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1
p. [3]-12
ACADEMIES.
Début :
Le Jeudy 25. Juin 1711. M. l'Abbé d'ESTRÉES, ayant [...]
Mots clefs :
Extrait, Auteur, Éloquence, Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : ACADEMIES.
LlTTERATVRE.
ACADEMIES.
LeJeuy2.5. Juin
1711. M.
l'jûbbe d'ESTRE'ES, ayant
esté élûparMessieurs de
l'Academie Françoise, à
la place de feu Monsieur
Boileau Sieur des Preaux,
y 'VÍnt prendre seance. L E Discours que
prononça Monsieur L.
d'Estrées,&c laRéponse
qu'yfît M.deValincour,
sont de ces pieces
d'éloquence dont il
est dangereux de faire
des extraits; comment
abbreger avec succésun
précis déja réduit
aux plus justes bornes
que l'excellence de l'art
lui puisse donner? comment
retrancher d'une
compoficion sibien ordonnée,
sans la décomposer,
pour ainsidire?
& quel choix peut-on
faire entre des pen fées
également solides
, ou
brillances, sansestreblâme
par ceux qui regretteront,
avec raison
,
les
beaucez qu'on auraobmises
Ces difficultezm'ont
décerminé à une nouvelle
maniere de faire
des extraits: c'est de
composer
, par exemple,
des propres maceriaux
d'un discours, un
petit extraitsuiviqui
contienne à peu prés en
racourci l'idée de l'original.
Par ce moyen je ne
ferai pas moins de tort
à l'ouvrage:mais l'Auteur
pourra le disculper
en jettant la faute
sur le Compilateur, &
je me disculperai moimêmed'avoir
ob mis,
peut-être, les plus
beaux endroirs
, par
la necessité de préferer
les plus convenables,
& les plus propres à
la liaison d'un extrait
suivi.
Pour conserver le
plus que je pourrai l'ef
prit de l'ouvrage & les
droits de l'Auteur, je
ne mettrai du mien que
quelques mots pour
cette liaison que je me
propose;& jedistinguerai
même par la difference
des caracteres de
l'impression,les morceaux
dont je n'aurai
rien retranché, d'avec
ceux dont j'aurai retranché
ou changé le
moindre mot. ie
Mon but principal
en essayant de cette nouvelle
methode, a esté
d'épargner au Public.
les tran sitions ennuyeuses,
qui sont inséparables
des meilleurs extraits;
on est contraint
d'y repeter sans cesse :
Icy Monsieur un tel découvre
avec une vive
penetration les causes de
tels & telseffets. Là
l'Auteur prouvepar des
reifonriemens solides,&
par une erudition profonde
que. En cet endroit
Alonfieier-*** dépeintazec
les traits les
plus vifs de l'Eloquence
la plus parfaite, &c.
Par ces explications,
on ne fait, pour alici
dire, que raconter un
ouvrage, & mettre en
récit, ce qui doit estre
en action 3 car, comme
on - sçait
, toute piece
d'Eloquence a son ac-
Don, & l'on ralentit
cette action en y mêlant
des digressions,
où l'on nevoit souvent
que les louanges de
l'ouvrage, & les décisïonsde
celui qui en fait
l'extrait ; le public est
un juge jaloux,on l'irrite
en prévenant les
jugemens; il ne veut
pas qu'on luidésigne,
qu'on lui montre au
doigt les end roi ts qu'il
doit adrriirer; faites lui
sentir les beautez de
l'ouvrage par l'ouvrage
même,il fera content:
Et voila l'Eloge de
l'Auteur fait.
Tcutes ces reflexions
me font-conclure, qu'il
vaut peut-estre encore
mieux alterer, & même
défigurer un ouvrageen
l'abbregeant,que
d'en ôter la force par
des digressions.
Quoiqu'il en soit essayons
de cette sorte de
compilation abbregée,
simple & suivie,sielle
ne réussit pas,nousen reviend
rons bien aux extraits
ordinaires, où je
me ferai toûjours honneurd'im
i ter ceux qui
sont excellens en ce
genre.
ACADEMIES.
LeJeuy2.5. Juin
1711. M.
l'jûbbe d'ESTRE'ES, ayant
esté élûparMessieurs de
l'Academie Françoise, à
la place de feu Monsieur
Boileau Sieur des Preaux,
y 'VÍnt prendre seance. L E Discours que
prononça Monsieur L.
d'Estrées,&c laRéponse
qu'yfît M.deValincour,
sont de ces pieces
d'éloquence dont il
est dangereux de faire
des extraits; comment
abbreger avec succésun
précis déja réduit
aux plus justes bornes
que l'excellence de l'art
lui puisse donner? comment
retrancher d'une
compoficion sibien ordonnée,
sans la décomposer,
pour ainsidire?
& quel choix peut-on
faire entre des pen fées
également solides
, ou
brillances, sansestreblâme
par ceux qui regretteront,
avec raison
,
les
beaucez qu'on auraobmises
Ces difficultezm'ont
décerminé à une nouvelle
maniere de faire
des extraits: c'est de
composer
, par exemple,
des propres maceriaux
d'un discours, un
petit extraitsuiviqui
contienne à peu prés en
racourci l'idée de l'original.
Par ce moyen je ne
ferai pas moins de tort
à l'ouvrage:mais l'Auteur
pourra le disculper
en jettant la faute
sur le Compilateur, &
je me disculperai moimêmed'avoir
ob mis,
peut-être, les plus
beaux endroirs
, par
la necessité de préferer
les plus convenables,
& les plus propres à
la liaison d'un extrait
suivi.
Pour conserver le
plus que je pourrai l'ef
prit de l'ouvrage & les
droits de l'Auteur, je
ne mettrai du mien que
quelques mots pour
cette liaison que je me
propose;& jedistinguerai
même par la difference
des caracteres de
l'impression,les morceaux
dont je n'aurai
rien retranché, d'avec
ceux dont j'aurai retranché
ou changé le
moindre mot. ie
Mon but principal
en essayant de cette nouvelle
methode, a esté
d'épargner au Public.
les tran sitions ennuyeuses,
qui sont inséparables
des meilleurs extraits;
on est contraint
d'y repeter sans cesse :
Icy Monsieur un tel découvre
avec une vive
penetration les causes de
tels & telseffets. Là
l'Auteur prouvepar des
reifonriemens solides,&
par une erudition profonde
que. En cet endroit
Alonfieier-*** dépeintazec
les traits les
plus vifs de l'Eloquence
la plus parfaite, &c.
Par ces explications,
on ne fait, pour alici
dire, que raconter un
ouvrage, & mettre en
récit, ce qui doit estre
en action 3 car, comme
on - sçait
, toute piece
d'Eloquence a son ac-
Don, & l'on ralentit
cette action en y mêlant
des digressions,
où l'on nevoit souvent
que les louanges de
l'ouvrage, & les décisïonsde
celui qui en fait
l'extrait ; le public est
un juge jaloux,on l'irrite
en prévenant les
jugemens; il ne veut
pas qu'on luidésigne,
qu'on lui montre au
doigt les end roi ts qu'il
doit adrriirer; faites lui
sentir les beautez de
l'ouvrage par l'ouvrage
même,il fera content:
Et voila l'Eloge de
l'Auteur fait.
Tcutes ces reflexions
me font-conclure, qu'il
vaut peut-estre encore
mieux alterer, & même
défigurer un ouvrageen
l'abbregeant,que
d'en ôter la force par
des digressions.
Quoiqu'il en soit essayons
de cette sorte de
compilation abbregée,
simple & suivie,sielle
ne réussit pas,nousen reviend
rons bien aux extraits
ordinaires, où je
me ferai toûjours honneurd'im
i ter ceux qui
sont excellens en ce
genre.
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Résumé : ACADEMIES.
Le 25 juin 1711, le marquis d'Estrées fut élu à l'Académie française pour succéder à Boileau. Lors de sa prise de fonction, il prononça un discours auquel M. de Valincour répondit. L'auteur du texte discute des difficultés de résumer des œuvres d'éloquence sans en altérer l'essence. Il propose une nouvelle méthode de résumé, visant à conserver l'esprit de l'œuvre originale. Cette méthode utilise des mots de liaison pour éviter les transitions ennuyeuses et les digressions, et distingue les passages non modifiés par des caractères d'impression différents. L'objectif est de permettre au public de ressentir les beautés de l'ouvrage sans intervention extérieure. L'auteur considère cette méthode, bien que risquée, préférable aux extraits traditionnels qui peuvent ralentir l'action et irriter le lecteur. Il se tient prêt à revenir aux extraits ordinaires si cette méthode ne réussit pas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 13-22
EXTRAIT Du Discours de M. l'Abbé d'Estrées.
