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1
p. 74-77
Traduction de la Lettre écrite au Roy, par Ibrahim Pacha Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
Début :
Le plus glorieux des grands Princes de la Croyance de Jesus, [...]
Mots clefs :
Prince, Croyance, Messie, Louis, Respect, Amitié, Sultan, Empires, Honneur, Ambassadeur, Soumission
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texteReconnaissance textuelle : Traduction de la Lettre écrite au Roy, par Ibrahim Pacha Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
Traduction de la Lettre écrite
au Roy , par Ibrahim Pacha
Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
E plus glorieux des grands
LEplus, des nce de
JESUS , choifi d'entre les Eminents
Potentats de la Religion du Meffie
, Arbitre des differents qui
arrivent parmi le Peuple Chrêtien
, revetû de magnificence &
de majefté , Seigneur d'honneur ,
& de gloire , le très fincere , très
fidel , & très honoré LOUIS EMPEREUR
DE FRANCE pour
qui nous avons un refpect , & une
affection finguliere : Que Dieu
faffe que votre fin foit hûreufe.
Après avoir offert à Votre Majefté
des faluts purs , & finceres , qui
fortifient l'amitié , les fondemens
de la bonne correfpondance & de
l'union , nous lui faifons fçavoir
avec fincérité , que le très magniMERCURE.
75
fique , puiffant , & formidable Empereur
mon Maître , le protecteur
des Rois , & l'azile des grands
Monarques , Seigneur des deux
Mers , & de deux Terres , Serviteur
des deux nobles & facrées
Villes MEQUE , & MEDINE , Roy
des Rois,LE SULTANACHMED
,
fils de Sultan Muhamed , & petit
fils de Sultan Ibrahim ; que Dieu
perpetue à jamais fa Monarchie ; a
reçû la Lettre Imperiale , que Votre
Majesté lui a envoyée , laquelle
a été rendue , & préfentée par
l'entremise de fon très humble
ferviteur , à l'Augufte Throne de
SA MAJESTE' IMPERIALE ,
& après l'avoir fait traduire , S. M.
I. a vû par fon contenu , que V.
M. défire , de l'avis de fon Oncle
le très honoré , & Notre fincere
Amy le DUC D'ORLEANS,
REGENT de S. M. , à caufe de fa
Minorité, qui est le choisi d'entre
les grands Princes de la Religion
du Meffie , la fin duquel foit hûreufe
. Cette Lettre contient en76
LE NOUVEAU
core , que V. M. défire d'affermir,
& entretenir l'union , & l'amitié ,
qu'il y a entre les deux Empires.
S. M. I. avec fa fçience ordinaire ,
a auffi parfaitement compris tout
ce qui y étoit détaillé plus au long.
J'ay reçû en même tems , la Lettre
, que V. M. m'a fait l'honneur
& la grace de m'écrire , remplie
d'amitié , dont j'ay reçû une joye
extréme. V. M. verra par le raport
que lui fera fon Ambaffadeur
que de tout tems je me fuis employé
en tout ce que j'ay pû , à
favorifer les affaires qui ont dépendus
de moi. Son Ambaffadeur
à donc été congédié , ainſi que V.
M. l'a défiré , & en confidération
de la fincere amitié , & bonne correfpondance
, qu'il y a depuis fi
fi long tems , entre les deux Empires.
il a été émané une Lettre
Imperiale , remplie d'honneur , &
d'amitié , qui eft envoyée à V. M.
par le retour de fon Ambaffadeur ,
J'ay pris la liberté de l'accompagner
d'une des miennes , qui eft
MER URE.
77
pleine de foûmiffion , & de cordialité
Lorfque V. M. recevra la
Lettre Impériale , & qu'Elle verra
on contenuë, nous eſpérons , qu'Elle
voudra mettre fon attention , pour
fortifier , affermir ,
augmenter la
fincere , & parfaite amitié , qui regne
depuis fi long- tems , entre les
deux Empires . Ecrit vers le commencement
de la Lune de Zilchide
, l'an de l'Hegire 1128 , ce qui
revient à peu près au 15 Octobre
1716. A Andrinople la bien gardée.
au Roy , par Ibrahim Pacha
Kaimacam de l'Etrier, à Andrinople.
E plus glorieux des grands
LEplus, des nce de
JESUS , choifi d'entre les Eminents
Potentats de la Religion du Meffie
, Arbitre des differents qui
arrivent parmi le Peuple Chrêtien
, revetû de magnificence &
de majefté , Seigneur d'honneur ,
& de gloire , le très fincere , très
fidel , & très honoré LOUIS EMPEREUR
DE FRANCE pour
qui nous avons un refpect , & une
affection finguliere : Que Dieu
faffe que votre fin foit hûreufe.
Après avoir offert à Votre Majefté
des faluts purs , & finceres , qui
fortifient l'amitié , les fondemens
de la bonne correfpondance & de
l'union , nous lui faifons fçavoir
avec fincérité , que le très magniMERCURE.
75
fique , puiffant , & formidable Empereur
mon Maître , le protecteur
des Rois , & l'azile des grands
Monarques , Seigneur des deux
Mers , & de deux Terres , Serviteur
des deux nobles & facrées
Villes MEQUE , & MEDINE , Roy
des Rois,LE SULTANACHMED
,
fils de Sultan Muhamed , & petit
fils de Sultan Ibrahim ; que Dieu
perpetue à jamais fa Monarchie ; a
reçû la Lettre Imperiale , que Votre
Majesté lui a envoyée , laquelle
a été rendue , & préfentée par
l'entremise de fon très humble
ferviteur , à l'Augufte Throne de
SA MAJESTE' IMPERIALE ,
& après l'avoir fait traduire , S. M.
I. a vû par fon contenu , que V.
M. défire , de l'avis de fon Oncle
le très honoré , & Notre fincere
Amy le DUC D'ORLEANS,
REGENT de S. M. , à caufe de fa
Minorité, qui est le choisi d'entre
les grands Princes de la Religion
du Meffie , la fin duquel foit hûreufe
. Cette Lettre contient en76
LE NOUVEAU
core , que V. M. défire d'affermir,
& entretenir l'union , & l'amitié ,
qu'il y a entre les deux Empires.
