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51
p. 119-122
RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
Début :
MONSIEUR, Vous avez pris la peine d'écrire le 24 [...]
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
RÉPONSE à la Lettre précédente, par
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
Le 2 février 1764, M. Fradet, secrétaire de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, répond à une lettre du 24 septembre précédent adressée à M. de Velye. Cette lettre visait à corriger une affirmation erronée dans l'Histoire de Vertus, selon laquelle le comté-pairie de Vertus était tenu par le Maréchal Prince de Soubise comme un appanage de la Maison de France, hérité de l'ancienne Maison de Bretagne. M. Fradet démontre que cette affirmation est incorrecte, car le Prince de Soubise ne pouvait posséder Vertus comme appanage et que la Maison de Bretagne ne l'avait jamais possédé à ce titre. M. de Velye, étant malade au moment de la réception de la lettre, n'a pas pu répondre. La Société Littéraire a donc pris l'initiative de rectifier l'erreur. L'affirmation erronée provenait d'un passage de l'Histoire de la Maison de France de M. de Sainte Marthe, qui mentionnait un échange de comtés en 1361 impliquant Isabelle de France. Après vérification, il s'est avéré que Vertus était une dot constituée pour Isabelle et non un appanage. La Société Littéraire a corrigé cette erreur et assure qu'elle ne figurera pas dans les mémoires imprimés. M. Fradet conclut en espérant que le Duc d'Orléans acceptera cette déclaration.
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52
p. 123-125
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Début :
NOUS avons examiné par ordre de l'Académie, un Mémoire de M. [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
EXTRAIT des Registres de l'Académie
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
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Résumé : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Le 22 février 1764, l'Académie Royale des Sciences a examiné un mémoire de M. Biesta, horloger à Paris, présentant une nouvelle construction de montres. Cette innovation permet de remplacer l'échappement sans démonter l'ensemble de la montre, ce qui est crucial car les problèmes de montres proviennent souvent de cet élément. La construction de M. Biesta comprend plusieurs composants, tels que la potence, la contre-potence, le cocq, la couliffe, la rosette, le balancier, le piton et le ressort spiral, fixés sur une plaque d'acier attachée à la platine du mouvement. Cette innovation est applicable aux montres existantes et est particulièrement utile pour les montres complexes comme celles à sonnerie ou à répétition, évitant ainsi des démontages complets pour des réparations mineures. L'Académie a reconnu les avantages de cette construction et l'a approuvée. M. Biesta a également inventé une méthode pour appliquer le temps vrai aux pendules à secondes, approuvée par l'Académie. Il réside au Cloître Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris. Les coûts pour appliquer cette innovation varient : huit louis pour les pendules à secondes, deux louis pour les montres simples et trois louis pour les montres à répétition. Les confrères horlogers peuvent négocier avec M. Biesta pour se réserver certains travaux.
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53
p. 125-127
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
Début :
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les progrès de l'Agriculture, ayant déposé [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
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Résumé : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
En 1764, la Société Royale d'Agriculture de Paris a lancé un concours doté d'un prix de six cents livres pour promouvoir les avancées en agriculture. Le thème portait sur les maladies des bestiaux, notamment les maladies épidémiques et contagieuses. Le prix devait récompenser le mémoire expliquant le mieux les causes, les effets et les méthodes de prévention de ces maladies. Les participants avaient jusqu'au 1er janvier 1765 pour soumettre leurs travaux à M. de Palerne, secrétaire perpétuel de la Société. Les soumissions devaient être anonymes, identifiées par un numéro et une devise. Les membres et associés de la Société étaient exclus du concours. Les mémoires devaient être envoyés à M. de Sauvigny, conseiller d'État et intendant de la généralité de Paris, qui fournirait des récépissés. Le prix serait attribué à l'auteur présentant le récépissé du mémoire couronné, sans autre formalité.
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54
p. 127-129
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
Début :
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus en plus l'industrie & l'émulation des [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
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Résumé : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
En 1763, la Société Royale d'Agriculture de Paris a instauré un fonds annuel pour récompenser les innovations agricoles. Pour 1765, le sujet porte sur les engrais adaptés aux terres à blé. Les recherches doivent explorer de nouveaux engrais ou améliorer ceux existants. Le prix, de huit cents livres, sera décerné en avril 1766. Les candidatures, anonymes et accompagnées d'une devise, doivent être soumises avant le 1er janvier 1766 à M. de Palerne. Les travaux seront évalués sur des faits et observations pratiques. Tous peuvent concourir, sauf les membres de la Société. Les soumissions doivent être envoyées à M. de Sauvigny, qui délivrera les récépissés et le prix.
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55
p. 129-131
SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
Début :
IL est d'usage en Bourgogne de semer suivant trois différentes méthodes : [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
SUJET du Prix de l'Académie des
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
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Résumé : SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
Le texte décrit trois méthodes de semis pratiquées en Bourgogne et pose une question à l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon pour l'année 1765. La première méthode consiste à alterner entre le blé et les Mars. La deuxième méthode alterne entre blé, Mars et une année de jachère. La troisième méthode implique de semer du blé une année, suivie d'une année de jachère. L'Académie demande quelles raisons physiques devraient inciter à privilégier une méthode plutôt qu'une autre en fonction des différents types de terroirs. Les mémoires répondant à cette question doivent être envoyés à M. Michault, Secrétaire perpétuel de l'Académie, avant le 1er avril 1765. Après cette date, les mémoires ne seront plus acceptés, même si l'auteur se fait connaître.
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56
p. 147-150
ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
Début :
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars dernier, Monsieur, a annoncé sous mon [...]
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texteReconnaissance textuelle : ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
ASTRONOMIE.
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars
dernier, Monsieur, a annoncé sous mon
nom, que l'Eclipſe du premier Avril pa
roîtroit commencer en France à droite,
ſur le bord occidental du Soleil, cinq
degrés au-deſſous de ſon diamètre ho
riſontal. On dit que j'ai fait là une leçon
également inutile , & aux Aſtronômes
qui devoient ſçavoir s'en paſſer,& à ceux
qui , ne ſe mêlant pas d'obſerver, n'en
ont eu aucun beſoin : auſſi je déclare à
ceux qui ſe mêlent de critiquer ce qu'ils
ignorent, que la leçon , ſi c'en eſt une,
ne s'adreſſoit ni aux uns, ni aux autres ,
mais à ceux qui tiennent une eſpèce de
xmilieu ; je veux dire, aux Amateurs
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aſtronomie, qui, ſans être Aſtrg
nômes, ſe préparoient à une obſerva
tion dont on parloit depuis ſi long
temps.
,
-
J'ajoute que, dans le cas où mon an
nonce n'auroit pas été des plus exacte
ſur le fait des cinq degrés, elle ſeroit du
| moins bonne à fournir aux Sçavans
qui préſident aux calculs des Ephéméri
des ou Mouvemens Céleſtes, la penſée
de faire mieux, lorſqu'ils auront à nous
annoncer, ſoit des Eclipſes de Soleil &
de Lune, ſoit des paſſages de Mercure
& de Vénus, ſoit des Emerfions d'Etoiles
cachées par la Lune.
