Auteur du texte (7)
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Destinataire du texte (2)
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Détail
Liste
1
p. 97-98
« Mr Moreau de Mautour, Frere de l'Avocat General, fit / C'est par toy, docte Soeur des Filles de Mémoire [...] »
Début :
Mr Moreau de Mautour, Frere de l'Avocat General, fit / C'est par toy, docte Soeur des Filles de Mémoire [...]
Mots clefs :
Madrigal, Filles de mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mr Moreau de Mautour, Frere de l'Avocat General, fit / C'est par toy, docte Soeur des Filles de Mémoire [...] »
M' Moreau de Mautour ,
Decembre 1699. I
98 MERCURE
Frere de l'Avocat General , fir
cette réponſe à Mademoiſelle
de Scudery.
C'est par toy , docte Soeur des
2 Filles de Memoire
Que mon Frere merite une immortelle
gloire.
Le temps qui détruit tout ne
Sçauroit effacer
Ceux que dans tes beaux Vers ta
* . Muſe àfçu placer.
Decembre 1699. I
98 MERCURE
Frere de l'Avocat General , fir
cette réponſe à Mademoiſelle
de Scudery.
C'est par toy , docte Soeur des
2 Filles de Memoire
Que mon Frere merite une immortelle
gloire.
Le temps qui détruit tout ne
Sçauroit effacer
Ceux que dans tes beaux Vers ta
* . Muſe àfçu placer.
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2
p. 98-99
« Il accompagna cette réponse de cet autre Madrigal / Moreau, l'honneur de sa Patrie, [...] »
Début :
Il accompagna cette réponse de cet autre Madrigal / Moreau, l'honneur de sa Patrie, [...]
Mots clefs :
Sapho, Immortalité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il accompagna cette réponse de cet autre Madrigal / Moreau, l'honneur de sa Patrie, [...] »
Il accompagna cette réponfe
de cet autre Madrigal,
Moreau , l'honneur defa Patrie,
Dont la Mufe produit mille ouvrages
divers ;
GALANTE 499
Sage & docte Sapho , tanding i
fut en vie ,
Eut part en ron eftime ainfi qu'en
tes beaux Vers.
Aprés cette faveur , fe peut - il
qu'on l'oublie ?
Non , il vivra toujours dans la
Pofterité ,
Et fon nom répandu dans tes di .
vins
ouvrages ,
Du temps de l'oubly fans craindre
les
outrages
S'eft acquis l'immortalité.
de cet autre Madrigal,
Moreau , l'honneur defa Patrie,
Dont la Mufe produit mille ouvrages
divers ;
GALANTE 499
Sage & docte Sapho , tanding i
fut en vie ,
Eut part en ron eftime ainfi qu'en
tes beaux Vers.
Aprés cette faveur , fe peut - il
qu'on l'oublie ?
Non , il vivra toujours dans la
Pofterité ,
Et fon nom répandu dans tes di .
vins
ouvrages ,
Du temps de l'oubly fans craindre
les
outrages
S'eft acquis l'immortalité.
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3
p. 99-101
« Le même Mr Moreau de Mautour a envoyé ce qui suit / Lorsque certain Abbê voudra [...] »
Début :
Le même Mr Moreau de Mautour a envoyé ce qui suit / Lorsque certain Abbê voudra [...]
Mots clefs :
Âge, Sapho, Ornement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le même Mr Moreau de Mautour a envoyé ce qui suit / Lorsque certain Abbê voudra [...] »
Le même M' Moreau de
Mautour a envoyé ce qui fuir
à M¹l'Abbé de Bofquillon de
l'Academie Royale de Soif-
I ij
100 MERCURE
fons . Comme ces Vers regar
dent encore Mademoiſelle de
Scudery , vous ne ferez pas
fâchée de les voir.
Lorsque certain Abbé voudra
Abbé d'efprit & defcience ,
Meprocurer la connoiẞance
De Sapho , qui toujoursfera
Un des ornemens de la France.
Honneur , plaiſir , il mefera.
Mais malgré mon impatience ,
Pour acquerirfa bienveillance
Plus de dix ans il me fandra.
Hé bien ? elle a de l'indulgence ,
F'efpere qu'elle m'attendra.
On ne peut pas , comme
vous voyez , fouhaiter plus fi.
GALANT. 101
nement à cette fçavante Fille
encore dix années de vie , dont
le
nombre de plus ne peut
eftre
indifferent à fon âge .
Mautour a envoyé ce qui fuir
à M¹l'Abbé de Bofquillon de
l'Academie Royale de Soif-
I ij
100 MERCURE
fons . Comme ces Vers regar
dent encore Mademoiſelle de
Scudery , vous ne ferez pas
fâchée de les voir.
Lorsque certain Abbé voudra
Abbé d'efprit & defcience ,
Meprocurer la connoiẞance
De Sapho , qui toujoursfera
Un des ornemens de la France.
Honneur , plaiſir , il mefera.
Mais malgré mon impatience ,
Pour acquerirfa bienveillance
Plus de dix ans il me fandra.
Hé bien ? elle a de l'indulgence ,
F'efpere qu'elle m'attendra.
On ne peut pas , comme
vous voyez , fouhaiter plus fi.
GALANT. 101
nement à cette fçavante Fille
encore dix années de vie , dont
le
nombre de plus ne peut
eftre
indifferent à fon âge .
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4
p. 189
Madrigal. [titre d'après la table]
Début :
Quoy vous avez douté, SAPHO, de mon retour ! [...]
Mots clefs :
Sapho, Chant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Madrigal. [titre d'après la table]
GALANT
. 189
il fait parler cette Fauvette.
Q
Voy
vous
avez
doute
,
SApho
,
de mon retour!
Quand
Flore
a
ramené
la verdure
&
l'ombrage
,
Ailleurs qu'auprés de vous qui
van-
tez
mon
ramage
,
Où
pourrois
-
je trouver
un
plus
heu-
reux
fejour?
Dans
vos
Vers
fi
charmans
tant
de
fois celebrée
,
Ne vous fuis-je pas confacrée ,
Comme mes chants & mon amour?
SijadisJupiter, Venus , Junon , Mi-
nerve
,
Ont
eu
leur oifeau
favori
,
Je veux que l'avenir pour moy feule
referve
L'honneur d'avoir
efté
l'oifeau le
plus cher
. 189
il fait parler cette Fauvette.
Q
Voy
vous
avez
doute
,
SApho
,
de mon retour!
Quand
Flore
a
ramené
la verdure
&
l'ombrage
,
Ailleurs qu'auprés de vous qui
van-
tez
mon
ramage
,
Où
pourrois
-
je trouver
un
plus
heu-
reux
fejour?
