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1
p. 248-250
« Le 17 Novembre, sur les trois heures du matin, Madame la Dauphine [...] »
Début :
Le 17 Novembre, sur les trois heures du matin, Madame la Dauphine [...]
Mots clefs :
Madame la Dauphine, Naissance, Comte de Provence, Comtesse de Marsan, Famille royale, Monseigneur, Duc de Gesvres, Sieur Mirabaud
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texteReconnaissance textuelle : « Le 17 Novembre, sur les trois heures du matin, Madame la Dauphine [...] »
Le 17 Novembre , fur les trois heures du ma
tin , Madame la Dauphine fentit des douleurs.
Cette Princeffe accoucha une heure après d'un
Prince , que le Roi a nommé Comte de Provence.
A cinq heures , le Cardinal de Soubize , Grand
Aumônier de France , fit la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe
du Château. Le fieur Rouillé , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , Grand Tréforier de l'Ordre du Saint-
Efprit , apporta le Cordon de cet Ordre , & il eut
l'honneur de le paffer au cou du Prince , qui fut
remis entre les mains de la Comteſſe de Marfan ,
Gouvernante des Enfans de France. Enfuite elle porta
Monfeigneur le Comte de Provence à l'appartement
qui lui étoit deftiné. Ce Prince y fut conduit
DECEMBRE . 1755. 249
felon l'ufage par le Capitaine des Gardes du Corps,
Entre midi & une heure , le Roi & la Reine
accompagnés de la Famille Royale , ainfi que des
Princes & des Princeffes du Sang , des Grands
Officiers de la Couronne , des Miniftres & des Seigneurs
& Dames de la Cour , & précédés des deux
Huiffiers de la Chambre , qui portoient leurs maffes
, fe rendirent à la Chapelle . Leurs Majeftés y
entendirent la Meffe , pendant laquelle le fieur
Colin de Blamont , Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel , & Sur - Intendant de la Mufique de la
Chambre , fit exécuter le Te Deum , en mufique ,
de fa compofition . Cette Hymne fut entonnée par
l'Abbé Gergoy , Chapelain ordinaire de la Chapelle
-Mufique.
L'après-midi , le Roi & la Reine , Monseigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame , Madame Victoire,
Madame Sophie & Madame Louife , reçurent
dans leurs appartemens les révérences des Dames
de la Cour , à l'occafion des couches de Madame
la Dauphine , & de la naiffance du Prince .
Le foir à huit heures , par les ordres du Duc de
Gefvres , Premier Gentilhomme de la Chambre ,
en exercice , & fous la direction du fieur de Fontpertuys
, Intendant des Menus- Plaiſirs , on tira
dans la Place d'Armes , vis- à- vis de l'appartement
du Roi , un très - beau bouquet d'artifice , que Sa
Majefté alluma de fon balcon , par le moyen d'une
fufée courante . L'exécution n'a laiffé rien à défirer.
Le même jour , le Roi fit partir le fieur Binet ,
Meftre de Camp de Cavalerie , un de Gentilshommes
Ordinaires de Sa Majefté , & Premier
Valet de Chambre de Monfeigneur le Dauphin ,
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
250 MERCURE DE FRANCE.
de Monfeigneur le Comte de Provence , au Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine , ainfi que le jeune Prince
, fe portent aufli bien qu'on puiffe le défirer .
Le fieur Mirabaud , Secrétaire Perpétuel de
P'Académie Françoife , ayant donné fa démiffion ,
cette Compagnie a élu , pour le remplacer , le
fieur Duclos , Hiftoriographe de France, un des
Quarante de l'Académie , & Aflocié Vétéran de
celle des Infcriptions & Belles- Lettres.
tin , Madame la Dauphine fentit des douleurs.
Cette Princeffe accoucha une heure après d'un
Prince , que le Roi a nommé Comte de Provence.
A cinq heures , le Cardinal de Soubize , Grand
Aumônier de France , fit la cérémonie de l'ondoyement
, en préfence du Curé de la Paroiffe
du Château. Le fieur Rouillé , Miniftre & Secrétaire
d'Etat , Grand Tréforier de l'Ordre du Saint-
Efprit , apporta le Cordon de cet Ordre , & il eut
l'honneur de le paffer au cou du Prince , qui fut
remis entre les mains de la Comteſſe de Marfan ,
Gouvernante des Enfans de France. Enfuite elle porta
Monfeigneur le Comte de Provence à l'appartement
qui lui étoit deftiné. Ce Prince y fut conduit
DECEMBRE . 1755. 249
felon l'ufage par le Capitaine des Gardes du Corps,
Entre midi & une heure , le Roi & la Reine
accompagnés de la Famille Royale , ainfi que des
Princes & des Princeffes du Sang , des Grands
Officiers de la Couronne , des Miniftres & des Seigneurs
& Dames de la Cour , & précédés des deux
Huiffiers de la Chambre , qui portoient leurs maffes
, fe rendirent à la Chapelle . Leurs Majeftés y
entendirent la Meffe , pendant laquelle le fieur
Colin de Blamont , Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel , & Sur - Intendant de la Mufique de la
Chambre , fit exécuter le Te Deum , en mufique ,
de fa compofition . Cette Hymne fut entonnée par
l'Abbé Gergoy , Chapelain ordinaire de la Chapelle
-Mufique.
L'après-midi , le Roi & la Reine , Monseigneur
le Dauphin , Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
Monfeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame , Madame Victoire,
Madame Sophie & Madame Louife , reçurent
dans leurs appartemens les révérences des Dames
de la Cour , à l'occafion des couches de Madame
la Dauphine , & de la naiffance du Prince .
Le foir à huit heures , par les ordres du Duc de
Gefvres , Premier Gentilhomme de la Chambre ,
en exercice , & fous la direction du fieur de Fontpertuys
, Intendant des Menus- Plaiſirs , on tira
dans la Place d'Armes , vis- à- vis de l'appartement
du Roi , un très - beau bouquet d'artifice , que Sa
Majefté alluma de fon balcon , par le moyen d'une
fufée courante . L'exécution n'a laiffé rien à défirer.
Le même jour , le Roi fit partir le fieur Binet ,
Meftre de Camp de Cavalerie , un de Gentilshommes
Ordinaires de Sa Majefté , & Premier
Valet de Chambre de Monfeigneur le Dauphin ,
pour aller à Luneville donner part de la naiffance
250 MERCURE DE FRANCE.
de Monfeigneur le Comte de Provence , au Roi
de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar.
Madame la Dauphine , ainfi que le jeune Prince
, fe portent aufli bien qu'on puiffe le défirer .
Le fieur Mirabaud , Secrétaire Perpétuel de
P'Académie Françoife , ayant donné fa démiffion ,
cette Compagnie a élu , pour le remplacer , le
fieur Duclos , Hiftoriographe de France, un des
Quarante de l'Académie , & Aflocié Vétéran de
celle des Infcriptions & Belles- Lettres.
