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51
p. 1320-1323
REPLIQUE à la Réponse faite par M. le Gendre de S. Aubin, dans le Mercure d'Avril dernier, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer ; inserée dans le Mercure de Mars dernier.
Début :
Il suffit de voir à la tête de la Réponse en question le nom de M. de S. Aubin [...]
Mots clefs :
Marquis de Saint-Aubin, Solstices, Équinoxes, Pression, Terre, Équateur, Réponse
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texteReconnaissance textuelle : REPLIQUE à la Réponse faite par M. le Gendre de S. Aubin, dans le Mercure d'Avril dernier, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer ; inserée dans le Mercure de Mars dernier.
REPLIQUE à la Réponse faite par
M. le Gendre de S. Aubin , dans le
Mercure d'Avril dernier , à l'objection
concernant le Flux et Reflux de la Mer;
inserée dans le Mercure de Mars dernier.
I
L suffit de voir à la tête de la Réponse
en question le nom de M. de S. Aubin
pour juger de sa solidité et de l'érudition
dont elle doit estre remplie. Cependant
il me permettra de dire qu'elle ne me
satisfait pas entierement , et que je crois
qu'elle n'est pas une solution pour ma
difficulté.
Il s'agit du mouvement annuel de
la Mer dont j'ai attaqué l'explication , cn
I. Vol.
dia
JUIN. 1734.
8327
disant que la Lune ne répondant pas à
un plus grand cercle de la Terre dans le
tems des Equinoxes , que dans celui des
Solstices , il ne doit pas y avoir de plus
grande Marée dans l'un que dans l'autre
cas .
La solution n'a pas paru difficile à
M. de S. Aubin , et pour le faire voir
il soutient que l'égalité de tous les grands
cercles d'une Sphere n'est d'aucune considération
dans l'espece présente , l'augmentation
du Flux dans les Equinoxes
étant causée par une pression plus perpendiculaire
, au lieu que dans les Solstices
la pression est fort indirecte , et ne
fait que glisser sur les Eaux.
. Il s'agit donc ici de sçavoir si la pres
sion est plus indirecte dans le tems des
Solstices dans celui des Equinoxes,
que
J'avoue d'abord qu'elle l'est fort dans le
tems des Solstices par rapport au plan
de l'Equateur , puisque , comme le remarque
M. de S. Aubin , elle fait un angle
fort aigu avec ce plan , mais je sou
tiens que cette pression n'est pas indirecte
par rapport au plan , où elle se trouve
quand elle répond à l'un des Tropiques,
puisqu'elle répond au centre de la terre ,
comme on en convient ce qui suffit
pour que la pression ne soit pas plus in
II. Vol.
directe
1322 MERCURE DE FRANCE
directe dans le tems des Solstices , que
dans celui des Equinoxes ; et pour qu'il
soit faux que cette pression ne fasse que
glisser sur les Eaux dans le tems des
Solstices , comme le dit l'Auteur de la
Réponse.
"
M. de S. Aubin dit de plus que les
Astronomes regardent la Terre non
comme un Globe exactement rond où
tous les cercles sont égaux , mais comme
un Ellypsoïde allongé vers les poles , ou
comme un Spheroïde rehaussé sur l'Equateur.
Le premier fait est en ma faveur
, puisque le cercle qu'on tirera d'un
Tropique à l'autre sera beaucoup plus
grand que l'Equateur , si la Terre est un
Ellypsoïde allongé : ainsi les Marées seront
même plus fortes dans le tems des
Solstices que dans celui des Equinoxes ,
ce qui est contraire aux observations. Le
second ne me seroit pas si favorable , mais
l'un et l'autre de ces faits sont fort incertains
et on attend pour en être éclairci
qu'on ait fait un voyage qu'on espere
faire l'année prochaine sous l'Equateur ;
ainsi je crois qu'il est inutile quant à
présent de raisonner sur des faits incertains
; je suivrai toujours , en attendanť ,
l'opinion commune que la Terre est un
corps à peu près rond .
de
II Vol. . Quant
JUIN. 1734 1323
Quant au dernier article où l'Auteur
veut établir un nouveau Systême , comme
il ne regarde pas ma difficulté , je me
dispenserai d'en parler ici.
Pour le Perialie dont parle M. de S. Aubin
dans sa Réponse , comme il est commun
aux Equinoxes et aux Solstices , et
qu'il peut arriver en tous tems , il ne fait
rien à l'état présent de la question .
M. le Gendre de S. Aubin , dans le
Mercure d'Avril dernier , à l'objection
concernant le Flux et Reflux de la Mer;
inserée dans le Mercure de Mars dernier.
I
L suffit de voir à la tête de la Réponse
en question le nom de M. de S. Aubin
pour juger de sa solidité et de l'érudition
dont elle doit estre remplie. Cependant
il me permettra de dire qu'elle ne me
satisfait pas entierement , et que je crois
qu'elle n'est pas une solution pour ma
difficulté.
Il s'agit du mouvement annuel de
la Mer dont j'ai attaqué l'explication , cn
I. Vol.
dia
JUIN. 1734.
8327
disant que la Lune ne répondant pas à
un plus grand cercle de la Terre dans le
tems des Equinoxes , que dans celui des
Solstices , il ne doit pas y avoir de plus
grande Marée dans l'un que dans l'autre
cas .
La solution n'a pas paru difficile à
M. de S. Aubin , et pour le faire voir
il soutient que l'égalité de tous les grands
cercles d'une Sphere n'est d'aucune considération
dans l'espece présente , l'augmentation
du Flux dans les Equinoxes
étant causée par une pression plus perpendiculaire
, au lieu que dans les Solstices
la pression est fort indirecte , et ne
fait que glisser sur les Eaux.
. Il s'agit donc ici de sçavoir si la pres
sion est plus indirecte dans le tems des
Solstices dans celui des Equinoxes,
que
J'avoue d'abord qu'elle l'est fort dans le
tems des Solstices par rapport au plan
de l'Equateur , puisque , comme le remarque
M. de S. Aubin , elle fait un angle
fort aigu avec ce plan , mais je sou
tiens que cette pression n'est pas indirecte
par rapport au plan , où elle se trouve
quand elle répond à l'un des Tropiques,
puisqu'elle répond au centre de la terre ,
comme on en convient ce qui suffit
pour que la pression ne soit pas plus in
II. Vol.
directe
1322 MERCURE DE FRANCE
directe dans le tems des Solstices , que
dans celui des Equinoxes ; et pour qu'il
soit faux que cette pression ne fasse que
glisser sur les Eaux dans le tems des
Solstices , comme le dit l'Auteur de la
Réponse.
"
M. de S. Aubin dit de plus que les
Astronomes regardent la Terre non
comme un Globe exactement rond où
tous les cercles sont égaux , mais comme
un Ellypsoïde allongé vers les poles , ou
comme un Spheroïde rehaussé sur l'Equateur.
Le premier fait est en ma faveur
, puisque le cercle qu'on tirera d'un
Tropique à l'autre sera beaucoup plus
grand que l'Equateur , si la Terre est un
Ellypsoïde allongé : ainsi les Marées seront
même plus fortes dans le tems des
Solstices que dans celui des Equinoxes ,
ce qui est contraire aux observations. Le
second ne me seroit pas si favorable , mais
l'un et l'autre de ces faits sont fort incertains
et on attend pour en être éclairci
qu'on ait fait un voyage qu'on espere
faire l'année prochaine sous l'Equateur ;
ainsi je crois qu'il est inutile quant à
présent de raisonner sur des faits incertains
; je suivrai toujours , en attendanť ,
l'opinion commune que la Terre est un
corps à peu près rond .
de
II Vol. . Quant
JUIN. 1734 1323
Quant au dernier article où l'Auteur
veut établir un nouveau Systême , comme
il ne regarde pas ma difficulté , je me
dispenserai d'en parler ici.
Pour le Perialie dont parle M. de S. Aubin
dans sa Réponse , comme il est commun
aux Equinoxes et aux Solstices , et
qu'il peut arriver en tous tems , il ne fait
rien à l'état présent de la question .
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Résumé : REPLIQUE à la Réponse faite par M. le Gendre de S. Aubin, dans le Mercure d'Avril dernier, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer ; inserée dans le Mercure de Mars dernier.
Dans une réplique publiée en réponse à M. le Gendre de S. Aubin dans le Mercure d'Avril 1734, l'auteur conteste l'explication de ce dernier sur le mouvement annuel de la mer. Il soutient que la Lune n'interagit pas différemment avec la Terre lors des équinoxes et des solstices, ce qui remet en question l'existence de marées plus grandes à ces périodes. M. de S. Aubin attribue l'augmentation du flux lors des équinoxes à une pression plus perpendiculaire, contrairement aux solstices où elle serait plus indirecte. L'auteur réfute cette théorie, affirmant que la pression est similaire dans les deux cas. Il mentionne également les débats sur la forme de la Terre, certains astronomes la décrivant comme un ellipsoïde allongé vers les pôles ou un sphéroïde rehaussé sur l'équateur, mais ces hypothèses restent incertaines et nécessitent confirmation par un voyage prévu sous l'équateur. L'auteur préfère adhérer à l'opinion commune que la Terre est un corps à peu près rond. Il évite de discuter du nouveau système proposé par M. de S. Aubin et du périgée, les jugeant non pertinents pour la question actuelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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53
p. 101-111
LETTRE A M. ****.
Début :
MONSIEUR, Je dois à juste titre vous considérer comme le [...]
Mots clefs :
Enfant mort-né, Enfant, Médecin, Sang, Terre, Vie, Mort, Corps, Bois, Raisonnement
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. ****.
LESTİTRE A M. ****
SHDOS !
MONSIEUR
toutes in-
E dois jufte titre vous confidérer
comme le dépofitaire de toutes les interprétations
de la nature dont les Philofophes
fe croient capables. Il vous appartient
plus d'en juger qu'à tout autre , par
l'attention perpétuelle que vous avez à en
dévoiler les refforts.
Vous n'ignorez pas , Monfieur , le phénomene
, le myftere , qui doit occuper aujourd'hui
les Phyficiens & les Médecins .
Il s'agit d'un enfant né le 18 Janvier
1754 , enterré nud auffi- tôt après fa naiffance
, parce qu'on l'a cru mort- né ; déterré
, dit- on , vivant le 15 Février fuivant
, & baptifé le lendemain , en préſence
de plufieurs perfonnes , lequel enfant a
paru vivre pendant cinq heures après fon
baptême.
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
Je vais , Monfieur , produire ce que
j'en penfe ' , j'éviterai avec foin tout difcours
fuperflu ; & fi mon raifonnement
ne mérite
pas votre approbation , j'ofe me
flater qu'il ne vous ennuira point par fa
longueur.
PODZ1Q791 910101 ( 5.N
On a cru cet enfant mort né , parce
qu'il étoit fort noir cette ecchymofe confidérable
prouve qu'il a fouffert quelque
étranglement au paffage , capable de forcer
les vaiffeaux capillaires & d'intercepter
un libre commerce de l'air extérieur avec
le poulmon , fans que cependant il foit
devenu la caufe d'une mort complette. La
même chofe arrive aux pendus qui n'ont
point été étranglés jufqu'à ce que mort
s'enfuivit , & qu'on rappelle à la vie &
à la fanté , par le moyen d'une faignée fálutaire
.
Ou l'enfant dont il s'agit n'a point ref
piré avant d'être mis en terre bail³n'a
refpiré que très- foiblement. Dans cendernier
cas , fon fang n'a point totalement
abandonné la route qu'il fuivoie pendant
qu'il n'étoit qu'un foetus . Les arteres pulmonaires
ne font point parvenues à une
dilatation proportionnée à leur diametre ,
le trou ovale a continué de fervir d'entrepôt
ou de canal de communication entre
les artères & les veines ; l'habitude extéAVRIL.
1755. 103
rieure du corps a reçu l'influence aëreréthérée
néceffaire pour perpétuer la raréfaction
vitale. La terre dont il étoit
couvert fe trouvoit apparemment d'une naature
propre à faciliter cette négociation
une fi foible refpiration n'a pu entretenir
qu'une circulation lente , en tout pareille
à celle qui s'obferve dans plufieurs léthargiques
, dont la vie paroît douteufe pendant
un affez long- tems.cs
Dans le premier cas , c'est- à-dire s'il
n'a point refpiré avant d'être mis dans la
foffe , le trou ovale , la bonne qualité du
fang , l'habitude extérieure du corps , &
la nature de la terre , qu'on devroit n'avoir
point omife dans des mémoires d'une
telle importance , font les feules caufes
qui ayent pu concourir à une telle confervation.
Dans l'un & dans l'autre cas , la diffipation
n'a point été grande , les effluences
n'ont point été confidérables , elles ont
exactement répondu à la ratéfaction ou
à la circulation du fang , & elles pou
voient fe réparer fous la terre par des influences
proportionnées , quelque médiocres
qu'elles puffent être.
C'est dans un de ces deux états deux états que l'on
a mis cer enfant au tombeau , prefque au
même moment qu'il a été expofé à l'air ,
Eiv
104 MERCURE DE FRANCE.
& il y a confervé fa vie pendant vingt- huit
-jours.
Ce fait me paroît , Monfieur , affez extraordinaire
& affez incroyable pour avoir
mérité d'être conftaté par des perfonnes
'de l'art , qui n'auroient nullement été inréreffées
à faire paffer pour réel ce qui
ne leur auroit préfenté aucune réalité conftante
, ou que des fignés équivoques n'auroient
point été capables de convaincre.
Quelque fingulier que foit ce fait , fi on
le fuppofe vrai , il ne me ppaaroît point
inexpliquable , & mon explication paffera
Tout au plus pour avoir été hazardée
j'entre donc en matiere par une compar
comparaifon
que vous ne jugerez point indifférente.
Tous les bois ne confervent pas également
fous les cendres le feu dont ils font
animés : ceux dont les tiges font propres
à entretenir le feu , ont des branches d'une
même efficacité ; il faut donc que dans la
mere de cet enfant les influences acreréthérées
& chyleufes dont je parlé dans l'analyfe
que j'ai eu l'honneur de vous faire
préfenter , fe foient trouvées conftamment
dans des proportions bien régulieres , puifque
le peu d'air qui fe trouve dans la terre
eft capable de les entretenir ; il faut
que cette mere ait joui d'un bon tempéAVRIL.
1755 : 105
ramment & d'une fanté parfaite , puifque
Ta diftribution du fang & des humeurs
que cet enfant en a reçu , a pû fe foutenir
dans fon petit corps fous un monceau
de terre pendant un filong-tems , & avec
un fi foible fecours.
Si cet enfant a refpiré après fa naiffance
, il n'a pas joui d'une influence aëreréthérée
abondante pendant qu'il fe trouvoit
au milieu de l'air , vû les obſtacles
oppofés à l'infpiration : il a continué de
trouver dans la terre autant d'air qu'il s'en
étoit introduit dans fon poulmon pendant
le peu de féjour qu'on lui a permis de
faire fur la terre. Sa vie n'a point acquis
de nouvelles forces dans le tombeau ; mais
elle s'y eft foutenue tout comme un bois
convenable conferve fon inflammation fous
les cendres , fans que celle-ci y faffe les
mêmes progrès qu'elle feroit fi elle étoit
entretenue par l'affluence d'un nouvel air
auffi wilirbree qu'abondant.
Ces bois propres à conferver le feu font ,
fans contredit , d'une conſiſtance docile à
la raréfaction inflammatoire , puifque le
peu d'air que fourniffent les cendres fuffit
pour l'entretenir : par la même raifon , le
fang que cet enfant avoit reçu de fa mere ;
doit avoir été d'une confiftance très -louable
, docile à la plus foible éthériſation
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
docile à la moindre influence aërer- éthérée
, puifque celle que la terre lui a fourni
pendant vingt-huit jours y a été faffifante
pour maintenir fa fluidité fa raréfaction
, fa progreffion vitale.
Jom QY
Ceux qui ont affiftédocette merveille ,
Monfieur ont fans doute crié au miracle
; en effet , j'en reconnois un dans les
inquiétudes du perei & della merely lef
quelles ont déterminé à déterrer cet enfant
pour lui procurer un fecours fpirituel
, qui eft devenu le fceau de ſa prédeftination.
pan pe al ob zed use
La vie de cet enfant peut avoir été raf
furée dans la foffe par le fango qui s'y eft
extravafé mais qui perd for fang perd
fa vie , & pour un fujet fr délicat , c'étoit
beaucoup attendre que de remettre fon
baptême au lendemain goune telle négli
gence rendroit
ainfi direabfüfpe
&s
rendroit ,
pour
les certificats qui ont été envoyés. si
Il n'y a , ce me femble , que la foi des
perfonnes montées fur le ton de miracle ,
& par conféquent intéreffées à le publier
ou à l'autorifer , qui ait été tranfmife juf
qu'à nous , & cette foi là mêmerend inexcufable
le délai que l'on a apporté au bap
tême. Suppofons cependant le fait vrai ,
& concluons avec juftice que ce que Dieu
a réfolu eft au- deffus de la négligence des
hommes..
AVRIL.'
1755. 107
Je reviens au fang qui avoit été forcé
vers fes plus petits réduits , qui avoit rendu
l'enfant fort noir , & qui avoit déter
miné le pece à l'enterren fur le champ com
me mort. slary toifis folu
Je penferois volontiers , Monfieur , que
la faignée que l'enfant a éprouvée dans le
tombeau par l'hémorragie accufée , lui à
été falutaire. Je croirois également puifqu'on
l'a enterré noin, & qu'on l'a déterré
vermeil sequ'il s'eft fait dans la terre une
réfolution tacite de ce fang , qui fe trouvoit
hors de fa route ordinairego & que le
fang qui formoie cette ecchymose , ainfi
que celui qui a été extravafé dans les premieres
voies , a été pour la maffe entiere
une continuation de nourriture , ou d'influence
reftaurante pareille , quoique infé
rieure à celle dont il étoit avantagé dans
le fein de fa mere. Il faut peu pour fou
tenir la vie d'un enfant , ou pour la détruire
, & la loi générale , qui fert beau
coup dans le cas préfent , eft que la circulation
doit répondre à la refpiration
quelle qu'elle foitusramnod
Les animaux qui vivent un affez longtems
de leur fuif ou d'un fuperflu , donc
ils le font pourvus au- dedans d'eux-mêmes,
favorisent le foupçon que je viens de
mettre enavant. La metamorphofe du noir
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
au vermeil , que les certificats annoncent ,
n'eft pas moins,favorable au raifonnement
ci-devant établi pour expliquer la foible
vie d'un enfant qui a été tout nuddans la
terre pendant vingt-huit jours qui a
paru vivant après avoir été exhumé.luob
Ce raifonnement paroîtra d'autant plus
folide qu'il est dénué de tout fyftême. Il
n'eft fondé que fur l'activitévivifiante d'un
ether univerfellement
reconnu
& avoué
,
& fon activité ne confifte que dans fa furabondance
alternative , ajuée à des organes
bien conftitués , & dreffée à une city
culation vitale par tous des , refforts qui
doivent concourir à l'entretiende la vie.
Ce raifonnement paroîtra fur- tout conforme
à la loi unique & générale de coutes
les mutations , à laquelle je prouve dans
mon analyſe ci - deffus mentionnéesque
toute la matiere a été affujettie par la
volonté infinies & toute puiffantesde fon
Créateur & de fon fouverain Législateur.
+
Il ne me reste plus , Monfieur qu'à
examiner trois circonstances de ce fait autant
mémorable que merveilleux , qui ont
été rapportées dans les mémoires ou certificats
que j'ai lûs , & auxquelles il convient
d'accorder une explication particuliere.
)
1. L'on rapporte les pleurs de l'oeil droit:
0
AVRIL. 1755. 109
11
de cet enfant , au -deffous duquel il il y
avoit une cicatrice d'une playe , qu'une
pierre lui avoir faite en le couvrant de terreba
donc fouffert quelque douleur
dans les premieres infpirations ; mais cette
douleur n'a pas étéo,và beaucoup près , fi
anconfidérables qu'elle left ordinairement
al dans les enfans nés fans aucun obſtacle à
l'entrée de Fair dans leurs poulmons , qui
font par conféquent tout- à coup faifis d'unel
nouvellerinfluence acrer- éthérée , fans
contredit , plus abondante , & moins fupportablé
qu'elle ne peut l'avoir été pour
cet enfant , dont le poulmon ne s'eft épanoui
que peu à peu , & par dégrés .
-Onl'avu , dit-on , bailler après fa
renaiffance corporelle & pendant la fpiri-
2tuelles preuve sinconteftable d'une plus
grande expanfion du poulmon , furvenue
a um très-long fommeil pour fecourir les
shumeurs , pour en accélérer le cours qui
étoit comme engourdi par fa longue détention
fous la terte. Val
*
C
les
3. L'on dit qu'il eft forti quelques
gouttes de fang de fon eftomac , & que
perfonnes qui l'ont exhumé , auroient pû
ramaffer un verre de fang dans la foffe où il avoit été mis. Il auroit , ce me femble
,
convenu d'examiner à quelle partie du
corps répondoit particulierement
ce fang,
110 MERCURE DE FRANCE
Quoiqu'il en foit , je penfe que les vaiffeaux
cutanés ayant été comprimés fans
une entiere deſtruction de la vie , le fang
s'eft porté plus abondamment vers les par
ties internes , & furtout vers les premie
res voies , qui n'étant point garnies d'os
de toute part , comme le font les autres
parties du corps , one cédé plus facilement
à un abord du fang plus confidérable.
Je ne crois cependant point qu'on doive
perdre de vue le meconium , lequel ,
puifqu'il caufe des tranchées fi violentes
aux enfans nouveau - nés , doit avoir p
té les vives impreffions fur les vaiffeaux
des inteftins , ou même à raifon de leur
continuité , fur ceux de l'eftomac , & y
avoir occafionné une hémorragie , peutêtre
falutaire pour un tems , mais au fond
dangereufe & mortelle , n'y ayant eu ni
lait ni huile d'amandes douces pour réprimer
l'activité de pareilles impreffions.
21000
Il eft furprenant qu'on n'ait effayé de
donner quoique ce foit à cet enfant ,
pour le foutenir après fon exhumation , ou
du moins il n'en eft parlé ni dans les mémoires
, ni dans les certificatspog
Voilà , Monfieur , le terme où mes lumieres
ont pû me conduire ; aidées des
vôtres , elles pourront prendre quelque
accroiffement. C'eft dans cette vvuûee queje
AVRIL. 1755. 111
m'empreffe de foumettre mes jugemens
aux vôtres, & de chercher toutes les occafions
de vous prouver que j'ai l'honneur
d'être, &cav minsbaodi
1979 251 2197 100Olivier de Villeneuve.
SHDOS !
MONSIEUR
toutes in-
E dois jufte titre vous confidérer
comme le dépofitaire de toutes les interprétations
de la nature dont les Philofophes
fe croient capables. Il vous appartient
plus d'en juger qu'à tout autre , par
l'attention perpétuelle que vous avez à en
dévoiler les refforts.
Vous n'ignorez pas , Monfieur , le phénomene
, le myftere , qui doit occuper aujourd'hui
les Phyficiens & les Médecins .
Il s'agit d'un enfant né le 18 Janvier
1754 , enterré nud auffi- tôt après fa naiffance
, parce qu'on l'a cru mort- né ; déterré
, dit- on , vivant le 15 Février fuivant
, & baptifé le lendemain , en préſence
de plufieurs perfonnes , lequel enfant a
paru vivre pendant cinq heures après fon
baptême.