Dans
vos
Vers
fi
charmans
tant
de
fois celebrée
,
Ne vous fuis-je pas confacrée ,
Comme mes chants & mon amour?
SijadisJupiter, Venus , Junon , Mi-
nerve
,
Ont
eu
leur oifeau
favori
,
Je veux que l'avenir pour moy feule
referve
L'honneur d'avoir
efté
l'oifeau le
plus cher
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5
p. 188-194
PLAINTE DE LA FAUVETTE.
Début :
Vous serez bien aise, sans doute, d'entendre la plainte de / Ma voix, qui par vos airs si doux, si ravissans, [...]
Mots clefs :
Plainte, Mort, Sapho, Chant, Acante, Ombre, Fauvette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLAINTE DE LA FAUVETTE.
Vous ferez bien aiſe , ſans
doute, d'entendre la plainte de
la Fauvette de Mademoiſelle
de Scuderi fur la mort de cette
illuftre perfonne. C'eſt M
Moreau de Mautour Auditeur
de la Chambre des Comptes
quila fait parler. Il adreffe cer
te plainte a M' l'Abbé Bofquil-
lon , de l'Academie Royale de
Soiffons
GALANT
.
189
252552 :55252255 :SSZ
PLAINTE
DE
LA
FAUVETTE
MA
A
voix
,
qui
par
vos
airs
fi
doux
,
firaviffans
,
Avez rendu SAPHO tant de fois
attentive ,
Exprimez
ma
douleur
par
de
triftes
accens
,.
Sa
mort vient de caufer
les
maux
que je
reffens
.
Ah
!
foyezdeformais languiſſante
&
plaintive
,
Donnez à mes
regrets les
tons
les
plustouchans
,
Vous
ne pouvez former d'aßez lugu-bres chans
.
190
MERCURE
Vous
,
arbres
,
fi
jadis fous vos épaisfeuillages
Pour elle j'emploiay mesplus tendres
ramages
,
Pouvez-vous à mes yeux conferver
vos attraits ?
Voftre ombre , ouj'ay cherché le filen
ce & le frais
>
.
Eft
une ombrepour
moy
d'horreur
&
de
trifteße
,
Et vous me paroiffez de funeftes
Ciprés:
Depuis que j'ay perdu mon illuftre
Maistreffe ,
Moy
qui fus
des
longtemps
l'objet
de
Jes amours
Plus
trifte
mille fois
que
n'eftla
Tour-
terelle ,
Quand
le
fortlay ravit
fa
compagnefidelle,
De mes ennuis cruels rien n'arrefte lecours
GALANT
197
Etje
paffe
en
langueur
&
les
nuits
&
les jours
.
Envain
le
doux
Printemps
ranimant
la nature
,
'
Ramenéra
les
fleurs
,
les
zephirs
,
la
verdure
;
Au
leverde l'Aurore
on ne
m'enten-
dra
plus
Annoncer
leur retour
par mes
chants
/
alidus
.
SAPHO
fit
mes
plaifirs
,
mes beaux
jours
&
ma
gloire
,
Par
elle
,
par
fes foins
&
fes vers fi
charmans
Je
fus
chere
en
tous lieux
aux
Filles
de memoire
Et
d'un vol
empreffé je revins
tous
les
ans
,
Favorable à
fes
vœux
,
fidelle
à fonattente
,
Luy confacrer toujours la douceur de
mes chans.
192
MERCURE
Elle
me
confola
,
de
la
perte
d'A
cante
*
Cet
amy
genereux
,
Favori
d'Apol-Lon
Qui comme elle exerçant fur fa lire
touchante
>
Les
divines
lecons
d'une
Mufe
fca-
vante
,
Rendit mon nomfameux dans lefa-
cré vallon. 1
Mais
aujourd'huy
pour
moy
tout
eft
mort avec
elle
,
Verdure
,
ombrage
,
fleurs
,
zephirs
,
faifon nouvelle
,
Rien ne peutreparer le bonheur que
je perds.
Que deviendray-je,helas en cet eftat
funefte:L'espoir de ne plus vivre
eft
le
feul
qui
me
refte
:
*
Mr
Peliffon
,
Bientoft
GALANT. 193
Bientoft
je
periray
dons
le
fond
des
deferts
,
Où
j'iray
dans
les
champs
,
Fauvetta
infortunée
,
En des pieges cachez finir ma deftinée,
Et m'expofant fans ceffe au perfide
Oifeleur
,
Je mourray de
fa
main
,
ou bien
de
ma
douleur
.
ΕΝΥΟΥ
Toy
,
que
les
foins
vifs
d'une
ami-
tie conftante
Ontrendu
,
cher
Daphnis
,
le
fucceffeur
d'Acante
Dans
l'eftime
de Sculery
,
Pour
te
marquer
l'excés
de la douleurfecrete
,
Que fa mort faitfentir à mon cœur
attendry
,
Aouft 701
. R
1
194
MERCURE
F'emprunte les regrets de la trifte
Fauvette
,
Cet
oifeau
renommê
que
fa
Mufe a
chery
.
Si
la
tienne
fut
confacrée
Al'illuftre
SAPHO
par
tout
fi reve-
rée
,
Tandis qu'on
vit
briller
fon
efprit
icy
bas ,
Il
n'appartient qu'à
toy
pour
celebrer
Ja
gloire
,
D'élever
aprés
fon
trepas
Un monument à ſa memoire.
doute, d'entendre la plainte de
la Fauvette de Mademoiſelle
de Scuderi fur la mort de cette
illuftre perfonne. C'eſt M
Moreau de Mautour Auditeur
de la Chambre des Comptes
quila fait parler. Il adreffe cer
te plainte a M' l'Abbé Bofquil-
lon , de l'Academie Royale de
Soiffons
GALANT
.
189
252552 :55252255 :SSZ
PLAINTE
DE
LA
FAUVETTE
MA
A
voix
,
qui
par
vos
airs
fi
doux
,
firaviffans
,
Avez rendu SAPHO tant de fois
attentive ,
Exprimez
ma
douleur
par
de
triftes
accens
,.
Sa
mort vient de caufer
les
maux
que je
reffens
.
Ah
!
foyezdeformais languiſſante
&
plaintive
,
Donnez à mes
regrets les
tons
les
plustouchans
,
Vous
ne pouvez former d'aßez lugu-bres chans
.
190
MERCURE
Vous
,
arbres
,
fi
jadis fous vos épaisfeuillages
Pour elle j'emploiay mesplus tendres
ramages
,
Pouvez-vous à mes yeux conferver
vos attraits ?
