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Provenance probable (2)
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Détail
Liste
Résultats : 15 texte(s)
1
p. 401-402
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle ; elle est de Mr Rat, / Je suis jeune & suis vieux ; car le temps est mon pere. [...]
Mots clefs :
Almanach
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle; elle est de Mr Rat,
Conseiller au Presidial de Montpellier.
ENIGME.
Je fuis jeune &fuis vieux; car le
-
t mps (st mon pere.
:A*jour£huy je fun dJuX ,
le lendemain
m<uvais.
Onmevend, gJ-revend; jenefais
pas,jefais.
Je ne fuis bon à rien , & je fuis neceffAife
JMmcorps efl bien souvent flùtoft
mince juépais,
- Quoique jefois carré de taille.
Je porte un bibit bleu ,je meure
quandje renais ;
Et jene flils, & ne feray jamais
'Annoncé que par la canaille.
nouvelle; elle est de Mr Rat,
Conseiller au Presidial de Montpellier.
ENIGME.
Je fuis jeune &fuis vieux; car le
-
t mps (st mon pere.
:A*jour£huy je fun dJuX ,
le lendemain
m<uvais.
Onmevend, gJ-revend; jenefais
pas,jefais.
Je ne fuis bon à rien , & je fuis neceffAife
JMmcorps efl bien souvent flùtoft
mince juépais,
- Quoique jefois carré de taille.
Je porte un bibit bleu ,je meure
quandje renais ;
Et jene flils, & ne feray jamais
'Annoncé que par la canaille.
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2
p. 916-919
IDILLE HÉROIQUE SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
Le Ciel est propice à vos voeux, [...]
Mots clefs :
Dauphin, Amour, Divin, Auteur
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texteReconnaissance textuelle : IDILLE HÉROIQUE SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
IDILLE HEROIQUE
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
LE Ciel eft propice à vos voeux ,
Peuples , chantez ce jour qui vous rend tous heu
reux.
Le
MAY . 1730 .
917
Le Ciel eft propice à nos voeux ;
Chantons , chantons ce jour qui nous rend tous
heureux.
Quel plaifir pour nos coeurs ! quel bonheur
la France !
Nous voyons paroître enfin
L'objet de notre eſperance.
Quel plaifir pour nos coeurs ! quel bonheur
la France+
pour
pour
Ce jour , cet heureux jour a vû naître un Dauphin
.
Que tout fur la terre & fur l'onde.
Seconde les tranſports de nos coeurs amoureux ;'
C'eſt le don le plus précieux
Que les Dieux pouvoient faire au monde.
Le Ciel eft propice à nos voeux
Cantons , chantons ce jour qui nous rend tous
heureux.
Déja nous avions vû l'Aurore
De ce grand jour que celebrent nos airs.
Trois Aftres nouveau-nés avoient à l'Univers
Annoncé le Soleil que nous voyons éclore.
Le Ciel eft propice &c .
Mais d'où naît cet éclat nouveau ?
Quel Enfant les Jeux & les Graces
Courent en foule fur fes traces ,
D EtBE
918 MERCURE DE FRANCE
Et volent autour du Berceau,
La chafte Lucine
Vante fes attraits
Et ne vit jamais
Plus belle origine ;
Amour aujourd'hui
Paroît feul en peine ,
Et craint qu'on ne prenne
Cet enfant pour lui.
Croiffez , cher Rejetton du plus puiffant des Rois,
Et puifqu'Amour déja porte envie à vos charmes
Puiffe à fon tour le Dieu des Armes
Etre jaloux de vos exploits !
Que dans l'un & l'autre Hemiſphere
On vante vos faits inoüis ,
Que le fils imite le pere ,
s ;
Que le pere ne foit égalé que du fils.
Mais où fuis-je ? O Cicl ! puis - je croire
Le fpectacle enchanteur qui frappe mes eſprits ?
Le Temple du Deftin s'ouvre à mes yeux furpris;
Du Dauphin , à l'envi , tout m'annonce la gloire,
Je vois , je vois déja les neuf fçavantes Soeurs
Lui prodiguer leurs plus cheres faveurs :
Tout le Ciel pour lui s'intereffe ;
Jupiter le foûtient ; Mars au combat l'inftruit ;
Minerve dans fon coeur vient verfer la ſageſſe ,
Et le Dieu même du Permeffe
Se plaît à former fon efprit.
Qu'il
MAY.
1730 .
919
Qu'il fera grand ; que fon aimable Empire
Sera cheri de l'Univers ;
Tous les jours lui verront produire
Mille prodiges divers.
Eh ! ne feroit- il pas lui-même
Un prodige étonnant pour nos regards ſurpris ;
Si formé du fang de Louis ,
Tout ne retentiffoit de fa gloire fuprême ?
Et
Qu'il vive donc pour remplir fes deſtins
Qu'il apporte en tous lieux la joye & l'abondance
que ſemblable au Roi dont il a pris naiſſance
Il ſoit un jour l'arbitre & l'amour des humains.
Qu'il vive pour remplir ſes glorieux deſtins !
O vous , divin Auteur du bien de la Patrie ,
Arbitre fouverain de la Terre & des Cieux ,
Pouviez-vous récompenfer mieux
Les vertus de LOUIS & celles de MARIE ?
O vous , divin Auteur du bien de la Patrie ,
Ne ceffez de verſer ſur Louis & Marie
Vos bienfaits les plus précieux ;
Rendez l'Epouſe heureuſe & l'Epoux glorieux. }
O vous , divin Auteur du bien de la Patrie ,
Pourfuivez , rempliffez nos voeux ;
Qu'ils vivent feulement , l'Univers eſt heureux.
Par M. l'Abbé Portes , de
Montpellier.
SUR LA NAISSANCE
DE MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
LE Ciel eft propice à vos voeux ,
Peuples , chantez ce jour qui vous rend tous heu
reux.
Le
MAY . 1730 .
917
Le Ciel eft propice à nos voeux ;
Chantons , chantons ce jour qui nous rend tous
heureux.
Quel plaifir pour nos coeurs ! quel bonheur
la France !
Nous voyons paroître enfin
L'objet de notre eſperance.
Quel plaifir pour nos coeurs ! quel bonheur
la France+
pour
pour
Ce jour , cet heureux jour a vû naître un Dauphin
.
Que tout fur la terre & fur l'onde.
Seconde les tranſports de nos coeurs amoureux ;'
C'eſt le don le plus précieux
Que les Dieux pouvoient faire au monde.
Le Ciel eft propice à nos voeux
Cantons , chantons ce jour qui nous rend tous
heureux.
Déja nous avions vû l'Aurore
De ce grand jour que celebrent nos airs.
Trois Aftres nouveau-nés avoient à l'Univers
Annoncé le Soleil que nous voyons éclore.
Le Ciel eft propice &c .
Mais d'où naît cet éclat nouveau ?
Quel Enfant les Jeux & les Graces
Courent en foule fur fes traces ,
D EtBE
918 MERCURE DE FRANCE
Et volent autour du Berceau,
La chafte Lucine
Vante fes attraits
Et ne vit jamais
Plus belle origine ;
Amour aujourd'hui
Paroît feul en peine ,
Et craint qu'on ne prenne
Cet enfant pour lui.
