Provenance du texte (26)
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Provenance probable (1)
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Détail
Liste
Résultats : 26 texte(s)
3
p. 1161
PREMIERE ENIGME.
Début :
J'ai l'ame droite & le corps tout lustré, [...]
Mots clefs :
Violon
4
p. 1161
SECONDE ENIGME.
Début :
Autrement qu'un Prophete en son divin écrit, [...]
Mots clefs :
Énigme
5
p. 920-924
LETTRE de M. l'Abbé Bellet, à M. N. sur la Legende d'une Monnoye de Philippe Auguste & une autre de Saint Louis.
Début :
Puisque vous le voulez, Monsieur, je vous dirai librement ma pensée [...]
Mots clefs :
Légendes, Monnaie, Philippe II Auguste, Mémoires de Trévoux, Saint Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. l'Abbé Bellet, à M. N. sur la Legende d'une Monnoye de Philippe Auguste & une autre de Saint Louis.
LETTRE de M. l'Abbé Bellet , à
M. N. fur la Legende d'une Monnoye
de Philippe Augufte & une autre de Saint
Louis.
Puifque vous le voulez , Monfieut
je vous dirai librement ma pensée
fur l'Art. 39. du mois d'Avril 1729. des
Mémoires de Trevoux. On y lit l'Explication
nouvelle qu'a donnée un de nos
plus fçavans Jefuites , de la Legende qui
fe voit fur une Monnoye de Philippe
Augufte. Je fuis perfuadé que ce Reverend
Pere ne defaprouvera pas que l'on
examine fes découvertes , & que l'on foit
un peu fcrupuleux fur celles qu'il nous
donne. Sa prodigieufe érudition nous a
fouvent deroutés , & la fubtilité de fon
efprit nous a fait trop fouvent admirer . Le
R. Pere Hardouin prétend que les vingtquatre
Lettres qui compofent cetteLegende
foient les Lettres initiales d'autant de
mots . Voici la Legende & fon Explication.
BHRICTVSI
THORERI
RONTORI
Benedictus Hominum Redemptor In Calis
Triumphans
MAY. 1730. 921
Triumphans , Vltro Semetipfum In Terris
Humilians , Omnium Rex Eft Hominum ,
Rex Imperans Regibus Omnium Nationum,
Timeat Oriens , Regnat Iefus.
Je ne parle pas d'une femblable Explication
qu'un Sçavant appliqua à la Bataille
que Philippe gagna fur l'Empereur Othon
à Bovines , en l'année 1214.Notre Sçavant
Pere croit qu'il eft ici parlé de la victoire
que ce Prince remporta fur Saladin , &
de la prife de la Ville d'Acre en Orient ,
en l'année 1191. La même Legende eft fur
une Monnoye de S. Louis qui revint
d'Orient en 1254. mais au revers de celleci
on voit le Frontifpice de l'Eglife de
Tours , avec cette Infcription Turonus Civis
, que l'on ne voit pas fur celle de Philippe.
Je fuis furpris que le R. P. Hardouin
qui avoit donné cette Explication en l'an
1707.dans les Memoires de Trevoux , n'ait
pas apperçu depuis ce tems-là , malgré la
difference des caracteres , que c'étoit la
Legende de plufieurs autres Monnoyes ,
fur lefquelles on trouve affez fouvent
l'Eglife de Tours & le Turonus Civis . En
voici quelques - unes dont les caracteres
font un peu Gothiques.
De Philippe IV.
BNDICTV. SIT NOME. DOMINI.
D iij De
922 MERCURE DE FRANCE
De Philippe V.
BNDICTVM SIT NOMEN DNI.
SIT NOME. DNI . NRI. DEI
Ihv. XRI..
De Charles IV.
BNEDICTV. SIT NOME. DNI.
NRI.
De Philippe VI.
SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM.
du même.
BNDICTV. SIT NOME. DNI:
NRI. DE I.
du même.
BNDICTV SIT NOM. DNI.
NRI. IRS.
Benedictum fit nomen Domini noftri
Jefu Chrifti.
De Fean.
BNDICTV. SIT NOME. DNI.
DEI IhV XRI.
Dans une autre X I.
pour
XRI. Chrifti.
du même.
BENEDICTVM SIT NOMEN DNI.
De
MAY. 1730. 923
De Charles VI.
SIT NOMEN DOMINI BENEDICTV.
Par la comparaifon de ces Legendes
avec celle de Philippe Augufte , telle
qu'elle eft dans les Memoires de Trevoux,
paroît qu'il faut lire BNDICTV
dans les 7. premieres Lettres , SIT dans
les trois fuivantes , les deux autres font
NO , les deux enfuite DE , les trois après
NRI , les trois qui fuivent DOM , le
T. doit être un J pour Jefu ,les trois dernieres
CRI pour Chrifti. Ainfi il faut
lire Benedictum fit nomen Dei noftri Domini
Jefu Chrifti.
Et par la comparaiſon des caracteres Romains
avec les caracteres prefque Gothiques
qu'on lit fur ces Monnoyes , on jugera
que la main qui a deffiné & copié la
Legende de la Monnoye du Roi Philippe
n'a pas fait ce difcernement.
Il faut lire prefque de même fur la
Monnoye de Ludovicus Rex , dont la
Legende eft telle dans le même article des
Mémoires de Trevoux . BNDICTV
SIT NNO CDDNIPR III. Le R.
P. Hardouin l'explique ainfi : Benedictum
fit nomen notiffimum orbi , Crucifixi Domini
Dei noftri Jefu per Rebelles ,
Incredulos
, Ingratofque Judeus. Mais ne fem-
D iiij
ble
924 MERCURE DE FRANCE
ble- t'il pas y avoir Benedictu fit nomen
Dei DNI. NRI IESV. Et c'eft la Legende
que reconnoît le R. P. Hardouin fur
tes Monnoyes de la troifiéme Race de nos
Rois , & qu'il rapporte ainfi Benedictum
fit nomen Domini noftri Dei Jefu Chrifti.
On fçait ce qui arrive par l'ufage & la
rouille dans la forme des caracteres , &
que pour les déchifrer , il faut fuivre le
ftile monétaire & la forme des Abbré,
viations .
Après tout , fi on vouloit forcer ainfi
les noms & les Legendes , comme a fait
le R. P. dans les Notes fur Pline & dans
ces Legendes icy , on trouveroit dans le
nom de LUDOVICUS
la profeffion
de foi du Prince qui l'a le premier porté.
Je lirois donc ainfi Laus Uni Deo Omni-
Potenti , Vero Jefu Chrifto Unigenito Suo.
Mais ne permettons pas à notre eſprit de
faire de telles découvertes , il n'en feroit
ni plus riche , ni plus heureux. Je ſuis , '
Monfieur & c.
A Bordeaux le 3.0. Août 1729
M. N. fur la Legende d'une Monnoye
de Philippe Augufte & une autre de Saint
Louis.
Puifque vous le voulez , Monfieut
je vous dirai librement ma pensée
fur l'Art. 39. du mois d'Avril 1729. des
Mémoires de Trevoux. On y lit l'Explication
nouvelle qu'a donnée un de nos
plus fçavans Jefuites , de la Legende qui
fe voit fur une Monnoye de Philippe
Augufte. Je fuis perfuadé que ce Reverend
Pere ne defaprouvera pas que l'on
examine fes découvertes , & que l'on foit
un peu fcrupuleux fur celles qu'il nous
donne. Sa prodigieufe érudition nous a
fouvent deroutés , & la fubtilité de fon
efprit nous a fait trop fouvent admirer . Le
R. Pere Hardouin prétend que les vingtquatre
Lettres qui compofent cetteLegende
foient les Lettres initiales d'autant de
mots . Voici la Legende & fon Explication.
BHRICTVSI
THORERI
RONTORI
Benedictus Hominum Redemptor In Calis
Triumphans
MAY. 1730. 921
Triumphans , Vltro Semetipfum In Terris
Humilians , Omnium Rex Eft Hominum ,
Rex Imperans Regibus Omnium Nationum,
Timeat Oriens , Regnat Iefus.
Je ne parle pas d'une femblable Explication
qu'un Sçavant appliqua à la Bataille
que Philippe gagna fur l'Empereur Othon
à Bovines , en l'année 1214.Notre Sçavant
Pere croit qu'il eft ici parlé de la victoire
que ce Prince remporta fur Saladin , &
de la prife de la Ville d'Acre en Orient ,
en l'année 1191. La même Legende eft fur
une Monnoye de S. Louis qui revint
d'Orient en 1254. mais au revers de celleci
on voit le Frontifpice de l'Eglife de
Tours , avec cette Infcription Turonus Civis
, que l'on ne voit pas fur celle de Philippe.
Je fuis furpris que le R. P. Hardouin
qui avoit donné cette Explication en l'an
1707.dans les Memoires de Trevoux , n'ait
pas apperçu depuis ce tems-là , malgré la
difference des caracteres , que c'étoit la
Legende de plufieurs autres Monnoyes ,
fur lefquelles on trouve affez fouvent
l'Eglife de Tours & le Turonus Civis . En
voici quelques - unes dont les caracteres
font un peu Gothiques.
De Philippe IV.
BNDICTV. SIT NOME. DOMINI.
D iij De
922 MERCURE DE FRANCE
De Philippe V.
BNDICTVM SIT NOMEN DNI.
SIT NOME. DNI . NRI. DEI
Ihv. XRI..
De Charles IV.
BNEDICTV. SIT NOME. DNI.
NRI.
De Philippe VI.
SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM.
du même.
BNDICTV. SIT NOME. DNI:
NRI. DE I.
du même.
BNDICTV SIT NOM. DNI.
NRI. IRS.
Benedictum fit nomen Domini noftri
Jefu Chrifti.
De Fean.
BNDICTV. SIT NOME. DNI.
DEI IhV XRI.
Dans une autre X I.
pour
XRI. Chrifti.
du même.
BENEDICTVM SIT NOMEN DNI.
De
MAY. 1730. 923
De Charles VI.
SIT NOMEN DOMINI BENEDICTV.
Par la comparaifon de ces Legendes
avec celle de Philippe Augufte , telle
qu'elle eft dans les Memoires de Trevoux,
paroît qu'il faut lire BNDICTV
dans les 7. premieres Lettres , SIT dans
les trois fuivantes , les deux autres font
NO , les deux enfuite DE , les trois après
NRI , les trois qui fuivent DOM , le
T. doit être un J pour Jefu ,les trois dernieres
CRI pour Chrifti. Ainfi il faut
lire Benedictum fit nomen Dei noftri Domini
Jefu Chrifti.
Et par la comparaiſon des caracteres Romains
avec les caracteres prefque Gothiques
qu'on lit fur ces Monnoyes , on jugera
que la main qui a deffiné & copié la
Legende de la Monnoye du Roi Philippe
n'a pas fait ce difcernement.
