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Détail
Liste
1
p. 162-181
Suite de ce qui s'est fait à Paris touchant la Thériaque ; avec les discours qui ont esté prononcez sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
Comme tout ce qui regarde la santé est toûjours fort bien receu, [...]
Mots clefs :
Santé, Thériaque, Avantages, Mr Rouvière, Discours, Médecins, Faculté de médecine de Paris, Galien, Admiration, Ouvrages, Magistrats, Monarques, Traité, Antidote, Sciences, Remède, Pharmacie, Charlatans, Gloire, Professeurs, Critiques, Drogues, Doyen, Assemblée
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texteReconnaissance textuelle : Suite de ce qui s'est fait à Paris touchant la Thériaque ; avec les discours qui ont esté prononcez sur ce sujet, [titre d'après la table]
Comme tout ce quiregarde
la ſanté eſt toûjours fort
bien receu , & qu'il n'y a rien
qui ſoit écouté plus volontiers
je ne m'étonne pas fi
د
ce que je vous
ay mandé
dans ma derniere Lettre touchant
la Theriaque , vous a
donné autant de plaifir qu'à
GALANT. 163
quantité de Perſonnes qui
l'ont leu , puis qu'outre la fatisfaction
d'apprendre ce qui
peut contribuer à la choſe du
monde qui nous doit eſtre la
plus prétieuſe , on a encore
eu l'avantage de ſe voir inſtruit
de pluſieurs circonſtances
curieuſes , dont on
n'avoit peut- eſtre jamais en
tendu parler ,& qu'on n'aappriſes
qu'avec des morceaux
d'Hiſtoire qui les rendent remarquables
, & qui font connoiftre
, non ſeuleme les.
grandes merveilles de la
S Theriaque , mais encore l'e-
Oij
164 MERCURE
flime que l'on en doit faire
Le ſuccez qu'elle aleti ,
parmy le Public, & dans ma
derniere Lettre a eſté cauſe
que je me ſuis informé avec
plus de ſoin de tout ce qui
s'eſt paffé à Paris , à l'égard
de cétancien & grand reme
de. J'ay trouvé que le dif
cours deM' de Rouviere quia
une approbasion fi genérale,
& que je vous ay envoyé,
n'avoit pas eſté le ſeul que
l'on euft fait fur cette matie
re,& qu'un autre avoit efte
auſſi prononcé en préſence
de M'de la Reynie &deM
GALANT 165
Robert Procureur du Roy,
par Mi Lienard Medecin or
dinaire deSaMajesté,Docteur
&ancien Doyen de laFaculté
de Medecine de Paris , à pré
fent Profeffeuren Pharmacie
de lameſme Faculté Com
me il manqueroit quelque
choſe à l'Histoire de la The
riaque faire en cette grande
Ville , fi ce Diſcours qui en
quisen
eft une des plus confidéras
bles parties ne tenoit ſa placa
dans ma Lettre de ce mois,
je vous l'envoye,parce que je
fçais qu'il vous plaira , & que
je le vois d'ailleurs, fouhaité
166 MERCURE
par tout ce qu'il y a icy deCurieux.
En voicy les termes.
MESSIEURS,
Si Galien dans le Traité de
La Thériaque qu'il adreſſe à Pi-
Son , eſtime cét Illustre Romain fi
digne de toute fon admiration
des grands éloges qquu''iill lluuyy donne
Taddee ce que se relâchant un peu des
grandes occupations dont il eſtoit
chargé pour le ſalut de la Republique,
il lisoit avec tant d'atrention
le petit Ouvrage qu'Andromachus
fort celebre Medecin,
en avait fait autrefois , & s'ilfe
1
GALANT. 167
Louë endes termes fi pompeux
fi magnifiques de la bonnefortune
de fon fiecle de ce qu'il voyoit
ce grand Homme fi attaché aux
chofes qui regardoientparticulierement
la santé de fes Concitoyens
, avec combien plus de jaſtice
de raison devons-nous
aujourd'huy honorer de nos. éloges
less plus forts , les deux grands
Magiftrats que nous voyons pour
quatrième fois en moins de fix
moisse dérober aux emplois les plus
augustes les plus honorables où
Les Conſeils importans de noftre
incomparable Monarque les appel-
Jem ordinairement auprès de lays
La
T
168 MERCURE
ς
pour vacquer , non pas comme ce
Romain àla lecture moins utile
que curieuse d'un fimple Traité
de la Thériaque , mais à l'affaire
laplus ſerieuse&la plus digre
de la Police qu'ils exercent dans
leRoyaume , qui est la composttion
exacte & fidelle de ce Remede
de cét Antidote par excellense
, puis qu'elle regarde le
falut general particulier de
tous les Sujets du Roy. Disos donc,
&nous écrions avec Galien au
fujer de ces deux vigilans Magi-
Strats , comme il faisoit autrefois
àRome àl'égard de Pifon. Satisne
magnas poffumus ha
bere
GALANT. 169
bere noſtri temporis fortunæ
gratias , quòd vos , ô ſummi
Magiftratus, ufque adeo Medicinæ
ac Theriacæ ſtudioſos
confpiciamus ? En effet , Meffieurs
,quel plus grand bonheur
que celuy de nostre fiecle de vi
vre fous un Prince , dont l'application
incroyable aux plus petits
comme aux plus confiderables be.
foins de fes Sujets , réveille dans
tous les Arts & dans toutes les
-Sciences l'étude l'industrie de
ceux qui les profeſſent , pour les
- pouffer à leur souveraine perfection.
