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1
p. 61-80
Mort de la Soeur Anne de sainte Cecile, Religieuse de l'Abbaye de Port Royal des Champs, decedée dans le Monastere de Saint Julien d'Amiens. Cet Article est des plus touchants, & doit faire un extreme plaisir à ceux qui aiment la pureté de la Foy, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à un Article qui vous doit faire un extrême plaisir, [...]
Mots clefs :
Confesseur, Soeur Anne de sainte Cécile, Port Royal, Mort, Crucifix, Cardinal de Noailles
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texteReconnaissance textuelle : Mort de la Soeur Anne de sainte Cecile, Religieuse de l'Abbaye de Port Royal des Champs, decedée dans le Monastere de Saint Julien d'Amiens. Cet Article est des plus touchants, & doit faire un extreme plaisir à ceux qui aiment la pureté de la Foy, [titre d'après la table]
Je paffe à un Article quivous
doit faire un extrême plaifir ,
& quevous ne pourez lire fans
cftre attendrie , & fans verfer
de's larmes. Je vous l'envoye
de la maniere queje l'ay reçu.
Cet Article doit faire auffi
plaifir à tous ceux qui s'en font
de voir conferver la Foy dans
toute sa pureté.
La Sour Anne de Sainte Cecile Religieufe de l'Abbaye de
Port-Royal des Champs , eft morte
62 MERCURE
âgée de quatre- vingtfix ans dans
la Monaftere de S. Julien d'Amiens, duTiers-Ordre de S. François , où elle avoit efté releguéepar
ordre du Roy. Je crois que vous
ferez bien aife de fçavoir les circonftances de cette mort , qui a efté
édifiante confolante pour l'Eglife. Cette bonne Religieufe arriva à Amiens le 2. Novembre
dans un Caroffe, accompagnée d'unefemme qu'on avoit choisie pour
la fervir avec fa Compagne qui
a efté envoyée dans le Monaftere·
des Filles de la Vifitation de la
même Ville , où elle eftencore. Elle
defcendit à la grille dù Convent
CALANT 63
de Saint Julien , où elle reſta juf
qu'à ce que Mr l'Evêque d'Amiens eut envoyéfes ordres pour
lafaire entrer. LaReverende Mere ayant affemblé fes Diferetes
elle fut reçue , avec beaucoup de
cordialité ; elle fe jetta en entrant
auxpiedsde la Superieure , en luy
difant Voicy le lieu de mon
repos dans le fiecle des ficcles.
La Superieure l'ayant relevée
l'embraffa , ce que firent auffi les
autres Religieufes. Ayant demandé d'eftre conduite à l'Oratoire
elle s'y profterna la face contre terre, &adora le Saint Sacrement
dans cette pofture ; on la conduifit
64 MERCURE
enfuite dans la Cellule qui luy
avoit efté deftinée. Elle eftoit arrivée à midy & Mrl'Evêque qui
avoit efté voirfa Compagne l'aprefdinée , la vint voirfur lefoir,
Il la trouva occupée à rangerfa
petite Cellule & aprés l'avoirfait
affeoir auprés de luy , il luy parla
fort cordialement durant une de
mi-heure ,
manda, fi elle eftoit bien aife
de vivre privée des Sacremens
qu'elle ne recevoit plus depuis
deux années & de mourir dans
cer eftat , elle répondit que cette privation l'affligeoit beaucoup lorfqu'elle y penfoit. La
fur ce qu'il luy de-
"
GALANT 65
chofe ne fut pas plus loin alors.
Pendant les trois jours qu'elle a
efté en fanté dans cette Maifon les
Religieufes témoignent que tous
fes difcours eftoient tres- édifians
ne refpiroient que lapietés que
toutes fes actions eftoientfi regu-.
lieres accompagnées d'une fi
a
grande modeftie de tant dedouceur qu'elles infpiroient de la devotion ; fon exactitude àgarderfa
Regle animoit les autres Religieufes à garder la leur avec plus de
fidelite, fa religion dans l'Eglife , où ellepaffoit à fon age les
heures entieres à genoux devant
le faint Sacrement , l'auroit fait
•
Février 1710. F
66 MERCURE
regarder comme un Ange fi elley
avoit ajouté l'exemple d'une humble foumiffion aux Decifions de
l'Eglife . Trois jours aprésfon arrivée unefiévre violente avecune
flucion fur la poitrine l'attaqua
on en donna avis à Mrl'Evêque
parce qu'onjugea que cette maladieferoit mortelle. Illa vint voir
dans le moment & demeura un
quart d'heure auec elle. Le Confeffeur de la Maifon vint auffi
la vifiter le même jour par ordre
de ce Prelat, & pour la difpofer
à rendre à l'Eglife l'obeiffance
2 qu'elle luy devoir , il luy fit la
lecture d'un Livre que Mr l'EA
GALANT 67
vêque luy avoit remis fur ce fujet , dont elle parut fort ébranlée,fans pourtant vouloir encore
fe declarer , ce qui obligea le Confeffeurdefe retirer. Comme le mal
augmentoit que le temps preffoit , la Religienfe qui lagardoit,
dont la Lettre qu'elle a écrite
fur cela à Me l'Abbeffe de Port
Royal de Paris , nous a inftruit
de toutes ces circonftances. Cette
Religieufe , dis-je , infpirée d'enhaut l'a preffefurles deux heures
aprésmidydujourdevantfa mort,
de luy découvrir fes veritables
fentimens , en luy difant : Sera- til poffible, ma tres chere MeFij
68 MERCURE
re , que vous ne nous donniez
pas la confolation de vous voir
mourir fille obcillante de l'E
glife ; helas , répondit - elle , ma
chere Sœur, c'eft tout ce queje
defire, & fera- t-il dit qu'on me
laiffe fans Sacremens dans l'état où je fuis. La Religieufe luy
répondit que Mr l'Evêque n'avoit rien tant à cœur que de
luy accorder cette grace ,
qu'il ne le pouvoit faire que
lorfqu'elle auroit fatisfait à ce
que Mr le Cardinal de Noailles avoit demandé , qui eftoits
d'acquiefcer à la derniere Cons
ftitution du Papefur le fait de
mais
GALANT 69
Janfenius. Sur cela ellepria qu'on
avertit Mrl'Evêque de venir la
voirau plutoft . La Superieure informée de la difpofition de la Ma
lade envoyafur le champ en donner avis à ce Prelat , qui ne fe
trouvant pas alors chez luy
donna lieu à quelques reflections
douloureufes de la malade fur
fon retardement enfin Mr l'Evêque eftant arrivé , & l'ayant
trouvée dans une difpofitionfavo
rable , il appella la Communauté
&ayant écrit quelques lignes "
qui contenoient le temoignage de
fon obéiffance , il luyfit.figner cet
écrit ce qu'ellefit avecjoye avec
70 MERCURE
