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1
p. 307-310
PROBLEME : AMOUREUX DECIDÉ.
Début :
Loin de vous je languis & je resve toûjours ; [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Beauté, Amants, Languir
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texteReconnaissance textuelle : PROBLEME : AMOUREUX DECIDÉ.
PROBLEMĘ SAMOURELUX
1
DECIDEllias
ENNY cik inot 2102 36 trat jmp THOI
Oin de pausje languis
&
Fe fuis bien par tout où vous etes
Auprés de vous, Iris, de mes plus triftes
jours
Jefais mes plaiſirs & mesfestess
Waftre taille, voftre air, le fon de vostre
voix,
Ont jo-ne-feay-quoy qui m'enchante:
Jefens naiſtre enmon coeur d'abord que je
carrulyvous vois,
Une tendreffe languiffante
Qui me réduit prefque aux aboier
Ah! pour peu que cela s'augmente,
Vous aimeray-je ? Je le cross
Jefçais qu'un Homme de mon ages
Qui prétend de toucheruncoeur,
Rarement de ce badinage.
Se peut tireravec honneur..
C.c.ij
308 Extraordinaire
Vous me verrez tendre & fidelle,
Languiffant, abatu , malheureux comme
un Chien,
Et cependant, jeune Rebelle,
***M*aimerez-vous ? Je n'en crois rien.
Hélas! anfortde ma tendreffe
Je verray mille Amans de vos appas épris,
Goguenarderfur ma vieilleffe,
Et railler de mes cheveux gris.
Peut- eftre encor, pour croistre monfup .
plice,
Leurferez- vous un facrifice
Des foins de mon amour, cruelle? Et tou
tefois
Ŝ
Malgré cette extréme injuſtice,'
Vous aimeray-je ? Je le crois.
Après mille dures épreuves,
Mille foupirs, mille langueurs ,
Enfin vous connoftrèz partant & tantde
preuves,
Que vous caufez tous mes malheurs,
Et que c'est pour vous queje meurs.
Tandis que ma douleur & fidelle & cachés
du Mercure Galant. 309
Fera mon plus cher entretien,
Senfible à la pitié, de tant de maux touchée,
M'aimerez-vous? Je n'en crois rien.
83
Quand on aime beaucoup une Beautéfevere,
Le plus dur des tourmens c'eft de voirun
Rival
Ecouté d'une autre maniere ;
Quipeut voircelafans colere,.
Sans eftre jaloux, aime mal .
Lors que je vous verray, pour augmenter
mapeine,
Au préjudice de mes droits,
De quelque jeune Amantfaire unindigne
choix,
Injufte, infenfible, inhumaine ,
Vous aimeray -je ? je le crois.
03
S'il arrivoit, pour me vanger.
De ce choix cruel & perfage,
Que cet Amant foible & leger
De fon coeur à quelque autre allaſt faire
un hommage,
LO
Extraordinaine
Cet amourinconftant , fi diférent du mien,
Feroit ilfaireau voftre un retour équi
JUTNEZ AJ Я02 323
Erimi voj autfidello ansantque miférable,
27 44'aimerez- vouse, Je m'en crois rieniup
, sados 3D vz15 ]
Maisde mon tristefort pourquoyfaireun
Probléme?
En vain j'en ferois alarme, I
Voftre coeur eft injufte , & le mien eft
-3 charme; alit acitflegetai
Tris, c'est bien affez pour decider vouseve
Drivemeſme,
Et conclurre que je vous aime
Sans espérance d'eftre aimé...
1
DECIDEllias
ENNY cik inot 2102 36 trat jmp THOI
Oin de pausje languis
&
Fe fuis bien par tout où vous etes
Auprés de vous, Iris, de mes plus triftes
jours
Jefais mes plaiſirs & mesfestess
Waftre taille, voftre air, le fon de vostre
voix,
Ont jo-ne-feay-quoy qui m'enchante:
Jefens naiſtre enmon coeur d'abord que je
carrulyvous vois,
Une tendreffe languiffante
Qui me réduit prefque aux aboier
Ah! pour peu que cela s'augmente,
Vous aimeray-je ? Je le cross
Jefçais qu'un Homme de mon ages
Qui prétend de toucheruncoeur,
Rarement de ce badinage.
