Résultats : 6 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 86-87
Remerciment d'une bourse, faite & donnée par une même main à l'auteur, pour s'être acquitté d'une commission. A FLORISE. Madrigal.
Début :
Je suis par ce present trop payé de ma course ; [...]
Mots clefs :
Bourse, Financier, Caisse, Minerve, Vénus, Plutus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remerciment d'une bourse, faite & donnée par une même main à l'auteur, pour s'être acquitté d'une commission. A FLORISE. Madrigal.
Remerciment d'une bourse,
faite & donnée par une
même main àl'auteur, pour
s'être acquittéd'une cornmission.
A FLORISE.
Madrigal.
J E fuis parce present trop
payé de ma course;
L'ouvrage est de Minerve,
6c le don de Venus.
Est-il un Financier du midi
jusqu'à l'ourse,
Dont la caisse, les gains,
les rentes vaillent
plus?
Ah!sans puiser comme eux
dans la brillante
source
D'où coulent les tresors du
tout-puissant Plutus,
Je crois être, avec cette
bourse,
Cent fois plus riche que
Cresus.
faite & donnée par une
même main àl'auteur, pour
s'être acquittéd'une cornmission.
A FLORISE.
Madrigal.
J E fuis parce present trop
payé de ma course;
L'ouvrage est de Minerve,
6c le don de Venus.
Est-il un Financier du midi
jusqu'à l'ourse,
Dont la caisse, les gains,
les rentes vaillent
plus?
Ah!sans puiser comme eux
dans la brillante
source
D'où coulent les tresors du
tout-puissant Plutus,
Je crois être, avec cette
bourse,
Cent fois plus riche que
Cresus.
Fermer
Résumé : Remerciment d'une bourse, faite & donnée par une même main à l'auteur, pour s'être acquitté d'une commission. A FLORISE. Madrigal.
L'auteur remercie Florise pour une bourse reçue, fruit de l'effort intellectuel et de la générosité. Il compare sa richesse actuelle à celle de Crésus, affirmant être cent fois plus riche grâce à cette bourse, valorisée non par des trésors matériels mais par sa valeur intrinsèque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 1034-1039
L'AMOUR ET PLUTUS, POEME. Par M. Cavaliés, de Montpellier, Avocat à la Cour des Aydes de la même Ville.
Début :
Muse, raconte moi par quel destin contraire, [...]
Mots clefs :
Amour, Plutus, Muse, Tyran des cœurs, Candeur, Pactole, Regard téméraire, Richesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR ET PLUTUS, POEME. Par M. Cavaliés, de Montpellier, Avocat à la Cour des Aydes de la même Ville.
L'AMOUR ET PLUTUS ,
POEM E.
Par M. Cavaliés , de Montpellier , Avocat
à la Cour des Aydes de la même Ville.
Muse , raconte moi par- quel destin contraire ,
Plutus malgré l'Amour s'empara de Cythere ,
Et vrai tyran des coeurs dans son funeste emploi
Leur fit de s'enrichir une suprême loi .
Jadis avec l'Amour , avec ce Maître aimable
La Terre entretenoit un commerce agréable ;
Il en fit un séjour charmant , délicieux ,
Pour elle il dédaignoit la demeure des Cieux.
Sans contraindre les coeurs à changer de nature ,
Par
MAY. 1731.
1035
Par la simple équité , par l'exacte droiture ,
Il n'en fit que regler les secrets mouvemens,
Ses volontez étoient les Loix des premiers tems ;
Les Belles consultant le cristal d'une eau claire ,
Epioient leurs attraits et ne vouloient que plaire ,
Par son éclat encor , un métal odieux ,
N'avoit point fasciné ni leurs coeurs ni leur yeux;
Le respect , la candeur , la constante tendresse ,
D'un Amant jusqu'alors composoient la finesse.
Les Belles se rendoient à d'innocens vainqueurs.
Tems heureux ! où les coeurs étoient le prix des
coeurs.
Tel étoit le bonheur d'une innocente vie ,
Et rien n'en alteroit la parfaite harmonie ;
Quand Plutus contemplant du celeste Lambris ,
L'Empire fortuné de l'enfant de Cypris :
Jusqu'à quand l'Univers , dit- il , plein de colere ,
Subira t'il donc le joug d'un jeune témeraire ?
Le plus petit des Dieux, en usurpant mes droits ,
Aux crédules Mortels imposera des loix !
Mais son triomphe est vain et ma gloire exposée ,
Trouve dans mes trésors une ressource aisée ;
Assez et trop long-tems sans culte et sans Autels,
Je ne fus regardé que comme un des Mortels.
Il faut à notre tour que l'on nous rende hommage.
Désormais dans leurs eaux le Pactole et le Tage ,
Ne feront plus rouler d'inutiles trésors ,
Et
1036 MERCURE DE FRANCE.
Et bien - tôt les Mortels , à l'envi sur leurs bords ,
Méprisant de l'Amour tous les bienfaits stériles ,
Viendront cueillir des biens plus surs et plus
utiles.
>
Il appelle à ces mots , pour servir sa fureur ,
L'infame trahison à l'oeil sombre et trompeur ,
L'orgueil , l'ambition au regard témeraire ,
L'ardente soif du gain , l'interêt mercenaire ,
L'artifice flateur au langage affecté ,
L'usure au front d'airain , le parjure effronté ,
`Et l'avarice enfin mere de tous les crimes ;
Ces Monstres odieux des plus profonds abîmes ;
Du Dieu leur Souverain entendirent la voix
Et l'Univers les vit pour la premiere fois.
La terre s'en émut , étonnée , éperduë ,
La Nature trembla , frémit à cette vûë ,
La lumiere pâlit , l'air en fut infecté.
A leur aspect le Dieu lui- même épouventé ,
Pour en cacher l'horreur à la Terre éplorée ,
Répandit sur leurs traits une couche dorée.
Hélas ! sous ce vernis jusqu'alors inconnu ,
Le crime cût à nos yeux l'éclat de la vertu .
Enfin Plutus suivi de ce cortege étrange ,
Et chargé des trésors et de l'Inde et du Gange ,
Se presente aux Humaius et leur tient ce discours.
Ovous , foibles Mortels , esclaves des Amours
C'est pour romprc vos fers qu'une Troupe immortelle,
Vient
MAY. 1731 .
1037
Vient donner à la terre une face nouvelle.
Gouterez-vous toujours une insipide paix ?
Le Carquois d'un Enfant remplit - il vos souhaits ?
Sous l'espoir d'un plaisir que suivent mille
peines ,
Ignorez - vous encor qu'il vous charge de
chaînes ?
Reconnoissez ma voix ; le plus riche des Dieux,
Suivi de ses trésors , Plutus vient en ces lieux.
