt de voir au milieu d'A-
thènes Cimon en vieux Seigneur de no-
tre Cour , fon fils Pamphile en petit-
maître , les efclaves en laquais , &c. &c.
M. GRANDVAL joua le 12 dans le
Misantrope , & le même jour le Faux
Η iv
176 MERCURE DE FRANCE .
Damis dans le Mariage fait & rompu.
Mlle LE KAIN jouoit dans cette fecon-
de Piéce le rôle de Soubrette avec beau-
coup de naturel. Qu'il nous ſoit permis
de remarquer que de bons Juges du ta-
lens en accordent à cette Actrice , pour
certains genres de Soubrettes , dans lef
quels elle ſe perfectionne de plus en
plus.
Le Lundi 13 on donna la première re-
préſentation d'Idomenée , Tragédie nou-
velle de M. le Mierre. Cette Piéce fut
reçue avec applaudiſſement à tous les
Actes. Une acclamationfoutenue appella
l'Auteur à la fin de la Piéce : il ſe dif-
penſa de paroître. Nous ne faiſons pas
mention de cette circonſtance , pour
preuve de fuccès. L'abus que l'on fait
aujourd'hui dans le Parterre de cette ef-
péce de cri de triomphe en a trop avili le
prix. Mais , ce qui eſt plus décifif en fa-
veur de l'Ouvrage , eſt la continuation
des repréſentations.
1 Mile FANNIER , dont nous avons
parlé dans les précédens Mercures a ter-
miné ſes débuts. L'eſpoir du Public fur
les talens de cette jeune Actrice , doit
être fondé ſur ceux que l'on reconnoît
& que l'on applaudit journellement
dans M. MOLÉ , de qui elle eſt Eléve.
MAR S. 1764.
177
L'intelligence fine du Maître , ne per-
met pas dedouter qu'il n'ait reconnu
dans ce Sujet , des diſpoſitions dignes
de ſes ſoins , & propres à lui faire
honneur.
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12674
p. 177-207
EXTRAIT DE BLANCHE & GUISCARD, Tragédie de M. SAURIN, de l'Académie Françoise. Représentée pour la première fois le 25 Septembre 1763, & reprise le 23 Janvier 1764.
Début :
PERSONNAGES. ACTEURS. Le Comte de GUISCARD, M. Le Kain. Le [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT DE BLANCHE & GUISCARD, Tragédie de M. SAURIN, de l'Académie Françoise. Représentée pour la première fois le 25 Septembre 1763, & reprise le 23 Janvier 1764.
EXTRAIT DE BLANCHE & GUISCARD,
Tragédie de M. SAURIN,
de l'Académie Françoise. Représentée
pour la première fois le 25 Septembre
1763, & reprise le 23 Janvier
1764.
PERSONNAGES. ACTEURS.
Le Comte de GUISCARD, M. Le Kain. Le
Le Comte OSMONT ,
Connétable de Sicile , SIFFREDI , Grand Chancelier, BLANCHE , Fille de Siffrédi , LAURE , Amie & Confidente de Blanche , RODOLPHE , Frère de Laure & Confident de Guiſcard, GARDES.
M. Molé.
M. Brizard.
Mlle Clairon.
Mlle Preville.
M. Dauberval.
La Scène eft en Sicile. Les deux premiers Actes
ſepaſſent à PALERME , Capitale du Royaume.
Hv
(
178 MERCURE DE FRANCE.
Les autres à BELMONT , maison de plaisancede
Siffredi & qui touche à PALERME.
CETTE Piece eſt imitée de Tancréde & Sigif-
monde , Tragédie Angloiſe de feu Tomson , Au-
teur célébre du Poëme des Saiſons. Un épiſode
du Roman de Gilblas , qui a pour titre le Ma-
riage de vangeance en a fourni le Sujet. Voici
l'Avant- Scène.
Mainfroi Roi de Sicile a été dépouilé du
Royaume & de la vie par Guillaume ſon frère
puîné : celui-ci , qui fut ſurnommé le mauvais ,
eſt mort au bout dedeux ans d'un régne tyran-
nique,laiffant deux enfans , Guillaume leBon ,
qui lui a ſuccédé , & une fille nommée Constance.
Il étoit refté un filsunique deMainfroi. Guillau-
me le Bon ne voulutpoint le faire périr & confia -
cet enfant en bas âge aux ſoinsdu Chancelier à
qui il ordonna de l'élever comme un ſimple
Gentilhomme & fans lui faire connoître ſa naif-
fance , ni ſes droits. Le fils deMainfroi élevé
ainſi dans la maiſon de Siffrédi , ſous le nom de
Guifcard , a pris une forte paſſion pour Blanche,
fille du Chancelier , & Blanche n'en fent pas
pour lui une moins forte. Les chofes en cet étar ,
Guillaume le Bon eſt ſubitement frappé d'un
mal violent ; il touche à ſa fin , & c'eſt alors
que la Piéce commence.
ACTE PREMIER.
SCENE PREMIERE .
BLANCHE & LAURE..
Blanchedéplore la perte que la Sicile va faire
MARS. 1764.
179
dameilleur des Rois. Il n'y a plus d'eſpérance ,
ditcelle-ci , le trouble& la terreur ſe peignent
fur tous les fronts.
BLANCHE.
>> Triſte effet du retour que chacun fait ſur ſoi !
>> Nous n'éprouvons jamais un ſi lugubre effroi
Qu'alors que nous voions de cette haute ſphère,
>>>Où la ſplendeur du trône éblouit le vulgaire ,
>> Tomber ces Dieux-mortels & ſemblables à
» nous ,
:
Rentrer au fein commun d'où nous fortimes
tous.
Blanche craint les changemens que la mort
du Roi va apporter dans l'Etat longtemps en
proie aux plus cruelles diviſions. Il y a dans l'E-
tat deux partisennemis & puiſſans. La prudente
fermeté du Roi eſt un frein qui les a conte-..
nus; mais fi le Roi meurt , le Trône paſſe à
Constance , le Connétable Ofmont eſt ſonfavori -
>>Miniſtre de l'Etat & Magiſtrat ſuprême, .::
>>>Mon père contreOfmont a ſouvent éclaté
>>>Dans les troubles cruels qui nous ont agité ,
>> Son zéle toujours pur , ſon cœur patriotique ,.
Ses rigides vertus , dignes deRome antique ,
>>Ont longtemps diviſé leConnétable& lui ,
22Olmont doit le hair.
Laureditquedepuis quelque temps ils ſe ſons
réunis. Dans le reſte de la Scène il eſt queſtion
deGuifcard , de l'obfcurité qui eſt répandue fur
fon deſtin , de l'amour qu'il a pour Blanche..
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE .
>>>Non , cet amour qui regne en un cœur amolli,
>> Par qui plus d'un Héros s'eſt ſouvent avili ;
>> Mais ce céleſte feu , cette divine flâme ,
>> Qu'un digne objet allume & qui porte en notre
>> âme
>>De toutesles vertus legerme précieux,
>> Le plusbeau des préſent que nous ont faitles
>> cieux ;
>> Des grandes actions ſource heureuſe & féconde,
>>>L'âme , à la fois , la gloire & le bonheur du
>> monde.
Cet amour est l'âme de tous les entretiensque
Guifcard & le frère de Laure , Rodolphe , ont en-
ſemble, mais que penſe de lai ton frère , lui dit
Blanche? Il penſe que tout enlui annonce &pro-
metun héros ; que ſon âme eſt élevée, coura-
geuſe, humaine, & que ſi la fouguede ſon na-
turel ardent l'emporte quelquefois , la Raiſon
bientôt le raméne.
>> Il ne le flatte pas : ah ! pour un tendre cœur
>>S'il eſt , ma chère Laure , un plaiſir enchanteur ,
>>>C'eſt de voir applaudir le digne objet qu'on
» aime ,
>>>De s'entendre louer dans un autre ſoi-même.
Notre âme éprouve,alors, un ſidoux Sentiment!
C'eſt louer plus que nous , que louer notre
amant.
MARS. 1764.
SCENE II.
BLANCHE , SIFFREDI,
181
Ilapprend à Blanche , que le Roi n'eſt plus.
s'approcher.
>> Des mortels il a ſubi la loi ,
Ma fille , il eſt paſſédans ce monde terrible ,
>>> Où des foibles humains le juge incorruptible
>> Voit frémir à ſes pieds nos maîtres abbattus ,
Sans garde & protégés de leursſeules vertus.
Il ajouteque le Roi a vu d'un œil ferme la mort
>> Nedemandant au ciel qu'un momentderetard ,
>Qui lui permit de voir & d'embraſſer Guiſcard.
BLANCHE ,
NCHE , avec émotion.
Guiſcard! ... le Roi ! ... mon père ......
SIFFRFDI .
>> Eh bien , aunomdu Comte,
>> Ma fille , d'où vous vient une rougeur ſi prom-
>pte!
>>>Cet intérêt , ce trouble & cette émotion ?
>>Mon père •
BLANCHE.
>>>frère.
il eſt le fils de votre adoption :
>>>Je prends part à ſon ſort comme à celui d'un
SIFFREDI .
>> Il ſuffit. Laiſſez-moi : vous ſçaurez ce myſtère.
Siffredi dans un monologue fait voir toute la
douleur qu'il a de ne pouvoir douter que ſa fille
& Guifcard ne s'aiment: il ſe reproche de ne
182 MERCURE DE FRANCE.
l'avoir pas prévu & il frémit des ſuites: le Roi
en mourant vient de reconnoître Guifcard pour
l'héritier du trône , mais c'eſt à condition qu'il
épouſera
Constance ,
cet Hymen peut ſeul
allurer le repos de l'Etat. C'eſt le ſeul moyen
d'empêcher que la Sicile ne ſoit encore en proi e
à toutes les horreurs d'une guerre inteſtine .
D'ailleurs , Siffredi eſt engagé de parole avec
Ofmont, il lui a promis ſa fille en mariage , l'u--
nion du Chancelier avec le Connétable, impor-
re au bien Public & Siffredi ne connoît rien qui ,
puiſſe entrer en balance avec ſa parole & fon
devoir.
>>>Périſſe le mortel, pèriſſe le cœur bas
>>>Qui , portant dans ſes mainsle deſtindesEtats ,
>> Plein des vils ſentimens que l'intérêt inſpire,
>>>Immole à ſa grandeur le ſalutd'un Empire.
Guifcard paroît:
Siffredi avant que de ſedé
clarer veut ſonder fon cœur : il lui confirme la
mort du Roi & fait un Eloge de ce Prince qui
puiffe enmême temps ſervir de leçon àGuiſeard.
>> Il tenoit pour maxime
>> Qu'un Roi doitpréférer ,( obſédé comme ileſt,
>>>Un ami qui l'afflige au flatteur qui lui plaît.
: On ne vitpoint , au ſein de l'horrible mifère ,
Le laboureur gémir du bonheur d'être père ,
>> Il ſçut récompenfer & punir à propos ;
Père enfinde ſon Peuple , il fut plus queHéros.
Siffredi apprend enſuite à Guiſcard que la Cou-
ronne n'appartient point à Constance , mais àun
fils de Mainfroi , élevé dans l'obſcurité , & incon
MARS. 1764..
183
nu àlui-même. Illui apprend que le Roi a recon-
nu ce fils de Mainfroi pour ſon Succeſſeur ; mais
àconditionqu'il épouſeroit Conftance.
Guifcard, plein de feu & de nobleſſe , ſe met
d'abord à la place decejeune Prince , s'échauffe
en ſa faveur , mais doute qu'on puiſſe vaincre
P'horreur qu'il doitfentir , quand il ſe connoîtra ,
pour Constance,pour la fillede l'affaſſindeMainfroi..
Siffrédi combat ceſentiment , & fait voirla né-
ceflité du mariage ordonné par le Roi. Guiſcard
continue à s'élever contre..
:ד
>>>Eh ! que craindre après tout ? Ila pour lui, Sei
" gneur ,...
Sa naiſſance , ſes droits, ſans doute ſa valeur.
८
Tout le ſangde Guiſcard eſt prêt à couler pour -
ce Prince.
Couronsverslui ,Seigneur.Ah !dignedeſarace,
>>>Digne du Trône auguſte où furent ſes aïeux ,
>>>>Peut être qu'il ſe plaintque le ſort envieux ,
>>>Sur le théâtre obſcur d'une ſcène privée ,
>>Confine les verrus de ſon âme élevée ,
>> Et qu'il demande au Ciel l'heureuſe occafion
.nom
SIFFREDI...
>> Etpeut- être qu'auſſi ſa frivolejeuneffe
A
>> De montrer un grand cœur , & d'acquérir un
ככ
S'endort avec l'amour au ſein de la moleſſe !
Guifcard répond avec l'enthouſiaſme d'une âme
jeune& grande,
20
1
184 MERCURE DE FRANCE.
>>Mon cœur réponddu ſien : oui, Seigneur , ſans
>>effort ,
>> De mon état obſcur je m'élève àſon ſort;
> Et je ſens qu'à l'aspect de ſa noble carrière ,
>> Mon âme avec tranſport s'élançant toute en
>> tière,
>>Brûleroit d'égaler, en vertus comme en rang,
>> Ces Héros glorieux dont je ſerois le ſang.
trace:
SIFFREDI .
>>> Eh bien! hâtez-vous donc de marcher ſur leur
>>Et vous, dont il promet d'être la digne race,
>> Mânes de ſes Aïeux, je vous prends à témoins.
Guiſcardeſt étonné ,prie le ciel de lui donner les
vertus de ſon nouvel état , marque ſa reconnoif
même. Mais , lui dit Siffredi ,
>> C'eſt le Roi des Romains....
GUISCARD .
:
fance à Siffredi , ne veut régner que par ſes con-
ſells, &c. mais montre toujours le plus grand
éloignement pour le mariage de Constance : c'eſt
leſeulpoint ſur lequel il n'en veut croire que lui
>>> Un autre à vos refus doit avoir la Couronne.
>>Mais le ſang me la donne.
>> Je maintiendrai mes droits. Aſſemblez le Sénat .
>>>Allez , & que les Grands , les Barons de l'Etat
>> Viennentrendre à leur Maître un légitime hom-
>> mage.
MARS. 1764.
184
L'Acte finit par un Monologue de Guiſcard , où
tout ſon amour pour Blanche éclate. Il eſt tranf-
porté de l'idéede mettre un Diadême aux pieds de
cequ'il aime.
>>>Je vois fans m'éblouir l'éclat du rang ſuprême.
>>> Mais , ô ma chère Blanche ! un Trône t'étoit dû :
Je vais, en t'y plaçant , couronner la vertu.
ACTE ΙΙ.
Dans l'intervalledu premier & du ſecondAle,
Guifcardvoulant raſſurer Blanche , qu'il a trouvée
en larmes, & craignant de le perdre , lui a laillé
ſa fignature, comme un engagement de la part ,,
qu'illui a ordonné de remettre au Chancelier , en
lui déclarant ſes intentions pour elle. Blanche a
remis cette fignature àſon père , qui , rendu au
Sénat, en a fait un uſage contraire aux deſſeinsdu
Prince. Après avoir fait lecture du Teftament du
feu Roi , qui , en rappellant Guiſcard au Trône ,
ordonne qu'il épouſera Constance , il ajoute que le
Prince conſentoit à tout. Voilà , a- t- il dit , un acte
figné de ſa main royale , par lequel il aſſure ſa
Couronne & ſa foi à Constance. Au moment
même la voûte a retenti d'un applaudiſſement
général ; la joie s'eſt peinte ſur tous les fronts.
Guifcard interdit & confus , ne poffédant encore
que le nom de Roi , fans pouvoir , fans expérien-
ce, n'a pas cru devoir en ce moment s'oppoſer au
vœu de tout l'Etat : il s'eſt levé, & a remis l'ac
ſemblée au lendemain.
:
186 MERCURE DE FRANCE.
SCENE PREMIERE.
GUISCARD & RODOLPHE.
Guifcard furieux apprend à Rodolphe tout ce
qui s'eſt paffé ; Blanche placée par ſon père au
rang des ſpectateurs , a ététémoin decette ſcène
cruelle. Guifcard venoit pour la déſabuſer ; mais
Siffredi a fait partir ſa fille pour Belmont. Et
quoiqueBelmont touche à Palerme, d'indiſpen-
fables ſoins enchaînent Guiſcardà la ville. Mais,
en attendant qu'il puiſſe voir Blanche, & qu'au
Conſeildulendemaintout ſerépare, il veut écrire
àBlanche. En ce moment Siffredi paroît.
SCENE II.
GUISCARD & SIFFREDI.
Guifcardlui fait les reproches les plus vifs. Sif
fredi s'oppoſe à l'indignation & aux emportemens
de Guifcard, avec le calme d'une âme remplie de
l'amour de ſon devoir & de ſa Patrie. On lui a
remis le ſeing du Roi. Il a cru, pour s'en ſervir ,
nedevoir confulter que la gloiredu Roi &le falut
de l'Etat; & pourvu qu'il fauvât l'une & l'autre , il
n'a compté pour rien de ſe perdre lui-même. Il
lui repréſentefortement qu'iln'y a que l'hymen
de Constance qui puiſle affermir la Couronne fur
ſa tête , qu'en ne l'épouſantpas, il doit craindre
laplusfuneſterévolution pour leRoyaume &pour
lui-même ; qu'il hafarde l'Etat , & fon Trône , &
ſa vie. Guiſcard eſt réſolu de tout braver : mal-
heur à qui ofera lui réſiſter , malheur à Siffredi
Jui-même. Siffredi lui préſente ſon ſein , & lecon--
1
MARS. 1764.
187
Jure enſuited'écouter celui quilui ſervit de père ,
&qui, pour le ſeul avantage de l'Etat & du Roi ,
refuſoit ce qu'un autre peut-être acheteroit d'un
crime. Ilſejette à ſes pieds.
!
>> Vois ton ami , ton père, embraſſanttes genoux;
>> Te conjurer en pleurs de te vaincre toi- même ;
>>A tes pieds avec moi , vois un Peuple qui t'aime,
Etque le Ciel confie àtesſoins paternels.
>>Citoyens, Magiſtrats , Miniſtres desAutels,
>>>Tous ceux de qui la main aux travaux occupée
>>Fait croître la moiſſon de leur ſueur trempée ,
>>>Qui nourriſſent l'Etat ,& ſupportent la faim;
>> Vois le vieillard courbé, l'enfant preſſant le
>>>fein,
Etl'époux, & l'épouſe , & la mère , & la fille,
Tout un grand Peuple enfin compoſant tafa-
>>mille ,
>>>>( Car les Sujets desRois ſontleurs premiers en--
>> fans) ;
>>>Vois-les, dis-je, à tes pieds , incertains & trem--
>> blans :
» Sauvez-nous , diſent-ils , d'une guerre inteſtine :.
Faut-il à l'incendie , au meurtre , à la ruine,
Abandonner encor nos champs & nos cités !
Ah! pourd'autres emplois que nos calamités ,
» Réſerve unfangpour toitoutprêt àſe répandre.
>> Réſiſterez-vous donc à cette voix ſi tendre ?
>> Eh quel triſte bonheur, rapportant toutà ſoi ,
>>>Peut balancer ſon Peuple en l'âme d'un bon
Roi !
188 MERCURE DE FRANCE.
Le vôtre.... Mais , Seigneur ,jevoisqu'elle eft
➡émue.
>> Ah ! ne dérobez point ces larmes à mavue.
>> L'orgueil du Trône , hélas ! n'eſt que trop in-
>humain.
Guiſcardtend la main à Siffredi , & lui repro-
ched'un ton attendri qu'il l'a mis entre deuxpré-
cipices ; que détruire l'eſpoir de Constance, c'eſt
haſarder l'Etat ; que le remplir , c'eſt trahir Blan
che & le ſang deMainfroi.
>> De tous côtés déchiré, combattu ,
>> La vertu dans mon cœur s'oppoſe à la vertu.
Siffredi a fait le mal ; c'eſt à lurà venir à fon
aide. Il faut que le lendemain ilfaſſe au Sénat l'as
veu de ſa témérité , & qu'il appuie les droitsde
Guiſcard de fon fuffrage :
>>A ceprix
>>TonMaître te pardonne, & redevient ton fils.
Siffredi ſent les bontés de ſon Roi ; mais il s'en .
croiroit indigne s'il obéiflair. Guiſcard fort furieux,
endéclarant à Siffredi que Constance ne ſerajamais
quefa Sujette.
しき
>>>Toi , rends grâce à l'amour dont mon cœur eft
>> épris ,
>>>Qui te protége encor lorſque tu le trahis.
MARS. 1764.
SCENE III.
189
Monologue de Siffredi qui réſout de hâter le
mariage de ſa fille avec le Connétable. C'eſt le
ſeul moyende ſauver l'Etat & le Roi. Ce moyen
leperdra : mais s'agit-il de lui ?
SCENE IV.
SIFFREDI & OSMONT.
Civilités réciproques ; Ofmont reclame la pro-
meſſe du Chancelier , & en preſſe l'exécution. Cer
hymen, dit le Chancelier, importe à l'Etat. Ve-
nez : allons à Belmont ; vous y recevrez la main
de Blanche , ſans pompe & fans éclat,
ACTE ΙΙΙ.
La Scène est à Belmont.
Monologue de Blanche, qui ſe croyant trahie
parGuifcard, lui adreſſe des reproches &des plain-
tes ſur toutes les affurances de fidélité qu'il lui
avoitdonnées ce jour même.
>>Ta tendreſſejamais ne fut plus éloquente.
>>>Hélas ! ſansraſſurer ta malheureuſe Amante,
>>Que ne lui diſois-tu que de ſuperbes loix ,
>> Dans la grandeur du Trône , empriſonnent les
२०
>> Rois :
Blanche enauroitgémi; mais moinsinfortunée,
•N'accuſant que ton rang & que fadeſtinée,
>>Elle eût vécu peut-être , &c.
1
190 MERCURE DE FRANCE.
Siffredi arrive , & Blanche fait un vain effort
pour lui cacher ſes larmes & ſon trouble. Siffredi
plaint ſa fille; il ne veut point l'accabler ſous le
poids du reproche. Il devoit prévoir ce qui eſt ar-
rivé , & il s'accuſe lui-même plus qu'il ne la blâ-
me: mais il faut s'armer de courage , & faire un
généreux effort. Il ſeroit trop honteux qu'on pût
croire qu'elle nourrît encore quelqueeſpoird'être
aimée du Roi .
BLANCHE.
>>>Ah ! cet eſpoir , Seigneur , il l'atrop biendétruit.
SIFFREDI.
Il l'adû. De vos feux quel eût été le fruit ?
>>Ta folle paſſion a-t-elle donc pu croire
>> Qu'oubliant ce qu'il doit à ſon peuple, à fa
>>gloire ,
D'un romaneſque amour mépriſable héros ,
>>>Il dût , pour être àtoi , hazarder ſa Couronne ?
Crois-tu que j'eufle ſouffert qu'allumant ſes feux
aux flambeaux de votre hymen,
Que mon fang , que ma fille endevînt la furie
Siffredi lui déclarequ'il n'y auroitjamais conſen
ti. Il eſpère qu'elle n'aura bientôt plus que zèle &
reſpect pour fon Roi. Mais ce n'eſt pas aſſez:
>>>On ne vit pas pour ſoi.
>>>Plusle ſort nous élève au-deſſus du vulgaire ,
>>>Plus il nous met en butte à ce juge ſévère ,
1
>>T'immolant notreſang, nosbiens , notrerepos,
>>> La Diſcorde cruelle embrasât ma Patrie ,
MARS. 1764.
Igr
Qui cherche nosdéfauts , &, ſans reſpect des
>> rangs,
>>>Conſole ſa baſſeſſe en médiſantdesGrands.
Ilfaut le convaincre que ma fille , à l'exemple
dn Roi ,a ſçu ſe vaincre elle-même ,
>>>Et coupant àl'eſpoir ſa derniere racine ,
>>>Prendre un illuſtre époux que ma main te def
>> tine.
Acette propoſition Blanche paroît éperdues
ſon pere lui nomme le Connétable :
>> Il eſt puiſſant , vous aime.
>>Je vois en vain vosyeux de larmes ſe remplir :
>>Ma parole eſt donnée, elle doit s'accomplir,
>>>Et dès aujourd'hui même.
Blanche fait à ſon père les ſupplications les
plus touchantes ; elle ſe jette à ſes pieds , les
baigne de larmes , ajoute aux raiſons les plus
fortes ce qu'elle croit le plus capable d'émou-
voir. Siffredi eſt attendri, mais inébranlabledans
ſesprincipes ; il ne céde point àla pitié. Il décla-
re à Blanche qu'il va lui amener Ofmont. Venez ,
dit-il à Laure qui paroît ;affermiſſez Blanchepar
vos conſeils ; que je la retrouve préparée à m'o-
béïr.
BLANCHE.
>>Non , ce n'eſt qu'àla mort que mon cœur ſe
>>diſpoſe.
>> Quel amour est trahi ! quel devoir on m'im
poſe.
>>>Ah , Laure !
192 MERCURE DE FRANCE.
Laure lui dit qu'elle ne peut approuver
fa
douleur ; queGuifcardne méritepasſes larmes.
Ce n'eſt que du mépris qu'ondoit à ceparjure.
BLANCHE.
>> Sans doute... Mais , hélas ! crois-tu quainſi ſou-
>>dain
Un coeur puifſe paſſer de l'amour au dédain ?
Qu'un ſentiment ſi cher né dans la ſolitude ;
- Par l'eſtime formé , nourri par l'habitude ,
>> Soit détruit auſſitôt qu'on ceſſe d'eſtimer ?
> Longtemps on aime encore en rougifſſant d'ai
>> mer !
Elle apprend à Laure queſon père veut qu'elle
épouse Osmont ; qu'elle l'épouſe cejour même.
LAURE .
- Eh bien , vous êtesoutragée.
>> Ce jour a vu l'affront , il vous verra vangée.
BLANCHE.
>> Vangée ! hélas! ſur qui ? Sur Guiſcard ou fur
>> moi.
Laure lui repréſente avec force tout ce qui
s'eſt paflé au Sénat , on dit , ajoute-t-elle, que
demain il épouſe Conſtance.
BLANCHE."
LAURE .
›Pouvez-vous balancer ?
>>Ah , parjure ,
BLANCHE.
MARS. 1764.
BLANCHE.
>> coœur
M
Dès demain ?
LAURE.
BLANCHE.
>> geur... :
193
On l'affure.
Eh , qu'il étouffe donc , s'il ſe peut, dans ſon
Le cri du ſang d'un père & le remord van-
>>>Laure, je veux t'en croire , un fier dépit me
>>guide.
>>Tu me regretteras, homme lâche & perfide!..
>>>Oui , mon hymen fera ſon tourment & le mien.
>> Il a trahi mon cœur ,j'ai mal connu le ſien ,
D'un repentir tardif il ſera la victime,
>> Je ſervirai d'exemple à celles qu'une eſtime
>>>Dans leur crédule eſpoir trop prompte à ſe
former ,
>>Sous l'appas des vertus engageroit d'aimer.
Laure applaudit à cette réſolution.Que votre
hymen précéde celui de Guiſcard.
>>>Que dans les bras d'Oſmont le perfide vous
>>voie.
Quelle joie !
A
BLANCHE.
Oui dans mon déſeſpoir je goûterai lajoie...
SCENE IV.
Siffredi s'avanceavec Ofmont , il lelepréſente
préſente àà
1
194 MERCURE DE FRANCE.
ſa fille. Ofmont lui ditque l'aveu d'un père au
toriſe ſes feux , mais que ce n'eſtpas affez pour
fon bonheur.
» Croirai-je que du moinsla vertueuſe Blanche
>>>Conſentira ſans peine à former ce beau nœud?
BLANCHE.
>> Seigneur.... l'obéiſſance... unpère... ſonaveu...
Je me meurs........
OSMON T.
>>Ciel!
SIFFREDI.
Ma fille! à peine elle reſpired
BLANCHE.
à Laure .
» Omon père!.. aide-moi... Je ne puis me con
>> duire.
SIFFREDI , à Ofmont.
>> Je la ſuis , pardonnez àmon ſoinpaternel.
OSMONT.
>>>>Jene vousquitte point dans cetroublemortel.
ACTE IV.
Monologue de Blanche qui vient d'épouſer
Ofmont.
>
>>C'en eft donc fait , hélas! un nœud fatal me
>>lie,
>>Mon malheur n'aura plusde terme que ma vie.
» Puiſſe mon père un jour ne ſe point reprocher
>>Le ſacrificeaffreuxqu'il me vientd'arracher !
MARS. 1764 .
195
Veux-tu précipiter mesvieux ans dans latombe?