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
Je vais , Monfieur , produire ce que
j'en penfe ' , j'éviterai avec foin tout difcours
fuperflu ; & fi mon raifonnement
ne mérite
pas votre approbation , j'ofe me
flater qu'il ne vous ennuira point par fa
longueur.
PODZ1Q791 910101 ( 5.N
On a cru cet enfant mort né , parce
qu'il étoit fort noir cette ecchymofe confidérable
prouve qu'il a fouffert quelque
étranglement au paffage , capable de forcer
les vaiffeaux capillaires & d'intercepter
un libre commerce de l'air extérieur avec
le poulmon , fans que cependant il foit
devenu la caufe d'une mort complette. La
même chofe arrive aux pendus qui n'ont
point été étranglés jufqu'à ce que mort
s'enfuivit , & qu'on rappelle à la vie &
à la fanté , par le moyen d'une faignée fálutaire
.
Ou l'enfant dont il s'agit n'a point ref
piré avant d'être mis en terre bail³n'a
refpiré que très- foiblement. Dans cendernier
cas , fon fang n'a point totalement
abandonné la route qu'il fuivoie pendant
qu'il n'étoit qu'un foetus . Les arteres pulmonaires
ne font point parvenues à une
dilatation proportionnée à leur diametre ,
le trou ovale a continué de fervir d'entrepôt
ou de canal de communication entre
les artères & les veines ; l'habitude extéAVRIL.
1755. 103
rieure du corps a reçu l'influence aëreréthérée
néceffaire pour perpétuer la raréfaction
vitale. La terre dont il étoit
couvert fe trouvoit apparemment d'une naature
propre à faciliter cette négociation
une fi foible refpiration n'a pu entretenir
qu'une circulation lente , en tout pareille
à celle qui s'obferve dans plufieurs léthargiques
, dont la vie paroît douteufe pendant
un affez long- tems.cs
Dans le premier cas , c'est- à-dire s'il
n'a point refpiré avant d'être mis dans la
foffe , le trou ovale , la bonne qualité du
fang , l'habitude extérieure du corps , &
la nature de la terre , qu'on devroit n'avoir
point omife dans des mémoires d'une
telle importance , font les feules caufes
qui ayent pu concourir à une telle confervation.
Dans l'un & dans l'autre cas , la diffipation
n'a point été grande , les effluences
n'ont point été confidérables , elles ont
exactement répondu à la ratéfaction ou
à la circulation du fang , & elles pou
voient fe réparer fous la terre par des influences
proportionnées , quelque médiocres
qu'elles puffent être.
C'est dans un de ces deux états deux états que l'on
a mis cer enfant au tombeau , prefque au
même moment qu'il a été expofé à l'air ,
Eiv
104 MERCURE DE FRANCE.
& il y a confervé fa vie pendant vingt- huit
-jours.
Ce fait me paroît , Monfieur , affez extraordinaire
& affez incroyable pour avoir
mérité d'être conftaté par des perfonnes
'de l'art , qui n'auroient nullement été inréreffées
à faire paffer pour réel ce qui
ne leur auroit préfenté aucune réalité conftante
, ou que des fignés équivoques n'auroient
point été capables de convaincre.
Quelque fingulier que foit ce fait , fi on
le fuppofe vrai , il ne me ppaaroît point
inexpliquable , & mon explication paffera
Tout au plus pour avoir été hazardée
j'entre donc en matiere par une compar
comparaifon
que vous ne jugerez point indifférente.
Tous les bois ne confervent pas également
fous les cendres le feu dont ils font
animés : ceux dont les tiges font propres
à entretenir le feu , ont des branches d'une
même efficacité ; il faut donc que dans la
mere de cet enfant les influences acreréthérées
& chyleufes dont je parlé dans l'analyfe
que j'ai eu l'honneur de vous faire
préfenter , fe foient trouvées conftamment
dans des proportions bien régulieres , puifque
le peu d'air qui fe trouve dans la terre
eft capable de les entretenir ; il faut
que cette mere ait joui d'un bon tempéAVRIL.
1755 : 105
ramment & d'une fanté parfaite , puifque
Ta diftribution du fang & des humeurs
que cet enfant en a reçu , a pû fe foutenir
dans fon petit corps fous un monceau
de terre pendant un filong-tems , & avec
un fi foible fecours.
Si cet enfant a refpiré après fa naiffance
, il n'a pas joui d'une influence aëreréthérée
abondante pendant qu'il fe trouvoit
au milieu de l'air , vû les obſtacles
oppofés à l'infpiration : il a continué de
trouver dans la terre autant d'air qu'il s'en
étoit introduit dans fon poulmon pendant
le peu de féjour qu'on lui a permis de
faire fur la terre. Sa vie n'a point acquis
de nouvelles forces dans le tombeau ; mais
elle s'y eft foutenue tout comme un bois
convenable conferve fon inflammation fous
les cendres , fans que celle-ci y faffe les
mêmes progrès qu'elle feroit fi elle étoit
entretenue par l'affluence d'un nouvel air
auffi wilirbree qu'abondant.
Ces bois propres à conferver le feu font ,
fans contredit , d'une conſiſtance docile à
la raréfaction inflammatoire , puifque le
peu d'air que fourniffent les cendres fuffit
pour l'entretenir : par la même raifon , le
fang que cet enfant avoit reçu de fa mere ;
doit avoir été d'une confiftance très -louable
, docile à la plus foible éthériſation
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
docile à la moindre influence aërer- éthérée
, puifque celle que la terre lui a fourni
pendant vingt-huit jours y a été faffifante
pour maintenir fa fluidité fa raréfaction
, fa progreffion vitale.
Jom QY
Ceux qui ont affiftédocette merveille ,
Monfieur ont fans doute crié au miracle
; en effet , j'en reconnois un dans les
inquiétudes du perei & della merely lef
quelles ont déterminé à déterrer cet enfant
pour lui procurer un fecours fpirituel
, qui eft devenu le fceau de ſa prédeftination.
pan pe al ob zed use
La vie de cet enfant peut avoir été raf
furée dans la foffe par le fango qui s'y eft
extravafé mais qui perd for fang perd
fa vie , & pour un fujet fr délicat , c'étoit
beaucoup attendre que de remettre fon
baptême au lendemain goune telle négli
gence rendroit
ainfi direabfüfpe
&s
rendroit ,
pour
les certificats qui ont été envoyés. si
Il n'y a , ce me femble , que la foi des
perfonnes montées fur le ton de miracle ,
& par conféquent intéreffées à le publier
ou à l'autorifer , qui ait été tranfmife juf
qu'à nous , & cette foi là mêmerend inexcufable
le délai que l'on a apporté au bap
tême. Suppofons cependant le fait vrai ,
& concluons avec juftice que ce que Dieu
a réfolu eft au- deffus de la négligence des
hommes..
AVRIL.'
1755. 107
Je reviens au fang qui avoit été forcé
vers fes plus petits réduits , qui avoit rendu
l'enfant fort noir , & qui avoit déter
miné le pece à l'enterren fur le champ com
me mort. slary toifis folu
Je penferois volontiers , Monfieur , que
la faignée que l'enfant a éprouvée dans le
tombeau par l'hémorragie accufée , lui à
été falutaire. Je croirois également puifqu'on
l'a enterré noin, & qu'on l'a déterré
vermeil sequ'il s'eft fait dans la terre une
réfolution tacite de ce fang , qui fe trouvoit
hors de fa route ordinairego & que le
fang qui formoie cette ecchymose , ainfi
que celui qui a été extravafé dans les premieres
voies , a été pour la maffe entiere
une continuation de nourriture , ou d'influence
reftaurante pareille , quoique infé
rieure à celle dont il étoit avantagé dans
le fein de fa mere. Il faut peu pour fou
tenir la vie d'un enfant , ou pour la détruire
, & la loi générale , qui fert beau
coup dans le cas préfent , eft que la circulation
doit répondre à la refpiration
quelle qu'elle foitusramnod
Les animaux qui vivent un affez longtems
de leur fuif ou d'un fuperflu , donc
ils le font pourvus au- dedans d'eux-mêmes,
favorisent le foupçon que je viens de
mettre enavant. La metamorphofe du noir
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
au vermeil , que les certificats annoncent ,
n'eft pas moins,favorable au raifonnement
ci-devant établi pour expliquer la foible
vie d'un enfant qui a été tout nuddans la
terre pendant vingt-huit jours qui a
paru vivant après avoir été exhumé.luob
Ce raifonnement paroîtra d'autant plus
folide qu'il est dénué de tout fyftême. Il
n'eft fondé que fur l'activitévivifiante d'un
ether univerfellement
reconnu
& avoué
,
& fon activité ne confifte que dans fa furabondance
alternative , ajuée à des organes
bien conftitués , & dreffée à une city
culation vitale par tous des , refforts qui
doivent concourir à l'entretiende la vie.
Ce raifonnement paroîtra fur- tout conforme
à la loi unique & générale de coutes
les mutations , à laquelle je prouve dans
mon analyſe ci - deffus mentionnéesque
toute la matiere a été affujettie par la
volonté infinies & toute puiffantesde fon
Créateur & de fon fouverain Législateur.
+
Il ne me reste plus , Monfieur qu'à
examiner trois circonstances de ce fait autant
mémorable que merveilleux , qui ont
été rapportées dans les mémoires ou certificats
que j'ai lûs , & auxquelles il convient
d'accorder une explication particuliere.
)
1. L'on rapporte les pleurs de l'oeil droit:
0
AVRIL. 1755. 109
11
de cet enfant , au -deffous duquel il il y
avoit une cicatrice d'une playe , qu'une
pierre lui avoir faite en le couvrant de terreba
donc fouffert quelque douleur
dans les premieres infpirations ; mais cette
douleur n'a pas étéo,và beaucoup près , fi
anconfidérables qu'elle left ordinairement
al dans les enfans nés fans aucun obſtacle à
l'entrée de Fair dans leurs poulmons , qui
font par conféquent tout- à coup faifis d'unel
nouvellerinfluence acrer- éthérée , fans
contredit , plus abondante , & moins fupportablé
qu'elle ne peut l'avoir été pour
cet enfant , dont le poulmon ne s'eft épanoui
que peu à peu , & par dégrés .
-Onl'avu , dit-on , bailler après fa
renaiffance corporelle & pendant la fpiri-
2tuelles preuve sinconteftable d'une plus
grande expanfion du poulmon , furvenue
a um très-long fommeil pour fecourir les
shumeurs , pour en accélérer le cours qui
étoit comme engourdi par fa longue détention
fous la terte. Val
*
C
les
3. L'on dit qu'il eft forti quelques
gouttes de fang de fon eftomac , & que
perfonnes qui l'ont exhumé , auroient pû
ramaffer un verre de fang dans la foffe où il avoit été mis. Il auroit , ce me femble
,
convenu d'examiner à quelle partie du
corps répondoit particulierement
ce fang,
110 MERCURE DE FRANCE
Quoiqu'il en foit , je penfe que les vaiffeaux
cutanés ayant été comprimés fans
une entiere deſtruction de la vie , le fang
s'eft porté plus abondamment vers les par
ties internes , & furtout vers les premie
res voies , qui n'étant point garnies d'os
de toute part , comme le font les autres
parties du corps , one cédé plus facilement
à un abord du fang plus confidérable.
Je ne crois cependant point qu'on doive
perdre de vue le meconium , lequel ,
puifqu'il caufe des tranchées fi violentes
aux enfans nouveau - nés , doit avoir p
té les vives impreffions fur les vaiffeaux
des inteftins , ou même à raifon de leur
continuité , fur ceux de l'eftomac , & y
avoir occafionné une hémorragie , peutêtre
falutaire pour un tems , mais au fond
dangereufe & mortelle , n'y ayant eu ni
lait ni huile d'amandes douces pour réprimer
l'activité de pareilles impreffions.
21000
Il eft furprenant qu'on n'ait effayé de
donner quoique ce foit à cet enfant ,
pour le foutenir après fon exhumation , ou
du moins il n'en eft parlé ni dans les mémoires
, ni dans les certificatspog
Voilà , Monfieur , le terme où mes lumieres
ont pû me conduire ; aidées des
vôtres , elles pourront prendre quelque
accroiffement. C'eft dans cette vvuûee queje
AVRIL. 1755. 111
m'empreffe de foumettre mes jugemens
aux vôtres, & de chercher toutes les occafions
de vous prouver que j'ai l'honneur
d'être, &cav minsbaodi
1979 251 2197 100Olivier de Villeneuve.
Fermer
Résumé : LETTRE A M. ****.
La lettre traite d'un cas médical exceptionnel concernant un enfant né le 18 janvier 1754, initialement considéré comme mort-né et enterré. Le 15 février suivant, l'enfant a été retrouvé vivant et baptisé le lendemain, survivant cinq heures après le baptême. L'auteur propose plusieurs explications à ce phénomène. Il suggère que l'enfant pourrait avoir souffert d'un étranglement temporaire lors de sa naissance, causant une coloration noire due à une ecchymose, une condition réversible. Cette situation aurait permis à l'enfant de survivre sous terre pendant vingt-huit jours grâce à une respiration très faible et à une circulation lente du sang. L'auteur compare cette situation à celle des pendus qui peuvent être ramenés à la vie par une fausse suffocation. Il mentionne que le trou ovale dans le cœur de l'enfant, la qualité de son sang et l'habitude extérieure de son corps auraient pu contribuer à sa survie. La nature de la terre dans laquelle il était enterré aurait également facilité une faible respiration. La lettre détaille des observations spécifiques après la résurrection de l'enfant, telles que les pleurs de son œil droit, des bâillements, et la présence de sang dans son estomac et dans la fosse où il était enterré. L'auteur conclut que, bien que le cas soit extraordinaire, il n'est pas inexplicable et peut être compris à travers des principes médicaux et physiologiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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54
p. 108-122
SEANCE PUBLIQUE De la Société Littéraire d'Arras.
Début :
La Société Littéraire d'Arras tint le 22 Juin une assemblée publique à l'occasion [...]
Mots clefs :
Société littéraire d'Arras, Naturaliste, Pierre, Monuments antiques, Terre, Sable, Province, Poésie, Versification
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE De la Société Littéraire d'Arras.
SEANCE PUBLIQUE
De la Société Littéraire d'Arras.
A Société Littéraire d'Arras tint le 22
Juin une affemblée publique à l'occafion
de la réception du R. P. Lucas , Jéfuite.
Le remerciment qu'il fit à ce fujet
fervit d'introduction à un difcours fur
l'excellence de l'hiftoire naturelle , dont
l'utilité & les agrémens firent les deux objets
de fa divifion.
Pour ne pas fortir des bornes d'un extrait
, on fe contentera de rapporter ici
quelques morceaux , dont le but étoit de
prouver que l'Artois renferme une égale
abondance de curiofités naturelles & de
'monumens antiques. Voici comment le P.
Lucas s'exprima fur ce point dans l'exorde
´de fon difcours. » L'Artois , votre patrie
» & la mienne , Meffieurs , offre aux dif-
» fertations des curieux tant d'objets inté
reffans , que la nature femble avoir fe
MAI. 1755: 100
» condé vos intentions & les miennes , en
» réuniffant dans les bornes étroites de cet-
» te province tout ce qui peut être utile
» au bien public , & fatisfaire la curiofité
des Naturaliſtes. La multitude des cho-
» fes fingulieres & même uniques qui fe
préfentent , comme d'elles-mêmes , fous
» nos yeux & fous nos pas , les pierres du
» res & molles , les pierres à grains & à
» feuilles , les pétrifications de toute ef-
» pece , les cryftallifations différentes , les
» bitumes , les foufres , les eaux , les végé-
"
»
taux , les minéraux , les médailles ro-
» maines du haut & du bas Empire , les
antiquités celtiques , tout s'y trouve ,
» tout s'y offre à nos recherches ; on ne
» peut faire un pas fans fouler aux pieds
» les tréfors de l'Hiftoire naturelle & de
l'Hiftoire ancienne.
ود
Le P. L. s'étendit dans fa premiere partie
fur les fecours que le Naturaliſte procure
à l'Hiftorien , en lui fourniffant de
précieuſes antiquités , & il détailla ainſi
les découvertes de ce genre qu'il a faites
dans l'Artois . » Toutes les parties de cette
province ne femblent- elles pas fe difpu-
» ter l'honneur de perfectionner l'hiſtoire ?
» Dainville & Gouy en Artois réfervoient à
» notre fiècle , depuis plus de deux mille
ans peut-être , la découverte de douze
a10 MERCURE DE FRANCE.
.ود
tombeaux finguliers , dont l'antiquité ,
» la matiere & la figure peuvent être le fu-
» jet d'une differtation également curieuſe
» & inftructive. Les marais d'Ecourt- Saint-
Quentin , après avoir fourni long - tems
» des tourbes plus noires & plus compac-
» tes que les tourbes ordinaires , n'en pa-
» roiffent refuſer aujourd'hui à vingt pieds
» de profondeur , que pour nous décou-
» vrir d'un côté une antiquité cachée , une
» chauffée romaine , large de vingt- quatre
» pieds , dont le commencement & le ter-
» me font encore inconnus .... & d'un
» autre côté , un amas de piques , de ha-
» ches , de maffes & de diverſes armes
gauloifes & romaines . La fabliere de
» Barale , à fix lieues d'Arras , nous a confervé
depuis mille trois cens ans , fous
vingt-deux pieds de fable , des vafes ro-
» mains de différentes figures , des pate-
» res , des fympules , des jattes rondes &
polies . Arras , Recourt , Foucquieres , & c .
préfentent aux differtations des Natura-
» liſtes de nos jours , tantôt à vingt- deux
» pieds , tantôt à plus de cent pieds de pro-
» fondeur , des arbres entiers dans une
» terre tourbeufe , dont ils font noircis &
pénétrés depuis plufieurs fiècles , fans
" avoir rien perdu de leur nature combuftible
, en perdant leur couleur naturelle...
23
ور
AMA I. 1755. Ir
爆
:
Quel fonds pour des differtations fçavan-
» tes ! quelles richeffes pour l'hiftoire ana
cienne ! quel tréfor celle de cette
≫ province
pour
Le nouvel affocié traita enfuite dės diverfes
reffources que nous devons au Naruralifte
, foit pour les befoins , foit pour
les commodités de la vie. Il parla des vulnéraires
, dont mille efpéces fe trouvent
réunies fur les montagnes d'Hefdin , comme
fur celles de la Suiffe & de l'Espagne .
Il indiqua deux ou trois fources d'eaux
minérales , jufqu'ici prefque inconnues
en Artois , & plufieurs mines de fer , de
plomb , de vitriol , dont les marques caractéristiques
, qui fe rencontrent par- tout
au centre & vers les extrêmités de l'Artois ,
femblent promettre un fuccès certain aux
travaux des Entrepreneurs. N'envions
·
" point , ( dit il en parlant du plâtre )
» n'envions point , Meffieurs , aux autres
contrées cette matiere fi utile ; nous en
S❞ trouvons dans celle-ci on peut faire
:
dans l'Artois ce qu'on fait dans l'Ile de
- France : Bourlon & Carency nous donne-
»ront un plâtre plus fin que celui de -Mont-
» martre ... ! du moins la découverte nous
» annonce un heureux fuccès : l'épreuve
de la calcination & de l'humectation
l'affûrera & l'expérience le perpétuera
112 MERCURE DE FRANCE.
»pour l'honneur du Naturaliſte , & pour
» le profit de l'Artois .
Sur la fin de fon difcours le P. L. entreprit
de faire voir que le Naturaliſte fatisfait
prefque toujours fa curiofité , en
trouvant ou ce qu'il cherche , ou ce qu'il
ne cherche pas , & l'Artois & fes environs
lui fourniffent encore des preuves de cette
vérité. Vous cherchiez , dit- il , dans les
carrieres , la pofition , l'étendue , la con-
» tinuité & l'épaiffeur des couches de ter-
"re , & vous avez apperçu dans des blocs
de pierre à la carriere royale de Ronville ,
»près d'Arras , des empreintes & des lits.
>> entiers de coquillages ; dans celle de
» Saint Vaaft , à la porte d'Amiens , dės
99
globes de matiere minérale , dont tous
» les rayons partent du point central , &
» aboutiffent à une circonférence inégale
»& champignoneufe ; & dans celles de
» Berles , à quatre lieues d'Arras , & de
» Saint Pol , à fept lieues de cette ville , des
» huîtres pétrifiées & des marcaffites de
plufieurs efpeces. Vous cherchiez dans
» des coquilles pétrifiées l'ouvrage des in-
» fectes marins confervé dans des carrie-
»res profondes depuis le déluge général ;
» & vous trouvez dans des monumens
antiques , ou l'ouvrage des premiers
» Gaulois , ou celui des anciens Romains...
""
"2
M A I.
1755. 11}
Vous cherchiez à Méricourt , à vingtquatre
pieds de profondeur , quelle eft
la couche de terre ou de gravier où finît
la matiere tourbeufe des marais , & la
» Drague *vous a rapporté différens fruits,
» des noix , des noifettes , dont la coque
» s'eft confervée entiere & folide pendant
» des milliers d'années .... Vous cherchiez
» dans les fontaines des fimples aquatiques,
& des roſeaux pétrifiés fe font offerts à
» vos yeux dans celle d'Albert fur les confins
de cette province .... Vous faifiez
» creufer les terres de Flers pour en exami
ner les différentes couches , & vous y
» avez déterré un amas confidérable de
> médailles romaines bien confervées , &
» réunies dans des vafes de terre dure &
folide .... Vous cherchiez près de Bou-
» chain des fources peu profondes , & vous
» avez tiré de la terre des monnoies farra-
» zines qui ont enrichi votre cabinet ……….
» Vous cherchiez dans les campagnes de
l'Abbaye de Dommartin des échinites
marins changés en cailloux , & avec quel
agréable étonnement vos yeux y ont
» trouvé des monnoies celtiques de fer ! ...
»Vous faifiez jetter les fondemens d'une
" Eglife paroiffiale à Gouy en Artois , &
* Inftrument pour tirer la terre à tourbe.
114 MERCURE DE FRANCE .
cette terre autrefois fanctifiée par de
pareilles fondations , vous a offert des
» médailles françoifes auffi curieuſes &
» inftructives qu'elles font antiques &
"
3 rares.
M. Leroux , Directeur , répondit au
Pere Lucas , & lui dit entr'autres chofes :
» Nous croyons comme vous , mon Révé-
» rend Pere , que la connoiffance de l'hiſtoi-
» re naturelle a toute l'utilité & les agré-
»mens qui peuvent attacher l'honnête
» homme : on ne peut rien ajoûter aux
❞preuves que vous avez fçu rendre fi inté-
» reffantes : on reconnoît avec plaifir que
» vous ne trouvez rien qui foit trop fé-
» rieux pour vos amuſemens , quand vous
» croyez pouvoir les faire fervir à éclairer
» vos compatriotes .... Hâtez - vous , mon
» R. Pere , de leur faire part des recherches
fçavantes que vous leur annoncez.;
» empreffez - vous à leur développer ces
» phénomenes qui ont bien pu arrêter pour
quelques momens leur attention , mais
dont il ne paroît pas qu'ils ayent fçu juſ-
» qu'aujourd'hui pénétrer la fource , ou
» démêler les avantages ; dirigez leur contemplation
: ouvrez - leur la terre qu'ils
habitent ; expliquez -leur comment , depuis
le déluge , elle n'eft qu'une maffe
formée d'un affemblage de mille chofes ,
C
99
ود
99
MATI 1755
९
و د
qui paroiffant déplacées dans fon fein ,
ne femblent offrir que des conjectures
fur les caufes de ce mêlange étonnant.
