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1
p. 90-96
Les enfans élevés selon l'ordre de la Nature [titre d'après la table]
Début :
Les enfans élevés dans l'ordre de la Nature, ou abrégé de l'Histoire Naturelle [...]
Mots clefs :
Enfants, Auteur, Petit, Éducation physique, Froid, Nature, Chien, Histoire naturelle, Observations, Expérience, Âge, Mères
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texteReconnaissance textuelle : Les enfans élevés selon l'ordre de la Nature [titre d'après la table]
Les enfans élevés dans l'ordre de la Nature
, ou abrégé de l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge , à l'ufage
des pères & mères de famille , par M.
de Fourcroy , Confeiller du Roi au
Baillage de Clermont en Beauvoiſis .
Experientia , magifter artium.
Vol. in- 12 , petit format , à Paris ,
chez les Frères Etienne , rue St Jac-
: ques , à la vertu.
Ce bon Ouvrage eft divifé en deux
parties. La première contient tout ce qui
peut être regardé comme hiftorique dans
l'éducation phyfique des enfans. Tels
font la difcuffion des principes que l'Au
teur a adoptés , & de ceux qui l'ont été
par quelques Orthopédistes modernes ;
les objections , les réponſes , les exemples
& les obfervations qui en font une
fuite ; les anecdotes curieufes qui y font
NOVEMBRE. 1774. 91
"
"
1.
relatives , enfin les preuves les plus démonftratives
de la fupériorité de la méthode
de l'Auteur fur tout autre , pour
la confervation & la régénération de
l'efpèce humaine .
L'Auteur , dans la feconde partie
rapporte de fuite ce qu'il y a de plus effentiel
à favoir dans l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge pour la mère
qui les allaite , & pour le père qui ne dédaigne
pas de s'occuper de leur éducation
phyfique.
Ce n'eft point un fimple Théoricien
qui parle ici , c'eſt un Obſervateur attentif,
un père de famille qui a toujours interrogé
la Nature dans l'éducation phyfique
de fes enfans , & a joint aux épreuves
- qu'il a faites dans fa maiſon , celles qu'il
a pu recueillir au dehors. Si l'Auteur
admet quelquefois fur l'objet qu'il traite,
des obfervations publiées par les Naturaliftes
qui l'ont précédé , ce n'eft qu'après
avoir vérifié ces obfervations
par l'expérience
; ainfi l'on peut avoir la plus
grande confiance en cet abrégé pratique
de l'Hiftoire Naturelle de l'enfance .
f
Un des articles les plus effentiels de
l'éducation phyfique que l'Auteur prefcrit
pour l'enfance , eft le lavage à froid
de l'enfant nouveau- né. « Ce n'eft point
92 MERCURE DE FRANCE.
"
"
n
» dit-il , comme on le lit dans l'Emile de
» J.J. Rouſſeau , ni dans tous les Ouvrages
» modernes , où l'on a fuivi fes principes
» par degré & un thermomètre à la
» main , qu'il faut accoutumer les en-
» fans infenfiblement au lavage à froid.
» Tout cet appareil , de pure fiction ,
qui montre le peu de nerf de ceux
» qui l'ont imaginé , n'eft abfolument
» bon qu'à faire perdre un temps pré-
» cieux. Ces lavages tièdes , dont le
» propre eft d'affoiblir les enfans , font
» directement oppofés au bien qu'on a
» de lesfortifier , & c'eft dès le lendemain
» de leur naiflance qu'il faut y procéder
fans tant de myſtères , en les lavant à
froid, quelque temps qu'il faffle, & en
quelque faifon que ce foit. Si on con-
» tinue , au bout de quatre jours on com-
» mencera déjà à s'appercevoir du bien
» qu'on leur fait , & , qui plus eft , du
plaifir qu'ils y prennent. Il ne s'agit
» que d'avoir le courage d'effayer , & celui
de prolonger l'effai pendant ces
» quatre jours ; on fera bientôt convaincu
» des avantages de cette méthode . pourvu
qu'on y joigne les autres attentions
» que j'ai recommandées ».
