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4651
p. 91-93
« DAPHNIS & le premier Navigateur, Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand, [...] »
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DAPHNIS & le premier Navigateur, Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « DAPHNIS & le premier Navigateur, Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand, [...] »
DAPHNIS & le premier Navigateur,
Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand,
par M. Huber ; à Paris , chez
Vincent , Imprimeur- Libraire , rue S.
Severin ; 1764 ; avec approbation &
92 MERCURE DE FRANCE.
privilége du Roi ; un vol. in- 12 , avec
de jolies gravures.
L'accueil favorable qu'ont obtenu du
Public les Traductions de pluſieurs Ou-
vrages de M. Geffner', donne lieu de
croire que l'on ne verra pas avec moins
de plaifir les deux morceaux réunis
dans ce volume. C'eſt par le Poëme de
Daphnis , que M. Geffner a commencé
à ſe faire connoître dans le Monde litté
raire. Cet Ouvrage parut pour la pre-
mière fois en 1755 , & depuis on en a
donné pluſieurs Editions. Rien n'en
égale la ſimplicité, quant au fond &
quant au ſtyle. Il ne s'y trouve ni in-
trigue , ni catastrophe , & cependantil
y règne le plus grand intérêt; l'Auteur
y a peint l'innocence , la candeur & la
vertu , de cette manière ſimple , noble
& touchante qui caractériſe les Ouvra
ges des Anciens. Le Poëme intitulé , le
premierNavigateur, a paru pour la pre-
mière fois en 1762 , dans la belle Edi-
tion que M. Geffner a donnée de tous ſes
Ouvrages. On verra dans ce dernier
morceau , que l'Auteur n'a pas ſeule-
ment l'art de mêler avec le plus grand
fuccès le fentiment à l'image , mais en-
core que perſonne n'a ſcu mieux que
lui transformer l'image même en fenti
AVRIL. 1764.
93
ment. Qu'on life , par exemple , dans le
ſecond chant de ce Poëme , comment
Eole ordonne aux Aquilons de former
un orage fur la tête de l'homme cou-
pable , pendant qu'il commande aux
Zéphirs de ſouffler ſur l'homme inno-
cent & champêtre , pour le rafraîchir
dans ſes travaux. Ces deux Poëmes ne
feront point déplacés à côté de celuide
la Mort d'Abel , Ouvrage du même Au-
teur,& formeront, avec ſes Idylles, une
collection curieuſe & néceſſaire dans
le cabinetd'un Amateur.
Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand,
par M. Huber ; à Paris , chez
Vincent , Imprimeur- Libraire , rue S.
Severin ; 1764 ; avec approbation &
92 MERCURE DE FRANCE.
privilége du Roi ; un vol. in- 12 , avec
de jolies gravures.
L'accueil favorable qu'ont obtenu du
Public les Traductions de pluſieurs Ou-
vrages de M. Geffner', donne lieu de
croire que l'on ne verra pas avec moins
de plaifir les deux morceaux réunis
dans ce volume. C'eſt par le Poëme de
Daphnis , que M. Geffner a commencé
à ſe faire connoître dans le Monde litté
raire. Cet Ouvrage parut pour la pre-
mière fois en 1755 , & depuis on en a
donné pluſieurs Editions. Rien n'en
égale la ſimplicité, quant au fond &
quant au ſtyle. Il ne s'y trouve ni in-
trigue , ni catastrophe , & cependantil
y règne le plus grand intérêt; l'Auteur
y a peint l'innocence , la candeur & la
vertu , de cette manière ſimple , noble
& touchante qui caractériſe les Ouvra
ges des Anciens. Le Poëme intitulé , le
premierNavigateur, a paru pour la pre-
mière fois en 1762 , dans la belle Edi-
tion que M. Geffner a donnée de tous ſes
Ouvrages. On verra dans ce dernier
morceau , que l'Auteur n'a pas ſeule-
ment l'art de mêler avec le plus grand
fuccès le fentiment à l'image , mais en-
core que perſonne n'a ſcu mieux que
lui transformer l'image même en fenti
AVRIL. 1764.
93
ment. Qu'on life , par exemple , dans le
ſecond chant de ce Poëme , comment
Eole ordonne aux Aquilons de former
un orage fur la tête de l'homme cou-
pable , pendant qu'il commande aux
Zéphirs de ſouffler ſur l'homme inno-
cent & champêtre , pour le rafraîchir
dans ſes travaux. Ces deux Poëmes ne
feront point déplacés à côté de celuide
la Mort d'Abel , Ouvrage du même Au-
teur,& formeront, avec ſes Idylles, une
collection curieuſe & néceſſaire dans
le cabinetd'un Amateur.
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Résumé : « DAPHNIS & le premier Navigateur, Poëme de M. Gessner, traduit de l'Allemand, [...] »
En 1764, une publication intitulée 'DAPHNIS & le premier Navigateur' voit le jour à Paris, traduite par M. Huber. Ce recueil comprend deux œuvres principales de M. Gessner : 'Daphnis' et 'Le premier Navigateur'. 'Daphnis', initialement publié en 1755, se distingue par sa simplicité et son style noble, valorisant l'innocence, la candeur et la vertu. 'Le premier Navigateur', paru en 1762, montre la maîtrise de l'auteur à fusionner sentiment et image. Les poèmes sont illustrés de gravures et bénéficient d'une approbation royale. Ils sont suggérés pour enrichir la collection d'un amateur littéraire, aux côtés de 'La Mort d'Abel' et des Idylles de Gessner.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4652
p. 93-113
« ABRÉGÉ des Principes de Morale, & des Règles de conduite qu'un Prêtre [...] »
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ABRÉGÉ des Principes de Morale, & des Règles de conduite qu'un Prêtre [...]
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texteReconnaissance textuelle : « ABRÉGÉ des Principes de Morale, & des Règles de conduite qu'un Prêtre [...] »
ABRÉGÉ des Principes de Morale, &
des Règles de conduite qu'un Prêtre
doit fuivre pour bien adminiſtrer le
Sacrement de Pénitence ; par unEcclé-
ſiaſtique du Diocèce de B.... ; à Poi-
tiers, chez J. Felix Faucon , Imprimeur
de Mgr l'Evêque & du Clergé , place&
vis-à-vis l'Eglife Notre-Dame la Gran-
de; & à Paris , chez Ganeau , Libraire ,
rue & près de l'Egliſe de S. Severin ; un
vol. in-12 de 380 pages , 1763 ; avec
approbation & privilége du Roi.
Il paroît que le pieux Eccléſiaſtique
qui a compoſé cet Ouvrage , a connu
par expérience les maximes qu'on doit
obſerver dans le redoutable ministère du
94 MERCURE DE FRANCE.
Sacrement de Pénitence , & qu'il eſt
parfaitement inſtruit de tout ce qui eſt
requis pour éxercer utilement cette fonc-
tion. Il a raſſemblé dans cet Ecrit les
principes de la faine Morale ; il ena tiré
les plus juſtes conféquences ; il a facilité
aux jeunes Prêtres , qui travaillent dans
le ſacré Tribunal,les moyens de les met-
tre en pratique. Il eſt aiſé de compren-
dre combien ce Livre pourra être utile
aux Confeffeurs & aux Pénitens. Ceux-
ci y verront leurs devoirs clairement
expliqués ; ceux-là auront un guide für
pour ſe conduire eux-mêmes , & pour
faire marcher leurs Pénitens dans la voie
du ſalut , après les avoir tirés de l'état du
péché , par une abſolution falutaire. Les
matières de pratique y font traitées avec
autant de ſolidité que de préciſion ; on y
a recueilli avec ordre les points les plus
importans de la Morale.
RÉFLEXIONS militaires , par M. de
Bouffanelle , Chevalier de l'Ordre Royal
&Militaire de S. Louis, Mestre de Camp
de Cavalerie , Capitaine au Régiment du
Commiſſaire-Général , Membre de l'A-
cadémie des Sciences & Beaux-Arts de
la Ville de Béſiers ; à Paris , chez Du-
chefne , Libraire , rue S. Jacques , au
AVRIL. 1764.
95
Temple du Goût , & chez Durand ne-
veu , Libraire , rue S. Jacques , à la Sa-
geffe; 1764; avec approbation & pri-
vilége du Roi; brochure in-12 de 200
pages.
Les ſujets fur leſquels roulent ces Ré-
fléxions , font la Cavalerie , l'Officier
de Cavalerie , de Dragons , de Huſſards
&de toutes les Troupes à cheval , les
nouvelles Conſtitutions de la Cavalerie ,
l'éducation militaire , la Religion des
Anciens dans leurs Armées , la peine &
la récompenfe , le luxe dans le Militaire ,
l'amour de la gloire , la fubordination ,
la gaîté & l'enthouſiaſme néceſſaires aux
Gens de Guerre , le mariage des Offi-
ciers , les habits uniformes , les châti-
mens militaires , les connoiſſances mili-
taires des Anciens , les uſages & les ar-
mes des Anciens , les anciennes Cavale-
ries de différentes Nations , le cheval ,
le courage , la fauſſe émulation ou l'en-
vie. Tous ces différens Sujets nous ont
parus traités avec intelligence , & femés
de pluſieurs traits hiſtoriques , qui ren-
dent cette lecture très-curieuſe & très-
intéreſſante.
LESÉLÉMENS primitifs des Langues,
découverts par la comparaiſondes Raci-
96 MERCURE DE FRANCE.
nes de l'Hébreu avec celles du Grec , du
Latin & du François. Ouvrage dans le-
quel on éxamine la manière dont les
Langues ontpu ſe former , &ce qu'elles
peuvent avoir de commun; par M. Ber-
gier,Docteur en Théologie , Curédans
le Diocèſe de Besançon , à Paris , chez
Brocas & Humblot , rue S. Jacques , au
Chef S. Jean ; brochure in-12 de 350
pages; avec approbation & privilége
du Roi ; 1764.
Pluſieurs Sçavans avoient déja ſoup-
çonné que les Racines des Langues an-
ciennes pourroient bien être les mêmes
que cellesdes Langues modernes; mais
perſonnen'avoit encore tenté dele véri-
fier par un parallèle éxact & ſuivi,& c'eſt
cequ'entreprend M. Bergier , dans les
huit Differtations qui forment ce Re-
cueil , & qui traitent du changement
des Lettres dans la prononciation , de la
compofition des Mots , du Verbe ſub-
ſtantif, des Verbes hébreux & de leurs
Conjugaiſons, des différentes parties du
Diſcours , de la Syntaxe , du mêlange &
dela dérivation des Langues,& de l'uſa-
ge qu'onpeut fairedes racines.CetOuvra
ge nousparoît auſſi ingénieux que ſça-
vant,&propre à répandre beaucoup de
lumière ſur la ſcience de la Grammaire,
LES
AVRIL. 1764.
97
LES LOISIRS & Amusemens de ma
Solitude , Ouvrage moral ; à Laufane ,
& ſe trouve à Paris , chez Duchesne ,
Libraire , rue S. Jacques , au Temple du
Goût ; 1764 ; brochure in- 12 .
Cette Brochure contient des Penſées
détachées ſur divers ſujets de Morale , &
cinq ou fix Contes qui nous ont paru
très-bien écrits , & très- intéreſſans. On
dit que l'Ouvrage eſt d'un Militaire , qui
l'a compoſé dans ſes momens de loiſir.
Les Penſées & les Réfléxions qu'il pré-
ſente , ne font dictées , ni par une fauſſe
Philofophie , ni par un eſprit de Miſan-
tropie & de cauſticité. Tout y reſpire
l'honneur , la ſageſſe , l'humanité & l'a-
ménité des mœurs. Les gens de goût ne
trouveront d'autre défaut dans ce recueil
que d'être trop peu volumineux.
•DISSERTATION fur les Origines de
Toulouſe ; avec cette Epigraphe : Jam
feges eft ubi Trojafuit. Ovid. Ep. Penel.
Ulyf. à Avignon , chez Jean - Louis
Chambeau , Libraire - Imprimeur ; & fe
vend à Toulouse , chez Biroffe , Libraire,
à la Bible d'or ; 1764 ; brochure in-8°.
de 70 pages.
Cet Ecrit, plein de recherches ſça-
vantes , & qui préſente des vues nou-
I. Vol.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
velles , méritoit , par ce double titre,
d'être dédié à M. l'Abbé Barthelemy
qui a fait lui-même des découvertes fi
ſcavantes dans l'Antiquité. L'Auteur ,
M. Audibert , Vicaire de Verfeil , nous
paroît avoir examiné avec la plus ſcru-
puleuſe attention , les Monumens anti-
ques qui fontaux environs de Toulouſe ,
&dans Toulouſe même ; & compa-
rant enſuite ces reſtes de l'Antiquité ,
avec ce qu'ont dit d'anciens Ecrivains
,
il en tire des conféquences fûres , qui
jettent le plus grand jour fur pluſieurs
pointsdenotre Hiſtoire.
REMARQUES fur pluſieurs branches
de Commerce & de Navigation ; nou-
velle Edition , ſans nom d'Auteur , ni de
Ville , ni d'Imprimeur ; 1764 ; brochure
in- 12 , en deux parties. *
L'Auteur nous paroît très-inſtruit des
divers objets qui font la matière de cet
Ouvrage; & nous croyons que l'intérêt
public demande que l'on fafle fur-tout
attention à l'endroit où il eſt parlé de la
fortiedes grains hors du Royaume, fans
lalibertéde laquelle il eſt impoffible , dit
l'Auteur , que l'Agriculteur ſe relèvede
l'étatd'abattement ſous lequel il languit,
* Nous venons d'apprendre quel'on en trouve
des Exemplaires ,chez M. Simon , rue S. Jacques.
AVRIL. 1764.
THEQUELEL
LYON
*
par les impôts dont il le croit cha
Les Pêcheries méritent auſſi l'attention
du Lecteur ; & l'on ne sçauroit affez
recommander l'exemption de tous les
droits de conſommation ſur l'entrée du
Poiffon dans le Royaume.
VOLTAIRE , Poëme en vers libres ,
par M. le Clerc de Mont-Merci , Avocar
au Parlement , avec cette Epigraphe :
Omnia transformatfefe in miracula re-
rum. Virg. Georg. Sans nomde Ville ni
de Libraire ; mais on en trouve des
Exemplaires partout où ſe diſtribuent
les Nouveautés. Brochure in-8°. de 76
pages ; 1764.
Un Poëme dont M. de Voltaire eft
le Sujet & le Héros , eſt un objet trop
intéreſſant pour nous en tenir à une
fimple annonce ; nous en donnerons
donc un Extrait détaillé dans le Mer-
cure prochain , l'abondance des matiè-
res ne nous permettant pas de l'inférer
dans celui-ci.
LES SAISONS & les Jours , Poëmes ;
1764. On trouve des Exemplaires de
cetteBrochure in-12, chez Bauche , Li-
braire , quai des Auguſtins.
On a réuni ſous un titre très-court ,
de très-jolies Piéces qui traitent des mê-
E ij
*
TOO MERCURE DE FRANCE.
mes matières , qui avoient couru manuf
crites , & dont quelques -unes même
avoient déja été imprimées. On connoît
depuis longtemps les quatre parties du
Jour de M. de B..... Les quatre Saiſons
du même Auteur n'étoient pas auſſi pu-
bliques. Celles de M. Bernard & les
deux points du jour de M. de S. L.
étoient diſperſés dans divers volumes ,
& n'avoientparu que défigurés pardes
lacunes ou des fautes conſidérables. On
doit donc ſçavoir gré au Libraire qui
les a réunis en un ſeul volume , en
les réimprimant très - correctement &
fur du beau papier. Nous ne dirons
rien du mérite de ces différens mor- /
ceaux de Poësie , que tout homme de
goût ne peut ſe diſpenſer d'avoir dans
fon cabinet.
DICTIONNAIRE de Titres
originaux pour les Fiefs , les Domaines
du Roi , l'Hiſtoire , la Généalogie , &
généralement tous les objets qui con-
cernentle Gouvernementde l'Etat ; ou
inventaire général du Cabinet du Che-
valier Blondeau de Charnage , ci-devant
Lieutenant d'Infanterie , demeurant à
Paris Faubourg S. Germain , rue Gué-
négaud , à la porte cochère à côté de
AVRIL. 1764.
IOT
PHotel d'Artois , à Paris , de l'impri-
merie de Michel Lambert , rue & à
côté de la Comédie Françoiſe ; 1764;
avec approbation & privilége du Roi.
Brochure in- 12 , de 200 pages.
Le Cabinet de M. Blondeau est com-
poſé de foixante-dix mille Titres , dont
environ foixante mille en originaux. Il
eſt diſtribué en 26 parties. Ce Diction-
naire commence par les Fiefs ; on don-
nera enfuite l'inventaire des Titres féo-
daux concernantles Archevêchés , Evê
chés , Abbayes , Prieurés , Chapitres ,
Cures, Communautés Religieuſes , &c.
On paffera enſuite à l'inventaire des
Titres concernant le Domaine ; & l'on
continuera celui des autres parties du
Cabinet; felon que les objets ſe pré-
fenteront. Tous les titres font rangés
par ordre alphabétique des noms des
Seigneuries pourles Fiefs,&desnoms de
Familles pour les Titres généalogiques.
TARIFS , ou comptes faits , con-
cernant les alliages & les bonifications
d'or & d'argent; par M. J. Xhrouet ;
à Paris , chez Guillyn , Libraire , Quai
des Auguſtins ; 1763 ; volume in-12.
La partie la plus délicate de l'Or-
févrerie étant les titres des matières
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
d'or & d'argent ; & leurs calculs , par
la grande juſteffe qu'ils éxigent , de-
venant extrêmement longs& difficiles ,
il n'est pas douteux qu'on ne les voie
avec plaifir réduits à une ſimple addi-
tion. C'eſt-là l'objet que l'Auteur s'eſt
propofé de remplir dans l'ouvrage que
nous annonçons. On y trouvera une
grande facilité pour mettre quelque Or
que ce puiffe être à 20 ,21 ,22 , 23 Ка-
rats ; & c. Le Livre est dédié à M. de
Gouve , Procreur Général en la Cour
des Monnoies. L'étendue de ſes lu-
mières dans cette partie , la juſteſſe de
fon difcernement , la place qu'il occu-
pe forment un préjugé favorable pour
çetOuvrage,qui ne peut être que d'une
très-grande utilité pour les Artiſtes qui
travaillent en or & en argent.
NÉCESSITÉ de penser à la mort, ou
Inftructions chrétiennes pour le temps
de la maladie ; Ouvrage non ſeulement
utile à ceux qui adminiſtrent les der-
niers Sacremens , & qui ont le ſoin
fpirituel des malades , mais encore aux
malades mêmes , & àceux qui leur don-
nentles ſecours temporels. On y a joint
l'Ordinaire de la Sainte Meſſe ,une
courte explication de l'Oraifon Domi
AVRIL. 1764.
103
nicale , une paraphraſe ſur les ſept
Pſeaumes de la Pénitence , les Prières
de l'adminiſtration du faint Viatique &
de l'Extrême- Onction, & les Prières des
Agonifans , en Latin & en François,ſe-
conde édition , revue , corrigée & aug-
mentée. A Senlis , & ſe vend à Paris
chez Desaint & Saillant , Libraires,rue
S. Jeande Beauvais ; Claude Hériſſant ,
Libraire-Imprimeur, rue Neuve Notre-
Dame , à la Croix d'Or ; & Hériſſant ,
rue S. Jacques , Imprimeur du Cabinet
duRoi 1764. AvecApprobation & Pri
vil. du Roi , Vol. in- 12 , d'environ 600
pages. Prix,21. broché & 2 1. 10 f. relié.
Ce Titre qui fait connoître ſuffifam-
ment l'objet & l'utilité de cet Ouvrage
édifiant , nous diſpenſe d'entrer dans
un plus grand détail.
INSTRUCTIONS familières en forme
d'entretiens , ſur les principaux objets
qui concernent la culture des Terres ;
Ouvrage à la fin duquel on trouvera
deux Mémoires fort intéreſſans ſur les
Bois ; par M. Thierriat , Conſeiller du
Roi , Garde-Marteau de la Maîtriſe des
Eaux & Forêts de Chaulny : avec cette
Epigraphe : Beatus ille qui procul nego-
tiis &c. Hor. A Paris, chez Mufierfils,
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , quai des Auguſtins , au coin
de la rue Pavée , à S. Etienne ; 1763.
Brochure in-12. de 140 pages.
En faveur des enfans qu'on deſtine à
la culture des Terres , ce Livre est
par demandes & par réponſes. Les Maî
tres d'Ecole de Village pourront s'en
fervir pour leur apprendre à lire.
bien de l'Etat,
Ils
pourront même leur faire apprendre
par cœur les réponſes aux différentes
queſtions. Par ce moyen les enfans goû-
teront peu-à-peu-les principes de l'Au-
teur, connoîtront ce qu'ily a de mieux
dans les anciennes pratiques , & tra-
vailleront utilement pour eux & pour les
MÉMOIRES d'Azéma , contenant di-
verſes Anecdotes des régnes de Pierre-
lc- Grand , Empereur de Ruffie , & de
l'Impératrice Catherine ſon épouse , tra-
duits de Ruffe par M. Contant d'Orvil
le ; à Amſterdam , 1764 ; & fe trouvent
à Paris au Palais Royal , chez Mde la
Marche. Brochure en 2 parties in- 12.
Prix , 2 liv. 8 f.
Nous pourrons donnerun jour l'Ex-
trait de ce Roman nouveau.
LEÇONS de Phyſique Expérimentale,,
1
AVRIL. 1764 .
toutes les langues.
1ος
Tome VI. par M. l'Abbé Nollet, de l'A-
cadémie Royale des Sciences & Maître
de Phyſique & d'Hiſtoire Naturelle des
Enfans de France. Vol. in-12. de 527
pages , orné de 20 Planches en Taille-
douce bien déffinées & bien gravées.
A Paris , chez Hippolyte-LouisGuerin
& Louis-François Delatour, rue S. Jac-
ques , à S. Thomas d'Aquin ; 1764. Се
Volume contient quatre leçons , ſca-
voir la 18 , la 19,la 20 & la 21 qui eft
lå dernièrede cet Ouvrage.
La première de ces quatre leçons a
pour objet les mouvemens des.Aftres
& les phénomènes qui en réſultent ; la
2º traite des aimans tant naturels qu'ar-
tificiels; dans la 3 & dans la 4ª M. Lo
N. expoſeméthodiquement les phéno-
mènes de l'électricité , & fait voir par
un grand nombre d'exemples , qu'on
peutmaintenant rendre raiſon de toutes
ces merveilles , que bien des gens
croyent inexpliquables.
Il y a tout lieu de juger que ce volu
meaura lefort des autres qui ont été forr
accueillis du Public tant en France
que dans les païs étrangers. Ce Livre eff
८
devenu claſſique ;
il eſt traduit dans
Nous avons remarqué en parcou
Ey
31
106 MERCURE DE FRANCE .
rant le volume que nous annonçons,
que M. l'Abbé Nollet promet un Sup-
plément. En parlant de certaines quef-
tions , qu'il a été obligé d'omettre,
ou qu'il croit avoir un peu trop reſſer-
rées; mon deſſein , dit-il , eſt d'y reve-
>> nir ; ce fera dequoi former le Sup-
>> plément quej'ai promis dans ma Pré-
>>face , & que je regarde comme un en-
>> gagement que j'ai contracté , & dont
>> jedefire fort de pouvoir m'acquitter.
NOUVELLE Méthode pour aprendre
la langue Latine, par un ſyſtême ſi facile ,
qu'il eſt à la portée d'un enfant de cinq
àfix ans qui ſçait lire : & fi prompt qu'on
y fait plus de progrès en deux ou trois
années , qu'en huit ou dix , en ſuivant
la route ordinaire. Par M. Delaunai. 4
volumes in-8°. Prix , 18 liv. en feuilles,
A Paris , chez Gogué, Libraire , quai
desAuguſtins , au coin de la rue Pavée.
Et chez l'Auteur , Cloître S. Germain-
l'Auxerrois ; 1763 ; avec approbation &
pri ilége du Roi.
On délivre aux Souſcripteurs de cer
Ouvrage ces 4 volumes depuis le 15
Septembre 1761 : cependant l'Auteur
reçoit encore actuellement des plaintes
des Soufcripteurs des Provinces , qui
....
AVRIL. 1764.
107
diſent par leurs lettres qu'ils n'ont encore
que le premier Volume , quoiqu'ils ayent
payéletout , dès enſouſcrivant. Ce n'eſt
point la faute de l'Auteur , mais celle
des Commiffionnaires qui n'ont pas
retiré leurs volumes dans les temps in-
diqués. Néanmoins , comme il faut une
fin à tout , on avertit ici
les Souf-
cripteurs de faire retirer leurs volumes,
d'ici à la fin de Mars 1764
car ſans
cela ,& paffé ledit temps , leurs Souf-
criptions n'auront plus de valeur , &
ils perdrontce qu'ils auront avancé. En-
fin , pour que ces Souſcripteurs ne
puſſent point ignorerle préſent Avis ,
on l'a affiché pendant les mois de Jan-
vier , de Février & de Mars 1764 : &
on l'indiquera dans les Journaux litté-
raires.
ESSAL fur les Duchés de Lorraine&
de Bar , par M. Charles-LéopoldAn-
dreudeBeliftein , avec cette Epigraphe :
Natalefolum dulcedine cunctos
Ducit , & immemores nonfinit eſſe ſui.
Ovid.
A Amsterdam , & on en trouve des
Exemplaires à Paris chez Jorry , rue
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
& vis-à-vis de la Comédie Françoife.
Brochure , petit in-8°. de 250 pages.
Ce Livre qui n'a point été imprimé
en France , contient 15 Chapitres dans
lesquels on traite de l'état phyſique &
politique , des Finances , de l'Etat Mili-
taire , de l'Agriculture , du Luxe , des
Manufactures
Lorraine.
25
du Commerce de la
L'ESPRIT des Monarques Philoſo-
phes , Marc-Aurele , Julien , Stanislas:
& Frédéric; àAmsterdam , & fe trouve
à Paris chez Vincent , rue S. Severin ;
1764. volume in- 12. de 430 pages.
Depuis Salomon , le Philofophe ,le
Sage par excellence , dont les écrits
font partie des Livres Canoniques ,
Hiſtoire ancienne ne fournit que deux
Monarques , Marc-Auréle & Julien , qui
ayent laiffé des Ouvrages de Philoſo--
phie Morale & Politique. Après tant de
ffécles écoulés depuis le régne de ces
grands hommes , nous avons l'avanta-
ge de les voir revivre dans, Stanislas le
bienfaisant , & Frédéric le Salomon du
Nord. En reuniffant fous un même
point de vue les penſées & les leçons de
ces quatre Monarques , on voit que le
deffein de l'Auteur n'a pas été de less
AVRIL. 1764.
1091
publier toutes. Il s'eſt ſeulement affu-
jetti au titre & à l'objet de ſon Ouvra-
ge; & il n'a extrait de leurs écrits, que
les maximes qui les caractériſent plus
effentiellement comme MonarquesPhi-
lofophes. Il y a dans ce recueil des cho-
fes qui demandent à être connues plus
-ſpécialement , & qui nous fourniront
pour le Mercure prochain , un Extrait
intéreſſant & agréable..
P. VIRGILII Maronis Opera , cum
notis brevioribus , ad ufumfcholarum ;
Parifus , apud Defaint & Saillant , vid
S. Joannis Bellovacenfis , Brocas &
Humblot , viá San-Jacobæá , adinfigne
capitis S. Joannis ; 1764 ; cum privi-
legio Regis. Vol. in- 12 , minorisformæ.
Cette nouvelle édition des œuvres de
Virgile , faite en faveur des écoliers de
tous les Colléges de France , furpaffe
fans contredit , en beauté & en cor.
rection , toutes celles qui juſqu'à pré-
ſent ont été en uſage dans les claffes.
Le caractère en eſt pet,le papier très--
blanc & l'édition très-portative ; voilà
pourla partie Typographique. Les notes
en ſont courtes , claires , & ne diſent
que ce qu'il faut ſçavoir pour l'intel-
ligence du Texte, On a ſuivi d'ailleurs .
110 MERCURE DE FRANCE.
les manufcrits les plus eſtimés , les édi-
tions les plus correctes , & les Com-
mentateurs les plus célébres, pour ne
préfenter que le véritable ſens de l'Au-
teur..
LE MONDE moral , ou Mémoires
pour fervir à l'Hiſtoire du Cœur hu-
main.
On connoît cet Ouvrage qui parut
il y a quatre ans ; c'eſt un Roman en
deux parties de feu M. l'Abbé Prévot :
nous ne le rappellons , que pour dire
qu'on vient d'en donner la fuite dont
nous rendrons compte inceffamment.
LE PHILOSOPHE Négre , & le ſe-
cretdes Grecs. Ouvragetrop néceſſaire;
endeux parties in- 12; Londres , 1764 ,
& à Paris , chez Prault petit-fils , Quai
des Auguſtins , àl'Immortalité.
C'eſt un petit Roman composé par
M. M... dans lequel on dévoile lesma-
nœuvres des Joueurs fripons.
L'HISTOIRE de l'Irlande , ancienne
& moderne , tirée des monumens les
plus authentiques ; par M. l'AbbéMa-
Geoghegan; àParis , chezAntoine Bou-
det, Imprimeur duRoi,rue S. Jacques,
AVRIL . 1764.
FIE
à la Bible d'Or ; avec Approbation &
Privilége du Roi , 3 vol. in-4°.
CetOuvrage qui a été donné volume
par volume , & dont le troifiéme paroît
nouvellement , mérite qu'on en faffe un
ou pluſieurs extraits ; auſſi nous propo-
fons-nous d'y revenir plus d'une fois.
ŒUVRES diverſes de M. l'Abbé Clé-
ment , C. D. S. L. D. L. à Paris , chez
ClaudeHeriffant , rue neuve Notre-Da-
me , à la Croix d'Or; 1764 , avec Appro
bation & Privilége du Roi ; brochure
in-12 de 200 pages.
M. l'Abbé Clément atortde croire ,
dans ſa Préface , qu'il trouvera peude
lecteurs ; ſes Œuvres poëtiques font de
nature à lui en procurer un grand nom-
bres. Premiérement elles sont très va-
riées , & par là très-capables de plaireà
pluſieurs claffes de lecteurs. Elles ont en
fecond lieu , toutes les qualités qui font
le mérite de ces fortes de petites Piéces ;
on y trouve de l'eſprit ,du fentiment ,
du goût & de la Poësie. A la tête du
recueil ſont placées des Odes ſacrées ,
dontle Sujet efſt tiré des Pſeaumes ; elles
fontfuiviesde quelques traductions des
Hymnes du Breviaire de Paris. En
1735 , l'Académie Françoiſe avoit pro-
172 MERCURE DE FRANCE.
poſé pour le prix de l'Ode , les progrès
de la Mufique sous le régne de LOUIS
LE GRAND. M. l'Abbé Clément eut
le prix ; & fon Ode qui tient un rang
diftingué dans ce recueil , exprime , par
des Strophes harmonieuſes , tous les,
charmes de la Muſique. Nous n'in-
diquerons pas tous les Sujets que l'Au-
teur a traités ; il y a dans cette bro-
chure plus de quatre-vingt Pieces , tant
Odes qu'Epîtres , Bouquets , Portraits ,
Etrennes, Placets , Epitaphes , Epithala-
mes , Epigrammes , Cantatilles , Ron-
deaux , Fables , &c. Nous en avons rap-
porté une dans leSupplémentaux Piéces
fugitives du Mercure de Mars dernier..
Elle nous paroiſſoit de ſaiſons alors
2.
&nous nous réſervions d'en faire con-
noître l'Auteur dans le Mercure de ce
mois. Cette Piéce où il eſt queſtion
d'une aventure de bal
,
donner une idée du goût de l'Auteur ,,
&dumérite des autres Piéces qui com-
poſent cette brochure..
<
REQUÊTE au Roi , par la Dame
veuve Calas , feuille in-4° , & in-8° ,
on en trouvedes exemplaires chez les
Libraires du Palais Royal.
fuffit pour
L'Hiſtoire des ſieurs & Dames Ca
AVRIL. 1764.
11.3%
Ins , que tout le monde connoît pré-
ſentement , étoit un Sujet bien propre
à faire naître des vers touchans &
pathétiques: auſſi eſt-celà ce qui diſtin-
gue principalement cette Requête en
Vers , compoſée par un Poëte qui ade
la chaleur & du ſentiment..
GAZETTE Littéraire de l'Europe. A
Paris , au Bureau de la Gazette de Fran
ce. Prix de la Souſcription , 24 liv. par
an , papier ordinaire , & de 30 liv. pa-
pier plus grand & plus fin.
L'objet de cet Ouvrage périodique
eſt d'annoncer tous, les Mercredis de
chaque ſemaine, dans une feuille in-8º
de ſeize pages d'impreſſion , les Livres
qui paroiffent tant en France que dans
les Pays Etrangers. Pour ceux de Fran-
ce onn'en donne que l'annonce & une:
courte notice. A l'égard des Livres
Etrangers , outre cette annonce, on pù-
bliera à la fin de chaque mois quatre
feuilles de fupplément,dans lesquelles on
renverra les Traductions entières & les
Analyfes détaillées des Ouvrages quis
mériteront d'être plus particulièrement
connus.
La première feuille de cette Gazette
aparu le Mercredi 7 du mois de Mars.
des Règles de conduite qu'un Prêtre
doit fuivre pour bien adminiſtrer le
Sacrement de Pénitence ; par unEcclé-
ſiaſtique du Diocèce de B.... ; à Poi-
tiers, chez J. Felix Faucon , Imprimeur
de Mgr l'Evêque & du Clergé , place&
vis-à-vis l'Eglife Notre-Dame la Gran-
de; & à Paris , chez Ganeau , Libraire ,
rue & près de l'Egliſe de S. Severin ; un
vol. in-12 de 380 pages , 1763 ; avec
approbation & privilége du Roi.
Il paroît que le pieux Eccléſiaſtique
qui a compoſé cet Ouvrage , a connu
par expérience les maximes qu'on doit
obſerver dans le redoutable ministère du
94 MERCURE DE FRANCE.
Sacrement de Pénitence , & qu'il eſt
parfaitement inſtruit de tout ce qui eſt
requis pour éxercer utilement cette fonc-
tion. Il a raſſemblé dans cet Ecrit les
principes de la faine Morale ; il ena tiré
les plus juſtes conféquences ; il a facilité
aux jeunes Prêtres , qui travaillent dans
le ſacré Tribunal,les moyens de les met-
tre en pratique. Il eſt aiſé de compren-
dre combien ce Livre pourra être utile
aux Confeffeurs & aux Pénitens. Ceux-
ci y verront leurs devoirs clairement
expliqués ; ceux-là auront un guide für
pour ſe conduire eux-mêmes , & pour
faire marcher leurs Pénitens dans la voie
du ſalut , après les avoir tirés de l'état du
péché , par une abſolution falutaire. Les
matières de pratique y font traitées avec
autant de ſolidité que de préciſion ; on y
a recueilli avec ordre les points les plus
importans de la Morale.
RÉFLEXIONS militaires , par M. de
Bouffanelle , Chevalier de l'Ordre Royal
&Militaire de S. Louis, Mestre de Camp
de Cavalerie , Capitaine au Régiment du
Commiſſaire-Général , Membre de l'A-
cadémie des Sciences & Beaux-Arts de
la Ville de Béſiers ; à Paris , chez Du-
chefne , Libraire , rue S. Jacques , au
AVRIL. 1764.
95
Temple du Goût , & chez Durand ne-
veu , Libraire , rue S. Jacques , à la Sa-
geffe; 1764; avec approbation & pri-
vilége du Roi; brochure in-12 de 200
pages.
Les ſujets fur leſquels roulent ces Ré-
fléxions , font la Cavalerie , l'Officier
de Cavalerie , de Dragons , de Huſſards
&de toutes les Troupes à cheval , les
nouvelles Conſtitutions de la Cavalerie ,
l'éducation militaire , la Religion des
Anciens dans leurs Armées , la peine &
la récompenfe , le luxe dans le Militaire ,
l'amour de la gloire , la fubordination ,
la gaîté & l'enthouſiaſme néceſſaires aux
Gens de Guerre , le mariage des Offi-
ciers , les habits uniformes , les châti-
mens militaires , les connoiſſances mili-
taires des Anciens , les uſages & les ar-
mes des Anciens , les anciennes Cavale-
ries de différentes Nations , le cheval ,
le courage , la fauſſe émulation ou l'en-
vie. Tous ces différens Sujets nous ont
parus traités avec intelligence , & femés
de pluſieurs traits hiſtoriques , qui ren-
dent cette lecture très-curieuſe & très-
intéreſſante.
LESÉLÉMENS primitifs des Langues,
découverts par la comparaiſondes Raci-
96 MERCURE DE FRANCE.
nes de l'Hébreu avec celles du Grec , du
Latin & du François. Ouvrage dans le-
quel on éxamine la manière dont les
Langues ontpu ſe former , &ce qu'elles
peuvent avoir de commun; par M. Ber-
gier,Docteur en Théologie , Curédans
le Diocèſe de Besançon , à Paris , chez
Brocas & Humblot , rue S. Jacques , au
Chef S. Jean ; brochure in-12 de 350
pages; avec approbation & privilége
du Roi ; 1764.
Pluſieurs Sçavans avoient déja ſoup-
çonné que les Racines des Langues an-
ciennes pourroient bien être les mêmes
que cellesdes Langues modernes; mais
perſonnen'avoit encore tenté dele véri-
fier par un parallèle éxact & ſuivi,& c'eſt
cequ'entreprend M. Bergier , dans les
huit Differtations qui forment ce Re-
cueil , & qui traitent du changement
des Lettres dans la prononciation , de la
compofition des Mots , du Verbe ſub-
ſtantif, des Verbes hébreux & de leurs
Conjugaiſons, des différentes parties du
Diſcours , de la Syntaxe , du mêlange &
dela dérivation des Langues,& de l'uſa-
ge qu'onpeut fairedes racines.CetOuvra
ge nousparoît auſſi ingénieux que ſça-
vant,&propre à répandre beaucoup de
lumière ſur la ſcience de la Grammaire,
LES
AVRIL. 1764.
97
LES LOISIRS & Amusemens de ma
Solitude , Ouvrage moral ; à Laufane ,
& ſe trouve à Paris , chez Duchesne ,
Libraire , rue S. Jacques , au Temple du
Goût ; 1764 ; brochure in- 12 .
Cette Brochure contient des Penſées
détachées ſur divers ſujets de Morale , &
cinq ou fix Contes qui nous ont paru
très-bien écrits , & très- intéreſſans. On
dit que l'Ouvrage eſt d'un Militaire , qui
l'a compoſé dans ſes momens de loiſir.
Les Penſées & les Réfléxions qu'il pré-
ſente , ne font dictées , ni par une fauſſe
Philofophie , ni par un eſprit de Miſan-
tropie & de cauſticité. Tout y reſpire
l'honneur , la ſageſſe , l'humanité & l'a-
ménité des mœurs. Les gens de goût ne
trouveront d'autre défaut dans ce recueil
que d'être trop peu volumineux.
•DISSERTATION fur les Origines de
Toulouſe ; avec cette Epigraphe : Jam
feges eft ubi Trojafuit. Ovid. Ep. Penel.
Ulyf. à Avignon , chez Jean - Louis
Chambeau , Libraire - Imprimeur ; & fe
vend à Toulouse , chez Biroffe , Libraire,
à la Bible d'or ; 1764 ; brochure in-8°.
de 70 pages.
Cet Ecrit, plein de recherches ſça-
vantes , & qui préſente des vues nou-
I. Vol.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
velles , méritoit , par ce double titre,
d'être dédié à M. l'Abbé Barthelemy
qui a fait lui-même des découvertes fi
ſcavantes dans l'Antiquité. L'Auteur ,
M. Audibert , Vicaire de Verfeil , nous
paroît avoir examiné avec la plus ſcru-
puleuſe attention , les Monumens anti-
ques qui fontaux environs de Toulouſe ,
&dans Toulouſe même ; & compa-
rant enſuite ces reſtes de l'Antiquité ,
avec ce qu'ont dit d'anciens Ecrivains
,
il en tire des conféquences fûres , qui
jettent le plus grand jour fur pluſieurs
pointsdenotre Hiſtoire.
REMARQUES fur pluſieurs branches
de Commerce & de Navigation ; nou-
velle Edition , ſans nom d'Auteur , ni de
Ville , ni d'Imprimeur ; 1764 ; brochure
in- 12 , en deux parties. *
L'Auteur nous paroît très-inſtruit des
divers objets qui font la matière de cet
Ouvrage; & nous croyons que l'intérêt
public demande que l'on fafle fur-tout
attention à l'endroit où il eſt parlé de la
fortiedes grains hors du Royaume, fans
lalibertéde laquelle il eſt impoffible , dit
l'Auteur , que l'Agriculteur ſe relèvede
l'étatd'abattement ſous lequel il languit,
* Nous venons d'apprendre quel'on en trouve
des Exemplaires ,chez M. Simon , rue S. Jacques.
AVRIL. 1764.
THEQUELEL
LYON
*
par les impôts dont il le croit cha
Les Pêcheries méritent auſſi l'attention
du Lecteur ; & l'on ne sçauroit affez
recommander l'exemption de tous les
droits de conſommation ſur l'entrée du
Poiffon dans le Royaume.
VOLTAIRE , Poëme en vers libres ,
par M. le Clerc de Mont-Merci , Avocar
au Parlement , avec cette Epigraphe :
Omnia transformatfefe in miracula re-
rum. Virg. Georg. Sans nomde Ville ni
de Libraire ; mais on en trouve des
Exemplaires partout où ſe diſtribuent
les Nouveautés. Brochure in-8°. de 76
pages ; 1764.
Un Poëme dont M. de Voltaire eft
le Sujet & le Héros , eſt un objet trop
intéreſſant pour nous en tenir à une
fimple annonce ; nous en donnerons
donc un Extrait détaillé dans le Mer-
cure prochain , l'abondance des matiè-
res ne nous permettant pas de l'inférer
dans celui-ci.
LES SAISONS & les Jours , Poëmes ;
1764. On trouve des Exemplaires de
cetteBrochure in-12, chez Bauche , Li-
braire , quai des Auguſtins.
On a réuni ſous un titre très-court ,
de très-jolies Piéces qui traitent des mê-
E ij
*
TOO MERCURE DE FRANCE.
mes matières , qui avoient couru manuf
crites , & dont quelques -unes même
avoient déja été imprimées. On connoît
depuis longtemps les quatre parties du
Jour de M. de B..... Les quatre Saiſons
du même Auteur n'étoient pas auſſi pu-
bliques. Celles de M. Bernard & les
deux points du jour de M. de S. L.
étoient diſperſés dans divers volumes ,
& n'avoientparu que défigurés pardes
lacunes ou des fautes conſidérables. On
doit donc ſçavoir gré au Libraire qui
les a réunis en un ſeul volume , en
les réimprimant très - correctement &
fur du beau papier. Nous ne dirons
rien du mérite de ces différens mor- /
ceaux de Poësie , que tout homme de
goût ne peut ſe diſpenſer d'avoir dans
fon cabinet.
DICTIONNAIRE de Titres
originaux pour les Fiefs , les Domaines
du Roi , l'Hiſtoire , la Généalogie , &
généralement tous les objets qui con-
cernentle Gouvernementde l'Etat ; ou
inventaire général du Cabinet du Che-
valier Blondeau de Charnage , ci-devant
Lieutenant d'Infanterie , demeurant à
Paris Faubourg S. Germain , rue Gué-
négaud , à la porte cochère à côté de
AVRIL. 1764.
IOT
PHotel d'Artois , à Paris , de l'impri-
merie de Michel Lambert , rue & à
côté de la Comédie Françoiſe ; 1764;
avec approbation & privilége du Roi.
Brochure in- 12 , de 200 pages.
Le Cabinet de M. Blondeau est com-
poſé de foixante-dix mille Titres , dont
environ foixante mille en originaux. Il
eſt diſtribué en 26 parties. Ce Diction-
naire commence par les Fiefs ; on don-
nera enfuite l'inventaire des Titres féo-
daux concernantles Archevêchés , Evê
chés , Abbayes , Prieurés , Chapitres ,
Cures, Communautés Religieuſes , &c.
On paffera enſuite à l'inventaire des
Titres concernant le Domaine ; & l'on
continuera celui des autres parties du
Cabinet; felon que les objets ſe pré-
fenteront. Tous les titres font rangés
par ordre alphabétique des noms des
Seigneuries pourles Fiefs,&desnoms de
Familles pour les Titres généalogiques.
TARIFS , ou comptes faits , con-
cernant les alliages & les bonifications
d'or & d'argent; par M. J. Xhrouet ;
à Paris , chez Guillyn , Libraire , Quai
des Auguſtins ; 1763 ; volume in-12.
La partie la plus délicate de l'Or-
févrerie étant les titres des matières
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
d'or & d'argent ; & leurs calculs , par
la grande juſteffe qu'ils éxigent , de-
venant extrêmement longs& difficiles ,
il n'est pas douteux qu'on ne les voie
avec plaifir réduits à une ſimple addi-
tion. C'eſt-là l'objet que l'Auteur s'eſt
propofé de remplir dans l'ouvrage que
nous annonçons. On y trouvera une
grande facilité pour mettre quelque Or
que ce puiffe être à 20 ,21 ,22 , 23 Ка-
rats ; & c. Le Livre est dédié à M. de
Gouve , Procreur Général en la Cour
des Monnoies. L'étendue de ſes lu-
mières dans cette partie , la juſteſſe de
fon difcernement , la place qu'il occu-
pe forment un préjugé favorable pour
çetOuvrage,qui ne peut être que d'une
très-grande utilité pour les Artiſtes qui
travaillent en or & en argent.
NÉCESSITÉ de penser à la mort, ou
Inftructions chrétiennes pour le temps
de la maladie ; Ouvrage non ſeulement
utile à ceux qui adminiſtrent les der-
niers Sacremens , & qui ont le ſoin
fpirituel des malades , mais encore aux
malades mêmes , & àceux qui leur don-
nentles ſecours temporels. On y a joint
l'Ordinaire de la Sainte Meſſe ,une
courte explication de l'Oraifon Domi
AVRIL. 1764.
103
nicale , une paraphraſe ſur les ſept
Pſeaumes de la Pénitence , les Prières
de l'adminiſtration du faint Viatique &
de l'Extrême- Onction, & les Prières des
Agonifans , en Latin & en François,ſe-
conde édition , revue , corrigée & aug-
mentée. A Senlis , & ſe vend à Paris
chez Desaint & Saillant , Libraires,rue
S. Jeande Beauvais ; Claude Hériſſant ,
Libraire-Imprimeur, rue Neuve Notre-
Dame , à la Croix d'Or ; & Hériſſant ,
rue S. Jacques , Imprimeur du Cabinet
duRoi 1764. AvecApprobation & Pri
vil. du Roi , Vol. in- 12 , d'environ 600
pages. Prix,21. broché & 2 1. 10 f. relié.
Ce Titre qui fait connoître ſuffifam-
ment l'objet & l'utilité de cet Ouvrage
édifiant , nous diſpenſe d'entrer dans
un plus grand détail.
INSTRUCTIONS familières en forme
d'entretiens , ſur les principaux objets
qui concernent la culture des Terres ;
Ouvrage à la fin duquel on trouvera
deux Mémoires fort intéreſſans ſur les
Bois ; par M. Thierriat , Conſeiller du
Roi , Garde-Marteau de la Maîtriſe des
Eaux & Forêts de Chaulny : avec cette
Epigraphe : Beatus ille qui procul nego-
tiis &c. Hor. A Paris, chez Mufierfils,
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Libraire , quai des Auguſtins , au coin
de la rue Pavée , à S. Etienne ; 1763.
Brochure in-12. de 140 pages.
En faveur des enfans qu'on deſtine à
la culture des Terres , ce Livre est
par demandes & par réponſes. Les Maî
tres d'Ecole de Village pourront s'en
fervir pour leur apprendre à lire.
bien de l'Etat,
Ils
pourront même leur faire apprendre
par cœur les réponſes aux différentes
queſtions. Par ce moyen les enfans goû-
teront peu-à-peu-les principes de l'Au-
teur, connoîtront ce qu'ily a de mieux
dans les anciennes pratiques , & tra-
vailleront utilement pour eux & pour les
MÉMOIRES d'Azéma , contenant di-
verſes Anecdotes des régnes de Pierre-
lc- Grand , Empereur de Ruffie , & de
l'Impératrice Catherine ſon épouse , tra-
duits de Ruffe par M. Contant d'Orvil
le ; à Amſterdam , 1764 ; & fe trouvent
à Paris au Palais Royal , chez Mde la
Marche. Brochure en 2 parties in- 12.
Prix , 2 liv. 8 f.
Nous pourrons donnerun jour l'Ex-
trait de ce Roman nouveau.
LEÇONS de Phyſique Expérimentale,,
1
AVRIL. 1764 .
toutes les langues.
1ος
Tome VI. par M. l'Abbé Nollet, de l'A-
cadémie Royale des Sciences & Maître
de Phyſique & d'Hiſtoire Naturelle des
Enfans de France. Vol. in-12. de 527
pages , orné de 20 Planches en Taille-
douce bien déffinées & bien gravées.
A Paris , chez Hippolyte-LouisGuerin
& Louis-François Delatour, rue S. Jac-
ques , à S. Thomas d'Aquin ; 1764. Се
Volume contient quatre leçons , ſca-
voir la 18 , la 19,la 20 & la 21 qui eft
lå dernièrede cet Ouvrage.
La première de ces quatre leçons a
pour objet les mouvemens des.Aftres
& les phénomènes qui en réſultent ; la
2º traite des aimans tant naturels qu'ar-
tificiels; dans la 3 & dans la 4ª M. Lo
N. expoſeméthodiquement les phéno-
mènes de l'électricité , & fait voir par
un grand nombre d'exemples , qu'on
peutmaintenant rendre raiſon de toutes
ces merveilles , que bien des gens
croyent inexpliquables.
Il y a tout lieu de juger que ce volu
meaura lefort des autres qui ont été forr
accueillis du Public tant en France
que dans les païs étrangers. Ce Livre eff
८
devenu claſſique ;
il eſt traduit dans
Nous avons remarqué en parcou
Ey
31
106 MERCURE DE FRANCE .
rant le volume que nous annonçons,
que M. l'Abbé Nollet promet un Sup-
plément. En parlant de certaines quef-
tions , qu'il a été obligé d'omettre,
ou qu'il croit avoir un peu trop reſſer-
rées; mon deſſein , dit-il , eſt d'y reve-
>> nir ; ce fera dequoi former le Sup-
>> plément quej'ai promis dans ma Pré-
>>face , & que je regarde comme un en-
>> gagement que j'ai contracté , & dont
>> jedefire fort de pouvoir m'acquitter.
NOUVELLE Méthode pour aprendre
la langue Latine, par un ſyſtême ſi facile ,
qu'il eſt à la portée d'un enfant de cinq
àfix ans qui ſçait lire : & fi prompt qu'on
y fait plus de progrès en deux ou trois
années , qu'en huit ou dix , en ſuivant
la route ordinaire. Par M. Delaunai. 4
volumes in-8°. Prix , 18 liv. en feuilles,
A Paris , chez Gogué, Libraire , quai
desAuguſtins , au coin de la rue Pavée.
Et chez l'Auteur , Cloître S. Germain-
l'Auxerrois ; 1763 ; avec approbation &
pri ilége du Roi.
On délivre aux Souſcripteurs de cer
Ouvrage ces 4 volumes depuis le 15
Septembre 1761 : cependant l'Auteur
reçoit encore actuellement des plaintes
des Soufcripteurs des Provinces , qui
....
AVRIL. 1764.
107
diſent par leurs lettres qu'ils n'ont encore
que le premier Volume , quoiqu'ils ayent
payéletout , dès enſouſcrivant. Ce n'eſt
point la faute de l'Auteur , mais celle
des Commiffionnaires qui n'ont pas
retiré leurs volumes dans les temps in-
diqués. Néanmoins , comme il faut une
fin à tout , on avertit ici
les Souf-
cripteurs de faire retirer leurs volumes,
d'ici à la fin de Mars 1764
car ſans
cela ,& paffé ledit temps , leurs Souf-
criptions n'auront plus de valeur , &
ils perdrontce qu'ils auront avancé. En-
fin , pour que ces Souſcripteurs ne
puſſent point ignorerle préſent Avis ,
on l'a affiché pendant les mois de Jan-
vier , de Février & de Mars 1764 : &
on l'indiquera dans les Journaux litté-
raires.
ESSAL fur les Duchés de Lorraine&
de Bar , par M. Charles-LéopoldAn-
dreudeBeliftein , avec cette Epigraphe :
Natalefolum dulcedine cunctos
Ducit , & immemores nonfinit eſſe ſui.
Ovid.
A Amsterdam , & on en trouve des
Exemplaires à Paris chez Jorry , rue
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
& vis-à-vis de la Comédie Françoife.
Brochure , petit in-8°. de 250 pages.
Ce Livre qui n'a point été imprimé
en France , contient 15 Chapitres dans
lesquels on traite de l'état phyſique &
politique , des Finances , de l'Etat Mili-
taire , de l'Agriculture , du Luxe , des
Manufactures
Lorraine.
25
du Commerce de la
L'ESPRIT des Monarques Philoſo-
phes , Marc-Aurele , Julien , Stanislas:
& Frédéric; àAmsterdam , & fe trouve
à Paris chez Vincent , rue S. Severin ;
1764. volume in- 12. de 430 pages.
Depuis Salomon , le Philofophe ,le
Sage par excellence , dont les écrits
font partie des Livres Canoniques ,
Hiſtoire ancienne ne fournit que deux
Monarques , Marc-Auréle & Julien , qui
ayent laiffé des Ouvrages de Philoſo--
phie Morale & Politique. Après tant de
ffécles écoulés depuis le régne de ces
grands hommes , nous avons l'avanta-
ge de les voir revivre dans, Stanislas le
bienfaisant , & Frédéric le Salomon du
Nord. En reuniffant fous un même
point de vue les penſées & les leçons de
ces quatre Monarques , on voit que le
deffein de l'Auteur n'a pas été de less
AVRIL. 1764.
1091
publier toutes. Il s'eſt ſeulement affu-
jetti au titre & à l'objet de ſon Ouvra-
ge; & il n'a extrait de leurs écrits, que
les maximes qui les caractériſent plus
effentiellement comme MonarquesPhi-
lofophes. Il y a dans ce recueil des cho-
fes qui demandent à être connues plus
-ſpécialement , & qui nous fourniront
pour le Mercure prochain , un Extrait
intéreſſant & agréable..
P. VIRGILII Maronis Opera , cum
notis brevioribus , ad ufumfcholarum ;
Parifus , apud Defaint & Saillant , vid
S. Joannis Bellovacenfis , Brocas &
Humblot , viá San-Jacobæá , adinfigne
capitis S. Joannis ; 1764 ; cum privi-
legio Regis. Vol. in- 12 , minorisformæ.
Cette nouvelle édition des œuvres de
Virgile , faite en faveur des écoliers de
tous les Colléges de France , furpaffe
fans contredit , en beauté & en cor.
rection , toutes celles qui juſqu'à pré-
ſent ont été en uſage dans les claffes.
Le caractère en eſt pet,le papier très--
blanc & l'édition très-portative ; voilà
pourla partie Typographique. Les notes
en ſont courtes , claires , & ne diſent
que ce qu'il faut ſçavoir pour l'intel-
ligence du Texte, On a ſuivi d'ailleurs .
110 MERCURE DE FRANCE.
les manufcrits les plus eſtimés , les édi-
tions les plus correctes , & les Com-
mentateurs les plus célébres, pour ne
préfenter que le véritable ſens de l'Au-
teur..
LE MONDE moral , ou Mémoires
pour fervir à l'Hiſtoire du Cœur hu-
main.
On connoît cet Ouvrage qui parut
il y a quatre ans ; c'eſt un Roman en
deux parties de feu M. l'Abbé Prévot :
nous ne le rappellons , que pour dire
qu'on vient d'en donner la fuite dont
nous rendrons compte inceffamment.
LE PHILOSOPHE Négre , & le ſe-
cretdes Grecs. Ouvragetrop néceſſaire;
endeux parties in- 12; Londres , 1764 ,
& à Paris , chez Prault petit-fils , Quai
des Auguſtins , àl'Immortalité.
C'eſt un petit Roman composé par
M. M... dans lequel on dévoile lesma-
nœuvres des Joueurs fripons.
L'HISTOIRE de l'Irlande , ancienne
& moderne , tirée des monumens les
plus authentiques ; par M. l'AbbéMa-
Geoghegan; àParis , chezAntoine Bou-
det, Imprimeur duRoi,rue S. Jacques,
AVRIL . 1764.
FIE
à la Bible d'Or ; avec Approbation &
Privilége du Roi , 3 vol. in-4°.
CetOuvrage qui a été donné volume
par volume , & dont le troifiéme paroît
nouvellement , mérite qu'on en faffe un
ou pluſieurs extraits ; auſſi nous propo-
fons-nous d'y revenir plus d'une fois.
ŒUVRES diverſes de M. l'Abbé Clé-
ment , C. D. S. L. D. L. à Paris , chez
ClaudeHeriffant , rue neuve Notre-Da-
me , à la Croix d'Or; 1764 , avec Appro
bation & Privilége du Roi ; brochure
in-12 de 200 pages.
M. l'Abbé Clément atortde croire ,
dans ſa Préface , qu'il trouvera peude
lecteurs ; ſes Œuvres poëtiques font de
nature à lui en procurer un grand nom-
bres. Premiérement elles sont très va-
riées , & par là très-capables de plaireà
pluſieurs claffes de lecteurs. Elles ont en
fecond lieu , toutes les qualités qui font
le mérite de ces fortes de petites Piéces ;
on y trouve de l'eſprit ,du fentiment ,
du goût & de la Poësie. A la tête du
recueil ſont placées des Odes ſacrées ,
dontle Sujet efſt tiré des Pſeaumes ; elles
fontfuiviesde quelques traductions des
Hymnes du Breviaire de Paris. En
1735 , l'Académie Françoiſe avoit pro-
172 MERCURE DE FRANCE.
poſé pour le prix de l'Ode , les progrès
de la Mufique sous le régne de LOUIS
LE GRAND. M. l'Abbé Clément eut
le prix ; & fon Ode qui tient un rang
diftingué dans ce recueil , exprime , par
des Strophes harmonieuſes , tous les,
charmes de la Muſique. Nous n'in-
diquerons pas tous les Sujets que l'Au-
teur a traités ; il y a dans cette bro-
chure plus de quatre-vingt Pieces , tant
Odes qu'Epîtres , Bouquets , Portraits ,
Etrennes, Placets , Epitaphes , Epithala-
mes , Epigrammes , Cantatilles , Ron-
deaux , Fables , &c. Nous en avons rap-
porté une dans leSupplémentaux Piéces
fugitives du Mercure de Mars dernier..
Elle nous paroiſſoit de ſaiſons alors
2.
&nous nous réſervions d'en faire con-
noître l'Auteur dans le Mercure de ce
mois. Cette Piéce où il eſt queſtion
d'une aventure de bal
,
donner une idée du goût de l'Auteur ,,
&dumérite des autres Piéces qui com-
poſent cette brochure..
<
REQUÊTE au Roi , par la Dame
veuve Calas , feuille in-4° , & in-8° ,
on en trouvedes exemplaires chez les
Libraires du Palais Royal.
fuffit pour
L'Hiſtoire des ſieurs & Dames Ca
AVRIL. 1764.
11.3%
Ins , que tout le monde connoît pré-
ſentement , étoit un Sujet bien propre
à faire naître des vers touchans &
pathétiques: auſſi eſt-celà ce qui diſtin-
gue principalement cette Requête en
Vers , compoſée par un Poëte qui ade
la chaleur & du ſentiment..
GAZETTE Littéraire de l'Europe. A
Paris , au Bureau de la Gazette de Fran
ce. Prix de la Souſcription , 24 liv. par
an , papier ordinaire , & de 30 liv. pa-
pier plus grand & plus fin.
L'objet de cet Ouvrage périodique
eſt d'annoncer tous, les Mercredis de
chaque ſemaine, dans une feuille in-8º
de ſeize pages d'impreſſion , les Livres
qui paroiffent tant en France que dans
les Pays Etrangers. Pour ceux de Fran-
ce onn'en donne que l'annonce & une:
courte notice. A l'égard des Livres
Etrangers , outre cette annonce, on pù-
bliera à la fin de chaque mois quatre
feuilles de fupplément,dans lesquelles on
renverra les Traductions entières & les
Analyfes détaillées des Ouvrages quis
mériteront d'être plus particulièrement
connus.
La première feuille de cette Gazette
aparu le Mercredi 7 du mois de Mars.
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Résumé : « ABRÉGÉ des Principes de Morale, & des Règles de conduite qu'un Prêtre [...] »
En 1763 et 1764, plusieurs ouvrages ont été publiés, couvrant divers domaines. En 1763, un ecclésiastique du diocèse de B... a rédigé un 'Abrégé des Principes de Morale' destiné aux prêtres, approuvé par le Roi, qui propose des conseils pratiques pour la confession. M. de Bouffanelle a publié 'Réflexions militaires' traitant de la cavalerie, de l'éducation militaire et de l'histoire militaire. M. Bergier a exploré les racines communes de l'hébreu, du grec, du latin et du français dans 'Les Éléments primitifs des Langues'. Un militaire anonyme a compilé 'Les Loisirs & Amusements de ma Solitude', un recueil de pensées morales et de contes. M. Audibert a analysé les monuments antiques autour de Toulouse dans sa 'Dissertation sur les Origines de Toulouse'. En 1764, un ouvrage anonyme intitulé 'Remarques sur plusieurs branches de Commerce & de Navigation' recommande la liberté d'exportation des grains et l'exemption des droits sur le poisson. Un poème sur Voltaire par M. le Clerc de Mont-Merci et une brochure poétique intitulée 'Les Saisons & les Jours' ont également été mentionnés. Le 'Dictionnaire de Titres originaux' du Chevalier Blondeau de Charnage est décrit comme un inventaire utile pour le gouvernement. M. J. Xhrouet a simplifié les calculs de l'orfèvrerie dans 'Tarifs, ou comptes faits, concernant les alliages & les bonifications d'or & d'argent'. Enfin, 'Nécessité de penser à la mort' offre des instructions chrétiennes pour les malades.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4653
p. 114-119
LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
Début :
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS, Monsieur, qui est quant à présent, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire
des Commandemens de S. A S.
Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de
VELYE, Membre de la Société Littéraire
de Châlons-sur-Marne, le 24
Septembre 1763.
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS,
Monsieur, qui est quant à présent,
le feul Prince appanagé de la Maiſon
de France , doit veiller avec une atten-
tion particulière , pour que perſonne ne
puiffe prétendre à un pareil titre , qui
n'eſt dû qu'aux males puînés de nos
Rois , & àl'aîné de la defcendance maf-
culine de ces puînés. En effet , l'Appa-
nage eſt une portion détachée des Do-
maines de la Couronne , que les Loix
de l'Etat donnent ,avec autant de juſtice
que de politique , aux puînés de nos
AVRIL. 1764.
115
Souverains , pour leur ſubſiſtance , &
pour leur tenir lieu du partage au Trône
qu'ils étoient en droit de prétendre fous
la première & la ſeconde Race. Une
longue expérience ayant fait fentir les
inconvéniens de cette divifion de Souve-
raineté , on y remédia au commence
mentde la troifiéme , par la Loi falutaire
des Appanages , qui font devenus dans
la ſuite reverfibles à la Couronne au dé-
faut de la ligne maſculine. Cette portion
que tientlePrince appanagé , avec des
prérogatives dignes de la fource dont
elles font émanées , & qui lui retracent
fans ceſſe l'éclat & les droits de fon ori-
gine , ainſi que ſes devoirs , eſt certai-
nement la plus noble & la plus belle de
toutes les tenures , & ne peut être affimi-
lée à aucune autre. D'après ces principes,
Monfieur ,Mgr le Duc d'Orléans n'a pu
voir fans ſurpriſe, dans le Mercure de
Francedu mois d'Avril 1760 ,tom. 2, p.
148, que , dans un article où l'Auteur du
Mercure rend compte d'une Séance pu-
blique de la Société Littéraire de Châ-
lons-fur-Marne , il ſoit dit que vous
avez continué la lecture de l'Hiſtoire de
la Ville , de la Comté-Pairie de Vertus ,
&de la fuite des Seigneurs qui ont pof-
fédé ce Domaine juſqu'à M. le Maréchal
116 MERCURE DE 2 FRANCE.
Prince de Soubiſe , qui le tient aujour--
d'hui comme un Appanage de la Maiſon
de France , étant héritierpour unepartie
de l'ancienne Maison de Bretagne , qui
le poſſedoit à ce titre. Voilà en peu de
mots , Monfieur, trois aſſertions bien ex-
traordinaires. 10. M.le Prince de Soubise
n'a jamais prétendu & ne peut pas pof
féder le Comté de Vertus comme- un
Appanage de la Maiſon de France.
2°. La Maiſon de Bretagne ne l'a point
poſſédé à ce titre. 3°. M. le Maréchal de
me héritier de l'ancienne Maison de
)
Soubiſe n'en eſt point propriétaire com--
Bretagne. Un ſimple extrait des ſça-
vans Ouvrages de M. Dupin & de M.
l'Abbé de Longuerues ſuffira pour éta-
blir la négative des faits que vous avez
avancés . Lors de la réunion de la Cham-
pagne à la Couronne de France , la Sei-
gneurie de Vertus entra dans le Do-
maine du Roi ; elle y eſt demeurée juf
qu'en 1361 , que le Roi Jean la donna
enpleine propriété, avec titre de Comté,
à Jean-Galeas Viscomti , pour dot de ſa
fille Isabelle que Viſcomti épouſa. Jean-
Galeas mariant ſa fille Valentine avec
Louis , Fils de France , Duc d'Orléans ,
en 1389, lui donna de même en dot le
Comté de Vertus. Marguerite , fille de
AVRIL 1764.
H7
Valentine & de Louis , Duc d'Orléans ,
**porta ce Comté dans la Maiſon de Bre-
tagne , en épouſant Richard , Comte
d'Estampes. De leur mariage naquit
François II , Duc de Bretagne , qui en
fit don à François , ſon fils naturel , fou-
che des Seigneurs d'Avangour. Si vous
voulez , Monfieur, confulter les preuves
de l'Hiſtoire de Bretagne , tome 3 , co-
lonne 1354 , vous y verrez qu'il fut en-
joint aux Seigneurs d'Avangour , par
pluſieurs Arrêts du Parlement, de ne
pointufurper le nom de Bretagne. Ces
Seigneurs ontcontinuédejouirdu Com-
té de Vertus de mâle en mâle , juſqu'en
1746 , que leur poſtérité mafculine s'é-
tant éteinte , leur fucceffion a paſſé à
M. le Prince de Soubiſe , iſſu deMarie
d'Avangour , qui avoit pour quatriéme
ayeul François d'Avangour, fils naturel
de François II. Ce n'eſt donc point
comme héritier de l'ancienne Maiſon de
Bretagne , que M. le Prince de Soubiſe
pofſéde le Comté de Vertus , mais com-
me héritier d'une branche illégitime de
cetteMaiſon. Ce n'eſt donc point com-
me en Appanage de la Maiſon de Fran-
ce, que M. le Prince de Soubife tient
aujourd'hui ce Comté , mais comme un
héritage qui lui eſt échu du chef d'une
18 MERCURE DE FRANCE.
grand-mère, laquelle avoit recueilli par
droit de fucceffion , la donation faite à
François d'Avangour fon auteur , parle
Duc de Bretagne. Enfin dans les diver-
ſes mutations du Comté de Vertus , qui
a paffé du Roi Jean à ſa fille Isabelle ,
d'Isabelle à Valentine de Milan , ſa fille ,
de Valentineà ſa fille Marguerite,deMar-
guerite, femmede Richard Comte d'Ef-
tampes , à leur fils François , Duc de
Bretagne , & du Duc François à Fran-
çois d'Avangour ſon fils naturel; on ne
reconnoît aucun des traits qui caractéri-
fent unAppanage du la Maiſon de Fran-
ce , & d'où l'on puiſſe inférer que la
Maiſon de Bretagne ait poſſédé à ce
titre le Comté de Vertus. Ces obferva-
tions , Monfieur , que j'ai l'honneur de
vous envoyer par ordre de Mgr le Duc
d'Orléans , & dont vous pouvez faire la
vérification dans notre Hiſtoire , vous
engageront ſans doute à faire inférer
dansleMercure un Article qui puiſſe ré-
former ce qui a été avancé à ce ſujet
dans celui d'Avril 1760 ; afin que les
perſonnesqui ne ſont pas inſtruites de la
nature des Appanages , ne ſe forment
pas de cette tenure des idées fauſſes ,
qu'il eſt important pour les Princes Ap-
panagers de ne pas laiſſer accréditer ; &
AVRIL. 1764.
119
comme la Société Littéraire de Cha-
lons ſe propoſede donner bientôt au
Public le recueil de ſes Mémoires
,
SA. S. fe flatte que vous aurez l'atten-
tion de fupprimer dans celui qui con-
cerne le Comtéde Vertus, le titre d'ap-
panage dont vous l'avez décoré , avant
d'avoir approfondi cette matière.
J'ai l'honneur d'être , &c.
des Commandemens de S. A S.
Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de
VELYE, Membre de la Société Littéraire
de Châlons-sur-Marne, le 24
Septembre 1763.
MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS,
Monsieur, qui est quant à présent,
le feul Prince appanagé de la Maiſon
de France , doit veiller avec une atten-
tion particulière , pour que perſonne ne
puiffe prétendre à un pareil titre , qui
n'eſt dû qu'aux males puînés de nos
Rois , & àl'aîné de la defcendance maf-
culine de ces puînés. En effet , l'Appa-
nage eſt une portion détachée des Do-
maines de la Couronne , que les Loix
de l'Etat donnent ,avec autant de juſtice
que de politique , aux puînés de nos
AVRIL. 1764.
115
Souverains , pour leur ſubſiſtance , &
pour leur tenir lieu du partage au Trône
qu'ils étoient en droit de prétendre fous
la première & la ſeconde Race. Une
longue expérience ayant fait fentir les
inconvéniens de cette divifion de Souve-
raineté , on y remédia au commence
mentde la troifiéme , par la Loi falutaire
des Appanages , qui font devenus dans
la ſuite reverfibles à la Couronne au dé-
faut de la ligne maſculine. Cette portion
que tientlePrince appanagé , avec des
prérogatives dignes de la fource dont
elles font émanées , & qui lui retracent
fans ceſſe l'éclat & les droits de fon ori-
gine , ainſi que ſes devoirs , eſt certai-
nement la plus noble & la plus belle de
toutes les tenures , & ne peut être affimi-
lée à aucune autre. D'après ces principes,
Monfieur ,Mgr le Duc d'Orléans n'a pu
voir fans ſurpriſe, dans le Mercure de
Francedu mois d'Avril 1760 ,tom. 2, p.
148, que , dans un article où l'Auteur du
Mercure rend compte d'une Séance pu-
blique de la Société Littéraire de Châ-
lons-fur-Marne , il ſoit dit que vous
avez continué la lecture de l'Hiſtoire de
la Ville , de la Comté-Pairie de Vertus ,
&de la fuite des Seigneurs qui ont pof-
fédé ce Domaine juſqu'à M. le Maréchal
116 MERCURE DE 2 FRANCE.
Prince de Soubiſe , qui le tient aujour--
d'hui comme un Appanage de la Maiſon
de France , étant héritierpour unepartie
de l'ancienne Maison de Bretagne , qui
le poſſedoit à ce titre. Voilà en peu de
mots , Monfieur, trois aſſertions bien ex-
traordinaires. 10. M.le Prince de Soubise
n'a jamais prétendu & ne peut pas pof
féder le Comté de Vertus comme- un
Appanage de la Maiſon de France.
2°. La Maiſon de Bretagne ne l'a point
poſſédé à ce titre. 3°. M. le Maréchal de
me héritier de l'ancienne Maison de
)
Soubiſe n'en eſt point propriétaire com--
Bretagne. Un ſimple extrait des ſça-
vans Ouvrages de M. Dupin & de M.
l'Abbé de Longuerues ſuffira pour éta-
blir la négative des faits que vous avez
avancés . Lors de la réunion de la Cham-
pagne à la Couronne de France , la Sei-
gneurie de Vertus entra dans le Do-
maine du Roi ; elle y eſt demeurée juf
qu'en 1361 , que le Roi Jean la donna
enpleine propriété, avec titre de Comté,
à Jean-Galeas Viscomti , pour dot de ſa
fille Isabelle que Viſcomti épouſa. Jean-
Galeas mariant ſa fille Valentine avec
Louis , Fils de France , Duc d'Orléans ,
en 1389, lui donna de même en dot le
Comté de Vertus. Marguerite , fille de
AVRIL 1764.
H7
Valentine & de Louis , Duc d'Orléans ,
**porta ce Comté dans la Maiſon de Bre-
tagne , en épouſant Richard , Comte
d'Estampes. De leur mariage naquit
François II , Duc de Bretagne , qui en
fit don à François , ſon fils naturel , fou-
che des Seigneurs d'Avangour. Si vous
voulez , Monfieur, confulter les preuves
de l'Hiſtoire de Bretagne , tome 3 , co-
lonne 1354 , vous y verrez qu'il fut en-
joint aux Seigneurs d'Avangour , par
pluſieurs Arrêts du Parlement, de ne
pointufurper le nom de Bretagne. Ces
Seigneurs ontcontinuédejouirdu Com-
té de Vertus de mâle en mâle , juſqu'en
1746 , que leur poſtérité mafculine s'é-
tant éteinte , leur fucceffion a paſſé à
M. le Prince de Soubiſe , iſſu deMarie
d'Avangour , qui avoit pour quatriéme
ayeul François d'Avangour, fils naturel
de François II. Ce n'eſt donc point
comme héritier de l'ancienne Maiſon de
Bretagne , que M. le Prince de Soubiſe
pofſéde le Comté de Vertus , mais com-
me héritier d'une branche illégitime de
cetteMaiſon. Ce n'eſt donc point com-
me en Appanage de la Maiſon de Fran-
ce, que M. le Prince de Soubife tient
aujourd'hui ce Comté , mais comme un
héritage qui lui eſt échu du chef d'une
18 MERCURE DE FRANCE.
grand-mère, laquelle avoit recueilli par
droit de fucceffion , la donation faite à
François d'Avangour fon auteur , parle
Duc de Bretagne. Enfin dans les diver-
ſes mutations du Comté de Vertus , qui
a paffé du Roi Jean à ſa fille Isabelle ,
d'Isabelle à Valentine de Milan , ſa fille ,
de Valentineà ſa fille Marguerite,deMar-
guerite, femmede Richard Comte d'Ef-
tampes , à leur fils François , Duc de
Bretagne , & du Duc François à Fran-
çois d'Avangour ſon fils naturel; on ne
reconnoît aucun des traits qui caractéri-
fent unAppanage du la Maiſon de Fran-
ce , & d'où l'on puiſſe inférer que la
Maiſon de Bretagne ait poſſédé à ce
titre le Comté de Vertus. Ces obferva-
tions , Monfieur , que j'ai l'honneur de
vous envoyer par ordre de Mgr le Duc
d'Orléans , & dont vous pouvez faire la
vérification dans notre Hiſtoire , vous
engageront ſans doute à faire inférer
dansleMercure un Article qui puiſſe ré-
former ce qui a été avancé à ce ſujet
dans celui d'Avril 1760 ; afin que les
perſonnesqui ne ſont pas inſtruites de la
nature des Appanages , ne ſe forment
pas de cette tenure des idées fauſſes ,
qu'il eſt important pour les Princes Ap-
panagers de ne pas laiſſer accréditer ; &
AVRIL. 1764.
119
comme la Société Littéraire de Cha-
lons ſe propoſede donner bientôt au
Public le recueil de ſes Mémoires
,
SA. S. fe flatte que vous aurez l'atten-
tion de fupprimer dans celui qui con-
cerne le Comtéde Vertus, le titre d'ap-
panage dont vous l'avez décoré , avant
d'avoir approfondi cette matière.
J'ai l'honneur d'être , &c.
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Résumé : LETTRE de M. de BELLISLE, Secrétaire des Commandemens de S. A S. Mgr le DUC D'ORLEANS, à M. de VELYE, Membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, le 24 Septembre 1763.
Le 24 septembre 1763, M. de Bellisle, secrétaire des commandements du duc d'Orléans, adresse une lettre à M. de Velye, membre de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne. Cette lettre aborde la question des appanages en France, qui sont attribués aux princes mâles puînés de la famille royale et à leurs descendants masculins. Les appanages constituent une portion des domaines de la Couronne destinée à assurer la subsistance des princes et à compenser leur exclusion de la succession au trône. M. de Bellisle conteste des informations publiées dans le Mercure de France en avril 1760, affirmant que le comté de Vertus serait un appanage de la Maison de France, possédé par le prince de Soubise en tant qu'héritier de la Maison de Bretagne. Il réfute cette affirmation en expliquant que le comté de Vertus a été donné en pleine propriété par le roi Jean à Jean-Galeas Visconti. Par la suite, il a été transmis par mariage à la Maison d'Orléans, puis à la Maison de Bretagne. M. de Bellisle précise que le prince de Soubise possède le comté non pas en tant qu'appanage, mais comme héritier d'une branche illégitime de la Maison de Bretagne. La lettre demande à M. de Velye de corriger ces informations dans les publications futures de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne afin d'éviter toute confusion concernant la nature des appanages et les droits associés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4654
p. 119-122
RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
Début :
MONSIEUR, Vous avez pris la peine d'écrire le 24 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
RÉPONSE à la Lettre précédente, par
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
M. FRADET, Secrétaire de la Société
Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE,
du 2 Février 1764.