J'en bannis à jamais l'inutile tendresse ;
J'amene le plaisir , j'amene la richesse ,
Vous me verrez bien- tôt , secondant vos desseins
,
Répandre mes bienfaits sur vous à pleines
mains .
Il dit et dans les coeurs son langage perfide ,
A son gré fait couler un poison homicide ,
De ce fatal poison les Mortels enyvrez ,
Aux folles passions dès - lors furent livrez.
Le desir d'acquerir s'établit à Cythére ,
La richesse aux Humains apporta la misere ;
Et l'avide interêt vainqueur de l'Univers ,
Combattit la raison et la mit dans les fers .
Cependant Cupidon méprisé sur la terre ,
S'envole et prend l'essor vers le Dieu du Tonnerre.
Puissant pere , dit - il , des hommes et des Dieux ,
Sur l'Enfant de Cipris , daigne jetter les yeux.
Détourne les malheurs qu'un Dieu jaloux m'apprête
,
rc38 MERCURE DE FRANCE
Plutus m'ose des coeurs disputer la conquête ,
Tu vois, par son éclat les Mortels éblouis ,
Ne rendre qu'à lui seul des honneurs inoüis.
Non , jamais ces ingrats , cette race infidele ,
Ne fit pour m'honorer éclater tant de zele.
Les desirs effrenez , et les voeux criminels ,
Les conduisent en foule au pied de ses Autels.
Là , parmi les horreurs , le trouble , les allarmes ,
D'un métal à leurs yeux , il fait briller les char
mes.
Là l'Avare à son gré se repaît , s'assouvit ,
Et fait provision d'un bien qui l'asservit ;
En vain je cherchois sur la terre un azile ;
La discorde a rendu mon Carquois inutile ;
En vain je l'ai vuidé pour rétablir la paix ;
Les coeurs avec dédain ont repoussé mes Traits.
Tu peux seul , Jupiter , rétablir mon Empire ;
Et la paix dans les coeurs que Plutus vient séduire
A ces mots Jupiter , le visage serain ,
Apprens , dit- il , Amour , les Arrêts du Destin ,
Les temps sont arrivez que , regnant sur la terre
Plutus doit la livrer au démon de la
guerre.
Déja peu satisfaits de tes dons bienfaisants ,
Les Mortels ont reçû ses funestes présens.
Ils adorent Plutus ; que Plutus les conduise ;
Et les comble d'un bien dont l'éclat les séduise .
Le crime qui grossit leurs coupables trésors
Te
M A Y.
1039 1731 .
Te vengera sur eux par les cuisans remords.
Pour toi, fils de Venus , regne dans l'Empirée ,
Regnes -y de concert avec l'aimable Astrée ;
Le Destin a fixé ton séjour dans les Cieux ,
Tu soumis les Mortels , tu soumettras les Dieux .
Depuis pour nous cacher notre propre esclavage,
Plutus prit de l'Amour la taille et le visage ,
Et s'armant de Traits d'or, et d'un Carquois doré,
Il asservit les coeurs , il en fut adoré ;
Mais qu'il a mal rempli leurs desirs trop avides ,
Plus ils sont pleins de lui , plus ils se trouvent
vuides ;
Accablez des trésors qu'ils ont tant demandez ,
Ils les possedent moins qu'ils n'en sont possedez.
POEM E.
Par M. Cavaliés , de Montpellier , Avocat
à la Cour des Aydes de la même Ville.
Muse , raconte moi par- quel destin contraire ,
Plutus malgré l'Amour s'empara de Cythere ,
Et vrai tyran des coeurs dans son funeste emploi
Leur fit de s'enrichir une suprême loi .
Jadis avec l'Amour , avec ce Maître aimable
La Terre entretenoit un commerce agréable ;
Il en fit un séjour charmant , délicieux ,
Pour elle il dédaignoit la demeure des Cieux.
Sans contraindre les coeurs à changer de nature ,
Par
MAY. 1731.
1035
Par la simple équité , par l'exacte droiture ,
Il n'en fit que regler les secrets mouvemens,
Ses volontez étoient les Loix des premiers tems ;
Les Belles consultant le cristal d'une eau claire ,
Epioient leurs attraits et ne vouloient que plaire ,
Par son éclat encor , un métal odieux ,
N'avoit point fasciné ni leurs coeurs ni leur yeux;
Le respect , la candeur , la constante tendresse ,
D'un Amant jusqu'alors composoient la finesse.
Les Belles se rendoient à d'innocens vainqueurs.
Tems heureux ! où les coeurs étoient le prix des
coeurs.
Tel étoit le bonheur d'une innocente vie ,
Et rien n'en alteroit la parfaite harmonie ;
Quand Plutus contemplant du celeste Lambris ,
L'Empire fortuné de l'enfant de Cypris :
Jusqu'à quand l'Univers , dit- il , plein de colere ,
Subira t'il donc le joug d'un jeune témeraire ?
Le plus petit des Dieux, en usurpant mes droits ,
Aux crédules Mortels imposera des loix !
Mais son triomphe est vain et ma gloire exposée ,
Trouve dans mes trésors une ressource aisée ;
Assez et trop long-tems sans culte et sans Autels,
Je ne fus regardé que comme un des Mortels.
Il faut à notre tour que l'on nous rende hommage.
Désormais dans leurs eaux le Pactole et le Tage ,
Ne feront plus rouler d'inutiles trésors ,
Et
1036 MERCURE DE FRANCE.
Et bien - tôt les Mortels , à l'envi sur leurs bords ,
Méprisant de l'Amour tous les bienfaits stériles ,
Viendront cueillir des biens plus surs et plus
utiles.
>
Il appelle à ces mots , pour servir sa fureur ,
L'infame trahison à l'oeil sombre et trompeur ,
L'orgueil , l'ambition au regard témeraire ,
L'ardente soif du gain , l'interêt mercenaire ,
L'artifice flateur au langage affecté ,
L'usure au front d'airain , le parjure effronté ,
`Et l'avarice enfin mere de tous les crimes ;
Ces Monstres odieux des plus profonds abîmes ;
Du Dieu leur Souverain entendirent la voix
Et l'Univers les vit pour la premiere fois.
La terre s'en émut , étonnée , éperduë ,
La Nature trembla , frémit à cette vûë ,
La lumiere pâlit , l'air en fut infecté.
A leur aspect le Dieu lui- même épouventé ,
Pour en cacher l'horreur à la Terre éplorée ,
Répandit sur leurs traits une couche dorée.
Hélas ! sous ce vernis jusqu'alors inconnu ,
Le crime cût à nos yeux l'éclat de la vertu .
Enfin Plutus suivi de ce cortege étrange ,
Et chargé des trésors et de l'Inde et du Gange ,
Se presente aux Humaius et leur tient ce discours.
