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Liste
12001
p. 128-129
De VERSAILLES, le 17 Décembre.
Début :
Le 6 de ce mois l'assemblée du Clergé, composée de Cardinaux, d'Archevêques, [...]
Mots clefs :
Versailles, Ordre, Ordre de Cîteaux, Abbé, Dame, Diocèse, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 17 Décembre.
De VERSAILLES , le 17 Décembre.
LE 6 de ce mois l'affemblée du Clergé ,
compofée de Cardinaux , d'Archevêques ,
d'Evêques , & de Députés du fecond Ordre ,
fe rendit ici & fut préfentée à l'Audience du
Roi par M. Amelot , Secrétaire d'Etat . L'Evêque
d'Auxerre , au nom de l'Affemblée
porta la parole à S. M. , après quoi les
Députés du premier & du fecond Ordre
furent préfentés & nommés au Roi
Cardinal de la Rochefoucault.
par
le
Le Roi a nommé à l'Abbaye des Clairets ,
Ordre Cîteaux , Diocèle de Chartres , la
Dame de Galad- Bearn , Religieufe de l'Abbaye
de St-Julien d'Auxerre , fur la nomination
& préfentation de Monfieur en
vertu de fon Apanage ; à celle de St- Crépinle-
Grand , Ordre de St-Benoît , Diocèfe de
Soiffons , l'Abbé d'Argens , Vicaire-Général
de Paris ; à celle de Montolieu , même Ordre,
( 129 )
Diocèle de Carcaffonne , l'Abbé d'Alais de
Montales , Vicaire- Général de Cambray ; à
celle de Beaulieu , Ordre de Cîteaux , Diocèſe
de Langres , l'Abbé de Montefquieu ,
Vicaire Général d'Aix ; à celle de Lanvaux ,
même Ordre , Diocèfe de Vannes , l'Abbé
de la Villeon , Vicaire de St- Euſtache ; à
celle de St -Lo , Ordre de St- Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , l'Abbé de Brandés ; à
l'Abbaye régulière de Notre - Dame de Prorection
, même Diocèfe ,' la Dame Millo , Religieufe
Profeffe de l'Ordre de Cîteaux ; à
celle des Ifles , Ordre de Cîteaux , Diocèle
d'Auxerre , la dame de Prioreau , Religieufe
Profeffe du même Ordre .
LE 6 de ce mois l'affemblée du Clergé ,
compofée de Cardinaux , d'Archevêques ,
d'Evêques , & de Députés du fecond Ordre ,
fe rendit ici & fut préfentée à l'Audience du
Roi par M. Amelot , Secrétaire d'Etat . L'Evêque
d'Auxerre , au nom de l'Affemblée
porta la parole à S. M. , après quoi les
Députés du premier & du fecond Ordre
furent préfentés & nommés au Roi
Cardinal de la Rochefoucault.
par
le
Le Roi a nommé à l'Abbaye des Clairets ,
Ordre Cîteaux , Diocèle de Chartres , la
Dame de Galad- Bearn , Religieufe de l'Abbaye
de St-Julien d'Auxerre , fur la nomination
& préfentation de Monfieur en
vertu de fon Apanage ; à celle de St- Crépinle-
Grand , Ordre de St-Benoît , Diocèfe de
Soiffons , l'Abbé d'Argens , Vicaire-Général
de Paris ; à celle de Montolieu , même Ordre,
( 129 )
Diocèle de Carcaffonne , l'Abbé d'Alais de
Montales , Vicaire- Général de Cambray ; à
celle de Beaulieu , Ordre de Cîteaux , Diocèſe
de Langres , l'Abbé de Montefquieu ,
Vicaire Général d'Aix ; à celle de Lanvaux ,
même Ordre , Diocèfe de Vannes , l'Abbé
de la Villeon , Vicaire de St- Euſtache ; à
celle de St -Lo , Ordre de St- Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , l'Abbé de Brandés ; à
l'Abbaye régulière de Notre - Dame de Prorection
, même Diocèfe ,' la Dame Millo , Religieufe
Profeffe de l'Ordre de Cîteaux ; à
celle des Ifles , Ordre de Cîteaux , Diocèle
d'Auxerre , la dame de Prioreau , Religieufe
Profeffe du même Ordre .
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Résumé : De VERSAILLES, le 17 Décembre.
Le 6 décembre, l'assemblée du Clergé, incluant des cardinaux, archevêques, évêques et députés du second ordre, s'est réunie à Versailles et a été présentée au roi par M. Amelot, secrétaire d'État. L'évêque d'Auxerre a pris la parole au nom de l'assemblée. Les députés du premier et du second ordre ont ensuite été présentés et nommés au roi par le cardinal de la Rochefoucauld. Le roi a procédé à plusieurs nominations pour diverses abbayes : Dame de Galad-Bearn à l'abbaye des Clairets, diocèse de Chartres ; Abbé d'Argens à l'abbaye de Saint-Crépin-le-Grand, diocèse de Soissons ; Abbé d'Alais de Montals à l'abbaye de Montolieu, diocèse de Carcassonne ; Abbé de Montescieu à l'abbaye de Beaulieu, diocèse de Langres ; Abbé de la Villeon à l'abbaye de Lanvaux, diocèse de Vannes ; Abbé de Brandés à l'abbaye de Saint-Lô, diocèse de Coutances ; Dame Millo à l'abbaye régulière de Notre-Dame de Protection, diocèse de Coutances ; et Dame de Prioreau à l'abbaye des Isles, diocèse d'Auxerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12002
p. 129-139
De PARIS, le 17 Décembre.
Début :
Les bruits de paix prochaine se soutiennent & se fortifient encore par les expressions [...]
Mots clefs :
Paris, Bureau, Nouvelles, Ville, Pauvres, Roi, Général, Anglais, Écrit, Jean-Michel Moreau, Vent, Marseille
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 17 Décembre.
De PARIS , le 17 Décembre.
LES bruits de paix prochaine fe foutiennent
& fe fortifient encore par les expreffions
du Roi d'Angleterre , dans fon difcours au
Parlement ; s'il ne donne pour certain &
pour arrêté que l'accommodement avec les
Etats- Unis , il fait efpérer que les autres négociations
auront une iffue prompte &
heureufe ; d'ailleurs , les conventions faites
avec l'Amérique ne doivent avoir leur effet
qu'après qu'on fera auffi convenu d'un
arrangement avec la France. Si les difpofi
tions du Parlement Anglois & de la Na-`
tion ont changé depuis le ravitaillement de
Gibraltar , elles peuvent revenir à l'état où
elles étoient lorfque les négociations ont
fs
( 130 )
commencé ; l'hiver peut affoiblir l'enthouſiafme
caufé par un évènement dont les fuites
paroîtront moins avantageufes , lorſqu'on
les confidérera de fang froid. Pendant l'intervalle
qui doit s'écouler , jufqu'à la campa
gne prochaine , on recevra fans doute des
nouvelles de l'Inde. Celles que les Anglois
ont publiées , ne parlent que des deux actions
des mois de Février & d'Avril , dont on
avoit déja reçu des avis , & dans lesquelles
l'avantage eft demeuré à M. de Suffren .
On apprendra vraisemblablement des nouvelles
poftérieures , qui peuvent influer fur
les arrangemens à prendre pour cette partie
du monde. En attendant , une lettre de
Bordeaux , en date du 19 du mois dernier ,
contient les détails fuivans , qui offrent
au moins des inductions très favorables
fur l'état de la guerre dans l'Inde .
-
Si la flotte de M. le Bailli de Suffren a paſſé l'hiver
aux Inles de France & de Bourbon , comme les Anglois
l'affurent , elle a pu au moment où j'écris
remettre en mer , le tems de la mouſſon ne régnant
plus. Quelques Négocians de notre Ville affurent
favoir , inftruits par leurs Correfpondans de Marfeille
, que M. le Comte de Buffy , arri ‹ é fur la côte
de Coromandel , s'eft mis auffi-tôt en route four
pénétrer dans l'intérieur de cette région , & aller
négocier avec les Nababs , Souba , & Raja de l'Indoltan.
On prétend qu'un des objets de fa miffion
eft de propofer une alliance à la Cour de Delhi :
nos Correfpondans Anglois fuppofent qu'elle doit
être préjudiciable au commerce de la Compagnie.
Suivant nos lettres de Marſeille , les 2500 hommes
aux ordres de M.Duchemin , qui eft actuellement au(
131 )
près d'Hyder. Aly- Kan , inquiètent beaucoup l'armée
Européenne de Sir Eyre Coote . Quelques- unes ajoutent
que Typoo Sahé a prié le Général François de
détacher 800 braves & intelligens foldats , pour enfeigner
à 10 régimens Indiens les détails de l'exercice
Européen. Nous attendons le retour de nos bâtimens
( expédiés en 1780 , ) vers la mi-Février. Ainfi il faut
renvoyer à cette époque le plaifir d'apprendre de
l'Inde des nouvelles authentiques . Les Anglois , pour
en recevoir , ayant des établiſſemens dans le Malabar,
à la pointe qui forme le cap Comorin , peuvent
aifément envoyer de petits floops à Ormus , & de-là
les dépêches leur font expédiées par terre : nous
n'avons pas cette facilité.
On a fu qu'une corvette du Roi avoit
mouillé dans un de nos ports , & que M.
du Chillau étoit en route pour se rendre
ici ; on a cru que c'étoit le Capitaine de
vaiffeau , & qu'il apportoit les nouvelles
des combats de l'Inde , qui font tant d'honneur
à M. de Suffren , mais ce M. du
Chilleau eft le Maréchal de - Camp , Gouverneur
de la Dominique.
La frégate marchande la Jofephine , du Havre ,
écrit-on de Nantes , vient d'arriver ici des Cayes ,
Saint-Louis , ifle Saint-Domingue , d'où elle eft partie
le 27 Septembre dernier , avec un bâtiment Impérial
& 3 de ce port ; ils ont relâché à la Havane , d'où
ils font partis le 22 Octobre ; il n'y a qu'un de
nos navires qui ait pu fuivre la Jofephi ne jufqu'à
la hauteur des Açores , où ils ont été chaflés par
une frégate Angloife : alors ils font convenus de
faire fauffe route pendant la nuit , & diffé rente l'une
de l'autre . Selon les nouvelles qu'apport ent la Joféphine
& 13 navires du convoi de Saint- Domingue ,
£ 6
( 132 )
mouillés dans cette rivière, dont 11 font de ce port
& 2 de celui de Marfeille , on faifoit au Cap tous
les préparatifs de quelque grande expédition qui
devoit avoir lieu à l'arrivée de M. de Vaudreuil
& des forces qu'on attendoit d'Europe . Il n'y avoit
à cette époque , à Saint Domingue , que 2 vaiffeaux
de ligne Efpagnols , le Scipion , de 74 canons ,
commandé par M. de Grimoard , 2 frégates & I
cutter ; & la Colonie étoit dans l'abondance de
toutes chofes «.
Il eft arrivé à St - Malo un bâtiment parlementaire
avec des prifonniers François ; il
eft arrivé de New-Yorck , & a fait la traverfée
en 28 jours. Il doit apporter des
nouvelles fraîches ; mais elles n'ont pas
encore tranfpiré. Sans doute qu'il ne s'eft
rien paffé d'intéreffant de ces côtés depuis
le départ de l'Amiral Pigot , qui en a dû
mettre à la voile pour retourner aux Ifles.
» Les dernières troupes , écrit- on de Breft , qui
devoient être embarquées , paffèrent en rade le 2
de ce mois dans l'après - midi , & le foir le coup
de partance fut tiré. Ce ne fut que le même jour
qu'arriva le Marquis de la Fayette , qui s'embarqua
fur-le- champ. Le vent ne permit pas à l'efcadre &
au convoi de partir le lendemain , comme on l'efpéroit.
Ce ne fut que le 4 à midi qu'ils appareillèrent
par un vent de S. E. Ils trouvèrent au- dehors
de la brame , du calme , & enfuite des vents de
S. O. , qui les obligèrent de venir mouiller à Berthaume
; & le même tems continuant , ils revinrent
en rade le 6. Le vent n'a changé qu'aujourd'hui 8 ,
qu'ils ont remis à la voile par un vent de N. O.
grand frais , qui nous les a bientôt fait perdre de
vue er.
Ce fut le 22 du mois dernier que M. le
Comte d'Eftaing arriva à Madrid ; le 24 il ſe
7
133
133
)
rendit à l'Efcurial , où il fut reçu par le Roi
& par toute la Cour avec les témoignages
de la plus haute eftime. Il favoit en quittant
Paris , que la paix pouvoit n'être pas
éloignée ; mais cela n'empêche pas que les
armemens ne fe continuent avec beaucoup
d'activité à Cadix , où , felon les dernières
lettres , on l'attendoit inceffamment , & où
il est peut être arrivé dans ce moment.
On dit ici , écrit- on de Dunkerque , que la
premier bâtiment qui partira pour la Delaware ;
fera chargé de porter au Sieur Gourgue , Officier
Auxiliaire de l'Aigle , qui a fait fi bonne contenance
aux deux chaloupes Angloifes , fur chacune
defquelles étoient ico réfugiés , la Croix de Saint-
Louis , & une gratification aux vingt braves qui
ont partagé fon acte de valeur. Un Officier da
même nom fit contre les Espagnols , dans la Caroline
, une expédition fanglante qui lui valut autant
de gloire , fous Henri IV , & par laquelle il
vengea la Colonie Proteftante envoyée dans l'Amérique
Septentrionale par l'Amiral Coligny, & cruellement
maffacrée par les Sujets de Philippe II «.
Parmi les mesures prifes par l'Adminiftra
tion de plufieurs Villes , pour prévenir l'indigence
& fupprimer par-là la mendicité ,
on doit diftinguer ce qui a été fait à Amiens
pour atteindre ce but.
» Cette Ville compte dass fes murs & fes fauxbourg
environ 40,000 ames . Avant 1778 , dans
ce nombre étoient compris 8000 pauvres , dont
500 mendians de profeffion. Ceux-ci infeftoient à
toute heure les églifes & les auberges. L'Evêque
l'Intendant , les Officiers Municipaux , les Curés ,
l'élite de tous les Ordres de citoyens , adoptèrent de
concert , à la fin de 1778 , un nouveau plan qui
( 134 )
.
leur étoit propofé , pour affifter tous les pauvres &
fupprimer la mendicité. On créa un Bureau général
& 15 Bureaux particuliers. Le Bureau général eft
compofé de l'élite des Citoyens , mais fans aucune
diftinction de rang : il exifte affez d'Adminiſtrateurs
dans chaque Bureau particulier pour qu'en deux heu
res tous les pauvres de la Ville foient vifités. On
fait le premier de chaque mois une quête dans les
maifons des Citoyens ; des Adminiftrateurs des Bureaux
particuliers y ajoutent le produit des quêtes
faites dans les églifes de leurs Paroiffes , des troncs ,
des fondations & legs faits en faveur des pauvres.
Le Député de chaque Bureau porte fon bordereau à
l'affemblée du Bureau général . On y fait une ſomme
totale de toutes les fommes particulières ; on y fixe
la fomme qui doit être diftribuée pendant le mois
par chaque Bureau particulier , & chaque Adminif
trateur porte de huit en huit jours , à chaque famille
pauvre , le fecours que le Bureau particulier lui
attribue. Si quelque Bureau particulier fe plaint de
la part qui lui eft accordée dans l'aumône générale ,
le Bureau général , par les Commiffaires qu'il nomme
, pour vérifier fait droit. Un tronc , placé
dans la Cathédrale , reçoit les requêtes des pauvres
qui fe plaignent de n'être point affiftés , ou de l'être
trop peu par les Bureaux. On rend de même juftice
par des Commiffaires . Les Bureaux prennent le foin
de procurer du travail aux mendians encore valides
& aux pauvres qui en manquent. On a auffi établi
une école de filature pour les petites filles ; & la Ville
dont la fubfittance dépend des Manufactures d'étoffes ,
acquiert peu à eu une branche d'induftrie qui lui
manquoit. On a détruit la plupart des prêts à la
petite femaine meurtriers pour les pauvres , en établiffant
en leur faveur , un prêt purement gratuitfur
gage. Le Bureau général rend compte tous les ans
au Public de fa recette ( qui en 1781 , montoit à:
11,546 liv. ) & de fa dépenfe par la voie de l'impreffion.
En conféquence de ces établiffemens & du
> y
( 135 )
bon ordre qui les foutient , on ne voit plus de mendians
, ni étrangers ni citoyens . La Police n'a prefque
rien à faire pour contenir les pauvres dans la
règle ; la religion & l'amour du travail reprennent
leurs droits fur leurs coeurs. Affujettis à une
vie plus uniforme & moins expofée aux excès d'une
intempérance crapuleufe , ils jouiffent d'une meilleure
fanté & font beaucoup moins mal-propres
dans leurs vêtemens & dans leurs demeures
On écrit de Marfeille , que le Capitaine
Michaelfon , commandant le brigantin
l'Anne - Marie , parti de Westerwich en
Suède , le 22 Septembre dernier , a dépofé
que fe trouvant le premier Octobre entre
Mayorque & Ivice , il a rencontré une
barque du Roi de Maroc de 16 à 18 canons
& de 100 hommes d'équipage environ
; que cette barque , qui étoit en courfe
l'a obligé de fe rendre à fon bord pour .
lui exhiber fes papiers.
» MM . les Maire , Echevins & Affeffeur de la
ville de Marseille , ayant déterminé daccorder la
fomme de 1200 livres , pour fervir de Prix à l'Ouvrage
, qui , au jugement de l'Académie des Belles-
Lettres , Sciences & Arts , préfentera le plan d'Ed -
cation le plus convenable à la conftitution de cette
Ville , l'Académie a accepté avec reconnoiffance
l'offre de MM . les Magiftrats Municipaux : & pour
concourir , autant qu'elle le peut , à des vues auffi
intéreffantes pour la patrie , elle a délibéré de joindre
au Prix propofé , la médaille d'or deftinée aux
auteurs qu'elle couronne. En conféquence , l'Académie
annonce que dans une féance publique qui
fera tenue , uniquement pour cet objet , dans le
mois de Novembre de l'année prochaine , elle adju
gera le Prix au meilleur ouvrage fur le plan d'Education
publique le plus convenable à Marseille ,
( 136 )
confidérée comme ville maritime & commerçantë.
Les ouvrages feront écrits en latin ou en françois ,
& adreffés , francs de port , an Secrétaire perpétuel
de l'Académie de Marſeille. Ils ne feront reçus que
jufqu'à la fin mois de Juillet prochain. Les auteurs
font avertis de ne pas le faire connoître , & de join--
dre , fuivant l'ufage , une devife & leur com cacheté
à leurs ouvrages «.
Le 7 Novembre , fur les 10 heures du
foir , on obferva à la Rochelle une auroreboréale
très-brillante ; elle formoit dans le
nord un arc lumineux , dont le centre étcit
fort obfcur. A 10 heures & demie , le phéno
mène difparut prefqu'entièrement , après
avoir lancé vers le Zénith des traits de lumière
qui s'étendirent à l'Oueft- nord- ouest.
