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51
p. 126-139
« JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...] »
Début :
JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...]
Mots clefs :
Camp, Camp de Richemont, Guerre, Yeux, Infanterie, Honneur, Esprit, Cavalerie, Escadrons, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : « JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...] »
JOURNAL en vers de ce qui s'eft paffé
au camp de Richemont , commandé par
M. de Chevert , Lieutenant Général des
armées du Roi , commencé le 26 Août
1755 , & fini le 25 Septembre fuivant..
A Paris , chez Lambert , rue de la Comédie
Françoiſe , 1755 .
M. Vallier , Colonel d'Infanterie , eft
l'Auteur de cet agréable Journal . C'eft
prefque avoir créé un nouveau genre. Cet
ellai doit lui faire d'autant plus d'honneur
DECEMBRE. 1755 . 127
qu'au premier coup d'oeil il paroiffoit impoffible
d'exprimer en vers , la difpofition
d'une armée ou celle d'une attaque , la fituation
des terreins , les pofitions des rivieres
, des villages & des chauffées ; y
faire entrer pour la premiere fois les termes
de l'art , tous rebelles à la poéfie , mais
néceffaires , & qui plus eft , uniques pour
bien peindre les différentes manoeuvres de
la guerre ; tout cela préfente d'abord des
difficultés qui étonnent au point que l'exécution
a l'air d'une gageure , & qu'il falloit
être , comme l'Auteur , auffi poëte que
guerrier pour les vaincre avec tant de
bonheur. Pour rendre l'ouvrage plus varié
& plus intéreffant , la galanterie eft venue
au fecours de M. V. Si Mars a été fon
Apollon, Venus & les Graces ont été fes
Muſes . Ce contrafte aimable délaffe agréa
blement le Lecteur des fatigues militaires
qu'il partage avec l'Auteur qui les décrit .
Tous les mouvemens de chaque parti font
peints avec tant de feu & de vérité qu'on
croit être dans un camp , & fouvent dans
la mêlée. On eft préfent à l'action ; on y
prend part. Cet exemple heureux nous
prouve qu'on peut tout dire en vers comme
en profe , & que le vrai talent amené
toujours la réuffite. L'Auteur a fait choix
des vers libres , comme plus affortis à la
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE ,
matiere , & plus propres à rendre la rapidité
des évolutions. Son Poëme en contient
près de huit cens ; & malgré quelques
repétitions inévitables , il le fait lire
avec intérêt d'un bout à l'autre .
Comme ceux qui ne le connoiffent pas
pourroient former là -deffus quelque doutes
, j'en vais extraire ici différens morceaux
qui fuffiront pour les convaincre
que cet éloge n'eft qu'une juftice. L'Auteur
débute en fujet plein de zele ,
François digne de l'être.
Louis ici fait flotter fes drapeaux :
en
Ce n'eft encor qu'une image de guerre ;
Et fes guerriers dont la valeur préfere
Les horreurs de la mort aux douceurs du repos ,
Pour enfanglanter leurs travaux ,
N'attendent que l'inſtant d'allumer le tonnerre ,
Qui porte les decrets des Maîtres de la terre ,
Ainfi qu'il eft l'organe des héros.
Louis va décider ; laiffons à fa prudence
A difcuter nos intérêts :
S'il eft content , nous demandons la paix ;
S'ily voit l'ombre de l'offenſe ,
Que tout parle de fa vengeance ,
Que nos biens , que nos jours affurent fes projets.
Il s'exprime enfuite en guerrier aimable
qui fuit les drapeaux de l'amour dans un
DECEMBRE. 1755. 129
camp de paix , où les femmes courent voir
fans danger les manoeuvres de la guerre .
Mais le bruit du tambour , le fon de la trom➡
pette
Invitent nos guerriers à fe rendre à leurs rangs,
Le fexe croit entendre la Mulette ,
Il en fait fes amuſemens.
Nous n'intimidons point fes charmes ,
Nous leur prêtons de nouveaux feux.
Il vient oppoler à nos armes
Les armes que l'amour place dans les beaux yeux:
Si dans nos camps on répand quelques larmes ,
C'eſt nous qui les verfons ; & s'il eft des alfarmes
,
Elles font pour les coeurs qui ne font pas heureux.
Le ciel s'ouvre à mes yeux , & je crois voir l'aufore
:
Non , non ; feroit -ce Hebé ! Vous , qu'aux cieux
on adore ,
Aux mortelles d'ici difputez - vous nos coeurs ?
Pour les vergers qu'on deshonore ,
Eft- ce Pomone enfin qui vient verfer des pleuss
Ou bien c'eft la Déeffe Flore
Qui craint fans doute pour fes fleurs.
Je me trompois ; c'eſt mieux encore ;
La jeune Eglé , fous des lambris dorés ,
Où fon époux nous froit moins urile ,
Quitte avec lui le féjour de la ville ,
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
Et vient orner nos champs qui ne font plus parés
--Les fleurs fous fe , pas vont renaître :
Une feconde fois la terre va s'ouvrir.
Les nouvelles moiffons qu'on y verroit paroître ;
Comme les yeux ne pourront l'embellir .
La maison qu'elle habite eft un fecond exemple
De la faveur des Dieux pour la tendre Baucis :
Pour elle & Philemon dans la pouffiere affis ,
D'un humble logement les Dieux firent un tem→
ple..
Près d'Eglé , fous le chaume , on croit être à
Cypris.
- On ne peut pas annoncer d'une façon
plus galante l'arrivée de Madame de Caumartin
, Intendante de Mets , à Richemont
, ni fur ce qu'elle habitoit une maifon
de payfan , faire une application plusheureufe
de la fable de Baucis & de Philemon
, dont Jupiter changea la chaumiere
en un temple.
Chevert parcft , & chacun en filence
Partage fes régards entre la troupe & lui .
Quel fpectacle à nos yeux offre- t-il aujourd'hui ?
Ses ordres font portés. On s'ébranle , on s'avance :
Le champ de Mars eft occupé ;
Le foldat attentif à l'ordre qu'on lui donne
Marche par bataillon ; il forme une colonne ;
Il manoeuvre , il s'exerce ainfi qu'il eft campé ....
}
DECEMBRE . 1755- 131
Chacun alors fe fait un crime
De n'être pas à ſon devoir.
Que de préciſion ! l'efprit qui les anime ,
Semble être un feul reffort qui les fait tous mouvoir.
De l'exercice par Bataillons & par Brigades
, à la tête du camp , l'Auteur paffe paſſe
ainfi à l'attaque d'une grand'Garde de
Cavalerie .
Des efcadrons entrent dans la carriere ,
Et vont l'un contre l'autre exercer leur valeur.
L'un défend ce que l'autre attaque avec fureur.
Je vois Turpin & fa troupe légere ;
Couvert d'une noble pouffiere
Il arrive , il menace , il tient confeil , réfout.
C'est l'éclair que l'on voit précéder le tonnerre :
L'eil n'eft pas affez prompt pour le fuivre par
tout .
Le jeune Berchini , digne héritier d'un père ,
Dont la France connoît le zele & la valeur
De Turpin prêt à remporter l'honneur ,.
Vient arrêter la fougue , & fervir de barriere.
Nous allons maintenant offrir un plus
grand tableau : c'eft la manoeuvre du 9
Septembre , où toute la Cavalerie , aux
ordres de M. de Poianne , atraqua en plaine
toute l'Infanterie commandée par M.
de Chevert .
2
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Mais un nuage de pouffiere
S'éleve dans les airs , & vient frapper mes yeux :
Il s'ouvre , & laiffe voir des efcadrons nombreux,
D'un pas léger , la contenance fiere ,
Marcher droit à nos bataillons.
Poianne contre nous conduit fes eſcadrons ;
On en connoît la valeur , la prudence ,
On en connoît l'activité.
Il range fon armée avec intelligence ,
Il vient à nous avec vivacité .
Le foldat en frémit , mais n'en prend point d'allarmes
:
Il s'attend à combattre , il prépare les armes ,
Chevert , fes difpofitions.
Il veut de l'ennemi , qui comptoit le furprendre ,
Prévenir les deffeins , l'attaquer le premier ,
Et le forçant lui - même à fe défendre ,
Arracher de fes mains la palme & le laurier.
Voici des vers qui refpirent tout le fen
du falpêtre , & la fuieur de l'action qu'ils
repréfentent.
Poianne eft indigné de trouver tant d'obſtacle ;
Ses efcadrons , qu'il vient de partager ,
Vont offrir un nouveau fpectacle ,
Tous à la fois s'apprêtent à charger.
Ce corps eft immobile , & par- tout on le couvre-:
De tous côtés alors on voit en même tems
Des efcadrons attaquer tous nos flancs.
DECEMBRE. 1755. 133
On diroit qu'auffitôt le Mont Vefuve s'ouvre ,
Et qu'il vomit les feux fur tous les affaillans .
De ce mont redouté préſentez - vous l'image ,
Quand le feu fort de fes goufres profonds
Ses feux & la fumée y forment un nuage ,
Et confondent leur fource avec ces tourbillons.
Telle & plus forte encore eft l'épaiffe fumée ,
Quifuit le feu que font les angles & les flancs :
On ne voit plus le corps d'armée ,
11 femble enfeveli fous ces feux dévorans ;
Ils couvrent tous les combattans ,
Ils éclipfent les cieux , ils nous cachent la terre ,
Les chevaux écumans , les chefs impatiens;
Des Huffards , des Dragons , la troupe plus légere
Cherche inutilement à defunir nos rangs ;
Nous leur offrons par tout l'invincible barriere
Qui rend leurs refforts impuiffans
Et leur ardeur qui fe modere
>
Donne le tems à quelques mouvemens.
Ces quatre vers peignent bien les Grenadiers
que l'Auteur commandoit , & le
caracterifent lui-même.
Les Grenadiers font des Dieux à la guerre :
On s'empreffe avec eux d'en courir les hazards ,
Avec eux , ce jour - là , défiant le tonnerre ,
J'aurois vaincu , je crois , Bellonne au champ de
Mars.
134 MERCURE DE FRANCE.
Pour égayer & varier le tableau , M. V.
s'écrie :
Mufe de Saint Lambert , prête - moi tes pinceaux
;
Dis - nous comment d'Eglé , la divine compa
gne
Quitte Paris , le remplit de regrets ,
Pour venir avec elle embellir la campagne :
Elle vient y regner fur de nouveaux ſujets.
Peins- nous Comus , peins - nous Thalie
Et tous leurs charmes féduifans ;
Peins- nous la charmante Emilie ,
Délices & foutien de notre Comédie ,
Et le fléau de mille foupirans ,
Dont chacun d'eux a grande envie
D'en obtenir quelques inftans.
C'étoit une Actrice de la Comédie de
Mets qui alloit jouer au camp ; mais l'Auteur,
revient vite aux combats ..
N'entens-je pas crier aux armes ?
Plaifirs , pour un moment laiffez - moi vous quitter
,
L'honneur chez les François paffe avant tous vos
charmes ,
tin.
Madame de la Porte ,foeur de M. de CaumarDECEMBRE.
1755. 139
Il vole à fes devoirs , il va vous mériter.
L'utilité des camps de paix eft heureufement
exprimée dans les fix vers fuivans.
Par-tout on voit attaquer & défendre ,
Par -tout on croit fervir l'Etat ;
N'est -ce pas en effet travailler pour la France ,
Que d'en former les Officiers ?
C'eft élever des forts d'avance ,
C'eft y planter pour elle des lauriers.
Nous allons finir cet extrait par le récit
de la derniere manoeuvre , du 2.0 Septembre
, où l'on attaqua le village d'Uckange.
Les colonnes alors s'approchent du village';
Le centre & les côtés fe trouvent réunis :
Nous attaquons par-tout , par- tout eft l'avantage;
Les ennemis font inveftis :
Il faut prévenir leur défaite .
D'Eftaing alors y donne tous fes foins.
Il fonge à faire fa retraite ,
Il en a prévu tous les points .
Chacun des poftes fe replie ,
Se retire fur lui , point de confufion ,
Chacun retourne à fa divifion ;
Et chacun fous fon feu fe range & fe rallie.
On le fuit , il fait face ; on le charge , il fait feu,
Il gagne les mailons & le fein du village ,
136 MERCURE DE FRANCE.
S'y retire en bon ordre , & là finit l'image
Des combats , dont Louis a voulu faire un jeu.
Ce dernier trait en termine l'hiſtoire.
Chacun au camp revient couvert de gloire ,
Avec l'ami , l'ennemi confondu ,
Voit les talens fans jaloufie ,
Chacun les vante , les public.
Voilà le fceau de la vertu.
C'ett en avoir que de la reconnoître ,
Et dans tout genre on ne peut être maître
Qu'en lui rendant l'honneur qu'on lui fçait être
dû.
Nous donnerons au prochain Mercure
un récit court , mais détaillé du camp de
Valence, ainfi que de celui de Richemont,
s l'article de la Cour.
LETTRE fur cette queftion : Si Ffprit
philofophique eft plus nuifible , qu'utile aux
Belles Lettres ; A Monfieur le Marquis de
Beauteville , de l'Académie Royale des Sciences
de Toulouse , par M. de R..... 1795 ,
chez Duchefne , Libraire au Temple du
Goût.
Je joins à cette annonce le précis fuivant
qu'un ami de l'Auteur m'a prié d'inférer
dans le Mercure , & qu'on va lire
ici tel qu'il m'a été envoié.
Cette Lettre peut être divifée en quatre
DÉCEMBRE. 1755. 137 .
parties ; dans la premiere , l'Efprit philofophique
& le génie des Belles- Lettres
font confidérés en eux -mêmes , & comme
caracteres de l'ame d'où réfultent différentes
manieres d'envifager & de traiter les
fujets.
Dans la feconde on décrit la méthode
philofophique & la marche du génie littéraire.
Dans la troifieme on indique les défauts
que l'efprit philofophique tranfporté de la
Philofophie dans les Belles- Lettres , y doit
répandre , avec quelque foin qu'il tâche
de fe déguifer.
Et dans la quatrieme , on prouve que
l'efprit philofophique incapable de produire
dans les Belles- Lettres , n'eft en état
de juger des productions du génie que
d'après le goût .
Il regne beaucoup de profondeur & de
vues dans la premiere partie , la feconde eft
traitée avec toute " exactitude qu'exigeoit
la matiere : les allufions critiques de la troifieme
font d'une grande fineffe ; & la quatrieme
eft ornée d'une image fimbolique qui
repréſente avec jufteffe la correfpondance
& le concert du génie & du goût. Cette lettre
qui eft adreffée à un Philofophe du
premier ordre , eft un de ces ouvrages qui
ne femblent deftinés qu'au petit nombre
135 MERCURE DE FRANCE.
de lecteurs qui aiment à penfer , & qui
veulent approfondir la théorie des Arts .
UNE perfonne à portée d'avoir les meilleures
inftructions , travaille à une Chronologie
Militaire où fe trouvera l'Histoire
des Officiers fupérieurs & généraux , &
celle des Troupes de la Maifon du Roi , &
des Régimens d'infanterie , cavalerie &
dragons , foir exiftans , foit réformés. Il
défireroit avoir communication des titres
qui font répandus dans les familles ; & on
prie ceux qui ont dans leurs titres ou papiers
:
1º. Des Pouvoirs de Lieutenans Géné
raux .
2º. Des Brevets de Maréchaux de Camps
ou de Brigadiers.
3°. Des Ordres de Directeurs ou Inf
pecteurs Généraux .
4°. Des Provifions de Grand-Croix , &
de Commandeurs de l'Ordre de S. Louis.
5 °. Des Provifions de Maréchaux Généraux
de logis des Camps & Armées du
Roi , ou de Maréchaux de logis de la cavaleric.
6°. Des Provifions de Gouverneurs des
Provinces.
7°. Des Commiffions de Colonels de
Régiment d'infanterie , cavalerie ou dragons.
1
DECEMBRE. 1755. 139
8°. Enfin des Commiffions de Capitaines
aux Gardes .
De vouloir bien en envoyer la note dans
la forme ci- deffous .
Pour les Lieutenans Généraux , Maréchaux
de Camps & Brigadiers.
Pouvoir de Lieutenant Général ou Bre
vet de Maréchal de Camp , ou Brigadier ,
pour M . . . . . . en mettant le nom de
baptême & de famille , les qualifications
qui lui font données dans lefdits Pouvoir
ou Brevet ; la date defdits Brevet ou Pouvoir
, & le nom des Secrétaires d'Etat qui
les ont contre- fignées ; obfervant auffi de
mettre autant qu'il fera poffible la date de
la mort defdits Officiers.
