1
p. 2070
SUEDE.
Début :
ON a appris de Stockolm, que le Roi de Suéde, pour satisfaire aux engagemens qu'il a contractés, [...]
Mots clefs :
Stockholm, Roi de Suède, Princesse royale, Landgrave de Hesse, Cassel
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texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
Na appris de Stockolm , que le Roi de Suéde,
pour fatisfaire aux engagemens qu'il a contractés
, comme Landgrave de Heffe , en entrant
dans la Ligue de Francfort , avoit envoyé ordre à la
Régence de Caffel , de faire marcher un Corps de
troupes Heffoifes au fecours de l'Empereur.
Suivant les mêmes avis , on a tondu à Stockolm
cent piéces de canon de fer , chacune de 18 livres .
de balles , pour le ſervice du Roi de Pruffe .
On a appris depuis , que la Princeffe Royale
de Suede avoit fait le premier du mois dernier fon
Entrée publique à Stralfund ; qu'elle s'y toit embarquée
le 2 fur le Vaiffeau de l'Efcadre que le Roi
de Suede y a envoyée pour la tranfporter en Suede,
& qu'elle étoit arrivée à Carelfcroon , d'où elle devoit
partir le 11 ou le 12 , avec le Prince Royal de
Sucde , pour aller à Stockolm .
Na appris de Stockolm , que le Roi de Suéde,
pour fatisfaire aux engagemens qu'il a contractés
, comme Landgrave de Heffe , en entrant
dans la Ligue de Francfort , avoit envoyé ordre à la
Régence de Caffel , de faire marcher un Corps de
troupes Heffoifes au fecours de l'Empereur.
Suivant les mêmes avis , on a tondu à Stockolm
cent piéces de canon de fer , chacune de 18 livres .
de balles , pour le ſervice du Roi de Pruffe .
On a appris depuis , que la Princeffe Royale
de Suede avoit fait le premier du mois dernier fon
Entrée publique à Stralfund ; qu'elle s'y toit embarquée
le 2 fur le Vaiffeau de l'Efcadre que le Roi
de Suede y a envoyée pour la tranfporter en Suede,
& qu'elle étoit arrivée à Carelfcroon , d'où elle devoit
partir le 11 ou le 12 , avec le Prince Royal de
Sucde , pour aller à Stockolm .
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Résumé : SUEDE.
En Suède, le roi a ordonné à la régence de Cassel de déployer des troupes hessoises pour l'empereur. Cent pièces de canon et leurs munitions sont prêtes pour le roi de Prusse. La princesse royale de Suède est arrivée à Karlskrona après une entrée publique à Stralsund. Elle doit partir avec le prince royal pour Stockholm.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2070-2071
RUSSIE.
Début :
ON mande de Moscou, que la Czarine avoit assigné à la Princesse, fiancée au Duc de Holstein [...]
Mots clefs :
Moscou, Tsarine, Princesse, Karl von Biron, Paix, Suède, Gustave von Biron
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
N mande de Mofcou , que la Czarine avoit
affigné à la Princeffe , fiancée au Duc de Holl
tein une Penfion de 300co Roubles, & qu'elle avoit
envoyé à tous les Tribunaux de Ruffie le Decret ,
par lequel elle déclare cette Princeffe habile à fucceder
au Trône .
On a appris depuis , que la Publication de la Paix
entre la Ruffie & la Suede s'y fit le 26 .
La Czarine a donné ordre de remettre en liberté
les Comtes Charles & Guftave Biron.
Оа
SEPTEMBRE. 1744. 2071
On inande de Mofcou du 14 du mois dernier,
que
le 8 , un Officier des Gardes du Corps fe rendit à
Jaroflow par ordre de S. M. Cz . pour annoncer aux
Comtes Charles & Guftave Biron , & au Général
Bismarck , qu'elle vouloit bien leur rendre la liberté
; elle a fait déclarer en même tems au dernier ,
qu'elle fouhaitoit qu'il demeurât à fon fervice , &
qu'elle lui deftinoit un emploi confidérable.
Les deux premiers ont la permiffion de le retirer
en Curlande , ou dans tel autre Pays qu'ils jugeront
à propos , à condition de ne jamais porter les armes
contre la Ruffie.
On ne doute point que le Comte Erneſt Biron
& fes Enfans n'éprouvent auffi bien- tôt les effets de
la clémence de S. M. Cz.
N mande de Mofcou , que la Czarine avoit
affigné à la Princeffe , fiancée au Duc de Holl
tein une Penfion de 300co Roubles, & qu'elle avoit
envoyé à tous les Tribunaux de Ruffie le Decret ,
par lequel elle déclare cette Princeffe habile à fucceder
au Trône .
On a appris depuis , que la Publication de la Paix
entre la Ruffie & la Suede s'y fit le 26 .
La Czarine a donné ordre de remettre en liberté
les Comtes Charles & Guftave Biron.
Оа
SEPTEMBRE. 1744. 2071
On inande de Mofcou du 14 du mois dernier,
que
le 8 , un Officier des Gardes du Corps fe rendit à
Jaroflow par ordre de S. M. Cz . pour annoncer aux
Comtes Charles & Guftave Biron , & au Général
Bismarck , qu'elle vouloit bien leur rendre la liberté
; elle a fait déclarer en même tems au dernier ,
qu'elle fouhaitoit qu'il demeurât à fon fervice , &
qu'elle lui deftinoit un emploi confidérable.
Les deux premiers ont la permiffion de le retirer
en Curlande , ou dans tel autre Pays qu'ils jugeront
à propos , à condition de ne jamais porter les armes
contre la Ruffie.
On ne doute point que le Comte Erneſt Biron
& fes Enfans n'éprouvent auffi bien- tôt les effets de
la clémence de S. M. Cz.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, la czarine a octroyé une pension de 300 roubles à la princesse fiancée au duc de Holstein et a émis un décret affirmant son aptitude à succéder au trône. La paix entre la Russie et la Suède a été publiée le 26 du mois précédent. La czarine a ordonné la libération des comtes Charles et Gustave Biron. Le 14 septembre, un officier des Gardes du Corps a informé les comtes Biron et le général Bismarck de cette décision. Bismarck a reçu l'ordre de continuer à servir la czarine dans un poste important. Les comtes Biron peuvent se retirer en Courlande ou dans tout autre pays, à condition de ne jamais combattre la Russie. On espère que le comte Ernest Biron et ses enfants bénéficieront bientôt de la clémence de la czarine.
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3
p. 2071-2074
PRUSSE.
Début :
LES lettres reçûës de Berlin portent que le Roi de Prusse se préparoit à partir le 15 du mois [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Princesse de Hongrie, Empereur, Bohême, Allemagne, Corps germanique, Grande-Bretagne
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texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
Es lettres reçûës de Berlin portent que le Roi
Lde Pruffe fe préparoit à partir le 15 du mois
dernier , pour aller fe mettre à la tête de la premiere
Colonne des troupes , avec lesquelles il doit entrer
en Boheme.
On mande de Berlin du 27 du mois dernier que
le Koi de Pruffe , en envoyant ordre à M. Andrié ,
fon Miniftre à Londres , de remettre aux Miniftres
du Roi de la Grande - Bretagne le Manifeſte
publié par S. M. au fujet de la réfolution qu'elle a
prife de faire marcher les troupes au fecours de
l'Empereur , a adreffé à ce Miniftre un Refcrit ,
contenant la Déclaration particuliere que S. M. le
charge de faire de fa part à la Cour d'Angleterre .