Il faut lire prefque de même fur la
Monnoye de Ludovicus Rex , dont la
Legende eft telle dans le même article des
Mémoires de Trevoux . BNDICTV
SIT NNO CDDNIPR III. Le R.
P. Hardouin l'explique ainfi : Benedictum
fit nomen notiffimum orbi , Crucifixi Domini
Dei noftri Jefu per Rebelles ,
Incredulos
, Ingratofque Judeus. Mais ne fem-
D iiij
ble
924 MERCURE DE FRANCE
ble- t'il pas y avoir Benedictu fit nomen
Dei DNI. NRI IESV. Et c'eft la Legende
que reconnoît le R. P. Hardouin fur
tes Monnoyes de la troifiéme Race de nos
Rois , & qu'il rapporte ainfi Benedictum
fit nomen Domini noftri Dei Jefu Chrifti.
On fçait ce qui arrive par l'ufage & la
rouille dans la forme des caracteres , &
que pour les déchifrer , il faut fuivre le
ftile monétaire & la forme des Abbré,
viations .
Après tout , fi on vouloit forcer ainfi
les noms & les Legendes , comme a fait
le R. P. dans les Notes fur Pline & dans
ces Legendes icy , on trouveroit dans le
nom de LUDOVICUS
la profeffion
de foi du Prince qui l'a le premier porté.
Je lirois donc ainfi Laus Uni Deo Omni-
Potenti , Vero Jefu Chrifto Unigenito Suo.
Mais ne permettons pas à notre eſprit de
faire de telles découvertes , il n'en feroit
ni plus riche , ni plus heureux. Je ſuis , '
Monfieur & c.
A Bordeaux le 3.0. Août 1729
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Résumé : LETTRE de M. l'Abbé Bellet, à M. N. sur la Legende d'une Monnoye de Philippe Auguste & une autre de Saint Louis.
L'abbé Bellet écrit à M. N. pour discuter de l'explication d'une légende monétaire attribuée à Philippe Auguste et à Saint Louis. Il commente l'article 39 des Mémoires de Trevoux d'avril 1729, où un jésuite érudit propose une interprétation des lettres initiales de la légende. L'abbé Bellet admire l'érudition du jésuite mais suggère une analyse plus scrupuleuse. Le père Hardouin interprète les lettres comme des initiales de mots, par exemple, 'BHRICTVSI THORERI RONTORI' pour 'Benedictus Hominum Redemptor In Calis Triumphans, Ultro Semetipsum In Terris Humilians, Omnium Rex Est Hominum, Rex Imperans Regibus Omnium Nationum, Timeat Oriens, Regnat Iesus.' L'abbé Bellet mentionne une autre explication concernant la bataille de Bouvines en 1214 et suggère que la légende pourrait se référer à la victoire de Philippe Auguste sur Saladin en 1191. Il note que la même légende apparaît sur une monnaie de Saint Louis, revenue d'Orient en 1254, avec des différences dans les caractères et les inscriptions. Il compare cette légende avec celles d'autres monnaies de rois français, comme Philippe IV, Philippe V, Charles IV, Philippe VI, Jean et Charles VI, et propose une lecture différente des lettres initiales. Selon lui, la légende devrait se lire 'Benedictum fit nomen Domini nostri Domini Jesu Christi.' Il conclut en mettant en garde contre les interprétations forcées et en soulignant l'importance de suivre le style monétaire et les abréviations pour déchiffrer les légendes.
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6
p. 2217
PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Début :
L'Académie ayant été obligée de réserver un des deux Prix de cette année, elle en propose [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, Prix, Circulation de la sève dans les plantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
PROGRAMME de l'Académie Royale
des Belles- Lettres , Sciences et Arts
de Bordeaux.
'Académie ayant été obligée de réserver yn
L'des deux Prix de cette année , elle en propose encore deux aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribués le 25 d'Août 1733. Elle destine
un de ces Prix à celui qui expliquera avec le plus
de probabilité le Systême de la Circulation de la
Séve dans les Plantes , ou qui établira le mieux
l'opinion contraire. L'autre est destiné à celui qui
donnera l'explication la plus probable de la Nature de l'Air, et de ses proprietez. Il sera libre d'envoyer les Dissertations en François ou en Latin.
On demande qu'elles soient écrites en caracteres
lisibles , elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier Mai prochain inclusivement. Au bas des Dissertations il y aura une Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet séparé et cacheté la même Sentence avec son nom et son
adresse. Les paquets seront affranchis et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie , ruë S. Jâmes. M. l'Abbé de la Quintine
est l'Auteur de la Dissertation sur le Magnetisme
des corps qui a remporté un des deux Prix pro- posez pour l'année 1732.
A Bordeaux , ce 25. Août
des Belles- Lettres , Sciences et Arts
de Bordeaux.
'Académie ayant été obligée de réserver yn
L'des deux Prix de cette année , elle en propose encore deux aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribués le 25 d'Août 1733. Elle destine
un de ces Prix à celui qui expliquera avec le plus
de probabilité le Systême de la Circulation de la
Séve dans les Plantes , ou qui établira le mieux
l'opinion contraire. L'autre est destiné à celui qui
donnera l'explication la plus probable de la Nature de l'Air, et de ses proprietez. Il sera libre d'envoyer les Dissertations en François ou en Latin.
On demande qu'elles soient écrites en caracteres
lisibles , elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier Mai prochain inclusivement. Au bas des Dissertations il y aura une Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet séparé et cacheté la même Sentence avec son nom et son
adresse. Les paquets seront affranchis et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie , ruë S. Jâmes. M. l'Abbé de la Quintine
est l'Auteur de la Dissertation sur le Magnetisme
des corps qui a remporté un des deux Prix pro- posez pour l'année 1732.
A Bordeaux , ce 25. Août
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Résumé : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
L'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a annoncé deux prix pour l'année 1733, à remettre le 25 août. Le premier prix concerne l'explication la plus probable du système de la circulation de la sève dans les plantes ou l'établissement de l'opinion contraire. Le second prix récompense l'explication la plus probable de la nature de l'air et de ses propriétés. Les dissertations, rédigées en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1733. Chaque dissertation doit inclure une sentence en bas de page, et l'auteur doit envoyer une copie de cette sentence avec son nom et son adresse dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarrau, secrétaire de l'Académie, ou au sieur Brun, imprimeur de l'Académie. L'Abbé de la Quintine a remporté un des deux prix proposés pour l'année 1732 avec sa dissertation sur le magnétisme des corps.
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7
p. 2035
PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Début :
L'Académie propose à tous les Sçavans de l'Europe, un Prix fondé par feu M. le DUC [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, Prix, Formation des pierres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
PROGRAMME de l'Academie Royale
des Belles- Lettres , Sciences et Aris de
Bordeaux.
LA
' Académie propose à tous les Sçavans de
l'Europe , un Prix fondé par feu M. le Duc
DE LA FORCE . C'est une Médaille d'Or de la
valeur de trois cent livres.
Elle est destinée à celui qui expliquera avec le
plus de probabilité la Formation des Pierres . Ce
Prix sera distribué le 25. d'Août de l'année 1734.
jour de la Fête de S. Louis .
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin , mais elles ne seront reçues
pour le concours , que jusqu'au premier
May prochain inclusivement .
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un billet séparé
et cacheté , la même Sentence , avec son nom ,
ses qualitez et son adresse .
Les Paquets seront affranchis de port , et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie
, ruë S. James .
A Bordeaux , le 25. Août 1733..
des Belles- Lettres , Sciences et Aris de
Bordeaux.
LA
' Académie propose à tous les Sçavans de
l'Europe , un Prix fondé par feu M. le Duc
DE LA FORCE . C'est une Médaille d'Or de la
valeur de trois cent livres.
Elle est destinée à celui qui expliquera avec le
plus de probabilité la Formation des Pierres . Ce
Prix sera distribué le 25. d'Août de l'année 1734.
jour de la Fête de S. Louis .
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin , mais elles ne seront reçues
pour le concours , que jusqu'au premier
May prochain inclusivement .
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un billet séparé
et cacheté , la même Sentence , avec son nom ,
ses qualitez et son adresse .
Les Paquets seront affranchis de port , et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie
, ruë S. James .
A Bordeaux , le 25. Août 1733..
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Résumé : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
L'Académie Royale de Bordeaux offre un prix fondé par le Duc de La Force, une médaille d'or de trois cents livres, pour expliquer la formation des pierres. Les dissertations, en français ou latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1733. La remise du prix est prévue pour le 25 août 1734. Les envois se font à M. Sarrau ou au sieur Brun.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 133-134
PROGRAMME.
Début :
L'ACADÉMIE de Bordeaux distribue toutes les années un Prix de Physique, [...]
Mots clefs :
Académie de Bordeaux, Dissertations , Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME.
PROGRAMME.
'ACADÉMIE de Bordeaux diftribue tou-
L´tes
tes les années un Prix de Phyfique
fondé par feu M. le Duc de la Force . C'eſt
une Médaille d'Or de la valeur de trois
cens livres.
Elle avoit propofé pour le fujet du Prix
de cette année 1755. Quelle eft l'influence
de l'airfur les Végétaux ? Elle defiroit furtout
des Expériences nouvelles. Peut- être le
fujet a-t-il paru trop étendu pour être trai
té d'une maniere qui répondît à fes vues.
Ainfi l'Académie qui a jugé à propos de
réferver ce Prix pour l'année 1757. deman
de que , foit les
par Expériences déja faites
, foit principalement par de nouvelles ;
l'on tâche de determiner Le cours & la
tranſpiration de la Seve relativement aux
différentes qualités de l'air & aux differens
afpects du Soleil & de la Lune.
Elle a déja propofé pour la même année
1757. de déterminer Les meilleurs principes
de la Taille de la Vigne , par rapport à la
difference des efpeces de vignes & à la diverfué
des terroirs pour le Prix réfervé en 1754. :
134 MERCURE DE FRANCE.
Elle propofe pour fujet du Prix de l'année
1758. Quels font les meilleurs moyens
de faire des Prairies dans les lieux fecs , &
quelles Plantes y font les plus propres à
nourrir le gros & le menu Bétail.
y
Le fujer propofé pour l'année 1756,
eft de déterminer La meilleure maniere de
faire les Vins , de les clarifier , & de les conferver
? & l'Académie a annoncé qu'Elle
defiroit que l'on trouvât un moyen de les clarifierfans
oeufs , équivalant à celui des oeufs ,
on meilleur.
Les Differtations fur ce dernier fujet
ne feront reçues que jufqu'au premier Mai
1756. Elles peuvent être en François , ou
en Latin . On demande qu'elles foient
écrites en caracteres bien lifibles.
Au bas des Differtations , il y aura une
Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet
féparé & cacheté , la même Sentence ,
avec fon nom , fon adreffe & fes qualités.
