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1
p. 201-204
Mort de M. le Marquis de Pianesse. [titre d'après la table]
Début :
Tandis que les Dignitez commencent pour les uns, elles finissent [...]
Mots clefs :
Marquis de Pianesse, Saint
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texteReconnaissance textuelle : Mort de M. le Marquis de Pianesse. [titre d'après la table]
ommencent pourles uns, elle
finiſſent pourles autres &M. le Marquis de Pianeſſe , quia gouverné ſi long- temps les Etats de Savoye &de Piemont ſous les ordres de Leurs Altef
ſes Royales , avec un ſuccés toûjours favorable , malgré les temps difficiles &les entrepri- - ſes ſecretes des Ennemis , eft
mortglorieuſementdans la So- litude , d'où je vous manday il y a quelques mois qu'onl'avoit pluſieurs fois retiré , pour ſe ſervir de ſon Miniftere dans
Tome V. N
146 LE MERCVRE les plus preſſans beſoins de l'Etat. Dansquelque pouvoir qu'il ait eſté,on l'a toûjours veu ſacrifier ſes intereſts propres,
& fon plus juſte reſſentiment,
à la gloire & àl'avantage deſes Maiſtres. Je ne vous parle point ` de ſa Maiſon , ny deſes Allian- ces avec celle de Savoye , cela eft connude tout le monde. Je
vousdiray ſeulementqu'à examiner la maniere dont il a vêcu, &les choſes qu'il a écrites,
on peut en quelque forte luy donnerle titre de Saint. On n'a
jamais veu plus de pieté , plus de charité , & un plus grand détachementdes grandeurs du monde; il ne s'en laiſſoit point ébloüir , & il n'auroit pas acce- pté ſi long-temps la premiere placede l'Etat dont il eſtoit né
Sujet , s'il n'euſt appris des pre
GALANT. 147
miers Chreftiens , qu'apres Dieu , il devoit à ſes Maiſtres
& à ſa Patrie , les foins qu'il s'eſt toûjours attaché à leur Er donner.
finiſſent pourles autres &M. le Marquis de Pianeſſe , quia gouverné ſi long- temps les Etats de Savoye &de Piemont ſous les ordres de Leurs Altef
ſes Royales , avec un ſuccés toûjours favorable , malgré les temps difficiles &les entrepri- - ſes ſecretes des Ennemis , eft
mortglorieuſementdans la So- litude , d'où je vous manday il y a quelques mois qu'onl'avoit pluſieurs fois retiré , pour ſe ſervir de ſon Miniftere dans
Tome V. N
146 LE MERCVRE les plus preſſans beſoins de l'Etat. Dansquelque pouvoir qu'il ait eſté,on l'a toûjours veu ſacrifier ſes intereſts propres,
& fon plus juſte reſſentiment,
à la gloire & àl'avantage deſes Maiſtres. Je ne vous parle point ` de ſa Maiſon , ny deſes Allian- ces avec celle de Savoye , cela eft connude tout le monde. Je
vousdiray ſeulementqu'à examiner la maniere dont il a vêcu, &les choſes qu'il a écrites,
on peut en quelque forte luy donnerle titre de Saint. On n'a
jamais veu plus de pieté , plus de charité , & un plus grand détachementdes grandeurs du monde; il ne s'en laiſſoit point ébloüir , & il n'auroit pas acce- pté ſi long-temps la premiere placede l'Etat dont il eſtoit né
Sujet , s'il n'euſt appris des pre
GALANT. 147
miers Chreftiens , qu'apres Dieu , il devoit à ſes Maiſtres
& à ſa Patrie , les foins qu'il s'eſt toûjours attaché à leur Er donner.
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Résumé : Mort de M. le Marquis de Pianesse. [titre d'après la table]
Le texte décrit la vie et les exploits du Marquis de Pianesse, qui a gouverné les États de Savoie et de Piémont sous les ordres de Leurs Altesses Royales. Malgré des périodes difficiles et des menaces ennemies, il a toujours réussi. Il est mort glorieusement dans la solitude, après avoir été plusieurs fois rappelé pour ses services essentiels à l'État. Tout au long de sa carrière, il a sacrifié ses intérêts personnels et ses ressentiments pour la gloire et l'avantage de ses maîtres. Sa vie et ses écrits témoignent d'une grande piété, charité et détachement des grandeurs mondaines. Il n'a accepté la première place de l'État que par devoir envers Dieu, ses maîtres et sa patrie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 11-57
Premier Article des morts, [titre d'après la table]
Début :
La pluspart des mes Lettres estant remplies de plusieurs Articles [...]
Mots clefs :
Général, Fils, Parlement, Saint, Dame
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texteReconnaissance textuelle : Premier Article des morts, [titre d'après la table]
La plupart de mes Lettres
eftant remplies de plufieurs.
Articles de morts , rien n'étant plus ordinaire aux hommes , je me trouve obligé de
vous en parler prefque dés le
commencement de chaque
Lettre ; je commence par
quelques morts étrangeres
12 MERCURE
dans les Articles defquelles
vous trouverez des faits Hiftoriques affez curieux.
Le Pere Pierre Alemanni ,
Jefuite, eft mort en Toscane ,
à la fleur de fon âge ; mais
dans une grande opinion de
fainteté Les merveiles qui
ont éclaté à fa mort , & ce
qui s'eft fait à fon tombeau ,
ont même donné occafion de
compofer fa vie , qu'on
vient d'Imprimer en Italie . Il
avoit efté élevé dans la Maifon
du Grand Duc , & il avoit efté
Page d'honneur de ce Prince; il
ydonnoit déja, quoyqu'encore
GALANT 13
•
dans l'enfance , des efperances
du progrés qu'il feroit un jour
dans la vertu la plus fublime.
Retiré dans fa Chambre , &
fuyant le commerce fouvent
contagieux , de fes camarades ,
ont le furprenoit ſouvent dans
la pratique des exercices les
plus rigoureux de la Penitence
& dans la Meditation la plus.
profonde. Il connut bientoft la Cour eft un pays que
trop orageux& qu'il luy feroit
difficile d'y conferver longtemps fon innocence. Plein
de cette crainte falutaire , il
chercha un port plus affuré
14 MERCURE
dans le party qu'il prit ; il
devint en peu de temps l'exemple non-feulement de fes
jeunes Confreres , mais auffi
des plus anciens. Sa ferveur
augmentoit chaque jour ; il
netrouvoit rien dans les Obfervances de fa Regle, d'affez
penible & d'affez humiliant ;
ily ajoutoit de fecretes aufteritez , & une Meditation fi
continuelle qu'on avoit peine
à le tirer de fon Oratoire. Une
vertu fi rare a efté enviée àla
terre ; le Pere Alemanni avoit
à peine 30. ans que Dieu a
couronné fcs vertus . Il eftoit
GALANT 15
d'une illuftre famille de Tofcane qui s'eft fignalée par fa
fidelité pour la Maifon de
- Medicis. La Vie du Pere Alemanni , eft imprimée à Florence ; c'eft un vray chefd'œuvre de fpiritualité , & il
en eft peu de cette nature où
l'on parle avec tant d'onction
des voyes de Dieu. Les peintures y font vives & touchantes mais peu chargées ; les
Eloges fans eftre exceffifs donnent l'idée la plus avantageufe
du faint homme qui fait le
fujet de l'Ouvrage ; tout y
porte à la pieté & il eſt impoſ-
16 MERCURE
fible de le lire fans eftre touché. Onécrit de Florence que
cette Hiftoire a fait durant
plufieurs jours les délices du
Palais ; que Mr le Grand Duc
Mr & Mela Grande Princeffe ,
&generalement toute la Cour,
l'ont lû plufieurs fois , tant ils
trouvoient de gout à cette
pieufe lecture. L'édition de
cet Ouvrage eft déja épuiſée,
& on va en donner inceflament une feconde les merveilles qu'on dit qui ſe font au
tombeau de ce jeune Jefuite ,
faiſant ſouhaiter avec empreffement que ce Livre devienne
GALANT 17
encore plus commun qu'il
n'eft.
La Princeffe Frederique de
Saxe- Gotha , épouſe du Prince
d'Anhalt Zerbit, eft morteaux
eaux de Carelfbade en Boheme,
âgée de 34. ans ; c'eftoit une
tres belle perfonne , & qu'on
afortregrettée en Allemagne.
La branche de Saxe Gotha a
efté formée par Erneſt de Gotha frere cadet de Guillaume
de Weymar tous deux fils de
Jean de Weymar ſecond du
nom mort en 1605. Jean
fecond eftoit fils de Jean Guillaume un des defcendans d'ErMars 1710.
B
16 MERCURE
fible de le lire fans eftre touché. Onécrit de Florence que
cette Hiftoire a fait durant
plufieurs jours les délices du
Palais ; que Mr le Grand Duc
Mr & Mela Grande Princeffe ,
&generalement toute la Cour,
l'ont lû plufieurs fois , tant ils
trouvoient de gout à cette
pieufe lecture. L'édition de
cet Ouvrage eft déja épuiſée,
& on va en donner inceffament une feconde les merveilles qu'on dit qui fe font au
tombeau de ce jeune Jefuite ,
faifant fouhaiter avec empreffement que ce Livre devienne
GALANT 17.
encore plus commun qu'il
n'eft.
La Princeffe Frederique de
Saxe Gotha , époufe du Prince
d'Anhalt Zerbſt, eft morte aux
caux de Carelfbade enBoheme,
âgée de 34. ans ; c'eſtoit une
tres belle perfonne , & qu'on
fort regrettée en Allemagne.
La branche de Saxe Gotha a
efté formée par Erneft de Gotha frere cadet de Guillaume
de Weymar tous deux fils de
Jean de Weymar ſecond du
nom mort en 1605. Jean
fecond cftoit fils de Jean Guillaume un des defcendans d'ErMars 1710.
B
18 MERCURE
neft; & Frederic Guillaume fon
frere aîné fit la branche d'Altemberg , qui finit il y a 37.
ans. Erneft dont defcendoit
Jean Guillaume , eftoit fils de
Frederic dit le Pacifique , qui
mourut en 1464. les autres
branches de la Maiſon de Saxe,.
font celles de Hall , Merfbourg , Naumbourg , Weymar , Eyfenach. Des Succeffeurs de Rodolfe , neveu du
fameux Witikind , le Duché
de Saxe paffa à la Maiſon de
Billingen , enfuite à celle de
Supplinberg enla perfonne de
Lothaire, qui fut depuis Em-
GALANT 19
pereur , & qui donna fa fille
avec la Saxe à Henry le Superbe Duc de Baviere ; & de celui - cy defcendent tous les
Princes de Saxc.
M' Wafferbach , Confeiller
de M' le Comte de Lippe , eft
mort depuis quelque temps.
Il eftoit un des plus fçavans
hommes de toute l'Allemagne , & fa mort fera pleurée
de plufieurs Sçavans , qui trouvoient ordinairement chez luy
des fonds inépuifables de fcience & d'érudition. Il avoit commencé à faire imprimer une
nouvelle édition des œuvres
Bij
20 MERCURE
de feu M'Herman Hamelmann
où il devoit inferer plufieurs
pieces de cet Auteur qui n'avoient pas encore eſté imprimées. Oncraint, & avec raiſon,
quecette mort n'apporte quelque retardement à cette nouvelle édition que tous les Sçavans attendent avec de vifs
empreffemens. Les principaux
ouvrages de M' Hamelmann
font , les Annales d'Oldembourg , quelques Genealogies.
& des Memoires fervant à
l'Hiftoire de la Reformation
de la Weftphalie , où eft fitué
la Ville & Comté de Lippe ,
GALANT 21
9
qui eftoit la Patrie de M' Waf
ferbach. Ce fçavant homme
avoit auffi deffein quand il eſt
mort de travailler à l'Hiftoire
du Concile que Charlemagne
fit celebrer à Lippe dans le
fiecle pour yfaire confacrer les
Evêques Saxons qu'il deftinoit
à l'inſtruction des Peuples de
Saxe qu'il avoir foûmis un fi
grand nombre de fois , & qui
aprés plufieurs revoltes furent
enfin obligez enfe foumettant
à la loy duvainqueur d'embraffer fa Religion. Je veux dire
de recevoir le Baptême. Mr
Wafferbah auroit relevé dans
22 MERCURE
cet ouvrage , l'erreur de quelques Auteurs qui ont attribué
ce Concile à la Ville de Lippe ,
qui eft en Tranffylvanie , trom
pez fans doute par la conformitédes noms.
M' Oginski petit General
de Lithuanie , & Starofte de
Samogitie , eft mort à Lublin.
Il eftoit d'une Maifon ancienne de Lithuanie , mais qui fous.
le regne de Jean III. du nom ,
s'eftoit fort élevée. Les circon..
ftances en font trop intereffantes pour n'eftre pas détaillées avec foin. La Maifon de
Sapia au commencement du
GALANT 23
regne de Jean III. eſtoit fort
rampante , & celle de Patz
tres-floriffante. Deux freres en
eftoient les Chefs , dont l'un
cftoit grand Chancelier & l'autre grand General. Ils ne confentirent qu'avec peine à l'élec
tion du grand Maréchal So
bieski au Trône de Pologne:
aprés la mort du Roy Michel.
Ce Prince monté fur le Trône
jugea que leur puiffance eftoit
trop grande & qu'elle avoit befoin de bornes. Il leur oppofa
les Sapia , qu'on difoit venir de
race Tartare. En peu de temps
le Roy les combla de biens &
24 MERCURE
de dignitez. L'aîné fut fait pe
tit General & Caftelan de Wilna; &le fecond grand Treforier , &un troifiéme qui reftoit
à pourvoir , grand Ecuyer , &
il eut le Palatinat de Polotzko ,
&quelque temps aprés le cadet
nommé le Onrioué, fut grandMaistre de l'Artillerie & Treforier de la Cour. Enfin pour
furcroift de bonne fortune
pour les Sapia , le grand General Patz mourut , & l'aîné Sapia fon ennemi declaré fut fait
grand General & eut le Palatinat de Wilna , vacant par la
mort du grand General Patz.
Le
GALANT 25
Le Grand Chancelier Patz
mourut auffi; &ainfi cette maifon étant entierement abbatuë
que le Roy devoit avoir lieu
de regretter , fur tout le Grand
General , qui foutint au fameuxCombat de Jurafno tout
l'effort des Turcs , les Sapia
s'enorgueillirent de leur exceffive puiffance , & commencerent à prendre des fentimens peu favorables à la Cour.
Alors le Roy de Pologne ,
réfolut de les abbaiffer ou du
moins de leur oppoſer quelque
Maiſon qui balançât l'autorité & la puiffance de la leur.
Mars 1710.
C
26 MERCURE
Ce Prince jetta les yeux fur
les Oginski ou Oguinski. Il
eftoient freres de noble &
ancienne famille à la verité ;
mais peu illuftrée par les dignitez. Il fit l'aîné Palatin de
Trok , qui eft le troifiéme
Senateur du Grand Duché , &
enfuite Grand Chancelier ;
l'autre eut le Bâton de petic
General avec le Caftelenat de
Wilna. Ce dernier mourut
deux ans aprés , & l'autre en
1690. n'ayant marqué ni
l'un ni l'autre la fermeté que
le Roy attendoit d'eux contre
la puiffance des Seigneurs
GALANT 27
Lithuanois oppofez à la
Maifon Sobieski. C'eft des
>.
,
deux Oginski , que defcendoit
le petit General de Lithuanie ,
dont je vous apprens la mort
& dont les démêlez avec les
Sapia ont fait tant d'éclat
depuis quelques années , que
toutes les nouvelles publiques.
en ont parlé. Les Oginski
furem plus reconnoiſſans pour
leur bienfaiteur que les Sapia ,
ou Sapieha , ( car on écrit de
ces deux manieres ) & leur
pofterité a toujours etté fidelle
non-feulement à la Maiſon
Royale Sobieski ; mais auffi
Cij
28 MERCURE
aux veritables interefts de la
Republique. Celuy dont je
vous apprens la mort en a
donné des preuves qui luy
font beaucoup d'honneur
dans les differentes irruptions
que les Mofcovites ont faites
en Pologne. Ce General a
efté fort regretté en Lithuanie
oùil eftoit fort aimé, fur tout
de la haute Nobleffe.
La Sœur de Sainte Madelaine de Sylvecane , Religieufe
de l'Ordre de Saint Benoift
dans l'Abbaye de Chazaut de
Lyon , y eft morte dans de
grands fentimens de pieté &
CALANT 29
dans la réputation d'une vertu
bien épurée. Cette Dame
avoit fait de grands progrés
dans la vie Miftique , & le
détachement parfait où elle
avoit toujours paru depuis
fon entrée dans la Religion ,
de toutes les chofes dumonde,
luy avoit fait un grand nom
parmy les Devots du premier
ordre , je veux dire , parmy
ceux qui s'attachent à là contemplation. Elle eftoit la
feconde des trois fœurs du
nom de Sylvecane qui font
dans l'Abbaye de Chazaut ,
toutes trois diftinguées par
Cij
30 MERCUR
leur vertu & par leur merite.
Mede Saint Conftant fur tout
qui eft l'aînée a l'efprit tresbrillant & tres cultivé. Ces
Dames font foeurs de Mr de
Sylvecane Prefident de la
Cour des Monnoyes de Paris ,
& de Me de Chaponey mere
de Me la Senechale de Lyon;
elles font auffi fœurs de Mc
Bultaut , qui demeure à Paris ;
toutes ces Dames enfin font
filles de feu Mr le Prefident
de Sylvecane Intendant &
Directeur General de la Monnoye de Lyon , un des plus
grands hommes de fon temps
GALANT 31
de quelque côté qu'on l'envifage. Il a donné au Public
une Traduction de Juvenal ,
qui eft tres- eftimée. La délicateffe de fa verfification prouve la facilité de fon genie. C'eſt
un homme rare que tous les
Sçavans de fon temps ont
celebré à l'envy. Il avoit eſté
Prevôt des Marchands de
Lyon. La Sœur de Sainte Madelaine eft morte à la fleur de
fon âge fort regrettée de fa
munauté.
re
C
Dame Anne le Gras , veuve
de M François - Gafpard de
Montmorin, Marquis de Saint
C
iiij
32 MERCURE
Heran, Gouverneur de Fontainebleau , eft morte âgée de 85.
ans. Elle eftoit d'une ancienne
famille de la Robe , connuë
dans le Parlement depuis prés
de trois ficcles , & au commencement qu'il fut rendu ſedentaire. Mla Marquife de SaintHerana paffé fa vie dans l'exercice des verrus chreftiennes , &
Dieu a recompenſé une conduite pure & reguliere qui a
caracterifé toutes les actions ,
par une famille dont elle a cu
de grands fujets d'eftre fatisfaite. M' le Marquis de SaintHeran fon fils eft aujourd'huy
GALANT 33
Gouverneur de Fontainebleau,
& il foutient cet employ avec
beaucoup de dignité & des manieres fort nobles. La Maiſon
dont il eft le chefeft tres - ancienne &fort illuftrée. Anne de
Montmorin , fille de Charles ,
Chevalier , Seigneur de Montmorinépoufa en 1475. Henry
d'Albon Seigneur de Saint Forgeux . Les Memoires de la Maifon d'Albon parlent avantageufement de cette Dame qui
fur grand- mere du celebre Antoine d'Albon Archevêque de
Lyon & Lieutenant de Roy au
Gouvernement du Lyonnois &
34 MERCURE
quabifayeule de Pierre d'Efpinac ,
le plus grand Ligueur de fon
temps , auffi Archevêque de
la même Ville. Françoiſe de
Montmorin , fille de noble &
puiffant Seigneur ( c'eſt la
Lité qu'il prenoit ) Claude de
Montmorin , Chevalier , Seigneur de Luppiat, Baron de la
Tarriere , S. Bonnet & de Pertus, & de Catherine de Joyeufe , époufa dans les dernieres
années du 16° fiecle Louis de
la Barge grand pere de Me la
Comteffe doüairiere de Mongon , & d'une illuftre Maiſon
d'Auvergne qui a donné cinq
GALANT 35
Comtes à l'Eglife de Lyon.
Feu Mr le Comte de la Barge
qui avoit époufé Catherine
d'Albon , fille aînée de GilbertAntoine d'Albon , Chevalier
d'Honneur de Madame la Ducheffe d'Orleans , Comte de
Chazeul , & de Dame Charlotte Bouteiller , eftoit petitfils de Françoiſe de Montmorin. Jean - Baptifte de la Barge
fon fils qui époufa Jeanne de
Canillac fut Chevalier de
l'Ordre du Roy , Gentilhomme ordinaire de fa Chambte ,
& fon Lieutenant general au
Gouvernement d'Auvergne.
36 MERCURE
La Maifon de Montmorin
porte pour Armoiries de Gueules femé de mollettes d'éperon
d'argent au Lyon de même ,
brochant fur le tout. M' l'Archevêque de Vienne , ci - devant Evêque de Die , & auparavant de l'Ordre des Feüillans , cft de cette Maifon. Il
eft frere de Me la Comteffe de
Gamaches ; & il joint à une
naiſſance illuſtre une pieté , un
zele dans les fonctions de fon
Miniftere, & un amour propre
pour les Pauvres qui le rendent
encore plus recommandable.
Mre N... Amable Faydit ,
GALANT 37
Preftre , connu dans la Republique des Lettres par quantité
d'ouvrages fortis de fa plume,
eft mort à Riom âgé de prés
de 70. ans. Il avoit paffé une
partie de fa jeuneffe dans la
Congregation de l'Oratoire ,
où les talens particuliers, joints
àune profonde érudition , luy
avoient attiré beaucoup d'admirateurs. Il y avoit profeffé
les Humanitez & même la Philofophie avecbeaucoup de fuccés & d'applaudiffement , & il
cut au nombre de fes diſciples
d'illuftres perfonnes qui font
aujourd'huy Patrons des Gens
"
38 MERCURE
de Lettres. Cet Abbé eftoit
forti de cette Congregation à
laquelle , comme on fçait , on
n'eft jamais attaché par aucun
engagement ; il compoſa plufieurs ouvrages aprés s'eftre retiré auprés de M' Lizot ancien
Curé de Saint Severin fonami
particulier. Il donna d'abord
quelques reflexions fur le premier volume des Memoires de
Mr de Tillemont , & il intitula
cet ouvrage , Memoire des Memoires , &c. Ce Livre fit beaucoup de bruit ; le Traité qu'il
donna enfuite fur la Trinité ,
n'en fit pas moins ; le P. Hugo
>
GALANT 39
Chanoine Regulier de l'Ordre
de Saint Auguſtin de la Congregation de Prémontré , attaqua cet ouvrage , & cette critique produifit quelques réponſes où Mr l'Abbé Faydit
expliquoit ce qu'il avoit voulu dire en excluant de l'Effence de Dieu une unité numerique , & en n'y admettant
qu'une unité fpecifique. La
Preſbyteromachie eſt auſſi un petit ouvrage de ce fçavant Abbé fur le Quietisme , dont il
a cfté un rude Adverfaire. Il
adreffa enfuire une Lettre à un
Prieur des Carmes déchauffez
40 MERCURE
contre la Tradition qu'onimpute aux Religieux de cet Ordre , d'avoir foutenu que Pythagore a efté de leur Ordre.
Cette Lettre eft inferée dans
un des Supplémens des Effais de
Litterature. Il fe chargea peu
aprés de continuer ce même
Supplément, & il en donna quelques volumes remplis d'une
grande érudition & d'une fine
critique. Il a fait auffi plufieurs
autres ouvrages , & il eft mort
la plume à la main. Il eftoit
preft de donner une Critique
generale des ouvrages de Mr le
Clerc, lorſqu'il cft allé luy-mê-
GALANT 41
me rendre compte de fes fentimens & de fa doctrine à celuy qui juge tous les hommes.
Il ne bornoit pas fes talens à
faire des Livres ; il eftoit Predicateur & excellent Predicateur;
dans le temps des affaires de
l'Affemblée du Clergé de France de 1682. il fit un Sermon
dans l'Eglife de Sainte Opportune , qui luy fit beaucoup
d'honneur. Il y a long temps
qu'on attend fes Difcours Polemiques qu'il promettoit depuis plufieurs années. Il eftoit
d'une tres- ancienne famille de
Riom qui a donné à certe VilMars 1710.
D
42 MERCURE
le-là pendant plus de trois cens
ans de pere en fils des Avocats
celebres , y en ayant encore actuellement de ce nom qui exercent avec éclat cette noble Profeffion. Cet Abbé eftoit proche parent de Mr Faydit de
Graville Confeiller au Prefidial de Riom , mort âgé de 8 3.
ans en 1694. Ce Magiftrat
avoit beaucoup contribué à la
compofition des doctes écrits
du P. Sirmond, Confeffeur de
Louis XIII. dont Mr l'Abbé
Faydit avoit l'honneur d'eftre
petit -neveu. Tous les Faydit
defcendent de Faydit Damoi
GALANT 43
feau de Jurgals dans le Vicomté de Turenne , & frere du fameux Jurifconfulte Faydit . Ils
vivoient au commencement
du 14. fiecle. Il y a eu un Cardinal Faydit qu'on croit de cette famille.
M Jean Doujat Doyen
du Parlement , eft mort âgé
de 89. ans & demy, regretté
univerfellement de tous fes
Confreres. Il avoit efté reçû
Confeiller au Parlement le 30.
Aouft 1647. & il a exercé
cette Charge un peu plus de
63. ans puifqu'il eft mort le 18.
Janvier de cette année ( 1710. )
Dij
44 MERCURE
Il eftoit d'une ancienne famille
connue dans le Parlement depuis deux ou trois ficcles . Elle
produifit dans le commencement du dernier fiecle un
celebre Profeffeur de Jurifpru.
dence, dont le nom eft aujourd'huy devenu celebre parmy
tous les Jurifconfultes. Il ya
aujourd'huy deux branches
de la famille des Doujats. Celuy qui vient de mourir eſtoit
Chef de la premiere. Il laiffe
un fils Maiftre des Requeſtes ,
depuis l'année 1701 .
c'eft
Mre Jean Charles Doujat
cy- devant Intendant de Bor-
GALANT 45
deaux & aujourd'huy de Poitiers. Le Chef de la feconde
branche eft Mre Jofeph- Joachim - François Doujat , reçû
Confeiller au Chaftelet en
1697. & frere de Dame N...
Doujat épouse de Jean François le Boindre , fixiéme Confeiller de la premiere Chambre
des Enqueftes , & reçû dans
le Parlement en 1689. Mr
Doujat leur pere , eftoit Contrôlleur General de la Maiſon
du Roy. La famille de Mrs
Doujat , eft fortie par les femmes de celles des Longüeil ,
de Maiſons , & de Nicolaï.
›
46 MERCURE
Celle de Fieubet Launac
tient auffi par une alliance à
celle de Doujat.
Mre Jean le Nain , SousDoyen du Parlement , eft devenu par cette mort Doyen
du même Corps ; il eſt beaufrere de Mre Paul Portail,
feptiéme Confeiller de la
Grand Chambre , & pere de
feu Mr le Nain , premier Avocat General du Parlement
mort depuis quelques mois.
Mr le Nain fut reçû dans le
Parlement le deuxième deJuin
l'an 1655. il eft frere de feu
Mr de Tillemont Auteur
GALANT 47
de l'Hiftoire Ecclefiaftique des
fix premiers ficcles de l'Eglife ,
écrite avec tant de methode
& de netteté , &frere du Pere
le Nain Sous-prieur de l'Abbaye de la Trape. La famille
de Mrs le Nain , eft dans une
grande confideration dans le
Parlement depuis plus de trois
fiecles. Elle a toûjours eu pour
Chefs d'illuftres Magiftrats ,
qui fe font diftinguez par leur
zele pour la Patrie , & parune
probité & une droiture dignes
des premiers temps dans l'adminiſtration de la Juftice.
Mre Gafpard Brayer , Sous-
48 MERCURE
4.
Doyen de la troifiéme Cham
bre des Enqueftes , eſt monté
à la grande -Chambre par le
mouvement qu'a fait la mort
du Doyen. Il y a un peu plus
detrente cinqans qu'il eft Confeiller , y ayant efté reçu le
Janvier de l'année 1675. Mr
Brayer eft tres - eftimé dans le
Parlement ; le fuccés qu'il a eu
dans la conduite de plufieurs
affaires d'une difficile difcuffion , luy a attiré une grande
réputation dans cet illuftre
Corps. Il a environ foixante
ans.
Dame Elifabeth de Hantecourt ,
GALANT 49
court , veuve de Mr Eftienne
le Tonnellier , Confeiller du
Roy & Maiftre ordinaire en
fa Chambre des Comptes , eft
morte âgée de 78. ans , dans de
grands fentimens de pieté , &
dans l'exercice des vertus qu'elle a pratiquées durant le cours
d'une longue vie. Sa charité &
fon amour pour les Pauvres
font les vertus qui l'ont le plus
diftinguée. On luy connoiffoit
un fi grand zele pour leur foulagement , & un fi grandfond
delumieres fur tout ce qui pouvoit contribuer à adoucir leurs
maux , qu'on l'a continuée
Mars 1710.
.
E
50 MERCURE
prefque pendant toute fa vie
Dame de la Charité de fa Paroiffe , parce qu'on eftoit perfuadé que les interefts des Pauvres ne pouvoient eftre en de
meilleures mains. L'inclination
qu'elle a marquée toute ſa vie
pour eux , l'avoit liée depuis
plufieurs années avec M° Trudaine mere de M° Voifin &de
M' l'Intendante de Lyon , &
ces deux illuftres Amies picquées d'une fainte émulation
s'excitoient continuellement
aux emplois de charité. Enfin le
foulagement des Pauvres & la
pratiquedes vertus propres aux
GALANT 51
Veuves chreftiennes , eftoit le
fondement de leur liaiſon. M
le Tonnellier eftoit proche parente de M' de Hantecourt ,
Chancelier de l'Univerfité de
Paris & Curé de Saint Etienne
du Mont , l'un des plus dignes
fujets de la Congregation de
Sainte Geneviève. La famille de
Mrs de Hantecourt eft fort ancienne dans le Parlement. M
le Tonnellier laiffe trois fils.
L'aîné eft Pierre Eftienne leTonnellier , Seigneur de Charmaux Confeiller au grand
Confeil , où il fut reçu en l'année 1691. Il eſt du Semestre
E ij
$2 MERCURE
d'Eté. Il a beaucoup de merite & il a acquis une folide
réputation dans l'exercice de
fa Charge. Il fit autrefois le
voyage d'Italie avec Mr Trudaine Intendant de Lyon , M
Trudaine & M° le Tonnellier
ayant voulu que leurs enfans
qui avoient toûjours efté fort
unis , ne fe féparaffent point
dans ce voyage. Ces deux Magiftrats reçurent de grands
honneurs de plufieurs perfonnes de diſtinction des princi- ·
pales Villes d'Italie. Le fecond
fils de Mele Tonnellier eft M
le Tonnellier Docteur de Sor-
GALANT 53
bonne, Chanoine Regulier de
l'Ordre de Saint Auguftin &
Prieur de l'Abbaye de S. Victor pour la troifiéme fois. C'eſt
un homme d'un grand merite ,
& qui eft eftimé dans fa Congregation;le troifiéme eſt Dom
Paſcal le Tonnellier Chartreux de Paris , Religieux connu par fes talens , & fur tour.
par la connoiffance des LanM's le Tonnelier font de
la même Maifon que M's de
Breteüil. Ily a eu un Controlleur general des Finances de
leur maison. Ils font parens
de M's Charpentier dont je
gues.
E iij
54 MERCURE
vous ay fouvent parlé.
MN..... d'Agoult , Seigneur de Chanoufle , cft mort
dans fes terres en Dauphiné.
Il eftoit iffu de François d'Agoult , Seigneur de Montiay
& de Chanouffe , & de Françoife de Virieu , d'une Maiſon
qui a donné des Ambaffadeurs
à la France. Cette Dame eftoir
fille de François de Virieu , Seigneur de Puppetieres , & de
Gafparde Prunier Saint André,
famille dont eftoit feu M' de
Saint André Ambaffadeur à
Venife & premier Prefident au
Parlement de Grenoble. Bar-
GALANT 55
thelemy d'Agoult , fecond fils
de François d'Agoult , & de
Jamonne de Revilafe , a formé
cette branche de l'illustre Maifon d'Agoule dans le penultiéme fiecle. Il époufa Françoiſe
de Remufac de qui vint François d'Agoult époux d'Anne
d'Autanne pere d'Antoine
qui de Claire de Morges a cu
le pere de feu Mr le Comte de Chanouffe. On prétend'
que le chefde l'illuftre Maiſon
d'Agoult fut un Agoult du
Loup, provenu des amours du
Prince de Goulnaud & de la
Princeffe de Pomeranie , &
E iiij
56 MERURE
qu'ayant efté expofé , il fut
nourripar une Louve, & qu'enfuiteHenryII . Empereur fit ce
SeigneurMaréchal de l'Empire
&luy infeoda la Terre de Sault,
qui eft entrée dans la Maiſon
de Crequy par Chreftienne
d'Aguerre , qui aprés avoir
perdu Antoine Duc de Crequy
fon mary , épousa FrançoisLouis d'Agoult , Comte de
Sault , Chevalier des Ordres du
Roy, dont elle eut cette Terre
• pour les droits , qu'elle laiſſa à
M' le Maréchal de Lefdiguieres fon fils du premier lit. La
Maiſon de Simianes d'aujour-
GALANT 57
d'huy eft une branche de celle
d'Agoult , une des plus illuf
tres & des plus anciennes du
Royaume.
eftant remplies de plufieurs.