Ovous , foibles Mortels , esclaves des Amours
C'est pour romprc vos fers qu'une Troupe immortelle,
Vient
MAY. 1731 .
1037
Vient donner à la terre une face nouvelle.
Gouterez-vous toujours une insipide paix ?
Le Carquois d'un Enfant remplit - il vos souhaits ?
Sous l'espoir d'un plaisir que suivent mille
peines ,
Ignorez - vous encor qu'il vous charge de
chaînes ?
Reconnoissez ma voix ; le plus riche des Dieux,
Suivi de ses trésors , Plutus vient en ces lieux.
J'en bannis à jamais l'inutile tendresse ;
J'amene le plaisir , j'amene la richesse ,
Vous me verrez bien- tôt , secondant vos desseins
,
Répandre mes bienfaits sur vous à pleines
mains .
Il dit et dans les coeurs son langage perfide ,
A son gré fait couler un poison homicide ,
De ce fatal poison les Mortels enyvrez ,
Aux folles passions dès - lors furent livrez.
Le desir d'acquerir s'établit à Cythére ,
La richesse aux Humains apporta la misere ;
Et l'avide interêt vainqueur de l'Univers ,
Combattit la raison et la mit dans les fers .
Cependant Cupidon méprisé sur la terre ,
S'envole et prend l'essor vers le Dieu du Tonnerre.
Puissant pere , dit - il , des hommes et des Dieux ,
Sur l'Enfant de Cipris , daigne jetter les yeux.
Détourne les malheurs qu'un Dieu jaloux m'apprête
,
rc38 MERCURE DE FRANCE
Plutus m'ose des coeurs disputer la conquête ,
Tu vois, par son éclat les Mortels éblouis ,
Ne rendre qu'à lui seul des honneurs inoüis.
Non , jamais ces ingrats , cette race infidele ,
Ne fit pour m'honorer éclater tant de zele.
Les desirs effrenez , et les voeux criminels ,
Les conduisent en foule au pied de ses Autels.
Là , parmi les horreurs , le trouble , les allarmes ,
D'un métal à leurs yeux , il fait briller les char
mes.
Là l'Avare à son gré se repaît , s'assouvit ,
Et fait provision d'un bien qui l'asservit ;
En vain je cherchois sur la terre un azile ;
La discorde a rendu mon Carquois inutile ;
En vain je l'ai vuidé pour rétablir la paix ;
Les coeurs avec dédain ont repoussé mes Traits.
Tu peux seul , Jupiter , rétablir mon Empire ;
Et la paix dans les coeurs que Plutus vient séduire
A ces mots Jupiter , le visage serain ,
Apprens , dit- il , Amour , les Arrêts du Destin ,
Les temps sont arrivez que , regnant sur la terre
Plutus doit la livrer au démon de la
guerre.
Déja peu satisfaits de tes dons bienfaisants ,
Les Mortels ont reçû ses funestes présens.
Ils adorent Plutus ; que Plutus les conduise ;
Et les comble d'un bien dont l'éclat les séduise .
Le crime qui grossit leurs coupables trésors
Te
M A Y.
1039 1731 .
Te vengera sur eux par les cuisans remords.
Pour toi, fils de Venus , regne dans l'Empirée ,
Regnes -y de concert avec l'aimable Astrée ;
Le Destin a fixé ton séjour dans les Cieux ,
Tu soumis les Mortels , tu soumettras les Dieux .
Depuis pour nous cacher notre propre esclavage,
Plutus prit de l'Amour la taille et le visage ,
Et s'armant de Traits d'or, et d'un Carquois doré,
Il asservit les coeurs , il en fut adoré ;
Mais qu'il a mal rempli leurs desirs trop avides ,
Plus ils sont pleins de lui , plus ils se trouvent
vuides ;
Accablez des trésors qu'ils ont tant demandez ,
Ils les possedent moins qu'ils n'en sont possedez.
Fermer
Résumé : L'AMOUR ET PLUTUS, POEME. Par M. Cavaliés, de Montpellier, Avocat à la Cour des Aydes de la même Ville.
Le poème 'L'AMOUR ET PLUTUS' de M. Cavaliés, avocat à la Cour des Aydes de Montpellier, narre la prise de contrôle de Cythère, le domaine de l'Amour, par Plutus, le dieu de la richesse. Initialement, l'Amour gouvernait la Terre, favorisant des relations humaines harmonieuses et sincères. Les beautés cherchaient à plaire sans être influencées par la richesse matérielle. Cependant, Plutus, envieux du pouvoir de l'Amour, a introduit des valeurs telles que l'orgueil, l'ambition et l'avarice, corrompant ainsi les cœurs humains pour qu'ils préfèrent la richesse aux sentiments authentiques. L'Amour, délaissé, a sollicité l'aide de Jupiter. Ce dernier a révélé que le destin voulait que Plutus règne sur Terre et mène les hommes à la guerre. Jupiter a conseillé à l'Amour de régner dans l'Empyrée aux côtés d'Astrée. Depuis lors, Plutus a pris l'apparence de l'Amour pour asservir les cœurs, mais cette richesse ne satisfait pas les désirs humains, les laissant vides malgré l'abondance de trésors.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 2770-2773
TRIOMPHE DE PLUTUS. ODE.
Début :
C'est vainement que sur la terre, [...]
Mots clefs :
Plutus, Triomphe, Jupiter, Brillante folie, Adulateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRIOMPHE DE PLUTUS. ODE.
TRIOMPHE DE PLUTUS
O DE.
C'Est vainement que sur la terre
Jupiter , pour être adoré ,.
Tu fais entendre le Tonnerre
Tu n'en es pas plus réveré .
En vain tes rédoutables Freres
Arment contre des témeraires ,
Et les flots , et les sombres bords
L'homme brave votre puissance ,
Et n'implore que l'assistance
Du Dieu qui préside aux trésors.
Que Mars , pour tout remplir d'allarmes] .
Marche environné de Soldats.
Rien n'est plus foible que ses armes ,
Si Plutus ne les soutient pas.
Minerve , autrefois honorée ,
Est maintenant presqu'ignorée.
DECEMBRE 1731. 2778
Er voir ses Temples renversés.
Rome naissante , tes grands Hommes
Ne seroient au siécle où nous sommes
Que de celebres- insensés .
Qu'on dise que , pour la Patrie ,
Leur amour toujours indompté ,
Leur faisait immoler leur vie ,
Leurs enfans et leur liberté.
Antiques Héros d'Italie ,
Comme une brillante folie ,
Nous regardons vos plus hauts faits :
L'interêt de la République
N'est plus qu'un être chimerique ,
Qui n'excite point nós souhaits,
A ce Récit , fameuses ombres ,
De qui Plutus fut abhorré ,
Repassez les Rivages sombres ,
Pour voir comme il est adoré .