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Résumé : « Le 17 Novembre, sur les trois heures du matin, Madame la Dauphine [...] »
Le 17 novembre, Madame la Dauphine accoucha à trois heures du matin d'un prince, nommé Comte de Provence par le Roi. Le Cardinal de Soubize procéda à l'ondoyement du prince en présence du curé de la paroisse du Château. Le sieur Rouillé, Ministre et Secrétaire d'État, remit au prince le cordon de l'Ordre du Saint-Esprit, et la Comtesse de Marfan le conduisit à son appartement. Le 24 décembre, le Roi et la Reine assistèrent à une messe à la chapelle, suivie de l'exécution du Te Deum par le sieur Colin de Blamont. L'après-midi, la famille royale reçut les révérences des Dames de la Cour. Le soir, un bouquet d'artifice fut tiré dans la Place d'Armes, allumé par le Roi. Le même jour, le Roi envoya le sieur Binet à Lunéville pour annoncer la naissance du Comte de Provence au Roi de Pologne. Madame la Dauphine et le jeune prince se portaient bien. Par ailleurs, le sieur Duclos fut élu pour remplacer le sieur Mirabaud, Secrétaire Perpétuel de l'Académie Française.
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2
p. 5
SUR LA NAISSANCE de M. le Comte de Provence.
Début :
Que du plus beau sang du monde, [...]
Mots clefs :
Naissance, Comte de Provence
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA NAISSANCE de M. le Comte de Provence.
SUR LA NAISSANCE
de M. le Comte de Provence.
Ue du plus beau fang du monde ,
Notre Dauphine féconde ,
Augmente les rejettons ;
Et nous donne autant de Princes
Que la France a de Provinces ,
Sans celles que nous prendrons.
de M. le Comte de Provence.
Ue du plus beau fang du monde ,
Notre Dauphine féconde ,
Augmente les rejettons ;
Et nous donne autant de Princes
Que la France a de Provinces ,
Sans celles que nous prendrons.
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3
p. 50-51
VERS Sur M. le Comte de Provence.
Début :
Quel redoutable bruit ! Le Maître du tonnerre, [...]
Mots clefs :
Comte de Provence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Sur M. le Comte de Provence.
Nous avons cru devoir inférer ici les différentes
pieces de vers qui nous ont été envoyées
fur la naillance de Monfeigneur le
Comte de Provence. Si elles ne marquent
pas toutes le talent , elles prouvent du
moins le zele , & un évenement aufli intérellant
pour la France , ne peut être trop
célébré,
DECEMBRE . 1755 . 1755. ST
QU
VERS
Sur M. le Comte de Provence.
Uel redoutable bruit ! Le Maître du tonnerre,
Las de régner aux Cieux , defcend-t'il fur la terre?
Dans les bras de Morphée on m'arrache au repos.
Mais un lys éclatant fuccede à mes pavots .
Réveil délicieux ! un Bourbon vient de naître ;
De tous les coeurs françois , il eft déja le maître :
La France tous les ans s'enrichit d'un Héros.
Quelle race en vertus fut jamais plus féconde ,
Et plus digne d'orner tous les trônes du monde ?
pieces de vers qui nous ont été envoyées
fur la naillance de Monfeigneur le
Comte de Provence. Si elles ne marquent
pas toutes le talent , elles prouvent du
moins le zele , & un évenement aufli intérellant
pour la France , ne peut être trop
célébré,
DECEMBRE . 1755 . 1755. ST
QU
VERS
Sur M. le Comte de Provence.
Uel redoutable bruit ! Le Maître du tonnerre,
Las de régner aux Cieux , defcend-t'il fur la terre?
Dans les bras de Morphée on m'arrache au repos.
Mais un lys éclatant fuccede à mes pavots .
Réveil délicieux ! un Bourbon vient de naître ;
De tous les coeurs françois , il eft déja le maître :
La France tous les ans s'enrichit d'un Héros.
Quelle race en vertus fut jamais plus féconde ,
Et plus digne d'orner tous les trônes du monde ?
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Résumé : VERS Sur M. le Comte de Provence.
En décembre 1755, des poèmes célèbrent la naissance du Comte de Provence. Ils expriment la surprise et la joie, comparant l'événement à un éclair après un sommeil paisible. Le nouveau-né, membre de la famille Bourbon, est acclamé comme un futur maître des cœurs français. Les poèmes soulignent la fécondité et la dignité de la race Bourbon.
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4
p. 51
AUTRES.
Début :
Comment à nom le Jouvenceau ? [...]
Mots clefs :
Comte de Provence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES.
AUTRE S.
ComOmmmeenntt a nom le Jouvenceau ?
Ah ! c'eft le Comte de Provence.
Pour un petit Cadet de France ,
Cadédis , le friand morceau !
Un Gentilhomme n'eft pas mince
Quand d'un tel fief on le fait Prince.
Il eft déja l'efpoir , l'honneur de fa province.
Mais lorsqu'on fort d'un fang fi beau ;
Les plus petits font grands dès le berceau.
ComOmmmeenntt a nom le Jouvenceau ?
Ah ! c'eft le Comte de Provence.
Pour un petit Cadet de France ,
Cadédis , le friand morceau !
Un Gentilhomme n'eft pas mince
Quand d'un tel fief on le fait Prince.
Il eft déja l'efpoir , l'honneur de fa province.
Mais lorsqu'on fort d'un fang fi beau ;
Les plus petits font grands dès le berceau.
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5
p. 52-53
VERS Présentés au Roi, le lendemain de l'accouchement de Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Comte de Provence, le 17 Novembre 1755.
Début :
Au milieu du repos des ombres de la nnit, [...]
Mots clefs :
Comte de Provence, Puissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Présentés au Roi, le lendemain de l'accouchement de Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Comte de Provence, le 17 Novembre 1755.
VERS
Préfentés au Roi , le lendemain de l'accouchement
de Madame la Dauphine , fur la
naissance de Monseigneur le Comte de
Provence , le 17 Novembre 1755.
Au milieu du repos des ombres de la nnit , - U
Quel aftre étincelant commence la carriere ?
Empreffez-vous , François ; par l'éclat qui le fuit
Célébrez dans vos chants fa naiffante lumiere.
Dans cet enfant chéri , que nous donnent les
- Dieux ,
De leurs nouveaux bienfaits fa naiſſance eft le
gage.
Son ayeul adoré poffede avantage
De régner dans fes fils fur ces climats heureux.
Pere & Roi fortuné , cette famille augufte ,
Ainfi que fon pouvoir , s'augmente chaque jour .
Maître de nos deſtins , s'il a tout notre amour ,
Quel hommage flatteur , quel tribut eſt plus jufte s
De l'Aurore au Couchant , les fiecles à venir ,
De ce Prince immortel méditeront l'hiſtoire .
Ses rares qualités , fa prudence , & fa gloire ,
Feront de nos neveux le plus cher fouvenir.
DECEMBRE. 1755. 53
Ses exploits , fa fageffe , affurent fa puiffance.
Envain de notre fort un grand peuple eft jaloux ,
Le ciel plaçant Louis pour élever la France ,
Eternife avec lui notre eſpoir le plus doux.