M'a-t-il dit. A ce mot mon courage ſuccombe:
>> J'ai traîné vers l'Autel mes pas avec terreur.
O ! comment exprimer ce qu'a ſentimoncœur!
Quand à la main d'Olmont j'ai joint ma main
>>> tremblante.
Laure accourt troublée & tenant un biller.
Guifcardl'avoitcommisauxſoinsdeRodolphe qui
n'apule remettre plutôt à Laure.
BLANCHE.
• Quoi Guiſcard.... Il m'écrit! ...Croit-il par une
Lettre...
>> Voyons , Laure... Mais, non... mon cœur m'en
>>preſſe envain ,
» Non , je ne lirai pointun billetque ſa main..
Eh ! que peut-il medire? ...
Laureditque ſon frère proteſteque ſon Mai-
tre eſt innocent , & n'a fait que ſe prêter à la
néceſſité. Qu'il alloit lui expliquer ce myſtère;
mais qu'Ofmont& Siffredi mandés à Palermel'ont
appellé près d'eux. Blanche frappéede ce Dif-
cours , prend la Lettre...
Donne ,
» Ah ! donne.... ma main tremble , & tout mon
* >> corps friffonne...
>>Que tantôt àl'aſpect d'un billet de ſa main
Un trouble différent eût agité mon ſein !
Blanche lit la Lettre où Guiſcard la raſſure,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
lui dit qu'il la verra ſitôt qu'il en ſera maître
finit , par lui jurer qu'en dépit de tout il n'y a rien
que la mort qui puiſſe l'empêcher d'unir ſon fort
au ſien. Cette lettre jette Blanche dans le plus
grand trouble & le plus grand déſeſpoir : elle
ne peut plus penſer que Guiſcard l'air trahie,
& elle s'en voit pour jamais léparée.
O dépit inſenſé ! trop aveugle courroux !
>> Un inſtant a donc mis un abîme entre nous?
Auroit-elle du ſitôt en croire les apparences ;
devoit elle ſe hâterde perdre ſon amant & elle ?
>>>C'eſt toi qui l'as voulu père trop rigoureux !
>>De ton âge endurci la cruelle prudence ,
>> Un moment de dépir , une folle vangeance ;
Toi-même , Laure hélas , ta fatale amitié,
Vous m'avez tous trahie & mon cœur s'eſt lié.
• Laure s'excuſe ſur ſon zéle , elle accuſele Prince
tout au moins de foibleſſe.
>>L'amour est moins timide en un cœur magna-
>>nime.
BLANCHE , vivement.
>Arrête, Laure,& crains que tatémérité ;
> Ne porte un jugement encor précipité.
► Dans l'abîme déja, c'eſt toi qui m'as pouffée.
Blanche , après bien des agitations ſe déter-
mine enfin à n'avoir aucune explication avecle
MARS. 1764 .
197
Roi , à ne le jamais voir ,à dévorer ſespleurs en
fecret& furtout à bien cacher ſes douleurs à ſon
έρουχ.
>>>Je l'ai vu m'obſerver d'un œil ſombre, inquiet.
>> Il ſembloitde moncœur épier le ſecret ;
>> S'il en eſt encor temps qu'à jamais il l'ignore.
>>Mais périr lentementd'un feuqui vousdévore
>>>Et dans ſon cœur fans ceſſe en étouffer l'éclat,
>> Eprouver au-dedans un douloureux combat ,'
>> Et montrer au dehors un front calme & tran-
>>> quille;
>>Que la vie eſt alors un fardeau difficile !
SCENE III.
LeRoi s'avance.Un tremblement ſaiſitBlanche ,
elle veut fuir , & n'en a pas la force: Guifcardle
jette à ſes pieds avec tranſport. Etonné de ſa
froideur , m'aurois-tu fait l'affront, lui dit-il de
douter de mon cœur ?
>>Ton âme net'a pasrépondudela mierine !
Sçache, lui dit-il , que ton père abuſant de
monſein, a tourné contrenous...
>>Mais quel tourment te preſſe ?...
>>Tu trembles ... tu pâlis ... ma chère Blanche !
BLANCHE , du ton de la douleurla pluspro
fonde.
>> Eh ! laiſſe-moi,Guiſcard.
I iij
-Laille!
1
198 MERCURE DE FRANCE.
GUISCARD.
>>>Moi , te laiſſer ! jamais,
Non , jamais ...A mon cœur il faut rendre la
»paix;
>> Il faut qu'àton amant cette bouche adorée
>>Renouvelle lafoi ...
BLANCHE.
>> Mon âme eſt déchirée ?
>>O crime irréparable !
GUISCARD , vivement.
>>>Il ne l'eſt pas : eh bien
>>Ton coeur s'eſt trop hâté de condamner le
>> mien :
>>Tu devois mieux connoître un Amantqui t'a-
->>dore.
>>Mais tout eſt réparé , ſi tu m'aimes encore....
>>>Dis que je fuis aimé.
La réſiſtance de Blanche, ſon trouble, ſon em
barras , tout annonce à Guiſcard un ſecret qu'on
lui cache. Il preſſe Blanche de s'expliquer. Après
pluſieurs repliques de part &d'autre , ellelui ap-
prend qu'Ofmont eſt ſon époux.
Ofmont !
GUISCARD .
» Il eſt trop vrai.
GUISCARD .
>> Je reſte confondu....
2
Ton époux ! .. Que dis-tu
BLANCHE.
MARS. 1764.
>>>Qu'as-tu fait , juſte ciel ?
BLANCHE.
>>Une fatale erreur ....
»Tu l'aimois... oui.
199
>> L'autorité d'un père,
GUISCARD.
>> Perfide ! elle t'eſt chère "
>> Cette erreur que l'amour auroit ſçu démentir.
>> Penſes-tu m'abuſer par un vain tepentir ?
>>Oſmont , o ciel ! Oſmont poſſeder tant de char-
BLANCHE..
Cruel !
GUISCARD.
>>>Je vois couler tes larmes.
► Que fervent à préſent ces regrets ſuperflus ?
>>Toi ſeul as pu nous perdre , & tu nous asperdus.
>>Ciel ! tandis qu'accuſant l'éternité des heures ,
>> Mon cœur impatientvoloit vers ces demeures ,
>>Blanche me trahiſſoit !
BLANCHE.
>> Eh bien ! tu dois haïr
>>Celle qui t'adoroit , & quit'a pu trahir.
>>Je netedirai point que mon père... que Laure...
>>>Plus àplaindre quetoi,je m'accuſe & m'abhorre.
>>Va , d'un fatal amour perds juſqu'au ſouvenir ;
>> Laiſſeà montriſte cœur le ſoin de me punir ,
>>Etfuis-moipourjamais.
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
GUISCARD.
Ma vie eſtdet'aimer.
Demande donc ma
Mais non , ajoute-t-il, tu n'as pu trahir tes
vœux &les miens;tun'aspu former ces nœuds
auxquels on t'a contrainte; tafoi m'étoit engagée.
> Oui , tes fermens d'avance avec moi t'ont liée
>> Cette main eſt à moi. ( il luiprend la main. )
OSMONT , qui arrive ence moment.
>>> Madame , oubliez- vous
→Qu'elle vient d'être unie à celled'un époux ?
BLANCHE.
>> Non. Ces nœuds ſont ſacrés , & mon cœur les
>> révère.
Siffredi paroît ; ellecourt à lui, & fort enle con-
jurant de détourner les maux qu'elle prévoit.
LeConnétable parle fièrement au Roi ; Siffredi
lui oppoſe lesdroits de père & d'époux ; Guifcard
reproche à Siffredi l'abus qu'il a faitde ſa ſigna-
ture Il ſoutient que Blanche entraînée aux Autels
n'a pu engager à Ofmont la foi; que ſes nœuds
l'effet de la ſurpriſe & de la violence , ſont nuls
que fondé fur la promeſſedeBlanche , & armé de
ſa toute-puiffance , il les fera briſer par la loi , &
il fort en diſant au Connétable :
>> Si le jour t'eſt cher, déſormais n'enviſage ,
>> Qu'avec l'œil d'un Sujet ſoumis & repentant ,
>>>Celle qu'aime ton Maître, & que mon Trône
>>>attend. Ilfort.
:
MARS. 1764.
201
Ofmont furieux s'emportecontre latyranniede
Guifcard; il ne veut plus le reconnoître pourRoi.
Ilcourt à Palerme déſabuſer Constance& les amis.
Siffredi, en blåmant le Roi , tâche à détourner le
Connétabledes partisviolens : celui- cirejette tous
les partis modérés. En ce moment, Rodolphe pa-
roît àla tête des Gardes ; Ofmont, forcé d'obéir ,
lui rend ſon épée, & leſuit au Fort, où Rodolphe
a ordre de le conduire. Siffredi le quitte en luidi-
fantqu'il va trouver le Roi:
>> Mesyeux par le ſommeilne ferontpas fe més,
Quevous ne ſoyez libre, & les eſpritscalmés.
ACTE
Ilfaitnuit.
V.
SCENE PREMIERE.
Monologue de Siffredi. Il a vu le Roi : leCon-
nétable ſera libre aux premières traces du jour ,
mais le Roi perſiſte à ne pas vouloir le reconnoî-
tre pour époux deBlanche. Réflexions ſur les paf
fionsdes Rois. Retour de Siffredi ſur lui-même.
SCENE II.
OSMONT & SIFFREDI
Oſmont a obtenu du Commandant du Forr,
qui eſt ſa créature, d'en ſortir , à conditiond'y
rentreravant lejour. Il ne reſpire que vengeance
& fureur. Siffredi tâche de le ramener àdes partis
modérés; Ofmont lui oppoſel'honneur......
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
4
SIFFREDI .
>>N'appellez point honneur cet enfant de l'or-
gueil ,
>>Eternel artifan dediſcordre&dedeuil,
>> Qui , toujours altéré de ſang&de vengeance,
>>N'eſt jamais affez grand pour pardonner l'of-
>>fenſe ;
>>>Qui , ſuperbe & farouche , immole tout à ſoi,
>>>Et prend le préjugé , non la vertu , pour loi.
Siffredi lequitte, en lui diſant qu'il fera de nou-
veaux efforts auprès du Roi.
>> S'il perfiſte à n'avoir que ſon defir pour loi ,
>Je ne partagerai vos complots ni fon crime ;
>>Maisje ferai , Seigneur , ſa première victime.
Ofmont, àqui la modération de Siffredi eſt ſuf-
pecte, &qu'elle ne rend que plus furieux , réſout
de s'aſſurerde Blanche avant que de rentrer au
Fort.
>>J'ai des amis tout prêts, la nuit me favoriſe ;
>>>Allons lesdiſpoſer autour de ce Palais.
>> Il fautde mon projet aſſurer leſuccès,
>>>Il fautpouvoir forcer mon épouſe àme fuivre...
>>Ah! dans lesnoirs tranſports auxquels mon cœur
1
∞ſe livre,
>>>>Elle, Guiſcard& moi,je puistoutimmoler.
>>J'entendsdu bruit. Sortons.( ilfort.)
Blanche entre fuivie de Laure
leRoi.
MARS. 1764.
LAURE.
203
>>> Où voulez-vous aller ?
>>Errante en ce Palais , votre douleur muette
>> Ypromène au haſard ſa démarche inquiette ;
>>Et pourſuivant en vain un repos qui vous fuit...
BLANCHE .
→Abandonnemon âme au troublequi la fuit:
Vas , laiſſe-moi , ton ſoin m'importune & me
› gêne.
LAURE.
>>Moi , vous laiſſer, ô Ciel ! & lorſqu'àvotrepeine
>> Une effroyable nuit ajoute ſon horreur !
BLANCHE .
>>>Unehorreur plus affreuſe eſt au fondde mon
cœur.
Blanche oblige Laure à fortir.
>>>Laiſſe-moi ...jeleveux ... mon amitié l'exige.
>>Tes conſeils m'ont perdue.
Blanche reſte ſeule en proie aux agitations &
aux tourmensde fon cœur.Après s'y être livrée
quelque temps , elle ſe jette dans un fauteuil.
>>Ne puis-je me calmer ? .. La terreur me pour
>>>fuit.
>>>Quepour les malheureux l'heurelentementfuit!
>>>Qu'une nuitparoît longueà ladouleurqui veilles
Elleentend du bruit , elle ſe léve effrayée. C'eſt
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
GUISCARD.
>>>Raſſure- toi-
>>J'ai ſçu meménager une ſecrette entrée.
BLANCHE .
Comment en vous voyant puis-je être raſſurée !..
GUISCARD , l'interrompant.
>> O Blanche ! écoute-moi : le temps eſtprécieux.
> Rodolphe avec magarde attend près de ces lieux,
>>Et le trajet eſt court de Belmont à la Ville.
>>>Il faut me ſuivre ; viens , un reſpectable aſyle ..
BLANCHE.
> Qu'oſez-vous dire , ô Ciel ! & que propoſez-
>> vous ?
>> Un aſyle ! En eſt-il qu'auprèsde mon époux?
>>Guiſcard à ma vertu réſervoit cet outrage !
>>Avez- vous oublié qu'un nœud facré m'engage ?
>> Et que l'honneur me fait un auſtère devoir
>>Dene jamaisoſer vous entendre & vous voir ?
>>Que je ne dois ſongerqu'à bannir de mon âme
>> Le ſouvenir trop cher d'une première flâme ?
>>Que vous devez mefuir? & qu'épouſed'Oſmont,
» Votre amour déſormais n'eſt pour moiqu'un
>> affront ?
Non , dit Guiſcard , tu ne l'es pas : Ofimont eſt
ton raviſſeur. On a ſurpris ta foi. Si la Loi te dé
gage & te permet ....
MARS. 1764.
BLANCHE.
250
>> Seigneur ,
> La Loi permetſouvent ce que défend l'honneur.
Guiſcard inſiſte , Blanche demeure ferme; on
voit tout ce qu'il en coûte à ſon cœur ;un ſenti-
ment trop tendre lui échappe ,elle s'en apperçoit,
revient ſur elle-même , & , avec un effort marqué ,
elle dit à Guiſcard ,
» Plaignez , mais reſpectez la chaîne qui me lie,
> Et recevez de Blanche un éternel adieu.
Guiſcarddit qu'il ne le reçoit point ; un affreux
déſeſpoir s'empare de lui.
» Je ne me connois plus; Blanche veut que je
>> meure;
» Oui , tu le veux....... Eh bien , j'obéis, & fur
>>>l'heure
» Ce fer ....
BLANCHE.
>>>Guiſcard, arrête ,ou le plonge en mon ſein..
>>>Termine par pitié mon malheureux deſtin.
>>C'en est trop... Jeſuccombe àma peine cruelle,
>> Au nom de cet amour! ..
GUISCARD.
>>Trahi par toi , cruelle t
BLANCHE.
:
Oui , j'ai trahi l'amour , mais il reſte àmon
» cœur
206 MERCURE DE FRANCE.
>>La vertu qui conſole au comble du malheur,
» Veux-tu me la ravir ?
>>gloire ?
► Non....
>> vangeance ;
> Défends-toi.
:
Ils ſe battent.
....
veux-tu fouiller ma
>> Si je pouvois, cruel , & te ſuivre , & te croire ;
>> Serois-je digne encor , &dujour , & de toi ?
GUISCARD ..
>Ne lui reproche rien.
>> Je meurs à tespieds.
Dans ce moment Ofmont arrive.
> Guiſcard aux pieds de Blanche ! A moi ,Tyran,
GUISCARD.
>>>Songe , traître , à ta propre défenſe..
Ofmont tombe mortellement
bleſlé; Blanche court à lui ; il ſe ranime , & luj
plonge ſon épéedans le ſein.
>>>Femme perfide , meurs.
Siffredi entrealors, voit ſon gendre mort , &fa
filleexpirante.
► Contemple ton ouvrage, lui dit Guifcard.
BLANCHE , à Guifcard.
» O ! ſi je te fus chère , accorde-m'en le gage :
SIFFREDI.
Infortuné vieillard !
MARS. 1764.
àGuifcard.
BLANCHE .
>>card;
>>donne....
àfonpère.
GUISCARD.
207
>> Conſoles ſes vieux ans.... Vous , conſolez Guif-
>>>L'un à l'autre, en mourant, ma tendreſſevous
>> La lumière me fuit ... la force m'abandonne.
>>Ciel! prends pitié de moi..... Guiſcard ..... ta
>> main ? ... Je meurs .
Elleexpire ! La mort réunira nos cœurs.
Ilveutse tuer , on ledéfarme.
Ce que les bornes d'un Extrait nous
ont fait fupprimer de vers , eſt en perte
pour la gloire de l'Auteur & pour le plai-
fir des Lecteurs. Nous exhortons ces
derniers à fe procurer la lecture de l'Ou-
vrage en entier. CetteTragédie ſe trouve
imprimée , à Paris , chez SEBASTIEN
JORRY , Imprimeur- Libraire , rue &
vis-à-vis de la Comédie Françoife.
Tragédie de M. SAURIN,
de l'Académie Françoise. Représentée
pour la première fois le 25 Septembre
1763, & reprise le 23 Janvier
1764.
PERSONNAGES. ACTEURS.
Le Comte de GUISCARD, M. Le Kain. Le
Le Comte OSMONT ,
Connétable de Sicile , SIFFREDI , Grand Chancelier, BLANCHE , Fille de Siffrédi , LAURE , Amie & Confidente de Blanche , RODOLPHE , Frère de Laure & Confident de Guiſcard, GARDES.
M. Molé.
M. Brizard.
Mlle Clairon.
Mlle Preville.
M. Dauberval.
La Scène eft en Sicile. Les deux premiers Actes
ſepaſſent à PALERME , Capitale du Royaume.
Hv
(
178 MERCURE DE FRANCE.
Les autres à BELMONT , maison de plaisancede
Siffredi & qui touche à PALERME.
CETTE Piece eſt imitée de Tancréde & Sigif-
monde , Tragédie Angloiſe de feu Tomson , Au-
teur célébre du Poëme des Saiſons. Un épiſode
du Roman de Gilblas , qui a pour titre le Ma-
riage de vangeance en a fourni le Sujet. Voici
l'Avant- Scène.
Mainfroi Roi de Sicile a été dépouilé du
Royaume & de la vie par Guillaume ſon frère
puîné : celui-ci , qui fut ſurnommé le mauvais ,
eſt mort au bout dedeux ans d'un régne tyran-
nique,laiffant deux enfans , Guillaume leBon ,
qui lui a ſuccédé , & une fille nommée Constance.
Il étoit refté un filsunique deMainfroi. Guillau-
me le Bon ne voulutpoint le faire périr & confia -
cet enfant en bas âge aux ſoinsdu Chancelier à
qui il ordonna de l'élever comme un ſimple
Gentilhomme & fans lui faire connoître ſa naif-
fance , ni ſes droits. Le fils deMainfroi élevé
ainſi dans la maiſon de Siffrédi , ſous le nom de
Guifcard , a pris une forte paſſion pour Blanche,
fille du Chancelier , & Blanche n'en fent pas
pour lui une moins forte. Les chofes en cet étar ,
Guillaume le Bon eſt ſubitement frappé d'un
mal violent ; il touche à ſa fin , & c'eſt alors
que la Piéce commence.
ACTE PREMIER.
SCENE PREMIERE .
BLANCHE & LAURE..
Blanchedéplore la perte que la Sicile va faire
MARS. 1764.
179
dameilleur des Rois. Il n'y a plus d'eſpérance ,
ditcelle-ci , le trouble& la terreur ſe peignent
fur tous les fronts.
BLANCHE.
>> Triſte effet du retour que chacun fait ſur ſoi !
>> Nous n'éprouvons jamais un ſi lugubre effroi
Qu'alors que nous voions de cette haute ſphère,
>>>Où la ſplendeur du trône éblouit le vulgaire ,
>> Tomber ces Dieux-mortels & ſemblables à
» nous ,
:
Rentrer au fein commun d'où nous fortimes
tous.
Blanche craint les changemens que la mort
du Roi va apporter dans l'Etat longtemps en
proie aux plus cruelles diviſions. Il y a dans l'E-
tat deux partisennemis & puiſſans. La prudente
fermeté du Roi eſt un frein qui les a conte-..
nus; mais fi le Roi meurt , le Trône paſſe à
Constance , le Connétable Ofmont eſt ſonfavori -
>>Miniſtre de l'Etat & Magiſtrat ſuprême, .::
>>>Mon père contreOfmont a ſouvent éclaté
>>>Dans les troubles cruels qui nous ont agité ,
>> Son zéle toujours pur , ſon cœur patriotique ,.
Ses rigides vertus , dignes deRome antique ,
>>Ont longtemps diviſé leConnétable& lui ,
22Olmont doit le hair.
Laureditquedepuis quelque temps ils ſe ſons
réunis. Dans le reſte de la Scène il eſt queſtion
deGuifcard , de l'obfcurité qui eſt répandue fur
fon deſtin , de l'amour qu'il a pour Blanche..
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE .
>>>Non , cet amour qui regne en un cœur amolli,
>> Par qui plus d'un Héros s'eſt ſouvent avili ;
>> Mais ce céleſte feu , cette divine flâme ,
>> Qu'un digne objet allume & qui porte en notre
>> âme
>>De toutesles vertus legerme précieux,
>> Le plusbeau des préſent que nous ont faitles
>> cieux ;
>> Des grandes actions ſource heureuſe & féconde,
>>>L'âme , à la fois , la gloire & le bonheur du
>> monde.
Cet amour est l'âme de tous les entretiensque
Guifcard & le frère de Laure , Rodolphe , ont en-
ſemble, mais que penſe de lai ton frère , lui dit
Blanche? Il penſe que tout enlui annonce &pro-
metun héros ; que ſon âme eſt élevée, coura-
geuſe, humaine, & que ſi la fouguede ſon na-
turel ardent l'emporte quelquefois , la Raiſon
bientôt le raméne.
>> Il ne le flatte pas : ah ! pour un tendre cœur
>>S'il eſt , ma chère Laure , un plaiſir enchanteur ,
>>>C'eſt de voir applaudir le digne objet qu'on
» aime ,
>>>De s'entendre louer dans un autre ſoi-même.
Notre âme éprouve,alors, un ſidoux Sentiment!
C'eſt louer plus que nous , que louer notre
amant.
MARS. 1764.
SCENE II.
BLANCHE , SIFFREDI,
181
Ilapprend à Blanche , que le Roi n'eſt plus.
s'approcher.
>> Des mortels il a ſubi la loi ,
Ma fille , il eſt paſſédans ce monde terrible ,
>>> Où des foibles humains le juge incorruptible
>> Voit frémir à ſes pieds nos maîtres abbattus ,
Sans garde & protégés de leursſeules vertus.
Il ajouteque le Roi a vu d'un œil ferme la mort
>> Nedemandant au ciel qu'un momentderetard ,
>Qui lui permit de voir & d'embraſſer Guiſcard.
BLANCHE ,
NCHE , avec émotion.
Guiſcard! ... le Roi ! ... mon père ......
SIFFRFDI .
>> Eh bien , aunomdu Comte,
>> Ma fille , d'où vous vient une rougeur ſi prom-
>pte!
>>>Cet intérêt , ce trouble & cette émotion ?
>>Mon père •
BLANCHE.
>>>frère.
il eſt le fils de votre adoption :
>>>Je prends part à ſon ſort comme à celui d'un
SIFFREDI .
>> Il ſuffit. Laiſſez-moi : vous ſçaurez ce myſtère.
Siffredi dans un monologue fait voir toute la
douleur qu'il a de ne pouvoir douter que ſa fille
& Guifcard ne s'aiment: il ſe reproche de ne
182 MERCURE DE FRANCE.
l'avoir pas prévu & il frémit des ſuites: le Roi
en mourant vient de reconnoître Guifcard pour
l'héritier du trône , mais c'eſt à condition qu'il
épouſera
Constance ,
cet Hymen peut ſeul
allurer le repos de l'Etat. C'eſt le ſeul moyen
d'empêcher que la Sicile ne ſoit encore en proi e
à toutes les horreurs d'une guerre inteſtine .
D'ailleurs , Siffredi eſt engagé de parole avec
Ofmont, il lui a promis ſa fille en mariage , l'u--
nion du Chancelier avec le Connétable, impor-
re au bien Public & Siffredi ne connoît rien qui ,
puiſſe entrer en balance avec ſa parole & fon
devoir.
>>>Périſſe le mortel, pèriſſe le cœur bas
>>>Qui , portant dans ſes mainsle deſtindesEtats ,
>> Plein des vils ſentimens que l'intérêt inſpire,
>>>Immole à ſa grandeur le ſalutd'un Empire.
Guifcard paroît:
Siffredi avant que de ſedé
clarer veut ſonder fon cœur : il lui confirme la
mort du Roi & fait un Eloge de ce Prince qui
puiffe enmême temps ſervir de leçon àGuiſeard.
>> Il tenoit pour maxime
>> Qu'un Roi doitpréférer ,( obſédé comme ileſt,
>>>Un ami qui l'afflige au flatteur qui lui plaît.
: On ne vitpoint , au ſein de l'horrible mifère ,
Le laboureur gémir du bonheur d'être père ,
>> Il ſçut récompenfer & punir à propos ;
Père enfinde ſon Peuple , il fut plus queHéros.
Siffredi apprend enſuite à Guiſcard que la Cou-
ronne n'appartient point à Constance , mais àun
fils de Mainfroi , élevé dans l'obſcurité , & incon
MARS. 1764..
183
nu àlui-même. Illui apprend que le Roi a recon-
nu ce fils de Mainfroi pour ſon Succeſſeur ; mais
àconditionqu'il épouſeroit Conftance.
Guifcard, plein de feu & de nobleſſe , ſe met
d'abord à la place decejeune Prince , s'échauffe
en ſa faveur , mais doute qu'on puiſſe vaincre
P'horreur qu'il doitfentir , quand il ſe connoîtra ,
pour Constance,pour la fillede l'affaſſindeMainfroi..
Siffrédi combat ceſentiment , & fait voirla né-
ceflité du mariage ordonné par le Roi. Guiſcard
continue à s'élever contre..
:ד
>>>Eh ! que craindre après tout ? Ila pour lui, Sei
" gneur ,...
Sa naiſſance , ſes droits, ſans doute ſa valeur.
८
Tout le ſangde Guiſcard eſt prêt à couler pour -
ce Prince.
Couronsverslui ,Seigneur.Ah !dignedeſarace,
>>>Digne du Trône auguſte où furent ſes aïeux ,
>>>>Peut être qu'il ſe plaintque le ſort envieux ,
>>>Sur le théâtre obſcur d'une ſcène privée ,
>>Confine les verrus de ſon âme élevée ,
>> Et qu'il demande au Ciel l'heureuſe occafion
.nom
SIFFREDI...
>> Etpeut- être qu'auſſi ſa frivolejeuneffe
A
>> De montrer un grand cœur , & d'acquérir un
ככ
S'endort avec l'amour au ſein de la moleſſe !
Guifcard répond avec l'enthouſiaſme d'une âme
jeune& grande,
20
1
184 MERCURE DE FRANCE.
>>Mon cœur réponddu ſien : oui, Seigneur , ſans
>>effort ,
>> De mon état obſcur je m'élève àſon ſort;
> Et je ſens qu'à l'aspect de ſa noble carrière ,
>> Mon âme avec tranſport s'élançant toute en
>> tière,
>>Brûleroit d'égaler, en vertus comme en rang,
>> Ces Héros glorieux dont je ſerois le ſang.
trace:
SIFFREDI .
>>> Eh bien! hâtez-vous donc de marcher ſur leur
>>Et vous, dont il promet d'être la digne race,
>> Mânes de ſes Aïeux, je vous prends à témoins.
Guiſcardeſt étonné ,prie le ciel de lui donner les
vertus de ſon nouvel état , marque ſa reconnoif
même. Mais , lui dit Siffredi ,
>> C'eſt le Roi des Romains....
GUISCARD .
:
fance à Siffredi , ne veut régner que par ſes con-
ſells, &c. mais montre toujours le plus grand
éloignement pour le mariage de Constance : c'eſt
leſeulpoint ſur lequel il n'en veut croire que lui
>>> Un autre à vos refus doit avoir la Couronne.
>>Mais le ſang me la donne.
>> Je maintiendrai mes droits. Aſſemblez le Sénat .
>>>Allez , & que les Grands , les Barons de l'Etat
>> Viennentrendre à leur Maître un légitime hom-
>> mage.
MARS. 1764.
184
L'Acte finit par un Monologue de Guiſcard , où
tout ſon amour pour Blanche éclate. Il eſt tranf-
porté de l'idéede mettre un Diadême aux pieds de
cequ'il aime.