Placé avec eux comme dans un monde
»fouterrein , montrez-leur que c'eſt ſou-
» vent là que fe trouve l'origine de ces
changemens qui nous arrivent à nous-
» mêmes , ou aux autres, corps qui font fur
la furface de la terre ; dites-leur ce qu'ils
In doivent penfer des fontaines , des rivieres
, des vapeurs , de la formation & de
l'accroiffement des animaux & des végétaux
; en un mot , de toutes les merveil-
» les qui peuvent échapper à leurs lumieres
, ou réfifter à leur entendement. <
¡ M. Enlard de Grandval lur des remarques
fur les difficultés de la verfification
françoife . Il fit voir que ces difficultés réfultoient
principalement de la multitude
des articles , des pronoms , de certaines
prépofitions & conjonctions , des verbes
auxiliaires fouvent doublés. » Toutes cho-
>>> fes qui ne peignent rien , mais qui rempliffent
en partie la mefure , & y tien-
» nent la place d'autres mots qui exprime-
. . و ر
C
roient un fentiment , ou une image , uni-
» ques refforts du nerfpoëtique. » Il fit encore
obferver que le défaut d'élifion dans
les voyelles , excepté le muet , excluoit ła
rencontre d'une infinité de mots , qui ne
16 MERCURE DE FRANCE.
pouvoient plus fe trouver enfemble dan's
notre poëfie ; que notre profodie , quoique
peu marquée , exigeoit des attentions trèsdélicates
, parce que trop de breves ou de
longues dans un vers , le rendoient défectueux
; que non feulement la quantité des
fyllabes , mais encore leurs fons qui doivent
être variés , & le choix des rimes ,
qui , quoique différentes entr'elles , font
cependant monotones & choquantes quand
elles roulent de fuite fur une même voyelle
, en rendoient l'arrangement très- difficile.
Ce qu'il y a de pis , ajoûta M. de
» G. eft que nous n'avons fur cela aucune
régle qui puiffe nous gouverner ; la li-
» berté même fait le danger : rien de fi
borné que les préceptes de notre poëfie ,
rien de fi embarraſſant que l'exécution .
» Le choix des fyllabes breves ou longues ,
» celui des rimes & des fons eft purement
و د
ود
""
arbitraire ; il ne dépend que du goût dự
» Verfificateur ; mais combien ce goût
» doit- il être fûr & exercé pour ne s'y pas
méprendre , & qu'il eft rare de l'avoir
» tel !..... Les autres nations ont pour
»la poëfie un langage à part , une langue
» des Dieux : nous retenons la nôtre dans
» toutes fes entraves ; nul écart de la Gram-
» maire , nulle licence n'y eft permiſe . Les
figures , la métaphore font l'ame de la
MA 1. 1755. 117
poëfie , nous en exigeons fans doute , &
nous prétendons que le Poëte nous anime
, nous éleve , nous échauffe , mais
» à condition que l'art fe cache avec foin ,
& que l'enthoufiafme ne s'éloigne pas
trop du langage naturel . Peuple léger ,
vif & capricieux , nous voulons que la
fageffe regne jufques dans la fureur poë-
" tique ! &c.
M. le Chevalier de Vauclaire récita
deux pieces de poësie morale , imitées des
vers de Bocce , fur la confolation philofophique.
L'on termina cette féance par
un mémoire que M. Dupré d'Aulnay ,
membre de la Société littéraire de Châlons
en Champagne , avoit envoyé pour
tribut à celle d'Arras , à laquelle il eft
aggrégé depuis peu , comme affocié externe.
Ce mémoire confiftoit en des obfervations
phyfiques fur le fel marin , pour
réfuter les conjectures de M. R. P. V. J.
au fujet d'un ouvrage imprimé dans un
recueil de l'Académie de la Rochelle.
Nous apprenons que depuis la féance
publique dont on vient de rendre compte
, la Société littéraire d'Arras en a encore
tenu deux autres , le 26 Octobre
1754, & le 15 Mars dernier. Voici la
lifte des pièces qui ont rempli ces nouvelles
féances...
118 MERCURE DE FRANCE.
Effai fur la néceffité & l'utilité des rew
cherches de monumens antiques & de médailles
dans la province d'Artois , relative
ment à l'histoire du pays , par M. Camp. x
2 Obfervations fur l'origine & les étymolo
gies de plufieurs noms de lieux anciens fitues
en Artois ; par le même .
Remerciment de M. Foacier de Ruzé ,
nouvel Affocié , auquel M. Camp a tépondu
en qualité de Directeur.
A
Difcours de M. Brunel , Avocat , Chan
celier de la Société , dont l'objet étoit de
prouver combien le mépris de la littérature
nuit au bien public.
Suite du mémoire hiftorique , lû par M.
Harduin , à l'affemblée du 3o Mars 1754 ,
contenant la relation des cérémonies qui
fe pratiquoient dans la ville d'Arras , fous
les Ducs de Bourgogne de la feconde race ,
aux entrées folemnelles de ces Princes &
des Rois de France leurs Souverains .
Effai hiftorique fur l'origine de la langue
françoife , par M. Enlart de Grandval ,
qui avoit donné le difcours préliminaire
de cet ouvrage à la féance du 30 Mars
1754.
Obfervations phyfiques du R. P. Lucas ,
fur les découvertes qu'on a faites en creufant
le lit du nouveau canal qui doit for--
mer une communication entre la riviero
MAI. 119
1755.
d'Aa & la Lis , dont les travaux ont été
commencés en 1753 , à trois quarts de
lieue de Saint - Omer , par l'ouverture dè
la montagne des Fontinettes.
Pour procéder avec ordre , le P. L. a
divifé fa differtation en quatre articles.
Il expofe dans le premier , quelle eft la
matiere , la couleur , la fituation , l'épaiffeur
& le nombre des différentes couches
qu'on a coupées dans la montagne
des Fontinettes. En parlant de la derniere
couche de glaife , il rapporte les expériences
qu'il a multipliées , pour fe convaincre
par les yeux que l'origine des fontaines
& des rivieres doit être attribuée aux
brouillards , à la rofée , à l'eau de pluie ,
&c. & il réfute les autres fyftêmes qu'on a
imaginés à cet égard. Il ajoute quelques
réflexions fur les couches de fable qu'on
á découvertes dans la montagne , du côté
du village d'Arques ; il obferve que les
grains de ce fable , qui eft vitrifiable , font
plus gros que ceux du fable ordinaire des
fablieres d'Artois , & que la plupart de
ces grains font taillés à fix pans , qui aboutiffent
à une pointe commune ; ce qui
pourroit faire conjecturer que ce font de
petites primes de cryſtal , femblables à celles
des cryftaux colorés & non colorés
de Suiffe , de Portugal , &c.
120 MERCURE DE FRANCE.
2
Dans le fecond article , le P. L. diftingue
deux efpéces tout à fait différentes de
minéraux , trouvées dans les mêmes fouilles
, à vingt- cinq pieds de profondeur. La.
premiere efpéce eſt une matiere lourde
jaune & brillante , qui paroît métallique
au premier coup d'oeil , mais qui ne l'eft
Il pas. prouve que plufieurs de ces fragmens
minéraux ont été autrefois de vrai
bois , dont ils confervent encore les fibres
ligneufes , les noeuds convexes & concayes
, les racines & les branches naiſlantes .
Il explique comment une métamorphofe
auffi finguliere a pû fe faire , comment ce
bois a changé de nature , fans changer de
configuration extérieure , & fur-tout comment
il peut fe rencontrer dans le fein
d'une montagne , dont la formation n'a
point d'époque connue , & paroît être de
la plus haute antiquité. Il paffe enfuite à
la décompofition qu'il a faite de ce bois
minéralife ; & après avoir prouvé qu'on
n'y reconnoît pas les qualités d'un métal ,
il conclut que c'eft un foufre minéral २
mêlé de quelques parties de fel neutre ,
& d'une grande partie de terre.
Le fecond minéral eft une matiere
talqueufe & tranſparente , compofée de
feuilles prefque infiniment minces , appliquées
& collées les unes fur les autres ,
de
MAI. 1755. 121
1
de maniere que ce grand nombre de couches
ne diminue point la tranfparence de
la maffe continue , & n'interrompt point la
direction des rayons de lumiere qui y
paffent en ligne droite prefque aufli aifément
que dans le verre . Ces morceaux
talqueux forment dans la glaiſe des étoiles
en tout fens , dont les rayons divergens partent
d'un centre commun , qui n'eft qu'un
point , ou plutôt qui n'eft formé que par
les pointes inférieures des rayons mêmes ,
qui y aboutiffent & s'y réuniffent tous en
un feul point. Le P. L. décrit leur figure
extérieure & leurs différentes dimenfions ;
& après avoir montré pourquoi quelquesuns
de ces rayons paroiffent entés les uns
fur les autres , il s'attache à expliquer la
formation finguliere des épis de folle
avoine qu'on y remarque diftinctement, &
qui s'étendent dans le fein & felon la longueur
de chaque rayon . Il foutient que
cette matiere talqueufe , bien broyée &
bien pilée , eft préférable au tripoli & au
foufre pour les maftics fins , & qu'elle peut
fervir à blanchir l'argent quand elle a été
calcinée dans le creufet , & réduite en poudre
impalpable. Il explique enfin comment
cette matiere paroît vitrefcible dans
l'eau forte , où elle ne fe diffout point ,
& femble cependant fe calciner dans un
F
22 MERCURE DE FRANCE.
grand feu , où elle ne fe vitrifie pas.
Le P. L. a détaillé , dans le troifiéme
article , les indices qui paroiffent annoncer
aux environs du nouveau canal quelques
mines de plomb , à une plus grande
profondeur. Il a remis à une autre féance
le quatrième article , dans lequel il parlera
des divers fragmens de végétaux & de parties
animales qui ont été trouvées dans les
couches de fable , vers l'endroit où l'on a
commencé l'excavation du canal.
De la Société Littéraire d'Arras.
A Société Littéraire d'Arras tint le 22
Juin une affemblée publique à l'occafion
de la réception du R. P. Lucas , Jéfuite.
Le remerciment qu'il fit à ce fujet
fervit d'introduction à un difcours fur
l'excellence de l'hiftoire naturelle , dont
l'utilité & les agrémens firent les deux objets
de fa divifion.
Pour ne pas fortir des bornes d'un extrait
, on fe contentera de rapporter ici
quelques morceaux , dont le but étoit de
prouver que l'Artois renferme une égale
abondance de curiofités naturelles & de
'monumens antiques. Voici comment le P.
Lucas s'exprima fur ce point dans l'exorde
´de fon difcours. » L'Artois , votre patrie
» & la mienne , Meffieurs , offre aux dif-
» fertations des curieux tant d'objets inté
reffans , que la nature femble avoir fe
MAI. 1755: 100
» condé vos intentions & les miennes , en
» réuniffant dans les bornes étroites de cet-
» te province tout ce qui peut être utile
» au bien public , & fatisfaire la curiofité
des Naturaliſtes. La multitude des cho-
» fes fingulieres & même uniques qui fe
préfentent , comme d'elles-mêmes , fous
» nos yeux & fous nos pas , les pierres du
» res & molles , les pierres à grains & à
» feuilles , les pétrifications de toute ef-
» pece , les cryftallifations différentes , les
» bitumes , les foufres , les eaux , les végé-
"
»
taux , les minéraux , les médailles ro-
» maines du haut & du bas Empire , les
antiquités celtiques , tout s'y trouve ,
» tout s'y offre à nos recherches ; on ne
» peut faire un pas fans fouler aux pieds
» les tréfors de l'Hiftoire naturelle & de
l'Hiftoire ancienne.
ود
Le P. L. s'étendit dans fa premiere partie
fur les fecours que le Naturaliſte procure
à l'Hiftorien , en lui fourniffant de
précieuſes antiquités , & il détailla ainſi
les découvertes de ce genre qu'il a faites
dans l'Artois . » Toutes les parties de cette
province ne femblent- elles pas fe difpu-
» ter l'honneur de perfectionner l'hiſtoire ?
» Dainville & Gouy en Artois réfervoient à
» notre fiècle , depuis plus de deux mille
ans peut-être , la découverte de douze
a10 MERCURE DE FRANCE.
.ود
tombeaux finguliers , dont l'antiquité ,
» la matiere & la figure peuvent être le fu-
» jet d'une differtation également curieuſe
» & inftructive. Les marais d'Ecourt- Saint-
Quentin , après avoir fourni long - tems
» des tourbes plus noires & plus compac-
» tes que les tourbes ordinaires , n'en pa-
» roiffent refuſer aujourd'hui à vingt pieds
» de profondeur , que pour nous décou-
» vrir d'un côté une antiquité cachée , une
» chauffée romaine , large de vingt- quatre
» pieds , dont le commencement & le ter-
» me font encore inconnus .... & d'un
» autre côté , un amas de piques , de ha-
» ches , de maffes & de diverſes armes
gauloifes & romaines . La fabliere de
» Barale , à fix lieues d'Arras , nous a confervé
depuis mille trois cens ans , fous
vingt-deux pieds de fable , des vafes ro-
» mains de différentes figures , des pate-
» res , des fympules , des jattes rondes &
polies . Arras , Recourt , Foucquieres , & c .
préfentent aux differtations des Natura-
» liſtes de nos jours , tantôt à vingt- deux
» pieds , tantôt à plus de cent pieds de pro-
» fondeur , des arbres entiers dans une
» terre tourbeufe , dont ils font noircis &
pénétrés depuis plufieurs fiècles , fans
" avoir rien perdu de leur nature combuftible
, en perdant leur couleur naturelle...
23
ور
AMA I. 1755. Ir
爆
:
Quel fonds pour des differtations fçavan-
» tes ! quelles richeffes pour l'hiftoire ana
cienne ! quel tréfor celle de cette
≫ province
pour
Le nouvel affocié traita enfuite dės diverfes
reffources que nous devons au Naruralifte
, foit pour les befoins , foit pour
les commodités de la vie. Il parla des vulnéraires
, dont mille efpéces fe trouvent
réunies fur les montagnes d'Hefdin , comme
fur celles de la Suiffe & de l'Espagne .
Il indiqua deux ou trois fources d'eaux
minérales , jufqu'ici prefque inconnues
en Artois , & plufieurs mines de fer , de
plomb , de vitriol , dont les marques caractéristiques
, qui fe rencontrent par- tout
au centre & vers les extrêmités de l'Artois ,
femblent promettre un fuccès certain aux
travaux des Entrepreneurs. N'envions
·
" point , ( dit il en parlant du plâtre )
» n'envions point , Meffieurs , aux autres
contrées cette matiere fi utile ; nous en
S❞ trouvons dans celle-ci on peut faire
:
dans l'Artois ce qu'on fait dans l'Ile de
- France : Bourlon & Carency nous donne-
»ront un plâtre plus fin que celui de -Mont-
» martre ... ! du moins la découverte nous
» annonce un heureux fuccès : l'épreuve
de la calcination & de l'humectation
l'affûrera & l'expérience le perpétuera
112 MERCURE DE FRANCE.
»pour l'honneur du Naturaliſte , & pour
» le profit de l'Artois .
Sur la fin de fon difcours le P. L. entreprit
de faire voir que le Naturaliſte fatisfait
prefque toujours fa curiofité , en
trouvant ou ce qu'il cherche , ou ce qu'il
ne cherche pas , & l'Artois & fes environs
lui fourniffent encore des preuves de cette
vérité. Vous cherchiez , dit- il , dans les
carrieres , la pofition , l'étendue , la con-
» tinuité & l'épaiffeur des couches de ter-
"re , & vous avez apperçu dans des blocs
de pierre à la carriere royale de Ronville ,
»près d'Arras , des empreintes & des lits.
>> entiers de coquillages ; dans celle de
» Saint Vaaft , à la porte d'Amiens , dės
99
globes de matiere minérale , dont tous
» les rayons partent du point central , &
» aboutiffent à une circonférence inégale
»& champignoneufe ; & dans celles de
» Berles , à quatre lieues d'Arras , & de
» Saint Pol , à fept lieues de cette ville , des
» huîtres pétrifiées & des marcaffites de
plufieurs efpeces. Vous cherchiez dans
» des coquilles pétrifiées l'ouvrage des in-
» fectes marins confervé dans des carrie-
»res profondes depuis le déluge général ;
» & vous trouvez dans des monumens
antiques , ou l'ouvrage des premiers
» Gaulois , ou celui des anciens Romains...
""
"2
M A I.
1755. 11}
Vous cherchiez à Méricourt , à vingtquatre
pieds de profondeur , quelle eft
la couche de terre ou de gravier où finît
la matiere tourbeufe des marais , & la
» Drague *vous a rapporté différens fruits,
» des noix , des noifettes , dont la coque
» s'eft confervée entiere & folide pendant
» des milliers d'années .... Vous cherchiez
» dans les fontaines des fimples aquatiques,
& des roſeaux pétrifiés fe font offerts à
» vos yeux dans celle d'Albert fur les confins
de cette province .... Vous faifiez
» creufer les terres de Flers pour en exami
ner les différentes couches , & vous y
» avez déterré un amas confidérable de
> médailles romaines bien confervées , &
» réunies dans des vafes de terre dure &
folide .... Vous cherchiez près de Bou-
» chain des fources peu profondes , & vous
» avez tiré de la terre des monnoies farra-
» zines qui ont enrichi votre cabinet ……….
» Vous cherchiez dans les campagnes de
l'Abbaye de Dommartin des échinites
marins changés en cailloux , & avec quel
agréable étonnement vos yeux y ont
» trouvé des monnoies celtiques de fer ! ...
»Vous faifiez jetter les fondemens d'une
" Eglife paroiffiale à Gouy en Artois , &
* Inftrument pour tirer la terre à tourbe.
114 MERCURE DE FRANCE .
cette terre autrefois fanctifiée par de
pareilles fondations , vous a offert des
» médailles françoifes auffi curieuſes &
» inftructives qu'elles font antiques &
"
3 rares.
M. Leroux , Directeur , répondit au
Pere Lucas , & lui dit entr'autres chofes :
» Nous croyons comme vous , mon Révé-
» rend Pere , que la connoiffance de l'hiſtoi-
» re naturelle a toute l'utilité & les agré-
»mens qui peuvent attacher l'honnête
» homme : on ne peut rien ajoûter aux
❞preuves que vous avez fçu rendre fi inté-
» reffantes : on reconnoît avec plaifir que
» vous ne trouvez rien qui foit trop fé-
» rieux pour vos amuſemens , quand vous
» croyez pouvoir les faire fervir à éclairer
» vos compatriotes .... Hâtez - vous , mon
» R. Pere , de leur faire part des recherches
fçavantes que vous leur annoncez.;
» empreffez - vous à leur développer ces
» phénomenes qui ont bien pu arrêter pour
quelques momens leur attention , mais
dont il ne paroît pas qu'ils ayent fçu juſ-
» qu'aujourd'hui pénétrer la fource , ou
» démêler les avantages ; dirigez leur contemplation
: ouvrez - leur la terre qu'ils
habitent ; expliquez -leur comment , depuis
le déluge , elle n'eft qu'une maffe
formée d'un affemblage de mille chofes ,
C
99
ود
99
MATI 1755
९
و د
qui paroiffant déplacées dans fon fein ,
ne femblent offrir que des conjectures
fur les caufes de ce mêlange étonnant.
Placé avec eux comme dans un monde
»fouterrein , montrez-leur que c'eſt ſou-
» vent là que fe trouve l'origine de ces
changemens qui nous arrivent à nous-
» mêmes , ou aux autres, corps qui font fur
la furface de la terre ; dites-leur ce qu'ils
In doivent penfer des fontaines , des rivieres
, des vapeurs , de la formation & de
l'accroiffement des animaux & des végétaux
; en un mot , de toutes les merveil-
» les qui peuvent échapper à leurs lumieres
, ou réfifter à leur entendement. <
¡ M. Enlard de Grandval lur des remarques
fur les difficultés de la verfification
françoife . Il fit voir que ces difficultés réfultoient
principalement de la multitude
des articles , des pronoms , de certaines
prépofitions & conjonctions , des verbes
auxiliaires fouvent doublés. » Toutes cho-
>>> fes qui ne peignent rien , mais qui rempliffent
en partie la mefure , & y tien-
» nent la place d'autres mots qui exprime-
. . و ر
C
roient un fentiment , ou une image , uni-
» ques refforts du nerfpoëtique. » Il fit encore
obferver que le défaut d'élifion dans
les voyelles , excepté le muet , excluoit ła
rencontre d'une infinité de mots , qui ne
16 MERCURE DE FRANCE.
pouvoient plus fe trouver enfemble dan's
notre poëfie ; que notre profodie , quoique
peu marquée , exigeoit des attentions trèsdélicates
, parce que trop de breves ou de
longues dans un vers , le rendoient défectueux
; que non feulement la quantité des
fyllabes , mais encore leurs fons qui doivent
être variés , & le choix des rimes ,
qui , quoique différentes entr'elles , font
cependant monotones & choquantes quand
elles roulent de fuite fur une même voyelle
, en rendoient l'arrangement très- difficile.
Ce qu'il y a de pis , ajoûta M. de
» G. eft que nous n'avons fur cela aucune
régle qui puiffe nous gouverner ; la li-
» berté même fait le danger : rien de fi
borné que les préceptes de notre poëfie ,
rien de fi embarraſſant que l'exécution .
» Le choix des fyllabes breves ou longues ,
» celui des rimes & des fons eft purement
و د
ود
""
arbitraire ; il ne dépend que du goût dự
» Verfificateur ; mais combien ce goût
» doit- il être fûr & exercé pour ne s'y pas
méprendre , & qu'il eft rare de l'avoir
» tel !..... Les autres nations ont pour
»la poëfie un langage à part , une langue
» des Dieux : nous retenons la nôtre dans
» toutes fes entraves ; nul écart de la Gram-
» maire , nulle licence n'y eft permiſe . Les
figures , la métaphore font l'ame de la
MA 1. 1755. 117
poëfie , nous en exigeons fans doute , &
nous prétendons que le Poëte nous anime
, nous éleve , nous échauffe , mais
» à condition que l'art fe cache avec foin ,
& que l'enthoufiafme ne s'éloigne pas
trop du langage naturel . Peuple léger ,
vif & capricieux , nous voulons que la
fageffe regne jufques dans la fureur poë-
" tique ! &c.
M. le Chevalier de Vauclaire récita
deux pieces de poësie morale , imitées des
vers de Bocce , fur la confolation philofophique.
L'on termina cette féance par
un mémoire que M. Dupré d'Aulnay ,
membre de la Société littéraire de Châlons
en Champagne , avoit envoyé pour
tribut à celle d'Arras , à laquelle il eft
aggrégé depuis peu , comme affocié externe.
Ce mémoire confiftoit en des obfervations
phyfiques fur le fel marin , pour
réfuter les conjectures de M. R. P. V. J.
au fujet d'un ouvrage imprimé dans un
recueil de l'Académie de la Rochelle.