Les Paquets feront affranchis de Port , &ª
adreffés à M. le Préfident BARBOT , Secrétaire
de l'Académie , fur les Foffes du Chapeau
-rouge ; ou à la Veuve de P. BRUN ,
Imprimeur Aggrégé de ladite Académie , rue
Saint James.
A Bordeaux , ce 25 Août 1755.
'ACADÉMIE de Bordeaux diftribue tou-
L´tes
tes les années un Prix de Phyfique
fondé par feu M. le Duc de la Force . C'eſt
une Médaille d'Or de la valeur de trois
cens livres.
Elle avoit propofé pour le fujet du Prix
de cette année 1755. Quelle eft l'influence
de l'airfur les Végétaux ? Elle defiroit furtout
des Expériences nouvelles. Peut- être le
fujet a-t-il paru trop étendu pour être trai
té d'une maniere qui répondît à fes vues.
Ainfi l'Académie qui a jugé à propos de
réferver ce Prix pour l'année 1757. deman
de que , foit les
par Expériences déja faites
, foit principalement par de nouvelles ;
l'on tâche de determiner Le cours & la
tranſpiration de la Seve relativement aux
différentes qualités de l'air & aux differens
afpects du Soleil & de la Lune.
Elle a déja propofé pour la même année
1757. de déterminer Les meilleurs principes
de la Taille de la Vigne , par rapport à la
difference des efpeces de vignes & à la diverfué
des terroirs pour le Prix réfervé en 1754. :
134 MERCURE DE FRANCE.
Elle propofe pour fujet du Prix de l'année
1758. Quels font les meilleurs moyens
de faire des Prairies dans les lieux fecs , &
quelles Plantes y font les plus propres à
nourrir le gros & le menu Bétail.
y
Le fujer propofé pour l'année 1756,
eft de déterminer La meilleure maniere de
faire les Vins , de les clarifier , & de les conferver
? & l'Académie a annoncé qu'Elle
defiroit que l'on trouvât un moyen de les clarifierfans
oeufs , équivalant à celui des oeufs ,
on meilleur.
Les Differtations fur ce dernier fujet
ne feront reçues que jufqu'au premier Mai
1756. Elles peuvent être en François , ou
en Latin . On demande qu'elles foient
écrites en caracteres bien lifibles.
Au bas des Differtations , il y aura une
Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet
féparé & cacheté , la même Sentence ,
avec fon nom , fon adreffe & fes qualités.
Les Paquets feront affranchis de Port , &ª
adreffés à M. le Préfident BARBOT , Secrétaire
de l'Académie , fur les Foffes du Chapeau
-rouge ; ou à la Veuve de P. BRUN ,
Imprimeur Aggrégé de ladite Académie , rue
Saint James.
A Bordeaux , ce 25 Août 1755.
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Résumé : PROGRAMME.
L'Académie de Bordeaux attribue annuellement un Prix de Physique, doté d'une Médaille d'Or valant trois cents livres, fondé par le Duc de la Force. En 1755, le sujet proposé, l'influence de l'air sur les végétaux, a été jugé trop vaste, reportant le prix à 1757. Pour cette année, l'Académie demande des expériences sur la transpiration de la sève en relation avec les qualités de l'air et les aspects du Soleil et de la Lune, ainsi que des principes de la taille de la vigne en fonction des espèces et des terroirs, sujet reporté de 1754. En 1758, le sujet concerne les meilleurs moyens de créer des prairies dans les lieux secs et les plantes adaptées pour nourrir le bétail. Pour 1756, le sujet porte sur la production, clarification et conservation du vin, avec une préférence pour des méthodes sans œufs. Les dissertations doivent être soumises avant le 1er mai 1756 en français ou en latin, avec une sentence au bas du travail et une copie cachetée contenant le nom, l'adresse et les qualifications de l'auteur. Les paquets doivent être adressés à M. le Président Barbot ou à la Veuve de P. Brun, imprimeur de l'Académie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 39-42
Lettre à l'Auteur du Mercure. / Lettre à M. J. J. Rousseau de Genève.
Début :
MONSIEUR, je voudrois faire parvenir la lettre que vous trouverez dans / Monsieur, votre réponse à M. de Voltaire vous procure cette lettre : Vous serez [...]
Mots clefs :
Lettre, Esprit, Voltaire, Vérité, Homme, Poète
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à l'Auteur du Mercure. / Lettre à M. J. J. Rousseau de Genève.
Lettre à l'Auteur du Mercure.
MONSIEUR , je voudrois faire parvenir
la lettre que vous trouverez dans
celle - ci à M. Rouffeau de Genève . Comme
j'ignore fon adreffe , je vous prie de la
joindre au Mercure.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Lettre à M. J. J. Rouffeau de Genève .
Monfieur , votre réponſe à M. de Voltaire
vous procure cette lettre : Vous ferez
étonné d'y voir un inconnu vous parler
avec autant de franchiſe ; mais comme je
m'adreffe à un ami de la vérité , je ne
crains point de la lui montrer toute nue.
Vous remarquez dans une de vos notes
que vous avez appris à ne point juger de
l'homme par les écrits , c'eſt à votre exem
ple que j'agis ; & pour fçavoir fi l'efprit
philofophique qui éclate dans vos ouvrages
regnoit dans votre ame , j'ai examiné
les motifs qui vous ont fait écrire. Eftce
pour rendre les hommes meilleurs? Vous
convenez vous-même , avec M. deVoltaire,
que la réforme eft impoffible. Eft- ce pour
les rendre plus heureux que vous leur étalez
un nouveau tableau de leur mifere ?
40 MERCURE DE FRANCE.
d'autant plus mortifiant qu'il eft peint par
main de maître ? Je n'apperçois dans votre
démarche que des motifs tout Contraires
. Puifque la fociété ne peut changer de
face , les arts lui font néceffaires , & l'inégalité
des conditions inévitable. Pourquoi
donc en troubler l'ordre , en portant
dans fes membres le découragement &
l'efprit d'indépendance ? Puifque l'homme.
ne peut revenir à fa condition primitive
( felon vous , plus heureuſe ) , pourquoi
augmenter le nombre de ſes maux connus
par ceux qu'il ignoroit ? Vous avez donc
rendu les hommes moins heureux fans les
rendre meilleurs.
Un homme tel que vous , quand il écrit
pour les autres , ne doit le faire que pour
amufer , ou pour inftruire. Ainfi, fi au lieu
d'avoir perdu votre tems à faire deux difcours
( qui vous font des admirateurs fans
vous faire des partifans ) , vous euffiez fait
un Opéra , comme le devin du Village
il vous auroit une feconde fois gagné les
coeurs de tous ceux qui l'auroient connu . Si
vous aviez voulu employer plus utilement
votre éloquence , & vos recherches , vous
auriez encouragé les arts , au lieu de les
détruire.
Vous dites , Monfieur , dans votre lettre
à M. de Voltaire , que les lettres vous
JANVIER. 1756.
font gouter les douceurs de l'amitié , vous
apprennent à jouir de la vie , à mépriſer
la mort , en un mot , quelles font le bonheur
; & cependant vous voudriez qu'elles
ne fuffent cultivées que par de grands génies
& de vrais fçavans , vous bornez trop
le nombre des heureux , Monfieur. Quoi !
vous voulez priver les autres d'un avantage
dont vous jouiffez , & qui peut être.
commun ! cela eft injufte. Je conviendrai
bien avec vous qu'un particulier à qui la
nature a refufé des talens , qu'un homme
inutile à fa patrie ne doit point fe produire
au grand jour , mais je ne l'empêcherois
pas de travailler pour lui & fur lui .
Le vrai Philofophe même fe contente de
cet exercice : dédaignant une vaine réputation
, il s'occupe feulement à régler fon.
coeur & fon efprit , pour bien vivre avec
lui-même & avec fes (emblables.
Les confolations que vous donnez à l'illuftre
M. de Voltaire , font mieux connoître
votre coeur que vos difcours. Ce grand
Poëte , depuis fon aurore jufqu'à fon dédin
, a trouvé fans ceffe des Zoïles attachés
à noircir fa réputation . Ce n'eft pas
le feul trait qui le rend femblable à Homere
; mais en admirant dans fa nouvelle
Tragédie le rôle d'Idamé , les gens délicats
y remarquent auffi quelque négli
42 MERCURE DE FRANCE.
gence dans la poéfie & le langage , reproche
nouveau que M. de Voltaite , jufqu'à
ce jour , n'a point mérité.
Je finis en revenant à mes premieres
réflexions. Croyez- vous , Monfieur , avoirrendu
un grand fervice à l'humanité , en
l'éclairant fur des malheurs inévitables ,
en lui faifant fentir le défagrément de fa
condition ? Ne fçauriez- vous pas mauvais
gré à quelqu'un qui vous annonceroit un
péril , en vous ôtant les moyens de l'éviter.
Ainfi , Monfieur , laiffez aller le mon
de comme il va : il n'arrivera jamais que
ce qui eft contenu dans l'etat des chofes .
J'efpere que vous me pardonnerez ces
réflexions en faveur de leur vérité ; c'eft
une bien petite revanche que je prends au
nom de l'humanité.
J'ai l'honneur d'être , &c.
A Bordeaux , ce i5 Novembre 1755-
MONSIEUR , je voudrois faire parvenir
la lettre que vous trouverez dans
celle - ci à M. Rouffeau de Genève . Comme
j'ignore fon adreffe , je vous prie de la
joindre au Mercure.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Lettre à M. J. J. Rouffeau de Genève .
Monfieur , votre réponſe à M. de Voltaire
vous procure cette lettre : Vous ferez
étonné d'y voir un inconnu vous parler
avec autant de franchiſe ; mais comme je
m'adreffe à un ami de la vérité , je ne
crains point de la lui montrer toute nue.
Vous remarquez dans une de vos notes
que vous avez appris à ne point juger de
l'homme par les écrits , c'eſt à votre exem
ple que j'agis ; & pour fçavoir fi l'efprit
philofophique qui éclate dans vos ouvrages
regnoit dans votre ame , j'ai examiné
les motifs qui vous ont fait écrire. Eftce
pour rendre les hommes meilleurs? Vous
convenez vous-même , avec M. deVoltaire,
que la réforme eft impoffible. Eft- ce pour
les rendre plus heureux que vous leur étalez
un nouveau tableau de leur mifere ?
40 MERCURE DE FRANCE.
d'autant plus mortifiant qu'il eft peint par
main de maître ? Je n'apperçois dans votre
démarche que des motifs tout Contraires
. Puifque la fociété ne peut changer de
face , les arts lui font néceffaires , & l'inégalité
des conditions inévitable. Pourquoi
donc en troubler l'ordre , en portant
dans fes membres le découragement &
l'efprit d'indépendance ? Puifque l'homme.
ne peut revenir à fa condition primitive
( felon vous , plus heureuſe ) , pourquoi
augmenter le nombre de ſes maux connus
par ceux qu'il ignoroit ? Vous avez donc
rendu les hommes moins heureux fans les
rendre meilleurs.
