Reconnaissance textuelle : MADRIGAL De Mademoiselle de Scudery, sur la Prise de Mastric.
vous parlant des Vers
qui ont este faits sur la Prise
de Mastric, j'ay oublié de
vous parler de ceux de Ma¬
demoisellle de Scudery.
Comme il ne sort rien de sa
Plume, qui ne soit conside¬
rable, je croy que vous ne
m'auriez pas pardonné
Elle a dit beaucoup en peu
de paroles, & voicy le Ma¬
drigal qu'elle a fait.
SOT.
GALANT.
43.
MADRIGAL
De Mademoiselle de Seudery, sur la
Prise de Mastric.
Astric, quand de Louis vous re¬
cevez la loy,
Soumettez vous avecque joye,
Vosre prise est un bien que le Cielvous
envoye:
Vous perdex cent Tyrans, & vous
gagnez un Roy,
Mais un Roy si puissant, si grand, s
redoutable,
Que son Nom seulement vous va
rendre imprenable.
Vous avez eu raifon
d'aprouver le Quatrain
qui finit ma derniere Letre,
Je vous lay envoyé
comme je l'avois confulément
entendu, mais jay
{ceu depuis que c'eftoit la
fin dun Madrigal de Mademoifelle
de Scudery. Je
vous l'envoye aujourd huy
entier, tout ce qui vient de
cette illuftre Perfonne cf
tant trop confidérable pour
en rien perdre,
Juillet. C
2.6 Mee MUN À
SUR LA PAIX.
Armais on R'avoil tantuante
E Ny Campagne a’ HTyver,ny
M Campugned Effe, .
XL OvzdLoiiis revenoit fuivy
dela Fill ire.
Quceile eff cette nouvelle gloire?
Sur fes propres Exploits a t-il px
Vehcherir,
Apres tant de fucces far la Terre
€^ furl’ Gude?
Oy, car donner la. Paix au
Afonde,
C'el plus que dele conquerir.
Cette glorieuse Perte a don-
né lieu à Mademoiselle de
Scudéry, de faire le Madri-
gal que j'adjoûte icy.
AU ROY.
F Aut-il donc toujours vaincre,
& forcer des Murailles?
N'aurons-nous des Héros que par
des Funérailles?
Non, pour Vous, GRAND LOÜIS,
tout devient glorieux;
Et le Monde étonné, doute quel vaut
le mieux,
Ou perdre des Procés, ou gagner
des Batailles.
Reconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Cette
Naiffance a fait faire quantité
de Vers. Je vous en envoye
quelques-uns. En voicy de
l' illuflre Mademoiftlle de
Scudéry.
A ~f 0 ·N s Ê I G N E il R.
LE DUC DE BOURGOGNE,.
Enez,heureux E11f.1nt, venez
àla fttmiere,
Yom aU.ez... c~mmenccr t'ne ill1iflre
IJ
carrte,~e,
:Et le Soleil qui n4ift aux hords de
l'orient., ,
N'a PM d.. fà naiffence ''" écl,1t Ji•
yianr,,
Tout hriUe autour de ~or.JJ ; lts Jtux;
les Rû·, la Gloire,
]tartnt voflre Bercear'1 comme t1n.
Ch4r de Viél-oire.
M11Û, ô divitJ Enfant, IJ11and 1n fart
de Hér1s_,
on ne vit p~ /(}11-gtemps dan1 les
brM du Repos.
B1.JQe~-vo1u; qNe le c~rp,, l'ej}rit~
e(r le f Pttragc,
G A 1 A. T. 16.(9_i ~ ..ul . J
}(iJY{ClJ.t {es Loi.," dr1 t!WJf S , & les
Regles dei' lige; '. . _
PrJ.{/èz r11pidement les frivoles plat-
Jir1, .
Et concevez bie;ito1!f d~hfroïques ..
defirs.