Début :
MESSIEURS, Rien ne m'a jamais flatté davantage, que l'honneur d'avoir [...]
Mots clefs :
Académie française, Roi, Cardinal Richelieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT Du Discours de M. l'Abbé d'Estrées.
EXTRAIT
Du Discours de M. l'Abbé
d'Estrées.
MESSIEURS,
Rien ne m'ajamaisflatte davantage,
que l' honneur d'avoirétéadmis
dansvôtreillustreCorp,
je connoisle prix
de ce bienfait,sen ay lap1x4
vive reconnoissance
, & je
me trouve,heureux de ce
qu'un de mes premiers devoirs
, en qualité d'Académicien,
estde U rendre publique.
mais trouvez
bon que sans rien diminuer
de l'obligation'que
je vous ai je croyeaussi
devoir vos suffrages à l'estime
dont vous honnorez
celui de qui je porte le
nom:ce nomse trouve à la
teste de tous les vôtres par le
droit d'ancienneté dans les
Registres de l'Academie
-
ily est avec des qUAlitC qui
rendent à celle d'Académicien
le lustre qu'elles en re
çoivent elles-mêmes.
Je succede à un homme qui
ne pouvoit estre rmpL-acé,
c'est un de ceux qui
a donné le plus de droit à
nôtre siecle de 's'égaler à ce
beau siecle si fameux par lA
politesse, par le goût
Il a fait sur cela des leçons,
& les a faites en les
réduisant en pratique ,
c'est
par lui qu'on a vû renaître
dans la composition ce goût
exquisy qui s'étoit presque
perdu, il faloit instruire,
détromper, détruire les prejugez.
,
rectifier les idées sur
le sylè,sur l'Eloquence,
sur la Poésie, donner des
précautions contre la contagio
dutaux bel esprit.;
C~ faire goûter les beautez
du caractere naturel.
C'est le principal but que
Monsieur Despreauxseproposa
ilyreussit: ilôta
le voile de dessus lesyeux du
Public, qui commença a se
sçavoirmauvais gré àavoir
si souvent prodigué mal à
propos ses applaudissemens,
des'estre laijjé ébloüir par
defausses lueurs, d'avoir
Admiré l'esprit destitue de
bon feus.
C'est ainsi, Messieurs,
cjuc cet homme rare contribuoin
tribuoit à l'execution de -
vos desseins
,
dont le iuccez
fait vôtre eloge.
- Ecrirepoliment solidement
,avecnetteté, Cavec precis ce n'est presque
plus une Loüangeen France
ce tdUnt émané de w-us ,
est
devenu commun, c'est, 1
Jldtjfieursy une distinction
que vous a,vel^ pelduë) à
force d'en faire connaître le
prix , CT.
Je ne sçai si le grand
Cardinal, qui parmi tant
dadmirables projets, forma
celui de vôtre Academie
; eût jamais osé s'en
promettre de si grands
succés
: mais.
Il ne pr)lJ,'VOi"t gueres imaginer
un moyen plus propre
pourl'mmortatiser,sa memoire
: les merveilles du regne
sous lequel nous vivons ont
presque éface le souvenir ou
du moins l'éclat des grandes
choses qu'il fit pendant Ion
ministere : mais l'Academie
est un monument fUffiftant,
qui s'embelitpar la suite des
années, (ST dont le lustre a
toûjours cru depuis qu'il l'a
érigée.
Le vaste genie de ce
grand Ministre
, & la profonde
capacité du Magistrat
illustre qui luysucceda,
seront également celebrez
dans les siecles suivans.
Le nom du ChancelierSeguier
s'éternisera avec celuy
du Cardinal de Richelieu;
ils vous en feront redevables
parlafidélité quevous aurez
à payer le tribut qui leur ejl
dû,commeauxrestaurateurs
& aux protecteurs des Lettres,
ul---
Je suis aujourd'huy, Mejl
sieurs
,
l'organt de votre reconnoissance
: mais comment
exprimer celle que nous devons
a un Prince qui a bien
voulu joindre au titre de
Roy, cY au titrede Grand,
que toute l'Europeluy donne,
celuy de Protecteur de
l'Academie Françoise?
Quellegloirepourvous:mais
quel embaras pour moy !
Ses vertus Royales sont
un fond inépuisable d'éloges :
mais mon ZeÙ! l'si resserre par
des bornes qui me defendent
de les deve Loper. Laissons
donc tous ces prodiges de
valeur,demagnantnité,de /<', Contentons-
nousd'envisager pour
un moment dans l'évenement
funeste pour lequel
nous pleurons encore: Ifunepartsa
tendrtjjepaternelle
qui l'atache a un fils, dont il
ne peut estre arraché par le
plus extrëmedanger de Sa
Personne de l autre, cette
fermetéavec laquelle il joûtient
un siterrible coup. Mesurons
celle cy par tautre,
reconnoissons-en théroïs- me.
.AnÙons-nous icy, AleJZ
sieurs. La douleur (t) l'admiration
doivent nous tenir
dans le silence. Souhaitons
seulement au grandMonarque
une longue fuite d'an.
nées. Attendons qu'une
heureuse paix vienne nous
fournir une nouvelle matiere
pour son éloge.J'apprendrai
parmy vous à exprimer dignement
sur un si noble sujet
les sentimens de mon
coeur, C'sr ceux des personnes
de ma famille, qu'il a comblezdebienfaits
Cm d'honneurs.
Du Discours de M. l'Abbé
d'Estrées.
MESSIEURS,
Rien ne m'ajamaisflatte davantage,
que l' honneur d'avoirétéadmis
dansvôtreillustreCorp,
je connoisle prix
de ce bienfait,sen ay lap1x4
vive reconnoissance
, & je
me trouve,heureux de ce
qu'un de mes premiers devoirs
, en qualité d'Académicien,
estde U rendre publique.
mais trouvez
bon que sans rien diminuer
de l'obligation'que
je vous ai je croyeaussi
devoir vos suffrages à l'estime
dont vous honnorez
celui de qui je porte le
nom:ce nomse trouve à la
teste de tous les vôtres par le
droit d'ancienneté dans les
Registres de l'Academie
-
ily est avec des qUAlitC qui
rendent à celle d'Académicien
le lustre qu'elles en re
çoivent elles-mêmes.
Je succede à un homme qui
ne pouvoit estre rmpL-acé,
c'est un de ceux qui
a donné le plus de droit à
nôtre siecle de 's'égaler à ce
beau siecle si fameux par lA
politesse, par le goût
Il a fait sur cela des leçons,
& les a faites en les
réduisant en pratique ,
c'est
par lui qu'on a vû renaître
dans la composition ce goût
exquisy qui s'étoit presque
perdu, il faloit instruire,
détromper, détruire les prejugez.
,
rectifier les idées sur
le sylè,sur l'Eloquence,
sur la Poésie, donner des
précautions contre la contagio
dutaux bel esprit.;
C~ faire goûter les beautez
du caractere naturel.
C'est le principal but que
Monsieur Despreauxseproposa
ilyreussit: ilôta
le voile de dessus lesyeux du
Public, qui commença a se
sçavoirmauvais gré àavoir
si souvent prodigué mal à
propos ses applaudissemens,
des'estre laijjé ébloüir par
defausses lueurs, d'avoir
Admiré l'esprit destitue de
bon feus.
C'est ainsi, Messieurs,
cjuc cet homme rare contribuoin
tribuoit à l'execution de -
vos desseins
,
dont le iuccez
fait vôtre eloge.
- Ecrirepoliment solidement
,avecnetteté, Cavec precis ce n'est presque
plus une Loüangeen France
ce tdUnt émané de w-us ,
est
devenu commun, c'est, 1
Jldtjfieursy une distinction
que vous a,vel^ pelduë) à
force d'en faire connaître le
prix , CT.
Je ne sçai si le grand
Cardinal, qui parmi tant
dadmirables projets, forma
celui de vôtre Academie
; eût jamais osé s'en
promettre de si grands
succés
: mais.
