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1
p. 134-136
Etablissemens de plusieurs Academies de Sculpture & de Peinture en France. [titre d'après la table]
Début :
Apres avoir parlé d'une Académie, nous pouvons parler de plusieurs [...]
Mots clefs :
Beaux Arts, Colbert, Lebrun, Académies de sculpture et de peinture
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texteReconnaissance textuelle : Etablissemens de plusieurs Academies de Sculpture & de Peinture en France. [titre d'après la table]
Apres avoir parlé dune
Académie, nous pouvons
parler de pluiieurs autres,
& dire qu encor qu’il ne
foit pas ordinaire de voir
fleurir les beaux Arts dans
un Etat dont le Souverain
doit ne fonger qu’à la Guerre , jamais ils n’ont pain
avec tant d’éclat qu’ils font
G A L A N T . i35
en France, & que le Roy
ne laiffe pas de travailler
pour leur gloire, encor qu’il
ait à foutenir les efforts •* w * • ' • • ‘
d’une grande partie de l’Europe , qu’on va par fes ordres & par les foins de
Monfieur Colbert, & de
Meilleurs le Brun & Regnaudin établir des Académies de Sculpture & de
Peinture dans les principales Villes du Royaume,
& que celle de Paris a efté
depuis peu unie à celle de
Rome. Il n’elt pas necef.
faire d ’en dire davantage
Hé le mercure
pour faire connoiftre quelle doit eftre remplie des
Monde pour ce qui regarde leur A rt
Académie, nous pouvons
parler de pluiieurs autres,
& dire qu encor qu’il ne
foit pas ordinaire de voir
fleurir les beaux Arts dans
un Etat dont le Souverain
doit ne fonger qu’à la Guerre , jamais ils n’ont pain
avec tant d’éclat qu’ils font
G A L A N T . i35
en France, & que le Roy
ne laiffe pas de travailler
pour leur gloire, encor qu’il
ait à foutenir les efforts •* w * • ' • • ‘
d’une grande partie de l’Europe , qu’on va par fes ordres & par les foins de
Monfieur Colbert, & de
Meilleurs le Brun & Regnaudin établir des Académies de Sculpture & de
Peinture dans les principales Villes du Royaume,
& que celle de Paris a efté
depuis peu unie à celle de
Rome. Il n’elt pas necef.
faire d ’en dire davantage
Hé le mercure
pour faire connoiftre quelle doit eftre remplie des
Monde pour ce qui regarde leur A rt
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Résumé : Etablissemens de plusieurs Academies de Sculpture & de Peinture en France. [titre d'après la table]
Sous le règne du roi, les beaux-arts florissent en France malgré les préoccupations militaires. Le roi et Colbert, avec des artistes comme Le Brun et Regnaudin, fondent des académies de sculpture et de peinture. L'Académie de Paris est unie à celle de Rome. Le Mercure de France rapporte ces activités artistiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 40-46
LETTRE DE MADAME la Comtesse de Bregy, A Monsieur l'Abbé Bourdelot.
Début :
Si vous me regardez du costé de la capacité, je [...]
Mots clefs :
Vers, Colbert, Mérite, Écrire, Médecine, Redevable
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MADAME la Comtesse de Bregy, A Monsieur l'Abbé Bourdelot.
LETTRE DE MADAME
la Comteſſe deBregy ,
Si
A Monfieur l'Abbé Bourdelot.
d'ac- I vous me regardez du coſtéde la capacité,je demcure cord que mon dro't n'est pas bien fondé à me plaindre de vous , de ne m'avoir point montré vos Ou- vrages: Mais s'il vous avoit plû,
Monsieur , de confiderer ceux qui vous aiment le mieux , par cette regle là j'aurois receu devous les Vers que vous avez faits pour MonsieurColbert , dont lefeulha- zard mefit hier prefcnt. Cela est beau que ce nefoitpas devous que jeles aye reçeus. Nesçavez-vous
GALANT. 27
E
de
en
de
pasbien que tout ce qui sert àvo- ſtregloire,fert aussiàma joye ,
que d'ailleurs bien de choses ne m'en donnent pas tant qu'il foit neceffaire de m'en retrancher ? Ce n'est pas là ce que les Amis doivent faire , au contraire il faut qu'ils fongent à procurer à ceux
qu'ils aiment tous les petits biens,
westant pas en estat deleur en faire avoir de grands ; mais vous estes dans un embarras d'amour propre,
qui vous tient de trop pres pour vous laiſſer le temps de penserà
ceux , dequi vous estes aimé, &il
vous fait fans ceffe courir apres ceux , que l'Envie empesche de
convenirdevostremerite. Necherchezplusà les enconvaincre.Eftes- vous àſçavoirque la Verité s'éta- blit par elle-mesme , & que c'est 0145 fonprivilege depercertousles nua
tte
les
A
Y
eft
que
ges pourse découvrir ? C'est une
Bij
28 LE MERCVRE
preuve du parfait merite , de vi- vrc avec nonchalancefans briguer l'approbation, il faut qu'elle vien- ne à la fin payer tribut fans que lon' en prenne foin. Regardez le Héros , aupres de qui vous eſtes attaché. Voyezcomme il semble estre de loisir , il ne fait plus rien parce qu'ila tout fait,car iln'est point d'esprit qu'il n'ait parfaite- mentafſujetty à croire qu'il est un des plus grands Hommes du monde,
& pour peu qu'il commençât à
s'ennuyer dans sa folitude , ilfe trouve un remede tout prest. Il n'a qu'à tourner les yeux du cofté defa gloire,pourvoir le plus beau pe- Etacle , que jamais Mortel ait pû donnerà l'Univers. Avec une telle Sauvegardeiln'estpointde chagrin qui le puiſſe attaquer. La mort mesme , qui ofe tout nepourra rien contre luy , car lors qu'elle croira
GALANT. 29
-
le
es
le
съ
ift
te141
de
sestre enrichie d'unefi noble proye,
elle n'aurafait que le débaraſſerde
ce qu'il avoit de commun avec le
refte des Hommes , pour le laiffer
pluspurement en estat d'aller pren- dre place entre les Demy-Dieux.