Se peut tireravec honneur..
C.c.ij
308 Extraordinaire
Vous me verrez tendre & fidelle,
Languiffant, abatu , malheureux comme
un Chien,
Et cependant, jeune Rebelle,
***M*aimerez-vous ? Je n'en crois rien.
Hélas! anfortde ma tendreffe
Je verray mille Amans de vos appas épris,
Goguenarderfur ma vieilleffe,
Et railler de mes cheveux gris.
Peut- eftre encor, pour croistre monfup .
plice,
Leurferez- vous un facrifice
Des foins de mon amour, cruelle? Et tou
tefois
Ŝ
Malgré cette extréme injuſtice,'
Vous aimeray-je ? Je le crois.
Après mille dures épreuves,
Mille foupirs, mille langueurs ,
Enfin vous connoftrèz partant & tantde
preuves,
Que vous caufez tous mes malheurs,
Et que c'est pour vous queje meurs.
Tandis que ma douleur & fidelle & cachés
du Mercure Galant. 309
Fera mon plus cher entretien,
Senfible à la pitié, de tant de maux touchée,
M'aimerez-vous? Je n'en crois rien.
83
Quand on aime beaucoup une Beautéfevere,
Le plus dur des tourmens c'eft de voirun
Rival
Ecouté d'une autre maniere ;
Quipeut voircelafans colere,.
Sans eftre jaloux, aime mal .
Lors que je vous verray, pour augmenter
mapeine,
Au préjudice de mes droits,
De quelque jeune Amantfaire unindigne
choix,
Injufte, infenfible, inhumaine ,
Vous aimeray -je ? je le crois.
03
S'il arrivoit, pour me vanger.
De ce choix cruel & perfage,
Que cet Amant foible & leger
De fon coeur à quelque autre allaſt faire
un hommage,
LO
Extraordinaine
Cet amourinconftant , fi diférent du mien,
Feroit ilfaireau voftre un retour équi
JUTNEZ AJ Я02 323
Erimi voj autfidello ansantque miférable,
27 44'aimerez- vouse, Je m'en crois rieniup
, sados 3D vz15 ]
Maisde mon tristefort pourquoyfaireun
Probléme?
En vain j'en ferois alarme, I
Voftre coeur eft injufte , & le mien eft
-3 charme; alit acitflegetai
Tris, c'est bien affez pour decider vouseve
Drivemeſme,
Et conclurre que je vous aime
Sans espérance d'eftre aimé...
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Résumé : PROBLEME : AMOUREUX DECIDÉ.
L'auteur d'une lettre poétique exprime ses tourments amoureux. Il admire profondément la beauté et les qualités de la personne aimée, ressentant une tendresse langoureuse en sa présence. Il doute de la réciprocité de ses sentiments, craignant que son âge et son apparence ne le rendent ridicule face à des rivaux plus jeunes. Malgré ces inquiétudes, il affirme sa détermination à continuer à aimer, même face à l'injustice et aux moqueries. Il anticipe la douleur de voir un rival préféré, mais reste convaincu de son amour. La lettre se conclut par une acceptation résignée de son sort, reconnaissant que son cœur est charmé malgré l'absence d'espoir de réciprocité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 169-176
EGLOGUE.
Début :
Bergers qui craignez la peine, [...]
Mots clefs :
Églogue, Berger, Languir, Plaisir, Beauté
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texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
E G LOG U E.
BErgers qui craignez la
peine,
Les rigueurs, & les mes-
,
pris;
Gardez de porter la chais
ne
De la ifere Amarillis :
Que peut-on attendre
d'elle
Si pour la tendre Tirfis
Elle est tousjours si cruelle,
Qu'au plus fort de son tourment
Il n'ose à cette inhumaine
Faire connoistre sa peine
-
Par un souspir seulement?
Estime,respect,ccndresse,
Tout l'offense
, tout la
.b!esîe,
Tout ce qui vient à sa Cour
Sous l'Etendart de l'Armour
, Est receu d'unairsevere,
Et le Berger a beau faire,
Elle le verra mourir
Sans se laisser attendrir.
Une ardeur sans esperance
Doitsignaler sa confiance.