'Accourés , mais pour des prestiges
Ne prenés pas les grands prodiges
Qu'il fait éclatér à nos yeux.
Voyés comment , par sa puissance ,
Des gens sans vertu , sans naissance ,'
Sont devenus des demi-Dieux.
1. Vol
D iiij
ans
1
2772 MERCURE DE FRANCE
Dans les honneurs , dans les délices.
D'Adulateurs environnés ,
Ils triomphent sous ses auspices ;
Ils n'ont que des jours fortunés.
L'industrie en secrets féconde ,
Des fleuves fait remonter Ponde
Sur les monts qu'ils ont enrichiss
Toujours Bacchus , Flore et Pomone
Chez eux du Printemps , de l'Automne
Offrent les dons les plus exquis.
En leur faveur , Dieu des richesses ;
Que ne fais-tu pas en ce temps ?
Sans mérite , par tes largesses ,
Ils s'élevent aux plus hauts rangs .
* Si Themis contre eux prend les armes ;
Dès qu'ils sentent quelques allarmes ,
Tu sçais les mettre en sûreté.
Que peut leur faire sa vangeance ?
Quand tu veux , on voit sa balance
Prête à pancher de ton côté.
Qu'aux Mortels , le Dieu de Cyther
Ne vante plus ses traits vainqueurs ;
Plutus habile en l'art de plaire ,
Mieux que lui triomphe des coeurs
a. Vol.
Pow
DECEMBRE 1731. 2773.
Pour les allier , la Noblesse ,
L'Esprit , la beauté , la sagesse
Ne déterminent plus le choix :
Il est seul l'Arbitre suprême .
Et jusqu'auprès du Diadême ,
L'Hymen est soumis à ses loiz.
Vainement la stoïque Ecole
Condamne ses adorateurs ;
Chez nous sa morale frivole
Ne trouve plus de Sénateurs.
Quelle erreur de penser qu'Astrée ,
De chez les humains retirée ,
Puisse encore les rendre heureux ?
Ce Dieu qui la fit disparoître ,
Est le seul par qui l'on voit naître
Des siécles dignes de leurs voeux.
Par M. de Monfort l'Amaury.
O DE.
C'Est vainement que sur la terre
Jupiter , pour être adoré ,.
Tu fais entendre le Tonnerre
Tu n'en es pas plus réveré .
En vain tes rédoutables Freres
Arment contre des témeraires ,
Et les flots , et les sombres bords
L'homme brave votre puissance ,
Et n'implore que l'assistance
Du Dieu qui préside aux trésors.
Que Mars , pour tout remplir d'allarmes] .
Marche environné de Soldats.
Rien n'est plus foible que ses armes ,
Si Plutus ne les soutient pas.
Minerve , autrefois honorée ,
Est maintenant presqu'ignorée.
DECEMBRE 1731. 2778
Er voir ses Temples renversés.
Rome naissante , tes grands Hommes
Ne seroient au siécle où nous sommes
Que de celebres- insensés .
Qu'on dise que , pour la Patrie ,
Leur amour toujours indompté ,
Leur faisait immoler leur vie ,
Leurs enfans et leur liberté.
Antiques Héros d'Italie ,
Comme une brillante folie ,
Nous regardons vos plus hauts faits :
L'interêt de la République
N'est plus qu'un être chimerique ,
Qui n'excite point nós souhaits,
A ce Récit , fameuses ombres ,
De qui Plutus fut abhorré ,
Repassez les Rivages sombres ,
Pour voir comme il est adoré .
'Accourés , mais pour des prestiges
Ne prenés pas les grands prodiges
Qu'il fait éclatér à nos yeux.
Voyés comment , par sa puissance ,
Des gens sans vertu , sans naissance ,'
Sont devenus des demi-Dieux.
1. Vol
D iiij
ans
1
2772 MERCURE DE FRANCE
Dans les honneurs , dans les délices.
D'Adulateurs environnés ,
Ils triomphent sous ses auspices ;
Ils n'ont que des jours fortunés.
L'industrie en secrets féconde ,
Des fleuves fait remonter Ponde
Sur les monts qu'ils ont enrichiss
Toujours Bacchus , Flore et Pomone
Chez eux du Printemps , de l'Automne
Offrent les dons les plus exquis.
En leur faveur , Dieu des richesses ;
Que ne fais-tu pas en ce temps ?
Sans mérite , par tes largesses ,
Ils s'élevent aux plus hauts rangs .
* Si Themis contre eux prend les armes ;
Dès qu'ils sentent quelques allarmes ,
Tu sçais les mettre en sûreté.
Que peut leur faire sa vangeance ?
Quand tu veux , on voit sa balance
Prête à pancher de ton côté.
Qu'aux Mortels , le Dieu de Cyther
Ne vante plus ses traits vainqueurs ;
Plutus habile en l'art de plaire ,
Mieux que lui triomphe des coeurs
a. Vol.
Pow
DECEMBRE 1731. 2773.
Pour les allier , la Noblesse ,
L'Esprit , la beauté , la sagesse
Ne déterminent plus le choix :
Il est seul l'Arbitre suprême .
Et jusqu'auprès du Diadême ,
L'Hymen est soumis à ses loiz.
Vainement la stoïque Ecole
Condamne ses adorateurs ;
Chez nous sa morale frivole
Ne trouve plus de Sénateurs.
Quelle erreur de penser qu'Astrée ,
De chez les humains retirée ,
Puisse encore les rendre heureux ?
Ce Dieu qui la fit disparoître ,
Est le seul par qui l'on voit naître
Des siécles dignes de leurs voeux.
Par M. de Monfort l'Amaury.
Fermer
Résumé : TRIOMPHE DE PLUTUS. ODE.
Le texte 'Triumphes de Plutus' souligne la domination du dieu Plutus, associé à la richesse, sur les autres divinités et les valeurs traditionnelles. Jupiter, Mars et Minerve apparaissent impuissants face à la puissance de Plutus, qui soutient les armes et assure la prospérité. Les anciens héros de Rome et d'Italie sont perçus comme des insensés dans le contexte actuel, où l'amour pour la patrie est devenu illusoire. Plutus permet à des individus sans vertu ni naissance d'accéder à des positions élevées et de jouir de jours fortunés. L'industrie et les dieux des récoltes (Bacchus, Flore, Pomone) offrent leurs dons à ceux que Plutus favorise. Même la justice (Themis) et l'amour (le dieu de Cyther) sont subordonnés à Plutus, qui détermine les alliances et les mariages, y compris ceux proches du pouvoir royal. La morale stoïque est rejetée, et Plutus est vu comme le seul capable de créer des époques dignes des aspirations humaines. Le texte est signé par M. de Monfort l'Amaury et date de décembre 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 50-53
LES NOCES DE PLUTUS, CANTATE.