"
"
"
39
»
39
L'Auteur ajoute dans une note qu'il a
lieu de foupçonner que le lavage d'eau
NOVEMBRE. 1774. 93
froid pourroit bien être également falutaire
dans le premier âge à quelques animaux
domestiques , quoique le froid
femble être oppofé au voeu de la Nature ,
dans leur éducation phyſique ; & c'eſt encore
, d'après l'expérience , que l'Auteur
fe croit bien fonde à porter ce jugement.
On lui avoit fait préfent , au mois de
Mars 1771 , d'un joli chien de chaffe
qui n'avoit que trois femaines , & qui
fortoit de deffous la mère . Il étoit gras
& très - bien portant ; cependant au bout
de huit jours qu'il fut chez lui , il le
trouva prodigieufement fondu , quoiqu'on
lui affurâ : qu'il mangeoit bien & qu'on
en avoir grand foin ; mais on lui dit en
même temps qu'il ne vouloit pas quitter
le coin du feu , & qu'il avoit toujours le
nez dans les tifons . Notre Obfervateur ,
perfuadé que l'action perpétuelle du feu
fur ce petit animal , étoit la véritable
caufe de fon defléchement , ordonna
qu'on le lavâr tous les matins dans un
feau d'eau fraîche , & qu'on le tint enfaite
en plein air , fans le fouffrir aucunement
à la cuifine. Il donna même une
attention fuivie à cette expérience , pour
s'affarer qu'elle étoit exécutée ponctuellement.
Son remède a eu l'effet qu'il s'en
étoit promis. Non feulement le petit
94 MERCURE DE FRANCE.
chien a été , fur trois réſervés de la portée,
le feul qui ne foit pas mort ; mais il a
acquis une telle force , qu'à un an il lui
falloit une chaîne, comme à un chien de
baffe- cour , pour le tenir à l'attache . Sa
gaieté ou plutôt fa folie a été au- deſſus
de ce qu'on peut imaginer , & il eft devenu
d'une taille prodigieufe , quoique
forti d'une affez petite race. M. de F. a
obfervé fur cet animal prefque tout ce
qui eft arrivé à fes enfans. Cet animal, a ,
comme eux , jetté fa gourme par la tête ,
où il a eu des galles & des puftules trèsabondantes
lors de la dentition . Enfin ,
M. de F. leur a trouvé , à beaucoup d'égards
, des rapports qui l'ont déterminé
à faire une feconde épreuve de même
nature fur un petit barbet , quoique ce
petit chien fût le troisième & le plus foible
de fa portée ; il a été auffi le feul qui ſe ſoit
élevé il a jetté , comme le précedent , fa
gourme par la tête , & a acquis la même
vigueur ; en un mot , il lui a été femblable
en tout ; l'on ne peut obtenir de fuccès
plus complet que celui que M. de
F. a eu dans l'éducation phyfique de ces
deux animaux ; enforte qu'il n'y a point
à douter qu'il ne convienne parfaitement
à leur efpèce. Au furplus , ces expériences
NOVEMBRE. 1774 95.
font très- faciles à renouveler ; & notre
Obfervateur invite les curieux à fe convaincre
par eux-mêmes de la vérité de
ces faits qui ne font pas indifférens , vu
les conféquences qu'on en peut tirer contre
les partifans de la chaleur , & contre
ces efprits ſyſtématiques, qui veulent que
nous apprenions des animaux comment
il faut élever nos enfans .
Nous avons rapporté ces épreuves de
l'Auteur , pour mieux faire connoître fon
efprit de recherches & d'obſervations . M.
de F. dans ce même écrit , fe joint à
ceux qui ont prefcrit aux femmes de
nourrir elles- mêmes leurs enfans. Il les
avertit de la conduite qu'il leur eſt avantageux
de tenir pendant leurs couches &
tout le temps qu'elles nourriffent. On
peut donc regarder cet écrit comme un
manuel commode pour les mères , dans
lequel l'Auteur , en leur mettant fous les
yeux un tableau fidèle de tous les états
fucceffifs de l'enfance , cherche à les prévenir
contre ces inquiétudes dangereufes
auxquelles elles fe livrent fouvent fans
raifon , dès que leur enfant crie un peu
fort , ou paroît éprouver quelque vive
douleur. Il leur indique d'ailleurs des
procédés fimples qui les feront réuffic
96 MERCURE DE FRANCE.
dans tout ce qu'elles voudront entreprendre
pour la meilleure éducation
phyfique de leurs enfans. M. de F. croit
même pouvoir avancer , que parmi les
mères qui voudront fuivre avec exactitude
la méthode qu'il a éprouvée fur
fes propres enfans , il y en aura bien
peu qui ne foient étonnées de leurs
fuccès.