C'est donc l'exemple mefme
du Roy , le plus laborieux
Avril 1685. P
170 MERCURE
Prince qui fut jamais , qui porte
aujourd ' buy les Profeffeurs de la
Medecine de la Pharmacie de
Paris, àfaire fous LOUISle
Grand, plus grandque les Antoi
nes,que les Antonins, &que tous
les Cefars ensemble, pourqui l'on
faisoit fifolemnellement ce Remede
à Rome, dans la Capitale du
Royaume auffi celebre que cette
Superbe Ville lefut autrefois , à la
veuë &en la présence de l'IlluftreM
Daquin premier Medecin
de Sa Majesté , qui ne cede
en rien aux Andromachus premiers
Medecins de ces Princes
de ces Empereurs , avec lesecours
1
GALANT. 171
des meilleurs &des plus experi
mentez Artistes de la France,
les Geoffroy , * les fofon , les
Bolduc,les Rouviere , auffiéclai
rez que l'estoient anciennement
les Critons & les Damocrate,
premiers Pharmaciens de leurfiecle
; àfaire, dis-je,fous LOUIS
le Grand, une Thériaque dont on
n'entreprenoit jamais la compofition
à Rome , que ſous les aufpices
de ſes Empereurs , ſans la
leur voüer & consacrer comme
la choſe du monde la plus im
portante la plus falutaire à
** Ce font les quatre Apoticaires qui depuis
fix mois ont fait à leurs frais la Thériaque à
Paris.
Pij
172 MERCURE
1
leurs Etats. Prenons donc,Mes
fieurs , pour noftre Devise , celle
qui devroit l'eftre aujourd'huy de
toute la France. Ludovico Magno
felicitas parta. Réjoüif
fons- nous de ce que nous voyons,
pour ainſi dire , guerir dans Paris
la letargie des fiecles paſſez , qui
par une indolence ou une indiffe
rence condamnable , pour ne pas
dire quelque chose de pis, ontjuf
ques icy presque toûjours deu , ou
àdes Nations étrangeres , comme
à Rome & à Venise , ou à des
Provinces éloignées د
comme à
Montpellier , la composition d'un
Remededontils ne devoient avoir
تم
GALANT. 173
obligation qu'à eux- mesmes , &
àleur propre Patrie , & qui ont
presque toûjours emprunté d'au.
truy ce qu'ils ne devoient avoir
ny tenir que de leur riche fonds,
de leur induſtrieuse capacité ,
de leurhabileté laborieuse.
Loñons nous , Meffieurs , de
noſtre bonheur , de ce que le
Royaume joüira doreſnavant
par la vigilance de nos Magiſtrats
de Police , appliquez
attentifs à toutes choses , d'une
Panacée veritable ,fans fraude,
Sans alteration , &fans le rifque
d'en voir deformais debiter
enFrance aucune ny vicieuse ny
Piij
174 MERCURE
falfifiée,telle queGalien ſe plai
gnoit dés le temps qu'il estoit à
Rome , que plusieurs Impoſteurs ,
Charlatans, Monteurs de Thea
tre
د Vendeurs de Mithridat,
Cr
veritables Triacleurs en di
ſtribuoient contre l'intention des
Magistrats publics à grand prix
d'argent er fort cherement , auffi
bien qu'à la ruine e au détriment
de la fantédes Peuples ignorants
& crédules pour l'ordinai
en ces fortes de matieres qui
regardent la Medecine , & les
Remedes qu'on voile ſouvent de
nomsſpécieux de Secrets , afin de
les mieuxtromper. Multæ quipre
GALANT: 175
pe fiunt , écrit- il , ab Impoftoribus
hac etiam in re frau
des , vulgufque ſolaTheriace
famâ deceptum, abiftis, qui,
bus ars eft Mercenaria , non
recte compofitam Antido
tum multâ pecuniâ redimit
Loüons-nous encore unefois
Meffieurs , de ce que par lesfoins
bienfaiſans de ces meſmes Magi
ftrats, nous joüiffons aujourd'huy,
à la faveur de nostre veritable
Thériaque , ſous l'empire de
LOUIS le Grand , du mesme.
bien & du mesme avantage dont
les Empereurs gratifioient autre
fois leursſujets à Rome. Qui l
Piij
176 MERCURE
benter, ditle mefme Galien,in
univerfos omnia bona , deos
imitati , conferunt , tantum
que gaudium concipiunt,
quantò populi majorem fuerint
incolumitatem ab ipfis
confecuti , maximam impe
ran di partem arbitrantes,
communis falutis procurationem
; quæ res me magis
in ipforum admirationem traxit.
Ce ſontſes propres termes .
C'est lesujet , Meſſieurs , qui
m'a aujourd'huy engagé, en qualitéde
Profeſſeur en Pharmacie
de la Faculté de Medecine de
Paris , à vous faire ce petitDifGALANT.
177
rs
cours ,pour un témoignage affuré
de reconnoiſſance publique &
particuliere envers Ms nosMagiftrats
, pour une marqueſenſible
de l'obligation que nous avons à
M le premier Medecin , de vou
loir bien honorerdeſa préſence la
compoſition d'un Remede qui en tirera
afſurément beaucoup de gloire
, de credit &d'authorité , &
pour un préjugéſouhaitable de ta
confervation en ſon entier de la
bonne Medecine de Paris , & du
parfait rétabliſſementde la meil
leure Pharmacieà l'avenir, con
tre les vains efforts & les tentatives
inutiles des envieux ou des
2
178 MERCURE
ennemis de l'une de l'autre,
& de tous ceux qui voudroient
temérairement dans lafuite s'yopposer
, & les troubler dans leur
exercice dans leur ancienne
poffeffion.