MONSIEUR,
Vous avez pris la peine d'écrire le 24
Septembre dernier à M. de Velye, l'un
desMembres de la Société Littéraire de
Châalons ; vous lui avez marqué que
S. A. S. Mgr le DUCD'ORLÉANS ,
avoit lû avec ſurpriſe dans le 2º. Vol.
du Mercure de France du mois d'Avril
1760 , que notre Aſſocié avoit avancé
dans ſonHiſtoire de Vertus , que cette
Comté-Pairie étoit aujourd'hui tenue
|
20 MERCURE DE FRANCE.
par M. le Maréchal Prince de Soubife ,
comme un appanage de la Maiſon de
France , étant héritier pour une par-
tie de l'ancienne Maison de Bretagne
qui la poſſédoit à ce titre , & vous
lui avez démontré 1º. que Monfieur
le Prince de Soubiſe , n'avoit jamais
prétendu & ne pouvoit pas poſſéder le
Comté de Vertus comme un appanage
de la Maiſon de France. 2°. Que la
Maiſon deBretagne ne l'avoit point pof-
ſédé à ce titre. 3°. Que M. le Maréchal
de Soubiſe n'en étoit point propriétaire
comme héritier de l'ancienne Maiſon
de Bretagne. M. de Velye auroit eu
l'honneur de vous faire réponſe , & de
réformer ſon erreur , qui peut donner
de faufſes idées de la nature des appana-
ges aux perſonnes qui n'en ſont pas
bien inſtruites ; mais il étoit , lorsde la
réception de votre lettre , attaqué de la
maladie qui nous l'a enlevé environ
deuxmois après. Cette lettre s'eſt trouvée
parmi ſes papiers , qui viennent de nous
être remis ; & la Société ſe fait un devoir
de fatisfaire aux obligations qu'il n'a
pu remplir , & de donner à Mgr le Duc
d'Orléans des marques de ſon profond
reſpect. Elle peut uniquement dire pour
ſa juſtification & pour celle de fon Af-
focié
AVRIL. 1764.
121
ſocié , qu'elle n'a toléré cette aſſertion,
& qu'elle n'a été haſardée dans l'hiſtoi-
re du Comté de Vertus , que ſur la foi
d'un paſſage de M. de Ste Marthe dans
fon Hiſtoire de la Maiſon de France ,
Liv. 8. c. 3. furJean. 2°. Cet Auteurdit
qu'Iſabelle de France fut alliée vers 1360
avecJeanGaleas Viscomti,Duc deMilan,
& que par lettres du mois d'Avril 1361 ,
futfaitlechangementdu Comtéde Som-
myévre en Languedoc , baillé en ap-
panage à cette Princeſſe en faveur de
ſon mariage , à la charge de retour à la
Couronne défaillants fils & filles, avec la
Seigneurie de Vertus en Champagne ,
pour ce ,érigéeen Comté : mais fi MM. ,
de Sainte Marthe & de Velye avoient
faitattentionquel'appanage eſt une por-
tion détachée du Domaine de la Cou-
ronne, que les loix de l'Etat donnent à
charge de retour au défaut de la ligne
mafculine , aux mâles puinés de Fran-
ce pour leur ſubſiſtance ,& pour leur
tenir lieu du partage au Throne qu'ils
étoient endroitde prétendre ſous la pre-
mière & la ſeconde race de nos Rois ,
ils n'auroient pas dit que le Comté de
Vertus avoit été donné en appanage
à Isabelle de France , lors de fon ma-
riage avec Jean Galeas Viſcomti. MM.
I. Vol.
F
/
122 MERCURE DE FRANCE.
de Sainte Marthe & M. de Vélye n'a-
voient pas vu non plus fans doute les
lettres du moisd'Avril 1361 , citées par
le premier. On ne trouve rien dans ces
lettres , dont il m'a été remis une copie
que je crois fidelle , qui annonce que
les Terres de Sommyevre & de Vertus ,
ont été données en appanage à Isabelle
de France ; il paroit ſeulement que la
première lui a été donnée en dot , & la
feconde en remplacement de celle-ci ,
dont elle ne pouvoit jouir par les rai-
fonsdétaillées dans les lettres. C'eſt donc
une dot conftituée à Isabelle de France
&non un appanage , & aucun des pof-
fefſeurs de cette Terre n'a pu la tenir
depuis & la tranſmettre à perſonne fous
le titre d'appanage. La Société a re-
tranché cette affertion fi erronnée , de
l'écrit où elle s'étoit gliffée ; & elle ne
paroîtra point quand ſes mémoires ſe-
ront donnés à l'impreſſion. Je ſuis char-
gé de vous prier de ſa part ,de faire
agréer cette déclaration à Mgr leDuc
d'Orléans , & j'oſe eſpérer que S. A. S.
en ſera fatisfaite.
J'ai l'honneur d'être , &c.
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre précédente, par M. FRADET, Secrétaire de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE, du 2 Février 1764.
Le 2 février 1764, M. Fradet, secrétaire de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne, répond à une lettre du 24 septembre précédent adressée à M. de Velye. Cette lettre visait à corriger une affirmation erronée dans l'Histoire de Vertus, selon laquelle le comté-pairie de Vertus était tenu par le Maréchal Prince de Soubise comme un appanage de la Maison de France, hérité de l'ancienne Maison de Bretagne. M. Fradet démontre que cette affirmation est incorrecte, car le Prince de Soubise ne pouvait posséder Vertus comme appanage et que la Maison de Bretagne ne l'avait jamais possédé à ce titre. M. de Velye, étant malade au moment de la réception de la lettre, n'a pas pu répondre. La Société Littéraire a donc pris l'initiative de rectifier l'erreur. L'affirmation erronée provenait d'un passage de l'Histoire de la Maison de France de M. de Sainte Marthe, qui mentionnait un échange de comtés en 1361 impliquant Isabelle de France. Après vérification, il s'est avéré que Vertus était une dot constituée pour Isabelle et non un appanage. La Société Littéraire a corrigé cette erreur et assure qu'elle ne figurera pas dans les mémoires imprimés. M. Fradet conclut en espérant que le Duc d'Orléans acceptera cette déclaration.
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4655
p. 123-125
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Début :
NOUS avons examiné par ordre de l'Académie, un Mémoire de M. [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
EXTRAIT des Registres de l'Académie
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
Royale des SCIENCES.
Du 22 Février 1764.
NOUS avons examiné par ordre
de l'Académie, un Mémoire de M.
Biesta , Mª Horloger à Paris , fur une
nouvelle conſtruction de Montres, dans
leſquelles tout ce qui appartient à l'é-
chappement peut s'enlever ſans démon-
ter le reſte de la montre. Il eſt exacte-
ment vrai , & M. Biesta le dit dans ſon
Mémoire ,que la plus grande partie des
dérangemens & des accidens qui arri-
ventà une montre , viennent de l'altéra-
tion de l'échappement , & que très-fou-
vent on n'auroit nul beſoin de démon-
ter le reſte de la montre pour y remé-
dier , s'il étoit poffible d'y toucher fans
cela ; c'eſt cet avantage que M. Biefta
avoulu procurer aux montres. Par la
conſtruction qu'il propoſe : la potence,
la cantre-potence , le cocq , la couliffe ,
la roſette , le balancier , le piton , & le
reffort ſpiral y font portés par une pla-
que d'acier , tenant par trois vis à la
platine du nom qui eſt percée en cet
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
endroit pour donner paſſage à la roue de
rencontre , la potence &la contre-po-
tence. Cette conſtruction peut être ap-
pliquée à toutes les montres déjà faites,
& il eſt aisé de ſentir combien elle
peut être avantageuſe , ſur-tout pour
les Piéces compoſées , comme pour les
montres à ſonnerie , ou à répétition ,
qu'on ne ſera plus obligé de démonter
en entier pour le moindre dérangement
arrivé à l'échappement; ce qui peut
être d'autant plus utile, qu'on eft quel-
quefois obligé en voyage de ſe ſervir
d'Ouvriers médiocres qui pourroient
aifément gâter des parties auſſi délica-
tes , & qui leur font trop ſouvent in-
connues ; au lieu que les effets de l'é-
chappement font généralement connus
de tous ceux qui ont pratiqué l'Horlo-
gerie. Ces avantages font que nous ne
pouvons qu'applaudir à la conſtruction
deM. Biefta , qui nous a paru ingénieu-
fe , & mériter l'approbation de l'Aca-
démie. Signé, CAMUS & DE FOUCHY.
L'Auteur de cette invention eſt le
même qui a trouvé la manière d'ap-
pliquer aifément aux Pendules à ſecon-
des le temps vrai , également approuvé
par l'Académie Royale des Sciences. Il
demeure préfentement Cloître S. Ger-
AVRIL. 1764.
main - l'Auxerrois
Paris.
125
, en entrant par le
Louvre à gauche , au Temps vrai , à
Le prix pour appliquer ſon équation
aux Pendules à ſecondes , eft de huit
louis ; & l'application dela conftruction
mentionnée au certificat ci-joint ne
renchérit pas chez l'Auteur les montres
neuves ; mais pour donner les mêmes
avantages à celles qui ſont déjà faites ,
il prend pour une montre fimple deux
louis , & pour une à répétition trois
louis ; & MM. les Horlogers ſes Con-
frères peuvent compoſer avec l'Auteur ,
parce qu'ils pourront ſe réſerver cer-
tains Ouvrages pour eux-mêmes.
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Résumé : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des SCIENCES. Du 22 Février 1764.
Le 22 février 1764, l'Académie Royale des Sciences a examiné un mémoire de M. Biesta, horloger à Paris, présentant une nouvelle construction de montres. Cette innovation permet de remplacer l'échappement sans démonter l'ensemble de la montre, ce qui est crucial car les problèmes de montres proviennent souvent de cet élément. La construction de M. Biesta comprend plusieurs composants, tels que la potence, la contre-potence, le cocq, la couliffe, la rosette, le balancier, le piton et le ressort spiral, fixés sur une plaque d'acier attachée à la platine du mouvement. Cette innovation est applicable aux montres existantes et est particulièrement utile pour les montres complexes comme celles à sonnerie ou à répétition, évitant ainsi des démontages complets pour des réparations mineures. L'Académie a reconnu les avantages de cette construction et l'a approuvée. M. Biesta a également inventé une méthode pour appliquer le temps vrai aux pendules à secondes, approuvée par l'Académie. Il réside au Cloître Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris. Les coûts pour appliquer cette innovation varient : huit louis pour les pendules à secondes, deux louis pour les montres simples et trois louis pour les montres à répétition. Les confrères horlogers peuvent négocier avec M. Biesta pour se réserver certains travaux.
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4656
p. 125-127
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
Début :
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les progrès de l'Agriculture, ayant déposé [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1764.
PLUSIEURS Citoyens zélés pour les
progrès de l'Agriculture, ayant déposé
au Bureau de la Gazette du Commerce ,
différentes fommes , fur leſquelles feroit
prélevée celle de Six cens livres , pour
être employée aux Prix dont la Société
royale d'Agriculture choiſiroit le Sujet,
Fiij
4 126 MERCURE DE FRANCE.
elle n'a pas cru pouvoir en préſenter un
plus important à traiter, que lesMaladies
des Beſtiaux ; en conféquence , elle a
arrêté qu'elle adjugeroit un Prix de Six
cens livres , au Mémoire qui donneroit
ladescription , les causes , les effets & la
curation des Maladies épidémiques &
contagieuses des Beftiaux , les moyens
de les prévenir & d'enempêcher lespro-
grès.
Il ſera proclamé , dans une Aſſemblée
de la Société , au mois d'Avril 1765.
Les Pièces qui feront envoyées pour
concourir , doivent être remiſes avant le
1.er Janvier 1765 , à M. de Palerne ,
Secrétaire perpétuel de la Société , autre-
ment elles feront rejettées.
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté , portant un numéro
pareil à celui de la Pièce , avec une mê-
me deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces
paquets ne feront ouverts qu'après le ju-
gement du Prix.
Toutes perſonnes feront admiſes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'AgriculturedeParis: les Pièces
feront adreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat, Intendantde la Gé
AVRIL. 1764.
127
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société; le Secrétaire délivera le prix
à celui qui lui repréſentera lerécépiffé
dela Pièce couronnée ; il n'y aura point
d'autre formalité.
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Résumé : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1764.
En 1764, la Société Royale d'Agriculture de Paris a lancé un concours doté d'un prix de six cents livres pour promouvoir les avancées en agriculture. Le thème portait sur les maladies des bestiaux, notamment les maladies épidémiques et contagieuses. Le prix devait récompenser le mémoire expliquant le mieux les causes, les effets et les méthodes de prévention de ces maladies. Les participants avaient jusqu'au 1er janvier 1765 pour soumettre leurs travaux à M. de Palerne, secrétaire perpétuel de la Société. Les soumissions devaient être anonymes, identifiées par un numéro et une devise. Les membres et associés de la Société étaient exclus du concours. Les mémoires devaient être envoyés à M. de Sauvigny, conseiller d'État et intendant de la généralité de Paris, qui fournirait des récépissés. Le prix serait attribué à l'auteur présentant le récépissé du mémoire couronné, sans autre formalité.
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4657
p. 127-129
PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
Début :
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus en plus l'industrie & l'émulation des [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
PRIX proposé par la Société Royale
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
d'Agriculture de Paris, pour l'année
1765.
LA SOCIÉTÉ desirant exciter de plus
en plus l'industrie & l'émulation des
Cultivateurs , a réfolu & arrêté , dans
fon Affemblée du 8Décembre 1763 ,
qu'il fera fait un fonds chaque année,
par les Affociés , pour donner deux ou
plufieurs Prix , à ceux des Cultivateurs
&autres Particuliers appliqués aux foins
de la campagne , qui auront le mieux
réuffi dans les recherches qu'elle doit
leurpropoſer.
:
Le principal objetde ces recherches ,
fera d'éclairer fucceſſivement par des
expériences faites avec ſoin , les dif-
férentes pratiques de l'Agriculture & de
l'économie ruſtique.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
Un des Sujets qu'elle a choiſi pour
le Prix de 1765 , eſt , Le meilleur tra-
vailfur la qualité & fur l'emploi des
engraisqui conviennent aux terres , prin-
cipalement aux terres à blés , relative-
ment à leurqualité.
Des expériences bien faites,foit pour
employer de nouveaux engrais juſqu'à
préſent peu connus ou négligés , ſoit
pour fuppléer au fumier des animaux ,
lorſqu'on en a peu , ſoit pour perfec-
tionner la qualité des fumiers & autres
engrais , auront droit au Prix.
Ce Prix eſt de la ſomme de huit cens
livres ; il ſera proclamé , dans une Af-
ſemblée publique de la Société
, au
mois d'Avril 1766. Les Piéces qui ſe-
ront envoyées pourconcourir,doivent
être remiſes avant le 1st Janvier 1766 ,
à M. de Palerne , Secrétaire perpétuel
de la Société
rejettées.
2
autrement elles feront
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms ſur leurs ouvrages , mais dans un
paquet cacheté, portant un numéro pa-
reil à celui de la Piéce , avec une même
deviſe ſur l'un & fur l'autre ; ces pa-
quets ne feront ouverts qu'après le ju-
mentdu Prix. Les Auteurspeuvent y in-
férer les certificats qu'ils auront prisdes
AVRIL. 1764.
129
perſonnes connues & dignes de foi qui
auront ſuivi ou vérifié leurs expérien-
ces , à l'effet d'en conſtater les réſultats.
La Piéce qui renfermera le plus de
faits , d'obſervations & d'expériences
utiles ſur l'art de fertiliſer la terre par
les engrais , ſera couronnée.
Toutes perſonnes feront admifes à
concourir , à l'exception des Membres
& Aſſociés qui compoſent la Société
Royale d'Agriculture de Paris : les Pié-
ces ferontadreſſées à M. de Sauvigny ,
Conſeiller d'Etat , Intendant de la Gé-
néralité de Paris , qui fera paffer aux
Auteurs les récépiſſés du Secrétaire de
la Société ; le Secrétaire délivrera le
Prix à celui qui lui repréſentera le ré-
cépiffé de la Piéce couronnée , il n'y
aura point d'autre formalité.
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Résumé : PRIX proposé par la Société Royale d'Agriculture de Paris, pour l'année 1765.
En 1763, la Société Royale d'Agriculture de Paris a instauré un fonds annuel pour récompenser les innovations agricoles. Pour 1765, le sujet porte sur les engrais adaptés aux terres à blé. Les recherches doivent explorer de nouveaux engrais ou améliorer ceux existants. Le prix, de huit cents livres, sera décerné en avril 1766. Les candidatures, anonymes et accompagnées d'une devise, doivent être soumises avant le 1er janvier 1766 à M. de Palerne. Les travaux seront évalués sur des faits et observations pratiques. Tous peuvent concourir, sauf les membres de la Société. Les soumissions doivent être envoyées à M. de Sauvigny, qui délivrera les récépissés et le prix.
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4658
p. 129-131
SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
Début :
IL est d'usage en Bourgogne de semer suivant trois différentes méthodes : [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
SUJET du Prix de l'Académie des
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, pour l'année 1765.
IL est d'usage en Bourgogne de semer
suivant trois différentes méthodes :
1º. On ſeme dans les mêmes terres
la première année du Bled , la ſeconde
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
des Mars , & fucceffivement ainſi d'an-
née à autre.
2º. On y ſeme alternativement une
année de Bled, l'autre des Mars , & la
troifiéme on laiſſe la terre en jachère.
3º. On y ſeme une annéeduBled , la
ſeconde année , la terre reſte en ja-
chère ; & cette pratique s'obſerve conf-
tammentd'une année à l'autre.
D'après l'expofition de ces divers
façons d'enſemencer les terres en Bour-
gogne , l'Académie demande :
Quellesfont lesRaiſons physiques qui
doivent engager relativement aux diffé-
rens Terroirs , à préférer l'une de ces
trois méthodes ?
Les régles & les formalités qui s'ob-
ferventdanslesConcoursAcadémiques,
font aujourd'hui ſi généralement con-
nues , qu'il eſt inutile de les répéter
au ſujet de ce Programme. Il ſuffit
d'avertir ici , que les Mémoires qu'on
doit adreffer à M. Michault , Secrétaire
perpétuel de l'Académie, ruede Guiſe , à
Dijon , neferont reçus , francs de port ,
quejuſqu'au premier Avril 1765 inclufi-
vement: paffé lequel temps, ils ne pour-
ront, ſous quelque prétexte que ce ſoit,
avoir aucun droit au Concours ; ainſi
AVRIL. 1764
131
que ceux dont l'Auteur ſe ſera fait
connoître directement ou indirectement.
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Résumé : SUJET du Prix de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, pour l'année 1765.
Le texte décrit trois méthodes de semis pratiquées en Bourgogne et pose une question à l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon pour l'année 1765. La première méthode consiste à alterner entre le blé et les Mars. La deuxième méthode alterne entre blé, Mars et une année de jachère. La troisième méthode implique de semer du blé une année, suivie d'une année de jachère. L'Académie demande quelles raisons physiques devraient inciter à privilégier une méthode plutôt qu'une autre en fonction des différents types de terroirs. Les mémoires répondant à cette question doivent être envoyés à M. Michault, Secrétaire perpétuel de l'Académie, avant le 1er avril 1765. Après cette date, les mémoires ne seront plus acceptés, même si l'auteur se fait connaître.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4659
p. 131-136
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de [...]
Mots clefs :
Élèves de l'École royale vétérinaire, Province, Animaux, Qualités, Brebis, Agneaux, Auvergne, Engraisser, Généralité
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves
de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de
ſe rallentir , ſemblent s'accroître & re-
doubler. La diſtribution du Prix concer-
nant le Bœuf, les Bêtes à laine & les
Chèvres , avoit été fixée au 15 Mars.
Malgré les travaux qu'entraînent l'étude
de l'Anatomie & les diſſections , ils ont
devancé le jour indiqué. Trente Elèves
ſe ſont montrés au Public le Samedi 3
de ce mois , & ce concours a été hono-
ré de la préſence de M. l'Intendant de
la Province , de pluſieurs Membres de
Ja Société d'Agriculture , & d'un nom-
bre confidérable de perſonnes de dif-
tinction .
Dans cette Séance,tenue ſelonl'uſage
ordinaire , les Contendans ont dévelop-
pédes principes & des faits très-intéreſ-
fans fur le choix des uns & des autres
animaux dont il s'agiſſoit , ſur la connoif-
fance de leur âge , ſur les ſoins qu'ils
exigent fur l'attention que demande la
Fvj
1
132 MERCURE DE FRANCE.
conſtruction des Etables & des Berge
ries,fur les alimens les plus convenables
dans les différentes ſaiſons , fur la ma-
nière d'apprivoifer les Bœufs & de les
foumettre au joug , ſur le temps & les
moyens de les engraiffer, fur la propa-
gation de cette eſpèce, fur les qualités
d'un bon Taureau , fur la beauté &
bontédes Vaches , tant communes que
Flandrines , fur le laitqu'elles donnent,
fur les eſpèces que nous pourrions tirer
avecle plus grandavantagedel'Etranger,
particulièrementdeJutland,ſurle régime
àfaire obferver auxVachespleines&prê-
tesà mettre bas , furle choix des Veaux
à élever par préférence , fur le temps de
les fevrer , fur la conformation desMou-
tons , fur leur toiſon , fur la tonte, fur
les différentes eſpèces connues en Fran-
ce& en Angleterre , ſur leurs produits
comparés , fur l'importance & fur la ma-
nière de faler ces animaux , fur les pâtu-
rages qui leur conviennent , fur ceux
qui leur font nuifibles , ſur l'heure & la
faifon de les conduire aux champs , fur
l'eau dont on doit les abreuver , fur les
moyens de les engraiffer, fur les avan-
tages des parcs pour amender les terres ,
fur les qualités d'un bon Bélier & d'une
Brebis mère , fur le temps de les accou
AVRIL. 1764.
133
pler , fur les foins à donner à la Brebis
qui doitagneler , & àl'Agneau qui vient
de naître , ſoit dans le cas où elle a mis
bas deux jumeaux , foir dans celui où
elle agnèle pour la première fois , foit
enfin eu égard aux Agneaux qui par-
viennent à une certaine force , fur
les Agneaux qui doivent être ſevrés ,
fur les Agneaux à livrer au Boucher ,
furles obfervations naturellesqui ſe pré-
ſentent à quiconque veut traiter & éle-
ver ces animaux , &c , fur le Bouc com-
paré au Béier , fur les diverſes races
dans l'eſpèce des Chèvres , fur les dif-
férences à remarquer entre elles & la
Brebis , fur leurs véritables pâturages ,
fur les qualités du Bouc & de là Chèvre
deſtinés à la propagation , fur le temps
de les accoupler , ſur les attentions à
donner à la Chèvre prête à chevroter ,
&aux Chevreaux més, en quelque nom-
bre que ce foit , &c. &c. &c.
A Tous ces points divers ont été ample-
ment difcutés par les Sieurs d'Auvergne
frères , Petite , Damne , Thomas , Beau-
mont fils , Greffet , Parnet, de la Provin-
ce de Franche-Comté ; Aima , Leger
Latour, de la Généralité de Bordeaux ,
Bigler, duCanton de Berne ; Boudier
1
134 MERCURE DE FRANCE.
Treitch & Teillard, de la Généralité
d'Auvergne ; Barjollin & Dupin , de la
Généralité de Limoges ; Kamerlet , de la
Ville de Nancy ; Beauvais & Didné ,
de la Généralité d'Amiens ; Chanu , de
la Province de Bourgogne ; Brachet , de
celle de Bugey ; Gay & Bethoux , de la
Province de Dauphiné ; D'anguien
Defavenieres , Deſchaux , Faure l'aîné ,
Thevenet & Mathias , de la Généralité
de Lyon.
L'embarras dans lequel MM. de la
Société d'Agriculture ſe ſont trouvés ,
relativement au Jugement qu'ils ont été
obligés de porter fur celui ou fur ceux
des Elèves à qui le Prix devoit être dé-
cerné,a obligé d'en donner deux au lieu
d'un : le premier de 50 liv. & le ſecond
de 48 liv.
Lesvuesde cesJuges intégres & éclai-
rés ont été dirigées ſur dix-huit de ces
trente Contendans. Ils ont adjugé le
premier prix aux Sieurs Petite, Parnet ,
Barjollin , Dupin , Damne , Bigler ,
Beauvais , D'anguien & Thevenet : ce-
lui-ci eſt âgé de douze ans. Ces Elèves
ayant tiré au fort , le Sieur Dupin en a
été favorifé ; mais ſes Concurrens, ne
trouvent pas moins dans la gloire qu'ils
ſe ſontacquiſe , larécompenſe qui flatte
AVRIL.
1764.
135
leplusdes hommes deſtinés à ſervir uti-
lement leur Patrie .
Le ſecond prix a été adjugé aux Sieurs
Gay , Bethoux , Treitch, Leger , Def-
chaux , âgé de treize ans , Chanu , Tho-
mas , Faure l'aîné & Defavenieres. Le
fort a décidé en faveur du Sr Deſchaux ,
fans rien diminuer de l'honneur attaché
auxfuffrages que les autres ontjuſtement
obtenus.
Le Sr Brachet , conſtamment attaché
à ſes devoirs , a mérité des éloges , & il
eût été couronné comme les autres con-
currens , s'il n'eût été employé au trai-
tement de pluſieurs maladies qui l'ont
appellé pendant quelque temps hors de
l'Ecole.
Le Sr Bredin , qui a porté pendant
près de ſept mois les ſecours les plus
efficaces dans pluſieurs Provinces dont
les Beſtiaux étoient frappés d'un fléau
cruel , n'a pu concourir dans cette cir-
conſtance ,parce qu'il s'eſt occupé à ré
parer , à certains égards non moins ef-
ſentiels , le temps qu'il avoit employé
ailleurs.
T
Il en eſt de même du Sr Bloufard, en
qui l'expreffion n'est point auffi facile
que l'intelligence.
Les Srs Latour , Greffet , les Frères
d'Auvergne , Beaumont fils , Didne
1
136 MERCURE DE FRANCE.
Aima , Kamerlet & Boudier ont ſatis-
fait le Public , & n'ont pu être regardés
comme des Sujets médiocres.
C'eſt avec beaucoup de fatisfaction
que nous inférons de pareils Articles
dans notre Journal. Les ſuccès de ces
Elèves continuentàfaire un honneur in-
fini à M. Bourgelat , Correfpondant de
l'Académie des Sciences de Paris , qui a
la Direction de l'Ecole Royale Vétéri
naire , & au Miniſtre ( M. Bertin ) à qui
la France & l'Europe même ſont rede-
vables d'un Etabliſſement fi utile. Nous
diſons l'Europe même; car un grand
nombre d'Etats & de Souverains , prin-
cipalement du Nord, ( parmi lesquels
oncompte le Roi de Prufſe) ont déja
envoyé à M. Bourgelat pluſieurs Elèves
pour ſe former dans cette Ecole ; & ces
Elèves s'y diftinguent par leurapplica
cation & leurs fuccès.
L'ÉMULATION & le zèle des Elèves
de l'Ecole Royale Vétérinaire, loin de
ſe rallentir , ſemblent s'accroître & re-
doubler. La diſtribution du Prix concer-
nant le Bœuf, les Bêtes à laine & les
Chèvres , avoit été fixée au 15 Mars.
Malgré les travaux qu'entraînent l'étude
de l'Anatomie & les diſſections , ils ont
devancé le jour indiqué. Trente Elèves
ſe ſont montrés au Public le Samedi 3
de ce mois , & ce concours a été hono-
ré de la préſence de M. l'Intendant de
la Province , de pluſieurs Membres de
Ja Société d'Agriculture , & d'un nom-
bre confidérable de perſonnes de dif-
tinction .
Dans cette Séance,tenue ſelonl'uſage
ordinaire , les Contendans ont dévelop-
pédes principes & des faits très-intéreſ-
fans fur le choix des uns & des autres
animaux dont il s'agiſſoit , ſur la connoif-
fance de leur âge , ſur les ſoins qu'ils
exigent fur l'attention que demande la
Fvj
1
132 MERCURE DE FRANCE.
conſtruction des Etables & des Berge
ries,fur les alimens les plus convenables
dans les différentes ſaiſons , fur la ma-
nière d'apprivoifer les Bœufs & de les
foumettre au joug , ſur le temps & les
moyens de les engraiffer, fur la propa-
gation de cette eſpèce, fur les qualités
d'un bon Taureau , fur la beauté &
bontédes Vaches , tant communes que
Flandrines , fur le laitqu'elles donnent,
fur les eſpèces que nous pourrions tirer
avecle plus grandavantagedel'Etranger,
particulièrementdeJutland,ſurle régime
àfaire obferver auxVachespleines&prê-
tesà mettre bas , furle choix des Veaux
à élever par préférence , fur le temps de
les fevrer , fur la conformation desMou-
tons , fur leur toiſon , fur la tonte, fur
les différentes eſpèces connues en Fran-
ce& en Angleterre , ſur leurs produits
comparés , fur l'importance & fur la ma-
nière de faler ces animaux , fur les pâtu-
rages qui leur conviennent , fur ceux
qui leur font nuifibles , ſur l'heure & la
faifon de les conduire aux champs , fur
l'eau dont on doit les abreuver , fur les
moyens de les engraiffer, fur les avan-
tages des parcs pour amender les terres ,
fur les qualités d'un bon Bélier & d'une
Brebis mère , fur le temps de les accou
AVRIL. 1764.
133
pler , fur les foins à donner à la Brebis
qui doitagneler , & àl'Agneau qui vient
de naître , ſoit dans le cas où elle a mis
bas deux jumeaux , foir dans celui où
elle agnèle pour la première fois , foit
enfin eu égard aux Agneaux qui par-
viennent à une certaine force , fur
les Agneaux qui doivent être ſevrés ,
fur les Agneaux à livrer au Boucher ,
furles obfervations naturellesqui ſe pré-
ſentent à quiconque veut traiter & éle-
ver ces animaux , &c , fur le Bouc com-
paré au Béier , fur les diverſes races
dans l'eſpèce des Chèvres , fur les dif-
férences à remarquer entre elles & la
Brebis , fur leurs véritables pâturages ,
fur les qualités du Bouc & de là Chèvre
deſtinés à la propagation , fur le temps
de les accoupler , ſur les attentions à
donner à la Chèvre prête à chevroter ,
&aux Chevreaux més, en quelque nom-
bre que ce foit , &c. &c. &c.
A Tous ces points divers ont été ample-
ment difcutés par les Sieurs d'Auvergne
frères , Petite , Damne , Thomas , Beau-
mont fils , Greffet , Parnet, de la Provin-
ce de Franche-Comté ; Aima , Leger
Latour, de la Généralité de Bordeaux ,
Bigler, duCanton de Berne ; Boudier
1
134 MERCURE DE FRANCE.
Treitch & Teillard, de la Généralité
d'Auvergne ; Barjollin & Dupin , de la
Généralité de Limoges ; Kamerlet , de la
Ville de Nancy ; Beauvais & Didné ,
de la Généralité d'Amiens ; Chanu , de
la Province de Bourgogne ; Brachet , de
celle de Bugey ; Gay & Bethoux , de la
Province de Dauphiné ; D'anguien
Defavenieres , Deſchaux , Faure l'aîné ,
Thevenet & Mathias , de la Généralité
de Lyon.
L'embarras dans lequel MM. de la
Société d'Agriculture ſe ſont trouvés ,
relativement au Jugement qu'ils ont été
obligés de porter fur celui ou fur ceux
des Elèves à qui le Prix devoit être dé-
cerné,a obligé d'en donner deux au lieu
d'un : le premier de 50 liv. & le ſecond
de 48 liv.
Lesvuesde cesJuges intégres & éclai-
rés ont été dirigées ſur dix-huit de ces
trente Contendans. Ils ont adjugé le
premier prix aux Sieurs Petite, Parnet ,
Barjollin , Dupin , Damne , Bigler ,
Beauvais , D'anguien & Thevenet : ce-
lui-ci eſt âgé de douze ans. Ces Elèves
ayant tiré au fort , le Sieur Dupin en a
été favorifé ; mais ſes Concurrens, ne
trouvent pas moins dans la gloire qu'ils
ſe ſontacquiſe , larécompenſe qui flatte
AVRIL.
1764.
135
leplusdes hommes deſtinés à ſervir uti-
lement leur Patrie .
Le ſecond prix a été adjugé aux Sieurs
Gay , Bethoux , Treitch, Leger , Def-
chaux , âgé de treize ans , Chanu , Tho-
mas , Faure l'aîné & Defavenieres. Le
fort a décidé en faveur du Sr Deſchaux ,
fans rien diminuer de l'honneur attaché
auxfuffrages que les autres ontjuſtement
obtenus.
Le Sr Brachet , conſtamment attaché
à ſes devoirs , a mérité des éloges , & il
eût été couronné comme les autres con-
currens , s'il n'eût été employé au trai-
tement de pluſieurs maladies qui l'ont
appellé pendant quelque temps hors de
l'Ecole.
Le Sr Bredin , qui a porté pendant
près de ſept mois les ſecours les plus
efficaces dans pluſieurs Provinces dont
les Beſtiaux étoient frappés d'un fléau
cruel , n'a pu concourir dans cette cir-
conſtance ,parce qu'il s'eſt occupé à ré
parer , à certains égards non moins ef-
ſentiels , le temps qu'il avoit employé
ailleurs.
T
Il en eſt de même du Sr Bloufard, en
qui l'expreffion n'est point auffi facile
que l'intelligence.
Les Srs Latour , Greffet , les Frères
d'Auvergne , Beaumont fils , Didne
1
136 MERCURE DE FRANCE.
Aima , Kamerlet & Boudier ont ſatis-
fait le Public , & n'ont pu être regardés
comme des Sujets médiocres.
C'eſt avec beaucoup de fatisfaction
que nous inférons de pareils Articles
dans notre Journal. Les ſuccès de ces
Elèves continuentàfaire un honneur in-
fini à M. Bourgelat , Correfpondant de
l'Académie des Sciences de Paris , qui a
la Direction de l'Ecole Royale Vétéri
naire , & au Miniſtre ( M. Bertin ) à qui
la France & l'Europe même ſont rede-
vables d'un Etabliſſement fi utile. Nous
diſons l'Europe même; car un grand
nombre d'Etats & de Souverains , prin-
cipalement du Nord, ( parmi lesquels
oncompte le Roi de Prufſe) ont déja
envoyé à M. Bourgelat pluſieurs Elèves
pour ſe former dans cette Ecole ; & ces
Elèves s'y diftinguent par leurapplica
cation & leurs fuccès.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Le 3 mars 1764, l'École Royale Vétérinaire a organisé un concours portant sur l'élevage du bœuf, des bêtes à laine et des chèvres. Trente élèves ont présenté leurs connaissances devant des personnalités influentes, y compris l'Intendant de la Province et des membres de la Société d'Agriculture. Les sujets abordés incluaient la sélection des animaux, les soins, la construction des étables, l'alimentation, l'apprivoisement des bœufs, ainsi que divers aspects de l'élevage des moutons et des chèvres. Les juges ont attribué deux prix : le premier, d'une valeur de 50 livres, a été décerné aux sieurs Petite, Parnet, Barjollin, Dupin, Damne, Bigler, Beauvais, D'anguien et Thevenet. Le second prix, de 48 livres, a été remis aux sieurs Gay, Bethoux, Treitch, Leger, Deschaux, Chanu, Thomas, Faure l'aîné et Defavenieres. Le sieur Brachet a été félicité pour son engagement, tandis que les sieurs Bredin et Bloufard étaient absents en raison de missions extérieures. D'autres élèves, tels que Latour, Greffet, les frères d'Auvergne, Beaumont fils, Didné, Aima, Kamerlet et Boudier, ont également été reconnus pour leurs performances. Ces résultats témoignent de l'excellence de l'enseignement dispensé sous la direction de M. Bourgelat, correspondant de l'Académie des Sciences de Paris. Ils rendent également hommage au ministre M. Bertin, à l'origine de la création de cette école. Plusieurs États et souverains, notamment du Nord, dont le Roi de Prusse, ont envoyé des élèves à cette école, où ils se distinguent par leur application et leurs succès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4660
p. 136-148
LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
Début :
JE crois, Monsieur, que vous ne serez pas fâché que je vous entretienne d'une [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
JE crois, Monsieur, que vous ne serez
pas fâché que je vous entretienne d'une
découverte très-intéreſſante & qui va
AVRIL. 1764.
137
donner à la Dioptrique une nouvelle
face. Nous la devons aux travaux d'un
Géomêtre célébre , & aux foins de plu-
fheurs Amateurs. Vous ſcavez , Mon-
fieur , qu'on appelle Dioptrique la-vi-
fion qui fe fait à l'aide des verres ; on
peut dire que , fi l'état où étoit précé-
demment cette ſcience eût étonné les
Anciens qui n'en avoient pas d'idée ,
fes nouveaux progrès ne paroîtroient
pasmoins admirables à Newton lui-mê-
me , au Grand Homme qui décom-
poſa la lumière , & qui avoit connu ,
fans les ſurmonter, les obſtacles qui vien-
nent d'être levés: c'eſt que l'homme qui
parcourt le plus rapidement la carrière ,
trouve un terme où il faut qu'il s'ar-
rête , & d'où part à ſon tour l'homme
de génie qui vient après lui.
Mais , avant tout , il est néceſſaire
que je vous rappelle quelques princi-
pes d'Optique qui ne vous ſont pas in-
connus ; & pour ne pas rendre la ma-
tière trop compliquée,je ne vous par-
lerai que des lunettes Aftronomiques ,
àdeuxverres convexes. Les rayons par-
tis de l'objet après s'être pliés en tra-
verfant le premier verre , qu'on nom-
me l'objectif , ſe réuniſſent dans un
point de l'axe de la lunette, qui eft
1
138 MERCURE DE FRANCE.
appellé foyer du verre , & y forment
un image devant laquelle ſe place l'O
culaire , ou le ſecond verre, qui fai-
fant l'effet d'un miſcroſcope , fert à
aggrandir cetté image ; & la lunette
groffit d'autant plus , que le foyer du
verre objectif est plus long , & que
celui du verre oculaire eſt plus court.
Ainſi une lunette de fix pieds avec un
Oculaire de trois pouces groffit vingta
quatre fois ; avec un Oculaire de dix
huit lignes elle groffiroit quarante-huit
fois. Il ſemble qu'en partantde ce prin-
cipe , on puiſſe multiplier les effets à
l'infini ; en ayant de longs objectifs &
de courts oculaires : mais on a trouvé
de très-grands obſtacles dans la figure
des verres & dans la différente réfran-
gibilité des rayons, Descartes qui porta
dans les Arts la lumière de la Géomé-
trie , avoit démontréque tous les rayons
partis d'un objet , & traverſant un ver
re objectif , fe réuniroient dans un mê
me point de l'axe de la lunette , fil'om
donnoit à l'objectif une figure hyper-
bolique ; mais ici la pratique des Arts
ne peut plus atteindre à la préciſion du
calcul. On n'a vu réuffir aucun des effais
de Descartes ,qui faisoit travailler fous
fes yeux un ouvrier intelligent ; & l'on
AVRIL. 1764.
139
a reconnu avec peine , qu'il étoit mora-
lement impoffible dedonner aux verres
une figure hyperbolique régulière.
On ſe reſtraignit à leur donner la fi-
gure ſphérique ; mais par la propriété
de cette courbure , il n'y a que les
rayons qui tombent près de l'axe , qui
foient réunis dans un même point. Les
autres , ayant un foyer différent,y pei-
gnent d'autres images , & toutes ces
images fortprès les unes des autres , en
formentune ſeule qui eſt d'autant plus
confuſe ,qu'ily en aun plus grandnom-
bre : onfut forcé dedonner peu d'éten
due àla courburede laſurfacedes objec-
tifs , & l'on y perditde la lumière, Car
vous concevez bien , Monfieur , que la
quantité de lumière dépend de la gran-
deur de l'objectif qui lui donne entrée.
Mais on s'apperçut bientôtque ces incon-
véniensétoient les moindres qu'on eût à
craindre:unhomme qui étoit appellé aux
plus brillantes découvertes dans toutes
les Sciences , portant dans la Phyſique ,
le flambeau de fon génie, trouva l'art de
décompofet la lumière , & fit voir que
chacun de ſes rayons étoit composé de
7 rayons primitifs de couleur différen-
te , rouge , orange , jaune , &c. Ces
rayons traverſant un priſme ,s'y rom
1
40 MERCURE DE FRANCE.
pent ſuivant leur différente réfrangibil
bilité , ſe ſéparent, & peignent fur le
papier où onles reçoit,les ſeptcouleurs
dans leur ordre naturel. Cette découver-
te , appliquée à l'optique, rendit raiſon
desanneauxcolorés,appellés iris,qu'on
avoit apperçus autour des images for-
mées par de longues lunettes. Le verre
objectif fait alors la fonction du prifme
qui ſépare les couleurs : on crut que la
nature de la lumière mettant un obſta-
cle invincible àla perfection de cet Art,
& la théorie ayant fait connoître que
les iris étoient plus grandes , en pro-
portion de l'ouverturede l'objectif, on
preſcrivit de nouveau de ladiminuer ;
mais en même temps on diminuoit la
quantité de lumière ſi néceſſaire à la
distinction des objets. On ne retiroit
plus par conféquent des longues lunet-
tes l'avantage qu'on en devoit eſpé-
rer; & l'incommodité de leur longueur
fubfiftoit toute entière. Les choses en
étoient là , & cette barrière reſtoit in-
furmontable.
Lorſque M. Euler , l'un des plus
grands Géométres de l'Europe , eut en
1747 l'idée heureuſe de former des
objectifs de deux matières différem-
ment réfringentes; il eſpéra que leurs
AVRIL. 1764.
141
réfractions différentes pourroient ſe
compofer & détruire les Iris , il for-
ma ſes objectifs de deux lentilles de
verre qui renfermoient de l'eau entre
elles ,& poſant une hypothéſe ſur leurs
qualités réfringentes, il en déduifit des
formules générales & très-élégantes.
M. Dollond , ſcavant Opticien An-
glois , fit uſage de la Théorie de M.
Euler ; mais il ſubſtitua avec raiſon à
ſes lois de réfraction celles de Newton ,
qui paroiffoient préférables étant fon-
dées ſur l'expérience ; les formules don-
perent alors un réſultat fâcheux , car la
réunion des rayons ne ſe pouvoit faire
que lorſque la longueur du foyer étoit
infinie. M. Euler répondoit par des
raiſons métaphyſiques très - probables ;
& M. Dollond s'appuyantde la réputa-
tion de Newton , lui oppofoit conf-
tamment ſes expériences. Cette décou-
verte dont la théorie étoit fi belle , pa-
roiſſoit donc inutile dans la pratique ;
& on croyoit déjà la devoir ranger au
nombre de ces idées ingénieuſes , qui
ſans être utiles à la Société , fonthon-
neur à l'eſprit humain. M. Klingenf-
țierna , Géométre Suédois écrivit en
1755 à M. Dollond ; & par des dé-
monstrations métaphyſiques& géomé-
142 MERCURE DE FRANCE.
triques le força de douter de l'exactitude
des expériences de Newton. M. Dol-
lond les refit& les trouva fauffes. New-
ton avoit réuffi dans des expériences
plus difficiles ; il manqua celles-ci , &
cela prouve que l'homme eft toujours
ſi près de l'erreur , que le génie même
qui l'éléve ne peut l'empêcher d'y tom-
ber quelquefois. M. Dollond reprit cou-
rage; mais il trouva que les objectifs
de verre & d'eau exigeoient des cour-
bures trop conſidérables & qui pro-
duiroient , comme nous l'avons dit plus
haut , une multitude d'images différen-
tes, qui rendent les objets peu diftincts.
Il imagina de ſubſtituer des verres de
différentes denſités ,& qui étant com-
binés pour en former un objectif, fiſſent
le même effet que l'eau unie avec le
verre. Il trouva bientôt que les deux
eſpéces de verres , que les Anglois ap-
pellent ( Crown glass) & Slint. glaff ,
dont le premier reffemble affez à notre
verre commun , avoient les propriétés
qu'il defiroit: il les combina avec des
courbures différentes ; & après beau-
coup d'expériences , il réuffit à faire
d'excellentes lunettes fans aucune iris. Il
nous en eft paffé quelques - unes en
France , & les moins bonnes de cinq
* AVRIL. 1764.
143
pieds groffiffoient bien davantage que
les lunettes ordinaires de la même lon-
gueur , puiſqu'elles faifoient à-peu-près
l'effet d'une lunette de 12à 15 pieds.
M. Dollond n'indiquoit pas la route
qu'il avoit ſuivie ; il eût fallu ſe réfou-
dre à imiter fervilement ſes Télescopes ,
pour en conſtruire de pareils. Vous ſen-
tez , Monfieur , l'incertitude & l'humi-
liation de cette Méthode. M. Clairaut ,
mon Confrère , connu par des ſuccès
brillans dans la Géométrie , & à qui je
rends ici avec plaifir, comme ami , la
juſtice qui lui eſt due , comme Géomè-
tre , entreprit d'établirune Théorie com-
plette des aberrations des rayons de lu-
mière , & rechercha les courbures qu'il
falloit donner aux deux matières réfrin-
gentes pourles détruire ; mais il vit d'a-
bord qu'une telle recherche devoit être
fondée ſur des expériences plus sûres
que cellesdonton s'étoit appuyéjuſqu'i-
ci , afin de connoître mieux la réfrin-
gencedesdifférentes matières. C'eſt par
où il commença. Il eſſaya fur le ( Flint
glass ) & fur notre verre commun ,
qu'il fubftitua au ( Crown glass ) ; &
leur réfiingence étantbien conſtatée , il
en déduifit bientôt les formules géné-
rales qu'il cherchoit. Ilen lutle réſultat
L
44MERCURE DE FRANCE.
à l'Affemblée publique de l'Académie
du 8 Avril 1761. Il prévoyoit dès-lors
que les Lunettes de M. Dollond, quoi-
que très-bonnes , ne produiſoient pas
tout l'effet qu'on en devoit attendre ,
puiſque les aberrations érant détruites ,
il paroiffoit qu'elles devoient ſurpaffer
les Télescopes Newtoniens , qui perdent
beaucoup de lumière par la réflection
desMiroirs.
Vous verrez inceſſamment , Mon-
ſieur , cette conjecture vérifiée par le
ſuccès que je vous annonce. Des Artif-
tes intelligens , conduits par ſa théorie ,
firent quelques eſſais qui répondirent à
ce qu'on en devoit attendre ; enfin M.
Antheaume , connu par ſa Méthode des
Aimants artificiels , qui a remporté le
Prix à l'Académie de Pétersbourg en
1760 , qui depuis long-temps , Amateur
de l'Optique , s'appliquoit à faire d'ex-
cellens Objectifs, ſuivant les pratiques
ordinaires , entreprit d'en travailler un
ſuivant les déterminations de M.Clairaut.
Le plus grandfuccès a comblé nos eſpé-
rances : il a fait un verre de ſept pieds
de foyer , qui fait l'effet d'une bonne lu-
nette de trente-cinq à quarante pieds.
Cette perfection furpaſſe de beaucoup
celle où M. Dollond avoit atteint; & ,
en
AVRIL. 1764.
145
2-
enfaiſantl'éloge de l'adreſſe de M. Az-
theaume , prouve l'excellence de la route
que M. Clairaut lui avoit tracée. J'ai vu
avec cette Lunette le diſque de Jupiter
parfaitement bien terminé ; les bandes
qu'on y obſerve partagées en plufieurs
autres bandes , & les fatellites qui l'ac-
compagnent affez groffis pour qu'on
puiſſe eſpérer d'appercevoir auſſi leur
diſque , fi l'on peut réuffir unjour auffr
dans des verres d'un foyer plus long.
S. E. Mgr le Cardinal de Luines , qui
protégeles Sciences, & dont les lumières
fur l'Optique ſont connues , en a fait
l'épreuve ; MM.de Thury , le Monnier ,
de la Lande , Chappe & moi , tous
Membres de l'Académie des Sciences ,
y avons affifté , & il n'y a eu qu'une
voix fur l'excellence de cette Lunette.
M. Antheaume s'eſt fait un plaifir de la
faire voir aux Amateurs , & particuliè-
rement à M. le Préſident Saron , qui ,
ayant beaucoup de goût & de connoif-
fance , eſt poſſeffeur d'un tres-beau Té-
leſcope * Anglois. Il l'a comparé avec
la Lunette , & il avoue lui-même qu'elle
faitplus d'effet.
Cela ne vous paroîtra pas difficile à
* Ce Miroir a 30 pouces de foyer. Il doit
groſſir environ 120 fois les objets.
I. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
concevoir, Monfieur, en vous rappel-
lantle principe établi plus haut , que les
Lunettes groffiffent d'autant plus que le
foyerde l'Objectifestplus long, & celui
de l'Oculaire plus court; & en y ajou-
tant celui-ci , que la lumière est d'autant
plus vive que l'ouverture de l'Objectifeft
plus grande , & le foyer de l'Oculaire
plus long. Dans les Lunettes ordinaires
les aberrations forçoient de refferrer
l'ouverture des Objectifs ; &, pour con-
ſerverſuffiſammentde la lumière , on ne
pouvoitmettredes Oculaires fortcourts,
Ces nouvelles Lunettes , en détruiſant
toute aberration , permettent de faire
l'ouverture des Objectifs fort grande ,
&fouffrent, ſans perdre trop de lumiè-
re , les Oculaires les plus courts que
l'art puiſſe fournir. Vous jugez , Mon-
fieur, de la ſatisfaction que doit reſſentir
M. Clairaut des progrès d'un Art qui lui
devra la perfection. Quel champ vaſte
ouvert à nos découvertes , ſi l'on peut
porter à la même perfection des Lunet-
tes plus longues, telles que de vingt à
vingt-cinq pieds ! Que de points incer-
tains dans le Syſtême du Monde peuvent
être éclaircis ! Et pour ſe rapprocher de
la vie civile, quelle commodité pour les
Particuliers de pouvoir ſe procurer des
: AVRIL. 1764.
147
Lunettes de trois , quatre , cinq pieds ,
qui, fans être fort difficiles à manier ,
feront plus d'effet que les Télescopes or-
dinaires , qui font rarement bons , &
qu'il eſt difficilede conſerverlong-temps
bons , à cauſe du poli des Miroirs , qui
ne ſubſiſte que par les plus grands ſoins !
C'eſt ici le lieude vous parler , Mon-
ſieur ,d'un Artiſte fort intelligent'; de
M. de Létang * , qui a travaillé , dès les
commencemens , fur les principes &
ſous les yeux de M. Clairaut. Il jointà
beaucoup de lumières les plus grands
ſoins dans la pratique. Ila bien voulu
me faire voirpluſieurs Objectifs de trois
&decinq pieds, qu'il a travaillés, & qui
fontexcellens. Il ſe diſpoſe à en travail-
ler d'un foyer plus long,& je ſuis afſuré
du ſuccès. Les Aſtronômes feront très-
heureux d'avoir recours à lui pour un
Inſtrument qui leur eſt ſi néceſſaire.
M. le Bas , Artiſte connu , qui de-
meure aux Galleries du Louvre , m'a fait
voir auſſi de très-bons Objectifs de trois
*C'eſt à l'adreſſe de M. de l'Etang que M.
Clairaut eſt redevable den'avoir pas été dégoûté
de l'application de ſa théorie àla pratique : il
falloit unhomme qui ſaisît ſes idées aſſez bien,
pour ſe les rendre propres , & pour que l'exécu
tion lui en devînt facile.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
pieds. Il ſemble que le ſeul obstacle ,
qui s'oppoſe maintenant à nos progrès ,
foitladifficultéde ce travail , qui éxige
beaucoup plus de ſoins & de précifion
qu'auparavant, & la raretédu Flintglaſs
qu'on a peine à ſe procurer ici , & que
l'on trouve ſouvent défectueux. M. Paf-
femant, qui a auſſi travaillé ſur cet ob-
jet, a la compofition d'une matière , la-
quelle étant vitrifiée pourroit être ſubſti-
tuée au Criſtal d'Angleterre. L'attention
des Amateurs doit maintenant s'y por-
ter : nous eſpérons qu'elle procurera
aux Artiſtes toutes les facilités néceſſai-
res , & leur intelligence nous promet
qu'ils ne feront pas arrêtés par la diffi-
culté du travail.
J'ai l'honneur d'être , &c.
BAILLY, de l'Acad. Royale des Sciences.
JE crois, Monsieur, que vous ne serez
pas fâché que je vous entretienne d'une
découverte très-intéreſſante & qui va
AVRIL. 1764.
137
donner à la Dioptrique une nouvelle
face. Nous la devons aux travaux d'un
Géomêtre célébre , & aux foins de plu-
fheurs Amateurs. Vous ſcavez , Mon-
fieur , qu'on appelle Dioptrique la-vi-
fion qui fe fait à l'aide des verres ; on
peut dire que , fi l'état où étoit précé-
demment cette ſcience eût étonné les
Anciens qui n'en avoient pas d'idée ,
fes nouveaux progrès ne paroîtroient
pasmoins admirables à Newton lui-mê-
me , au Grand Homme qui décom-
poſa la lumière , & qui avoit connu ,
fans les ſurmonter, les obſtacles qui vien-
nent d'être levés: c'eſt que l'homme qui
parcourt le plus rapidement la carrière ,
trouve un terme où il faut qu'il s'ar-
rête , & d'où part à ſon tour l'homme
de génie qui vient après lui.
Mais , avant tout , il est néceſſaire
que je vous rappelle quelques princi-
pes d'Optique qui ne vous ſont pas in-
connus ; & pour ne pas rendre la ma-
tière trop compliquée,je ne vous par-
lerai que des lunettes Aftronomiques ,
àdeuxverres convexes. Les rayons par-
tis de l'objet après s'être pliés en tra-
verfant le premier verre , qu'on nom-
me l'objectif , ſe réuniſſent dans un
point de l'axe de la lunette, qui eft
1
138 MERCURE DE FRANCE.
appellé foyer du verre , & y forment
un image devant laquelle ſe place l'O
culaire , ou le ſecond verre, qui fai-
fant l'effet d'un miſcroſcope , fert à
aggrandir cetté image ; & la lunette
groffit d'autant plus , que le foyer du
verre objectif est plus long , & que
celui du verre oculaire eſt plus court.
Ainſi une lunette de fix pieds avec un
Oculaire de trois pouces groffit vingta
quatre fois ; avec un Oculaire de dix
huit lignes elle groffiroit quarante-huit
fois. Il ſemble qu'en partantde ce prin-
cipe , on puiſſe multiplier les effets à
l'infini ; en ayant de longs objectifs &
de courts oculaires : mais on a trouvé
de très-grands obſtacles dans la figure
des verres & dans la différente réfran-
gibilité des rayons, Descartes qui porta
dans les Arts la lumière de la Géomé-
trie , avoit démontréque tous les rayons
partis d'un objet , & traverſant un ver
re objectif , fe réuniroient dans un mê
me point de l'axe de la lunette , fil'om
donnoit à l'objectif une figure hyper-
bolique ; mais ici la pratique des Arts
ne peut plus atteindre à la préciſion du
calcul. On n'a vu réuffir aucun des effais
de Descartes ,qui faisoit travailler fous
fes yeux un ouvrier intelligent ; & l'on
AVRIL. 1764.
139
a reconnu avec peine , qu'il étoit mora-
lement impoffible dedonner aux verres
une figure hyperbolique régulière.
On ſe reſtraignit à leur donner la fi-
gure ſphérique ; mais par la propriété
de cette courbure , il n'y a que les
rayons qui tombent près de l'axe , qui
foient réunis dans un même point. Les
autres , ayant un foyer différent,y pei-
gnent d'autres images , & toutes ces
images fortprès les unes des autres , en
formentune ſeule qui eſt d'autant plus
confuſe ,qu'ily en aun plus grandnom-
bre : onfut forcé dedonner peu d'éten
due àla courburede laſurfacedes objec-
tifs , & l'on y perditde la lumière, Car
vous concevez bien , Monfieur , que la
quantité de lumière dépend de la gran-
deur de l'objectif qui lui donne entrée.
Mais on s'apperçut bientôtque ces incon-
véniensétoient les moindres qu'on eût à
craindre:unhomme qui étoit appellé aux
plus brillantes découvertes dans toutes
les Sciences , portant dans la Phyſique ,
le flambeau de fon génie, trouva l'art de
décompofet la lumière , & fit voir que
chacun de ſes rayons étoit composé de
7 rayons primitifs de couleur différen-
te , rouge , orange , jaune , &c. Ces
rayons traverſant un priſme ,s'y rom
1
40 MERCURE DE FRANCE.
pent ſuivant leur différente réfrangibil
bilité , ſe ſéparent, & peignent fur le
papier où onles reçoit,les ſeptcouleurs
dans leur ordre naturel. Cette découver-
te , appliquée à l'optique, rendit raiſon
desanneauxcolorés,appellés iris,qu'on
avoit apperçus autour des images for-
mées par de longues lunettes. Le verre
objectif fait alors la fonction du prifme
qui ſépare les couleurs : on crut que la
nature de la lumière mettant un obſta-
cle invincible àla perfection de cet Art,
& la théorie ayant fait connoître que
les iris étoient plus grandes , en pro-
portion de l'ouverturede l'objectif, on
preſcrivit de nouveau de ladiminuer ;
mais en même temps on diminuoit la
quantité de lumière ſi néceſſaire à la
distinction des objets. On ne retiroit
plus par conféquent des longues lunet-
tes l'avantage qu'on en devoit eſpé-
rer; & l'incommodité de leur longueur
fubfiftoit toute entière. Les choses en
étoient là , & cette barrière reſtoit in-
furmontable.
Lorſque M. Euler , l'un des plus
grands Géométres de l'Europe , eut en
1747 l'idée heureuſe de former des
objectifs de deux matières différem-
ment réfringentes; il eſpéra que leurs
AVRIL. 1764.
141
réfractions différentes pourroient ſe
compofer & détruire les Iris , il for-
ma ſes objectifs de deux lentilles de
verre qui renfermoient de l'eau entre
elles ,& poſant une hypothéſe ſur leurs
qualités réfringentes, il en déduifit des
formules générales & très-élégantes.
M. Dollond , ſcavant Opticien An-
glois , fit uſage de la Théorie de M.
Euler ; mais il ſubſtitua avec raiſon à
ſes lois de réfraction celles de Newton ,
qui paroiffoient préférables étant fon-
dées ſur l'expérience ; les formules don-
perent alors un réſultat fâcheux , car la
réunion des rayons ne ſe pouvoit faire
que lorſque la longueur du foyer étoit
infinie. M. Euler répondoit par des
raiſons métaphyſiques très - probables ;
& M. Dollond s'appuyantde la réputa-
tion de Newton , lui oppofoit conf-
tamment ſes expériences. Cette décou-
verte dont la théorie étoit fi belle , pa-
roiſſoit donc inutile dans la pratique ;
& on croyoit déjà la devoir ranger au
nombre de ces idées ingénieuſes , qui
ſans être utiles à la Société , fonthon-
neur à l'eſprit humain. M. Klingenf-
țierna , Géométre Suédois écrivit en
1755 à M. Dollond ; & par des dé-
monstrations métaphyſiques& géomé-
142 MERCURE DE FRANCE.
triques le força de douter de l'exactitude
des expériences de Newton. M. Dol-
lond les refit& les trouva fauffes. New-
ton avoit réuffi dans des expériences
plus difficiles ; il manqua celles-ci , &
cela prouve que l'homme eft toujours
ſi près de l'erreur , que le génie même
qui l'éléve ne peut l'empêcher d'y tom-
ber quelquefois. M. Dollond reprit cou-
rage; mais il trouva que les objectifs
de verre & d'eau exigeoient des cour-
bures trop conſidérables & qui pro-
duiroient , comme nous l'avons dit plus
haut , une multitude d'images différen-
tes, qui rendent les objets peu diftincts.
Il imagina de ſubſtituer des verres de
différentes denſités ,& qui étant com-
binés pour en former un objectif, fiſſent
le même effet que l'eau unie avec le
verre. Il trouva bientôt que les deux
eſpéces de verres , que les Anglois ap-
pellent ( Crown glass) & Slint. glaff ,
dont le premier reffemble affez à notre
verre commun , avoient les propriétés
qu'il defiroit: il les combina avec des
courbures différentes ; & après beau-
coup d'expériences , il réuffit à faire
d'excellentes lunettes fans aucune iris. Il
nous en eft paffé quelques - unes en
France , & les moins bonnes de cinq
* AVRIL. 1764.
143
pieds groffiffoient bien davantage que
les lunettes ordinaires de la même lon-
gueur , puiſqu'elles faifoient à-peu-près
l'effet d'une lunette de 12à 15 pieds.
M. Dollond n'indiquoit pas la route
qu'il avoit ſuivie ; il eût fallu ſe réfou-
dre à imiter fervilement ſes Télescopes ,
pour en conſtruire de pareils. Vous ſen-
tez , Monfieur , l'incertitude & l'humi-
liation de cette Méthode. M. Clairaut ,
mon Confrère , connu par des ſuccès
brillans dans la Géométrie , & à qui je
rends ici avec plaifir, comme ami , la
juſtice qui lui eſt due , comme Géomè-
tre , entreprit d'établirune Théorie com-
plette des aberrations des rayons de lu-
mière , & rechercha les courbures qu'il
falloit donner aux deux matières réfrin-
gentes pourles détruire ; mais il vit d'a-
bord qu'une telle recherche devoit être
fondée ſur des expériences plus sûres
que cellesdonton s'étoit appuyéjuſqu'i-
ci , afin de connoître mieux la réfrin-
gencedesdifférentes matières. C'eſt par
où il commença. Il eſſaya fur le ( Flint
glass ) & fur notre verre commun ,
qu'il fubftitua au ( Crown glass ) ; &
leur réfiingence étantbien conſtatée , il
en déduifit bientôt les formules géné-
rales qu'il cherchoit. Ilen lutle réſultat
L
44MERCURE DE FRANCE.
à l'Affemblée publique de l'Académie
du 8 Avril 1761. Il prévoyoit dès-lors
que les Lunettes de M. Dollond, quoi-
que très-bonnes , ne produiſoient pas
tout l'effet qu'on en devoit attendre ,
puiſque les aberrations érant détruites ,
il paroiffoit qu'elles devoient ſurpaffer
les Télescopes Newtoniens , qui perdent
beaucoup de lumière par la réflection
desMiroirs.
Vous verrez inceſſamment , Mon-
ſieur , cette conjecture vérifiée par le
ſuccès que je vous annonce. Des Artif-
tes intelligens , conduits par ſa théorie ,
firent quelques eſſais qui répondirent à
ce qu'on en devoit attendre ; enfin M.
Antheaume , connu par ſa Méthode des
Aimants artificiels , qui a remporté le
Prix à l'Académie de Pétersbourg en
1760 , qui depuis long-temps , Amateur
de l'Optique , s'appliquoit à faire d'ex-
cellens Objectifs, ſuivant les pratiques
ordinaires , entreprit d'en travailler un
ſuivant les déterminations de M.Clairaut.
Le plus grandfuccès a comblé nos eſpé-
rances : il a fait un verre de ſept pieds
de foyer , qui fait l'effet d'une bonne lu-
nette de trente-cinq à quarante pieds.
Cette perfection furpaſſe de beaucoup
celle où M. Dollond avoit atteint; & ,
en
AVRIL. 1764.
145
2-
enfaiſantl'éloge de l'adreſſe de M. Az-
theaume , prouve l'excellence de la route
que M. Clairaut lui avoit tracée. J'ai vu
avec cette Lunette le diſque de Jupiter
parfaitement bien terminé ; les bandes
qu'on y obſerve partagées en plufieurs
autres bandes , & les fatellites qui l'ac-
compagnent affez groffis pour qu'on
puiſſe eſpérer d'appercevoir auſſi leur
diſque , fi l'on peut réuffir unjour auffr
dans des verres d'un foyer plus long.
S. E. Mgr le Cardinal de Luines , qui
protégeles Sciences, & dont les lumières
fur l'Optique ſont connues , en a fait
l'épreuve ; MM.de Thury , le Monnier ,
de la Lande , Chappe & moi , tous
Membres de l'Académie des Sciences ,
y avons affifté , & il n'y a eu qu'une
voix fur l'excellence de cette Lunette.
M. Antheaume s'eſt fait un plaifir de la
faire voir aux Amateurs , & particuliè-
rement à M. le Préſident Saron , qui ,
ayant beaucoup de goût & de connoif-
fance , eſt poſſeffeur d'un tres-beau Té-
leſcope * Anglois. Il l'a comparé avec
la Lunette , & il avoue lui-même qu'elle
faitplus d'effet.
Cela ne vous paroîtra pas difficile à
* Ce Miroir a 30 pouces de foyer. Il doit
groſſir environ 120 fois les objets.
I. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
concevoir, Monfieur, en vous rappel-
lantle principe établi plus haut , que les
Lunettes groffiffent d'autant plus que le
foyerde l'Objectifestplus long, & celui
de l'Oculaire plus court; & en y ajou-
tant celui-ci , que la lumière est d'autant
plus vive que l'ouverture de l'Objectifeft
plus grande , & le foyer de l'Oculaire
plus long. Dans les Lunettes ordinaires
les aberrations forçoient de refferrer
l'ouverture des Objectifs ; &, pour con-
ſerverſuffiſammentde la lumière , on ne
pouvoitmettredes Oculaires fortcourts,
Ces nouvelles Lunettes , en détruiſant
toute aberration , permettent de faire
l'ouverture des Objectifs fort grande ,
&fouffrent, ſans perdre trop de lumiè-
re , les Oculaires les plus courts que
l'art puiſſe fournir. Vous jugez , Mon-
fieur, de la ſatisfaction que doit reſſentir
M. Clairaut des progrès d'un Art qui lui
devra la perfection. Quel champ vaſte
ouvert à nos découvertes , ſi l'on peut
porter à la même perfection des Lunet-
tes plus longues, telles que de vingt à
vingt-cinq pieds ! Que de points incer-
tains dans le Syſtême du Monde peuvent
être éclaircis ! Et pour ſe rapprocher de
la vie civile, quelle commodité pour les
Particuliers de pouvoir ſe procurer des
: AVRIL. 1764.
147
Lunettes de trois , quatre , cinq pieds ,
qui, fans être fort difficiles à manier ,
feront plus d'effet que les Télescopes or-
dinaires , qui font rarement bons , &
qu'il eſt difficilede conſerverlong-temps
bons , à cauſe du poli des Miroirs , qui
ne ſubſiſte que par les plus grands ſoins !
C'eſt ici le lieude vous parler , Mon-
ſieur ,d'un Artiſte fort intelligent'; de
M. de Létang * , qui a travaillé , dès les
commencemens , fur les principes &
ſous les yeux de M. Clairaut. Il jointà
beaucoup de lumières les plus grands
ſoins dans la pratique. Ila bien voulu
me faire voirpluſieurs Objectifs de trois
&decinq pieds, qu'il a travaillés, & qui
fontexcellens. Il ſe diſpoſe à en travail-
ler d'un foyer plus long,& je ſuis afſuré
du ſuccès. Les Aſtronômes feront très-
heureux d'avoir recours à lui pour un
Inſtrument qui leur eſt ſi néceſſaire.
M. le Bas , Artiſte connu , qui de-
meure aux Galleries du Louvre , m'a fait
voir auſſi de très-bons Objectifs de trois
*C'eſt à l'adreſſe de M. de l'Etang que M.
Clairaut eſt redevable den'avoir pas été dégoûté
de l'application de ſa théorie àla pratique : il
falloit unhomme qui ſaisît ſes idées aſſez bien,
pour ſe les rendre propres , & pour que l'exécu
tion lui en devînt facile.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
pieds. Il ſemble que le ſeul obstacle ,
qui s'oppoſe maintenant à nos progrès ,
foitladifficultéde ce travail , qui éxige
beaucoup plus de ſoins & de précifion
qu'auparavant, & la raretédu Flintglaſs
qu'on a peine à ſe procurer ici , & que
l'on trouve ſouvent défectueux. M. Paf-
femant, qui a auſſi travaillé ſur cet ob-
jet, a la compofition d'une matière , la-
quelle étant vitrifiée pourroit être ſubſti-
tuée au Criſtal d'Angleterre. L'attention
des Amateurs doit maintenant s'y por-
ter : nous eſpérons qu'elle procurera
aux Artiſtes toutes les facilités néceſſai-
res , & leur intelligence nous promet
qu'ils ne feront pas arrêtés par la diffi-
culté du travail.
J'ai l'honneur d'être , &c.
BAILLY, de l'Acad. Royale des Sciences.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du MERCURE.
En avril 1764, une lettre traite des avancées en dioptrique, la science des verres optiques. Les progrès récents ont surpris Isaac Newton, qui avait déjà décomposé la lumière en sept rayons colorés. Les lunettes astronomiques utilisent deux verres convexes : les rayons lumineux traversent l'objectif, se concentrent en un point focal, puis sont agrandis par l'oculaire. Cependant, des obstacles comme la forme des verres et la réfraction des rayons ont limité les progrès. Descartes avait proposé des objectifs hyperboliques, mais leur fabrication précise était impossible. On utilisait donc des verres sphériques, créant des images confuses et réduisant la quantité de lumière. Newton avait découvert les anneaux colorés autour des images, dus aux sept rayons colorés de la lumière. Pour réduire ces anneaux, on diminuait la taille des objectifs, réduisant ainsi la quantité de lumière. En 1747, Euler proposa des objectifs composés de deux matériaux différents, mais les formules obtenues montraient que la longueur focale devait être infinie. Dollond, un opticien anglais, utilisa les lois de réfraction de Newton, mais cela conduisit à un conflit théorique et pratique. Ses expériences montrèrent que les résultats initiaux étaient erronés. Dollond combina des verres de différentes densités pour créer des objectifs sans aberrations chromatiques, réussissant ainsi à fabriquer des lunettes performantes, mais sans divulguer sa méthode. M. Clairaut, un géomètre renommé, établit une théorie complète des aberrations lumineuses après des expériences précises sur différents types de verre. Ses travaux, présentés à l'Académie des Sciences en avril 1761, permirent la fabrication de lunettes améliorées. M. Antheaume créa un objectif de sept pieds de foyer, surpassant les réalisations de Dollond. Ces nouvelles lunettes, testées et approuvées par plusieurs membres de l'Académie, permettent une ouverture plus grande des objectifs, améliorant ainsi la qualité des observations astronomiques. Les artisans M. de Létang et M. le Bas réalisèrent des objectifs excellents de trois à cinq pieds. Les principaux obstacles à ces progrès sont la difficulté du travail et la rareté du Flintglass de qualité. M. Pafsemant développa une matière vitrifiée susceptible de remplacer le cristal d'Angleterre. Le texte appelle à soutenir les artisans dans leurs efforts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4661
p. 148-150
AVIS.
Début :
ON a répandu contre le sieur Desnos une calomnie que nous croyons fort [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
ON a répandu contre le sieur Desnos
une calomnie que nous croyons fort
propre à exciter le mépris des honnêter
gens ; & on s'eſt ſervi pour cet effet de
AVRIL. 1764.
149
: la voie de Gazetier d'Utrecht. Il s'agit
de l'Eclipſe du premier Avril , dont ce
Géographe a donné une Carte qui a
paru a-peu-près dans le même temps que
celle du ſieur Latré. On veut que le Sr
Defnos ait été Plagiaire & condamné
pour tel par Arrêt du Parlement. Nous
nous croyons obligés de déſabuſer le
Public de l'idée de Plagiaire dont on
veut ternir la réputation du. Sr Defnos
& du prétendu Arrêt qui n'a jamais
exiſté. Le talent a toujours des ennemis
fecrets , enmême temps qu'il ades ad-
mirateurs. Il n'eſt pas étonnant que le
fieur Defnos ait été en but aux traits
d'unejaloufie ſecrette , & nous penſons
que le Gazetier d'Utrecht n'apprendra
qu'avec indignation , que l'on s'eſt ſervi
de ſa plume pour calomnier aux yeux
du Public un Citoyen qui enrichit cha-
que jour la Géographie des plus belles
productions du burin.
F Le fieur Defnos continue toujours à
débiter cette Carte de l'Eclipſe qui nous
a paru exécutée avec beaucoup de net-
teté & de juſteſſe ( Prix , 1 liv. 4 f. ) II
demeure rue S. Jacques , à l'Enſeigne
du Globe.
On trouve chez le ſieur Deſnos deux
nouveaux Globes terreſtres , célestes, &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
des Sphères de toutes les grandeurs
proportionnés aux Cabinets & aux Bi-
bliothèques ; les Atlas hiſtoriques &
géographiques , tant anciens que mo-
dernes. L'Atlas particulier de la France
ancienne & moderne , repréſentée dans
tous ſes différens âges par autant de Car-
tes particulières depuis ſon origine juf
qu'à nos jours , & adaptées aux Ouvra-
ges de Mézerai, du P. Daniel, de M.
Je Préſident Hénault , & particuliére-
ment pour accompagner l'Hiſtoire de
France de MM. Vély & Vilaret
و &
P'Atlas chrorographique de laGénéralité
de Paris ,vol. in-4º. même grandeur.On
trouve auſſi généralement chez lui tout
les inftrumens qui concernentles Scien-
ces.
ON a répandu contre le sieur Desnos
une calomnie que nous croyons fort
propre à exciter le mépris des honnêter
gens ; & on s'eſt ſervi pour cet effet de
AVRIL. 1764.
149
: la voie de Gazetier d'Utrecht. Il s'agit
de l'Eclipſe du premier Avril , dont ce
Géographe a donné une Carte qui a
paru a-peu-près dans le même temps que
celle du ſieur Latré. On veut que le Sr
Defnos ait été Plagiaire & condamné
pour tel par Arrêt du Parlement. Nous
nous croyons obligés de déſabuſer le
Public de l'idée de Plagiaire dont on
veut ternir la réputation du. Sr Defnos
& du prétendu Arrêt qui n'a jamais
exiſté. Le talent a toujours des ennemis
fecrets , enmême temps qu'il ades ad-
mirateurs. Il n'eſt pas étonnant que le
fieur Defnos ait été en but aux traits
d'unejaloufie ſecrette , & nous penſons
que le Gazetier d'Utrecht n'apprendra
qu'avec indignation , que l'on s'eſt ſervi
de ſa plume pour calomnier aux yeux
du Public un Citoyen qui enrichit cha-
que jour la Géographie des plus belles
productions du burin.
F Le fieur Defnos continue toujours à
débiter cette Carte de l'Eclipſe qui nous
a paru exécutée avec beaucoup de net-
teté & de juſteſſe ( Prix , 1 liv. 4 f. ) II
demeure rue S. Jacques , à l'Enſeigne
du Globe.
On trouve chez le ſieur Deſnos deux
nouveaux Globes terreſtres , célestes, &
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
des Sphères de toutes les grandeurs
proportionnés aux Cabinets & aux Bi-
bliothèques ; les Atlas hiſtoriques &
géographiques , tant anciens que mo-
dernes. L'Atlas particulier de la France
ancienne & moderne , repréſentée dans
tous ſes différens âges par autant de Car-
tes particulières depuis ſon origine juf
qu'à nos jours , & adaptées aux Ouvra-
ges de Mézerai, du P. Daniel, de M.
Je Préſident Hénault , & particuliére-
ment pour accompagner l'Hiſtoire de
France de MM. Vély & Vilaret
و &
P'Atlas chrorographique de laGénéralité
de Paris ,vol. in-4º. même grandeur.On
trouve auſſi généralement chez lui tout
les inftrumens qui concernentles Scien-
ces.
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Résumé : AVIS.
En avril 1764, un avis contredit les accusations de plagiat portées contre le sieur Desnos concernant une carte de l'éclipse du 1er avril, diffusée par le Gazetier d'Utrecht. Ces accusations incluaient une prétendue condamnation par le Parlement, que l'avis nie fermement. L'auteur mentionne que le talent suscite souvent des ennemis et des admirateurs. Desnos est présenté comme un citoyen contribuant à l'enrichissement de la géographie par ses œuvres. Il vend avec succès la carte de l'éclipse et réside rue Saint-Jacques, à l'enseigne du Globe. Desnos propose également divers globes terrestres et célestes, des sphères, des atlas historiques et géographiques, ainsi que des instruments scientifiques. Parmi ses publications notables figurent un atlas chronographique de la Généralité de Paris et un atlas particulier de la France, adapté à plusieurs ouvrages historiques.
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4662
p. 151-153
CHIRURGIE.
Début :
M. MAGET, Ancien Chirurgien Major dans la Marine, à découvert un [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE.
CHIRURGIE.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
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Résumé : CHIRURGIE.
M. Maget, ancien chirurgien-major dans la Marine, a élaboré un traitement externe pour les hernies. Après des années de succès en province, validés par des chirurgiens et magistrats, il a démontré sa méthode à Paris sous la supervision de médecins renommés comme M. Petit, M. Senac, M. Martin et M. Neilson. Autorisé à pratiquer dans plusieurs hôpitaux parisiens, dont l'Hôpital Général, M. Maget a obtenu des guérisons complètes, confirmées par des procès-verbaux signés par des professionnels de santé. La commission royale de médecine a reconnu l'efficacité de son remède, lui permettant de l'appliquer à Paris et dans tout le royaume. Un cas notable est la guérison de M. Menjaud, âgé de soixante-deux ans, attestée par M. Martin et M. Loustoneau. M. Maget réside chez M. Lauzeret, maître de pension, rue d'Orléans, près du Jardin du Roi à Paris.