>>>Je vois fans m'éblouir l'éclat du rang ſuprême.
>>> Mais , ô ma chère Blanche ! un Trône t'étoit dû :
Je vais, en t'y plaçant , couronner la vertu.
ACTE ΙΙ.
Dans l'intervalledu premier & du ſecondAle,
Guifcardvoulant raſſurer Blanche , qu'il a trouvée
en larmes, & craignant de le perdre , lui a laillé
ſa fignature, comme un engagement de la part ,,
qu'illui a ordonné de remettre au Chancelier , en
lui déclarant ſes intentions pour elle. Blanche a
remis cette fignature àſon père , qui , rendu au
Sénat, en a fait un uſage contraire aux deſſeinsdu
Prince. Après avoir fait lecture du Teftament du
feu Roi , qui , en rappellant Guiſcard au Trône ,
ordonne qu'il épouſera Constance , il ajoute que le
Prince conſentoit à tout. Voilà , a- t- il dit , un acte
figné de ſa main royale , par lequel il aſſure ſa
Couronne & ſa foi à Constance. Au moment
même la voûte a retenti d'un applaudiſſement
général ; la joie s'eſt peinte ſur tous les fronts.
Guifcard interdit & confus , ne poffédant encore
que le nom de Roi , fans pouvoir , fans expérien-
ce, n'a pas cru devoir en ce moment s'oppoſer au
vœu de tout l'Etat : il s'eſt levé, & a remis l'ac
ſemblée au lendemain.
:
186 MERCURE DE FRANCE.
SCENE PREMIERE.
GUISCARD & RODOLPHE.
Guifcard furieux apprend à Rodolphe tout ce
qui s'eſt paffé ; Blanche placée par ſon père au
rang des ſpectateurs , a ététémoin decette ſcène
cruelle. Guifcard venoit pour la déſabuſer ; mais
Siffredi a fait partir ſa fille pour Belmont. Et
quoiqueBelmont touche à Palerme, d'indiſpen-
fables ſoins enchaînent Guiſcardà la ville. Mais,
en attendant qu'il puiſſe voir Blanche, & qu'au
Conſeildulendemaintout ſerépare, il veut écrire
àBlanche. En ce moment Siffredi paroît.
SCENE II.
GUISCARD & SIFFREDI.
Guifcardlui fait les reproches les plus vifs. Sif
fredi s'oppoſe à l'indignation & aux emportemens
de Guifcard, avec le calme d'une âme remplie de
l'amour de ſon devoir & de ſa Patrie. On lui a
remis le ſeing du Roi. Il a cru, pour s'en ſervir ,
nedevoir confulter que la gloiredu Roi &le falut
de l'Etat; & pourvu qu'il fauvât l'une & l'autre , il
n'a compté pour rien de ſe perdre lui-même. Il
lui repréſentefortement qu'iln'y a que l'hymen
de Constance qui puiſle affermir la Couronne fur
ſa tête , qu'en ne l'épouſantpas, il doit craindre
laplusfuneſterévolution pour leRoyaume &pour
lui-même ; qu'il hafarde l'Etat , & fon Trône , &
ſa vie. Guiſcard eſt réſolu de tout braver : mal-
heur à qui ofera lui réſiſter , malheur à Siffredi
Jui-même. Siffredi lui préſente ſon ſein , & lecon--
1
MARS. 1764.
187
Jure enſuited'écouter celui quilui ſervit de père ,
&qui, pour le ſeul avantage de l'Etat & du Roi ,
refuſoit ce qu'un autre peut-être acheteroit d'un
crime. Ilſejette à ſes pieds.
!
>> Vois ton ami , ton père, embraſſanttes genoux;
>> Te conjurer en pleurs de te vaincre toi- même ;
>>A tes pieds avec moi , vois un Peuple qui t'aime,
Etque le Ciel confie àtesſoins paternels.
>>Citoyens, Magiſtrats , Miniſtres desAutels,
>>>Tous ceux de qui la main aux travaux occupée
>>Fait croître la moiſſon de leur ſueur trempée ,
>>>Qui nourriſſent l'Etat ,& ſupportent la faim;
>> Vois le vieillard courbé, l'enfant preſſant le
>>>fein,
Etl'époux, & l'épouſe , & la mère , & la fille,
Tout un grand Peuple enfin compoſant tafa-
>>mille ,
>>>>( Car les Sujets desRois ſontleurs premiers en--
>> fans) ;
>>>Vois-les, dis-je, à tes pieds , incertains & trem--
>> blans :
» Sauvez-nous , diſent-ils , d'une guerre inteſtine :.
Faut-il à l'incendie , au meurtre , à la ruine,
Abandonner encor nos champs & nos cités !
Ah! pourd'autres emplois que nos calamités ,
» Réſerve unfangpour toitoutprêt àſe répandre.
>> Réſiſterez-vous donc à cette voix ſi tendre ?
>> Eh quel triſte bonheur, rapportant toutà ſoi ,
>>>Peut balancer ſon Peuple en l'âme d'un bon
Roi !
188 MERCURE DE FRANCE.
Le vôtre.... Mais , Seigneur ,jevoisqu'elle eft
➡émue.
>> Ah ! ne dérobez point ces larmes à mavue.
>> L'orgueil du Trône , hélas ! n'eſt que trop in-
>humain.
Guiſcardtend la main à Siffredi , & lui repro-
ched'un ton attendri qu'il l'a mis entre deuxpré-
cipices ; que détruire l'eſpoir de Constance, c'eſt
haſarder l'Etat ; que le remplir , c'eſt trahir Blan
che & le ſang deMainfroi.
>> De tous côtés déchiré, combattu ,
>> La vertu dans mon cœur s'oppoſe à la vertu.
Siffredi a fait le mal ; c'eſt à lurà venir à fon
aide. Il faut que le lendemain ilfaſſe au Sénat l'as
veu de ſa témérité , & qu'il appuie les droitsde
Guiſcard de fon fuffrage :
>>A ceprix
>>TonMaître te pardonne, & redevient ton fils.
Siffredi ſent les bontés de ſon Roi ; mais il s'en .
croiroit indigne s'il obéiflair. Guiſcard fort furieux,
endéclarant à Siffredi que Constance ne ſerajamais
quefa Sujette.
しき
>>>Toi , rends grâce à l'amour dont mon cœur eft
>> épris ,
>>>Qui te protége encor lorſque tu le trahis.
MARS. 1764.
SCENE III.
189
Monologue de Siffredi qui réſout de hâter le
mariage de ſa fille avec le Connétable. C'eſt le
ſeul moyende ſauver l'Etat & le Roi. Ce moyen
leperdra : mais s'agit-il de lui ?
SCENE IV.
SIFFREDI & OSMONT.
Civilités réciproques ; Ofmont reclame la pro-
meſſe du Chancelier , & en preſſe l'exécution. Cer
hymen, dit le Chancelier, importe à l'Etat. Ve-
nez : allons à Belmont ; vous y recevrez la main
de Blanche , ſans pompe & fans éclat,
ACTE ΙΙΙ.
La Scène est à Belmont.
Monologue de Blanche, qui ſe croyant trahie
parGuifcard, lui adreſſe des reproches &des plain-
tes ſur toutes les affurances de fidélité qu'il lui
avoitdonnées ce jour même.
>>Ta tendreſſejamais ne fut plus éloquente.
>>>Hélas ! ſansraſſurer ta malheureuſe Amante,
>>Que ne lui diſois-tu que de ſuperbes loix ,
>> Dans la grandeur du Trône , empriſonnent les
२०
>> Rois :
Blanche enauroitgémi; mais moinsinfortunée,
•N'accuſant que ton rang & que fadeſtinée,
>>Elle eût vécu peut-être , &c.
1
190 MERCURE DE FRANCE.
Siffredi arrive , & Blanche fait un vain effort
pour lui cacher ſes larmes & ſon trouble. Siffredi
plaint ſa fille; il ne veut point l'accabler ſous le
poids du reproche. Il devoit prévoir ce qui eſt ar-
rivé , & il s'accuſe lui-même plus qu'il ne la blâ-
me: mais il faut s'armer de courage , & faire un
généreux effort. Il ſeroit trop honteux qu'on pût
croire qu'elle nourrît encore quelqueeſpoird'être
aimée du Roi .
BLANCHE.
>>>Ah ! cet eſpoir , Seigneur , il l'atrop biendétruit.
SIFFREDI.
Il l'adû. De vos feux quel eût été le fruit ?
>>Ta folle paſſion a-t-elle donc pu croire
>> Qu'oubliant ce qu'il doit à ſon peuple, à fa
>>gloire ,
D'un romaneſque amour mépriſable héros ,
>>>Il dût , pour être àtoi , hazarder ſa Couronne ?
Crois-tu que j'eufle ſouffert qu'allumant ſes feux
aux flambeaux de votre hymen,
Que mon fang , que ma fille endevînt la furie
Siffredi lui déclarequ'il n'y auroitjamais conſen
ti. Il eſpère qu'elle n'aura bientôt plus que zèle &
reſpect pour fon Roi. Mais ce n'eſt pas aſſez:
>>>On ne vit pas pour ſoi.
>>>Plusle ſort nous élève au-deſſus du vulgaire ,
>>>Plus il nous met en butte à ce juge ſévère ,
1
>>T'immolant notreſang, nosbiens , notrerepos,
>>> La Diſcorde cruelle embrasât ma Patrie ,
MARS. 1764.
Igr
Qui cherche nosdéfauts , &, ſans reſpect des
>> rangs,
>>>Conſole ſa baſſeſſe en médiſantdesGrands.
Ilfaut le convaincre que ma fille , à l'exemple
dn Roi ,a ſçu ſe vaincre elle-même ,
>>>Et coupant àl'eſpoir ſa derniere racine ,
>>>Prendre un illuſtre époux que ma main te def
>> tine.
Acette propoſition Blanche paroît éperdues
ſon pere lui nomme le Connétable :
>> Il eſt puiſſant , vous aime.
>>Je vois en vain vosyeux de larmes ſe remplir :
>>Ma parole eſt donnée, elle doit s'accomplir,
>>>Et dès aujourd'hui même.
Blanche fait à ſon père les ſupplications les
plus touchantes ; elle ſe jette à ſes pieds , les
baigne de larmes , ajoute aux raiſons les plus
fortes ce qu'elle croit le plus capable d'émou-
voir. Siffredi eſt attendri, mais inébranlabledans
ſesprincipes ; il ne céde point àla pitié. Il décla-
re à Blanche qu'il va lui amener Ofmont. Venez ,
dit-il à Laure qui paroît ;affermiſſez Blanchepar
vos conſeils ; que je la retrouve préparée à m'o-
béïr.
BLANCHE.
>>Non , ce n'eſt qu'àla mort que mon cœur ſe
>>diſpoſe.
>> Quel amour est trahi ! quel devoir on m'im
poſe.
>>>Ah , Laure !
192 MERCURE DE FRANCE.
Laure lui dit qu'elle ne peut approuver
fa
douleur ; queGuifcardne méritepasſes larmes.
Ce n'eſt que du mépris qu'ondoit à ceparjure.
BLANCHE.
>> Sans doute... Mais , hélas ! crois-tu quainſi ſou-
>>dain
Un coeur puifſe paſſer de l'amour au dédain ?
Qu'un ſentiment ſi cher né dans la ſolitude ;
- Par l'eſtime formé , nourri par l'habitude ,
>> Soit détruit auſſitôt qu'on ceſſe d'eſtimer ?
> Longtemps on aime encore en rougifſſant d'ai
>> mer !
Elle apprend à Laure queſon père veut qu'elle
épouse Osmont ; qu'elle l'épouſe cejour même.
LAURE .
- Eh bien , vous êtesoutragée.
>> Ce jour a vu l'affront , il vous verra vangée.
BLANCHE.
>> Vangée ! hélas! ſur qui ? Sur Guiſcard ou fur
>> moi.
Laure lui repréſente avec force tout ce qui
s'eſt paflé au Sénat , on dit , ajoute-t-elle, que
demain il épouſe Conſtance.
BLANCHE."
LAURE .
›Pouvez-vous balancer ?
>>Ah , parjure ,
BLANCHE.
MARS. 1764.
BLANCHE.
>> coœur
M
Dès demain ?
LAURE.
BLANCHE.
>> geur... :
193
On l'affure.
Eh , qu'il étouffe donc , s'il ſe peut, dans ſon
Le cri du ſang d'un père & le remord van-
>>>Laure, je veux t'en croire , un fier dépit me
>>guide.
>>Tu me regretteras, homme lâche & perfide!..
>>>Oui , mon hymen fera ſon tourment & le mien.
>> Il a trahi mon cœur ,j'ai mal connu le ſien ,
D'un repentir tardif il ſera la victime,
>> Je ſervirai d'exemple à celles qu'une eſtime
>>>Dans leur crédule eſpoir trop prompte à ſe
former ,
>>Sous l'appas des vertus engageroit d'aimer.
Laure applaudit à cette réſolution.Que votre
hymen précéde celui de Guiſcard.
>>>Que dans les bras d'Oſmont le perfide vous
>>voie.
Quelle joie !
A
BLANCHE.
Oui dans mon déſeſpoir je goûterai lajoie...
SCENE IV.
Siffredi s'avanceavec Ofmont , il lelepréſente
préſente àà
1
194 MERCURE DE FRANCE.
ſa fille. Ofmont lui ditque l'aveu d'un père au
toriſe ſes feux , mais que ce n'eſtpas affez pour
fon bonheur.
» Croirai-je que du moinsla vertueuſe Blanche
>>>Conſentira ſans peine à former ce beau nœud?
BLANCHE.
>> Seigneur.... l'obéiſſance... unpère... ſonaveu...
Je me meurs........
OSMON T.
>>Ciel!
SIFFREDI.
Ma fille! à peine elle reſpired
BLANCHE.
à Laure .
» Omon père!.. aide-moi... Je ne puis me con
>> duire.
SIFFREDI , à Ofmont.
>> Je la ſuis , pardonnez àmon ſoinpaternel.
OSMONT.
>>>>Jene vousquitte point dans cetroublemortel.
ACTE IV.
Monologue de Blanche qui vient d'épouſer
Ofmont.
>
>>C'en eft donc fait , hélas! un nœud fatal me
>>lie,
>>Mon malheur n'aura plusde terme que ma vie.
» Puiſſe mon père un jour ne ſe point reprocher
>>Le ſacrificeaffreuxqu'il me vientd'arracher !
MARS. 1764 .
195
Veux-tu précipiter mesvieux ans dans latombe?
M'a-t-il dit. A ce mot mon courage ſuccombe:
>> J'ai traîné vers l'Autel mes pas avec terreur.
O ! comment exprimer ce qu'a ſentimoncœur!
Quand à la main d'Olmont j'ai joint ma main
>>> tremblante.
Laure accourt troublée & tenant un biller.
Guifcardl'avoitcommisauxſoinsdeRodolphe qui
n'apule remettre plutôt à Laure.
BLANCHE.
• Quoi Guiſcard.... Il m'écrit! ...Croit-il par une
Lettre...
>> Voyons , Laure... Mais, non... mon cœur m'en
>>preſſe envain ,
» Non , je ne lirai pointun billetque ſa main..
Eh ! que peut-il medire? ...
Laureditque ſon frère proteſteque ſon Mai-
tre eſt innocent , & n'a fait que ſe prêter à la
néceſſité. Qu'il alloit lui expliquer ce myſtère;
mais qu'Ofmont& Siffredi mandés à Palermel'ont
appellé près d'eux. Blanche frappéede ce Dif-
cours , prend la Lettre...
Donne ,
» Ah ! donne.... ma main tremble , & tout mon
* >> corps friffonne...
>>Que tantôt àl'aſpect d'un billet de ſa main
Un trouble différent eût agité mon ſein !
Blanche lit la Lettre où Guiſcard la raſſure,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
lui dit qu'il la verra ſitôt qu'il en ſera maître
finit , par lui jurer qu'en dépit de tout il n'y a rien
que la mort qui puiſſe l'empêcher d'unir ſon fort
au ſien. Cette lettre jette Blanche dans le plus
grand trouble & le plus grand déſeſpoir : elle
ne peut plus penſer que Guiſcard l'air trahie,
& elle s'en voit pour jamais léparée.
O dépit inſenſé ! trop aveugle courroux !
>> Un inſtant a donc mis un abîme entre nous?
Auroit-elle du ſitôt en croire les apparences ;
devoit elle ſe hâterde perdre ſon amant & elle ?
>>>C'eſt toi qui l'as voulu père trop rigoureux !
>>De ton âge endurci la cruelle prudence ,
>> Un moment de dépir , une folle vangeance ;
Toi-même , Laure hélas , ta fatale amitié,
Vous m'avez tous trahie & mon cœur s'eſt lié.
• Laure s'excuſe ſur ſon zéle , elle accuſele Prince
tout au moins de foibleſſe.
>>L'amour est moins timide en un cœur magna-
>>nime.
BLANCHE , vivement.
>Arrête, Laure,& crains que tatémérité ;
> Ne porte un jugement encor précipité.
► Dans l'abîme déja, c'eſt toi qui m'as pouffée.
Blanche , après bien des agitations ſe déter-
mine enfin à n'avoir aucune explication avecle
MARS. 1764 .
197
Roi , à ne le jamais voir ,à dévorer ſespleurs en
fecret& furtout à bien cacher ſes douleurs à ſon
έρουχ.
>>>Je l'ai vu m'obſerver d'un œil ſombre, inquiet.
>> Il ſembloitde moncœur épier le ſecret ;
>> S'il en eſt encor temps qu'à jamais il l'ignore.
>>Mais périr lentementd'un feuqui vousdévore
>>>Et dans ſon cœur fans ceſſe en étouffer l'éclat,
>> Eprouver au-dedans un douloureux combat ,'
>> Et montrer au dehors un front calme & tran-
>>> quille;
>>Que la vie eſt alors un fardeau difficile !
SCENE III.
LeRoi s'avance.Un tremblement ſaiſitBlanche ,
elle veut fuir , & n'en a pas la force: Guifcardle
jette à ſes pieds avec tranſport. Etonné de ſa
froideur , m'aurois-tu fait l'affront, lui dit-il de
douter de mon cœur ?
>>Ton âme net'a pasrépondudela mierine !
Sçache, lui dit-il , que ton père abuſant de
monſein, a tourné contrenous...
>>Mais quel tourment te preſſe ?...
>>Tu trembles ... tu pâlis ... ma chère Blanche !
BLANCHE , du ton de la douleurla pluspro
fonde.
>> Eh ! laiſſe-moi,Guiſcard.
I iij
-Laille!
1
198 MERCURE DE FRANCE.
GUISCARD.
>>>Moi , te laiſſer ! jamais,
Non , jamais ...A mon cœur il faut rendre la
»paix;
>> Il faut qu'àton amant cette bouche adorée
>>Renouvelle lafoi ...
BLANCHE.
>> Mon âme eſt déchirée ?
>>O crime irréparable !
GUISCARD , vivement.
>>>Il ne l'eſt pas : eh bien
>>Ton coeur s'eſt trop hâté de condamner le
>> mien :
>>Tu devois mieux connoître un Amantqui t'a-
->>dore.
>>Mais tout eſt réparé , ſi tu m'aimes encore....
>>>Dis que je fuis aimé.
La réſiſtance de Blanche, ſon trouble, ſon em
barras , tout annonce à Guiſcard un ſecret qu'on
lui cache. Il preſſe Blanche de s'expliquer. Après
pluſieurs repliques de part &d'autre , ellelui ap-
prend qu'Ofmont eſt ſon époux.
Ofmont !
GUISCARD .
» Il eſt trop vrai.
GUISCARD .
>> Je reſte confondu....
2
Ton époux ! .. Que dis-tu
BLANCHE.
MARS. 1764.
>>>Qu'as-tu fait , juſte ciel ?
BLANCHE.
>>Une fatale erreur ....
»Tu l'aimois... oui.
199
>> L'autorité d'un père,
GUISCARD.
>> Perfide ! elle t'eſt chère "
>> Cette erreur que l'amour auroit ſçu démentir.
>> Penſes-tu m'abuſer par un vain tepentir ?
>>Oſmont , o ciel ! Oſmont poſſeder tant de char-
BLANCHE..
Cruel !
GUISCARD.
>>>Je vois couler tes larmes.
► Que fervent à préſent ces regrets ſuperflus ?
>>Toi ſeul as pu nous perdre , & tu nous asperdus.
>>Ciel ! tandis qu'accuſant l'éternité des heures ,
>> Mon cœur impatientvoloit vers ces demeures ,
>>Blanche me trahiſſoit !
BLANCHE.
>> Eh bien ! tu dois haïr
>>Celle qui t'adoroit , & quit'a pu trahir.
>>Je netedirai point que mon père... que Laure...
>>>Plus àplaindre quetoi,je m'accuſe & m'abhorre.
>>Va , d'un fatal amour perds juſqu'au ſouvenir ;
>> Laiſſeà montriſte cœur le ſoin de me punir ,
>>Etfuis-moipourjamais.
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
GUISCARD.
Ma vie eſtdet'aimer.
Demande donc ma
Mais non , ajoute-t-il, tu n'as pu trahir tes
vœux &les miens;tun'aspu former ces nœuds
auxquels on t'a contrainte; tafoi m'étoit engagée.
> Oui , tes fermens d'avance avec moi t'ont liée
>> Cette main eſt à moi. ( il luiprend la main. )
OSMONT , qui arrive ence moment.
>>> Madame , oubliez- vous
→Qu'elle vient d'être unie à celled'un époux ?
BLANCHE.
>> Non. Ces nœuds ſont ſacrés , & mon cœur les
>> révère.
Siffredi paroît ; ellecourt à lui, & fort enle con-
jurant de détourner les maux qu'elle prévoit.
LeConnétable parle fièrement au Roi ; Siffredi
lui oppoſe lesdroits de père & d'époux ; Guifcard
reproche à Siffredi l'abus qu'il a faitde ſa ſigna-
ture Il ſoutient que Blanche entraînée aux Autels
n'a pu engager à Ofmont la foi; que ſes nœuds
l'effet de la ſurpriſe & de la violence , ſont nuls
que fondé fur la promeſſedeBlanche , & armé de
ſa toute-puiffance , il les fera briſer par la loi , &
il fort en diſant au Connétable :
>> Si le jour t'eſt cher, déſormais n'enviſage ,
>> Qu'avec l'œil d'un Sujet ſoumis & repentant ,
>>>Celle qu'aime ton Maître, & que mon Trône
>>>attend. Ilfort.
:
MARS. 1764.
201
Ofmont furieux s'emportecontre latyranniede
Guifcard; il ne veut plus le reconnoître pourRoi.
Ilcourt à Palerme déſabuſer Constance& les amis.
Siffredi, en blåmant le Roi , tâche à détourner le
Connétabledes partisviolens : celui- cirejette tous
les partis modérés. En ce moment, Rodolphe pa-
roît àla tête des Gardes ; Ofmont, forcé d'obéir ,
lui rend ſon épée, & leſuit au Fort, où Rodolphe
a ordre de le conduire. Siffredi le quitte en luidi-
fantqu'il va trouver le Roi:
>> Mesyeux par le ſommeilne ferontpas fe més,
Quevous ne ſoyez libre, & les eſpritscalmés.
ACTE
Ilfaitnuit.
V.
SCENE PREMIERE.
Monologue de Siffredi. Il a vu le Roi : leCon-
nétable ſera libre aux premières traces du jour ,
mais le Roi perſiſte à ne pas vouloir le reconnoî-
tre pour époux deBlanche. Réflexions ſur les paf
fionsdes Rois. Retour de Siffredi ſur lui-même.
SCENE II.
OSMONT & SIFFREDI
Oſmont a obtenu du Commandant du Forr,
qui eſt ſa créature, d'en ſortir , à conditiond'y
rentreravant lejour. Il ne reſpire que vengeance
& fureur. Siffredi tâche de le ramener àdes partis
modérés; Ofmont lui oppoſel'honneur......
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
4
SIFFREDI .
>>N'appellez point honneur cet enfant de l'or-
gueil ,
>>Eternel artifan dediſcordre&dedeuil,
>> Qui , toujours altéré de ſang&de vengeance,
>>N'eſt jamais affez grand pour pardonner l'of-
>>fenſe ;
>>>Qui , ſuperbe & farouche , immole tout à ſoi,
>>>Et prend le préjugé , non la vertu , pour loi.
Siffredi lequitte, en lui diſant qu'il fera de nou-
veaux efforts auprès du Roi.
>> S'il perfiſte à n'avoir que ſon defir pour loi ,
>Je ne partagerai vos complots ni fon crime ;
>>Maisje ferai , Seigneur , ſa première victime.
Ofmont, àqui la modération de Siffredi eſt ſuf-
pecte, &qu'elle ne rend que plus furieux , réſout
de s'aſſurerde Blanche avant que de rentrer au
Fort.
>>J'ai des amis tout prêts, la nuit me favoriſe ;
>>>Allons lesdiſpoſer autour de ce Palais.
>> Il fautde mon projet aſſurer leſuccès,
>>>Il fautpouvoir forcer mon épouſe àme fuivre...
>>Ah! dans lesnoirs tranſports auxquels mon cœur
1
∞ſe livre,
>>>>Elle, Guiſcard& moi,je puistoutimmoler.
>>J'entendsdu bruit. Sortons.( ilfort.)
Blanche entre fuivie de Laure
leRoi.
MARS. 1764.
LAURE.
203
>>> Où voulez-vous aller ?
>>Errante en ce Palais , votre douleur muette
>> Ypromène au haſard ſa démarche inquiette ;
>>Et pourſuivant en vain un repos qui vous fuit...
BLANCHE .
→Abandonnemon âme au troublequi la fuit:
Vas , laiſſe-moi , ton ſoin m'importune & me
› gêne.
LAURE.
>>Moi , vous laiſſer, ô Ciel ! & lorſqu'àvotrepeine
>> Une effroyable nuit ajoute ſon horreur !
BLANCHE .
>>>Unehorreur plus affreuſe eſt au fondde mon
cœur.
Blanche oblige Laure à fortir.
>>>Laiſſe-moi ...jeleveux ... mon amitié l'exige.
>>Tes conſeils m'ont perdue.
Blanche reſte ſeule en proie aux agitations &
aux tourmensde fon cœur.Après s'y être livrée
quelque temps , elle ſe jette dans un fauteuil.
>>Ne puis-je me calmer ? .. La terreur me pour
>>>fuit.
>>>Quepour les malheureux l'heurelentementfuit!
>>>Qu'une nuitparoît longueà ladouleurqui veilles
Elleentend du bruit , elle ſe léve effrayée. C'eſt
Ivj
204 MERCURE DE FRANCE.
GUISCARD.
>>>Raſſure- toi-
>>J'ai ſçu meménager une ſecrette entrée.
BLANCHE .
Comment en vous voyant puis-je être raſſurée !..
GUISCARD , l'interrompant.
>> O Blanche ! écoute-moi : le temps eſtprécieux.
> Rodolphe avec magarde attend près de ces lieux,
>>Et le trajet eſt court de Belmont à la Ville.
>>>Il faut me ſuivre ; viens , un reſpectable aſyle ..
BLANCHE.
> Qu'oſez-vous dire , ô Ciel ! & que propoſez-
>> vous ?
>> Un aſyle ! En eſt-il qu'auprèsde mon époux?
>>Guiſcard à ma vertu réſervoit cet outrage !
>>Avez- vous oublié qu'un nœud facré m'engage ?
>> Et que l'honneur me fait un auſtère devoir
>>Dene jamaisoſer vous entendre & vous voir ?
>>Que je ne dois ſongerqu'à bannir de mon âme
>> Le ſouvenir trop cher d'une première flâme ?
>>Que vous devez mefuir? & qu'épouſed'Oſmont,
» Votre amour déſormais n'eſt pour moiqu'un
>> affront ?
Non , dit Guiſcard , tu ne l'es pas : Ofimont eſt
ton raviſſeur. On a ſurpris ta foi. Si la Loi te dé
gage & te permet ....
MARS. 1764.
BLANCHE.
250
>> Seigneur ,
> La Loi permetſouvent ce que défend l'honneur.
Guiſcard inſiſte , Blanche demeure ferme; on
voit tout ce qu'il en coûte à ſon cœur ;un ſenti-
ment trop tendre lui échappe ,elle s'en apperçoit,
revient ſur elle-même , & , avec un effort marqué ,
elle dit à Guiſcard ,
» Plaignez , mais reſpectez la chaîne qui me lie,
> Et recevez de Blanche un éternel adieu.
Guiſcarddit qu'il ne le reçoit point ; un affreux
déſeſpoir s'empare de lui.
