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1
p. 129-139
De PARIS, le 17 Décembre.
Début :
Les bruits de paix prochaine se soutiennent & se fortifient encore par les expressions [...]
Mots clefs :
Paris, Bureau, Nouvelles, Ville, Pauvres, Roi, Général, Anglais, Écrit, Jean-Michel Moreau, Vent, Marseille
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 17 Décembre.
De PARIS , le 17 Décembre.
LES bruits de paix prochaine fe foutiennent
& fe fortifient encore par les expreffions
du Roi d'Angleterre , dans fon difcours au
Parlement ; s'il ne donne pour certain &
pour arrêté que l'accommodement avec les
Etats- Unis , il fait efpérer que les autres négociations
auront une iffue prompte &
heureufe ; d'ailleurs , les conventions faites
avec l'Amérique ne doivent avoir leur effet
qu'après qu'on fera auffi convenu d'un
arrangement avec la France. Si les difpofi
tions du Parlement Anglois & de la Na-`
tion ont changé depuis le ravitaillement de
Gibraltar , elles peuvent revenir à l'état où
elles étoient lorfque les négociations ont
fs
( 130 )
commencé ; l'hiver peut affoiblir l'enthouſiafme
caufé par un évènement dont les fuites
paroîtront moins avantageufes , lorſqu'on
les confidérera de fang froid. Pendant l'intervalle
qui doit s'écouler , jufqu'à la campa
gne prochaine , on recevra fans doute des
nouvelles de l'Inde. Celles que les Anglois
ont publiées , ne parlent que des deux actions
des mois de Février & d'Avril , dont on
avoit déja reçu des avis , & dans lesquelles
l'avantage eft demeuré à M. de Suffren .
On apprendra vraisemblablement des nouvelles
poftérieures , qui peuvent influer fur
les arrangemens à prendre pour cette partie
du monde. En attendant , une lettre de
Bordeaux , en date du 19 du mois dernier ,
contient les détails fuivans , qui offrent
au moins des inductions très favorables
fur l'état de la guerre dans l'Inde .
-
Si la flotte de M. le Bailli de Suffren a paſſé l'hiver
aux Inles de France & de Bourbon , comme les Anglois
l'affurent , elle a pu au moment où j'écris
remettre en mer , le tems de la mouſſon ne régnant
plus. Quelques Négocians de notre Ville affurent
favoir , inftruits par leurs Correfpondans de Marfeille
, que M. le Comte de Buffy , arri ‹ é fur la côte
de Coromandel , s'eft mis auffi-tôt en route four
pénétrer dans l'intérieur de cette région , & aller
négocier avec les Nababs , Souba , & Raja de l'Indoltan.
On prétend qu'un des objets de fa miffion
eft de propofer une alliance à la Cour de Delhi :
nos Correfpondans Anglois fuppofent qu'elle doit
être préjudiciable au commerce de la Compagnie.
Suivant nos lettres de Marſeille , les 2500 hommes
aux ordres de M.Duchemin , qui eft actuellement au(
131 )
près d'Hyder. Aly- Kan , inquiètent beaucoup l'armée
Européenne de Sir Eyre Coote . Quelques- unes ajoutent
que Typoo Sahé a prié le Général François de
détacher 800 braves & intelligens foldats , pour enfeigner
à 10 régimens Indiens les détails de l'exercice
Européen. Nous attendons le retour de nos bâtimens
( expédiés en 1780 , ) vers la mi-Février. Ainfi il faut
renvoyer à cette époque le plaifir d'apprendre de
l'Inde des nouvelles authentiques . Les Anglois , pour
en recevoir , ayant des établiſſemens dans le Malabar,
à la pointe qui forme le cap Comorin , peuvent
aifément envoyer de petits floops à Ormus , & de-là
les dépêches leur font expédiées par terre : nous
n'avons pas cette facilité.
On a fu qu'une corvette du Roi avoit
mouillé dans un de nos ports , & que M.
du Chillau étoit en route pour se rendre
ici ; on a cru que c'étoit le Capitaine de
vaiffeau , & qu'il apportoit les nouvelles
des combats de l'Inde , qui font tant d'honneur
à M. de Suffren , mais ce M. du
Chilleau eft le Maréchal de - Camp , Gouverneur
de la Dominique.
La frégate marchande la Jofephine , du Havre ,
écrit-on de Nantes , vient d'arriver ici des Cayes ,
Saint-Louis , ifle Saint-Domingue , d'où elle eft partie
le 27 Septembre dernier , avec un bâtiment Impérial
& 3 de ce port ; ils ont relâché à la Havane , d'où
ils font partis le 22 Octobre ; il n'y a qu'un de
nos navires qui ait pu fuivre la Jofephi ne jufqu'à
la hauteur des Açores , où ils ont été chaflés par
une frégate Angloife : alors ils font convenus de
faire fauffe route pendant la nuit , & diffé rente l'une
de l'autre . Selon les nouvelles qu'apport ent la Joféphine
& 13 navires du convoi de Saint- Domingue ,
£ 6
( 132 )
mouillés dans cette rivière, dont 11 font de ce port
& 2 de celui de Marfeille , on faifoit au Cap tous
les préparatifs de quelque grande expédition qui
devoit avoir lieu à l'arrivée de M. de Vaudreuil
& des forces qu'on attendoit d'Europe . Il n'y avoit
à cette époque , à Saint Domingue , que 2 vaiffeaux
de ligne Efpagnols , le Scipion , de 74 canons ,
commandé par M. de Grimoard , 2 frégates & I
cutter ; & la Colonie étoit dans l'abondance de
toutes chofes «.