Croiffez , cher Rejetton du plus puiffant des Rois,
Et puifqu'Amour déja porte envie à vos charmes
Puiffe à fon tour le Dieu des Armes
Etre jaloux de vos exploits !
Que dans l'un & l'autre Hemiſphere
On vante vos faits inoüis ,
Que le fils imite le pere ,
s ;
Que le pere ne foit égalé que du fils.
Mais où fuis-je ? O Cicl ! puis - je croire
Le fpectacle enchanteur qui frappe mes eſprits ?
Le Temple du Deftin s'ouvre à mes yeux furpris;
Du Dauphin , à l'envi , tout m'annonce la gloire,
Je vois , je vois déja les neuf fçavantes Soeurs
Lui prodiguer leurs plus cheres faveurs :
Tout le Ciel pour lui s'intereffe ;
Jupiter le foûtient ; Mars au combat l'inftruit ;
Minerve dans fon coeur vient verfer la ſageſſe ,
Et le Dieu même du Permeffe
Se plaît à former fon efprit.
Qu'il
MAY.
1730 .
919
Qu'il fera grand ; que fon aimable Empire
Sera cheri de l'Univers ;
Tous les jours lui verront produire
Mille prodiges divers.
Eh ! ne feroit- il pas lui-même
Un prodige étonnant pour nos regards ſurpris ;
Si formé du fang de Louis ,
Tout ne retentiffoit de fa gloire fuprême ?
Et
Qu'il vive donc pour remplir fes deſtins
Qu'il apporte en tous lieux la joye & l'abondance
que ſemblable au Roi dont il a pris naiſſance
Il ſoit un jour l'arbitre & l'amour des humains.
Qu'il vive pour remplir ſes glorieux deſtins !
O vous , divin Auteur du bien de la Patrie ,
Arbitre fouverain de la Terre & des Cieux ,
Pouviez-vous récompenfer mieux
Les vertus de LOUIS & celles de MARIE ?
O vous , divin Auteur du bien de la Patrie ,
Ne ceffez de verſer ſur Louis & Marie
Vos bienfaits les plus précieux ;
Rendez l'Epouſe heureuſe & l'Epoux glorieux. }
O vous , divin Auteur du bien de la Patrie ,
Pourfuivez , rempliffez nos voeux ;
Qu'ils vivent feulement , l'Univers eſt heureux.
Par M. l'Abbé Portes , de
Montpellier.
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Résumé : IDILLE HÉROIQUE SUR LA NAISSANCE DE MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Le texte 'Idylle héroïque' célèbre la naissance du Dauphin en mai 1730, suscitant joie et bonheur parmi les peuples français. Le Dauphin est présenté comme un don divin, apportant espoir et félicité. Trois astres annoncent cette naissance, symbolisant l'aube d'un grand jour. La naissance est entourée de grâce et de beauté, avec des figures allégoriques comme les Jeux, les Grâces et Lucine vantant ses attraits. Amour lui-même est jaloux de ses charmes. Le poème prédit une vie glorieuse pour le Dauphin, soutenu par les dieux et destiné à accomplir des exploits remarquables. Il souhaite que le Dauphin imite son père et apporte joie et abondance à l'univers. Le texte se termine par une prière à l'Auteur divin pour bénir Louis et Marie, les parents du Dauphin, et pour que l'univers soit heureux grâce à leur existence.
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3
p. 2770-2772
EPITRE, A M. l'Abbé Ploment, sur ses Noëls.
Début :
Sage Plomet, dont la plume rapide, [...]
Mots clefs :
Noëls, Plume, Écrits, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE, A M. l'Abbé Ploment, sur ses Noëls.
EPITRE,
A M. l'Abbé Plomet , sur ses Noëls.
Sage Plomet , dont la plume rapide ,
Juste et sçavante en ses productions ,
Fut souvent le fidelle guide,
De nos timides Amphions,
Reçois avec bonté ces Essais de ma Lyre ;
Elle t'en doit les premiers fruits ,
Puisqu'elle a pris dans tes Ecrits ,
L'entousiasme qui l'inspire.
On t'a vu penetré d'une divine ardeur,
Du Sauveur desHumains celebrer la Naissance
Par tes charmans accords le coupable Pécheur ,
Sentoit renaître dans son cœur
D'un heureux avenir , la flateuse esperance.
Aux approches de ce grand jour ,
Le Public révéroit dans son impatience ,
Ces marques de ton saint amour,
Et les chantoit avec reconnoissance :
.... II. Vol. Mais
DECEMBRE. 1732 277)
Mais hélas ! il n'a plus cet innocent plaisir ;
Il le demande en vain , Plomet le lui refuse ,
Tes amis seuls, reçus dans ton pieux loisir ,
Partagent avec toi les efforts de ta Muse.
Des saints Lauriers que ta main à cueillis ,
Le Public te doit un hommage ;
Mais ces talens qui furent ton partage ,
Te furent-ils donnez , pour être ensevelis ?
Quoi ! craindrois- tu les Critiques cruelles ,
D'un Censeur étourdi ?
Tes Noëls précedens sont tes garants fidelles,
Rime , Plomet , tu seras applaudi.
La pâle jalousie et la haine barbare ,
Voudront semer en vain leurs ennuyeux discours
Le Languedoc charmé , t'admirera toûjours ,
Et la gloire qu'il te prépare ,
Vaut bien le danger que tu cours.
Des honneurs qu'on te doit , sage dispensatrice
L'équitable Posterité ,
Sçaura mieux te rendre justice ,
Et l'on verra la verité ,
Terrasser la noire malice.
Corneille ( dira-t'on ) La Fontaine , Rousseau;
Despreaux , Racine , Moliere ,
Paroissant animez d'un feu toûjours nouveau ,
Scurent chacun à leur maniere ,
Parcourir sans égaux leur brillante carriere ;
୮
II. Vol.
Heureux
2772 MERCURE DE FRANCE
Heureux de partager entr'eux un don si beau.
Couverts d'une éternelle gloire ,
Leurs noms chéris deviendront immortels ;
Mais parmi les Sçavans que nous vante l'Histoire,
Plomet s'est distingué par ses pieux Noëls.
L'Abbé Cros , de Montpellier.
A M. l'Abbé Plomet , sur ses Noëls.
Sage Plomet , dont la plume rapide ,
Juste et sçavante en ses productions ,
Fut souvent le fidelle guide,
De nos timides Amphions,
Reçois avec bonté ces Essais de ma Lyre ;
Elle t'en doit les premiers fruits ,
Puisqu'elle a pris dans tes Ecrits ,
L'entousiasme qui l'inspire.
On t'a vu penetré d'une divine ardeur,
Du Sauveur desHumains celebrer la Naissance
Par tes charmans accords le coupable Pécheur ,
Sentoit renaître dans son cœur
D'un heureux avenir , la flateuse esperance.