» Je ne me connois plus; Blanche veut que je
>> meure;
» Oui , tu le veux....... Eh bien , j'obéis, & fur
>>>l'heure
» Ce fer ....
BLANCHE.
>>>Guiſcard, arrête ,ou le plonge en mon ſein..
>>>Termine par pitié mon malheureux deſtin.
>>C'en est trop... Jeſuccombe àma peine cruelle,
>> Au nom de cet amour! ..
GUISCARD.
>>Trahi par toi , cruelle t
BLANCHE.
:
Oui , j'ai trahi l'amour , mais il reſte àmon
» cœur
206 MERCURE DE FRANCE.
>>La vertu qui conſole au comble du malheur,
» Veux-tu me la ravir ?
>>gloire ?
► Non....
>> vangeance ;
> Défends-toi.
:
Ils ſe battent.
....
veux-tu fouiller ma
>> Si je pouvois, cruel , & te ſuivre , & te croire ;
>> Serois-je digne encor , &dujour , & de toi ?
GUISCARD ..
>Ne lui reproche rien.
>> Je meurs à tespieds.
Dans ce moment Ofmont arrive.
> Guiſcard aux pieds de Blanche ! A moi ,Tyran,
GUISCARD.
>>>Songe , traître , à ta propre défenſe..
Ofmont tombe mortellement
bleſlé; Blanche court à lui ; il ſe ranime , & luj
plonge ſon épéedans le ſein.
>>>Femme perfide , meurs.
Siffredi entrealors, voit ſon gendre mort , &fa
filleexpirante.
► Contemple ton ouvrage, lui dit Guifcard.
BLANCHE , à Guifcard.
» O ! ſi je te fus chère , accorde-m'en le gage :
SIFFREDI.
Infortuné vieillard !
MARS. 1764.
àGuifcard.
BLANCHE .
>>card;
>>donne....
àfonpère.
GUISCARD.
207
>> Conſoles ſes vieux ans.... Vous , conſolez Guif-
>>>L'un à l'autre, en mourant, ma tendreſſevous
>> La lumière me fuit ... la force m'abandonne.
>>Ciel! prends pitié de moi..... Guiſcard ..... ta
>> main ? ... Je meurs .
Elleexpire ! La mort réunira nos cœurs.
Ilveutse tuer , on ledéfarme.
Ce que les bornes d'un Extrait nous
ont fait fupprimer de vers , eſt en perte
pour la gloire de l'Auteur & pour le plai-
fir des Lecteurs. Nous exhortons ces
derniers à fe procurer la lecture de l'Ou-
vrage en entier. CetteTragédie ſe trouve
imprimée , à Paris , chez SEBASTIEN
JORRY , Imprimeur- Libraire , rue &
vis-à-vis de la Comédie Françoife.
Fermer
12675
p. 208-215
REMARQUES SUR BLANCHE ET GUISCARD.
Début :
ON convient généralement que le Sujet de cette Tragédie est un des plus [...]
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES SUR BLANCHE ET GUISCARD.
REMARQUES
SUR BLANCHE ET GUISCARD.
ON convient généralement que le
Sujet de cette Tragédie est un des plus
tragiques qu'il ſoit poffible de choifir ,
&des plus propres à produire ungrand
intérêt. L'Auteur avertit , dans l'édition
de cette Piéce , qu'elle eſt imitée de feu
TOMSON. Les critiques qui ont porté
fur l'intrigue , fur les moyens & fur une
partie de la conduite , ne peuvent donc
regarder l'Auteur François. Il a cru de-
voir ne changer que les noms des deux
principauxPerſonnages ,dans une Piéce
qui avoit eu le plus grand ſuccès en
Angleterre. Le Public de Paris ne pen-
ſe, ne juge & ne s'affecte pas toujours
de même que celui de Londres. Les
Anglois , dans leurs plus grandes Tra-
gédies , n'employent ſouvent que de
fort petites machines pour en nouer
toute l'intrigue. La fameuſe Piéce , in-
titulée Otello , dans laquelle un mou-
choir de col fait la cauſe & le mobile
de toute l'action tragique en eſt , entre
autres , une preuve affez remarquable.
1
MARS. 1764.
209
Dans Tancréde & Sigismonde , dont
Blanche & Guifcard eſt l'imitation, un
Lecteur François ſe prête difficilement
à la ſupercherie d'un grand Chancelier ,
par l'abus qu'il fait du blanc ſeing de
ſon Roi. M. SAURIN a voulu nous
faire jouir d'un Sujet qui enrichit le
Théâtre Anglois. Pouvoit-il nous le
faire connoître ſans en laiſſer ſubſiſter
la principale machine ? C'eût été en
changer la conſtitution , ce n'auroit plus
été le même Sujet ni la même Piéce.
Mais fans recufer abfolument les cen-
fures de ce moyen ; examinons ſi les
égaremens dans lesquels entraîne un
Fanatiſme patriotique , qui abuſe par
ſes motifs & par fon objet, font telle-
ment hors de l'ordre moral des actions
humaines qu'ils ne puiſſent être in-
troduits fur la Scène. On ne peut con-
teſter qu'il réſulte de l'imprudence har-
die du grand Chancelier , les ſituations
les plus touchantes & des incidens fort
tragiques. Sans cette imprudence , fans
l'abus du blanc ſeing,Guifcard & Blan-
che ne ſe trouveroient pas dans une for-
tede néceſſité , l'un de paroître perfide
aux yeux d'une Amante adorée , l'autre
de ſe livrer au dépit qui doit naître
d'une erreur fi fatale. Le pathétique de
210 MERCURE DE FRANCE.
cette ſituation a ému juſqu'aux lar
mes. Nous convenons que le coloris
des détails,la manière dont M. SAURIN
traite ce Sentiment a beaucoup de part
à cette impreffion , mais le fond de
l'intérêt n'en eft pas moins dans la fi-
tuation des Perſonnages. Pourquoi ,
demandera - t-on , cette émotion mo-
mentanée n'a- t- elle pas influé fur
l'effet général de l'Ouvrage , dans l'o-
pinion & même dans le ſentiment de
quelques Spectateurs ? Cela vient peut-
être , ( il eſt importantde le remarquer)
de ce que les Perſonnages du princi-
pal intérêt ne font pas d'abord affezcon-
nus. On ne ſçaitpas ſeulement le nom
P
du bon Prince dont on déplore la perte
au commencement de laPiéce ; de ce
Roi dont le fort& les vertus donnent
lieu à de très-beaux détails
,
mais
ce qu'il y a de plus effentiel , dont
les dernières volontés occafionnent le
premier mouvementde l'action. L'origi.
ne de Guifcard reſte obſcure,pour bien
des gens peu inſtruits , quelque temps
après l'expofition. Si cette cenfure eſt
juſte , elle n'eſt encore applicable qu'à
l'AuteurAnglois.Dans quelleslangueurs
M. SAURIN aura-t-il ſenti que le feroit
MARS. 1764.
21 F
tomber le détail de l'établiſſement des
Héros Normands en Sicile ! D'ailleurs
cette circonstance hiſtorique n'eſt pas
généralement préſente à la mémoire.
Quand elle le feroit; la Sicile offre-t-elle
un théâtre affez impoſant pour affecter
fortement en faveur des Perſonnages ?
Toutes ces conſidérations contribuent ,
plus qu'on ne penſe , au degré d'intérêt
dramatique. Cette forte d'intérêt n'a
qu'une ſource idéale ; au lieu que ,
dans la nature , l'action , l'objet frappe
parpar ſoi-même. Dans le Drame , c'eſt à
l'imagination que l'on parle ; c'eſt par
elleque naît la première cauſe du fenti-
ment. Il faut donc commencer par la
féduire , par lui imprimer une fortede
vénération , prèſque machinale , pour
les objets intéreſſans ; fans quoi les
moyens les mieux concertés n'ont fou-
vent que peud'effet. Tous ces inconvé
niens font d'une difficulté prèſqu'infur-
montable , dans les ſujets de fiction mo-
derne , ou puiſés dans des Hiftoires par-
ticulières. Il n'en eſt pas de même lorf-
que les noms ſeuls , quelquefois même
les Sites de la Scène expofent , & prépa-
rent en même temps à l'émotion du
cœur.
Quelles que foient les diverſes opi
212 MERCURE DE FRANCE .
nions fur le fond conſtitutif de cette
Tragédie , nous n'aurons quedes éloges,
ou plutôt une juſtice généralement ren-
due , à publier ſur la pureté , l'élégance
& l'agrément du ſtyle. Les Ouvrages
précédens de M. SAURIN , ont ſuffifa-
ment prouvé beaucoup de talent pour la
conftitution du Drame , ainſi que pour
cette forte de Poëfie philoſophique ,
qu'aujourd'hui nous pouvons diſputer
aux Anglois. On a vu de ce même Au-
teur des caractères d'une touche ferme
& male , juſques dans les tendreſſesde
l'amour. On retrouve dans ce nouvel
Ouvrage ce qui a caractériſé tous ceux
de l'Auteur. Une verfification qui ne fa-
crifie point au brillant des mots & des
tours la folidité des choſes,de plus une ef
péce de profondeur morale dans les pen-
fées , dont les teintes pourroient donner
quelquefois un peude fombre au coloris
général , mais qui eſt affectueuſement
adoucie dans Blanche par l'expreffion
d'un ſentiment vif & touchant. Tout
Lecteur jufte & éclairé nous aura préve-
nus ſur cet éloge , par laſeule lecture des
vers rapportés dans notre Extrait. En li-
fant la Piéce en entier , il ſera plus con-
firmé dans ce jugement.
Nous ne pouvons ni ne devons nous
*Spartacus , &c.
MARS. 1764.
213
diſpenſer d'obſerver que l'impreſſion de
cette Tragédie auroit été encore plus
forte au Théâtre , fans le déplace-
ment des Acteurs dans les rôles de Guif-
card & d'Ofmont. Que l'on nous per
mette , avant de finir , quelques réflé-
xions générales à cette occafion , puiſées
dans le vœu général des connoiffeurs.
Indépendamment des rappports d'âge ,
de figure,ou de forme réelle,de celui qui
repréſente,avec la forme idéale du Per-
ſonnage repréſenté, ( conditions très-
effentielles pour l'illuſion ) il eſt encore
dans l'art de la repréſentation théâtrale ,
ainſi que dans tous les autres , une cer-
taine manière propre à chaque Acteur ,
quoiquedans le même genre de talens ,
laquellea plus ou moins d'analogie avec
le caractère donné à chacun des Perſon-
nages d'un Drame. C'eſt de la juſteſſede
ces divers rapports que dépend certaine-
ment la meilleure diſtribution dans
les rôles. Lorſque cette juſteſſe eſt
tant ſoit peu altérée , c'eſt toujours aux
dépens de quelques rôles. Lorſqu'elle
eſt ſenſiblement violée , l'effet en eſt
d'autant plus dangereux pour l'Ouvrage ,
que bien des Spectateurs ne penſent pas
àla véritable cauſe; & que dans ceux
qui l'ont apperçue , le coup eſt porté
214 MERCURE DE FRANCE.
par le ſentiment.D'où il arrive que le dé-
faut de convenance dans les rôles , eſt
ſouvent pris pour le défaut de la Piéce
même : ce qui néanmoins nedétruit pas
toujours le mérite du jeu de certains Ac-
teurs, ni celui des efforts qu'ils font
pour réparerle vice de diſtribution. C'eſt
alors unmalheur de plus pour l'Auteur ,
auquel tout eſt ſeul imputé par la Cri-
tique.
Il feroit donc d'une néceffité bien
importante, pour la fatisfaction du Pu-
blic , pour l'intérêtdes Auteurs, & pour
l'honneur des Acteurs , que ces derniers
renonçaſſent à de vaines & puériles
prérogatives d'ancienneté ou d'emploi
pour la prééminence des rôles.
Préé-
minence ſouvent fi mal entendue ! Le
premier rôle , pour l'Acteur diftin-
gué par ſa ſupériorité , ſera toujours
celui auquel le caractère de fon
talent & de ſa figure conviendra le
mieux; ce rôle fût-il le moins étendu
de la Piéce & le dernier dans l'ordre
des conditions ou dans l'ordre de
l'action des Perſonnages. On citeroit
une fouled'exemples , s'il en falloit pour
prouverl'évidence. Que l'on ſe rappelle
ſeulement quel rôle Mlle CLAIRON
avoit fait de celui d'une Eſclave dans
MARS. 1764.
215
le Catilina de CRÉBILLON. Que l'on
voyé aujourd'hui ce qu'eſt devenu le
rôle d'Iphigénie , autrefois le premier
dans la Tragédie de Racine,depuis que
la même Actrice a pris celui d'Eriphile ,
&c , &c. Combien de pareils exemples
fur tous les Théâtres ! Heureux celui
dont les Acteurs auront la courageuſe
raiſon de s'oppoſer eux-mêmes à la dé-
férence des Auteurs pour les droits de
cette faufſe étiquetté.
M. SAURIN a conſacré ſa reconnoif-
fance pour Mlle CLAIRON ,non-feule-
ment dans l'Avertiſſement qui précéde
ſå Piéce, mais encore par les vers qu'il
lui a adreſſés , en lui en envoyant un
Exemplaire.
SUR BLANCHE ET GUISCARD.
ON convient généralement que le
Sujet de cette Tragédie est un des plus
tragiques qu'il ſoit poffible de choifir ,
&des plus propres à produire ungrand
intérêt. L'Auteur avertit , dans l'édition
de cette Piéce , qu'elle eſt imitée de feu
TOMSON. Les critiques qui ont porté
fur l'intrigue , fur les moyens & fur une
partie de la conduite , ne peuvent donc
regarder l'Auteur François. Il a cru de-
voir ne changer que les noms des deux
principauxPerſonnages ,dans une Piéce
qui avoit eu le plus grand ſuccès en
Angleterre. Le Public de Paris ne pen-
ſe, ne juge & ne s'affecte pas toujours
de même que celui de Londres. Les
Anglois , dans leurs plus grandes Tra-
gédies , n'employent ſouvent que de
fort petites machines pour en nouer
toute l'intrigue. La fameuſe Piéce , in-
titulée Otello , dans laquelle un mou-
choir de col fait la cauſe & le mobile
de toute l'action tragique en eſt , entre
autres , une preuve affez remarquable.
1
MARS. 1764.
209
Dans Tancréde & Sigismonde , dont
Blanche & Guifcard eſt l'imitation, un
Lecteur François ſe prête difficilement
à la ſupercherie d'un grand Chancelier ,
par l'abus qu'il fait du blanc ſeing de
ſon Roi. M. SAURIN a voulu nous
faire jouir d'un Sujet qui enrichit le
Théâtre Anglois. Pouvoit-il nous le
faire connoître ſans en laiſſer ſubſiſter
la principale machine ? C'eût été en
changer la conſtitution , ce n'auroit plus
été le même Sujet ni la même Piéce.
Mais fans recufer abfolument les cen-
fures de ce moyen ; examinons ſi les
égaremens dans lesquels entraîne un
Fanatiſme patriotique , qui abuſe par
ſes motifs & par fon objet, font telle-
ment hors de l'ordre moral des actions
humaines qu'ils ne puiſſent être in-
troduits fur la Scène. On ne peut con-
teſter qu'il réſulte de l'imprudence har-
die du grand Chancelier , les ſituations
les plus touchantes & des incidens fort
tragiques. Sans cette imprudence , fans
l'abus du blanc ſeing,Guifcard & Blan-
che ne ſe trouveroient pas dans une for-
tede néceſſité , l'un de paroître perfide
aux yeux d'une Amante adorée , l'autre
de ſe livrer au dépit qui doit naître
d'une erreur fi fatale. Le pathétique de
210 MERCURE DE FRANCE.
cette ſituation a ému juſqu'aux lar
mes. Nous convenons que le coloris
des détails,la manière dont M. SAURIN
traite ce Sentiment a beaucoup de part
à cette impreffion , mais le fond de
l'intérêt n'en eft pas moins dans la fi-
tuation des Perſonnages. Pourquoi ,
demandera - t-on , cette émotion mo-
mentanée n'a- t- elle pas influé fur
l'effet général de l'Ouvrage , dans l'o-
pinion & même dans le ſentiment de
quelques Spectateurs ? Cela vient peut-
être , ( il eſt importantde le remarquer)
de ce que les Perſonnages du princi-
pal intérêt ne font pas d'abord affezcon-
nus. On ne ſçaitpas ſeulement le nom
P
du bon Prince dont on déplore la perte
au commencement de laPiéce ; de ce
Roi dont le fort& les vertus donnent
lieu à de très-beaux détails
,
mais
ce qu'il y a de plus effentiel , dont
les dernières volontés occafionnent le
premier mouvementde l'action. L'origi.
ne de Guifcard reſte obſcure,pour bien
des gens peu inſtruits , quelque temps
après l'expofition. Si cette cenfure eſt
juſte , elle n'eſt encore applicable qu'à
l'AuteurAnglois.Dans quelleslangueurs
M. SAURIN aura-t-il ſenti que le feroit
MARS. 1764.
21 F
tomber le détail de l'établiſſement des
Héros Normands en Sicile ! D'ailleurs
cette circonstance hiſtorique n'eſt pas
généralement préſente à la mémoire.
Quand elle le feroit; la Sicile offre-t-elle
un théâtre affez impoſant pour affecter
fortement en faveur des Perſonnages ?
Toutes ces conſidérations contribuent ,
plus qu'on ne penſe , au degré d'intérêt
dramatique. Cette forte d'intérêt n'a
qu'une ſource idéale ; au lieu que ,
dans la nature , l'action , l'objet frappe
parpar ſoi-même. Dans le Drame , c'eſt à
l'imagination que l'on parle ; c'eſt par
elleque naît la première cauſe du fenti-
ment. Il faut donc commencer par la
féduire , par lui imprimer une fortede
vénération , prèſque machinale , pour
les objets intéreſſans ; fans quoi les
moyens les mieux concertés n'ont fou-
vent que peud'effet. Tous ces inconvé
niens font d'une difficulté prèſqu'infur-
montable , dans les ſujets de fiction mo-
derne , ou puiſés dans des Hiftoires par-
ticulières. Il n'en eſt pas de même lorf-
que les noms ſeuls , quelquefois même
les Sites de la Scène expofent , & prépa-
rent en même temps à l'émotion du
cœur.
Quelles que foient les diverſes opi
212 MERCURE DE FRANCE .
nions fur le fond conſtitutif de cette
Tragédie , nous n'aurons quedes éloges,
ou plutôt une juſtice généralement ren-
due , à publier ſur la pureté , l'élégance
& l'agrément du ſtyle. Les Ouvrages
précédens de M. SAURIN , ont ſuffifa-
ment prouvé beaucoup de talent pour la
conftitution du Drame , ainſi que pour
cette forte de Poëfie philoſophique ,
qu'aujourd'hui nous pouvons diſputer
aux Anglois. On a vu de ce même Au-
teur des caractères d'une touche ferme
& male , juſques dans les tendreſſesde
l'amour. On retrouve dans ce nouvel
Ouvrage ce qui a caractériſé tous ceux
de l'Auteur. Une verfification qui ne fa-
crifie point au brillant des mots & des
tours la folidité des choſes,de plus une ef
péce de profondeur morale dans les pen-
fées , dont les teintes pourroient donner
quelquefois un peude fombre au coloris
général , mais qui eſt affectueuſement
adoucie dans Blanche par l'expreffion
d'un ſentiment vif & touchant. Tout
Lecteur jufte & éclairé nous aura préve-
nus ſur cet éloge , par laſeule lecture des
vers rapportés dans notre Extrait. En li-
fant la Piéce en entier , il ſera plus con-
firmé dans ce jugement.
Nous ne pouvons ni ne devons nous
*Spartacus , &c.
MARS. 1764.
213
diſpenſer d'obſerver que l'impreſſion de
cette Tragédie auroit été encore plus
forte au Théâtre , fans le déplace-
ment des Acteurs dans les rôles de Guif-
card & d'Ofmont. Que l'on nous per
mette , avant de finir , quelques réflé-
xions générales à cette occafion , puiſées
dans le vœu général des connoiffeurs.
Indépendamment des rappports d'âge ,
de figure,ou de forme réelle,de celui qui
repréſente,avec la forme idéale du Per-
ſonnage repréſenté, ( conditions très-
effentielles pour l'illuſion ) il eſt encore
dans l'art de la repréſentation théâtrale ,
ainſi que dans tous les autres , une cer-
taine manière propre à chaque Acteur ,
quoiquedans le même genre de talens ,
laquellea plus ou moins d'analogie avec
le caractère donné à chacun des Perſon-
nages d'un Drame. C'eſt de la juſteſſede
ces divers rapports que dépend certaine-
ment la meilleure diſtribution dans
les rôles. Lorſque cette juſteſſe eſt
tant ſoit peu altérée , c'eſt toujours aux
dépens de quelques rôles. Lorſqu'elle
eſt ſenſiblement violée , l'effet en eſt
d'autant plus dangereux pour l'Ouvrage ,
que bien des Spectateurs ne penſent pas
àla véritable cauſe; & que dans ceux
qui l'ont apperçue , le coup eſt porté
214 MERCURE DE FRANCE.
par le ſentiment.D'où il arrive que le dé-
faut de convenance dans les rôles , eſt
ſouvent pris pour le défaut de la Piéce
même : ce qui néanmoins nedétruit pas
toujours le mérite du jeu de certains Ac-
teurs, ni celui des efforts qu'ils font
pour réparerle vice de diſtribution. C'eſt
alors unmalheur de plus pour l'Auteur ,
auquel tout eſt ſeul imputé par la Cri-
tique.
Il feroit donc d'une néceffité bien
importante, pour la fatisfaction du Pu-
blic , pour l'intérêtdes Auteurs, & pour
l'honneur des Acteurs , que ces derniers
renonçaſſent à de vaines & puériles
prérogatives d'ancienneté ou d'emploi
pour la prééminence des rôles.
Préé-
minence ſouvent fi mal entendue ! Le
premier rôle , pour l'Acteur diftin-
gué par ſa ſupériorité , ſera toujours
celui auquel le caractère de fon
talent & de ſa figure conviendra le
mieux; ce rôle fût-il le moins étendu
de la Piéce & le dernier dans l'ordre
des conditions ou dans l'ordre de
l'action des Perſonnages. On citeroit
une fouled'exemples , s'il en falloit pour
prouverl'évidence. Que l'on ſe rappelle
ſeulement quel rôle Mlle CLAIRON
avoit fait de celui d'une Eſclave dans
MARS. 1764.
215
le Catilina de CRÉBILLON. Que l'on
voyé aujourd'hui ce qu'eſt devenu le
rôle d'Iphigénie , autrefois le premier
dans la Tragédie de Racine,depuis que
la même Actrice a pris celui d'Eriphile ,
&c , &c. Combien de pareils exemples
fur tous les Théâtres ! Heureux celui
dont les Acteurs auront la courageuſe
raiſon de s'oppoſer eux-mêmes à la dé-
férence des Auteurs pour les droits de
cette faufſe étiquetté.
M. SAURIN a conſacré ſa reconnoif-
fance pour Mlle CLAIRON ,non-feule-
ment dans l'Avertiſſement qui précéde
ſå Piéce, mais encore par les vers qu'il
lui a adreſſés , en lui en envoyant un
Exemplaire.
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12676
p. 216-218
PRÉCIS de L'EPREUVE INDISCRETTE, Comédie en deux Actes & en vers, par M. BRET.
Début :
PERSONNAGES. ACTEURS. ORONTE, riche Négociant , Père de Damis & de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRÉCIS de L'EPREUVE INDISCRETTE, Comédie en deux Actes & en vers, par M. BRET.
PRÉCIS de L'EPREUVE INDISCRETTE,
Comédie en deux Actes &
en vers, par M. BRET.
PERSONNAGES. ACTEURS.
ORONTE, riche Négociant ,
Père de Damis & de Julie.
DAMIS , Fils d'Oronte ,
ARISTE , Ami d'Oronte,
ERGASTE , Amant de Julie ,
LA FLEUR , Valet de Damis ,
LÉPINE , Valet d'Ergaſte ,
JULIE , Fille d'Oronte & Sœur
deDamis ,
MARINE , Suivante de Julie ,
ACTEURS.
M. Bonneval.
M.Granger.
M. Dubois.
M. Molé
M.Auger.
M. Préville.
MlleDoligni.
Mile Bellecour.
VOICI l'Avant- Scène. Oronte, père de Damis ,
qui avoit faitune fortune conſidérable enAfrique,
yeſt retourné, pour éprouver , pendantfonabfen-
ce,laconduite&le caractèrede les enfans. En par-
tant, il avoit laiffé àDamis ſon fils,la difpofition
libre & entière de tous ſes biens : maisilavoit réſer-
vé une fomnre de cent mille écus , déposée & ca-
chée dans la Maiſon paternelle. Le ſecret de ce
Tréſor n'avoit eté confié qu'à ſon amiArifte. Da-
misa diffipé tout le bien , au préjudice de la ſœur,
aimée d'Ergaste. Il ne reſteplus quecette Maiſon
paternelle,
MARS. 1764.
217
paternelle, qu'il ſe diſpoſe àvendre. C'eſt le mo-
ment où commence l'action de la Comédie.
Marine, fuivante de Julie , reproche aigrement
à Lafleur , valet de Damis, les déſordres de fon
Maître. Elle reproche aufli avec bruſquerie à la
jeune Maîtreſſe, ſadouceur& ladocile réſignation.
Ariste,dans leſecret duTréſor , achete la Maiſon
qui le renferme; enobfervant un filence prudent
fur ſes deſſeins ,comme ſur ſes motifs. La fidélité
deſon amitié eſt ſoupçonnée par tous les Perfon-
nages intéreſflés. Il ne peut réſiſter cependant à la
vivacité & à l'amertume des reproches d'Ergastesil
lui confie tout le ſecret,& les diſpoſitions qu'il en-
tend faire du Tréſor en trois parts. La joie & la
reconnoiſlance d'Ergaſte ſurpaflent encore l'impé-
touſité de ſes reproches. Il propoſe à Arifte de ſe
fervir , pour ſeconder ſes vues , d'un valet qu'on
l'a engagé de prendre le matin. Ce valet eſt Lé-
pine. Les MaîtrellesdeDamis l'ont quitté. Leurs
perfidies lui font naître des regrets , & lui ſuggè-
rent des remords ſur ſa conduite.
La tendre & naïve Julie interroge en vain ſon
Amant, fur le bonheur qu'il lui annonce. A tous
momens il eſt prêt à violer le ſecret qu'il a juré
àArifte. Sa vivacité l'entraîne, la réflexion l'arrête.
L'amour le follicite , l'honneur de ſa parole & la
raiſon l'enchaînent. Cette Scène , ainſi que les au-
tres d'Ergaste , jouées par M. MOLÉ , étoient d'un
feu & d'un agrément fingulier. Celle de Lépine
avec Oronte, dont on ignore abſolument le retour,
n'eſt pas moins ingénieuſe , & le jeu de M. PRÉ-
VILLE la rendoit d'un comique des plus agréables.
Ce Lépine, qui ne connoît point Oronte, qui ne l'a
jamais vu , eſt rencontré par lui, fortant de ſa Mai-
ſon, & chargé d'une caſlette qui donne de l'inquié-
tude à ce vieillard. Rien de plus plaiſant que le
K
218 MERCURE DE FRANCE .
débat dece valet avec lui. Il en apprend cepen-
dant, par les menaces du Commiſlaire & du Guet,
tout cequi l'intéreſſe. Arifte & Damis ſurviennent.
Oronte ſe met à l'écart avec Lépine , pour enten-
dre leur converſation. Les reproches que ſe fait
fon fils , touchent le bon-homme , & déſarment
ſa colère. Il ſe montre , & pardonnne à ce fils
diffipateur. Lépine court apprendre à Ergafte cet
événement. Il vient ainſi que Julie , & le bon
Oronte les unit l'un à l'autre.
Comédie en deux Actes &
en vers, par M. BRET.
PERSONNAGES. ACTEURS.
ORONTE, riche Négociant ,
Père de Damis & de Julie.
DAMIS , Fils d'Oronte ,
ARISTE , Ami d'Oronte,
ERGASTE , Amant de Julie ,
LA FLEUR , Valet de Damis ,
LÉPINE , Valet d'Ergaſte ,
JULIE , Fille d'Oronte & Sœur
deDamis ,
MARINE , Suivante de Julie ,
ACTEURS.
M. Bonneval.
M.Granger.
M. Dubois.
M. Molé
M.Auger.
M. Préville.
MlleDoligni.
Mile Bellecour.