A l'égard des autres Provifions & Com
miffions dont il eft parlé ci- deffus , on prie
d'y ajouter de plus , comment les Officiers
ont en ces places , foit par nouvelle levée
ou par la mort & démiffion de M. un tel ,
comme cela eft marqué dans lefdites commiflions.
- L'on prie d'obferver 1 ° . que l'on ne demande
fimplement que des notes dans la
forme ci-deffus , & point de copies, 2 ° . D'adreffer
ces notes à M. Defprés , premier
Commis du Bureau de la Guerre , à Verfailles.
au camp de Richemont , commandé par
M. de Chevert , Lieutenant Général des
armées du Roi , commencé le 26 Août
1755 , & fini le 25 Septembre fuivant..
A Paris , chez Lambert , rue de la Comédie
Françoiſe , 1755 .
M. Vallier , Colonel d'Infanterie , eft
l'Auteur de cet agréable Journal . C'eft
prefque avoir créé un nouveau genre. Cet
ellai doit lui faire d'autant plus d'honneur
DECEMBRE. 1755 . 127
qu'au premier coup d'oeil il paroiffoit impoffible
d'exprimer en vers , la difpofition
d'une armée ou celle d'une attaque , la fituation
des terreins , les pofitions des rivieres
, des villages & des chauffées ; y
faire entrer pour la premiere fois les termes
de l'art , tous rebelles à la poéfie , mais
néceffaires , & qui plus eft , uniques pour
bien peindre les différentes manoeuvres de
la guerre ; tout cela préfente d'abord des
difficultés qui étonnent au point que l'exécution
a l'air d'une gageure , & qu'il falloit
être , comme l'Auteur , auffi poëte que
guerrier pour les vaincre avec tant de
bonheur. Pour rendre l'ouvrage plus varié
& plus intéreffant , la galanterie eft venue
au fecours de M. V. Si Mars a été fon
Apollon, Venus & les Graces ont été fes
Muſes . Ce contrafte aimable délaffe agréa
blement le Lecteur des fatigues militaires
qu'il partage avec l'Auteur qui les décrit .
Tous les mouvemens de chaque parti font
peints avec tant de feu & de vérité qu'on
croit être dans un camp , & fouvent dans
la mêlée. On eft préfent à l'action ; on y
prend part. Cet exemple heureux nous
prouve qu'on peut tout dire en vers comme
en profe , & que le vrai talent amené
toujours la réuffite. L'Auteur a fait choix
des vers libres , comme plus affortis à la
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE ,
matiere , & plus propres à rendre la rapidité
des évolutions. Son Poëme en contient
près de huit cens ; & malgré quelques
repétitions inévitables , il le fait lire
avec intérêt d'un bout à l'autre .
Comme ceux qui ne le connoiffent pas
pourroient former là -deffus quelque doutes
, j'en vais extraire ici différens morceaux
qui fuffiront pour les convaincre
que cet éloge n'eft qu'une juftice. L'Auteur
débute en fujet plein de zele ,
François digne de l'être.
Louis ici fait flotter fes drapeaux :
en
Ce n'eft encor qu'une image de guerre ;
Et fes guerriers dont la valeur préfere
Les horreurs de la mort aux douceurs du repos ,
Pour enfanglanter leurs travaux ,
N'attendent que l'inſtant d'allumer le tonnerre ,
Qui porte les decrets des Maîtres de la terre ,
Ainfi qu'il eft l'organe des héros.
Louis va décider ; laiffons à fa prudence
A difcuter nos intérêts :
S'il eft content , nous demandons la paix ;
S'ily voit l'ombre de l'offenſe ,
Que tout parle de fa vengeance ,
Que nos biens , que nos jours affurent fes projets.
Il s'exprime enfuite en guerrier aimable
qui fuit les drapeaux de l'amour dans un
DECEMBRE. 1755. 129
camp de paix , où les femmes courent voir
fans danger les manoeuvres de la guerre .
Mais le bruit du tambour , le fon de la trom➡
pette
Invitent nos guerriers à fe rendre à leurs rangs,
Le fexe croit entendre la Mulette ,
Il en fait fes amuſemens.
Nous n'intimidons point fes charmes ,
Nous leur prêtons de nouveaux feux.
Il vient oppoler à nos armes
Les armes que l'amour place dans les beaux yeux:
Si dans nos camps on répand quelques larmes ,
C'eſt nous qui les verfons ; & s'il eft des alfarmes
,
Elles font pour les coeurs qui ne font pas heureux.
Le ciel s'ouvre à mes yeux , & je crois voir l'aufore
:
Non , non ; feroit -ce Hebé ! Vous , qu'aux cieux
on adore ,
Aux mortelles d'ici difputez - vous nos coeurs ?
Pour les vergers qu'on deshonore ,
Eft- ce Pomone enfin qui vient verfer des pleuss
Ou bien c'eft la Déeffe Flore
Qui craint fans doute pour fes fleurs.
Je me trompois ; c'eſt mieux encore ;
La jeune Eglé , fous des lambris dorés ,
Où fon époux nous froit moins urile ,
Quitte avec lui le féjour de la ville ,
Fy
130 MERCURE DE FRANCE.
Et vient orner nos champs qui ne font plus parés
--Les fleurs fous fe , pas vont renaître :
Une feconde fois la terre va s'ouvrir.
Les nouvelles moiffons qu'on y verroit paroître ;
Comme les yeux ne pourront l'embellir .
La maison qu'elle habite eft un fecond exemple
De la faveur des Dieux pour la tendre Baucis :
Pour elle & Philemon dans la pouffiere affis ,
D'un humble logement les Dieux firent un tem→
ple..
Près d'Eglé , fous le chaume , on croit être à
Cypris.
- On ne peut pas annoncer d'une façon
plus galante l'arrivée de Madame de Caumartin
, Intendante de Mets , à Richemont
, ni fur ce qu'elle habitoit une maifon
de payfan , faire une application plusheureufe
de la fable de Baucis & de Philemon
, dont Jupiter changea la chaumiere
en un temple.
Chevert parcft , & chacun en filence
Partage fes régards entre la troupe & lui .
Quel fpectacle à nos yeux offre- t-il aujourd'hui ?
Ses ordres font portés. On s'ébranle , on s'avance :
Le champ de Mars eft occupé ;
Le foldat attentif à l'ordre qu'on lui donne
Marche par bataillon ; il forme une colonne ;
Il manoeuvre , il s'exerce ainfi qu'il eft campé ....
}
DECEMBRE . 1755- 131
Chacun alors fe fait un crime
De n'être pas à ſon devoir.
Que de préciſion ! l'efprit qui les anime ,
Semble être un feul reffort qui les fait tous mouvoir.
De l'exercice par Bataillons & par Brigades
, à la tête du camp , l'Auteur paffe paſſe
ainfi à l'attaque d'une grand'Garde de
Cavalerie .
Des efcadrons entrent dans la carriere ,
Et vont l'un contre l'autre exercer leur valeur.
L'un défend ce que l'autre attaque avec fureur.
Je vois Turpin & fa troupe légere ;
Couvert d'une noble pouffiere
Il arrive , il menace , il tient confeil , réfout.
C'est l'éclair que l'on voit précéder le tonnerre :
L'eil n'eft pas affez prompt pour le fuivre par
tout .
Le jeune Berchini , digne héritier d'un père ,
Dont la France connoît le zele & la valeur
De Turpin prêt à remporter l'honneur ,.
Vient arrêter la fougue , & fervir de barriere.
Nous allons maintenant offrir un plus
grand tableau : c'eft la manoeuvre du 9
Septembre , où toute la Cavalerie , aux
ordres de M. de Poianne , atraqua en plaine
toute l'Infanterie commandée par M.
de Chevert .
2
F vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Mais un nuage de pouffiere
S'éleve dans les airs , & vient frapper mes yeux :
Il s'ouvre , & laiffe voir des efcadrons nombreux,
D'un pas léger , la contenance fiere ,
Marcher droit à nos bataillons.
Poianne contre nous conduit fes eſcadrons ;
On en connoît la valeur , la prudence ,
On en connoît l'activité.
Il range fon armée avec intelligence ,
Il vient à nous avec vivacité .
Le foldat en frémit , mais n'en prend point d'allarmes
:
Il s'attend à combattre , il prépare les armes ,
Chevert , fes difpofitions.
Il veut de l'ennemi , qui comptoit le furprendre ,
Prévenir les deffeins , l'attaquer le premier ,
Et le forçant lui - même à fe défendre ,
Arracher de fes mains la palme & le laurier.
Voici des vers qui refpirent tout le fen
du falpêtre , & la fuieur de l'action qu'ils
repréfentent.
Poianne eft indigné de trouver tant d'obſtacle ;
Ses efcadrons , qu'il vient de partager ,
Vont offrir un nouveau fpectacle ,
Tous à la fois s'apprêtent à charger.
Ce corps eft immobile , & par- tout on le couvre-:
De tous côtés alors on voit en même tems
Des efcadrons attaquer tous nos flancs.
DECEMBRE. 1755. 133
On diroit qu'auffitôt le Mont Vefuve s'ouvre ,
Et qu'il vomit les feux fur tous les affaillans .
De ce mont redouté préſentez - vous l'image ,
Quand le feu fort de fes goufres profonds
Ses feux & la fumée y forment un nuage ,
Et confondent leur fource avec ces tourbillons.
Telle & plus forte encore eft l'épaiffe fumée ,
Quifuit le feu que font les angles & les flancs :
On ne voit plus le corps d'armée ,
11 femble enfeveli fous ces feux dévorans ;
Ils couvrent tous les combattans ,
Ils éclipfent les cieux , ils nous cachent la terre ,
Les chevaux écumans , les chefs impatiens;
Des Huffards , des Dragons , la troupe plus légere
Cherche inutilement à defunir nos rangs ;
Nous leur offrons par tout l'invincible barriere
Qui rend leurs refforts impuiffans
Et leur ardeur qui fe modere
>
Donne le tems à quelques mouvemens.
Ces quatre vers peignent bien les Grenadiers
que l'Auteur commandoit , & le
caracterifent lui-même.
Les Grenadiers font des Dieux à la guerre :
On s'empreffe avec eux d'en courir les hazards ,
Avec eux , ce jour - là , défiant le tonnerre ,
J'aurois vaincu , je crois , Bellonne au champ de
Mars.
134 MERCURE DE FRANCE.
Pour égayer & varier le tableau , M. V.
s'écrie :
Mufe de Saint Lambert , prête - moi tes pinceaux
;
Dis - nous comment d'Eglé , la divine compa
gne
Quitte Paris , le remplit de regrets ,
Pour venir avec elle embellir la campagne :
Elle vient y regner fur de nouveaux ſujets.
Peins- nous Comus , peins - nous Thalie
Et tous leurs charmes féduifans ;
Peins- nous la charmante Emilie ,
Délices & foutien de notre Comédie ,
Et le fléau de mille foupirans ,
Dont chacun d'eux a grande envie
D'en obtenir quelques inftans.
C'étoit une Actrice de la Comédie de
Mets qui alloit jouer au camp ; mais l'Auteur,
revient vite aux combats ..
N'entens-je pas crier aux armes ?
Plaifirs , pour un moment laiffez - moi vous quitter
,
L'honneur chez les François paffe avant tous vos
charmes ,
tin.
Madame de la Porte ,foeur de M. de CaumarDECEMBRE.
1755. 139
Il vole à fes devoirs , il va vous mériter.
L'utilité des camps de paix eft heureufement
exprimée dans les fix vers fuivans.
Par-tout on voit attaquer & défendre ,
Par -tout on croit fervir l'Etat ;
N'est -ce pas en effet travailler pour la France ,
Que d'en former les Officiers ?
C'eft élever des forts d'avance ,
C'eft y planter pour elle des lauriers.
Nous allons finir cet extrait par le récit
de la derniere manoeuvre , du 2.0 Septembre
, où l'on attaqua le village d'Uckange.
Les colonnes alors s'approchent du village';
Le centre & les côtés fe trouvent réunis :
Nous attaquons par-tout , par- tout eft l'avantage;
Les ennemis font inveftis :
Il faut prévenir leur défaite .
D'Eftaing alors y donne tous fes foins.
Il fonge à faire fa retraite ,
Il en a prévu tous les points .
Chacun des poftes fe replie ,
Se retire fur lui , point de confufion ,
Chacun retourne à fa divifion ;
Et chacun fous fon feu fe range & fe rallie.
On le fuit , il fait face ; on le charge , il fait feu,
Il gagne les mailons & le fein du village ,
136 MERCURE DE FRANCE.
S'y retire en bon ordre , & là finit l'image
Des combats , dont Louis a voulu faire un jeu.
Ce dernier trait en termine l'hiſtoire.
Chacun au camp revient couvert de gloire ,
Avec l'ami , l'ennemi confondu ,
Voit les talens fans jaloufie ,
Chacun les vante , les public.
Voilà le fceau de la vertu.
C'ett en avoir que de la reconnoître ,
Et dans tout genre on ne peut être maître
Qu'en lui rendant l'honneur qu'on lui fçait être
dû.
Nous donnerons au prochain Mercure
un récit court , mais détaillé du camp de
Valence, ainfi que de celui de Richemont,
s l'article de la Cour.
LETTRE fur cette queftion : Si Ffprit
philofophique eft plus nuifible , qu'utile aux
Belles Lettres ; A Monfieur le Marquis de
Beauteville , de l'Académie Royale des Sciences
de Toulouse , par M. de R..... 1795 ,
chez Duchefne , Libraire au Temple du
Goût.
Je joins à cette annonce le précis fuivant
qu'un ami de l'Auteur m'a prié d'inférer
dans le Mercure , & qu'on va lire
ici tel qu'il m'a été envoié.
Cette Lettre peut être divifée en quatre
DÉCEMBRE. 1755. 137 .
parties ; dans la premiere , l'Efprit philofophique
& le génie des Belles- Lettres
font confidérés en eux -mêmes , & comme
caracteres de l'ame d'où réfultent différentes
manieres d'envifager & de traiter les
fujets.
Dans la feconde on décrit la méthode
philofophique & la marche du génie littéraire.
Dans la troifieme on indique les défauts
que l'efprit philofophique tranfporté de la
Philofophie dans les Belles- Lettres , y doit
répandre , avec quelque foin qu'il tâche
de fe déguifer.
Et dans la quatrieme , on prouve que
l'efprit philofophique incapable de produire
dans les Belles- Lettres , n'eft en état
de juger des productions du génie que
d'après le goût .
Il regne beaucoup de profondeur & de
vues dans la premiere partie , la feconde eft
traitée avec toute " exactitude qu'exigeoit
la matiere : les allufions critiques de la troifieme
font d'une grande fineffe ; & la quatrieme
eft ornée d'une image fimbolique qui
repréſente avec jufteffe la correfpondance
& le concert du génie & du goût. Cette lettre
qui eft adreffée à un Philofophe du
premier ordre , eft un de ces ouvrages qui
ne femblent deftinés qu'au petit nombre
135 MERCURE DE FRANCE.
de lecteurs qui aiment à penfer , & qui
veulent approfondir la théorie des Arts .
UNE perfonne à portée d'avoir les meilleures
inftructions , travaille à une Chronologie
Militaire où fe trouvera l'Histoire
des Officiers fupérieurs & généraux , &
celle des Troupes de la Maifon du Roi , &
des Régimens d'infanterie , cavalerie &
dragons , foir exiftans , foit réformés. Il
défireroit avoir communication des titres
qui font répandus dans les familles ; & on
prie ceux qui ont dans leurs titres ou papiers
:
1º. Des Pouvoirs de Lieutenans Géné
raux .
2º. Des Brevets de Maréchaux de Camps
ou de Brigadiers.
3°. Des Ordres de Directeurs ou Inf
pecteurs Généraux .
4°. Des Provifions de Grand-Croix , &
de Commandeurs de l'Ordre de S. Louis.
5 °. Des Provifions de Maréchaux Généraux
de logis des Camps & Armées du
Roi , ou de Maréchaux de logis de la cavaleric.
6°. Des Provifions de Gouverneurs des
Provinces.
7°. Des Commiffions de Colonels de
Régiment d'infanterie , cavalerie ou dragons.
1
DECEMBRE. 1755. 139
8°. Enfin des Commiffions de Capitaines
aux Gardes .
De vouloir bien en envoyer la note dans
la forme ci- deffous .
Pour les Lieutenans Généraux , Maréchaux
de Camps & Brigadiers.