Le ciel étoit affez clair une heure avant que
l'aurore boréale parût. Le ferein avoit été
très- abondant vers les 8 heures. On vit le
lendemain matin une très- forte gelée blanche
, & même de la glace de l'épaiffeur d'un
écu de fix livres ; elle fe conſerva à l'ombre
une grande partie du jour.
« Le vent de Nord-oueft , connu dans cette province
fous le nom de Miſtral , écrit-on de Salen
& de Crau en Provence , étoit fi renommé chez
les Romains par fa violence & par fa falubrité , que
l'empereur Augufte lui fit dreffer un autel. Dans le
courant de cette année il n'avoit pas régné , mais il
eft redevenu fréquent vers la fiu d'Octobre ; & un
Naturaliſte éclairé a mefuré fa violence le 30 du
mois dernier avec l'anémomètre , dont on trouve
la defcription dans le Journal de Phyfique de M.
Mongés, du mois de Janvier dernier. Le jour de l'expérience
, le vent fut fi violent , qu'il déracina des
arbres & qu'il emporta des toits . A trois heures
45 minutes de l'après - midi , dans l'inftant du plus
( 137 )
grand coup de vent , l'anémomètre démontra que
le vent frappant fur un pied quarré de furface , foulevoit
un poids de 13 livres & demie . Si cette violence
eût feulement continué quelques minutes , rien
n'auroit pa lui réfifter ; car une force dé 6 livres fuffit
, au rapport de M. Boucher , ( quand elle eft continuée
) pour arracher les arbres les plus enracinés.
Dans l'année 1779 le vent le plus fort n'a enlevé、
qu'un poids de 98 onces ; en 1780 il fut plus fort ,
mais on ne le mefura point avec l'anémomètre ; celui
du 30 Octobre dernier doit faire époque parmi les
météréologiftes : pendant qu'il fouffloit , le baromè
tre defcendit de trois lignes & demie au- deſſous de
fon état moyen « .
Nous nous empreffons d'annoncer ici
deux Gravures intéreffantes , d'après deux
tableaux de M. Moreau ; elles repréſentent 2
vues des environs de Paris , qui font pendant
; le burin qui en eft très -foigné , eſt
de Mademoiſelle Elife Saugrain , qui réunit
des talens précieux à tous les agrémens de
fon fexe ; élève de M. Moreau le jeune ,
Deffinateur & Graveur du Cabinet du Roi ,
de fon Académie de Peinture & de Sculp
ture , elle fait honneur à fon Maître ; elle
lui a fair hommage de fon premier ouvrage ,
& ces deux Eftampes lui font dédiées ( 1 ) .
» Edit du Roi , donné à Verfailles au mois de
Décembre 1782 , regiftré en Parlement le 10 du
même mois , portant création de Dix millions de
Rentes perpétuelles au denier 20˚ , fans retenue
rembourfables en 14 ans , à commencer au premier
Janvier 1784 , & dont les capitaux feront fournis ,
moitié en deniers comptans & moitié en contrats.
Le préambule de cet Edit eft de la teneur fuivante :
(1) Leur prix eft de 3 liv. ; elles fe trouvent chez M. Mo!
reau le jeune , rue du Coq St-Honoré , près le Louvre.
( 138 )
Notre intention étant de pourvoir avec la
même exactitude que par le paffé , au paiement de
toutes nos dépenfes ordinaires , de fubvenir à celles
que la guerre a rendues néceffaires , & de continuer
à remplir avec la même fidélité , les engagemens
que nous avons pris de rembourfer aux termes indiqués
, tous les Emprunts qui fost remboursables à
des époques déterminées , Nous n'avons pu nous
difpenfer d'impofer un troisième Vingtième , dont
nous avons modifié la perception & borné la durée
au tems que les circonftances l'ont permis. Nous ne
nous femmes pas diffimulé que le produit de cette
Impofition & celui des Sous pour livres dont nous
avons ordonné la levée jufqu'en 1790 , ne fuffiroient
pas aux dépenfes extraordinaires auxquelles
nous ne pourrons pas nous difpenfer de pourvoir.
Mais nous avons confidéré ces deux Impofitions
comme un accroiffement de gage , capable d'affermir
la confiance de ceux qui ont déja concouru &
qui voudront encore concourir à nous procurer les
moyens de foutenir les dépen es d'une guerre à laquelle
nous avons été forcés . C'est pour remplir
ce point de vue , & pour manifefter dès à- préfent
l'intention où nous fommes d'amortir fucceffivement
la plus grande partie des dettes de notre Etat ,
même celles coutractées avant l'époque de notre
Règne , qui ne font pas compriſes dans l'ordre des
rembourfemens , que nous nous fommes déterminés
à une création de rentes à cinq pour cent , fans rete.
nue, rembourfables , par la voie du fort , dans
laquelle nous admettrons jufqu'à concurrence de la
moitié feulement , & fur le pied du denier 25 , les
capitaux des rentes anciennes , dont les arrérages fe
payent au-deffous de cinq pour cent. Après avoir
réglé que le paiement des nouvelles rentes fera fait
à la caiffe des arrérages , nous avons déterminé les
époques du remboursement , qui fera fait fucceffivement
par la même caiffe , conformément à l'étar
annexé fous le contre-fcel de notre préfent Edit ; de
( 139 )
manière qu'en quatorze années , lefdits capitaux fe
ront entièrement amortis , fans qu'aux époques
auxquelles cefferont les Impofitions qui font le gage
principal de la préſente création , nous ayons befoin
de recourir à de nouveaux moyens , & de deftiner de
nouveaux fonds pour confommer lefdits rembourfemens
, à la libération defquels nos autres revenus
font également affectés & deftinés . Enfin four procurer
aux acquéreurs de ces nouvelles rentes , toutes
les facilités qu'ils pourront defirer., nous leur permettons
de les conftituer & de les tranfmettre par
la voie de la reconſtitution , ou de fe contenter des
quittances de finance qui lecr feront délivrées en
leur nom ou au porteur , à leur choix , lesquelles
participeront également au remboursement , & dont
les arrérages feront payés an fi qu'il fera ci- après
expliqué . Suivent is Articles , où les difpofitions
précédentes font développées « .
LES bruits de paix prochaine fe foutiennent
& fe fortifient encore par les expreffions
du Roi d'Angleterre , dans fon difcours au
Parlement ; s'il ne donne pour certain &
pour arrêté que l'accommodement avec les
Etats- Unis , il fait efpérer que les autres négociations
auront une iffue prompte &
heureufe ; d'ailleurs , les conventions faites
avec l'Amérique ne doivent avoir leur effet
qu'après qu'on fera auffi convenu d'un
arrangement avec la France. Si les difpofi
tions du Parlement Anglois & de la Na-`
tion ont changé depuis le ravitaillement de
Gibraltar , elles peuvent revenir à l'état où
elles étoient lorfque les négociations ont
fs
( 130 )
commencé ; l'hiver peut affoiblir l'enthouſiafme
caufé par un évènement dont les fuites
paroîtront moins avantageufes , lorſqu'on
les confidérera de fang froid. Pendant l'intervalle
qui doit s'écouler , jufqu'à la campa
gne prochaine , on recevra fans doute des
nouvelles de l'Inde. Celles que les Anglois
ont publiées , ne parlent que des deux actions
des mois de Février & d'Avril , dont on
avoit déja reçu des avis , & dans lesquelles
l'avantage eft demeuré à M. de Suffren .
On apprendra vraisemblablement des nouvelles
poftérieures , qui peuvent influer fur
les arrangemens à prendre pour cette partie
du monde. En attendant , une lettre de
Bordeaux , en date du 19 du mois dernier ,
contient les détails fuivans , qui offrent
au moins des inductions très favorables
fur l'état de la guerre dans l'Inde .
-
Si la flotte de M. le Bailli de Suffren a paſſé l'hiver
aux Inles de France & de Bourbon , comme les Anglois
l'affurent , elle a pu au moment où j'écris
remettre en mer , le tems de la mouſſon ne régnant
plus. Quelques Négocians de notre Ville affurent
favoir , inftruits par leurs Correfpondans de Marfeille
, que M. le Comte de Buffy , arri ‹ é fur la côte
de Coromandel , s'eft mis auffi-tôt en route four
pénétrer dans l'intérieur de cette région , & aller
négocier avec les Nababs , Souba , & Raja de l'Indoltan.
On prétend qu'un des objets de fa miffion
eft de propofer une alliance à la Cour de Delhi :
nos Correfpondans Anglois fuppofent qu'elle doit
être préjudiciable au commerce de la Compagnie.
Suivant nos lettres de Marſeille , les 2500 hommes
aux ordres de M.Duchemin , qui eft actuellement au(
131 )
près d'Hyder. Aly- Kan , inquiètent beaucoup l'armée
Européenne de Sir Eyre Coote . Quelques- unes ajoutent
que Typoo Sahé a prié le Général François de
détacher 800 braves & intelligens foldats , pour enfeigner
à 10 régimens Indiens les détails de l'exercice
Européen. Nous attendons le retour de nos bâtimens
( expédiés en 1780 , ) vers la mi-Février. Ainfi il faut
renvoyer à cette époque le plaifir d'apprendre de
l'Inde des nouvelles authentiques . Les Anglois , pour
en recevoir , ayant des établiſſemens dans le Malabar,
à la pointe qui forme le cap Comorin , peuvent
aifément envoyer de petits floops à Ormus , & de-là
les dépêches leur font expédiées par terre : nous
n'avons pas cette facilité.
On a fu qu'une corvette du Roi avoit
mouillé dans un de nos ports , & que M.
du Chillau étoit en route pour se rendre
ici ; on a cru que c'étoit le Capitaine de
vaiffeau , & qu'il apportoit les nouvelles
des combats de l'Inde , qui font tant d'honneur
à M. de Suffren , mais ce M. du
Chilleau eft le Maréchal de - Camp , Gouverneur
de la Dominique.
La frégate marchande la Jofephine , du Havre ,
écrit-on de Nantes , vient d'arriver ici des Cayes ,
Saint-Louis , ifle Saint-Domingue , d'où elle eft partie
le 27 Septembre dernier , avec un bâtiment Impérial
& 3 de ce port ; ils ont relâché à la Havane , d'où
ils font partis le 22 Octobre ; il n'y a qu'un de
nos navires qui ait pu fuivre la Jofephi ne jufqu'à
la hauteur des Açores , où ils ont été chaflés par
une frégate Angloife : alors ils font convenus de
faire fauffe route pendant la nuit , & diffé rente l'une
de l'autre . Selon les nouvelles qu'apport ent la Joféphine
& 13 navires du convoi de Saint- Domingue ,
£ 6
( 132 )
mouillés dans cette rivière, dont 11 font de ce port
& 2 de celui de Marfeille , on faifoit au Cap tous
les préparatifs de quelque grande expédition qui
devoit avoir lieu à l'arrivée de M. de Vaudreuil
& des forces qu'on attendoit d'Europe . Il n'y avoit
à cette époque , à Saint Domingue , que 2 vaiffeaux
de ligne Efpagnols , le Scipion , de 74 canons ,
commandé par M. de Grimoard , 2 frégates & I
cutter ; & la Colonie étoit dans l'abondance de
toutes chofes «.
Il eft arrivé à St - Malo un bâtiment parlementaire
avec des prifonniers François ; il
eft arrivé de New-Yorck , & a fait la traverfée
en 28 jours. Il doit apporter des
nouvelles fraîches ; mais elles n'ont pas
encore tranfpiré. Sans doute qu'il ne s'eft
rien paffé d'intéreffant de ces côtés depuis
le départ de l'Amiral Pigot , qui en a dû
mettre à la voile pour retourner aux Ifles.
» Les dernières troupes , écrit- on de Breft , qui
devoient être embarquées , paffèrent en rade le 2
de ce mois dans l'après - midi , & le foir le coup
de partance fut tiré. Ce ne fut que le même jour
qu'arriva le Marquis de la Fayette , qui s'embarqua
fur-le- champ. Le vent ne permit pas à l'efcadre &
au convoi de partir le lendemain , comme on l'efpéroit.
Ce ne fut que le 4 à midi qu'ils appareillèrent
par un vent de S. E. Ils trouvèrent au- dehors
de la brame , du calme , & enfuite des vents de
S. O. , qui les obligèrent de venir mouiller à Berthaume
; & le même tems continuant , ils revinrent
en rade le 6. Le vent n'a changé qu'aujourd'hui 8 ,
qu'ils ont remis à la voile par un vent de N. O.
grand frais , qui nous les a bientôt fait perdre de
vue er.
Ce fut le 22 du mois dernier que M. le
Comte d'Eftaing arriva à Madrid ; le 24 il ſe
7
133
133
)
rendit à l'Efcurial , où il fut reçu par le Roi
& par toute la Cour avec les témoignages
de la plus haute eftime. Il favoit en quittant
Paris , que la paix pouvoit n'être pas
éloignée ; mais cela n'empêche pas que les
armemens ne fe continuent avec beaucoup
d'activité à Cadix , où , felon les dernières
lettres , on l'attendoit inceffamment , & où
il est peut être arrivé dans ce moment.
On dit ici , écrit- on de Dunkerque , que la
premier bâtiment qui partira pour la Delaware ;
fera chargé de porter au Sieur Gourgue , Officier
Auxiliaire de l'Aigle , qui a fait fi bonne contenance
aux deux chaloupes Angloifes , fur chacune
defquelles étoient ico réfugiés , la Croix de Saint-
Louis , & une gratification aux vingt braves qui
ont partagé fon acte de valeur. Un Officier da
même nom fit contre les Espagnols , dans la Caroline
, une expédition fanglante qui lui valut autant
de gloire , fous Henri IV , & par laquelle il
vengea la Colonie Proteftante envoyée dans l'Amérique
Septentrionale par l'Amiral Coligny, & cruellement
maffacrée par les Sujets de Philippe II «.
Parmi les mesures prifes par l'Adminiftra
tion de plufieurs Villes , pour prévenir l'indigence
& fupprimer par-là la mendicité ,
on doit diftinguer ce qui a été fait à Amiens
pour atteindre ce but.
» Cette Ville compte dass fes murs & fes fauxbourg
environ 40,000 ames . Avant 1778 , dans
ce nombre étoient compris 8000 pauvres , dont
500 mendians de profeffion. Ceux-ci infeftoient à
toute heure les églifes & les auberges. L'Evêque
l'Intendant , les Officiers Municipaux , les Curés ,
l'élite de tous les Ordres de citoyens , adoptèrent de
concert , à la fin de 1778 , un nouveau plan qui
( 134 )
.
leur étoit propofé , pour affifter tous les pauvres &
fupprimer la mendicité. On créa un Bureau général
& 15 Bureaux particuliers. Le Bureau général eft
compofé de l'élite des Citoyens , mais fans aucune
diftinction de rang : il exifte affez d'Adminiſtrateurs
dans chaque Bureau particulier pour qu'en deux heu
res tous les pauvres de la Ville foient vifités. On
fait le premier de chaque mois une quête dans les
maifons des Citoyens ; des Adminiftrateurs des Bureaux
particuliers y ajoutent le produit des quêtes
faites dans les églifes de leurs Paroiffes , des troncs ,
des fondations & legs faits en faveur des pauvres.
Le Député de chaque Bureau porte fon bordereau à
l'affemblée du Bureau général . On y fait une ſomme
totale de toutes les fommes particulières ; on y fixe
la fomme qui doit être diftribuée pendant le mois
par chaque Bureau particulier , & chaque Adminif
trateur porte de huit en huit jours , à chaque famille
pauvre , le fecours que le Bureau particulier lui
attribue. Si quelque Bureau particulier fe plaint de
la part qui lui eft accordée dans l'aumône générale ,
le Bureau général , par les Commiffaires qu'il nomme
, pour vérifier fait droit. Un tronc , placé
dans la Cathédrale , reçoit les requêtes des pauvres
qui fe plaignent de n'être point affiftés , ou de l'être
trop peu par les Bureaux. On rend de même juftice
par des Commiffaires . Les Bureaux prennent le foin
de procurer du travail aux mendians encore valides
& aux pauvres qui en manquent. On a auffi établi
une école de filature pour les petites filles ; & la Ville
dont la fubfittance dépend des Manufactures d'étoffes ,
acquiert peu à eu une branche d'induftrie qui lui
manquoit. On a détruit la plupart des prêts à la
petite femaine meurtriers pour les pauvres , en établiffant
en leur faveur , un prêt purement gratuitfur
gage. Le Bureau général rend compte tous les ans
au Public de fa recette ( qui en 1781 , montoit à:
11,546 liv. ) & de fa dépenfe par la voie de l'impreffion.
En conféquence de ces établiffemens & du
> y
( 135 )
bon ordre qui les foutient , on ne voit plus de mendians
, ni étrangers ni citoyens . La Police n'a prefque
rien à faire pour contenir les pauvres dans la
règle ; la religion & l'amour du travail reprennent
leurs droits fur leurs coeurs. Affujettis à une
vie plus uniforme & moins expofée aux excès d'une
intempérance crapuleufe , ils jouiffent d'une meilleure
fanté & font beaucoup moins mal-propres
dans leurs vêtemens & dans leurs demeures
On écrit de Marfeille , que le Capitaine
Michaelfon , commandant le brigantin
l'Anne - Marie , parti de Westerwich en
Suède , le 22 Septembre dernier , a dépofé
que fe trouvant le premier Octobre entre
Mayorque & Ivice , il a rencontré une
barque du Roi de Maroc de 16 à 18 canons
& de 100 hommes d'équipage environ
; que cette barque , qui étoit en courfe
l'a obligé de fe rendre à fon bord pour .
lui exhiber fes papiers.
» MM . les Maire , Echevins & Affeffeur de la
ville de Marseille , ayant déterminé daccorder la
fomme de 1200 livres , pour fervir de Prix à l'Ouvrage
, qui , au jugement de l'Académie des Belles-
Lettres , Sciences & Arts , préfentera le plan d'Ed -
cation le plus convenable à la conftitution de cette
Ville , l'Académie a accepté avec reconnoiffance
l'offre de MM . les Magiftrats Municipaux : & pour
concourir , autant qu'elle le peut , à des vues auffi
intéreffantes pour la patrie , elle a délibéré de joindre
au Prix propofé , la médaille d'or deftinée aux
auteurs qu'elle couronne. En conféquence , l'Académie
annonce que dans une féance publique qui
fera tenue , uniquement pour cet objet , dans le
mois de Novembre de l'année prochaine , elle adju
gera le Prix au meilleur ouvrage fur le plan d'Education
publique le plus convenable à Marseille ,
( 136 )
confidérée comme ville maritime & commerçantë.
Les ouvrages feront écrits en latin ou en françois ,
& adreffés , francs de port , an Secrétaire perpétuel
de l'Académie de Marſeille. Ils ne feront reçus que
jufqu'à la fin mois de Juillet prochain. Les auteurs
font avertis de ne pas le faire connoître , & de join--
dre , fuivant l'ufage , une devife & leur com cacheté
à leurs ouvrages «.
