Provenance du texte (10)
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Provenance probable (5)
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Détail
Liste
Résultats : 10 texte(s)
1
p. 111-116
A MADAME DE F**
Début :
Je pars pour Marseille, & je vous jure, Madame, que [...]
Mots clefs :
Portrait, Esprit, Charmer, Madame
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE F**
A MADAME DE F**
Epars pour Marseille ,
jure ,
je vous
Madame , quej'y vais malgré moy. Vous mefiſtes hier un Portrait que j'emporte dans lecœur , &i'ay peun que cefoit untrait empoisonnéquej'emporte.
Mais , dites-moy, ce beau Portrait ,
L'avez- vous fait d'apres nature ?
N'avez- vous point feint quelque trait,
Pour embellir voſtre peinture ?
Ce teint blanc , & ces blonds cheveux,
Cette main , ce bras, cette taille ,
CetEſprit tel que je le veux ,
Qui ſurprend , qui brille, qui raille,
Enfin cet amas ſans égal Debelles qualitez , dont moname eſt
ravie ,
}
GALANT. 71 Seroit- il dans l'Original ,
Tel qu'il eſt dans voſtreCopie ?
Si cela est , Madame,pour mon re- posiene dois iamais revenir à Aix ; ou plutost j'y dois bien-toſt revenir, car ie m'imagine qu'il eſt doux de perdre Son repos pour la Belle dont vous m'avez donné uneſi riche ideé.
Par tout ce que vous m'avez dit Vous avez charmé mon Eſprit ;
Voſtre Comteſſe eſt adorable :
Mais malgré les appas dont vous m'a- vezcharmé ,
Sibientoſt je n'en ſuis aimé,
Je declare d'abord qu'elle n'eſt point aimable.
Je suisd'un Mestier , où l'on n'aime pas à perdreson temps. Vous sçavez,
Madame, que nous autres Gens d'Af- faires nous sommes fort intereſſez ,&
que iamaisnousnefaiſons d'avances fi nous ne voyons un profit prompt afſſure.
72 LE MERCVRE
Jamais à la groſſe avanture Nous ne mettons ſoins ny ſoûpirs;
Nous voulons ſeureté meſme dans noſtre ufure ,
Et pretendons gagner cent pour cent enplaiſirs.
Sansnul ſcrupule en Gens fort ſages,
Nous nous faiſons payer l'intereſt d'un ſeul jour ,
Etcomme un Juifnoſtre amour
Ne preſte que ſur bons gages.
Il est bon , Madame , de donner cet avis àvôtre aimable Comteſſe,afin qu'el le examine ſi mon commerce la peut ac- commoder. Ie reviendray en cette Ville dans quelques jours , &fi elle me veut recevoir malgré mes uſures amoureuſes ,
i'iray chez elle étaler ma marchandise.
AAix,
Epars pour Marseille ,
jure ,
je vous
Madame , quej'y vais malgré moy. Vous mefiſtes hier un Portrait que j'emporte dans lecœur , &i'ay peun que cefoit untrait empoisonnéquej'emporte.
Mais , dites-moy, ce beau Portrait ,
L'avez- vous fait d'apres nature ?
N'avez- vous point feint quelque trait,
Pour embellir voſtre peinture ?
Ce teint blanc , & ces blonds cheveux,
Cette main , ce bras, cette taille ,
CetEſprit tel que je le veux ,
Qui ſurprend , qui brille, qui raille,
Enfin cet amas ſans égal Debelles qualitez , dont moname eſt
ravie ,
}
GALANT. 71 Seroit- il dans l'Original ,
Tel qu'il eſt dans voſtreCopie ?
Si cela est , Madame,pour mon re- posiene dois iamais revenir à Aix ; ou plutost j'y dois bien-toſt revenir, car ie m'imagine qu'il eſt doux de perdre Son repos pour la Belle dont vous m'avez donné uneſi riche ideé.
Par tout ce que vous m'avez dit Vous avez charmé mon Eſprit ;
Voſtre Comteſſe eſt adorable :
Mais malgré les appas dont vous m'a- vezcharmé ,
Sibientoſt je n'en ſuis aimé,
Je declare d'abord qu'elle n'eſt point aimable.
Je suisd'un Mestier , où l'on n'aime pas à perdreson temps. Vous sçavez,
Madame, que nous autres Gens d'Af- faires nous sommes fort intereſſez ,&
que iamaisnousnefaiſons d'avances fi nous ne voyons un profit prompt afſſure.
72 LE MERCVRE
Jamais à la groſſe avanture Nous ne mettons ſoins ny ſoûpirs;
Nous voulons ſeureté meſme dans noſtre ufure ,
Et pretendons gagner cent pour cent enplaiſirs.
Sansnul ſcrupule en Gens fort ſages,
Nous nous faiſons payer l'intereſt d'un ſeul jour ,
Etcomme un Juifnoſtre amour
Ne preſte que ſur bons gages.
Il est bon , Madame , de donner cet avis àvôtre aimable Comteſſe,afin qu'el le examine ſi mon commerce la peut ac- commoder. Ie reviendray en cette Ville dans quelques jours , &fi elle me veut recevoir malgré mes uſures amoureuſes ,
i'iray chez elle étaler ma marchandise.
AAix,
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Résumé : A MADAME DE F**
Dans une lettre adressée à Madame de F**, un homme d'affaires en route pour Marseille exprime son départ malgré lui, emportant un portrait de Madame qui l'a charmé. Il se questionne sur la fidélité de ce portrait et admire les qualités décrites. Prêt à sacrifier son repos pour elle, il mentionne également la comtesse de Madame, qu'il trouve adorable, mais souligne que son affection dépend du retour de ses sentiments. En tant qu'homme d'affaires, il ne fait pas d'avances sans garantie de profit, comparant son amour à un commerce nécessitant des assurances. Il invite la comtesse à évaluer si ce 'commerce' peut lui convenir et annonce son retour à Aix pour lui proposer ses services.
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2
p. 355-356
ENIGME.
Début :
Je suis de divers lieux, je nais dans les Forests, [...]
Mots clefs :
Flûte, flageolet, hautbois ou chalumeau
3
p. 1303-1304
LOGOGRYPHE.
Début :
Prenez-moi tout entier, je presente à vos yeux [...]
Mots clefs :
Tableau
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
PRenez
à vos yeux
Renez- moi tout entier , je presente
Un objet des plus gracieux ;
Je rappelle un fait mémorable ,
Ou de l'Histoire ou de la Fable ;
Je vous offre des Prez , des Arbres et des Fleurs
Que l'Aurore jamais ne baigna de ses pleurs.
Grand , petit , rond , quarré, comme le veut mon
pere ,
Je ne compterai point ici tous les sujets
Dont on me fait dépositaire :
Mon nom aussi vous offre une foule d'objets ;
En effet , l'on y trouve un meuble necessaire ,
Qui sert à bien plus d'une affaire ;
Vous y verrez un Elément ;
Un des enfans du premier homme ;
Une grande Cité plus ancienne que Rome ;
1. Vol.
E iij
1304 MERCURE DE FRANCE
Ce qui nous plaît infiniment ;
Ce que chacun voudroit atteindre ;
Certain Globe qui se fait craindre,
Et qui porte des coups mortels ;
Un vétement dont font usage ,
Les Ministres des saints Autels ;
Faut - il en dire davantage ?
Vous y verrez une couleur ;
Un mot Latin , qui signifie
Un Instrument dont l'harmonie ,
Annonce les Combats , excite la valeur ;
Je n'aurois jamais fait si je voulois tout dire
Vous y verrez enfin les lieux où tout respire ,
Les Plaisirs , la Joye et l'Amour ,
Lieux d'où l'on sort quand il est jour..
:
Par M. V. D. L. T. d'Aix.
PRenez
à vos yeux
Renez- moi tout entier , je presente
Un objet des plus gracieux ;
Je rappelle un fait mémorable ,
Ou de l'Histoire ou de la Fable ;
Je vous offre des Prez , des Arbres et des Fleurs
Que l'Aurore jamais ne baigna de ses pleurs.
Grand , petit , rond , quarré, comme le veut mon
pere ,
Je ne compterai point ici tous les sujets
Dont on me fait dépositaire :
Mon nom aussi vous offre une foule d'objets ;
En effet , l'on y trouve un meuble necessaire ,
Qui sert à bien plus d'une affaire ;
Vous y verrez un Elément ;
Un des enfans du premier homme ;
Une grande Cité plus ancienne que Rome ;
1. Vol.
E iij
1304 MERCURE DE FRANCE
Ce qui nous plaît infiniment ;
Ce que chacun voudroit atteindre ;
Certain Globe qui se fait craindre,
Et qui porte des coups mortels ;
Un vétement dont font usage ,
Les Ministres des saints Autels ;
Faut - il en dire davantage ?
Vous y verrez une couleur ;
Un mot Latin , qui signifie
Un Instrument dont l'harmonie ,
Annonce les Combats , excite la valeur ;
Je n'aurois jamais fait si je voulois tout dire
Vous y verrez enfin les lieux où tout respire ,
Les Plaisirs , la Joye et l'Amour ,
Lieux d'où l'on sort quand il est jour..
:
Par M. V. D. L. T. d'Aix.