-
A l'approche de ces ſortes de Phéno
mènes, il eſt bien des yeux égarés dans
le champ d'une Lunette, & qui, faute
d'être fixés, manquent une obſervation
également curieuſe, importante & diffi
cile. Pourquoi ne pas la rendre aiſée,
· en fixant l'œil de l'Obſervateur au point
du limbe où doit ſe faire l'obſervation,
& en marquant même juſqu'aux diffé
rens effets des Lunettes à quatre ou à
deux verres, des Téleſcopes qui redreſ
: ſent ou qui renverſent, comme je Pa
' yois fait dans mon annonce que les bor
nes de la Gazette ont obligé d'abréger ?
• Rien ne prouve mieux, Monſieur,
|
A V R I L. 1764.
149
l'utilité dont peut être une pareille an
nonce bien faite, que l'Eclipſe même
qui a donné lieu à la mienne. M. de la
Brulerie , Chevalier de S. Louis, qui l'a
ebſervée lui deuxiéme à Auxerre, me
marque qu'il n'en a vu le commence
ment que quelques ſecondes après M.
de Monbazon, à côté duquel il obſer
voit; parce qu'il fixoit l'œil beaucoup.
au-deſſous du diamètre horifontal. S'il
n'eût regardé qu'un peu au - deſſous ,
comme mes cinq degrés le diſoient aſ
ſez, il auroit vu commencer l'Eclipſe
au même inſtant que ſon voiſin, comme
ils l'ont vue, l'un & l'autre, finir à la
même ſeconde.
.
-
-
En voici les principales circonſtances,
que M. de Montbazon, Conſeiller au
Bailliage, m'a envoyées; je ne puis
mieuxluien marquer ma reconnoiſſance,
qu'en vous priant de les rendre publiques
dans votre prochain Mercure. C'eſt une
obſervation d'autant plus précieuſe, que
peut-être elle eſt unique en France, à
cauſe du mauvais temps.
Le commencement à 9 h. 16 m. 33 ſ.
la fin à midi 16 m. 34 ſ; donc la durée
a été de trois heures une ſeconde. Ces
inſtans ont été obſervés avec un excel
lent Téleſcope de trente-deux pouces,
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
de la conſtruction de M. Paſſemant.
A 1o h. 44 m. 38 ſec. la partie éclai
rée du Soleil a été meſurée de 2 m. 28
ſec. avec une Lunette de dix pieds, gar
nie d'un Micromètre auſſi de M. Paſſe
mant. Un nuage qui eſt ſurvenu a inter
rompu l'obſervation pendant dix mi
Illlt6 S.
«
Les bords ſupérieurs du Soleil & de la
Lune ont paru coincider. Des Curieux ,
témoins de l'obſervaticn , au nombre de
cent, ont dit même avoir vu, avec des
verres enfumés, un filet de lumière dans
la partie ſupérieure : mais les Lunettes
n'en ont , rien fait voir. Les témoins
ont dépoſé encore dans le milieu de
l'Eclipſe, qu'il faiſoit très-froid. Pour
moi, dit M. de Montbazon, qul étois
dans le fort de mes travaux, je ne m'en
ſuis apperçu nullement.
J'ai l'honneur d'être , &c.
TREBUCHET, ancien Officier de la Reine.
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars
dernier, Monsieur, a annoncé sous mon
nom, que l'Eclipſe du premier Avril pa
roîtroit commencer en France à droite,
ſur le bord occidental du Soleil, cinq
degrés au-deſſous de ſon diamètre ho
riſontal. On dit que j'ai fait là une leçon
également inutile , & aux Aſtronômes
qui devoient ſçavoir s'en paſſer,& à ceux
qui , ne ſe mêlant pas d'obſerver, n'en
ont eu aucun beſoin : auſſi je déclare à
ceux qui ſe mêlent de critiquer ce qu'ils
ignorent, que la leçon , ſi c'en eſt une,
ne s'adreſſoit ni aux uns, ni aux autres ,
mais à ceux qui tiennent une eſpèce de
xmilieu ; je veux dire, aux Amateurs
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aſtronomie, qui, ſans être Aſtrg
nômes, ſe préparoient à une obſerva
tion dont on parloit depuis ſi long
temps.
,
-
J'ajoute que, dans le cas où mon an
nonce n'auroit pas été des plus exacte
ſur le fait des cinq degrés, elle ſeroit du
| moins bonne à fournir aux Sçavans
qui préſident aux calculs des Ephéméri
des ou Mouvemens Céleſtes, la penſée
de faire mieux, lorſqu'ils auront à nous
annoncer, ſoit des Eclipſes de Soleil &
de Lune, ſoit des paſſages de Mercure
& de Vénus, ſoit des Emerfions d'Etoiles
cachées par la Lune.
-
A l'approche de ces ſortes de Phéno
mènes, il eſt bien des yeux égarés dans
le champ d'une Lunette, & qui, faute
d'être fixés, manquent une obſervation
également curieuſe, importante & diffi
cile. Pourquoi ne pas la rendre aiſée,
· en fixant l'œil de l'Obſervateur au point
du limbe où doit ſe faire l'obſervation,
& en marquant même juſqu'aux diffé
rens effets des Lunettes à quatre ou à
deux verres, des Téleſcopes qui redreſ
: ſent ou qui renverſent, comme je Pa
' yois fait dans mon annonce que les bor
nes de la Gazette ont obligé d'abréger ?
• Rien ne prouve mieux, Monſieur,
|
A V R I L. 1764.
149
l'utilité dont peut être une pareille an
nonce bien faite, que l'Eclipſe même
qui a donné lieu à la mienne. M. de la
Brulerie , Chevalier de S. Louis, qui l'a
ebſervée lui deuxiéme à Auxerre, me
marque qu'il n'en a vu le commence
ment que quelques ſecondes après M.
de Monbazon, à côté duquel il obſer
voit; parce qu'il fixoit l'œil beaucoup.
au-deſſous du diamètre horifontal. S'il
n'eût regardé qu'un peu au - deſſous ,
comme mes cinq degrés le diſoient aſ
ſez, il auroit vu commencer l'Eclipſe
au même inſtant que ſon voiſin, comme
ils l'ont vue, l'un & l'autre, finir à la
même ſeconde.
.
-
-
En voici les principales circonſtances,
que M. de Montbazon, Conſeiller au
Bailliage, m'a envoyées; je ne puis
mieuxluien marquer ma reconnoiſſance,
qu'en vous priant de les rendre publiques
dans votre prochain Mercure. C'eſt une
obſervation d'autant plus précieuſe, que
peut-être elle eſt unique en France, à
cauſe du mauvais temps.
Le commencement à 9 h. 16 m. 33 ſ.
la fin à midi 16 m. 34 ſ; donc la durée
a été de trois heures une ſeconde. Ces
inſtans ont été obſervés avec un excel
lent Téleſcope de trente-deux pouces,
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
de la conſtruction de M. Paſſemant.
A 1o h. 44 m. 38 ſec. la partie éclai
rée du Soleil a été meſurée de 2 m. 28
ſec. avec une Lunette de dix pieds, gar
nie d'un Micromètre auſſi de M. Paſſe
mant. Un nuage qui eſt ſurvenu a inter
rompu l'obſervation pendant dix mi
Illlt6 S.