Un homme tel que vous , quand il écrit
pour les autres , ne doit le faire que pour
amufer , ou pour inftruire. Ainfi, fi au lieu
d'avoir perdu votre tems à faire deux difcours
( qui vous font des admirateurs fans
vous faire des partifans ) , vous euffiez fait
un Opéra , comme le devin du Village
il vous auroit une feconde fois gagné les
coeurs de tous ceux qui l'auroient connu . Si
vous aviez voulu employer plus utilement
votre éloquence , & vos recherches , vous
auriez encouragé les arts , au lieu de les
détruire.
Vous dites , Monfieur , dans votre lettre
à M. de Voltaire , que les lettres vous
JANVIER. 1756.
font gouter les douceurs de l'amitié , vous
apprennent à jouir de la vie , à mépriſer
la mort , en un mot , quelles font le bonheur
; & cependant vous voudriez qu'elles
ne fuffent cultivées que par de grands génies
& de vrais fçavans , vous bornez trop
le nombre des heureux , Monfieur. Quoi !
vous voulez priver les autres d'un avantage
dont vous jouiffez , & qui peut être.
commun ! cela eft injufte. Je conviendrai
bien avec vous qu'un particulier à qui la
nature a refufé des talens , qu'un homme
inutile à fa patrie ne doit point fe produire
au grand jour , mais je ne l'empêcherois
pas de travailler pour lui & fur lui .
Le vrai Philofophe même fe contente de
cet exercice : dédaignant une vaine réputation
, il s'occupe feulement à régler fon.
coeur & fon efprit , pour bien vivre avec
lui-même & avec fes (emblables.
Les confolations que vous donnez à l'illuftre
M. de Voltaire , font mieux connoître
votre coeur que vos difcours. Ce grand
Poëte , depuis fon aurore jufqu'à fon dédin
, a trouvé fans ceffe des Zoïles attachés
à noircir fa réputation . Ce n'eft pas
le feul trait qui le rend femblable à Homere
; mais en admirant dans fa nouvelle
Tragédie le rôle d'Idamé , les gens délicats
y remarquent auffi quelque négli
42 MERCURE DE FRANCE.
gence dans la poéfie & le langage , reproche
nouveau que M. de Voltaite , jufqu'à
ce jour , n'a point mérité.
Je finis en revenant à mes premieres
réflexions. Croyez- vous , Monfieur , avoirrendu
un grand fervice à l'humanité , en
l'éclairant fur des malheurs inévitables ,
en lui faifant fentir le défagrément de fa
condition ? Ne fçauriez- vous pas mauvais
gré à quelqu'un qui vous annonceroit un
péril , en vous ôtant les moyens de l'éviter.
Ainfi , Monfieur , laiffez aller le mon
de comme il va : il n'arrivera jamais que
ce qui eft contenu dans l'etat des chofes .
J'efpere que vous me pardonnerez ces
réflexions en faveur de leur vérité ; c'eft
une bien petite revanche que je prends au
nom de l'humanité.
J'ai l'honneur d'être , &c.
A Bordeaux , ce i5 Novembre 1755-
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12
p. 57-63
LETTRE D'un Bourgeois de Bordeaux, à l'Auteur du Mercure.
Début :
MONSIEUR, en lisant votre Mercure, j'ai trouvé une lettre de l'illustre [...]
Mots clefs :
Jean-Jacques Rousseau, Genevois, Lettre, Hommes, Philosophe, Littérature
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'un Bourgeois de Bordeaux, à l'Auteur du Mercure.
LETTRE
D'un Bourgeois de Bordeaux , à l'Auteur
du Mercure.
MONSIEUR , en lifant votre Mercure
, j'ai trouvé une lettre de l'illuftre
M. Rouffeau , où il fe défend contre ceux
qui ofent attaquer les nouveautés étonnantes
de fes fyftêmes Je n'entre point
dans toutes ces difcuffions ; mais je ne
feindrai pas d'avouer que j'ai été furpris
de la hauteur Stoïque & Lacédémonienne
avec laquelle il nous traite . Il nous infinue
avec une clarté affez dure , que fom
deffein n'eft ni de nous amufer , ni de
nous inftruire. Je lui répons d'abord qu'il
fera l'un & l'autre malgré lui , par la feu
le raifon que nous nous occupons à le
lire. Chofe qu'il ne fçauroit empêcher.
Tout le fruit qu'il pourra tirer de fa mauvaiſe
intention pour nous , c'eft de nous
difpenfer de lui être reconnoiffans , puifqu'il
ne nous éclaire qu'en proteftant qu'il
ne veut pas nous éclairer. C'est un vrai
larcin que nous lui faifons.
Mais je demande quelle raifon lui avons
nous donnée de fe fâcher contre nous ? Si
quelqu'un de nos concitoyens a mérité
Cv
8 MERCURE DE FRANCE.
fa colere par quelques petits dilemmes
embarraffans , mais point incivils , toute
la ville qu'il profcrit n'a point de part à
cela. Une chofe bien certaine , c'eſt que
nous admirons fon éloquence comme tout
le reste du monde , preuve affez évidente
que nous valons quelque chofe. Comment
peut- il avoir la cruauté de foudroyer
ainfi fes admirateurs .
Il femble nous apprendre qu'il n'écrit
que pour Geneve, cela veut dire qu'il n'aime
qu'elle. J'avouerai que j'avois cru juf
qu'ici que le vrai philofophe étoit l'ami
du monde entier ; qu'il regardoit tous les
hommes comme des freres. Qu'il aime
Geneve , à la bonne heure ; mais nous.
ofons le prier de nous aimer un peu , tout
Bordelois que nous pouvons être : car
après tout que fçait-il Peut- être fommes-
nous, des hommes ?
Il feroit mieux , dit- il , de demander
à ceux qui ne font pas Genevois , & qui
ne me goûtent point , pourquoi ils lifent
mon ouvrage, que de leur expliquer pourquoi
il eft fait ? Les termes dont il fe fert
pour dire cela, ont un air fentencieux, mais.
j'ai bien peur qu'ils n'en ayent que l'air.
1. Il est très - fûr que tout le monde le
goûte & l'admire , Genevois ou non , ainfi
il fe fonde fur une hypothefe fauffe. SupMARS.
1756. 59
pofons, comme lui , l'impoffible. Suppofons,
dis-je , qu'il eût fait un ouvrage où l'utile.
& l'amufant ne fe trouvaflent point , &
qu'il dit à ceux qui s'en plaindroient
pourquoi le lifiez -vous ? Mais , Monfieur ,
pourroit-on lui répondre : Je ne prévoyois
pas , en prenant votre livre , qu'il ne devoit
m'amufer ni m'inftruire. La réponſe:
feroit bonne , perfonne n'étant devin.
Cependant quand je réfléchis à fa fentence
, je crois y démêler une idée trop
fiere pour être la fienne. Ne voudroit - il:
pas dire , qu'il eft peu de gens qui doivent
le lire , c'eft-à -dire qu'il en eft peu
qui foient dignes de le faire ; & puis en
cherchant quels font ces mortels privilégiés
, il femble que ce font les Genevois
& ceux qui le trouvent inftructif & amufant
, ou pour dire la chofe comme elle
eft , ceux qui font fes approbateurs . Voilà
une idée qu'on ne doit pas attribuer à:
un philofophe auffi modefte & auffi bon
Logicien que lui . Il eft donc de l'équité de
convenir que fa fentence ne fignifie rien ..
Au reste , il ne nous a pas appris à quoi
peuvent fervir fes fyitêmes , & quel a été
fon but en écrivant. J'ai écrit , dira-t'il ,
pour
donner aux Genevois de fortes raifons
d'aimer leur gouvernement , pour
leur infpirer l'humanité , l'amour de la
C.vjj
60 MERCURE DE FRANCE.
patrie & de la liberté , & l'obéiflance aux
loix.
Je crois donc entendre M. Rouffeau
parlant ainfi à fes concitoyens : Aimez votre
gouvernement , car l'homme auroit
beaucoup mieux fait de n'en point établir.
Aimez vos femblables , car nous avons eu
tort de fortir de cet état ancien où nous
n'aimions que le repos , une femelle & la
Bourriture. Aimez votre patrie , puifqu'il
eft vrai que nous devrions n'en avoir jamais
eu d'autre qu'une caverne ou le pied
d'un arbre. Soyez libres , attendu que nous
fommes à plaindre de n'être plus dépendans
d'un Lion ou d'un Ours , qui nous
auroit fait fuir devant lui . Enfin obéiffez
aux loix , puifque vous étiez faits pour
n'obéir à aucune. Si les Genevois n'avoient
pas de meilleures raifons pour être bons
citoyens , nous n'aurions pas admiré comme
nous faifons , la fageffe de leur gouvernement
& la pureté de leurs moeurs.
Je fçais bien qu'il pourroit répliquer ,
comme Agamemnon ; Seigneur , je ne rends
point compte de mes deffeins , furtout devant
des Adverfaires obfcurs & indignes de
moi , tels que vous êtes , vous dont je
craindrois de relever la baffeffe , fi je def
cendois jufqu'à elle. De plus , que m'importe
qu'on m'approuve , ou qu'on me
MARS. 1756. 61
condamne ? Mes Approbateurs font la raifon
& la vérité , ( à Dieu ne plaife que cela
foit , ) je n'attends rien de perfonne . Je
foule aux pieds les critiques & les fuffrages:
Si fractus illabatur orbis impavidum
ferient ruina. Tous ces fentimens ont une
majefté philofophique qui éblouit ; mais
je foupçonne qu'ils font trop métaphyfiques
pour être réels. La nature a mis dans
nos coeurs un violent défir d'être eftimé
de fes femblables ; & je croirois fort que
fans ce défir-là , perfonne ne fe feroit imprimer
, pas même M. Rouffeau . De plus ,
répéter mille & mille fois qu'on méprife
l'eftime des hommes , c'est répéter qu'on
méprife les hommes mêmes. Or, comme le
mépris dérive toujours d'une comparaiſon
relative à fa propre perfonne , dire qu'on
méprife les hommes , c'eft dire en termes
couverts , qu'on fe croit plus qu'eux . Il feroit
pourtant un peu violent de fe croire le
premier homme du monde.
y
L'affectation est toujours ridicule. Il
en a , ce me femble ,à fe proclamer philofophe
par un certain ton altier & crud ,
qu'on prend un peu trop dans notre fiécle.
Du moins pour l'être , on ne doit pas
traiter fon monde d'une maniere fi hautaine
, car alors il paroîtra qu'on a plus de
colere que de philofophie.
62 MERCURE DE FRANCE.
Pourquoi , par exemple , répondre par
des injures; (le titre de bel efprit en eft une
de la maniere que M. Rouffeau le donne) ?
Pourquoi , dis - je , ne pas répondre par des
raifons ? Il n'en avoit point , dira-t'on , il
ne falloit donc pas répondre.