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4663
p. 153-154
« LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Début :
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
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Résumé : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Le sieur Ancéaume a mis au point un remède efficace contre la teigne, offrant une guérison sûre et complète, même pour les cas chroniques. Ce traitement ne nécessite pas de régime alimentaire spécifique, est indolore et ne laisse aucune cicatrice. Plusieurs médecins parisiens éminents, dont MM. Petit père et fils, Thieullier, Morand, Barbeaux, Dubourg et Marteaux, ainsi que des membres de l'École de Médecine, ont attesté des résultats exceptionnels obtenus avec ce remède. Après une évaluation approfondie par M. de Senac, Premier Médecin du Roi, un privilège a été octroyé pour sa diffusion. Les succès du remède Ancéaume ont été reconnus dans les journaux médicaux. Le sieur Ancéaume réside rue Grenier Saint-Lazare, au coin de la rue Saint-Martin, à Paris, et sera disponible chez M. Mathieu l'aîné, marchand de chevaux, rue et face à la Prison Saint-Martin, au Renard, pour Pâques. Il est accessible tous les jours.
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4664
p. 154-156
HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. TOQUET Tourville. Joly, Dudreneuc. La Fleur, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
En avril 1764, vingt-cinq soldats ont été soignés et guéris à l'hôpital du maréchal duc de Birón. Ils appartenaient à diverses compagnies comme Toquet Tourville, Joly et La Fleur. Parmi eux figuraient Dubois, D'ambonnet, Patris et autres. Les traitements administrés se sont révélés efficaces pour guérir ces soldats de maladies graves.
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4665
p. 156-157
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
Début :
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM. Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
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Résumé : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
Le 20 janvier 1764, M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier et Inspecteur Général des Hôpitaux du Roi, a visité l'Hôpital des Vénériens de Montpellier avec MM. Fournier et Goulard. Ils ont examiné soixante-dix malades atteints de maladies vénériennes, dont certains, hospitalisés depuis longtemps, avaient contracté d'autres maladies comme des fièvres. Imbert a noté deux observations médicales remarquables : un cas de cordon spermatique squirreux palpable hors du bas-ventre et une tumeur dure sur le muscle pectoral droit d'un autre patient, risquant de devenir carcinomateuse. Les traitements de M. Keyser ont réussi à dissoudre ces durcissements. Imbert a également confirmé que les succès thérapeutiques observés à Toulon étaient constants, validant ainsi ses observations précédentes.
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4666
p. 157-158
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
Début :
MONSIEUR, Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
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Résumé : LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
Le 25 janvier 1764, M. Beauregard, maître et démonstrateur en chirurgie à Avignon, écrit à M. Keyser pour louer l'efficacité des dragées de ce dernier. Beauregard a observé les bienfaits de ce remède dans plusieurs guérisons à Avignon et ses environs, notamment chez des patients qui n'avaient pas répondu aux frictions. Il considère les dragées de Keyser comme le meilleur traitement antivénérien en médecine et en chirurgie. Beauregard promet d'envoyer des récits détaillés de cas de guérison pour valoriser davantage le remède et son créateur. Il exprime également sa reconnaissance envers le monarque et le duc de Choiseul pour avoir rendu ce remède accessible. La lettre se termine par des salutations respectueuses.
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4667
p. 158-160
« M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
Début :
M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...]
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texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
M. Keyser, instruit que quelques personnes
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
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Résumé : « M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
En avril 1764, M. Keyser a observé que certaines personnes, par ignorance ou malice, discréditent les dragées antivénériennes en les administrant incorrectement. Certains utilisent des doses trop fortes au début pour décourager les malades, tandis que d'autres utilisent des doses trop faibles pour rendre le traitement inefficace. Keyser insiste sur l'importance d'une administration fidèle et conforme à sa méthode pour garantir l'efficacité des dragées. Il invite ceux qui trouvent le remède inefficace à lui écrire pour obtenir des conseils. Keyser fait confiance à ses correspondants instruits et recommande de s'adresser à eux pour le traitement. À Bordeaux, malgré les critiques, M. de la Plaine, correspondant de Keyser, obtient des guérisons remarquables avec ces dragées. Keyser assure de la probité et des compétences de M. de la Plaine, encourageant les malades à lui faire confiance.
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4668
p. 160-165
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
Début :
M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine. M. Fournier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
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Résumé : LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
En avril 1764, une liste de médecins et chirurgiens correspondants de M. Keyser a été établie. En France, elle inclut des professionnels occupant des postes tels que chancelier de la Faculté de Médecine, médecin de l'Hôpital du Roi, docteur en médecine, chirurgien major, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, et maître en chirurgie. Les villes françaises mentionnées sont Paris, Montpellier, Rouen, Grenoble, et plusieurs autres. À l'étranger, des correspondants sont répertoriés à Madrid, Stockholm, Genève, Bruxelles, Gand, Rotterdam, Florence, Cadix, Port-au-Prince, Londres, et Constantinople. La liste comprend également des chimistes et des apothicaires.
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4669
p. 165-167
MUSIQUE.
Début :
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del Signor Van Malder, no. 14, del Signor [...]
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del
Signor Van Malder, no. 14, del Signor
Heyden , nº. 15 , del Signor Back , nº.
16 , del Signor Pteiffer , nº. 17 , delSi-
gnorHchetky , nº. 18 , delSign. Frantzl.
Prix i liv. 16 f. chacune.
Ces Symphonies compoſent l'Euvre
XIV di vari Autori, Elles ſont intitulées,
les Noms inconnus, & ſe peuvent exécu-
ter à quatre parties.
Les fix enſemble ſe vendent 9 liv. A
Paris , chez Venier, ſeul Editeur deſdits
Ouvrages , rue S. Thomas du Louvre,
vis -à -vis le Château - d'eau , & aux
adreſſes ordinaires.
SEI DUETTI per Violino e Violon-
:
cello del Signor Giov. Bapt. Cirri. Prix
3 liv. 12.f. Chez le même Editeur. Ces
166 MERCURE DE FRANCE.
Duo font très-aiſés , & peuvents'exécu
ter àdeux Violoncelles , ou un Alto &
un par-deffus de Viole.
Les Amateurs font priés de ne point
confondre les Œuvres annoncées ci-def-
fus avec celles qui ont déja paru ſous le
nom des mêmes Auteurs.
L'attention que l'Editeur apporte ,
tant au choix des morceaux , qu'à la cor-
rection , à la beauté & à la propreté de
la gravure , eſt digne de l'empreſſement
des Amateurs pour les morceaux que le
Sr Venier donne au Pubiic.
SIX SONATES pour le Clavecin ,
dédiées à S. A. Madame la Comtesse de
Brionne , compoſées par M. Leontzi
Honaiier. Livre II. Prix en blanc 9 liv.
A Paris , chez l'Auteur , à l'Hôtel de
Soubiſe , vieille rue du Temple , & aux
adreſſes ordinaires de Muſique.
Cinquiéme Recueil des RÉCRÉA-
TIONS DE POLYMNIE , ou choix d'A -
riettes , Muſettes, Parodies , &c. dédiées
au Beau-Séxe. Recueillis & mis en or-
dre par M. le Loup , Maître de Flûte.
Prix, 3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Editeur ,
& aux adreſſes ordinaires de Muſique.
• Ce nouveau Recueil eſt auſſi varié &
auſſi agréable que les précédens.
AVRIL. 1764
167
LES CHARMES DE L'HARMONIE ,
Ariette deBaffe-taille ou de Taille , chan-
tée dans les deux Talens , Comédie
mife en Muſique par M. le Chevalier
d'Herbain , & repréſentée par les Comé
diens.Italiens ordinaires du Roi. Prix,21,
8fols.
LE CŒUR ENFLAMMÉ , Ariette de la
même Piéce pour un Deffus. Prix I liv,
16 f. avec tous les accompagnemens par
le même Auteur , à Paris , aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
SYMPHONIES périodiques, no. 13, del
Signor Van Malder, no. 14, del Signor
Heyden , nº. 15 , del Signor Back , nº.
16 , del Signor Pteiffer , nº. 17 , delSi-
gnorHchetky , nº. 18 , delSign. Frantzl.
Prix i liv. 16 f. chacune.
Ces Symphonies compoſent l'Euvre
XIV di vari Autori, Elles ſont intitulées,
les Noms inconnus, & ſe peuvent exécu-
ter à quatre parties.
Les fix enſemble ſe vendent 9 liv. A
Paris , chez Venier, ſeul Editeur deſdits
Ouvrages , rue S. Thomas du Louvre,
vis -à -vis le Château - d'eau , & aux
adreſſes ordinaires.
SEI DUETTI per Violino e Violon-
:
cello del Signor Giov. Bapt. Cirri. Prix
3 liv. 12.f. Chez le même Editeur. Ces
166 MERCURE DE FRANCE.
Duo font très-aiſés , & peuvents'exécu
ter àdeux Violoncelles , ou un Alto &
un par-deffus de Viole.
Les Amateurs font priés de ne point
confondre les Œuvres annoncées ci-def-
fus avec celles qui ont déja paru ſous le
nom des mêmes Auteurs.
L'attention que l'Editeur apporte ,
tant au choix des morceaux , qu'à la cor-
rection , à la beauté & à la propreté de
la gravure , eſt digne de l'empreſſement
des Amateurs pour les morceaux que le
Sr Venier donne au Pubiic.
SIX SONATES pour le Clavecin ,
dédiées à S. A. Madame la Comtesse de
Brionne , compoſées par M. Leontzi
Honaiier. Livre II. Prix en blanc 9 liv.
A Paris , chez l'Auteur , à l'Hôtel de
Soubiſe , vieille rue du Temple , & aux
adreſſes ordinaires de Muſique.
Cinquiéme Recueil des RÉCRÉA-
TIONS DE POLYMNIE , ou choix d'A -
riettes , Muſettes, Parodies , &c. dédiées
au Beau-Séxe. Recueillis & mis en or-
dre par M. le Loup , Maître de Flûte.
Prix, 3 liv. 12 f. A Paris , chez l'Editeur ,
& aux adreſſes ordinaires de Muſique.
• Ce nouveau Recueil eſt auſſi varié &
auſſi agréable que les précédens.
AVRIL. 1764
167
LES CHARMES DE L'HARMONIE ,
Ariette deBaffe-taille ou de Taille , chan-
tée dans les deux Talens , Comédie
mife en Muſique par M. le Chevalier
d'Herbain , & repréſentée par les Comé
diens.Italiens ordinaires du Roi. Prix,21,
8fols.
LE CŒUR ENFLAMMÉ , Ariette de la
même Piéce pour un Deffus. Prix I liv,
16 f. avec tous les accompagnemens par
le même Auteur , à Paris , aux adreſſes
ordinaires de Muſique.
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Résumé : MUSIQUE.
Le document présente diverses publications musicales. Il inclut des symphonies périodiques numérotées de 13 à 18, composées par Van Malder, Heyden, Back, Pteiffer, Hchetky et Frantzl. Ces œuvres, intitulées 'Noms inconnus', font partie de l'œuvre XIV et peuvent être exécutées à quatre parties. Elles sont vendues individuellement à 16 francs ou ensemble à 9 livres. L'éditeur est Venier, situé rue Saint-Thomas du Louvre, face au Château-d'eau. Le texte mentionne également six duos pour violon et violoncelle de Giovanni Battista Cirri, vendus 3 livres et 12 francs. Ces duos peuvent être joués par deux violoncelles ou un alto et une viole. Six sonates pour clavecin, dédiées à Madame la Comtesse de Brionne, sont composées par M. Leontzi Honaiier et disponibles dans un deuxième livre au prix de 9 livres. Le cinquième recueil des 'Récréations de Polymnie', incluant des ariettes, musettes et parodies, est dédié au beau sexe et recueilli par M. le Loup, maître de flûte, vendu 3 livres et 12 francs. Enfin, le document présente deux ariettes de la comédie musicale 'Les Charmes de l'Harmonie' : 'Ariette de Baffe-taille ou de Taille' et 'Le Cœur Enflammé', composées par le Chevalier d'Herbain et représentées par les comédiens italiens du Roi. Les prix sont respectivement de 21 sols et 1 livre 16 francs, avec accompagnements.
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4670
p. 167-173
« LE Mardi 21 Février, les Comédiens François représentèrent l'Andrienne, [...] »
Début :
LE Mardi 21 Février, les Comédiens François représentèrent l'Andrienne, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE Mardi 21 Février, les Comédiens François représentèrent l'Andrienne, [...] »
LE Mardi 21 Février, les Comédiens
François représentèrent l'Andrienne,
Comédie en cinq Actes & en vers du
feu SrBARON (de 1703), dans laquelle
le SrGRANDVALjouale rôle de Cimon,
la Dile PRÉVILLE jouoitle rôle de Gli-
cerie, &c.
168 MERCURE DE FRANCE.
Pour feconde Piéce , on donna I
Comtesse d'Efcarbagnas , Comédie d
MOLIERE , en un Acte & en prof
(de 1672).
Le lendemain 22 , on éxécuta deu
Actes d'Opéra ; ſçavoir , la Musique
ſeconde Entrée du Ballet des Talens Ly
riques , Poëme d'un Anonyme ,Muſiqu
de M. RAMEAU ; & la Provençale
Comédie-Ballet en un Acte , Poëme d
feu M. de la FOND , Muſique de feuM
MOURET. Dans le premier de ces Actes ,
la Dile LARRIVÉE chanta le rôle d'I
phife, & le Sr LARRIVÉE celuide Tirté.
La Dlle LANI y danſoit les principales
Entrées en Prêtreſſe. La Dile GUIMARD
en Lacédémonienne. Le Sr GARDEL &
le Sr CAMPIONI en Guerriers .
Dans la Provençale , la Dile ARNOUD
chantoit le rôle de Florine ; la Dile Cou-
PÉE , de la Muſique du Roi ,& Penfion-
naire de l'Académie Royalede Muſique,
chanta le rôle de Nérine , avec la même
jeuneſſe de voix , le même agrément &
le même art , que lorſqu'elle étoit au
Théâtre. On a diftingué avec d'autant
plus de plaifir le talent particulier de
cette agréable Cantatrice , pour l'exécu-
tion des Airs de Théâtre , que le goût &
les grâces de ce talent ſemblent ſe per
dr
AVRIL. 1764.
169
dre tous les jours , pour faire place a
d'autres parties uniquement muficales
,
qui ont fans doute leur prix, mais qui
ne dédommagent pas du genre qu'on
néglige.
Le Sieur JÉLIOTE chanta le rôle de
Léandre , le Sr GELIN celui du Tuteur.
La Dlle ALLARD danſa les pas ſeuls du
Ballet dans le caractère Provençal.
Le Jeudi 23 , les Comédiens François
repréſentèrent Idomenée, Tragédie nou-
velle de M. le Mierre. (a )
La petite Piéce qui ſuivit étoit l'Amour
Médecin , Comédie en un Acte & en
proſe de MOLIERE ( 1665. ).
Le Mardi 28 , les mêmes Comédiens
repréſentèrentle Légataire, Comédie en
cinq Actes & en vers , de REGNARD ,
(1706).
La grande Piéce fut ſuivie des Pré-
cieuses Ridicules , Comédie en un Acte
deMOLIERE (de 1659 ). La Dile FA-
NIER y joua le rôle de Marotte.
Le Mercredi 29 , les Comédiens Ita-
liens repréfentèrent le Diable à quatre ,
Opéra- Comique en trois Actes , avec
des Divertiſſemens , qui fut précédé du
( a ) Voyez ci-après dans l'Article de Paris , ce-
lui de la Comédie Françoiſe.
I. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Gondolier Vénitien , petite Piéce Ita-
lienne.
Le Jeudi premier Mars , les Comédiens
François repréſentèrent Rhadamiste ,
Tragédie de feu M. de CRÉBILLON
(1711 ). Enfuite , pour petite Piéce , la
Serenade, Comédie de REGNARD en
un Acte & en profe ( 1654 ).
Le Mardi 6 , dernier jour du Carna-
val ,
les Comédiens Italiens jouèrent
les Caquets , Comédie Françoiſe imitée
d'une Comédie Italienne de M. GOL-
DONI. Pour ſeconde Piéce , on joua la
Fille mal gardée, Opéra-Comique.
Le Mercredi , jour des Cendres , il
n'ya point eu deSpectacles à la Cour.
Le Jeudi 8 , les Comédiens François
repréſentèrent Phedre, Tragédie de
RACINE ( de 1677 ) .
La Dile DOLIGNY joua le rôle d'A-
ricie. Cette jeune Actrice n'avoit point
encore débuté dans le Tragique. Elle
porta dans ce rôle intéreſſant le charme
d'un naturel touchant & ſenſible , qui
forme le caractère de ſon talent , & qui
ſemble attaché aux infléxionsde ſa voix,
ainſi qu'à toute ſon action theatrale. Le
temps & l'exercice paroiſſent fortifier en
ellel'organe néceffaire pour foutenir la
déclamation du grand genre.
AVRIL. 1764.
171
Après la Tragédie , on donna pour
petite Pièce l'Amateur , Comédie nou-
velle de M. BARTHE , qui parut faire
plaifir , & qui futjouée , ainſi qu'à Pa-
ris , avec tout le feu & tout l'agrément
poffible. ( b )
Le Mardi 13 , les mêmes Comédiens
repréſentèrent la Surpriſe de l'Amour ,
Comédie en trois Actes & en proſe de
feu M. de MARIVAUX ( de 1727 ) .
Le Sr BELLECOUR jouoit le rôle du
Chevalier , le Sieur GRANGER celui du
Comte , la Dile PRÉVILLE celui de la
Marquise , le Sr PRÉVILLE celui du
Pédant, la Dile le KAIN lerôle de Li-
fette , & le Sr ARMAND celui de Valet.
On a paru fort content de cette Comé-
die , dont on ſcait combien les princi-
pauxrôles éxigentde talens.
La ſeconde Piéce fut Dupuis & Def-
ronais , Comédie en trois Actes , & en
vers de M. COLLÉ, la Demoiselle Pré-
ville y jouoit le rôle de Marianne
genre dans lequel cette Actrice a jour-
nellement de nouveaux ſuccès , & qui
conſtate en ellele grand talent.
Le Mercredi 14 , les Comédiens Ita-
liens exécuterent le Maître de Muſique ,
( b ) -Voyez ci-après l'Article de Paris ſur cette
Nouveauté.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
&le Cadi dupé, Comédies mêlées d'A-
ricttes.
Le Jeudi 15 Mars , les Comédiens
François repréſentérent le Glorieux ,
Comédie en vers & en 5 Actes de feu
M. DESTOUCHES ( de 1732. ) Le rôle
du Glorieux étoit joué par le Sr BEL-
LECOUR , celui de Valère par le Sieur
MOLÉ , le rôle de Philinte par le Sieur
DAUBERVAL , celui de Licandre par
le Sr BRIZARD. Le rôle d'Isabelle par
la Dile PRÉVILLE , celui de Lifette par
la Dile DOLIGNI . Les Srs PRÉVILLE,
AUGE , & BOURET jouoient les rôles
de la Fleur , de Pasquin & d'un autre
Valet. Nous détaillons ici cette diftribu-
tion de rôles , parce qu'elle eſt la même
que celle dont nous avons eu occafion
de parler dans un des volumes précé-
dens à l'Article de Paris , & de faire
remarquer , à l'avantage de quelques-
uns des Acteurs , nouveaux dans les rô-
les de cette Comédie , l'honneur d'y
foutenir l'épreuve de la mémoire encore
exiſtante des talens fupérieurs pour cha-
cun deſquels cette Piéce ſemble avoir
été compofée.
La ſeconde Piéce fut l'Epoux par
fupercherie , Comédie en deux Actes &
en vers de feu M. DE BOISSY ( de
AVRIL. 1764.
173
1744. ) qui doit une forte de réfurrec
tton aux talens des Srs BELLECOUR ,
MOLÉ , & des Sr & Dile PREVILLE ,
par lamanière dont ils en exécutent les
rôles.
La fuite au prochain Mercure.
François représentèrent l'Andrienne,
Comédie en cinq Actes & en vers du
feu SrBARON (de 1703), dans laquelle
le SrGRANDVALjouale rôle de Cimon,
la Dile PRÉVILLE jouoitle rôle de Gli-
cerie, &c.
168 MERCURE DE FRANCE.
Pour feconde Piéce , on donna I
Comtesse d'Efcarbagnas , Comédie d
MOLIERE , en un Acte & en prof
(de 1672).
Le lendemain 22 , on éxécuta deu
Actes d'Opéra ; ſçavoir , la Musique
ſeconde Entrée du Ballet des Talens Ly
riques , Poëme d'un Anonyme ,Muſiqu
de M. RAMEAU ; & la Provençale
Comédie-Ballet en un Acte , Poëme d
feu M. de la FOND , Muſique de feuM
MOURET. Dans le premier de ces Actes ,
la Dile LARRIVÉE chanta le rôle d'I
phife, & le Sr LARRIVÉE celuide Tirté.
La Dlle LANI y danſoit les principales
Entrées en Prêtreſſe. La Dile GUIMARD
en Lacédémonienne. Le Sr GARDEL &
le Sr CAMPIONI en Guerriers .
Dans la Provençale , la Dile ARNOUD
chantoit le rôle de Florine ; la Dile Cou-
PÉE , de la Muſique du Roi ,& Penfion-
naire de l'Académie Royalede Muſique,
chanta le rôle de Nérine , avec la même
jeuneſſe de voix , le même agrément &
le même art , que lorſqu'elle étoit au
Théâtre. On a diftingué avec d'autant
plus de plaifir le talent particulier de
cette agréable Cantatrice , pour l'exécu-
tion des Airs de Théâtre , que le goût &
les grâces de ce talent ſemblent ſe per
dr
AVRIL. 1764.
169
dre tous les jours , pour faire place a
d'autres parties uniquement muficales
,
qui ont fans doute leur prix, mais qui
ne dédommagent pas du genre qu'on
néglige.
Le Sieur JÉLIOTE chanta le rôle de
Léandre , le Sr GELIN celui du Tuteur.
La Dlle ALLARD danſa les pas ſeuls du
Ballet dans le caractère Provençal.
Le Jeudi 23 , les Comédiens François
repréſentèrent Idomenée, Tragédie nou-
velle de M. le Mierre. (a )
La petite Piéce qui ſuivit étoit l'Amour
Médecin , Comédie en un Acte & en
proſe de MOLIERE ( 1665. ).
Le Mardi 28 , les mêmes Comédiens
repréſentèrentle Légataire, Comédie en
cinq Actes & en vers , de REGNARD ,
(1706).
La grande Piéce fut ſuivie des Pré-
cieuses Ridicules , Comédie en un Acte
deMOLIERE (de 1659 ). La Dile FA-
NIER y joua le rôle de Marotte.
Le Mercredi 29 , les Comédiens Ita-
liens repréfentèrent le Diable à quatre ,
Opéra- Comique en trois Actes , avec
des Divertiſſemens , qui fut précédé du
( a ) Voyez ci-après dans l'Article de Paris , ce-
lui de la Comédie Françoiſe.
I. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
Gondolier Vénitien , petite Piéce Ita-
lienne.
Le Jeudi premier Mars , les Comédiens
François repréſentèrent Rhadamiste ,
Tragédie de feu M. de CRÉBILLON
(1711 ). Enfuite , pour petite Piéce , la
Serenade, Comédie de REGNARD en
un Acte & en profe ( 1654 ).
Le Mardi 6 , dernier jour du Carna-
val ,
les Comédiens Italiens jouèrent
les Caquets , Comédie Françoiſe imitée
d'une Comédie Italienne de M. GOL-
DONI. Pour ſeconde Piéce , on joua la
Fille mal gardée, Opéra-Comique.
Le Mercredi , jour des Cendres , il
n'ya point eu deSpectacles à la Cour.
Le Jeudi 8 , les Comédiens François
repréſentèrent Phedre, Tragédie de
RACINE ( de 1677 ) .
La Dile DOLIGNY joua le rôle d'A-
ricie. Cette jeune Actrice n'avoit point
encore débuté dans le Tragique. Elle
porta dans ce rôle intéreſſant le charme
d'un naturel touchant & ſenſible , qui
forme le caractère de ſon talent , & qui
ſemble attaché aux infléxionsde ſa voix,
ainſi qu'à toute ſon action theatrale. Le
temps & l'exercice paroiſſent fortifier en
ellel'organe néceffaire pour foutenir la
déclamation du grand genre.
AVRIL. 1764.
171
Après la Tragédie , on donna pour
petite Pièce l'Amateur , Comédie nou-
velle de M. BARTHE , qui parut faire
plaifir , & qui futjouée , ainſi qu'à Pa-
ris , avec tout le feu & tout l'agrément
poffible. ( b )
Le Mardi 13 , les mêmes Comédiens
repréſentèrent la Surpriſe de l'Amour ,
Comédie en trois Actes & en proſe de
feu M. de MARIVAUX ( de 1727 ) .
Le Sr BELLECOUR jouoit le rôle du
Chevalier , le Sieur GRANGER celui du
Comte , la Dile PRÉVILLE celui de la
Marquise , le Sr PRÉVILLE celui du
Pédant, la Dile le KAIN lerôle de Li-
fette , & le Sr ARMAND celui de Valet.
On a paru fort content de cette Comé-
die , dont on ſcait combien les princi-
pauxrôles éxigentde talens.
La ſeconde Piéce fut Dupuis & Def-
ronais , Comédie en trois Actes , & en
vers de M. COLLÉ, la Demoiselle Pré-
ville y jouoit le rôle de Marianne
genre dans lequel cette Actrice a jour-
nellement de nouveaux ſuccès , & qui
conſtate en ellele grand talent.
Le Mercredi 14 , les Comédiens Ita-
liens exécuterent le Maître de Muſique ,
( b ) -Voyez ci-après l'Article de Paris ſur cette
Nouveauté.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
&le Cadi dupé, Comédies mêlées d'A-
ricttes.
Le Jeudi 15 Mars , les Comédiens
François repréſentérent le Glorieux ,
Comédie en vers & en 5 Actes de feu
M. DESTOUCHES ( de 1732. ) Le rôle
du Glorieux étoit joué par le Sr BEL-
LECOUR , celui de Valère par le Sieur
MOLÉ , le rôle de Philinte par le Sieur
DAUBERVAL , celui de Licandre par
le Sr BRIZARD. Le rôle d'Isabelle par
la Dile PRÉVILLE , celui de Lifette par
la Dile DOLIGNI . Les Srs PRÉVILLE,
AUGE , & BOURET jouoient les rôles
de la Fleur , de Pasquin & d'un autre
Valet. Nous détaillons ici cette diftribu-
tion de rôles , parce qu'elle eſt la même
que celle dont nous avons eu occafion
de parler dans un des volumes précé-
dens à l'Article de Paris , & de faire
remarquer , à l'avantage de quelques-
uns des Acteurs , nouveaux dans les rô-
les de cette Comédie , l'honneur d'y
foutenir l'épreuve de la mémoire encore
exiſtante des talens fupérieurs pour cha-
cun deſquels cette Piéce ſemble avoir
été compofée.
La ſeconde Piéce fut l'Epoux par
fupercherie , Comédie en deux Actes &
en vers de feu M. DE BOISSY ( de
AVRIL. 1764.
173
1744. ) qui doit une forte de réfurrec
tton aux talens des Srs BELLECOUR ,
MOLÉ , & des Sr & Dile PREVILLE ,
par lamanière dont ils en exécutent les
rôles.
La fuite au prochain Mercure.
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Résumé : « LE Mardi 21 Février, les Comédiens François représentèrent l'Andrienne, [...] »
Du 21 février au 15 mars 1764, une série de représentations théâtrales a été organisée. Le 21 février, les Comédiens Français ont joué 'L'Andrienne' de Baron et 'La Comtesse d'Escarbagnas' de Molière. Le lendemain, deux actes d'opéra ont été exécutés : 'La Musique seconde Entrée du Ballet des Talents Lyriques' avec la musique de Rameau et 'La Provençale' de La Fond, accompagnée de la musique de Mouret. Les rôles principaux étaient interprétés par des artistes tels que la Dlle Larivée, le Sr Larivée, la Dlle Lani, et la Dlle Guimard. Le 23 février, les Comédiens Français ont présenté 'Idoménée' de Le Mire et 'L'Amour Médecin' de Molière. Le 28 février, ils ont joué 'Le Légataire' de Regnard et 'Les Précieuses Ridicules' de Molière, avec la Dlle Fanier dans le rôle de Marotte. Le 29 février, les Comédiens Italiens ont présenté 'Le Diable à quatre' et 'Le Gondolier Vénitien'. Le 1er mars, les Comédiens Français ont interprété 'Rhadamiste' de Crébillon et 'La Serenade' de Regnard. Le 6 mars, les Comédiens Italiens ont joué 'Les Caquets' et 'La Fille mal gardée'. Le 8 mars, les Comédiens Français ont représenté 'Phèdre' de Racine, avec la Dlle Doligny dans le rôle d'Aricie, et 'L'Amateur' de Barthe. Enfin, le 13 mars, ils ont joué 'La Surprise de l'Amour' de Marivaux et 'Dupuis et Desronais' de Collé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4671
p. 173-175
OPERA.
Début :
ON a continué Castor & Pollux, avec tout le succès que mériteront toujours [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
ON a continué Castor & Pollux,
avec tout le succès que mériteront toujours
les beautés réunies de la Muſique
& de la Poëfie , jointes à la pompe & à
l'éclat d'un magnifique ſpectacle.
Ce que nous avons annoncé de M.
le Gros , dans un Supplément à l'Article
de l'Opéra , page 222 du Mercure de
Mars , s'est trouvé fi avantageurement
confirmé par le Public , que depuis le
jour du débutde cette nouvelle Haute-
contre dans le rôle de Titon , l'affluen-
ce du Public ne ceſſed'augmenter aux
repréſentations de cetOpéra.On l'a don-
né de ſuite les trois jours gras , & on le
continue actuellement les Mardi &Jeudi
de chaque ſemaine. Jamais Nouveauté
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
du plus grand fuccès n'a attiré & fou-
tenu à aucun Théâtre un concours auſſi
nombreux de Spectateurs. Les ſuffrages
fur le compte de ce Sujet ſont unani-
mes & fans aucune des restrictions fi
fréquemment employées à l'égard de
ceux qui ont débuté avec le plus d'a-
vantage , & qui ont occupé par la ſuite
les premiers rangs ſur la Scène. Nous
exhortons ceux de nos Lecteurs qui ſe-
ront curieux de connoître le genre pro-
pre du mérite de ce nouveau Sujet , à
lire ce que nous en avons dit dans le
vol. précédent à l'Art. indiqué ci-deſſus.
Les Amateurs des Spectacles vraîment
honorables pourla Nation , voyent avec
plaifir revivre pour ainſi dire parminous
celui de l'Opéra. Comme une partie du
Public eſt ſouvent entraînée par le ſeul
concours de l'autre , les Partiſans du
goût eſpérent que cette partie mobile
des Spectateurs conduite par la circon-
ſtance , s'accoutumera inſenſiblement à
ne plus prendre la force du bruit pour
celle de la Muſique & le défordre de
ladéraiſon pour le charme de la gaîté.
Les Acteurs de l'Académie Royalede
Muſique ont déterminé de donner au
Public pour leur Benefit ou Capitation ,
troisActes charmans , quiforment cha-
1
AVRIL. 1764.
175
cun un petit Opéra , & dans des genres
différens; fçavoir Hilas & Zélie , Mufi-
que de M. de BURI;Pigmalion,Muſique
de M. RAMEAU , & Psyché, Muſique
de M. MONDONVILLE. M. LEGROS
chantera le rôle de Pigmalion. Lapre-
mière de ces repréſentations étoit indi-
quée pour le Samedi 31 Mars , la deu-
xiéme le Lundi 2 du préſent mois d'A-
vril , & la troifiéme pour le Samedi
ſuivant. L'empreſſement qu'il y a eu
à retenir des loges pour ce Spectacle ,
ne laiſſe pas douter de l'abondante re-
cettequeproduiront cesrepréſentations,
ON a continué Castor & Pollux,
avec tout le succès que mériteront toujours
les beautés réunies de la Muſique
& de la Poëfie , jointes à la pompe & à
l'éclat d'un magnifique ſpectacle.
Ce que nous avons annoncé de M.
le Gros , dans un Supplément à l'Article
de l'Opéra , page 222 du Mercure de
Mars , s'est trouvé fi avantageurement
confirmé par le Public , que depuis le
jour du débutde cette nouvelle Haute-
contre dans le rôle de Titon , l'affluen-
ce du Public ne ceſſed'augmenter aux
repréſentations de cetOpéra.On l'a don-
né de ſuite les trois jours gras , & on le
continue actuellement les Mardi &Jeudi
de chaque ſemaine. Jamais Nouveauté
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
du plus grand fuccès n'a attiré & fou-
tenu à aucun Théâtre un concours auſſi
nombreux de Spectateurs. Les ſuffrages
fur le compte de ce Sujet ſont unani-
mes & fans aucune des restrictions fi
fréquemment employées à l'égard de
ceux qui ont débuté avec le plus d'a-
vantage , & qui ont occupé par la ſuite
les premiers rangs ſur la Scène. Nous
exhortons ceux de nos Lecteurs qui ſe-
ront curieux de connoître le genre pro-
pre du mérite de ce nouveau Sujet , à
lire ce que nous en avons dit dans le
vol. précédent à l'Art. indiqué ci-deſſus.
Les Amateurs des Spectacles vraîment
honorables pourla Nation , voyent avec
plaifir revivre pour ainſi dire parminous
celui de l'Opéra. Comme une partie du
Public eſt ſouvent entraînée par le ſeul
concours de l'autre , les Partiſans du
goût eſpérent que cette partie mobile
des Spectateurs conduite par la circon-
ſtance , s'accoutumera inſenſiblement à
ne plus prendre la force du bruit pour
celle de la Muſique & le défordre de
ladéraiſon pour le charme de la gaîté.
Les Acteurs de l'Académie Royalede
Muſique ont déterminé de donner au
Public pour leur Benefit ou Capitation ,
troisActes charmans , quiforment cha-
1
AVRIL. 1764.
175
cun un petit Opéra , & dans des genres
différens; fçavoir Hilas & Zélie , Mufi-
que de M. de BURI;Pigmalion,Muſique
de M. RAMEAU , & Psyché, Muſique
de M. MONDONVILLE. M. LEGROS
chantera le rôle de Pigmalion. Lapre-
mière de ces repréſentations étoit indi-
quée pour le Samedi 31 Mars , la deu-
xiéme le Lundi 2 du préſent mois d'A-
vril , & la troifiéme pour le Samedi
ſuivant. L'empreſſement qu'il y a eu
à retenir des loges pour ce Spectacle ,
ne laiſſe pas douter de l'abondante re-
cettequeproduiront cesrepréſentations,
Fermer
Résumé : OPERA.
L'opéra 'Castor & Pollux' connaît un grand succès grâce à la synergie entre la musique, la poésie et la splendeur du spectacle. La performance de M. le Gros dans le rôle de Titon a particulièrement captivé le public, augmentant ainsi l'affluence. L'opéra est présenté les mardi et jeudi de chaque semaine et attire un nombre record de spectateurs. Les critiques sont unanimes et positives, sans les réserves habituelles pour les débutants. Les amateurs de spectacles apprécient la revitalisation de l'opéra. Les acteurs de l'Académie Royale de Musique préparent trois actes distincts pour leur benefit : 'Hilas & Zélie' de M. de Buri, 'Pigmalion' de M. Rameau, et 'Psyché' de M. Mondonville. Les représentations sont prévues pour le 31 mars, le 2 avril et le samedi suivant. L'enthousiasme autour de ces événements laisse présager des recettes abondantes.
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4672
p. 187-194
REMARQUES SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
Début :
Le Sujet que vient de traiter M. le Mierre est le même sur lequel un grand homme essaya ses [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
REMARQUES
SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
Le Sujet que vient de traiter M. le Mierre est
le même sur lequel un grand homme essaya ses
premiers talens. Quoique l'Idoménéede feu M. do
Crébillon ſoit regardé comme le plus foible de
fes Ouvrages ; quoiqu'il en eût lui-même cette
idée , on y apperçoit le germe des grands traits
qui ont illuſtré ce Poëte. La force de quelques
images , le nerf des penſées , la beauté mâle
d'une verfification dramatique , tour marquoit
l'aurore d'un jour plus éclatant. Ce fut appa-
remment à ce préſage que ſon Idoménée dut
leſuccès de rs repréſentations. On ſentit que
F'œuvre avoit manqué a l'Artiſte plutôt que
Artiſte à l'œuvre. Ce Sujet devint affez góc
188 MERCURE DE FRANCE.
néralement mis au nombre de ceux qui peu-
vent ſéduire par un trait dont on ſe préoccupe ,
mais qui à l'exécution ne payent jamais du tra
vailqu'ils coûtent. C'eſt ainſi que l'on doit pen-
fer , d'après le célèbre Auteur qui l'avoit tenté
,
de tout Sujet qui ne comporte eſſentiellement en
foi ,que la matière d'une ſeule belle Scène. Feu
M. Danchet enviſagea ce même Idoménée comme
plus propre à figurer à l'Opéra Il en fit auffi
Vellai dans un temps où l'on ſouffroit encore fur
ce Théâtre une certaine conduite & une marche
dans les Piéces, des fils & des développemens de
Scène , d'où réſultoit l'intérêt ,aux dépens à la
vérité des ſuperbes ſymphonies , des charmantes
Ariettes & desſaults perpétuels du Ballet , qui
ont fuccédé à cet ancien genre. Le Poëte Lyrique
avoit très - bien imaginé cependant, que les li-
cences propres au genre, lui fourniroient , pour
remplir les vuides du Sujet , des machines que
ne pouvoit pas admettre une Scène plus régu-
Lère.
L'Auteur du nouvel Idomenée n'a pas crû devoir
laiſſer perdre
la Scène Franç ile , un Sujet qui
ſembloit n'avoir été employé que comme pre-
miere eſquille par M. de Crébillon : il a tenté de
profiterdes erreurs d'un Grand Homme. Ce n'eſt
pas à nous de décider s'il a atteint ce but glo-
rieux , & rempli toute l'étendue de fon eſpoir.
Le Public , comme il arrive toujours , a porté
diversjugemens au Théâtre. Quand ces jugemen's
pour ou contre l'ouvrage ſeroient univoques ,
ils éprouvent ſouvent des modifications a la
lecture. En préſentant au Public celle de la
Piéce de M. le Mierre , nous nous bornerons
donc à ſuivre l'Auteur moderne dans les routes
a
qu'il a tenues entre le grand Poëte Tragique
AVRIL. 1764.
& le Poëte Lyrique qui l'avoient précédé.
189
L'Idomenée de M. de Crébillon paroît dès
l'ouverture de la Scène. L'expoſition qu'il fait
de ſon vœu barbare , de la rencontre de fon
fils , & des fleaux qu'attire ſur la Crete la ven-
geance impatiente des Dieux , ſemble être le
plan tracé de ce que M. le Mierre a mis en
action & ſous les yeux du Spectateur , mais dont
il ne commence la marche qu'au ſecond Acte
de ſa Tragédie. Nous ne devons pas laiſſer échap-
per l'adreſſe de ce moyen, pour abréger au moins
d'un Acte entier , une carrière difficile à remplir
dès l'inſtant que le moment fatal de la rencon-
tre du Père & du Fils eſt connue du Spectateur.
C'eſt cette difficulté à, ſe traîner pour ainſi dire,
depuis ce point intéreſſant juſqu'à la fin du cin-
quiéme Acte , qui avoit engagé l'ancien Auteur
à charger le malheureux Idoménée d'un nou-
veau tourment , par l'amour qu'il lui prête pour
Erixéne , & par la rivalité que cela produit
entre le Père & le Fils. Quoique le Poëte ly-
rique ( feu M. Danchet ) eût fufpendu la ren-
contre d'Idoménée & d'Idamante juſqu'au ſecond
Acte , quoiqu'il eût mis , ainſi qu'a fait M. le
Mierre , cette ſituation en action & ſous les
yeux du Spectateur , il ne s'étoit pas crû vrái-
ſembablement diſpenſé du beſoin de cet amour
&de cette rivalité entre le Père & le Fils. Il avoir
changé l'Erixénede M. de Crébillon en un Illione ,
Princeſſe qui par d'autres circonstances a des
motifs de devoir auſſi puiſſans que l'autre, pour
déteſter la tendreſſe de ces deux Princes , mais
qui céde cependant de même aux feux du plus
jeune. L'uſage du Théâtre Lyrique faifoit une
excufe à cet Auteur. Nous devons remarquer
avec éloges pour M. le Mierre, la juſteſſe de goûs
90 MERCURE DE FRANCE.
&de difcernement qui lui a fait ſupprimer cet
amour , ridicule dans un vieillard abſent depuis
longtemps , & dont l'âme eſt agitée , par un
mouvement auſſi important que l'eſt celui de ſe
croire obligé d'égorger lui-même un fils tendre-
ment aimé &digne de l'être. Quoiqu'en puiſſent
dire les Partiſans de cette frivole paſſion au
Théâtre , quel moment pour l'amour que la
fituation où ſe trouve Idoménée ! De quel poids
doit-il être ſur des eſprits ſenſés ? Quel intérêt
peut-il produiredans des cœurs honnêtes ? Lorf-
qu'il y a fur un perſonnage un motif d'intérêt
auſſi principal & d'une telle prééminence , ne
l'affoiblit-on pas plutôt que de l'augmenter en
accumulantdes moyens auſſi ſubordonnés ? Nous
ſçavons que feu M. de Crébillon blamoit lui-
même & ſe reprochoit l'amour d'Idomenée dont
M. le Mierre a débarraſſé ce caractére. La ten-
dreſſe légitime d'une épouſe vertueuſe pour
Idamante , l'attache & la lie à l'intérêt prin-
cipal , dans la nouvelle Tragédie ; il lui don-
ne ainſi unjeu naturel & convenable dans l'ac-
tion. Il a ſervi de plus au nouvel Auteur à ren-
dre moins vuidetoute la préparation du premier
Acte.
S'il est vraique la rencontre d'Idoménée &de
ſon fils au commencement du deuxième Acte,
ait été en quelque ſorte indiquée par l'Opéra de
M.Danchet , l'uſage qu'en fait M. le Mierre pa-
roît bien plus vif& bienplus frappant. Le Poëte
Lyrique a filé une reconnoiſſance qui fait lan-
guir la ſituation. Il eſt d'ailleurs bien plus vrai-
Lemblable qu'Idoménée , troublé par l'horreur de
fonvœu, trouvant la victime ſeule ſur ce rivage
ſe précipite ſur elle , que d'entrer en diſcuſſion
avec ce malheureux Inconnu. Au moment qu'il
AVRIL. 1764.
191
weut frapper , M. le Mierre fait voler le filsdans
Jes bras du père qui le reconnoît. Rien ne man-
que à cette ſituation pour la rendre du plus
grand effet, & du plus beau genre de tragique.
A cet égard tout paroît àl'avantage du nouvel
Auteur. Il nous reſte à voir s'il a pu éviter les
obstacles naturels du Sujet & remplir aveccha-
leur & intérêt les vuides qu'il préſente. Les deux
anciens Auteurs ſuſpendent longtemps la con-
noiſſance du ſecret d'Idoménée par ſonfils. M. le
Mierre la lui donne bien plutôt. Il en réſulte
peut-être un inconvénient pour ſa Piéce, qui eſt
de ne pas fonder ſur des motifs raiſonnables le
refus que fait Idamante de tous les moyens pro-
poſés par ſon père , pour lui ôter le pouvoir d'e-
xécuter ſon exécrable vœu. Telles ſont les pro-
poſitions de rendrela tête de ſon fils ſacrée pour
lui-même, par l'auguſte caractère de Roi , ou de
l'éloigner de la Crete & le dérober par là à la fu-
reur du Fanatiſme. Idamante , ignorant les
vrais motifs de ſon Père , & la cauſe de l'état
violent où il le voit , doit fe refuſer à toutes
ces propoſitions;mais en la connoillant , ce cou-
rage en lui , ſi ç'en eſt un , eſt une barbarie
contre ce Père infortuné. Il eſt vrai que tranf
portant l'ignorance du fatal ſecret ſur Erigone ,
M. le Mierre a trouvé la matière d'une fort
belle Scène , dans laquelle cette épouſe éplorée,
parun excès detendreſſe pour le Père & le Fils,
autant que par des raiſons d'état , pourſuit avec
chaleur , ſans le ſçavoir, la mort d'un époux
adoré. Sa fituation, en apprenant cefatal ſecret,
eſt d'une force vraiment tragique. Au lieu que
dans les deux autres Tragédies , c'eſt par des
motifs bas & criminels que les femmes preſ-
fent ledanger de leur amant ; ce qui rend
192 MERCURE DE FRANCE.
la mépriſe & bien moins intéreſſante , & bien
moins convenable àla dignité de ſentiment qu'é-
zigecelle de la Tragédie.
Les expédiens qui naiffent du Sujet pour
fufpendre la catastrophe, font à-peu-près les mê-
mes dans les trois Auteurs. Il ne peut guères
en effet s'en préſenter d'autres que l'éloigne-
ment d'Idamante & d'Idoménée
,
pour éluder
l'effet du vœu . Chacun des Auteurs a modifié
différemment les obſtacles qui s'oppoſent à ces
expédiens , principalement a la réſolution d'I-
doménée , de fuir & fon Fils & fes Etats. M.
de Crebillon ſe ſert d'un Oracle révélé par la fu-
reur d'Erixéne qui croit ne perdre que le père
qu'elle déreſte , & qui produit la mort du fils
qu'elle aime. Le Poëte Lyrique , grâce à la com-
modité des uſagesde ſa ſcène , préſente un Dieu
dans une machine qui arrête Idoménée. Le nou-
vel Auteur a fubititué à ce Dieu un Grand- Prêtre
qui prétend foutenir l'ordre des Dieux & le ſalur
desPeuples.
Ce moyen fournit une belle déclamation contre
le Fanatifme. Elle est convenablement placée
dans la bouche d'Erigone , étrangère au culte
des Cretois , mais n'y pourroit-on pas entrevoir
de Pinconféquence entre les grandes vérités phi-
loſophiques qu'elle contient , & l'événement de
la catastrophe. La fatalité eſt accomplie , &d'une
manière cruelle contre Idamante ; le Prêtre eſt
juſtifiédans ſes menaces ; il ſemble que le bur
moral n'eſt pas atteint ; car après les maximes
juſtes , & fermes que l'Auteur a miſes dans la
bouche d'Erigone , on est bien loin de le ſoup-
çonner d'avoirvoulu faire triompher la ſuperſti-
tion,de l'humanité & de la philofophie. Les autres
Auteurs avoient laiſſe
ſubſiſter fans critique ,
l'erreur
AVRIL. 1764.
193
l'erreur ſur laquelle eſt établie la fable du ſujet ;
c'étoitau moins n'avoir pas compromis les droits
de la vérité. Dans l'ancien Auteur tragique &
dans le nouveau , Idamante meurt de ſa propre
main; les Dieux ſont ſatisfaits , & le Père au
moins n'eſt pas chargé de l'horreur de l'exé-
cution. Le Poëte lyrique a ſeul rempli le vœu
dans toute ſon étendue. Il fait immoler le fils
par le père , en introduiſant Néméfis , qui ver-
ſe ſur lui tous ſes feux , qui égare ſa raiſon
,
& lui dérobe la connoiſſance de la victime dans
l'exécrable ſacrifice qu'il en fait; c'eſt aux Juges
de l'art à déterminer laquelle de ces catastrophes
eſt la plus régulière & la plus amenée par l'action.
Quelles quefoient les réfléxions qu'on faſſe à la
lecture de cette nouvelle Tragédie , ſur la na-
ture du Sujet , ſur les riſques qu'il y avoit à
l'entreprendre , on ne pourra ſans injustice ſe
refuſer à louer le courage d'avoir rempli une
carrière auſſi ingrate que celle qui reſte en-
tre le moment de la ſcène du ſecond Acte , &
lacaſtatrophe du cinquiéme. Nous croyons auſſi
que l'on y remarquera avec plaifir beaucoup de
vers heureux , & qui ont produit leur effer au
Théâtre. Si l'on ne craignoit de s'écarter tropde
l'opinion commune , on exhorteroit ici lesjeunes
Auteurs à tenter quelquefois de pareilles entrepri-
fes, ſans s'effrayer des noms &dela célébrité de
ceuxde leurs Prédéceſſeurs , qui ont manqué cer-
rains ſujets.Quelques exemples , rares à la vérité ,
ne font ils pas ſuffiſans pour nous autoriſer à
donner cet encouragement ? Les vrais Sujets tra-
giques ne font pasen ſi grand nombre , que bien
desgens le croyent , s'il en eſt quelques-uns ſur
leſquels des Muſes célèbres ſe ſoient éxercées
avec peu de ſuccès , pourquoi ſeroient-ils àjamais
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
perdus pour les autres ? s'il en eſt même qui
par leur conſtitution , préſentent des difficultés
infurmontables en apparence ; pourquoi inter-
diroit-on au génie la gloire d'en triompher ? à
travers les naufrages d'une flotte entiere , un
Pilote plus heureux ou plus habile fait abor-
derauPort un Vaiſſeau dont la richeſſe dédom-
magede la perte des autres, Cen'eſt pas à ceux
qui attendent ces richeſſes ſur le rivage , à exa-
gérer les dangersqu'on éprouve , pour les leur
apporter. Ils peuvent plaindre , mais ne doivent
jamais blâmer ceux mêmes qui échouent à leur
vue.
SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
Le Sujet que vient de traiter M. le Mierre est
le même sur lequel un grand homme essaya ses
premiers talens. Quoique l'Idoménéede feu M. do
Crébillon ſoit regardé comme le plus foible de
fes Ouvrages ; quoiqu'il en eût lui-même cette
idée , on y apperçoit le germe des grands traits
qui ont illuſtré ce Poëte. La force de quelques
images , le nerf des penſées , la beauté mâle
d'une verfification dramatique , tour marquoit
l'aurore d'un jour plus éclatant. Ce fut appa-
remment à ce préſage que ſon Idoménée dut
leſuccès de rs repréſentations. On ſentit que
F'œuvre avoit manqué a l'Artiſte plutôt que
Artiſte à l'œuvre. Ce Sujet devint affez góc
188 MERCURE DE FRANCE.
néralement mis au nombre de ceux qui peu-
vent ſéduire par un trait dont on ſe préoccupe ,
mais qui à l'exécution ne payent jamais du tra
vailqu'ils coûtent. C'eſt ainſi que l'on doit pen-
fer , d'après le célèbre Auteur qui l'avoit tenté
,
de tout Sujet qui ne comporte eſſentiellement en
foi ,que la matière d'une ſeule belle Scène. Feu
M. Danchet enviſagea ce même Idoménée comme
plus propre à figurer à l'Opéra Il en fit auffi
Vellai dans un temps où l'on ſouffroit encore fur
ce Théâtre une certaine conduite & une marche
dans les Piéces, des fils & des développemens de
Scène , d'où réſultoit l'intérêt ,aux dépens à la
vérité des ſuperbes ſymphonies , des charmantes
Ariettes & desſaults perpétuels du Ballet , qui
ont fuccédé à cet ancien genre. Le Poëte Lyrique
avoit très - bien imaginé cependant, que les li-
cences propres au genre, lui fourniroient , pour
remplir les vuides du Sujet , des machines que
ne pouvoit pas admettre une Scène plus régu-
Lère.
L'Auteur du nouvel Idomenée n'a pas crû devoir
laiſſer perdre
la Scène Franç ile , un Sujet qui
ſembloit n'avoir été employé que comme pre-
miere eſquille par M. de Crébillon : il a tenté de
profiterdes erreurs d'un Grand Homme. Ce n'eſt
pas à nous de décider s'il a atteint ce but glo-
rieux , & rempli toute l'étendue de fon eſpoir.
Le Public , comme il arrive toujours , a porté
diversjugemens au Théâtre. Quand ces jugemen's
pour ou contre l'ouvrage ſeroient univoques ,
ils éprouvent ſouvent des modifications a la
lecture. En préſentant au Public celle de la
Piéce de M. le Mierre , nous nous bornerons
donc à ſuivre l'Auteur moderne dans les routes
a
qu'il a tenues entre le grand Poëte Tragique
AVRIL. 1764.
& le Poëte Lyrique qui l'avoient précédé.
189
L'Idomenée de M. de Crébillon paroît dès
l'ouverture de la Scène. L'expoſition qu'il fait
de ſon vœu barbare , de la rencontre de fon
fils , & des fleaux qu'attire ſur la Crete la ven-
geance impatiente des Dieux , ſemble être le
plan tracé de ce que M. le Mierre a mis en
action & ſous les yeux du Spectateur , mais dont
il ne commence la marche qu'au ſecond Acte
de ſa Tragédie. Nous ne devons pas laiſſer échap-
per l'adreſſe de ce moyen, pour abréger au moins
d'un Acte entier , une carrière difficile à remplir
dès l'inſtant que le moment fatal de la rencon-
tre du Père & du Fils eſt connue du Spectateur.
C'eſt cette difficulté à, ſe traîner pour ainſi dire,
depuis ce point intéreſſant juſqu'à la fin du cin-
quiéme Acte , qui avoit engagé l'ancien Auteur
à charger le malheureux Idoménée d'un nou-
veau tourment , par l'amour qu'il lui prête pour
Erixéne , & par la rivalité que cela produit
entre le Père & le Fils. Quoique le Poëte ly-
rique ( feu M. Danchet ) eût fufpendu la ren-
contre d'Idoménée & d'Idamante juſqu'au ſecond
Acte , quoiqu'il eût mis , ainſi qu'a fait M. le
Mierre , cette ſituation en action & ſous les
yeux du Spectateur , il ne s'étoit pas crû vrái-
ſembablement diſpenſé du beſoin de cet amour
&de cette rivalité entre le Père & le Fils. Il avoir
changé l'Erixénede M. de Crébillon en un Illione ,
Princeſſe qui par d'autres circonstances a des
motifs de devoir auſſi puiſſans que l'autre, pour
déteſter la tendreſſe de ces deux Princes , mais
qui céde cependant de même aux feux du plus
jeune. L'uſage du Théâtre Lyrique faifoit une
excufe à cet Auteur. Nous devons remarquer
avec éloges pour M. le Mierre, la juſteſſe de goûs
90 MERCURE DE FRANCE.
&de difcernement qui lui a fait ſupprimer cet
amour , ridicule dans un vieillard abſent depuis
longtemps , & dont l'âme eſt agitée , par un
mouvement auſſi important que l'eſt celui de ſe
croire obligé d'égorger lui-même un fils tendre-
ment aimé &digne de l'être. Quoiqu'en puiſſent
dire les Partiſans de cette frivole paſſion au
Théâtre , quel moment pour l'amour que la
fituation où ſe trouve Idoménée ! De quel poids
doit-il être ſur des eſprits ſenſés ? Quel intérêt
peut-il produiredans des cœurs honnêtes ? Lorf-
qu'il y a fur un perſonnage un motif d'intérêt
auſſi principal & d'une telle prééminence , ne
l'affoiblit-on pas plutôt que de l'augmenter en
accumulantdes moyens auſſi ſubordonnés ? Nous
ſçavons que feu M. de Crébillon blamoit lui-
même & ſe reprochoit l'amour d'Idomenée dont
M. le Mierre a débarraſſé ce caractére. La ten-
dreſſe légitime d'une épouſe vertueuſe pour
Idamante , l'attache & la lie à l'intérêt prin-
cipal , dans la nouvelle Tragédie ; il lui don-
ne ainſi unjeu naturel & convenable dans l'ac-
tion. Il a ſervi de plus au nouvel Auteur à ren-
dre moins vuidetoute la préparation du premier
Acte.
S'il est vraique la rencontre d'Idoménée &de
ſon fils au commencement du deuxième Acte,
ait été en quelque ſorte indiquée par l'Opéra de
M.Danchet , l'uſage qu'en fait M. le Mierre pa-
roît bien plus vif& bienplus frappant. Le Poëte
Lyrique a filé une reconnoiſſance qui fait lan-
guir la ſituation. Il eſt d'ailleurs bien plus vrai-
Lemblable qu'Idoménée , troublé par l'horreur de
fonvœu, trouvant la victime ſeule ſur ce rivage
ſe précipite ſur elle , que d'entrer en diſcuſſion
avec ce malheureux Inconnu. Au moment qu'il
AVRIL. 1764.
191
weut frapper , M. le Mierre fait voler le filsdans
Jes bras du père qui le reconnoît. Rien ne man-
que à cette ſituation pour la rendre du plus
grand effet, & du plus beau genre de tragique.
A cet égard tout paroît àl'avantage du nouvel
Auteur. Il nous reſte à voir s'il a pu éviter les
obstacles naturels du Sujet & remplir aveccha-
leur & intérêt les vuides qu'il préſente. Les deux
anciens Auteurs ſuſpendent longtemps la con-
noiſſance du ſecret d'Idoménée par ſonfils. M. le
Mierre la lui donne bien plutôt. Il en réſulte
peut-être un inconvénient pour ſa Piéce, qui eſt
de ne pas fonder ſur des motifs raiſonnables le
refus que fait Idamante de tous les moyens pro-
poſés par ſon père , pour lui ôter le pouvoir d'e-
xécuter ſon exécrable vœu. Telles ſont les pro-
poſitions de rendrela tête de ſon fils ſacrée pour
lui-même, par l'auguſte caractère de Roi , ou de
l'éloigner de la Crete & le dérober par là à la fu-
reur du Fanatiſme. Idamante , ignorant les
vrais motifs de ſon Père , & la cauſe de l'état
violent où il le voit , doit fe refuſer à toutes
ces propoſitions;mais en la connoillant , ce cou-
rage en lui , ſi ç'en eſt un , eſt une barbarie
contre ce Père infortuné. Il eſt vrai que tranf
portant l'ignorance du fatal ſecret ſur Erigone ,
M. le Mierre a trouvé la matière d'une fort
belle Scène , dans laquelle cette épouſe éplorée,
parun excès detendreſſe pour le Père & le Fils,
autant que par des raiſons d'état , pourſuit avec
chaleur , ſans le ſçavoir, la mort d'un époux
adoré. Sa fituation, en apprenant cefatal ſecret,
eſt d'une force vraiment tragique. Au lieu que
dans les deux autres Tragédies , c'eſt par des
motifs bas & criminels que les femmes preſ-
fent ledanger de leur amant ; ce qui rend
192 MERCURE DE FRANCE.
la mépriſe & bien moins intéreſſante , & bien
moins convenable àla dignité de ſentiment qu'é-
zigecelle de la Tragédie.
Les expédiens qui naiffent du Sujet pour
fufpendre la catastrophe, font à-peu-près les mê-
mes dans les trois Auteurs. Il ne peut guères
en effet s'en préſenter d'autres que l'éloigne-
ment d'Idamante & d'Idoménée
,
pour éluder
l'effet du vœu . Chacun des Auteurs a modifié
différemment les obſtacles qui s'oppoſent à ces
expédiens , principalement a la réſolution d'I-
doménée , de fuir & fon Fils & fes Etats. M.
de Crebillon ſe ſert d'un Oracle révélé par la fu-
reur d'Erixéne qui croit ne perdre que le père
qu'elle déreſte , & qui produit la mort du fils
qu'elle aime. Le Poëte Lyrique , grâce à la com-
modité des uſagesde ſa ſcène , préſente un Dieu
dans une machine qui arrête Idoménée. Le nou-
vel Auteur a fubititué à ce Dieu un Grand- Prêtre
qui prétend foutenir l'ordre des Dieux & le ſalur
desPeuples.
Ce moyen fournit une belle déclamation contre
le Fanatifme. Elle est convenablement placée
dans la bouche d'Erigone , étrangère au culte
des Cretois , mais n'y pourroit-on pas entrevoir
de Pinconféquence entre les grandes vérités phi-
loſophiques qu'elle contient , & l'événement de
la catastrophe. La fatalité eſt accomplie , &d'une
manière cruelle contre Idamante ; le Prêtre eſt
juſtifiédans ſes menaces ; il ſemble que le bur
moral n'eſt pas atteint ; car après les maximes
juſtes , & fermes que l'Auteur a miſes dans la
bouche d'Erigone , on est bien loin de le ſoup-
çonner d'avoirvoulu faire triompher la ſuperſti-
tion,de l'humanité & de la philofophie. Les autres
Auteurs avoient laiſſe
ſubſiſter fans critique ,
l'erreur
AVRIL. 1764.
193
l'erreur ſur laquelle eſt établie la fable du ſujet ;
c'étoitau moins n'avoir pas compromis les droits
de la vérité. Dans l'ancien Auteur tragique &
dans le nouveau , Idamante meurt de ſa propre
main; les Dieux ſont ſatisfaits , & le Père au
moins n'eſt pas chargé de l'horreur de l'exé-
cution. Le Poëte lyrique a ſeul rempli le vœu
dans toute ſon étendue. Il fait immoler le fils
par le père , en introduiſant Néméfis , qui ver-
ſe ſur lui tous ſes feux , qui égare ſa raiſon
,
& lui dérobe la connoiſſance de la victime dans
l'exécrable ſacrifice qu'il en fait; c'eſt aux Juges
de l'art à déterminer laquelle de ces catastrophes
eſt la plus régulière & la plus amenée par l'action.
Quelles quefoient les réfléxions qu'on faſſe à la
lecture de cette nouvelle Tragédie , ſur la na-
ture du Sujet , ſur les riſques qu'il y avoit à
l'entreprendre , on ne pourra ſans injustice ſe
refuſer à louer le courage d'avoir rempli une
carrière auſſi ingrate que celle qui reſte en-
tre le moment de la ſcène du ſecond Acte , &
lacaſtatrophe du cinquiéme. Nous croyons auſſi
que l'on y remarquera avec plaifir beaucoup de
vers heureux , & qui ont produit leur effer au
Théâtre. Si l'on ne craignoit de s'écarter tropde
l'opinion commune , on exhorteroit ici lesjeunes
Auteurs à tenter quelquefois de pareilles entrepri-
fes, ſans s'effrayer des noms &dela célébrité de
ceuxde leurs Prédéceſſeurs , qui ont manqué cer-
rains ſujets.Quelques exemples , rares à la vérité ,
ne font ils pas ſuffiſans pour nous autoriſer à
donner cet encouragement ? Les vrais Sujets tra-
giques ne font pasen ſi grand nombre , que bien
desgens le croyent , s'il en eſt quelques-uns ſur
leſquels des Muſes célèbres ſe ſoient éxercées
avec peu de ſuccès , pourquoi ſeroient-ils àjamais
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
perdus pour les autres ? s'il en eſt même qui
par leur conſtitution , préſentent des difficultés
infurmontables en apparence ; pourquoi inter-
diroit-on au génie la gloire d'en triompher ? à
travers les naufrages d'une flotte entiere , un
Pilote plus heureux ou plus habile fait abor-
derauPort un Vaiſſeau dont la richeſſe dédom-
magede la perte des autres, Cen'eſt pas à ceux
qui attendent ces richeſſes ſur le rivage , à exa-
gérer les dangersqu'on éprouve , pour les leur
apporter. Ils peuvent plaindre , mais ne doivent
jamais blâmer ceux mêmes qui échouent à leur
vue.
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Résumé : REMARQUES SUR la Tragédie d'IDOMÉNÉE.
Le texte examine diverses adaptations de la tragédie 'Idoménée' par différents auteurs. La version de M. de Crébillon, bien que prometteuse, est jugée la moins réussie parmi ses œuvres. Le sujet d''Idoménée' est considéré comme séduisant mais difficile à adapter sur scène. M. Danchet a adapté ce sujet pour l'opéra, en utilisant les libertés dramatiques propres au genre. M. le Mierre a tenté de réadapter ce sujet en corrigeant les erreurs de ses prédécesseurs. Il a supprimé des éléments ridicules, comme l'amour d'Idoménée pour Ériphile, et introduit la tendresse légitime d'une épouse vertueuse pour Idamante, rendant l'action plus naturelle. La rencontre entre Idoménée et son fils au début du deuxième acte est présentée de manière plus dynamique chez M. le Mierre. Une scène clé montre Idamante, fils d'Idoménée, reconnu par son père au moment où il allait être frappé. Cette révélation survient plus tôt dans la pièce de M. le Mierre, posant un problème narratif : Idamante refuse les propositions de son père sans connaître les vraies raisons, ce qui semble barbare. Cette ignorance est ensuite transférée à Erigone, l'épouse d'Idamante, créant une scène tragique. Les trois versions partagent des éléments communs pour éviter la catastrophe, comme l'éloignement d'Idamante et d'Idoménée. Chaque auteur utilise différents obstacles et personnages : M. de Crébillon utilise un oracle, le poète lyrique introduit un dieu via une machine scénique, et M. le Mierre utilise un grand-prêtre. Ce dernier moyen permet une critique du fanatisme par Erigone, mais la fatalité s'accomplit cruellement contre Idamante. Les auteurs précédents n'ont pas critiqué l'erreur fondamentale de la fable. Dans les versions de l'auteur tragique ancien et de M. le Mierre, Idamante se suicide, évitant ainsi à son père l'horreur de l'exécution. Le poète lyrique, quant à lui, fait immoler Idamante par son père sous l'influence de Némésis. Malgré les risques et les difficultés du sujet, le texte loue le courage de M. le Mierre et note la présence de vers réussis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4673
p. 194-195
« Le 3 Mars on a donné la première représentation de l'Amateur, Comédie [...] »
Début :
Le 3 Mars on a donné la première représentation de l'Amateur, Comédie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 3 Mars on a donné la première représentation de l'Amateur, Comédie [...] »
Le 3 Mars on a donné la première
représentation de l'Amateur, Comédie
nouvelle en Vers & un Acte , par M.
BARTHE. Cette petite Piéce a eu to
repréſentations. Elle a été reçue avec
applaudiſſemens , & le Public a paru
en voir la continuation avec plaifir. Les
Lecteurs feront en état de juger par
eux-mêmes de l'agrément de cet Ou-
vrage * , dans lequel l'Auteur a été
très-bien ſecondé par le talent des Ac
teurs qui étoient MM. GRANDVAL ,
MOLÉ & PRÉVILLE, Mlles PRÉVILLE
& DOLIGNI. Quoique nous invitions
à lire cette Comédie en entier , nous
* On trouve cette Piéce imprimée in-12. à
Paris chez Duchesne , rue S. Jacques,
1
AVRIL. 1764.
195
ne nous diſpenſerons pas d'en donner
une notice ſelon l'uſage. Les bornes de
notre Article ſe trouvant remplies dans
ce Mercure , nous sommes obligés de
la remettre au deuxiéme vol. du mois ,
ainſi que les autres Nouveautés.
On doit tenir compte & applaudir au
zéle des Comédiens François pour le
vrai Pére de ce Théâtre ( MOLIERE )
par les ſoins qu'ils ont apportés à la
remiſe du Bourgeois-Gentilhomme,dont
la première repréſentation fut donnée
le Lundi gras. Le plaifir que le Public
y a pris a dû récompenfer ce zéle &
l'encourager.
représentation de l'Amateur, Comédie
nouvelle en Vers & un Acte , par M.
BARTHE. Cette petite Piéce a eu to
repréſentations. Elle a été reçue avec
applaudiſſemens , & le Public a paru
en voir la continuation avec plaifir. Les
Lecteurs feront en état de juger par
eux-mêmes de l'agrément de cet Ou-
vrage * , dans lequel l'Auteur a été
très-bien ſecondé par le talent des Ac
teurs qui étoient MM. GRANDVAL ,
MOLÉ & PRÉVILLE, Mlles PRÉVILLE
& DOLIGNI. Quoique nous invitions
à lire cette Comédie en entier , nous
* On trouve cette Piéce imprimée in-12. à
Paris chez Duchesne , rue S. Jacques,
1
AVRIL. 1764.
195
ne nous diſpenſerons pas d'en donner
une notice ſelon l'uſage. Les bornes de
notre Article ſe trouvant remplies dans
ce Mercure , nous sommes obligés de
la remettre au deuxiéme vol. du mois ,
ainſi que les autres Nouveautés.
On doit tenir compte & applaudir au
zéle des Comédiens François pour le
vrai Pére de ce Théâtre ( MOLIERE )
par les ſoins qu'ils ont apportés à la
remiſe du Bourgeois-Gentilhomme,dont
la première repréſentation fut donnée
le Lundi gras. Le plaifir que le Public
y a pris a dû récompenfer ce zéle &
l'encourager.
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Résumé : « Le 3 Mars on a donné la première représentation de l'Amateur, Comédie [...] »
Le 3 mars, la première représentation de 'L'Amateur', une comédie en vers et en un acte écrite par M. Barthe, a été donnée. La pièce a été bien accueillie par le public, qui a manifesté le souhait de voir sa suite. Les acteurs MM. Grandval, Molé et Préville, ainsi que Mlles Préville et Doligni, ont grandement contribué au succès de la pièce. En raison des contraintes d'espace, une notice complète sur la comédie sera publiée dans le deuxième volume du mois. Par ailleurs, les comédiens français ont rendu hommage à Molière en remettant en scène 'Le Bourgeois Gentilhomme', dont la première représentation a eu lieu le lundi gras, rencontrant un grand succès auprès du public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4674
p. 195
« Le 17 Mars, on a donné la première Représentation d'Olimpie, Tragédie de [...] »
Début :
Le 17 Mars, on a donné la première Représentation d'Olimpie, Tragédie de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 17 Mars, on a donné la première Représentation d'Olimpie, Tragédie de [...] »
Le 17 Mars, on a donné la première
Représentation d'Olimpie, Tragédie de
M. de VOLTAIRE. Elle fut reçue avec
les applaudiſſemens dont cet illuftre Au-
teur eft depuis long-temps enpoffeffion.
On l'a continuée juſqu'à préſent. Le
concours des Spectateurs a prèſque tou-
jours augmenté à chaque Repréſenta-
tion. Comme nos Lecteurs ont pu lire
déja cette Tragédie , qui étoit imprimée
avant la Repréſentation, nous en remet-
tons l'Extrait à un autre Mercure , dans
lequel nous parlerons auffi de la beauté
&de la ſplendeur de fon Spectacle.
Représentation d'Olimpie, Tragédie de
M. de VOLTAIRE. Elle fut reçue avec
les applaudiſſemens dont cet illuftre Au-
teur eft depuis long-temps enpoffeffion.
On l'a continuée juſqu'à préſent. Le
concours des Spectateurs a prèſque tou-
jours augmenté à chaque Repréſenta-
tion. Comme nos Lecteurs ont pu lire
déja cette Tragédie , qui étoit imprimée
avant la Repréſentation, nous en remet-
tons l'Extrait à un autre Mercure , dans
lequel nous parlerons auffi de la beauté
&de la ſplendeur de fon Spectacle.
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Résumé : « Le 17 Mars, on a donné la première Représentation d'Olimpie, Tragédie de [...] »
Le 17 mars, la tragédie 'Olimpie' de Voltaire a été jouée pour la première fois, recevant des applaudissements. La pièce attire un public croissant à chaque représentation. Les lecteurs ayant déjà lu la tragédie, un extrait et une analyse du spectacle seront publiés prochainement.
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4675
p. 196-197
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
LE Jeudi 8 Mars, on donna la première Représentation de Rose & Colas, [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
LE Jeudi 8 Mars, on donna la première
Représentation de Rose & Colas,
Comédie nouvelle en un Acte , mêlée
d'Ariettes. Cet Ouvrage , dant les Paro-
les ſontde M. SEDAINE , & la Mufique
de M. de MONCIGNY , ſe continue tou-
jours avec ſuccès. Il y a eu dans les pre-
miers jours quelques contrariétés ſur la
Muſique,entre les Spectateurs ordinaires
de ce Théâtre. L'Auteur de On ne s'ar
viſe jamais de tout , employe ordinaire-
ment des chants plus analogues au Dra-
matique & à la douce naïveté des Sujets
ordinaires de ces fortes de Pièces , qu'u-
ne forte de Muſique dont quelques-uns
defireroientl'application à un genre plus
élevé. Les routes au reſte que M. de
MONCIGNY prend pour plaire au Public
paroiſſent juſtifiées par le concours fou-
renu des Spectateurs ; fans néanmoins
prétendre improuver les autres , & fans
que le Public en effet, rende moins de
juftice au mérite des genres différens
qui occupent cette Scène. On ne nous
AVRIL. 1764.
197
a pas encore mis en état de donner au-
cune notice des Paroles de cet Ouvrage.
LE Jeudi 8 Mars, on donna la première
Représentation de Rose & Colas,
Comédie nouvelle en un Acte , mêlée
d'Ariettes. Cet Ouvrage , dant les Paro-
les ſontde M. SEDAINE , & la Mufique
de M. de MONCIGNY , ſe continue tou-
jours avec ſuccès. Il y a eu dans les pre-
miers jours quelques contrariétés ſur la
Muſique,entre les Spectateurs ordinaires
de ce Théâtre. L'Auteur de On ne s'ar
viſe jamais de tout , employe ordinaire-
ment des chants plus analogues au Dra-
matique & à la douce naïveté des Sujets
ordinaires de ces fortes de Pièces , qu'u-
ne forte de Muſique dont quelques-uns
defireroientl'application à un genre plus
élevé. Les routes au reſte que M. de
MONCIGNY prend pour plaire au Public
paroiſſent juſtifiées par le concours fou-
renu des Spectateurs ; fans néanmoins
prétendre improuver les autres , & fans
que le Public en effet, rende moins de
juftice au mérite des genres différens
qui occupent cette Scène. On ne nous
AVRIL. 1764.
197
a pas encore mis en état de donner au-
cune notice des Paroles de cet Ouvrage.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le jeudi 8 mars, la comédie 'Rose et Colas' a été présentée pour la première fois. Cette œuvre, écrite par M. Sedaine et composée par M. de Moncigny, est une pièce en un acte mêlée d'ariettes. Les spectateurs ont exprimé des avis divergents sur la musique. Certains préféraient des chants plus adaptés aux sujets dramatiques et à la simplicité des pièces ordinaires, tandis que d'autres auraient souhaité une musique plus élaborée. Malgré ces divergences, les choix musicaux de M. de Moncigny ont été approuvés par l'affluence du public. Le texte des paroles n'a pas encore été publié pour permettre des commentaires.
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4676
p. 197
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y [...]
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de
l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y
exécuta futLauda Jerufalem , Motetà grandchœur
deM. de Lalande. Le grand Motetde la fin du
Concert fut Confitemini , de M. l'Abbé GAULET ,
ci-devant Maître de Muſique dela Cathédralede
Paris. M. le GROS , nouvelle Haute-contre, dont
nous avons parlé dans l'Article de l'Opéra , &
dontlesſuccès y ſont ſi brillans, chantaunpetit
Motet de feu M.LEFEBVRE (Afferte Domino. ) Un
autre Public en apparence, une autre ſcène , s'il
eſt permis de ledire ,imprimèrent à ce Débutanť
une nouvelle frayeur dans les commencemens ,
&l'agrément de ſa voix en fut, ſinon altéré , au
moins ſenſiblement affoibli. Il ſe remit , & fit un
très-grand plaisir àtous lesAuditeurs , qui le té-
moignèrent par les applaudiſſemens. Dans ce
même Concert , M. MAYER Exécuta une Sonate
de ſa compoſition ſur la Harpe , & M. GAVINIÉS
un Concerto ſur le Violon. Mile HARDI chanta
un Air Italien.
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de
l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y
exécuta futLauda Jerufalem , Motetà grandchœur
deM. de Lalande. Le grand Motetde la fin du
Concert fut Confitemini , de M. l'Abbé GAULET ,
ci-devant Maître de Muſique dela Cathédralede
Paris. M. le GROS , nouvelle Haute-contre, dont
nous avons parlé dans l'Article de l'Opéra , &
dontlesſuccès y ſont ſi brillans, chantaunpetit
Motet de feu M.LEFEBVRE (Afferte Domino. ) Un
autre Public en apparence, une autre ſcène , s'il
eſt permis de ledire ,imprimèrent à ce Débutanť
une nouvelle frayeur dans les commencemens ,
&l'agrément de ſa voix en fut, ſinon altéré , au
moins ſenſiblement affoibli. Il ſe remit , & fit un
très-grand plaisir àtous lesAuditeurs , qui le té-
moignèrent par les applaudiſſemens. Dans ce
même Concert , M. MAYER Exécuta une Sonate
de ſa compoſition ſur la Harpe , & M. GAVINIÉS
un Concerto ſur le Violon. Mile HARDI chanta
un Air Italien.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le 26 mars, lors de la fête de l'Annonciation, un concert spirituel a eu lieu. Il a commencé avec 'Lauda Jerusalem' de Lalande et s'est terminé avec 'Confitemini' de l'abbé Gaullet. M. le Gros a interprété 'Afferte Domino' de Lefebvre, M. Mayer a joué une sonate à la harpe et M. Gaviniès un concerto au violon. Mlle Hardi a chanté un air italien.
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4677
p. 198-199
SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
Début :
Nous avons annoncé dans le précédent Mercure, une des Piéces de ce [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles.
THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
Nous avons annoncé dans le précédent
Mercure, une des Piéces de ce
Théâtre intitulée la Veuve , Comédie en
un Acte & en Profe. Elle doit faire la
première Piéce du Recueil. Le Roffi-
gnol , Comédie en un Acte en Profe &
Vaudeville fait la ſeconde. Elles ſe trou-
vent l'une & l'autre chez Duchesne,rue
S. Jacques. La muſique ou le chant des
Vaudevilles du Rofſignol , eſt imprimée
dans la même Brochure in- 12.
