Oeuvre commentée (8)
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Détail
Liste
Résultats : 8 texte(s)
1
p. 2218-2220
LETTRE écrite de Brest, le premier Septembre 1733. sur le Bureau Tipographique.
Début :
Je crois, Monsieur, que le Mercure de France peut-être regardé dans la République des Lettres, [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Système, Auteur
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Brest, le premier Septembre 1733. sur le Bureau Tipographique.
LETTRE écrite de Brest, le premier
Septembre 1733. sur le Bureau Tipographique.
E crois , Monsieur , que le Mercure de France
peut- être regardé dans la République des Lettres
, comme une espece de Bureau d'adresse où
chacun peut avoir recours , soit pour faire part
au Public de ses propres Découvertes , soit
pour demander soi- même des instructions aux
autres. C'est dans cette pensée, Monsieur, que je
prens la liberté de vous écrire cette Lettre pour
avoir des nouvelles d'un certain Systême de lecture
imaginé depuis quelques années pour faciliter
OCTOBRE. 1737. 2219
liter aux enfans les premiers élemens des Lettres;
Şistême que vous avez annoncé plusieurs fois dans
vos Mercures , et qui semble être tombé dans
Poubli. Bien des gens et moi plus qu'un autre ,
avons été surpris.de votre silence ..
Comme j'avois fort goûté le plan de ce projet ,.
j'avois commencé de le mettre en pratique avec.
assez de succès , et mon exemple avoit fait naître
Penvie à plusieurs personnes d'en faire autant ;. .
mais comme ils n'étoient guére au fait du Syste
me et que je n'y étois pas trop moi - même , les,
choses en sont demeurées là , et je leur ai conseillé
d'attendre le Livre que l'Auteur a promis
il y a deux ou trois ans. On y trouvera sans doute
un entier développement de son Systeme , aussi
bien que la description exacte de ce qu'il appelle
Bureau Tipographique , avec le détail des opérations
et des lectures qui conviennent le plus à
P'institution de la premiere enfance .
On a vû par le Journal des Sçavans du mois
d'Avril , que la premiere partie de cet Ouvrage
est imprimée depuis plus d'un an sous le titre
d'Ab-cé latin, mais la suite qui paroît plus nécessaire,
ne vient point encore,et peut - être ne viendra-
t'elle jamais, Cependant un ami à qui l'on
avoit écrit à Paris pour en apprendre des nouvelles
, a fait réponse qu'on y travailloit depuis
plusieurs années et qu'elle n'étoit pas encore finie.
Mais en bonne foi , c'est - là ce qui m'étonne
le plus , on auroit imprimé depuis le temps.
nue collection des Conciles . Est - ce l'Auteur ou
FImprimeur qui retarde l'Ouvrage.
Quoiqu'il en soit , je vous supplie , Monsieur,
de vouloir bien inserer cette Lettre dans votre:
Mercure , afin d'inviter l'Auteur ou les Partisans .
du Systême Tipographique à donner quelque si-
Ej gus
2220 MERCURE DE FRANCE
gne de vie , si tant est que le projet soit en vogue
et qu'il soit approuvé par les Maîtres d'Ecole
de Paris , comme on me l'a fort assuré.
Au reste je crois que l'Auteur fera beaucoup
mieux d'instruire les personnes bien intentionnées
qui cherchent de bonne foi la verité , que
de s'amuser à répondre à de mauvaises Critiques .
Son Systême est solide , il ne s'agit que de le bien
posseder. Je suis , Monsieur , &c.
En attendant la réponse demandée , on ne sera
pas fâché de voir l'Extrait suivant.
Septembre 1733. sur le Bureau Tipographique.
E crois , Monsieur , que le Mercure de France
peut- être regardé dans la République des Lettres
, comme une espece de Bureau d'adresse où
chacun peut avoir recours , soit pour faire part
au Public de ses propres Découvertes , soit
pour demander soi- même des instructions aux
autres. C'est dans cette pensée, Monsieur, que je
prens la liberté de vous écrire cette Lettre pour
avoir des nouvelles d'un certain Systême de lecture
imaginé depuis quelques années pour faciliter
OCTOBRE. 1737. 2219
liter aux enfans les premiers élemens des Lettres;
Şistême que vous avez annoncé plusieurs fois dans
vos Mercures , et qui semble être tombé dans
Poubli. Bien des gens et moi plus qu'un autre ,
avons été surpris.de votre silence ..
Comme j'avois fort goûté le plan de ce projet ,.
j'avois commencé de le mettre en pratique avec.
assez de succès , et mon exemple avoit fait naître
Penvie à plusieurs personnes d'en faire autant ;. .
mais comme ils n'étoient guére au fait du Syste
me et que je n'y étois pas trop moi - même , les,
choses en sont demeurées là , et je leur ai conseillé
d'attendre le Livre que l'Auteur a promis
il y a deux ou trois ans. On y trouvera sans doute
un entier développement de son Systeme , aussi
bien que la description exacte de ce qu'il appelle
Bureau Tipographique , avec le détail des opérations
et des lectures qui conviennent le plus à
P'institution de la premiere enfance .
On a vû par le Journal des Sçavans du mois
d'Avril , que la premiere partie de cet Ouvrage
est imprimée depuis plus d'un an sous le titre
d'Ab-cé latin, mais la suite qui paroît plus nécessaire,
ne vient point encore,et peut - être ne viendra-
t'elle jamais, Cependant un ami à qui l'on
avoit écrit à Paris pour en apprendre des nouvelles
, a fait réponse qu'on y travailloit depuis
plusieurs années et qu'elle n'étoit pas encore finie.
Mais en bonne foi , c'est - là ce qui m'étonne
le plus , on auroit imprimé depuis le temps.
nue collection des Conciles . Est - ce l'Auteur ou
FImprimeur qui retarde l'Ouvrage.
Quoiqu'il en soit , je vous supplie , Monsieur,
de vouloir bien inserer cette Lettre dans votre:
Mercure , afin d'inviter l'Auteur ou les Partisans .
du Systême Tipographique à donner quelque si-
Ej gus
2220 MERCURE DE FRANCE
gne de vie , si tant est que le projet soit en vogue
et qu'il soit approuvé par les Maîtres d'Ecole
de Paris , comme on me l'a fort assuré.
Au reste je crois que l'Auteur fera beaucoup
mieux d'instruire les personnes bien intentionnées
qui cherchent de bonne foi la verité , que
de s'amuser à répondre à de mauvaises Critiques .
Son Systême est solide , il ne s'agit que de le bien
posseder. Je suis , Monsieur , &c.
En attendant la réponse demandée , on ne sera
pas fâché de voir l'Extrait suivant.
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Résumé : LETTRE écrite de Brest, le premier Septembre 1733. sur le Bureau Tipographique.
Le 1er septembre 1733, une lettre de Brest est adressée au rédacteur du Mercure de France. L'auteur y demande des nouvelles d'un système de lecture destiné à enseigner l'alphabet aux enfants, annoncé précédemment mais oublié. Il avait commencé à appliquer ce système avec succès, mais a rencontré des difficultés en raison d'un manque de détails. Plusieurs personnes avaient manifesté leur intérêt, mais attendaient la publication d'un livre promis par l'auteur. La première partie de cet ouvrage, intitulée 'Ab-cé latin', est imprimée depuis plus d'un an, mais la suite n'est toujours pas publiée. L'auteur exprime son étonnement face à ce retard et demande au rédacteur d'insérer cette lettre dans le Mercure pour inciter à la publication du livre. Il souligne que le système est solide et mérite d'être mieux connu. En attendant, un extrait sera publié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2456-2458
LETTRE écrite de Perigueux à l'Auteur du Bureau Tipographique.
Début :
Il n'y a pas long-tems que j'ai reçû, Monsieur, la troisiéme Classe du Bureau Tipographique, [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Instructions, Enfant, Latin
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Perigueux à l'Auteur du Bureau Tipographique.
LETTRE écrite de Perigueux à l'Auteu
du Bureau Tipographique.
Il n'y apas long- tems que j'ai reçû, Monsieur,
la troisième Classe du Bureau Tipographique,
que je vous avois prié de m'envoyer . Ce Bureau
m'a
NOVEMBRE. 1733. 2457
m'a paru du premier abord remplir assez bien
l'idée que je m'en étois faite , sur le rapport de
ceux qui en ont vû l'exercice à Paris ; et quoique
j'y aye trouvé plusieurs choses dont j'ignore encore
l'usage , j'espere qu'en voyant les instructions
que vous avez déja données et celles que
vous pourrez donner dans la suite , je comprendrai
facilement tout ce qui me paroît obscur à
present.
Voici les principales difficultez qui m'embarassent
et ausquelles vous me ferez plaisir de répondre
, soit par les éclaircissemens generaux
que vous donnerez au Public dans l'Ouvrage
que vous faites imprimer , soit par les instructions
particulieres que vous m'avez promises .
Premierement , de deux Enfans que j'ai , l'un a
près de quatre ans , et l'autre n'en a pas encore
deux , je conçois , comme vous l'avez dit quelque
part , qu'un Enfant de trois à quatre ans
peut être amusé utilement aux jeux Tipographes
, mais celui de deux ans n'est- il pas encore
trop jeune pour cet exercice !
Secondement , vous conseillez , par rapport à
la lecture , de commencer par celle du Latin plu
tôt que par celle du François , cependant je trouve
bien des gens d'un avis contraire , de même
que sur la nouvelle dénomination des lettres ,
contre laquelle j'ai vû faire d'assez bonnes objec
tions. Autres questions à résoudre ; est- il croya
ble que par le seul moyen du Jeu Tipographique
et sans le secours des Livres , on puisse apprendre
à lire ensuite couramment par tour ? D'un :
autre côté , faut -il qu'un enfant âgé au moins
de sept à huit ans , scache lire avant que d'être
mis à l'écriture ?
Mais ce qui me fait le plus de peine à com- -
By prendre
2458 MERCURE DE FRANCE
prendre , c'est ce que vous nommez le Rudiment
Pratique de la Langue Latine. Il est vrai que je
n'ai point vû cette derniere partie de votre Sistême
, mais je vous avoue franchement que je
ne conçois presque rien à tout ce que l'on m'en
a dit , je ne conçois , dis-je , point , qu'on puisse
faire entrer dans des logettes ou sur des cartes
isolées , les premières notions de la Grammaire
Latine ni d'aucune autre Langue , et vous m'obligerez
fort si vous voulez bien vous donner
la peine de m'expliquer sur cela votre Méthode.