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4
p. 1304-1305
ENIGME du même Auteur.
Début :
On voit à me former plusieurs Dieux concourir ; [...]
Mots clefs :
Salade
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME du même Auteur.
ENIGME du même Auteur.
N voit à me former plusieurs Dieux con
ΟΝ courir ;
Cybelle me reçoit , et daigne me nourrir ;
Quand je sors de son sein, au Soleil je m'expose
L'Aurore de ses pleurs m'arrose;
Je suis aussi l'objet des soins ,
Et de Vertumne et de Pomone ;
d. Vola Ce
JUIN. 1731. 1305
-
Ce n'est pas tout encor, avant que je sois bonne ,
Il faut que d'autres Dieux ne me servent pas
moins ;
Le Dieu de la Plaine liquide ,
M'offre l'Elixir de ses eaux ,
Sans lui je serois insipide :
Déesse dont le bras est armé d'une Egide ,
Tu me donnes le jus du fruit de ces Rameaux ,
Qui , tandis que l'hyver attriste la Nature ,
Conservent toûjours la verdure :
Charmant Bacchus , sur moi tu répans ta Li
queur ,
Non pas telle , il est vrai , qu'elle plaît au buveur.
Mortels , en cet état je puis vous être offerte ;
Mais quel traitement je reçoi !
Plusieurs mains s'arment pour ma perte ,
Elles viennent fondre sur moi :
Est-il un destin plus funeste ?
Pour vous dire en deux mots le reste
On me porte dans un Palais ,
Où je suis bien- tôt déchirée :
Quelle injustice? helas ! par ceux à qui je plais ;
Faut- il que je sois dévorée ?
N voit à me former plusieurs Dieux con
ΟΝ courir ;
Cybelle me reçoit , et daigne me nourrir ;
Quand je sors de son sein, au Soleil je m'expose
L'Aurore de ses pleurs m'arrose;
Je suis aussi l'objet des soins ,
Et de Vertumne et de Pomone ;
d. Vola Ce
JUIN. 1731. 1305
-
Ce n'est pas tout encor, avant que je sois bonne ,
Il faut que d'autres Dieux ne me servent pas
moins ;
Le Dieu de la Plaine liquide ,
M'offre l'Elixir de ses eaux ,
Sans lui je serois insipide :
Déesse dont le bras est armé d'une Egide ,
Tu me donnes le jus du fruit de ces Rameaux ,
Qui , tandis que l'hyver attriste la Nature ,
Conservent toûjours la verdure :
Charmant Bacchus , sur moi tu répans ta Li
queur ,
Non pas telle , il est vrai , qu'elle plaît au buveur.
Mortels , en cet état je puis vous être offerte ;
Mais quel traitement je reçoi !
Plusieurs mains s'arment pour ma perte ,
Elles viennent fondre sur moi :
Est-il un destin plus funeste ?
Pour vous dire en deux mots le reste
On me porte dans un Palais ,
Où je suis bien- tôt déchirée :
Quelle injustice? helas ! par ceux à qui je plais ;
Faut- il que je sois dévorée ?
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5
p. 1305-1306
SECONDE ENIGME. du même Auteur.
Début :
Lecteur, voici de quoi rêver, [...]
Mots clefs :
Lettre A
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texteReconnaissance textuelle : SECONDE ENIGME. du même Auteur.
SECONDE
du même Auteur.
Lecteur ,
Ecteur, voici de quoi rêver ,
De plusieurs soeurs je suis l'aînée ,
I. Vol.
Je
E.iiij
1306 MERCURE DE FRANCE
Je ne parois jamais à la fin de l'année ; ·
commencement que l'on peut me C'est au
trouver.
En Espagne j'occupe une place honorable ;
Je suis necessaire à la table ;
Pour le Jeu , je ne m'y plaits pas
Inséparable de Pallas ,
Je concours à former la valeur et l'audace ;
Je suis au milieu d'une Place :
Sans moi vous n'auriez point d'argent.
Je marche avec le pauvre , et je fuis l'opulent ;
Mais cependant je sers au faste , à la parure ;
On m'employe à l'Architecture.
Le François m'a chassé de Rome sans raison ,
Mais je suis dans Paris ; est- il une maison ,
Où je ne trouve un sûr azile ?
Laissons ce détail inutile ,
Voici pour me connoître un signal très- certain ;
Lecteur , tu me tiens dans la main.
du même Auteur.
Lecteur ,
Ecteur, voici de quoi rêver ,
De plusieurs soeurs je suis l'aînée ,
I. Vol.
Je
E.iiij
1306 MERCURE DE FRANCE
Je ne parois jamais à la fin de l'année ; ·
commencement que l'on peut me C'est au
trouver.
En Espagne j'occupe une place honorable ;
Je suis necessaire à la table ;
Pour le Jeu , je ne m'y plaits pas
Inséparable de Pallas ,
Je concours à former la valeur et l'audace ;
Je suis au milieu d'une Place :
Sans moi vous n'auriez point d'argent.
Je marche avec le pauvre , et je fuis l'opulent ;
Mais cependant je sers au faste , à la parure ;
On m'employe à l'Architecture.
Le François m'a chassé de Rome sans raison ,
Mais je suis dans Paris ; est- il une maison ,
Où je ne trouve un sûr azile ?
Laissons ce détail inutile ,
Voici pour me connoître un signal très- certain ;
Lecteur , tu me tiens dans la main.
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6
p. 1658-1659
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en Provence, au sujet d'une affaire criminelle.
Début :
L'Affaire dont je vais vous parler fait grand bruit [...]
Mots clefs :
Affaire criminelle, Jean de Matheron d'Almaric, Domestiques, Prise de Corps, Arrêt, Parlement, Greffier Gautier
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en Provence, au sujet d'une affaire criminelle.
EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en
Provence , au sujet d'une offrire criminelle.
'Affaire dont je vais vous parler fait
Legrandbruit dans cette Province. Jean
,
de Matheron d'Amalric , Seigneur en partie de l'Escale , Jean- Louis Matheron , son
fils , Anne de Bertatis , sa sœur , AnneMonpezat , Joseph Faudon et André
Julien , ses domestiques , ont été décretez de prise de corps , par Sentence définitive du Siége de Sisteron , du 13 Mars ,'
et le sieur Jean Matheron , condamné en
deux mille livres pour dommages , interêts envers le Lieutenant Particulier au
Siége de Sisteron , son créancier , contre
qui
JUILLET. 1734. 1659
qui il avoit formé une accusation grave.
Par Arrêt , publié à la Barre du Parlement
de Provence , séant à Aix le 25 Juin 1732.
Toutes les Sentences du Siége de Sisteron
ont été confirmées avec de plus grands
dommages , interêts soufferts depuis la
Sentence , et à tous les dépens par corps.
Le sieur Castagni , Seigneur de Vilhoc
Lieutenant Général Civil et Criminel au
Siége de Sisteron , Débiteur du Lieutenant
Particulier , s'étant indignement prêté
pour soûtenir l'imposture du sieur Matheron , a reçû la Lettre suivante par ordre du Parlement.
La Cour m'ordonne de vous faire sçavoir
qu'elle a jugé le Procès criminel entre,
&c.
elle a confirmé toutes les Sentences rendues
par Me Duvirail , comme très-justes et trèsrégulieres ; elle a été surprise que sur la fin
de votre carriere vous vous soyez fi indignement prêté pour soûtenir l'imposture ; si elle
ne vous a pas decreté, comme vous le meri
tiez , c'est par rapport à votre grand âge ,
faites- moi un mot de réponse , afin que je
puisse rendre compte à la Courde ma de ma condui
te. Je suis , &c. Signé , GAUTIER , Greffier.
ou
L'impression et l'affiche de l'Arrêt ont
été permises. Si on nous envoye la Réponse de ce Magistrat avec l'Arrêt qui est I iiij inter-
1660 MERCURE DE FRANCE
4
intervenu , on pourra parler plus amplement et plus éxactement de cette Affaire extraordinaire.
Provence , au sujet d'une offrire criminelle.
'Affaire dont je vais vous parler fait
Legrandbruit dans cette Province. Jean
,
de Matheron d'Amalric , Seigneur en partie de l'Escale , Jean- Louis Matheron , son
fils , Anne de Bertatis , sa sœur , AnneMonpezat , Joseph Faudon et André
Julien , ses domestiques , ont été décretez de prise de corps , par Sentence définitive du Siége de Sisteron , du 13 Mars ,'
et le sieur Jean Matheron , condamné en
deux mille livres pour dommages , interêts envers le Lieutenant Particulier au
Siége de Sisteron , son créancier , contre
qui
JUILLET. 1734. 1659
qui il avoit formé une accusation grave.
Par Arrêt , publié à la Barre du Parlement
de Provence , séant à Aix le 25 Juin 1732.
Toutes les Sentences du Siége de Sisteron
ont été confirmées avec de plus grands
dommages , interêts soufferts depuis la
Sentence , et à tous les dépens par corps.
Le sieur Castagni , Seigneur de Vilhoc
Lieutenant Général Civil et Criminel au
Siége de Sisteron , Débiteur du Lieutenant
Particulier , s'étant indignement prêté
pour soûtenir l'imposture du sieur Matheron , a reçû la Lettre suivante par ordre du Parlement.