Ces deux Piéces , que nos Lecteurs
nous ſçauront gré de leur avoir indi-
quées , n'ont été composées que pour
être jouées dans des maiſons particuliè-
res. Nous ſommes perfuadés qu'après la
lecture de ces Piéces , on jugera que
l'avis impriméde l'Auteur, quiles précé-
de,eſtplusun effetde ſa modeſtie qu'une
précaution de ſon amour-propre. Nous
nedonnerons d'analyſe en formed'aucu-
ne de ces deux Piéces pour ne pas ef-
fleurer le plaifir que nous croyons qu'en
AVRIL . 1764.
199
doit produire la lecture. Nous nous bor-
nerons à en ex-poſer ſommairement le
Sujet, en yajoutant quelques réfléxions ,
qui ſouvent font utiles au progrès & à la
connoiſſance de l'Art , quand elles font
ſuggérées par les Ouvrages d'Auteurs
tels que celui de ces Comédies.
Les mêmes raiſons que nous avons
alléguées plus haut , nous mettent dans
la néceffitéde ſuſpendre ce travail juf-
qu'au deuxiéme volume de ce mois.
Nous en faiſons de très-fincères excuſes
& à l'Auteur & à nos Lecteurs.
THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
Nous avons annoncé dans le précédent
Mercure, une des Piéces de ce
Théâtre intitulée la Veuve , Comédie en
un Acte & en Profe. Elle doit faire la
première Piéce du Recueil. Le Roffi-
gnol , Comédie en un Acte en Profe &
Vaudeville fait la ſeconde. Elles ſe trou-
vent l'une & l'autre chez Duchesne,rue
S. Jacques. La muſique ou le chant des
Vaudevilles du Rofſignol , eſt imprimée
dans la même Brochure in- 12.
Ces deux Piéces , que nos Lecteurs
nous ſçauront gré de leur avoir indi-
quées , n'ont été composées que pour
être jouées dans des maiſons particuliè-
res. Nous ſommes perfuadés qu'après la
lecture de ces Piéces , on jugera que
l'avis impriméde l'Auteur, quiles précé-
de,eſtplusun effetde ſa modeſtie qu'une
précaution de ſon amour-propre. Nous
nedonnerons d'analyſe en formed'aucu-
ne de ces deux Piéces pour ne pas ef-
fleurer le plaifir que nous croyons qu'en
AVRIL . 1764.
199
doit produire la lecture. Nous nous bor-
nerons à en ex-poſer ſommairement le
Sujet, en yajoutant quelques réfléxions ,
qui ſouvent font utiles au progrès & à la
connoiſſance de l'Art , quand elles font
ſuggérées par les Ouvrages d'Auteurs
tels que celui de ces Comédies.
Les mêmes raiſons que nous avons
alléguées plus haut , nous mettent dans
la néceffitéde ſuſpendre ce travail juf-
qu'au deuxiéme volume de ce mois.
Nous en faiſons de très-fincères excuſes
& à l'Auteur & à nos Lecteurs.
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. des Spectacles. THÉATRE de Société de M. COLLÉ.
Le texte annonce la publication de deux comédies du 'Théâtre de Société' de M. Collé : 'La Veuve' et 'Le Rossignol'. Ces pièces, en un acte et en prose, sont disponibles chez Duchesne, rue Saint-Jacques. 'Le Rossignol' inclut également des vaudevilles dont la musique est imprimée dans la brochure. Destinées à être jouées dans des maisons particulières, ces œuvres reflètent la modestie de leur auteur tout en étant présentées comme appréciables par les lecteurs. Le rédacteur évite d'analyser les pièces pour préserver le plaisir de la découverte. La publication est suspendue jusqu'au deuxième volume du mois, avec des excuses présentées à l'auteur et aux lecteurs.
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4678
p. 5-16
SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. DÉFENSE DE LUCIUS MURÉNA.
Début :
LE gouvernement de Rome, moitié Aristocratique & moitié Démocratique, [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. DÉFENSE DE LUCIUS MURÉNA.
SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON.
DÉFENSE DE LUCIUS MURÉNA.
LE gouvernement de Rome, moitié
Aristocratique & moitié Démocratique,
produiſoit néceſſairement des cabales &
des diviſions parmi les Citoyens. Les
Perſonnages diſtingués des premières
Maiſons de la République n'étoient pas
II. Vol.
A iij
.
6
MERCURE DE FRANCE.
les ſeuls qui aſpiraſſent à l'honneur de
devenir les Chefs de l'Etat : la même
ambition animoit chacun des Patriciens;
la Préture, l'Edilité , enfin le Conſulat
devenoient tour-à-tour l'objet de leurs
voeux.
Le Peuple de ſon côté tenoit dans
ſes mains le ſort des têtes les plus illuſ
tres. La liberté dont il jouiſſoit en don
nant ſes ſuffrages lui permettoit d'en
diſpoſer à ſon gré.Les Candidats (a) le
ſçavoient bien : auſſi n'épargnoient-ils
rien pour gagner ſa bienveiilance.
..
.
Une loi ſage & prudente avoit dé
fendu expreſſément les largeſſes pécu
niaires, afin de prévenir toute eſpéce de
corruption. Quiconque étoit convaincu
de s'être ſervi de ce moyen honteux
pour parvenir aux charges, en étoit ex
clu ſans autre forme de procès. On
penſoit apparemment alors que ceux qui
· avoient l'âme aſſez baſſe pour acheter
le droit de rendre la Juſtice , ne ba
lanceroient pas à la vendre , quand ils
trouveroient l'occaſion de le faire avec
( a ) Tel étoit le nom qu'on donnoit aux
concurrens qui ſe préſentoient pour remplir les
charges publiques , parce qu'ils ſe revêtiſſoient
alors d'une robe blanche ( en Latin candida) qu'ils
ne quittoient qu'après l'élection,
-
A VR I L. 1764.
7
impunité. C'eſt cette loi qui donna lieu
à l'accuſation intentée contre L. Mu
r(272(Z,
·
L'année du Conſulat de Cicéron étant
prête d'expirer, il fit tenir ſuivant l'u-
ſage les Comices Conſulaires , c'eſt-à-
dire l'Aſſemblée du Peuple pour l'élec
tion des Conſuls de l'année ſuivante.
Les ſuffrages tomberent ſur Decius
· Junius Silanus, & ſur Lucius Licinius
Murena. .
Ce dernier avoit un dangereux com
pétiteur dans la perſonne de Servius
Sulpitius que chacun ſçait avoir été
également recommandable & par ſa
naiſſance illuſtre , & par ſes profon
des connoiſſances dans la Juriſpruden
ce. Outré de ſe voir préférer un rival
dont le mérite peut-être étoit inférieur
au ſien, il prit le parti de l'accuſer d'a-
voir acheté les voix qui lui avoient été
favorables. .
Le Conſul déſigné, Murena, fut véri
tablement mortifié de cette accuſation
dictée par l'eſprit de vengeance. Il n'a-
voit pas ſeulement à redouter Sulpi
tius : il avoit encore à craindre le cré
dit immenſe d'un grand homme que ſon
adverſaire avoit ſçu attacher à ſes in
térêts & qui parut avec lui en qualité
A iv
8
MERCURE DE FRANCE.
d'accuſateur. C'étoit le fameux Caton ,
ce farouche Cenſeur , auſſi connu par
ſon infléxible attachement à la vertu,
que par ſes ſentimens vraîment patrio
tiques & républicains.
La cauſe de Murena fut plaidée deux
fois avant que Ciceron parlât pour lui ; la
première fois par Quintus Hortenſius ,
cet Orateur célébre dont les productions
brillantes balanceroient peut-être celles
de Ciceron, ſi elles n'étoient pas perdues
pour nous; la ſeconde par Marcus Craſ
ſus , qui prouva par pluſieurs ſuccès la
ſupériorité de ſes talens.
Le Plaidoyer de Ciceron réunit à la
fois la légéreté & l'élégance. C'eſt un
mêlange parfait de la politeſſe. la plus
aiſée & de la plaiſanterie la plus ingé
nieuſe & la plus délicate. Il y raille
avec adreſſe le pédantiſme des Juriſ
conſultes , parce que Sulpitius faiſoit
profeſſion d'être ſçavant dans les Loix &
· dans la Morale Stoïcienne, parce que Ca
ton paſſoit pour un des plus zélés Phi
loſophes de cette Secte, qui commen
çoit d'ailleurs à tomber dans le diſ-
crédit. Malgré toute ſon indifférence
philoſophique , le Stoïcien fut piqué
juſqu'au vif des ſarcaſmes dont l'acca
bloit le Prince des Orateurs. Pour s'en
A V R I L. 1764.
9
venger il dit un bon mot (b) que Plu
turque a pris ſoin de nous conſerver....
· Il faut avouer, s'écria-t-il en ſortant
de l'audience, il faut avouer que le pre
mier homme de l'Etat eſt auſſi le pre
mier Plaiſant de la République !
Un Membre de l'Académie Fran--
çoiſe, auſſi reſpectable par ſon carac
tère & par ſes mœurs, que recomman
dable par ſa ſcience & ſon érudition,
M. l'Abbé d'Olivet , a fait un beau
préſent à la République des Lettres, en
faiſant imprimer à la ſuite de ſon Com
mentaire ſur ce diſcours, celui que com
poſa pour s'exercer il y a environ 2oo
ans, un illuſtre Sçavant, Aonius Palea
rius, qu'une mort cruelle a rendu célébre
autant que ſes Ouvrages. Peu de mo
dernes ont réuſſi comme lui à imiter
le ſtyle & la diction de Cicéron qu'il
avoit pris pour modéle. Ce diſcours
excellent à lire , eſt l'accuſation de Mu
rena. On le trouve à la page 517. du
V* Tome de la belle édition in-4°. des
(Euvres de Cicéron.
( b ) Dii boni ! quàm ridiculum Conſulem ha
bemus !
A v
1o MERCURE BE FRANCE.
| DIscovRs de CrcÉRov contre L,
CATILINA , vulgairement dits les ,
QUATRE CATILINAIRES.
Quand j'entends les gens à préjugés
taxer Cicéron de poltronnerie , je me
dis auſſitôt à moi-même, il y a tout au
moins une grande imprudence à déni- .
- grer , ſur le rapport d'autrui, un homme
de mérite qu'on ne connoît pas. Il ne
faut que jetter les yeux ſur l'Hiſtoire
de la Conjuration de Catilina pour ſe .
convaincre , de l'intrépidité. & de la
grandeur d'âme de ce fameux Conſul.
Ce que j'avance paroîtra un paradoxe .
à ceux qui ne connoiſſent pas ce Mor- .
ceau précieux des Annales de la Répu
blique Romaine. Je ſçai que l'opinion .
commune eſt contre moi , mais qu'ils ,
liſent ; la mémoire de Cicéron ſera ven
ée. -
| Salluſte, cet Ecrivain hardi & ſenten- .
tieux, fait la peinture la plus frappante
& la plus vraie des mœurs qui regnoient
à Rome , dans le temps de Catilina La
Jeuneſſe, perdue , de débauches & de
dettes , emprunto:c à groſſes uſures pour
· avoir dequoi fournit, à ſes plaiſirs , &
$ : a - t : les intérêts multipliés l'em--
-
A V R I L. 1764.
I I
portoient ſur le principal : les vices les
plus honteux, déifiés par la corruption
de ceux qui leur procuroient l'apo
théoſe , faiſoient partie du culte pu
blic; les déſordres les plus infâmes de
venoient des cérémonies de Religion
pour ceux qui avoient l'adreſſe de les ca
cher ſous le voile du myſtère. L'Etat de
la République étoit trop violent pour
être durable , la révolution devenoit
comme néceſſaire ; & ſans la vigilance
du Conſul toujours actif& toujours pré
voyant, l'Empire étoit à celui qui ſau
roit le premier s'en ſaiſir.
Lucius Catilina crut être appellé par
la deſtinée à ce haut point de fortune
& de gloire; ou, pour parler plus juſte,
il voulut profiter des circonſtances pour
y parvenir. Il faut avouer auſſi que per
ſonne n'étoit plus propre à jouer le rôle .
d'un conſpirateur. .
Nombre de qualités qui portoient
l'apparence des plus grandes vertus ».
formoient ſon caractère ; mais il n'en
avoit aucune dont il
n'eût défiguré
miſérablement l'image. Lié avec tout .
ce que Rome avoit de plus ſcélérats , il
paroiſſoit en même temps l'admira--
teur le plus zélé des Citoyens les plu#
vertueux.
Sa maiſon étoit remplie de
•.
A vi
º
12 MERCURE DE FRANCE.
tous les objets qui ſervent à flatter la
débauche ; mais ils y étoient accompa
gnés de tout ce qui peut ſervir d'ai
guillon au
travail & à l'induſtrie
:
c'étoit à la fois une ſcène perpétuelle
· des vices les plus raffinés, & une école
d'éxercices militaires. Jamais homme
ne réunit tant de parties oppoſées , &
tant de ces qualités & de ces paſſions
qui ſemblent mutuellement s'exclure ;
perſonne ne poſſéda jamais mieux l'art de
ſe rendre agréable aux bons Citoyens,
& d'entretenir en même temps une liai
ſon étroite avec les plus mauvais ; per
ſonne ne marqua plus de goût pour les
bons principes, & n'en ſuivit jamais de
plus déteſtables; nul homme ne fut plus
outré dans la débauche, & plus capable
de perſévérance dans le travail ; n'eut
plus d'avidité pour le †. & plus de
profuſion dans la dépenſe : perſonne
enfin n'eut jamais tant de facilité à ſe
· faire des amis & à ſe les attacher ſolide
ment, ſi tant eſt que l'amitié puiſſe ha
biter dans des cœurs d'où la vertu eſt
bannie. Il partageoit avec eux tout ce
qu'il poſſédoit, ſon argent, ſon crédit,
ſes maîtreſſes ; rien en un mot ne lui
•coûtoit pour obliger ceux qu'il pouvoit
s'attacher par de pareils ſervices. Son
A V R I L. 1764.
13
caractère prenoit toujours la teinture de
ſes projets, & ſe formoit, dans toutes
les occaſions ſur ſes prétentions & ſur
ſes deſirs.Avec les gens triſtes, l'air
chagrin lui devenoit naturel : avec les
† gais, il paroiſſoit fait pour la gaîté
pour l'enjouement :
il étoit grave
avec les vieillards, vif & léger avec les
jeunes gens, audacieux avec les eſprits
hardis, libre & ſans retenue avec les dé
bauchés. Cette mobilité & cette variété
continuelle avoit non-ſeulement attiré
auprès de lui tout ce qu'il y avoit de
ens ſans principes & ſans mœurs en
Italie & dans les Provinces de l'Empire,
mais lui avoit procuré un grand nombre
d'amis parmi les plus honnêtes gens de
la République, à qui l'apparence de ſes
vertus faiſoit illuſion.
I. Fondé ſur toutes ces reſſources,
Catilina commença bientôt à cabaler
ſourdement, & à tenir des aſſemblées
ſecrettes. Un Citoyen nommé L. Por
cius Lecca prêta ſa maiſon aux Conjurés,
· qui s'y raſſembloient toutes les nuits. Le
projet étoit prêt à éclater, & la Répu
blique touchoit au moment de ſa perte,
quand une bravade indiſcrette de deux
Conſpirateurs découvrit en partie le ſe
cret. Deux intimes amis de Catilina ſe
14 MERCURE DE FRANCE.
vantèrent qu'ils tueroient Ciceron dans
ſon lit. Cette menace, qui n'eut aucun
effet, allarma pourtant aſſez le Sénat
pour qu'il rendît ſolemnellement ce De
cret fameux (c), qui chargeoit ſpéciale
ment les Conſuls de veiller aux intéréts
de l'Empire. Quelques jours après la
Courtiſanne Fulvie, ayant ſçu le projet
entier de la Conjuration, par ſon amant
Curius qui y étoit engagé, alla le révéler
au Conſul, qui ſe prépara à en faire le
rapport le lendemain à l'Aſſemblée du
Sénat. Catilina eut l'impudence de s'y
trouver ; & c'eſt ce qui donna lieu à
Cicéron indigné de prononcer la Première
Catilinaire : Monument précieux aux
yeux des gens de Lettres, d'une vigueur
héroïque , & d'une éloquence | fou
droyante.
, II. Catilina fut étourdi de ce coup
qu'il n'avoit pas prévu,& attendit à peine
la nuit pour ſe dérober à l'indignation
publique. Un petit nombre de Conjurés
le ſuivit dans ſa retraite. Cicéron inſtruit
dès le lendemain de la fuite précipitée du
Chef de la Conjuration, convoqua le
Sénat afin d'aviſer aux meſures qu'il y
avoit à prendre. En attendant les Pères
Conſcripts, qui tardoient trop à s'aſſem
(c, Videant Coſſ ne quid detrimenti reſp, c piat .
·
A V R I L. 1764.
1 5 .
bler, le Conſul monta ſur la Tribune ..
aux Harangites, & apprit au Peuple l'é-
vaſion de Catilina, après lui avoir rendu .
compte des circonſtances de la Conjura
tion, que bien des gens ignoroient en
core. C'eſt la Seconde Catilinaire. .
-
III. On avoit trouvé moyen d'inté
reſſer en faveur de la Conſpiration naif- .
ſante, la Nation des Allobroges, dont
les Ambaſſadeurs étoient alors à Rome,
pour y ſolliciter quelques priviléges
qu'ils avoient beaucoup de peine à obte- .
nir. Quand le calme d'une lente & ſage
réflexion eut ſuccédé aux mouvemens .
rapides de la ſéduction, effrayés des riſ
ues qu'ils couroient, & du péril auquel
étoit expoſé l'Empire, ces Ambaſſadeurs
ſe déterminèrent à en donner ſecréte
ment avis au Conſul. On intercepta les
lettres des Agens de Catilina ; on ſaiſit
des amas d'armes qu'ils faiſoient par ſon
ordre ; on les conduiſit eux-mêmes en
priſon. Cicéron rend compte au Peuple
de tout ceci dans ſa Troiſième Catilinaire.
Diſcours admirable qui ſervira toujours .
de modèle aux Orateurs curieux de nar
rer avec grâce, & de raiſonner ſolide- .
IIle Ilt.
-
IV. Les Conjurés étoient toujours en .
· priſon, & le Sénat n'avoit pas encore -
Y 6 MERCURE DE FRANCE.
prononcé ſur leur ſort. D. Silanus ou
vrit l'avis rigoureux de les condamner
tous à la mort : C. Cœſar, le même qui
donna dans la ſuite des fers à ſa Patrie,
inclinoit à la douceur, & vouloit qu'on
leur laiſſât la vie. Il alla même juſqu'à
intéreſſer Cicéron en leur faveur, en fai
ſant entendre qu'une ſévérité odieuſe
pourroit mettre en danger les jours d'un
Conſul, ſi précieux à la République.
Cicéron , à ſon tour , montra les ſenti
mens les plus héroïques; proteſta qu'il
avoit fait à ſa Patrie le ſacrifice de ſa vie,-
& qu'il falloit embraſſer le parti de la ri
ueur, puiſqu'il étoit le plus ſûr pour
'Etat. Dire que ſon avis fut ſuivi una
nimement, c'eſt faire en deux mots l'élo
ge de cette Quatrième & dernière Ca
tilinaire.
DÉFENSE DE LUCIUS MURÉNA.
LE gouvernement de Rome, moitié
Aristocratique & moitié Démocratique,
produiſoit néceſſairement des cabales &
des diviſions parmi les Citoyens. Les
Perſonnages diſtingués des premières
Maiſons de la République n'étoient pas
II. Vol.
A iij
.
6
MERCURE DE FRANCE.
les ſeuls qui aſpiraſſent à l'honneur de
devenir les Chefs de l'Etat : la même
ambition animoit chacun des Patriciens;
la Préture, l'Edilité , enfin le Conſulat
devenoient tour-à-tour l'objet de leurs
voeux.
Le Peuple de ſon côté tenoit dans
ſes mains le ſort des têtes les plus illuſ
tres. La liberté dont il jouiſſoit en don
nant ſes ſuffrages lui permettoit d'en
diſpoſer à ſon gré.Les Candidats (a) le
ſçavoient bien : auſſi n'épargnoient-ils
rien pour gagner ſa bienveiilance.
..
.
Une loi ſage & prudente avoit dé
fendu expreſſément les largeſſes pécu
niaires, afin de prévenir toute eſpéce de
corruption. Quiconque étoit convaincu
de s'être ſervi de ce moyen honteux
pour parvenir aux charges, en étoit ex
clu ſans autre forme de procès. On
penſoit apparemment alors que ceux qui
· avoient l'âme aſſez baſſe pour acheter
le droit de rendre la Juſtice , ne ba
lanceroient pas à la vendre , quand ils
trouveroient l'occaſion de le faire avec
( a ) Tel étoit le nom qu'on donnoit aux
concurrens qui ſe préſentoient pour remplir les
charges publiques , parce qu'ils ſe revêtiſſoient
alors d'une robe blanche ( en Latin candida) qu'ils
ne quittoient qu'après l'élection,
-
A VR I L. 1764.
7
impunité. C'eſt cette loi qui donna lieu
à l'accuſation intentée contre L. Mu
r(272(Z,
·
L'année du Conſulat de Cicéron étant
prête d'expirer, il fit tenir ſuivant l'u-
ſage les Comices Conſulaires , c'eſt-à-
dire l'Aſſemblée du Peuple pour l'élec
tion des Conſuls de l'année ſuivante.
Les ſuffrages tomberent ſur Decius
· Junius Silanus, & ſur Lucius Licinius
Murena. .
Ce dernier avoit un dangereux com
pétiteur dans la perſonne de Servius
Sulpitius que chacun ſçait avoir été
également recommandable & par ſa
naiſſance illuſtre , & par ſes profon
des connoiſſances dans la Juriſpruden
ce. Outré de ſe voir préférer un rival
dont le mérite peut-être étoit inférieur
au ſien, il prit le parti de l'accuſer d'a-
voir acheté les voix qui lui avoient été
favorables. .
Le Conſul déſigné, Murena, fut véri
tablement mortifié de cette accuſation
dictée par l'eſprit de vengeance. Il n'a-
voit pas ſeulement à redouter Sulpi
tius : il avoit encore à craindre le cré
dit immenſe d'un grand homme que ſon
adverſaire avoit ſçu attacher à ſes in
térêts & qui parut avec lui en qualité
A iv
8
MERCURE DE FRANCE.
d'accuſateur. C'étoit le fameux Caton ,
ce farouche Cenſeur , auſſi connu par
ſon infléxible attachement à la vertu,
que par ſes ſentimens vraîment patrio
tiques & républicains.
La cauſe de Murena fut plaidée deux
fois avant que Ciceron parlât pour lui ; la
première fois par Quintus Hortenſius ,
cet Orateur célébre dont les productions
brillantes balanceroient peut-être celles
de Ciceron, ſi elles n'étoient pas perdues
pour nous; la ſeconde par Marcus Craſ
ſus , qui prouva par pluſieurs ſuccès la
ſupériorité de ſes talens.
Le Plaidoyer de Ciceron réunit à la
fois la légéreté & l'élégance. C'eſt un
mêlange parfait de la politeſſe. la plus
aiſée & de la plaiſanterie la plus ingé
nieuſe & la plus délicate. Il y raille
avec adreſſe le pédantiſme des Juriſ
conſultes , parce que Sulpitius faiſoit
profeſſion d'être ſçavant dans les Loix &
· dans la Morale Stoïcienne, parce que Ca
ton paſſoit pour un des plus zélés Phi
loſophes de cette Secte, qui commen
çoit d'ailleurs à tomber dans le diſ-
crédit. Malgré toute ſon indifférence
philoſophique , le Stoïcien fut piqué
juſqu'au vif des ſarcaſmes dont l'acca
bloit le Prince des Orateurs. Pour s'en
A V R I L. 1764.
9
venger il dit un bon mot (b) que Plu
turque a pris ſoin de nous conſerver....
· Il faut avouer, s'écria-t-il en ſortant
de l'audience, il faut avouer que le pre
mier homme de l'Etat eſt auſſi le pre
mier Plaiſant de la République !
Un Membre de l'Académie Fran--
çoiſe, auſſi reſpectable par ſon carac
tère & par ſes mœurs, que recomman
dable par ſa ſcience & ſon érudition,
M. l'Abbé d'Olivet , a fait un beau
préſent à la République des Lettres, en
faiſant imprimer à la ſuite de ſon Com
mentaire ſur ce diſcours, celui que com
poſa pour s'exercer il y a environ 2oo
ans, un illuſtre Sçavant, Aonius Palea
rius, qu'une mort cruelle a rendu célébre
autant que ſes Ouvrages. Peu de mo
dernes ont réuſſi comme lui à imiter
le ſtyle & la diction de Cicéron qu'il
avoit pris pour modéle. Ce diſcours
excellent à lire , eſt l'accuſation de Mu
rena. On le trouve à la page 517. du
V* Tome de la belle édition in-4°. des
(Euvres de Cicéron.
( b ) Dii boni ! quàm ridiculum Conſulem ha
bemus !
A v
1o MERCURE BE FRANCE.
| DIscovRs de CrcÉRov contre L,
CATILINA , vulgairement dits les ,
QUATRE CATILINAIRES.
Quand j'entends les gens à préjugés
taxer Cicéron de poltronnerie , je me
dis auſſitôt à moi-même, il y a tout au
moins une grande imprudence à déni- .
- grer , ſur le rapport d'autrui, un homme
de mérite qu'on ne connoît pas. Il ne
faut que jetter les yeux ſur l'Hiſtoire
de la Conjuration de Catilina pour ſe .
convaincre , de l'intrépidité. & de la
grandeur d'âme de ce fameux Conſul.
Ce que j'avance paroîtra un paradoxe .
à ceux qui ne connoiſſent pas ce Mor- .
ceau précieux des Annales de la Répu
blique Romaine. Je ſçai que l'opinion .
commune eſt contre moi , mais qu'ils ,
liſent ; la mémoire de Cicéron ſera ven
ée. -
| Salluſte, cet Ecrivain hardi & ſenten- .
tieux, fait la peinture la plus frappante
& la plus vraie des mœurs qui regnoient
à Rome , dans le temps de Catilina La
Jeuneſſe, perdue , de débauches & de
dettes , emprunto:c à groſſes uſures pour
· avoir dequoi fournit, à ſes plaiſirs , &
$ : a - t : les intérêts multipliés l'em--
-
A V R I L. 1764.
I I
portoient ſur le principal : les vices les
plus honteux, déifiés par la corruption
de ceux qui leur procuroient l'apo
théoſe , faiſoient partie du culte pu
blic; les déſordres les plus infâmes de
venoient des cérémonies de Religion
pour ceux qui avoient l'adreſſe de les ca
cher ſous le voile du myſtère. L'Etat de
la République étoit trop violent pour
être durable , la révolution devenoit
comme néceſſaire ; & ſans la vigilance
du Conſul toujours actif& toujours pré
voyant, l'Empire étoit à celui qui ſau
roit le premier s'en ſaiſir.
Lucius Catilina crut être appellé par
la deſtinée à ce haut point de fortune
& de gloire; ou, pour parler plus juſte,
il voulut profiter des circonſtances pour
y parvenir. Il faut avouer auſſi que per
ſonne n'étoit plus propre à jouer le rôle .
d'un conſpirateur. .
Nombre de qualités qui portoient
l'apparence des plus grandes vertus ».
formoient ſon caractère ; mais il n'en
avoit aucune dont il
n'eût défiguré
miſérablement l'image. Lié avec tout .
ce que Rome avoit de plus ſcélérats , il
paroiſſoit en même temps l'admira--
teur le plus zélé des Citoyens les plu#
vertueux.
Sa maiſon étoit remplie de
•.
A vi
º
12 MERCURE DE FRANCE.
tous les objets qui ſervent à flatter la
débauche ; mais ils y étoient accompa
gnés de tout ce qui peut ſervir d'ai
guillon au
travail & à l'induſtrie
:
c'étoit à la fois une ſcène perpétuelle
· des vices les plus raffinés, & une école
d'éxercices militaires. Jamais homme
ne réunit tant de parties oppoſées , &
tant de ces qualités & de ces paſſions
qui ſemblent mutuellement s'exclure ;
perſonne ne poſſéda jamais mieux l'art de
ſe rendre agréable aux bons Citoyens,
& d'entretenir en même temps une liai
ſon étroite avec les plus mauvais ; per
ſonne ne marqua plus de goût pour les
bons principes, & n'en ſuivit jamais de
plus déteſtables; nul homme ne fut plus
outré dans la débauche, & plus capable
de perſévérance dans le travail ; n'eut
plus d'avidité pour le †. & plus de
profuſion dans la dépenſe : perſonne
enfin n'eut jamais tant de facilité à ſe
· faire des amis & à ſe les attacher ſolide
ment, ſi tant eſt que l'amitié puiſſe ha
biter dans des cœurs d'où la vertu eſt
bannie. Il partageoit avec eux tout ce
qu'il poſſédoit, ſon argent, ſon crédit,
ſes maîtreſſes ; rien en un mot ne lui
•coûtoit pour obliger ceux qu'il pouvoit
s'attacher par de pareils ſervices. Son
A V R I L. 1764.
13
caractère prenoit toujours la teinture de
ſes projets, & ſe formoit, dans toutes
les occaſions ſur ſes prétentions & ſur
ſes deſirs.Avec les gens triſtes, l'air
chagrin lui devenoit naturel : avec les
† gais, il paroiſſoit fait pour la gaîté
pour l'enjouement :
il étoit grave
avec les vieillards, vif & léger avec les
jeunes gens, audacieux avec les eſprits
hardis, libre & ſans retenue avec les dé
bauchés. Cette mobilité & cette variété
continuelle avoit non-ſeulement attiré
auprès de lui tout ce qu'il y avoit de
ens ſans principes & ſans mœurs en
Italie & dans les Provinces de l'Empire,
mais lui avoit procuré un grand nombre
d'amis parmi les plus honnêtes gens de
la République, à qui l'apparence de ſes
vertus faiſoit illuſion.
I. Fondé ſur toutes ces reſſources,
Catilina commença bientôt à cabaler
ſourdement, & à tenir des aſſemblées
ſecrettes. Un Citoyen nommé L. Por
cius Lecca prêta ſa maiſon aux Conjurés,
· qui s'y raſſembloient toutes les nuits. Le
projet étoit prêt à éclater, & la Répu
blique touchoit au moment de ſa perte,
quand une bravade indiſcrette de deux
Conſpirateurs découvrit en partie le ſe
cret. Deux intimes amis de Catilina ſe
14 MERCURE DE FRANCE.
vantèrent qu'ils tueroient Ciceron dans
ſon lit. Cette menace, qui n'eut aucun
effet, allarma pourtant aſſez le Sénat
pour qu'il rendît ſolemnellement ce De
cret fameux (c), qui chargeoit ſpéciale
ment les Conſuls de veiller aux intéréts
de l'Empire. Quelques jours après la
Courtiſanne Fulvie, ayant ſçu le projet
entier de la Conjuration, par ſon amant
Curius qui y étoit engagé, alla le révéler
au Conſul, qui ſe prépara à en faire le
rapport le lendemain à l'Aſſemblée du
Sénat. Catilina eut l'impudence de s'y
trouver ; & c'eſt ce qui donna lieu à
Cicéron indigné de prononcer la Première
Catilinaire : Monument précieux aux
yeux des gens de Lettres, d'une vigueur
héroïque , & d'une éloquence | fou
droyante.
, II. Catilina fut étourdi de ce coup
qu'il n'avoit pas prévu,& attendit à peine
la nuit pour ſe dérober à l'indignation
publique. Un petit nombre de Conjurés
le ſuivit dans ſa retraite. Cicéron inſtruit
dès le lendemain de la fuite précipitée du
Chef de la Conjuration, convoqua le
Sénat afin d'aviſer aux meſures qu'il y
avoit à prendre. En attendant les Pères
Conſcripts, qui tardoient trop à s'aſſem
(c, Videant Coſſ ne quid detrimenti reſp, c piat .
·
A V R I L. 1764.
1 5 .
bler, le Conſul monta ſur la Tribune ..
aux Harangites, & apprit au Peuple l'é-
vaſion de Catilina, après lui avoir rendu .
compte des circonſtances de la Conjura
tion, que bien des gens ignoroient en
core. C'eſt la Seconde Catilinaire. .
-
III. On avoit trouvé moyen d'inté
reſſer en faveur de la Conſpiration naif- .
ſante, la Nation des Allobroges, dont
les Ambaſſadeurs étoient alors à Rome,
pour y ſolliciter quelques priviléges
qu'ils avoient beaucoup de peine à obte- .
nir. Quand le calme d'une lente & ſage
réflexion eut ſuccédé aux mouvemens .
rapides de la ſéduction, effrayés des riſ
ues qu'ils couroient, & du péril auquel
étoit expoſé l'Empire, ces Ambaſſadeurs
ſe déterminèrent à en donner ſecréte
ment avis au Conſul. On intercepta les
lettres des Agens de Catilina ; on ſaiſit
des amas d'armes qu'ils faiſoient par ſon
ordre ; on les conduiſit eux-mêmes en
priſon. Cicéron rend compte au Peuple
de tout ceci dans ſa Troiſième Catilinaire.
Diſcours admirable qui ſervira toujours .
de modèle aux Orateurs curieux de nar
rer avec grâce, & de raiſonner ſolide- .
IIle Ilt.
-
IV. Les Conjurés étoient toujours en .
· priſon, & le Sénat n'avoit pas encore -
Y 6 MERCURE DE FRANCE.
prononcé ſur leur ſort. D. Silanus ou
vrit l'avis rigoureux de les condamner
tous à la mort : C. Cœſar, le même qui
donna dans la ſuite des fers à ſa Patrie,
inclinoit à la douceur, & vouloit qu'on
leur laiſſât la vie. Il alla même juſqu'à
intéreſſer Cicéron en leur faveur, en fai
ſant entendre qu'une ſévérité odieuſe
pourroit mettre en danger les jours d'un
Conſul, ſi précieux à la République.
Cicéron , à ſon tour , montra les ſenti
mens les plus héroïques; proteſta qu'il
avoit fait à ſa Patrie le ſacrifice de ſa vie,-
& qu'il falloit embraſſer le parti de la ri
ueur, puiſqu'il étoit le plus ſûr pour
'Etat. Dire que ſon avis fut ſuivi una
nimement, c'eſt faire en deux mots l'élo
ge de cette Quatrième & dernière Ca
tilinaire.
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Résumé : SUITE de l'Histoire raisonnée des Discours de CICÉRON. DÉFENSE DE LUCIUS MURÉNA.
Le texte relate la défense de Lucius Muréna par Cicéron lors des élections consulaires à Rome. Lucius Licinius Muréna et Decius Junius Silanus furent élus consuls, mais Muréna fut accusé d'achat de voix par Servius Sulpicius, soutenu par Caton. Cicéron, après Hortensius et Crassus, défendit Muréna avec éloquence et ironie, moquant les juristes et les stoïciens. Caton répliqua par une réplique spirituelle. Le texte aborde également les discours de Cicéron contre Lucius Catilina. Salluste décrit la jeunesse romaine corrompue, marquée par les dettes et les excès. Catilina, endetté et débauché, conspirait pour s'emparer du pouvoir. Sa maison servait de lieu de débauche et d'entraînement militaire. La conjuration fut découverte grâce à Fulvie, amante de Curius, un conspirateur. Cicéron, en tant que consul, dénonça la conjuration dans la première Catilinaire, forçant Catilina à fuir Rome. Les ambassadeurs des Allobroges informèrent Cicéron des périls de la conjuration, permettant la saisie d'armes et d'agents de Catilina. Dans la Troisième Catilinaire, Cicéron informa le peuple de ces actions. Les conjurés furent arrêtés et le Sénat hésita sur leur sort. Décimus Silanus prônait leur exécution, tandis que Jules César plaidait pour la clémence. Dans la Quatrième Catilinaire, Cicéron insista sur la nécessité de la rigueur pour assurer la sécurité de l'État.
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4679
p. 37-41
PARADOXE Littéraire sur les Rois de France appellés FAINÉANS.
Début :
LE surnom de Fainéans, donné aux derniers Princes de la première Race de [...]
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texteReconnaissance textuelle : PARADOXE Littéraire sur les Rois de France appellés FAINÉANS.
PARADOXE Littéraire sur les Rois de
France appellés FAINÉANS.
LE surnom de Fainéans, donné aux
derniers Princes de la première Race de
nos Rois ſans beaucoup de fondement, a
trompé juſqu'ici tous ceux qui, croyant
trouver dans les Hiſtoriens des premiers
temps de notre Monarchie les interprêtes
fidèles de la vérité, ont penſé d'après leur
témoignage qu'ils méritoient tous ce titre
odieux. J'eſſaye aujourd'hui de laver la
mémoire de la plûpart d'un accuſation ſi
déshonorante ;-& j'eſpère d'autant plus
y réuſſir, que je tirerai mes preuves
du fonds même de l'Hiſtoire, en les ap
puyant ſur des faits reconnus pour in
conteſtables.
-
-
Quand on cherche ſincèrement la vé
rité, il faut écarter tous les nuages qui
pourroient l'obſcurcir : ainſi commen
çons par prendre une idée claire & pré
ciſe des fonctions attachées à la place de
38 MERCURE DE FRANCE.
ces Sujets fameux qui faiſoient, dit-on,.
trembler leurs Maîtres , ou plutôt qui
n'en reconnoiſſoient aucun. Les Maires
du Palais, dans leur origine , dit un il
luſtre Sçavant, repréſentoient celui qui
eſt aujourd'hui en Eſpagne le Grand
Maître ou Majordome ; & c'eſt-là l'idée
qu'on doit avoir de tous les Maires du
Palais qui ſe trouvent nommés dans
l'Hiſtoire avant la mort de Dagobert I.
Leur puiſſance s'accrut , il eſt vrai, après
la mort de ce Prince ; & cet emploi, qui
n'étoit donné d'abord que pour un
temps, devint par la ſuite héréditaire
dans les familles. Ils ne commandoient .
d'abord que dans le Palais de 4os Rois :
ils ſçurent ſe rendre néceſſaires ; ils de
, vinrent bientôt premiers Miniſtres, & on
ne tarda pas à leur confier le comman
dement des Armées.Ce fut alors qu'ayant "
la force en main, le titre de Maire dut
Palais leur parut n'exprimer que foible
ment l'étendue de leur puiſſance; ils pri
rent celui de Ducs des François. Tous ces
changemens nous prouvent que l'ambi
tion fut toujours la même chez les hom
mes : adroite ou hardie, prudente ou
diſſimulée, rarement eſt-elle délicate ſur
le choix des moyens qu'elle employe
pour parvenir à ſes fins. Ce qu'il y a de
AV R I L. 1764.
g9:
ſingulier, & que d'autres ont ſûrement
remarqué avant moi , c'eſt que les fem
mes, ces mobiles ordinaires de toutes
les grandes révolutions, n'eurent aucune
part à celle-ci.
Sept de nos Rois ſont compris ſous
- l'odieuſe dénomination de Fainéans..
éxaminons ſi tous les ſept ont mérité vé
ritablement de porter ce titre.
Thierri III. eſt à leur tête.. En liſant
ſon Hiſtoire , on voit un Prince brave &
courageux, qui ſouffre avec impatience
la protection que Pepin, ſon Maire du
Palais, accordoit aux Rebelles, & qui
lève une armée pour l'en punir. Ce ne
fut pas la première fois qu'on vit ſuc
comber celui qui avoit le bon droit de
ſon côté ; Thierri fut défait, & ſa mort
ſuivit de près ſa diſgrace. Il eſt vrai
qu'elle ne fit pas plus d'éclat que celle
d'un ſimple particulier, & ce fut ſûre
ment un trait de la politique de Pepin ,
qui avoit de bonnes raiſons ſans doute
pour étouffer le bruit d'un pareil événe
1l6ºInt.
-
Clovis III , fils de Thierri, ſuccède à
ſon père. Mais que pouvoit-il faire dans
le court eſpace d'un règne dè cinq années
contre un Sujet auſſi puiſſant & auſſi ac
crédité que Pepin ?
4o MERCURE DE FRANCE.
Childebert II, frère de Clovis, monte
ſur le Trône après lui. Si l'on peut être
† homme ſans être Conquérant, le
urnom de Juſte que lui donnent les Hif
toriens, dépoſe en ſa faveur.
Je ne diſſimulerai point que ſon fils
Dagobert III eut peu d'autorité. Prince
foible & timide, ſes Peuples ſe révoltè
ſang après ſa mort.
-
rent contre lui ; & il eut ſi peu de puiſ--
fance , qu'on ne reſpecta pas même ſon
connu pour Roi,& fut nommé Chilpéric.
Le mettra-t-on au nombre des Rois
-
Daniel, fils de Childeric II, fut re- .
Fainéans, ce Prince illuſtre qui, ſecon
dé de Rainfroy, ſon Maire du Palais,
repouſſa à diverſes repriſes les efforts de
Charles Martel, & ne céda enfin qu'a-
près avoir long-temps combattu ?
Thierri IV, ſon ſucceſſeur, placé ſur
le Trône par la main du Maire du Pa
lais , le laiſſa agir d'abord par reconnoiſ
ſance. Si dans la ſuite nous ne voyons pas
qu'il ait tiré vengeance de l'inſulte ſan
glante qu'il reçut lors du Traité d'Aqui
taine , conclu avec Herald, fils du fa
meux Duc Eudes, il eſt à croire que les
moyens lui manquèrent, ou que s'il les
eut, la mort l'empêcha d'en faire uſage.
L'interrègne qui fuivit la mort de
A V R E L. 1764.
41
Thierri, en augmentant les reſſources
de Charles Martel, mit Childeric III
dans l'impuiſſance de lui réſiſter; & il
ne faut pas conclure que ce Prince n'eut
aucunes vertus, parce qu'il fut malheu
reux : tout ce qu'on en peut dire, c'eſt
qu'il ne lui fut pas poſſible de les mettre
all Jour.
France appellés FAINÉANS.
LE surnom de Fainéans, donné aux
derniers Princes de la première Race de
nos Rois ſans beaucoup de fondement, a
trompé juſqu'ici tous ceux qui, croyant
trouver dans les Hiſtoriens des premiers
temps de notre Monarchie les interprêtes
fidèles de la vérité, ont penſé d'après leur
témoignage qu'ils méritoient tous ce titre
odieux. J'eſſaye aujourd'hui de laver la
mémoire de la plûpart d'un accuſation ſi
déshonorante ;-& j'eſpère d'autant plus
y réuſſir, que je tirerai mes preuves
du fonds même de l'Hiſtoire, en les ap
puyant ſur des faits reconnus pour in
conteſtables.
-
-
Quand on cherche ſincèrement la vé
rité, il faut écarter tous les nuages qui
pourroient l'obſcurcir : ainſi commen
çons par prendre une idée claire & pré
ciſe des fonctions attachées à la place de
38 MERCURE DE FRANCE.
ces Sujets fameux qui faiſoient, dit-on,.
trembler leurs Maîtres , ou plutôt qui
n'en reconnoiſſoient aucun. Les Maires
du Palais, dans leur origine , dit un il
luſtre Sçavant, repréſentoient celui qui
eſt aujourd'hui en Eſpagne le Grand
Maître ou Majordome ; & c'eſt-là l'idée
qu'on doit avoir de tous les Maires du
Palais qui ſe trouvent nommés dans
l'Hiſtoire avant la mort de Dagobert I.
Leur puiſſance s'accrut , il eſt vrai, après
la mort de ce Prince ; & cet emploi, qui
n'étoit donné d'abord que pour un
temps, devint par la ſuite héréditaire
dans les familles. Ils ne commandoient .
d'abord que dans le Palais de 4os Rois :
ils ſçurent ſe rendre néceſſaires ; ils de
, vinrent bientôt premiers Miniſtres, & on
ne tarda pas à leur confier le comman
dement des Armées.Ce fut alors qu'ayant "
la force en main, le titre de Maire dut
Palais leur parut n'exprimer que foible
ment l'étendue de leur puiſſance; ils pri
rent celui de Ducs des François. Tous ces
changemens nous prouvent que l'ambi
tion fut toujours la même chez les hom
mes : adroite ou hardie, prudente ou
diſſimulée, rarement eſt-elle délicate ſur
le choix des moyens qu'elle employe
pour parvenir à ſes fins. Ce qu'il y a de
AV R I L. 1764.
g9:
ſingulier, & que d'autres ont ſûrement
remarqué avant moi , c'eſt que les fem
mes, ces mobiles ordinaires de toutes
les grandes révolutions, n'eurent aucune
part à celle-ci.
Sept de nos Rois ſont compris ſous
- l'odieuſe dénomination de Fainéans..
éxaminons ſi tous les ſept ont mérité vé
ritablement de porter ce titre.
Thierri III. eſt à leur tête.. En liſant
ſon Hiſtoire , on voit un Prince brave &
courageux, qui ſouffre avec impatience
la protection que Pepin, ſon Maire du
Palais, accordoit aux Rebelles, & qui
lève une armée pour l'en punir. Ce ne
fut pas la première fois qu'on vit ſuc
comber celui qui avoit le bon droit de
ſon côté ; Thierri fut défait, & ſa mort
ſuivit de près ſa diſgrace. Il eſt vrai
qu'elle ne fit pas plus d'éclat que celle
d'un ſimple particulier, & ce fut ſûre
ment un trait de la politique de Pepin ,
qui avoit de bonnes raiſons ſans doute
pour étouffer le bruit d'un pareil événe
1l6ºInt.
-
Clovis III , fils de Thierri, ſuccède à
ſon père. Mais que pouvoit-il faire dans
le court eſpace d'un règne dè cinq années
contre un Sujet auſſi puiſſant & auſſi ac
crédité que Pepin ?
4o MERCURE DE FRANCE.
Childebert II, frère de Clovis, monte
ſur le Trône après lui. Si l'on peut être
† homme ſans être Conquérant, le
urnom de Juſte que lui donnent les Hif
toriens, dépoſe en ſa faveur.
Je ne diſſimulerai point que ſon fils
Dagobert III eut peu d'autorité. Prince
foible & timide, ſes Peuples ſe révoltè
ſang après ſa mort.
-
rent contre lui ; & il eut ſi peu de puiſ--
fance , qu'on ne reſpecta pas même ſon
connu pour Roi,& fut nommé Chilpéric.
Le mettra-t-on au nombre des Rois
-
Daniel, fils de Childeric II, fut re- .
Fainéans, ce Prince illuſtre qui, ſecon
dé de Rainfroy, ſon Maire du Palais,
repouſſa à diverſes repriſes les efforts de
Charles Martel, & ne céda enfin qu'a-
près avoir long-temps combattu ?
Thierri IV, ſon ſucceſſeur, placé ſur
le Trône par la main du Maire du Pa
lais , le laiſſa agir d'abord par reconnoiſ
ſance. Si dans la ſuite nous ne voyons pas
qu'il ait tiré vengeance de l'inſulte ſan
glante qu'il reçut lors du Traité d'Aqui
taine , conclu avec Herald, fils du fa
meux Duc Eudes, il eſt à croire que les
moyens lui manquèrent, ou que s'il les
eut, la mort l'empêcha d'en faire uſage.
L'interrègne qui fuivit la mort de
A V R E L. 1764.
41
Thierri, en augmentant les reſſources
de Charles Martel, mit Childeric III
dans l'impuiſſance de lui réſiſter; & il
ne faut pas conclure que ce Prince n'eut
aucunes vertus, parce qu'il fut malheu
reux : tout ce qu'on en peut dire, c'eſt
qu'il ne lui fut pas poſſible de les mettre
all Jour.
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Résumé : PARADOXE Littéraire sur les Rois de France appellés FAINÉANS.
Le texte traite du surnom 'Fainéants' attribué aux derniers rois de la première race des rois de France, un qualificatif que l'auteur juge injustifié. Il cherche à réhabiliter la mémoire de ces souverains en s'appuyant sur des faits historiques. L'auteur commence par expliquer l'évolution des fonctions des Maires du Palais, qui sont passés de simples administrateurs à des personnages puissants et influents, occupant parfois les rôles de premiers ministres et de commandants des armées. Cette évolution illustre l'ambition constante des hommes, indépendamment des moyens utilisés. Le texte examine ensuite sept rois souvent qualifiés de 'Fainéants' : Thierry III, Clovis III, Childebert III, Dagobert III, Daniel, Thierry IV et Childeric III. Thierry III est décrit comme un prince brave et courageux, bien qu'il ait été vaincu par son Maire du Palais, Pepin. Clovis III, trop jeune et ayant régné seulement cinq ans, n'a pas pu s'opposer à Pepin. Childebert III est loué pour sa justice. Dagobert III est présenté comme faible et timide, tandis que Daniel est célébré pour ses exploits militaires. Thierry IV, bien qu'initialement soumis à son Maire du Palais, n'a pas pu se venger en raison de circonstances défavorables. Enfin, Childeric III, malgré son échec, n'est pas dépourvu de vertus. L'auteur conclut que ces rois ne méritaient pas tous le titre de 'Fainéants'.
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4680
p. 57-69
LETTRE à M ***, sur le gage de bataille, en Normandie.
Début :
VOUS désirez sçavoir, Monsieur, ce qu'étoit en Normandie, la Loi de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M ***, sur le gage de bataille, en Normandie.
LETTRE à M ***, sur le gage de bataille, en Normandie.
VOUS désirez sçavoir, Monsieur, ce
qu'étoit en Normandie, la Loi de la
Bataille, par laquelle préſque toutes les
affaires contentieuſes étoient terminées,
ſous les Regnes de Rollon, & de ſes deſ
ſendans, juſqu'à l'an 12o4, que Philippe
Auguſte réunit ce Duché à la Couronne
de France , & les différentes modifica
tions de cette Loi juſqu'à l'an 1577,
qu'elle fut abolie. Voici ce que j'ai pu
recueillir ſur ce ſujet.
Le Prince Rollon, étant devenu Duc
· de Normandie, par la ceſſion que Char
les le Simple lui en fit au 1o° Siécle, en
q 12., donna à ſes Sujets des Loix , qui
furent rédigées par les Grands de ſes
Etats. Ces Loix étoient ſimples; elles ſe
réduiſoient préſque toutes, a faire éxa
miner par
quatre cº# l'objet
38 MERCURE DE FRANCE.
des conteſtations ; & ſur leur rapport
l'Aſſiſe prononçoit. Les Procès n'étoient
ni longs ni diſpendieux ; mais dans les
cas où les Chevaliers, après s'être tranſ
portés ſur les lieux, pour examiner la
plainte, ne la pouvoient éclaircir, faute
de preuves ou de témoins ; ſi la querelle
ne paſſoit pas dix ſols , celui à qui cette
ſomme étoit demandée , étoit renvoyé
hors de cour , en affirmant qu'il ne la
devoit pas. Si la demande paſſoit dix
ſols , ou qu'il fût queſtion d'uſurpation
d'héritage , & que les Chevaliers ne
puſſent, par l'enquête, connoître la vé
rité, celui qui étoit accuſé étoit obligé
ou d'acquieſcer à la demande , ou de
gager la bataille en pleine affiſe. Ces
ſortes de batailles , qui n'étoient pas
pour cauſès criminelles , ne tendoient
point à mort d'homme; le vaincu per--
doit ſon procès , payoit l'amende *,
&e. Mais il n'en étoit pas de même des
accuſations criminelles , dont on ne
-
pouvoit faire une preuve ſuffiſante : le
plaintif& l'accuſé étoient tenus de com--
battre en champ clos, juſqu'à ce qu'il
s'enſuivît la mort d'une des deux par
ties; & le vainqueur emportoit gain
" De là le Proverbe , les Battus payent l'a--
Raide.-
(
-
º,
" .
-
-
-
A V R I L. 1764:
59
de cauſe ; car ſi l'un des deux ſe rendoit
à ſon adverſaire , il étoit réputé cou
pable, & la Juſtice prononçoit ſon arrêt
de mort. Cet uſage étoit ſi conforme au
goût & aux mœurs de ces temps-là,qu'il
s'étendoit juſques ſur le Clergé & ſur
les femmes mêmes : avec cette diftinc
tion cependant, que ſi un Clerc non ma
rié vouloit combattre, l'Egliſe n'étoit
· pas tenue de le ſouffiir , mais que ſi un
Clerc marié portant l'habit parti , de
mandoit le combat, l'Egliſe ne pouvoit
l'empêcher ; & s'il étoit vaincu , il étoit
puni de la même manière que l'eût été
un Laïc. Lorſqu'une femme étoit accu
ſée en matière criminelle , ou d'avoir
forfait à ſon honneur ; ſi aucun Che
valier ne s'offroit à combattre pour la
défenſe de ſa cauſe, elle avoit la liberté
de ſe purger par l'igniſſe, c'eſt-à-dire
d'étendre ſes mains ſur un plateau de
fer rouge, monté ſur un trépied , ſous
lequel on entretenoit un feu ardent. Si
lorſqu'après les y avoir poſées, elle les
retiroit ſans aucun ſigne extérieur de
brûlure ,
elle étoit déclarée innocen
te : l'empreinte du feu entraînoit au
contraire après elle la condamnation de
l'accuſée.
Les hommes pouvoient auſſi , lorſ- .
-
C vj,
\
éo MERCURE DE FRANCE.
qu'ils n'avoient point de Partie civile
qui pût combattre contre eux, deman
der à ſubir l'épreuve de l'eau. On leur
attachoit les mains aux pieds ; on les
jettoit dans un fleuve.
S'ils ſurna
geoient, leur innocence étoit reconnue;
& toutes ces différentes manières de
connoître la vérité étoient appellées le
Jugement de Dieu. Il y avoit pluſieurs !
formes dans les épreuves du feu & de
l'eau dont le détail ſeroit trop long. On
peut recourir ſur ce ſujet au Traité des
Superſtitions par le Père le Brun.
Voici comment on procédoit à gager
la bataille. Le plaintif citoit aux Aſſiſes
celui qu'il accuſoit de lui avoir uſurpé
ſon héritage, volé ſon argent, ou tué
ſon parent. Lorſque l'accuſé nioit le
fait, & que la preuve étoit difficile à
faire , le plaintifjettoit un gage dans
l'Audience, comme ſon gantelet , ſa
ceinture , ou ſon écu , & donnoit cau
tion de ſoutenir la bataille. L'accuſé ac
ceptoit le défi
jettoit pareillement un
gage, & donnoit auſſi caution pour la
bataille. La Juſtice
faiſoit relever les
gages , recorder les paroles de l'accuſa- .
tion & de la défenſe, par ſept perſonnes
véridiques & exemples de blâme. Ceux
qui après avoir calomnié ou dit des
A V R I L. 1764.
·
6 i
injures à quelqu'un, avoient été con
damnés à ſe dédire en pleine Audien
ce, ou à l'Egliſe dans un jour ſolem
nel , en ſe prenant par le bout du nez,
& en diſant qu'ils n'avoient pas dit la
vérité , ne pouvoient ſervir de recor
deurs : ils étoient même pendant bien
du temps l'objet de la riſée publique ,
car la canaille ne manquoit pas de les
: reconduire en criant : Il a un pied de
nez. Lorſque le ſujet de la bataille étoit
conſtaté, les Champions étoient mis dans
la priſon ; on leur donnoit des Maîtres
en fait d'Armes, à leurs dépends, s'ils
· en demandoient : les perſonnes de qua
lité qui ne vouloient pas ſe rendre en
priſon, étoient confiées à des Chevalliers,
qui s'obligeoient à les repréſenter ,
· morts ou vifs , au jour que la Bataille
étoit indiquée ; ceci s'appelloit être mis
, en vive priſon. Pendant que cette vive
priſon duroit, il n'étoit permis à per
ſonne d'inſulter les Champions, ſous les
peines les plus grièves. Le jour de la Ba
taille arrivé, ſi c'étoit entre deux Nobles,
, ils étoient tenus de s'offrir a la juftice
· armés en guerre , auſſi-tôt que midi
étoit paſſé. Si c'étoit des roturiers, ils
devoient comparoître a la même heure,
appareillés en leurs livrées ou en leurs
62 MERCURE DE FRANCE.
côtes , avec leurs écus , & leurs bâtons
cornus, armés de draps , de cuir , de
laine , ou d'eſtoupes , n'ayant à leurs
bâtons, à leurs armures des jambes, &
à leurs écus , que du feuſt, ou du cuir ,.
& ne devant ſe ſervir pour combattre,
que de l'écu, & du bâton. Ils devoient
avoir les cheveux rognés pardeſſus les
oreilles, & pouvoient être oings, s'ils
le jugeoient à propos. Dans toutes les Ba
tailles, les armes devoient être égales; &
pour plus grande régularité, s'il man
quoit un œil ou un bras à l'un des
Champions , ſon adverſaire combattoit
un œuil fermé ou un bras attaché. Le
jour de la Bataille arrivé, les Champions
ſe rendoient à la Juriſdiction ; les Juges
recordoient de nouveau en leur préſence,.
les paroles ſur leſquelles la Bataille
avoit été gagée ; puis on les menoit au
Champ. Cétoit un terrain quarré proche
la ville, entouré de paliſſades. Les Juges
· s'y rendoient auſſi ; & lorſqu'ils étoient
arrivés, pourvu que l'heure de midi
fût paſſée , un Huiſſier crioit à haute
voix, aux quatre bords du champ : Tels
venez au champ faire votre devoir. Ce
cri ſe répétoit trois fois dans une heure..
Au dernier appel , les Champions.
ſe préſentoient à la barrière pour en --
-
A V R I L. 1764.
63
trer dans le champ , armés de toutes
piéces. Alors le Connétable, les Maré
chaux*, ou à leur défaut un Chevalier
commis par la Juſtice, pour garder les
lices & barrières, leur demandoit leur
nom , le ſujet de leur bataille , & s'ils
vouloient entrer au champ pour com
battre.. A quoi ils répondoient , oui.
Sur leur réponſe, la barrière leur étoit
ouverte. Deux Chevaliers des plus re
nommés conduiſoient d'abord l' Acteur
dans ſa tente, qui étoit dreſſée au côté
droit ; deux autres conduiſoient le dé
fenſeur, dans une autre tente dreſſée au
côté gauche. Les deux Champions y
reſtoient quelque temps pour ſe recueil
lir & prier Dieu. Pendant ce temps, la
Juſtice faiſoit crier le Baon du Prince
aux quatre coins du champ : » Qu'aucun :
» ne fût ſi hardi, ſous peine de la vie,
» d'aider ou nuire aux Champions, dè,
» fait, de paroles , ni de ſignes ,
» qu'aucun des gens d'armes, qui étoient
* Ce n'étoit que lorſqu'il y avoit des batailles .
entre des gens de qualité, que le Connétable &
les § y aſſiſtoient. Chaque Provincer
avoit ſes Maréchaux : ils n'ont été conſervés
que pour celle de France ; mais anciennementº
il y avoit des Maréchaux de Normandie , de
Poitou., &c.
64 MERCURE DE FRANCE.
» affis autour du champ clos, ne mette
» la main aux lices , ne ſe meuve, ne
» touſſe , ni crache. Ce Baon publié , &
les Champions ayant prié Dieu ſuffiſa
ment , ils ſortoient de leurs tentes, ſe
mettoient à genoux au milieu du champ,
ſe prenoient par les mains, juroient de
nouveau les paroles de la bataille; puis
les Chevaliers leur demandoient s'ils
croyoient à Dieu le Père , au Fils &
au Saint-Eſprit ? S'ils n'euſſent pas fait
cette profeſſion de foi , on ne les au
| roit pas laiſſé combattre ; mais ils
auroient été punis comme hérétiques ,
parce que ( dit un ancien Commenta
teur ) il étoit autrefois plus de mécréans
qu'il n'en eſt aujourd'hui. Les Cham
pions juroient en outre de n'employer
aucun ſortilége pour remporter
la
victoire. Tout ce cérémonial rempli ,
ils rentroient encore un inſtant dans
leur tente pour adorer Dieu : on crioit
pour la dernière fois le Baon du Prin
ce; on commandoit à tous de vuider
les lices ; les quatre Chevaliers ſe re
tiroient aux quatre côtés de l'intérieur
du champ, & y reſtoient ſeuls avec les
Champions , pour être témoins de la
bataille, & pour écouter ſi dans le com
bat l'un ſe rendoit, à l'autre ; puis on
*.
-
A V R I L. 1764.
6;
crioit aux Champicns de faire leur de
voir. Auſſitôt ils ſortoient de leurs ten
tes & combattoient à pied ou à cheval.
Si l'accuſé pouvoit ſe défendre juſqu'à
l'heure que les Etoiles devoient pa
reître au Ciel , l'Ačleur étoit réputé
vaincu , » parce qu'il n'avoit pu proit
» ver par ſon corps ce qu'il avoit offert
» de prouver en une heure de jour. Lorſ
qu'un des Champions ſe rendoit à ſon
adverſaire , les quatre Chevaliers com
mis à juger de la bataille alloient en
inſtruire la Juſtice; & le vaincu ſubiſ
ſoit la peine du crime pour lequel la
bataille avoit été gagée. S'il étoit tué
dans le combat, ſon corps étoit porté
au gibet. Il y a un exemple mémora
ble de ceci, dans la Province de Nor
mandie.
Jean, Seigneur de Carrouge, & Jac
ques Legris , Seigneur d'Echaufour 2
étoient liés d'une étroite amitié. Carrou
ge épouſa une jeune & belle femme , &
fit peu après un voyage d'Outre-mer.
Pendant ſon abſence, un homme épris
des charmes de la nouvelle mariée, entra
la nuit dans ſa chambre, & lui ravit ſon
honneur. L'auteur d'une action ſi inique
avoit pris toutes les précautions imagi
nables pour n'être pasreconnu. L'épouſè
66 MERCURE DE FRANCE. .
de Carrouge crut avoir diſtingué Legris.
Carrôuge ne fut pas plutôt de retour,
que ſa femme fondant en pleurs lui ra
conta ſon malheur, & accuſa Legris de
ce crime. Carrouge ne pouvoit penſer
que ſon ami eût été capable d'une telle
perfidie ; mais ſa femme lui fit tant de
ſermens, qu'il ſe laiſſa perſuader. Il aſ
ſembla donc les perſonnes auxquelles il
avoit confiance , qui toutes lui conſeil
lèrent de porter ſa plainte au Comte d'A-
lençon, Seigneur des deux Fiefs. Les
Parties furent citées.
Legris proteſta
u'il étoit innocent , & prouva qu'il
toit chez le Comte au jour & au mo
ment même que la Dame diſoit avoir été
violée. C'étoit prouver l'alibi. La fem
me de Carrouge ne pouvoit adminiſtrer
de preuves. Le Comte d'Alençon lui dit† elle avoit eu un ſonge,
ont ſon imagination avoit été bleſſée ;
& conſeilla aux Parties d'étouffer cette
affaire. Carrouge ne put ſe réſoudre à la
terminer ainſi , parce qu'elle avoit trop.
éclatée ; il la porta au Parlement de Pa
ris, où elle fut débattue pendant plus
de dix-huit mois. Ce Tribunal enfin
n'ayant pu trouver de preuves contre
Legris, ordonna par un Arrêt de l'an
1386, que les deux Gentilhommes vui
• <
-
-
A V R I L. 1764.
-
67
deroient leur querelle par un Combat
en champ clos ; que le vainqueur empor
teroit gain de cauſe; que le vaincu ſe
roit pendu au gibet; & que ſi Carrouge
ſuccomboit, ſa femme ſeroit brûlée. Le
Roi Charles VI & toute ſa Cour furent
ſpectateurs de ce Duel. Les Champions
commencèrent le Combat à cheval; &
n'ayant pu remporter aucun avantage
l'un ſur l'autre, ils mirent pied à terre.
Le choc fut terrible. Carrouge reçut d'a-
bord dans la cuiſſe un coup d'épée qui
effraya tous ceux de ſon parti ; mais il
ne tarda pas à reprendre ſes forces , &
chargea ſon ennemi avec tant de furie,
qu'il le renverſa, & lui paſſa ſon épée au
travers du corps. Tout le monde applau
dit; Legris fut livré au Bourreau, traîné
par les rues, & pendu à Montfaucon.
Carrouge fut ſe proſterner aux pieds du
Roi, qui le releva, lui fit délivrer 1ooo l..
& le retint au ſervice de ſa Chambre,
avec 2oo liv. d'appointemens.
Quelques années après un Brigand
ayant été condamné au ſupplice, avoua
qu'il étoit coupable du crime dont Legris .
avoit été accuſé. La femme de Carrouge
ſe livra tellement à ſes remords que, ſon
mari étant mort peu de temps après , .
alle ſe retira dans un Monaſtère , pour
68 MERCURE DE FRANCE.
y paſſer le reſte de ſes jours dans une
auſtère pénitence.
-
Tels§ les inconvéniens de la loi
de la Bataille , dont l'abus s'étoit fait
ſentir dans tous les temps. Lorſque
Philippe Auguſte réunit la Normandie à
la Couronne, il tint un Conſeil à Liſle
bonne dans le pays de Caux , auquel
tous les Ordres de cette Province furent
convoqués, pour ſtatuer ſur les Loix qui
avoient été établies par les Ducs de Nor
mandie. Quand il fut queſtion de la Ba
taille, on décida qu'elle ſeroit abolie ;
parce que les forts, qui s'en prévaloient ,
enlevoient aux foibles ce qui leur appar
tenoit légitimement; ou les faiſoient paſ
ſer pour coupables lorſqu'ils étoient in
nocens. Les choſes reſtèrent ainſi juſques
au Règne de Philippe le Hardi, en 1271,
quiconſidérant que depuisl'aboliſſement
de la Bataille, il ſe commettoit des cri
mes dont on ne pouvoit faire la preuve,
& dont on ne craignoit plus la punition
par le ſort des armes , ordonna que les
Batailles auroient lieu comme aupara
vant, dans les cas criminels ſeulement.
Mais l'Egliſe s'éleva par la ſuite contre
des uſages ſi contraires à la Religion ; &
finalement, à la réformation de la Cou
tume de Normandie, ordonnée par Let
l
-
A V R I L. 1764.
ég
tres du Roi Henri III, données à Blois
le 22 Mars 1577, le gage de Bataille, &
·outes les épreuves du feu & de l'eau fu
rent entiérement abolies,
J'ai l'honneur d'être , &c.
*-
C****, Abonné au Mercure.
VOUS désirez sçavoir, Monsieur, ce
qu'étoit en Normandie, la Loi de la
Bataille, par laquelle préſque toutes les
affaires contentieuſes étoient terminées,
ſous les Regnes de Rollon, & de ſes deſ
ſendans, juſqu'à l'an 12o4, que Philippe
Auguſte réunit ce Duché à la Couronne
de France , & les différentes modifica
tions de cette Loi juſqu'à l'an 1577,
qu'elle fut abolie. Voici ce que j'ai pu
recueillir ſur ce ſujet.
Le Prince Rollon, étant devenu Duc
· de Normandie, par la ceſſion que Char
les le Simple lui en fit au 1o° Siécle, en
q 12., donna à ſes Sujets des Loix , qui
furent rédigées par les Grands de ſes
Etats. Ces Loix étoient ſimples; elles ſe
réduiſoient préſque toutes, a faire éxa
miner par
quatre cº# l'objet
38 MERCURE DE FRANCE.
des conteſtations ; & ſur leur rapport
l'Aſſiſe prononçoit. Les Procès n'étoient
ni longs ni diſpendieux ; mais dans les
cas où les Chevaliers, après s'être tranſ
portés ſur les lieux, pour examiner la
plainte, ne la pouvoient éclaircir, faute
de preuves ou de témoins ; ſi la querelle
ne paſſoit pas dix ſols , celui à qui cette
ſomme étoit demandée , étoit renvoyé
hors de cour , en affirmant qu'il ne la
devoit pas. Si la demande paſſoit dix
ſols , ou qu'il fût queſtion d'uſurpation
d'héritage , & que les Chevaliers ne
puſſent, par l'enquête, connoître la vé
rité, celui qui étoit accuſé étoit obligé
ou d'acquieſcer à la demande , ou de
gager la bataille en pleine affiſe. Ces
ſortes de batailles , qui n'étoient pas
pour cauſès criminelles , ne tendoient
point à mort d'homme; le vaincu per--
doit ſon procès , payoit l'amende *,
&e. Mais il n'en étoit pas de même des
accuſations criminelles , dont on ne
-
pouvoit faire une preuve ſuffiſante : le
plaintif& l'accuſé étoient tenus de com--
battre en champ clos, juſqu'à ce qu'il
s'enſuivît la mort d'une des deux par
ties; & le vainqueur emportoit gain
" De là le Proverbe , les Battus payent l'a--
Raide.-
(
-
º,
" .
-
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59
de cauſe ; car ſi l'un des deux ſe rendoit
à ſon adverſaire , il étoit réputé cou
pable, & la Juſtice prononçoit ſon arrêt
de mort. Cet uſage étoit ſi conforme au
goût & aux mœurs de ces temps-là,qu'il
s'étendoit juſques ſur le Clergé & ſur
les femmes mêmes : avec cette diftinc
tion cependant, que ſi un Clerc non ma
rié vouloit combattre, l'Egliſe n'étoit
· pas tenue de le ſouffiir , mais que ſi un
Clerc marié portant l'habit parti , de
mandoit le combat, l'Egliſe ne pouvoit
l'empêcher ; & s'il étoit vaincu , il étoit
puni de la même manière que l'eût été
un Laïc. Lorſqu'une femme étoit accu
ſée en matière criminelle , ou d'avoir
forfait à ſon honneur ; ſi aucun Che
valier ne s'offroit à combattre pour la
défenſe de ſa cauſe, elle avoit la liberté
de ſe purger par l'igniſſe, c'eſt-à-dire
d'étendre ſes mains ſur un plateau de
fer rouge, monté ſur un trépied , ſous
lequel on entretenoit un feu ardent. Si
lorſqu'après les y avoir poſées, elle les
retiroit ſans aucun ſigne extérieur de
brûlure ,
elle étoit déclarée innocen
te : l'empreinte du feu entraînoit au
contraire après elle la condamnation de
l'accuſée.
Les hommes pouvoient auſſi , lorſ- .
-
C vj,
\
éo MERCURE DE FRANCE.
qu'ils n'avoient point de Partie civile
qui pût combattre contre eux, deman
der à ſubir l'épreuve de l'eau. On leur
attachoit les mains aux pieds ; on les
jettoit dans un fleuve.
S'ils ſurna
geoient, leur innocence étoit reconnue;
& toutes ces différentes manières de
connoître la vérité étoient appellées le
Jugement de Dieu. Il y avoit pluſieurs !
formes dans les épreuves du feu & de
l'eau dont le détail ſeroit trop long. On
peut recourir ſur ce ſujet au Traité des
Superſtitions par le Père le Brun.
Voici comment on procédoit à gager
la bataille. Le plaintif citoit aux Aſſiſes
celui qu'il accuſoit de lui avoir uſurpé
ſon héritage, volé ſon argent, ou tué
ſon parent. Lorſque l'accuſé nioit le
fait, & que la preuve étoit difficile à
faire , le plaintifjettoit un gage dans
l'Audience, comme ſon gantelet , ſa
ceinture , ou ſon écu , & donnoit cau
tion de ſoutenir la bataille. L'accuſé ac
ceptoit le défi
jettoit pareillement un
gage, & donnoit auſſi caution pour la
bataille. La Juſtice
faiſoit relever les
gages , recorder les paroles de l'accuſa- .
tion & de la défenſe, par ſept perſonnes
véridiques & exemples de blâme. Ceux
qui après avoir calomnié ou dit des
A V R I L. 1764.
·
6 i
injures à quelqu'un, avoient été con
damnés à ſe dédire en pleine Audien
ce, ou à l'Egliſe dans un jour ſolem
nel , en ſe prenant par le bout du nez,
& en diſant qu'ils n'avoient pas dit la
vérité , ne pouvoient ſervir de recor
deurs : ils étoient même pendant bien
du temps l'objet de la riſée publique ,
car la canaille ne manquoit pas de les
: reconduire en criant : Il a un pied de
nez. Lorſque le ſujet de la bataille étoit
conſtaté, les Champions étoient mis dans
la priſon ; on leur donnoit des Maîtres
en fait d'Armes, à leurs dépends, s'ils
· en demandoient : les perſonnes de qua
lité qui ne vouloient pas ſe rendre en
priſon, étoient confiées à des Chevalliers,
qui s'obligeoient à les repréſenter ,
· morts ou vifs , au jour que la Bataille
étoit indiquée ; ceci s'appelloit être mis
, en vive priſon. Pendant que cette vive
priſon duroit, il n'étoit permis à per
ſonne d'inſulter les Champions, ſous les
peines les plus grièves. Le jour de la Ba
taille arrivé, ſi c'étoit entre deux Nobles,
, ils étoient tenus de s'offrir a la juftice
· armés en guerre , auſſi-tôt que midi
étoit paſſé. Si c'étoit des roturiers, ils
devoient comparoître a la même heure,
appareillés en leurs livrées ou en leurs
62 MERCURE DE FRANCE.
côtes , avec leurs écus , & leurs bâtons
cornus, armés de draps , de cuir , de
laine , ou d'eſtoupes , n'ayant à leurs
bâtons, à leurs armures des jambes, &
à leurs écus , que du feuſt, ou du cuir ,.
& ne devant ſe ſervir pour combattre,
que de l'écu, & du bâton. Ils devoient
avoir les cheveux rognés pardeſſus les
oreilles, & pouvoient être oings, s'ils
le jugeoient à propos. Dans toutes les Ba
tailles, les armes devoient être égales; &
pour plus grande régularité, s'il man
quoit un œil ou un bras à l'un des
Champions , ſon adverſaire combattoit
un œuil fermé ou un bras attaché. Le
jour de la Bataille arrivé, les Champions
ſe rendoient à la Juriſdiction ; les Juges
recordoient de nouveau en leur préſence,.
les paroles ſur leſquelles la Bataille
avoit été gagée ; puis on les menoit au
Champ. Cétoit un terrain quarré proche
la ville, entouré de paliſſades. Les Juges
· s'y rendoient auſſi ; & lorſqu'ils étoient
arrivés, pourvu que l'heure de midi
fût paſſée , un Huiſſier crioit à haute
voix, aux quatre bords du champ : Tels
venez au champ faire votre devoir. Ce
cri ſe répétoit trois fois dans une heure..
Au dernier appel , les Champions.
ſe préſentoient à la barrière pour en --
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trer dans le champ , armés de toutes
piéces. Alors le Connétable, les Maré
chaux*, ou à leur défaut un Chevalier
commis par la Juſtice, pour garder les
lices & barrières, leur demandoit leur
nom , le ſujet de leur bataille , & s'ils
vouloient entrer au champ pour com
battre.. A quoi ils répondoient , oui.
Sur leur réponſe, la barrière leur étoit
ouverte. Deux Chevaliers des plus re
nommés conduiſoient d'abord l' Acteur
dans ſa tente, qui étoit dreſſée au côté
droit ; deux autres conduiſoient le dé
fenſeur, dans une autre tente dreſſée au
côté gauche. Les deux Champions y
reſtoient quelque temps pour ſe recueil
lir & prier Dieu. Pendant ce temps, la
Juſtice faiſoit crier le Baon du Prince
aux quatre coins du champ : » Qu'aucun :
» ne fût ſi hardi, ſous peine de la vie,
» d'aider ou nuire aux Champions, dè,
» fait, de paroles , ni de ſignes ,
» qu'aucun des gens d'armes, qui étoient
* Ce n'étoit que lorſqu'il y avoit des batailles .
entre des gens de qualité, que le Connétable &
les § y aſſiſtoient. Chaque Provincer
avoit ſes Maréchaux : ils n'ont été conſervés
que pour celle de France ; mais anciennementº
il y avoit des Maréchaux de Normandie , de
Poitou., &c.
64 MERCURE DE FRANCE.
» affis autour du champ clos, ne mette
» la main aux lices , ne ſe meuve, ne
» touſſe , ni crache. Ce Baon publié , &
les Champions ayant prié Dieu ſuffiſa
ment , ils ſortoient de leurs tentes, ſe
mettoient à genoux au milieu du champ,
ſe prenoient par les mains, juroient de
nouveau les paroles de la bataille; puis
les Chevaliers leur demandoient s'ils
croyoient à Dieu le Père , au Fils &
au Saint-Eſprit ? S'ils n'euſſent pas fait
cette profeſſion de foi , on ne les au
| roit pas laiſſé combattre ; mais ils
auroient été punis comme hérétiques ,
parce que ( dit un ancien Commenta
teur ) il étoit autrefois plus de mécréans
qu'il n'en eſt aujourd'hui. Les Cham
pions juroient en outre de n'employer
aucun ſortilége pour remporter
la
victoire. Tout ce cérémonial rempli ,
ils rentroient encore un inſtant dans
leur tente pour adorer Dieu : on crioit
pour la dernière fois le Baon du Prin
ce; on commandoit à tous de vuider
les lices ; les quatre Chevaliers ſe re
tiroient aux quatre côtés de l'intérieur
du champ, & y reſtoient ſeuls avec les
Champions , pour être témoins de la
bataille, & pour écouter ſi dans le com
bat l'un ſe rendoit, à l'autre ; puis on
*.
-
A V R I L. 1764.
6;
crioit aux Champicns de faire leur de
voir. Auſſitôt ils ſortoient de leurs ten
tes & combattoient à pied ou à cheval.