Je connois des gens qui ont cru appercevoir
dans fes écrits une humeur fort
éloignée de cette douceur gracieuſe & liante
, qui doit être comme l'habit de la véritable
vertu. Je n'ai garde d'être de leur
avis , & je fuis perfuadé que M. Rouſſeau
eft auffi aimable par fon caractere , qu'il eft
eftimable par fes moeurs , & admirable par
fes écrits ; mais je fuis obligé de convenir
que cet avis où il répond fi durement , a été
écrit dans quelque quart- d'heure d'inquiétude
, & je gagerois que fa fanté n'étoit
pas bien difpofée dans ce moment -là.
Je finirai par l'avertir qué l'indifpofi
tion où il pouvoit être alors , lui a empêché
de faire affez d'attention à la lettre
qu'on lui écrit , enforte qu'il ne lui a pas
fait l'honneur de l'entendre. On ne l'exhorte
pas à quitter les difcuffions politiques
pour faire des Opera , on s'intéreffe
trop à fa gloire pour exiger de lui une
pareille chute ; on croit même que la lit
térature perdroit tout , s'il n'étoit que poëte
; & qu'en cas qu'il ne fût que Muficien,.
MAR S. 1756. 63
la mufique ne gagneroit pas autant que
l'éloquence a déja gagné à être cultivée.
par lui . On a voulu lui dire feulement ,
qu'il vaut mieux ne faire qu'amufer , que
de donner des inftructions fondées fur des
principes auffi dangereux que les fiens
d'où dérive naturellement la conféquence
que l'homme n'a été fait ni pour une morale
, ni pour une religion ; conféquence
que la droiture pieufe de fon coeur défavoueroit
affurément. Du refte , on l'exhorte
à poursuivre fes recherches , & furtout
à prétendre aux découvertes neuves ,
fans aimer les nouveautés. Cet avis , cen'eft
point les Bordelois feuls qui le lui
donnent , les Genevois , j'ofe le dire, le lui
donnent auffi.
Je ne crois pas avoir rien dit de choquant
à M. Rouffeau ; & je viens de relire.
ma lettre pour voir s'il m'eft échappé la:
moindre chofe qui démentît les fentimens
d'eftime , d'admiration , & même de refpect,
dont je fuis pénétré pour lui . Je fuis même
fi affuré de la nobleſſe & de la candeur
de fes fentimens , que jefuis perfuadé qu'il
confentira lui - même à ce que cette lettre.
foit inférée dans votre Mercure ; honneur
que je vous fupplis dé lui accorder .
De Bordeaux , le 14 Janvier 1756.-
D'un Bourgeois de Bordeaux , à l'Auteur
du Mercure.
MONSIEUR , en lifant votre Mercure
, j'ai trouvé une lettre de l'illuftre
M. Rouffeau , où il fe défend contre ceux
qui ofent attaquer les nouveautés étonnantes
de fes fyftêmes Je n'entre point
dans toutes ces difcuffions ; mais je ne
feindrai pas d'avouer que j'ai été furpris
de la hauteur Stoïque & Lacédémonienne
avec laquelle il nous traite . Il nous infinue
avec une clarté affez dure , que fom
deffein n'eft ni de nous amufer , ni de
nous inftruire. Je lui répons d'abord qu'il
fera l'un & l'autre malgré lui , par la feu
le raifon que nous nous occupons à le
lire. Chofe qu'il ne fçauroit empêcher.
Tout le fruit qu'il pourra tirer de fa mauvaiſe
intention pour nous , c'eft de nous
difpenfer de lui être reconnoiffans , puifqu'il
ne nous éclaire qu'en proteftant qu'il
ne veut pas nous éclairer. C'est un vrai
larcin que nous lui faifons.
Mais je demande quelle raifon lui avons
nous donnée de fe fâcher contre nous ? Si
quelqu'un de nos concitoyens a mérité
Cv
8 MERCURE DE FRANCE.
fa colere par quelques petits dilemmes
embarraffans , mais point incivils , toute
la ville qu'il profcrit n'a point de part à
cela. Une chofe bien certaine , c'eſt que
nous admirons fon éloquence comme tout
le reste du monde , preuve affez évidente
que nous valons quelque chofe. Comment
peut- il avoir la cruauté de foudroyer
ainfi fes admirateurs .
Il femble nous apprendre qu'il n'écrit
que pour Geneve, cela veut dire qu'il n'aime
qu'elle. J'avouerai que j'avois cru juf
qu'ici que le vrai philofophe étoit l'ami
du monde entier ; qu'il regardoit tous les
hommes comme des freres. Qu'il aime
Geneve , à la bonne heure ; mais nous.
ofons le prier de nous aimer un peu , tout
Bordelois que nous pouvons être : car
après tout que fçait-il Peut- être fommes-
nous, des hommes ?
Il feroit mieux , dit- il , de demander
à ceux qui ne font pas Genevois , & qui
ne me goûtent point , pourquoi ils lifent
mon ouvrage, que de leur expliquer pourquoi
il eft fait ? Les termes dont il fe fert
pour dire cela, ont un air fentencieux, mais.
j'ai bien peur qu'ils n'en ayent que l'air.
1. Il est très - fûr que tout le monde le
goûte & l'admire , Genevois ou non , ainfi
il fe fonde fur une hypothefe fauffe. SupMARS.
1756. 59
pofons, comme lui , l'impoffible. Suppofons,
dis-je , qu'il eût fait un ouvrage où l'utile.
& l'amufant ne fe trouvaflent point , &
qu'il dit à ceux qui s'en plaindroient
pourquoi le lifiez -vous ? Mais , Monfieur ,
pourroit-on lui répondre : Je ne prévoyois
pas , en prenant votre livre , qu'il ne devoit
m'amufer ni m'inftruire. La réponſe:
feroit bonne , perfonne n'étant devin.
Cependant quand je réfléchis à fa fentence
, je crois y démêler une idée trop
fiere pour être la fienne. Ne voudroit - il:
pas dire , qu'il eft peu de gens qui doivent
le lire , c'eft-à -dire qu'il en eft peu
qui foient dignes de le faire ; & puis en
cherchant quels font ces mortels privilégiés
, il femble que ce font les Genevois
& ceux qui le trouvent inftructif & amufant
, ou pour dire la chofe comme elle
eft , ceux qui font fes approbateurs . Voilà
une idée qu'on ne doit pas attribuer à:
un philofophe auffi modefte & auffi bon
Logicien que lui . Il eft donc de l'équité de
convenir que fa fentence ne fignifie rien ..
Au reste , il ne nous a pas appris à quoi
peuvent fervir fes fyitêmes , & quel a été
fon but en écrivant. J'ai écrit , dira-t'il ,
pour
donner aux Genevois de fortes raifons
d'aimer leur gouvernement , pour
leur infpirer l'humanité , l'amour de la
C.vjj
60 MERCURE DE FRANCE.
patrie & de la liberté , & l'obéiflance aux
loix.
Je crois donc entendre M. Rouffeau
parlant ainfi à fes concitoyens : Aimez votre
gouvernement , car l'homme auroit
beaucoup mieux fait de n'en point établir.
Aimez vos femblables , car nous avons eu
tort de fortir de cet état ancien où nous
n'aimions que le repos , une femelle & la
Bourriture. Aimez votre patrie , puifqu'il
eft vrai que nous devrions n'en avoir jamais
eu d'autre qu'une caverne ou le pied
d'un arbre. Soyez libres , attendu que nous
fommes à plaindre de n'être plus dépendans
d'un Lion ou d'un Ours , qui nous
auroit fait fuir devant lui . Enfin obéiffez
aux loix , puifque vous étiez faits pour
n'obéir à aucune. Si les Genevois n'avoient
pas de meilleures raifons pour être bons
citoyens , nous n'aurions pas admiré comme
nous faifons , la fageffe de leur gouvernement
& la pureté de leurs moeurs.
Je fçais bien qu'il pourroit répliquer ,
comme Agamemnon ; Seigneur , je ne rends
point compte de mes deffeins , furtout devant
des Adverfaires obfcurs & indignes de
moi , tels que vous êtes , vous dont je
craindrois de relever la baffeffe , fi je def
cendois jufqu'à elle. De plus , que m'importe
qu'on m'approuve , ou qu'on me
MARS. 1756. 61
condamne ? Mes Approbateurs font la raifon
& la vérité , ( à Dieu ne plaife que cela
foit , ) je n'attends rien de perfonne . Je
foule aux pieds les critiques & les fuffrages:
Si fractus illabatur orbis impavidum
ferient ruina. Tous ces fentimens ont une
majefté philofophique qui éblouit ; mais
je foupçonne qu'ils font trop métaphyfiques
pour être réels. La nature a mis dans
nos coeurs un violent défir d'être eftimé
de fes femblables ; & je croirois fort que
fans ce défir-là , perfonne ne fe feroit imprimer
, pas même M. Rouffeau . De plus ,
répéter mille & mille fois qu'on méprife
l'eftime des hommes , c'est répéter qu'on
méprife les hommes mêmes. Or, comme le
mépris dérive toujours d'une comparaiſon
relative à fa propre perfonne , dire qu'on
méprife les hommes , c'eft dire en termes
couverts , qu'on fe croit plus qu'eux . Il feroit
pourtant un peu violent de fe croire le
premier homme du monde.
y
L'affectation est toujours ridicule. Il
en a , ce me femble ,à fe proclamer philofophe
par un certain ton altier & crud ,
qu'on prend un peu trop dans notre fiécle.
Du moins pour l'être , on ne doit pas
traiter fon monde d'une maniere fi hautaine
, car alors il paroîtra qu'on a plus de
colere que de philofophie.
62 MERCURE DE FRANCE.
Pourquoi , par exemple , répondre par
des injures; (le titre de bel efprit en eft une
de la maniere que M. Rouffeau le donne) ?
Pourquoi , dis - je , ne pas répondre par des
raifons ? Il n'en avoit point , dira-t'on , il
ne falloit donc pas répondre.
Je connois des gens qui ont cru appercevoir
dans fes écrits une humeur fort
éloignée de cette douceur gracieuſe & liante
, qui doit être comme l'habit de la véritable
vertu. Je n'ai garde d'être de leur
avis , & je fuis perfuadé que M. Rouſſeau
eft auffi aimable par fon caractere , qu'il eft
eftimable par fes moeurs , & admirable par
fes écrits ; mais je fuis obligé de convenir
que cet avis où il répond fi durement , a été
écrit dans quelque quart- d'heure d'inquiétude
, & je gagerois que fa fanté n'étoit
pas bien difpofée dans ce moment -là.
Je finirai par l'avertir qué l'indifpofi
tion où il pouvoit être alors , lui a empêché
de faire affez d'attention à la lettre
qu'on lui écrit , enforte qu'il ne lui a pas
fait l'honneur de l'entendre. On ne l'exhorte
pas à quitter les difcuffions politiques
pour faire des Opera , on s'intéreffe
trop à fa gloire pour exiger de lui une
pareille chute ; on croit même que la lit
térature perdroit tout , s'il n'étoit que poëte
; & qu'en cas qu'il ne fût que Muficien,.