En formant des Héros pour régir cet empire ,
Louis , dans fes enfans , retrouve les vertus ;
Notre félicité , dans fes foins affidus ,
Eft un des fentimens que fon coeur leur infpire
Que le fang des Bourbons commande à l'univers !
Le bonheur des humains fondé fur leur puiffance,
Garantit l'avenir , fixe notre efpérance .
Qui pourroit fous leurs loix redouter des revers ?
La Seine, en arrofant ces fertiles rivages ,
De ces Princes chéris verra les defcendans
Auffi grands dans la paix , qu'illuftres conquérans,
De Tite , & de Trajan rappeller les images.
Par J. Martinot , Valet de Chambre , Hor-
Loger de Sa Majesté .
Préfentés au Roi , le lendemain de l'accouchement
de Madame la Dauphine , fur la
naissance de Monseigneur le Comte de
Provence , le 17 Novembre 1755.
Au milieu du repos des ombres de la nnit , - U
Quel aftre étincelant commence la carriere ?
Empreffez-vous , François ; par l'éclat qui le fuit
Célébrez dans vos chants fa naiffante lumiere.
Dans cet enfant chéri , que nous donnent les
- Dieux ,
De leurs nouveaux bienfaits fa naiſſance eft le
gage.
Son ayeul adoré poffede avantage
De régner dans fes fils fur ces climats heureux.
Pere & Roi fortuné , cette famille augufte ,
Ainfi que fon pouvoir , s'augmente chaque jour .
Maître de nos deſtins , s'il a tout notre amour ,
Quel hommage flatteur , quel tribut eſt plus jufte s
De l'Aurore au Couchant , les fiecles à venir ,
De ce Prince immortel méditeront l'hiſtoire .
Ses rares qualités , fa prudence , & fa gloire ,
Feront de nos neveux le plus cher fouvenir.
DECEMBRE. 1755. 53
Ses exploits , fa fageffe , affurent fa puiffance.
Envain de notre fort un grand peuple eft jaloux ,
Le ciel plaçant Louis pour élever la France ,
Eternife avec lui notre eſpoir le plus doux.
En formant des Héros pour régir cet empire ,
Louis , dans fes enfans , retrouve les vertus ;
Notre félicité , dans fes foins affidus ,
Eft un des fentimens que fon coeur leur infpire
Que le fang des Bourbons commande à l'univers !
Le bonheur des humains fondé fur leur puiffance,
Garantit l'avenir , fixe notre efpérance .
Qui pourroit fous leurs loix redouter des revers ?
La Seine, en arrofant ces fertiles rivages ,
De ces Princes chéris verra les defcendans
Auffi grands dans la paix , qu'illuftres conquérans,
De Tite , & de Trajan rappeller les images.
Par J. Martinot , Valet de Chambre , Hor-
Loger de Sa Majesté .
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Résumé : VERS Présentés au Roi, le lendemain de l'accouchement de Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Comte de Provence, le 17 Novembre 1755.
Le poème célèbre la naissance du Comte de Provence, futur Louis XVIII, le 17 novembre 1755. Présenté au Roi le lendemain de l'accouchement de Madame la Dauphine, il loue cet événement comme un signe des bienfaits divins et souligne l'augmentation du pouvoir et de la famille royale. Le texte prédit que les générations futures admireront l'histoire de ce prince, mettant en avant ses qualités, sa prudence et sa gloire. Il exalte également les exploits et la sagesse du roi Louis, comparant sa descendance à des héros capables de régir l'empire. La puissance des Bourbons est présentée comme garantissant l'avenir et l'espérance, assurant le bonheur des humains. La Seine est évoquée comme témoin des descendants de ces princes, aussi grands en paix qu'en tant que conquérants illustres, rappelant les images de Tite et de Trajan. Le poème est signé par J. Martinot, Valet de Chambre et Horloger de Sa Majesté.
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6
p. 54-55
VERS Présentés au Roi à l'occasion de la naissance de Monseignenr le Comte de Provence, par M. Le Monnier.
Début :
Au milieu d'une nuit obscure, [...]
Mots clefs :
Comte de Provence, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Présentés au Roi à l'occasion de la naissance de Monseignenr le Comte de Provence, par M. Le Monnier.
VERS
Préfentés au Roi à l'occafion de la naissance
de Monfeignenr le Comte de Provence , par
M. Le Monnier.
Aumilieu d'une nuit obſcure , U
Quelle vive clarté ſe répand dans les airs ?
La terre en un inſtant ſe couvre de verdure :
Flore paroît braver la glace des hyvers :
Quel ſpectacle pompeux embellit la nature ?
Sur les bords argentés d'une onde vive & pure ;
S'éleve un tendre lys , l'amour de l'univers .
Mais que vois -je ?.... Du fein de fa tige féconde ,
Sort tout à coup un jeune enfant ;
Afon air doux & triomphant ,
Il paroît être né pour le bonheur du monde.
Tous les Dieux à l'envi , le comblent de leurs
dons :
Minerve lui fourit , la Gloire l'environne ,
La main des Graces le couronne.
Puis-je vous méconnoître , & race des Bourbons ,
A cette majefté dont l'éclat nous étonne !
Croiffez , aimable enfant , fous les yeux de Louis
Joignez à la vertu de votre illuftre mere
La valeur , la bonté de votre auguſte pere ,
Et méritez un jour le beau nom de fon fils.
DECEMBRE. 1755 . SS
Louis à ton bonheur rien ne peut mettre obſtacle.
Tout réuffit au-delà de tes voeux :
Comblés de tes bienfaits , nos coeurs font un
oracle
Qui t'annonce à jamais le fort le plus heureux.
Pourfuis : chaque moment d'un regne glorieux
Doit être confacré par un nouveau miracle.
Préfentés au Roi à l'occafion de la naissance
de Monfeignenr le Comte de Provence , par
M. Le Monnier.
Aumilieu d'une nuit obſcure , U
Quelle vive clarté ſe répand dans les airs ?
La terre en un inſtant ſe couvre de verdure :
Flore paroît braver la glace des hyvers :
Quel ſpectacle pompeux embellit la nature ?
Sur les bords argentés d'une onde vive & pure ;
S'éleve un tendre lys , l'amour de l'univers .
Mais que vois -je ?.... Du fein de fa tige féconde ,
Sort tout à coup un jeune enfant ;
Afon air doux & triomphant ,
Il paroît être né pour le bonheur du monde.
Tous les Dieux à l'envi , le comblent de leurs
dons :
Minerve lui fourit , la Gloire l'environne ,
La main des Graces le couronne.
Puis-je vous méconnoître , & race des Bourbons ,
A cette majefté dont l'éclat nous étonne !
Croiffez , aimable enfant , fous les yeux de Louis
Joignez à la vertu de votre illuftre mere
La valeur , la bonté de votre auguſte pere ,
Et méritez un jour le beau nom de fon fils.
DECEMBRE. 1755 . SS
Louis à ton bonheur rien ne peut mettre obſtacle.
