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p. 129-135
Reflexions Politiques & Morales par M. l'Abbé Pegere. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu un Livre de Réflexions Politiques & Morales, [...]
Mots clefs :
Réflexions politiques, Réflexions morales, Valeur, Belles actions, Guerre, Vérité, Grand Prince, Notes, Souverain, Gouvernement, Sagesse, Auguste, Cicéron, Discours, Peuple, Indépendance, Romains, François I
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texteReconnaissance textuelle : Reflexions Politiques & Morales par M. l'Abbé Pegere. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu un Livre de
Réflexions Politiques & Morales,
130 LE MERCURE
dédié à M. le Duc de Noailles.
Mr l'Abbé Pegere qui en eft l'Auteur
, dit dans fon Epître Dédicatoire
, qu'il les lui préfente avec d'autant
plus de confiance , que la
valeur foûtenuë de la prúdence lui
eft comme héréditaire : Qu'après
s'être diftingué à la Guerre par fes
belles Actions , il effaye à préfent
de nous faire goûter les fruits de la
Paix , à la vérité toujours amers
dans leur primeur , mais qui ne
peuvent manquer de devenir très
agréables , en fecondant , comme
il fait , le GRAND PRINCE qui
veut bien par fes foins infinis ,
être le Reftaurateur de la France ,
comme il en eft les délices.
Donnons à préfent quelque idée
de l'Ouvrage.
L'Auteur prouve qu'après avoir
confideré les Hommes par raport
à eux-mêmes , il a cru pouvoir les
confiderer par raport à la fociété
Civile : Que c'est ce qui a donné
lieu aux Réflexions Politiques qu'il
a ajoutées dans cette e Edition de
D'AVRIL. r31
ce Livre , avec des Notes la plupart
Hiftoriques .
Le Lecteur fera peut- être plus
à portée de juger de l'Ouvrage ,
fi on donne ici quelques Exemples
de ces Réflexions Politiques.
ARTICLE PREMIER
DU PRINCE OU DU SOUVERAIN.
Quelquefois une feule tête dans
11ºReft, un Etat y change toute la face des
affaires & y maintient la dignité
du Gouvernement
.
MARTIAL dit que Ciceron étoit Note.
la Tête de la Republique Romaine.
" Hoc tibi Roma Caput cum loquereris
erat .
Peut-on fçavoir trop bon gré à Refl.xie
un Prince , qui déclare à fon Con.
feil , qu'il veut avoir les mains liées
pour faire le mal , mais qu'il fouhaire
être libre pour faire le bien.
Un Grand Prince * a autrefois * Trajan
ébauché ce trait de Sageffe : Un autre
Grand Prince de nos jours l'a
accompli.
132 LE MERCURE
Refl. 4° Un Prince , qui non content de
gouverner avec beaucoup d'attention
, veut bien entrer , comme
en focieté de plaifirs , avec le Public
, ne peut manquer d'en être
les délices , & il eft bien fûr par
cette conduite gracieufe & populaire
, de ne point compromettre fa
Grandeur.
Notto. Auguite gagnoit ainfi l'affection
des Peuples , quia Auguftus comiter
interfuiffet & civile
rebatur mifceri voluptatibus vulgi
Réfl.56€
Notte.
"
"
››
"
Tac. ann. I.
Unbon Politique faifant peu d'attention
aux Difcours des Peuples ;
s'attache feulement à les conduire ,
de maniere qu'ils ne s'apperçoivent
pas de la route qu'il leurs fait
tenir; & à ne donner que des atteintes
delicates , & comme imperceptibles
à leur chere liberté.
Galba repréfentoit à Pifon ( qu'-
il avoit deffein d'adopter ) toutes
les difficultez qu'on trouve à gouverner
des Peuples jaloux d'une
liberté mal entendue.
ImD'AVRIL.
133
"9 Imperaturus es hominibus qui nec
totam libertatem , nee totamfervitutem
pati poffunt. 7 ac. His .
""
"
Lib. I.
Un Prince peut s'affûrer qu'il Refl.58 .
fera toûjours Maître de la Langue
des Peuples dont il aura gagné les
coeurs.
Parceque Domitien avoit le fé- Notte,
cret de fe faire quelque fois aimer,
il étoit appellé le pere des Peuples,
que n'en n'eut - t'on point dit , s'il
cût toujours été aimable .