Ce Diſcours fut prononcé
le 12. de Mars , & le Lundy
prononce
ſuivant , M² de Rouviere s'attacha
particulierement au 1 .
poids des Drogues dont il
avoit fait auparavant un juſte
choix pour la compoſition
de ſon Ouvrage, & qu'ilavoit
expoſées au Public , feur que
leur beauté& leur bonne qualité
le défendroient contre les
GALANT. 179
Critiques & les Envieux. Il fit
ce jour là un fort beau Dif
cours ſur la Vipere , & fur la
nature de la Theriaque , & il
expliqua fi bien la maniere
dont les fermentations ſe
font, qu'il fut genéralement
applaudy. Il peſa enſuite ſes
ر
Drogues en préſence de M
le Doyen de la Faculté , de
Mrs les Profeffeurs en Pharmacie
, & de M'Boudin , l'un
des premiers Apoticaires
du Roy. Toutes ces Dro
gues furent brifées , & mêlées
enſemble confufément
devant toute l'Aſſemblée qui
180 MERCURE
n'eſtoit pas moins nombreuſe
qu'elle avoit eſté les autres
jours. Il en falut huit entiers
pour les pulverifer , aprés
quoy les Curieux revinrent
au meſme lieu , pour
eſtre témoins du mélange
qu'on appelle Mixtion , ce
qui fit donner de nouvelles
loüanges à M' de Rouviere.
Ce fut alors que M² Pilon,
Doyen de la Faculté , & qui
dés ſa plus grande jeuneſſe a
ſceu s'acquerir le nom d'Orateur
, fit un Diſcours tresdigne
de luv, pour fermer ce
grand Ouvrage. La crainte
r
GALANT. 181
de vous entretenir trop longtemps
ſur vne meſme matiere,
m'oblige à ne vous enrien
dire de plus aujourd'huy.
Vous voudrez bien cepen.
dant que j'ajoûte , en faveur
de la Theriaque , que lors
que l'on en fait à Veniſe , le
Senaty aſſiſte en Corps , &
que dans tous les lieux où l'on
ſe donne la peine de rechercher
tout ce qu'il faut pour
cette fameuse compoſition,
elle ſe fait avec le meſme
eclat , &en préſence des Souverains
Magiſtrats .
la ſanté eſt toûjours fort
bien receu , & qu'il n'y a rien
qui ſoit écouté plus volontiers
je ne m'étonne pas fi
د
ce que je vous
ay mandé
dans ma derniere Lettre touchant
la Theriaque , vous a
donné autant de plaifir qu'à
GALANT. 163
quantité de Perſonnes qui
l'ont leu , puis qu'outre la fatisfaction
d'apprendre ce qui
peut contribuer à la choſe du
monde qui nous doit eſtre la
plus prétieuſe , on a encore
eu l'avantage de ſe voir inſtruit
de pluſieurs circonſtances
curieuſes , dont on
n'avoit peut- eſtre jamais en
tendu parler ,& qu'on n'aappriſes
qu'avec des morceaux
d'Hiſtoire qui les rendent remarquables
, & qui font connoiftre
, non ſeuleme les.
grandes merveilles de la
S Theriaque , mais encore l'e-
Oij
164 MERCURE
flime que l'on en doit faire
Le ſuccez qu'elle aleti ,
parmy le Public, & dans ma
derniere Lettre a eſté cauſe
que je me ſuis informé avec
plus de ſoin de tout ce qui
s'eſt paffé à Paris , à l'égard
de cétancien & grand reme
de. J'ay trouvé que le dif
cours deM' de Rouviere quia
une approbasion fi genérale,
& que je vous ay envoyé,
n'avoit pas eſté le ſeul que
l'on euft fait fur cette matie
re,& qu'un autre avoit efte
auſſi prononcé en préſence
de M'de la Reynie &deM
GALANT 165
Robert Procureur du Roy,
par Mi Lienard Medecin or
dinaire deSaMajesté,Docteur
&ancien Doyen de laFaculté
de Medecine de Paris , à pré
fent Profeffeuren Pharmacie
de lameſme Faculté Com
me il manqueroit quelque
choſe à l'Histoire de la The
riaque faire en cette grande
Ville , fi ce Diſcours qui en
quisen
eft une des plus confidéras
bles parties ne tenoit ſa placa
dans ma Lettre de ce mois,
je vous l'envoye,parce que je
fçais qu'il vous plaira , & que
je le vois d'ailleurs, fouhaité
166 MERCURE
par tout ce qu'il y a icy deCurieux.
En voicy les termes.
MESSIEURS,
Si Galien dans le Traité de
La Thériaque qu'il adreſſe à Pi-
Son , eſtime cét Illustre Romain fi
digne de toute fon admiration
des grands éloges qquu''iill lluuyy donne
Taddee ce que se relâchant un peu des
grandes occupations dont il eſtoit
chargé pour le ſalut de la Republique,
il lisoit avec tant d'atrention
le petit Ouvrage qu'Andromachus
fort celebre Medecin,
en avait fait autrefois , & s'ilfe
1
GALANT. 167
Louë endes termes fi pompeux
fi magnifiques de la bonnefortune
de fon fiecle de ce qu'il voyoit
ce grand Homme fi attaché aux
chofes qui regardoientparticulierement
la santé de fes Concitoyens
, avec combien plus de jaſtice
de raison devons-nous
aujourd'huy honorer de nos. éloges
less plus forts , les deux grands
Magiftrats que nous voyons pour
quatrième fois en moins de fix
moisse dérober aux emplois les plus
augustes les plus honorables où
Les Conſeils importans de noftre
incomparable Monarque les appel-
Jem ordinairement auprès de lays
La
T
168 MERCURE
ς
pour vacquer , non pas comme ce
Romain àla lecture moins utile
que curieuse d'un fimple Traité
de la Thériaque , mais à l'affaire
laplus ſerieuse&la plus digre
de la Police qu'ils exercent dans
leRoyaume , qui est la composttion
exacte & fidelle de ce Remede
de cét Antidote par excellense
, puis qu'elle regarde le
falut general particulier de
tous les Sujets du Roy. Disos donc,
&nous écrions avec Galien au
fujer de ces deux vigilans Magi-
Strats , comme il faisoit autrefois
àRome àl'égard de Pifon. Satisne
magnas poffumus ha
bere
GALANT. 169
bere noſtri temporis fortunæ
gratias , quòd vos , ô ſummi
Magiftratus, ufque adeo Medicinæ
ac Theriacæ ſtudioſos
confpiciamus ? En effet , Meffieurs
,quel plus grand bonheur
que celuy de nostre fiecle de vi
vre fous un Prince , dont l'application
incroyable aux plus petits
comme aux plus confiderables be.
foins de fes Sujets , réveille dans
tous les Arts & dans toutes les
-Sciences l'étude l'industrie de
ceux qui les profeſſent , pour les
- pouffer à leur souveraine perfection.