Début :
Travaillant nuit et jour, et calculant sans cesse, [...]
Mots clefs :
Dieu, Plutus, Coeur, Vieillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES NOCES DE PLUTUS, CANTATE.
LES NOCES DEPLUTUS;
CANTATE.
. Ravaillant nuit et jour. et calculant sana
cesse ,
Plutus a quoi quäccablé d’une longue vieil-f
5. lesse, ,
4' grossir ses trésors bornoit tous soe plais,’
strs ;
Insensible aux tendres desirs ,
_ Sans cesse on Pentendoit médite
De PAmour et de son Empire;
-Et PCSprÎt agité d’un orgucillcursouci.
,4 Un jour il ÿexprimoit ainsi_: .
i Perfide Enfant, Dieu de Citherc.
Qii sous les appels séduisans ,
D’unc volupté passagere .
Causes les maux les plus cuisans ,
En vain , ton Sot orgueil sc vante
D’avoir soumis et la Terre ‘e: les Cieux.‘
Je vois d’une ame indiEerentc
Tous res elforts audacieux ;
Mon trésor me plaît et mknchanteg
- De lui seul je suis amoureux, '
Contre moi ta rage imyuissante
r-‘v
' Lance
JANVIER. I735. 51
Lance en vain tes traits dangereux.
Àinsi du fier Plurus la langue satirique
sur PAmour se divertissoit ,
Lorsque ce Dieu ‘qui par hazard passoil
Entcndit son panegyrique; ‘
Vieil insensé , dit-il , transporté de couroux ,
Tu ne braveras pas plus long-tcms ma puise‘
sauce;
Ton coeur percé ale-mille coups
servira de victime à ma juste vengeance.
{l ces mots, dans sa main tenant un trait vaini
queur ,
Çonneis-moi mieux, dit-il , "cède au Dieu d!
_Citherc,
Si tu ne peux Paimer , du moins crains sa co-ë
1ere :
Le trait vole , et soudain il va frapper Il
coeur '
Du vieux Plutus trop témeraire ;
Il ressent tout à coup une amoureuse ara
«leur,
Dont il veut en vain se drfîendre ;
Malgré lui son coeur devient tendre,
Philis par hazard à ses yeux
Présente sa beauté naissante ;
Cette Belle aussi-tôt Penchante,‘
Et ne pouvant résister â ses feux ,
Il implore à son tour , quoique scxagenairç;
Le secours du Dieu de Cithctc , "
Je
3-2 MERCURE DE FRANCE
je te Êéde , dit-il , aimable Dieu dvimour",
Tu m’as soumis à ton Empire 5 ‘ ‘_
Heureux si ce: objet pour qui mon coeur sou
pire _
Me payoit d’un tendre retour !
Vous changez bien-tôt de langage,‘
Dit l’Amour , en riant, vous aimez â votre
âge a
Fi donc! sage Vieillard , fy! vous n’y pensez
pas 5
Vous imaginez-vous que de jeunes apas
‘Puissent devenir le partage
D’un Vieillard décrcpit tel que le Dieu Fine
tus ë
Non , tout Péclat de vos écus
Ne peut ricn sur VolrC Maîtresse ;
i
.
On aimera votre richesse; , .
‘Mais vous serez haï plus que la mort;
Philis sera pourtant unie à votre sort
Par les liens de PHymcnée ,
Mais , malheureux Plutus , quelle est ta destîg‘
née Î’
Je frémis en voyant les sujets de chagrin ,
Q1: pendant ton hymen vont naître dans ton‘
sein. '
Tout vieillard qui se marie ,
S’apprête un cruel ennui;
S’il choisit femme jolie ,
Çe choix n’est pas fait pour lui g
Tout
JANVIER. I733. 5}
Tout â coup la jalousie
Régie tous ses mouvemens 3
Tous les instans de sa vie
Sont des-instans de tourmens.
‘ La vieillesse a‘. la jeunesse
Ne peut jamais convenir ,
Plutus aura sa Maîtresse ,
Mais gare le repentir.
' ‘V. D. G.
CANTATE.
. Ravaillant nuit et jour. et calculant sana
cesse ,
Plutus a quoi quäccablé d’une longue vieil-f
5. lesse, ,
4' grossir ses trésors bornoit tous soe plais,’
strs ;
Insensible aux tendres desirs ,
_ Sans cesse on Pentendoit médite
De PAmour et de son Empire;
-Et PCSprÎt agité d’un orgucillcursouci.
,4 Un jour il ÿexprimoit ainsi_: .
i Perfide Enfant, Dieu de Citherc.
Qii sous les appels séduisans ,
D’unc volupté passagere .
Causes les maux les plus cuisans ,
En vain , ton Sot orgueil sc vante
D’avoir soumis et la Terre ‘e: les Cieux.‘
Je vois d’une ame indiEerentc
Tous res elforts audacieux ;
Mon trésor me plaît et mknchanteg
- De lui seul je suis amoureux, '
Contre moi ta rage imyuissante
r-‘v
' Lance
JANVIER. I735. 51
Lance en vain tes traits dangereux.
Àinsi du fier Plurus la langue satirique
sur PAmour se divertissoit ,
Lorsque ce Dieu ‘qui par hazard passoil
Entcndit son panegyrique; ‘
Vieil insensé , dit-il , transporté de couroux ,
Tu ne braveras pas plus long-tcms ma puise‘
sauce;
Ton coeur percé ale-mille coups
servira de victime à ma juste vengeance.
{l ces mots, dans sa main tenant un trait vaini
queur ,
Çonneis-moi mieux, dit-il , "cède au Dieu d!
_Citherc,
Si tu ne peux Paimer , du moins crains sa co-ë
1ere :
Le trait vole , et soudain il va frapper Il
coeur '
Du vieux Plutus trop témeraire ;
Il ressent tout à coup une amoureuse ara
«leur,
Dont il veut en vain se drfîendre ;
Malgré lui son coeur devient tendre,
Philis par hazard à ses yeux
Présente sa beauté naissante ;
Cette Belle aussi-tôt Penchante,‘
Et ne pouvant résister â ses feux ,
Il implore à son tour , quoique scxagenairç;
Le secours du Dieu de Cithctc , "
Je
3-2 MERCURE DE FRANCE
je te Êéde , dit-il , aimable Dieu dvimour",
Tu m’as soumis à ton Empire 5 ‘ ‘_
Heureux si ce: objet pour qui mon coeur sou
pire _
Me payoit d’un tendre retour !