Voftre ombre , ouj'ay cherché le filen
ce & le frais
>
.
Eft
une ombrepour
moy
d'horreur
&
de
trifteße
,
Et vous me paroiffez de funeftes
Ciprés:
Depuis que j'ay perdu mon illuftre
Maistreffe ,
Moy
qui fus
des
longtemps
l'objet
de
Jes amours
Plus
trifte
mille fois
que
n'eftla
Tour-
terelle ,
Quand
le
fortlay ravit
fa
compagnefidelle,
De mes ennuis cruels rien n'arrefte lecours
GALANT
197
Etje
paffe
en
langueur
&
les
nuits
&
les jours
.
Envain
le
doux
Printemps
ranimant
la nature
,
'
Ramenéra
les
fleurs
,
les
zephirs
,
la
verdure
;
Au
leverde l'Aurore
on ne
m'enten-
dra
plus
Annoncer
leur retour
par mes
chants
/
alidus
.
SAPHO
fit
mes
plaifirs
,
mes beaux
jours
&
ma
gloire
,
Par
elle
,
par
fes foins
&
fes vers fi
charmans
Je
fus
chere
en
tous lieux
aux
Filles
de memoire
Et
d'un vol
empreffé je revins
tous
les
ans
,
Favorable à
fes
vœux
,
fidelle
à fonattente
,
Luy confacrer toujours la douceur de
mes chans.
192
MERCURE
Elle
me
confola
,
de
la
perte
d'A
cante
*
Cet
amy
genereux
,
Favori
d'Apol-Lon
Qui comme elle exerçant fur fa lire
touchante
>
Les
divines
lecons
d'une
Mufe
fca-
vante
,
Rendit mon nomfameux dans lefa-
cré vallon. 1
Mais
aujourd'huy
pour
moy
tout
eft
mort avec
elle
,
Verdure
,
ombrage
,
fleurs
,
zephirs
,
faifon nouvelle
,
Rien ne peutreparer le bonheur que
je perds.
Que deviendray-je,helas en cet eftat
funefte:L'espoir de ne plus vivre
eft
le
feul
qui
me
refte
:
*
Mr
Peliffon
,
Bientoft
GALANT. 193
Bientoft
je
periray
dons
le
fond
des
deferts
,
Où
j'iray
dans
les
champs
,
Fauvetta
infortunée
,
En des pieges cachez finir ma deftinée,
Et m'expofant fans ceffe au perfide
Oifeleur
,
Je mourray de
fa
main
,
ou bien
de
ma
douleur
.
ΕΝΥΟΥ
Toy
,
que
les
foins
vifs
d'une
ami-
tie conftante
Ontrendu
,
cher
Daphnis
,
le
fucceffeur
d'Acante
Dans
l'eftime
de Sculery
,
Pour
te
marquer
l'excés
de la douleurfecrete
,
Que fa mort faitfentir à mon cœur
attendry
,
Aouft 701
. R
1
194
MERCURE
F'emprunte les regrets de la trifte
Fauvette
,
Cet
oifeau
renommê
que
fa
Mufe a
chery
.
Si
la
tienne
fut
confacrée
Al'illuftre
SAPHO
par
tout
fi reve-
rée
,
Tandis qu'on
vit
briller
fon
efprit
icy
bas ,
Il
n'appartient qu'à
toy
pour
celebrer
Ja
gloire
,
D'élever
aprés
fon
trepas
Un monument à ſa memoire.
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6
p. 447-450
IMITATION De la onziéme Ode d'Horace, Livre II. Eheu fugaces Posthume Posthume labuntur anni, &c.
Début :
Helas ! de tes plaisirs quel sera le retour ? [...]
Mots clefs :
Horace, Imitation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATION De la onziéme Ode d'Horace, Livre II. Eheu fugaces Posthume Posthume labuntur anni, &c.
IMITATION
De la onzième Ode d'Horace , Livre IL
Eheu fugaces Pofthume Posthume
labuntur anni , &c.
HElas !
Elas ! de tes plaifirs quel fera le retour ?
Tu vieilliras , Pofthume, & tu mourras un jour.
Leplus beau de tes ans s'écoule avec vîteſſe
Et tu fens ralentir les feux de ta jeuneffe ;
Ton culte envers le Ciel , ton encens , ni tes
voeux ,
Ne pourront t'exempter d'une lente vicilleffe ,
Ils n'arrêteront pas le temps qui fuit fans ceffe,
Et qui de jour en jour vient blanchir tes cheveux.
Quand tu devrois immoler cent Victimes ,
Au Dieu terrible des Enfers
Au Dieu dont le pouvoir par des droits legitimes
,
Comprend tout ce vafte Univers ,
Tu ne flechiras point fon coeur inexorable.
C'eſt une Loi pour tous inévitable ,
Qu'il faut que chacun à fon tour ,
Le Riche, l'Indigent , le Berger , le Monarque,
Paffent confufément , fans efpoir de retour ,
Dans la funefte Barque ,
B En
448 MERCURE DE FRANCE.
En vain l'on voudroit prolonger ,
Le foible cours de nos années ,
Le terme en eft marqué , les Dieux les ont boşnées
:
En vain l'on tâche à ménager ,
De nos tranquiles jours les douces deſtinées ,
En ne s'expofant pas aux funeftes hazards
De Bellone & de Mars .
En vain l'art d'un Pilote & le vent favorable ;
Conduiront fur les flots d'une Mer redoutable ,
Notre Navire jufqu'au Port .
En vain , pour éloigner la mort qui nous
étonne ,
Nous voudrons éviter dans la faifon d'Automne
,
D'un vent froid & mal fain l'impetueux effort.
Il faut fubir les coups de la Parque fatale ,
Et payer tôt ou tard le tribut à Caron ;
Voir le trifte Cocyte & le noir Acheron ;
Habiter de Pluton la demeure infernale :
Là , parmi les horreurs d'une obfcure prifon ,
La race Danaïde & l'orgueilleux Typhon
Syfiphe , Ixion & Tantale.
Eprouvent éternellement ,
De leurs forfaits divers le jufte châtiment.
II
MARS. 1730. 449
Al te faudra quitter tes Maifons de Campagne ,
Tes meubles fomptueux , tes fuperbes Palais ,
Abandonner & perdre pour jamais ,
Ton Epouſe fi chere & ta douce Compagne ;
Tu périras toi- même , & la mort fans pitié ,
Prendra d'un tout fi beau, l'une & l'autre moitié.
Que deviendront alors ces lieux pleins de dé
lices ,
De tes plaifirs fecrets confidens & complices
?