Il ne pr)lJ,'VOi"t gueres imaginer
un moyen plus propre
pourl'mmortatiser,sa memoire
: les merveilles du regne
sous lequel nous vivons ont
presque éface le souvenir ou
du moins l'éclat des grandes
choses qu'il fit pendant Ion
ministere : mais l'Academie
est un monument fUffiftant,
qui s'embelitpar la suite des
années, (ST dont le lustre a
toûjours cru depuis qu'il l'a
érigée.
Le vaste genie de ce
grand Ministre
, & la profonde
capacité du Magistrat
illustre qui luysucceda,
seront également celebrez
dans les siecles suivans.
Le nom du ChancelierSeguier
s'éternisera avec celuy
du Cardinal de Richelieu;
ils vous en feront redevables
parlafidélité quevous aurez
à payer le tribut qui leur ejl
dû,commeauxrestaurateurs
& aux protecteurs des Lettres,
ul---
Je suis aujourd'huy, Mejl
sieurs
,
l'organt de votre reconnoissance
: mais comment
exprimer celle que nous devons
a un Prince qui a bien
voulu joindre au titre de
Roy, cY au titrede Grand,
que toute l'Europeluy donne,
celuy de Protecteur de
l'Academie Françoise?
Quellegloirepourvous:mais
quel embaras pour moy !
Ses vertus Royales sont
un fond inépuisable d'éloges :
mais mon ZeÙ! l'si resserre par
des bornes qui me defendent
de les deve Loper. Laissons
donc tous ces prodiges de
valeur,demagnantnité,de /<', Contentons-
nousd'envisager pour
un moment dans l'évenement
funeste pour lequel
nous pleurons encore: Ifunepartsa
tendrtjjepaternelle
qui l'atache a un fils, dont il
ne peut estre arraché par le
plus extrëmedanger de Sa
Personne de l autre, cette
fermetéavec laquelle il joûtient
un siterrible coup. Mesurons
celle cy par tautre,
reconnoissons-en théroïs- me.
.AnÙons-nous icy, AleJZ
sieurs. La douleur (t) l'admiration
doivent nous tenir
dans le silence. Souhaitons
seulement au grandMonarque
une longue fuite d'an.
nées. Attendons qu'une
heureuse paix vienne nous
fournir une nouvelle matiere
pour son éloge.J'apprendrai
parmy vous à exprimer dignement
sur un si noble sujet
les sentimens de mon
coeur, C'sr ceux des personnes
de ma famille, qu'il a comblezdebienfaits
Cm d'honneurs.
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Résumé : EXTRAIT Du Discours de M. l'Abbé d'Estrées.
Lors de son discours d'admission à l'Académie française, l'abbé d'Estrées exprime sa gratitude pour l'honneur qui lui est fait et reconnaît la valeur de l'estime académique. Il met en lumière l'importance de l'héritage de son prédécesseur, Nicolas Boileau, qui a joué un rôle crucial dans la restauration du goût et de la qualité dans la littérature française. Boileau est particulièrement loué pour avoir rectifié les idées sur le style, l'éloquence et la poésie, et pour avoir révélé au public les véritables beautés du caractère naturel. L'abbé d'Estrées rend également hommage au Cardinal de Richelieu, fondateur de l'Académie française, et au Chancelier Séguier, son successeur. Il souligne que l'Académie est un monument durable qui s'embellit avec le temps. Il exprime ensuite sa reconnaissance envers le roi, protecteur de l'Académie, et formule des vœux pour une longue vie au monarque. Le discours se conclut par un vœu pour une paix future qui permettrait de célébrer davantage les vertus royales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 23-39
EXTRAIT De la Réponse que fit à ce Discours Monsieur de Valincour, Secretaire General de la Marine, alors Chancelier de l'Academie.
Début :
MONSIEUR, Le consentement unanime de vos suffrages vous a fait [...]
Mots clefs :
Académie française, Amour, Vertu, Ennemis, Hommes, Despréaux, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT De la Réponse que fit à ce Discours Monsieur de Valincour, Secretaire General de la Marine, alors Chancelier de l'Academie.
EXTRAIT
De la Réponseque fit à
ce Discours Monsieur
de Valincour
,
Secretaire
General de la Marine,
alors Chancelier
de l'Academie.
MONSIEUR,
Le consentement unanime
de njos fufJra(es vous afait
ajJeZ voir combien nous estJeZ,
desiré, & avec quel
plaisir l' AcademieFrançoise
IVa pourlaseconde fois écrire
dans Ilof fastes
, un nom dont
elles'honore depuis tant d'années.
Quelles terres, quelles
mers quelles guerres, quelles
negociation s & pour
parler de ce qui nous convientparticulièrement,
quelles
académies peut-on citer
aujourd'huyoù l'on nftrvUve
des traces delagloire de
ce nom illustre? Qujl amour
pour lesLettres dans tous ceux
qui le portent, &qu'ils ont
Sçu joindre à tant àaéhons
éclatantes &a tant deservices
tanins à l'Etat?
§l*el
Quel exemple plus propre
à confondreégalement & la
grojjieretè barbare qui mé..
prise l'amour des Lettres,
comme indigne des Grands
Hommes, fY lA delicatesse
oisive,qui n'y cherche qu'un
amusement, frivole, ou une
vaine reputation.
N'a-t on pas vû vôtre
illustre pere donner encore
à la lecture des bons livres,
les plus doux momens
de son loisir,dansunevieillejîe
echapée à tant de combats
qu'aavoit rendusfunestesà
nos ennemis. J'ay vû ce
Frere, qui vous est sicher
adoucir les ennuisd'une lono-
ue navigation, tantôt avec
ce Poëte qui fut l'amy de Sri*
pion, tantôt avec celuy qui
fit lesdelices SAugujle *•
& à la veille d'un grand
combat étudiertranquillement
dans les Heros des terris
pastr des actions deconduite
& de valeur dont il alloit
lui-même donner de nou-
'VeAUX exemples.
Et quel honneur n'apoint
fait*uk Lettres, ce grand
Cardinaly Doyen del'Academie,
lorflue joignantà la
force d'un genie superieur,
toutes les graces & toutes
les lumieres qu'on trouve
dans le commerce des Muses,
il regnoit par la parole dans
toutes les Cours de l'Europe,
Maître dans l'art de persuader,
dont il pouvoit donner
des preceptes comme Aristote,
(IF des exemples comme
Demostenes, il rassuroit nos
A¡lteZ' incertains, dissipoit
les Irgues de nos ennemis,
(§£> jjLtjoit ceder aux seuLs
forces de la raison, ceux qui
étoient en état de rellff,r
aux plus puissantes armées.
Quidenousen levoyant
aujourd'hui dans ce noble repos
aquis partant de travaux
celebres, ne croit voir ce
Nestor d'Homere, qui par
les charmes desonéloquence,
&par lasagesse deses conseils
, avoit modéré si longtemps
les passions des Princes
& des Republiques,& qui
avoit esté l'amy & le compagnon
fidele des Heros de
trois âges? & dans quels
Agesy & dans quels siecles
cet illustreCardinal ne paroist-
ilpointavoirvécu?&..
Puisquenous sommes pri'
VeZ duplaisir de le oir à
nos exercices, c'est à VOUS,
Monsieur, d'en remplir la
place,tl,ujJi bien que celle de
l'excellent hommeà quivous
JucceàeXj, faites-nous part
de ces richesses qui 'VOU$ font
naturelles, & de celles que
'UOIU aveZ acquises par vos
grandsemplois dans les Païs
étrangers; montrez-nous en
quoy la Langue Franfoife
peut estre comparable
, ou
même préferée à tant d'autres
Langues qui vous sont sifamilieres.
Que l'Academie, en
vous voyant, croye voir
son illustre Doyen, & l'illustre
confrere qu'elle a
perdu. .4
Je ne crains point,Messieurs
, que l'amitié me
rende suspect sur le sujet
de MonsieurDESPREAUX..
quel éloge en puis je faire
que vous n'ayiez déja prévenu?
J'ose attester, Messieurs
,
le jugement que
tant de fois vous en avez
porté vous-mêmes ,
j'atteste
celui de tous les Peuples
de l'Europe. L'approbation
universelle
, ,
cft le plusgrand éloge
que les homimes puissent
donner à un écrivain, &
en même temps la marque
la plus certaine de la
perfection des ouvrages;
par quel heureuxsecret
peut-on acquérir cette
approbation. Monsieur
Despreaux nous l'aappris
lui-même, c'est par l'amour
du vray.