Aux approches de ce grand jour ,
Le Public révéroit dans son impatience ,
Ces marques de ton saint amour,
Et les chantoit avec reconnoissance :
.... II. Vol. Mais
DECEMBRE. 1732 277)
Mais hélas ! il n'a plus cet innocent plaisir ;
Il le demande en vain , Plomet le lui refuse ,
Tes amis seuls, reçus dans ton pieux loisir ,
Partagent avec toi les efforts de ta Muse.
Des saints Lauriers que ta main à cueillis ,
Le Public te doit un hommage ;
Mais ces talens qui furent ton partage ,
Te furent-ils donnez , pour être ensevelis ?
Quoi ! craindrois- tu les Critiques cruelles ,
D'un Censeur étourdi ?
Tes Noëls précedens sont tes garants fidelles,
Rime , Plomet , tu seras applaudi.
La pâle jalousie et la haine barbare ,
Voudront semer en vain leurs ennuyeux discours
Le Languedoc charmé , t'admirera toûjours ,
Et la gloire qu'il te prépare ,
Vaut bien le danger que tu cours.
Des honneurs qu'on te doit , sage dispensatrice
L'équitable Posterité ,
Sçaura mieux te rendre justice ,
Et l'on verra la verité ,
Terrasser la noire malice.
Corneille ( dira-t'on ) La Fontaine , Rousseau;
Despreaux , Racine , Moliere ,
Paroissant animez d'un feu toûjours nouveau ,
Scurent chacun à leur maniere ,
Parcourir sans égaux leur brillante carriere ;
୮
II. Vol.
Heureux
2772 MERCURE DE FRANCE
Heureux de partager entr'eux un don si beau.
Couverts d'une éternelle gloire ,
Leurs noms chéris deviendront immortels ;
Mais parmi les Sçavans que nous vante l'Histoire,
Plomet s'est distingué par ses pieux Noëls.
L'Abbé Cros , de Montpellier.
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Résumé : EPITRE, A M. l'Abbé Ploment, sur ses Noëls.
L'épître de l'Abbé Cros, de Montpellier, est adressée à l'Abbé Plomet, qu'il loue pour sa plume rapide, juste et savante, souvent bénéfique aux poètes débutants. L'auteur exprime sa gratitude envers Plomet, dont les écrits ont stimulé son enthousiasme poétique. Plomet est célébré pour sa capacité à célébrer la naissance du Sauveur, inspirant ainsi les pécheurs à espérer un avenir heureux. Cependant, l'auteur regrette que le public ne puisse plus profiter des Noëls de Plomet, car celui-ci les réserve désormais à ses amis proches. Il encourage Plomet à ne pas craindre les critiques et à continuer à écrire, soulignant que ses précédents Noëls témoignent de son talent. L'auteur prédit que le Languedoc continuera d'admirer Plomet et que la postérité lui rendra justice, terrassant ainsi la malice. L'épître mentionne également des grands noms de la littérature comme Corneille, La Fontaine, Rousseau, Despreaux, Racine et Molière, comparant leur gloire immortelle à celle que Plomet pourrait atteindre grâce à ses Noëls.
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4
p. 1077-[1]078
IMITATION de la Fable Latine qui a pour titre, Caena insperata, inserée dans le Mercure de Novembre.
Début :
Un pecheur sur les bords d'une Rive profonde, [...]
Mots clefs :
Pêcheur, Poisson, Airs
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION de la Fable Latine qui a pour titre, Caena insperata, inserée dans le Mercure de Novembre.
IMITATION de la Fable Latinė
qui a pour titre , Cæna insperata , inserée
dans le Mercure de Novembre .
UN pecheur sur les bords d'une Rive profonde
,
Qui dans les eaux à jeun cherchoit un bon repas,
L'autre jour préparoit aux Hahitans de l'Onde ,
Sous des mets imposteurs un funeste trépas ;
Mais en vain ; ce jour - là la Nation muette
I. Vol B vj Voit
7078 MERCURE DE FRANCE
Voit le danger caché sous ces mets délicats ,
Et fait une sage retraite ;
Le Goujon même n'y mord pas.
Que faire ! il se retire , il fuit des bords ingrats ;
Mais vuide à son taudis , tandis qu'il s'achemine ,
Et que d'autres moyens en soi-même il rumine ,
Il entend dans les Airs un terrible fracas .
Une Gruë avoit fait ce qu'il n'avoit pû faire ,
Et sa Troupe comme elle avide et sanguinaire ,
Pour avoir son butin lui livroit cent combats .
Notre Pêcheur alloit à coups de pierre ,
Terminer soudain cette guerre ,
Quand à ses pieds par un merveilleux cas ,
Choit un Poisson , sujet de ses débats.
Fortune , c'est-là ton ouvrage ,
Un Pêcheur , quand tu veux , cherche en vain
dans les Mers ,
Un Poisson que sans peine il trouve dans les Airs.
L'inconstance est ton apanage ,
Et le caprice te conduit ;
Te plairas tu toujours , volage ,
A fuir qui te cherche , à chercher qui te fuit ?
De Montpellier.
qui a pour titre , Cæna insperata , inserée
dans le Mercure de Novembre .
UN pecheur sur les bords d'une Rive profonde
,
Qui dans les eaux à jeun cherchoit un bon repas,
L'autre jour préparoit aux Hahitans de l'Onde ,
Sous des mets imposteurs un funeste trépas ;
Mais en vain ; ce jour - là la Nation muette
I. Vol B vj Voit
7078 MERCURE DE FRANCE
Voit le danger caché sous ces mets délicats ,
Et fait une sage retraite ;
Le Goujon même n'y mord pas.
Que faire ! il se retire , il fuit des bords ingrats ;
Mais vuide à son taudis , tandis qu'il s'achemine ,
Et que d'autres moyens en soi-même il rumine ,
Il entend dans les Airs un terrible fracas .
Une Gruë avoit fait ce qu'il n'avoit pû faire ,
Et sa Troupe comme elle avide et sanguinaire ,
Pour avoir son butin lui livroit cent combats .
Notre Pêcheur alloit à coups de pierre ,
Terminer soudain cette guerre ,
Quand à ses pieds par un merveilleux cas ,
Choit un Poisson , sujet de ses débats.
Fortune , c'est-là ton ouvrage ,
Un Pêcheur , quand tu veux , cherche en vain
dans les Mers ,
Un Poisson que sans peine il trouve dans les Airs.
L'inconstance est ton apanage ,
Et le caprice te conduit ;
Te plairas tu toujours , volage ,
A fuir qui te cherche , à chercher qui te fuit ?
De Montpellier.
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Résumé : IMITATION de la Fable Latine qui a pour titre, Caena insperata, inserée dans le Mercure de Novembre.
Le texte décrit une imitation de la fable latine 'Cæna insperata', publiée dans le Mercure de Novembre. L'histoire suit un pêcheur sur les bords d'une rivière profonde. Ce pêcheur, cherchant un repas, utilise des appâts empoisonnés pour attraper des poissons. Cependant, les poissons reconnaissent le danger et évitent les appâts. Déçu, le pêcheur se retire. En rentrant chez lui, il entend un bruit de combat. Une grue et sa troupe attaquent un poisson, que le pêcheur convoitait. Alors qu'il tente d'intervenir, un poisson tombe miraculeusement à ses pieds. La fable met en lumière l'inconstance de la fortune, qui offre souvent ce que l'on cherche sans effort là où on ne l'attend pas. Le texte se conclut par une réflexion sur l'inconstance et le caprice de la fortune. L'auteur de cette fable est originaire de Montpellier.