Il eft arrivé à St - Malo un bâtiment parlementaire
avec des prifonniers François ; il
eft arrivé de New-Yorck , & a fait la traverfée
en 28 jours. Il doit apporter des
nouvelles fraîches ; mais elles n'ont pas
encore tranfpiré. Sans doute qu'il ne s'eft
rien paffé d'intéreffant de ces côtés depuis
le départ de l'Amiral Pigot , qui en a dû
mettre à la voile pour retourner aux Ifles.
» Les dernières troupes , écrit- on de Breft , qui
devoient être embarquées , paffèrent en rade le 2
de ce mois dans l'après - midi , & le foir le coup
de partance fut tiré. Ce ne fut que le même jour
qu'arriva le Marquis de la Fayette , qui s'embarqua
fur-le- champ. Le vent ne permit pas à l'efcadre &
au convoi de partir le lendemain , comme on l'efpéroit.
Ce ne fut que le 4 à midi qu'ils appareillèrent
par un vent de S. E. Ils trouvèrent au- dehors
de la brame , du calme , & enfuite des vents de
S. O. , qui les obligèrent de venir mouiller à Berthaume
; & le même tems continuant , ils revinrent
en rade le 6. Le vent n'a changé qu'aujourd'hui 8 ,
qu'ils ont remis à la voile par un vent de N. O.
grand frais , qui nous les a bientôt fait perdre de
vue er.
Ce fut le 22 du mois dernier que M. le
Comte d'Eftaing arriva à Madrid ; le 24 il ſe
7
133
133
)
rendit à l'Efcurial , où il fut reçu par le Roi
& par toute la Cour avec les témoignages
de la plus haute eftime. Il favoit en quittant
Paris , que la paix pouvoit n'être pas
éloignée ; mais cela n'empêche pas que les
armemens ne fe continuent avec beaucoup
d'activité à Cadix , où , felon les dernières
lettres , on l'attendoit inceffamment , & où
il est peut être arrivé dans ce moment.
On dit ici , écrit- on de Dunkerque , que la
premier bâtiment qui partira pour la Delaware ;
fera chargé de porter au Sieur Gourgue , Officier
Auxiliaire de l'Aigle , qui a fait fi bonne contenance
aux deux chaloupes Angloifes , fur chacune
defquelles étoient ico réfugiés , la Croix de Saint-
Louis , & une gratification aux vingt braves qui
ont partagé fon acte de valeur. Un Officier da
même nom fit contre les Espagnols , dans la Caroline
, une expédition fanglante qui lui valut autant
de gloire , fous Henri IV , & par laquelle il
vengea la Colonie Proteftante envoyée dans l'Amérique
Septentrionale par l'Amiral Coligny, & cruellement
maffacrée par les Sujets de Philippe II «.
Parmi les mesures prifes par l'Adminiftra
tion de plufieurs Villes , pour prévenir l'indigence
& fupprimer par-là la mendicité ,
on doit diftinguer ce qui a été fait à Amiens
pour atteindre ce but.
» Cette Ville compte dass fes murs & fes fauxbourg
environ 40,000 ames . Avant 1778 , dans
ce nombre étoient compris 8000 pauvres , dont
500 mendians de profeffion. Ceux-ci infeftoient à
toute heure les églifes & les auberges. L'Evêque
l'Intendant , les Officiers Municipaux , les Curés ,
l'élite de tous les Ordres de citoyens , adoptèrent de
concert , à la fin de 1778 , un nouveau plan qui
( 134 )
.
leur étoit propofé , pour affifter tous les pauvres &
fupprimer la mendicité. On créa un Bureau général
& 15 Bureaux particuliers. Le Bureau général eft
compofé de l'élite des Citoyens , mais fans aucune
diftinction de rang : il exifte affez d'Adminiſtrateurs
dans chaque Bureau particulier pour qu'en deux heu
res tous les pauvres de la Ville foient vifités. On
fait le premier de chaque mois une quête dans les
maifons des Citoyens ; des Adminiftrateurs des Bureaux
particuliers y ajoutent le produit des quêtes
faites dans les églifes de leurs Paroiffes , des troncs ,
des fondations & legs faits en faveur des pauvres.