Je suis , Monsieur , & c.
du Bureau Tipographique.
Il n'y apas long- tems que j'ai reçû, Monsieur,
la troisième Classe du Bureau Tipographique,
que je vous avois prié de m'envoyer . Ce Bureau
m'a
NOVEMBRE. 1733. 2457
m'a paru du premier abord remplir assez bien
l'idée que je m'en étois faite , sur le rapport de
ceux qui en ont vû l'exercice à Paris ; et quoique
j'y aye trouvé plusieurs choses dont j'ignore encore
l'usage , j'espere qu'en voyant les instructions
que vous avez déja données et celles que
vous pourrez donner dans la suite , je comprendrai
facilement tout ce qui me paroît obscur à
present.
Voici les principales difficultez qui m'embarassent
et ausquelles vous me ferez plaisir de répondre
, soit par les éclaircissemens generaux
que vous donnerez au Public dans l'Ouvrage
que vous faites imprimer , soit par les instructions
particulieres que vous m'avez promises .
Premierement , de deux Enfans que j'ai , l'un a
près de quatre ans , et l'autre n'en a pas encore
deux , je conçois , comme vous l'avez dit quelque
part , qu'un Enfant de trois à quatre ans
peut être amusé utilement aux jeux Tipographes
, mais celui de deux ans n'est- il pas encore
trop jeune pour cet exercice !
Secondement , vous conseillez , par rapport à
la lecture , de commencer par celle du Latin plu
tôt que par celle du François , cependant je trouve
bien des gens d'un avis contraire , de même
que sur la nouvelle dénomination des lettres ,
contre laquelle j'ai vû faire d'assez bonnes objec
tions. Autres questions à résoudre ; est- il croya
ble que par le seul moyen du Jeu Tipographique
et sans le secours des Livres , on puisse apprendre
à lire ensuite couramment par tour ? D'un :
autre côté , faut -il qu'un enfant âgé au moins
de sept à huit ans , scache lire avant que d'être
mis à l'écriture ?
Mais ce qui me fait le plus de peine à com- -
By prendre
2458 MERCURE DE FRANCE
prendre , c'est ce que vous nommez le Rudiment
Pratique de la Langue Latine. Il est vrai que je
n'ai point vû cette derniere partie de votre Sistême
, mais je vous avoue franchement que je
ne conçois presque rien à tout ce que l'on m'en
a dit , je ne conçois , dis-je , point , qu'on puisse
faire entrer dans des logettes ou sur des cartes
isolées , les premières notions de la Grammaire
Latine ni d'aucune autre Langue , et vous m'obligerez
fort si vous voulez bien vous donner
la peine de m'expliquer sur cela votre Méthode.
Je suis , Monsieur , & c.
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Résumé : LETTRE écrite de Perigueux à l'Auteur du Bureau Tipographique.
En novembre 1733, une lettre est envoyée à l'auteur du Bureau Tipographique. L'expéditeur, ayant reçu la troisième classe du Bureau Tipographique, la juge conforme à ses attentes mais rencontre des difficultés et pose plusieurs questions. Il s'interroge sur l'âge approprié pour débuter les jeux typographiques, notamment pour un enfant de deux ans. Il demande également des éclaircissements sur la priorité entre l'apprentissage du latin et du français, ainsi que sur la nouvelle dénomination des lettres. L'expéditeur souhaite savoir si le jeu typographique suffit pour apprendre à lire couramment et si un enfant doit savoir lire avant d'apprendre à écrire. Enfin, il exprime sa confusion concernant le 'Rudiment Pratique de la Langue Latine' et demande des explications sur la méthode utilisée pour enseigner la grammaire latine via des logettes ou des cartes isolées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2666-2668
RÉPONSE à la Lettre de Brest sur le Sistême du Bureau Tipographique, inserée dans le Mercure du mois d'Octobre dernier 1733.
Début :
Il est vrai, Monsieur, que le Mercure de France tient lieu du plus commode Bureau d'adresse [...]
Mots clefs :
Système typographique, Bureau typographique, Abc français, Enfants, Système du bureau typographique, Pratique, Abc latin
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre de Brest sur le Sistême du Bureau Tipographique, inserée dans le Mercure du mois d'Octobre dernier 1733.
REPONSE à la Lettre de Brest
sur le Sistême du Bureau Tipographique,
inserée dans le Mercure du mois d'Octobre
dernier 1733 .
L est vrai , Monsieur, que le Mercure de France
tient lieu du plus commode Bureau d'adresse
qu'on puisse établir dans la Répblique des Lettres
, puisque par cette voye , des personnes qui
ne se sont jamais vûës, peuvent aisément se transmettre
leurs Reflexions , dans quelque éloignement
et dans quelque situation qu'elles se trouvent.
Je profite volontiers d'un moyen si facile
pour répondre à laLettre que vous avez fait inserer
dans le Mercure du mois d'Oct . dernier , et pour
vous apprendre que l'impression du Livre inti-
\ tulé , La Bibliotheque des Enfans , & c. vient en◄
fin d'être achevée . Ce Livre sera mis en vente a
commencement de l'année 1734. chez Pierre Simon
, Imprimeur du Parlement , rue de la Harpe
, à l'Hercule , et chez Pierre Vvitte , ruë saing
Jacques , proche S. Yve , à l'Ange Gardien .
Cet Ouvrage in quarto comprend quatre Parties.
La premiere de 28. feuilles , contient le Sistême
du Bureau Tipographique , ou l'Art de met
tre å profit les premieres années de l'enfance . La
seconde , en 15. feuilles , contient les Leçons du
nouvel Abécé Latin pour les Maîtres et pour les
Enfans , La troisiéme en 31. feiulles , contient les
306. Leçons du nouvel Abécé François , et du
I. Vol.
Su
DECEMBRE. 17337 2667
Supplément de lecture sur l'Arithmétique , sur
le Calendrier et sur l'Ecriture . Ces trois volumes
se vendront ensemble , comme faisant us
seul Ouvrage de Litterature . On vendra séparément
le quatriéme volume qui est en 20. feuilles
in quarto , et contient le Rudiment pratique de la
Langue Latine pour les garçons , et une Introduction
à la Langue Françoise pour les filles. On
vendra aussi séparément et en petit , pour l'Exemplaire
de chaque Enfant , le nouvel Abécé
Latin, le nouvel Abécé François et le Rudiment
pratique.
Vous trouverez , Monsieur , dans cet Ouvra-'
ge le développement du Sistême Tipographique
et les Eclaircissemens que vous demandez sur le
détail des operations et des lectures qui convien
nent le plus à la meilleure institution de l'Enfance.
L'Auteur a répondu aux objections de l'ignorance
, du préjugé , de l'envie , de la mauvaise
foi et de l'avarice , il a cité quelques Enfans Tipographes
en faveur des personnes qui se détérminent
et se conduisent par l'autorité et par l'exemple
de la pratique plutôt que par les raisonnemens
abstraits de la théorie. Vous serez peut-
Etre bien aise d'apprendre en même temps qu'il ,
y a déja à Paris une vingtaine de filles et une.
quarantaine de garçons exercez utilement selon
le Sistême du Bureau. Ne croyez pas au reste .
que cette nouvelle maniere d'instruire les enfans
ne puisse être pratiquée que dans les maisons des
gens de qualité ; un Marchand de Soye ,un Mer- ,
cier , un Orfévre , font actuellement usage du
Bureau . Un Tailleur ingénieux dans la rue du
Four , vient d'en faire un lui- même pour sa fille
et pour son garçon. Les petites Ecoles de M.
Chompré l'aîné , dans la ruë des Carines , et de
1. Vol.
FM.
1768 MERCURE DE FRANCE
M. Chompré le cadet , dans la rue S. Louis du
Palais , ont déja fait l'heureuse experience de
cette Machine. Mais ce qui vous surprendra le
plus , c'est que de simples Bourgeois, sans étude,
comprennent assez facilement l'utilité et l'avantage
de ce nouveau Sistême , pendant qu'il paroît
un scandale scolastique aux yeux de quelques
Docteurs du Païs Latin. Vir bonus quod honestè
se facturum putaverit , faciet , etiamsi laboriosum
erit faciet etiamsi damnosum erit ; faciet etiamsi
periculosum erit. Senec. Epist. 76. J'ai l'honneur
d'être , &c.
A Paris ce 18. Novembre 1733 .
sur le Sistême du Bureau Tipographique,
inserée dans le Mercure du mois d'Octobre
dernier 1733 .
L est vrai , Monsieur, que le Mercure de France
tient lieu du plus commode Bureau d'adresse
qu'on puisse établir dans la Répblique des Lettres
, puisque par cette voye , des personnes qui
ne se sont jamais vûës, peuvent aisément se transmettre
leurs Reflexions , dans quelque éloignement
et dans quelque situation qu'elles se trouvent.
Je profite volontiers d'un moyen si facile
pour répondre à laLettre que vous avez fait inserer
dans le Mercure du mois d'Oct . dernier , et pour
vous apprendre que l'impression du Livre inti-
\ tulé , La Bibliotheque des Enfans , & c. vient en◄
fin d'être achevée . Ce Livre sera mis en vente a
commencement de l'année 1734. chez Pierre Simon
, Imprimeur du Parlement , rue de la Harpe
, à l'Hercule , et chez Pierre Vvitte , ruë saing
Jacques , proche S. Yve , à l'Ange Gardien .
Cet Ouvrage in quarto comprend quatre Parties.
La premiere de 28. feuilles , contient le Sistême
du Bureau Tipographique , ou l'Art de met
tre å profit les premieres années de l'enfance . La
seconde , en 15. feuilles , contient les Leçons du
nouvel Abécé Latin pour les Maîtres et pour les
Enfans , La troisiéme en 31. feiulles , contient les
306. Leçons du nouvel Abécé François , et du
I. Vol.
Su
DECEMBRE. 17337 2667
Supplément de lecture sur l'Arithmétique , sur
le Calendrier et sur l'Ecriture . Ces trois volumes
se vendront ensemble , comme faisant us
seul Ouvrage de Litterature . On vendra séparément
le quatriéme volume qui est en 20. feuilles
in quarto , et contient le Rudiment pratique de la
Langue Latine pour les garçons , et une Introduction
à la Langue Françoise pour les filles. On
vendra aussi séparément et en petit , pour l'Exemplaire
de chaque Enfant , le nouvel Abécé
Latin, le nouvel Abécé François et le Rudiment
pratique.