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5
p. 77
AUTRE.
Début :
Je réunis en moi le plus bel ornement [...]
Mots clefs :
Perruque
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E réunis en moi le plus bel ornement
Dont un augufte Roi fit toute ſa parure :.
Avec une habile ſtructure ,
Je fuis dans des filets ; voilà mon élement.
Par le feu , par le fer , on fabrique mon être :
Un illuftre guerrier , que l'Afie a vû naître ,
Sans ce qui me compofe , eût perdu fa vigueur.
Un autre, par mon art , s'il m'avoit pû connoître,
Eût évité la mort , dont je fus prèfque auteur.
Sans employer le ſtratagême ,
Dont jadis fe fervit Æfon ,
Je rajeunis , par mon invention ,
En trompant la Nature même :
Je vieillis , dans l'occafion.
Enfin , quoiqu'aux Mortels je rende un bon fervice
,
Que mon état paroît touchant!
Tous les jours on m'attache , on me met au fupplice
;
Et toutes les nuits , on me pend.
Par L.P. MOLINE , de Montpellier.
E réunis en moi le plus bel ornement
Dont un augufte Roi fit toute ſa parure :.
Avec une habile ſtructure ,
Je fuis dans des filets ; voilà mon élement.
Par le feu , par le fer , on fabrique mon être :
Un illuftre guerrier , que l'Afie a vû naître ,
Sans ce qui me compofe , eût perdu fa vigueur.
Un autre, par mon art , s'il m'avoit pû connoître,
Eût évité la mort , dont je fus prèfque auteur.
Sans employer le ſtratagême ,
Dont jadis fe fervit Æfon ,
Je rajeunis , par mon invention ,
En trompant la Nature même :
Je vieillis , dans l'occafion.
Enfin , quoiqu'aux Mortels je rende un bon fervice
,
Que mon état paroît touchant!
Tous les jours on m'attache , on me met au fupplice
;
Et toutes les nuits , on me pend.
Par L.P. MOLINE , de Montpellier.
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7
p. 74-75
AUTRE.
Début :
Je dérive du Grec, & ne suis pas fort rare. [...]
Mots clefs :
Bibliothèque
8
p. 63
CHANSON.
Début :
DOIS-JE t'aimer encore, [...]
Mots clefs :
Aimer, Haïr, Languir
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON...
DOIS-JE t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Depuis que je t'adore ,
Je ne fais que languir.
Dois-je t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Les appas de Climene
Auront fçu t'aveugler ;
Cruel , de chaîne en chaîne ,
Tu te plais à voler !
Toi que mon coeur implore ,
Dis -moi , Dieu du plaifir ,
Dois-je l'aimer encore ,
Ou dois-je le hair ?
Les Paroles & la Mufique , font de M.
CUMINAL , de Montpellier.
DOIS-JE t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Depuis que je t'adore ,
Je ne fais que languir.
Dois-je t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Les appas de Climene
Auront fçu t'aveugler ;
Cruel , de chaîne en chaîne ,
Tu te plais à voler !
Toi que mon coeur implore ,
Dis -moi , Dieu du plaifir ,
Dois-je l'aimer encore ,
Ou dois-je le hair ?
Les Paroles & la Mufique , font de M.
CUMINAL , de Montpellier.
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9
p. 38-39
PORTRAIT ALLEGORIQUE A Mademoiselle A * * *.
Début :
SÇAVANTE Minerve, [...]
Mots clefs :
Minerve, Verve, Amour, Volupté
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texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT ALLEGORIQUE A Mademoiselle A * * *.
PORTRAIT ALLEGORIQUE
*
A Mademoiſelle A * * *
SÇAVANTE Minerve,
Pour peindre Clio ,
Inſpire à ma verve
Les vers de Sapho !
Puiffant Amour ! guide
Mon foible pinceau :
Que ne fuis - je Ovide
Pour faire un tableau !
La fimple Nature ,
Les ris & les jeux
Ornent la figure;
D'un air gracieur ,
La Volupté pure
Brille dans fes yeux.
Vénus & les Graces ,
Marchent fur ſes traces ;
Son port eft divin :
Rivale de Flore ,
La rofe colore
L'éclat de fon tein.
Sa bouche vermeille
Nous peint le corail ;
Sa gorge naifante
AVRIL. 1763. 39
D'albâtre éclatante
Efface l'émail.
Son tendre fourire
Pénetre le coeur ;
Lorſqu'elle foupire
On fent la fraîcheur
Qu'exhale Zéphire.
Ses doigts raviffans
Forment fur la lyre
Mille accords touchants
Qui jettent les fens
Dans un doux delire.
Le Docte Apollon
Defcend du vallon ,
Pour prêter l'oreille
A l'amoureux fon
De fa voix pareille
Aux chants d'Amphion.
Par M. P. L. M *** de Montpellier.
*
A Mademoiſelle A * * *
SÇAVANTE Minerve,
Pour peindre Clio ,
Inſpire à ma verve
Les vers de Sapho !
Puiffant Amour ! guide
Mon foible pinceau :
Que ne fuis - je Ovide
Pour faire un tableau !
La fimple Nature ,
Les ris & les jeux
Ornent la figure;
D'un air gracieur ,
La Volupté pure
Brille dans fes yeux.
Vénus & les Graces ,
Marchent fur ſes traces ;
Son port eft divin :
Rivale de Flore ,
La rofe colore
L'éclat de fon tein.
Sa bouche vermeille
Nous peint le corail ;
Sa gorge naifante
AVRIL. 1763. 39
D'albâtre éclatante
Efface l'émail.
Son tendre fourire
Pénetre le coeur ;
Lorſqu'elle foupire
On fent la fraîcheur
Qu'exhale Zéphire.
Ses doigts raviffans
Forment fur la lyre
Mille accords touchants
Qui jettent les fens
Dans un doux delire.
Le Docte Apollon
Defcend du vallon ,
Pour prêter l'oreille
A l'amoureux fon
De fa voix pareille
Aux chants d'Amphion.
Par M. P. L. M *** de Montpellier.
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Résumé : PORTRAIT ALLEGORIQUE A Mademoiselle A * * *.
Le poème 'Portrait allégorique' dédié à Mademoiselle A*** décrit une jeune femme comparée à diverses figures mythologiques. Inspirée par Minerve et Sapho, elle est naturelle, gracieuse et pure. Vénus et les Grâces la suivent, et elle est comparée à Flore. Sa beauté est soulignée par sa bouche en corail et sa gorge en albâtre. Elle joue de la lyre, attirant Apollon par ses chants. L'auteur, M. P. L. M *** de Montpellier, date le poème d'avril 1763.
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10
p. 71-72
LOGOGRYPHE.
Début :
Huit pieds composent ma structure. [...]
Mots clefs :
Lavement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPΗ Ε.
HUIT pieds compoſent ma ſtructure.