Ces bois fombres & frais ; ces Jardins toûjours
verds ,
Où pendant la rigueur d'une ſaiſon rebelle ,
Par ton art & tes foins Flore fe renouvelle ,
Et conferve un printemps au milieu des hyvers.
Ces Oeillets , ces Lys & ces Rofes ,
Que dès l'Aurore on voit éclofes ,
Et qui ne durent qu'un matin ,
Sont de tes foibles jours une vive peinture ,
Qui fans ceffe t'apprend quel fera ton deftin.
De tant d'arbres , dont la verdure ,
Découvre à tes yeux mille attraits ,
Quand tu fatisferas aux Loix de la Nature a
Il ne te reftera que les triftes Cyprès.
Bij
Alors
450 MERCURE DE FRANCE.
Alors un heritier & prodigue & peu fage ,
Croira de tes grands biens faire un meilleur
ufage ;
Bientôt on le verra fe livrant aux plaiſirs ,
Les répandre par tout au gré de ſes defirs .
Il boira largement fans nulle prévoyance ,
Tes vins les plus exquis & les plus eſtimez ,
Vins qu'avec tant de foin & tant de vigilance,
Ta tenois fous cent clefs dans ta cave enfer
mez.
శ్రీ శ్రీ
Moreau de Mautour.
De la onzième Ode d'Horace , Livre IL
Eheu fugaces Pofthume Posthume
labuntur anni , &c.
HElas !
Elas ! de tes plaifirs quel fera le retour ?
Tu vieilliras , Pofthume, & tu mourras un jour.
Leplus beau de tes ans s'écoule avec vîteſſe
Et tu fens ralentir les feux de ta jeuneffe ;
Ton culte envers le Ciel , ton encens , ni tes
voeux ,
Ne pourront t'exempter d'une lente vicilleffe ,
Ils n'arrêteront pas le temps qui fuit fans ceffe,
Et qui de jour en jour vient blanchir tes cheveux.
Quand tu devrois immoler cent Victimes ,
Au Dieu terrible des Enfers
Au Dieu dont le pouvoir par des droits legitimes
,
Comprend tout ce vafte Univers ,
Tu ne flechiras point fon coeur inexorable.
C'eſt une Loi pour tous inévitable ,
Qu'il faut que chacun à fon tour ,
Le Riche, l'Indigent , le Berger , le Monarque,
Paffent confufément , fans efpoir de retour ,
Dans la funefte Barque ,
B En
448 MERCURE DE FRANCE.
En vain l'on voudroit prolonger ,
Le foible cours de nos années ,
Le terme en eft marqué , les Dieux les ont boşnées
:
En vain l'on tâche à ménager ,
De nos tranquiles jours les douces deſtinées ,
En ne s'expofant pas aux funeftes hazards
De Bellone & de Mars .
En vain l'art d'un Pilote & le vent favorable ;
Conduiront fur les flots d'une Mer redoutable ,
Notre Navire jufqu'au Port .
En vain , pour éloigner la mort qui nous
étonne ,
Nous voudrons éviter dans la faifon d'Automne
,
D'un vent froid & mal fain l'impetueux effort.
Il faut fubir les coups de la Parque fatale ,
Et payer tôt ou tard le tribut à Caron ;
Voir le trifte Cocyte & le noir Acheron ;
Habiter de Pluton la demeure infernale :
Là , parmi les horreurs d'une obfcure prifon ,
La race Danaïde & l'orgueilleux Typhon
Syfiphe , Ixion & Tantale.
Eprouvent éternellement ,
De leurs forfaits divers le jufte châtiment.
II
MARS. 1730. 449
Al te faudra quitter tes Maifons de Campagne ,
Tes meubles fomptueux , tes fuperbes Palais ,
Abandonner & perdre pour jamais ,
Ton Epouſe fi chere & ta douce Compagne ;
Tu périras toi- même , & la mort fans pitié ,
Prendra d'un tout fi beau, l'une & l'autre moitié.
Que deviendront alors ces lieux pleins de dé
lices ,
De tes plaifirs fecrets confidens & complices
?
Ces bois fombres & frais ; ces Jardins toûjours
verds ,
Où pendant la rigueur d'une ſaiſon rebelle ,
Par ton art & tes foins Flore fe renouvelle ,
Et conferve un printemps au milieu des hyvers.
Ces Oeillets , ces Lys & ces Rofes ,
Que dès l'Aurore on voit éclofes ,
Et qui ne durent qu'un matin ,
Sont de tes foibles jours une vive peinture ,
Qui fans ceffe t'apprend quel fera ton deftin.
De tant d'arbres , dont la verdure ,
Découvre à tes yeux mille attraits ,
Quand tu fatisferas aux Loix de la Nature a
Il ne te reftera que les triftes Cyprès.
Bij
Alors
450 MERCURE DE FRANCE.
Alors un heritier & prodigue & peu fage ,
Croira de tes grands biens faire un meilleur
ufage ;
Bientôt on le verra fe livrant aux plaiſirs ,
Les répandre par tout au gré de ſes defirs .
Il boira largement fans nulle prévoyance ,
Tes vins les plus exquis & les plus eſtimez ,
Vins qu'avec tant de foin & tant de vigilance,
Ta tenois fous cent clefs dans ta cave enfer
mez.
శ్రీ శ్రీ
Moreau de Mautour.
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Résumé : IMITATION De la onziéme Ode d'Horace, Livre II. Eheu fugaces Posthume Posthume labuntur anni, &c.
Le texte imite la onzième Ode d'Horace, Livre II, et médite sur la fugacité du temps et l'inévitabilité de la mort. L'auteur souligne que les années passent rapidement et que nul ne peut échapper au vieillissement et à la mort, même par des prières ou des sacrifices. Le temps avance inexorablement, apportant la vieillesse et blanchissant les cheveux. Les efforts pour prolonger la vie ou éviter les dangers sont vains face à la mort inévitable. L'auteur évoque la nécessité de subir les coups du destin et de payer le tribut à Caron, le passeur des âmes. Il décrit les supplices éternels des damnés dans les enfers, comme Sisyphe, Ixion et Tantale. Le texte se conclut par une réflexion sur la perte des biens matériels et des êtres chers, ainsi que sur la vanité des plaisirs terrestres, comparés à des fleurs éphémères.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1617-1618
MEMOIRE de M. Maureau de Mautour.
Début :
Il vient de paroître dans les Mémoires de Trevoux, du mois de May dernier [...]
Mots clefs :
Mémoires de Trévoux, Dispute littéraire, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE de M. Maureau de Mautour.
MEMOIRE de M. Maureau
de Mautour.