Tout réuffit au-delà de tes voeux :
Comblés de tes bienfaits , nos coeurs font un
oracle
Qui t'annonce à jamais le fort le plus heureux.
Pourfuis : chaque moment d'un regne glorieux
Doit être confacré par un nouveau miracle.
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Résumé : VERS Présentés au Roi à l'occasion de la naissance de Monseignenr le Comte de Provence, par M. Le Monnier.
Le poème célèbre la naissance du Comte de Provence, futur Louis XVIII, en décembre 1755. Une nuit obscure s'illumine soudainement, symbolisant cet événement. La nature se transforme, se couvrant de verdure et de fleurs, et un lys, symbole de pureté, apparaît. Un jeune enfant, né pour le bonheur du monde, reçoit des dons divins : Minerve lui offre la sagesse, la Gloire l'entoure, et les Grâces le couronnent. Le poète reconnaît en cet enfant un membre de la race des Bourbons, admirant sa majesté. Il souhaite que le comte, sous le regard de Louis XV, combine la vertu de sa mère et la valeur et la bonté de son père, méritant ainsi le nom de fils de Louis. Le poème se conclut en affirmant que rien ne peut entraver le bonheur du comte, dont le règne sera marqué par des miracles et des succès constants.
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7
p. 57-58
LA NAISSANCE de Monseigneur le Comte de Provence. MUSETTE. Par M. Thomassin de Juilly, Garde du Corps du Roi ; mise en chant par M. de Buri, Surintendant de la Musique de Sa Majesté.
Début :
Bruyans tambours, fieres trompettes, [...]
Mots clefs :
Comte de Provence, Naissance, Naissance du Comte de Provence, Amour, Voeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA NAISSANCE de Monseigneur le Comte de Provence. MUSETTE. Par M. Thomassin de Juilly, Garde du Corps du Roi ; mise en chant par M. de Buri, Surintendant de la Musique de Sa Majesté.
LA NAISSANCE
de Monfeigneur
le Comte de Provence.
MU. SET TE .
Par M. Thomafin de Juilly , Garde du
Corps du Roi, & mife en chant par M. de..
Buri , Surintendant de la Musique de San
Majefté.
BRuyans tambours , fieres trompettes ,
Faites éclater nos tranfports ;
Au fon de nos tendres mufettes ,
Mêlez pour toujours vos accords ..
Des Dieux vous ferviez la vengeance ,
Maintenant ils font fatisfaits :
N'annoncez plus que leur clémence.
Ne chantez plus que leurs bienfaits.`.
Que tout cede à la douce ivreffe
Que nous inſpire un fi beau jour !
Nous le devons à la tendrefle ,
Puifqu'il eft produit par l'amour.
Libres de foucis & de craintes ,
Livrons-nous aux plus doux loiſirs :
Cv
JS MERCURE DE FRANCE.
Baniffons le trouble & les plaintes ;
Voici le regne des plaifirs.
串
O vous , Race illuftre & féconde ,
Qui rendez l'efpoir à nos voeux !
De Héros rempliffez le Monde :
C'eſt à vous à le rendre heureux.
L'Amour pour embellir nos fêtes ,
Fait régner les Graces , les Ris ;
Mais ce Dieu ne fait des conquêtes
Que pour vous en offrir le prix.
串
Que Lucine à nos voeux propice ,
Préfide à nos jeux , à nos airs !
Que le boccage retentiffe
Du bruit de nos tendres concerts !
Confacrons , Bergers , à la gloire
Et nos chalumeaux & nos voix :
Qu'à jamais fes dons , fa mémoire ,
Soient les délices de nos bois !
A Arc en Barois , le 22 Nouembre 175.5-
de Monfeigneur
le Comte de Provence.
MU. SET TE .
Par M. Thomafin de Juilly , Garde du
Corps du Roi, & mife en chant par M. de..
Buri , Surintendant de la Musique de San
Majefté.
BRuyans tambours , fieres trompettes ,
Faites éclater nos tranfports ;
Au fon de nos tendres mufettes ,
Mêlez pour toujours vos accords ..
Des Dieux vous ferviez la vengeance ,
Maintenant ils font fatisfaits :
N'annoncez plus que leur clémence.
Ne chantez plus que leurs bienfaits.`.
Que tout cede à la douce ivreffe
Que nous inſpire un fi beau jour !
Nous le devons à la tendrefle ,
Puifqu'il eft produit par l'amour.
Libres de foucis & de craintes ,
Livrons-nous aux plus doux loiſirs :
Cv
JS MERCURE DE FRANCE.
Baniffons le trouble & les plaintes ;
Voici le regne des plaifirs.
串
O vous , Race illuftre & féconde ,
Qui rendez l'efpoir à nos voeux !
De Héros rempliffez le Monde :
C'eſt à vous à le rendre heureux.
L'Amour pour embellir nos fêtes ,
Fait régner les Graces , les Ris ;
Mais ce Dieu ne fait des conquêtes
Que pour vous en offrir le prix.
串
Que Lucine à nos voeux propice ,
Préfide à nos jeux , à nos airs !
Que le boccage retentiffe
Du bruit de nos tendres concerts !
Confacrons , Bergers , à la gloire
Et nos chalumeaux & nos voix :
Qu'à jamais fes dons , fa mémoire ,
Soient les délices de nos bois !
A Arc en Barois , le 22 Nouembre 175.5-
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Résumé : LA NAISSANCE de Monseigneur le Comte de Provence. MUSETTE. Par M. Thomassin de Juilly, Garde du Corps du Roi ; mise en chant par M. de Buri, Surintendant de la Musique de Sa Majesté.
Le poème célèbre la naissance du Comte de Provence, futur Louis XVIII, le 22 novembre 1755 à Arc-en-Barrois. Il commence par une invocation aux tambours et trompettes pour annoncer la joie et la clémence divine. Le texte exprime la gratitude pour ce jour heureux, attribué à l'amour et à la tendresse. Il appelle à bannir les soucis et les plaintes pour entrer dans un règne de plaisirs. Le poème s'adresse à une race illustre et féconde, espérant qu'elle remplisse le monde de héros pour le rendre heureux. L'amour est présenté comme le moteur des fêtes, embellissant les célébrations par les grâces et les rires. Le texte souhaite que Lucine, déesse des accouchements, préside aux jeux et aux airs musicaux. Enfin, il invite les bergers à consacrer leurs chalumeaux et leurs voix à la gloire, afin que les dons et la mémoire de cet événement soient à jamais les délices des bois.
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8
p. 218-219
COUPLETS Sur la naissance de Monseigneur le Comte de Provence, chantés à la Comédie Italienne par M. Chanville.
Début :
Allons gai, chers camarades, [...]
Mots clefs :
Comte de Provence, Naissance du Comte de Provence, Comédie-Italienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Sur la naissance de Monseigneur le Comte de Provence, chantés à la Comédie Italienne par M. Chanville.
COUPLETS
Sur la naissance de Monfeigneur
le Comte
de Provence , chantés à la Comédie Italienne
par M. Chanville.
Air : Adieu , ma charmante belle.