Le Député de chaque Bureau porte fon bordereau à
l'affemblée du Bureau général . On y fait une ſomme
totale de toutes les fommes particulières ; on y fixe
la fomme qui doit être diftribuée pendant le mois
par chaque Bureau particulier , & chaque Adminif
trateur porte de huit en huit jours , à chaque famille
pauvre , le fecours que le Bureau particulier lui
attribue. Si quelque Bureau particulier fe plaint de
la part qui lui eft accordée dans l'aumône générale ,
le Bureau général , par les Commiffaires qu'il nomme
, pour vérifier fait droit. Un tronc , placé
dans la Cathédrale , reçoit les requêtes des pauvres
qui fe plaignent de n'être point affiftés , ou de l'être
trop peu par les Bureaux. On rend de même juftice
par des Commiffaires . Les Bureaux prennent le foin
de procurer du travail aux mendians encore valides
& aux pauvres qui en manquent. On a auffi établi
une école de filature pour les petites filles ; & la Ville
dont la fubfittance dépend des Manufactures d'étoffes ,
acquiert peu à eu une branche d'induftrie qui lui
manquoit. On a détruit la plupart des prêts à la
petite femaine meurtriers pour les pauvres , en établiffant
en leur faveur , un prêt purement gratuitfur
gage. Le Bureau général rend compte tous les ans
au Public de fa recette ( qui en 1781 , montoit à:
11,546 liv. ) & de fa dépenfe par la voie de l'impreffion.
En conféquence de ces établiffemens & du
> y
( 135 )
bon ordre qui les foutient , on ne voit plus de mendians
, ni étrangers ni citoyens . La Police n'a prefque
rien à faire pour contenir les pauvres dans la
règle ; la religion & l'amour du travail reprennent
leurs droits fur leurs coeurs. Affujettis à une
vie plus uniforme & moins expofée aux excès d'une
intempérance crapuleufe , ils jouiffent d'une meilleure
fanté & font beaucoup moins mal-propres
dans leurs vêtemens & dans leurs demeures
On écrit de Marfeille , que le Capitaine
Michaelfon , commandant le brigantin
l'Anne - Marie , parti de Westerwich en
Suède , le 22 Septembre dernier , a dépofé
que fe trouvant le premier Octobre entre
Mayorque & Ivice , il a rencontré une
barque du Roi de Maroc de 16 à 18 canons
& de 100 hommes d'équipage environ
; que cette barque , qui étoit en courfe
l'a obligé de fe rendre à fon bord pour .
lui exhiber fes papiers.
» MM . les Maire , Echevins & Affeffeur de la
ville de Marseille , ayant déterminé daccorder la
fomme de 1200 livres , pour fervir de Prix à l'Ouvrage
, qui , au jugement de l'Académie des Belles-
Lettres , Sciences & Arts , préfentera le plan d'Ed -
cation le plus convenable à la conftitution de cette
Ville , l'Académie a accepté avec reconnoiffance
l'offre de MM . les Magiftrats Municipaux : & pour
concourir , autant qu'elle le peut , à des vues auffi
intéreffantes pour la patrie , elle a délibéré de joindre
au Prix propofé , la médaille d'or deftinée aux
auteurs qu'elle couronne. En conféquence , l'Académie
annonce que dans une féance publique qui
fera tenue , uniquement pour cet objet , dans le
mois de Novembre de l'année prochaine , elle adju
gera le Prix au meilleur ouvrage fur le plan d'Education
publique le plus convenable à Marseille ,
( 136 )
confidérée comme ville maritime & commerçantë.
Les ouvrages feront écrits en latin ou en françois ,
& adreffés , francs de port , an Secrétaire perpétuel
de l'Académie de Marſeille. Ils ne feront reçus que
jufqu'à la fin mois de Juillet prochain. Les auteurs
font avertis de ne pas le faire connoître , & de join--
dre , fuivant l'ufage , une devife & leur com cacheté
à leurs ouvrages «.
Le 7 Novembre , fur les 10 heures du
foir , on obferva à la Rochelle une auroreboréale
très-brillante ; elle formoit dans le
nord un arc lumineux , dont le centre étcit
fort obfcur. A 10 heures & demie , le phéno
mène difparut prefqu'entièrement , après
avoir lancé vers le Zénith des traits de lumière
qui s'étendirent à l'Oueft- nord- ouest.
Le ciel étoit affez clair une heure avant que
l'aurore boréale parût. Le ferein avoit été
très- abondant vers les 8 heures. On vit le
lendemain matin une très- forte gelée blanche
, & même de la glace de l'épaiffeur d'un
écu de fix livres ; elle fe conſerva à l'ombre
une grande partie du jour.
« Le vent de Nord-oueft , connu dans cette province
fous le nom de Miſtral , écrit-on de Salen
& de Crau en Provence , étoit fi renommé chez
les Romains par fa violence & par fa falubrité , que
l'empereur Augufte lui fit dreffer un autel. Dans le
courant de cette année il n'avoit pas régné , mais il
eft redevenu fréquent vers la fiu d'Octobre ; & un
Naturaliſte éclairé a mefuré fa violence le 30 du
mois dernier avec l'anémomètre , dont on trouve
la defcription dans le Journal de Phyfique de M.