Vous trouverez , Monsieur , dans cet Ouvra-'
ge le développement du Sistême Tipographique
et les Eclaircissemens que vous demandez sur le
détail des operations et des lectures qui convien
nent le plus à la meilleure institution de l'Enfance.
L'Auteur a répondu aux objections de l'ignorance
, du préjugé , de l'envie , de la mauvaise
foi et de l'avarice , il a cité quelques Enfans Tipographes
en faveur des personnes qui se détérminent
et se conduisent par l'autorité et par l'exemple
de la pratique plutôt que par les raisonnemens
abstraits de la théorie. Vous serez peut-
Etre bien aise d'apprendre en même temps qu'il ,
y a déja à Paris une vingtaine de filles et une.
quarantaine de garçons exercez utilement selon
le Sistême du Bureau. Ne croyez pas au reste .
que cette nouvelle maniere d'instruire les enfans
ne puisse être pratiquée que dans les maisons des
gens de qualité ; un Marchand de Soye ,un Mer- ,
cier , un Orfévre , font actuellement usage du
Bureau . Un Tailleur ingénieux dans la rue du
Four , vient d'en faire un lui- même pour sa fille
et pour son garçon. Les petites Ecoles de M.
Chompré l'aîné , dans la ruë des Carines , et de
1. Vol.
FM.
1768 MERCURE DE FRANCE
M. Chompré le cadet , dans la rue S. Louis du
Palais , ont déja fait l'heureuse experience de
cette Machine. Mais ce qui vous surprendra le
plus , c'est que de simples Bourgeois, sans étude,
comprennent assez facilement l'utilité et l'avantage
de ce nouveau Sistême , pendant qu'il paroît
un scandale scolastique aux yeux de quelques
Docteurs du Païs Latin. Vir bonus quod honestè
se facturum putaverit , faciet , etiamsi laboriosum
erit faciet etiamsi damnosum erit ; faciet etiamsi
periculosum erit. Senec. Epist. 76. J'ai l'honneur
d'être , &c.
A Paris ce 18. Novembre 1733 .
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre de Brest sur le Sistême du Bureau Tipographique, inserée dans le Mercure du mois d'Octobre dernier 1733.
Le document est une réponse à une lettre publiée dans le Mercure de France d'octobre 1733. L'auteur confirme que le Mercure de France sert de bureau d'adresse pour les intellectuels, facilitant la communication entre personnes éloignées. Il annonce l'imminente publication de 'La Bibliothèque des Enfants', disponible au début de l'année 1734 chez Pierre Simon et Pierre Vvitte. Cet ouvrage, en format in-quarto, se compose de quatre parties : la première (28 feuilles) présente le système du Bureau Tipographique pour l'éducation des jeunes enfants ; la deuxième (15 feuilles) contient des leçons pour un nouvel abécédaire latin ; la troisième (31 feuilles) inclut 306 leçons pour un nouvel abécédaire français et des suppléments sur l'arithmétique, le calendrier et l'écriture ; la quatrième (20 feuilles) propose des rudiments pratiques de la langue latine pour les garçons et une introduction à la langue française pour les filles. Les trois premiers volumes seront vendus ensemble, tandis que le quatrième et les abécédaires pourront être achetés séparément. L'auteur répond aux objections sur le système tipographique et mentionne que plusieurs enfants, filles et garçons, sont déjà formés selon ce système, y compris des enfants de marchands et d'artisans. Il souligne également que des écoles et des bourgeois trouvent ce système utile, contrairement à certains docteurs du Pays Latin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 2873-2875
RÉPONSE à la Lettre de Périgueux, sur le Systême du Bureau Typographique, inséré dans le Mercure du mois de Novembre dernier.
Début :
Je vois Monsieur, par votre Lettre, que vous serez bien-tôt au fait du Systême Typografique, [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Enfants, Système, Enfant, Écriture
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre de Périgueux, sur le Systême du Bureau Typographique, inséré dans le Mercure du mois de Novembre dernier.
REPONSE à la Leure de Périgueux , sur
Le Systême du Bureau Typographique, inséré
dans le Mercure du mois de Novem
bre dernier.
J
E vois Monsieur, par votre Lettre , que vous
serez bien-tôt au fait du Systême Typogratique
, et que par le moyen de la troisiéine Clas- ,
se du Bureau que vous avez reçue il vous sera aisé
d'y faire ajouter les deux rangs de la quatrié-,
me Classe , sur tout lorsque vous aurez lû le
Tipografaire qui est dans Particle 9. du premier"
volume de la Biblioteque des enfans , page 68 .
vous trouverez , Monsieur , dans l'Ouvrage du
Systême Tipografique qu'un enfant de deux ans
nest point trop jeune pour être mis à la premiere
et à la seconde Classe du Bureau. Nous avons
II. Vol. F à
2074 MERCURE DE FRANCE
à Paris des enfans de vingt mois , amuzez utilement
par le jeu instructif des lettres , et des enfans
de deux ans qui les connoissent toutes.
Vous trouverez aussi dans le premier , dans le
second et dans le troisiéme volume les raisons
qui doivent obliger les Maîtres à faire commencer
les enfans par la lecture du latin, plutôt que
par celle du françois , et sur tout quand on ne
fait pas usage du Bureau ; car ce sistême met à
profit en même- remps l'exercice journalier en
P'une et en l'autre Langue ; Méthode heureusement
confirmée par l'expérience . Cette vérité est
démontrée dans plusieurs endroits où l'on réfute
les préjugez et la pratique erronnée de la Méthode
vulgaire , qui en garrotant , pour ainsi dire,
les enfans dans une chaise , et en leur mettant
aux mains un Livre et une Touche, pour ne pas
dire des Menottes , les menacent du fouet s'ils
détournent les yeux de dessus leur livre ; quelle
différence pour un enfant qu'on laisse marcher ,
eourir et sauter librement devant la Table de
son Bureau ?
Je croi avoir aussi démontré la bonne dénom .
mination des lettres , dans le premier volume ,
art. 10. page 77. §. 1. 2. 3. 4. 5. 6. un enfant
de 6 à 8 ans , au reste qui ne sçait pas lire , peut
et doit l'apprendre par le moyen de l'écriture ,
ainsi que je l'ai fait remarquer dans le troisiéme
volume , et il est inutile d'attendre qu'il sçathe
lire pour le mettre à l'écriture. A l'égard des
Elemens du Rudiment pratique de la Langue
latine , pourquoi ne pouira- t -on pas les mettre
sur des cartes et sur du bois , comme sur du papier
et sur du carton ? Si la matiere peut avoir
quelque préférence , le Bureau outre l'équivalent
des Livres a l'avanage de l'outil amusant et ins-
II. Vol.
tructif,
DECEMBK E. 1733. 2575
tructif , par un exercice agréable et varié que
ne peut jamais donner le livre le mieux fait . Je
vous prie , M.de vouloir bien parcourir les articles
5. 6. 7. 14. 15. du premier volume, et vous
y trouverez la réponse à toutes vos autres objec¬
tions . J'ai Phonneur d'être , &c.
AVIS. Les Personnes de Bourg en Bresse et
de Neuchatel en Suisse , qui ont fait demander
des Bureaux , pourront à présent les faire faire
chez eux à beaucoup meilleur matché qu'à Paris,
et épargner en même- temps les frais et les droite
de la voiture.
NOTA . Pour rendre plus utile au public les lettres
sur le sisteme du Bureau Tipografique , nous
nous avons jugé à propos de les communiquer a
l'Auteur, afin de les donner dans le même mois avec
·leurs réponses , plntôt que de les séparer dans deux
mois differens , lorsqu'elles seront courtes de part et
d'autre.
Le Systême du Bureau Typographique, inséré
dans le Mercure du mois de Novem
bre dernier.
J
E vois Monsieur, par votre Lettre , que vous
serez bien-tôt au fait du Systême Typogratique
, et que par le moyen de la troisiéine Clas- ,
se du Bureau que vous avez reçue il vous sera aisé
d'y faire ajouter les deux rangs de la quatrié-,
me Classe , sur tout lorsque vous aurez lû le
Tipografaire qui est dans Particle 9. du premier"
volume de la Biblioteque des enfans , page 68 .
vous trouverez , Monsieur , dans l'Ouvrage du
Systême Tipografique qu'un enfant de deux ans
nest point trop jeune pour être mis à la premiere
et à la seconde Classe du Bureau. Nous avons
II. Vol. F à
2074 MERCURE DE FRANCE
à Paris des enfans de vingt mois , amuzez utilement
par le jeu instructif des lettres , et des enfans
de deux ans qui les connoissent toutes.
Vous trouverez aussi dans le premier , dans le
second et dans le troisiéme volume les raisons
qui doivent obliger les Maîtres à faire commencer
les enfans par la lecture du latin, plutôt que
par celle du françois , et sur tout quand on ne
fait pas usage du Bureau ; car ce sistême met à
profit en même- remps l'exercice journalier en
P'une et en l'autre Langue ; Méthode heureusement
confirmée par l'expérience . Cette vérité est
démontrée dans plusieurs endroits où l'on réfute
les préjugez et la pratique erronnée de la Méthode
vulgaire , qui en garrotant , pour ainsi dire,
les enfans dans une chaise , et en leur mettant
aux mains un Livre et une Touche, pour ne pas
dire des Menottes , les menacent du fouet s'ils
détournent les yeux de dessus leur livre ; quelle
différence pour un enfant qu'on laisse marcher ,
eourir et sauter librement devant la Table de
son Bureau ?
