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1
p. 169-202
ENVOY burlesque par un oisif qui s'ennuye aux eaux de Forges.
Début :
LEs Bains sont pour l'oisiveté, Aussi bien que pour la santé [...]
Mots clefs :
Bains, Santé, Poésie, Historique, Maladies, Minéraux, Vulcain, Rituels, Empereurs, Géographie, Thermalisme, Architecture, Antiquité, Médecine, Réjuvénation , Bains d'Aix, Germanie
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texteReconnaissance textuelle : ENVOY burlesque par un oisif qui s'ennuye aux eaux de Forges.
E N V o r
burlesque par un oijlf
qui*sà'ennuye aux eaux
deForges.
LEs Bains font pour l'oisiveté,
Aussi bien que pour la
fanté
Des amusements salutaires.
0 vous attaquez de catharres
Rhumatismes , & fluxions;
De vapeurs,oppilations,
Tiedeur de coeur, humeur
caustique,
Ou dont l'esprit paralytique
Abesoin de ce supplement
Pour estre mis en mouvement
Puisez dans cette Poësie.
Le bien, le mal à fantaisie.
Il est des bains alumineux,
Plombez, ferrez bitumineux;
Des Bains, les uns font fiiJ
datoires
,
Et les autres font lavatoires;
Quelquesuns font médicinaux
es uns froids, & les autres
chauds;
Tout comme fontmaintes
pillules
.,,CiTct que veulent les
credules.
Des Bains,les uns font na.
turels,
Les autres artificiels;
)es uns & des autres, le
Sage
)u l'insensé peut faire ufaù
ge,
Au temps que quelque infirmité
L'oblige à chercher sa
santé ;
Car une santé ferme&
stable
Traite l'effet des eaux de
fable.
Des Bains, les uns font
fulphurez,
D'autres picez
)
d'autres
nitrez,
Selon la qualité diverse
De la Mine que l'eau tra
verse.
Ana,le filsdeSebeon,
Des Bains chauds fit l'invention
J
Allant dans un lieu folitare
Paistre les Troupeaux de
son Pere.
C'est dont jamais ne doutera
Qui bien la Genese lira.
L'Interprete d'Ariflophane,
Autheur non sacré
,
mais
profane
Fut l'Inventeur du, premier
- Bain
Ce maistre Forgeron VulcaIn,
Qui d'un Bain chaud (je
m'en rapporte)
Fit un present de cette
forte
Au grand Hercule Conquerant,
Dontle nom va par tout
courant.
D'où vient qu'on nomme
sans scrupule
Tous les Bains chauds, les
Bains d'Hercule ;
Bains qui passerent autrefois
Chez les Vassaux & chez
les Rois ,
Dans le rang des choses
sacrées ,
Pour les matieres sulphurées,
Et pour les Foudres reposez,
Dont on tient qu'ils font
composez.
Les Gens qui font d'une
autre verve, Imputent le - tout à Minerve.
Si l'on en veut croire
Strabon, Autheur qui peut passer
pour bon,
Les Bains froids ont leur
origine
-
Des Argonautes, Gent
marine, Gent aimant le Bain Gent
decoeur,
Tous intrepides & sans
peur,
Qui sans façonner davantage
, Lavoient leur corps sur le
rivage
De la Mer, où Dame Circé
Son domicile avoit placé
Sur les bords de la Mer
Tyrrhene,
Avec autre Magicienne,
Quand cinquante - six
grands Heros
Firent voile jusqu'à Colchos
,
Pour la conqueste ambitieuse
D'une Toison précieuse,
Qu'on appelloit la Toison
d'or,
Aprés qui chacun court
encor, -
Courra jusqu'a la fin du
monde ;
Car Toison en or est feconde
Et l'or,ce métal radieux,
Se fait rechercher en tous
1 lieux.
Pour Chefs decetteillustre
Flotte,
Qu'on pourroit nommer
Argonaute On , avoit Hercule, Jason,
Castor,Pollux,&Telamon,
Hylas, Morphus, le fort
Thesée,
Nauplius,Calaïs,-Orphée
Le genereux Zethos aussi
Peut - rencontrer sa place
icy.
Ces Chefs, ces Hommes
d'importance,
Avanturiers à toute outrance
,
Ces Guerriers de fameux
renom
Dont je viens de marquer lenom,
Furent les premiers de If
âge
Qui ders eBainns 'tfOids eu..
Sur les ~pelles Eaux de
Thetis.
Aux Bains que l'on prenoit
jadis,
UnValet basty comme un
Drille,
Portoit & l'Eponge ,
&
l'Etrille,
Pour décrasser & savonner
Ceux qu'il alloit accompagner.
Si l'Eponge estoit parfu-
If mée
~L'Etrinestoit ,toute em*.
^aunéc,
Car dans ces ~bains grands
& commun
Onse munissoit de Parfums
Et d'agréables Cassolettes,
Pour les Doüillets & les
Doüillztes
, Pour les Mignardes & Mignards,
Qui n'aimoient pas les jeux
de Mars,
Et qui cherissoient leurs
Carcasse
Autant qu'un Coquin sa
Bezace,
Autant qu'un Aveugle (dit-on)
Cherit sa tasse & son
Baston.
Dans ce temps-là plus
nous ne sommes;
Un temps fut que Femmes
• & Hommes
Dans le vaste Empire Ro-
4 main
Pratiquoient tous le mesme
Bain,
Sans mettre aucune difference,
(Honny foit- il qui mal y
- -..- pense.)
Il falloit bien que ces Genslà
Fussent discrets.Apréscela,
Certain Empereur, c'est
Severe,
Empereur d'une humeur
austere
Des sexes fit divi,sion
Pour éviter l'occasion.
La Femme de Neron J
Popée,
Faisant la petite Poupér;
Etrefusant de s'attacher
A ce qui peut mater la
chair,
Et punir ses delicatesses,
Entretenoit cinq cens Asnesses,
Et chaque matin de leur
Lait
Croyoit rendre son teint
moins laid.
C'estoit le Bain éc l'artifice
De cette vainc Imperatrice
Qui sansscrupu, le & sans
remords,
Jour & nuit dorlotoit son
Corps,
Ne pensant la belle Mignonne
Qu'à bien rafraischir sa
personne;
Mais comme tout tend à
la fin,
Il luy fallut mourir enfin
Dans des angoisses sans
pareilles.
Laitieres à grandes oreil
-
les,
Vostre Lait faisoit son teint
beau,
Son trépas fut vostre tombeau.
Aux durs sanglots abandonnées,
On vous vit en peu de
journées
journées
Mornes,&dans une maigreur,
Qui faisoit aux Humains
horreur.
Estant tristes & déconfites,
VostreLaitbientost vous
perdistes
Et laMort , avec ses Cyprès
Cette perte suivit de prés.
(
Il n'est dp'oHinotmsmure la terre
Qui ne puisse encor voirà
Rome
Ces Monuments de vanité
De la superbe Antiquité
Que jadis on a fait construire,
Qu'encore aujourd'hui l'on
admire,
Où les magnifiques Romains
Se lavoient, & prenoient
les Bains
Dans chaque coin d'Architecture,
L'art y surpassoit la nature;
Et tous les Murs par le dedans
De fin Marbre estoient
éclatans,
Marbre apporté de Numidie,
i
Ou bien,venu d'Alexandrie.
L'injusteDiocletien,
Ec le Tyran Maximien
Ont employé sommes immenses
A faire de telles dépenses.
: Mais continuons nos
desseins,
Et décrivons quelques
beaux Bains
Que les Autheurs ixcommandables
Ont rendus des plus ve--
nerables,
Qui mesme ont fait voir
a nos yeux
Un spectacle delicieux.
Les Bains de Fritolle, ou
Tritolle,
Que l'on rencontreauprés
Pouzzolle
Nommez les Ba, ins de
Ciceron
Fabriquez mesm,e avant
Neron
Estoient quelque,chose de
rare.
On n'y voyoit rien de bïzarre,
:
Mais le tout proportionné,
Et fodrt osçanvamnméen,t orSuivant
la regle & la mesure
De la plus noble Architecture.
C'estoit pour le dire en
unmot,
Non la Caverne d'un Marmot,
Maisune Salle bien voutée,
Et de Peintures ajustée
Dont letemps qui , tout ccu^
vre abat)
A ravy le lustre & l'éclat;
On y voit cependant encore
Depuis Vesper jusqu'à
l'Aurore,
Et de l'Aurore jusqu'au
soir,
Maint & maint petit Reservoir,
Remply jadis d'une Eau
potable,
Aux Infirmes fort profita.
ble;
Car chaque Malade y
trouvoit
Ce que son mcdecin vouloit.
Esculape dort là fous rocbe,
Comme une anguille fil
tout procheà l
Au temps que vivoient les
Cesars
,
1
Parmy la guerre & les hazards
,
On voyoit là maintes Statuës
Qui font maintenant abbattuës
Qui , mettant la main sur
leur corps,
Faisoient connoistre en
leur dehors
Tant leur essence magnifique
Que leurs qualitez specifiques
Les Medecins , Salerni.
tains
Plus envietuxiqune lessLa- Piquez d'une jalouse rage,
Ont ravagé ce grand Ou.
vrage, Et desseiché toutes les
Eaux
Qui rendoient ces Bains-
, là si beaux,
S'imaginant que leur pratique
Diminuoit par l'hydraulique,
Et quHippocrate estoit
perdu
Si Ciceron n'estoit fondLt
Près
Prés de là
,
si l'on m'en
veut croire,
On doit passer au Sudatoire;
Mais il faut bientost s'épouffer
,
A moins que l'on veüille
étouffer,
Y faisant chaud de telle
forte
Qu'aussitost l'on) cherche
la Porte.
On voit presqueaumesme
chemin
Les fameux Bains de Saint
Germain
Nommez Thermes de Fumerolles.
Je n'ay presque point de
paroles
• Pour vous expliquer les
raisons
Des fumantes exhalaisons
Qui cette Caverne remplissent
,
Etde leurs vapeurs lanoircissent.
Fuligineuses qualirez
, Que de cerveaux vousenteftez!
-
Domicile sudorisique,
De Vulcain l'affreuse Boutique,
Si- tost qu'on respire vostre
air,
-
On croit avoir cervelle en
rair,
Etre aux Sabat par negro- mance,
Et le sçais par experience.
Au reste,ce Lieu tant vanté
l, A Theureuse proprieté
Deguerir mainte maladie,
Soit de France, soitd'Ausonie
; et quand on apporte en ce
Lieu,
Tout fumant, tout bruslant -
de feu,
Une autre Eau qui foit étrangere,
Soit qu'elle pese, ou soit
kgere,
Ce Bain,sans s'enappercevoir,
Luvycoommiurni.queso-n.pou- <
Chacun sçait que les Bains
, d'Alise
Etde Plombieres,font de
mise;
Qu'à Vichy, qu'à Spa,qu'à
-
Mion,
Ils font enréputation;
Qu'on peut de vous dire le
1 meUne/
Bains de Pougues, Bains
de Belesme ;
Que d'ailleurs il n'est rien
sibon
Que font vos Eaux,Bains
de Bourbon.
Qui font rajeunir les Personnes,
Fussent vieilles comme
Gorgones,
L'à l'on vient chercher de
, beaux ans,
Dans les plus beaux jours
,
du Printem ps,
En chemin l'amour pouvez
faire
Pour vostreusage salutaire.
Je ne vous obmettray jamais,
Belles Etuves, beaux Bains
d'Aix,
J'entens icy d'Aix la Chapelle,
Car vostre structure est
tres- belle,
Et les Germains de tous
costez
Recherchent vos humiditez.