Vous changez bien-tôt de langage,‘
Dit l’Amour , en riant, vous aimez â votre
âge a
Fi donc! sage Vieillard , fy! vous n’y pensez
pas 5
Vous imaginez-vous que de jeunes apas
‘Puissent devenir le partage
D’un Vieillard décrcpit tel que le Dieu Fine
tus ë
Non , tout Péclat de vos écus
Ne peut ricn sur VolrC Maîtresse ;
i
.
On aimera votre richesse; , .
‘Mais vous serez haï plus que la mort;
Philis sera pourtant unie à votre sort
Par les liens de PHymcnée ,
Mais , malheureux Plutus , quelle est ta destîg‘
née Î’
Je frémis en voyant les sujets de chagrin ,
Q1: pendant ton hymen vont naître dans ton‘
sein. '
Tout vieillard qui se marie ,
S’apprête un cruel ennui;
S’il choisit femme jolie ,
Çe choix n’est pas fait pour lui g
Tout
JANVIER. I733. 5}
Tout â coup la jalousie
Régie tous ses mouvemens 3
Tous les instans de sa vie
Sont des-instans de tourmens.
‘ La vieillesse a‘. la jeunesse
Ne peut jamais convenir ,
Plutus aura sa Maîtresse ,
Mais gare le repentir.
' ‘V. D. G.
Fermer
Résumé : LES NOCES DE PLUTUS, CANTATE.
Le texte 'Les Noces de Plutus' raconte l'histoire de Plutus, le dieu de la richesse, qui méprise l'amour et se consacre à l'accumulation de trésors. L'Amour, offensé par les propos de Plutus, décide de se venger en le rendant amoureux de Philis, une jeune femme. Plutus, malgré son âge avancé, implore l'aide de l'Amour pour conquérir Philis. L'Amour, amusé, lui répond que l'amour des jeunes ne peut être partagé par un vieillard. Philis accepte finalement d'épouser Plutus, mais l'Amour prévient ce dernier des tourments à venir. La jalousie et les tourments régiront sa vie, car la vieillesse et la jeunesse sont incompatibles. Plutus obtiendra sa maîtresse, mais devra affronter le repentir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5
p. 1125-1131
LE MÉPRIS DES RICHESSES. ODE. Qui a remporté le premier Prix à l'Académie des Jeux Floraux. Par M. Rainaud, de l'Oratoire, Préfet du College de Soissons.
Début :
Plutus, qui de nos coeurs avides, [...]
Mots clefs :
Plutus, Vol, Coeur, Coeurs, Désirs, Richesses, Plaisirs, Bonheur, Luxe, Académie des jeux floraux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MÉPRIS DES RICHESSES. ODE. Qui a remporté le premier Prix à l'Académie des Jeux Floraux. Par M. Rainaud, de l'Oratoire, Préfet du College de Soissons.
E MEPRIS DES RICHESSES.
ODE.
Qui a remporté le premier Prix à
l'Académie des Jeux Floraux .
Par M. Rainaud , de l'Oratoire , Préfet du
College de Soissons.
PLutus , qui de nos coeurs avides ;
Bannis les innocens plaisirs ,
I. Vol.
Dvj Jusqu'à
1126 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à quand tes trésors perfides ,
Irriteront- ils nos désirs ?
Jusqu'à quand irons-nous , par d'aveugles ma
ximes ,
D'un Encens criminel et du sang des Victimes >
Offrir l'hommage à tes Autels ?
Tes funestes présents, enfantent nos miséres ,
Et qui sçait mépriser ces biens imaginaires ,
Est le plus riche des Mortels..
C'est en vain que
粥
de l'Opulence ,
'Adorant l'Eclat suborneur ,
Dans le luxe et dans l'abondance ,
On met le suprême bonheur.
Contemplons ce Crésus , pour qui les Arts s'épuisent
,
Pour qui la Terre et l'Onde à l'envi reprodui—
sent ,
Tout ce qui peut combler ses voeux ;
Dans le sein des plaisirs qu'enfante la molesse ,
Ce superbe mortel , aux yeux de la sagesse,
N'est qu'un illustre malheureux.
Quels traits à ma vûë il décéle !
Des besoins , toujours renaissans ;
J'apperçois la Troupe cruelle,
1. Vol. Qui
JUIN. 1733. 11-27
Qui le rend Esclave des sens.
Que de pâles soucis ! que de mortelles® craintes !
Sous ses lambris dorez , j'entends les tristes plaintes
;
C'est peu , quel spectacle nouveau !
Implacable Vautour , dans sa tristesse extrême ,
Son coeur qui se déchire , est toujours de luimême
,
Et la Victime et le Bourrean.
Doux repos que l'homme désire ,
Heureuse Paix , charme des coeurs r
Tu n'établis pas ton Empire ,
Dans les fastueuses grandeurs.
Loin des Palais pompeux , que le Luxe envi
ronne ,
De ceux que nos respects accablent sur le Thrône
,
Tu fuis la haute Majesté ;
Et des coeurs sans désirs , délicieux partage ;
Tu vas sous l'humble toît , habité par le Sage
Assurer sa félicité.
諾
Là , des Trésors , à qui tout céde ,
II dédaigne les vains appas ;
Trop content de ce qu'il possede',
Il méprise ce qu'il n'a pas..
I. Vol A
T128 MERCURE DE FRANCE
1
A l'envie , aux soupçons toujours inacsessible ,
L'inquiete Avarice , à son bonheur paisible ;
Ne vient jamais mêler l'ennui ;
Soleil , tu ne vois rien , dont son coeur soit
avide ;
Trop heureux ! il jouit d'un trésor plus solide ,
Qu'il porte toujours avec lui.
Fidelle aux Loix de la nature ,
Et Souverain de ses désirs ,
Sans soins , sans trouble , sans murmure ,
Il goute de parfaits plaisirs.
Envain sur l'Ocean , s'élevent les Tempêtes ;
Les Foudres menaçans , qui grondent sur nos
têtes
,
Ne l'arrachent point au sommeil ;
Tranquille , il ne va point , affrontant les maufrages
,
De leurs riches métaux , dépoüiller des rivages,
Eclairez d'un autre Soleil.
粥
Aveugle et bizare * Déesse ,
Qui regles le sort des humains ,
Dont les Autels fument sans cesse ;
De l'encens que t'offrent leurs mains ,
Tes éclatans revers signalant ta puissance ,
* La Fortune.
1. Vel. Ne
JUIN . 1733 .
1129
Ne sçauroient de son ame , ébranler la constance
Il brave leurs vaines rigueurs ,
Que pourroit contre lui ton courroux infléxible
Tu ne fais qu'affermir son courage invincible ,
En multipliant ses malheurs
Mais Dieux ! quel spectacle m'étonne !
L'Orage fond sur ses Moissons ,
L'Air s'embraze , l'Olympe tonne ,
Les Vents ont forcé leurs prisons.