Articles de morts , rien n'étant plus ordinaire aux hommes , je me trouve obligé de
vous en parler prefque dés le
commencement de chaque
Lettre ; je commence par
quelques morts étrangeres
12 MERCURE
dans les Articles defquelles
vous trouverez des faits Hiftoriques affez curieux.
Le Pere Pierre Alemanni ,
Jefuite, eft mort en Toscane ,
à la fleur de fon âge ; mais
dans une grande opinion de
fainteté Les merveiles qui
ont éclaté à fa mort , & ce
qui s'eft fait à fon tombeau ,
ont même donné occafion de
compofer fa vie , qu'on
vient d'Imprimer en Italie . Il
avoit efté élevé dans la Maifon
du Grand Duc , & il avoit efté
Page d'honneur de ce Prince; il
ydonnoit déja, quoyqu'encore
GALANT 13
•
dans l'enfance , des efperances
du progrés qu'il feroit un jour
dans la vertu la plus fublime.
Retiré dans fa Chambre , &
fuyant le commerce fouvent
contagieux , de fes camarades ,
ont le furprenoit ſouvent dans
la pratique des exercices les
plus rigoureux de la Penitence
& dans la Meditation la plus.
profonde. Il connut bientoft la Cour eft un pays que
trop orageux& qu'il luy feroit
difficile d'y conferver longtemps fon innocence. Plein
de cette crainte falutaire , il
chercha un port plus affuré
14 MERCURE
dans le party qu'il prit ; il
devint en peu de temps l'exemple non-feulement de fes
jeunes Confreres , mais auffi
des plus anciens. Sa ferveur
augmentoit chaque jour ; il
netrouvoit rien dans les Obfervances de fa Regle, d'affez
penible & d'affez humiliant ;
ily ajoutoit de fecretes aufteritez , & une Meditation fi
continuelle qu'on avoit peine
à le tirer de fon Oratoire. Une
vertu fi rare a efté enviée àla
terre ; le Pere Alemanni avoit
à peine 30. ans que Dieu a
couronné fcs vertus . Il eftoit
GALANT 15
d'une illuftre famille de Tofcane qui s'eft fignalée par fa
fidelité pour la Maifon de
- Medicis. La Vie du Pere Alemanni , eft imprimée à Florence ; c'eft un vray chefd'œuvre de fpiritualité , & il
en eft peu de cette nature où
l'on parle avec tant d'onction
des voyes de Dieu. Les peintures y font vives & touchantes mais peu chargées ; les
Eloges fans eftre exceffifs donnent l'idée la plus avantageufe
du faint homme qui fait le
fujet de l'Ouvrage ; tout y
porte à la pieté & il eſt impoſ-
16 MERCURE
fible de le lire fans eftre touché. Onécrit de Florence que
cette Hiftoire a fait durant
plufieurs jours les délices du
Palais ; que Mr le Grand Duc
Mr & Mela Grande Princeffe ,
&generalement toute la Cour,
l'ont lû plufieurs fois , tant ils
trouvoient de gout à cette
pieufe lecture. L'édition de
cet Ouvrage eft déja épuiſée,
& on va en donner inceflament une feconde les merveilles qu'on dit qui ſe font au
tombeau de ce jeune Jefuite ,
faiſant ſouhaiter avec empreffement que ce Livre devienne
GALANT 17
encore plus commun qu'il
n'eft.
La Princeffe Frederique de
Saxe- Gotha , épouſe du Prince
d'Anhalt Zerbit, eft morteaux
eaux de Carelfbade en Boheme,
âgée de 34. ans ; c'eftoit une
tres belle perfonne , & qu'on
afortregrettée en Allemagne.
La branche de Saxe Gotha a
efté formée par Erneſt de Gotha frere cadet de Guillaume
de Weymar tous deux fils de
Jean de Weymar ſecond du
nom mort en 1605. Jean
fecond eftoit fils de Jean Guillaume un des defcendans d'ErMars 1710.
B
16 MERCURE
fible de le lire fans eftre touché. Onécrit de Florence que
cette Hiftoire a fait durant
plufieurs jours les délices du
Palais ; que Mr le Grand Duc
Mr & Mela Grande Princeffe ,
&generalement toute la Cour,
l'ont lû plufieurs fois , tant ils
trouvoient de gout à cette
pieufe lecture. L'édition de
cet Ouvrage eft déja épuiſée,
& on va en donner inceffament une feconde les merveilles qu'on dit qui fe font au
tombeau de ce jeune Jefuite ,
faifant fouhaiter avec empreffement que ce Livre devienne
GALANT 17.
encore plus commun qu'il
n'eft.
La Princeffe Frederique de
Saxe Gotha , époufe du Prince
d'Anhalt Zerbſt, eft morte aux
caux de Carelfbade enBoheme,
âgée de 34. ans ; c'eſtoit une
tres belle perfonne , & qu'on
fort regrettée en Allemagne.
La branche de Saxe Gotha a
efté formée par Erneft de Gotha frere cadet de Guillaume
de Weymar tous deux fils de
Jean de Weymar ſecond du
nom mort en 1605. Jean
fecond cftoit fils de Jean Guillaume un des defcendans d'ErMars 1710.
B
18 MERCURE
neft; & Frederic Guillaume fon
frere aîné fit la branche d'Altemberg , qui finit il y a 37.
ans. Erneft dont defcendoit
Jean Guillaume , eftoit fils de
Frederic dit le Pacifique , qui
mourut en 1464. les autres
branches de la Maiſon de Saxe,.
font celles de Hall , Merfbourg , Naumbourg , Weymar , Eyfenach. Des Succeffeurs de Rodolfe , neveu du
fameux Witikind , le Duché
de Saxe paffa à la Maiſon de
Billingen , enfuite à celle de
Supplinberg enla perfonne de
Lothaire, qui fut depuis Em-
GALANT 19
pereur , & qui donna fa fille
avec la Saxe à Henry le Superbe Duc de Baviere ; & de celui - cy defcendent tous les
Princes de Saxc.
M' Wafferbach , Confeiller
de M' le Comte de Lippe , eft
mort depuis quelque temps.
Il eftoit un des plus fçavans
hommes de toute l'Allemagne , & fa mort fera pleurée
de plufieurs Sçavans , qui trouvoient ordinairement chez luy
des fonds inépuifables de fcience & d'érudition. Il avoit commencé à faire imprimer une
nouvelle édition des œuvres
Bij
20 MERCURE
de feu M'Herman Hamelmann
où il devoit inferer plufieurs
pieces de cet Auteur qui n'avoient pas encore eſté imprimées. Oncraint, & avec raiſon,
quecette mort n'apporte quelque retardement à cette nouvelle édition que tous les Sçavans attendent avec de vifs
empreffemens. Les principaux
ouvrages de M' Hamelmann
font , les Annales d'Oldembourg , quelques Genealogies.
& des Memoires fervant à
l'Hiftoire de la Reformation
de la Weftphalie , où eft fitué
la Ville & Comté de Lippe ,
GALANT 21
9
qui eftoit la Patrie de M' Waf
ferbach. Ce fçavant homme
avoit auffi deffein quand il eſt
mort de travailler à l'Hiftoire
du Concile que Charlemagne
fit celebrer à Lippe dans le
fiecle pour yfaire confacrer les
Evêques Saxons qu'il deftinoit
à l'inſtruction des Peuples de
Saxe qu'il avoir foûmis un fi
grand nombre de fois , & qui
aprés plufieurs revoltes furent
enfin obligez enfe foumettant
à la loy duvainqueur d'embraffer fa Religion. Je veux dire
de recevoir le Baptême. Mr
Wafferbah auroit relevé dans
22 MERCURE
cet ouvrage , l'erreur de quelques Auteurs qui ont attribué
ce Concile à la Ville de Lippe ,
qui eft en Tranffylvanie , trom
pez fans doute par la conformitédes noms.
M' Oginski petit General
de Lithuanie , & Starofte de
Samogitie , eft mort à Lublin.
Il eftoit d'une Maifon ancienne de Lithuanie , mais qui fous.
le regne de Jean III. du nom ,
s'eftoit fort élevée. Les circon..
ftances en font trop intereffantes pour n'eftre pas détaillées avec foin. La Maifon de
Sapia au commencement du
GALANT 23
regne de Jean III. eſtoit fort
rampante , & celle de Patz
tres-floriffante. Deux freres en
eftoient les Chefs , dont l'un
cftoit grand Chancelier & l'autre grand General. Ils ne confentirent qu'avec peine à l'élec
tion du grand Maréchal So
bieski au Trône de Pologne:
aprés la mort du Roy Michel.
Ce Prince monté fur le Trône
jugea que leur puiffance eftoit
trop grande & qu'elle avoit befoin de bornes. Il leur oppofa
les Sapia , qu'on difoit venir de
race Tartare. En peu de temps
le Roy les combla de biens &
24 MERCURE
de dignitez. L'aîné fut fait pe
tit General & Caftelan de Wilna; &le fecond grand Treforier , &un troifiéme qui reftoit
à pourvoir , grand Ecuyer , &
il eut le Palatinat de Polotzko ,
&quelque temps aprés le cadet
nommé le Onrioué, fut grandMaistre de l'Artillerie & Treforier de la Cour. Enfin pour
furcroift de bonne fortune
pour les Sapia , le grand General Patz mourut , & l'aîné Sapia fon ennemi declaré fut fait
grand General & eut le Palatinat de Wilna , vacant par la
mort du grand General Patz.
Le
GALANT 25
Le Grand Chancelier Patz
mourut auffi; &ainfi cette maifon étant entierement abbatuë
que le Roy devoit avoir lieu
de regretter , fur tout le Grand
General , qui foutint au fameuxCombat de Jurafno tout
l'effort des Turcs , les Sapia
s'enorgueillirent de leur exceffive puiffance , & commencerent à prendre des fentimens peu favorables à la Cour.
Alors le Roy de Pologne ,
réfolut de les abbaiffer ou du
moins de leur oppoſer quelque
Maiſon qui balançât l'autorité & la puiffance de la leur.
Mars 1710.
C
26 MERCURE
Ce Prince jetta les yeux fur
les Oginski ou Oguinski. Il
eftoient freres de noble &
ancienne famille à la verité ;
mais peu illuftrée par les dignitez. Il fit l'aîné Palatin de
Trok , qui eft le troifiéme
Senateur du Grand Duché , &
enfuite Grand Chancelier ;
l'autre eut le Bâton de petic
General avec le Caftelenat de
Wilna. Ce dernier mourut
deux ans aprés , & l'autre en
1690. n'ayant marqué ni
l'un ni l'autre la fermeté que
le Roy attendoit d'eux contre
la puiffance des Seigneurs
GALANT 27
Lithuanois oppofez à la
Maifon Sobieski. C'eft des
>.
,
deux Oginski , que defcendoit
le petit General de Lithuanie ,
dont je vous apprens la mort
& dont les démêlez avec les
Sapia ont fait tant d'éclat
depuis quelques années , que
toutes les nouvelles publiques.
en ont parlé. Les Oginski
furem plus reconnoiſſans pour
leur bienfaiteur que les Sapia ,
ou Sapieha , ( car on écrit de
ces deux manieres ) & leur
pofterité a toujours etté fidelle
non-feulement à la Maiſon
Royale Sobieski ; mais auffi
Cij
28 MERCURE
aux veritables interefts de la
Republique. Celuy dont je
vous apprens la mort en a
donné des preuves qui luy
font beaucoup d'honneur
dans les differentes irruptions
que les Mofcovites ont faites
en Pologne. Ce General a
efté fort regretté en Lithuanie
oùil eftoit fort aimé, fur tout
de la haute Nobleffe.
La Sœur de Sainte Madelaine de Sylvecane , Religieufe
de l'Ordre de Saint Benoift
dans l'Abbaye de Chazaut de
Lyon , y eft morte dans de
grands fentimens de pieté &
CALANT 29
dans la réputation d'une vertu
bien épurée. Cette Dame
avoit fait de grands progrés
dans la vie Miftique , & le
détachement parfait où elle
avoit toujours paru depuis
fon entrée dans la Religion ,
de toutes les chofes dumonde,
luy avoit fait un grand nom
parmy les Devots du premier
ordre , je veux dire , parmy
ceux qui s'attachent à là contemplation. Elle eftoit la
feconde des trois fœurs du
nom de Sylvecane qui font
dans l'Abbaye de Chazaut ,
toutes trois diftinguées par
Cij
30 MERCUR
leur vertu & par leur merite.
Mede Saint Conftant fur tout
qui eft l'aînée a l'efprit tresbrillant & tres cultivé. Ces
Dames font foeurs de Mr de
Sylvecane Prefident de la
Cour des Monnoyes de Paris ,
& de Me de Chaponey mere
de Me la Senechale de Lyon;
elles font auffi fœurs de Mc
Bultaut , qui demeure à Paris ;
toutes ces Dames enfin font
filles de feu Mr le Prefident
de Sylvecane Intendant &
Directeur General de la Monnoye de Lyon , un des plus
grands hommes de fon temps
GALANT 31
de quelque côté qu'on l'envifage. Il a donné au Public
une Traduction de Juvenal ,
qui eft tres- eftimée. La délicateffe de fa verfification prouve la facilité de fon genie. C'eſt
un homme rare que tous les
Sçavans de fon temps ont
celebré à l'envy. Il avoit eſté
Prevôt des Marchands de
Lyon. La Sœur de Sainte Madelaine eft morte à la fleur de
fon âge fort regrettée de fa
munauté.
re
C
Dame Anne le Gras , veuve
de M François - Gafpard de
Montmorin, Marquis de Saint
C
iiij
32 MERCURE
Heran, Gouverneur de Fontainebleau , eft morte âgée de 85.
ans. Elle eftoit d'une ancienne
famille de la Robe , connuë
dans le Parlement depuis prés
de trois ficcles , & au commencement qu'il fut rendu ſedentaire. Mla Marquife de SaintHerana paffé fa vie dans l'exercice des verrus chreftiennes , &
Dieu a recompenſé une conduite pure & reguliere qui a
caracterifé toutes les actions ,
par une famille dont elle a cu
de grands fujets d'eftre fatisfaite. M' le Marquis de SaintHeran fon fils eft aujourd'huy
GALANT 33
Gouverneur de Fontainebleau,
& il foutient cet employ avec
beaucoup de dignité & des manieres fort nobles. La Maiſon
dont il eft le chefeft tres - ancienne &fort illuftrée. Anne de
Montmorin , fille de Charles ,
Chevalier , Seigneur de Montmorinépoufa en 1475. Henry
d'Albon Seigneur de Saint Forgeux . Les Memoires de la Maifon d'Albon parlent avantageufement de cette Dame qui
fur grand- mere du celebre Antoine d'Albon Archevêque de
Lyon & Lieutenant de Roy au
Gouvernement du Lyonnois &
34 MERCURE
quabifayeule de Pierre d'Efpinac ,
le plus grand Ligueur de fon
temps , auffi Archevêque de
la même Ville. Françoiſe de
Montmorin , fille de noble &
puiffant Seigneur ( c'eſt la
Lité qu'il prenoit ) Claude de
Montmorin , Chevalier , Seigneur de Luppiat, Baron de la
Tarriere , S. Bonnet & de Pertus, & de Catherine de Joyeufe , époufa dans les dernieres
années du 16° fiecle Louis de
la Barge grand pere de Me la
Comteffe doüairiere de Mongon , & d'une illuftre Maiſon
d'Auvergne qui a donné cinq
GALANT 35
Comtes à l'Eglife de Lyon.
Feu Mr le Comte de la Barge
qui avoit époufé Catherine
d'Albon , fille aînée de GilbertAntoine d'Albon , Chevalier
d'Honneur de Madame la Ducheffe d'Orleans , Comte de
Chazeul , & de Dame Charlotte Bouteiller , eftoit petitfils de Françoiſe de Montmorin. Jean - Baptifte de la Barge
fon fils qui époufa Jeanne de
Canillac fut Chevalier de
l'Ordre du Roy , Gentilhomme ordinaire de fa Chambte ,
& fon Lieutenant general au
Gouvernement d'Auvergne.
36 MERCURE
La Maifon de Montmorin
porte pour Armoiries de Gueules femé de mollettes d'éperon
d'argent au Lyon de même ,
brochant fur le tout. M' l'Archevêque de Vienne , ci - devant Evêque de Die , & auparavant de l'Ordre des Feüillans , cft de cette Maifon. Il
eft frere de Me la Comteffe de
Gamaches ; & il joint à une
naiſſance illuſtre une pieté , un
zele dans les fonctions de fon
Miniftere, & un amour propre
pour les Pauvres qui le rendent
encore plus recommandable.
Mre N... Amable Faydit ,
GALANT 37
Preftre , connu dans la Republique des Lettres par quantité
d'ouvrages fortis de fa plume,
eft mort à Riom âgé de prés
de 70. ans. Il avoit paffé une
partie de fa jeuneffe dans la
Congregation de l'Oratoire ,
où les talens particuliers, joints
àune profonde érudition , luy
avoient attiré beaucoup d'admirateurs. Il y avoit profeffé
les Humanitez & même la Philofophie avecbeaucoup de fuccés & d'applaudiffement , & il
cut au nombre de fes diſciples
d'illuftres perfonnes qui font
aujourd'huy Patrons des Gens
"
38 MERCURE
de Lettres. Cet Abbé eftoit
forti de cette Congregation à
laquelle , comme on fçait , on
n'eft jamais attaché par aucun
engagement ; il compoſa plufieurs ouvrages aprés s'eftre retiré auprés de M' Lizot ancien
Curé de Saint Severin fonami
particulier. Il donna d'abord
quelques reflexions fur le premier volume des Memoires de
Mr de Tillemont , & il intitula
cet ouvrage , Memoire des Memoires , &c. Ce Livre fit beaucoup de bruit ; le Traité qu'il
donna enfuite fur la Trinité ,
n'en fit pas moins ; le P. Hugo
>
GALANT 39
Chanoine Regulier de l'Ordre
de Saint Auguſtin de la Congregation de Prémontré , attaqua cet ouvrage , & cette critique produifit quelques réponſes où Mr l'Abbé Faydit
expliquoit ce qu'il avoit voulu dire en excluant de l'Effence de Dieu une unité numerique , & en n'y admettant
qu'une unité fpecifique. La
Preſbyteromachie eſt auſſi un petit ouvrage de ce fçavant Abbé fur le Quietisme , dont il
a cfté un rude Adverfaire. Il
adreffa enfuire une Lettre à un
Prieur des Carmes déchauffez
40 MERCURE
contre la Tradition qu'onimpute aux Religieux de cet Ordre , d'avoir foutenu que Pythagore a efté de leur Ordre.
Cette Lettre eft inferée dans
un des Supplémens des Effais de
Litterature. Il fe chargea peu
aprés de continuer ce même
Supplément, & il en donna quelques volumes remplis d'une
grande érudition & d'une fine
critique. Il a fait auffi plufieurs
autres ouvrages , & il eft mort
la plume à la main. Il eftoit
preft de donner une Critique
generale des ouvrages de Mr le
Clerc, lorſqu'il cft allé luy-mê-
GALANT 41
me rendre compte de fes fentimens & de fa doctrine à celuy qui juge tous les hommes.
Il ne bornoit pas fes talens à
faire des Livres ; il eftoit Predicateur & excellent Predicateur;
dans le temps des affaires de
l'Affemblée du Clergé de France de 1682. il fit un Sermon
dans l'Eglife de Sainte Opportune , qui luy fit beaucoup
d'honneur. Il y a long temps
qu'on attend fes Difcours Polemiques qu'il promettoit depuis plufieurs années. Il eftoit
d'une tres- ancienne famille de
Riom qui a donné à certe VilMars 1710.
D
42 MERCURE
le-là pendant plus de trois cens
ans de pere en fils des Avocats
celebres , y en ayant encore actuellement de ce nom qui exercent avec éclat cette noble Profeffion. Cet Abbé eftoit proche parent de Mr Faydit de
Graville Confeiller au Prefidial de Riom , mort âgé de 8 3.
ans en 1694. Ce Magiftrat
avoit beaucoup contribué à la
compofition des doctes écrits
du P. Sirmond, Confeffeur de
Louis XIII. dont Mr l'Abbé
Faydit avoit l'honneur d'eftre
petit -neveu. Tous les Faydit
defcendent de Faydit Damoi
GALANT 43
feau de Jurgals dans le Vicomté de Turenne , & frere du fameux Jurifconfulte Faydit . Ils
vivoient au commencement
du 14. fiecle. Il y a eu un Cardinal Faydit qu'on croit de cette famille.
M Jean Doujat Doyen
du Parlement , eft mort âgé
de 89. ans & demy, regretté
univerfellement de tous fes
Confreres. Il avoit efté reçû
Confeiller au Parlement le 30.
Aouft 1647. & il a exercé
cette Charge un peu plus de
63. ans puifqu'il eft mort le 18.
Janvier de cette année ( 1710. )
Dij
44 MERCURE
Il eftoit d'une ancienne famille
connue dans le Parlement depuis deux ou trois ficcles . Elle
produifit dans le commencement du dernier fiecle un
celebre Profeffeur de Jurifpru.
dence, dont le nom eft aujourd'huy devenu celebre parmy
tous les Jurifconfultes. Il ya
aujourd'huy deux branches
de la famille des Doujats. Celuy qui vient de mourir eſtoit
Chef de la premiere. Il laiffe
un fils Maiftre des Requeſtes ,
depuis l'année 1701 .
c'eft
Mre Jean Charles Doujat
cy- devant Intendant de Bor-
GALANT 45
deaux & aujourd'huy de Poitiers. Le Chef de la feconde
branche eft Mre Jofeph- Joachim - François Doujat , reçû
Confeiller au Chaftelet en
1697. & frere de Dame N...
Doujat épouse de Jean François le Boindre , fixiéme Confeiller de la premiere Chambre
des Enqueftes , & reçû dans
le Parlement en 1689. Mr
Doujat leur pere , eftoit Contrôlleur General de la Maiſon
du Roy. La famille de Mrs
Doujat , eft fortie par les femmes de celles des Longüeil ,
de Maiſons , & de Nicolaï.
›
46 MERCURE
Celle de Fieubet Launac
tient auffi par une alliance à
celle de Doujat.
Mre Jean le Nain , SousDoyen du Parlement , eft devenu par cette mort Doyen
du même Corps ; il eſt beaufrere de Mre Paul Portail,
feptiéme Confeiller de la
Grand Chambre , & pere de
feu Mr le Nain , premier Avocat General du Parlement
mort depuis quelques mois.
Mr le Nain fut reçû dans le
Parlement le deuxième deJuin
l'an 1655. il eft frere de feu
Mr de Tillemont Auteur
GALANT 47
de l'Hiftoire Ecclefiaftique des
fix premiers ficcles de l'Eglife ,
écrite avec tant de methode
& de netteté , &frere du Pere
le Nain Sous-prieur de l'Abbaye de la Trape. La famille
de Mrs le Nain , eft dans une
grande confideration dans le
Parlement depuis plus de trois
fiecles. Elle a toûjours eu pour
Chefs d'illuftres Magiftrats ,
qui fe font diftinguez par leur
zele pour la Patrie , & parune
probité & une droiture dignes
des premiers temps dans l'adminiſtration de la Juftice.
Mre Gafpard Brayer , Sous-
48 MERCURE
4.
Doyen de la troifiéme Cham
bre des Enqueftes , eſt monté
à la grande -Chambre par le
mouvement qu'a fait la mort
du Doyen. Il y a un peu plus
detrente cinqans qu'il eft Confeiller , y ayant efté reçu le
Janvier de l'année 1675. Mr
Brayer eft tres - eftimé dans le
Parlement ; le fuccés qu'il a eu
dans la conduite de plufieurs
affaires d'une difficile difcuffion , luy a attiré une grande
réputation dans cet illuftre
Corps. Il a environ foixante
ans.
Dame Elifabeth de Hantecourt ,
GALANT 49
court , veuve de Mr Eftienne
le Tonnellier , Confeiller du
Roy & Maiftre ordinaire en
fa Chambre des Comptes , eft
morte âgée de 78. ans , dans de
grands fentimens de pieté , &
dans l'exercice des vertus qu'elle a pratiquées durant le cours
d'une longue vie. Sa charité &
fon amour pour les Pauvres
font les vertus qui l'ont le plus
diftinguée. On luy connoiffoit
un fi grand zele pour leur foulagement , & un fi grandfond
delumieres fur tout ce qui pouvoit contribuer à adoucir leurs
maux , qu'on l'a continuée
Mars 1710.
.
E
50 MERCURE
prefque pendant toute fa vie
Dame de la Charité de fa Paroiffe , parce qu'on eftoit perfuadé que les interefts des Pauvres ne pouvoient eftre en de
meilleures mains. L'inclination
qu'elle a marquée toute ſa vie
pour eux , l'avoit liée depuis
plufieurs années avec M° Trudaine mere de M° Voifin &de
M' l'Intendante de Lyon , &
ces deux illuftres Amies picquées d'une fainte émulation
s'excitoient continuellement
aux emplois de charité. Enfin le
foulagement des Pauvres & la
pratiquedes vertus propres aux
GALANT 51
Veuves chreftiennes , eftoit le
fondement de leur liaiſon. M
le Tonnellier eftoit proche parente de M' de Hantecourt ,
Chancelier de l'Univerfité de
Paris & Curé de Saint Etienne
du Mont , l'un des plus dignes
fujets de la Congregation de
Sainte Geneviève. La famille de
Mrs de Hantecourt eft fort ancienne dans le Parlement. M
le Tonnellier laiffe trois fils.
L'aîné eft Pierre Eftienne leTonnellier , Seigneur de Charmaux Confeiller au grand
Confeil , où il fut reçu en l'année 1691. Il eſt du Semestre
E ij
$2 MERCURE
d'Eté. Il a beaucoup de merite & il a acquis une folide
réputation dans l'exercice de
fa Charge. Il fit autrefois le
voyage d'Italie avec Mr Trudaine Intendant de Lyon , M
Trudaine & M° le Tonnellier
ayant voulu que leurs enfans
qui avoient toûjours efté fort
unis , ne fe féparaffent point
dans ce voyage. Ces deux Magiftrats reçurent de grands
honneurs de plufieurs perfonnes de diſtinction des princi- ·
pales Villes d'Italie. Le fecond
fils de Mele Tonnellier eft M
le Tonnellier Docteur de Sor-
GALANT 53
bonne, Chanoine Regulier de
l'Ordre de Saint Auguftin &
Prieur de l'Abbaye de S. Victor pour la troifiéme fois. C'eſt
un homme d'un grand merite ,
& qui eft eftimé dans fa Congregation;le troifiéme eſt Dom
Paſcal le Tonnellier Chartreux de Paris , Religieux connu par fes talens , & fur tour.
par la connoiffance des LanM's le Tonnelier font de
la même Maifon que M's de
Breteüil. Ily a eu un Controlleur general des Finances de
leur maison. Ils font parens
de M's Charpentier dont je
gues.
E iij
54 MERCURE
vous ay fouvent parlé.
MN..... d'Agoult , Seigneur de Chanoufle , cft mort
dans fes terres en Dauphiné.
Il eftoit iffu de François d'Agoult , Seigneur de Montiay
& de Chanouffe , & de Françoife de Virieu , d'une Maiſon
qui a donné des Ambaffadeurs
à la France. Cette Dame eftoir
fille de François de Virieu , Seigneur de Puppetieres , & de
Gafparde Prunier Saint André,
famille dont eftoit feu M' de
Saint André Ambaffadeur à
Venife & premier Prefident au
Parlement de Grenoble. Bar-
GALANT 55
thelemy d'Agoult , fecond fils
de François d'Agoult , & de
Jamonne de Revilafe , a formé
cette branche de l'illustre Maifon d'Agoule dans le penultiéme fiecle. Il époufa Françoiſe
de Remufac de qui vint François d'Agoult époux d'Anne
d'Autanne pere d'Antoine
qui de Claire de Morges a cu
le pere de feu Mr le Comte de Chanouffe. On prétend'
que le chefde l'illuftre Maiſon
d'Agoult fut un Agoult du
Loup, provenu des amours du
Prince de Goulnaud & de la
Princeffe de Pomeranie , &
E iiij
56 MERURE
qu'ayant efté expofé , il fut
nourripar une Louve, & qu'enfuiteHenryII . Empereur fit ce
SeigneurMaréchal de l'Empire
&luy infeoda la Terre de Sault,
qui eft entrée dans la Maiſon
de Crequy par Chreftienne
d'Aguerre , qui aprés avoir
perdu Antoine Duc de Crequy
fon mary , épousa FrançoisLouis d'Agoult , Comte de
Sault , Chevalier des Ordres du
Roy, dont elle eut cette Terre
• pour les droits , qu'elle laiſſa à
M' le Maréchal de Lefdiguieres fon fils du premier lit. La
Maiſon de Simianes d'aujour-
GALANT 57
d'huy eft une branche de celle
d'Agoult , une des plus illuf
tres & des plus anciennes du
Royaume.
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Résumé : Premier Article des morts, [titre d'après la table]
Le texte relate plusieurs décès de personnalités notables et fournit des détails sur leurs vies et leurs familles. Le Père Pierre Alemanni, un jésuite toscan âgé d'environ 30 ans, est décédé. Sa vie, publiée à Florence, a été bien accueillie par la cour du Grand Duc. La princesse Frédéric de Saxe-Gotha, épouse du prince d'Anhalt-Zerbst, est morte à Carlsbad à l'âge de 34 ans et était très regrettée en Allemagne. Le texte détaille également la généalogie de la branche de Saxe-Gotha. M. Wafferbach, conseiller du comte de Lippe, est décédé récemment. Il était un savant reconnu travaillant sur une nouvelle édition des œuvres de M. Herman Hamelmann. La mort de M. Oginski, petit général de Lituanie, est également mentionnée, ainsi que des détails sur sa famille et ses exploits militaires. Le texte évoque la mort de la sœur Sainte Madeleine de Sylvecane, religieuse bénédictine à Lyon, et de Dame Anne le Gras, veuve du marquis de Saint-Héran, âgée de 85 ans, connue pour sa vie vertueuse et sa famille illustre. La comtesse douairière de Mongon, issue d'une illustre maison d'Auvergne, a donné cinq comtes à l'Église de Lyon. Le comte de la Barge, époux de Catherine d'Albon, était petit-fils de Françoise de Montmorin. Jean-Baptiste de la Barge, son fils, fut Chevalier de l'Ordre du Roy et Lieutenant général au Gouvernement d'Auvergne. M. Amable Faydit, un prêtre érudit mort à Riom à près de 70 ans, est connu pour ses ouvrages et son érudition. Il a écrit plusieurs travaux notables, dont 'Mémoire des Mémoires' et un traité sur la Trinité, et a critiqué le quietisme. M. Jean Doujat, doyen du Parlement, est décédé à 89 ans après avoir exercé sa charge pendant plus de 63 ans. Il appartenait à une famille ancienne et respectée dans le Parlement, divisée en deux branches influentes dans la magistrature. La famille Le Nain est connue pour ses magistrats zélés et probes. M. Gaspard Brayer, sous-doyen de la troisième chambre des Enquêtes, a été promu à la grande Chambre après la mort du doyen. Dame Élisabeth de Hantecourt, veuve de M. Étienne le Tonnellier, est décédée à 78 ans, reconnue pour sa charité et son amour pour les pauvres. Enfin, M. d'Agoult, seigneur de Chanoufle, est mort en Dauphiné. Sa famille, illustre et ancienne, a produit des ambassadeurs et des magistrats notables. La maison de Simianes est une branche de la maison d'Agoult.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 1-72
BULLE D'OR. Au nom de la sainte & indivisible Trinité. Ainsi soit-il.
Début :
CHARLES par la grace de Dieu Empereur des Romains, toûjours [...]
Mots clefs :
Dieu, Saint, Empereur, Bulle d'Or, Prince, Esprits, Électeurs
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texteReconnaissance textuelle : BULLE D'OR. Au nom de la sainte & indivisible Trinité. Ainsi soit-il.
BULLED'OR.
/lunom de lasainte c3- indivisible
Trinité. Ainsisoit-il. cH ARLES par la grace
de Dieu Empereur des
Romains, toujours Auguste
& Roy de Boheme ; à la mémoire
perpetuelle de lamofc-"
Tout Royaume divisé en foimême
fera desolé : & parce
que Ces Princes Ce sont faits
compagnons de voleurs, Dieu
a répandu parmi eux un esprit
d'étourdissement & de veritige
, afin qu'ils marchent
comme à tâtons enpleinmidi
d£nïcme<Jues'ils-efloient au
milieudesténèbres ; il a osté
leurs chandeliers du lieu où
ils estoient,afin qu'ils soient
aveugles & conducteurs d'aveugles.
Et en effet, ceux qui
marchent dans l'obscurité Ce
heurtent; &c'est dans la division
que les aveuglesdtpten..
dement commettentdes mê'.
chancetez. Dis, Orguëil,
comment aurois-tu regné en Lucifer, si tu n'avois appelle laDissention à ton secours?