L vient de paroître dans les Mémoi
res de Trevoux , du mois de May dernier,
article 47. une Critique contre moi ,
par un Auteur anonyme , défigné par ces
>
trois Lettres M. A. M. .concernant
une correction dans Suetone & dans Dion ,
imprimée fous mon nom , il y a plus de
dix-huit mois. Je n'ay jamais eu deffein ,
ni comme particulier , ni comme membre
de l'Académie , de rendre mon Ecrit
public. Ce fut deffunt le R. P. Chamillard
, avec lequel j'étois lié d'amitié & de
commerce d'antiquité , qui ayant vû chez
moi cet Ecrit , le prit en communication ,
& après l'avoir gardé le donna à imprimer
, comme il eft dans les Mémoires de
Novembre 1728. pendant mon abſence à
la Campagne , fans ofer fçavoir mauvais
gré à un ami eftimable , qui avoit cru me
faire plaifir ; & pour répondre à quelques
objections , que depuis quelques particuliers
m'avoient faites , il parut un petit
Ecrit de moi , dans les Mémoires de Mars
1729. dans l'article 38. & j'avois crû dèfà
toutes
1618 MERCURE DE FRANCE.
J.
au
toutes conteftations finies. J'ai lieu de
foupçonner que l'Auteur de la Critique ,
ou du moins celui qui en a follicité l'im
preffion , eft le même qui fous le nom de
M.le Hay , mari de Madle Cheron, fit imprimer
en 1710 , chez Jacques Etienne
Libraire , des Remarques contre moi ,
fujet d'une Eftampe du Cachet de Michel-
Ange , aufquelles il y eut une réponse , qui
fut auffi imprimée. La nouvelle Critique
auroit pû attirer une Replique ; mais
l'on a crû ne devoir pas entretenir une
difpute Litteraire , qui au fond ne merite
pas avoir de fuite. D'ailleurs je ne fuis
nullement prévenu ni de mes opinions ,
ni de mes Ecrits .
MAUREAU DE MAUTOUR
de Mautour.
L vient de paroître dans les Mémoi
res de Trevoux , du mois de May dernier,
article 47. une Critique contre moi ,
par un Auteur anonyme , défigné par ces
>
trois Lettres M. A. M. .concernant
une correction dans Suetone & dans Dion ,
imprimée fous mon nom , il y a plus de
dix-huit mois. Je n'ay jamais eu deffein ,
ni comme particulier , ni comme membre
de l'Académie , de rendre mon Ecrit
public. Ce fut deffunt le R. P. Chamillard
, avec lequel j'étois lié d'amitié & de
commerce d'antiquité , qui ayant vû chez
moi cet Ecrit , le prit en communication ,
& après l'avoir gardé le donna à imprimer
, comme il eft dans les Mémoires de
Novembre 1728. pendant mon abſence à
la Campagne , fans ofer fçavoir mauvais
gré à un ami eftimable , qui avoit cru me
faire plaifir ; & pour répondre à quelques
objections , que depuis quelques particuliers
m'avoient faites , il parut un petit
Ecrit de moi , dans les Mémoires de Mars
1729. dans l'article 38. & j'avois crû dèfà
toutes
1618 MERCURE DE FRANCE.
J.
au
toutes conteftations finies. J'ai lieu de
foupçonner que l'Auteur de la Critique ,
ou du moins celui qui en a follicité l'im
preffion , eft le même qui fous le nom de
M.le Hay , mari de Madle Cheron, fit imprimer
en 1710 , chez Jacques Etienne
Libraire , des Remarques contre moi ,
fujet d'une Eftampe du Cachet de Michel-
Ange , aufquelles il y eut une réponse , qui
fut auffi imprimée. La nouvelle Critique
auroit pû attirer une Replique ; mais
l'on a crû ne devoir pas entretenir une
difpute Litteraire , qui au fond ne merite
pas avoir de fuite. D'ailleurs je ne fuis
nullement prévenu ni de mes opinions ,
ni de mes Ecrits .
MAUREAU DE MAUTOUR
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Résumé : MEMOIRE de M. Maureau de Mautour.
M. Maureau de Mautour répond à une critique anonyme parue dans les Mémoires de Trevoux en mai dernier, concernant une correction dans les œuvres de Suétone et Dion publiée sous son nom il y a plus de dix-huit mois. Maureau précise qu'il n'avait pas prévu de rendre cet écrit public. Le Père Chamillard, ami de Maureau, l'avait communiqué et imprimé sans son consentement explicite. Pendant l'absence de Maureau, un autre de ses écrits a été publié en mars 1729 pour répondre à des objections. Maureau soupçonne que l'auteur de la critique ou celui qui en a sollicité l'impression est la même personne qui, sous le nom de M. le Hay, avait publié des remarques contre lui en 1710. Bien que la critique ait pu justifier une réplique, Maureau a décidé de ne pas entretenir une dispute littéraire jugée sans intérêt. Il affirme ne pas être influencé par des préjugés concernant ses opinions ou ses écrits.
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1
p. 190
Réponse à ce Madrigal par Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
Début :
Mademoiselle de Scudery fit cette réponse à Mr Moreau. / Vostre Madrigal est galant, [...]
Mots clefs :
Madrigal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse à ce Madrigal par Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
ademoiſelle de Scudery
fit cette réponse à M Mo
reau.
Voftre
Madrigal
eft
galant
,
Il
eft
naturel
&
fçavant
,
Et
j'ay
regret
,
je
le
confeffe
,
De
n'eftre
pas une
Déeffe
fit cette réponse à M Mo
reau.
Voftre
Madrigal
eft
galant
,
Il
eft
naturel
&
fçavant
,
Et
j'ay
regret
,
je
le
confeffe
,
De
n'eftre
pas une
Déeffe
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2
p. 60-66
LETTRE d'un Gentilhomme de Bourgogne écrite à M. Moreau de Mautour.
Début :
Je vous ai caché jusques à present, Monsieur, le dessein que j'avois de [...]
Mots clefs :
Dijon, Compagnie de la Mère-Folle, Institution, Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Gentilhomme de Bourgogne écrite à M. Moreau de Mautour.
LETTRE d'un Gentilhomme de Bjurgorgne
écrite à Ai. ' Aíereau
de Asautour.'
JE vous ai caché juíques à present 3.
Monsieur , le dessein que j'avois de
rechercher des Memoires, cane fur l'o-/
rígine de la Fête des Foiix , que fur celle;
de l'Institution de la Compagnie de la
Mere Folle de Dijon , dont vous avez
òiïi parler souvent. Je ne me flattois pas
malgré mes recherches de trouver íur.
cette matiere- ses éclàirciûemehs que j'ai
découvert ; c'est ce qui m'engage aujour
d'hui à rompre le silence fur cet article.