La Cour m'ordonne de vous faire sçavoir
qu'elle a jugé le Procès criminel entre,
&c.
elle a confirmé toutes les Sentences rendues
par Me Duvirail , comme très-justes et trèsrégulieres ; elle a été surprise que sur la fin
de votre carriere vous vous soyez fi indignement prêté pour soûtenir l'imposture ; si elle
ne vous a pas decreté, comme vous le meri
tiez , c'est par rapport à votre grand âge ,
faites- moi un mot de réponse , afin que je
puisse rendre compte à la Courde ma de ma condui
te. Je suis , &c. Signé , GAUTIER , Greffier.
ou
L'impression et l'affiche de l'Arrêt ont
été permises. Si on nous envoye la Réponse de ce Magistrat avec l'Arrêt qui est I iiij inter-
1660 MERCURE DE FRANCE
4
intervenu , on pourra parler plus amplement et plus éxactement de cette Affaire extraordinaire.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite d'Aix en Provence, au sujet d'une affaire criminelle.
L'affaire concerne une offre criminelle en Provence impliquant Jean Matheron d'Amalric, son fils Jean-Louis, sa sœur Anne de Bertatis, Anne Monpezat, et leurs domestiques Joseph Faudon et André Julien. Ces individus ont été arrêtés le 13 mars par le siège de Sisteron. Jean Matheron a été condamné à payer deux mille livres de dommages et intérêts à son créancier, le Lieutenant Particulier du siège de Sisteron, contre qui il avait formé une accusation grave. Le 25 juin 1732, le Parlement de Provence à Aix a confirmé toutes les sentences du siège de Sisteron, ajoutant des dommages et intérêts supplémentaires et les dépens par corps. Le sieur Castagni, seigneur de Vilhoc et Lieutenant Général Civil et Criminel au siège de Sisteron, a été réprimandé pour avoir soutenu l'imposture de Matheron. Il a reçu une lettre du Parlement confirmant les sentences et exprimant la surprise de la Cour quant à son comportement. La Cour a décidé de ne pas le décréter en raison de son grand âge et lui a demandé de répondre pour justifier sa conduite. L'impression et l'affiche de l'arrêt ont été autorisées, et une réponse du magistrat ainsi que l'arrêt intervenu sont attendus pour discuter davantage de cette affaire.
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7
p. 250-253
A MADEMOISELLE D*** Sur la mort d'un Serin de Canarie.
Début :
Il n'est plus ce Serin, si joli, si charmant, [...]
Mots clefs :
Serin, Canaries, Amour, Sylvie, Chat, Charmes, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE D*** Sur la mort d'un Serin de Canarie.
A MADEMOISELLE D ***
I
Sur la mort d'un Serin de Canarie.
L n'est plus ce Serin , si joli , si charmant ,
Ce Serin , dont le sort étoit digne d'envie .
Il fut l'objet des soins de l'aimable Silvie ,
Il en fut aimé tendrement .
Il étoit jeune encor , mais un Enfant perfide
A suscité contre ses jours ,
Un Chat cruel , un Chat avide ,
Qui vient d'en terminer le cours.
Quel est donc,direz- vous, cet Enfant téméraires
Connoissez-le , Silvie , et craignez sa colere ;
Il peut vous porter d'autres coups ,
C'est un Dieu terrible et jaloux ,
On
1
FEVRIER 1734 251
On l'adore à Paphos , et Venus est sa mere ;
A ces traits , le connoissez - vous ?
Quoi , l'Amour ? ..... Oüi , l'Amour luimême
.
Calmez cette surprise extrême ,
Silvie , écoutez -moi , vous ne douterëz pas ,
Que lui seul , du Serin , n'ait causé le trépas ,
Je vais en peu de mots ,
éclairer ce mistère ;
Ce Serin étoit né dans les Bois de Cithere ,
Dans son nid l'Amour l'avoit pris ,
Il le destinoit à Cipris ;
Il vous vit par hazard , et touché de vos charmes,
Il change d'abord de dessein ,
Il veut vous offrir le Serin.
Sa présence auroit pû vous causer des allarmes ,
Peut-être auriez - vous craint ses traits .
Il se présente à vous , sans aîles , et sans armes ;
Dépouillé de tous ses attraits ,
D'une Prude il emprunte et la taille et les traits ›
Le Serin est offert , on l'accepte , une cage
Le retient près de vous dans la captivité.
On dit qu'il témoigna d'abord par son rámage,
Que son premier état n'étoit pas regretté ,
Il préferoit cet esclavage ,
A la plus grande liberté .
Que son sort étoit doux ! de la belle Silvie
Le voilà devenu l'unique amusement ;
Ses soins le rendirent charmant .
C iiij
Hélas !
252 MERCURE DE FRANCE
Hélas ! il méritoit une plus longue vie.
Par mille tours vifs , gracieux ,
Par son ramage harmonieux ,
Il invitoit souvent son aimable Maîtresse ,
A le reposer sur sa main ;
Mais il s'en échappoit bien-tôt avec adresse
Et d'une aîle légere , il voloit sur son sein.
L'Amour voyoit ce badinage ,
Il en devint bien- tôt jaloux ,
?
Voilà donc , dit- il , mon ouvrage ;
Si ce Serin jouit des plaisirs les plus doux ,
C'est à moi seul qu'il doit un si rare avantage ;
Mais cependant Silvie , au Printems de son âge ,
Perd avec lui trop de momens
Il est temps qu'elle fasse usage ,
De ces traits , de ces agrémens
Qu'elle reçut
de la nature ;
>
Soumettons- lui les coeurs d'une foule d'Amans.
Il dit , il tente l'avanture ,
Autant de traits qu'il lance , autant de coeurs
blessez ,
Parmi ces triomphes passez ,
Il n'en voyoit aucun qui fut si mémorable ;
Il conduit à vos pieds cette foule innombrable
Et croit que docile à ses loix ,
Vous allez faire enfin un choix.
Cupidon se trompa : Quelle fut sa colere ,
Quand il vit ces mortels de vos charmes
épris ,
S'etFEVRIER.
1734. 253
S'efforcer envain de vous plaire ;
L'indifférence , ou le mépris ,
De leur vive tendresse étoit l'indigne prix ,
Ainsi donc, dit l'Amour, le plaisir d'être aimée ,
Ne fatte point son jeune coeur !
Elle est de son Serin uniquement charmée !
Eh bien ! sur ce Serin exerçons ma fureur .
Pour l'amour outragé, la vangeance a des charmes
Que sa mort va couter de larmès !
Qu'il périsse... Il alloit le percer de ses Dards,
Quand un Chat frappe ses regards ;
Sois le Ministre de ma rage ;
Viens , dit-il , il le guide à l'instant vers la cage,
Il en ouvre l'entrée , et le Chat furieux ,
Şaisit le beau Serin , le devore à ses yeux.
Tel fut de ce Serin aimable ,
Le sort tragique et déplorable.
C'est un Char qui commit ce forfait odieux ,
Mais Cupidon fut son complice ;
Vous voyez de ce Dieu , jusqu'où va la malice ,
Quand il veut se vanger d'un coeur audacieux ,
Qui brave de ses traits les terribles atteintes.
Pardonnez-lui , Silvie , et retenez vos plaintes ,
Elles aigriroient son couroux ;
Qu'à ses loix votre coeur daigne enfin se soumettre
;
De sa part j'ose vous promettre ,
Le sort le plus heureux , les plaisirs les plus doux.
Par M. de la T... d'Aix.
I
Sur la mort d'un Serin de Canarie.
L n'est plus ce Serin , si joli , si charmant ,
Ce Serin , dont le sort étoit digne d'envie .
Il fut l'objet des soins de l'aimable Silvie ,
Il en fut aimé tendrement .
Il étoit jeune encor , mais un Enfant perfide
A suscité contre ses jours ,
Un Chat cruel , un Chat avide ,
Qui vient d'en terminer le cours.
Quel est donc,direz- vous, cet Enfant téméraires
Connoissez-le , Silvie , et craignez sa colere ;
Il peut vous porter d'autres coups ,
C'est un Dieu terrible et jaloux ,
On
1
FEVRIER 1734 251
On l'adore à Paphos , et Venus est sa mere ;
A ces traits , le connoissez - vous ?
Quoi , l'Amour ? ..... Oüi , l'Amour luimême
.
Calmez cette surprise extrême ,
Silvie , écoutez -moi , vous ne douterëz pas ,
Que lui seul , du Serin , n'ait causé le trépas ,
Je vais en peu de mots ,
éclairer ce mistère ;
Ce Serin étoit né dans les Bois de Cithere ,
Dans son nid l'Amour l'avoit pris ,
Il le destinoit à Cipris ;
Il vous vit par hazard , et touché de vos charmes,
Il change d'abord de dessein ,
Il veut vous offrir le Serin.
Sa présence auroit pû vous causer des allarmes ,
Peut-être auriez - vous craint ses traits .
Il se présente à vous , sans aîles , et sans armes ;
Dépouillé de tous ses attraits ,
D'une Prude il emprunte et la taille et les traits ›
Le Serin est offert , on l'accepte , une cage
Le retient près de vous dans la captivité.
On dit qu'il témoigna d'abord par son rámage,
Que son premier état n'étoit pas regretté ,
Il préferoit cet esclavage ,
A la plus grande liberté .