Mongés, du mois de Janvier dernier. Le jour de l'expérience
, le vent fut fi violent , qu'il déracina des
arbres & qu'il emporta des toits . A trois heures
45 minutes de l'après - midi , dans l'inftant du plus
( 137 )
grand coup de vent , l'anémomètre démontra que
le vent frappant fur un pied quarré de furface , foulevoit
un poids de 13 livres & demie . Si cette violence
eût feulement continué quelques minutes , rien
n'auroit pa lui réfifter ; car une force dé 6 livres fuffit
, au rapport de M. Boucher , ( quand elle eft continuée
) pour arracher les arbres les plus enracinés.
Dans l'année 1779 le vent le plus fort n'a enlevé、
qu'un poids de 98 onces ; en 1780 il fut plus fort ,
mais on ne le mefura point avec l'anémomètre ; celui
du 30 Octobre dernier doit faire époque parmi les
météréologiftes : pendant qu'il fouffloit , le baromè
tre defcendit de trois lignes & demie au- deſſous de
fon état moyen « .
Nous nous empreffons d'annoncer ici
deux Gravures intéreffantes , d'après deux
tableaux de M. Moreau ; elles repréſentent 2
vues des environs de Paris , qui font pendant
; le burin qui en eft très -foigné , eſt
de Mademoiſelle Elife Saugrain , qui réunit
des talens précieux à tous les agrémens de
fon fexe ; élève de M. Moreau le jeune ,
Deffinateur & Graveur du Cabinet du Roi ,
de fon Académie de Peinture & de Sculp
ture , elle fait honneur à fon Maître ; elle
lui a fair hommage de fon premier ouvrage ,
& ces deux Eftampes lui font dédiées ( 1 ) .
» Edit du Roi , donné à Verfailles au mois de
Décembre 1782 , regiftré en Parlement le 10 du
même mois , portant création de Dix millions de
Rentes perpétuelles au denier 20˚ , fans retenue
rembourfables en 14 ans , à commencer au premier
Janvier 1784 , & dont les capitaux feront fournis ,
moitié en deniers comptans & moitié en contrats.
Le préambule de cet Edit eft de la teneur fuivante :
(1) Leur prix eft de 3 liv. ; elles fe trouvent chez M. Mo!
reau le jeune , rue du Coq St-Honoré , près le Louvre.
( 138 )
Notre intention étant de pourvoir avec la
même exactitude que par le paffé , au paiement de
toutes nos dépenfes ordinaires , de fubvenir à celles
que la guerre a rendues néceffaires , & de continuer
à remplir avec la même fidélité , les engagemens
que nous avons pris de rembourfer aux termes indiqués
, tous les Emprunts qui fost remboursables à
des époques déterminées , Nous n'avons pu nous
difpenfer d'impofer un troisième Vingtième , dont
nous avons modifié la perception & borné la durée
au tems que les circonftances l'ont permis. Nous ne
nous femmes pas diffimulé que le produit de cette
Impofition & celui des Sous pour livres dont nous
avons ordonné la levée jufqu'en 1790 , ne fuffiroient
pas aux dépenfes extraordinaires auxquelles
nous ne pourrons pas nous difpenfer de pourvoir.
Mais nous avons confidéré ces deux Impofitions
comme un accroiffement de gage , capable d'affermir
la confiance de ceux qui ont déja concouru &
qui voudront encore concourir à nous procurer les
moyens de foutenir les dépen es d'une guerre à laquelle
nous avons été forcés . C'est pour remplir
ce point de vue , & pour manifefter dès à- préfent
l'intention où nous fommes d'amortir fucceffivement
la plus grande partie des dettes de notre Etat ,
même celles coutractées avant l'époque de notre
Règne , qui ne font pas compriſes dans l'ordre des
rembourfemens , que nous nous fommes déterminés
à une création de rentes à cinq pour cent , fans rete.
nue, rembourfables , par la voie du fort , dans
laquelle nous admettrons jufqu'à concurrence de la
moitié feulement , & fur le pied du denier 25 , les
capitaux des rentes anciennes , dont les arrérages fe
payent au-deffous de cinq pour cent. Après avoir
réglé que le paiement des nouvelles rentes fera fait
à la caiffe des arrérages , nous avons déterminé les
époques du remboursement , qui fera fait fucceffivement
par la même caiffe , conformément à l'étar
annexé fous le contre-fcel de notre préfent Edit ; de
( 139 )
manière qu'en quatorze années , lefdits capitaux fe
ront entièrement amortis , fans qu'aux époques
auxquelles cefferont les Impofitions qui font le gage
principal de la préſente création , nous ayons befoin
de recourir à de nouveaux moyens , & de deftiner de
nouveaux fonds pour confommer lefdits rembourfemens
, à la libération defquels nos autres revenus
font également affectés & deftinés . Enfin four procurer
aux acquéreurs de ces nouvelles rentes , toutes
les facilités qu'ils pourront defirer., nous leur permettons
de les conftituer & de les tranfmettre par
la voie de la reconſtitution , ou de fe contenter des
quittances de finance qui lecr feront délivrées en
leur nom ou au porteur , à leur choix , lesquelles
participeront également au remboursement , & dont
les arrérages feront payés an fi qu'il fera ci- après
expliqué . Suivent is Articles , où les difpofitions
précédentes font développées « .