Je formai le dessein de cette recherche,
par rapport à la découvertë que je hV
d'une repreíentation.d'ui>Chat parfaite
ment bien figure, ayant poHr tête le-.Cliariot
de la Mere.Folle de Dijon , lequel
est le' dernier qui parut en cette Ville
l'an I 6icr. & duquel il est fait mention
dans une Relation imprimée à Dijon en:
8. par Paillot , ayant pour titre : Re
cit de ce qui s'est passe à Dijon pour
l'heureuse naissance de' Moníeigneur le
Dauphin , depuis Loiiis XIV.
Je m'affermis d'autant plus volontiers.
dans
J A N V I E R 1724. $s
ans Ce dessein que dès 1^95 . j'avois vÇt
'Etendajrt original , dont cette Compa-
;nie de la Mere.Foll.e de Dijon se 1erroit
loríqu'elle marchoit par la Ville les
ours de ré|oiiifl"ances.
Il y a lieu même de cqnclure qu'il íp
lortoit à des Processions -que cette Com-
»agnje avoit coutume de faire , & cela par
aport à un Bâton qui se portoit pareil.-
ement à ces Aísemblées , duquel ainíi
[ue du Ghariot, & de l'Etendart, j'ai
íonné des representations au naturel
lans mes Memoires.
.Ces preuves réelles se íoutiennent pa,r
ieux écrits authentiques ; sçavoir, la con-
Srmacion accordée^ à celui qui étoit Bâ.
onnier de cette societé , par le Duc da
3ourgogne Philippe le Bon en 1454. &
meacçordéeen 1482. par Jean d'Amboj-
"e , Evêque de Langres , alors Lieutenant
raur le Roy en Bourgogne, conjointemen t
tyec Jean de Baudricourt Gouverneur
le la Province , à la requête du Protoîotaire
des Fqìix. Les Lettres du Duc
Reliées de son íceau en cir£ verte , & les
tutres lignées de l'Evêque & du Gou
verneur , & scellées du Iceau de leurs
irmes en cire rouge , se conservent en ori
gnal dans le Trésor de la Sainte Cha-
Delle de Dijon.
De ces deux titres qui ne laissent plys
sGt MERCURE DE FRANCE.
.doute sur cette Institution , il resulte
,qu'on en doit chercher la íôurce dans ua
;temps plus reculé.
L'Institution de la Compagnie de la
Mere.Folle de Dijon peut s'attribuer l'an
<tç 8.1. auquel un certain Adolphe, Comte
de Cléves , établit dans ses Etats une
Societé qu'il nomma la Société des Fous ^
►laquelle ctoit composée de $6. Gehtil-
.jiommes , la traduction de la Patente in£.
titutive de cette Societé se trouve dans
l'Histoire des Ordres Religieux , com- '
.posée par le Pere Helpot du Tiers.Or
dre de S. François , dit Picpus , mort à
Paris en 1716.
Comme il íè trouve tant de .rapport
.entre les Regles & les Statuts de cette
Societé de Cleves , & celles qui s'obíèrj-
. -voient par la Societé de Dijon , j'ai cru
pouvoir dire avec aíTez de probabilité
que celle.ci avoit pû prendre naiflance
de l'autre , & cela fondé fui ce que les
Princes de la Maiíon de Cleves ont con
tracté de grandes alliances avec celles
.des Ducs de Bourgogne , dans la Cour
desquels ils étoient le plus souvent , &
que d'ailleurs un nommé Engilbert ,
«tant pour lors Gouverneur de Bourgo
gne , qui pourroit bien étant du. temps
.de Cleves , avoir introduit à Dijon cette
même Societé qui étoit dans son pays. .
JANVIER 1724, 6%
L'on peut encore tirer la source de cet
établislement sur .ce qui se pratiquoit k
Autun „ corame le raporèe le Secretaire
jRhotarius dans son Registre , qui com
mence en 141 1. & finit en 14.16. où iji
est parlé de la Fête de? Foux. Il le dit
fol. I 0 qu'à la Fcte dite Follorum , on
.conduisoit un âne , & que l'on chantoit
Jié > tire âne , hé , hé , &c. que plusieurs
alloient à l'Eglise déguisez , 8c avec des
habits grotesques , ce qui fut défendu
.depuis &c abrogé.
Au surplus l'existence de cette Com
pagnie de Sainteté folle , qui étoit com
posée en partie d'Infanterie., 8c en par
tie de Cavalerie , le confirme par l'orir
ginal du Çuidon .qui se portpit lors
qu'elle étoit en marche. Duquef j'ai fait
joindre la representation à mes memoi
res. J'y ai fait joindre de plus Je Bonnet
des trois couleurs, jaune , rouge Se vert f
<jue portaient les Aslociez en ladite Com
pagnie , dont les habillemens devoient
.être de même , mais dont les pfficiers se
.distinguoient par la forme de l'habit , 8c
la. qualité des étoffes , les galons , & l'arfangement
des grelots & des sonnettes,.
Toutes ces curiositez se sont trouvées
.chez plusieurs particuliers de la Ville de
Dijon.
Le Chef de cette Compagnie qui s'appelloit
,P4 MERCURE DE FRANCE.
^pelloit Merç- Folle, avoit Sa. Cour com
posée d'Officiers de même que les Prin
ces 8c les Souverains ont la leur , & on
ne pouvoit pas faire aucune Montrée 3
( c'est ainsi que le nommoit les Merches
de cette Compagnie, ) ni le -service ,des
habirs des trois couleurs, íàns la per
miísion de ce Chef : ce qui resuite d'une
Lettre écrite à ce sujet en 1617. au sieur
des Champs , pour lors Mere.Folle, de
laquelle Lettre ensemble5 de celle des
invitations qui sefaisoient, íòit en generai*
soit en particulier , la teneur est inserée
dans les Memoires.
.Les jugemens qui se .rendoient par le
Chef étoient Souverains , & executez
nonobstant l'appel , Se le Parlement les a
tous confirmez , lorsque les appels y ont
été portez ; ce qui se trouve verifiez par
un Arrest du 6. Fevrier 1^79. par les
conclusions que prit le Fiscal vert, c'é
tait le Procureur Fiscal de cette Com
pagnie.
Au surplus les Convocations , les Re
ceptions , les Jugemens , Se autres Actes,
tie même que les entretiens pendant que
duroient les Assemblées devoient se faire
en vers burlesques ou comiques , en la
jnaniere & en la forme que je les ai dé
crites dans mes Memoires , même jus
qu'aux Lettres qu'on s'écrivoit l'un à
l'autre
JANVIER 1724- 6%
l'autre , comme celles écrites .au sieur
des Champs en Se 1617.