«
Les bords ſupérieurs du Soleil & de la
Lune ont paru coincider. Des Curieux ,
témoins de l'obſervaticn , au nombre de
cent, ont dit même avoir vu, avec des
verres enfumés, un filet de lumière dans
la partie ſupérieure : mais les Lunettes
n'en ont , rien fait voir. Les témoins
ont dépoſé encore dans le milieu de
l'Eclipſe, qu'il faiſoit très-froid. Pour
moi, dit M. de Montbazon, qul étois
dans le fort de mes travaux, je ne m'en
ſuis apperçu nullement.
J'ai l'honneur d'être , &c.
TREBUCHET, ancien Officier de la Reine.
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Résumé : ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
La lettre traite de l'éclipse solaire observée le 1er avril. La Gazette Littéraire avait annoncé que l'éclipse débuterait en France à droite du bord occidental du Soleil, cinq degrés en dessous de son diamètre horizontal, visant ainsi les amateurs d'astronomie. L'auteur reconnaît que cette information, bien que non parfaitement exacte, pouvait aider à améliorer les calculs des éphémérides et des mouvements célestes. Il insiste sur l'importance de guider les observateurs pour ne pas manquer des phénomènes rares. Par exemple, M. de la Brulerie a observé l'éclipse à Auxerre, commençant quelques secondes après M. de Monbazon en raison d'une mauvaise fixation de son œil. M. de Monbazon, conseiller au Bailliage, a détaillé l'éclipse : début à 9h16m33s, fin à midi 16m34s, durée totale de trois heures et une seconde. Les observations ont été réalisées avec un télescope de trente-deux pouces construit par M. Passemant. Des témoins ont noté un refroidissement pendant l'éclipse, bien que M. de Monbazon n'ait rien ressenti.
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57
p. 152-164
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
Début :
LE 25 du mois d'Août dernier, 1763, l'Académie célébra le matin la [...]
Mots clefs :
Femmes, Sein, Mort, Discours, Gangrène, Utérus, Sciences, Abbé Gros, Traité, Mauvais, Voyages, Voyageur, Histoire, Couches
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texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
SÉANCE publique de l'Académie des
Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
LE 25 du mois d'Août dernier,
1763, l'Académie célébra le matin la
Fête de Saint Louis, par une Meſſe
M A I. 1764.
I 53
qu'elle fit dire , & après laquelle M.
l'Abbé de Baſtard Prêtre , Sacriſtain
de la Cathédrale & l'un de nos Confrè
res, lut le Panégyrique du Saint, qui
eut l'applaudiſſement d'une nombreuſe
aſſemblée.
Le même jour, vers les cinq heures
après midi, l'Académie ſe rendit à l'Hô
tel-de-Ville, où en préſence de MM.
les Maire & Conſuls, d'un grand nom
bre d'Officiers , & d'autres perſonnes
de diſtinction, M. Brouzet, Directeur ,
ouvrit la ſéance par un diſcours, où il
parla de la Paix ; & des circonſtances
qui l'ont précédée, & à la fin du quel il
fit l'Eloge du RoI, de M. le Comte. de
· S. Florentin notre Protecteur , de M.
notre Evêque & de M. de Mairan. En
ſuite il s'étendit beaucoup ſur l'éduca
tion morale des Enfans : c'étoit la ſe
conde partie de ſes réfléxions ſur ce ſu
jet. Il en avoit lu la première dans la
ſéance publique précédente.
M. l'Abbé de Manſe, qui avoit été
chargé par la Compagnie de faire le
précis du diſcours ſur l'utilité des Voya
ges, que notre Aſſocié M. l'Abbé Gros
de-Beſplas de la Maiſon & Société de
Sorbonne, vient de faire imprimer,
lut ce qui ſuit,
.
"
G v
*
-
.
^.
154 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé Gros, après une courte
Préface , où il rend compte des motifs
qui l'ont engagé à choiſir le Sujet qu'il
a traité, commence ſon diſcours par
un remercîment de la grace qu'il dit
avoir reçue , en ſe voyant admis par
mi nous. La modeſtie & la reconnoiſſan
ce ſemblent lui avoir dicté les expreſ
ſions dont il ſe ſert à cette occaſion ;
il paſſe tout de ſuite à l'utilité des voya
ges, relativement aux Sciences & aux
mœurs :
il
fait voir que les voyages
éclairent les Sciences & qu'ils forment
les mœurs : voilà les deux parties de
ſon diſcours.
-
, Les voyages, dit-il, après M. Piga
miol de la Force, on été les premières
écoles du monde , & les Voyageurs
les premiers Sçavans. Rempli de l'idée
de cet Auteur , M. l'Abbé Gros regar
de l'Univers comme un cabinet , & un
Voyageur comme un Sçavant qui par
court tous les Livres qui y ſont conte
nus; avec cette différence, que le Voya
geur en interrogeant les hommes de
tous les pays , en eſt bien autrement
· affecté , que le Sçavant qui n'interroge
que les Livres : tout eſt froid pour
celui - ci ; tout s'anime pour celui-là.
L'hiſtoire des Nations policées , & de
M A I. 1754.
-
1 55
celles qui ne le ſont pas, l'hiſtoire des
Empires & des Peuples, l'hiſtoire natu
relle, l'hiſtoire même de la Religion ,
tout eſt à découvert pour celui qui
voyage ; les Sciences proprement dites,
Philoſophie, Théologie, Aſtronomie ,
Géographie, Tactique, Médecine, Bota
nique , tout eſt dévoilé au voyageur. Il
juge de tout , parce qu'il voit tout, qu'il
écoute tout.
-
C'eſt le tableau que nous préſente
l'Auteur dans la première
partie de
ſon Diſcours ; & ce tableau eſt un
tableau mouvant, qui fait paſſer l'objet
dans le cœur du Spectateur.
La ſeconde partie , dit M. de Manſe,
eſt d'autant plus agréable à lire, que
l'Auteur combat victorieuſement par
les faits le préjugé que l'Abbé Regnier
a réduit en maxime : rarement à courir
le monde , on devient plus homme de
bien. On ne peut ſe refuſer à tout ce
que M. Gros dit pour prouver que les
voyages ſont profitables aux mœurs ;
premierement, en corrigeant les défauts
qui peuvent ſe trouver dans les caracté
res nationaux & perſonnels.
Il y a
des vices , dit-il , auxquels on ne peut
échapper que par la fuite ; le voyageur
fait toujours. Secondement , en ſubſti
G vj
/
156 MERCURE DE FRANCE.
tuant à ces défauts les qualités qui don
nent de l'éclat aux Nations que l'on va
viſiter. La vertu ſe montre au voyageur
ſous tant d'images, qu'il ſent redoubler
pour elle ſon inclination. D'ailleurs il a
des motifs bien puiſſans pour devenir
vertueux ; la gloire de ſa Nation, & ſà
gloire perſonnelle.
-
| Parmi nous un Citoyen ſe montre-t-il
léger ? c'eſt le vice de la perſonne : chez
l'Etranger , il fait accuſer la Nation ;
· c'eſt le vice des François. Parmi nous
le Citoyen jouit d'une confidération ,
qui peut-être n'eſt due qu'à ſes Pères :
chez l'Etranger, il n'a d'autre reſſource
que ſon propre mérite pour ſe concilier
les ſuffrages de ceux avec qui il vit.