facilité , en ajoutant àfon nom
"de Religion celuy de fa famille
aprés quoy Mr l'Evêque luy
donna fa benediction & luypermit de recevoir les Sacremens , en
lui laiffant le choixdu Confeffeur:
elle choifit celuy de la Communauté qui l'ayant confeffée , luy
adminiftra le Saint Viatique qu'-
elle reçût avec de grands fentimens de pieté , aprés avoir demandé felon la coutume pardon
à toutes les Religieufes ; enfinfe
fentant affaiblir elle demanda
l'Extrême - Onction qu'elle reçût avec tant de pieté & unefi
grande prefence d'efprit qu'elle
GALANT 71
repondoit elle- même auxprieres ,
& qu'elle fe difpofa elle feule
pour recevoir les Onctions Saintes
avec la decence qu'exige ce Sacrement ; onla laiffa enfuite quelque
temps en repos pour s'entretenir
interieurement avecJ. C. qu'elle
venoit de recevoir, &comme on
la felicitoit enfuite de ce qu'elle
venoit de faire'; il eft vray , repondit-elle, que voilà bien des
chofes faites en peu de temps,
touchée d'un vif repentir d'avoir
tant differé à les faire. Sur les
buit heures , elle demanda le
Confeffeur & elle luy expofa
une petite tentation de respecthu-
72 MERCURE
main qui luy faifoit un peu de
peine ; c'eftoit fur ce que diroit fa
Compagne qui eftoit à la Vifi
tation de tout ce qui fe venoit de
paffer, le Confeffeur la calma en
luy difant que fi fa Compagne
eftoit bien fage ell en feroit
autant qu'il nene faut pas
s'arréter au jugement des
hommes quand il s'agit d'obéir à Dieu. Il refta une heure
auprés d'elle la quitta trescontent des difpofitions où il la
laiffoit : il eftoit environ dix heures dufoir lorfque les Infirmieres
remarquantqu'elle avoit les mains
froides voulurent les rechauffer:
elle
GALANT 73
una
elle leur répondit que cela n'eftoit
pas neceffaire parce que c'eftoit
lafueur & le froid de la mors ;
de-là elle prit occafion de leur
expliquer dans grand détail & avec une grande prefence
d'efprit , comment il la faloit l'accommoder dans fa biere quand elle
feroit morte ,de quelle maniere
il faloit la fituer & ranger fes
mains fes habits, qu'elle pria
de changeravecceux defa compagne s'ils eftoient plus ufez que les
fiens. Les Religieufes qui estoient
autour d'elle l'ayant priée de fe
reffouvenird'elles lorfqu'elleferoit
dans le Ciel , ah , leur réponditFévrier 1710.
74 MERCURE
elle ,je ne crois pas que ce foit
fitoft car j'ay bien des fautes
à expier ; & ayant demandéfon
Crucifix & le tenant entre fes
mains , elle fit de nouveau une
confeffion publique de tous fes
pechez depuis l'enfancejufqu'à ce
moment- là. Elie demanda pardon
àDieu avec de grands fentimens
de douleur , ànoftre faint Pere le
Pape , à Mr le Cardinal de
Noailles , à tous fes Superieurs
& à toute l'Eglife , déteftant le
Scandale qu'elle avoit cauſe par
fon obftination. Onrecita alors les
Prieres des Agonifans aufquelles
elle s'unit avec une vive dévotion.
JOIN
GALANT 75
Sur les trois heures elle demanda
quelle heure il eftoit , & commefi
elle avoitfeu quefon beure n'eftoit
pas encore arrivée , elle prit encore
fon Crucifix qu'elle embraſſa en
difant que puis qu'elle ne pouvoit plus entendre les paroles
d'exhortation , elle s'exhorteroit elle-même , & s'entretiendroit interieurement avec
Dieu , ce qu'elle fit juſqu'à trois
beures &
trois quarts. Enfin
cet heureux moment arriva ; elle
demanda une feconde fois quelle
heureil eftoit, & lors qu'on luyeut
dit qu'il étoit prés de quatre heures,
elle fit unfigne de tefte agreable 7
Gij
76 MERCURE
tenantfon Crucifix à la main
lesyeux élevez vers le Ciel
ele tira le rideau defons for litven
difant d'un air tranquile & d'une
voix diftincte que voftrefainte
volonté , ô mon Dieu , s'ac
:
compliffe en moy , ceftlà
ma derniere volonté ; alors
・ elle expira fans aucun effort fans
agonie & commefi elle eftoit entrée dans un doux fommeil ou
qu'elle eut efté ravic en extafe.
Peude temps aprés cette mort Mr
l'Evêque d'Amiens écrivit à un
defes amis que la converfion de
cette Religieufe avoit tantfait de
bruit , &tant de plaifir an Roy
•
GALANT 77
quinefoupire que pour la réunion
des brebis égarées d'Ifraël , qu'il
croyoit qu'on nepouvoit trop informerlepublic de cet évenement, &
cePrelat ajoutaqu'il appritpar une
Lettre de Mr le Comte de Pontchartrain qu'une de ces Religienfes
qui eftoit à Mante a auffi figné le
Formulaire qu'on luy en a envoyé le procés verbal. Ildit enfin
qu'a la place de la Religieufe
morte on luy a envoyé une Sœur
Converse de la même Maiſon, &
dont le Confeffeur luy a dit qu'il
eftoit fort content qu'il efpere
qu'elle donnnera bien- toft lafatisfaction qu'on peur defirer. Enfin
G iij
78 MERCURE
Me l'Abbeffe de Port-Royal de
Paris ayant apris la mort de cette
Religieufe , écrivit cette Lettre à
la Superieure defaint Julien d'As
miens. Madame , permettez
moy de vous faire mes remerciemens de la charité que vous
avez cüe pour ma foeur Anne
de fainte Cecile pendant le
peu de féjour qu'elle a fait dans
voftre fainte Maiſon ; je ne
doute pas que les vertus & les
regularitez que vous y pratiquez , n'ayent attiré les graces
que Dieu luy a faites de reconnoiftre fon égarement & ſa
défobéiffance & qu'elle ne
GALANT 79
vous doive & à Monseigneur
d'Amiens la mifericorde qu'elle à reçeuë du Seigneur , &c.
Jefais , Madame , voftre , &cL'Affaire du Port Royal des
Champs a fait tant de bruit
qu'il n'y a point à douter
le Public ne foit bien aife d'en
apprendre les fuites , & ce qui
vient d'arriver à cet égard , ne
kiyplaira fans doute pas moins
qu'à Sa Majefté , qui n'a rien
oublié depuis qu'Elle eft fur le
Trône ,de tout ce qui peut faire maintenir dans fon RoyauGiiij
80 MERCURE
me, la Religion dans toute fa
pureté.
doit faire un extrême plaifir ,
& quevous ne pourez lire fans
cftre attendrie , & fans verfer
de's larmes. Je vous l'envoye
de la maniere queje l'ay reçu.
Cet Article doit faire auffi
plaifir à tous ceux qui s'en font
de voir conferver la Foy dans
toute sa pureté.