Mais s'il trouvoitſon compte à cela,nousn'y trouverions
ftre en
Le no pas be le perdant ; c'est pourquoy Monsieur l'Abbé , ne fongez pas tant àécrire *7771
en beau langage , que vous ne reſviez profondement àce
que l'Art de la Medecine peut
Se fournir de Secrets, pour prolonger fur la terreunesi belle vie ; &par là voſtre Siecle vous fera beaucoup
plus redevablé , que de toutes les
chofes que vouspourriez d'ailleurs faire pour fon ornement. En mon.
particulier je ne vous quittepoint à moins de me promettre pour ce Grand Homme encore une centaine
L'années; & pour vous en récompu
elle
yin
ort
-ien
1
Biij
30 LE MERCVRE penſer,jeſouhaiteque toutle mon- de convienne avec moy que Mon- fieur l'AbbéBourdelot est tout com- pté &rabattu , un desHommes du
monde de laplus agreable conuer- fation
la Comteſſe deBregy ,
Si
A Monfieur l'Abbé Bourdelot.
d'ac- I vous me regardez du coſtéde la capacité,je demcure cord que mon dro't n'est pas bien fondé à me plaindre de vous , de ne m'avoir point montré vos Ou- vrages: Mais s'il vous avoit plû,
Monsieur , de confiderer ceux qui vous aiment le mieux , par cette regle là j'aurois receu devous les Vers que vous avez faits pour MonsieurColbert , dont lefeulha- zard mefit hier prefcnt. Cela est beau que ce nefoitpas devous que jeles aye reçeus. Nesçavez-vous
GALANT. 27
E
de
en
de
pasbien que tout ce qui sert àvo- ſtregloire,fert aussiàma joye ,
que d'ailleurs bien de choses ne m'en donnent pas tant qu'il foit neceffaire de m'en retrancher ? Ce n'est pas là ce que les Amis doivent faire , au contraire il faut qu'ils fongent à procurer à ceux
qu'ils aiment tous les petits biens,
westant pas en estat deleur en faire avoir de grands ; mais vous estes dans un embarras d'amour propre,
qui vous tient de trop pres pour vous laiſſer le temps de penserà
ceux , dequi vous estes aimé, &il
vous fait fans ceffe courir apres ceux , que l'Envie empesche de
convenirdevostremerite. Necherchezplusà les enconvaincre.Eftes- vous àſçavoirque la Verité s'éta- blit par elle-mesme , & que c'est 0145 fonprivilege depercertousles nua
tte
les
A
Y
eft
que
ges pourse découvrir ? C'est une
Bij
28 LE MERCVRE
preuve du parfait merite , de vi- vrc avec nonchalancefans briguer l'approbation, il faut qu'elle vien- ne à la fin payer tribut fans que lon' en prenne foin. Regardez le Héros , aupres de qui vous eſtes attaché. Voyezcomme il semble estre de loisir , il ne fait plus rien parce qu'ila tout fait,car iln'est point d'esprit qu'il n'ait parfaite- mentafſujetty à croire qu'il est un des plus grands Hommes du monde,
& pour peu qu'il commençât à
s'ennuyer dans sa folitude , ilfe trouve un remede tout prest. Il n'a qu'à tourner les yeux du cofté defa gloire,pourvoir le plus beau pe- Etacle , que jamais Mortel ait pû donnerà l'Univers. Avec une telle Sauvegardeiln'estpointde chagrin qui le puiſſe attaquer. La mort mesme , qui ofe tout nepourra rien contre luy , car lors qu'elle croira
GALANT. 29
-
le
es
le
съ
ift
te141
de
sestre enrichie d'unefi noble proye,
elle n'aurafait que le débaraſſerde
ce qu'il avoit de commun avec le
refte des Hommes , pour le laiffer
pluspurement en estat d'aller pren- dre place entre les Demy-Dieux.
Mais s'il trouvoitſon compte à cela,nousn'y trouverions
ftre en
Le no pas be le perdant ; c'est pourquoy Monsieur l'Abbé , ne fongez pas tant àécrire *7771
en beau langage , que vous ne reſviez profondement àce
que l'Art de la Medecine peut
Se fournir de Secrets, pour prolonger fur la terreunesi belle vie ; &par là voſtre Siecle vous fera beaucoup
plus redevablé , que de toutes les
chofes que vouspourriez d'ailleurs faire pour fon ornement. En mon.
particulier je ne vous quittepoint à moins de me promettre pour ce Grand Homme encore une centaine
L'années; & pour vous en récompu
elle
yin
ort
-ien
1
Biij
30 LE MERCVRE penſer,jeſouhaiteque toutle mon- de convienne avec moy que Mon- fieur l'AbbéBourdelot est tout com- pté &rabattu , un desHommes du
monde de laplus agreable conuer- fation
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Résumé : LETTRE DE MADAME la Comtesse de Bregy, A Monsieur l'Abbé Bourdelot.
Dans sa lettre à l'Abbé Bourdelot, la Comtesse de Bregy exprime son admiration pour ses œuvres et son désir de recevoir les vers qu'il a écrits pour Monsieur Colbert. Elle souligne que la gloire de l'Abbé lui procure de la joie et critique son habitude de ne pas partager ses œuvres avec ses proches, préférant chercher l'approbation de ceux qui sont jaloux de son mérite. La Comtesse compare l'Abbé à un héros indifférent aux approbations extérieures et l'encourage à se concentrer sur la médecine pour prolonger sa vie. Elle souhaite qu'il vive encore longtemps et continue à contribuer à la médecine, estimant que cela serait plus bénéfique pour son siècle que ses écrits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 281-2[91]
Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Début :
Je croy, Madame, que vous estes dans l'impatience de sçavoir [...]
Mots clefs :
Colbert, Fête des Sceaux, Divertir, Faste, Opéra d'Hermione, Plaisirs, Dames, Tables, Feu
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texteReconnaissance textuelle : Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Je croy, Madame , que vous eftes dans l'impatience de ſça- voir ce qui s'eſt paſſé à la Feſte de Sceaux; il eſt temps de fa- tisfaire voſtre curioſité. Le
Roy voulant faire l'honneur à
M' Colbertd'y aller voir ſa bel- le Maiſon , choiſit le jour de cette Promenade ; & ce ſage Miniſtre en ayant eſté averty ,
ſe prépara àl'y recevoir en ze- léSujet qui attendſon Maître,
&un Maiſtre comme le Roy.