, ou abrégé de l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge , à l'ufage
des pères & mères de famille , par M.
de Fourcroy , Confeiller du Roi au
Baillage de Clermont en Beauvoiſis .
Experientia , magifter artium.
Vol. in- 12 , petit format , à Paris ,
chez les Frères Etienne , rue St Jac-
: ques , à la vertu.
Ce bon Ouvrage eft divifé en deux
parties. La première contient tout ce qui
peut être regardé comme hiftorique dans
l'éducation phyfique des enfans. Tels
font la difcuffion des principes que l'Au
teur a adoptés , & de ceux qui l'ont été
par quelques Orthopédistes modernes ;
les objections , les réponſes , les exemples
& les obfervations qui en font une
fuite ; les anecdotes curieufes qui y font
NOVEMBRE. 1774. 91
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1.
relatives , enfin les preuves les plus démonftratives
de la fupériorité de la méthode
de l'Auteur fur tout autre , pour
la confervation & la régénération de
l'efpèce humaine .
L'Auteur , dans la feconde partie
rapporte de fuite ce qu'il y a de plus effentiel
à favoir dans l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge pour la mère
qui les allaite , & pour le père qui ne dédaigne
pas de s'occuper de leur éducation
phyfique.
Ce n'eft point un fimple Théoricien
qui parle ici , c'eſt un Obſervateur attentif,
un père de famille qui a toujours interrogé
la Nature dans l'éducation phyfique
de fes enfans , & a joint aux épreuves
- qu'il a faites dans fa maiſon , celles qu'il
a pu recueillir au dehors. Si l'Auteur
admet quelquefois fur l'objet qu'il traite,
des obfervations publiées par les Naturaliftes
qui l'ont précédé , ce n'eft qu'après
avoir vérifié ces obfervations
par l'expérience
; ainfi l'on peut avoir la plus
grande confiance en cet abrégé pratique
de l'Hiftoire Naturelle de l'enfance .
f
Un des articles les plus effentiels de
l'éducation phyfique que l'Auteur prefcrit
pour l'enfance , eft le lavage à froid
de l'enfant nouveau- né. « Ce n'eft point
92 MERCURE DE FRANCE.
"
"
n
» dit-il , comme on le lit dans l'Emile de
» J.J. Rouſſeau , ni dans tous les Ouvrages
» modernes , où l'on a fuivi fes principes
» par degré & un thermomètre à la
» main , qu'il faut accoutumer les en-
» fans infenfiblement au lavage à froid.
» Tout cet appareil , de pure fiction ,
qui montre le peu de nerf de ceux
» qui l'ont imaginé , n'eft abfolument
» bon qu'à faire perdre un temps pré-
» cieux. Ces lavages tièdes , dont le
» propre eft d'affoiblir les enfans , font
» directement oppofés au bien qu'on a
» de lesfortifier , & c'eft dès le lendemain
» de leur naiflance qu'il faut y procéder
fans tant de myſtères , en les lavant à
froid, quelque temps qu'il faffle, & en
quelque faifon que ce foit. Si on con-
» tinue , au bout de quatre jours on com-
» mencera déjà à s'appercevoir du bien
» qu'on leur fait , & , qui plus eft , du
plaifir qu'ils y prennent. Il ne s'agit
» que d'avoir le courage d'effayer , & celui
de prolonger l'effai pendant ces
» quatre jours ; on fera bientôt convaincu
» des avantages de cette méthode . pourvu
qu'on y joigne les autres attentions
» que j'ai recommandées ».
"
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39
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39
L'Auteur ajoute dans une note qu'il a
lieu de foupçonner que le lavage d'eau
NOVEMBRE. 1774. 93
froid pourroit bien être également falutaire
dans le premier âge à quelques animaux
domestiques , quoique le froid
femble être oppofé au voeu de la Nature ,
dans leur éducation phyſique ; & c'eſt encore
, d'après l'expérience , que l'Auteur
fe croit bien fonde à porter ce jugement.