En t/Jet, ce rirft que dans
levrayfeulement que tous les
hommes je jéumjjtnt, différens
d'ailleurs dans leurs
moeurs, dans leurs prejugeT9
dans leurmaniere depenser,
d'ecrire, cV- dejuger de ceux
quiecrivent; des que le vray
paroît clairementàleursyeux,
il enleve toujours leurconsentement&
leuradmiration.
Monsieur Despreaux
avoit puisé dans la nature
même, ce Vrayqu'on ne
peut voir qu'enelle, mais
qu'elle ne laiiIè voir qu'à
les favoris.
Mais c'eiten vain qu'un
auteur choisitle vraypour
modele
,
il est toûjours sujetas'égarer,
s'il ne prend
.auLIJ laraifon pour guide:
elle apprit a Monsieur
Despréaux à éviter les excez
de Juven.al,& d'Hora- - cemême,qui avoient atta--
que les vices de leur temps
avec des armes qui faisoient
rougir la vertu. Il
osa le premier faire voir
aux hommes une satyre
fage & modeste , & renédit
sacvierausisi pturse qu.e ses .;}
Incapablededéguisement
,
dansses moeurs, comme d'affectation
dans ses ouvrages, il S'elf toûjours montré tel
qu'ilestoit, aimant mieux,
dzjoit-it> laisser voir de veritables
deffautsque de les
couvrir par de fausses vertus.
Tout ce qui choquoit la
raison oulaverité
,
excitoit
en luy-même un chagrin,
dont il n'etoit pas lemaistre,
& auquel peut estre sommes
nous redevables de ses p us
ingenieusescompositions:mais
en attaquant ce déffaut des
Ecrivains,ila toujours épargné
l urs personnes.
il croyoit permu à tout
homme qui sçait parler ou
écrire de censurer publiquementde
mauvais livres:mais
il ne regardoit qu'avec horreur
ces dangereux ennemis
du genre humain, qui sans
respectpour l'amitié,pour la
véritémême, déchirent indifféremment
tout ce qui s'offre
à leur imagination
,
(9i
qluesi du fonds des tenebrts qui
dérobent à la rigueur des
JLoix^sefont un jeu cruel de
publier les fautes les plus cac/;
éts,& de noircir les actions
lesplus innocentes.
M. Despreaux s'animoit
sur tout contre ces genres
de poësies
,
où la Religion
luy paroissoitoffensée &.
Heureux d'avoir pûd'une
même main imprimer un
oprobre éternel à des ouvrages
si contraires aux bonnes
moeurs,& donner à ],:r.vertu,
enlapersonnede notre Auguste
Monarque, des louan
ges qui nepérirontjamais.
Souvenons- nous que
nôtre siecle fera regardé
un jour du même point
d'éloignement d'où nous
regardons maintenant celuy
d'Auguste.
On ne voit que foiblement
sa gloire dans les
arcs de triomphes, médailles
& autres monumens
que ce temps a détruits
ou alterez : mais quand
on le contemple dans les
vers de Virgile & d'Horace
soûtenant luy seul tout
le poids des affaires du
monde,vainqueur de ses
1\ * ennemis, & toujours pere
de ses sujets,banissant le
vice par ses Loix, enseignant
la vertu par ses
exemples,&.
Alors les coeurs & les
esprits sereünissent pourformer
un noHveau çenctrt de
louanges. On bénit le Ciel
d'avoir donne aux hommes
un si bon Maijlre, & l'on
souhaite que tous ceux qui
viendront Aprés luy puijjtnt
luy ressembler.
N'en d,),,,tonspoint,Monsieur,
tel & plus grand encore
la posterité verra tÀuguste
Loüis dans les ouvrages
de M. Despreaux, é..
& dans ceux decette illustre
Compagnie.
PurjJt t-il encore durant
nn grand nombre d'années
préparer aux siecles à venir
-
de nouveauxsujets d'admiration;&
puisse une longue (ST
heureuse paix le mettre bientost
en estat de procureràses
peuples un bonheur qui fait
le plus cher objet deses desirs
&qui fera la consommation
desa gloire
De la Réponseque fit à
ce Discours Monsieur
de Valincour
,
Secretaire
General de la Marine,
alors Chancelier
de l'Academie.
MONSIEUR,
Le consentement unanime
de njos fufJra(es vous afait
ajJeZ voir combien nous estJeZ,
desiré, & avec quel
plaisir l' AcademieFrançoise
IVa pourlaseconde fois écrire
dans Ilof fastes
, un nom dont
elles'honore depuis tant d'années.
Quelles terres, quelles
mers quelles guerres, quelles
negociation s & pour
parler de ce qui nous convientparticulièrement,
quelles
académies peut-on citer
aujourd'huyoù l'on nftrvUve
des traces delagloire de
ce nom illustre? Qujl amour
pour lesLettres dans tous ceux
qui le portent, &qu'ils ont
Sçu joindre à tant àaéhons
éclatantes &a tant deservices
tanins à l'Etat?
§l*el
Quel exemple plus propre
à confondreégalement & la
grojjieretè barbare qui mé..
prise l'amour des Lettres,
comme indigne des Grands
Hommes, fY lA delicatesse
oisive,qui n'y cherche qu'un
amusement, frivole, ou une
vaine reputation.
N'a-t on pas vû vôtre
illustre pere donner encore
à la lecture des bons livres,
les plus doux momens
de son loisir,dansunevieillejîe
echapée à tant de combats
qu'aavoit rendusfunestesà
nos ennemis. J'ay vû ce
Frere, qui vous est sicher
adoucir les ennuisd'une lono-
ue navigation, tantôt avec
ce Poëte qui fut l'amy de Sri*
pion, tantôt avec celuy qui
fit lesdelices SAugujle *•
& à la veille d'un grand
combat étudiertranquillement
dans les Heros des terris
pastr des actions deconduite
& de valeur dont il alloit
lui-même donner de nou-
'VeAUX exemples.
Et quel honneur n'apoint
fait*uk Lettres, ce grand
Cardinaly Doyen del'Academie,
lorflue joignantà la
force d'un genie superieur,
toutes les graces & toutes
les lumieres qu'on trouve
dans le commerce des Muses,
il regnoit par la parole dans
toutes les Cours de l'Europe,
Maître dans l'art de persuader,
dont il pouvoit donner
des preceptes comme Aristote,
(IF des exemples comme
Demostenes, il rassuroit nos
A¡lteZ' incertains, dissipoit
les Irgues de nos ennemis,
(§£> jjLtjoit ceder aux seuLs
forces de la raison, ceux qui
étoient en état de rellff,r
aux plus puissantes armées.
Quidenousen levoyant
aujourd'hui dans ce noble repos
aquis partant de travaux
celebres, ne croit voir ce
Nestor d'Homere, qui par
les charmes desonéloquence,
&par lasagesse deses conseils
, avoit modéré si longtemps
les passions des Princes
& des Republiques,& qui
avoit esté l'amy & le compagnon
fidele des Heros de
trois âges? & dans quels
Agesy & dans quels siecles
cet illustreCardinal ne paroist-
ilpointavoirvécu?&..
Puisquenous sommes pri'
VeZ duplaisir de le oir à
nos exercices, c'est à VOUS,
Monsieur, d'en remplir la
place,tl,ujJi bien que celle de
l'excellent hommeà quivous
JucceàeXj, faites-nous part
de ces richesses qui 'VOU$ font
naturelles, & de celles que
'UOIU aveZ acquises par vos
grandsemplois dans les Païs
étrangers; montrez-nous en
quoy la Langue Franfoife
peut estre comparable
, ou
même préferée à tant d'autres
Langues qui vous sont sifamilieres.
Que l'Academie, en
vous voyant, croye voir
son illustre Doyen, & l'illustre
confrere qu'elle a
perdu. .4
Je ne crains point,Messieurs
, que l'amitié me
rende suspect sur le sujet
de MonsieurDESPREAUX..
quel éloge en puis je faire
que vous n'ayiez déja prévenu?
