LEBOV<2JVET
provincial àMdß de
R. le jour de sa fejle,
apresqu'on eut cueilli
le soir précedent toutes
les fleurs qu'elle avoit
dansson jardin.
Ne vous envoyerpoint
defleurs le jour de vof-
*re feste
,
Sc vous écrire
pourexcusequ'on a pillé
toutes celles qui estoient
hier dans vos parterres,
& qu'il n'y avoitque ceL
les qui naissent sous vos
pas qui fussent dignes dq;
vous estre présentées,&
de vous dire encore que
les plus brillantes perdent
leur lustreauprésde
celles de vostre teint;
qu'à vostre approche les
plus blanches semblent
devenir pasles
, & les
plus vermeilles rougirde
honte, &C que deux So
leils feroient bientost
mourir ce qu'un seul fait
naistre.
Sur ce ton pedamment
badin
Ce seroit vous donner de
tres mauvaise grace
Pour les fleurs de vojlre
jardin,
Les plus communes du
Parnasse.
Vaminetendre, aujJìbien
quel'amour
Vous en doit d'autres en
- ce jour,
Plus brillantes, if plus
nouvelles.
Ce tribut appartient au
nom que vous portez
Ets'ilsepaye àdernoins
belles ,
Jevous laisse à penser si
vous le meritez,
Vous le modele des beautez>
m
Ne vous offrir des
fleursqu'en petite quantité,
8c vous donner pour
excuse de cette épargne,
que si je n'avois pas
esté si paresseux.
Vous en auriez eu davantage
;
Et
Et quechez, moj des le
matin,
LesAbeillesontmis le
:
Parterre au plláe;·
Et len. vont avec leur butin.
Adais pardonnons-leurce
ravage ';;'.
Elles l'ontfait a bonnefin
Les Zephirs mes amis,
qmy'onetpdiet*que cette Efioit pour celebrer danr.s
un galand festin
Le Coir, du jourde votiv,e
Je vous connois, Mde,
vous seriez d'humeurà
ne croire ni les Zephirs
ni leur Truchement, 6C ron courreroit risque de
ne passer aupres de vous
que pour un conteur de
nouvelles faites à plaisir.
L'inconvenient m'a paru
fascheux
,
6C pour l'éviter
j'ay fait amaiffer des
fleurs
, & vous en envoyetroisCorbeilles
toutes
pleines.
Celadon de ma part ,
vous les vapresenter
Et j'ose , me flater
Qu'elles vous feront
agreables.
Elles parfument I'air
d'une charmanteodeur\
L'innocence I*amour ,.j brillent dansleur I
couleur, }
Jl n'en ejl point de plus
aimables
} Les roses f5 les Ijs nofit
point tant de beaute^.
Cesontpour Us Auttls
des ornemens payables.
Mais voicy ce quit [aut1
pour les Divinitez.
Fleurs d'Orange&de
Grenade,Jasmin de
France& d'Espagne, 6C
oeillets de toutes les fortes.
Je n'ay pas voulu les
mettre en bouquets,
ç'auroit esté entreprendre
mal à propos sur cet
esprit de discernement
& d'invention dont vous
estespleine jusqu'au bout
des doigts, & quirend
tous vos ouvrages si
i1
beaux, qu'on n'en voit
point de mieuxtravailles
que ceux qui sortent de
vos mains.
C'estdonc à vostreadresse
A faire ruaioir leur richesse
,
A menager leur rang, leur eclat, leur douceur,
Et puis à les placer sur
vostreaimable coeur.
C'est-là que tvousallz,
finirvos deflmees,
Fleurs trois foisfortunées,
Etc'est.là qu'unAmant
mettroit tout son bonheur
.Ajinirsesannées..
Pourmoy Madame, bien que je ne sois qu'au
nombre de vos amis
sans mentir , en cette rencontre
,
si je l'ose dire
Jesuis du sentiment de
vos ^4doratears
Je voudrois bien avoir les
destin de mesJleurs.
Toutiroitàmesatisfaire,
Volume regarderieXjccm*
me unjoly présent J'aurois le bonheur, i,
vous plaire
,
57 je mourrois en vous
plaisant,
Est-il rien de plus doux,
f5 de plus innocent.