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1
p. 1977-1987
REPONSE de M. Godin, D. l'Ac. R. D. S. à un Article des Memoires de Trévoux, du mois de May 1730. page 910. & suivantes.
Début :
J'ai avancé dans ma Description de l'Aurore Boreale du 19. Octobre 1726. [...]
Mots clefs :
Aurore boréale, Observations, Phénomènes, Lumière, Journaliste, Académie royale des sciences, Mémoires de Trévoux
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE de M. Godin, D. l'Ac. R. D. S. à un Article des Memoires de Trévoux, du mois de May 1730. page 910. & suivantes.
REPONSE de M. Godin , D. l'Ac.
R. D. S. à un Article des Memoires de
Trévoux , du mois de May 1730. page
910. & fuivantes.
JA
' Ai avancé dans ma Defcription de
l'Aurore Boreale du 19. Octobre 1726 .
imprimée dans les Memoires de l'Acadé
mie Royale des Sciences de la même année,
que les PP. Kircher & Schott avoient
attribué les Aurores Boreales ou d'autres
Phénomenes Aeriens , relatifs , felon moi,
aux Aurores Boréales , à une Reflexion
de quelques objets terreftres fur la furface
des Nuées , capables par une certaine difpofition
, de produire l'effet d'un Miroir.
Cet Article a été relevé dans les Journaux
de Trévoux ; on y prétend :
1. Que j'attribue à ces deux fçavans
hommes un fentiment qu'ils n'ont jamais
eu , fentiment que le P. Schott combat
au contraire bien plus fortement que moi.
2. Que j'ai traduit le P. Schott , à l'endroit
même où il combat fi fortement ce
fentiment pour adopter fon explication du
du Phénomene fans lui en faire honneur.
D iij Je
1978 MERCURE DE FRANCE
Je conviens que lorfque je fis cette Defcription
de l'Aurore Boreale , je n'avois
ni le P. Kircher , ni Schott , & en leur
attribuant ce fentiment prétendu faux ,
j'ai fuivi le P. Zahn , qui leur attribuë
auffi ( Oeconom. Mund. Mirabil. Tome I.
pag. 420. ) & qui cite l'endroit de leurs
Ouvrages où il fe trouve. Si j'ai attribué
faux, Zahn l'a donc fait avant moi ; voyons
s'il s'eft trompé , reprenons les endroits
qu'il cite & de Kircher & de Schott.
Kircher , In Arte magnâ lucis & umbra;
lib. 10. part. 2. cap. I. Natura admirabili
quodam lucis temperamento veluti varia
colorum mifturâ , & temperamento in
aereisfpeculis tanta induftriâ diverfiffima rerum
fimulachra depingit , ut nulla ars bumana
, & c. Et plus bas ; Quod verò varias
animalium voces audiant , id per voces animalium
vicinorum in concavâ * Nube
•aut monte reflexas fieri poſſe nullum dubium
effe debet. Kircher conclut enfin : Patet
igitur aereum fpeculum à naturâ fieri in quo
rerum imagines multiplicata hominibus fe ,ceu
prodigia quadam exhibeant.
Voilà bien clairement des Phénomenes
relatifs aux Aurores Boreales expliquez
par la reflexion de quelques objets terreftres
fur des Nuées qui produifent l'effet
d'un Miroir.
* On trouve rupe dans Kircher ; Zahn lit nube.'
Le
SEPTEMBRE . 1730. 1979
Le P. Schott a dit la même chofe
( Magia natural. part. 1. lib . 4. cap. 1. )
je ne le tranfcris pas ici , mais quand je ne
pourrois pas le citer , on n'aura pas de peine
à le croire, à moins qu'on ignore qu'il
étoit le Difciple , le compagnon d'études,
le copiſte même des Ouvrages du P. Kircher
, des termes duquel il fe fert pendant
des Chapitres entiers .
Mais Schott, dit- on , parle so . ans avant
moi , il expoſe ce fentiment, le combat , &
dit qu'il eft ridicule & contraire à la faine
Philofophie ; j'ai dit la même chofe ;
j'ai donc traduit cet Auteur ; non , car
fans prétendre en être crû , quand j'affure
que je n'ai vu la Phyfique curieufe
du P. Schott , qu'à l'occafion de
cette Critique ; ce n'eft pas traduire un
Auteur , ni même adopter fon fentiment,
que de donner une explication détaillée
de quelque Phénomene dont il a dit un
mot. Belle confequence qu'on tireroit de
ce qu'on trouve en trois ou quatre pages
d'un Livre de Schott , une ou deux phrafes
femblables aux miennes.
Mais pour le fonds ; que prouve con
tre moi le Texte de fa Thefe que Non
funt res alibi in terris exiftentes . & in
aere velut in fpeculo apparentes , rien ,
fi - non que le fentiment du P. Kircher
que j'ai allegué , & que Schott a employé
D iiij
dans
1980 MERCURE DE FRANCE
dans fa Magie naturelle à l'endroit cité
n'eft pas foutenable ; je fuis en cela d'accord
avec Schott , il ne m'a donc manqué
que d'avoir lû fa Phyfique curieufe
pour m'appercevoir qu'il y avoit changé
de fentiment .
Quand je dis que Schott l'a employé
ailleurs , je le traduis ici , * Dicet aliquis
poffe ac folere variis in locis apparere varias
ac prodigiofas Paraftafes , feu reprafentationes
uti. Nos ipfi demonftravimus in
Magia noftra , part. 1. lib . 4. fintagm . 1 .
Exemplo mirabilis Morgana Rheginorum &
aliarum fimilium in aere vaporofo repræſentationum.
Le Critique ajoute enfin que Schott
rapporte , ainfi que moi , la caufe de ces
Phénomenes aux exhalaifons : Sunt vapores,
exhalationes , partes aeris addenfati , dit
cer Auteur dans les Memoires de Trévoux
, c'eft le texte de fa feconde Thefe ,
il y explique donc de quelle maniere ces
vapeurs , cet air condenfé , &c . peuvent
former ces fortes de Phénomenes ; point
du tout , Schott rapporté dans le Trévoux
eft different de Schott dans fes
propres
Livres ; voici fon Texte entier : Sunt vapores,
exhalationes partes aeris addenfati effigiata
in formam Equorum , Hominum fimi-
Phyfic, curiof. loc. cit.
lium
SEPTEMBRE . 1730. 1981
liumque spectrorum non cafu & naturâ , fed
bonorum Geniorum operâ ; autre fentiment
auffi peu fondé que le premier , & bien
different de celui que j'ai eu , & que le
Critique attribue à fon Phyficien .
Cette Réponſe me donne occafion de faire
deux ou trois Remarques fur quelques
Extraits des Memoires de l'Académie de
1726. qui fe trouvent dans le même mois.
des Journaux de Trévoux , page 879. &
fuivantes , & qui regardent plus particu
lierement le Metéore dont il s'agit ici ou
l'Aftronomie.
M. de Mairan , dans fa Defcription des
Aurores Boréales du 26. Septembre & 19.
Octobre 1726. avoit dit :
» La lumiere Septentrionale ou l'Aurore
» Boréale eft un Phénomene très ordi-
» naire dans les Pays Septentrionaux &
» vrai-femblablement auffi ancien que le
» Monde ; cependant les anciens Philoſo-
>> phes ne l'ont point connu , ou n'en ont
» parlé que fous l'idée generique de Phé.
» nomene de feu & de Lumiere celefte .
» M. Gaffendi eft un des premiers qui en
>> ait fait mention & qui l'ait rapporté au
» Nord comme à fon lieu propre & à fa
» veritable origine.
Le Journaliſte dont je ne prétends ici
cependant , auffi-bien que dans ce que
j'ai à dire dans la fuite , ni blâmer ni qua-
D v lifier
1982 MERCURE DE FRANCE
lifier les intentions , donne un fens tout
different à ce commencement du Memoire
de M. de Mairan , & il fait naître
dans l'efprit de fon Lecteur la même idée
qu'il paroît en avoir pris lui-même. » Gaffendi
, dit- il , n'eft pas le premier qui ait
» parlé de l'Aurore Boréale ; Cardan , bien
» d'autres l'ont connue & affez bien con-
» nue avant lui ; que Cardan & bien d'autres
que je pourrois citer , l'ayent connue
fous l'idée génerique de feu , de lumiere
celefte , &c. avant Gaffendi
l'accordera au Journaliſte , & M. de Mairan
l'a dit ; mais qu'ils l'ayent , comme
il ajoûte , affez bien connue avant lui, &
rapportée au Nord comme au veritable
licu de fon origine , c'eſt un fait ailé
à détruire , & que je m'étonne que
le Journaliſte ait avancé ; ce que M. de
Mairan a dit de Gaffendi , eft vrai à la
lettre, il n'a point dit ce que le Journaliſte
lui fait dire, & ce que celui- ci , avance,
il auroit bien de la peine à le prouver.
on
On pourroit croire auffi que le Journaliſte
a voulu préfenter fous un afpect
peu favorable, pour ne rien dire de plus,
f'exactitude de M. de Mairan dans l'Obfervation
& dans la Defcription de l'Aurore
Boréale du 26. Octobre ; comme fi
un Phénomene fi marqué , fi different à
plufieurs égards de ceux qu'on avoit vû
deSEPTEMBRE.
1730. 19831
1723 .
depuis long-temps dans ce genre & fi capable
d'influer fur les explications qu'on
en pourroit donner dans la ſuite , ne mériroit
pas une attention plus particuliere.
Le Journaliſte trouve mauvais que M.Maraldi
ait dit que les Obfervations des Aftronomes
Chinois fur la Comete de
ne font pas exactes ; qu'auroit fait le Journaliſte
lui- même , fi comparant les Obfervations
de cette Comete , faites à Pekin
par le P. Kegler Jefuite , à celles qui ont
été faites le même jour par les Chinois
commis pour veiller à la Tour Aftrono
mique , il avoit trouvé les Obfervations
de ces derniers differentes de celles du
P. Kegler de 6º 30 ' en longitude & de 12 '
en latitude , il auroit conclu , fans doute,
comme a fait M. Maraldi , que les Obfervations
des Chinois ne font pas exactes ;
neanmoins les Obfervations Chinoifes
font affez bien circonftanciées , on y marque
les paffages de la Comete par le Meridien
en heures & en minutes , le 11 &
le 12. Octobre avec la hauteur meridienne
, en degrez & minutes .
3
Celle du P.Kegler faite le 11. eft défectueufe
en ce qu'il ne marque point à quelle
minute précife la Comete paffa par le méridien;
il s'accorde avec les Chinois pour la
hauteur prife le 11. & pour l'Obfervation
du 12.à quelques minutes près dans la hau-
D vj teur
1984 MERCURE DE FRANCE
>
teur méridienne ; on peut donc jufqu'ici
fe fier aux Obfervations Chinoifes ; mais
par ces Obfervations comparées avec celle
que le P. Kegler fit par une Armille Zodiacale
on trouve une difference de
6 ° en longitude , & de 12 ' en latitude
; on pourroit donc conclure que l'Obfervation
du P. Kegler faite par l'Armille
Zodiacale n'eft pas exacte , puifqu'elle
differe de celle que ce même P. & les Obfervateurs
Chinois ont faites au méridien.
Qu'a donc fait M.Maraldi , plein d'égards
& de bonne opinion pour le P. Kegler
il a' conclu plutôt en fa faveur , en faifant
néanmoins remarquer le petit défaut
qui fe trouvoit dans fon Obfervation faite
le 11.
Le triomphe du Journaliſte eft donc
hors de faifon , lorfqu'il dit : » C'est pourtant
a de pareils Obfervateurs que L'AC
»tronomie & la Geographie doivent bien
» de grandes découvertes , & en particu-
» lier une plus grande exactitude ; avant
>> eux l'Afie &c.
Je ne connois aucune découverte en
Aftronomie qui foit due aux Obſervations
de la Chine ; nos Theories Phyſiques
ou Geometriques n'en font ni mieux établies
ni plus éclaircies ; nos Inftrumens
ne leur doivent point leur perfection ;
nos calculs n'en font devenus ni plus aifés
SEPTEMBRE. 1730. 1985.
fés ni plus furs . Il eft faux d'ailleurs que
ce foit aux Obfervateurs Chinois que l'on
doive la poſition précife de quelque Lieu
terreftre ; mais quand cela feroit , eft- ce
à leurs Obfervations mal faites & peu
exactes que font dues toutes ces prétendues
découvertes , & M. Maraldi auroitil
dû trouver bonnes des Obfervations fi
differentes entr'elles ? Si cet habile Aftronome
avoit ainfi décidé , le Journaliſte
l'auroit avec raiſon repris de trop de complaifance
ou de manque de difcernement.
M. Delifle avoit lu en 1723. à l'Académie
un Mémoire fur la longitude de l'embouchure
du Fleuve Miffiffipi ; il y établiffoit
par un grand nombre de raifons
& de comparaifons Geographiques la longitude
de ce point de la Terre, telle qu'il
l'avoit déterminée & placée dans fes deux
Cartes de l'Amerique & de la Louiſiane.
L'occafion de ce Mémoire fut la difference
entre cette pofition & celle qui refultoit
d'une Obfervation du 1. Satellite
de Jupiter , faite fur le Lieu même par le
P. Laval , difference de 11 ° ou de 200 .
lieuës. L'Académie pleine d'égards pour
le Jefuite , dont le mérite lui étoit connu ,
crut malgré les fortes raifons de M. Delifle
ne devoir pas fi tôt prononcer contre
une Obſervation immédiate ; elle jugea
à propos de differer l'impreffion de
ce
1986 MERCURE DE FRANCE
ce Mémoire jufqu'à celle du Livre du P.
Laval , afin que le Public vît en mêmetems
, & comparât les raifons des deux
Adverfaires. La Note miſe au bas du Mémoire
en fait foi . La voici :
» Ce Mémoire a été lû dès l'année 1723.