MAR S. 1756. 63
la mufique ne gagneroit pas autant que
l'éloquence a déja gagné à être cultivée.
par lui . On a voulu lui dire feulement ,
qu'il vaut mieux ne faire qu'amufer , que
de donner des inftructions fondées fur des
principes auffi dangereux que les fiens
d'où dérive naturellement la conféquence
que l'homme n'a été fait ni pour une morale
, ni pour une religion ; conféquence
que la droiture pieufe de fon coeur défavoueroit
affurément. Du refte , on l'exhorte
à poursuivre fes recherches , & furtout
à prétendre aux découvertes neuves ,
fans aimer les nouveautés. Cet avis , cen'eft
point les Bordelois feuls qui le lui
donnent , les Genevois , j'ofe le dire, le lui
donnent auffi.
Je ne crois pas avoir rien dit de choquant
à M. Rouffeau ; & je viens de relire.
ma lettre pour voir s'il m'eft échappé la:
moindre chofe qui démentît les fentimens
d'eftime , d'admiration , & même de refpect,
dont je fuis pénétré pour lui . Je fuis même
fi affuré de la nobleſſe & de la candeur
de fes fentimens , que jefuis perfuadé qu'il
confentira lui - même à ce que cette lettre.
foit inférée dans votre Mercure ; honneur
que je vous fupplis dé lui accorder .
De Bordeaux , le 14 Janvier 1756.-
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13
p. 206
Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
Début :
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes précédentes, Monsieur, que j'avois entrepris [...]
Mots clefs :
Maladie, Soins, Dragées, Traitements, Succès, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
Lettre de M. Delaplaine , Chirurgien de M.
de Thomond , écrite de Bordeaux , en date du
22 Octobre , à M. Keyfer,
>
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes
précédentes , Monfieur , que j'avois entrepris de
traiter avec vos dragées, deux filles , dont l'état extrêmement
fâcheux étoit connu , & au fçu de
toute la Ville de Bordeaux ; qu'avant de les comcommencer
, je les avois préfentées à MM. de la
Montagne & Betbeder , Docteur en médecine
qui avoient eu la bonté de conftater avec moi l'état
cruel où ces deux malheureuſes fe trouvoient.
Sans rentrer dans les détails que je vous en ai fait ,
ni vous importuner de ceux des traitemens que j'aî
conduits , je crois n'avoir rien de mieux à faire
que de vous envoyer les certificats de Meffieurs
les Médecins ci - deffus nommés , par lefquels
Vous verrez la guérifon de ces deux filles , & le
fuccès de vos dragées entre mes mains . Ces traite
mens ont été comme publics : les filles font
trop connues dans la ville & à la Comédie , pour
que l'on puiffe révoquer leur guérifon en
doute les fuffrages n'ont point été mandiés , &
je crois pouvoir vous affurer que leur état & leur
curé n'ont pas laiffé que de faire du bruit dans
cette Ville.
de Thomond , écrite de Bordeaux , en date du
22 Octobre , à M. Keyfer,
>
J'ai eu l'honneur de vous informer par mes
précédentes , Monfieur , que j'avois entrepris de
traiter avec vos dragées, deux filles , dont l'état extrêmement
fâcheux étoit connu , & au fçu de
toute la Ville de Bordeaux ; qu'avant de les comcommencer
, je les avois préfentées à MM. de la
Montagne & Betbeder , Docteur en médecine
qui avoient eu la bonté de conftater avec moi l'état
cruel où ces deux malheureuſes fe trouvoient.
Sans rentrer dans les détails que je vous en ai fait ,
ni vous importuner de ceux des traitemens que j'aî
conduits , je crois n'avoir rien de mieux à faire
que de vous envoyer les certificats de Meffieurs
les Médecins ci - deffus nommés , par lefquels
Vous verrez la guérifon de ces deux filles , & le
fuccès de vos dragées entre mes mains . Ces traite
mens ont été comme publics : les filles font
trop connues dans la ville & à la Comédie , pour
que l'on puiffe révoquer leur guérifon en
doute les fuffrages n'ont point été mandiés , &
je crois pouvoir vous affurer que leur état & leur
curé n'ont pas laiffé que de faire du bruit dans
cette Ville.
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Résumé : Lettre de M. Delaplaine, Chirurgien de M. de Thomond, écrite de Bordeaux, en date du 22 Octobre, à M. Keyser,
M. Delaplaine, chirurgien de M. de Thomond, adresse une lettre à M. Keyfer depuis Bordeaux le 22 octobre. Il y relate le traitement de deux jeunes filles dont l'état de santé préoccupant était connu dans toute la ville. Avant de commencer le traitement, Delaplaine a présenté les patientes à MM. de la Montagne et Betbeder, docteur en médecine, qui ont confirmé leur état critique. Il ne détaille pas les traitements mais envoie les certificats médicaux attestant la guérison des deux filles grâce aux dragées de M. Keyfer. Les traitements ayant été publics, la guérison des patientes, bien connues à Bordeaux et à la Comédie, est incontestable. Leur état et leur rétablissement ont suscité une grande attention dans la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14
p. 206-208
Certificat de M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux.
Début :
Premier Malade. Je, soussigné, Docteur en Médecine, Aggregé au College [...]
Mots clefs :
Certificats, Malades, Guérison, Traitement, Symptômes, Maux, Dragées, M. Keyser
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texteReconnaissance textuelle : Certificat de M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux.
Certificat de M. de la Montagne , Docteur en médecine
à Bordeaux .
Premier Malade. Je , fouffigné , Docteur en
Médecine , Aggregé au College des Médecins de
Bordeaux , déclare avoir été appellé par M. de la
Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal de Thomond
, Commandant en chef dans la province de
Guyenne , pour examiner une fille agée d'envi
JANVIER. 1758 . 207
ron vingt ans , qui avoit contracté depuis quatre
mois une G..... virulente , accompagnée d'un
grand nombre de puftules , & autres fymptômes
qu'on ne nommera plus. Dans cet état , elle
avoit eu recours à un Chirurgien , qui par le
moyen de quelque topiques , avoit fait difparoître
les puftules. Peu de temps après elle fut attaquée
d'un violent mal de tête , & de douleurs dans
tous les membres , qui vers le foir devenoient
plus vives , & lui ôtoient entiérement le fommeil.
Bientôt les puftules reparurent en plus grand
nombre : elles furent fuivies à l'entour de l'a ....
d'excroiffances fongueufes , en forme de champignons
très -larges , & tellement douloureufes ,
qu'elle avoit à peine la liberté de marcher . Dans
le même temps , le fond de la gorge & la cloiſon
du palais s'enflammerent , au point de rendre la
déglutition très-difficile . Plufieurs ulceres chancreux
fuccéderent à cette inflammation . L'état déplorable
de cete fille exigeoit les fecours les plus
prompts & les plus efficaces. M. de la Plaine entreprit
de les traiter avec les dragées , & felon la
méthode de M. Keyfer . Quelques jours après je
fus appellé pour être témoin des effets qu'avoit
déja produit l'ufage du remede. Le plus grand
nombre des puftules avoit difparu , les excroiffances
s'étoient fondues , l'inflammation de la
gorge étoit diffipée. Dix ou douze jours après ce
fecond examen , le fieur de la Plaine me prefenta
encore la malade , & je vis avec étonnement qu'il
ne reftoit plus aucune trace des fymptômes affreux
dont j'avois été le témoin . Au reſte , cette
fille m'a affuré n'avoir éprouvé aucun accident facheux
dans le cours du traitement de fa maladie , "
& avoir vaqué à fes différentes occupations , comme
dans le temps de la meilleure fanté. En foi de
ZoS MERCURE DE FRANCE.
quoi j'ai fouffigné le préfent certificat . A Bor
deaux le 30 Octobre 1757. Lamontagne.
Deuxieme Certificat pour la deuxieme Malade:
Je , fouffigné , déclare avoir été appellé par
M. de la Plaine , pour examiner une fille , âgée
de 17 ans , qui avoit depuis un an contracté une
maladie vénérienne des plus confidérables . Ici Pon
épargnera les noms des Symptômes dénoncés dans le
Certificat. La malade avoit de plus des douleurs
dans tous les membres , & étoit tourmentée d'un
mal de tête , dont la violence lui avoit fait pers
dre entiérement le fommeil, Le fieur de la Plaine
la mit à l'ufage des dragées antivénériennes , & la
traita felon la méthode de M. Keyfer. Environ
trois femaines après , j'ai vu la malade : elle m'a
paru parfaitement rétablie , & je n'ai rien obſervé
qui pût me faire douter de l'éfficacité merveil
leufe du remede de M. Keyfer. Cette fille n'a gardé
aucun regime , & quoique fa mifere l'empê
chât de prendre les plus légeres précautions , elle
m'a affuré n'avoir éprouvé dans tout le cours du
traitement , rien qui l'ait le moins du monde incommodée.
Les effets finguliers de ce remede
m'ont étonné , & ma furprife & mon admiration
font égales. A. Bordeaux le 20 Octobre 1757.
Lamontagne.
à Bordeaux .
Premier Malade. Je , fouffigné , Docteur en
Médecine , Aggregé au College des Médecins de
Bordeaux , déclare avoir été appellé par M. de la
Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal de Thomond
, Commandant en chef dans la province de
Guyenne , pour examiner une fille agée d'envi
JANVIER. 1758 . 207
ron vingt ans , qui avoit contracté depuis quatre
mois une G..... virulente , accompagnée d'un
grand nombre de puftules , & autres fymptômes
qu'on ne nommera plus. Dans cet état , elle
avoit eu recours à un Chirurgien , qui par le
moyen de quelque topiques , avoit fait difparoître
les puftules. Peu de temps après elle fut attaquée
d'un violent mal de tête , & de douleurs dans
tous les membres , qui vers le foir devenoient
plus vives , & lui ôtoient entiérement le fommeil.
Bientôt les puftules reparurent en plus grand
nombre : elles furent fuivies à l'entour de l'a ....
d'excroiffances fongueufes , en forme de champignons
très -larges , & tellement douloureufes ,
qu'elle avoit à peine la liberté de marcher . Dans
le même temps , le fond de la gorge & la cloiſon
du palais s'enflammerent , au point de rendre la
déglutition très-difficile . Plufieurs ulceres chancreux
fuccéderent à cette inflammation . L'état déplorable
de cete fille exigeoit les fecours les plus
prompts & les plus efficaces. M. de la Plaine entreprit
de les traiter avec les dragées , & felon la
méthode de M. Keyfer . Quelques jours après je
fus appellé pour être témoin des effets qu'avoit
déja produit l'ufage du remede. Le plus grand
nombre des puftules avoit difparu , les excroiffances
s'étoient fondues , l'inflammation de la
gorge étoit diffipée. Dix ou douze jours après ce
fecond examen , le fieur de la Plaine me prefenta
encore la malade , & je vis avec étonnement qu'il
ne reftoit plus aucune trace des fymptômes affreux
dont j'avois été le témoin . Au reſte , cette
fille m'a affuré n'avoir éprouvé aucun accident facheux
dans le cours du traitement de fa maladie , "
& avoir vaqué à fes différentes occupations , comme
dans le temps de la meilleure fanté. En foi de
ZoS MERCURE DE FRANCE.
quoi j'ai fouffigné le préfent certificat . A Bor
deaux le 30 Octobre 1757. Lamontagne.