Que son sort étoit doux ! de la belle Silvie
Le voilà devenu l'unique amusement ;
Ses soins le rendirent charmant .
C iiij
Hélas !
252 MERCURE DE FRANCE
Hélas ! il méritoit une plus longue vie.
Par mille tours vifs , gracieux ,
Par son ramage harmonieux ,
Il invitoit souvent son aimable Maîtresse ,
A le reposer sur sa main ;
Mais il s'en échappoit bien-tôt avec adresse
Et d'une aîle légere , il voloit sur son sein.
L'Amour voyoit ce badinage ,
Il en devint bien- tôt jaloux ,
?
Voilà donc , dit- il , mon ouvrage ;
Si ce Serin jouit des plaisirs les plus doux ,
C'est à moi seul qu'il doit un si rare avantage ;
Mais cependant Silvie , au Printems de son âge ,
Perd avec lui trop de momens
Il est temps qu'elle fasse usage ,
De ces traits , de ces agrémens
Qu'elle reçut
de la nature ;
>
Soumettons- lui les coeurs d'une foule d'Amans.
Il dit , il tente l'avanture ,
Autant de traits qu'il lance , autant de coeurs
blessez ,
Parmi ces triomphes passez ,
Il n'en voyoit aucun qui fut si mémorable ;
Il conduit à vos pieds cette foule innombrable
Et croit que docile à ses loix ,
Vous allez faire enfin un choix.
Cupidon se trompa : Quelle fut sa colere ,
Quand il vit ces mortels de vos charmes
épris ,
S'etFEVRIER.
1734. 253
S'efforcer envain de vous plaire ;
L'indifférence , ou le mépris ,
De leur vive tendresse étoit l'indigne prix ,
Ainsi donc, dit l'Amour, le plaisir d'être aimée ,
Ne fatte point son jeune coeur !
Elle est de son Serin uniquement charmée !
Eh bien ! sur ce Serin exerçons ma fureur .
Pour l'amour outragé, la vangeance a des charmes
Que sa mort va couter de larmès !
Qu'il périsse... Il alloit le percer de ses Dards,
Quand un Chat frappe ses regards ;
Sois le Ministre de ma rage ;
Viens , dit-il , il le guide à l'instant vers la cage,
Il en ouvre l'entrée , et le Chat furieux ,
Şaisit le beau Serin , le devore à ses yeux.
Tel fut de ce Serin aimable ,
Le sort tragique et déplorable.
C'est un Char qui commit ce forfait odieux ,
Mais Cupidon fut son complice ;
Vous voyez de ce Dieu , jusqu'où va la malice ,
Quand il veut se vanger d'un coeur audacieux ,
Qui brave de ses traits les terribles atteintes.
Pardonnez-lui , Silvie , et retenez vos plaintes ,
Elles aigriroient son couroux ;
Qu'à ses loix votre coeur daigne enfin se soumettre
;
De sa part j'ose vous promettre ,
Le sort le plus heureux , les plaisirs les plus doux.
Par M. de la T... d'Aix.
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Résumé : A MADEMOISELLE D*** Sur la mort d'un Serin de Canarie.
Le poème 'A Mademoiselle D ***' raconte la mort d'un serin de Canarie, chéri par Silvie. Ce serin, né dans les bois de Cythère, est offert à Silvie par l'Amour, qui le prive d'ailes et d'armes pour éviter qu'il ne l'alerte. Silvie accepte l'oiseau et en prend soin. Cependant, l'Amour, jaloux de leur complicité, décide de se venger. Il utilise un chat pour tuer le serin, frustré que Silvie ne réponde pas à ses avances et reste attachée à l'oiseau. Le poème se conclut par une exhortation à Silvie de se soumettre aux lois de l'Amour pour éviter sa colère et obtenir un sort heureux.
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Résultats : 5 texte(s)
1
p. 140-144
RESPONSE DES FLEURS, A MADAME DES-HOULIERES.
Début :
Cette indispensable necessité de mourir doit avoir quelque chose de / Si nous naissons souvent, c'est pour mourir de mesme, [...]
Mots clefs :
Fleurs, Madame Deshoulières, Amarillis, Mort
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texteReconnaissance textuelle : RESPONSE DES FLEURS, A MADAME DES-HOULIERES.
Cette indiſpenſable neceſſité de mourir doit avoir quelque choſe de bien rigoureux , puis que les Fleurs qui ne meurent que pour renaiſtre , ne fontpas fatisfaites de leur deſtin. Laré
94 LE MERCVRE ponſe qu'elles font à l'Illuſtre &belle Madame Des- Houlieres qui les avoit conſolées là- deſſus avec tant d'eſprit , en eſt une preuve. Celuy qui les fait parler eſtd'Aix enProvence, &
je croy que ce qu'elles ont à
dire ne vous déplaira pas à
écouter.
REPONSE
DES FLEURS ,
A MADAME
DES-HOULIERES.
SinouriaidonneSome Inous naiſſons ſouvent , c'est pour
Etpour mourird'abord.
Unmatinpaſſager nomvoit changerde fort,
.
:
GALANT. 95 Plaignez, Amarillis , nostremalheur extréme.
Enest-il un plusgrand pourdejeunes
appas,
Que d'eſtre le butin d'un ſi ſoudain trépas?
LaLoyde mourirtoſt est une Loy trop
dure,
Oùnous affuiettit l'inégale Nature.
On fait plus de pitié qu'on nefait de jaloux ,
Quandondureauſſi peuque nous.
Ilfautque nous mourions àlafleurde noftre âge
En attendant le retour du Printems.
Onse conſolepeud'unfutur avantage,
Quand on peutse paſſer d'attendre un
autre temps.
Quenous fert-ilque le Zephire Si délicatement aupres de nous souûpire,
Qu'il soit infinuant , queson espritſoit
doux,
Sidansle tems qu'ilnouscareſſe,
Etnousmarque de la tendreſſe,
La mort vient , &finit tout commerce
entrenous?
96 LE MERCVRE Vousdites cependant ; Jonquilles ,Tu- béreuſes,
Vous vivez peu de jours , mais vous vivez heureuſes ,
Quandon ade beaux jours,
Il n'estpas bon qu'ilssoientficourts.
Nulle de nous pourtant ne conferve
-l'envie
Deſe voirprolonger lavie,
Quand il s'en faut priver pour parer vos Moutons
DeGuirlandes &de Festons.
Sanspeine &fans regret chacunealors
Sedonne Avec ses plus vives couleurs. Pourqui peut enmourant leurſervir de
Couronne,
Mourirbientoft n'eest pas le plus grand
desmalheurs.
94 LE MERCVRE ponſe qu'elles font à l'Illuſtre &belle Madame Des- Houlieres qui les avoit conſolées là- deſſus avec tant d'eſprit , en eſt une preuve. Celuy qui les fait parler eſtd'Aix enProvence, &
je croy que ce qu'elles ont à
dire ne vous déplaira pas à
écouter.
REPONSE
DES FLEURS ,
A MADAME
DES-HOULIERES.
SinouriaidonneSome Inous naiſſons ſouvent , c'est pour
Etpour mourird'abord.
Unmatinpaſſager nomvoit changerde fort,
.
:
GALANT. 95 Plaignez, Amarillis , nostremalheur extréme.
Enest-il un plusgrand pourdejeunes
appas,
Que d'eſtre le butin d'un ſi ſoudain trépas?
LaLoyde mourirtoſt est une Loy trop
dure,
Oùnous affuiettit l'inégale Nature.
On fait plus de pitié qu'on nefait de jaloux ,
Quandondureauſſi peuque nous.
Ilfautque nous mourions àlafleurde noftre âge
En attendant le retour du Printems.
Onse conſolepeud'unfutur avantage,
Quand on peutse paſſer d'attendre un
autre temps.
Quenous fert-ilque le Zephire Si délicatement aupres de nous souûpire,
Qu'il soit infinuant , queson espritſoit
doux,
Sidansle tems qu'ilnouscareſſe,
Etnousmarque de la tendreſſe,
La mort vient , &finit tout commerce
entrenous?
96 LE MERCVRE Vousdites cependant ; Jonquilles ,Tu- béreuſes,
Vous vivez peu de jours , mais vous vivez heureuſes ,
Quandon ade beaux jours,
Il n'estpas bon qu'ilssoientficourts.
Nulle de nous pourtant ne conferve
-l'envie
Deſe voirprolonger lavie,
Quand il s'en faut priver pour parer vos Moutons
DeGuirlandes &de Festons.
Sanspeine &fans regret chacunealors
Sedonne Avec ses plus vives couleurs. Pourqui peut enmourant leurſervir de
Couronne,
Mourirbientoft n'eest pas le plus grand
desmalheurs.
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Résumé : RESPONSE DES FLEURS, A MADAME DES-HOULIERES.
Le texte aborde la fatalité de la mort, même pour les fleurs qui renaissent. Les fleurs expriment leur mécontentement face à leur destin, malgré les tentatives de consolation de Madame Des-Houlières. Elles déplorent leur sort, comparant leur existence à une loi trop sévère imposée par la nature. Elles regrettent que leur vie soit écourtée par la mort, qui survient même lorsque le vent leur apporte douceur et délicatesse. Les fleurs reconnaissent vivre peu de jours, mais affirment vivre heureuses. Elles acceptent leur sort sans regret, car leur mort peut servir à orner les moutons de guirlandes et de festons. Elles concluent que mourir jeune n'est pas le plus grand des malheurs.