Dis, Satan envieux commënt
aurois-tuchassé Adam du Paradis
, si tune l'avois détourné
de l'obéïssance qu'il devoit
à son Createur? Dis, Colere,
comment aurois-tu détruit la
Republique Romaine,situne
t'etois servi de laDivision
pour animerPompée.& Jules
à une guerre intestine
,
l'une
çpnçre l'autre; Dis, Luxure,
comment aurois-tu ruiné les
Troyens
,
si tu n'avois separé
Helened'avec sonMary? Mais
toi,Envie,combien de foist'éstuefforcée
de ruiner par laditvHion
l'Empire Chrestien que
Dieu a fondé sur les trois Vertus
Theologales, la Foi,l'Esperance,
&la Charité
, comme sur,unefainteindivisible
Trinité,vomissant le vieux
venin de la dissention parmi
lessept Electeurs, qui sontles
colomnes & les principaux
Membres du saint Empire,
fc par l'éclat defquçls le saint
Empire doit estreéclairé,
Icomme-e, par sept flalnbea'Ux'¡
dont la lumiere elt fortiifés
par l'union dessept Dons du
Saint-Esprit? C'est pourquoy
estant obligez ,tant à cause
du devoir quenousimpose la
Dignité Imperiale dont nous
sommesrevêtus; que pour
maintenirnostreDroit d'Elec.
tear entant que Roy de Bohême
,
d'aller au-devant desdangereufes
suites que les divisions&
dissentions poudroient
faire naître à l'avenir entre les
ËJë&eùrsdont noussommes
dunombre;Nous, àprésavoir
tnetirement délibéréen fioifoè
Cour& Assemblée solemnelle
de Nurenrberg
, en presence
detousles Princes Elecmn.
5 Eccelesiastiques &: Seculiers,
& autresPrinces, COIntes,
Barons, Seigneurs, Gentilshommes,
& Villes, éstant
assis dansle Trône Imperial,
revestu des Habits, Impériaux,
.aveC" les ornemens en main
Il laCouronne sur la telle,
par laplenitudedelaPuissançe
Imperiale,avons fait &publie
parcet Editferme&irrevocable
les Loix suivantes
,
pour cultiver l'unionentre les
fcie&eurs
5
établiruneforme
d'Election unanime, &fermertout
cheminà cette divijinn
detestable&aux dangers
extrêmes quila suivent. Don-
- né l'andu Seigneur mille trois
cent cinquante-six
,
li-ididionneuviéme
le dixiéme Janvier,
de nostre regne le dixieme
,
te de nostre Empirele cond. tond.
ARTICLE PREMIEK,
-
Commenté*farquiUsEleftcufs
, doivent efireconduitsau Ikté
oùsefera l'Election du ROf
des Romains. -'- NOUS declarons & ordonnons
par le present
EdIt Impérial, qui durera
éternellement, de nôtre cer.
taine Science, pleine Puissance,
& Autorité Inlperiale)
Que toutes les fois qu'il arrivera
à l'avenir necessité ou
occasion d'élire un Roy des
Romains pour être Empereur,
& que les Ele&p^irs^'
suivant l'ancienne & louable
coustume
, auront à faire
voyage au sujet de telleElection,
chaquePrince Electeur
fera obligé en étant requis,
de faire conduire &escorter
{ùrçlpcnt & sans fraude par ses
Pays,Terres&lieux,&plus
loin même s'il peut, tous
ses co-Electeurs ou leurs Députez,
vers laVille où l'Election
se devra faire, tant en
allant qu'en retournant; sous
peinede parjure, &: deperdre
( mais pour cette foisseulement
) la voix &: le suffrage
qu'il devoit avoir dans
cette Election,déclarant celui
ou ceux qui se serontrendus
encecinegligens ou rebelles
avoir encouru dés-lors lesdites
peines, sans qu'il foie
besoin d'autre Déclaration
que la Presente.
§. 2. Nous ordonnons de
plus, & mandons à tous les
autres Princes qui tiennent
desFiefs du saint Empire ROH
main, quelque nom qu'ils
puissent avoir;comme aussi
à tous Comtes, Barons, Gens
de guerre & Vassaux
, tant
Nobles que non Nobles, Bourgeois & Communautés
de Bourgs,deVilles &dè
tous autres lieux du saint Empire,
qu'ils ayent ,
lorsqu'il
s'agira de procéder à l'Election
d'un Roi des Romains
pourêtreEmpereur,àcon8c
sans fraude, comme il a
estédit, par leurs Territoires
&:. ailleurs ,le plus loin qu'il
se pourra, chaque Prince
Electeur,oulesDéputez qu'il
envoyera àl'Election ,pour
lesquels aussi bien que pour
lui il leur aura demande ou
a aucun d'eux tel sauf-conduit
; '&-en cas que quelqu'un
ait la présomption de contrevenir
à nostre presenteOrdonnance,
qu'il encoure aussi
toutes les peines suivantes :
sçavoir
, en casde contravention
par les Princes, Comtes,
Barons,Gentilshommes, Gens
de guerre & Vassaux
,
la peine
de parjure, & la privation
de tous les Fiefs qu'ils tiennent
dusaint Empire Romaia
&de tousautres quelconque;
comme aussi de toutesleurs
autres possessionsdequelque
nature qu'elles soienn! Età
l'égard des Communautez &£
Bourgeois contrevenans àce
que dessus
,
qu'ils soient aum
reputez parjures, & qu'avec
cela ils soient privez de tous
les Droits
,
Libertez, Privileges
&: Graces qu'ils ont obtenuës
du. saint Empire, ôc
encourent en leurs Personnes
& en leurs biens, le Banc ÔC
la proscription Imperiale ;&
c'est pourquoy nous les privons
dés-à- present, comme
pour lors, le cas arrivant, de
tous Droits quelconques. Permettons
aussi à tous& un
chacun de courte fus aux
proscrits& de les attaquer,
offenser Se outrager impunémentd'autorité
privée ,sans
pour ce demander autre permiïïibri
des Magistrats,ny
avoirà craindre aucune pum-*
tion de la part de l'Empire ,
ou de quelqu'autre que ce
soit, attendu que lesdits prof.
crits font convaincus du crime
de felonie envers la Republique,
l'Etat &: la Dignité du
saint Empire, & même contre
leur honneur & leur salut ,
ayant méprisé temerairement
èc comme rebelles, desobéïssans
&traîtres, une chose si
importante au bien public.
- §. 3. Nous ordonnons
mandons aussi aux Bourgeois
de toutes les Villes, & aux
Communautez, de vendreou
faire vendre à chaque Electeur
ouà leurs Deputez pour
l'Election, tant en allant qu'en
retournant, à prixraisonnable
& sans fraude, les vivres
&: autres choses dont ils aiiront
besoin pour eux & pour
ceux de leur fuite;le tout fous
les mêmes peines ci
-
dessus
mentionnées à l'égard desdits
Bourgeois & Communautez
,
que nous declarons par eux
encouruës de fait.
§. 4. Que si quelque Prince,
Comte, Baron, Homme de
guerre, Vassal Noble ou Inoble,
Bourgeois ou Communauté
de Villes, estoit assez
temeraire pour apporter quel*
que empêchement ou tendre
quelques embûches aux
teurs ou à leurs Deputez allant
pour l'Election d'un Roy
des Romainsou en revenant,
&les attaquer, offenser ou inquieter
en leurs perfonncs
eu en celles de leurs domestiques
, suite
, ou même en
leurséquipages, soit qu'ils
eussent demandé le fau£-cor&-
duit ordinaire
,
soit qu'ils
n'eussent pas jugé à propos de
le demander:Nous déclarons
celuy-là& tous ses complices,
avoir encouru de fait les susdites
peines, felon la qualité
des personnes
,
ainsi qu'il est
ci-dessus marque.
§. 5. Et même si un Prince
Electeuravoit quelqueinimitié
,
différentou procésavec
quelqu'unde ses Collègues>
cette querelle ne le doit point
empêcher de donner,enestant
requis,laditeconduite ôcef*
corte à l'autre ou à ses Députcz
pour ladite Elçéhop
,
à
peine de parjure & de perdre
sa voix en l'Election pour cette
fois-làseulement,comme ii.g
,esté dit ci-dessus.
§.6.Commeaussi,silesautres
Princes, Comtes, Barons,
Gens de guerre, Vaflfauî*
Nobles,& Inobles,Bourgeois
&: Communautez des-Ville$
vouloient du malà quelque
Electeur ou à plusieurs
, ou
s'il y avoirquelque diiïerenç
ou guerre entr'eux, ils ne laisferont
pas,sans contradiction
pu fraude aucune,deconduire
al' d'escorterle Prince Electeur,
ou lesPrinces Electeurs
ou leurs Députez ,foit en
allant au lieu où se devrafaire
l'Election, foit en s'en retournant
, s'ils veulent éviter les
peines dont ils font menacez
par cet Edit, lesquelles ils
encourront de fait au même
temps qu'ils en useront ment.¡;' autre-
§: 7. Et pour une plus gran- defermeté, & plus ample
assurance de toutes les choses
ci-dessusmentionnées ,Nous
voulons & ordonnons, Que
tous & chacun les Princes
Electeurs & autres Princes,
Comtes
,
Barons,Nobles
Villes; ou leurs Communautez,
promettent par Lettres ,
&par Serment toutes lesdites
choses
, & qu'ils s'obligent
de bonne foy & sans fraude
de les accomplir , &c mettre
en effet ; & que quiconque
refusera de donner telles Lettres,
encoure defait les peines
ordonnées, pour estre executées
contre les refufans
,
selon
la £ondizinii des personnes.
§. 8. Que si quelque Prince
Electeur ou autre Prince
relevantde l'Empire
,
de quelque
qualité ou condition qu'ii soit, Comtes
,
Barons ou
Gentilhommes, leursSuccesfeursou
Heritiers tenans des
Fiefs du saint Empire
,
refu*-
soit d'accomplir nos Ordonnances
6c Loix Impériales cidessus
ôc ci-aprés écrites, ou qu'il
qu'il eût la presomption d'y
contrevenir ,
liceftunrElec*
teur , que dés-lors ses Coélecteurs
l'excluënt dorenavant
de leur Société,& qu'il soit
privé de savoix pour l'Election
&de la place, de la Dignité
& du Droit de P rince Elec., ,
teur ; & qu'il ne soit point
investi des Fiefs qu'il tiendra
du saint Empire Et si c'efl;
quelqu'autre Princeou
Gentilhomme (comme il a
esté dit ) quicontrevienne
àces mêmes Loix, qu'il ne
foit. point non plus investi
de Fiefs qu'il peut tenir de
l'Empire, oudequi quece
soitqu'il les tienne, &cependant
,qu'ilencoure dés-lors
lesmêmepeinespersonnelles
c§i-d.cElius tspécifiées. 1; encore quehîous
entendions & ordonnonsque
tous les Princes, Comtes,
Barons, Gentils- h01îlmeS:,
Gens deguerre, Vassaux; VisJ.
les & Communautez soient
obligezindifferemment de
donner ladite escorte Se. conduite
à chaque Electeur ou
à ses Deputez, comme il a
esté dit;Nous avons toutesfois
estimé à propos d'assigner
à chaque Electeur une escorte
& des conducteurs particuliers,
selonles pays & leslieux
où il aura à passer,comme il
se verra plus amplement par
ce qui fuit.
§.io. Premierement, le
Roy deBohemeArchiéchançon
du SaintEmpire, sera
conduit par l'Archevêque de
Mayence,parlesEvêquesde
Bamberg &de Virtzbourg,
par les Bourgraves de Nuremberg
, par ceux de Hohenloë,
deVertheim, de Bruneck &
de Hanau, &. par les Villesde
Nuremberg
,
de Rotembourg,
&deW indesteim.
- ii. L'Archevêque de
Cologne Archichancelier du
saint Empire en Italie, sera
conduit par desArchevêques
de Mayence & de Tréves,par
le Comte Palatin du Rhin^
par le LandgravedeHesse,
parlesComtes de Catzenellenbogen
,
de NafTaw ,
de
Dierz
,
d'Issembourg de
Westerbourg
-1
de Runc KC^r,
de Limbourg & de Falckenstein
,
& par les Villes de wetzlar
, de Geylnhaufen & de
Fridberg. ---»
§. 12. L'Archevêque de
Tréves Archichancelier du
saint Empire dans lesGaules
& au Royaume d'Arles, sera
conduit par l'Archevêque de
Mayence, par les Comtes Palatin
du Rhin, par lesComtes
de Spanheim & de Veldens,
par les Bourgraves&Wildgraves
de Nassavv, d'!ffem.L
bourg, de Westerbourg, de
deRanckel
,
de Limbourg, de Dietz
,
deCatzenellebogon
,
d'Eppenstein& de Falckenstein
,&parlaVille de
Mayence.
- v,$. 14Le Comte Palatin du
Rhin Archimaîtredu saint
Empire, fera conduit par
l'Archevêque de Mayence.
§. 14. Le Duc de Saxe Archimarêchal
du saint Empire,
seraconduit par le Roi de
Bohême, les Archevêques de
Mayence &: de Magdebourg,
les Evêques de Bamberg 8c
de Wirtzbourg, le Marquis
de Misnie, le Langravede
Hesse, les Abbez de Fulden
& de Hirchsfelt
,
les Bouc*-
graves de Nuremberg
, ceux
de Hohenloë,de Wertheim, de Bruneck
,
de Hanau)'cS¿: de
Falckenstein ; commeaussipar
les Villesd'Erford,Mulhausen
,, Nuremberg
, Rotembourg
&: Windesheim.
§«1j.Et tousceuxvieQ^•
nent d'estre nommez seront
pareillement tenus de conduire
le Marquis de BrandebEourgmArchpichanicerlieer
d.u s.
: §. 16.Voulons en outre,&
ordonnons expressément que
chaque Prince Electeur qui
voudra avoir tel sauf-conduit
&i escorte, le fasse duëment
sçavoir à ceux par lesquelsil
voudra estre conduit& escorté
,
leur indiquant le chemin
qu'il prendra; afin que
ceux qui font ordonnezpour
ladite conduite, & qui en auront
esté ainsi requis, s'y puissent
preparer commodement
& assez à temps. : §.17. Declarons toutefois,
jque les presentes Constitutions
faites àú sujet'deladittè
conduite,doivent estre entenduës,
en forte que chacun
dessus-nommez , ou toutau-*
tre qui n'a pas peut-êtreesté
ci-dessus dénommé à qui dans
le cas susdit il arrivera d'efirè
requis de fournir ladite con.
duite & escorte, foit obligé
de la donner dans ses Terres
& Pays feulement
, & même
au de-là, si loin qu'il le pourra,
le tout sans fraude, fous
lmes peineés cie- desssus e.xpri* • $. 18. Mandons & Ordonnons
de plus, que l'Archevê^
que de
-
Mayence qui tiendri
alors leSiege, envoye ses Let:..
tres Patentes par Couriers êxprés,
à chacundesditsaut4:ci
Princes Electeurs Ecclesiastiques
6c Seculiers
,
ses CoHejot
gues , pour leur intimer ladite
Election
; & que dans ces
Lettres soit exprimé le jour
& le terme dans lequel vraisemblablemeut
elles pourront
estre renduës à chacun deces
Princes.
§. 19. Ces Lettrescontiendront,
que dans trois mois, à
compter du jour qui y feraexr
primé, tous & chacun les
Princes Electeurs ayent à fit
rendre à Francfort sur leMein
en personne
, ou à y envoyer
leurs Ambassadeurs
, par eux
autentiquement autorisez &
munis de Procuration valable,
• iîgnée de leur main &: scellée
de leur grand Sceau,pourproceder
ceder à l'Election d'un Roy
des Romains futur Empereur.
§. 20. Or comment & en
quelle forme ces fortes de
Lettresdoivent estre dressées,
&quelle solemnité y doitestre
observée inviolablement, &e;i
quelle forme & maniere les
Princes Electeurs auront à
dresser&faire leurs Pouvoirs,
Mandemens 8>C Procurations
pour les Députez qu'ilsvoudront
envoyer à l'Election;
cela se trouvera plus clairement
exprimé à la fin de la
présente Ordonnance;laquelleforme
en cet endroit prescrite,
Ordonnons de nostre
pleine Puissance &: Autorité
Imperiale, estreen tout &:
par tout observée.
§..il. QiiFind les choses
serontvenuës à cepoint,que
la nouvellecertaine de lamort
.dç l'Empereur ouduRoydes
Romains sera arrivéedansle
Diocese de Mayence, Nous
commandons ôç ordonnons,
que dés-lors
,
dans l'espace
d'un mois, àcompter du jour
de l'avis reçu de cette piort
l'Archevêque de Mayence par
sesLettres Patentes en donne
part aux autres Princes Electeurs
, & fasse l'intimation
dontilest ci-dessusparlé. Que
il par hasard cet Archevêque
négligeoit ouapportoit de la
lenteur à faire ladite intimation
,
alors les autres Princes
Electeurs, de leurpropremouvement,
sans mêmeetreàpgellez
, & par lafidelité avec laquelle
ils sont obligez d'assisterle
saint Empire
,
se rendront
dans trois mois( ainsi
qu'il aesté dit) en ladite Ville
cleFrancfort, pour élire un
Roy des Romains futur Empereur.
§. il. Or chacun des Princes
Electeurs ou ses Ambassadeurs
, ne pourront entrer
dans le temps de ladite Election
en ladite Ville de Francfort
,qu'avec deux cent chevaux
feulement, parmi lesquels
il pourra y avoir cin-
; quante Cavaliers armez, ou
moins s'il veut, mais non pas
davantage.
§. 2 3. Le Prince Electeur
ainsi appellé & invité à cette
.Election^ & n'yvenant t\-s
ou n'y envoyantpasks Anibai--
sadeurs avec ses Lettres Patentes
scellées de son grand
Sceau, contenant un plein,
libre&entier pouvoir d'élire
un RoydesRomains, ou bien y
estant venu ou y ayant envoyé à
son deffaut les Ambassadeurs,
si ensuitelemême Prince
ou lesdits Ambassadeurs se
retiroient du lieu de l'Election
avant que le Roy desRomainsfutur
Empereur eust
esté élû) & sans avoir substituésolemnellement&
latRë
un, Procureur legitime, afin
d'y agir pour ce que dessus
,
que pour cette fois il soit privé
de sa voix pour l'^Icjfbion
& du Droit qu'il y avoit §c
(Ju'il aainsi abandonné.
§. 24. Enjoignons &mandons
aussiauxBourgeois de
Francfort, qu'en vertu du Serment
que Nous voulons qu'ils
prêtentàcette fin sur les fuints
Evangiles, ils ayent à proteger&
a"defféndCfe avec tout
foin,fidélité &vigilance,tous
nlees rParli,nces Elet-i-etirs en ge- &unchacund'eux en
particulier ; ensemble leurs
gens ,
<k chacun .desdeux
crnc Cavaliers qu'ils auront
amenez en laditeVille
, contre
toute insulte &attaque,
en cas qu'il arrivast quelque
dispute ou querelle entr'eux
,
&: ce envers &: contre tous; à faute de quoy encourront
la peine .de parjure, avec p?rte
de tous leurs Droits,Libertez,
Graces & Indults
qu'ils tiennent ou pourront
tenirduSaint Empire : & serontdésaussi-
tost mis avec
leurs Personnes & tous leurs
bièns
, au Banc Imperial: Et
dés-lors comme dés-à-prefent
, il fera loisible à tout
Homme de sa propre autorité
, sans estre obligé de recourirà
aucun Magistrat, d'attaquer
impunément ces inemes
Bourgeois, que nous privons
en ce cas dés-à-present
comme pour lors de tout
Droit, comme traîtres, infidelles
& rebelles à l'Empire ;
sans que ceux qui les attaqueront
pour ce sujet en doivent
apprehender,aucune punition
de la part du saintEmpire,ou
d'aucune autre-,par , §.25.Deplus, lesdits Bourgeoisde
laVille de Francfort
n'introduiront & ne permettront
fous quelque pretexte
que ce soit, de laisser entrer
en leur Ville aucun Etranger,
de quelque condition ou qualité
qu'il puisse estre, pendant
tout le temps qu'on procedera
à l'Election, à l'exception seulement
des Princes Electeurs,
leurs Deputez ou Procureurs,
chacun desquels pourra faire
entrer deux cent chevaux,
comme il a esté dit.
§. 16. Mais si après l'entrée
des mêmes Electeurs il se
trouvoit dans la Ville ou en
leur presence quelqueEtranger,
lesdits Bourgeoisen conséquence
du Serment qu'ils
aurontprêté pour ce sujet en
vertu de la presence Ordonnance
sur les saints Evangiles (comme il a esté ci -devant
marqué ) feront obligez de les'
faire sortir incontinent êc sans
retardement, fous les mêmes
peines ci-dessus prononcées
contre eux.
i>
Article II.
De l'Election du Roy des
ROrIJains.
§. I.APRE's que les Electeurs
ou leurs Plenipotentiaires
auront r1au leurs
entrées en la Ville de Francfort
, ils se transporteront le
lendemain du grand matin en
l'Eglise de Saint Barthelemy
Apôtre, &: là ils feront chanter
la Messe du Saint-Esprit,
&: yassisteront tous jusqu'à la
fin; afin que le même Saint-
Esprit éclairant leurs coeurs,
& répandant en eux la lumiere
de sa Vertu
,
ils puissent
estre fortifiez de son secours
pour élire Roy des Romains &
futur Empereur
, un Ho11me
juste, bon, &utile pour le salut
duPeuple Chrestien.
§. 2. Aussi-tost aprèsla Messe
, tous les Electeurs ou Plenipotentiairess'approcheront
de l'Autel où la Mené clé aura celebrée ; & là les Princes
Elèâréuri Ecclesiastiques,
l'Evangile de Saint Jean In
principio erat Verbum'dfcJ
estantexposée devant eux ,
mettront leurs mains avec reverence
sur la poitrine, & les
Princes Electeurs toucheront
réellement de leurs mains ledit
Evangile;àquoy tous avec
toute leur Famille assisteront
non-armez. Et alors l'Archevêque
de Mayence leur presentera
la forme du Serment;
& luy avec eux,&: eux ou les
Plenipotentiaires des absens
avec luy, prêteront le Serment
en cette maniere.
5* 3. Je N. Archevêque de
Mayence, Archichancelier du
Saint Empire en Allemagne &
Prince Electeur , jure sur ctf
SiilntsEvangilesky mis devant
moy , par la Foy avec laquelle je
suisobligé à Dieu dr au Saint
Empire Romain, que selon tout:
mon discernement, &jugement,
avec l'aide de Dieu
,
je veux élire
un Chef temporel auPeuple
Chrestien, c'est-à-dire un Roy
des Romains futur Empereur,
qui soit digne de l'estre autant
que par mon discernement &
mon jugement je le pourray connoistre
; ,& sur la même Foy je
donneray ma voix &monsuffrage
en ladite Election, sans aucun
pactenyesperance d'interest,
de récompense, ou de promesse,
0% d'aucune chosesemblable, de
quelquemanierequ'elle puisse
estre IlJpeUée. Ainsi Dieu m'aide
<&tous les Saints;
§. 4. Apres avoir preslc"Scr-,
ment en la forme & manieresusdite
,
fti fd1 te les Electeurs ou les
F il s o~t Ambassadeurs des absens procederont
à l'Election; & déslorsilsne
forciront plus dela
Ville de Francfort
,
.qu'aupav.
ravant ils n'ayent, àla pluralité
des voix,élû & donné ail
Monde ou au Peuple Chrêtien,
un Chef temporel,à
sfçauvoti ruunrREoymdpeseRroemuairn.s
§. 5. Que s'ilsdisseroient
de le E:ire dans trente jours
consecutifs,àcompterdujour
qu'ils auront presté le Serment
; alors,les trente jours
expirez ,ils n'auront, pour
nourriture que du pain &: de
Feau;&nc sortiront pas de la*».
dite Ville, qu'auparavant tous
oulaplus grande partie d'eux,
n'ayent élu unConducteur ou
Cheftemporel des Fidelles,
comme il aesté dit.
§. (y. Or après que les Electeurs
ou le plus grand nombre
d'eux l'aurontainsi élû dans
le même lieu
, cette Election
tiendra & fera réputée comme
si elle avoiresté faite par tous
unanimement sans contradiction
d'aucun.
§.7. Et si quelqu'un des Electeurs
ou desdits Ambassadeurs
avoit tardé quelque peu.cLe
tems à arriverà Francfort, ôc
quetoutefoisil yvintavantque •l'Ele&ionfr.fl: achevée;Nous
voulons qu'il soit admis à l'Election
en l'estat qu'elle se
trouvera lors de son arrivée.
§. 8.Et dautantque par une
coutume ancienne, approuvée
,&. loüable
, tout cequi estcidessousécrita
esté invariablement
observéjusqu'à pretent;
Nous, pour cette raison, voulons
&: ordonnons, de nostre
pleine puissance &: autorité
Imperiale, qu'à l'avenir celuy
qui dela maniere susdite aura
^fté élû Roy des Romains,
auaI-tofi après son Election
&C avant qu'il puisse se mesler
4e l'administration des autres
affaires de l'Empire.coiifiriiie
& approuve sans aucun délay,
par ses Lettres & son Sceau,
à tous & chacun les Princes
ElecteursEcclesiastiques&
Seculiers, comme aux principaux
Membres de l'Empire,
tous leurs Privileges,Lettres,
Droits, Libertez,Immunitez
,
Concessions anciennes
Coutumes & Dignitez,&
tout ce qu'ils ont obtenu ex;
possedé de l'Empire jusques au
jour de tonElection;&: qu'aprés
qu'il aura esté couronné
de la Couronne Imperiale, il
leur confirme de nouveautoutes
les choses susdites.
§. 9. Cette confirmation
fera faite par le Prince élua.
chacun des Princes L-leâeurs
en particulier, premierement
sous le Nom de Roy, & puis
renouvellée fous le Titre
d'Empereur
: Et fera tenu ledit
Prince élu d'y maintenir
sans fraude & de son bonmou*
vement les mêmes Princesen
général, &c chacun d'eux en
particulier; bien loin de leur
y donner aucun trouble ou
empêchement.
§. 10. Voulons enfin, & ordonnons
qu'au cas que trois
Electeurs presens, ou les Ambassadeurs.
des absenséliferçt.
un quatrième d'entr'eux, (çar
voir un Prince Elet[e-lli- present
ou absent, Roy des Romains
; lavoixde cet éllîs'il
est present,oulavoix de ses
Ambaissadeurs,s'il cil; absent,
ait sa vigueur & augmente Σ
nombre & la plus grande partie
des élisans, à l'instar des
autres Princes Electeurs,
ARTICLEIII.
'F>e la Séance des Archevêques
-
de Tréves, de CQtogm
drdeM-ayence. ,
9
A#nom de Lifaidtc{jr iiïdifViJi->
hle Trinité, d? à nojfreplus
grand bonheur. Ainsi soit-il.
iCgHraAcReLES IV.par la
de Dieu Empereur
des Romains, toujours Auguste&
Roy de Boheme; 'l
*kmémoire perpetuelle de la
chose.
§.I.L'union & la concordedes
venerables&illustres.
Princes Eleveurs, fait l'ornement
& la gloire du saint
Empire Romain, l'honneur
de la Majesté Impériale
, &:
l'avantage des autres Etats de
cette Republique, dont ces
Princes soutiennent l'édifice
sacré, comme en estant les
principales colonnes, par leur
pieté égale à leur prudence
: cesont euxaussi qui for.,.
tissent le bras de la PuiOEltlCC
Imperiale;& l'on peut dire
que plus le noeud de leuramitié
mutuelle s'étreint, plus le
Peuple chrestien joüit abondamment
de toutes les commoditez
qu'apporte la Paix &
la tranquillité.
§. 2. C'est pourquoy,pour
doresnavant prévenir lesdifputes
& les jalousies qui pourtoieht
naître entre les venetables
Archevêques de Mayeince,
de Cologne & de Tréves,
Princes Electeurs du Saint
Empire, à cause de la primauté
& du rang qu'ils doivent
avoir pour leursSéances
dans les Assemblées Imperiales
& Royales, & faire
en forte qu'ils demeurent entr'eux
dans un estattranquille
de coeur & d'esprit
,
& puissenttravailler
unanimement&
employer tous leurssoins aux
affaires & aux avantages du
saint Empire pour laconsolation
du Peuple Chrestien ;
Nous avons, par délibération
& par le Conseil de tousles
Electeurs, tant Ecclesiastiques
que Seculiers, arresté & oih
donné, arrestons & ordonnons
,
de nostre pleine Puissance
& Autorité Imperiale,
par ce present nostreEditperpetuel
& irrévocable
, que lesdics
vénérables Archevêques
auront Séance; sçavoir celuy
de Trevesvis-à-vis la face
de l'Empereur ;celuy de
Mayence, soit en ion Diocese
& en saProvince, soit même
hors de sa Province dans,
l'étenduë de la Chancellerie
Allemande, excepté en laProvince
de Cologne seulement,,.
à la main droite de l'Empereur
;ainsi que l'Archevêque
de Cologne l'aura en sa Province
& en fôn Diocese
, &:
hors de sa Province en toute
l'Italie & en France,àla
main droite de l'Empereur,
&: ce en tous les Actes publics
Impériaux , de même
qu'aux Jugemens, Collations,
Investitures desFiefs,Festins,
Conseils& en toutes leurs
autres Assemblées où il s'agira&
se traitera de l'honneur
& du bien de l'Empire Romain.
Voulantquecet ordre
de Séance foit observé entre
lesdits Archevêques de Colo-"*
gne, de Tréves & de Mayence
, & de leurs Successeurs cU
perpetuité
,
sans que l'on puisse
à jamais y apporter aucun
changement,ou y former aucune
contestation,
ArticleIV.
*Der Princes Electeurs en
commun.
§.1.oRdonnons aussi, que
coûtes les sois que
l'Empereur ou le Roy desRomains
se trouvera assis dans
les Assemblées Impériales,
foit au Conseil, à table, ou
eh toute autre rencontre avec
les Princes Electeurs, le Roy
de Boheme, comme le Prince
couronné &: sacré,occupela
la premiere place immédiatement
après l'Archevêque de
Mayence ou celuy de Cologne;
sçavoir après celuy d'eux deux
qui pour lors
,
selon la qualité
des lieux & varieté des Provinces
,
fera assis au cofté droit
de l'Empereur ou du Roy des
Romains
,
suivant la teneur de
son Privilege; &que le Comte
Palatin occupe aprés luy la
seconde place du même costé
droit : qu'aucofté gauche le
Ducde Saxe occupe la première
place aprèsl'Archevêque
qui fera assis à la main
gauchede l'Empereur;& que
le
,.
Marquis de Brandebourg
se mettra après le Duc de
Saxe. §.2.Toutes & quantefois
que le Saint Empire viendra
à vacquer ,
l'Archevêque de
Mayence aura le pouvoir qu'il
a eu d'ancienneté
,
d'inviter
jfar "LcttÉe's'les ancresPHT^
des sesConfreresdevenir àx
l'Election.
§. ~34
Touslesquels,ouceux
d'entr'eux qui auront pû ou
vtmluaflïftcr à ladite Elèétion
eilantalIèrnblez pour yprôceder
, ce fera à l'Electeur de
Mayence &: non à un autre ,de
-rêciieillir particulièrementles
voix de ce-Electeurs,enl'or-*'
dtoc fuivann I;*> -
era pre ic-@
;
§. 4. Il demanderapremier
rèment l'avis à l'Archevêque
de Trêves,àqui nousdeclarons
que le premier sutfrage
appartient,ainsî que nôus
avons trouvé qu'il luy avoio
appartenu jusqu'à present. Serondement
,àl'Archevêqud
deCologne, à qui appartient
l'honneur
l'honneur & l'office de mettre
le premierleDiadème sur la
teste du Roy des Romains.
Troisiémement
, au Roy de
Boheme qui tient laprimauté
par l'Eminence,le droit & le
mérité de sa Dignité Royale
entre les Electeurs Laïques.
En quatrième lieu
, au Comte
Palatin du Rhin. En cinquième
lieu, au Duc de Saxe; &.
en sixiéme lieu, auMarquis
de Brandebourg. L'A rchevêl-
que de Mayence ayant ainsi &:
en l'ordre susdit, recüeilli les
suffrages de tous, fera en- tendre aux Princes ses Confreres
& leur découvrira [es.
intentions, &: à qui il donne
sa voix, en estant par eux requis.
§. y'. Ordonnons aufh'qu'-
aux ceremonies des Festins
Imperiaux, le Marquis de
Brandebourg donnera l'eau à
laver les mains à l'Empereur
ou au Roy des Romains; le
Roy deBohême lui donnera la
pemiere fois à boire, (lequel
service toute-fois il ne serapas
tenu de rendre avec la Couronne
Royale sur la téte, conformément
aux Privilèges de
son Royaume, s'il ne le veut
de sa propre & libre volonté;)
le Comte Palatin du Ii. hin fera
tenu d'apporter la viandè; 8c
le Duc de Saxe exercera sa
charge d'Archi-marecchal ,
comme il a accoûtumé de faire
de toute ancienneté.
ARTICLE V.
Du Droit dIt Comte Palatirs
duRhin,&duDuc.
1. de Saxe.