M. l'Abbé Gros finit ſon Ouvrage par
I'Eloge du RoI,de M.le Comte de S. Flo
rentin notre Protecteur, de M. Béſiers
notre Chef, de M. de Mairan notre Fon
dateur, de Mde Lepaute notre Aſſociée;
& tous ces Eloges font ſortir le mérite
de celui qui loue , de même que le mé
rite de ceux qui ſont loués.
Après le Diſcours dont je viens , dit
M. de Manſe, de donner le précis, M.
Gros ajoute des réfléxions ſur les Voya
ges; & ce n'eſt pas l'endroit le moins
piquant , ni le moins utile de ſon écrit.
M A I. 1764.
157
Il étoit ſi plein de ſa matière , que ne
pouvant pas faire entrer tout ce qu'il
avoit médité la-deſſus, dans un diſcours
de demi-heure de lecture, il a été obligé
de la ciſailler, pour ainſi dire, afin de ne
rien omettre de ce qui devoit perſuader
ſon Sujet, & pour en faire retirer les
avantages qu'il en a retirés lui - même.
Comme Orateur, ſon éloquence déter
mine à voyager : comme penſeur, ſes
maximes apprennent à voyager : la mé
fiance, dit-il, eſt un vice dans le com
merce de la Société : elle eſt indipenſa
ble dans les voyages, & devient une
prudence; c'eſt en ce ſens, qu'on a tou
jours dit que la méfiance étoit mère,
de ſureté.
L'
-
Si l'on croit les gens du Païs , on
accourcit ſon chemin par les ſentiers ;
& j'aſſure , dit-il, qu'on l'abrège par
les grandes routes. Cette maxime a l'air
d'un paradoxe ; mais en l'éxaminant ,
on en découvre aiſément la vérité.
Les autres réfléxions que l'on trouve
en aſſez grand nombre dans l'ouvrage
de M. l'Abbé Gros , ſont très - judi
cieuſes, & d'une pratique ſûre & avan
tageuſe. Il ſeroit à ſouhaiter qu'on les
gravât dans l'eſprit & dans le cœur des
jeunes gens qu'on deſtine à voyager.
158 MERCURE DE FRANCE:
M. Bouillet le Père parla enſuite ſur
la mort prompte de quelques femmes
en couche , & ſur les moyens de pré
venir cette mort. Il n'en détailla pas
toutes les cauſes : il réſerva pour une
autre occaſion la ſyncope, la ſuffoca
tion utérine , l'apopléxie laiteuſe ; &
pour l'hémorrhagie exceſſive , il ren
voya à M. Levret, habile Accoucheur
de Paris , qui en a très-bien diſſerté
dans un de ſes ouvrages. Il ſe borna à la
gangrène de l'utérus, ſuite de l'inflam
mation de cette partie , & la cauſe la
plus ordinaire de la mort prompte de ces
accouchées : Sujet qui ne paroît pas
avoir été traité en particulier * & avec
toute l'attention qu'il mérite.
Mais à quoi attribuer cette inflam
mation, & la gangrène qui lui ſuccède
ſi promptement ? Le commun des hom
mes en rapporte ordinairement la cauſe
à quelque coup extérieur , à quelque
chute , ou à quelque déchirure, a quel
que contuſion dans l'intérieur du ſein ;
& l'on ne peut pas nier qu'a l'égard de
" M. Aſtruc a parlé de l'inflammation de la
ma trice hors le temps des couches ; mais il n'a
pas encore traité ex profeſſo de celle qui ſurvient
d'abord après l'accouchement. V. Traité des ma
ladies des Femmes imprimé en 176 I.
,
M A I. 1764.
159
certaines femmes qui ont péri bruſque
ment , ces cauſes n'aient eu quelque
part à leur mort. On ne manque guères
auſſi de ſoupçonner quelque faute dans
le traitement de l'accouchée ,
ſi ſa
mort a été précédée d'une maladie de
quelques jours.
Cependant, on voit 1°. mourir des
accouchées , qui n'avoient fait aucune
chute , & qui n'avoient reçu aucun
coup ſur le ventre.
2°. Il en meurt auſſi ſans qu'il y ait
eu aucune écorchure ou contuſion dans
leur ſein ; & l'on en voit réchapper dont
le ſein n'a pû qu'être furieuſement mal
traité. Car ſans parler de celles qui ont
ſurvécu
à l'Opération Céſarienne ,
combien d'exemples n'a-t-on pas, de
femmes à qui on a arraché de force .
ou tiré par des crochets des enfans
morts, ou des têtes ſeparées de leur
tronc , ou enclavées entre les os du
baſſin, ſans que la mort s'en ſoit tou
jours enſuivie ?
Il y a plus : on a vu revenir en ſanté
des femmes à qui les enfans pourris dans
leur ſein, avoient percé l'abdomen, s'é-
toient frayés une iſſue à travers les
membranes de l'utérus & de l'inteſtin
-
•
•
• •
• à
7 6- MERCURE DE FRANCE.
rectu n,"d'où ils ſortoient par piéces : ce
qui prouve évidemment, que, quoique
la ſubſtance de l'utérus ſoit très-délicate,
très-ſuſceptible des impreſſions ſoit ex
térieures , ſoit intérieures , & qu'il faille
la ménager avec toute l'attention poſ
ſible , ce n'eſt pas pourtant toujours
à raiſon de ſa délicateſſe , ni à raiſon
des incifions qui ont pu y être faites,
ou des meurtriſſures qu'elle a pu rece
voir , ou des inflammations & des
abſcès qui ont pu s'y former, que la
gangrène de cette partie enléve ſi bruſ
quement la femme en couche.
3°. Enfin il meurt des accouchées
entre les mains des plus habiles Mé
decins, quoiqu'elles ſe fuſſent délivrées
naturellement, & que dans leur mala
die elles euſſent été traitées ſelon toutes
les régles de l'Art.
A quoi donc attribuer le triſte ſort
de ces femmes ? C'eſt, répond M. B. à
la nature de la fiévre qui les attaque
d'abord après l'accouchement, & à la
quelle ſuccédent promptement l'inflam
mation & la gangrène de leur ſein.
* V. Joann. Langii Epiſt. Mad. Lib. 2. Epiſt.
39. Mém. de l'Acad. Royale des Sciences, année
17o2. p. 234. Obſerv. de Médecine de la Société
d'Edimbourg. Tom, V, Art, 39° &c.
M A I. 1744.
161 .
Après avoir expliqué en peu de mots
Ia diſpoſition de l'utérus après l'en
fantement, & avoir rapporté les cauſes
générales de la gangrène & du ſphacèle,
· M. B. ajoute qu'il eſt viſible que ſi une
femme avant ſes couches n'a pas ob
ſervé les régles d'une ſage diéte, ſi elle a
uſé de mauvais alimens, d'alimens capa
bles de fournir une grande quantité de
ſucs de mauvaiſe qualité,ou que par quel
que cauſe que ce ſoit ces mauvais ſucs ſe
ſoient formés dans ſon corps , que
d'abord après l'accouchement ils vien
nent à ſe développer, & qu'ils occa
ſionnent une fiévre de mauvais ca
ractère avec de violens redoublemens ,
ſon ſein doit s'engorger à un extrême
degré , ſe gangrener , ſe ſphacéler,
d'où s'enſuivra une prompte mort.