S. M. I. avec fa fçience ordinaire ,
a auffi parfaitement compris tout
ce qui y étoit détaillé plus au long.
J'ay reçû en même tems , la Lettre
, que V. M. m'a fait l'honneur
& la grace de m'écrire , remplie
d'amitié , dont j'ay reçû une joye
extréme. V. M. verra par le raport
que lui fera fon Ambaffadeur
que de tout tems je me fuis employé
en tout ce que j'ay pû , à
favorifer les affaires qui ont dépendus
de moi. Son Ambaffadeur
à donc été congédié , ainſi que V.
M. l'a défiré , & en confidération
de la fincere amitié , & bonne correfpondance
, qu'il y a depuis fi
fi long tems , entre les deux Empires.
il a été émané une Lettre
Imperiale , remplie d'honneur , &
d'amitié , qui eft envoyée à V. M.
par le retour de fon Ambaffadeur ,
J'ay pris la liberté de l'accompagner
d'une des miennes , qui eft
MER URE.
77
pleine de foûmiffion , & de cordialité
Lorfque V. M. recevra la
Lettre Impériale , & qu'Elle verra
on contenuë, nous eſpérons , qu'Elle
voudra mettre fon attention , pour
fortifier , affermir ,
augmenter la
fincere , & parfaite amitié , qui regne
depuis fi long- tems , entre les
deux Empires . Ecrit vers le commencement
de la Lune de Zilchide
, l'an de l'Hegire 1128 , ce qui
revient à peu près au 15 Octobre
1716. A Andrinople la bien gardée.
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2
p. 85-91
Recueil de Pieces d'Histoire et de Litterature, &c. [titre d'après la table]
Début :
Recueil des Piéces d'Histoire et de Litterature, Tome 2 de 234 pages, [...]
Mots clefs :
Religion, Papes, Collection, Dieu, Dieux, Empire, Église, Messie, Roi, Nations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Recueil de Pieces d'Histoire et de Litterature, &c. [titre d'après la table]
E cu si L de Piéces d’Histoire et de
[Littérature , Tome a de 2.34 pages,
sans la Table des Piéces contenuës dans
ce Volume , et celle des Matieres des deux
premieres Parties de ce Recüeil.
l Ce Volume contient des Pièces curieuse
ses en elles-mêmes, et dont la matiere
. est digne d’être traitée , mais qui piquent
moins la curiosité des Gens de Lettres ,'
parce qu'on les rencontre en plusieurs En
droits : cependant on ytrouve aussi du
neuf, et ce qui fait le plus de plaisir,c’est
que cette collection évite au Lecteur la.
peine de lire des Dissertations longues et: . ’
ennuyeuses , en lui présentant_les mêmes
matieres traitées en peu de mots , succ_inc- q
tement, solidement et avec clarté. ' _
_La premicre Piéce est une Vie de Plu-q‘
rauque , traduite en François: de l’Angloîs
de M. Dryden. C'est un morceau cu
rîeux qui méritoit bien d'être traduit en
notre Langue. On trouve ensuite un Dis
cours sur l’Etat des Nations à la naissance;
‘ E xij de
e; MERCURE DE FRANCE '
de l’Eglise. L’Auteur s’applique à mon
trer que tout concouroit à la Naissancè
de Jesus-Christ pour Pétablissement d:
son Eglise , PEtatlet la Religion. C’est>
comme l’on voit le même Plan qu’a tenu.
M. Bossuet dans son Discours sur l’His
toire Universelle. L’Empire Romain est
étendu dans les trois parties du monde
connu , et est regardé comme le seul Efm
pire de la Terre , lorsque le grand Roi ,
le Roi de l’Univers va paroître. Le Mon
de goûte une aix generale lorsque le Roi
de Paix vient ‘apporter avec lui. La puis-j
sànce des Romains sert à Paccomp isse—
rnent des Propheties par Pordre qui en.
vient dans les diflèrcntes Provinces de
PEmpire , pour une Description generala
d‘: tous les Sujets de cette puissante Mo-Ç
narchie 5 le Messie naît dans Bethléem de
Jirda; par cette puissance la Tribu qui
porte ce nom pet son autorité , les Gen-ï
tlls qui devoienr entrer dans les promes-e
ses et dans l'alliance de misericorde , se
rêünissent avec les J uifs pour immolet
PÏ-Ïiostie de ptopitiation , qui par le méï
rite de son Sang va desdeux Peuples n’en.
faire qu’un; enfin par cette même puis
sance Jerusalem est détruite , le Temple
.rasé et la Synagogue des Juifs anéantie
avec ses Autels. '
._ v _ ce
JANVIER. 17'3;.' 87
Ce n’est pas non plus sans misterc que
Rome devient le centre de l’Empire de’
lÏUnivers , pour Pêcrc ensuite de la veri
table Religion; que les Nations y aboraj
dent de toutes parts , afin quklles y teçoi-f
vent le cuit; du vrai Dieu au lieu des vaiä,
ries richessespti des honneurs périssables,’
qui étoientle but de leurs voyages telle
envoya: par tout des Colonies pour y pot‘)
ter ensuite la Foi de PEvangile; le Messie
pvient dans le Temple lorsque Rome est
dans le plus haut point de sa grandeur, e:
t que la politesse , l’E5prit , les belles Let
tres et les Sciences y brillent avec plus
d’éclat , afin u’en étendant tous ces
avantages dans (ies Pays où elle étend sa»
uissance , elle y établisse la politesse,»
iiurbanité; en un mot, un esprit de socien‘
tÉ-qtii donnât quelque ouverture à la pré
dicarion de [Évangile , et qui disposât
les Esprits à lÎécouter. Par là PEV-angile
(Ïevoit heriter de toutela richesseet de la‘
Sçience de Rome : par là la Foi fait voit‘
qu’elle sçaifsoumettre â sa misterieuse obsi
curité les plus sublimes génies, et qu’ellc
n’a pas besoin de leurs secours et de leur
éloquence pour établit son Empire pat
toute la terre. . . *
« , Si l’Etat Civil disposait tout à Parrivéa
du..Messie , jlîfime de 1a Religion mon-x.