ATongres,au Païs de
Trêves,
Aussi-bien qu'au climat de
Cleves,
On rencontre encor tous
les jours
De ces favorables secours.
Ainsi la belle Germanie
A ses Bains comme l'Ausonie
,
Et comme les charmans
Païs
Soumis au Monarque des
Lys.
A Moscou, Païs des Fourures,
Climat tout glacé de froidures,
Où regnent l'Aigle & le
Croissant,
Etdansl'Empireflorissant
Ou le Soleil onidolâtre,
Des Bains de Porphire&
d'Albâtre,
Tous remplis de bonnes
odeurs,
Se font voir chez les grands
Seigneurs.
C'efi là.ce qui fait leurs
delices,
Leurs passetemps, leurs
exercices;
Surtout chez les Orientaux,
Et chez les Septentrion-
,
naux,
Fréquemment les Bains
-'
.,
on visite
5
Passeroit pour hétéroclite,
Et bourru, qui s'en passeroit,
Qu'on vive à Rome comme
à Rome,
Si l'on veut vivre en honneste
Homme.
Forges & Montdor
, pres
de Rheims,
Fournissent encor de bons
Bains,
Dont se prévaut mainte
Personne.
Acqs & Therfis, prés de
Bayonne,
Balleruc
, avec Barbotan,
Sont encore visitez chaque
an,
Pour leurs Bains, qui dans
la Nature
Ont tousjours fait belle
,
figure.
Nommons-en encor quelques
uns
Que l'usage a rendus communs
Comme utiles , en cent manieres
Les Bains de Barege &
Bagnieres, o
Dont les plus sçavans Médecins
Font le pont aux ânes des
Bains.
burlesque par un oijlf
qui*sà'ennuye aux eaux
deForges.
LEs Bains font pour l'oisiveté,
Aussi bien que pour la
fanté
Des amusements salutaires.
0 vous attaquez de catharres
Rhumatismes , & fluxions;
De vapeurs,oppilations,
Tiedeur de coeur, humeur
caustique,
Ou dont l'esprit paralytique
Abesoin de ce supplement
Pour estre mis en mouvement
Puisez dans cette Poësie.
Le bien, le mal à fantaisie.
Il est des bains alumineux,
Plombez, ferrez bitumineux;
Des Bains, les uns font fiiJ
datoires
,
Et les autres font lavatoires;
Quelquesuns font médicinaux
es uns froids, & les autres
chauds;
Tout comme fontmaintes
pillules
.,,CiTct que veulent les
credules.
Des Bains,les uns font na.
turels,
Les autres artificiels;
)es uns & des autres, le
Sage
)u l'insensé peut faire ufaù
ge,
Au temps que quelque infirmité
L'oblige à chercher sa
santé ;
Car une santé ferme&
stable
Traite l'effet des eaux de
fable.
Des Bains, les uns font
fulphurez,
D'autres picez
)
d'autres
nitrez,
Selon la qualité diverse
De la Mine que l'eau tra
verse.
Ana,le filsdeSebeon,
Des Bains chauds fit l'invention
J
Allant dans un lieu folitare
Paistre les Troupeaux de
son Pere.
C'est dont jamais ne doutera
Qui bien la Genese lira.
L'Interprete d'Ariflophane,
Autheur non sacré
,
mais
profane
Fut l'Inventeur du, premier
- Bain
Ce maistre Forgeron VulcaIn,
Qui d'un Bain chaud (je
m'en rapporte)
Fit un present de cette
forte
Au grand Hercule Conquerant,
Dontle nom va par tout
courant.
D'où vient qu'on nomme
sans scrupule
Tous les Bains chauds, les
Bains d'Hercule ;
Bains qui passerent autrefois
Chez les Vassaux & chez
les Rois ,
Dans le rang des choses
sacrées ,
Pour les matieres sulphurées,
Et pour les Foudres reposez,
Dont on tient qu'ils font
composez.
Les Gens qui font d'une
autre verve, Imputent le - tout à Minerve.
Si l'on en veut croire
Strabon, Autheur qui peut passer
pour bon,
Les Bains froids ont leur
origine
-
Des Argonautes, Gent
marine, Gent aimant le Bain Gent
decoeur,
Tous intrepides & sans
peur,
Qui sans façonner davantage
, Lavoient leur corps sur le
rivage
De la Mer, où Dame Circé
Son domicile avoit placé
Sur les bords de la Mer
Tyrrhene,
Avec autre Magicienne,
Quand cinquante - six
grands Heros
Firent voile jusqu'à Colchos
,
Pour la conqueste ambitieuse
D'une Toison précieuse,
Qu'on appelloit la Toison
d'or,
Aprés qui chacun court
encor, -
Courra jusqu'a la fin du
monde ;
Car Toison en or est feconde
Et l'or,ce métal radieux,
Se fait rechercher en tous
1 lieux.
Pour Chefs decetteillustre
Flotte,
Qu'on pourroit nommer
Argonaute On , avoit Hercule, Jason,
Castor,Pollux,&Telamon,
Hylas, Morphus, le fort
Thesée,
Nauplius,Calaïs,-Orphée
Le genereux Zethos aussi
Peut - rencontrer sa place
icy.
Ces Chefs, ces Hommes
d'importance,
Avanturiers à toute outrance
,
Ces Guerriers de fameux
renom
Dont je viens de marquer lenom,
Furent les premiers de If
âge
Qui ders eBainns 'tfOids eu..
Sur les ~pelles Eaux de
Thetis.
Aux Bains que l'on prenoit
jadis,
UnValet basty comme un
Drille,
Portoit & l'Eponge ,
&
l'Etrille,
Pour décrasser & savonner
Ceux qu'il alloit accompagner.
Si l'Eponge estoit parfu-
If mée
~L'Etrinestoit ,toute em*.
^aunéc,
Car dans ces ~bains grands
& commun
Onse munissoit de Parfums
Et d'agréables Cassolettes,
Pour les Doüillets & les
Doüillztes
, Pour les Mignardes & Mignards,
Qui n'aimoient pas les jeux
de Mars,
Et qui cherissoient leurs
Carcasse
Autant qu'un Coquin sa
Bezace,
Autant qu'un Aveugle (dit-on)
Cherit sa tasse & son
Baston.
Dans ce temps-là plus
nous ne sommes;
Un temps fut que Femmes
• & Hommes
Dans le vaste Empire Ro-
4 main
Pratiquoient tous le mesme
Bain,
Sans mettre aucune difference,
(Honny foit- il qui mal y
- -..- pense.)
Il falloit bien que ces Genslà
Fussent discrets.Apréscela,
Certain Empereur, c'est
Severe,
Empereur d'une humeur
austere
Des sexes fit divi,sion
Pour éviter l'occasion.
La Femme de Neron J
Popée,
Faisant la petite Poupér;
Etrefusant de s'attacher
A ce qui peut mater la
chair,
Et punir ses delicatesses,
Entretenoit cinq cens Asnesses,
Et chaque matin de leur
Lait
Croyoit rendre son teint
moins laid.
C'estoit le Bain éc l'artifice
De cette vainc Imperatrice
Qui sansscrupu, le & sans
remords,
Jour & nuit dorlotoit son
Corps,
Ne pensant la belle Mignonne
Qu'à bien rafraischir sa
personne;
Mais comme tout tend à
la fin,
Il luy fallut mourir enfin
Dans des angoisses sans
pareilles.
Laitieres à grandes oreil
-
les,
Vostre Lait faisoit son teint
beau,
Son trépas fut vostre tombeau.
Aux durs sanglots abandonnées,
On vous vit en peu de
journées
journées
Mornes,&dans une maigreur,
Qui faisoit aux Humains
horreur.
Estant tristes & déconfites,
VostreLaitbientost vous
perdistes
Et laMort , avec ses Cyprès
Cette perte suivit de prés.
(
Il n'est dp'oHinotmsmure la terre
Qui ne puisse encor voirà
Rome
Ces Monuments de vanité
De la superbe Antiquité
Que jadis on a fait construire,
Qu'encore aujourd'hui l'on
admire,
Où les magnifiques Romains
Se lavoient, & prenoient
les Bains
Dans chaque coin d'Architecture,
L'art y surpassoit la nature;
Et tous les Murs par le dedans
De fin Marbre estoient
éclatans,
Marbre apporté de Numidie,
i
Ou bien,venu d'Alexandrie.
L'injusteDiocletien,
Ec le Tyran Maximien
Ont employé sommes immenses
A faire de telles dépenses.
: Mais continuons nos
desseins,
Et décrivons quelques
beaux Bains
Que les Autheurs ixcommandables
Ont rendus des plus ve--
nerables,
Qui mesme ont fait voir
a nos yeux
Un spectacle delicieux.
Les Bains de Fritolle, ou
Tritolle,
Que l'on rencontreauprés
Pouzzolle
Nommez les Ba, ins de
Ciceron
Fabriquez mesm,e avant
Neron
Estoient quelque,chose de
rare.
On n'y voyoit rien de bïzarre,
:
Mais le tout proportionné,
Et fodrt osçanvamnméen,t orSuivant
la regle & la mesure
De la plus noble Architecture.
C'estoit pour le dire en
unmot,
Non la Caverne d'un Marmot,
Maisune Salle bien voutée,
Et de Peintures ajustée
Dont letemps qui , tout ccu^
vre abat)
A ravy le lustre & l'éclat;
On y voit cependant encore
Depuis Vesper jusqu'à
l'Aurore,
Et de l'Aurore jusqu'au
soir,
Maint & maint petit Reservoir,
Remply jadis d'une Eau
potable,
Aux Infirmes fort profita.
ble;
Car chaque Malade y
trouvoit
Ce que son mcdecin vouloit.
Esculape dort là fous rocbe,
Comme une anguille fil
tout procheà l
Au temps que vivoient les
Cesars
,
1
Parmy la guerre & les hazards
,
On voyoit là maintes Statuës
Qui font maintenant abbattuës
Qui , mettant la main sur
leur corps,
Faisoient connoistre en
leur dehors
Tant leur essence magnifique
Que leurs qualitez specifiques
Les Medecins , Salerni.
tains
Plus envietuxiqune lessLa- Piquez d'une jalouse rage,
Ont ravagé ce grand Ou.
vrage, Et desseiché toutes les
Eaux
Qui rendoient ces Bains-
, là si beaux,
S'imaginant que leur pratique
Diminuoit par l'hydraulique,
Et quHippocrate estoit
perdu
Si Ciceron n'estoit fondLt
Près
Prés de là
,
si l'on m'en
veut croire,
On doit passer au Sudatoire;
Mais il faut bientost s'épouffer
,
A moins que l'on veüille
étouffer,
Y faisant chaud de telle
forte
Qu'aussitost l'on) cherche
la Porte.
On voit presqueaumesme
chemin
Les fameux Bains de Saint
Germain
Nommez Thermes de Fumerolles.
Je n'ay presque point de
paroles
• Pour vous expliquer les
raisons
Des fumantes exhalaisons
Qui cette Caverne remplissent
,
Etde leurs vapeurs lanoircissent.
Fuligineuses qualirez
, Que de cerveaux vousenteftez!
-
Domicile sudorisique,
De Vulcain l'affreuse Boutique,
Si- tost qu'on respire vostre
air,
-
On croit avoir cervelle en
rair,
Etre aux Sabat par negro- mance,
Et le sçais par experience.