Si l'accuſé pouvoit ſe défendre juſqu'à
l'heure que les Etoiles devoient pa
reître au Ciel , l'Ačleur étoit réputé
vaincu , » parce qu'il n'avoit pu proit
» ver par ſon corps ce qu'il avoit offert
» de prouver en une heure de jour. Lorſ
qu'un des Champions ſe rendoit à ſon
adverſaire , les quatre Chevaliers com
mis à juger de la bataille alloient en
inſtruire la Juſtice; & le vaincu ſubiſ
ſoit la peine du crime pour lequel la
bataille avoit été gagée. S'il étoit tué
dans le combat, ſon corps étoit porté
au gibet. Il y a un exemple mémora
ble de ceci, dans la Province de Nor
mandie.
Jean, Seigneur de Carrouge, & Jac
ques Legris , Seigneur d'Echaufour 2
étoient liés d'une étroite amitié. Carrou
ge épouſa une jeune & belle femme , &
fit peu après un voyage d'Outre-mer.
Pendant ſon abſence, un homme épris
des charmes de la nouvelle mariée, entra
la nuit dans ſa chambre, & lui ravit ſon
honneur. L'auteur d'une action ſi inique
avoit pris toutes les précautions imagi
nables pour n'être pasreconnu. L'épouſè
66 MERCURE DE FRANCE. .
de Carrouge crut avoir diſtingué Legris.
Carrôuge ne fut pas plutôt de retour,
que ſa femme fondant en pleurs lui ra
conta ſon malheur, & accuſa Legris de
ce crime. Carrouge ne pouvoit penſer
que ſon ami eût été capable d'une telle
perfidie ; mais ſa femme lui fit tant de
ſermens, qu'il ſe laiſſa perſuader. Il aſ
ſembla donc les perſonnes auxquelles il
avoit confiance , qui toutes lui conſeil
lèrent de porter ſa plainte au Comte d'A-
lençon, Seigneur des deux Fiefs. Les
Parties furent citées.
Legris proteſta
u'il étoit innocent , & prouva qu'il
toit chez le Comte au jour & au mo
ment même que la Dame diſoit avoir été
violée. C'étoit prouver l'alibi. La fem
me de Carrouge ne pouvoit adminiſtrer
de preuves. Le Comte d'Alençon lui dit† elle avoit eu un ſonge,
ont ſon imagination avoit été bleſſée ;
& conſeilla aux Parties d'étouffer cette
affaire. Carrouge ne put ſe réſoudre à la
terminer ainſi , parce qu'elle avoit trop.
éclatée ; il la porta au Parlement de Pa
ris, où elle fut débattue pendant plus
de dix-huit mois. Ce Tribunal enfin
n'ayant pu trouver de preuves contre
Legris, ordonna par un Arrêt de l'an
1386, que les deux Gentilhommes vui
• <
-
-
A V R I L. 1764.
-
67
deroient leur querelle par un Combat
en champ clos ; que le vainqueur empor
teroit gain de cauſe; que le vaincu ſe
roit pendu au gibet; & que ſi Carrouge
ſuccomboit, ſa femme ſeroit brûlée. Le
Roi Charles VI & toute ſa Cour furent
ſpectateurs de ce Duel. Les Champions
commencèrent le Combat à cheval; &
n'ayant pu remporter aucun avantage
l'un ſur l'autre, ils mirent pied à terre.
Le choc fut terrible. Carrouge reçut d'a-
bord dans la cuiſſe un coup d'épée qui
effraya tous ceux de ſon parti ; mais il
ne tarda pas à reprendre ſes forces , &
chargea ſon ennemi avec tant de furie,
qu'il le renverſa, & lui paſſa ſon épée au
travers du corps. Tout le monde applau
dit; Legris fut livré au Bourreau, traîné
par les rues, & pendu à Montfaucon.
Carrouge fut ſe proſterner aux pieds du
Roi, qui le releva, lui fit délivrer 1ooo l..
& le retint au ſervice de ſa Chambre,
avec 2oo liv. d'appointemens.
Quelques années après un Brigand
ayant été condamné au ſupplice, avoua
qu'il étoit coupable du crime dont Legris .
avoit été accuſé. La femme de Carrouge
ſe livra tellement à ſes remords que, ſon
mari étant mort peu de temps après , .
alle ſe retira dans un Monaſtère , pour
68 MERCURE DE FRANCE.
y paſſer le reſte de ſes jours dans une
auſtère pénitence.
-
Tels§ les inconvéniens de la loi
de la Bataille , dont l'abus s'étoit fait
ſentir dans tous les temps. Lorſque
Philippe Auguſte réunit la Normandie à
la Couronne, il tint un Conſeil à Liſle
bonne dans le pays de Caux , auquel
tous les Ordres de cette Province furent
convoqués, pour ſtatuer ſur les Loix qui
avoient été établies par les Ducs de Nor
mandie. Quand il fut queſtion de la Ba
taille, on décida qu'elle ſeroit abolie ;
parce que les forts, qui s'en prévaloient ,
enlevoient aux foibles ce qui leur appar
tenoit légitimement; ou les faiſoient paſ
ſer pour coupables lorſqu'ils étoient in
nocens. Les choſes reſtèrent ainſi juſques
au Règne de Philippe le Hardi, en 1271,
quiconſidérant que depuisl'aboliſſement
de la Bataille, il ſe commettoit des cri
mes dont on ne pouvoit faire la preuve,
& dont on ne craignoit plus la punition
par le ſort des armes , ordonna que les
Batailles auroient lieu comme aupara
vant, dans les cas criminels ſeulement.
Mais l'Egliſe s'éleva par la ſuite contre
des uſages ſi contraires à la Religion ; &
finalement, à la réformation de la Cou
tume de Normandie, ordonnée par Let
l
-
A V R I L. 1764.
ég
tres du Roi Henri III, données à Blois
le 22 Mars 1577, le gage de Bataille, &
·outes les épreuves du feu & de l'eau fu
rent entiérement abolies,
J'ai l'honneur d'être , &c.
*-
C****, Abonné au Mercure.
Fermer
Résumé : LETTRE à M ***, sur le gage de bataille, en Normandie.
La lettre traite de la loi de la bataille en Normandie, en vigueur jusqu'en 1204, date à laquelle Philippe Auguste intégra le duché à la couronne de France. Cette loi, établie par Rollon au Xe siècle, permettait de résoudre les conflits par un jugement divin. En l'absence de preuves, les parties pouvaient recourir à un duel judiciaire. Pour les litiges civils, le perdant devait payer une amende, tandis que pour les crimes, le combat se poursuivait jusqu'à la mort. Les clercs mariés et les femmes pouvaient également participer, avec des procédures spécifiques comme l'épreuve du fer chaud ou de l'eau. Les duels étaient soigneusement préparés. Les nobles combattaient avec des armes, tandis que les roturiers utilisaient des armes plus simples. Les champions portaient des protections légères et utilisaient des bâtons et des écus en bois ou en cuir. Les armes étaient choisies de manière égale pour garantir l'équité. Le jour du duel, les champions se rendaient à la juridiction où les juges rappelaient les raisons du combat. Ils étaient conduits sur un terrain carré entouré de palissades. Après plusieurs appels, ils entraient dans le champ, armés et prêts à combattre. Si l'accusé résistait jusqu'à la tombée de la nuit, l'accusateur était déclaré vaincu. En cas de reddition ou de mort, le perdant subissait la peine prévue pour le crime. Un exemple notable est le duel entre Jean de Carrouges et Jacques Legris, accusé de viol par la femme de Carrouges. En 1386, le Parlement de Paris ordonna un duel pour trancher la dispute. Legris fut vaincu et exécuté, tandis que Carrouges fut récompensé par le roi. Plus tard, un brigand avoua être coupable du crime dont Legris avait été accusé. Philippe Auguste abolit la loi de la bataille en raison de ses abus, mais Philippe le Hardi la rétablit en 1271. L'Église s'opposa ensuite à ces pratiques, conduisant à leur abolition définitive sous Henri III en 1577.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4681
p. 69-84
FAMILLES des Plantes, par M. ADANSON, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale de Londres, Censeur Royal. A Paris, chez Vincent, Imprimeur-Libraire de Mgr le COMTE DE PROVENCE, rue S. Séverin ; avec Approbation & Privilége du Roi ; 1763 ; 2 vol.in-8 o .
Début :
CET Ouvrage, en entier, donne une histoire générale de la Botanique. [...]
Mots clefs :
Plantes, Méthode, Ouvrage, Botanique, Science, Botanistes, Auteurs, Connaissances, Genres, Familles, Anciens, Trouver, Présenter, Résultats, Détail, Système
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texteReconnaissance textuelle : FAMILLES des Plantes, par M. ADANSON, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale de Londres, Censeur Royal. A Paris, chez Vincent, Imprimeur-Libraire de Mgr le COMTE DE PROVENCE, rue S. Séverin ; avec Approbation & Privilége du Roi ; 1763 ; 2 vol.in-8 o .
FAMILLES des Plantes, par M.
ADANSON, de l'Académie des
Sciences, de la Société Royale de
Londres, Censeur Royal. A Paris,
chez Vincent, Imprimeur-Libraire de
Mgr le COMTE DE PROVEVCE,
rue S. Séverin ; avec Approbation &
Privilége du Roi ; 1763 ; 2 vol.in-8o.
CET Ouvrage, en entier, donne
une histoire générale de la Botanique.
La prèmiere Partie contient la théorie de
cette Science , & la ſeconde eſt toute
pratique. Il y régne généralement beau
coup de méthode ; & nous ne croyons
pouvoir mieux faire, que d'en préſenter
l'extrait ſuivant ſa diſtribution.
· Dans la première Partie M. Adanſon ,
7o MERCURE DE FRANCE.
expoſe l'état ancien & actuel de la Bota
nique ; il y compare les anciens travaux
des Botaniſtes à ceux des modernes. Il
penſe que les défauts que nous croyons
trouver dans les deſcriptions des anciens
Naturaliſtes Ariſtote, Téophraſte Dioſco
rides & Pline, ne ſont qu'apparens,ces
Auteurs ne donnant que des réſultats de
conoiſſancesà la pertée de tout le monde
& dépouillées des épines de l'Art , que
ſouvent leursTraducteurs ont mal rendu
leurs penſées, faute d'entendre aſſez la
Botanique. Ce ſentiment ne paroît pas
deſtitué de preuves » quoiqueThéophraſ
» te & Dioſcorides, dit-il , qui s'eſt at
» taché particulierement aux plantes, &
» qui s'eſt fait le plus grand nom ſur
» cette matière, n'ayent parlé que d'en
» viron 3 à 6ooo plantes & les ayent
» décrit de manière , qu'il eſt ſouvent
» difficile & quelquefois impoſſible de
» les reconnoître; on voit néanmoins
» dans nombres d'endroits de leurs
» ouvrages, des traits de lumière & des
» connoiſſances ſi profondes,dont quel
» ques-unes même paroiſſent ignorées
» aujourd'hui, & pourroient être appel
» lées des découvertes renouvellées des
a » Grecs, qu'on ne peut s'empêcher de
- º » convenir que malgré le mépris que
A V R I L. 1764.
71
» quelques Botaniſtes modernes affec
» tant de répandre ſur eux, ces grands
» hommes, quoiqu'ils n'ayent pas fait
» de méthode ſyſtématique , qu'ils ne
» regardoient que comme des diction
» naires trop ſuperficiels,avoient comme
» nous des connoiſſances de détail dont
» les temps ne nous ont conſervé que
» les réſultats généraux. Il eſt certain,au
» tant qu'on en peut juger par ce qui
» nous reſte des ouvrages d'Ariſtote,
» de Théophraſte , & de Pline , qu'ils
» ignoroient entiérement des parties
» que nous connoiſſons , & que nous
» avons approfondies ; mais il eſt plus
» probable, que leurs réſultats généraux
» dépendoient de ces connoiſſances de
» détail dont ces divins Auteurs laiſ
» ſoient échaper par intervalles de lé
» gères traces. Ce ſont de ces faits dont
» ne peut guères douter, tout hom
» me qui a étudié aſſez à fond les Scien
» ce naturelles ; & au lieu de croire que
» les Anciens n'ont adopté telle ou telle
22 opinion,que pance qu'ils n'avoient pas
» été auſſi loin que nous, nous devrions .
» peut - être plutôt penſer que c'eſt
» parce qu'ils avoient été beaucoup plus
» loin , & que des expériences que nous
» n'avons pas encore faites leur avoient
•72 MERCURE DE FRANCE.
» fait ſentir l'inſuſſiſance des méthodes
» dont nous nous contentons.
.
M. Adanſon fait voir auſſi que ſou
vent tel ſyſtême qui prend faveur à
l'appui de la célébrité & de la nouveau
té, n'eſt pas toujours le meilleur, & à
cet égard, il rend juſtice à la mémoire
de Tournefort, en laiſſant encore au
jourd'hui à cet illuſtre François la pre
mière place parmi les Botaniſtes » La
» préférence , dit-il , qu'on a donnée
» aux méthodes dans le choix des Etu
» des, n'a pas toujours été en raiſon
» de leur bonté ; l'eſprit national y a
» ſouvemt plus de part que le deſir de
» trouver la vérité. C'eſt ainſi que la
» méthode de Rai a été ſuivie par des
» Anglois célébres, Sloane , Pétiver,
» Martin , & en partie par Dillen; le
» ſyſtême de Rivin a été embraſſé par
» les Allemands les plus diſtingués en
» Botanique, Cretien , Knal, Ruppias,
» M. Ludwig , Siegerbek , &c. Celui
» de M. Lianaus n'a guères eu pour
» Sectateurs que ſes diſciples. Mais ce
» qui parle en faveur de la méthode de
» Tournefort, c'eſt qu'indépendemment
» des François célébres Paumier, Ma
» chant, Dodart, Niſſote, MM. de Juſ
» ſieu, & Vaillant qui le ſuivirent, elle
» fut
A V R I L. 1764:
73
» fut adoptée par les Etrangers qui te
» noient le premier rang en Botanique ;
» en Italie par Pontedeva, M. Monti &
» Micheli ; en Allemagne, en Angle
» terre & en Saxe par pluſieurs Sça
» vans diſtingués ; & ce qui ajoute en
» core au mérite de cette méthode &
» qui fait en même temps l'éloge de
» nos Botaniſtes François , c'eſt que
» malgré l'accueil que la frivolité ſem
» ble faire à la nouveauté , le ſyſtême
» de M. Lianaus ne lui a rien fait per
» dre de ſon éclat, & que M. de Juſſieu
» dont les vaſtes connoiſſances en Bo
» tanique ne laiſſent pas ſentir à la
» France la perte du grand Tournefort,
» en a toujours conſervé les ſages prin
» cipes que nous nous faiſons gloire
» d'adopter. Enfin nous voyons avec
» ſatisfaction , que ces principes ſe ré
» pandent juſqu'en Eſpagne, comme
» le témoigne l'Ouvrage tout récent
» du célébre M. Quer qui a cru très-ju
» dicieuſement ne pouvoir rien faire
» de plus utile au renouvellement de
» la Botanique dans ſon pays , que de
» traduire en ſa langue la méthode de
» Tournefort pour l'inſtruction de ſes
» diſciples ; de ſorte qu'on peut dire
» qu'elle a été ſuivie par les Nations
II. Vol.
74 MERCURE DE FRANCE.
» les pius ſçavantes de l'Europe. ... . .
» L'exécution d'une pareille méthode ,
» dans un temps où la Botanique étoit
» encore dans l'enfance , ne pouvoit
» être que l'eſfort d'un génie vaſte &
» créateur; & il ne s'eſt encore trouvé
» perſonne qui ait refuſé ces deux
» grandes qualités à l'illuſtre Tourne
» fort qui s'eſt acquis aux plus juſtes
» titres le nom de père des Botaniſtes...
» Et ce qui doit nous inſpirer plus
» d'eſtime & de confiance , c'eſt de
» voir que depuis près d'un ſiécle, elle
» ait conſervé une ſupériorité ſinguliè
» re ſur toutes celles qui ont paru de
» puis, quoiqu'elle ne fût pas étayée de
» toutes les découvertes qui ont été
» faites 7o ans après lui : d'où il eſt aiſé
» de juger combien ce grand homme
» avoit devancé & laiſſé derrière lui les
» Botaniſtes de ſon temps.
Après avoir expoſé les progrès, &
l'état ancien & actuel de la Botanique ;
après avoir fait une comparaiſon, &éta
bli une balance entre les diverſes mé
thodes ; après avoir prouvé que toutes
celles qui ont été faites juſqu'ici, ſoit
pour en faciliter l'étude, ſoit dans le deſ
ſein de trouver la méthode naturelle, ne
pouvoient remplir cet objet, ni condui
A V R IL. 4764.
75
re cette Science au degré de perfection
dont elle eſt ſuſceptible, parce que leurs
principes ne portoient que ſur la conſi
dération d'un petit nombre de parties de
Plantes; M. Adanſon démontre par un
nombre ſuffiſant de faits, de preuves &
d'expériences, qu'une méthode ou ſyſ
tême naturel en Botanique, ou en toute
autre partie de l'Hiſtoire Naturelle, s'il
en éxiſte ou s'il en peut éxiſter un, ne
peut conſiſter que dans l'enſemble des
caractères tirés de toutes les parties des
Plantes : conſidération tout-à-fait neu
ve, qui diſtribue tous les genres connus
des Plantes en cinquante-huit Familles.
· C'eſt ſur cette diſtribution que M,
Adanſon a travaillé la deuxième Partie.
ou la Partie pratique de ſon Ouvrage,
dont nous donnerons ci-après une idée.
» Tout arrangement méthodique,
» dit-il , où l'on n'admet pas de ſyſtême,
» n'eſt-il pas l'arrangement de la Na
» ture , c'eſt-à-dire, la méthode natu
» relle ? On donnera le nom que l'on
» voudra à mes Familles ; mais il n'en
» ſera pas moins vrai, qu'elles ne peu
» vent être ſyſtêmatiques, puiſqu'elles
» n'ont pas d'autres fondemens de divi
» ſion , que les vuides ou interruptions
w que la Nature nous montre dans la ſé
D ij
|
76 MERCURE DE FRANCE.
, rie des Plantes, rapprochées par tous
» les rapports de
reſſemblance ; &
» que, ſi elles ne ſont pas ces claſſes
» naturelles que l'on cherche, elles en
» ont bien l'air, & y reſſemblent fort.
» Au reſte, je ne leur donnerai pas ce
» faſtueux nom de Familles naturelles ;
» chacun les qualifiera comme il jugera
» à propos. » Si c'eſt ſur un ſemblable
modèle que M. Adanſon a dirigé ſon
plan du travail général ſur l'Hiſtoire Naº
turelle & ſur la Phyſique, dont il parle à
la page 2oo , & qui prouve la liaiſon &
la clef de toutes les Sciences naturelles,
il n'eſt pas douteux, à en juger par l'éº
xécution de celui-ci, qu'on ne ſçauroit
deſirer trop tôt de voir la publication
d'un Ouvrage auſſi utile.
.
-
| Les principaux avantages de ces Fa
milles ſont de procurer à la Botanique
1°. toute la certitude & la ſtabilité ; 2°.
l'étendue & l'univerſalité;3°. la briéveté;
4°. la facilité dont cette Science eſt ſuſ
ceptible; 5°. enfin des vues d'utilité plus
générales ſur les qualités des Plantes pour
ies teintures, & ſur leurs vertus médici
nales. Le dernier objet mérite d'autant
plus d'attention, qu'on avoit ſoupçonné
avec aſſez de fondement, que toutes les
plantes rangées dans une même Famille
-
A V R I L. 1764.
77
ſur la ſimilitude & la convenance du plus
grand nombre de leurs parties intérieu
res, avoient des vertus ſemblables qui
ne différoient que du plus ou moins dans
leur intencité, & non dans leur qualité.
Idée qui s'eſt vérifiée depuis, & que
l'expérience confirme de jour en jour.
On ſçait combien l'analyſe chymique eſt
incertaine pour décider les vertus des
Plantes; c'eſt donc un grand pas de fait
à l'avantage de la Médecine, que d'a-
voir ſçu rapporter les genres à leurs Fa
milles Naturelles. Avec cette connoiſ
ſance, on peut aller à tâtons trouver en
France des Plantes capables de ſuppléer
à certaines qu'on tire à grands frais des
pays étrangers; & , par la même raiſon,
on peut trouver en Amérique, en Afri
que & en Aſie des Plantes analogues à
celles de l'Europe. Il en eſt de même
des teintures; différentes Plantes donnent
des couleurs ſemblables en divers pays.
Que de reſſources ne trouve-t-on pas
dans la Nature, lorſqu'elle eſt étudiée
& guidée par la méthode d'une analogie
bien raiſonnée ! Et il paroît que cette
partie eſt l'élément de notre Auteur. Si
c'eſt un mérite que d'être méthodique,
on peut dire que cet Ouvrage l'eſt juſ
ques dans les plus petites parties : les
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
éxemples s'en préſentent à chaque pas,
& ſur-tout dans les ſoixante-cinq Syſtê
mes ſimples qu'il a exécutés entre les an
nées 1741 & 1755, non-ſeulement pour
remplacer les cinquante-fix Syſtêmesan
ciens,trop compliqués & trop difficiles,
mais encore pour ſuppléer à ceux qui
n'avoient pas encore été faits ſur pluſieurs
parties des Plantes, & en même temps
pour échaffauder & étayer les cinquante
huit Familles qu'il publie aujourd'hui.
Les bornes d'un Extrait ne nous per
mettent pas de nous étendre ſur nombre
de faits de Phyſique tous nouveaux,que
M. Adanſon traite, & qu'il faut lire dans
l'Ouvrage même. Telles ſont les recher
ches pour s'aſſurer s'il éxiſte dans la Na
ture des claſſes, des genres & des eſpè
ces , dans le ſens dont l'entendent les
Naturaliſtes; & il ſemble qu'il a pris la
vraie route pour la décider, en en cher
chant l'explication , les preuves & la ſo
lution dans la nature même des Plantes
& des Animaux. La ſolution de cette
queſtion étoit néceſſaire dans cet Ouvra
ge, pour concilier les débats continuels
des Botaniſtes, & pour conſtater enfin
quelles ſont les parties des Plantes dont
on doit tirer les caractères les moins arbi
traires , pour les diſtinguer les unes des
A V R I L. 1764:
79
autres. On peut mettre encore dans le
rang des choſes tout-à-fait neuves ccs
obſervations ſur la températu e des Plan
tes ; la manière dont il conſidère la vé
gétation ; ce qui donne lieu à une théo
rie qui pourra être très-utile à l'Agricul
ture ; ſa façon de conſtruire les terres ,
applicables aux divers climats, & non
bre d'autres articles auſſi intéreſſans.
uoiqu'il y ait beaucoup de détails
, profonds ſur la Science, cet Ouvrage
n'eſt cependant pas par-tout hériſſé d'é-
- pines & de difficultés. Il y a des mor
· ceaux capables de piquer la curioſité,
amuſer même en infiruiſant, ſur-tout
' dans la partie où M. Adanſon expoſe les
- réſultats des découvertes les plus moder
nes. On eſt quelquefois bien-aiſe de ſça
voir tout ce qui a été obſervé de plus
· ſingulier, & qui ſemble même tenir du
merveilleux , ſur la prodigieuſe fécon
dité des Plantes, ſur la monſtrueuſe groſ
ſeur de certains arbres , dont le tronc a
ſouvent plus de vingt-cinq pieds de dia
- mètre, ſur ces Palmiers & ces Lianes
- de trois cens pieds de hauteur, qui entre
laſſent tous les arbres d'une forêt, &
ſur tant d'autres faits auſſi ſinguliers,
qu'il n'y avoit qu'un Botaniſte Voyageur
qui en pût apprécier la juſte valeur.
ID iy
8o MERCURE DE FRANCE.
Son Voyage aux Iſles Canaries, au
Senégal & aux Iſles Açores, lui a pro
curé un grand avantage pour réformer
la partie des Plantes étrangères, qui
etoient en général peu connues, & dont
le nombre ſurpaſſe infiniment celui de
nos Plantes Européennes, & qui lui a
donné lieu d'ajouter près de cinq cens
genres aux onze cens qui avoient été
établis avant lui ; de ſorte qu'il donne
dans ſes Familles la deſcription de ſeize
cens genres environ, malgré la ſuppreſ
ſion d'un grand nombre que l'inexacti
tude des obſervations avoit fait mal-à-
propos partager en pluſieurs.
*
Nous ne ſuivrons pas plus loin M.
Adanſon dans ſes détails ſur la meil
leure manière de nommer & d'enſeigner
les Plantes; dans ſes idées ſur un plan
nouveau de réforme qu'iljuge néceſſaire
à l'Ortographe Françoiſe; dans ſa Table
raiſonnée ſur les vertus des Plantes ;
dans celle des ſynonymes anciens qu'il a
établis à leur place ; enfin dans la Table
chronologique des Auteurs dont la con
noiſſance eſt la plus néceſſaire aux Bota
niſtes. Chacun ſent l'utilité de tous ces
morceaux, pour former une convexion
en enſemble raiſonnée dans toutes les
parties d'un Ouvrage univerſel de Bota
A V R I L. 1764.
8 I
nique : nous ne finirions pas ſi nous en
treprenions de faire ſimplement l'énumé
ration des articles les plus eſſentiels trai
tés par M. Adanſon, ſur cette Science ,
qui eſt ſans contredit la plus vaſte de
l'Hiſtoire Naturelle, par la multiplicité
des objets. On peut en donner une lé
gère idée, en diſant qu'il a trouvé dans
les Auteurs plus de dix-huit mille eſpè
ces ou variétés, décrites ou figurées tant
bien que mal, & qu'on peut juger par
celles que nous poſſédons ſéches dans
des herbiers, & par l'immenſe étendue
des pays qui n'ont pas encore été déſi
chés par des Botaniſtes ſuffiſamment
inſtruits que nos richeſſes en ce genre de
collection peuvent être augmentées au
moins du double. Cette remarque lui
donne occaſion d'ajouter le ſujet d'un
grand Voyage qui ſervit d'une utilité gé
nérale pour les Sciences Naturelles, &
peut-être pour le Commerce de l'Europe.
Nous n'entrerons pareillement dans au
cun détail ſur l'exécution de la ſeconde
partie de cet Ouvrage, à laquelle nous
renvoyons le Lecteur Botaniſte ;
il y
trouvera à la tête de chaque Famille, &
à chaque genre de Plantes, toutes les
connoiſſances pratiques anciennes&mo
dernes, raſſemblées dans autant d'arti
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
cles & de colonnes qu'il y a de partiès
dans les Plantes. Ouvrage d'un détail
immenſe , & d'autant plus pénible pour
l'Auteur, qu'il a ſçu préſenter , avec un
ordre & une méthode ſingulière, &
dans l'eſpace de quelques lignes, tout
l'eſſentiel des caractères génériques ; de
ſorte que, d'un ſeul coup-d'œil, il peut
voir les reſſemblances & les différences
principales de tous les genres d'une même
Famille, enfin ſaiſir leur enſemble , ſans
être obligé de lire un très-grand nombre
de pages de deſcriptions des Auteurs, où
elles ſont comme noyées. Cette manière
auſſi neuve qu'utile de préſenter en abré
gé le tableau des connoiſſances actuelles
ſur une Science vaſte & très-compli
quée, facilite ſingulièrement la compa
raiſon de ces divers objets. Elle en faci
lite pareillement l'étude au point qu'on
pourra déſormais , ſans connoître toutes
les Plantes, ſçavoir néanmoins toute la
Botanique :
il ſuffira pour cela de con
noître deux ou trois genres les plus dif
férens de chaque Famille. Enfin, M.
Adanſon conclut avec raiſon que la Bo
tanique, ainſi traitée, n'eſt plus une
Science de nom , comme on la qualifie
tous les jours ; mais qu'elle eſt une
Science de fait, & par conſéquent ſuſ
» A
A V R I L. 1764.
83
· ceptible de combinaiſons & de problê
· mes. Il en propoſe même quelques-uns
capables d'indiquer la route qu'il faut
ſuivre, pour éxercer les Etudians en Bo
- tanique, pour fortifier les plus avancés ,
· & pour nourrir & entretenir les plus pro
· fonds Botaniſtes dans les connoiſſances
qu'ils ont acquiſes.
La vérité eſt ſimple, & ſa recherche
a conduit M. Adanſon à préférer l'ordre,
la préciſion de la méthode & la netteté
· du ſtyle aux fleurs du langage qui ne
· conviennent nullement à un Livre de
· Science traité auſſi à fond, Le même
principe de vérité l'a porté à indiquer ce
qui reſte encore à ajouter aux travaux
des Anciens & des Modernes , & aux
ſiens mêmes , pour procurer à la Botani
que toute la perfection dont cette Scien
· ce eſt ſuſceptible, Il n'eſt pas douteux
· que ſi tous les Auteurs ſe faiſoient une
•
loi de préſenter ainſi dans leurs Ouvrages
un tableau de tout ce qui a été fait avant
eux, on verroit éclorre beaucoup moins
· de volumes, & plus de choſes neuves.
D'où réſulteroit un avantage pour la
ſociété, & un luſtre de plus pour le
' ſiécle.
-
-
D vj
-
Il paroît en général que M. Adanſon a
84 MERCURE DE FRANCE.
raſſemblé dans ſes deux Volumes tout
l'hiſtorique, théorique & pratique de la
Botanique , depuis les Grecs juſqu'à
nous; qu'il y a beaucoup plus de choſes
neuves dans cet Ouvrage,qu'on ne pour
roit le dire ſans paroître chercher à le
flatter & que cet Académicien a ſuppri
mé ce qu'il y a de plus comnu, pour faire
place à des choſes plus eſſentielles ou qui
avoient été traitées avec moins d'exacti
tude & de méthode par ſes prédéceſſeurs.
C'eſt dans cette vue qu'il n'a donné
d'autres figures que celle d'une nouvelle
conſtruction, pour ne pas trop groſſir
ſon Ouvrage , renvoyant aux figures
des meilleurs Auteurs qu'il cite par-tout
où il eſt néceſſaire. *Cet Extrait, que nous avons trouvé bien fait nous a été communiqué.
ADANSON, de l'Académie des
Sciences, de la Société Royale de
Londres, Censeur Royal. A Paris,
chez Vincent, Imprimeur-Libraire de
Mgr le COMTE DE PROVEVCE,
rue S. Séverin ; avec Approbation &
Privilége du Roi ; 1763 ; 2 vol.in-8o.
CET Ouvrage, en entier, donne
une histoire générale de la Botanique.
La prèmiere Partie contient la théorie de
cette Science , & la ſeconde eſt toute
pratique. Il y régne généralement beau
coup de méthode ; & nous ne croyons
pouvoir mieux faire, que d'en préſenter
l'extrait ſuivant ſa diſtribution.
· Dans la première Partie M. Adanſon ,
7o MERCURE DE FRANCE.
expoſe l'état ancien & actuel de la Bota
nique ; il y compare les anciens travaux
des Botaniſtes à ceux des modernes. Il
penſe que les défauts que nous croyons
trouver dans les deſcriptions des anciens
Naturaliſtes Ariſtote, Téophraſte Dioſco
rides & Pline, ne ſont qu'apparens,ces
Auteurs ne donnant que des réſultats de
conoiſſancesà la pertée de tout le monde
& dépouillées des épines de l'Art , que
ſouvent leursTraducteurs ont mal rendu
leurs penſées, faute d'entendre aſſez la
Botanique. Ce ſentiment ne paroît pas
deſtitué de preuves » quoiqueThéophraſ
» te & Dioſcorides, dit-il , qui s'eſt at
» taché particulierement aux plantes, &
» qui s'eſt fait le plus grand nom ſur
» cette matière, n'ayent parlé que d'en
» viron 3 à 6ooo plantes & les ayent
» décrit de manière , qu'il eſt ſouvent
» difficile & quelquefois impoſſible de
» les reconnoître; on voit néanmoins
» dans nombres d'endroits de leurs
» ouvrages, des traits de lumière & des
» connoiſſances ſi profondes,dont quel
» ques-unes même paroiſſent ignorées
» aujourd'hui, & pourroient être appel
» lées des découvertes renouvellées des
a » Grecs, qu'on ne peut s'empêcher de
- º » convenir que malgré le mépris que
A V R I L. 1764.
71
» quelques Botaniſtes modernes affec
» tant de répandre ſur eux, ces grands
» hommes, quoiqu'ils n'ayent pas fait
» de méthode ſyſtématique , qu'ils ne
» regardoient que comme des diction
» naires trop ſuperficiels,avoient comme
» nous des connoiſſances de détail dont
» les temps ne nous ont conſervé que
» les réſultats généraux. Il eſt certain,au
» tant qu'on en peut juger par ce qui
» nous reſte des ouvrages d'Ariſtote,
» de Théophraſte , & de Pline , qu'ils
» ignoroient entiérement des parties
» que nous connoiſſons , & que nous
» avons approfondies ; mais il eſt plus
» probable, que leurs réſultats généraux
» dépendoient de ces connoiſſances de
» détail dont ces divins Auteurs laiſ
» ſoient échaper par intervalles de lé
» gères traces. Ce ſont de ces faits dont
» ne peut guères douter, tout hom
» me qui a étudié aſſez à fond les Scien
» ce naturelles ; & au lieu de croire que
» les Anciens n'ont adopté telle ou telle
22 opinion,que pance qu'ils n'avoient pas
» été auſſi loin que nous, nous devrions .
» peut - être plutôt penſer que c'eſt
» parce qu'ils avoient été beaucoup plus
» loin , & que des expériences que nous
» n'avons pas encore faites leur avoient
•72 MERCURE DE FRANCE.
» fait ſentir l'inſuſſiſance des méthodes
» dont nous nous contentons.
.
M. Adanſon fait voir auſſi que ſou
vent tel ſyſtême qui prend faveur à
l'appui de la célébrité & de la nouveau
té, n'eſt pas toujours le meilleur, & à
cet égard, il rend juſtice à la mémoire
de Tournefort, en laiſſant encore au
jourd'hui à cet illuſtre François la pre
mière place parmi les Botaniſtes » La
» préférence , dit-il , qu'on a donnée
» aux méthodes dans le choix des Etu
» des, n'a pas toujours été en raiſon
» de leur bonté ; l'eſprit national y a
» ſouvemt plus de part que le deſir de
» trouver la vérité. C'eſt ainſi que la
» méthode de Rai a été ſuivie par des
» Anglois célébres, Sloane , Pétiver,
» Martin , & en partie par Dillen; le
» ſyſtême de Rivin a été embraſſé par
» les Allemands les plus diſtingués en
» Botanique, Cretien , Knal, Ruppias,
» M. Ludwig , Siegerbek , &c. Celui
» de M. Lianaus n'a guères eu pour
» Sectateurs que ſes diſciples. Mais ce
» qui parle en faveur de la méthode de
» Tournefort, c'eſt qu'indépendemment
» des François célébres Paumier, Ma
» chant, Dodart, Niſſote, MM. de Juſ
» ſieu, & Vaillant qui le ſuivirent, elle
» fut
A V R I L. 1764:
73
» fut adoptée par les Etrangers qui te
» noient le premier rang en Botanique ;
» en Italie par Pontedeva, M. Monti &
» Micheli ; en Allemagne, en Angle
» terre & en Saxe par pluſieurs Sça
» vans diſtingués ; & ce qui ajoute en
» core au mérite de cette méthode &
» qui fait en même temps l'éloge de
» nos Botaniſtes François , c'eſt que
» malgré l'accueil que la frivolité ſem
» ble faire à la nouveauté , le ſyſtême
» de M. Lianaus ne lui a rien fait per
» dre de ſon éclat, & que M. de Juſſieu
» dont les vaſtes connoiſſances en Bo
» tanique ne laiſſent pas ſentir à la
» France la perte du grand Tournefort,
» en a toujours conſervé les ſages prin
» cipes que nous nous faiſons gloire
» d'adopter. Enfin nous voyons avec
» ſatisfaction , que ces principes ſe ré
» pandent juſqu'en Eſpagne, comme
» le témoigne l'Ouvrage tout récent
» du célébre M. Quer qui a cru très-ju
» dicieuſement ne pouvoir rien faire
» de plus utile au renouvellement de
» la Botanique dans ſon pays , que de
» traduire en ſa langue la méthode de
» Tournefort pour l'inſtruction de ſes
» diſciples ; de ſorte qu'on peut dire
» qu'elle a été ſuivie par les Nations
II. Vol.
74 MERCURE DE FRANCE.
» les pius ſçavantes de l'Europe. ... . .
» L'exécution d'une pareille méthode ,
» dans un temps où la Botanique étoit
» encore dans l'enfance , ne pouvoit
» être que l'eſfort d'un génie vaſte &
» créateur; & il ne s'eſt encore trouvé
» perſonne qui ait refuſé ces deux
» grandes qualités à l'illuſtre Tourne
» fort qui s'eſt acquis aux plus juſtes
» titres le nom de père des Botaniſtes...
» Et ce qui doit nous inſpirer plus
» d'eſtime & de confiance , c'eſt de
» voir que depuis près d'un ſiécle, elle
» ait conſervé une ſupériorité ſinguliè
» re ſur toutes celles qui ont paru de
» puis, quoiqu'elle ne fût pas étayée de
» toutes les découvertes qui ont été
» faites 7o ans après lui : d'où il eſt aiſé
» de juger combien ce grand homme
» avoit devancé & laiſſé derrière lui les
» Botaniſtes de ſon temps.
Après avoir expoſé les progrès, &
l'état ancien & actuel de la Botanique ;
après avoir fait une comparaiſon, &éta
bli une balance entre les diverſes mé
thodes ; après avoir prouvé que toutes
celles qui ont été faites juſqu'ici, ſoit
pour en faciliter l'étude, ſoit dans le deſ
ſein de trouver la méthode naturelle, ne
pouvoient remplir cet objet, ni condui
A V R IL. 4764.
75
re cette Science au degré de perfection
dont elle eſt ſuſceptible, parce que leurs
principes ne portoient que ſur la conſi
dération d'un petit nombre de parties de
Plantes; M. Adanſon démontre par un
nombre ſuffiſant de faits, de preuves &
d'expériences, qu'une méthode ou ſyſ
tême naturel en Botanique, ou en toute
autre partie de l'Hiſtoire Naturelle, s'il
en éxiſte ou s'il en peut éxiſter un, ne
peut conſiſter que dans l'enſemble des
caractères tirés de toutes les parties des
Plantes : conſidération tout-à-fait neu
ve, qui diſtribue tous les genres connus
des Plantes en cinquante-huit Familles.
· C'eſt ſur cette diſtribution que M,
Adanſon a travaillé la deuxième Partie.
ou la Partie pratique de ſon Ouvrage,
dont nous donnerons ci-après une idée.
» Tout arrangement méthodique,
» dit-il , où l'on n'admet pas de ſyſtême,
» n'eſt-il pas l'arrangement de la Na
» ture , c'eſt-à-dire, la méthode natu
» relle ? On donnera le nom que l'on
» voudra à mes Familles ; mais il n'en
» ſera pas moins vrai, qu'elles ne peu
» vent être ſyſtêmatiques, puiſqu'elles
» n'ont pas d'autres fondemens de divi
» ſion , que les vuides ou interruptions
w que la Nature nous montre dans la ſé
D ij
|
76 MERCURE DE FRANCE.
, rie des Plantes, rapprochées par tous
» les rapports de
reſſemblance ; &
» que, ſi elles ne ſont pas ces claſſes
» naturelles que l'on cherche, elles en
» ont bien l'air, & y reſſemblent fort.
» Au reſte, je ne leur donnerai pas ce
» faſtueux nom de Familles naturelles ;
» chacun les qualifiera comme il jugera
» à propos. » Si c'eſt ſur un ſemblable
modèle que M. Adanſon a dirigé ſon
plan du travail général ſur l'Hiſtoire Naº
turelle & ſur la Phyſique, dont il parle à
la page 2oo , & qui prouve la liaiſon &
la clef de toutes les Sciences naturelles,
il n'eſt pas douteux, à en juger par l'éº
xécution de celui-ci, qu'on ne ſçauroit
deſirer trop tôt de voir la publication
d'un Ouvrage auſſi utile.
.
-
| Les principaux avantages de ces Fa
milles ſont de procurer à la Botanique
1°. toute la certitude & la ſtabilité ; 2°.
l'étendue & l'univerſalité;3°. la briéveté;
4°. la facilité dont cette Science eſt ſuſ
ceptible; 5°. enfin des vues d'utilité plus
générales ſur les qualités des Plantes pour
ies teintures, & ſur leurs vertus médici
nales. Le dernier objet mérite d'autant
plus d'attention, qu'on avoit ſoupçonné
avec aſſez de fondement, que toutes les
plantes rangées dans une même Famille
-
A V R I L. 1764.
77
ſur la ſimilitude & la convenance du plus
grand nombre de leurs parties intérieu
res, avoient des vertus ſemblables qui
ne différoient que du plus ou moins dans
leur intencité, & non dans leur qualité.
Idée qui s'eſt vérifiée depuis, & que
l'expérience confirme de jour en jour.
On ſçait combien l'analyſe chymique eſt
incertaine pour décider les vertus des
Plantes; c'eſt donc un grand pas de fait
à l'avantage de la Médecine, que d'a-
voir ſçu rapporter les genres à leurs Fa
milles Naturelles. Avec cette connoiſ
ſance, on peut aller à tâtons trouver en
France des Plantes capables de ſuppléer
à certaines qu'on tire à grands frais des
pays étrangers; & , par la même raiſon,
on peut trouver en Amérique, en Afri
que & en Aſie des Plantes analogues à
celles de l'Europe. Il en eſt de même
des teintures; différentes Plantes donnent
des couleurs ſemblables en divers pays.
Que de reſſources ne trouve-t-on pas
dans la Nature, lorſqu'elle eſt étudiée
& guidée par la méthode d'une analogie
bien raiſonnée ! Et il paroît que cette
partie eſt l'élément de notre Auteur. Si
c'eſt un mérite que d'être méthodique,
on peut dire que cet Ouvrage l'eſt juſ
ques dans les plus petites parties : les
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
éxemples s'en préſentent à chaque pas,
& ſur-tout dans les ſoixante-cinq Syſtê
mes ſimples qu'il a exécutés entre les an
nées 1741 & 1755, non-ſeulement pour
remplacer les cinquante-fix Syſtêmesan
ciens,trop compliqués & trop difficiles,
mais encore pour ſuppléer à ceux qui
n'avoient pas encore été faits ſur pluſieurs
parties des Plantes, & en même temps
pour échaffauder & étayer les cinquante
huit Familles qu'il publie aujourd'hui.
Les bornes d'un Extrait ne nous per
mettent pas de nous étendre ſur nombre
de faits de Phyſique tous nouveaux,que
M. Adanſon traite, & qu'il faut lire dans
l'Ouvrage même. Telles ſont les recher
ches pour s'aſſurer s'il éxiſte dans la Na
ture des claſſes, des genres & des eſpè
ces , dans le ſens dont l'entendent les
Naturaliſtes; & il ſemble qu'il a pris la
vraie route pour la décider, en en cher
chant l'explication , les preuves & la ſo
lution dans la nature même des Plantes
& des Animaux. La ſolution de cette
queſtion étoit néceſſaire dans cet Ouvra
ge, pour concilier les débats continuels
des Botaniſtes, & pour conſtater enfin
quelles ſont les parties des Plantes dont
on doit tirer les caractères les moins arbi
traires , pour les diſtinguer les unes des
A V R I L. 1764:
79
autres. On peut mettre encore dans le
rang des choſes tout-à-fait neuves ccs
obſervations ſur la températu e des Plan
tes ; la manière dont il conſidère la vé
gétation ; ce qui donne lieu à une théo
rie qui pourra être très-utile à l'Agricul
ture ; ſa façon de conſtruire les terres ,
applicables aux divers climats, & non
bre d'autres articles auſſi intéreſſans.
uoiqu'il y ait beaucoup de détails
, profonds ſur la Science, cet Ouvrage
n'eſt cependant pas par-tout hériſſé d'é-
- pines & de difficultés. Il y a des mor
· ceaux capables de piquer la curioſité,
amuſer même en infiruiſant, ſur-tout
' dans la partie où M. Adanſon expoſe les
- réſultats des découvertes les plus moder
nes. On eſt quelquefois bien-aiſe de ſça
voir tout ce qui a été obſervé de plus
· ſingulier, & qui ſemble même tenir du
merveilleux , ſur la prodigieuſe fécon
dité des Plantes, ſur la monſtrueuſe groſ
ſeur de certains arbres , dont le tronc a
ſouvent plus de vingt-cinq pieds de dia
- mètre, ſur ces Palmiers & ces Lianes
- de trois cens pieds de hauteur, qui entre
laſſent tous les arbres d'une forêt, &
ſur tant d'autres faits auſſi ſinguliers,
qu'il n'y avoit qu'un Botaniſte Voyageur
qui en pût apprécier la juſte valeur.
ID iy
8o MERCURE DE FRANCE.
Son Voyage aux Iſles Canaries, au
Senégal & aux Iſles Açores, lui a pro
curé un grand avantage pour réformer
la partie des Plantes étrangères, qui
etoient en général peu connues, & dont
le nombre ſurpaſſe infiniment celui de
nos Plantes Européennes, & qui lui a
donné lieu d'ajouter près de cinq cens
genres aux onze cens qui avoient été
établis avant lui ; de ſorte qu'il donne
dans ſes Familles la deſcription de ſeize
cens genres environ, malgré la ſuppreſ
ſion d'un grand nombre que l'inexacti
tude des obſervations avoit fait mal-à-
propos partager en pluſieurs.
*
Nous ne ſuivrons pas plus loin M.
Adanſon dans ſes détails ſur la meil
leure manière de nommer & d'enſeigner
les Plantes; dans ſes idées ſur un plan
nouveau de réforme qu'iljuge néceſſaire
à l'Ortographe Françoiſe; dans ſa Table
raiſonnée ſur les vertus des Plantes ;
dans celle des ſynonymes anciens qu'il a
établis à leur place ; enfin dans la Table
chronologique des Auteurs dont la con
noiſſance eſt la plus néceſſaire aux Bota
niſtes. Chacun ſent l'utilité de tous ces
morceaux, pour former une convexion
en enſemble raiſonnée dans toutes les
parties d'un Ouvrage univerſel de Bota
A V R I L. 1764.
8 I
nique : nous ne finirions pas ſi nous en
treprenions de faire ſimplement l'énumé
ration des articles les plus eſſentiels trai
tés par M. Adanſon, ſur cette Science ,
qui eſt ſans contredit la plus vaſte de
l'Hiſtoire Naturelle, par la multiplicité
des objets. On peut en donner une lé
gère idée, en diſant qu'il a trouvé dans
les Auteurs plus de dix-huit mille eſpè
ces ou variétés, décrites ou figurées tant
bien que mal, & qu'on peut juger par
celles que nous poſſédons ſéches dans
des herbiers, & par l'immenſe étendue
des pays qui n'ont pas encore été déſi
chés par des Botaniſtes ſuffiſamment
inſtruits que nos richeſſes en ce genre de
collection peuvent être augmentées au
moins du double. Cette remarque lui
donne occaſion d'ajouter le ſujet d'un
grand Voyage qui ſervit d'une utilité gé
nérale pour les Sciences Naturelles, &
peut-être pour le Commerce de l'Europe.
Nous n'entrerons pareillement dans au
cun détail ſur l'exécution de la ſeconde
partie de cet Ouvrage, à laquelle nous
renvoyons le Lecteur Botaniſte ;
il y
trouvera à la tête de chaque Famille, &
à chaque genre de Plantes, toutes les
connoiſſances pratiques anciennes&mo
dernes, raſſemblées dans autant d'arti
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
cles & de colonnes qu'il y a de partiès
dans les Plantes. Ouvrage d'un détail
immenſe , & d'autant plus pénible pour
l'Auteur, qu'il a ſçu préſenter , avec un
ordre & une méthode ſingulière, &
dans l'eſpace de quelques lignes, tout
l'eſſentiel des caractères génériques ; de
ſorte que, d'un ſeul coup-d'œil, il peut
voir les reſſemblances & les différences
principales de tous les genres d'une même
Famille, enfin ſaiſir leur enſemble , ſans
être obligé de lire un très-grand nombre
de pages de deſcriptions des Auteurs, où
elles ſont comme noyées. Cette manière
auſſi neuve qu'utile de préſenter en abré
gé le tableau des connoiſſances actuelles
ſur une Science vaſte & très-compli
quée, facilite ſingulièrement la compa
raiſon de ces divers objets. Elle en faci
lite pareillement l'étude au point qu'on
pourra déſormais , ſans connoître toutes
les Plantes, ſçavoir néanmoins toute la
Botanique :
il ſuffira pour cela de con
noître deux ou trois genres les plus dif
férens de chaque Famille. Enfin, M.
Adanſon conclut avec raiſon que la Bo
tanique, ainſi traitée, n'eſt plus une
Science de nom , comme on la qualifie
tous les jours ; mais qu'elle eſt une
Science de fait, & par conſéquent ſuſ
» A
A V R I L. 1764.
83
· ceptible de combinaiſons & de problê
· mes. Il en propoſe même quelques-uns
capables d'indiquer la route qu'il faut
ſuivre, pour éxercer les Etudians en Bo
- tanique, pour fortifier les plus avancés ,
· & pour nourrir & entretenir les plus pro
· fonds Botaniſtes dans les connoiſſances
qu'ils ont acquiſes.
La vérité eſt ſimple, & ſa recherche
a conduit M. Adanſon à préférer l'ordre,
la préciſion de la méthode & la netteté
· du ſtyle aux fleurs du langage qui ne
· conviennent nullement à un Livre de
· Science traité auſſi à fond, Le même
principe de vérité l'a porté à indiquer ce
qui reſte encore à ajouter aux travaux
des Anciens & des Modernes , & aux
ſiens mêmes , pour procurer à la Botani
que toute la perfection dont cette Scien
· ce eſt ſuſceptible, Il n'eſt pas douteux
· que ſi tous les Auteurs ſe faiſoient une
•
loi de préſenter ainſi dans leurs Ouvrages
un tableau de tout ce qui a été fait avant
eux, on verroit éclorre beaucoup moins
· de volumes, & plus de choſes neuves.
D'où réſulteroit un avantage pour la
ſociété, & un luſtre de plus pour le
' ſiécle.
-
-
D vj
-
Il paroît en général que M. Adanſon a
84 MERCURE DE FRANCE.
raſſemblé dans ſes deux Volumes tout
l'hiſtorique, théorique & pratique de la
Botanique , depuis les Grecs juſqu'à
nous; qu'il y a beaucoup plus de choſes
neuves dans cet Ouvrage,qu'on ne pour
roit le dire ſans paroître chercher à le
flatter & que cet Académicien a ſuppri
mé ce qu'il y a de plus comnu, pour faire
place à des choſes plus eſſentielles ou qui
avoient été traitées avec moins d'exacti
tude & de méthode par ſes prédéceſſeurs.
C'eſt dans cette vue qu'il n'a donné
d'autres figures que celle d'une nouvelle
conſtruction, pour ne pas trop groſſir
ſon Ouvrage , renvoyant aux figures
des meilleurs Auteurs qu'il cite par-tout
où il eſt néceſſaire. *Cet Extrait, que nous avons trouvé bien fait nous a été communiqué.
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Résumé : FAMILLES des Plantes, par M. ADANSON, de l'Académie des Sciences, de la Société Royale de Londres, Censeur Royal. A Paris, chez Vincent, Imprimeur-Libraire de Mgr le COMTE DE PROVENCE, rue S. Séverin ; avec Approbation & Privilége du Roi ; 1763 ; 2 vol.in-8 o .
En 1763, Michel Adanson publie 'Familles des Plantes', une œuvre majeure en botanique divisée en deux parties : théorique et pratique. Dans cet ouvrage, Adanson compare les travaux des botanistes anciens, tels qu'Aristote et Théophraste, avec ceux des modernes, défendant les premiers pour leurs descriptions précises. Il critique les systèmes modernes, soulignant que leur popularité ne garantit pas leur supériorité. Adanson rend hommage à Tournefort, dont la méthode est encore respectée et utilisée, notamment en Espagne grâce à la traduction de Quer. Reconnu comme le 'père des Botanistes', Adanson critique les méthodes botaniques existantes, basées sur des parties limitées des plantes, et propose une nouvelle approche intégrant tous les caractères des plantes. Il classe les genres en cinquante-huit familles, offrant une méthode naturelle et systématique. Son ouvrage explore également les qualités des plantes pour les teintures et leurs vertus médicinales, permettant de trouver des substituts locaux à des plantes importées. Adanson illustre sa méthodologie rigoureuse par ses soixante-cinq systèmes réalisés entre 1741 et 1755. Publié en avril 1764, son travail inclut des observations sur la température des plantes et leur végétation, utiles à l'agriculture. Ses voyages aux Îles Canaries, au Sénégal et aux Îles Açores enrichissent la connaissance des plantes étrangères, ajoutant près de cinq cents genres aux onze cents existants. Il propose des réformes orthographiques et des tables sur les vertus des plantes et les synonymes anciens, visant à structurer la botanique de manière rationnelle et accessible.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4682
p. 84-94
ÉCOLE DE LITTERATURE, tirée de nos meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez Babuty, Quai des Augustins, Brocas & Humblot, rue S. Jacques ; 2 vol. in- 12, prix 5 liv. brochés, 6 liv. reliés.
Début :
NOUS avons déja donné plusieurs extraits de ce livre excellent, & que tous [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE DE LITTERATURE, tirée de nos meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez Babuty, Quai des Augustins, Brocas & Humblot, rue S. Jacques ; 2 vol. in- 12, prix 5 liv. brochés, 6 liv. reliés.
ÉCOLE DE LITTERATURE, tirée de
nos meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez
Babuty, Quai des Augustins, Brocas &
Humblot, rue S. Jacques ; 2 vol. in-
12, prix 5 liv. brochés, 6 liv. reliés.
NOUS avons déja donné plusieurs
extraits de ce livre excellent, & que tous
A V R I L 1764.
85
les gens de Lettres eſtiment comme une
production infiniment ſupérieure à tout
ce qui a paru de plus parfait dans ce
genre. On le regarde déja comme un de
ces Ouvrages Claſſiques, qui font loi
dans la Littérature, & doivent ſe trou
ver dans toutes les Bibliothêques &
dans les Cabinets des gens de goût. Il
n'eſt aucune claſſe d'Ecrivains,à laquelle
il ne ſoit abſolument néceſſaire. L'A-
vocat y trouvera des préceptes pour
Péloquence du Barreau; le Prédicateur,
des régles pour les Diſcours Chrétiens,
les Panégyriques , les Oraiſons funé
bres ; le Magiſtrat, I'art de faire le rap
port d'un procès ; le Poète, l'Orateur,
l'Hiſtorien , en un mot, l'homme de
' lettres , pour compoſer des Ouvrages
dans tous les genres, l'homme du mon
de pour en juger avec ſureté, ſe ſer
viront utilement & agréablement de ce
recueil, à la perfection duquel tant de
gens célébres ont contribué. Nous al
lons , ſelon la méthode que nous avons
ſuivie juſqu'à préſent, préſenter à nos
Lecteurs un morceau tiré de cette ex
cellente compilation ; c'eſt le com
mencement de l'Article qui traite de
l'Eloquence, les bornes de notre Jour
nal ne nous permettant pas de la rap
porter en entier.
36 MERCURE DE FRANCE.
.
» L'Eloquence , fille du Génie & de
» la Liberté , eſt née dans les Répu
» bliques. Les Orateurs ont appliqué
» d'abord aux grands objets du Gou
» vernement le talent de la parole ; &
» comme dans ces occafions il falloit
» en même temps convaincre & re
» muer le peuple , ils appellerent l'E-
» loquence l'art de perſuader, c'eſt
» à-dire de prouver & d'émouvoir tout
|
» enſemble.
» Nos Ecrivains modernes, pour la
» plûpart copiſtes ſuperſtitieux & ſerviles
» de l'antiquité, ont adopté cette défini
» tion , ſans faire attention que les An
» ciens qui nous l'ont laiſſée, y bor
» noient l'Eloquence à fà partie la plus
» noble & la plus étendue , & que par
, » conſéquent la définition étoit incom
.
» plette. En effet , combien de traits
» vraiment éloquens qui n'ont pour but
» que d'émouvoir , & nullement de
» convaincre ? Penſer autrement , ce
» ſeroit reſſembler à ce Mathématicien
» ſévère, qui après avoir lû la Scène
» admirable du délire de Phédre , de
» mandoit froidement ,
» cela prouve ?
qu'eſt-ce que
» La définition que nous avons don
» née de l'Eloquence renferme l'idée la
A V R I L. 1764.
87
» plus générale qu'on puiſſe en avoir.
» C'eſt, avons-nous dit, le talent de
» faire paſſer avec rapidité & d'imprimer
» avec force dans l'âme des autrès, le
» ſentiment profond dont on eſt pénétré.
» Cette définition convient à l'Eloquen
» ce même du ſilence , langage énergi
» que & quelquefois ſublime des gran
» des paſſions; à l'Eloquence du geſte ,
» qu'on peut appeller l'Eloquence du
» Peuple, par le pouvoir qu'elle a pour
» ſubjuger la multitude, toujours plus
» frappée de ce qu'elle voit, que de ce
» qu'elle entend ; enfin à cette Elo
» quence adroite & tranquille , qui ſe
» borne à convaincre ſans émouvoir ,
» & qui ne cherche point à arracher
» le conſentement , mais à l'obtenir.
» Cette derniere Eloquence n'eſt peut
» être pas la moins puiſſante ; on eſt
» moins en garde contre l'inſinuation
» que contre
la
force. Néanmoins
» comme le talent d'émouvoir eſt
le
» caractère principal de l'Eloquence ,
» c'eſt auſſi ſous ce point de vue que
| » nous allons principalement la con
» ſidérer.
» Le propre de l'Eloquence eſt non
» ſeulement de remuer , mais d'élever
» l'âme ; c'eſt l'effet même de celle qui
88 MERCURE DE FRANCE.
» ne paroît deſtinée qu'à nous arracher
» des larmes ; le pathétique & le ſu
» blime ſe tiennent ; en ſe ſentant at
» tendri , on ſe trouve en même temps
» plus grand , parce qu'on ſe trouve
» meilleur; la triſteſſe délicieuſe & dou
» ce, que produiſent en nous un diſ
» cours , un tableau touchant, nous
» donne bonne opinion de nous
» mêmes par le témoignage qu'elle nous
» rend de la ſenſibilité de notre âme ;
» ce témoignage eſt une des principa
» les ſources du plaiſir qu'on goûte ea
» aimant, & en général de celui que
» les ſentimens tendres & profonds nous
» font éprouver.
» Nous appellons l'Eloquence un ta
» lent, & non pas un Art , comme
» l'ont appellé la plûpart des Rhéteurs ;
» car tout art s'acquiert par l'étude &
» par l'exercice, & l'Eloquence eſt un
» don de la Nature. Les régles ne font
» deſtinées qu'à être le frein du génie
» qui s'égare , & non le flambeau du
» génie qui prend l'eſſor ; leur unique
» uſage eſt d'empêcher que les traits
» vraiment éloquens ne ſoient défigu
» rés par d'autres ouvrages de la né
» gligence & du mauvais goût. Ce ne
» ſont point les régles qui ont inſpiré à
A V R I L. 1764.
89
» Shakeſpeare le monologue admirable
» d'Hamlet ; mais elles nous auroient
» épargné la ſcéne barbare & dégou
» ante des foſſoyeurs.
» On rend avec netteté ce que I'on
» conçoit bien ; de même on annonce
» avec chaleur ce que l'on ſent avec
» enthouſiaſme, & les mots viennent
» auſſi aiſément pour exprimer une
» émotion vive, qu'une idée claire. Le
» ſentiment s'affoibliroit, s'éteindroit
» même dans l'Orateur , par le ſoin
» froid & étudié qu'il ſe donneroit pour
» le rendre ; & tout le fruit de ſes ef
» forts ſeroit de perſuader à ſes Audi
» teurs, qu'il ne reſſentoit pas ce qu'il
» vouloit leur inſpirer. Aimez & faites
» tout ce qu'il vous plaira , dit un Père
» de l'Egliſe aux Chrétiens ; ſentez
» vivement , & dites tout ce que vous
» voudrez , voilà la deviſe des Orateurs.
» Qu'on interroge les Ecrivains de gé
» nie ſur les plus beaux endroits de
» leurs ouvrages , ils avoueront prèſ
» que toujours, que ces endroits ſont
» ceux qui leur ont coûté le moins ,
» parce qu'ils ont été comme inſpirés
» en les
produiſant. Débarraſſée de
» toute contrainte, & bravant quelque
» fois les régles mêmes , la Nature
6o MERCURE DE FRANCE.
» produit alors les plus grands mira
» cles ; on éprouve alors la vérité de ce
» paſſage de Quintilien; c'eſt l'âme ſeule
» qut nous rend éloquens ; & les igno
» rans même , quand une violente paſſionz
» les agite, ne cherchent point ce qu'ils
» ont à dire. Tel étoit l'enthouſiaſme
» qui animoit autrefois le Payſan du Da
» nube, & qui le fit admirer dans le
· » Sanctuaire de l'Eloquence par le Sé
» nat de Rome. C'eſt ce même enthou
» ſiaſme, prompt à ſe communiquer à
» l'Auditeur, qui met tant de différence
» entre l'Eloquence parlée , ſi on peut
» ſe ſervir de cette expreſſion, & l'Elo
» quence écrite. L'Eloquence dans les
» Livres eſt à-peu-près comme la Muſi
» que ſur le papier, muette, nulle & ſans
» vie; elle y perd du moins ſa plus gran
» de force , & eHle a beſoin de l'action
» pour ſe déployer. Nous ne pouvons
» lire ſans être attendri les Péroraiſons
» touchantes de Cicéron pour Flaccus,
» pour Forteius, pour Sextius, pour
» Plancius & pour Silla, les plus admi
» rables modèles d'Eloquence que l'an
» tiquité nous ait laiſſé dans le genre pa
» thétique.Qu'on imagine l'effet qu'elles
» devoient produire dans la bouche de
» ce grand homme; qu'on ſe repréſente
-
, A V R I L. 1764.
9 L
» Cicéron au milieu du Barreau, animant
» par ſes pleurs le diſcours le plus tou
» chant, tenant le fils de Flaccus (a)
» entre ſes bras, le préſentant aux Juges,
» & implorant pour lui l'humanité & les
» loix; ſera-t-on ſurpris de ce qu'il nous
» apprend lui-même, qu'il fut interrom
» pu par les gémiſſemens & les ſanglots
» de l'Auditoire ? Sera-t-on ſurpris que
» ce tableau ait ſéduit & entraîné les
» Juges ? Sera-t-on ſurpris enfin que l'E-
» loquence de Cicéron lui ait ſervi tant
» de fois à ſauver des cliens coupables ?
» Auſſi l'Aréopage, qui ne vouloit qu'ê-
» tre juſte, avoit interdit ſévérement
» l'Eloquence aux Avocats. On y vpu
» loit, comme dans nos Tribunaux,
» plus de raiſons que de pathétique ; &
» les Juges d'Athènes, ainſi que les nô
» tres, euſſent fait perdre à Cicéron la
» plupart des Cauſes qu'il avoit gagnées
» à Rome.
» Non-ſeulement il faut ſentir pour
» être éloquent, mais il ne faut pas ſentir
» à demi, comme il ne faut pas conce
» voir à demi pour s'énoncer avec clarté.
» Pleurez, ſi vous voulez me tirer des
( a ) Voyez la Péroraiſon pour Flaccus, C'eſt
peut-être, après la Péroraiſon pour Milon, qui ne
fut pas prononcée, la plus belle de Cicéron.
92 MERCURE DE FRANCE.
» pleurs, dit Horace dans cet admirable
» Art Poëtique , qu'on doit appeller le
» Code du bon goût. On peut ajouter à
» ce précepte, tremblez & frémiſſez, ſi
» vous voulez me faire trembler & fré
» mir. Il faut avouer cependant que ſi
» l'agitation qui anime l'Orateur au mo
» ment de la production , doit toujours
» être très-vive, il n'eſt pas néceſſaire
» qu'elle ſoit ſemblable par fa nature à
» celle qu'il ſe propoſe d'exciter Notre
» âme a deux reſſorts par leſquels on la
» met en mouvement, le ſentiment &
» l'imagination.Le premier de ces deux
» reſſorts a ſans doute le plus de force ; .
» mais l'imagination peut quelquefois en
» jouer le rôle & en tenir la place. C'eſt
» par-là qu'un Orateur, ſans être réelle
» ment affligé, fera verſer des pleurs à
» ſon Auditoire, & en répandra lui-mê
» me ; c'eſt par-là qu'un Comédien, en
» ſe mettant à la place du perſonnage
» qu'il repréfente, agite & trouble les
» Spectateurs, au récit des malheurs qu'il
» n'a pas reſſentis; c'eſt enfin par-là que .
» des hommes nés avec une imagination
» ſenſible, peuvent inſpirer dans leurs
» écrits, l'amour des vertus qu'ils n'ont
» pas. L'imagination ne ſupplée jamais
» au ſentiment, par l'impreſſion qu'elle
A V R I L. 1764.
93
» fait ſur nous-mêmes; mais elle peut y
» ſuppléer, par l'impulſion qu'elle donne
» aux autres. L'effet du ſentiment en
» nous eſt plus concentré ; celui de l'i-
» magination eſt plus fait pour ſe répan
» dre au-dehors : l'action de celle-ci eſt
» plus violente & plus courte; celle du
» ſentiment eſt plus forte & plus conſ
39 taI1t5.
-
» Ainſi l'émotion qui doit animer l'O-
» rateur, doit réparer par ſa véhémence
» ce qu'elle pourra ne pas avoir en du
» rée; elle ne reſſemblera pas à cette
» agitation ſuperficielle que l'Eloquence
» excite dans les âmes froides. Impreſſion
» puremenr méchanique, produite par
» l'éxemple ou par le ton qu'on a donné
» à là multitude. Plus l'Auditeur aura de
» génie, plus auſſi ſon impreſſion reſ
» ſemblera à celle de l'Orateur, plus il
» ſera capable d'imiter ce qu'il admire.
· » Si l'effet de l'Eloquence eſt de faire
» paſſer dans l'âme des autres le mouve
» ment qui nous anime, il s'enſuit que
» plus le diſcours ſera ſimple dans un
» grand Sujet, plus il ſera éloquent,
» parce qu'il repréſentera le ſentiment
» avec plus de vérité. Je ne ſçai par
» quelle raiſon tant d'Ecrivains moder
» nes nous parlent de l'Eloquence des
94 MERCURE DE FRANCE.
» choſes , comme s'il y avoit une Elo
» quence des mots. L'Eloquence, on ne
» ſçauroit trop le redire, n'eſt jamais
» que dans le Sujet, & le caractère
» du Sujet , ou plutôt du ſentiment qu'il
» produit, paſſe de lui-même au diſcours.
» L'Eloquence ne conſiſte donc point ,
» comme quelques Anciens l'ont dit, &
» comme tant d'autres l'ont répété, à
» dire les grandes choſes d'un ſtyle ſu
» blime , mais d'un ſtyle ſimple
C'eſt
» affoiblir une grande idée, que de
» chercher à la relèver par la pompe des
» paroles, &c. &c.
Nous regrettons de ne pouvoir pas
copier le reſte de cet article, également
digne, & du nom de M. d'Alembert, &
de la place qu'il occupe dans cette Col
lection des Ecrits de nos plus grands
Littérateurs : on y verroit toutes les rè
gles de l'Eloquence préſentées avec au
tant de clarté que de préciſion. Le même
Académicien a auſii ſourni l'Article du
Style ; nous oſons dire qu'aucun Ecri
, vain avant lui, n'avoit ſi bien traité cette
matière.
nos meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez
Babuty, Quai des Augustins, Brocas &
Humblot, rue S. Jacques ; 2 vol. in-
12, prix 5 liv. brochés, 6 liv. reliés.
NOUS avons déja donné plusieurs
extraits de ce livre excellent, & que tous
A V R I L 1764.
85
les gens de Lettres eſtiment comme une
production infiniment ſupérieure à tout
ce qui a paru de plus parfait dans ce
genre. On le regarde déja comme un de
ces Ouvrages Claſſiques, qui font loi
dans la Littérature, & doivent ſe trou
ver dans toutes les Bibliothêques &
dans les Cabinets des gens de goût. Il
n'eſt aucune claſſe d'Ecrivains,à laquelle
il ne ſoit abſolument néceſſaire. L'A-
vocat y trouvera des préceptes pour
Péloquence du Barreau; le Prédicateur,
des régles pour les Diſcours Chrétiens,
les Panégyriques , les Oraiſons funé
bres ; le Magiſtrat, I'art de faire le rap
port d'un procès ; le Poète, l'Orateur,
l'Hiſtorien , en un mot, l'homme de
' lettres , pour compoſer des Ouvrages
dans tous les genres, l'homme du mon
de pour en juger avec ſureté, ſe ſer
viront utilement & agréablement de ce
recueil, à la perfection duquel tant de
gens célébres ont contribué. Nous al
lons , ſelon la méthode que nous avons
ſuivie juſqu'à préſent, préſenter à nos
Lecteurs un morceau tiré de cette ex
cellente compilation ; c'eſt le com
mencement de l'Article qui traite de
l'Eloquence, les bornes de notre Jour
nal ne nous permettant pas de la rap
porter en entier.
36 MERCURE DE FRANCE.
.
» L'Eloquence , fille du Génie & de
» la Liberté , eſt née dans les Répu
» bliques. Les Orateurs ont appliqué
» d'abord aux grands objets du Gou
» vernement le talent de la parole ; &
» comme dans ces occafions il falloit
» en même temps convaincre & re
» muer le peuple , ils appellerent l'E-
» loquence l'art de perſuader, c'eſt
» à-dire de prouver & d'émouvoir tout
|
» enſemble.
» Nos Ecrivains modernes, pour la
» plûpart copiſtes ſuperſtitieux & ſerviles
» de l'antiquité, ont adopté cette défini
» tion , ſans faire attention que les An
» ciens qui nous l'ont laiſſée, y bor
» noient l'Eloquence à fà partie la plus
» noble & la plus étendue , & que par
, » conſéquent la définition étoit incom
.
» plette. En effet , combien de traits
» vraiment éloquens qui n'ont pour but
» que d'émouvoir , & nullement de
» convaincre ? Penſer autrement , ce
» ſeroit reſſembler à ce Mathématicien
» ſévère, qui après avoir lû la Scène
» admirable du délire de Phédre , de
» mandoit froidement ,
» cela prouve ?
qu'eſt-ce que
» La définition que nous avons don
» née de l'Eloquence renferme l'idée la
A V R I L. 1764.
87
» plus générale qu'on puiſſe en avoir.
» C'eſt, avons-nous dit, le talent de
» faire paſſer avec rapidité & d'imprimer
» avec force dans l'âme des autrès, le
» ſentiment profond dont on eſt pénétré.
» Cette définition convient à l'Eloquen
» ce même du ſilence , langage énergi
» que & quelquefois ſublime des gran
» des paſſions; à l'Eloquence du geſte ,
» qu'on peut appeller l'Eloquence du
» Peuple, par le pouvoir qu'elle a pour
» ſubjuger la multitude, toujours plus
» frappée de ce qu'elle voit, que de ce
» qu'elle entend ; enfin à cette Elo
» quence adroite & tranquille , qui ſe
» borne à convaincre ſans émouvoir ,
» & qui ne cherche point à arracher
» le conſentement , mais à l'obtenir.
» Cette derniere Eloquence n'eſt peut
» être pas la moins puiſſante ; on eſt
» moins en garde contre l'inſinuation
» que contre
la
force. Néanmoins
» comme le talent d'émouvoir eſt
le
» caractère principal de l'Eloquence ,
» c'eſt auſſi ſous ce point de vue que
| » nous allons principalement la con
» ſidérer.
» Le propre de l'Eloquence eſt non
» ſeulement de remuer , mais d'élever
» l'âme ; c'eſt l'effet même de celle qui
88 MERCURE DE FRANCE.
» ne paroît deſtinée qu'à nous arracher
» des larmes ; le pathétique & le ſu
» blime ſe tiennent ; en ſe ſentant at
» tendri , on ſe trouve en même temps
» plus grand , parce qu'on ſe trouve
» meilleur; la triſteſſe délicieuſe & dou
» ce, que produiſent en nous un diſ
» cours , un tableau touchant, nous
» donne bonne opinion de nous
» mêmes par le témoignage qu'elle nous
» rend de la ſenſibilité de notre âme ;
» ce témoignage eſt une des principa
» les ſources du plaiſir qu'on goûte ea
» aimant, & en général de celui que
» les ſentimens tendres & profonds nous
» font éprouver.
» Nous appellons l'Eloquence un ta
» lent, & non pas un Art , comme
» l'ont appellé la plûpart des Rhéteurs ;
» car tout art s'acquiert par l'étude &
» par l'exercice, & l'Eloquence eſt un
» don de la Nature. Les régles ne font
» deſtinées qu'à être le frein du génie
» qui s'égare , & non le flambeau du
» génie qui prend l'eſſor ; leur unique
» uſage eſt d'empêcher que les traits
» vraiment éloquens ne ſoient défigu
» rés par d'autres ouvrages de la né
» gligence & du mauvais goût. Ce ne
» ſont point les régles qui ont inſpiré à
A V R I L. 1764.
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» Shakeſpeare le monologue admirable
» d'Hamlet ; mais elles nous auroient
» épargné la ſcéne barbare & dégou
» ante des foſſoyeurs.
» On rend avec netteté ce que I'on
» conçoit bien ; de même on annonce
» avec chaleur ce que l'on ſent avec
» enthouſiaſme, & les mots viennent
» auſſi aiſément pour exprimer une
» émotion vive, qu'une idée claire. Le
» ſentiment s'affoibliroit, s'éteindroit
» même dans l'Orateur , par le ſoin
» froid & étudié qu'il ſe donneroit pour
» le rendre ; & tout le fruit de ſes ef
» forts ſeroit de perſuader à ſes Audi
» teurs, qu'il ne reſſentoit pas ce qu'il
» vouloit leur inſpirer. Aimez & faites
» tout ce qu'il vous plaira , dit un Père
» de l'Egliſe aux Chrétiens ; ſentez
» vivement , & dites tout ce que vous
» voudrez , voilà la deviſe des Orateurs.
» Qu'on interroge les Ecrivains de gé
» nie ſur les plus beaux endroits de
» leurs ouvrages , ils avoueront prèſ
» que toujours, que ces endroits ſont
» ceux qui leur ont coûté le moins ,
» parce qu'ils ont été comme inſpirés
» en les
produiſant. Débarraſſée de
» toute contrainte, & bravant quelque
» fois les régles mêmes , la Nature
6o MERCURE DE FRANCE.
» produit alors les plus grands mira
» cles ; on éprouve alors la vérité de ce
» paſſage de Quintilien; c'eſt l'âme ſeule
» qut nous rend éloquens ; & les igno
» rans même , quand une violente paſſionz
» les agite, ne cherchent point ce qu'ils
» ont à dire. Tel étoit l'enthouſiaſme
» qui animoit autrefois le Payſan du Da
» nube, & qui le fit admirer dans le
· » Sanctuaire de l'Eloquence par le Sé
» nat de Rome. C'eſt ce même enthou
» ſiaſme, prompt à ſe communiquer à
» l'Auditeur, qui met tant de différence
» entre l'Eloquence parlée , ſi on peut
» ſe ſervir de cette expreſſion, & l'Elo
» quence écrite. L'Eloquence dans les
» Livres eſt à-peu-près comme la Muſi
» que ſur le papier, muette, nulle & ſans
» vie; elle y perd du moins ſa plus gran
» de force , & eHle a beſoin de l'action
» pour ſe déployer. Nous ne pouvons
» lire ſans être attendri les Péroraiſons
» touchantes de Cicéron pour Flaccus,
» pour Forteius, pour Sextius, pour
» Plancius & pour Silla, les plus admi
» rables modèles d'Eloquence que l'an
» tiquité nous ait laiſſé dans le genre pa
» thétique.Qu'on imagine l'effet qu'elles
» devoient produire dans la bouche de
» ce grand homme; qu'on ſe repréſente
-
, A V R I L. 1764.
9 L
» Cicéron au milieu du Barreau, animant
» par ſes pleurs le diſcours le plus tou
» chant, tenant le fils de Flaccus (a)
» entre ſes bras, le préſentant aux Juges,
» & implorant pour lui l'humanité & les
» loix; ſera-t-on ſurpris de ce qu'il nous
» apprend lui-même, qu'il fut interrom
» pu par les gémiſſemens & les ſanglots
» de l'Auditoire ? Sera-t-on ſurpris que
» ce tableau ait ſéduit & entraîné les
» Juges ? Sera-t-on ſurpris enfin que l'E-
» loquence de Cicéron lui ait ſervi tant
» de fois à ſauver des cliens coupables ?
» Auſſi l'Aréopage, qui ne vouloit qu'ê-
» tre juſte, avoit interdit ſévérement
» l'Eloquence aux Avocats. On y vpu
» loit, comme dans nos Tribunaux,
» plus de raiſons que de pathétique ; &
» les Juges d'Athènes, ainſi que les nô
» tres, euſſent fait perdre à Cicéron la
» plupart des Cauſes qu'il avoit gagnées
» à Rome.
» Non-ſeulement il faut ſentir pour
» être éloquent, mais il ne faut pas ſentir
» à demi, comme il ne faut pas conce
» voir à demi pour s'énoncer avec clarté.
» Pleurez, ſi vous voulez me tirer des
( a ) Voyez la Péroraiſon pour Flaccus, C'eſt
peut-être, après la Péroraiſon pour Milon, qui ne
fut pas prononcée, la plus belle de Cicéron.