J'ose attester, Messieurs
,
le jugement que
tant de fois vous en avez
porté vous-mêmes ,
j'atteste
celui de tous les Peuples
de l'Europe. L'approbation
universelle
, ,
cft le plusgrand éloge
que les homimes puissent
donner à un écrivain, &
en même temps la marque
la plus certaine de la
perfection des ouvrages;
par quel heureuxsecret
peut-on acquérir cette
approbation. Monsieur
Despreaux nous l'aappris
lui-même, c'est par l'amour
du vray.
En t/Jet, ce rirft que dans
levrayfeulement que tous les
hommes je jéumjjtnt, différens
d'ailleurs dans leurs
moeurs, dans leurs prejugeT9
dans leurmaniere depenser,
d'ecrire, cV- dejuger de ceux
quiecrivent; des que le vray
paroît clairementàleursyeux,
il enleve toujours leurconsentement&
leuradmiration.
Monsieur Despreaux
avoit puisé dans la nature
même, ce Vrayqu'on ne
peut voir qu'enelle, mais
qu'elle ne laiiIè voir qu'à
les favoris.
Mais c'eiten vain qu'un
auteur choisitle vraypour
modele
,
il est toûjours sujetas'égarer,
s'il ne prend
.auLIJ laraifon pour guide:
elle apprit a Monsieur
Despréaux à éviter les excez
de Juven.al,& d'Hora- - cemême,qui avoient atta--
que les vices de leur temps
avec des armes qui faisoient
rougir la vertu. Il
osa le premier faire voir
aux hommes une satyre
fage & modeste , & renédit
sacvierausisi pturse qu.e ses .;}
Incapablededéguisement
,
dansses moeurs, comme d'affectation
dans ses ouvrages, il S'elf toûjours montré tel
qu'ilestoit, aimant mieux,
dzjoit-it> laisser voir de veritables
deffautsque de les
couvrir par de fausses vertus.
Tout ce qui choquoit la
raison oulaverité
,
excitoit
en luy-même un chagrin,
dont il n'etoit pas lemaistre,
& auquel peut estre sommes
nous redevables de ses p us
ingenieusescompositions:mais
en attaquant ce déffaut des
Ecrivains,ila toujours épargné
l urs personnes.
il croyoit permu à tout
homme qui sçait parler ou
écrire de censurer publiquementde
mauvais livres:mais
il ne regardoit qu'avec horreur
ces dangereux ennemis
du genre humain, qui sans
respectpour l'amitié,pour la
véritémême, déchirent indifféremment
tout ce qui s'offre
à leur imagination
,
(9i
qluesi du fonds des tenebrts qui
dérobent à la rigueur des
JLoix^sefont un jeu cruel de
publier les fautes les plus cac/;
éts,& de noircir les actions
lesplus innocentes.
M. Despreaux s'animoit
sur tout contre ces genres
de poësies
,
où la Religion
luy paroissoitoffensée &.
Heureux d'avoir pûd'une
même main imprimer un
oprobre éternel à des ouvrages
si contraires aux bonnes
moeurs,& donner à ],:r.vertu,
enlapersonnede notre Auguste
Monarque, des louan
ges qui nepérirontjamais.
Souvenons- nous que
nôtre siecle fera regardé
un jour du même point
d'éloignement d'où nous
regardons maintenant celuy
d'Auguste.
On ne voit que foiblement
sa gloire dans les
arcs de triomphes, médailles
& autres monumens
que ce temps a détruits
ou alterez : mais quand
on le contemple dans les
vers de Virgile & d'Horace
soûtenant luy seul tout
le poids des affaires du
monde,vainqueur de ses
1\ * ennemis, & toujours pere
de ses sujets,banissant le
vice par ses Loix, enseignant
la vertu par ses
exemples,&.
Alors les coeurs & les
esprits sereünissent pourformer
un noHveau çenctrt de
louanges. On bénit le Ciel
d'avoir donne aux hommes
un si bon Maijlre, & l'on
souhaite que tous ceux qui
viendront Aprés luy puijjtnt
luy ressembler.
N'en d,),,,tonspoint,Monsieur,
tel & plus grand encore
la posterité verra tÀuguste
Loüis dans les ouvrages
de M. Despreaux, é..
& dans ceux decette illustre
Compagnie.
PurjJt t-il encore durant
nn grand nombre d'années
préparer aux siecles à venir
-
de nouveauxsujets d'admiration;&
puisse une longue (ST
heureuse paix le mettre bientost
en estat de procureràses
peuples un bonheur qui fait
le plus cher objet deses desirs
&qui fera la consommation
desa gloire
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Résumé : EXTRAIT De la Réponse que fit à ce Discours Monsieur de Valincour, Secretaire General de la Marine, alors Chancelier de l'Academie.
Monsieur de Valincour, Secrétaire Général de la Marine et Chancelier de l'Académie, répond à un discours en exprimant la joie de l'Académie d'honorer à nouveau un nom illustre. Il souligne les nombreuses contributions de cette personne dans divers domaines, notamment les lettres, les guerres et les négociations. Valincour mentionne l'amour des lettres partagé par tous ceux qui portent ce nom, citant des exemples de membres éminents comme le père de l'interlocuteur et le Cardinal Doyen de l'Académie, qui ont combiné des talents littéraires et des actions héroïques. Valincour loue également Monsieur Despreaux, dont l'œuvre a reçu une approbation universelle en Europe. Despreaux est salué pour son attachement à la vérité et à la raison, évitant les excès et les affectations. Il est reconnu pour ses compositions ingénieuses et son engagement à censurer les mauvais livres sans attaquer les personnes. Despreaux est particulièrement admiré pour avoir défendu la religion et les bonnes mœurs, et pour avoir célébré la vertu du monarque. Valincour conclut en espérant que la postérité verra le roi Auguste Louis à travers les œuvres de Despreaux et de l'Académie. Il souhaite également une longue et heureuse paix pour le bonheur des peuples.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 40-43
« Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...] »
Début :
Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...]
Mots clefs :
Prononciation, Langue française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...] »
Il paroistdepuis peu un Livre
qui a pour titre, les
-
'J\egles de la Prononciation
pour la Langue FrançoifèyparAd.
B. CE Livre est tres
bon dans son genre
& tres utile;on Içait
bien, dit l'Aureur, que
ce n'est pas un grand
honneur ni un grand
merite de sçavoir bien
sa langue,& d'en prononnoncer
regulierement
tous les mots: mais
c'est un grand blâme
Se une honte à un
honnéte homme de ne
le sçavoirpas. Un mot
mal prononcé luy fait
quelquefois plus de tort
quun faux raisonnement,
parce que tout
le monde est choqué
d'une mauvaise prononciation
, & que peu de
gens ont l'esprit assez
juste pour s'appercevoir
de la fitufferé decertains
raisonnemens,&.
Ceux qui aiment à
voir un livrecommencer
simplement feront
conrens du début deceluy-
cy: voicy comme il
commence.Ily a vingtquatre
lettres à l'Alphabet.
Abcdefg, Sec.
Le début des Elemens
d'Euclidesestaussi simple
queceluy-là, un &
un font deux, le tout
estplus grand que là
partie: C'est pourtant
sur ces fondemens si
simples qu'on éleve
des systemes jusqu'aux
cieux pour mesurer le
cours des astres, prédire
les éclipses, & rendre
raison des phenomenes
les plus étonnans.
qui a pour titre, les
-
'J\egles de la Prononciation
pour la Langue FrançoifèyparAd.
B. CE Livre est tres
bon dans son genre
& tres utile;on Içait
bien, dit l'Aureur, que
ce n'est pas un grand
honneur ni un grand
merite de sçavoir bien
sa langue,& d'en prononnoncer
regulierement
tous les mots: mais
c'est un grand blâme
Se une honte à un
honnéte homme de ne
le sçavoirpas. Un mot
mal prononcé luy fait
quelquefois plus de tort
quun faux raisonnement,
parce que tout
le monde est choqué
d'une mauvaise prononciation
, & que peu de
gens ont l'esprit assez
juste pour s'appercevoir
de la fitufferé decertains
raisonnemens,&.
Ceux qui aiment à
voir un livrecommencer
simplement feront
conrens du début deceluy-
cy: voicy comme il
commence.Ily a vingtquatre
lettres à l'Alphabet.
Abcdefg, Sec.