;__ ,, E iiij trois
à? 77"
à? MERCURE DE FRANCE
troit encore davantage le besoin que les
hommes avoient de la nouvelle Alliance‘.
Ils avoient de belles Loix‘, mais elles n'é
toient point observées; le Corps de leurs
Loix étoir corrompu par un grand nom
brc d'autres. qui permettoicnt plusieurs
désordres ; la Religion étoit plus horri-r
ble encore , c’étoit elle qui apprenoit aux
hommes à devenir méchans , les Fêtes des
Dieux étoient des jours de brigandagcs cc
de désordres ; les Temples étoient des
Ecoles dîmpureté , dïrreligion ;_ tout
Dieu y étoit bien reçû : Rome adoroit
ceux qu’elle avoir vaincus , et de vaines
Statuës sans sentiment et sans connois
sancc étoient victorieuses des vainqueurs
des Nations et des maîtres du. monde. Le
seul vrai Dieu y étoit inconnu , lui seul
n'avoir point dfAutels nide sacrificateutâ;
point de culte ni (Ÿadorateurs. UEgyptc
et la Gréce avoient aussi leurs Dieux 5
mais quels Dieux! ose-t-on les nom
mer , tant ils sont capables d’humilier
Ïhomme.
: La‘ Religion des Juifs étoit elle-même
mêlée de superstitions et de Traditions‘
purement humaines; en un mot, toute la
Rcligion des diflerens Peuples _, leurs"
Loix mal observées , leurs Sacrifices abo- '
minables aux yeux » de Dieu 3‘ leurs cr—"
. {CHIE
J A N VIE R. 1733.‘ '89‘;
\
rçurs montées à. leur comble, tous les
raisonnements et les Systemes des Philo
sophes épuisés , montroient à Phomme le‘
besoin qu’il avoir d'une Religion qui lui
apportat enfin des connaissances , qui
pûssent fixer leurs esprits au milieu de
tant de monstrueux égaremens , et qui‘ '
. leur donnât des forces" dont ils sentaient
la necessitê ’g pour accomplir leur devoir ,‘
et pour suivre la voye de la verité et ‘de
la vertu.
_La Piêce suivante traite des donations
de Pcpin et de Charlemagne faites à l’E-'
glise de Rome; on y montre qu’ellesï
sont le commencement de la souveraineté
temporelle des Papes; L’Auteur de cette
Dissertation ÿapplique à y montrer q.u’a'-'
vaut la donation de Pepin les. Papes n'ont,
eu aucune souveraineté 5 ni à‘ Rome ni
en Italie , ni en aucun Endroit : et que;
les Rois Pepin et Charlemagne étoienc»
Maîtres et légitimes possesseurs des Pays
qu’ils ont donnés "aux Evêques der
Rome. v ».
La 3.Piéce est une petiteDissertation sur t
les faux Prophetes , et sur les moyens de
a legdiscernet d’avec les Prophetes vérita-j:
bles; L’Auteur yléxamine trois Points.
Le premier , quels étoient ceux que l’E-;'
crieur; repûsentç comme de faux P104
E v pheg
LÀ
9e MER"CURE' DE FRÏANCE
phètes , et de combien de sortes elle en"
distingue. Le second , si ces faux Pro-'
phetes pouvaient reconnaître eux-mêmes
quïls étaient dans l’illusion. Le troisiéa
me , à quelles marques extetieures le peu-i
ple pouvoir discerner les vrais Ptophetcs
' dävec les faux.
- On trouve ensuite une autre‘ Disset.‘
ration sur la Collection (Plsidore , ct sur
les Décretales attribuées aux premiers Pas;
es. On y examine 1°. Qxelles étaient
lesCollecrions de Décrets‘ avant le neu
v-iéme siècle , et s’il y en avoir quelqtfu.‘
ne qui pût être regardée comme le Code
de PEgIise Universelle , ou comme le
Code d’une Eglise particuliere. 2". Ce
qäfavoit de particulier cette nouvelle
Collection , et qui s’en est déclaré PAu-f"
tèur. 3°. Si cette Collection-des Décreta-ä
les est suposée par un imposteur comme
on le dit communément. 4°. Si ces Let
tres des Papes , "inconnuës avant ChatleJ
magna: , inttoduisoient un nouveau droit
touchant lcs appellations à Rome. 5°. Sis
on peut croire que ces Lettres sont des
Papes dentelles portent le nom. 6°. Qxel
usage il faut faire de ces Lettres pour le
Dogme ou pour la Discipline. Ce dernier '
article n’est pas rempli.
» A la suive de cette Pièce l"Auteur’ de
‘ -. - ' se
4
J A NV I ER. 1733. 9;‘
‘ce Reciieil en‘ a joint une autre intitu
lée : Senfimens dfim homme d'esprit Jur l4
nouvelle intitulée Don Carla: .- destpune
Critique délicate et polie des défauts de
cette Nouvelle. " '
f. La Pièce qui termine‘ ce Volume est une
Réponse de M. B. . . Conseiller au Parle-j
mentde B. . . à une Lettre que M. Du-e
rand lui a écrireau sujet des Discours de
M.- de la. Motte sur la Poësie Dramati
que. L’on y trouve plusieurs expressions
basses et triviales‘, et des traits dans les
quels cet. illustre Auteur n’est pas beau
coup menage. .
On ‘voit ,«au reste , que PAuteur de ce
nouveau Recueil shpplique à diveisifiet‘
ses matieres ,et a promener agréablement
son Lecteur , tantôt dans les détours de
lïi-Lisroirc ,.ranrôt dans ceux de la-Criti
que , tantôt dans le sérieux 5 et. tantôt
dans le stile cnjoüé et badin.‘ Il.y a lieu
dïes ercr u’il continuera de rendre le‘
q .
même soin pour le choix de ses Pièces.