Pouvoir de Lieutenant Général ou Bre
vet de Maréchal de Camp , ou Brigadier ,
pour M . . . . . . en mettant le nom de
baptême & de famille , les qualifications
qui lui font données dans lefdits Pouvoir
ou Brevet ; la date defdits Brevet ou Pouvoir
, & le nom des Secrétaires d'Etat qui
les ont contre- fignées ; obfervant auffi de
mettre autant qu'il fera poffible la date de
la mort defdits Officiers.
A l'égard des autres Provifions & Com
miffions dont il eft parlé ci- deffus , on prie
d'y ajouter de plus , comment les Officiers
ont en ces places , foit par nouvelle levée
ou par la mort & démiffion de M. un tel ,
comme cela eft marqué dans lefdites commiflions.
- L'on prie d'obferver 1 ° . que l'on ne demande
fimplement que des notes dans la
forme ci-deffus , & point de copies, 2 ° . D'adreffer
ces notes à M. Defprés , premier
Commis du Bureau de la Guerre , à Verfailles.
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Résumé : « JOURNAL en vers de ce qui s'est passé au camp de Richemont, commandé par [...] »
Le texte présente un journal en vers rédigé par M. Vallier, Colonel d'Infanterie, relatant les événements survenus au camp de Richemont sous le commandement de M. de Chevert, Lieutenant Général des armées du Roi, du 26 août au 25 septembre 1755. Ce journal, publié à Paris chez Lambert, est considéré comme un nouveau genre littéraire car il décrit avec précision la disposition d'une armée, les attaques, les terrains, les positions des rivières, villages et chaumières, ainsi que les termes techniques de l'art militaire. L'auteur utilise des vers libres pour rendre la rapidité des évolutions militaires. Le poème, composé de près de huit cents vers, est enrichi par des éléments galants et des descriptions détaillées des mouvements militaires, permettant au lecteur de se sentir présent sur le champ de bataille. Le journal inclut également des descriptions de la vie au camp, comme l'arrivée de Madame de Caumartin, Intendante de Metz, et des manoeuvres militaires telles que l'attaque d'une grand'garde de cavalerie et la manoeuvre du 9 septembre où la cavalerie a attaqué l'infanterie. Le texte se termine par la description de la dernière manoeuvre du 20 septembre, où un village a été attaqué, et par des réflexions sur l'utilité des camps de paix pour former les officiers. Par ailleurs, le document énumère divers types de pouvoirs et commissions militaires, daté du 1er décembre 1755. Il inclut les pouvoirs de lieutenants généraux, les brevets de maréchaux de camp ou de brigadiers, les ordres de directeurs ou inspecteurs généraux, les provisions de grand-croix et de commandeurs de l'Ordre de Saint-Louis, les provisions de maréchaux généraux de logis, les provisions de gouverneurs des provinces, les commissions de colonels de régiment d'infanterie, de cavalerie ou de dragons, et enfin les commissions de capitaines aux Gardes. Le texte demande d'envoyer une note dans une forme spécifique pour chaque type de pouvoir ou commission. Pour les lieutenants généraux, maréchaux de camp et brigadiers, la note doit inclure le nom complet de l'officier, ses qualifications, la date du brevet ou du pouvoir, le nom du secrétaire d'État ayant contresigné le document, et, si possible, la date de décès de l'officier. Pour les autres provisions et commissions, il est demandé d'indiquer comment les officiers ont obtenu leurs places, soit par nouvelle levée, soit par la mort ou la démission d'un autre officier. Ces notes doivent être adressées à M. Desprès, premier commis du Bureau de la Guerre, à Versailles.
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52
p. 189-190
PAYS-BAS.
Début :
Par des lettres de Bohême du 11 Août, on a été informé d'une expédition du [...]
Mots clefs :
Bruxelles, Colonel Laudon, Officier, Troupes, Lettres, Impératrice Reine, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS - BAS.
DE
BRUXELLES , le 26 Août.
Par des lettres de Bohême du 11 d'Août , on a
été informé d'une
expédition du Colonel Laudon.
Le 8 du même mois , cet Officier qui étant entré
en Saxe avec un Corps de
Bannaliftes , de Lycaniens
&
d'Oguliniens , a pris pofte à
Hellendorff ,
attaqua la petite Ville de Gottluben , où le Général
Itzemplitz étoit avec un
Détachement des
troupes
Pruffiennes. Les ennemis ont été contraints
d'abandonner ce pofte. Ils y ont laiffé
quatre canons , dont trois de douze livres de
balle. On s'eft emparé de tout le bagage du Général
Itzemplitz , & l'on a pris tous les domeftiques.
Du côté des
Autrichiens , il n'y a eu que
onze hommes tués , & foixante - deux bleffés . Six
Officiers font du nombre des derniers.
Un Officier du Régiment de Los Rios arriva
içi le 23 du mois d'Août , avec la nouvelle que la
garnifon de Gueldres avoit capitulé le 22 , & que
La Place devoit être remife le
lendemain aux
troupes de l'Impératrice Reine.
Voici l'extrait des lettres de l'armée de l'Impé
rátrice Reine , datées du 20 Août : « Le 18 , les
» ennemis
travaillerent à établir fur les hauteurs ,
» qui font à la droite & à la gauche de la Neiff ,
» plufieurs batteries dont chacune
paroiffoit être
» de quinze à vingt pieces de canon .
Cependant
» les deux armées
demeurerent dans la même
D
fition fur la gauche de la riviere. Les Pruffens
po-
»
continuerent le 19
l'établiffement de leurs batteries.
Il
paroiffoient méditer quelque entre-
‣ priſe
d'importance , & fur le foir ils
marquerent
190 MERCURE DE FRANCE.
» devant le front de leur camp un terrein , comme
» s'ils avoient deffein de s'y former en bataille.
>> Leur projet étoit fort différent . Pendant la nuit ,
» ils firent partir d'avance tout ce qui pouvoit les
» embarraffer dans leur retraite , & aujourd'hui
» 20 , ils font décampés avant le jour , marchant
»` vers Oftritz. Nos troupes légeres font à leur
» pourfuite. »
DE
BRUXELLES , le 26 Août.
Par des lettres de Bohême du 11 d'Août , on a
été informé d'une
expédition du Colonel Laudon.
Le 8 du même mois , cet Officier qui étant entré
en Saxe avec un Corps de
Bannaliftes , de Lycaniens
&
d'Oguliniens , a pris pofte à
Hellendorff ,
attaqua la petite Ville de Gottluben , où le Général
Itzemplitz étoit avec un
Détachement des
troupes
Pruffiennes. Les ennemis ont été contraints
d'abandonner ce pofte. Ils y ont laiffé
quatre canons , dont trois de douze livres de
balle. On s'eft emparé de tout le bagage du Général
Itzemplitz , & l'on a pris tous les domeftiques.
Du côté des
Autrichiens , il n'y a eu que
onze hommes tués , & foixante - deux bleffés . Six
Officiers font du nombre des derniers.
Un Officier du Régiment de Los Rios arriva
içi le 23 du mois d'Août , avec la nouvelle que la
garnifon de Gueldres avoit capitulé le 22 , & que
La Place devoit être remife le
lendemain aux
troupes de l'Impératrice Reine.
Voici l'extrait des lettres de l'armée de l'Impé
rátrice Reine , datées du 20 Août : « Le 18 , les
» ennemis
travaillerent à établir fur les hauteurs ,
» qui font à la droite & à la gauche de la Neiff ,
» plufieurs batteries dont chacune
paroiffoit être
» de quinze à vingt pieces de canon .
Cependant
» les deux armées
demeurerent dans la même
D
fition fur la gauche de la riviere. Les Pruffens
po-
»
continuerent le 19
l'établiffement de leurs batteries.
Il
paroiffoient méditer quelque entre-
‣ priſe
d'importance , & fur le foir ils
marquerent
190 MERCURE DE FRANCE.
» devant le front de leur camp un terrein , comme
» s'ils avoient deffein de s'y former en bataille.
>> Leur projet étoit fort différent . Pendant la nuit ,
» ils firent partir d'avance tout ce qui pouvoit les
» embarraffer dans leur retraite , & aujourd'hui
» 20 , ils font décampés avant le jour , marchant
»` vers Oftritz. Nos troupes légeres font à leur
» pourfuite. »
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 26 août, des lettres de Bohême du 11 août rapportent une expédition du Colonel Laudon. Le 8 août, Laudon, à la tête de troupes composées de Bannaliftes, de Lycaniens et d'Oguliniens, a pris position à Hellendorff avant d'attaquer la ville de Gottluben. Cette ville était occupée par le Général Itzemplitz et un détachement de troupes prussiennes. Les Prussiens ont été contraints de se retirer, abandonnant quatre canons, dont trois de douze livres, ainsi que tout le bagage du Général Itzemplitz et ses domestiques. Les pertes autrichiennes se sont élevées à onze hommes tués et soixante-deux blessés, dont six officiers. Un officier du Régiment de Los Rios a annoncé le 23 août que la garnison de Gueldres avait capitulé le 22 août, et que la place devait être remise le lendemain aux troupes de l'Impératrice Reine. Des lettres de l'armée de l'Impératrice Reine, datées du 20 août, indiquent que le 18 août, les ennemis avaient établi plusieurs batteries sur les hauteurs à droite et à gauche de la Neisse. Les deux armées sont restées en position sur la rive gauche de la rivière. Le 19 août, les Prussiens ont continué l'établissement de leurs batteries, semblant préparer une entreprise importante. Cependant, durant la nuit, ils ont évacué leur camp, marchant vers Oftritz, tandis que les troupes légères de l'Impératrice Reine les poursuivaient.
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53
p. *201-201
PAYS-BAS.
Début :
Suivant les derniers avis que nous avons reçus ; les Hanovriens ont [...]
Mots clefs :
Hanovre, Liège, Armée, Corps français, Garnison, Ruremonde, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS - BAS.
DE LIEGE, le S Juillet.
Suivant les derniers avis que nous avons reçus
Fes Hanovriens ont abandonné la ville de Ruremonde
, & le Quartier général de leur armée eft
à Saint-Nicolas. Celui de l'armée du Roi a été
transféré de Nippes à Cafter fur la riviere d'Erft .
Les François ont fait paffer le Rhin au deffus
de Cologne à un Corps de quinze à ſeize mille
hommes. On affure que ce Corps doit marcher
fur la rive droite du fleuve vers Vezel , pour couper
la retraite aux ennemis.
La garnifon de Ruremonde avec divers détachemens
qu'on y a joints , forme un camp fur la
hauteur de Saint - Gilles à une demi -lieue de cette
Ville . Ces difpofitions , & la marche d'un Corps
d'environ dix mille hommes qui nous viennent
des Pays- bas , ont obligé les ennemis de fe replier.
DE LIEGE, le S Juillet.
Suivant les derniers avis que nous avons reçus
Fes Hanovriens ont abandonné la ville de Ruremonde
, & le Quartier général de leur armée eft
à Saint-Nicolas. Celui de l'armée du Roi a été
transféré de Nippes à Cafter fur la riviere d'Erft .
Les François ont fait paffer le Rhin au deffus
de Cologne à un Corps de quinze à ſeize mille
hommes. On affure que ce Corps doit marcher
fur la rive droite du fleuve vers Vezel , pour couper
la retraite aux ennemis.
La garnifon de Ruremonde avec divers détachemens
qu'on y a joints , forme un camp fur la
hauteur de Saint - Gilles à une demi -lieue de cette
Ville . Ces difpofitions , & la marche d'un Corps
d'environ dix mille hommes qui nous viennent
des Pays- bas , ont obligé les ennemis de fe replier.
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Résumé : PAYS-BAS.
En juillet, les Hanovriens ont quitté Ruremonde pour Saint-Nicolas. Le quartier général de l'armée du Roi a été déplacé de Nippes à Cafter. Les Français ont fait traverser le Rhin à 15 000 hommes pour se diriger vers Vezel. La garnison de Ruremonde a établi un camp à Saint-Gilles. Ces mouvements et l'arrivée de 10 000 hommes des Pays-Bas ont forcé les ennemis à se replier.
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54
p. 196-197
Du 12. Novembre.
Début :
Le 8 de ce mois, le Roi de Prusse après avoir renforcé la Garnison de [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Armée, Général Laudon, Maréchal Daun, Dresde, Mouvements des troupes, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 12. Novembre.
Du ii. Novembre.
Le s de ce mois , le Roi de Pruffe après avoir
renforcé la Garnifon de Schweidnits , fe porta à
Neils avec toute fon Armée , & le Prince Henri
marcha à Lamdshut avec le Corps qu'il comman
de. Le Général Laudon le fuivit pour obferver
fes mouvements.
>
2
Le même jour , le Maréchal Daun alla reconnoître
les environs de Brefde , & la poſition des Ennemis
campés entre Zollinen & Peter wistz . Le 9
toute notre Armée s'ébranla , & arriva à quatre
heures du foir à la vue de Drefde. Dans ce mo¬
ment , le Grand Jardin nommé Thiers - Gaften
étoit encore occupé par quelques Bataillons Pruffiens.
Le Général d'Anger eut ordre de les chaffer
de ce Pofte ; & il l'exécuta à la faveur d'un feu
très-vif d'Infanterie , qui caufà aux Ennemis une
perte confidérable. Ils fe retirerent précipitam →
ment dans la Ville de Drefde.
Le Général d'Itzemplitz qui campoit à Keffeldorff
, jugea alors que fon Armée couroit rifque
d'être enveloppée , d'un côté par le Prince de
Deux-Ponts, qui avoit fait pour cela toutes fes difpofitions
; & de l'autre part par le Maréchal Daun ,
La nuit fuivante il jetta promptement deux Ponts
fur ce fleuve ; & dès le lendemain matin , fon Ar
mée fe trouva campée fur l'autre rive, la gauche à
Neudorffel , & la droite à Drefde.
Après la retraite de l'Armée Pruffienne , le
Prince de Deux-Ponts réfolut de marcher en
avant ; & le 11 , il fit pour cela toutes les difpo
fitions néceffaires. Le Corps des Grenadiers fe
porta de Freyberg à Nollen, & la Réſerve s'avança
fur Waldheim. Le 12 , toute l'Armée fe mit en
mouvement , & vint camper à Noffen ; les Grenadiers
fe porterent à Waldheim , & la réſerve à
Grima . Le Général Rud pofté à Meiffen , enleva
JANVIER. 1759. 197
önze Bateaux chargés de farine & de fourrages ,
qui alloient de Targan à Drefde. On eut ce jourlà
des nouvelles du Général Haddict. Il avoit
campé la veille à Cullenbourg , & devoit arriver
avant la fin de la journée à Targan , pour l'invef
tir fur le champ. En conféquence , la Réferve
s'eſt miſe en marche pour l'aller renforcer , & lé
Baron de Kleefeld ,ya auffi le joindre avec fon
Détachement. L'Armée a ordre de fe tenir prête
à marcher.
Le s de ce mois , le Roi de Pruffe après avoir
renforcé la Garnifon de Schweidnits , fe porta à
Neils avec toute fon Armée , & le Prince Henri
marcha à Lamdshut avec le Corps qu'il comman
de. Le Général Laudon le fuivit pour obferver
fes mouvements.
>
2
Le même jour , le Maréchal Daun alla reconnoître
les environs de Brefde , & la poſition des Ennemis
campés entre Zollinen & Peter wistz . Le 9
toute notre Armée s'ébranla , & arriva à quatre
heures du foir à la vue de Drefde. Dans ce mo¬
ment , le Grand Jardin nommé Thiers - Gaften
étoit encore occupé par quelques Bataillons Pruffiens.
Le Général d'Anger eut ordre de les chaffer
de ce Pofte ; & il l'exécuta à la faveur d'un feu
très-vif d'Infanterie , qui caufà aux Ennemis une
perte confidérable. Ils fe retirerent précipitam →
ment dans la Ville de Drefde.
Le Général d'Itzemplitz qui campoit à Keffeldorff
, jugea alors que fon Armée couroit rifque
d'être enveloppée , d'un côté par le Prince de
Deux-Ponts, qui avoit fait pour cela toutes fes difpofitions
; & de l'autre part par le Maréchal Daun ,
La nuit fuivante il jetta promptement deux Ponts
fur ce fleuve ; & dès le lendemain matin , fon Ar
mée fe trouva campée fur l'autre rive, la gauche à
Neudorffel , & la droite à Drefde.