On lui avoit fait préfent , au mois de
Mars 1771 , d'un joli chien de chaffe
qui n'avoit que trois femaines , & qui
fortoit de deffous la mère . Il étoit gras
& très - bien portant ; cependant au bout
de huit jours qu'il fut chez lui , il le
trouva prodigieufement fondu , quoiqu'on
lui affurâ : qu'il mangeoit bien & qu'on
en avoir grand foin ; mais on lui dit en
même temps qu'il ne vouloit pas quitter
le coin du feu , & qu'il avoit toujours le
nez dans les tifons . Notre Obfervateur ,
perfuadé que l'action perpétuelle du feu
fur ce petit animal , étoit la véritable
caufe de fon defléchement , ordonna
qu'on le lavâr tous les matins dans un
feau d'eau fraîche , & qu'on le tint enfaite
en plein air , fans le fouffrir aucunement
à la cuifine. Il donna même une
attention fuivie à cette expérience , pour
s'affarer qu'elle étoit exécutée ponctuellement.
Son remède a eu l'effet qu'il s'en
étoit promis. Non feulement le petit
94 MERCURE DE FRANCE.
chien a été , fur trois réſervés de la portée,
le feul qui ne foit pas mort ; mais il a
acquis une telle force , qu'à un an il lui
falloit une chaîne, comme à un chien de
baffe- cour , pour le tenir à l'attache . Sa
gaieté ou plutôt fa folie a été au- deſſus
de ce qu'on peut imaginer , & il eft devenu
d'une taille prodigieufe , quoique
forti d'une affez petite race. M. de F. a
obfervé fur cet animal prefque tout ce
qui eft arrivé à fes enfans. Cet animal, a ,
comme eux , jetté fa gourme par la tête ,
où il a eu des galles & des puftules trèsabondantes
lors de la dentition . Enfin ,
M. de F. leur a trouvé , à beaucoup d'égards
, des rapports qui l'ont déterminé
à faire une feconde épreuve de même
nature fur un petit barbet , quoique ce
petit chien fût le troisième & le plus foible
de fa portée ; il a été auffi le feul qui ſe ſoit
élevé il a jetté , comme le précedent , fa
gourme par la tête , & a acquis la même
vigueur ; en un mot , il lui a été femblable
en tout ; l'on ne peut obtenir de fuccès
plus complet que celui que M. de
F. a eu dans l'éducation phyfique de ces
deux animaux ; enforte qu'il n'y a point
à douter qu'il ne convienne parfaitement
à leur efpèce. Au furplus , ces expériences
NOVEMBRE. 1774 95.
font très- faciles à renouveler ; & notre
Obfervateur invite les curieux à fe convaincre
par eux-mêmes de la vérité de
ces faits qui ne font pas indifférens , vu
les conféquences qu'on en peut tirer contre
les partifans de la chaleur , & contre
ces efprits ſyſtématiques, qui veulent que
nous apprenions des animaux comment
il faut élever nos enfans .
Nous avons rapporté ces épreuves de
l'Auteur , pour mieux faire connoître fon
efprit de recherches & d'obſervations . M.
de F. dans ce même écrit , fe joint à
ceux qui ont prefcrit aux femmes de
nourrir elles- mêmes leurs enfans. Il les
avertit de la conduite qu'il leur eſt avantageux
de tenir pendant leurs couches &
tout le temps qu'elles nourriffent. On
peut donc regarder cet écrit comme un
manuel commode pour les mères , dans
lequel l'Auteur , en leur mettant fous les
yeux un tableau fidèle de tous les états
fucceffifs de l'enfance , cherche à les prévenir
contre ces inquiétudes dangereufes
auxquelles elles fe livrent fouvent fans
raifon , dès que leur enfant crie un peu
fort , ou paroît éprouver quelque vive
douleur. Il leur indique d'ailleurs des
procédés fimples qui les feront réuffic
96 MERCURE DE FRANCE.
dans tout ce qu'elles voudront entreprendre
pour la meilleure éducation
phyfique de leurs enfans. M. de F. croit
même pouvoir avancer , que parmi les
mères qui voudront fuivre avec exactitude
la méthode qu'il a éprouvée fur
fes propres enfans , il y en aura bien
peu qui ne foient étonnées de leurs
fuccès.
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