Le malheureux! il voit
bien
Ce qu'il faudra qu'il endure
,
Mais un Amour sans mesure
Ne s'épouvante de rien;
Qu'Amarillis soit contente,
Que tout refponde à ses
voeux, Cet Amant qu'elle tourmente
Se croira tousjours heureux.
Dansl'excès de sa tendresse
Nul autre foin ne le presse;
Il voudroit dans son transport,
Il voudroit pour la Cruelle
Souffrir cent fois une mort,
Qui ladeust rendre immortelle.
S'il falloit, pour couronner
Ce cher objet de ses peines,
S'aller mettre dans les
chaisnes:
Nuls supplices,nullesgesnes
Ne le pourroient estonner.
Cependant, est-il possible?
Amarillisinsensible
Voit ces difcrettes langueurs
,
Sans modérer ses rigueurs.
La crainte respectueuse
De ce fidelle Berger,
Sa tendresse ingenieuse
Qui ne cesse de songer
A ce qui peut l'obliger,
Rien ne la sçauroit changer.
Tousjours sierc, & serieuse
Elle prend foin d'éviter
De le voir, de l'écouter:
Elle jouë avec Acante,
t Et rit avec Licidas;
Mais siTirsis se presente,
Atoutautrecomplaisante,
,
Elle ne l'écoute pas.
! De cette injuste malice
Quand pour demander justice
Il cherche de toutes parts
A rencontrer ses régards ;
L'inhumaine prévenuë
Du dessein de cet Amant,
Mesnage si bien sa veuë,
Qu'il la cherche vainement.
Lorsqu'il vient sur saMusette,
1
La plus douce du Hameau)
Entonner un Air nouveau)
Affectantd'estre distraire,
Elle écoute avec Lysette
Quelque grossier Chalumeau.
-
Quand il danse à quelque,
Feste
Tout s'approche, , tout s'arreste;
Elle feule avec dédain ,.
- M
S'esloigne, tourne la teste,
Et le trouve trop badin.
Combien de Fleurs respanduës
A sa porte, sous ses pas,
Soins inutiles, helas!
Cene font que Fleurs perduës
L'ingrate ) ne les voit pas.
Dans cetterigueur extrême
Conserver pour ce qu'on
aime
Tousjours le mesme penchant,
Est-ilrien de si touchant?
Ce transportinconcevable
Dans un Siecle si gafil,
Est d'un prix inestimable,
Et cette fiere Beauté
N'en verra point de semblable.
Nous ne voyons plus d'Amants
A l'épreuve des tourments
, Le seul plaisir les engage,
& l'on blasme le Berger
Qui plustost que de changer,
Veut languir dans l'esclavage
, Et tel aujourd'huy charmé
Dés demain veut estre
, aimé.
BErgers qui craignez la
peine,
Les rigueurs, & les mes-
,
pris;
Gardez de porter la chais
ne
De la ifere Amarillis :
Que peut-on attendre
d'elle
Si pour la tendre Tirfis
Elle est tousjours si cruelle,
Qu'au plus fort de son tourment
Il n'ose à cette inhumaine
Faire connoistre sa peine
-
Par un souspir seulement?
Estime,respect,ccndresse,
Tout l'offense
, tout la
.b!esîe,
Tout ce qui vient à sa Cour
Sous l'Etendart de l'Armour
, Est receu d'unairsevere,
Et le Berger a beau faire,
Elle le verra mourir
Sans se laisser attendrir.
Une ardeur sans esperance
Doitsignaler sa confiance.
Le malheureux! il voit
bien
Ce qu'il faudra qu'il endure
,
Mais un Amour sans mesure
Ne s'épouvante de rien;
Qu'Amarillis soit contente,
Que tout refponde à ses
voeux, Cet Amant qu'elle tourmente
Se croira tousjours heureux.
Dansl'excès de sa tendresse
Nul autre foin ne le presse;
Il voudroit dans son transport,
Il voudroit pour la Cruelle
Souffrir cent fois une mort,
Qui ladeust rendre immortelle.
S'il falloit, pour couronner
Ce cher objet de ses peines,
S'aller mettre dans les
chaisnes:
Nuls supplices,nullesgesnes
Ne le pourroient estonner.
Cependant, est-il possible?