Je croi avoir aussi démontré la bonne dénom .
mination des lettres , dans le premier volume ,
art. 10. page 77. §. 1. 2. 3. 4. 5. 6. un enfant
de 6 à 8 ans , au reste qui ne sçait pas lire , peut
et doit l'apprendre par le moyen de l'écriture ,
ainsi que je l'ai fait remarquer dans le troisiéme
volume , et il est inutile d'attendre qu'il sçathe
lire pour le mettre à l'écriture. A l'égard des
Elemens du Rudiment pratique de la Langue
latine , pourquoi ne pouira- t -on pas les mettre
sur des cartes et sur du bois , comme sur du papier
et sur du carton ? Si la matiere peut avoir
quelque préférence , le Bureau outre l'équivalent
des Livres a l'avanage de l'outil amusant et ins-
II. Vol.
tructif,
DECEMBK E. 1733. 2575
tructif , par un exercice agréable et varié que
ne peut jamais donner le livre le mieux fait . Je
vous prie , M.de vouloir bien parcourir les articles
5. 6. 7. 14. 15. du premier volume, et vous
y trouverez la réponse à toutes vos autres objec¬
tions . J'ai Phonneur d'être , &c.
AVIS. Les Personnes de Bourg en Bresse et
de Neuchatel en Suisse , qui ont fait demander
des Bureaux , pourront à présent les faire faire
chez eux à beaucoup meilleur matché qu'à Paris,
et épargner en même- temps les frais et les droite
de la voiture.
NOTA . Pour rendre plus utile au public les lettres
sur le sisteme du Bureau Tipografique , nous
nous avons jugé à propos de les communiquer a
l'Auteur, afin de les donner dans le même mois avec
·leurs réponses , plntôt que de les séparer dans deux
mois differens , lorsqu'elles seront courtes de part et
d'autre.
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre de Périgueux, sur le Systême du Bureau Typographique, inséré dans le Mercure du mois de Novembre dernier.
L'auteur répond à une lettre de Périgueux concernant le système du Bureau Typographique, publié dans le Mercure de France de novembre. Il assure que le destinataire comprendra rapidement le système grâce à la troisième classe du Bureau Typographique et aux informations dans le 'Tipografaire' de la Bibliothèque des enfants. Il cite des exemples d'enfants de vingt mois et de deux ans apprenant les lettres grâce à ce système. L'auteur défend l'idée de commencer l'apprentissage de la lecture par le latin plutôt que par le français, surtout sans le Bureau Typographique, car ce système permet de pratiquer les deux langues simultanément. Cette méthode est appuyée par l'expérience et réfute les pratiques traditionnelles contraignantes pour les enfants. Il souligne l'importance de la bonne dénomination des lettres et suggère que les enfants de 6 à 8 ans peuvent apprendre à lire par l'écriture. L'auteur propose d'utiliser des cartes et du bois pour les éléments de la langue latine, mettant en avant les avantages du Bureau Typographique par rapport aux livres. Il invite le destinataire à consulter les articles spécifiques du premier volume pour des réponses à d'autres objections. Une note mentionne que les personnes de Bourg-en-Bresse et de Neuchâtel peuvent désormais fabriquer les Bureaux Typographiques localement pour économiser les frais de transport.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 132-133
LETTRE de Clermont en Auvergne, sur le Systême du Bureau Typographique.
Début :
J'ay vû, Monsieur, avec plaisir par les derniers Mercures, que l'Auteur d[u] Bureau Typographique [...]
Mots clefs :
Enfants, Bureau typographique, Premiers éléments, Littérature, Sept ans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de Clermont en Auvergne, sur le Systême du Bureau Typographique.
LETTRE de Clermont en Auvergne
sur le Systême du Bureau Typographique.
'Ay vá , Monsieur , avec plaisir par les derniers
Mercures, que l'Auteur de Bureau Typographique
n'étoit pas encore mort , puisqu'on
lui faisoit des objections contre cette nouvelle
invention ; et comme vous avez bien voulu les
faire paroître , souffrez aussi , Monsieur , que
j'expose en peu de mots les refléxions que j'ai
faites sur le même sujet .
Il m'a paru par tout ce que j'ai vû et entendu
de cette nouvelle façon d'instruire la premiere
enfance , que le but essentiel de l'Auteur étoit
de rendre sensible et de mettre à la portée des
enfans de deux à trois ans les premiers exercices
de la Litterature ; et même , comme il le dit en
quelque endroit , les premiers elémens des Arts
et des Sciences ; en un mot , de faire ensorte
qu'un enfant prêt de lui-même un certain goût
pour les Livres , et qu'il sçût presque à six et à
sept ans ce qu'il ne peut sçavoir d'ordinaire qu'à
neuf et dix ans.
Je ne m'amuserai point à disputer à l'Auteur
la possibilité du fait ; je ne trouve point cela impossible
dans son Sistême , d'autant plus que j'ai
vû quelques experiences qui lui sont très -favorables
, mais voici ma difficulté. A quoi bon
commencer de bonne heure l'institution des enfans
? A quoi bon tant de sollicitudes et de peines
pour les endoctriner presque en naissant , si
toute leur éducation se réduit ensuite à faire le
cours ordinaire des Classes et à sçavoir un peu
'e Latin ? Est-il nécessaire pour en venir là de
te tant de préparatifs et de dépenses ? Non , sans
douJANVIER.
1734. 133
doute,et peut-être que l'Auteur lui-même ne voudroit
pas contester cette verité. J'avoue que si l'on
faisoit entrer dans le cours des éducations publiques
des notions exactes et détaillées des Arts ou
des Sciences utiles et -pratiquées , on ne pourroit
commencer trop tôt , ni trop faciliter les premiers
élemens de la Litterature et de toutes les
Sciences ; mais puisque l'on ne vise proprement
qu'au Latin , et qu'on néglige quasi tout le reste
dans les meilleurs Colleges , il me paroît qu'il
est inutile de s'empresser si fort pour aboutir
à la simple connoissance d'une Langue morte ;
les enfans y sont bien venus jusqu'ici et ils y
viendront toujours d'une maniere ou d'autre
sans tant d'exercices prématurez et sans tout
l'attirail du Bureau Typographique. Mon raisonnement
semble être appuié par la pratique même
des Princes et des grands Seigneurs , qui ne donnent
ordinairement des Précepteurs à leurs enfans
qu'à sept ans , et qui se contentent de leur
faire un peu apprendre à lire tant qu'ils sont entre
les mains des femmes.
Quoiqu'il en soit voilà ce que j'avois à représenter
touchant la nouvelle maniere d'instruire
les enfans , maniere que je ne trouve pas mauvaise
en elle- même , mais qui paroit inutile dans
le Sistême vulgaire. Je suis , Monsieur , &c.
sur le Systême du Bureau Typographique.
'Ay vá , Monsieur , avec plaisir par les derniers
Mercures, que l'Auteur de Bureau Typographique
n'étoit pas encore mort , puisqu'on
lui faisoit des objections contre cette nouvelle
invention ; et comme vous avez bien voulu les
faire paroître , souffrez aussi , Monsieur , que
j'expose en peu de mots les refléxions que j'ai
faites sur le même sujet .
Il m'a paru par tout ce que j'ai vû et entendu
de cette nouvelle façon d'instruire la premiere
enfance , que le but essentiel de l'Auteur étoit
de rendre sensible et de mettre à la portée des
enfans de deux à trois ans les premiers exercices
de la Litterature ; et même , comme il le dit en
quelque endroit , les premiers elémens des Arts
et des Sciences ; en un mot , de faire ensorte
qu'un enfant prêt de lui-même un certain goût
pour les Livres , et qu'il sçût presque à six et à
sept ans ce qu'il ne peut sçavoir d'ordinaire qu'à
neuf et dix ans.
Je ne m'amuserai point à disputer à l'Auteur
la possibilité du fait ; je ne trouve point cela impossible
dans son Sistême , d'autant plus que j'ai
vû quelques experiences qui lui sont très -favorables
, mais voici ma difficulté. A quoi bon
commencer de bonne heure l'institution des enfans
? A quoi bon tant de sollicitudes et de peines
pour les endoctriner presque en naissant , si
toute leur éducation se réduit ensuite à faire le
cours ordinaire des Classes et à sçavoir un peu
'e Latin ? Est-il nécessaire pour en venir là de
te tant de préparatifs et de dépenses ? Non , sans
douJANVIER.
1734. 133
doute,et peut-être que l'Auteur lui-même ne voudroit
pas contester cette verité. J'avoue que si l'on
faisoit entrer dans le cours des éducations publiques
des notions exactes et détaillées des Arts ou
des Sciences utiles et -pratiquées , on ne pourroit
commencer trop tôt , ni trop faciliter les premiers
élemens de la Litterature et de toutes les
Sciences ; mais puisque l'on ne vise proprement
qu'au Latin , et qu'on néglige quasi tout le reste
dans les meilleurs Colleges , il me paroît qu'il
est inutile de s'empresser si fort pour aboutir
à la simple connoissance d'une Langue morte ;
les enfans y sont bien venus jusqu'ici et ils y
viendront toujours d'une maniere ou d'autre
sans tant d'exercices prématurez et sans tout
l'attirail du Bureau Typographique. Mon raisonnement
semble être appuié par la pratique même
des Princes et des grands Seigneurs , qui ne donnent
ordinairement des Précepteurs à leurs enfans
qu'à sept ans , et qui se contentent de leur
faire un peu apprendre à lire tant qu'ils sont entre
les mains des femmes.
Quoiqu'il en soit voilà ce que j'avois à représenter
touchant la nouvelle maniere d'instruire
les enfans , maniere que je ne trouve pas mauvaise
en elle- même , mais qui paroit inutile dans
le Sistême vulgaire. Je suis , Monsieur , &c.
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Résumé : LETTRE de Clermont en Auvergne, sur le Systême du Bureau Typographique.
La lettre de Clermont en Auvergne présente le Bureau Typographique, une méthode d'instruction pour les jeunes enfants visant à rendre les premiers exercices de littérature accessibles dès l'âge de deux ou trois ans. Cette méthode cherche à enseigner les bases des arts et des sciences, à développer un goût pour les livres et à accélérer l'apprentissage. L'objectif est que les enfants maîtrisent à six ou sept ans des connaissances habituellement acquises à neuf ou dix ans. Cependant, l'auteur remet en question l'utilité de commencer l'éducation si tôt, surtout si elle se limite à l'apprentissage du latin. Il estime que les efforts et les dépenses nécessaires sont disproportionnés par rapport aux résultats obtenus. Les princes et grands seigneurs donnent généralement des précepteurs à leurs enfants à partir de sept ans, se contentant de leur apprendre à lire avant cet âge. En conclusion, l'auteur trouve la méthode intéressante en elle-même, mais inutile dans le cadre éducatif actuel, qui se concentre principalement sur l'apprentissage du latin au détriment d'autres connaissances utiles.