ALions gai , chers camarades ,
N'entendez-vous pas l'canon
C'est pour un nouveau Bourbon
Qu'il faut faire des gambades.
DECEMBRE . 1755. 219
Chantons , fêtons en ce jour ,
Ce charmant petit amour.
Pour nous quelle heureuſe chanfe ,
On dit vraiment qu'il eit dru ;
J'n'avons pas trop attendu
Pour un Comte de Provence ;
Dam , c'eft qu'il n'lui manque rien ,
Falloit l'tems pour fair' fi bien.
D'une bel' rofe éclipſée ,
La perte a fait not chagrin ,
La v❜la , grace à not deftin ,
Par un beau lys remplacée.
Chantons , célébrons fans fin.
Not' Dauphine & not' Dauphin.
Sur la naissance de Monfeigneur
le Comte
de Provence , chantés à la Comédie Italienne
par M. Chanville.
Air : Adieu , ma charmante belle.
ALions gai , chers camarades ,
N'entendez-vous pas l'canon
C'est pour un nouveau Bourbon
Qu'il faut faire des gambades.
DECEMBRE . 1755. 219
Chantons , fêtons en ce jour ,
Ce charmant petit amour.
Pour nous quelle heureuſe chanfe ,
On dit vraiment qu'il eit dru ;
J'n'avons pas trop attendu
Pour un Comte de Provence ;
Dam , c'eft qu'il n'lui manque rien ,
Falloit l'tems pour fair' fi bien.
D'une bel' rofe éclipſée ,
La perte a fait not chagrin ,
La v❜la , grace à not deftin ,
Par un beau lys remplacée.
Chantons , célébrons fans fin.
Not' Dauphine & not' Dauphin.
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Résumé : COUPLETS Sur la naissance de Monseigneur le Comte de Provence, chantés à la Comédie Italienne par M. Chanville.
Le texte célèbre la naissance du Comte de Provence, futur Louis XVIII, en décembre 1755. M. Chanville chante à la Comédie Italienne la joie des Français. La naissance, qualifiée de 'heureuse chance', remplace une perte récente, symbolisée par une 'belle rose'. Le couplet se termine par une célébration du Dauphin et de la Dauphine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 200-211
Relation des Fêtes données à Aix, au College Royal-Bourbon, de la Compagnie de Jesus, à l'occaison de la naissance de Monseigneur le Comte de Provence.
Début :
Les Colleges n'étant pas moins destinés à former de bons citoyens à l'Etat, [...]
Mots clefs :
Comte de Provence, Naissance, Fêtes, Prince, Sa Majesté, Contrées de France, Bénédiction
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texteReconnaissance textuelle : Relation des Fêtes données à Aix, au College Royal-Bourbon, de la Compagnie de Jesus, à l'occaison de la naissance de Monseigneur le Comte de Provence.
Relation des Fêtes données à Aix , au College
Royal- Bourbon , de la Compagnie de Jefus,
à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence .
LES Colleges n'étant pas moins deftinés à former
de bons citoyens à l'Etat , que des Sujets à
la République des Lettres , il n'eft pas furprenant
que ceux qui en ont la direction , dans les
événemens où nos Princes & la patrie font intéreffés
, excitent leurs jeunes Eleves à y prendre
part. La naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence étoit une époque trop favorable ,
pour que le College Royal - Bourbon des Jéfuites
AVRIL. 1756. 201
ne la célébrât pas . Il auroit cru négliger une
portion précieufe de l'éducation publique confiée
à fes foins , & manquer à ce qu'il doit à l'augufte
maifon des Bourbons fes fondateurs , s'il
avoit retenu captifs les tranfports de fa joie &
de fa reconnoiffance. C'eft dans ces vues qu'il
a donné quelques fêtes où la Religion & les
Beaux- Arts ont préfidé.
Le Vendredi matin , fecond jour de la nouvelle
année 1756 , elles furent annoncées par
diverfes décharges de boîtes . Vers les 11 heures ,
le P. Dufferre , l'un des Profeffeurs de Rhétorique
, prononça un Difcours François fur cet heureux
événement , en préſence de MM . les Confuls
& Affeffeurs d'Aix , Procureurs du Pays de
Provence , du Confeil de Ville , & d'une affemblée
des plus nombreufes & des plus brillantes
qu'on eût vues depuis long-temps. Ce qui fait
ehouer ces fortes de génethliaques , c'est que
pour l'ordinaire ils adoptent des idées trop vagues
, des préfages peu fondés , & qu'on y répete
ce qui a été déja dit bien des fois . Pour éviter
cet écueil , l'Orateur n'a envisagé la naiflance
du Prince dont il s'agit , que par l'intérêt qu'y
trouve la Provence . Mais il va nous tracer luimême
le plan de fon difcours , & nous en montrer
toute l'économie dans un exorde confacré en
grande partie à l'éloge des Bourbons.
Tandis que la Maifon puiffante , longtemps
rivale de nos Rois , & qui pendant tant de fiecles
a occupé le trône des Céfars , n'a pu échapper au
naufrage , ni continuer de donner des héritiers à
Charles V, Louis voit fa poftérité s'accroître , fe
perpétuer fous fes yeux , le fceptre affermi , la
fucceffion toujours plus affurée dans fon augufte
famille , le trône entouré de nouveaux foutiens ,
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
& la tranquillité publique porter fur un plus
grand nombre d'appuis.
Ces grands objets qui ouvrent un vafte champ
à l'éloquence , & qui intéreffent tout coeur François
, je pourrois ici les peindre , & annoncer la
fplendeur que jettera fur le royaume le Prince
naiffant. J'évoquerois , j'interrogerois les mânes
des ayeux célebres , à qui il doit fon origine , &
indiquant rapidement ces grands Hommes , ces
grands Rois à qui l'antiquité payenne eût élevé
des Temples , & aufquels l'admiration , la reconnoiffance
, ont parmi nous dreffé des autels dans
les coeurs , je dirois : Peuples , mefurez la gloire
du nouveau Bourbon fur celle de fes ancêtres ;
parce qu'ils ont été , préfagez ce qu'il fera . Il eft
du fang des Héros, de ce fang fait pour donner des
Rois au monde , ou pour les protéger , de ce fang
qui affis fur les trônes de France , d'Espagne , de
Naples , de Sicile, de Parme , fait partout des heureux
, & rend le joug de la Royauté préférable à la
liberté la plus douce. Un Bourbon en naiffant ,
averti par je ne fçais quel cri du coeur , d'afpirer
à une grandeur fupérieure à celle de fon rang.