Nous apprenons que depuis la féance
publique dont on vient de rendre compte
, la Société littéraire d'Arras en a encore
tenu deux autres , le 26 Octobre
1754, & le 15 Mars dernier. Voici la
lifte des pièces qui ont rempli ces nouvelles
féances...
118 MERCURE DE FRANCE.
Effai fur la néceffité & l'utilité des rew
cherches de monumens antiques & de médailles
dans la province d'Artois , relative
ment à l'histoire du pays , par M. Camp. x
2 Obfervations fur l'origine & les étymolo
gies de plufieurs noms de lieux anciens fitues
en Artois ; par le même .
Remerciment de M. Foacier de Ruzé ,
nouvel Affocié , auquel M. Camp a tépondu
en qualité de Directeur.
A
Difcours de M. Brunel , Avocat , Chan
celier de la Société , dont l'objet étoit de
prouver combien le mépris de la littérature
nuit au bien public.
Suite du mémoire hiftorique , lû par M.
Harduin , à l'affemblée du 3o Mars 1754 ,
contenant la relation des cérémonies qui
fe pratiquoient dans la ville d'Arras , fous
les Ducs de Bourgogne de la feconde race ,
aux entrées folemnelles de ces Princes &
des Rois de France leurs Souverains .
Effai hiftorique fur l'origine de la langue
françoife , par M. Enlart de Grandval ,
qui avoit donné le difcours préliminaire
de cet ouvrage à la féance du 30 Mars
1754.
Obfervations phyfiques du R. P. Lucas ,
fur les découvertes qu'on a faites en creufant
le lit du nouveau canal qui doit for--
mer une communication entre la riviero
MAI. 119
1755.
d'Aa & la Lis , dont les travaux ont été
commencés en 1753 , à trois quarts de
lieue de Saint - Omer , par l'ouverture dè
la montagne des Fontinettes.
Pour procéder avec ordre , le P. L. a
divifé fa differtation en quatre articles.
Il expofe dans le premier , quelle eft la
matiere , la couleur , la fituation , l'épaiffeur
& le nombre des différentes couches
qu'on a coupées dans la montagne
des Fontinettes. En parlant de la derniere
couche de glaife , il rapporte les expériences
qu'il a multipliées , pour fe convaincre
par les yeux que l'origine des fontaines
& des rivieres doit être attribuée aux
brouillards , à la rofée , à l'eau de pluie ,
&c. & il réfute les autres fyftêmes qu'on a
imaginés à cet égard. Il ajoute quelques
réflexions fur les couches de fable qu'on
á découvertes dans la montagne , du côté
du village d'Arques ; il obferve que les
grains de ce fable , qui eft vitrifiable , font
plus gros que ceux du fable ordinaire des
fablieres d'Artois , & que la plupart de
ces grains font taillés à fix pans , qui aboutiffent
à une pointe commune ; ce qui
pourroit faire conjecturer que ce font de
petites primes de cryſtal , femblables à celles
des cryftaux colorés & non colorés
de Suiffe , de Portugal , &c.
120 MERCURE DE FRANCE.
2
Dans le fecond article , le P. L. diftingue
deux efpéces tout à fait différentes de
minéraux , trouvées dans les mêmes fouilles
, à vingt- cinq pieds de profondeur. La.
premiere efpéce eſt une matiere lourde
jaune & brillante , qui paroît métallique
au premier coup d'oeil , mais qui ne l'eft
Il pas. prouve que plufieurs de ces fragmens
minéraux ont été autrefois de vrai
bois , dont ils confervent encore les fibres
ligneufes , les noeuds convexes & concayes
, les racines & les branches naiſlantes .
Il explique comment une métamorphofe
auffi finguliere a pû fe faire , comment ce
bois a changé de nature , fans changer de
configuration extérieure , & fur-tout comment
il peut fe rencontrer dans le fein
d'une montagne , dont la formation n'a
point d'époque connue , & paroît être de
la plus haute antiquité. Il paffe enfuite à
la décompofition qu'il a faite de ce bois
minéralife ; & après avoir prouvé qu'on
n'y reconnoît pas les qualités d'un métal ,
il conclut que c'eft un foufre minéral २
mêlé de quelques parties de fel neutre ,
& d'une grande partie de terre.
Le fecond minéral eft une matiere
talqueufe & tranſparente , compofée de
feuilles prefque infiniment minces , appliquées
& collées les unes fur les autres ,
de
MAI. 1755. 121
1
de maniere que ce grand nombre de couches
ne diminue point la tranfparence de
la maffe continue , & n'interrompt point la
direction des rayons de lumiere qui y
paffent en ligne droite prefque aufli aifément
que dans le verre . Ces morceaux
talqueux forment dans la glaiſe des étoiles
en tout fens , dont les rayons divergens partent
d'un centre commun , qui n'eft qu'un
point , ou plutôt qui n'eft formé que par
les pointes inférieures des rayons mêmes ,
qui y aboutiffent & s'y réuniffent tous en
un feul point. Le P. L. décrit leur figure
extérieure & leurs différentes dimenfions ;
& après avoir montré pourquoi quelquesuns
de ces rayons paroiffent entés les uns
fur les autres , il s'attache à expliquer la
formation finguliere des épis de folle
avoine qu'on y remarque diftinctement, &
qui s'étendent dans le fein & felon la longueur
de chaque rayon . Il foutient que
cette matiere talqueufe , bien broyée &
bien pilée , eft préférable au tripoli & au
foufre pour les maftics fins , & qu'elle peut
fervir à blanchir l'argent quand elle a été
calcinée dans le creufet , & réduite en poudre
impalpable. Il explique enfin comment
cette matiere paroît vitrefcible dans
l'eau forte , où elle ne fe diffout point ,
& femble cependant fe calciner dans un
F
22 MERCURE DE FRANCE.
grand feu , où elle ne fe vitrifie pas.
Le P. L. a détaillé , dans le troifiéme
article , les indices qui paroiffent annoncer
aux environs du nouveau canal quelques
mines de plomb , à une plus grande
profondeur. Il a remis à une autre féance
le quatrième article , dans lequel il parlera
des divers fragmens de végétaux & de parties
animales qui ont été trouvées dans les
couches de fable , vers l'endroit où l'on a
commencé l'excavation du canal.
Fermer
Résumé : SEANCE PUBLIQUE De la Société Littéraire d'Arras.
Le 22 juin 1755, la Société Littéraire d'Arras organisa une séance publique pour accueillir le Père Lucas, jésuite, qui prononça un discours sur l'excellence de l'histoire naturelle. Il souligna l'utilité et les agréments de cette discipline, mettant en avant l'abondance des curiosités naturelles et des monuments antiques en Artois. Le Père Lucas détailla plusieurs découvertes, telles que des tombeaux anciens à Dainville et Gouy, des vestiges romains dans les marais d'Ecourt-Saint-Quentin, et des artefacts gaulois et romains dans la sablière de Baralle. Il mentionna également des arbres fossilisés à Arras, Recourt, et Fouquières, ainsi que diverses ressources naturelles comme des plantes médicinales, des sources d'eau minérale, et des mines de fer, plomb, et vitriol. Dans la deuxième partie de son discours, le Père Lucas expliqua comment les naturalistes contribuent à l'histoire en fournissant des antiquités précieuses. Il illustra cela par des exemples de découvertes faites en Artois, comme des empreintes de coquillages, des globes minéraux, et des médailles romaines. M. Leroux, Directeur de la Société, répondit en soulignant l'importance de la connaissance de l'histoire naturelle pour éclairer les compatriotes. M. Enlard de Grandval fit des remarques sur les difficultés de la versification française, tandis que le Chevalier de Vauclaire récita des poèmes moraux. La séance se conclut par la lecture d'un mémoire de M. Dupré d'Aulnay sur le sel marin, réfutant des conjectures de M. R. P. V. J. Le Père Lucas a également structuré ses observations sur les découvertes faites lors du creusement du lit d'un nouveau canal entre la rivière d'Aa et la Lis, près de Saint-Omer, en quatre articles. Dans le premier article, il décrit les différentes couches de matière trouvées dans la montagne des Fontinettes, discutant de l'origine des fontaines et des rivières, et observant des couches de sable vitrifiable près d'Arques. Le deuxième article distingue deux types de minéraux trouvés à vingt-cinq pieds de profondeur : un bois fossilisé transformé en soufre minéral et une matière talqueuse et transparente utilisée dans les mastics fins et pour blanchir l'argent. Le troisième article mentionne des indices de mines de plomb à une plus grande profondeur. Le quatrième article, non détaillé dans le texte, traitera des divers fragments de végétaux et de parties animales trouvés dans les couches de sable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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55
p. 124-128
Observations sur les vignes de 1754, faites dans le Bordelois.
Début :
Les grandes chaleurs qu'il a fait l'été passé ont arrêté de bonne heure la séve [...]
Mots clefs :
Vignes, Terre, Chaleur, Vendanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Observations sur les vignes de 1754, faites dans le Bordelois.
Obfervations fur les vignes de 1754 , faites
dans le Bordelois.
Lafont arrêté de bonne heure la féve
Es grandes chaleurs qu'il a fait l'été
dans le farment , ce qui a donné fort peu
de bois & a rendu la taille difficile . Les
grands froids ont fait mourir beaucoup de
pieds , les chaleurs de l'année paffée en
avoient déja fait mourir grand nombre.
Les grandes gelées ont rendu les premiers
travaux fort aifés & fort profitables.
Tous les bourgeons étoient prefque fortis ,
lorfqu'il eft furvenu une gelée caufée par
un vent de nord-oueft qui avoit donné la
veille une pluie froide. Tous les endroits
qui avoient été frappés de la pluie , ont
extrêmement fouffert ; il n'y a pas eu de
mal ailleurs , ce qui fait qu'il y a eu des
côtes inacceffibles àla gelée qui ont fouffert
, tandis que dans les plaines l'on en a
été quitte pour la peur.
Les vignes qui n'étoient point gelées
étoient chargées de manes ; le farment a
paru d'abord vigoureux , les feuilles étoient
d'une largeur extraordinaire ; les provins
JUIN. 1755. 125
& les plantations ont réuffi à merveille.
Les travaux fe font faits aifément & en
beau tems.
Les pluies furvenues fur la fleur ont
caufé quelque perte , mais elle n'eft pas
comparable aux maux que les chaleurs qui
leur ont fuccedé ont fait : elles ont trouvé
le bois de la vigne encore humide ; & prenant
de nouveaux accroiffemens , le verjus
n'avoit pas eu le tems de prendre de la
force. Les rayons du foleil ont agi avec
tant de violence , que la moitié de la récolte
a été brûlée. Les chaleurs continuant
ont defféché la terre à un tel point , que
toutes les campagnes étoient crevaffées. Le
farment a pris fa maturité avant le tems ,
la queue du raifin fembloit defféchée , les
grains étoient extrêmement petits ; ceux
qui paroiffoient les plus mûrs étoient d'un
rouge tuilé , ayant une confiftance fort
molle.
La récolte promettoit fort peu de chofe
en Septembre les paluds , quoique dans
une terre forte , ont beaucoup fouffert
l'on laiffe à penfer ce qu'ont eu à endurer
les Graves.
Aux approches des vendanges les vins de
l'année paffée étoient extraordinairement
montés ; ce qui eft prodigieux , c'est que
les vins , dont la qualité étoit fupérieure ,
Fuj
126 MERCURE DE FRANCE.
:.
ont aigri en beaucoup d'endroits .
Des pluies douces furvenues à la veille
des vendanges ont ranimé les efpérances ;
l'on peut conjecturer du bien qu'elles ont
produit , puifque fans avoir pénétré jufqu'à
la racine , elles n'ont pas laiflé d'amener
tout à une maturité parfaite : huit jours
ont füffi , le raiſin a acquis dans ce peu de
tems fa groffeur naturelle , l'on ne voyoit
plus aucun veftige des defordres qu'avoient
fait les grandes chaleurs ; ce changement
arriva à la mi- Octobre. L'on a profité des
beaux jours qu'il a fait depuis pour vendanger
; mais les froids & les mauvais tems
qui ont fuccédé , ont tout gâté en certains
endroits : les vendanges étoient trop reculées
pour pouvoir être faites fans inconvénient.
Enfin l'on a fait prefque par-tour
d'abondantes vendanges ; mais le vin n'eſt
pas également bon , on ne lui trouve ni la
féve , ni le corps de celui de l'année paffée.
Le vin blanc eft moindre en qualité que
le rouge . Un ouragan des plus terribles qui
s'eft fait fentir en Novembre , a caufé de
grands maux ; les raifins n'étoient pas encore
bons à prendre , l'on n'avoit fait qu'u
ne cueillette , & en quelques endroits aucune
; les grains les plus pourris fe détacherent
, la terre en étoit couverte ; une
pluie abondante qui futvint , les détrempa
JUIN. 1755. 127
fi fort que l'on fut obligé de les abandonner
: il eft vrai que cette pluie hâta les vendanges
en achevant de pourrir. Les vins
blancs du Bordelois fe font prefque tous
de raifins pourris.
Remarques particulieres fur les grands froids
& les grandes chaleurs de l'année.
Les rigueurs de l'hiver & les grandes
chaleurs de l'été ont tout fait dans l'abondanté
récolte de cette année.
Les hivers froids & les étés chauds ,
malgré les inconvéniens qu'ils ont , font
les plus propres aux vignes.
D
Les gelées fortes mettent en pouffiere
les terres les plus compactes ; elles s'infinuent
dans toutes les parties , elles les
foulevent en en faifant la féparation . Que
ne doit-on pas attendre après cela des labours,
qui achevent de procurer une ouver
ture qui puiffe infinuer les rayons du foleil
dans le fein de la terrre , afin d'en mettre
en mouvement tous les fels ? Les hivers
doux ne fçauroient produire ces avantages.
Les pluvieux font d'ordinaire funeftes à
toutes les plantes , fans compter la quantité
immenfe de fels précieux qu'entraînent
les eaux ou qu'elles diffipent ; l'on perd
prefque le fruit de tous les travaux : en
vain l'on ouvre le fein de la terre pour y
F iiij
128 MERCURE DE FRANCE.
infinuer les douces influences de l'air ; la
terre chargée d'humidité , preffe fur ellemême
& fe refferre auffi - tôt.
La chaleur eft le principe de la végétation
, & plus elle eft grande , plus elle agit
avec efficacité.
Le point eft de mettre la vigne dans une
fituation à profiter de ces bienfaits , par où
on la met en même tems à l'abri des inconvéniens
d'une trop grande chaleur :
c'eft en faifant de fréquens labours , qui
tiennent toujours la terre meuble , & font
mourir les mauvaiſes herbes ; il eft inconteftable
que fans cela la terre fe durcit ,
la chaleur s'y concentre , c'eft une maſſe
de feu qui altere & qui defféche tout ce
qui en approche. Il eft démontré qu'à un
demi-pied de terre meuble il regne une
fraîcheur que l'on ne trouve point à deux
pieds d'une terre inculte. Les mauvaifes
herbes contribuent à entretenir la chaleur ,
leur ombrage ne porte point la fraîcheur
que l'on s'imagine.
Par le P. P. R. D. N. D. D. V,
dans le Bordelois.
Lafont arrêté de bonne heure la féve
Es grandes chaleurs qu'il a fait l'été
dans le farment , ce qui a donné fort peu
de bois & a rendu la taille difficile . Les
grands froids ont fait mourir beaucoup de
pieds , les chaleurs de l'année paffée en
avoient déja fait mourir grand nombre.
Les grandes gelées ont rendu les premiers
travaux fort aifés & fort profitables.
Tous les bourgeons étoient prefque fortis ,
lorfqu'il eft furvenu une gelée caufée par
un vent de nord-oueft qui avoit donné la
veille une pluie froide. Tous les endroits
qui avoient été frappés de la pluie , ont
extrêmement fouffert ; il n'y a pas eu de
mal ailleurs , ce qui fait qu'il y a eu des
côtes inacceffibles àla gelée qui ont fouffert
, tandis que dans les plaines l'on en a
été quitte pour la peur.
Les vignes qui n'étoient point gelées
étoient chargées de manes ; le farment a
paru d'abord vigoureux , les feuilles étoient
d'une largeur extraordinaire ; les provins
JUIN. 1755. 125
& les plantations ont réuffi à merveille.
Les travaux fe font faits aifément & en
beau tems.
Les pluies furvenues fur la fleur ont
caufé quelque perte , mais elle n'eft pas
comparable aux maux que les chaleurs qui
leur ont fuccedé ont fait : elles ont trouvé
le bois de la vigne encore humide ; & prenant
de nouveaux accroiffemens , le verjus
n'avoit pas eu le tems de prendre de la
force. Les rayons du foleil ont agi avec
tant de violence , que la moitié de la récolte
a été brûlée. Les chaleurs continuant
ont defféché la terre à un tel point , que
toutes les campagnes étoient crevaffées. Le
farment a pris fa maturité avant le tems ,
la queue du raifin fembloit defféchée , les
grains étoient extrêmement petits ; ceux
qui paroiffoient les plus mûrs étoient d'un
rouge tuilé , ayant une confiftance fort
molle.
La récolte promettoit fort peu de chofe
en Septembre les paluds , quoique dans
une terre forte , ont beaucoup fouffert
l'on laiffe à penfer ce qu'ont eu à endurer
les Graves.
Aux approches des vendanges les vins de
l'année paffée étoient extraordinairement
montés ; ce qui eft prodigieux , c'est que
les vins , dont la qualité étoit fupérieure ,
Fuj
126 MERCURE DE FRANCE.
:.
ont aigri en beaucoup d'endroits .
Des pluies douces furvenues à la veille
des vendanges ont ranimé les efpérances ;
l'on peut conjecturer du bien qu'elles ont
produit , puifque fans avoir pénétré jufqu'à
la racine , elles n'ont pas laiflé d'amener
tout à une maturité parfaite : huit jours
ont füffi , le raiſin a acquis dans ce peu de
tems fa groffeur naturelle , l'on ne voyoit
plus aucun veftige des defordres qu'avoient
fait les grandes chaleurs ; ce changement
arriva à la mi- Octobre. L'on a profité des
beaux jours qu'il a fait depuis pour vendanger
; mais les froids & les mauvais tems
qui ont fuccédé , ont tout gâté en certains
endroits : les vendanges étoient trop reculées
pour pouvoir être faites fans inconvénient.
Enfin l'on a fait prefque par-tour
d'abondantes vendanges ; mais le vin n'eſt
pas également bon , on ne lui trouve ni la
féve , ni le corps de celui de l'année paffée.
Le vin blanc eft moindre en qualité que
le rouge . Un ouragan des plus terribles qui
s'eft fait fentir en Novembre , a caufé de
grands maux ; les raifins n'étoient pas encore
bons à prendre , l'on n'avoit fait qu'u
ne cueillette , & en quelques endroits aucune
; les grains les plus pourris fe détacherent
, la terre en étoit couverte ; une
pluie abondante qui futvint , les détrempa
JUIN. 1755. 127
fi fort que l'on fut obligé de les abandonner
: il eft vrai que cette pluie hâta les vendanges
en achevant de pourrir. Les vins
blancs du Bordelois fe font prefque tous
de raifins pourris.
Remarques particulieres fur les grands froids
& les grandes chaleurs de l'année.
Les rigueurs de l'hiver & les grandes
chaleurs de l'été ont tout fait dans l'abondanté
récolte de cette année.
Les hivers froids & les étés chauds ,
malgré les inconvéniens qu'ils ont , font
les plus propres aux vignes.
D
Les gelées fortes mettent en pouffiere
les terres les plus compactes ; elles s'infinuent
dans toutes les parties , elles les
foulevent en en faifant la féparation . Que
ne doit-on pas attendre après cela des labours,
qui achevent de procurer une ouver
ture qui puiffe infinuer les rayons du foleil
dans le fein de la terrre , afin d'en mettre
en mouvement tous les fels ? Les hivers
doux ne fçauroient produire ces avantages.
Les pluvieux font d'ordinaire funeftes à
toutes les plantes , fans compter la quantité
immenfe de fels précieux qu'entraînent
les eaux ou qu'elles diffipent ; l'on perd
prefque le fruit de tous les travaux : en
vain l'on ouvre le fein de la terre pour y
F iiij
128 MERCURE DE FRANCE.
infinuer les douces influences de l'air ; la
terre chargée d'humidité , preffe fur ellemême
& fe refferre auffi - tôt.
La chaleur eft le principe de la végétation
, & plus elle eft grande , plus elle agit
avec efficacité.
Le point eft de mettre la vigne dans une
fituation à profiter de ces bienfaits , par où
on la met en même tems à l'abri des inconvéniens
d'une trop grande chaleur :
c'eft en faifant de fréquens labours , qui
tiennent toujours la terre meuble , & font
mourir les mauvaiſes herbes ; il eft inconteftable
que fans cela la terre fe durcit ,
la chaleur s'y concentre , c'eft une maſſe
de feu qui altere & qui defféche tout ce
qui en approche. Il eft démontré qu'à un
demi-pied de terre meuble il regne une
fraîcheur que l'on ne trouve point à deux
pieds d'une terre inculte. Les mauvaifes
herbes contribuent à entretenir la chaleur ,
leur ombrage ne porte point la fraîcheur
que l'on s'imagine.
Par le P. P. R. D. N. D. D. V,
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Résumé : Observations sur les vignes de 1754, faites dans le Bordelois.
En 1754, dans le Bordelais, les conditions climatiques extrêmes ont gravement affecté les vignes. Les grandes chaleurs estivales ont limité la croissance du bois, rendant la taille difficile. Les froids intenses ont tué de nombreux pieds de vigne, aggravant les pertes de l'année précédente. Les gelées ont facilité les premiers travaux, mais une gelée tardive, précédée d'une pluie froide, a endommagé les bourgeons dans certaines zones. Les vignes non gelées étaient chargées de fruits, mais les pluies et les chaleurs excessives ont causé des pertes significatives. Les rayons du soleil ont brûlé une grande partie de la récolte, et les chaleurs ont desséché la terre, rendant les grains de raisin petits et mous. En septembre, la récolte semblait prometteuse, mais les paluds ont souffert. Les vins de l'année précédente avaient monté en qualité, mais certains avaient aigri. Des pluies douces avant les vendanges ont amélioré la maturité du raisin, mais les froids et les mauvais temps ultérieurs ont gâté certaines récoltes. Les vendanges, bien que tardives, ont été abondantes, mais le vin manquait de saveur et de corps par rapport à l'année précédente. Un ouragan en novembre a causé des dégâts supplémentaires, laissant des raisins pourris. Les rigueurs de l'hiver et les grandes chaleurs de l'été ont été déterminantes pour l'abondance de la récolte. Les gelées fortes et les labours fréquents sont bénéfiques pour les vignes, tandis que les hivers doux et les étés pluvieux sont nuisibles. La chaleur est essentielle pour la végétation, mais elle doit être modérée pour éviter de dessécher les vignes. Les labours réguliers et l'élimination des mauvaises herbes sont cruciaux pour maintenir la fraîcheur du sol et protéger les vignes des excès de chaleur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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56
p. 238-239
DE COPPENHAGUE le 19 Avril.
Début :
On apprend de Drontheim, dans la Norwege, qu'un grand quartier de terre, [...]
Mots clefs :
Norvège, Terre, Enfoncement, Rivière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE COPPENHAGUE le 19 Avril.