Enfin pour ne rien omettre de tous les
éclaircistemens qui me fout venus fur
l'existence de cette Compagnie , j'ai in
feré tout au long dans le petit ouvrage
les Lettres de reception de feu Jean de
VandeneíTe du mois de Mars 1604. qui
étoit gendre dudit sieur des Champs , Se
ayeul du sieur Gaspard de Vandenesle ,
qui m'a communiqué des Mémoires très.
curieux fur cet article.
Au reste , on ne recevoit en cette Com
pagnie , quoique composée de plus de
500. hommes, que des notables, tant des
.Cours Superieures , que de la Bourgeoi
sie de la Ville > Se des environs des periônnes
de la plus haute consideration , y
. reçurent en 162.6. le Bonnet, &: la Ma-
.rolle par les mains du sieur des Champs*
Mere-Folle.
Leurs Lettres Patentes sont iníêrées
dans mes Memoires avec les deslèins fi
gurez des Sceaux ; Se pour achever tout
ce que j'ai allegué au sujet de cette So
cieté de la Mere.Folle à Dijon, j'ai rap
porté ce qu'en a écrit íe P. Menestrier,
Jesuite dans lòn Livre des Repreíêntar
tions en Musique , ancienne & moderne.
Si cette Compagnie a eu des agrémens
<îans son origine , on peut dire qu'elle
D a
64 MERCURE DE FRANCE.
a eu ses chagrins dans la fuite , je rap
porte à ce íujet les Arrests de la Cour p
rendus le 18. Janvier 1552. le 16. Juin
1578. 16. Avril 16 1 6. 31. Janvier \6i6.
Ils m'ont été communiquez par plusieurs
personnes de consideration de la Ville de
Dijon.
Enfin , par un Arrest rendu le il.
Juillet i 630. en la Ville de Lion , &
homologué au Parlement de Dijon le xy.
du même mois, cette Compagnie fut en
tierement abolie fous de grosses peines.
Voilà, Monsieur, tous les eclaircilïer.
mens que j'ai découverts fur les deu£
Societez , & le produit des foins qu'il a
fallu prendre pour rassembler des preu
ves aussi solides qu'elles le font dans l'ou
vrage même je souhaite ppxe cela
puiíîè vous amuser un moment , & vous
prouver de plus en plus les .sentiment
d'estime avec lesquels j'ai l'honneur d'ê
tre , &c. Monsieur , vôtre très-humble,
Se très.obéifíànt serviteur.
écrite à Ai. ' Aíereau
de Asautour.'
JE vous ai caché juíques à present 3.
Monsieur , le dessein que j'avois de
rechercher des Memoires, cane fur l'o-/
rígine de la Fête des Foiix , que fur celle;
de l'Institution de la Compagnie de la
Mere Folle de Dijon , dont vous avez
òiïi parler souvent. Je ne me flattois pas
malgré mes recherches de trouver íur.
cette matiere- ses éclàirciûemehs que j'ai
découvert ; c'est ce qui m'engage aujour
d'hui à rompre le silence fur cet article.
Je formai le dessein de cette recherche,
par rapport à la découvertë que je hV
d'une repreíentation.d'ui>Chat parfaite
ment bien figure, ayant poHr tête le-.Cliariot
de la Mere.Folle de Dijon , lequel
est le' dernier qui parut en cette Ville
l'an I 6icr. & duquel il est fait mention
dans une Relation imprimée à Dijon en:
8. par Paillot , ayant pour titre : Re
cit de ce qui s'est passe à Dijon pour
l'heureuse naissance de' Moníeigneur le
Dauphin , depuis Loiiis XIV.
Je m'affermis d'autant plus volontiers.
dans
J A N V I E R 1724. $s
ans Ce dessein que dès 1^95 . j'avois vÇt
'Etendajrt original , dont cette Compa-
;nie de la Mere.Foll.e de Dijon se 1erroit
loríqu'elle marchoit par la Ville les
ours de ré|oiiifl"ances.
Il y a lieu même de cqnclure qu'il íp
lortoit à des Processions -que cette Com-
»agnje avoit coutume de faire , & cela par
aport à un Bâton qui se portoit pareil.-
ement à ces Aísemblées , duquel ainíi
[ue du Ghariot, & de l'Etendart, j'ai
íonné des representations au naturel
lans mes Memoires.
.Ces preuves réelles se íoutiennent pa,r
ieux écrits authentiques ; sçavoir, la con-
Srmacion accordée^ à celui qui étoit Bâ.
onnier de cette societé , par le Duc da
3ourgogne Philippe le Bon en 1454. &
meacçordéeen 1482. par Jean d'Amboj-
"e , Evêque de Langres , alors Lieutenant
raur le Roy en Bourgogne, conjointemen t
tyec Jean de Baudricourt Gouverneur
le la Province , à la requête du Protoîotaire
des Fqìix. Les Lettres du Duc
Reliées de son íceau en cir£ verte , & les
tutres lignées de l'Evêque & du Gou
verneur , & scellées du Iceau de leurs
irmes en cire rouge , se conservent en ori
gnal dans le Trésor de la Sainte Cha-
Delle de Dijon.
De ces deux titres qui ne laissent plys
sGt MERCURE DE FRANCE.
.doute sur cette Institution , il resulte
,qu'on en doit chercher la íôurce dans ua
;temps plus reculé.
L'Institution de la Compagnie de la
Mere.Folle de Dijon peut s'attribuer l'an
<tç 8.1. auquel un certain Adolphe, Comte
de Cléves , établit dans ses Etats une
Societé qu'il nomma la Société des Fous ^
►laquelle ctoit composée de $6. Gehtil-
.jiommes , la traduction de la Patente in£.
titutive de cette Societé se trouve dans
l'Histoire des Ordres Religieux , com- '
.posée par le Pere Helpot du Tiers.Or
dre de S. François , dit Picpus , mort à
Paris en 1716.
Comme il íè trouve tant de .rapport
.entre les Regles & les Statuts de cette
Societé de Cleves , & celles qui s'obíèrj-
. -voient par la Societé de Dijon , j'ai cru
pouvoir dire avec aíTez de probabilité
que celle.ci avoit pû prendre naiflance
de l'autre , & cela fondé fui ce que les
Princes de la Maiíon de Cleves ont con
tracté de grandes alliances avec celles
.des Ducs de Bourgogne , dans la Cour
desquels ils étoient le plus souvent , &
que d'ailleurs un nommé Engilbert ,
«tant pour lors Gouverneur de Bourgo
gne , qui pourroit bien étant du. temps
.de Cleves , avoir introduit à Dijon cette
même Societé qui étoit dans son pays. .