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6
p. 133-136
RÉPONSE à la Lettre de Clermont en Auvergne, sur le Systême du Bureau Typographique.
Début :
Quand il seroit vrai, M. que l'éducation des Enfans se réduiroit à faire le cours ordinaire [...]
Mots clefs :
Classes, Système du bureau typographique, Enfants, Enfant, Savoir, Article, Exercices, Cours, Première enfance
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre de Clermont en Auvergne, sur le Systême du Bureau Typographique.
REPONSE à la Lettre de Clermont
en Auvergne , sur le Systême du Burens
Typographique.
Q
Uand il seroit vrai , M. que l'éducation
des Enfans se réduiroit à faire le cours ordinaire
des Classes et à sçavoir un peu le Latin
et de Grec , il ne s'ensuivroit pas qu'il fût inutile
G iij
de
134 MERCURE DE FRANCE
commencer de bonne heure l'institution de la
premiere enfance . Je vous prie de lire dans le
premier volume de la Bibliotheque des Enfans ,
Particle premier et l'article second ; qui traitent
cette question . Les préparatifs et les dépenses
que l'on fait de bons Sujets aux Régens des basses
Classes , influent , n'en doutez pas , dans les
plus hautes , dans tous les exercices et dans toute
la vie . Ne contez - vous pour rien , M. de pouvoir
briller parmi ses Camarades , de pouvoir
remporter les premiers Prix , d'obtenir les premieres
places , et d'avoir ensuite du goût pour
tout ce que l'on fait ? Or un enfant qui aura
appris de bonne heure les élemens des Lettres par
le Systême du Bureau Typographique , cet enfant
sera plutôt en état d'acquerir ce goût , il sera
moins exposé à l'ennui et au dégoût de la plupart
des autres Ecoliers enseignez d'abord par la
Méthode ordinaire , cet enfant instruit de bonne
heure et jeune , sera en état , si les parens les
souhaitent , de doubler quelques Classes pour se
rendre encore plus fort dans tous ses exercices.
On pourra pour lors s'appliquer à bien d'autres
choses qu'à son Latin , et il n'y a point de parens
qui n'en soient bien aises.
Un Ecolier fort et diligent , trouve dans les
basses Classes le temps d'apprendre à écrire et
P'Arithmetique ; dans d'autres Classes le Dessein
le Blason et la Géographie viennent à propos
pour perfectionner l'étude de l'Histoire et de la
Chronologie , qu'on fera dans toutes les Classes ;
les Méchaniques et la Physique experimentale ,
pourront instruire et amuser les enfans, il ne s'agit
que de choisir à propos le temps et les matieres.
Dans le cours de Philosophie le moral conduic
au Droit des Gens et au Droit Public ; l'on trou-
C
20
V
E
ye
JANVIER.
135
1734.
Semaine
ve sur ces matieres et sur les interêts des Princes, >
des Textes Latins et François , propres à occuper,
à instruire et à former un jeune homme pendant
dix ans de College . Vous verrez , M. dans
le premier volume , article XIV . pag. 119.
qu'une Gazette de France , préparée par
est le meilleur Texte François que l'on puisse
donner à un jeune Seigneur. Ce Texte vivant est
le plus instructif , le plus varié et le plus agrable
que l'on puisse trouver pour la réunion et la
complication des idées philosophiques . On passe
peu à peu à la Gazette d'Hollande , au Mercure
Historique , au Mercure de France , au Journal de
Verdun , au Journal des Sçavans , et à tous les
Ouvrages périodiques , que l'on apprendra à par
courir chaque mois , afin que le jeune homme, se
fortifiant peu à peu sur cet exercice , se mette on
état d'en tirer avantage pour toute sa vie . Il est
vrai que puur lors en élevant les enfans on leur
donneroit les premieres notions des Arts et des
Sciences et vous convenez , M. en ce cas là de
toute la bonté du Systême Typographique. Vous
pourrez voir plus au long dans l'article XI. du
premier vol . p . 91. le détail des avantages du
Systême Typographique , vous y trouverez N°.
38. que l'enfant du Bureau Typographique est
mis en état d'aller plutôt et plus sçavant au College
, et parconsequent d'entrer plutôt à l'Académie
pour y faire tous ses exercices ; avantage
considerable pour la jeunesse destinée et appellée
au noble et glorieux métier des Armes. Ce seul
motifpourra déterminer les gens de guerre en fa
veur du nouveau Systême. J'ajoûterai que si les
Ecoles , comme vous le dites , ne visent proprement
.qu'au Latin , et qu'on néglige quasi tout le
reste dans les meilleurs Colleges , on ne doit pas
G iiij être
136 MERCURE DE FRANCE
être surpris de trouver si peu de science et de sçavoir
dans le grand nombre des Etudians , mais à
qui en est la faute ? N'est - ce pas le préjugé de la
Méthode vulgaire qui cause ce malheur ? Il seroit
donc mieux de faire étudier un peu plus les,
choses en faisant étudier les mois , et nous sommes
encore d'accord là - dessus .
A l'égard des Princes et des grands Seigneurs ,
on peut dire qu'ils sentent aujourd'hui plus que
jamais , l'importance de la premieré éducation .
L'esprit méthodique et philosophique a ses Partisans
à la Cour et à la Ville , l'on n'attend plus
l'âge de sept ans pour apprendre aux jeunes Princes
les premiers élemens des Lettres et de l'Histoire
. Il reste au surplus une question importante
à examiner , sçavoir si le choix d'un Précep
teur pour la premiere enfance jusqu'à l'âge de
à 14. 15. ans, est de plus grande importance que
le choix d'un Gouverneur pour unjeune homme
de Is. à 20. ans ; je vous prie d'agréer que ce
soit pour une autre fois, et de me croire avec, & c.
en Auvergne , sur le Systême du Burens
Typographique.
Q
Uand il seroit vrai , M. que l'éducation
des Enfans se réduiroit à faire le cours ordinaire
des Classes et à sçavoir un peu le Latin
et de Grec , il ne s'ensuivroit pas qu'il fût inutile
G iij
de
134 MERCURE DE FRANCE
commencer de bonne heure l'institution de la
premiere enfance . Je vous prie de lire dans le
premier volume de la Bibliotheque des Enfans ,
Particle premier et l'article second ; qui traitent
cette question . Les préparatifs et les dépenses
que l'on fait de bons Sujets aux Régens des basses
Classes , influent , n'en doutez pas , dans les
plus hautes , dans tous les exercices et dans toute
la vie . Ne contez - vous pour rien , M. de pouvoir
briller parmi ses Camarades , de pouvoir
remporter les premiers Prix , d'obtenir les premieres
places , et d'avoir ensuite du goût pour
tout ce que l'on fait ? Or un enfant qui aura
appris de bonne heure les élemens des Lettres par
le Systême du Bureau Typographique , cet enfant
sera plutôt en état d'acquerir ce goût , il sera
moins exposé à l'ennui et au dégoût de la plupart
des autres Ecoliers enseignez d'abord par la
Méthode ordinaire , cet enfant instruit de bonne
heure et jeune , sera en état , si les parens les
souhaitent , de doubler quelques Classes pour se
rendre encore plus fort dans tous ses exercices.
On pourra pour lors s'appliquer à bien d'autres
choses qu'à son Latin , et il n'y a point de parens
qui n'en soient bien aises.
Un Ecolier fort et diligent , trouve dans les
basses Classes le temps d'apprendre à écrire et
P'Arithmetique ; dans d'autres Classes le Dessein
le Blason et la Géographie viennent à propos
pour perfectionner l'étude de l'Histoire et de la
Chronologie , qu'on fera dans toutes les Classes ;
les Méchaniques et la Physique experimentale ,
pourront instruire et amuser les enfans, il ne s'agit
que de choisir à propos le temps et les matieres.
Dans le cours de Philosophie le moral conduic
au Droit des Gens et au Droit Public ; l'on trou-
C
20
V
E
ye
JANVIER.
135
1734.
Semaine
ve sur ces matieres et sur les interêts des Princes, >
des Textes Latins et François , propres à occuper,
à instruire et à former un jeune homme pendant
dix ans de College . Vous verrez , M. dans
le premier volume , article XIV . pag. 119.
qu'une Gazette de France , préparée par
est le meilleur Texte François que l'on puisse
donner à un jeune Seigneur. Ce Texte vivant est
le plus instructif , le plus varié et le plus agrable
que l'on puisse trouver pour la réunion et la
complication des idées philosophiques . On passe
peu à peu à la Gazette d'Hollande , au Mercure
Historique , au Mercure de France , au Journal de
Verdun , au Journal des Sçavans , et à tous les
Ouvrages périodiques , que l'on apprendra à par
courir chaque mois , afin que le jeune homme, se
fortifiant peu à peu sur cet exercice , se mette on
état d'en tirer avantage pour toute sa vie . Il est
vrai que puur lors en élevant les enfans on leur
donneroit les premieres notions des Arts et des
Sciences et vous convenez , M. en ce cas là de
toute la bonté du Systême Typographique. Vous
pourrez voir plus au long dans l'article XI. du
premier vol . p . 91. le détail des avantages du
Systême Typographique , vous y trouverez N°.
38. que l'enfant du Bureau Typographique est
mis en état d'aller plutôt et plus sçavant au College
, et parconsequent d'entrer plutôt à l'Académie
pour y faire tous ses exercices ; avantage
considerable pour la jeunesse destinée et appellée
au noble et glorieux métier des Armes. Ce seul
motifpourra déterminer les gens de guerre en fa
veur du nouveau Systême. J'ajoûterai que si les
Ecoles , comme vous le dites , ne visent proprement
.qu'au Latin , et qu'on néglige quasi tout le
reste dans les meilleurs Colleges , on ne doit pas
G iiij être
136 MERCURE DE FRANCE
être surpris de trouver si peu de science et de sçavoir
dans le grand nombre des Etudians , mais à
qui en est la faute ? N'est - ce pas le préjugé de la
Méthode vulgaire qui cause ce malheur ? Il seroit
donc mieux de faire étudier un peu plus les,
choses en faisant étudier les mois , et nous sommes
encore d'accord là - dessus .
A l'égard des Princes et des grands Seigneurs ,
on peut dire qu'ils sentent aujourd'hui plus que
jamais , l'importance de la premieré éducation .