» mais on n'a pas crû qu'il convenoit de le
>>faire paroître avant que l'Obfervation
qu'il attaque eut été imprimée , & elle ne
»l'a été que depuis peu .
22
>
Ce n'eft donc pas ,comme le Journaliſte
femble l'infinuer en quelque maniere , que
l'Académie ait attendu la mort du P. Laval
pour publier le Mémoire de M. Delifle
; le Jefuite a eu le tems de
répondre aux raifons de l'Académicien
le Mémoire lui avoit été communiqué
par M. Delifle lui même , & quoique mis
dans le Volume de 1726. il n'a été imprimé
qu'en 1728. un an & plus avant la
mort du P. Laval ; la mort n'a donc pas
mis le celebre Aftronome hors d'état de
défendre fon Obfervation.
Il ne l'a point fait il ne la croyoit
donc pas fi bonne que le Journaliſte l'a
penfé ; au refte , cette queftion eft décidée ,
& il paroît que M. Delifle n'a ufé de
pas
tout le droit que lui donnoient fes recher
ches & fes grandes connoiffances en Geographie.
M. Baron envoyé par le Roi dans
l'Amérique Septentrionale pour y faire
des
des Observations Physiques & Mathématiques,
y observa à la Nouvelle Orleans
l'Eclipse de Lune du 8. Août 1729. &C
cette Observation comparée à
,
celle qui
fut faite à Paris donne 6 h 9' 7 pourla
différence des méridiens ou 92 v 16J45"
dont la nouvelle Orleans est plus occidentale
que Paris.
Voilà donc jusqu'ici la dispute entre M;
Delisle 5c le P. Laval décidée en faveur
du premier; sa position de l'embouchure
du Mississîpi est soutenuë & verifiée par
une autorité de même genre que celle du
P. Laval , & l'Observation de ce Pere en
devient pour nous d'autant moins bonne.
Je n'ai prétendu parler ici que de ce qui
regarde l'Aurore Boreale, l'Astronomie
& la Geographie, sans toucher aux autres
Extraits, sur la plupart desquels on
pourroit peut être faire de semblables remarques.
R. D. S. à un Article des Memoires de
Trévoux , du mois de May 1730. page
910. & fuivantes.
JA
' Ai avancé dans ma Defcription de
l'Aurore Boreale du 19. Octobre 1726 .
imprimée dans les Memoires de l'Acadé
mie Royale des Sciences de la même année,
que les PP. Kircher & Schott avoient
attribué les Aurores Boreales ou d'autres
Phénomenes Aeriens , relatifs , felon moi,
aux Aurores Boréales , à une Reflexion
de quelques objets terreftres fur la furface
des Nuées , capables par une certaine difpofition
, de produire l'effet d'un Miroir.
Cet Article a été relevé dans les Journaux
de Trévoux ; on y prétend :
1. Que j'attribue à ces deux fçavans
hommes un fentiment qu'ils n'ont jamais
eu , fentiment que le P. Schott combat
au contraire bien plus fortement que moi.
2. Que j'ai traduit le P. Schott , à l'endroit
même où il combat fi fortement ce
fentiment pour adopter fon explication du
du Phénomene fans lui en faire honneur.
D iij Je
1978 MERCURE DE FRANCE
Je conviens que lorfque je fis cette Defcription
de l'Aurore Boreale , je n'avois
ni le P. Kircher , ni Schott , & en leur
attribuant ce fentiment prétendu faux ,
j'ai fuivi le P. Zahn , qui leur attribuë
auffi ( Oeconom. Mund. Mirabil. Tome I.
pag. 420. ) & qui cite l'endroit de leurs
Ouvrages où il fe trouve. Si j'ai attribué
faux, Zahn l'a donc fait avant moi ; voyons
s'il s'eft trompé , reprenons les endroits
qu'il cite & de Kircher & de Schott.
Kircher , In Arte magnâ lucis & umbra;
lib. 10. part. 2. cap. I. Natura admirabili
quodam lucis temperamento veluti varia
colorum mifturâ , & temperamento in
aereisfpeculis tanta induftriâ diverfiffima rerum
fimulachra depingit , ut nulla ars bumana
, & c. Et plus bas ; Quod verò varias
animalium voces audiant , id per voces animalium
vicinorum in concavâ * Nube
•aut monte reflexas fieri poſſe nullum dubium
effe debet. Kircher conclut enfin : Patet
igitur aereum fpeculum à naturâ fieri in quo
rerum imagines multiplicata hominibus fe ,ceu
prodigia quadam exhibeant.
Voilà bien clairement des Phénomenes
relatifs aux Aurores Boreales expliquez
par la reflexion de quelques objets terreftres
fur des Nuées qui produifent l'effet
d'un Miroir.
* On trouve rupe dans Kircher ; Zahn lit nube.'
Le
SEPTEMBRE . 1730. 1979
Le P. Schott a dit la même chofe
( Magia natural. part. 1. lib . 4. cap. 1. )
je ne le tranfcris pas ici , mais quand je ne
pourrois pas le citer , on n'aura pas de peine
à le croire, à moins qu'on ignore qu'il
étoit le Difciple , le compagnon d'études,
le copiſte même des Ouvrages du P. Kircher
, des termes duquel il fe fert pendant
des Chapitres entiers .
Mais Schott, dit- on , parle so . ans avant
moi , il expoſe ce fentiment, le combat , &
dit qu'il eft ridicule & contraire à la faine
Philofophie ; j'ai dit la même chofe ;
j'ai donc traduit cet Auteur ; non , car
fans prétendre en être crû , quand j'affure
que je n'ai vu la Phyfique curieufe
du P. Schott , qu'à l'occafion de
cette Critique ; ce n'eft pas traduire un
Auteur , ni même adopter fon fentiment,
que de donner une explication détaillée
de quelque Phénomene dont il a dit un
mot. Belle confequence qu'on tireroit de
ce qu'on trouve en trois ou quatre pages
d'un Livre de Schott , une ou deux phrafes
femblables aux miennes.
Mais pour le fonds ; que prouve con
tre moi le Texte de fa Thefe que Non
funt res alibi in terris exiftentes . & in
aere velut in fpeculo apparentes , rien ,
fi - non que le fentiment du P. Kircher
que j'ai allegué , & que Schott a employé
D iiij
dans
1980 MERCURE DE FRANCE
dans fa Magie naturelle à l'endroit cité
n'eft pas foutenable ; je fuis en cela d'accord
avec Schott , il ne m'a donc manqué
que d'avoir lû fa Phyfique curieufe
pour m'appercevoir qu'il y avoit changé
de fentiment .
Quand je dis que Schott l'a employé
ailleurs , je le traduis ici , * Dicet aliquis
poffe ac folere variis in locis apparere varias
ac prodigiofas Paraftafes , feu reprafentationes
uti. Nos ipfi demonftravimus in
Magia noftra , part. 1. lib . 4. fintagm . 1 .
Exemplo mirabilis Morgana Rheginorum &
aliarum fimilium in aere vaporofo repræſentationum.
Le Critique ajoute enfin que Schott
rapporte , ainfi que moi , la caufe de ces
Phénomenes aux exhalaifons : Sunt vapores,
exhalationes , partes aeris addenfati , dit
cer Auteur dans les Memoires de Trévoux
, c'eft le texte de fa feconde Thefe ,
il y explique donc de quelle maniere ces
vapeurs , cet air condenfé , &c . peuvent
former ces fortes de Phénomenes ; point
du tout , Schott rapporté dans le Trévoux
eft different de Schott dans fes
propres
Livres ; voici fon Texte entier : Sunt vapores,
exhalationes partes aeris addenfati effigiata
in formam Equorum , Hominum fimi-
Phyfic, curiof. loc. cit.
lium
SEPTEMBRE . 1730. 1981
liumque spectrorum non cafu & naturâ , fed
bonorum Geniorum operâ ; autre fentiment
auffi peu fondé que le premier , & bien
different de celui que j'ai eu , & que le
Critique attribue à fon Phyficien .
Cette Réponſe me donne occafion de faire
deux ou trois Remarques fur quelques
Extraits des Memoires de l'Académie de
1726. qui fe trouvent dans le même mois.
des Journaux de Trévoux , page 879. &
fuivantes , & qui regardent plus particu
lierement le Metéore dont il s'agit ici ou
l'Aftronomie.
M. de Mairan , dans fa Defcription des
Aurores Boréales du 26. Septembre & 19.
Octobre 1726. avoit dit :
» La lumiere Septentrionale ou l'Aurore
» Boréale eft un Phénomene très ordi-
» naire dans les Pays Septentrionaux &
» vrai-femblablement auffi ancien que le
» Monde ; cependant les anciens Philoſo-
>> phes ne l'ont point connu , ou n'en ont
» parlé que fous l'idée generique de Phé.
» nomene de feu & de Lumiere celefte .
» M. Gaffendi eft un des premiers qui en
>> ait fait mention & qui l'ait rapporté au
» Nord comme à fon lieu propre & à fa
» veritable origine.
Le Journaliſte dont je ne prétends ici
cependant , auffi-bien que dans ce que
j'ai à dire dans la fuite , ni blâmer ni qua-
D v lifier
1982 MERCURE DE FRANCE
lifier les intentions , donne un fens tout
different à ce commencement du Memoire
de M. de Mairan , & il fait naître
dans l'efprit de fon Lecteur la même idée
qu'il paroît en avoir pris lui-même. » Gaffendi
, dit- il , n'eft pas le premier qui ait
» parlé de l'Aurore Boréale ; Cardan , bien
» d'autres l'ont connue & affez bien con-
» nue avant lui ; que Cardan & bien d'autres
que je pourrois citer , l'ayent connue
fous l'idée génerique de feu , de lumiere
celefte , &c. avant Gaffendi
l'accordera au Journaliſte , & M. de Mairan
l'a dit ; mais qu'ils l'ayent , comme
il ajoûte , affez bien connue avant lui, &
rapportée au Nord comme au veritable
licu de fon origine , c'eſt un fait ailé
à détruire , & que je m'étonne que
le Journaliſte ait avancé ; ce que M. de
Mairan a dit de Gaffendi , eft vrai à la
lettre, il n'a point dit ce que le Journaliſte
lui fait dire, & ce que celui- ci , avance,
il auroit bien de la peine à le prouver.
on
On pourroit croire auffi que le Journaliſte
a voulu préfenter fous un afpect
peu favorable, pour ne rien dire de plus,
f'exactitude de M. de Mairan dans l'Obfervation
& dans la Defcription de l'Aurore
Boréale du 26. Octobre ; comme fi
un Phénomene fi marqué , fi different à
plufieurs égards de ceux qu'on avoit vû
deSEPTEMBRE.
1730. 19831
1723 .
depuis long-temps dans ce genre & fi capable
d'influer fur les explications qu'on
en pourroit donner dans la ſuite , ne mériroit
pas une attention plus particuliere.
Le Journaliſte trouve mauvais que M.Maraldi
ait dit que les Obfervations des Aftronomes
Chinois fur la Comete de
ne font pas exactes ; qu'auroit fait le Journaliſte
lui- même , fi comparant les Obfervations
de cette Comete , faites à Pekin
par le P. Kegler Jefuite , à celles qui ont
été faites le même jour par les Chinois
commis pour veiller à la Tour Aftrono
mique , il avoit trouvé les Obfervations
de ces derniers differentes de celles du
P. Kegler de 6º 30 ' en longitude & de 12 '
en latitude , il auroit conclu , fans doute,
comme a fait M. Maraldi , que les Obfervations
des Chinois ne font pas exactes ;
neanmoins les Obfervations Chinoifes
font affez bien circonftanciées , on y marque
les paffages de la Comete par le Meridien
en heures & en minutes , le 11 &
le 12. Octobre avec la hauteur meridienne
, en degrez & minutes .
3
Celle du P.Kegler faite le 11. eft défectueufe
en ce qu'il ne marque point à quelle
minute précife la Comete paffa par le méridien;
il s'accorde avec les Chinois pour la
hauteur prife le 11. & pour l'Obfervation
du 12.à quelques minutes près dans la hau-
D vj teur
1984 MERCURE DE FRANCE
>
teur méridienne ; on peut donc jufqu'ici
fe fier aux Obfervations Chinoifes ; mais
par ces Obfervations comparées avec celle
que le P. Kegler fit par une Armille Zodiacale
on trouve une difference de
6 ° en longitude , & de 12 ' en latitude
; on pourroit donc conclure que l'Obfervation
du P. Kegler faite par l'Armille
Zodiacale n'eft pas exacte , puifqu'elle
differe de celle que ce même P. & les Obfervateurs
Chinois ont faites au méridien.
Qu'a donc fait M.Maraldi , plein d'égards
& de bonne opinion pour le P. Kegler
il a' conclu plutôt en fa faveur , en faifant
néanmoins remarquer le petit défaut
qui fe trouvoit dans fon Obfervation faite
le 11.
Le triomphe du Journaliſte eft donc
hors de faifon , lorfqu'il dit : » C'est pourtant
a de pareils Obfervateurs que L'AC
»tronomie & la Geographie doivent bien
» de grandes découvertes , & en particu-
» lier une plus grande exactitude ; avant
>> eux l'Afie &c.
Je ne connois aucune découverte en
Aftronomie qui foit due aux Obſervations
de la Chine ; nos Theories Phyſiques
ou Geometriques n'en font ni mieux établies
ni plus éclaircies ; nos Inftrumens
ne leur doivent point leur perfection ;
nos calculs n'en font devenus ni plus aifés
SEPTEMBRE. 1730. 1985.
fés ni plus furs . Il eft faux d'ailleurs que
ce foit aux Obfervateurs Chinois que l'on
doive la poſition précife de quelque Lieu
terreftre ; mais quand cela feroit , eft- ce
à leurs Obfervations mal faites & peu
exactes que font dues toutes ces prétendues
découvertes , & M. Maraldi auroitil
dû trouver bonnes des Obfervations fi
differentes entr'elles ? Si cet habile Aftronome
avoit ainfi décidé , le Journaliſte
l'auroit avec raiſon repris de trop de complaifance
ou de manque de difcernement.