Le début des Elemens
d'Euclidesestaussi simple
queceluy-là, un &
un font deux, le tout
estplus grand que là
partie: C'est pourtant
sur ces fondemens si
simples qu'on éleve
des systemes jusqu'aux
cieux pour mesurer le
cours des astres, prédire
les éclipses, & rendre
raison des phenomenes
les plus étonnans.
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Résumé : « Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre, les [...] »
Le livre 'Les Règles de la Prononciation pour la Langue Française' met en avant l'importance de la prononciation correcte en français. L'auteur affirme que, bien que prononcer correctement ne soit pas un grand mérite, une mauvaise prononciation est un blâme et une honte pour une personne honnête. Un mot mal prononcé peut causer plus de tort qu'un faux raisonnement, car la mauvaise prononciation choque davantage que les erreurs de raisonnement. Le livre commence par énumérer les vingt-quatre lettres de l'alphabet, de manière similaire aux Éléments d'Euclide qui débutent par des principes simples pour construire des systèmes complexes. Ces principes permettent de mesurer le cours des astres, prédire les éclipses et expliquer des phénomènes étonnants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 43-61
EXTRAIT des protestations des Electeurs de Baviere & de Cologne.
Début :
L'Electeur de Cologne expose que son intention estoit de [...]
Mots clefs :
Électeur, Bavière, Cologne, Empire, Empereur, Guerre, Paix, Neutralité, Troupes, Alliés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des protestations des Electeurs de Baviere & de Cologne.
EXTRAIT
des protestations des Llechuri
-
de Baviere & de Cologne. L'Electeur de Cologne
expose que son intennon
estoit de demeurer
neutre durant la guerre
qu'il voyoitpreste às'allumer
entre les Maisons de
France & d'Autriche pour
la successiond'Espagne. Il
devoit cette neutralité à
son peuple,attendu la situation
de sesétats,qui les
exposoit aux premiers desordres
de la guerre si le
Prince avoit pris un parti.
S. A. E. fit donc toutes les
démarches necessaires durant
l'automne de 1701. à
Vienne &à la Haye,pour
obtenir cette neutralité, &
il les fit avec d'autant plus
d'instance, que la guerre
estoit desormais certaine.
Dés le 7. du mois de Septembre
1701. l'Empereur
Leopold, le Roy Guillaume
,
& lesEtats Généraux
avoient signé le traité si
connu fous le nom de la
grandeAlliance.Le traitéestoit
une ligue offensive
contre les couronnes de
France & d'Espagne, par
laquelle les Puissancescontractantes
s'engagerent à
leur faire conjointementla
guerre,si dans six mois elles
ne donnoient à ces Alliez
des satisfactions & des
sûretez telles que des Princes
qui ont les armes à la
main ne les donnent qu'aprés
plusieurscampagnes
malheureuses. Suivant toutes
les constitutions de
l'Empire l'Electeur de Cologne
estoit loüable de
prendre le parti de la neutralité.
Jusques au 27. Septembre
1702.la guerre que
l'Empereur a faire aux couronnes
n'a point eité une
guerre de l'Empire. Ce ne
fut que le 27. Septembre
1701. datte itmirquable,
quel'Empire declara par
un resultat des trois Colleges
qui composentla
Diette,qu'il épousoit la
querelle de la Maison
d'Autriche, Se qu'il entroit
en sonnomdansla guerre
qu'elle faisoit aux couron
nes. Neanmoinslaneutralité
fut refusée à l'Electeur
deCologne à Vienne dés
le mois d'Octobre 1701. & laréponsequ'onluy tIt à la
Haye valoit un refus. Les
Hollandois dés le mois
d'Octobre 1701. commencerent
même a agir holli.
lement sur le territoire de
Liege, dont il est Evêque
&Prince, en y élevant des
fortifications sans son consentement.
Cet Electeur
qui n'avoit pas assez de
troupes pour maintenir sa
neutralité contre de si puissans
voisins, & contre l'Electeur
Palatin, & d'autres
Princes leurs Alliez,appella
& reçut dans ses places
au mois de Novembre
1701. les troupes du cercle
de Bourgogne,aprés leur
voir fait prêter serment
de
ae ne rien attenter contre
l'Empire, & de sortir de ses
placesdés qu'illerequereroit.
Suivant les constitutions
de l'Empire, il est
permis aux érars de l'Empire
dappeller à leur secours
les troupes des autres
états de l'Empire. Depuis
Charles-Quint le cercle
de Bourgogne est un
des états de l'Empire, &
les Empereurs de la Maison
d'Auftriche ont appellé
à leur secours, &
introduit souvent dans
: rf-a-npire les troupes de ce
cercle. L'Empereur publia
plusieurs mandemenscontre
l'Electeur de Cologne
qui écrivit le 19. Mars 1702.
à l'Empereur une lettre
aussi forte que respectueuse
pour défendre sa con
duite,dans laquelleon voit
que S. A. E. étoit prête d'écouter
la Diette, qui seule
étoit son juge competant,
avec toute sorte de déference.
Néanmoins dés le
mois de May 1702.les Hollandois
& d'autres Princes
alliez de l'Empereur attaquerent
Kaiservvert
, &
l'Electeur de Cologne estoit
presque dépoüillé de
tous ses états pour n a»-
voir pas voulu faire la
guerreconjointement avec
l'Empereur, quand
l'Empire declara le 27.
Septembre 1702. que ses
Membres devoient prendre
part à cette guerre.
Les choses en resterent
là durant la vie de l'Empereur
Leopold. L'Empereur
Joseph, dans la- premiere
année de son regne
,
publia une proclamation
dattée du25. Avril
1706. parlaquelle il mit
SonAltesse Electorale au
ban de l'Empire, autant
qu'un Ecclesiastique y
peut estre mis. La protestation
fait voir pleinement
l'iniquité ôç la nullité
de cette Sentence,
renduë contre un Prince
qui n'estoit pas coupable,
par un Tribunal incompetant;
puisque, suivant
les constitutions de l'Empire
,
la Diete seule peut
connoistre des causes capitales
des Electeurs, Princes,&
autres états del'Empîre.
Son Altesse Electoralefinit,
en protestant
de nullité contre l'élection
future d'un Empereur,
à laquelleon ne l'auroit
pas invitée, pour la
conservation de ses droits
& pour celle des droits de
son Eglise.
,-
La protestation de l'Electeur
de Baviere dattée
de Namur le 7. Juillet est
beaucoup plus courte. Cet
Electeur expose que son
honneur & ses interêts ne
lui permettoient pas d'entrer
en- guerre contre les
couronnes, lorsque l'Empereur
commença de sors
autorité privée en 1701. la
guerre qui dure encore
quil prit des mesures pour
demeurer neutre, & que
plusieurs estatsdel'Empire
se trouverent dans lesmêmes
sentimens que lui. Il
concerta avec eux pour
empêcher que la Cour de
Vienne n'arrachât d'eux
une déclaration forcée:
Mais cette Courgagna la
plûpart des états qui s'étoient
joints, ou qui devoient
sejoindre avec S. A.
E. pour empêcher que
l'Empirene fût obligé à
rentreren guerre,&à rom-r
pre la paix de Risvvik làns
sujet: en effet dés le mois
d'Avril 1702. il se fit plusieursviolences
dans l'Empire
par les Alliez de l'Empereur,
quiforçoient ceux
qui témoignoient vouloir
demeurer neutres, à se défaire
de leurs troupes. Dés,'
le mois de Juillet l'Empereur,
àquilesconstitutions
de l'Empiredéfendent é..:-,
troitement d'attaquerjamais
directement ni indirectement
la couronne de
France sans leconsentement
des trois Colleges ,
commençalefiegedeLandau,
de sa feule autorité.
L'Electeur de Bavieré ne
pouvoitplus douter aprés
ce qui s'étoit passé,qu'il ne
dût être attaqué incessamment,&
le 8Septemb. 1701.
il jetta des troupes dans
Ulm& dans Meminguen,
quiouvrent l'entrée de ses
états, pour se couvrir de
ces places durant le danger
, avec promesse de les
évacuer dés qu'il feroit
paffé. La Diette ne declara
qu'il falloit faire la guerre
à la France quele27.Septembre
1702. L'Electeur
de Baviere voulut demeurerneutre:
maisau mois de
Mars 1703.le Comte Schlik
entra hostilement dans ses
états, & le mit en droit de
pourvoir par toutes fortes
devoyes àsa juftedéfenfe;,,
Le 26.d'Avril 1706.l'Empereur
Joseph le mit au
ban de l'Empireparune
Sentenceémanée sur des
procedures du ConseilAulique,
qui n'est pas Juge
competanten pareil cas.