L'esprit méthodique et philosophique a ses Partisans
à la Cour et à la Ville , l'on n'attend plus
l'âge de sept ans pour apprendre aux jeunes Princes
les premiers élemens des Lettres et de l'Histoire
. Il reste au surplus une question importante
à examiner , sçavoir si le choix d'un Précep
teur pour la premiere enfance jusqu'à l'âge de
à 14. 15. ans, est de plus grande importance que
le choix d'un Gouverneur pour unjeune homme
de Is. à 20. ans ; je vous prie d'agréer que ce
soit pour une autre fois, et de me croire avec, & c.
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre de Clermont en Auvergne, sur le Systême du Bureau Typographique.
Le texte est une réponse à une lettre discutant de l'éducation des enfants et de l'utilité du système du Bureau Typographique. L'auteur affirme que l'éducation des enfants ne doit pas se limiter à l'apprentissage du latin et du grec, mais doit commencer dès le plus jeune âge. Il recommande de consulter la 'Bibliothèque des Enfants' pour des arguments détaillés. Les préparatifs et les dépenses pour les régents des classes inférieures influencent les performances ultérieures des élèves. L'auteur souligne que les enfants instruits tôt par le système typographique acquièrent un goût pour l'apprentissage, évitent l'ennui, et peuvent doubler des classes pour progresser plus rapidement. Un écolier diligent peut ainsi apprendre à écrire, l'arithmétique, le dessin, la géographie, les mécaniques, et la physique expérimentale, en fonction des classes. Dans le cours de philosophie, les matières morales conduisent au droit des gens et au droit public. L'auteur suggère d'utiliser des textes latins et français, comme la Gazette de France, pour instruire et former les jeunes pendant dix ans de collège. Il passe ensuite à d'autres journaux et ouvrages périodiques pour renforcer les compétences des élèves. L'auteur conclut que le système typographique permet aux enfants d'entrer plus tôt à l'Académie et de se préparer au métier des armes. Il critique la méthode vulgaire qui néglige les sciences et les arts, et note que les princes et grands seigneurs reconnaissent aujourd'hui l'importance de la première éducation. Une question importante reste à examiner : l'importance du choix d'un précepteur pour la première enfance par rapport à celle d'un gouverneur pour un jeune homme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 342-346
SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
Début :
MONSIEUR, C'est une chose assez digne de remarque que [...]
Mots clefs :
Enfants, Gens, Monde, Éducation, Gouverneur, Gouverneurs, Raison, Maîtres, Études, Usage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
SUITE de la Lettre sur le Systême du
Bureau Typographique , et sur l'Education
des Enfans , inserée dans le Mercure
du mois de Janvier.
MONSIE ONSIEUR
C'est une chose assez digne de remarque que
dans un siecle et dans un Pays qui sont devenus
par succession , le centre et le temps des Sciences
er
FEVRIER. 1734. 343
,
et des Arts , toutes les fois qu'il s'agit de discuter
quelques points et de l'examiner sérieusement
, il faille commencer par se récrier sur les
maux que causent les préjugez et la force tirannique
de l'habitude. Si vous demandez â la plupart
des peres et des meres les mieux intentionnez
pour l'éducation de leurs enfans , par quelle
raison ils les laissent si long - temps dans leur bas
âge entre les mains des femmes et des Maîtres du
commun et pourquoi après avoir négligé leurs
premieres études , ils croyent devoir rechercher
ensuite avec le dernier empressement, et même à
grands frais , sous le titre de Gouverneurs , les
plus habiles gens , pour qu'ils donnent à ces mêmes
enfans ce que l'on appelle l'usage du Monde
, et le goût des bonnes choses, ils ne vous diront
pas d'abor que ce soit par oeconomie et
peut- être ensuite par vanité , mais qu'ils suivent
en cela ce qui s'est pratiqué et ce que tout le
monde a coûtume de faire . Voila donc en ceci ,
comme en tout le reste , une mode , un usage , un
préjugé. Si j'entreprends de les combattre, je leur
trouverai peut-être encore de plus zelez Partisans
dans ces mêmes hommes justement employez
à reparer , quoique souvent sans fruit,
les défauts de la premiere éducation. Mais je
prie les uns et les autres de jetter les yeux sur la
maniere dont s'y prennent ceux qui cultivent les
Plantes et qui dressent avec succès les animaux . La
comparaison n'a rien que de très - juste et de trèsmaturel
. Je prétends qu'ils nous indiquent en
quelque façon la méthode qu'il faudroit suivre
pour les Enfans . Cette méthode est connue de
tout le monde ; je n'ai garde de l'exposer inutilement
ici. Tout ce que j'en conclus , c'est que si
pour bien dresser des Chevaux , élever des Singes,
Gij des
244 MERCURE DE FRANCE
des Perroquets , &c. il faut étudier leur tempé
rament et leurs dispositions , à plus forte raison
le faut-il des inclinations des enfans pour leur
former le goût , s'assurer de leur volonté , et les
mener , pour ainsi-dire , avec des lisieres invisibles
et toujours agréables à la pratique constante
de leurs petits devoirs . Or il est évident
que dans
l'un ni dans l'autre cas cette sorte de talent n'est
pas celle des Maîtres vulgaires et des ignorans,
D'où vient, demanderois - je, encore la distinc-'
tion qui s'est établie entre ce qui s'appelle un
Précepteur et un Gouverneur ? Est - ce que leurs
qualitez et leurs fonctions ont quelque chose
d'incompatible ou de peu convenable ? Lequel
possede ou doit posseder exclusivement les parties
nécessaires à leur entreprise ? L'un ou l'autre
cesseroit - il d'être estimable , s'il avoit tout à la
fois ce que l'on croit ne pouvoir communément
trouver que dans l'un des deux séparement ? mais
dans le fond qu'est- ce que l'un sans l'autre ?
qu'esperera - t'on raisonnablement d'un simple
Gouverneur qui ne sera pas un bon Précepteur ,
ou de celui- ci , s'il n'a pas le caractere essentiel
de celui- la ? Ne seroit - il temps de donner un bon
Gouverneur à un Enfant , que lorsqu'il est prêt
à entrer dans le monde , ou à voyager , & c.comme
si tout ce qu'on lui a appris auparavant ne
devoit être alors d'aucun usage, ou si ce que l'on
va lui faire voir n'avoit eu besoin d'aucune préparation
! enfin l'un des deux doit - il jouir d'une
moindre autorité que l'autre sur son Eleve , er
les effets en doivent - ils être differents ?
Trois sortes de gens paroissent dans le Monde
avec l'un ou l'autre de ces caracteres . Les premiers
sont ou des Ecclesiastiques ou des gens
de College , ou des Latinistes du dehors , ausquels
FEVRIER. 1734 345
quels on confie la culture élementaire , ou même
tout le cours des études ordinaires . Les autres
sont des hommes de Lettre , ou même des Militaires
, qui à titre de Gouverneurs , se chargent
uniquement de la conduite des Enfans et de la
formation de leurs sentimens et de leurs manieres.
D'autres destinez seulement à les suivre et
devenus gens de confiance par leurs longs services
et leur sagesse , ne laissent pas de se rendre
utiles au point de remplir passablement la Charge
de ces seconds .
Mais pourquoi ces differences , encore un coup?
et qu'y a - t'il dans ces seconds et derniers , qui
ne suppose en tout ou en partie , la necessité des
qualitez recommandables des premiers ? On sçait
qu'il ne faut gueres plus compter sur la raison
des jeunes gens que sur celle des Enfans , soit
pour leurs démarches , soit pour leurs jugemens,
s'ils n'ont été ou s'ils ne sont actuellement guidez
par d'excellens Maîtres , qui ayent trouvé
l'art de leur rendre la science et la sagesse également
aimable et familiere . Cela signifie - t'il qu'il
est inutile d'employer dès le commencement des
hommes tels qu'on le vient de dire , ou qu'il
vaut mieux ne les leur donner qu'à 14. ou 15.
ans, et lorsqu'il n'est, pour ainsi dire , plus temps
Si cette conséquence est fausse , d'où vient
donc le peu d'estime que l'on accorde aux Précepteurs
en general , et la préference dont on
honore les autres comme s'ils étoient d'une espece
opposée ? Ne sent- on pas plutôt de quelle
ytilité seroit celui qui réuniroit en lui ces deux
personnages si mal à propos distinguez , et combien
il est difficile ou mêine dangereux de s'accommoder
de l'un sans l'autre ? Je laisse à décider
lequel seroit le plus aisé de trouver dans une
Giij pro346
MERCURE DE FRANCE
proportion réciproque ou l'excellent Precepteur
ou le bon Gouverneur , ou lequel des deux est
de plus grande importance dans le plan d'une
belle éducation. Je crois que cette question mérite
d'être examinée à fond , 1º . pour les jeunes
gens qui ont tout à la fois des Gouverneurs et
des Precepteurs. 2 ° . pour les Seigneurs et peres
et meres en general , qui ne donnent des Gouverneurs
à leurs Enfans qu'à la fin de leurs études
3 °. Pour les Bourgeois qui font quelquefois
voyager leurs Enfans dans les Pays Etrangers.
Jay l'honneur d'être , &c .
Bureau Typographique , et sur l'Education
des Enfans , inserée dans le Mercure
du mois de Janvier.