Deuxieme Certificat pour la deuxieme Malade:
Je , fouffigné , déclare avoir été appellé par
M. de la Plaine , pour examiner une fille , âgée
de 17 ans , qui avoit depuis un an contracté une
maladie vénérienne des plus confidérables . Ici Pon
épargnera les noms des Symptômes dénoncés dans le
Certificat. La malade avoit de plus des douleurs
dans tous les membres , & étoit tourmentée d'un
mal de tête , dont la violence lui avoit fait pers
dre entiérement le fommeil, Le fieur de la Plaine
la mit à l'ufage des dragées antivénériennes , & la
traita felon la méthode de M. Keyfer. Environ
trois femaines après , j'ai vu la malade : elle m'a
paru parfaitement rétablie , & je n'ai rien obſervé
qui pût me faire douter de l'éfficacité merveil
leufe du remede de M. Keyfer. Cette fille n'a gardé
aucun regime , & quoique fa mifere l'empê
chât de prendre les plus légeres précautions , elle
m'a affuré n'avoir éprouvé dans tout le cours du
traitement , rien qui l'ait le moins du monde incommodée.
Les effets finguliers de ce remede
m'ont étonné , & ma furprife & mon admiration
font égales. A. Bordeaux le 20 Octobre 1757.
Lamontagne.
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Résumé : Certificat de M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux.
Le document contient deux certificats médicaux rédigés par M. de la Montagne, Docteur en médecine à Bordeaux. Le premier certificat, daté du 30 octobre 1757, concerne une fille d'environ vingt ans atteinte depuis quatre mois d'une maladie virulente avec pustules et autres symptômes. Après un traitement chirurgical, la patiente a développé des maux de tête, des douleurs dans les membres et des excroissances fongueuses douloureuses. M. de la Plaine a alors utilisé des dragées selon la méthode de M. Keyfer, améliorant rapidement l'état de la malade. En dix à douze jours, tous les symptômes avaient disparu sans effets secondaires. Le second certificat, daté du 20 octobre 1757, concerne une fille de dix-sept ans souffrant d'une maladie vénérienne depuis un an, accompagnée de douleurs et de maux de tête. M. de la Plaine a utilisé les dragées antivénériennes de M. Keyfer, et après trois semaines, la patiente était rétablie sans désagréments. M. de la Montagne exprime son admiration pour l'efficacité du remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 208-210
Certificat de M. Betbeder, Professeur Royal à Bordeaux.
Début :
Je, soussigné, Professeur royal de médecine en l'université de Bordeaux, [...]
Mots clefs :
Certificats, Guérison, Maladies, Symptômes, Douleurs, Dragées, Maladie vénérienne
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texteReconnaissance textuelle : Certificat de M. Betbeder, Professeur Royal à Bordeaux.
Certificat de M. Betbeder Profeſſeur Royal à
Bordeaux.
Je , fouffigné , Profeffeur royal de médecine
en l'univerfité de Bordeaux , Médecin de l'Hôpital
de Saint André , certifie qu'ayant examiné le 12
Septembre dernier , une fille âgée de 18 ans , que
M. de la Plaine propofoit de traiter avec le remede
& fuivans la méthode de M. Keyfer , j'ai
JANVIER. 1758. 209
trouvé que cette fille avoit les plus graves fymptô
mes de la maladie vénérienne . Onfouftrait encore
ici tous les noms de ces fymptômes. Que l'ayant
interrogée fi elle n'éprouvoit pas encore d'autres
accidens , elle me dit reffentir de violentes
douleurs de tête , & dans tous les membres ,
particuliérement pendant la nuit , des infomnies
cruelles , & un grand mal de gorge . Ce qui
m'ayant fait examiner l'intérieur de la bouche ,
je vis la luette , les piliers des amygdales , & le
voile du palais confidérablement gonflés avec
exulcération dans ces parties . Que dans cet état ,
la malade paffa à l'ufage du remede de M. Keyſer,
adminiftré par M. de la Plaine , & qu'ayant été
invité une feconde fois d'examiner la malade le
18 Octobre fuivant , je vis avec plaifir que les fymp
tômes énoncés , avoient difparus , & la malade
m'affura ne point reffentir de douleurs de tête, ni
dans les membres , & qu'elle avoit recouvré le
fommeil le gonflement de la luette , du voile du
palais , & des piliers des amygdales avoit entiérement
difparu ; il ne fubfiftoit plus que quelque
petites ulcérations très-légeres aux gencives , qui
me parurent provenir d'un agacement occafionné
par le remede qui avoit pu porter à la bouche , &
qu'on avoit conduit avec autant de prudence que
de fagacité. En foi de quoi j'ai donné le préfent
certificat. A Bordeaux , le 21 Octobre 17573
Betheder , Profeſſeur royal de médecine.
Deuxieme Certificat.
Le 25 Septembre 1757 , j'examinai une fecon
de fille , âgée de 17 ans , pareillement atteinte depuis
15 mois d'une maladie vénérienne bien confirmée
& fort grave , au point même qu'elle étoit
hors d'état de marcher. L'on fupprime encore ici
210 MERCURE DE FRANCE.
tous les noms de maux déſagréables . Aux accidens
qui exiftoient lorfque je vifitai la malade , fe joignoient
de violentes douleurs de tête , & dans tous
les membres dans cet état la malade a paffé à
P'ufage du remede de M. Keyfer , adminiftré par
M. de la Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal
de Thomond , & après trois femaines de traitement
, tous les fymptômes puftules , &c . avoient
difparus , ce que je declare très - vrai . A Bordeaux
le 21 Octobre 1757. Betbeder , Profeſſeur royal
de médecine.
Bordeaux.
Je , fouffigné , Profeffeur royal de médecine
en l'univerfité de Bordeaux , Médecin de l'Hôpital
de Saint André , certifie qu'ayant examiné le 12
Septembre dernier , une fille âgée de 18 ans , que
M. de la Plaine propofoit de traiter avec le remede
& fuivans la méthode de M. Keyfer , j'ai
JANVIER. 1758. 209
trouvé que cette fille avoit les plus graves fymptô
mes de la maladie vénérienne . Onfouftrait encore
ici tous les noms de ces fymptômes. Que l'ayant
interrogée fi elle n'éprouvoit pas encore d'autres
accidens , elle me dit reffentir de violentes
douleurs de tête , & dans tous les membres ,
particuliérement pendant la nuit , des infomnies
cruelles , & un grand mal de gorge . Ce qui
m'ayant fait examiner l'intérieur de la bouche ,
je vis la luette , les piliers des amygdales , & le
voile du palais confidérablement gonflés avec
exulcération dans ces parties . Que dans cet état ,
la malade paffa à l'ufage du remede de M. Keyſer,
adminiftré par M. de la Plaine , & qu'ayant été
invité une feconde fois d'examiner la malade le
18 Octobre fuivant , je vis avec plaifir que les fymp
tômes énoncés , avoient difparus , & la malade
m'affura ne point reffentir de douleurs de tête, ni
dans les membres , & qu'elle avoit recouvré le
fommeil le gonflement de la luette , du voile du
palais , & des piliers des amygdales avoit entiérement
difparu ; il ne fubfiftoit plus que quelque
petites ulcérations très-légeres aux gencives , qui
me parurent provenir d'un agacement occafionné
par le remede qui avoit pu porter à la bouche , &
qu'on avoit conduit avec autant de prudence que
de fagacité. En foi de quoi j'ai donné le préfent
certificat. A Bordeaux , le 21 Octobre 17573
Betheder , Profeſſeur royal de médecine.
Deuxieme Certificat.
Le 25 Septembre 1757 , j'examinai une fecon
de fille , âgée de 17 ans , pareillement atteinte depuis
15 mois d'une maladie vénérienne bien confirmée
& fort grave , au point même qu'elle étoit
hors d'état de marcher. L'on fupprime encore ici
210 MERCURE DE FRANCE.
tous les noms de maux déſagréables . Aux accidens
qui exiftoient lorfque je vifitai la malade , fe joignoient
de violentes douleurs de tête , & dans tous
les membres dans cet état la malade a paffé à
P'ufage du remede de M. Keyfer , adminiftré par
M. de la Plaine , Chirurgien de M. le Maréchal
de Thomond , & après trois femaines de traitement
, tous les fymptômes puftules , &c . avoient
difparus , ce que je declare très - vrai . A Bordeaux
le 21 Octobre 1757. Betbeder , Profeſſeur royal
de médecine.
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Résumé : Certificat de M. Betbeder, Professeur Royal à Bordeaux.
Le document contient deux certificats médicaux rédigés par M. Betbeder, Professeur Royal de médecine à l'université de Bordeaux, datés du 21 octobre 1757. Le premier certificat concerne une fille de 18 ans atteinte de la maladie vénérienne, présentant des douleurs de tête, des douleurs dans les membres, des insomnies et un mal de gorge. Un examen de la bouche révéla un gonflement de la luette, des piliers des amygdales et du voile du palais, avec des exulcérations. Après traitement avec le remède de M. Keyfer, administré par M. de la Plaine, les symptômes disparurent et la malade récupéra son sommeil. Le second certificat concerne une fille de 17 ans atteinte de la maladie vénérienne depuis 15 mois, au point qu'elle ne pouvait plus marcher. Après trois semaines de traitement avec le remède de M. Keyfer, administré par M. de la Plaine, tous les symptômes disparurent.
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16
p. 71
ENIGME.
Début :
Mon sort est de ramper du matin jusqu'au soir, [...]
Mots clefs :
Soulier d'homme
18
p. 50
LOGOGRYPHE.
Début :
Pris par derrière, ou par devant, [...]
Mots clefs :
Été
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE .
PRRIS par derrière , ou par devant ,
J'offre , Lecteur , également ,
L'une des Soeurs , que chaque année
On voit paroître exactement ,
Des vieillards furtout defirée,
Et favorable au tendre Amant
A qui je procure ſouvent
L'occafion de voir fa bien aimée.
De Bordeaux. Par ROSALIE DUMO...
PRRIS par derrière , ou par devant ,
J'offre , Lecteur , également ,
L'une des Soeurs , que chaque année
On voit paroître exactement ,
Des vieillards furtout defirée,
Et favorable au tendre Amant
A qui je procure ſouvent
L'occafion de voir fa bien aimée.