Il ne chercha point àfaire une de cesFeſtes ſomptueuſes dont l'exceſſive dépéſe n'attire ſou- vent que le deſordre,& qui fa- risfont plus l'ambition de ceux qui les donnent , qu'elles ne cauſent de plaisir à ceux pour quionles fait.Laprofufion qui s'y trouve ſemble n'appartenir
GALANT. 203 qu'aux Souverains ; & quand oncherche plus àdivertirqu'à faire bruit par le faſte , on s'at- tache moins à cequi coûte ex- traordinairement , qu'à ce qui doit paroiſtre agreable. C'eſt ceque fitMColbert aveccette prudence qui accompagnė toutes ſes actions. Il ſongea ſeulement à une Reception bienentenduë, &il voulut que la propreté,le bon ordre , &la diverſité des plaiſirs , tinſſent lieu de cette ſomptuoſité ex- traordinaire , qu'il n'eutpûja- mais porter affez loin , s'il l'eut voulu proportionner à la grace que luy faifoit le plus grand Prince duMonde.Cetheureux
jour venu , il fit aſſembler tous les Habitans dés le matin, leur
appris le deſſein que le Roy avoit de venir à Sceaux ; &
204 LE MERCVRE pour augmenter la joye qu'ils luy en firent paroiſtre , & leur donner lieu de garder long- temps le ſouvenirdel'honneur que Sa Majesté luy faiſoit , il leur dit qu'ils devoient payer une année de Taille au Roy ,
mais qu'ils fongeaſſent ſeule- ment à trouver dequoy ſatis- faire aux fix premiers mois , &
qu'ilpayeroitle reſte poureux.
Ils ſe retirerent fort ſatisfaits,
&ſe furent préparer àdonner des marques publiques de la joye qu'ils avoient de voir le Roy. Ce Prince n'en décou- vritpourtantrienaux environs de Sceaux, tout y eſtoit tran- quile , &l'on n'eut pas meſime dit en entrant dans la Maiſon
de M Colbert , qu'on y euſt fait aucuns préparatifs pourla Reception de Leurs Majeſtez.
Elles
GALANT. 205
10
10
후
el
Elles en voulurent voir d'abord les
Apartemens , dont les Ornemens &
les Meubles eſtoient dans cette merveilleuſe propreté , qui n'arreſte pas moins les yeux que l'extraordinaire magnificence. Onſepromenaen ſuite, &ce ne fut pas fans admirerplu- ſieurs endroits particuliers du Iardin.
LaPromenade fut interrompuë par le Divertiſſement du Prologue de l'O- péra d'Hermione , apres lequel on acheva de voir les raretez du Iardin.
LesPlaiſirs ſe rencontrerentpar tout.
D'un coſté il y avoit des Voix , des Inſtrumens de l'autre;&le tout eftant <
YON
court,agreable,dőné à propos,&fans eſtre attendu,divertiſſoitde plus d'une maniere ; point de confufion, &toû- joursnouvelle ſurpriſe.Ie nevous par- le pointdu Souper,tout yestoit digne de celuy qui le donnoit ; on ne peut rien dire de plus fort pour marquer une extreme propreté , jointe à tout ceque lesMets les mieux afſaiſonnez
peuvent avoir dedélicateſſe. M. Col- bert ſervit le Roy & la Reyne ; &
Monſeigneur le Dauphin fut ſervy_
Tome V. S
206 LE MERCVRE
parM leMarquisde Segnelay. Leurs Majeſtez s'eſtant aſſiſes , & aupres d'elles Monſeigneur le Dauphin,Ma- demoiselle d'Orleans , Madame la Grand' Ducheffe,&Mademoiſelle de
Blois; le Roy fit mettre àtable plu- ſieurs Dames , dont je ne m'engage pas àvous dire des noms ſelon leur rang. Ces Dames furent Mademoi- ſelle d'Elbeuf, Madame la Duchefſe
de Richelieu , Madame de Bethune,
Madame deMonteſpan , Madame la Mareſchale de Humieres, Madame la
Cõteffe deGuiche,Mad.de Thiange,
Mad. la Marquiſe de la Ferté , Mad.
d'Eudicour , Mad. Colbert , Mad. la Ducheffe de Chevreuſe , Madame la
Comteffe de S. Aignan , Madame la Marquiſe de Segnelay, & Mademoi- ſelle Colbert. Toutes ces Dames furent ſervies par les Gens de M Col- bert , le Roy n'ayant voulu donner cet ordre à aucun de ſes Officiers. Il
yavoitdeux autres Tablesend'autres Salles , àl'une deſquelles eſtoit M¹ le Duc, & à l'autre Mr le Prince de Conty,Mr de la Rocheſur-Yon fon
GALANT. 207 Frere, &M le Ducde Vermandois,
avec pluſieurs autres Perſonnes des plus qualifiées de la Cour. M le Duc deChevreuſe, &M le Comte de S.
Aignan , firent les honneurs de ces deux Tables. Le Soupé fut ſuivy d'un Feu d'Artifice admirable, qui divertit d'autant plus,que ce beau Lieu'eftant tout remplis d'Echos, le bruit que les Boëtes faifoient eſtoit redoublé de
toutes parts. Ce ne fut pas la ſeule furpriſe que caufa ce Feu ; il n'y avoit point d'apparence qu il y en dust avoirdans le lieu où il parut, & l'étonnement futgrandlors qu'on le vit brûler tout à coup, &qu'il ſe fit entendre. Les Villages eirconvoiſins commencerent alors à donner des
marquesde leurs allegreffe,& l'on en vit fortir enmeſmetemps un nombre infiny de Fuſées Volantes dans toute l'étenduë de l'Horiſon qui peut eftre veuë du Chafteau ; de maniere qu'on euſt dit que le Village de Sceaux ne vouloit pas ſeulement témoigner la joye qu'il reſſentoit de voir un fi grandRoy , mais encor que toute la
{
Sij
208 LE MERCVRE Nature vouloit contribuer à ſes plai
firs.