LES bruits de paix prochaine fe foutiennent
& fe fortifient encore par les expreffions
du Roi d'Angleterre , dans fon difcours au
Parlement ; s'il ne donne pour certain &
pour arrêté que l'accommodement avec les
Etats- Unis , il fait efpérer que les autres négociations
auront une iffue prompte &
heureufe ; d'ailleurs , les conventions faites
avec l'Amérique ne doivent avoir leur effet
qu'après qu'on fera auffi convenu d'un
arrangement avec la France. Si les difpofi
tions du Parlement Anglois & de la Na-`
tion ont changé depuis le ravitaillement de
Gibraltar , elles peuvent revenir à l'état où
elles étoient lorfque les négociations ont
fs
( 130 )
commencé ; l'hiver peut affoiblir l'enthouſiafme
caufé par un évènement dont les fuites
paroîtront moins avantageufes , lorſqu'on
les confidérera de fang froid. Pendant l'intervalle
qui doit s'écouler , jufqu'à la campa
gne prochaine , on recevra fans doute des
nouvelles de l'Inde. Celles que les Anglois
ont publiées , ne parlent que des deux actions
des mois de Février & d'Avril , dont on
avoit déja reçu des avis , & dans lesquelles
l'avantage eft demeuré à M. de Suffren .
On apprendra vraisemblablement des nouvelles
poftérieures , qui peuvent influer fur
les arrangemens à prendre pour cette partie
du monde. En attendant , une lettre de
Bordeaux , en date du 19 du mois dernier ,
contient les détails fuivans , qui offrent
au moins des inductions très favorables
fur l'état de la guerre dans l'Inde .
-
Si la flotte de M. le Bailli de Suffren a paſſé l'hiver
aux Inles de France & de Bourbon , comme les Anglois
l'affurent , elle a pu au moment où j'écris
remettre en mer , le tems de la mouſſon ne régnant
plus. Quelques Négocians de notre Ville affurent
favoir , inftruits par leurs Correfpondans de Marfeille
, que M. le Comte de Buffy , arri ‹ é fur la côte
de Coromandel , s'eft mis auffi-tôt en route four
pénétrer dans l'intérieur de cette région , & aller
négocier avec les Nababs , Souba , & Raja de l'Indoltan.
On prétend qu'un des objets de fa miffion
eft de propofer une alliance à la Cour de Delhi :
nos Correfpondans Anglois fuppofent qu'elle doit
être préjudiciable au commerce de la Compagnie.
Suivant nos lettres de Marſeille , les 2500 hommes
aux ordres de M.Duchemin , qui eft actuellement au(
131 )
près d'Hyder. Aly- Kan , inquiètent beaucoup l'armée
Européenne de Sir Eyre Coote . Quelques- unes ajoutent
que Typoo Sahé a prié le Général François de
détacher 800 braves & intelligens foldats , pour enfeigner
à 10 régimens Indiens les détails de l'exercice
Européen. Nous attendons le retour de nos bâtimens
( expédiés en 1780 , ) vers la mi-Février. Ainfi il faut
renvoyer à cette époque le plaifir d'apprendre de
l'Inde des nouvelles authentiques . Les Anglois , pour
en recevoir , ayant des établiſſemens dans le Malabar,
à la pointe qui forme le cap Comorin , peuvent
aifément envoyer de petits floops à Ormus , & de-là
les dépêches leur font expédiées par terre : nous
n'avons pas cette facilité.
On a fu qu'une corvette du Roi avoit
mouillé dans un de nos ports , & que M.
du Chillau étoit en route pour se rendre
ici ; on a cru que c'étoit le Capitaine de
vaiffeau , & qu'il apportoit les nouvelles
des combats de l'Inde , qui font tant d'honneur
à M. de Suffren , mais ce M. du
Chilleau eft le Maréchal de - Camp , Gouverneur
de la Dominique.
La frégate marchande la Jofephine , du Havre ,
écrit-on de Nantes , vient d'arriver ici des Cayes ,
Saint-Louis , ifle Saint-Domingue , d'où elle eft partie
le 27 Septembre dernier , avec un bâtiment Impérial
& 3 de ce port ; ils ont relâché à la Havane , d'où
ils font partis le 22 Octobre ; il n'y a qu'un de
nos navires qui ait pu fuivre la Jofephi ne jufqu'à
la hauteur des Açores , où ils ont été chaflés par
une frégate Angloife : alors ils font convenus de
faire fauffe route pendant la nuit , & diffé rente l'une
de l'autre . Selon les nouvelles qu'apport ent la Joféphine
& 13 navires du convoi de Saint- Domingue ,
£ 6
( 132 )
mouillés dans cette rivière, dont 11 font de ce port
& 2 de celui de Marfeille , on faifoit au Cap tous
les préparatifs de quelque grande expédition qui
devoit avoir lieu à l'arrivée de M. de Vaudreuil
& des forces qu'on attendoit d'Europe . Il n'y avoit
à cette époque , à Saint Domingue , que 2 vaiffeaux
de ligne Efpagnols , le Scipion , de 74 canons ,
commandé par M. de Grimoard , 2 frégates & I
cutter ; & la Colonie étoit dans l'abondance de
toutes chofes «.