JANVIER 1724, 6%
L'on peut encore tirer la source de cet
établislement sur .ce qui se pratiquoit k
Autun „ corame le raporèe le Secretaire
jRhotarius dans son Registre , qui com
mence en 141 1. & finit en 14.16. où iji
est parlé de la Fête de? Foux. Il le dit
fol. I 0 qu'à la Fcte dite Follorum , on
.conduisoit un âne , & que l'on chantoit
Jié > tire âne , hé , hé , &c. que plusieurs
alloient à l'Eglise déguisez , 8c avec des
habits grotesques , ce qui fut défendu
.depuis &c abrogé.
Au surplus l'existence de cette Com
pagnie de Sainteté folle , qui étoit com
posée en partie d'Infanterie., 8c en par
tie de Cavalerie , le confirme par l'orir
ginal du Çuidon .qui se portpit lors
qu'elle étoit en marche. Duquef j'ai fait
joindre la representation à mes memoi
res. J'y ai fait joindre de plus Je Bonnet
des trois couleurs, jaune , rouge Se vert f
<jue portaient les Aslociez en ladite Com
pagnie , dont les habillemens devoient
.être de même , mais dont les pfficiers se
.distinguoient par la forme de l'habit , 8c
la. qualité des étoffes , les galons , & l'arfangement
des grelots & des sonnettes,.
Toutes ces curiositez se sont trouvées
.chez plusieurs particuliers de la Ville de
Dijon.
Le Chef de cette Compagnie qui s'appelloit
,P4 MERCURE DE FRANCE.
^pelloit Merç- Folle, avoit Sa. Cour com
posée d'Officiers de même que les Prin
ces 8c les Souverains ont la leur , & on
ne pouvoit pas faire aucune Montrée 3
( c'est ainsi que le nommoit les Merches
de cette Compagnie, ) ni le -service ,des
habirs des trois couleurs, íàns la per
miísion de ce Chef : ce qui resuite d'une
Lettre écrite à ce sujet en 1617. au sieur
des Champs , pour lors Mere.Folle, de
laquelle Lettre ensemble5 de celle des
invitations qui sefaisoient, íòit en generai*
soit en particulier , la teneur est inserée
dans les Memoires.
.Les jugemens qui se .rendoient par le
Chef étoient Souverains , & executez
nonobstant l'appel , Se le Parlement les a
tous confirmez , lorsque les appels y ont
été portez ; ce qui se trouve verifiez par
un Arrest du 6. Fevrier 1^79. par les
conclusions que prit le Fiscal vert, c'é
tait le Procureur Fiscal de cette Com
pagnie.
Au surplus les Convocations , les Re
ceptions , les Jugemens , Se autres Actes,
tie même que les entretiens pendant que
duroient les Assemblées devoient se faire
en vers burlesques ou comiques , en la
jnaniere & en la forme que je les ai dé
crites dans mes Memoires , même jus
qu'aux Lettres qu'on s'écrivoit l'un à
l'autre
JANVIER 1724- 6%
l'autre , comme celles écrites .au sieur
des Champs en Se 1617.
Enfin pour ne rien omettre de tous les
éclaircistemens qui me fout venus fur
l'existence de cette Compagnie , j'ai in
feré tout au long dans le petit ouvrage
les Lettres de reception de feu Jean de
VandeneíTe du mois de Mars 1604. qui
étoit gendre dudit sieur des Champs , Se
ayeul du sieur Gaspard de Vandenesle ,
qui m'a communiqué des Mémoires très.
curieux fur cet article.
Au reste , on ne recevoit en cette Com
pagnie , quoique composée de plus de
500. hommes, que des notables, tant des
.Cours Superieures , que de la Bourgeoi
sie de la Ville > Se des environs des periônnes
de la plus haute consideration , y
. reçurent en 162.6. le Bonnet, &: la Ma-
.rolle par les mains du sieur des Champs*
Mere-Folle.
Leurs Lettres Patentes sont iníêrées
dans mes Memoires avec les deslèins fi
gurez des Sceaux ; Se pour achever tout
ce que j'ai allegué au sujet de cette So
cieté de la Mere.Folle à Dijon, j'ai rap
porté ce qu'en a écrit íe P. Menestrier,
Jesuite dans lòn Livre des Repreíêntar
tions en Musique , ancienne & moderne.
Si cette Compagnie a eu des agrémens
<îans son origine , on peut dire qu'elle
D a
64 MERCURE DE FRANCE.
a eu ses chagrins dans la fuite , je rap
porte à ce íujet les Arrests de la Cour p
rendus le 18. Janvier 1552. le 16. Juin
1578. 16. Avril 16 1 6. 31. Janvier \6i6.
Ils m'ont été communiquez par plusieurs
personnes de consideration de la Ville de
Dijon.
Enfin , par un Arrest rendu le il.
Juillet i 630. en la Ville de Lion , &
homologué au Parlement de Dijon le xy.
du même mois, cette Compagnie fut en
tierement abolie fous de grosses peines.
Voilà, Monsieur, tous les eclaircilïer.
mens que j'ai découverts fur les deu£
Societez , & le produit des foins qu'il a
fallu prendre pour rassembler des preu
ves aussi solides qu'elles le font dans l'ou
vrage même je souhaite ppxe cela
puiíîè vous amuser un moment , & vous
prouver de plus en plus les .sentiment
d'estime avec lesquels j'ai l'honneur d'ê
tre , &c. Monsieur , vôtre très-humble,
Se très.obéifíànt serviteur.
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Résumé : LETTRE d'un Gentilhomme de Bourgogne écrite à M. Moreau de Mautour.
Un gentilhomme de Bjurgorgne écrit à M. de Aíereau pour partager ses découvertes sur l'origine de la Fête des Fous et de la Compagnie de la Mere Folle de Dijon. Il a trouvé des représentations et des documents authentiques, tels qu'un chariot et un étendard, liés à cette compagnie. Les preuves incluent des confirmations accordées par le Duc de Bourgogne Philippe le Bon en 1454 et par Jean d'Amboise, Évêque de Langres, en 1482. Ces documents sont conservés dans le Trésor de la Sainte Chapelle de Dijon. L'auteur attribue l'origine de cette compagnie à une période antérieure et décrit ses activités, notamment des processions et des déguisements grotesques. Il rapporte également des arrestations et l'abolition de la compagnie en 1630. L'auteur souhaite que ces informations amusent et intéressent M. de Aíereau.
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