On ne ſera pas ſurpris de ce funeſte
accident, ſi on conſidére d'un côté !'état
où ſe trouve le ſein des femmes d'abord
après l'accouchement, & de l'autre, ſi
on examine les effets que doivent pro
duire ſur ce viſcére les violens pa
roxiſmes d'une fiévre putride maligne.
On s'imagine bien qu'il faut un peu
de temps pour que les parois de l'utérus
énormément diſtendus vers la fin de la
groſſeſſe, ſe rapprochent; que leurs vaiſ
ſeaux extrêmement gonflés ſe vuident
1 62 MERCURE DE FRANCE.
des liqueurs qu'ils contiennent, & que
tout le corps de ce viſcére revienne à
ſon premier état ; d'où il eſt aiſé de
comprendre que s'il arrive de violens
redoublemens de fiévre , avant que
l'utérus ſoit réduit à ſon premier volu
me ; ſes vaiſſeaux déjà gorgés & dé
pourvus d'élaſticité céderont aiſément à
l'impétuoſité des humeurs qui y abor
deront; les extrémités capillaires de leurs
rameaux artériels ſe rempliront outre
meſure; les liqueurs qui y ſont accumu-'
lées ne pourront plus rouler; les tuni
ques de quelques rameaux trop dilatées
fe rompront ; & il ſurviendra une ceſſà
tion totale du cours des liquides, & du
mouvement ſyſtaltique des ſolides : en
un mot la gangrène & le ſphacéle ou
la mort de ce viſcére qui entraîne
promptement celle de l'accouchée.
Ajoutons que plus les femmes auront
· manqué dans leur régime pendant leur
groſſeſſe, plus elles ſeront expoſées à
ce ſiniſtre événement après leurs cou
ches , & beaucoup davantage celles
dont le ſein n'étoit pas originairement
bien conſtitué.
M. B. rend raiſon du mauvais ſuccès
des remédes dans le cas dont il s'agit; &
il ajoute qu'on ne doit accuſer ici ni
M A I. 1764.
163
Médecin , ni Accoucheur. Il prétend
qu'ils ne ſont point alors comptables de
la mort de ces infortunées ; & que c'eſt
uniquement à la mauvaiſe diſpoſition
de leur ſein , & à la fiévre putride
-maligne qui les ſaiſit d'abord après leurs
couches , qu'il faut s'en prendre.
D'où il conclut que pour éviter une
ſi bruſque & ſi fâcheuſe cataſtrophe, le
· ſeul moyen ſeroit de prévenir la fiévre
putride maligne qui fait périr les femmes
en couche en occaſionnant prompte
ment l'inflammation & la gangrène de
leur ſein. Et ce moyen conſiſte , dit-il,
en un régime très-rigoureux , en une
privation abſolue d'alimens indigeſtes,
ou aiſés à ſe corrompre, ſur-tout de
ragoûts , de pâtiſſeries , de liqueurs ar
dentes ou faciles à s'enflammer, en un
ſommeil tranquille , en un exercice
modéré, & en une ſuſpenſion prèſque
totale des paſſions de l'âme : en un
mot, en une manière de vivre frugale ,
priſe principalement des végétaux , &
réglée de telle ſorte,que les femmes pen
dant leur groſſeſſe n'ayent aucune in
digeſtion à craindre, & qu'elles puiſſent
ſe flatter de ne porter aucun mauvais
levain dans leur corps , ou ce qui revient
au même , de n'avoir aucun foyer de
\
1 o4 MERCURE DE FRANCE.
maladie lors de leur enfantement.
Avec de telles précautions, auxquelles
vraiſemblablement peu de femmes groſ
ſes voudront entièrement s'aſſujettir ,
quelque néceſſaires qu'elles leur ſoient,
ou du moins en y ſuppléant ſuffiſam
ment, s'il eſt poſſible, par le ſecours
de l'Art , elles préviendront infaillible
ment la fiévre putride maligne , dont
, quelques-unes ſont menacées après leurs
couches, & dont les effets leur ſont ſi
funeſtes.
-
-
-
A BESIERS, le 15 Septembre 1763.
Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
LE 25 du mois d'Août dernier,
1763, l'Académie célébra le matin la
Fête de Saint Louis, par une Meſſe
M A I. 1764.
I 53
qu'elle fit dire , & après laquelle M.
l'Abbé de Baſtard Prêtre , Sacriſtain
de la Cathédrale & l'un de nos Confrè
res, lut le Panégyrique du Saint, qui
eut l'applaudiſſement d'une nombreuſe
aſſemblée.
Le même jour, vers les cinq heures
après midi, l'Académie ſe rendit à l'Hô
tel-de-Ville, où en préſence de MM.
les Maire & Conſuls, d'un grand nom
bre d'Officiers , & d'autres perſonnes
de diſtinction, M. Brouzet, Directeur ,
ouvrit la ſéance par un diſcours, où il
parla de la Paix ; & des circonſtances
qui l'ont précédée, & à la fin du quel il
fit l'Eloge du RoI, de M. le Comte. de
· S. Florentin notre Protecteur , de M.
notre Evêque & de M. de Mairan. En
ſuite il s'étendit beaucoup ſur l'éduca
tion morale des Enfans : c'étoit la ſe
conde partie de ſes réfléxions ſur ce ſu
jet. Il en avoit lu la première dans la
ſéance publique précédente.
M. l'Abbé de Manſe, qui avoit été
chargé par la Compagnie de faire le
précis du diſcours ſur l'utilité des Voya
ges, que notre Aſſocié M. l'Abbé Gros
de-Beſplas de la Maiſon & Société de
Sorbonne, vient de faire imprimer,
lut ce qui ſuit,
.
"
G v
*
-
.
^.
154 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé Gros, après une courte
Préface , où il rend compte des motifs
qui l'ont engagé à choiſir le Sujet qu'il
a traité, commence ſon diſcours par
un remercîment de la grace qu'il dit
avoir reçue , en ſe voyant admis par
mi nous. La modeſtie & la reconnoiſſan
ce ſemblent lui avoir dicté les expreſ
ſions dont il ſe ſert à cette occaſion ;
il paſſe tout de ſuite à l'utilité des voya
ges, relativement aux Sciences & aux
mœurs :
il
fait voir que les voyages
éclairent les Sciences & qu'ils forment
les mœurs : voilà les deux parties de
ſon diſcours.
-
, Les voyages, dit-il, après M. Piga
miol de la Force, on été les premières
écoles du monde , & les Voyageurs
les premiers Sçavans. Rempli de l'idée
de cet Auteur , M. l'Abbé Gros regar
de l'Univers comme un cabinet , & un
Voyageur comme un Sçavant qui par
court tous les Livres qui y ſont conte
nus; avec cette différence, que le Voya
geur en interrogeant les hommes de
tous les pays , en eſt bien autrement
· affecté , que le Sçavant qui n'interroge
que les Livres : tout eſt froid pour
celui - ci ; tout s'anime pour celui-là.
L'hiſtoire des Nations policées , & de
M A I. 1754.