Après la retraite de l'Armée Pruffienne , le
Prince de Deux-Ponts réfolut de marcher en
avant ; & le 11 , il fit pour cela toutes les difpo
fitions néceffaires. Le Corps des Grenadiers fe
porta de Freyberg à Nollen, & la Réſerve s'avança
fur Waldheim. Le 12 , toute l'Armée fe mit en
mouvement , & vint camper à Noffen ; les Grenadiers
fe porterent à Waldheim , & la réſerve à
Grima . Le Général Rud pofté à Meiffen , enleva
JANVIER. 1759. 197
önze Bateaux chargés de farine & de fourrages ,
qui alloient de Targan à Drefde. On eut ce jourlà
des nouvelles du Général Haddict. Il avoit
campé la veille à Cullenbourg , & devoit arriver
avant la fin de la journée à Targan , pour l'invef
tir fur le champ. En conféquence , la Réferve
s'eſt miſe en marche pour l'aller renforcer , & lé
Baron de Kleefeld ,ya auffi le joindre avec fon
Détachement. L'Armée a ordre de fe tenir prête
à marcher.
Fermer
Résumé : Du 12. Novembre.
Le 2 novembre, le roi de Prusse renforça la garnison de Schweidnitz et se dirigea vers Neils avec son armée, tandis que le prince Henri marcha vers Lamdshut. Le général Laudon observa leurs mouvements. Le même jour, le maréchal Daun reconnut les environs de Dresde et la position des ennemis entre Zolliken et Peterwitz. Le 9 novembre, l'armée autrichienne arriva à la vue de Dresde. Le général d'Anger chassa les bataillons prussiens du Grand Jardin, causant des pertes considérables. Le général d'Itzemplitz, craignant d'être enveloppé, déplaça son armée sur l'autre rive d'un fleuve, campant à Neudorffel et Drefde. Le 11 novembre, les grenadiers se déplacèrent de Freyberg à Nollen, et la réserve avança vers Waldheim. Le 12 novembre, l'armée campa à Noffen, les grenadiers à Waldheim, et la réserve à Grima. Le général Rud captura onze bateaux chargés de farine et de fourrages à Meissen. La réserve se mit en marche pour renforcer le général Haddict, campé à Cullenbourg. L'armée reçut l'ordre de se tenir prête à marcher.
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55
p. 197-199
Du 18.
Début :
Le 13, l'Armée se mit en mouvement, pour se porter de Nossen à Waldheim ; [...]
Mots clefs :
Mouvements des troupes, Général, Commandement, Défense, Armée prussienne, Ennemis, Prince, Camp, Soldats, Blessés et morts, Combats, Quartier d'hiver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 18.
Du 18.
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
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Résumé : Du 18.
Entre le 13 et le 17 janvier 1759, les troupes menées par le prince de Deux-Ponts effectuèrent plusieurs déplacements stratégiques. Le 13 janvier, l'armée se déplaça de Noffen à Waldheim, tandis que divers généraux et leurs unités se positionnèrent à Grima, Lanfig, Hoff et Naunhoff. Le 14 janvier, l'armée resta à Waldheim. Le général Haddick informa le prince de Deux-Ponts que l'avant-garde prussienne était formée devant Torgan. Haddick ordonna une charge contre cette avant-garde, qui fut repoussée jusqu'au canon de Torgan, mais face à des forces supérieures, il se replia sur Eulembourg. Le 15 janvier, l'armée se remit en marche pour camper à Colditz. Les Prussiens tentèrent de déloger Haddick des environs d'Eulembourg, mais furent repoussés par le prince de Stolberg. Haddick effectua une retraite ordonnée et rejoignit les généraux de Ried et Luzinski à Grima. Le 16 janvier, l'armée continua vers Widnau et campa à Kemnitz le 17 janvier. Les grenadiers et la cavalerie se déplacèrent de Borna à Bonig, et Haddick retira un détachement près de Leipzig pour camper à Colditz, ordonnant à Weczey d'occuper Noffen. Lors du combat d'Eulembourg, les troupes perdirent 230 hommes, tandis que les pertes prussiennes furent plus importantes, notamment à l'attaque du pont. Après ce combat, les Prussiens marchèrent sur Leipzig. Le 19 janvier, en raison de la rigueur de la saison, le prince de Deux-Ponts décida de prendre des quartiers d'hiver. L'armée se remit en marche le 20 janvier, arrivant à Langwitz, puis à Zwickau le lendemain. Le corps de Haddick resta à Bonig, et le détachement de Weczey marcha sur Chemnitz.
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56
p. 199-200
DE NUREMBERG, le 8 Février.
Début :
On a eu avis que le projet concerté entre les Généraux des Alliés [...]
Mots clefs :
Camp, Généraux, Alliés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NUREMBERG, le 8 Février.
DE NUREMBERG , le 8 Février.
Na eu avis que le projet concerté entre les
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Généraux des Alliés eft de former un camp nombreux
fous le canon de Caffel.
Na eu avis que le projet concerté entre les
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Généraux des Alliés eft de former un camp nombreux
fous le canon de Caffel.
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57
p. 198-200
DE VERSAILLES, le 12 Avril.
Début :
Le Roi a chargé de l'Inspection générale des Bataillons de Milice, [...]
Mots clefs :
Bataillons, Armée, Inspection, Grade, Nominations, Compagnie, Prince, Camp, Lieutenant, Comtesse, Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Religieuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 12 Avril.
De VERSAILLEs, le 12 Avril.
Les tira sº •
-
M A I. 1759. 1 99
•
Bataillons de Milice, actuellement employés dans
l'Armée du Bas - Rhin, le ſieur Merlet, ancien
Lieutenant-Colonel d'Infanterie, & commandant
les Milices de la Ville de Paris Le ſieur de la
Caze , Premier-Préſident du Parlement de Pau,
a prété ſerment entre les mains de Sa Majeſté.
Le premier de ce mois, le Roi a élevé au Grade
de Sousbrigadier dans les Gardes de ſon Corps,
dans la Compagnie que commande M. le Prince
de Beauvau, M. Deſoûſlamontier , au lieu & pla
ce de M. de Bachaſſon.
-
Nota. On a omis dans la Liſte des Maréchaux
de Camp de la derniere promotion , le Marquis
de Gantès, qui eſt employé en cette qualité dans
le Dauphiné.
-Du 19.
: Le Roi a nommé Inſpecteur général des Ré
gimens d'Infanterie Irlandoiſe & Ecoſſoiſe, le
Comte de Rothe, Lieutenant Général de ſes Ar
mées, & Colonei du Régiment d'Infanterie Irlan
doiſe de ſon nom.
La Comteſſe de Chabannes Curton , Fille de
M. Daniel de Talleyrand-Perigord, Marquis de
Talleyrand, a été nommée par Sa Majeſté, Dame
de Compagnie de Madame.
Le Roi a donné l'Abbaye de Noirlac, Ordre
de Cîteaux, Diocèſe de Bourges, à l'Abbé de Lu
·berſac, vicaire Général du Diocèſe de Toulouſe.
L'Abbaye de S. Pierre de Beaulieu, Ordre de
S. Benoît, Diocèſe de Limoges , à l'Abbé de Ga
briac , Vicaire Général du Diocèſe de Sens ; celle
de Previlly , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Tours, à l'Abbé Thomas, Grand Aumônier &
Chanoine de la Cathédrale de Metz.
Le Prieuré de la Trinité de Fougeres, Ordre
de S. Benoît, Diocèſe de Rennes #º de
ly
2 eo ME RCU R E DE P RA N CE.
\
Goyon , Aumônier de Madame, Vicaire Général
du Diocèſe de Leon.
L'Abbaye de Faremoutiers, Ordre de S. Be
n°ît, Diocèſe de Meaux , à la Dame le Nor
mand , Abbeſſe de Gercy.
Et l'Abbaye de Gercy , Ordre de S. Benoît,
Dioceſe de l'aris , à la Dame de Braque , Reli
gieuſe du Monaſtère de S. Nicolas de Compiégne.
Les tira sº •
-
M A I. 1759. 1 99
•
Bataillons de Milice, actuellement employés dans
l'Armée du Bas - Rhin, le ſieur Merlet, ancien
Lieutenant-Colonel d'Infanterie, & commandant
les Milices de la Ville de Paris Le ſieur de la
Caze , Premier-Préſident du Parlement de Pau,
a prété ſerment entre les mains de Sa Majeſté.
Le premier de ce mois, le Roi a élevé au Grade
de Sousbrigadier dans les Gardes de ſon Corps,
dans la Compagnie que commande M. le Prince
de Beauvau, M. Deſoûſlamontier , au lieu & pla
ce de M. de Bachaſſon.
-
Nota. On a omis dans la Liſte des Maréchaux
de Camp de la derniere promotion , le Marquis
de Gantès, qui eſt employé en cette qualité dans
le Dauphiné.
-Du 19.
: Le Roi a nommé Inſpecteur général des Ré
gimens d'Infanterie Irlandoiſe & Ecoſſoiſe, le
Comte de Rothe, Lieutenant Général de ſes Ar
mées, & Colonei du Régiment d'Infanterie Irlan
doiſe de ſon nom.
La Comteſſe de Chabannes Curton , Fille de
M. Daniel de Talleyrand-Perigord, Marquis de
Talleyrand, a été nommée par Sa Majeſté, Dame
de Compagnie de Madame.
Le Roi a donné l'Abbaye de Noirlac, Ordre
de Cîteaux, Diocèſe de Bourges, à l'Abbé de Lu
·berſac, vicaire Général du Diocèſe de Toulouſe.
L'Abbaye de S. Pierre de Beaulieu, Ordre de
S. Benoît, Diocèſe de Limoges , à l'Abbé de Ga
briac , Vicaire Général du Diocèſe de Sens ; celle
de Previlly , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Tours, à l'Abbé Thomas, Grand Aumônier &
Chanoine de la Cathédrale de Metz.
Le Prieuré de la Trinité de Fougeres, Ordre
de S. Benoît, Diocèſe de Rennes #º de
ly
2 eo ME RCU R E DE P RA N CE.
\
Goyon , Aumônier de Madame, Vicaire Général
du Diocèſe de Leon.
L'Abbaye de Faremoutiers, Ordre de S. Be
n°ît, Diocèſe de Meaux , à la Dame le Nor
mand , Abbeſſe de Gercy.
Et l'Abbaye de Gercy , Ordre de S. Benoît,
Dioceſe de l'aris , à la Dame de Braque , Reli
gieuſe du Monaſtère de S. Nicolas de Compiégne.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 12 Avril.
Le document du 12 avril 1759 mentionne plusieurs nominations et promotions au sein de l'armée et de la cour royale. Le sieur Merlet, ancien Lieutenant-Colonel d'Infanterie, et le sieur de la Caze, Premier-Président du Parlement de Pau, ont prêté serment au roi. M. Desoûslamontier a été promu Sousbrigadier dans les Gardes du Corps, succédant à M. de Bachasson. Une omission a été relevée dans la liste des Maréchaux de Camp, incluant le Marquis de Gantès, employé dans le Dauphiné. Le 19 avril, le Comte de Rothe a été nommé Inspecteur général des Régiments d'Infanterie Irlandoise et Écossaise. La Comtesse de Chabannes Curton, fille de M. Daniel de Talleyrand-Perigord, a été nommée Dame de Compagnie de Madame. Diverses abbayes et prieurés ont été attribués, notamment l'Abbaye de Noirlac à l'Abbé de Lubersac, l'Abbaye de Saint-Pierre de Beaulieu à l'Abbé de Gabriac, et l'Abbaye de Faremoutiers à la Dame le Normand.
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58
p. 203-204
De l'Armée Autrichienne, le 1 Octobre.
Début :
Le Maréchal de Daun, après avoir établi son quartier à Mengelsdorff, alla reconnoître [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Roi de Prusse, Camp, Opérations militaires, Prince Henri, Troupes, Attaque, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée Autrichienne, le 1 Octobre.
De l'Armée Autrichienne , le 1 Octobre.
Le Maréchal de Daun , après avoir établi fon
quartier à Mengelfdorff , alla reconnoître la pofition
du corps aux ordres du Général Ziethen à
Landfcrone ; & il apprit que le Roi de Pruffe
s'étoit porté de Sagan fur Grienberg. Il fit fes
difpofitions pour envelopper le camp de Landfcrone
le lendemain , & pour marcher enfuite au
Prince Henri. Mais il apprit le 24 , que le Général
Ziethen avoit décampé la nuit , pour le
Iv
204 MERCURE DE FRANCE.
joindre au Prince Henri , dont l'Armée venoit
d'abandonner Gorlitz. Toutes les troupes légères
furent détachées , avec ordre de pourfuivre vivement
les Pruffiens . Elles atteignirent leur bagage ,
en enlevèrent une partie , & firent beaucoup de
prifonniers .
Le Maréchal de Daun , après avoir établi fon
quartier à Mengelfdorff , alla reconnoître la pofition
du corps aux ordres du Général Ziethen à
Landfcrone ; & il apprit que le Roi de Pruffe
s'étoit porté de Sagan fur Grienberg. Il fit fes
difpofitions pour envelopper le camp de Landfcrone
le lendemain , & pour marcher enfuite au
Prince Henri. Mais il apprit le 24 , que le Général
Ziethen avoit décampé la nuit , pour le
Iv
204 MERCURE DE FRANCE.
joindre au Prince Henri , dont l'Armée venoit
d'abandonner Gorlitz. Toutes les troupes légères
furent détachées , avec ordre de pourfuivre vivement
les Pruffiens . Elles atteignirent leur bagage ,
en enlevèrent une partie , & firent beaucoup de
prifonniers .
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Résumé : De l'Armée Autrichienne, le 1 Octobre.
Le 1er octobre, le Maréchal de Daun repéra le corps du Général Ziethen à Landfcrone et apprit le déplacement du Roi de Prusse vers Grienberg. Le 24 octobre, Ziethen quitta Landfcrone pour rejoindre le Prince Henri. Daun envoya des troupes légères qui capturèrent du bagage ennemi et firent des prisonniers.
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59
p. 199-204
DE LONDRES, le 20 Octobre.
Début :
La Cour a reçu plusieurs lettres du Canada, dont le contenu vient d'être [...]
Mots clefs :
Canada, Troupes, Général, Bataillons, Ennemis, Camp, Indiens d'Amérique, Français, Débarquement, Siège de Québec, Attaques, Blessés et morts, Grenadiers, Avantages, Commandant, Vaisseaux, Amiral, Forts, Capitaine, Courrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 20 Octobre.
De
LONDRES , le 20 Octobre.
La Cour a reçu plufieurs lettres du Canada ,
dont le contenu vient d'être rendu public , Elles
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
portent en fubftance les nouvelles fuivantes :
Les troupes aux ordres du Général Wolf dé
barquerent le 2 Juin dans l'Ifle d'Orléans. Deux
jours après , le fieur Monckton , Brigadier , fut
détaché avec quatre bataillons pour déloger quel→
ques troupes ennemies , qui occupoient la pointe
de Lévi. Il fit cette entrepriſe le 30 , tandis qu'un
fecond détachement commandé par le Colonel
Carleton s'établiffoit à la pointe occidentale de
l'Ifle. On travailla aufſitôt à conſtruire des batte
ries à la pointe de Lévi . Seize cens Ennemis tra
verferent le fleuve dans l'intention de détruire
nos ouvrages ; mais ils furent repouffés & obligés
de fe retirer avec perte, La Compagnie du Capi +
taine Dancks , qui avoit éte poftée dans les bois
pour couvrir nos travailleurs , fut attaquée par
un corps d'Indiens , & entierement détruite.
Le camp du Général Wolf n'étoit féparé de celui
du Marquis de Montcalm ,que par la riviere de
Montmorenci. Nos troupes firent pluſieurs tenta
tives pour paffer cette riviere;mais elles trouverent
le bod oppofé tout-à-fait inacceffible ; & les Indiens
qui le gardoient leur tuerent une quarantaine
d'hommes. Le 31 Juillet le Général Wolf fir
embarquer à la pointe de Lévi un détachement
fur les efquifs de la flotte. Le vaiffeau le Centurion
entra dans le canal pour protéger les troupes
contre le feu des batteries de l'Ennemi . On gar
nit d'artillerie les hauteurs. Treize Compagnies
de Grenadiers aborderent avec deux cens hommes
du ſecond bataillon Américain . Ils avoient
ordre de ne commencer l'attaque que lorsqu'ils
verroient les brigades des fieurs Monckton &
Townshend à portée de les foutenir. Leur ardeur
ne leur permit pas d'attendre ce fecours.
Ils attaquerent une redoute , & furent foudrøyés
par le feu des François. Il fallut les rappeller , &.
DECEMBRE . 1759. 201
renoncer à cette attaque , où nous avons eu deux
cens hommes tués , & près de fept cens bleffés.