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2
p. 2163-2168
LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE.
Début :
Favorable Fils de Latonne, [...]
Mots clefs :
Naissance, Duc d'Anjou, Ciel, Héros, Rois, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE.
LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
O D E.
Favorable Fils de Latonne
Je ne t'invoque point en vain
Au vif éclat qui m'environne ,
Je voi , je fens ton feu divin.
J'entre dans un facré délire ;
Puiffe mon orgueilleufe Lyre
Enfanter ces accents vainqueurs ,
Qui naiffent d'un heureux génie ,
Et dont la fublime harmonie
Enchante & ravit tous les cours.
Quel aftre nouveau fur nos têtes
Répand fa brillante clarté ?
Quel Dieu ? de nos tranquilles fêtes ;
Redouble la folemnité !
Ce n'eft pas une vaine image ;
Chafte Lucine , cet ouvrage
Eft-il le fruit de ton fecours ?
Ainfi notre Reine féconde
Cij Par
2164 MERCURE DE FRANCE
Par toy du plus beau fang du monde
Promet d'éternifer le cours.
Mais , que dis-je ? Augufte Princeffe
Ces fabuleufes Déitez
'Aux yeux de ta haute fageffe
Ne font que folles vanitez.
Humble dans fa grandeur extrême
Ton coeur adore un Dieu fuprême ;
Qui confond tous les autres Dieux ;
Et dans cette faveur nouvelle ,
Reconnoit la fource immortelle
Des tréfors les plus précieux,
Déja de fa Toute- puiffance
Tu tiens cet aimable Dauphin ,
Ce Fils dont l'heureuſe naiffance
Eft un don parti de fa main.
Cette main encor libérale
Par un nouveau don qu'elle étale
Vient mettre le comble à tes voeux
Et prodigue elle fait connoître
Dans le Prince qui vient de naître ,
Combien le Ciel nous rend heureux,
Puiffe de ces précieux gages
Le nombre fans ceffe augmenter !
Puille
OCTOBRE. 1736. 2165
Puiffent nos plus parfaits hommages
: Les voir croître & les mériter
Qu'à jamais ton auguſte race ,
De fes ayeuls fuivant la trace ,
A l'Univers donne des Loix ;
Et qu'un jour la terre étonnée
Dans cette race fortunée ,
Compte fes Héros & les Rois !
Quel pompeux fpectacle m'enchante !
Prophanes , fuyez loin de moi ;
Une fainte horreur m'épouvante ,
Tous mes fens font faifis d'effroi.
Quel nouvel éclat ! Les Cieux s'ouvrent ;
A mes yeux les deftins découvrent
Leurs immuables jugemens ;
Dans l'avenir j'oſe les lire ,
Je voi , j'examine , j'admire
Les plus fameux Evenemens.
Dans les Climats où naît l'Aurore}
Je voi des Peuples confternez ;
Malgré l'orgueil qui les dévore
Ils font foumis & profternez.
Un Héros court brifer leur chaîne ,
Il quitte les bords de la Seine ,
Et va dans leur triſte ſéjour ;
Je yoi fon Char brillant de gloire ;
Diij De
2166 MERCURE DE FRANCE
Devant lui vole la Victoire ,
A fes côtez marche l'Amour.
Il vient ; & la guerre fanglante
'Auffi - tôt calme ſa fureur ;
La paix tranquille , bien -faifante
Des efprits diffipe l'erreur.
Cher Prince , à ta clemence extrême
On court offrir un Diadême
Que ta valeur a mérité ;
Ton nouveau Peuple qui t'admire ,
Goute les douceurs d'un Empire
Préférable à la liberté.
Ainfi la Divine Sageffe ,
Verra fes Décrets accomplis ;
LOUIS ; crois en ma fainte yvreffe ,
Le ciel couronnera ton Fils.
Déja ta piété folide ,
Et la vérité qui te guide
De ce fuccès font les garants
De ton fang la fource féconde
Doit à jamais peupler le monde
De Héros & de Conquerants.
D'un héritage légitime ,
L'Orphelin , libre poffeffeur ,
N'ek
OCTOBRE. 1730. 2167
N'eft plus la funefte victime ,
D'un tyrannique raviffeur.
Un Roy , que le ciel daigne inftruire ;
De l'erreur qui cherche à ſéduire¸
Fait triompher la véritéé ;
Qui que ru fois , tremble , coupable ;
Et voi ta perte inévitable
Dans la fouveraine équité .
Enfin le crime fanguinaire
Tombe fous les Loix abbatu
Je vois l'interêt mercènaire ,
Fuïr à l'afpect de la vertu.
L'impofture au maintien perfide ,
La fraude qui lui fert de guide ,
L'audace à l'oeil féditieux ,
Abbandonnent une contrée ,
Qui de la favorable Aftrée
Eft le féjour délicieux.
Peuples , fignalez votre zéle ,
Pour LOUIS , en cet heureux jour
Que tout icy lui renouvelle
Votre refpect & votre amour ;
Puiffe une ingénieuſe addreffe ,
Parmi la pompe & l'allegreffe
Vous prolonger un jour fi beau :
Que mille feux d'intelligence ,
C iiij
Imi2168
MERCURE DE FRANCE
Imitent , pendant fon abfence ,
L'éclat du celefte flambeau.
Qué la joye en tous lieux féconde ,
Enfante des plaifirs divers ;
Que les Cieux , que la Terre & l'Onde
Retentiffent de nos Concerts.
Que dans les Palais magnifiques ,
Que fous les toits les plus ruftiques
Les graces , les ris & les jeux
Soient déformais unis enſemble ;
Qu'un même bienfait les raffemble ;
Qu'à jamais il comble nos voeux.
Par M. de M. D. S. d'Aix
DE MONSEIGNEUR
LE DUC D'ANJOU.
O D E.
Favorable Fils de Latonne
Je ne t'invoque point en vain
Au vif éclat qui m'environne ,
Je voi , je fens ton feu divin.
J'entre dans un facré délire ;
Puiffe mon orgueilleufe Lyre
Enfanter ces accents vainqueurs ,
Qui naiffent d'un heureux génie ,
Et dont la fublime harmonie
Enchante & ravit tous les cours.
Quel aftre nouveau fur nos têtes
Répand fa brillante clarté ?
Quel Dieu ? de nos tranquilles fêtes ;
Redouble la folemnité !
Ce n'eft pas une vaine image ;
Chafte Lucine , cet ouvrage
Eft-il le fruit de ton fecours ?
Ainfi notre Reine féconde
Cij Par
2164 MERCURE DE FRANCE
Par toy du plus beau fang du monde
Promet d'éternifer le cours.
Mais , que dis-je ? Augufte Princeffe
Ces fabuleufes Déitez
'Aux yeux de ta haute fageffe
Ne font que folles vanitez.
Humble dans fa grandeur extrême
Ton coeur adore un Dieu fuprême ;
Qui confond tous les autres Dieux ;
Et dans cette faveur nouvelle ,
Reconnoit la fource immortelle
Des tréfors les plus précieux,
Déja de fa Toute- puiffance
Tu tiens cet aimable Dauphin ,
Ce Fils dont l'heureuſe naiffance
Eft un don parti de fa main.
Cette main encor libérale
Par un nouveau don qu'elle étale
Vient mettre le comble à tes voeux
Et prodigue elle fait connoître
Dans le Prince qui vient de naître ,
Combien le Ciel nous rend heureux,
Puiffe de ces précieux gages
Le nombre fans ceffe augmenter !
Puille
OCTOBRE. 1736. 2165
Puiffent nos plus parfaits hommages
: Les voir croître & les mériter
Qu'à jamais ton auguſte race ,
De fes ayeuls fuivant la trace ,
A l'Univers donne des Loix ;
Et qu'un jour la terre étonnée
Dans cette race fortunée ,
Compte fes Héros & les Rois !
Quel pompeux fpectacle m'enchante !
Prophanes , fuyez loin de moi ;
Une fainte horreur m'épouvante ,
Tous mes fens font faifis d'effroi.
Quel nouvel éclat ! Les Cieux s'ouvrent ;
A mes yeux les deftins découvrent
Leurs immuables jugemens ;
Dans l'avenir j'oſe les lire ,
Je voi , j'examine , j'admire
Les plus fameux Evenemens.
Dans les Climats où naît l'Aurore}
Je voi des Peuples confternez ;
Malgré l'orgueil qui les dévore
Ils font foumis & profternez.
Un Héros court brifer leur chaîne ,
Il quitte les bords de la Seine ,
Et va dans leur triſte ſéjour ;
Je yoi fon Char brillant de gloire ;
Diij De
2166 MERCURE DE FRANCE
Devant lui vole la Victoire ,
A fes côtez marche l'Amour.
Il vient ; & la guerre fanglante
'Auffi - tôt calme ſa fureur ;
La paix tranquille , bien -faifante
Des efprits diffipe l'erreur.