Au reste,ce Lieu tant vanté
l, A Theureuse proprieté
Deguerir mainte maladie,
Soit de France, soitd'Ausonie
; et quand on apporte en ce
Lieu,
Tout fumant, tout bruslant -
de feu,
Une autre Eau qui foit étrangere,
Soit qu'elle pese, ou soit
kgere,
Ce Bain,sans s'enappercevoir,
Luvycoommiurni.queso-n.pou- <
Chacun sçait que les Bains
, d'Alise
Etde Plombieres,font de
mise;
Qu'à Vichy, qu'à Spa,qu'à
-
Mion,
Ils font enréputation;
Qu'on peut de vous dire le
1 meUne/
Bains de Pougues, Bains
de Belesme ;
Que d'ailleurs il n'est rien
sibon
Que font vos Eaux,Bains
de Bourbon.
Qui font rajeunir les Personnes,
Fussent vieilles comme
Gorgones,
L'à l'on vient chercher de
, beaux ans,
Dans les plus beaux jours
,
du Printem ps,
En chemin l'amour pouvez
faire
Pour vostreusage salutaire.
Je ne vous obmettray jamais,
Belles Etuves, beaux Bains
d'Aix,
J'entens icy d'Aix la Chapelle,
Car vostre structure est
tres- belle,
Et les Germains de tous
costez
Recherchent vos humiditez.
ATongres,au Païs de
Trêves,
Aussi-bien qu'au climat de
Cleves,
On rencontre encor tous
les jours
De ces favorables secours.
Ainsi la belle Germanie
A ses Bains comme l'Ausonie
,
Et comme les charmans
Païs
Soumis au Monarque des
Lys.
A Moscou, Païs des Fourures,
Climat tout glacé de froidures,
Où regnent l'Aigle & le
Croissant,
Etdansl'Empireflorissant
Ou le Soleil onidolâtre,
Des Bains de Porphire&
d'Albâtre,
Tous remplis de bonnes
odeurs,
Se font voir chez les grands
Seigneurs.
C'efi là.ce qui fait leurs
delices,
Leurs passetemps, leurs
exercices;
Surtout chez les Orientaux,
Et chez les Septentrion-
,
naux,
Fréquemment les Bains
-'
.,
on visite
5
Passeroit pour hétéroclite,
Et bourru, qui s'en passeroit,
Qu'on vive à Rome comme
à Rome,
Si l'on veut vivre en honneste
Homme.
Forges & Montdor
, pres
de Rheims,
Fournissent encor de bons
Bains,
Dont se prévaut mainte
Personne.
Acqs & Therfis, prés de
Bayonne,
Balleruc
, avec Barbotan,
Sont encore visitez chaque
an,
Pour leurs Bains, qui dans
la Nature
Ont tousjours fait belle
,
figure.
Nommons-en encor quelques
uns
Que l'usage a rendus communs
Comme utiles , en cent manieres
Les Bains de Barege &
Bagnieres, o
Dont les plus sçavans Médecins
Font le pont aux ânes des
Bains.
Fermer
Résumé : ENVOY burlesque par un oisif qui s'ennuye aux eaux de Forges.
Le texte traite des bienfaits et des diverses utilisations des bains, tant pour le loisir que pour la santé. Les bains sont considérés comme des remèdes efficaces contre plusieurs afflictions, telles que les catharres, les rhumatismes, les vapeurs et les troubles de l'esprit. Ils sont classés selon leur composition (alumineux, plombés, ferreux, bitumineux) et leur température (chauds ou froids). Les bains peuvent être naturels ou artificiels, et leur usage varie en fonction des besoins de santé de chacun. L'origine des bains chauds est attribuée à Ana, fils de Sebeon, et à Vulcain, qui offrit un bain chaud à Hercule. Les bains froids sont associés aux Argonautes, qui se lavaient sur les rivages de la mer Tyrrhène. Historiquement, les bains étaient utilisés par les Romains et les Grecs, et leur pratique variait selon les époques et les cultures. Le texte mentionne également des bains célèbres comme ceux de Pouzzoles, de Saint-Germain, de Vichy, de Spa et de Bourbon, reconnus pour leurs propriétés curatives. Les bains sont également présents dans diverses régions, y compris la Germanie, la Russie et l'Empire ottoman, où ils sont appréciés pour leurs bienfaits et leurs plaisirs. Enfin, le texte souligne l'importance des bains dans la vie quotidienne et leur rôle dans la prévention et le traitement des maladies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 145-178
Examen des Eaux de Bourbon par Monsieur Burlet.
Début :
Les chaleurs excessives qu'il a faites les deux premieres semaines / Les Eaux chaudes de Bourbon n'estoient autrefois en usage que [...]
Mots clefs :
Eaux de Bourbon, Eaux , Eau, Acides, Bains, Sel, Chaleur, Médecins, Évaporation, Boisson, Liqueur, Esprit, Malades, Vitriol, Papier, Puits
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texteReconnaissance textuelle : Examen des Eaux de Bourbon par Monsieur Burlet.
Les chaleurs excessives qu'il
a faites les deux premiereS' semairiesde
ce mois,m'bnrdé*'
terminé à préférer à plusieurs
MémoiresLittéraires qu'onm'a
donné, un Examen des
Eaux de Bourbon. J'ay crû
quequ'onpetit tirer
de leurs vertus, malgré la-i
connoissance & lexperience
qu'on en a déja, meritoit
qu'on fit le détail de leurs proprierez,
avant que la faifott*
où les bains font d'un usage
plus salutaire, fut plus avancée..
L'examen qu'onen va
lire est un ouvrage du sçavant
Monficur Burlet, de la Facul.
té de Paris, & premier Medecindu
Roy d'Espagne.
.'! i- Examen desEaux de Bourbonj
;, par MonjteurBurlct.
, LesEauxchaudes deBaurbon
n'estoient autrefois; en
ufogfi que pour baigner: peu
de personnes osoient en boire.
C'eû pour cela qu'on appelle
q-pcorc aujourd'huy Bourbon t/tfrrhambauhjBourbonlesBains
Ces Eaux avant Messieurs
«**Dc*lotme & Aubri, Medecins;
celebres de Moulins
n'estoient point dans cette
réputation où elles sontaujourd'huy.
Ce sont euxqui
en ont étendu, appuque
l'usageà un grand nombre de
maladies intérieures, & qui
ont appris à n'en pas redouter
l'abondante boisson.
Il y a trois puits à Bourbon
contigus, & placez sur la me*
me ligne,qui communiquent
les uns aux autres pardes
ouvertures, & unemême
source fournit également
l'eau à ces trois puits. Elle est
presque toûjours à la même
hauteur de sept pieds ou en*.
viron, & elle ne décroit pas
rume. dans les chaleurs & les
sécheresseslesplus, grandes.
L'eaudeces puitsbout dune
manieresensible,&elleexhale
une fuméeassez abondante.
Onremarque que la surface
decetteeauquand "cllq
n'estpointagitée paroistun
peu terne, & qu'il s'y forme
commeunepelliculegrasse&
onctueuse, si mince néanmoins
& si superficielle, que
quelques efforts qu'on fasse,
& quelque soin qu'on prenne,
on ne peut lareccuillir.
L'Eau de Bourbon en: çres-
»i
claire & tres limpide dans le
verre sans presque aucune
odeur, d'une chaleur vive,
mais qui n'a rien d'acre ni de
brûlant : d'une faveur qui tire
sur le falin lixiviel, bien
plus foible & bien moins sensible
que dans l'eau de Vichi.
Ayant plongélemême
Thcrmometre dont je me
fuis servi à Vichi dans le Puits
du milieu
,
la liqueur a monté
à prés de cinquante-quatre
lignes; de maniere que l'eau
de Bourbon à deux degrez de
chaleur sur l'eau la plus chaude
de VicbL
Cette chaleur des eaux de
Bourbon se conserve tres-longtemps,
& une eau commune
chauffée au mêmedegré,
& la plus boüillante même e si:
refroidie, quand celle cy est
encore plus que tiede.
Tout le monde sçait que
ces eaux tirées de leur source
& remisesincessamment sur
le feu ne boüillent pas plus
promptement que l'eau commune
la plus froide. Onsçait
encore que dans ces eaux,
quoique très chaudesles plances
ne s'y flétrissent point.
Pour découvrir le principe
,
minerai des eaux de Bourbon,
je me fuis fcrvi des mêmes
essais, & ay presque fait les
mêmes expériences quej'ay
faites sur les eaux de Vichi.
Voilà1la différence que j'ay trouve.
Ayant meslé de l'eau dans
des bains avec la dissolution
du sel de Nitre filtrée, il ne
s'y est fait ni lait virginal ni
caillé, ni précipitation, l'eau
est demeurée claire.
Ayant ajouté à ce mélange
quelques goûtes d'esprit de Vitriol
,il s'y en fair d'abord un
lait virginal, qui s'est précipité
enfuitc, en une cfpcccde
caillé blanc. La même chofc
est arrivée en faisant cette experience
sur les eaux de Vichi.
La dissolution de couperose
qui avoit la couleur d'un
vcrd naissant, meslée avec
l'eau des bains, l'a jaunie d'abord
y
puis y a fait un caillé
par floccons, lesquels se précipitant
peu à peu ont pris
une couleur rougeâtre. Le
même changement cft arrivé,
mais bien plus promptement
& plus fenfibleraent dans les
eaux de Viclit.
L'eau deBourbon, non plus
que celle de Vichin'a point
changé la couleur de sa rolution
du Tournefol.
L'eau de Bourbon menée
avec le vinaigre distillé,l'aigre
de souffre & les autres acides,
bouillonne & fomente, mais
plus obfcurcment que l'eau
de Vichi,
Le papier bleu rougi par
l'esprit de Vitriol, a repris
aussi sa couleur dans l'eau de
Bourbon.
La poudre de Noix de Galles
qui donne une couleur de
vin pailler à leau de Vichi n'a
point ou peu changé l'eau de
Bourbon,
L'eau de litchi verdit le
sirop violat, celle de Bouts
bon ne lui donnequ'une couleur
de gris de lin.
Cette mêmeeaumeslée avec
l'infusion de rosesrouges
sans acides ne la point changée,
mais l'ayanc meslée avec
la teinture de roses rougies par
l'esprit de Vitriol,elle l'a
rendued'un beau violet amarante.
Par tous ces premiers essais
la raison fait d'abord concevoir,
que le mineral qui domine
dans les eaux de Bourbon
ca aussi un sel alkali, qui
ne paroist gucres dirent du
sel alkali des eaux de Vichi.
Pour s'en affurcr davantage,
,& demesser les autres principes
de ces eaux, j'en ay fait faire
l'analise de la maniéré suivan.
te.
J'ay fait mettre douze liv.
d'eau de bains dans une ferrine
pourla faire évaporer lentement
sur le feu. Dés qu'ellc
a commencé à chauffer, elle
a donné une odeur de mout
de vin cuit; & à mesure qu'elle
s'est évaporée, l'eau s'est rendue
de plus en plus salée au goût. Il est relié aux bords
de la terrine une refidencq
blancbâcre, inlipide) & qu1
croquoit fous la dcnr.
L'eau conlumée & reduird
à huic ou neuf onces, je l'ay
fait filtrer, il s'en ca réparé 6^
attaché au papier gris une matierc
épaisse, grasse & comme
muctlagineufc, qui après la,
filtrationfinie pesoit une?
dragmc, & quinze grains
pour le moins.
La liqueur filtrée remisesur
le feu s'cil encore évaporée,
& quand elle a commencée à
faire une pellicule) je l'ay fait
porter à la cave:il s'est formé
quelques cristaux fort brilans,
tres..minces & qui paroislenttaillez
à facettes. Ce que
j'en ay pu ramasser quand ils
ont cfté dessechez, ne pesoit
que cinq ou six grains: leur
faveur estoit fort douceatrc,
&d'un vray goûclixiviet.
Enfin l'evaporation faite
jusqu'à siccité
,
il est resté au
fond de la terrine trois gros
& plus de deux scrupules de
residence saline.