P..oit-J l'ourrc z..J1N.rj1affir 111 ;.;.s les Pri;iceJ
~ ~
tii'n M onae ~
De vos prcn1iers Exploits rcmJ1lir
la terre & t~ondc;
Digne de vojlre N orn eftre adoré tle
f()U1'
Et vvir toeijo1J.r.s Lor I s, /,ien aa
de;/w de rvous,
Eclairer tous vos f a1, v~us jèr'lo'ir
de Mode f e;t
~ 1flre dtJ. Roy des .R.oys une Image
-hdeUe
J' 1 ' '
Le honhet1'r des Fr11ncoii, l'a.me dtJ
fis Etats,
Et l'exemple ctcrnct de tptJJ le,; Poi#....J
te1Jtats
REPONSE DE SAPHO .
LA Poftérité curieuse
Nepourra pas douterdes Conquestes
du Roy;
Etle Rhin, que Strasbourgafoûmis
afa Loy, :
Inſtruira cette Soupçonneuse.
Tant de Combats fameux , tant de
Faits éclatans,
Tant d' Ennemis vaincus,font d'affiz
bons garands,
Leur témoignage enfin doit estre
irréprochable.
On nedouterapoint de leur fincerité,
Etcettegrande Verité
Aufenlnom du Hérosfera toûjours
croyable.
Comme il est des Autels leplusfolide
appuy,
34 MERCURE
LvDéeffe aux centvoix neſerapas
rebelle;
Saphodans tous les temps aurabesoin
de lay,
Et LOVIS est tropgrand pour avoir
besoin d'ellc
MADRIGAL.
cE Brdi quifit trembler tintdt
fiers tnnemis,
Taitmaintenant tremblerUs Cœurs
les pltï<feûmisi
La France i'ddoroity &commence à
le plaindra
Maisnon! rendonsau Cieldesben-
neurs immort, Is,
Un Brds quifouticut lesAutels,
NeJçauroitatoir rien à crllindrt.
Reconnaissance textuelle : LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Ces
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
Les,Muſes ne ſont pas
demeurées muettes apres la
PriſedeLuxembourg. Voicy
ce qu'elles ont fait dire à
GALANT. 161
P'illustre Mademoiselle de
Scudéry.
MADRIGAL.
AlerLuxcmsbourg,IerLuxembourg, maintenant
pitoyable,
Contre LOVIS vom n'avez på
tenir.
Consolez-vous d'unfort inévitable.
Vous vous trompiez devous croire
imprenable,
Maisenfes mains vous l'allez de.
(
venir.
Ces Vers me font fouvenir
de ceux que vous m'avez
demandez de Mademoiſelle
de Scudery. Le trop de matiere
m'empefcha de vous les
envoyer la derniere fois .
72 MERCURE
LA FAUVETE
A SAPHO
En arrivant à fon petit Bois felon
fa coûtume, le Avril 1685.
15
Pieviens avec les beaux jours,.
Lus vite qu'une Hyrondelle,
Comme Fauvete fidelle,
Avant le mois des Amours.
SS
Jay trouvé fur mon paffage
Un Spectaclefort nouveau ;
Pour m'expliquer davantage,
C'est le Doge & fon Troupeau..
$ 2
Quoy, luy dis-je , entrer en France,
Et vous montrer en ces lieux!
Ony, dit- il, par la clémence
Du plus grand des Demy -Dieux.
Son
GALANT 73
Sa
Son coeur toujours magnanime,
Ne pouvant fe démentir,
Feut oublier noftre crime,
Voyant noftre repentir.
$2
Ab ! m'écriay-je ravie,
Ce Heros par fon grand coeur
Pardonne à qui s'humilie) 200
Et de luy mefme eft vainqueur.
Sa
Dieux ! quel bon -hour eft le vostre
D'aller recevoirfa loy!
Ie n'en voudrois jamais d'autre,
Mais ce bien n'eft pas pour moy.
$2
C'eft affez que ma Maiftreffe,
Souffre que mafoible voix
Chante & rechantefans ceffe,
Qu'ileft le Phoenix des Rois.
Juin 1685.