Le feu fut à peine finy, que toute laCourentradansl'Orangerie,où elle fut de nouveau agreablement ſurpri- ſe. Elle trouva dans le même endroit
où l'on avoit chanté quelques Airs de l'Opéra , un Theatre magnifique,
avecdes enfoncemens admirables. Il
paroifſoit avoir eſté mis là par en- chantement, àcauſe du peu de temps qu'on avoit eu pour le dreffer. M'le Bruny avoitdonné ſes ſoins, &rien n'y manquoit. La Phédre de Mº de Racine y fut repreſentée, &applau- die à fon ordinaire. Cette Fête parût finie avec la Comédie, & M² Colbert eut l'avantage d'entendre dire à Sa Majesté , qu'elle ne s'eſtoit jamais plus agreablement divertie. Apeine fut-elle horsduChâteau, qu'elle trou- vade nouvelles Fêtes,& vit briller de
nouveaux Feux. Tout estoit en joye,
on dançoit d'un coſté,on chantoitde l'autre. Les Hautbois ſe faiſoient entendre parmyles cris de Vive le Roy,
&les Violons ſembloient ſervir d'E-
1
Σ
S
F
di
ار
GALANT. 209
choàtous ces cris d'allegreffe. Iamais on ne vit de Nuit ſi bien éclairée ;
tous les Arbres eſtoient chargez de lumieres , & les Chemins eftoient
couverts de feüillées. Toutes les Paï-.
ſannes dançoient deſſous ; elles n'a- voient rien oublié de tout ce qui les
pouvoit rendre propres ; & quantité de Bourgeoiſes qui vouloient prendre part à la Feſte, s'eſtoient mêlées avec elles. Ce fut ainſi que Mª Colbert di- vertit le Roypar des ſurpriſes agrea- bles ,&des plaiſirs toûjours renaif- fans lesunsdes autres. Ses ordres furent executez avec tant de juſteſſe &
tant d'exactitude , que tout divertit également dans cette Feſte , & qu'il n'y eutpointde confufion. Onpeut dire qu'elle fut ſompcueufe,ſans faſte,
&abondante en toutes choſes , ſans
qu'il y euſt rien de ſuperflu.
Roy voulant faire l'honneur à
M' Colbertd'y aller voir ſa bel- le Maiſon , choiſit le jour de cette Promenade ; & ce ſage Miniſtre en ayant eſté averty ,
ſe prépara àl'y recevoir en ze- léSujet qui attendſon Maître,
&un Maiſtre comme le Roy.
Il ne chercha point àfaire une de cesFeſtes ſomptueuſes dont l'exceſſive dépéſe n'attire ſou- vent que le deſordre,& qui fa- risfont plus l'ambition de ceux qui les donnent , qu'elles ne cauſent de plaisir à ceux pour quionles fait.Laprofufion qui s'y trouve ſemble n'appartenir
GALANT. 203 qu'aux Souverains ; & quand oncherche plus àdivertirqu'à faire bruit par le faſte , on s'at- tache moins à cequi coûte ex- traordinairement , qu'à ce qui doit paroiſtre agreable. C'eſt ceque fitMColbert aveccette prudence qui accompagnė toutes ſes actions. Il ſongea ſeulement à une Reception bienentenduë, &il voulut que la propreté,le bon ordre , &la diverſité des plaiſirs , tinſſent lieu de cette ſomptuoſité ex- traordinaire , qu'il n'eutpûja- mais porter affez loin , s'il l'eut voulu proportionner à la grace que luy faifoit le plus grand Prince duMonde.Cetheureux
jour venu , il fit aſſembler tous les Habitans dés le matin, leur
appris le deſſein que le Roy avoit de venir à Sceaux ; &
204 LE MERCVRE pour augmenter la joye qu'ils luy en firent paroiſtre , & leur donner lieu de garder long- temps le ſouvenirdel'honneur que Sa Majesté luy faiſoit , il leur dit qu'ils devoient payer une année de Taille au Roy ,
mais qu'ils fongeaſſent ſeule- ment à trouver dequoy ſatis- faire aux fix premiers mois , &
qu'ilpayeroitle reſte poureux.
Ils ſe retirerent fort ſatisfaits,
&ſe furent préparer àdonner des marques publiques de la joye qu'ils avoient de voir le Roy. Ce Prince n'en décou- vritpourtantrienaux environs de Sceaux, tout y eſtoit tran- quile , &l'on n'eut pas meſime dit en entrant dans la Maiſon
de M Colbert , qu'on y euſt fait aucuns préparatifs pourla Reception de Leurs Majeſtez.
Elles
GALANT. 205
10
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후
el
Elles en voulurent voir d'abord les
Apartemens , dont les Ornemens &
les Meubles eſtoient dans cette merveilleuſe propreté , qui n'arreſte pas moins les yeux que l'extraordinaire magnificence. Onſepromenaen ſuite, &ce ne fut pas fans admirerplu- ſieurs endroits particuliers du Iardin.
LaPromenade fut interrompuë par le Divertiſſement du Prologue de l'O- péra d'Hermione , apres lequel on acheva de voir les raretez du Iardin.
LesPlaiſirs ſe rencontrerentpar tout.
D'un coſté il y avoit des Voix , des Inſtrumens de l'autre;&le tout eftant <
YON
court,agreable,dőné à propos,&fans eſtre attendu,divertiſſoitde plus d'une maniere ; point de confufion, &toû- joursnouvelle ſurpriſe.Ie nevous par- le pointdu Souper,tout yestoit digne de celuy qui le donnoit ; on ne peut rien dire de plus fort pour marquer une extreme propreté , jointe à tout ceque lesMets les mieux afſaiſonnez
peuvent avoir dedélicateſſe. M. Col- bert ſervit le Roy & la Reyne ; &
Monſeigneur le Dauphin fut ſervy_
Tome V. S
206 LE MERCVRE
parM leMarquisde Segnelay. Leurs Majeſtez s'eſtant aſſiſes , & aupres d'elles Monſeigneur le Dauphin,Ma- demoiselle d'Orleans , Madame la Grand' Ducheffe,&Mademoiſelle de
Blois; le Roy fit mettre àtable plu- ſieurs Dames , dont je ne m'engage pas àvous dire des noms ſelon leur rang. Ces Dames furent Mademoi- ſelle d'Elbeuf, Madame la Duchefſe
de Richelieu , Madame de Bethune,
Madame deMonteſpan , Madame la Mareſchale de Humieres, Madame la
Cõteffe deGuiche,Mad.de Thiange,
Mad. la Marquiſe de la Ferté , Mad.
d'Eudicour , Mad. Colbert , Mad. la Ducheffe de Chevreuſe , Madame la
Comteffe de S. Aignan , Madame la Marquiſe de Segnelay, & Mademoi- ſelle Colbert. Toutes ces Dames furent ſervies par les Gens de M Col- bert , le Roy n'ayant voulu donner cet ordre à aucun de ſes Officiers. Il
yavoitdeux autres Tablesend'autres Salles , àl'une deſquelles eſtoit M¹ le Duc, & à l'autre Mr le Prince de Conty,Mr de la Rocheſur-Yon fon
GALANT. 207 Frere, &M le Ducde Vermandois,
avec pluſieurs autres Perſonnes des plus qualifiées de la Cour. M le Duc deChevreuſe, &M le Comte de S.