M. Delifle avoit lu en 1723. à l'Académie
un Mémoire fur la longitude de l'embouchure
du Fleuve Miffiffipi ; il y établiffoit
par un grand nombre de raifons
& de comparaifons Geographiques la longitude
de ce point de la Terre, telle qu'il
l'avoit déterminée & placée dans fes deux
Cartes de l'Amerique & de la Louiſiane.
L'occafion de ce Mémoire fut la difference
entre cette pofition & celle qui refultoit
d'une Obfervation du 1. Satellite
de Jupiter , faite fur le Lieu même par le
P. Laval , difference de 11 ° ou de 200 .
lieuës. L'Académie pleine d'égards pour
le Jefuite , dont le mérite lui étoit connu ,
crut malgré les fortes raifons de M. Delifle
ne devoir pas fi tôt prononcer contre
une Obſervation immédiate ; elle jugea
à propos de differer l'impreffion de
ce
1986 MERCURE DE FRANCE
ce Mémoire jufqu'à celle du Livre du P.
Laval , afin que le Public vît en mêmetems
, & comparât les raifons des deux
Adverfaires. La Note miſe au bas du Mémoire
en fait foi . La voici :
» Ce Mémoire a été lû dès l'année 1723.
» mais on n'a pas crû qu'il convenoit de le
>>faire paroître avant que l'Obfervation
qu'il attaque eut été imprimée , & elle ne
»l'a été que depuis peu .
22
>
Ce n'eft donc pas ,comme le Journaliſte
femble l'infinuer en quelque maniere , que
l'Académie ait attendu la mort du P. Laval
pour publier le Mémoire de M. Delifle
; le Jefuite a eu le tems de
répondre aux raifons de l'Académicien
le Mémoire lui avoit été communiqué
par M. Delifle lui même , & quoique mis
dans le Volume de 1726. il n'a été imprimé
qu'en 1728. un an & plus avant la
mort du P. Laval ; la mort n'a donc pas
mis le celebre Aftronome hors d'état de
défendre fon Obfervation.
Il ne l'a point fait il ne la croyoit
donc pas fi bonne que le Journaliſte l'a
penfé ; au refte , cette queftion eft décidée ,
& il paroît que M. Delifle n'a ufé de
pas
tout le droit que lui donnoient fes recher
ches & fes grandes connoiffances en Geographie.
M. Baron envoyé par le Roi dans
l'Amérique Septentrionale pour y faire
des
des Observations Physiques & Mathématiques,
y observa à la Nouvelle Orleans
l'Eclipse de Lune du 8. Août 1729. &C
cette Observation comparée à
,
celle qui
fut faite à Paris donne 6 h 9' 7 pourla
différence des méridiens ou 92 v 16J45"
dont la nouvelle Orleans est plus occidentale
que Paris.
Voilà donc jusqu'ici la dispute entre M;
Delisle 5c le P. Laval décidée en faveur
du premier; sa position de l'embouchure
du Mississîpi est soutenuë & verifiée par
une autorité de même genre que celle du
P. Laval , & l'Observation de ce Pere en
devient pour nous d'autant moins bonne.
Je n'ai prétendu parler ici que de ce qui
regarde l'Aurore Boreale, l'Astronomie
& la Geographie, sans toucher aux autres
Extraits, sur la plupart desquels on
pourroit peut être faire de semblables remarques.
Fermer
Résumé : REPONSE de M. Godin, D. l'Ac. R. D. S. à un Article des Memoires de Trévoux, du mois de May 1730. page 910. & suivantes.
M. Godin, membre de l'Académie Royale des Sciences, réagit à un article des *Mémoires de Trévoux* de mai 1730 qui critique sa description de l'aurore boréale du 19 octobre 1726. Godin avait attribué aux pères Kircher et Schott l'idée que les aurores boréales étaient dues à la réflexion d'objets terrestres sur les nuages, agissant comme des miroirs. Les *Mémoires de Trévoux* accusent Godin d'avoir mal interprété les travaux de ces savants, notamment en omettant de mentionner que Schott rejetait cette explication. Godin admet avoir suivi les écrits du père Zahn, qui citait Kircher et Schott en soutien de cette théorie. Il cite des extraits des œuvres de Kircher et Schott pour démontrer que ces auteurs avaient effectivement évoqué des phénomènes aériens similaires aux aurores boréales, expliqués par la réflexion sur les nuages. Godin reconnaît que Schott avait changé d'avis par la suite, mais il maintient que sa propre description était basée sur des interprétations antérieures. Godin critique également les *Mémoires de Trévoux* pour avoir mal interprété les observations de M. de Mairan sur les aurores boréales et pour avoir contesté l'exactitude des observations astronomiques chinoises, notamment celles du père Kegler. Il défend la précision des observations de M. Maraldi et conteste l'idée que les découvertes astronomiques doivent beaucoup aux observations chinoises. Enfin, Godin aborde la controverse entre M. Delisle et le père Laval concernant la longitude de l'embouchure du fleuve Mississippi. Il souligne que l'Académie Royale des Sciences avait différé la publication du mémoire de Delisle pour permettre à Laval de répondre, et que la mort de Laval n'avait pas empêché cette réponse. Godin conclut que les observations de Delisle sont confirmées par celles de M. Baron, invalidant ainsi celles de Laval.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 3007-3013
Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE Raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe Tome III. [...]
Mots clefs :
Journaliste, Estampe, Or, Argent, Histoire véritable, Anecdotes, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS , & c.
IBLIOTHEQUE Raisonnée des
BOuvrages des Sçavans de l'Europe
Tome III. premiere et seconde partie
in 12 , de 475 pages . A Amsterdam , chez
les Westeins et Smith. 1729.
L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent,
extraite de Pline le naturaliste , liv. 33. avec
le Texte latin , corrigé sur les Manuscrits de
Vossius, et sur la premiere édition , et éclaici
par des Remarques nouvelles , outre
celles de J. F. Gronovius , et un Poëme sur
la chute de l'homme , et sur les ravages de
l'or et de l'argent ; dédié au Roy et à la
Reine : Par David Durand , Ministre de
l'Eglise de S. Martin et membre de la Société
Royale . A Londres, chez G. Bouvier,
1728. in fol. de 262 pages pour le corps du
livre , et de 72. pour le Poëme, sans compter
les Préfaces .
Le Journaliste paroît fort réservé dans
l'Extrait qu'il donne de cet Ouvrage ; il
ne s'écrie que sur la variété qu'on y troue
: Une belle Estampe , dit-il , un Poë-
11. Vol me
Boos MERCURE DE FRANCE
me nouveau en 7 chants , et une histoire
Eaturelle de l'or et de l'argent , traduite
d'un excellent Auteur; un Supplément sur
le même sujet , plus long que l'histoire
même ; et enfin tout le 33 livre de Pline ;
dans sa propre langue , imprimé très correctement
et éclairci par des remarques
nouvelles , outre celles de Gronovius qui
sont ajoutées à la fin voilà tout ce que
l'on y trouve de remarquable .
;
Si l'on juge du Poëme par les traits qui
sont rapportez dans la Bibliotheque raisonnée
, on sera porté à croire que M.Durand
n'est pas Poëte , ou qu'il ne sent pas
la force de notre langue , ni la signification
des termes François ; les Chevilles
sont répandues en grand nombre dans le
peu que nous en expose le Journaliste.
L'Histoire veritable et secrette des Vies et
des Regnes de tous les Rois et de toutes les
Reines d'Angleterre, depuis Guillaume I. surnommé
le Conquerant , jusqu'à la fin du Regne
de la Reine Anne , cù l'on a joint un
abregé de l'histoire generale de chaque Regne
, tirée principalement des Manuscrits
originaux , des meilleurs Memoires Anecdotes
et Historiens authentiques. Traduite de
l'Anglois. A Amsterdam, chez les Westeins
et Smith. 1729. 3 vol. in 12. le 1er, de 621
le 2º ,
pages ,
de 636 ,
et le 3º , de 428 ;
ans la table , qui en comprend 42.-
II. Vol.
L'AuDECEMBRE.
1731. 3009
L'Auteur de l'Extrait de cet Ouvrage
prend icy la défense de ceux qui donnent
au public des Anecdotes désavantageuses
à la mémoire des plus Grands Hommes.
La médisance n'est point blâmable , selon
lui , à moins que par médire , l'on n'entende
mal parler de quelqu'un , exposer sous
des couleurs desavantageuses ses meilleures
actions , donner à sa conduite un air de blâ-
&c.c. c'est seulement , dit- il , exposer
des veritez qui ne sont pas toutes bonnes
à dire ; mais on voit par -là que l'Auteur
de l'Extrait confond la médisance avec
la calomnie.
me ,
>
Mémoires touchant le tres-honorable Ordre
du Bain , où l'on décrit son origine , ses progrès
, son rétablissement , ses regles et sa dignité.
On y a joint la liste et les armes des
Chevaliers , et leurs Statuts , en Anglois et
en Latin, par M. Juste- Christ Dithmar
Membre de l'Académie des Sciences de
Berlin , et Professeur public en Droit et
en Histoire , dans l'Académie Royale de
Francfort sur l'Oder. A Francfort , sur
L'Oder , chez Jean Godefroy Conrad. 1729.
petit in fol. de 138 pages , y compris 20
Planches , où sont gravées les armes des
Chevaliers et celles de leurs Ecuyers. Plus
12 pages pour la Préface, l'Epître dédicatoire
au Duc de Montaigu , Grand - Maî-
II. Vole E tre
3010 MERCURE DE FRANCE
tre , et la Table . Cet Ouvrage est en
Latin.
, 9
L'Auteur fait dans les Paragrafes 8
10 , et 11. une Liste des differentes Promotions
qui ont été faites par les Rois
des differentes Maisons qui ont regné en
Angleterre , jusqu'à Charles II. le dernier
Roy qui ait été créé Chevalier de cet Ordre
, lequel est resté dans une espece d'oubli
sous Jacques II. et sous, Guillaume, Marie
et Anne , jusqu'à la résolution que prit le
Roy George I. de le rétablir et de lui
donner la forme réguliere des autres Ordres
militaires.
Les nouvelles Litteraires de la premiere
Partie de ce Volume , qui comprend
les mois de Juillet , Aoust et Septembre ,
apprennent que M.Bucklei a proposé son
édition de l'Histoire de M. de Thou, par
souscriptions. Le terme marqué pour les
Souscripteurs a été jusqu'au mois de Novembre
de la même année 1729 .
Dans la 2 pattie de ce volume , qui
comprend les mois d'Octobre, Novembre
et Decembre , l'article 2 nous a frappés.
Il contient l'Extrait d'un Ouvrage latin ,
dont le titre est ainsi traduit : Considerations
de Physique , de Medecine et de Bar
reau , sur ia salive humaine , où l'on traite
de sa nature , de son usage , de la morsure
II. Vol.
des
DECEMBRE 1731. 3011
des bêtes et de l'homme , de la rage, de l'hy-.
drophobie , &c. par Martin Gurisch. A
Leipsic , 1729, in 4. de 406 pages.
Le Journaliste paroît nene pas faire grand
cas de cet Ouvrage , et il le témoigne en
plus d'un endroit Mais nous sommes surpris
qu'il n'ait fait aucune Remarque sur
un endroit du livre extraordinairement
hardi dans lequel l'Auteur donne une cau
se naturelle d'un des plus grands Miracles
que J. C. ait fait pendant sa vie. C'est la
faculté de voir que J. C. donna à l'Aveugle
né. Ce seroit anéantir la preuve que
les Chrétiens ont toujours tirée contre les
Juifs , er que J. G. lui- même tiroit, lorsqu'il
dit à ses Disciples : ( Joan. 9. 3. ) Ce
n'est ni pour ses pechez , ni pour ceux de son
pere ni de sa mere , ( que cet homme est né
aveugle ) , mais c'est afin que les oeuvres de
Dieu se voyent évidemment en lui. Fe dois
faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé pendant
qu'il est jour. Ce n'étoit donc point-là
une oeuvre de la nature , mais une oeuvre
de Dieu le Pere par son Fils. Cependant M,
Gurisch , quoique Chrétien , en attribuë
tout le merveilleux à la salive de Jesus-
Christ. Mais on pourroit lui demander,
avec l'Aveugle né, si on ajamais entendu dire
quepersonne ait donné la vûë à un aveugle de
naissance , en lui appliquant sur les yeux
AII. Vol. E ij
de
3012 MERCURE DE FRANCE
ve,
de la poussiere détrempée avec de la sali
d'autant plus que cet Auteur révoque
en doute le fait que Tacite rapporte de
Vespasien. Ce n'est pas la peine de réfuter
davantage cette hardie supposition ; elle
se détruira d'elle- même , si on fait seulement
attention que l'Aveugle-né ne fut
pas guéri sur le champ, v. 7. Ily alla ( à la
Piscine de Siloë , ) il fe lava et revint
voyant clair: Il n'avoit employé de temps
celui qu'il lui falloit que pour laver cette
bouë que Jesus-Christ lui avoit étenduë
sur les yeux.
9
RETRAITE SPIRITUELLE , sur les Vertus
de JESUS-CHRIST , avec un Discours sur
la necessité de le connoître et de l'aimer.
A Paris , Quai des Augustins , chez Rollin
, in 12. de 332 pages.