De Bordeaux. Par ROSALIE DUMO...
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19
p. 66
AUTRE.
Début :
Aux bois, comme à la Ville, on m'entend fort souvent. [...]
Mots clefs :
Cor
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
ux bois , comme à la Ville , on m'entend fort
fouvent.
Dépouillé de mon chef, je rends l'homme puiffants
Remis dans mon entier , prenez-moi par derriere ,
Je fuis exactement , auffi dur que la pierre.
De BORDE A U X.
ux bois , comme à la Ville , on m'entend fort
fouvent.
Dépouillé de mon chef, je rends l'homme puiffants
Remis dans mon entier , prenez-moi par derriere ,
Je fuis exactement , auffi dur que la pierre.
De BORDE A U X.
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20
p. 62-63
AUTRE.
Début :
Les neufs pieds, cher Lecteur, qui forment mon essence, [...]
Mots clefs :
Richelieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Las neufs pieds , cher Lecteur , qui forment ES
mon effence ,
T'offriront , fans effort , un nom qui fut fameux ;
Un Héros de nos jours , dont la haute vaillance
Mérite moins encor que. le coeur généreux .
Combine maintenant , tu trouveras un être ,
Dont la vafte étendue embraſſe l'Univers ;
Ce que maint mortel veut paroître
Pour écarter le foupçon du revers ;
Ce que pour s'inftruire il faut faire ;
Le fruit du travail merveilleux
D'un infecte laborieux ;
Pour un jeune Ecolier une pénible affaire ;
Ce que craignoient ſouvent des combattans nouveaux
;
Un mot dont l'effet eft de fixer la mémoire ,
Quand on veut , avec fruit , étudier l'Hiftoire ;
Ce qui conferve enfin le vin dans les tonneaux.
Pourfuis , & tu verras le nom de ce Prophète
Exempt du fatal monument ;
Ce Sacrificateur, dont l'exemple touchant
Doit fervir aux parens d'inftruction parfaite ;
Ce qui s'écoule avec rapidité ,
Avec l'objet dont on eft enchanté ;
Ꭺ Ꮕ Ꮜ ᏕᎢ , 1762. - -
L'une des fources de la vie;
Ce qui doit exciter notre plus forte envie ;
Une note en Mufique ; un pronom relatif ;
Une plante commune ; une riviere en France;
Ce qui peut quelquefois défarmer la vengeance:
Encor .... Mais c'eft affez pour ton génie actif.
L. de Bordeaux.
Las neufs pieds , cher Lecteur , qui forment ES
mon effence ,
T'offriront , fans effort , un nom qui fut fameux ;
Un Héros de nos jours , dont la haute vaillance
Mérite moins encor que. le coeur généreux .
Combine maintenant , tu trouveras un être ,
Dont la vafte étendue embraſſe l'Univers ;
Ce que maint mortel veut paroître
Pour écarter le foupçon du revers ;
Ce que pour s'inftruire il faut faire ;
Le fruit du travail merveilleux
D'un infecte laborieux ;
Pour un jeune Ecolier une pénible affaire ;
Ce que craignoient ſouvent des combattans nouveaux
;
Un mot dont l'effet eft de fixer la mémoire ,
Quand on veut , avec fruit , étudier l'Hiftoire ;
Ce qui conferve enfin le vin dans les tonneaux.
Pourfuis , & tu verras le nom de ce Prophète
Exempt du fatal monument ;
Ce Sacrificateur, dont l'exemple touchant
Doit fervir aux parens d'inftruction parfaite ;
Ce qui s'écoule avec rapidité ,
Avec l'objet dont on eft enchanté ;
Ꭺ Ꮕ Ꮜ ᏕᎢ , 1762. - -
L'une des fources de la vie;
Ce qui doit exciter notre plus forte envie ;
Une note en Mufique ; un pronom relatif ;
Une plante commune ; une riviere en France;
Ce qui peut quelquefois défarmer la vengeance:
Encor .... Mais c'eft affez pour ton génie actif.
L. de Bordeaux.
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21
p. 63
AUTRE.
Début :
Si je suis en entier, tout le monde fait gloire [...]
Mots clefs :
Crime
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Si je fuis en entier , tout le monde fait gloire
De me fuir avec foin & de me détefter ; }
Mais qu'on ôte monchef, qui pourroit alors croire
Le temps que bien des gens paffent à me chere
cher ?
.
Par le même.
Si je fuis en entier , tout le monde fait gloire
De me fuir avec foin & de me détefter ; }
Mais qu'on ôte monchef, qui pourroit alors croire
Le temps que bien des gens paffent à me chere
cher ?
.
Par le même.
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22
p. 57-58
AUTRE.
Début :
De mon canal étroit la source peu rapide, [...]
Mots clefs :
Plume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
mon canal étroit la ſource peu rapide,
Vient couler lentement ſans murmure & fans
bruit:
J'arroſe en ſerpentant ma plaine trop arides
Mais auſſi de mon cours je vois naître le fruit.
Dans un petit détroit je vais prendre ma ſource ,
Puis le long de mes bords je viens perdre mes
eaux :
i
Apeine ai-je entrepris mon agréable courſe
Que j'annonce aux Mortels les projets les plus
beaux.
Cv
58 MERCURE DE FRANCE .
Je laiſſe à mon plaiſir ſur mes charmans rivages ,
Cequi fort de mon ſein connu de toutes parts :
On admire en tous lieux mes précieux ouvrages
Qui ſeuls , par leur beauté ſoutiennent les beaux
Arts.
Par B. J. B. BAUDARD , de Bordeaux .
mon canal étroit la ſource peu rapide,
Vient couler lentement ſans murmure & fans
bruit:
J'arroſe en ſerpentant ma plaine trop arides
Mais auſſi de mon cours je vois naître le fruit.
Dans un petit détroit je vais prendre ma ſource ,
Puis le long de mes bords je viens perdre mes
eaux :
i
Apeine ai-je entrepris mon agréable courſe
Que j'annonce aux Mortels les projets les plus
beaux.
Cv
58 MERCURE DE FRANCE .
Je laiſſe à mon plaiſir ſur mes charmans rivages ,
Cequi fort de mon ſein connu de toutes parts :
On admire en tous lieux mes précieux ouvrages
Qui ſeuls , par leur beauté ſoutiennent les beaux
Arts.
Par B. J. B. BAUDARD , de Bordeaux .
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Résultats : 1 texte(s)
1
p. 2227-2228
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Début :
L'Académie assemblée le 8 Septembre 1733. presens, MESSIEURS, &c. Après qu'il a été [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, Dissertation, Circulation de la sève dans les plantes, Dureté, Mollesse, Fluidité
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
EXTRAIT des Registres de P Académie
Royale des Belles Lettres , Sciences es
Arts de Bordeaux.
L
-
'Académie assemblée le 8 Septembre 1733
presens , MESSIEURS , &c. Après qu'il a été
verifié , que le véritable Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les Plantes,
Couronnée et imprimée sous le nom de M. DI
LA BAISSE , a déja remporté trois Prix en différentes
années. Vû la délibération du 29 Avril
1717, par laquelle il est statué , qu'un même Auteur
nepourra obtenir que trois Frix ; et que M. le
Secretaire sera chargé de prier ceux qui se trouve-
`ront dans le cas , de ne plus travailler pour le concours.
M.le Secretaire ayant dit qu'il avoit averti
l'Auteur ci-dessus, lorsqu'il eut remporté le troisiéme
prix , dans la même forme que le fut M.D
MAIRAN , en 1717. L'Académie a délibéré que
la Médaille d'Or , décernée à l'Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , demeurera réservée pour un deuxième
Prix , à distribuer le 25 Août 1734.
Ce nouveau Prix réservé est destiné à celui qui
ex2228
MERCURE DE FRANCE
expliquera avec le plus de probabilité , la dureté
, la molesse , et la fluidité des Corps.
Les Dissertations pourront être en François
ou en Latin ; elles ne seront reçues pour le concours
, que jusqu'au premier May prochain , inclusivement.
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un Billet séparé et
cacheté la même Sentence , avec son nom, ses qualitez
et sa demeure, d'une façon qui ne puisse pas
former d'équivoque .
Les Paquets seront affranchis de Port , et addres
sez à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , rnë
de Gourgus ; ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie
, rue S. James . Signé , SARRAU , Secretaire
de l'Académie Royale de Bordeaux.
Royale des Belles Lettres , Sciences es
Arts de Bordeaux.
L
-
'Académie assemblée le 8 Septembre 1733
presens , MESSIEURS , &c. Après qu'il a été
verifié , que le véritable Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les Plantes,
Couronnée et imprimée sous le nom de M. DI
LA BAISSE , a déja remporté trois Prix en différentes
années. Vû la délibération du 29 Avril
1717, par laquelle il est statué , qu'un même Auteur
nepourra obtenir que trois Frix ; et que M. le
Secretaire sera chargé de prier ceux qui se trouve-
`ront dans le cas , de ne plus travailler pour le concours.
M.le Secretaire ayant dit qu'il avoit averti
l'Auteur ci-dessus, lorsqu'il eut remporté le troisiéme
prix , dans la même forme que le fut M.D
MAIRAN , en 1717. L'Académie a délibéré que
la Médaille d'Or , décernée à l'Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , demeurera réservée pour un deuxième
Prix , à distribuer le 25 Août 1734.
Ce nouveau Prix réservé est destiné à celui qui
ex2228
MERCURE DE FRANCE
expliquera avec le plus de probabilité , la dureté
, la molesse , et la fluidité des Corps.
Les Dissertations pourront être en François
ou en Latin ; elles ne seront reçues pour le concours
, que jusqu'au premier May prochain , inclusivement.
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un Billet séparé et
cacheté la même Sentence , avec son nom, ses qualitez
et sa demeure, d'une façon qui ne puisse pas
former d'équivoque .
Les Paquets seront affranchis de Port , et addres
sez à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , rnë
de Gourgus ; ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie
, rue S. James . Signé , SARRAU , Secretaire
de l'Académie Royale de Bordeaux.
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Résumé : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Le 8 septembre 1733, l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a examiné la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, récompensée et publiée sous le nom de M. Du La Baisse. Il a été constaté que l'auteur avait déjà remporté trois prix. Selon la délibération du 29 avril 1717, un même auteur ne peut obtenir plus de trois prix. Le secrétaire avait informé M. Du La Baisse de cette règle après son troisième prix, comme cela avait été fait pour M. de Mairan en 1717. L'Académie a décidé de réserver la médaille d'or pour un nouveau prix sur la dureté, la molesse et la fluidité des corps, à attribuer le 25 août 1734. Les dissertations, en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1734. Chaque dissertation doit inclure une sentence, et l'auteur doit fournir une copie de cette sentence avec son nom, ses qualités et sa demeure dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarrau, secrétaire de l'Académie, ou à M. Brun, imprimeur de l'Académie.
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