Aignan , firent les honneurs de ces deux Tables. Le Soupé fut ſuivy d'un Feu d'Artifice admirable, qui divertit d'autant plus,que ce beau Lieu'eftant tout remplis d'Echos, le bruit que les Boëtes faifoient eſtoit redoublé de
toutes parts. Ce ne fut pas la ſeule furpriſe que caufa ce Feu ; il n'y avoit point d'apparence qu il y en dust avoirdans le lieu où il parut, & l'étonnement futgrandlors qu'on le vit brûler tout à coup, &qu'il ſe fit entendre. Les Villages eirconvoiſins commencerent alors à donner des
marquesde leurs allegreffe,& l'on en vit fortir enmeſmetemps un nombre infiny de Fuſées Volantes dans toute l'étenduë de l'Horiſon qui peut eftre veuë du Chafteau ; de maniere qu'on euſt dit que le Village de Sceaux ne vouloit pas ſeulement témoigner la joye qu'il reſſentoit de voir un fi grandRoy , mais encor que toute la
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208 LE MERCVRE Nature vouloit contribuer à ſes plai
firs.
Le feu fut à peine finy, que toute laCourentradansl'Orangerie,où elle fut de nouveau agreablement ſurpri- ſe. Elle trouva dans le même endroit
où l'on avoit chanté quelques Airs de l'Opéra , un Theatre magnifique,
avecdes enfoncemens admirables. Il
paroifſoit avoir eſté mis là par en- chantement, àcauſe du peu de temps qu'on avoit eu pour le dreffer. M'le Bruny avoitdonné ſes ſoins, &rien n'y manquoit. La Phédre de Mº de Racine y fut repreſentée, &applau- die à fon ordinaire. Cette Fête parût finie avec la Comédie, & M² Colbert eut l'avantage d'entendre dire à Sa Majesté , qu'elle ne s'eſtoit jamais plus agreablement divertie. Apeine fut-elle horsduChâteau, qu'elle trou- vade nouvelles Fêtes,& vit briller de
nouveaux Feux. Tout estoit en joye,
on dançoit d'un coſté,on chantoitde l'autre. Les Hautbois ſe faiſoient entendre parmyles cris de Vive le Roy,
&les Violons ſembloient ſervir d'E-
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choàtous ces cris d'allegreffe. Iamais on ne vit de Nuit ſi bien éclairée ;
tous les Arbres eſtoient chargez de lumieres , & les Chemins eftoient
couverts de feüillées. Toutes les Paï-.
ſannes dançoient deſſous ; elles n'a- voient rien oublié de tout ce qui les
pouvoit rendre propres ; & quantité de Bourgeoiſes qui vouloient prendre part à la Feſte, s'eſtoient mêlées avec elles. Ce fut ainſi que Mª Colbert di- vertit le Roypar des ſurpriſes agrea- bles ,&des plaiſirs toûjours renaif- fans lesunsdes autres. Ses ordres furent executez avec tant de juſteſſe &
tant d'exactitude , que tout divertit également dans cette Feſte , & qu'il n'y eutpointde confufion. Onpeut dire qu'elle fut ſompcueufe,ſans faſte,
&abondante en toutes choſes , ſans
qu'il y euſt rien de ſuperflu.
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Résumé : Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Le texte décrit la visite du roi à la maison de Monsieur Colbert à Sceaux. Colbert, ayant été informé de la visite royale, se prépara en privilégiant la propreté, le bon ordre et la diversité des plaisirs, sans chercher à organiser une fête somptueuse. Le jour de la visite, il rassembla les habitants de Sceaux pour leur annoncer la venue du roi et leur offrir une réduction de la taille pour l'année. La visite du roi et de la reine se déroula sans signe apparent de préparation, mais ils découvrirent une maison et un jardin impeccables. La promenade fut agrémentée de divers divertissements, comme la représentation du prologue de l'opéra 'Hermione' et une visite des jardins. Le souper fut servi par Colbert lui-même, avec une grande propreté et délicatesse. Après le souper, un feu d'artifice impressionnant fut tiré, suivi d'une représentation de 'Phèdre' de Racine dans un théâtre improvisé. La nuit se poursuivit avec des danses, des chants et des illuminations, créant une atmosphère joyeuse et festive. La fête fut marquée par des surprises agréables et des plaisirs continus, sans confusion ni excès.
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4
p. 39-43
De Rome.
Début :
On sçait que feu Monsieur Colbert, au commencement de son [...]
Mots clefs :
Colbert, Peinture, Académie française de Rome, Roi
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texteReconnaissance textuelle : De Rome.
DeRome.
On sçait que feu Monsieur
Colbert,au commencement
de son ministere,
fonda dans Rome,par l'ordre
du Roy, une Académie
de Peinture, Sculpture&
Archirecture,où l'on
envoya, fous la conduite
de Mr Erard
,
plusieurs
Peintres. Aprés Mr Erard,
Mr Coypel fut Directeur
l de cette Académie. Ensui-
¡
te Mr Houasse, auquel a
fueyedé M. le Chevalier
IVerfon qui y est depuis
lépc ans.
Rome a une autre Académie
tres fameuse & rresancienne.,
appellée de Saint
Luc, dont le Directeur,
qu'on appelle Prince de
l'Académie,estoit le celebre
Chevalier Marat, qui
estant âgé de quatre-vingt
neuf ans, & ne pouvant
plus vaquer aux foins de
cette charge,on a choifiMr
le Chevalier PoersonDireéteur
de la nostre, qui a
elle
elle nomme Vice- Prince
de l'Académie de S. Luc
pendant la vie du Chevalier
Marat, pour prendre
la place de Prince aprés
luy.