Ce Refcrit porte que depuis la conclufion du Trai.
té de Breslau , le principal objet de l'attention du
Roi a été de cultiver l'amitié de la Reine de Hongrie
, de travailler à rétablir la bonne intelligence
entre
1072 MERCURE DE FRANCE.
entre l'Empereur & cette Princeffe , & d'arrêter le
cours des troubles que leurs differends fur la fucceffion
du feu Empereur ont occafionnés , & dont les
meilleures Provinces des Puiffances Belligerentes ,
auffi bien que plufieurs Etats neutres de l'Allemagne
, n'ont que trop reffenti les funeftes effers ; que
Le Roi ne peut donner trop d'éloges à la générosité
avec laquelle l'Empereur a offert de facrifier fes prétentions
au defir de rendre la tranquillité à l'Empire;
que la Reine de Hongrie a montré des difpofitions
bien differentes de celles de S. M. I. & que cette
Princeffe a fait voir clairement par fa conduite ,
qu'elle ne vouloit point de paix , qui ne la rendît
l'arbitre de l'Allemagne , & qui ne lui affujettft le
Corps Germanique ; que les vaftes & pernicieux
deffeins de S. M. H. fe font développés , à mefure
que la profperité de fes armes a parû affûrer le fuccès
de fon ambition ; qu'elle n'a plus gardé aucun
ménagement pour les Chef de l'Empire , ni aucun
égard pour les prérogatives du College Electoral ;
qu'envain le Roi l'a avertie qu'aucun des Princes de
P'Empire , qui prennent à coeur le maintien des
Conftitutions de l'Allemagne , ne pourroit fouffrir
qu'on attaquât ainfi la Dignité Impériale ; que le
Roi a repréſenté auffi inutilement à cette Princeffe ,
qu'il ne pourroit enfin fe difpenfer de remplir les
devoirs primitifs , qui lui font impofés par le rang
qu'il tient entre les Membres du Corps Germani
que , & aufquels toute autre confidération doit cé
der ; que la Reine de Hongrie , trop entêtée de fes
projets , pour prêter l'oreille à des repréfentations
dictées par l'amitié , a traité de nulle & d'invalide
PElection de l'Empereur ; qu'elle n'a pas prétendu
moins , que de le faire defcendre du Trône Impérial
, ou bien de le forcer à y recevoir un Affocié ,
qui en auroit ufurpé toute l'autorité ; qu'après avoir
envahi
SEPTEMBRE. 1744. 2073
envahi rous les Etats de l'Empereur , elle a , par un
attentat fans exemple , chaffé du Territoire de l'Empire
les troupes impériales ; que les Princes , qui ont
refulé de favorifer les démarches téméraires de
S. M. H. ont été traités avec autant d'indignité
que d'injustice , & qu'elle n'a épargné ni menaces
ni intrigues , pour former une Confédération contre
eux & contre l'Empereur ; que toutes ces entreprifes
n'ayant pû que révolter étrangement les
Membres du Corps Germanique , zélés pour la gloire
de leur Patrie , plufieurs des plus puiffans de ces
Membres ont jugé néceffaire de s'unir étroitement
avec le Chef de l'Empire , & d'affembler leurs forces
, pour foûtenir la Dignité & fes Droits , & pour
s'opposer aux entreprifes de ceux dont les vues tendent
manifeſtement à la ruine de la liberté de l'Allemagne
que l'honneur & le devoir du Roi lui
ont fait une loi indifpenfable d'entrer dans cette
union , & de fecourir efficacement l'Empereur; que
Pintention de S. M. n'eft pas cependant de rompre
la paix concluë à Breslau , ni de déclarer la guerre à
la Reine de Hongrie ; qu'il n'entre dans la réfolution
du Roi ni paffion ni intérêt ; que S. M. ne le
propofe point d'étendre les limites de fes Etats , mais
qu'elle veut défendre l'Empereur , maintenir la liberté
de l'Empire & affûrer le repos de l'Allemagne ;
que comme aucun Prince de l'Empire n'eft en droit
de fe mêler de la Conftitution du Gouvernement , ni
des affaires de l'intérieur de la Grande- Bretagne ;
on a lieu de s'attendre que la Nation Angloife ne
ſe mêlera pas non plus des affaires qui ne regardent
que le Corps Germanique ; que le Roi eft d'autant
plus fondé à s'en flater , que la Grande- Bretagne
n'a aucune raifon de prendre part à cette querelle ,
ni par l'interêt de fon commerce , ni par d'autres
motifs,qui puiffent lui fournir un prétexte légitime ,
G .&
2074 MERCURE DE FRANCE.
& que quand même la Nation Britannique feroit
portée de defirer plûtôt l'avantage d'une Cour d'Allemagne
que celui d'une autre , elle est trop éclairée
& trop jufte , pour prétendre que des Princes ,
auffi puiffans & auffi refpectables que ceux de l'Empire
, doivent fe régler fur les inclinations d'un
peuple étranger ; qu'au furplus la résolution prife
par le Roi de donner des fecours à l'Empereur ne
regarde en rien la guerre dans laquelle les Anglois
fe trouvent engagés avec d'autres Puiffances , &
que S. M. ne penfe nullement à faire agir les forces
offenfivement contre la Grande Bretagne ; que cette
réſolution ne dérangera pas non plus l'exécution des
engagemens que le Roi a pris avec la Cour de Lordres
; qu'il compte toujours de les remplir avec
toute l'exactitude poffible , & qu'il acquittera entierement
toutes les fommes , dont il s'eft rendų
redevable envers l'Angleterre par le Traité de
Breſlau , pourvû que les Anglois par leurs démar
ches ne contribuent pas eux-mêmes à la rupture des
liens , qui fubfiftent entre les deux Puiffances .
Es lettres reçûës de Berlin portent que le Roi
Lde Pruffe fe préparoit à partir le 15 du mois
dernier , pour aller fe mettre à la tête de la premiere
Colonne des troupes , avec lesquelles il doit entrer
en Boheme.
On mande de Berlin du 27 du mois dernier que
le Koi de Pruffe , en envoyant ordre à M. Andrié ,
fon Miniftre à Londres , de remettre aux Miniftres
du Roi de la Grande - Bretagne le Manifeſte
publié par S. M. au fujet de la réfolution qu'elle a
prife de faire marcher les troupes au fecours de
l'Empereur , a adreffé à ce Miniftre un Refcrit ,
contenant la Déclaration particuliere que S. M. le
charge de faire de fa part à la Cour d'Angleterre .
Ce Refcrit porte que depuis la conclufion du Trai.
té de Breslau , le principal objet de l'attention du
Roi a été de cultiver l'amitié de la Reine de Hongrie
, de travailler à rétablir la bonne intelligence
entre
1072 MERCURE DE FRANCE.
entre l'Empereur & cette Princeffe , & d'arrêter le
cours des troubles que leurs differends fur la fucceffion
du feu Empereur ont occafionnés , & dont les
meilleures Provinces des Puiffances Belligerentes ,
auffi bien que plufieurs Etats neutres de l'Allemagne
, n'ont que trop reffenti les funeftes effers ; que
Le Roi ne peut donner trop d'éloges à la générosité
avec laquelle l'Empereur a offert de facrifier fes prétentions
au defir de rendre la tranquillité à l'Empire;
que la Reine de Hongrie a montré des difpofitions
bien differentes de celles de S. M. I. & que cette
Princeffe a fait voir clairement par fa conduite ,
qu'elle ne vouloit point de paix , qui ne la rendît
l'arbitre de l'Allemagne , & qui ne lui affujettft le
Corps Germanique ; que les vaftes & pernicieux
deffeins de S. M. H. fe font développés , à mefure
que la profperité de fes armes a parû affûrer le fuccès
de fon ambition ; qu'elle n'a plus gardé aucun
ménagement pour les Chef de l'Empire , ni aucun
égard pour les prérogatives du College Electoral ;
qu'envain le Roi l'a avertie qu'aucun des Princes de
P'Empire , qui prennent à coeur le maintien des
Conftitutions de l'Allemagne , ne pourroit fouffrir
qu'on attaquât ainfi la Dignité Impériale ; que le
Roi a repréſenté auffi inutilement à cette Princeffe ,
qu'il ne pourroit enfin fe difpenfer de remplir les
devoirs primitifs , qui lui font impofés par le rang
qu'il tient entre les Membres du Corps Germani
que , & aufquels toute autre confidération doit cé
der ; que la Reine de Hongrie , trop entêtée de fes
projets , pour prêter l'oreille à des repréfentations
dictées par l'amitié , a traité de nulle & d'invalide
PElection de l'Empereur ; qu'elle n'a pas prétendu
moins , que de le faire defcendre du Trône Impérial
, ou bien de le forcer à y recevoir un Affocié ,
qui en auroit ufurpé toute l'autorité ; qu'après avoir
envahi
SEPTEMBRE. 1744. 2073
envahi rous les Etats de l'Empereur , elle a , par un
attentat fans exemple , chaffé du Territoire de l'Empire
les troupes impériales ; que les Princes , qui ont
refulé de favorifer les démarches téméraires de
S. M. H. ont été traités avec autant d'indignité
que d'injustice , & qu'elle n'a épargné ni menaces
ni intrigues , pour former une Confédération contre
eux & contre l'Empereur ; que toutes ces entreprifes
n'ayant pû que révolter étrangement les
Membres du Corps Germanique , zélés pour la gloire
de leur Patrie , plufieurs des plus puiffans de ces
Membres ont jugé néceffaire de s'unir étroitement
avec le Chef de l'Empire , & d'affembler leurs forces
, pour foûtenir la Dignité & fes Droits , & pour
s'opposer aux entreprifes de ceux dont les vues tendent
manifeſtement à la ruine de la liberté de l'Allemagne
que l'honneur & le devoir du Roi lui
ont fait une loi indifpenfable d'entrer dans cette
union , & de fecourir efficacement l'Empereur; que
Pintention de S. M. n'eft pas cependant de rompre
la paix concluë à Breslau , ni de déclarer la guerre à
la Reine de Hongrie ; qu'il n'entre dans la réfolution
du Roi ni paffion ni intérêt ; que S. M. ne le
propofe point d'étendre les limites de fes Etats , mais
qu'elle veut défendre l'Empereur , maintenir la liberté
de l'Empire & affûrer le repos de l'Allemagne ;
que comme aucun Prince de l'Empire n'eft en droit
de fe mêler de la Conftitution du Gouvernement , ni
des affaires de l'intérieur de la Grande- Bretagne ;