MONSIE ONSIEUR
C'est une chose assez digne de remarque que
dans un siecle et dans un Pays qui sont devenus
par succession , le centre et le temps des Sciences
er
FEVRIER. 1734. 343
,
et des Arts , toutes les fois qu'il s'agit de discuter
quelques points et de l'examiner sérieusement
, il faille commencer par se récrier sur les
maux que causent les préjugez et la force tirannique
de l'habitude. Si vous demandez â la plupart
des peres et des meres les mieux intentionnez
pour l'éducation de leurs enfans , par quelle
raison ils les laissent si long - temps dans leur bas
âge entre les mains des femmes et des Maîtres du
commun et pourquoi après avoir négligé leurs
premieres études , ils croyent devoir rechercher
ensuite avec le dernier empressement, et même à
grands frais , sous le titre de Gouverneurs , les
plus habiles gens , pour qu'ils donnent à ces mêmes
enfans ce que l'on appelle l'usage du Monde
, et le goût des bonnes choses, ils ne vous diront
pas d'abor que ce soit par oeconomie et
peut- être ensuite par vanité , mais qu'ils suivent
en cela ce qui s'est pratiqué et ce que tout le
monde a coûtume de faire . Voila donc en ceci ,
comme en tout le reste , une mode , un usage , un
préjugé. Si j'entreprends de les combattre, je leur
trouverai peut-être encore de plus zelez Partisans
dans ces mêmes hommes justement employez
à reparer , quoique souvent sans fruit,
les défauts de la premiere éducation. Mais je
prie les uns et les autres de jetter les yeux sur la
maniere dont s'y prennent ceux qui cultivent les
Plantes et qui dressent avec succès les animaux . La
comparaison n'a rien que de très - juste et de trèsmaturel
. Je prétends qu'ils nous indiquent en
quelque façon la méthode qu'il faudroit suivre
pour les Enfans . Cette méthode est connue de
tout le monde ; je n'ai garde de l'exposer inutilement
ici. Tout ce que j'en conclus , c'est que si
pour bien dresser des Chevaux , élever des Singes,
Gij des
244 MERCURE DE FRANCE
des Perroquets , &c. il faut étudier leur tempé
rament et leurs dispositions , à plus forte raison
le faut-il des inclinations des enfans pour leur
former le goût , s'assurer de leur volonté , et les
mener , pour ainsi-dire , avec des lisieres invisibles
et toujours agréables à la pratique constante
de leurs petits devoirs . Or il est évident
que dans
l'un ni dans l'autre cas cette sorte de talent n'est
pas celle des Maîtres vulgaires et des ignorans,
D'où vient, demanderois - je, encore la distinc-'
tion qui s'est établie entre ce qui s'appelle un
Précepteur et un Gouverneur ? Est - ce que leurs
qualitez et leurs fonctions ont quelque chose
d'incompatible ou de peu convenable ? Lequel
possede ou doit posseder exclusivement les parties
nécessaires à leur entreprise ? L'un ou l'autre
cesseroit - il d'être estimable , s'il avoit tout à la
fois ce que l'on croit ne pouvoir communément
trouver que dans l'un des deux séparement ? mais
dans le fond qu'est- ce que l'un sans l'autre ?
qu'esperera - t'on raisonnablement d'un simple
Gouverneur qui ne sera pas un bon Précepteur ,
ou de celui- ci , s'il n'a pas le caractere essentiel
de celui- la ? Ne seroit - il temps de donner un bon
Gouverneur à un Enfant , que lorsqu'il est prêt
à entrer dans le monde , ou à voyager , & c.comme
si tout ce qu'on lui a appris auparavant ne
devoit être alors d'aucun usage, ou si ce que l'on
va lui faire voir n'avoit eu besoin d'aucune préparation
! enfin l'un des deux doit - il jouir d'une
moindre autorité que l'autre sur son Eleve , er
les effets en doivent - ils être differents ?
Trois sortes de gens paroissent dans le Monde
avec l'un ou l'autre de ces caracteres . Les premiers
sont ou des Ecclesiastiques ou des gens
de College , ou des Latinistes du dehors , ausquels
FEVRIER. 1734 345
quels on confie la culture élementaire , ou même
tout le cours des études ordinaires . Les autres
sont des hommes de Lettre , ou même des Militaires
, qui à titre de Gouverneurs , se chargent
uniquement de la conduite des Enfans et de la
formation de leurs sentimens et de leurs manieres.
D'autres destinez seulement à les suivre et
devenus gens de confiance par leurs longs services
et leur sagesse , ne laissent pas de se rendre
utiles au point de remplir passablement la Charge
de ces seconds .
Mais pourquoi ces differences , encore un coup?
et qu'y a - t'il dans ces seconds et derniers , qui
ne suppose en tout ou en partie , la necessité des
qualitez recommandables des premiers ? On sçait
qu'il ne faut gueres plus compter sur la raison
des jeunes gens que sur celle des Enfans , soit
pour leurs démarches , soit pour leurs jugemens,
s'ils n'ont été ou s'ils ne sont actuellement guidez
par d'excellens Maîtres , qui ayent trouvé
l'art de leur rendre la science et la sagesse également
aimable et familiere . Cela signifie - t'il qu'il
est inutile d'employer dès le commencement des
hommes tels qu'on le vient de dire , ou qu'il
vaut mieux ne les leur donner qu'à 14. ou 15.
ans, et lorsqu'il n'est, pour ainsi dire , plus temps
Si cette conséquence est fausse , d'où vient
donc le peu d'estime que l'on accorde aux Précepteurs
en general , et la préference dont on
honore les autres comme s'ils étoient d'une espece
opposée ? Ne sent- on pas plutôt de quelle
ytilité seroit celui qui réuniroit en lui ces deux
personnages si mal à propos distinguez , et combien
il est difficile ou mêine dangereux de s'accommoder
de l'un sans l'autre ? Je laisse à décider
lequel seroit le plus aisé de trouver dans une
Giij pro346
MERCURE DE FRANCE
proportion réciproque ou l'excellent Precepteur
ou le bon Gouverneur , ou lequel des deux est
de plus grande importance dans le plan d'une
belle éducation. Je crois que cette question mérite
d'être examinée à fond , 1º . pour les jeunes
gens qui ont tout à la fois des Gouverneurs et
des Precepteurs. 2 ° . pour les Seigneurs et peres
et meres en general , qui ne donnent des Gouverneurs
à leurs Enfans qu'à la fin de leurs études
3 °. Pour les Bourgeois qui font quelquefois
voyager leurs Enfans dans les Pays Etrangers.
Jay l'honneur d'être , &c .
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Résumé : SUITE de la Lettre sur le Systême du Bureau Typographique, et sur l'Education des Enfans, inserée dans le Mercure du mois de Janvier.
L'auteur d'une lettre critique les pratiques éducatives de son époque, notant que malgré les progrès scientifiques et artistiques, les méthodes éducatives restent influencées par les habitudes et les préjugés. Il observe que les parents confient leurs jeunes enfants à des femmes et des maîtres ordinaires, puis cherchent des gouverneurs qualifiés pour leur apprendre les manières du monde. L'auteur compare l'éducation des enfants à l'élevage des animaux et à la culture des plantes, soulignant l'importance de comprendre les inclinations et les dispositions des enfants pour adapter leur éducation. Il remet en question la distinction entre précepteurs et gouverneurs, affirmant que les qualités nécessaires à l'éducation des enfants devraient être réunies dans une seule personne. Le texte mentionne trois types de personnes impliquées dans l'éducation : les ecclésiastiques ou latinistes pour les études élémentaires, les hommes de lettres ou militaires comme gouverneurs, et les serviteurs de confiance. L'auteur se demande pourquoi ces rôles sont séparés et suggère que les qualités des précepteurs et des gouverneurs devraient être combinées pour une éducation plus efficace. Il conclut en soulignant l'importance de cette question pour les jeunes ayant à la fois des gouverneurs et des précepteurs, pour les parents qui engagent des gouverneurs tardivement, et pour les bourgeois envoyant leurs enfants voyager à l'étranger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 552-555
SUITE des Nouvelles touchant le Systême du Bureau Tipograpique.
Début :
Voici, Monsieur, l'Extrait d'une Lettre écrite de Leipzig le 21. Janvier 1734. [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Enfants, Professeur, Lettres, Langue, Premiers éléments, Instruction des enfants, Paris, Chompré, Université de Paris
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texteReconnaissance textuelle : SUITE des Nouvelles touchant le Systême du Bureau Tipograpique.
SUITE des Nouvelles touchant le
Systême du Bureau Tipograpique.
Voici , Monsieur , l'Extrait d'une Lettre écrite
de Leipzig le 21. Janvier 1734.
Nous avons vu dans les Mercures de France
Finvention d'un Bureau Typographique qui nous
paroît être de grande utilité pour l'instruction des
Enfans; un de nos Professeurs a entrepris de traduire
ce qui a parû jusquiei à ce sujet , et je vous
prieⓇ
MARS . 1774. 553
que
prie de m'envoyer un Exemplaire de chaque Livre
l'Auteur de cette ingenieuse Machine donnera
aujour; nous tâcherons de l'ajuster à notre Langue
pour l'utilité publique , &c .
Lequel est le plus surprenant de trouver un
tel Professeur à Leipzig , ou de trouver un Professeur
contre le Systême du Bureau Tipographique
dans l'Université de Paris ? M. Gr ...
Professeur de Philosophie au College Royal de
Navarre a d'avance décidé la question en faveur
du nouveau Systême ; et M. l'Abbé Rollin n'a
point trouvé de meilleure Méthode pour la premiere
instruction de l'enfance.
Par des Lettres de Toulouse , de Besançon et
d'Arles , il paroît qu'on voudroit y pratiquer la
nouvelle maniere de montrer aux enfans les premiers
Elémens des Lettres. Voici le prix des Livres
qui enseignent le Sistême.
Le vol. contenant le Systême.
Le 2 vol . ou le nouvel A , B ,
latin.
C , in quarto
et en blanc
11 livres. Le 3 vol . ou le nouvel A , B , C ,
françois.
Le 4 vol. ou le Rudiment Pratique de la Langue.
Françoise et de la Langue Latine , pour les
Garçons et pour les Filles , in 4. en blanc, 2 liv.
Ces quatre volumes reliez ensemble pour les
gens de Lettres ou de Bibliotheque ; et reliez séparément
pour les Maîtres et pour les Enfans riches
, contiennent tous l'élémentaire du nouveau
Sistême.
A l'égard des enfans et des petites Ecoles , qui
sans faire usage du Bureau , voudront suivre la
Nouvelle dénomination des Lettres . On a fait
G im554
MERCURE DE FRANCE
imprimer séparément et en petite forme les trois
derniers volumes de cet Ouvrage ; sçavoir ,
Le petit A , B , C , latin , in 12. en blanc ,
L'A , B , C , françois , in 8. en blanc ,
Le Rudiment pratique , in 8. en blanc ,
9 f.
24 f.
40
f On trouvera chez les mêmes Libraires,P.Witte
et P. Simon , la Réponse de M. Perquis , à la tête
d'un Professeur anonime de l'Université de Paris
insérée dans le Mercure du mois de Février, 1731.
1
I
•
Isic.
in 12.