Le 7 Novembre , fur les 10 heures du
foir , on obferva à la Rochelle une auroreboréale
très-brillante ; elle formoit dans le
nord un arc lumineux , dont le centre étcit
fort obfcur. A 10 heures & demie , le phéno
mène difparut prefqu'entièrement , après
avoir lancé vers le Zénith des traits de lumière
qui s'étendirent à l'Oueft- nord- ouest.
Le ciel étoit affez clair une heure avant que
l'aurore boréale parût. Le ferein avoit été
très- abondant vers les 8 heures. On vit le
lendemain matin une très- forte gelée blanche
, & même de la glace de l'épaiffeur d'un
écu de fix livres ; elle fe conſerva à l'ombre
une grande partie du jour.
« Le vent de Nord-oueft , connu dans cette province
fous le nom de Miſtral , écrit-on de Salen
& de Crau en Provence , étoit fi renommé chez
les Romains par fa violence & par fa falubrité , que
l'empereur Augufte lui fit dreffer un autel. Dans le
courant de cette année il n'avoit pas régné , mais il
eft redevenu fréquent vers la fiu d'Octobre ; & un
Naturaliſte éclairé a mefuré fa violence le 30 du
mois dernier avec l'anémomètre , dont on trouve
la defcription dans le Journal de Phyfique de M.
Mongés, du mois de Janvier dernier. Le jour de l'expérience
, le vent fut fi violent , qu'il déracina des
arbres & qu'il emporta des toits . A trois heures
45 minutes de l'après - midi , dans l'inftant du plus
( 137 )
grand coup de vent , l'anémomètre démontra que
le vent frappant fur un pied quarré de furface , foulevoit
un poids de 13 livres & demie . Si cette violence
eût feulement continué quelques minutes , rien
n'auroit pa lui réfifter ; car une force dé 6 livres fuffit
, au rapport de M. Boucher , ( quand elle eft continuée
) pour arracher les arbres les plus enracinés.
Dans l'année 1779 le vent le plus fort n'a enlevé、
qu'un poids de 98 onces ; en 1780 il fut plus fort ,
mais on ne le mefura point avec l'anémomètre ; celui
du 30 Octobre dernier doit faire époque parmi les
météréologiftes : pendant qu'il fouffloit , le baromè
tre defcendit de trois lignes & demie au- deſſous de
fon état moyen « .
Nous nous empreffons d'annoncer ici
deux Gravures intéreffantes , d'après deux
tableaux de M. Moreau ; elles repréſentent 2
vues des environs de Paris , qui font pendant
; le burin qui en eft très -foigné , eſt
de Mademoiſelle Elife Saugrain , qui réunit
des talens précieux à tous les agrémens de
fon fexe ; élève de M. Moreau le jeune ,
Deffinateur & Graveur du Cabinet du Roi ,
de fon Académie de Peinture & de Sculp
ture , elle fait honneur à fon Maître ; elle
lui a fair hommage de fon premier ouvrage ,
& ces deux Eftampes lui font dédiées ( 1 ) .
» Edit du Roi , donné à Verfailles au mois de
Décembre 1782 , regiftré en Parlement le 10 du
même mois , portant création de Dix millions de
Rentes perpétuelles au denier 20˚ , fans retenue
rembourfables en 14 ans , à commencer au premier
Janvier 1784 , & dont les capitaux feront fournis ,
moitié en deniers comptans & moitié en contrats.
Le préambule de cet Edit eft de la teneur fuivante :
(1) Leur prix eft de 3 liv. ; elles fe trouvent chez M. Mo!
reau le jeune , rue du Coq St-Honoré , près le Louvre.
( 138 )
Notre intention étant de pourvoir avec la
même exactitude que par le paffé , au paiement de
toutes nos dépenfes ordinaires , de fubvenir à celles
que la guerre a rendues néceffaires , & de continuer
à remplir avec la même fidélité , les engagemens
que nous avons pris de rembourfer aux termes indiqués
, tous les Emprunts qui fost remboursables à
des époques déterminées , Nous n'avons pu nous
difpenfer d'impofer un troisième Vingtième , dont
nous avons modifié la perception & borné la durée
au tems que les circonftances l'ont permis. Nous ne
nous femmes pas diffimulé que le produit de cette
Impofition & celui des Sous pour livres dont nous
avons ordonné la levée jufqu'en 1790 , ne fuffiroient
pas aux dépenfes extraordinaires auxquelles
nous ne pourrons pas nous difpenfer de pourvoir.
Mais nous avons confidéré ces deux Impofitions
comme un accroiffement de gage , capable d'affermir
la confiance de ceux qui ont déja concouru &
qui voudront encore concourir à nous procurer les
moyens de foutenir les dépen es d'une guerre à laquelle
nous avons été forcés . C'est pour remplir
ce point de vue , & pour manifefter dès à- préfent
l'intention où nous fommes d'amortir fucceffivement
la plus grande partie des dettes de notre Etat ,
même celles coutractées avant l'époque de notre
Règne , qui ne font pas compriſes dans l'ordre des
rembourfemens , que nous nous fommes déterminés
à une création de rentes à cinq pour cent , fans rete.
nue, rembourfables , par la voie du fort , dans
laquelle nous admettrons jufqu'à concurrence de la
moitié feulement , & fur le pied du denier 25 , les
capitaux des rentes anciennes , dont les arrérages fe
payent au-deffous de cinq pour cent. Après avoir
réglé que le paiement des nouvelles rentes fera fait
à la caiffe des arrérages , nous avons déterminé les
époques du remboursement , qui fera fait fucceffivement
par la même caiffe , conformément à l'étar
annexé fous le contre-fcel de notre préfent Edit ; de
( 139 )
manière qu'en quatorze années , lefdits capitaux fe
ront entièrement amortis , fans qu'aux époques
auxquelles cefferont les Impofitions qui font le gage
principal de la préſente création , nous ayons befoin
de recourir à de nouveaux moyens , & de deftiner de
nouveaux fonds pour confommer lefdits rembourfemens
, à la libération defquels nos autres revenus
font également affectés & deftinés . Enfin four procurer
aux acquéreurs de ces nouvelles rentes , toutes
les facilités qu'ils pourront defirer., nous leur permettons
de les conftituer & de les tranfmettre par
la voie de la reconſtitution , ou de fe contenter des
quittances de finance qui lecr feront délivrées en
leur nom ou au porteur , à leur choix , lesquelles
participeront également au remboursement , & dont
les arrérages feront payés an fi qu'il fera ci- après
expliqué . Suivent is Articles , où les difpofitions
précédentes font développées « .
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Résumé : De PARIS, le 17 Décembre.
Le document du 17 décembre à Paris mentionne des rumeurs de paix entre l'Angleterre et les États-Unis, confirmées par le roi d'Angleterre. Les négociations avec les États-Unis sont conditionnées par un accord préalable avec la France. En Inde, M. de Suffren semble avoir l'avantage. Sa flotte pourrait être en mer, tandis que le comte de Buffy est en mission de négociation. Les Anglais, grâce à leurs établissements dans le Malabar, reçoivent des nouvelles plus rapidement. Une corvette royale a accosté en France avec le maréchal de camp Du Chilleau, et la frégate La Joséphine rapporte des préparatifs pour une expédition au Cap. Un bâtiment parlementaire avec des prisonniers français est arrivé à Saint-Malo depuis New York. Les dernières troupes pour l'Amérique ont quitté Brest le 8 décembre, et le comte d'Estaing est arrivé à Madrid le 22 novembre. À Paris, on espère une paix prochaine, mais les préparatifs militaires continuent à Cadix. Un officier, Gourgue, a résisté aux chaloupes anglaises et doit recevoir la Croix de Saint-Louis. À Amiens, des mesures ont été prises pour lutter contre la mendicité, réduisant ainsi le nombre de mendiants. À Marseille, un prix est offert pour le meilleur plan d'éducation. Une aurore boréale a été observée à La Rochelle le 7 novembre. En Provence, le vent de Mistral a causé des dégâts en octobre. Un édit royal de décembre 1782 crée dix millions de rentes perpétuelles pour financer les dépenses de guerre. Le document détaille également les modalités de délivrance et de gestion des titres financiers.
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12003
p. 139-142
De BRUXELLES, le 17 Décembre.
Début :
Les Etats de Frise ont écrit aux Etats-Généraux assemblés à la Haye, pour demander [...]
Mots clefs :
Bruxelles, États de Frise, Villes, La Haye, République, Province, Provinces, Résolution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BRUXELLES, le 17 Décembre.
De BRUXELLES , le 17 Décembre.
LES Etats de Frife ont écrit aux Etats-
Généraux affemblés à la Haye , pour demander
une diminution du contingent qu'ils
doivent fournir dans les dépenfes de la
République . Cette lettre a été envoyée par
la Généralité aux Etats de chaque Province ;
ceux de Hollande ont déclaré fur-le- champ
que le tems actuel n'étoit pas celui de fonger
à une nouvelle répartition , vu que la République
étoit agitée par une guerre audehors
& des troubles au- dedans ; mais que
les repréfentations de la Frife paroiffant
juftes , ils vouloient bien fe charger de
fournir un demi-million de florins pour completter
le déficit de cette Province , comme
ils l'avoient déja fait pour la Zélande , juſqu'à
( 140 )
ce qu'on pût convenir d'une nouvelle répartition
; celle qui a lieu actuellement peut
donner une idée de l'importance & de la
confiftance respective des 7 Provinces - Unies ;
c'eft ainfi qu'une Gazette Hollandoife en
préfente le tableau.
33 Sur chaque centaine de florins à fournir par la
Généralité , les Provinces contribuent de la manière
fuivante.
La Gueldre pour
La Hollande
La Zélande
Utrecht .
La Frife
Ovéryffel .
SA. 12 13 .
58 6 4
9 3
4 16 7 .
• II
3 S.
3
11 " 5.
Groninge S IS
110 A.
Les divifions règnent toujours dans la
République , qui , dans le moment préfent
, auroit plus befoin que jamais de fe
réunir.
La Chambre des 11 villes , écrit-on de Leuwarde
, qui forme le Quatrième quartier des Etats de la
Province de Frife , s'eft conftamment oppofée aux
réfolutions des 3 autres Chambres , compofées par
les Députés , tant Nobles que Francs- Tenanciers des
trois quartiers du plat pays , & on fait que cette
conduite , fi contraire au vou du peuple , n'eft attribuće
qu'à l'influence qu'un feul individu exerce daus
chacune de ces villes , fous le nom de premier
Bourgmestre , & à la coutume qui s'étoit introduite
de rendre la nomination à toutes les charges Municipales
dépendante de la Cour Stadhoudérienne.
L'excès de cet abus a caufé , de la part du Magiftrat
de Dockum , une démarche vigoureuſe ; il a
réfola unanimement ( à l'exception du premier
( 141 )
-
Bourguemeftre ) de rendre , aux Membres de
fa Régence , l'ancienne liberté de difpofer des
Charges Provinciales qui vaqueront , d'en informer
les dix autres Villes par lettres circulaires
en les exhortant à fuivre fon exemple , & d'en prévenir
également le Prince ; ce qui a été fait par une
lettre en date du 29 Novembre. Le Magiftrat , dans
la réfolution prife le 26 , donne les motifs fuivans
de fa démarche. Qu'étonné & mécontent des avis
donnés par le Quartier des Villes dans les délibé
rations d'Etats contre le fentiment des trois autres
Quartiers , quoique tendant évidemment à avancer
le bien public dans les affaires les plus effentielles ,
il ne pouvoit attribuer un procédé fi étrange qu'aux
obligations que les principaux Députés de ce Quartier
( les premiers Bourguemeftres font conftamment
du nombre ) ont au Stathouder & à la dépendance
où ils font à fon égard : il n'a pris cette réfolution
que pour prévenir les effets de cette influence .
-
Cette réfolution a été mise à exécution fur- lechamp
, en nommant à deux places qui ont vaqué
dans le Confeil Municipal. La lettre circulaire , expédiée
aux dix autres Villes , y a été déja miſe en
délibération ,
Pendant ces difcuffions , qui annoncent
néceffairement du mécontentemenr les
Bourgeois de la Haye , à la fuite d'une fête
qu'ils font dans l'ufage de donner au Stathouder
, avoient projetté de lui offrir une
adreffe , pour le remercier des ouvertures
franches & fatisfaifantes , & des foins paternels
qu'il a montrés dans la direction des
affaires maritimes. Cette pièce , qui a paru
dans la Gazette de la Haye , a femblé bleffer
les Etats de plufieurs Provinces , qui demandent
des éclairciffemens fur cette direction
. Le Stadhouder a paru defirer lui(
142 )
même qu'on ne lui offrit point cette
adreffe , & il en a été rédigé une autre ,
où les Bourgeois fe contentent de complimenter
le Prince , fans entrer dans aucune
difcuffion d'objets qui n'appartiennent qu'aux
Etats Souverains.
LES Etats de Frife ont écrit aux Etats-
Généraux affemblés à la Haye , pour demander
une diminution du contingent qu'ils
doivent fournir dans les dépenfes de la
République . Cette lettre a été envoyée par
la Généralité aux Etats de chaque Province ;
ceux de Hollande ont déclaré fur-le- champ
que le tems actuel n'étoit pas celui de fonger
à une nouvelle répartition , vu que la République
étoit agitée par une guerre audehors
& des troubles au- dedans ; mais que
les repréfentations de la Frife paroiffant
juftes , ils vouloient bien fe charger de
fournir un demi-million de florins pour completter
le déficit de cette Province , comme
ils l'avoient déja fait pour la Zélande , juſqu'à
( 140 )
ce qu'on pût convenir d'une nouvelle répartition
; celle qui a lieu actuellement peut
donner une idée de l'importance & de la
confiftance respective des 7 Provinces - Unies ;
c'eft ainfi qu'une Gazette Hollandoife en
préfente le tableau.
33 Sur chaque centaine de florins à fournir par la
Généralité , les Provinces contribuent de la manière
fuivante.
La Gueldre pour
La Hollande
La Zélande
Utrecht .
La Frife
Ovéryffel .
SA. 12 13 .
58 6 4
9 3
4 16 7 .
• II
3 S.
3
11 " 5.
Groninge S IS
110 A.
Les divifions règnent toujours dans la
République , qui , dans le moment préfent
, auroit plus befoin que jamais de fe
réunir.
La Chambre des 11 villes , écrit-on de Leuwarde
, qui forme le Quatrième quartier des Etats de la
Province de Frife , s'eft conftamment oppofée aux
réfolutions des 3 autres Chambres , compofées par
les Députés , tant Nobles que Francs- Tenanciers des
trois quartiers du plat pays , & on fait que cette
conduite , fi contraire au vou du peuple , n'eft attribuće
qu'à l'influence qu'un feul individu exerce daus
chacune de ces villes , fous le nom de premier
Bourgmestre , & à la coutume qui s'étoit introduite
de rendre la nomination à toutes les charges Municipales
dépendante de la Cour Stadhoudérienne.
L'excès de cet abus a caufé , de la part du Magiftrat
de Dockum , une démarche vigoureuſe ; il a
réfola unanimement ( à l'exception du premier
( 141 )
-
Bourguemeftre ) de rendre , aux Membres de
fa Régence , l'ancienne liberté de difpofer des
Charges Provinciales qui vaqueront , d'en informer
les dix autres Villes par lettres circulaires
en les exhortant à fuivre fon exemple , & d'en prévenir
également le Prince ; ce qui a été fait par une
lettre en date du 29 Novembre. Le Magiftrat , dans
la réfolution prife le 26 , donne les motifs fuivans
de fa démarche. Qu'étonné & mécontent des avis
donnés par le Quartier des Villes dans les délibé
rations d'Etats contre le fentiment des trois autres
Quartiers , quoique tendant évidemment à avancer
le bien public dans les affaires les plus effentielles ,
il ne pouvoit attribuer un procédé fi étrange qu'aux
obligations que les principaux Députés de ce Quartier
( les premiers Bourguemeftres font conftamment
du nombre ) ont au Stathouder & à la dépendance
où ils font à fon égard : il n'a pris cette réfolution
que pour prévenir les effets de cette influence .
-
Cette réfolution a été mise à exécution fur- lechamp
, en nommant à deux places qui ont vaqué
dans le Confeil Municipal. La lettre circulaire , expédiée
aux dix autres Villes , y a été déja miſe en
délibération ,
Pendant ces difcuffions , qui annoncent
néceffairement du mécontentemenr les
Bourgeois de la Haye , à la fuite d'une fête
qu'ils font dans l'ufage de donner au Stathouder
, avoient projetté de lui offrir une
adreffe , pour le remercier des ouvertures
franches & fatisfaifantes , & des foins paternels
qu'il a montrés dans la direction des
affaires maritimes. Cette pièce , qui a paru
dans la Gazette de la Haye , a femblé bleffer
les Etats de plufieurs Provinces , qui demandent
des éclairciffemens fur cette direction
. Le Stadhouder a paru defirer lui(
142 )
même qu'on ne lui offrit point cette
adreffe , & il en a été rédigé une autre ,
où les Bourgeois fe contentent de complimenter
le Prince , fans entrer dans aucune
difcuffion d'objets qui n'appartiennent qu'aux
Etats Souverains.
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Résumé : De BRUXELLES, le 17 Décembre.
Le 17 décembre, les États de Frise ont sollicité une réduction de leur contribution financière aux dépenses de la République auprès des États-Généraux réunis à La Haye. Cette requête a été relayée par la Généralité aux États de chaque province. Les États de Hollande ont refusé de reconsidérer la répartition des charges financières en raison des troubles internes et de la guerre extérieure. Cependant, ils ont accepté de fournir un demi-million de florins pour combler le déficit de la Frise, comme ils l'avaient déjà fait pour la Zélande, en attendant une nouvelle répartition. Des divisions persistent au sein de la République, nécessitant une réunion. En Frise, la Chambre des 11 villes, représentant le quatrième quartier des États, s'oppose régulièrement aux décisions des trois autres chambres. Cette opposition est attribuée à l'influence d'un individu occupant le poste de premier bourgmestre dans chaque ville et à la pratique de nomination des charges municipales sous l'influence de la Cour Stadhoudérienne. Le magistrat de Dokkum a pris une mesure décisive en rétablissant l'ancienne liberté de disposer des charges provinciales vacantes et a encouragé les dix autres villes à suivre cet exemple. Cette décision a été immédiatement appliquée avec la nomination de membres pour deux postes vacants dans le conseil municipal. Par ailleurs, les bourgeois de La Haye prévoyaient d'adresser une lettre de remerciement au Stathouder pour ses actions dans les affaires maritimes. Cette initiative a suscité des réactions variées parmi les États de plusieurs provinces, qui ont demandé des clarifications. Le Stathouder a opté pour une adresse plus neutre, évitant ainsi toute discussion sur des sujets relevant des États souverains.
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12004
p. 142-144
Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
Début :
Quel jugement portera la direction de la Marine, en considérant ce qui s'est passé à l'égard [...]
Mots clefs :
États de Frise, Résolution, Lettre, Sortir, Brest, Ordre, Vaisseaux, Délibérations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frife.