on a lieu de s'attendre que la Nation Angloife ne
ſe mêlera pas non plus des affaires qui ne regardent
que le Corps Germanique ; que le Roi eft d'autant
plus fondé à s'en flater , que la Grande- Bretagne
n'a aucune raifon de prendre part à cette querelle ,
ni par l'interêt de fon commerce , ni par d'autres
motifs,qui puiffent lui fournir un prétexte légitime ,
G .&
2074 MERCURE DE FRANCE.
& que quand même la Nation Britannique feroit
portée de defirer plûtôt l'avantage d'une Cour d'Allemagne
que celui d'une autre , elle est trop éclairée
& trop jufte , pour prétendre que des Princes ,
auffi puiffans & auffi refpectables que ceux de l'Empire
, doivent fe régler fur les inclinations d'un
peuple étranger ; qu'au furplus la résolution prife
par le Roi de donner des fecours à l'Empereur ne
regarde en rien la guerre dans laquelle les Anglois
fe trouvent engagés avec d'autres Puiffances , &
que S. M. ne penfe nullement à faire agir les forces
offenfivement contre la Grande Bretagne ; que cette
réſolution ne dérangera pas non plus l'exécution des
engagemens que le Roi a pris avec la Cour de Lordres
; qu'il compte toujours de les remplir avec
toute l'exactitude poffible , & qu'il acquittera entierement
toutes les fommes , dont il s'eft rendų
redevable envers l'Angleterre par le Traité de
Breſlau , pourvû que les Anglois par leurs démar
ches ne contribuent pas eux-mêmes à la rupture des
liens , qui fubfiftent entre les deux Puiffances .
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Résumé : PRUSSE.
Le roi de Prusse se prépare à prendre la tête de ses troupes pour entrer en Bohême. Il a envoyé un manifeste à la cour d'Angleterre pour expliquer sa décision de soutenir l'empereur contre la reine de Hongrie. Depuis le traité de Breslau, le roi de Prusse a tenté de rétablir la paix entre l'empereur et la reine de Hongrie. Cependant, cette dernière refuse toute paix qui ne lui accorde pas un rôle d'arbitre en Allemagne. Elle a envahi les États de l'empereur, chassé les troupes impériales et menacé les princes qui ne la soutiennent pas. Plusieurs princes allemands se sont alliés à l'empereur pour défendre la dignité et les droits de l'Empire. Le roi de Prusse, par sens du devoir et de l'honneur, a choisi de rejoindre cette alliance pour soutenir l'empereur sans violer la paix de Breslau ni déclarer la guerre à la reine de Hongrie. Son objectif est de défendre l'empereur, préserver la liberté de l'Empire et assurer la paix en Allemagne. Le roi précise que cette décision n'affecte pas ses engagements avec la Grande-Bretagne et qu'il continuera à les respecter, sauf si les Britanniques contribuent à la rupture de ces liens.
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4
p. 2074-2078
ALLEMAGNE.
Début :
ON apprend de Vienne, que le 6 du mois dernier le Comte de Dohna, Ministre du Roi de [...]
Mots clefs :
Reine de Hongrie, Roi de Prusse, Saxe, Charles de Lorraine, Empereur, Empire, États, Diète, Troupes, Électeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N apprend de Vienne , que le 6 du mois der-
›
Pruffe auprès de la Reine de Hongrie , avoit eû fon
audience de congé de S. M. H. & lui avoit déclaré
que le Roi de Pruffe avoit pris la réſolution de contribuer
de toutes les forces , à rétablir l'Empereur
dans la poffeffion de les Etats Héréditaires , & à lui
faire rendre juftice fur fes autres prétentions.
La Reine de Hongrie tint le lendemain un Confeil
d'Etat , après lequel on dépêcha avec précipitation
un courier au Prince Charles de Lorraine ; on
fit partir en même tenis deux autres couriers , pour
por
SEPTEMBRE. 1744. 2075
porter ordre au Général Bathiany , de marcher en
Bohême avec toutes les troupes qu'il commande
en Bavière , & au Gouverneur de Prague , de prendre
les mesures convenables pour mettre cette Pla-:
ce en état de foûtenir le nouveau Siége dont elle.
étoit menacée.
୨
On mande de Francfort du 17 de ce mois , qu'on.
porta le 9 à la Dictature un Décret de Commiffion>
Impériale , dans lequel il eft dit que la démarche
hafardée par l'Electeur de Mayence , pour donner
place dans les Actes de la Diette à la Proteſtation del
la Cour de Vienne , du 23 Septembre dernier , ne
peut être confiderée que comme un fait inoui juſ
qu'à prefent dans l'Empire ; que l'Empereur auroit
pû dès -lors marquer fon julte reffentiment d'une
léfion fi manifefte de fes droits , mais que fa modération
lui a fait préferer de s'adreffer à la Diette ,
pour avoir l'avis de cette affemblée fur les moyens
de pourvoir efficacement au foûtien de l'autorité
Imperiale & aux intérêts du Corps Germanique ;
que la Cour de Vienne , loin de profiter de cet
exemple, a accumulé excès fur excès ; que fans aucun
égard pour les ufages établis dans les Colléges
de la Diette , & pour le refpect dû par les Membres
de l'Empire à leur Chef , elle a repeté dans
deux Ecrits du 3 & du 6 du mois dernier les expreffons
indécentes qu'elle avoit employées dans fa
Proteftation & dans d'autres Ecrits antérieurs ; qu'el
le y invite les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire
, à contracter des Alliances contre l'Empereur,
& qu'elle y montre ouvertement le deffein qu'elle
a formé de renverser la Conſtitution fondamentale
du Corps Germanique , que l'Empereur ne peur
differer plus long-tems de fe fervir de l'autorité
Jui donne fa Dignité Suprême , & qu'il déclare inadmiffibles
& nulles la Proteftation de la Reine de
Gij Hon2076
MERCURE DE FRANCE:
Hongrie & les Piéces qui y ont été jointes ; que
connoiffant les lumieres des Electeurs & des Princes
& Etats de l'Empire , il ne doute point que leur
zéle pour le maintien des Loix de l'Empire ne leur
faffe défaprouver unanimement des Ecrits fcandaleux
, qui attaquent fon Election & la validité de la
Diette ; que S. M. I. s'attend auffi qu'ils ne prendront
point de part à ce qu'elle s'eft reſervée de
faire fçavoir à l'Electeur de Mayence touchant l'irrégularité
de la conduite qu'il a tenuë , en recevant
les Actes , qu'elle fupprime par le prefent Décret.
L'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les
Cours Etrangeres une Réponſe à deux nouvelles
Lettres Circulaires de la Reine de Hongrie , dattées
du 13 & du 18 du mois dernier.
Le Baron de Wafner , Miniftre Plénipotentiaire
de S. M. H. a dépêché un courier à cette Princefle ,
duquel elle a reçû la nouvelle de la conclufion
d'un Traité , par lequel il eft ftipulé que la Grande
Bretagne fournira à S. M. H. une augmentation de
Subfides , & un Corps de 12000 hommes , outre les
Troupes auxiliaires , que S. M. Br. a déja fait paffer
dans les Pays-Bas.