La Sour Anne de Sainte Cecile Religieufe de l'Abbaye de
Port-Royal des Champs , eft morte
62 MERCURE
âgée de quatre- vingtfix ans dans
la Monaftere de S. Julien d'Amiens, duTiers-Ordre de S. François , où elle avoit efté releguéepar
ordre du Roy. Je crois que vous
ferez bien aife de fçavoir les circonftances de cette mort , qui a efté
édifiante confolante pour l'Eglife. Cette bonne Religieufe arriva à Amiens le 2. Novembre
dans un Caroffe, accompagnée d'unefemme qu'on avoit choisie pour
la fervir avec fa Compagne qui
a efté envoyée dans le Monaftere·
des Filles de la Vifitation de la
même Ville , où elle eftencore. Elle
defcendit à la grille dù Convent
CALANT 63
de Saint Julien , où elle reſta juf
qu'à ce que Mr l'Evêque d'Amiens eut envoyéfes ordres pour
lafaire entrer. LaReverende Mere ayant affemblé fes Diferetes
elle fut reçue , avec beaucoup de
cordialité ; elle fe jetta en entrant
auxpiedsde la Superieure , en luy
difant Voicy le lieu de mon
repos dans le fiecle des ficcles.
La Superieure l'ayant relevée
l'embraffa , ce que firent auffi les
autres Religieufes. Ayant demandé d'eftre conduite à l'Oratoire
elle s'y profterna la face contre terre, &adora le Saint Sacrement
dans cette pofture ; on la conduifit
64 MERCURE
enfuite dans la Cellule qui luy
avoit efté deftinée. Elle eftoit arrivée à midy & Mrl'Evêque qui
avoit efté voirfa Compagne l'aprefdinée , la vint voirfur lefoir,
Il la trouva occupée à rangerfa
petite Cellule & aprés l'avoirfait
affeoir auprés de luy , il luy parla
fort cordialement durant une de
mi-heure ,
manda, fi elle eftoit bien aife
de vivre privée des Sacremens
qu'elle ne recevoit plus depuis
deux années & de mourir dans
cer eftat , elle répondit que cette privation l'affligeoit beaucoup lorfqu'elle y penfoit. La
fur ce qu'il luy de-
"
GALANT 65
chofe ne fut pas plus loin alors.
Pendant les trois jours qu'elle a
efté en fanté dans cette Maifon les
Religieufes témoignent que tous
fes difcours eftoient tres- édifians
ne refpiroient que lapietés que
toutes fes actions eftoientfi regu-.
lieres accompagnées d'une fi
a
grande modeftie de tant dedouceur qu'elles infpiroient de la devotion ; fon exactitude àgarderfa
Regle animoit les autres Religieufes à garder la leur avec plus de
fidelite, fa religion dans l'Eglife , où ellepaffoit à fon age les
heures entieres à genoux devant
le faint Sacrement , l'auroit fait
•
Février 1710. F
66 MERCURE
regarder comme un Ange fi elley
avoit ajouté l'exemple d'une humble foumiffion aux Decifions de
l'Eglife . Trois jours aprésfon arrivée unefiévre violente avecune
flucion fur la poitrine l'attaqua
on en donna avis à Mrl'Evêque
parce qu'onjugea que cette maladieferoit mortelle. Illa vint voir
dans le moment & demeura un
quart d'heure auec elle. Le Confeffeur de la Maifon vint auffi
la vifiter le même jour par ordre
de ce Prelat, & pour la difpofer
à rendre à l'Eglife l'obeiffance
2 qu'elle luy devoir , il luy fit la
lecture d'un Livre que Mr l'EA
GALANT 67
vêque luy avoit remis fur ce fujet , dont elle parut fort ébranlée,fans pourtant vouloir encore
fe declarer , ce qui obligea le Confeffeurdefe retirer. Comme le mal
augmentoit que le temps preffoit , la Religienfe qui lagardoit,
dont la Lettre qu'elle a écrite
fur cela à Me l'Abbeffe de Port
Royal de Paris , nous a inftruit
de toutes ces circonftances. Cette
Religieufe , dis-je , infpirée d'enhaut l'a preffefurles deux heures
aprésmidydujourdevantfa mort,
de luy découvrir fes veritables
fentimens , en luy difant : Sera- til poffible, ma tres chere MeFij
68 MERCURE
re , que vous ne nous donniez
pas la confolation de vous voir
mourir fille obcillante de l'E
glife ; helas , répondit - elle , ma
chere Sœur, c'eft tout ce queje
defire, & fera- t-il dit qu'on me
laiffe fans Sacremens dans l'état où je fuis. La Religieufe luy
répondit que Mr l'Evêque n'avoit rien tant à cœur que de
luy accorder cette grace ,
qu'il ne le pouvoit faire que
lorfqu'elle auroit fatisfait à ce
que Mr le Cardinal de Noailles avoit demandé , qui eftoits
d'acquiefcer à la derniere Cons
ftitution du Papefur le fait de
mais
GALANT 69
Janfenius. Sur cela ellepria qu'on
avertit Mrl'Evêque de venir la
voirau plutoft . La Superieure informée de la difpofition de la Ma
lade envoyafur le champ en donner avis à ce Prelat , qui ne fe
trouvant pas alors chez luy
donna lieu à quelques reflections
douloureufes de la malade fur
fon retardement enfin Mr l'Evêque eftant arrivé , & l'ayant
trouvée dans une difpofitionfavo
rable , il appella la Communauté
&ayant écrit quelques lignes "
qui contenoient le temoignage de
fon obéiffance , il luyfit.figner cet
écrit ce qu'ellefit avecjoye avec
70 MERCURE
facilité , en ajoutant àfon nom
"de Religion celuy de fa famille
aprés quoy Mr l'Evêque luy
donna fa benediction & luypermit de recevoir les Sacremens , en
lui laiffant le choixdu Confeffeur:
elle choifit celuy de la Communauté qui l'ayant confeffée , luy
adminiftra le Saint Viatique qu'-
elle reçût avec de grands fentimens de pieté , aprés avoir demandé felon la coutume pardon
à toutes les Religieufes ; enfinfe
fentant affaiblir elle demanda
l'Extrême - Onction qu'elle reçût avec tant de pieté & unefi
grande prefence d'efprit qu'elle
GALANT 71
repondoit elle- même auxprieres ,
& qu'elle fe difpofa elle feule
pour recevoir les Onctions Saintes
avec la decence qu'exige ce Sacrement ; onla laiffa enfuite quelque
temps en repos pour s'entretenir
interieurement avecJ. C. qu'elle
venoit de recevoir, &comme on
la felicitoit enfuite de ce qu'elle
venoit de faire'; il eft vray , repondit-elle, que voilà bien des
chofes faites en peu de temps,
touchée d'un vif repentir d'avoir
tant differé à les faire. Sur les
buit heures , elle demanda le
Confeffeur & elle luy expofa
une petite tentation de respecthu-
72 MERCURE
main qui luy faifoit un peu de
peine ; c'eftoit fur ce que diroit fa
Compagne qui eftoit à la Vifi
tation de tout ce qui fe venoit de
paffer, le Confeffeur la calma en
luy difant que fi fa Compagne
eftoit bien fage ell en feroit
autant qu'il nene faut pas
s'arréter au jugement des
hommes quand il s'agit d'obéir à Dieu. Il refta une heure
auprés d'elle la quitta trescontent des difpofitions où il la
laiffoit : il eftoit environ dix heures dufoir lorfque les Infirmieres
remarquantqu'elle avoit les mains
froides voulurent les rechauffer:
elle
GALANT 73
una
elle leur répondit que cela n'eftoit
pas neceffaire parce que c'eftoit
lafueur & le froid de la mors ;
de-là elle prit occafion de leur
expliquer dans grand détail & avec une grande prefence
d'efprit , comment il la faloit l'accommoder dans fa biere quand elle
feroit morte ,de quelle maniere
il faloit la fituer & ranger fes
mains fes habits, qu'elle pria
de changeravecceux defa compagne s'ils eftoient plus ufez que les
fiens. Les Religieufes qui estoient
autour d'elle l'ayant priée de fe
reffouvenird'elles lorfqu'elleferoit
dans le Ciel , ah , leur réponditFévrier 1710.