Il eft arrivé à St - Malo un bâtiment parlementaire
avec des prifonniers François ; il
eft arrivé de New-Yorck , & a fait la traverfée
en 28 jours. Il doit apporter des
nouvelles fraîches ; mais elles n'ont pas
encore tranfpiré. Sans doute qu'il ne s'eft
rien paffé d'intéreffant de ces côtés depuis
le départ de l'Amiral Pigot , qui en a dû
mettre à la voile pour retourner aux Ifles.
» Les dernières troupes , écrit- on de Breft , qui
devoient être embarquées , paffèrent en rade le 2
de ce mois dans l'après - midi , & le foir le coup
de partance fut tiré. Ce ne fut que le même jour
qu'arriva le Marquis de la Fayette , qui s'embarqua
fur-le- champ. Le vent ne permit pas à l'efcadre &
au convoi de partir le lendemain , comme on l'efpéroit.
Ce ne fut que le 4 à midi qu'ils appareillèrent
par un vent de S. E. Ils trouvèrent au- dehors
de la brame , du calme , & enfuite des vents de
S. O. , qui les obligèrent de venir mouiller à Berthaume
; & le même tems continuant , ils revinrent
en rade le 6. Le vent n'a changé qu'aujourd'hui 8 ,
qu'ils ont remis à la voile par un vent de N. O.
grand frais , qui nous les a bientôt fait perdre de
vue er.
Ce fut le 22 du mois dernier que M. le
Comte d'Eftaing arriva à Madrid ; le 24 il ſe
7
133
133
)
rendit à l'Efcurial , où il fut reçu par le Roi
& par toute la Cour avec les témoignages
de la plus haute eftime. Il favoit en quittant
Paris , que la paix pouvoit n'être pas
éloignée ; mais cela n'empêche pas que les
armemens ne fe continuent avec beaucoup
d'activité à Cadix , où , felon les dernières
lettres , on l'attendoit inceffamment , & où
il est peut être arrivé dans ce moment.
On dit ici , écrit- on de Dunkerque , que la
premier bâtiment qui partira pour la Delaware ;
fera chargé de porter au Sieur Gourgue , Officier
Auxiliaire de l'Aigle , qui a fait fi bonne contenance
aux deux chaloupes Angloifes , fur chacune
defquelles étoient ico réfugiés , la Croix de Saint-
Louis , & une gratification aux vingt braves qui
ont partagé fon acte de valeur. Un Officier da
même nom fit contre les Espagnols , dans la Caroline
, une expédition fanglante qui lui valut autant
de gloire , fous Henri IV , & par laquelle il
vengea la Colonie Proteftante envoyée dans l'Amérique
Septentrionale par l'Amiral Coligny, & cruellement
maffacrée par les Sujets de Philippe II «.
Parmi les mesures prifes par l'Adminiftra
tion de plufieurs Villes , pour prévenir l'indigence
& fupprimer par-là la mendicité ,
on doit diftinguer ce qui a été fait à Amiens
pour atteindre ce but.
» Cette Ville compte dass fes murs & fes fauxbourg
environ 40,000 ames . Avant 1778 , dans
ce nombre étoient compris 8000 pauvres , dont
500 mendians de profeffion. Ceux-ci infeftoient à
toute heure les églifes & les auberges. L'Evêque
l'Intendant , les Officiers Municipaux , les Curés ,
l'élite de tous les Ordres de citoyens , adoptèrent de
concert , à la fin de 1778 , un nouveau plan qui
( 134 )
.
leur étoit propofé , pour affifter tous les pauvres &
fupprimer la mendicité. On créa un Bureau général
& 15 Bureaux particuliers. Le Bureau général eft
compofé de l'élite des Citoyens , mais fans aucune
diftinction de rang : il exifte affez d'Adminiſtrateurs
dans chaque Bureau particulier pour qu'en deux heu
res tous les pauvres de la Ville foient vifités. On
fait le premier de chaque mois une quête dans les
maifons des Citoyens ; des Adminiftrateurs des Bureaux
particuliers y ajoutent le produit des quêtes
faites dans les églifes de leurs Paroiffes , des troncs ,
des fondations & legs faits en faveur des pauvres.