G
74 MERCURE
Sa
Allez , Doge , allez fans peine
Luy rendre grace à genoux;
La République Romaine
En cuft fait autant que vous.
En avril et juin 1685, une correspondance poétique relate une rencontre avec le Doge de Venise et sa troupe en France. L'auteur compare son arrivée rapide à celle d'une hirondelle au printemps. Le Doge justifie sa présence par la clémence de 'Louis XIV', surnommé le 'plus grand des Demi-Dieux', dont la générosité pardonne aux repentants. L'auteur exprime son admiration pour ce souverain et la joie de recevoir sa loyauté, bien que ce bonheur ne lui soit pas destiné. Elle évoque également sa maîtresse, qualifiée de 'Phoenix des Rois', à qui elle doit constamment chanter. Enfin, l'auteur invite le Doge à remercier la République Romaine pour ses actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Mademoiſelle de Scudery , qui
a publié tant de fois la gloire du
Roy , n'a pû ſe taire dans une
occafion où elle entend parler
tout le monde. Voicy la Partie
qu'elle a tenue dans ce concert
de loüanges.
SUR LA CONVERSION
des Heretiques.
D'OnLele Sans pareil L'ay chan.
té mille fois
La gloire de LOUIS , &fesfameux
Exploits ,
รา MERCURE
Fay loüéfes vertus , j'ay vanté fon
courage ,
Et ma main fans trembler a tracé
fon Image ;
Mais cent Peuples rendus au Dieu
de l'Univers ,
Sont un trop grand fujet pour tous
nos foibles Vers.
La Terre doit fe taire : à de telles
loüanges
Ilfaut la voix du Ciel , & le con--
cert des Anges.
Mademoiselle de Scudery, célèbre pour ses écrits glorifiant le roi, a participé à un concert de louanges sur la conversion des hérétiques. Dans son poème, elle admire Louis et ses exploits, mais juge que la conversion des peuples au Dieu de l'Univers dépasse les capacités humaines. Elle estime que ces louanges méritent la voix du Ciel et le chant des anges.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : SUR L'INDISPOSITION DE SA MAJESTÉ.
SUR L'INDISPOSITlON
DE SA MAJESTE'.
TRop pénibleVertu, Patience
importune,
Portez vostre secours à quelque Ame
commune,
C'est aJJcZj pour LOVIS de vos aima-
blesSœurs,
-Eloignez,,vou-j de luy , mais avec les
douleurs,
Cherchez les malheureux; sa mer-
" veilleuseHistoire
N' a pa4 besoin de vous, ny de nou-
velle Gloire.
Plus vOUJ le rendez,Grand par sa
Tranquillité,
Plus nous sentons les maux dont il
esttourmenté
Vom charmez,ses douleurs,divine
Patience,
Mais toutesses douleurs sont celles de
la France,
Nousnevivons qu'enluy ,si ce Roy
genereux
Cern/If ses mauxpour rien, quand
l'Etat est heureux,
Nesentons plus aujji les biens qu'il
nous envoye,
Xi tant qu'ilsouffrira renonçons à lA
joye.
Mademoiſelle de Scudery
répondit
à
ces
Vers par ce
Madrigal
.
40
MERCURE
SAPHO
A HOMERE
.
H
Le
Heros
Omere
,
vous
dormez
encore
,
Comme
vous dormiez
autre-
fois.
que la France adore
Eft
trop
grand
pour
ma
foible
voix
.
Si
vous
l'aviez
eu pour
modelle
Au
lieu
de
vos Heros
Gregeois
,
L'Iliade
en
feroit
plus
belle
s
Carfans
ce
grand Cheval de
bois
,
Et
par une plus
noble
voye
Il
vient
de
foumettre à
fes
Loix
Luxembourg
bienplus fort
que
Troye
,
Et
de
l'y
foumettre en
un
mois
Reconnaissance textuelle : Réponse de Sapho au Temps.