Son Recueil en- ce cas sera curieux et reg‘
cherché.
[Littérature , Tome a de 2.34 pages,
sans la Table des Piéces contenuës dans
ce Volume , et celle des Matieres des deux
premieres Parties de ce Recüeil.
l Ce Volume contient des Pièces curieuse
ses en elles-mêmes, et dont la matiere
. est digne d’être traitée , mais qui piquent
moins la curiosité des Gens de Lettres ,'
parce qu'on les rencontre en plusieurs En
droits : cependant on ytrouve aussi du
neuf, et ce qui fait le plus de plaisir,c’est
que cette collection évite au Lecteur la.
peine de lire des Dissertations longues et: . ’
ennuyeuses , en lui présentant_les mêmes
matieres traitées en peu de mots , succ_inc- q
tement, solidement et avec clarté. ' _
_La premicre Piéce est une Vie de Plu-q‘
rauque , traduite en François: de l’Angloîs
de M. Dryden. C'est un morceau cu
rîeux qui méritoit bien d'être traduit en
notre Langue. On trouve ensuite un Dis
cours sur l’Etat des Nations à la naissance;
‘ E xij de
e; MERCURE DE FRANCE '
de l’Eglise. L’Auteur s’applique à mon
trer que tout concouroit à la Naissancè
de Jesus-Christ pour Pétablissement d:
son Eglise , PEtatlet la Religion. C’est>
comme l’on voit le même Plan qu’a tenu.
M. Bossuet dans son Discours sur l’His
toire Universelle. L’Empire Romain est
étendu dans les trois parties du monde
connu , et est regardé comme le seul Efm
pire de la Terre , lorsque le grand Roi ,
le Roi de l’Univers va paroître. Le Mon
de goûte une aix generale lorsque le Roi
de Paix vient ‘apporter avec lui. La puis-j
sànce des Romains sert à Paccomp isse—
rnent des Propheties par Pordre qui en.
vient dans les diflèrcntes Provinces de
PEmpire , pour une Description generala
d‘: tous les Sujets de cette puissante Mo-Ç
narchie 5 le Messie naît dans Bethléem de
Jirda; par cette puissance la Tribu qui
porte ce nom pet son autorité , les Gen-ï
tlls qui devoienr entrer dans les promes-e
ses et dans l'alliance de misericorde , se
rêünissent avec les J uifs pour immolet
PÏ-Ïiostie de ptopitiation , qui par le méï
rite de son Sang va desdeux Peuples n’en.
faire qu’un; enfin par cette même puis
sance Jerusalem est détruite , le Temple
.rasé et la Synagogue des Juifs anéantie
avec ses Autels. '
._ v _ ce
JANVIER. 17'3;.' 87
Ce n’est pas non plus sans misterc que
Rome devient le centre de l’Empire de’
lÏUnivers , pour Pêcrc ensuite de la veri
table Religion; que les Nations y aboraj
dent de toutes parts , afin quklles y teçoi-f
vent le cuit; du vrai Dieu au lieu des vaiä,
ries richessespti des honneurs périssables,’
qui étoientle but de leurs voyages telle
envoya: par tout des Colonies pour y pot‘)
ter ensuite la Foi de PEvangile; le Messie
pvient dans le Temple lorsque Rome est
dans le plus haut point de sa grandeur, e:
t que la politesse , l’E5prit , les belles Let
tres et les Sciences y brillent avec plus
d’éclat , afin u’en étendant tous ces
avantages dans (ies Pays où elle étend sa»
uissance , elle y établisse la politesse,»
iiurbanité; en un mot, un esprit de socien‘
tÉ-qtii donnât quelque ouverture à la pré
dicarion de [Évangile , et qui disposât
les Esprits à lÎécouter. Par là PEV-angile
(Ïevoit heriter de toutela richesseet de la‘
Sçience de Rome : par là la Foi fait voit‘
qu’elle sçaifsoumettre â sa misterieuse obsi
curité les plus sublimes génies, et qu’ellc
n’a pas besoin de leurs secours et de leur
éloquence pour établit son Empire pat
toute la terre. . . *
« , Si l’Etat Civil disposait tout à Parrivéa
du..Messie , jlîfime de 1a Religion mon-x.
;__ ,, E iiij trois
à? 77"
à? MERCURE DE FRANCE
troit encore davantage le besoin que les
hommes avoient de la nouvelle Alliance‘.
Ils avoient de belles Loix‘, mais elles n'é
toient point observées; le Corps de leurs
Loix étoir corrompu par un grand nom
brc d'autres. qui permettoicnt plusieurs
désordres ; la Religion étoit plus horri-r
ble encore , c’étoit elle qui apprenoit aux
hommes à devenir méchans , les Fêtes des
Dieux étoient des jours de brigandagcs cc
de désordres ; les Temples étoient des
Ecoles dîmpureté , dïrreligion ;_ tout
Dieu y étoit bien reçû : Rome adoroit
ceux qu’elle avoir vaincus , et de vaines
Statuës sans sentiment et sans connois
sancc étoient victorieuses des vainqueurs
des Nations et des maîtres du. monde. Le
seul vrai Dieu y étoit inconnu , lui seul
n'avoir point dfAutels nide sacrificateutâ;
point de culte ni (Ÿadorateurs. UEgyptc
et la Gréce avoient aussi leurs Dieux 5
mais quels Dieux! ose-t-on les nom
mer , tant ils sont capables d’humilier
Ïhomme.