Le Député de chaque Bureau porte fon bordereau à
l'affemblée du Bureau général . On y fait une ſomme
totale de toutes les fommes particulières ; on y fixe
la fomme qui doit être diftribuée pendant le mois
par chaque Bureau particulier , & chaque Adminif
trateur porte de huit en huit jours , à chaque famille
pauvre , le fecours que le Bureau particulier lui
attribue. Si quelque Bureau particulier fe plaint de
la part qui lui eft accordée dans l'aumône générale ,
le Bureau général , par les Commiffaires qu'il nomme
, pour vérifier fait droit. Un tronc , placé
dans la Cathédrale , reçoit les requêtes des pauvres
qui fe plaignent de n'être point affiftés , ou de l'être
trop peu par les Bureaux. On rend de même juftice
par des Commiffaires . Les Bureaux prennent le foin
de procurer du travail aux mendians encore valides
& aux pauvres qui en manquent. On a auffi établi
une école de filature pour les petites filles ; & la Ville
dont la fubfittance dépend des Manufactures d'étoffes ,
acquiert peu à eu une branche d'induftrie qui lui
manquoit. On a détruit la plupart des prêts à la
petite femaine meurtriers pour les pauvres , en établiffant
en leur faveur , un prêt purement gratuitfur
gage. Le Bureau général rend compte tous les ans
au Public de fa recette ( qui en 1781 , montoit à:
11,546 liv. ) & de fa dépenfe par la voie de l'impreffion.
En conféquence de ces établiffemens & du
> y
( 135 )
bon ordre qui les foutient , on ne voit plus de mendians
, ni étrangers ni citoyens . La Police n'a prefque
rien à faire pour contenir les pauvres dans la
règle ; la religion & l'amour du travail reprennent
leurs droits fur leurs coeurs. Affujettis à une
vie plus uniforme & moins expofée aux excès d'une
intempérance crapuleufe , ils jouiffent d'une meilleure
fanté & font beaucoup moins mal-propres
dans leurs vêtemens & dans leurs demeures
On écrit de Marfeille , que le Capitaine
Michaelfon , commandant le brigantin
l'Anne - Marie , parti de Westerwich en
Suède , le 22 Septembre dernier , a dépofé
que fe trouvant le premier Octobre entre
Mayorque & Ivice , il a rencontré une
barque du Roi de Maroc de 16 à 18 canons
& de 100 hommes d'équipage environ
; que cette barque , qui étoit en courfe
l'a obligé de fe rendre à fon bord pour .
lui exhiber fes papiers.
» MM . les Maire , Echevins & Affeffeur de la
ville de Marseille , ayant déterminé daccorder la
fomme de 1200 livres , pour fervir de Prix à l'Ouvrage
, qui , au jugement de l'Académie des Belles-
Lettres , Sciences & Arts , préfentera le plan d'Ed -
cation le plus convenable à la conftitution de cette
Ville , l'Académie a accepté avec reconnoiffance
l'offre de MM . les Magiftrats Municipaux : & pour
concourir , autant qu'elle le peut , à des vues auffi
intéreffantes pour la patrie , elle a délibéré de joindre
au Prix propofé , la médaille d'or deftinée aux
auteurs qu'elle couronne. En conféquence , l'Académie
annonce que dans une féance publique qui
fera tenue , uniquement pour cet objet , dans le
mois de Novembre de l'année prochaine , elle adju
gera le Prix au meilleur ouvrage fur le plan d'Education
publique le plus convenable à Marseille ,
( 136 )
confidérée comme ville maritime & commerçantë.
Les ouvrages feront écrits en latin ou en françois ,
& adreffés , francs de port , an Secrétaire perpétuel
de l'Académie de Marſeille. Ils ne feront reçus que
jufqu'à la fin mois de Juillet prochain. Les auteurs
font avertis de ne pas le faire connoître , & de join--
dre , fuivant l'ufage , une devife & leur com cacheté
à leurs ouvrages «.
Le 7 Novembre , fur les 10 heures du
foir , on obferva à la Rochelle une auroreboréale
très-brillante ; elle formoit dans le
nord un arc lumineux , dont le centre étcit
fort obfcur. A 10 heures & demie , le phéno
mène difparut prefqu'entièrement , après
avoir lancé vers le Zénith des traits de lumière
qui s'étendirent à l'Oueft- nord- ouest.
Le ciel étoit affez clair une heure avant que
l'aurore boréale parût. Le ferein avoit été
très- abondant vers les 8 heures. On vit le
lendemain matin une très- forte gelée blanche
, & même de la glace de l'épaiffeur d'un
écu de fix livres ; elle fe conſerva à l'ombre
une grande partie du jour.
« Le vent de Nord-oueft , connu dans cette province
fous le nom de Miſtral , écrit-on de Salen
& de Crau en Provence , étoit fi renommé chez
les Romains par fa violence & par fa falubrité , que
l'empereur Augufte lui fit dreffer un autel. Dans le
courant de cette année il n'avoit pas régné , mais il
eft redevenu fréquent vers la fiu d'Octobre ; & un
Naturaliſte éclairé a mefuré fa violence le 30 du
mois dernier avec l'anémomètre , dont on trouve
la defcription dans le Journal de Phyfique de M.