J'ayexamine ensuite toutes
ces portions dont la somme
monte à cinqdragmes ou
environ:sçavoir
, une dragme
& quinze grains de matiere
mucilagineu se adhérente au
papier gris, cinq ou six grains
de cristau
,
trois dragmes, &
deux scru pules de residence,
& dix ou douze grains de
substance blanchâtre ratissée
sur les, parois de la terrine à
mesure que l'eau décroissoir.
Mr Duclos, par son examen
a trouve que ces eaux
transportées avoient cinquante
- neuf grains de residence
par pinte.
Mr Geoffroy, qui les aexaminées
sur les lieux en a trouvésoixante-
trois, ôcpar nôtre
calcul nous trouvons la
même chose à fort peu de
différence prés.
Par l'examen de ces portions
sé parées, il m'a paru
que cette substance blanchâtre
adherente & qui craque;
fous la dent, n'etf qu'une pu-f
re terre alKaline, car elle fermente
un peu avec les acides.
Que la matière mucilagineuse
attachée au papier gris,
est encore cette mêmeTerre,
mais meslée de matiere sulphureuse
& de quelque legere portion,
de fer.
La substance fulphurcufe
dans cette portion se mani
feste d'nne manièresensible
en engraissant le pa pier, &y
laissant une impression d'huile,
d'ailleurs jettée sur lescharbons
ardens, elle y rougit
d'abord,noircit ensuite en
cjetteanttquielcquess p.etites étwu ¡ Avec le coûteau émanté
j'ay enlevé quelques particules
de fer de la tetre noire qui
est restée aprèsl'avoir calcinée.
Les trois gros & deux scrupulesde
residence salines contenoient
un sel lixiviel,meslé
lé de quelque portion de
terre;& ce sel par tous les esfais
n'a pas paru différent du
sel des eaux de Vichi,tiré
aussi par évaporation. Il l'a
fermente violemmentavec les
acides de toutes especes.
Par cette analise on trouveroic
prcfque les mêmes principes
dans Les eaux de Bourbon
que dans celles de Vichi;
-mais dans des propositions. différentes*.
Mr Saignette, prétend qu'apres
avoir examiné avec une
grande attention la residence
saline des eaux de Bourbon,
& après avoir demeslé les différens
sels qui la composent, il
a trouvé, sans pouvoir en
douter,-presque portion égale
de sel marin& de sel alkali ;
que ces deux fcls luy ont
paru fort distincts & par leur
figure & par les épreuves qu'il
en a faites.
- Qu'ayant mis quatorze liv*
des eaux de Bourbon évaporer
il avoit eu après une suffisante
évaporation par la cristallisation
à froid, des cristaux
pentagones & hexagones
longs, de la figure & du goût
du sel sucrin, ou sel calcarius
décrit dans Mr Lister, faisant
le maroquin entre les dents,
d'une tegerc stipticité, douceatte,
& qui Ce bourfouffloient
au feu comme l'alun,
sans avoir d'acidité apparente,
non plus que de saveur alkaline.
Qu'ayant ensuite fait évaporer
la liqueur davantage,
il avoit eu descristaux de sel
alkalidistinct,& du sel falin
ou marin grumelé, qui se trou-
-
voient tels sans équivoque.
<
Je n'ay pû vérifier cette experience
dans toutes ces circonstances
marquées; & dans
les trois dragmes & deux
scrupules de residence saline
qui m'est restées je n'ay pû,
démesler par les essais & reconnoistre
qu'un sel alkali,
comme je viens de le dire,
dont le mélange avec toute
forted'acides excite de violentes
fermentations.
,,
Mr Geoffroi, dans le mémoire
qu'il m'acommuniqué,
assure qu'après beaucoup de
recherches,&après l'examen
le plus exact du sel contenu
dans la re sidence de ces eaux;
il avoit reconnu un peu de
fcl marin meslé avec le sel afc
kalimineral deeaux
-
, Il me relle encore quatre
ou cinqoncesde residence que
j'ay cû la précaution d'apporter;
je l'examinerai avec Mr
Geoffroi, quand il lui plaira,
afin de déterminer, s'il est possible,
fous quelle quantité &
fous quelle proportion ce sel
se trouve meslé dans les eaux
de Bourbon. Car qu'il y soit
presque en partie égale avec
l'alkali mineral; il y a beaucoup
lieu d'en doutèr, quoi
quendise Mr Saignette, & les
Medecins des lieux qui ont
souvent fait l'anali se de leurs
, eaux, le nientfort positive-
"lent.
Un Auteur moderne, qui
depuis quelquesannées fous
le nom de Pascal, a donné un
Traitédes Eaux de Bourbon., rejette
la pluspart des anahfes
de ces eaux faites par le secours
du feu. Il prétend que
si l'on fait évaporer ces caux
au Soleil, le sel tiré par cette
evaporation lente & douce,
est fort differenr de celui tiré
par le moyen du feu; qu'il
touche les acides, sans les exciter
à aucune fermentation
sensible; qu'il ne précipite aucune
dissolution faite par un
menstrueacide, & en un mot
qu'il n'cft point alkali. Il avance
que le sel des eaux de
Bourbonale caractered'un
sel Androgin,& qu'il est composé
d'unacide volatil & d'ul)
alkali sixe, dont l'alliage qui
n'est pas à l'épreuve du ftut
à cause qu'il est trop acre, &
trop penetrant, resiste à la
chaleur du Soleilqui évapore
ces eaux d'une maniere lente
de douce, & fait ou que ce
sel demeure dans son entier
ou qu'une partie de son volatil
s'y conserve
, & que ce
qu'ily a de fixe en demeurant
empreint, il n'est capable
d'aucuns de ces effets qui
conviennent aux fels lixivieux
que le feu a rendus ouverts,
vuides & permeables aux
acides.
Il ajoûte qquu'»i'ill y a dans les
eaux de Bourbon un autre
principe actifintimement répandu
,un souffrevif, mobile,
animé, quin'est sensible
que par la chaleur,que par subtilité
& sa dissipation prompte
échappe à toutes les recherchesanalitiques
de la Chimie,
qui pour la pluspart sont très*
infideles, & qui par consequent
ne peuvent nous rien
donner
donner que de fausses ou tresimparfaites
connoissances des
principes des mixtes.C'eû
donc selon luy un sel vitreux,
purifié rempli des parties volatiles,
qui eû le sel naturel
des eaux de Bourbon& non
ce sel alkali fixe qui nous
reste aprés l'évaporation, &
fqeuui.n'est tel que par l'aéèion du
Cet Auteur soûtient son
hypothcfe par beaucoup de
preuves & d'experiences bien
raisonnées.
Il seroit inutile de s'étendre
davantage sur la discussion &
la recherche des principes mineraux
des eaux de Bourbon.
Dans ces matières il est des
bornesqu'on ne peut gueres outre-passer. <
Il me reste àdire quelque
chose des vertus medecinales
deces eaux; maiselles font si
universellement reconnues,&
-orken a cléiaécrit.ique
jeme contenteray de rapporter
quelques observations que
@ j'ay eu lieu de faire, qui peuvent
estrede quelque utilité
dans la pratique deces eaux.
Comme elles sont fort peu
purgatives &qu'il estd'usage
de les aider, où par le me'
lange des eaux deVichi, qui
le sont beaucoup plus, ou par
l'addition de quelques fels
comme le sel vegetal, la crême
de Tartre, le sel Polychreste
de la Rochelle, &c.
j'aytrouvé que l'Arcanum duplicatum
de Mynsiche, qu'il
nomme autrement Sal è duobus,
Stl sapientioe
,
leur donnoit
une efficacité bien superieure
à celle de tous ces autres
sels,& que les per sonnes
qui n'estoient point purgées
avec le secours de ces fels ordinaires
,
l'estoient beaucoup
par l'addition de ccluy
- cy.
On ne le connoissoit point dia
toutàVichi,& à Bourbon&
aucun des Medecins n'en avoit
fait usage. On sçait que
ce sel cA: tiré de lateste morte
de la distillation de l'eau
forte
,
& que c'est par consequent
un sellixiviel bien alkasisé,
quiresultedela partie fixe
du nitre & du vitriol. Il y a
une legere stipticité meslée de
quelque amertume, qui le rend
sottsubtil & fort,pénétrant.
Illefond tres-aisement, il sallle
avec le sel naturel de ces
eaux, dont il augmenre de
beaucoup la vertu purgative
sans qu'elles en agissent moins
pour cela par les voyes des uunes,
& celles de la transpiration.
J'en aivû de merveilleux
effets, & je ne doure
point que dans la suite ce sel
ne devienne à Vichi & à Bourbon
d'un usage tres familier.
La dose est d'ordinaire d'un
gros & demi, à deux gros dans
les deux premiers verres de
boisson, deux jours l'un, ou
même tous les jours quand les
eaux sont lentes ou qu'elles ne
ptirgfnt point, comme il ar..
tive tres- souvent.
J'ay remarqué qu'on vomie
aisément ces eaux quand on
en boit, sur tout les premiers
jours, & qu'on en presse la
boisson.
L'eau de Bourbon prise en
lavement, adoucit beaucoup
elle resserre même, & on s'en
sert dans les diflfenteries, aussi
bien que dans les coliques. On
la donne chaude comme elle
fort des Puits, sans que les
Malades se plaignent de sa
trop grande chaleur. On ne
pourroit recevoir ny retenir
une eau commune chauffée au
mêmedegré.
Quand il faut fondre, redonner
auxliqueurs leur première
fluidité, ranimer dans le
fang & dans les visceres les levains
quis'y trouvent déprimer
& languissans; c'est pour
lors qu'elles agissent presqueà
coup sûr: mais si elles trouvent
des humeurs trop mobiles,
& des sermens agitez,
elles causent le plus souvent
du desordre, & on en obligé
d'en fairecesser l'usage. Elles
font cependant bien moins
vives, & ont quelque chose
de plus doux & de plus balsamique
que celles de Vichy,
Le merite de ces eaux, comme
de tous les autres remedes,
dépend beaucoup de la juficI:
se de leur application.
,
Il est bien important que
les malades qui ont bu & pris
les Bains de Bourbon, évitent
pendant quelque temps avec
toutes fortes de précautions
les injures de l'air, & sur tout
les vents du Nord, les pluyes,
les brouillards;parce que leurs
corps par l'action de ces eaux
animées, se trouvans tout ouverts
& comme percez à jour,
sû m'est permis de me servir
de cette expression, la xnoiadre
imprcffion du froid les
resserre, il se fait des reflux de
la matière transpirable, d'où
naissent de grandes & subites
maladies. C'est pour cette raison
que la saison printanniere
qui devance l'Eté ,est preferable
à celle de l'Automne,que
l'Hyver suit de si prés, & les
Malades n'ont pas les mêmes
accidens à craindre au retour
de ces eaux. Tous les Praticiens
qui ont manié les eaux,
n'ont pas manqué de fairecette
observation ; & elle m'a
bien esté confirmée par ce
qui arriva & que je ne pus
empêcherà l'illustre Malade
quej'avois l'honneur d'accompagner.
En revenant de Bourbon
il ne ressentit que trcs..,
legerement l'impressiond'un
broüillardpouravoir eu fort
peudetemps une des glaces
de son carosse baissée;&dans
le moment il eut une fluxion
considerable sur, le visage,
& la langue, qui ne cessa qua
mesure qu'on le réchauffa,
& que la transpiration interceptée
fcut rétabbJl"ie.
a faites les deux premiereS' semairiesde
ce mois,m'bnrdé*'
terminé à préférer à plusieurs
MémoiresLittéraires qu'onm'a
donné, un Examen des
Eaux de Bourbon. J'ay crû
quequ'onpetit tirer
de leurs vertus, malgré la-i
connoissance & lexperience
qu'on en a déja, meritoit
qu'on fit le détail de leurs proprierez,
avant que la faifott*
où les bains font d'un usage
plus salutaire, fut plus avancée..