C'est donc l'exemple mefme
du Roy , le plus laborieux
Avril 1685. P
170 MERCURE
Prince qui fut jamais , qui porte
aujourd ' buy les Profeffeurs de la
Medecine de la Pharmacie de
Paris, àfaire fous LOUISle
Grand, plus grandque les Antoi
nes,que les Antonins, &que tous
les Cefars ensemble, pourqui l'on
faisoit fifolemnellement ce Remede
à Rome, dans la Capitale du
Royaume auffi celebre que cette
Superbe Ville lefut autrefois , à la
veuë &en la présence de l'IlluftreM
Daquin premier Medecin
de Sa Majesté , qui ne cede
en rien aux Andromachus premiers
Medecins de ces Princes
de ces Empereurs , avec lesecours
1
GALANT. 171
des meilleurs &des plus experi
mentez Artistes de la France,
les Geoffroy , * les fofon , les
Bolduc,les Rouviere , auffiéclai
rez que l'estoient anciennement
les Critons & les Damocrate,
premiers Pharmaciens de leurfiecle
; àfaire, dis-je,fous LOUIS
le Grand, une Thériaque dont on
n'entreprenoit jamais la compofition
à Rome , que ſous les aufpices
de ſes Empereurs , ſans la
leur voüer & consacrer comme
la choſe du monde la plus im
portante la plus falutaire à
** Ce font les quatre Apoticaires qui depuis
fix mois ont fait à leurs frais la Thériaque à
Paris.
Pij
172 MERCURE
1
leurs Etats. Prenons donc,Mes
fieurs , pour noftre Devise , celle
qui devroit l'eftre aujourd'huy de
toute la France. Ludovico Magno
felicitas parta. Réjoüif
fons- nous de ce que nous voyons,
pour ainſi dire , guerir dans Paris
la letargie des fiecles paſſez , qui
par une indolence ou une indiffe
rence condamnable , pour ne pas
dire quelque chose de pis, ontjuf
ques icy presque toûjours deu , ou
àdes Nations étrangeres , comme
à Rome & à Venise , ou à des
Provinces éloignées د
comme à
Montpellier , la composition d'un
Remededontils ne devoient avoir
تم
GALANT. 173
obligation qu'à eux- mesmes , &
àleur propre Patrie , & qui ont
presque toûjours emprunté d'au.
truy ce qu'ils ne devoient avoir
ny tenir que de leur riche fonds,
de leur induſtrieuse capacité ,
de leurhabileté laborieuse.
Loñons nous , Meffieurs , de
noſtre bonheur , de ce que le
Royaume joüira doreſnavant
par la vigilance de nos Magiſtrats
de Police , appliquez
attentifs à toutes choses , d'une
Panacée veritable ,fans fraude,
Sans alteration , &fans le rifque
d'en voir deformais debiter
enFrance aucune ny vicieuse ny
Piij
174 MERCURE
falfifiée,telle queGalien ſe plai
gnoit dés le temps qu'il estoit à
Rome , que plusieurs Impoſteurs ,
Charlatans, Monteurs de Thea
tre
د Vendeurs de Mithridat,
Cr
veritables Triacleurs en di
ſtribuoient contre l'intention des
Magistrats publics à grand prix
d'argent er fort cherement , auffi
bien qu'à la ruine e au détriment
de la fantédes Peuples ignorants
& crédules pour l'ordinai
en ces fortes de matieres qui
regardent la Medecine , & les
Remedes qu'on voile ſouvent de
nomsſpécieux de Secrets , afin de
les mieuxtromper. Multæ quipre
GALANT: 175
pe fiunt , écrit- il , ab Impoftoribus
hac etiam in re frau
des , vulgufque ſolaTheriace
famâ deceptum, abiftis, qui,
bus ars eft Mercenaria , non
recte compofitam Antido
tum multâ pecuniâ redimit
Loüons-nous encore unefois
Meffieurs , de ce que par lesfoins
bienfaiſans de ces meſmes Magi
ftrats, nous joüiffons aujourd'huy,
à la faveur de nostre veritable
Thériaque , ſous l'empire de
LOUIS le Grand , du mesme.
bien & du mesme avantage dont
les Empereurs gratifioient autre
fois leursſujets à Rome. Qui l
Piij
176 MERCURE
benter, ditle mefme Galien,in
univerfos omnia bona , deos
imitati , conferunt , tantum
que gaudium concipiunt,
quantò populi majorem fuerint
incolumitatem ab ipfis
confecuti , maximam impe
ran di partem arbitrantes,
communis falutis procurationem
; quæ res me magis
in ipforum admirationem traxit.
Ce ſontſes propres termes .
C'est lesujet , Meſſieurs , qui
m'a aujourd'huy engagé, en qualitéde
Profeſſeur en Pharmacie
de la Faculté de Medecine de
Paris , à vous faire ce petitDifGALANT.
177
rs
cours ,pour un témoignage affuré
de reconnoiſſance publique &
particuliere envers Ms nosMagiftrats
, pour une marqueſenſible
de l'obligation que nous avons à
M le premier Medecin , de vou
loir bien honorerdeſa préſence la
compoſition d'un Remede qui en tirera
afſurément beaucoup de gloire
, de credit &d'authorité , &
pour un préjugéſouhaitable de ta
confervation en ſon entier de la
bonne Medecine de Paris , & du
parfait rétabliſſementde la meil
leure Pharmacieà l'avenir, con
tre les vains efforts & les tentatives
inutiles des envieux ou des
2
178 MERCURE
ennemis de l'une de l'autre,
& de tous ceux qui voudroient
temérairement dans lafuite s'yopposer
, & les troubler dans leur
exercice dans leur ancienne
poffeffion.