De COPPENHAGUE le 19 Avril.
On apprend de Drontheim , dans la Norwege ,
qu'un grand quartier de terre , d'environ mille
pas de longueur fur une largeur confidérable ,
JUIN. 1760. 239
s'eft enfoncé tout-à-coup ; les eaux de la Rivière .
d'Elwe , fur les bords de laquelle il étoit fitué
en ont reflué de telle manière, qu'elles fe font for .
mé un nouveau lit.
On apprend de Drontheim , dans la Norwege ,
qu'un grand quartier de terre , d'environ mille
pas de longueur fur une largeur confidérable ,
JUIN. 1760. 239
s'eft enfoncé tout-à-coup ; les eaux de la Rivière .
d'Elwe , fur les bords de laquelle il étoit fitué
en ont reflué de telle manière, qu'elles fe font for .
mé un nouveau lit.
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57
p. 205-208
COURS DE GEOGRAPHIE, contenant des Principes généraux, Mathématiques & Physiques, sur cette Science. Par M. BONNE, Maitre de Mathématiques, & de la Société Littéraire-Militaire.
Début :
Ce Cours a été donné pour la premiere fois, dans le mois de Juin & de [...]
Mots clefs :
Géographie, Cours, Éducation, Terre, Ciel, Soleil, Mouvement des astres, Rotation de la terre, Couches terrestres, Matières, Cartes géographiques, Navigation, Capitales, États, Séances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COURS DE GEOGRAPHIE, contenant des Principes généraux, Mathématiques & Physiques, sur cette Science. Par M. BONNE, Maitre de Mathématiques, & de la Société Littéraire-Militaire.
COURS DE GEOGRAPHIE , contenant des Principes
généraux , Mathématiques & Physiques ,
fur cette Science . Par M. BONNE , Maitre de
Mathématiques , & de la Société Littéraire-
Militaire.
Ce Cours a été donné pour la premiere fois ,
dans le mois de Juin & de Juillet dernier . L'accueil
favorable qu'il a reçu , engage à l'annoncer
de nouveau dans un temps où beaucoup de monde
eſt toujours hors de la Capitale , il a été
rempli bien au- delà de l'attente de l'Auteur ; &
depuis on le fait entrer dans l'éducation de plufeurs
jeunes perfonnes de l'un & de l'autre fexe.
Ainfi l'Auteur ne peut que fe féliciter de ce qu'il
s'eft occupé d'objets que le Public trouve agréa
bles & intéreffans .
La premiere Leçon de ce Cours , ſera remplie
par des Obfervations générales fur les principaux
objets de la furface de la Terre , afin de reconnoître
ces mêmes objets , qui doivent fournir la
matière de nos entretiens . Nous nous occuperons
enfuite de la figure qu'on a dû attribuer à la
Terre , & de fa fituation par rapport au Ciel ;
puis il fera traité des mouvemens du Soleil &
des mouvemens de la Lune , de même que ceux
des autres Corps Céleftes. En un mot , aucun
principe utile de la Sphère , relativement à la
Géographie , ne fera oublié.
Après avoir expofé les mouvemens des Aſtres,
tels que les apparences nous les montrent, nous
ferons voir qu'ils s'expliquent avec beaucoup de
facilité , dans le fyftême qui fait mouvoir la Terre
autour du Soleil en un an , & fur elle -même en
vingt - quatre heures. Cette hypothèſe , ſi ç'en eſt
ane,paroît contenir levrai Méchanifme des moi
206 MERCURE DE FRANCE.
vemens Céleftes ; ainfi elle nous occupera d'une
manière intérellante & avantageufe. D'ailleurs ,
nous aurons recours par la fuite aux mouvemens
de notre globe,pour expliquer fon applatiſſement.
La Géographie Phyfique commencera par un
examen réfléchi des couches de la terre & de leur
nature , des Coquillages & des autres corps étrangers
renfermés dans ces couches. Enfuite nous
nous occuperons des montagnes & des vallées,
des carriéres & des mines , de l'origine des fontaines
& du mouvement des eaux des fleuves : puis
fuivra le détail des principaux effets que les eaux
courantes produiſent ſur la ſurface de la terre .
Après ces chofes , l'enchaînement des matiéres
demande que nous nous entretenions des lacs , de
même que les eaux de la mer & de leur nature.
Avant que d'abandonner ce fujet , nous explique
rons comment l'action de la Lune & celle du Soleil
, produifent le flux & le reflux de la mer . Les
courans , les vents réglés , les vents variables , les
ouragans , &c , feront auffi un des objets de nos
Leçons. Et comme les Vents influent confidérablement
fur la température des climats , ils nous
donneront occafion d'expliquer les cauſes des dif
férences qui fe font reffentir dans le froid , en
divers endroits fitués fur le même parallèle. Enfuite
nous décrirons les principales altérations
que les mouvemens de la Mer & les vents produifent
fur notre globe. De là nous pafférons aux
effets des Volcans & à leur caufe : puis il fera
parlé des tremblemens de Terre fur lefquels
nous expoferons les différentes explications que
les Phyficiens donnent de ces terribles agitations,
qui femblent vouloir détruire notre séjour.
Nous développerons enfuite la caufe des diverfes
longueurs du Pendule aux différentes latisudes.
Après viendra la détermination des die
DECEMBRE. 1760. 207
menfions de la Tèrre , tant par le raiſonnement
que d'après les mefures . La diminution des de
grés des parallèles , aux différentes latitudes , fera
auffi donnée , de même que les inégalités des
degrés des Méridiens , qui fur un globe exact ,
feroient tous égaux entr'eux .
La Leçon précédente nous conduira avec ordre
à la manière de dreffer les Cartes ; chacun fe ferr
de ces repréſentations des Contrées de la Terre ,
& peu de perfonnes foupçonnent l'art avec lequel
elles font faites. L'avantage des Cartes dont les
Parallèles font des Courbes , qui coupent les Mé
ridiens perpendiculairement , fera mis dans tout
fon jour. La projection des Mappemondes que
nous expliquerons , fera celle où les degrés des
Méridiens & ceux des parallèles , font partout
exactement dans le rapport qu'ils ont fur le globe.
Enfin , la manière de dreffer les Cartes Marines
ou réduites , ne fera pas oubliée.
Avec la folution des Problèmes du pilotage ,
qui entre naturellement dans le plan de ce Cours ;
feront exposés fuccinctement & clairement , les
divers moyens que les Marins employent pour fe
conduire fur l'Elément liquide , prèſque auffi fûrement
que s'ils voyageoient fur la Terre. L'art de
fe diriger en Mer nous fera parler de la Bouffole
de la déclinaifon de l'aiguille aimantée , & de fon
inclinaison : ce qui donnera lieu d'expliquer com
ment on peut avec cet inftrument , trouver àpeu-
près les longitudes fur Mer.
Ce Cours fera terminé par une Analyfe de la
Géographie Politique , qui contiendra les Capi
tales des principaux Etats , les moeurs des habitans
de chaque contrée , les principales produc
tions qui s'y trouvent , & le commerce qu'on y
Fait. On arrête ordinairement fur ce fujet feul
qui nous occupera quelques jours , les jeunes gens
208 MERCURE DE FRANCE.
plufieurs mois de fuite. Pour cela , on les oblige
de retenir quantité de noms de lieux peu contidérables
, qu'ils oublient prèſque auffitôt , & on
s'amufe à leur expliquer nombre de chofes , qui
pour les bien entendre , exigent à peine d'être
lues. Il nous a paru qu'il fuftifoit dans ce cas
d'avoir l'intelligence de la matière & la manière
de l'étudier. C'eft au defir de fçavoir , joint à la
lecture de quelques bons ouvrages fur la Géographie
, & furtout à celle des Voyageurs & des
Hiftoriens , qu'il faut laiffer faire le refte.
Dans l'explication des différens effets de la Nature
,qui feront l'objet de ces Leçons , nous n'embrafferons
aucun fyftême , & il ne fera employé ,
que des raifonnemens familiers , palpables , & à
fa portée de tout le monde. Les faits connus ,
analyfés & difcutés , feront les feuls guides que
nous nous permettrons de fuivre ; ainfi nos entretiens
feront plus vrais que brillants , plus utiles
que merveilleux. La peine des calculs , lorfque la
matière l'a exigée , n'a point été épargnée : comme
ils pourroient n'être point à la portée des Auditeurs
, nous n'en donnerons que les réfultats ,
en laiffant voir les principes fur lesquels ils font
fondés ; ce qui mettra en état de jouir du fruit de
ces Calculs , fans avoir eu la peine d'en effuyer
les difficultés.
Ce Cours fera compofé de vingt féances , qui
fe tiendront les Mardi , Jeudi & Samedi de chaque
femaine. Nous prendrons l'heure la plus
commode au plus grand nombre de Soufcripreurs.
L'ouverture s'en fera le Jeudi 8 Janvier
1761 , & il continuera jufqu'au 24 ou 26 Fevrier.
Il en coûtera 48 livres pour chaque perfonne ,
On fe fera infcrire avant que le Cours commence
, chez M. BONNE , Maître en Mathémariques
, rue Mazarine , près la rue Guénégaud
à'Hôtel Saint Jofeph,
généraux , Mathématiques & Physiques ,
fur cette Science . Par M. BONNE , Maitre de
Mathématiques , & de la Société Littéraire-
Militaire.
Ce Cours a été donné pour la premiere fois ,
dans le mois de Juin & de Juillet dernier . L'accueil
favorable qu'il a reçu , engage à l'annoncer
de nouveau dans un temps où beaucoup de monde
eſt toujours hors de la Capitale , il a été
rempli bien au- delà de l'attente de l'Auteur ; &
depuis on le fait entrer dans l'éducation de plufeurs
jeunes perfonnes de l'un & de l'autre fexe.
Ainfi l'Auteur ne peut que fe féliciter de ce qu'il
s'eft occupé d'objets que le Public trouve agréa
bles & intéreffans .
La premiere Leçon de ce Cours , ſera remplie
par des Obfervations générales fur les principaux
objets de la furface de la Terre , afin de reconnoître
ces mêmes objets , qui doivent fournir la
matière de nos entretiens . Nous nous occuperons
enfuite de la figure qu'on a dû attribuer à la
Terre , & de fa fituation par rapport au Ciel ;
puis il fera traité des mouvemens du Soleil &
des mouvemens de la Lune , de même que ceux
des autres Corps Céleftes. En un mot , aucun
principe utile de la Sphère , relativement à la
Géographie , ne fera oublié.
Après avoir expofé les mouvemens des Aſtres,
tels que les apparences nous les montrent, nous
ferons voir qu'ils s'expliquent avec beaucoup de
facilité , dans le fyftême qui fait mouvoir la Terre
autour du Soleil en un an , & fur elle -même en
vingt - quatre heures. Cette hypothèſe , ſi ç'en eſt
ane,paroît contenir levrai Méchanifme des moi
206 MERCURE DE FRANCE.
vemens Céleftes ; ainfi elle nous occupera d'une
manière intérellante & avantageufe. D'ailleurs ,
nous aurons recours par la fuite aux mouvemens
de notre globe,pour expliquer fon applatiſſement.
La Géographie Phyfique commencera par un
examen réfléchi des couches de la terre & de leur
nature , des Coquillages & des autres corps étrangers
renfermés dans ces couches. Enfuite nous
nous occuperons des montagnes & des vallées,
des carriéres & des mines , de l'origine des fontaines
& du mouvement des eaux des fleuves : puis
fuivra le détail des principaux effets que les eaux
courantes produiſent ſur la ſurface de la terre .
Après ces chofes , l'enchaînement des matiéres
demande que nous nous entretenions des lacs , de
même que les eaux de la mer & de leur nature.
Avant que d'abandonner ce fujet , nous explique
rons comment l'action de la Lune & celle du Soleil
, produifent le flux & le reflux de la mer . Les
courans , les vents réglés , les vents variables , les
ouragans , &c , feront auffi un des objets de nos
Leçons. Et comme les Vents influent confidérablement
fur la température des climats , ils nous
donneront occafion d'expliquer les cauſes des dif
férences qui fe font reffentir dans le froid , en
divers endroits fitués fur le même parallèle. Enfuite
nous décrirons les principales altérations
que les mouvemens de la Mer & les vents produifent
fur notre globe. De là nous pafférons aux
effets des Volcans & à leur caufe : puis il fera
parlé des tremblemens de Terre fur lefquels
nous expoferons les différentes explications que
les Phyficiens donnent de ces terribles agitations,
qui femblent vouloir détruire notre séjour.
Nous développerons enfuite la caufe des diverfes
longueurs du Pendule aux différentes latisudes.
Après viendra la détermination des die
DECEMBRE. 1760. 207
menfions de la Tèrre , tant par le raiſonnement
que d'après les mefures . La diminution des de
grés des parallèles , aux différentes latitudes , fera
auffi donnée , de même que les inégalités des
degrés des Méridiens , qui fur un globe exact ,
feroient tous égaux entr'eux .
La Leçon précédente nous conduira avec ordre
à la manière de dreffer les Cartes ; chacun fe ferr
de ces repréſentations des Contrées de la Terre ,
& peu de perfonnes foupçonnent l'art avec lequel
elles font faites. L'avantage des Cartes dont les
Parallèles font des Courbes , qui coupent les Mé
ridiens perpendiculairement , fera mis dans tout
fon jour. La projection des Mappemondes que
nous expliquerons , fera celle où les degrés des
Méridiens & ceux des parallèles , font partout
exactement dans le rapport qu'ils ont fur le globe.
Enfin , la manière de dreffer les Cartes Marines
ou réduites , ne fera pas oubliée.
Avec la folution des Problèmes du pilotage ,
qui entre naturellement dans le plan de ce Cours ;
feront exposés fuccinctement & clairement , les
divers moyens que les Marins employent pour fe
conduire fur l'Elément liquide , prèſque auffi fûrement
que s'ils voyageoient fur la Terre. L'art de
fe diriger en Mer nous fera parler de la Bouffole
de la déclinaifon de l'aiguille aimantée , & de fon
inclinaison : ce qui donnera lieu d'expliquer com
ment on peut avec cet inftrument , trouver àpeu-
près les longitudes fur Mer.
Ce Cours fera terminé par une Analyfe de la
Géographie Politique , qui contiendra les Capi
tales des principaux Etats , les moeurs des habitans
de chaque contrée , les principales produc
tions qui s'y trouvent , & le commerce qu'on y
Fait. On arrête ordinairement fur ce fujet feul
qui nous occupera quelques jours , les jeunes gens
208 MERCURE DE FRANCE.
plufieurs mois de fuite. Pour cela , on les oblige
de retenir quantité de noms de lieux peu contidérables
, qu'ils oublient prèſque auffitôt , & on
s'amufe à leur expliquer nombre de chofes , qui
pour les bien entendre , exigent à peine d'être
lues. Il nous a paru qu'il fuftifoit dans ce cas
d'avoir l'intelligence de la matière & la manière
de l'étudier. C'eft au defir de fçavoir , joint à la
lecture de quelques bons ouvrages fur la Géographie
, & furtout à celle des Voyageurs & des
Hiftoriens , qu'il faut laiffer faire le refte.
Dans l'explication des différens effets de la Nature
,qui feront l'objet de ces Leçons , nous n'embrafferons
aucun fyftême , & il ne fera employé ,
que des raifonnemens familiers , palpables , & à
fa portée de tout le monde. Les faits connus ,
analyfés & difcutés , feront les feuls guides que
nous nous permettrons de fuivre ; ainfi nos entretiens
feront plus vrais que brillants , plus utiles
que merveilleux. La peine des calculs , lorfque la
matière l'a exigée , n'a point été épargnée : comme
ils pourroient n'être point à la portée des Auditeurs
, nous n'en donnerons que les réfultats ,
en laiffant voir les principes fur lesquels ils font
fondés ; ce qui mettra en état de jouir du fruit de
ces Calculs , fans avoir eu la peine d'en effuyer
les difficultés.
Ce Cours fera compofé de vingt féances , qui
fe tiendront les Mardi , Jeudi & Samedi de chaque
femaine. Nous prendrons l'heure la plus
commode au plus grand nombre de Soufcripreurs.
L'ouverture s'en fera le Jeudi 8 Janvier
1761 , & il continuera jufqu'au 24 ou 26 Fevrier.
Il en coûtera 48 livres pour chaque perfonne ,
On fe fera infcrire avant que le Cours commence
, chez M. BONNE , Maître en Mathémariques
, rue Mazarine , près la rue Guénégaud
à'Hôtel Saint Jofeph,
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Résumé : COURS DE GEOGRAPHIE, contenant des Principes généraux, Mathématiques & Physiques, sur cette Science. Par M. BONNE, Maitre de Mathématiques, & de la Société Littéraire-Militaire.
Le texte présente un cours de géographie intitulé 'COURS DE GEOGRAPHIE, contenant des Principes généraux, Mathématiques & Physiques', dispensé par M. Bonne, maître de mathématiques et membre de la Société Littéraire-Militaire. Ce cours a été bien accueilli et intégré à l'éducation de plusieurs jeunes personnes. La première leçon couvre les observations générales sur la surface terrestre, la figure et la situation de la Terre par rapport au ciel, ainsi que les mouvements des astres. Le cours explique ensuite les mouvements des astres dans le système où la Terre tourne autour du Soleil et sur elle-même. La géographie physique examine les couches de la terre, les montagnes, les vallées, les carrières, les mines, les fontaines, et les mouvements des eaux. Il traite également des lacs, des eaux de la mer, du flux et reflux, des courants, des vents, et des effets des volcans et des tremblements de terre. Le cours aborde ensuite la détermination des dimensions de la Terre, la manière de dresser les cartes, et l'art de se diriger en mer. Il se termine par une analyse de la géographie politique, incluant les capitales des principaux États, les mœurs des habitants, les productions, et le commerce. Le cours est composé de vingt séances, se tenant les mardi, jeudi et samedi, à partir du 8 janvier 1761 jusqu'au 24 ou 26 février 1761, au coût de 48 livres par personne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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58
p. 129-136
OBSERVATION sur un vice éssentiel des charrues, & Éssai fur la construction d'une nouvelle qui fera plus d'ouvrage sans augmenter la dépense. Par M. PIOGER, Gentilhomme, demeurant à Andrezy.
Début :
LA nécessité des labours est reconnue des anciens Cultivateurs & des modernes [...]
Mots clefs :
Pouces, Terre, Charrues, Chevaux, Cylindres, Tirage
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATION sur un vice éssentiel des charrues, & Éssai fur la construction d'une nouvelle qui fera plus d'ouvrage sans augmenter la dépense. Par M. PIOGER, Gentilhomme, demeurant à Andrezy.
AGRICULTURE.
OBSERVATION fur un vice éffentiel
des charrues , & Éſai fur la conftruction
d'une nouvelle qui fera plus d'ouvrage
fans augmenter la dépenfe. Par
M. PIOGER , Gentilhomme , demes
rant à Andrezy.
LA néceffité des labours eft reconnue
des anciens Cultivateurs & des mot
dernes ; cependant les Fermiers les plus
intelligens & les plus actifs ne peuven
pas en donner à toutes leurs terres au
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
tant qu'elles en auroient befoin . La
plûpart de leurs bleds ne reçoivent que
trois façons & leurs mars une , & quelquefois
deux pour les orges.
Ce défaut dans l'état actuel vient du
temps , parce que l'on ne peut labourer
lorfque la terre eft humide. Ainfi les ,
pluies , les neiges , interrompent les
travaux pour long-temps. La gelée &
la trop grande féchereffe y forment auffi
un obftacle , parce que la terre ne peut
alors être entamée & ce manque
de labours en général diminue de beaucoup
toutes les récoltes.
il
Pour parer à ces inconvéniens ,
faudroit avoir toujours une température
à fouhait , ce qui ne peut arriver
ou bien que chaque Fermier doublât
fes harnois , ce qui eft impoffible encore
, parce que cela pourroit lui occafionner
plus de dépenfe que de profit ,
fuivant fa culture actuelle ; ou enfin
que l'on rectifiât les charrues,ce qui n'eſt
pas impoffible , & fur quoi je vais faire
des obfervations & propofer mes idées ;
enforte que fans nouvelle dépenſe elles
puiffent doubler & tripler leurs befognes
ordinaires lorfqu'on le fouhaitera.
La charrue à tourne - oreille eft montée
fur deux roues de vingt- quatre à
JANVIER. 1763. 131
vingt-fix pouces , & eft tirée par deux
chevaux , & fon foc ouvre à chaque
raye fix pouces ou environ , & cette
charrue ne fait pas fon arpent par jour
ordinairement .
Celle que l'on nomme à verfoir eft
pareillement montée fur deux roues de
vingt-fix pouces. Son foc ouvre neuf ,
dix & onze pouces par raye , & eft attelée
de trois chevaux , & elle ne fait
guère plus de fon arpent par jour.
Comme ces deux charrues font les
moins défectueufes de toutes , je parlerai
feulement de celles-ci ; pour en faire
voir le vice radical , & indiquer les
moyens de les rectifier.
Les roues ont été pratiquées pour fervir
de leviers & faciliter le tirage ; &
plus les leviers font longs , plus ils
donnent de force contre la puiffance ,
& le tirage en eft plus facile.
Si nos charrues ne font pas plus expéditives
, c'eft que les leviers qui y.
font joints n'ont que douze à treize
pouces de haut , & voilà le vice radi
cal. Doublez ou triplez la longueur des
leviers , vous aurez facilité pour le travail
du double ou du triple.
pas Si jufqu'à préfent l'on n'a
rectifié ce défaut , c'est que l'on a
F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
craint apparemment de ne pouvoir plus
remuer la charrue avec la même facilité.
Mais je vais lever cet obftacle
un nouvel avantage pour la
facilité du tirage.
avec
Lorfque l'on triplera la hauteur des
roues , les chevaux pourront tirer trois
focs avec autant de facilité que le feul
qu'ils tirent à préfent , fur- tout s'ils font
tels que ceux de Meffieurs Duhamel
de Chateauvieux & de la Leverie , qui
ouvrent dix pouces à chaque raye. Ainfi
voilà déja le moyen de tripler l'ouvrage
fans nouvelle dépenfe ; mais j'ai encore
d'autres ajuftemens à propofer qui en
faciliteront le travail .
Pour y parvenir, j'ajouterai deux brancards
& deux roues de derriere pareilles
à celles de devant. Les brancards & les
éffieux feront de longueur néceffaire
pour contenir au dedans le batis de la
charrue à fix focs , & fur le devant l'on
mettra un timon fixe , afin de la faire
manoeuvrer à volonté par les quatre
chevaux qui la tiveront. Et enfin pour
procurer un tirage plus aifé, j'ajouterai
aux roues la force des poulies ; dans
le moyeu de chaque roue l'on pofera
trois cylindres de cuivre roulans fur
eux-mêmes , & fixant par un triangle
JANVIER 1763.. 133
parfait l'effieu qui traverſe le moyeu ;
enforte que le tirage de chaque roue
en fera diminué confidérablement.