On a appris de Drefde , que le Roi de Pruffe a
fait demander le paffage pour les troupes par l'Electorat
de Saxe , & que la Régence de cet Electorat
ayant répondu qu'on ne pouvoit accorder ce
paffage fans des ordres exprès du Roi de Pologne
Electeur de Saxe , S. M. Pr. a mandé à fes Généraux
, que cette difficulté ne devoit point retarder
la marche de l'armée Pruffienne , & que les circonf
tances ne permettoient point d'attendre le retour
du courier que les Miniftres du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe avoient dépêché à S. M. Pol . Les
troupes Pruffiennes font entrées en conféquence
dans l'Electorat de Saxe , dont la Régence a fait des
Pro
SEPTEMBRE. 1744 2077
Proteftations , ainfi que le Roi de Pruffe s'y étoit
attendu .
On mande de Francfort qu'on y a porté à la
Dictature un Décret de l'Empereur , pour exhorter
les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire , à prendre
des mesures efficaces , pour faire ceffer les trou
bles qui défolent l'Allemagne.
On a appris depuis , que le Roi de Pruffe , le Roi
de Suede , en qualité de Landgrave de Heffe - Caffel,
& l'Electeur Palatin , font convenus par le premier
& par le fecond des articles du Traité qu'ils ont
conclu avec l'Empereur , d'employer toutes leurs
forces , pour défendre l'autorité & les prérogatives
attachées à la Dignité Imperiale , pour maintenir
les Loix & les Conftitutions fondamentales de
l'Allemagne , & pour contraindre la Reine de Hongrie
de reconnoître l'Empereur , de remettre les
Archives de l'Empire , & de reftituer à S. M. I. fes
Etats Héréditaires , que cette Princeffe retient contre
tous les Pactes obfervés ci- devant entre les
Electeurs..
Le troifiéme article porte , que les Puiffances
Contractantes agiront de concert , afin que les differends
furvenus à l'occafion de la fucceffion du feu
Empereur Charles VI , foient terminés par la médiation
des Etats de l'Empire , ou décidés par le Jugement
que ces mêmes Etats prononceront après un
examen Juridique , & qu'en attendant , il y ait
une Sufpenfion d'armes entre l'Empereur & la Reine
de Hongrie.
Par le quatriéme & par le cinquiémé , elles fe garantiffent
réciproquement tous leurs Etats , & elles
s'engagent , en cas que l'une d'elles foit attaquée
par l'une des Puiffances , aufquelles leur union peut
déplaire , à fécourir fans délai & de tout leur pouvoir
la Partie léfée , júfqu'à ce qu'elle ait reçû de
G iij Pa2078
MERCURE DE FRANCE.
Pagreffeur toute la fatisfaction qu'elle fera en droit
d'exiger.
Il eft dit dans le frxiéme & dernier article , qu'elles
inviteront tous les Electeurs , particulierement
ceux de Cologne & de Saxe , d'acceder au Traité ,
& qu'on admettra dans l'Alliance tous les autres
Etats de l'Empire , qui voudront y entrer.
N apprend de Vienne , que le 6 du mois der-
›
Pruffe auprès de la Reine de Hongrie , avoit eû fon
audience de congé de S. M. H. & lui avoit déclaré
que le Roi de Pruffe avoit pris la réſolution de contribuer
de toutes les forces , à rétablir l'Empereur
dans la poffeffion de les Etats Héréditaires , & à lui
faire rendre juftice fur fes autres prétentions.
La Reine de Hongrie tint le lendemain un Confeil
d'Etat , après lequel on dépêcha avec précipitation
un courier au Prince Charles de Lorraine ; on
fit partir en même tenis deux autres couriers , pour
por
SEPTEMBRE. 1744. 2075
porter ordre au Général Bathiany , de marcher en
Bohême avec toutes les troupes qu'il commande
en Bavière , & au Gouverneur de Prague , de prendre
les mesures convenables pour mettre cette Pla-:
ce en état de foûtenir le nouveau Siége dont elle.
étoit menacée.
୨
On mande de Francfort du 17 de ce mois , qu'on.
porta le 9 à la Dictature un Décret de Commiffion>
Impériale , dans lequel il eft dit que la démarche
hafardée par l'Electeur de Mayence , pour donner
place dans les Actes de la Diette à la Proteſtation del
la Cour de Vienne , du 23 Septembre dernier , ne
peut être confiderée que comme un fait inoui juſ
qu'à prefent dans l'Empire ; que l'Empereur auroit
pû dès -lors marquer fon julte reffentiment d'une
léfion fi manifefte de fes droits , mais que fa modération
lui a fait préferer de s'adreffer à la Diette ,
pour avoir l'avis de cette affemblée fur les moyens
de pourvoir efficacement au foûtien de l'autorité
Imperiale & aux intérêts du Corps Germanique ;
que la Cour de Vienne , loin de profiter de cet
exemple, a accumulé excès fur excès ; que fans aucun
égard pour les ufages établis dans les Colléges
de la Diette , & pour le refpect dû par les Membres
de l'Empire à leur Chef , elle a repeté dans
deux Ecrits du 3 & du 6 du mois dernier les expreffons
indécentes qu'elle avoit employées dans fa
Proteftation & dans d'autres Ecrits antérieurs ; qu'el
le y invite les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire
, à contracter des Alliances contre l'Empereur,
& qu'elle y montre ouvertement le deffein qu'elle
a formé de renverser la Conſtitution fondamentale
du Corps Germanique , que l'Empereur ne peur
differer plus long-tems de fe fervir de l'autorité
Jui donne fa Dignité Suprême , & qu'il déclare inadmiffibles
& nulles la Proteftation de la Reine de
Gij Hon2076
MERCURE DE FRANCE:
Hongrie & les Piéces qui y ont été jointes ; que
connoiffant les lumieres des Electeurs & des Princes
& Etats de l'Empire , il ne doute point que leur
zéle pour le maintien des Loix de l'Empire ne leur
faffe défaprouver unanimement des Ecrits fcandaleux
, qui attaquent fon Election & la validité de la
Diette ; que S. M. I. s'attend auffi qu'ils ne prendront
point de part à ce qu'elle s'eft reſervée de
faire fçavoir à l'Electeur de Mayence touchant l'irrégularité
de la conduite qu'il a tenuë , en recevant
les Actes , qu'elle fupprime par le prefent Décret.
L'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les
Cours Etrangeres une Réponſe à deux nouvelles
Lettres Circulaires de la Reine de Hongrie , dattées
du 13 & du 18 du mois dernier.
Le Baron de Wafner , Miniftre Plénipotentiaire
de S. M. H. a dépêché un courier à cette Princefle ,
duquel elle a reçû la nouvelle de la conclufion
d'un Traité , par lequel il eft ftipulé que la Grande
Bretagne fournira à S. M. H. une augmentation de
Subfides , & un Corps de 12000 hommes , outre les
Troupes auxiliaires , que S. M. Br. a déja fait paffer
dans les Pays-Bas.
On a appris de Drefde , que le Roi de Pruffe a
fait demander le paffage pour les troupes par l'Electorat
de Saxe , & que la Régence de cet Electorat
ayant répondu qu'on ne pouvoit accorder ce
paffage fans des ordres exprès du Roi de Pologne
Electeur de Saxe , S. M. Pr. a mandé à fes Généraux
, que cette difficulté ne devoit point retarder
la marche de l'armée Pruffienne , & que les circonf
tances ne permettoient point d'attendre le retour
du courier que les Miniftres du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe avoient dépêché à S. M. Pol . Les
troupes Pruffiennes font entrées en conféquence
dans l'Electorat de Saxe , dont la Régence a fait des
Pro
SEPTEMBRE. 1744 2077
Proteftations , ainfi que le Roi de Pruffe s'y étoit
attendu .
On mande de Francfort qu'on y a porté à la
Dictature un Décret de l'Empereur , pour exhorter
les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire , à prendre
des mesures efficaces , pour faire ceffer les trou
bles qui défolent l'Allemagne.
On a appris depuis , que le Roi de Pruffe , le Roi
de Suede , en qualité de Landgrave de Heffe - Caffel,
& l'Electeur Palatin , font convenus par le premier
& par le fecond des articles du Traité qu'ils ont
conclu avec l'Empereur , d'employer toutes leurs
forces , pour défendre l'autorité & les prérogatives
attachées à la Dignité Imperiale , pour maintenir
les Loix & les Conftitutions fondamentales de
l'Allemagne , & pour contraindre la Reine de Hongrie
de reconnoître l'Empereur , de remettre les
Archives de l'Empire , & de reftituer à S. M. I. fes
Etats Héréditaires , que cette Princeffe retient contre
tous les Pactes obfervés ci- devant entre les
Electeurs..