* Populorum vox tamen una
Cum verus Patria diceris effe Pater.
La bonne foy & la confiance étant
le principal lien du Commerce , &
de la Société Civile ; les hommes,
pour
leur
propre
interêt
, devroient
s'attacher , à entretenir l'une &
l'autre ; le défordre des Finances
d'un Etat contribue bien à rompre
ce lien précieux .
Du Tems de TI BERE, les prêts,
Refl.Si .
ou les Traitez Ufuraires avoient Notte.
* Mart . ad Domiti. L. 1. Ep . 3 .
Avril 1717.
M
134
LE MERCURE
mis la confufion dans tous les biens;
il y apporta du remede , & par ce
moyen rétablit la confiance Publique;
c'est l'image naturelle de ce
qu'on voit aujourd'hui , & il ne faut
pas moins auffi qu'un grand homme,
pour apporter un pareil remede
à de femblables maux » Реси-
nias fanore anlitabant , & inopia
rei nummaria commoto are
alieno everfio rei familiaris
""
""
و د
ر د
"
famam præceps dabat; Donec opem
tulit Cafar, &fic fides refecta eft.
Tac. an. 6.
Refl.103 Les Peuples les plus amateurs
de l'indépendence ne font jainais
fi libres , que quand ils obéïffent
à un Prince aimable ; c'eft pour
les plus féroces un attrait pareil
à celui de l'Ayman.
Notte Ces mêmes Romains qui venoient
de donner un exemple éclatant de
leur Amour pour la liberté , en ſe
défaifant de CESAR , s'accoûtumerent
infenfiblement à la perdre
feus l'agréable domination de fon
Succeffeur.
D'AVRIL. 135
C'eftune confolation pour le Peu- Reflex.
ple de voir , qu'en s'épuifant pour
les befoins de l'Etat , il n'enrichit
au moins , & ne foutient que l'Etat .
Lorfque fous François I. les Note:
Peuples fe plaignirent des Impôts
exceflifs qui ne fervoient qu'à enrichir
quelques Particuliers , &fur
tout , le Chancelier du Prat. Ce-
Prince leur répondit par ces Vers
de Virgile , qu'il envoya même à
du Prat..
"" * Claudite jam rivos ,pueri ,fat
›› prata biberunt.
Réflexions Politiques & Morales,
130 LE MERCURE
dédié à M. le Duc de Noailles.
Mr l'Abbé Pegere qui en eft l'Auteur
, dit dans fon Epître Dédicatoire
, qu'il les lui préfente avec d'autant
plus de confiance , que la
valeur foûtenuë de la prúdence lui
eft comme héréditaire : Qu'après
s'être diftingué à la Guerre par fes
belles Actions , il effaye à préfent
de nous faire goûter les fruits de la
Paix , à la vérité toujours amers
dans leur primeur , mais qui ne
peuvent manquer de devenir très
agréables , en fecondant , comme
il fait , le GRAND PRINCE qui
veut bien par fes foins infinis ,
être le Reftaurateur de la France ,
comme il en eft les délices.
Donnons à préfent quelque idée
de l'Ouvrage.
L'Auteur prouve qu'après avoir
confideré les Hommes par raport
à eux-mêmes , il a cru pouvoir les
confiderer par raport à la fociété
Civile : Que c'est ce qui a donné
lieu aux Réflexions Politiques qu'il
a ajoutées dans cette e Edition de
D'AVRIL. r31
ce Livre , avec des Notes la plupart
Hiftoriques .
Le Lecteur fera peut- être plus
à portée de juger de l'Ouvrage ,
fi on donne ici quelques Exemples
de ces Réflexions Politiques.
ARTICLE PREMIER
DU PRINCE OU DU SOUVERAIN.
Quelquefois une feule tête dans
11ºReft, un Etat y change toute la face des
affaires & y maintient la dignité
du Gouvernement
.
MARTIAL dit que Ciceron étoit Note.
la Tête de la Republique Romaine.
" Hoc tibi Roma Caput cum loquereris
erat .
Peut-on fçavoir trop bon gré à Refl.xie
un Prince , qui déclare à fon Con.
feil , qu'il veut avoir les mains liées
pour faire le mal , mais qu'il fouhaire
être libre pour faire le bien.
Un Grand Prince * a autrefois * Trajan
ébauché ce trait de Sageffe : Un autre
Grand Prince de nos jours l'a
accompli.
