LES HOMMAGES
DU PARNASSE,
Présentés au Roi, à l'occasion de la Naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Par M. Gaubier, Ancien Valet-de-Chambre
de Sa Majesté.
Cedant hier à l'esprit qui m'entraîne,
J'osai porter mes pas dans le sacré valon;
l'échapai pat mes soins aux regurds d'Apollon,
Et côto yant saus bruit los bords de l'Hypocrene,,
J'atrive ensin au céleste séjour,
Od le Dieu des Arts tient sa cour.
La Nature toujours si féconde en miracles,
N'offrit jamais aux regards curieux
De plus magnisiques spectacles
Que ceux qui frapperent mes yeux.
Au sein du remple de Mémoire,
Apollon sur un Tronde élevé par la Gloire,
AV
10 MERCURE DE FRANCE
Entouré des Plaisirs, soutenu par les Arts,
Sur sa brillante Cour, promenoit ses regards.
Autour de lui les neuf Muses rangées,
Portoient les attributs divers
Des Sciences toujours par elles protégées
Et dont la connoissance enrichit l'univers.
De tous côtés accouroient sur leurs traces,
Les Poëtes fameux leurs plus chers favoris;
Autour d'eux voltigeoient les Graces
Qui leur avoient inspiré leuts écrits.
On voyoit le Chantre d'Achille
Couduire ce Héros à l'immottalité.
Près de lui paroissoit Virgile,
Dont la plume toujours fertile,
Sçut peindre à l'esprit enchanté
Mille sujets divers avec même beauté.
Le Maître de l'Art Poëtique
Chantre divin & famoux satyrique,
Horace y paroissoit avec ces traits mordans,
Dont il sçut foudroyer les vices de son tems.
Mais sur un lit de fleurs formé par la mollesse,
Sans cesse raffraîchi par l'aîle du Zéphir
l'apperçois dans les bras du Dieu de la tendresse
Le Légissaetur du plaisir.
C'est Ovile, le tendie Ovide
Ce Maître de la liberté.
Que la délicatesse guide
Daus ses leçons de volupte,
JANVIER.
1752.
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L'Amour reçoit de lui son carquois & ses armes.
De lui l'Amour emprunte tous ses charmes,
Mortel divin fait pout tout animer,
Toi, par qui le plaisit respire sur la terre,
L'Amour t'inspira l'Art d'aimer,
Il apprend de toi l'Art de plaire.
Tandis qu'Ovide artête, & mon cour & met
yeux,
Apollon s'adressant à tous ces demi-Dieur
Leur dit avec un doux sourire:
Ornemens de ma Gloire, appui de mon Empire,
Je vous ai tous rassemblés dans ce jour-
Pour célébrer aux accords de ma lyre,
Le bonheur des Etats od LovIS tient ma Cour.
L'Hymen toujours heureux sous les loix de l'A-
mour
Donne un Prince aux François; cette illustre
naissance
Assure enfin le destin de la France.
Tous les Dieux à l'envi, répandent tour à tour
Sur cer Auguste Enfant une heureuse influence:
Et ce Prince, en un mot, est l'obiet précieur
Des vœux de l'nivers, & des faveurs des Dieuni-
Sur lui Jupiter lance un rayon de sa gloire,
Mars lui promet des jours tissus par la Victoite;:
Pallas de ses conseils, éclairant ses projets,
Guidera son jeune courage.
Craint de ses Ennemis, aimé de ses Sujets,,
Avj
12 MERCURE DE FRANCE.
Il aura les vertus du Héros & du Sage.
Tout lui promet le destin le plus beau,
Et si la slamme éclaire son berceau*,
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage,
De son éclat futur, cet époque est le gage:
De l'Inde le Vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles,
Alexandre naquit à la clatté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les murail.
les.
Rappellex-vous son pere au milieu des hazards,
D'un Roi victorieux suivant les étendarts.
Petit Fils de LOUIS, il suivra son exemple:
La Race des BOURBONS est celle des Heros;
Illustre enfin jusques dans le repos,
Adoré des mortels, leur cœeur sera son Temple.
Chanten les vertus, la beauté
D'une Auguste & jeune Princesse,
Qui paye à son époux le prix de sa tendresse,
En donnant un Héros à l'immortalité.
La cohorte celeste à l'instant réunie
Secondant les vœux d'Apolion,
Consacre de ses chants le divine harmonie,
A celebrer la Race de BOURBON.
*Le jour de la Naissance de Manseieneur le Das
de Bengogne. la sen o tris à la grana E curie du
Rei, à V'erfailles.
Er Alexanire naquis le nne jorr que le Terpie-
de Diaus ju: crie a Epiisc.
nes uO
JANVIER.
1752.
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Si j'eusse été prudent, si j'eusse pu me taire,
J'aurois vu jusqu'au bout cet auguste mystére;
Mais d'un zele indiscret me laissant emportet,
Voyant louer mes Rois, je me mis à chanter,
On s'apperçut bientôt que quelque téméraire
Jusqu'au Temple des Arts avoit osé monter.
Aux accens de ma voix, la douce melodie.
Au même instant avoit cessé,
Et de Chaptres divins. un essain amassé
Menaçoit de changer la Fête en Tragédie,
Quand Apollon surptis de ma témérité,
M'appelle, & me lançant, un regard irrité:
Mortel audacieux, me dit- il en colere:
Quel dessein t'amene en ces lieux?
L'Amout, le zele & le desir de plaire,
Repondis je, en baissant. les yeux;
A qui : reprit ce Dicu d'un ton moins furieux;
Au Monarque immortel, dont vous aimes la
gloire,
A mon Roi respecté de tous ces demi-Dieur,
Et dont je vois la place au Temple de Mémoire.
Alois faisaut briller sur son front la douceur,
Vas, me dit Apolion, j'excuse ton andace,
Suis les mouremens de ton cœur.
Tu venx plaire à LOUIS, va, parts, je te fais.
grace,
Porte Iui le récit de nos divius Concerts,
Les voeux, les hommages divers
Des Habitans & da Dien de Parnasst.
14 MERCUF
CE.
AU ROI.
SIRE, par des accens trop peu dignes de vous.
Je sens que d'Apollon je remplis mal l'attente
Mais si tous protégez une Muse tretublante,
Je ne craindrai point son courroux,
La vanité n'a point monté ma lyre,
Le respect, seul encens, dont le Ciel soit jaloux,
Est, SIRE, dans ce jour le seul Diou qui m'inspire