Quelques jours après le Général Wolf envoya
à Chambaud un détachement de douze cen's
hommes , & le magafin que les ennemis y avoient
formé fut brûlé . Ce Général , de concert avec
l'Amiral Saunders , reconnut attentivement l'état
de la place , & la pofition de l'armée Françoife
qui occupoit un camp retranché le long de la
côte de Beauport , depuis la riviere de Saint-
Charles,jufqu'au faut de Montmorency : Il jugea
qu'il étoit impoffible de réuffir dans le fiége de
Québec , à moins qu'on ne vînt à bout de tirer
l'armée Françoile de fa pofition & de l'engager
à une bataille. Après avoir pris l'avis des Officiers-
Généraux , il fut réfolu qu'une partie de la flotte
remonteroit la riviere pour attaquer les vailleaux
ennemis , & que les bateaux plats feroient employés
à débarquer les troupes à trois milles au
dellas de la ville. Cette réfolution fut exécutée le
8 Septembre.
Le débarquement fe fit le 11 une heure avant
le jour à quelque diſtance du Cap Diamant . Le
lendemain l'action s'engagea. Le front de l'ennemi
étoit couvert par des brouffail es. Les François
commencerent l'attaque & chargerent notre
droite avec beaucoup de vivacité . Cette attaque
devint funefte aux deux Généraux. Le Marquis
de Montcalm fut tué à la tête de fes bataillons.
Le Général Wolf eut le même fort ; & les Commandans
en fecond des deux troupes furent
dangereufement bleffés . On fe battit de part &
d'autre avec acharnement. Nos Grenadiers for--
dirent fur l'ennemi la bayonnette au bout du
fufil , & le firent plier de toute part. L'attaque
Fut moins vive à notre gauche. L'Ennemi tenta
plufieurs fois de prendre en flancs mais fes
Iy
202 MERCURE DE FRANCE.
mouvemens furent toujours arrêtés par l'activité
de nos troupes : enfin reſtés maîtres du champ de
bataille , nous nous emparâmes d'une pièce de
canon , & nous fimes quatorze Officiers prifonniers
de guerre.
Notre avantage avoit été confidérable , mais
il n'étoit pas décifif. Nos Généraux prirent toutes
les mesures néceffaires pour bien fortifier leur
camp. Le 17 , nous n'avions point encore de
batterie établie , & les travaux de la tranchée
étoient à peine commencés . Sur le foir , contre
notre attente , le Commandant de la Place
demanda à capituler. Les articles furent dreffés
pendant la nuit , & fignés le jour fuivant à huit
heures du matin. Nos Généraux ont accordé à
la garniſon tous les honneurs de la guerre. Les
habitans ont été maintenus dans leurs poffeffions ,
& dans la jouiffance de leurs priviléges . On s'eft
engagé à leur conferver le libre exercice de leur
religion . On s'eft déterminé à leur accorder toutes
leurs demandes , parce que la faifon étoit déjà
bien avancée , & qu'on craignoit qu'une plus
longue résistance de leur part n'expofât les
troupes & furtout la flotte à de fâcheux accidens .
La garniſon vient d'être embarquée fur plufieurs
de nos bâtimens , qui doivent la conduire
en France , où elle a demandé d'être tranfportée.
Nous avons trouvé dans la ville fix petits
canons de bronze , cent quatre-vingt-dix canons
de fer , feize mortiers, & quantité de bombes , de
boulets & de munitions. ( L'arrivée des Officiers
François les met à portée de détruire la mauvaile
impreffion que les papiers Anglois ont pu donner
fur leur conduite. )
Du 28.
L'Amiral Saunders a fait embarquer la Garni
fon Françoile de Quebec , avec tous les priſonDECEMBRE.
1759. 203
niers que nos troupes ont fait dans le Canada. Il
mande qu'il a eu avis que les François ont abandonné
tous les Forts qu'ils avoient fur l'Ohio ,
après les avoir démolis ; & qu'ils ont fait dire aux
Indiens qu'ils étoient obligés de fe rapprocher de
Montréal , mais qu'ils efpéroient de retourner
fur l'Ohio l'année prochaine .
Du 6 Novembre.
Depuis qu'on a été informé que le Capitaine
Thurot étoit parti de Dunkerque, on a été trèsattentif
à découvrir la route de fon eſcadre , & à
prendre des mefures pour faire échouer fes def
Teins que l'on ignore. Quelques bâtimens Hollandois
qui font entrés dans nos Ports ont déclaré
qu'ils avoient apperçu cette efcadre à la hauteur
de Texel , faifant voile vers le Nord. Le Chef
d'Efcadre Boys a ordre de la poursuivre. Il arriva
le 25 du mois dernier à Edimbourg , où il s'arrêta
quelques heures pour renouveller fes provifions ;
& il en partit enfuite pour aller à la recherche de
cet ennemi. On a détaché plufieurs corvettes qui
ont ordre de croifer le long des Côtes orientales
d'Angleterre & d'Ecoffe. Le Chevalier Brett doit
fe porter inceffamment fur la Côte d'Irlande ,
pour veiller à la fureté de ce Royaume.
L'Amiral Broderick continue de croifer à la
hauteur de Cadix , pour empêcher la fortie des
vaiffeaux qui faifoient partie de l'efcadre du fieur
de la Clue , & qui ont relâché dans ce Port. Le
Chef d'Elcadre Duff eft avec dix vailleaux devant
la baye de Quiberon en Bretagne.
L'Amiral Hawke eft devant Breft avec vingtun
vaiffeaux de ligne. Il a informé la Cour que
le Maréchal de Conflans avoit reçu des ordres
pofitifs de mettre à la voile, & qu'on doit s'at
tendre qu'il les exécutera inceffamment . L'efca
dre de l'Amiral Hawke a été affoiblie par l'e
I vj
204 MERCURE DE FRANCE..
détachementqu'il a eu ordre de faire de quelques
vaiffeaux de guerre qui font partis pour aller
croifer à la hauteur du Cap de Finiftere. L'objet
de ce détachement eft d'arrêter l'efcadre du fieur
de Bompart , qui eft en route pour revenir fur
les Côtes de France.
150
Le 31 , on dépêcha un Courier au Roi de Pruffe.
On le dit chargé de porter à ce Prince le renouvellement
du Traité de Subfide entre les Cours
de Londres & de Berlin. Le fubfi te accordé à Sa
Majefté Pruffienne pour l'année prochaine , eft
d'un million de livres fterling. On affure que le
Traité avec le Landgrave de Helle- Caffel fera renouvellé
incellamment , & que ce Prince fournira
un nouveau corps de fix mille hommes à la
folde de l'Angleterre .
Un Courier arriva de Petersbourg ce même
jour. On n'a rien publié jufqu'à prélent du contenu
de les dépêches . Mais on fçait que le fieur
Keith , Miniftre du Roi à la Cour de Ruffie , a été
trompé dans l'efpérance qu'il avoit conçue d'engager
cette Couronne à retirer les troupes.
LONDRES , le 20 Octobre.
La Cour a reçu plufieurs lettres du Canada ,
dont le contenu vient d'être rendu public , Elles
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
portent en fubftance les nouvelles fuivantes :
Les troupes aux ordres du Général Wolf dé
barquerent le 2 Juin dans l'Ifle d'Orléans. Deux
jours après , le fieur Monckton , Brigadier , fut
détaché avec quatre bataillons pour déloger quel→
ques troupes ennemies , qui occupoient la pointe
de Lévi. Il fit cette entrepriſe le 30 , tandis qu'un
fecond détachement commandé par le Colonel
Carleton s'établiffoit à la pointe occidentale de
l'Ifle. On travailla aufſitôt à conſtruire des batte
ries à la pointe de Lévi . Seize cens Ennemis tra
verferent le fleuve dans l'intention de détruire
nos ouvrages ; mais ils furent repouffés & obligés
de fe retirer avec perte, La Compagnie du Capi +
taine Dancks , qui avoit éte poftée dans les bois
pour couvrir nos travailleurs , fut attaquée par
un corps d'Indiens , & entierement détruite.
Le camp du Général Wolf n'étoit féparé de celui
du Marquis de Montcalm ,que par la riviere de
Montmorenci. Nos troupes firent pluſieurs tenta
tives pour paffer cette riviere;mais elles trouverent
le bod oppofé tout-à-fait inacceffible ; & les Indiens
qui le gardoient leur tuerent une quarantaine
d'hommes. Le 31 Juillet le Général Wolf fir
embarquer à la pointe de Lévi un détachement
fur les efquifs de la flotte. Le vaiffeau le Centurion
entra dans le canal pour protéger les troupes
contre le feu des batteries de l'Ennemi . On gar
nit d'artillerie les hauteurs. Treize Compagnies
de Grenadiers aborderent avec deux cens hommes
du ſecond bataillon Américain . Ils avoient
ordre de ne commencer l'attaque que lorsqu'ils
verroient les brigades des fieurs Monckton &
Townshend à portée de les foutenir. Leur ardeur
ne leur permit pas d'attendre ce fecours.
Ils attaquerent une redoute , & furent foudrøyés
par le feu des François. Il fallut les rappeller , &.
DECEMBRE . 1759. 201
renoncer à cette attaque , où nous avons eu deux
cens hommes tués , & près de fept cens bleffés.
Quelques jours après le Général Wolf envoya
à Chambaud un détachement de douze cen's
hommes , & le magafin que les ennemis y avoient
formé fut brûlé . Ce Général , de concert avec
l'Amiral Saunders , reconnut attentivement l'état
de la place , & la pofition de l'armée Françoife
qui occupoit un camp retranché le long de la
côte de Beauport , depuis la riviere de Saint-
Charles,jufqu'au faut de Montmorency : Il jugea
qu'il étoit impoffible de réuffir dans le fiége de
Québec , à moins qu'on ne vînt à bout de tirer
l'armée Françoile de fa pofition & de l'engager
à une bataille. Après avoir pris l'avis des Officiers-
Généraux , il fut réfolu qu'une partie de la flotte
remonteroit la riviere pour attaquer les vailleaux
ennemis , & que les bateaux plats feroient employés
à débarquer les troupes à trois milles au
dellas de la ville. Cette réfolution fut exécutée le
8 Septembre.
Le débarquement fe fit le 11 une heure avant
le jour à quelque diſtance du Cap Diamant . Le
lendemain l'action s'engagea. Le front de l'ennemi
étoit couvert par des brouffail es. Les François
commencerent l'attaque & chargerent notre
droite avec beaucoup de vivacité . Cette attaque
devint funefte aux deux Généraux. Le Marquis
de Montcalm fut tué à la tête de fes bataillons.
Le Général Wolf eut le même fort ; & les Commandans
en fecond des deux troupes furent
dangereufement bleffés . On fe battit de part &
d'autre avec acharnement. Nos Grenadiers for--
dirent fur l'ennemi la bayonnette au bout du
fufil , & le firent plier de toute part. L'attaque
Fut moins vive à notre gauche. L'Ennemi tenta
plufieurs fois de prendre en flancs mais fes
Iy
202 MERCURE DE FRANCE.
mouvemens furent toujours arrêtés par l'activité
de nos troupes : enfin reſtés maîtres du champ de
bataille , nous nous emparâmes d'une pièce de
canon , & nous fimes quatorze Officiers prifonniers
de guerre.
Notre avantage avoit été confidérable , mais
il n'étoit pas décifif. Nos Généraux prirent toutes
les mesures néceffaires pour bien fortifier leur
camp. Le 17 , nous n'avions point encore de
batterie établie , & les travaux de la tranchée
étoient à peine commencés . Sur le foir , contre
notre attente , le Commandant de la Place
demanda à capituler. Les articles furent dreffés
pendant la nuit , & fignés le jour fuivant à huit
heures du matin. Nos Généraux ont accordé à
la garniſon tous les honneurs de la guerre. Les
habitans ont été maintenus dans leurs poffeffions ,
& dans la jouiffance de leurs priviléges . On s'eft
engagé à leur conferver le libre exercice de leur
religion . On s'eft déterminé à leur accorder toutes
leurs demandes , parce que la faifon étoit déjà
bien avancée , & qu'on craignoit qu'une plus
longue résistance de leur part n'expofât les
troupes & furtout la flotte à de fâcheux accidens .
La garniſon vient d'être embarquée fur plufieurs
de nos bâtimens , qui doivent la conduire
en France , où elle a demandé d'être tranfportée.
Nous avons trouvé dans la ville fix petits
canons de bronze , cent quatre-vingt-dix canons
de fer , feize mortiers, & quantité de bombes , de
boulets & de munitions. ( L'arrivée des Officiers
François les met à portée de détruire la mauvaile
impreffion que les papiers Anglois ont pu donner
fur leur conduite. )
Du 28.
L'Amiral Saunders a fait embarquer la Garni
fon Françoile de Quebec , avec tous les priſonDECEMBRE.
1759. 203
niers que nos troupes ont fait dans le Canada. Il
mande qu'il a eu avis que les François ont abandonné
tous les Forts qu'ils avoient fur l'Ohio ,
après les avoir démolis ; & qu'ils ont fait dire aux
Indiens qu'ils étoient obligés de fe rapprocher de
Montréal , mais qu'ils efpéroient de retourner
fur l'Ohio l'année prochaine .
Du 6 Novembre.
Depuis qu'on a été informé que le Capitaine
Thurot étoit parti de Dunkerque, on a été trèsattentif
à découvrir la route de fon eſcadre , & à
prendre des mefures pour faire échouer fes def
Teins que l'on ignore. Quelques bâtimens Hollandois
qui font entrés dans nos Ports ont déclaré
qu'ils avoient apperçu cette efcadre à la hauteur
de Texel , faifant voile vers le Nord. Le Chef
d'Efcadre Boys a ordre de la poursuivre. Il arriva
le 25 du mois dernier à Edimbourg , où il s'arrêta
quelques heures pour renouveller fes provifions ;
& il en partit enfuite pour aller à la recherche de
cet ennemi. On a détaché plufieurs corvettes qui
ont ordre de croifer le long des Côtes orientales
d'Angleterre & d'Ecoffe. Le Chevalier Brett doit
fe porter inceffamment fur la Côte d'Irlande ,
pour veiller à la fureté de ce Royaume.
L'Amiral Broderick continue de croifer à la
hauteur de Cadix , pour empêcher la fortie des
vaiffeaux qui faifoient partie de l'efcadre du fieur
de la Clue , & qui ont relâché dans ce Port. Le
Chef d'Elcadre Duff eft avec dix vailleaux devant
la baye de Quiberon en Bretagne.
L'Amiral Hawke eft devant Breft avec vingtun
vaiffeaux de ligne. Il a informé la Cour que
le Maréchal de Conflans avoit reçu des ordres
pofitifs de mettre à la voile, & qu'on doit s'at
tendre qu'il les exécutera inceffamment . L'efca
dre de l'Amiral Hawke a été affoiblie par l'e
I vj
204 MERCURE DE FRANCE..
détachementqu'il a eu ordre de faire de quelques
vaiffeaux de guerre qui font partis pour aller
croifer à la hauteur du Cap de Finiftere. L'objet
de ce détachement eft d'arrêter l'efcadre du fieur
de Bompart , qui eft en route pour revenir fur
les Côtes de France.
150
Le 31 , on dépêcha un Courier au Roi de Pruffe.
On le dit chargé de porter à ce Prince le renouvellement
du Traité de Subfide entre les Cours
de Londres & de Berlin. Le fubfi te accordé à Sa
Majefté Pruffienne pour l'année prochaine , eft
d'un million de livres fterling. On affure que le
Traité avec le Landgrave de Helle- Caffel fera renouvellé
incellamment , & que ce Prince fournira
un nouveau corps de fix mille hommes à la
folde de l'Angleterre .
Un Courier arriva de Petersbourg ce même
jour. On n'a rien publié jufqu'à prélent du contenu
de les dépêches . Mais on fçait que le fieur
Keith , Miniftre du Roi à la Cour de Ruffie , a été
trompé dans l'efpérance qu'il avoit conçue d'engager
cette Couronne à retirer les troupes.
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Résumé : DE LONDRES, le 20 Octobre.