-Les travaillans de cette charrue peuvent
être ajustés de différentes maniè
res ; mais il est toujours indifpenfable
de mettre des coultres en avant à qua
tre pouces l'un de l'autre , & je vou- .
drois qu'ils priffent les focs par les côtés
plutôt que par les milieux ; enfuite
je mettrois fur deux lignes les pattesd'oyes
de M. de Chateauvieux , qui
portent un coutre en avant. Ces pattesd'oye
plus étroites que les fiennes
fouilleront & fouleveront aifément une
terre bien coupée par les coutres , &
enfuite les focs que j'ai indiqués renver
feroient la terre avec facilité ; ou encore
après la ligne des coutres je mettrois
les pattes-d'oyes par étage fur deux
lignes , & chaque ligne foulevant la .
terre à deux , à trois pouces feulement ,
les focs qui viendroient enfuire renverferoient
fix pouces de terre , fans qu'il
en coutât plus de force que pour trois
ou quatre pouces ; ou bien j'établirois
fimplement fix focs de M. de la Leverie.
avec leurs coutres fur deux lignes , qui
renverferoient de même cinq pieds de
terre d'un feul trait.
134 MERCURE DE FRANCE .
1
Sous les brancards de cette charrue
& par-devant , des tenons recevront les
bras ronds de différens cylindres de
groffeur & percés de maniere à recevoir
les haies des coutres , pattes- d'oye
& focs. Comme je retranche les manches
à dix-huit pouces de leur naiffance,
il feroit placé néanmoins dans ces dixhuit
pouces , en-dedans & en dehors
de forts anneaux : à ceux du dedans feroit
attachée une corde d'un pouce de
circonférence , qui garniroit fur le devant
un treuil dont les leviers iroient à
la main du chartier , qui appuyant deffus
, tiendroit en terre à la profondeur
qu'il jugeroit à propos , les travaillans
de cette charrue. Aux anneaux , en -dehors
, feroient attachées pareilles cordes
, qui garniffans un treuil fur le derrière
, dont les leviers pourroient d'un
feul coup élever tous les travaillans de
cette machine , qui feroit conduite où
on le defireroit , fans que rien touchât à
terre .
Je ne décris pas plufieurs autres ajuftemens
particuliers , que chacun peut
faire fuivant fa volonté.
Pour ménager les forces & la peine
du charretier , & pour que l'ouvrage
allât plus vîte , l'ou pourroit fur le der- .
JANVIER. 1763. 135
rière ajufter une fcellette , fur laquelle
il feroit affis : mais comme il y auroit à
craindre qu'après s'être amufé il ne furmenât
les chevaux , chacun fera auffi
fur cet article ce qu'il jugera à propos.
Comme cette charrue ne pourroit pas
travailler fur des côtes un peu roides ou
autres endroits difficiles , l'on pourra
alors employer le tourne- oreille ; mais je
voudrois que dans les moyeux des roues
fuffent placés les trois cylindres de la
manière que j'ai recommandé : cette
charrue ayant moins de tirage , feroit
plus expéditive.
Batte à grains.
J'imaginai il y a deux ans une batte
à grains très-fimple , qui auroit'expédié
beaucoup. J'ai négligé jufqu'au mois de
Juillet dernier cette machine , dont j'ai
envoyé le modéle à Meffieurs de la Société
de Bretagne ; mais comme différentes
perfonnes en ont conftruit de
bonnes , je n'en dirai rien ici . Si MM.
de Bretagne la trouvent de quelque
utilité , ils en parleront.
136 MERCURE DE FRANCE .
Caroffes & autres voitures .
Il feroit poffible de rendre légéres
toutes fortes de voitures en plaçant les
cylindres dans le moyeu des roues ,
comme je l'ai remarqué , ou bien de
faire tourner l'effieu fur les cylindres :
deux chevaux f roient aifément l'ouvrage
de quatre..
OBSERVATION fur un vice éffentiel
des charrues , & Éſai fur la conftruction
d'une nouvelle qui fera plus d'ouvrage
fans augmenter la dépenfe. Par
M. PIOGER , Gentilhomme , demes
rant à Andrezy.
LA néceffité des labours eft reconnue
des anciens Cultivateurs & des mot
dernes ; cependant les Fermiers les plus
intelligens & les plus actifs ne peuven
pas en donner à toutes leurs terres au
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
tant qu'elles en auroient befoin . La
plûpart de leurs bleds ne reçoivent que
trois façons & leurs mars une , & quelquefois
deux pour les orges.
Ce défaut dans l'état actuel vient du
temps , parce que l'on ne peut labourer
lorfque la terre eft humide. Ainfi les ,
pluies , les neiges , interrompent les
travaux pour long-temps. La gelée &
la trop grande féchereffe y forment auffi
un obftacle , parce que la terre ne peut
alors être entamée & ce manque
de labours en général diminue de beaucoup
toutes les récoltes.
il
Pour parer à ces inconvéniens ,
faudroit avoir toujours une température
à fouhait , ce qui ne peut arriver
ou bien que chaque Fermier doublât
fes harnois , ce qui eft impoffible encore
, parce que cela pourroit lui occafionner
plus de dépenfe que de profit ,
fuivant fa culture actuelle ; ou enfin
que l'on rectifiât les charrues,ce qui n'eſt
pas impoffible , & fur quoi je vais faire
des obfervations & propofer mes idées ;
enforte que fans nouvelle dépenſe elles
puiffent doubler & tripler leurs befognes
ordinaires lorfqu'on le fouhaitera.
La charrue à tourne - oreille eft montée
fur deux roues de vingt- quatre à
JANVIER. 1763. 131
vingt-fix pouces , & eft tirée par deux
chevaux , & fon foc ouvre à chaque
raye fix pouces ou environ , & cette
charrue ne fait pas fon arpent par jour
ordinairement .
Celle que l'on nomme à verfoir eft
pareillement montée fur deux roues de
vingt-fix pouces. Son foc ouvre neuf ,
dix & onze pouces par raye , & eft attelée
de trois chevaux , & elle ne fait
guère plus de fon arpent par jour.
Comme ces deux charrues font les
moins défectueufes de toutes , je parlerai
feulement de celles-ci ; pour en faire
voir le vice radical , & indiquer les
moyens de les rectifier.
Les roues ont été pratiquées pour fervir
de leviers & faciliter le tirage ; &
plus les leviers font longs , plus ils
donnent de force contre la puiffance ,
& le tirage en eft plus facile.
Si nos charrues ne font pas plus expéditives
, c'eft que les leviers qui y.
font joints n'ont que douze à treize
pouces de haut , & voilà le vice radi
cal. Doublez ou triplez la longueur des
leviers , vous aurez facilité pour le travail
du double ou du triple.
pas Si jufqu'à préfent l'on n'a
rectifié ce défaut , c'est que l'on a
F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
craint apparemment de ne pouvoir plus
remuer la charrue avec la même facilité.
Mais je vais lever cet obftacle
un nouvel avantage pour la
facilité du tirage.
avec
Lorfque l'on triplera la hauteur des
roues , les chevaux pourront tirer trois
focs avec autant de facilité que le feul
qu'ils tirent à préfent , fur- tout s'ils font
tels que ceux de Meffieurs Duhamel
de Chateauvieux & de la Leverie , qui
ouvrent dix pouces à chaque raye. Ainfi
voilà déja le moyen de tripler l'ouvrage
fans nouvelle dépenfe ; mais j'ai encore
d'autres ajuftemens à propofer qui en
faciliteront le travail .
Pour y parvenir, j'ajouterai deux brancards
& deux roues de derriere pareilles
à celles de devant. Les brancards & les
éffieux feront de longueur néceffaire
pour contenir au dedans le batis de la
charrue à fix focs , & fur le devant l'on
mettra un timon fixe , afin de la faire
manoeuvrer à volonté par les quatre
chevaux qui la tiveront. Et enfin pour
procurer un tirage plus aifé, j'ajouterai
aux roues la force des poulies ; dans
le moyeu de chaque roue l'on pofera
trois cylindres de cuivre roulans fur
eux-mêmes , & fixant par un triangle
JANVIER 1763.. 133
parfait l'effieu qui traverſe le moyeu ;
enforte que le tirage de chaque roue
en fera diminué confidérablement.
-Les travaillans de cette charrue peuvent
être ajustés de différentes maniè
res ; mais il est toujours indifpenfable
de mettre des coultres en avant à qua
tre pouces l'un de l'autre , & je vou- .
drois qu'ils priffent les focs par les côtés
plutôt que par les milieux ; enfuite
je mettrois fur deux lignes les pattesd'oyes
de M. de Chateauvieux , qui
portent un coutre en avant. Ces pattesd'oye
plus étroites que les fiennes
fouilleront & fouleveront aifément une
terre bien coupée par les coutres , &
enfuite les focs que j'ai indiqués renver
feroient la terre avec facilité ; ou encore
après la ligne des coutres je mettrois
les pattes-d'oyes par étage fur deux
lignes , & chaque ligne foulevant la .
terre à deux , à trois pouces feulement ,
les focs qui viendroient enfuire renverferoient
fix pouces de terre , fans qu'il
en coutât plus de force que pour trois
ou quatre pouces ; ou bien j'établirois
fimplement fix focs de M. de la Leverie.
avec leurs coutres fur deux lignes , qui
renverferoient de même cinq pieds de
terre d'un feul trait.
134 MERCURE DE FRANCE .
1
Sous les brancards de cette charrue
& par-devant , des tenons recevront les
bras ronds de différens cylindres de
groffeur & percés de maniere à recevoir
les haies des coutres , pattes- d'oye
& focs. Comme je retranche les manches
à dix-huit pouces de leur naiffance,
il feroit placé néanmoins dans ces dixhuit
pouces , en-dedans & en dehors
de forts anneaux : à ceux du dedans feroit
attachée une corde d'un pouce de
circonférence , qui garniroit fur le devant
un treuil dont les leviers iroient à
la main du chartier , qui appuyant deffus
, tiendroit en terre à la profondeur
qu'il jugeroit à propos , les travaillans
de cette charrue. Aux anneaux , en -dehors
, feroient attachées pareilles cordes
, qui garniffans un treuil fur le derrière
, dont les leviers pourroient d'un
feul coup élever tous les travaillans de
cette machine , qui feroit conduite où
on le defireroit , fans que rien touchât à
terre .
Je ne décris pas plufieurs autres ajuftemens
particuliers , que chacun peut
faire fuivant fa volonté.
Pour ménager les forces & la peine
du charretier , & pour que l'ouvrage
allât plus vîte , l'ou pourroit fur le der- .
JANVIER. 1763. 135
rière ajufter une fcellette , fur laquelle
il feroit affis : mais comme il y auroit à
craindre qu'après s'être amufé il ne furmenât
les chevaux , chacun fera auffi
fur cet article ce qu'il jugera à propos.
Comme cette charrue ne pourroit pas
travailler fur des côtes un peu roides ou
autres endroits difficiles , l'on pourra
alors employer le tourne- oreille ; mais je
voudrois que dans les moyeux des roues
fuffent placés les trois cylindres de la
manière que j'ai recommandé : cette
charrue ayant moins de tirage , feroit
plus expéditive.
Batte à grains.
J'imaginai il y a deux ans une batte
à grains très-fimple , qui auroit'expédié
beaucoup. J'ai négligé jufqu'au mois de
Juillet dernier cette machine , dont j'ai
envoyé le modéle à Meffieurs de la Société
de Bretagne ; mais comme différentes
perfonnes en ont conftruit de
bonnes , je n'en dirai rien ici . Si MM.
de Bretagne la trouvent de quelque
utilité , ils en parleront.
136 MERCURE DE FRANCE .
Caroffes & autres voitures .
Il feroit poffible de rendre légéres
toutes fortes de voitures en plaçant les
cylindres dans le moyeu des roues ,
comme je l'ai remarqué , ou bien de
faire tourner l'effieu fur les cylindres :
deux chevaux f roient aifément l'ouvrage
de quatre..
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Résumé : OBSERVATION sur un vice éssentiel des charrues, & Éssai fur la construction d'une nouvelle qui fera plus d'ouvrage sans augmenter la dépense. Par M. PIOGER, Gentilhomme, demeurant à Andrezy.
Le texte aborde l'importance des labours en agriculture et les défis rencontrés par les fermiers pour les réaliser de manière optimale. Les fermiers les plus compétents ne peuvent pas labourer toutes leurs terres autant que nécessaire, souvent en raison des conditions météorologiques défavorables telles que les pluies, les neiges, les gelées et la sécheresse, qui interrompent les travaux. Cette situation réduit considérablement les récoltes. Pour remédier à ces problèmes, l'auteur propose d'améliorer les charrues existantes. Il observe que les charrues actuelles, comme la charrue à tourne-oreille et la charrue à versoir, sont inefficaces en raison de la faible hauteur de leurs leviers. Il suggère de doubler ou tripler cette hauteur pour faciliter le travail. De plus, il propose d'ajouter des brancards et des roues supplémentaires, ainsi que des poulies pour réduire l'effort de traction. Ces modifications permettraient aux chevaux de tirer plusieurs socs avec la même facilité, augmentant ainsi la productivité sans coût supplémentaire. L'auteur décrit également des ajustements possibles pour les outils de travail de la charrue, comme l'ajout de coutres et de pattes-d'oyes pour mieux retourner la terre. Il mentionne également une batte à grains qu'il a imaginée mais qu'il ne décrit pas en détail, ainsi que des améliorations possibles pour les voitures agricoles afin de les rendre plus légères et efficaces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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59
p. 72-82
DIALOGUE entre ALCINOUS & un FINANCIER.
Début :
LE FINANCIER. AVOUEZ que vous futes heureux qu'Homère ait daigné chanter votre prétendue [...]
Mots clefs :
Financier, Terre, Richesses, Femmes, Accord, Ordre primitif, Uniforme, Variée, Artistes
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texteReconnaissance textuelle : DIALOGUE entre ALCINOUS & un FINANCIER.
DIA LOGUE entre ALCINOUS & un
FINANCIER.
LE FINANCIER.
Ανοι
T
VOUEZ que vous futes heureux
qu'Homère ait daigné chanter votre prétendue
magnificence ?
ALCINOUS.
Que fignifie ce langage ! N'ai- je pas
été le Prince le plus magnifique de mon
temps ?
LE FINANCIER.
Il falloit être auffi pauvre qu'un Roi
d'Itaque pour admirer d'auffi minces richeffes.
ALCINO US.
Qui donc êtes -vous , pour en parler
ainfi futes- vous Roi de Memphis , ou
de Babylone ?
LE FINANCIER .
Je ne fus que l'un des Receveurs d'un
Monarque
I
M A I. 1763. 73
Monarque dont la demeure pourroit à
jufte titre émerveiller plus d'un Ulyſſe,
& les vertus occuper lus d'un Homère. }
ALCINOU S.
Quoi ? un Traitant ( car je crois que
c'est là le mot ) ofera faire affaut de
luxe avec moi ?
LE FINANCIER.
Mon cher Souverain de Phéacie ( car
vous fçavez qu'ici l'on fe parle fans façon
) apprenez que le moindre de ces
Traitans peut furpaffer en richeſſes un
Roi des temps héroïques .
ALCINO U S.
Voilà un grand mot qui fort de votre
bouche... Connoiffez vous bien les tems
dont vous parlez ? Homère lui - même
vous eft-il bien connu ? Il me femble
que vos prédéceffeurs ne fçavoient que
chiffrer.
LE FINANCIER.
Tout change d'un fiécle à l'autre. Aujourd'hui
plufieurs de mes pareils peuvent
lire Homère dans fa langue. D'autres
même compofent dans la leur des
ouvrages qu'ils ne donneroient pas
pour Iliade & Odyffée.
ALCINO U S.
Ils ont donc admiré , ainſi que vous,
ces portes , ces chambranles , ces an-
D
74 MERCURE DE FRANCE .
neaux , ces chiens , ces efclaves d'or &
d'argent , & tant d'autres merveilles
qu'Homère dit avoir décoré mon Palais.
LE FINANCIER .
Je ne vois dans toutes ces chofes , que
de l'or en barre & en maffe ; genre de
fpectacle où un Financier pourroit l'emporter
fur plus d'un Potentat. La vraie
magnificence ne confifte point dans ce
vain étalage ; mais bien à prodiguer
l'or pour acquérir certains ornemens de
caprice.
ALCINOUS.
Eh , quels ornemens ?
LE
FINANCIER.
Par exemple, des Vafes , des Pagodes,
des Magots , des Peintures , & c.
ALCINO u s.
J'entends. C'eſt- à- dire qu'il n'éxiſte
parmi vous ni arts ni induſtrie , & que
c'eft un tribut que vous payez à celle
des Chinois .
LE FINANCIER .
C'est tout le contraire. Nos Artiſtes
produifent des chefs- d'oeuvres qu'on admire
en paffant , felon l'ufage. De plus ,
ma Nation eft affez fertile en productions
fantaftiques pour ruiner toutes les
Nations de l'Europe & de l'Afie ce
qui lui réuffit à l'égard de quelquesM
A I. 1763. 73
unes. Quant à elle , fa méthode eft de
rendre cette efpéce de tribut aux Chinois,
qui jufqu'à préfent ont eu celle
de ne le rendre à perfonne.
ALCINO U S.
Ce trait feul fait leur éloge : ils s'en
tiennent au folide , & ma conduite fut
leur exemple. Mes richeffes étoient des
richeffes réelles.
LE FINANCIER.
Peut-être le bon Homère en parle-t-il
un peu en aveugle . Autrement vous
euffiez bien fait de fubftituer à vos efclaves
, des efclaves naturels qui euffent
épargné à la Princeffe votre fille le foin
de laver elle- même fes robes & celles
de fes frères .
ALCINOUS.
Quoi ? vos femmes ne prennent- elles
pas le même foin ?
LE FINANCIER .
Les esclaves de leurs efclaves dédaigneroient
de le prendre. J'aime auffi
beaucoup à voir la Reine , votre augufte
épouſe , filer fa quenouille depuis le
point du jour jufques long-temps après
Îe crépuscule.
ALCINOUS.
Ne faut-il pas qu'une femme s'occLE
pe ?
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
LE FINANCIER .
Oh , les nôtres ne font pas inutiles.
ALCINO US.
Apparemment que leurs travaux font
plus importans que ceux qui captivoient
ma chère Areté.
LE FINANCIER .
N'en doutez pas . Ce font elles qui
repréfentent , qui tiennent le jeu , la
table & le peu de converfation qui eft
aujourd'hui d'ufage. De là , elles vont
fe montrer au Spectacle , y faire des
noeuds , juger la Piéce , protéger ou
dénigrer l'Auteur. Ce font elles auffi
qui difpenfent aux gens de Lettres les
fortunes , les honneurs , les réputations ,
le rang , l'eftime & jufqu'au ridicule.
ALCINOU s .
Leur crédit fut moins étendu parmi
nous. J'eus cependant beaucoup d'égards
pour ma chère Areté , qui eut
pour moi celui de n'en abuſer jamais.
LE FINANCIER.
,
De quoi pouvoit abuſer une Reine
dont la fonction journalière étoit de filer
? Vous-même , quels pouvoient être
vos plaifirs.
ALCINOUS .
J'en eus de plus d'une efpéce. J'aimai
la bonne chère , la mufique , la
M A 1. 1763. 77
danfe. Homère a dû vous inftruire de
mes goûts. Ne me repréfente-t il pas
quelque part , affis à table comme un
Dieu?
LE FINANCIER .
Il me femble que les repas de l'Olympe
durent être différens des vôtres ; ou
Comus , à coup fûr , étoit mauvais cuifinier.
ALCINOUS.
Quoi done ? n'ai -je pas traité fplendi
dement le fage Ulyffe , mon hôte ?
LE FINANCIER.
Ulyffe trouva chez vous de quoi affouvir
fa faim dévorante . Lui-même
n'étoit pas accoutumé à des feftins plus
délicats . Mais quel eft le fou -traitant ,
qui voudroit s'accommoder de pareils
mets ? Le dos d'un boeuf , d'un veau ,
d'un mouton
, d'un porc , fervi tout
entier devant un convive n'étoit- il
pas bien propre à ranimer fon appétit
?
ALCINOUS.
Eh , qu'euffiez-vous donc fervi au Roi
d'Itaque ?
LE FINANCIER .
Ce qu'on peut décemment offrir à
un honnête homme ; c'eft-à-dire quelques
mets légers. & piquans ; tels qu'u-
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
ne aîle de faifan , ou de perdrix , tant
foit peu du rable ou du ventre d'un
liévre , quelques poiffons rares , quelques
menus entremets , & c . Que n'aije
ici le Dictionnaire de Cuifine , les
Dons de Comus , le Cuifinier François ,
& tant d'autres ouvrages effentiels compofés
fur cette matière difficile & inépuifable
! vous verriez ....
ALCINOUS.
Quoi , l'on s'amufe chez vous à écrire.
fur un pareil fujer ?
LE FINANCIER.
Voilà une queftion bien digne d'un
Roi , qui fut , comme un fimple Contrôleur
de nos Fermes , borné à une
fimple cuifinière ! Apprenez que nous
avons plus d'écrits fur la cuifine , qu'il
n'y en eut de votre temps
fur toutes les
autres matières enfemble. Mais revenons
à notre objet. Il me femble qu'on
ne fervoit même dans vos grands repas ,
que d'une feule efpéce de vin ?
ALCINO U S.
N'étoit- ce pas affez ? Nous buvions
d'excellent vin grec ; vin dont quelques
rafades fans eau , fuffifoient pour enyvrer
un Polypheme.
LE FINANCIER .
Ce vin- là nous eft connu , & nous
MA I. 1763. 79
en ufons parce qu'il vient d'outre - mer.
Mais que je vous plains de n'avoir jamais
goûté ni du Bourgogne , ni du
Champagne , ni du Grave , ni du Tocai
, ni du Malaga , ni du...
ALCINO US.
Arrêtez ! cette énumération devient
fuperflue. Je n'ai
pas même connu de
nom ces vins que vous citez , & je
doute qu'aucun d'eux l'eût emporté fur
grec.
mon vin
LE FINANCIER .
J'oubliois les liqueurs , autre avantage
précieux que vous ne connûtes jamais..
Ces liqueurs & la plûpart de ces vins font,
pour l'ordinaire , verfés par les femmes ,
par les femmes toujours charmantes vers
la fin d'un repas , & que vous aviez la
mal-adreffe d'éloigner des vôtres.
ALCINO U S.
En revanche , nous les chargions de
certains emplois qui n'étoient pas fans
agrément pour elles & pour nous. C'étoient
elles qui ....
LE FINANCIER .
Je fcais en quoi confiftoient ces fonctions
, & j'avoue qu'elles avoient leur
mérite. Mais en être réduit au feul vin
grec !...
D iv
80 MERCURE DE FRANCE .
ALCINOUS.
Hé bien ! je vous paffe cet article. Il
m'en reste affez d'autres à faire valoir.
Parlons d'abord du divin chantre Démodocus
, lui qui marioit fi ingénieuſement
fa lyre avec fa voix . Je doute que
vous ayez connu cette heureuſe manière
d'égayer un repas.
LE
FINANCIER .
Il faut , mon Prince , vous réfoudre
à cliffer fur cet article comme fur les
précédens . Votre mufique fut auffi uniforme
que votre cuiſine & votre cellier.
La nôtre , au contraire , fut auffi variée
que nos mets & nos vins. Il nous faut
un concert complet , & non la fimple
voix d'un homme & le fimple fon d'une
lyre , fuffent-ils même divins , à la manière
de votre temps.
ALCINOUS.
Je vois qu'il vous faut de la profufion
partout. Mais que pourrez-vous oppofer
à la grandeur , à la beauté de mes
jardins ? Vous favez avec quel enthoufiafme
Homère en parle.