Le troifiéme article porte , que les Puiffances
Contractantes agiront de concert , afin que les differends
furvenus à l'occafion de la fucceffion du feu
Empereur Charles VI , foient terminés par la médiation
des Etats de l'Empire , ou décidés par le Jugement
que ces mêmes Etats prononceront après un
examen Juridique , & qu'en attendant , il y ait
une Sufpenfion d'armes entre l'Empereur & la Reine
de Hongrie.
Par le quatriéme & par le cinquiémé , elles fe garantiffent
réciproquement tous leurs Etats , & elles
s'engagent , en cas que l'une d'elles foit attaquée
par l'une des Puiffances , aufquelles leur union peut
déplaire , à fécourir fans délai & de tout leur pouvoir
la Partie léfée , júfqu'à ce qu'elle ait reçû de
G iij Pa2078
MERCURE DE FRANCE.
Pagreffeur toute la fatisfaction qu'elle fera en droit
d'exiger.
Il eft dit dans le frxiéme & dernier article , qu'elles
inviteront tous les Electeurs , particulierement
ceux de Cologne & de Saxe , d'acceder au Traité ,
& qu'on admettra dans l'Alliance tous les autres
Etats de l'Empire , qui voudront y entrer.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En septembre 1744, le roi de Prusse annonce à la reine de Hongrie son soutien à l'empereur pour restaurer ses États héréditaires et défendre ses prétentions. En réponse, la reine convoque un conseil d'État et mobilise des troupes en Bohême, préparant Prague à une éventuelle attaque. À Francfort, un décret impérial critique la Cour de Vienne et appelle les électeurs et princes à respecter les lois de l'Empire. L'empereur réagit également à des lettres circulaires envoyées par la reine de Hongrie. Le baron de Wafner informe la reine d'un traité entre la Grande-Bretagne et la Prusse, prévoyant une augmentation des subsides et l'envoi de troupes. Malgré les protestations de la régence de Saxe, le roi de Prusse envahit l'Électorat de Saxe. Un autre décret impérial demande aux États de l'Empire de mettre fin aux troubles. La Prusse, la Suède et l'Électeur Palatin concluent ensuite un traité avec l'empereur. Cet accord vise à défendre l'autorité impériale, maintenir les lois allemandes et contraindre la reine de Hongrie à reconnaître l'empereur et à restituer ses États héréditaires. Le traité prévoit une suspension des armes et une garantie mutuelle des États des puissances contractantes. Les signataires s'engagent à soutenir toute partie lésée attaquée par une autre, en utilisant tous leurs moyens jusqu'à satisfaction. Ils invitent les Électeurs, notamment ceux de Cologne et de Saxe, à adhérer au traité, et permettent à d'autres États de l'Empire de rejoindre l'alliance.
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5
p. 2078-2080
ITALIE.
Début :
ON a appris de Rome du 18 du mois dernier, que le grand nombre de Bâtimens de transports, [...]
Mots clefs :
Comte de Braun, Espagnols, Napolitains, Roi des deux Siciles, Velletri, Prince de Lobkowitz, Régiment, Troupes, Camp, Reine de Hongrie
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Na appris de Rome du 18 du mois dernier ,
que le grand nombre de Bâtimens de tranfport,
que les Anglois avoient pris foin de raflembler
a Fiumicino , & les mouvemens de plufieurs Régimens,
que le Prince de Lobckowitz avoit envoyés
du côté de la Mer , avoient donné lieu de croire que
ce Général penfoit à faire un embarquement , &
que l'on étoit prefque perfuadé qu'il le propofot
de tenter une defcente fur la Côte du Royaume de
Naples , lorsqu'il a fait éclater le véritable deſſein
que cachoit la feinte .
La nuit du 10 au 11 du mois dernier , un Corps
de l'armée de la Reine de Hongrie , commandé par
le Comte de Braun , & composé de fix Bataillons ,
de deux Régimens de Cavalerie , de quatre Régimens
de Huffards , & de mille Efclavons , lequel
faifoit partie des troupes que le Prince de Lobcxovvitz
avoit détachées de cette armée , & qui paroiffoient
deftinées à s'embarquer , changea fubitement
de route , & ayant fait une marche forcée , il attàqua
à la pointe du jour la gauche du camp du Roi
des deux Siciles .
Le quartier , où la Brigade d'Irlande étoit avec
deux Régimens de Dragons , fut furpris , & cette
Brigade fut extrêmement maltraitée . Le Comte de
Braun pénétra jufques dans la Ville de Velletri , qui
n'étoit
SEPTEMBRE. 1744. 2079
n'étoit défenduë que par un petit nombre de troupes
, parce que S. M. Sic . avoit donné toute fon attention
à la garde de la Montagne de la Fayola.
Pendant que le Détachement du Comte de Braun
pilloit Velletri , & y brûloit les maifons dans lefquelles
plufieurs des principaux Officiers Espagnols
& Napolitains étoient logés , le Prince de Lobcкovvitz
de fon côté attaqua la Montagne par differens
endroits.
Le Comte de Gages , à la tête de quelques Brigades
de l'armée Espagnole , foutint toutes ces attaques
, & repouffa par tout les Allemands . La Brigade
de la Reine & le Régiment des Albanois fe
font diftingués particulierement en cette occafion.
Le Roi des deux Siciles , étant allé au fecours da
Comte de Gages , & ayant chargé les Allemands
avec le Régiment des Gardes Efpagnoles , la préfence
de S. M. Sic. anima rellement les Efpagnols
& les Napolitains , que non feulement ils rendirent
inutiles tous les efforts que le Corps commandé par
le Prince de Lobсkowitz fit pour les déloger de in
Montagne , mais encore qu'ils obligerent ce Géné
Jal à la retraite .
Le Corps , qui étoit entré dans Velletri , & qui
étoit fous les ordres du Comte de Braun , ne fut
pas plus heureux , & il en fut chaffé par le Duc de
Caftro Pignano , qui fecondé de Don Placide de
Sangro , Lieutenant Général , & de Don Guillaume
Lecy , Maréchal de Camp , tomba fur ce Corps.
avec tant de vivacité , qu'à peine les Allemands
eurent le tems de fe reconnoître.
Le Duc d'Atrifco , qui commandoit un Corps de
Cavalerie Espagnole , le joignit au Duc de Caftro
Pignano , pour les pourfuivre , & toutes les troupes
de la Reine de Hongrie , tant celles , qui avoient
G iiij fur2080
MERCURE DE FRANCE.
furpris la gauche du camp , que celles à la tête de
quelles le Prince de Lobckowitz avoit voulu force
Ja droite , furent pouflées fans relâche jufques audelà
de leur camp
Les Efpagnols & les Napolitains ont fait prifonniers
8co Soldats & beaucoup d'Officiers, du nombre
defquels eft le Général Novati, & quoique quelques
unes des troupes combinées ayent beaucoup
fouffert , leur perte n'eft pas fi confidérable que celle
des Allemands , qui ont eû environ 3000 hommes
tués ou bleffés . On compte le Général d'Olonne
parmi les premiers , & le Comte de Braun parmi
les feconds .
Du côté des Espagnols & des Napolitains , le
Comte de Beaufort , Lieutenant Général , eft mort
de fes bleffures , & le Comte Mariani , qui étoit
malade de la goute à Velletri , a été fait prifonnier.
Il y a eû plufieurs Officiers de bleffés , particulierement
dans le Régiment des Gardes Walonnes , qui
a combattu avec une valeur digne de fa réputation,
& qui a fait un grand nombre de prifonniers.
La prudence , avec laquelle le Roi des deux Sici
les a donné les ordres , à contribué , autant que les
exemples d'intrépidité qu'il a donnés à fes troupes ,
à faire tourner au défavantage des Allemands une
entreprife , à laquelle les mesures prifes par le Prince
de Lobckowitz fembloient promettre un meilleur
fuccès , & dans laquelle ce Général avoit été
fort aidé par l'exactitude de fes efpions.
L'ardeur & l'animofité que cette affaire a inſpirées
à l'armée de S. M. Sic . & la diminution qu'elle
a caufée dans celle de la Reine de Hongrie , ont
fait préfumer que les Allemands ne fe trouveroient
pas long- tems en sûreté dans leur camp.