L'examen qu'onen va
lire est un ouvrage du sçavant
Monficur Burlet, de la Facul.
té de Paris, & premier Medecindu
Roy d'Espagne.
.'! i- Examen desEaux de Bourbonj
;, par MonjteurBurlct.
, LesEauxchaudes deBaurbon
n'estoient autrefois; en
ufogfi que pour baigner: peu
de personnes osoient en boire.
C'eû pour cela qu'on appelle
q-pcorc aujourd'huy Bourbon t/tfrrhambauhjBourbonlesBains
Ces Eaux avant Messieurs
«**Dc*lotme & Aubri, Medecins;
celebres de Moulins
n'estoient point dans cette
réputation où elles sontaujourd'huy.
Ce sont euxqui
en ont étendu, appuque
l'usageà un grand nombre de
maladies intérieures, & qui
ont appris à n'en pas redouter
l'abondante boisson.
Il y a trois puits à Bourbon
contigus, & placez sur la me*
me ligne,qui communiquent
les uns aux autres pardes
ouvertures, & unemême
source fournit également
l'eau à ces trois puits. Elle est
presque toûjours à la même
hauteur de sept pieds ou en*.
viron, & elle ne décroit pas
rume. dans les chaleurs & les
sécheresseslesplus, grandes.
L'eaudeces puitsbout dune
manieresensible,&elleexhale
une fuméeassez abondante.
Onremarque que la surface
decetteeauquand "cllq
n'estpointagitée paroistun
peu terne, & qu'il s'y forme
commeunepelliculegrasse&
onctueuse, si mince néanmoins
& si superficielle, que
quelques efforts qu'on fasse,
& quelque soin qu'on prenne,
on ne peut lareccuillir.
L'Eau de Bourbon en: çres-
»i
claire & tres limpide dans le
verre sans presque aucune
odeur, d'une chaleur vive,
mais qui n'a rien d'acre ni de
brûlant : d'une faveur qui tire
sur le falin lixiviel, bien
plus foible & bien moins sensible
que dans l'eau de Vichi.
Ayant plongélemême
Thcrmometre dont je me
fuis servi à Vichi dans le Puits
du milieu
,
la liqueur a monté
à prés de cinquante-quatre
lignes; de maniere que l'eau
de Bourbon à deux degrez de
chaleur sur l'eau la plus chaude
de VicbL
Cette chaleur des eaux de
Bourbon se conserve tres-longtemps,
& une eau commune
chauffée au mêmedegré,
& la plus boüillante même e si:
refroidie, quand celle cy est
encore plus que tiede.
Tout le monde sçait que
ces eaux tirées de leur source
& remisesincessamment sur
le feu ne boüillent pas plus
promptement que l'eau commune
la plus froide. Onsçait
encore que dans ces eaux,
quoique très chaudesles plances
ne s'y flétrissent point.
Pour découvrir le principe
,
minerai des eaux de Bourbon,
je me fuis fcrvi des mêmes
essais, & ay presque fait les
mêmes expériences quej'ay
faites sur les eaux de Vichi.
Voilà1la différence que j'ay trouve.
Ayant meslé de l'eau dans
des bains avec la dissolution
du sel de Nitre filtrée, il ne
s'y est fait ni lait virginal ni
caillé, ni précipitation, l'eau
est demeurée claire.
Ayant ajouté à ce mélange
quelques goûtes d'esprit de Vitriol
,il s'y en fair d'abord un
lait virginal, qui s'est précipité
enfuitc, en une cfpcccde
caillé blanc. La même chofc
est arrivée en faisant cette experience
sur les eaux de Vichi.
La dissolution de couperose
qui avoit la couleur d'un
vcrd naissant, meslée avec
l'eau des bains, l'a jaunie d'abord
y
puis y a fait un caillé
par floccons, lesquels se précipitant
peu à peu ont pris
une couleur rougeâtre. Le
même changement cft arrivé,
mais bien plus promptement
& plus fenfibleraent dans les
eaux de Viclit.
L'eau deBourbon, non plus
que celle de Vichin'a point
changé la couleur de sa rolution
du Tournefol.
L'eau de Bourbon menée
avec le vinaigre distillé,l'aigre
de souffre & les autres acides,
bouillonne & fomente, mais
plus obfcurcment que l'eau
de Vichi,
Le papier bleu rougi par
l'esprit de Vitriol, a repris
aussi sa couleur dans l'eau de
Bourbon.
La poudre de Noix de Galles
qui donne une couleur de
vin pailler à leau de Vichi n'a
point ou peu changé l'eau de
Bourbon,
L'eau de litchi verdit le
sirop violat, celle de Bouts
bon ne lui donnequ'une couleur
de gris de lin.
Cette mêmeeaumeslée avec
l'infusion de rosesrouges
sans acides ne la point changée,
mais l'ayanc meslée avec
la teinture de roses rougies par
l'esprit de Vitriol,elle l'a
rendued'un beau violet amarante.
Par tous ces premiers essais
la raison fait d'abord concevoir,
que le mineral qui domine
dans les eaux de Bourbon
ca aussi un sel alkali, qui
ne paroist gucres dirent du
sel alkali des eaux de Vichi.
Pour s'en affurcr davantage,
,& demesser les autres principes
de ces eaux, j'en ay fait faire
l'analise de la maniéré suivan.
te.
J'ay fait mettre douze liv.
d'eau de bains dans une ferrine
pourla faire évaporer lentement
sur le feu. Dés qu'ellc
a commencé à chauffer, elle
a donné une odeur de mout
de vin cuit; & à mesure qu'elle
s'est évaporée, l'eau s'est rendue
de plus en plus salée au goût. Il est relié aux bords
de la terrine une refidencq
blancbâcre, inlipide) & qu1
croquoit fous la dcnr.
L'eau conlumée & reduird
à huic ou neuf onces, je l'ay
fait filtrer, il s'en ca réparé 6^
attaché au papier gris une matierc
épaisse, grasse & comme
muctlagineufc, qui après la,
filtrationfinie pesoit une?
dragmc, & quinze grains
pour le moins.
La liqueur filtrée remisesur
le feu s'cil encore évaporée,
& quand elle a commencée à
faire une pellicule) je l'ay fait
porter à la cave:il s'est formé
quelques cristaux fort brilans,
tres..minces & qui paroislenttaillez
à facettes. Ce que
j'en ay pu ramasser quand ils
ont cfté dessechez, ne pesoit
que cinq ou six grains: leur
faveur estoit fort douceatrc,
&d'un vray goûclixiviet.
Enfin l'evaporation faite
jusqu'à siccité
,
il est resté au
fond de la terrine trois gros
& plus de deux scrupules de
residence saline.
J'ayexamine ensuite toutes
ces portions dont la somme
monte à cinqdragmes ou
environ:sçavoir
, une dragme
& quinze grains de matiere
mucilagineu se adhérente au
papier gris, cinq ou six grains
de cristau
,
trois dragmes, &
deux scru pules de residence,
& dix ou douze grains de
substance blanchâtre ratissée
sur les, parois de la terrine à
mesure que l'eau décroissoir.
Mr Duclos, par son examen
a trouve que ces eaux
transportées avoient cinquante
- neuf grains de residence
par pinte.
Mr Geoffroy, qui les aexaminées
sur les lieux en a trouvésoixante-
trois, ôcpar nôtre
calcul nous trouvons la
même chose à fort peu de
différence prés.
Par l'examen de ces portions
sé parées, il m'a paru
que cette substance blanchâtre
adherente & qui craque;
fous la dent, n'etf qu'une pu-f
re terre alKaline, car elle fermente
un peu avec les acides.
Que la matière mucilagineuse
attachée au papier gris,
est encore cette mêmeTerre,
mais meslée de matiere sulphureuse
& de quelque legere portion,
de fer.
La substance fulphurcufe
dans cette portion se mani
feste d'nne manièresensible
en engraissant le pa pier, &y
laissant une impression d'huile,
d'ailleurs jettée sur lescharbons
ardens, elle y rougit
d'abord,noircit ensuite en
cjetteanttquielcquess p.etites étwu ¡ Avec le coûteau émanté
j'ay enlevé quelques particules
de fer de la tetre noire qui
est restée aprèsl'avoir calcinée.
Les trois gros & deux scrupulesde
residence salines contenoient
un sel lixiviel,meslé
lé de quelque portion de
terre;& ce sel par tous les esfais
n'a pas paru différent du
sel des eaux de Vichi,tiré
aussi par évaporation. Il l'a
fermente violemmentavec les
acides de toutes especes.
Par cette analise on trouveroic
prcfque les mêmes principes
dans Les eaux de Bourbon
que dans celles de Vichi;
-mais dans des propositions. différentes*.
Mr Saignette, prétend qu'apres
avoir examiné avec une
grande attention la residence
saline des eaux de Bourbon,
& après avoir demeslé les différens
sels qui la composent, il
a trouvé, sans pouvoir en
douter,-presque portion égale
de sel marin& de sel alkali ;
que ces deux fcls luy ont
paru fort distincts & par leur
figure & par les épreuves qu'il
en a faites.
- Qu'ayant mis quatorze liv*
des eaux de Bourbon évaporer
il avoit eu après une suffisante
évaporation par la cristallisation
à froid, des cristaux
pentagones & hexagones
longs, de la figure & du goût
du sel sucrin, ou sel calcarius
décrit dans Mr Lister, faisant
le maroquin entre les dents,
d'une tegerc stipticité, douceatte,
& qui Ce bourfouffloient
au feu comme l'alun,
sans avoir d'acidité apparente,
non plus que de saveur alkaline.
Qu'ayant ensuite fait évaporer
la liqueur davantage,
il avoit eu descristaux de sel
alkalidistinct,& du sel falin
ou marin grumelé, qui se trou-
-
voient tels sans équivoque.
<
Je n'ay pû vérifier cette experience
dans toutes ces circonstances
marquées; & dans
les trois dragmes & deux
scrupules de residence saline
qui m'est restées je n'ay pû,
démesler par les essais & reconnoistre
qu'un sel alkali,
comme je viens de le dire,
dont le mélange avec toute
forted'acides excite de violentes
fermentations.
,,
Mr Geoffroi, dans le mémoire
qu'il m'acommuniqué,
assure qu'après beaucoup de
recherches,&après l'examen
le plus exact du sel contenu
dans la re sidence de ces eaux;
il avoit reconnu un peu de
fcl marin meslé avec le sel afc
kalimineral deeaux
-
, Il me relle encore quatre
ou cinqoncesde residence que
j'ay cû la précaution d'apporter;
je l'examinerai avec Mr
Geoffroi, quand il lui plaira,
afin de déterminer, s'il est possible,
fous quelle quantité &
fous quelle proportion ce sel
se trouve meslé dans les eaux
de Bourbon. Car qu'il y soit
presque en partie égale avec
l'alkali mineral; il y a beaucoup
lieu d'en doutèr, quoi
quendise Mr Saignette, & les
Medecins des lieux qui ont
souvent fait l'anali se de leurs
, eaux, le nientfort positive-
"lent.