74 MERCURE
elle ,je ne crois pas que ce foit
fitoft car j'ay bien des fautes
à expier ; & ayant demandéfon
Crucifix & le tenant entre fes
mains , elle fit de nouveau une
confeffion publique de tous fes
pechez depuis l'enfancejufqu'à ce
moment- là. Elie demanda pardon
àDieu avec de grands fentimens
de douleur , ànoftre faint Pere le
Pape , à Mr le Cardinal de
Noailles , à tous fes Superieurs
& à toute l'Eglife , déteftant le
Scandale qu'elle avoit cauſe par
fon obftination. Onrecita alors les
Prieres des Agonifans aufquelles
elle s'unit avec une vive dévotion.
JOIN
GALANT 75
Sur les trois heures elle demanda
quelle heure il eftoit , & commefi
elle avoitfeu quefon beure n'eftoit
pas encore arrivée , elle prit encore
fon Crucifix qu'elle embraſſa en
difant que puis qu'elle ne pouvoit plus entendre les paroles
d'exhortation , elle s'exhorteroit elle-même , & s'entretiendroit interieurement avec
Dieu , ce qu'elle fit juſqu'à trois
beures &
trois quarts. Enfin
cet heureux moment arriva ; elle
demanda une feconde fois quelle
heureil eftoit, & lors qu'on luyeut
dit qu'il étoit prés de quatre heures,
elle fit unfigne de tefte agreable 7
Gij
76 MERCURE
tenantfon Crucifix à la main
lesyeux élevez vers le Ciel
ele tira le rideau defons for litven
difant d'un air tranquile & d'une
voix diftincte que voftrefainte
volonté , ô mon Dieu , s'ac
:
compliffe en moy , ceftlà
ma derniere volonté ; alors
・ elle expira fans aucun effort fans
agonie & commefi elle eftoit entrée dans un doux fommeil ou
qu'elle eut efté ravic en extafe.
Peude temps aprés cette mort Mr
l'Evêque d'Amiens écrivit à un
defes amis que la converfion de
cette Religieufe avoit tantfait de
bruit , &tant de plaifir an Roy
•
GALANT 77
quinefoupire que pour la réunion
des brebis égarées d'Ifraël , qu'il
croyoit qu'on nepouvoit trop informerlepublic de cet évenement, &
cePrelat ajoutaqu'il appritpar une
Lettre de Mr le Comte de Pontchartrain qu'une de ces Religienfes
qui eftoit à Mante a auffi figné le
Formulaire qu'on luy en a envoyé le procés verbal. Ildit enfin
qu'a la place de la Religieufe
morte on luy a envoyé une Sœur
Converse de la même Maiſon, &
dont le Confeffeur luy a dit qu'il
eftoit fort content qu'il efpere
qu'elle donnnera bien- toft lafatisfaction qu'on peur defirer. Enfin
G iij
78 MERCURE
Me l'Abbeffe de Port-Royal de
Paris ayant apris la mort de cette
Religieufe , écrivit cette Lettre à
la Superieure defaint Julien d'As
miens. Madame , permettez
moy de vous faire mes remerciemens de la charité que vous
avez cüe pour ma foeur Anne
de fainte Cecile pendant le
peu de féjour qu'elle a fait dans
voftre fainte Maiſon ; je ne
doute pas que les vertus & les
regularitez que vous y pratiquez , n'ayent attiré les graces
que Dieu luy a faites de reconnoiftre fon égarement & ſa
défobéiffance & qu'elle ne
GALANT 79
vous doive & à Monseigneur
d'Amiens la mifericorde qu'elle à reçeuë du Seigneur , &c.
Jefais , Madame , voftre , &cL'Affaire du Port Royal des
Champs a fait tant de bruit
qu'il n'y a point à douter
le Public ne foit bien aife d'en
apprendre les fuites , & ce qui
vient d'arriver à cet égard , ne
kiyplaira fans doute pas moins
qu'à Sa Majefté , qui n'a rien
oublié depuis qu'Elle eft fur le
Trône ,de tout ce qui peut faire maintenir dans fon RoyauGiiij
80 MERCURE
me, la Religion dans toute fa
pureté.
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Résumé : Mort de la Soeur Anne de sainte Cecile, Religieuse de l'Abbaye de Port Royal des Champs, decedée dans le Monastere de Saint Julien d'Amiens. Cet Article est des plus touchants, & doit faire un extreme plaisir à ceux qui aiment la pureté de la Foy, [titre d'après la table]
Le texte relate la mort de la Sœur Anne de Sainte-Cécile, une religieuse de l'Abbaye de Port-Royal des Champs, âgée de quatre-vingt-six ans. Elle est décédée au monastère de Saint-Julien d'Amiens, où elle avait été envoyée par ordre du roi. Arrivée à Amiens le 2 novembre, elle a été accueillie chaleureusement par la communauté religieuse et a exprimé son désir de mourir en bonne fille de l'Église. L'évêque d'Amiens lui a rendu visite pour la réconforter. Durant les trois jours passés au monastère, la Sœur Anne a été admirée pour sa piété et son exemple de vie religieuse. Elle a contracté une fièvre violente et a demandé à recevoir les sacrements. Après une période de réflexion et de prières, elle a signé un écrit témoignant de son obéissance à l'Église. Elle a ensuite reçu le Saint Viatique et l'Extrême-Onction avec grande dévotion. Avant de mourir, elle a exprimé son repentir et demandé pardon pour ses fautes. Elle est décédée paisiblement, tenant son crucifix, vers quatre heures du matin. L'évêque d'Amiens a informé les amis de la Sœur Anne de sa conversion, soulignant l'importance de cet événement pour le roi et le public. La supérieure de Port-Royal de Paris a exprimé sa gratitude pour les soins apportés à la Sœur Anne. L'affaire de Port-Royal des Champs a suscité beaucoup d'intérêt, et le roi a manifesté son soutien pour maintenir la religion dans toute sa pureté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 398-399
BENEFICES DONNEZ.