ALMANACL ROYAL pour l'année 1732 .
calculé au Méridien deParis ,où l'on trouve
le lever et le coucher du Soleil , ceux
de la Lune et ses mouvemens ; les Naissances
des Princes et Princesses de l'Europe
, le Clergé , les Conseils du Roy , la
Chancellerie , les Officiers d'Epée de
Robe et de Finance ; les Postes et Messageries
; et autres choses utiles au Public ;
nouvellement augmenté des noms des
II. Vol. AbDECEMBRE
1731 3013
raux ,
Abbez commandataires , Colonels gene-
Lieutenans generaux des Armées
du Roy , Maréchaux de Camp, Brigadiers
d'Armées , Lieutenans generaux des Armées
Navales et des Galeres , Chefs d'Escadres
, &c. et la datte de la nomination
et reception de tous les Officiers. Avec
une Table Alphabétique des Matieres.
Prix ,broché , 4 liv. A Paris , chez la veuve
d'Houry , au bas de la rue de la Harpe.
Nous avons déja parlé plusieurs fois
de l'utilité reconnue de ce livre , que le
public goûte de plus en plus.
DES BEAUX ARTS , & c.
IBLIOTHEQUE Raisonnée des
BOuvrages des Sçavans de l'Europe
Tome III. premiere et seconde partie
in 12 , de 475 pages . A Amsterdam , chez
les Westeins et Smith. 1729.
L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent,
extraite de Pline le naturaliste , liv. 33. avec
le Texte latin , corrigé sur les Manuscrits de
Vossius, et sur la premiere édition , et éclaici
par des Remarques nouvelles , outre
celles de J. F. Gronovius , et un Poëme sur
la chute de l'homme , et sur les ravages de
l'or et de l'argent ; dédié au Roy et à la
Reine : Par David Durand , Ministre de
l'Eglise de S. Martin et membre de la Société
Royale . A Londres, chez G. Bouvier,
1728. in fol. de 262 pages pour le corps du
livre , et de 72. pour le Poëme, sans compter
les Préfaces .
Le Journaliste paroît fort réservé dans
l'Extrait qu'il donne de cet Ouvrage ; il
ne s'écrie que sur la variété qu'on y troue
: Une belle Estampe , dit-il , un Poë-
11. Vol me
Boos MERCURE DE FRANCE
me nouveau en 7 chants , et une histoire
Eaturelle de l'or et de l'argent , traduite
d'un excellent Auteur; un Supplément sur
le même sujet , plus long que l'histoire
même ; et enfin tout le 33 livre de Pline ;
dans sa propre langue , imprimé très correctement
et éclairci par des remarques
nouvelles , outre celles de Gronovius qui
sont ajoutées à la fin voilà tout ce que
l'on y trouve de remarquable .
;
Si l'on juge du Poëme par les traits qui
sont rapportez dans la Bibliotheque raisonnée
, on sera porté à croire que M.Durand
n'est pas Poëte , ou qu'il ne sent pas
la force de notre langue , ni la signification
des termes François ; les Chevilles
sont répandues en grand nombre dans le
peu que nous en expose le Journaliste.
L'Histoire veritable et secrette des Vies et
des Regnes de tous les Rois et de toutes les
Reines d'Angleterre, depuis Guillaume I. surnommé
le Conquerant , jusqu'à la fin du Regne
de la Reine Anne , cù l'on a joint un
abregé de l'histoire generale de chaque Regne
, tirée principalement des Manuscrits
originaux , des meilleurs Memoires Anecdotes
et Historiens authentiques. Traduite de
l'Anglois. A Amsterdam, chez les Westeins
et Smith. 1729. 3 vol. in 12. le 1er, de 621
le 2º ,
pages ,
de 636 ,
et le 3º , de 428 ;
ans la table , qui en comprend 42.-
II. Vol.
L'AuDECEMBRE.
1731. 3009
L'Auteur de l'Extrait de cet Ouvrage
prend icy la défense de ceux qui donnent
au public des Anecdotes désavantageuses
à la mémoire des plus Grands Hommes.
La médisance n'est point blâmable , selon
lui , à moins que par médire , l'on n'entende
mal parler de quelqu'un , exposer sous
des couleurs desavantageuses ses meilleures
actions , donner à sa conduite un air de blâ-
&c.c. c'est seulement , dit- il , exposer
des veritez qui ne sont pas toutes bonnes
à dire ; mais on voit par -là que l'Auteur
de l'Extrait confond la médisance avec
la calomnie.
me ,
>
Mémoires touchant le tres-honorable Ordre
du Bain , où l'on décrit son origine , ses progrès
, son rétablissement , ses regles et sa dignité.
On y a joint la liste et les armes des
Chevaliers , et leurs Statuts , en Anglois et
en Latin, par M. Juste- Christ Dithmar
Membre de l'Académie des Sciences de
Berlin , et Professeur public en Droit et
en Histoire , dans l'Académie Royale de
Francfort sur l'Oder. A Francfort , sur
L'Oder , chez Jean Godefroy Conrad. 1729.
petit in fol. de 138 pages , y compris 20
Planches , où sont gravées les armes des
Chevaliers et celles de leurs Ecuyers. Plus
12 pages pour la Préface, l'Epître dédicatoire
au Duc de Montaigu , Grand - Maî-
II. Vole E tre
3010 MERCURE DE FRANCE
tre , et la Table . Cet Ouvrage est en
Latin.
, 9
L'Auteur fait dans les Paragrafes 8
10 , et 11. une Liste des differentes Promotions
qui ont été faites par les Rois
des differentes Maisons qui ont regné en
Angleterre , jusqu'à Charles II. le dernier
Roy qui ait été créé Chevalier de cet Ordre
, lequel est resté dans une espece d'oubli
sous Jacques II. et sous, Guillaume, Marie
et Anne , jusqu'à la résolution que prit le
Roy George I. de le rétablir et de lui
donner la forme réguliere des autres Ordres
militaires.
Les nouvelles Litteraires de la premiere
Partie de ce Volume , qui comprend
les mois de Juillet , Aoust et Septembre ,
apprennent que M.Bucklei a proposé son
édition de l'Histoire de M. de Thou, par
souscriptions. Le terme marqué pour les
Souscripteurs a été jusqu'au mois de Novembre
de la même année 1729 .
Dans la 2 pattie de ce volume , qui
comprend les mois d'Octobre, Novembre
et Decembre , l'article 2 nous a frappés.
Il contient l'Extrait d'un Ouvrage latin ,
dont le titre est ainsi traduit : Considerations
de Physique , de Medecine et de Bar
reau , sur ia salive humaine , où l'on traite
de sa nature , de son usage , de la morsure
II. Vol.
des
DECEMBRE 1731. 3011
des bêtes et de l'homme , de la rage, de l'hy-.
drophobie , &c. par Martin Gurisch. A
Leipsic , 1729, in 4. de 406 pages.
Le Journaliste paroît nene pas faire grand
cas de cet Ouvrage , et il le témoigne en
plus d'un endroit Mais nous sommes surpris
qu'il n'ait fait aucune Remarque sur
un endroit du livre extraordinairement
hardi dans lequel l'Auteur donne une cau
se naturelle d'un des plus grands Miracles
que J. C. ait fait pendant sa vie. C'est la
faculté de voir que J. C. donna à l'Aveugle
né. Ce seroit anéantir la preuve que
les Chrétiens ont toujours tirée contre les
Juifs , er que J. G. lui- même tiroit, lorsqu'il
dit à ses Disciples : ( Joan. 9. 3. ) Ce
n'est ni pour ses pechez , ni pour ceux de son
pere ni de sa mere , ( que cet homme est né
aveugle ) , mais c'est afin que les oeuvres de
Dieu se voyent évidemment en lui. Fe dois
faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé pendant
qu'il est jour. Ce n'étoit donc point-là
une oeuvre de la nature , mais une oeuvre
de Dieu le Pere par son Fils. Cependant M,
Gurisch , quoique Chrétien , en attribuë
tout le merveilleux à la salive de Jesus-
Christ. Mais on pourroit lui demander,
avec l'Aveugle né, si on ajamais entendu dire
quepersonne ait donné la vûë à un aveugle de
naissance , en lui appliquant sur les yeux
AII. Vol. E ij
de
3012 MERCURE DE FRANCE
ve,
de la poussiere détrempée avec de la sali
d'autant plus que cet Auteur révoque
en doute le fait que Tacite rapporte de
Vespasien. Ce n'est pas la peine de réfuter
davantage cette hardie supposition ; elle
se détruira d'elle- même , si on fait seulement
attention que l'Aveugle-né ne fut
pas guéri sur le champ, v. 7. Ily alla ( à la
Piscine de Siloë , ) il fe lava et revint
voyant clair: Il n'avoit employé de temps
celui qu'il lui falloit que pour laver cette
bouë que Jesus-Christ lui avoit étenduë
sur les yeux.
9
RETRAITE SPIRITUELLE , sur les Vertus
de JESUS-CHRIST , avec un Discours sur
la necessité de le connoître et de l'aimer.
A Paris , Quai des Augustins , chez Rollin
, in 12. de 332 pages.
ALMANACL ROYAL pour l'année 1732 .
calculé au Méridien deParis ,où l'on trouve
le lever et le coucher du Soleil , ceux
de la Lune et ses mouvemens ; les Naissances
des Princes et Princesses de l'Europe
, le Clergé , les Conseils du Roy , la
Chancellerie , les Officiers d'Epée de
Robe et de Finance ; les Postes et Messageries
; et autres choses utiles au Public ;
nouvellement augmenté des noms des
II. Vol. AbDECEMBRE
1731 3013
raux ,
Abbez commandataires , Colonels gene-
Lieutenans generaux des Armées
du Roy , Maréchaux de Camp, Brigadiers
d'Armées , Lieutenans generaux des Armées
Navales et des Galeres , Chefs d'Escadres
, &c. et la datte de la nomination
et reception de tous les Officiers. Avec
une Table Alphabétique des Matieres.
Prix ,broché , 4 liv. A Paris , chez la veuve
d'Houry , au bas de la rue de la Harpe.
Nous avons déja parlé plusieurs fois
de l'utilité reconnue de ce livre , que le
public goûte de plus en plus.
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Résumé : Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
Le document présente une sélection de publications littéraires et scientifiques. La 'Bibliothèque Raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe' est un ouvrage en deux parties, publié à Amsterdam en 1729, totalisant 475 pages. Parmi les œuvres notables, figure 'L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent' de David Durand, publiée à Londres en 1728. Cet ouvrage inclut un poème et des remarques sur le texte latin de Pline, bien que le journaliste critique la qualité poétique de Durand. Une autre œuvre mentionnée est 'L'Histoire veritable et secrette des Vies et des Regnes de tous les Rois et de toutes les Reines d'Angleterre', traduite de l'anglais et publiée en trois volumes à Amsterdam en 1729. L'auteur de cette œuvre défend la publication d'anecdotes désavantageuses sur les grands hommes. Le document évoque également les 'Mémoires touchant le tres-honorable Ordre du Bain' par Juste-Christ Dithmar, publié à Francfort en 1729, qui détaille l'histoire et les règles de cet ordre. Parmi les autres publications, on trouve une édition de l'Histoire de M. de Thou proposée par souscriptions. Un ouvrage latin sur la salive humaine par Martin Gurisch, publié à Leipsic en 1729, est critiqué pour son interprétation naturelle d'un miracle de Jésus-Christ. Enfin, le document mentionne une 'Retraite Spirituelle' sur les vertus de Jésus-Christ, publiée à Paris, et l''Almanach Royal' pour l'année 1732, contenant diverses informations utiles au public.
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3
p. 327-332
Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE ITALIQUE, ou Histoire Litteraire de l'Italie, Septembre, Octobre, [...]
Mots clefs :
Maffei, Public, Anciens, Terre, Italie, Histoire, Université de Turin, Journaliste, Savants, Monuments, Italie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE ITALIQUE , ou Histoire
Litteraire de l'Italie , Septembre , Octo
bre , Novembre et Décembre 1728. Tom,
3. de 316 pag. avec la Table des Maticses.
A Genéve , chez Marc- Michel Bousquet
et Compagnie.
5 Le premier article de ce Volume est la
suite de l'Extrait de l'Histoire Diplomatique
de M. Maffei , très- connu parmi les
Sçavans d'Italie , et contient des Recherches
sur l'origine des Etrusques et des anciens
Latins, sur leur Gouvernement , leur
Langue, leurs Caracteres , leurs Ecritures,
leurs Coûtumes et leur Religion . M. Maf-
F vi fei ,
328 MERCURE DE FRANCE
>
fei , après avoir recueilli dans différens
Auteurs tout ce qu'il a pû trouver de Monumens
anciens dessinez et gravez , qui
pouvoient regarder le but qu'il s'étoit
proposé et avoir même entrepris un
voyage en Toscane , pour y trouver par
ses propres recherches , les Antiquitez qui
auroient pû échapper à l'attention des
Sçavans , telles que des Vases , des Urnes
des Pierres sépulcrales , &c . il s'est crû
en état de donner un Systême assez suivi
sur l'Histoire de ces anciens Habitans de
PItalie. Il croit donc que les Etruriens furent
des Descendans des Emins , Peuple
fort et puissant qui tiroit son origine de
Chanaan , et que les Mohabite chasserent
du Pays qu'il habitoit , c'est-à - dire , dé ce
pays qui environnoit le Torrent d'Arnon ,
du côté du Midi et du Septentrion , et
qui confinoit à l'Arabie . M. Maffey montre
la vraisemblance de cette conjecture
par la ressemblance des Noms , des Villes
, des Fleuves , des Divinitez , et même
des Peuples d'Etrurie , il les montre encore
par la ressemblance des Dialectes
par le nombre de leurs Villes , par la forme
de leur Gouvernement , par leur Religion
, leurs Sacrifices , leurs Danses et
leurs Coûtumes , ce qui s'accorde assez
avce
FEVRIER. 1733. 329
avec l'Ecriture - Sainte sur laquelle il se
fonde particulierement .