Amarillisinsensible
Voit ces difcrettes langueurs
,
Sans modérer ses rigueurs.
La crainte respectueuse
De ce fidelle Berger,
Sa tendresse ingenieuse
Qui ne cesse de songer
A ce qui peut l'obliger,
Rien ne la sçauroit changer.
Tousjours sierc, & serieuse
Elle prend foin d'éviter
De le voir, de l'écouter:
Elle jouë avec Acante,
t Et rit avec Licidas;
Mais siTirsis se presente,
Atoutautrecomplaisante,
,
Elle ne l'écoute pas.
! De cette injuste malice
Quand pour demander justice
Il cherche de toutes parts
A rencontrer ses régards ;
L'inhumaine prévenuë
Du dessein de cet Amant,
Mesnage si bien sa veuë,
Qu'il la cherche vainement.
Lorsqu'il vient sur saMusette,
1
La plus douce du Hameau)
Entonner un Air nouveau)
Affectantd'estre distraire,
Elle écoute avec Lysette
Quelque grossier Chalumeau.
-
Quand il danse à quelque,
Feste
Tout s'approche, , tout s'arreste;
Elle feule avec dédain ,.
- M
S'esloigne, tourne la teste,
Et le trouve trop badin.
Combien de Fleurs respanduës
A sa porte, sous ses pas,
Soins inutiles, helas!
Cene font que Fleurs perduës
L'ingrate ) ne les voit pas.
Dans cetterigueur extrême
Conserver pour ce qu'on
aime
Tousjours le mesme penchant,
Est-ilrien de si touchant?
Ce transportinconcevable
Dans un Siecle si gafil,
Est d'un prix inestimable,
Et cette fiere Beauté
N'en verra point de semblable.
Nous ne voyons plus d'Amants
A l'épreuve des tourments
, Le seul plaisir les engage,
& l'on blasme le Berger
Qui plustost que de changer,
Veut languir dans l'esclavage
, Et tel aujourd'huy charmé
Dés demain veut estre
, aimé.
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Résumé : EGLOGUE.
Le poème relate la souffrance de Tirsis, un berger épris d'Amarillis, une femme cruelle et insensible. Tirsis endure en silence ses tourments, incapable de révéler sa peine à Amarillis, qui reste sévère et indifférente à ses avances. Malgré les rigueurs et les mépris d'Amarillis, Tirsis continue d'espérer et de souffrir pour elle, prêt à endurer n'importe quelle épreuve pour la rendre heureuse. Amarillis, cependant, évite Tirsis, préférant la compagnie d'autres bergers comme Acante et Licidas. Elle ignore les marques d'affection de Tirsis, ne l'écoute pas et ne voit pas les fleurs qu'il lui offre. Le poème souligne la constance et la profondeur de l'amour de Tirsis, contrastant avec l'ingratitude et la dureté d'Amarillis. Il met en lumière la rareté des amours capables de résister aux tourments dans une époque où les sentiments sont souvent éphémères.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 76-80
ECHO CANTATE. Par M. de la Motte.
Début :
M. l'Abbé de Pons ayant bien voulu s'avoüer Auteur / Envain la jeune Echo, soûpire pour Narcisse ; [...]
Mots clefs :
Narcisse, Écho, Désir, Nymphe, Amour, Charmes, Peine, Repos, Languir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ECHO CANTATE. Par M. de la Motte.
M. l'Abbé de Pons ayant
bien voulu s'avouer Auteur de
la Differtation précedente , je
crois que M. de la Motte ne
trouvera pas mauvais que je
révéle ici que la Cantate fuivante
eft de fa façon .
ECHO CANTATE,
Par M. de la Motte.
Nvain la jeune Echo , fodpire pour
E Narciffe ;
Invain au fonds des Bois elle court le chercher
i
L'ingrat fouffre qu'elle languiffe
Et les plus tendres foins ne fçauroient
le toucher.
MERCURE . 77
Partout une tendreffe extrême ,
Attache la Nymphe à ſes pass
Elle hait ce qu'il hait , elle aime ce qu'il
aime';
Le goût de fon Berger , préte à tout mille
appas .