Début :
L'Evêché de Soissons, vacant par la démission de M. Languet [...]
Mots clefs :
Évêché, Abbaye, Diocèse, Confesseur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNE Z.
LEV
'Evêché de Soissons , vacant par la démission
de M.Languet de la Villeneuve de Gergy,
a été donné à M. René de Sesmaisons , Aumônier
du Roi , et Vicaire General de Poitiers. "
L'Abbaye de S. Quentin- lès - Beauvais , vacante
par le décès de M. de Mornay de Montchevreuil,
en faveur de M. Louis Labiszensky , Prêtre du
Diocèse de Vladislavie en Pologne , Chanoine de
Lencice , & Confesseur de la Reine.
L'Abbaye de S. Jacques de Provins , Ordre de S. Augustin,
Diocèse de Sens, vacante par le décès de M.
Pajot
FEVRIER. 1731 . 299
Pajot , en faveur de M. Jean-Cezar de la Parisiere
, Evêque de Nîmes .
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de S. Augustin ,
Doicése de Troyes , vacante par le décès de M. de
Bouthillier de Chavigny , Archevêque de Sens
en faveur de M. Jean Baptiste Pajot , Soudiacre.
du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement.
L'Abbaye de S. Sauve , de Montreuil, Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Amiens , vacante par le décès
du dernier Titulaire , en faveur de M. Perrinot
de Cernay , Prêtre du Diocése de Bezançon.
L'Abbaye de Valsainte , Ordre de Cîteaux
Diocése d'Apt , vacante par le décès de M. Pajot
en faveur de M. Narbonne Pelet , Prêtre , Vicaire
General d'Arles , et Doyen de Beaucaire.
Le Prieuré de S. Denis de Marnay , vacant par
le décés de M. de Bouthillier de Chavigny , Archevêque
de Sens , en faveur de M. Barthelemy
Gautier de Billancour , Clerc Tonsuré du Diocése
de Paris.
LEV
'Evêché de Soissons , vacant par la démission
de M.Languet de la Villeneuve de Gergy,
a été donné à M. René de Sesmaisons , Aumônier
du Roi , et Vicaire General de Poitiers. "
L'Abbaye de S. Quentin- lès - Beauvais , vacante
par le décès de M. de Mornay de Montchevreuil,
en faveur de M. Louis Labiszensky , Prêtre du
Diocèse de Vladislavie en Pologne , Chanoine de
Lencice , & Confesseur de la Reine.
L'Abbaye de S. Jacques de Provins , Ordre de S. Augustin,
Diocèse de Sens, vacante par le décès de M.
Pajot
FEVRIER. 1731 . 299
Pajot , en faveur de M. Jean-Cezar de la Parisiere
, Evêque de Nîmes .
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de S. Augustin ,
Doicése de Troyes , vacante par le décès de M. de
Bouthillier de Chavigny , Archevêque de Sens
en faveur de M. Jean Baptiste Pajot , Soudiacre.
du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement.
L'Abbaye de S. Sauve , de Montreuil, Ordre de
S. Benoît , Diocèse d'Amiens , vacante par le décès
du dernier Titulaire , en faveur de M. Perrinot
de Cernay , Prêtre du Diocése de Bezançon.
L'Abbaye de Valsainte , Ordre de Cîteaux
Diocése d'Apt , vacante par le décès de M. Pajot
en faveur de M. Narbonne Pelet , Prêtre , Vicaire
General d'Arles , et Doyen de Beaucaire.
Le Prieuré de S. Denis de Marnay , vacant par
le décés de M. de Bouthillier de Chavigny , Archevêque
de Sens , en faveur de M. Barthelemy
Gautier de Billancour , Clerc Tonsuré du Diocése
de Paris.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
En février 1731, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués suite à des vacances causées par des décès ou des démissions. L'évêché de Soissons, vacant après la démission de M. Languet de la Villeneuve de Gergy, a été confié à M. René de Sesmaisons, Aumônier du Roi et Vicaire Général de Poitiers. L'abbaye de Saint-Quentin-lès-Beauvais, vacante après le décès de M. de Mornay de Montchevreuil, a été donnée à M. Louis Labiszensky, Prêtre du Diocèse de Vladislavie en Pologne, Chanoine de Lencice et Confesseur de la Reine. L'abbaye de Saint-Jacques de Provins, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Sens, vacante après le décès de M. Pajot, a été attribuée à M. Jean-Cezar de la Parisiere, Évêque de Nîmes. L'abbaye de Saint-Loup, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Troyes, vacante après le décès de M. de Bouthillier de Chavigny, Archevêque de Sens, a été confiée à M. Jean Baptiste Pajot, Sous-diacre du Diocèse de Paris et Conseiller au Parlement. L'abbaye de Saint-Sauve de Montreuil, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse d'Amiens, vacante après le décès du dernier titulaire, a été donnée à M. Perrinot de Cernay, Prêtre du Diocèse de Besançon. L'abbaye de Valsainte, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Apt, vacante après le décès de M. Pajot, a été attribuée à M. Narbonne Pelet, Prêtre, Vicaire Général d'Arles et Doyen de Beaucaire. Enfin, le prieuré de Saint-Denis de Marnay, vacant après le décès de M. de Bouthillier de Chavigny, Archevêque de Sens, a été confié à M. Barthélemy Gautier de Billancour, Clerc Tonsuré du Diocèse de Paris.
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3
p. 749-750
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
Début :
Nous vous prions, Messieurs, de nous procurer quelque éclaircissement sur [...]
Mots clefs :
Évêque, Confesseur, Calendrier du Bréviaire, Église paroissiale, Traduction italienne, Prélat
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons,
au sujet d'un Saint inconnu.
Nou
Ous vous prions , Messieurs , de
nous procurer quelque éclaircissement
sur un Saint dont nous ne connoissons
guéres que le nom ; c'est S. Front ,
qui est appellé Evêque et Confesseur dans
le Calendrier du Breviaire de Soissons ,
où l'on en fait memoire le 25. Octobre.
Comm. S. Frontonis , Episcop. et Confess.
Il. y a dans le même Diocèse un Village
assez considerable , dont l'Eglise Paroissiale
est sous l'invocation de ce Saint. Le
Fiij Village
750 MERCURE DE FRANCE
Village en porte le même nom ; c'est sans
doute pour le distinguer de plusieurs autres
Neüillis , qu'on le nomme communement
Neüilli S. Front.