Marchant au milieu des trophées de fes ayeux ,
invefti des rayons de leur gloire , entouré des
plus beaux modeles , témoin des titres illuftres
de Saint , de Grand , de Jufte , de Bien-aimé
titres que l'adulation ne prodigua point , que la
vérité a donnés , que l'envie elle -même n'a pu
refufer , partout où il porte les yeux , il voit
des traces d'héroïfme , des ftatues élevées à leur
magnanimité. Tous les livres , tous les tableaux ,
font l'hiftoire de leurs triomphes. A peine fçaurat'il
bégayer qu'on lui parlera de Fontenoi ,
de
Lawfeld , des Provinces que le courage de fon
ayeul a conquifes , & que fa modération a tendues
; on lui dira qu'interrompant lui- même le
eft
AVRIL 1756. 203
cours de fes exploits , & pofant de plein gré fon
tonnerre , il a préféré la conquête des coeurs à
toutes les autres victoires . Avec des exemples fi
voifins , des encouragemens fi puiffans , ne ſeroit-
ce pas une espece de prodige que ce Prince
vînt à dégénérer , & que des aigles qui ont porté
hardiment leur vol dans les cieux ,
n'euffent engendré
qu'une timide colombe ?
Tels font les augures que je formerois à la
gloire de la Nation , fi je n'avois pas à célébrer
la naiffance d'un Comte de Provence. Mais cette
dénomination demande des traits moins généraux
, & plus propres à exprimer l'intérêt particulier
que vous prenez à cet événement . Bor-
"
nons-nous donc à féliciter la Provence de l'honneur
qu'elle a de donner fon nom à l'augufte
enfant qui vient de naître , & effayons de réfoudre
deux queftions qui femblent embraffer tout
ce qu'offre ce fujet. Qu'est- ce qui a procuré à la
Provence une diftinction fi glorieuſe & que
doit-elle en attendre ? Je trouve qu'elle en eft
redevable à l'amour du Roi pour cette Province
& à l'attachement de cette Province pour nos
Rois. Que doit-elle s'en promettre ? La protec
tion la plus fignalée ; diftinction , par conféquent
, la plus glorieufe dans fes caufes , la plus
avantageufe dans fes effets.
Pour vous donner une idée de cette piece d'éloquence
, citons- en quelques morceaux qui
vous feront connoître le ton & la maniere de
P'Auteur.
La faveur dont la Provence vient d'être honorée
, n'eft point une de ces démonſtrations d'eftime
& de bienveillance qu'on fçait fi bien affecter
dans les Cours , démonftrations verbales &
extérieures que la politique , que la néceflité des
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
conjonctures arrache fouvent & dont on fe fert
quelquefois pour payer le mérite & les fervices
. C'eft une marque non fufpecte , non équivoque
, à laquelle on ne fçauroit méconnoître
les fentimens favorables du Prince à notre égard.
Ce n'eft point une de ces graces qui tombent
uniquement fur quelques particuliers qu'on
éleve aux premieres charges , tandis que le corps
entier refte dans la pouffiere. Celle dont il s'agit
intéreffe toute la Province. Ce n'eft point un de
ces témoignages d'attachement , connus feulement
de la perfonne qui les reçoit & qui n'éclatent
point au- dehors , qu'on donne dans le fecret ,
& qu'on peut défavouer en public . Rien de fi folemnel
que le témoignage d'affection donné à
cette province . En nommant fon auguſte petitfils
Comte de Provence , le Roi dit à toute l'Europe
, dit au monde entier attentif à ſes démarches
, que la Provence eft une contrée privilé
giée & favorite , que c'est un nom qui lui eft cher,
& qu'il met dans fa famille pour avoir occafion
de l'entendre fouvent répéter .
L'Orateur prouve enfuite que l'affection du
Roi pour la Provence , eft l'unique caufe qui aic
pu lui procurer une diftinction li glorieufe ; que
ce n'étoit point une obligation qu'il eût à remplir
, ni un ufage qu'il fallut refpecter.
Le Dauphiné compte avec raifon parmi fes
plus belles prérogatives , celle de donner fon nom
à l'héritier préfomptif de la Couronne . Mais fans
prétendre dégrader fes privileges , ne peut-on pas
dire que le nom de Dauphin eft moins une preuve
de la bienveillance de nos Rois que de leur
juftice, une grace qu'ils accordent , qu'une dette
qu'ils acquittent Ici fans être déterminé par le
devoir , ou averti par la coutume , fans trouver
AVRIL. 1756. 205
dans l'espace de trois ficcles la moindre trace d'une
pareille prédilection , Louis n'écoutant que fon
amour pour cette Province , veut être le premier
à lui donner cette marque de préférence , & qu'une
fi brillante époque pour elle date de fon regne :
attention précieufe du Souverain que la Provence
doit mettre dans les faftes de fa gloire . Eh quoi !
fi le moindre figne de bonté de la part de ces maîtres
du monde eft remarqué avec foin ; fi un coup
d'oeil favorable jetté comme par hazard , fi un
éloge échappé eft recueilli avec tranfport , une
faveur auffi réfléchie , auſſi déciſive , auffi intéreffante
, trouveroit - elle des coeurs froids & diftraits
?
La diftinction que reçoit la Provence , n'eft pas
feulement la preuve de l'attachement du Roi pour
cette Province ; c'eft encore la récompenfe de
l'attachement de cette Province pour nos Rois.
Ici on met fous un feul point de vue les principaux
monumens de zele & de fidélité par lesquels
les Provençaux ont fignalé leur amour pour nos
Souverains ; leurs exploits , les fervices qu'ils ont
rendus à la Monarchie lorfque leur Pays eft devenu
le théâtre de la guerre. Chaque coup de pinceau
eft un nouveau trait glorieux à la Provence .
Trois fois l'Autriche eft venu fondre dans ces
contrées avec des forces redoutables , & trois fois
cette aigle , qui comptant fur une proie certaine ,
avoit pris fon effor vers la Provence , a été obligée
de revoler vers les lieux d'où elle étoit partie
; ces armées nombreufes qui avoient inondées
vos villes , ont été diffipées comme l'ombre , &
ceux qui ont échappé au carnage , obligés honteufement
de s'enfuir , n'ont emporté avec eux que le regret
d'avoir
ofé attaquer
une nation
f
fidèle
& fi formidable
,
206 MERCURE DE FRANCE.
L'Orateur fait une mention particuliere de la derniere
irruption des Autrichiens en 1746. Il peint
avec les plus vives couleurs les défaftres aufquels
la Provence fut alors en proie , & les efforts héroïques
qu'elle oppofa aux armées ennemies . Et
il conclut ainfi ce morceau :
Mais quelle contrée fournit à la France dans
ces temps critiques des reffources fi prodigieufes ?
Eft-ce un de ces pays riches de leur propre fonds ,
qui dans l'étendue ou la fertilité, trouvent de quoi
faire les plus grandes avances , & fubvenir aux
plus preffans befoins ? Non : c'eſt la Province la
plus ftérile du Royaume , & une des plus petites ;
où la terre eft aufli ingrate que le ciel y eft beau ,
& qui produit le fuperflu fans donner le néceffaire.
Mais que ne peut pas l'amour de la patrie , le zele
pour fon Roi ? Il multiplie , il étend les reffources ;
il fupplée à la ftérilité du fol ; il compenfe le défaut
des richeffes ; il adoucit les charges les plus
pefantes. C'eft cet amour qui foutient , qui confole
la Province malgré l'épuifement où fes derniers
efforts l'ont réduite , & dont elle n'eft
encore relevée .
pas
La protection fignalée que la Provence trouvera
dans le Prince nouveau -né , & les effets avantageux
qui en réfulteront , font la matiere de la
feconde partie.