Quel jugement portera la direction de la
Marine , en confidérant ce qui s'eft paffé à l'égard
du vaiffeau la Gueldre , qui arriva le 8
Octobre de deffous le Vlierer au Texel , & qui fat
défigné par S. A. pour fortir avec l'eſcadre ; le
Vice-Amiral Harifinck avertit S. A. , par une lettre
du 13 Octobre , qu'il s'en falloit de beaucoup que
l'équipage de ce vaiffeaa fût complet ; que les
canons de fa première batterie avoient été mis à
terre à Medembik , & qu'ainfi il étoit hors d'état
de remplir les intentions de S. A. pour la fortie.
Enfin , pourra-t - on fe faire une idée nette de la
direction des affaires de la Marine , fi l'on confidère
que lorfque L. H. P. , renonçant le 9 Octobre à
l'expédition de Breft prirent le même jour la
réfolution de faire fortir une efcadre , pour aller
prendre le convoi de Drontheim mouillé à Bergen ,
S. A. avoit déjà envoyé le 7 Octobre précédent
au Vice Amiral Hartfinck l'ordre de faire d'abord
fortir les vaiffeaux prêts à appareiller , & cela
( comme il appert par l'ordre donné ) pour faire
une courfe dans la mer du Nord ? Comment cet
ordre anticipé de S. A. , tandis que LL. HH. PP.
n'avoient pas encore terminé leurs délibérations
fur l'envoi de l'efcadre , fur le tems de fa fortie
& fur fa deftination , peut-il ſe juſtifier ? En effet ,
deux chofes font certaines : Ou , au cas que LL.
HH. PP. , en ordonnant promptement de remédier
aux difficultés propofées & de pourvoir les vaiffeaux
( 143 )
du néceffaire , euffent cru ce nonobftant devoir ſe
déterminer à l'expédition de Breft , leur réfolution
fur ce point important auroit été rendue illufoire
& abfolument impraticable contre leur attente &
durant le cours de leurs délibérations : Ou , fi LL..
HH. PP. euffent écouté les avertiffemens férieux
qui , felon la lettre du Vice- Amiral du 5 Octobre ,
ont été donnés par les Pilotes - côtiers ; favoir , que
les vaiffeaux ne pouvoient plus être conduits dehors
fans dangers , & que , la bonne faifon étant paffée',
il falloit bien plutôt leur faire quitter la rade & les
faire entrer au mouillage d hiver ; fi fuivant ce
confeil ( puifque le voyage de Breft avoit échoué )
elles euffent jugé à propos de prendre une réfolution
en conféquence , la fuite en auroit été , que les
ordres préalables de S. A. , qui avoient fi évidemment
anticipé fur les délibérations de LL. HH . PP. ,
auroient rendu l'exécution de la réfolution impoffible
& l'auroient anéantie dans le fait. Si nous faisons
donc réflexion fur toutes ces circonftances , & fi
nous confidérons en même-tems , comment S. A. S.
femble éviter , d'une façon inconcevable , de s'intéreſler
le moins du monde à tout ce qui concerne
une affaire , qui a caufé tant de furprife & d'éclat ,
tandis que LL. HH . PP. ont renvoyé tout ce qui
n'eſt pallé , quant aux rapports reçus , à délibération
ultérieure , fans rien de plus . Nous nous
perdons dans un abîme de perplexité . C'eft par ces
motifs , N. & P. S. , que d'une part le fentiment
douloureux des embarras dont nous nous voyons
environnés de tous côtés , & le defir de nous raffurer
au fujet des difficultés fus - mentionnées , ( qui ne font
qu'une partie de la conduite incompréhensible tenue
à tous égards ) puifque nous ne faurions nous procurer
aucunes lumières ni éclairciffemens ; d'autre
part , la perception affligeante de la fituation de
notre chère patrie , dont le danger s'accroît tous
les jours , nous excitent à nous adreffer de nou
-
( 144 )
veau à V. N. P. , à les exhorter & exciter par tout
ce qui nous cft, cher, & de, la manière la plus
folemnelle , à ne plus refter fanière
う
, mais a concourir
fans perte de tems , en mettant de côté
tous intérêts particuliers , pour faire de concert les
efforts les plus extrêmes , & pour nous réunir tous enfemble
avec franchife & un patriotifme ardent , dans
la vue d'effectuer un prompt redreffement dans les
affaires , de façon qu'on concerte avec une intention
Pure & avec promptitude les moyens les plus falutaires
& les plus efficaces pour cette fin , qui fait
aujourd'hui l'objet principal de nos devoirs.
La fuite à l'ordinaire prochain.
Quel jugement portera la direction de la
Marine , en confidérant ce qui s'eft paffé à l'égard
du vaiffeau la Gueldre , qui arriva le 8
Octobre de deffous le Vlierer au Texel , & qui fat
défigné par S. A. pour fortir avec l'eſcadre ; le
Vice-Amiral Harifinck avertit S. A. , par une lettre
du 13 Octobre , qu'il s'en falloit de beaucoup que
l'équipage de ce vaiffeaa fût complet ; que les
canons de fa première batterie avoient été mis à
terre à Medembik , & qu'ainfi il étoit hors d'état
de remplir les intentions de S. A. pour la fortie.
Enfin , pourra-t - on fe faire une idée nette de la
direction des affaires de la Marine , fi l'on confidère
que lorfque L. H. P. , renonçant le 9 Octobre à
l'expédition de Breft prirent le même jour la
réfolution de faire fortir une efcadre , pour aller
prendre le convoi de Drontheim mouillé à Bergen ,
S. A. avoit déjà envoyé le 7 Octobre précédent
au Vice Amiral Hartfinck l'ordre de faire d'abord
fortir les vaiffeaux prêts à appareiller , & cela
( comme il appert par l'ordre donné ) pour faire
une courfe dans la mer du Nord ? Comment cet
ordre anticipé de S. A. , tandis que LL. HH. PP.
n'avoient pas encore terminé leurs délibérations
fur l'envoi de l'efcadre , fur le tems de fa fortie
& fur fa deftination , peut-il ſe juſtifier ? En effet ,
deux chofes font certaines : Ou , au cas que LL.
HH. PP. , en ordonnant promptement de remédier
aux difficultés propofées & de pourvoir les vaiffeaux
( 143 )
du néceffaire , euffent cru ce nonobftant devoir ſe
déterminer à l'expédition de Breft , leur réfolution
fur ce point important auroit été rendue illufoire
& abfolument impraticable contre leur attente &
durant le cours de leurs délibérations : Ou , fi LL..
HH. PP. euffent écouté les avertiffemens férieux
qui , felon la lettre du Vice- Amiral du 5 Octobre ,
ont été donnés par les Pilotes - côtiers ; favoir , que
les vaiffeaux ne pouvoient plus être conduits dehors
fans dangers , & que , la bonne faifon étant paffée',
il falloit bien plutôt leur faire quitter la rade & les
faire entrer au mouillage d hiver ; fi fuivant ce
confeil ( puifque le voyage de Breft avoit échoué )
elles euffent jugé à propos de prendre une réfolution
en conféquence , la fuite en auroit été , que les
ordres préalables de S. A. , qui avoient fi évidemment
anticipé fur les délibérations de LL. HH . PP. ,
auroient rendu l'exécution de la réfolution impoffible
& l'auroient anéantie dans le fait. Si nous faisons
donc réflexion fur toutes ces circonftances , & fi
nous confidérons en même-tems , comment S. A. S.
femble éviter , d'une façon inconcevable , de s'intéreſler
le moins du monde à tout ce qui concerne
une affaire , qui a caufé tant de furprife & d'éclat ,
tandis que LL. HH . PP. ont renvoyé tout ce qui
n'eſt pallé , quant aux rapports reçus , à délibération
ultérieure , fans rien de plus . Nous nous
perdons dans un abîme de perplexité . C'eft par ces
motifs , N. & P. S. , que d'une part le fentiment
douloureux des embarras dont nous nous voyons
environnés de tous côtés , & le defir de nous raffurer
au fujet des difficultés fus - mentionnées , ( qui ne font
qu'une partie de la conduite incompréhensible tenue
à tous égards ) puifque nous ne faurions nous procurer
aucunes lumières ni éclairciffemens ; d'autre
part , la perception affligeante de la fituation de
notre chère patrie , dont le danger s'accroît tous
les jours , nous excitent à nous adreffer de nou
-
( 144 )
veau à V. N. P. , à les exhorter & exciter par tout
ce qui nous cft, cher, & de, la manière la plus
folemnelle , à ne plus refter fanière
う
, mais a concourir
fans perte de tems , en mettant de côté
tous intérêts particuliers , pour faire de concert les
efforts les plus extrêmes , & pour nous réunir tous enfemble
avec franchife & un patriotifme ardent , dans
la vue d'effectuer un prompt redreffement dans les
affaires , de façon qu'on concerte avec une intention
Pure & avec promptitude les moyens les plus falutaires
& les plus efficaces pour cette fin , qui fait
aujourd'hui l'objet principal de nos devoirs.
La fuite à l'ordinaire prochain.
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Résumé : Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
La Lettre circulaire des États de Frise aborde divers problèmes affectant la Marine. Le vaisseau 'la Gueldre', arrivé le 8 octobre, ne pouvait pas partir en raison d'un équipage incomplet et de canons démontés. Le Vice-Amiral Harffinck en informa Son Altesse le 13 octobre. Les Hautes Puissances Prussiennes annulèrent l'expédition de Brest le 9 octobre et décidèrent d'envoyer une escadre à Bergen. Cependant, Son Altesse avait déjà ordonné le 7 octobre la sortie des vaisseaux prêts à appareiller pour une course en mer du Nord. Cet ordre anticipé pose des questions sur sa justification, car il pourrait compromettre l'exécution des décisions ultérieures des Hautes Puissances. De plus, les pilotes côtiers avaient signalé des dangers pour les vaisseaux. La situation est marquée par une confusion administrative : Son Altesse semble éviter toute implication directe, tandis que les Hautes Puissances reportent les rapports à une délibération ultérieure. Face à cette confusion et aux dangers croissants pour la patrie, les auteurs exhortent les destinataires à agir rapidement et de concert pour redresser la situation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12005
p. 144
PRÉCIS DES GAZETTES ANGL. du 11 Décembre.
Début :
Un bâtiment arrivé de New-Yorck à Kinsale en 27 jours, a rapporté que Lord Hood, sur la [...]
Mots clefs :
Samuel Hood, Prises, Anglais, Français, Terre-Neuve
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texteReconnaissance textuelle : PRÉCIS DES GAZETTES ANGL. du 11 Décembre.
¿ PRÉCIS DES GAZETTES ANGL . du 11 Décembre,
Un bâtiment arrivé de New-Yorck à Kinfale en
27 jours , a rapporté que le Lord Hood , ' fur la
demande des Royaliſtes de cette ville , a conſenti
à y refter avec une divifion , jufqu'à ce qu'on eur
pris quelques mefures pour les garantir de l'oppreſe
fion du Congrès.
7870
( 5
lory & 1oret net
PRISES fur les Anglois par les François. - Le
Dave de Terre-neuve , pour Briſtol , envoyé en
France ; le Chriftopher de Londres , pour Water
Ford , envoyé en France par les Hollandois.
La Marie-Anne de Nerva pour Hull , la Rofe de
Mont-Serrat pour Oftende ; prife & perdue fur les
côtes de Hollande , l'Amphitrite de Guernefay pour
Londres , envoyée à Cherbourg. Par les Américains,
La Polly de la Barbade , pour Hallifax ,
envoyée à Boston ; la Venus de Saint-Thomas
Terre- neuve , envoyée à Salein .
pour
207
PRISES par les Anglois fur les François
2 bâtimens de Saint-Domingue pour la France , envoyés
à Weymouth.
Un bâtiment arrivé de New-Yorck à Kinfale en
27 jours , a rapporté que le Lord Hood , ' fur la
demande des Royaliſtes de cette ville , a conſenti
à y refter avec une divifion , jufqu'à ce qu'on eur
pris quelques mefures pour les garantir de l'oppreſe
fion du Congrès.
7870
( 5
lory & 1oret net
PRISES fur les Anglois par les François. - Le
Dave de Terre-neuve , pour Briſtol , envoyé en
France ; le Chriftopher de Londres , pour Water
Ford , envoyé en France par les Hollandois.
La Marie-Anne de Nerva pour Hull , la Rofe de
Mont-Serrat pour Oftende ; prife & perdue fur les
côtes de Hollande , l'Amphitrite de Guernefay pour
Londres , envoyée à Cherbourg. Par les Américains,
La Polly de la Barbade , pour Hallifax ,
envoyée à Boston ; la Venus de Saint-Thomas
Terre- neuve , envoyée à Salein .
pour
207
PRISES par les Anglois fur les François
2 bâtimens de Saint-Domingue pour la France , envoyés
à Weymouth.
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Résumé : PRÉCIS DES GAZETTES ANGL. du 11 Décembre.
Le 11 décembre, un navire de New York arrive à Kinfale. Le Lord Hood accepte de protéger les royalistes de la ville contre le Congrès. Plusieurs prises maritimes sont signalées : les Français capturent des navires pour Bristol, Waterford, Hull et Ostende, envoyés à Cherbourg. Les Américains capturent des navires pour Halifax et Terre-Neuve, envoyés à Boston et Salem. Les Anglais capturent deux bâtiments de Saint-Domingue pour Weymouth.
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12006
p. 165-181
ALMANACH des Muses, 1783. A Paris, chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint-Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
Début :
ON sait que de tous les Recueils Poétiques qui paroissent annuellement, l'Almanach [...]
Mots clefs :
Almanach des Muses, Vers, Année, Poètes, Mérite, Paris, Nouveauté, Journal, Poésie, Recueils poétiques, Éditeur, Poètes du jour, Journal de Paris
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texteReconnaissance textuelle : ALMANACH des Muses, 1783. A Paris, chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint-Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
ALMAN AcH des Muſes , 1783. A Paris,
chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint
Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
-
- " " ,
ON ſait que de tous les Recueils Poétiques
qui paroiffent annuellement , l'Almanach
des Muſes eft le plus ancien & le plus ré
pandu. On le donne, on le reçoit en étren
nes , il eſt attendu, deſiré par les Amateurs,
par les jeunes Faiſeurs ſur-tout, qui brûlent
de ſavoir ſi leur nom eſt enregiſtré à ce greffe
poétique ; & l'on ſe demande comment on
trouve le nouvel.Almanach, avec le même
intérêt que met un Agriculteur à demander
ſi la récoltel de l'année eſt bonne ou mau
vaiſe. On n'eſt pas d'accord tous les ans †
ſon degré de mérite ; les opinions ſe parta
gent quelquefois , & plus d'un jugement
qu'on en porte dépend bien moins de la
1 66 M E R C U R E
bonté réelle des poéſies,que du genre de vers
qºi domine dans le Recueil, parce que telle
ou telle eſpèce de poëme a toujours plus ou
moins d'attraits pour les juges, même les
plus éclairés. Souvent auſſi le tribut d'une
année ſe trouve réellement inférieur à celui
des précédentes ; mais, tour-à-tour un peu
moins bien, un peu moins mal, l'Almansch
des Muſes a toujours pafſe pour être le meil
leur de nos Recueils poetiques. Le goût
exercé de l'Éditeur, la confiance méritée des ^
meilleurs Poëtes du jour, concourent à l'en
richir; & ſi depuis quelques années la mort
lui a enlevé ſes plus riches tributaires, une
nouvelle race de Poëtes ſemble ſortir de leur
cendre, & réclamer leur héritage. - .
Cependant, il faut en convenir, ce Re
cueil a perdu, ſinonde ſon mérite,au moins un
peu de ſa nouveauté. Preſque toutes les Pièces
qu'on y inſéroit autrefois n'avoient pas en
core vû le jour ; celles qui le compoſent
aujourd'hui ont paru en partie dans le Mer
cure ou dans 1e Journal de Paris; & la raiſon
de cette différence, c'eſt que le Journal de
Paris n'exiſtoit pas encore, & que les Poëtes
connus dédaignoient alors d'envoyer leurs
productions au Mercure, effrayés peut-être
par ces deux vers plaiſans & énergiques que
· M. Robé avoit appliqués à ce Journal :
· vaſte Clamart, où tant de trépaſſés . #
, Giſſent en paix l'un ſur l'autre entaſſés. -
Mais aujourd'hui que le Joutnal de Par -
•.
- *
D E F R A N C E. I 67
offre aux Poëtes du jour une grande &
prompte célebrité, & que le Mercure, plus
en credit, leur paroît un dépôt plus digne de
leurs Ouvrages , ces deux Journaux ſont de
venus une des mines les plus fécondes dé
l'Almanach des Muſes. En perdant ce degré
de-nouveauté, encore une fois, il n'a rien
perdu de ſon mérite; mais il devroit exciter
moins d'empreſſement , & puiſque ſon ſuccès
eſt toujours le même, c'eſt un nouveau motif
d'eloge pour l'Éditeur.Il eſt vrai qu'il s'y trou
ve encore tous les ans aſſez de vers nouveaux
pour plaire, même à ceux qui courent moins
après le mérite qu'après la nouveauté. -
' Au reſte, cette Collection, qui n'eſt guère
compoſée que de vers faits dans l'année ,
préſente un tableau utile à ceux qui veulent
obſerver les progrès ou la décadence de la
poéſie. On peut y voir les diverſes nuances ſe
prolonger ou diſparoître ſucceſſivemenr; on
peut y découvrir tous les ans quel genre de
poéſie vient de perdre ou de gagner ſous la
plume de nos Écrivains. Cette réflexion nous
inſpire l'idée de changer notre plan pour l'ex
trait que nous devons en faire. Nous parcour
rons les divers genres de poéſie dans leſquels
ſe ſont exercés les Auteurs qui ont contribué
au Volume de l'année; & par cette marche,
que nous ſuivrons dorénavant , nous met
trons nos Lecteurs à portée de voir par eux
imêmes, dans quels genres nos Muſes mo
dernes ont à déplorer leurs pertes, ou à s'éporgueillir
de leurs acquiſitions, . , .