Le choix d'un François
pour estre chefde l'Académie
Romaine, fait voir que
les François ne font pas inferieurs
aux Italiens dans
l'art de Peinture. Mrs de
Vernanfal & Beaunier,
Eleves de l'Académie Françoise
, ont rem portéles
prix dans cette mesme Académie
Romaine,quiont
esté délivrez en presence
sdieeutrresize Cardinaux,plu-
Princes, Prélats &
Seigneurs;& les Académiciens
de Larcadie, qui est
une Académie de beaux
Espritsestablie à Rome, y
recirerent plusieurs ouvrages
de Poësie
,
à l'assemblée
qui fut terminée par
un discours que fit un Prélat,
à la louange des Arts.
Le Roy content de la
conduite de Mr Poërson à
Rome, a augmentésa pension
de mille livres, &a
chargé Monsieur le Mar*
quis de Dangeau, de
l'honorer de l'Ordre de
Chevalier de Saint Lazare,
qui luy a esté conferé
au mois d'Octobre
dernier par Monsieur le
Cardinal de laTremoille,
après les preuves de Noblesse
faites dans les formes
ordinaires.
On sçait que feu Monsieur
Colbert,au commencement
de son ministere,
fonda dans Rome,par l'ordre
du Roy, une Académie
de Peinture, Sculpture&
Archirecture,où l'on
envoya, fous la conduite
de Mr Erard
,
plusieurs
Peintres. Aprés Mr Erard,
Mr Coypel fut Directeur
l de cette Académie. Ensui-
¡
te Mr Houasse, auquel a
fueyedé M. le Chevalier
IVerfon qui y est depuis
lépc ans.
Rome a une autre Académie
tres fameuse & rresancienne.,
appellée de Saint
Luc, dont le Directeur,
qu'on appelle Prince de
l'Académie,estoit le celebre
Chevalier Marat, qui
estant âgé de quatre-vingt
neuf ans, & ne pouvant
plus vaquer aux foins de
cette charge,on a choifiMr
le Chevalier PoersonDireéteur
de la nostre, qui a
elle
elle nomme Vice- Prince
de l'Académie de S. Luc
pendant la vie du Chevalier
Marat, pour prendre
la place de Prince aprés
luy.
Le choix d'un François
pour estre chefde l'Académie
Romaine, fait voir que
les François ne font pas inferieurs
aux Italiens dans
l'art de Peinture. Mrs de
Vernanfal & Beaunier,
Eleves de l'Académie Françoise
, ont rem portéles
prix dans cette mesme Académie
Romaine,quiont
esté délivrez en presence
sdieeutrresize Cardinaux,plu-
Princes, Prélats &
Seigneurs;& les Académiciens
de Larcadie, qui est
une Académie de beaux
Espritsestablie à Rome, y
recirerent plusieurs ouvrages
de Poësie
,
à l'assemblée
qui fut terminée par
un discours que fit un Prélat,
à la louange des Arts.
Le Roy content de la
conduite de Mr Poërson à
Rome, a augmentésa pension
de mille livres, &a
chargé Monsieur le Mar*
quis de Dangeau, de
l'honorer de l'Ordre de
Chevalier de Saint Lazare,
qui luy a esté conferé
au mois d'Octobre
dernier par Monsieur le
Cardinal de laTremoille,
après les preuves de Noblesse
faites dans les formes
ordinaires.
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Résumé : De Rome.
Le texte décrit la fondation et l'évolution de l'Académie de Peinture, Sculpture et Architecture à Rome, initiée par Colbert sur ordre du roi. Plusieurs peintres y furent envoyés sous la direction successive de Monsieur Erard, Monsieur Coypel, Monsieur Houasse, et enfin le Chevalier Werfon. Parallèlement, Rome abrite l'Académie de Saint-Luc, dirigée par le Chevalier Marat, remplacé par le Chevalier Poerson en raison de son âge avancé. Poerson devint également directeur de l'Académie française et Vice-Prince de l'Académie de Saint-Luc, soulignant la reconnaissance des talents français en peinture. Les élèves de l'Académie française, comme les Sieurs Vernanfal et Beaunier, obtinrent des prix dans l'Académie romaine en présence de dignitaires. Les Académiciens de l'Arcadie, une Académie de beaux-esprits établie à Rome, présentèrent des œuvres poétiques. Le roi, satisfait de la conduite de Monsieur Poerson, augmenta sa pension et l'honora de l'Ordre de Chevalier de Saint Lazare, conféré par le Cardinal de la Tremoille après les preuves de noblesse nécessaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 183-188
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Messire Paul Estienne Brunet de Ranci Seigneur d'Evry-les-Châteaux, [...]
Mots clefs :
Messire, Comte, Colbert, Coadjuteur, Conseiller, Femme, Décès, Seigneur, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
M
Effire Paul Eſtienne Brunet de
Ranci Seigneur d'Evry- les-Chateaux
, mourut le 19 Aouſt laiffant de
Qijij
134 LE MERCURE
Ion mariage avec Genevieve Colbert
fille de Michel Colbert Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy,
entre autres enfans , Gilles Brunet
de Rancy . Maiſtre des Requêtes
marié avec Françoiſe Suſanne Bignon,
fille de Meſſire Armand Roland
Bignon Intendant de Juſtice en laGénéralité
de Paris ,& d'Agnes Françoiſe
Hebert du Buc. Joſeph Brunet de Rancy
Capitaine au Régiment des Gardes
Françoiſes , Françoiſe Marguerite Brunet
de Rancy femme de Pierre Armand
de la Briffe Maistre des Requêtes&
Marie Brunet de Rancy mariće
depuis l'An 1711 , avec Loüis François
Henri Colbert Comte de Croiſſfy , Lieutenant
Général des Armées du Roy, cidevantAmbaffadeuren
Suéde . Meſſire
Brunet de Rancy qui vient de mourir
avoit pour freres ( Jean Baptiste Brunet
Seigneur de Chailly , Garde du Tréfor
Royal , mort en 1703 , pere deM.