Soulagement de la Nature ,
Pour divers maux on trouve en moi
Ce que l'on dit d'un Juge inique
Qui vend à ſes Cliens la loi ;
Certaine note de Muſique ;
Une Ville près de Paris ;
Les rôles d'Armand , de Prévilles
Le nom d'un animal utile ,
Que l'on accable de mépris ;
Ceque l'on rend quand on expire ;
Ce que le Matelot deſire
Pour arriver bientôt au Port ;
Ce qui tourmente notre vie;
D'unearme la ſeule partie
MERCURE DE FRANCE.
Quitrop ſouvent donne la mort ;
Certaine matière qui coule
Au pied du Mont-Veſuve en feu.
Aces traits rafſſemblés en foule ,
Cher Lecteur , me préſſens- tu peu ?
En ce cas il fautque j'ajoute
Un meuble néceſſaire en route ;
L'agret principal d'un vaiſſeau ;
Un animal de qui la peau
Sert quelquefois à ton uſage;
L'inſtrument fatal de la rage
Des fiers Tyrans de l'Orient;
Ce que reçoit de ſon Régent
L'Ecolier avec indolence ;
Qui plus eſt le nom d'une danſe.
Par M. PEYRE , Apoticaire- Chymiſte
de Montpellier.
HUIT pieds compoſent ma ſtructure.
Soulagement de la Nature ,
Pour divers maux on trouve en moi
Ce que l'on dit d'un Juge inique
Qui vend à ſes Cliens la loi ;
Certaine note de Muſique ;
Une Ville près de Paris ;
Les rôles d'Armand , de Prévilles
Le nom d'un animal utile ,
Que l'on accable de mépris ;
Ceque l'on rend quand on expire ;
Ce que le Matelot deſire
Pour arriver bientôt au Port ;
Ce qui tourmente notre vie;
D'unearme la ſeule partie
MERCURE DE FRANCE.
Quitrop ſouvent donne la mort ;
Certaine matière qui coule
Au pied du Mont-Veſuve en feu.
Aces traits rafſſemblés en foule ,
Cher Lecteur , me préſſens- tu peu ?
En ce cas il fautque j'ajoute
Un meuble néceſſaire en route ;
L'agret principal d'un vaiſſeau ;
Un animal de qui la peau
Sert quelquefois à ton uſage;
L'inſtrument fatal de la rage
Des fiers Tyrans de l'Orient;
Ce que reçoit de ſon Régent
L'Ecolier avec indolence ;
Qui plus eſt le nom d'une danſe.
Par M. PEYRE , Apoticaire- Chymiſte
de Montpellier.
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12
p. 47
AUTRE.
Début :
Je suis, dans mon sens propre, un principe puissant [...]
Mots clefs :
Feu ou la chaleur
Résultats : 2 texte(s)
1
p. 1034-1039
L'AMOUR ET PLUTUS, POEME. Par M. Cavaliés, de Montpellier, Avocat à la Cour des Aydes de la même Ville.
Début :
Muse, raconte moi par quel destin contraire, [...]
Mots clefs :
Amour, Plutus, Muse, Tyran des cœurs, Candeur, Pactole, Regard téméraire, Richesse
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texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR ET PLUTUS, POEME. Par M. Cavaliés, de Montpellier, Avocat à la Cour des Aydes de la même Ville.
L'AMOUR ET PLUTUS ,
POEM E.
Par M. Cavaliés , de Montpellier , Avocat
à la Cour des Aydes de la même Ville.
Muse , raconte moi par- quel destin contraire ,
Plutus malgré l'Amour s'empara de Cythere ,
Et vrai tyran des coeurs dans son funeste emploi
Leur fit de s'enrichir une suprême loi .
Jadis avec l'Amour , avec ce Maître aimable
La Terre entretenoit un commerce agréable ;
Il en fit un séjour charmant , délicieux ,
Pour elle il dédaignoit la demeure des Cieux.
Sans contraindre les coeurs à changer de nature ,
Par
MAY. 1731.
1035
Par la simple équité , par l'exacte droiture ,
Il n'en fit que regler les secrets mouvemens,
Ses volontez étoient les Loix des premiers tems ;
Les Belles consultant le cristal d'une eau claire ,
Epioient leurs attraits et ne vouloient que plaire ,
Par son éclat encor , un métal odieux ,
N'avoit point fasciné ni leurs coeurs ni leur yeux;
Le respect , la candeur , la constante tendresse ,
D'un Amant jusqu'alors composoient la finesse.
Les Belles se rendoient à d'innocens vainqueurs.
Tems heureux ! où les coeurs étoient le prix des
coeurs.
Tel étoit le bonheur d'une innocente vie ,
Et rien n'en alteroit la parfaite harmonie ;
Quand Plutus contemplant du celeste Lambris ,
L'Empire fortuné de l'enfant de Cypris :
Jusqu'à quand l'Univers , dit- il , plein de colere ,
Subira t'il donc le joug d'un jeune témeraire ?
Le plus petit des Dieux, en usurpant mes droits ,
Aux crédules Mortels imposera des loix !
Mais son triomphe est vain et ma gloire exposée ,
Trouve dans mes trésors une ressource aisée ;
Assez et trop long-tems sans culte et sans Autels,
Je ne fus regardé que comme un des Mortels.
Il faut à notre tour que l'on nous rende hommage.
Désormais dans leurs eaux le Pactole et le Tage ,
Ne feront plus rouler d'inutiles trésors ,
Et
1036 MERCURE DE FRANCE.
Et bien - tôt les Mortels , à l'envi sur leurs bords ,
Méprisant de l'Amour tous les bienfaits stériles ,
Viendront cueillir des biens plus surs et plus
utiles.
>
Il appelle à ces mots , pour servir sa fureur ,
L'infame trahison à l'oeil sombre et trompeur ,
L'orgueil , l'ambition au regard témeraire ,
L'ardente soif du gain , l'interêt mercenaire ,
L'artifice flateur au langage affecté ,
L'usure au front d'airain , le parjure effronté ,
`Et l'avarice enfin mere de tous les crimes ;
Ces Monstres odieux des plus profonds abîmes ;
Du Dieu leur Souverain entendirent la voix
Et l'Univers les vit pour la premiere fois.
La terre s'en émut , étonnée , éperduë ,
La Nature trembla , frémit à cette vûë ,
La lumiere pâlit , l'air en fut infecté.
A leur aspect le Dieu lui- même épouventé ,
Pour en cacher l'horreur à la Terre éplorée ,
Répandit sur leurs traits une couche dorée.
Hélas ! sous ce vernis jusqu'alors inconnu ,
Le crime cût à nos yeux l'éclat de la vertu .
Enfin Plutus suivi de ce cortege étrange ,
Et chargé des trésors et de l'Inde et du Gange ,
Se presente aux Humaius et leur tient ce discours.
Ovous , foibles Mortels , esclaves des Amours
C'est pour romprc vos fers qu'une Troupe immortelle,
Vient
MAY. 1731 .
1037
Vient donner à la terre une face nouvelle.
Gouterez-vous toujours une insipide paix ?
Le Carquois d'un Enfant remplit - il vos souhaits ?