J'ai quelque legere idée d'avoir vû
ce nom dans d'autres Calendriers , mais
bien differemment. Si quelques Sçavans
vouloient bien nous donner quelque chose
de clair là - dessus , nous leur en serions
Très- reconnoissans ; leurs recherches feront
plaisir à plusieurs personnes qui por
tent ce nom là , et qui seront ravis de voir
leur Patron tiré de l'obscurité où il étoit
resté jusqu'à present.
au sujet d'un Saint inconnu.
Nou
Ous vous prions , Messieurs , de
nous procurer quelque éclaircissement
sur un Saint dont nous ne connoissons
guéres que le nom ; c'est S. Front ,
qui est appellé Evêque et Confesseur dans
le Calendrier du Breviaire de Soissons ,
où l'on en fait memoire le 25. Octobre.
Comm. S. Frontonis , Episcop. et Confess.
Il. y a dans le même Diocèse un Village
assez considerable , dont l'Eglise Paroissiale
est sous l'invocation de ce Saint. Le
Fiij Village
750 MERCURE DE FRANCE
Village en porte le même nom ; c'est sans
doute pour le distinguer de plusieurs autres
Neüillis , qu'on le nomme communement
Neüilli S. Front.
J'ai quelque legere idée d'avoir vû
ce nom dans d'autres Calendriers , mais
bien differemment. Si quelques Sçavans
vouloient bien nous donner quelque chose
de clair là - dessus , nous leur en serions
Très- reconnoissans ; leurs recherches feront
plaisir à plusieurs personnes qui por
tent ce nom là , et qui seront ravis de voir
leur Patron tiré de l'obscurité où il étoit
resté jusqu'à present.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
Une lettre écrite à Soissons demande des éclaircissements sur un saint nommé Front. Ce saint est identifié comme évêque et confesseur dans le calendrier du Breviaire de Soissons, où il est commémoré le 25 octobre. Dans le diocèse de Soissons, un village nommé Neuilli possède une église paroissiale dédiée à ce saint. Pour éviter la confusion avec d'autres villages du même nom, ce village est souvent appelé Neuilli Saint-Front. L'auteur mentionne avoir vu le nom de ce saint dans d'autres calendriers, mais sous des formes différentes. Il espère que des érudits pourront fournir des informations plus précises, ce qui serait utile pour les personnes portant ce nom et souhaitant en savoir plus sur leur patron.
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4
p. 2797-2803
LES DAMNEZ DE NEVERS, A M. Richard de Soultrai, Maître des Comptes à Nevers, Auteur de l'Ode sur la Jeunesse. Conte tiré de l'Histoire de Nivernois de Guy-Coquille.
Début :
Bocace, ton heureuse veine [...]
Mots clefs :
Coeur, Charbonnier, Damnés de Nevers, Plaisirs, Prince Hervé, Périr, Évêque, Confesseur, Soultrai
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES DAMNEZ DE NEVERS, A M. Richard de Soultrai, Maître des Comptes à Nevers, Auteur de l'Ode sur la Jeunesse. Conte tiré de l'Histoire de Nivernois de Guy-Coquille.
LES DAMNEZ DE NEVERS ,
A M. Richard de Soultrai , Maître des
Comptes à Nevers , Auteur de l'Ode sur
la Jeunesse. Conte tiré de l'Histoire de
Nivernois de Guy- Coquille.
Bocace , ton heureuse veine
Chanta les Damnez de Ravenne
A ton exemple dans ces Vers
Chantons les Damnez de Nevers ,
Nevers , mon séjour , mon azile ,
Païs charmant où j'ai reçû le jour ,
Nevers , où jadis tint sa Cour ,
Le Comte Hervé, Prince doux et facile ,
II. Vol.
Qui
2798 MERCURE DE FRANCE
Qui fit régner dans notre Ville
Les Jeux , les Plaisirs et l'Amour ;
Or il advint qu'emporté par la Chasse ,
Et de ses Chiens ayant perdu la voix ,
Lè bon Hervé s'égara dans un Bois ;
De son chemin il cherche envain la trace ;
Plus il s'avance et plus il s'embarasse ;
La nuit survient , autre calamité ,
Un feu paroît dans cette obscurité ,
Devers ce feu le Prince s'achemine.
Bref au travers de mainte épine
Il vient enfin au lieu tant souhaité ;
Ce lieu , c'étoit d'un Charbonnier la loge
Et le fourneau ; chez cet Hôte se loge
Le triste Hervé de crainte d'avoir pis ;
Le Manant fait les honneurs du logis
Avec un cœur vraiment digne d'éloge ;
Au Prince il sert des pommes , du pain bis ,
Eau surtout claire , en faisant mainte excuse.
En vrai Chasseur Hervé trouva tout bon;
Car dame faim Cuisiniere dont use
Tout charbonnier , apprêta , ce dit- on ,
Le beau repas du faiseur de charbon ;
Après souper le Charbonnier honnête
Céde son lit , quel lit , bon Dieu !
Un peu de foin sert en ce lieu
De lit au Prince ; il éleve sa tête
III. Vol. SMF
DECEMBRE. 1732. 2799
LA
DE
Sur un caillou qui lui sert d'oreiller ;
Ce n'est pas tout , comme il croit sommeil.
ler ,
Il voit venir d'une vitesse extrême
Un homme noir montant cheval de même
Cet homme tient un poignard en sa main ,
Et méne en trousse une fille éplorée ,
Veut la meurtrir ; mais d'une ame assûrée
Hervé s'oppose à ce dessein ;
Prince , par un effort trop vain ,
Dit l'homme noir , tu terniras ta gloire ,
Respecte ici les ordres du destin ,
Retien ton bras , écoute mon histoire ,
J'avois quinze ans , si j'ai bonne mémoire ,
Quand je suivis les étendards
De ton Ayeul , le preux Comte Guillaume ;
Sous ce grand Chefj'ai bravé les hazards ,
J'ai parcouru vingt fois tout le Royaume
En combattant , mais pendant les hyvers
Je m'arrêtois avec lui dans Nevers ;
Là , je servis cette beauté cruelle ,
Ce cœur ingrat dont le tien prend pitié ,
Mais je ne pus gagner son amitié ;
Les petits soins , l'amour tendre et fidele ,
Les dons , les pleurs , ne pûrent la toucher;
Pour moi toujours elle fût un rocher ;
Dans ma douleur d'une main criminelle
Pour finir mes tristes amours ,
11. vol.
J'ai
2800 MERCURE DE FRANCE
1
J'ai tranché moi- même mes jours ,
Soudain dans la flamme éternelle
Je suis tombé , je le mérite bien ,
Mais la mort qui n'épargne rien ,
A fait périr à son tour l'inhumaine;
Pour me venger de sa rigueur ,
Ici tous les mois je l'amene ,
Et de ce fer je lui perce le cœur.