Ce Diſcours fut prononcé
le 12. de Mars , & le Lundy
prononce
ſuivant , M² de Rouviere s'attacha
particulierement au 1 .
poids des Drogues dont il
avoit fait auparavant un juſte
choix pour la compoſition
de ſon Ouvrage, & qu'ilavoit
expoſées au Public , feur que
leur beauté& leur bonne qualité
le défendroient contre les
GALANT. 179
Critiques & les Envieux. Il fit
ce jour là un fort beau Dif
cours ſur la Vipere , & fur la
nature de la Theriaque , & il
expliqua fi bien la maniere
dont les fermentations ſe
font, qu'il fut genéralement
applaudy. Il peſa enſuite ſes
ر
Drogues en préſence de M
le Doyen de la Faculté , de
Mrs les Profeffeurs en Pharmacie
, & de M'Boudin , l'un
des premiers Apoticaires
du Roy. Toutes ces Dro
gues furent brifées , & mêlées
enſemble confufément
devant toute l'Aſſemblée qui
180 MERCURE
n'eſtoit pas moins nombreuſe
qu'elle avoit eſté les autres
jours. Il en falut huit entiers
pour les pulverifer , aprés
quoy les Curieux revinrent
au meſme lieu , pour
eſtre témoins du mélange
qu'on appelle Mixtion , ce
qui fit donner de nouvelles
loüanges à M' de Rouviere.
Ce fut alors que M² Pilon,
Doyen de la Faculté , & qui
dés ſa plus grande jeuneſſe a
ſceu s'acquerir le nom d'Orateur
, fit un Diſcours tresdigne
de luv, pour fermer ce
grand Ouvrage. La crainte
r
GALANT. 181
de vous entretenir trop longtemps
ſur vne meſme matiere,
m'oblige à ne vous enrien
dire de plus aujourd'huy.
Vous voudrez bien cepen.
dant que j'ajoûte , en faveur
de la Theriaque , que lors
que l'on en fait à Veniſe , le
Senaty aſſiſte en Corps , &
que dans tous les lieux où l'on
ſe donne la peine de rechercher
tout ce qu'il faut pour
cette fameuse compoſition,
elle ſe fait avec le meſme
eclat , &en préſence des Souverains
Magiſtrats .
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Résumé : Suite de ce qui s'est fait à Paris touchant la Thériaque ; avec les discours qui ont esté prononcez sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le texte traite de la réception favorable d'une lettre précédente concernant la thériaque, un remède médical, qui a suscité un grand intérêt. Cette lettre contenait des informations historiques et curieuses sur la préparation de la thériaque. Les discours de M. de Rouvière, approuvés par M. de la Reynie et M. Galant, ainsi que celui de M. Liénard, médecin du roi et professeur de pharmacie à la Faculté de Médecine de Paris, sont mis en avant comme essentiels pour l'histoire de la thériaque à Paris. Le texte compare l'attention des grands magistrats français à celle de l'empereur romain Galien, louant leurs efforts pour une composition exacte et fidèle du remède. Le roi Louis XIV est particulièrement salué pour son engagement envers ses sujets, inspirant les professeurs à atteindre l'excellence dans la préparation de la thériaque. À Paris, quatre apothicaires préparent ce remède, marquant une renaissance de cet art. La vigilance des magistrats de police assure la qualité et l'authenticité de la thériaque, protégée contre les falsifications. Le professeur de pharmacie de la Faculté de Médecine de Paris exprime sa reconnaissance et met en garde contre les perturbations possibles. Le 12 mars, M. de Rouvière présente les drogues utilisées pour la thériaque devant une assemblée nombreuse, et M. Pilon, doyen de la Faculté, conclut avec un discours élogieux. La préparation de la thériaque à Venise, en présence du Sénat, est également mentionnée pour souligner son importance et sa solennité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 322-3[2]6
« L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
Début :
L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...]
Mots clefs :
Provinces, Remèdes, Apothicaire, Assemblée, Antidote, Palpitations, Accidents, Poudre de vipère, Sueurs, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
L'avantage que Paris a de
donner
GALANT. 3T3
donner aux Provinces le modele
de toutes chofes , s'étend
jufque fur les Remedes,
puis qu'à l'exemple de cette
grande Ville, on prépara publiquement
à Rouen la Theriaque
le 15. de Juillet. Mais
ce qu'il y eut de fingulier
fut que le fieur Quillebeuf
Apotiquaire , s'eftant attiré
l'approbation generale d'une
fçavante Aſſemblée , par
la démonftraction exacte
qu'il fit des Remedes qui en
trent dans cette compofition
, tous dans leur pureté,
il, fut obligé le lendemain
Aouſt 1685.
Dd
>
314 MERCURE
d'en faire l'épreuve fur luymême,
& il la fit tres -heureufement
; car comme il travailloit
à la preparation des
Viperes, qui entrent en tresgrand
nombre dans cet Antidote
, il y en eut une qui
luy mordit le doigt , & luy
enfonça fi avant les dents,
qu'on nomme Canines, qu'il
fortit de chaque playe plufieurs
goutes de fang. Peu de
momens aprés , le doigt luy
enfla prodigieufement, & devint
tout livide.L'enflure ac
compagnée d'une grande
douleur, s'étendit fort promGALANT.
315
ptement vers le bras , l'épau
le & le fein! Il eut des palpitations
de coeur frequentes,
fon poux fut bien - toft intermittent
, il fut faifi de fincopes,
& fe fentit tres-affou
py. Tous ces accidens ne le
déconcerterent point , il fit
promptement écrafer la Vipere
qui l'avoit mordu , & ſe
la fit appliquer fur le doigt ,
mais fans foulagement . Il
prit en moins de vingt- quatre
heures demie once de
Theriaque en plufieurs dofes
, autant de poudre de Vipere
, une dragme de leur
Dd ij
316 MERCURE
fel volatil , & de fel de chardon
benit ', par l'avis de M.
du Perray , un des premiers
Medecins de Roüen ; ce qui
ayant caufé au fieur Quillebeuf
des fueurs tres -abondantes
, diffipa l'enflure , la
douleur, & tous les accidens
facheux dont il eftoit attaque.