VOICI l'Avant- Scène. Oronte, père de Damis ,
qui avoit faitune fortune conſidérable enAfrique,
yeſt retourné, pour éprouver , pendantfonabfen-
ce,laconduite&le caractèrede les enfans. En par-
tant, il avoit laiffé àDamis ſon fils,la difpofition
libre & entière de tous ſes biens : maisilavoit réſer-
vé une fomnre de cent mille écus , déposée & ca-
chée dans la Maiſon paternelle. Le ſecret de ce
Tréſor n'avoit eté confié qu'à ſon amiArifte. Da-
misa diffipé tout le bien , au préjudice de la ſœur,
aimée d'Ergaste. Il ne reſteplus quecette Maiſon
paternelle,
MARS. 1764.
217
paternelle, qu'il ſe diſpoſe àvendre. C'eſt le mo-
ment où commence l'action de la Comédie.
Marine, fuivante de Julie , reproche aigrement
à Lafleur , valet de Damis, les déſordres de fon
Maître. Elle reproche aufli avec bruſquerie à la
jeune Maîtreſſe, ſadouceur& ladocile réſignation.
Ariste,dans leſecret duTréſor , achete la Maiſon
qui le renferme; enobfervant un filence prudent
fur ſes deſſeins ,comme ſur ſes motifs. La fidélité
deſon amitié eſt ſoupçonnée par tous les Perfon-
nages intéreſflés. Il ne peut réſiſter cependant à la
vivacité & à l'amertume des reproches d'Ergastesil
lui confie tout le ſecret,& les diſpoſitions qu'il en-
tend faire du Tréſor en trois parts. La joie & la
reconnoiſlance d'Ergaſte ſurpaflent encore l'impé-
touſité de ſes reproches. Il propoſe à Arifte de ſe
fervir , pour ſeconder ſes vues , d'un valet qu'on
l'a engagé de prendre le matin. Ce valet eſt Lé-
pine. Les MaîtrellesdeDamis l'ont quitté. Leurs
perfidies lui font naître des regrets , & lui ſuggè-
rent des remords ſur ſa conduite.
La tendre & naïve Julie interroge en vain ſon
Amant, fur le bonheur qu'il lui annonce. A tous
momens il eſt prêt à violer le ſecret qu'il a juré
àArifte. Sa vivacité l'entraîne, la réflexion l'arrête.
L'amour le follicite , l'honneur de ſa parole & la
raiſon l'enchaînent. Cette Scène , ainſi que les au-
tres d'Ergaste , jouées par M. MOLÉ , étoient d'un
feu & d'un agrément fingulier. Celle de Lépine
avec Oronte, dont on ignore abſolument le retour,
n'eſt pas moins ingénieuſe , & le jeu de M. PRÉ-
VILLE la rendoit d'un comique des plus agréables.
Ce Lépine, qui ne connoît point Oronte, qui ne l'a
jamais vu , eſt rencontré par lui, fortant de ſa Mai-
ſon, & chargé d'une caſlette qui donne de l'inquié-
tude à ce vieillard. Rien de plus plaiſant que le
K
218 MERCURE DE FRANCE .
débat dece valet avec lui. Il en apprend cepen-
dant, par les menaces du Commiſlaire & du Guet,
tout cequi l'intéreſſe. Arifte & Damis ſurviennent.
Oronte ſe met à l'écart avec Lépine , pour enten-
dre leur converſation. Les reproches que ſe fait
fon fils , touchent le bon-homme , & déſarment
ſa colère. Il ſe montre , & pardonnne à ce fils
diffipateur. Lépine court apprendre à Ergafte cet
événement. Il vient ainſi que Julie , & le bon
Oronte les unit l'un à l'autre.
Fermer
12677
p. 218-220
REMARQUES SUR L'EPREUVE INDISCRETTE.
Début :
Cette Piéce ayant été peu de temps au Théâtre & ne nous ayant pas été [...]
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES SUR L'EPREUVE INDISCRETTE.
REMARQUES SUR L'EPREUVE
INDISCRETTE.
Cette Piéce ayant été peu de temps
au Théâtre & ne nous ayant pas été
communiquée ; nous n'avons pu don-
ner que le Précis qu'on vient de lire,
L'Auteur y perdra l'honneur des dé-
tails de quelques ſcènes , qui auroient
fait plaifir à la lecture. Il y a de l'ef-
prit , toujours des mœurs & des prin- .
cipes. Ondoit remarquerprincipalement
le defir qu'a l'Auteur d'imiter les An-
ciens & de nous ramener à leur genre
de Comédie. Ce zéle eſt fans doute
très-louable ; mais ne pourroit-on pas
en certaines occaſions & dans des criſes,
ſi l'on peut dire , ſur le goût, telles que
celles où nous ſommes aujourd'hui
,
fans manquer de reſpect au Public , le
regarder comme un malade dont la foi-
MARS. 1764.
219
bleffe provient de l'uſage immodéré
d'alimens trop légers ou trop piquans ?
Pour le ramener avec ſuccès à une nour-
riture plus folide , ne faut-il pas en mé-
nager d'abord & la force & le poids ?
N'eſt-il pas à propos même de lamaf-
quer pendant quelque tempsde quelque
choſe qui tienne encore du goût forcé
auquel étoit accoutumé le malade , afin
qu'il ne puiſſe raisonnablement repro-
cher le trop d'infipidité ? Voilà ce que
n'obſervent pas ceux qui prétendent au
titre de Restaurateurs. Voilà peut-être
ce qu'a trop
négligé l'Auteur de
l'Epreuve. Le ſeul précis a dû faire
voir de quelle quantité de faits le ſu-
jet eſt chargé dans l'étendue des deux
Actes. En forte que l'action ne peut
jamais marcherque toujours embarraſſée
dans de nouvelles expofitions. Le bizarre
projet de l'Epreuve ſeroit peut-être par-
donnéà un Perſonnage de l'Antiquité ,
mais il ne peutl'être à Oronte. L'exécu-
tion d'ailleurs ne ſe concilie pas bien
avec nos pratiques & nos formalités
légales. Comment les loix laiſſeroient-
elles , de l'aveu même du père , le pa-
trimoine d'une fœur à la merci d'un
jeune frère mineur ? Le retour imprévu
du père a des éxemples dans les anciens,
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
mais devient toujours forcé dans nos
mœurs. Il pouvoit être probable pour
eux ,parce qu'ils n'avoient pas les voies
de communication que nous avons. En
un mot , nous en revenons à ce prin-
cipe , les Anciens font nos maîtres
dans le grand art Dramatique: cet art
eſt une peinture , on ne peut trop les
fuivre dans la manière de conduire le
pinceau. Cependant ce pinceau a non-
feulement quelques objets différens à
peindre aujourd'hui,mais encore d'autres
huances à mettre dans ceux qui font
reſtés les mêmes. On rifque donc de
ne pas atteindre à la vérité actuelle en
copiant toujours indiſtinctement les
chefs-d'œuvres de l'Antiquité.
INDISCRETTE.
Cette Piéce ayant été peu de temps
au Théâtre & ne nous ayant pas été
communiquée ; nous n'avons pu don-
ner que le Précis qu'on vient de lire,
L'Auteur y perdra l'honneur des dé-
tails de quelques ſcènes , qui auroient
fait plaifir à la lecture. Il y a de l'ef-
prit , toujours des mœurs & des prin- .
cipes. Ondoit remarquerprincipalement
le defir qu'a l'Auteur d'imiter les An-
ciens & de nous ramener à leur genre
de Comédie. Ce zéle eſt fans doute
très-louable ; mais ne pourroit-on pas
en certaines occaſions & dans des criſes,
ſi l'on peut dire , ſur le goût, telles que
celles où nous ſommes aujourd'hui
,
fans manquer de reſpect au Public , le
regarder comme un malade dont la foi-
MARS. 1764.
219
bleffe provient de l'uſage immodéré
d'alimens trop légers ou trop piquans ?
Pour le ramener avec ſuccès à une nour-
riture plus folide , ne faut-il pas en mé-
nager d'abord & la force & le poids ?
N'eſt-il pas à propos même de lamaf-
quer pendant quelque tempsde quelque
choſe qui tienne encore du goût forcé
auquel étoit accoutumé le malade , afin
qu'il ne puiſſe raisonnablement repro-
cher le trop d'infipidité ? Voilà ce que
n'obſervent pas ceux qui prétendent au
titre de Restaurateurs. Voilà peut-être
ce qu'a trop
négligé l'Auteur de
l'Epreuve. Le ſeul précis a dû faire
voir de quelle quantité de faits le ſu-
jet eſt chargé dans l'étendue des deux
Actes. En forte que l'action ne peut
jamais marcherque toujours embarraſſée
dans de nouvelles expofitions. Le bizarre
projet de l'Epreuve ſeroit peut-être par-
donnéà un Perſonnage de l'Antiquité ,
mais il ne peutl'être à Oronte. L'exécu-
tion d'ailleurs ne ſe concilie pas bien
avec nos pratiques & nos formalités
légales. Comment les loix laiſſeroient-
elles , de l'aveu même du père , le pa-
trimoine d'une fœur à la merci d'un
jeune frère mineur ? Le retour imprévu
du père a des éxemples dans les anciens,
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
mais devient toujours forcé dans nos
mœurs. Il pouvoit être probable pour
eux ,parce qu'ils n'avoient pas les voies
de communication que nous avons. En
un mot , nous en revenons à ce prin-
cipe , les Anciens font nos maîtres
dans le grand art Dramatique: cet art
eſt une peinture , on ne peut trop les
fuivre dans la manière de conduire le
pinceau. Cependant ce pinceau a non-
feulement quelques objets différens à
peindre aujourd'hui,mais encore d'autres
huances à mettre dans ceux qui font
reſtés les mêmes. On rifque donc de
ne pas atteindre à la vérité actuelle en
copiant toujours indiſtinctement les
chefs-d'œuvres de l'Antiquité.
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12678
p. 220
« N. B. Les bornes de ce Volume étant déja excédées, nous sommes obligés, avec regret, de remettre [...] »
Début :
N. B. Les bornes de ce Volume étant déja excédées, nous sommes obligés, avec regret, de remettre [...]
Mots clefs :
Charles Collé
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texteReconnaissance textuelle : « N. B. Les bornes de ce Volume étant déja excédées, nous sommes obligés, avec regret, de remettre [...] »
N. B. Les bornes de ce Volume étant déja excédées,
nous sommes obligés, avec regret, de remettre
au Volume prochain l'Extrait de la Veuve,
Comédie de M. COLLE , annoncée dans l'Article
de la Littérature, ainſi que celui du Roffignol, Dra-
me du même Auteur, mais d'un genre different.
Quoique cesOuvragesn'ayent pas étérepréſentés
ſur un Théâtre public , nous croyons que ce ſera
toujours enrichir notre Article des Spectacles que
d'y inférer lesproductions de l'Auteurde Dupuis
&Defronais.
nous sommes obligés, avec regret, de remettre
au Volume prochain l'Extrait de la Veuve,
Comédie de M. COLLE , annoncée dans l'Article
de la Littérature, ainſi que celui du Roffignol, Dra-
me du même Auteur, mais d'un genre different.
Quoique cesOuvragesn'ayent pas étérepréſentés
ſur un Théâtre public , nous croyons que ce ſera
toujours enrichir notre Article des Spectacles que
d'y inférer lesproductions de l'Auteurde Dupuis
&Defronais.
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12679
p. 222-223
SUPPLÉMENT A L'ART. DE L'OPÉRA.
Début :
On ne peut trop se hâter d'annoncer aux Amateurs de ce Spectacle, [...]
Mots clefs :
Spectacle, Satisfaction, Public, Théâtre, Modération, Gestes, Sujets, Scène
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ART. DE L'OPÉRA.
Supplément a l’Aht, de l’Opera.
On ne peut trop fe hâter d’annoncer aux Amateurs de ce Spedacle , l’efpoir le mieux fondé qu’il y ait eu depuis longtemps de remplir , à la (aûsfaftion du Public , les principaux tôles de Haurecontre.
Le Jeudi, premier de ce mois, ( Mars) M. La Gros , qui n'avoit chanté ni représenté fur aucun Théâtre > a débute par le rôle de Titon. Sa voix > bien timbrée & delà plus agréable qualité , flé- xib* , touchante & Icgcrea fait le plus grand plai- fir.La manière dont il a chanté prouve qu’il eft déjà confommé dans la mu tique. On ne peut avoir plus de précifion & de juftelle 5 011 ne peut, même ap-ès un long éxercice , articuler plus nettement , prononcer plus correctement, & mieux jca.idcr' ks paroles. Sa figure eft agréable &
MAR S. 1764. 224
h taille'forc théâtrale. Une Cage modération de geftes, a (auvé (on début dos difgraces de prcfque cous ceux qui parodient pour la piemicre fois. 11 y a tout lieu d’elpérer de ce Sujet,qu’il ne s’abandonnera pas aux ridicules & furieux coups debras, I on peur s exprimer ai nu , donc il ne crouveroïc que trop de modèles fur cette Scène. On peuc déjà prélTentir aufli , par la fenlibilitc de fa voix» celle de Ion âme. Telles font les b?ureuf.*s difpofi- tions d’un calent qu’on ne peuc devoir qu’a la Nature , mais qu’il ell nécelfaire que i’An & la J pratique mettent en auvre.
On ne peut trop fe hâter d’annoncer aux Amateurs de ce Spedacle , l’efpoir le mieux fondé qu’il y ait eu depuis longtemps de remplir , à la (aûsfaftion du Public , les principaux tôles de Haurecontre.
Le Jeudi, premier de ce mois, ( Mars) M. La Gros , qui n'avoit chanté ni représenté fur aucun Théâtre > a débute par le rôle de Titon. Sa voix > bien timbrée & delà plus agréable qualité , flé- xib* , touchante & Icgcrea fait le plus grand plai- fir.La manière dont il a chanté prouve qu’il eft déjà confommé dans la mu tique. On ne peut avoir plus de précifion & de juftelle 5 011 ne peut, même ap-ès un long éxercice , articuler plus nettement , prononcer plus correctement, & mieux jca.idcr' ks paroles. Sa figure eft agréable &
MAR S. 1764. 224
h taille'forc théâtrale. Une Cage modération de geftes, a (auvé (on début dos difgraces de prcfque cous ceux qui parodient pour la piemicre fois. 11 y a tout lieu d’elpérer de ce Sujet,qu’il ne s’abandonnera pas aux ridicules & furieux coups debras, I on peur s exprimer ai nu , donc il ne crouveroïc que trop de modèles fur cette Scène. On peuc déjà prélTentir aufli , par la fenlibilitc de fa voix» celle de Ion âme. Telles font les b?ureuf.*s difpofi- tions d’un calent qu’on ne peuc devoir qu’a la Nature , mais qu’il ell nécelfaire que i’An & la J pratique mettent en auvre.
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ART. DE L'OPÉRA.
Le document annonce la prochaine représentation de l'opéra 'Haurecontre' et exprime l'espoir de satisfaire le public grâce à la distribution des rôles principaux. Le 1er mars 1764, M. La Gros, un débutant, a interprété le rôle de Titon. Sa voix, bien timbrée et agréable, a été saluée pour sa flexibilité, sa touche et sa légèreté, démontrant une maîtrise de la musique. Sa prononciation et son articulation des paroles étaient précises et correctes. Physiquement, il possède une figure agréable et une taille adaptée à la scène. Sa modération dans les gestes a évité les erreurs courantes chez les débutants. On espère qu'il ne succombera pas aux excès gestuels souvent observés sur scène. Sa voix sensible laisse présager une âme sensible. Ces qualités, naturelles, doivent être développées par l'art et la pratique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12680
p. 222
MARIAGE.
Début :
Claude-François, Marquis de Chabannes-Vergers, ci devant Capitaine de [...]
Mots clefs :
Marquis, Capitaine de cavalerie, Damoiselle, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Claude-François, Marquis de Chabannes-Ver- λers,ci devant Capitaine de Cavalerie , Cheva- 1er de l’Ordre Militaire de S. Louis, fils de Paul, Comte de Chabannes-Vergers, & de Damoifelle Marie-Magdelaine Sallonyer , a époulc le Janvier 1764, Marie-Henriette de Fourviere de Quincy , fille de feu Jacques-Canaille-Henri de fourviere> Marquis de Quincy > & de feue Damoi- fè!Ie Marie-Cécile Moreau deCharny.
Claude-François, Marquis de Chabannes-Ver- λers,ci devant Capitaine de Cavalerie , Cheva- 1er de l’Ordre Militaire de S. Louis, fils de Paul, Comte de Chabannes-Vergers, & de Damoifelle Marie-Magdelaine Sallonyer , a époulc le Janvier 1764, Marie-Henriette de Fourviere de Quincy , fille de feu Jacques-Canaille-Henri de fourviere> Marquis de Quincy > & de feue Damoi- fè!Ie Marie-Cécile Moreau deCharny.
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12681
p. 223
Errata pour le Volume de Février.
Début :
Pag. 81, ligne 1. puisqu'il, lisez puisque. Pag. 83, ligne 12, obtenue, lisez obtenu, Pag. 85, [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata pour le Volume de Février.
Errata p our le Volume de Fé,·rier.
P;ig. 8, , ligne 1. paifq u'il, lifot pui(que. P.ag.
83, ligne 1.z., obtenue, lif:t obrtna. Pag. 85,
ligne 17 , que Hercule, lifocqu'Herculc. Pag. 87,
ligne 1 , eo cication, Leiir , li/Ï!{ Lexie. Pag. 89 •
ligne IL, inférer , lift{ ioCcrire. Pi:lg, 90 , ligne 11,
obfcrvons , lifte oblèrvero ns. Pag 9 t , ligne I ,
en cir-ation , Sepbre, L~t Séphér. Pag. 97, ligne l o,
fous , lifit en. Pag . 98 , lig,,e $, en auroif., lift{
n'auroic.Pag. 101 , ligne 1 ,depuis longtemps un
Sou,,erain qui. Ces cinq m,ocs font cranfpofés, ils
doivent, dans l'ordre du Oifcours , fe trouver à la
crentiéme ligne de la 01eme page , après ceux-ci !
pour alfouvir la haine violence qu'il lui porto•t depuis
longcemp$ un Souverain q ui , &c. Pag. 10◄,
l1gr.c 1.1. ,qualité, lifot q ua.lités. Pag. 101 , ligne,,
la probité , lift{ chariré.
P;ig. 8, , ligne 1. paifq u'il, lifot pui(que. P.ag.
83, ligne 1.z., obtenue, lif:t obrtna. Pag. 85,
ligne 17 , que Hercule, lifocqu'Herculc. Pag. 87,
ligne 1 , eo cication, Leiir , li/Ï!{ Lexie. Pag. 89 •
ligne IL, inférer , lift{ ioCcrire. Pi:lg, 90 , ligne 11,
obfcrvons , lifte oblèrvero ns. Pag 9 t , ligne I ,
en cir-ation , Sepbre, L~t Séphér. Pag. 97, ligne l o,
fous , lifit en. Pag . 98 , lig,,e $, en auroif., lift{
n'auroic.Pag. 101 , ligne 1 ,depuis longtemps un
Sou,,erain qui. Ces cinq m,ocs font cranfpofés, ils
doivent, dans l'ordre du Oifcours , fe trouver à la
crentiéme ligne de la 01eme page , après ceux-ci !
pour alfouvir la haine violence qu'il lui porto•t depuis
longcemp$ un Souverain q ui , &c. Pag. 10◄,
l1gr.c 1.1. ,qualité, lifot q ua.lités. Pag. 101 , ligne,,
la probité , lift{ chariré.
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Résumé : Errata pour le Volume de Février.
Le document liste les corrections pour le volume de février. Par exemple, 'puifqu’il' doit devenir 'puifque' sur la page 8, ligne 1. D'autres corrections incluent 'obtenu' sur la page 8, ligne 11, et 'Hercule' sur la page 8, ligne 17. Sur la page 101, ligne 1, cinq mots doivent être déplacés à la ligne 30. De plus, 'qualité' doit devenir 'qualités' sur la page 104, ligne 11, et 'la probité' doit devenir 'charité' sur la page 105, ligne 9. L'édition du Corneille de M. de Voltaire est en route pour Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12682
p. 221
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
ON a repris & continué les Représentations du Sorcier, alternativement & [...]
Mots clefs :
Sorcier, Représentations, Opéra-Comiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
QN a repris & continué les Repréfen•
cations du Sorcier, alternativement &
conjointement avec les Piéces du même
genï·e , dont le no1nbre des Repréfenrations
n'a point de bornes, par l'efpèce
de convention gt,nérale du Public àe fe
rendre à ce Théàtre les jours d'Opéra-,
Comiques.
QN a repris & continué les Repréfen•
cations du Sorcier, alternativement &
conjointement avec les Piéces du même
genï·e , dont le no1nbre des Repréfenrations
n'a point de bornes, par l'efpèce
de convention gt,nérale du Public àe fe
rendre à ce Théàtre les jours d'Opéra-,
Comiques.
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12683
p. 221-222
SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
Début :
L'Académie de S. Luc, toujours attentive au progrès des Arts de Peinture [...]
Mots clefs :
Peinture, Académie, Sculpture, Anatomie, Organes, Enseignement, Curiosité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
SupplÉm ENT aux Beaux-Ans* PEINTURE, L’Académie de S. Luc, toujours attentive au progrès des Arts de Peinture & de Sculpture , fait faire un Cours d'Anatomie relative aux connoiflances indifpenlablesà ces Ans. On y parte même à l’expofition & à la démonilration des Organes qui y ont un rapport moins direél, afin de fatisfaire les Curieux & les Sçavans que ce Cours attire. li a recommencé le a8 Janvier dernier , pour durer jufqu’à la fin de Mars, & fera continué exactement tous les ans pen-
• • • K ii]
ziz MERCURE DE FRANCE, dant trois mois, dans l’Amphithéâtre de l’Académie , rue du Haut-Moulin, près S.Denis delà Chartre.il commence à fept heures du fuir, apiès la levée du Modèle.
• • • K ii]
ziz MERCURE DE FRANCE, dant trois mois, dans l’Amphithéâtre de l’Académie , rue du Haut-Moulin, près S.Denis delà Chartre.il commence à fept heures du fuir, apiès la levée du Modèle.
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Résumé : SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts. PEINTURE.
L'Académie de Saint-Luc organise un cours d'anatomie pour les arts de la peinture et de la sculpture. Ce cours, débuté le 18 janvier, se poursuit jusqu'à fin mars et inclut des démonstrations d'organes. Les sessions se tiennent à sept heures du matin dans l'amphithéâtre de l'Académie, rue du Haut-Moulin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12684
p. 223
« N. B. L'Edition du Corneille de M. de Voltaire, est en route pour Paris. Les Souscripteurs retireront [...] »
Début :
N. B. L'Edition du Corneille de M. de Voltaire, est en route pour Paris. Les Souscripteurs retireront [...]
Mots clefs :
Corneille, Voltaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « N. B. L'Edition du Corneille de M. de Voltaire, est en route pour Paris. Les Souscripteurs retireront [...] »
N. B. L'Edition du Corneille de M. de Voltaire, est en route pour Paris. Les Souscripteurs retireront leurs Exemplaires des Libraires qui ont reçu leurs Souscriptions.
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12685
p. 224-226
TABLE DES ARTICLES. PIÉCES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
Début :
ARTICLE PREMIER. SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES. PIÉCES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
TABLE DES ARTICLES.
Pièces Fütsirivis in Vers it in Pros»»
Article Premier.
S cite de l’Hiftoire raifonnée des Difcours
• • de CUiron^ '
One à la Peinture. Vers a Mlle AmcuU.
Madrigal.
V irs £n réponfe à d’autres , &c. Coüplet à Mde la Marquile de L. . •. Vers à un Officier fort effimé.
Madrigal,
La Surprilede VAmour , Conte qui nen efi
pts un. it
Mtrennes à Lifc> 34
Epitaphe de M. Georville, ancien Tréfo-
rier de la Marine . &c. 3<
Vers à Mlle £• Af deSin.. . • ibid»
Vers à Mde de S. B. <. &c. 37
Vers envoyés à une très-jolie Femme de
Dijon. 3*
Suite de la Lettre d’une jeune étrangère,&c.
Le Songe.
ÉPITRE à Madame D ** M*** .
VERS à Madame D***.
44
45
47
48
49
60
62
VERS à Mile Mazarelli , Auteur d'un Eloge
de Sully.
SUITE des Lettrés d'unjeune homme.
ODE . De Pace & Ludovici Quinti laudibus.
TRADUCTION de la même Ode ,
COUPLET préſenté à Madame la Marquise
de S. F. & c.
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES .
CHANSON.
65
66 & 67
68 & 69
71
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
SUITE de la Diſſertation hiſtorique & critiqueſur
la Vie de Don Ifaac Abarbanél ,
JuifPortugais ; par M. de Boify.
LETTRE de M. le Brun, Secrétaire des Commandemens
de S. A. S. Mgr le Prince de
Conty , à M. De la Place.
ÉCOLE de Littérature , tirée des meilleurs
Écrivains.
72
96
LA VEUVE , Comédie en un Acte & en Proſe
, par l'Auteur de Dupuis & des Ronais.
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives .
VERS à Mde de B...
CAMPAGNE du Marquis de Créqui en Lorraine
& en Alface , en 1677 ; rédigée par
M. Carlet de la Roziere .
BIBLIOTHEQUE choiſie de Médecine , par
M. Planque , Docteur en Médecine.
104
IlF
116
120
121
ANNONCES de Livres. 129 & fuiv .
226 MERCURE DE FRANCE.
ART. III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADÉMIES.
SUJETS propoſés par l'Académie Royale des
Sciences & Beaux-Arts établie à PAU. 144
PRIX propoſés par la Société Royale d'Agriculture
de la Généralité de PARIS. 148
MÉDECINE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure de France ,
fur la Goute , & c . 150
Eaux filtrées . 154
ART . IV . BEAUX - ARTS .
ARTS UTLIES.
PRIX propoſé par l'Académie Royale de
CHIRURGIE
CHIRURGIE Pour l'Année 1765. 158
LETTRE de M. Dejean , Maître en Chirurgie
de Paris , en réponſe à celle de M. Flurant. 161
ARTS AGRÉABLES.
MUSIQUE. 163
GRAVURE 164
SUPPLÉMENT à l'Article des Sciences.
GEOGRAPHIE. 164
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Versailles. 165
SPECTACLES de Paris .Opéra . 169
COMÉDIE Françoiſe. 172
COMÉDIE Italienne. 221
SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts .
PEINTURE . ibid.
MARIAGE. 222
SUPPLÉMENT à l'Article de l'Opéra . ibid.
Pièces Fütsirivis in Vers it in Pros»»
Article Premier.
S cite de l’Hiftoire raifonnée des Difcours
• • de CUiron^ '
One à la Peinture. Vers a Mlle AmcuU.
Madrigal.
V irs £n réponfe à d’autres , &c. Coüplet à Mde la Marquile de L. . •. Vers à un Officier fort effimé.
Madrigal,
La Surprilede VAmour , Conte qui nen efi
pts un. it
Mtrennes à Lifc> 34
Epitaphe de M. Georville, ancien Tréfo-
rier de la Marine . &c. 3<
Vers à Mlle £• Af deSin.. . • ibid»
Vers à Mde de S. B. <. &c. 37
Vers envoyés à une très-jolie Femme de
Dijon. 3*
Suite de la Lettre d’une jeune étrangère,&c.
Le Songe.
ÉPITRE à Madame D ** M*** .
VERS à Madame D***.
44
45
47
48
49
60
62
VERS à Mile Mazarelli , Auteur d'un Eloge
de Sully.
SUITE des Lettrés d'unjeune homme.
ODE . De Pace & Ludovici Quinti laudibus.
TRADUCTION de la même Ode ,
COUPLET préſenté à Madame la Marquise
de S. F. & c.
ÉNIGMES.
LOGOGRYPHES .
CHANSON.
65
66 & 67
68 & 69
71
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES .
SUITE de la Diſſertation hiſtorique & critiqueſur
la Vie de Don Ifaac Abarbanél ,
JuifPortugais ; par M. de Boify.
LETTRE de M. le Brun, Secrétaire des Commandemens
de S. A. S. Mgr le Prince de
Conty , à M. De la Place.
ÉCOLE de Littérature , tirée des meilleurs
Écrivains.
72
96
LA VEUVE , Comédie en un Acte & en Proſe
, par l'Auteur de Dupuis & des Ronais.
SUPPLÉMENT aux Piéces Fugitives .
VERS à Mde de B...
CAMPAGNE du Marquis de Créqui en Lorraine
& en Alface , en 1677 ; rédigée par
M. Carlet de la Roziere .
BIBLIOTHEQUE choiſie de Médecine , par
M. Planque , Docteur en Médecine.
104
IlF
116
120
121
ANNONCES de Livres. 129 & fuiv .