S'il court dans les Forêts , où la chaffe
l'attire
Elle imite le bruit dn Cor ;
S'il touche le Hautbois , la Nymphe qui
l'admire
Sçait lui rendre acord pour acord
Quand du ſon defaflure il enchante Zephire
Alle en read tous les fons,mais plus tendre
cacor,
Bravant l'amour & fon empire
It trop charmé defon repos ,
Un jour l'indifferent s'exprimoit en ces
mots.
En vain tu fais partout triompher ta puife
fance ,
78 LE NOUVEAU
Amour tu ne peux rien fur moi ,
Aimable paix des Coeurs , tranquille indifference
,
Je jure de n'aimer que toi.
Malgré le défefpoir où ce ferment la jette ,
Echolui donne encore fa foi ;
Et de fes chants ingrats la Nymphe lui
repete.
Je jure de n'aimer que toi .
Echo devient plus tendre , & plait moins
chaque jour ,
Elle fuccombe à fon deftin funefte
Et du peu de voix qui lui refte.
Elle preffe le Ciel de vanger fon amour.
A
J'ai langui pour un infenfible ;
Ilavů mes honteux défirs
Son indifférence inflexible
Ift le feul prix de mes foupirs.
SirJe n'écoute plus que la haine
20
C
엘
Paifque mon amour ne peut rien.
1:
Dieux , juftes Dieux , vangés ,
ma peine
Par un fupplice égal au mien .
MERCURE. 79
Ses voeux font exaucez : Au bord d'une
Fontaine ,
Narciffe en ce moment , goutoit un doux
repos.
De lui-même une image vaine
Se préfente à lui fous les flots .
Cette beauté l'enchante , avec trouble il
l'adore ;
Il fent naitre en fon coeur des tranſports
inconnus
Illanguit , il brûle , il fou pire ,
Tout plein de cette image , il ne fe connoît
plus.
Veut - il embraffer ce qu'il aime ,
L'eau fe trouble , & l'image fuit ;
Quand elle reparoît , fon plaifir eft extrême
;
En s'approchant encor , fon efpoir fe détruit,
80 LE NOUVEAU
Toujours féparé de lui- même ,
Il s'échappe fans ceffe , & toujours fe
pourſuit.
De moment en moment , dans les veines
a'allume
Un feu qui lui coute le jour ,
De ſes défirs'trahis , la flammeṛle confume ;
Il meurt enfin de douleur & d'amour.
Echo méme gémit d'un ficruel martyre:
J'expire , dit Narciffe
Echo répond
j'expire.
Vole Amour , étend ta puiſſances
Mais n'éxerce point tes rigueurs ,
De cha-que trait que ta main lancel
Bleffe , & charme toujours deux cours.
Amants que l'Amour récompenfe ,
Vos défirs font des biens charmants ,
Mais les défirs fans l'efperance ,
Sont le plus affreux des tourments .
bien voulu s'avouer Auteur de
la Differtation précedente , je
crois que M. de la Motte ne
trouvera pas mauvais que je
révéle ici que la Cantate fuivante
eft de fa façon .
ECHO CANTATE,
Par M. de la Motte.
Nvain la jeune Echo , fodpire pour
E Narciffe ;
Invain au fonds des Bois elle court le chercher
i
L'ingrat fouffre qu'elle languiffe
Et les plus tendres foins ne fçauroient
le toucher.
MERCURE . 77
Partout une tendreffe extrême ,
Attache la Nymphe à ſes pass
Elle hait ce qu'il hait , elle aime ce qu'il
aime';
Le goût de fon Berger , préte à tout mille
appas .
S'il court dans les Forêts , où la chaffe
l'attire
Elle imite le bruit dn Cor ;
S'il touche le Hautbois , la Nymphe qui
l'admire
Sçait lui rendre acord pour acord
Quand du ſon defaflure il enchante Zephire
Alle en read tous les fons,mais plus tendre
cacor,
Bravant l'amour & fon empire
It trop charmé defon repos ,
Un jour l'indifferent s'exprimoit en ces
mots.
En vain tu fais partout triompher ta puife
fance ,
78 LE NOUVEAU
Amour tu ne peux rien fur moi ,
Aimable paix des Coeurs , tranquille indifference
,
Je jure de n'aimer que toi.