: La‘ Religion des Juifs étoit elle-même
mêlée de superstitions et de Traditions‘
purement humaines; en un mot, toute la
Rcligion des diflerens Peuples _, leurs"
Loix mal observées , leurs Sacrifices abo- '
minables aux yeux » de Dieu 3‘ leurs cr—"
. {CHIE
J A N VIE R. 1733.‘ '89‘;
\
rçurs montées à. leur comble, tous les
raisonnements et les Systemes des Philo
sophes épuisés , montroient à Phomme le‘
besoin qu’il avoir d'une Religion qui lui
apportat enfin des connaissances , qui
pûssent fixer leurs esprits au milieu de
tant de monstrueux égaremens , et qui‘ '
. leur donnât des forces" dont ils sentaient
la necessitê ’g pour accomplir leur devoir ,‘
et pour suivre la voye de la verité et ‘de
la vertu.
_La Piêce suivante traite des donations
de Pcpin et de Charlemagne faites à l’E-'
glise de Rome; on y montre qu’ellesï
sont le commencement de la souveraineté
temporelle des Papes; L’Auteur de cette
Dissertation ÿapplique à y montrer q.u’a'-'
vaut la donation de Pepin les. Papes n'ont,
eu aucune souveraineté 5 ni à‘ Rome ni
en Italie , ni en aucun Endroit : et que;
les Rois Pepin et Charlemagne étoienc»
Maîtres et légitimes possesseurs des Pays
qu’ils ont donnés "aux Evêques der
Rome. v ».
La 3.Piéce est une petiteDissertation sur t
les faux Prophetes , et sur les moyens de
a legdiscernet d’avec les Prophetes vérita-j:
bles; L’Auteur yléxamine trois Points.
Le premier , quels étoient ceux que l’E-;'
crieur; repûsentç comme de faux P104
E v pheg
LÀ
9e MER"CURE' DE FRÏANCE
phètes , et de combien de sortes elle en"
distingue. Le second , si ces faux Pro-'
phetes pouvaient reconnaître eux-mêmes
quïls étaient dans l’illusion. Le troisiéa
me , à quelles marques extetieures le peu-i
ple pouvoir discerner les vrais Ptophetcs
' dävec les faux.
- On trouve ensuite une autre‘ Disset.‘
ration sur la Collection (Plsidore , ct sur
les Décretales attribuées aux premiers Pas;
es. On y examine 1°. Qxelles étaient
lesCollecrions de Décrets‘ avant le neu
v-iéme siècle , et s’il y en avoir quelqtfu.‘
ne qui pût être regardée comme le Code
de PEgIise Universelle , ou comme le
Code d’une Eglise particuliere. 2". Ce
qäfavoit de particulier cette nouvelle
Collection , et qui s’en est déclaré PAu-f"
tèur. 3°. Si cette Collection-des Décreta-ä
les est suposée par un imposteur comme
on le dit communément. 4°. Si ces Let
tres des Papes , "inconnuës avant ChatleJ
magna: , inttoduisoient un nouveau droit
touchant lcs appellations à Rome. 5°. Sis
on peut croire que ces Lettres sont des
Papes dentelles portent le nom. 6°. Qxel
usage il faut faire de ces Lettres pour le
Dogme ou pour la Discipline. Ce dernier '
article n’est pas rempli.
» A la suive de cette Pièce l"Auteur’ de
‘ -. - ' se
4
J A NV I ER. 1733. 9;‘
‘ce Reciieil en‘ a joint une autre intitu
lée : Senfimens dfim homme d'esprit Jur l4
nouvelle intitulée Don Carla: .- destpune
Critique délicate et polie des défauts de
cette Nouvelle. " '
f. La Pièce qui termine‘ ce Volume est une
Réponse de M. B. . . Conseiller au Parle-j
mentde B. . . à une Lettre que M. Du-e
rand lui a écrireau sujet des Discours de
M.- de la. Motte sur la Poësie Dramati
que. L’on y trouve plusieurs expressions
basses et triviales‘, et des traits dans les
quels cet. illustre Auteur n’est pas beau
coup menage. .
On ‘voit ,«au reste , que PAuteur de ce
nouveau Recueil shpplique à diveisifiet‘
ses matieres ,et a promener agréablement
son Lecteur , tantôt dans les détours de
lïi-Lisroirc ,.ranrôt dans ceux de la-Criti
que , tantôt dans le sérieux 5 et. tantôt
dans le stile cnjoüé et badin.‘ Il.y a lieu
dïes ercr u’il continuera de rendre le‘
q .
même soin pour le choix de ses Pièces.
Son Recueil en- ce cas sera curieux et reg‘
cherché.
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Résumé : Recueil de Pieces d'Histoire et de Litterature, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un recueil intitulé 'Pièces d’Histoire et de Littérature', composé de 234 pages et dépourvu de table des matières. Ce volume rassemble des documents curieux et intéressants, bien que certains soient déjà connus. Il se distingue par son approche concise, solide et claire, évitant les dissertations longues et ennuyeuses. La première pièce est une traduction en français de la vie de Plutarque par M. Dryden. Le recueil inclut également un discours sur l’état des nations à la naissance de l’Église, où l’auteur explique comment divers éléments ont contribué à l’établissement de l’Église et de la religion chrétienne. Ce discours est comparé à celui de Bossuet sur l’histoire universelle. Le texte décrit ensuite l’Empire Romain à son apogée et l’arrivée du Messie, soulignant comment la puissance romaine a facilité la propagation des prophéties et la réunion des tribus pour le sacrifice expiatoire. Le recueil aborde également les donations de Pépin et de Charlemagne à l’Église de Rome, discutant de la souveraineté temporelle des Papes. Une autre dissertation traite des faux prophètes et des moyens de les discerner. Une autre encore examine les collections de décrets avant le neuvième siècle et les Décretales attribuées aux premiers Papes. Le volume se termine par une critique de la nouvelle 'Don Carlos' et une réponse de M. B... à une lettre de M. Dugrand concernant les discours de M. de la Motte sur la poésie dramatique. L’auteur diversifie les matières, alternant entre histoire, critique et styles sérieux ou badins, promettant ainsi un recueil curieux et recherché.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 101-105
De HAMBOURG, le 30 Novembre.
Début :
La plupart de nos papiers ne présentent aujourd'hui que des observations & des faits [...]