Na appris de Rome du 18 du mois dernier ,
que le grand nombre de Bâtimens de tranfport,
que les Anglois avoient pris foin de raflembler
a Fiumicino , & les mouvemens de plufieurs Régimens,
que le Prince de Lobckowitz avoit envoyés
du côté de la Mer , avoient donné lieu de croire que
ce Général penfoit à faire un embarquement , &
que l'on étoit prefque perfuadé qu'il le propofot
de tenter une defcente fur la Côte du Royaume de
Naples , lorsqu'il a fait éclater le véritable deſſein
que cachoit la feinte .
La nuit du 10 au 11 du mois dernier , un Corps
de l'armée de la Reine de Hongrie , commandé par
le Comte de Braun , & composé de fix Bataillons ,
de deux Régimens de Cavalerie , de quatre Régimens
de Huffards , & de mille Efclavons , lequel
faifoit partie des troupes que le Prince de Lobcxovvitz
avoit détachées de cette armée , & qui paroiffoient
deftinées à s'embarquer , changea fubitement
de route , & ayant fait une marche forcée , il attàqua
à la pointe du jour la gauche du camp du Roi
des deux Siciles .
Le quartier , où la Brigade d'Irlande étoit avec
deux Régimens de Dragons , fut furpris , & cette
Brigade fut extrêmement maltraitée . Le Comte de
Braun pénétra jufques dans la Ville de Velletri , qui
n'étoit
SEPTEMBRE. 1744. 2079
n'étoit défenduë que par un petit nombre de troupes
, parce que S. M. Sic . avoit donné toute fon attention
à la garde de la Montagne de la Fayola.
Pendant que le Détachement du Comte de Braun
pilloit Velletri , & y brûloit les maifons dans lefquelles
plufieurs des principaux Officiers Espagnols
& Napolitains étoient logés , le Prince de Lobcкovvitz
de fon côté attaqua la Montagne par differens
endroits.
Le Comte de Gages , à la tête de quelques Brigades
de l'armée Espagnole , foutint toutes ces attaques
, & repouffa par tout les Allemands . La Brigade
de la Reine & le Régiment des Albanois fe
font diftingués particulierement en cette occafion.
Le Roi des deux Siciles , étant allé au fecours da
Comte de Gages , & ayant chargé les Allemands
avec le Régiment des Gardes Efpagnoles , la préfence
de S. M. Sic. anima rellement les Efpagnols
& les Napolitains , que non feulement ils rendirent
inutiles tous les efforts que le Corps commandé par
le Prince de Lobсkowitz fit pour les déloger de in
Montagne , mais encore qu'ils obligerent ce Géné
Jal à la retraite .
Le Corps , qui étoit entré dans Velletri , & qui
étoit fous les ordres du Comte de Braun , ne fut
pas plus heureux , & il en fut chaffé par le Duc de
Caftro Pignano , qui fecondé de Don Placide de
Sangro , Lieutenant Général , & de Don Guillaume
Lecy , Maréchal de Camp , tomba fur ce Corps.
avec tant de vivacité , qu'à peine les Allemands
eurent le tems de fe reconnoître.
Le Duc d'Atrifco , qui commandoit un Corps de
Cavalerie Espagnole , le joignit au Duc de Caftro
Pignano , pour les pourfuivre , & toutes les troupes
de la Reine de Hongrie , tant celles , qui avoient
G iiij fur2080
MERCURE DE FRANCE.
furpris la gauche du camp , que celles à la tête de
quelles le Prince de Lobckowitz avoit voulu force
Ja droite , furent pouflées fans relâche jufques audelà
de leur camp
Les Efpagnols & les Napolitains ont fait prifonniers
8co Soldats & beaucoup d'Officiers, du nombre
defquels eft le Général Novati, & quoique quelques
unes des troupes combinées ayent beaucoup
fouffert , leur perte n'eft pas fi confidérable que celle
des Allemands , qui ont eû environ 3000 hommes
tués ou bleffés . On compte le Général d'Olonne
parmi les premiers , & le Comte de Braun parmi
les feconds .
Du côté des Espagnols & des Napolitains , le
Comte de Beaufort , Lieutenant Général , eft mort
de fes bleffures , & le Comte Mariani , qui étoit
malade de la goute à Velletri , a été fait prifonnier.
Il y a eû plufieurs Officiers de bleffés , particulierement
dans le Régiment des Gardes Walonnes , qui
a combattu avec une valeur digne de fa réputation,
& qui a fait un grand nombre de prifonniers.
La prudence , avec laquelle le Roi des deux Sici
les a donné les ordres , à contribué , autant que les
exemples d'intrépidité qu'il a donnés à fes troupes ,
à faire tourner au défavantage des Allemands une
entreprife , à laquelle les mesures prifes par le Prince
de Lobckowitz fembloient promettre un meilleur
fuccès , & dans laquelle ce Général avoit été
fort aidé par l'exactitude de fes efpions.
L'ardeur & l'animofité que cette affaire a inſpirées
à l'armée de S. M. Sic . & la diminution qu'elle
a caufée dans celle de la Reine de Hongrie , ont
fait préfumer que les Allemands ne fe trouveroient
pas long- tems en sûreté dans leur camp.
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Résumé : ITALIE.
En septembre 1744, des mouvements militaires près de Fiumicino suggéraient une opération conjointe des Anglais et des Autrichiens sous le commandement du Prince de Lobckowitz. Cependant, la nuit du 10 au 11 août, un détachement de l'armée de la Reine de Hongrie, dirigé par le Comte de Braun, attaqua la gauche du camp du Roi des Deux-Siciles. Ce détachement, composé de six bataillons, deux régiments de cavalerie, quatre régiments de hussards et mille esclaves, surprit la brigade d'Irlande et deux régiments de dragons. Le Comte de Braun parvint à atteindre la ville de Velletri, faiblement défendue car les troupes étaient concentrées sur la montagne de la Fayola. Simultanément, le Prince de Lobckowitz attaqua la montagne par divers points, mais fut repoussé par le Comte de Gages et ses brigades espagnoles. La présence du Roi des Deux-Siciles galvanisa ses troupes, permettant de repousser les Allemands. À Velletri, le Duc de Castro Pignano, soutenu par Don Placide de Sangro et Don Guillaume Lecy, chassa les forces allemandes. Le Duc d'Atrisco rejoignit la poursuite avec sa cavalerie espagnole. Les Espagnols et Napolitains capturèrent 800 soldats et plusieurs officiers, dont le Général Novati. Les pertes allemandes furent significatives, avec environ 3000 hommes tués ou blessés, incluant le Général d'Olonne et le Comte de Braun. Du côté adverse, le Comte de Beaufort mourut de ses blessures et le Comte Mariani fut capturé. Plusieurs officiers furent blessés, notamment dans le régiment des Gardes Wallonnes. La prudence et le leadership du Roi des Deux-Siciles contribuèrent à la défaite des Allemands, malgré les préparatifs minutieux du Prince de Lobckowitz. Cette victoire renforça la position des forces espagnoles et napolitaines.
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6
p. 2081
ESPAGNE.
Début :
ON apprend de Madrid du premier de ce mois, qu'on y a partagé avec les François toutes [...]
Mots clefs :
Madrid, Douleur, Metz, Actions de grâce, Roi d'Espagne, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Napprend de Madrid dupremierde cemois,
qu'on y a partagé avec les François toutes
les allarmes que la Maladie du Roi de France leur a
caulées , & que quoiqu'il arrivât tous les jours un
courier dépêché de Metz par le Prince de Campo
Florido ,,pour informer le Roi d'Efpagne de l'état
de S. M. T. C. la diftance des Lieux , qui ne permettoit
pas de recevoir des nouvelles de ce Prince ,
auffi fouvent qu'on l'auroit defiré , ajoûtoit à la
douleur publique .
De vifs tranfports de joye ont fuccedé à cette
douleur , lorsqu'on a fçu qu'il étoit hors de danger ;
on a rendu à Dieu de folemnelles actions de graces
d'un événement fi favorable & fi peu attendu , en
chantant le Te Deum dans toutes les Eglifes , & il y
a cû des illuminations & des réjouiffances à Madrid
pendant trois nuits confécutives.
Napprend de Madrid dupremierde cemois,
qu'on y a partagé avec les François toutes
les allarmes que la Maladie du Roi de France leur a
caulées , & que quoiqu'il arrivât tous les jours un
courier dépêché de Metz par le Prince de Campo
Florido ,,pour informer le Roi d'Efpagne de l'état
de S. M. T. C. la diftance des Lieux , qui ne permettoit
pas de recevoir des nouvelles de ce Prince ,
auffi fouvent qu'on l'auroit defiré , ajoûtoit à la
douleur publique .