Un Auteur moderne, qui
depuis quelquesannées fous
le nom de Pascal, a donné un
Traitédes Eaux de Bourbon., rejette
la pluspart des anahfes
de ces eaux faites par le secours
du feu. Il prétend que
si l'on fait évaporer ces caux
au Soleil, le sel tiré par cette
evaporation lente & douce,
est fort differenr de celui tiré
par le moyen du feu; qu'il
touche les acides, sans les exciter
à aucune fermentation
sensible; qu'il ne précipite aucune
dissolution faite par un
menstrueacide, & en un mot
qu'il n'cft point alkali. Il avance
que le sel des eaux de
Bourbonale caractered'un
sel Androgin,& qu'il est composé
d'unacide volatil & d'ul)
alkali sixe, dont l'alliage qui
n'est pas à l'épreuve du ftut
à cause qu'il est trop acre, &
trop penetrant, resiste à la
chaleur du Soleilqui évapore
ces eaux d'une maniere lente
de douce, & fait ou que ce
sel demeure dans son entier
ou qu'une partie de son volatil
s'y conserve
, & que ce
qu'ily a de fixe en demeurant
empreint, il n'est capable
d'aucuns de ces effets qui
conviennent aux fels lixivieux
que le feu a rendus ouverts,
vuides & permeables aux
acides.
Il ajoûte qquu'»i'ill y a dans les
eaux de Bourbon un autre
principe actifintimement répandu
,un souffrevif, mobile,
animé, quin'est sensible
que par la chaleur,que par subtilité
& sa dissipation prompte
échappe à toutes les recherchesanalitiques
de la Chimie,
qui pour la pluspart sont très*
infideles, & qui par consequent
ne peuvent nous rien
donner
donner que de fausses ou tresimparfaites
connoissances des
principes des mixtes.C'eû
donc selon luy un sel vitreux,
purifié rempli des parties volatiles,
qui eû le sel naturel
des eaux de Bourbon& non
ce sel alkali fixe qui nous
reste aprés l'évaporation, &
fqeuui.n'est tel que par l'aéèion du
Cet Auteur soûtient son
hypothcfe par beaucoup de
preuves & d'experiences bien
raisonnées.
Il seroit inutile de s'étendre
davantage sur la discussion &
la recherche des principes mineraux
des eaux de Bourbon.
Dans ces matières il est des
bornesqu'on ne peut gueres outre-passer. <
Il me reste àdire quelque
chose des vertus medecinales
deces eaux; maiselles font si
universellement reconnues,&
-orken a cléiaécrit.ique
jeme contenteray de rapporter
quelques observations que
@ j'ay eu lieu de faire, qui peuvent
estrede quelque utilité
dans la pratique deces eaux.
Comme elles sont fort peu
purgatives &qu'il estd'usage
de les aider, où par le me'
lange des eaux deVichi, qui
le sont beaucoup plus, ou par
l'addition de quelques fels
comme le sel vegetal, la crême
de Tartre, le sel Polychreste
de la Rochelle, &c.
j'aytrouvé que l'Arcanum duplicatum
de Mynsiche, qu'il
nomme autrement Sal è duobus,
Stl sapientioe
,
leur donnoit
une efficacité bien superieure
à celle de tous ces autres
sels,& que les per sonnes
qui n'estoient point purgées
avec le secours de ces fels ordinaires
,
l'estoient beaucoup
par l'addition de ccluy
- cy.
On ne le connoissoit point dia
toutàVichi,& à Bourbon&
aucun des Medecins n'en avoit
fait usage. On sçait que
ce sel cA: tiré de lateste morte
de la distillation de l'eau
forte
,
& que c'est par consequent
un sellixiviel bien alkasisé,
quiresultedela partie fixe
du nitre & du vitriol. Il y a
une legere stipticité meslée de
quelque amertume, qui le rend
sottsubtil & fort,pénétrant.
Illefond tres-aisement, il sallle
avec le sel naturel de ces
eaux, dont il augmenre de
beaucoup la vertu purgative
sans qu'elles en agissent moins
pour cela par les voyes des uunes,
& celles de la transpiration.
J'en aivû de merveilleux
effets, & je ne doure
point que dans la suite ce sel
ne devienne à Vichi & à Bourbon
d'un usage tres familier.
La dose est d'ordinaire d'un
gros & demi, à deux gros dans
les deux premiers verres de
boisson, deux jours l'un, ou
même tous les jours quand les
eaux sont lentes ou qu'elles ne
ptirgfnt point, comme il ar..
tive tres- souvent.
J'ay remarqué qu'on vomie
aisément ces eaux quand on
en boit, sur tout les premiers
jours, & qu'on en presse la
boisson.
L'eau de Bourbon prise en
lavement, adoucit beaucoup
elle resserre même, & on s'en
sert dans les diflfenteries, aussi
bien que dans les coliques. On
la donne chaude comme elle
fort des Puits, sans que les
Malades se plaignent de sa
trop grande chaleur. On ne
pourroit recevoir ny retenir
une eau commune chauffée au
mêmedegré.
Quand il faut fondre, redonner
auxliqueurs leur première
fluidité, ranimer dans le
fang & dans les visceres les levains
quis'y trouvent déprimer
& languissans; c'est pour
lors qu'elles agissent presqueà
coup sûr: mais si elles trouvent
des humeurs trop mobiles,
& des sermens agitez,
elles causent le plus souvent
du desordre, & on en obligé
d'en fairecesser l'usage. Elles
font cependant bien moins
vives, & ont quelque chose
de plus doux & de plus balsamique
que celles de Vichy,
Le merite de ces eaux, comme
de tous les autres remedes,
dépend beaucoup de la juficI:
se de leur application.
,
Il est bien important que
les malades qui ont bu & pris
les Bains de Bourbon, évitent
pendant quelque temps avec
toutes fortes de précautions
les injures de l'air, & sur tout
les vents du Nord, les pluyes,
les brouillards;parce que leurs
corps par l'action de ces eaux
animées, se trouvans tout ouverts
& comme percez à jour,
sû m'est permis de me servir
de cette expression, la xnoiadre
imprcffion du froid les
resserre, il se fait des reflux de
la matière transpirable, d'où
naissent de grandes & subites
maladies. C'est pour cette raison
que la saison printanniere
qui devance l'Eté ,est preferable
à celle de l'Automne,que
l'Hyver suit de si prés, & les
Malades n'ont pas les mêmes
accidens à craindre au retour
de ces eaux. Tous les Praticiens
qui ont manié les eaux,
n'ont pas manqué de fairecette
observation ; & elle m'a
bien esté confirmée par ce
qui arriva & que je ne pus
empêcherà l'illustre Malade
quej'avois l'honneur d'accompagner.
En revenant de Bourbon
il ne ressentit que trcs..,
legerement l'impressiond'un
broüillardpouravoir eu fort
peudetemps une des glaces
de son carosse baissée;&dans
le moment il eut une fluxion
considerable sur, le visage,
& la langue, qui ne cessa qua
mesure qu'on le réchauffa,
& que la transpiration interceptée
fcut rétabbJl"ie.
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Résumé : Examen des Eaux de Bourbon par Monsieur Burlet.
Le texte examine les eaux thermales de Bourbon, initialement utilisées pour des bains, mais dont l'usage a été étendu à diverses maladies internes par les médecins Declot et Aubri. Ces eaux proviennent de trois puits contigus alimentés par une même source, dont le niveau reste constant indépendamment des conditions climatiques. Elles sont chaudes, limpides et ont une saveur saline faible. L'auteur a mené des expériences pour analyser les propriétés des eaux de Bourbon. Il a constaté que ces eaux ne bouillent pas plus rapidement que l'eau ordinaire et que les plantes ne se flétrissent pas en leur présence. Des tests chimiques ont révélé la présence d'un sel alcalin, similaire à celui des eaux de Vichy, mais avec des proportions différentes. Plusieurs experts, dont Monsieur Burlet, Monsieur Saignette et Monsieur Geoffroy, ont confirmé la présence de sel alcalin et, dans certains cas, de sel marin. Un auteur moderne, Pascal, propose une composition différente, suggérant un sel androgyne composé d'un acide volatil et d'un alcalin fixe. Les eaux de Bourbon sont reconnues pour leurs vertus médicinales. Elles sont peu purgatives et sont souvent mélangées avec d'autres substances pour augmenter leur efficacité. L'Arcanum duplicatum de Mynsiche améliore significativement leurs effets purgatifs. Les eaux de Bourbon, administrées en lavement, adoucissent et resserrent, et sont utilisées pour traiter les dysentéries et les coliques. Elles sont moins vives et plus douces que celles de Vichy. Les malades doivent éviter les intempéries après avoir pris les bains de Bourbon, car leurs corps deviennent sensibles au froid, ce qui peut provoquer des reflux et des maladies subites. La saison printanière est préférable à l'automne pour éviter ces risques. Cette observation a été confirmée par l'expérience d'un malade qui a développé une fluxion après avoir été exposé à un brouillard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 285-291
QUESTION PROPOSÉE de Bourgogne à M. D. L. R. sur le Rhume & sur certains regimes de santé, recommandez par les Anciens.
Début :
Depuis que je lis le Mercure j'y ai trouvé si souvent des réponses satisfaisantes [...]
Mots clefs :
Rhume, Médecine, Bains, Anciens, Médecin, Santé
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texteReconnaissance textuelle : QUESTION PROPOSÉE de Bourgogne à M. D. L. R. sur le Rhume & sur certains regimes de santé, recommandez par les Anciens.
QV EsT 10 N PfiOPOSE'E dr
Bourgogne à M. D. L. R. fur le Rhtimç
& fur cenúns régimes de famé , re
commandez, par les Anciens.
DEpuis que je lis le Mercure j'y ai;
trouvé si souvent des réponses satis
faisantes à différentes Questions qui y
avoient été proposées , que j'espere qu'on
voudra bien m'en procurer une par lç
mêmes canal, sur un sujet qui inreressetour
le monde. Il n'çst rien 4e plus préçie
ux que k sarçtç ; nos Anciens avoienr
D vji unv
&$6 ME RCURE DÊ FRANCÉ'
une grande atcentioo sur ccr article. lis
placèrent de tous côtez des Sentences qui
y avoient rapport. Elles étoient quelque
fois rédigées en Vers, quelquefois cn rimes
feulement , d'autres fois en Vers latins
rimez de la nature de ceux qu'on appelle
Techniques , & cela afin qu'on les retint
plus facilement. Mais comme chacun
n'a pas la clef de ces sortes de dictions.,
je me flate que quelque Médecin zélé pour
le bien public voudra bien nous expli
quer ce qui paroît de plus obscur dans
ces sortes de Sentences.
On les trouve en Quatrains au bas de
chaque mois des Calendriers dans presque
cous les Livres d'Eglise qui ont été im
primez en France au commencement du
XVI. siécle avant le Concile de Trente.
II y avoir alors parmi les Chantres & les
autres Ecclésiastiques beaucoup de Méde
cins qui fçavoient faire l'apologie de ces
Vers & qui en dùnnoient le dénouement»
J'en ai des preuves particulières pour l'Eglise
à laquelle je fuis attaché. Aujourd'hui
qu'il n'y en a píiiSjOn regarde ces sortes de
Quatrains comme ridicules & même com
me très-impertinemment placez. Car où
sont-ils imprimez? C'est dans les Missels,
à la marge inférieure du Calendrier , com
me pour servir de brodure au bout des
Saints de chaque mois. Si ces Vers tane
bien
FEVRIER. 1730/ iîf
bien- que mal faits , ne se trouvoient que
«Mis un ou deux Missels , je les croiroís
peu dignes d'attention ; mais comme ils
k rencontrent dans le plus grand nombre
& tnêmé dans ceux de Paris, & dans ceux
de Rome, imprimez en France, c'est une
marque de l'estime generale qu'on ea
avoit. Il n'est donc pas indiffèrent d'exa
miner si cette estime étok bien fondée ôC
si les règles en font solidement établies.