Mots clefs :
Hambourg, Femmes, Religion, Porte, Russie, Crimée, Forteresse, Esprit, Filles, Messie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 30 Novembre.
De HAMBOURG , le 30 Novembre.
LA plupart de nos papiers ne préfentent
aujourd'hui que des obfervations & des faits
relatifs aux différends prêts à s'élever entre
la Ruffic & la Porte au fujet de la Crimée.
Nous nous contenterons de les tranfcrire .
» Les dernières lettres de Conftantinople , difente
3
( 102 )
ils , font' du 25 Octobre ; elles portent qu'un nouvel
incendie a éclaté dans cette malheureufe ville
le zi du même mois ; mais que graces aux foins
& à la vigilance du Capitan Bacha , on eft parvenu
à l'éteindre fans qu'il ait caulé beaucoup de dommage
. Le peuple toujours inconféquent & dont
les voeux ardens vont toujours au- delà de les
moyens , que prefque toujours ils l'empêchent de
confidérer , continue de demander la guerre ,
laquelle le Divan , mieux inftruit de la fituation
de l'Empire , s'oppofe encore avec fermeté ; mais
il eft à craindre que le gouvernement ne foit obligé
de céder ; & comme dans ce cas , il peut y avoir
quelques rencontres entre les troupes des deux Puiffances
, la Hongrie & les autres Etats de la Maifon
d'Autriche , que leur pofition met à portée des
endroits où pourront fe porter les coups , feroient
expolés à quelques excurfions . On affure qu'en
conféquence on avoit ordre de mettre en état de
défenfe toutes les frontières de ce côté. On doit
élever une nouvelle fortereffe près de la rivière
de Marofch , non loin de Témefwar , rétablir celles
de Brodt & de Gradiska , près de la Save , augmenter
les fortifications de Péterwaradin & d'Effeck ,
& mettre Segedin & Krad en état de couvrir la
Hongrie «.
Une lifte qu'en dit authentique porte la
population des Royaumes de Galicie & de
Lodomerie à 1,112,442 hommes & 1,093 ,
311 femmes , tous de la Religion Chrétienne,
à 68,601 Juifs & 70,472 Juives ; ce qui fait
en tout 2,344,826 perfonnes . On compte
dans ces deux Etats T066 Eglifes Catholiques,
2955 Eglifes Grèques avec 188. Couvents
d'hommes , 28 Convents de femmes , 2722
Religieux , 678 Religieufes , 483 Hopitaux &
244 Synagogues.
( 103 )
L'Empereur , écrit-on de Vienne , le croyoit
en pleine paix avec les Régences Barbarefques
pour la navigation de fes vailleaux dans la Médi
terranée , loriqu'il a appris , par fon Conful à
Gênes , qu'un corfaire Algérien , qui n'avoit que
6 canons , avoit ofé appeller à l'obéiffance un bâ
timent Impérial , dont l'artillerie étoit fupérieure à
la fienne. Le Capitaine de celui - ci , loin de fe prêter
à ce qu'on exigeoit de lui , envoya toute fa bordée
au corfaire , qui fut obligé de lâcher prife. La
Régence d'Alger , inftruite de ce fait , à déclaré
qu'elle ne vouloit plus entendre parler ni de traité
ni de trève avec notre Cour. S. M. I. pour prévenir
les conféquences de cette déclaration a ordonné
à ſon Envoyé à la Porte d'y réclamer en fon
nom l'exécution du traité de Belgrade de 1735 »
par lequel la Cour Ottomane a promis à la notre
de protéger fon commerce dans toute l'étendue
de fes mers ; & même en cas qu'un vaiffeau Impérial
y fût pris ou infalté , de fe charger de tout
dédommagement. On attend à cet égard la réponſe
de la Pone «.
On apprend de Ratisbonne que le Directoire
de Mayence a communiqué à la Dictature
une lettre du Prince- Evêque de Spire ,
en date du 11 de ce mois , par laquelle il lui
fait part qu'en conféquence de l'ordre donné
par l'Empereur , il y a quelques jours , de
vendre tout ce qui lui appartenoit dans la
fortereffe de Philipsbourg , à l'exception de
l'artillerie qu'il falloit tranfporter dans fes
Etats , & d'en faire fortir la garniſon Impériale
, le Prince- Evêque , après que cet
ordre a été exécuté a pris poffeffion de
cette fortereſſe évacuée , en qualité de Souverain
, & y a mis une garnifon de fes troupes;
€ 4
( 104 )
il le notifie à la Dière , afin qu'on lui affure
préfentement & pour toujours , à lui & à
fon Evêché , la propriété de cette Ville &
de fes dépendan ces.
On lit dans la Gazette de Berlin un fait
bien extraordinaire. Il y a été publié par
ordie de la Chambre Royale de Juftice.
Nous nous contenterons de le tranfcrire.
5כ
Jean- Paul - Philippe Rofenfeld , ci-devant garde
bois dans les forêts du Roi , renvoyé il y a quelques
années , pour avoir fabriqué de faux billets de bois ,
s'attacha depuis à fe faire un parti parmi le bas peu
ple , auquel il prêcha une nouvelle religion ,
2
s'accrédita fi fort dans l'efprit de ces hommes ignorans
, qu'en qualité de leur nouveau législateur il
difpofoit de la fortune , des femmes & des filles de
ceux qu'il avoit féduits . Il fe dit le véritable Meffie envoyé
de Dieu , & prononça anathême , non-feulement
contre la Ste- Cène & le Baptême , inftitués par J. C.;
mais il défendit expreffément à fes profelytes d'allif
ter à aucuns des cultes divias reçus de nos jours . Enfin
s'etant rendu coupable du crime de lèze- majeſté
par les difcours les plus féditieux en promettant
publiquement à fes adhérens que pour les rendre
parfaitement heureux & indépendans , il parviendroit
à extirper toute juftice féculière , il fut arrêté
il y a quelques années comme fanatique , & enfermé
à l'hopital des fous ; on n'avoit découvert
jufque - là aucunes de fes autres intrigues criminelles.