De vifs tranfports de joye ont fuccedé à cette
douleur , lorsqu'on a fçu qu'il étoit hors de danger ;
on a rendu à Dieu de folemnelles actions de graces
d'un événement fi favorable & fi peu attendu , en
chantant le Te Deum dans toutes les Eglifes , & il y
a cû des illuminations & des réjouiffances à Madrid
pendant trois nuits confécutives.
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Résumé : ESPAGNE.
À Madrid, l'état de santé du roi de France a suscité des inquiétudes malgré les courriers du Prince de Campo Florido. La distance ralentissait les nouvelles, intensifiant la douleur publique. Son rétablissement a provoqué une grande joie, des actions de grâce et des illuminations à Madrid pendant trois nuits.
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7
p. 2081-2082
GENES ET ISLE DE CORSE.
Début :
ON mande de Génes du 16 du mois dernier, qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate [...]
Mots clefs :
Vaisseaux de guerre, Escadre, Bâtiments, Fort de Démont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GENES ET ISLE DE CORSE.
GENES ET ISLE DE CORSE.
ONmandedeGénes du 16 du moisdernier
qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate
Angloife , que l'Efcadre de la Grande Bretagne
ayant été obligée par le mauvais tems , de s'éloigner
de Toulon , fept Vaiffeaux de guerre du Roi
de France étoient fortis da Port , pour faire voile
vers le Couchant , & que l'Amiral Mathews avoit
détaché cinq Vaiffeaux , pour obferver la route que
tiendroient les Vaiffeaux François , parce qu'il
craignoit que ces derniers ne fe rendiffent fur la
Côte du Royaume de Naples
Les équipages de divers Bâtimens ont rapporté
que l'Efcadre Espagnole , qui étoit à Cartagene , &
Gy qui
2082 MERCURE DE FRANCE.
qui eft composée de onze Vaiffeaux de guerre , de
deux Galeres , & de trois autres Bâtimens , s'étoit
remiſe en Mer le 19 Juillet dernier.
On a reçû avis que la prife inopinée du Fort de
Démont avoit jetté la plus vive confternation parmi
les Piedmontois , & que le Roi de Sardaigne
ayant repaffé le Pô à l'approche de l'armée de
France & d'Efpagne , qui s'eft avancée pour l'attaquer
, il n'a laiffé de l'autre côté de cette Riviere
que neuf Bataillons , qui font à San Damiano ,fous
les ordres du Marquis Palavicini .
Ce Prince a fait prendre les armes à tous les
Payfans , & 400 , qui s'étoient attroupés , ayant été
enveloppés , la plupart ont été pris & pendus.
ONmandedeGénes du 16 du moisdernier
qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate
Angloife , que l'Efcadre de la Grande Bretagne
ayant été obligée par le mauvais tems , de s'éloigner
de Toulon , fept Vaiffeaux de guerre du Roi
de France étoient fortis da Port , pour faire voile
vers le Couchant , & que l'Amiral Mathews avoit
détaché cinq Vaiffeaux , pour obferver la route que
tiendroient les Vaiffeaux François , parce qu'il
craignoit que ces derniers ne fe rendiffent fur la
Côte du Royaume de Naples
Les équipages de divers Bâtimens ont rapporté
que l'Efcadre Espagnole , qui étoit à Cartagene , &
Gy qui
2082 MERCURE DE FRANCE.
qui eft composée de onze Vaiffeaux de guerre , de
deux Galeres , & de trois autres Bâtimens , s'étoit
remiſe en Mer le 19 Juillet dernier.
On a reçû avis que la prife inopinée du Fort de
Démont avoit jetté la plus vive confternation parmi
les Piedmontois , & que le Roi de Sardaigne
ayant repaffé le Pô à l'approche de l'armée de
France & d'Efpagne , qui s'eft avancée pour l'attaquer
, il n'a laiffé de l'autre côté de cette Riviere
que neuf Bataillons , qui font à San Damiano ,fous
les ordres du Marquis Palavicini .
Ce Prince a fait prendre les armes à tous les
Payfans , & 400 , qui s'étoient attroupés , ayant été
enveloppés , la plupart ont été pris & pendus.
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Résumé : GENES ET ISLE DE CORSE.
Le 16 du mois précédent, un capitaine anglais a signalé que l'escadre britannique, forcée par mauvais temps de quitter Toulon, avait laissé sept vaisseaux français sortir du port et naviguer vers l'ouest. L'amiral Mathews a envoyé cinq vaisseaux surveiller leur route, craignant une direction vers la côte du royaume de Naples. Parallèlement, des équipages ont rapporté que l'escadre espagnole, composée de onze vaisseaux, deux galères et trois autres bâtiments, avait quitté Carthagène le 19 juillet. La prise surprise du fort de Démont a alarmé les Piémontais. Le roi de Sardaigne, confronté à l'avancée des armées française et espagnole, a traversé le Pô, laissant neuf bataillons à San Damiano sous le commandement du marquis Palavicini. Ce dernier a armé les paysans, et 400 rebelles, encerclés, ont été majoritairement capturés et exécutés.
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8
p. 2082-2084
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Début :
ON mande de la Haye du 19 du mois dernier, que le Comte de Podewils, Ministre du Roi [...]
Mots clefs :
États généraux, Troupes, Grande-Bretagne, Armée des Alliés, Roi de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS BAS.
HOLLANDE ET PAYS BAS.
ONmande de la Haye du 19 du moisdernier ?
que le Comte de Podewils , Miniftre du Roi
de Pruffe , ayant conclu avec les Etats Généraux ,
avant que de partir pour Berlin , une Convention
au fujet des Garnifons Hollandoifes , qui font dans
les Villes d'Embden & de Lierot , M. Beck , Sécretaire
de Légation , chargé à la Haye des affaires de
S. M. Pr. pendant l'abſence du Comité de Podewils,
a remis aux Etats Généraux , la Ratification de cette
Convention , fignée par le Roi de Prufſe.
On affûre que ce Prince a promis de payer 120000
Florins , avancés par la République aux Etats d'Ooft-
Frife & à la Ville d'Embden , & 300000 , qui ont
été prêtés au feu Prince d'Ooft -Frife fur les Domaines
, & que les Etats Généraux s'engagent , de
beur côté , à retirer dans un mois leurs troupes des
Villes d'Embden & de Lierot.
Le 1s du mois dernier , M. Beck préfenta aux
Etats Généraux le Manifefte dans lequel le Roi de
Pruffe
SEPTEMBRE. 1744. 2083
Pruffe expofe les motifs qui l'ont déterminé à fournir
des troupes auxiliaires à l'Empereur , & il leur
donna part en même tems de la réfolution que S.
M. Pr . avoit priſe de faire tous les efforts , pour
rendre la Dignité à l'Empereur , la liberté à l'Empire
, & le repos à l'Europe.
M. Trevor , Envoyé du Roi de la Grande Bretagne
, a remis aux Etats Généraux un Mémoire de
S. M. Br. au fujet des mouvemens des troupes Pruffiennes.
L. H. P. ont envoyé aux Provinces refpectives
ce Mémoire , dans lequel le Roi de la Grande
Bretagne témoigne qu'il regarde l'amitié de la République
comme un des plus folides appuis de fa
Couronne , & qu'il efpere que cette République
voudra bien joindre toutes les forces de terre &
de mer à celles des Anglois , pour fécourir S.
M. H.
On apprend de Bruxelles du 20 du mois dernier ,
que l'armée des Alliés , par la pofition que les Généraux
lui ont donnée , eft adoffée à la Riviere de
Marque ; que l'aile droite , compofée des troupes
de la Grande Bretagne , eft appuyée à Pont Treflin ;
que le centre eft à S. Gin Melantois , & que l'aile
gauche s'étend jufqu'à Freting.
Le quartier du Duc d'Aremberg , qui commande
les troupes de la Reine de Hongrie , placées au
centre , eft à S. Gin Melantois ; le Général Wade ,
fous les ordres duquel font les troupes Angloifes &
Hanoveriennes , a le fien à Auftein , & celui du
Comte Maurice de Naffau , Général des troupes
Hollandoifes , qui forment l'aîle gauche , eft à Cifoing.