Des Aquilons fougueux la cohorte effrénée ;
Emporte avec les dons de Cérès consternée ;
Ceux de Pomone et de Bachus .
De regreter ces biens ne peut -il se deffendre ›
Non , non , son coeur tranquille , avoit sçû les
attendre ,
Et tranquile, il les a perdus.
*
Vous qu'une implacable furie ,
Retient sous un joug odieux ,
Ministres de sa barbarie ,;
Brisez ses fers injurieux .
Dans ces frêles trésors , vos cruelles délices ,
Vous trouvez vos tourmens
supplices.
* L'Avarice.
Vous trouvez vos
1. Vol.
Ardens
1130 MERCURE DE FRANCE
Ardens à vous tyranniser ;
Plus heureux , ce * Romain , dont la vertu constante
,
Préfére au vain éclat de l'or qu'on lui présente ,
La gloire de le mépriser.
柒
Heureux le monde en son Enfance ,
Où l'homme , maître de son coeur
Dans la paix et dans l'innocence
Trouvoit un solide bonheur !
y
Pomone , tes présens faisoient sa nourriture ;
Son corps d'un vil feuillage , empruntoit sa pa→
rure "
Modeste ouvrage de ses mains ;
Et toujours affranchi de la sombre tristesse ,
Il goutoit ces vrais biens qu'au sein de la mo→
lesse ,
Regretent encor les humains.
Revivez „ antiques Exemples ,
De l'active frugalité ;
Que nos coeurs ne soient plus les temples
D'une aveugle Divinité.
Etoufons , au mépris de ses vaines largesses ,
Les désirs effrénez , qu'enfantent les Richesses ,
Sources fécondes de nos maux ,
* Curius.
I. Vol. Ec
JUIN. 1733. - 1131
It bornant ces besoins d'où renaissent nos peines
,
Sur les débris du faste et des grandeurs humai
mes ,
Etablissons notre repos,
潞
Quantò quisque sibi plura negaverit ,
A dis plura feret.
រ
Horat. Ode 16. lib. 3 .
ODE.
Qui a remporté le premier Prix à
l'Académie des Jeux Floraux .
Par M. Rainaud , de l'Oratoire , Préfet du
College de Soissons.
PLutus , qui de nos coeurs avides ;
Bannis les innocens plaisirs ,
I. Vol.
Dvj Jusqu'à
1126 MERCURE DE FRANCE
Jusqu'à quand tes trésors perfides ,
Irriteront- ils nos désirs ?
Jusqu'à quand irons-nous , par d'aveugles ma
ximes ,
D'un Encens criminel et du sang des Victimes >
Offrir l'hommage à tes Autels ?
Tes funestes présents, enfantent nos miséres ,
Et qui sçait mépriser ces biens imaginaires ,
Est le plus riche des Mortels..
C'est en vain que
粥
de l'Opulence ,
'Adorant l'Eclat suborneur ,
Dans le luxe et dans l'abondance ,
On met le suprême bonheur.
Contemplons ce Crésus , pour qui les Arts s'épuisent
,
Pour qui la Terre et l'Onde à l'envi reprodui—
sent ,
Tout ce qui peut combler ses voeux ;
Dans le sein des plaisirs qu'enfante la molesse ,
Ce superbe mortel , aux yeux de la sagesse,
N'est qu'un illustre malheureux.
Quels traits à ma vûë il décéle !
Des besoins , toujours renaissans ;
J'apperçois la Troupe cruelle,
1. Vol. Qui
JUIN. 1733. 11-27
Qui le rend Esclave des sens.
Que de pâles soucis ! que de mortelles® craintes !
Sous ses lambris dorez , j'entends les tristes plaintes
;
C'est peu , quel spectacle nouveau !
Implacable Vautour , dans sa tristesse extrême ,
Son coeur qui se déchire , est toujours de luimême
,
Et la Victime et le Bourrean.
Doux repos que l'homme désire ,
Heureuse Paix , charme des coeurs r
Tu n'établis pas ton Empire ,
Dans les fastueuses grandeurs.
Loin des Palais pompeux , que le Luxe envi
ronne ,
De ceux que nos respects accablent sur le Thrône
,
Tu fuis la haute Majesté ;
Et des coeurs sans désirs , délicieux partage ;
Tu vas sous l'humble toît , habité par le Sage
Assurer sa félicité.
諾
Là , des Trésors , à qui tout céde ,
II dédaigne les vains appas ;
Trop content de ce qu'il possede',
Il méprise ce qu'il n'a pas..
I. Vol A
T128 MERCURE DE FRANCE
1
A l'envie , aux soupçons toujours inacsessible ,
L'inquiete Avarice , à son bonheur paisible ;
Ne vient jamais mêler l'ennui ;
Soleil , tu ne vois rien , dont son coeur soit
avide ;
Trop heureux ! il jouit d'un trésor plus solide ,
Qu'il porte toujours avec lui.
Fidelle aux Loix de la nature ,
Et Souverain de ses désirs ,
Sans soins , sans trouble , sans murmure ,
Il goute de parfaits plaisirs.
Envain sur l'Ocean , s'élevent les Tempêtes ;
Les Foudres menaçans , qui grondent sur nos
têtes
,
Ne l'arrachent point au sommeil ;
Tranquille , il ne va point , affrontant les maufrages
,
De leurs riches métaux , dépoüiller des rivages,
Eclairez d'un autre Soleil.
粥
Aveugle et bizare * Déesse ,
Qui regles le sort des humains ,
Dont les Autels fument sans cesse ;
De l'encens que t'offrent leurs mains ,
Tes éclatans revers signalant ta puissance ,
* La Fortune.
1. Vel. Ne
JUIN . 1733 .
1129
Ne sçauroient de son ame , ébranler la constance
Il brave leurs vaines rigueurs ,
Que pourroit contre lui ton courroux infléxible
Tu ne fais qu'affermir son courage invincible ,
En multipliant ses malheurs
Mais Dieux ! quel spectacle m'étonne !
L'Orage fond sur ses Moissons ,
L'Air s'embraze , l'Olympe tonne ,
Les Vents ont forcé leurs prisons.
Des Aquilons fougueux la cohorte effrénée ;
Emporte avec les dons de Cérès consternée ;
Ceux de Pomone et de Bachus .
De regreter ces biens ne peut -il se deffendre ›
Non , non , son coeur tranquille , avoit sçû les
attendre ,
Et tranquile, il les a perdus.
*
Vous qu'une implacable furie ,
Retient sous un joug odieux ,
Ministres de sa barbarie ,;
Brisez ses fers injurieux .
Dans ces frêles trésors , vos cruelles délices ,
Vous trouvez vos tourmens
supplices.
* L'Avarice.