Mongés, du mois de Janvier dernier. Le jour de l'expérience
, le vent fut fi violent , qu'il déracina des
arbres & qu'il emporta des toits . A trois heures
45 minutes de l'après - midi , dans l'inftant du plus
( 137 )
grand coup de vent , l'anémomètre démontra que
le vent frappant fur un pied quarré de furface , foulevoit
un poids de 13 livres & demie . Si cette violence
eût feulement continué quelques minutes , rien
n'auroit pa lui réfifter ; car une force dé 6 livres fuffit
, au rapport de M. Boucher , ( quand elle eft continuée
) pour arracher les arbres les plus enracinés.
Dans l'année 1779 le vent le plus fort n'a enlevé、
qu'un poids de 98 onces ; en 1780 il fut plus fort ,
mais on ne le mefura point avec l'anémomètre ; celui
du 30 Octobre dernier doit faire époque parmi les
météréologiftes : pendant qu'il fouffloit , le baromè
tre defcendit de trois lignes & demie au- deſſous de
fon état moyen « .
Nous nous empreffons d'annoncer ici
deux Gravures intéreffantes , d'après deux
tableaux de M. Moreau ; elles repréſentent 2
vues des environs de Paris , qui font pendant
; le burin qui en eft très -foigné , eſt
de Mademoiſelle Elife Saugrain , qui réunit
des talens précieux à tous les agrémens de
fon fexe ; élève de M. Moreau le jeune ,
Deffinateur & Graveur du Cabinet du Roi ,
de fon Académie de Peinture & de Sculp
ture , elle fait honneur à fon Maître ; elle
lui a fair hommage de fon premier ouvrage ,
& ces deux Eftampes lui font dédiées ( 1 ) .
» Edit du Roi , donné à Verfailles au mois de
Décembre 1782 , regiftré en Parlement le 10 du
même mois , portant création de Dix millions de
Rentes perpétuelles au denier 20˚ , fans retenue
rembourfables en 14 ans , à commencer au premier
Janvier 1784 , & dont les capitaux feront fournis ,
moitié en deniers comptans & moitié en contrats.
Le préambule de cet Edit eft de la teneur fuivante :
(1) Leur prix eft de 3 liv. ; elles fe trouvent chez M. Mo!
reau le jeune , rue du Coq St-Honoré , près le Louvre.
( 138 )
Notre intention étant de pourvoir avec la
même exactitude que par le paffé , au paiement de
toutes nos dépenfes ordinaires , de fubvenir à celles
que la guerre a rendues néceffaires , & de continuer
à remplir avec la même fidélité , les engagemens
que nous avons pris de rembourfer aux termes indiqués
, tous les Emprunts qui fost remboursables à
des époques déterminées , Nous n'avons pu nous
difpenfer d'impofer un troisième Vingtième , dont
nous avons modifié la perception & borné la durée
au tems que les circonftances l'ont permis. Nous ne
nous femmes pas diffimulé que le produit de cette
Impofition & celui des Sous pour livres dont nous
avons ordonné la levée jufqu'en 1790 , ne fuffiroient
pas aux dépenfes extraordinaires auxquelles
nous ne pourrons pas nous difpenfer de pourvoir.
Mais nous avons confidéré ces deux Impofitions
comme un accroiffement de gage , capable d'affermir
la confiance de ceux qui ont déja concouru &
qui voudront encore concourir à nous procurer les
moyens de foutenir les dépen es d'une guerre à laquelle
nous avons été forcés . C'est pour remplir
ce point de vue , & pour manifefter dès à- préfent
l'intention où nous fommes d'amortir fucceffivement
la plus grande partie des dettes de notre Etat ,
même celles coutractées avant l'époque de notre
Règne , qui ne font pas compriſes dans l'ordre des
rembourfemens , que nous nous fommes déterminés
à une création de rentes à cinq pour cent , fans rete.
nue, rembourfables , par la voie du fort , dans
laquelle nous admettrons jufqu'à concurrence de la
moitié feulement , & fur le pied du denier 25 , les
capitaux des rentes anciennes , dont les arrérages fe
payent au-deffous de cinq pour cent. Après avoir
réglé que le paiement des nouvelles rentes fera fait
à la caiffe des arrérages , nous avons déterminé les
époques du remboursement , qui fera fait fucceffivement
par la même caiffe , conformément à l'étar
annexé fous le contre-fcel de notre préfent Edit ; de
( 139 )
manière qu'en quatorze années , lefdits capitaux fe
ront entièrement amortis , fans qu'aux époques
auxquelles cefferont les Impofitions qui font le gage
principal de la préſente création , nous ayons befoin
de recourir à de nouveaux moyens , & de deftiner de
nouveaux fonds pour confommer lefdits rembourfemens
, à la libération defquels nos autres revenus
font également affectés & deftinés . Enfin four procurer
aux acquéreurs de ces nouvelles rentes , toutes
les facilités qu'ils pourront defirer., nous leur permettons
de les conftituer & de les tranfmettre par
la voie de la reconſtitution , ou de fe contenter des
quittances de finance qui lecr feront délivrées en
leur nom ou au porteur , à leur choix , lesquelles
participeront également au remboursement , & dont
les arrérages feront payés an fi qu'il fera ci- après
expliqué . Suivent is Articles , où les difpofitions
précédentes font développées « .
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