Sous l'espoir d'un plaisir que suivent mille
peines ,
Ignorez - vous encor qu'il vous charge de
chaînes ?
Reconnoissez ma voix ; le plus riche des Dieux,
Suivi de ses trésors , Plutus vient en ces lieux.
J'en bannis à jamais l'inutile tendresse ;
J'amene le plaisir , j'amene la richesse ,
Vous me verrez bien- tôt , secondant vos desseins
,
Répandre mes bienfaits sur vous à pleines
mains .
Il dit et dans les coeurs son langage perfide ,
A son gré fait couler un poison homicide ,
De ce fatal poison les Mortels enyvrez ,
Aux folles passions dès - lors furent livrez.
Le desir d'acquerir s'établit à Cythére ,
La richesse aux Humains apporta la misere ;
Et l'avide interêt vainqueur de l'Univers ,
Combattit la raison et la mit dans les fers .
Cependant Cupidon méprisé sur la terre ,
S'envole et prend l'essor vers le Dieu du Tonnerre.
Puissant pere , dit - il , des hommes et des Dieux ,
Sur l'Enfant de Cipris , daigne jetter les yeux.
Détourne les malheurs qu'un Dieu jaloux m'apprête
,
rc38 MERCURE DE FRANCE
Plutus m'ose des coeurs disputer la conquête ,
Tu vois, par son éclat les Mortels éblouis ,
Ne rendre qu'à lui seul des honneurs inoüis.
Non , jamais ces ingrats , cette race infidele ,
Ne fit pour m'honorer éclater tant de zele.
Les desirs effrenez , et les voeux criminels ,
Les conduisent en foule au pied de ses Autels.
Là , parmi les horreurs , le trouble , les allarmes ,
D'un métal à leurs yeux , il fait briller les char
mes.
Là l'Avare à son gré se repaît , s'assouvit ,
Et fait provision d'un bien qui l'asservit ;
En vain je cherchois sur la terre un azile ;
La discorde a rendu mon Carquois inutile ;
En vain je l'ai vuidé pour rétablir la paix ;
Les coeurs avec dédain ont repoussé mes Traits.
Tu peux seul , Jupiter , rétablir mon Empire ;
Et la paix dans les coeurs que Plutus vient séduire
A ces mots Jupiter , le visage serain ,
Apprens , dit- il , Amour , les Arrêts du Destin ,
Les temps sont arrivez que , regnant sur la terre
Plutus doit la livrer au démon de la
guerre.
Déja peu satisfaits de tes dons bienfaisants ,
Les Mortels ont reçû ses funestes présens.
Ils adorent Plutus ; que Plutus les conduise ;
Et les comble d'un bien dont l'éclat les séduise .
Le crime qui grossit leurs coupables trésors
Te
M A Y.
1039 1731 .
Te vengera sur eux par les cuisans remords.
Pour toi, fils de Venus , regne dans l'Empirée ,
Regnes -y de concert avec l'aimable Astrée ;
Le Destin a fixé ton séjour dans les Cieux ,
Tu soumis les Mortels , tu soumettras les Dieux .
Depuis pour nous cacher notre propre esclavage,
Plutus prit de l'Amour la taille et le visage ,
Et s'armant de Traits d'or, et d'un Carquois doré,
Il asservit les coeurs , il en fut adoré ;
Mais qu'il a mal rempli leurs desirs trop avides ,
Plus ils sont pleins de lui , plus ils se trouvent
vuides ;
Accablez des trésors qu'ils ont tant demandez ,
Ils les possedent moins qu'ils n'en sont possedez.
POEM E.
Par M. Cavaliés , de Montpellier , Avocat
à la Cour des Aydes de la même Ville.
Muse , raconte moi par- quel destin contraire ,
Plutus malgré l'Amour s'empara de Cythere ,
Et vrai tyran des coeurs dans son funeste emploi
Leur fit de s'enrichir une suprême loi .
Jadis avec l'Amour , avec ce Maître aimable
La Terre entretenoit un commerce agréable ;
Il en fit un séjour charmant , délicieux ,
Pour elle il dédaignoit la demeure des Cieux.
Sans contraindre les coeurs à changer de nature ,
Par
MAY. 1731.
1035
Par la simple équité , par l'exacte droiture ,
Il n'en fit que regler les secrets mouvemens,
Ses volontez étoient les Loix des premiers tems ;
Les Belles consultant le cristal d'une eau claire ,
Epioient leurs attraits et ne vouloient que plaire ,
Par son éclat encor , un métal odieux ,
N'avoit point fasciné ni leurs coeurs ni leur yeux;
Le respect , la candeur , la constante tendresse ,
D'un Amant jusqu'alors composoient la finesse.
Les Belles se rendoient à d'innocens vainqueurs.
Tems heureux ! où les coeurs étoient le prix des
coeurs.
Tel étoit le bonheur d'une innocente vie ,
Et rien n'en alteroit la parfaite harmonie ;
Quand Plutus contemplant du celeste Lambris ,
L'Empire fortuné de l'enfant de Cypris :
Jusqu'à quand l'Univers , dit- il , plein de colere ,
Subira t'il donc le joug d'un jeune témeraire ?
Le plus petit des Dieux, en usurpant mes droits ,
Aux crédules Mortels imposera des loix !
Mais son triomphe est vain et ma gloire exposée ,
Trouve dans mes trésors une ressource aisée ;
Assez et trop long-tems sans culte et sans Autels,
Je ne fus regardé que comme un des Mortels.
Il faut à notre tour que l'on nous rende hommage.
Désormais dans leurs eaux le Pactole et le Tage ,
Ne feront plus rouler d'inutiles trésors ,
Et
1036 MERCURE DE FRANCE.
Et bien - tôt les Mortels , à l'envi sur leurs bords ,
Méprisant de l'Amour tous les bienfaits stériles ,
Viendront cueillir des biens plus surs et plus
utiles.
>
Il appelle à ces mots , pour servir sa fureur ,
L'infame trahison à l'oeil sombre et trompeur ,
L'orgueil , l'ambition au regard témeraire ,
L'ardente soif du gain , l'interêt mercenaire ,
L'artifice flateur au langage affecté ,
L'usure au front d'airain , le parjure effronté ,
`Et l'avarice enfin mere de tous les crimes ;
Ces Monstres odieux des plus profonds abîmes ;
Du Dieu leur Souverain entendirent la voix
Et l'Univers les vit pour la premiere fois.
La terre s'en émut , étonnée , éperduë ,
La Nature trembla , frémit à cette vûë ,
La lumiere pâlit , l'air en fut infecté.
A leur aspect le Dieu lui- même épouventé ,
Pour en cacher l'horreur à la Terre éplorée ,
Répandit sur leurs traits une couche dorée.
Hélas ! sous ce vernis jusqu'alors inconnu ,
Le crime cût à nos yeux l'éclat de la vertu .
Enfin Plutus suivi de ce cortege étrange ,
Et chargé des trésors et de l'Inde et du Gange ,
Se presente aux Humaius et leur tient ce discours.