*- -
168 M E R C U R E /
Commençons par la grande poéſſe, & -
mettons M. de Fontanes à la tête de ceux -
qui s'y ſont exercés. Nous aurions deſiré plas -=--
de jet, plus de liberté dans ſa Traduction de -----
l'Ode d'Horace , Sic te diva potezs cypri. *RP ----
-
- -- -z-- - 272
Après avoir dit : | # # r = 3R
Garde, & rends-moi mon cher Virgile, - *= rr --
-
-Asr" -PA"
-
- - --I cI
Il ne falloit pas finir la ſtrophe par ce vers s s **as 2--
qui ſuit immédiatement : | | 2ºº2xs a . -
| .. , , | | o dss, º < rs ;
Garde la moitié de mon coeur. i - T Pr c= F
, -S>5-5 CeS- --^T. - r
parce que l'idée de garde devient froide, Sss rs, º=v=s--
quand, dans le vers qui précède, on y ajoint ssr s#. *ezBAS,s
celle de rends moi , qui ajoute au ſens. Il y Ls s "ºs <is Es, º a auſſi une eſpèce d'irrégularité dans l'arran- | ** les e,s . 1 r .
gement des vers de la quatrième ſtrophe; C)rs t * Fr--
| -- * , ' . . - | * ces ; FS>i> t
L'homme oſe tout : de crime en crime , C ºx-c-; -
- • • - | e - -
Se précipite ſa fureur. vv º º , il §s et Q> sa s
-- • • · · · · l - - > w-ty
Quand ſon eſſor illégitime sºl a * J'sa Ao *age,
- · · · · · · r:
-Eut ravi le feu créateur , | #- c'* S º Ierse
- - «• • . L> La faim, la peſte, aux yeux livides, &e, les <2
. . rº " ux yeux #vide *º Pleins *#rres º#L>-
Le ſens qui finit après le ſecond vers, ne de- , co§ § bar, $ * Pre,
vroit finir qu'après le quatrième, parce que $ *éPc ou # #e- ,
le premier quatraind'une ſtrophe de dixvers si º au ſei *t vre
doit être ſéparé par le ſens des deux tercets 8ºnir ! ºn des nºs
qui la terminent. Cette eſpèce d'enjambe- En vain * éehe, *aits
| ment de phraſe n'eſt plus permiſe aujour- *pé fººPos º ſon
-d'hui. Rien n'eſt impoſſible aux humains, qui l] § #ºs vsii, ºt de r,
ſe trouveplus bas , n'eſt ni aſſez élégant, ni $ désuic "° atTiſz
/ - • " 1 ! ... , · ºu Dis ºstiiſ& G c ſi, aſſez poétique dans une ode # n *Yus l
Nous parlerons avec plus de plaiſir (parce ºteur Sosa - $e > à - e
" | $ ss.§
- 8 , s ^ ncé q *
| & E.2 :9ui ne
|
A Q.§
Su
C
Q.
ſ
U]
le
Y
Oi
· D E , F R A N C E. 169
eue nous avons plus de bien à en dire ) de
ka Chartreuſe de Paris, Pièce où nous avons
retrouvé l'énergie de peinture & de ſenti
ment qui caractériſe M. de Fontanes. Elle
reſpire & communique une mélancolie pro
fonde & attachante.
Ici, dans les détours de ces ſentiers couverts,
Je jouis du ſoleil, de l'ombre & du ſilence.
O doux calme ! ces chars où s'aſſied l'opulence,
Tous ces travat,x, ce peuple à grands flots agité,
Ces ſons confus qu'élève une vaſte cité,
Des enfans de Bruno ne troublent point l'aſyle :
Le bruit les environne, & leur âme eſt tranquille.
On y trouve nombre de vers comparables
à ces deux-ci :
CeTemple, où chaque aurore entend de ſaints concerts
Sortir d'un long ſilence & monter dans les airs.
Sortir d'un long ſilence, peint avec hardieſſe,
& les aurres expreſſions ſont poétiques &
pleines d'harmonie. Bornons-nous à citer en
core ſept ou huit vers de la même Pièce.
Souvent au ſein des nuits la plainte de l'Amour
Fit gémir les échos du ſombre Monaſtère.
En vain le repouſſant de ſon regard auſtère .
La pénitence veille aſſiſe ſur le ſeuil,
Il entre déguiſé ſous les voiles du deuil.
Au Dieu conſolateur en pleurant il ſe donne.
A Comminge, à Rancé, Dieu ſans doute pardonne ;
4Comminge, à Rancé,quine doit quelques pleurs?&c-
, Nº. 8, 22 Février 1733.
*
17o M E R C U R E ,
Le morceau que M. de Fontanes a imité des
· poéſies erſes , ne nous paroît pas inférieur à
ſa Chartreuſe. La manière en eſt large, har
monieuſe & lyrique.
M. Bérenger, qui a ſouvent enrichi ce
Reeueil de pluſieurs morceaux de poéſie lé
gère , s'eſt exercé plus d'une fois dans la
· grande poéſie. Quoique ſa Pièce ſur l'Hiver,
inſérée dans le Volume de cette année, ne
ſoit pas ſon meilleur Ouvrage, il y a des
détails très heureuſement exprimés, & qui
confirment la réputation qu'il s'eſt acquiſe.
On lit de lui, dans ce même Volume, deux
Pièces dans un autre genre : à mon Hermi
tage, & les deux Chiennes. Ce dernier Ou
vrage eſt plein de grâce & d'intérêt.
M. de Bonneville, qui s'étoit fait connoî
tre avantageuſement par un Dialogue inſéré
l'année dernière, a donné quatre morceaux
de grande poéſie. Ce ſont des imitations,
qui, en laiſſant deſirer quelquefois plus de
correétion & de ſoin , prouvent un talent
qu'on doit encourager. -
Nous ne quitterons pas l'article des grands
vers ſans faire mentiond'un talent plus récent
encore que celui dont nous venons de parler.
Le nom de M. le Chevalier de Rivarol
n'avoit jamais paru dans l'Almanach des Mu
ſes. On concevra une opinion avantageuſe
de ſon talent, d'après une Épître qu'il adre (ie
à M. le Baron de Salis - Marſcheins. En
voici quelques vers : - !
Mais ce globe embrâſé qui s'allume ſans ceſſe, -
D E F R A N C E. 17 r
Pourroit-il, comme nous, éprouver la vieilleſſe ?
O déſaſtre inoui! ſi le flambeau du jour ,
Conſumé par le temps s'éclipſoit ſans retour,
Les planètes en deuil, veuves abandonnées,
Rouleroient dans les cieux, d'ombres environnées;
La déſolation rempliroit l'Univers ;
Les plus ſombres vapeurs infecteroient les airs ;
Le chaos renaîtroit : dans cette nuit impure,
Bientôt un froid mortel glaceroit la Nature. -
L'homme & les animaux pêle-mêle égarés,
Pouſſeroient en mourant des cris déſeſpérés,
Et la mort, de ſon crêpe enveloppant l'abîme,
Se détruiroit enfin pour dernière victime.
M. l'Abbé Aub...., Mme de la Fer., M.
Drobecq , M. G**, & M. de Monvel, ont
traité le genre de la Fable. Celle de M. l'Abbé
Aub....., qui commence le Volume, & qui
eſt un peu moins propre, à être citée depuis
la nouvelle de la paix, eſt ingénieuſe & pi
quante. C'eſt un des meilleurs Ouvrages de
ſen Auteur. Nous ne citerons pas non plus
celle de M. de Monvel, parce qu'elle a déjà
paru dans ce Journal avec les louanges
qu'elle mérite. Nous avons déjà payé à Mme
la Marquiſe de la Fer.... un tribut d'eloges ;
mais chaque Pièce qu'on lit de cette Muſe
ſi intéreſſante, eſt une nouvelle dette que
l'on contracte. Tout ce qui échappe à ſa
plume porte l'empreinte d'un eſprit aimable
& d'un coeur ſenſible. Nous invitons nos
H j
/ ,
172 M E R C U R E
Lecteurs à lire les trois Fables dont elle a
enrichi l'Almanach des Muſes. Nous allons
en citer une plus courte , où l'on trouve de
l'eſprit ſans affectation , & de la préciſion
ſans ſéchereſſe. Celle-ci eſt anonyme.
Le Garde-Chaſſe & les Perdrix , Fable.
DANs une immenſe & riche plaine,
Sur les bords rians de la Seine,
Maintes Perdrix vivoient tranquillement.
Un Garde-Chaſſe vigilant
Les garantiiſoit de l'outrage
De la belette au nez pointu,
De l'émouchet au doigt crochu,
Et des matoux du voifinage.
Tranquilles dans cet hermitage ,
Leurs jours étoient des jours heureux ;
Et ſi Perdrix forment des voeux,
- Elles en ont formé, je gage,
Pour leur protecteur généreux.
Qu'il eſt attentif, diſoient-elles !
Combien nous éprouvons ſes ſoins & ſa bonté !
C'eſt un Dieu deſcendu des voûtes immortelles
Pour préſider à notre sûreté
Dans ces retraites.
Elles ſe trompoient les pauvrettes.
Le temps de la chaſſe arriva,
Et le plomb, plus léger que leurs rapides ailes,
En les attcignant leur prouva
Qu'on ne les gardoit pas pour elles,
D E F R A N C E. 173
Pour les épîtres, poéſies légères cu éroti
ques, nous avons pluſieurs perſonnes à citer
avec éloge. Mme de Bourdic, qui, jeune en -
core, a ſu dejà illuſtrer deux noms * par les
productions de ſon eſprit, eſt connue par
un bon goût de verſification, des penſees
gracieuſes, & un ſtyle piquant & vrai. On
lira d'elle avec plaiſir deux Pièces , l'une
adreſſée à M. Sabbatier , l'autre à Mme la
Vicomtefſe de **.
Une nouvelle rivale s'eſt montrée cette
année dans la carrière poétique ; c'eft Mlle
de Gaudin, dont on lira avec plaiſir un
petit Conte, intitulé : la Raiſon dupe d :
l'Amour. Le talent des jolis vers doit plaire
à un ſexe à qui la Nature a ſur-tout confié
le don de plaire. Le charme de la poéſie de
vient dans ſes mains un nouveau moyen de
ſéduction; il ſoumet à leur eſprit ceux qui
ont échappé à leurs charmes, même ceux
qui n'ont pu les connoître. Mais notre ſexe
re ſe plaindra jamais d'un nouveau danger
qui lui procure de nouvelles jouiſſances.
On trouve dans le mêrne Volume ſix Pièces
de M. de Choiſy, qui confirment les éloges
qu'on a donnés à ſa Muſe ingénieuſe & bril
lante; trois de M. Romans, pleines de vé
rité & de grâce ; deux de M. de la Loup
tière, connu & diſtingué depuis long temps
parmi nos Poëtes érotiques ; & une Épître
* On ſait que c'étoit auparavant Mme la Mar
quiſe d'Entremont.
H iij
174 M E R C U R E
fort gaie & fort piquante de M. le Comte
Raiecki, Polonois, adreſſée à M. Blanchard,
ſur ſon bateau volant. On lira auſſi avec
plaiſir une Épître de M. Mugnerot à M.
Robbé.
On ne doit pas craindre de nous voir ou
blier M. le Chevalier de Parny.Une pareille
diſtraction tiendroit de l'ingratitude. Quand
à un goût ſain, à un ſtyle plein de vérité,
on joint une manière ingénieuſe, & ce char
me indéfiniſſable qui manque plus d'une fois
aux eſprits les plus brillans, on ne doit pas
craindre de produire des impreſſions paſſa
gères, & l'on peut compter ſur un revenu
de gloire en retour du plaiſir qu'on a donné.
M. le C hevalier de Parny a contribué pour
trois Pièces , dignes toutes les trois de ſon
talent depuis long-temps apprécié. Nous al
lons citer la première, parce qu'elle eſt des
plus courtes.
A C H L o É.
SELoN vous, mon ſexe eſt léger ;
Le vôtre nous paroît volage ;
Ce procès qu'on ne peut juger,
Eſt renouvelé d'âge en âge.
Vous prononcez dans ce moment ;
Mais j'appelle de la ſentence.
Croyez-moi, c'eſt injuſtement
Que l'on s'accuſe d'inconſtance.
IL n'eſt point de longues amours,
D E F R A*N C E. 175
J'en conviens ; mais preſque toujours
Votre âme s'abuſe elle-même.
Dans ſa douce crédulité,
Souvent de ſa propre beauté
Elle embellit celui qu'elle aime.
Il a tout du moment qu'il plaît :
Grâce au deſir qu'il a fait naître,
Vous voyez ce qu'il devroit être,
Vous ne voyez plus ce qu'il eſt.
Oui, vous placez ſur ſon viſage
Un maſque façonné par vous;
Et, ſéduite par votre image,
Vous diviniſez votre ouvrage,
Et vous tombez à ſes genoux.
Mais le temps & l'expérience
Écartant ce maſque emprunté,
De l'idole que l'on encenſe,
Montre bientôt la nudité :
On ſe relève avec ſurpriſe ;
On doute encor de ſa mépriſe ;
On cherche d'un oeil affligé
Ce qu'on aimoit, ce que l'on aime ;
L'illuſion n'eſt plus la même,
Et l'on dit : vous avez changé.
Du reproche, ſuivant l'uſage,
On paſſe au refroidiſſement ;
Et tandis qu'on paroît volage,
On eſt détrompé ſeulement.
H iv
176 M E R C U R E
DE s Amantes voilà l hiſtoire,
Chloé; mais, vous pouvez m'en croire,
C'eſt auſſi celle des Amans.
En vain votre coeur en murmure ;
C'eſt la bonne vieille nature
Qui fit tous ces arrangemens.
Quant au remède, je l'ignore.
Sans doute il n'en exiſte aucun ;-
Car le vôtre n'en eſt pas un :
Ne point aimer, c'eſt pis encore.
Il y a cette année fort peu de Coates d'une
certaine étendue. Ceux qui ſe ſont exercés
dans ce genre, ou dans celui des bons mors
rimés qui rentreut dans la même claſſe, ſont
M. Collin , M. Duault, M. D. T. , M.
Guyétand, M. Maſſon de Morvilliers, M.
Pons de Verdun, & M. Pouteau. Le Devin
# n'eſ#pas Sorcier, Conſultation dialoguée,
outient la réputation de gaîté & d'origina
lité que M. Collin s'eſt déjà faite par ſes pre
miers eſſais; le dialogue en eſt fort naturel.
Le Père Laconique , par M. Duault, eſt une
boutade aſſez plaiſante , & il y a beaucoup
de gaîté dans le Préſent incomplet , de M.
Pons de Verdun. Le voici : -
A douze élus qui formoient un Chapitre,
Depuis trois mois, Paul devoit mille fra2cs ;
Mais ſa caſſette, en dépit du bon titre,
Pour les payer, lui demandoit trois ans.
Le verre en main, & les coudes ſur table,
-
D E F R A N C E. 177
Rêvant un jour à ſortir d'embarras,
Il ſe ſouvient qu'il a dans ſon étable
Douze gorets bien tendres & bien gras,
Que fraîchement ſa truye avoit mis bas.
En porter un à chaque vénérable
Pour l'attendrir en lui contant ſon cas,
Eſt un projet que Paul trouve admirable.
« C'eſt le bon Dieu qui m'inſpire ceci !
» Remarque bien, dit il à ſon épouſe,
» Remarque bien que nos gorets ſont douze,
» Et ces Meſſieurs tout juſte douze auſſi. »
Joyeux, Dieu ſait ! le Manant s'endimanche ;
Il va trouver nos Béats en ſecret ;
A chacun d'eux il préſente un goret,
Et chacun d'eux lui promet carte blanche,
Trois ans de plus, comme il le deſircit,
Le lendemain le Chapitre s'aſſemble :
Paul fait alors un grand ſigne de croix :
» Chacun à part m'ayant promis ſa voix,
» J'aurai, dit-il , les deuze voix enſemble ,
» Si qu'il chantoit d'avance alleluia ! »
Quand le Chapitre en ſortant lui ctia :
« Point de quartier , dès demain paye ou tremble. »
Pour le calmer, lors d'un ton papelard,
Chaque Béat le tirant à l'écart,
Lui dit : « mon cher, j'ai parlé fort & ferme
» En ta faveur, & j'ai vingt fois conclu
» Que l'on devcit t'accorder un lorg terme ;
· H v
178 . M E R C U R E. .
» Notre Chapitre ainſi ne l'a voulu. »
Paul, attiiité du refus qu'il eſſuye,
Songe aux gorets; & d'un air ingénu
S'écrie : hélas! que n'ai-je donc connu
Votre Chapitre, il auroit eû ma truye !
Le bon mot qu'a rimé M. Pouteau eſt plaiſant.
Parmi quelques épigrammes, on diſtin
guera celle intitulée : le Repentir , par M.
Maſſon de Morvilliers, connu par de jolis
vers dans plus d'un genre, mais ſur tout par
le tour vif & mordant qu'il ſait donner à
l'épigramme.
Mbs E, alte-là! j'abjure l'épigramme.
Ne peux-tu donc m'inſpirer d'autres chants ?
Comme un forçat, j'ai langui ſur ma rame ;
Qu'ai-je gagné : la haine des méchans.
SI d'un pédant je peins le lourd mérite,
Damon ſe croit déſigné dans mes vers.
Que je perſiffie un rimeur hypocrite,
Cléon me lance un regard de travers.
D'UN mot plaiſant, fi je force à ſe taire
Ces plats grimauds, toujours fi contens d'eux,
Qui vont traînant leur honte héréditaire,
" Damis ſoutient qu'un ſot & lui font deux.
CHANToNs plutôt la candeur, la ſcience,
La modeſtie avec tous ſes attraits;
Et ces Meſſieurs, du moins en conſcience,
Ne crciront plus qu'on faſſe leurs portraits.
D E F R A N C E. 179
Ces vers ſont plaiſans, mais ces Meſſieurs
trouveront que cette réparation eſt pire que
l'offenſe, & qu'un pareil repentir reſſemble
beaucoup à ce qu'on appelle impénitence
finale.
Il nous reſte à parler de la Chanſon. On
en voit très - peu dans le Recueil de cette
année. Il y a de la gaîté dans le Pareffèux,
de M. de Br..., & des détails agréables dans
la Romance & la Chanſon de M. Garnier.
La Romance de M. Grouvelle, intitulée : la
Vieille de ſeize ans , eſt ingenieuſe. Nous !
allons rapporter un couplet de M. L **, qui
nous a paru heureux.
Couplet à une Dame , qui prétendoit que
perdre la raiſon & perdre la memoire ,
étoient la même choſe.
EN dépit de votre argument,
Je prouve le cortraire.
Daignez m'accorder ſeulemen
Un baiſer pour ſalaire.
Si j'obtenois un pareil don
Pour prix de ma victoire,
Je pourrois perdre la raiſon,
Mais non pas la mémoire.
Les jolis couplets de M. A.... ſur un air
d'Albanège, avoient déjà couru manuſcrits,
& on les retrouve avec plaiſir dans ce Re
cueil, ainſi qu'une chanſon guerrière de
M. Berquin, ſi connu par ſes Romances
H vj
18o M E R C U R E
& ſes Idylles, avant de l'être par d'autres
Ouvrages.
Après avoir parcouru les divers genres de
poéſies, pour mettre nes Lecteurs à portee
d'apprécier nos richeſſes de cette année, nous
allons citer d'autres noms qui parent encore
pluſieurs pages de ce Volume. Deux Hom
mes de Lettres fort connus, M. Blin de Sain
mcre & M. de la Harpe, ſe ſont réunis (par
haſard ſans doute ) pour célébrer le Comte
du Nord. Le talent de ces deux Écrivains eſt
connu, & leurs Épîtres répondent à l'idee
qu'en a conçu depuis longtemps le Public.
Nous ne devrions peut-être pas parler de
Voltaire, n'ayant à louer de lui dans ce Re
cueil que quelques détails dans une Épître,
& une fort jolie épigramme. Un pareil éloge,
adreſſé à un auſſi grand nom, eſt trep peu de
choſe , mais il vaut encore mieux acquitter
une dette ſi modique, que de ſe rendre ſuſ
pect d'un oubli criminel.