Brunet de Chailly Préſident en la
Chambre des Compte de Paris , & de
Mesdames du Tillet de la Buffiere de
Villarceaux & Bignon de Blanzy. )
Gilles Brunet Confeiller au Parlement
de Paris , mort en 1709. Fran
-' DE SEPTEMBRE. 18.5
gois Brunet Seigneur de Mont- Ferrant,
Préſident en la Chambre des Comptes
de Parismort , fans eſtremarié en 1696.
Joſeph Brunet Abbé de Noſtre-Dame
de Baugerais , puis de Saint Creſpin
le Grand de Soiffons , Administrateur
de laCure de Saint Roch. Claude Brunet
Abbé de Noſtre-Dame du Boucher,
mort en 1693. Philberte Brunet femmede
Philbert Alexis Durand Seigneur
de Chaumont , Préſident de la Chambre
des Comptes en Bourgogne , &
Jeanne Magdelaine Brunet femme de
François Pierre Durey Secretaire du
Roy , Tréſorier Général de la Maiſon
du Roy , mort en 1710, &elle en 1706.
Tous enfans de Philbert Brunet reçû
Secretairedu Roy en 1667, & de Jeanne
Tavau.
:
Meffire François Jofeph de Grammont
Archevêque de Besançon , mourut
le21 Août. Ilavoit fuccedé en 1698,à
Meffire Antoine Pierre de Grammont
fonOncle duquel il eſtoit Coadjuteur: Il
eſtoit frere de Meſſieurs les Marquis
& Comte de Grammont , tous deux
Lieutenans Généraux des Armées du
Roy, & fortoit d'une Maiſon originaire
de Franche-Comté également diftin-
Qüj
186 LE MERCURE
guée par ſon ancienneté &par fesalliances.
Il vaque par la mort de M.
de Grammont l'Abbaye de Sainte Marie
duMont de 12 à 15000 livres de rente
,& le Prieuré de Mortault qui en
vaut autant.
Mre Geoffroy-Dominique de Bragelongne
, ci-devant Conſeiller en la
Cour des Aydes de Paris , mourut le
21 Septembre , en ſa 63º année. Il eſtoit
fils de Thomas de Bragelongne , Seigneur
d'Engenville , d'Iſſi & du petit
Tinionville , mort Premier Préſident
du Parlement de Metz en 1681 : Etde
Dame Marie Hector de Marle , &
petit- fils de Jean-François de Bragelongne
Seigneur de la Norville , re
çû Conſeiller au Parlement de Paris
en 1603 , & d'Anne l'Ffchaffier ; &
arriére petit-fils de Thomas de Bragelongne
, Seigneur de Norville , ancien
Préſident des Tréſorters - de
France à Paris & Sécrétaire du Roy,
mort en 1615 , ſorti d'une Famille
des plus diftinguées , des plus étendues
&des mieux alliées de la Robe .
N. d'Aydie femme de Mre
Antoine Comte d'Aydie & Dame da
Palais de Madame Ducheſſe de Beni,
DE SEPTEMBRE 187
mourut le 18 de ce mois , à l'âge
de 19 ans. Elle étoit foeur de M. le
Marquis de Ribérac & de M. le Comte
de Rions , & fille d'Amé- Blaiſe
d'Aydie Comte d'Aydie , Seigneur
des Bernardieres , & de Moncheüil ,
Comte de Beroge , & de Marguerite-
Loüife - Théreſe - Marie - Charlotte -
Dianne Bautru de Nogent. Elle avoir
épousé ſon proche parent ; & la Maifon
d'Aydie dont elle fortoit , eſt
des plus illuftres de Bearn.
unc
MreGilles de Beauveau Evêquede
Nantes depuis l'an 1577 , mourut le
fix de ce mois. La Maiſon de Beauvean
dont il fortoit , eſt originaire
d'Anjou & l'une des plus illuſtres &
des plus anciennes de cette Province.
Mre Pierre Gaillard Conſeiller en la
Cour desAydes de Paris , mourut le 20
Aouſt derrier , laiſſant des enfans.
Marie Elifabeth le Feuvre de Caumartin,
femme de Mre Pierre Delpech ,
Seigneur de Cailli , Avocat General
dela Courdes Avdes , mourut le 29
Aouft letnier. Elle épir fille de Loüis-
François e Fenvie de Caumartin ,
Marquis le Cailli & de Françoiſe-
Elifabeth de Brion ſa ſeconde femme,
388 LE MERCURE
perite- fille de Jacques le Feuvre Seigneur
de Saint- Port & Marquis de
Cailli Ambaſſadeur en Suiffe&Confeiller
d'Etat , & de Genéviéve de la
Barre ; & arriere petite-fille de Loüis
de Feuvre Baronde Saint Port, Seigneur
deCaumarrin&de soiffi , mort Gardedes
Sceaux de France en 1623 ; &
elle étoit coufine iffuë de germain de
Mrs de Caumartin&de Boiffi. Voyez
pour cette Généalogie , l'Histoire des
grands Officiers de la Couronne , au
Chapitre des Chanceliers , Gardesdes
Sceaux de France .
Dame Marguerite Felice de Levy
Vantadour veuve de Mre Jacques
Henry de Durfort Duc de Duras ,
Pair& Maréchal de France , Chevalier
des Ordres du Roy , Gouverneur
du Comté de Bourgogne , mourut le
deux de ce mois .
Je remets au mois prochain à par-
Actde la mort de M le Duc de Vanta .
dour ſon frere , arrivée le 18 ; comme
auſſide la mort de M. le Marquis
de Moncault Lieutenant Général des
Armées du Roy , dont M. le Marquis
d'Hautrey ſon fils, a épouséMiled Armenonville,
comme je le marque ci-aprés .
M
Effire Paul Eſtienne Brunet de
Ranci Seigneur d'Evry- les-Chateaux
, mourut le 19 Aouſt laiffant de
Qijij
134 LE MERCURE
Ion mariage avec Genevieve Colbert
fille de Michel Colbert Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy,
entre autres enfans , Gilles Brunet
de Rancy . Maiſtre des Requêtes
marié avec Françoiſe Suſanne Bignon,
fille de Meſſire Armand Roland
Bignon Intendant de Juſtice en laGénéralité
de Paris ,& d'Agnes Françoiſe
Hebert du Buc. Joſeph Brunet de Rancy
Capitaine au Régiment des Gardes
Françoiſes , Françoiſe Marguerite Brunet
de Rancy femme de Pierre Armand
de la Briffe Maistre des Requêtes&
Marie Brunet de Rancy mariće
depuis l'An 1711 , avec Loüis François
Henri Colbert Comte de Croiſſfy , Lieutenant
Général des Armées du Roy, cidevantAmbaffadeuren
Suéde . Meſſire
Brunet de Rancy qui vient de mourir
avoit pour freres ( Jean Baptiste Brunet
Seigneur de Chailly , Garde du Tréfor
Royal , mort en 1703 , pere deM.
Brunet de Chailly Préſident en la
Chambre des Compte de Paris , & de
Mesdames du Tillet de la Buffiere de
Villarceaux & Bignon de Blanzy. )
Gilles Brunet Confeiller au Parlement
de Paris , mort en 1709. Fran
-' DE SEPTEMBRE. 18.5
gois Brunet Seigneur de Mont- Ferrant,
Préſident en la Chambre des Comptes
de Parismort , fans eſtremarié en 1696.
Joſeph Brunet Abbé de Noſtre-Dame
de Baugerais , puis de Saint Creſpin
le Grand de Soiffons , Administrateur
de laCure de Saint Roch. Claude Brunet
Abbé de Noſtre-Dame du Boucher,
mort en 1693. Philberte Brunet femmede
Philbert Alexis Durand Seigneur
de Chaumont , Préſident de la Chambre
des Comptes en Bourgogne , &
Jeanne Magdelaine Brunet femme de
François Pierre Durey Secretaire du
Roy , Tréſorier Général de la Maiſon
du Roy , mort en 1710, &elle en 1706.
Tous enfans de Philbert Brunet reçû
Secretairedu Roy en 1667, & de Jeanne
Tavau.
:
Meffire François Jofeph de Grammont
Archevêque de Besançon , mourut
le21 Août. Ilavoit fuccedé en 1698,à
Meffire Antoine Pierre de Grammont
fonOncle duquel il eſtoit Coadjuteur: Il
eſtoit frere de Meſſieurs les Marquis
& Comte de Grammont , tous deux
Lieutenans Généraux des Armées du
Roy, & fortoit d'une Maiſon originaire
de Franche-Comté également diftin-
Qüj
186 LE MERCURE
guée par ſon ancienneté &par fesalliances.
Il vaque par la mort de M.
de Grammont l'Abbaye de Sainte Marie
duMont de 12 à 15000 livres de rente
,& le Prieuré de Mortault qui en
vaut autant.
Mre Geoffroy-Dominique de Bragelongne
, ci-devant Conſeiller en la
Cour des Aydes de Paris , mourut le
21 Septembre , en ſa 63º année. Il eſtoit
fils de Thomas de Bragelongne , Seigneur
d'Engenville , d'Iſſi & du petit
Tinionville , mort Premier Préſident
du Parlement de Metz en 1681 : Etde
Dame Marie Hector de Marle , &
petit- fils de Jean-François de Bragelongne
Seigneur de la Norville , re
çû Conſeiller au Parlement de Paris
en 1603 , & d'Anne l'Ffchaffier ; &
arriére petit-fils de Thomas de Bragelongne
, Seigneur de Norville , ancien
Préſident des Tréſorters - de
France à Paris & Sécrétaire du Roy,
mort en 1615 , ſorti d'une Famille
des plus diftinguées , des plus étendues
&des mieux alliées de la Robe .
N. d'Aydie femme de Mre
Antoine Comte d'Aydie & Dame da
Palais de Madame Ducheſſe de Beni,
DE SEPTEMBRE 187
mourut le 18 de ce mois , à l'âge
de 19 ans. Elle étoit foeur de M. le
Marquis de Ribérac & de M. le Comte
de Rions , & fille d'Amé- Blaiſe
d'Aydie Comte d'Aydie , Seigneur
des Bernardieres , & de Moncheüil ,
Comte de Beroge , & de Marguerite-
Loüife - Théreſe - Marie - Charlotte -
Dianne Bautru de Nogent. Elle avoir
épousé ſon proche parent ; & la Maifon
d'Aydie dont elle fortoit , eſt
des plus illuftres de Bearn.
unc
MreGilles de Beauveau Evêquede
Nantes depuis l'an 1577 , mourut le
fix de ce mois. La Maiſon de Beauvean
dont il fortoit , eſt originaire
d'Anjou & l'une des plus illuſtres &
des plus anciennes de cette Province.
Mre Pierre Gaillard Conſeiller en la
Cour desAydes de Paris , mourut le 20
Aouſt derrier , laiſſant des enfans.
Marie Elifabeth le Feuvre de Caumartin,
femme de Mre Pierre Delpech ,
Seigneur de Cailli , Avocat General
dela Courdes Avdes , mourut le 29
Aouft letnier. Elle épir fille de Loüis-
François e Fenvie de Caumartin ,
Marquis le Cailli & de Françoiſe-
Elifabeth de Brion ſa ſeconde femme,
388 LE MERCURE
perite- fille de Jacques le Feuvre Seigneur
de Saint- Port & Marquis de
Cailli Ambaſſadeur en Suiffe&Confeiller
d'Etat , & de Genéviéve de la
Barre ; & arriere petite-fille de Loüis
de Feuvre Baronde Saint Port, Seigneur
deCaumarrin&de soiffi , mort Gardedes
Sceaux de France en 1623 ; &
elle étoit coufine iffuë de germain de
Mrs de Caumartin&de Boiffi. Voyez
pour cette Généalogie , l'Histoire des
grands Officiers de la Couronne , au
Chapitre des Chanceliers , Gardesdes
Sceaux de France .
Dame Marguerite Felice de Levy
Vantadour veuve de Mre Jacques
Henry de Durfort Duc de Duras ,
Pair& Maréchal de France , Chevalier
des Ordres du Roy , Gouverneur
du Comté de Bourgogne , mourut le
deux de ce mois .
Je remets au mois prochain à par-
Actde la mort de M le Duc de Vanta .
dour ſon frere , arrivée le 18 ; comme
auſſide la mort de M. le Marquis
de Moncault Lieutenant Général des
Armées du Roy , dont M. le Marquis
d'Hautrey ſon fils, a épouséMiled Armenonville,
comme je le marque ci-aprés .
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