Il fe tira de là par un changement de conduite
qui parut fans reproche ; mais il reprit bien- tôt toutes
fes mauvaifes & anciennes habitudes ; un de fes fectaires
, qui ouvrit enfin les yeux fur l'abomination
de fa doctrine , le déclara. C'eft par lui qu'on fut
inftruit que ce nouvel apôtre fous prétexte de la
religion qu'il prêchoit , menoit aux dépens de fes
? 10s )
difciples la vie la plus licencieufe , la plus volup
tucufe & la plus puniflable , en donnant des lettres
de divorce felon fon bon plaifir , & indiftinctement
aux maris & aux femmes qui refufoient d'embraffer
fa fecte. Il avoit gagné tant d'autorité far fon troupead
, que méme pendant qu'il étoit détenu dans la
maifon de force , on lui amena une fille de 15 ans ,
dont il abufa en préfence de fa mère & de fes parens
, dans la vie d'opérer le grand oeuvre de la
rédemption du geore humain , & il eut dans la fuite
fept autres jeunes filles qui furent remifes à fa difpofition
par les adhérens ; il abafa de toutes , de manière
cependant quedu nombre des 7 il n'y eut qu'une feule
qui devint enceinte . Il a retenu long- tems ces fept
files dans une maifon , où il les faifoit filer , en
les traitant fi durement , que probablement elles font
mortes de faim & de misère. Il y a en outre des indices
irrefragables d'un meurtre qu'une de ces filles
a commis fur fon propre enfant , vraisemblablement
à la perfuafion ou avec la participation de ce fcélérat .
C'eft abfolument aux dépens de fes difciples qu'il
a vécu , ils ont fourni à tous fes befoins . Tous les
témoins , out affirmé unanimement , n'avoir jamais
remarqué en lui aucune aliénation ou égarement
d'efprit ; ce jugement a été confirmé par les méde
cins & autres perfonnes expertes appellés pour juger
de l'état & des facultés de fon efprit : C'eft fur toutes
ces preuves , & pour s'être rendu coupable de
crimes atroces , fous le mafque de la religion , de
blafphême , de lèze- majefté & c. , que le fufdit Rofenfeld
a été condamné , avec l'approbation du Roi ,
à être fouetté publiquement par la main du bour→
reau , & à être enfermé pour le refte de fes jours
dans une fortereffe , pour y être employé aux trayaux
publics «c,
LA plupart de nos papiers ne préfentent
aujourd'hui que des obfervations & des faits
relatifs aux différends prêts à s'élever entre
la Ruffic & la Porte au fujet de la Crimée.
Nous nous contenterons de les tranfcrire .
» Les dernières lettres de Conftantinople , difente
3
( 102 )
ils , font' du 25 Octobre ; elles portent qu'un nouvel
incendie a éclaté dans cette malheureufe ville
le zi du même mois ; mais que graces aux foins
& à la vigilance du Capitan Bacha , on eft parvenu
à l'éteindre fans qu'il ait caulé beaucoup de dommage
. Le peuple toujours inconféquent & dont
les voeux ardens vont toujours au- delà de les
moyens , que prefque toujours ils l'empêchent de
confidérer , continue de demander la guerre ,
laquelle le Divan , mieux inftruit de la fituation
de l'Empire , s'oppofe encore avec fermeté ; mais
il eft à craindre que le gouvernement ne foit obligé
de céder ; & comme dans ce cas , il peut y avoir
quelques rencontres entre les troupes des deux Puiffances
, la Hongrie & les autres Etats de la Maifon
d'Autriche , que leur pofition met à portée des
endroits où pourront fe porter les coups , feroient
expolés à quelques excurfions . On affure qu'en
conféquence on avoit ordre de mettre en état de
défenfe toutes les frontières de ce côté. On doit
élever une nouvelle fortereffe près de la rivière
de Marofch , non loin de Témefwar , rétablir celles
de Brodt & de Gradiska , près de la Save , augmenter
les fortifications de Péterwaradin & d'Effeck ,
& mettre Segedin & Krad en état de couvrir la
Hongrie «.
Une lifte qu'en dit authentique porte la
population des Royaumes de Galicie & de
Lodomerie à 1,112,442 hommes & 1,093 ,
311 femmes , tous de la Religion Chrétienne,
à 68,601 Juifs & 70,472 Juives ; ce qui fait
en tout 2,344,826 perfonnes . On compte
dans ces deux Etats T066 Eglifes Catholiques,
2955 Eglifes Grèques avec 188. Couvents
d'hommes , 28 Convents de femmes , 2722
Religieux , 678 Religieufes , 483 Hopitaux &
244 Synagogues.
( 103 )
L'Empereur , écrit-on de Vienne , le croyoit
en pleine paix avec les Régences Barbarefques
pour la navigation de fes vailleaux dans la Médi
terranée , loriqu'il a appris , par fon Conful à
Gênes , qu'un corfaire Algérien , qui n'avoit que
6 canons , avoit ofé appeller à l'obéiffance un bâ
timent Impérial , dont l'artillerie étoit fupérieure à
la fienne. Le Capitaine de celui - ci , loin de fe prêter
à ce qu'on exigeoit de lui , envoya toute fa bordée
au corfaire , qui fut obligé de lâcher prife. La
Régence d'Alger , inftruite de ce fait , à déclaré
qu'elle ne vouloit plus entendre parler ni de traité
ni de trève avec notre Cour. S. M. I. pour prévenir
les conféquences de cette déclaration a ordonné
à ſon Envoyé à la Porte d'y réclamer en fon
nom l'exécution du traité de Belgrade de 1735 »
par lequel la Cour Ottomane a promis à la notre
de protéger fon commerce dans toute l'étendue
de fes mers ; & même en cas qu'un vaiffeau Impérial
y fût pris ou infalté , de fe charger de tout
dédommagement. On attend à cet égard la réponſe
de la Pone «.