Nous passons sous silence les remar
ques que fait M. Maffei sur l'Ecriture de
ces Peuples , sur les Pélagiens qui habiterent
l'Italie avec les Toscans , et dont il
éxamine plusieurs Monumens qui peuvent
servir à l'Histoire de ces Peuples , aussibien
qu'à celle de Rome même , que ce
Sçavant Ecrivain , appuyé sur plusieurs.
Monumens d'une grande antiquité , et
fondé d'ailleurs sur d'autres raisons assez
plausibles , croit être plus ancienne que
Romulus . Nous avertirons seulement que
cette Dissertation de M. Maffei est comme
Abbregé d'un Ouvrage beaucoup plus
étendu qu'il promet au Public. Nous ne
dirons rien non plus ni des Actes du martyre
de Ferme et de Rustique , ni de la
vie de S. Zenon , Evêque de Verone dansle
troisiéme siécle , ni de la Lettre de
S. Chrysostome à Cesirius , que le même
Auteur a donné au Public avec de sçavantes
Notes , et dont le Journaliste Protestant
rend compte en peu de mots , en
ajoûtant seulement quelques Remarques
conformes à ses sentimens. Ces Ouvrages.
sont assez connus d'ailleurs des Personnes
qui aiment la belle Litterature .
Vaick
330 MERCURE DE FRANCE
>
Voici le titre des Articles suivans . Art.1.
Iliade d'Omero , &c. c'est - à-dire , l'Iliade
et l'Odyssée d'Homere, traduites du Grec
en Vers Italiens non rimés. Par M. l'Ab .
bé Antoine-Marie Salvini. A Florence
chez Glo , 1723. in 8. Le Journaliste en
parle avec beaucoup d'éloges.
Art. 3. Relation de l'ouverture solemnelle
de deux Cours d'Anatomie faits en
public au Théatre Anatomique de l'Université
de Turin le 24. Février 1724. et
le 26 Février de l'an 1725.
Art. 4. Recueil des diverses Formules
et des Discours Académiques de M. Augustin
Campiani , Jurisconsulte Napolitain
, et Professeur dans l'Université de
Turin , &c. avec les Discours de M. Bernard
André Lama , Napolitain , Professeur
en Eloquence dans l'Université de
Turin . A Turin , de l'Imprimerie de Jean
Radix , 1728. in - 8 .
Art. 5. sur une Observation des anciens
Childéens. Quoique cette Observation
ne soit point d'un Italien , le Journaliste
a crû pouvoir la placer dans son
Recueil , comme étant très - curieuse et
digne d'être présentée au Public, de qui ils
demandent le suffrage pour lui en communiquer
d'autres semblables.
L'Auteur de cette Remarque prouve
par
FEVRIER . 1733. 332
par un Passage d'Achilles Tatius dans le
Ch . 18 de son Introduction aux Phenomênes
d'Aratus , publiée par leP. Petau dans
son Vranologium , que les Chaldéens ont
connu assez au juste l'étenduë de la circonference
du Globe terrestre , pour déterminer
qu'un homme marchant d'un
bon pas sans courir , suivroit le Soleil autour
de la terre , et arriveroit en même
tems que lui au point équinoxial , c'est- àdire
, que dans l'espace d'une année Solaire
qu'ils déterminoient à 365. jours et
quelques heures , un homme marchant
d'un bon pas pourroit faire le tour de la
terre , et le feroit en effet , toutes choses
étant égales d'ailleurs.
Art. 6. Recueil des Historiens de l'Ita
, par M. Muratori , Tom. 6.
lie ,
Nous ne pouvons donner une idée de
cet Ouvrage sans entrer dans un détail
qui nous meneroit trop loin .
i
Art. 7. Francisci Travagini super Observationibus
, &c. c'est- à - dire , Recherche
Physique de François Travagini , ou
Indices du mouvement journalier de la
Terre , fondez sur les Observations qu'il
a faites sur les derniers tremblemens de
terre , principalement celui de Raguse. A
Leyde , ainsi que porte le Titre , et réellement
à Venise , 1669 , in-4º , de 29 pag.
sans
332 MERCURE DE FRANCE
sans l'Epitre Dédicatoire qui sert de Préface.
Art. 8. Lettre sur deux prétendues Inscriptions
Etrusques , à M. le Marquis de
Maffei , à Verone.
Art. 9. Lettre de M.... sur le Caractere
des Italiens.
Le 10 Article annonce le Projet de
Souscription du Dictionnaire Historique,
Critique , Chronologique et Litteraire de
la Bible , par le P. Calmet ; cette Souscription
fut proposée et éxecutée en 1728.
et 29. par les Libraires de Geneve ; ainsi
il seroit inutile d'en parler.
Art. 11. Nouvelles Litteraires , elles ne
contiennent presque rien de particulier
qui n'ait été annoncé dans nos Journaux.
On trouve à la fin de ce Tome une Tar
ble des Matieres des 1. 2. et 3. Tomes
de la Bibliotheque des Sçavans d'Italie.
Litteraire de l'Italie , Septembre , Octo
bre , Novembre et Décembre 1728. Tom,
3. de 316 pag. avec la Table des Maticses.
A Genéve , chez Marc- Michel Bousquet
et Compagnie.
5 Le premier article de ce Volume est la
suite de l'Extrait de l'Histoire Diplomatique
de M. Maffei , très- connu parmi les
Sçavans d'Italie , et contient des Recherches
sur l'origine des Etrusques et des anciens
Latins, sur leur Gouvernement , leur
Langue, leurs Caracteres , leurs Ecritures,
leurs Coûtumes et leur Religion . M. Maf-
F vi fei ,
328 MERCURE DE FRANCE
>
fei , après avoir recueilli dans différens
Auteurs tout ce qu'il a pû trouver de Monumens
anciens dessinez et gravez , qui
pouvoient regarder le but qu'il s'étoit
proposé et avoir même entrepris un
voyage en Toscane , pour y trouver par
ses propres recherches , les Antiquitez qui
auroient pû échapper à l'attention des
Sçavans , telles que des Vases , des Urnes
des Pierres sépulcrales , &c . il s'est crû
en état de donner un Systême assez suivi
sur l'Histoire de ces anciens Habitans de
PItalie. Il croit donc que les Etruriens furent
des Descendans des Emins , Peuple
fort et puissant qui tiroit son origine de
Chanaan , et que les Mohabite chasserent
du Pays qu'il habitoit , c'est-à - dire , dé ce
pays qui environnoit le Torrent d'Arnon ,
du côté du Midi et du Septentrion , et
qui confinoit à l'Arabie . M. Maffey montre
la vraisemblance de cette conjecture
par la ressemblance des Noms , des Villes
, des Fleuves , des Divinitez , et même
des Peuples d'Etrurie , il les montre encore
par la ressemblance des Dialectes
par le nombre de leurs Villes , par la forme
de leur Gouvernement , par leur Religion
, leurs Sacrifices , leurs Danses et
leurs Coûtumes , ce qui s'accorde assez
avce
FEVRIER. 1733. 329
avec l'Ecriture - Sainte sur laquelle il se
fonde particulierement .
Nous passons sous silence les remar
ques que fait M. Maffei sur l'Ecriture de
ces Peuples , sur les Pélagiens qui habiterent
l'Italie avec les Toscans , et dont il
éxamine plusieurs Monumens qui peuvent
servir à l'Histoire de ces Peuples , aussibien
qu'à celle de Rome même , que ce
Sçavant Ecrivain , appuyé sur plusieurs.
Monumens d'une grande antiquité , et
fondé d'ailleurs sur d'autres raisons assez
plausibles , croit être plus ancienne que
Romulus . Nous avertirons seulement que
cette Dissertation de M. Maffei est comme
Abbregé d'un Ouvrage beaucoup plus
étendu qu'il promet au Public. Nous ne
dirons rien non plus ni des Actes du martyre
de Ferme et de Rustique , ni de la
vie de S. Zenon , Evêque de Verone dansle
troisiéme siécle , ni de la Lettre de
S. Chrysostome à Cesirius , que le même
Auteur a donné au Public avec de sçavantes
Notes , et dont le Journaliste Protestant
rend compte en peu de mots , en
ajoûtant seulement quelques Remarques
conformes à ses sentimens. Ces Ouvrages.
sont assez connus d'ailleurs des Personnes
qui aiment la belle Litterature .
Vaick
330 MERCURE DE FRANCE
>
Voici le titre des Articles suivans . Art.1.
Iliade d'Omero , &c. c'est - à-dire , l'Iliade
et l'Odyssée d'Homere, traduites du Grec
en Vers Italiens non rimés. Par M. l'Ab .
bé Antoine-Marie Salvini. A Florence
chez Glo , 1723. in 8. Le Journaliste en
parle avec beaucoup d'éloges.
Art. 3. Relation de l'ouverture solemnelle
de deux Cours d'Anatomie faits en
public au Théatre Anatomique de l'Université
de Turin le 24. Février 1724. et
le 26 Février de l'an 1725.
Art. 4. Recueil des diverses Formules
et des Discours Académiques de M. Augustin
Campiani , Jurisconsulte Napolitain
, et Professeur dans l'Université de
Turin , &c. avec les Discours de M. Bernard
André Lama , Napolitain , Professeur
en Eloquence dans l'Université de
Turin . A Turin , de l'Imprimerie de Jean
Radix , 1728. in - 8 .
Art. 5. sur une Observation des anciens
Childéens. Quoique cette Observation
ne soit point d'un Italien , le Journaliste
a crû pouvoir la placer dans son
Recueil , comme étant très - curieuse et
digne d'être présentée au Public, de qui ils
demandent le suffrage pour lui en communiquer
d'autres semblables.
L'Auteur de cette Remarque prouve
par
FEVRIER . 1733. 332
par un Passage d'Achilles Tatius dans le
Ch . 18 de son Introduction aux Phenomênes
d'Aratus , publiée par leP. Petau dans
son Vranologium , que les Chaldéens ont
connu assez au juste l'étenduë de la circonference
du Globe terrestre , pour déterminer
qu'un homme marchant d'un
bon pas sans courir , suivroit le Soleil autour
de la terre , et arriveroit en même
tems que lui au point équinoxial , c'est- àdire
, que dans l'espace d'une année Solaire
qu'ils déterminoient à 365. jours et
quelques heures , un homme marchant
d'un bon pas pourroit faire le tour de la
terre , et le feroit en effet , toutes choses
étant égales d'ailleurs.
Art. 6. Recueil des Historiens de l'Ita
, par M. Muratori , Tom. 6.
lie ,
Nous ne pouvons donner une idée de
cet Ouvrage sans entrer dans un détail
qui nous meneroit trop loin .
i
Art. 7. Francisci Travagini super Observationibus
, &c. c'est- à - dire , Recherche
Physique de François Travagini , ou
Indices du mouvement journalier de la
Terre , fondez sur les Observations qu'il
a faites sur les derniers tremblemens de
terre , principalement celui de Raguse. A
Leyde , ainsi que porte le Titre , et réellement
à Venise , 1669 , in-4º , de 29 pag.
sans
332 MERCURE DE FRANCE
sans l'Epitre Dédicatoire qui sert de Préface.
Art. 8. Lettre sur deux prétendues Inscriptions
Etrusques , à M. le Marquis de
Maffei , à Verone.
Art. 9. Lettre de M.... sur le Caractere
des Italiens.
Le 10 Article annonce le Projet de
Souscription du Dictionnaire Historique,
Critique , Chronologique et Litteraire de
la Bible , par le P. Calmet ; cette Souscription
fut proposée et éxecutée en 1728.
et 29. par les Libraires de Geneve ; ainsi
il seroit inutile d'en parler.
Art. 11. Nouvelles Litteraires , elles ne
contiennent presque rien de particulier
qui n'ait été annoncé dans nos Journaux.
On trouve à la fin de ce Tome une Tar
ble des Matieres des 1. 2. et 3. Tomes
de la Bibliotheque des Sçavans d'Italie.
Fermer
Résumé : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Le volume de la 'BIBLIOTHEQUE ITALIQUE, ou Histoire Littéraire de l'Italie' couvre les mois de septembre à décembre 1728. Publié à Genève par Marc-Michel Bousquet et Compagnie, ce volume de 316 pages comprend une table des matières. Le premier article est la suite de l''Histoire Diplomatique' de M. Maffei, qui examine l'origine des Étrusques et des anciens Latins. Maffei explore leur gouvernement, langue, caractères, écritures, coutumes et religion. Pour ses recherches, il a recueilli des monuments anciens et entrepris un voyage en Toscane. Il propose que les Étruriens étaient des descendants des Émins, un peuple puissant originaire de Chanaan, chassé par les Moabites. Cette théorie est soutenue par des similitudes dans les noms, villes, fleuves, divinités, dialectes et coutumes. Le volume inclut également des traductions de l'Iliade et de l'Odyssée d'Homère en vers italiens par l'abbé Antoine-Marie Salvini. D'autres contributions notables sont une relation de cours d'anatomie à l'Université de Turin, et un recueil de formules académiques de M. Augustin Campiani et M. Bernard André Lama. Des articles traitent également des observations des anciens Chaldéens, d'un recueil d'historiens italiens par M. Muratori, et de recherches sur les tremblements de terre par François Travagini. Le volume se conclut par une table des matières des trois tomes de la 'BIBLIOTHEQUE ITALIQUE'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 150-159
HISTOIRE de Charlemagne, précédée de Considérations sur la première Race, & suivie de Considérations sur la seconde ; par M. Gaillard, de l'Académie Françoise & de l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres. A Paris, chez Moutard, Imprimeur-Libraire de la Reine, de Madame & de Mme. la Comtesse d'Artois, rue des Mathurins, Hôtel de Cluni, 1782, 4 Vol. in 12.
Début :
Qu'il nous soit permis de préluder à cet Extrait par des Observations qui ne concernent [...]