§.I. DE plus, toutes les
fois ques le saint
Empire viendra à vaquer
comme il cfi dit, l'liluiti'e
Comte Palatin du Rhin Archimaître
du saint Empire Romain
,
fera l roviseur ou Vicaire
de l'impire dans les
partiedu Rhin& de la Suabc,,
& de la Jurisdiction de Franconie,
à cause de sa Principauté,
ou du Privilège du
ComtéPalatin, avec pouvoir
d'administrer la Jllfijce.,j- de
nommeraux Benefices -Ecc1e.,
siastiques, de recevoir le revenu
de l'Empire,,d'investir
des Fiefs,&de recevoirlesfoi
& hommages de la part & au
nom du saint Empire; coures
lesquelles choses toutefois seront
renouvellées en leur terris
par le Roy des Romains après
dûy auquel les foi & hommages
devront être de nouveau
prêtez ; à la reserve des Fiefs
des Princes, & de ceux qui se
donnent ordinairement avec
l'étendart,dontnous reservons
spécialement l'invèstiture & la
collation à l'Empereur seul ou
au Roy des Romains. Le
Comte Palatin sçaura toutefois
qu'illui est défendu exjsireffement
d'aliénner ou d'eri.
gager aucune chose appartenant
à l'Empire, pendant le
temps de son Administration
ouVicariat.
§. 2. Et Nousvoulons que
l'Illustre Duc de Saxe Archimareschal
du saint Empire
joüisse du mêmedroitd'Administration
dans les lieux où le
droit Saxon est observé, en
toutes les mêmes maniéres&.
cfonpditeioncs qiuitftonet cei-dseum.s
§. 3. Et quoi-que parune
coustume fort ancienne il ait
esté introduit que l'Empereur
ou le Roy des Romains cR:
obligéderépondre dans les
causesintentées contre luipardevant
le Comte Palatin du
Rhin Archimaistre, Prince
Electeur du saint Empire>leK
dit Cpmte Palatin ne pourra
toutefois exercer cette Jurisdiction
qu'en la Cour Impériale
où l'Empereur ou leRoy
des Romainsfera present en
personne,&:nonailleurs.
ARTICLE VI.
,De la compawifoM des Princes
ElecteuPrrsiancveesccomlmeusnasu. tres
NOU s ordonnons qu'en
toutes les Cérémonies
& Assemblées de la Cour Impériale
qui feront doresnavant
&: à l'avenir; les Princes Electeurs
Ecclesiastiques & Séculiers
tiendront invariablement
leursplaces à droite &à
gauche,selon l'ordre &:J«i
maniéré prescrite; ôc que nul
autre Prince,de quelque Etat,
dignitéPrééminence ou qualité
qu'il soit, ne leur puisse
être ou à aucuns d'eux,préféré
en aucunes actions quelconques
qui regarde, les Assemblées
Impériales, Toit en marchant
, séant ou demeurant
debout; avec cette condition
expresse, que le Roy de
Boheme nommément, précédera
invariablement dans toute?
& chacunes lesactions &:
célébrationssusdites des Assemblées
Imperiales, toutau-
,.tre Roy
,
quelque dignitéou
Prérogative particulière qu~ii
puisseavoir, & pour quelque
causeoucas qu'il y puissevenir
ou assister.
ARTICLE VII.
De la fùceejjion des Princes
Electeurs.
Au Nom de tif sainte & tndî~
visible Trinté, & à nojhré
plus grand bonheur. Ainjisoit-
il. cHARLES Quatrième
par la
-
grace de Dieu
Empereur des Romains toûjours
Auguste &: Roy de Bohême
; à la mémoire perpértuclte
delachose. 1
--
§. I. Parmi les soins inrion*
: brables que nous apportons
journellement pourmettre en1
un état heureux le saint Empire,
oùnousprésidons par
l'assistance duSeigneur,nôtre
principale aplication est à faire
fleurir & à entretenir toujours
parmi les Princes Electeurs du
saint Empire, une Unionsalutaire&
une concorde&charité
sincere, estant certain que
leurs conseils font d'autant
plus utiles au Monde Chrestien,
qu'ils se trouvent éloignez
de toute erreur; que la
Charité regne plus purement
entre eux; que tout doute en
est banni; &: que les droits
d'un chacunsont clairement
,diecllarez & specifiez.Certes, cftgeneralement manifesté
& notoire àtout le Monde,
que les Illustres le Roy de
Boheme, le Comte Palatin du
Rhin, le Duc de Saxe &: le
Marquis de Brandebourg : le
premier envertude son Royaume
, & les autres en vertu
de leurs Principautez, ont
droit, voix&séanceen l'tlection
du Roy des Romains futur
Empereur, avec les Princes
Ecclesiastiques leurs Coélec-
.'teints, avec lesquels ils sont
tous reputez, comme ils sont
en effet, vrais & légitimés
-
Princes Electeurs du saint
Empire.
§. 2. Néanmoins
,
afinqu'à
-l'avenir onjie puisse fufclcer
;¡aucun sujet de scandale & de
division entre les Fils de ces Princes Electeurs Seculiers,,
touchant lesdits droit, voix
&&: faculté d'élection ; SC
qu'àinsi le bien public ne cour- te aucun risque d'estre retardé
ou troublé par des délais dangereux
; Nous, avec l'aide de
Dieu, desirant en prévenir les
perils à venir.
§. ;. Statuons &: ordonnons
,
de notrePuissance &
Autorité Iir periale, par la presente
Loi perpetuelle, que cas
avenant que lesdits Princes
Electeurs Seculiers, &: quelqu'un
d'eux viennent à deceder,
le droit, la voix,& le
pouvoir d'élire, fera dévolu
librement & Las contradiction
de qui que ce (cit) à îoà
Fils aîné légitimé & laïque ;&
en cas que l'aîné ne fust plus
au monde, au Fils aînédel'ainé
semblablementlaïque.
§. 4. Et si ledit Fils aîné,
venoit à mourir sans laisser
d'enfansmâleslegitimes Iaft
ques, le droit, la voix &, le
pouvoir de l'élection feront
dévolus en vertu du presens
Edit, à son Frere puîné descenduen
ligne directe légitime
paternelle, & ensuite au Fîfé
aîné laïque de celui-ci.
§. y. Cette succession des
aînez &: des Héritiers de ces
Princes fera perpétuellement
observée en ce qui regarde le
sdurositd,liat. vvooiixx,. Ô&C le ppoouuvvooiirr
l, §. 6. A cette condition&
en sorte toutefois, que si le
Prince Eleaeur ou son Fils
aîné, ou le Filspuisné laïque
venoit à deceder, laissant des
Heritiers mâles legitimes laïques
mineurs, le plusâgé
Frere de ce désunt aîné fera
Tuteur &Administrateur desdits
mineurs
,
jusqu'à ce que
l'aîné d'entr'eux ait atteint
l'âge légitime »
lequel âge en
^in Prince Electeur, voulons
ordonnons estre à toujours
dedix-huit ans accomplis ; &
lorsquel'Electeur mineur aujra
atteint cet âge,son Tuteur
ou Administrateur fera tenu
de luy remettre incontinent
& entièrement le droit
,
la
yoix & le pouvoir avec l'Qf;
jrr
fices d;gieéteur ,Se généralement
tout ce qui en dé..
pend. .:tJ §. 7. Etsi quelqu'une deces
Principautez venoitàvacquer
au profit de l'Empire
,
l'Em",
pereur ou le Roy des Romains
d'alors en pourra disposer
comme d'une chose dévoluë
légitimement à luy &
au saintEmpire.
§. 8. Sans préjudice néan~
moins des Privileges,Droits
& Coutumes de nostre Royaume
de Boheme
,
pour ce qui
regardel'Election d'un nouveau
Royen cas de vaccance;
en vertu desquels les Regnicoles
de Boheme peuvent élire
un Roy de Boheme suivant
la Coutume observée detout
temps , &: la teneur desdits
Priviléges obtenus des Empereurs
ou Rois nos Predecesseurs
; ausquels Privilèges
1Nous n'entendons nullement
prejudicier par la presente
Sanction Imperiale, au contraire
ordonnons expressement
que nostredit Royaume
y soit maintenu
,
& que ses
Privilegesluy soient confervez
à perpétuité
,
selon leur
forme & teneur.
Article VIII.
De 1,Immunité du Roy de Bohê*
, ~me3& des Habitans audit
Royaume.
Ski.cOMME les Empe»
reurs & Rois nos
Predecesseurs ont accordé
aux Illustres Rois de Boheme
nos Ayeuls&Predecesseurs,
aussi-bien qu'au Royaume ÔC
à la Couronne de Boheme , Je Privilege qui par grace a
esté accordé & qui a eu son
effet dans ledit Royaume, sans
interruption dèpuis un temps
immemorial, par une lo.üa.
ble Coutume incontestablement
observée pendant tout
ce temps &: prescrite par l'ufage,
sans contradiction 8c interruption
aucune, qui est
qu'aucun Prince, Baron
Noble, Homme de , guerre,
Vassal, Bourgeois, Habitant,
Paisan & autre personne de
ce Royaume & de ses appartenances,
de quelque Etat,
Dignité,Prééminence ou
condition qu'il puisse être, ne
puisse pour quelque cause ou
fous quelque prétexte, ou par
quelque personne que ce soit,
être ajourné & cité hors le
Royaume &: pardevant d'autre
Tribunal, que celui du Roy
de Boheme &; des juges de sa
Cour Royale. Nous, desirans
renouveller &: confirmerledit
Induit,Usage&Privilege,Ordonnons
de nostre autorité &:
pleine Puissance Imperiale, par
cette Constitution perpetuelle
& irrévocable à toujours, que
si nonobstant ce Privilege,
Coûtume & Indult, quelque
Prince, Baron, Noble, Vassal,
Bourgeois ou Paisan,ouquelque,
autre personne susdite
, étoitcité ou ajourné à quelque
Tribunal que ce fut hors du
Royaume, pour cause quelconque
civile, criminelle ou
mixte, il ne foit nullement
tenu d'y comparoistre &: d'y
répond re, en aucun temps, en
personne ou parProcureur:Et
1 le Juge étranger &: qui ne
demeure point dans le Royaume,
quelque autorité qu'il
.air, ne laisse pas de proceder
contre les Défaillans ou le non
Comparant, & de passer outre
jusques à Jugementinterlocutoire
on definitif, &de rendre
.une ou plusieurs Sentences
.<lans les Causes &: Affaires
susdites., dequelque maniere
que cesoit;Nous déclarons,
de nostre Autorité & pleine
Puissence Imperiale, toutes
lesditesCitations, Commandemens
,P rocédures,Sentences
&: executions faitesen
consequence generaloment
quelconques, nulles. &de nul
effet,sansqu'il puisse <eftt?è
.., ïienexecutéou attentéaupréjudice
de ce Privilege.
§. 2. Surquoi Nous ajouicons
expressement & ordonjnons
par cet Edit Imperial,
perpetuel &: irrévocable,de
la même pleine Puissance &
Autorité;que comme dans ledit
Royaume de Boheme ila
été toujours & de tems immémorial
observé, il ne soit
permis à aucun Prince, Baron,
Noble, Homme de guerre,
Vassal, Citoyen, Bourgeois,
JPaïfan, ou tout autre Habitant
du Royaume de Boheme susdit,
de quelque Etat, Prééminence,
Dignité ou condition
qu'il foit, d'appeller à tout
autre Tribunal de quelcon<
tues, Procedures, Sentences
interlocutoires& définitives,
Mandemens ou Jugemens du
Roy de Boheme ou de ses
Juges; comme aussi de l'execution
desdites Sentences
--& jugemens rendus contre
acun d'eux, par le Roy ou
par les Tribunaux du Roy,
du Royaume &: des autres
Juges susdits, &C s'il arrive
qu'au préjudice de ce que
l'on interjette de tels appels,
qu'ilssoientdéclarez nuls ,(&
que les Appellans encourent
dés-lors réellement & de fait
la peine de leur Cause.
ARTICLEIX.
DesMinés d'or, d'Argent d.-
autres Métaux, NOu s ordonnons par la
presente Constitution
perpetuelle &: irrévocable
, & déclarons denostre Science
, que nos Successeurs Rois
de Bohême
, comme aussi
tous &: chacuns les Princes
ElecteursEcclesiastiques &
Seculiers presens & à venir,
pourrontjustement & legitimement
avoir & posseder toutes
les Mines & Minieres
d'Or,d'Argent, d' E taim, de
Cuivre,de Fer & de Plomb
3. & de toutes fortes d'au res
Métaux ; comme aussi les Salines
découvertes ou qui se
découvriront avec le tir ps
en nostredit Royam e & dans
les Terres &: Pays sujets audit
Royaume
, ce même que
lesdits Princes dans leursPrincipautez
,
Terres, Domaines
& Appartenances, avec tous
Droits, sans en excepter aucun
, comme ils peuveut ou
ont accoutumé de les posseder.
Pourront aussi donner retraite
aux Juifs & recevoir à
l'avenir les Droits <5c les Peages
établis par le passé, tout
ainsi qu'il a esté Jusqu'à present
observé & pratiqué legU
timement par nos Predecesseurs
Rois de Boheme d'heureuse
memoire
,
& par les
Princes Electeurs
,
& leurs
Predecesseurs
,
suivant l'ancienne
,
loüable & approuvée
Coutume, & le cours d'un
temps immemorial.
/lunom de lasainte c3- indivisible
Trinité. Ainsisoit-il. cH ARLES par la grace
de Dieu Empereur des
Romains, toujours Auguste
& Roy de Boheme ; à la mémoire
perpetuelle de lamofc-"
Tout Royaume divisé en foimême
fera desolé : & parce
que Ces Princes Ce sont faits
compagnons de voleurs, Dieu
a répandu parmi eux un esprit
d'étourdissement & de veritige
, afin qu'ils marchent
comme à tâtons enpleinmidi
d£nïcme<Jues'ils-efloient au
milieudesténèbres ; il a osté
leurs chandeliers du lieu où
ils estoient,afin qu'ils soient
aveugles & conducteurs d'aveugles.
Et en effet, ceux qui
marchent dans l'obscurité Ce
heurtent; &c'est dans la division
que les aveuglesdtpten..
dement commettentdes mê'.
chancetez. Dis, Orguëil,
comment aurois-tu regné en Lucifer, si tu n'avois appelle laDissention à ton secours?
Dis, Satan envieux commënt
aurois-tuchassé Adam du Paradis
, si tune l'avois détourné
de l'obéïssance qu'il devoit
à son Createur? Dis, Colere,
comment aurois-tu détruit la
Republique Romaine,situne
t'etois servi de laDivision
pour animerPompée.& Jules
à une guerre intestine
,
l'une
çpnçre l'autre; Dis, Luxure,
comment aurois-tu ruiné les
Troyens
,
si tu n'avois separé
Helened'avec sonMary? Mais
toi,Envie,combien de foist'éstuefforcée
de ruiner par laditvHion
l'Empire Chrestien que
Dieu a fondé sur les trois Vertus
Theologales, la Foi,l'Esperance,
&la Charité
, comme sur,unefainteindivisible
Trinité,vomissant le vieux
venin de la dissention parmi
lessept Electeurs, qui sontles
colomnes & les principaux
Membres du saint Empire,
fc par l'éclat defquçls le saint
Empire doit estreéclairé,
Icomme-e, par sept flalnbea'Ux'¡
dont la lumiere elt fortiifés
par l'union dessept Dons du
Saint-Esprit? C'est pourquoy
estant obligez ,tant à cause
du devoir quenousimpose la
Dignité Imperiale dont nous
sommesrevêtus; que pour
maintenirnostreDroit d'Elec.
tear entant que Roy de Bohême
,
d'aller au-devant desdangereufes
suites que les divisions&
dissentions poudroient
faire naître à l'avenir entre les
ËJë&eùrsdont noussommes
dunombre;Nous, àprésavoir
tnetirement délibéréen fioifoè
Cour& Assemblée solemnelle
de Nurenrberg
, en presence
detousles Princes Elecmn.
5 Eccelesiastiques &: Seculiers,
& autresPrinces, COIntes,
Barons, Seigneurs, Gentilshommes,
& Villes, éstant
assis dansle Trône Imperial,
revestu des Habits, Impériaux,
.aveC" les ornemens en main
Il laCouronne sur la telle,
par laplenitudedelaPuissançe
Imperiale,avons fait &publie
parcet Editferme&irrevocable
les Loix suivantes
,
pour cultiver l'unionentre les
fcie&eurs
5
établiruneforme
d'Election unanime, &fermertout
cheminà cette divijinn
detestable&aux dangers
extrêmes quila suivent. Don-
- né l'andu Seigneur mille trois
cent cinquante-six
,
li-ididionneuviéme
le dixiéme Janvier,
de nostre regne le dixieme
,
te de nostre Empirele cond. tond.
ARTICLE PREMIEK,
-
Commenté*farquiUsEleftcufs
, doivent efireconduitsau Ikté
oùsefera l'Election du ROf
des Romains. -'- NOUS declarons & ordonnons
par le present
EdIt Impérial, qui durera
éternellement, de nôtre cer.
taine Science, pleine Puissance,
& Autorité Inlperiale)
Que toutes les fois qu'il arrivera
à l'avenir necessité ou
occasion d'élire un Roy des
Romains pour être Empereur,
& que les Ele&p^irs^'
suivant l'ancienne & louable
coustume
, auront à faire
voyage au sujet de telleElection,
chaquePrince Electeur
fera obligé en étant requis,
de faire conduire &escorter
{ùrçlpcnt & sans fraude par ses
Pays,Terres&lieux,&plus
loin même s'il peut, tous
ses co-Electeurs ou leurs Députez,
vers laVille où l'Election
se devra faire, tant en
allant qu'en retournant; sous
peinede parjure, &: deperdre
( mais pour cette foisseulement
) la voix &: le suffrage
qu'il devoit avoir dans
cette Election,déclarant celui
ou ceux qui se serontrendus
encecinegligens ou rebelles
avoir encouru dés-lors lesdites
peines, sans qu'il foie
besoin d'autre Déclaration
que la Presente.
§. 2. Nous ordonnons de
plus, & mandons à tous les
autres Princes qui tiennent
desFiefs du saint Empire ROH
main, quelque nom qu'ils
puissent avoir;comme aussi
à tous Comtes, Barons, Gens
de guerre & Vassaux
, tant
Nobles que non Nobles, Bourgeois & Communautés
de Bourgs,deVilles &dè
tous autres lieux du saint Empire,
qu'ils ayent ,
lorsqu'il
s'agira de procéder à l'Election
d'un Roi des Romains
pourêtreEmpereur,àcon8c
sans fraude, comme il a
estédit, par leurs Territoires
&:. ailleurs ,le plus loin qu'il
se pourra, chaque Prince
Electeur,oulesDéputez qu'il
envoyera àl'Election ,pour
lesquels aussi bien que pour
lui il leur aura demande ou
a aucun d'eux tel sauf-conduit
; '&-en cas que quelqu'un
ait la présomption de contrevenir
à nostre presenteOrdonnance,
qu'il encoure aussi
toutes les peines suivantes :
sçavoir
, en casde contravention
par les Princes, Comtes,
Barons,Gentilshommes, Gens
de guerre & Vassaux
,
la peine
de parjure, & la privation
de tous les Fiefs qu'ils tiennent
dusaint Empire Romaia
&de tousautres quelconque;
comme aussi de toutesleurs
autres possessionsdequelque
nature qu'elles soienn! Età
l'égard des Communautez &£
Bourgeois contrevenans àce
que dessus
,
qu'ils soient aum
reputez parjures, & qu'avec
cela ils soient privez de tous
les Droits
,
Libertez, Privileges
&: Graces qu'ils ont obtenuës
du. saint Empire, ôc
encourent en leurs Personnes
& en leurs biens, le Banc ÔC
la proscription Imperiale ;&
c'est pourquoy nous les privons
dés-à- present, comme
pour lors, le cas arrivant, de
tous Droits quelconques. Permettons
aussi à tous& un
chacun de courte fus aux
proscrits& de les attaquer,
offenser Se outrager impunémentd'autorité
privée ,sans
pour ce demander autre permiïïibri
des Magistrats,ny
avoirà craindre aucune pum-*
tion de la part de l'Empire ,
ou de quelqu'autre que ce
soit, attendu que lesdits prof.
crits font convaincus du crime
de felonie envers la Republique,
l'Etat &: la Dignité du
saint Empire, & même contre
leur honneur & leur salut ,
ayant méprisé temerairement
èc comme rebelles, desobéïssans
&traîtres, une chose si
importante au bien public.
- §. 3. Nous ordonnons
mandons aussi aux Bourgeois
de toutes les Villes, & aux
Communautez, de vendreou
faire vendre à chaque Electeur
ouà leurs Deputez pour
l'Election, tant en allant qu'en
retournant, à prixraisonnable
& sans fraude, les vivres
&: autres choses dont ils aiiront
besoin pour eux & pour
ceux de leur fuite;le tout fous
les mêmes peines ci
-
dessus
mentionnées à l'égard desdits
Bourgeois & Communautez
,
que nous declarons par eux
encouruës de fait.
§. 4. Que si quelque Prince,
Comte, Baron, Homme de
guerre, Vassal Noble ou Inoble,
Bourgeois ou Communauté
de Villes, estoit assez
temeraire pour apporter quel*
que empêchement ou tendre
quelques embûches aux
teurs ou à leurs Deputez allant
pour l'Election d'un Roy
des Romainsou en revenant,
&les attaquer, offenser ou inquieter
en leurs perfonncs
eu en celles de leurs domestiques
, suite
, ou même en
leurséquipages, soit qu'ils
eussent demandé le fau£-cor&-
duit ordinaire
,
soit qu'ils
n'eussent pas jugé à propos de
le demander:Nous déclarons
celuy-là& tous ses complices,
avoir encouru de fait les susdites
peines, felon la qualité
des personnes
,
ainsi qu'il est
ci-dessus marque.
§. 5. Et même si un Prince
Electeuravoit quelqueinimitié
,
différentou procésavec
quelqu'unde ses Collègues>
cette querelle ne le doit point
empêcher de donner,enestant
requis,laditeconduite ôcef*
corte à l'autre ou à ses Députcz
pour ladite Elçéhop
,
à
peine de parjure & de perdre
sa voix en l'Election pour cette
fois-làseulement,comme ii.g
,esté dit ci-dessus.
§.6.Commeaussi,silesautres
Princes, Comtes, Barons,
Gens de guerre, Vaflfauî*
Nobles,& Inobles,Bourgeois
&: Communautez des-Ville$
vouloient du malà quelque
Electeur ou à plusieurs
, ou
s'il y avoirquelque diiïerenç
ou guerre entr'eux, ils ne laisferont
pas,sans contradiction
pu fraude aucune,deconduire
al' d'escorterle Prince Electeur,
ou lesPrinces Electeurs
ou leurs Députez ,foit en
allant au lieu où se devrafaire
l'Election, foit en s'en retournant
, s'ils veulent éviter les
peines dont ils font menacez
par cet Edit, lesquelles ils
encourront de fait au même
temps qu'ils en useront ment.¡;' autre-
§: 7. Et pour une plus gran- defermeté, & plus ample
assurance de toutes les choses
ci-dessusmentionnées ,Nous
voulons & ordonnons, Que
tous & chacun les Princes
Electeurs & autres Princes,
Comtes
,
Barons,Nobles
Villes; ou leurs Communautez,
promettent par Lettres ,
&par Serment toutes lesdites
choses
, & qu'ils s'obligent
de bonne foy & sans fraude
de les accomplir , &c mettre
en effet ; & que quiconque
refusera de donner telles Lettres,
encoure defait les peines
ordonnées, pour estre executées
contre les refufans
,
selon
la £ondizinii des personnes.
§. 8. Que si quelque Prince
Electeur ou autre Prince
relevantde l'Empire
,
de quelque
qualité ou condition qu'ii soit, Comtes
,
Barons ou
Gentilhommes, leursSuccesfeursou
Heritiers tenans des
Fiefs du saint Empire
,
refu*-
soit d'accomplir nos Ordonnances
6c Loix Impériales cidessus
ôc ci-aprés écrites, ou qu'il
qu'il eût la presomption d'y
contrevenir ,
liceftunrElec*
teur , que dés-lors ses Coélecteurs
l'excluënt dorenavant
de leur Société,& qu'il soit
privé de savoix pour l'Election
&de la place, de la Dignité
& du Droit de P rince Elec., ,
teur ; & qu'il ne soit point
investi des Fiefs qu'il tiendra
du saint Empire Et si c'efl;
quelqu'autre Princeou
Gentilhomme (comme il a
esté dit ) quicontrevienne
àces mêmes Loix, qu'il ne
foit. point non plus investi
de Fiefs qu'il peut tenir de
l'Empire, oudequi quece
soitqu'il les tienne, &cependant
,qu'ilencoure dés-lors
lesmêmepeinespersonnelles
c§i-d.cElius tspécifiées. 1; encore quehîous
entendions & ordonnonsque
tous les Princes, Comtes,
Barons, Gentils- h01îlmeS:,
Gens deguerre, Vassaux; VisJ.
les & Communautez soient
obligezindifferemment de
donner ladite escorte Se. conduite
à chaque Electeur ou
à ses Deputez, comme il a
esté dit;Nous avons toutesfois
estimé à propos d'assigner
à chaque Electeur une escorte
& des conducteurs particuliers,
selonles pays & leslieux
où il aura à passer,comme il
se verra plus amplement par
ce qui fuit.
§.io. Premierement, le
Roy deBohemeArchiéchançon
du SaintEmpire, sera
conduit par l'Archevêque de
Mayence,parlesEvêquesde
Bamberg &de Virtzbourg,
par les Bourgraves de Nuremberg
, par ceux de Hohenloë,
deVertheim, de Bruneck &
de Hanau, &. par les Villesde
Nuremberg
,
de Rotembourg,
&deW indesteim.
- ii. L'Archevêque de
Cologne Archichancelier du
saint Empire en Italie, sera
conduit par desArchevêques
de Mayence & de Tréves,par
le Comte Palatin du Rhin^
par le LandgravedeHesse,
parlesComtes de Catzenellenbogen
,
de NafTaw ,
de
Dierz
,
d'Issembourg de
Westerbourg
-1
de Runc KC^r,
de Limbourg & de Falckenstein
,
& par les Villes de wetzlar
, de Geylnhaufen & de
Fridberg. ---»
§. 12. L'Archevêque de
Tréves Archichancelier du
saint Empire dans lesGaules
& au Royaume d'Arles, sera
conduit par l'Archevêque de
Mayence, par les Comtes Palatin
du Rhin, par lesComtes
de Spanheim & de Veldens,
par les Bourgraves&Wildgraves
de Nassavv, d'!ffem.L
bourg, de Westerbourg, de
deRanckel
,
de Limbourg, de Dietz
,
deCatzenellebogon
,
d'Eppenstein& de Falckenstein
,&parlaVille de
Mayence.
- v,$. 14Le Comte Palatin du
Rhin Archimaîtredu saint
Empire, fera conduit par
l'Archevêque de Mayence.
§. 14. Le Duc de Saxe Archimarêchal
du saint Empire,
seraconduit par le Roi de
Bohême, les Archevêques de
Mayence &: de Magdebourg,
les Evêques de Bamberg 8c
de Wirtzbourg, le Marquis
de Misnie, le Langravede
Hesse, les Abbez de Fulden
& de Hirchsfelt
,
les Bouc*-
graves de Nuremberg
, ceux
de Hohenloë,de Wertheim, de Bruneck
,
de Hanau)'cS¿: de
Falckenstein ; commeaussipar
les Villesd'Erford,Mulhausen
,, Nuremberg
, Rotembourg
&: Windesheim.
§«1j.Et tousceuxvieQ^•
nent d'estre nommez seront
pareillement tenus de conduire
le Marquis de BrandebEourgmArchpichanicerlieer
d.u s.
: §. 16.Voulons en outre,&
ordonnons expressément que
chaque Prince Electeur qui
voudra avoir tel sauf-conduit
&i escorte, le fasse duëment
sçavoir à ceux par lesquelsil
voudra estre conduit& escorté
,
leur indiquant le chemin
qu'il prendra; afin que
ceux qui font ordonnezpour
ladite conduite, & qui en auront
esté ainsi requis, s'y puissent
preparer commodement
& assez à temps. : §.17. Declarons toutefois,
jque les presentes Constitutions
faites àú sujet'deladittè
conduite,doivent estre entenduës,
en forte que chacun
dessus-nommez , ou toutau-*
tre qui n'a pas peut-êtreesté
ci-dessus dénommé à qui dans
le cas susdit il arrivera d'efirè
requis de fournir ladite con.
duite & escorte, foit obligé
de la donner dans ses Terres
& Pays feulement
, & même
au de-là, si loin qu'il le pourra,
le tout sans fraude, fous
lmes peineés cie- desssus e.xpri* • $. 18. Mandons & Ordonnons
de plus, que l'Archevê^
que de
-
Mayence qui tiendri
alors leSiege, envoye ses Let:..
tres Patentes par Couriers êxprés,
à chacundesditsaut4:ci
Princes Electeurs Ecclesiastiques
6c Seculiers
,
ses CoHejot
gues , pour leur intimer ladite
Election
; & que dans ces
Lettres soit exprimé le jour
& le terme dans lequel vraisemblablemeut
elles pourront
estre renduës à chacun deces
Princes.
§. 19. Ces Lettrescontiendront,
que dans trois mois, à
compter du jour qui y feraexr
primé, tous & chacun les
Princes Electeurs ayent à fit
rendre à Francfort sur leMein
en personne
, ou à y envoyer
leurs Ambassadeurs
, par eux
autentiquement autorisez &
munis de Procuration valable,
• iîgnée de leur main &: scellée
de leur grand Sceau,pourproceder
ceder à l'Election d'un Roy
des Romains futur Empereur.
§. 20. Or comment & en
quelle forme ces fortes de
Lettresdoivent estre dressées,
&quelle solemnité y doitestre
observée inviolablement, &e;i
quelle forme & maniere les
Princes Electeurs auront à
dresser&faire leurs Pouvoirs,
Mandemens 8>C Procurations
pour les Députez qu'ilsvoudront
envoyer à l'Election;
cela se trouvera plus clairement
exprimé à la fin de la
présente Ordonnance;laquelleforme
en cet endroit prescrite,
Ordonnons de nostre
pleine Puissance &: Autorité
Imperiale, estreen tout &:
par tout observée.
§..il. QiiFind les choses
serontvenuës à cepoint,que
la nouvellecertaine de lamort
.dç l'Empereur ouduRoydes
Romains sera arrivéedansle
Diocese de Mayence, Nous
commandons ôç ordonnons,
que dés-lors
,
dans l'espace
d'un mois, àcompter du jour
de l'avis reçu de cette piort
l'Archevêque de Mayence par
sesLettres Patentes en donne
part aux autres Princes Electeurs
, & fasse l'intimation
dontilest ci-dessusparlé. Que
il par hasard cet Archevêque
négligeoit ouapportoit de la
lenteur à faire ladite intimation
,
alors les autres Princes
Electeurs, de leurpropremouvement,
sans mêmeetreàpgellez
, & par lafidelité avec laquelle
ils sont obligez d'assisterle
saint Empire
,
se rendront
dans trois mois( ainsi
qu'il aesté dit) en ladite Ville
cleFrancfort, pour élire un
Roy des Romains futur Empereur.
§. il. Or chacun des Princes
Electeurs ou ses Ambassadeurs
, ne pourront entrer
dans le temps de ladite Election
en ladite Ville de Francfort
,qu'avec deux cent chevaux
feulement, parmi lesquels
il pourra y avoir cin-
; quante Cavaliers armez, ou
moins s'il veut, mais non pas
davantage.
§. 2 3. Le Prince Electeur
ainsi appellé & invité à cette
.Election^ & n'yvenant t\-s
ou n'y envoyantpasks Anibai--
sadeurs avec ses Lettres Patentes
scellées de son grand
Sceau, contenant un plein,
libre&entier pouvoir d'élire
un RoydesRomains, ou bien y
estant venu ou y ayant envoyé à
son deffaut les Ambassadeurs,
si ensuitelemême Prince
ou lesdits Ambassadeurs se
retiroient du lieu de l'Election
avant que le Roy desRomainsfutur
Empereur eust
esté élû) & sans avoir substituésolemnellement&
latRë
un, Procureur legitime, afin
d'y agir pour ce que dessus
,
que pour cette fois il soit privé
de sa voix pour l'^Icjfbion
& du Droit qu'il y avoit §c
(Ju'il aainsi abandonné.