Le pretexte de cette Sentence
est l'infractiondela
constitutionde la paix publique
commise par l'Electeur
quand il occupaUlm.
On appelle enAllemagne
constitution de la paix publique
l'Ordonnance qui
fut publiée dans laDiete tenuëà
Vorms en 1495. sous
l'Empereur Maximilien I.
par laquelle il est défendu
aux états de l'Empire d'user
d'hostilitez les uns envers
les autres dans leurs querelles
particulieres :
L'Electeurn'occupa
Ulm que
pour fegarantir des insultes
qui avoient été faites à
d'autresPrincesdepuis peu.
de mois, parce qu'ils étoient
dans le même cas
que lui, avec promesse de
l'évacuerdésque labourasque
seroit passée.Toute occupation
de place n'est pas
une infraction de la paix
publique,& depuis quatre
mois il s'en est fait dans l'interieur
de l'Empire, qui
sont plus odieuses que celle
d'Ulm, & qui n'ont pas attiré
le moindre mandemenant
fait écrire aucunes
lettres avocatoires à l'EmpereurJoseph.
La plûpart
..¿es autres griefs rapportez
dans la Sentence de Ban ne
regardent pas l'Empire
mais l'Empereur comme
Archiduc d"Autricl-ic.»
L'Electeur proteste contre
ce Ban injuste dans le
fonds & dans les formes,
& contre ce qui s'estpassé
depuis; ainsi que contre
l'election d'un Empereur,
à laquelle il n'auroit point
étéappellé ,déclarant que
d'autres que lui seront coupables
pables des malheurs qu'une
pareille élection, faire
contre les Loix,pourroit
attirer sur l'Allemagne.
L'histoire qui fuit
des protestations des Llechuri
-
de Baviere & de Cologne. L'Electeur de Cologne
expose que son intennon
estoit de demeurer
neutre durant la guerre
qu'il voyoitpreste às'allumer
entre les Maisons de
France & d'Autriche pour
la successiond'Espagne. Il
devoit cette neutralité à
son peuple,attendu la situation
de sesétats,qui les
exposoit aux premiers desordres
de la guerre si le
Prince avoit pris un parti.
S. A. E. fit donc toutes les
démarches necessaires durant
l'automne de 1701. à
Vienne &à la Haye,pour
obtenir cette neutralité, &
il les fit avec d'autant plus
d'instance, que la guerre
estoit desormais certaine.
Dés le 7. du mois de Septembre
1701. l'Empereur
Leopold, le Roy Guillaume
,
& lesEtats Généraux
avoient signé le traité si
connu fous le nom de la
grandeAlliance.Le traitéestoit
une ligue offensive
contre les couronnes de
France & d'Espagne, par
laquelle les Puissancescontractantes
s'engagerent à
leur faire conjointementla
guerre,si dans six mois elles
ne donnoient à ces Alliez
des satisfactions & des
sûretez telles que des Princes
qui ont les armes à la
main ne les donnent qu'aprés
plusieurscampagnes
malheureuses. Suivant toutes
les constitutions de
l'Empire l'Electeur de Cologne
estoit loüable de
prendre le parti de la neutralité.
Jusques au 27. Septembre
1702.la guerre que
l'Empereur a faire aux couronnes
n'a point eité une
guerre de l'Empire. Ce ne
fut que le 27. Septembre
1701. datte itmirquable,
quel'Empire declara par
un resultat des trois Colleges
qui composentla
Diette,qu'il épousoit la
querelle de la Maison
d'Autriche, Se qu'il entroit
en sonnomdansla guerre
qu'elle faisoit aux couron
nes. Neanmoinslaneutralité
fut refusée à l'Electeur
deCologne à Vienne dés
le mois d'Octobre 1701. & laréponsequ'onluy tIt à la
Haye valoit un refus. Les
Hollandois dés le mois
d'Octobre 1701. commencerent
même a agir holli.
lement sur le territoire de
Liege, dont il est Evêque
&Prince, en y élevant des
fortifications sans son consentement.
Cet Electeur
qui n'avoit pas assez de
troupes pour maintenir sa
neutralité contre de si puissans
voisins, & contre l'Electeur
Palatin, & d'autres
Princes leurs Alliez,appella
& reçut dans ses places
au mois de Novembre
1701. les troupes du cercle
de Bourgogne,aprés leur
voir fait prêter serment
de
ae ne rien attenter contre
l'Empire, & de sortir de ses
placesdés qu'illerequereroit.
Suivant les constitutions
de l'Empire, il est
permis aux érars de l'Empire
dappeller à leur secours
les troupes des autres
états de l'Empire. Depuis
Charles-Quint le cercle
de Bourgogne est un
des états de l'Empire, &
les Empereurs de la Maison
d'Auftriche ont appellé
à leur secours, &
introduit souvent dans
: rf-a-npire les troupes de ce
cercle. L'Empereur publia
plusieurs mandemenscontre
l'Electeur de Cologne
qui écrivit le 19. Mars 1702.
à l'Empereur une lettre
aussi forte que respectueuse
pour défendre sa con
duite,dans laquelleon voit
que S. A. E. étoit prête d'écouter
la Diette, qui seule
étoit son juge competant,
avec toute sorte de déference.
Néanmoins dés le
mois de May 1702.les Hollandois
& d'autres Princes
alliez de l'Empereur attaquerent
Kaiservvert
, &
l'Electeur de Cologne estoit
presque dépoüillé de
tous ses états pour n a»-
voir pas voulu faire la
guerreconjointement avec
l'Empereur, quand
l'Empire declara le 27.
Septembre 1702. que ses
Membres devoient prendre
part à cette guerre.
Les choses en resterent
là durant la vie de l'Empereur
Leopold. L'Empereur
Joseph, dans la- premiere
année de son regne
,
publia une proclamation
dattée du25. Avril
1706. parlaquelle il mit
SonAltesse Electorale au
ban de l'Empire, autant
qu'un Ecclesiastique y
peut estre mis. La protestation
fait voir pleinement
l'iniquité ôç la nullité
de cette Sentence,
renduë contre un Prince
qui n'estoit pas coupable,
par un Tribunal incompetant;
puisque, suivant
les constitutions de l'Empire
,
la Diete seule peut
connoistre des causes capitales
des Electeurs, Princes,&
autres états del'Empîre.
Son Altesse Electoralefinit,
en protestant
de nullité contre l'élection
future d'un Empereur,
à laquelleon ne l'auroit
pas invitée, pour la
conservation de ses droits
& pour celle des droits de
son Eglise.
,-
La protestation de l'Electeur
de Baviere dattée
de Namur le 7. Juillet est
beaucoup plus courte. Cet
Electeur expose que son
honneur & ses interêts ne
lui permettoient pas d'entrer
en- guerre contre les
couronnes, lorsque l'Empereur
commença de sors
autorité privée en 1701. la
guerre qui dure encore
quil prit des mesures pour
demeurer neutre, & que
plusieurs estatsdel'Empire
se trouverent dans lesmêmes
sentimens que lui. Il
concerta avec eux pour
empêcher que la Cour de
Vienne n'arrachât d'eux
une déclaration forcée:
Mais cette Courgagna la
plûpart des états qui s'étoient
joints, ou qui devoient
sejoindre avec S. A.
E. pour empêcher que
l'Empirene fût obligé à
rentreren guerre,&à rom-r
pre la paix de Risvvik làns
sujet: en effet dés le mois
d'Avril 1702. il se fit plusieursviolences
dans l'Empire
par les Alliez de l'Empereur,
quiforçoient ceux
qui témoignoient vouloir
demeurer neutres, à se défaire
de leurs troupes. Dés,'
le mois de Juillet l'Empereur,
àquilesconstitutions
de l'Empiredéfendent é..:-,
troitement d'attaquerjamais
directement ni indirectement
la couronne de
France sans leconsentement
des trois Colleges ,
commençalefiegedeLandau,
de sa feule autorité.