Rien affuremét ne peut
mieux faire voir & l'activité
du venin de la Vipere , & la
force de la Theriaque .
donner
GALANT. 3T3
donner aux Provinces le modele
de toutes chofes , s'étend
jufque fur les Remedes,
puis qu'à l'exemple de cette
grande Ville, on prépara publiquement
à Rouen la Theriaque
le 15. de Juillet. Mais
ce qu'il y eut de fingulier
fut que le fieur Quillebeuf
Apotiquaire , s'eftant attiré
l'approbation generale d'une
fçavante Aſſemblée , par
la démonftraction exacte
qu'il fit des Remedes qui en
trent dans cette compofition
, tous dans leur pureté,
il, fut obligé le lendemain
Aouſt 1685.
Dd
>
314 MERCURE
d'en faire l'épreuve fur luymême,
& il la fit tres -heureufement
; car comme il travailloit
à la preparation des
Viperes, qui entrent en tresgrand
nombre dans cet Antidote
, il y en eut une qui
luy mordit le doigt , & luy
enfonça fi avant les dents,
qu'on nomme Canines, qu'il
fortit de chaque playe plufieurs
goutes de fang. Peu de
momens aprés , le doigt luy
enfla prodigieufement, & devint
tout livide.L'enflure ac
compagnée d'une grande
douleur, s'étendit fort promGALANT.
315
ptement vers le bras , l'épau
le & le fein! Il eut des palpitations
de coeur frequentes,
fon poux fut bien - toft intermittent
, il fut faifi de fincopes,
& fe fentit tres-affou
py. Tous ces accidens ne le
déconcerterent point , il fit
promptement écrafer la Vipere
qui l'avoit mordu , & ſe
la fit appliquer fur le doigt ,
mais fans foulagement . Il
prit en moins de vingt- quatre
heures demie once de
Theriaque en plufieurs dofes
, autant de poudre de Vipere
, une dragme de leur
Dd ij
316 MERCURE
fel volatil , & de fel de chardon
benit ', par l'avis de M.
du Perray , un des premiers
Medecins de Roüen ; ce qui
ayant caufé au fieur Quillebeuf
des fueurs tres -abondantes
, diffipa l'enflure , la
douleur, & tous les accidens
facheux dont il eftoit attaque.
Rien affuremét ne peut
mieux faire voir & l'activité
du venin de la Vipere , & la
force de la Theriaque .
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3
p. 128-135
Article concernant la Theriaque. [titre d'après la table]
Début :
Comme il n'y a rien dans la vie de si pretieux [...]
Mots clefs :
Santé, Thériaque, Apothicaire, Antidote, Doyen, Remède, Médecins, Attestations, Méthodes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article concernant la Theriaque. [titre d'après la table]
vie de si pretieux que la
Santé, & qu'on ne peut rechercher
avec trop de foin,
ce qui est capabled'en procurer
la conservation, je
croy, Madame, que vous
ferez bien aise que je fînissè
le seul Article de ma Lettre
du mois de Mars dernier,
qu'il m'a salu laisser imparfait
depuis ce temps-là. C'est
pau sujet de la Theriaque, que
d Mrde Rouviere,Apotiquaire
du Royen ses Camps & Armées,
& Major de ses HoC.
pitaux,a préparée avec tant
) d'exactitude. Vous m'avez
parusi satisfaite de tout ce
que je vous aymandé là-defsîss,
que je vous feray sans
doute plaisir de vous apprendre,
que cet excellent
Antidote, aprèsavoirdemeuré
six mois à faire la fermentation
,
cH: aujourd'huy
dans toute la perfectionoùil
peut estre.Les preuves que
l'on enfait tous les jours font
11certaines,que MrleDoyen,
& M" les Professeurs de la
Faculté de Medecine de Paris,
ont fait connoistre par leurs Attestations, le cas
qu'ils font de ce merveilleux
Remede. Aussi les Médecine
&Apotiquaires de Province
en font à l'envy des provisions
considerables,aussïbien
que ceux de cette Ville,
qui n'ont pû ou quin'ont
pas voulu faire la grande dép'^
nfè de cette composition.
Quoy que la quantité que.
Mr de Rouviere en a faite,
-foit. de plus de sixcenslivres.
pesant, il en a un tel débit,
r<|u'il y asujet de croirequ'on
n'obligera bien-tost à en faire
une séconde. Il a déja la plus
l grande partie des provisions
necessaires pour cela(a Boutique
Se son Magasin estanc
de véritables Panacées univertelles.
Il n'y a rien que
l'on ne trouve chez luy, 8e
le Baume de Judée & le Calcitis
y font communs, bien
qu'assez rares ailleurs. La
Theriaque dont je vous parle)
eH: d'une si grande utilité)
qu'il ne faut presque que ce
seul Remede,pour se garantir
de la plulpart des maladies
qui arrivent. Les moyens de
s'en servir font aisez à pratiquer,
mesme dans les lieux
les plus retirez de la Campagne.
Ils font expliquez dans
un Ecrit queMrdeRouviere
donne à tous ceux qui vont
demander de si Theriaque.
Chacun en va prendre, & la
pluspart des personnes de la
Cour en ont des Boëtes.
Voicy la copie de l'Attestation
des Medecins. Ils l'ont
donnée en Latin, & je l'envoye vous traduite.