Ovous , foibles Mortels , esclaves des Amours
C'est pour romprc vos fers qu'une Troupe immortelle,
Vient
MAY. 1731 .
1037
Vient donner à la terre une face nouvelle.
Gouterez-vous toujours une insipide paix ?
Le Carquois d'un Enfant remplit - il vos souhaits ?
Sous l'espoir d'un plaisir que suivent mille
peines ,
Ignorez - vous encor qu'il vous charge de
chaînes ?
Reconnoissez ma voix ; le plus riche des Dieux,
Suivi de ses trésors , Plutus vient en ces lieux.
J'en bannis à jamais l'inutile tendresse ;
J'amene le plaisir , j'amene la richesse ,
Vous me verrez bien- tôt , secondant vos desseins
,
Répandre mes bienfaits sur vous à pleines
mains .
Il dit et dans les coeurs son langage perfide ,
A son gré fait couler un poison homicide ,
De ce fatal poison les Mortels enyvrez ,
Aux folles passions dès - lors furent livrez.
Le desir d'acquerir s'établit à Cythére ,
La richesse aux Humains apporta la misere ;
Et l'avide interêt vainqueur de l'Univers ,
Combattit la raison et la mit dans les fers .
Cependant Cupidon méprisé sur la terre ,
S'envole et prend l'essor vers le Dieu du Tonnerre.
Puissant pere , dit - il , des hommes et des Dieux ,
Sur l'Enfant de Cipris , daigne jetter les yeux.
Détourne les malheurs qu'un Dieu jaloux m'apprête
,
rc38 MERCURE DE FRANCE
Plutus m'ose des coeurs disputer la conquête ,
Tu vois, par son éclat les Mortels éblouis ,
Ne rendre qu'à lui seul des honneurs inoüis.
Non , jamais ces ingrats , cette race infidele ,
Ne fit pour m'honorer éclater tant de zele.
Les desirs effrenez , et les voeux criminels ,
Les conduisent en foule au pied de ses Autels.
Là , parmi les horreurs , le trouble , les allarmes ,
D'un métal à leurs yeux , il fait briller les char
mes.
Là l'Avare à son gré se repaît , s'assouvit ,
Et fait provision d'un bien qui l'asservit ;
En vain je cherchois sur la terre un azile ;
La discorde a rendu mon Carquois inutile ;
En vain je l'ai vuidé pour rétablir la paix ;
Les coeurs avec dédain ont repoussé mes Traits.
Tu peux seul , Jupiter , rétablir mon Empire ;
Et la paix dans les coeurs que Plutus vient séduire
A ces mots Jupiter , le visage serain ,
Apprens , dit- il , Amour , les Arrêts du Destin ,
Les temps sont arrivez que , regnant sur la terre
Plutus doit la livrer au démon de la
guerre.
Déja peu satisfaits de tes dons bienfaisants ,
Les Mortels ont reçû ses funestes présens.
Ils adorent Plutus ; que Plutus les conduise ;
Et les comble d'un bien dont l'éclat les séduise .
Le crime qui grossit leurs coupables trésors
Te
M A Y.
1039 1731 .
Te vengera sur eux par les cuisans remords.
Pour toi, fils de Venus , regne dans l'Empirée ,
Regnes -y de concert avec l'aimable Astrée ;
Le Destin a fixé ton séjour dans les Cieux ,
Tu soumis les Mortels , tu soumettras les Dieux .
Depuis pour nous cacher notre propre esclavage,
Plutus prit de l'Amour la taille et le visage ,
Et s'armant de Traits d'or, et d'un Carquois doré,
Il asservit les coeurs , il en fut adoré ;
Mais qu'il a mal rempli leurs desirs trop avides ,
Plus ils sont pleins de lui , plus ils se trouvent
vuides ;
Accablez des trésors qu'ils ont tant demandez ,
Ils les possedent moins qu'ils n'en sont possedez.
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Résumé : L'AMOUR ET PLUTUS, POEME. Par M. Cavaliés, de Montpellier, Avocat à la Cour des Aydes de la même Ville.
Le poème 'L'AMOUR ET PLUTUS' de M. Cavaliés, avocat à la Cour des Aydes de Montpellier, narre la prise de contrôle de Cythère, le domaine de l'Amour, par Plutus, le dieu de la richesse. Initialement, l'Amour gouvernait la Terre, favorisant des relations humaines harmonieuses et sincères. Les beautés cherchaient à plaire sans être influencées par la richesse matérielle. Cependant, Plutus, envieux du pouvoir de l'Amour, a introduit des valeurs telles que l'orgueil, l'ambition et l'avarice, corrompant ainsi les cœurs humains pour qu'ils préfèrent la richesse aux sentiments authentiques. L'Amour, délaissé, a sollicité l'aide de Jupiter. Ce dernier a révélé que le destin voulait que Plutus règne sur Terre et mène les hommes à la guerre. Jupiter a conseillé à l'Amour de régner dans l'Empyrée aux côtés d'Astrée. Depuis lors, Plutus a pris l'apparence de l'Amour pour asservir les cœurs, mais cette richesse ne satisfait pas les désirs humains, les laissant vides malgré l'abondance de trésors.
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2
p. 1929-1932
ODE. SUR LE JUGEMENT DERNIER.
Début :
Quelle puissance souveraine, [...]
Mots clefs :
Jugement dernier, Christ, Trompette, Trône, Sang
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texteReconnaissance textuelle : ODE. SUR LE JUGEMENT DERNIER.
OD E.
SUR LE JUGEMENT DERNIER.
QuUelle puissance souveraine ,
Trouble l'ordre de l'Univers !
Quels crls de fureur et de haine !
De quels feux s'allument les Airs !
Les Cieux , de leurs voûtes brisées ,
Ouvrent les portes embrasées ,
Aux Eclairs , aux Foudres brulans,
J'entens une voix menaçante ,
Qui dit à la Terre tremblante ,
Ce jour est le dernier des temps.
>
Mais que vois-je ! quels tas terrible ,
D'ossemens et de membres morts !
Le son d'une Trompette horrible
En ranime tous les ressorts.
Quel divin rayon de lumiere ,
poussiere ,
Donne à cet amas de
De la chaleur , du mouvement !
Quel esprit , quel souffle de vie ,
Agite,
1930 MERCURE DE FRANCE
Agite , échauffe , vivifie,
Les cendres de ce Monument !
Quels cris de joye et de victoire !
Voici le Juge des Humains ,
Le CHRIST sur un Trône de gloire ,
Ouvre le Livre des Destins ,
Au pied du Trône inaccessible ,
Sont la Justice incorruptible ,
Et l'immuable verité.
Tremblez , Mortels , je vois la Foudre ,
Qui va bien-tôt réduire en poudre ,
Le mensonge et l'iniquité.
Satan , du funeste volume ,
Transcrit les fastes criminels.
Ah ! quelle source d'amertume ,
Pour vous , ô malheureux Mortels !
Sur le fer , l'airain et le cuivre ,
Sont gravez dans l'immense Livre ,
Les trahisons , les noirs projets.
Egalement on y découvre ,
Et de la Cabane et du Louvre ,
Les attentats les plus secrets.