On lira avec plaiſir , dans ce même Vo
lume, diverſes Pièces de M. le Chevalier de
Loeillard, de M. Doigny, de M. François de
Neufchâteau, de M. Flins, de M. Maréchal,
& de M. de Sauv.**, dont la réputation eſt
fondée ſur des Ouvrages plus importans,
& qui jouiſſent de l'eſtime du Public.
Nous aurions voulu parler auſſi de M. le
Marquis de Villette, de qui on lit tous les
ans quelques Pièces ingénieuſes, de M.
l'Abbé Dourneau, de M. Fallet, de M.
Fréron, de M. Marſ**, de M. de Piis, de
D E F R A N C E. 181
M. Salaur, de M. Vigée, de M. Royou, de
M. Rebel, & c. qui ont contribué avec ſuc
cès à l'Almanach de cette année , mais la
multiplicité des noms qui enrichiſſent ce
Recueil, nous met fort à l'étroit dans les
bornes qui nous ſont preſcrites, & nous
force d'abréger tout à la fois & la critique
& la louange. -
On s'appercevra peut-être auſſi qu'il y a
quelques Ouvrages dont nous n'avons point ,
parle, ceux qui ſont ſouſcrits de notre nom,
en gardant le ſilence ſur ces bagatelles, nous
n'avons pas la prétention de faire dire que
c'eſt par modeſte : Dieu veuille ſeulement
qu'on ne diſe point que c'eſt par juſtice !
( Cet Article eſt de M. Imbert. )
chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint
Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
-
- " " ,
ON ſait que de tous les Recueils Poétiques
qui paroiffent annuellement , l'Almanach
des Muſes eft le plus ancien & le plus ré
pandu. On le donne, on le reçoit en étren
nes , il eſt attendu, deſiré par les Amateurs,
par les jeunes Faiſeurs ſur-tout, qui brûlent
de ſavoir ſi leur nom eſt enregiſtré à ce greffe
poétique ; & l'on ſe demande comment on
trouve le nouvel.Almanach, avec le même
intérêt que met un Agriculteur à demander
ſi la récoltel de l'année eſt bonne ou mau
vaiſe. On n'eſt pas d'accord tous les ans †
ſon degré de mérite ; les opinions ſe parta
gent quelquefois , & plus d'un jugement
qu'on en porte dépend bien moins de la
1 66 M E R C U R E
bonté réelle des poéſies,que du genre de vers
qºi domine dans le Recueil, parce que telle
ou telle eſpèce de poëme a toujours plus ou
moins d'attraits pour les juges, même les
plus éclairés. Souvent auſſi le tribut d'une
année ſe trouve réellement inférieur à celui
des précédentes ; mais, tour-à-tour un peu
moins bien, un peu moins mal, l'Almansch
des Muſes a toujours pafſe pour être le meil
leur de nos Recueils poetiques. Le goût
exercé de l'Éditeur, la confiance méritée des ^
meilleurs Poëtes du jour, concourent à l'en
richir; & ſi depuis quelques années la mort
lui a enlevé ſes plus riches tributaires, une
nouvelle race de Poëtes ſemble ſortir de leur
cendre, & réclamer leur héritage. - .
Cependant, il faut en convenir, ce Re
cueil a perdu, ſinonde ſon mérite,au moins un
peu de ſa nouveauté. Preſque toutes les Pièces
qu'on y inſéroit autrefois n'avoient pas en
core vû le jour ; celles qui le compoſent
aujourd'hui ont paru en partie dans le Mer
cure ou dans 1e Journal de Paris; & la raiſon
de cette différence, c'eſt que le Journal de
Paris n'exiſtoit pas encore, & que les Poëtes
connus dédaignoient alors d'envoyer leurs
productions au Mercure, effrayés peut-être
par ces deux vers plaiſans & énergiques que
· M. Robé avoit appliqués à ce Journal :
· vaſte Clamart, où tant de trépaſſés . #
, Giſſent en paix l'un ſur l'autre entaſſés. -
Mais aujourd'hui que le Joutnal de Par -
•.
- *
D E F R A N C E. I 67
offre aux Poëtes du jour une grande &
prompte célebrité, & que le Mercure, plus
en credit, leur paroît un dépôt plus digne de
leurs Ouvrages , ces deux Journaux ſont de
venus une des mines les plus fécondes dé
l'Almanach des Muſes. En perdant ce degré
de-nouveauté, encore une fois, il n'a rien
perdu de ſon mérite; mais il devroit exciter
moins d'empreſſement , & puiſque ſon ſuccès
eſt toujours le même, c'eſt un nouveau motif
d'eloge pour l'Éditeur.Il eſt vrai qu'il s'y trou
ve encore tous les ans aſſez de vers nouveaux
pour plaire, même à ceux qui courent moins
après le mérite qu'après la nouveauté. -
' Au reſte, cette Collection, qui n'eſt guère
compoſée que de vers faits dans l'année ,
préſente un tableau utile à ceux qui veulent
obſerver les progrès ou la décadence de la
poéſie. On peut y voir les diverſes nuances ſe
prolonger ou diſparoître ſucceſſivemenr; on
peut y découvrir tous les ans quel genre de
poéſie vient de perdre ou de gagner ſous la
plume de nos Écrivains. Cette réflexion nous
inſpire l'idée de changer notre plan pour l'ex
trait que nous devons en faire. Nous parcour
rons les divers genres de poéſie dans leſquels
ſe ſont exercés les Auteurs qui ont contribué
au Volume de l'année; & par cette marche,
que nous ſuivrons dorénavant , nous met
trons nos Lecteurs à portée de voir par eux
imêmes, dans quels genres nos Muſes mo
dernes ont à déplorer leurs pertes, ou à s'éporgueillir
de leurs acquiſitions, . , .
*- -
168 M E R C U R E /
Commençons par la grande poéſſe, & -
mettons M. de Fontanes à la tête de ceux -
qui s'y ſont exercés. Nous aurions deſiré plas -=--
de jet, plus de liberté dans ſa Traduction de -----
l'Ode d'Horace , Sic te diva potezs cypri. *RP ----
-
- -- -z-- - 272
Après avoir dit : | # # r = 3R
Garde, & rends-moi mon cher Virgile, - *= rr --
-
-Asr" -PA"
-
- - --I cI
Il ne falloit pas finir la ſtrophe par ce vers s s **as 2--
qui ſuit immédiatement : | | 2ºº2xs a . -
| .. , , | | o dss, º < rs ;
Garde la moitié de mon coeur. i - T Pr c= F
, -S>5-5 CeS- --^T. - r
parce que l'idée de garde devient froide, Sss rs, º=v=s--
quand, dans le vers qui précède, on y ajoint ssr s#. *ezBAS,s
celle de rends moi , qui ajoute au ſens. Il y Ls s "ºs <is Es, º a auſſi une eſpèce d'irrégularité dans l'arran- | ** les e,s . 1 r .
gement des vers de la quatrième ſtrophe; C)rs t * Fr--
| -- * , ' . . - | * ces ; FS>i> t
L'homme oſe tout : de crime en crime , C ºx-c-; -
- • • - | e - -
Se précipite ſa fureur. vv º º , il §s et Q> sa s
-- • • · · · · l - - > w-ty
Quand ſon eſſor illégitime sºl a * J'sa Ao *age,
- · · · · · · r:
-Eut ravi le feu créateur , | #- c'* S º Ierse
- - «• • . L> La faim, la peſte, aux yeux livides, &e, les <2
. . rº " ux yeux #vide *º Pleins *#rres º#L>-
Le ſens qui finit après le ſecond vers, ne de- , co§ § bar, $ * Pre,
vroit finir qu'après le quatrième, parce que $ *éPc ou # #e- ,
le premier quatraind'une ſtrophe de dixvers si º au ſei *t vre
doit être ſéparé par le ſens des deux tercets 8ºnir ! ºn des nºs
qui la terminent. Cette eſpèce d'enjambe- En vain * éehe, *aits
| ment de phraſe n'eſt plus permiſe aujour- *pé fººPos º ſon
-d'hui. Rien n'eſt impoſſible aux humains, qui l] § #ºs vsii, ºt de r,
ſe trouveplus bas , n'eſt ni aſſez élégant, ni $ désuic "° atTiſz
/ - • " 1 ! ... , · ºu Dis ºstiiſ& G c ſi, aſſez poétique dans une ode # n *Yus l
Nous parlerons avec plus de plaiſir (parce ºteur Sosa - $e > à - e
" | $ ss.§
- 8 , s ^ ncé q *
| & E.2 :9ui ne
|
A Q.§
Su
C
Q.
ſ
U]
le
Y
Oi
· D E , F R A N C E. 169
eue nous avons plus de bien à en dire ) de
ka Chartreuſe de Paris, Pièce où nous avons
retrouvé l'énergie de peinture & de ſenti
ment qui caractériſe M. de Fontanes. Elle
reſpire & communique une mélancolie pro
fonde & attachante.
Ici, dans les détours de ces ſentiers couverts,
Je jouis du ſoleil, de l'ombre & du ſilence.
O doux calme ! ces chars où s'aſſied l'opulence,
Tous ces travat,x, ce peuple à grands flots agité,
Ces ſons confus qu'élève une vaſte cité,
Des enfans de Bruno ne troublent point l'aſyle :
Le bruit les environne, & leur âme eſt tranquille.
On y trouve nombre de vers comparables
à ces deux-ci :
CeTemple, où chaque aurore entend de ſaints concerts
Sortir d'un long ſilence & monter dans les airs.
Sortir d'un long ſilence, peint avec hardieſſe,
& les aurres expreſſions ſont poétiques &
pleines d'harmonie. Bornons-nous à citer en
core ſept ou huit vers de la même Pièce.
Souvent au ſein des nuits la plainte de l'Amour
Fit gémir les échos du ſombre Monaſtère.
En vain le repouſſant de ſon regard auſtère .
La pénitence veille aſſiſe ſur le ſeuil,
Il entre déguiſé ſous les voiles du deuil.
Au Dieu conſolateur en pleurant il ſe donne.
A Comminge, à Rancé, Dieu ſans doute pardonne ;
4Comminge, à Rancé,quine doit quelques pleurs?&c-
, Nº. 8, 22 Février 1733.
*
17o M E R C U R E ,
Le morceau que M. de Fontanes a imité des
· poéſies erſes , ne nous paroît pas inférieur à
ſa Chartreuſe. La manière en eſt large, har
monieuſe & lyrique.
M. Bérenger, qui a ſouvent enrichi ce
Reeueil de pluſieurs morceaux de poéſie lé
gère , s'eſt exercé plus d'une fois dans la
· grande poéſie. Quoique ſa Pièce ſur l'Hiver,
inſérée dans le Volume de cette année, ne
ſoit pas ſon meilleur Ouvrage, il y a des
détails très heureuſement exprimés, & qui
confirment la réputation qu'il s'eſt acquiſe.
On lit de lui, dans ce même Volume, deux
Pièces dans un autre genre : à mon Hermi
tage, & les deux Chiennes. Ce dernier Ou
vrage eſt plein de grâce & d'intérêt.
M. de Bonneville, qui s'étoit fait connoî
tre avantageuſement par un Dialogue inſéré
l'année dernière, a donné quatre morceaux
de grande poéſie. Ce ſont des imitations,
qui, en laiſſant deſirer quelquefois plus de
correétion & de ſoin , prouvent un talent
qu'on doit encourager. -
Nous ne quitterons pas l'article des grands
vers ſans faire mentiond'un talent plus récent
encore que celui dont nous venons de parler.
Le nom de M. le Chevalier de Rivarol
n'avoit jamais paru dans l'Almanach des Mu
ſes. On concevra une opinion avantageuſe
de ſon talent, d'après une Épître qu'il adre (ie
à M. le Baron de Salis - Marſcheins. En
voici quelques vers : - !
Mais ce globe embrâſé qui s'allume ſans ceſſe, -
D E F R A N C E. 17 r
Pourroit-il, comme nous, éprouver la vieilleſſe ?
O déſaſtre inoui! ſi le flambeau du jour ,
Conſumé par le temps s'éclipſoit ſans retour,
Les planètes en deuil, veuves abandonnées,
Rouleroient dans les cieux, d'ombres environnées;
La déſolation rempliroit l'Univers ;
Les plus ſombres vapeurs infecteroient les airs ;
Le chaos renaîtroit : dans cette nuit impure,
Bientôt un froid mortel glaceroit la Nature. -
L'homme & les animaux pêle-mêle égarés,
Pouſſeroient en mourant des cris déſeſpérés,
Et la mort, de ſon crêpe enveloppant l'abîme,
Se détruiroit enfin pour dernière victime.
M. l'Abbé Aub...., Mme de la Fer., M.
Drobecq , M. G**, & M. de Monvel, ont
traité le genre de la Fable. Celle de M. l'Abbé
Aub....., qui commence le Volume, & qui
eſt un peu moins propre, à être citée depuis
la nouvelle de la paix, eſt ingénieuſe & pi
quante. C'eſt un des meilleurs Ouvrages de
ſen Auteur. Nous ne citerons pas non plus
celle de M. de Monvel, parce qu'elle a déjà
paru dans ce Journal avec les louanges
qu'elle mérite. Nous avons déjà payé à Mme
la Marquiſe de la Fer.... un tribut d'eloges ;
mais chaque Pièce qu'on lit de cette Muſe
ſi intéreſſante, eſt une nouvelle dette que
l'on contracte. Tout ce qui échappe à ſa
plume porte l'empreinte d'un eſprit aimable
& d'un coeur ſenſible. Nous invitons nos
H j
/ ,
172 M E R C U R E
Lecteurs à lire les trois Fables dont elle a
enrichi l'Almanach des Muſes. Nous allons
en citer une plus courte , où l'on trouve de
l'eſprit ſans affectation , & de la préciſion
ſans ſéchereſſe. Celle-ci eſt anonyme.
Le Garde-Chaſſe & les Perdrix , Fable.
DANs une immenſe & riche plaine,
Sur les bords rians de la Seine,
Maintes Perdrix vivoient tranquillement.
Un Garde-Chaſſe vigilant
Les garantiiſoit de l'outrage
De la belette au nez pointu,
De l'émouchet au doigt crochu,
Et des matoux du voifinage.
Tranquilles dans cet hermitage ,
Leurs jours étoient des jours heureux ;
Et ſi Perdrix forment des voeux,
- Elles en ont formé, je gage,
Pour leur protecteur généreux.
Qu'il eſt attentif, diſoient-elles !
Combien nous éprouvons ſes ſoins & ſa bonté !
C'eſt un Dieu deſcendu des voûtes immortelles
Pour préſider à notre sûreté
Dans ces retraites.
Elles ſe trompoient les pauvrettes.
Le temps de la chaſſe arriva,
Et le plomb, plus léger que leurs rapides ailes,
En les attcignant leur prouva
Qu'on ne les gardoit pas pour elles,
D E F R A N C E. 173
Pour les épîtres, poéſies légères cu éroti
ques, nous avons pluſieurs perſonnes à citer
avec éloge. Mme de Bourdic, qui, jeune en -
core, a ſu dejà illuſtrer deux noms * par les
productions de ſon eſprit, eſt connue par
un bon goût de verſification, des penſees
gracieuſes, & un ſtyle piquant & vrai. On
lira d'elle avec plaiſir deux Pièces , l'une
adreſſée à M. Sabbatier , l'autre à Mme la
Vicomtefſe de **.
Une nouvelle rivale s'eſt montrée cette
année dans la carrière poétique ; c'eft Mlle
de Gaudin, dont on lira avec plaiſir un
petit Conte, intitulé : la Raiſon dupe d :
l'Amour. Le talent des jolis vers doit plaire
à un ſexe à qui la Nature a ſur-tout confié
le don de plaire. Le charme de la poéſie de
vient dans ſes mains un nouveau moyen de
ſéduction; il ſoumet à leur eſprit ceux qui
ont échappé à leurs charmes, même ceux
qui n'ont pu les connoître. Mais notre ſexe
re ſe plaindra jamais d'un nouveau danger
qui lui procure de nouvelles jouiſſances.
On trouve dans le mêrne Volume ſix Pièces
de M. de Choiſy, qui confirment les éloges
qu'on a donnés à ſa Muſe ingénieuſe & bril
lante; trois de M. Romans, pleines de vé
rité & de grâce ; deux de M. de la Loup
tière, connu & diſtingué depuis long temps
parmi nos Poëtes érotiques ; & une Épître
* On ſait que c'étoit auparavant Mme la Mar
quiſe d'Entremont.
H iij
174 M E R C U R E
fort gaie & fort piquante de M. le Comte
Raiecki, Polonois, adreſſée à M. Blanchard,
ſur ſon bateau volant. On lira auſſi avec
plaiſir une Épître de M. Mugnerot à M.
Robbé.
On ne doit pas craindre de nous voir ou
blier M. le Chevalier de Parny.Une pareille
diſtraction tiendroit de l'ingratitude. Quand
à un goût ſain, à un ſtyle plein de vérité,
on joint une manière ingénieuſe, & ce char
me indéfiniſſable qui manque plus d'une fois
aux eſprits les plus brillans, on ne doit pas
craindre de produire des impreſſions paſſa
gères, & l'on peut compter ſur un revenu
de gloire en retour du plaiſir qu'on a donné.
M. le C hevalier de Parny a contribué pour
trois Pièces , dignes toutes les trois de ſon
talent depuis long-temps apprécié. Nous al
lons citer la première, parce qu'elle eſt des
plus courtes.
A C H L o É.
SELoN vous, mon ſexe eſt léger ;
Le vôtre nous paroît volage ;
Ce procès qu'on ne peut juger,
Eſt renouvelé d'âge en âge.
Vous prononcez dans ce moment ;
Mais j'appelle de la ſentence.
Croyez-moi, c'eſt injuſtement
Que l'on s'accuſe d'inconſtance.
IL n'eſt point de longues amours,
D E F R A*N C E. 175
J'en conviens ; mais preſque toujours
Votre âme s'abuſe elle-même.
Dans ſa douce crédulité,
Souvent de ſa propre beauté
Elle embellit celui qu'elle aime.
Il a tout du moment qu'il plaît :
Grâce au deſir qu'il a fait naître,
Vous voyez ce qu'il devroit être,
Vous ne voyez plus ce qu'il eſt.
Oui, vous placez ſur ſon viſage
Un maſque façonné par vous;
Et, ſéduite par votre image,
Vous diviniſez votre ouvrage,
Et vous tombez à ſes genoux.
Mais le temps & l'expérience
Écartant ce maſque emprunté,
De l'idole que l'on encenſe,
Montre bientôt la nudité :
On ſe relève avec ſurpriſe ;
On doute encor de ſa mépriſe ;
On cherche d'un oeil affligé
Ce qu'on aimoit, ce que l'on aime ;
L'illuſion n'eſt plus la même,
Et l'on dit : vous avez changé.
Du reproche, ſuivant l'uſage,
On paſſe au refroidiſſement ;
Et tandis qu'on paroît volage,
On eſt détrompé ſeulement.
H iv
176 M E R C U R E
DE s Amantes voilà l hiſtoire,
Chloé; mais, vous pouvez m'en croire,
C'eſt auſſi celle des Amans.
En vain votre coeur en murmure ;
C'eſt la bonne vieille nature
Qui fit tous ces arrangemens.