Mots clefs :
Journal, Journaliste, Journal littéraire, Critique, Auteur, Autorité, Abbé Desfontaines, Mauvais vers, Convalescence, Goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE de Charlemagne, précédée de Considérations sur la première Race, & suivie de Considérations sur la seconde ; par M. Gaillard, de l'Académie Françoise & de l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres. A Paris, chez Moutard, Imprimeur-Libraire de la Reine, de Madame & de Mme. la Comtesse d'Artois, rue des Mathurins, Hôtel de Cluni, 1782, 4 Vol. in 12.
HISTOIRE de Charlemagne, ·précidle de
Confidération..s far la }Jremièr' Race, &
fuivie de Confidérations fi~r la faconde;
pat· M. Gaillard, de l' Acadétnie ·Fran.
çoife & de l'Acadén1ie des Infcriptions &
Belles- Lerrres. A Patis , ·chez Mot1card, r
.I1npri1net1r-librairc de la Rei11e , de
MadaL11e & de .. M, ine. la Comreffe d' Artois,
rue des Matnuri11s, Hôtel de Cl uni,
· l 7 8 2 • 4 Vol. in· 1 2. •
u'11 11ous foit per1nis de préli1aer .à.
cet Extrait par 8es Obfervario_11s qui 11e con:.
~erne11t 11i Gl1arle111ag11e 11i 1011 Hifto1·ien >
1
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IU4Vl!J,,.O---------~--,.-----------:--•
•
•
1
-
D E F R A N ·c E. 1 5 r
& qui auro11t le to1·c ou le 111érice de pré.,.
iènter u11 paradoxe .
Les Jot1rnat1x Lirrérai1·es auroient-ils ja- ,
mais dû être autre chofe qu'un regill:1·e public
ouvert à tous les Auteurs, pour y i11fércr
eux·111êmes l'extrait de leurs Ü"1vrages ;
fans éloge, car la bienCéance (du 1noins aur1
·efois) ne per1nettoit pas de fe Jouer foi·
mê1ne; fa11s cririque, car celle qu'un Auteur
feroir de fotl Ouvrage fe1·oit toujours fuC.
peét:e d,i11dulge11cc ; d' aille11rs, quelle rai!
011 fuffifante at1roit-on eue de 11e pas corriger
d'avance ce ~u'on critiqt1eroit après-coup?
L'Inve11teur des Jour11at1x Littéraires a
fans c.lourc rendu u11 g1·a11d fe1·vice aux Let·
t rcs; il a été utile & at1x Au~et1rs & at1x:
Leéèeurs, e11 imagina11t un [ivre qui fît connoîrre
les autres LÎ\'res , qui ei1 ai111onçât
l' ex1ftcnce & le· conte11 u; inais fat1te d, avoir
fo1·mé les Jour11aux fur le pln11 que 11ous indiquons,
quelles co11tratliél:io11s 11'a-t-il pas
éprouvées! que d,i11rerruptions de ce Journal
& fous 1\1. de Sallo & f ot1s M. 1, Abbé •
Gallois ! & en effet., quel que fût le mérite
de ces Sa va11s, de q ucl droit s' érigeoie11t· ils
en Arbicres ,d e la Litrérarure & e11 Cenfe 11rs
de tous les Ecrivains?
Da11s la fùite ce Journal a pris une fgr111c
plus rég1.llière & u11e autorité pltts légitime.
011 n'a rien à dire contre les J ot1rnaux érablis
oμ qui for1t ce11fés l'être par l'autorité
publique, & fur lefqt1e1s cette autorité veille
d'l1nc n1a11ière parriculièrr. · .
'
•
• •
•
..
-
•
-
•
15.t 1vl ER C U R E
Mais l' objclbio11 f ublifte . route entière
contre tous les Journaux établis par auto- ,
rité privée. c~ prè111ier abus a ouvert la
po1·ce à ur1e i11ultitud€ d'autres abus, do1Jt le
moi11dre a été que beaucoup d' A11tet11·s fe
font furti veinent ou etf1·011té111ent con1hlés
eux .. tnê1nes ti,éloges da11s des J0ur11anx dont
il~ dif poioie11t par eux 011 par leurs amis.
· Pour ne parler que des faits anciens &
co1111us; c.ia11s ce débordement de mauvais
vers dont P~ri3 fut i11011dé e11 1744, à l'occafio11
de la maladie & de la convalef cence du
Roi Louis XV, & qui a fait dire à M. de
Voltai1·e (au 1t1el fet1l jl fur donné d'en faire
.. ie bons fL,r ce ft1jet : )
•
Paris n'a jam ~is vû de tranfports Ji divers,
Tant de fc1.1x d 1rtifice & ta.nt de mauvais vers.
.. Il puut ou il n.e pa1·t.t point une Ode à
la Reine; 111ais l'Abbé Desfontaines l1annonca
& la vanta beaucoup ( fet1ille A du
~ Torne IV des ]ugl'1nens fur quelques Ouvrages
rzouveaux); il e11 cita u11 grand 11ol11-
bre de ftropl1ès , clu11~ l'une def quelles le
Poëte fe difoir vieux, fur qt1oi l' Abbé Des·
fontaines s'éc1·ioit: ''Quel vieux Poëte avo11s''
i1ous qui fa{fe ai11G des y ers? n' eft - ce
,, poi11r un jet1ne h0n11ne qui cli.ercbe à fe
,, cacher fous les rides de la vieillclfe ?
,, mais la vieilleffe pettt ·elle prévc11ir en
,, faveut· du talent ? ,, .. · _
C' éroir une é11igt11e qu'il 11e pou voit
devi11er, & qu'il propofoit au ieél:c1.1fi •
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DE F R AN C E. · tf 3
Da11s la feuille D , il (e fait ail relfer une
- lettre, eù, en co11firmant rous les éloges
don11és aux firopl1es cirées, 011 lt1i <le111a11de
. pourquoi il 11' en a pas cite pll11Îcurs aurres
qt1'011 a1ft1re 11'êrre pas 111<) Ï11s belle~; &
pour réparer fa faute, on Jes cite. l)ar cet
. heureux artifice le Lettcu r a, c11 deux Par-
• ties, )'Ode. pref que entière. ~
Par un autre artifice, 1, Auteur de la let- ·
trc hafarâe fur u11 endroit de l'Ode une ou
, deux critiqt1es év jJe1nn1ent jnju!l·es , aux•
- quelles le Journalifie 11'a pas de pe111e à
I • repondre .
, Voici inai11renant Je 111ot de l'énigme.
. L' Ode .. efl mauvaife, & elle efl de l' ~1 bbé
:Desfontaines.
. La t .. l-at1de fut co11nue, & le Puhlic ne fic
qu'en rir~; l' Abbé Dcsfo11tai11es l'avoir fait
à fotl oadinage.
On dir que q11elques-u11s de fes no111breux
•
ft1ccelÎet1rs n'ont pac; n1oi11s accoutun1é le
Public au leur; 011 dit que la lot1at1~e & ·
le blât11e fo11c: devenus cl1ez qt1elqucs-u11s
ô 'e11 tre-cux .. non-feule111ent t111e afraire de
' , paOEon & '-ie pa1-ri, i11ais e11core t>n obier
â'in ré1·êr & de co1n 1nerce. N ot1s 1:"&' enrr<>r1s
p.oi11t dans ces que!tions fâc l1etJl- s; no11s 11e
u Youlo11s d~fobl ige r · perfon11e ; 11 us nous
. conc e11to1~s d'ét~ blir r1c•t1~· pr i nci~~e qu'il t1e
J Eaur ja1nais trotnpcr le teétet1r ni ft11· les ·
_Auteurs J1i Cur les Ouvr=i~s; c11 C<•t1 feq 12r~11~e
nous nous l1ârons de déclarer que J' utct1r
:.de cet Ex cc a · t ,.. ,a auffi l' ucéuiï de.~ l'I-Iifroire
• • G V .. .
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•
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• •
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If 4 MER c u R E
de Cl1arlemagne , & que par conféquept
cer Extrait 11e contie11dra ni éloge ni cri~
• . t1qt1e.
Pourquoi u11 Attteur , bien réfoltt d'obfe1
·ve1· tOlltes les bienféances, cne rendroit-il ,
pas co1npte au Public de fo11 propre Ot1-
vrage dnns tin Journal , Ct)n11ne il en 1·e11d
co111pte à fes Le&eurs dar1s u11e Préface, e11
fe bor11a11t à dire ce que !'Ouvrage con~ienr,
. dans qt1el c:fp1·ît il eft fait' n~11s quel ordte
les ebjcts y font préfe11tés, ·&o. tnais fans
at1ct111 ligne 11i d'approbatio11 11i de c~n~
{ure? ..
'. Eft· il mêcne bi~11 sûr que le Pttblic . en
de1na11de d1van!age aux Jou1ï1aliffes de profeffio11?
Ils s'e1np1·e{fe11t cous à juger en hie11
ou· en n1al 1-es Ouv14 ages dont ils ne font
chargés tout au plus que de 1·e11 ,{1·e compte.
Il efl: vrai qn'il eft difiicile de fe reft1fer au
plaifÎr lie louer ce qu'o11 fe11r ê'rre bo11, ou à
}a jufl:iee de blâiner ce qt1i cfr évidem1nent
mauvais; 111ais à ne co11fidérer qtte l'intérêt
du Public, qu'a-t-il befc)in du jugen1ent
d'ttn pa1·riculier? qu'a-t-il befoi11 de f1voir
ce que Bav ius penf e ot1 vcttt pe11ter des vets4 vu de la profe de Moevius? pou1·quoi faut~ il
qt1't11-1 f~t1l hom1ne prétende app1·endre o 1
prefcri1e au Public ce qu,il doit penfer de
tel ou rel Ouvrage? Au fon,{, que dema11êiet-
on à u11 Journalifl:e? U11 précis fidèle, un
co1·l1pte exaét d'après leql1el 011 pui1fe juger
du bcfoin qu'on a dë l,Ouvrag~, & du
~gré d'inftrult1on ou de plaifir qu'on peut
•
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D E 13 R A N C E. 15r
s'en pro111errre. Un pareil compte_ peut fe
paffer du juge111ent dll Jot1rnalifte, & Je
j11g~ment du Jour11aliCte ne pe1.1t pas fc
paifer d' u11 pareil co111pte.
Les Jour11aliftes devroie11t donc pet1têrre
fe bo1·ner à la fonétio11 de Rappor.-
tet1rs , & 11'y pas joi11dre celle de Juges.
La fonéèion des Jour11alifl:es, telle qu'elle
cft exercée ..atfez générale1nent, efl: u11e e(pèce
de Mi11iftèrc ou de ~1agifrrature dont
le défaut etfe11tiel efl: d'être abfolu1ne11t iàn~ •
.million : j~ger fcs co11temporains , fes
rivaux, fes ég1ux , quelquefois Ces f upérieu1·s,
trop f ou:vent iès enne111is, n' efr pas un emploi
quj doive être aba11âonné indifiinll:1-
menr a tout le n1onde; Il in1porte qu'un
Jou111al 11e foir poir.it t111e artne da11s la main
d't1n inécha11t ou d,un e11viet1x; il i1nporte
ique ce 1ninifière (oit exercé avec juftice,
ou au i11oi11s avec décence. Mai5 il ne s'agit
pas ici d,expofer une théorie géné1·alc
pour la perfeétiom ou la 1·éfo11ne des J0urnal1x,
nous dif ons fet1le111e11t qt1e le Public .
â bef oin d'e connoît~:e les 0t1v1·ages, & qu'il
i1, a pas le 111ê1ne be(oi11 de co11110Îrre l' opi-.
1.1io11 d, 1111 Jour nalifl:e. •
~' On L1it toujours miet1x que perfon11e
-corn tne11t 011 veut êrre ' 1ot1é, a dit lln plai.
fan r; in ais en confentar1t lie n' ~tre pas loué,
un Auteur ne fait-il pas roujoars 111ieu.x que
pe1·fo11 ne, 111ieux que le LeCtet1i· mê1ne lie
plus arr.e11tif, oe c1ue c01:itie11t fon Ouvrage.
<lans ']UeJ fpt.it il eft fait., -ce qu'il lui 2
G V~
.. ...
1
•
•
•
-
•
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•
•
•
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.. • -
· 116 MERCURE
coûté de rra\'ail, &c.? & s'il falloir ~bfolu·
ment tlM juge1nenc fur cet Ouvrage, ne
ferait-il pas à propos , pour qtte ce jugement
ft1t coni plcttet11ent juR:e , que les idées
d11 Jot1rnalifre futfe11r co111binécs avec celles
de 1, Auteur? ,.,
Mais, dira-r-011, li lei Auteurs rendaient
compte et1x-1nê1nes de leurs Ouvrages da11s
les Journaux, ou li Je.s Journalifres, f e bot-
11a11t à en i·endre cotnpte, s' abfre11oient de les
juger, on feroir privé des avantages de la
critique; cependant la critique dl: utile, on
ne peut le nier.
Oui, 11ne critique jull:e & Cage , di~ée
par le pur a1nG>t1r rle la vérité, fans auct1n
mêlange de paffto11 & d,efprit de parti ,
fa11s aucu11e e11vie de n.uire ou de tn<i>rtifier.
alfaiConnée mê111e de cotts les égards dûs à
l' Autelllr; 1nais la cririque nous a dérro1nP.é'
de la critique; Ces abtts 011t tellement excé:{
é Ces av111rages, qu'il y au1·oit beaucoup
à gagt1er à i·e11e11cer at1x uns poar êcre délivré
des autres.
Qt1a11d on veut citer un medèlc de critique,
on cite celle du Ciel par 1, Acadétnie
Françoife. En citeroir 011 beaucottp d·autres?