LE FINANCIER.
Souvenez-vous bien qu'ils n'étoient
peuplés que d'arbres à fruits , & qu'une
pareille décoration eft ignoble
.
MA I. 1763.
81
ALCINOUS.
Comment ! vous m'étonnez . De quels
arbres voudriez -vous donc faire uſage ?
Eft-il naturel de cultiver ceux qui ne
produisent rien ?
LE FINANCIER.
Ce qui eft fi naturel , eft rarement
digne qu'on s'en occupe . Il faut du fingulier
, du piquant. Il faut dérober au
foleil l'afpect de la terre , & ne laiſſer
à la terre même qu'une fécondité ſtérile .
Autrement votre parc & l'enclos de votre
Jardinier , feront abfolument femblables.
J'ai , moi qui vous parle , arraché
au domaine de Cérès , plus de terrain
que fon Triptoleme n'en eût
pu culfiver
en un an .
ALCINOUS.
Voilà une fingulière manie ! Mais du
moins aurez -vous refpecté l'ordre primitif
des chofes ; laiffé couler une fontaine
, ferpenter un ruiffeau , fubfifter
une colline , un vallon , un bofquet comme
la nature l'avoit d'abord difpofé. En
un mot , l'art n'aura fait que la feconder
au lieu de l'anéantir.
LE FINANCIER
Au contraire , j'ai voulu qu'il la
domptât en tout point. J'ai parlé &
bientôt une terraffe a fuccédé à un val-
D.V
82 MERCURE DE FRANCE.
lon , un baffin à une colline , le gazon
au gravier , le gravier au gazon , l'eau.
à la terre , la terre à l'eau ; en un mot
j'ai voulu être créateur & j'y ai réuffi .
Par-là , mon jardin eft devenu auffi
éxactement compaflé que les vers du
Poëte qui a chanté le vôtre.
ALCINO U S.
Je ne fçais , mais je préfume que cette
exacte fymétrie , eft auffi infipide en fait
de jardins qu'elle eft agréable en fait de
vers.
LE FINANCIER .
Il me femble que nous vifons fort
nous trouver d'accord.
peu à
ALGINO U S.,
J'avoue que cet accord me paroît difficile.
LE FINANCIER .
Effayons toutefois de nous rappro
cher. Je vous laiffe juge de la question ;:
mais foyez fincère.
ALCINO U S.
Je le ferai , & voici ma déciſion.
Peut-être de mon temps fuivions- nous
la nature de trop près ; mais à coup für
vous vous en êtes trop éloignés.
Par M. DE LA DIXmerie,
FINANCIER.
LE FINANCIER.
Ανοι
T
VOUEZ que vous futes heureux
qu'Homère ait daigné chanter votre prétendue
magnificence ?
ALCINOUS.
Que fignifie ce langage ! N'ai- je pas
été le Prince le plus magnifique de mon
temps ?
LE FINANCIER.
Il falloit être auffi pauvre qu'un Roi
d'Itaque pour admirer d'auffi minces richeffes.
ALCINO US.
Qui donc êtes -vous , pour en parler
ainfi futes- vous Roi de Memphis , ou
de Babylone ?
LE FINANCIER .
Je ne fus que l'un des Receveurs d'un
Monarque
I
M A I. 1763. 73
Monarque dont la demeure pourroit à
jufte titre émerveiller plus d'un Ulyſſe,
& les vertus occuper lus d'un Homère. }
ALCINOU S.
Quoi ? un Traitant ( car je crois que
c'est là le mot ) ofera faire affaut de
luxe avec moi ?
LE FINANCIER.
Mon cher Souverain de Phéacie ( car
vous fçavez qu'ici l'on fe parle fans façon
) apprenez que le moindre de ces
Traitans peut furpaffer en richeſſes un
Roi des temps héroïques .
ALCINO U S.
Voilà un grand mot qui fort de votre
bouche... Connoiffez vous bien les tems
dont vous parlez ? Homère lui - même
vous eft-il bien connu ? Il me femble
que vos prédéceffeurs ne fçavoient que
chiffrer.
LE FINANCIER.
Tout change d'un fiécle à l'autre. Aujourd'hui
plufieurs de mes pareils peuvent
lire Homère dans fa langue. D'autres
même compofent dans la leur des
ouvrages qu'ils ne donneroient pas
pour Iliade & Odyffée.
ALCINO U S.
Ils ont donc admiré , ainſi que vous,
ces portes , ces chambranles , ces an-
D
74 MERCURE DE FRANCE .
neaux , ces chiens , ces efclaves d'or &
d'argent , & tant d'autres merveilles
qu'Homère dit avoir décoré mon Palais.
LE FINANCIER .
Je ne vois dans toutes ces chofes , que
de l'or en barre & en maffe ; genre de
fpectacle où un Financier pourroit l'emporter
fur plus d'un Potentat. La vraie
magnificence ne confifte point dans ce
vain étalage ; mais bien à prodiguer
l'or pour acquérir certains ornemens de
caprice.
ALCINOUS.
Eh , quels ornemens ?
LE
FINANCIER.
Par exemple, des Vafes , des Pagodes,
des Magots , des Peintures , & c.
ALCINO u s.
J'entends. C'eſt- à- dire qu'il n'éxiſte
parmi vous ni arts ni induſtrie , & que
c'eft un tribut que vous payez à celle
des Chinois .
LE FINANCIER .
C'est tout le contraire. Nos Artiſtes
produifent des chefs- d'oeuvres qu'on admire
en paffant , felon l'ufage. De plus ,
ma Nation eft affez fertile en productions
fantaftiques pour ruiner toutes les
Nations de l'Europe & de l'Afie ce
qui lui réuffit à l'égard de quelquesM
A I. 1763. 73
unes. Quant à elle , fa méthode eft de
rendre cette efpéce de tribut aux Chinois,
qui jufqu'à préfent ont eu celle
de ne le rendre à perfonne.
ALCINO U S.
Ce trait feul fait leur éloge : ils s'en
tiennent au folide , & ma conduite fut
leur exemple. Mes richeffes étoient des
richeffes réelles.
LE FINANCIER.
Peut-être le bon Homère en parle-t-il
un peu en aveugle . Autrement vous
euffiez bien fait de fubftituer à vos efclaves
, des efclaves naturels qui euffent
épargné à la Princeffe votre fille le foin
de laver elle- même fes robes & celles
de fes frères .
ALCINOUS.
Quoi ? vos femmes ne prennent- elles
pas le même foin ?
LE FINANCIER .
Les esclaves de leurs efclaves dédaigneroient
de le prendre. J'aime auffi
beaucoup à voir la Reine , votre augufte
épouſe , filer fa quenouille depuis le
point du jour jufques long-temps après
Îe crépuscule.
ALCINOUS.
Ne faut-il pas qu'une femme s'occLE
pe ?
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
LE FINANCIER .
Oh , les nôtres ne font pas inutiles.
ALCINO US.
Apparemment que leurs travaux font
plus importans que ceux qui captivoient
ma chère Areté.
LE FINANCIER .
N'en doutez pas . Ce font elles qui
repréfentent , qui tiennent le jeu , la
table & le peu de converfation qui eft
aujourd'hui d'ufage. De là , elles vont
fe montrer au Spectacle , y faire des
noeuds , juger la Piéce , protéger ou
dénigrer l'Auteur. Ce font elles auffi
qui difpenfent aux gens de Lettres les
fortunes , les honneurs , les réputations ,
le rang , l'eftime & jufqu'au ridicule.
ALCINOU s .
Leur crédit fut moins étendu parmi
nous. J'eus cependant beaucoup d'égards
pour ma chère Areté , qui eut
pour moi celui de n'en abuſer jamais.
LE FINANCIER.
,
De quoi pouvoit abuſer une Reine
dont la fonction journalière étoit de filer
? Vous-même , quels pouvoient être
vos plaifirs.
ALCINOUS .
J'en eus de plus d'une efpéce. J'aimai
la bonne chère , la mufique , la
M A 1. 1763. 77
danfe. Homère a dû vous inftruire de
mes goûts. Ne me repréfente-t il pas
quelque part , affis à table comme un
Dieu?
LE FINANCIER .
Il me femble que les repas de l'Olympe
durent être différens des vôtres ; ou
Comus , à coup fûr , étoit mauvais cuifinier.
ALCINOUS.
Quoi done ? n'ai -je pas traité fplendi
dement le fage Ulyffe , mon hôte ?
LE FINANCIER.
Ulyffe trouva chez vous de quoi affouvir
fa faim dévorante . Lui-même
n'étoit pas accoutumé à des feftins plus
délicats . Mais quel eft le fou -traitant ,
qui voudroit s'accommoder de pareils
mets ? Le dos d'un boeuf , d'un veau ,
d'un mouton
, d'un porc , fervi tout
entier devant un convive n'étoit- il
pas bien propre à ranimer fon appétit
?
ALCINOUS.
Eh , qu'euffiez-vous donc fervi au Roi
d'Itaque ?
LE FINANCIER .
Ce qu'on peut décemment offrir à
un honnête homme ; c'eft-à-dire quelques
mets légers. & piquans ; tels qu'u-
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
ne aîle de faifan , ou de perdrix , tant
foit peu du rable ou du ventre d'un
liévre , quelques poiffons rares , quelques
menus entremets , & c . Que n'aije
ici le Dictionnaire de Cuifine , les
Dons de Comus , le Cuifinier François ,
& tant d'autres ouvrages effentiels compofés
fur cette matière difficile & inépuifable
! vous verriez ....
ALCINOUS.
Quoi , l'on s'amufe chez vous à écrire.
fur un pareil fujer ?
LE FINANCIER.
Voilà une queftion bien digne d'un
Roi , qui fut , comme un fimple Contrôleur
de nos Fermes , borné à une
fimple cuifinière ! Apprenez que nous
avons plus d'écrits fur la cuifine , qu'il
n'y en eut de votre temps
fur toutes les
autres matières enfemble. Mais revenons
à notre objet. Il me femble qu'on
ne fervoit même dans vos grands repas ,
que d'une feule efpéce de vin ?
ALCINO U S.
N'étoit- ce pas affez ? Nous buvions
d'excellent vin grec ; vin dont quelques
rafades fans eau , fuffifoient pour enyvrer
un Polypheme.
LE FINANCIER .
Ce vin- là nous eft connu , & nous
MA I. 1763. 79
en ufons parce qu'il vient d'outre - mer.
Mais que je vous plains de n'avoir jamais
goûté ni du Bourgogne , ni du
Champagne , ni du Grave , ni du Tocai
, ni du Malaga , ni du...
ALCINO US.
Arrêtez ! cette énumération devient
fuperflue. Je n'ai
pas même connu de
nom ces vins que vous citez , & je
doute qu'aucun d'eux l'eût emporté fur
grec.
mon vin
LE FINANCIER .
J'oubliois les liqueurs , autre avantage
précieux que vous ne connûtes jamais..
Ces liqueurs & la plûpart de ces vins font,
pour l'ordinaire , verfés par les femmes ,
par les femmes toujours charmantes vers
la fin d'un repas , & que vous aviez la
mal-adreffe d'éloigner des vôtres.
ALCINO U S.
En revanche , nous les chargions de
certains emplois qui n'étoient pas fans
agrément pour elles & pour nous. C'étoient
elles qui ....
LE FINANCIER .
Je fcais en quoi confiftoient ces fonctions
, & j'avoue qu'elles avoient leur
mérite. Mais en être réduit au feul vin
grec !...
D iv
80 MERCURE DE FRANCE .
ALCINOUS.
Hé bien ! je vous paffe cet article. Il
m'en reste affez d'autres à faire valoir.
Parlons d'abord du divin chantre Démodocus
, lui qui marioit fi ingénieuſement
fa lyre avec fa voix . Je doute que
vous ayez connu cette heureuſe manière
d'égayer un repas.
LE
FINANCIER .
Il faut , mon Prince , vous réfoudre
à cliffer fur cet article comme fur les
précédens . Votre mufique fut auffi uniforme
que votre cuiſine & votre cellier.
La nôtre , au contraire , fut auffi variée
que nos mets & nos vins. Il nous faut
un concert complet , & non la fimple
voix d'un homme & le fimple fon d'une
lyre , fuffent-ils même divins , à la manière
de votre temps.
ALCINOUS.
Je vois qu'il vous faut de la profufion
partout. Mais que pourrez-vous oppofer
à la grandeur , à la beauté de mes
jardins ? Vous favez avec quel enthoufiafme
Homère en parle.
LE FINANCIER.
Souvenez-vous bien qu'ils n'étoient
peuplés que d'arbres à fruits , & qu'une
pareille décoration eft ignoble
.
MA I. 1763.
81
ALCINOUS.
Comment ! vous m'étonnez . De quels
arbres voudriez -vous donc faire uſage ?
Eft-il naturel de cultiver ceux qui ne
produisent rien ?
LE FINANCIER.
Ce qui eft fi naturel , eft rarement
digne qu'on s'en occupe . Il faut du fingulier
, du piquant. Il faut dérober au
foleil l'afpect de la terre , & ne laiſſer
à la terre même qu'une fécondité ſtérile .
Autrement votre parc & l'enclos de votre
Jardinier , feront abfolument femblables.
J'ai , moi qui vous parle , arraché
au domaine de Cérès , plus de terrain
que fon Triptoleme n'en eût
pu culfiver
en un an .
ALCINOUS.
Voilà une fingulière manie ! Mais du
moins aurez -vous refpecté l'ordre primitif
des chofes ; laiffé couler une fontaine
, ferpenter un ruiffeau , fubfifter
une colline , un vallon , un bofquet comme
la nature l'avoit d'abord difpofé. En
un mot , l'art n'aura fait que la feconder
au lieu de l'anéantir.
LE FINANCIER
Au contraire , j'ai voulu qu'il la
domptât en tout point. J'ai parlé &
bientôt une terraffe a fuccédé à un val-
D.V
82 MERCURE DE FRANCE.
lon , un baffin à une colline , le gazon
au gravier , le gravier au gazon , l'eau.
à la terre , la terre à l'eau ; en un mot
j'ai voulu être créateur & j'y ai réuffi .
Par-là , mon jardin eft devenu auffi
éxactement compaflé que les vers du
Poëte qui a chanté le vôtre.
ALCINO U S.
Je ne fçais , mais je préfume que cette
exacte fymétrie , eft auffi infipide en fait
de jardins qu'elle eft agréable en fait de
vers.
LE FINANCIER .
Il me femble que nous vifons fort
nous trouver d'accord.
peu à
ALGINO U S.,
J'avoue que cet accord me paroît difficile.
LE FINANCIER .
Effayons toutefois de nous rappro
cher. Je vous laiffe juge de la question ;:
mais foyez fincère.
ALCINO U S.
Je le ferai , & voici ma déciſion.
Peut-être de mon temps fuivions- nous
la nature de trop près ; mais à coup für
vous vous en êtes trop éloignés.
Par M. DE LA DIXmerie,
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Résumé : DIALOGUE entre ALCINOUS & un FINANCIER.
Le dialogue oppose Alcinoüs, roi de Phéacie, et un financier contemporain. Alcinoüs se vante de sa magnificence et de ses richesses, telles que décrites par Homère, tandis que le financier minimise ces richesses en les comparant à celles des traitants modernes. Il affirme que les financiers d'aujourd'hui surpassent en richesse les rois des temps héroïques. Alcinoüs, sceptique, interroge le financier sur sa connaissance des temps anciens et d'Homère. Le financier répond que les temps changent et que les financiers modernes sont également lettrés. Alcinoüs mentionne les merveilles de son palais, ornées d'or et d'argent, que le financier réduit à de simples barres d'or. Le financier explique que la véritable magnificence réside dans l'acquisition d'objets de caprice, comme des vases, des pagodes et des peintures. Alcinoüs critique cette vision, estimant que les financiers dépendent des productions chinoises. Le financier rétorque que leur nation produit également des chefs-d'œuvre et ruine les autres nations par ses productions. Le dialogue aborde ensuite les rôles des femmes. Alcinoüs défend les tâches domestiques de sa femme et de sa fille, tandis que le financier décrit les femmes modernes comme des figures influentes dans la société, contrôlant les arts, les lettres et les spectacles. Alcinoüs admire la musique et la bonne chère, mais le financier trouve ses goûts trop simples, préférant des mets plus raffinés et variés. Le financier énumère également les vins et liqueurs modernes, inconnus d'Alcinoüs. Enfin, ils discutent de la musique et des jardins. Alcinoüs vante le chanteur Démodocus, mais le financier préfère les concerts complets. Alcinoüs admire ses jardins naturels, tandis que le financier préfère des jardins artificiels et symétriques. Le dialogue se termine sur un désaccord quant à la préférence pour la nature ou l'artifice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
60
p. 195-203
SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.
Début :
Le premier volume divisé en deux Parties, renferme les principes physiques de l'Auteur ; [...]
Mots clefs :
Origines de l'univers, Savants, Matière, Mouvement, Cause, Effet, Forces, Physique, Astronomie, Astres, Espace, Terre, Minéraux, Métaux, Météorologie, Végétaux, Animaux, Insectes, Homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.
SUPPLÉMENT aux Nouv . Littéraires.
ANNONCE d'une Hiftoire Naturelle à
l'imitation de PLINE ; précédée d'un
nouveau fyftême de Phyfique ,fur les
Principes de la Nature , pour rendre
raifon des effets les plus curieux , &
les plus extraordinaires , qui fe trouvent
depuis la hauteur des Cieuxjufqu'au
centre de la Terre . Cet Ouvrage
formera fept volumes in-4°. ilfera
orné de planches & de figures concer➡
nant l'Hiftoire Naturelle.
Le premier volume divisé en deux Parties , rena E
ferme les principes phyfiques de l'Auteur ; & on
y expofe les divers fentimens des anciens Philofophes
fur l'origine de l'Univers ; le matérialiſme
y eft réfuté , ainfi que l'opinion de quelques Sçavans
modernes fur ce point. On entre enfuite
en matiere , & on explique de quelle maniere
les élémens fenfibles , qui ne font que trois
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
dans ce fyftême , l'air, l'eau & la terre , peuvent
être produits par la premiere mmaattiieerree , ou pro
prement dite matière-éthérée : 0
Les qualités élémentaires font l'objet d'un dé
tail particulier & très- étendu , on traite de leurs
effets , & de quelle maniere elles feré- peuvent
foudre & rentrer dans le fein de la premiere ſubftance
qui les produit continuellement.
On traite fucceffivement du feu & de la lumiere,
des fenfations & des Elprits animaux qui meuvent
les organes des fens ; & l'explication des principes
des Philofophes chymiftes , fait la conclufion ,
de cette premiere Partie.
La feconde renferme un traité complet fur le
mouvement , dont l'objet eft l'examen du principe
& de la caufe du mouvement , qu'allez volontiers
on confond avec le mouvement local ſenſible. On
fait connoître auffi diftinctement qu'il eft poffible,
que ce principe eft uni effentiellement , & inféparablement
à la matière , malgré l'opinion des
Cartefiens , qui veulent perfuader que ce mouvement
n'eft qu'un pur être de raifon c'eft- à-dire
un être entiérement détaché de la matière fubtile
, dont le monde felon eux eft, compofé , & qui
n'eft communiquable que par le feul contact.
Après avoir fait connoître la différence qu'il y
a dans le mouvement , entre la caufe & l'effet , on
paffe aux preuves de ce qu'on avance , & on rap
porte divers éxemples du mouvement local , ce
qui donne une parfaite conviction de la force de
la matière éthérée , en qui feule réfide le principe
du mouvement , & par le feul moyen de laquelle
les corps graves peuvent fe mouvoir.
On prouve clairement que les corps graves ne
peuvent être mûs que de deux manières. 1. Par
eux-mêmes , lorfqu'ils font en poffeffion de cette
JANVIER. 1764. 197
force motrice qui leur fait faire l'action du mouvement
local. 2. Lorsqu'ils n'ont pas en eux cette
puifance particulière ; & qu'il arrive néanmoins
qu'ils fe meuvent encore pendant quelque temps.
C'eft fur ce principe qu'un corps ne peut fe mouvoir
que par lui-même , ou par l'impulfion d'un
autre , qu'on paffe à l'explication du fyftême propolé.
On éxamine d'abord de quelle manière la continuation
du mouvement des corps graves , attribuée
par les Cartefiens à leur prétendue commu
nication du mouvement , peut fe faire par l'unique
moyen des impulfious de l'élément de l'eau ,
& on obferve auffi , comment ces mêmes corps
graves peuvent être mûs par les impulfions de l'air
feul , & de cet élément aidé par le feu.
Les mouvemens produits par les impulfions du
feu élémentaire , tels que font la foudre & les
autres météores enflammés , font l'objet d'un
Chapitre particulier. On explique après , quel eft
le mouvement des corps graves vers le centre d'e
ta terre qu'on appelle pefanteur , & on rend des
Taifons phyfiques de la caufe & de l'accélération de
ce mouvement.
L'ASTRONOMIE fait le fujet du fecond volume.
On y rapporte les obfervations les plus curieufes
qui ont été faites jufqu'à préfent dans le ciel . On
entre en matière fur ces différens fyltêmes aftronomiques
, & on fe détermine en faveur de celui
d'Archytas, Philofophe Pythagoricien , renouvellé
de nos jours par Copernic.
Après avoir éxaminé en général le tourbillon
du foleil , on entre dans un détail plus particuhier
, c'eft-à- dire par la confidération de cet Aftre
regardé aujourd'hui dans l'hypothèſe du monde ,
comme une fimple étoile fixe , qui brille de fa
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
propre lumière. Enfuite on recherche foigneufe
ment quelle peut être la nature & la compofition
de ce globe lumineux , ainfi que celle des
planettes qui tournent autour de lui , fans oublier
les fatellites ou lunes qui en accompagnent
une partie.
A la fuite de la defcription des aftres renfer
més dans le Tourbillon folaire , on donne un calcul
éxact de leurs diſtances du ſoleil , auffi bien
que celui de leurs mouvemens
foit fur euxmêmes
, foit autour de cet aftre qui eft leur cen
we commun.
>
*
On parle auffi des comettes connues ; on rap
porte à cet égard les différens fentimens des plus
grands Aftronomes fur la nature de ces espèces de
planettes errantes , & on hazarde là- deſſus fes
propres conjectures .
Les découvertes qui ont été faites dans les
cieux des étoiles fixes , engagent de rapporter hiſtoriquement
tout ce qu'on y a obſervé de plus nou
veau depuis près de deux fiécles .
On fait un récit intéreffant de ces eſpaces , ou
nuages lumineux , qui font très- fixes , qu'on a obfervé
parmi les étoiles , depuis l'invention des lu
nettes & des télescopes.
En un mot on entre dans un détail circonftan
cié fur tout ce qui concerne les corps céleftes
& on termine par l'éxamen de l'atmosphère de
la terre , connu auffi ſous le nom de la région des
vapeurs ; ce qui conduit infenfiblement a parler
des foudres , des météores , des iris ou arcs- enciel
, des aurores boréales , &c .
La Terre confidérée aujourd'hui dans le ſyſtême
folaire , comme une Planette particuliere , qui
roule dans les airs , devient l'objet du trojfiéme
volume.