Cher Prince , à ta clemence extrême
On court offrir un Diadême
Que ta valeur a mérité ;
Ton nouveau Peuple qui t'admire ,
Goute les douceurs d'un Empire
Préférable à la liberté.
Ainfi la Divine Sageffe ,
Verra fes Décrets accomplis ;
LOUIS ; crois en ma fainte yvreffe ,
Le ciel couronnera ton Fils.
Déja ta piété folide ,
Et la vérité qui te guide
De ce fuccès font les garants
De ton fang la fource féconde
Doit à jamais peupler le monde
De Héros & de Conquerants.
D'un héritage légitime ,
L'Orphelin , libre poffeffeur ,
N'ek
OCTOBRE. 1730. 2167
N'eft plus la funefte victime ,
D'un tyrannique raviffeur.
Un Roy , que le ciel daigne inftruire ;
De l'erreur qui cherche à ſéduire¸
Fait triompher la véritéé ;
Qui que ru fois , tremble , coupable ;
Et voi ta perte inévitable
Dans la fouveraine équité .
Enfin le crime fanguinaire
Tombe fous les Loix abbatu
Je vois l'interêt mercènaire ,
Fuïr à l'afpect de la vertu.
L'impofture au maintien perfide ,
La fraude qui lui fert de guide ,
L'audace à l'oeil féditieux ,
Abbandonnent une contrée ,
Qui de la favorable Aftrée
Eft le féjour délicieux.
Peuples , fignalez votre zéle ,
Pour LOUIS , en cet heureux jour
Que tout icy lui renouvelle
Votre refpect & votre amour ;
Puiffe une ingénieuſe addreffe ,
Parmi la pompe & l'allegreffe
Vous prolonger un jour fi beau :
Que mille feux d'intelligence ,
C iiij
Imi2168
MERCURE DE FRANCE
Imitent , pendant fon abfence ,
L'éclat du celefte flambeau.
Qué la joye en tous lieux féconde ,
Enfante des plaifirs divers ;
Que les Cieux , que la Terre & l'Onde
Retentiffent de nos Concerts.
Que dans les Palais magnifiques ,
Que fous les toits les plus ruftiques
Les graces , les ris & les jeux
Soient déformais unis enſemble ;
Qu'un même bienfait les raffemble ;
Qu'à jamais il comble nos voeux.
Par M. de M. D. S. d'Aix
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Résumé : LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DUC D'ANJOU. ODE.
Le texte célèbre la naissance du duc d'Anjou, fils de la reine de France, survenue en octobre 1736. Il commence par une invocation à la muse pour inspirer des vers dignes de cet événement. Le poème exalte la naissance du prince, perçue comme un don divin, et souhaite une descendance nombreuse et glorieuse pour la famille royale. Il prophétise également des conquêtes futures pour un héros qui apportera la paix et sera adoré par son peuple. Le texte loue la piété et la vérité du roi Louis, garantissant ainsi le succès de sa lignée. Il se termine par des vœux de joie et de célébrations pour marquer cet heureux événement, appelant à des réjouissances dans tout le royaume.
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3
p. 2622
LETTRE écrite d'Aix le 30. Septembre 1730.
Début :
La prédilection, Monsieur, que j'ai toujours euë pour l'Ode du second [...]
Mots clefs :
Traduction, Horace
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite d'Aix le 30. Septembre 1730.
LETTRE écrite d'Aix le 30 .
Septembre 1730.
A prédilection , Monfieur , que j'ai
Ltoujours eue pour l'Ode du fecond euë
Livre d'Horace , qui commence par ces
mots Ehen ! fugaces & c. m'a fait lire avec
plaifir dans votre Mercure du mois de
Mars dernier l'Imitation qu'en a faite
M. Moreau de Mantour ; j'écrivis là- deffus
à M.le Marquis d'Eftrozzi de Margon,
avec lequel je fuis en relation de Belles-
Lettres depuis quelque- tems , pour fçavoir
fon fentiment fur cette Traduction,
le priant en même - tems d'avoir la complaifance
de m'en envoyer une de fa façon
en Vers François : la voici ; il fera
peut-être fâché que je la rende publique;
mais fi elle eft digne de votre approbation
, & d'être mife dans votre Mercure;
votre fuffrage me fera un motif fuffifant
calmer fon mécontentement envers
pour
moi . J'ai l'honneur d'être très parfaite
ment &c.
C. D. R.
Septembre 1730.
A prédilection , Monfieur , que j'ai
Ltoujours eue pour l'Ode du fecond euë
Livre d'Horace , qui commence par ces
mots Ehen ! fugaces & c. m'a fait lire avec
plaifir dans votre Mercure du mois de
Mars dernier l'Imitation qu'en a faite
M. Moreau de Mantour ; j'écrivis là- deffus
à M.le Marquis d'Eftrozzi de Margon,
avec lequel je fuis en relation de Belles-
Lettres depuis quelque- tems , pour fçavoir
fon fentiment fur cette Traduction,
le priant en même - tems d'avoir la complaifance
de m'en envoyer une de fa façon
en Vers François : la voici ; il fera
peut-être fâché que je la rende publique;
mais fi elle eft digne de votre approbation
, & d'être mife dans votre Mercure;
votre fuffrage me fera un motif fuffifant
calmer fon mécontentement envers
pour
moi . J'ai l'honneur d'être très parfaite
ment &c.
C. D. R.
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Résumé : LETTRE écrite d'Aix le 30. Septembre 1730.
Le 30 septembre 1730, l'auteur admire l'Ode II, 15 d'Horace et son imitation par Moreau de Mantour. Il sollicite l'avis du Marquis d'Eftrozzi de Margon sur cette traduction et lui demande sa propre version en vers français. L'auteur espère que l'approbation du destinataire apaisera le Marquis, potentiellement mécontent de la publication.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 1213-1217
DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
Début :
Dieux ! quel est le projet que la douleur m'inspire ! [...]
Mots clefs :
Enfers, Jupiter, Ombre, Dieux, Destinées, Tombeau, Tristesse, Haine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
DESCENTE AUX ENFERS,
O DE.
D
Ieux quel est le projet que la douleur
m'inspire !
Je me livre aux transports que j'éprouve en co
jour ::
N'hésitons plus allons au ténébreux empire
Ravir l'aimable objet d'un malheureux amour..
Orphée à ses accords dut le rare avantage ,
De pouvoir pénétrer jusqu'au sombre rivage ;
* Le Eils de Jupiter le dut à sa valeur ::
Pour attendrir Caron , pour appaiser Cerbere ,,
Pour flêchir des enfers le Monarque severe ,,
Je ne veux employer que ma vive douleur..
$2
* Hercule.
ܬܵܐ
I. Vol. Sii A vi
1214 MERCURE DE FRANCE
Si je ne puis te rendre à la clarté celeste ,
Chere ombre ; j'y renonce et je reste avec toi ...
Mais ou suis- je ! Quel bruit ! Quel Spectacle
funefte !
La frayeur me saisit ... c'est le styx que je voi :
Que des Manes errants sur ses fatales rives !
Insensible aux regrets de ces ombres plaintives ;
Caron prête l'oreille à mes tristes accords :
Il approche , et malgré les ordres de la Parque ;
Il se rend à mes voeux , me reçoit dans sa barque,
Il me passe ; déja je touche à d'autres bords.
M
Ici , Dieux immortels , des tourmens innom→
brables ,
Vous vangent de l'abus qu'on fit de vos bienfaits.
Hé , qui ne plaindroit pas le sort de ces coupables?
Quels supplices affreux punissent leurs forfaits ?
Trois monstres , Alecton , Tisiphone & Megere,
Ont le soin de servir votre juste colere.
En leurs barbares mains vous remettez vos droits
Je fremis , et mon oeil à regret les contemple ;
Ha ! je n'ai pas besoin d'un si terrible exemple ,
Dieux justes,pour apprendre à respecter vos Loix
Fuyons : éloignons nous de ces objets funebres :
Ils me glacent d'horreur ... je tombe dans la nuit ;
Par où dois -je passer ? je suis dans les tenebres ....
I, Vol.
Mais
JUIN. 1215 1731.
à
Mais d'où vient la clarté qui tout
La cruelle Atropos à mes yeux se presente ;
Je sens à cet aspect que
ma douleur augmente
Elle tient en ses mains le terrible ciseau ,
Qui de tous les mortels regle les destinées ,
Et qui vient de trancher les plus belles années
D'un objet que j'adore au de- là du tombeau.
coup me luie?
Elevé sur un Trône , au milieu des fantômes ,
Le Gendre de Cerés vient s'offrir à mes yeux.
Terrible Souverain de ces sombres Royaumes ,
Tu connois le dessein qui m'amene en ces lieux ;
Soulage la douleur de mon ame éperduë ,
Ordonne qu'à mes voeux Camille soit rendûë :
Pluton , si -mes sanglots ne peuvent t'émouvoir¿
Și la Loi du destin s'oppose à ma tendresse
Attendri par mes pleurs , sensible à ma tristesse
Daigne permettre au moins que je puisse le voir.
Le severe Pluton n'est pas inéxorable ,
Touché de mes regrets , il ordonne à Minos
De conduire mes pas vers cet azile aimable ,
Où Camille joüit d'un éternel repos :
J'apperçois du Léthé les tranquilles rivages ;
Agréable séjour ; c'est ici que les Sages ,
Goûtent après leur mort le plus parfait bonheur g
I. Vol.
Pour
1216 MERCURE DE FRANCE -
Pour ces lieux fortunez , les Dieux nous ont faig
naître ......