On apprend de Ratisbonne que le Directoire
de Mayence a communiqué à la Dictature
une lettre du Prince- Evêque de Spire ,
en date du 11 de ce mois , par laquelle il lui
fait part qu'en conféquence de l'ordre donné
par l'Empereur , il y a quelques jours , de
vendre tout ce qui lui appartenoit dans la
fortereffe de Philipsbourg , à l'exception de
l'artillerie qu'il falloit tranfporter dans fes
Etats , & d'en faire fortir la garniſon Impériale
, le Prince- Evêque , après que cet
ordre a été exécuté a pris poffeffion de
cette fortereſſe évacuée , en qualité de Souverain
, & y a mis une garnifon de fes troupes;
€ 4
( 104 )
il le notifie à la Dière , afin qu'on lui affure
préfentement & pour toujours , à lui & à
fon Evêché , la propriété de cette Ville &
de fes dépendan ces.
On lit dans la Gazette de Berlin un fait
bien extraordinaire. Il y a été publié par
ordie de la Chambre Royale de Juftice.
Nous nous contenterons de le tranfcrire.
5כ
Jean- Paul - Philippe Rofenfeld , ci-devant garde
bois dans les forêts du Roi , renvoyé il y a quelques
années , pour avoir fabriqué de faux billets de bois ,
s'attacha depuis à fe faire un parti parmi le bas peu
ple , auquel il prêcha une nouvelle religion ,
2
s'accrédita fi fort dans l'efprit de ces hommes ignorans
, qu'en qualité de leur nouveau législateur il
difpofoit de la fortune , des femmes & des filles de
ceux qu'il avoit féduits . Il fe dit le véritable Meffie envoyé
de Dieu , & prononça anathême , non-feulement
contre la Ste- Cène & le Baptême , inftitués par J. C.;
mais il défendit expreffément à fes profelytes d'allif
ter à aucuns des cultes divias reçus de nos jours . Enfin
s'etant rendu coupable du crime de lèze- majeſté
par les difcours les plus féditieux en promettant
publiquement à fes adhérens que pour les rendre
parfaitement heureux & indépendans , il parviendroit
à extirper toute juftice féculière , il fut arrêté
il y a quelques années comme fanatique , & enfermé
à l'hopital des fous ; on n'avoit découvert
jufque - là aucunes de fes autres intrigues criminelles.
Il fe tira de là par un changement de conduite
qui parut fans reproche ; mais il reprit bien- tôt toutes
fes mauvaifes & anciennes habitudes ; un de fes fectaires
, qui ouvrit enfin les yeux fur l'abomination
de fa doctrine , le déclara. C'eft par lui qu'on fut
inftruit que ce nouvel apôtre fous prétexte de la
religion qu'il prêchoit , menoit aux dépens de fes
? 10s )
difciples la vie la plus licencieufe , la plus volup
tucufe & la plus puniflable , en donnant des lettres
de divorce felon fon bon plaifir , & indiftinctement
aux maris & aux femmes qui refufoient d'embraffer
fa fecte. Il avoit gagné tant d'autorité far fon troupead
, que méme pendant qu'il étoit détenu dans la
maifon de force , on lui amena une fille de 15 ans ,
dont il abufa en préfence de fa mère & de fes parens
, dans la vie d'opérer le grand oeuvre de la
rédemption du geore humain , & il eut dans la fuite
fept autres jeunes filles qui furent remifes à fa difpofition
par les adhérens ; il abafa de toutes , de manière
cependant quedu nombre des 7 il n'y eut qu'une feule
qui devint enceinte . Il a retenu long- tems ces fept
files dans une maifon , où il les faifoit filer , en
les traitant fi durement , que probablement elles font
mortes de faim & de misère. Il y a en outre des indices
irrefragables d'un meurtre qu'une de ces filles
a commis fur fon propre enfant , vraisemblablement
à la perfuafion ou avec la participation de ce fcélérat .
C'eft abfolument aux dépens de fes difciples qu'il
a vécu , ils ont fourni à tous fes befoins . Tous les
témoins , out affirmé unanimement , n'avoir jamais
remarqué en lui aucune aliénation ou égarement
d'efprit ; ce jugement a été confirmé par les méde
cins & autres perfonnes expertes appellés pour juger
de l'état & des facultés de fon efprit : C'eft fur toutes
ces preuves , & pour s'être rendu coupable de
crimes atroces , fous le mafque de la religion , de
blafphême , de lèze- majefté & c. , que le fufdit Rofenfeld
a été condamné , avec l'approbation du Roi ,
à être fouetté publiquement par la main du bour→
reau , & à être enfermé pour le refte de fes jours
dans une fortereffe , pour y être employé aux trayaux
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Résumé : De HAMBOURG, le 30 Novembre.
Le document du 30 novembre à Hambourg rapporte plusieurs événements politiques et sociaux. À Constantinople, un incendie survenu le 21 octobre a été contrôlé par le Capitan Bacha. La population locale exprime son désir de déclarer la guerre à la Russie, mais cette demande est contrecarrée par le Divan. Des mesures de défense sont mises en place aux frontières de la Hongrie et des États autrichiens. En Autriche, un navire impérial a été attaqué par un corsaire algérien, ce qui a conduit à la rupture de la paix avec les régences barbaresques. L'empereur exige l'application du traité de Belgrade de 1735. À Ratisbonne, le Prince-Évêque de Spire a pris possession de la forteresse de Philipsbourg après le retrait des troupes impériales. À Berlin, Jean-Paul-Philippe Rosenfeld, ancien garde-bois, a été arrêté pour avoir fondé une secte et perpétré divers crimes, notamment des abus sexuels et des discours séditieux. Rosenfeld a abusé de plusieurs jeunes filles, même en détention, et les a soumises à des conditions de vie extrêmement dures, entraînant probablement leur décès. Il vivait aux dépens de ses disciples et a été condamné à être fouetté publiquement et emprisonné à perpétuité pour ses crimes, incluant des actes contre la religion, le blasphème et le lèse-majesté.
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