132 LE MERCURE
Refl. 4° Un Prince , qui non content de
gouverner avec beaucoup d'attention
, veut bien entrer , comme
en focieté de plaifirs , avec le Public
, ne peut manquer d'en être
les délices , & il eft bien fûr par
cette conduite gracieufe & populaire
, de ne point compromettre fa
Grandeur.
Notto. Auguite gagnoit ainfi l'affection
des Peuples , quia Auguftus comiter
interfuiffet & civile
rebatur mifceri voluptatibus vulgi
Réfl.56€
Notte.
"
"
››
"
Tac. ann. I.
Unbon Politique faifant peu d'attention
aux Difcours des Peuples ;
s'attache feulement à les conduire ,
de maniere qu'ils ne s'apperçoivent
pas de la route qu'il leurs fait
tenir; & à ne donner que des atteintes
delicates , & comme imperceptibles
à leur chere liberté.
Galba repréfentoit à Pifon ( qu'-
il avoit deffein d'adopter ) toutes
les difficultez qu'on trouve à gouverner
des Peuples jaloux d'une
liberté mal entendue.
ImD'AVRIL.
133
"9 Imperaturus es hominibus qui nec
totam libertatem , nee totamfervitutem
pati poffunt. 7 ac. His .
""
"
Lib. I.
Un Prince peut s'affûrer qu'il Refl.58 .
fera toûjours Maître de la Langue
des Peuples dont il aura gagné les
coeurs.
Parceque Domitien avoit le fé- Notte,
cret de fe faire quelque fois aimer,
il étoit appellé le pere des Peuples,
que n'en n'eut - t'on point dit , s'il
cût toujours été aimable .
* Populorum vox tamen una
Cum verus Patria diceris effe Pater.
La bonne foy & la confiance étant
le principal lien du Commerce , &
de la Société Civile ; les hommes,
pour
leur
propre
interêt
, devroient
s'attacher , à entretenir l'une &
l'autre ; le défordre des Finances
d'un Etat contribue bien à rompre
ce lien précieux .
Du Tems de TI BERE, les prêts,
Refl.Si .
ou les Traitez Ufuraires avoient Notte.
* Mart . ad Domiti. L. 1. Ep . 3 .
Avril 1717.
M
134
LE MERCURE
mis la confufion dans tous les biens;
il y apporta du remede , & par ce
moyen rétablit la confiance Publique;
c'est l'image naturelle de ce
qu'on voit aujourd'hui , & il ne faut
pas moins auffi qu'un grand homme,
pour apporter un pareil remede
à de femblables maux » Реси-
nias fanore anlitabant , & inopia
rei nummaria commoto are
alieno everfio rei familiaris
""
""
و د
ر د
"
famam præceps dabat; Donec opem
tulit Cafar, &fic fides refecta eft.
Tac. an. 6.
Refl.103 Les Peuples les plus amateurs
de l'indépendence ne font jainais
fi libres , que quand ils obéïffent
à un Prince aimable ; c'eft pour
les plus féroces un attrait pareil
à celui de l'Ayman.
Notte Ces mêmes Romains qui venoient
de donner un exemple éclatant de
leur Amour pour la liberté , en ſe
défaifant de CESAR , s'accoûtumerent
infenfiblement à la perdre
feus l'agréable domination de fon
Succeffeur.
D'AVRIL. 135
C'eftune confolation pour le Peu- Reflex.
ple de voir , qu'en s'épuifant pour
les befoins de l'Etat , il n'enrichit
au moins , & ne foutient que l'Etat .
Lorfque fous François I. les Note:
Peuples fe plaignirent des Impôts
exceflifs qui ne fervoient qu'à enrichir
quelques Particuliers , &fur
tout , le Chancelier du Prat. Ce-
Prince leur répondit par ces Vers
de Virgile , qu'il envoya même à
du Prat..
"" * Claudite jam rivos ,pueri ,fat
›› prata biberunt.
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2
p. 36-40
A M. LE DUC DE NOAILLES, PAR M. LE GRAND.
Début :
J'ai obligation à M. le Grand des premieres Pieces de Vers / Au Mont sacré des Doctes Pierides. [...]
Mots clefs :
Sentiers, Guirlandes, Chagrin, Fortune, Servants, Écusson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. LE DUC DE NOAILLES, PAR M. LE GRAND.