Sur le marbre , l'or et l'yvoire ,
Un Chérubin majestueux ,
A le soin de tracer l'Histoire,
Des
SEPTEMBRE. 1732. 1931
Des faits des hommes vertueux.
Du haut de son Trône suprême ,
Le Fils d'un Dieu pese lui- même ,
Et les vices et les vertus.
Au mouvement de la balance ,
Sa main punit ou récompense,
Les Réprouvez ou les Elus.
Du Seigneur , la voix redoutable ,
Trouble les Airs épouvantez.
Je frémis. Sa bouche équitable ,
Va m'anoncer ses volontez.
Qu'entens-je ! quelle horreur soudaine ...
Ciel ! un Fleuve de sang m'entraîne ,
Dans l'éternelle obscurité.
Ah ! Seigneur , je suis ton Ouvrage ,
Voudrois-tu détruire l'Image ;
De ta divine Majesté.
Suspens les coups de ton Tonnerre ,
Qu'ont allumé tant de forfaits ;
Ne me déclare plus la guerre ;
Je fus l'objet de tes bienfaits.
Jadis dans le sein de Marie ,
L'Esprit-Saint te donna la vie ,
Qui me garantit du trépas ,
Et victime de ta Justice,
Tu
1932 MERCURE DE FRANCE
Tu t'offris toi-même au supplice ,
Que méritoient mes attentats.
Contre moi ta juste colere ,
Devroit armer ton bras vengeur ;
Du Châtiment le plus sévere ,
Mon crime égale la rigueur.
Mais souviens-toi qu'en Pere tendre ,
Tu voulus autrefois répandre ,
Tout ton Sang pour briser mes fers ,
Ce Sang dont une seule goute ,
Auroit pû racheter , sans doute ,
Les crimes de tout l'Univers.
Dieu de bonté , mes cris funebres
Sont parvenus jusques à toi ;
Ton éclat perce les tenebres ,
Dont l'horreur me glaçoit d'effroi ;
Oui, déja ta main secourable ,
Comble l'abîme épouventable ,
Où m'entraînoit l'iniquité.
Tu m'appelles. O joye extrême !
Je touche à mon bonheur suprême ,
Et je le dois à ta bonté.
Cavaliez , Avocat à Montpellier.
SUR LE JUGEMENT DERNIER.
QuUelle puissance souveraine ,
Trouble l'ordre de l'Univers !
Quels crls de fureur et de haine !
De quels feux s'allument les Airs !
Les Cieux , de leurs voûtes brisées ,
Ouvrent les portes embrasées ,
Aux Eclairs , aux Foudres brulans,
J'entens une voix menaçante ,
Qui dit à la Terre tremblante ,
Ce jour est le dernier des temps.
>
Mais que vois-je ! quels tas terrible ,
D'ossemens et de membres morts !
Le son d'une Trompette horrible
En ranime tous les ressorts.
Quel divin rayon de lumiere ,
poussiere ,
Donne à cet amas de
De la chaleur , du mouvement !
Quel esprit , quel souffle de vie ,
Agite,
1930 MERCURE DE FRANCE
Agite , échauffe , vivifie,
Les cendres de ce Monument !
Quels cris de joye et de victoire !
Voici le Juge des Humains ,
Le CHRIST sur un Trône de gloire ,
Ouvre le Livre des Destins ,
Au pied du Trône inaccessible ,
Sont la Justice incorruptible ,
Et l'immuable verité.
Tremblez , Mortels , je vois la Foudre ,
Qui va bien-tôt réduire en poudre ,
Le mensonge et l'iniquité.
Satan , du funeste volume ,
Transcrit les fastes criminels.
Ah ! quelle source d'amertume ,
Pour vous , ô malheureux Mortels !
Sur le fer , l'airain et le cuivre ,
Sont gravez dans l'immense Livre ,
Les trahisons , les noirs projets.
Egalement on y découvre ,
Et de la Cabane et du Louvre ,
Les attentats les plus secrets.
Sur le marbre , l'or et l'yvoire ,
Un Chérubin majestueux ,
A le soin de tracer l'Histoire,
Des
SEPTEMBRE. 1732. 1931
Des faits des hommes vertueux.
Du haut de son Trône suprême ,
Le Fils d'un Dieu pese lui- même ,
Et les vices et les vertus.
Au mouvement de la balance ,
Sa main punit ou récompense,
Les Réprouvez ou les Elus.
Du Seigneur , la voix redoutable ,
Trouble les Airs épouvantez.
Je frémis. Sa bouche équitable ,
Va m'anoncer ses volontez.
Qu'entens-je ! quelle horreur soudaine ...
Ciel ! un Fleuve de sang m'entraîne ,
Dans l'éternelle obscurité.
Ah ! Seigneur , je suis ton Ouvrage ,
Voudrois-tu détruire l'Image ;
De ta divine Majesté.
Suspens les coups de ton Tonnerre ,
Qu'ont allumé tant de forfaits ;
Ne me déclare plus la guerre ;
Je fus l'objet de tes bienfaits.
Jadis dans le sein de Marie ,
L'Esprit-Saint te donna la vie ,
Qui me garantit du trépas ,
Et victime de ta Justice,
Tu
1932 MERCURE DE FRANCE
Tu t'offris toi-même au supplice ,
Que méritoient mes attentats.
Contre moi ta juste colere ,
Devroit armer ton bras vengeur ;
Du Châtiment le plus sévere ,
Mon crime égale la rigueur.
Mais souviens-toi qu'en Pere tendre ,
Tu voulus autrefois répandre ,
Tout ton Sang pour briser mes fers ,
Ce Sang dont une seule goute ,
Auroit pû racheter , sans doute ,
Les crimes de tout l'Univers.
Dieu de bonté , mes cris funebres
Sont parvenus jusques à toi ;
Ton éclat perce les tenebres ,
Dont l'horreur me glaçoit d'effroi ;
Oui, déja ta main secourable ,
Comble l'abîme épouventable ,
Où m'entraînoit l'iniquité.
Tu m'appelles. O joye extrême !
Je touche à mon bonheur suprême ,
Et je le dois à ta bonté.
Cavaliez , Avocat à Montpellier.
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Résumé : ODE. SUR LE JUGEMENT DERNIER.
Le Jugement Dernier est un événement apocalyptique où l'ordre de l'univers est perturbé par des cris de fureur et de haine. Les cieux s'ouvrent, laissant passer éclairs et foudres, tandis qu'une voix menaçante annonce la fin des temps. Les morts ressuscitent grâce à une trompette divine et un rayon de lumière, formant un amas de membres et d'ossements animés. Le Christ, assis sur un trône de gloire, ouvre le Livre des Destins, accompagné de la Justice et de la Vérité. Satan transcrit les crimes des hommes, révélant trahisons et projets secrets, tandis qu'un chérubin trace l'histoire des vertueux. Le Christ pèse les vices et les vertus, punissant ou récompensant les hommes. Terrifié, le narrateur implore la miséricorde divine, rappelant le sacrifice du Christ pour racheter les péchés. Dieu, dans sa bonté, secourt le narrateur, le sauvant de l'iniquité et lui offrant le bonheur suprême.
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