Le Revenant ne parla davantage ,
Mais consomma son triste ouvrage ;
Car sur le champ il étendit la main
Par les cheveux il prit la patiente ,
Pour la punir de son dédain ,
Malgré ses cris , il lui perça le sein ,
Et puis encor toute vivante
Il la plongea dans la fournaise ardente ,
Et se brûla lui-même au même feu ;
D'effroi , d'horreur Hervé reste immobile,
Lorsque le jour parût un peu ,
Incontinent le Prince plus tranquille
Au Charbonnier fait son adieu ,
Monte à cheval et pique vers la Ville ,
Neregrettant la chere ni le lieu ;
A ses Barons Hervé conta l'histoire ,
Tous se signoient , faisant semblant de croire ;
On manda soudain le Prélat
Qu'on vît bien-tôt arriver sur sa mule ;
II. Vol. Le
DECEMBRE. 1732. 2801
Le bon Evêque plus crédule
Dit qu'il falloit assembler son Senat ;
Dans ce conseil n'étoient jeunes cervelles ,
Point n'écoutoit Abbés coquets
Moins assidus aux Temples qu'aux ruelles ,
Mais bien Vieillards venerables , discrets
Qui ne suivoient les doctrines
L'adroit Senat ayant déliberé ,
nouvelles.
Dît qu'il falloit pour expier l'offense
Fonder Convent , mais Convent ayant manse
Abbatiale , ou bien un Prieuré
De Grammont ou de Premontré ;
Ainsi fut fait , une belle Abbaye
Par Hervé fût et dotée et bâtie ;
Pour réparer forfait tant odieux
Moines au Chour disent toujours Matine ,
De chants dévots font retentir les cieux ,
Fors dans le tems qu'ils sont à la cuisine ;
Bref , soyés sûr qu'au Prince Fondateur
Ils en donnent sur ma parole
Pour son argent ; n'en rendront une obole ;
Ce n'est point tout teur
maint grand Prédica
Dans ses Sermons récita notre histoire ,
Et fit pleurer son Auditoire ;
* Du tems du Comte Hervé l'heresie Albigeoise voisfait quelques progrès dans Nevers,
II. Vol. Ainsi
2802 MERCURE DE FRANCE
Ainsi fut fait par maint beau Confesseur ,
Si que le cas Dames sçavoient par cœur ,
L'horrible cas Dames tant bien aprirent ,
Qu'à la parfin toutes se convertirent ,
Et de leur cœur déchasserent soudain
Triste fierté , rigueur , dédain ,
Se faisant même une douce habitude
De clémence et de gratitude ;
Depuis ce tems les superbes Guerriers
Ne trouvent plus dans ces lieux d'inhumai nes ,
Amans heureux sont ici par milliers ,
Témoins * et Bretagne et Touraine ;
Tous ces Amans , grace à la vision ,
N'éprouvent point de tristes destinées ,
Dames croiroient être damnées ,
Si de leurs feux n'avoient compassion ,
Si quelqu'une à leur passion
Est quelquefois un peu severe ,
Soudain sa cousine ou sa mere
La menace de l'homme noir ,
Ele croit l'entendre ou le voir ,
Enfin ce bienheureux usage ,
Malgré les peres , les époux ,
S'est conservé jusques à nous,
Et durera bien davantage ;
* Bretagne et Touraine sont deux Régimens qui
ont été engarnison àNevers,
II. Vel. Des
DECEMBRE. 1732. 2807
Des Guerriers ce sont là les droits ;
Mais quant à nous autres Bourgeois
Nous n'en usons , c'est grand-dommage,
Les rigueurs sont notre partage ;
Soultrai , si j'avois vos talens ,
Je ne me plaindrois pas des refus de nos Belles ,
Ou , m'en plaignant enfin j'emploirois des ac
cens ,
si gracieux et si touchans
Que je pourrois bientôt les rendre moins cruel- les ,
Et leur prouver qu'à tous égards
Apollon en amour vaut souvent mieux que Mars ;
De ce récit quelle est donc la morale?
Parmi la Fable il faut des veritez ,
Dira quelqu'un , car sans moralités
Tel conte n'est qu'un objet de scandale ;
Moraliser est pour moi terre australe
Or moralise qui voudra
;
Sans morale , ma foi , le Conte finira :
Mais, Soultrai , qui de la sagesse
Possede toute la richesse
De sa morale un trait nous restera ,
En attendant je mets un bel et catera.
Pierre de Frasnai , Trésorier de France
à Moulins.
You 11. Vol.
D
A M. Richard de Soultrai , Maître des
Comptes à Nevers , Auteur de l'Ode sur
la Jeunesse. Conte tiré de l'Histoire de
Nivernois de Guy- Coquille.
Bocace , ton heureuse veine
Chanta les Damnez de Ravenne
A ton exemple dans ces Vers
Chantons les Damnez de Nevers ,
Nevers , mon séjour , mon azile ,
Païs charmant où j'ai reçû le jour ,
Nevers , où jadis tint sa Cour ,
Le Comte Hervé, Prince doux et facile ,
II. Vol.
Qui
2798 MERCURE DE FRANCE
Qui fit régner dans notre Ville
Les Jeux , les Plaisirs et l'Amour ;
Or il advint qu'emporté par la Chasse ,
Et de ses Chiens ayant perdu la voix ,
Lè bon Hervé s'égara dans un Bois ;
De son chemin il cherche envain la trace ;
Plus il s'avance et plus il s'embarasse ;
La nuit survient , autre calamité ,
Un feu paroît dans cette obscurité ,
Devers ce feu le Prince s'achemine.
Bref au travers de mainte épine
Il vient enfin au lieu tant souhaité ;
Ce lieu , c'étoit d'un Charbonnier la loge
Et le fourneau ; chez cet Hôte se loge
Le triste Hervé de crainte d'avoir pis ;
Le Manant fait les honneurs du logis
Avec un cœur vraiment digne d'éloge ;
Au Prince il sert des pommes , du pain bis ,
Eau surtout claire , en faisant mainte excuse.
En vrai Chasseur Hervé trouva tout bon;
Car dame faim Cuisiniere dont use
Tout charbonnier , apprêta , ce dit- on ,
Le beau repas du faiseur de charbon ;
Après souper le Charbonnier honnête
Céde son lit , quel lit , bon Dieu !
Un peu de foin sert en ce lieu
De lit au Prince ; il éleve sa tête
III. Vol. SMF
DECEMBRE. 1732. 2799
LA
DE
Sur un caillou qui lui sert d'oreiller ;
Ce n'est pas tout , comme il croit sommeil.
ler ,
Il voit venir d'une vitesse extrême
Un homme noir montant cheval de même
Cet homme tient un poignard en sa main ,
Et méne en trousse une fille éplorée ,
Veut la meurtrir ; mais d'une ame assûrée
Hervé s'oppose à ce dessein ;
Prince , par un effort trop vain ,
Dit l'homme noir , tu terniras ta gloire ,
Respecte ici les ordres du destin ,
Retien ton bras , écoute mon histoire ,
J'avois quinze ans , si j'ai bonne mémoire ,
Quand je suivis les étendards
De ton Ayeul , le preux Comte Guillaume ;
Sous ce grand Chefj'ai bravé les hazards ,
J'ai parcouru vingt fois tout le Royaume
En combattant , mais pendant les hyvers
Je m'arrêtois avec lui dans Nevers ;
Là , je servis cette beauté cruelle ,
Ce cœur ingrat dont le tien prend pitié ,
Mais je ne pus gagner son amitié ;
Les petits soins , l'amour tendre et fidele ,
Les dons , les pleurs , ne pûrent la toucher;
Pour moi toujours elle fût un rocher ;
Dans ma douleur d'une main criminelle
Pour finir mes tristes amours ,
11. vol.