226 MERCURE DE FRANCE.
ART. III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADÉMIES.
SUJETS propoſés par l'Académie Royale des
Sciences & Beaux-Arts établie à PAU. 144
PRIX propoſés par la Société Royale d'Agriculture
de la Généralité de PARIS. 148
MÉDECINE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure de France ,
fur la Goute , & c . 150
Eaux filtrées . 154
ART . IV . BEAUX - ARTS .
ARTS UTLIES.
PRIX propoſé par l'Académie Royale de
CHIRURGIE
CHIRURGIE Pour l'Année 1765. 158
LETTRE de M. Dejean , Maître en Chirurgie
de Paris , en réponſe à celle de M. Flurant. 161
ARTS AGRÉABLES.
MUSIQUE. 163
GRAVURE 164
SUPPLÉMENT à l'Article des Sciences.
GEOGRAPHIE. 164
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Versailles. 165
SPECTACLES de Paris .Opéra . 169
COMÉDIE Françoiſe. 172
COMÉDIE Italienne. 221
SUPPLÉMENT aux Beaux-Arts .
PEINTURE . ibid.
MARIAGE. 222
SUPPLÉMENT à l'Article de l'Opéra . ibid.
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Résumé : TABLE DES ARTICLES. PIÉCES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
Le document présente une table des articles d'une publication divisée en cinq sections. La première, 'Pièces Fugitives in Vers et in Prose', contient des poèmes et lettres adressés à des personnalités comme Mlle Amcull, la Marquise de L., et Madame D**. On y trouve des madrigaux, épitaphes et épîtres. La deuxième section, 'Nouvelles Littéraires', inclut des dissertations historiques, des lettres et des comédies telles que 'La Veuve'. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', traite des sujets académiques, des prix en agriculture et des lettres sur des sujets médicaux. La quatrième section, 'Beaux-Arts', aborde les arts utiles et agréables, incluant la musique et la gravure. Enfin, la cinquième section, 'Spectacles', décrit les spectacles de la cour à Versailles, les spectacles parisiens, ainsi que des suppléments sur la peinture et les mariages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12686
p. 226
« De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY, rue & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
rue& vis-à- vis la Comédie Françoiſe.
rue& vis-à- vis la Comédie Françoiſe.
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12687
p. 1-4
DICTIONNAIRE RAISONNÉ UNIVERSEL D'HISTOIRE NATURELLE ; contenant l'Histoire des Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle des Corps célestes, des Météores, & des autres principaux Phénomenes de la Nature ; avec l'Histoire & la description des Drogues simples tirées des trois Regnes, & le détail de leurs usage dans la Médecine, dans l'Économie domestique & champêtre, & dans les Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la Société Economique de Berne ; Associé de l'Académie Royale des Sciences, Belles Lettres & Arts de Rouen ; Correspondant de la Société Royale des Sciences de Montpellier, Associé de l'Académie Royale des Belles Lettres de Caen ; Membre de la Société Littéraire de Clermont-Ferrand. 5 Volumes in 8o. A Paris, chez DIDOT, le Jeune, Quai des Augustins ; MUSIER , Fils, Quai des Augustins ; DE HANSY, Pont au-Change ; PANCKOUCKE, rue & près de la Comédie Françoise. M. DCC. LXIV. Avec Approbation, & Privilege du Roi. AVIS DES LIBRAIRES.
Début :
LE goût & l'étude de l'Histoire Naturelle ont fait des progrès très considérables depuis le commencement de [...]
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texteReconnaissance textuelle : DICTIONNAIRE RAISONNÉ UNIVERSEL D'HISTOIRE NATURELLE ; contenant l'Histoire des Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle des Corps célestes, des Météores, & des autres principaux Phénomenes de la Nature ; avec l'Histoire & la description des Drogues simples tirées des trois Regnes, & le détail de leurs usage dans la Médecine, dans l'Économie domestique & champêtre, & dans les Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la Société Economique de Berne ; Associé de l'Académie Royale des Sciences, Belles Lettres & Arts de Rouen ; Correspondant de la Société Royale des Sciences de Montpellier, Associé de l'Académie Royale des Belles Lettres de Caen ; Membre de la Société Littéraire de Clermont-Ferrand. 5 Volumes in 8o. A Paris, chez DIDOT, le Jeune, Quai des Augustins ; MUSIER , Fils, Quai des Augustins ; DE HANSY, Pont au-Change ; PANCKOUCKE, rue & près de la Comédie Françoise. M. DCC. LXIV. Avec Approbation, & Privilege du Roi. AVIS DES LIBRAIRES.
DICTIONNAIRE RAISONNÉ UNIVERSEL
D'HISTOIRE NATURELLE ; contenant l'Histoire des
Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle
des Corps célestes, des Météores, & des autres principaux
Phénomenes de la Nature ; avec l'Histoire &
la description des Drogues simples tirées des trois
Regnes, & le détail de leurs usage dans la Médecine,
dans l'Économie domestique & champêtre, & dans les
Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE,
Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la
Société Economique de Berne ; Associé de l'Académie
Royale des Sciences, Belles Lettres & Arts de Rouen ;
Correspondant de la Société Royale des Sciences de
Montpellier, Associé de l'Académie Royale des Belles
Lettres de Caen ; Membre de la Société Littéraire de
Clermont-Ferrand. 5 Volumes in 8o. A Paris, chez
DIDOT, le Jeune, Quai des Augustins ; MUSIER
,
Fils, Quai des Augustins ; DE HANSY, Pont au-Change ;
PANCKOUCKE, rue & près de la Comédie
Françoise. M. DCC. LXIV. Avec Approbation, &
Privilege du Roi.
AVIS DES LIBRAIRES.
LE goût & l'étude de l'Histoire Naturelle ont fait des
progrès très considérables depuis le commencement de
ce Siecle C'eſt depuis cette époque , que les efforts réunis
des Académies & des Sociétés Savantes , que les travaux
des Juſſieu , des Réaumur , des Duhamel, des Buffon ,
des Linnæus , & de tant d'autres illuſtres Naturaliſtes
ont produit les plus belles découvertes , & les Obferva-
tionsles plus importantes ſur les trois Regnes des Ani-
maux , des Végétaux & des Minéraux.
Depuis ce même tems , la Chymie & la Phyſique ſe
font beaucoup perfectionnées entre les mains de plu-
fieurs Savans célebres , dont les découvertes ont dû né-
Eeſſairementjetter un grand jour ſur l'Hiſtoire Naturelle,
(2)
puiſque lapremiere de ces deux Sciences s'occupe unia
quement de l'analyſe des corps ; & que l'autre n'a d'au-
tre but que l'étude des Phénomenes de la Nature.
On a auffi beaucoup écrit , depuis quelques années ,
fur l'Agriculture , ſur l'Economie rurale , ſur les Ma-
nufactures ; & les Ouvrages des Savans qui ſe ſont ap-
pliqués à ces matieres , nous ont enſeigné l'emploi que
l'Art doit faire des préſens qu'il reçoitde la Nature. En
forte qu'aujourd'hui il n'y a aucune branche de l'Hiftoire
Naturelle , ni aucun des objets qui y ſont relatifs , fur
leſquels nous n'ayions un ou pluſieurs Traités , ou au
moins quelques Diſſertations ou Mémoires Acadé-
miques.
Tant de richeſſes , éparſes & répandues dans une in-
finité de Volumes , ſembloient attendre qu'une main
exercée à cegenre de travail les réunît & les rapprochât ,
pour enformer un Enſemble & un Corps complet d'Hif
toire Naturelle .
M. Valmont de Bomare , connu par les Cours pu-
blics qu'il fait à Paris ſur cette Science depuis plu-
fieurs années , a entrepris ce travail , & il en a formé
le Dictionnaireraisonné univerſel d'Histoire Naturelle ,
que l'on préſente aujourd'hui au Public.
L'Auteur s'est déterminé pour l'ordre alphabétique ,
parcequ'il eſt le plus commode pour chercher & trou-
ver facilement les matieres fur leſquelles on veut tra-
vailler. D'ailleurs , ce plan ſe rapproche de celui de la
Nature , dont toutes les productions ſont mêlées ſans
confufion , &dont la richeffe & la fécondité éclattent
davantage , par le contraſte même qu'elle a mis entre
ſes divers Ouvrages.
Cependant , pour donner à ſon travail autant de corps
& de liaiſon qu'il étoit poſſible , l'Auteur a eu recours
à deux moyens. L'un a été de traiter , dans chaque ar-
ticle, tous les objets qui peuvent avoir rapport à l'objet
principal. L'autre de faire beaucoup d'articles généraux ,
qui font autant de points de réunion , d'où le Lecteur
peut obſerver l'analogie des genres & des eſpeces , &
faifir la chaîne des rapports qui lient les différentes
branches de chaque Regne de l'Hiſtoire Naturelle.
L'Auteur , perfuadé qu'il ne ſuffit pas de faire connoi
(3)
tre les objets par leur extérieur , s'eſt attaché àdécrire ,
dans le détail convenable , leurs uſages & leurs pro-
priétés Economiques , Phyſiques , Techniques & Medi-
cinales.
On trouvera par-tout dans cet Ouvrage des preuves
de cette méthode. L'Amateur veut - il , par exemple ,
avoir une idée générale du tout enſemble ? il n'a qu'à
confulter l'article Hiſtoire Naturelle ; il y verra la dif-
poſition du Cabinet le plus riche , & les grandes divi-
ſions des trois Regnes de la Nature. Defire-t-il enſuite
plus de détail ? il lui eſt facile de recourir aux articles
particuliers indiqués. Chaque Regne eſt ainſi annoncé
par un diſcours qui en fait connoître les caracteres prin,
cipaux& les dépendances relatives.
Conformément à ce plan , l'article Animal préſente
les traits généraux des Etres compris dans le Regne ani-
mal. L'article de l'Homme fait connoître les variétés de
fon eſpece. Quadrupedes , Oiseaux , Poiſſons , Coquil-
lages, Infectes , Polypes , &c. offrent de même les for-
mes diſtinctives que la Nature leur a données. On trouve
les mêmes détails , pour ce qui concerne les Végétaux
dans les articles généraux Plantes , Arbres , Bois
Fleurs , &c.; & pour ce qui regarde les Minéraux
,
,
dans les articles Terre , Mines , Eaux , Mer , Pier-
res , &c. A l'égard des articles qui traitent d'un objet
en particulier , on a eu l'attention d'y raſſembler , ſous
un ſeul pointde vue , tout ce qui en forme & termine
le Tableau : c'eſt ainſi qu'à l'article Abeilles , on place
tout-de-ſuite , après l'hiſtoire de ces Mouches induf-
trieuſes, les mots Eſſaim , Alvéole , Propolis , Miel ,
Cire , &c. On a ſuivi cette méthode dans toutes les ma-
tieres qui en ſont ſuſceptibles.
Le Tableau univerſel de l'Hiſtoire Naturelle eft com-
plété dans cet Ouvrage, par le rang qu'y occupent les
Corps célestes , les Météores , les Révolutions de notre
Globe , celles de la Mer , les Tremblemens de terre ,
les Vents , les Volcans , les propriétés des Elémens , &c .
On peut voir , plus au long , dans l'Avertiſſement qui
eſt à la tête de ce Dictionnaire , le plan que l'Auteur s'eſt
propoſé de remplir ; mais l'efquiffe qu'on en donne ici ,
pourra ſuffire pour faire connoître que cet Ouvrage eſt
(4)
bien différent , par ſon importance & par ſon étendue
de ceuxdu même genre qui ont paru juſqu'à préſent.
Cette Collection pourra ſervir de guide à l'Amateur
qui veut étudier l'Hiſtoire Naturelle , ou ſe former un
Cabinet: elle ſerautile à ceux qui exercentdes profeſſions
relatives à la Médecine , ainſi qu'aux Phyſiciens , aux
Artiſtes , aux Cultivateurs , aux Commerçans , à l'Hom-
me du monde , & aux perſonnes de l'un & l'autre ſexe
qui reçoivent une éducation ſoignée.
Il n'étoit pas poſſible d'exécuter un pareil travail
fans multiplier les Volumes ; & par cette raiſon , on
avoit d'abord penſé à le propoſer par ſouſcription , & à
Pimprimer in-4 ° . Mais pour mettre le Public a portée
d'en jouir plus promptement , & aufſi dans la vue d'en
diminuer le prix , & d'en rendre l'acquiſition plus facile ,
fur-tout aux jeunes gens , on s'eſt déterminé de l'impri-
mer du même format & du même caractere que le pré-
fentAvis. Par ce moyen , on eſt parvenu à réduire tour
l'Ouvrage à cinq Volumes d'environ 650 pages chacun.
D'HISTOIRE NATURELLE ; contenant l'Histoire des
Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle
des Corps célestes, des Météores, & des autres principaux
Phénomenes de la Nature ; avec l'Histoire &
la description des Drogues simples tirées des trois
Regnes, & le détail de leurs usage dans la Médecine,
dans l'Économie domestique & champêtre, & dans les
Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE,
Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la
Société Economique de Berne ; Associé de l'Académie
Royale des Sciences, Belles Lettres & Arts de Rouen ;
Correspondant de la Société Royale des Sciences de
Montpellier, Associé de l'Académie Royale des Belles
Lettres de Caen ; Membre de la Société Littéraire de
Clermont-Ferrand. 5 Volumes in 8o. A Paris, chez
DIDOT, le Jeune, Quai des Augustins ; MUSIER
,
Fils, Quai des Augustins ; DE HANSY, Pont au-Change ;
PANCKOUCKE, rue & près de la Comédie
Françoise. M. DCC. LXIV. Avec Approbation, &
Privilege du Roi.
AVIS DES LIBRAIRES.
LE goût & l'étude de l'Histoire Naturelle ont fait des
progrès très considérables depuis le commencement de
ce Siecle C'eſt depuis cette époque , que les efforts réunis
des Académies & des Sociétés Savantes , que les travaux
des Juſſieu , des Réaumur , des Duhamel, des Buffon ,
des Linnæus , & de tant d'autres illuſtres Naturaliſtes
ont produit les plus belles découvertes , & les Obferva-
tionsles plus importantes ſur les trois Regnes des Ani-
maux , des Végétaux & des Minéraux.
Depuis ce même tems , la Chymie & la Phyſique ſe
font beaucoup perfectionnées entre les mains de plu-
fieurs Savans célebres , dont les découvertes ont dû né-
Eeſſairementjetter un grand jour ſur l'Hiſtoire Naturelle,
(2)
puiſque lapremiere de ces deux Sciences s'occupe unia
quement de l'analyſe des corps ; & que l'autre n'a d'au-
tre but que l'étude des Phénomenes de la Nature.
On a auffi beaucoup écrit , depuis quelques années ,
fur l'Agriculture , ſur l'Economie rurale , ſur les Ma-
nufactures ; & les Ouvrages des Savans qui ſe ſont ap-
pliqués à ces matieres , nous ont enſeigné l'emploi que
l'Art doit faire des préſens qu'il reçoitde la Nature. En
forte qu'aujourd'hui il n'y a aucune branche de l'Hiftoire
Naturelle , ni aucun des objets qui y ſont relatifs , fur
leſquels nous n'ayions un ou pluſieurs Traités , ou au
moins quelques Diſſertations ou Mémoires Acadé-
miques.
Tant de richeſſes , éparſes & répandues dans une in-
finité de Volumes , ſembloient attendre qu'une main
exercée à cegenre de travail les réunît & les rapprochât ,
pour enformer un Enſemble & un Corps complet d'Hif
toire Naturelle .
M. Valmont de Bomare , connu par les Cours pu-
blics qu'il fait à Paris ſur cette Science depuis plu-
fieurs années , a entrepris ce travail , & il en a formé
le Dictionnaireraisonné univerſel d'Histoire Naturelle ,
que l'on préſente aujourd'hui au Public.
L'Auteur s'est déterminé pour l'ordre alphabétique ,
parcequ'il eſt le plus commode pour chercher & trou-
ver facilement les matieres fur leſquelles on veut tra-
vailler. D'ailleurs , ce plan ſe rapproche de celui de la
Nature , dont toutes les productions ſont mêlées ſans
confufion , &dont la richeffe & la fécondité éclattent
davantage , par le contraſte même qu'elle a mis entre
ſes divers Ouvrages.
Cependant , pour donner à ſon travail autant de corps
& de liaiſon qu'il étoit poſſible , l'Auteur a eu recours
à deux moyens. L'un a été de traiter , dans chaque ar-
ticle, tous les objets qui peuvent avoir rapport à l'objet
principal. L'autre de faire beaucoup d'articles généraux ,
qui font autant de points de réunion , d'où le Lecteur
peut obſerver l'analogie des genres & des eſpeces , &
faifir la chaîne des rapports qui lient les différentes
branches de chaque Regne de l'Hiſtoire Naturelle.
L'Auteur , perfuadé qu'il ne ſuffit pas de faire connoi
(3)
tre les objets par leur extérieur , s'eſt attaché àdécrire ,
dans le détail convenable , leurs uſages & leurs pro-
priétés Economiques , Phyſiques , Techniques & Medi-
cinales.
On trouvera par-tout dans cet Ouvrage des preuves
de cette méthode. L'Amateur veut - il , par exemple ,
avoir une idée générale du tout enſemble ? il n'a qu'à
confulter l'article Hiſtoire Naturelle ; il y verra la dif-
poſition du Cabinet le plus riche , & les grandes divi-
ſions des trois Regnes de la Nature. Defire-t-il enſuite
plus de détail ? il lui eſt facile de recourir aux articles
particuliers indiqués. Chaque Regne eſt ainſi annoncé
par un diſcours qui en fait connoître les caracteres prin,
cipaux& les dépendances relatives.
Conformément à ce plan , l'article Animal préſente
les traits généraux des Etres compris dans le Regne ani-
mal. L'article de l'Homme fait connoître les variétés de
fon eſpece. Quadrupedes , Oiseaux , Poiſſons , Coquil-
lages, Infectes , Polypes , &c. offrent de même les for-
mes diſtinctives que la Nature leur a données. On trouve
les mêmes détails , pour ce qui concerne les Végétaux
dans les articles généraux Plantes , Arbres , Bois
Fleurs , &c.; & pour ce qui regarde les Minéraux
,
,
dans les articles Terre , Mines , Eaux , Mer , Pier-
res , &c. A l'égard des articles qui traitent d'un objet
en particulier , on a eu l'attention d'y raſſembler , ſous
un ſeul pointde vue , tout ce qui en forme & termine
le Tableau : c'eſt ainſi qu'à l'article Abeilles , on place
tout-de-ſuite , après l'hiſtoire de ces Mouches induf-
trieuſes, les mots Eſſaim , Alvéole , Propolis , Miel ,
Cire , &c. On a ſuivi cette méthode dans toutes les ma-
tieres qui en ſont ſuſceptibles.
Le Tableau univerſel de l'Hiſtoire Naturelle eft com-
plété dans cet Ouvrage, par le rang qu'y occupent les
Corps célestes , les Météores , les Révolutions de notre
Globe , celles de la Mer , les Tremblemens de terre ,
les Vents , les Volcans , les propriétés des Elémens , &c .
On peut voir , plus au long , dans l'Avertiſſement qui
eſt à la tête de ce Dictionnaire , le plan que l'Auteur s'eſt
propoſé de remplir ; mais l'efquiffe qu'on en donne ici ,
pourra ſuffire pour faire connoître que cet Ouvrage eſt
(4)
bien différent , par ſon importance & par ſon étendue
de ceuxdu même genre qui ont paru juſqu'à préſent.
Cette Collection pourra ſervir de guide à l'Amateur
qui veut étudier l'Hiſtoire Naturelle , ou ſe former un
Cabinet: elle ſerautile à ceux qui exercentdes profeſſions
relatives à la Médecine , ainſi qu'aux Phyſiciens , aux
Artiſtes , aux Cultivateurs , aux Commerçans , à l'Hom-
me du monde , & aux perſonnes de l'un & l'autre ſexe
qui reçoivent une éducation ſoignée.
Il n'étoit pas poſſible d'exécuter un pareil travail
fans multiplier les Volumes ; & par cette raiſon , on
avoit d'abord penſé à le propoſer par ſouſcription , & à
Pimprimer in-4 ° . Mais pour mettre le Public a portée
d'en jouir plus promptement , & aufſi dans la vue d'en
diminuer le prix , & d'en rendre l'acquiſition plus facile ,
fur-tout aux jeunes gens , on s'eſt déterminé de l'impri-
mer du même format & du même caractere que le pré-
fentAvis. Par ce moyen , on eſt parvenu à réduire tour
l'Ouvrage à cinq Volumes d'environ 650 pages chacun.
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12687
DICTIONNAIRE RAISONNÉ UNIVERSEL D'HISTOIRE NATURELLE ; contenant l'Histoire des Animaux, des Végétaux & des Minéraux, & celle des Corps célestes, des Météores, & des autres principaux Phénomenes de la Nature ; avec l'Histoire & la description des Drogues simples tirées des trois Regnes, & le détail de leurs usage dans la Médecine, dans l'Économie domestique & champêtre, & dans les Arts & Métiers. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle ; Honoraire de la Société Economique de Berne ; Associé de l'Académie Royale des Sciences, Belles Lettres & Arts de Rouen ; Correspondant de la Société Royale des Sciences de Montpellier, Associé de l'Académie Royale des Belles Lettres de Caen ; Membre de la Société Littéraire de Clermont-Ferrand. 5 Volumes in 8o. A Paris, chez DIDOT, le Jeune, Quai des Augustins ; MUSIER , Fils, Quai des Augustins ; DE HANSY, Pont au-Change ; PANCKOUCKE, rue & près de la Comédie Françoise. M. DCC. LXIV. Avec Approbation, & Privilege du Roi. AVIS DES LIBRAIRES.
12688
p. 4
« De l'Imprimerie DE DIDOT. [...] »
Début :
De l'Imprimerie DE DIDOT. [...]
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De l'Imprimerie DE DIDOT.
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12689
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure est chez M.
LUTTON, Avocat, Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie litté-
raire , à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols ,mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pourſeize vo-
lumes , à raiſon de 30 fols pièce.
Les personnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re-
cevront francs de port.
Celles qui auront d'autres voiesque
la Pofte pour le faire venir , & qui pren
dront les frais du port fur leur comp-
te , ne payeront comme à Paris , qua
raiſon de 30 fols par volume , c'est-à
dire , 24 liv. d'avance , en s'abonnant
pour ſeize volumes.
A ij
د
Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudrontfaire ve-
mirle
Mercure ,
deffus.
écriront à l'adreſſe ci-
On fupplie les perſonnes des provin-
ces d'envoyer par la poſte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le paye-
ment en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets quineferont pas affran-
chis , refteront au rebut.
On prie les perſonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Muſique à an
noncer, d'en marquer leprix.
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , ſe trouve auſſi au
Bureau du Mercure. Le format,le nom-
bre de volumes & les conditions font
lės mêmes pour une année. Ily en ajuf-
qu'à préſent cent cinq vol. Une Table
générale, rangée par ordredes Matières,
ſe trouve à la findu ſoixante-douziéme.
LE Bureau du Mercure est chez M.
LUTTON, Avocat, Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch , à côté du
Sellier du Roi.
C'est à lui que l'on prie d'adreſſer ,
francs de port , les paquets & lettres ,
pour remettre , quant à la partie litté-
raire , à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols ,mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pourſeize vo-
lumes , à raiſon de 30 fols pièce.
Les personnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la pofte
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re-
cevront francs de port.
Celles qui auront d'autres voiesque
la Pofte pour le faire venir , & qui pren
dront les frais du port fur leur comp-
te , ne payeront comme à Paris , qua
raiſon de 30 fols par volume , c'est-à
dire , 24 liv. d'avance , en s'abonnant
pour ſeize volumes.
A ij
د
Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudrontfaire ve-
mirle
Mercure ,
deffus.
écriront à l'adreſſe ci-
On fupplie les perſonnes des provin-
ces d'envoyer par la poſte , en payanı
le droit , leurs ordres , afin que le paye-
ment en foit fait d'avance au Bureau.
Les paquets quineferont pas affran-
chis , refteront au rebut.
On prie les perſonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Muſique à an
noncer, d'en marquer leprix.
Le Nouveau Choix de Pièces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , ſe trouve auſſi au
Bureau du Mercure. Le format,le nom-
bre de volumes & les conditions font
lės mêmes pour une année. Ily en ajuf-
qu'à préſent cent cinq vol. Une Table
générale, rangée par ordredes Matières,
ſe trouve à la findu ſoixante-douziéme.
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12690
p. 5-9
SUITE de l'Histoire raisonnée des Plaidoyers de CICÉRON. DÉFENSE de la Loi du Tribun du Peuple C. MANILIUS, qui vouloit engager les Citoyens à mettre POMPÉE à la tête des Troupes qu'on opposoit à MITHRIDATE.
Début :
TOUJOURS semblable à lui même, toujours animé du même esprit de Patriotisme, [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Histoire raisonnée des Plaidoyers de CICÉRON. DÉFENSE de la Loi du Tribun du Peuple C. MANILIUS, qui vouloit engager les Citoyens à mettre POMPÉE à la tête des Troupes qu'on opposoit à MITHRIDATE.
SUITE de l'Histoire raisonnée des
Plaidoyers de CICÉRON.
DÉFENSE de la Loi du Tribun du
Peuple C. MANILIUS, qui vouloit
engager les Citoyens à mettre POMPÉE
à la tête des Troupes qu'on opposoit
à MITHRIDATE.
TOUJOURS semblable à lui même,
toujours animé du même esprit de Patriotisme,
I. Vol.
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE.
tantôt Cicéron armé de fon
éloquence déconcerte les projets ambi-
tieux des mauvais Citoyens & les force
au filence , tantôt il encourage les en-
trepriſes utiles au bien généralde l'Etat ,
& parvient à les faire adopter par le
Corps entier du Peuple Romain.
Rullus a élevé fa voix en faveur d'u-
ne Loi pernicieuſe , & il a été confon-
du. C. Manilius éléve aujourd'hui la
fienne ; il propoſe Pompée comme le
Citoyen le plus capable de commander
les armées de la République ; Cicéron
ſe charge de faire valoir ſa propofition
par un difcours éloquent , & en ſe cou-
vrant lui-même de gloire , il met ſa pa-
trie en état de cueillir de nouveaux lau-
riers.
De tous les Peuples qui eurent autre-
fois la manie de réaliſer la chimère de
l'Empire Univerſel , les Romains font
ceux qui en ont le plus approché. Le fié-
cle de Cicéron a été le plus beau de ces
fiers Républicains. Leur nom ſembloit
le cri de l'honneur
leurs Enfeignes
montroient celui de la victoire : on
comptoit prèſque autantde triompha-
teurs que deGénéraux. Vingt Rois fou,
mis atteſtoient leur puiſſance. Les au-
tres mettoient au nombre de leurs titres
AVRIL. 1764.
,
7
les plus glorieux ,celui d'Alliés desRo-
mains. Le feul Mithridate réſiſtoit en-
core. Une guerre de ſept ans pouffée
vivement par Lucullus n'avoit point di-
minué ſes forces ; & après tant de tra-
vaux les Troupes Romaines n'étoient
pas plus avancées qu'au premier jour.
Ce Prince joignoit le courage le plus
héroïque & le plus réfléchi à l'eſprit
le plus juſte & le plus actifqui fûtja -
mais. Une correſpondance exacte éta-
blie entre la Capitale & toutes les Pro-
vinces de ſes Etats le mettoit en état
de juger des forces actuelles de fon
Royaume , & de celles qu'il pouvoit
efpérer par la ſuite. Un coup d'œil lui
fuffifoit pour juger des abus: un re-
méde ſimple les faifoit ceffer. Intrépide
à la tête de ſes armées , confervant fon
fang-froid au milieu des mêlées les plus
fanglantes
il ſçavoit profiter de ſes
moindres avantages & des plus petites
fautes de ſes ennemis. L'adverſité ne
l'abattit jamais , & le bonheur ne l'en-
orgueillit point. Tel étoit l'ennemi que
Pompée alloit combattre.
Pompée réuniſſoit dan ſon caractère
les plus grandes & les plus nobles qua-
lités qui puiſſent faire honneur à la na-
ture humaine , & donner à un homme
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
de l'aſcendant ſur ſes ſemblables. Ses
vues & fes raiſonnemens étoient admi-
rables dans le Sénat , ſa bravoure mer-
veilleuſe dans l'action. Lorſqu'il étoit
queſtion d'exécuter ce qu'il avoit une
fois jugé néceffaire ,jamais perſonne ne
joignit fi parfaitement la diligence à la
fermeté. Voilà l'Adverſaire qu'on réſo-
lut d'oppoſer à Mithridate.