J'ai obligation à M.le Grand des 3
premieres Pieces deVers ſuivantes.
C'eſtunjeuneEleve du Parnaſle, qui
bien different de Mrs ſes Confreres,
eft aufli modefte , que ceux - cy font
pour la pluſpart préſomptueux . Il
a fallu lui faire en quelque forte
violence , pour le déterminer à les
abandonner au Public , Juge ſevere&
inexorable . Que ne doit- on pas
efperer de cette Muſe Printaniere,
avec
JUILLET. 37
avec de ſi rares Talens , & dont
cependant il ſe défie : A-t- il raiſon
, ou non ? J'en appelle à mon Lec
teur.
A M. LE DUC DE NOAILLES,
PAR M. LE GRAND.
A
U Mont facré des Doîtes
Pierides.
Quel vain espoir conduit tant de
Rimeurs ?
Ont-ils ja ven dans ces sentiers
arides
Récompenser leurs penibles labeurs?
Fors le Laurier, qu'ont - ils en des
neuf Soeurs ?
Point je ne vois Enfans de Polymnie
Dú bon Siléne avoir trogne benie:
Ains fur leurs fronts de guirlandes
ornez ,
Je voisSoucis&Chagrinsfurannez ,
Envain Phébus en mes veines
allume
Nobledésir de franchir le Lethe ,
Ilneme chaut pour revivre Posthnme,
Juillet 1717 . D
1
38. LE MERCURE
Defabriquer maint Libelle vanté ;
S'ilfaut trainer, efolave de maplume,
Desjours martyrs de l'Immortalité,
Plûtôtle temstout entier me confume:
Je veux vivant parfois être flaté,
Avoir Fortune, &Joye à mon côté,
Roses d' Amour, Coeur de Gente pucelle
,
Dons de Cerés &du fils de Semele.
Mais où chercher , en cefiéclefélé,
Tel reconfort ? Sur le Cheval ailé ?
Non, du Destinpour braver l'influence,
De Plutus ſeul , du Dieu de la Finance
,
Voler il faut sous le Drapeau doré ,
Detousplaisirs c'est le pere adoré :
Chezfes Servans on voit toute l'année
Gibierd'Amour &Tendrons d'Hymenée,
LeDieu du Pampre &maints gentilsHarpeurs
Avec Comus y faire les honneurs ;
Rares n'yfont ,même pour la Vinée,
Enfans du Pinde , &polis Difconreurs
;
DE JUILLET. 39
:
Cen'est le tout les Parnaſſides
Soeurs
2
Vont, courtisans les Menins d'Opu
lence
Onpeut m'en croire , en ai l'Experience;
Jâfous Plutus suis à peine enrôlé,
Lesacré Mont me ſemble devoilé ;
Sire Apollon &ſes Nymphesfi fieres
Amoi jadis, en manteau Laceré
Viennent m'offrir leurs sçavantes
lumieres ,
Ores que suis en pourpo int cha.
marré,
Bref n'ai besoin de Semondre larime:
Mais toutes fois, quandje vaisfaire
efcrime ,
J'ai pour deviſe écrit à l'Ecuſſon ,
Rimeurjoyeux ; chacun aſa façon.
L'unde Venus aimeà chanter l'Em
pire ,
L'arc & les traits de l'aveugle
Garçon ;
L'autre plus craint, fans quartier ni
pardon ,
Contre leviceépuise la Satyre ;
40 LE MERCURE
:
:
Pour les Vertus, Hondart montefa
Lyre ,
Rimeur est libre , & moifacetieux ;
J'aimeà conter en ſtile gracieux
Gentils propos , Nouvelles d'alle--
greffe ;
Puisàſemeren mes vers tous joyeux
Doux grains d'Encens , triez aves
fineffe ,
Pour ne sentir le Flateur ennuyeux;
De ma Nature Enfant peusoucieux
Jeſuis nommé, petite est ma chevance
2.
Dont nefais cas d'être bon ménager :
Gentille humeur fans beaucoup d'epulence
,
Fait ma lieſſe au monde paſſager:
Suffit mon fort , trop je crains de
changer;
Je crains , que dis-je ? Oferoit la
Fortune
Mefaire niche & s'attaquer àmoi ?
Non, non du Sort point ne crains la
rancune ;
Partoi , NOAILLE , étayé dans
l'emploi ,
Je ſers Phebus , il me répond de tai ..
premieres Pieces deVers ſuivantes.