.Nla1s cette critique 111ê111e, font'~ ce les
obieétio11s & les jugemen5 qu'elle renfertne
q •.1i e11 fo11t le prin6Îpa t· mérite ~
Non, plLifi't!urs de ces juge1ncns font rigou~
reux ju( u,à l'injufrice; il Ceroit aifé de le
dén1onrrer Qtt'efl:-ce do11c qu'on adiriire
da115 cette critique? C,eft fur tout a 1n0dé-
•
•
,
•
1VlfVFU4U
• •
D :E. F R A N C E. 't fV
ration de l'Académie oppofée à l'acharne--
1nenc de {on Fo11dateu r ; c' cil la co11(it1ération
q u' eile ré111oiga1 e par-cout ·à· Corneiile >
que le Cardinal de Richelieu vouloir hu111ilier;
c' elt le ref peét que le goût rn.ontre partottt
pour le génie perfécuté. • .
, Dans la plu part de nos cri tiques , nous
paroilfons craindre que la 1na~ignité ne
perce p.as affez. Les moins injuftes. ont e11-
core de quoi bleffer l'.Auteur, au moins par
le COJ1. -
Les critiques de goût ont \1n arbitraire
qui prête à l'i11jt1fl:1ce & aux in.it1 \ailes intc11tions;
d'ailleurs, elles font roujours J~licarcs,
parce que la i1uefiio11 efÈ 01·di11aire-
1ne11t de fav<>ir fi l' At1ret1r a de l' ef prit &
du goût, ou s'il en manque.
Les cririque.5 d'érudition , qui co11fi:irue11t
P.riL1cipaletnent ce qu' 011 appelle la critique ,
font plus innoce11tc~ & plt1s utiles ; elles
ont pour prétexte & peuvent avoir pour
objet l'i11ftrt1&ion du Pt1blic & l' éclairciffement
des fairs. Qt1'un tàir f oit vrai ou faux,
011 incerrain , c, cft l' affai1·e des preuves ,
l'amour p1·opre 11,y paraît pas fort inrét·effé.
Eh bien! ces cririqt1es mê1ne f onr a111ères &
venin1eufes , parce que ~, eft à l' Auteur qt1' on
en veut bien plus qt11à l'Ouvrage; c'efi l'Allteur
qu'on veut bl~lfcr, noa1 le Public qu'ün
vc11r inflrui 1·e.
)iinis Je rorc n'eOE pas tot1jours au côté a s
/Ou 1 a liftes, il efi fo11venr <.ia11s l'arrtotirpreRre
int0lérant des Autcur.s, qui s, offcnfe
-
•
•
é -
•
•
1 V~VIU*U
-
'
•
•
• •
•
-11 g ~I E R C U R E
de toute critique, & 11'eft content 'd'aucun
éloge. L'arrangen1e11t que nous propofo11s
ranédieroit e11core à cet i11co11vé11ie11t ; les
.Autet11·s feroient et1x-111êmes le rapport de
leu1·s Ül1vrages, ~:l le 1:1ublic juge1·oit. ..
Mais tous ees rapports fe1·oie11t toujot11·s .
favorables ! ·
Oui, n1ais ils 11e pourroienr coujours contenir
que ce qui Ce1·oit da11s l10uvrage, & la
· bienféa11ce i11te1·<.iiroit tout éloge.
' ~1ais qui avertira le Public des fautes réRandl1es
dans l10l1vrage?
Quï? ceux qui vou•3ro11t e11 e11tr.eprend1·e
la critique particulière à leurs 1·i!qaes, périls
& f 01·ru11e.
.. Mais e, elt rentrer dans la fonétion de • •
; ' Jour11alille !
Oui, mais; c' efr y rentre1· e11 particulier,
11011 en l1om111e pt1blic; e11 plaidet1r, no11 e11
juge; & qu'o11 ne croye pas cette difii11étion
. chit11ériqt1e, elle efr r1·ès-jn1portanre. 11 y a
toujours q11c portio11 du l)ublic qui efi: la
dupe de l'autorité que s'art·oge tin Journalifie;
celui ci prononce toujou1·s ex Callze-
. . drâ; il a fes Leéteu1·s tol1t trouvés & fes
Difciples ad.diài jurare in verha. magiflri.
Le Cen(el1r particulier, plus olJligé d)a'7oir
raifon, y·rega1·de à det1x fois avant d'entre·
p1·e11d re une cririque; il ne l' e11trepte11d que
quand elle cfl: nécet1àire Ott utile, & qu'il fc
Barre rl'y don11er a{fez d' agrémet1r ~ d.tibtérêt
pour la f,1ire lire. 'te Journalifie eJt 1 r
d'être lû & 'ru, du inoi11s par fes çrox.QIU~
-
-
..
I
•
1
•
•
D E F R A' N C E. 1r9
r & le vulgaire lui flllilpofe caraétè1·e & autorité,
puifqt1'enfin il s' eft fait Jour11alifte.
IDe plus, fi l'Auceur veut répo11d1·e , il
faut qu1il fe ménage ur1 cl1a111 p de bacaille
dans un a1Jtre Jour111;ll ri~al & e1111e111i du ·
, Journal aggreifeur, & qui fot1ve11t lui rcft1fe
territoire dans la crainte de Ce coin pro1ne~-.
' tre. Da11s la critique particulièi;e l' Auteur
-& le Ccnfe11r fe oarce11c à ar111es égales.
· Mais cetttc ~néthotle fera co1111node pour
les mau\'ais Ecrivai11s, do11t elle taï ra les
defaurs ! ...
. Pas fi com111ode.- U11 mat1vais Écrivain
par~îcra deux fois inauvais Écrivain , k
èans l'Qu,;rage & dans 'Extrait. ..
Elle fera fâcl1eufe pottr les bo11s Écrivai11s
qu'elle p1·ive1·a <les louanges qu'ils 1néi:itent !
Pas ,,fi fâcheufe, par la rai!on co11traire. Le
bon Ecrivt.lit1 paroî ~ra doubieme11t digne
des louang's qu ~il aura dû fe refu(er.
Quoi qu'il en f oit enfi11 de l'i1111ovation
propo[é~, ql1, clJe foie ad1!1iffible ou 11on ,
qtte 1, exemple qu'o11 va don11er foit f uivi
oa qt1'il )·eftc fa11s imirate\tcs, ~oici u11 Exr1
·ait où l, Auteur va publique111e11t & a décot1-
. vcrr, a11alyfe1· fon propre Ouvrage> fa11s eloge
.. & fa11s critique.
Confidération..s far la }Jremièr' Race, &
fuivie de Confidérations fi~r la faconde;
pat· M. Gaillard, de l' Acadétnie ·Fran.
çoife & de l'Acadén1ie des Infcriptions &
Belles- Lerrres. A Patis , ·chez Mot1card, r
.I1npri1net1r-librairc de la Rei11e , de
MadaL11e & de .. M, ine. la Comreffe d' Artois,
rue des Matnuri11s, Hôtel de Cl uni,
· l 7 8 2 • 4 Vol. in· 1 2. •
u'11 11ous foit per1nis de préli1aer .à.
cet Extrait par 8es Obfervario_11s qui 11e con:.
~erne11t 11i Gl1arle111ag11e 11i 1011 Hifto1·ien >
1
,
•
•
IU4Vl!J,,.O---------~--,.-----------:--•
•
•
1
-
D E F R A N ·c E. 1 5 r
& qui auro11t le to1·c ou le 111érice de pré.,.
iènter u11 paradoxe .
Les Jot1rnat1x Lirrérai1·es auroient-ils ja- ,
mais dû être autre chofe qu'un regill:1·e public
ouvert à tous les Auteurs, pour y i11fércr
eux·111êmes l'extrait de leurs Ü"1vrages ;
fans éloge, car la bienCéance (du 1noins aur1
·efois) ne per1nettoit pas de fe Jouer foi·
mê1ne; fa11s cririque, car celle qu'un Auteur
feroir de fotl Ouvrage fe1·oit toujours fuC.
peét:e d,i11dulge11cc ; d' aille11rs, quelle rai!
011 fuffifante at1roit-on eue de 11e pas corriger
d'avance ce ~u'on critiqt1eroit après-coup?
L'Inve11teur des Jour11at1x Littéraires a
fans c.lourc rendu u11 g1·a11d fe1·vice aux Let·
t rcs; il a été utile & at1x Au~et1rs & at1x:
Leéèeurs, e11 imagina11t un [ivre qui fît connoîrre
les autres LÎ\'res , qui ei1 ai111onçât
l' ex1ftcnce & le· conte11 u; inais fat1te d, avoir
fo1·mé les Jour11aux fur le pln11 que 11ous indiquons,
quelles co11tratliél:io11s 11'a-t-il pas
éprouvées! que d,i11rerruptions de ce Journal
& fous 1\1. de Sallo & f ot1s M. 1, Abbé •
Gallois ! & en effet., quel que fût le mérite
de ces Sa va11s, de q ucl droit s' érigeoie11t· ils
en Arbicres ,d e la Litrérarure & e11 Cenfe 11rs
de tous les Ecrivains?
Da11s la fùite ce Journal a pris une fgr111c
plus rég1.llière & u11e autorité pltts légitime.
011 n'a rien à dire contre les J ot1rnaux érablis
oμ qui for1t ce11fés l'être par l'autorité
publique, & fur lefqt1e1s cette autorité veille
d'l1nc n1a11ière parriculièrr. · .
'
•
• •
•
..
-
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-
•
15.t 1vl ER C U R E
Mais l' objclbio11 f ublifte . route entière
contre tous les Journaux établis par auto- ,
rité privée. c~ prè111ier abus a ouvert la
po1·ce à ur1e i11ultitud€ d'autres abus, do1Jt le
moi11dre a été que beaucoup d' A11tet11·s fe
font furti veinent ou etf1·011té111ent con1hlés
eux .. tnê1nes ti,éloges da11s des J0ur11anx dont
il~ dif poioie11t par eux 011 par leurs amis.
· Pour ne parler que des faits anciens &
co1111us; c.ia11s ce débordement de mauvais
vers dont P~ri3 fut i11011dé e11 1744, à l'occafio11
de la maladie & de la convalef cence du
Roi Louis XV, & qui a fait dire à M. de
Voltai1·e (au 1t1el fet1l jl fur donné d'en faire
.. ie bons fL,r ce ft1jet : )
•
Paris n'a jam ~is vû de tranfports Ji divers,
Tant de fc1.1x d 1rtifice & ta.nt de mauvais vers.
.. Il puut ou il n.e pa1·t.t point une Ode à
la Reine; 111ais l'Abbé Desfontaines l1annonca
& la vanta beaucoup ( fet1ille A du
~ Torne IV des ]ugl'1nens fur quelques Ouvrages
rzouveaux); il e11 cita u11 grand 11ol11-
bre de ftropl1ès , clu11~ l'une def quelles le
Poëte fe difoir vieux, fur qt1oi l' Abbé Des·
fontaines s'éc1·ioit: ''Quel vieux Poëte avo11s''
i1ous qui fa{fe ai11G des y ers? n' eft - ce
,, poi11r un jet1ne h0n11ne qui cli.ercbe à fe
,, cacher fous les rides de la vieillclfe ?
,, mais la vieilleffe pettt ·elle prévc11ir en
,, faveut· du talent ? ,, .. · _
C' éroir une é11igt11e qu'il 11e pou voit
devi11er, & qu'il propofoit au ieél:c1.1fi •
•
•
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DE F R AN C E. · tf 3
Da11s la feuille D , il (e fait ail relfer une
- lettre, eù, en co11firmant rous les éloges
don11és aux firopl1es cirées, 011 lt1i <le111a11de
. pourquoi il 11' en a pas cite pll11Îcurs aurres
qt1'011 a1ft1re 11'êrre pas 111<) Ï11s belle~; &
pour réparer fa faute, on Jes cite. l)ar cet
. heureux artifice le Lettcu r a, c11 deux Par-
• ties, )'Ode. pref que entière. ~
Par un autre artifice, 1, Auteur de la let- ·
trc hafarâe fur u11 endroit de l'Ode une ou
, deux critiqt1es év jJe1nn1ent jnju!l·es , aux•
- quelles le Journalifie 11'a pas de pe111e à
I • repondre .
, Voici inai11renant Je 111ot de l'énigme.
. L' Ode .. efl mauvaife, & elle efl de l' ~1 bbé
:Desfontaines.
. La t .. l-at1de fut co11nue, & le Puhlic ne fic
qu'en rir~; l' Abbé Dcsfo11tai11es l'avoir fait
à fotl oadinage.
On dir que q11elques-u11s de fes no111breux
•
ft1ccelÎet1rs n'ont pac; n1oi11s accoutun1é le
Public au leur; 011 dit que la lot1at1~e & ·
le blât11e fo11c: devenus cl1ez qt1elqucs-u11s
ô 'e11 tre-cux .. non-feule111ent t111e afraire de
' , paOEon & '-ie pa1-ri, i11ais e11core t>n obier
â'in ré1·êr & de co1n 1nerce. N ot1s 1:"&' enrr<>r1s
p.oi11t dans ces que!tions fâc l1etJl- s; no11s 11e
u Youlo11s d~fobl ige r · perfon11e ; 11 us nous
. conc e11to1~s d'ét~ blir r1c•t1~· pr i nci~~e qu'il t1e
J Eaur ja1nais trotnpcr le teétet1r ni ft11· les ·
_Auteurs J1i Cur les Ouvr=i~s; c11 C<•t1 feq 12r~11~e
nous nous l1ârons de déclarer que J' utct1r
:.de cet Ex cc a · t ,.. ,a auffi l' ucéuiï de.~ l'I-Iifroire
• • G V .. .
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I
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,
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• •
If 4 MER c u R E
de Cl1arlemagne , & que par conféquept
cer Extrait 11e contie11dra ni éloge ni cri~
• . t1qt1e.