-
1 55
celles qui ne le ſont pas, l'hiſtoire des
Empires & des Peuples, l'hiſtoire natu
relle, l'hiſtoire même de la Religion ,
tout eſt à découvert pour celui qui
voyage ; les Sciences proprement dites,
Philoſophie, Théologie, Aſtronomie ,
Géographie, Tactique, Médecine, Bota
nique , tout eſt dévoilé au voyageur. Il
juge de tout , parce qu'il voit tout, qu'il
écoute tout.
-
C'eſt le tableau que nous préſente
l'Auteur dans la première
partie de
ſon Diſcours ; & ce tableau eſt un
tableau mouvant, qui fait paſſer l'objet
dans le cœur du Spectateur.
La ſeconde partie , dit M. de Manſe,
eſt d'autant plus agréable à lire, que
l'Auteur combat victorieuſement par
les faits le préjugé que l'Abbé Regnier
a réduit en maxime : rarement à courir
le monde , on devient plus homme de
bien. On ne peut ſe refuſer à tout ce
que M. Gros dit pour prouver que les
voyages ſont profitables aux mœurs ;
premierement, en corrigeant les défauts
qui peuvent ſe trouver dans les caracté
res nationaux & perſonnels.
Il y a
des vices , dit-il , auxquels on ne peut
échapper que par la fuite ; le voyageur
fait toujours. Secondement , en ſubſti
G vj
/
156 MERCURE DE FRANCE.
tuant à ces défauts les qualités qui don
nent de l'éclat aux Nations que l'on va
viſiter. La vertu ſe montre au voyageur
ſous tant d'images, qu'il ſent redoubler
pour elle ſon inclination. D'ailleurs il a
des motifs bien puiſſans pour devenir
vertueux ; la gloire de ſa Nation, & ſà
gloire perſonnelle.
-
| Parmi nous un Citoyen ſe montre-t-il
léger ? c'eſt le vice de la perſonne : chez
l'Etranger , il fait accuſer la Nation ;
· c'eſt le vice des François. Parmi nous
le Citoyen jouit d'une confidération ,
qui peut-être n'eſt due qu'à ſes Pères :
chez l'Etranger, il n'a d'autre reſſource
que ſon propre mérite pour ſe concilier
les ſuffrages de ceux avec qui il vit.
M. l'Abbé Gros finit ſon Ouvrage par
I'Eloge du RoI,de M.le Comte de S. Flo
rentin notre Protecteur, de M. Béſiers
notre Chef, de M. de Mairan notre Fon
dateur, de Mde Lepaute notre Aſſociée;
& tous ces Eloges font ſortir le mérite
de celui qui loue , de même que le mé
rite de ceux qui ſont loués.
Après le Diſcours dont je viens , dit
M. de Manſe, de donner le précis, M.
Gros ajoute des réfléxions ſur les Voya
ges; & ce n'eſt pas l'endroit le moins
piquant , ni le moins utile de ſon écrit.
M A I. 1764.
157
Il étoit ſi plein de ſa matière , que ne
pouvant pas faire entrer tout ce qu'il
avoit médité la-deſſus, dans un diſcours
de demi-heure de lecture, il a été obligé
de la ciſailler, pour ainſi dire, afin de ne
rien omettre de ce qui devoit perſuader
ſon Sujet, & pour en faire retirer les
avantages qu'il en a retirés lui - même.
Comme Orateur, ſon éloquence déter
mine à voyager : comme penſeur, ſes
maximes apprennent à voyager : la mé
fiance, dit-il, eſt un vice dans le com
merce de la Société : elle eſt indipenſa
ble dans les voyages, & devient une
prudence; c'eſt en ce ſens, qu'on a tou
jours dit que la méfiance étoit mère,
de ſureté.
L'
-
Si l'on croit les gens du Païs , on
accourcit ſon chemin par les ſentiers ;
& j'aſſure , dit-il, qu'on l'abrège par
les grandes routes. Cette maxime a l'air
d'un paradoxe ; mais en l'éxaminant ,
on en découvre aiſément la vérité.
Les autres réfléxions que l'on trouve
en aſſez grand nombre dans l'ouvrage
de M. l'Abbé Gros , ſont très - judi
cieuſes, & d'une pratique ſûre & avan
tageuſe. Il ſeroit à ſouhaiter qu'on les
gravât dans l'eſprit & dans le cœur des
jeunes gens qu'on deſtine à voyager.
158 MERCURE DE FRANCE:
M. Bouillet le Père parla enſuite ſur
la mort prompte de quelques femmes
en couche , & ſur les moyens de pré
venir cette mort. Il n'en détailla pas
toutes les cauſes : il réſerva pour une
autre occaſion la ſyncope, la ſuffoca
tion utérine , l'apopléxie laiteuſe ; &
pour l'hémorrhagie exceſſive , il ren
voya à M. Levret, habile Accoucheur
de Paris , qui en a très-bien diſſerté
dans un de ſes ouvrages. Il ſe borna à la
gangrène de l'utérus, ſuite de l'inflam
mation de cette partie , & la cauſe la
plus ordinaire de la mort prompte de ces
accouchées : Sujet qui ne paroît pas
avoir été traité en particulier * & avec
toute l'attention qu'il mérite.
Mais à quoi attribuer cette inflam
mation, & la gangrène qui lui ſuccède
ſi promptement ? Le commun des hom
mes en rapporte ordinairement la cauſe
à quelque coup extérieur , à quelque
chute , ou à quelque déchirure, a quel
que contuſion dans l'intérieur du ſein ;
& l'on ne peut pas nier qu'a l'égard de
" M. Aſtruc a parlé de l'inflammation de la
ma trice hors le temps des couches ; mais il n'a
pas encore traité ex profeſſo de celle qui ſurvient
d'abord après l'accouchement. V. Traité des ma
ladies des Femmes imprimé en 176 I.
,
M A I. 1764.
159
certaines femmes qui ont péri bruſque
ment , ces cauſes n'aient eu quelque
part à leur mort. On ne manque guères
auſſi de ſoupçonner quelque faute dans
le traitement de l'accouchée ,
ſi ſa
mort a été précédée d'une maladie de
quelques jours.
Cependant, on voit 1°. mourir des
accouchées , qui n'avoient fait aucune
chute , & qui n'avoient reçu aucun
coup ſur le ventre.
2°. Il en meurt auſſi ſans qu'il y ait
eu aucune écorchure ou contuſion dans
leur ſein ; & l'on en voit réchapper dont
le ſein n'a pû qu'être furieuſement mal
traité. Car ſans parler de celles qui ont
ſurvécu
à l'Opération Céſarienne ,
combien d'exemples n'a-t-on pas, de
femmes à qui on a arraché de force .
ou tiré par des crochets des enfans
morts, ou des têtes ſeparées de leur
tronc , ou enclavées entre les os du
baſſin, ſans que la mort s'en ſoit tou
jours enſuivie ?