On trouvera
dans
l'article
XXIV
. du 1 vol.
pag. 214, le prix
de chaque
Classe
du Bureau
Typografique
; la seconde
contient
la premiere
,
la troisiéme
contient
les deux
précédentes
, et la
quatriéme
les contient
toutes
. Les parens
qui auront
chez
eux le Livre
complet
de la Biblioteque
des enfans
, verront
facilement
si les Maîtres
de Tipographie
se négligent
, au lieu
de suivre
exactement
le sistème
.
Les personnes curieuses de voir la pratique du
Bureau , prendront la peine d'aller dans la ruë
S. Jean de Beauvais , chez M. Chompré l'aîné ,
Maître de pension, quia cinq Bureaux en exercice
; chez M. Chompré le cadet , Maître de petite
Ecole ; à l'entrée de la ruë S. Louis du Palais
, au bas du Pont S. Michel ; le Maître qui
fait pratiquer toutes les Classes du sistême ;
chez M. Darras et Madame de Nanriat , ruë
S. Martin , du côté de la ruë Venise , pour voir
les exercices du petit Lorin; et d'aller dans la ruë
S. Denis , derriere S. Oportune , vis - à- vis Sainte
Catherine , chez M.Henry , Marchand de Soye ,
au Bras d'or ; on trouvera chez ce Marchand
une petite Demoiselle de 5 à 6 ans , assez avancée
sur l'ortografe, et sur la Gramaire françoise,
›
lisanc
MARS 17 4.
555
fisant bien le Latin le François , le Manuscrit et
les Chifres ...
Chaque mois on tâchera , 1º de donner les
instructions necessaires pour éclaircir les articles
qui regardent la pratique du nouveau sistème .
2. De répondre aux objections qui auront été
faites . 3. De donner les nouvelles Litteraires qui
auront quelque rapport à cette maniere d'enseigner
les enfans ; en voici une : Le R. P. Charles
de Dourlan , Capucin , nommé pour l'instruction
des Enfans de Langue , que le Roy entretient
à Constantinople , ayant entendu parler du
Sistème Tipografique à M. Duhamel , et à quelques
autres Membres de l'Académie des Sciences,
prit la peine d'aller voir travailler des enfans Tipografes
, chez M. Chompré l'aîné, ruë des Carmes
, qui a plusieurs Bureaux en exercice.
Ce zélé Missionnaire au dessus des préjugez ,
en fait d'institution Litteraire , se munit d'abord
de la Biblioteque dos Enfans , &c. et après la lec
ture de ce Livre , bien loin de rougir du nouvel
A , B, C , résolut d'en faire usage dans le Levant.
Ce Pere comprit bien- tôt qu'on pouvoit
ajuster ce Sistème à toutes les Langues dont on
vouloit montrer les Caracteres , les Combinaisons
des Lettres , les Sons et les premiers Elemens
de la Grammaire. Ce Religieux âgé de 27
ans , partit le premier de ce mois de Mars , pour
s'iller embarquer à Marseille , nouvelle qui sans
doute , fera plaisir au digne Professeur de Leipsic
, et aux Esprits Philosophes , Partisans du
Bureau. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , ce S Mars 1734.
Systême du Bureau Tipograpique.
Voici , Monsieur , l'Extrait d'une Lettre écrite
de Leipzig le 21. Janvier 1734.
Nous avons vu dans les Mercures de France
Finvention d'un Bureau Typographique qui nous
paroît être de grande utilité pour l'instruction des
Enfans; un de nos Professeurs a entrepris de traduire
ce qui a parû jusquiei à ce sujet , et je vous
prieⓇ
MARS . 1774. 553
que
prie de m'envoyer un Exemplaire de chaque Livre
l'Auteur de cette ingenieuse Machine donnera
aujour; nous tâcherons de l'ajuster à notre Langue
pour l'utilité publique , &c .
Lequel est le plus surprenant de trouver un
tel Professeur à Leipzig , ou de trouver un Professeur
contre le Systême du Bureau Tipographique
dans l'Université de Paris ? M. Gr ...
Professeur de Philosophie au College Royal de
Navarre a d'avance décidé la question en faveur
du nouveau Systême ; et M. l'Abbé Rollin n'a
point trouvé de meilleure Méthode pour la premiere
instruction de l'enfance.
Par des Lettres de Toulouse , de Besançon et
d'Arles , il paroît qu'on voudroit y pratiquer la
nouvelle maniere de montrer aux enfans les premiers
Elémens des Lettres. Voici le prix des Livres
qui enseignent le Sistême.
Le vol. contenant le Systême.
Le 2 vol . ou le nouvel A , B ,
latin.
C , in quarto
et en blanc
11 livres. Le 3 vol . ou le nouvel A , B , C ,
françois.
Le 4 vol. ou le Rudiment Pratique de la Langue.
Françoise et de la Langue Latine , pour les
Garçons et pour les Filles , in 4. en blanc, 2 liv.
Ces quatre volumes reliez ensemble pour les
gens de Lettres ou de Bibliotheque ; et reliez séparément
pour les Maîtres et pour les Enfans riches
, contiennent tous l'élémentaire du nouveau
Sistême.
A l'égard des enfans et des petites Ecoles , qui
sans faire usage du Bureau , voudront suivre la
Nouvelle dénomination des Lettres . On a fait
G im554
MERCURE DE FRANCE
imprimer séparément et en petite forme les trois
derniers volumes de cet Ouvrage ; sçavoir ,
Le petit A , B , C , latin , in 12. en blanc ,
L'A , B , C , françois , in 8. en blanc ,
Le Rudiment pratique , in 8. en blanc ,
9 f.
24 f.
40
f On trouvera chez les mêmes Libraires,P.Witte
et P. Simon , la Réponse de M. Perquis , à la tête
d'un Professeur anonime de l'Université de Paris
insérée dans le Mercure du mois de Février, 1731.
1
I
•
Isic.
in 12.
On trouvera
dans
l'article
XXIV
. du 1 vol.
pag. 214, le prix
de chaque
Classe
du Bureau
Typografique
; la seconde
contient
la premiere
,
la troisiéme
contient
les deux
précédentes
, et la
quatriéme
les contient
toutes
. Les parens
qui auront
chez
eux le Livre
complet
de la Biblioteque
des enfans
, verront
facilement
si les Maîtres
de Tipographie
se négligent
, au lieu
de suivre
exactement
le sistème
.
Les personnes curieuses de voir la pratique du
Bureau , prendront la peine d'aller dans la ruë
S. Jean de Beauvais , chez M. Chompré l'aîné ,
Maître de pension, quia cinq Bureaux en exercice
; chez M. Chompré le cadet , Maître de petite
Ecole ; à l'entrée de la ruë S. Louis du Palais
, au bas du Pont S. Michel ; le Maître qui
fait pratiquer toutes les Classes du sistême ;
chez M. Darras et Madame de Nanriat , ruë
S. Martin , du côté de la ruë Venise , pour voir
les exercices du petit Lorin; et d'aller dans la ruë
S. Denis , derriere S. Oportune , vis - à- vis Sainte
Catherine , chez M.Henry , Marchand de Soye ,
au Bras d'or ; on trouvera chez ce Marchand
une petite Demoiselle de 5 à 6 ans , assez avancée
sur l'ortografe, et sur la Gramaire françoise,
›
lisanc
MARS 17 4.
555
fisant bien le Latin le François , le Manuscrit et
les Chifres ...
Chaque mois on tâchera , 1º de donner les
instructions necessaires pour éclaircir les articles
qui regardent la pratique du nouveau sistème .
2. De répondre aux objections qui auront été
faites . 3. De donner les nouvelles Litteraires qui
auront quelque rapport à cette maniere d'enseigner
les enfans ; en voici une : Le R. P. Charles
de Dourlan , Capucin , nommé pour l'instruction
des Enfans de Langue , que le Roy entretient
à Constantinople , ayant entendu parler du
Sistème Tipografique à M. Duhamel , et à quelques
autres Membres de l'Académie des Sciences,
prit la peine d'aller voir travailler des enfans Tipografes
, chez M. Chompré l'aîné, ruë des Carmes
, qui a plusieurs Bureaux en exercice.
Ce zélé Missionnaire au dessus des préjugez ,
en fait d'institution Litteraire , se munit d'abord
de la Biblioteque dos Enfans , &c. et après la lec
ture de ce Livre , bien loin de rougir du nouvel
A , B, C , résolut d'en faire usage dans le Levant.
Ce Pere comprit bien- tôt qu'on pouvoit
ajuster ce Sistème à toutes les Langues dont on
vouloit montrer les Caracteres , les Combinaisons
des Lettres , les Sons et les premiers Elemens
de la Grammaire. Ce Religieux âgé de 27
ans , partit le premier de ce mois de Mars , pour
s'iller embarquer à Marseille , nouvelle qui sans
doute , fera plaisir au digne Professeur de Leipsic
, et aux Esprits Philosophes , Partisans du
Bureau. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , ce S Mars 1734.
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Résumé : SUITE des Nouvelles touchant le Systême du Bureau Tipograpique.
Le document est une lettre datée du 21 janvier 1734, provenant de Leipzig, qui traite de l'invention d'un Bureau Typographique conçu pour l'instruction des enfants. Un professeur de Leipzig a entrepris de traduire les publications sur ce système afin de l'adapter à la langue locale. À Paris, le système est soutenu par M. Gr..., professeur de philosophie au Collège Royal de Navarre, et par l'Abbé Rollin. Des lettres provenant de Toulouse, Besançon et Arles montrent un intérêt croissant pour ce nouveau système d'enseignement des lettres. Le texte énumère les prix des ouvrages relatifs au système typographique, incluant des volumes en latin et en français, ainsi que des rudiments pratiques destinés aux garçons et aux filles. Ces ouvrages sont disponibles en différentes formes et reliures, adaptées aux besoins des lecteurs et des écoles. Des informations pratiques sont fournies pour observer le système en action chez divers maîtres de pension et d'écoles à Paris. Chaque mois, des instructions et des réponses aux objections concernant le système seront publiées, ainsi que des nouvelles littéraires pertinentes. Le Père Charles de Dourlan, un capucin, a visité des enfants utilisant le système typographique et a décidé de l'adopter pour l'instruction des enfants de langue à Constantinople. Il a compris que le système pouvait être adapté à diverses langues. Le Père de Dourlan, âgé de 27 ans, s'est rendu à Marseille afin de s'embarquer pour Constantinople, une nouvelle qui sera appréciée par les partisans du Bureau Typographique.
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