Quant au remède, je l'ignore.
Sans doute il n'en exiſte aucun ;-
Car le vôtre n'en eſt pas un :
Ne point aimer, c'eſt pis encore.
Il y a cette année fort peu de Coates d'une
certaine étendue. Ceux qui ſe ſont exercés
dans ce genre, ou dans celui des bons mors
rimés qui rentreut dans la même claſſe, ſont
M. Collin , M. Duault, M. D. T. , M.
Guyétand, M. Maſſon de Morvilliers, M.
Pons de Verdun, & M. Pouteau. Le Devin
# n'eſ#pas Sorcier, Conſultation dialoguée,
outient la réputation de gaîté & d'origina
lité que M. Collin s'eſt déjà faite par ſes pre
miers eſſais; le dialogue en eſt fort naturel.
Le Père Laconique , par M. Duault, eſt une
boutade aſſez plaiſante , & il y a beaucoup
de gaîté dans le Préſent incomplet , de M.
Pons de Verdun. Le voici : -
A douze élus qui formoient un Chapitre,
Depuis trois mois, Paul devoit mille fra2cs ;
Mais ſa caſſette, en dépit du bon titre,
Pour les payer, lui demandoit trois ans.
Le verre en main, & les coudes ſur table,
-
D E F R A N C E. 177
Rêvant un jour à ſortir d'embarras,
Il ſe ſouvient qu'il a dans ſon étable
Douze gorets bien tendres & bien gras,
Que fraîchement ſa truye avoit mis bas.
En porter un à chaque vénérable
Pour l'attendrir en lui contant ſon cas,
Eſt un projet que Paul trouve admirable.
« C'eſt le bon Dieu qui m'inſpire ceci !
» Remarque bien, dit il à ſon épouſe,
» Remarque bien que nos gorets ſont douze,
» Et ces Meſſieurs tout juſte douze auſſi. »
Joyeux, Dieu ſait ! le Manant s'endimanche ;
Il va trouver nos Béats en ſecret ;
A chacun d'eux il préſente un goret,
Et chacun d'eux lui promet carte blanche,
Trois ans de plus, comme il le deſircit,
Le lendemain le Chapitre s'aſſemble :
Paul fait alors un grand ſigne de croix :
» Chacun à part m'ayant promis ſa voix,
» J'aurai, dit-il , les deuze voix enſemble ,
» Si qu'il chantoit d'avance alleluia ! »
Quand le Chapitre en ſortant lui ctia :
« Point de quartier , dès demain paye ou tremble. »
Pour le calmer, lors d'un ton papelard,
Chaque Béat le tirant à l'écart,
Lui dit : « mon cher, j'ai parlé fort & ferme
» En ta faveur, & j'ai vingt fois conclu
» Que l'on devcit t'accorder un lorg terme ;
· H v
178 . M E R C U R E. .
» Notre Chapitre ainſi ne l'a voulu. »
Paul, attiiité du refus qu'il eſſuye,
Songe aux gorets; & d'un air ingénu
S'écrie : hélas! que n'ai-je donc connu
Votre Chapitre, il auroit eû ma truye !
Le bon mot qu'a rimé M. Pouteau eſt plaiſant.
Parmi quelques épigrammes, on diſtin
guera celle intitulée : le Repentir , par M.
Maſſon de Morvilliers, connu par de jolis
vers dans plus d'un genre, mais ſur tout par
le tour vif & mordant qu'il ſait donner à
l'épigramme.
Mbs E, alte-là! j'abjure l'épigramme.
Ne peux-tu donc m'inſpirer d'autres chants ?
Comme un forçat, j'ai langui ſur ma rame ;
Qu'ai-je gagné : la haine des méchans.
SI d'un pédant je peins le lourd mérite,
Damon ſe croit déſigné dans mes vers.
Que je perſiffie un rimeur hypocrite,
Cléon me lance un regard de travers.
D'UN mot plaiſant, fi je force à ſe taire
Ces plats grimauds, toujours fi contens d'eux,
Qui vont traînant leur honte héréditaire,
" Damis ſoutient qu'un ſot & lui font deux.
CHANToNs plutôt la candeur, la ſcience,
La modeſtie avec tous ſes attraits;
Et ces Meſſieurs, du moins en conſcience,
Ne crciront plus qu'on faſſe leurs portraits.
D E F R A N C E. 179
Ces vers ſont plaiſans, mais ces Meſſieurs
trouveront que cette réparation eſt pire que
l'offenſe, & qu'un pareil repentir reſſemble
beaucoup à ce qu'on appelle impénitence
finale.
Il nous reſte à parler de la Chanſon. On
en voit très - peu dans le Recueil de cette
année. Il y a de la gaîté dans le Pareffèux,
de M. de Br..., & des détails agréables dans
la Romance & la Chanſon de M. Garnier.
La Romance de M. Grouvelle, intitulée : la
Vieille de ſeize ans , eſt ingenieuſe. Nous !
allons rapporter un couplet de M. L **, qui
nous a paru heureux.
Couplet à une Dame , qui prétendoit que
perdre la raiſon & perdre la memoire ,
étoient la même choſe.
EN dépit de votre argument,
Je prouve le cortraire.
Daignez m'accorder ſeulemen
Un baiſer pour ſalaire.
Si j'obtenois un pareil don
Pour prix de ma victoire,
Je pourrois perdre la raiſon,
Mais non pas la mémoire.
Les jolis couplets de M. A.... ſur un air
d'Albanège, avoient déjà couru manuſcrits,
& on les retrouve avec plaiſir dans ce Re
cueil, ainſi qu'une chanſon guerrière de
M. Berquin, ſi connu par ſes Romances
H vj
18o M E R C U R E
& ſes Idylles, avant de l'être par d'autres
Ouvrages.
Après avoir parcouru les divers genres de
poéſies, pour mettre nes Lecteurs à portee
d'apprécier nos richeſſes de cette année, nous
allons citer d'autres noms qui parent encore
pluſieurs pages de ce Volume. Deux Hom
mes de Lettres fort connus, M. Blin de Sain
mcre & M. de la Harpe, ſe ſont réunis (par
haſard ſans doute ) pour célébrer le Comte
du Nord. Le talent de ces deux Écrivains eſt
connu, & leurs Épîtres répondent à l'idee
qu'en a conçu depuis longtemps le Public.
Nous ne devrions peut-être pas parler de
Voltaire, n'ayant à louer de lui dans ce Re
cueil que quelques détails dans une Épître,
& une fort jolie épigramme. Un pareil éloge,
adreſſé à un auſſi grand nom, eſt trep peu de
choſe , mais il vaut encore mieux acquitter
une dette ſi modique, que de ſe rendre ſuſ
pect d'un oubli criminel.
On lira avec plaiſir , dans ce même Vo
lume, diverſes Pièces de M. le Chevalier de
Loeillard, de M. Doigny, de M. François de
Neufchâteau, de M. Flins, de M. Maréchal,
& de M. de Sauv.**, dont la réputation eſt
fondée ſur des Ouvrages plus importans,
& qui jouiſſent de l'eſtime du Public.
Nous aurions voulu parler auſſi de M. le
Marquis de Villette, de qui on lit tous les
ans quelques Pièces ingénieuſes, de M.
l'Abbé Dourneau, de M. Fallet, de M.
Fréron, de M. Marſ**, de M. de Piis, de
D E F R A N C E. 181
M. Salaur, de M. Vigée, de M. Royou, de
M. Rebel, & c. qui ont contribué avec ſuc
cès à l'Almanach de cette année , mais la
multiplicité des noms qui enrichiſſent ce
Recueil, nous met fort à l'étroit dans les
bornes qui nous ſont preſcrites, & nous
force d'abréger tout à la fois & la critique
& la louange. -
On s'appercevra peut-être auſſi qu'il y a
quelques Ouvrages dont nous n'avons point ,
parle, ceux qui ſont ſouſcrits de notre nom,
en gardant le ſilence ſur ces bagatelles, nous
n'avons pas la prétention de faire dire que
c'eſt par modeſte : Dieu veuille ſeulement
qu'on ne diſe point que c'eſt par juſtice !
( Cet Article eſt de M. Imbert. )
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Résumé : ALMANACH des Muses, 1783. A Paris, chez Delalain l'aîné, Libraire, rue Saint-Jacques, vis à-vis celle du Plâtre.
L'Almanach des Muses, publié en 1783 à Paris par Delalain l'aîné, est le plus ancien et le plus répandu des recueils poétiques annuels. Il suscite un grand intérêt parmi les amateurs et les jeunes poètes, qui espèrent y voir leurs œuvres publiées. Les avis sur sa qualité varient chaque année, souvent en fonction du genre de poèmes dominants. Bien que certains contributeurs célèbres aient disparu, une nouvelle génération de poètes émerge. Cependant, l'Almanach a perdu une partie de sa nouveauté, car beaucoup des pièces qu'il contient ont déjà été publiées dans le Mercure ou le Journal de Paris. Ces journaux sont devenus des sources importantes pour l'Almanach, offrant aux poètes une célébrité rapide et un dépôt digne de leurs œuvres. Malgré cela, l'Almanach reste apprécié pour ses vers nouveaux et offre un tableau des progrès ou de la décadence de la poésie. Le texte critique la traduction d'une ode d'Horace par M. de Fontanes, notant des erreurs de style et de rythme, tout en louant la 'Chartreuse de Paris' de M. de Fontanes pour son énergie et sa mélancolie attachante. La critique littéraire porte également sur divers poèmes et auteurs, soulignant leurs talents respectifs en poésie. Parmi les œuvres mentionnées figurent celles de M. Bérenger, M. de Bonneville, et le Chevalier de Rivarol. Des fables de l'Abbé Aub..., Mme de la Fer..., M. Drobecq, et M. de Monvel sont également commentées, avec des éloges pour leur ingéniosité et leur sensibilité. Le texte se termine par des mentions de poésies légères et érotiques, notant les contributions de Mme de Bourdic et Mlle de Gaudin, appréciées pour leur charme et leur capacité à séduire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12008
p. 90-96
« NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...] »
Début :
NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...]
Mots clefs :
Paris, Prix, Tablettes de bouillon, Auteur, Libraire, Ouvrage, Femmes, Volumes, Broché, Clavecin, Architecture, Observations, Public, Succès, Avantages, Temps, Contes, Figures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...] »
Novv EAv Traité d'Architecture-Pratique , con>
cernant la manière de bâtir ſoiidement, avec les
Obſervations néceſſaires ſur le choix, la qualités
l'emploi & le prix des matériaux, ſur le ſalaire de
chaque eſpèce d'Ouvriers ; ſuivi d'un Traité de Géo
mé rie, par J. F. Mourcy, Appareilieut, Inſpecteur
& Toiſeur des Bâtimens du Roi. 1 Vol. in - S°.,
avec huit Planchès, Il contient la maçonnerie, char-,
pente, couverture , brique , carrelage , fouille de
terre glaiſe, vuidange, pavés de grès & blocage. .
Cet Ouvrage utile aux Gens de l'Art & aux Par
ticuliers qui ont à conſtruire à neuf ou en répara
tions a été imprimé & p blié au mois d'Avril der
nier; c'eſt à ce moment même que la vente s'en eſt
trouvée tout-à-coup arrêtée par la mort de l'Auteur.
La Perſonne qui eſt reſtée chargée d'en ſuivre le
débit, ayant moins d'égard au profit qu'à l'extrême
utilité dont cet Ouvrage eſt jugé devoir être aux
Élèves d'Architecture, & même aux Quvriers, a cru
devoir le fixer au prix ie plus bas. c'eſt pourquoi elle
prévient le Public que ce Livre continuera de ſe
débiter au prix de 4 liv. broché & ; liv. rclié. A
I, E , F R A N C E. 91
Paris, chez la Veuve de l'Auteur, rue S. Antoine,
au coin de celle de Jouy; chez M. Mareux, & chez
L. Cellot, Imprimeur- Libraire, rue des grands Au
guſtins ; Alexandre Jombert jeune, Libraire, rue
Dauphine, n°. 1 1 6 ; Prauit, quai de Gêvres.
PR é c 1 s de la Prononciation Angloiſe pour les
voyelles ſirples a, e, i, o, u, y, en proſe & en
vers, à l'uſage des Dames, par M. Drobecq, Mem
bre du Muſée de Paris, & Correſpondant du Cercfe
des Philadelphes du Cap François ; Brochure de
16 pages in-8°. A Paris, chez l'Auteur, rue Dau
phine, au Muſée de Paris. -
C'eſt le comrnentcment d'un Ouvrage dont l'Au
teur donnera la ſuite, ſi ce premier Eſſai plaît aux
Amateurs des Langues étrangères.
CoN Frss roN générale de l'année 178 ;, Bro
chure in-16 de 46 pages. A Iſpahan; & ſe trouve à
Paris, chez Buiſſon, Libraire, hôtel de Meſgrigny,
rue des Poitevins. - -
· Le but de cette bagatelle eſt de faire paſſer en
revue ſous la forme d'une Confeſſion faite pour l'an
née 1785, avant de mourir les principaux faits dont
elle a été le témoin. On y trouve des traits d'eſprit
& de gaîté. -
DE s Mºyens de conſerver la ſanté des Blancs &
des Nigres aux Antilles ou climats chauds & humides
de l Amérique.in-8°. A St-Domingue; & ſe trouve à
Paris, chez Méquignon l'aîné, Libraire, rue des
Cordelicrs. - # 1
Cet Ouvrage a été fait ſur les lieux mêmes ; ce
qui eſt un préjugé, pour les obſervations que
rapporte l'Auteur, & pour les méthodes curative1
qu'il indique. -
92 | | | M E R C U R E ,
- rAB L ETTEs de Bouillon, économiques, propres
aux uſages domeſtiques & pour la Marine. A Paris,
chez le ſieur de Lavoiepierre, rue Saint Honoré,
hôtel des Américains. Prix, 8 liv. la livre ou les
trente-deux Tablettes. - -
· On ſait que le ſieur de Lavoiepierre a toujours .
eu pour objet de procurer au Public les comeſtibles
qui peuvent lui être utiles ou agréables, & ſon zèle
induſtrieux a toujours obtenu la confiance du Public.
Ayant reconnu l'utilité des Tablettes de Bouillon, il
s'eſt appliqué à leur fabrication, & ſon ſuccès ne lui
A laiſſoit plus rien à deſirer quant à la qualité; mais le
prix exceſſif auquel il étoit obligé de les vendre, l'a
déterminé à rechercher un pays cu les viandes fuiſent
abondantes, à bas prix & d'une excellente qualité.
Ayant trouvé ces avantages dans le fond du Nord,
il y a formé avec un de ſes Correſpondaiis, à qui il
a ccmmuniqué ſes procédés, un établiſſement pour
-
: -
la compoſiion de ces Tablettes.
Avantages des Tablettes de Bouillon. On peut,
par leur moyen, ſeprocurer en un mom nt, partout
ou l'on ſe trouve, un Bouillon ou un Pota e auſſi
ſain & auſſi agréable que ie Bouillon le mieux fait.
Elles ſoutiennent le paſſage de l'Equat ur, & ſe con
ſervent pluſieurs années en les tenant renfermées &
au ſec dans les b ëtes avec leſquelles on les vend. .
La manière de les employer eſt ſimple & facile. Il
ne s'agit que de me tre une Tablette dc demi-once
pour chaque demi - ſeptier ( ou demie livre) d'eau
bouilante , y ajoutant une pincée de ſel ; on remue
avec la cuiller, & le Bouillon eſt fait. L'on en fait
une ſoupe ou un lºotage à ſa volonté. #
Outre les avantages ci d ſſus, les circonſtances
où ces Tablettes peuvent être utiles ſont à l'infini,
puiſqu'elles peuvent toujours remp'acer le Bouillon,
& † elies ſervent dans bien des cas où le Beuillon
n'eſt pas ſuffiſant.
D E F R A N C E. , 3.
Le Bouillon ordinaire eſt ſouvent foible & plat,
parce qu'on n'y a pas mis aſſez de viande; ou parce
qu'elle n'a pas été cuite aſſe g temps , on y fait
fondre une ou deux de ces Tablettes ; & le Bouillon
reprend du corps & du goût, & c. - -
" Les perſonnes qui en demanderont, voudront bien
joindie à leur lettre en mandat ſur quelque maiſon
à Paris, pour en recevoir le payement. |
TRAITÉ de la Pêche, ou l'Art de ſoumettre les
Poiſſons à l empire de l'homme, par M. Buc'hcz,
Auteur de diff rens Ouvrages économiques, Volume
, in-12. P1ir, 2 liv. broche. A Paris, chez Guillot,
Libraire, rue Saizt Jacques.
SIG e VARr, dédié aux Ames ſenſibles; Roman
traduit de l'Allemand, par M. de Lavaux. A Paris,
chez Volland, Libraire, quai des Auguſtins.
Sigevart, le plus jeune des fils d'un Bailli d'un
petit Vi lage de Souabe, deſtiné dès fa première jeu
neſſe par ſon gcût & la volonté de ſes parens, à la
Profeſſion Religieuſe chez les Capucins de leur Vil
lage, partit de chez lui pour aller faire ſes premières
études à Hambourg : de-là il paſſa dans l'Univerſité
d'Ingolſtad, où il ſe prit d'une vive paſſion pour la
filie d'un Conſeiller auquel il avoit été recommandé:
ce goût lui fit bisetôt oublier ſa première deſtina- .
tion ; il rechercha les moyers de vivre dans le
monde, & de s'unir avec l'objet qui avoit fait naître
& qui partageoit ſon amour. Les divers événemens
que Sigevart épreuva pendant le cours de ſes études,
& le maiheureux ſuccès de ſes amours, le contrai
gnirent de revenir à ſes anciens projets, & à prendre
i'habit de Capucin. On voit qu'il n'y a rien de mer
veilleux dans ce plan. Les divers événemens qui for
ment l'Cuvrage,excitent de temps en temps la cu
rioſité; mais on n'y remarque rien, pas même le
- M E R C U R. E -
: ſtyle, qui puiſſe faire mettre ce Roman au-deſſus de
la claſſe ſi nombreuſe de ceux qui ſe font lire avec
quelque plaiſir, & dont il ne reſte rien dans la mé
moire. • * .