92 MERCURE DE FRANCE.
» pleurs, dit Horace dans cet admirable
» Art Poëtique , qu'on doit appeller le
» Code du bon goût. On peut ajouter à
» ce précepte, tremblez & frémiſſez, ſi
» vous voulez me faire trembler & fré
» mir. Il faut avouer cependant que ſi
» l'agitation qui anime l'Orateur au mo
» ment de la production , doit toujours
» être très-vive, il n'eſt pas néceſſaire
» qu'elle ſoit ſemblable par fa nature à
» celle qu'il ſe propoſe d'exciter Notre
» âme a deux reſſorts par leſquels on la
» met en mouvement, le ſentiment &
» l'imagination.Le premier de ces deux
» reſſorts a ſans doute le plus de force ; .
» mais l'imagination peut quelquefois en
» jouer le rôle & en tenir la place. C'eſt
» par-là qu'un Orateur, ſans être réelle
» ment affligé, fera verſer des pleurs à
» ſon Auditoire, & en répandra lui-mê
» me ; c'eſt par-là qu'un Comédien, en
» ſe mettant à la place du perſonnage
» qu'il repréfente, agite & trouble les
» Spectateurs, au récit des malheurs qu'il
» n'a pas reſſentis; c'eſt enfin par-là que .
» des hommes nés avec une imagination
» ſenſible, peuvent inſpirer dans leurs
» écrits, l'amour des vertus qu'ils n'ont
» pas. L'imagination ne ſupplée jamais
» au ſentiment, par l'impreſſion qu'elle
A V R I L. 1764.
93
» fait ſur nous-mêmes; mais elle peut y
» ſuppléer, par l'impulſion qu'elle donne
» aux autres. L'effet du ſentiment en
» nous eſt plus concentré ; celui de l'i-
» magination eſt plus fait pour ſe répan
» dre au-dehors : l'action de celle-ci eſt
» plus violente & plus courte; celle du
» ſentiment eſt plus forte & plus conſ
39 taI1t5.
-
» Ainſi l'émotion qui doit animer l'O-
» rateur, doit réparer par ſa véhémence
» ce qu'elle pourra ne pas avoir en du
» rée; elle ne reſſemblera pas à cette
» agitation ſuperficielle que l'Eloquence
» excite dans les âmes froides. Impreſſion
» puremenr méchanique, produite par
» l'éxemple ou par le ton qu'on a donné
» à là multitude. Plus l'Auditeur aura de
» génie, plus auſſi ſon impreſſion reſ
» ſemblera à celle de l'Orateur, plus il
» ſera capable d'imiter ce qu'il admire.
· » Si l'effet de l'Eloquence eſt de faire
» paſſer dans l'âme des autres le mouve
» ment qui nous anime, il s'enſuit que
» plus le diſcours ſera ſimple dans un
» grand Sujet, plus il ſera éloquent,
» parce qu'il repréſentera le ſentiment
» avec plus de vérité. Je ne ſçai par
» quelle raiſon tant d'Ecrivains moder
» nes nous parlent de l'Eloquence des
94 MERCURE DE FRANCE.
» choſes , comme s'il y avoit une Elo
» quence des mots. L'Eloquence, on ne
» ſçauroit trop le redire, n'eſt jamais
» que dans le Sujet, & le caractère
» du Sujet , ou plutôt du ſentiment qu'il
» produit, paſſe de lui-même au diſcours.
» L'Eloquence ne conſiſte donc point ,
» comme quelques Anciens l'ont dit, &
» comme tant d'autres l'ont répété, à
» dire les grandes choſes d'un ſtyle ſu
» blime , mais d'un ſtyle ſimple
C'eſt
» affoiblir une grande idée, que de
» chercher à la relèver par la pompe des
» paroles, &c. &c.
Nous regrettons de ne pouvoir pas
copier le reſte de cet article, également
digne, & du nom de M. d'Alembert, &
de la place qu'il occupe dans cette Col
lection des Ecrits de nos plus grands
Littérateurs : on y verroit toutes les rè
gles de l'Eloquence préſentées avec au
tant de clarté que de préciſion. Le même
Académicien a auſii ſourni l'Article du
Style ; nous oſons dire qu'aucun Ecri
, vain avant lui, n'avoit ſi bien traité cette
matière.
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Résumé : ÉCOLE DE LITTERATURE, tirée de nos meilleurs Ecrivains ; à Paris, chez Babuty, Quai des Augustins, Brocas & Humblot, rue S. Jacques ; 2 vol. in- 12, prix 5 liv. brochés, 6 liv. reliés.
L'ouvrage 'École de Littérature', publié en avril 1764, est salué comme une œuvre littéraire exceptionnelle et déjà considérée comme classique. Il est essentiel pour diverses professions littéraires telles que les avocats, prédicateurs, magistrats, poètes, orateurs, historiens et hommes de lettres. Il propose des préceptes et des règles pour différents genres d'écriture et est apprécié par de nombreux écrivains célèbres. Le texte explore l'éloquence, définie comme l'art de persuader en convainquant et en émouvant. Les auteurs modernes sont critiqués pour leur imitation excessive des anciens, qui limitaient l'éloquence à la conviction et à l'émotion. Une nouvelle définition est proposée : l'éloquence est le talent de transmettre rapidement et fortement des sentiments profonds à autrui. Cette définition inclut divers types d'éloquence, y compris celle du silence, du geste et celle qui convainc sans émouvoir. L'éloquence est perçue comme un don naturel plutôt qu'un art acquis par l'étude. Les règles servent à guider le génie et à éviter les erreurs, mais ne peuvent pas créer l'éloquence. Les émotions vives et les idées claires sont mieux exprimées spontanément, car un effort excessif peut affaiblir l'impact de l'orateur. Les grands écrivains confirment que leurs meilleurs passages sont souvent ceux qui leur ont demandé le moins d'effort, car ils étaient inspirés. Le texte souligne que les œuvres les plus remarquables sont souvent celles qui ont été créées avec une inspiration spontanée et naturelle, sans contraintes. La Nature, lorsqu'elle est libre, produit des merveilles, illustrant la vérité selon laquelle l'âme est la source de l'éloquence. Les passions violentes peuvent rendre même les ignorants éloquents. L'éloquence parlée est plus puissante que l'éloquence écrite, car elle nécessite l'action pour se déployer pleinement. Cicéron est cité comme modèle d'éloquence pathétique, capable de toucher profondément l'audience et les juges grâce à son émotion et son action. Pour être éloquent, il faut ressentir intensément et exprimer clairement ses émotions. Horace conseille de pleurer pour tirer des pleurs, et l'orateur doit utiliser son imagination pour émouvoir son audience, même s'il ne ressent pas personnellement les émotions qu'il décrit. L'éloquence véritable réside dans le sujet et le sentiment qu'il inspire, plutôt que dans la pompe des mots. Un discours simple sur un grand sujet est plus éloquent car il représente le sentiment avec plus de vérité. L'éloquence ne consiste pas à utiliser un style sublime, mais un style simple pour exprimer les grandes idées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4683
p. 95-105
ÉLÉMENS de Fortification, contenant la construction raisonnée de tous les Ouvrages de la Fortification, les systêmes des plus célébres Ingénieurs ; la Fortification irrégulière, &c. CINQUIÈME ÉDITION, augmentée de l'Explication détaillée de la Fortification de M. de COEHORN, de la construction des Redoutes, Forts de Campagne, &c. & d'un Plan des différentes instructions propres à une École Militaire. Par M. Le BLOND, Maître de Mathématique des Enfans de France, &c. Vol. in-8 o d'environ 400 pages. A Paris, chez Jombert, rue Dauphine, à l'Image N. D. 1764 ; avec approbation & privilége du Roi.
Début :
LES précédentes Editions de cet Ouvrage en ont fait connoître le mérite [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉLÉMENS de Fortification, contenant la construction raisonnée de tous les Ouvrages de la Fortification, les systêmes des plus célébres Ingénieurs ; la Fortification irrégulière, &c. CINQUIÈME ÉDITION, augmentée de l'Explication détaillée de la Fortification de M. de COEHORN, de la construction des Redoutes, Forts de Campagne, &c. & d'un Plan des différentes instructions propres à une École Militaire. Par M. Le BLOND, Maître de Mathématique des Enfans de France, &c. Vol. in-8 o d'environ 400 pages. A Paris, chez Jombert, rue Dauphine, à l'Image N. D. 1764 ; avec approbation & privilége du Roi.
ÉLÉMENS de Fortification, contenant
la construction raisonnée de tous les
Ouvrages de la Fortification, les systêmes
des plus célébres Ingénieurs ;
la Fortification irrégulière, &c. CINQUIÈME
ÉDITION, augmentée
de l'Explication détaillée de la Fortification
de M. de COEHORN,
de la construction des Redoutes, Forts
de Campagne, &c. & d'un Plan des
différentes instructions propres à une
École Militaire. Par M. Le BLOND,
Maître de Mathématique des Enfans
de France, &c. Vol. in-8o d'environ
400 pages. A Paris, chez Jombert,
rue Dauphine, à l'Image N. D. 1764 ;
avec approbation & privilége du Roi.
LES précédentes Editions de cet Ouvrage
en ont fait connoître le mérite
depuis longtemps ; c'eſt pourquoi nous
donnerons ſeulement une légère idée
de ce que celle-ci contient de nouveau.
Nous remarquerons d'abord qu'à la
96 MERCURE DE FRANCE.
place de l'Epitre dédicatoire de la der
nière édition , l'Auteur a ſubſtitué un
récis des premières inſtructions ſcienti
fiques de feu Mgr le DUC DE BoUR
CoGNE. On y trouve le développement
des idées du jeune Prince, & différens
traits d'intelligence & de génie très-pro
pres à caractériſer la nature du juge
ment avancé de cet auguſte Enfanr,
dont il étoit très-à-propos de conſer
ver la mémoire.
Nous rapporterons quelques traits de
cette Préface, que nos Lecteurs ſeront
peut-être bien-aiſes de ſçavoir. M. le
Duc de Bourgogne décrivoit un cercle ;
& le point du compas qui étoit au cen
rre ayant gliſſé ſur le papier ſans y laiſ
ſer la marque de ſon impreſſion , il la
mit ſucceſiivement ſur deux points de
l'arc déjà tracé ; puis de ces points pris
pour centre , il d§ deux arcs dont
le point d'interſection étoit au centre du
cercle commencé ; attendu , diſoit-il ,
que je n'ai point changé l'ouverture de
mon compas , & que le point où les arcs
ſe coupent , eſt également éloigné de la
circonférence. Il n'y avoit alors guères
qu'un mois qu'on avoit commencé de
travailler, ou plutôt ſuivant ſon expreſ
ſion, de jouer avec lui.
A V R I L. 1764.
g7
Les figures de Géométrie lui étant
devenues familières, il eut envie d'en
tracer lui-même. Il commença donc à
ſe ſervir du compas avec la grâce &
l'aiſance qui lui étoient particulières.
Ayant décrit un cercle, il voulut en ti
rer le diametre ; mais comme la ligne
qu'il avoit décrite ne paſſoit pas par le
centre, il dit auſſitôt : Ah, je voulois
tirer un diamètre, & j'ai tiré une corde ;
car ma ligne ne paſſe pas par le centre.
Le jeune Prince deſiroit ſurtout de
faire des choſes qui ne lui avoient point
été montrées. Il dit, n'ayant point en
core cinq ans accomplis, qu'il feroit
un quarré exactement , ſans ſe ſervir
du compas. Comme il vit qu'on doutoit
qu'il pût y parvenir, il prit la régle, &
il tira une ligne de toute ſa longueur.
Il poſa enſuite ſucceſſivement aux deux
extrémités de cette ligne , le petit côté
de la régle , de manière qu'elle lui
ſervoit d'équerre. Il acheva ainſi ſa fi
gure , laquelle , diſoit-il , eſt ſûrement
un quarré , car les côtés ſont égaux &
les angles droits.
-
M. le Duc de Bourgogne avoit re
marqué dans un plan en relief d'un
front de Fortification , 'que le chemin
' ſur le glacis pour entrer dans la Place ,
II. Vol.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
étoit en ligne courbe : il en demanda
la raiſon : on lui dit qu'il la trouveroit
lui-même, s'il vouloit y penſer. Il le fit
un inſtant, & dit enſuite † croyoit
que ce chemin étoit ainſi conſtruit,
afin qu'il ne fût pas enfilé du canon des
aſſiégeans ; ou, pour rapporter ſes pro
pres paroles ; ne ſeroit - ce pas que ,
comme le canon va en ligne droite, on y
ſeroit expoſé partout , quand l'ennemi
attaque la Place ?
Dans une de ſes promenades de l'a-
près-midi, il avoit remarqué que ſon
ombre étoit plus longue à la fin qu'au
commencement. Comme il en deman
doit la raiſon, on poſa une régle ver
ticalement ſur une table. On prit en
ſuite une lumière, laquelle étant hauſ
ſée ou baiſſée, accourciſſoit ou allon
geoit l'ombre de la régle, & on lui dit
que c'étoit là la réponſe à ſa queſtion.
J'entends , dit-il; c'eſt que quand mon
ombre eſt plus courte, le Soleil eſt plus .
élevé; & qu'il eſt plus bas quand elle eſt
plus grande.
-
Un jour qu'il étoit queſtion d'Anni
bal , on lui dit que ce grand Capitaine
joignoit ſouvent la peau du renard à
celle du lion. Ne comprenant pas d'a-
bord cette expreſſion, on ne fit que lui
-
A V R I L. 1764.
99
dire de faire attention aux attributs de
ces animaux ; & il répondit auſſitôt ,
qu'apparemment cela vouloit dire qu'An
nibal joignoit la ruſe au courage ou à
la force.
Après la
"
\
Préface du Livre, M. le
Blond, ſuit un Plan des inſtructions pro
pres à une Ecole Militaire. Ce Plan
avoit été d'abord rédigé pour un Ré
giment ; il fut inſéré dans le Mercure
du mois d'Août 1754. Il paroît ici avec
quelques changemens & pluſieurs addi
tions. M. le Blond y fait ſentir la dif
férence qu'il doit y avoir entre les inſ
tructions d'une Ecole Militaire, & cel- .
les d'une Ecole de pure Géométrie.Ildé
ſigne les différentes connoiſſances Ma
thématiques qui ſervent de baſe à l'art
de la guerre, & il indique les principaux
ouvrages dont l'étude peut, en quelque
façon, ſuppléer aux inſtructions des
Maîtres particuliers, tant pour les Ma
thématiques, que pour tout ce qui con
cerne le Génie , l'Artillerie & même la
Tactique, qu'on doit regarder comme
la principale partie de la ſcience de l'Of
ficier.
-
C'eſt particuliérement par des leçons
ſur cette importante partie, qu'une Eco
le établie pour des Militaires, doit dif
E ij
1OO MERCURE DE FRANCE.
férer des autres Ecoles deſtinées à for
mer des Géométres. LesAnciens avoient
des Maîtres pour enſeigner la Tactique,
au lieu qu'aujourd'hui il n'en eſt point
queſtion dans les lieux où l'on éléve
les jeunes gens pour les former dans
l'art de la guerre.Après un peu de Géo
métrie & une légère idée de la Fortifi
cation , tout ce qu'on y apprend de
l'Art Militaire ſe réduit prèſque uni
quement à l'exercice ou au manîmene
des armes, comme ſi cet objet renfer- .
. moit toute la ſcience de l'Officier,quoi
qu'il n'en ſoit que la plus petite partie.
Comme la guerre a ſes régles & ſes
principes, & qu'on peut en apprendre
la théorie par l'étude , M. le Blond
prétend que rien ne ſeroit plus utile que
d'avoir des Maîtres qui puſſent ſervir
de guides dans cette carrière, comme
, on en a pour la Géométrie & le Gé
· nie. Ces guides, ſelon lui , ne peuvent
être que des Géométres Tacticiens ,
comme l'étoient les Maîtres des An
ciens. C'eſt pourquoi il penſe qu'il ſe
roit à propos dans l'établiſſement d'une
Ecole pour former les Officiers dans
l'art de la guerre , d'engager le Pro
feſſeur de Mathématique à s'occuper
aſſez ſérieuſement de la Science Mi
A V R I L. 1764.
IO I
litaire, pour ſe mettre en état d'enſei
gner la Tactique. Un homme intelli
gent, fort au fait des différentes parties
du Génie & de l'Artillerie, comme le
doit être un Profeſſeur de Mathématique
d'une Ecole Militaire , peut avec le
temps devenir un bon Maître de I'acti
que. Il n'eſt queſtion pour cela, que d'é-
tudier avec choix & diſcernement les
meilleurs Ecrivains Militaires'pour en
former un corps de régles & de prin
cipes qu'on puiſſe enſuite enſeigner
avec l'ordre & la méthode que l'on ſuit
dans la Géométrie & les Fortifications.
Ce Plan peut être utile non ſeule
ment à ceux qui voudront s'inſtruire
des différentes parties de la Science Mi
litaire, mais encore aux perſonnes char
gées de l'inſtruction de la jeuneNobleſſe.
Comme dans cet état on ne s'applique
guères à la Géométrie qu'autant qu'on
la croit néceſſaire au métier de la guer
re, il ſera aiſé de juger ſi les Maîtres
ne perdent point de vue cet objet ;
c'eſt-à-dire s'ils en occupent leurs Eco
liers par préférence aux ſpéculations qui
pourroient leur être plus familières ou
· plus conformes à leur goût particulier.
Le défaut d'attention à cet égard eſt
peut-être la principale º# du peu de
11j
IO2 MERCURE DE FRANCE.
fruit que la plûpart des jeunes Militaires
retirent du temps qu'ils donnênt à l'é-
tude des Mathématiques.
M. le Blond termine ce Plan par l'é-
numération des Ouvrages où les princi
es de l'Art Militaire ſont établis avec
e plus de clarté & de méthode. Il in
dique l'ordre dans lequel ils doivent
être ſucceſſivent étudiés, afin qu'ils ſe
prêtent un mutuel ſecours, ou que les
premiers ſervent à faciliter l'intelligen
ce de ceux qui les ſuivent.
-
A l'égard des additions qui appartien
nent à la Fortification, une des princi
† eſt la deſcription très-détaillée de
a Fortification de M. de Coëhorn, avec
pluſieurs obſervations ſur ſes avantages
& ſes inconvéniens. On blâme les lar
ges chemins couverts de cet Ingénieur,
parce que les branches n'ont point de
traverſes qui les garantiſſent de l'effet
des batteries à ricochet. M. le Blond
ayant penſé qu'on ignoroit peut - être
cette manière de tirer le canon lorſque
M. de Coëhorn fit connoître ſa manière
de fortifier , a eté confirmé dans cette
idée par la première édition du Livre
de cet Auteur , laquelle eſt de 1685 ,
temps où il n'étoit point encore queſ
tion du ricochet. En effet il paroît conſ
A V R I L.
1764.
Io3
tant par les Lettres de M. le Maréchal
de Vauban écrites à M. de Louvois im
médiatement après le ſiége de Philiſ
bourg en 1688, que ce fut à ce ſiége
qu'il en fit les premiers éſſais, dont le
ſuccès l'engagea d'en établir & d'en
perfectionner l'uſage.
Une autre addition aſſez étendue ,
c'eſt une eſpéce de Traité des Ouvra
es de la Fontification paſſagère, c'eſt
-dire des Redoutes & des différens
Forts propres à mettre des poſtes en
état de défenſe , aſſurer des commu
nications, couvrir des ponts , &c , par
tie fort importante à tous les Militaires,
laquelle étant jointe à ce que l'Auteur
enſeigne ſur les lignes dans la ſeconde
Edition de ſon Traité de l'attaque des
Places , renferme l'eſſentiel de tout ce
qu'il a de plus utile ſur cet objet.
On trouvera pluſieurs autres addi
tions moins conſidérables, répandues
dans le corps de l'Ouvrage. L'Auteur
y donne un plus grand détail ſur les
contremines, que dans les précédentes
éditions ;
il fait voir auſſi la manière
dont on ſe ſert des écluſes pour for
mer des inondations, &c. L'ouvrage eſt
· terminé par une table des matières qui
paroît faite avec beaucoup de ſoins ,
E iV
1o4 MERCURE E)E FRANCE.
& par un Dictionnaire des termes de
Fortification ,
plus complet que celui
des précédentes éditions. Les différen
tes additions que l'Auteur a faites à ce
Livre, l'ont mis dans la néceſſité d'aug
menter le nombre des Planches. Au
lieu de 19 qu'il y en avoit dans la der
nière, celle-ci en a 37, dont la plûpart
repréſentent en grand le développement
des principaux ouvrages de la Fortifi
cation. Elles ſont toutes gravées de
nouveau & bien exécutées.
Pour ſe rendre les régles & les prin
cipes de la Fortification familiers , M.
le Blond voudroit qu'on accoutumât
les Eléves à tracer ſur le terrain tous
les différens Ouvrages qu'on leur fait
conſtruire ſur le papier ; qu'on s'appli
quât auſſi à leur § mettre en état -
de défenſe les Bourgs, Villages & autres
Poſtes qu'on eſt ſouvent, à la guerre,
dans le cas de fortifier. Il ajoûte que des
expériences réïtérées & réfléchies de
cette eſpéce de pratique de la Fortifica
tion ne peuvent manquer d'augmenter
les lumières de ceux qui voudront bien
en faire l'eſſai, c'eſt dequoi il n'eſt guères
poſſible de douter. Mais il§ pour
cela être dirigé par des Maîtres auſſi
habiles & auſſi intelligens que ce cé
lébre Profeſſeur de Mathématique. L'eſ
A V R I L. 1764.
1o5
time générale qu'il s'eſt acquiſe en ce
genre, cauſe des regrets à tous ceux
qui n'ont point été à portée de prendre
de ſes leçons.
Ce Livre & les autres Ouvrages d,
M le Blond peuvent être† COIn »
me des Livres claſſiques d'une Eccle
Militaire. Tout y eſt expoſé avec clar
té, & l'on y trouve d'ailleurs ce qu'il y
a de plus eſſentiel & de plus utile dans
les différentes matières qui ont été l'ob
jet de ſes ſçavans travaux.
la construction raisonnée de tous les
Ouvrages de la Fortification, les systêmes
des plus célébres Ingénieurs ;
la Fortification irrégulière, &c. CINQUIÈME
ÉDITION, augmentée
de l'Explication détaillée de la Fortification
de M. de COEHORN,
de la construction des Redoutes, Forts
de Campagne, &c. & d'un Plan des
différentes instructions propres à une
École Militaire. Par M. Le BLOND,
Maître de Mathématique des Enfans
de France, &c. Vol. in-8o d'environ
400 pages. A Paris, chez Jombert,
rue Dauphine, à l'Image N. D. 1764 ;
avec approbation & privilége du Roi.
LES précédentes Editions de cet Ouvrage
en ont fait connoître le mérite
depuis longtemps ; c'eſt pourquoi nous
donnerons ſeulement une légère idée
de ce que celle-ci contient de nouveau.
Nous remarquerons d'abord qu'à la
96 MERCURE DE FRANCE.
place de l'Epitre dédicatoire de la der
nière édition , l'Auteur a ſubſtitué un
récis des premières inſtructions ſcienti
fiques de feu Mgr le DUC DE BoUR
CoGNE. On y trouve le développement
des idées du jeune Prince, & différens
traits d'intelligence & de génie très-pro
pres à caractériſer la nature du juge
ment avancé de cet auguſte Enfanr,
dont il étoit très-à-propos de conſer
ver la mémoire.
Nous rapporterons quelques traits de
cette Préface, que nos Lecteurs ſeront
peut-être bien-aiſes de ſçavoir. M. le
Duc de Bourgogne décrivoit un cercle ;
& le point du compas qui étoit au cen
rre ayant gliſſé ſur le papier ſans y laiſ
ſer la marque de ſon impreſſion , il la
mit ſucceſiivement ſur deux points de
l'arc déjà tracé ; puis de ces points pris
pour centre , il d§ deux arcs dont
le point d'interſection étoit au centre du
cercle commencé ; attendu , diſoit-il ,
que je n'ai point changé l'ouverture de
mon compas , & que le point où les arcs
ſe coupent , eſt également éloigné de la
circonférence. Il n'y avoit alors guères
qu'un mois qu'on avoit commencé de
travailler, ou plutôt ſuivant ſon expreſ
ſion, de jouer avec lui.
A V R I L. 1764.
g7
Les figures de Géométrie lui étant
devenues familières, il eut envie d'en
tracer lui-même. Il commença donc à
ſe ſervir du compas avec la grâce &
l'aiſance qui lui étoient particulières.
Ayant décrit un cercle, il voulut en ti
rer le diametre ; mais comme la ligne
qu'il avoit décrite ne paſſoit pas par le
centre, il dit auſſitôt : Ah, je voulois
tirer un diamètre, & j'ai tiré une corde ;
car ma ligne ne paſſe pas par le centre.
Le jeune Prince deſiroit ſurtout de
faire des choſes qui ne lui avoient point
été montrées. Il dit, n'ayant point en
core cinq ans accomplis, qu'il feroit
un quarré exactement , ſans ſe ſervir
du compas. Comme il vit qu'on doutoit
qu'il pût y parvenir, il prit la régle, &
il tira une ligne de toute ſa longueur.
Il poſa enſuite ſucceſſivement aux deux
extrémités de cette ligne , le petit côté
de la régle , de manière qu'elle lui
ſervoit d'équerre. Il acheva ainſi ſa fi
gure , laquelle , diſoit-il , eſt ſûrement
un quarré , car les côtés ſont égaux &
les angles droits.
-
M. le Duc de Bourgogne avoit re
marqué dans un plan en relief d'un
front de Fortification , 'que le chemin
' ſur le glacis pour entrer dans la Place ,
II. Vol.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
étoit en ligne courbe : il en demanda
la raiſon : on lui dit qu'il la trouveroit
lui-même, s'il vouloit y penſer. Il le fit
un inſtant, & dit enſuite † croyoit
que ce chemin étoit ainſi conſtruit,
afin qu'il ne fût pas enfilé du canon des
aſſiégeans ; ou, pour rapporter ſes pro
pres paroles ; ne ſeroit - ce pas que ,
comme le canon va en ligne droite, on y
ſeroit expoſé partout , quand l'ennemi
attaque la Place ?
Dans une de ſes promenades de l'a-
près-midi, il avoit remarqué que ſon
ombre étoit plus longue à la fin qu'au
commencement. Comme il en deman
doit la raiſon, on poſa une régle ver
ticalement ſur une table. On prit en
ſuite une lumière, laquelle étant hauſ
ſée ou baiſſée, accourciſſoit ou allon
geoit l'ombre de la régle, & on lui dit
que c'étoit là la réponſe à ſa queſtion.
J'entends , dit-il; c'eſt que quand mon
ombre eſt plus courte, le Soleil eſt plus .
élevé; & qu'il eſt plus bas quand elle eſt
plus grande.
-
Un jour qu'il étoit queſtion d'Anni
bal , on lui dit que ce grand Capitaine
joignoit ſouvent la peau du renard à
celle du lion. Ne comprenant pas d'a-
bord cette expreſſion, on ne fit que lui
-
A V R I L. 1764.
99
dire de faire attention aux attributs de
ces animaux ; & il répondit auſſitôt ,
qu'apparemment cela vouloit dire qu'An
nibal joignoit la ruſe au courage ou à
la force.
Après la
"
\
Préface du Livre, M. le
Blond, ſuit un Plan des inſtructions pro
pres à une Ecole Militaire. Ce Plan
avoit été d'abord rédigé pour un Ré
giment ; il fut inſéré dans le Mercure
du mois d'Août 1754. Il paroît ici avec
quelques changemens & pluſieurs addi
tions. M. le Blond y fait ſentir la dif
férence qu'il doit y avoir entre les inſ
tructions d'une Ecole Militaire, & cel- .
les d'une Ecole de pure Géométrie.Ildé
ſigne les différentes connoiſſances Ma
thématiques qui ſervent de baſe à l'art
de la guerre, & il indique les principaux
ouvrages dont l'étude peut, en quelque
façon, ſuppléer aux inſtructions des
Maîtres particuliers, tant pour les Ma
thématiques, que pour tout ce qui con
cerne le Génie , l'Artillerie & même la
Tactique, qu'on doit regarder comme
la principale partie de la ſcience de l'Of
ficier.
-
C'eſt particuliérement par des leçons
ſur cette importante partie, qu'une Eco
le établie pour des Militaires, doit dif
E ij
1OO MERCURE DE FRANCE.
férer des autres Ecoles deſtinées à for
mer des Géométres. LesAnciens avoient
des Maîtres pour enſeigner la Tactique,
au lieu qu'aujourd'hui il n'en eſt point
queſtion dans les lieux où l'on éléve
les jeunes gens pour les former dans
l'art de la guerre.Après un peu de Géo
métrie & une légère idée de la Fortifi
cation , tout ce qu'on y apprend de
l'Art Militaire ſe réduit prèſque uni
quement à l'exercice ou au manîmene
des armes, comme ſi cet objet renfer- .
. moit toute la ſcience de l'Officier,quoi
qu'il n'en ſoit que la plus petite partie.
Comme la guerre a ſes régles & ſes
principes, & qu'on peut en apprendre
la théorie par l'étude , M. le Blond
prétend que rien ne ſeroit plus utile que
d'avoir des Maîtres qui puſſent ſervir
de guides dans cette carrière, comme
, on en a pour la Géométrie & le Gé
· nie. Ces guides, ſelon lui , ne peuvent
être que des Géométres Tacticiens ,
comme l'étoient les Maîtres des An
ciens. C'eſt pourquoi il penſe qu'il ſe
roit à propos dans l'établiſſement d'une
Ecole pour former les Officiers dans
l'art de la guerre , d'engager le Pro
feſſeur de Mathématique à s'occuper
aſſez ſérieuſement de la Science Mi
A V R I L. 1764.
IO I
litaire, pour ſe mettre en état d'enſei
gner la Tactique. Un homme intelli
gent, fort au fait des différentes parties
du Génie & de l'Artillerie, comme le
doit être un Profeſſeur de Mathématique
d'une Ecole Militaire , peut avec le
temps devenir un bon Maître de I'acti
que. Il n'eſt queſtion pour cela, que d'é-
tudier avec choix & diſcernement les
meilleurs Ecrivains Militaires'pour en
former un corps de régles & de prin
cipes qu'on puiſſe enſuite enſeigner
avec l'ordre & la méthode que l'on ſuit
dans la Géométrie & les Fortifications.
Ce Plan peut être utile non ſeule
ment à ceux qui voudront s'inſtruire
des différentes parties de la Science Mi
litaire, mais encore aux perſonnes char
gées de l'inſtruction de la jeuneNobleſſe.
Comme dans cet état on ne s'applique
guères à la Géométrie qu'autant qu'on
la croit néceſſaire au métier de la guer
re, il ſera aiſé de juger ſi les Maîtres
ne perdent point de vue cet objet ;
c'eſt-à-dire s'ils en occupent leurs Eco
liers par préférence aux ſpéculations qui
pourroient leur être plus familières ou
· plus conformes à leur goût particulier.
Le défaut d'attention à cet égard eſt
peut-être la principale º# du peu de
11j
IO2 MERCURE DE FRANCE.
fruit que la plûpart des jeunes Militaires
retirent du temps qu'ils donnênt à l'é-
tude des Mathématiques.
M. le Blond termine ce Plan par l'é-
numération des Ouvrages où les princi
es de l'Art Militaire ſont établis avec
e plus de clarté & de méthode. Il in
dique l'ordre dans lequel ils doivent
être ſucceſſivent étudiés, afin qu'ils ſe
prêtent un mutuel ſecours, ou que les
premiers ſervent à faciliter l'intelligen
ce de ceux qui les ſuivent.
-
A l'égard des additions qui appartien
nent à la Fortification, une des princi
† eſt la deſcription très-détaillée de
a Fortification de M. de Coëhorn, avec
pluſieurs obſervations ſur ſes avantages
& ſes inconvéniens. On blâme les lar
ges chemins couverts de cet Ingénieur,
parce que les branches n'ont point de
traverſes qui les garantiſſent de l'effet
des batteries à ricochet. M. le Blond
ayant penſé qu'on ignoroit peut - être
cette manière de tirer le canon lorſque
M. de Coëhorn fit connoître ſa manière
de fortifier , a eté confirmé dans cette
idée par la première édition du Livre
de cet Auteur , laquelle eſt de 1685 ,
temps où il n'étoit point encore queſ
tion du ricochet. En effet il paroît conſ
A V R I L.
1764.
Io3
tant par les Lettres de M. le Maréchal
de Vauban écrites à M. de Louvois im
médiatement après le ſiége de Philiſ
bourg en 1688, que ce fut à ce ſiége
qu'il en fit les premiers éſſais, dont le
ſuccès l'engagea d'en établir & d'en
perfectionner l'uſage.
Une autre addition aſſez étendue ,
c'eſt une eſpéce de Traité des Ouvra
es de la Fontification paſſagère, c'eſt
-dire des Redoutes & des différens
Forts propres à mettre des poſtes en
état de défenſe , aſſurer des commu
nications, couvrir des ponts , &c , par
tie fort importante à tous les Militaires,
laquelle étant jointe à ce que l'Auteur
enſeigne ſur les lignes dans la ſeconde
Edition de ſon Traité de l'attaque des
Places , renferme l'eſſentiel de tout ce
qu'il a de plus utile ſur cet objet.
On trouvera pluſieurs autres addi
tions moins conſidérables, répandues
dans le corps de l'Ouvrage. L'Auteur
y donne un plus grand détail ſur les
contremines, que dans les précédentes
éditions ;
il fait voir auſſi la manière
dont on ſe ſert des écluſes pour for
mer des inondations, &c. L'ouvrage eſt
· terminé par une table des matières qui
paroît faite avec beaucoup de ſoins ,
E iV
1o4 MERCURE E)E FRANCE.
& par un Dictionnaire des termes de
Fortification ,
plus complet que celui
des précédentes éditions. Les différen
tes additions que l'Auteur a faites à ce
Livre, l'ont mis dans la néceſſité d'aug
menter le nombre des Planches. Au
lieu de 19 qu'il y en avoit dans la der
nière, celle-ci en a 37, dont la plûpart
repréſentent en grand le développement
des principaux ouvrages de la Fortifi
cation. Elles ſont toutes gravées de
nouveau & bien exécutées.
Pour ſe rendre les régles & les prin
cipes de la Fortification familiers , M.
le Blond voudroit qu'on accoutumât
les Eléves à tracer ſur le terrain tous
les différens Ouvrages qu'on leur fait
conſtruire ſur le papier ; qu'on s'appli
quât auſſi à leur § mettre en état -
de défenſe les Bourgs, Villages & autres
Poſtes qu'on eſt ſouvent, à la guerre,
dans le cas de fortifier. Il ajoûte que des
expériences réïtérées & réfléchies de
cette eſpéce de pratique de la Fortifica
tion ne peuvent manquer d'augmenter
les lumières de ceux qui voudront bien
en faire l'eſſai, c'eſt dequoi il n'eſt guères
poſſible de douter. Mais il§ pour
cela être dirigé par des Maîtres auſſi
habiles & auſſi intelligens que ce cé
lébre Profeſſeur de Mathématique. L'eſ
A V R I L. 1764.
1o5
time générale qu'il s'eſt acquiſe en ce
genre, cauſe des regrets à tous ceux
qui n'ont point été à portée de prendre
de ſes leçons.
Ce Livre & les autres Ouvrages d,
M le Blond peuvent être† COIn »
me des Livres claſſiques d'une Eccle
Militaire. Tout y eſt expoſé avec clar
té, & l'on y trouve d'ailleurs ce qu'il y
a de plus eſſentiel & de plus utile dans
les différentes matières qui ont été l'ob
jet de ſes ſçavans travaux.
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Résumé : ÉLÉMENS de Fortification, contenant la construction raisonnée de tous les Ouvrages de la Fortification, les systêmes des plus célébres Ingénieurs ; la Fortification irrégulière, &c. CINQUIÈME ÉDITION, augmentée de l'Explication détaillée de la Fortification de M. de COEHORN, de la construction des Redoutes, Forts de Campagne, &c. & d'un Plan des différentes instructions propres à une École Militaire. Par M. Le BLOND, Maître de Mathématique des Enfans de France, &c. Vol. in-8 o d'environ 400 pages. A Paris, chez Jombert, rue Dauphine, à l'Image N. D. 1764 ; avec approbation & privilége du Roi.
Le texte présente la cinquième édition de 'ÉLÉMENS de Fortification' par M. Le Blond, publiée en 1764 à Paris. Cet ouvrage traite de la fortification selon les principes de M. de Coehorn, ainsi que de la construction de redoutes et de forts de campagne. Il propose un plan d'instructions destiné à une école militaire. Contrairement à la précédente édition, cette version remplace l'épître dédicatoire par un récit des premières instructions scientifiques du duc de Bourgogne, mettant en lumière ses compétences précoces en géométrie et en fortification. Le livre inclut également un plan des instructions militaires, modifié et enrichi depuis sa première publication dans le Mercure en août 1754. M. Le Blond critique la formation actuelle des jeunes officiers, qui privilégie l'exercice et le maniement des armes au détriment des aspects théoriques et stratégiques. Il préconise la création d'une école militaire où des professeurs de mathématiques, formés à la science militaire, enseigneraient la tactique. Il suggère d'étudier les meilleurs écrivains militaires pour établir un corpus de règles et de principes à enseigner méthodiquement. Le texte souligne également les insuffisances de l'enseignement des mathématiques aux jeunes nobles, les maîtres ne se concentrant pas suffisamment sur les applications militaires. M. Le Blond recommande d'utiliser des ouvrages spécifiques pour structurer l'apprentissage de l'art militaire et insiste sur l'importance de la pratique sur le terrain pour familiariser les élèves avec les règles de la fortification. Le texte conclut en soulignant les compétences de M. Le Blond en matière de fortification et son influence sur les jeunes officiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4683
ÉLÉMENS de Fortification, contenant la construction raisonnée de tous les Ouvrages de la Fortification, les systêmes des plus célébres Ingénieurs ; la Fortification irrégulière, &c. CINQUIÈME ÉDITION, augmentée de l'Explication détaillée de la Fortification de M. de COEHORN, de la construction des Redoutes, Forts de Campagne, &c. & d'un Plan des différentes instructions propres à une École Militaire. Par M. Le BLOND, Maître de Mathématique des Enfans de France, &c. Vol. in-8 o d'environ 400 pages. A Paris, chez Jombert, rue Dauphine, à l'Image N. D. 1764 ; avec approbation & privilége du Roi.
4684
p. 105-110
L'INOCULATION de la Petite-Vérole renvoyée à Londres, par M. ***, Docteur en Médecine, &c. A la Haye, 1764.
Début :
C'EST une seconde Edition, mais considérablement augmentée, d'un petit [...]
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texteReconnaissance textuelle : L'INOCULATION de la Petite-Vérole renvoyée à Londres, par M. ***, Docteur en Médecine, &c. A la Haye, 1764.
L'INOCULATION de la Petite-Vérole
renvoyée à Londres, par M. ***,
Docteur en Médecine, &c. A la Haye,
1764.
C'EST une seconde Edition, mais
considérablement augmentée, d'un petit
Ouvrage ſigné CANDIDE, que nous
avons annoncé dans le temps. Ce qui
n'étoit, pour ainſi dire, qu'ébauché dans
le premier, eſt rendu dans celui-ci avec
plus de clarté, plus d'étendue, & appuyé
de détails qui paroiffent donner plus de
poids au ſentiment de l'Auteur. C'eſt
certainement le plus courageux, auſſi
E v
-
1o6 MERCURE DE FRANCE.
bien que le plus redoutable adverſaire
qui ſoit entré en lice pour combattIe
l'Inoculation. L'Anonyme n'eſt pas pour
lui un bouclier dont il ſe couvre, pourſe
mettre à l'abri des traits de ceux qu'il
attaque ; il ſe fait aſſez connoître ſans ſe
nommer. Loin de paroître les craindre,
il les provoque lui-même au combat par
de nouveaux défis. Aux calculs qui pa
roiſſent décider d'une manière ſi triom
phante en faveur de l'Inoculation, il en
oppoſe de nouveaux qui rendent la choſe
problématique , & y font appercevoir
des dangers pour la Société,qui méritent
toute l'attention du Gouvernement. '
On ne peut nier que pluſieurs des ob
jections que cet habile Médecin fait aux
partiſans de l'Inoculation,ne ſoient aſſez
bien fondées. Le Lecteur en peut juger
par celle-ci. » La Petite Vérole eſt une
» peſte. Pour l'éteindre faut-il la multi
» plier ? Faut-il la tranſmettre à ceux qui
» ne l'auroient jamais ? Faut-il faire un
» choix de ceux qui ſe portent bien, &
» prendre, pout ainſi dire, la crême de
» l'humanité, pour honorer, pour accré
» diter l'Inoculation , & laiſſer le rebut à
» la Petite - Vérole naturelle, pour la
» rendre plus odieuſe ?
» On vante les ſuccès de l'Inoculation.
A V R I L. 1764.
1o7
» Qu'ont-ils donc de ſi merveilleux ?, Il
» meurt peu de perſonnes entre les mains
» des Inoculateurs. Mais devroit-il en
» mourir, lorſqu'au choix des Sujets, à
» la force du tempérament , on joint
» de longues épreuves, & des prépara
» tions de toute eſpèce ? Eh, Meſſieurs !
» voulez-vous me donner une haute idée
» de l'Inoculation ? Voulez-vous donner
» des preuves éclatantes de la ſenſibilité
» de votre âme, de votre attachement
» à la Patrie, de votre amour défintéreſſé
» pour vos Concitoyens ? Jettez des yeux
» de compaſſion ſur ces malheureuſes
» victimes de l'indigence, qui languiſſent
» dans le ſein de la douleur, & qui en
» proie à diverſes infirmités, ne pour
» roient ſoutenir les attaques imprévues
» d'une Petite-Vérole naturelle. Hono
» rez-les de l'Inoculation ; eſſayez , en
» les préparant, de purifier leur ſang ,
» & de leur donner avec ſuccès une ma
» ladie dont ils ne pourroient être ſur -
» pris, ſans y trouver le terme fatal de
» leur vie & de leurs malheurs. Vous
» pourrez alors relever les avantages de
» l'Inoculation. Vous aurez beau jeu
» pour fermer la bouche aux Incrédule s,
» &c.
\
Si l'argument n'eſt pas ſans réplique ,
E vj
1o8 MERCURE DE FRANCE.
du moins il ſeroit à ſouhaiter que parmi
ceux à qui l'Auteur le propoſe, il ſe
trouvât quelqu'un qui eût aſſez de cha
rité pour entreprendre de le réfuter , &
aſſez de bonheur pour y réuſſir.
L'Ouvrage eſt compoſé de huit queſ
tions qui ſont comme autant de Chapi
tres. A la huitième queſtion. Y a-t-il
des moyens pour diminuer & méme étein
dre la Petite-Vérole ? M. *** répond :
» Oui, ſans doute, il y en a. Et quels
» ſont-ils ? Ceux que l'on employe pour .
» arrêter le cours des autres maladies con
» tagieuſes. » C'eſt dans ce chapitre ſur
tout, que l'Auteur parle également, & en
Médecin , & en Ami des Hommes. Les
moyens qu'il propoſe pour arrêter les ra
vages de la Petite-Vérole , ne peuvent
qu'être tres-avantageux à la Société.
» Et que fait-on à la Cour, quand quel
» qu'un en eſt ſurpris ? Il y a des ordres
» précis d'en éloigner ſur le champ le
» Malade, avec défenſes aux Parens ,
» Amis , Médecins, Chirurgiens & au
» tres qui l'approchent, d'y paroître ſans
» avoir fait la quarantaine. » En conſé
quence, l'Auteur voudroit qu'on em
ployât de ſemblables précautions dans
toutes les Villes du Royaume, & que,
par de ſages réglemens, on captivât en
quelque ſorte la Petite-Vérole, en s'op
A V R I L. 1764.
rog
oſant à ſa communication. Ainfi , au
lieu d'établir des Hôpitaux dans les faux
bourgs de Paris, pour inoculer le Peuple
& les Etrangers qui n'ont point de do
micile, il propoſe au contraire d'établir
ces mêmes Hôpitaux pour y mettre ceux
qui ſeront attaqués de la Petite-Vérole
naturelle, & qu'on leur y faſſe faire qua
rantaine , comme pour la Peſte.
Conſéquemment à ſon titre, l'Auteur
conclut que le parti le meilleur & le
plus ſage eſt de renvoyer l'inoculation à
Londres pour qu'elle y faſſe ſes preuves.
» Si cependant, ajoute-t-il, la Cour
» Souveraine, maîtreſſe de ſes déciſions,
» tolère l'Inoculation de la Petite-Vérole
» en faveur de ceux qui ont toutes les
» commodités néceſſaires pour qu'elle
» ne ſe communique à perſonne; elle
» eſt très-humblement ſuppliée pour le
» bien public, dont elle eſt l'âme, d'or
» donner qu'aucune Inoculation ne pou
» ra être faite qu'à trois lieues de la Ca
» pitale, & des autres Villes du Royau
» me; avec défenſes aux Inoculés, d'y
» rentrer ſans avoir fait quarantaine ,
» comme pour la Peſte, la Petite-Vérole
» en étant une eſpèce. »
Dans une diſpute de cette importance,
qui touche de fi près à la Population, &
I IO MERCURE BE FRANCE.
| par conſéquent au bien public, dont
tous les Ordres du Royaume ſont au
jourd'hui ſi fort occupés, autant ſe
rions-nous blâmables d'oſer prendre au
cun parti, autant le ſerions - nous de
n'être pas extrêmement attentifs à faire
connoître tout ce qui paroîtra pour &
contre; puiſque la déciſion d'un objet
ſi important ne peut réſulter que de la
diſcuſſion de ces différens avis. Defen
dat quod quiſque ſentit. Sunt enim judi
- cia libera : nos inſtitutum tenebimus,
nullisque unius diſciplinœ legibus ad
fcripti, quid ſit in quaque re maxime
probabile ſemper requiremus.
renvoyée à Londres, par M. ***,
Docteur en Médecine, &c. A la Haye,
1764.
C'EST une seconde Edition, mais
considérablement augmentée, d'un petit
Ouvrage ſigné CANDIDE, que nous
avons annoncé dans le temps. Ce qui
n'étoit, pour ainſi dire, qu'ébauché dans
le premier, eſt rendu dans celui-ci avec
plus de clarté, plus d'étendue, & appuyé
de détails qui paroiffent donner plus de
poids au ſentiment de l'Auteur. C'eſt
certainement le plus courageux, auſſi
E v
-
1o6 MERCURE DE FRANCE.
bien que le plus redoutable adverſaire
qui ſoit entré en lice pour combattIe
l'Inoculation. L'Anonyme n'eſt pas pour
lui un bouclier dont il ſe couvre, pourſe
mettre à l'abri des traits de ceux qu'il
attaque ; il ſe fait aſſez connoître ſans ſe
nommer. Loin de paroître les craindre,
il les provoque lui-même au combat par
de nouveaux défis. Aux calculs qui pa
roiſſent décider d'une manière ſi triom
phante en faveur de l'Inoculation, il en
oppoſe de nouveaux qui rendent la choſe
problématique , & y font appercevoir
des dangers pour la Société,qui méritent
toute l'attention du Gouvernement. '
On ne peut nier que pluſieurs des ob
jections que cet habile Médecin fait aux
partiſans de l'Inoculation,ne ſoient aſſez
bien fondées. Le Lecteur en peut juger
par celle-ci. » La Petite Vérole eſt une
» peſte. Pour l'éteindre faut-il la multi
» plier ? Faut-il la tranſmettre à ceux qui
» ne l'auroient jamais ? Faut-il faire un
» choix de ceux qui ſe portent bien, &
» prendre, pout ainſi dire, la crême de
» l'humanité, pour honorer, pour accré
» diter l'Inoculation , & laiſſer le rebut à
» la Petite - Vérole naturelle, pour la
» rendre plus odieuſe ?
» On vante les ſuccès de l'Inoculation.
A V R I L. 1764.
1o7
» Qu'ont-ils donc de ſi merveilleux ?, Il
» meurt peu de perſonnes entre les mains
» des Inoculateurs. Mais devroit-il en
» mourir, lorſqu'au choix des Sujets, à
» la force du tempérament , on joint
» de longues épreuves, & des prépara
» tions de toute eſpèce ? Eh, Meſſieurs !
» voulez-vous me donner une haute idée
» de l'Inoculation ? Voulez-vous donner
» des preuves éclatantes de la ſenſibilité
» de votre âme, de votre attachement
» à la Patrie, de votre amour défintéreſſé
» pour vos Concitoyens ? Jettez des yeux
» de compaſſion ſur ces malheureuſes
» victimes de l'indigence, qui languiſſent
» dans le ſein de la douleur, & qui en
» proie à diverſes infirmités, ne pour
» roient ſoutenir les attaques imprévues
» d'une Petite-Vérole naturelle. Hono
» rez-les de l'Inoculation ; eſſayez , en
» les préparant, de purifier leur ſang ,
» & de leur donner avec ſuccès une ma
» ladie dont ils ne pourroient être ſur -
» pris, ſans y trouver le terme fatal de
» leur vie & de leurs malheurs. Vous
» pourrez alors relever les avantages de
» l'Inoculation. Vous aurez beau jeu
» pour fermer la bouche aux Incrédule s,
» &c.
\
Si l'argument n'eſt pas ſans réplique ,
E vj
1o8 MERCURE DE FRANCE.
du moins il ſeroit à ſouhaiter que parmi
ceux à qui l'Auteur le propoſe, il ſe
trouvât quelqu'un qui eût aſſez de cha
rité pour entreprendre de le réfuter , &
aſſez de bonheur pour y réuſſir.
L'Ouvrage eſt compoſé de huit queſ
tions qui ſont comme autant de Chapi
tres. A la huitième queſtion. Y a-t-il
des moyens pour diminuer & méme étein
dre la Petite-Vérole ? M. *** répond :
» Oui, ſans doute, il y en a. Et quels
» ſont-ils ? Ceux que l'on employe pour .
» arrêter le cours des autres maladies con
» tagieuſes. » C'eſt dans ce chapitre ſur
tout, que l'Auteur parle également, & en
Médecin , & en Ami des Hommes. Les
moyens qu'il propoſe pour arrêter les ra
vages de la Petite-Vérole , ne peuvent
qu'être tres-avantageux à la Société.
» Et que fait-on à la Cour, quand quel
» qu'un en eſt ſurpris ? Il y a des ordres
» précis d'en éloigner ſur le champ le
» Malade, avec défenſes aux Parens ,
» Amis , Médecins, Chirurgiens & au
» tres qui l'approchent, d'y paroître ſans
» avoir fait la quarantaine. » En conſé
quence, l'Auteur voudroit qu'on em
ployât de ſemblables précautions dans
toutes les Villes du Royaume, & que,
par de ſages réglemens, on captivât en
quelque ſorte la Petite-Vérole, en s'op
A V R I L. 1764.
rog
oſant à ſa communication. Ainfi , au
lieu d'établir des Hôpitaux dans les faux
bourgs de Paris, pour inoculer le Peuple
& les Etrangers qui n'ont point de do
micile, il propoſe au contraire d'établir
ces mêmes Hôpitaux pour y mettre ceux
qui ſeront attaqués de la Petite-Vérole
naturelle, & qu'on leur y faſſe faire qua
rantaine , comme pour la Peſte.
Conſéquemment à ſon titre, l'Auteur
conclut que le parti le meilleur & le
plus ſage eſt de renvoyer l'inoculation à
Londres pour qu'elle y faſſe ſes preuves.
» Si cependant, ajoute-t-il, la Cour
» Souveraine, maîtreſſe de ſes déciſions,
» tolère l'Inoculation de la Petite-Vérole
» en faveur de ceux qui ont toutes les
» commodités néceſſaires pour qu'elle
» ne ſe communique à perſonne; elle
» eſt très-humblement ſuppliée pour le
» bien public, dont elle eſt l'âme, d'or
» donner qu'aucune Inoculation ne pou
» ra être faite qu'à trois lieues de la Ca
» pitale, & des autres Villes du Royau
» me; avec défenſes aux Inoculés, d'y
» rentrer ſans avoir fait quarantaine ,
» comme pour la Peſte, la Petite-Vérole
» en étant une eſpèce. »
Dans une diſpute de cette importance,
qui touche de fi près à la Population, &
I IO MERCURE BE FRANCE.
| par conſéquent au bien public, dont
tous les Ordres du Royaume ſont au
jourd'hui ſi fort occupés, autant ſe
rions-nous blâmables d'oſer prendre au
cun parti, autant le ſerions - nous de
n'être pas extrêmement attentifs à faire
connoître tout ce qui paroîtra pour &
contre; puiſque la déciſion d'un objet
ſi important ne peut réſulter que de la
diſcuſſion de ces différens avis. Defen
dat quod quiſque ſentit. Sunt enim judi
- cia libera : nos inſtitutum tenebimus,
nullisque unius diſciplinœ legibus ad
fcripti, quid ſit in quaque re maxime
probabile ſemper requiremus.
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Résumé : L'INOCULATION de la Petite-Vérole renvoyée à Londres, par M. ***, Docteur en Médecine, &c. A la Haye, 1764.
En 1764, une seconde édition augmentée d'un ouvrage anonyme intitulé 'CANDIDE' sur l'inoculation de la variole a été publiée. L'auteur, un médecin, critique sévèrement cette pratique, la jugeant dangereuse et problématique pour la société. Il compare la variole à une peste et redoute que l'inoculation ne propage la maladie à des personnes non encore infectées. Il remet en question les succès rapportés de l'inoculation, attribuant les faibles taux de mortalité à une sélection rigoureuse des sujets et à des préparations minutieuses. L'ouvrage est structuré en huit questions, chacune formant un chapitre. Dans le dernier chapitre, l'auteur recommande des mesures similaires à celles prises pour la peste, comme la quarantaine, pour contenir la variole naturelle. Il propose de renvoyer l'inoculation à Londres pour y faire ses preuves et, si elle est tolérée, de l'autoriser uniquement à trois lieues des villes, avec des mesures de quarantaine strictes. Le texte insiste sur la nécessité d'une discussion approfondie sur cette question cruciale pour le bien public. L'auteur met en avant l'importance de la discussion pour parvenir à une conclusion significative, affirmant que chaque individu doit exprimer son opinion librement. Il déclare qu'il suivra cette approche institutionnelle, sans se soumettre aux règles d'une seule discipline, afin de rechercher ce qui est le plus probable dans chaque situation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4685
p. 110-124
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ÉLOGE de Maximilien de Bethune, Duc de Sully, Surintendant des Finances [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune,
Duc de Sully, Surintendant des Finances
ſous Henri IV , qui a concouru
pour le Prix de l'Académie Françoſe de
la préſente année 1763; à Paris , chez
Delormel , Imprimeur de l'Académie.
Royale de Muſique, rue Foin, à l'Ima
ge de Ste Géneviéve; 1763, avec per
miſſion ; feuille in-8°. 24 pages.
Nous avons parlé des Diſcours qui
-
ont concouru l'année dernière pour le
A V R I L. 1764.
-
1 1 1
Prix de l'Académie Françoiſe ; celui-ci
ne nous a été envoyé que fort tard ,
ſans cela nous l'aurions annoncé avec
· ceux de Mlle Mazarelli & de M. Tho
mas qui ont attiré la principale atten
tion du Public.
• ExAMEN du Pſeautier François des
Révérends Pères Capucins , où l'on
trouve 1°. qu'ils ne doivent point pren- .
dre pour Sujet ordinaire des Pſeaumes,
les Juifs captifs & maltraités par les
Chaldéens ;2°. Qu'ils donnent une fauſ
ſe idée de la Langue Sainte, & qu'ils
en violent ſouvent les régles. Par le P.
Houbigeant , de l'Oratoire. A la Haye,
& ſe trouve à Paris, chez P. Fr. Di
dot le jeune, Libraire, quai des Auguſ
tins, près du Pont S. Michel ; 1764 ;
Brochure in-8°. de 154 pages.
Ce Titre n'annonce pas beaucoup de
ménagement pour les RR. PP. Capu
clns. Il y a apparence que cette eſpéce
de Manifeſte ou Déclaration de guerre
contre ces Révérends Pères, ne reſtera
pas ſans réponſe Si cette querelle a des
ſuites , & qu'elle nous paroiſſe aſſez im
portante pour que nous en faſſions part
au Public, nous entrerons dans le dé
tail des raiſons alléguées de part & d'au
fIC,
·
'r 12 MERCURE DE FRANCE.
RÉLATIoN abrégée de l'origine, des
progrès & de l'état actuel de la Société
établie à Londres en 1754 pour l'encoura
gement des Arts, des Manufactures & du .
Commerce; tirée des écrits originaux des
premiers Promoteurs de cet établiſſe
ment & d'autres Actes authentiques; par
un Membre de ladite Société : Ouvrage
traduit de l'Anglois avec des Notes pour
l'uſage & l'intelligence du Texte. A
Londres , & ſe trouve à Paris , chez
A. L. Regnard, Imprimeur de l'Acadé
mie Françoiſe , Grand'ſalle du Palais,&
rue baſſe des Urſins; 1764 ;. Brochure
in-8°. de 15o pages.
L'objet principal de cet Ouvrage eſt
de faire connoître les perſonnes géné
reuſes qui ont contribué à l'Etabliſſe
ment de cette Société , & de rendre
hommage à leur zéle. On y rapporte
une ſuite de faits qui font le plus grand
honneur aux Protecteurs illuſtres, qui
par leur généroſité & leur application ,
ont donné à cette entrepriſe la forme
qui ſéule pouvoit en aſſurer la ſolidité
& la durée. Le Texte Anglois ſe trouve à
· côté de la Traduction Françoiſe.
L'INCENDIE de la Foire S. Germain,
, & ſa nouvelle reconſtruction, Poëme
-
-
|
A V R I L. 1754.
1 13
en quatre Chants ; par M. De ***. A
Amſterdam , & ſe trouve à Paris chez
Langlois fils, Libraire , au bas de la
rue de la Harpe, à la Couronne d'Or ;
1764 ; in-8°. de 32 pages ; prix, 15 ſ.
L'Auteur nous apprend dans ſa Pré
face, qu'étant accouru à l'incendie , il
fut frappé du Spectacle ; & que ſon
imagination lui en rappellant les prin
cipaux traits , ils devinrent pour lui la
matière d'un Poëme, dont les quatre
premiers vers pourront donner une juſte
idée du talent poëtique de l'Auteur.
Je vais chanter l'incendie effroyable,
Dont l'ardeur prompte, autant qu'épouvanta
ble ,
-
Bravant l'effet de tout ſecours humain ,
En cendre a mis la Foire S. Germain.
DIscoURs philoſophique & moral,
en vers, à l'imitation de Juvenal; par
M. Rochon de Chabannes ; à Paris de
l'Imprimerie de Sébaſtien Jorry , rue
& vis-à-vis la Comédie Françoiſe , au
Grand Monarque & aux Cigognes ;
1764 ; avec approbation. In-8°. de 24
pages ; beau papier.
| L'Auteur peint vivement & forte
ment les défauts, les vices & les paſ
r14 MERCURE DE FRANCE.
ſions de l'homme, telles que la pro
digalité, l'ambition , l'avarice , l'or
gueil &c. L'Hiſtoire lui offre des exem
ples de tous les excès auxquels ſe livre
le cœur humain.
-
Aléxandre vainqueur de l'Aſie étonnée
N'a point encor rempli ſa triſte deſtinée.
Son cœur ambitieux vole au-delà des mers ;
Il cherche à conquérir un nouvel Univers.
Il étouffe à l'étroit dans l'enceinte du Monde.
Malheureux ! il eſt temps que le Ciel te confonde 2
Rentre dans Babylone ; un modeſte cercueil
Eſt tout ce que le ſort réſerve à ton orgueil.
Nous citons ces vers au hazard ; ce
ne ſont pas les meilleurs que nous ayons
trouvés dans cette Piéce, où il y en a
de très - bons.
•
'
LEs quatre Saiſons, Poëme de M.
le Bret ; avec cette Epigraphe : Nos
patriœ fines & dulcia linquimus arva ;
nos patriam fugimus. ... Virg. Ecl. I.
A Geneve, & ſe trouve à Paris chez
les Libraires qui diſtribuent les Nou
veautés, 1763 ; in-8°.
-
"
L'Auteur ſe donne pour un jeune
homme qui débute au Parnaſſe. Il igno
, roit ſans doute qu'une Muſe célébre
*
A V R I L. 1764.
1 1 ;
& brillante avoit traité le même Sujet
d'une manière à décourager nos meil
leurs Poëtes qui voudroient revenir ſur
cette riche & féconde matière. Parmi les
plaiſirs du Printemps voici ceux que l'on
goûte principalement à Paris.
On entend dans Paris l'aimable Bouquetière
Annoncer ſes bouquets au jeune Mouſquetaire.
La charmante Marmote a de nouveaux appas ;
Les Grâces & les Ris accompagnent ſes pas,
On la trouve partout jouant des ſérénades,
Tantôt dans les Caffés ou dans les Promenâdes,
Tantôt à la Courtille ou bien aux Porcherons,
Tantôt aux Boulevards ou dans les environs,
Toujours inattendue & toujours deſirée.
Après ſouper on va dans le Bois de Boulogne
Siffler le blanc Champagne & le rouge Bour
gogne ; &c.
-
· LE Gentilhomme Cultivateur , ou
Corps complet d'Agriculture , traduit
de l'Anglois de M. Hall, & tiré des
Auteurs qui ont le mieux écrit ſur cet
art; par M. Dupuy d'Emportes , de
l'Académie de Florence, & de la So
ciété Royale des Siences & Belles
Lettres de Nancy ; Tome VII & VIII.
in-quarto & in-12, à Paris chez Simon »
r 16 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur du Parlement, rue de la Har-,
pe, la veuve Durand , rue du Foin ,
Bauche , Quai des Auguſtins ; à Bor
deaux, chez Chappuis l'aîné; avec ap
probation & privilége du Roi ; I764.
Nous avons rendu compte autrefois
du plan , de l'objet & de l'utilité de
cet ouvrage très-bien éxécuté, & dont
la néceſſité eſt reconnue par tous les
Cultivateurs & les différéntes Sociétés
d'Agriculture. Les volumes que nous
annonçons aujourd'hui paroiſſent nou
vellement & ſont les deux derniers de
l'ouvrage qui eſt entièrement fini. Les
matières qu'ils renferment ne ſont pas
moins intéreſſantes que celles des vo
lumes précédens ; & nous félicitons
l'Auteur de s'être acquitté ſi glorieuſe
ment de cette utile & importante en
trepriſe.
· NoUvELLE Méthode Latine de M.
de Launay , en quatre volumes in-8°,
ſi facile qu'elle eſt à la portée d'un
enfant de 5 à 6 ans qui ſçait lire, &c.
z. On ſçait que ces quatre volumes ont
été propoſés par ſouſcription, moyen
nant 12 liv. quelle a été remplie; &
· que les volumes ont été fournis aux
Souſcripteurs. L'Auteur n'avoit pû don
A V R I L. 1764.
| 117
ner dans ces quatre premiers volumes,
que les deux premiers livres de Phédre,
& la premiere Satyre de Perſe, à cauſe
de la forme de ce travail. Depuis deux
ans , on demande avec inſtance la con
tinuation de cet Ouvrage, ſur les trois
derniers livres de Phèdre , & ſur les
cinq dernieres Satyres de Perſe. Et
c'eſt pour adhérer à ces ſollicitations,
que l'Auteur vient de diſtribuer depuis
quelques jours, un Proſpectus , qui
propoſe cette continuation , auſſi en 4
volumes in-8°, & par ſouſcription. On
aura, par ce moyen , tout Phédre, &
tout Perſe, accommodés dans le goût
du nouveau ſyſtême, ce qui forme un
Ouvrage plus conſidérable qu'on ne
penſe, & fort utile.
Conditions.
-
On donnera douze livres, pour ces
4 derniers volumes, en une ſeule fois,
· pour éviter les embarras qu'ont occa
ſionnés les différens payemens de la
première. Quand cette ſeconde ſouſ
cription ſera fermée, c'eſt-à-dire, lorſ
que le premier volume paroîtra, ce
qui ſera dans peu, ces 4 volumes ſeront
payés 18, comme les premiers, par ceux
qui n'auront pas ſouſcrit. A Paris ,
-
s E8 MERCURE DE FRANCE.
chez Panckoucke, Libraire , rue & at
tenant la Comédie Françoiſe , & chez
l'Auteur, dans le Cloître de Saint-Ger
main de l'Auxerrois, 1764.
· ÉLITE de Poëſies fugitives; dans la
quelle on a fait entrer tout ce que nos
Poëtes modernes ont compoſé de plus
parfait, les plus belles Odes, les Madri
aux , les Epîtres, les Epigrammes, &c.
es mieux faites depuis Rouſſeau, les
Eloges des Femmes de notre Siécle les
plus diſtinguées par leur naiſſance, leur
eſprit & leur beauté, & un très-grand
nombre de Pièces de Ferrand, la Faye ,
Fontenelle, M. de Voltaire, M. de Mon
crif, du C. de B***, & d'autres Au
· teurs, qui n'ont jamais été imprimées,
ou qui ne ſe trouvent pas dans le Re
cueil qu'on a fait de leurs Œuvres. 3 vol.
in 12., petit format, prix 6 liv. broché;
à Londres, & ſe trouve à Paris, chez
, Deſſaint & Saillant, Libraires , rue S.
Jean de Beauvais.
Nous donnerons dans le Mercure pro
chain un Extrait plus étendu de cet agréa
ble Recueil. -
-
PANÉGYRIQUEs des Saints, ſuivis
de réfléxions ſur l'Eloquence en géné
ral , & ſur celle de la Chaire en parti
-
A V R Ir. 1764:
I19
culier , ſeconde Edition, revue, corri
gée & augmentée de pluſieurs analyſes
d'Ouvrages d'Eloquence, ou ſur l'Elo
quence ; par M. l'Abbé Trublet, de l'A-
cadémie Françoiſe & de celle de Pruſſe,
Archidiacre & Chanoine de S. Malo ; à
Paris, chez Briaſſon, Libraire, rue S.
Jacques, à la Science; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764; deux vo
lumes in-12.
-
La première Edition fut publiée en un
ſeul volume, il y a huit ou neuf ans, &
eut du ſuccès. L'Auteur a fait très-peu de
changemens dans cette no'ivelle Edition
aux Pièces qui avoient paru dans la pre
mière; mais ill'a augmentée d'un volu
me, qui contient les Extraits que fai
ſoit M. l'Abbé Trublet, lorſqu'il travail
loit au Journal des Sçavans & au Jour
mal Chrétien. Ces Analyſes ſont faites
avec ſoin ; & ceux qui s'intéreſſent à ce
genre de travail, ſçauront gré à l'Au
teur de les avoir reſſemblées,
º
ZAïDE, ou la Comédienne Parvenue ;
avec cette Epigraphe : rara avis in ter
ris ; Juvenal. Satyr. 6; à Mimicopole,
1763 ; brochure in-12 ; on en trouve
des exemplaires chez Brocas & Humblot,
rue S. Jacques, au ChefS. Jean.
Dans ce Roman , on a eſſayé de met
'120 MERCURE DE FRANCE.
Tre en action le Vice & la Vertu , afin
de rendre plus ſenſible, par les ſuites
heureuſes ou funeſtes de l'un & de l'au
tre, la néceſſité de ne jamais balancer
dans le choix. On a peint une Actrice
chaſte & vertueuſe, parce qu'on croit
qu'il y en a de telles, & qu'il eſt utile de
détruire le préjugé contraire. On lira ce
petit volume de 15o pages avec plaiſir.
LETTRE à la Grecque; à l'Iſle de Te
nedos , & ſe trouve à Paris , chez Guil
lyn, Libraire, quai des Auguſtins, au
Lys d'or ; 1764 ; feuille in-12 de 24
| pages.
·
Cet Fcrit ironique & badin traite de
· la nouvelle Salle qui doit ſe faire pour
l'Opéra. On ſuppoſe qu'on en a donné
· un Projet; & ce Projet, qui n'eſt que
ſuppoſé , donne lieu à des plaiſanteries
dont tous les Lecteurs ne ſentiront peut.
• être pas toute la fineſſe.
AMUSEMENS à la Grecque, ou les
Soirées de la Halle, par un Ami de feu
Vadé, avec quélques Piéces détachées,
tant en proſe qu'en vers , du même Au
teur; à Athènes , dans le Tonneau de
Diogène ; & ſe vend à Paris, chez Cuiſ
ſart, Libraire , au milieu du Pont-au
Change,
A V R I L. 1764.
I2. 1
Change, à la Harpe ; 1764 ; brochure
in-12 d'environ 1oo pages.
- On a réuni ſous ce titre pluſieurs pe
tites Pièces de proſe & de vers ſur toutes
ſortes de Sujets. Les unes ſont dans le
goût Poiſſard ; les autres ſont écrites
rer avec les divers Ecrits de ce genre.
-
dans le ſtyle ordinaire. Il y a de la gaîté
dans quelques-unes qui peuvent figu
FoRMULEs de Médecine, latines &
françoiſes, pour le grand Hôtel - Dieu
de Lyon ; utiles aux Hôpitaux des Villes
& des Armées, aux jeunes Médecins,
Chirurgiens, Apoticaires, aux Perſon
nes charitables, & aux Habitans de la
Campagne; par Pierre Garnier ; nou
' velle Edition, revue, corrigée & conſi
dérablementaugmentée, par M. L. Gar
nier, Médecin ordinaire du Roi, Doc
teur en Médecine de l'Univerſité de
Montpellier , Doyen du Collége des
Médecins de Lyon , ancien Médecin de
l'Hôtel-Dieu , & Aſſocié honoraire de
l'Académie des Sciences & Belles-Let
tres de la même Ville ; à Paris , chez P.
F. Didot le jeune, Libraire, quai des
Auguſtins, à S. Auguſtin ; 1764; avec
approbation & privilége du Roi; un vol.
in 12. Prix, 2 liv. 1o ſ, relié.
II. Vol.
F
-
122 MERCURE DE FRANCE.
Les Editions multipliées de cet Ou
vrage ſont une preuve de ſon utilité ;
& le titre ſeul montre aſſez de quel uſa
ge il peut être pour une infinité de Per
ſonnes. Mais ce qu'il ne dit pas égale
ment, c'eſt que ce Livre eſt terminé par
un Dictionnaire ou Catalogue alphabé
tique contenant les noms des Drogues
ſimples ou compoſées, dont il eſt fait
mention dans § ; avec leurs
deſcriptions, leurs préparations, leurs
' vertus, & l'explication des termes de
Pharmacie qui y ſont répandus. Ce Dic
tionnaire eſt ſuivi d'une Table des Ma
ladies auxquelles les Formules peuvent
convenir.
- SERMoNs de Meſſire Jacques-Fran
çois-René de la Tour-du-Pin, Abbé
Commendataire de l'Abbaye de Notre
Dame d'Ambournai, Vicaire Général
de Riez, Prédicateur ordinaire du Roi,
de l'Académie des Sciences & Belles
Lettres de Nanci; à Paris, chez A. L.
Regnard, Imprimeur de l'Académie
Françoiſe, Grand'-Salle du Palais, &
rue baſſe des Urſins; avec Privilége du
Roi ; 1764 ; 2 vol. in-12.
Ces deux premiers volumes, où il n'y
a que des Panégyriques, ſeront ſuivis,
A V R I L. 1764.
F ij
123
de pluſieurs autres dans l'ordre ſuivant :
il paroîtra encore deux tomes d'Elo
ges de Saints dans le courant de cette
année. En 1765 , on délivrera les deux
derniers volumes de Panegyriques ,
après leſquels viendra en 1766 un tome
de Sujets particuliers, & celui de l'A-
vent prêché devant le Roi. En 1767 on
compte mettre au jour trois volumes
qui formeront un grand Carême : un
tome où ſeront recueillis différens Su
jets de Morale, deux tomes de Myſtè
res , & un des abrégés de tous les Ser
mons & Panégyriques, termineront en
1768 toute l'édition. Ainſi nous aurons
ſouvent occaſion d'entretenir le Public
de l'Eloquence de cet Auteur dans tous
les genres ; c'eſt pour cela que nous
nous contentons aujourd'hui de cette
ſimple annonce,
|.
DIscoURs prononcés en différentes
ſolemnités de piété ; par M. le Coutu
rier, Chanoine de l'Egliſe Royale de
S. Quentin, Prédicateur du Roi; à Pa
ris , chez Brocas & Humblot , Librai
res , rue S. Jacques , au-deſſus de la
rue des Mathurins , au Chef S. Jean ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi. Un vol. in-12. de 31o pages.
-
124 MERCURE DE FRANCE.
Ces diſcours ſont un Sermon pour
la Pentecôte, prêché devant le Roi, un
Panégyrique de S. Louis, à l'Académie
Françoiſe ; un autre de S. Corneille &
de S. Cyprien ; celui de S. Sulpice ;
un Difcours prononcé le jour d'une
centiéme année d'établiſſement de Re
ligieuſes à Compiegne, le Panégyrique
de Ste Eliſabeth, un Diſcours ſur l'eſ
prit de prière, & un autre prononcé dans
une Aſſemblée de charité. Une élo
quence ſimple & touchante caractériſe
les Diſcours de M. l'Abbé Couturier.
ÉLOGE de Maximilien de Bethune,
Duc de Sully, Surintendant des Finances
ſous Henri IV , qui a concouru
pour le Prix de l'Académie Françoſe de
la préſente année 1763; à Paris , chez
Delormel , Imprimeur de l'Académie.
Royale de Muſique, rue Foin, à l'Ima
ge de Ste Géneviéve; 1763, avec per
miſſion ; feuille in-8°. 24 pages.
Nous avons parlé des Diſcours qui
-
ont concouru l'année dernière pour le
A V R I L. 1764.
-
1 1 1
Prix de l'Académie Françoiſe ; celui-ci
ne nous a été envoyé que fort tard ,
ſans cela nous l'aurions annoncé avec
· ceux de Mlle Mazarelli & de M. Tho
mas qui ont attiré la principale atten
tion du Public.
• ExAMEN du Pſeautier François des
Révérends Pères Capucins , où l'on
trouve 1°. qu'ils ne doivent point pren- .
dre pour Sujet ordinaire des Pſeaumes,
les Juifs captifs & maltraités par les
Chaldéens ;2°. Qu'ils donnent une fauſ
ſe idée de la Langue Sainte, & qu'ils
en violent ſouvent les régles. Par le P.
Houbigeant , de l'Oratoire. A la Haye,
& ſe trouve à Paris, chez P. Fr. Di
dot le jeune, Libraire, quai des Auguſ
tins, près du Pont S. Michel ; 1764 ;
Brochure in-8°. de 154 pages.
Ce Titre n'annonce pas beaucoup de
ménagement pour les RR. PP. Capu
clns. Il y a apparence que cette eſpéce
de Manifeſte ou Déclaration de guerre
contre ces Révérends Pères, ne reſtera
pas ſans réponſe Si cette querelle a des
ſuites , & qu'elle nous paroiſſe aſſez im
portante pour que nous en faſſions part
au Public, nous entrerons dans le dé
tail des raiſons alléguées de part & d'au
fIC,
·
'r 12 MERCURE DE FRANCE.
RÉLATIoN abrégée de l'origine, des
progrès & de l'état actuel de la Société
établie à Londres en 1754 pour l'encoura
gement des Arts, des Manufactures & du .
Commerce; tirée des écrits originaux des
premiers Promoteurs de cet établiſſe
ment & d'autres Actes authentiques; par
un Membre de ladite Société : Ouvrage
traduit de l'Anglois avec des Notes pour
l'uſage & l'intelligence du Texte. A
Londres , & ſe trouve à Paris , chez
A. L. Regnard, Imprimeur de l'Acadé
mie Françoiſe , Grand'ſalle du Palais,&
rue baſſe des Urſins; 1764 ;. Brochure
in-8°. de 15o pages.
L'objet principal de cet Ouvrage eſt
de faire connoître les perſonnes géné
reuſes qui ont contribué à l'Etabliſſe
ment de cette Société , & de rendre
hommage à leur zéle. On y rapporte
une ſuite de faits qui font le plus grand
honneur aux Protecteurs illuſtres, qui
par leur généroſité & leur application ,
ont donné à cette entrepriſe la forme
qui ſéule pouvoit en aſſurer la ſolidité
& la durée. Le Texte Anglois ſe trouve à
· côté de la Traduction Françoiſe.
L'INCENDIE de la Foire S. Germain,
, & ſa nouvelle reconſtruction, Poëme
-
-
|
A V R I L. 1754.
1 13
en quatre Chants ; par M. De ***. A
Amſterdam , & ſe trouve à Paris chez
Langlois fils, Libraire , au bas de la
rue de la Harpe, à la Couronne d'Or ;
1764 ; in-8°. de 32 pages ; prix, 15 ſ.
L'Auteur nous apprend dans ſa Pré
face, qu'étant accouru à l'incendie , il
fut frappé du Spectacle ; & que ſon
imagination lui en rappellant les prin
cipaux traits , ils devinrent pour lui la
matière d'un Poëme, dont les quatre
premiers vers pourront donner une juſte
idée du talent poëtique de l'Auteur.
Je vais chanter l'incendie effroyable,
Dont l'ardeur prompte, autant qu'épouvanta
ble ,
-
Bravant l'effet de tout ſecours humain ,
En cendre a mis la Foire S. Germain.
DIscoURs philoſophique & moral,
en vers, à l'imitation de Juvenal; par
M. Rochon de Chabannes ; à Paris de
l'Imprimerie de Sébaſtien Jorry , rue
& vis-à-vis la Comédie Françoiſe , au
Grand Monarque & aux Cigognes ;
1764 ; avec approbation. In-8°. de 24
pages ; beau papier.
| L'Auteur peint vivement & forte
ment les défauts, les vices & les paſ
r14 MERCURE DE FRANCE.