N'eft-il pas naturel , dit le P. D. que le nom
de Comte de Provence , nom qui n'ayant point
été porté avant lui par aucun fils de nos Rois
doit l'affecter d'avantage , lui rappelle fans ceffe
les intérêts de cette Province , foit pour elle un
titre à fa protection , un gage de fes bienfaits ?
Rien ne demande d'être manié avec plus d'art
que la louange. Elle n'offre que des fadeurs aux
Héros même qui en font l'objet , fi fe préfentant
AVRIL. 1756 . 207
trop à découvert , elle ne ménage point la modeltie
de ceux dont on prétend flatter l'amour - propre.
Notre Orateur a brûlé quelques grains d'encens
en l'honneur de ce qu'il y a de plus illuftre
dans la Provence ; mais c'eft un encens léger &
qui n'eft nullement infipide. Il fuppofe que dès
que la raifon aura éclairé le Comte de Provence ,
la Province dont il tire fon nom , fera un des premiers
objets de fa curiofité ; que charmé de connoître
cette contrée , fes moeurs , fes grands
hommes , on lui vantera la magnificence de cette
ville ( d'Aix , ) le ton d'aménité & de politeffe qui
y regne , ton qui fembloit être affecté à la Ĉapitale
du Royaume , & c. Les diverſes réponſes
faites au jeune Prince pour fatisfaire fa curiofité ,
renferment les éloges des Cours fouveraines , des
chefs qu'elles ont à leur tête , de M. le Duc de
Villars , Gouverneur de la Provence , de la Nobleffe
, des Provençaux célebres dans le monde
fçavant , &c. éloges d'autant plus flatteurs qu'ils
font plus indirects , & qu'en peu de mots ils offrent
un grand fens .
Quel défir ces divers Portraits n'infpireront- ils
pas au jeune Comte d'avoir près de fa perfonne
quelques membres de cette Province ? Pourra-t'il
les connoître fans aimer l'enjouement du caractere
, la vivacité de l'efprit qui femblent être
comme un des fruits de ce terroir ? & pour combien
l'honneur de l'approcher va- t'il être l'origine
de la fortune & l'époque de l'élévation ? ( 1 )
(1 ) Un détail intéreffant préfage ici aux divers
Habitans de la Provence , au Patriote zélé , au
Guerrier courageux , à l'amateur éclairé , à l'induftrieux
Négociant des avantages relatifs à leur
état. Cette Peinture riante femble contrafter avec
208 MERCURE DE FRANCE.
.....
Ainfi le Seigneur dont le bras vient de s'appéfantir
fi fenfiblement fur une grande partie de
la Provence , veut bien lui ménager des motifs de
confolation. Tandis que les fleuves qui l'arrofent
franchiffant leurs barrieres , & s'ouvrant des routes
nouvelles , ont montré , après leur débordement
l'aviron fendant les flots , là où deux jours
auparavant la charrue ouvroit la terre ; tandis
que ce nouveau déluge offroit l'affreux fpectacle
de digues renverfées , d'édifices écroulés , de
champs inondés, de troupeaux noyés , d'hommes
enfevelis fous les eaux , de malheureux placés entre
la famine & le naufrage , & du haut de leurs
maifons appellant avec des cris plaintifs la charité
bienfaifante ; dans le temps que nos Contrées
étoient ainsi déſolées par ces fléaux que je ne fais
qu'ébaucher , & qui auroient été bien plus funef
tes fans l'active prudence des Peres de la Patrie ,
du milieu des maux , du fein des défaftres , nous
voyons fortir l'efpérance. Sur l'horizon de laFrance
brille un nouvel Aftre dont l'éclat rejaillit en
grande partie fur cette Province , & lui annonce
les plus beaux jours. Des mains de Louis , la Provence
reçoit fon petit-fils pour Génie tutélaire ,
pour Protecteur . Et quel Protecteur ! Eft - ici un
de ces foibles appuis qui manquent aux befoins
les plus preffans , de ces fragiles rofeaux que le
moindre foufe déracine , de ces favoris dont la
chûte eft fort voisine de l'élévation , que la bizarre
fortune montre tantôt au faîte de la grandeur
, tantôt rampant dans la pouffiere , aujourd'hui
excitant l'envie , demain objet de compaffion
Le fang , la qualité du Protecteur dont je
le tableau des malheurs qui ont derniérement affligé
cette Province .
AVRIL. 1756. 209
parle , le mettent à l'abri de ces étranges viciffitude
; fon rang les place néceffairement , & toujours
à la fource des graces , & nos espérances ne
fçauroient fe repofer fur un appui plus folide.,
Il feroit trop long de fuivre l'Orateur dans la
defcription brillante des Fêtes magnifiques que
M. le Duc de Villars & la Ville d'Aix ont données
à l'occafion de cette naiffance. On y rappelle les
abondantes largeffes d'un Prélat ( 1 ) refpectable,
qui font allés chercher l'indigence dans les fombres
réduits où elle fe cachoit , y ont porté la joie ,.
& en ont chaffé la faim.
Verfez , ô mon Dieu ; les plus amples bénédictions
fur cette Princeffe , dont la fécondité eft le
prix de la vertu , qui au milieu des écueils & des
naufrages , montrant la piété la plus pure, fuit de fi
près les traces de l'Efther de la France . Continuez
à combler de vos bienfaits fon augufte époux qui ,
deftiné à retracer à nos neveux les regnes les plus
fortunés , donné par fes rares qualités les plus belles
efpérances. Plus flatté d'être le premier fujet
du Roi , que l'héritier préfomptif de la Couronne ,
ce Prince n'ambitionne point de porter la main
aux rênes d'un empire qu'il gouvernera toujours
trop tôt au gré de ſes défirs ; & à l'ombre d'un trône
où il voit affife avec Louis XV, la juftice , la clémence
, la valeur , la générofité , il fe contente de
fe montrer , de fe rendre toujours plus digne de
régner. Ne ceffez point , Seigneur , de préfider aux
Confeils de ce Roi bien aimé, pour qui renaiffent
ces jours brillans de la France , ou Louis XIV
voyoit fon Fils unique pere de trois Princes , &
une nombreuſe poſtérité affermir toujours plus le
Sceptre dans fon augufte maiſon : mais dans cette
(1) Monseigneur l'Archevêque d'Aix.
