AUTRE,
■fuis un Etre infortuné
¿ A qui Nature a trop donné. »
De mon nom même immenfe eft la ftructure şi
Décomposé , dilléqué dans ces Vers
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Dont tu veux bien prendre lecture pais 13 1
• Il va t'offrir plus de cent mots diverspuu nianɔɔ
Quand la Mort t'aura fait defcendre
Dans l'affreufe nuit du Cercueil ;
Sur un marbre gravé, fait pour couvrir ta cendre a
Par des éloges vains revivra ton orgueil :
Lecteur , ce monument de la folie humaine,
Avec un pied de moins , des miens feroit formé,
Dans ma tête & ma queue on rencontre fans
peine ,
Le Fainéant qui vit en en un trou renfermé ,
Mes membres épars font encore
L'ornement dont le front du Pape fe décore ;
Un Roi dont le troupeau fut gardé par un Dieg
Un autre Roi , de qui la Villé en fea
De l'Altière Junon fignala la vangeance ;
Un monftre furieux , cent fois décapité ;
La femme de celui qui du Monde noyé ,
En jettant mainte pierre , a réparé l'engeance ;
Ce tendre Amant qu'un voile enfanglanté
Fit aller chez Pluton , fuivi de la Bergère
72 MERCURE DE FRANCE.
L'inceftueux Mortel qui brûla pour fa mère ,
Et par qui dans les flots le Sphinx précipité ,
Arracha les Thébains à la calamité ;
L'Apôtre porte-clefs le Fabulifte illuſtre ,
Qui des écrits d'Efope emprunta tour fon luftres
Le Chantre della Thrace ; & le Dieu des pavors
Ce qu'Ovide inventa pour chanter des Héros ;
L'Amante de Renaud; l'Amante de Léandre ;
Certain mal , fans remede , auquel il faut s'atten
dre ,
Et qu'en vain l'homme voudroit fuir s
Le contraire d'aimer ; & celui de hair.
Je t'ai promis cent mots engagement frivole ;
Qui déjà me fait friffonner ! ...
Je t'en ai dit affez , fi tu fçais deviner .
Difpenfe-moi de te tenir parole.
A METZ.