C'eſtunjeuneEleve du Parnaſle, qui
bien different de Mrs ſes Confreres,
eft aufli modefte , que ceux - cy font
pour la pluſpart préſomptueux . Il
a fallu lui faire en quelque forte
violence , pour le déterminer à les
abandonner au Public , Juge ſevere&
inexorable . Que ne doit- on pas
efperer de cette Muſe Printaniere,
avec
JUILLET. 37
avec de ſi rares Talens , & dont
cependant il ſe défie : A-t- il raiſon
, ou non ? J'en appelle à mon Lec
teur.
A M. LE DUC DE NOAILLES,
PAR M. LE GRAND.
A
U Mont facré des Doîtes
Pierides.
Quel vain espoir conduit tant de
Rimeurs ?
Ont-ils ja ven dans ces sentiers
arides
Récompenser leurs penibles labeurs?
Fors le Laurier, qu'ont - ils en des
neuf Soeurs ?
Point je ne vois Enfans de Polymnie
Dú bon Siléne avoir trogne benie:
Ains fur leurs fronts de guirlandes
ornez ,
Je voisSoucis&Chagrinsfurannez ,
Envain Phébus en mes veines
allume
Nobledésir de franchir le Lethe ,
Ilneme chaut pour revivre Posthnme,
Juillet 1717 . D
1
38. LE MERCURE
Defabriquer maint Libelle vanté ;
S'ilfaut trainer, efolave de maplume,
Desjours martyrs de l'Immortalité,
Plûtôtle temstout entier me confume:
Je veux vivant parfois être flaté,
Avoir Fortune, &Joye à mon côté,
Roses d' Amour, Coeur de Gente pucelle
,
Dons de Cerés &du fils de Semele.
Mais où chercher , en cefiéclefélé,
Tel reconfort ? Sur le Cheval ailé ?
Non, du Destinpour braver l'influence,
De Plutus ſeul , du Dieu de la Finance
,
Voler il faut sous le Drapeau doré ,
Detousplaisirs c'est le pere adoré :
Chezfes Servans on voit toute l'année
Gibierd'Amour &Tendrons d'Hymenée,
LeDieu du Pampre &maints gentilsHarpeurs
Avec Comus y faire les honneurs ;
Rares n'yfont ,même pour la Vinée,
Enfans du Pinde , &polis Difconreurs
;
DE JUILLET. 39
:
Cen'est le tout les Parnaſſides
Soeurs
2
Vont, courtisans les Menins d'Opu
lence
Onpeut m'en croire , en ai l'Experience;
Jâfous Plutus suis à peine enrôlé,
Lesacré Mont me ſemble devoilé ;
Sire Apollon &ſes Nymphesfi fieres
Amoi jadis, en manteau Laceré
Viennent m'offrir leurs sçavantes
lumieres ,
Ores que suis en pourpo int cha.
marré,
Bref n'ai besoin de Semondre larime:
Mais toutes fois, quandje vaisfaire
efcrime ,
J'ai pour deviſe écrit à l'Ecuſſon ,
Rimeurjoyeux ; chacun aſa façon.
L'unde Venus aimeà chanter l'Em
pire ,
L'arc & les traits de l'aveugle
Garçon ;
L'autre plus craint, fans quartier ni
pardon ,
Contre leviceépuise la Satyre ;
40 LE MERCURE
:
:
Pour les Vertus, Hondart montefa
Lyre ,
Rimeur est libre , & moifacetieux ;
J'aimeà conter en ſtile gracieux
Gentils propos , Nouvelles d'alle--
greffe ;
Puisàſemeren mes vers tous joyeux
Doux grains d'Encens , triez aves
fineffe ,
Pour ne sentir le Flateur ennuyeux;
De ma Nature Enfant peusoucieux
Jeſuis nommé, petite est ma chevance
2.
Dont nefais cas d'être bon ménager :
Gentille humeur fans beaucoup d'epulence
,
Fait ma lieſſe au monde paſſager:
Suffit mon fort , trop je crains de
changer;
Je crains , que dis-je ? Oferoit la
Fortune
Mefaire niche & s'attaquer àmoi ?
Non, non du Sort point ne crains la
rancune ;
Partoi , NOAILLE , étayé dans
l'emploi ,
Je ſers Phebus , il me répond de tai ..
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