Ce fut fous le Confulat de M. Emile
& de L. Vocatius que C. Manilius, Tri-
bun du Peuple , propoſa aux Citoyens
la- Loi qui depuis a porté ſon nom. Lu-
cullus venoit d'être rappellé ; des fuc-
cès équivoques , des pertes réelles , un
ennemi toujours en haleine & qui ne
ſe laiſſoit jamais ſurprendre , les Sol-
dits découragés ; telle étoit la ſituation
des Romains. Elle étoit critique , &
partant ne pouvoit être durable. Cicé-
ron ami particulier de Pompée , mais
encore plus zélé Patriote , ſervit en cette
occafion & l'amitié & la Patrie en ſe-
condant les vues de Manilius .
Son diſcours eſt un des plus adroits(a)
(a ) Qu'on ne ſoit pas ſurpris du terme d'a-
droit dontje me ſers. Les grands hommes font
toujours regardés d'un œil d'envie , parce que
leur mérite bleffe la médiocrité. Dans les Etats
Républicains cette jalousie dégénere en haine ,
AVRIL. 1764.
9
& des plus élégans qu'il ait jamais pro-
noncés. Le ſtyle y prend la forme des
objets que l'Orateur veut peindre. Les
louanges les plus fines & les plus déli-
cates y font prodiguées à Lucullus : II
réſerve la magnificence des éloges à fon
héros. La partie du ſentiment y eft
traitée en Maître ; les raiſonnemens font:
convaincans & fans replique.
Le fuccès couronna l'entrepriſe :
Pompée fut élu d'une voix unanime
Général de la République. Que l'on
décide à préſent qu'on ſçait toutes les
victoires qu'il remporta , pour lequel
des deux , de Cicéron ou de lui , les
Romains durent avoir le plus de recon-
noiſſance ?
parce qu'on craint de ſe voir aſſervir par ceux
à qui leurs qualités ſuperieures attirent l'eſtime
publique. Pompée étoit dans ce cas-là ; il étoit
trop grand homme pour ne pas avoir beaucoup
d'ennemis , & Cicéron avoit réellement beſoin de
toute fon adreſſe pour ménager des gens qui
pouvoient faire échouer l'entrepriſe.
Plaidoyers de CICÉRON.
DÉFENSE de la Loi du Tribun du
Peuple C. MANILIUS, qui vouloit
engager les Citoyens à mettre POMPÉE
à la tête des Troupes qu'on opposoit
à MITHRIDATE.
TOUJOURS semblable à lui même,
toujours animé du même esprit de Patriotisme,
I. Vol.
Aiij
6 MERCURE DE FRANCE.
tantôt Cicéron armé de fon
éloquence déconcerte les projets ambi-
tieux des mauvais Citoyens & les force
au filence , tantôt il encourage les en-
trepriſes utiles au bien généralde l'Etat ,
& parvient à les faire adopter par le
Corps entier du Peuple Romain.
Rullus a élevé fa voix en faveur d'u-
ne Loi pernicieuſe , & il a été confon-
du. C. Manilius éléve aujourd'hui la
fienne ; il propoſe Pompée comme le
Citoyen le plus capable de commander
les armées de la République ; Cicéron
ſe charge de faire valoir ſa propofition
par un difcours éloquent , & en ſe cou-
vrant lui-même de gloire , il met ſa pa-
trie en état de cueillir de nouveaux lau-
riers.
De tous les Peuples qui eurent autre-
fois la manie de réaliſer la chimère de
l'Empire Univerſel , les Romains font
ceux qui en ont le plus approché. Le fié-
cle de Cicéron a été le plus beau de ces
fiers Républicains. Leur nom ſembloit
le cri de l'honneur
leurs Enfeignes
montroient celui de la victoire : on
comptoit prèſque autantde triompha-
teurs que deGénéraux. Vingt Rois fou,
mis atteſtoient leur puiſſance. Les au-
tres mettoient au nombre de leurs titres
AVRIL. 1764.
,
7
les plus glorieux ,celui d'Alliés desRo-
mains. Le feul Mithridate réſiſtoit en-
core. Une guerre de ſept ans pouffée
vivement par Lucullus n'avoit point di-
minué ſes forces ; & après tant de tra-
vaux les Troupes Romaines n'étoient
pas plus avancées qu'au premier jour.
Ce Prince joignoit le courage le plus
héroïque & le plus réfléchi à l'eſprit
le plus juſte & le plus actifqui fûtja -
mais. Une correſpondance exacte éta-
blie entre la Capitale & toutes les Pro-
vinces de ſes Etats le mettoit en état
de juger des forces actuelles de fon
Royaume , & de celles qu'il pouvoit
efpérer par la ſuite. Un coup d'œil lui
fuffifoit pour juger des abus: un re-
méde ſimple les faifoit ceffer. Intrépide
à la tête de ſes armées , confervant fon
fang-froid au milieu des mêlées les plus
fanglantes
il ſçavoit profiter de ſes
moindres avantages & des plus petites
fautes de ſes ennemis. L'adverſité ne
l'abattit jamais , & le bonheur ne l'en-
orgueillit point. Tel étoit l'ennemi que
Pompée alloit combattre.
Pompée réuniſſoit dan ſon caractère
les plus grandes & les plus nobles qua-
lités qui puiſſent faire honneur à la na-
ture humaine , & donner à un homme
A iv
8 MERCURE DE FRANCE .
de l'aſcendant ſur ſes ſemblables. Ses
vues & fes raiſonnemens étoient admi-
rables dans le Sénat , ſa bravoure mer-
veilleuſe dans l'action. Lorſqu'il étoit
queſtion d'exécuter ce qu'il avoit une
fois jugé néceffaire ,jamais perſonne ne
joignit fi parfaitement la diligence à la
fermeté. Voilà l'Adverſaire qu'on réſo-
lut d'oppoſer à Mithridate.
Ce fut fous le Confulat de M. Emile
& de L. Vocatius que C. Manilius, Tri-
bun du Peuple , propoſa aux Citoyens
la- Loi qui depuis a porté ſon nom. Lu-
cullus venoit d'être rappellé ; des fuc-
cès équivoques , des pertes réelles , un
ennemi toujours en haleine & qui ne
ſe laiſſoit jamais ſurprendre , les Sol-
dits découragés ; telle étoit la ſituation
des Romains. Elle étoit critique , &
partant ne pouvoit être durable. Cicé-
ron ami particulier de Pompée , mais
encore plus zélé Patriote , ſervit en cette
occafion & l'amitié & la Patrie en ſe-
condant les vues de Manilius .
Son diſcours eſt un des plus adroits(a)
(a ) Qu'on ne ſoit pas ſurpris du terme d'a-
droit dontje me ſers. Les grands hommes font
toujours regardés d'un œil d'envie , parce que
leur mérite bleffe la médiocrité. Dans les Etats
Républicains cette jalousie dégénere en haine ,
AVRIL. 1764.
9
& des plus élégans qu'il ait jamais pro-
noncés. Le ſtyle y prend la forme des
objets que l'Orateur veut peindre. Les
louanges les plus fines & les plus déli-
cates y font prodiguées à Lucullus : II
réſerve la magnificence des éloges à fon
héros. La partie du ſentiment y eft
traitée en Maître ; les raiſonnemens font:
convaincans & fans replique.
Le fuccès couronna l'entrepriſe :
Pompée fut élu d'une voix unanime
Général de la République. Que l'on
décide à préſent qu'on ſçait toutes les
victoires qu'il remporta , pour lequel
des deux , de Cicéron ou de lui , les
Romains durent avoir le plus de recon-
noiſſance ?
parce qu'on craint de ſe voir aſſervir par ceux
à qui leurs qualités ſuperieures attirent l'eſtime
publique. Pompée étoit dans ce cas-là ; il étoit
trop grand homme pour ne pas avoir beaucoup
d'ennemis , & Cicéron avoit réellement beſoin de
toute fon adreſſe pour ménager des gens qui
pouvoient faire échouer l'entrepriſe.
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12691
p. 14
[Texte sans titre]
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texteReconnaissance textuelle : [Texte sans titre]
A L'AUTEUR DU MERCURE.
ÉPITAPHE
De M. DU VIVIÉE , C. du C. de V.
Hicjacet exemplarpatrum, virtutis amicus ,
Qui , fipoffit homo , meruit venerabilis aras.
Cy gît des pères le plus tendre ,
Le plus vertueux des Mortels ,
Qui mériteroit des Autels,
Si l'homme pouvoit y prétendre.
L'hommage que je rends à la mémoi-
re de M. Duviviée
,
eſt bien mérité
,
Monfieur ; les pleurs que fa famille &
ſes amis ont donnés à ſa mort font
beaucoup mieux fon éloge. Ah!fi les
Mortels ſçavoient combien on aime &
l'on regrette un homme vertueux,qu'ils
trouveroient beau de l'être !
J'ai l'honneur d'être &c. DOMICILLE.
Prais, ce 8 Mars 1764.
ÉPITAPHE
De M. DU VIVIÉE , C. du C. de V.
Hicjacet exemplarpatrum, virtutis amicus ,
Qui , fipoffit homo , meruit venerabilis aras.
Cy gît des pères le plus tendre ,
Le plus vertueux des Mortels ,
Qui mériteroit des Autels,
Si l'homme pouvoit y prétendre.
L'hommage que je rends à la mémoi-
re de M. Duviviée
,
eſt bien mérité
,
Monfieur ; les pleurs que fa famille &
ſes amis ont donnés à ſa mort font
beaucoup mieux fon éloge. Ah!fi les
Mortels ſçavoient combien on aime &
l'on regrette un homme vertueux,qu'ils
trouveroient beau de l'être !
J'ai l'honneur d'être &c. DOMICILLE.
Prais, ce 8 Mars 1764.
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12692
p. 15-17
ΕΡΙΤRE A M. Ch. de MO***.
Début :
SUR notre pauvre fourmilière [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ΕΡΙΤRE A M. Ch. de MO***.
ΕΡΙΤRE
A M. Ch. de MO***.
SUR notre pauvre fourmilière
Il eſt un Dieu qu'on nomme le bonheur ,
Chacun le cherche & brigue ſa faveur :
Il eſt quelquefois le partage
Que l'Amour n'a point vu volage ,
Loin de celle qui dès l'enfance
Sans fortune & fans eſpérance ,
Prèſque aux portes de l'indigence ,
Et fur les malheurs de la vie ,
Sembloit n'attendre que la mort.
15
On le trouve ſouvent deſſousl'humble chaumière ;
Rarement près des toîts qu'habite la grandeur.
Son ſéjour ordinaire eſt dans le cœur du Sage :
Sous le chaume & dans les Palais ,
A Paris ainſi qu'au Village,
Le méchant ne le vit jamais.
De ce mortel né pour aimer ,
Que l'amitié daigne animer.
Fat ſeule objet de mes ſoupirs ,
Le cœur tourmenté de defirs ,
je rêvois ſur mon triſte ſort ;
Mon âme de chagrins nourrie ,
16 MERCURE DE FRANCE.
Un inſtinct naturel vers mon ami m'entraîne
Toi ſeul en partageant ma peine
En pouvois calmer la rigueur.
En te voyant, un ſentiment flateur
De mes ſens me rendit l'uſage ;
Je t'écoutai ; dans ton langage
Je vis l'éloquence du cœur.
Tu me parlas du doux neœud qui nous lie
De l'amitié : ce diſcours enchanteur
Rendit mon âme plus paiſible ,
Et j'éprouvai qu'au creuſet du malheur
Il eſt encore quelque douceur
Pour un coeur ne vraiment ſenſible..
Tu fis fuir le chagrin rongeur ;
Une douce mélancolie ,
Prit la place de la douleur.
Dans mon cabinet ſolitaire
Je me retire en te quittant.
Mais que vois-je ? quel caractère !
Je ſaiſis la lettre en tremblant...
Ah ! grands Dieux ! elle m'aime encore,
Et je l'ai pu ſoupçonner un moment ? ...
Pardonne , chère amie , à mon égarement ,
Oai ,tu mérites qu'on t'adore ! ....
Je lis ... l'amour... le ſentiment....
Chaque ligne ajoute à ma joie ,
Chaque ligne en mon cœur déploie
Le tranſport le plus raviſſant.
Je baifois avec allégreffe
AVRIL.
1764.
Cet écrit où de ſa tendreſſe
Elle me faifoit le ſerment...
Oui , le bonheur eſt ſur la terre !
M'écriai -je dans cet inſtant ;
Je ſuis aimé de ma Glycere ,
De mon âme , je ſuis content.
Dieux des amours
,
amitié pure ,
Au fond de ma retraite obſcure
Daignez porter un jour heureux !
17
Ornez mon front d'une double couronne :
Tenez moi lieu des biens que la fortune donne,
Vous ferez mes plaiſirs , & vous serez mes Dieux. Paris, B. de Ch.
A M. Ch. de MO***.
SUR notre pauvre fourmilière
Il eſt un Dieu qu'on nomme le bonheur ,
Chacun le cherche & brigue ſa faveur :
Il eſt quelquefois le partage
Que l'Amour n'a point vu volage ,
Loin de celle qui dès l'enfance
Sans fortune & fans eſpérance ,
Prèſque aux portes de l'indigence ,
Et fur les malheurs de la vie ,
Sembloit n'attendre que la mort.
15
On le trouve ſouvent deſſousl'humble chaumière ;
Rarement près des toîts qu'habite la grandeur.
Son ſéjour ordinaire eſt dans le cœur du Sage :
Sous le chaume & dans les Palais ,
A Paris ainſi qu'au Village,
Le méchant ne le vit jamais.
De ce mortel né pour aimer ,
Que l'amitié daigne animer.
Fat ſeule objet de mes ſoupirs ,
Le cœur tourmenté de defirs ,
je rêvois ſur mon triſte ſort ;
Mon âme de chagrins nourrie ,
16 MERCURE DE FRANCE.
Un inſtinct naturel vers mon ami m'entraîne
Toi ſeul en partageant ma peine
En pouvois calmer la rigueur.
En te voyant, un ſentiment flateur
De mes ſens me rendit l'uſage ;
Je t'écoutai ; dans ton langage
Je vis l'éloquence du cœur.
Tu me parlas du doux neœud qui nous lie
De l'amitié : ce diſcours enchanteur
Rendit mon âme plus paiſible ,
Et j'éprouvai qu'au creuſet du malheur
Il eſt encore quelque douceur
Pour un coeur ne vraiment ſenſible..
Tu fis fuir le chagrin rongeur ;
Une douce mélancolie ,
Prit la place de la douleur.
Dans mon cabinet ſolitaire
Je me retire en te quittant.
Mais que vois-je ? quel caractère !
Je ſaiſis la lettre en tremblant...
Ah ! grands Dieux ! elle m'aime encore,
Et je l'ai pu ſoupçonner un moment ? ...
Pardonne , chère amie , à mon égarement ,
Oai ,tu mérites qu'on t'adore ! ....
Je lis ... l'amour... le ſentiment....
Chaque ligne ajoute à ma joie ,
Chaque ligne en mon cœur déploie
Le tranſport le plus raviſſant.
Je baifois avec allégreffe
AVRIL.
1764.
Cet écrit où de ſa tendreſſe
Elle me faifoit le ſerment...
Oui , le bonheur eſt ſur la terre !
M'écriai -je dans cet inſtant ;
Je ſuis aimé de ma Glycere ,
De mon âme , je ſuis content.
Dieux des amours
,
amitié pure ,
Au fond de ma retraite obſcure
Daignez porter un jour heureux !
17
Ornez mon front d'une double couronne :
Tenez moi lieu des biens que la fortune donne,
Vous ferez mes plaiſirs , & vous serez mes Dieux. Paris, B. de Ch.
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12693
p. 22-23
A M. DE VOLTAIRE, menacé de perdre la vue.
Début :
HOMÉRE étoit aveugle, à ce que dit l'Histoire, [...]
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texteReconnaissance textuelle : A M. DE VOLTAIRE, menacé de perdre la vue.
A M. DE VOLTAIRE, menacé de
perdre la vue.
HOMÉRE étoit aveugle, à ce que dit l'Histoire,
Houdard eut avec lui cette conformité ;
:
!
!
AVRIL . 1764 .
Ce fut la ſeule : & pour ſa gloire
( Outre mille dons précieux )
23
Il ne fit pas trop mal de perdre la clarté,
Mais vous , à qui du Ciel la ſageſſe infinie
Adonné des yeux d'Aigle , emblêmedu Génie,
Quilut aucœurde l'homme & meſura les Cieux !
Vous qui connutes la lumière
Qu'entrevit, avant vous , Newton ;
Qui la fites briller ſur un autre horiſon
Votre gloire eſt aſſez entière.
Elle eſt à vous ; & je conclus
Qu'il n'eſt point du tout néceſſaire,
Que vous ayez avec Homére
Une reſſemblance de plus.
Ce 20 Février.
perdre la vue.
HOMÉRE étoit aveugle, à ce que dit l'Histoire,
Houdard eut avec lui cette conformité ;
:
!
!
AVRIL . 1764 .
Ce fut la ſeule : & pour ſa gloire
( Outre mille dons précieux )
23
Il ne fit pas trop mal de perdre la clarté,
Mais vous , à qui du Ciel la ſageſſe infinie
Adonné des yeux d'Aigle , emblêmedu Génie,
Quilut aucœurde l'homme & meſura les Cieux !
Vous qui connutes la lumière
Qu'entrevit, avant vous , Newton ;
Qui la fites briller ſur un autre horiſon
Votre gloire eſt aſſez entière.
Elle eſt à vous ; & je conclus
Qu'il n'eſt point du tout néceſſaire,
Que vous ayez avec Homére
Une reſſemblance de plus.
Ce 20 Février.
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12694
p. 29
VERS à Mlle D.....
Début :
LE corps, l'esprit, le sentiment, [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS à Mlle D.....
VERS à Mlle D.....
LE corps, l'esprit, le sentiment,
En vous tout eſt divin , adorable Emilie !
Il nefaut vous voir qu'un moment ,
Pour vous aimer toute la vie.
Armide à fon amant prodiguoit ſes appas :
Malgré tout fon amour & toute ſa magie ,
La tendre Armide fut trahie :
Mais le Filsde Berthold * ſeroit mort dans vo bras.
* Père de RENAUD.
A Brest, par M. L. D...
LE corps, l'esprit, le sentiment,
En vous tout eſt divin , adorable Emilie !
Il nefaut vous voir qu'un moment ,
Pour vous aimer toute la vie.
Armide à fon amant prodiguoit ſes appas :
Malgré tout fon amour & toute ſa magie ,
La tendre Armide fut trahie :
Mais le Filsde Berthold * ſeroit mort dans vo bras.
* Père de RENAUD.
A Brest, par M. L. D...
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12695
p. 31-40
CÉCILE, ΟU l'Amour Gaulois, Anecdote de la Cour de SIGEBERT, Roi d'AUSTRASIE. ....Vaccinia nigra leguntur. Virg.
Début :
ON ne veut rien dérober à la femme qu'on aime véritablement. Les defirs [...]
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texteReconnaissance textuelle : CÉCILE, ΟU l'Amour Gaulois, Anecdote de la Cour de SIGEBERT, Roi d'AUSTRASIE. ....Vaccinia nigra leguntur. Virg.
CÉCILE,
ΟU l'Amour Gaulois, Anecdote de la
Cour de SIGEBERT, Roi d'AUSTRASIE.
....Vaccinia nigra leguntur. Virg.
ON ne veut rien dérober à la femme
qu'on aime véritablement. Les defirs
qu'elle inſpire ne reſſemblent point aux
mouvemens rapides & emportés des
fens. L'attrait d'un plaifir paſſager rend
hardi , entreprenant,fait tout prétendre ,
tout enlever ; l'amour plus délicat n'ar-
rache point de faveurs : il les ſouhaite ,
conſentà les attendre, veut les mériter,
jouit de ſes eſpérances , & quand il ob-
tient, ce n'eſt point le triomphe , c'eſt
le don qui le touche,& qui met le com-
ble à ſon bonheur.
Une anecdote de la Cour de Sigebert
Roi d'Auftrafie , que des mémoires ſe-
crets , mais authentiques nous ont con-
ſervée ,prouve lavéritéde ces réfléxions
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
d'un des plus ingénieux Auteurs du fié-
cle. *
CePrinceétoit néavecles diſpoſitions
les plus heureuſes ; une excellente édu-
cationlesdéveloppa. Des triomphes écla-
tans ſignalerent l'Aurore de ſa vie , &
porterent fon nom aux deux bouts de
l'Univers fur les aîles de la Victoire.
Athanagilde,Souverain des Visigoths,
Nation de tout temps rivale des Auftra-
fiens , ne vit pas ſans effroi les ſuccès du
jeune Prince; il craignit que Sigebert
n'envahît un jour ſonRoyaume. Sa fille
unique , Brunehaut, lui parut un parti
digne du Héros : ſa beauté la faifoit re-
chercher de tous les Souverains de fon
temps; & ceux qui vivoient familiére-
ment avec elle
ne sçavoient auquel
donner la préférence , ou aux charmes
deſa figure , ou auxagrémensde ſon ca-
ractère. La distinction flatta l'amour-pro-
pre de Sigebert. Il accepta ſans balan-
cer les propofitions d'Athanagilde : le
mariage fut célébré avec toute la pom-
pe poſſible dans une Ville frontière des
deux Etats ; & peu de temps après , le
Prince retourna dans ſon Royaume ,
* M. Fielding , Auteur de Tom-Jones ,
fon Romand'Amélie traduit par Mde R * * * *
AVRIL. 1764..
33
emmenant avec lui ſa nouvelle épouse.
Athanagilde avant de laiſſer partir ſa
fille, n'avoit rien oublié de ce qui pou-
voit rendre fon équipage magnifique.
Brunehaut fut ſuivie en Auftrafie de l'éli-
te de lajeuneſſede ſon pays. Cette Prin-
ceffe diftingua dans la foule la belle
CECILE , qu'une heureuſe conformité
d'eſprit & de gout , un rapport d'hu-
meur & de convenance éleverent bien-
tôt à la dignité de Favorite.
Cécile joignoit aux traits les plus ré-
guliers ,l'eſprit le mieux fait & le plus
folide. Chacun s'empreſſa de lui faire la
cour. On ſçavoit que Brunehaut ne
prenoit jamais un parti ſans la conful-
ter, & que Sigebert écoutoit volon-:
tiers les confeils de la Reine, Cécile n'a-
buſa point de fon pouvoir ; elle mé-
prifoit trop ceux qu'un vil intérêt fai-
foit tomber à ſes pieds, pour vouloir
enfreindre en leur faveur les loix fa-
crées du devoir....
Parmi les Seigneurs de la Cour de
Sigebert , le jeune Lhincorre enlevoit
tous les fuffrages. Il avoit une phyfio-
nomie intéreſſante , une taille noble &
dégagée , l'eſprit orné , le cœur fenfi
ble. Voir Cécile, l'aimer , en être aime,
By
A
3
34 MERCURE DE FRANCE.
ce ne fut pour lui que l'affaire d'un
moment.
CommeGrand-Chambellan de Sige-
bert , il avoit fes entrées partout & à
toute heure. Un jour il apperçut ſa
maîtreſſe qui traverſoit une gallerie:
ſeule , triſte & rêveuſe. Il l'aborde &
avec cette aimable franchiſe naturelle)
à ceux de fon pays : Belle Cécile , lui
dit-il en tombant à ſes genoux,Lhincor-
referoit-il affezheureux pour être aimé
de vous auffi tendrement qu'il vous ai-
me ? Cécile étoit auffi fincère que belle :
la probité de fon amant lui étoit con-
nue ; elle ne fit point difficulté d'a-
vouer à Lhincorre qu'elle partageoit fes
ſentimens. Au comble de ſes vœux , il
ne fongea plus qu'à obtenir le confen-
tement du Roi pour unir ſon fort à ce-
lui de Cécile.
Lhincorre la voyoit tous les jours ;
tous les jours il avoit occaſion de ſe
trouver tête-à-tête avec elle ; jamais l'a-
mour ne le rendit téméraire : * le ref-
:
*Ces vertus paroîtront ſans doute bien anti-
ques à nos gens à bonnes fortunes ; mais qu'ils
ſe ſouviennent, pour la juſtification de l'Auteur ,
que l'hiſtoire dont il s'agit eft arrivée dans les
premiers fiécles de la Monarchie Françoife. Elle
a pour époque l'année 563 .
AVRIL. 1764.
35
pect modéra toujours ſon ardeur : fûn
d'être aimé de Cécile , il ne vouloit point
ravir ſes faveurs ; il ne defiroit de les
obtenir qu'en les méritant.
Sigebert ſçavoit rendre juſtice à Lhin-
corre , & fans partager avec lui fon
autorité , il ne l'aimoit pourtant pas
moins que Brunehaut n'étoit attachée à
Cécile. Un jour qu'il fortoit du Confeil,
notre Amant l'aborda dans le deſſein
de lui parler de l'établiſſement qu'il pro-
jettoit. Mon cher Lhincorre , lui dit Si-
gebert , ſans lui donner le temps d'ou-
vrir la bouche , mon frère Chilpéric vio-
le tous les Traités ; fon ambition lui
fait rompre la paix qui nous uniſſoit ;
jedois le punir de fa perfidie : met-
tez-vous à la tête de l'armée que je
vais lui oppofer ; vous m'avez donné
des preuves de votre valeur ; je fais cas
de vos talens : vous donner occafion
d'acquérir de la gloire , c'eſt les récom-
penfercomme ils méritent de l'étre. Lhin-
corre ne répondit rien à des paroles fi
flatteuſes : une inclination profonde fut
le ſeul remercîment que lui permit de
faire l'état violent où il ſe trouvoit.
Cécile apprit bientôt qu'elle alloit
être ſéparée de ſon Amant. Je n'entre-
prendrai point de peindre l'excès de ſa
Bvj
36 MERCURE DE FRANCE.
douleur : il n'y a que ceux qui ont eu
le bonheur d'être chéris d'une maîtreffe
aimable , qui puiſſent le comprendre.
Les ordres du Roi étoient preſſans :
l'armée raſſemblée n'attendoit plus que
fon Général pour voler à l'ennemi.....
Il fallut partir.... Ames ſenſibles ! .... In-
terrogez votre cœur: qu'il vous peigne
la tendreſſe des deuxAmans au moment
terrible du départ ; qu'il vous faſſe ima-
giner la vivacité de leurs regrets.
La guerre n'étoit pas alors comme à
préſent un afſemblage compliqué de ré-
gles certaines & de combinaiſons ſca-
vantes. La première , ou plutôt l'uni-
que vertu militaire , c'étoit la valeur.
Une campagne décidoit ordinairement
du fortde l'ennemi.
; Celle de Lhincorre ne fut qu'un en-
chaînement de victoires ; & Chilpéric
battu complettement fut obligé de re-
courir à la clémence de ſon frère. Le
bonheur n'enorgueillit point Sigebert ;
il rendit généreuſement au vaincu tout
ce que le fortdes armes avoit fait paf-
fer dans ſes mains : une paix ſolide
acheva de mettre le calme dans les deux
Etats.
Couvert de lauriers , Lhincorre n'i-
maginoit pas de plus grand bonheur
AVRIL. 1764.
37
après celui d'avoir ſervi ſon Roi, que
d'aller lesdépoſer aux piedsde ſon aman-
te. Il entra en Triomphe dans la Ville
capitale aux acclamations d'un peuple
nombreux. Sigebert
l'attendoit dans
fon Palais : dès qu'il l'apperçut , il cou-
rut au-devant de lui. Brave Lhincorre ,
lui dit-il , que ne vous dois-je pas pour
les ſervices que vous m'avez rendu ?
heureux fi je puis vous récompenfer
d'une manière qui réponde à votre mé-
rite! ... Ah, Sire, repliqua Lhincorre avec
vivacité , Cécile ſeule
. Le Roi
ne lui donna pas le temps d'en dire
davantage. Il le quitta & le laiſſa in-
terdit & confus , au milieu des cour-
tiſans qui tous jaloux de ſa gloire s'em-
preſſerent cependant de le féliciter de
ſes ſuccès. Telle eſt la Cour : il eſt ap-
paremment de convention dans ce païs-
là , que couvert des maſques les plus
groffiers on ne ſe paroîtra pourtant pas
riſibles aux yeux les uns des autres.
Débaraflé de leurs politeſſes impor-
tunes , Lhincorre vole chez ſa maîtreſſe.