§. 24. Enjoignons &mandons
aussiauxBourgeois de
Francfort, qu'en vertu du Serment
que Nous voulons qu'ils
prêtentàcette fin sur les fuints
Evangiles, ils ayent à proteger&
a"defféndCfe avec tout
foin,fidélité &vigilance,tous
nlees rParli,nces Elet-i-etirs en ge- &unchacund'eux en
particulier ; ensemble leurs
gens ,
<k chacun .desdeux
crnc Cavaliers qu'ils auront
amenez en laditeVille
, contre
toute insulte &attaque,
en cas qu'il arrivast quelque
dispute ou querelle entr'eux
,
&: ce envers &: contre tous; à faute de quoy encourront
la peine .de parjure, avec p?rte
de tous leurs Droits,Libertez,
Graces & Indults
qu'ils tiennent ou pourront
tenirduSaint Empire : & serontdésaussi-
tost mis avec
leurs Personnes & tous leurs
bièns
, au Banc Imperial: Et
dés-lors comme dés-à-prefent
, il fera loisible à tout
Homme de sa propre autorité
, sans estre obligé de recourirà
aucun Magistrat, d'attaquer
impunément ces inemes
Bourgeois, que nous privons
en ce cas dés-à-present
comme pour lors de tout
Droit, comme traîtres, infidelles
& rebelles à l'Empire ;
sans que ceux qui les attaqueront
pour ce sujet en doivent
apprehender,aucune punition
de la part du saintEmpire,ou
d'aucune autre-,par , §.25.Deplus, lesdits Bourgeoisde
laVille de Francfort
n'introduiront & ne permettront
fous quelque pretexte
que ce soit, de laisser entrer
en leur Ville aucun Etranger,
de quelque condition ou qualité
qu'il puisse estre, pendant
tout le temps qu'on procedera
à l'Election, à l'exception seulement
des Princes Electeurs,
leurs Deputez ou Procureurs,
chacun desquels pourra faire
entrer deux cent chevaux,
comme il a esté dit.
§. 16. Mais si après l'entrée
des mêmes Electeurs il se
trouvoit dans la Ville ou en
leur presence quelqueEtranger,
lesdits Bourgeoisen conséquence
du Serment qu'ils
aurontprêté pour ce sujet en
vertu de la presence Ordonnance
sur les saints Evangiles (comme il a esté ci -devant
marqué ) feront obligez de les'
faire sortir incontinent êc sans
retardement, fous les mêmes
peines ci-dessus prononcées
contre eux.
i>
Article II.
De l'Election du Roy des
ROrIJains.
§. I.APRE's que les Electeurs
ou leurs Plenipotentiaires
auront r1au leurs
entrées en la Ville de Francfort
, ils se transporteront le
lendemain du grand matin en
l'Eglise de Saint Barthelemy
Apôtre, &: là ils feront chanter
la Messe du Saint-Esprit,
&: yassisteront tous jusqu'à la
fin; afin que le même Saint-
Esprit éclairant leurs coeurs,
& répandant en eux la lumiere
de sa Vertu
,
ils puissent
estre fortifiez de son secours
pour élire Roy des Romains &
futur Empereur
, un Ho11me
juste, bon, &utile pour le salut
duPeuple Chrestien.
§. 2. Aussi-tost aprèsla Messe
, tous les Electeurs ou Plenipotentiairess'approcheront
de l'Autel où la Mené clé aura celebrée ; & là les Princes
Elèâréuri Ecclesiastiques,
l'Evangile de Saint Jean In
principio erat Verbum'dfcJ
estantexposée devant eux ,
mettront leurs mains avec reverence
sur la poitrine, & les
Princes Electeurs toucheront
réellement de leurs mains ledit
Evangile;àquoy tous avec
toute leur Famille assisteront
non-armez. Et alors l'Archevêque
de Mayence leur presentera
la forme du Serment;
& luy avec eux,&: eux ou les
Plenipotentiaires des absens
avec luy, prêteront le Serment
en cette maniere.
5* 3. Je N. Archevêque de
Mayence, Archichancelier du
Saint Empire en Allemagne &
Prince Electeur , jure sur ctf
SiilntsEvangilesky mis devant
moy , par la Foy avec laquelle je
suisobligé à Dieu dr au Saint
Empire Romain, que selon tout:
mon discernement, &jugement,
avec l'aide de Dieu
,
je veux élire
un Chef temporel auPeuple
Chrestien, c'est-à-dire un Roy
des Romains futur Empereur,
qui soit digne de l'estre autant
que par mon discernement &
mon jugement je le pourray connoistre
; ,& sur la même Foy je
donneray ma voix &monsuffrage
en ladite Election, sans aucun
pactenyesperance d'interest,
de récompense, ou de promesse,
0% d'aucune chosesemblable, de
quelquemanierequ'elle puisse
estre IlJpeUée. Ainsi Dieu m'aide
<&tous les Saints;
§. 4. Apres avoir preslc"Scr-,
ment en la forme & manieresusdite
,
fti fd1 te les Electeurs ou les
F il s o~t Ambassadeurs des absens procederont
à l'Election; & déslorsilsne
forciront plus dela
Ville de Francfort
,
.qu'aupav.
ravant ils n'ayent, àla pluralité
des voix,élû & donné ail
Monde ou au Peuple Chrêtien,
un Chef temporel,à
sfçauvoti ruunrREoymdpeseRroemuairn.s
§. 5. Que s'ilsdisseroient
de le E:ire dans trente jours
consecutifs,àcompterdujour
qu'ils auront presté le Serment
; alors,les trente jours
expirez ,ils n'auront, pour
nourriture que du pain &: de
Feau;&nc sortiront pas de la*».
dite Ville, qu'auparavant tous
oulaplus grande partie d'eux,
n'ayent élu unConducteur ou
Cheftemporel des Fidelles,
comme il aesté dit.
§. (y. Or après que les Electeurs
ou le plus grand nombre
d'eux l'aurontainsi élû dans
le même lieu
, cette Election
tiendra & fera réputée comme
si elle avoiresté faite par tous
unanimement sans contradiction
d'aucun.
§.7. Et si quelqu'un des Electeurs
ou desdits Ambassadeurs
avoit tardé quelque peu.cLe
tems à arriverà Francfort, ôc
quetoutefoisil yvintavantque •l'Ele&ionfr.fl: achevée;Nous
voulons qu'il soit admis à l'Election
en l'estat qu'elle se
trouvera lors de son arrivée.
§. 8.Et dautantque par une
coutume ancienne, approuvée
,&. loüable
, tout cequi estcidessousécrita
esté invariablement
observéjusqu'à pretent;
Nous, pour cette raison, voulons
&: ordonnons, de nostre
pleine puissance &: autorité
Imperiale, qu'à l'avenir celuy
qui dela maniere susdite aura
^fté élû Roy des Romains,
auaI-tofi après son Election
&C avant qu'il puisse se mesler
4e l'administration des autres
affaires de l'Empire.coiifiriiie
& approuve sans aucun délay,
par ses Lettres & son Sceau,
à tous & chacun les Princes
ElecteursEcclesiastiques&
Seculiers, comme aux principaux
Membres de l'Empire,
tous leurs Privileges,Lettres,
Droits, Libertez,Immunitez
,
Concessions anciennes
Coutumes & Dignitez,&
tout ce qu'ils ont obtenu ex;
possedé de l'Empire jusques au
jour de tonElection;&: qu'aprés
qu'il aura esté couronné
de la Couronne Imperiale, il
leur confirme de nouveautoutes
les choses susdites.
§. 9. Cette confirmation
fera faite par le Prince élua.
chacun des Princes L-leâeurs
en particulier, premierement
sous le Nom de Roy, & puis
renouvellée fous le Titre
d'Empereur
: Et fera tenu ledit
Prince élu d'y maintenir
sans fraude & de son bonmou*
vement les mêmes Princesen
général, &c chacun d'eux en
particulier; bien loin de leur
y donner aucun trouble ou
empêchement.
§. 10. Voulons enfin, & ordonnons
qu'au cas que trois
Electeurs presens, ou les Ambassadeurs.
des absenséliferçt.
un quatrième d'entr'eux, (çar
voir un Prince Elet[e-lli- present
ou absent, Roy des Romains
; lavoixde cet éllîs'il
est present,oulavoix de ses
Ambaissadeurs,s'il cil; absent,
ait sa vigueur & augmente Σ
nombre & la plus grande partie
des élisans, à l'instar des
autres Princes Electeurs,
ARTICLEIII.
'F>e la Séance des Archevêques
-
de Tréves, de CQtogm
drdeM-ayence. ,
9
A#nom de Lifaidtc{jr iiïdifViJi->
hle Trinité, d? à nojfreplus
grand bonheur. Ainsi soit-il.
iCgHraAcReLES IV.par la
de Dieu Empereur
des Romains, toujours Auguste&
Roy de Boheme; 'l
*kmémoire perpetuelle de la
chose.
§.I.L'union & la concordedes
venerables&illustres.
Princes Eleveurs, fait l'ornement
& la gloire du saint
Empire Romain, l'honneur
de la Majesté Impériale
, &:
l'avantage des autres Etats de
cette Republique, dont ces
Princes soutiennent l'édifice
sacré, comme en estant les
principales colonnes, par leur
pieté égale à leur prudence
: cesont euxaussi qui for.,.
tissent le bras de la PuiOEltlCC
Imperiale;& l'on peut dire
que plus le noeud de leuramitié
mutuelle s'étreint, plus le
Peuple chrestien joüit abondamment
de toutes les commoditez
qu'apporte la Paix &
la tranquillité.
§. 2. C'est pourquoy,pour
doresnavant prévenir lesdifputes
& les jalousies qui pourtoieht
naître entre les venetables
Archevêques de Mayeince,
de Cologne & de Tréves,
Princes Electeurs du Saint
Empire, à cause de la primauté
& du rang qu'ils doivent
avoir pour leursSéances
dans les Assemblées Imperiales
& Royales, & faire
en forte qu'ils demeurent entr'eux
dans un estattranquille
de coeur & d'esprit
,
& puissenttravailler
unanimement&
employer tous leurssoins aux
affaires & aux avantages du
saint Empire pour laconsolation
du Peuple Chrestien ;
Nous avons, par délibération
& par le Conseil de tousles
Electeurs, tant Ecclesiastiques
que Seculiers, arresté & oih
donné, arrestons & ordonnons
,
de nostre pleine Puissance
& Autorité Imperiale,
par ce present nostreEditperpetuel
& irrévocable
, que lesdics
vénérables Archevêques
auront Séance; sçavoir celuy
de Trevesvis-à-vis la face
de l'Empereur ;celuy de
Mayence, soit en ion Diocese
& en saProvince, soit même
hors de sa Province dans,
l'étenduë de la Chancellerie
Allemande, excepté en laProvince
de Cologne seulement,,.
à la main droite de l'Empereur
;ainsi que l'Archevêque
de Cologne l'aura en sa Province
& en fôn Diocese
, &:
hors de sa Province en toute
l'Italie & en France,àla
main droite de l'Empereur,
&: ce en tous les Actes publics
Impériaux , de même
qu'aux Jugemens, Collations,
Investitures desFiefs,Festins,
Conseils& en toutes leurs
autres Assemblées où il s'agira&
se traitera de l'honneur
& du bien de l'Empire Romain.
Voulantquecet ordre
de Séance foit observé entre
lesdits Archevêques de Colo-"*
gne, de Tréves & de Mayence
, & de leurs Successeurs cU
perpetuité
,
sans que l'on puisse
à jamais y apporter aucun
changement,ou y former aucune
contestation,
ArticleIV.
*Der Princes Electeurs en
commun.
§.1.oRdonnons aussi, que
coûtes les sois que
l'Empereur ou le Roy desRomains
se trouvera assis dans
les Assemblées Impériales,
foit au Conseil, à table, ou
eh toute autre rencontre avec
les Princes Electeurs, le Roy
de Boheme, comme le Prince
couronné &: sacré,occupela
la premiere place immédiatement
après l'Archevêque de
Mayence ou celuy de Cologne;
sçavoir après celuy d'eux deux
qui pour lors
,
selon la qualité
des lieux & varieté des Provinces
,
fera assis au cofté droit
de l'Empereur ou du Roy des
Romains
,
suivant la teneur de
son Privilege; &que le Comte
Palatin occupe aprés luy la
seconde place du même costé
droit : qu'aucofté gauche le
Ducde Saxe occupe la première
place aprèsl'Archevêque
qui fera assis à la main
gauchede l'Empereur;& que
le
,.
Marquis de Brandebourg
se mettra après le Duc de
Saxe. §.2.Toutes & quantefois
que le Saint Empire viendra
à vacquer ,
l'Archevêque de
Mayence aura le pouvoir qu'il
a eu d'ancienneté
,
d'inviter
jfar "LcttÉe's'les ancresPHT^
des sesConfreresdevenir àx
l'Election.
§. ~34
Touslesquels,ouceux
d'entr'eux qui auront pû ou
vtmluaflïftcr à ladite Elèétion
eilantalIèrnblez pour yprôceder
, ce fera à l'Electeur de
Mayence &: non à un autre ,de
-rêciieillir particulièrementles
voix de ce-Electeurs,enl'or-*'
dtoc fuivann I;*> -
era pre ic-@
;
§. 4. Il demanderapremier
rèment l'avis à l'Archevêque
de Trêves,àqui nousdeclarons
que le premier sutfrage
appartient,ainsî que nôus
avons trouvé qu'il luy avoio
appartenu jusqu'à present. Serondement
,àl'Archevêqud
deCologne, à qui appartient
l'honneur
l'honneur & l'office de mettre
le premierleDiadème sur la
teste du Roy des Romains.
Troisiémement
, au Roy de
Boheme qui tient laprimauté
par l'Eminence,le droit & le
mérité de sa Dignité Royale
entre les Electeurs Laïques.
En quatrième lieu
, au Comte
Palatin du Rhin. En cinquième
lieu, au Duc de Saxe; &.
en sixiéme lieu, auMarquis
de Brandebourg. L'A rchevêl-
que de Mayence ayant ainsi &:
en l'ordre susdit, recüeilli les
suffrages de tous, fera en- tendre aux Princes ses Confreres
& leur découvrira [es.
intentions, &: à qui il donne
sa voix, en estant par eux requis.
§. y'. Ordonnons aufh'qu'-
aux ceremonies des Festins
Imperiaux, le Marquis de
Brandebourg donnera l'eau à
laver les mains à l'Empereur
ou au Roy des Romains; le
Roy deBohême lui donnera la
pemiere fois à boire, (lequel
service toute-fois il ne serapas
tenu de rendre avec la Couronne
Royale sur la téte, conformément
aux Privilèges de
son Royaume, s'il ne le veut
de sa propre & libre volonté;)
le Comte Palatin du Ii. hin fera
tenu d'apporter la viandè; 8c
le Duc de Saxe exercera sa
charge d'Archi-marecchal ,
comme il a accoûtumé de faire
de toute ancienneté.
ARTICLE V.
Du Droit dIt Comte Palatirs
duRhin,&duDuc.
1. de Saxe.
§.I. DE plus, toutes les
fois ques le saint
Empire viendra à vaquer
comme il cfi dit, l'liluiti'e
Comte Palatin du Rhin Archimaître
du saint Empire Romain
,
fera l roviseur ou Vicaire
de l'impire dans les
partiedu Rhin& de la Suabc,,
& de la Jurisdiction de Franconie,
à cause de sa Principauté,
ou du Privilège du
ComtéPalatin, avec pouvoir
d'administrer la Jllfijce.,j- de
nommeraux Benefices -Ecc1e.,
siastiques, de recevoir le revenu
de l'Empire,,d'investir
des Fiefs,&de recevoirlesfoi
& hommages de la part & au
nom du saint Empire; coures
lesquelles choses toutefois seront
renouvellées en leur terris
par le Roy des Romains après
dûy auquel les foi & hommages
devront être de nouveau
prêtez ; à la reserve des Fiefs
des Princes, & de ceux qui se
donnent ordinairement avec
l'étendart,dontnous reservons
spécialement l'invèstiture & la
collation à l'Empereur seul ou
au Roy des Romains. Le
Comte Palatin sçaura toutefois
qu'illui est défendu exjsireffement
d'aliénner ou d'eri.
gager aucune chose appartenant
à l'Empire, pendant le
temps de son Administration
ouVicariat.
§. 2. Et Nousvoulons que
l'Illustre Duc de Saxe Archimareschal
du saint Empire
joüisse du mêmedroitd'Administration
dans les lieux où le
droit Saxon est observé, en
toutes les mêmes maniéres&.
cfonpditeioncs qiuitftonet cei-dseum.s
§. 3. Et quoi-que parune
coustume fort ancienne il ait
esté introduit que l'Empereur
ou le Roy des Romains cR:
obligéderépondre dans les
causesintentées contre luipardevant
le Comte Palatin du
Rhin Archimaistre, Prince
Electeur du saint Empire>leK
dit Cpmte Palatin ne pourra
toutefois exercer cette Jurisdiction
qu'en la Cour Impériale
où l'Empereur ou leRoy
des Romainsfera present en
personne,&:nonailleurs.
ARTICLE VI.
,De la compawifoM des Princes
ElecteuPrrsiancveesccomlmeusnasu. tres
NOU s ordonnons qu'en
toutes les Cérémonies
& Assemblées de la Cour Impériale
qui feront doresnavant
&: à l'avenir; les Princes Electeurs
Ecclesiastiques & Séculiers
tiendront invariablement
leursplaces à droite &à
gauche,selon l'ordre &:J«i
maniéré prescrite; ôc que nul
autre Prince,de quelque Etat,
dignitéPrééminence ou qualité
qu'il soit, ne leur puisse
être ou à aucuns d'eux,préféré
en aucunes actions quelconques
qui regarde, les Assemblées
Impériales, Toit en marchant
, séant ou demeurant
debout; avec cette condition
expresse, que le Roy de
Boheme nommément, précédera
invariablement dans toute?
& chacunes lesactions &:
célébrationssusdites des Assemblées
Imperiales, toutau-
,.tre Roy
,
quelque dignitéou
Prérogative particulière qu~ii
puisseavoir, & pour quelque
causeoucas qu'il y puissevenir
ou assister.
ARTICLE VII.
De la fùceejjion des Princes
Electeurs.
Au Nom de tif sainte & tndî~
visible Trinté, & à nojhré
plus grand bonheur. Ainjisoit-
il. cHARLES Quatrième
par la
-
grace de Dieu
Empereur des Romains toûjours
Auguste &: Roy de Bohême
; à la mémoire perpértuclte
delachose. 1
--
§. I. Parmi les soins inrion*
: brables que nous apportons
journellement pourmettre en1
un état heureux le saint Empire,
oùnousprésidons par
l'assistance duSeigneur,nôtre
principale aplication est à faire
fleurir & à entretenir toujours
parmi les Princes Electeurs du
saint Empire, une Unionsalutaire&
une concorde&charité
sincere, estant certain que
leurs conseils font d'autant
plus utiles au Monde Chrestien,
qu'ils se trouvent éloignez
de toute erreur; que la
Charité regne plus purement
entre eux; que tout doute en
est banni; &: que les droits
d'un chacunsont clairement
,diecllarez & specifiez.Certes, cftgeneralement manifesté
& notoire àtout le Monde,
que les Illustres le Roy de
Boheme, le Comte Palatin du
Rhin, le Duc de Saxe &: le
Marquis de Brandebourg : le
premier envertude son Royaume
, & les autres en vertu
de leurs Principautez, ont
droit, voix&séanceen l'tlection
du Roy des Romains futur
Empereur, avec les Princes
Ecclesiastiques leurs Coélec-
.'teints, avec lesquels ils sont
tous reputez, comme ils sont
en effet, vrais & légitimés
-
Princes Electeurs du saint
Empire.
§. 2. Néanmoins
,
afinqu'à
-l'avenir onjie puisse fufclcer
;¡aucun sujet de scandale & de
division entre les Fils de ces Princes Electeurs Seculiers,,
touchant lesdits droit, voix
&&: faculté d'élection ; SC
qu'àinsi le bien public ne cour- te aucun risque d'estre retardé
ou troublé par des délais dangereux
; Nous, avec l'aide de
Dieu, desirant en prévenir les
perils à venir.
§. ;. Statuons &: ordonnons
,
de notrePuissance &
Autorité Iir periale, par la presente
Loi perpetuelle, que cas
avenant que lesdits Princes
Electeurs Seculiers, &: quelqu'un
d'eux viennent à deceder,
le droit, la voix,& le
pouvoir d'élire, fera dévolu
librement & Las contradiction
de qui que ce (cit) à îoà
Fils aîné légitimé & laïque ;&
en cas que l'aîné ne fust plus
au monde, au Fils aînédel'ainé
semblablementlaïque.
§. 4. Et si ledit Fils aîné,
venoit à mourir sans laisser
d'enfansmâleslegitimes Iaft
ques, le droit, la voix &, le
pouvoir de l'élection feront
dévolus en vertu du presens
Edit, à son Frere puîné descenduen
ligne directe légitime
paternelle, & ensuite au Fîfé
aîné laïque de celui-ci.
§. y. Cette succession des
aînez &: des Héritiers de ces
Princes fera perpétuellement
observée en ce qui regarde le
sdurositd,liat. vvooiixx,. Ô&C le ppoouuvvooiirr
l, §. 6. A cette condition&
en sorte toutefois, que si le
Prince Eleaeur ou son Fils
aîné, ou le Filspuisné laïque
venoit à deceder, laissant des
Heritiers mâles legitimes laïques
mineurs, le plusâgé
Frere de ce désunt aîné fera
Tuteur &Administrateur desdits
mineurs
,
jusqu'à ce que
l'aîné d'entr'eux ait atteint
l'âge légitime »
lequel âge en
^in Prince Electeur, voulons
ordonnons estre à toujours
dedix-huit ans accomplis ; &
lorsquel'Electeur mineur aujra
atteint cet âge,son Tuteur
ou Administrateur fera tenu
de luy remettre incontinent
& entièrement le droit
,
la
yoix & le pouvoir avec l'Qf;
jrr
fices d;gieéteur ,Se généralement
tout ce qui en dé..
pend. .:tJ §. 7. Etsi quelqu'une deces
Principautez venoitàvacquer
au profit de l'Empire
,
l'Em",
pereur ou le Roy des Romains
d'alors en pourra disposer
comme d'une chose dévoluë
légitimement à luy &
au saintEmpire.
§. 8. Sans préjudice néan~
moins des Privileges,Droits
& Coutumes de nostre Royaume
de Boheme
,
pour ce qui
regardel'Election d'un nouveau
Royen cas de vaccance;
en vertu desquels les Regnicoles
de Boheme peuvent élire
un Roy de Boheme suivant
la Coutume observée detout
temps , &: la teneur desdits
Priviléges obtenus des Empereurs
ou Rois nos Predecesseurs
; ausquels Privilèges
1Nous n'entendons nullement
prejudicier par la presente
Sanction Imperiale, au contraire
ordonnons expressement
que nostredit Royaume
y soit maintenu
,
& que ses
Privilegesluy soient confervez
à perpétuité
,
selon leur
forme & teneur.
Article VIII.
De 1,Immunité du Roy de Bohê*
, ~me3& des Habitans audit
Royaume.
Ski.cOMME les Empe»
reurs & Rois nos
Predecesseurs ont accordé
aux Illustres Rois de Boheme
nos Ayeuls&Predecesseurs,
aussi-bien qu'au Royaume ÔC
à la Couronne de Boheme , Je Privilege qui par grace a
esté accordé & qui a eu son
effet dans ledit Royaume, sans
interruption dèpuis un temps
immemorial, par une lo.üa.
ble Coutume incontestablement
observée pendant tout
ce temps &: prescrite par l'ufage,
sans contradiction 8c interruption
aucune, qui est
qu'aucun Prince, Baron
Noble, Homme de , guerre,
Vassal, Bourgeois, Habitant,
Paisan & autre personne de
ce Royaume & de ses appartenances,
de quelque Etat,
Dignité,Prééminence ou
condition qu'il puisse être, ne
puisse pour quelque cause ou
fous quelque prétexte, ou par
quelque personne que ce soit,
être ajourné & cité hors le
Royaume &: pardevant d'autre
Tribunal, que celui du Roy
de Boheme &; des juges de sa
Cour Royale. Nous, desirans
renouveller &: confirmerledit
Induit,Usage&Privilege,Ordonnons
de nostre autorité &:
pleine Puissance Imperiale, par
cette Constitution perpetuelle
& irrévocable à toujours, que
si nonobstant ce Privilege,
Coûtume & Indult, quelque
Prince, Baron, Noble, Vassal,
Bourgeois ou Paisan,ouquelque,
autre personne susdite
, étoitcité ou ajourné à quelque
Tribunal que ce fut hors du
Royaume, pour cause quelconque
civile, criminelle ou
mixte, il ne foit nullement
tenu d'y comparoistre &: d'y
répond re, en aucun temps, en
personne ou parProcureur:Et
1 le Juge étranger &: qui ne
demeure point dans le Royaume,
quelque autorité qu'il
.air, ne laisse pas de proceder
contre les Défaillans ou le non
Comparant, & de passer outre
jusques à Jugementinterlocutoire
on definitif, &de rendre
.une ou plusieurs Sentences
.<lans les Causes &: Affaires
susdites., dequelque maniere
que cesoit;Nous déclarons,
de nostre Autorité & pleine
Puissence Imperiale, toutes
lesditesCitations, Commandemens
,P rocédures,Sentences
&: executions faitesen
consequence generaloment
quelconques, nulles. &de nul
effet,sansqu'il puisse <eftt?è
.., ïienexecutéou attentéaupréjudice
de ce Privilege.
§. 2. Surquoi Nous ajouicons
expressement & ordonjnons
par cet Edit Imperial,
perpetuel &: irrévocable,de
la même pleine Puissance &
Autorité;que comme dans ledit
Royaume de Boheme ila
été toujours & de tems immémorial
observé, il ne soit
permis à aucun Prince, Baron,
Noble, Homme de guerre,
Vassal, Citoyen, Bourgeois,
JPaïfan, ou tout autre Habitant
du Royaume de Boheme susdit,
de quelque Etat, Prééminence,
Dignité ou condition
qu'il foit, d'appeller à tout
autre Tribunal de quelcon<
tues, Procedures, Sentences
interlocutoires& définitives,
Mandemens ou Jugemens du
Roy de Boheme ou de ses
Juges; comme aussi de l'execution
desdites Sentences
--& jugemens rendus contre
acun d'eux, par le Roy ou
par les Tribunaux du Roy,
du Royaume &: des autres
Juges susdits, &C s'il arrive
qu'au préjudice de ce que
l'on interjette de tels appels,
qu'ilssoientdéclarez nuls ,(&
que les Appellans encourent
dés-lors réellement & de fait
la peine de leur Cause.
ARTICLEIX.
DesMinés d'or, d'Argent d.-
autres Métaux, NOu s ordonnons par la
presente Constitution
perpetuelle &: irrévocable
, & déclarons denostre Science
, que nos Successeurs Rois
de Bohême
, comme aussi
tous &: chacuns les Princes
ElecteursEcclesiastiques &
Seculiers presens & à venir,
pourrontjustement & legitimement
avoir & posseder toutes
les Mines & Minieres
d'Or,d'Argent, d' E taim, de
Cuivre,de Fer & de Plomb
3. & de toutes fortes d'au res
Métaux ; comme aussi les Salines
découvertes ou qui se
découvriront avec le tir ps
en nostredit Royam e & dans
les Terres &: Pays sujets audit
Royaume
, ce même que
lesdits Princes dans leursPrincipautez
,
Terres, Domaines
& Appartenances, avec tous
Droits, sans en excepter aucun
, comme ils peuveut ou
ont accoutumé de les posseder.
Pourront aussi donner retraite
aux Juifs & recevoir à
l'avenir les Droits <5c les Peages
établis par le passé, tout
ainsi qu'il a esté Jusqu'à present
observé & pratiqué legU
timement par nos Predecesseurs
Rois de Boheme d'heureuse
memoire
,
& par les
Princes Electeurs
,
& leurs
Predecesseurs
,
suivant l'ancienne
,
loüable & approuvée
Coutume, & le cours d'un
temps immemorial.
Fermer
Résumé : BULLE D'OR. Au nom de la sainte & indivisible Trinité. Ainsi soit-il.
Le document 'BULLED'OR' expose les procédures et obligations relatives à l'élection du Roi des Romains et futur Empereur du Saint-Empire. Les Princes Électeurs doivent éviter les divisions et les querelles, et toute personne tentant de nuire à un Électeur encourt des sanctions. Tous les Princes Électeurs et autres princes doivent promettre par lettres et serment d'accomplir leurs obligations, sous peine de sanctions. Tout prince refusant d'accomplir les ordonnances impériales est exclu de la société des Électeurs et privé de ses droits et dignités. Chaque Électeur doit être escorté par des princes, comtes, barons, nobles, bourgeois, et communautés de villes spécifiques, selon les pays et lieux traversés. Après la nouvelle du décès de l'Empereur, l'Archevêque de Mayence informe les autres Électeurs, qui doivent se rendre à Francfort ou y envoyer des ambassadeurs pour procéder à l'élection. Les Électeurs ou leurs plénipotentiaires se rendent à l'église de Saint Barthélemy à Francfort, assistent à une messe, prêtent serment, et procèdent à l'élection d'un Roi des Romains. Les Électeurs jurent de choisir un chef temporel digne, sans pacte ni récompense, et donnent leur voix en conséquence. Si l'élection n'est pas réalisée dans les trente jours, les Électeurs ne reçoivent que du pain et de l'eau jusqu'à ce qu'un chef temporel soit élu. Un Électeur arrivant tard à Francfort peut être admis à l'élection en cours. Les procédures décrites doivent être observées invariablement, conformément aux coutumes anciennes et approuvées. Après son élection, le roi des Romains doit confirmer les privilèges, droits, libertés, immunités, et dignités des princes électeurs, tant ecclésiastiques que laïques, par des lettres et un sceau. Cette confirmation est renouvelée après son couronnement impérial. Les princes électeurs, par leur union et leur concorde, soutiennent l'édifice sacré du Saint-Empire Romain. Leur amitié mutuelle est essentielle pour la paix et la tranquillité du peuple chrétien. Lors des assemblées impériales, les archevêques de Trèves, de Mayence, et de Cologne ont des places spécifiques. Le roi de Bohême occupe la première place après l'archevêque de Mayence ou de Cologne, suivi du comte palatin, du duc de Saxe, et du marquis de Brandebourg. En cas de vacance de l'Empire, l'archevêque de Mayence invite les autres électeurs à l'élection. L'archevêque de Trèves donne le premier suffrage, celui de Cologne pose le diadème sur la tête du roi des Romains, et le roi de Bohême a la primauté parmi les électeurs laïques. Les princes électeurs sécularisés ont des droits spécifiques lors de l'élection du roi des Romains. En cas de décès d'un électeur, le droit de vote passe à son fils aîné légitime et laïque, ou à son frère puîné en ligne directe légitime. Si un électeur ou son fils aîné décède en laissant des héritiers mâles légitimes mineurs, le frère aîné du défunt devient tuteur et administrateur jusqu'à ce que l'aîné atteigne l'âge de dix-huit ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 62-81
Extrait de quelques reflexions par Mr M. D. M.
Début :
Pour juger du merite & de l'antiquité de ces [...]
Mots clefs :
Antiquité, Pierres, Paganisme, Église, Règne, Romains, Homme, Figure, Roi, Saint
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de quelques reflexions par Mr M. D. M.
Extrait de quelquesreflexions
par Mr M. D. l'vf.
Pour juger du
merite 5cde l'antiquitéde
ces monuments, il faut
distinguer deux temps, celuy
où ces pierresont esté
posées pourservir de son-i
dationsà un gros mur,&
celuy auquell'inscription
& les bas-reliefs ont esté
fats.
Le Roy Robert. qui
succeda à Hugues - Capec
son pere en 996. commença
l'Eglise deNostre-
Dame.
Avant le Roy Robert
il yavoit eu une autre ancienne
Eglise sur lesdémolirions
de laquelle on avoir
elevélanouvelle;l'on peut
prouver que les pierres
nouvellement découvertes
ont, par rapportàl'endroit
droit ou elles avoient esté
posées,une époque beaucoup
plus reculée que celle
du Roy Robert.
En effetdutemps. de
ChilpericRoy deSoissons
& de Paris,en595.Fredegondesa
veuve se transporta
dans cette Eglise
avec les threfors qu'elle
avoir,&fut reçue par Ragnemond
Eveique de Paris
successeur de (ainç Germain,
dont il est parlé dans
saint Gregoire de Tours.
Il n'y avonir qu'un lieçle
que nos Rois estoient en
possession de Paris lorsque
cePtélat écrivit son histoire.
,j'-:
On sçait d'ailleurs que
quand les premiers Chrestiens
eurent obtenu des
Empereurs le libre exercice
de leur Religion, les
Parisiensfirent bastir à la
pointe orientale de risle,
qui compose aujourd'huy
la Cité, une Chapelle dédiée
a la Vierge, à saint
Estienne)&àsaint Denys,
& l'onprétend que c'est
celle de saint Denys du Pas.
1 Ce ne feroit donc que
j dans la suite qu'ilyauroit
.- eu une seconde Eglisebat
flie par Childebert
vers l'an 522 & c'est
du temps de cette construâion
que l'on pourroit
conclure que les pierres
,
dont il s'agit auroient ser- videfondement.
,. 1 Ces pierres provenues
sans doute de quelques débris
d'Autels, ou autres
monuments du paganisme,
marquent en mesme
temps la destruécton- de
l'Idolâtrie dans Paris Se
le progrez que la Religion
y avoit fait depuis que
saintDenys y avoic prescherirvangile.
Plaine
Denys fut envoyé dans les
Gaules Tanzjo. la premiere
du regne de Trajan
Dece ,
fous le Pontificat
de saintFabien21 Pape.