1
NOeu soussî,,IneZDoyen
de la Vacuitéde Mede-
1 cine de Paris , & Profeffiurs en
Pharmacie
,
artefions que CfrLz
Henry de Rouviere, Américain
ordinairedes Camps& Armées
du Roy
9 a fait fous noflre conduite
une composition publique
&solemnelle de six cens livres
de Theriaque
) avec une excellente
éleéîion
j & un! tres-exafle
préparation, fe/on la Description
dAndromaque l'ancien, en presence,
premierement de MT de la
Reynie3Conseiller d'Estatordiiiàire)
& Lieutenant General de
Police; de Mr Robert,Procureur
du Roy au Chastelet de Pariss Cr
enfin d'un grand nombre d'autres
Personnes considerables invitées à
ce fpeélacle3 dans la Maison de
L'Academie Royale prés Saint
Rocb ; &pour donner des marques
publiques du cas que nousfai-
Jonsdecette compositionytantpour
la qualité desDroguesy que pour
l'art & la methode aveclaquelle
elles ont eslépréparées3 qu'on ne
sçauroit trop loüer
j
Nous ajourons
e certifions, que cette Theriaque
doit eflre receuë de tout le
monde, comme une des plus parfaites
compositions) &, un des
^>Ju5 excellens Remedes quiayent
^ramjusquicy. En foy despuoyy
Hfour le bien & l'utilité publi- ,Nolis avons jugé à propos
ni'appojer à ces Presentes le Scetu
laditeFaculté. FaitaParis5
Me77. Septembre mil six cens
?quatre - vingt - cinq. Signé,
\PFYLON,Doyen.
\L1CHAKD. BONNET.
Santé, & qu'on ne peut rechercher
avec trop de foin,
ce qui est capabled'en procurer
la conservation, je
croy, Madame, que vous
ferez bien aise que je fînissè
le seul Article de ma Lettre
du mois de Mars dernier,
qu'il m'a salu laisser imparfait
depuis ce temps-là. C'est
pau sujet de la Theriaque, que
d Mrde Rouviere,Apotiquaire
du Royen ses Camps & Armées,
& Major de ses HoC.
pitaux,a préparée avec tant
) d'exactitude. Vous m'avez
parusi satisfaite de tout ce
que je vous aymandé là-defsîss,
que je vous feray sans
doute plaisir de vous apprendre,
que cet excellent
Antidote, aprèsavoirdemeuré
six mois à faire la fermentation
,
cH: aujourd'huy
dans toute la perfectionoùil
peut estre.Les preuves que
l'on enfait tous les jours font
11certaines,que MrleDoyen,
& M" les Professeurs de la
Faculté de Medecine de Paris,
ont fait connoistre par leurs Attestations, le cas
qu'ils font de ce merveilleux
Remede. Aussi les Médecine
&Apotiquaires de Province
en font à l'envy des provisions
considerables,aussïbien
que ceux de cette Ville,
qui n'ont pû ou quin'ont
pas voulu faire la grande dép'^
nfè de cette composition.
Quoy que la quantité que.
Mr de Rouviere en a faite,
-foit. de plus de sixcenslivres.
pesant, il en a un tel débit,
r<|u'il y asujet de croirequ'on
n'obligera bien-tost à en faire
une séconde. Il a déja la plus
l grande partie des provisions
necessaires pour cela(a Boutique
Se son Magasin estanc
de véritables Panacées univertelles.
Il n'y a rien que
l'on ne trouve chez luy, 8e
le Baume de Judée & le Calcitis
y font communs, bien
qu'assez rares ailleurs. La
Theriaque dont je vous parle)
eH: d'une si grande utilité)
qu'il ne faut presque que ce
seul Remede,pour se garantir
de la plulpart des maladies
qui arrivent. Les moyens de
s'en servir font aisez à pratiquer,
mesme dans les lieux
les plus retirez de la Campagne.
Ils font expliquez dans
un Ecrit queMrdeRouviere
donne à tous ceux qui vont
demander de si Theriaque.
Chacun en va prendre, & la
pluspart des personnes de la
Cour en ont des Boëtes.
Voicy la copie de l'Attestation
des Medecins. Ils l'ont
donnée en Latin, & je l'envoye vous traduite.
1
NOeu soussî,,IneZDoyen
de la Vacuitéde Mede-
1 cine de Paris , & Profeffiurs en
Pharmacie
,
artefions que CfrLz
Henry de Rouviere, Américain
ordinairedes Camps& Armées
du Roy
9 a fait fous noflre conduite
une composition publique
&solemnelle de six cens livres
de Theriaque
) avec une excellente
éleéîion
j & un! tres-exafle
préparation, fe/on la Description
dAndromaque l'ancien, en presence,
premierement de MT de la
Reynie3Conseiller d'Estatordiiiàire)
& Lieutenant General de
Police; de Mr Robert,Procureur
du Roy au Chastelet de Pariss Cr
enfin d'un grand nombre d'autres
Personnes considerables invitées à
ce fpeélacle3 dans la Maison de
L'Academie Royale prés Saint
Rocb ; &pour donner des marques
publiques du cas que nousfai-
Jonsdecette compositionytantpour
la qualité desDroguesy que pour
l'art & la methode aveclaquelle
elles ont eslépréparées3 qu'on ne
sçauroit trop loüer
j
Nous ajourons
e certifions, que cette Theriaque
doit eflre receuë de tout le
monde, comme une des plus parfaites
compositions) &, un des
^>Ju5 excellens Remedes quiayent
^ramjusquicy. En foy despuoyy
Hfour le bien & l'utilité publi- ,Nolis avons jugé à propos
ni'appojer à ces Presentes le Scetu
laditeFaculté. FaitaParis5
Me77. Septembre mil six cens
?quatre - vingt - cinq. Signé,
\PFYLON,Doyen.
\L1CHAKD. BONNET.
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4
p. 200-201
AVIS DIVERS. THÉRIAQUE d'Andromaque.
Début :
La Compagnie des Apoticaires de Paris a commencé à exposer le 19 Septembre [...]