Cécile eſtdiſparue ; Brunehaut même
ignore ſa tetraite. Ah ! je ne le vois que
trop , s'écrie avec tranſport ce malheu-
reux amant , c'en est fait , Sigebert m'a
38 MERCURE DE FRANCE.
trahi , & peut - être Cécile elle- même.....
non , elle n'enn'est pas capable;jepof
fédois fon cœur comme elle avoit le
mien : elle m'est fidelle , le Roi feul eft
coupable..... Et quel moment encore
prend-t-ilpour me réduire audéſeſpoir?
Celui oùje rifque ma vie & mesjours pour
le fervir ... Malheureux Lhincorre !
....
ila donc cru me tromperpardefeintes ca-
reffes!... Ah! Chilpéric nefera pas lefeul
qui aurafentilapeſanteur de mon bras....
Sigebert , tu ne poſſéderas tranquillement
Cécile , qu'après m'avoirpercé le cœur.
Soudain il retourne au Palais ,& trou-
ve moyen de pénétrer juſqu'au cabinet
du Roi. Sigebert , lui dit-il avec des
yeux étincelans où ſe peignoient tour-
à-tour la fureur,la jaloufie & le défef-
poir , as-tu donc oublié que nos ayeux
étoient égaux ? Tant que tu as rempli tes
devoirs de Roi , tu n'as pas eu de ſujet
plusfidèle que Lhincorre ; tu les oublies ,
& moi j'oublie les miens. Rends-moi Cé-
cile , ou confens à ce que l'honneur doit
t'inspirer ainſi qu'à moi.
J'accepte le défi , répondit avec tran-
quillité Sigebert : trouvez-vous demain
avant le jour dans l'allée fombre qui
touche à l'aîle de mon Palais , vous m'y
verrez les armes à la main.
AVRIL. 1764.
39
Lhincorre , en frémiſſantde rage , fe
retire : il paffe le reſte de la journée
dans une affreuſe agitation ; il attend
la nuit avec impatience ,& fes ténébres
ne font qu'irriter ſes ennuis. L'heure
s'avance cependant: il vole au rendez-
vous..... Quelle eſt ſa ſurpriſe de n'y
trouver perfonne ! Quoi , s'écria- t- il ,
après m'avoir enlevé Cécile, le Roi fe-
roit-ilbien affezláche pour manquer au
rendez- vous qu'ilm'a donné lui- même !
Chaque inſtant redouble fon inquié-
tude... tout -à- coup il voit briller un
flambeau ; fa lumière lui fait diftinguer :
le Roi ſuivi de quatre Seigneurs. Il en-
tend une voix , c'eſt celle de Sigebert
qui s'écrie :
Le voilà , c'eſt lui-même , ſaiſiſſez-
le. Ah ! traitre , reprend Lhincorre , en
mettant la main ſur ſon épée...... il
n'achève pas , on l'entoure , il réſiſte
en vain , on le défarme , on le traîne
malgré ses cris & ſes efforts juſques au
Palais... Oùle premier objet qui frappe fa
vue c'eſt Cécile vêtue des plus riches
parures & qui s'élance dans ſes bras.
>> C'eſt ainſi que je veux me venger ,
» lui dit Sigebert. Ceſſez de vous plain-
>>>dre , Lhincorre ; Cécile vous eſt fidel-
>> le. Je ſçavois votre amour pour elle ;
40 MERCURE DE FRANCE .
>> mais j'ignorois qu'il fût ſi violent.
>> Ce que vous avez oſé riſquer: m'err
>> fournit une preuve à laquelle je fais
>>>gloire de me rendre ; & jevous dois
>> trop d'ailleurs pour ne pas vous fa-
>> crifier des ſentimens auſſi involontai-
>> res que fecrets ,dont je ceffe de rou-
>> gir , puiſque c'eſt à vous ſeul que je
>> les confie. Venez , belle & vertueuſe
» Cécile ; recevez votre époux de ma
>> main , & donnez-lui la vôtre : c'eſt :
>> le prix que vous méritez tous deux.
>>>Vous , Lhincorre , rendez-moi votre
>>>amitié , & contribuez à ma félicité ,:
>>>ainſi qu'à celle de mes Peuples , en
>>devenant mon premier Miniſtre.
Cécile & Lhincorre comblés de joie ,
ne purent d'abord témoigner au Roi
leur reconnoiffance que par leurs lar-
mes. Le Roi fit lui-même les frais de la:
nôce. La faveur de Lhincorre augmenta
toujours , & Cécile ne ceſſa point d'être
chère à Brunehaut. Ils vêcurent long-
temps l'un & l'autre ; & aux tranſports
fougueux de l'amour le plus vif, fuc-
céda dans la ſuite la douceur d'une ten-
dre & folide amitié.
ΟU l'Amour Gaulois, Anecdote de la
Cour de SIGEBERT, Roi d'AUSTRASIE.
....Vaccinia nigra leguntur. Virg.
ON ne veut rien dérober à la femme
qu'on aime véritablement. Les defirs
qu'elle inſpire ne reſſemblent point aux
mouvemens rapides & emportés des
fens. L'attrait d'un plaifir paſſager rend
hardi , entreprenant,fait tout prétendre ,
tout enlever ; l'amour plus délicat n'ar-
rache point de faveurs : il les ſouhaite ,
conſentà les attendre, veut les mériter,
jouit de ſes eſpérances , & quand il ob-
tient, ce n'eſt point le triomphe , c'eſt
le don qui le touche,& qui met le com-
ble à ſon bonheur.
Une anecdote de la Cour de Sigebert
Roi d'Auftrafie , que des mémoires ſe-
crets , mais authentiques nous ont con-
ſervée ,prouve lavéritéde ces réfléxions
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
d'un des plus ingénieux Auteurs du fié-
cle. *
CePrinceétoit néavecles diſpoſitions
les plus heureuſes ; une excellente édu-
cationlesdéveloppa. Des triomphes écla-
tans ſignalerent l'Aurore de ſa vie , &
porterent fon nom aux deux bouts de
l'Univers fur les aîles de la Victoire.
Athanagilde,Souverain des Visigoths,
Nation de tout temps rivale des Auftra-
fiens , ne vit pas ſans effroi les ſuccès du
jeune Prince; il craignit que Sigebert
n'envahît un jour ſonRoyaume. Sa fille
unique , Brunehaut, lui parut un parti
digne du Héros : ſa beauté la faifoit re-
chercher de tous les Souverains de fon
temps; & ceux qui vivoient familiére-
ment avec elle
ne sçavoient auquel
donner la préférence , ou aux charmes
deſa figure , ou auxagrémensde ſon ca-
ractère. La distinction flatta l'amour-pro-
pre de Sigebert. Il accepta ſans balan-
cer les propofitions d'Athanagilde : le
mariage fut célébré avec toute la pom-
pe poſſible dans une Ville frontière des
deux Etats ; & peu de temps après , le
Prince retourna dans ſon Royaume ,
* M. Fielding , Auteur de Tom-Jones ,
fon Romand'Amélie traduit par Mde R * * * *
AVRIL. 1764..
33
emmenant avec lui ſa nouvelle épouse.
Athanagilde avant de laiſſer partir ſa
fille, n'avoit rien oublié de ce qui pou-
voit rendre fon équipage magnifique.
Brunehaut fut ſuivie en Auftrafie de l'éli-
te de lajeuneſſede ſon pays. Cette Prin-
ceffe diftingua dans la foule la belle
CECILE , qu'une heureuſe conformité
d'eſprit & de gout , un rapport d'hu-
meur & de convenance éleverent bien-
tôt à la dignité de Favorite.
Cécile joignoit aux traits les plus ré-
guliers ,l'eſprit le mieux fait & le plus
folide. Chacun s'empreſſa de lui faire la
cour. On ſçavoit que Brunehaut ne
prenoit jamais un parti ſans la conful-
ter, & que Sigebert écoutoit volon-:
tiers les confeils de la Reine, Cécile n'a-
buſa point de fon pouvoir ; elle mé-
prifoit trop ceux qu'un vil intérêt fai-
foit tomber à ſes pieds, pour vouloir
enfreindre en leur faveur les loix fa-
crées du devoir....
Parmi les Seigneurs de la Cour de
Sigebert , le jeune Lhincorre enlevoit
tous les fuffrages. Il avoit une phyfio-
nomie intéreſſante , une taille noble &
dégagée , l'eſprit orné , le cœur fenfi
ble. Voir Cécile, l'aimer , en être aime,
By
A
3
34 MERCURE DE FRANCE.
ce ne fut pour lui que l'affaire d'un
moment.
CommeGrand-Chambellan de Sige-
bert , il avoit fes entrées partout & à
toute heure. Un jour il apperçut ſa
maîtreſſe qui traverſoit une gallerie:
ſeule , triſte & rêveuſe. Il l'aborde &
avec cette aimable franchiſe naturelle)
à ceux de fon pays : Belle Cécile , lui
dit-il en tombant à ſes genoux,Lhincor-
referoit-il affezheureux pour être aimé
de vous auffi tendrement qu'il vous ai-
me ? Cécile étoit auffi fincère que belle :
la probité de fon amant lui étoit con-
nue ; elle ne fit point difficulté d'a-
vouer à Lhincorre qu'elle partageoit fes
ſentimens. Au comble de ſes vœux , il
ne fongea plus qu'à obtenir le confen-
tement du Roi pour unir ſon fort à ce-
lui de Cécile.
Lhincorre la voyoit tous les jours ;
tous les jours il avoit occaſion de ſe
trouver tête-à-tête avec elle ; jamais l'a-
mour ne le rendit téméraire : * le ref-
:
*Ces vertus paroîtront ſans doute bien anti-
ques à nos gens à bonnes fortunes ; mais qu'ils
ſe ſouviennent, pour la juſtification de l'Auteur ,
que l'hiſtoire dont il s'agit eft arrivée dans les
premiers fiécles de la Monarchie Françoife. Elle
a pour époque l'année 563 .
AVRIL. 1764.
35
pect modéra toujours ſon ardeur : fûn
d'être aimé de Cécile , il ne vouloit point
ravir ſes faveurs ; il ne defiroit de les
obtenir qu'en les méritant.
Sigebert ſçavoit rendre juſtice à Lhin-
corre , & fans partager avec lui fon
autorité , il ne l'aimoit pourtant pas
moins que Brunehaut n'étoit attachée à
Cécile. Un jour qu'il fortoit du Confeil,
notre Amant l'aborda dans le deſſein
de lui parler de l'établiſſement qu'il pro-
jettoit. Mon cher Lhincorre , lui dit Si-
gebert , ſans lui donner le temps d'ou-
vrir la bouche , mon frère Chilpéric vio-
le tous les Traités ; fon ambition lui
fait rompre la paix qui nous uniſſoit ;
jedois le punir de fa perfidie : met-
tez-vous à la tête de l'armée que je
vais lui oppofer ; vous m'avez donné
des preuves de votre valeur ; je fais cas
de vos talens : vous donner occafion
d'acquérir de la gloire , c'eſt les récom-
penfercomme ils méritent de l'étre. Lhin-
corre ne répondit rien à des paroles fi
flatteuſes : une inclination profonde fut
le ſeul remercîment que lui permit de
faire l'état violent où il ſe trouvoit.
Cécile apprit bientôt qu'elle alloit
être ſéparée de ſon Amant. Je n'entre-
prendrai point de peindre l'excès de ſa
Bvj
36 MERCURE DE FRANCE.
douleur : il n'y a que ceux qui ont eu
le bonheur d'être chéris d'une maîtreffe
aimable , qui puiſſent le comprendre.
Les ordres du Roi étoient preſſans :
l'armée raſſemblée n'attendoit plus que
fon Général pour voler à l'ennemi.....
Il fallut partir.... Ames ſenſibles ! .... In-
terrogez votre cœur: qu'il vous peigne
la tendreſſe des deuxAmans au moment
terrible du départ ; qu'il vous faſſe ima-
giner la vivacité de leurs regrets.
La guerre n'étoit pas alors comme à
préſent un afſemblage compliqué de ré-
gles certaines & de combinaiſons ſca-
vantes. La première , ou plutôt l'uni-
que vertu militaire , c'étoit la valeur.
Une campagne décidoit ordinairement
du fortde l'ennemi.
; Celle de Lhincorre ne fut qu'un en-
chaînement de victoires ; & Chilpéric
battu complettement fut obligé de re-
courir à la clémence de ſon frère. Le
bonheur n'enorgueillit point Sigebert ;
il rendit généreuſement au vaincu tout
ce que le fortdes armes avoit fait paf-
fer dans ſes mains : une paix ſolide
acheva de mettre le calme dans les deux
Etats.
Couvert de lauriers , Lhincorre n'i-
maginoit pas de plus grand bonheur
AVRIL. 1764.
37
après celui d'avoir ſervi ſon Roi, que
d'aller lesdépoſer aux piedsde ſon aman-
te. Il entra en Triomphe dans la Ville
capitale aux acclamations d'un peuple
nombreux. Sigebert
l'attendoit dans
fon Palais : dès qu'il l'apperçut , il cou-
rut au-devant de lui. Brave Lhincorre ,
lui dit-il , que ne vous dois-je pas pour
les ſervices que vous m'avez rendu ?
heureux fi je puis vous récompenfer
d'une manière qui réponde à votre mé-
rite! ... Ah, Sire, repliqua Lhincorre avec
vivacité , Cécile ſeule
. Le Roi
ne lui donna pas le temps d'en dire
davantage. Il le quitta & le laiſſa in-
terdit & confus , au milieu des cour-
tiſans qui tous jaloux de ſa gloire s'em-
preſſerent cependant de le féliciter de
ſes ſuccès. Telle eſt la Cour : il eſt ap-
paremment de convention dans ce païs-
là , que couvert des maſques les plus
groffiers on ne ſe paroîtra pourtant pas
riſibles aux yeux les uns des autres.
Débaraflé de leurs politeſſes impor-
tunes , Lhincorre vole chez ſa maîtreſſe.
Cécile eſtdiſparue ; Brunehaut même
ignore ſa tetraite. Ah ! je ne le vois que
trop , s'écrie avec tranſport ce malheu-
reux amant , c'en est fait , Sigebert m'a
38 MERCURE DE FRANCE.
trahi , & peut - être Cécile elle- même.....
non , elle n'enn'est pas capable;jepof
fédois fon cœur comme elle avoit le
mien : elle m'est fidelle , le Roi feul eft
coupable..... Et quel moment encore
prend-t-ilpour me réduire audéſeſpoir?
Celui oùje rifque ma vie & mesjours pour
le fervir ... Malheureux Lhincorre !
....
ila donc cru me tromperpardefeintes ca-
reffes!... Ah! Chilpéric nefera pas lefeul
qui aurafentilapeſanteur de mon bras....
Sigebert , tu ne poſſéderas tranquillement
Cécile , qu'après m'avoirpercé le cœur.
Soudain il retourne au Palais ,& trou-
ve moyen de pénétrer juſqu'au cabinet
du Roi. Sigebert , lui dit-il avec des
yeux étincelans où ſe peignoient tour-
à-tour la fureur,la jaloufie & le défef-
poir , as-tu donc oublié que nos ayeux
étoient égaux ? Tant que tu as rempli tes
devoirs de Roi , tu n'as pas eu de ſujet
plusfidèle que Lhincorre ; tu les oublies ,
& moi j'oublie les miens. Rends-moi Cé-
cile , ou confens à ce que l'honneur doit
t'inspirer ainſi qu'à moi.
J'accepte le défi , répondit avec tran-
quillité Sigebert : trouvez-vous demain
avant le jour dans l'allée fombre qui
touche à l'aîle de mon Palais , vous m'y
verrez les armes à la main.
AVRIL. 1764.
39
Lhincorre , en frémiſſantde rage , fe
retire : il paffe le reſte de la journée
dans une affreuſe agitation ; il attend
la nuit avec impatience ,& fes ténébres
ne font qu'irriter ſes ennuis. L'heure
s'avance cependant: il vole au rendez-
vous..... Quelle eſt ſa ſurpriſe de n'y
trouver perfonne ! Quoi , s'écria- t- il ,
après m'avoir enlevé Cécile, le Roi fe-
roit-ilbien affezláche pour manquer au
rendez- vous qu'ilm'a donné lui- même !
Chaque inſtant redouble fon inquié-
tude... tout -à- coup il voit briller un
flambeau ; fa lumière lui fait diftinguer :
le Roi ſuivi de quatre Seigneurs. Il en-
tend une voix , c'eſt celle de Sigebert
qui s'écrie :
Le voilà , c'eſt lui-même , ſaiſiſſez-
le. Ah ! traitre , reprend Lhincorre , en
mettant la main ſur ſon épée...... il
n'achève pas , on l'entoure , il réſiſte
en vain , on le défarme , on le traîne
malgré ses cris & ſes efforts juſques au
Palais... Oùle premier objet qui frappe fa
vue c'eſt Cécile vêtue des plus riches
parures & qui s'élance dans ſes bras.
>> C'eſt ainſi que je veux me venger ,
» lui dit Sigebert. Ceſſez de vous plain-
>>>dre , Lhincorre ; Cécile vous eſt fidel-
>> le. Je ſçavois votre amour pour elle ;
40 MERCURE DE FRANCE .
>> mais j'ignorois qu'il fût ſi violent.
>> Ce que vous avez oſé riſquer: m'err
>> fournit une preuve à laquelle je fais
>>>gloire de me rendre ; & jevous dois
>> trop d'ailleurs pour ne pas vous fa-
>> crifier des ſentimens auſſi involontai-
>> res que fecrets ,dont je ceffe de rou-
>> gir , puiſque c'eſt à vous ſeul que je
>> les confie. Venez , belle & vertueuſe
» Cécile ; recevez votre époux de ma
>> main , & donnez-lui la vôtre : c'eſt :
>> le prix que vous méritez tous deux.
>>>Vous , Lhincorre , rendez-moi votre
>>>amitié , & contribuez à ma félicité ,:
>>>ainſi qu'à celle de mes Peuples , en
>>devenant mon premier Miniſtre.
Cécile & Lhincorre comblés de joie ,
ne purent d'abord témoigner au Roi
leur reconnoiffance que par leurs lar-
mes. Le Roi fit lui-même les frais de la:
nôce. La faveur de Lhincorre augmenta
toujours , & Cécile ne ceſſa point d'être
chère à Brunehaut. Ils vêcurent long-
temps l'un & l'autre ; & aux tranſports
fougueux de l'amour le plus vif, fuc-
céda dans la ſuite la douceur d'une ten-
dre & folide amitié.
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12696
p. 46
LES TOURTERELLES ET LES ENFANS, FABLE imitée du POGGE.
Début :
DEUX tourtereaux se caressoient, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES TOURTERELLES ET LES ENFANS, FABLE imitée du POGGE.
LES TOURTERELLES ET LES ENFANS,
FABLE imitée du POGGE.
DEUX tourtereaux se caressoient,
(Se careſſer n'eſt point un crime )
Deux jeunes enfans s'amuſoient
A les voir s'exercer dans ce genre d'eſcrime,
Et déjà dans leurs cœurs pour eux s'intéreſſoient.
On dit pourtant qu'ils ſoupçonnoient
Quelque perverſitécachée
Sous l'innocence de ces jeux.
Survint du bruit : or l'un d'entr'eux
Nepouvant plus retenir ſa penſée ,
Leur dit : Dépêchez-vous ! Voici mongouverneur,
Il ſeroit homme à vous chercher querelle.
Ah !D'un Mentor , reprit la Tourterelle ,
Nous n'avons ni beſoin ni peur ;
Tous ſes conſeils nous feroient inutiles :
Et tant qu'à la loi de nos cœurs
Nous ſçaurons nous montrer dociles ,
Avons-nous beſoin de vos mœurs ?
De la Raiſon l'hommea ſeul l'avantage :
11 a des loix , de l'or & desdeſirs.
La Tourterelle a pour partage
Et l'innocence& les plaiſirs.
FABLE imitée du POGGE.
DEUX tourtereaux se caressoient,
(Se careſſer n'eſt point un crime )
Deux jeunes enfans s'amuſoient
A les voir s'exercer dans ce genre d'eſcrime,
Et déjà dans leurs cœurs pour eux s'intéreſſoient.
On dit pourtant qu'ils ſoupçonnoient
Quelque perverſitécachée
Sous l'innocence de ces jeux.
Survint du bruit : or l'un d'entr'eux
Nepouvant plus retenir ſa penſée ,
Leur dit : Dépêchez-vous ! Voici mongouverneur,
Il ſeroit homme à vous chercher querelle.
Ah !D'un Mentor , reprit la Tourterelle ,
Nous n'avons ni beſoin ni peur ;
Tous ſes conſeils nous feroient inutiles :
Et tant qu'à la loi de nos cœurs
Nous ſçaurons nous montrer dociles ,
Avons-nous beſoin de vos mœurs ?
De la Raiſon l'hommea ſeul l'avantage :
11 a des loix , de l'or & desdeſirs.
La Tourterelle a pour partage
Et l'innocence& les plaiſirs.
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12697
p. 47
IN Effigiem Viri clarissimi DD. DE LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior, Primarii & artis suae reclamatoris.
Début :
Artis erat princeps toto PEYRONIUS orbe, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IN Effigiem Viri clarissimi DD. DE LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior, Primarii & artis suae reclamatoris.
IN Effigiem Viri clarissimi DD. DE
LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior,
Primarii & artis suae reclamatoris.
Artis erat princeps toto PEYRONIUS orbe,
Subfidium atque decus gentis & urbis erat.
Viveret utpatriæpoft fata ut viveret orbi
Artis ſplendori reddiditartis opes.
Cette Inſcription doit être miſe au bas de ſon
Buſte de marbre qu'on travaille pour le Collége
de Saint Côme de Montpellier.
LA PEYRONIE, Chirurgor. Regior,
Primarii & artis suae reclamatoris.
Artis erat princeps toto PEYRONIUS orbe,
Subfidium atque decus gentis & urbis erat.
Viveret utpatriæpoft fata ut viveret orbi
Artis ſplendori reddiditartis opes.
Cette Inſcription doit être miſe au bas de ſon
Buſte de marbre qu'on travaille pour le Collége
de Saint Côme de Montpellier.
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12698
p. 47-48
ROMANCE.
Début :
UN Berger de notre village [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ROMANCE.
ROMANCE.
UN Berger de notre village
Poſſeſſeur d'un joli troupeau ,
Pour le préſerver de la rage
Des méchans loups du voifinage ,
Avoit un chien encor plus beau.
En lui faiſant ces dons , ſa mère
Diſoit , préſſentant ſon malheur:
Mon Fils , écoute ma prière ,
>> Et fi je te ſuis encor chère ,
>>Garde ton chien comme ton cœur.
48 MERCURE DE FRANCE .
Le premier point de l'ordonnanc
Fut obſervé fidélement ;
Mais hélas ! cette prévoyance
Lui fit oublier l'importance
De ſon ſecond commandement.
Soit adreſſe ou pure innocence ,
Son cœur fut bleſſé par Cloris.
Dans une telle circonſtance ,
Un chien eſt de peu de défenſe ;
Le chien & le cœur , tout fut pris.
Il eſt vrai , l'amour de la Belle ,
Devoit payer de ſi beaux dons ;
Mais au bout d'un mois la cruelle
Jugea qu'on peut être infidelle ,
Au Berger qui perd ſes moutons.
Quelques faveurs d'une coquette
Furent le prix de ſon beau chien.
Mais on dit que depuis , Suzette ,
A ſou lui prendre ſa houlette,
Ses moutons & ſon cœur pour rien.
1
Par l'Auteur de l'Epître à Mélanie. *
*CetteEpître n'a pas été envoyée au Mercure.
UN Berger de notre village
Poſſeſſeur d'un joli troupeau ,
Pour le préſerver de la rage
Des méchans loups du voifinage ,
Avoit un chien encor plus beau.
En lui faiſant ces dons , ſa mère
Diſoit , préſſentant ſon malheur:
Mon Fils , écoute ma prière ,
>> Et fi je te ſuis encor chère ,
>>Garde ton chien comme ton cœur.
48 MERCURE DE FRANCE .
Le premier point de l'ordonnanc
Fut obſervé fidélement ;
Mais hélas ! cette prévoyance
Lui fit oublier l'importance
De ſon ſecond commandement.
Soit adreſſe ou pure innocence ,
Son cœur fut bleſſé par Cloris.
Dans une telle circonſtance ,
Un chien eſt de peu de défenſe ;
Le chien & le cœur , tout fut pris.
Il eſt vrai , l'amour de la Belle ,
Devoit payer de ſi beaux dons ;
Mais au bout d'un mois la cruelle
Jugea qu'on peut être infidelle ,
Au Berger qui perd ſes moutons.
Quelques faveurs d'une coquette
Furent le prix de ſon beau chien.
Mais on dit que depuis , Suzette ,
A ſou lui prendre ſa houlette,
Ses moutons & ſon cœur pour rien.
1
Par l'Auteur de l'Epître à Mélanie. *
*CetteEpître n'a pas été envoyée au Mercure.
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12699
p. 49
ODE Anacréontique à M. M. sur la piquure d'un Cousin.
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Anacréontique à M. M. sur la piquure d'un Cousin.
ODE Anacréontique à M. M. sur la
piquure d'un Cousin.
Es piéges que nous tend l'Amour
Il n'eſt aiſé de ſe défendre :
Ce Dieu n'épargne aucun détour
Pour nous ſéduire & nous ſurprendre.
Aminte , j'étois près de vous ,
Quand , ſous la formed'une mouche,
Ce Dieu vola ſur vosgenoux ,
Sur votre ſein , puis ſur ma bouche.
De ſon aiguillon à l'inſtant ,
J'éprouvai l'atteinte cruelles
Et je prétendis vainement
Traiter cela de bagatelle.
Sa piquure fut un venin.
Mais pour partager , ou détruire
Les maux que m'a faits ce Couſin ;
Couſine , un baiſer peut ſuffire.
I. Vel.
*
B. à Metz.
piquure d'un Cousin.
Es piéges que nous tend l'Amour
Il n'eſt aiſé de ſe défendre :
Ce Dieu n'épargne aucun détour
Pour nous ſéduire & nous ſurprendre.
Aminte , j'étois près de vous ,
Quand , ſous la formed'une mouche,
Ce Dieu vola ſur vosgenoux ,
Sur votre ſein , puis ſur ma bouche.
De ſon aiguillon à l'inſtant ,
J'éprouvai l'atteinte cruelles
Et je prétendis vainement
Traiter cela de bagatelle.
Sa piquure fut un venin.
Mais pour partager , ou détruire
Les maux que m'a faits ce Couſin ;
Couſine , un baiſer peut ſuffire.
I. Vel.
*
B. à Metz.
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12700
p. 58-59
« LE mot de la premiere Enigme du Mercure de Mars est la Langue. Celui [...] »
Début :
LE mot de la premiere Enigme du Mercure de Mars est la Langue. Celui [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE mot de la premiere Enigme du Mercure de Mars est la Langue. Celui [...] »
LE mot de la premiere Enigme du
Mercure de Mars est la Langue. Celui
de la feconde est la Crémaillère. Celui
de la troifiéme eſt Noël qui donne ce-
AVRIL. 1764.
59
lui de Léon. Celui du premier Logo-
gryphe eſt Fricandeau , dans lequel
on trouve cire , France , Caën , Caire
Icare , Inde , If, Candie , Canarie
د
air , eau , feu , avenir , ré , fa , car ,
ane , fard, cidre , vin , caffé , uni , nef,
cure , canard , art , farcin , navire , un,
neuf , nid , cri , Diacre , cráne
, aneau ,
rideau , cadeau , craie , canif , acier
,
fer, Franc , naif, ancre , cerf , Cain ,
cave , Diane , Faune , Racine , Cadi ,
ver , cuir , aune , aune , urne , rien , an
ride , Dieu. Celui du ſecond Logogry-
phe eſt Hermaphrodite.
Mercure de Mars est la Langue. Celui
de la feconde est la Crémaillère. Celui
de la troifiéme eſt Noël qui donne ce-
AVRIL. 1764.
59
lui de Léon. Celui du premier Logo-
gryphe eſt Fricandeau , dans lequel
on trouve cire , France , Caën , Caire
Icare , Inde , If, Candie , Canarie
د
air , eau , feu , avenir , ré , fa , car ,
ane , fard, cidre , vin , caffé , uni , nef,
cure , canard , art , farcin , navire , un,
neuf , nid , cri , Diacre , cráne
, aneau ,
rideau , cadeau , craie , canif , acier
,
fer, Franc , naif, ancre , cerf , Cain ,
cave , Diane , Faune , Racine , Cadi ,
ver , cuir , aune , aune , urne , rien , an
ride , Dieu. Celui du ſecond Logogry-
phe eſt Hermaphrodite.
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