ſions de l'homme, telles que la pro
digalité, l'ambition , l'avarice , l'or
gueil &c. L'Hiſtoire lui offre des exem
ples de tous les excès auxquels ſe livre
le cœur humain.
-
Aléxandre vainqueur de l'Aſie étonnée
N'a point encor rempli ſa triſte deſtinée.
Son cœur ambitieux vole au-delà des mers ;
Il cherche à conquérir un nouvel Univers.
Il étouffe à l'étroit dans l'enceinte du Monde.
Malheureux ! il eſt temps que le Ciel te confonde 2
Rentre dans Babylone ; un modeſte cercueil
Eſt tout ce que le ſort réſerve à ton orgueil.
Nous citons ces vers au hazard ; ce
ne ſont pas les meilleurs que nous ayons
trouvés dans cette Piéce, où il y en a
de très - bons.
•
'
LEs quatre Saiſons, Poëme de M.
le Bret ; avec cette Epigraphe : Nos
patriœ fines & dulcia linquimus arva ;
nos patriam fugimus. ... Virg. Ecl. I.
A Geneve, & ſe trouve à Paris chez
les Libraires qui diſtribuent les Nou
veautés, 1763 ; in-8°.
-
"
L'Auteur ſe donne pour un jeune
homme qui débute au Parnaſſe. Il igno
, roit ſans doute qu'une Muſe célébre
*
A V R I L. 1764.
1 1 ;
& brillante avoit traité le même Sujet
d'une manière à décourager nos meil
leurs Poëtes qui voudroient revenir ſur
cette riche & féconde matière. Parmi les
plaiſirs du Printemps voici ceux que l'on
goûte principalement à Paris.
On entend dans Paris l'aimable Bouquetière
Annoncer ſes bouquets au jeune Mouſquetaire.
La charmante Marmote a de nouveaux appas ;
Les Grâces & les Ris accompagnent ſes pas,
On la trouve partout jouant des ſérénades,
Tantôt dans les Caffés ou dans les Promenâdes,
Tantôt à la Courtille ou bien aux Porcherons,
Tantôt aux Boulevards ou dans les environs,
Toujours inattendue & toujours deſirée.
Après ſouper on va dans le Bois de Boulogne
Siffler le blanc Champagne & le rouge Bour
gogne ; &c.
-
· LE Gentilhomme Cultivateur , ou
Corps complet d'Agriculture , traduit
de l'Anglois de M. Hall, & tiré des
Auteurs qui ont le mieux écrit ſur cet
art; par M. Dupuy d'Emportes , de
l'Académie de Florence, & de la So
ciété Royale des Siences & Belles
Lettres de Nancy ; Tome VII & VIII.
in-quarto & in-12, à Paris chez Simon »
r 16 MERCURE DE FRANCE.
Imprimeur du Parlement, rue de la Har-,
pe, la veuve Durand , rue du Foin ,
Bauche , Quai des Auguſtins ; à Bor
deaux, chez Chappuis l'aîné; avec ap
probation & privilége du Roi ; I764.
Nous avons rendu compte autrefois
du plan , de l'objet & de l'utilité de
cet ouvrage très-bien éxécuté, & dont
la néceſſité eſt reconnue par tous les
Cultivateurs & les différéntes Sociétés
d'Agriculture. Les volumes que nous
annonçons aujourd'hui paroiſſent nou
vellement & ſont les deux derniers de
l'ouvrage qui eſt entièrement fini. Les
matières qu'ils renferment ne ſont pas
moins intéreſſantes que celles des vo
lumes précédens ; & nous félicitons
l'Auteur de s'être acquitté ſi glorieuſe
ment de cette utile & importante en
trepriſe.
· NoUvELLE Méthode Latine de M.
de Launay , en quatre volumes in-8°,
ſi facile qu'elle eſt à la portée d'un
enfant de 5 à 6 ans qui ſçait lire, &c.
z. On ſçait que ces quatre volumes ont
été propoſés par ſouſcription, moyen
nant 12 liv. quelle a été remplie; &
· que les volumes ont été fournis aux
Souſcripteurs. L'Auteur n'avoit pû don
A V R I L. 1764.
| 117
ner dans ces quatre premiers volumes,
que les deux premiers livres de Phédre,
& la premiere Satyre de Perſe, à cauſe
de la forme de ce travail. Depuis deux
ans , on demande avec inſtance la con
tinuation de cet Ouvrage, ſur les trois
derniers livres de Phèdre , & ſur les
cinq dernieres Satyres de Perſe. Et
c'eſt pour adhérer à ces ſollicitations,
que l'Auteur vient de diſtribuer depuis
quelques jours, un Proſpectus , qui
propoſe cette continuation , auſſi en 4
volumes in-8°, & par ſouſcription. On
aura, par ce moyen , tout Phédre, &
tout Perſe, accommodés dans le goût
du nouveau ſyſtême, ce qui forme un
Ouvrage plus conſidérable qu'on ne
penſe, & fort utile.
Conditions.
-
On donnera douze livres, pour ces
4 derniers volumes, en une ſeule fois,
· pour éviter les embarras qu'ont occa
ſionnés les différens payemens de la
première. Quand cette ſeconde ſouſ
cription ſera fermée, c'eſt-à-dire, lorſ
que le premier volume paroîtra, ce
qui ſera dans peu, ces 4 volumes ſeront
payés 18, comme les premiers, par ceux
qui n'auront pas ſouſcrit. A Paris ,
-
s E8 MERCURE DE FRANCE.
chez Panckoucke, Libraire , rue & at
tenant la Comédie Françoiſe , & chez
l'Auteur, dans le Cloître de Saint-Ger
main de l'Auxerrois, 1764.
· ÉLITE de Poëſies fugitives; dans la
quelle on a fait entrer tout ce que nos
Poëtes modernes ont compoſé de plus
parfait, les plus belles Odes, les Madri
aux , les Epîtres, les Epigrammes, &c.
es mieux faites depuis Rouſſeau, les
Eloges des Femmes de notre Siécle les
plus diſtinguées par leur naiſſance, leur
eſprit & leur beauté, & un très-grand
nombre de Pièces de Ferrand, la Faye ,
Fontenelle, M. de Voltaire, M. de Mon
crif, du C. de B***, & d'autres Au
· teurs, qui n'ont jamais été imprimées,
ou qui ne ſe trouvent pas dans le Re
cueil qu'on a fait de leurs Œuvres. 3 vol.
in 12., petit format, prix 6 liv. broché;
à Londres, & ſe trouve à Paris, chez
, Deſſaint & Saillant, Libraires , rue S.
Jean de Beauvais.
Nous donnerons dans le Mercure pro
chain un Extrait plus étendu de cet agréa
ble Recueil. -
-
PANÉGYRIQUEs des Saints, ſuivis
de réfléxions ſur l'Eloquence en géné
ral , & ſur celle de la Chaire en parti
-
A V R Ir. 1764:
I19
culier , ſeconde Edition, revue, corri
gée & augmentée de pluſieurs analyſes
d'Ouvrages d'Eloquence, ou ſur l'Elo
quence ; par M. l'Abbé Trublet, de l'A-
cadémie Françoiſe & de celle de Pruſſe,
Archidiacre & Chanoine de S. Malo ; à
Paris, chez Briaſſon, Libraire, rue S.
Jacques, à la Science; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764; deux vo
lumes in-12.
-
La première Edition fut publiée en un
ſeul volume, il y a huit ou neuf ans, &
eut du ſuccès. L'Auteur a fait très-peu de
changemens dans cette no'ivelle Edition
aux Pièces qui avoient paru dans la pre
mière; mais ill'a augmentée d'un volu
me, qui contient les Extraits que fai
ſoit M. l'Abbé Trublet, lorſqu'il travail
loit au Journal des Sçavans & au Jour
mal Chrétien. Ces Analyſes ſont faites
avec ſoin ; & ceux qui s'intéreſſent à ce
genre de travail, ſçauront gré à l'Au
teur de les avoir reſſemblées,
º
ZAïDE, ou la Comédienne Parvenue ;
avec cette Epigraphe : rara avis in ter
ris ; Juvenal. Satyr. 6; à Mimicopole,
1763 ; brochure in-12 ; on en trouve
des exemplaires chez Brocas & Humblot,
rue S. Jacques, au ChefS. Jean.
Dans ce Roman , on a eſſayé de met
'120 MERCURE DE FRANCE.
Tre en action le Vice & la Vertu , afin
de rendre plus ſenſible, par les ſuites
heureuſes ou funeſtes de l'un & de l'au
tre, la néceſſité de ne jamais balancer
dans le choix. On a peint une Actrice
chaſte & vertueuſe, parce qu'on croit
qu'il y en a de telles, & qu'il eſt utile de
détruire le préjugé contraire. On lira ce
petit volume de 15o pages avec plaiſir.
LETTRE à la Grecque; à l'Iſle de Te
nedos , & ſe trouve à Paris , chez Guil
lyn, Libraire, quai des Auguſtins, au
Lys d'or ; 1764 ; feuille in-12 de 24
| pages.
·
Cet Fcrit ironique & badin traite de
· la nouvelle Salle qui doit ſe faire pour
l'Opéra. On ſuppoſe qu'on en a donné
· un Projet; & ce Projet, qui n'eſt que
ſuppoſé , donne lieu à des plaiſanteries
dont tous les Lecteurs ne ſentiront peut.
• être pas toute la fineſſe.
AMUSEMENS à la Grecque, ou les
Soirées de la Halle, par un Ami de feu
Vadé, avec quélques Piéces détachées,
tant en proſe qu'en vers , du même Au
teur; à Athènes , dans le Tonneau de
Diogène ; & ſe vend à Paris, chez Cuiſ
ſart, Libraire , au milieu du Pont-au
Change,
A V R I L. 1764.
I2. 1
Change, à la Harpe ; 1764 ; brochure
in-12 d'environ 1oo pages.
- On a réuni ſous ce titre pluſieurs pe
tites Pièces de proſe & de vers ſur toutes
ſortes de Sujets. Les unes ſont dans le
goût Poiſſard ; les autres ſont écrites
rer avec les divers Ecrits de ce genre.
-
dans le ſtyle ordinaire. Il y a de la gaîté
dans quelques-unes qui peuvent figu
FoRMULEs de Médecine, latines &
françoiſes, pour le grand Hôtel - Dieu
de Lyon ; utiles aux Hôpitaux des Villes
& des Armées, aux jeunes Médecins,
Chirurgiens, Apoticaires, aux Perſon
nes charitables, & aux Habitans de la
Campagne; par Pierre Garnier ; nou
' velle Edition, revue, corrigée & conſi
dérablementaugmentée, par M. L. Gar
nier, Médecin ordinaire du Roi, Doc
teur en Médecine de l'Univerſité de
Montpellier , Doyen du Collége des
Médecins de Lyon , ancien Médecin de
l'Hôtel-Dieu , & Aſſocié honoraire de
l'Académie des Sciences & Belles-Let
tres de la même Ville ; à Paris , chez P.
F. Didot le jeune, Libraire, quai des
Auguſtins, à S. Auguſtin ; 1764; avec
approbation & privilége du Roi; un vol.
in 12. Prix, 2 liv. 1o ſ, relié.
II. Vol.
F
-
122 MERCURE DE FRANCE.
Les Editions multipliées de cet Ou
vrage ſont une preuve de ſon utilité ;
& le titre ſeul montre aſſez de quel uſa
ge il peut être pour une infinité de Per
ſonnes. Mais ce qu'il ne dit pas égale
ment, c'eſt que ce Livre eſt terminé par
un Dictionnaire ou Catalogue alphabé
tique contenant les noms des Drogues
ſimples ou compoſées, dont il eſt fait
mention dans § ; avec leurs
deſcriptions, leurs préparations, leurs
' vertus, & l'explication des termes de
Pharmacie qui y ſont répandus. Ce Dic
tionnaire eſt ſuivi d'une Table des Ma
ladies auxquelles les Formules peuvent
convenir.
- SERMoNs de Meſſire Jacques-Fran
çois-René de la Tour-du-Pin, Abbé
Commendataire de l'Abbaye de Notre
Dame d'Ambournai, Vicaire Général
de Riez, Prédicateur ordinaire du Roi,
de l'Académie des Sciences & Belles
Lettres de Nanci; à Paris, chez A. L.
Regnard, Imprimeur de l'Académie
Françoiſe, Grand'-Salle du Palais, &
rue baſſe des Urſins; avec Privilége du
Roi ; 1764 ; 2 vol. in-12.
Ces deux premiers volumes, où il n'y
a que des Panégyriques, ſeront ſuivis,
A V R I L. 1764.
F ij
123
de pluſieurs autres dans l'ordre ſuivant :
il paroîtra encore deux tomes d'Elo
ges de Saints dans le courant de cette
année. En 1765 , on délivrera les deux
derniers volumes de Panegyriques ,
après leſquels viendra en 1766 un tome
de Sujets particuliers, & celui de l'A-
vent prêché devant le Roi. En 1767 on
compte mettre au jour trois volumes
qui formeront un grand Carême : un
tome où ſeront recueillis différens Su
jets de Morale, deux tomes de Myſtè
res , & un des abrégés de tous les Ser
mons & Panégyriques, termineront en
1768 toute l'édition. Ainſi nous aurons
ſouvent occaſion d'entretenir le Public
de l'Eloquence de cet Auteur dans tous
les genres ; c'eſt pour cela que nous
nous contentons aujourd'hui de cette
ſimple annonce,
|.
DIscoURs prononcés en différentes
ſolemnités de piété ; par M. le Coutu
rier, Chanoine de l'Egliſe Royale de
S. Quentin, Prédicateur du Roi; à Pa
ris , chez Brocas & Humblot , Librai
res , rue S. Jacques , au-deſſus de la
rue des Mathurins , au Chef S. Jean ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi. Un vol. in-12. de 31o pages.
-
124 MERCURE DE FRANCE.
Ces diſcours ſont un Sermon pour
la Pentecôte, prêché devant le Roi, un
Panégyrique de S. Louis, à l'Académie
Françoiſe ; un autre de S. Corneille &
de S. Cyprien ; celui de S. Sulpice ;
un Difcours prononcé le jour d'une
centiéme année d'établiſſement de Re
ligieuſes à Compiegne, le Panégyrique
de Ste Eliſabeth, un Diſcours ſur l'eſ
prit de prière, & un autre prononcé dans
une Aſſemblée de charité. Une élo
quence ſimple & touchante caractériſe
les Diſcours de M. l'Abbé Couturier.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
En 1763, plusieurs ouvrages notables ont été publiés. Parmi eux, 'Éloge de Maximilien de Béthune, Duc de Sully' a participé au concours du Prix de l'Académie Française. 'Examen du Psautier Français des Révérends Pères Capucins' critique la traduction des Psaumes réalisée par les Capucins. La 'Relation abrégée de l'origine, des progrès et de l'état actuel de la Société établie à Londres en 1754' détaille les contributions des fondateurs de cette société. Le poème 'L'Incendie de la Foire Saint-Germain' narre un incendie et sa reconstruction. Le 'Discours philosophique et moral' de M. Rochon de Chabannes aborde les défauts humains. 'Les quatre Saisons' de M. le Bret décrit les plaisirs du printemps à Paris. Enfin, 'Le Gentilhomme Cultivateur' est une traduction d'un ouvrage anglais sur l'agriculture. En avril 1764, les tomes VII et VIII de la Société Royale des Sciences et Belles Lettres de Nancy ont été publiés, appréciés pour leur utilité auprès des cultivateurs. Le 'Mercure de France' annonce la 'Nouvelle Méthode Latine' de M. de Launay destinée aux enfants. D'autres publications incluent 'Élite de Poësies fugitives', 'Panégyriques des Saints' de l'Abbé Trublet, 'Zaïde, ou la Comédienne Parvenue', 'Lettre à la Grecque', et 'Amusemens à la Grecque, ou les Soirées de la Halle'. Parmi les ouvrages de 1764, un recueil de pièces de prose et de vers sur divers sujets, incluant des formules de médecine, a été édité par Pierre Garnier et publié par P. F. Didot. Une collection de sermons de Messire Jacques-François-René de la Tour-du-Pin, prédicateur du Roi, a été publiée par A. L. Regnard. Enfin, un recueil de discours de M. le Couturier, chanoine et prédicateur du Roi, a été publié par Brocas & Humblot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4686
p. 124-125
« DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
Début :
DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
DE l'imitation théâtrale , Eſſai tiré
des Dialogues de Platon; par M. J. J.
Rouſſeau de Genêve. A Amſterdam ,
chez Marc-Miehel Rey , & ſe trouve
à Paris , chez Ducheſne , rue S. Jac
ques , au Temple du Goût ; in-8°. de
48 pages. -
Ce petit Ecrit n'eſt qu'une eſpéce
d'Extrait de divers endroits où Platon
traite de l'imitation théâtrale. M. Rouſ
ſeau les a raſſemblés & liés dans la for
me d'un Diſcours ſuivi , au lieu de
celle du Dialogue qu'ils ont dans l'Ori
inal. L'occaſion de ce travail fut la
§ à M. d'Alembert ſur les Specta
cles ; mais n'ayant pû commodément
A V R I L. 1764. I2.5
l'y faire entrer , on l'a imprimé ſépa
rément.
des Dialogues de Platon; par M. J. J.
Rouſſeau de Genêve. A Amſterdam ,
chez Marc-Miehel Rey , & ſe trouve
à Paris , chez Ducheſne , rue S. Jac
ques , au Temple du Goût ; in-8°. de
48 pages. -
Ce petit Ecrit n'eſt qu'une eſpéce
d'Extrait de divers endroits où Platon
traite de l'imitation théâtrale. M. Rouſ
ſeau les a raſſemblés & liés dans la for
me d'un Diſcours ſuivi , au lieu de
celle du Dialogue qu'ils ont dans l'Ori
inal. L'occaſion de ce travail fut la
§ à M. d'Alembert ſur les Specta
cles ; mais n'ayant pû commodément
A V R I L. 1764. I2.5
l'y faire entrer , on l'a imprimé ſépa
rément.
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Résumé : « DE l'imitation théâtrale, Essai tiré des Dialogues de Platon ; par M. J. J. [...] »
L'essai 'De l'imitation théâtrale' de Jean-Jacques Rousseau, publié à Amsterdam et Paris, compile des extraits des dialogues de Platon sur l'imitation théâtrale en un discours continu. Motivé par une réponse à l'article de D'Alembert sur les spectacles, cet ouvrage de 48 pages en format in-octavo a été publié séparément.
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4687
p. 125-126
« ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...] »
Début :
ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...]
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texteReconnaissance textuelle : « ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...] »
ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir
pour toutes sortes de
perſonnes ; où l'on traite de la conſ
truction , des eſcaliers, des devis , du
toiſé des bâtimens , des us & coutu
mes, de la diſtribution; par Charles
Antoine Jombert ,
42 liv. relié.
Libraire , à Paris,
rue Dauphine ; deux volumes in-4° ,
grand papier, avec plus de 15o plan
ches. Nouvelle édition conſidérable
ment augmentée ; 1764. Le prix eſt de
-
· Le même Libraire pour faciliter aux
jeunes Artiſtes l'acquiſition des princi
paux livres élémentaires ſur l'Architec
ture, travaille actuellement à une Bi
bliothéque portative d'Architecture élé
mentaire , § en fix volumes in-8°,
grand papier,avec environ 35o planches
contenant les Traités ſuivans.
-
1 °. Les
5 ordres de Vignole : 2°. l'Architecture
de Palladio : 3° les Œuvres d'Archi
teclure de Vincent Scamozzi : 4°. le
parallèle d'Architecture de M. de Cham
·bray : 5°. les élémens généraux de
l'Architecture, Peinture , Sculpture &
Gravure : 6°, le manuel des Artiſtes ,
F iij
x26 MERCURE DE FRANCE.
ou Dictionnaire abrégé des termes ré--
latifs à l'Architecture,Peinture,Sculpture
& Gravure , &c. Chacun de ces Ou
vrages ſe vendra ſéparément 7 livres
relié. Les trois premiers ſont achevés
d'imprimer, & les trois autres paroî
tront ſucceſſivement dans le courant
de cette année.
On diſtribue chez le même Libraire,
un Catalogue très-ample de toutes les
Planches d'Architeéture des Palais »
Hôtels , Egliſes & Maiſons de Paris,
Verſailles &c ,
qu'il vend en détail ,
& de tous les Livres d'Architecture de
ſon fond, qui eſt prèſque l'unique pour
cet objet.
pour toutes sortes de
perſonnes ; où l'on traite de la conſ
truction , des eſcaliers, des devis , du
toiſé des bâtimens , des us & coutu
mes, de la diſtribution; par Charles
Antoine Jombert ,
42 liv. relié.
Libraire , à Paris,
rue Dauphine ; deux volumes in-4° ,
grand papier, avec plus de 15o plan
ches. Nouvelle édition conſidérable
ment augmentée ; 1764. Le prix eſt de
-
· Le même Libraire pour faciliter aux
jeunes Artiſtes l'acquiſition des princi
paux livres élémentaires ſur l'Architec
ture, travaille actuellement à une Bi
bliothéque portative d'Architecture élé
mentaire , § en fix volumes in-8°,
grand papier,avec environ 35o planches
contenant les Traités ſuivans.
-
1 °. Les
5 ordres de Vignole : 2°. l'Architecture
de Palladio : 3° les Œuvres d'Archi
teclure de Vincent Scamozzi : 4°. le
parallèle d'Architecture de M. de Cham
·bray : 5°. les élémens généraux de
l'Architecture, Peinture , Sculpture &
Gravure : 6°, le manuel des Artiſtes ,
F iij
x26 MERCURE DE FRANCE.
ou Dictionnaire abrégé des termes ré--
latifs à l'Architecture,Peinture,Sculpture
& Gravure , &c. Chacun de ces Ou
vrages ſe vendra ſéparément 7 livres
relié. Les trois premiers ſont achevés
d'imprimer, & les trois autres paroî
tront ſucceſſivement dans le courant
de cette année.
On diſtribue chez le même Libraire,
un Catalogue très-ample de toutes les
Planches d'Architeéture des Palais »
Hôtels , Egliſes & Maiſons de Paris,
Verſailles &c ,
qu'il vend en détail ,
& de tous les Livres d'Architecture de
ſon fond, qui eſt prèſque l'unique pour
cet objet.
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Résumé : « ARCHITECTURE moderne, ou l'art de bien bâtir pour toutes sortes de [...] »
Le document présente 'Architecture moderne, ou l'art de bien bâtir', une œuvre de Charles Antoine Jombert publiée en 1764. Cet ouvrage, composé de 42 livres reliés et plus de 150 planches, aborde divers aspects de la construction, y compris les escaliers, les devis, le toisé des bâtiments, les usages et coutumes, ainsi que la distribution architecturale. Il est disponible chez un libraire à Paris, rue Dauphine. Le libraire prépare également une 'Bibliothèque portative d'Architecture élémentaire' en six volumes in-8°, comprenant environ 350 planches. Cette collection inclut plusieurs traités : 'Les 5 ordres de Vignole', 'L'Architecture de Palladio', 'Les Œuvres d'Architecture de Vincent Scamozzi', 'Le parallèle d'Architecture de M. de Chambray', 'Les éléments généraux de l'Architecture, Peinture, Sculpture & Gravure', et 'Le manuel des Artistes'. Chaque ouvrage sera vendu séparément au prix de 7 livres relié. Les trois premiers volumes sont déjà imprimés, les trois autres le seront au cours de l'année. Le libraire propose aussi un catalogue détaillé des planches d'architecture de divers bâtiments à Paris et Versailles, ainsi qu'une large sélection de livres sur l'architecture.
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4688
p. 126-128
« FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...] »
Début :
FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...] »
FABLES de la Fontaine, gravées en
taille-douce ; les figures, par le Sieur
JFeſſard, Graveur du Roi & de ſa Bi
bliothéque ; le Diſcourg , par ie Sieur.
Monthulay, propoſées par ſouſcription.
Le Sieur Feſſard , occupé du grand
projet de la gravure des Tableaux du
Cabinet du Roi, comblé des bontés de
Sa Majeſté qui vient de lui accorder une
gratification de deux mille livres par
chaque planche dépoſée dans ſon Cabi
net, & de ſix cens exemplaires , a cru
ne pouvoir mieux témoigner ſà reconr
-
A V R I L. 1764.
127
1moiſſance , qu'en conſacrant ſes loiſirs
aux Enfans de France , & en gravant
pour eux des Fables, autant faites pour
les inſtruire que pour les amuſer. C'eſt
pour remplir ces vues,qu'il a choiſi MM.
Loutherbourg , Monnet & le Prince ,
dont les talens connus & eſtimés font
attendre avec raiſon, de leur précifion
& de leur touche délicate, ce vif inté
rêt qu'ils jetteront dans les figures, les
animaux & les ſites des payſages, dont
eſt très-ſuſceptible un Ouvrage de 25o
Sujets , & d'environ 5oo fleurons &
cul-de-lampes. Cet Ouvrage étant deſti
né aux Enfans de France , ſera orné
d'une Dédicace qui repréſentera leurs
portraits en médaillon. Comme les oc
cupations du Sº Feſſard ne lui permettent
pas de tenir un commerce ouvert, il'ne
peut recevoir les Amateurs à ſon atelier,
qui eſt à la Bibliothéque du Roi, rue de
Richelieu , que les Mardi & Vendredi ,
jours de Bibliothéque,depuis dix heures
du matin juſqu'à une heure.
Conditions.
-
Cet Ouvrage contiendra quatre volu
mes , & ſera dans le format de la der
nière édition des Contes du mêmes Au
teur. En ſouſcrivant on paiera 12 l. pour
F iV
/
-
*-
128 MERCURE DE FRANCE.
les plus belles épreuves ſur beau papier
· de Hollande, & l'on recevra gratis le
premier volume au premier Juillet 1764.
En recevant le ſecond volume au pre
mier Janvier 1765 , on paiera 12 l. En
recevant le troiſiéme volume au premier
· Juillet 1765 , il ſera payé 12 l. Et en
retirant le quatriéme & dernier volume
au premier Janvier 1766 , on donnera
| 12 l. Ce qui fera en toût 48 I. Au lieu de
: 12 l. on ne paiera que 9 l. par volume,
& dans les mêmes termes, ce qui fera
36 l. pour la même édition en beau pa
pier de France. On a commencé à ſouſ
crire au 1 Janvier 1764 ; on pourra de
mander à voir le commencement de
l'Ouvrage chez M. Leviés, Graveur &
Md d'Eſtampes, rue S. André-des-Arcs,
·vis-à-vis l'Hôtel de Châteauvieux ; chez
M. Topin, Marchand d'Eſtampes, rue
de Buſſy , au coin de celle de Bourbon
le-Château ; chez Laurent-Prault, Li
braire , Quai des Auguſtins , au coin de
la rue Giſt-le-Cœur, à la Source des
Sciences; & dans la maiſon de Pierre
Remy, ancien Syndic de la Commu
nauté des Peintres de S. Luc, rue Pou
pée, la ſeconde porte cochere à gauche,
en entrant par la rue Haute-Feuille.
taille-douce ; les figures, par le Sieur
JFeſſard, Graveur du Roi & de ſa Bi
bliothéque ; le Diſcourg , par ie Sieur.
Monthulay, propoſées par ſouſcription.
Le Sieur Feſſard , occupé du grand
projet de la gravure des Tableaux du
Cabinet du Roi, comblé des bontés de
Sa Majeſté qui vient de lui accorder une
gratification de deux mille livres par
chaque planche dépoſée dans ſon Cabi
net, & de ſix cens exemplaires , a cru
ne pouvoir mieux témoigner ſà reconr
-
A V R I L. 1764.
127
1moiſſance , qu'en conſacrant ſes loiſirs
aux Enfans de France , & en gravant
pour eux des Fables, autant faites pour
les inſtruire que pour les amuſer. C'eſt
pour remplir ces vues,qu'il a choiſi MM.
Loutherbourg , Monnet & le Prince ,
dont les talens connus & eſtimés font
attendre avec raiſon, de leur précifion
& de leur touche délicate, ce vif inté
rêt qu'ils jetteront dans les figures, les
animaux & les ſites des payſages, dont
eſt très-ſuſceptible un Ouvrage de 25o
Sujets , & d'environ 5oo fleurons &
cul-de-lampes. Cet Ouvrage étant deſti
né aux Enfans de France , ſera orné
d'une Dédicace qui repréſentera leurs
portraits en médaillon. Comme les oc
cupations du Sº Feſſard ne lui permettent
pas de tenir un commerce ouvert, il'ne
peut recevoir les Amateurs à ſon atelier,
qui eſt à la Bibliothéque du Roi, rue de
Richelieu , que les Mardi & Vendredi ,
jours de Bibliothéque,depuis dix heures
du matin juſqu'à une heure.
Conditions.
-
Cet Ouvrage contiendra quatre volu
mes , & ſera dans le format de la der
nière édition des Contes du mêmes Au
teur. En ſouſcrivant on paiera 12 l. pour
F iV
/
-
*-
128 MERCURE DE FRANCE.
les plus belles épreuves ſur beau papier
· de Hollande, & l'on recevra gratis le
premier volume au premier Juillet 1764.
En recevant le ſecond volume au pre
mier Janvier 1765 , on paiera 12 l. En
recevant le troiſiéme volume au premier
· Juillet 1765 , il ſera payé 12 l. Et en
retirant le quatriéme & dernier volume
au premier Janvier 1766 , on donnera
| 12 l. Ce qui fera en toût 48 I. Au lieu de
: 12 l. on ne paiera que 9 l. par volume,
& dans les mêmes termes, ce qui fera
36 l. pour la même édition en beau pa
pier de France. On a commencé à ſouſ
crire au 1 Janvier 1764 ; on pourra de
mander à voir le commencement de
l'Ouvrage chez M. Leviés, Graveur &
Md d'Eſtampes, rue S. André-des-Arcs,
·vis-à-vis l'Hôtel de Châteauvieux ; chez
M. Topin, Marchand d'Eſtampes, rue
de Buſſy , au coin de celle de Bourbon
le-Château ; chez Laurent-Prault, Li
braire , Quai des Auguſtins , au coin de
la rue Giſt-le-Cœur, à la Source des
Sciences; & dans la maiſon de Pierre
Remy, ancien Syndic de la Commu
nauté des Peintres de S. Luc, rue Pou
pée, la ſeconde porte cochere à gauche,
en entrant par la rue Haute-Feuille.
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Résumé : « FABLES de la Fontaine, gravées en taille-douce ; les figures, par le Sieur [...] »
Le texte annonce la publication des 'Fables de la Fontaine' illustrées par le Sieur Fessard, graveur du Roi. Ce projet, soutenu par une gratification royale, vise à instruire et divertir les enfants de France. Les illustrations seront réalisées par MM. Loutherbourg, Monnet et le Prince. L'ouvrage comportera environ 250 sujets et 500 fleurons et cul-de-lampes, et sera dédié aux enfants de France avec leurs portraits en médaillon. Il sera publié en quatre volumes, au format de la dernière édition des Contes de La Fontaine. Les souscripteurs peuvent choisir entre deux options de paiement : 48 livres pour les plus belles épreuves sur papier de Hollande, avec le premier volume offert au 1er juillet 1764, ou 36 livres pour une édition sur papier de France. Les paiements suivants sont prévus au 1er janvier 1765, 1er juillet 1765, et 1er janvier 1766. Les souscriptions ont commencé le 1er janvier 1764 et peuvent être demandées auprès de plusieurs libraires et graveurs mentionnés. Le Sieur Fessard reçoit les amateurs à son atelier à la Bibliothèque du Roi, rue de Richelieu, les mardis et vendredis de 10 heures à 13 heures.
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4689
p. 129-132
« RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...] »
Début :
RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...] »
RÉFLEXIONS Politiques & Morales
sur les Hommes illustres de Plutarque,
précédées d'un abrégé de
leurs vies extraites du même Auteur ;
à Paris chez, A. L. Regnard, Libraire
Imprimeur de l'Académie Françoiſe ;
Grand'-Salle du Palais , & rue baſſe
des Urſins ; 1764 ; avec approbation
& privilége du Roi. 4 volumes in-12.
L'Auteur, qui ne ſe nomme pas,
rend ainſi compte de ſon travail : » en
» liſant la première de ces
vies, il
» me vint dans l'eſprit une réfléxion ;
» je l'écrivis.A celle-là en ſuccéda une
» autre ; je l'écrivis de même : je con
» tinuai ſans aucun deſſein. J'apperçus
» à la fin par le volume, que j'avois
» fait un ouvrage tel quel . ... Ce
» n'étoient que des réfléxions ; il me
» parut ſec. J'y ajoutai les
faits de
» chaque vie qui avoient donné lieu à
» mes remarques ;
il me ſembla que
» c'étoit un ouvrage tronqué. Enfin
» je ſongeai qu'Amiot étoit ſi vieux ,
s » qu'il en devenoit dégoutant ; cette
» penſée m'a fait
prendre le par
» ti de donner un extrait de chacune
»s des vies des Hommes illuſtres ; d'y
» mêler quelques réfléxions ſuccinctes
» & de renvoyer à des chapitres ſé
F v
13o MERCURE DE FRANCE.
» parés, celles qui auroient trop in --
» terrompu la narration.... En abré
» geant ces vies autant qu'il m'a été
» poſſible , j'ai tâché cependant de ne
» rien omettre de ce qui pouvoit con
» tribuer à peindre le caractère de
» l'homme illuſtre, les mœurs de ſon
» ſiécle, & donner une notion du gros.
» de l'hiſtoire de ſon temps . ... Com
» me je ne ſuis point aſſez mal-aviſé
» pour faire des parallèles après Plu--
» tarque, j'ai ſéparé les Grecs des Ro
» mains ;
j'ai rangé les Grecs dans
» leur ordre chronologique , & les
» Romains de même après ceux-là.-
» Ce nouvel arrangement forme com
» me deux grands tableaux de la Gréce
» & de Rome.. .. J'ai donné à plu
» ſieurs chapitres le titre d'une matière ; .
» j'avertis que je n'ai point prétendu la
» traiter , mais uniquement faire part
» des réfléxions que la lecture m'a ſug
a» gerees.
Nous n'aurions pu rien dire, qui don
- nât de ce Livre une idée plus fidelle &
plus exacte.
-
LA V I E du Cardinal de Bérulle ,
#Fondateur de la Congrégation de l'O-
ratoire en France ;, avec cette Epigra
A V R I L. 1764.
13r
phe : Vivo autem jam non ego , vivie
verò in me Chriſtus. S. P. ad Gal. cap.
2.A Paris , chez Nyon , Libraire, quai
des Auguſtins , à l'Occaſion ; 1764 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
un vol. in-12.
· On ne trouve dans les Auteurs qui
juſqu'ici ont écrit l'hiſtoire du Cardi
nal de Bérulle, que des digreſſions &
des éloges dont la confufion obſcurcit
les faits & fatigue les Lecteurs. Le nou
vel Hiſtorien a écarté ces nuages ; & ne
voulant nous montrer ſon héros que
ſous le point de vue qui l'a rendu cher
· à l'Egliſe, il s'eſt plus attaché à repré
ſenter M. de Bérulle comme un Prêtre
uniquement animé de l'eſprit ſacerdotal,
qu'à rafſembler des anecdotes qui ne
fatisfont que la curioſité.
DE l'Inſtitution publique,ou plan d'é-
tudes; par M R.D.B. avec cette Epigra
phe:quo ſemel eſt imbuta recens ſervabit
odorem teſta diù. Hor. lib. Epiſt. 1 s. A.
Pijon, chez Louis Hucherot,'Imprimeur
Libraire , place du Palais : avec per
miſſion ; feuille in-8°.
On blâme dans cet écrit l'ancienne
éducation queles jeunes gens recevoient
dans les Colléges des Jéſuites ; on gro
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
poſe un plan tout différent de celui de la
Société ; & ce plan qui peut avoir ſes
avantages & ſes inconvéniens, doit être
lu dans l'ouvrage même.
sur les Hommes illustres de Plutarque,
précédées d'un abrégé de
leurs vies extraites du même Auteur ;
à Paris chez, A. L. Regnard, Libraire
Imprimeur de l'Académie Françoiſe ;
Grand'-Salle du Palais , & rue baſſe
des Urſins ; 1764 ; avec approbation
& privilége du Roi. 4 volumes in-12.
L'Auteur, qui ne ſe nomme pas,
rend ainſi compte de ſon travail : » en
» liſant la première de ces
vies, il
» me vint dans l'eſprit une réfléxion ;
» je l'écrivis.A celle-là en ſuccéda une
» autre ; je l'écrivis de même : je con
» tinuai ſans aucun deſſein. J'apperçus
» à la fin par le volume, que j'avois
» fait un ouvrage tel quel . ... Ce
» n'étoient que des réfléxions ; il me
» parut ſec. J'y ajoutai les
faits de
» chaque vie qui avoient donné lieu à
» mes remarques ;
il me ſembla que
» c'étoit un ouvrage tronqué. Enfin
» je ſongeai qu'Amiot étoit ſi vieux ,
s » qu'il en devenoit dégoutant ; cette
» penſée m'a fait
prendre le par
» ti de donner un extrait de chacune
»s des vies des Hommes illuſtres ; d'y
» mêler quelques réfléxions ſuccinctes
» & de renvoyer à des chapitres ſé
F v
13o MERCURE DE FRANCE.
» parés, celles qui auroient trop in --
» terrompu la narration.... En abré
» geant ces vies autant qu'il m'a été
» poſſible , j'ai tâché cependant de ne
» rien omettre de ce qui pouvoit con
» tribuer à peindre le caractère de
» l'homme illuſtre, les mœurs de ſon
» ſiécle, & donner une notion du gros.
» de l'hiſtoire de ſon temps . ... Com
» me je ne ſuis point aſſez mal-aviſé
» pour faire des parallèles après Plu--
» tarque, j'ai ſéparé les Grecs des Ro
» mains ;
j'ai rangé les Grecs dans
» leur ordre chronologique , & les
» Romains de même après ceux-là.-
» Ce nouvel arrangement forme com
» me deux grands tableaux de la Gréce
» & de Rome.. .. J'ai donné à plu
» ſieurs chapitres le titre d'une matière ; .
» j'avertis que je n'ai point prétendu la
» traiter , mais uniquement faire part
» des réfléxions que la lecture m'a ſug
a» gerees.
Nous n'aurions pu rien dire, qui don
- nât de ce Livre une idée plus fidelle &
plus exacte.
-
LA V I E du Cardinal de Bérulle ,
#Fondateur de la Congrégation de l'O-
ratoire en France ;, avec cette Epigra
A V R I L. 1764.
13r
phe : Vivo autem jam non ego , vivie
verò in me Chriſtus. S. P. ad Gal. cap.
2.A Paris , chez Nyon , Libraire, quai
des Auguſtins , à l'Occaſion ; 1764 ;
avec approbation & privilége du Roi ;
un vol. in-12.
· On ne trouve dans les Auteurs qui
juſqu'ici ont écrit l'hiſtoire du Cardi
nal de Bérulle, que des digreſſions &
des éloges dont la confufion obſcurcit
les faits & fatigue les Lecteurs. Le nou
vel Hiſtorien a écarté ces nuages ; & ne
voulant nous montrer ſon héros que
ſous le point de vue qui l'a rendu cher
· à l'Egliſe, il s'eſt plus attaché à repré
ſenter M. de Bérulle comme un Prêtre
uniquement animé de l'eſprit ſacerdotal,
qu'à rafſembler des anecdotes qui ne
fatisfont que la curioſité.
DE l'Inſtitution publique,ou plan d'é-
tudes; par M R.D.B. avec cette Epigra
phe:quo ſemel eſt imbuta recens ſervabit
odorem teſta diù. Hor. lib. Epiſt. 1 s. A.
Pijon, chez Louis Hucherot,'Imprimeur
Libraire , place du Palais : avec per
miſſion ; feuille in-8°.
On blâme dans cet écrit l'ancienne
éducation queles jeunes gens recevoient
dans les Colléges des Jéſuites ; on gro
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
poſe un plan tout différent de celui de la
Société ; & ce plan qui peut avoir ſes
avantages & ſes inconvéniens, doit être
lu dans l'ouvrage même.
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Résumé : « RÉFLEXIONS Politiques & Morales sur les Hommes illustres de Plutarque, [...] »
En 1764, trois ouvrages notables ont été publiés. Le premier, anonyme, reflète sur les 'Hommes illustres' de Plutarque. L'auteur intègre des faits pertinents et des extraits des vies pour enrichir le contenu, organisant les vies des Grecs et des Romains séparément et chronologiquement. Il vise à partager ses réflexions sans approfondir les matières. Le deuxième ouvrage est une biographie du Cardinal de Bérulle, fondateur de la Congrégation de l'Oratoire en France. Contrairement à d'autres biographes, cet historien se concentre sur le rôle sacerdotal de Bérulle, évitant les digressions. Le troisième ouvrage, 'De l'Institution publique, ou plan d'études', critique l'éducation jésuite et propose un nouveau plan éducatif, discutant de ses avantages et inconvénients.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4690
p. 132-135
« MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...] »
Début :
MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...]
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texteReconnaissance textuelle : « MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...] »
MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux
par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans
nom d'Auteur, ni de Ville , ni de Li
braire.
:
Le but de ce Mémoire eſt de mon
trer l'avantage qu'il y auroit à employer
des Bœufs au lieu de Chevaux, pour
tirer les Bateaux. Il s'eſt formé pour cette
· entrepriſe, une† dans laquelle
peuvent entrer les perſonnes qui déſire
ront y acheter des actions. Voici les
principaux articles qui s'obſerveront ,
après néanmoins qu'ils auront été approu
vés par le Comité lorſqu'il ſera formé.
PREMIER ARTICLE. Le fond de la
Société ſera de 3oo actions de 1ooo
liv. chacune , ce qui formera un fond
de 3oo mille liv.
-
ART. II. Toutes les actions ſeront
imprimées, numérotées & délivrées au
Porteur ſans nom ; elles ſeront enregiſ
trées ſur les regiſtres du Directeur &
du Caiſſier, & le nom du Propriétaire
mis à côté de chacune ; ce qui rendra
ces regiſtres un titre de plus pour les
Actionnaires : en conſéquence il en ſera
·
· A V R I L. 1764.
133
dépoſé un duplicata chez le Notaire de
la Compagnie.
ART. III. L'action ſera héréditaire &
commerçable , après néanmoins que la
préférence en aura été offerte à la Com
pagn1e.
ART. IV. Tout Acquéreur de ces ac
tions ſera tenu , dans le mois de ſon ac
quiſition, de ſe faire connoître de la
Compagnie, en préſentant aux Direc
teur & Caiſſier , ſon action & le ſous
ſeing privé, ou acte par lequel il en
ſera devenu Propriétaire, pour que ſon
nom ſoit ſubſtitué à celui de ſon ven
deur. On ſent qu'avec cette précaution,
on ne peut courir le riſque de perdre
fon intérêt, ni d'en être volé.
ART. V. Pour avoir voix délibérati
ve, il faudra être Propriétaire de dix ac
tions, ou repréſentant les intéreſſés de
dix actions. Par conſéquent celui qui
ne ſera pas Propriétaire de ce nombre,
ne pourra exiger que la repréſentation
des comptes, qui ſeront arrêtés tous les
ans par les Actionnaires ayant voix dé
libérative.
ART. VI. Ceux qui voudront s'inté
.reſſer , porteront la ſomme qu'ils veu
lent y mettre, chez M° Baron le jeu
ne, Notaire, rue de Condé, ou chez
·
-
»34 MERCURE DE FRANCE.
M. Rouſſelle, Caiſſier de cette entrepriſe
& de la Poſte de Paris, place du Che
valier du Guet. Ils tireront une recon
noiſſance en portant leur argent ; & »
lorſque le nombre deſdites actions ſera
rempli, l'acte de Société ſera paſſé par
devant Notaire, & fe Caiſſier délivrera
les actions, en lui rapportant les recon
noiſſances : & l'intérêt dans l'affaire
commencera pour chacun du jour du
dépôt de l'argent.
ART. VII. Il ſera tenu tous les mois
une Aſſemblée générale, & deux Comi
tés par ſemaine, pour délibérer ſur les
affaires inſtantes. Les intéreſſés, deſtinés
au travail de ces deux Comités , ſeront
choiſis & nommés dans les Aſſemblées
générales.
ART. VIII. Toutes les affaires con
fidérables ſeront décidées par des délibé
rations de l'Aſſemblée générale , à la
pluralité des voix : il ne ſera pas même ex
pédié d'ordres importans, qui ne ſoient
fignés du plus grand nombre de ceux
qui compoſeront le Comité.
ART. IX. Les comptes ſe rendrontan
nuellement dans une Aſſemblée généra
le ; & la répartition des profits ſera faite
au prorata de la miſe.
ART. X. Auſſi-tôt que le nombre des
A V R I L. 17é4.
135
actions ſera rempli , & l'acte de Société
dreſſé, on formera une Aſſemblée gé
nérale, à laquelle on préſentera le plan de
Régie qu'on a formé, les différentes
meſures qu'on a priſes pour mettre l'or
dre dans une opération d'un auſſi grand
détail, & enfin les ſujets qui ont contri
bué juſqu'ici à ſon exécution
par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans
nom d'Auteur, ni de Ville , ni de Li
braire.
:
Le but de ce Mémoire eſt de mon
trer l'avantage qu'il y auroit à employer
des Bœufs au lieu de Chevaux, pour
tirer les Bateaux. Il s'eſt formé pour cette
· entrepriſe, une† dans laquelle
peuvent entrer les perſonnes qui déſire
ront y acheter des actions. Voici les
principaux articles qui s'obſerveront ,
après néanmoins qu'ils auront été approu
vés par le Comité lorſqu'il ſera formé.
PREMIER ARTICLE. Le fond de la
Société ſera de 3oo actions de 1ooo
liv. chacune , ce qui formera un fond
de 3oo mille liv.
-
ART. II. Toutes les actions ſeront
imprimées, numérotées & délivrées au
Porteur ſans nom ; elles ſeront enregiſ
trées ſur les regiſtres du Directeur &
du Caiſſier, & le nom du Propriétaire
mis à côté de chacune ; ce qui rendra
ces regiſtres un titre de plus pour les
Actionnaires : en conſéquence il en ſera
·
· A V R I L. 1764.
133
dépoſé un duplicata chez le Notaire de
la Compagnie.
ART. III. L'action ſera héréditaire &
commerçable , après néanmoins que la
préférence en aura été offerte à la Com
pagn1e.
ART. IV. Tout Acquéreur de ces ac
tions ſera tenu , dans le mois de ſon ac
quiſition, de ſe faire connoître de la
Compagnie, en préſentant aux Direc
teur & Caiſſier , ſon action & le ſous
ſeing privé, ou acte par lequel il en
ſera devenu Propriétaire, pour que ſon
nom ſoit ſubſtitué à celui de ſon ven
deur. On ſent qu'avec cette précaution,
on ne peut courir le riſque de perdre
fon intérêt, ni d'en être volé.
ART. V. Pour avoir voix délibérati
ve, il faudra être Propriétaire de dix ac
tions, ou repréſentant les intéreſſés de
dix actions. Par conſéquent celui qui
ne ſera pas Propriétaire de ce nombre,
ne pourra exiger que la repréſentation
des comptes, qui ſeront arrêtés tous les
ans par les Actionnaires ayant voix dé
libérative.
ART. VI. Ceux qui voudront s'inté
.reſſer , porteront la ſomme qu'ils veu
lent y mettre, chez M° Baron le jeu
ne, Notaire, rue de Condé, ou chez
·
-
»34 MERCURE DE FRANCE.
M. Rouſſelle, Caiſſier de cette entrepriſe
& de la Poſte de Paris, place du Che
valier du Guet. Ils tireront une recon
noiſſance en portant leur argent ; & »
lorſque le nombre deſdites actions ſera
rempli, l'acte de Société ſera paſſé par
devant Notaire, & fe Caiſſier délivrera
les actions, en lui rapportant les recon
noiſſances : & l'intérêt dans l'affaire
commencera pour chacun du jour du
dépôt de l'argent.
ART. VII. Il ſera tenu tous les mois
une Aſſemblée générale, & deux Comi
tés par ſemaine, pour délibérer ſur les
affaires inſtantes. Les intéreſſés, deſtinés
au travail de ces deux Comités , ſeront
choiſis & nommés dans les Aſſemblées
générales.
ART. VIII. Toutes les affaires con
fidérables ſeront décidées par des délibé
rations de l'Aſſemblée générale , à la
pluralité des voix : il ne ſera pas même ex
pédié d'ordres importans, qui ne ſoient
fignés du plus grand nombre de ceux
qui compoſeront le Comité.
ART. IX. Les comptes ſe rendrontan
nuellement dans une Aſſemblée généra
le ; & la répartition des profits ſera faite
au prorata de la miſe.
ART. X. Auſſi-tôt que le nombre des
A V R I L. 17é4.
135
actions ſera rempli , & l'acte de Société
dreſſé, on formera une Aſſemblée gé
nérale, à laquelle on préſentera le plan de
Régie qu'on a formé, les différentes
meſures qu'on a priſes pour mettre l'or
dre dans une opération d'un auſſi grand
détail, & enfin les ſujets qui ont contri
bué juſqu'ici à ſon exécution
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Résumé : « MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs, feuille in-12 ; 1764 ; sans [...] »
Le document 'MÉMOIRE sur le tirage des Bateaux par les Boeufs' de 1764 propose l'utilisation de bœufs pour tirer les bateaux, présentant une société pour financer ce projet. La société est composée de 300 actions de 1000 livres chacune, totalisant 300 000 livres. Les actions sont imprimées, numérotées et délivrées au porteur, tout en étant enregistrées avec le nom du propriétaire. Elles sont héréditaires et commerçables, avec priorité à la compagnie en cas de vente. Les acquéreurs doivent s'enregistrer auprès des directeurs. Pour participer aux délibérations, il faut posséder ou représenter dix actions. Les intérêts peuvent être perçus chez le notaire Baron ou le caissier Rousselle. Des assemblées générales mensuelles et des comités hebdomadaires sont organisés pour traiter les affaires urgentes. Les décisions importantes nécessitent une majorité des voix. Les comptes annuels et la répartition des profits au prorata des mises sont prévus. Une assemblée générale sera convoquée après la vente de toutes les actions pour présenter le plan de régie et les mesures prises.
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4691
p. 135-146
« ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
Début :
ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...]
Mots clefs :
Paris, Lettres, Libraire, Roi, Maladies, Lettre, Homme, Comédie, Barnevelt, Inoculation, Médecine, Fièvres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
ANTONII de Haen, Consiliarii &
Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non
Medicinœ practicae in Univerſitate
Vindobonenſi Profeſſoris primarii, ra
tio medendi in Nauſocomio practico.
Tomus tertius, partes VI & VII com
pleclens. Pariſiis , apud P. Fr. Didot
juniorem, Bibliopolam , ad ripam Au
guſtinianorum , propè Pontem ſancti
Michaëlis, ſub ſigno ſancti Auguſtini ;
2764 , cum approbatione & privilegio
JRegis. Vol. in-22.
# a déjà paru deux volumes de cette
Pratique de Médecine. Ce troiſiéme
Tome comprend les Parties VI & VII,
& traite de la Cardialgie chronique, des
différentes eſpéces d'Hydropiſie, de la
Pierre & de la Lithotomie , des cautè
res appliqués au crâne dans les douleurs
obſtinées de la tête, de la vertu parti--
culière de certains médicamens, des
»
-
136 MERCURE DE FRANCE.
· anévriſmes, des hydatides, d'un fait re
latif à la rupture des inteſtins , des divi
fions des fiévres, & de différens autres
objets. Le quatriéme Tome eſt ſous
preſſe, & paroîtra inceſſamment.
: DISSERTATIoN ſommaire ſur les
maladies de l'urétre , appellées calloſi
tés , ou vulgairement carnoſités , &
du moyen fûr de les guérir radicale
ment ſans l'uſage des bougies; par le
ſieur de la Font ,
fils de Maître en
Chirurgie, & Chirurgien bréveté du
Roi par la Commiſſion Royale de Mé
decine pourl'adminiſtration de ce remé
de ; feuille in-12 ; chez l'Auteur, rue
Beauregard, la porte quarrée entre les
deux portes-cochères, vis-à-vis le Vi
trier, au premier, en entrant par la rue
Poiſſonnière ; 1763.
·
·
Les perſonnes affectées de ces ma
ladies, & à qui les bougies n'auront
pas réuſſi , pourront s'intéreſſer à la
lecture de cet écrit confirmé par des
, certificats de pluſieurs Médecins qui
dépoſent en faveur du nouveau reméde.
EssAI ſur les différentes efpéces de
fiévres, avec des diſſertations ſur les
A
-
-
-
fiévres lentes, nerveuſes, putrides, peſ
A V R I L. 1754.
137
tilentielles & pourprées ; ſur la petite
vérole, ſur les pleuréſies & les péri
pneumonies ; par Jean Huxham , Doc
teur en Médecine, & Membre de la
Société Royale de Londres. On y a
joint deux autres eſſais; l'un ſur la ma--
nière de nourrir & d'élever les Enfans
depuis leur naiſſance juſqu'à l'âge de
trois ans ; l'autre ſur leurs différentes
maladies ; & un Appendice contenant
une méthode pour garantir les mari
niers des maladies dans les voyages de
long cours. Nouvelle édition, augmen
tée de trois Ouvrages du même Au
teur; le premier ſur les maux de gor
ge avec ulcères malins ; le ſecond ſur
- l'antimoine , & le troiſiéme ſur une
colique épidémique; à Paris,chez d'Hou
ry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc
d'Orléans ; rue de la vieille Bouclerie,
. au S. Eſprit & au Soleil d'Or : #764,
avec approbation & privilége du Roi ;
un volume in-12 d'environ 7oo pages.
Nous n'ajouterons rien à ce titre qui
peut être régardé comme une courte
analyſe de cet Ouvrage utile , connu
· & tres eſtimé des gens de l'art.
| TRAITEMENs des maladies internes
& externes , traduits du Latin de M.
-
138 MERCURE DE FRANCE.
la Zerme, Conſeiller du Roi, Profeſ
ſeur en Médecine de la Faculté de
Montpellier ; avec les formules en la
tin & en françois ; augmenté d'un trai
té des maladies vénériennes ; par M.
Didier des Marets, Médecin de la même :
Faculté ; ſeconde édition revue & cor
rigée ; à Paris chez Laurent - Charles
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille
Bouclerie, au S. Eſprit , & au Soleil
d'or ; 1764 ; avec approbation & pri
vilége du Roi. 2 volumes in-12.
La traduction des curations de M.
la Zerme n'a certainement beſoin que
du nom de ce Sçavant homme, pour
s'attirer l'eſtime du Public ; mais les,
ſoins que l'on a pris pour la rendre plus
intéreſſante par l'ordre qu'on y a gardé,
doit la faire recevoir avec encore plus
d'empreſſement. Les formules y ſont .
'données en Latin & en François, l'un
à côté de l'autre s & bien diſtinctes du
reſte du Diſcours, pour que le Lecteur,
d'un coup d'œil, puiſſe voir de quelle
manière on doit tracer une ordonnance
en l'une & en l'autre Langue. La juſte
quantité des drogues à adminiſtrer aux
malades, y eſt donnée avec la plus ſcru
puleuſe attention, vu les conſéquences
· -
A V R I L. 1764.
139
qui en réſulteroient. On a enrichi cet
Ouvrage d'un Eſſai ſur les Maladies Vé
mèriennes , pour que le Lecteur puiſſe
avoir auſſi ſous les yeux la curation de
ce mal trop commun ; & enfin il nous
paroît qu'on n'a rien négligé pour ren
dre ce Livre d'une utilité générale &
journalière.
NoUvELLE Deſcription phyſique,
hiſtorique, civile & politique de l'Iſlan
de, avec des obſervations critiques ſur
l'Hiſtoire Naturelle de cette Iſle ; don
née par M. Anderſon; Ouvrage traduit
de l'Allemand de M. Horrébows qui y
a été envoyé par le Roi de Dannemarc;
à Paris, chez Charpentier, Libraire ,
rue du Hurepoix , à l'entrée du quai
des Auguſtins ; avec approbation &
nriviléoe di1 R ni - v - 4A : 2 vol. in-12.-
r--- —-e»- --- ---- » - / --r »
Il y a des choſes curieuſes dans cet Ou
vrage hiſtorique, qui demandent à être
miſes ſous les yeux du Lecteur dans
, un long Extrait. Nous promettons de le
donner inceſſamment; nous avertiſſons
aujourd'hui que le Libraire vend ſépa
rément la Carte de l'Iflande, qui eſt
très-bien faite & très-curieuſè.
Poesies & QEuvres diverſes de Mada
14o MERCURE DE FRANCÉ.
me Guibert ; à Amſterdam; 1764; un
volume petit in-8°. de 2oo & quelques
pages.
-
-
Ce recueil n'eſt prèſque compoſé que
de ce qu'on appelle des Vers de Société. Il
faut pourtant en excepter une Comédie
en un Acte en vers libres, intitulée Les
rendez-vous : les vers de Société ſont
des Bouquets, des Fables, des Epitres,
des Madrigaux, des Chanſons , &c. il y
en a pour M. ſon Fils, pour Mlle ſa Fille,
pour ſon Maître de Poëſie, ſon Maître
de Muſique, pour ſon Peintre, pour ſon
Graveur, pour ſes Amis &c. On y trou
ve auſſi des Vers de M. Guibert - le Fils,
& entre autres, une Tragédie qui n'a
que cinq Scènes, intitulée : La Coquette
corrigée, Tragédie centre les femmes ,
dictée par M. Guibert, âgé de neuf ans.
SANToLIANA,Ouvrage qui contient
la vie de Santeuil, ſes bons mots, ſon
démêlé avec les Jéſuites, ſes Lettres, ſes
inſcriptions, & l'Analyſe de ſes ouvra
ges, &c. par M. Dinoltard, Chanoine
de Saint Benoît, & de l'Académie des
Arcades; à Paris, che7 Nyon , Quai des
Auguſtins, à l'Occaſion ;avec Approba
tion & Privilége du Roi ; 1764, un vol.
Z/l-I.2.,.
|
A V R I L. 1764:
I4E
Une infinité d'Anecdotes plaiſantes &
curieuſes rendent la lecture de ce Livre
très agréable. Nous nous propoſons de
choiſir les traits les plus piquans que nous
offrirons à nos Lecteurs dans un des
Mercures ſuivans.
ExAMEN de l'Inoculation , par un
Médecin de la Faculté de Paris; à Lon-.
dres, & ſe trouve à Paris chez Deſſain
Junior, Libraire, Quai des Auguſtins,
à la bonne Foi ; 1764 ; un vol. in-12.
Les trois points ſur leſquels roule
cet examen, ſont 1°. L'inoculation eſt
elle exempte de danger pour ceux qui
s'y ſoumettent, ſoit dans la petite Vé
role qui en réſulte, ſoit dans les ſuites ?
2°. L'Inoculation met-elle ceux qui la
ſubiſſent , à l'abri de la petite Vérole
naturelle ? 3°. L'inoculation peut-elle ſe
pratiquer, ſans la multiplication de la
contagion ? L'objet même de cette diſ
cuſſion en annonce l'importance. Nous
croyons qu'on ſeroit parvenu depuis
longtemps à découvrir la vérité ſur ces
points vraiment intéreſſans, ſi elle n'eût
été obſcurcie par la paſſion ou l'eſprit
de préjugés, dont il eſt eſſentiel de ſe
dépouiller, pour ne conſulter en cette
matière , que la raiſon & les faits,
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HoMME de Lettres; M. par Garnier,
Profeſſeur Royal d'Hébreu, & de l'A-
cadémie Royale des Inſcriptions & Bel
les-Lettres : avec cette Epigraphe : quemt
te Deus eſſe juſſit & humana quá parte
locutus es in te, diſce ; à Paris , chez
Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764 ; deux parties
E7Z-I2,.
Dans la première partie l'Auteur traite
de la nature de l'homme de lettres , du
principe fondamental de toutes les
ſciences, de la culture des eſprits, de
l'utilité des gens de lettres, des récom
penſes littéraires, &c. On examine dans
la ſeconde partie l'influence réciproque
des Lettres ſur le Gouvernement , &
du Gouvernement ſur les Lettres.
PRÉSENCE corporelle de l'homme en
pluſieurs lieux, prouvée poſſible par les
principes de la bonne Philoſophie : Let
tres où relevant le défi d'un Journaliſte
Hollandois, on diſſipe toute ombre de
contradiction entre les merveilles du
Dogme Catholique & de l'Euchariſtie,
& les notions de la ſaine Philoſophie ;
par l'Auteur des Lettres à un Améri- .
cain ; avec cette Epigraphe : Poſteritas
·
, A V R I L. 1764.
T43
intellectum gratuletur, quod ante vetuſ
tas non intellectum gratulabatur. Vinc.
Lyr. A Paris, chez Rozet , Libraire,
rue S. Severin , au coin de la rue Za
charie , à la Roſe d'or , avec approba
tion & privilége du Roi ; 1764 ; un vol.
1Il - I 2. .
Feu M. l'Abbé Lelarge de Lignac eſt
Auteur de ces Lettres, où l'on trouve
un ſyſtême qui peut † extraordi
naire. On entreprend de prouver aux
Réformés qu'il n'eſt ni impoſſible ni
contradictoire qu'un même corps ſoit
en même temps en pluſieurs lieux. On
tâche dans la Préface de juſtifier l'Au
teur de ce qu'il a fait un ſyſtême philo
ſophique ſur un myſtère qu'il ne fau
droit, dans la louable ſimplicité de la
foi, que croire & adorer.
-
LETTRE de Barnevelt dans ſa pri
ſon ; à Truman ſon ami ; précédée d'une
Lettre de l'Auteur ; à Paris , chez
Sébaſtien Jorry, rue & vis-à-vis de la
Comédie Françoiſe, au Grand Monar
que & aux Cigognes ; 17é3 ; avec ap
probation. Brochure in-8°. très - bien
imprimée ſur de très-beau papier, ornée
d'une très-belle Eſtampe & de très-jolies .
vignettes.
144 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie du Marchand de Londres
où un homme vole ſon parent , ſon,
ami, & l'égorge pour plaire à ſa maî
treſſe , a fourni à M. Dorat le Sujet
d'une Lettre en vers. Barnevelt eſt le
Scélérat qui a commis tous ces crimes ;
il eſt dans un cachot d'où il va être
tiré, pour les expier ſur un échaffaut,
& où il eſt ſuppoſé écrire à ſon ami
ces vers pleins de force & d'énergie :
Je vois nos citoyens confuſément épars,
Fixer ſur Barnevelt leurs avides regards.
Parler, s'interroger, s'indigner de mon crime,
Déteſter à la fois & plaindre la victime.
Du voile de la nuit mes tourmens ſont couverts ;
Ma honte doit paroître aux yeux de l'Univers.
Que dis-je ? cette mort flétriſſante & cruelle,
La mort des Scélérats on peut la rendre belle.
Un repentir fincère attendrit tous les cœurs.
Combien de Criminels ont fait verſer des pleurs
Je veux que de ce jour on garde la mémoire ;
Je veux d'un jour d'opprobre en faire un jour
de gloire ;
-
Et qu'enfin mon Pays juſtement combattu,
Puniſſant mes forfaits, regrette ma vertu.
· C'eſt avec la même force d'expreſſion
que M. Dorat nous peint les crimes &
les
-
AV R I L. 1764.
davantage.
I45
les remords de Barnevelt ; & nous re
grettons de ne pouvoir nous étendre
LÉTTRE de Zeila, jeune Sauvage,
Eſclave à Conſtantinople, à Valcour,
Officier François, précédée d'une Let
tre à Madame de C** ; à Paris , chez
Jorry, rue & vis-à-vis de la Comédie
Françoiſe ; 1764 ; brochure in-8°. avec
les mêmes ornemens typographiques
que la précédente.
C'eſt d'une Tragédie Angloiſe, que
M. Dorat a tiré le Sujet de Barnevelt ;
c'eſt dans le Speciateur Anglois, qu'il
a pris celui de la Lettre de Zéila. Une
jeune Sauvage, devenue la Maîtreſſe
d'un Anglois, qu'elle a ſauvé de la
mort, eſt inhumainement vendue par
ſon Amant, dont elle eſt groſſe ; & ſa
groſſeſſe même eſt une § qui la lui
fait vendre plus cher, parce qu'on achète
à la fois une mère & un enfant. Voilà
en peu de mots le Sujet de cette Lettre,
où M. Dorat change l'Anglois en un
Officier François, & tranſporte la ſcène
des Indes à Conſtantinople. Il y a en
core pluſieurs autres changemens qu'il
faut voir dans l'Ouvrage même, qu'on
lira avec attendriſſement. Nous n'en
JI. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
citerons que quelques vers : Zéila écrit
à ſon Amant :
N'entends-tu pas mes cris, mes ſanglots, mes ſou
-
-
pirs ?
•» elle 5
» ment
22 ilna Ilt»
-
-
-
Dans le ſein des remords eſt-il donc des plaiſirs ?
Ne te dis-tu jamais : » en cet inſtant peut-être,
» Elle pleure, & ſe plaint au Ciel qui l'a fait naître,
» Sur la rive déſerte elle appelle Valcour,
» En ſerrant dans ſes bras le fruit de notre amour :
» Sa profonde douleur toujours ſe renouvelle ;
» Il n'eſt plus de ſoutien, plus de beaux jours pour
» Sous le poids de ſes maux, peut-être en ce mo
22 Elle ſuccombe , meurt, & meurt en me nom
Pourrois-tu de ma mort devenir le complice ?
Ne diffère plus, viens; ſauve ta bienfaitrice ;
Accours, & ſi tu crains de me rendre mes droits,
Rends-moi du moins, rends-moi mes déſerts &
mes bois.
Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non
Medicinœ practicae in Univerſitate
Vindobonenſi Profeſſoris primarii, ra
tio medendi in Nauſocomio practico.
Tomus tertius, partes VI & VII com
pleclens. Pariſiis , apud P. Fr. Didot
juniorem, Bibliopolam , ad ripam Au
guſtinianorum , propè Pontem ſancti
Michaëlis, ſub ſigno ſancti Auguſtini ;
2764 , cum approbatione & privilegio
JRegis. Vol. in-22.
# a déjà paru deux volumes de cette
Pratique de Médecine. Ce troiſiéme
Tome comprend les Parties VI & VII,
& traite de la Cardialgie chronique, des
différentes eſpéces d'Hydropiſie, de la
Pierre & de la Lithotomie , des cautè
res appliqués au crâne dans les douleurs
obſtinées de la tête, de la vertu parti--
culière de certains médicamens, des
»
-
136 MERCURE DE FRANCE.
· anévriſmes, des hydatides, d'un fait re
latif à la rupture des inteſtins , des divi
fions des fiévres, & de différens autres
objets. Le quatriéme Tome eſt ſous
preſſe, & paroîtra inceſſamment.
: DISSERTATIoN ſommaire ſur les
maladies de l'urétre , appellées calloſi
tés , ou vulgairement carnoſités , &
du moyen fûr de les guérir radicale
ment ſans l'uſage des bougies; par le
ſieur de la Font ,
fils de Maître en
Chirurgie, & Chirurgien bréveté du
Roi par la Commiſſion Royale de Mé
decine pourl'adminiſtration de ce remé
de ; feuille in-12 ; chez l'Auteur, rue
Beauregard, la porte quarrée entre les
deux portes-cochères, vis-à-vis le Vi
trier, au premier, en entrant par la rue
Poiſſonnière ; 1763.
·
·
Les perſonnes affectées de ces ma
ladies, & à qui les bougies n'auront
pas réuſſi , pourront s'intéreſſer à la
lecture de cet écrit confirmé par des
, certificats de pluſieurs Médecins qui
dépoſent en faveur du nouveau reméde.
EssAI ſur les différentes efpéces de
fiévres, avec des diſſertations ſur les
A
-
-
-
fiévres lentes, nerveuſes, putrides, peſ
A V R I L. 1754.
137
tilentielles & pourprées ; ſur la petite
vérole, ſur les pleuréſies & les péri
pneumonies ; par Jean Huxham , Doc
teur en Médecine, & Membre de la
Société Royale de Londres. On y a
joint deux autres eſſais; l'un ſur la ma--
nière de nourrir & d'élever les Enfans
depuis leur naiſſance juſqu'à l'âge de
trois ans ; l'autre ſur leurs différentes
maladies ; & un Appendice contenant
une méthode pour garantir les mari
niers des maladies dans les voyages de
long cours. Nouvelle édition, augmen
tée de trois Ouvrages du même Au
teur; le premier ſur les maux de gor
ge avec ulcères malins ; le ſecond ſur
- l'antimoine , & le troiſiéme ſur une
colique épidémique; à Paris,chez d'Hou
ry, Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc
d'Orléans ; rue de la vieille Bouclerie,
. au S. Eſprit & au Soleil d'Or : #764,
avec approbation & privilége du Roi ;
un volume in-12 d'environ 7oo pages.
Nous n'ajouterons rien à ce titre qui
peut être régardé comme une courte
analyſe de cet Ouvrage utile , connu
· & tres eſtimé des gens de l'art.
| TRAITEMENs des maladies internes
& externes , traduits du Latin de M.
-
138 MERCURE DE FRANCE.
la Zerme, Conſeiller du Roi, Profeſ
ſeur en Médecine de la Faculté de
Montpellier ; avec les formules en la
tin & en françois ; augmenté d'un trai
té des maladies vénériennes ; par M.
Didier des Marets, Médecin de la même :
Faculté ; ſeconde édition revue & cor
rigée ; à Paris chez Laurent - Charles
d'Houry , Imprimeur-Libraire de Mgr
le Duc d'Orléans , rue de la vieille
Bouclerie, au S. Eſprit , & au Soleil
d'or ; 1764 ; avec approbation & pri
vilége du Roi. 2 volumes in-12.
La traduction des curations de M.
la Zerme n'a certainement beſoin que
du nom de ce Sçavant homme, pour
s'attirer l'eſtime du Public ; mais les,
ſoins que l'on a pris pour la rendre plus
intéreſſante par l'ordre qu'on y a gardé,
doit la faire recevoir avec encore plus
d'empreſſement. Les formules y ſont .
'données en Latin & en François, l'un
à côté de l'autre s & bien diſtinctes du
reſte du Diſcours, pour que le Lecteur,
d'un coup d'œil, puiſſe voir de quelle
manière on doit tracer une ordonnance
en l'une & en l'autre Langue. La juſte
quantité des drogues à adminiſtrer aux
malades, y eſt donnée avec la plus ſcru
puleuſe attention, vu les conſéquences
· -
A V R I L. 1764.
139
qui en réſulteroient. On a enrichi cet
Ouvrage d'un Eſſai ſur les Maladies Vé
mèriennes , pour que le Lecteur puiſſe
avoir auſſi ſous les yeux la curation de
ce mal trop commun ; & enfin il nous
paroît qu'on n'a rien négligé pour ren
dre ce Livre d'une utilité générale &
journalière.
NoUvELLE Deſcription phyſique,
hiſtorique, civile & politique de l'Iſlan
de, avec des obſervations critiques ſur
l'Hiſtoire Naturelle de cette Iſle ; don
née par M. Anderſon; Ouvrage traduit
de l'Allemand de M. Horrébows qui y
a été envoyé par le Roi de Dannemarc;
à Paris, chez Charpentier, Libraire ,
rue du Hurepoix , à l'entrée du quai
des Auguſtins ; avec approbation &
nriviléoe di1 R ni - v - 4A : 2 vol. in-12.-
r--- —-e»- --- ---- » - / --r »
Il y a des choſes curieuſes dans cet Ou
vrage hiſtorique, qui demandent à être
miſes ſous les yeux du Lecteur dans
, un long Extrait. Nous promettons de le
donner inceſſamment; nous avertiſſons
aujourd'hui que le Libraire vend ſépa
rément la Carte de l'Iflande, qui eſt
très-bien faite & très-curieuſè.
Poesies & QEuvres diverſes de Mada
14o MERCURE DE FRANCÉ.
me Guibert ; à Amſterdam; 1764; un
volume petit in-8°. de 2oo & quelques
pages.
-
-
Ce recueil n'eſt prèſque compoſé que
de ce qu'on appelle des Vers de Société. Il
faut pourtant en excepter une Comédie
en un Acte en vers libres, intitulée Les
rendez-vous : les vers de Société ſont
des Bouquets, des Fables, des Epitres,
des Madrigaux, des Chanſons , &c. il y
en a pour M. ſon Fils, pour Mlle ſa Fille,
pour ſon Maître de Poëſie, ſon Maître
de Muſique, pour ſon Peintre, pour ſon
Graveur, pour ſes Amis &c. On y trou
ve auſſi des Vers de M. Guibert - le Fils,
& entre autres, une Tragédie qui n'a
que cinq Scènes, intitulée : La Coquette
corrigée, Tragédie centre les femmes ,
dictée par M. Guibert, âgé de neuf ans.
SANToLIANA,Ouvrage qui contient
la vie de Santeuil, ſes bons mots, ſon
démêlé avec les Jéſuites, ſes Lettres, ſes
inſcriptions, & l'Analyſe de ſes ouvra
ges, &c. par M. Dinoltard, Chanoine
de Saint Benoît, & de l'Académie des
Arcades; à Paris, che7 Nyon , Quai des
Auguſtins, à l'Occaſion ;avec Approba
tion & Privilége du Roi ; 1764, un vol.
Z/l-I.2.,.
|
A V R I L. 1764:
I4E
Une infinité d'Anecdotes plaiſantes &
curieuſes rendent la lecture de ce Livre
très agréable. Nous nous propoſons de
choiſir les traits les plus piquans que nous
offrirons à nos Lecteurs dans un des
Mercures ſuivans.
ExAMEN de l'Inoculation , par un
Médecin de la Faculté de Paris; à Lon-.
dres, & ſe trouve à Paris chez Deſſain
Junior, Libraire, Quai des Auguſtins,
à la bonne Foi ; 1764 ; un vol. in-12.
Les trois points ſur leſquels roule
cet examen, ſont 1°. L'inoculation eſt
elle exempte de danger pour ceux qui
s'y ſoumettent, ſoit dans la petite Vé
role qui en réſulte, ſoit dans les ſuites ?
2°. L'Inoculation met-elle ceux qui la
ſubiſſent , à l'abri de la petite Vérole
naturelle ? 3°. L'inoculation peut-elle ſe
pratiquer, ſans la multiplication de la
contagion ? L'objet même de cette diſ
cuſſion en annonce l'importance. Nous
croyons qu'on ſeroit parvenu depuis
longtemps à découvrir la vérité ſur ces
points vraiment intéreſſans, ſi elle n'eût
été obſcurcie par la paſſion ou l'eſprit
de préjugés, dont il eſt eſſentiel de ſe
dépouiller, pour ne conſulter en cette
matière , que la raiſon & les faits,
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HoMME de Lettres; M. par Garnier,
Profeſſeur Royal d'Hébreu, & de l'A-
cadémie Royale des Inſcriptions & Bel
les-Lettres : avec cette Epigraphe : quemt
te Deus eſſe juſſit & humana quá parte
locutus es in te, diſce ; à Paris , chez
Panckoucke, Libraire, rue & à côté de la
Comédie Françoiſe ; avec approbation
& privilége du Roi ; 1764 ; deux parties
E7Z-I2,.
Dans la première partie l'Auteur traite
de la nature de l'homme de lettres , du
principe fondamental de toutes les
ſciences, de la culture des eſprits, de
l'utilité des gens de lettres, des récom
penſes littéraires, &c. On examine dans
la ſeconde partie l'influence réciproque
des Lettres ſur le Gouvernement , &
du Gouvernement ſur les Lettres.
PRÉSENCE corporelle de l'homme en
pluſieurs lieux, prouvée poſſible par les
principes de la bonne Philoſophie : Let
tres où relevant le défi d'un Journaliſte
Hollandois, on diſſipe toute ombre de
contradiction entre les merveilles du
Dogme Catholique & de l'Euchariſtie,
& les notions de la ſaine Philoſophie ;
par l'Auteur des Lettres à un Améri- .
cain ; avec cette Epigraphe : Poſteritas
·
, A V R I L. 1764.
T43
intellectum gratuletur, quod ante vetuſ
tas non intellectum gratulabatur. Vinc.
Lyr. A Paris, chez Rozet , Libraire,
rue S. Severin , au coin de la rue Za
charie , à la Roſe d'or , avec approba
tion & privilége du Roi ; 1764 ; un vol.
1Il - I 2. .
Feu M. l'Abbé Lelarge de Lignac eſt
Auteur de ces Lettres, où l'on trouve
un ſyſtême qui peut † extraordi
naire. On entreprend de prouver aux
Réformés qu'il n'eſt ni impoſſible ni
contradictoire qu'un même corps ſoit
en même temps en pluſieurs lieux. On
tâche dans la Préface de juſtifier l'Au
teur de ce qu'il a fait un ſyſtême philo
ſophique ſur un myſtère qu'il ne fau
droit, dans la louable ſimplicité de la
foi, que croire & adorer.
-
LETTRE de Barnevelt dans ſa pri
ſon ; à Truman ſon ami ; précédée d'une
Lettre de l'Auteur ; à Paris , chez
Sébaſtien Jorry, rue & vis-à-vis de la
Comédie Françoiſe, au Grand Monar
que & aux Cigognes ; 17é3 ; avec ap
probation. Brochure in-8°. très - bien
imprimée ſur de très-beau papier, ornée
d'une très-belle Eſtampe & de très-jolies .
vignettes.