En 1759, des événements militaires significatifs se sont déroulés au Canada. Le 2 juin, les troupes du Général Wolfe ont débarqué sur l'île d'Orléans. Le Brigadier Monckton a été chargé de déloger des troupes ennemies à la pointe de Lévi, tandis que le Colonel Carleton établissait une position à l'ouest de l'île. Les Britanniques ont construit des batteries à la pointe de Lévi, repoussant une attaque ennemie de 160 hommes. Cependant, une compagnie britannique a été détruite par des Indiens. Le 31 juillet, Wolfe a tenté une attaque sur les lignes françaises mais a subi de lourdes pertes. Quelques jours plus tard, un détachement britannique a brûlé un magasin ennemi à Chambaud. Wolfe et l'Amiral Saunders ont décidé d'attaquer Québec en remontant la rivière et en débarquant les troupes à trois milles de la ville. Le 11 septembre, les troupes ont débarqué près du Cap Diamant et ont engagé le combat le lendemain. Les généraux Wolfe et Montcalm ont été tués. Les Britanniques ont pris le contrôle du champ de bataille, capturant des prisonniers et des canons. Le commandant français a demandé à capituler le 17 septembre. Les Britanniques ont accordé à la garnison les honneurs de la guerre et ont embarqué les prisonniers pour la France. Par ailleurs, l'Amiral Saunders a reçu des informations sur l'abandon des forts français sur l'Ohio. En Europe, des mesures ont été prises pour contrer les mouvements de l'escadre française du Capitaine Thurot. Divers amiraux britanniques surveillaient les côtes pour empêcher les sorties de vaisseaux français. Un traité de subside entre l'Angleterre et la Prusse a été renouvelé, et un courier a été envoyé à Petersbourg sans que le contenu des dépêches soit divulgué.
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60
p. 193-194
DE VIENNE, le 10 Novembre.
Début :
Le 22, le Baron de Laudon avec le Corps qu'il commande se rendit [...]
Mots clefs :
Baron de Laudon, Commandant, Roi de Prusse, Armée russe, Camp, Attaque, Ennemis, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 10 Novembre.
DE VIENNE , le 10 Novembre.
E 22 , le Baron de Laudon avec le Corps
qu'il commande fe rendit maître des hauteurs
près d'Hernftadt. Dès qu'il y fut établi , il fit
menacer le Commandant de la Place de la réduire
en cendres s'il ne l'abandonnoit pas fur le
champ. Le Commandant répondit qu'il ne pouvoit
pas fe retirer , fans un ordre du Roi de
Prufle , & il demanda quelques heures pour
prendre fa réfolution . L'armée des Ruſſes arriva ,
& occupa le camp que le Baron de Laudon venoit
de lui marquer. Il s'avança à Babiele fur le
flanc gauche de cette armée ; & vers le foir on
obferva que les Pruffiens faifoient divers mouvemens
fur les hauteurs qui font derriere la Place
& au- delà de la rivière.
On apperçut le lendemain leur armée qui
campoit fur ces hauteurs . Sur les neuf heures du
matin , le Comte de Soltikoff envoya un de fes
Aides de Camp pour fommer de nouveau le Commandant
de la Place. Celui - ci répondit qu'il
avoit ordre du Roi fon Maître de fe défendre jufqu'à
la derniere extrêmité. Sur cette réponſe le
Comte de Soltikoff fit démafquer une grande
batterie qui venoit d'être conftruite fur les hauteurs.
Le feu des canons & des mortiers fit beaucoup
d'effet fur la Ville & embrafa les fauxbourgs.
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Holmer , Lieutenant- général d'Artillerie
, fe tranfporta l'après - midi dans les Fauxbourgs
qui venoient d'étre brûlés , afin de reconnoître
deplus près l'état dela Place . Il fut découvert
par l'ennemi , & effuya une décharge de
moufqueterie. Le Comte de Soltikoff, à qui il
rendit compte de fes obfervations , fit approcher
la groffe artillerie pour embrafer la ville . Ses
ordres furent exécutés fi ponctuellement , que le
feu prit tout à la fois en quatre endroits différens,
Pendant ce temps-là l'artillerie des Autrichiens.
foudroyoit l'avant - garde des Pruffiens . Cette
canonnade dura jufqu'à la nuit , & la Ville de
Hernftadt fut entièrement détruite .
E 22 , le Baron de Laudon avec le Corps
qu'il commande fe rendit maître des hauteurs
près d'Hernftadt. Dès qu'il y fut établi , il fit
menacer le Commandant de la Place de la réduire
en cendres s'il ne l'abandonnoit pas fur le
champ. Le Commandant répondit qu'il ne pouvoit
pas fe retirer , fans un ordre du Roi de
Prufle , & il demanda quelques heures pour
prendre fa réfolution . L'armée des Ruſſes arriva ,
& occupa le camp que le Baron de Laudon venoit
de lui marquer. Il s'avança à Babiele fur le
flanc gauche de cette armée ; & vers le foir on
obferva que les Pruffiens faifoient divers mouvemens
fur les hauteurs qui font derriere la Place
& au- delà de la rivière.
On apperçut le lendemain leur armée qui
campoit fur ces hauteurs . Sur les neuf heures du
matin , le Comte de Soltikoff envoya un de fes
Aides de Camp pour fommer de nouveau le Commandant
de la Place. Celui - ci répondit qu'il
avoit ordre du Roi fon Maître de fe défendre jufqu'à
la derniere extrêmité. Sur cette réponſe le
Comte de Soltikoff fit démafquer une grande
batterie qui venoit d'être conftruite fur les hauteurs.
Le feu des canons & des mortiers fit beaucoup
d'effet fur la Ville & embrafa les fauxbourgs.
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Holmer , Lieutenant- général d'Artillerie
, fe tranfporta l'après - midi dans les Fauxbourgs
qui venoient d'étre brûlés , afin de reconnoître
deplus près l'état dela Place . Il fut découvert
par l'ennemi , & effuya une décharge de
moufqueterie. Le Comte de Soltikoff, à qui il
rendit compte de fes obfervations , fit approcher
la groffe artillerie pour embrafer la ville . Ses
ordres furent exécutés fi ponctuellement , que le
feu prit tout à la fois en quatre endroits différens,
Pendant ce temps-là l'artillerie des Autrichiens.
foudroyoit l'avant - garde des Pruffiens . Cette
canonnade dura jufqu'à la nuit , & la Ville de
Hernftadt fut entièrement détruite .
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Résumé : DE VIENNE, le 10 Novembre.
Le 10 novembre, le Baron de Laudon s'empara des hauteurs près d'Hernftadt et menaça de réduire la ville en cendres si elle ne se rendait pas. Le commandant refusa, attendant un ordre du Roi de Prusse. L'armée russe arriva et occupa le camp indiqué par Laudon. Les Prussiens effectuèrent divers mouvements sur les hauteurs derrière la ville. Le lendemain, le Comte de Soltikoff demanda au commandant de se rendre, mais celui-ci reçut l'ordre de se défendre jusqu'au bout. Soltikoff fit alors ouvrir le feu avec une grande batterie, causant des dégâts importants et incendiant les faubourgs. Le lieutenant-général d'artillerie Holmer, envoyé pour évaluer l'état de la place, fut découvert et dut se retirer. Soltikoff ordonna ensuite d'utiliser l'artillerie lourde, provoquant des incendies en plusieurs points de la ville. Pendant ce temps, l'artillerie autrichienne bombardait l'avant-garde prussienne. La canonnade dura jusqu'à la nuit, entraînant la destruction totale de la ville d'Hernftadt.
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61
p. 211-212
De l'Armée, à Giessen, le 8 Janvier.
Début :
L'Armée aux ordres du Maréchal de Broglie, décampa d'ici le 5 du mois dernier. [...]
Mots clefs :
Armée, Duc de Broglie, Baron, Prince Ferdinand , Camp, Reddition, Attaque, Défense, Ennemis, Postes militaires, Troupes, Alliés, Prisonniers de guerre, Retraite, Garnison, Marquis, Quartier d'hiver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée, à Giessen, le 8 Janvier.
De l'Armée , à Gieffen , le 8 Janvier.
L'Armée aux ordres du Maréchal de Broglie ,
décampa d'ici les du mois dernier . Ce même
jour , le Baron du Blaifel fut fommé de fe rendre
par un Aide-de- Camp du Prince Ferdinand . Sur
fon refus , le Prince prit fes mefures pour l'invef
tiffement de Gieffen . Le 7 , à trois heures après
midi , un ſecond Aide-de- Camp du Prince demanda
à parler au Baron du Blaifel . Il lui propofa
de te rendre , & lui offrit les conditions les
plus honorables. Mais le Baron répondit , qu'il
étoit dans la Place pour la défendre. Ily a trenta
ans , ajouta - t- il que je fers le Roi , & quelque
temps que je fuis guéri de la peur. Quand le Prince .
voudra , nous commencerons.
Le 21 , le Baron du Blaifel reçut ordre du Maréchal
de Broglie de faire attaquer , le lendemain
avant le jour, le poſte de Klein Linnes , pour que
cette diverfion favorifât l'attaque que l'armée , de- .
voit faire à Langgon . Le 22 , à deux heures du
matin , Klein-Linnes fut attaqué très-vivement
& avec avantage. Pendant ce temps- là le Maréchal
de Broglie fit attaquer , avec fuccès , par fes
troupes légères les portes de Langgon & de Sich
Le 25 , le Baron de Blaifel , ayant eu avis que
les ennemis repaffoient la Lohn , envoya un détachement
à Wifek. Les troupes qui gardoient ce
pofte,s'enfuirent avec précipitation ,à fon approche..
On trouva dans le village une grande quantité
d'échelles , de crochets de fer & de cordes , que
le détachement enleva . Pendant la nuit du 27 au
212 MERCURE DE FRANCE.
28 , le Maréchal de Broglie , qui étoit arrivé ici ,
fit donner différentes alertes à l'ennemi ; ce qui
obligea le Prince Ferdinand , de faire fortir toutes
Les troupes de leurs cantonnemens , & de les
ranger en bataille fur les hauteurs de Kleyberg &
de Hezchelheim . Après s'étre ainfi affuré que toutes
les troupes desAlliés étoient dans leur ancienne
pofition , le Maréchal reprit la route de Friedberg.
Les fages difpofitions qu'il a faites , ont rétabli
notre communication avec fon Armée .
On a appris du 10 , que les troupes qui avoient
été placées dans la Ville de Dillenbourg , depuis
que nous nous en étions rendus maîtres , y ont été
attaquées par un corps des Ennemis , de huit à
neuf mille hommes , aux ordres du Baron Vengenheim
; & qu'après une défenſe opiniâtre de
notre part, la garnifon a été obligée de ſe rendre
prifonnière de guerre On a perdu , dans cette
occafion , le fieur Paravicini , Brigadier , Officier
d'un mérite diftingué & généralement regretté .
Suite du Journal de l'Armée .
La retraite du Prince Ferdinand , de l'autre côté
de Marburge , au- delà de la rivière d'Ohin , à
déterminé le Maréchal de Broglie à prendre fes
quartiers d'hyver. Il a établi fon quartier général, à
Francfort. On a laiffé dans Gieffen une garnifon
confidérable : le Baron du Blaifel , Maréchal de
Camp , eft refté dans cette place pour y commander.
Les troupes aux ordres du Marquis de Muy
& du Marquis de Voyer , ont repris la route de
Cologne , pour aller occuper les quartiers d'hyver
qui leur font deſtinés fur le Rhin & la Meuſe ,
où elles feront aux ordres du chevalier de Muy.
Le corps des Saxons & les troupes de Wirtemberg
hyverneront fur le haut Mein.Le Comte de Luface,
prendra fon quartier dans Wurtzbourg.
Depuis que ces quartiers d'hyver ont été pris ,
il ne s'eft rien paffé de remarquable.
L'Armée aux ordres du Maréchal de Broglie ,
décampa d'ici les du mois dernier . Ce même
jour , le Baron du Blaifel fut fommé de fe rendre
par un Aide-de- Camp du Prince Ferdinand . Sur
fon refus , le Prince prit fes mefures pour l'invef
tiffement de Gieffen . Le 7 , à trois heures après
midi , un ſecond Aide-de- Camp du Prince demanda
à parler au Baron du Blaifel . Il lui propofa
de te rendre , & lui offrit les conditions les
plus honorables. Mais le Baron répondit , qu'il
étoit dans la Place pour la défendre. Ily a trenta
ans , ajouta - t- il que je fers le Roi , & quelque
temps que je fuis guéri de la peur. Quand le Prince .
voudra , nous commencerons.
Le 21 , le Baron du Blaifel reçut ordre du Maréchal
de Broglie de faire attaquer , le lendemain
avant le jour, le poſte de Klein Linnes , pour que
cette diverfion favorifât l'attaque que l'armée , de- .
voit faire à Langgon . Le 22 , à deux heures du
matin , Klein-Linnes fut attaqué très-vivement
& avec avantage. Pendant ce temps- là le Maréchal
de Broglie fit attaquer , avec fuccès , par fes
troupes légères les portes de Langgon & de Sich
Le 25 , le Baron de Blaifel , ayant eu avis que
les ennemis repaffoient la Lohn , envoya un détachement
à Wifek. Les troupes qui gardoient ce
pofte,s'enfuirent avec précipitation ,à fon approche..
On trouva dans le village une grande quantité
d'échelles , de crochets de fer & de cordes , que
le détachement enleva . Pendant la nuit du 27 au
212 MERCURE DE FRANCE.
28 , le Maréchal de Broglie , qui étoit arrivé ici ,
fit donner différentes alertes à l'ennemi ; ce qui
obligea le Prince Ferdinand , de faire fortir toutes
Les troupes de leurs cantonnemens , & de les
ranger en bataille fur les hauteurs de Kleyberg &
de Hezchelheim . Après s'étre ainfi affuré que toutes
les troupes desAlliés étoient dans leur ancienne
pofition , le Maréchal reprit la route de Friedberg.
Les fages difpofitions qu'il a faites , ont rétabli
notre communication avec fon Armée .
On a appris du 10 , que les troupes qui avoient
été placées dans la Ville de Dillenbourg , depuis
que nous nous en étions rendus maîtres , y ont été
attaquées par un corps des Ennemis , de huit à
neuf mille hommes , aux ordres du Baron Vengenheim
; & qu'après une défenſe opiniâtre de
notre part, la garnifon a été obligée de ſe rendre
prifonnière de guerre On a perdu , dans cette
occafion , le fieur Paravicini , Brigadier , Officier
d'un mérite diftingué & généralement regretté .
Suite du Journal de l'Armée .
La retraite du Prince Ferdinand , de l'autre côté
de Marburge , au- delà de la rivière d'Ohin , à
déterminé le Maréchal de Broglie à prendre fes
quartiers d'hyver. Il a établi fon quartier général, à
Francfort. On a laiffé dans Gieffen une garnifon
confidérable : le Baron du Blaifel , Maréchal de
Camp , eft refté dans cette place pour y commander.
Les troupes aux ordres du Marquis de Muy
& du Marquis de Voyer , ont repris la route de
Cologne , pour aller occuper les quartiers d'hyver
qui leur font deſtinés fur le Rhin & la Meuſe ,
où elles feront aux ordres du chevalier de Muy.
Le corps des Saxons & les troupes de Wirtemberg
hyverneront fur le haut Mein.Le Comte de Luface,
prendra fon quartier dans Wurtzbourg.
Depuis que ces quartiers d'hyver ont été pris ,
il ne s'eft rien paffé de remarquable.
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Résumé : De l'Armée, à Giessen, le 8 Janvier.
Du 7 au 28 janvier, plusieurs actions militaires furent menées par les forces du Maréchal de Broglie et du Baron du Blaifel. Le 8 janvier, l'armée du Maréchal de Broglie quitta Gieffen, tandis que le Baron du Blaifel refusa deux sommations de se rendre. Le 22 janvier, le Baron attaqua et prit le poste de Klein Linnes, soutenant ainsi l'assaut sur Langgon, où le Maréchal de Broglie réussit également à prendre les portes de Langgon et de Sich. Le 25 janvier, un détachement du Baron du Blaifel repoussa des troupes ennemies à Wifek. La nuit du 27 au 28 janvier, le Maréchal de Broglie alerta l'ennemi, forçant le Prince Ferdinand à ranger ses troupes en bataille, avant de reprendre la route de Friedberg. Parallèlement, le 10 janvier, les troupes à Dillenbourg furent attaquées par le Baron Vengenheim et se rendirent prisonnières de guerre. La retraite du Prince Ferdinand au-delà de la rivière d'Ohin amena le Maréchal de Broglie à établir ses quartiers d'hiver à Francfort. Des garnisons furent laissées à Gieffen, sur le Rhin et la Meuse, et sur le haut Mein, sans événements remarquables par la suite.
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62
p. 241
DE DRESDE, le 30 Avril.
Début :
Le Roi de Prusse a enfin renoncé à l'entreprise de reprendre cette Ville ; [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Ville, Camp, Général, Campagne militaire, Armée autrichienne, Troupes hongroises, Comte, Soldats, Contingent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 30 Avril.
De DRESDE , le 30 Avril.