Réponse de Sapho au
Temps
Vous
qui
paßez
fi
viſte
,
&
pour-tant lentement
,
Ne vous arreſtez pas , écoutez feu-lement
.Fay
mille
graces
à
vous
rendre
De
l'Eloge
charmant que
j'acheved'entendre
,
Car
le
plus
éloquent
des
Dieux,
S'il
parloit
de
LOVIS
,
n'en parle
roit
pas
mieux
.
Fe l'ay vù tout brillant d'une écla-
tante gloire ,
Tel que
les Filles
de memoire
Le peignent tous lesjaurs pour la
Pofterité ,
Sans en
avoir
pu
faire
un
feul
Por
trait flaté
,
Et
de
vostre difcours
mon
ame
eſt
ſiravie
,
Que j'enferay l'Echo le refte de ma
vie
.
Parlerois-
je fans vous
du
plus
granddes Mortels
,
Qui du temps des Cefars auroit en
des Antels ?
Reconnaissance textuelle : Madrigaux de Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
Vand un leger friſſon troublant
noftre repos ,
Nous fit craindre un grand mal
pour noftre grand Heros ,
Tous les Ennemis de la France ,
Dans leurs Camps , dans leurs Forts
comptoient fur fon abfence,
Et fe réjouiffoient avec temerité i
Juin 1694.
E
so MERCURE
Mais , grace au jufte Ciel , ils ont
tous mal compté.
Tremblez, fiers Ennemis , LOVIS
eft en fanté.
Vous refafez la Paix , & bien - toft
la victoire
Va vous couvrir de honte , & le
combler de gloire »
Et de ce mefme bras qui vous vainquit
cent fois ,
Il va reduire enfin voftre Ligue
aux abors ,
Et par de nouvelles conqueftes
Achever d'étouffer cette by dre à tant
de teftes.
Reconnaissance textuelle : « Voicy d'autres Vers que la mesme Mademoiselle de Scudery / Quoy ! Prince merveilleux, en un âge si tendre, [...] »
Voicy d'autres Vers que la
mefme Mademoiſelle de Scudery
a adreffez à Monſeigneur
le Duc de Bourgogne ,
GALANT.
51
fur une Traduction qu'il a
faite.
! Prince merveilleux , en
un age fi tendre,
Vous eftes un fidelle & charmant
Traducteur,
Et vous fçavez bien plus que ne
fceut Alexandre >
Aprés tant de leçons de fon grand
Precepteur ?
Mais je prévois pour vous encore
une victoire.
Vous allez furpaffer le premier des
Cefars ,
Qui d'une mefme main écrivit fon
Hiftoire ,
Vainquit fes Ennemis , & força
des remparts.
Aimez, aimez toujours les Filles de
Memoire ;
Eij
52 MERCURE
Imitez bien Louis dans les guerriers
hazards.
Nul n'a fceu comme luy le chemin
de la gloire ;
Vous ferez favory d'Apollon & de
Mars
Reconnaissance textuelle : RÉPONSE De la Fauvette à Daphnis.
Mademoiſelle de Scudery
a fait répondre ainſi la Fauvette.
REPONSE
De la Fauvette à Daphnis .
O
Vy , ma Maifireffe eft mon
modele ;
Mais fi je veux la contenter .
Il faut que je chante comme elle,
Les vertus de celuy qui m'appris
chanter ;
Car avant le fameux Acante,
Ie chantois dans fon bois , mais
comme une ignorante ,
Et me taifois tous les Hivers :
Mais par fes admirables Vers
Ma voix fera douce & charmante
GALANT.
58
Iufqu'à la fin de l'Vnivers.
Comment pourrois -je eftre incon-
Aante ?
Ne me louez plus tant de ma fide
lité ,
le lay dois l'immortalitè.
Voicy des Vers de Made-
GALANT. 95
moiſelle
de
Scudery
,
fur
la
Victoire
remportée
par
M
'
le
Maréchal de
Noailles
,
&
fur
les
Vaiſſeaux
brûlez
par
M
'
de
Chasteaurenaud
.