Vous trouvez vos
1. Vol.
Ardens
1130 MERCURE DE FRANCE
Ardens à vous tyranniser ;
Plus heureux , ce * Romain , dont la vertu constante
,
Préfére au vain éclat de l'or qu'on lui présente ,
La gloire de le mépriser.
柒
Heureux le monde en son Enfance ,
Où l'homme , maître de son coeur
Dans la paix et dans l'innocence
Trouvoit un solide bonheur !
y
Pomone , tes présens faisoient sa nourriture ;
Son corps d'un vil feuillage , empruntoit sa pa→
rure "
Modeste ouvrage de ses mains ;
Et toujours affranchi de la sombre tristesse ,
Il goutoit ces vrais biens qu'au sein de la mo→
lesse ,
Regretent encor les humains.
Revivez „ antiques Exemples ,
De l'active frugalité ;
Que nos coeurs ne soient plus les temples
D'une aveugle Divinité.
Etoufons , au mépris de ses vaines largesses ,
Les désirs effrénez , qu'enfantent les Richesses ,
Sources fécondes de nos maux ,
* Curius.
I. Vol. Ec
JUIN. 1733. - 1131
It bornant ces besoins d'où renaissent nos peines
,
Sur les débris du faste et des grandeurs humai
mes ,
Etablissons notre repos,
潞
Quantò quisque sibi plura negaverit ,
A dis plura feret.
រ
Horat. Ode 16. lib. 3 .
Fermer
Résumé : LE MÉPRIS DES RICHESSES. ODE. Qui a remporté le premier Prix à l'Académie des Jeux Floraux. Par M. Rainaud, de l'Oratoire, Préfet du College de Soissons.
L'ode 'E Mepris des Richesses' de M. Rainaud, préfet du Collège de Soissons, a remporté le premier prix à l'Académie des Jeux Floraux. Ce texte critique la quête incessante des richesses matérielles, qualifiées de 'trésors perfides' qui irritent les désirs et engendrent des misères. Rainaud dénonce l'adoration de l'opulence et du luxe, illustrée par l'exemple de Crésus, un homme riche mais malheureux, esclave de ses besoins et de ses craintes. Selon l'ode, la véritable richesse réside dans le mépris des biens imaginaires et dans la paix intérieure, loin des fastes et des grandeurs. Le sage, content de ce qu'il possède, est inaccessible aux soucis et aux désirs, et jouit d'une tranquillité inébranlable face aux tempêtes et aux malheurs. L'ode appelle à briser les fers de l'avarice et à revenir à une vie simple et frugale, comme celle des hommes dans leur enfance, où le bonheur était solide et affranchi de la tristesse. Elle conclut par une citation d'Horace, soulignant que celui qui se refuse beaucoup de choses recevra beaucoup des dieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 1917-1918
A L'AUTEUR de l'Eloge de la Pauvreté. RONDEAU.
Début :
A votre avis ne point compter d'Ecus, [...]
Mots clefs :
Pauvreté, Avis, Plutus, Silence, Abondance, Opulence, Indigence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR de l'Eloge de la Pauvreté. RONDEAU.
A L'AUTEUR de l'Eloge de la
Pauvreté.
RONDE A U.
A Votre avis ne point compter d'Ecus ,
Etre réduit à quelques Carolus ,
N'avoir souvent de quoi remplir sa Pance ,
Vaut mieux que vivre au sein de l'opulence ;
Et partager les faveurs de Plutus.
Pour m'en convaincre , il ne faut rien de
plus ;
Mais bien des gens suivant l'antique abus ,
Préfereroient une honnête abondance ;
A votre avis.
Peut1918
MERCURE DE FRANCE.
Peut- être même , en butte à leurs rebus ,
Traiteroient-ils vos raisons de bibuss ;
Pour votre honneur, forcez- les au silence ,
Et par vertu , réduit à l'indigence ,
Ramenez - les plus touchez que confus
A votre avis.
REPONSE.
A mon avis , rouler sur les Ecus ,
A prix d'honneur gagner des Carolus ,
Six fois par jour pouvoir remplir sa pance ,
Sont des biens faux qu'apprête l'opulence ,
Aux favoris de l'aveugle Plutus.
Pour vous guérir , s'il ne faut rien de plus ;
C'est qu'avez yû le dangereux abus
De ceux qui vont préférant l'abondance
A mon avis.
Défiez - vous de leurs subtils rebus ;
Leurs vains conseils valent moins que Bibus
Le temps sçaura les forcer au silence ;
Lors , par état , réduits à l'indigence ,
Ils reviendront , de leur erreur confus ,
A mon avis.
Pauvreté.
RONDE A U.
A Votre avis ne point compter d'Ecus ,
Etre réduit à quelques Carolus ,
N'avoir souvent de quoi remplir sa Pance ,
Vaut mieux que vivre au sein de l'opulence ;
Et partager les faveurs de Plutus.
Pour m'en convaincre , il ne faut rien de
plus ;
Mais bien des gens suivant l'antique abus ,
Préfereroient une honnête abondance ;
A votre avis.
Peut1918
MERCURE DE FRANCE.
Peut- être même , en butte à leurs rebus ,
Traiteroient-ils vos raisons de bibuss ;
Pour votre honneur, forcez- les au silence ,
Et par vertu , réduit à l'indigence ,
Ramenez - les plus touchez que confus
A votre avis.
REPONSE.
A mon avis , rouler sur les Ecus ,
A prix d'honneur gagner des Carolus ,
Six fois par jour pouvoir remplir sa pance ,
Sont des biens faux qu'apprête l'opulence ,
Aux favoris de l'aveugle Plutus.
Pour vous guérir , s'il ne faut rien de plus ;
C'est qu'avez yû le dangereux abus
De ceux qui vont préférant l'abondance
A mon avis.
Défiez - vous de leurs subtils rebus ;
Leurs vains conseils valent moins que Bibus
Le temps sçaura les forcer au silence ;
Lors , par état , réduits à l'indigence ,
Ils reviendront , de leur erreur confus ,
A mon avis.
Fermer
Résumé : A L'AUTEUR de l'Eloge de la Pauvreté. RONDEAU.
Le texte relate une discussion entre deux interlocuteurs sur la préférence entre la pauvreté et l'opulence. Le premier interlocuteur soutient que vivre avec peu d'argent est préférable à une vie d'opulence. Il note que beaucoup de gens préféreraient une abondance honnête. Le second interlocuteur rétorque que les biens matériels et la richesse sont des faux avantages offerts par l'opulence. Il met en garde contre les dangers des conseils de ceux qui préfèrent l'abondance et invite à se méfier de leurs arguments. Selon lui, le temps prouvera la justesse de son point de vue, forçant les opposants à reconnaître leur erreur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer