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1
p. 242-256
LIVRE NOUVEAU.
Début :
Il paroît depuis peu dans Paris un Livre imprimé à Amsterdam, [...]
Mots clefs :
Livre, Idées, Platon, Esprit, Genre
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texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU.
LIVRE NOUVEAU.
L paroîtdepuis peu
dans Paris un Livre
imprime à Amsterdam,
qui a pour titre Nouveaux
dialogues des Dieux,ou ré,
-
jllxiansjûr Ils pasîons; avec
un discourssur la nature du
dialogue. À
Le dialogue, dit l'auteur
,
est le genre
d'écrire
le plus ancien. Il est à croi4
que lespremiers que la va
nité, ou l'oisivetéengage-
eut à travailler, choisirent
,ette maniere!Lès homnesayanttrouvéle moyen
le rendre leurs idées par
l'usage des mots, lierent
les conversations, & je
~le doute point qu'avec le
penchant qu'ils ont à
l'initation,ils n'ayent don-
~éà leurs écrits la forme
le conversation ou de diaogue, qui devoit vraifem-
~diablement se presenter à
eux, &c.
-
Après cette reflexion
censée,qui faitsentir qu'en
effet. la premiere maniere
de s'exprimer par écrit a
dû être une mitation naïve dela manierenaturelle
dont les hommes s'expriment entr'euxde vive voix,
il donneà Platon l'honneur d'avoir renouvellé de
son temps l'usage du dialogue.
Ensuiteil fait l'élogede
Platon, il nous peint avec
force les grandes qualitez,
& justifie avec adressedes
défautsqu'il n'estplus permis de blâmer dans un
homme qui s'est acquis le
surnom dedivin.
Il convient par exemple
que Platon ejiiresdtjjus,
il dit pour l'excuser que
Les anciens ne se viquoiet
point d'aller à la vérité'
parlechemin le plttKourt:
ilsst ménageoientleplaisir dela chercherlongtemps.
:.' Si l'auteur dit que
Platon cft obscur, que
ses idées ne sont point
nettes
,
il a
joûte que
toutes,les foisqu'il tmrle
de l'amoursonstile enfait
leloge, sonimagination échauffée par son
cœur en devient une fois
plus brillant:e; quand il
parle de Ubeauté, tvow
le croye.Ztiflmdthiranfsorts" qtteUtcause; ce ne
font quegrands mots qui,
parcequ'ils ontde confar,
peignent parfaitement le
desordredel'amour.
C'est ainsi que l'Autheur
,
en jugeant sainement & sans prévention, des deffauts de
Platon, évite de heurter de front la prévention de ceux qui croiroient blasphemer, en
convenant que Platon
manque quelquefois de
jupefJe. plit] a
du chimerique dansson
élevation d'esprit.
L'Autheur donne enfuite à Platon la plus
grande loüange qu'on
puisse donner à un Philosophe.
Il tft certain, dit-il,
que de tous les Payens
Cf Platon a eu laMorale
la plttf pure, & la plus
conforme aux intérêts de
ll4 societé.
L'Autheur établit ensuite, une maxime trés
veritable, & à laquelle
peu de gens font attention. L'cfprtt, 4 quis'exerce
sur un genre particulier,
a
bésoin pouryexceller,
de toutes les qua.l,tè.(" necessaires pour réussir dans
tous les genres en generaL
Je croirois qu'il en
est de même des beaux
arts J.
qu'unPeintre, par
exemple, ne peut être
excellent Peintre, qu'il
n'ait un genie propre à
laPoësie,&àla Musique; Lully n'étoit si
grandMusicien,que
parce qu'il eût pu erre
prand Poëte,& grand
Peintre, s'ileût cultivé
la poësie &: la peinture;
Racine eût été bon Peintre, M. le Brun eût été
bon Poëte, & ainsi des
autres, qui ont excellé,
& qui excellent encor
apresent dans ces trois
genres; c'est ce que je
tâcherai de prouver
dans une Dissertation
que j'espere donner
quelque jour au public.
L'auteurparle enfuite de Ciceron & de
Lucien qu'il joint à Platon, & les donne tous
trois pour les plus parfaits modeles du dialogue.
Avant que de parler
du dialogueilkèX*rdt
quelques,t&fljeftures sur
ce quI ouvrage. fan la beauté d'un à"uju
J'entrcprens,QQM\n\i.è~
t-il
,
de montrer quepour
plaire
,
il ne s'agit que
de flater l'esprit humain
,
accommoder sa partjje.
1
L'auteur fait pluficurs
reflexionstrésdelicates
sur la maniere de s'accommoder à ces deux
foibles,en donnantdans
les ouvrages d'esprit
assez à penetrer, à deviner
,
fic non pastrop:
parce que,dit-il, on
veut bien chercher,pourvuqu'on ne cherche pas
longtemps, & qu'onsoit
Jitr de trouver.
Aprés cettepetitedissertation ilvientaudialogue, ex; semble VOlt."
loir prouver que c'est
le genre d'écrire le plus
difficile:tousceux qui
y
réussissentenconviendront; ceuxqui travaillent dans un autre gen-
-
re s'y opposeront, & ils
pourroient bien avoir tort.
Le style oratoire le
style poëtique font pins
commodes:il ne s'agit
poury réujjirquc de donner à son imagination le
degré de chaleur qui fait
enfanter les idées vives
qui produit lesimages
fortes.
Dansle dialogue vous
êtes A fIjrce d'être .., naif, Of réduit au naturel; cvOUJ ne
sçauriezdonner à vos
idées que le feu qu'elles
ont> & elles ne doivent
point en emprunter de celui qui les expose.
Q^uand vom faitesun
Poëme, ou une Odevous
vous donnezpourinspiré,
vous aVtZ, une Muse
ou un Dieu,sur le compte
duquel vote pou vez mettre tous les écarts que
DQMS faites.
A pres plusieurs autres
reflexions sur le dialogue,l'auteur paroist
conclure & avec raison,
qu'entre les dialogues
le plus difficile est celui du theâtre
:
mais le
temps de rinlpreffiorl
me presse ,remettons au
mois prochain à parler
durestedulivre qui
merite plus de temps&
plus d'attention que je
11ay pû en donner à
la
premiere partie du Ji,
vre, qui ne m'est tombe
dans les mains que dans
le moment qu'il a
salu
finir le Mercure dece mois.
L paroîtdepuis peu
dans Paris un Livre
imprime à Amsterdam,
qui a pour titre Nouveaux
dialogues des Dieux,ou ré,
-
jllxiansjûr Ils pasîons; avec
un discourssur la nature du
dialogue. À
Le dialogue, dit l'auteur
,
est le genre
d'écrire
le plus ancien. Il est à croi4
que lespremiers que la va
nité, ou l'oisivetéengage-
eut à travailler, choisirent
,ette maniere!Lès homnesayanttrouvéle moyen
le rendre leurs idées par
l'usage des mots, lierent
les conversations, & je
~le doute point qu'avec le
penchant qu'ils ont à
l'initation,ils n'ayent don-
~éà leurs écrits la forme
le conversation ou de diaogue, qui devoit vraifem-
~diablement se presenter à
eux, &c.
-
Après cette reflexion
censée,qui faitsentir qu'en
effet. la premiere maniere
de s'exprimer par écrit a
dû être une mitation naïve dela manierenaturelle
dont les hommes s'expriment entr'euxde vive voix,
il donneà Platon l'honneur d'avoir renouvellé de
son temps l'usage du dialogue.
Ensuiteil fait l'élogede
Platon, il nous peint avec
force les grandes qualitez,
& justifie avec adressedes
défautsqu'il n'estplus permis de blâmer dans un
homme qui s'est acquis le
surnom dedivin.
Il convient par exemple
que Platon ejiiresdtjjus,
il dit pour l'excuser que
Les anciens ne se viquoiet
point d'aller à la vérité'
parlechemin le plttKourt:
ilsst ménageoientleplaisir dela chercherlongtemps.
:.' Si l'auteur dit que
Platon cft obscur, que
ses idées ne sont point
nettes
,
il a
joûte que
toutes,les foisqu'il tmrle
de l'amoursonstile enfait
leloge, sonimagination échauffée par son
cœur en devient une fois
plus brillant:e; quand il
parle de Ubeauté, tvow
le croye.Ztiflmdthiranfsorts" qtteUtcause; ce ne
font quegrands mots qui,
parcequ'ils ontde confar,
peignent parfaitement le
desordredel'amour.
C'est ainsi que l'Autheur
,
en jugeant sainement & sans prévention, des deffauts de
Platon, évite de heurter de front la prévention de ceux qui croiroient blasphemer, en
convenant que Platon
manque quelquefois de
jupefJe. plit] a
du chimerique dansson
élevation d'esprit.
L'Autheur donne enfuite à Platon la plus
grande loüange qu'on
puisse donner à un Philosophe.
Il tft certain, dit-il,
que de tous les Payens
Cf Platon a eu laMorale
la plttf pure, & la plus
conforme aux intérêts de
ll4 societé.
L'Autheur établit ensuite, une maxime trés
veritable, & à laquelle
peu de gens font attention. L'cfprtt, 4 quis'exerce
sur un genre particulier,
a
bésoin pouryexceller,
de toutes les qua.l,tè.(" necessaires pour réussir dans
tous les genres en generaL
Je croirois qu'il en
est de même des beaux
arts J.
qu'unPeintre, par
exemple, ne peut être
excellent Peintre, qu'il
n'ait un genie propre à
laPoësie,&àla Musique; Lully n'étoit si
grandMusicien,que
parce qu'il eût pu erre
prand Poëte,& grand
Peintre, s'ileût cultivé
la poësie &: la peinture;
Racine eût été bon Peintre, M. le Brun eût été
bon Poëte, & ainsi des
autres, qui ont excellé,
& qui excellent encor
apresent dans ces trois
genres; c'est ce que je
tâcherai de prouver
dans une Dissertation
que j'espere donner
quelque jour au public.
L'auteurparle enfuite de Ciceron & de
Lucien qu'il joint à Platon, & les donne tous
trois pour les plus parfaits modeles du dialogue.
Avant que de parler
du dialogueilkèX*rdt
quelques,t&fljeftures sur
ce quI ouvrage. fan la beauté d'un à"uju
J'entrcprens,QQM\n\i.è~
t-il
,
de montrer quepour
plaire
,
il ne s'agit que
de flater l'esprit humain
,
accommoder sa partjje.
1
L'auteur fait pluficurs
reflexionstrésdelicates
sur la maniere de s'accommoder à ces deux
foibles,en donnantdans
les ouvrages d'esprit
assez à penetrer, à deviner
,
fic non pastrop:
parce que,dit-il, on
veut bien chercher,pourvuqu'on ne cherche pas
longtemps, & qu'onsoit
Jitr de trouver.
Aprés cettepetitedissertation ilvientaudialogue, ex; semble VOlt."
loir prouver que c'est
le genre d'écrire le plus
difficile:tousceux qui
y
réussissentenconviendront; ceuxqui travaillent dans un autre gen-
-
re s'y opposeront, & ils
pourroient bien avoir tort.
Le style oratoire le
style poëtique font pins
commodes:il ne s'agit
poury réujjirquc de donner à son imagination le
degré de chaleur qui fait
enfanter les idées vives
qui produit lesimages
fortes.
Dansle dialogue vous
êtes A fIjrce d'être .., naif, Of réduit au naturel; cvOUJ ne
sçauriezdonner à vos
idées que le feu qu'elles
ont> & elles ne doivent
point en emprunter de celui qui les expose.
Q^uand vom faitesun
Poëme, ou une Odevous
vous donnezpourinspiré,
vous aVtZ, une Muse
ou un Dieu,sur le compte
duquel vote pou vez mettre tous les écarts que
DQMS faites.
A pres plusieurs autres
reflexions sur le dialogue,l'auteur paroist
conclure & avec raison,
qu'entre les dialogues
le plus difficile est celui du theâtre
:
mais le
temps de rinlpreffiorl
me presse ,remettons au
mois prochain à parler
durestedulivre qui
merite plus de temps&
plus d'attention que je
11ay pû en donner à
la
premiere partie du Ji,
vre, qui ne m'est tombe
dans les mains que dans
le moment qu'il a
salu
finir le Mercure dece mois.
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Résumé : LIVRE NOUVEAU.
Un nouveau livre intitulé 'Nouveaux dialogues des Dieux, ou les passions' a été publié à Amsterdam et est disponible à Paris. L'auteur y examine la nature du dialogue, qu'il considère comme le genre d'écriture le plus ancien, imitant les conversations orales pour exprimer des idées par écrit. Il attribue à Platon le mérite d'avoir renouvelé l'usage du dialogue, louant ses grandes qualités tout en excusant ses défauts, tels que l'obscurité et le style parfois confus. Ces défauts sont justifiés par le fait que Platon cherchait à prolonger le plaisir de la quête de la vérité plutôt que de la trouver rapidement. L'auteur affirme que Platon est le païen ayant la morale la plus pure et la plus conforme aux intérêts de la société. Le texte explore également l'idée que l'excellence dans un genre particulier nécessite des qualités nécessaires pour réussir dans tous les genres. L'auteur mentionne des figures comme Lully, Racine et Le Brun pour illustrer cette maxime. Il compare ensuite Cicéron et Lucien à Platon, les considérant comme les modèles parfaits du dialogue. L'auteur discute ensuite de la beauté d'un ouvrage, affirmant qu'il faut flatter l'esprit humain et accommoder sa partie. Il réfléchit sur la manière de rendre les œuvres d'esprit suffisamment pénétrantes sans être trop difficiles à comprendre. Il conclut que le dialogue est le genre d'écriture le plus difficile, en particulier celui du théâtre, mais manque de temps pour approfondir ce sujet dans cette première partie du livre.
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2
p. 315-317
Anecdotes Grecques, &c. [titre d'après la table]
Début :
ANECDOTES GRECQUES, ou avantures secretes d'Aridée, frere d'Alexandre le [...]
Mots clefs :
Alexandre le Grand, Athènes, Platon, Euridice, Aridée, Tyrus, Babylone, Olympias, Bagdad, Histoire grecque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Anecdotes Grecques, &c. [titre d'après la table]
ANECDOTES GRECQUES , ou avantures
secretes d'Aridée frere d'Alexandre le
Grand , traduites d'un manuscrit grec . A Paris
chez la veuve Guillaume , Quay des Augustins ,
au
g16 MERCURE DE FRANCE.
au Nom de Jesus . Se vend 24. sols broché , vol.
in 12. de 224. pages , 1731 .
Le Prince Aridée , mécontent du Roy Alexandre
son frere , prend la resolution de voyager
avec son confident , nommé Linon. Ils sont
attaquez par des voleurs qu'ils terrassent. Ils
vont à Athénes , où Aridée écoute avec plaisir .
un Discours de Platon sur l'abus de la pluralité
des Dieux , et la nécessité absolue d'un seul Etre
suprême ; il passe ensuite à Zagen , dont Tyrus
le Roy l'ayant connu , le fait General de ses
troupes , contre Jadul Roy de Cotatis.
Aridée assicge Cotatis ; pendant le siege , se
promenant avec Linon son favori , il délivre
une jeune fille , nommée Clare , de la main de
ses ravisseurs , et trouve Evandre , fils de Leomatus
, l'un des Lieutenans d'Alexandre. Claro
luy raconte son histoire , et luy apprend qu'Euridice
( fille d'Amyntas , oncle d'Aridée et sa
cousine ) est captive dans le Château de Cotatis.
Aridée en presse le siege , prend la place d'assaut
, et délivre Euridice , qu'il trouve cachée
sous un tombeau.
Euridice luy fait le recit de ses malheurs ;
Aridée revient triomphant chez le Roy Tyrus ,
où il est reçu avec tous les honneurs possibles .
Pendant son sejour , Linon son favori ayant délivré
la fille d'un Seigneur de la fureur d'un lion ,
l'épouse , et fait ainsi sa fortune. Aridée et Euridice
vont ensuite à Calyba , où ils croyoient
trouver Amintas , pere de la Princesse Euridice
lequel étant mort , Euridice consentit d'épouser
Aridée.
Peu de temps après Aridée apprend la mort
d'Alexandre le Grand , son frere ; aussi - tôt it
va à Babilone avec Euridice son épouse , ou
après beaucoup de mouvemens entre les Lieute
nans
FEVRIER.. 1731. 317
mans d'Alexandre , Aridée est enfin élu Roy sous
le nom de Philippes .
>
Olympias
mere d'Alexandre en devient
amoureuse ; elle luy fait proposer , et luy propose
elle-même de repudier Euridice , et de l'épouser
, quoy qu'elle ait été la femme dé
pere ; Aridée luy fait voir , l'horreur de sa
proposition , et par son refus devient son ennemi.
son
Pendant ce temps-là , Yolas fils d'Antipater
devient amoureux de Clare , et rival d'Evandre ,
fils de Leonatus ; mais Clare ayant été reconnue
pour fille d'Antipater , que la Reine Olympias ,
par vengeance , avoit fait enlever à l'âge de deux
ans , et par ce moyen se trouvant sa soeur , elle
épouse Evandre. Icy on trouve un Episode assez
singulier d'une fille , qui justifie son amant accusé
d'assassinat , et confond l'accusateur qu'el
le- même a désarmé comme le plus lâche de tous
les hommes.
Le Roy Aridée et la Reine Euridice se retirent
à Bagdat , où la furieuse Olympias trouve les
moyens de faire étrangler la Reine , et ensuite
assassiner le Roy avec cent Gentilhommes,
après quoi on lui fait subir le châtiment de ses
cruautez.
Ce qui est conforme aux Auteurs qui ont écrit
'Histoire Grecque , et dans un stile tres concis .
secretes d'Aridée frere d'Alexandre le
Grand , traduites d'un manuscrit grec . A Paris
chez la veuve Guillaume , Quay des Augustins ,
au
g16 MERCURE DE FRANCE.
au Nom de Jesus . Se vend 24. sols broché , vol.
in 12. de 224. pages , 1731 .
Le Prince Aridée , mécontent du Roy Alexandre
son frere , prend la resolution de voyager
avec son confident , nommé Linon. Ils sont
attaquez par des voleurs qu'ils terrassent. Ils
vont à Athénes , où Aridée écoute avec plaisir .
un Discours de Platon sur l'abus de la pluralité
des Dieux , et la nécessité absolue d'un seul Etre
suprême ; il passe ensuite à Zagen , dont Tyrus
le Roy l'ayant connu , le fait General de ses
troupes , contre Jadul Roy de Cotatis.
Aridée assicge Cotatis ; pendant le siege , se
promenant avec Linon son favori , il délivre
une jeune fille , nommée Clare , de la main de
ses ravisseurs , et trouve Evandre , fils de Leomatus
, l'un des Lieutenans d'Alexandre. Claro
luy raconte son histoire , et luy apprend qu'Euridice
( fille d'Amyntas , oncle d'Aridée et sa
cousine ) est captive dans le Château de Cotatis.
Aridée en presse le siege , prend la place d'assaut
, et délivre Euridice , qu'il trouve cachée
sous un tombeau.
Euridice luy fait le recit de ses malheurs ;
Aridée revient triomphant chez le Roy Tyrus ,
où il est reçu avec tous les honneurs possibles .
Pendant son sejour , Linon son favori ayant délivré
la fille d'un Seigneur de la fureur d'un lion ,
l'épouse , et fait ainsi sa fortune. Aridée et Euridice
vont ensuite à Calyba , où ils croyoient
trouver Amintas , pere de la Princesse Euridice
lequel étant mort , Euridice consentit d'épouser
Aridée.
Peu de temps après Aridée apprend la mort
d'Alexandre le Grand , son frere ; aussi - tôt it
va à Babilone avec Euridice son épouse , ou
après beaucoup de mouvemens entre les Lieute
nans
FEVRIER.. 1731. 317
mans d'Alexandre , Aridée est enfin élu Roy sous
le nom de Philippes .
>
Olympias
mere d'Alexandre en devient
amoureuse ; elle luy fait proposer , et luy propose
elle-même de repudier Euridice , et de l'épouser
, quoy qu'elle ait été la femme dé
pere ; Aridée luy fait voir , l'horreur de sa
proposition , et par son refus devient son ennemi.
son
Pendant ce temps-là , Yolas fils d'Antipater
devient amoureux de Clare , et rival d'Evandre ,
fils de Leonatus ; mais Clare ayant été reconnue
pour fille d'Antipater , que la Reine Olympias ,
par vengeance , avoit fait enlever à l'âge de deux
ans , et par ce moyen se trouvant sa soeur , elle
épouse Evandre. Icy on trouve un Episode assez
singulier d'une fille , qui justifie son amant accusé
d'assassinat , et confond l'accusateur qu'el
le- même a désarmé comme le plus lâche de tous
les hommes.
Le Roy Aridée et la Reine Euridice se retirent
à Bagdat , où la furieuse Olympias trouve les
moyens de faire étrangler la Reine , et ensuite
assassiner le Roy avec cent Gentilhommes,
après quoi on lui fait subir le châtiment de ses
cruautez.
Ce qui est conforme aux Auteurs qui ont écrit
'Histoire Grecque , et dans un stile tres concis .
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Résumé : Anecdotes Grecques, &c. [titre d'après la table]
Le manuscrit 'Anecdotes Grecques, ou aventures secrètes d'Aridée frère d'Alexandre le Grand', publié à Paris en 1731, relate les aventures d'Aridée, frère d'Alexandre le Grand. Aridée et son confident Linon affrontent des voleurs et se rendent à Athènes, où Aridée écoute un discours de Platon. Ils se dirigent ensuite à Zagen, où Aridée devient général des troupes du roi Tyrus contre Jadul, roi de Cotatis. Pendant le siège, Aridée délivre Clare et découvre Evandre, fils de Leomatus. Clare révèle qu'Euridice, cousine d'Aridée, est captive à Cotatis. Aridée assiège et prend la place, libérant Euridice. À Calyba, Euridice accepte d'épouser Aridée après la mort de son père Amintas. Aridée apprend la mort d'Alexandre et se rend à Babylone, où il est élu roi sous le nom de Philippe. Olympias, mère d'Alexandre, propose à Aridée de l'épouser, mais il refuse, devenant son ennemi. Yolas, fils d'Antipater, épouse Evandre. Aridée et Euridice se retirent à Bagdad, où Olympias fait assassiner le couple avant de subir elle-même un châtiment pour ses cruautés.
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3
p. 921
LOGOGRYPHE.
Début :
D'Athenes autrefois je faisois l'ornement ; [...]
Mots clefs :
Platon
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
D'Athenes autrefois je faisois l'ornement ; ¦
Avec éloge encor on me cite souvent.
Je porte dans mon sein un Oiseau d'importance ,
Un Fleuve d'Italie , une Ville de France ,
Un Meuble qui préside au milieu d'un festin ,
Un Dieu qui du Berger regle l'heureux destin ;
Pour exercer en Cour toute ta Réthorique ;
Un terme de Blason , un terme de Musique.
Prends quatre de mon tout, sans barque & sans bas
teau
Tu peux en sûreté te promener sur l'eau.
De M ***
D'Athenes autrefois je faisois l'ornement ; ¦
Avec éloge encor on me cite souvent.
Je porte dans mon sein un Oiseau d'importance ,
Un Fleuve d'Italie , une Ville de France ,
Un Meuble qui préside au milieu d'un festin ,
Un Dieu qui du Berger regle l'heureux destin ;
Pour exercer en Cour toute ta Réthorique ;
Un terme de Blason , un terme de Musique.
Prends quatre de mon tout, sans barque & sans bas
teau
Tu peux en sûreté te promener sur l'eau.
De M ***
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4
p. 61-64
DIALOGUES DES MORTS. Par M. Pesselier. PREMIER DIALOGUE. PITAGORE ET PLATON.
Début :
Pitagore. Je vous félicite d'avoir travaillé sur l'immortalité de [...]
Mots clefs :
Pythagore, Platon, Amour, Objet, Véritable, Source
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIALOGUES DES MORTS. Par M. Pesselier. PREMIER DIALOGUE. PITAGORE ET PLATON.
DIALOGUES
DES MORTS.
Par M. Pesselier.
PREMIER DIALOGUE.
PITAGORE ET PLATON.
Pitagore.
Je vous félicite d'avoir travaillé sur l'immortalité
de l'ame, & sur quelques au-
tres matieres qui ne sont pas moins dignes
de nos méditations; mais je ne sçaurois
vous pardonner d'avoir fait de l'amour un
objet de vos observations: de pareils sujets
avilissent le Philosophe, & profanent la
Philosophie.
Platon.
Le sérieux ne doit pas toujours nous
occuper. La variété des matieres soutient
l'esprit & forme le jugement; l'agrément
des unes aide à supporter la gravité des
autres.
Pitagore.
Je ny verrois pas d'inconvénient, si
l'on ne parloit des choses frivoles, que
pour en démontrer la frivolité; mais vous
n'avez disserté sur l'amour que pour en
faire l'apologie.
oogl
62 MERCURE DE FRANCE.
Platon.
Et c'est sur cela précisément que je
fonde la mienne.
Pitagore.
Je désespére un peu plus de vous, que
je ne faisois auparavant; quoi, vous pensez
que l'amour...
Platon.
Est la source de toutes les vertus; j'en-
tends parler du véritable.
Pitagore.
Le véritable est une belle chimére, que
votre imagination a voulu créer; mais que
le coeur humain ne réalisera jamais.
Platon.
Il seroit beau même de l'avoir imagi-
née; mais je nai que l'avantage de l'avoit
bien imitée, le modéle en est dans plus
d'un cœeur formé pour ressentir ce que je
n'ai fait que peindre. Celui des femmes
est surtout capable de cette délicatesse qui
vous paroît imaginaire, leur feu purifie
nos sentimens.
Pitagore.
Comme cette matiere, que vous pré-
tendez spiritualiser, m'a toujours paru
plus que problématique, je n'en ai jamais
pris qu'une islée confuse, & vous me fe-
riez plaisir de me la développer.
JANVIER.
1752.
&
Platon.
Il est des choses que l'on sent beaucoup
mieux que l'on ne les exprime: n'acculea
donc que la foiblesse de mes expressions,
de ce qui pourra manquer au Tableau de
l'Amour, tel que je le conçois. Il doit
joindre à la vivacité de sa flamme, la
dignité de l'estime, & la puteté de l'a-
mirie.
Ne s'occuper que d'un seul objet, lui
rapporter involontairement & sans con-
trainte tous ses goûts, toutes ses pensées,
tous ses sentimens; ne vouloir se perfec-
tionner que pour se rendre plus digne de
lui plaire; n etre charmé d'avoir plu, que
parce que c'est une raison d'aimer davan-
tage; ne voir en soi que l'objet aimé, &
voit tout en lui. N'avoir de plaisirs que
pour qu'il ses partage; deviner ses peines
pour les partager; être heureux de son
bonheur, & malheureux de son infor-
tune. Mériter d'obrenir, en ne deman-
dant rien; être après les faveurs aussi res-
pecteeux, que si l'on n'avoit pas même
encote de l'espoir; desirer sans importu-
nité, posséder sans ostentation, conserver
sans négligence & sans jalousie, voilà l'a-
mour tel que je l'ai conçu, tel que je l'ai
senti, tel que je l'ai vu dans les amans
délicats; tel en un mot que je le voudrois
par tout, & dans tous les cœeurs.
zed by Goc
64 MERCUREDEFRANCE.
Pitagore.
Ce seroit alors, comme vous l'avez dit,
la source des talens, des vertus & des
graces, mais encore une fois....
Plaion.
Mais pourquoi se faire un systême d'a-
vilir l'humanité? Le mien (si l'on peut
nommer ainsi l'inspiration du sentiment,)
a pour objet d'élever les hommes au-des-
sus de l'humanité même, pat le portrait
enchanteur de la délicatesse, dont je ses
crois plus capables, qu'ils n osent. peut-
être eux-mêmes l'imaginer. Vous ne
pourriez les convaincre de votte opinion,
sans les humilier; je ne puis les persuader
sans leur inspirer une noble émulation,
qui susfiroit seule pour les conduire aux
plus hautes persections. C'est souvent,
croyez moi, parce qu'il na pas assez d'a-
mour propre, que l'homme est vain, &
tombe dans les petitesses; il les éviteroit
s'il connoissoit sa véritable grandeur.
Rendons son coeur assez fier, assez grand,
pour oser aspirer, par l'amour niême, à la
vertu.
DES MORTS.
Par M. Pesselier.
PREMIER DIALOGUE.
PITAGORE ET PLATON.
Pitagore.
Je vous félicite d'avoir travaillé sur l'immortalité
de l'ame, & sur quelques au-
tres matieres qui ne sont pas moins dignes
de nos méditations; mais je ne sçaurois
vous pardonner d'avoir fait de l'amour un
objet de vos observations: de pareils sujets
avilissent le Philosophe, & profanent la
Philosophie.
Platon.
Le sérieux ne doit pas toujours nous
occuper. La variété des matieres soutient
l'esprit & forme le jugement; l'agrément
des unes aide à supporter la gravité des
autres.
Pitagore.
Je ny verrois pas d'inconvénient, si
l'on ne parloit des choses frivoles, que
pour en démontrer la frivolité; mais vous
n'avez disserté sur l'amour que pour en
faire l'apologie.
oogl
62 MERCURE DE FRANCE.
Platon.
Et c'est sur cela précisément que je
fonde la mienne.
Pitagore.
Je désespére un peu plus de vous, que
je ne faisois auparavant; quoi, vous pensez
que l'amour...
Platon.
Est la source de toutes les vertus; j'en-
tends parler du véritable.
Pitagore.
Le véritable est une belle chimére, que
votre imagination a voulu créer; mais que
le coeur humain ne réalisera jamais.
Platon.
Il seroit beau même de l'avoir imagi-
née; mais je nai que l'avantage de l'avoit
bien imitée, le modéle en est dans plus
d'un cœeur formé pour ressentir ce que je
n'ai fait que peindre. Celui des femmes
est surtout capable de cette délicatesse qui
vous paroît imaginaire, leur feu purifie
nos sentimens.
Pitagore.
Comme cette matiere, que vous pré-
tendez spiritualiser, m'a toujours paru
plus que problématique, je n'en ai jamais
pris qu'une islée confuse, & vous me fe-
riez plaisir de me la développer.
JANVIER.
1752.
&
Platon.
Il est des choses que l'on sent beaucoup
mieux que l'on ne les exprime: n'acculea
donc que la foiblesse de mes expressions,
de ce qui pourra manquer au Tableau de
l'Amour, tel que je le conçois. Il doit
joindre à la vivacité de sa flamme, la
dignité de l'estime, & la puteté de l'a-
mirie.
Ne s'occuper que d'un seul objet, lui
rapporter involontairement & sans con-
trainte tous ses goûts, toutes ses pensées,
tous ses sentimens; ne vouloir se perfec-
tionner que pour se rendre plus digne de
lui plaire; n etre charmé d'avoir plu, que
parce que c'est une raison d'aimer davan-
tage; ne voir en soi que l'objet aimé, &
voit tout en lui. N'avoir de plaisirs que
pour qu'il ses partage; deviner ses peines
pour les partager; être heureux de son
bonheur, & malheureux de son infor-
tune. Mériter d'obrenir, en ne deman-
dant rien; être après les faveurs aussi res-
pecteeux, que si l'on n'avoit pas même
encote de l'espoir; desirer sans importu-
nité, posséder sans ostentation, conserver
sans négligence & sans jalousie, voilà l'a-
mour tel que je l'ai conçu, tel que je l'ai
senti, tel que je l'ai vu dans les amans
délicats; tel en un mot que je le voudrois
par tout, & dans tous les cœeurs.
zed by Goc
64 MERCUREDEFRANCE.
Pitagore.
Ce seroit alors, comme vous l'avez dit,
la source des talens, des vertus & des
graces, mais encore une fois....
Plaion.
Mais pourquoi se faire un systême d'a-
vilir l'humanité? Le mien (si l'on peut
nommer ainsi l'inspiration du sentiment,)
a pour objet d'élever les hommes au-des-
sus de l'humanité même, pat le portrait
enchanteur de la délicatesse, dont je ses
crois plus capables, qu'ils n osent. peut-
être eux-mêmes l'imaginer. Vous ne
pourriez les convaincre de votte opinion,
sans les humilier; je ne puis les persuader
sans leur inspirer une noble émulation,
qui susfiroit seule pour les conduire aux
plus hautes persections. C'est souvent,
croyez moi, parce qu'il na pas assez d'a-
mour propre, que l'homme est vain, &
tombe dans les petitesses; il les éviteroit
s'il connoissoit sa véritable grandeur.
Rendons son coeur assez fier, assez grand,
pour oser aspirer, par l'amour niême, à la
vertu.
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D'Athenes autrefois je faisois l'ornement, [...]
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Platon
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D'Athenes autrefois je faifois l'ornement ,
Avec éloge encor on me cite fouvent ;
Je porte dans mon fein un oifeau d'importance ,
Un fleuve d'Italie , une Ville de France ,
Un meuble que l'on voit au milieu du feſtin ,
Un Dieu qui du Berger fixe l'heureux deſtin ,
Pour exercer encor toute ta rhetorique ,
Un terme de Blafon , un autre de Mufique,
Prends quatre de mon tout , fans barque & fans
batteau ,
Tu peux en furetéte promener fur l'eau.
Par M. Subtil , de Pontoife.
D'Athenes autrefois je faifois l'ornement ,
Avec éloge encor on me cite fouvent ;
Je porte dans mon fein un oifeau d'importance ,
Un fleuve d'Italie , une Ville de France ,
Un meuble que l'on voit au milieu du feſtin ,
Un Dieu qui du Berger fixe l'heureux deſtin ,
Pour exercer encor toute ta rhetorique ,
Un terme de Blafon , un autre de Mufique,
Prends quatre de mon tout , fans barque & fans
batteau ,
Tu peux en furetéte promener fur l'eau.
Par M. Subtil , de Pontoife.
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