Le Paganisme ne fut
aboliqu'en 312. après la
conversîon deConstantin
le Grand
Les peuples au delà du
Rhin depuisappeliez
François, entrèrent dans
les Gaules en 415*-.-• &
Merouée,aprèsla more
d"Àftius General des Romains,
se rendit maistre
de Paris, d'Orléans, Sens
& autres Villes vers l'an
455..TW£**43KJ£t>
ak Ensuite les François qui
la pluspartestoient Payens
idolatres
,
cesserent de
l'estre après la conversion *
du grand Clovis
, qui sut
baptisé en 416. & enfin
tout ce qui restoit de Temples
& de monuments du
Paganisme fut détruit l'an
554. par un Edit de Childebert,
ainsi ce feroit par
reconnoissance pour la
memoire de ce Prince, à
qui on attribue la fondation
de cerce seconde Eglise
,
qu'on avoic placé
son effigie la premiere de
nosvingnt-huit répresentées
sur le frontispice de
Nostre-Dame.
Cette premiere Epoque
du tem ps où les pierres
en question ont esté pofées
dans l'endroit où nous
les trouvons, nous conduit
à celle du temps de
Tibere, marquéeparl'inf.
cription qui est sur l'une de
ces pierres,dont voicy l'explicarion.
Sous leRegne de Tibère
CesarAuguste les Bateliers
Parisiens ont consacré publiquement
cet AutelaJupiter
tres-bon & très-grand - Sur les trois autres saces
de la mesme pierre on
voir en bas
-
relief des demi
figures, dont quelques
unes sontmutilées,d'hommes
vestus d'une espece
de tunique. Ily en a trois
dont chacun tient; une
lance avec un bouclier,
surl'un des costez on lit,
DENANI. Sur un autre
on lit E VRISES: & sur
un autre on lit .S B NA N I- v. I L O M les aay
[res lettres sonteffacées.
Par l'assemblage qu'on
a fait de deux autres pierres
qui se ra pportent l'une
à l'autre, & qui forment
une espece de cipe ou de
pilastre quarre presque
entier ,
de la hauteur de
trois pieds quatre pouces,
& de la largeur de deux,
pieds & demi. Il y a Curt
l'une des faces de ces deux
pierres qui n'en font qu'-
une
une la figuredeVulcain,
au dessus on lit VOLCANVS.
Sur une autre face
on voit une figure de Jupicer
debout, au dessus on
litI O VIS. Sur la face qui
fuit est la figure de profil
d'un homme qui, ayant le
bras droit élevé, tient de
la main droite une hache
dont il paroist vouloirabbattre
les branches d'un
arbre qui est devant luy.
On lit au dessusE SV S, &
sur la quatrième face on
voit entre des feüillages
trois oiseaux, dont l'un est
posésurlateste,& les deux
autres sur le corps d'un
taureau,au dessus on lit:
TARVOS TRIGARANVS.
La troisiéme pierre qui
a deux pieds trois pouces
de largeur, & un pied &
demi de hauteur, a d'un
cossé un homme de face,
on litCASTOR.Lecofté
qui iuit reprefenre une figure
à peu prés semblable,
qui ne peut estre que POL-
1vx.
Sur une autre face est un
vieillard avec de grandes
cornes, dans chacune desquelles
est passé un gros
anneau, on lit au dessus,
CERNVNNOS. Sur la
derniere face est la figure
d'un jeune homme tenant
de sa main gauche une
massuë, dont il menace un
Serpent qui paroist s'élever
contre luy au dessus
font quelques lettresfugitives
,
dont on ne découvre
que SI. R. le reste
esteffacé.
Il y a une quatrième
pierre, ayant à chaque
casié deux demi figures
deilinées d'un bon goust.
& sans infcriprion
:
elles
representent un homme
couvert d'une cuirasse à la
Romaine, tenant une lance
de la main droite, Lk
à coHe une femme coeffée
& vestuë comme nos
plus belles figures antiques
avec unbrasselet au
bras droit qui est nud.
Avant de faire quelques
observations sur ces
antiquitez qui font toutes
à peu près du temps de
Tibere,qui a régné vingttrois
ans, & est mort l'an
de salut37.Il estnecessaire
de ra ppeller succinctement
le temps qui a précédé
le regne de cetEmpereur
, par rapport aux
Parisïens ôc à leur Ville.
Les Romains avoient
desja conquis la Gaule
Narbonnoiie , Se receu
dans leur alliance quelques
autres Provinces de
la Celtique lorsqu'ils envoyèrent
une armee au
delà des Alpes fous la conduite
de Ju l es Cefar, tant
pour secourir leurs Alliez,
que pour loumettre le relie
des Gaules. La petite
ville deLuteceefroit pour
lors ca pitaledes Parviens ,
lesquels saisoien partie
des soixante & quatre peuples
separez en Citez disferenres,
quicomposoient
la Nation Gauloile avanc
les conquestes de Cesar.
lurece, ainsiqu'il est
rapportédans ses Commenraires,
fut soumise aux
Romains, après avoir resisté
deux fois à leur armée
commandée par Labienus
un des Lieutenants de Cefar.
Ce grand Capitaine
en avoic trouvéle(èjourfi
commode
,
qu'il y aVÇ>i.t
transféré les Estats Généraux.
Apres qu'il se fut
rendu maistre des Gaules,
la plus grandepartie, ainsi
que laVille de Lutece,
demeura fous la domination
des Romains pendant
environ 500. ans, car ce
ne fut que fous le règne
de Clovis
, comme jel'ay
desja remarqué, que nos
Ancestres s'affranchirent
entièrement de l'Empire
Romain, 7^
"i. Or les Gaulois estant
alors jainsi que les Romains,
engagez dans les
erreurs du Paganisme, adoroient
presque les mesmes
Divinitez
}
fous des
noms dlfferens, Jupiter,
Apollon, Mars & Mercure.
C'estoit chez les Gaulois,
YharanJ Mitra, Hesus, &
Theutates. Cesmonuments
que nous venons de décrire,
marquent que fous
le regne de Tibere, ils
avoient conservéd'autres
Dieux particuliers, te ls
que pouvoienteftreTARVOS,
TIGARANVS
,
& ce
vieillard à deux cornes,
qui a pour infcriprion
CERNVNNOS,comme
pour dire cornutus ; car cer
en langueCeltique, veut
dire corne, &c.
Mr M. D.
par Mr M. D. l'vf.
Pour juger du
merite 5cde l'antiquitéde
ces monuments, il faut
distinguer deux temps, celuy
où ces pierresont esté
posées pourservir de son-i
dationsà un gros mur,&
celuy auquell'inscription
& les bas-reliefs ont esté
fats.
Le Roy Robert. qui
succeda à Hugues - Capec
son pere en 996. commença
l'Eglise deNostre-
Dame.
Avant le Roy Robert
il yavoit eu une autre ancienne
Eglise sur lesdémolirions
de laquelle on avoir
elevélanouvelle;l'on peut
prouver que les pierres
nouvellement découvertes
ont, par rapportàl'endroit
droit ou elles avoient esté
posées,une époque beaucoup
plus reculée que celle
du Roy Robert.
En effetdutemps. de
ChilpericRoy deSoissons
& de Paris,en595.Fredegondesa
veuve se transporta
dans cette Eglise
avec les threfors qu'elle
avoir,&fut reçue par Ragnemond
Eveique de Paris
successeur de (ainç Germain,
dont il est parlé dans
saint Gregoire de Tours.
Il n'y avonir qu'un lieçle
que nos Rois estoient en
possession de Paris lorsque
cePtélat écrivit son histoire.
,j'-:
On sçait d'ailleurs que
quand les premiers Chrestiens
eurent obtenu des
Empereurs le libre exercice
de leur Religion, les
Parisiensfirent bastir à la
pointe orientale de risle,
qui compose aujourd'huy
la Cité, une Chapelle dédiée
a la Vierge, à saint
Estienne)&àsaint Denys,
& l'onprétend que c'est
celle de saint Denys du Pas.
1 Ce ne feroit donc que
j dans la suite qu'ilyauroit
.- eu une seconde Eglisebat
flie par Childebert
vers l'an 522 & c'est
du temps de cette construâion
que l'on pourroit
conclure que les pierres
,
dont il s'agit auroient ser- videfondement.
,. 1 Ces pierres provenues
sans doute de quelques débris
d'Autels, ou autres
monuments du paganisme,
marquent en mesme
temps la destruécton- de
l'Idolâtrie dans Paris Se
le progrez que la Religion
y avoit fait depuis que
saintDenys y avoic prescherirvangile.
Plaine
Denys fut envoyé dans les
Gaules Tanzjo. la premiere
du regne de Trajan
Dece ,
fous le Pontificat
de saintFabien21 Pape.
Le Paganisme ne fut
aboliqu'en 312. après la
conversîon deConstantin
le Grand
Les peuples au delà du
Rhin depuisappeliez
François, entrèrent dans
les Gaules en 415*-.-• &
Merouée,aprèsla more
d"Àftius General des Romains,
se rendit maistre
de Paris, d'Orléans, Sens
& autres Villes vers l'an
455..TW£**43KJ£t>
ak Ensuite les François qui
la pluspartestoient Payens
idolatres
,
cesserent de
l'estre après la conversion *
du grand Clovis
, qui sut
baptisé en 416. & enfin
tout ce qui restoit de Temples
& de monuments du
Paganisme fut détruit l'an
554. par un Edit de Childebert,
ainsi ce feroit par
reconnoissance pour la
memoire de ce Prince, à
qui on attribue la fondation
de cerce seconde Eglise
,
qu'on avoic placé
son effigie la premiere de
nosvingnt-huit répresentées
sur le frontispice de
Nostre-Dame.
Cette premiere Epoque
du tem ps où les pierres
en question ont esté pofées
dans l'endroit où nous
les trouvons, nous conduit
à celle du temps de
Tibere, marquéeparl'inf.
cription qui est sur l'une de
ces pierres,dont voicy l'explicarion.
Sous leRegne de Tibère
CesarAuguste les Bateliers
Parisiens ont consacré publiquement
cet AutelaJupiter
tres-bon & très-grand - Sur les trois autres saces
de la mesme pierre on
voir en bas
-
relief des demi
figures, dont quelques
unes sontmutilées,d'hommes
vestus d'une espece
de tunique. Ily en a trois
dont chacun tient; une
lance avec un bouclier,
surl'un des costez on lit,
DENANI. Sur un autre
on lit E VRISES: & sur
un autre on lit .S B NA N I- v. I L O M les aay
[res lettres sonteffacées.
Par l'assemblage qu'on
a fait de deux autres pierres
qui se ra pportent l'une
à l'autre, & qui forment
une espece de cipe ou de
pilastre quarre presque
entier ,
de la hauteur de
trois pieds quatre pouces,
& de la largeur de deux,
pieds & demi. Il y a Curt
l'une des faces de ces deux
pierres qui n'en font qu'-
une
une la figuredeVulcain,
au dessus on lit VOLCANVS.
Sur une autre face
on voit une figure de Jupicer
debout, au dessus on
litI O VIS. Sur la face qui
fuit est la figure de profil
d'un homme qui, ayant le
bras droit élevé, tient de
la main droite une hache
dont il paroist vouloirabbattre
les branches d'un
arbre qui est devant luy.
On lit au dessusE SV S, &
sur la quatrième face on
voit entre des feüillages
trois oiseaux, dont l'un est
posésurlateste,& les deux
autres sur le corps d'un
taureau,au dessus on lit:
TARVOS TRIGARANVS.
La troisiéme pierre qui
a deux pieds trois pouces
de largeur, & un pied &
demi de hauteur, a d'un
cossé un homme de face,
on litCASTOR.Lecofté
qui iuit reprefenre une figure
à peu prés semblable,
qui ne peut estre que POL-
1vx.
Sur une autre face est un
vieillard avec de grandes
cornes, dans chacune desquelles
est passé un gros
anneau, on lit au dessus,
CERNVNNOS. Sur la
derniere face est la figure
d'un jeune homme tenant
de sa main gauche une
massuë, dont il menace un
Serpent qui paroist s'élever
contre luy au dessus
font quelques lettresfugitives
,
dont on ne découvre
que SI. R. le reste
esteffacé.
Il y a une quatrième
pierre, ayant à chaque
casié deux demi figures
deilinées d'un bon goust.
& sans infcriprion
:
elles
representent un homme
couvert d'une cuirasse à la
Romaine, tenant une lance
de la main droite, Lk
à coHe une femme coeffée
& vestuë comme nos
plus belles figures antiques
avec unbrasselet au
bras droit qui est nud.
Avant de faire quelques
observations sur ces
antiquitez qui font toutes
à peu près du temps de
Tibere,qui a régné vingttrois
ans, & est mort l'an
de salut37.Il estnecessaire
de ra ppeller succinctement
le temps qui a précédé
le regne de cetEmpereur
, par rapport aux
Parisïens ôc à leur Ville.
Les Romains avoient
desja conquis la Gaule
Narbonnoiie , Se receu
dans leur alliance quelques
autres Provinces de
la Celtique lorsqu'ils envoyèrent
une armee au
delà des Alpes fous la conduite
de Ju l es Cefar, tant
pour secourir leurs Alliez,
que pour loumettre le relie
des Gaules. La petite
ville deLuteceefroit pour
lors ca pitaledes Parviens ,
lesquels saisoien partie
des soixante & quatre peuples
separez en Citez disferenres,
quicomposoient
la Nation Gauloile avanc
les conquestes de Cesar.
lurece, ainsiqu'il est
rapportédans ses Commenraires,
fut soumise aux
Romains, après avoir resisté
deux fois à leur armée
commandée par Labienus
un des Lieutenants de Cefar.
Ce grand Capitaine
en avoic trouvéle(èjourfi
commode
,
qu'il y aVÇ>i.t
transféré les Estats Généraux.
Apres qu'il se fut
rendu maistre des Gaules,
la plus grandepartie, ainsi
que laVille de Lutece,
demeura fous la domination
des Romains pendant
environ 500. ans, car ce
ne fut que fous le règne
de Clovis
, comme jel'ay
desja remarqué, que nos
Ancestres s'affranchirent
entièrement de l'Empire
Romain, 7^
"i. Or les Gaulois estant
alors jainsi que les Romains,
engagez dans les
erreurs du Paganisme, adoroient
presque les mesmes
Divinitez
}
fous des
noms dlfferens, Jupiter,
Apollon, Mars & Mercure.
C'estoit chez les Gaulois,
YharanJ Mitra, Hesus, &
Theutates. Cesmonuments
que nous venons de décrire,
marquent que fous
le regne de Tibere, ils
avoient conservéd'autres
Dieux particuliers, te ls
que pouvoienteftreTARVOS,
TIGARANVS
,
& ce
vieillard à deux cornes,
qui a pour infcriprion
CERNVNNOS,comme
pour dire cornutus ; car cer
en langueCeltique, veut
dire corne, &c.
Mr M. D.
Fermer
Résumé : Extrait de quelques reflexions par Mr M. D. M.
Le texte de Mr. M. D. l'vf. explore l'histoire et les monuments de l'église Notre-Dame de Paris, en distinguant deux phases principales : la pose des pierres pour un mur et l'ajout des inscriptions et bas-reliefs. La construction de l'église actuelle a commencé sous le règne du roi Robert, qui a succédé à Hugues Capet en 996. Avant cette période, une autre église existait, comme en témoignent des pierres récemment découvertes, antérieures au règne du roi Robert. Le texte mentionne également des événements historiques liés à Paris. En 595, Frédégonde, veuve de Chilpéric, a visité Paris. Les premiers chrétiens y avaient construit une chapelle dédiée à la Vierge, à saint Étienne et à saint Denys. Une seconde église aurait été érigée par Childebert vers 522, utilisant des pierres provenant de monuments païens, symbolisant ainsi la destruction de l'idolâtrie et la progression du christianisme. Le paganisme a été aboli en 312 après la conversion de Constantin le Grand. Les Francs, initialement païens, se sont convertis au christianisme après la conversion de Clovis en 496. En 554, un édit de Childebert a ordonné la destruction des temples et monuments païens. Le texte décrit également des pierres antiques découvertes, datées du règne de Tibère, portant des inscriptions et des bas-reliefs représentant des divinités gauloises et romaines. Ces monuments illustrent la coexistence des croyances païennes et chrétiennes à Paris avant la conversion des Francs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 439-446
REPONSE d'un Chanoine d' A*** à la demande proposée par un Chanoine de Beauvais sur Saint Oudard.
Début :
Le nom d'Oudard, Monsieur, sur lequel on écrit de Beauvais la Lettre [...]
Mots clefs :
Saint-Oudard, Saint, Évêque, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE d'un Chanoine d' A*** à la demande proposée par un Chanoine de Beauvais sur Saint Oudard.
REPONSE d'un Chanoine d'A***
à la demande proposée par un Cha
noine de Beauvais fur Saint Oudard.
Lenom ifutle
E nom d'Oudard , Monfieur , fur le
tre qui a été rendue publique dans le fe
cond Volume du Mercure de Decembre
dernier
440 MERCURE DE FRANCE
3
dernier , n'eft point à ce qu'il me parole
une chofe fort difficile à éclaircir . Il
n'eft pas neceffaire d'aller chercher le
fondement où l'origine de ce nom dans
le Pays de Liege , ni dans le Languedoc ,
ce n'eft ni S. Theodart , Evêque de Maftrech
, mort au 7. fiecle , & qui eft nommé
vulgairement S. Dodard , ni le faing
Evêque de Narbonne du même nom ,
mort au 9. qui ont fait naître le nom
fur lequel il paroît qu'on eft en peine.
Ce dernier eft celébre fur tout à Mon
tauban où il déceda. On prononce for
nom en deux fyllabes , & on dit S. Tho
dard , que quelques- uns écrivent mal
Saint Audard. Certe derniere maniere
d'écrire le nom du faint Evêque de Narbonne
, pourroit faire croire que celui
d'Oudard en auroit été formé ; mais
quoiqu'on ait des exemples de noms dont
les peuples ont limé les premieres lettres
& même dans des noms commençans
comme celui de Theodard , je fuis pers
fuadé qu'Oudard ne vient point de Theodard
, inais d'Odon , que c'en eft un derivé
, une espece d'allongement ou d'extenfion
affez femblable à celle des diminutifs
fi ufitez en Italie. La preuve que
je veux en rapporter à la fatisfaction de
M. le Feron , Chanoine de Beauvais ,
fera affez fimple ; je la tire d'un Hiftorien
MARS. 1730 441
rien de Tournay , nommé Heriman , qui
écrivoit au 12. fiecle. Cet Auteur parlant
du celebre Odon , Evêque de Cambray
, mort en l'an 1113. dit que lorfqu'il
étoit encore jeune Profeffeur de Dialectique
dans le Clergé de Tournay , i
compofa quelques Ouvrages , dans lefquels
il ne fe nommoit point Odon ,
quoique ce fut fon veritable nom
mais Odoard ou Odard , fuivant que
tout le monde l'appelloit. Non fe Odonem
, fed ficut tunc ab omnibus vocaba
tur , nominabat Odardum. T. 12. Spicil
p. 361. Ce trait d'Hiftoire nous apprend
qu'il étoit dès-lors de l'ufage vulgaire
de transformer le nom d'Odon , en ce
lui d'Odoard ou Odard . Ce fameux Odon
natif d'Orleans , premierement Profei
feur ou Maître à Toul en Lorraine , &
delà à Tournay , ne dédaigna point de
fe conformer au nom que le peuple lui
avoit donné ; il le conferva fi bien
que Heriman , fon Hiſtorien , l'appelle
prefqu'auffi fouvent Magifter Odardus
que Domnus Odo . Au fond cependant ,
c'étoit un nom qui n'étoit pas rare alors,
& fi cet Ecolâtre de Tournay , depuis
fait Evêque de Cambray , avoit un patron
à honorer dans le nom qu'il por
toit , il pouvoit s'acquitter de ce devoir
envers S. Odon , Abbé de Cluni , mort
plus
442 MERCURE DE FRANCE.
paplus
de cent foixante ans auparavant ,
& qu'on honoroit comme Saint depuis
fort long- tems. C'eft pourquoi , fi M. le
Feron ne juge pas à propos de regarder
le Venerable Odon de Cambray comme
Saint , il peut fe donner la peine de jetter
la vûë fur le jour dont il a datté la
Lettre qu'il vous a écrite ; c'eſt le 18 .
Novembre , propre jour du decès & de
la Fête du grand Saint Odon , Abbé de
Cluny. Voilà , felon moi , fon faint
tron primitif & principal , parceque c'eft
le premier Saint connu du nom d'Odon,
duquel celui d'Odoard n'eft qu'une fimple
modification. C'eft un Saint que tous
ceux qui le mêlent de Plain - chant ou
de Mufique ne devroient pas balancer de
prendre pour leur patron , au lieu d'une
fainte Cecile de quatre jours après , laquelle
ne fut jamais Muficienne , & qui
felon même les Actes qu'on en produit,
avoit une espece d'averfion , ou au moins
une grande indifference pour la Mufique
& les Muficiens , au lieu que S. Odon
étoit veritablement Muficien , grand connoiffeur
en Chant , Infignis Muficus ,
dont on a des Pieces de chant & des Traités
fur le chant. Je n'exclus pas , au refte ,
du Catalogue des Bienheureux l'illuftre
Odon ou Odoard de Cambray , que Molanus
, Docteur de Louvain , a mis dans
lc
·
MARS. 1730 443
le rang des Saints des Pays-Bas ( a ) &
le Pere Mabillon après lui ( b ) difant
qu'on le croit Saint à Cambray ; ce qui
a été fuivi par M. Chaſtelain , Chanoine
de Notre- Dame de Paris qui l'a placé
au 19. Juin dans fon Martyrologe univerfel.
Ceux qui auront la dévotion de
l'invoquer comme Saint , fçauront donc
que fon decès arriva le 19. Juin 113 .
dans l'Abbaye d'Anfchin , proche Douay,
au Diocéſe d'Arras , qu'il y fut inhumé,
& qu'il y repofe encore. Ordinairement
les Chroniques font un peu feches &
arides ; mais celle du Moine Heriman ne
paroît pas avoir ce deffaut . Permettez que
je vous invite à y lire l'Hiftoire de la converfion
de ce celebre perfonnage , Odon , ou
Odoard d'Orleans ; vous y verrez avec
plaifir qu'elle fut operée à l'occafion d'un
Manufcrit des Traités de S. Auguftin
de libero arbitrio , qu'un de fes Ecoliers
avoit apporté en Claffe , qu'il acheta
par pure curiofité , qu'il ouvrit par hazard
au bout d'un certain tems , voulant
faire une explication du quatriéme Livre
de Boece ; qu'en ayant lû deux ou
trois pages , l'éloquence du Saint Docteur
le charma & lui infpira le dégoût
( a ) Natal, Belg
(b ) Annal. Bened. F. S : P• 486,
de
444 MERCURE DE FRANCE.
"
du fiecle, auquel il renonça fi efficacement
qu'il devint le premier Abbé de l'Eglife
de Saint Martin de Tournay dont il avoit
été le reftaurateur. Si Meffieurs Hennequin
viennent de Flandres , ils peuvent
aifément en avoir apporté le nom d'Odoard.
J'ai trouvé le nom d'Odard Hennequin
dans mes collections parmi les
Archidiacres de Puifaye en l'Eglife d'Auxerre.
Jean Baillet , Evêque , decedé en
1513. reçut fon ferment de fidelité ; un
Acte relatif à cette Cerémonie l'appelle
Odardus. Il porte auffi le même nom à
la tête du grand Recueil de Statuts fynodaux
du Diocèle de Troyes qu'il fit
imprimer en 1530. à Troyes , en étant
devenu Evêque après l'avoir été de Senlis.
Et peut être eft- ce par le moyen de
ce perfonnage que le nom d'Oudard a
penetré jufques dans ces pays- ci où quelques
perfonnes le portent encore. ( a )
Ce n'eft pas le feul exemple qu'on a de
noms dont la terminaiſon eft plus ou
moins étendue fuivant la bizarrerie de
l'ufage . On voit à Autun une Eglife ,
& les Reliques d'un faint Evêque de Bâle
& d'Augt , qui eft appellé dans plufieurs
titres Racho , & dans d'autres Rachnasharius
ou Ragnacharius . S. Ouën de
>
( a) à Stignelay bei
Roüen
MARS. 1730. 445
Rouen a été appellé dès fon vivant Dado
& Audoënus . S. Faron de Meaux
Fare & Burgundofaro . Remi d'Auxerre a
été dit tantôt Raimo , & tantôt Remigius.
Ainfi il ne doit pas paroître étonnant
qu'un même perfonnage ait été appellé
par les uns Odo , & par les autres Odoardus.
Peut -être que le Bienheureux Odon
de Cambray étoit de petite ftature ; ce
qui lui auroit fait donner ce nom d'Ou̟-
dard par maniere de diminutif , comme
on dit à Rome S. Carlin , pour fignifier
S. Charles le petit , S. Paulin
pour le petit Saint Paul , S. Antonin
pour le petit S. Antoine , S. Cyprianin ,
pour le petit S. Cyprien , & S. Ambrofin
, pour dire le petit S. Ambroife.
Après tout , quand même ce ne feroit
pas le nom de S. Odon qu'on dut envifager
comme voilé , & caché fous celui
d'Odoard , il n'y auroit pas de difficulté
d'accorder que ceux qui portent
le nom d'Odoard ou bien d'Oudard
n'ont point encore de Saint canonifé pour
patron , & cela ne leur feroit pas fingu
lier. Celui de Ferric que tant d'hommes
illuftres portoient il y a deux & trois
cens ans , fur quel Saint étoit - il fondé
J'en dis de même de ceux de Triftan ,
d'Almaric , Petrarque , Palamedes , Hector
, & même de celui d'Armand . J'ai
?
prouvé
446 MERCURE DE FRANCE:
prouvé il y a quelques années que le nom
latin Armandus , fi on veut le faire venir
de quelque Saint , n'eft autre que
celui de Hartmannus , defiguré par un
Latiniſme venu après coup . ( a ) J'ignorois
alors qu'il y eut en France une Eglife
dediée fous l'invocation de ce Saint.
Mais quoiqu'on affure que le fait foit
réel , cela ne détruit point ma penſée.
J'ai appris que c'eft l'Eglife des Capucins
de Tarafcon en Provence . On y lit ,
à la verité , fur une pierre au dehors
qu'elle eft dediée fub invocatione S. Armandi
; ce fut le Cardinal de Richelieu
qui étant relevé d'une groffe maladie
qu'il avoit euë à Tarafcon , y fit cette
Dédicace. Mais un Curieux qui y paffa
quelques années après , ayant demandé
aux Religieux en quel jour ils faifoient
la Fête de ce Saint , & qui il étoit
ils répondirent qu'ils ne le connoiffoient
pas , qu'ils n'en celébroient aucune Fête,
& qu'ils ne faifoient que celle de la Dédicace
le 3 1.Août. Vous pouvez vous infor
mer fi ce Saint eft plus connu & honoré
en Sorbonne , au Frontifpice de laquelle
fon nom est écrit en gros caracteres ;
J'en doute fort , & je fuis cependant ,
Monfieur , votre & c.
Ce 7. Fevrier 1730:
( a ) Mercure de Fr. Novem. 1795•
à la demande proposée par un Cha
noine de Beauvais fur Saint Oudard.
Lenom ifutle
E nom d'Oudard , Monfieur , fur le
tre qui a été rendue publique dans le fe
cond Volume du Mercure de Decembre
dernier
440 MERCURE DE FRANCE
3
dernier , n'eft point à ce qu'il me parole
une chofe fort difficile à éclaircir . Il
n'eft pas neceffaire d'aller chercher le
fondement où l'origine de ce nom dans
le Pays de Liege , ni dans le Languedoc ,
ce n'eft ni S. Theodart , Evêque de Maftrech
, mort au 7. fiecle , & qui eft nommé
vulgairement S. Dodard , ni le faing
Evêque de Narbonne du même nom ,
mort au 9. qui ont fait naître le nom
fur lequel il paroît qu'on eft en peine.
Ce dernier eft celébre fur tout à Mon
tauban où il déceda. On prononce for
nom en deux fyllabes , & on dit S. Tho
dard , que quelques- uns écrivent mal
Saint Audard. Certe derniere maniere
d'écrire le nom du faint Evêque de Narbonne
, pourroit faire croire que celui
d'Oudard en auroit été formé ; mais
quoiqu'on ait des exemples de noms dont
les peuples ont limé les premieres lettres
& même dans des noms commençans
comme celui de Theodard , je fuis pers
fuadé qu'Oudard ne vient point de Theodard
, inais d'Odon , que c'en eft un derivé
, une espece d'allongement ou d'extenfion
affez femblable à celle des diminutifs
fi ufitez en Italie. La preuve que
je veux en rapporter à la fatisfaction de
M. le Feron , Chanoine de Beauvais ,
fera affez fimple ; je la tire d'un Hiftorien
MARS. 1730 441
rien de Tournay , nommé Heriman , qui
écrivoit au 12. fiecle. Cet Auteur parlant
du celebre Odon , Evêque de Cambray
, mort en l'an 1113. dit que lorfqu'il
étoit encore jeune Profeffeur de Dialectique
dans le Clergé de Tournay , i
compofa quelques Ouvrages , dans lefquels
il ne fe nommoit point Odon ,
quoique ce fut fon veritable nom
mais Odoard ou Odard , fuivant que
tout le monde l'appelloit. Non fe Odonem
, fed ficut tunc ab omnibus vocaba
tur , nominabat Odardum. T. 12. Spicil
p. 361. Ce trait d'Hiftoire nous apprend
qu'il étoit dès-lors de l'ufage vulgaire
de transformer le nom d'Odon , en ce
lui d'Odoard ou Odard . Ce fameux Odon
natif d'Orleans , premierement Profei
feur ou Maître à Toul en Lorraine , &
delà à Tournay , ne dédaigna point de
fe conformer au nom que le peuple lui
avoit donné ; il le conferva fi bien
que Heriman , fon Hiſtorien , l'appelle
prefqu'auffi fouvent Magifter Odardus
que Domnus Odo . Au fond cependant ,
c'étoit un nom qui n'étoit pas rare alors,
& fi cet Ecolâtre de Tournay , depuis
fait Evêque de Cambray , avoit un patron
à honorer dans le nom qu'il por
toit , il pouvoit s'acquitter de ce devoir
envers S. Odon , Abbé de Cluni , mort
plus
442 MERCURE DE FRANCE.
paplus
de cent foixante ans auparavant ,
& qu'on honoroit comme Saint depuis
fort long- tems. C'eft pourquoi , fi M. le
Feron ne juge pas à propos de regarder
le Venerable Odon de Cambray comme
Saint , il peut fe donner la peine de jetter
la vûë fur le jour dont il a datté la
Lettre qu'il vous a écrite ; c'eſt le 18 .
Novembre , propre jour du decès & de
la Fête du grand Saint Odon , Abbé de
Cluny. Voilà , felon moi , fon faint
tron primitif & principal , parceque c'eft
le premier Saint connu du nom d'Odon,
duquel celui d'Odoard n'eft qu'une fimple
modification. C'eft un Saint que tous
ceux qui le mêlent de Plain - chant ou
de Mufique ne devroient pas balancer de
prendre pour leur patron , au lieu d'une
fainte Cecile de quatre jours après , laquelle
ne fut jamais Muficienne , & qui
felon même les Actes qu'on en produit,
avoit une espece d'averfion , ou au moins
une grande indifference pour la Mufique
& les Muficiens , au lieu que S. Odon
étoit veritablement Muficien , grand connoiffeur
en Chant , Infignis Muficus ,
dont on a des Pieces de chant & des Traités
fur le chant. Je n'exclus pas , au refte ,
du Catalogue des Bienheureux l'illuftre
Odon ou Odoard de Cambray , que Molanus
, Docteur de Louvain , a mis dans
lc
·
MARS. 1730 443
le rang des Saints des Pays-Bas ( a ) &
le Pere Mabillon après lui ( b ) difant
qu'on le croit Saint à Cambray ; ce qui
a été fuivi par M. Chaſtelain , Chanoine
de Notre- Dame de Paris qui l'a placé
au 19. Juin dans fon Martyrologe univerfel.
Ceux qui auront la dévotion de
l'invoquer comme Saint , fçauront donc
que fon decès arriva le 19. Juin 113 .
dans l'Abbaye d'Anfchin , proche Douay,
au Diocéſe d'Arras , qu'il y fut inhumé,
& qu'il y repofe encore. Ordinairement
les Chroniques font un peu feches &
arides ; mais celle du Moine Heriman ne
paroît pas avoir ce deffaut . Permettez que
je vous invite à y lire l'Hiftoire de la converfion
de ce celebre perfonnage , Odon , ou
Odoard d'Orleans ; vous y verrez avec
plaifir qu'elle fut operée à l'occafion d'un
Manufcrit des Traités de S. Auguftin
de libero arbitrio , qu'un de fes Ecoliers
avoit apporté en Claffe , qu'il acheta
par pure curiofité , qu'il ouvrit par hazard
au bout d'un certain tems , voulant
faire une explication du quatriéme Livre
de Boece ; qu'en ayant lû deux ou
trois pages , l'éloquence du Saint Docteur
le charma & lui infpira le dégoût
( a ) Natal, Belg
(b ) Annal. Bened. F. S : P• 486,
de
444 MERCURE DE FRANCE.
"
du fiecle, auquel il renonça fi efficacement
qu'il devint le premier Abbé de l'Eglife
de Saint Martin de Tournay dont il avoit
été le reftaurateur. Si Meffieurs Hennequin
viennent de Flandres , ils peuvent
aifément en avoir apporté le nom d'Odoard.