Camille à mes regards tarde trop de paroître ;
Minos , que tu sers mal les transports de mon
coeur !
Hâtons-nous je la vois , elle a repris ces
charmes ,
Que la faulx de la mort avoit sçû moissonner..
Chere ombre , arrête toi sois sensible à mes
larmes ,
>
A mes chastes transports , 'daigne t'abandonner …..
Camille ! tu me fuis ! tu ne veux pas m'entendre ,
A ce nouveau malheur aurois- je dû m'attendre ,
Après avoir franchi tant d'obstacles affreux ?
Quel accueil ! Quels regards ! Quel farouche
silence !
...
9
Helas ! me faudra -t-il pleurer ton inconstance !
Les plus tendres Amans sont-ils les moins heu
reux ?
Les Dieux condamnent-ils une si belle flâme ?
As tu pûte resoudre à me manquer de foy ?
Que dis-je ! quel soupçon vient s'offrir â mon
ame !
Ah ! tel est du destin l'irrévocable Loy :
Oui , ce n'est qu'à regret que Camille m'évite ;
Mais, de tant de malheurs mon desespoir s'irrite
St
I. Vol. Je
JUIN. 173F. 1217
Je la suivrai par tout , je ne la quitte pas ....
Minos , près de Pluton vas reprendre ta place ,,
De rester en ces lieux qu'il m'accorde la grace .
Sans Camille la vie a pour moi peu d'appas .
Ay-je pû , justes Dieux , meriter votre haine ,.
Pourquoi me forcez -vous de quitter ce séjour !:
Je vous implore en vain ; et Minos qui me meine
Va me rendre bientôt à la clarté du jour .
Pour la seconde fois chere ombre on nous sépare;;
Cedons sans murmurer à cet ordre barbare ,
Et respectons les Dieux jusques dans leur rigueur;
Adieu , puisse du moins la douleur qui m'accable,
Abreger de mes jours le reste déplorable ,
Cette seule esperance adoucit mon malheur.
Par M. V. D. L. T. d'Aix..
O DE.
D
Ieux quel est le projet que la douleur
m'inspire !
Je me livre aux transports que j'éprouve en co
jour ::
N'hésitons plus allons au ténébreux empire
Ravir l'aimable objet d'un malheureux amour..
Orphée à ses accords dut le rare avantage ,
De pouvoir pénétrer jusqu'au sombre rivage ;
* Le Eils de Jupiter le dut à sa valeur ::
Pour attendrir Caron , pour appaiser Cerbere ,,
Pour flêchir des enfers le Monarque severe ,,
Je ne veux employer que ma vive douleur..
$2
* Hercule.
ܬܵܐ
I. Vol. Sii A vi
1214 MERCURE DE FRANCE
Si je ne puis te rendre à la clarté celeste ,
Chere ombre ; j'y renonce et je reste avec toi ...
Mais ou suis- je ! Quel bruit ! Quel Spectacle
funefte !
La frayeur me saisit ... c'est le styx que je voi :
Que des Manes errants sur ses fatales rives !
Insensible aux regrets de ces ombres plaintives ;
Caron prête l'oreille à mes tristes accords :
Il approche , et malgré les ordres de la Parque ;
Il se rend à mes voeux , me reçoit dans sa barque,
Il me passe ; déja je touche à d'autres bords.
M
Ici , Dieux immortels , des tourmens innom→
brables ,
Vous vangent de l'abus qu'on fit de vos bienfaits.
Hé , qui ne plaindroit pas le sort de ces coupables?
Quels supplices affreux punissent leurs forfaits ?
Trois monstres , Alecton , Tisiphone & Megere,
Ont le soin de servir votre juste colere.
En leurs barbares mains vous remettez vos droits
Je fremis , et mon oeil à regret les contemple ;
Ha ! je n'ai pas besoin d'un si terrible exemple ,
Dieux justes,pour apprendre à respecter vos Loix
Fuyons : éloignons nous de ces objets funebres :
Ils me glacent d'horreur ... je tombe dans la nuit ;
Par où dois -je passer ? je suis dans les tenebres ....
I, Vol.
Mais
JUIN. 1215 1731.
à
Mais d'où vient la clarté qui tout
La cruelle Atropos à mes yeux se presente ;
Je sens à cet aspect que
ma douleur augmente
Elle tient en ses mains le terrible ciseau ,
Qui de tous les mortels regle les destinées ,
Et qui vient de trancher les plus belles années
D'un objet que j'adore au de- là du tombeau.
coup me luie?
Elevé sur un Trône , au milieu des fantômes ,
Le Gendre de Cerés vient s'offrir à mes yeux.
Terrible Souverain de ces sombres Royaumes ,
Tu connois le dessein qui m'amene en ces lieux ;
Soulage la douleur de mon ame éperduë ,
Ordonne qu'à mes voeux Camille soit rendûë :
Pluton , si -mes sanglots ne peuvent t'émouvoir¿
Și la Loi du destin s'oppose à ma tendresse
Attendri par mes pleurs , sensible à ma tristesse
Daigne permettre au moins que je puisse le voir.
Le severe Pluton n'est pas inéxorable ,
Touché de mes regrets , il ordonne à Minos
De conduire mes pas vers cet azile aimable ,
Où Camille joüit d'un éternel repos :
J'apperçois du Léthé les tranquilles rivages ;
Agréable séjour ; c'est ici que les Sages ,
Goûtent après leur mort le plus parfait bonheur g
I. Vol.
Pour
1216 MERCURE DE FRANCE -
Pour ces lieux fortunez , les Dieux nous ont faig
naître ......
Camille à mes regards tarde trop de paroître ;
Minos , que tu sers mal les transports de mon
coeur !
Hâtons-nous je la vois , elle a repris ces
charmes ,
Que la faulx de la mort avoit sçû moissonner..
Chere ombre , arrête toi sois sensible à mes
larmes ,
>
A mes chastes transports , 'daigne t'abandonner …..
Camille ! tu me fuis ! tu ne veux pas m'entendre ,
A ce nouveau malheur aurois- je dû m'attendre ,
Après avoir franchi tant d'obstacles affreux ?
Quel accueil ! Quels regards ! Quel farouche
silence !
...
9
Helas ! me faudra -t-il pleurer ton inconstance !
Les plus tendres Amans sont-ils les moins heu
reux ?
Les Dieux condamnent-ils une si belle flâme ?
As tu pûte resoudre à me manquer de foy ?
Que dis-je ! quel soupçon vient s'offrir â mon
ame !
Ah ! tel est du destin l'irrévocable Loy :
Oui , ce n'est qu'à regret que Camille m'évite ;
Mais, de tant de malheurs mon desespoir s'irrite
St
I. Vol. Je
JUIN. 173F. 1217
Je la suivrai par tout , je ne la quitte pas ....
Minos , près de Pluton vas reprendre ta place ,,
De rester en ces lieux qu'il m'accorde la grace .
Sans Camille la vie a pour moi peu d'appas .
Ay-je pû , justes Dieux , meriter votre haine ,.
Pourquoi me forcez -vous de quitter ce séjour !:
Je vous implore en vain ; et Minos qui me meine
Va me rendre bientôt à la clarté du jour .
Pour la seconde fois chere ombre on nous sépare;;
Cedons sans murmurer à cet ordre barbare ,
Et respectons les Dieux jusques dans leur rigueur;
Adieu , puisse du moins la douleur qui m'accable,
Abreger de mes jours le reste déplorable ,
Cette seule esperance adoucit mon malheur.
Par M. V. D. L. T. d'Aix..
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Résumé : DESCENTE AUX ENFERS, ODE.
Le texte 'Descente aux enfers' narre le périple d'un personnage déterminé à retrouver son amour perdu, Camille. Motivé par une profonde douleur, il s'engage dans une expédition vers le 'ténébreux empire' pour sauver Camille. À l'instar d'Orphée et d'Hercule, il utilise sa souffrance pour apitoyer Caron et Cerbère, ainsi que pour émouvoir le souverain des enfers. Il traverse le fleuve Styx et observe les tourments infligés aux coupables, surveillés par les Furies. Il rencontre ensuite Atropos, qui lui révèle le destin scellé de Camille. Désespéré, il supplie Pluton de lui rendre Camille ou, à défaut, de lui permettre de la voir. Ému par ses larmes, Pluton ordonne à Minos de conduire le personnage vers Camille. Après l'avoir retrouvée, Camille le fuit. Désespéré, il décide de rester aux enfers avec elle. Cependant, Minos le ramène à la surface. Avant de partir, il espère que la douleur mettra fin à ses jours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 667-671
LE TRIOMPHE D'HEBÉ, ODE.
Début :
Déesse dont la main chérie, [...]
Mots clefs :
Jeunesse, Voix, Hébé
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texteReconnaissance textuelle : LE TRIOMPHE D'HEBÉ, ODE.
LE TRIOMPHE D'HEBE' ,
DEesse
O D E.
dont la main chérie ,
Du Tout- Puissant Pere des Dieux ,
Jadis lui servoit l'ambrosie ,
Et le Nectar délicieux .