, -
L E s Femmes comme il convient de les voir, ou
Appelgu de ce que les Femmes ont été, de ce qu'elles
ſont & de ce qu'elles pourroient être. A Londres , &
ſe trouve à Paris, paſſage des Jacobins, rue Saint
Jacques. - - -
Les Hommes & les Femmes ont, en ſortant des
mains de la Nature, les mêmes moyens & les mêmes
diſpoſitions, & la ſeule éducation occaſionne les dif
férences qu'il y a entre les deux ſexes : voilà ce que
l'Auteur vcudroit prouver dans la première Partie de
ſon Ouvrage. · · · · · - · s
La deuxième contient la nomenclature de toutes
les Femmes qui ſe ſont rendues célèbres chez les
divers Peuples. - - -
La troiſième préſente l'examen particulier de ce
que les Femmes ſont actuellement en France, & de
ce qu'elics pourroient y être ; er fin l'Auteur propoſe
un Etabliſiement au moyen duquel les Femmes
ſeroient aſſociées à la gloire de leurs maris, & pour
roieñt par conſéquent partager avec eux les Hon
neurs, les Grades, les Cordons, &c. On ſait com
bien on a déjà écrit, & combien on pourroit écrire
encore ſur cette matière, même après avoir lu cet
Ouvrage, qui nous a paru ne contenir aucune
vue nouvelle. Nous croyors d'ailleurs que quel
ques-uns des moyens qu'il propoſe en élevant un
ſexe, humilieroient bien l'autre Il ſeroit plaiſant
· en effet de voir une femme Maréchale de France,
, & décorée du Ccrdon Bleu, tandis que ſon mari
aurcit à peine la Croix de S. Louis. ' ' »
PARIs & la Province, çt, Choix des plus beaux
D E- F R A N C E.' 95
Monumens d'Architecture anciens & modernes ent
France, deſſiné par M. Teſtard, & gravé en cou
leur par J. A. Lecampion, quartier de la Cité, Prix,
6 liv. A Paris, chez l'Auteur , rue Saint Jacques,
n°. 8 , & Leſclapart, Libraire , rue du Rcule,
n°. I I. -
Cette première Livraiſon nous a paru bien exécu
tée, & l'on y lit des explications qui offrent des dé
tails curieux & des obſervations piquantes.
L E Cabinet des Fées, ou Colleciien choiſie dºs
Contes des Fées & autres Cortes merveilleux ornés
de Figures, treizième Livraiſºn, Tomes XXV &
XXVI , contenant les nouveaux Contes Orientaux
· par M le Comte de Caylus , les Contes de Mont
crif, la Reine fantaſque de J. J Rouſſeau, la Belle
& la Bête, & les Veilléesde Theſſalie.
- Cette Collection formera 3 1 Volumes in 8°.,
dont le prix eſt de 3 liv. 12 ſols le Volume broché
avec 3 Planches. -
Le ſuccès qu'elle a obtenu a engagé l'Editeur à
prendre des arrangemens pour une autre Edition en
3 1 Volumes in-12 avec les mêmes Figures de l'in
· 8°., dont le prix eſt de 2 liv. 8 ſols le Volume
broché, & pour une autre Edition en 3 1 Volumes
in 12 ſans Figures, dont le prix eſt de 1 liv. 1 5 ſols
· le Volume broché. Il en paroît actuellement 1 2 Vol.
On s'inſcrit pour les diverſes Editions à Paris,
chez Ci1chet, Libraire-Editeur des OEuvres de le
' Sage & Prévoſt; & à Genève, chez Barde , Mauget
& Compagnie , Imprimeurs-Libraires.
Nota. On prévient M M. les Souſcripteurs qu'il
y aura un Supplément de ſix Volumes qu'on aura
la liberté de prendre ou de laiſſer. Au moyen de ce
· Supplément , la Collectionentière aura 3 6 Volumes
tant in-8°. qu'in - 12, ſans y comprendre un ou
deux Volumes de Notices ſur la Vie des Auteurs.
96 M E R C U R E
: Nvx # Ros 28 à 33 des Feuilles de Terpſychore
pour la Harpe & pour le Clavecin , contenant la
Romance de Nina , &c. Prix, 1 liv. 4 ſols chaque
Cahier. Abonnement pour cinquante-deux Numéros
3o liv. pour chaque Inſtrument. A Paris, chez Cou
ſineau père & fils, Luthiers de la Reine, rue des
Poulies. - - - -
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TRro concertant pour le Clavecin , F/ûte &
Alto, par M. A. Kuhn, OEuvre V. Prix, 3 liv.
12 ſols, faiſant le Numéro 3o du Journal-de Pièces
de Clavecin par différens Auteurs. — Trois Sonates
pour le Clavecin , Violon & Violonceile, par M.
Joſeph Hayden, OEuvre XLV, neuvième Livre de
Clavecin. Prix, 7 liv. 4 ſols. — Six Romances &
ſix Rondeaux pour le Piano ou la Harpe, deux
Violons ad libitum , par M. Julien Navoigille,
GEuvre IV. Prix, 7 liv. 4 ſols. A Paris, cbez M.
Boyer, Marchand de Muſique, rue de Richelieu,
ancien Café de Foy, & Mme Lemenu, rue du
Roule, à la Clef d'or.
cernant la manière de bâtir ſoiidement, avec les
Obſervations néceſſaires ſur le choix, la qualités
l'emploi & le prix des matériaux, ſur le ſalaire de
chaque eſpèce d'Ouvriers ; ſuivi d'un Traité de Géo
mé rie, par J. F. Mourcy, Appareilieut, Inſpecteur
& Toiſeur des Bâtimens du Roi. 1 Vol. in - S°.,
avec huit Planchès, Il contient la maçonnerie, char-,
pente, couverture , brique , carrelage , fouille de
terre glaiſe, vuidange, pavés de grès & blocage. .
Cet Ouvrage utile aux Gens de l'Art & aux Par
ticuliers qui ont à conſtruire à neuf ou en répara
tions a été imprimé & p blié au mois d'Avril der
nier; c'eſt à ce moment même que la vente s'en eſt
trouvée tout-à-coup arrêtée par la mort de l'Auteur.
La Perſonne qui eſt reſtée chargée d'en ſuivre le
débit, ayant moins d'égard au profit qu'à l'extrême
utilité dont cet Ouvrage eſt jugé devoir être aux
Élèves d'Architecture, & même aux Quvriers, a cru
devoir le fixer au prix ie plus bas. c'eſt pourquoi elle
prévient le Public que ce Livre continuera de ſe
débiter au prix de 4 liv. broché & ; liv. rclié. A
I, E , F R A N C E. 91
Paris, chez la Veuve de l'Auteur, rue S. Antoine,
au coin de celle de Jouy; chez M. Mareux, & chez
L. Cellot, Imprimeur- Libraire, rue des grands Au
guſtins ; Alexandre Jombert jeune, Libraire, rue
Dauphine, n°. 1 1 6 ; Prauit, quai de Gêvres.
PR é c 1 s de la Prononciation Angloiſe pour les
voyelles ſirples a, e, i, o, u, y, en proſe & en
vers, à l'uſage des Dames, par M. Drobecq, Mem
bre du Muſée de Paris, & Correſpondant du Cercfe
des Philadelphes du Cap François ; Brochure de
16 pages in-8°. A Paris, chez l'Auteur, rue Dau
phine, au Muſée de Paris. -
C'eſt le comrnentcment d'un Ouvrage dont l'Au
teur donnera la ſuite, ſi ce premier Eſſai plaît aux
Amateurs des Langues étrangères.
CoN Frss roN générale de l'année 178 ;, Bro
chure in-16 de 46 pages. A Iſpahan; & ſe trouve à
Paris, chez Buiſſon, Libraire, hôtel de Meſgrigny,
rue des Poitevins. - -
· Le but de cette bagatelle eſt de faire paſſer en
revue ſous la forme d'une Confeſſion faite pour l'an
née 1785, avant de mourir les principaux faits dont
elle a été le témoin. On y trouve des traits d'eſprit
& de gaîté. -
DE s Mºyens de conſerver la ſanté des Blancs &
des Nigres aux Antilles ou climats chauds & humides
de l Amérique.in-8°. A St-Domingue; & ſe trouve à
Paris, chez Méquignon l'aîné, Libraire, rue des
Cordelicrs. - # 1
Cet Ouvrage a été fait ſur les lieux mêmes ; ce
qui eſt un préjugé, pour les obſervations que
rapporte l'Auteur, & pour les méthodes curative1
qu'il indique. -
92 | | | M E R C U R E ,
- rAB L ETTEs de Bouillon, économiques, propres
aux uſages domeſtiques & pour la Marine. A Paris,
chez le ſieur de Lavoiepierre, rue Saint Honoré,
hôtel des Américains. Prix, 8 liv. la livre ou les
trente-deux Tablettes. - -
· On ſait que le ſieur de Lavoiepierre a toujours .
eu pour objet de procurer au Public les comeſtibles
qui peuvent lui être utiles ou agréables, & ſon zèle
induſtrieux a toujours obtenu la confiance du Public.
Ayant reconnu l'utilité des Tablettes de Bouillon, il
s'eſt appliqué à leur fabrication, & ſon ſuccès ne lui
A laiſſoit plus rien à deſirer quant à la qualité; mais le
prix exceſſif auquel il étoit obligé de les vendre, l'a
déterminé à rechercher un pays cu les viandes fuiſent
abondantes, à bas prix & d'une excellente qualité.
Ayant trouvé ces avantages dans le fond du Nord,
il y a formé avec un de ſes Correſpondaiis, à qui il
a ccmmuniqué ſes procédés, un établiſſement pour
-
: -
la compoſiion de ces Tablettes.
Avantages des Tablettes de Bouillon. On peut,
par leur moyen, ſeprocurer en un mom nt, partout
ou l'on ſe trouve, un Bouillon ou un Pota e auſſi
ſain & auſſi agréable que ie Bouillon le mieux fait.
Elles ſoutiennent le paſſage de l'Equat ur, & ſe con
ſervent pluſieurs années en les tenant renfermées &
au ſec dans les b ëtes avec leſquelles on les vend. .
La manière de les employer eſt ſimple & facile. Il
ne s'agit que de me tre une Tablette dc demi-once
pour chaque demi - ſeptier ( ou demie livre) d'eau
bouilante , y ajoutant une pincée de ſel ; on remue
avec la cuiller, & le Bouillon eſt fait. L'on en fait
une ſoupe ou un lºotage à ſa volonté. #
Outre les avantages ci d ſſus, les circonſtances
où ces Tablettes peuvent être utiles ſont à l'infini,
puiſqu'elles peuvent toujours remp'acer le Bouillon,
& † elies ſervent dans bien des cas où le Beuillon
n'eſt pas ſuffiſant.
D E F R A N C E. , 3.
Le Bouillon ordinaire eſt ſouvent foible & plat,
parce qu'on n'y a pas mis aſſez de viande; ou parce
qu'elle n'a pas été cuite aſſe g temps , on y fait
fondre une ou deux de ces Tablettes ; & le Bouillon
reprend du corps & du goût, & c. - -
" Les perſonnes qui en demanderont, voudront bien
joindie à leur lettre en mandat ſur quelque maiſon
à Paris, pour en recevoir le payement. |
TRAITÉ de la Pêche, ou l'Art de ſoumettre les
Poiſſons à l empire de l'homme, par M. Buc'hcz,
Auteur de diff rens Ouvrages économiques, Volume
, in-12. P1ir, 2 liv. broche. A Paris, chez Guillot,
Libraire, rue Saizt Jacques.
SIG e VARr, dédié aux Ames ſenſibles; Roman
traduit de l'Allemand, par M. de Lavaux. A Paris,
chez Volland, Libraire, quai des Auguſtins.
Sigevart, le plus jeune des fils d'un Bailli d'un
petit Vi lage de Souabe, deſtiné dès fa première jeu
neſſe par ſon gcût & la volonté de ſes parens, à la
Profeſſion Religieuſe chez les Capucins de leur Vil
lage, partit de chez lui pour aller faire ſes premières
études à Hambourg : de-là il paſſa dans l'Univerſité
d'Ingolſtad, où il ſe prit d'une vive paſſion pour la
filie d'un Conſeiller auquel il avoit été recommandé:
ce goût lui fit bisetôt oublier ſa première deſtina- .
tion ; il rechercha les moyers de vivre dans le
monde, & de s'unir avec l'objet qui avoit fait naître
& qui partageoit ſon amour. Les divers événemens
que Sigevart épreuva pendant le cours de ſes études,
& le maiheureux ſuccès de ſes amours, le contrai
gnirent de revenir à ſes anciens projets, & à prendre
i'habit de Capucin. On voit qu'il n'y a rien de mer
veilleux dans ce plan. Les divers événemens qui for
ment l'Cuvrage,excitent de temps en temps la cu
rioſité; mais on n'y remarque rien, pas même le
- M E R C U R. E -
: ſtyle, qui puiſſe faire mettre ce Roman au-deſſus de
la claſſe ſi nombreuſe de ceux qui ſe font lire avec
quelque plaiſir, & dont il ne reſte rien dans la mé
moire. • * .
, -
L E s Femmes comme il convient de les voir, ou
Appelgu de ce que les Femmes ont été, de ce qu'elles
ſont & de ce qu'elles pourroient être. A Londres , &
ſe trouve à Paris, paſſage des Jacobins, rue Saint
Jacques. - - -
Les Hommes & les Femmes ont, en ſortant des
mains de la Nature, les mêmes moyens & les mêmes
diſpoſitions, & la ſeule éducation occaſionne les dif
férences qu'il y a entre les deux ſexes : voilà ce que
l'Auteur vcudroit prouver dans la première Partie de
ſon Ouvrage. · · · · · - · s
La deuxième contient la nomenclature de toutes
les Femmes qui ſe ſont rendues célèbres chez les
divers Peuples. - - -
La troiſième préſente l'examen particulier de ce
que les Femmes ſont actuellement en France, & de
ce qu'elics pourroient y être ; er fin l'Auteur propoſe
un Etabliſiement au moyen duquel les Femmes
ſeroient aſſociées à la gloire de leurs maris, & pour
roieñt par conſéquent partager avec eux les Hon
neurs, les Grades, les Cordons, &c. On ſait com
bien on a déjà écrit, & combien on pourroit écrire
encore ſur cette matière, même après avoir lu cet
Ouvrage, qui nous a paru ne contenir aucune
vue nouvelle. Nous croyors d'ailleurs que quel
ques-uns des moyens qu'il propoſe en élevant un
ſexe, humilieroient bien l'autre Il ſeroit plaiſant
· en effet de voir une femme Maréchale de France,
, & décorée du Ccrdon Bleu, tandis que ſon mari
aurcit à peine la Croix de S. Louis. ' ' »
PARIs & la Province, çt, Choix des plus beaux
D E- F R A N C E.' 95
Monumens d'Architecture anciens & modernes ent
France, deſſiné par M. Teſtard, & gravé en cou
leur par J. A. Lecampion, quartier de la Cité, Prix,
6 liv. A Paris, chez l'Auteur , rue Saint Jacques,
n°. 8 , & Leſclapart, Libraire , rue du Rcule,
n°. I I. -
Cette première Livraiſon nous a paru bien exécu
tée, & l'on y lit des explications qui offrent des dé
tails curieux & des obſervations piquantes.
L E Cabinet des Fées, ou Colleciien choiſie dºs
Contes des Fées & autres Cortes merveilleux ornés
de Figures, treizième Livraiſºn, Tomes XXV &
XXVI , contenant les nouveaux Contes Orientaux
· par M le Comte de Caylus , les Contes de Mont
crif, la Reine fantaſque de J. J Rouſſeau, la Belle
& la Bête, & les Veilléesde Theſſalie.
- Cette Collection formera 3 1 Volumes in 8°.,
dont le prix eſt de 3 liv. 12 ſols le Volume broché
avec 3 Planches. -
Le ſuccès qu'elle a obtenu a engagé l'Editeur à
prendre des arrangemens pour une autre Edition en
3 1 Volumes in-12 avec les mêmes Figures de l'in
· 8°., dont le prix eſt de 2 liv. 8 ſols le Volume
broché, & pour une autre Edition en 3 1 Volumes
in 12 ſans Figures, dont le prix eſt de 1 liv. 1 5 ſols
· le Volume broché. Il en paroît actuellement 1 2 Vol.
On s'inſcrit pour les diverſes Editions à Paris,
chez Ci1chet, Libraire-Editeur des OEuvres de le
' Sage & Prévoſt; & à Genève, chez Barde , Mauget
& Compagnie , Imprimeurs-Libraires.
Nota. On prévient M M. les Souſcripteurs qu'il
y aura un Supplément de ſix Volumes qu'on aura
la liberté de prendre ou de laiſſer. Au moyen de ce
· Supplément , la Collectionentière aura 3 6 Volumes
tant in-8°. qu'in - 12, ſans y comprendre un ou
deux Volumes de Notices ſur la Vie des Auteurs.
96 M E R C U R E
: Nvx # Ros 28 à 33 des Feuilles de Terpſychore
pour la Harpe & pour le Clavecin , contenant la
Romance de Nina , &c. Prix, 1 liv. 4 ſols chaque
Cahier. Abonnement pour cinquante-deux Numéros
3o liv. pour chaque Inſtrument. A Paris, chez Cou
ſineau père & fils, Luthiers de la Reine, rue des
Poulies. - - - -
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TRro concertant pour le Clavecin , F/ûte &
Alto, par M. A. Kuhn, OEuvre V. Prix, 3 liv.
12 ſols, faiſant le Numéro 3o du Journal-de Pièces
de Clavecin par différens Auteurs. — Trois Sonates
pour le Clavecin , Violon & Violonceile, par M.
Joſeph Hayden, OEuvre XLV, neuvième Livre de
Clavecin. Prix, 7 liv. 4 ſols. — Six Romances &
ſix Rondeaux pour le Piano ou la Harpe, deux
Violons ad libitum , par M. Julien Navoigille,
GEuvre IV. Prix, 7 liv. 4 ſols. A Paris, cbez M.
Boyer, Marchand de Muſique, rue de Richelieu,
ancien Café de Foy, & Mme Lemenu, rue du
Roule, à la Clef d'or.
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Résumé : « NOUVEAU Traité d'Architecture-Pratique, concernant la manière de bâtir solidement, avec les [...] »
Le document présente plusieurs ouvrages et publications variés. Le 'Traité d'Architecture-Pratique' de J. F. Mourcy, publié en avril, traite des techniques de construction, des matériaux utilisés et des salaires des ouvriers. La vente de cet ouvrage a été interrompue par le décès de l'auteur, mais il reste disponible à un prix réduit pour son utilité auprès des élèves et des ouvriers. Le 'Précis de la Prononciation Angloise' de M. Drobecq est un guide destiné aux dames pour maîtriser les voyelles simples en prose et en vers. La 'Confession générale de l'année 1785' est une brochure humoristique qui récapitule les événements marquants de cette année. L'ouvrage 'Des Moyens de conserver la santé des Blancs & des Nigres aux Antilles' repose sur des observations locales. Les 'Tablettes de Bouillon' de Lavoiepierre sont des produits économiques et pratiques pour préparer rapidement du bouillon, utiles en voyage ou en cuisine. Le 'Traité de la Pêche' de M. Buc'hcz explore l'art de capturer les poissons. Le roman 'Sigevart', traduit de l'allemand par M. de Lavaux, raconte l'histoire d'un jeune homme destiné à la vie religieuse mais qui tombe amoureux et choisit une autre voie, avant de revenir à ses intentions initiales pour devenir capucin. L'ouvrage 'Les Femmes comme il convient de les voir' examine les différences entre les sexes, attribuées à l'éducation, et propose une nomenclature des femmes célèbres ainsi qu'un établissement où les femmes partageraient les honneurs et les grades avec leurs maris, une idée jugée controversée. Le texte mentionne également des publications sur l'architecture française, une collection de contes des fées, et diverses partitions musicales pour harpe et clavecin, avec des détails sur les prix et les éditeurs.
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