J'ai trouvé le nom d'Odard Hennequin
dans mes collections parmi les
Archidiacres de Puifaye en l'Eglife d'Auxerre.
Jean Baillet , Evêque , decedé en
1513. reçut fon ferment de fidelité ; un
Acte relatif à cette Cerémonie l'appelle
Odardus. Il porte auffi le même nom à
la tête du grand Recueil de Statuts fynodaux
du Diocèle de Troyes qu'il fit
imprimer en 1530. à Troyes , en étant
devenu Evêque après l'avoir été de Senlis.
Et peut être eft- ce par le moyen de
ce perfonnage que le nom d'Oudard a
penetré jufques dans ces pays- ci où quelques
perfonnes le portent encore. ( a )
Ce n'eft pas le feul exemple qu'on a de
noms dont la terminaiſon eft plus ou
moins étendue fuivant la bizarrerie de
l'ufage . On voit à Autun une Eglife ,
& les Reliques d'un faint Evêque de Bâle
& d'Augt , qui eft appellé dans plufieurs
titres Racho , & dans d'autres Rachnasharius
ou Ragnacharius . S. Ouën de
>
( a) à Stignelay bei
Roüen
MARS. 1730. 445
Rouen a été appellé dès fon vivant Dado
& Audoënus . S. Faron de Meaux
Fare & Burgundofaro . Remi d'Auxerre a
été dit tantôt Raimo , & tantôt Remigius.
Ainfi il ne doit pas paroître étonnant
qu'un même perfonnage ait été appellé
par les uns Odo , & par les autres Odoardus.
Peut -être que le Bienheureux Odon
de Cambray étoit de petite ftature ; ce
qui lui auroit fait donner ce nom d'Ou̟-
dard par maniere de diminutif , comme
on dit à Rome S. Carlin , pour fignifier
S. Charles le petit , S. Paulin
pour le petit Saint Paul , S. Antonin
pour le petit S. Antoine , S. Cyprianin ,
pour le petit S. Cyprien , & S. Ambrofin
, pour dire le petit S. Ambroife.
Après tout , quand même ce ne feroit
pas le nom de S. Odon qu'on dut envifager
comme voilé , & caché fous celui
d'Odoard , il n'y auroit pas de difficulté
d'accorder que ceux qui portent
le nom d'Odoard ou bien d'Oudard
n'ont point encore de Saint canonifé pour
patron , & cela ne leur feroit pas fingu
lier. Celui de Ferric que tant d'hommes
illuftres portoient il y a deux & trois
cens ans , fur quel Saint étoit - il fondé
J'en dis de même de ceux de Triftan ,
d'Almaric , Petrarque , Palamedes , Hector
, & même de celui d'Armand . J'ai
?
prouvé
446 MERCURE DE FRANCE:
prouvé il y a quelques années que le nom
latin Armandus , fi on veut le faire venir
de quelque Saint , n'eft autre que
celui de Hartmannus , defiguré par un
Latiniſme venu après coup . ( a ) J'ignorois
alors qu'il y eut en France une Eglife
dediée fous l'invocation de ce Saint.
Mais quoiqu'on affure que le fait foit
réel , cela ne détruit point ma penſée.
J'ai appris que c'eft l'Eglife des Capucins
de Tarafcon en Provence . On y lit ,
à la verité , fur une pierre au dehors
qu'elle eft dediée fub invocatione S. Armandi
; ce fut le Cardinal de Richelieu
qui étant relevé d'une groffe maladie
qu'il avoit euë à Tarafcon , y fit cette
Dédicace. Mais un Curieux qui y paffa
quelques années après , ayant demandé
aux Religieux en quel jour ils faifoient
la Fête de ce Saint , & qui il étoit
ils répondirent qu'ils ne le connoiffoient
pas , qu'ils n'en celébroient aucune Fête,
& qu'ils ne faifoient que celle de la Dédicace
le 3 1.Août. Vous pouvez vous infor
mer fi ce Saint eft plus connu & honoré
en Sorbonne , au Frontifpice de laquelle
fon nom est écrit en gros caracteres ;
J'en doute fort , & je fuis cependant ,
Monfieur , votre & c.
Ce 7. Fevrier 1730:
( a ) Mercure de Fr. Novem. 1795•
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Résumé : REPONSE d'un Chanoine d' A*** à la demande proposée par un Chanoine de Beauvais sur Saint Oudard.
Le texte est une réponse d'un chanoine d'A*** à une demande d'un chanoine de Beauvais concernant l'origine du nom 'Oudard'. L'auteur affirme que ce nom n'est pas difficile à éclaircir et ne provient ni du Pays de Liège ni du Languedoc. Il n'est pas non plus lié à Saint Theodart, évêque de Maestricht, ni à l'évêque de Narbonne du même nom. Selon l'auteur, le nom 'Oudard' dérive plutôt d'Odon, un dérivé ou une extension similaire aux diminutifs italiens. Cette conclusion est appuyée par un historien de Tournay, Heriman, qui écrivait au XIIe siècle. Heriman mentionne qu'Odon, évêque de Cambray, était souvent appelé Odoard ou Odard par le peuple. Odon, natif d'Orléans, utilisait ce nom sans le rejeter, et son historien le nommait fréquemment 'Magister Odardus'. Le texte souligne également que le nom 'Oudard' pourrait avoir été introduit en France par des personnes venues de Flandres, comme les Hennequin. L'auteur cite plusieurs exemples de noms dont la terminaison varie selon l'usage, comme Saint Racho ou Saint Ouën. Il conclut en affirmant que les personnes portant le nom 'Oudard' n'ont pas de saint canonisé comme patron, et que cela n'est pas exceptionnel, citant d'autres noms similaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 1920-1921
EXTRAIT d'une Lettre de M. Cipiere, au sujet du Saint dont il est parlé dans le Mercure d'Avril dernier.
Début :
J'ay lû dans votre Journal du mois d'Avril, l'embarras où l'on est dans le [...]
Mots clefs :
Saint, Diocèse de Soissons, Gaule chrétienne, Martyrologe
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M. Cipiere, au sujet du Saint dont il est parlé dans le Mercure d'Avril dernier.
EXTRAIT d'une Lettre de M. Ci
piere , au sujet du Saint dont il est parlé
dans le Mercure d'Avril dernier.
JAX
'Ay lû dans votre Journal du mois
d'Avril , l'embarras où l'on est dans le
Diocèse de Soissons , au sujet de S. Front,
y ayant une Paroisse dont l'Eglise est dédiée
à ce Saint , et plusieurs personnes
baptisées sous son nom. Je suis surpris
de cet embarras ; il faut que les Vies des
Saints soient bien rares dans ce canton - là ,
ce Saint étant connu de plusieurs Auteurs,
sur tout de celui de la Gaule Chrétienne .
M. Baillet et le P. Martin en parlent fort
au long , ainsi que l'Histoire de Perigord
par le P. du Puy , enfin on a la Vie de ce
Saint imprimée à Bordeaux l'an 1612 .
S. Front , premier Evêque de Perigueux
et Patron de l'Eglise Cathedrale, &c.M.Cipiere
ajoûte ici un Narré que nous obmettons
de la Vie de ce Saint , tel à peu près qu'on l'a
déja vu dans le Mercure de Juillet dernier , et
rejetté par les meilleurs Critiques . Il vint
dit-il ensuite , à Paris , et il est vrai - semblable
qu'il alla dans le Soissonnois , puisqu'on
y a retenu son nom , &c. Il avoit
bâti
A O UST. 1731. 1921
bâti l'Eglise de S. Etienne , Collegiale dans
la Cité , laquelle a été unie depuis quelques
années à la Cathédrale de Perigueux . Le
nouveau Martyrologe de France met la Fê
te des . Front au 25. Octobre. Enfin on trouve
encore àPérigueux chez un Citoyen curieux
, les Actes de S. Front , en deux volumes
in 12.imprimez il y a deuxcent ans.
piere , au sujet du Saint dont il est parlé
dans le Mercure d'Avril dernier.
JAX
'Ay lû dans votre Journal du mois
d'Avril , l'embarras où l'on est dans le
Diocèse de Soissons , au sujet de S. Front,
y ayant une Paroisse dont l'Eglise est dédiée
à ce Saint , et plusieurs personnes
baptisées sous son nom. Je suis surpris
de cet embarras ; il faut que les Vies des
Saints soient bien rares dans ce canton - là ,
ce Saint étant connu de plusieurs Auteurs,
sur tout de celui de la Gaule Chrétienne .
M. Baillet et le P. Martin en parlent fort
au long , ainsi que l'Histoire de Perigord
par le P. du Puy , enfin on a la Vie de ce
Saint imprimée à Bordeaux l'an 1612 .
S. Front , premier Evêque de Perigueux
et Patron de l'Eglise Cathedrale, &c.M.Cipiere
ajoûte ici un Narré que nous obmettons
de la Vie de ce Saint , tel à peu près qu'on l'a
déja vu dans le Mercure de Juillet dernier , et
rejetté par les meilleurs Critiques . Il vint
dit-il ensuite , à Paris , et il est vrai - semblable
qu'il alla dans le Soissonnois , puisqu'on
y a retenu son nom , &c. Il avoit
bâti
A O UST. 1731. 1921
bâti l'Eglise de S. Etienne , Collegiale dans
la Cité , laquelle a été unie depuis quelques
années à la Cathédrale de Perigueux . Le
nouveau Martyrologe de France met la Fê
te des . Front au 25. Octobre. Enfin on trouve
encore àPérigueux chez un Citoyen curieux
, les Actes de S. Front , en deux volumes
in 12.imprimez il y a deuxcent ans.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M. Cipiere, au sujet du Saint dont il est parlé dans le Mercure d'Avril dernier.
M. Ci pierre écrit au sujet de Saint Front, mentionné dans le Mercure d'Avril. Il exprime sa surprise face à l'ignorance concernant Saint Front dans le Diocèse de Soissons, malgré la présence d'une paroisse et de personnes portant son nom. Saint Front est bien documenté par plusieurs auteurs, dont M. Baillet, le P. Martin, et l'Histoire de Périgord par le P. du Puy. Une vie de Saint Front a été imprimée à Bordeaux en 1612. Saint Front est identifié comme le premier évêque de Périgueux et le patron de l'église cathédrale de cette ville. Il a construit l'église de Saint-Étienne, collégiale à Périgueux, qui a été unie à la cathédrale. La fête de Saint Front est fixée au 25 octobre dans le nouveau Martyrologe de France. Les actes de Saint Front sont disponibles à Périgueux, imprimés il y a deux cents ans en deux volumes in-12.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 2317-2326
LETTRE de M.... sur le siécle où a vêcu Pierre de Natalibus, sur la situation de son Evêché, et sur la singularité de son Ouvrage.
Début :
Je suis bien aise, Monsieur, de ne pas vous renvoyer le treizième Volume [...]
Mots clefs :
Pierre de Natalibus, Journal des savants d'Italie, Évêché, Canonisation, Saint
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M.... sur le siécle où a vêcu Pierre de Natalibus, sur la situation de son Evêché, et sur la singularité de son Ouvrage.
LETTRE de M.... sur le siècle où a
vêcu Pierre de Natalibus , sur la situation de son Evêché , et sur la singularité
de son Ouvrage.
E suis bien aise , Monsieur , de ne
JEvous pas renvoyer le treiziéme Volume du Journal des Sçavans d'Italie¸imprimé à Venise , sans vous faire part dequelques-unes de mes remarques. Ce vo- lume contient veritablement bien des
choses qui sont de mon goût. Tels sont
les Extraits de la Dissertation de M. l'Abbé Vignoli , sur l'Epoque de la premiere
année de l'Empereur Severe , qui se voit
sur la Chaire de Marbre de S. Hyppolyte,conservée dans la Bibliotheque Vaticane ; je mets encore de ce nombre ce qui
est rapporté d'après les Ouvrages de
A v M.
2318 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque d'Adria , touchant différens.
Sujets de l'Antiquité Litteraire , et la
Dissertation sur l'Urne sépulcrale d'une
Prafica , avec les Observations sur les Fu
nerailles des Anciens. La découverte des
Fragmens de S. Irenée , inconnus jusqu'ici à tous les Editeurs , et même au Pere
Massuet, m'a paru très digne d'attention,
et on lit avec plaisir les sçavantes Notes.
qui accompagnent ceux d'entre ces Frag--
mens qu'on a jugé à propos d'inserer dans
ce Journal. L'article X. de ce Volume
qui critique quelques endroits de Vos--
sius sur les Historiens Latins , m'a arrêté
davantage. Si dans chaque Nation on entreprenoit de relever les fautes de ce Bi-.
bliothequaire , et de ceux qui sont venus
après lui , on pourroit avoir dans la sui- -
te une connoissance des Ecrivains plus .
éxacte qu'on ne l'a euë jusqu'à présent ,
et encherir de beaucoup sur la Bibliotheque de M. Dupin. J'ai oui dire qu'un
sçavant Benedictin de la Congrégation de
S. Vanne a conçû le dessein de refondre..
cette Bibliotheque je souhaite que cette nouvelle se trouve veritable.
Entre les trois Auteurs dont on parle
dans les Remarques sur Vossius , j'en ai
choisi un qui est assez obscur dans un
sens , et qui cependant est assez célébre
si
FONOVEMBRE. 1732 2319
si on l'envisage d'un certain côté. C'est
celui que les Ecrivains appellent Petrus de
-Natalibus,et que quelques François se sont
ravisés depuis peu d'appeller Pierre des
Noëls. L'Auteur des Remarques sur Vossius qui ne se nomme pas , m'a paru très
-au fait touchant la Ville d'Equilium, dont
ace Pierre étoit Evêque. Il en décrit la situation d'une maniere très éxacte , et il
-marque soigneusement comment ce nom
Equilium a été corrompu en plusieurs manieres différentes. Il prouve ensuite que
cet Evêché n'a pas été si inconnu que l'a
dit Sandius : que dès le tems du Pape
Jean VIII. il y eut un Pierre d'Equilium,
et un Felix Evêque de la même Ville. Il
en nomme encore d'autres avant et depuis l'Episcopat de Pierre de Natalibus ,
et il assûre quecet Evêché est sous le Patriarchat de Grade. Il nous auroit fait
plaisir de citer quelques anciennes Descriptions des Provinces Ecclesiastiques de
ces pays là. Ces monumens peuvent n'être pas rares en Italie. A son défaut je
vous rapporterai ce que j'en trouve dans
un Manuscrit du treizième siècle, où sont
détaillez tous les Evêchez d'Italie. In
•·Histria supra mare , Patriarchatus Gradensis bos habet suffraganeos ; Castellanum
Torcellanum Aquilensem , Esulanum , Ca2 Avj pru
2320 MERCURE DE FRANCE
prulensem , Closenum , Civitatis nova. Il
est hors de doute que par Esulanum il faut
entendre Equilum. Le Journaliste en convient. On voit dans cette énumération
des sept Evêchez de quoi autoriser de
plus en plus l'Auteur à refuter Ferrari ,
qui a dit dans son Lexicon Geographique qu'Equilum avoit été du Patriarchat
d'Aquilée , et de quoi combattre ceux qui
ont confondu cet Equilum avec Cittanova , qui est située dans le même Pays.
Vossius est ensuite repris avec trèsgrande justice , pour avoir dit que Pierre
Evêque de cette Ville publia vers l'an
1470. quelques Histoires sur les Saints.
C'est à l'époque du tems auquel il le fait
vivre , que l'Anonime Italien en veut
d'abord. Il blâme avec raison Aubert le
Mire , Warton et autres , d'avoir fait vivre cet Evêque jusques vers la fin du XV.
siécle. M. Dupin fait voir , dit- il , beaud'inconstance dans ce qu'il a écrit
sur cet Auteur , et après avoir bien rencontré dans le X. Tome de sa Bibliotheque , il s'explique dans le douzième d'u
ne maniere opposée à ce qu'il avoit avan
cé. C'est ordinairement dans les derniers
volumes que l'on corrige les fautes dans
lesquelles on est tombé : M. Dupin a fait
sout le contraire. Les Bollandistes n'ont
coup
pas
NOVEMBRE. 1732. 2321
pas fait de même car après avoir dit
dans la Préface de leur premier Tome de
Janvier que ce Pierre de Natalibus étoit
contemporain de S. Antonin deFlorence ,
ils assurent dans le premier Tome de Février que cet Evêque est beaucoup plus
ancien que S. Antonin ; ce qui les mit au
fait de l'âge de notre Auteur, fût une Note tirée d'un Exemplaire considérable de
son Catalogus Sanctorum , écrit en 1403.
par un Curé de Saint Raphaël , à la fin
duquel on lisoit ces mots : Petrus Episcopus Venetus scribere inchoat anno M.CCC.
LXIX. die festo S. Bernarbe, adhuc plebanus existens, Sanctorum Apostolorum Venetiarum Diocesis Castellanensis. Opus vero
ad exitum per duxit anno M. CCC. LXXII.
die xxvI. Maiijam creatusEpiscopus Equilinus Provincia Gradensis. Ce peu de lignes démontre clairement que Pierre de Natalibus a vêcu cent, ans plutôt qu'on
n'avoit crû. Le Journaliste ajoûte à cela
que dans la Venise de Sansovino il y a
une Inscription qui marque la bénédiction d'une Chapelle de Saint Michel , faite en 1376. où après l'Evêque de Venise
est nommé Messer Pietro Nadal Vescovo
di Jesolo. Mais je suis surpris que ce Venitien qui paroît avoir tant à cœur de
redresser l'époque du tems auquel vivoit
Pierre
2322 MERCURE DE FRANCE
Pierre Evêque d'Equilum , ou d'Esulum,
ait oublié une preuve qui se tire naturel--
lement de l'Ouvrage même de cet Evêque. Je ne lis guéres cet Ouvrage que:
pour y apprendre jusqu'à quel point on
a défiguré l'Histoire des Saints dans les
siécles où la critique étoit peu éclairée
Mais je ne puis m'empêcher d'avertir que
le Critique de Vossius auroit pû jetter la
vue sur le commencement de la vie de
Saint Yves , et il y auroit vû que Pierre
marque assez clairement le tems auquel il
vivoit. Il débute ainsi sur les actions de
ce saint Curé du Diocèse de Treguier.
Lib. 5. Cap. 21. Ivo Presbyter et novus Confessor apud Trechorensem civitatem claruit ,
indiebus nostris canonizatus per Clementem
Papam sextum. Par là , l'Ecrivain déclare
sans aucune ambiguité qu'il a vêcu sous
le Pontificat de Clement VI. Or ce Pape
Limosin de naissance tint le Siége de
Saint Pierre depuis l'an 1342. jusqu'en
l'an 1352. Donc , Pierre Nadal vivoit au
milieu du XIV. siécle , et non pas du XV.-
et par conséquent il n'a pas été contem---
porain de S. Antonin. Quoique les Ecri
vains varient sur l'année dans laquelle
Clement VI. fit cette cérémonie , il est
toujours vrai de dire qu'elle se trouve
dans l'espace de ces dix années. Quel-
,
4
ques
NOVEMBRE. 1732. 2323
1
ques-uns pourroient faire remonter encore plus haut Pierre Nadal , etassûrer
qu'il a vêcu en même tems que Saint
Yves , c'est - à - dire , à la fin du treiziéme siécle prétendant que c'est ce qu'il a
voulu marquer , en plaçant la virgule none
avant in diebus nostris , mais après. Ce
raisonnement auroit quelque air de vrai
semblance s'il étoit bien certain que Pierre
Nadal eut regardé la Fête- Dieu comme
instituée tout récemment de son tems :
mais en éxaminant de près ce qu'il en dit ,
Lib. V. Cap. 45. on reconnoît que le nuper
ne doit pas être pris à la lettre , et qu'il
pouvoit s'entendre d'une chose déja éloignée , puisqu'il ajoûte tout de suite tune
temporis , ce que l'on ne dit que quand il
y a déja bien du tems que les choses sont
passées. D'un autre côté , l'on ne peut pas
reculer la mort de S. Yves bien avant dans
le XIV. siécle. Ce seroit être ridicule que
de réformer l'époque à laquelle on fixe sa..
mort , par celle du tems auquel les Ins--
criptions ci-dessus rapportées disent que
vivoit Pierre Nadal.Sans recourir à laBulle
de sa Canonisation , qui est le fondement
de son Histoire , on peut prouver par un
Synode de Treguier , qu'il étoit décedé
avant le commencement du Pontificat de
Jean XXII. et par conséquent avant l'an
1316a
2324 MERCURE DE FRANCE
1316. Ce Synode tenu dans l'une des premieres années de ce Pape , comme il pa
roît par son LXIX. Statut , ordonne dans
le soixante et dixième de la part de l'Evêque Diocesain à tous les Curez du Diocèse de Treguier , qu'ils engagent les peuples à obtenir de Dieu par un jeûne extraordinaire , et par une Messe Solemnelle du Saint Esprit , qu'il lui plaise d'operer de nouveaux miracles aux prieres
de Monsieur Yves Hælori. * Ce langage
déclare assez nettement que S. Yves étoit
mort alors , mais qu'il n'étoit pas canonisé , et que les miracles étoient rallentis à
son Tombeau , ou qu'il ne s'y en faisoit .
plus , et que cependant on souhaittoit
qu'ils recommençassent , pour prouver
de plus en plus sa sainteté , à laquelle le
Diocèse de Treguier étoit interessé. Vous
avez dû remarquer cette expression , novus Confessor. Elle désigne un Saint de
nouvelle date , c'est-à- dire , que lorsque
cela a été écrit , Messire Yves Hælori étoit
reconnu depuis peu pour Saint ; de la même maniere que le titre de nova Solemnitas , en parlant de la Fête- Dieu , marque
que les Livres où se trouve cet Epithete
sont écrits peu de tems après l'établisseVoyez ce Synode de Treguier au IV. Tome du
Trésor des Anecdotes du P. Martene , p. 1097.
ment
NOVEMBRE. 1732. 2320
ment de cette Fête.Mais je ne sçai si vous
( avez jamais fait attention que ce saint
Curé est le dernier Personnage d'entre
les Ecclésiastiques de France , et François
de naissance , qui ait été canonisé selon les
formes modernes peu de tems après sa
mort , et que depuis lui il n'y en a eu aucun de même que depuis le siecle de
cette canonisation il n'y a point eu de
Pape François.
•
>
gens ,
Je me suis peut-être étendu plus que
je n'aurois dû , à faire sentir que la vie
de S. Yves peut servir à fixer le tems auquel vivoit Pierre Nadal. Je ne sçai
après tout , si un Auteur qui a été si simple que de canoniser toutes sortes de
en valoit la peine : je ne vous le donne
pour célébre Ecrivain que de ce côté- là.
L'envie d'enfanter un gros volume l'a
porté à y faire entrer sous le nom de Saint
tous ceux qui sont dans la Génealogie de
N. S. selon S. Luc , tous les Juges de
l'Ancien Testament , et à ne point refuser ce titre au Roi Salomon. Il canonise
dans la nouvelle Loi tous les hommes illustres du Catalogue de S. Jerôme , tous
les Ecrivains Ecclésiastiques de Gennade ,
et tous les Empereurs Romains qui passent pour avoir été amis du Christianisme.Iln'y a pas jusqu'àRolland etOlivier,
pré
2326 MERCURE DE FRANCE
·
9
prétendus guerriers du tems de Charle
magne qui ont aussi le titre de Saint. Après -
cet avertissement vous ne serez pas surpris si en ouvrant jamais cet Ouvrage
Vous y appercevez à la fin du mois de
Janvier ces titres De Sancto Sale de
S. Heber , de S Phaleg , de S. Reй : au
premier jour d'Août de S. Salomone Rege
et Prophetâ : et dans l'onziéme Livre , de
Sancta Mamma Regina et Martyre , de
Sanctis Philippo et Philippo Imperatoribus
Martyribus , de Sancto Theodosio Magno ,
و
c. Ceci me meneroit naturellement à
vous parler de l'Ouvrage d'un certain
Carme appellé Zeger- Paul , ou plutôt du
Martyrologe de Tamayo de Salazar , Espagnol , lequel a prétendu trouver dans
Martial un grand nombre de Saints d'Es- ·
pagne. Mais permettez- moi de remettre
cette remarque à une autre occasion , eɛ ^
de finir en vous assurant que je suis , &
Ce 31 Mai 1732.
vêcu Pierre de Natalibus , sur la situation de son Evêché , et sur la singularité
de son Ouvrage.
E suis bien aise , Monsieur , de ne
JEvous pas renvoyer le treiziéme Volume du Journal des Sçavans d'Italie¸imprimé à Venise , sans vous faire part dequelques-unes de mes remarques. Ce vo- lume contient veritablement bien des
choses qui sont de mon goût. Tels sont
les Extraits de la Dissertation de M. l'Abbé Vignoli , sur l'Epoque de la premiere
année de l'Empereur Severe , qui se voit
sur la Chaire de Marbre de S. Hyppolyte,conservée dans la Bibliotheque Vaticane ; je mets encore de ce nombre ce qui
est rapporté d'après les Ouvrages de
A v M.
2318 MERCURE DE FRANCE
M. l'Evêque d'Adria , touchant différens.
Sujets de l'Antiquité Litteraire , et la
Dissertation sur l'Urne sépulcrale d'une
Prafica , avec les Observations sur les Fu
nerailles des Anciens. La découverte des
Fragmens de S. Irenée , inconnus jusqu'ici à tous les Editeurs , et même au Pere
Massuet, m'a paru très digne d'attention,
et on lit avec plaisir les sçavantes Notes.
qui accompagnent ceux d'entre ces Frag--
mens qu'on a jugé à propos d'inserer dans
ce Journal. L'article X. de ce Volume
qui critique quelques endroits de Vos--
sius sur les Historiens Latins , m'a arrêté
davantage. Si dans chaque Nation on entreprenoit de relever les fautes de ce Bi-.
bliothequaire , et de ceux qui sont venus
après lui , on pourroit avoir dans la sui- -
te une connoissance des Ecrivains plus .
éxacte qu'on ne l'a euë jusqu'à présent ,
et encherir de beaucoup sur la Bibliotheque de M. Dupin. J'ai oui dire qu'un
sçavant Benedictin de la Congrégation de
S. Vanne a conçû le dessein de refondre..
cette Bibliotheque je souhaite que cette nouvelle se trouve veritable.
Entre les trois Auteurs dont on parle
dans les Remarques sur Vossius , j'en ai
choisi un qui est assez obscur dans un
sens , et qui cependant est assez célébre
si
FONOVEMBRE. 1732 2319
si on l'envisage d'un certain côté. C'est
celui que les Ecrivains appellent Petrus de
-Natalibus,et que quelques François se sont
ravisés depuis peu d'appeller Pierre des
Noëls. L'Auteur des Remarques sur Vossius qui ne se nomme pas , m'a paru très
-au fait touchant la Ville d'Equilium, dont
ace Pierre étoit Evêque. Il en décrit la situation d'une maniere très éxacte , et il
-marque soigneusement comment ce nom
Equilium a été corrompu en plusieurs manieres différentes. Il prouve ensuite que
cet Evêché n'a pas été si inconnu que l'a
dit Sandius : que dès le tems du Pape
Jean VIII. il y eut un Pierre d'Equilium,
et un Felix Evêque de la même Ville. Il
en nomme encore d'autres avant et depuis l'Episcopat de Pierre de Natalibus ,
et il assûre quecet Evêché est sous le Patriarchat de Grade. Il nous auroit fait
plaisir de citer quelques anciennes Descriptions des Provinces Ecclesiastiques de
ces pays là. Ces monumens peuvent n'être pas rares en Italie. A son défaut je
vous rapporterai ce que j'en trouve dans
un Manuscrit du treizième siècle, où sont
détaillez tous les Evêchez d'Italie. In
•·Histria supra mare , Patriarchatus Gradensis bos habet suffraganeos ; Castellanum
Torcellanum Aquilensem , Esulanum , Ca2 Avj pru
2320 MERCURE DE FRANCE
prulensem , Closenum , Civitatis nova. Il
est hors de doute que par Esulanum il faut
entendre Equilum. Le Journaliste en convient. On voit dans cette énumération
des sept Evêchez de quoi autoriser de
plus en plus l'Auteur à refuter Ferrari ,
qui a dit dans son Lexicon Geographique qu'Equilum avoit été du Patriarchat
d'Aquilée , et de quoi combattre ceux qui
ont confondu cet Equilum avec Cittanova , qui est située dans le même Pays.
Vossius est ensuite repris avec trèsgrande justice , pour avoir dit que Pierre
Evêque de cette Ville publia vers l'an
1470. quelques Histoires sur les Saints.
C'est à l'époque du tems auquel il le fait
vivre , que l'Anonime Italien en veut
d'abord. Il blâme avec raison Aubert le
Mire , Warton et autres , d'avoir fait vivre cet Evêque jusques vers la fin du XV.
siécle. M. Dupin fait voir , dit- il , beaud'inconstance dans ce qu'il a écrit
sur cet Auteur , et après avoir bien rencontré dans le X. Tome de sa Bibliotheque , il s'explique dans le douzième d'u
ne maniere opposée à ce qu'il avoit avan
cé. C'est ordinairement dans les derniers
volumes que l'on corrige les fautes dans
lesquelles on est tombé : M. Dupin a fait
sout le contraire. Les Bollandistes n'ont
coup
pas
NOVEMBRE. 1732. 2321
pas fait de même car après avoir dit
dans la Préface de leur premier Tome de
Janvier que ce Pierre de Natalibus étoit
contemporain de S. Antonin deFlorence ,
ils assurent dans le premier Tome de Février que cet Evêque est beaucoup plus
ancien que S. Antonin ; ce qui les mit au
fait de l'âge de notre Auteur, fût une Note tirée d'un Exemplaire considérable de
son Catalogus Sanctorum , écrit en 1403.
par un Curé de Saint Raphaël , à la fin
duquel on lisoit ces mots : Petrus Episcopus Venetus scribere inchoat anno M.CCC.
LXIX. die festo S. Bernarbe, adhuc plebanus existens, Sanctorum Apostolorum Venetiarum Diocesis Castellanensis. Opus vero
ad exitum per duxit anno M. CCC. LXXII.
die xxvI. Maiijam creatusEpiscopus Equilinus Provincia Gradensis. Ce peu de lignes démontre clairement que Pierre de Natalibus a vêcu cent, ans plutôt qu'on
n'avoit crû. Le Journaliste ajoûte à cela
que dans la Venise de Sansovino il y a
une Inscription qui marque la bénédiction d'une Chapelle de Saint Michel , faite en 1376. où après l'Evêque de Venise
est nommé Messer Pietro Nadal Vescovo
di Jesolo. Mais je suis surpris que ce Venitien qui paroît avoir tant à cœur de
redresser l'époque du tems auquel vivoit
Pierre
2322 MERCURE DE FRANCE
Pierre Evêque d'Equilum , ou d'Esulum,
ait oublié une preuve qui se tire naturel--
lement de l'Ouvrage même de cet Evêque. Je ne lis guéres cet Ouvrage que:
pour y apprendre jusqu'à quel point on
a défiguré l'Histoire des Saints dans les
siécles où la critique étoit peu éclairée
Mais je ne puis m'empêcher d'avertir que
le Critique de Vossius auroit pû jetter la
vue sur le commencement de la vie de
Saint Yves , et il y auroit vû que Pierre
marque assez clairement le tems auquel il
vivoit. Il débute ainsi sur les actions de
ce saint Curé du Diocèse de Treguier.