L'Electeur de Bavieré ne
pouvoitplus douter aprés
ce qui s'étoit passé,qu'il ne
dût être attaqué incessamment,&
le 8Septemb. 1701.
il jetta des troupes dans
Ulm& dans Meminguen,
quiouvrent l'entrée de ses
états, pour se couvrir de
ces places durant le danger
, avec promesse de les
évacuer dés qu'il feroit
paffé. La Diette ne declara
qu'il falloit faire la guerre
à la France quele27.Septembre
1702. L'Electeur
de Baviere voulut demeurerneutre:
maisau mois de
Mars 1703.le Comte Schlik
entra hostilement dans ses
états, & le mit en droit de
pourvoir par toutes fortes
devoyes àsa juftedéfenfe;,,
Le 26.d'Avril 1706.l'Empereur
Joseph le mit au
ban de l'Empireparune
Sentenceémanée sur des
procedures du ConseilAulique,
qui n'est pas Juge
competanten pareil cas.
Le pretexte de cette Sentence
est l'infractiondela
constitutionde la paix publique
commise par l'Electeur
quand il occupaUlm.
On appelle enAllemagne
constitution de la paix publique
l'Ordonnance qui
fut publiée dans laDiete tenuëà
Vorms en 1495. sous
l'Empereur Maximilien I.
par laquelle il est défendu
aux états de l'Empire d'user
d'hostilitez les uns envers
les autres dans leurs querelles
particulieres :
L'Electeurn'occupa
Ulm que
pour fegarantir des insultes
qui avoient été faites à
d'autresPrincesdepuis peu.
de mois, parce qu'ils étoient
dans le même cas
que lui, avec promesse de
l'évacuerdésque labourasque
seroit passée.Toute occupation
de place n'est pas
une infraction de la paix
publique,& depuis quatre
mois il s'en est fait dans l'interieur
de l'Empire, qui
sont plus odieuses que celle
d'Ulm, & qui n'ont pas attiré
le moindre mandemenant
fait écrire aucunes
lettres avocatoires à l'EmpereurJoseph.
La plûpart
..¿es autres griefs rapportez
dans la Sentence de Ban ne
regardent pas l'Empire
mais l'Empereur comme
Archiduc d"Autricl-ic.»
L'Electeur proteste contre
ce Ban injuste dans le
fonds & dans les formes,
& contre ce qui s'estpassé
depuis; ainsi que contre
l'election d'un Empereur,
à laquelle il n'auroit point
étéappellé ,déclarant que
d'autres que lui seront coupables
pables des malheurs qu'une
pareille élection, faire
contre les Loix,pourroit
attirer sur l'Allemagne.
L'histoire qui fuit
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Résumé : EXTRAIT des protestations des Electeurs de Baviere & de Cologne.
En 1701, l'Électeur de Cologne tenta de maintenir la neutralité face à la guerre imminente entre les Maisons de France et d'Autriche pour la succession d'Espagne, justifiant cette position par la vulnérabilité de ses États. Ses démarches à Vienne et à La Haye restèrent vaines, et le 7 septembre 1701, le traité de la Grande Alliance fut signé par l'Empereur Léopold, le Roi Guillaume et les États Généraux, formant une ligue offensive contre les couronnes de France et d'Espagne. La neutralité de l'Électeur fut refusée en octobre 1701, et les Hollandais commencèrent à agir sur le territoire de Liège sans son consentement. L'Électeur, manquant de troupes pour défendre sa neutralité, appela les troupes du cercle de Bourgogne en novembre 1701. L'Empereur publia des mandements contre lui, mais l'Électeur défendit sa conduite dans une lettre en mars 1702. En mai 1702, les Hollandais et d'autres Princes alliés attaquèrent Kaiservert, privant presque l'Électeur de tous ses États. L'Empire déclara le 27 septembre 1702 que ses Membres devaient prendre part à la guerre. En 1706, l'Empereur Joseph mit l'Électeur de Cologne au ban de l'Empire, mais celui-ci protesta, affirmant que seule la Diète était compétente pour juger les causes capitales des Électeurs. L'Électeur de Bavière exprima son désir de neutralité dès 1701, mais fut forcé d'entrer en guerre. Il occupa Ulm et Memmingen pour se protéger et promit d'évacuer ces places une fois le danger passé. En avril 1706, l'Empereur Joseph mit également l'Électeur de Bavière au ban de l'Empire pour infraction à la constitution de la paix publique. L'Électeur de Bavière protesta contre cette décision, justifiant son occupation d'Ulm par les insultes subies par d'autres Princes.
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6
p. 61-64
Histoire Espagnole. [titre d'après la table]
Début :
L'histoire qui suit, tirée d'anciens memoires Espagnols, est [...]
Mots clefs :
Histoire, Amour
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texteReconnaissance textuelle : Histoire Espagnole. [titre d'après la table]
tirée d'anciens memoires
Espagnols, est écrite
dans le gout deZaïde,
& de la Princesse de
Cleves, genre d'écrire
excellent; mais qui paroist
allongé & languissant
à ceux qui ne veulent
dans une avanture
amoureuseniconversations,
ni sentimens, défaut
de gout, fondé sur
le défaut des moeurs.
Nos jeunes gens feroient
ravisqu'on traitât
l'amour dans un livre
come ils letraitent
dans le monde;ils voudroient
voir le dénouement
dés la seconde page;
ils ne veulent plus
que l'extrait d'une histoire
, parce qu'ils n'aiment
plus que l'extrait
d'une intrigue: tout ce
qui doit interesser les
ennuye , ils appellent
romanesques
, tous les
sentimens élevez & delicats
que produir la
belle nature ; extrémité
opoféeà celle du temps
de Voiture, où l'on appelloit
beau naturel les
spiritual itez quintessenciées
d'Alcidalis & de
Zelide. L'histoire suivante
eftécrite aussi noblement,
mais plus naturellement
qu'on ne
l'eût écrite en ce tems- là, &j'aycrû faire
honneur au nostre en
luy donnant une histoire
où l'amour est traité
avec delicatesse. Puis
qu'on donnoit en ce
temps-là, pourra dire
quelqu'un dans cent
ans,un tel ouvrage dans
un Journal public, il
falloitdoncqu'ilyeût
encore un certain nombre
de gens à qui cette
maniere d'aimer fist
plaisir.
Espagnols, est écrite
dans le gout deZaïde,
& de la Princesse de
Cleves, genre d'écrire
excellent; mais qui paroist
allongé & languissant
à ceux qui ne veulent
dans une avanture
amoureuseniconversations,
ni sentimens, défaut
de gout, fondé sur
le défaut des moeurs.
Nos jeunes gens feroient
ravisqu'on traitât
l'amour dans un livre
come ils letraitent
dans le monde;ils voudroient
voir le dénouement
dés la seconde page;
ils ne veulent plus
que l'extrait d'une histoire
, parce qu'ils n'aiment
plus que l'extrait
d'une intrigue: tout ce
qui doit interesser les
ennuye , ils appellent
romanesques
, tous les
sentimens élevez & delicats
que produir la
belle nature ; extrémité
opoféeà celle du temps
de Voiture, où l'on appelloit
beau naturel les
spiritual itez quintessenciées
d'Alcidalis & de
Zelide. L'histoire suivante
eftécrite aussi noblement,
mais plus naturellement
qu'on ne
l'eût écrite en ce tems- là, &j'aycrû faire
honneur au nostre en
luy donnant une histoire
où l'amour est traité
avec delicatesse. Puis
qu'on donnoit en ce
temps-là, pourra dire
quelqu'un dans cent
ans,un tel ouvrage dans
un Journal public, il
falloitdoncqu'ilyeût
encore un certain nombre
de gens à qui cette
maniere d'aimer fist
plaisir.
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Résumé : Histoire Espagnole. [titre d'après la table]
Le texte traite d'un style littéraire comparé à celui de 'Zaïde' et de 'La Princesse de Clèves', jugé excellent mais trop long et languissant par ceux qui préfèrent des aventures amoureuses et des conversations rapides. Les jeunes modernes recherchent des récits où l'amour est traité de manière réaliste, avec des dénouements rapides et des intrigues concises. Ils trouvent ennuyeux les aspects 'romanesques' et apprécient peu les sentiments élevés et délicats. Le texte souligne une évolution des goûts littéraires, passant des spiritualités raffinées du temps de Voiture à une préférence pour des histoires plus naturelles et délicates. L'auteur affirme avoir écrit une histoire traitant l'amour avec délicatesse, en accord avec son époque. Il note que, même dans cent ans, un tel ouvrage pourrait encore plaire à certains lecteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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