J'ai
2800 MERCURE DE FRANCE
1
J'ai tranché moi- même mes jours ,
Soudain dans la flamme éternelle
Je suis tombé , je le mérite bien ,
Mais la mort qui n'épargne rien ,
A fait périr à son tour l'inhumaine;
Pour me venger de sa rigueur ,
Ici tous les mois je l'amene ,
Et de ce fer je lui perce le cœur.
Le Revenant ne parla davantage ,
Mais consomma son triste ouvrage ;
Car sur le champ il étendit la main
Par les cheveux il prit la patiente ,
Pour la punir de son dédain ,
Malgré ses cris , il lui perça le sein ,
Et puis encor toute vivante
Il la plongea dans la fournaise ardente ,
Et se brûla lui-même au même feu ;
D'effroi , d'horreur Hervé reste immobile,
Lorsque le jour parût un peu ,
Incontinent le Prince plus tranquille
Au Charbonnier fait son adieu ,
Monte à cheval et pique vers la Ville ,
Neregrettant la chere ni le lieu ;
A ses Barons Hervé conta l'histoire ,
Tous se signoient , faisant semblant de croire ;
On manda soudain le Prélat
Qu'on vît bien-tôt arriver sur sa mule ;
II. Vol. Le
DECEMBRE. 1732. 2801
Le bon Evêque plus crédule
Dit qu'il falloit assembler son Senat ;
Dans ce conseil n'étoient jeunes cervelles ,
Point n'écoutoit Abbés coquets
Moins assidus aux Temples qu'aux ruelles ,
Mais bien Vieillards venerables , discrets
Qui ne suivoient les doctrines
L'adroit Senat ayant déliberé ,
nouvelles.
Dît qu'il falloit pour expier l'offense
Fonder Convent , mais Convent ayant manse
Abbatiale , ou bien un Prieuré
De Grammont ou de Premontré ;
Ainsi fut fait , une belle Abbaye
Par Hervé fût et dotée et bâtie ;
Pour réparer forfait tant odieux
Moines au Chour disent toujours Matine ,
De chants dévots font retentir les cieux ,
Fors dans le tems qu'ils sont à la cuisine ;
Bref , soyés sûr qu'au Prince Fondateur
Ils en donnent sur ma parole
Pour son argent ; n'en rendront une obole ;
Ce n'est point tout teur
maint grand Prédica
Dans ses Sermons récita notre histoire ,
Et fit pleurer son Auditoire ;
* Du tems du Comte Hervé l'heresie Albigeoise voisfait quelques progrès dans Nevers,
II. Vol. Ainsi
2802 MERCURE DE FRANCE
Ainsi fut fait par maint beau Confesseur ,
Si que le cas Dames sçavoient par cœur ,
L'horrible cas Dames tant bien aprirent ,
Qu'à la parfin toutes se convertirent ,
Et de leur cœur déchasserent soudain
Triste fierté , rigueur , dédain ,
Se faisant même une douce habitude
De clémence et de gratitude ;
Depuis ce tems les superbes Guerriers
Ne trouvent plus dans ces lieux d'inhumai nes ,
Amans heureux sont ici par milliers ,
Témoins * et Bretagne et Touraine ;
Tous ces Amans , grace à la vision ,
N'éprouvent point de tristes destinées ,
Dames croiroient être damnées ,
Si de leurs feux n'avoient compassion ,
Si quelqu'une à leur passion
Est quelquefois un peu severe ,
Soudain sa cousine ou sa mere
La menace de l'homme noir ,
Ele croit l'entendre ou le voir ,
Enfin ce bienheureux usage ,
Malgré les peres , les époux ,
S'est conservé jusques à nous,
Et durera bien davantage ;
* Bretagne et Touraine sont deux Régimens qui
ont été engarnison àNevers,
II. Vel. Des
DECEMBRE. 1732. 2807
Des Guerriers ce sont là les droits ;
Mais quant à nous autres Bourgeois
Nous n'en usons , c'est grand-dommage,
Les rigueurs sont notre partage ;
Soultrai , si j'avois vos talens ,
Je ne me plaindrois pas des refus de nos Belles ,
Ou , m'en plaignant enfin j'emploirois des ac
cens ,
si gracieux et si touchans
Que je pourrois bientôt les rendre moins cruel- les ,
Et leur prouver qu'à tous égards
Apollon en amour vaut souvent mieux que Mars ;
De ce récit quelle est donc la morale?
Parmi la Fable il faut des veritez ,
Dira quelqu'un , car sans moralités
Tel conte n'est qu'un objet de scandale ;
Moraliser est pour moi terre australe
Or moralise qui voudra
;
Sans morale , ma foi , le Conte finira :
Mais, Soultrai , qui de la sagesse
Possede toute la richesse
De sa morale un trait nous restera ,
En attendant je mets un bel et catera.
Pierre de Frasnai , Trésorier de France
à Moulins.
You 11. Vol.
D
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Résumé : LES DAMNEZ DE NEVERS, A M. Richard de Soultrai, Maître des Comptes à Nevers, Auteur de l'Ode sur la Jeunesse. Conte tiré de l'Histoire de Nivernois de Guy-Coquille.
Le texte 'Les Damnez de Nevers' est un conte inspiré de l'histoire des Nivernois, rédigé par Guy-Coquille et dédié à Richard de Soultrai, Maître des Comptes à Nevers. L'œuvre commence par une invocation à Boccace, célèbre pour ses récits, et se concentre sur le Comte Hervé de Nevers, connu pour son règne marqué par les jeux, les plaisirs et l'amour. Un jour, le Comte Hervé, perdu lors d'une chasse, trouve refuge chez un charbonnier. Pendant la nuit, il assiste à une scène surnaturelle où un homme noir, ancien soldat de son aïeul, venge sa mort en tuant une femme cruelle qui l'avait rejeté. Hervé tente d'intervenir mais est averti par le spectre de ne pas s'opposer au destin. Le lendemain, Hervé retourne en ville et raconte l'histoire à ses barons. Un prélat est convoqué et décide de fonder un couvent pour expier l'offense. L'histoire devient célèbre et influence les femmes de Nevers, les incitant à adopter des comportements plus cléments et reconnaissants. Le conte se termine par une réflexion sur la morale, suggérant que chaque récit doit contenir des vérités. L'auteur, Pierre de Frasnai, Trésorier de France à Moulins, conclut en laissant la morale à ceux qui souhaitent l'interpréter.
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