Pourquoi u11 Attteur , bien réfoltt d'obfe1
·ve1· tOlltes les bienféances, cne rendroit-il ,
pas co1npte au Public de fo11 propre Ot1-
vrage dnns tin Journal , Ct)n11ne il en 1·e11d
co111pte à fes Le&eurs dar1s u11e Préface, e11
fe bor11a11t à dire ce que !'Ouvrage con~ienr,
. dans qt1el c:fp1·ît il eft fait' n~11s quel ordte
les ebjcts y font préfe11tés, ·&o. tnais fans
at1ct111 ligne 11i d'approbatio11 11i de c~n~
{ure? ..
'. Eft· il mêcne bi~11 sûr que le Pttblic . en
de1na11de d1van!age aux Jou1ï1aliffes de profeffio11?
Ils s'e1np1·e{fe11t cous à juger en hie11
ou· en n1al 1-es Ouv14 ages dont ils ne font
chargés tout au plus que de 1·e11 ,{1·e compte.
Il efl: vrai qn'il eft difiicile de fe reft1fer au
plaifÎr lie louer ce qu'o11 fe11r ê'rre bo11, ou à
}a jufl:iee de blâiner ce qt1i cfr évidem1nent
mauvais; 111ais à ne co11fidérer qtte l'intérêt
du Public, qu'a-t-il befc)in du jugen1ent
d'ttn pa1·riculier? qu'a-t-il befoi11 de f1voir
ce que Bav ius penf e ot1 vcttt pe11ter des vets4 vu de la profe de Moevius? pou1·quoi faut~ il
qt1't11-1 f~t1l hom1ne prétende app1·endre o 1
prefcri1e au Public ce qu,il doit penfer de
tel ou rel Ouvrage? Au fon,{, que dema11êiet-
on à u11 Journalifl:e? U11 précis fidèle, un
co1·l1pte exaét d'après leql1el 011 pui1fe juger
du bcfoin qu'on a dë l,Ouvrag~, & du
~gré d'inftrult1on ou de plaifir qu'on peut
•
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D E 13 R A N C E. 15r
s'en pro111errre. Un pareil compte_ peut fe
paffer du juge111ent dll Jot1rnalifte, & Je
j11g~ment du Jour11aliCte ne pe1.1t pas fc
paifer d' u11 pareil co111pte.
Les Jour11aliftes devroie11t donc pet1têrre
fe bo1·ner à la fonétio11 de Rappor.-
tet1rs , & 11'y pas joi11dre celle de Juges.
La fonéèion des Jour11alifl:es, telle qu'elle
cft exercée ..atfez générale1nent, efl: u11e e(pèce
de Mi11iftèrc ou de ~1agifrrature dont
le défaut etfe11tiel efl: d'être abfolu1ne11t iàn~ •
.million : j~ger fcs co11temporains , fes
rivaux, fes ég1ux , quelquefois Ces f upérieu1·s,
trop f ou:vent iès enne111is, n' efr pas un emploi
quj doive être aba11âonné indifiinll:1-
menr a tout le n1onde; Il in1porte qu'un
Jou111al 11e foir poir.it t111e artne da11s la main
d't1n inécha11t ou d,un e11viet1x; il i1nporte
ique ce 1ninifière (oit exercé avec juftice,
ou au i11oi11s avec décence. Mai5 il ne s'agit
pas ici d,expofer une théorie géné1·alc
pour la perfeétiom ou la 1·éfo11ne des J0urnal1x,
nous dif ons fet1le111e11t qt1e le Public .
â bef oin d'e connoît~:e les 0t1v1·ages, & qu'il
i1, a pas le 111ê1ne be(oi11 de co11110Îrre l' opi-.
1.1io11 d, 1111 Jour nalifl:e. •
~' On L1it toujours miet1x que perfon11e
-corn tne11t 011 veut êrre ' 1ot1é, a dit lln plai.
fan r; in ais en confentar1t lie n' ~tre pas loué,
un Auteur ne fait-il pas roujoars 111ieu.x que
pe1·fo11 ne, 111ieux que le LeCtet1i· mê1ne lie
plus arr.e11tif, oe c1ue c01:itie11t fon Ouvrage.
<lans ']UeJ fpt.it il eft fait., -ce qu'il lui 2
G V~
.. ...
1
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· 116 MERCURE
coûté de rra\'ail, &c.? & s'il falloir ~bfolu·
ment tlM juge1nenc fur cet Ouvrage, ne
ferait-il pas à propos , pour qtte ce jugement
ft1t coni plcttet11ent juR:e , que les idées
d11 Jot1rnalifre futfe11r co111binécs avec celles
de 1, Auteur? ,.,
Mais, dira-r-011, li lei Auteurs rendaient
compte et1x-1nê1nes de leurs Ouvrages da11s
les Journaux, ou li Je.s Journalifres, f e bot-
11a11t à en i·endre cotnpte, s' abfre11oient de les
juger, on feroir privé des avantages de la
critique; cependant la critique dl: utile, on
ne peut le nier.
Oui, 11ne critique jull:e & Cage , di~ée
par le pur a1nG>t1r rle la vérité, fans auct1n
mêlange de paffto11 & d,efprit de parti ,
fa11s aucu11e e11vie de n.uire ou de tn<i>rtifier.
alfaiConnée mê111e de cotts les égards dûs à
l' Autelllr; 1nais la cririque nous a dérro1nP.é'
de la critique; Ces abtts 011t tellement excé:{
é Ces av111rages, qu'il y au1·oit beaucoup
à gagt1er à i·e11e11cer at1x uns poar êcre délivré
des autres.
Qt1a11d on veut citer un medèlc de critique,
on cite celle du Ciel par 1, Acadétnie
Françoife. En citeroir 011 beaucottp d·autres?
.Nla1s cette critique 111ê111e, font'~ ce les
obieétio11s & les jugemen5 qu'elle renfertne
q •.1i e11 fo11t le prin6Îpa t· mérite ~
Non, plLifi't!urs de ces juge1ncns font rigou~
reux ju( u,à l'injufrice; il Ceroit aifé de le
dén1onrrer Qtt'efl:-ce do11c qu'on adiriire
da115 cette critique? C,eft fur tout a 1n0dé-
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D :E. F R A N C E. 't fV
ration de l'Académie oppofée à l'acharne--
1nenc de {on Fo11dateu r ; c' cil la co11(it1ération
q u' eile ré111oiga1 e par-cout ·à· Corneiile >
que le Cardinal de Richelieu vouloir hu111ilier;
c' elt le ref peét que le goût rn.ontre partottt
pour le génie perfécuté. • .
, Dans la plu part de nos cri tiques , nous
paroilfons craindre que la 1na~ignité ne
perce p.as affez. Les moins injuftes. ont e11-
core de quoi bleffer l'.Auteur, au moins par
le COJ1. -
Les critiques de goût ont \1n arbitraire
qui prête à l'i11jt1fl:1ce & aux in.it1 \ailes intc11tions;
d'ailleurs, elles font roujours J~licarcs,
parce que la i1uefiio11 efÈ 01·di11aire-
1ne11t de fav<>ir fi l' At1ret1r a de l' ef prit &
du goût, ou s'il en manque.
Les cririque.5 d'érudition , qui co11fi:irue11t
P.riL1cipaletnent ce qu' 011 appelle la critique ,
font plus innoce11tc~ & plt1s utiles ; elles
ont pour prétexte & peuvent avoir pour
objet l'i11ftrt1&ion du Pt1blic & l' éclairciffement
des fairs. Qt1'un tàir f oit vrai ou faux,
011 incerrain , c, cft l' affai1·e des preuves ,
l'amour p1·opre 11,y paraît pas fort inrét·effé.
Eh bien! ces cririqt1es mê1ne f onr a111ères &
venin1eufes , parce que ~, eft à l' Auteur qt1' on
en veut bien plus qt11à l'Ouvrage; c'efi l'Allteur
qu'on veut bl~lfcr, noa1 le Public qu'ün
vc11r inflrui 1·e.
)iinis Je rorc n'eOE pas tot1jours au côté a s
/Ou 1 a liftes, il efi fo11venr <.ia11s l'arrtotirpreRre
int0lérant des Autcur.s, qui s, offcnfe
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de toute critique, & 11'eft content 'd'aucun
éloge. L'arrangen1e11t que nous propofo11s
ranédieroit e11core à cet i11co11vé11ie11t ; les
.Autet11·s feroient et1x-111êmes le rapport de
leu1·s Ül1vrages, ~:l le 1:1ublic juge1·oit. ..
Mais tous ees rapports fe1·oie11t toujot11·s .
favorables ! ·
Oui, n1ais ils 11e pourroienr coujours contenir
que ce qui Ce1·oit da11s l10uvrage, & la
· bienféa11ce i11te1·<.iiroit tout éloge.
' ~1ais qui avertira le Public des fautes réRandl1es
dans l10l1vrage?
Quï? ceux qui vou•3ro11t e11 e11tr.eprend1·e
la critique particulière à leurs 1·i!qaes, périls
& f 01·ru11e.
.. Mais e, elt rentrer dans la fonétion de • •
; ' Jour11alille !
Oui, mais; c' efr y rentre1· e11 particulier,
11011 en l1om111e pt1blic; e11 plaidet1r, no11 e11
juge; & qu'o11 ne croye pas cette difii11étion
. chit11ériqt1e, elle efr r1·ès-jn1portanre. 11 y a
toujours q11c portio11 du l)ublic qui efi: la
dupe de l'autorité que s'art·oge tin Journalifie;
celui ci prononce toujou1·s ex Callze-
. . drâ; il a fes Leéteu1·s tol1t trouvés & fes
Difciples ad.diài jurare in verha. magiflri.
Le Cen(el1r particulier, plus olJligé d)a'7oir
raifon, y·rega1·de à det1x fois avant d'entre·
p1·e11d re une cririque; il ne l' e11trepte11d que
quand elle cfl: nécet1àire Ott utile, & qu'il fc
Barre rl'y don11er a{fez d' agrémet1r ~ d.tibtérêt
pour la f,1ire lire. 'te Journalifie eJt 1 r
d'être lû & 'ru, du inoi11s par fes çrox.QIU~
-
-
..
I
•
1
•
•
D E F R A' N C E. 1r9
r & le vulgaire lui flllilpofe caraétè1·e & autorité,
puifqt1'enfin il s' eft fait Jour11alifte.
IDe plus, fi l'Auceur veut répo11d1·e , il
faut qu1il fe ménage ur1 cl1a111 p de bacaille
dans un a1Jtre Jour111;ll ri~al & e1111e111i du ·
, Journal aggreifeur, & qui fot1ve11t lui rcft1fe
territoire dans la crainte de Ce coin pro1ne~-.
' tre. Da11s la critique particulièi;e l' Auteur
-& le Ccnfe11r fe oarce11c à ar111es égales.
· Mais cetttc ~néthotle fera co1111node pour
les mau\'ais Ecrivai11s, do11t elle taï ra les
defaurs ! ...
. Pas fi com111ode.- U11 mat1vais Écrivain
par~îcra deux fois inauvais Écrivain , k
èans l'Qu,;rage & dans 'Extrait. ..
Elle fera fâcl1eufe pottr les bo11s Écrivai11s
qu'elle p1·ive1·a <les louanges qu'ils 1néi:itent !
Pas ,,fi fâcheufe, par la rai!on co11traire. Le
bon Ecrivt.lit1 paroî ~ra doubieme11t digne
des louang's qu ~il aura dû fe refu(er.
Quoi qu'il en f oit enfi11 de l'i1111ovation
propo[é~, ql1, clJe foie ad1!1iffible ou 11on ,
qtte 1, exemple qu'o11 va don11er foit f uivi
oa qt1'il )·eftc fa11s imirate\tcs, ~oici u11 Exr1
·ait où l, Auteur va publique111e11t & a décot1-
. vcrr, a11alyfe1· fon propre Ouvrage> fa11s eloge
.. & fa11s critique.
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Résumé : HISTOIRE de Charlemagne, précédée de Considérations sur la première Race, & suivie de Considérations sur la seconde ; par M. Gaillard, de l'Académie Françoise & de l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres. A Paris, chez Moutard, Imprimeur-Libraire de la Reine, de Madame & de Mme. la Comtesse d'Artois, rue des Mathurins, Hôtel de Cluni, 1782, 4 Vol. in 12.
L'ouvrage 'Histoire de Charlemagne' de M. Gaillard, membre de l'Académie française et de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, publié à Paris en 1782, traite des journaux littéraires et de leur rôle. Ces journaux sont présentés comme des plateformes accessibles à tous les auteurs pour y publier des extraits de leurs œuvres, sans éloges ni critiques. Les éloges peuvent sembler indulgents, tandis que les critiques peuvent être injustes. L'inventeur des journaux littéraires a innové en créant un livre qui fait connaître d'autres livres, mais il a rencontré des interruptions et des conflits avec des savants comme Sallo et l'Abbé Gallois. Le texte critique les journaux littéraires établis par autorité privée, soulignant les abus et les flatteries qui peuvent y être publiés. Il cite des exemples historiques, comme les mauvais vers écrits lors de la maladie du roi Louis XV en 1744. Il propose que les journaux littéraires devraient se limiter à fournir des comptes rendus précis et objectifs des ouvrages, sans juger leur valeur. Le texte critique également les critiques de goût, jugées arbitraires et souvent injustes, et les critiques d'érudition, qui peuvent être venimeuses et viser l'auteur plutôt que l'ouvrage. En conclusion, le texte suggère que les auteurs pourraient eux-mêmes faire le rapport de leurs ouvrages, bien que cette méthode puisse également poser des problèmes.
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HISTOIRE de Charlemagne, précédée de Considérations sur la première Race, & suivie de Considérations sur la seconde ; par M. Gaillard, de l'Académie Françoise & de l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres. A Paris, chez Moutard, Imprimeur-Libraire de la Reine, de Madame & de Mme. la Comtesse d'Artois, rue des Mathurins, Hôtel de Cluni, 1782, 4 Vol. in 12.