Il y a plus : on a vu revenir en ſanté
des femmes à qui les enfans pourris dans
leur ſein, avoient percé l'abdomen, s'é-
toient frayés une iſſue à travers les
membranes de l'utérus & de l'inteſtin
-
•
•
• •
• à
7 6- MERCURE DE FRANCE.
rectu n,"d'où ils ſortoient par piéces : ce
qui prouve évidemment, que, quoique
la ſubſtance de l'utérus ſoit très-délicate,
très-ſuſceptible des impreſſions ſoit ex
térieures , ſoit intérieures , & qu'il faille
la ménager avec toute l'attention poſ
ſible , ce n'eſt pas pourtant toujours
à raiſon de ſa délicateſſe , ni à raiſon
des incifions qui ont pu y être faites,
ou des meurtriſſures qu'elle a pu rece
voir , ou des inflammations & des
abſcès qui ont pu s'y former, que la
gangrène de cette partie enléve ſi bruſ
quement la femme en couche.
3°. Enfin il meurt des accouchées
entre les mains des plus habiles Mé
decins, quoiqu'elles ſe fuſſent délivrées
naturellement, & que dans leur mala
die elles euſſent été traitées ſelon toutes
les régles de l'Art.
A quoi donc attribuer le triſte ſort
de ces femmes ? C'eſt, répond M. B. à
la nature de la fiévre qui les attaque
d'abord après l'accouchement, & à la
quelle ſuccédent promptement l'inflam
mation & la gangrène de leur ſein.
* V. Joann. Langii Epiſt. Mad. Lib. 2. Epiſt.
39. Mém. de l'Acad. Royale des Sciences, année
17o2. p. 234. Obſerv. de Médecine de la Société
d'Edimbourg. Tom, V, Art, 39° &c.
M A I. 1744.
161 .
Après avoir expliqué en peu de mots
Ia diſpoſition de l'utérus après l'en
fantement, & avoir rapporté les cauſes
générales de la gangrène & du ſphacèle,
· M. B. ajoute qu'il eſt viſible que ſi une
femme avant ſes couches n'a pas ob
ſervé les régles d'une ſage diéte, ſi elle a
uſé de mauvais alimens, d'alimens capa
bles de fournir une grande quantité de
ſucs de mauvaiſe qualité,ou que par quel
que cauſe que ce ſoit ces mauvais ſucs ſe
ſoient formés dans ſon corps , que
d'abord après l'accouchement ils vien
nent à ſe développer, & qu'ils occa
ſionnent une fiévre de mauvais ca
ractère avec de violens redoublemens ,
ſon ſein doit s'engorger à un extrême
degré , ſe gangrener , ſe ſphacéler,
d'où s'enſuivra une prompte mort.
On ne ſera pas ſurpris de ce funeſte
accident, ſi on conſidére d'un côté !'état
où ſe trouve le ſein des femmes d'abord
après l'accouchement, & de l'autre, ſi
on examine les effets que doivent pro
duire ſur ce viſcére les violens pa
roxiſmes d'une fiévre putride maligne.
On s'imagine bien qu'il faut un peu
de temps pour que les parois de l'utérus
énormément diſtendus vers la fin de la
groſſeſſe, ſe rapprochent; que leurs vaiſ
ſeaux extrêmement gonflés ſe vuident
1 62 MERCURE DE FRANCE.
des liqueurs qu'ils contiennent, & que
tout le corps de ce viſcére revienne à
ſon premier état ; d'où il eſt aiſé de
comprendre que s'il arrive de violens
redoublemens de fiévre , avant que
l'utérus ſoit réduit à ſon premier volu
me ; ſes vaiſſeaux déjà gorgés & dé
pourvus d'élaſticité céderont aiſément à
l'impétuoſité des humeurs qui y abor
deront; les extrémités capillaires de leurs
rameaux artériels ſe rempliront outre
meſure; les liqueurs qui y ſont accumu-'
lées ne pourront plus rouler; les tuni
ques de quelques rameaux trop dilatées
fe rompront ; & il ſurviendra une ceſſà
tion totale du cours des liquides, & du
mouvement ſyſtaltique des ſolides : en
un mot la gangrène & le ſphacéle ou
la mort de ce viſcére qui entraîne
promptement celle de l'accouchée.
Ajoutons que plus les femmes auront
· manqué dans leur régime pendant leur
groſſeſſe, plus elles ſeront expoſées à
ce ſiniſtre événement après leurs cou
ches , & beaucoup davantage celles
dont le ſein n'étoit pas originairement
bien conſtitué.
M. B. rend raiſon du mauvais ſuccès
des remédes dans le cas dont il s'agit; &
il ajoute qu'on ne doit accuſer ici ni
M A I. 1764.
163
Médecin , ni Accoucheur. Il prétend
qu'ils ne ſont point alors comptables de
la mort de ces infortunées ; & que c'eſt
uniquement à la mauvaiſe diſpoſition
de leur ſein , & à la fiévre putride
-maligne qui les ſaiſit d'abord après leurs
couches , qu'il faut s'en prendre.
D'où il conclut que pour éviter une
ſi bruſque & ſi fâcheuſe cataſtrophe, le
· ſeul moyen ſeroit de prévenir la fiévre
putride maligne qui fait périr les femmes
en couche en occaſionnant prompte
ment l'inflammation & la gangrène de
leur ſein. Et ce moyen conſiſte , dit-il,
en un régime très-rigoureux , en une
privation abſolue d'alimens indigeſtes,
ou aiſés à ſe corrompre, ſur-tout de
ragoûts , de pâtiſſeries , de liqueurs ar
dentes ou faciles à s'enflammer, en un
ſommeil tranquille , en un exercice
modéré, & en une ſuſpenſion prèſque
totale des paſſions de l'âme : en un
mot, en une manière de vivre frugale ,
priſe principalement des végétaux , &
réglée de telle ſorte,que les femmes pen
dant leur groſſeſſe n'ayent aucune in
digeſtion à craindre, & qu'elles puiſſent
ſe flatter de ne porter aucun mauvais
levain dans leur corps , ou ce qui revient
au même , de n'avoir aucun foyer de
\
1 o4 MERCURE DE FRANCE.
maladie lors de leur enfantement.
Avec de telles précautions, auxquelles
vraiſemblablement peu de femmes groſ
ſes voudront entièrement s'aſſujettir ,
quelque néceſſaires qu'elles leur ſoient,
ou du moins en y ſuppléant ſuffiſam
ment, s'il eſt poſſible, par le ſecours
de l'Art , elles préviendront infaillible
ment la fiévre putride maligne , dont
, quelques-unes ſont menacées après leurs
couches, & dont les effets leur ſont ſi
funeſtes.
-
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A BESIERS, le 15 Septembre 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS.
Le 25 août 1763, l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de Béziers célébra la fête de Saint Louis avec une messe et un panégyrique. Dans l'après-midi, l'Académie se réunit à l'Hôtel-de-Ville. M. Brouzet, Directeur, ouvrit la séance en évoquant la paix récente et en rendant hommage au Roi, au Comte de Saint-Florentin, à l'Évêque et à M. de Mairan. Il aborda ensuite la question de l'éducation morale des enfants. L'Abbé de Manse présenta un résumé du discours de l'Abbé Gros de-Besplas sur l'utilité des voyages, soulignant leur rôle dans l'acquisition de connaissances variées et la formation des mœurs. L'Abbé Gros réfuta le préjugé selon lequel voyager ne rend pas nécessairement meilleur, affirmant que les voyages corrigent les défauts nationaux et personnels et encouragent la vertu. Le texte traite également des réflexions de l'Abbé Gros et de M. Bouillet sur la mortalité maternelle. M. Bouillet examina les causes de la mort rapide de certaines femmes en couches, notamment la gangrène de l'utérus due à des traumatismes ou des erreurs de traitement. Il identifia une fièvre maligne post-partum comme principale cause, aggravée par une mauvaise alimentation pendant la grossesse. Cette fièvre entraîne une inflammation et une gangrène de l'utérus, menant à la mort. Pour prévenir cette condition, M. Bouillet recommanda un régime strict durant la grossesse, évitant les aliments indigestes et les boissons alcoolisées, ainsi qu'un mode de vie frugal et modéré.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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58
p. 155-156
ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de MARSEILLE.