E
JE MADRIGAL
,
vous
l'avois
bien
dit
,
Ennemis
de
mon Roy
,
Le
Ciel
combat pour
luy
,
tout
re-
connoift
fa
loy
,
Et
fur
la
Mer
&
fur
la
Terre
,
Malgré
les
vains
efforts
de la
fiere
Angleterre
,
Et de
tous les
Auteurs de
cette in-
jufte
guerre
.
Vous pourriez le fléchir en deman-dant la
Paix
Mais
les
armes en
main
vous ne
vaincrez jamais »
96
'
MERCURE
Et
l'on
verra
toujours la
charmante
Victoire
Le
fuivre conftamment
au
Tem
.
ple
de
la gloire
.
Reconnaissance textuelle : Réponse de Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
Voicy la réponſe qe Mademoiſelle
de Scudery a faite
à la Victoire .
VONS
Ous vous plaignez en vain ,
beroique Victoire ,
Que l'encens pour Louis a de foibles
appas
.
Par ce charmant difcours vous ne
me trompez pas ;
Au
GALANT: 97
Au lieu de l'accufer vous publiez
fa gloire.
Vn Conquerant fans vanité
Voit au deẞous de luy toute l'Ang
tiquité ,
De qui les faux Heros , n'aimant
la fumée que ,
Ne cherchoient que la Renommée
;
Mais un Heros comme le mien,
Plus grand que tous vos Dieux
dont vous parlez fi bien ,
Sans faßte & fans orgueil , eft un
Heros Chreftien ,
Reconnaissance textuelle : « Mademoiselle de Scudery a répondu à ces Vers par ceux / Selon mon premier sentiment, [...] »
Mademoiſelle de Scudery
a répondu à ces Vers par ceuxqui
fuivent.
t
SElo
Elon man premier
(entiment
,
Le prix feroit pour la Victoire
.
La Renommée
affurement
Ne doit pas ufurper
fa gloire.
Tres fouvent
,fans difcerner
rien,
GALANT. 103
I
Elle dit le mal& le bien.
Par elle nous fçavons que ce Grand
Alexandre ,
Au fortir d'un feftin , mit un Pa-
Lais en cendre ,
Ettua de de fa main le malheureux
Clitus.
Elle blame à fon tour les Cefars , les
Cyrus ;
Enfin elle parle fans ceffe ,
Et plus en Femme qu'en Déeffe.
Mais comme par bonheur vous la
faites parler,
Ze conviens qu'aujoud' buy rien ne
peut l'égaleri
Qu'elle dit que Louis , que j'admire
&que j'aime ,
Ce qu'en pense mon coeur, ce que
j'en dis moy- mefme ,
Et qu'entre les Heros c'est le Heros
Suprime.
Reconnaissance textuelle : A Mr L'EVESQUE COMTE D'AGEN.
Vous sçavez, Madame
avec quel succésMrl'Evêque
d'Agen prêcha l'Avent dernier
à Versailles. Ilalla aussi
prêcher à Saint-Cyr, & c'est
sur ce Sermon que Mademoiselle
deScudery a fait le
Madrigal que vous allez lire.
A Mr L'EVESQUE
COMTE D'AGEN. APrés avoir charme des Cou,..
tifans [ant nombre,
ht luuche f1ortementles1 plus ambitieux
3 Vousallez,^ à Saint-Cyr
,
aefell deliceux,
Où ton voit la vertssans nuage &
sans ombre,
Telle quelledefceni des Cieux. 1
Dans tant de jeunescoeur;,voflr.,
vive éloquence
Pa fixer pour toujours lamour dî
t'innocence.
Comme un contre-foifan des injustes,
desirs,
Et des appastrompentsdes frivoles
plaisirs.
Que vous [erez^furptis de voir cette
jfeuneffe,
Sans le secours des ans, avoir tant
de (agefte,
Et remplir dignement les foins &
les souhaits
De cette Hero'ine Chrefltenne,
Quipar ce beaudejjein a fïgnalcr
la ifenne>
Et dont CiHuflrt nom ne périra
jamais.