J'ay eu le bonheur de n'être point at
taqué de la maladie qui a été si commune
depuis quelques mois ; mais afin que je
puisse la prévenir au retour d'une autre
année , quelque charitable Médecin voudroit-
il bien nous assurer si l'on peur se
fier à ce qui est marqué dans un de ces
Quatrains í C'est celui du mois de No-;
vembrc.
Fis sanusfieri ? curetur reuma VSovembri :
Quodque nocens vit ai tua fit prítiofa die ta î
Balnea cum ventre tune nulli profit habert :
íotio fit fana, nec jufta minutio v»na.
Voilà , ce me semble , cinq leçons dans
ce Quatrain. Le premier Vers décide que
c'est au mois de Novembre qu'il faut se
préserver du rhume ou le fake Cesser. Il
est en mêmes termes dans la plupart des
differens Missels que j'ay vus. Il y en a
feulement quelques uns où on lit ;
h.tf MERCURE DE FRANCEí
n..c tibì: fcirt dn:ur , qfiod rheuma ìÇtvemèrt
creatur.'
C'est ainsi que je trouve ce premier Vers
dans un Missel de Clugny de 15 10. dans
un d'Autun de 1 5 30. ôc dans-un de Char
tres de 1 53 1. & un de Sens de 1556V
Cetce Variante nous apprend bien que le
rhume se forme en Novembre ; mais elle
n'assure pas qu'il faille f remédier dès cc
mois- là. II est cependant bon de sçavoir
à quoi s'en tenir ; parce que bien des gens
disent que le rhume est de plus longue du
pée lorsqu'on le mitonne que lorsqu'on le
néglige. C'est lur quoi j'attends un parfait
& prompt éclaircissement.
LesVariantes du second Vers n'en chan
gent point le sens. Qj^ajus nociva i>itar
cela revient au même. Pour ce qui est de
dirtit , les Ecclésiastiques plus accoutumez
auxlangages de leurs Rubriques qu'à ce
lui de Galien ou d'Hippocrare , entendoient
autrefois par dieta, l'Office Ferial
Fit dieta, ou bien Pìt de dicta , signifioit"
qu'on faisoit de la Férie. Mais» je croirois
que ces Vers n'ayant pas été composez pat
un Rubriquaire , l' Auteur veut dire qu'il
feut bien prendre garde à la diète qu'on
observera dans ce mois-là. N'est-ce point
en effet la saison où il semble que Tappégt/
renaît à mesure que le froid approche ?
T~ t FEVR sEK. rr?ô-
Je méptiíc la Variante de certains Missels
eù on lit , tua fint pretio/a diEla , ce font'
des fautes grossières qu'on peut rejettec
fur les Imprimeurs, comme s'il falloir
donc parler moins dans le mois de No
vembre que dans les autres , ou bien qu'il
fellùr n'y parler que le langage de cesprécieux
ridicules.
Le grand nombre des Editions contient'
k troisie'me Vers comme je l'ay rapporté
d'après mon Missel Diocésain de l'an 1 5 1 8-»
Cependant celui de Cluny de 1510. ôc
celui d'Autun de 1 5$ o. mettent en stylcassertif.
Salnea eum venere tune nullum constat habere. ■
Ces deux mêmes Missels rapportent aussi;
Hn peu autrement le quatrième Vers, en;
mettant ,Potie fit fana atque minutio bona.
Je pense qu'on y recommande seulement
de prendre garde à ce que l'on boira , &
de songer qu'il sera bon de se faire ti
rer alors un peu de sang. Un Apotiquaire
attentif pourra me reprendre & dire que
folio veut dite là une Médecine , & que'
ce Quatrain ne doit pas donner l'excluíìon
aux fonctions de son ministère. A
cela je suis tout prêt à lui re'pondre , qu'il',
ne paroît pas que l'usage des potions mé
dicinales doive précéder lu saignée , maisqu'il
doit la suivre ,& que tout au plus il
jíst recommandé de ne foint boire trot*'
froid,
tjà MERCURE DE FRANCE:
froid &c peut-être de tremper son vin avetí
tin peu d'eau chaade , dont quantité de
gens, desquels je fuis du nombre, se sonc
bien trouvez. Je crois aussi , que pour ce
qui est de la queuë' du Vers, ri est question
seulement de ces saignées de précaution ,
telles qu'on les pratiquoit anciennement
dans les Monastères, où il falloit que tous
íes Moines se fissent ouvrir la veine à cer
tains jours de Tannée , de la même ma
nière qu'ils se servent tous du ministère
du Barbier un même jour de la semaine.
Au reste , si je me trompe dans mon
explication, je laisse à Messieurs les Doc
teurs ert Médecine- à en décider. Je mes
flate qu'au premier jour quelqu'un d'entt'eux
, moins afferé lorsque les rhumes
auront un peu cessé, nous donnera un
ample Commentaire de ce Quatrain : &
si le Public en est content, je prendrai la
liberté de demander par le même canal une
Paraphrase également instructive sur les?
Quatrains mis à la fin des autres mois.
Cependant pour ne rien celer , je vous
dirai que le Missel d'Autun de 1530.
ájoúte encore les deux Vers sinvans pour
le mois de Novembre , comme d'un au-?
ire Auteur.
lingues vel crines poterts prs.fcinderê~tutè ;
X>* vem minutt ,& bttlnc* citws intres.
U
FEVRIER. 1730. 10
La précision ou coupure des ongles ou
tles cheveux contribue- 1' elle donc à la
íanté , pour être mise en parallèle avec la
saignée ? A l*6gard du bain , l'Auteur or
donne de se le procurer au plutôt , bien
entendu , avec exclusion de cè qui est por
te' dans le troisième Vers cy-dessus. Je ne
connois point de Rivière qui soit chaude
au mois de Novembte , du moins dans
nos quartiers. Sans doute qu'il est question
en cet endroit des bains domestiques , oa
de ceux qui font dans les lieux où la Na
ture fait sortir des Fontaines chaudes des
entrailles de la Terre. Mais comment 8c
pourquoi les Bains sont-ils píus salutaires
au mois de Novembre qu'en d'autre tems?
C'est ce qu'il est à propos d'éclaircir , 011
bien il faut déclarer que les Anciens
avoient tort de proposer ces règles. Je re
commande fur tout l'article du rhume.
La Ptisane dont oh fé sert pour le guérir
ici , est le vin tout pur ou l'eau-de-vie.
C'est nne Médecine qui n'est pas rare
dans nos cantons, principalement au mois
de Novembre. Mais est-elle bonne ? Estce
celle que prescrit le premiers Vers qui
dit : Curetur rheima Novembn ? C'est-là
la question dont j'attends la décision.
Ce 3 1. Janvier 1730»'
Bourgogne à M. D. L. R. fur le Rhtimç
& fur cenúns régimes de famé , re
commandez, par les Anciens.
DEpuis que je lis le Mercure j'y ai;
trouvé si souvent des réponses satis
faisantes à différentes Questions qui y
avoient été proposées , que j'espere qu'on
voudra bien m'en procurer une par lç
mêmes canal, sur un sujet qui inreressetour
le monde. Il n'çst rien 4e plus préçie
ux que k sarçtç ; nos Anciens avoienr
D vji unv
&$6 ME RCURE DÊ FRANCÉ'
une grande atcentioo sur ccr article. lis
placèrent de tous côtez des Sentences qui
y avoient rapport. Elles étoient quelque
fois rédigées en Vers, quelquefois cn rimes
feulement , d'autres fois en Vers latins
rimez de la nature de ceux qu'on appelle
Techniques , & cela afin qu'on les retint
plus facilement. Mais comme chacun
n'a pas la clef de ces sortes de dictions.,
je me flate que quelque Médecin zélé pour
le bien public voudra bien nous expli
quer ce qui paroît de plus obscur dans
ces sortes de Sentences.
On les trouve en Quatrains au bas de
chaque mois des Calendriers dans presque
cous les Livres d'Eglise qui ont été im
primez en France au commencement du
XVI. siécle avant le Concile de Trente.
II y avoir alors parmi les Chantres & les
autres Ecclésiastiques beaucoup de Méde
cins qui fçavoient faire l'apologie de ces
Vers & qui en dùnnoient le dénouement»
J'en ai des preuves particulières pour l'Eglise
à laquelle je fuis attaché. Aujourd'hui
qu'il n'y en a píiiSjOn regarde ces sortes de
Quatrains comme ridicules & même com
me très-impertinemment placez. Car où
sont-ils imprimez? C'est dans les Missels,
à la marge inférieure du Calendrier , com
me pour servir de brodure au bout des
Saints de chaque mois. Si ces Vers tane
bien
FEVRIER. 1730/ iîf
bien- que mal faits , ne se trouvoient que
«Mis un ou deux Missels , je les croiroís
peu dignes d'attention ; mais comme ils
k rencontrent dans le plus grand nombre
& tnêmé dans ceux de Paris, & dans ceux
de Rome, imprimez en France, c'est une
marque de l'estime generale qu'on ea
avoit. Il n'est donc pas indiffèrent d'exa
miner si cette estime étok bien fondée ôC
si les règles en font solidement établies.
J'ay eu le bonheur de n'être point at
taqué de la maladie qui a été si commune
depuis quelques mois ; mais afin que je
puisse la prévenir au retour d'une autre
année , quelque charitable Médecin voudroit-
il bien nous assurer si l'on peur se
fier à ce qui est marqué dans un de ces
Quatrains í C'est celui du mois de No-;
vembrc.
Fis sanusfieri ? curetur reuma VSovembri :
Quodque nocens vit ai tua fit prítiofa die ta î
Balnea cum ventre tune nulli profit habert :
íotio fit fana, nec jufta minutio v»na.
Voilà , ce me semble , cinq leçons dans
ce Quatrain. Le premier Vers décide que
c'est au mois de Novembre qu'il faut se
préserver du rhume ou le fake Cesser. Il
est en mêmes termes dans la plupart des
differens Missels que j'ay vus. Il y en a
feulement quelques uns où on lit ;
h.tf MERCURE DE FRANCEí
n..c tibì: fcirt dn:ur , qfiod rheuma ìÇtvemèrt
creatur.'
C'est ainsi que je trouve ce premier Vers
dans un Missel de Clugny de 15 10. dans
un d'Autun de 1 5 30. ôc dans-un de Char
tres de 1 53 1. & un de Sens de 1556V
Cetce Variante nous apprend bien que le
rhume se forme en Novembre ; mais elle
n'assure pas qu'il faille f remédier dès cc
mois- là. II est cependant bon de sçavoir
à quoi s'en tenir ; parce que bien des gens
disent que le rhume est de plus longue du
pée lorsqu'on le mitonne que lorsqu'on le
néglige. C'est lur quoi j'attends un parfait
& prompt éclaircissement.
LesVariantes du second Vers n'en chan
gent point le sens. Qj^ajus nociva i>itar
cela revient au même. Pour ce qui est de
dirtit , les Ecclésiastiques plus accoutumez
auxlangages de leurs Rubriques qu'à ce
lui de Galien ou d'Hippocrare , entendoient
autrefois par dieta, l'Office Ferial
Fit dieta, ou bien Pìt de dicta , signifioit"
qu'on faisoit de la Férie. Mais» je croirois
que ces Vers n'ayant pas été composez pat
un Rubriquaire , l' Auteur veut dire qu'il
feut bien prendre garde à la diète qu'on
observera dans ce mois-là. N'est-ce point
en effet la saison où il semble que Tappégt/
renaît à mesure que le froid approche ?