Début :
L'ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de Marseille a tenu sa [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres, sciences et arts de Marseille, Mémoire
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texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de MARSEILLE.
ACADÉMIE des Belles - Lettres , Sciences
& Arts de MARSEILLE.
L'ACADEMIE des Belles - Lettres
Sciences & Arts de Marfeille a tenu fa
première affemblée publique d'après Pâques
le 13 de ce mois.
M. le Chancelier , en l'abfence du
Directeur , a ouvert la féance par un
difcours relatif à l'objet de cette affemblée.
M. Guis a la un mémoire fur les
manufactures placées dans les villes maritimes
& commerçantes. M. de Saint--
Jacques a lu un mémoire fur la manière
de trouver les longitudes far mer.
M. Fortic a lu une differtation fur les
volcans & fur quelques phénomènes par
ticuliers du Véfuve. M. Mourrailles a lu
un mémoire fur la méthode des fluxions
& fur les infiniment petits.
G vj
156 1
MERCURE DE FRANCE.
La féance a été terminée par la lec
ture de l'éloge hiftorique de feu M. le
Marquis de Beauffet, fait par M. Audibert.
L'Académie n'ayant point adjugé le
prix , en aura deux à donner l'année
prochaine.
Elle a propofé , pour ces deux prix ,
les fujets fuivans :
Quelles font les caufes de la diminution
de la pêche fur les côtes de Provence , &
quels feroient les moyens de la rendre
plus abondante.
Quelle eft la meilleure manière de faire
&gouverner le vin de Provence , foit pour
l'ufage , foit pour le tranſport.
Les ouvrages ne feront reçus que
jufqu'au premier janvier 1769. Ils deivent
être adreffés à MM. de l'Académie
des Belles - Lettres , Sciences & Arts de
Marſeille , & remis , francs de port , fans
quoi ils ne feront pas retirés..
& Arts de MARSEILLE.
L'ACADEMIE des Belles - Lettres
Sciences & Arts de Marfeille a tenu fa
première affemblée publique d'après Pâques
le 13 de ce mois.
M. le Chancelier , en l'abfence du
Directeur , a ouvert la féance par un
difcours relatif à l'objet de cette affemblée.
M. Guis a la un mémoire fur les
manufactures placées dans les villes maritimes
& commerçantes. M. de Saint--
Jacques a lu un mémoire fur la manière
de trouver les longitudes far mer.
M. Fortic a lu une differtation fur les
volcans & fur quelques phénomènes par
ticuliers du Véfuve. M. Mourrailles a lu
un mémoire fur la méthode des fluxions
& fur les infiniment petits.
G vj
156 1
MERCURE DE FRANCE.
La féance a été terminée par la lec
ture de l'éloge hiftorique de feu M. le
Marquis de Beauffet, fait par M. Audibert.
L'Académie n'ayant point adjugé le
prix , en aura deux à donner l'année
prochaine.
Elle a propofé , pour ces deux prix ,
les fujets fuivans :
Quelles font les caufes de la diminution
de la pêche fur les côtes de Provence , &
quels feroient les moyens de la rendre
plus abondante.
Quelle eft la meilleure manière de faire
&gouverner le vin de Provence , foit pour
l'ufage , foit pour le tranſport.
Les ouvrages ne feront reçus que
jufqu'au premier janvier 1769. Ils deivent
être adreffés à MM. de l'Académie
des Belles - Lettres , Sciences & Arts de
Marſeille , & remis , francs de port , fans
quoi ils ne feront pas retirés..
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Résumé : ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de MARSEILLE.
Le 13 mai, l'Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Marseille a tenu sa première assemblée publique après Pâques. M. le Chancelier a inauguré la séance en l'absence du Directeur, en expliquant l'objectif de la réunion. Plusieurs membres ont présenté des mémoires : M. Guis sur les manufactures dans les villes maritimes et commerciales, M. de Saint-Jacques sur la détermination des longitudes en mer, M. Fortic sur les volcans et les phénomènes du Vésuve, et M. Mourrailles sur la méthode des fluxions et les infiniment petits. La séance s'est achevée par la lecture de l'éloge historique du Marquis de Beauffet, rédigé par M. Audibert. L'Académie n'a pas attribué de prix cette année mais en proposera deux l'année suivante. Les sujets proposés sont la diminution de la pêche sur les côtes de Provence et les moyens de la rendre plus abondante, ainsi que la meilleure manière de fabriquer et de gouverner le vin de Provence. Les travaux doivent être soumis avant le 1er janvier 1769 aux membres de l'Académie, les frais de port étant à la charge des auteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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59
p. 157-160
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Début :
MESSIEURS, Je ne dois qu'à vos seules bontés l'honneur [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Gloire, Académicien honoraire
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
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Résumé : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Le 7 août 1767, M. de Clugny, Maître des Requêtes et Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, ainsi qu'Intendant de la Marine en Bretagne, est reçu à l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon en tant qu'Académicien honoraire. Il exprime sa gratitude pour cette distinction et admire les productions littéraires et les membres célèbres de l'Académie. Ému, il assure de sa reconnaissance et de son désir de contribuer aux travaux académiques. M. de Clugny salue le soutien du Prince de Condé, protecteur de l'Académie, ainsi que M. Pouffier, fondateur de l'Académie, M. Poncet de la Rivière, Évêque de Troyes et Chancelier, et M. le Président de Ruffey, Vice-Chancelier. Il conclut en soulignant les efforts et les études des membres, promettant de nouveaux succès dans leur carrière académique.
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59
60
p. 160-163
RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
Début :
MONSIEUR, CETTE Académie, devenue par ses travaux capable d'apprécier le [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Patrie
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
REPONSE de M. le Préfident DE RUFFEY,
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
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Résumé : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
M. le Président De Ruffey, Vice-Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, répond au discours de M. De Clugny, académicien honoraire, prononcé le 7 août 1767. L'Académie reconnaît les mérites et le courage de M. De Clugny lors de sa mission dans un autre hémisphère, où il a rétabli l'ordre et la subordination malgré les dangers. Il a assuré l'abondance dans une colonie et proposé un plan de conduite pour ses successeurs. En reconnaissance, le roi l'a nommé à ses Conseils et lui a confié une haute fonction dans la marine. L'Académie exprime sa satisfaction de compter M. De Clugny parmi ses membres et souhaite entretenir des correspondances utiles avec lui, bénéficiant de ses expériences maritimes. Elle note également son projet de rétablissement de l'Académie de marine en Bretagne. Le texte se conclut par un encouragement à persévérer face aux obstacles et par l'espoir de voir M. De Clugny participer activement aux assemblées de l'Académie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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