Ces trois Généraux firent le 15 la revûë générale
de l'armée , qui étoit rangée en bataille für deux
Lignes , & qu'on affûre être de plus de 60000
hommes. Ils ont pofté un Corps d'Infanterie , de
G vj Ca2084
MERCUREDE FRANCE.
Cavalerie & de Dragons , entre le camp & la Ville
de Tournay , afin de conferver la communication
avec cette Place.
Un Parti de Huffards , qui s'étoit avancé dans les
environs de Maubeuge , a été enveloppé par un
Détachement des troupes Françoiſes , & tous les
Huffards , dont ce Parti étoit compofé , ont été
tués ou faits prifonniers.
Les François ont enlevé un Détachement de la
Compagnie Franche , levée par le Droffard de
Brabant.
On apprend de la Haye du 26 du mois dernier
que l'Abbé de la Ville , chargé des affaires du Roi
Très- Chrétien auprès de la République de Hollande
, a communiqué au Président de l'Affemblée
des Etats Généraux quelques dépêches qu'il a reçûës
de la Cour de France.
Oa mande de Bruxelles du 29 , que les lettres de
l'armée des Alliés marquent qu'elle étoit_toujours
dans la même poſition , & qu'elle ne paroiffoit point
encore le préparer à former aucune entreprife importante
; qu'elle eft actuellement compolée de 70
Bataillons & de 114 Efcadrons , fans y comprendre
dix Escadrons de Huffards & fix Compagnies Franches
, & que le 20 elle fit un fourage général du
côté de Temple Mars & de Siclin.
L'artillerie des troupes Hollandoifes arriva au
camp le 17 , fous l'escorte du Régiment de Veltman
, & le même jour on fit un Détachement de
2000 hommes d'Infanterie & de 600 de Cavalerie ,
pour aller reconnoître les environs de Lille .
Les François ont enlevé douze Dragons & 34
chevaux du Régiment de Ligne dans un fourage ,
qui s'eft fait auprès de Condé.
ONmande de la Haye du 19 du moisdernier ?
que le Comte de Podewils , Miniftre du Roi
de Pruffe , ayant conclu avec les Etats Généraux ,
avant que de partir pour Berlin , une Convention
au fujet des Garnifons Hollandoifes , qui font dans
les Villes d'Embden & de Lierot , M. Beck , Sécretaire
de Légation , chargé à la Haye des affaires de
S. M. Pr. pendant l'abſence du Comité de Podewils,
a remis aux Etats Généraux , la Ratification de cette
Convention , fignée par le Roi de Prufſe.
On affûre que ce Prince a promis de payer 120000
Florins , avancés par la République aux Etats d'Ooft-
Frife & à la Ville d'Embden , & 300000 , qui ont
été prêtés au feu Prince d'Ooft -Frife fur les Domaines
, & que les Etats Généraux s'engagent , de
beur côté , à retirer dans un mois leurs troupes des
Villes d'Embden & de Lierot.
Le 1s du mois dernier , M. Beck préfenta aux
Etats Généraux le Manifefte dans lequel le Roi de
Pruffe
SEPTEMBRE. 1744. 2083
Pruffe expofe les motifs qui l'ont déterminé à fournir
des troupes auxiliaires à l'Empereur , & il leur
donna part en même tems de la réfolution que S.
M. Pr . avoit priſe de faire tous les efforts , pour
rendre la Dignité à l'Empereur , la liberté à l'Empire
, & le repos à l'Europe.
M. Trevor , Envoyé du Roi de la Grande Bretagne
, a remis aux Etats Généraux un Mémoire de
S. M. Br. au fujet des mouvemens des troupes Pruffiennes.
L. H. P. ont envoyé aux Provinces refpectives
ce Mémoire , dans lequel le Roi de la Grande
Bretagne témoigne qu'il regarde l'amitié de la République
comme un des plus folides appuis de fa
Couronne , & qu'il efpere que cette République
voudra bien joindre toutes les forces de terre &
de mer à celles des Anglois , pour fécourir S.
M. H.
On apprend de Bruxelles du 20 du mois dernier ,
que l'armée des Alliés , par la pofition que les Généraux
lui ont donnée , eft adoffée à la Riviere de
Marque ; que l'aile droite , compofée des troupes
de la Grande Bretagne , eft appuyée à Pont Treflin ;
que le centre eft à S. Gin Melantois , & que l'aile
gauche s'étend jufqu'à Freting.
Le quartier du Duc d'Aremberg , qui commande
les troupes de la Reine de Hongrie , placées au
centre , eft à S. Gin Melantois ; le Général Wade ,
fous les ordres duquel font les troupes Angloifes &
Hanoveriennes , a le fien à Auftein , & celui du
Comte Maurice de Naffau , Général des troupes
Hollandoifes , qui forment l'aîle gauche , eft à Cifoing.
Ces trois Généraux firent le 15 la revûë générale
de l'armée , qui étoit rangée en bataille für deux
Lignes , & qu'on affûre être de plus de 60000
hommes. Ils ont pofté un Corps d'Infanterie , de
G vj Ca2084
MERCUREDE FRANCE.
Cavalerie & de Dragons , entre le camp & la Ville
de Tournay , afin de conferver la communication
avec cette Place.
Un Parti de Huffards , qui s'étoit avancé dans les
environs de Maubeuge , a été enveloppé par un
Détachement des troupes Françoiſes , & tous les
Huffards , dont ce Parti étoit compofé , ont été
tués ou faits prifonniers.
Les François ont enlevé un Détachement de la
Compagnie Franche , levée par le Droffard de
Brabant.
On apprend de la Haye du 26 du mois dernier
que l'Abbé de la Ville , chargé des affaires du Roi
Très- Chrétien auprès de la République de Hollande
, a communiqué au Président de l'Affemblée
des Etats Généraux quelques dépêches qu'il a reçûës
de la Cour de France.
Oa mande de Bruxelles du 29 , que les lettres de
l'armée des Alliés marquent qu'elle étoit_toujours
dans la même poſition , & qu'elle ne paroiffoit point
encore le préparer à former aucune entreprife importante
; qu'elle eft actuellement compolée de 70
Bataillons & de 114 Efcadrons , fans y comprendre
dix Escadrons de Huffards & fix Compagnies Franches
, & que le 20 elle fit un fourage général du
côté de Temple Mars & de Siclin.
L'artillerie des troupes Hollandoifes arriva au
camp le 17 , fous l'escorte du Régiment de Veltman
, & le même jour on fit un Détachement de
2000 hommes d'Infanterie & de 600 de Cavalerie ,
pour aller reconnoître les environs de Lille .
Les François ont enlevé douze Dragons & 34
chevaux du Régiment de Ligne dans un fourage ,
qui s'eft fait auprès de Condé.
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Résumé : HOLLANDE ET PAYS BAS.
En septembre 1744, plusieurs événements diplomatiques et militaires ont impliqué les Pays-Bas et diverses puissances européennes. Le comte de Podewils, ministre du roi de Prusse, a conclu une convention avec les États Généraux des Pays-Bas concernant les garnisons hollandaises à Emden et Lierot. Cette convention, ratifiée par le roi de Prusse et remise par M. Beck, secrétaire de légation, stipule que la Prusse remboursera 120 000 florins avancés par la République et 300 000 florins prêtés au prince d'Oost-Frise. En échange, les États Généraux doivent retirer leurs troupes des villes mentionnées. Le roi de Prusse a également présenté un manifeste aux États Généraux, exposant ses raisons pour fournir des troupes auxiliaires à l'empereur et son engagement à restaurer la dignité impériale, la liberté de l'Empire et la paix en Europe. Parallèlement, M. Trevor, représentant du roi de Grande-Bretagne, a remis un mémoire aux États Généraux, insistant sur l'importance de l'amitié entre la République hollandaise et la couronne britannique et appelant à une coopération militaire conjointe. Sur le plan militaire, l'armée des Alliés est déployée le long de la rivière Marque, avec des troupes britanniques à Pont-à-Tressin, des troupes hollandaises à Saint-Genès-Chapelon et des troupes hanovriennes à Frethun. Les généraux ont passé en revue une armée composée de plus de 60 000 hommes. Les Français ont mené des actions contre des détachements ennemis près de Maubeuge et Condé, capturant des soldats et des chevaux. À La Haye, l'abbé de la Ville a transmis des dépêches de la cour de France aux États Généraux. Ces échanges diplomatiques et militaires reflètent les tensions et les alliances en cours dans l'Europe de cette époque.
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