Malgré le défefpoir où ce ferment la jette ,
Echolui donne encore fa foi ;
Et de fes chants ingrats la Nymphe lui
repete.
Je jure de n'aimer que toi .
Echo devient plus tendre , & plait moins
chaque jour ,
Elle fuccombe à fon deftin funefte
Et du peu de voix qui lui refte.
Elle preffe le Ciel de vanger fon amour.
A
J'ai langui pour un infenfible ;
Ilavů mes honteux défirs
Son indifférence inflexible
Ift le feul prix de mes foupirs.
SirJe n'écoute plus que la haine
20
C
엘
Paifque mon amour ne peut rien.
1:
Dieux , juftes Dieux , vangés ,
ma peine
Par un fupplice égal au mien .
MERCURE. 79
Ses voeux font exaucez : Au bord d'une
Fontaine ,
Narciffe en ce moment , goutoit un doux
repos.
De lui-même une image vaine
Se préfente à lui fous les flots .
Cette beauté l'enchante , avec trouble il
l'adore ;
Il fent naitre en fon coeur des tranſports
inconnus
Illanguit , il brûle , il fou pire ,
Tout plein de cette image , il ne fe connoît
plus.
Veut - il embraffer ce qu'il aime ,
L'eau fe trouble , & l'image fuit ;
Quand elle reparoît , fon plaifir eft extrême
;
En s'approchant encor , fon efpoir fe détruit,
80 LE NOUVEAU
Toujours féparé de lui- même ,
Il s'échappe fans ceffe , & toujours fe
pourſuit.
De moment en moment , dans les veines
a'allume
Un feu qui lui coute le jour ,
De ſes défirs'trahis , la flammeṛle confume ;
Il meurt enfin de douleur & d'amour.
Echo méme gémit d'un ficruel martyre:
J'expire , dit Narciffe
Echo répond
j'expire.
Vole Amour , étend ta puiſſances
Mais n'éxerce point tes rigueurs ,
De cha-que trait que ta main lancel
Bleffe , & charme toujours deux cours.
Amants que l'Amour récompenfe ,
Vos défirs font des biens charmants ,
Mais les défirs fans l'efperance ,
Sont le plus affreux des tourments .
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Résumé : ECHO CANTATE. Par M. de la Motte.
L'Abbé de Pons reconnaît être l'auteur d'une différentiation antérieure. Il précise que la cantate suivante est de M. de la Motte. Cette cantate narre l'histoire d'Écho, une nymphe éprise de Narcisse. Écho tente sans succès de séduire Narcisse, qui reste insensible à ses avances. Narcisse exprime son souhait de rester indifférent et paisible, mais Écho persiste à lui déclarer son amour. Désespérée, Écho implore les dieux de venger son amour non partagé. Sa prière est entendue : Narcisse voit son reflet dans une fontaine et s'en éprend. Chaque tentative d'embrasser son reflet échoue, le plongeant dans une souffrance intolérable. Narcisse meurt de douleur et d'amour. Écho, partageant sa peine, expire également. La cantate se termine par une réflexion sur les tourments des désirs amoureux sans espoir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 63
CHANSON.
Début :
DOIS-JE t'aimer encore, [...]
Mots clefs :
Aimer, Haïr, Languir
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON...
DOIS-JE t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Depuis que je t'adore ,
Je ne fais que languir.
Dois-je t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Les appas de Climene
Auront fçu t'aveugler ;
Cruel , de chaîne en chaîne ,
Tu te plais à voler !
Toi que mon coeur implore ,
Dis -moi , Dieu du plaifir ,
Dois-je l'aimer encore ,
Ou dois-je le hair ?
Les Paroles & la Mufique , font de M.
CUMINAL , de Montpellier.
DOIS-JE t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Depuis que je t'adore ,
Je ne fais que languir.
Dois-je t'aimer encore ,
Ou dois-je te hair ?
Les appas de Climene
Auront fçu t'aveugler ;
Cruel , de chaîne en chaîne ,
Tu te plais à voler !
Toi que mon coeur implore ,
Dis -moi , Dieu du plaifir ,
Dois-je l'aimer encore ,
Ou dois-je le hair ?
Les Paroles & la Mufique , font de M.
CUMINAL , de Montpellier.
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