Féconde source d'Allegresse.
Hebé , Reine de la Jeunesse ;
Dissipe nos folles erreurs ,
Qui par un criminel usage ,
Du plus précieux avantage ,
Font la source de nos malheurs
L'âge soumis à ton Empire ,
Forme les plus beaux de nos jours
Sous tes douces Loix tout respire ,
Les Jeux , les Ris , et les Amours.
Au gré du torrent qui l'entraîne ,
L'homme s'abandonne sans peine ,
Dans cette agréable saison ;
Heureux si le cours d'une vie ,
Aux passions moins asservie ,
Lui laissoit encor la raison.
с Maie
668 MERCURE DE FRANCE
Mais , Hélas ! Jeunesse imprudente,
Tes mouvemens impetueux ,
De la volupté qui t'enchante ,
Suivent les sentiers: tortueux;
Tantôt un aveugle caprice ,
Te fait chercher un sort propice.,
Dans tes fréquens engagemens ;
Tantôt déplorable victime ,
Tu cours te plonger dans l'abysme,,
Des plus honteux égaremens.
Comblez des dons de la Fortune ,
Rois , Princes , demi- Dieux mortels
Vous voyez la foule, importune,
Prête à vous dresser des Autels ;
La valeur , la haute naissance.
Les richesses et la puissance ,
Sont des biens en tous lieux chéris ;
Mais ta vigueur et ton adresse ,
Tes graces , aimable Jeunesse ,
Toujours en relevent le prix .
Que j'aime l'heureuse Nature
Qui de ses attraits innocens
Forme son unique parure ,
Et ses charmes les plus puissants.
Lorque le Printemps nous présente ,
I
་
AVRIL: 1733 . 669
La verdure encore naissante ,
Dans nos Champs émaillez de fleurs
Tandis que Vertumne et que Flore,
Etalent aux yeux de l'Aurore ,
Leurs plus agréables couleurs.
De Zéphire la douce haleine ,
Succede aux fougueux Aquilons ,
Le Dieu Nourrisson de Sylenne ,
De Pampre couvre nos Valons.
Déja Philomele éplorée ,
Plaint le triste sort de Terée ,
Et ravit les Echos des Bois.
Quittant leurs Ondes fugitives ,
Les Nayades sont attentives ,
Aux tendres accens de la voix.
Mortels , imitez la Nature ,
Dans le doux Printemps de vos ans ;
Votre joye en sera plus pure ,
Vos chagrins seront moins cuisans ,
Souvent au sein de la jeunesse ,
On a vû briller la Sagesse ,
Et les plus sublimes vertus.
Minerve aima le fils d'Ulysse ;
Et le départ de Berenice ,
Combla la gloire de Titus.
C ij
670 MERCURE DE FRANCE
O vous dont le coeur idolâtre ,
Court après les nouveaux plaisirs ,
Jeunes Amans , troupe folâtre ,
Calmez vos injustes desirs ,
N'allez pas ainsi que Thésée ;
De quelque Ariane abusée ,
Trahir les faux infortunez ,
Et par votre langue indiscrete ,
Augmenter la douleur secrette ,
D'un coeur que vous abandonnez.
De l'implacable jalousie ,
Gardez - vous d'écouter la voix ,
La plus terrible phrenesie ,
Est moins funeste quelquefois.
Si ce fier tyran vous obsede ,
Appellez Bacchus à votre aide ;
Cette aimable Divinité
Dissipera votre tristesse ;
Et sa Liqueur enchanteresse ,
Vous rendra la tranquillité,
>
Au gré d'une ardeur témeraire ,
Raison , ne m'abandonne pas ,
Puisse ton flambeau salutaire ,
Eclairer sans cesse mes pas ;
Qu'un choix judicieux et sage ,
DR
A VRI L. 1733. 671
Des plaisirs permis à mon âge ,
Me soit par toi -même tracé ;
Je préfere cette Science ,
A la tardive experience ,
De l'âge le plus avancé.
Par M. de M. D. S. d'Aix.
DEesse
O D E.
dont la main chérie ,
Du Tout- Puissant Pere des Dieux ,
Jadis lui servoit l'ambrosie ,
Et le Nectar délicieux .
Féconde source d'Allegresse.
Hebé , Reine de la Jeunesse ;
Dissipe nos folles erreurs ,
Qui par un criminel usage ,
Du plus précieux avantage ,
Font la source de nos malheurs
L'âge soumis à ton Empire ,
Forme les plus beaux de nos jours
Sous tes douces Loix tout respire ,
Les Jeux , les Ris , et les Amours.
Au gré du torrent qui l'entraîne ,
L'homme s'abandonne sans peine ,
Dans cette agréable saison ;
Heureux si le cours d'une vie ,
Aux passions moins asservie ,
Lui laissoit encor la raison.
с Maie
668 MERCURE DE FRANCE
Mais , Hélas ! Jeunesse imprudente,
Tes mouvemens impetueux ,
De la volupté qui t'enchante ,
Suivent les sentiers: tortueux;
Tantôt un aveugle caprice ,
Te fait chercher un sort propice.,
Dans tes fréquens engagemens ;
Tantôt déplorable victime ,
Tu cours te plonger dans l'abysme,,
Des plus honteux égaremens.
Comblez des dons de la Fortune ,
Rois , Princes , demi- Dieux mortels
Vous voyez la foule, importune,
Prête à vous dresser des Autels ;
La valeur , la haute naissance.
Les richesses et la puissance ,
Sont des biens en tous lieux chéris ;
Mais ta vigueur et ton adresse ,
Tes graces , aimable Jeunesse ,
Toujours en relevent le prix .
Que j'aime l'heureuse Nature
Qui de ses attraits innocens
Forme son unique parure ,
Et ses charmes les plus puissants.
Lorque le Printemps nous présente ,
I
་
AVRIL: 1733 . 669
La verdure encore naissante ,
Dans nos Champs émaillez de fleurs
Tandis que Vertumne et que Flore,
Etalent aux yeux de l'Aurore ,
Leurs plus agréables couleurs.
De Zéphire la douce haleine ,
Succede aux fougueux Aquilons ,
Le Dieu Nourrisson de Sylenne ,
De Pampre couvre nos Valons.
Déja Philomele éplorée ,
Plaint le triste sort de Terée ,
Et ravit les Echos des Bois.
Quittant leurs Ondes fugitives ,
Les Nayades sont attentives ,
Aux tendres accens de la voix.
Mortels , imitez la Nature ,
Dans le doux Printemps de vos ans ;
Votre joye en sera plus pure ,
Vos chagrins seront moins cuisans ,
Souvent au sein de la jeunesse ,
On a vû briller la Sagesse ,
Et les plus sublimes vertus.
Minerve aima le fils d'Ulysse ;
Et le départ de Berenice ,
Combla la gloire de Titus.
C ij
670 MERCURE DE FRANCE
O vous dont le coeur idolâtre ,
Court après les nouveaux plaisirs ,
Jeunes Amans , troupe folâtre ,
Calmez vos injustes desirs ,
N'allez pas ainsi que Thésée ;
De quelque Ariane abusée ,
Trahir les faux infortunez ,
Et par votre langue indiscrete ,
Augmenter la douleur secrette ,
D'un coeur que vous abandonnez.
De l'implacable jalousie ,
Gardez - vous d'écouter la voix ,
La plus terrible phrenesie ,
Est moins funeste quelquefois.
Si ce fier tyran vous obsede ,
Appellez Bacchus à votre aide ;
Cette aimable Divinité
Dissipera votre tristesse ;
Et sa Liqueur enchanteresse ,
Vous rendra la tranquillité,
>
Au gré d'une ardeur témeraire ,
Raison , ne m'abandonne pas ,
Puisse ton flambeau salutaire ,
Eclairer sans cesse mes pas ;
Qu'un choix judicieux et sage ,
DR
A VRI L. 1733. 671
Des plaisirs permis à mon âge ,
Me soit par toi -même tracé ;
Je préfere cette Science ,
A la tardive experience ,
De l'âge le plus avancé.
Par M. de M. D. S. d'Aix.
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Résumé : LE TRIOMPHE D'HEBÉ, ODE.
Le texte 'Le Triomphe d'Hébé' célèbre Hébé, déesse de la jeunesse, et ses bienfaits. Hébé, ancienne servante des dieux, est invoquée pour éclairer les jeunes et les guider vers une vie sage et heureuse. Le poème met en garde contre les dangers de la jeunesse imprudente, susceptible d'être entraînée par des caprices et des passions destructrices. Il souligne les avantages des rois et princes, qui possèdent valeur, naissance, richesses et puissance, mais insiste sur l'importance de la jeunesse et de ses charmes. Le texte décrit la beauté de la nature au printemps, avec la verdure, les fleurs, et les dieux comme Vertumne, Flore et Zéphire. Il encourage les mortels à imiter la nature pour une joie plus pure et des chagrins moins cuisants. Des exemples de sagesse et de vertu en jeunesse sont mentionnés, comme Minerve aimant Télémaque et la gloire de Titus. Enfin, le poème adresse un avertissement aux jeunes amants, les exhortant à éviter la trahison et la jalousie. Il conseille de chercher la tranquillité et la sagesse, préférant la science à l'expérience tardive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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