Mots clefs :
Apothicaire, Drogues, Thériaque, Exposition, Magistrats, Antidote, Bien commun, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DIVERS. THÉRIAQUE d'Andromaque.
AVIS DIVERS.
THERIAQUE d'Andromaque.
La Compagnie des Apoticaires de Paris a com
mencé à expoſer le 19 Septembre dernier les dro--
guesqui entrent dans la compoſition de laThériaque.
Les Magiſtrats & la Facultéde Médeciney ont
aſſiſté le premier jour. Me Hériſſant,Profeſſeur en
Pharmacie a ouvert la ſéance par un diſcours fur
l'excellence de cet antidote , ſur les ſoins & le ſcrupule
qu'éxige ſa préparation pour que ſes effets
foient certains. M DEMORET, premier Garde de la
Compagnie des Apoticaires , en a prononcé un
autre dans lequel , après avoir fait l'hiſtoire de ce
médicament il a repréſenté au Magiſtrat qui préfidoit
, qu'il étoit de la derniere importance pour
le bien public , qu'il s'opposât à ce que nombre de
gens ſans aveu débitaſſent ce médicament ni aucunautre,
&qu'il n'y eût que des perſonnesdont.
lacapacité ſeroit reconnue qui exerçaſſent leur
profeſſion ; qu'on ne pouvoit douter que ſa compagnie
fût dévouée au bien de la ſociété, que le
grandnombre d'Auditeurs qui aſſiſtoient au cours
deChymie qu'ils faifoient tous les ans , prouvoit
queleurs travaux étoient néceſſaires & bien reçus,
&quela ſeule récompenſe qu'ils en demandoient
étoitde jouir de leurs droits . Il a terminé fon dif
cours parun éloge digne du Magiſtrat auquel il,
l'adreſſoit. Il n'étoit dicté ni par la flaterie ni par
L'enviede ſéduire , c'étoit une effufion de coeur.
DECEMBRE. 1763. 201
Cediſcours a été ſuivi de l'hiſtoire naturelle des
drogues qui étoient expoſées. Leur beauté a furpris
tous les connoiffeurs; elles ont été ſoumiſes à
la cenſure du Public juſqu'au ; Octobre dernier.
On a travaillé à la confection de cer Antidote , en
préſence des mêmes Magiſtrats & de la Facultéde
Médecine. On ne doute plus que cette Thériaque
ne foit ſupérieure à celle de Veniſe , qui n'a ni l'odeur
ni la couleur qu'elle doit avoir. Les envois
conſidérables que les Apoticaires de Paris font de
la leur , annoncent qu'elle est regardée comme
la meilleure de l'Europe.
THERIAQUE d'Andromaque.
La Compagnie des Apoticaires de Paris a com
mencé à expoſer le 19 Septembre dernier les dro--
guesqui entrent dans la compoſition de laThériaque.
Les Magiſtrats & la Facultéde Médeciney ont
aſſiſté le premier jour. Me Hériſſant,Profeſſeur en
Pharmacie a ouvert la ſéance par un diſcours fur
l'excellence de cet antidote , ſur les ſoins & le ſcrupule
qu'éxige ſa préparation pour que ſes effets
foient certains. M DEMORET, premier Garde de la
Compagnie des Apoticaires , en a prononcé un
autre dans lequel , après avoir fait l'hiſtoire de ce
médicament il a repréſenté au Magiſtrat qui préfidoit
, qu'il étoit de la derniere importance pour
le bien public , qu'il s'opposât à ce que nombre de
gens ſans aveu débitaſſent ce médicament ni aucunautre,
&qu'il n'y eût que des perſonnesdont.
lacapacité ſeroit reconnue qui exerçaſſent leur
profeſſion ; qu'on ne pouvoit douter que ſa compagnie
fût dévouée au bien de la ſociété, que le
grandnombre d'Auditeurs qui aſſiſtoient au cours
deChymie qu'ils faifoient tous les ans , prouvoit
queleurs travaux étoient néceſſaires & bien reçus,
&quela ſeule récompenſe qu'ils en demandoient
étoitde jouir de leurs droits . Il a terminé fon dif
cours parun éloge digne du Magiſtrat auquel il,
l'adreſſoit. Il n'étoit dicté ni par la flaterie ni par
L'enviede ſéduire , c'étoit une effufion de coeur.
DECEMBRE. 1763. 201
Cediſcours a été ſuivi de l'hiſtoire naturelle des
drogues qui étoient expoſées. Leur beauté a furpris
tous les connoiffeurs; elles ont été ſoumiſes à
la cenſure du Public juſqu'au ; Octobre dernier.
On a travaillé à la confection de cer Antidote , en
préſence des mêmes Magiſtrats & de la Facultéde
Médecine. On ne doute plus que cette Thériaque
ne foit ſupérieure à celle de Veniſe , qui n'a ni l'odeur
ni la couleur qu'elle doit avoir. Les envois
conſidérables que les Apoticaires de Paris font de
la leur , annoncent qu'elle est regardée comme
la meilleure de l'Europe.
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Résumé : AVIS DIVERS. THÉRIAQUE d'Andromaque.
Le 19 septembre 1763, la Compagnie des Apoticaires de Paris a exposé les drogues composant la Thériaque d'Andromaque, en présence des magistrats et de la Faculté de Médecine. Me Hérissant, Professeur en Pharmacie, a souligné l'excellence de cet antidote et les soins nécessaires à sa préparation. M. Demoret, premier Garde de la Compagnie, a retraçé l'histoire du médicament et insisté sur la régulation de sa vente pour éviter les abus. Il a également mis en avant l'engagement de la Compagnie pour le bien public et la reconnaissance des apothicaires. Les drogues, saluées pour leur beauté, ont été soumises à la censure publique jusqu'en octobre. La confection de la Thériaque, réalisée sous le regard des autorités, a confirmé sa supériorité sur celle de Venise. La réputation de la Thériaque parisienne en Europe est attestée par ses envois importants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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