JANVIER. 1764. Tog
On examine d'abord en général la compofi
tion de ce globe. On recherche avec foin juf
qu'où pouvoient aller les connoiffances géographiques
que nos Anciens en avoient. La décou
verte de l'Amérique , ainſi que de divers autres
endroits dont on n'avoit autre fois aucune notion
, donnent lieu à une narration auffi étendue
qu'intéreffante.
Les inégalités de la terre qu'on appelle montagnes
, leur origine , leur figure & les fingularités
que quelques- unes d'elles renferment dans leur
intérieur , donnent champ à une longue defcription.
Le récit hiftorique des plaines , des déferts
fabloneux & des forêts , forme un Chapitre particulier.
Après avoir parlé de ce qu'il y a de plus remar
quable fur la fuperficie du globe terreftre , on s'attache
à donner quelque connoiffance de fon inté →
rieur. On commence par les feux que la terre renferme
dans fon fein , & la deſcription qu'on fait
des plus terribles Volcans , engage à examiner
par quel moyen ces feux peuvent s'entretenir & fe
perpétuer contiuuellement , & on en rend phyfiquement
raifon conformément aux principes que
nous avons d'établis .
On donne une explication fur les caufes générales
des tremblemens de terre , & on rapporte
là- deffus , les différens fentimens des plus célébres
Philofophes de l'Antiquité.
Après avoir prouvé que la terre renferme dans
fon fein une grande quantité de feux , on démontre
avec clarté qu'elle eft également pénétrée de
fouffres , qui , en paffant auprès de ces fournaifes
ardentes , acquiérent une chaleur fenfible. Les fontaines
d'eau chaude minérales , qu'on trouve en
différens endroits , qui pour la plûpart ont des ver-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
as fpécifiques & fingulières , font l'objet d'une
relation fort circonftanciée .
En continuant d'examiner l'intérieur du Globe ,
on fait obferver évidemment que l'eau qui le pénétre
de toutes parts , l'emporte de beaucoup fur
le feu qu'il renferme , ce qui eft juſtifié par le dérail
qu'on fait des eaux d'un grand nombre de rivieres
, de lacs , & de différentes mers qui vont fe
perdre dans la terre pour reparoître après dans
des lieux fort éloignés.
Enfin , après quelques obfervations particulieres
fur les parties qui conftituent le globe terreſtre
on conclut par un traité fort curieux des
changemens qui y arrivent , ou qui y font arrivés.
L'Hiftoire Minérale & Métallique fait le fujet
du quatriéme volume. On propofe d'abord un fentiment
fur la génération du fel , après quoi on en
examine toutes les propriétés.
On fait mention de toutes les minieres qui nous
font connues , auffi bien que de tous les endroits
où l'on tire du fel.
La formation du fable , & les différences qui
s'y rencontrent , font l'objet d'un article curieux .
On paffe immédiatement à la compofition des
autres corps fecs , plus confidérables par leur
grandeur ; tels que font les pierres , tant opaques
que transparentes. Les premieres font d'abord le
fujet de nos recherches physiques , & on donne
des raifons fur leur production.
A la fuite de tous ces récits , on trouve un fyltême
tout- à- fait neuf, fur l'aiman , par le moyen
duquel on peut facilement rendre des raisons probables
de tous les phénomènes que produit cette
merveilleufe pierre.
On traite en particulier de la génération des
Métaux & des Minéraux , dont on explique la naJANVIER.
1764. 201
ure & la compofition , & on finit par l'hiftoire
exacte des pays & des mines où ils fe trouvent.
Le cinquième volume renferme une hypothèſe
nouvelle , touchant le flux & reflux de la mer , où
l'on raifonne d'une manière fenfible , d'un effet
auffi merveilleux ; effet dont on a peu pénétré jufqu'aujourd'hui
les véritables cauſes.
On s'attache enſuite à connoître ce qui peut
occafionner les tempêtes & les autres météores de
la mer les exemples qu'on rapporte là - deffus ,
prouvent non feulement la vérité de ce qui a été
avancé ; mais ils donnent encore de parfaites
connoiffances de ce qui peut produire les mouve
mens orageux de cet élément .
Après cet examen on explique de quelle maniere
fe forment les pluyes ordinaires , & on rend
raifon de celles qu'on ne confidere que comme
furnaturelles , qui font par exemple , les pluyes
de fang , de pierre , d'animaux , de cuivre , &c, ce
qui fait le fujet d'une defcription fort détaillée .
La matière conduit infenfiblement à parler de
l'origine des fources , des rivières , des lacs & des
fontaines. Ce qui fuit , préſente une relation trèsamufante
de tout ce qu'il y a de plus curieux dans
le genre des liquides , c'eſt-à-dire , des lacs , des
fontaines & des viviers qui ont quelque propriété
fingulière.
On fait une recherche phyfique des Végétaux ,
& on donne fur leur génération un ſyſtême particuliers
après quoi on en vient à un autre examen ,
fçavoir , fi les plantes peuvent avoir du fentiment ,
& quel peut être en lui- même ce fentiment : on
termine cette digreffion par un récit de toutes
celles qui peuvent évidemment le prouver.
L'hiftoire particuliere de ce qu'il y a fur la terre
de plus remarquable en ce genre ; la deſcription
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
des Coralloïdes , & de beaucoup d'autres plantes
marines , jointe à celle de quelques Végétaux qui
Le pétrifient , fait la conclufion de ce volume.
Dans le fixiéme on éclaircit d'abord une matière
très-obfcure en elle - même ; c'eft la génération des
animaux. On commence par examiner celle des
quadrupedes. Après avoir expofé le fentiment
de nos Modernes fur la génération , on faitvoir
évidemment , combien tous fe font écartés des lumieres
que le célébre Harvée avoit répandues far
un fujet auffi important.
En fuivant pas à pas ce grand Naturaliſte , on
continue de rechercher avec foin de quelle ma→
niere fe fait la production des volatilles , & o
prouve par des expériences réitérées , que l'animal
ne fe manifefte pas par le feul développe
ment de fes parties , quoiqu'infiniment petites &
très-exiftantes , comme on le foutient hautement
aujourd'hui ; mais qu'elles font toutes en général
formées & perfectionnées fucceffivement.
On traite auffi en particulier de la génération:
des reptiles , des poiffons , des huîtres , & de quelques
autres coquillages. L'hiftoire fuivie de tout
ce qu'il y a de plus curieux dans ces différens gen
res d'animaux , fait le fujet de plufieurs Chapitres
intéreffans .
Les Infectes connus , auffi bien que ceux qui ne
font vifibles que par le fecours du microſcope
deviennent à leur tour l'objet d'un Article particulier.
Après avoir examiné en quoi confifte l'inftinet
& le difcernement , on paffe aux preuves dufen
timent des Bétes ; c'eft dans cette digreffion fufceptible
de toute la curiofité d'un vrai Phyficien
qu'on prouve par un grand nombre d'exemples,
l'abfurdité du Cartéfianiſme fur ce point,
JANVIER . 1764. 203
Enfin on trouve dans ce feptiéme & dernier
volume , un ſyſtême nouveau fur la nature & l'origine
des vents en général , & on donne à la
fuite des obfervations particulières fur les vents
réguliers qui foufflent communément vers certains
endroits , dans certaines faifons de l'année
tels que font les alifées , les mouffons , &
plufieurs autres.
:
On termine par un Traité particulier , ou
on examine fcrupuleufement & dans le plus
grand détail quelles peuvent être les cauſes
de l'amitié & de l'inimitié qui régnent entre les
hommes.
On conclut cet Ouvrage par une differtation
particulière dont l'homme feul eft l'objet , où on
le confidère exactement dans toute l'étendue de
fa définition , c'eſt - â-dire comme animal & con
me raiſonnable.
Cet Ouvrage fera propofé par foufcriptions.
ANNONCE d'une Hiftoire Naturelle à
l'imitation de PLINE ; précédée d'un
nouveau fyftême de Phyfique ,fur les
Principes de la Nature , pour rendre
raifon des effets les plus curieux , &
les plus extraordinaires , qui fe trouvent
depuis la hauteur des Cieuxjufqu'au
centre de la Terre . Cet Ouvrage
formera fept volumes in-4°. ilfera
orné de planches & de figures concer➡
nant l'Hiftoire Naturelle.
Le premier volume divisé en deux Parties , rena E
ferme les principes phyfiques de l'Auteur ; & on
y expofe les divers fentimens des anciens Philofophes
fur l'origine de l'Univers ; le matérialiſme
y eft réfuté , ainfi que l'opinion de quelques Sçavans
modernes fur ce point. On entre enfuite
en matiere , & on explique de quelle maniere
les élémens fenfibles , qui ne font que trois
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
dans ce fyftême , l'air, l'eau & la terre , peuvent
être produits par la premiere mmaattiieerree , ou pro
prement dite matière-éthérée : 0
Les qualités élémentaires font l'objet d'un dé
tail particulier & très- étendu , on traite de leurs
effets , & de quelle maniere elles feré- peuvent
foudre & rentrer dans le fein de la premiere ſubftance
qui les produit continuellement.
On traite fucceffivement du feu & de la lumiere,
des fenfations & des Elprits animaux qui meuvent
les organes des fens ; & l'explication des principes
des Philofophes chymiftes , fait la conclufion ,
de cette premiere Partie.
La feconde renferme un traité complet fur le
mouvement , dont l'objet eft l'examen du principe
& de la caufe du mouvement , qu'allez volontiers
on confond avec le mouvement local ſenſible. On
fait connoître auffi diftinctement qu'il eft poffible,
que ce principe eft uni effentiellement , & inféparablement
à la matière , malgré l'opinion des
Cartefiens , qui veulent perfuader que ce mouvement
n'eft qu'un pur être de raifon c'eft- à-dire
un être entiérement détaché de la matière fubtile
, dont le monde felon eux eft, compofé , & qui
n'eft communiquable que par le feul contact.
Après avoir fait connoître la différence qu'il y
a dans le mouvement , entre la caufe & l'effet , on
paffe aux preuves de ce qu'on avance , & on rap
porte divers éxemples du mouvement local , ce
qui donne une parfaite conviction de la force de
la matière éthérée , en qui feule réfide le principe
du mouvement , & par le feul moyen de laquelle
les corps graves peuvent fe mouvoir.
On prouve clairement que les corps graves ne
peuvent être mûs que de deux manières. 1. Par
eux-mêmes , lorfqu'ils font en poffeffion de cette
JANVIER. 1764. 197
force motrice qui leur fait faire l'action du mouvement
local. 2. Lorsqu'ils n'ont pas en eux cette
puifance particulière ; & qu'il arrive néanmoins
qu'ils fe meuvent encore pendant quelque temps.
C'eft fur ce principe qu'un corps ne peut fe mouvoir
que par lui-même , ou par l'impulfion d'un
autre , qu'on paffe à l'explication du fyftême propolé.
On éxamine d'abord de quelle manière la continuation
du mouvement des corps graves , attribuée
par les Cartefiens à leur prétendue commu
nication du mouvement , peut fe faire par l'unique
moyen des impulfious de l'élément de l'eau ,
& on obferve auffi , comment ces mêmes corps
graves peuvent être mûs par les impulfions de l'air
feul , & de cet élément aidé par le feu.
Les mouvemens produits par les impulfions du
feu élémentaire , tels que font la foudre & les
autres météores enflammés , font l'objet d'un
Chapitre particulier. On explique après , quel eft
le mouvement des corps graves vers le centre d'e
ta terre qu'on appelle pefanteur , & on rend des
Taifons phyfiques de la caufe & de l'accélération de
ce mouvement.
L'ASTRONOMIE fait le fujet du fecond volume.
On y rapporte les obfervations les plus curieufes
qui ont été faites jufqu'à préfent dans le ciel . On
entre en matière fur ces différens fyltêmes aftronomiques
, & on fe détermine en faveur de celui
d'Archytas, Philofophe Pythagoricien , renouvellé
de nos jours par Copernic.
Après avoir éxaminé en général le tourbillon
du foleil , on entre dans un détail plus particuhier
, c'eft-à- dire par la confidération de cet Aftre
regardé aujourd'hui dans l'hypothèſe du monde ,
comme une fimple étoile fixe , qui brille de fa
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
propre lumière. Enfuite on recherche foigneufe
ment quelle peut être la nature & la compofition
de ce globe lumineux , ainfi que celle des
planettes qui tournent autour de lui , fans oublier
les fatellites ou lunes qui en accompagnent
une partie.
A la fuite de la defcription des aftres renfer
més dans le Tourbillon folaire , on donne un calcul
éxact de leurs diſtances du ſoleil , auffi bien
que celui de leurs mouvemens
foit fur euxmêmes
, foit autour de cet aftre qui eft leur cen
we commun.
>
*
On parle auffi des comettes connues ; on rap
porte à cet égard les différens fentimens des plus
grands Aftronomes fur la nature de ces espèces de
planettes errantes , & on hazarde là- deſſus fes
propres conjectures .
Les découvertes qui ont été faites dans les
cieux des étoiles fixes , engagent de rapporter hiſtoriquement
tout ce qu'on y a obſervé de plus nou
veau depuis près de deux fiécles .
On fait un récit intéreffant de ces eſpaces , ou
nuages lumineux , qui font très- fixes , qu'on a obfervé
parmi les étoiles , depuis l'invention des lu
nettes & des télescopes.
En un mot on entre dans un détail circonftan
cié fur tout ce qui concerne les corps céleftes
& on termine par l'éxamen de l'atmosphère de
la terre , connu auffi ſous le nom de la région des
vapeurs ; ce qui conduit infenfiblement a parler
des foudres , des météores , des iris ou arcs- enciel
, des aurores boréales , &c .
La Terre confidérée aujourd'hui dans le ſyſtême
folaire , comme une Planette particuliere , qui
roule dans les airs , devient l'objet du trojfiéme
volume.
JANVIER. 1764. Tog
On examine d'abord en général la compofi
tion de ce globe. On recherche avec foin juf
qu'où pouvoient aller les connoiffances géographiques
que nos Anciens en avoient. La décou
verte de l'Amérique , ainſi que de divers autres
endroits dont on n'avoit autre fois aucune notion
, donnent lieu à une narration auffi étendue
qu'intéreffante.
Les inégalités de la terre qu'on appelle montagnes
, leur origine , leur figure & les fingularités
que quelques- unes d'elles renferment dans leur
intérieur , donnent champ à une longue defcription.
Le récit hiftorique des plaines , des déferts
fabloneux & des forêts , forme un Chapitre particulier.
Après avoir parlé de ce qu'il y a de plus remar
quable fur la fuperficie du globe terreftre , on s'attache
à donner quelque connoiffance de fon inté →
rieur. On commence par les feux que la terre renferme
dans fon fein , & la deſcription qu'on fait
des plus terribles Volcans , engage à examiner
par quel moyen ces feux peuvent s'entretenir & fe
perpétuer contiuuellement , & on en rend phyfiquement
raifon conformément aux principes que
nous avons d'établis .
On donne une explication fur les caufes générales
des tremblemens de terre , & on rapporte
là- deffus , les différens fentimens des plus célébres
Philofophes de l'Antiquité.
Après avoir prouvé que la terre renferme dans
fon fein une grande quantité de feux , on démontre
avec clarté qu'elle eft également pénétrée de
fouffres , qui , en paffant auprès de ces fournaifes
ardentes , acquiérent une chaleur fenfible. Les fontaines
d'eau chaude minérales , qu'on trouve en
différens endroits , qui pour la plûpart ont des ver-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
as fpécifiques & fingulières , font l'objet d'une
relation fort circonftanciée .
En continuant d'examiner l'intérieur du Globe ,
on fait obferver évidemment que l'eau qui le pénétre
de toutes parts , l'emporte de beaucoup fur
le feu qu'il renferme , ce qui eft juſtifié par le dérail
qu'on fait des eaux d'un grand nombre de rivieres
, de lacs , & de différentes mers qui vont fe
perdre dans la terre pour reparoître après dans
des lieux fort éloignés.
Enfin , après quelques obfervations particulieres
fur les parties qui conftituent le globe terreſtre
on conclut par un traité fort curieux des
changemens qui y arrivent , ou qui y font arrivés.
L'Hiftoire Minérale & Métallique fait le fujet
du quatriéme volume. On propofe d'abord un fentiment
fur la génération du fel , après quoi on en
examine toutes les propriétés.
On fait mention de toutes les minieres qui nous
font connues , auffi bien que de tous les endroits
où l'on tire du fel.
La formation du fable , & les différences qui
s'y rencontrent , font l'objet d'un article curieux .
On paffe immédiatement à la compofition des
autres corps fecs , plus confidérables par leur
grandeur ; tels que font les pierres , tant opaques
que transparentes. Les premieres font d'abord le
fujet de nos recherches physiques , & on donne
des raifons fur leur production.
A la fuite de tous ces récits , on trouve un fyltême
tout- à- fait neuf, fur l'aiman , par le moyen
duquel on peut facilement rendre des raisons probables
de tous les phénomènes que produit cette
merveilleufe pierre.
On traite en particulier de la génération des
Métaux & des Minéraux , dont on explique la naJANVIER.
1764. 201
ure & la compofition , & on finit par l'hiftoire
exacte des pays & des mines où ils fe trouvent.
Le cinquième volume renferme une hypothèſe
nouvelle , touchant le flux & reflux de la mer , où
l'on raifonne d'une manière fenfible , d'un effet
auffi merveilleux ; effet dont on a peu pénétré jufqu'aujourd'hui
les véritables cauſes.
On s'attache enſuite à connoître ce qui peut
occafionner les tempêtes & les autres météores de
la mer les exemples qu'on rapporte là - deffus ,
prouvent non feulement la vérité de ce qui a été
avancé ; mais ils donnent encore de parfaites
connoiffances de ce qui peut produire les mouve
mens orageux de cet élément .
Après cet examen on explique de quelle maniere
fe forment les pluyes ordinaires , & on rend
raifon de celles qu'on ne confidere que comme
furnaturelles , qui font par exemple , les pluyes
de fang , de pierre , d'animaux , de cuivre , &c, ce
qui fait le fujet d'une defcription fort détaillée .
La matière conduit infenfiblement à parler de
l'origine des fources , des rivières , des lacs & des
fontaines. Ce qui fuit , préſente une relation trèsamufante
de tout ce qu'il y a de plus curieux dans
le genre des liquides , c'eſt-à-dire , des lacs , des
fontaines & des viviers qui ont quelque propriété
fingulière.
On fait une recherche phyfique des Végétaux ,
& on donne fur leur génération un ſyſtême particuliers
après quoi on en vient à un autre examen ,
fçavoir , fi les plantes peuvent avoir du fentiment ,
& quel peut être en lui- même ce fentiment : on
termine cette digreffion par un récit de toutes
celles qui peuvent évidemment le prouver.
L'hiftoire particuliere de ce qu'il y a fur la terre
de plus remarquable en ce genre ; la deſcription
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
des Coralloïdes , & de beaucoup d'autres plantes
marines , jointe à celle de quelques Végétaux qui
Le pétrifient , fait la conclufion de ce volume.
Dans le fixiéme on éclaircit d'abord une matière
très-obfcure en elle - même ; c'eft la génération des
animaux. On commence par examiner celle des
quadrupedes. Après avoir expofé le fentiment
de nos Modernes fur la génération , on faitvoir
évidemment , combien tous fe font écartés des lumieres
que le célébre Harvée avoit répandues far
un fujet auffi important.
En fuivant pas à pas ce grand Naturaliſte , on
continue de rechercher avec foin de quelle ma→
niere fe fait la production des volatilles , & o
prouve par des expériences réitérées , que l'animal
ne fe manifefte pas par le feul développe
ment de fes parties , quoiqu'infiniment petites &
très-exiftantes , comme on le foutient hautement
aujourd'hui ; mais qu'elles font toutes en général
formées & perfectionnées fucceffivement.
On traite auffi en particulier de la génération:
des reptiles , des poiffons , des huîtres , & de quelques
autres coquillages. L'hiftoire fuivie de tout
ce qu'il y a de plus curieux dans ces différens gen
res d'animaux , fait le fujet de plufieurs Chapitres
intéreffans .
Les Infectes connus , auffi bien que ceux qui ne
font vifibles que par le fecours du microſcope
deviennent à leur tour l'objet d'un Article particulier.
Après avoir examiné en quoi confifte l'inftinet
& le difcernement , on paffe aux preuves dufen
timent des Bétes ; c'eft dans cette digreffion fufceptible
de toute la curiofité d'un vrai Phyficien
qu'on prouve par un grand nombre d'exemples,
l'abfurdité du Cartéfianiſme fur ce point,
JANVIER . 1764. 203
Enfin on trouve dans ce feptiéme & dernier
volume , un ſyſtême nouveau fur la nature & l'origine
des vents en général , & on donne à la
fuite des obfervations particulières fur les vents
réguliers qui foufflent communément vers certains
endroits , dans certaines faifons de l'année
tels que font les alifées , les mouffons , &
plufieurs autres.
:
On termine par un Traité particulier , ou
on examine fcrupuleufement & dans le plus
grand détail quelles peuvent être les cauſes
de l'amitié & de l'inimitié qui régnent entre les
hommes.
On conclut cet Ouvrage par une differtation
particulière dont l'homme feul eft l'objet , où on
le confidère exactement dans toute l'étendue de
fa définition , c'eſt - â-dire comme animal & con
me raiſonnable.
Cet Ouvrage fera propofé par foufcriptions.
Fermer
Résumé : SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.
Le document annonce une Histoire Naturelle en sept volumes, inspirée par Pline, précédée d'un nouveau système de physique expliquant les phénomènes naturels depuis les cieux jusqu'au centre de la Terre. Le premier volume, divisé en deux parties, expose les principes physiques de l'auteur et réfute le matérialisme ainsi que certaines opinions modernes. Il traite des éléments sensibles (air, eau, terre) produits par la matière éthérée, des qualités élémentaires, du feu, de la lumière, des sensations et des esprits animaux. La seconde partie examine le mouvement, son principe et sa cause, en opposition à l'opinion des Cartésiens, et prouve que les corps graves peuvent être mus par eux-mêmes ou par des impulsions extérieures. Le second volume aborde l'astronomie, rapportant les observations célestes et adoptant le système d'Archytas, renouvelé par Copernic. Il décrit le soleil, les planètes, les satellites, les comètes et les étoiles fixes, ainsi que les phénomènes atmosphériques comme les foudres et les aurores boréales. Le troisième volume traite de la Terre, considérée comme une planète dans le système solaire. Il explore la composition du globe terrestre, les montagnes, les plaines, les déserts, les forêts, et les phénomènes internes comme les volcans, les tremblements de terre et les sources d'eau chaude. Il conclut par un traité sur les changements géologiques. Le quatrième volume couvre l'histoire minérale et métallique, expliquant la génération du sel, des minéraux, des pierres et des métaux. Il propose un système nouveau sur l'aimant et décrit les mines et les propriétés des métaux. Le cinquième volume présente une hypothèse sur le flux et reflux de la mer, les tempêtes marines et les pluies naturelles ou surnaturelles. Il explore l'origine des sources, des rivières et des lacs. Le sixième volume traite de la génération des animaux, des quadrupèdes, des volatiles, des reptiles, des poissons et des insectes. Il examine également le sentiment et l'instinct des animaux, réfutant le cartésianisme. Le septième et dernier volume propose un système nouveau sur la nature et l'origine des vents, détaillant les vents réguliers comme les alizés et les moussons. Il se conclut par un traité sur les causes des vents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.