Le Roi de Pruffe a enfin renoncé à l'entrepriſe
de reprendre cette Ville ; il a abandonné , la nuit
du 25 au 26 de ce mois , le pofte de Freyberg ,
& il s'eft rétiré dans le Camp qu'il a fait retrancher
près de Meiffen . Le Général Brentano
a pris auffitôt poffeffion de Freyberg , d'où il a déjà
poullé des détachemens en avant. La campagne
va commencer incellamment ; une partie des troupes
Autrichiennes eſt déjà campée , & toute l'Armée
doit être fous la tente , dans huit ou dix jours
au plus tard . Cette armée eft forte de quatre-vingtdix
mille hommes , fans compter les corps dérachés
& les troupes Hongroifes.
Le corps du Comte de Lafcy eft préfentement
de trente mille hommes ; il conferve encore fa
pofition dans les environs de Groffen - hayn.
Le Roi de Pruffe a enfin renoncé à l'entrepriſe
de reprendre cette Ville ; il a abandonné , la nuit
du 25 au 26 de ce mois , le pofte de Freyberg ,
& il s'eft rétiré dans le Camp qu'il a fait retrancher
près de Meiffen . Le Général Brentano
a pris auffitôt poffeffion de Freyberg , d'où il a déjà
poullé des détachemens en avant. La campagne
va commencer incellamment ; une partie des troupes
Autrichiennes eſt déjà campée , & toute l'Armée
doit être fous la tente , dans huit ou dix jours
au plus tard . Cette armée eft forte de quatre-vingtdix
mille hommes , fans compter les corps dérachés
& les troupes Hongroifes.
Le corps du Comte de Lafcy eft préfentement
de trente mille hommes ; il conferve encore fa
pofition dans les environs de Groffen - hayn.
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Résumé : DE DRESDE, le 30 Avril.
Le 30 avril, le roi de Prusse a abandonné son projet de reprendre Dresde. La nuit du 25 au 26 avril, il s'est retiré près de Meissen. Le général Brentano a pris possession de Freyberg. La campagne militaire est imminente. L'armée autrichienne, forte de 90 000 hommes, devrait être prête dans huit à dix jours. Le corps du comte de Lacy, de 30 000 hommes, est positionné près de Grossenhayn.
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63
p. 196-197
DE CASSEL, le 30 Mai.
Début :
L'Armée alliée, est presque entierement rassemblée. L'Infanterie entra le [...]
Mots clefs :
Armée alliée, Infanterie, Cavalerie, Camp, Général, Quartier général, Commandement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE CASSEL, le 30 Mai.
De CASSEL , le 30 Mai.
L'Armée alliée,eft prefque entierement raſſemblée.
L'Infanterie entra le 20 de ce mois , dans
le Camp tracé près de Fritzlar . Sa droite eft
appuyée à cette Ville , & fa gauche à Nieder-
Melrich. La Cavalerie fortit le lendemain de ſes
cantonnemens. Le Quartier Général de l'Armée ,
eſt toujours à Vavern . Le Général Imhoff occupe
Kirckain avec un Corps de fix mille honmes
environ. Hirſchfeld , fur la Fulde , eft occupé
par le Général Gilfe.
Le Général de Sporcken , qui doit commanJUILLET.
1760. 197
der l'Armée deftinée à faire tête aux François du
côté du Bas-Rhin , a établi for Quartier Général
à Dulmen.
L'Armée alliée,eft prefque entierement raſſemblée.
L'Infanterie entra le 20 de ce mois , dans
le Camp tracé près de Fritzlar . Sa droite eft
appuyée à cette Ville , & fa gauche à Nieder-
Melrich. La Cavalerie fortit le lendemain de ſes
cantonnemens. Le Quartier Général de l'Armée ,
eſt toujours à Vavern . Le Général Imhoff occupe
Kirckain avec un Corps de fix mille honmes
environ. Hirſchfeld , fur la Fulde , eft occupé
par le Général Gilfe.
Le Général de Sporcken , qui doit commanJUILLET.
1760. 197
der l'Armée deftinée à faire tête aux François du
côté du Bas-Rhin , a établi for Quartier Général
à Dulmen.
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Résumé : DE CASSEL, le 30 Mai.
Le 30 mai, l'armée alliée est rassemblée près de Fritzlar. L'infanterie occupe le camp, la cavalerie a quitté ses cantonnements. Le quartier général est à Vavern. Imhoff est à Kirkain avec six mille hommes, Gilse à Hirschfeld. Sporcken commande l'armée près du Bas-Rhin, son quartier général est à Dulmen.
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64
p. 194-195
Du Quartier général de l'Armée de l'Empire, à Tschoppau, le 18 Juin.
Début :
L'Armée s'est remise en mouvement le 13 de ce mois, & elle s'est portée en 5 [...]
Mots clefs :
Armée, Mouvements des troupes, Marchés, Camp, Général, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Quartier général de l'Armée de l'Empire, à Tschoppau, le 18 Juin.
Du Quartier général de l'Armée de l'Empire ,
à Tfchoppau , le 18 Juin.
L'Armée s'eft remiſe en mouvement le 13 de ce
mois, & elle s'eft portée en s ,marches confcutives,
par Oelnitz , Langfeld, Zwickau & Stolberg, dansJUILLET.
1760. 195
le nouveau Camp qu'elle occupe. Le Corps du
Prince Stolberg forme aujourd'hui l'avant-garde,
il occupe Chemnitz & Auguftsbourg ; le Général
de Kleefeld eft à Glaucha . Le Général de Lucfinfkyrefte
fur les confins de la Franconie , chargé de
veiller à la fureté. Il a fait occuper Eisfeld , Ilmenau
, & divers autres poftes.
à Tfchoppau , le 18 Juin.
L'Armée s'eft remiſe en mouvement le 13 de ce
mois, & elle s'eft portée en s ,marches confcutives,
par Oelnitz , Langfeld, Zwickau & Stolberg, dansJUILLET.
1760. 195
le nouveau Camp qu'elle occupe. Le Corps du
Prince Stolberg forme aujourd'hui l'avant-garde,
il occupe Chemnitz & Auguftsbourg ; le Général
de Kleefeld eft à Glaucha . Le Général de Lucfinfkyrefte
fur les confins de la Franconie , chargé de
veiller à la fureté. Il a fait occuper Eisfeld , Ilmenau
, & divers autres poftes.
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Résumé : Du Quartier général de l'Armée de l'Empire, à Tschoppau, le 18 Juin.
Le 18 juin 1760, l'armée impériale, partie le 13 juin, a traversé Oelnitz, Langfeld, Zwickau et Stolberg. Le Corps du Prince Stolberg occupe Chemnitz et Augsbourg. Le Général de Kleefeld est à Glaucha. Le Général de Lucfinfky surveille la Franconie, occupant Eisfeld, Ilmenau et d'autres postes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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65
p. 195
De l'Armée commandée par le Maréchal de Broglie, le 4 Juillet.
Début :
Le 30 du mois dernier, on a appris que le Commandant du château de Marbourg, [...]
Mots clefs :
Commandant, Comte, Maréchal, Camp, Garnison, Prisonnier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée commandée par le Maréchal de Broglie, le 4 Juillet.
.De l'Armée commandée par le Maréchal de Broglie,
le 4 Juillet.
Le 30 du mois dernier , on a appris que le
Commandant du château de Marbourg , qui avoit
refufé de le rendre aux différentes fonimations
que lui avoit faites le Comte de Chabot , Maréchal
de Camp , s'étoit rendu à la fixiéme bombe,qu'on
avoit jettée fur la Ville & le château ; la garnifon
, confiftant en trois cens quatre-vingt dix - fept
hommes , a été faite prifonniere de guerre.
le 4 Juillet.
Le 30 du mois dernier , on a appris que le
Commandant du château de Marbourg , qui avoit
refufé de le rendre aux différentes fonimations
que lui avoit faites le Comte de Chabot , Maréchal
de Camp , s'étoit rendu à la fixiéme bombe,qu'on
avoit jettée fur la Ville & le château ; la garnifon
, confiftant en trois cens quatre-vingt dix - fept
hommes , a été faite prifonniere de guerre.
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66
p. 213-214
De CASSEL, le 17 Septembre.
Début :
L'Armée a quitté le 13 de ce mois, le Camp d'Immenhausen, & elle est venue [...]
Mots clefs :
Armée, Camp, Réserve, Chevalier, Prince, Lieutenant, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CASSEL, le 17 Septembre.
De CASSEL, le 17 Septembre.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
L'Armée a quitté le 13 de ce mois , le Camp
d'Immenhauſen , & elle eft venue camper près de
cette Ville. La réſerve commandée par le Chevalier
de Muy , a été placée à la gauche de l'Armée.
Un Corps aux ordres du Prince de Croy , Lieutenant
Général , borde la baffe Fulde & la baſſe-
Verra. le Prince de Robecq eft placé avec ſa divifion
à Landverhagen & à Sandershaufen. Le
214 MERCURE DE FRANCE.
Comte de Chabot occupe Breitenbach , & la Těferve
du Comte de Luface campe au- delà de la
Verra entre Friedland & Vitzenhaufen.
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Résumé : De CASSEL, le 17 Septembre.
Le 17 septembre, l'armée a quitté Immenhausen le 13 septembre pour camper près de Cassel. La réserve, dirigée par le Chevalier de Muy, est à gauche. Le Prince de Croy est le long de la basse Fulde et de la basse-Verra. Le Prince de Robecq est à Landverhagen et Sandershaufen. Le Comte de Chabot occupe Breitenbach. La troupe du Comte de Luface est entre Friedland et Vitzenhaufen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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67
p. 201-206
De HAMBOURG, le 20 Août.
Début :
Les nouvelles des armées Autrichienne & Prussienne ne présentent jusqu'à présent que des affaires [...]
Mots clefs :
Hambourg, Hussards, Armée, Dragons, Camp, Général, Roi de Prusse, Régiment, Hommes, Autrichiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 20 Août.
De HAMBO U R G le 20 Août. ,
LES nouvelles des armées Autrichienne & Pruf.
fienne ne préfentent jufqu'à préfent que des affaires
de pofte : la plus confidérable , après celle de Gabel ,
eft celle de Mladenke dans la Siléfie fupérieure ;
le régiment des dragons Impériaux de Wurtemberg ,
fort de 800 hommes , & une divifion de celui de
Modène auffi dragons , étoient venus fe camper à
un mille & un quart du camp Pruffien , près de Creutzendorf;
le 11 Août , à une heure de nuit , les Lieutenans
Généraux de Werner & de Stutterheim fe mirent
en marche pour les furprendre , avec une partie
des huffards de Werner & des dragons de Finkenftein
& d'Apenbourg , trois bataillons de grenadiers
& quatre canons ; après plufieurs détours , ils arriverent
vers les heures : les Autrichiens avoient tenu
toute la nuit leurs chevaux fellés , & à l'arrivée des
Pruffiens , ils étoient occupés à les défeller pour les
mener à l'eau ; ceux- ci avoient devant eux un défilé
fort profond & fort large , par lequel le canon ne
pouvoit être conduit , ce qui empêcha l'infanterie
& l'artillerie d'agir ; les huffards & les dragons s'avancèrent
feuls , & donnèrent avec tant de courage ,
qu'ils tuèrent 75 hommes , firent 391 prifonniers ,
dont 6 officiers , 24 bas- officiers & 2 trompettes ;
ils prirent 488 chevaux , tous les équipages , la caiſſe
des régimens & tout le camp. Le Général Autrichien
, Baron de Knebel , fe fauva en chemife , & au-
Is
( 202 )
toit été fait prifonnier fi fon valet- de- chambre n'avoit
trompé les Pruffiens , en s'annonçant lui -même pour
le Général. Les Pruffiens ont eu 12 huffards & 6 dra
gons tués, 30 huffards & 6 dragons bleflés. » Pendant
que l'action dura , ajoute la relation Pruſſienne , le
Major Born , du régiment de Werner , à la tête de
200 chevaux , harcela les huffards de Barco qui
étoient campés à trois quarts de mille de- là , afin de
les empêcher de ſe réunir au régiment de Wurtem
berg ; ils firent un feu terrible qui ne tua cependant
aucun homme; nous fimes encore s prifonniers outre
le refte des deux régimens de Wurtemberg & de Modène
; les Autrichiens ont encore en Moravie 2 régimens
de huffards , 3 d'infanterie au- delà du Mora ,
& 6000 Croates près de Hartau. Le gué du Mora eft
défendu par un bataillon couvert de deux redoutes ,
& Randenberg eft fortifié & garni de leurs troupes.
Le 16 , nous avons été reconnoître leur camp près de
Heydeplitfch , & malgré le grand feu qu'ils ont fait ,
nous n'avons eu qu'un homme tué & 4 bleffés « .
Les lettres de l'armée Autrichienne rendent compte
de cette furpriſe avec quelques légères différences ;
mais il paroît qu'on convient des circonftances effentielles
, puifque l'Empereur a ordonné qu'on examinera
à quel point les troupes , qui ont été obligées de
plier à ce pofte , fe font rendues coupables par leur
négligence.
Les grandes armées après s'être obfervées réciproquement
, fans en venir à une action que le Roi de
Pruffe paroiffoit défires , & que tous les mouvemens
qu'il a faits fembloient avoir le but d'amener , viennent
de quitter leur pofition. S. M. Pruffienne ayant
vainement tenté de faire fortir l'arméeAutrichienne de
fès retranchemens , a pris le parti d'abandonner fon
camp près de Nachod ; lorfque les chemins qu'il
avoit fait ouvrir du côté de Trautenau ont été prêts ,
il a fait défiler les chariots de l'armée par le défilé de
Kowakolwitz vers Burkersdorff ; ils prirent cette
( 203 )
route le 14 ; le 15 , il préfenta fon armée en ordre
de bataille : les Autrichiens firent les mêmes difpofitions
; mais pendant que leurs yeux étoient fixés ſur
le premier rang de l'avant-garde Pruffienne , toute
l'armée fe mettoit en marche fur 4 colonnes ; la première
, commandée par le Prince héréditaire de Brunfwick
, par Kladern , Koken & Nimmersatt , alloit
camper à Burkersdorff ; la 2º . commandée par le Roi
en perfonne , s'y rendit pareillement par Welfdorf ,
Horfitzka & Prausnitz ; la 3e. & la 4e. fous les ordres
du Lieutenant Général de Ranim & du Général
Tauenzien , fe réunirent au défilé de Kowalkowitz &
marchèrent à Burkerfdorffpar Praufnitz; l'avant-garde
les fuivit bientôt après , fans que l'ennemi fît aucun
mouvement pour la fuivre. Malgré la proximité de
l'ennemi , les défilés qu'une auffi grande armée avoit
à franchir , & où les troupes légères auroient pu
harceler au moins l'arrière-garde , cette marche s'eft
faite avec beaucoup de tranquillité , & il n'y a pas,
eu un coup de tiré. L'aîle droite de l'armée Pruffienne
a formé 2 lignes fur la hauteur de Burkersdorff, &
on croit que la gauche prendra une pofition favorable
pour former un camp près de Staudenz .
On raconte une anecdote intéreffante qui a précédé
ce mouvement hardi. » Pendant que le Roi de Pruffe
préparoit en filence le départ de fon armée , il voulut
un jour aller à la découverte : il s'étoit fait précéder
par un détachement de huffards peu nombreux ;
ceux- ci entrèrent dans un chemin creux & le traver.
sèrent tout entier fans appercevoir aucun ennemi ;
cependant le Roi s'y trouva à peine engagé , qu'il
parut tout - à - coup plufieurs croates qui ne furent
apperçus qu'au moment où S. M. fe trouva précisément
au- deffous d'eux . S. M. fans s'émouvoir , tourna fon
cheval , & revint fur fes pas avec fa fuite ; les croates
immobiles , appuyés fur leurs armes , & frappés d'un
étonnement refpectueux, regardèrent ce Prince s'éloigner
fans lui tirer un coup de fufil, Tant il eſt vrai
I 6
( 204 )
que la préfence d'efprit & le caractère impofant imprimé
fur la perfonne des Souverains , ont un pouvoir
irréfiftible fur le refte des hommes «<.
ou
L'armée du Prince Henri a quitté fon camp de
Schwoika pour en occuper un près de Nimes ,
il entra le 9 ; le Général- Major de Platen fe tranfporta
de celui qu'il occupoit à Gamig à celui de
Linay , où il s'établit le 11 ; & le 12 , le Général-
Major Podjurfky fe porta derrière les défilés de Catharinenberg
pour couvrir le flanc gauche de l'armée ,
tandis que le corps Saxon fe plaça derrière les défilés
d'Olfchwitz & de Mertzdorf ; c'eft un détachement
du corps du Général de Platen , qui , fous les ordres
du Général-Major de Sobeck s'eft emparé de Leutmeritz
; les Autrichiens y avoient un magafin où if
trouva 1976 quintaux de farine , 2943 boiffeaux
d'orge , 193 d'avoine , 1307 quintaux de foin &
35 cordes de bois. On a auffi trouvé des provifions
dans Nimes & dansWartenberg. Le Général de Platen
s'eft avancé enfuite , avec un corps , de Linay par
Lofowitz jufqu'à Kinetz , au- delà de l'Elbe , & a
entièrement débarraffé ce fleuve , qu'il a rendu navigable.