Lib. 5. Cap. 21. Ivo Presbyter et novus Confessor apud Trechorensem civitatem claruit ,
indiebus nostris canonizatus per Clementem
Papam sextum. Par là , l'Ecrivain déclare
sans aucune ambiguité qu'il a vêcu sous
le Pontificat de Clement VI. Or ce Pape
Limosin de naissance tint le Siége de
Saint Pierre depuis l'an 1342. jusqu'en
l'an 1352. Donc , Pierre Nadal vivoit au
milieu du XIV. siécle , et non pas du XV.-
et par conséquent il n'a pas été contem---
porain de S. Antonin. Quoique les Ecri
vains varient sur l'année dans laquelle
Clement VI. fit cette cérémonie , il est
toujours vrai de dire qu'elle se trouve
dans l'espace de ces dix années. Quel-
,
4
ques
NOVEMBRE. 1732. 2323
1
ques-uns pourroient faire remonter encore plus haut Pierre Nadal , etassûrer
qu'il a vêcu en même tems que Saint
Yves , c'est - à - dire , à la fin du treiziéme siécle prétendant que c'est ce qu'il a
voulu marquer , en plaçant la virgule none
avant in diebus nostris , mais après. Ce
raisonnement auroit quelque air de vrai
semblance s'il étoit bien certain que Pierre
Nadal eut regardé la Fête- Dieu comme
instituée tout récemment de son tems :
mais en éxaminant de près ce qu'il en dit ,
Lib. V. Cap. 45. on reconnoît que le nuper
ne doit pas être pris à la lettre , et qu'il
pouvoit s'entendre d'une chose déja éloignée , puisqu'il ajoûte tout de suite tune
temporis , ce que l'on ne dit que quand il
y a déja bien du tems que les choses sont
passées. D'un autre côté , l'on ne peut pas
reculer la mort de S. Yves bien avant dans
le XIV. siécle. Ce seroit être ridicule que
de réformer l'époque à laquelle on fixe sa..
mort , par celle du tems auquel les Ins--
criptions ci-dessus rapportées disent que
vivoit Pierre Nadal.Sans recourir à laBulle
de sa Canonisation , qui est le fondement
de son Histoire , on peut prouver par un
Synode de Treguier , qu'il étoit décedé
avant le commencement du Pontificat de
Jean XXII. et par conséquent avant l'an
1316a
2324 MERCURE DE FRANCE
1316. Ce Synode tenu dans l'une des premieres années de ce Pape , comme il pa
roît par son LXIX. Statut , ordonne dans
le soixante et dixième de la part de l'Evêque Diocesain à tous les Curez du Diocèse de Treguier , qu'ils engagent les peuples à obtenir de Dieu par un jeûne extraordinaire , et par une Messe Solemnelle du Saint Esprit , qu'il lui plaise d'operer de nouveaux miracles aux prieres
de Monsieur Yves Hælori. * Ce langage
déclare assez nettement que S. Yves étoit
mort alors , mais qu'il n'étoit pas canonisé , et que les miracles étoient rallentis à
son Tombeau , ou qu'il ne s'y en faisoit .
plus , et que cependant on souhaittoit
qu'ils recommençassent , pour prouver
de plus en plus sa sainteté , à laquelle le
Diocèse de Treguier étoit interessé. Vous
avez dû remarquer cette expression , novus Confessor. Elle désigne un Saint de
nouvelle date , c'est-à- dire , que lorsque
cela a été écrit , Messire Yves Hælori étoit
reconnu depuis peu pour Saint ; de la même maniere que le titre de nova Solemnitas , en parlant de la Fête- Dieu , marque
que les Livres où se trouve cet Epithete
sont écrits peu de tems après l'établisseVoyez ce Synode de Treguier au IV. Tome du
Trésor des Anecdotes du P. Martene , p. 1097.
ment
NOVEMBRE. 1732. 2320
ment de cette Fête.Mais je ne sçai si vous
( avez jamais fait attention que ce saint
Curé est le dernier Personnage d'entre
les Ecclésiastiques de France , et François
de naissance , qui ait été canonisé selon les
formes modernes peu de tems après sa
mort , et que depuis lui il n'y en a eu aucun de même que depuis le siecle de
cette canonisation il n'y a point eu de
Pape François.
•
>
gens ,
Je me suis peut-être étendu plus que
je n'aurois dû , à faire sentir que la vie
de S. Yves peut servir à fixer le tems auquel vivoit Pierre Nadal. Je ne sçai
après tout , si un Auteur qui a été si simple que de canoniser toutes sortes de
en valoit la peine : je ne vous le donne
pour célébre Ecrivain que de ce côté- là.
L'envie d'enfanter un gros volume l'a
porté à y faire entrer sous le nom de Saint
tous ceux qui sont dans la Génealogie de
N. S. selon S. Luc , tous les Juges de
l'Ancien Testament , et à ne point refuser ce titre au Roi Salomon. Il canonise
dans la nouvelle Loi tous les hommes illustres du Catalogue de S. Jerôme , tous
les Ecrivains Ecclésiastiques de Gennade ,
et tous les Empereurs Romains qui passent pour avoir été amis du Christianisme.Iln'y a pas jusqu'àRolland etOlivier,
pré
2326 MERCURE DE FRANCE
·
9
prétendus guerriers du tems de Charle
magne qui ont aussi le titre de Saint. Après -
cet avertissement vous ne serez pas surpris si en ouvrant jamais cet Ouvrage
Vous y appercevez à la fin du mois de
Janvier ces titres De Sancto Sale de
S. Heber , de S Phaleg , de S. Reй : au
premier jour d'Août de S. Salomone Rege
et Prophetâ : et dans l'onziéme Livre , de
Sancta Mamma Regina et Martyre , de
Sanctis Philippo et Philippo Imperatoribus
Martyribus , de Sancto Theodosio Magno ,
و
c. Ceci me meneroit naturellement à
vous parler de l'Ouvrage d'un certain
Carme appellé Zeger- Paul , ou plutôt du
Martyrologe de Tamayo de Salazar , Espagnol , lequel a prétendu trouver dans
Martial un grand nombre de Saints d'Es- ·
pagne. Mais permettez- moi de remettre
cette remarque à une autre occasion , eɛ ^
de finir en vous assurant que je suis , &
Ce 31 Mai 1732.
Fermer
Résumé : LETTRE de M.... sur le siécle où a vêcu Pierre de Natalibus, sur la situation de son Evêché, et sur la singularité de son Ouvrage.
La lettre de M.... traite du treizième volume du Journal des Sçavans d'Italie, imprimé à Venise, qui présente plusieurs articles intéressants. Parmi ceux-ci, les extraits de la dissertation de l'abbé Vignoli sur l'époque de la première année de l'empereur Sévère, les ouvrages de l'évêque d'Adria sur divers sujets de l'antiquité littéraire, et la dissertation sur l'urne sépulcrale d'une Praefica sont particulièrement notables. La découverte de fragments de Saint Irénée, inconnus jusqu'alors, est également soulignée. L'auteur critique certains passages de Vossius sur les historiens latins et suggère que relever les fautes de ce bibliothécaire et de ses successeurs pourrait améliorer la connaissance des écrivains. Il mentionne un bénédictin de la Congrégation de Saint Vanne qui envisage de refondre la bibliothèque de M. Dupin. La lettre se concentre ensuite sur Pierre de Natalibus, un auteur obscur mais célèbre dans certains cercles. L'auteur des remarques sur Vossius décrit avec précision la ville d'Equilium, dont Pierre était évêque, et corrige les erreurs sur l'époque de sa vie. Pierre de Natalibus a vécu au milieu du XIVe siècle, sous le pontificat de Clément VI, et non au XVe siècle comme l'ont affirmé certains écrivains. Cette correction est appuyée par des preuves tirées de l'ouvrage même de Pierre et de diverses inscriptions. L'auteur conclut en mentionnant la singularité de l'ouvrage de Pierre de Natalibus, qui canonise un grand nombre de personnages, y compris des figures de l'Ancien Testament et des empereurs romains. Il promet de discuter d'autres ouvrages, comme celui de Zeger-Paul ou du Martyrologe de Tamayo de Salazar, dans une autre lettre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 201-206
« Selon les avis reçus de Lorraine, le feu prit la nuit [...] »
Début :
Selon les avis reçus de Lorraine, le feu prit la nuit [...]
Mots clefs :
Saint, Sa Majesté, Abbaye, Arrêt du Conseil d'État, Académie royale de chirurgie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Selon les avis reçus de Lorraine, le feu prit la nuit [...] »
Selo
Elon les avis reçus de Lorraine , le feu prit la
nuit du 5 au 6 du mois dernier à l'aîle gauche
de l'avant-cour du château de Luneville. Malgré
les prompts fecours qu'on a apportés , cette aîle
a été totalement réduite en cendres , Plufieurs perfonnes
ont été bleffées en voulant arrêter le progrès
des flammes ou éviter d'en être la proie.
ཚ་
Sa Majefté s'étant fait repréfenter l'arrêt rendu
en fon Confeil le 25 Decembre 1753 , par lequel
il auroit été ordonné , en conformité des précédens
arrêts , que les Offices qui feroient levés vacans
en fes revenus cafuels pendant le courant de
Pannée 1754 , par mort ou autrement , ne payeroient
que moitié des droits de marc d'or , d'enregiftrement
chez les Gardes des rolles & de fceau ,
enfemble de ceux de réception & d'inſtallation
dans les Cours & Jurifdictions où ils feroient reçus
& inftallés ; & que ceux qui leveroient des
Offices de nouvelle création , ou aufquels n'auroit
été pourvût depuis leur création , ne payeroient
, pour s'en faire pourvoir , que le tiers
defdits droits de marc d'or , d'enregistrement , de
fceau , de réception & d'inftallation ; & Sa Majefté
voulant continuer la même grace pendant
Pannée 1755 , le Roi proroge pendant l'année
1755 , le délai porté par l'arrêt du 25 Décembre
à commencer du › premier Janvier juſqu'au
dernier Décembre inclufivement , & c.... Veut
néanmoins Sa Majefté , que ceux au profit de qui
1753
~IV
202 MERCURE DE FRANCE.
les porteurs de quittances de Finance d'Offices de
nouvelle création s'en feront démis après les fix
mois du jour de la date defdites quittances ,
foient tenus de payer après lefdits droits en entier.....
Ordonne Sa Majefté que ceux qui ont
levé , à ſes revenus cafuels , des Offices de pareille
nature que ceux ci -deffus mentionnés , à compter
du 4 Juin 1726 , & depuis , ou qui les leveront
pendant le délai accordé par le préfent Arrêt
, feront & demeureront déchargés du droit
de confirmation .
Il paroit un autre Arrêt du Confeil d'Etat ,
qui ordonne l'exécution des Ordonnances des Intendans
& Commiffaires départis dans le Comté
de Bourgogne , concernant les plantations & le
commerce du tabac.
Par un troifiéme Arrêt du Confeil d'Etat , le
Roi ordonne l'exécution de fa déclaration du zo
Décembre dernier , au fujet de la Monnoie de
Metz : voulant Sa Majefté , qu'à commencer
de l'année 1754 , le jugement du travail des
monnoies qui auront été ou feront faites en ladite
monnoie , foit fait & jugé en fa Cour des
monnoies de Paris ; qu'en conféquence les de
niers de boîte du travail fait en la Monnoie de
Metz pendant l'année 1754 , avec les regiftres
des délivrances qui en ont été faites , lefquels
zont été portés & remis en la Cour de Parlement
de Metz , en foient retirés en l'état qu'ils y ont été
portés , & remis par le Greffier dudit Parlement
ou autres dépofitaires .... pour être le tout envoyé
& remis au Greffe de la Cour des monnoies
de Paris .... à l'effet d'y être ledit travail
jugé en la maniere accoutumée pour les autres
monnoies.
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dau
AVRIL. 1755. 203
phine & Mefdames de France , allerent le 26 fe
promener au pavillon du Marquis de Lhopital ,
près la machine de Marly.
Un Négre âgé de dix fept ans , appartenant
M. Riviere , Confeiller au Parlement , fut baptifé
le 24 du mois de Février dans l'Eglife de
Saint Côme. Il a eu pour parrein M. le Normant
, Intendant des armées navales , & pour marreine
Mme la Riviere. La cérémonie a été faite
en préfence du Curé de la Paroiffe , par M. l'Abbé
Drouet , qui avoit inftruit le nouveau Caté
chumene.
L'Académie royale de Chirurgie avoit propofé
pour le prix de l'année 1754 le fujet fuivant :
l'amputation étant abfolument néceffaire dans les
plaies compliquées des fracas des os , principalement
lorfqu'elles font faites par armes à feu , déterminer
les cas où il faut faire l'opération fur le
champ , & ceux où il convient de la différer : & en
donner les raifons. Cette queftion paroît n'avoir
pas été bien entendue. Pour déterminer les cas
dont il s'agit , on doit avoir égard à la différence
des plaies , à l'efpéce des accidens , à la nature
de la partie offenſée , même au lieu où le bleffé
fe trouve. Il eft néceffaire auffi de confidérer
s'il peut ou non être tranfporté , fi l'on eft obligé
de le mener loin , & fi l'on a les moyens de faire
commodément le tranfport. L'Académie n'ayant
rien trouvé de tout cela dans les mémoires qu'on
lui a préfentés , a décidé que le même fujet feroit
propofé pour l'année 1756. Le prix fera double
, & l'auteur de la piece couronnée aura deux
médailles , chacune de cinq cens livres , ou une
médaille & la valeur de l'autre , à fon choix. Les
perfonnes qui ont déja compofé , pourront renvoyer
de nouveau leurs mémoires , après y avoir
fait les changemens convenables.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Le 2 Mars , M. le Comte d'Argenſon , Minif
tre & Secrétaire d'Etat , ayant le Département de
la guerre , préfenta à Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , pour fes premieres armes , un fufil
conftruit fuivant la derniere Ordonnance pour
l'infanterie. Ce fufil , de la fabrique de Saint-
Etienne en Forez , n'a que deux pieds de long ,
& il eft regardé comme un chef- d'oeuvre en ce
genre pour le travail & la richeffe. Il a été fait
par ies ordres & fous les yeux de M. de Saint- Perieux
, Chevalier de l'Ordre de Saint Michel , &
Directeur de ladite fabrique . Monfeigneur le Duc
de Bourgogne , qui marque un goût décidé pour
les armes , a été très- fatisfait de ce préfent. 44
Le Roi a difpofé de l'Abbaye de Saint Jean de
Laon en faveur de l'Ecole royale militaire , pour
être unie à cet établiffement , & les revenus employés
à la defferte de la Chapelle & à l'entretien
des Prêtres & des Soeurs de la Charité , qui
ferviront dans l'Ecole militaire .
Sa Majefté a accordé l'Abbaye Réguliere &
élective de Lieffies , Ordre de Saint Benoît , Diocefe
de Cambrai , à Dom Lhomme , Religieux
de cette Abbaye ; le Prieuré Conventuel & électif
du Deffens , Ordre de Grandmont , Diocèfe
d'Agen , à M. Malaret , Prêtre du Diocèfe de
Toulouſe ; & le Prieuré de Chatenet , Ordre de
Saint- Benoît , Diocèſe de Limoges , à la Dame de
Brie de Soumagnac , Religieufe du même Ordre.
Le Roi a accordé l'Abbaye Réguliere de Sept-
Fonts , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Autun , à
Dom Alpheran , Religieux de cette Abbaye ; &
le Prieuré de Saint - Sever , Diocefe de Bourges ,
à M. Teftard , Curé du même Dioceſe.
Les Religieux de la Charité célébrerent le 8
Mars , avec beaucoup de folemnité , la fête de S.
AVRIL.
1755. 205
Jean - de-Dieu , fondateur de leur Ordre. Le Nonce
du Pape y officia pontificalement. Après le
Sermon , l'on fit la proceffion , & le Nonce donna
la bénédiction du Saint Sacrement dans les falles
des Malades. Elles étoient ornées de riches
tapifferies de velours & des Gobelins , & éclairées
par plus de deux cens luftres . Un grand nombre
de Seigneurs & de Dames de la premiere diftinction
ont contribué à la dépenfe de cette fête ,
& y ont affifté , ainfi qu'au fouper des malades.
Tout le monde a adıniré l'ordre , la propreté & la
charité qui regnent dans ce célebre hôpital.
Monfeigneur le Dauphin a pris pendant trois
jours les eaux de Vichi .
La Marquife de Bournelle fut préfentée le à
leurs Majeftés & à la Famille royale par la Ducheffe
de Brancas .
Le 12 , le Comte d'Ayen , à qui le Roi vient
d'accorder un brevet d'honneurs , remercia Sa
Majefté.
Sa Majefté , toujours occupée du progrès des
fciences & des arts qui peuvent contribuer au bien
public , & voulant marquer aux Démonſtrateurs
royaux en Chirurgie , établis à Paris , la fatisfaction
qu'elle a de leurs travaux, a augmenté de cent
piftoles les appointemens de chacun des cinq anciens.
Le 4 Mars , à trois heures du matin , la Maiſon
Conventuelle de l'Abbaye de Sellieres , Ordre de
Citeaux , Dioceſe de Troyes , écroula jufqu'aux
fondemens . Les Religieux & les domeftiques auroient
été enfevelis fous les ruines, fans les prompts
fecours qu'on leur apporta.
Par un édit enregiftré le 12 de ce mois au Parlement
, le Roi fupprime les Offices de Lieutenans
Généraux d'épée , de Chevaliers d'honneur & de
206 MERCURE DE FRANCE.
Confeillers honoraires , établis dans les Préfi
diaux , Bailliages , Sénéchauffées , & autres Jurif
dictions inférieures , reffortiffantes nuement aux
Parlemens.
L'Evêque de Gap fut facré le 16 , dans l'Eglife
des Religieufes de Conflans , par l'Archevêque
de l'aris , affifté des Evêques de Séez & de Saint-
Omer.
La Comteffe le Danois fut préfentée le 16 à
Jeurs Majeftés & à la Famille royale.
Le 17 , les Ducs de Rochechouart , de Fitz -James
, d'Harcourt , d'Antin & de Valentinois , prirent
féance au Parlement , en qualité de Pairs de
France.
Le 20 , les actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix -fept cens trente livres . Les billets de
la premiere lotterie royale & ceux de la feconde
lotterie n'avoient point de prix fixe.
Elon les avis reçus de Lorraine , le feu prit la
nuit du 5 au 6 du mois dernier à l'aîle gauche
de l'avant-cour du château de Luneville. Malgré
les prompts fecours qu'on a apportés , cette aîle
a été totalement réduite en cendres , Plufieurs perfonnes
ont été bleffées en voulant arrêter le progrès
des flammes ou éviter d'en être la proie.
ཚ་
Sa Majefté s'étant fait repréfenter l'arrêt rendu
en fon Confeil le 25 Decembre 1753 , par lequel
il auroit été ordonné , en conformité des précédens
arrêts , que les Offices qui feroient levés vacans
en fes revenus cafuels pendant le courant de
Pannée 1754 , par mort ou autrement , ne payeroient
que moitié des droits de marc d'or , d'enregiftrement
chez les Gardes des rolles & de fceau ,
enfemble de ceux de réception & d'inſtallation
dans les Cours & Jurifdictions où ils feroient reçus
& inftallés ; & que ceux qui leveroient des
Offices de nouvelle création , ou aufquels n'auroit
été pourvût depuis leur création , ne payeroient
, pour s'en faire pourvoir , que le tiers
defdits droits de marc d'or , d'enregistrement , de
fceau , de réception & d'inftallation ; & Sa Majefté
voulant continuer la même grace pendant
Pannée 1755 , le Roi proroge pendant l'année
1755 , le délai porté par l'arrêt du 25 Décembre
à commencer du › premier Janvier juſqu'au
dernier Décembre inclufivement , & c.... Veut
néanmoins Sa Majefté , que ceux au profit de qui
1753
~IV
202 MERCURE DE FRANCE.
les porteurs de quittances de Finance d'Offices de
nouvelle création s'en feront démis après les fix
mois du jour de la date defdites quittances ,
foient tenus de payer après lefdits droits en entier.....
Ordonne Sa Majefté que ceux qui ont
levé , à ſes revenus cafuels , des Offices de pareille
nature que ceux ci -deffus mentionnés , à compter
du 4 Juin 1726 , & depuis , ou qui les leveront
pendant le délai accordé par le préfent Arrêt
, feront & demeureront déchargés du droit
de confirmation .
Il paroit un autre Arrêt du Confeil d'Etat ,
qui ordonne l'exécution des Ordonnances des Intendans
& Commiffaires départis dans le Comté
de Bourgogne , concernant les plantations & le
commerce du tabac.
Par un troifiéme Arrêt du Confeil d'Etat , le
Roi ordonne l'exécution de fa déclaration du zo
Décembre dernier , au fujet de la Monnoie de
Metz : voulant Sa Majefté , qu'à commencer
de l'année 1754 , le jugement du travail des
monnoies qui auront été ou feront faites en ladite
monnoie , foit fait & jugé en fa Cour des
monnoies de Paris ; qu'en conféquence les de
niers de boîte du travail fait en la Monnoie de
Metz pendant l'année 1754 , avec les regiftres
des délivrances qui en ont été faites , lefquels
zont été portés & remis en la Cour de Parlement
de Metz , en foient retirés en l'état qu'ils y ont été
portés , & remis par le Greffier dudit Parlement
ou autres dépofitaires .... pour être le tout envoyé
& remis au Greffe de la Cour des monnoies
de Paris .... à l'effet d'y être ledit travail
jugé en la maniere accoutumée pour les autres
monnoies.
Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dau
AVRIL. 1755. 203
phine & Mefdames de France , allerent le 26 fe
promener au pavillon du Marquis de Lhopital ,
près la machine de Marly.
Un Négre âgé de dix fept ans , appartenant
M. Riviere , Confeiller au Parlement , fut baptifé
le 24 du mois de Février dans l'Eglife de
Saint Côme. Il a eu pour parrein M. le Normant
, Intendant des armées navales , & pour marreine
Mme la Riviere. La cérémonie a été faite
en préfence du Curé de la Paroiffe , par M. l'Abbé
Drouet , qui avoit inftruit le nouveau Caté
chumene.
L'Académie royale de Chirurgie avoit propofé
pour le prix de l'année 1754 le fujet fuivant :
l'amputation étant abfolument néceffaire dans les
plaies compliquées des fracas des os , principalement
lorfqu'elles font faites par armes à feu , déterminer
les cas où il faut faire l'opération fur le
champ , & ceux où il convient de la différer : & en
donner les raifons. Cette queftion paroît n'avoir
pas été bien entendue. Pour déterminer les cas
dont il s'agit , on doit avoir égard à la différence
des plaies , à l'efpéce des accidens , à la nature
de la partie offenſée , même au lieu où le bleffé
fe trouve. Il eft néceffaire auffi de confidérer
s'il peut ou non être tranfporté , fi l'on eft obligé
de le mener loin , & fi l'on a les moyens de faire
commodément le tranfport. L'Académie n'ayant
rien trouvé de tout cela dans les mémoires qu'on
lui a préfentés , a décidé que le même fujet feroit
propofé pour l'année 1756. Le prix fera double
, & l'auteur de la piece couronnée aura deux
médailles , chacune de cinq cens livres , ou une
médaille & la valeur de l'autre , à fon choix. Les
perfonnes qui ont déja compofé , pourront renvoyer
de nouveau leurs mémoires , après y avoir
fait les changemens convenables.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Le 2 Mars , M. le Comte d'Argenſon , Minif
tre & Secrétaire d'Etat , ayant le Département de
la guerre , préfenta à Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , pour fes premieres armes , un fufil
conftruit fuivant la derniere Ordonnance pour
l'infanterie. Ce fufil , de la fabrique de Saint-
Etienne en Forez , n'a que deux pieds de long ,
& il eft regardé comme un chef- d'oeuvre en ce
genre pour le travail & la richeffe. Il a été fait
par ies ordres & fous les yeux de M. de Saint- Perieux
, Chevalier de l'Ordre de Saint Michel , &
Directeur de ladite fabrique . Monfeigneur le Duc
de Bourgogne , qui marque un goût décidé pour
les armes , a été très- fatisfait de ce préfent. 44
Le Roi a difpofé de l'Abbaye de Saint Jean de
Laon en faveur de l'Ecole royale militaire , pour
être unie à cet établiffement , & les revenus employés
à la defferte de la Chapelle & à l'entretien
des Prêtres & des Soeurs de la Charité , qui
ferviront dans l'Ecole militaire .
Sa Majefté a accordé l'Abbaye Réguliere &
élective de Lieffies , Ordre de Saint Benoît , Diocefe
de Cambrai , à Dom Lhomme , Religieux
de cette Abbaye ; le Prieuré Conventuel & électif
du Deffens , Ordre de Grandmont , Diocèfe
d'Agen , à M. Malaret , Prêtre du Diocèfe de
Toulouſe ; & le Prieuré de Chatenet , Ordre de
Saint- Benoît , Diocèſe de Limoges , à la Dame de
Brie de Soumagnac , Religieufe du même Ordre.
Le Roi a accordé l'Abbaye Réguliere de Sept-
Fonts , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Autun , à
Dom Alpheran , Religieux de cette Abbaye ; &
le Prieuré de Saint - Sever , Diocefe de Bourges ,
à M. Teftard , Curé du même Dioceſe.
Les Religieux de la Charité célébrerent le 8
Mars , avec beaucoup de folemnité , la fête de S.
AVRIL.
1755. 205
Jean - de-Dieu , fondateur de leur Ordre. Le Nonce
du Pape y officia pontificalement. Après le
Sermon , l'on fit la proceffion , & le Nonce donna
la bénédiction du Saint Sacrement dans les falles
des Malades. Elles étoient ornées de riches
tapifferies de velours & des Gobelins , & éclairées
par plus de deux cens luftres . Un grand nombre
de Seigneurs & de Dames de la premiere diftinction
ont contribué à la dépenfe de cette fête ,
& y ont affifté , ainfi qu'au fouper des malades.
Tout le monde a adıniré l'ordre , la propreté & la
charité qui regnent dans ce célebre hôpital.
Monfeigneur le Dauphin a pris pendant trois
jours les eaux de Vichi .
La Marquife de Bournelle fut préfentée le à
leurs Majeftés & à la Famille royale par la Ducheffe
de Brancas .
Le 12 , le Comte d'Ayen , à qui le Roi vient
d'accorder un brevet d'honneurs , remercia Sa
Majefté.
Sa Majefté , toujours occupée du progrès des
fciences & des arts qui peuvent contribuer au bien
public , & voulant marquer aux Démonſtrateurs
royaux en Chirurgie , établis à Paris , la fatisfaction
qu'elle a de leurs travaux, a augmenté de cent
piftoles les appointemens de chacun des cinq anciens.
Le 4 Mars , à trois heures du matin , la Maiſon
Conventuelle de l'Abbaye de Sellieres , Ordre de
Citeaux , Dioceſe de Troyes , écroula jufqu'aux
fondemens . Les Religieux & les domeftiques auroient
été enfevelis fous les ruines, fans les prompts
fecours qu'on leur apporta.
Par un édit enregiftré le 12 de ce mois au Parlement
, le Roi fupprime les Offices de Lieutenans
Généraux d'épée , de Chevaliers d'honneur & de
206 MERCURE DE FRANCE.
Confeillers honoraires , établis dans les Préfi
diaux , Bailliages , Sénéchauffées , & autres Jurif
dictions inférieures , reffortiffantes nuement aux
Parlemens.
L'Evêque de Gap fut facré le 16 , dans l'Eglife
des Religieufes de Conflans , par l'Archevêque
de l'aris , affifté des Evêques de Séez & de Saint-
Omer.
La Comteffe le Danois fut préfentée le 16 à
Jeurs Majeftés & à la Famille royale.
Le 17 , les Ducs de Rochechouart , de Fitz -James
, d'Harcourt , d'Antin & de Valentinois , prirent
féance au Parlement , en qualité de Pairs de
France.
Le 20 , les actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix -fept cens trente livres . Les billets de
la premiere lotterie royale & ceux de la feconde
lotterie n'avoient point de prix fixe.
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Résumé : « Selon les avis reçus de Lorraine, le feu prit la nuit [...] »
Le 5 et 6 du mois dernier, un incendie a ravagé l'aile gauche de l'avant-cour du château de Luneville, malgré les interventions rapides des secours. Plusieurs personnes ont été blessées en tentant de maîtriser les flammes. Le roi a prolongé jusqu'à la fin de l'année 1755 un arrêt du Conseil d'État du 25 décembre 1753, réduisant de moitié les droits de marc d'or, d'enregistrement, de sceau, de réception et d'installation pour les offices vacants ou de nouvelle création. Les porteurs de quittances de finances doivent payer ces droits en entier s'ils se démettent de leurs offices après six mois. Un autre arrêt du Conseil d'État ordonne l'exécution des ordonnances des intendants et commissaires du comté de Bourgogne concernant les plantations et le commerce du tabac. Un troisième arrêt stipule que le jugement du travail des monnaies de Metz sera effectué à Paris à partir de l'année 1754. Le dauphin, la dauphine et les filles de France se sont promenés au pavillon du marquis de Lhôpital près de la machine de Marly. Un jeune esclave de 17 ans a été baptisé dans l'église de Saint-Côme. L'Académie royale de Chirurgie a proposé pour 1754 un sujet sur les amputations, mais n'a pas trouvé les mémoires satisfaisants et a décidé de proposer le même sujet pour 1756 avec un prix double. Le comte d'Argenson a offert au duc de Bourgogne un fusil fabriqué à Saint-Étienne. Le roi a attribué l'abbaye de Saint-Jean de Laon à l'École royale militaire et a accordé plusieurs abbayes et prieurés à divers religieux. Les religieuses de la Charité ont célébré la fête de saint Jean de Dieu avec solennité. Le dauphin a pris les eaux de Vichy. La marquise de Bournelle et la comtesse le Danois ont été présentées à la famille royale. Le roi a augmenté les appointements des démonstrateurs royaux en chirurgie. Le 4 mars, la maison conventuelle de l'abbaye de Sellières s'est écroulée. Un édit a supprimé les offices de lieutenants généraux d'épée, de chevaliers d'honneur et de conseillers honoraires dans les juridictions inférieures. L'évêque de Gap a été sacré, et plusieurs ducs ont pris séance au Parlement en qualité de pairs de France. Les actions de la Compagnie des Indes étaient à 1730 livres.
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9
p. 219-220
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné à l'Abbaye de la Chassaigne; Ordre de [...]
Mots clefs :
Saint, Abbaye, Ordre, Diocèse
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES DONNÉS.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Chaffaigne ;
A
Ordre de Câteaux , diocefe de Lyon , vacante par
le décès de M. de Borſat , à M. Pierre- Louis de
Chalvet de Saint - Etienne , Vifiteur Général des
Carmélites .
L'Abbaye de Belle- Ville , Ordre de Saint- Augnftin
, diocefe de Lyon , vacante par le décès de
M. d'Hauterive , à M. Gafpard Dufou de Saint-
Amour , grand Vicaire de Mâcon,
>
L'Abbaye de Beaulieu , Ordre de Saint- Auguftin
, dioceſe de Saint- Malo vacante par la démiffion
de M. de Montlouet , Evêque de Saint-
Omer , à M. Louis-Marie de Pontuat , grand Vicaire
de Vannes.
L'Abbaye de Notre- Dame d'Abfie en Brignon ,
Ordre de S. Benoît , diocefe de Poitiers , vacante
pâr la démiffion de M. Luthier de Saint-Martin ,
à M. Louis-Hugues d'Ethy de Milly , Prêtre du
Kij
220 MERCURE DE FRANCE:
diocefe de Mâcon , à la charge d'une penfion de
mille livres pour le remettant .
L'Abbaye Réguliere du Rivet , Ordre de Cîteaux
, dioceſe de Bazas , vacante par la démiffion
de Dom Chibert , à Dom Jean - Jofeph la
Malatie , Religieux dudit Ordre , à la charge de
huit cens livres de penfion pour le remettant.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Chaffaigne ;
A
Ordre de Câteaux , diocefe de Lyon , vacante par
le décès de M. de Borſat , à M. Pierre- Louis de
Chalvet de Saint - Etienne , Vifiteur Général des
Carmélites .
L'Abbaye de Belle- Ville , Ordre de Saint- Augnftin
, diocefe de Lyon , vacante par le décès de
M. d'Hauterive , à M. Gafpard Dufou de Saint-
Amour , grand Vicaire de Mâcon,
>
L'Abbaye de Beaulieu , Ordre de Saint- Auguftin
, dioceſe de Saint- Malo vacante par la démiffion
de M. de Montlouet , Evêque de Saint-
Omer , à M. Louis-Marie de Pontuat , grand Vicaire
de Vannes.
L'Abbaye de Notre- Dame d'Abfie en Brignon ,
Ordre de S. Benoît , diocefe de Poitiers , vacante
pâr la démiffion de M. Luthier de Saint-Martin ,
à M. Louis-Hugues d'Ethy de Milly , Prêtre du
Kij
220 MERCURE DE FRANCE:
diocefe de Mâcon , à la charge d'une penfion de
mille livres pour le remettant .
L'Abbaye Réguliere du Rivet , Ordre de Cîteaux
, dioceſe de Bazas , vacante par la démiffion
de Dom Chibert , à Dom Jean - Jofeph la
Malatie , Religieux dudit Ordre , à la charge de
huit cens livres de penfion pour le remettant.
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Résumé : BENEFICES DONNÉS.
Le texte décrit plusieurs bénéfices ecclésiastiques accordés par Sa Majesté. L'Abbaye de la Chaffaigne, relevant de l'Ordre de Cîteaux et du diocèse de Lyon, est attribuée à M. Pierre-Louis de Chalvet de Saint-Étienne, Vicaire Général des Carmélites, après le décès de M. de Borsat. L'Abbaye de Belle-Ville, de l'Ordre de Saint-Augustin et du diocèse de Lyon, est donnée à M. Gaspard Dufou de Saint-Amour, grand Vicaire de Mâcon, suite au décès de M. d'Hauterive. L'Abbaye de Beaulieu, de l'Ordre de Saint-Augustin et du diocèse de Saint-Malo, est attribuée à M. Louis-Marie de Pontuat, grand Vicaire de Vannes, après la démission de M. de Montlouet, Évêque de Saint-Omer. L'Abbaye de Notre-Dame d'Absie en Brignon, de l'Ordre de Saint-Benoît et du diocèse de Poitiers, est confiée à M. Louis-Hugues d'Ethy de Milly, Prêtre du diocèse de Mâcon, après la démission de M. Luthier de Saint-Martin, avec une pension de mille livres pour le remettant. Enfin, l'Abbaye Régulière du Rivet, de l'Ordre de Cîteaux et du diocèse de Bazas, est attribuée à Dom Jean-Joseph la Malatie, Religieux de cet Ordre, suite à la démission de Dom Chibert, avec une pension de huit cents livres pour le remettant.
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