144 MERCURE DE FRANCE.
La Comédie du Marchand de Londres
où un homme vole ſon parent , ſon,
ami, & l'égorge pour plaire à ſa maî
treſſe , a fourni à M. Dorat le Sujet
d'une Lettre en vers. Barnevelt eſt le
Scélérat qui a commis tous ces crimes ;
il eſt dans un cachot d'où il va être
tiré, pour les expier ſur un échaffaut,
& où il eſt ſuppoſé écrire à ſon ami
ces vers pleins de force & d'énergie :
Je vois nos citoyens confuſément épars,
Fixer ſur Barnevelt leurs avides regards.
Parler, s'interroger, s'indigner de mon crime,
Déteſter à la fois & plaindre la victime.
Du voile de la nuit mes tourmens ſont couverts ;
Ma honte doit paroître aux yeux de l'Univers.
Que dis-je ? cette mort flétriſſante & cruelle,
La mort des Scélérats on peut la rendre belle.
Un repentir fincère attendrit tous les cœurs.
Combien de Criminels ont fait verſer des pleurs
Je veux que de ce jour on garde la mémoire ;
Je veux d'un jour d'opprobre en faire un jour
de gloire ;
-
Et qu'enfin mon Pays juſtement combattu,
Puniſſant mes forfaits, regrette ma vertu.
· C'eſt avec la même force d'expreſſion
que M. Dorat nous peint les crimes &
les
-
AV R I L. 1764.
davantage.
I45
les remords de Barnevelt ; & nous re
grettons de ne pouvoir nous étendre
LÉTTRE de Zeila, jeune Sauvage,
Eſclave à Conſtantinople, à Valcour,
Officier François, précédée d'une Let
tre à Madame de C** ; à Paris , chez
Jorry, rue & vis-à-vis de la Comédie
Françoiſe ; 1764 ; brochure in-8°. avec
les mêmes ornemens typographiques
que la précédente.
C'eſt d'une Tragédie Angloiſe, que
M. Dorat a tiré le Sujet de Barnevelt ;
c'eſt dans le Speciateur Anglois, qu'il
a pris celui de la Lettre de Zéila. Une
jeune Sauvage, devenue la Maîtreſſe
d'un Anglois, qu'elle a ſauvé de la
mort, eſt inhumainement vendue par
ſon Amant, dont elle eſt groſſe ; & ſa
groſſeſſe même eſt une § qui la lui
fait vendre plus cher, parce qu'on achète
à la fois une mère & un enfant. Voilà
en peu de mots le Sujet de cette Lettre,
où M. Dorat change l'Anglois en un
Officier François, & tranſporte la ſcène
des Indes à Conſtantinople. Il y a en
core pluſieurs autres changemens qu'il
faut voir dans l'Ouvrage même, qu'on
lira avec attendriſſement. Nous n'en
JI. Vol.
G
146 MERCURE DE FRANCE.
citerons que quelques vers : Zéila écrit
à ſon Amant :
N'entends-tu pas mes cris, mes ſanglots, mes ſou
-
-
pirs ?
•» elle 5
» ment
22 ilna Ilt»
-
-
-
Dans le ſein des remords eſt-il donc des plaiſirs ?
Ne te dis-tu jamais : » en cet inſtant peut-être,
» Elle pleure, & ſe plaint au Ciel qui l'a fait naître,
» Sur la rive déſerte elle appelle Valcour,
» En ſerrant dans ſes bras le fruit de notre amour :
» Sa profonde douleur toujours ſe renouvelle ;
» Il n'eſt plus de ſoutien, plus de beaux jours pour
» Sous le poids de ſes maux, peut-être en ce mo
22 Elle ſuccombe , meurt, & meurt en me nom
Pourrois-tu de ma mort devenir le complice ?
Ne diffère plus, viens; ſauve ta bienfaitrice ;
Accours, & ſi tu crains de me rendre mes droits,
Rends-moi du moins, rends-moi mes déſerts &
mes bois.
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Résumé : « ANTONII de Haen, Consiliarii & Archiatri, S. C. R. A. Majestatis, nec-non [...] »
En 1764, plusieurs ouvrages médicaux et littéraires ont été publiés. Antonii de Haen a édité le troisième tome de sa 'Ratio medendi in Nausocomio practico', traitant de sujets tels que la cardialgie chronique, l'hydropisie, la lithotomie, les anévrismes et les hydatides. Sieur de la Font a proposé un traitement des maladies de l'urètre sans utiliser de bougies. Jean Huxham a publié un essai sur les fièvres, incluant des dissertations sur la petite vérole, les pleurésies et les péripneumonies, ainsi que des conseils sur la nutrition et les maladies infantiles. Didier des Marets a traduit et augmenté le traité des maladies internes et externes de M. la Zerme, ajoutant un essai sur les maladies vénériennes. M. Anderson a publié une description de l'Islande, traduite de l'allemand par M. Horrébows. Parmi les œuvres littéraires, on trouve un recueil de poésies de Madame Guibert et une tragédie intitulée 'La Coquette corrigée', dictée par M. Guibert, alors âgé de neuf ans. 'Santoiana' relate la vie de Santeuil et ses conflits avec les Jésuites. Un examen sur l'inoculation discute des dangers et de l'efficacité de cette pratique contre la variole. 'L'Homme de Lettres' de M. Garnier explore la nature des hommes de lettres et l'influence des sciences. Une lettre de Barnevelt décrit les crimes et remords de son auteur. Enfin, une lettre de Zéila, une esclave, raconte son histoire tragique, modifiée par M. Dorat, où elle est vendue par son amant, un officier français, à Constantinople.
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4692
p. 147-150
ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
Début :
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars dernier, Monsieur, a annoncé sous mon [...]
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texteReconnaissance textuelle : ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
ASTRONOMIE.
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars
dernier, Monsieur, a annoncé sous mon
nom, que l'Eclipſe du premier Avril pa
roîtroit commencer en France à droite,
ſur le bord occidental du Soleil, cinq
degrés au-deſſous de ſon diamètre ho
riſontal. On dit que j'ai fait là une leçon
également inutile , & aux Aſtronômes
qui devoient ſçavoir s'en paſſer,& à ceux
qui , ne ſe mêlant pas d'obſerver, n'en
ont eu aucun beſoin : auſſi je déclare à
ceux qui ſe mêlent de critiquer ce qu'ils
ignorent, que la leçon , ſi c'en eſt une,
ne s'adreſſoit ni aux uns, ni aux autres ,
mais à ceux qui tiennent une eſpèce de
xmilieu ; je veux dire, aux Amateurs
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aſtronomie, qui, ſans être Aſtrg
nômes, ſe préparoient à une obſerva
tion dont on parloit depuis ſi long
temps.
,
-
J'ajoute que, dans le cas où mon an
nonce n'auroit pas été des plus exacte
ſur le fait des cinq degrés, elle ſeroit du
| moins bonne à fournir aux Sçavans
qui préſident aux calculs des Ephéméri
des ou Mouvemens Céleſtes, la penſée
de faire mieux, lorſqu'ils auront à nous
annoncer, ſoit des Eclipſes de Soleil &
de Lune, ſoit des paſſages de Mercure
& de Vénus, ſoit des Emerfions d'Etoiles
cachées par la Lune.
-
A l'approche de ces ſortes de Phéno
mènes, il eſt bien des yeux égarés dans
le champ d'une Lunette, & qui, faute
d'être fixés, manquent une obſervation
également curieuſe, importante & diffi
cile. Pourquoi ne pas la rendre aiſée,
· en fixant l'œil de l'Obſervateur au point
du limbe où doit ſe faire l'obſervation,
& en marquant même juſqu'aux diffé
rens effets des Lunettes à quatre ou à
deux verres, des Téleſcopes qui redreſ
: ſent ou qui renverſent, comme je Pa
' yois fait dans mon annonce que les bor
nes de la Gazette ont obligé d'abréger ?
• Rien ne prouve mieux, Monſieur,
|
A V R I L. 1764.
149
l'utilité dont peut être une pareille an
nonce bien faite, que l'Eclipſe même
qui a donné lieu à la mienne. M. de la
Brulerie , Chevalier de S. Louis, qui l'a
ebſervée lui deuxiéme à Auxerre, me
marque qu'il n'en a vu le commence
ment que quelques ſecondes après M.
de Monbazon, à côté duquel il obſer
voit; parce qu'il fixoit l'œil beaucoup.
au-deſſous du diamètre horifontal. S'il
n'eût regardé qu'un peu au - deſſous ,
comme mes cinq degrés le diſoient aſ
ſez, il auroit vu commencer l'Eclipſe
au même inſtant que ſon voiſin, comme
ils l'ont vue, l'un & l'autre, finir à la
même ſeconde.
.
-
-
En voici les principales circonſtances,
que M. de Montbazon, Conſeiller au
Bailliage, m'a envoyées; je ne puis
mieuxluien marquer ma reconnoiſſance,
qu'en vous priant de les rendre publiques
dans votre prochain Mercure. C'eſt une
obſervation d'autant plus précieuſe, que
peut-être elle eſt unique en France, à
cauſe du mauvais temps.
Le commencement à 9 h. 16 m. 33 ſ.
la fin à midi 16 m. 34 ſ; donc la durée
a été de trois heures une ſeconde. Ces
inſtans ont été obſervés avec un excel
lent Téleſcope de trente-deux pouces,
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
de la conſtruction de M. Paſſemant.
A 1o h. 44 m. 38 ſec. la partie éclai
rée du Soleil a été meſurée de 2 m. 28
ſec. avec une Lunette de dix pieds, gar
nie d'un Micromètre auſſi de M. Paſſe
mant. Un nuage qui eſt ſurvenu a inter
rompu l'obſervation pendant dix mi
Illlt6 S.
«
Les bords ſupérieurs du Soleil & de la
Lune ont paru coincider. Des Curieux ,
témoins de l'obſervaticn , au nombre de
cent, ont dit même avoir vu, avec des
verres enfumés, un filet de lumière dans
la partie ſupérieure : mais les Lunettes
n'en ont , rien fait voir. Les témoins
ont dépoſé encore dans le milieu de
l'Eclipſe, qu'il faiſoit très-froid. Pour
moi, dit M. de Montbazon, qul étois
dans le fort de mes travaux, je ne m'en
ſuis apperçu nullement.
J'ai l'honneur d'être , &c.
TREBUCHET, ancien Officier de la Reine.
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
LA GAZETTE Littéraire du 28 Mars
dernier, Monsieur, a annoncé sous mon
nom, que l'Eclipſe du premier Avril pa
roîtroit commencer en France à droite,
ſur le bord occidental du Soleil, cinq
degrés au-deſſous de ſon diamètre ho
riſontal. On dit que j'ai fait là une leçon
également inutile , & aux Aſtronômes
qui devoient ſçavoir s'en paſſer,& à ceux
qui , ne ſe mêlant pas d'obſerver, n'en
ont eu aucun beſoin : auſſi je déclare à
ceux qui ſe mêlent de critiquer ce qu'ils
ignorent, que la leçon , ſi c'en eſt une,
ne s'adreſſoit ni aux uns, ni aux autres ,
mais à ceux qui tiennent une eſpèce de
xmilieu ; je veux dire, aux Amateurs
G ij
148 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aſtronomie, qui, ſans être Aſtrg
nômes, ſe préparoient à une obſerva
tion dont on parloit depuis ſi long
temps.
,
-
J'ajoute que, dans le cas où mon an
nonce n'auroit pas été des plus exacte
ſur le fait des cinq degrés, elle ſeroit du
| moins bonne à fournir aux Sçavans
qui préſident aux calculs des Ephéméri
des ou Mouvemens Céleſtes, la penſée
de faire mieux, lorſqu'ils auront à nous
annoncer, ſoit des Eclipſes de Soleil &
de Lune, ſoit des paſſages de Mercure
& de Vénus, ſoit des Emerfions d'Etoiles
cachées par la Lune.
-
A l'approche de ces ſortes de Phéno
mènes, il eſt bien des yeux égarés dans
le champ d'une Lunette, & qui, faute
d'être fixés, manquent une obſervation
également curieuſe, importante & diffi
cile. Pourquoi ne pas la rendre aiſée,
· en fixant l'œil de l'Obſervateur au point
du limbe où doit ſe faire l'obſervation,
& en marquant même juſqu'aux diffé
rens effets des Lunettes à quatre ou à
deux verres, des Téleſcopes qui redreſ
: ſent ou qui renverſent, comme je Pa
' yois fait dans mon annonce que les bor
nes de la Gazette ont obligé d'abréger ?
• Rien ne prouve mieux, Monſieur,
|
A V R I L. 1764.
149
l'utilité dont peut être une pareille an
nonce bien faite, que l'Eclipſe même
qui a donné lieu à la mienne. M. de la
Brulerie , Chevalier de S. Louis, qui l'a
ebſervée lui deuxiéme à Auxerre, me
marque qu'il n'en a vu le commence
ment que quelques ſecondes après M.
de Monbazon, à côté duquel il obſer
voit; parce qu'il fixoit l'œil beaucoup.
au-deſſous du diamètre horifontal. S'il
n'eût regardé qu'un peu au - deſſous ,
comme mes cinq degrés le diſoient aſ
ſez, il auroit vu commencer l'Eclipſe
au même inſtant que ſon voiſin, comme
ils l'ont vue, l'un & l'autre, finir à la
même ſeconde.
.
-
-
En voici les principales circonſtances,
que M. de Montbazon, Conſeiller au
Bailliage, m'a envoyées; je ne puis
mieuxluien marquer ma reconnoiſſance,
qu'en vous priant de les rendre publiques
dans votre prochain Mercure. C'eſt une
obſervation d'autant plus précieuſe, que
peut-être elle eſt unique en France, à
cauſe du mauvais temps.
Le commencement à 9 h. 16 m. 33 ſ.
la fin à midi 16 m. 34 ſ; donc la durée
a été de trois heures une ſeconde. Ces
inſtans ont été obſervés avec un excel
lent Téleſcope de trente-deux pouces,
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
de la conſtruction de M. Paſſemant.
A 1o h. 44 m. 38 ſec. la partie éclai
rée du Soleil a été meſurée de 2 m. 28
ſec. avec une Lunette de dix pieds, gar
nie d'un Micromètre auſſi de M. Paſſe
mant. Un nuage qui eſt ſurvenu a inter
rompu l'obſervation pendant dix mi
Illlt6 S.
«
Les bords ſupérieurs du Soleil & de la
Lune ont paru coincider. Des Curieux ,
témoins de l'obſervaticn , au nombre de
cent, ont dit même avoir vu, avec des
verres enfumés, un filet de lumière dans
la partie ſupérieure : mais les Lunettes
n'en ont , rien fait voir. Les témoins
ont dépoſé encore dans le milieu de
l'Eclipſe, qu'il faiſoit très-froid. Pour
moi, dit M. de Montbazon, qul étois
dans le fort de mes travaux, je ne m'en
ſuis apperçu nullement.
J'ai l'honneur d'être , &c.
TREBUCHET, ancien Officier de la Reine.
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Résumé : ASTRONOMIE. LETTRE à M. DE LA PLACE, sur l'Eclipse du premier Avril.
La lettre traite de l'éclipse solaire observée le 1er avril. La Gazette Littéraire avait annoncé que l'éclipse débuterait en France à droite du bord occidental du Soleil, cinq degrés en dessous de son diamètre horizontal, visant ainsi les amateurs d'astronomie. L'auteur reconnaît que cette information, bien que non parfaitement exacte, pouvait aider à améliorer les calculs des éphémérides et des mouvements célestes. Il insiste sur l'importance de guider les observateurs pour ne pas manquer des phénomènes rares. Par exemple, M. de la Brulerie a observé l'éclipse à Auxerre, commençant quelques secondes après M. de Monbazon en raison d'une mauvaise fixation de son œil. M. de Monbazon, conseiller au Bailliage, a détaillé l'éclipse : début à 9h16m33s, fin à midi 16m34s, durée totale de trois heures et une seconde. Les observations ont été réalisées avec un télescope de trente-deux pouces construit par M. Passemant. Des témoins ont noté un refroidissement pendant l'éclipse, bien que M. de Monbazon n'ait rien ressenti.
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4693
p. 150-154
LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
Début :
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre Mercure du mois de Janvier dernier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre
Mercure du mois de Janvier dernier,
A V R I L. 1764.
I 51
des Obſervations ſur le Ver Solitaire ,
par M. P. .. .. , iJocteur en Médecine,
ancien Chirurgien en Chef du G. H. L.
de L.
-
L'Auteur dit, à la page 154, qu'il
avoit acquis le Spéçifique contre ce Ver,
de la veuve du Docteur Nouter, Méde
cin Suiſſe ; qu'il guérit ſubitement un
Seigneur Ruſſe, lui ayant donné ce Spé
cifique à ſept heures du matin , lequel
fit ſon effet dans quatre heures de temps.
C'eſt certainement là ce qu'on peut a
peller un Spécifique; & il ſeroit à §
rer qu'il fût public , y ayant bien des
-
perſonnes attaquées de cette Maladie. .
Je ne ſuis point étonné que le Poſſeſſeur
d'un pareil Remède ne le divulgue pas ;
mais je le ſuis de ce qu'il nous cache ſon
nom & ſa demeure. Je ne doute pas
qu'il ne ſe faſſe un plaiſir de contribuer
au bonheur de ſes ſemblables, qui pour
roient recourir à lui dans leur malheureux
état. Trouvez bon, Monſieur, que je
me ſerve de votre canal pour lui faire
parvenir cette Lettre, & que je l'invite à
nous apprendre dans quel lieu pourroient
le rencontrer ceux qui auroient cette
· maladie.
Il y a, Monſieur, neuf à dix ans que
la Femme de charge de ma Maiſon avoit
-
G iv ^
152 MERCIIRE DE FRANCE.
un.Ver ſolitaire.
Elle en avoit rendu
pluſieurs aulnes à différentes fois. J'ap
pris qu'il y avoit à Lyon un Médecin
Suiſſe qui avoit un Remède contre ce
Ver, (peut être eſt-ce le Docteur Nou
. ter) & qu'il devoit y être quelque temps.
J'envoyai la Malade à Lyon avec un do
meſtique. Elle vit dans cette Ville plu
ſieurs perſonnes qui avoient été guéries
par ce Médecin, qu'elle fut trouver. Il
lui fit nombre de queſtions, & lui dit
que ſon Remède étoit trop violent,
qu'elle n'auroit pas la force de le ſup
porter , & qu'elle pourroit fort bien
mourir dans l'opération ; qu'ainſi il ne
jugeoit pas à propos de le lui donner. La
Malade, fatiguée de ſon état, lui répon
dit qu'elle aimoit autant mourir que de
vivre comme elle faiſoit, & qu'elle étoit
décidée à le prendre; que cela ne retom
beroit pas ſur lui, s'il lui en arrivoit mal.
Le Médecin lui demanda ſi elle avoit ap
pcrté de ſon Ver. Elle en avoit quelques
aunes dans une bouteille, qu'il prit en lui
diſant, qu'il lui donneroit le Remède,
mais qu'il le modéreroit, & qu'elle ren
droit ſonVer par lambeaux.Il lui ordonna
de manger le ſoir une ſoupe au beurre ,
de prendre trois verres de vin blanc , &
un lavement avec du lait & du ſucre : ce
A V R I L. 1764.
-
153
qui fut fait. Le lendemain au matin il
vint à ſon Auberge de bonne heure,
avec un compagnon qu'il avoit, & lui
donna le Remède à prendre, ſans vou
loir laiſſer ouvrir les rideaux du lit, de
façon qu'elle n'a pu ſçavoir la couleur
dont il étoit. Environ deux heures après
elle ſe mit ſur le fiége, & ſe trouva ſi
mal qu'on crut qu'elle alloit expirer. Le
compagnon du Médecin lui diſoit : vous
l'aviez bien dit, Monſieur, qu'elle en
mourroit. On la fit revenir avec quel
ques eaux. Elle rendit enfin ſon Ver, &
ſentit tout-à-coup un vuide conſidérable
dans le creux de l'eſtomach. Elle ſortit
le reſte de la journée, & rendit quelques
autres portions du Ver, & remonta à
cheval le lendemain pour revenir chez
moi. Je n'ai point oui dire qu'elle en ait
été incommodée depuis environ cinq
ans qu'elle n'eſt plus à mon ſervice. Je
lui avois recommandé de m'apporter ſon
Ver; elle m'en préſenta un dans une
bouteille. Je lui dis dans l'inſtant que
ce n'étoit pas le ſien, & qu'il n'étoit pas
fait de même. Elle me dit que le Mé
decin l'avoit gardé, & lui avoit don
né celui-là. | Les difficultés qu'avoit
faites ce Docteur de lui donner le Re
mède, la demande qu'il lui avoit faite
G v
--
!
1 54 MERCURE DE FRANCE.
ſi elle avoit apporté † portion
de ce Ver, le parti qu'il avoit pris de la
traiter, après s'être emparé du morceau
qu'elle avoit, joint à ce qu'il ne voulut
pas lui rendre ce qu'elle avoit rendu,
mais qu'il lui donna un autre ver; tou
tes ces raiſons me font ſoupçonner que
c'eſt avec la poudre même du Ver qu'il
traite ſes Malades. Il connut, par les
queſtions qu'il avoit faites, que la nature
de ce Ver étoit différente de ceux qu'il
avoit ; & que, faute de poudre de pareil
Ver, il ne pourroit pas la guérir. C'étoit
peut-être le ſeul qu'il eût vu de cette
eſpèce, & il a voulu garder celui-là
pour s'en ſervir au beſoin,
Je vous prie,Monſieur,de vouloir bien
inſérer cette Lettre dans votre Mercure.
Les remarques que j'y fais pourroient
donner des idées à des perſonnes habi
les, ou attaquées de cette Maladie, &
pourroient être avantageuſes au Public.
J'ai l'honneur d'être, & c.
DE SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour
des Aydes de Clermont-Ferrand.
JE VIENS, Monsieur, de lire dans votre
Mercure du mois de Janvier dernier,
A V R I L. 1764.
I 51
des Obſervations ſur le Ver Solitaire ,
par M. P. .. .. , iJocteur en Médecine,
ancien Chirurgien en Chef du G. H. L.
de L.
-
L'Auteur dit, à la page 154, qu'il
avoit acquis le Spéçifique contre ce Ver,
de la veuve du Docteur Nouter, Méde
cin Suiſſe ; qu'il guérit ſubitement un
Seigneur Ruſſe, lui ayant donné ce Spé
cifique à ſept heures du matin , lequel
fit ſon effet dans quatre heures de temps.
C'eſt certainement là ce qu'on peut a
peller un Spécifique; & il ſeroit à §
rer qu'il fût public , y ayant bien des
-
perſonnes attaquées de cette Maladie. .
Je ne ſuis point étonné que le Poſſeſſeur
d'un pareil Remède ne le divulgue pas ;
mais je le ſuis de ce qu'il nous cache ſon
nom & ſa demeure. Je ne doute pas
qu'il ne ſe faſſe un plaiſir de contribuer
au bonheur de ſes ſemblables, qui pour
roient recourir à lui dans leur malheureux
état. Trouvez bon, Monſieur, que je
me ſerve de votre canal pour lui faire
parvenir cette Lettre, & que je l'invite à
nous apprendre dans quel lieu pourroient
le rencontrer ceux qui auroient cette
· maladie.
Il y a, Monſieur, neuf à dix ans que
la Femme de charge de ma Maiſon avoit
-
G iv ^
152 MERCIIRE DE FRANCE.
un.Ver ſolitaire.
Elle en avoit rendu
pluſieurs aulnes à différentes fois. J'ap
pris qu'il y avoit à Lyon un Médecin
Suiſſe qui avoit un Remède contre ce
Ver, (peut être eſt-ce le Docteur Nou
. ter) & qu'il devoit y être quelque temps.
J'envoyai la Malade à Lyon avec un do
meſtique. Elle vit dans cette Ville plu
ſieurs perſonnes qui avoient été guéries
par ce Médecin, qu'elle fut trouver. Il
lui fit nombre de queſtions, & lui dit
que ſon Remède étoit trop violent,
qu'elle n'auroit pas la force de le ſup
porter , & qu'elle pourroit fort bien
mourir dans l'opération ; qu'ainſi il ne
jugeoit pas à propos de le lui donner. La
Malade, fatiguée de ſon état, lui répon
dit qu'elle aimoit autant mourir que de
vivre comme elle faiſoit, & qu'elle étoit
décidée à le prendre; que cela ne retom
beroit pas ſur lui, s'il lui en arrivoit mal.
Le Médecin lui demanda ſi elle avoit ap
pcrté de ſon Ver. Elle en avoit quelques
aunes dans une bouteille, qu'il prit en lui
diſant, qu'il lui donneroit le Remède,
mais qu'il le modéreroit, & qu'elle ren
droit ſonVer par lambeaux.Il lui ordonna
de manger le ſoir une ſoupe au beurre ,
de prendre trois verres de vin blanc , &
un lavement avec du lait & du ſucre : ce
A V R I L. 1764.
-
153
qui fut fait. Le lendemain au matin il
vint à ſon Auberge de bonne heure,
avec un compagnon qu'il avoit, & lui
donna le Remède à prendre, ſans vou
loir laiſſer ouvrir les rideaux du lit, de
façon qu'elle n'a pu ſçavoir la couleur
dont il étoit. Environ deux heures après
elle ſe mit ſur le fiége, & ſe trouva ſi
mal qu'on crut qu'elle alloit expirer. Le
compagnon du Médecin lui diſoit : vous
l'aviez bien dit, Monſieur, qu'elle en
mourroit. On la fit revenir avec quel
ques eaux. Elle rendit enfin ſon Ver, &
ſentit tout-à-coup un vuide conſidérable
dans le creux de l'eſtomach. Elle ſortit
le reſte de la journée, & rendit quelques
autres portions du Ver, & remonta à
cheval le lendemain pour revenir chez
moi. Je n'ai point oui dire qu'elle en ait
été incommodée depuis environ cinq
ans qu'elle n'eſt plus à mon ſervice. Je
lui avois recommandé de m'apporter ſon
Ver; elle m'en préſenta un dans une
bouteille. Je lui dis dans l'inſtant que
ce n'étoit pas le ſien, & qu'il n'étoit pas
fait de même. Elle me dit que le Mé
decin l'avoit gardé, & lui avoit don
né celui-là. | Les difficultés qu'avoit
faites ce Docteur de lui donner le Re
mède, la demande qu'il lui avoit faite
G v
--
!
1 54 MERCURE DE FRANCE.
ſi elle avoit apporté † portion
de ce Ver, le parti qu'il avoit pris de la
traiter, après s'être emparé du morceau
qu'elle avoit, joint à ce qu'il ne voulut
pas lui rendre ce qu'elle avoit rendu,
mais qu'il lui donna un autre ver; tou
tes ces raiſons me font ſoupçonner que
c'eſt avec la poudre même du Ver qu'il
traite ſes Malades. Il connut, par les
queſtions qu'il avoit faites, que la nature
de ce Ver étoit différente de ceux qu'il
avoit ; & que, faute de poudre de pareil
Ver, il ne pourroit pas la guérir. C'étoit
peut-être le ſeul qu'il eût vu de cette
eſpèce, & il a voulu garder celui-là
pour s'en ſervir au beſoin,
Je vous prie,Monſieur,de vouloir bien
inſérer cette Lettre dans votre Mercure.
Les remarques que j'y fais pourroient
donner des idées à des perſonnes habi
les, ou attaquées de cette Maladie, &
pourroient être avantageuſes au Public.
J'ai l'honneur d'être, & c.
DE SAINT-ANGEL, Conseiller à la Cour
des Aydes de Clermont-Ferrand.
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Résumé : LETTRE au même, sur le Ver Solitaire.
La lettre discute des observations sur le ver solitaire, publiées dans le Mercure de janvier 1764 par un médecin nommé M. P., ancien chirurgien en chef. Ce médecin affirme avoir obtenu un remède contre le ver solitaire de la veuve du Docteur Nouter, un médecin suisse. Ce traitement aurait rapidement guéri un seigneur russe. L'auteur de la lettre s'étonne que M. P. ne révèle pas son identité et son adresse, espérant qu'il partage ce remède précieux avec ceux qui en ont besoin. L'auteur relate également une expérience personnelle. Il y a environ neuf à dix ans, une femme de charge de sa maison était atteinte d'un ver solitaire. Il l'envoya consulter un médecin suisse à Lyon, probablement le Docteur Nouter. Ce médecin hésita à administrer le remède en raison de sa puissance potentielle, mais finit par le donner après l'insistance de la femme. Elle fut guérie après avoir expulsé plusieurs portions du ver. L'auteur suspecte que le médecin utilisait la poudre du ver lui-même pour traiter ses patients, ce qui expliquerait ses réticences et ses actions. Il conclut en demandant la publication de cette lettre pour informer et aider d'autres personnes atteintes de cette maladie.
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4694
p. 155-160
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole Royale Vétérinaire, toujours animés de [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole
Royale Vétérinaire, toujours animés de
l'émulation la plus grande, en donnèrent
au Public de nouvelles marques,
La Séance fut honorée de la préſence de
M. l'Intendant de la Généralité, & d'un
nombre de Perſonnes de diſtinction. .
Les objets enviſagés dans le Concours,
ne furent pas moins intéreſſans que ceux
qui avoient été diſcutés dans l'Aſſem
blée du 3 du même mois. Il y fut queſ
tion des muſcles en général & des muſ
cles en particulier. On en obſerva les
· différences, les dénominations diverſes,
la figure, la direction, la ſituation, les
attaches, la force, la compoſition^iu
terne , & l'action méchanique, ſans ce
pendant tenter d'outre-paſſer les bornes
des connoiſſances humaines relative
ment à ce dernier point. D'une autre
part, les Elèves firent la démonſtration
de chaque muſcle ſéparément, ſur des
parties préparées à cet effet.
Cinquante d'entre eux s'étoient offerts
pour entrer en lice. L'impoſſibilité d'ad
mettre ce nombre de Contendans & de
G vj
-
156 MERCURE DE FRANCE.
les entendre tous dans une ſeule Séance,
détermina à en retrancher vingt-deux,
, qui ſubirent le 2o, c'eſt-à-dire, la veille
du jour de l'Aſſemblée dont nous ren
drons compte , un examen particulier.
Le réſultat fut d'adjuger un Prix à neuf
d'entre eux, & ce Prix fut tiré au ſort
le lendemain en préſence du Public.
Ces vingt-deux Elèves ſont les Sieurs
d'Auvergne le cadet, Girard, Thomas,
Greſſet, Beaumont fils, de la Province
de Franche-Comté ; Pequet , Noeq ,
Didné , Mouſſette , de la Généralité
d'Amiens ; Girard, de la Ville de Va
lenciennes ; Déchaux, de la Ville de
Lyon ; Chanu, de la Province de Bour
gogne; Mirot, de la Généralité de Li
moges ; Saunier, de la Province de
Dauphiné ; Puſenas, de la Généralité
de Moulins; Moret, de la Ville de Châ
lons-ſur-Saône ; Rouſſet & Guillet, de la
Province de Bugey ; Boudier, de la Gé
néralité d'Auvergne; Blouſard & Cham
bart , de la Province de Breſſe.
Les Sieurs d'Auvergne le cadet, Pe
quet, Girard , de Franche-Comté ; Gi
rard, de Valenciennes; Blouſard, Greſ
ſet, Beaumont fils & Déchaux furent
ceux qu'on inſcrivit, à l'effet de tirer
le Prix , que le haſard mit le lende
A V R I L. 1764.
157
main dans les mains du Sieur Greſſet.
Quant aux Elèves qui ont été admis
au Concours public, les uns ſont étran
gers, & envoyés par différens Souve
rains., les autres ſont nationaux.
MM. les Elèves étrangers ont diſputé
entre eux un Prix particulier, conſiſtant
en un Dictionnaire Allemand - Fran
çois & François-Allemand, & dans les
Ouvrages ou Mémoires de l'Académie .
Royale de Chirurgie de France.
Ces Elèves ſont :
-
MM. Abilgaard, envoyé par S. M. le
Roi de Dannemark , Genick, Scheffer,
envoyés par S. M. le Roi de Pruſſe,
Hernquiſt, Lenborn ,
Falander, en
| voyés par S. M. le Roi de Suéde.
Si les uns & les autres de ces Elèves
honorent la ſource dans laquelle ils vien
nent puiſer des lumières, ils n'honorent
pas moins leurs Nations, par des progrès
rapides, & par le deſir ardent qu'ils ont
de juſtifier le choix que des Souverains
éclairés ont fait d'eux pour former en
ſuite des Etabliſſemens utiles , ſembla
bles à celui dont la France aura toujours
la gloire d'avoir jetté les premiers fon
demens.
-
Tous s'empreſſent également à répon
dre à ces vues. .
-
-
,;8 MERCURE DE FRANCE. ..
·
· M. Abilgaard a été couronné; mais,
ſans prétendre porter la moindre atteinte
à l honneur qu'il s'eſt acquis, la juſtice
due à ſes Concurrens oblige d'avouer
que ſi les uns & les autres avoient eu la
même matière à traiter, ils n'auroient
pas moins que lui remporté tous les
fuffrages.
-
M. Hernquiſt, malgré les difficultés
- d'une langue qui lui eſt étrangère, a
démontré de la manière la plus claire
& la plus méthodique, les muſcles des
yeux ; il a parlé de leurs uſages, en les
conſidérant ſous toutes les faces poſſi
bles ; & il a ajouté à ce qui a été dit &
écrit ſur le muſcle orbiculaire, parti
culier aux Quadrupèdes.
MM. Genick & Scheffer, ainſi que
· MM. Lenborn & Falander, n'ont pu
traiter des points ſuſceptibles de diſcuſ
ſions auſſi curieuſes ; mais on eût deſiré
· d'avoir un Prix à diſtribuer à chacun de
ces Concurrens : tous en auroient été
| dignes.
Les Elèves nationaux qui ont paru
enſuite au nombre de vingt-trois, ſont,
les Sieurs Chaber, Viervil, Faure l'aîné,
Thevenet , Danguin, Deſavenieres, de
la Ville & Généralité de Lyon ; Gay &
Bethoux , de la Province de Dauphiné ;
A V R E L. 1764.
159
Treich, de la Généralité d'Auvergne ;
Péan, Maréchal du Corps de la Gendar
merie, Petite, Danne, Parnet, de la
Province de Franche-Comté; Barjolin
& Dupin , de la Généralité de Limoges ;
Beauvais & Boulanger, de celle d'A-
miens; Brachet & Kambert, de la Pro
vince du Bugey ; Differnet, de celle de
Breſſe ;
Preſlier , de la Généralité de
Moulins ;
Kamerlet , de la Ville de
Nancy ; Bredin , de la Province de
Bourgogne.
-
-
Rien n'eſt plus glorieux pour la plu
part de ces Contendans , que l'embarras
dans lequel ont été les Juges éclairés qui
devoient décider du mérite de chacun
d'eux. Cet honneur, qui rejaillit infail
liblement ſur MM. les Démonſtrateurs
qui les ont inſtruits, s'accroît ſans doute
lorſque l'on voit à la tête de ce Tribunal
des Maîtres tels que MM Charmeton &
Flurant, de l'Académie Royale de Chi
· rurgie, Violet , Pomier, Champeaux ,
· &c. &c.
Ils ont cru devoir adjuger le Prix éga
lement aux Sieurs Chaberr, Péan Bre
din, Treich, Parnet, Dupin, Petite,
Beauvais, Danguin, Barjolin , Preſlier
& Danne. Le ſort a favoriſé le Sieur
Bredin, connu déja par ſes ſuccès dans
16o MERCURE DE FRANCE.
pluſieurs Concours, & par ſes travaux
utiles dans pluſieurs Provinces.
Le Sieur Brachet a eu le premier
Acceſſit; mais la nuance eſt ſi foible,
qu'à peine auroit-il dû être diſtingué des
alltICS.
-
-
· Le Sieur Faure l'aîné a obtenu le ſe
cond, les Sieur Gay & Bethoux le troi
ſiéme, le Sieur Deſavenieres & le Sieur
Vierville quatriéme, & le Sieur Theve
net, âgé de dix ans, le cinquiéme.
LE 21 Mars, les Elèves de l'Ecole
Royale Vétérinaire, toujours animés de
l'émulation la plus grande, en donnèrent
au Public de nouvelles marques,
La Séance fut honorée de la préſence de
M. l'Intendant de la Généralité, & d'un
nombre de Perſonnes de diſtinction. .
Les objets enviſagés dans le Concours,
ne furent pas moins intéreſſans que ceux
qui avoient été diſcutés dans l'Aſſem
blée du 3 du même mois. Il y fut queſ
tion des muſcles en général & des muſ
cles en particulier. On en obſerva les
· différences, les dénominations diverſes,
la figure, la direction, la ſituation, les
attaches, la force, la compoſition^iu
terne , & l'action méchanique, ſans ce
pendant tenter d'outre-paſſer les bornes
des connoiſſances humaines relative
ment à ce dernier point. D'une autre
part, les Elèves firent la démonſtration
de chaque muſcle ſéparément, ſur des
parties préparées à cet effet.
Cinquante d'entre eux s'étoient offerts
pour entrer en lice. L'impoſſibilité d'ad
mettre ce nombre de Contendans & de
G vj
-
156 MERCURE DE FRANCE.
les entendre tous dans une ſeule Séance,
détermina à en retrancher vingt-deux,
, qui ſubirent le 2o, c'eſt-à-dire, la veille
du jour de l'Aſſemblée dont nous ren
drons compte , un examen particulier.
Le réſultat fut d'adjuger un Prix à neuf
d'entre eux, & ce Prix fut tiré au ſort
le lendemain en préſence du Public.
Ces vingt-deux Elèves ſont les Sieurs
d'Auvergne le cadet, Girard, Thomas,
Greſſet, Beaumont fils, de la Province
de Franche-Comté ; Pequet , Noeq ,
Didné , Mouſſette , de la Généralité
d'Amiens ; Girard, de la Ville de Va
lenciennes ; Déchaux, de la Ville de
Lyon ; Chanu, de la Province de Bour
gogne; Mirot, de la Généralité de Li
moges ; Saunier, de la Province de
Dauphiné ; Puſenas, de la Généralité
de Moulins; Moret, de la Ville de Châ
lons-ſur-Saône ; Rouſſet & Guillet, de la
Province de Bugey ; Boudier, de la Gé
néralité d'Auvergne; Blouſard & Cham
bart , de la Province de Breſſe.
Les Sieurs d'Auvergne le cadet, Pe
quet, Girard , de Franche-Comté ; Gi
rard, de Valenciennes; Blouſard, Greſ
ſet, Beaumont fils & Déchaux furent
ceux qu'on inſcrivit, à l'effet de tirer
le Prix , que le haſard mit le lende
A V R I L. 1764.
157
main dans les mains du Sieur Greſſet.
Quant aux Elèves qui ont été admis
au Concours public, les uns ſont étran
gers, & envoyés par différens Souve
rains., les autres ſont nationaux.
MM. les Elèves étrangers ont diſputé
entre eux un Prix particulier, conſiſtant
en un Dictionnaire Allemand - Fran
çois & François-Allemand, & dans les
Ouvrages ou Mémoires de l'Académie .
Royale de Chirurgie de France.
Ces Elèves ſont :
-
MM. Abilgaard, envoyé par S. M. le
Roi de Dannemark , Genick, Scheffer,
envoyés par S. M. le Roi de Pruſſe,
Hernquiſt, Lenborn ,
Falander, en
| voyés par S. M. le Roi de Suéde.
Si les uns & les autres de ces Elèves
honorent la ſource dans laquelle ils vien
nent puiſer des lumières, ils n'honorent
pas moins leurs Nations, par des progrès
rapides, & par le deſir ardent qu'ils ont
de juſtifier le choix que des Souverains
éclairés ont fait d'eux pour former en
ſuite des Etabliſſemens utiles , ſembla
bles à celui dont la France aura toujours
la gloire d'avoir jetté les premiers fon
demens.
-
Tous s'empreſſent également à répon
dre à ces vues. .
-
-
,;8 MERCURE DE FRANCE. ..
·
· M. Abilgaard a été couronné; mais,
ſans prétendre porter la moindre atteinte
à l honneur qu'il s'eſt acquis, la juſtice
due à ſes Concurrens oblige d'avouer
que ſi les uns & les autres avoient eu la
même matière à traiter, ils n'auroient
pas moins que lui remporté tous les
fuffrages.
-
M. Hernquiſt, malgré les difficultés
- d'une langue qui lui eſt étrangère, a
démontré de la manière la plus claire
& la plus méthodique, les muſcles des
yeux ; il a parlé de leurs uſages, en les
conſidérant ſous toutes les faces poſſi
bles ; & il a ajouté à ce qui a été dit &
écrit ſur le muſcle orbiculaire, parti
culier aux Quadrupèdes.
MM. Genick & Scheffer, ainſi que
· MM. Lenborn & Falander, n'ont pu
traiter des points ſuſceptibles de diſcuſ
ſions auſſi curieuſes ; mais on eût deſiré
· d'avoir un Prix à diſtribuer à chacun de
ces Concurrens : tous en auroient été
| dignes.
Les Elèves nationaux qui ont paru
enſuite au nombre de vingt-trois, ſont,
les Sieurs Chaber, Viervil, Faure l'aîné,
Thevenet , Danguin, Deſavenieres, de
la Ville & Généralité de Lyon ; Gay &
Bethoux , de la Province de Dauphiné ;
A V R E L. 1764.
159
Treich, de la Généralité d'Auvergne ;
Péan, Maréchal du Corps de la Gendar
merie, Petite, Danne, Parnet, de la
Province de Franche-Comté; Barjolin
& Dupin , de la Généralité de Limoges ;
Beauvais & Boulanger, de celle d'A-
miens; Brachet & Kambert, de la Pro
vince du Bugey ; Differnet, de celle de
Breſſe ;
Preſlier , de la Généralité de
Moulins ;
Kamerlet , de la Ville de
Nancy ; Bredin , de la Province de
Bourgogne.
-
-
Rien n'eſt plus glorieux pour la plu
part de ces Contendans , que l'embarras
dans lequel ont été les Juges éclairés qui
devoient décider du mérite de chacun
d'eux. Cet honneur, qui rejaillit infail
liblement ſur MM. les Démonſtrateurs
qui les ont inſtruits, s'accroît ſans doute
lorſque l'on voit à la tête de ce Tribunal
des Maîtres tels que MM Charmeton &
Flurant, de l'Académie Royale de Chi
· rurgie, Violet , Pomier, Champeaux ,
· &c. &c.
Ils ont cru devoir adjuger le Prix éga
lement aux Sieurs Chaberr, Péan Bre
din, Treich, Parnet, Dupin, Petite,
Beauvais, Danguin, Barjolin , Preſlier
& Danne. Le ſort a favoriſé le Sieur
Bredin, connu déja par ſes ſuccès dans
16o MERCURE DE FRANCE.
pluſieurs Concours, & par ſes travaux
utiles dans pluſieurs Provinces.
Le Sieur Brachet a eu le premier
Acceſſit; mais la nuance eſt ſi foible,
qu'à peine auroit-il dû être diſtingué des
alltICS.
-
-
· Le Sieur Faure l'aîné a obtenu le ſe
cond, les Sieur Gay & Bethoux le troi
ſiéme, le Sieur Deſavenieres & le Sieur
Vierville quatriéme, & le Sieur Theve
net, âgé de dix ans, le cinquiéme.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Le 21 mars, les élèves de l'École Royale Vétérinaire ont démontré leurs compétences lors d'une séance publique devant l'Intendant de la Généralité et des personnalités distinguées. Les sujets abordés comprenaient les muscles, leurs caractéristiques, dénominations, figures, directions, situations, attaches, forces, compositions internes et actions mécaniques. Sur cinquante candidats, vingt-huit ont été retenus après un examen préliminaire. Neuf élèves ont reçu un prix, attribué par tirage au sort. Les lauréats étaient d'Auvergne le cadet, Pequet, Girard de Franche-Comté, Girard de Valenciennes, Blousard, Gresset, Beaumont fils et Déchaux. Gresset a remporté le prix principal. Les élèves étrangers, envoyés par divers souverains, ont également participé à un concours spécifique. M. Abilgaard, envoyé par le roi de Danemark, a été couronné. Parmi les vingt-trois élèves nationaux, les prix ont été attribués à Chaber, Péan, Bredin, Treich, Parnet, Dupin, Petite, Beauvais, Danguin, Barjolin, Preslier et Danne. Brachet a obtenu le premier accessit, suivi de Faure l'aîné, Gay et Bethoux. Les juges étaient des maîtres éminents de l'Académie Royale de Chirurgie. Une autre compétition a classé plusieurs individus : Faure l'aîné a obtenu la deuxième place, Gay et Bethoux la troisième, Desavenires et Vierville la quatrième, et Thévenet, âgé de dix ans, la cinquième. Le texte mentionne également une distinction où quelque chose de très faible aurait à peine dû être distingué des autres.
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4695
p. 160-161
BOTANIQUE.
Début :
LE Public est averti que les Jardins de Botanique du sieur Royer, Marchand [...]
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texteReconnaissance textuelle : BOTANIQUE.
BOTANIQUE.
LE Public est averti que les Jardins
de Botanique du sieur Royer, Marchand
Epicier-Droguiſte, grande rue du Fau
bourg S. Martin, &c, ſeront ouverts
le ſept du mois de Mai prochain. La
Nature ſeule y donnera à ceux qui vien
dront les fréquenter, des leçons & des
inſtructions pour apprendre à connoî
tre les Plantes ; & afin de mieux profi
rer du beau ſpectacle qu'elle préſente
en ce genre, on ira tous les Lundis,
comme les années précédentes , à la
| campagne, pour l'obſerver & la conſul
ter encore plus à ſon aiſe.
Quant aux drogues ſimples qui for
·
A V R I L. 1764.
161
ment une des grandes branches de ſon
commerce , telles que la Manne , la
Rhubarbe, le Quinquina , le Séné, les
Folicules de Séné , l'Ipécacuana , le
Rapontic, le Sucre, l'Oliban , le Gal
banum , &c, &c, &c. Il n'en parlera,
quand il fera voir ſon droguier, que les
lettres d'avis & de factures à la main, afin
- de prouver clairement dans quelles ré
gions ces diverſes ſubſtances naiſſent &
croiſſent, & par quelle voie elles arrivent
1C1.
Tel eſt le nouvel arrangement qu'il
a cru devoir prendre cette année ; il a
ſoin d'en rendre compte,par reſpect pour
le Public,& pour répondre à la confiance
dont il l'honore depuis longtemps. Ses
Jardins ſeront fermés le Mercredi & le
Samedi aux Etudians, ces deux jours
là étant deſtinés aux Dames comme ci
devant. Il montrera ſon droguier tous
les Vendredis, à moins qu'il ne ſoit
Fête.
LE Public est averti que les Jardins
de Botanique du sieur Royer, Marchand
Epicier-Droguiſte, grande rue du Fau
bourg S. Martin, &c, ſeront ouverts
le ſept du mois de Mai prochain. La
Nature ſeule y donnera à ceux qui vien
dront les fréquenter, des leçons & des
inſtructions pour apprendre à connoî
tre les Plantes ; & afin de mieux profi
rer du beau ſpectacle qu'elle préſente
en ce genre, on ira tous les Lundis,
comme les années précédentes , à la
| campagne, pour l'obſerver & la conſul
ter encore plus à ſon aiſe.
Quant aux drogues ſimples qui for
·
A V R I L. 1764.
161
ment une des grandes branches de ſon
commerce , telles que la Manne , la
Rhubarbe, le Quinquina , le Séné, les
Folicules de Séné , l'Ipécacuana , le
Rapontic, le Sucre, l'Oliban , le Gal
banum , &c, &c, &c. Il n'en parlera,
quand il fera voir ſon droguier, que les
lettres d'avis & de factures à la main, afin
- de prouver clairement dans quelles ré
gions ces diverſes ſubſtances naiſſent &
croiſſent, & par quelle voie elles arrivent
1C1.
Tel eſt le nouvel arrangement qu'il
a cru devoir prendre cette année ; il a
ſoin d'en rendre compte,par reſpect pour
le Public,& pour répondre à la confiance
dont il l'honore depuis longtemps. Ses
Jardins ſeront fermés le Mercredi & le
Samedi aux Etudians, ces deux jours
là étant deſtinés aux Dames comme ci
devant. Il montrera ſon droguier tous
les Vendredis, à moins qu'il ne ſoit
Fête.
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Résumé : BOTANIQUE.
Le texte annonce l'ouverture des Jardins de Botanique du sieur Royer, Marchand Épicier-Droguiste, située grande rue du Faubourg Saint-Martin, le 7 mai 1764. Ces jardins offriront des leçons et des instructions sur les plantes, avec des sorties hebdomadaires le lundi pour observer la nature. Le sieur Royer propose également un commerce de drogues simples, incluant la manne, la rhubarbe, le quinquina, le séné, les folicules de séné, l'ipécacuana, le rapontic, le sucre, l'oliban et le galbanum. Il prévoit de montrer son droguier chaque vendredi, sauf en cas de fête, et de fournir des lettres d'avis et de factures pour garantir l'origine et la provenance de ces substances. Les jardins seront fermés aux étudiants le mercredi et le samedi, ces jours étant réservés aux dames.
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4696
p. 162-164
DISTILLATION.
Début :
LES personnes qui par état emploient du vinaigre distillé, & qui desirent [...]
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texteReconnaissance textuelle : DISTILLATION.
DISTILLATION.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
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Résumé : DISTILLATION.
Le texte présente les innovations et les produits du sieur Maille, un distillateur. Maille a créé un fourneau permettant de distiller le vinaigre dans des vaisseaux de grès, améliorant ainsi la sécurité et la qualité du produit par rapport aux alambics de cuivre traditionnels. Le vinaigre romain est recommandé pour la conservation de la bouche, le blanchiment des dents, la prévention des caries et la fraîcheur des lèvres. Maille propose également divers vinaigres pour traiter des affections telles que le mal de dents, les dartres farineuses et les boutons, ainsi que pour noircir les cheveux ou les sourcils. Parmi ses produits figurent le cassis blanc, le ratafia des sultanes, le courier de Cythère, et diverses liqueurs et eaux de toilette. Les prix varient de 3 à 8 livres. Maille offre l'envoi des produits par la poste, sans frais de port, et fournit des instructions d'utilisation et une liste des prix. Les produits peuvent être expédiés sans risque de dégradation, même vers des destinations éloignées comme les îles.
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4697
p. 164-165
GRAVURE.
Début :
LE Portrait de Henri-le-Grand vient de paroître dans le même format que [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
LE Portrait de Henri-le-Grand vient
de paroître dans le même format que
celui du célébre Sully, ainſi qu'on la
annoncé au mois de Décembre dernier.
M. Demarcenay-Deghuy, dans la vue
de répondre plus promptement à l'em
· A V R I L. 1764.
165
preſſement du Public pour tout ce qui
lui rappelle ce Héros ſi cher à la France ,
a ſuſpendu tous ſes autres Ouvrages afin
de s'occuper uniquement de celui-ci.
On le trouve chez l'Auteur Quai de
Conti, la deuxiéme Porte-Cochère après
la rue Guénégaud , & chez M. Wille,
Graveur du Roi , Quai des Auguſtins,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne, chez qui
ſe trouvent pareillement † autres Ou
VTa CT6S,
-
-
Cette Planche eſt la 21° de l'œuvre
, de M. Demarcenay, qui ſe diſpoſe à
graver de temps-en-temps des Portraits
d'hommes & de femmes célébres, dont
la ſuite ſera de même format.
LE S* FIcQUET grave actuellement
le Portrait de Corneille dans le même
format que l'édition des QEuvres de ce
Grand Homme commentées par M. de
# Ce Portrait ne tardera pas
· d'être achevé ; il en prévient le Public,
afin que les perſonnes qui deſireront
de le mettre à la tête des QEuvres ,
ſuſpendent, ſi elles le jugent à propos,
de faire relier leur exemplaire.
L'Artiſte dont nous parlons, eſt con
nu par les beaux Portraits de Md° de
Maintenon, MM, de Voltaire, la Fon»
taine , J. B. Rouſſeau.
LE Portrait de Henri-le-Grand vient
de paroître dans le même format que
celui du célébre Sully, ainſi qu'on la
annoncé au mois de Décembre dernier.
M. Demarcenay-Deghuy, dans la vue
de répondre plus promptement à l'em
· A V R I L. 1764.
165
preſſement du Public pour tout ce qui
lui rappelle ce Héros ſi cher à la France ,
a ſuſpendu tous ſes autres Ouvrages afin
de s'occuper uniquement de celui-ci.
On le trouve chez l'Auteur Quai de
Conti, la deuxiéme Porte-Cochère après
la rue Guénégaud , & chez M. Wille,
Graveur du Roi , Quai des Auguſtins,
à côté de l'Hôtel d'Auvergne, chez qui
ſe trouvent pareillement † autres Ou
VTa CT6S,
-
-
Cette Planche eſt la 21° de l'œuvre
, de M. Demarcenay, qui ſe diſpoſe à
graver de temps-en-temps des Portraits
d'hommes & de femmes célébres, dont
la ſuite ſera de même format.
LE S* FIcQUET grave actuellement
le Portrait de Corneille dans le même
format que l'édition des QEuvres de ce
Grand Homme commentées par M. de
# Ce Portrait ne tardera pas
· d'être achevé ; il en prévient le Public,
afin que les perſonnes qui deſireront
de le mettre à la tête des QEuvres ,
ſuſpendent, ſi elles le jugent à propos,
de faire relier leur exemplaire.
L'Artiſte dont nous parlons, eſt con
nu par les beaux Portraits de Md° de
Maintenon, MM, de Voltaire, la Fon»
taine , J. B. Rouſſeau.
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Résumé : GRAVURE.
En avril 1764, une gravure représentant Henri IV a été publiée, suivant une annonce faite en décembre précédent. L'artiste M. Demarcenay-Deghuy a interrompu ses autres projets pour se consacrer à cette œuvre, répondant à la demande publique pour des souvenirs de ce héros national. La gravure est disponible chez l'auteur, au Quai de Conti, et chez M. Wille, graveur du roi, au Quai des Augustins. Cette planche est la vingt-et-unième d'une série de portraits de personnalités célèbres prévue par M. Demarcenay. Parallèlement, le graveur Le Sicquet travaille sur le portrait de Corneille, destiné à illustrer les œuvres de cet auteur commentées par M. de La Monnoye. Le Sicquet informe le public de l'imminence de l'achèvement de cette gravure, permettant aux amateurs de différer la reliure de leurs exemplaires des œuvres de Corneille. Le Sicquet est également reconnu pour ses portraits de Madame de Maintenon, Voltaire, La Fontaine et Jean-Baptiste Rousseau.
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4698
p. 166-168
« LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...] »
Début :
LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...] »
LE 20 Mars, les Comédiens François
représentérent le Dissipateur, Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M.
NÉRICAULT DESTOUCHES (de 1753)
La grande Piéce fut ſuivie du Galant
Coureur, Comédie en un Acte & en
Proſe du feu ſieur LEGRAND (de 1722.)
Le Mercredi 21 , par les Comédiens
Italiens , on exécuta le Sorcier, Comé
die en deux Actes mêlé d'Ariettes, pré
cédée d'Arlequin Jouet de l'Amour, pe
tite Piéce Italienne.
.
Le Jeudi 22 Mars , les Comédiens
François repréſentérent la Mort de Cé
ſar , Tragédie de M. de VoLTAIRE.
La Tragédie fut ſuivie des Plaideurs,
| Comédie en trois actes & en vers de
RACINE (de 1668.)
A V R I L. 1764.
157
Le 27 Mars , par les mêmes Comé
diens l'Etourdi , Comédie de Mor,IE
RE en 5 Actes & en vers (de 1658.
Pour ſeconde Piéce , on donna
l'Eſprit de Contradiction , Comédie de
DUFRESNI en un Acte &.en Proſe.
Le lendemain , les Comédiens Ita
liens repréſentérent la Cantatrice, pe
tite Piéce Italienne, qui fut ſuivie du
Jardinier & ſon Seigneur, Comédie en
un Acte mêlée d'Ariettes.
Le Jeudi 29 Mars , les Comédiens
François repréſentérent Cinna , Tra
gédie de CoRNEILLE (de 1639.)
Pour petite Piéce , le Conſentement
forcé, Comédie en un Acte & en Proſe
de feu M. Guyot de Merville (de 1738.)
La Dlle FANNIER y jouoit le rôle de
Soubrette. On paroît de plus en plus
concevoir beaucoup d'eſpérance des ta
lens de cette jeune Actrice.
Le Mardi, 3 Avril, par les mêmes
| Comédiens, l'Ecole des Mères,Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M. DE
LA CHAUSSÉE ( de 1744. ) La Dlle
DoLIGNY y joua le rôle intéreſſant de
Marianne d'une manière ſi touchante,
que pluſieurs perſonnes ont redemandé
cette Piéce depuis à Paris avec la Pu
pile , où ce Spectacle a attiré du monde
168 MERCURE DE FRANCE. .
à différentes repriſes , les petits jours
de la Comédie.
—.
-
-
-
Après la grande Piéce, on donna le
Médecin malgré lui,Comédie en 3 Ac
tes & en Proſe, de MoLIERE (1666.)
Le Mercredi 4 Avril , les Comédiens
Italiens
( 176o.)
exécutérent la Bohémienne ,
Opéra bouffon en 2 Actes, qui fut
ſuivi du Bucheron, autre Comédie en
·un Acte , mêlée d'Ariettes.
-
Le Jeudi 5 , dernier jour des Specfa
cles de la Gour à Verſailles (a) les Co
médiens François ont repréſenté Tan
créde, Tragédie de M. de VoLTAIRE
-
La Tragédie fut ſuivie de l'Iſle dé
ſerte, Comédie en un Acte & en vers
de M. CoLLET (de 1757.)
représentérent le Dissipateur, Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M.
NÉRICAULT DESTOUCHES (de 1753)
La grande Piéce fut ſuivie du Galant
Coureur, Comédie en un Acte & en
Proſe du feu ſieur LEGRAND (de 1722.)
Le Mercredi 21 , par les Comédiens
Italiens , on exécuta le Sorcier, Comé
die en deux Actes mêlé d'Ariettes, pré
cédée d'Arlequin Jouet de l'Amour, pe
tite Piéce Italienne.
.
Le Jeudi 22 Mars , les Comédiens
François repréſentérent la Mort de Cé
ſar , Tragédie de M. de VoLTAIRE.
La Tragédie fut ſuivie des Plaideurs,
| Comédie en trois actes & en vers de
RACINE (de 1668.)
A V R I L. 1764.
157
Le 27 Mars , par les mêmes Comé
diens l'Etourdi , Comédie de Mor,IE
RE en 5 Actes & en vers (de 1658.
Pour ſeconde Piéce , on donna
l'Eſprit de Contradiction , Comédie de
DUFRESNI en un Acte &.en Proſe.
Le lendemain , les Comédiens Ita
liens repréſentérent la Cantatrice, pe
tite Piéce Italienne, qui fut ſuivie du
Jardinier & ſon Seigneur, Comédie en
un Acte mêlée d'Ariettes.
Le Jeudi 29 Mars , les Comédiens
François repréſentérent Cinna , Tra
gédie de CoRNEILLE (de 1639.)
Pour petite Piéce , le Conſentement
forcé, Comédie en un Acte & en Proſe
de feu M. Guyot de Merville (de 1738.)
La Dlle FANNIER y jouoit le rôle de
Soubrette. On paroît de plus en plus
concevoir beaucoup d'eſpérance des ta
lens de cette jeune Actrice.
Le Mardi, 3 Avril, par les mêmes
| Comédiens, l'Ecole des Mères,Comédie
en 5 Actes & en vers de feu M. DE
LA CHAUSSÉE ( de 1744. ) La Dlle
DoLIGNY y joua le rôle intéreſſant de
Marianne d'une manière ſi touchante,
que pluſieurs perſonnes ont redemandé
cette Piéce depuis à Paris avec la Pu
pile , où ce Spectacle a attiré du monde
168 MERCURE DE FRANCE. .
à différentes repriſes , les petits jours
de la Comédie.
—.
-
-
-
Après la grande Piéce, on donna le
Médecin malgré lui,Comédie en 3 Ac
tes & en Proſe, de MoLIERE (1666.)
Le Mercredi 4 Avril , les Comédiens
Italiens
( 176o.)
exécutérent la Bohémienne ,
Opéra bouffon en 2 Actes, qui fut
ſuivi du Bucheron, autre Comédie en
·un Acte , mêlée d'Ariettes.
-
Le Jeudi 5 , dernier jour des Specfa
cles de la Gour à Verſailles (a) les Co
médiens François ont repréſenté Tan
créde, Tragédie de M. de VoLTAIRE
-
La Tragédie fut ſuivie de l'Iſle dé
ſerte, Comédie en un Acte & en vers
de M. CoLLET (de 1757.)
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Résumé : « LE 20 Mars, les Comédiens François représentérent le Dissipateur, Comédie [...] »
Du 20 mars au 5 avril 1764, des spectacles ont été présentés à Versailles par les Comédiens Français et les Comédiens Italiens. Les Comédiens Français ont joué plusieurs pièces, dont 'Le Dissipateur' de Néricault Destouches et 'Le Galant Coureur' de Legrand le 20 mars, 'La Mort de César' de Voltaire et 'Les Plaideurs' de Racine le 22 mars, 'L'Étourdi' de Molière et 'L'Esprit de Contradiction' de Dufresny le 27 mars, 'Cinna' de Corneille et 'Le Consentement forcé' de Guyot de Merville le 29 mars, 'L'École des Mères' de De La Chaussée et 'Le Médecin malgré lui' de Molière le 3 avril, et 'Tancrède' de Voltaire et 'L'Île déserte' de Collet le 5 avril. Les Comédiens Italiens ont interprété 'Le Sorcier' et 'Arlequin Jouet de l'Amour' le 21 mars, 'La Cantatrice' et 'Le Jardinier et son Seigneur' le 28 mars, et 'La Bohémienne' et 'Le Bûcheron' le 4 avril.
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4699
p. 168-172
OPERA.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Musique a continué jusqu'au Vendredi 6 du [...]
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texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a continué jusqu'au Vendredi 6 du
préſent mois Caſtor & Pollux. Malgré
( a ) Il n'y a point ordinairement de speda
cles du Roi à Verſailles depuis Pâques juſques à
la
A V R I L. 1764.
1 69
· la diſtraction du concours occaſionné,
les Mardi & Jeudi, par le ſuccès de
la nouvelle Haute-contre dans Titon &
|
l'Aurore ; les dernières repréſentations
de Caſtor ont été encore très-fortes ,
& telles que celles qui diſtinguent les
Ouvrages les plus ſuivis.
| Le Samedi 7 , on donna la troiſiéme
repréſentation pour les Acteurs, que
nous avons annoncée dans le 1 vol. de
ce mois. La recette de ces repréſen
tations a été, ainſi que nous l'avions
prévu, une des plus conſidérables que
l'on ait faites. Elle a paſſé dix-neuf
mille livres. Tout concouroit à ce grand
ſuccès. Le mérite des Ouvrages que
l'on a éxécutés, celui des premiers ta
lens de ce Théâtre placés avantageu
ſement dans chacun de ces Ouvrages,
& le piquant de la nouveauté d'une
voix charmante , agréable à tout le
Public & depuis long - temps deſirée
dans un genre où il eſt ſi rare de trou
ver réunis le
talent du chant à la
beauté de l'organe. Le détail de ces
Spectacles de la Capitation ou Bénefit
juſtifiera ce que nous venons de dire.
· M. & Mde LARRIvÉE , dont les talens
ſont bien mieux loués par les ſuffra
MI. Vol.
17o MERCURE DE FRANCE.
ges continuels du Public, qu'ils ne le
ſeroient par nos éloges, chantoient les
principaux rôles d'Hylas & Zélis dans
§ de M. DE BUR1, Ouvrage où
le goût & le génie du Muſicien peu
vent ſe diſputer l'honneur du§
Le rôle de Pigmalion, dans l'Acte
célébre de M. RAMEAU , étoit éxé
cuté par M. LE GRos, nouvelle Hau
tecontre, cet objet actuel de l'empreſſe
ment de tout Paris , tant par la nou
veauté, que par les talens réels dont il
a donné de nouvelles preuves dans ce
morceau. *
Le troiſiéme ouvrage qui commen
çoit pour ainſi dire ce Spectacle choiſi
étoit Pſyché. Ingénieux précis de tout
ce que le genre d'Opéra peut fournir de
beautés de différens genres, liées par
un Poëme où l'eſprit & le ſentiment
ſe font valoir réciproquement ; mais
ſans violer les loix dramatiques & ſans
rompre la ſuite du Sujet. Mlle AR
N o U L D dont on ſe rappelloit avec
* Mlle GUIMARD, jeune Sujet qui a profité avec
ſuccès des circonſtanccs qui l'ont miſe à portée
de paroître & qui n'en plaît que d'avantage
2Ul † , chantoit & danſoit dans le rôle de
la Statue. Elle s'eſt acquittée de ces deux em
plois avec grâces & elle y a été fort applaudie.
A V R I L. 1764.
171
, admiration le plaiſir extrême qu'elle a
toujours fait dans les repréſentations de
cet Ouvrage , a chanté, joué dans cet
te repriſe de manière à laiſſer croire
qu'elle étoit encore loin de la perfec
tion dans les temps où l'on en étoit
le plus enchanté. Cet éloge ou plutôt
cette juſtice que nous rendons au char
me de ſon talent , & que nous dicte
le Public , doit être encore moins flat
teur pour elle , que l'enthouſiaſme très
vrai & très-naturel de nos Artiſtes du
premier ordre ſur les beautés ſublimes
& naturelles de ſon Action dans le
rôle de Pſyché.Enthouſiaſme dont nous
avons été témoins & dont nous oſons
être garants. Il eſt un autre genre d'é-
loges que nous devons joindre aujour
d'hui à celui des talens de cette Ac
trice, c'eſt ſur l'exactitude de ſon ſer
vice depuis l'ouverture du nouveau
Théâtre. Qu'elle nous permette de deſi
rer que la continuation de ſa ſanté ren
de cette éxactitude ſi habituelle , que
nous n'ayons plus à le faire remar
quer. Par là , tous les talens chers au
Public, doivent être aſſurés de gagner
ſa conſidération, ſans rien perdre de
ſon empreſſement.
Si l'on fait attention aux grands ta
- H ij
172 MERCURE DE FRANCE.
lens dans la danſe qui brillent aujour
- d'hui ſur ce Théâtre, & qui avoient
réuni leurs efforts & leur zéle pour ren
dre ces Spectacles plus intéreſſans dans
tous les genres , on ne doit pas être
ſurpris de l'affluence qu'ils ont attirée.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a continué jusqu'au Vendredi 6 du
préſent mois Caſtor & Pollux. Malgré
( a ) Il n'y a point ordinairement de speda
cles du Roi à Verſailles depuis Pâques juſques à
la
A V R I L. 1764.
1 69
· la diſtraction du concours occaſionné,
les Mardi & Jeudi, par le ſuccès de
la nouvelle Haute-contre dans Titon &
|
l'Aurore ; les dernières repréſentations
de Caſtor ont été encore très-fortes ,
& telles que celles qui diſtinguent les
Ouvrages les plus ſuivis.
| Le Samedi 7 , on donna la troiſiéme
repréſentation pour les Acteurs, que
nous avons annoncée dans le 1 vol. de
ce mois. La recette de ces repréſen
tations a été, ainſi que nous l'avions
prévu, une des plus conſidérables que
l'on ait faites. Elle a paſſé dix-neuf
mille livres. Tout concouroit à ce grand
ſuccès. Le mérite des Ouvrages que
l'on a éxécutés, celui des premiers ta
lens de ce Théâtre placés avantageu
ſement dans chacun de ces Ouvrages,
& le piquant de la nouveauté d'une
voix charmante , agréable à tout le
Public & depuis long - temps deſirée
dans un genre où il eſt ſi rare de trou
ver réunis le
talent du chant à la
beauté de l'organe. Le détail de ces
Spectacles de la Capitation ou Bénefit
juſtifiera ce que nous venons de dire.
· M. & Mde LARRIvÉE , dont les talens
ſont bien mieux loués par les ſuffra
MI. Vol.
17o MERCURE DE FRANCE.
ges continuels du Public, qu'ils ne le
ſeroient par nos éloges, chantoient les
principaux rôles d'Hylas & Zélis dans
§ de M. DE BUR1, Ouvrage où
le goût & le génie du Muſicien peu
vent ſe diſputer l'honneur du§
Le rôle de Pigmalion, dans l'Acte
célébre de M. RAMEAU , étoit éxé
cuté par M. LE GRos, nouvelle Hau
tecontre, cet objet actuel de l'empreſſe
ment de tout Paris , tant par la nou
veauté, que par les talens réels dont il
a donné de nouvelles preuves dans ce
morceau. *
Le troiſiéme ouvrage qui commen
çoit pour ainſi dire ce Spectacle choiſi
étoit Pſyché. Ingénieux précis de tout
ce que le genre d'Opéra peut fournir de
beautés de différens genres, liées par
un Poëme où l'eſprit & le ſentiment
ſe font valoir réciproquement ; mais
ſans violer les loix dramatiques & ſans
rompre la ſuite du Sujet. Mlle AR
N o U L D dont on ſe rappelloit avec
* Mlle GUIMARD, jeune Sujet qui a profité avec
ſuccès des circonſtanccs qui l'ont miſe à portée
de paroître & qui n'en plaît que d'avantage
2Ul † , chantoit & danſoit dans le rôle de
la Statue. Elle s'eſt acquittée de ces deux em
plois avec grâces & elle y a été fort applaudie.
A V R I L. 1764.
171
, admiration le plaiſir extrême qu'elle a
toujours fait dans les repréſentations de
cet Ouvrage , a chanté, joué dans cet
te repriſe de manière à laiſſer croire
qu'elle étoit encore loin de la perfec
tion dans les temps où l'on en étoit
le plus enchanté. Cet éloge ou plutôt
cette juſtice que nous rendons au char
me de ſon talent , & que nous dicte
le Public , doit être encore moins flat
teur pour elle , que l'enthouſiaſme très
vrai & très-naturel de nos Artiſtes du
premier ordre ſur les beautés ſublimes
& naturelles de ſon Action dans le
rôle de Pſyché.Enthouſiaſme dont nous
avons été témoins & dont nous oſons
être garants. Il eſt un autre genre d'é-
loges que nous devons joindre aujour
d'hui à celui des talens de cette Ac
trice, c'eſt ſur l'exactitude de ſon ſer
vice depuis l'ouverture du nouveau
Théâtre. Qu'elle nous permette de deſi
rer que la continuation de ſa ſanté ren
de cette éxactitude ſi habituelle , que
nous n'ayons plus à le faire remar
quer. Par là , tous les talens chers au
Public, doivent être aſſurés de gagner
ſa conſidération, ſans rien perdre de
ſon empreſſement.
Si l'on fait attention aux grands ta
- H ij
172 MERCURE DE FRANCE.
lens dans la danſe qui brillent aujour
- d'hui ſur ce Théâtre, & qui avoient
réuni leurs efforts & leur zéle pour ren
dre ces Spectacles plus intéreſſans dans
tous les genres , on ne doit pas être
ſurpris de l'affluence qu'ils ont attirée.
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Résumé : OPERA.
En avril 1764, l'Académie Royale de Musique a poursuivi les représentations de l'opéra 'Castor et Pollux' jusqu'au 6 avril, malgré les distractions causées par le succès de la haute-contre dans 'Titon et l'Aurore'. Les dernières représentations de 'Castor et Pollux' ont été très réussies, avec une recette dépassant dix-neuf mille livres lors de la troisième représentation pour les acteurs le 7 avril. Ce succès est dû au mérite des œuvres, aux talents des principaux chanteurs et à la nouveauté d'une voix charmante. Dans 'Hylas et Zélis' de M. de Bury, les rôles principaux ont été interprétés par M. et Mme Larivière, tandis que M. Le Gros a joué Pigmalion dans un acte célèbre de M. Rameau. L'opéra 'Psyché' a également été représenté, mettant en lumière les talents de Mlle Arnould et Mlle Guimard, cette dernière étant particulièrement applaudie pour son rôle de la Statue. Mlle Arnould a été saluée pour son interprétation de Psyché et son exactitude dans le service. Les talents en danse ont également attiré de nombreux spectateurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4700
p. 172-173
COMÉDIE FRANÇOISE.
Début :
ON a continué sur ce Théâtre, avec succès, depuis notre précédent Volume, [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE FRANÇOISE.
COMÉDIE FRANÇOISE.
ON a continué sur ce Théâtre, avec
succès, depuis notre précédent Volume,
les repréſentations d'Olimpie, Tragédie
, de M. de VoLTAIRE.
-
On ne peut donner trop d'éloges au
ſoin que les Comédiens ont pris pour
la pompe du grand Spectacle de cette
Pièce. Que peut-il y avoir en effet de
plus intéreſſant pour une Nation éclai
rée, que de jouir en même temps du
ſentiment qu'excitent les ſituations vrai
ment tragiques d'un Drame, & des ta
bleaux animés de ce que l'Antiquité
avoit de plus auguſte. Il n'eſt pas moins
dû d'éloges au talent & au zèle avec leſ
quels les Acteurs ont donné la dernière
touche & la plus forte à ces tableaux,
par la juſteſſe de l'action. Tous les Lec
· teurs qui auront vu ce Spectacle , ont
ſans doute encore préſentes à l'eſprit la
A V R I L. 1764.
173
nobleſſe, les grâces du genre & la vérité
qu'a miſes Mlle CLAIRoN , dans les
principaux points du tableau, tels que
celui du ſerment à l'Autel , d'autres en
core , & particulièrement l'inſtant où,
après les libations & les autres cérémo
nies funéraires, ſur le Bucher de Stati
ra, elle ſe précipite dans les flâmes, qui
les dévorent l'une & l'autre. On a don
né le Samedi7 du préſent mois, jour de
la Clôture, la dixième repréſentation de
cette Tragédie, qui fut ſuivie d'Heu
reuſement, petite Pièce de M. RoCHoN
TE CHABANEs , dont nous avons ren
du compte dans ſa nouveauté. Il y avoit
un concours de Spectateurs auſſi nom -
breux qu'en peut contenir la Salle de la
Comédie.
-
Ce même jour,M. AUGERs prononça
un Diſcours qui a été imprimé , mais
dont nous ne nous diſpenſerons pas pour
cela de faire part † nos Lecteurs ; .
afin de ne pas laiſſer de vuide dans les
choſes dont notre Journal fait collec
tion, & où l'on eſt plus certain d'en re
trouver la ſuite que dans tout autre
Ecrit public.
ON a continué sur ce Théâtre, avec
succès, depuis notre précédent Volume,
les repréſentations d'Olimpie, Tragédie
, de M. de VoLTAIRE.
-
On ne peut donner trop d'éloges au
ſoin que les Comédiens ont pris pour
la pompe du grand Spectacle de cette
Pièce. Que peut-il y avoir en effet de
plus intéreſſant pour une Nation éclai
rée, que de jouir en même temps du
ſentiment qu'excitent les ſituations vrai
ment tragiques d'un Drame, & des ta
bleaux animés de ce que l'Antiquité
avoit de plus auguſte. Il n'eſt pas moins
dû d'éloges au talent & au zèle avec leſ
quels les Acteurs ont donné la dernière
touche & la plus forte à ces tableaux,
par la juſteſſe de l'action. Tous les Lec
· teurs qui auront vu ce Spectacle , ont
ſans doute encore préſentes à l'eſprit la
A V R I L. 1764.
173
nobleſſe, les grâces du genre & la vérité
qu'a miſes Mlle CLAIRoN , dans les
principaux points du tableau, tels que
celui du ſerment à l'Autel , d'autres en
core , & particulièrement l'inſtant où,
après les libations & les autres cérémo
nies funéraires, ſur le Bucher de Stati
ra, elle ſe précipite dans les flâmes, qui
les dévorent l'une & l'autre. On a don
né le Samedi7 du préſent mois, jour de
la Clôture, la dixième repréſentation de
cette Tragédie, qui fut ſuivie d'Heu
reuſement, petite Pièce de M. RoCHoN
TE CHABANEs , dont nous avons ren
du compte dans ſa nouveauté. Il y avoit
un concours de Spectateurs auſſi nom -
breux qu'en peut contenir la Salle de la
Comédie.
-
Ce même jour,M. AUGERs prononça
un Diſcours qui a été imprimé , mais
dont nous ne nous diſpenſerons pas pour
cela de faire part † nos Lecteurs ; .
afin de ne pas laiſſer de vuide dans les
choſes dont notre Journal fait collec
tion, & où l'on eſt plus certain d'en re
trouver la ſuite que dans tout autre
Ecrit public.
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Résumé : COMÉDIE FRANÇOISE.
Le texte évoque les représentations réussies de la tragédie 'Olimpie' de Voltaire sur une scène théâtrale française. Les comédiens ont soigné particulièrement la mise en scène, mêlant les émotions tragiques du drame à des éléments visuels antiques. La pièce a été acclamée pour sa grandeur et son authenticité, notamment grâce à la performance de Mlle Clairon, qui a excellé dans des scènes cruciales comme le serment à l'autel et le sacrifice de Statire sur le bûcher. La dixième représentation a eu lieu le samedi 7 avril 1764, précédée par la pièce 'Heureusement' de Rochon de Chabannes. Lors de la dernière représentation, M. Augers a prononcé un discours imprimé, dont le texte est reproduit dans les archives du journal. La salle était pleine lors de cette représentation.
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