Le Maréchal de Laudolin a , dit- on , changé fa pofition
en abandonnant Jungbuntzlau & en paffant
F'Elbe ; il s'eft pofté entre Welwarn, & Budin , à
Poppofite de l'aile droite de l'armée combinée de
Pruffe & de Saxe ; il renfort de 12
a reçu un
à 15000
hommes : il agit de concert avec l'armée Impériale
pour empêcher la réunion de l'armée du Prince Henri
à celle du Roi ; & il a fait fucceffivement plufieurs
mouvemens pour engager ce Prince à une action :
mais jufqu'à ce moment , il a évité toutes les occafions
qui lui ont été préfentées : il ne faifira , fans
doute , que celles qui lui offriront une victoire certaine
on fe rappelle que ce Prince a eu la gloire peu
commune de n'avoir reçu encore aucun échec depuis
qu'il commande des armées.
:
( 205 )
Toutes les nouvelles préparent , cependant , à une
action prochaine. Le Roi de Pruffe a renvoyé tous
les bagages embarraflans & tous les équipages fuperflus
de fon armée : cette précaution eft ordinai
rement le figne avant- coureur d'une bataille. L'Empereur
pour feconder le Maréchal de Laudohn eft ,
dit -on , forti de fon camp de Jaromirfz , & c'eſt un
des buts que paroît s'être propofé le Roi de Pruffe ,
qui , pendant que le Maréchal s'oppose à fa jonction
avec fon frère , fe prépare à arrêter l'Empereur ,
s'il a deffein de fe joindre auffi à M. de Laudohn.
Quatre grandes armées prêtes à en venir aux mains
dans la Bohême , fixent l'attention de l'Europe , qui ,
voit , d'un autre côté , la France & l'Angleterre au
moment de s'attaquer avec fureur , & à la veille de
fe mefurer encore fur mer ; la Grande Bretagne qui
y a dominé fi long- tems , ne fe flatte plus de conferver
fon empire fans quelque diverfion qu'elle cherche
à fe procurer , & pour laquelle elle prépare des
armemens confidérables à Hanovre , prêts à feconder
la puiffance qui entrera dans fes vues , pour engager
la France dans une guerre de terre ; elle cherche
auffi des fecours , & les yeux fe tournent vers le nord
où l'on croit qu'elle a des efpérances ; on affure
même déjà qu'une efcadre Ruffe , compofée de 6
vaiffeaux de guerre , a paru devant Helfingor , &
qu'elle a remis immédiatement après à la voile ; on
ne dit point la route qu'elle a prife , & on veut qu'elle
foit deftinée à feconder les Anglois ; mais il femble
que dans ce moment la Ruffie a de trop grandes
affaires fur les bras pour leur prêter des fecours. La
Porte paroît enfin décidée à la guerre ; une des
plus nombreuſes flottes qui foient forties des ports
Ottomans a pris la route de la Crimée ; des armées
confidérables s'avancent vers Choczim , Bender &
les rives du Danube , & nous fommes peut-être à
à la veille de recevoir la nouvelle de trois actions qui
fe feront données fur différens points de l'Europe ,
( 206 )
tant fur terre que fur mer " & dont les effets ne
fauroient être plus intéreffans , parce qu'on efpère
encore qu'ils rameneront promptement la paix.
LES nouvelles des armées Autrichienne & Pruf.
fienne ne préfentent jufqu'à préfent que des affaires
de pofte : la plus confidérable , après celle de Gabel ,
eft celle de Mladenke dans la Siléfie fupérieure ;
le régiment des dragons Impériaux de Wurtemberg ,
fort de 800 hommes , & une divifion de celui de
Modène auffi dragons , étoient venus fe camper à
un mille & un quart du camp Pruffien , près de Creutzendorf;
le 11 Août , à une heure de nuit , les Lieutenans
Généraux de Werner & de Stutterheim fe mirent
en marche pour les furprendre , avec une partie
des huffards de Werner & des dragons de Finkenftein
& d'Apenbourg , trois bataillons de grenadiers
& quatre canons ; après plufieurs détours , ils arriverent
vers les heures : les Autrichiens avoient tenu
toute la nuit leurs chevaux fellés , & à l'arrivée des
Pruffiens , ils étoient occupés à les défeller pour les
mener à l'eau ; ceux- ci avoient devant eux un défilé
fort profond & fort large , par lequel le canon ne
pouvoit être conduit , ce qui empêcha l'infanterie
& l'artillerie d'agir ; les huffards & les dragons s'avancèrent
feuls , & donnèrent avec tant de courage ,
qu'ils tuèrent 75 hommes , firent 391 prifonniers ,
dont 6 officiers , 24 bas- officiers & 2 trompettes ;
ils prirent 488 chevaux , tous les équipages , la caiſſe
des régimens & tout le camp. Le Général Autrichien
, Baron de Knebel , fe fauva en chemife , & au-
Is
( 202 )
toit été fait prifonnier fi fon valet- de- chambre n'avoit
trompé les Pruffiens , en s'annonçant lui -même pour
le Général. Les Pruffiens ont eu 12 huffards & 6 dra
gons tués, 30 huffards & 6 dragons bleflés. » Pendant
que l'action dura , ajoute la relation Pruſſienne , le
Major Born , du régiment de Werner , à la tête de
200 chevaux , harcela les huffards de Barco qui
étoient campés à trois quarts de mille de- là , afin de
les empêcher de ſe réunir au régiment de Wurtem
berg ; ils firent un feu terrible qui ne tua cependant
aucun homme; nous fimes encore s prifonniers outre
le refte des deux régimens de Wurtemberg & de Modène
; les Autrichiens ont encore en Moravie 2 régimens
de huffards , 3 d'infanterie au- delà du Mora ,
& 6000 Croates près de Hartau. Le gué du Mora eft
défendu par un bataillon couvert de deux redoutes ,
& Randenberg eft fortifié & garni de leurs troupes.
Le 16 , nous avons été reconnoître leur camp près de
Heydeplitfch , & malgré le grand feu qu'ils ont fait ,
nous n'avons eu qu'un homme tué & 4 bleffés « .
Les lettres de l'armée Autrichienne rendent compte
de cette furpriſe avec quelques légères différences ;
mais il paroît qu'on convient des circonftances effentielles
, puifque l'Empereur a ordonné qu'on examinera
à quel point les troupes , qui ont été obligées de
plier à ce pofte , fe font rendues coupables par leur
négligence.
Les grandes armées après s'être obfervées réciproquement
, fans en venir à une action que le Roi de
Pruffe paroiffoit défires , & que tous les mouvemens
qu'il a faits fembloient avoir le but d'amener , viennent
de quitter leur pofition. S. M. Pruffienne ayant
vainement tenté de faire fortir l'arméeAutrichienne de
fès retranchemens , a pris le parti d'abandonner fon
camp près de Nachod ; lorfque les chemins qu'il
avoit fait ouvrir du côté de Trautenau ont été prêts ,
il a fait défiler les chariots de l'armée par le défilé de
Kowakolwitz vers Burkersdorff ; ils prirent cette
( 203 )
route le 14 ; le 15 , il préfenta fon armée en ordre
de bataille : les Autrichiens firent les mêmes difpofitions
; mais pendant que leurs yeux étoient fixés ſur
le premier rang de l'avant-garde Pruffienne , toute
l'armée fe mettoit en marche fur 4 colonnes ; la première
, commandée par le Prince héréditaire de Brunfwick
, par Kladern , Koken & Nimmersatt , alloit
camper à Burkersdorff ; la 2º . commandée par le Roi
en perfonne , s'y rendit pareillement par Welfdorf ,
Horfitzka & Prausnitz ; la 3e. & la 4e. fous les ordres
du Lieutenant Général de Ranim & du Général
Tauenzien , fe réunirent au défilé de Kowalkowitz &
marchèrent à Burkerfdorffpar Praufnitz; l'avant-garde
les fuivit bientôt après , fans que l'ennemi fît aucun
mouvement pour la fuivre. Malgré la proximité de
l'ennemi , les défilés qu'une auffi grande armée avoit
à franchir , & où les troupes légères auroient pu
harceler au moins l'arrière-garde , cette marche s'eft
faite avec beaucoup de tranquillité , & il n'y a pas,
eu un coup de tiré. L'aîle droite de l'armée Pruffienne
a formé 2 lignes fur la hauteur de Burkersdorff, &
on croit que la gauche prendra une pofition favorable
pour former un camp près de Staudenz .
On raconte une anecdote intéreffante qui a précédé
ce mouvement hardi. » Pendant que le Roi de Pruffe
préparoit en filence le départ de fon armée , il voulut
un jour aller à la découverte : il s'étoit fait précéder
par un détachement de huffards peu nombreux ;
ceux- ci entrèrent dans un chemin creux & le traver.
sèrent tout entier fans appercevoir aucun ennemi ;
cependant le Roi s'y trouva à peine engagé , qu'il
parut tout - à - coup plufieurs croates qui ne furent
apperçus qu'au moment où S. M. fe trouva précisément
au- deffous d'eux . S. M. fans s'émouvoir , tourna fon
cheval , & revint fur fes pas avec fa fuite ; les croates
immobiles , appuyés fur leurs armes , & frappés d'un
étonnement refpectueux, regardèrent ce Prince s'éloigner
fans lui tirer un coup de fufil, Tant il eſt vrai
I 6
( 204 )
que la préfence d'efprit & le caractère impofant imprimé
fur la perfonne des Souverains , ont un pouvoir
irréfiftible fur le refte des hommes «<.
ou
L'armée du Prince Henri a quitté fon camp de
Schwoika pour en occuper un près de Nimes ,
il entra le 9 ; le Général- Major de Platen fe tranfporta
de celui qu'il occupoit à Gamig à celui de
Linay , où il s'établit le 11 ; & le 12 , le Général-
Major Podjurfky fe porta derrière les défilés de Catharinenberg
pour couvrir le flanc gauche de l'armée ,
tandis que le corps Saxon fe plaça derrière les défilés
d'Olfchwitz & de Mertzdorf ; c'eft un détachement
du corps du Général de Platen , qui , fous les ordres
du Général-Major de Sobeck s'eft emparé de Leutmeritz
; les Autrichiens y avoient un magafin où if
trouva 1976 quintaux de farine , 2943 boiffeaux
d'orge , 193 d'avoine , 1307 quintaux de foin &
35 cordes de bois. On a auffi trouvé des provifions
dans Nimes & dansWartenberg. Le Général de Platen
s'eft avancé enfuite , avec un corps , de Linay par
Lofowitz jufqu'à Kinetz , au- delà de l'Elbe , & a
entièrement débarraffé ce fleuve , qu'il a rendu navigable.
Le Maréchal de Laudolin a , dit- on , changé fa pofition
en abandonnant Jungbuntzlau & en paffant
F'Elbe ; il s'eft pofté entre Welwarn, & Budin , à
Poppofite de l'aile droite de l'armée combinée de
Pruffe & de Saxe ; il renfort de 12
a reçu un
à 15000
hommes : il agit de concert avec l'armée Impériale
pour empêcher la réunion de l'armée du Prince Henri
à celle du Roi ; & il a fait fucceffivement plufieurs
mouvemens pour engager ce Prince à une action :
mais jufqu'à ce moment , il a évité toutes les occafions
qui lui ont été préfentées : il ne faifira , fans
doute , que celles qui lui offriront une victoire certaine
on fe rappelle que ce Prince a eu la gloire peu
commune de n'avoir reçu encore aucun échec depuis
qu'il commande des armées.
:
( 205 )
Toutes les nouvelles préparent , cependant , à une
action prochaine. Le Roi de Pruffe a renvoyé tous
les bagages embarraflans & tous les équipages fuperflus
de fon armée : cette précaution eft ordinai
rement le figne avant- coureur d'une bataille. L'Empereur
pour feconder le Maréchal de Laudohn eft ,
dit -on , forti de fon camp de Jaromirfz , & c'eſt un
des buts que paroît s'être propofé le Roi de Pruffe ,
qui , pendant que le Maréchal s'oppose à fa jonction
avec fon frère , fe prépare à arrêter l'Empereur ,
s'il a deffein de fe joindre auffi à M. de Laudohn.
Quatre grandes armées prêtes à en venir aux mains
dans la Bohême , fixent l'attention de l'Europe , qui ,
voit , d'un autre côté , la France & l'Angleterre au
moment de s'attaquer avec fureur , & à la veille de
fe mefurer encore fur mer ; la Grande Bretagne qui
y a dominé fi long- tems , ne fe flatte plus de conferver
fon empire fans quelque diverfion qu'elle cherche
à fe procurer , & pour laquelle elle prépare des
armemens confidérables à Hanovre , prêts à feconder
la puiffance qui entrera dans fes vues , pour engager
la France dans une guerre de terre ; elle cherche
auffi des fecours , & les yeux fe tournent vers le nord
où l'on croit qu'elle a des efpérances ; on affure
même déjà qu'une efcadre Ruffe , compofée de 6
vaiffeaux de guerre , a paru devant Helfingor , &
qu'elle a remis immédiatement après à la voile ; on
ne dit point la route qu'elle a prife , & on veut qu'elle
foit deftinée à feconder les Anglois ; mais il femble
que dans ce moment la Ruffie a de trop grandes
affaires fur les bras pour leur prêter des fecours. La
Porte paroît enfin décidée à la guerre ; une des
plus nombreuſes flottes qui foient forties des ports
Ottomans a pris la route de la Crimée ; des armées
confidérables s'avancent vers Choczim , Bender &
les rives du Danube , & nous fommes peut-être à
à la veille de recevoir la nouvelle de trois actions qui
fe feront données fur différens points de l'Europe ,
( 206 )
tant fur terre que fur mer " & dont les effets ne
fauroient être plus intéreffans , parce qu'on efpère
encore qu'ils rameneront promptement la paix.
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Résumé : De HAMBOURG, le 20 Août.
Le document relate des opérations militaires entre les armées autrichienne et prussienne. En Silésie supérieure, à Mladenke, les Prussiens, sous les ordres des lieutenants généraux Werner et Stutterheim, ont attaqué un camp autrichien. Cette attaque a résulté en la mort de 75 hommes, la capture de 391 prisonniers, dont 6 officiers, ainsi que de 488 chevaux et divers équipements. Le général autrichien Baron de Knebel a échappé à la capture grâce à une ruse. Les pertes prussiennes se sont élevées à 18 morts et 36 blessés. Pendant cette opération, le major Born a harcelé les hussards de Barco pour les empêcher de rejoindre le régiment de Wurtemberg. Les Autrichiens maintenaient des forces significatives en Moravie et près de Hartau. Les Prussiens ont également effectué une reconnaissance près de Heydeplitsch sans subir de pertes importantes. Les grandes armées, après une période d'observation, ont quitté leurs positions. Le roi de Prusse, n'ayant pas réussi à faire sortir l'armée autrichienne de ses retranchements, a abandonné son camp près de Nachod. Les Prussiens ont déplacé leur armée via le défilé de Kowakolwitz vers Burkersdorff sans rencontrer de résistance. L'armée prussienne s'est formée en deux lignes sur la hauteur de Burkersdorff, tandis que l'aile gauche cherchait une position favorable près de Staudenz. Parallèlement, des mouvements stratégiques ont été observés. Le général-major Podjurfky s'est positionné derrière les défilés de Catharinenberg pour protéger le flanc gauche de l'armée, tandis que le corps saxon s'est placé derrière les défilés d'Olfchwitz et de Mertzdorf. Un détachement du général de Platen a pris Leutmeritz, où des provisions étaient stockées. Le général de Platen a avancé de Linay à Kinetz, rendant l'Elbe navigable. Le maréchal de Laudohn a changé de position, renforcé de 12 000 à 15 000 hommes, pour coopérer avec l'armée impériale et empêcher la jonction de l'armée du prince Henri avec celle du roi de Prusse. L'empereur se fortifiait à Jaromirsz, et quatre grandes armées en Bohême se préparaient à l'affrontement. La France et l'Angleterre se préparaient également à une confrontation terrestre et maritime, tandis que la Porte ottomane se préparait à la guerre en dirigeant des flottes et des armées vers la Crimée et le Danube.
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