T~ t FEVR sEK. rr?ô-
Je méptiíc la Variante de certains Missels
eù on lit , tua fint pretio/a diEla , ce font'
des fautes grossières qu'on peut rejettec
fur les Imprimeurs, comme s'il falloir
donc parler moins dans le mois de No
vembre que dans les autres , ou bien qu'il
fellùr n'y parler que le langage de cesprécieux
ridicules.
Le grand nombre des Editions contient'
k troisie'me Vers comme je l'ay rapporté
d'après mon Missel Diocésain de l'an 1 5 1 8-»
Cependant celui de Cluny de 1510. ôc
celui d'Autun de 1 5$ o. mettent en stylcassertif.
Salnea eum venere tune nullum constat habere. ■
Ces deux mêmes Missels rapportent aussi;
Hn peu autrement le quatrième Vers, en;
mettant ,Potie fit fana atque minutio bona.
Je pense qu'on y recommande seulement
de prendre garde à ce que l'on boira , &
de songer qu'il sera bon de se faire ti
rer alors un peu de sang. Un Apotiquaire
attentif pourra me reprendre & dire que
folio veut dite là une Médecine , & que'
ce Quatrain ne doit pas donner l'excluíìon
aux fonctions de son ministère. A
cela je suis tout prêt à lui re'pondre , qu'il',
ne paroît pas que l'usage des potions mé
dicinales doive précéder lu saignée , maisqu'il
doit la suivre ,& que tout au plus il
jíst recommandé de ne foint boire trot*'
froid,
tjà MERCURE DE FRANCE:
froid &c peut-être de tremper son vin avetí
tin peu d'eau chaade , dont quantité de
gens, desquels je fuis du nombre, se sonc
bien trouvez. Je crois aussi , que pour ce
qui est de la queuë' du Vers, ri est question
seulement de ces saignées de précaution ,
telles qu'on les pratiquoit anciennement
dans les Monastères, où il falloit que tous
íes Moines se fissent ouvrir la veine à cer
tains jours de Tannée , de la même ma
nière qu'ils se servent tous du ministère
du Barbier un même jour de la semaine.
Au reste , si je me trompe dans mon
explication, je laisse à Messieurs les Doc
teurs ert Médecine- à en décider. Je mes
flate qu'au premier jour quelqu'un d'entt'eux
, moins afferé lorsque les rhumes
auront un peu cessé, nous donnera un
ample Commentaire de ce Quatrain : &
si le Public en est content, je prendrai la
liberté de demander par le même canal une
Paraphrase également instructive sur les?
Quatrains mis à la fin des autres mois.
Cependant pour ne rien celer , je vous
dirai que le Missel d'Autun de 1530.
ájoúte encore les deux Vers sinvans pour
le mois de Novembre , comme d'un au-?
ire Auteur.
lingues vel crines poterts prs.fcinderê~tutè ;
X>* vem minutt ,& bttlnc* citws intres.
U
FEVRIER. 1730. 10
La précision ou coupure des ongles ou
tles cheveux contribue- 1' elle donc à la
íanté , pour être mise en parallèle avec la
saignée ? A l*6gard du bain , l'Auteur or
donne de se le procurer au plutôt , bien
entendu , avec exclusion de cè qui est por
te' dans le troisième Vers cy-dessus. Je ne
connois point de Rivière qui soit chaude
au mois de Novembte , du moins dans
nos quartiers. Sans doute qu'il est question
en cet endroit des bains domestiques , oa
de ceux qui font dans les lieux où la Na
ture fait sortir des Fontaines chaudes des
entrailles de la Terre. Mais comment 8c
pourquoi les Bains sont-ils píus salutaires
au mois de Novembre qu'en d'autre tems?
C'est ce qu'il est à propos d'éclaircir , 011
bien il faut déclarer que les Anciens
avoient tort de proposer ces règles. Je re
commande fur tout l'article du rhume.
La Ptisane dont oh fé sert pour le guérir
ici , est le vin tout pur ou l'eau-de-vie.
C'est nne Médecine qui n'est pas rare
dans nos cantons, principalement au mois
de Novembre. Mais est-elle bonne ? Estce
celle que prescrit le premiers Vers qui
dit : Curetur rheima Novembn ? C'est-là
la question dont j'attends la décision.
Ce 3 1. Janvier 1730»'
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Résumé : QUESTION PROPOSÉE de Bourgogne à M. D. L. R. sur le Rhume & sur certains regimes de santé, recommandez par les Anciens.
L'auteur d'une lettre adressée au Mercure de France manifeste un intérêt pour des sentences anciennes relatives à la santé, notamment celles concernant le rhume. Ces sentences étaient souvent présentes dans des quatrains au bas des calendriers et dans des livres d'église imprimés en France au début du XVIe siècle. Les auteurs de ces vers étaient fréquemment des chantres et des ecclésiastiques ayant des connaissances en médecine. L'auteur mentionne un quatrain spécifique du mois de novembre, qui offre des conseils pour prévenir ou guérir le rhume. Il sollicite l'explication de ce quatrain par un médecin soucieux du bien public. Le quatrain en question est le suivant : 'Fis sanus fieri? curetur reuma Novembri: Quodque nocens vit ai tua fit prætiofa die ta; Balnea cum ventre tune nulli profit habent: Potio fit fana, nec juxta minutio vina.' L'auteur examine les différentes variantes de ce quatrain trouvées dans divers missels et discute de leur signification. Il insiste sur l'importance de comprendre ces conseils pour mieux prévenir le rhume, surtout en novembre. Il conclut en espérant qu'un médecin pourra fournir un commentaire éclairé sur ce quatrain et sur ceux des autres mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 216-217
AVIS.
Début :
Le Vinaigre des Quatre-Fleurs en couleur bleue à l'usage des bains ; [...]
Mots clefs :
Vinaigre, Bains, Cuisine, Composants, Qualités, Efficacité, Approbation, Dents, Hygiène
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
211AI S.
Le Vinaigre des Quatre - Fleurs en couleur bleue
l'ufage des bains ; le Vinaigre de Mille-feuilles
en couleur verte à l'ufage de la table ; le nouveau
Ratafiat des Dames ou le Pavot des Jaloux
& le Caffis blanc , furent préſentés à Leurs Ma-
-jeftés Impériales au mois d'Août dernier par le
fieur Maille leur Diftillateur, ordinaire , qui furent
très-fatisfaites de fes compolitions , par l'ufage
qu'Elles en ont fait , M. le Baron de Vanswietten
Confeiller & premier Médecin de Leurs Majeftés
a reconnu une qualité parfaite dans la nouvelle
méthode de préparer le Ratafiat de Callis , pour
fortifier l'eftomach & aider a la digeſtion des alimens.
Le jugement d'une perfonne telle que M.
ale Baron de Vanswietten ,dont les rares talens font
connus
DECEMBRE. 1759. 217
connus dans toutes les Cours de l'Europe , eft un
fûr appui aux vertus du Caffis . Il n'a pas moins
approuvé le Vinaigre Romain pour conferver les
dents , les blanchir, arrêter le progrès de la carie
& les raffermir dans leurs alvéoles , comme
auffi différens autres vinaigres pour les dartres ,
boutons , taches de roufleur , blanchir la peau ,
guérir le mal de dents . L'on trouve chez le fieur
Maille différens vinaigres , comme auffi toutes
fortes de liqueurs , eau d'odeurs à l'ufage des
bains & toilette. Les perfonnes qui defireront
fe procurer ces différentes marchandiſes , s'adrefferont
pour le Callis Impérial & autres liqueurs
, ratafiat & eau d'odeurs, à fon magafin à
Séve près Paris route de la Cour , & à Paris
pour
les Vinaigres , rue S. André des Arts , la troisième
porte cochere en entrant à main droite . Les bouteilles
de pinte du Caffis blanc Impérial font de
quatre livres , & celles du Ratafiat des Dames ou
Ye Pavot des Jaloux , de trois livres . Les moindres
bouteilles de Vinaigre , foit pour les dents ou le
vilage , font de trois livres , ainfi que les deux annoncés
au prélent Avis . En écrivant une Lettre
d'avis au fieur Maille , foit à Paris ou en fon magafin
, & remettant l'argent par la poſte , le tout
franc de port , il fera les envois très- exactement .
Le Vinaigre des Quatre - Fleurs en couleur bleue
l'ufage des bains ; le Vinaigre de Mille-feuilles
en couleur verte à l'ufage de la table ; le nouveau
Ratafiat des Dames ou le Pavot des Jaloux
& le Caffis blanc , furent préſentés à Leurs Ma-
-jeftés Impériales au mois d'Août dernier par le
fieur Maille leur Diftillateur, ordinaire , qui furent
très-fatisfaites de fes compolitions , par l'ufage
qu'Elles en ont fait , M. le Baron de Vanswietten
Confeiller & premier Médecin de Leurs Majeftés
a reconnu une qualité parfaite dans la nouvelle
méthode de préparer le Ratafiat de Callis , pour
fortifier l'eftomach & aider a la digeſtion des alimens.
Le jugement d'une perfonne telle que M.
ale Baron de Vanswietten ,dont les rares talens font
connus
DECEMBRE. 1759. 217
connus dans toutes les Cours de l'Europe , eft un
fûr appui aux vertus du Caffis . Il n'a pas moins
approuvé le Vinaigre Romain pour conferver les
dents , les blanchir, arrêter le progrès de la carie
& les raffermir dans leurs alvéoles , comme
auffi différens autres vinaigres pour les dartres ,
boutons , taches de roufleur , blanchir la peau ,
guérir le mal de dents . L'on trouve chez le fieur
Maille différens vinaigres , comme auffi toutes
fortes de liqueurs , eau d'odeurs à l'ufage des
bains & toilette. Les perfonnes qui defireront
fe procurer ces différentes marchandiſes , s'adrefferont
pour le Callis Impérial & autres liqueurs
, ratafiat & eau d'odeurs, à fon magafin à
Séve près Paris route de la Cour , & à Paris
pour
les Vinaigres , rue S. André des Arts , la troisième
porte cochere en entrant à main droite . Les bouteilles
de pinte du Caffis blanc Impérial font de
quatre livres , & celles du Ratafiat des Dames ou
Ye Pavot des Jaloux , de trois livres . Les moindres
bouteilles de Vinaigre , foit pour les dents ou le
vilage , font de trois livres , ainfi que les deux annoncés
au prélent Avis . En écrivant une Lettre
d'avis au fieur Maille , foit à Paris ou en fon magafin
, & remettant l'argent par la poſte , le tout
franc de port , il fera les envois très- exactement .
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Résumé : AVIS.
En août 1759, le sieur Maille, distillateur des Majestés Impériales, a présenté divers produits à Leurs Majestés, qui en ont été très satisfaites. Parmi ces produits figuraient le Vinaigre des Quatre-Fleurs bleu pour les bains, le Vinaigre de Mille-feuilles vert pour la table, le Ratafiat des Dames ou Pavot des Jaloux, et le Caffis blanc. Le Baron de Vanswietten, médecin des Majestés, a approuvé la qualité du Ratafiat de Callis, bénéfique pour l'estomac et la digestion, ainsi que du Vinaigre Romain pour la conservation et le blanchiment des dents. D'autres vinaigres étaient recommandés pour traiter les dartres, boutons, taches de rousseur, blanchir la peau et soigner les maux de dents. Le sieur Maille proposait également diverses liqueurs et eaux d'odeurs pour les bains et la toilette. Les produits étaient disponibles à son magasin près de Paris sur la route de la Cour, ou à Paris rue Saint-André des Arts. Les bouteilles de Caffis blanc pesaient quatre livres, celles du Ratafiat des Dames ou du Pavot des Jaloux trois livres, et les plus petites bouteilles de vinaigre trois livres. Le sieur Maille assurait des envois par la poste, franc de port, sur demande par lettre d'avis.
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