210 MERCURE DE FRANCE.
:
diftribution de faveurs céleftes , réſervez en une
part abondante pour le Comte de Provence . Ce
ne font point des profpérités humaines, des couronnes
fragiles que nous ſouhaitons , que nous deman-
'dons pour ce Prince , nos voeux ont un objet plus
fublime puiffe -t'il avoir pour la Religion un
amour inaltérable ,& la maintenir dans fes droits, à
l'exemple de fes ayeux , plus touchés du nom de
très- Chrétien , de Fils aîné de l'Eglife , que des
titres fuperbes de monarque & de conquérant !
que tandis que les arts éclaireront fon efprit , les
vertus forment fon coeur ! Ecartez de fa perfonne
ces hommes dangereux qui fe font une gloire
d'être les Miniftres des paffions des Princes, d'éveil
ler la volupté , & de lui prêter de nouvelles armes
contre leur foibleffe ! Qu'il détefte la flatterie, dont
le poifon defféche les plus beaux fruits du naturel
& de l'éducation ! & que la vérité trop fouvent
captive dans les palais des Grands , à travers les
barrieres & les nuages qu'on lui oppofe , faffe retentir
à fon oreille fes divins oracles ! Pour s'exciter
à l'héroïſme qu'il jette de temps en temps les yeux
fur les Bourbons fes ancêtres ! Non ; il na pas befoin
d'encouragemens étrangers : les exemples domeftiques
fuffifent ; & fans fortir de ſa famille , il trouvera
Augufte , Titus , Antonin & Trajan.
Ce Difcours qui parut être fort goûté des connoiffeurs
, fut fuivie d'une grand'Meſſe en Mufique.
Au fortir de l'Eglife , on trouva la Cour du College
tapiffée & décorée d'emblêmes , de devifes ,
de vers en plufieurs langues , où les Muſes Grecques
, Latines , Italiennes , Françoiſes & Provençales
, payoient à l'envi un tribut poétique au
nouveau Comte de Provence.
Le 3 & le MM. les Penfionnaires S repréfenteAVRIL.
1756. 211
rent un Drame Héroïque intitulé le Génie Tutélaire
, en trois Actes en vers , mêlé de chants &
de danfes. Cette Piece de Théâtre , de la compofition
du P. de Beaumanoir , Profeffeur de Rhétorique
, fut très -bien exécutée & généralement
applaudie. Elle offroit fous le voile de l'allégorie ,
tout ce qui peut intéreffer la Provence . Le concours
de Spectateurs qu'elle attira , fut prodigieux:
MM. les Confuls , à la tête du Confeil de Ville , ont
préfidés à la premiere repréſentation. M. le Duc
de Villars , Mefdames de la Tour , premieres Préfidentes
& Intendantes , & profque tout ce qu'il y
a de perfonnes de diftinction dans cette Ville ,
ont honoré la feconde de leur préfeace . Une brillante
illumination chaque jour a terminé la fête.
Royal- Bourbon , de la Compagnie de Jefus,
à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence .
LES Colleges n'étant pas moins deftinés à former
de bons citoyens à l'Etat , que des Sujets à
la République des Lettres , il n'eft pas furprenant
que ceux qui en ont la direction , dans les
événemens où nos Princes & la patrie font intéreffés
, excitent leurs jeunes Eleves à y prendre
part. La naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence étoit une époque trop favorable ,
pour que le College Royal - Bourbon des Jéfuites
AVRIL. 1756. 201
ne la célébrât pas . Il auroit cru négliger une
portion précieufe de l'éducation publique confiée
à fes foins , & manquer à ce qu'il doit à l'augufte
maifon des Bourbons fes fondateurs , s'il
avoit retenu captifs les tranfports de fa joie &
de fa reconnoiffance. C'eft dans ces vues qu'il
a donné quelques fêtes où la Religion & les
Beaux- Arts ont préfidé.
Le Vendredi matin , fecond jour de la nouvelle
année 1756 , elles furent annoncées par
diverfes décharges de boîtes . Vers les 11 heures ,
le P. Dufferre , l'un des Profeffeurs de Rhétorique
, prononça un Difcours François fur cet heureux
événement , en préſence de MM . les Confuls
& Affeffeurs d'Aix , Procureurs du Pays de
Provence , du Confeil de Ville , & d'une affemblée
des plus nombreufes & des plus brillantes
qu'on eût vues depuis long-temps. Ce qui fait
ehouer ces fortes de génethliaques , c'est que
pour l'ordinaire ils adoptent des idées trop vagues
, des préfages peu fondés , & qu'on y répete
ce qui a été déja dit bien des fois . Pour éviter
cet écueil , l'Orateur n'a envisagé la naiflance
du Prince dont il s'agit , que par l'intérêt qu'y
trouve la Provence . Mais il va nous tracer luimême
le plan de fon difcours , & nous en montrer
toute l'économie dans un exorde confacré en
grande partie à l'éloge des Bourbons.
Tandis que la Maifon puiffante , longtemps
rivale de nos Rois , & qui pendant tant de fiecles
a occupé le trône des Céfars , n'a pu échapper au
naufrage , ni continuer de donner des héritiers à
Charles V, Louis voit fa poftérité s'accroître , fe
perpétuer fous fes yeux , le fceptre affermi , la
fucceffion toujours plus affurée dans fon augufte
famille , le trône entouré de nouveaux foutiens ,
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
& la tranquillité publique porter fur un plus
grand nombre d'appuis.
Ces grands objets qui ouvrent un vafte champ
à l'éloquence , & qui intéreffent tout coeur François
, je pourrois ici les peindre , & annoncer la
fplendeur que jettera fur le royaume le Prince
naiffant. J'évoquerois , j'interrogerois les mânes
des ayeux célebres , à qui il doit fon origine , &
indiquant rapidement ces grands Hommes , ces
grands Rois à qui l'antiquité payenne eût élevé
des Temples , & aufquels l'admiration , la reconnoiffance
, ont parmi nous dreffé des autels dans
les coeurs , je dirois : Peuples , mefurez la gloire
du nouveau Bourbon fur celle de fes ancêtres ;
parce qu'ils ont été , préfagez ce qu'il fera . Il eft
du fang des Héros, de ce fang fait pour donner des
Rois au monde , ou pour les protéger , de ce fang
qui affis fur les trônes de France , d'Espagne , de
Naples , de Sicile, de Parme , fait partout des heureux
, & rend le joug de la Royauté préférable à la
liberté la plus douce. Un Bourbon en naiffant ,
averti par je ne fçais quel cri du coeur , d'afpirer
à une grandeur fupérieure à celle de fon rang.
Marchant au milieu des trophées de fes ayeux ,
invefti des rayons de leur gloire , entouré des
plus beaux modeles , témoin des titres illuftres
de Saint , de Grand , de Jufte , de Bien-aimé
titres que l'adulation ne prodigua point , que la
vérité a donnés , que l'envie elle -même n'a pu
refufer , partout où il porte les yeux , il voit
des traces d'héroïfme , des ftatues élevées à leur
magnanimité. Tous les livres , tous les tableaux ,
font l'hiftoire de leurs triomphes. A peine fçaurat'il
bégayer qu'on lui parlera de Fontenoi ,
de
Lawfeld , des Provinces que le courage de fon
ayeul a conquifes , & que fa modération a tendues
; on lui dira qu'interrompant lui- même le
eft
AVRIL 1756. 203
cours de fes exploits , & pofant de plein gré fon
tonnerre , il a préféré la conquête des coeurs à
toutes les autres victoires . Avec des exemples fi
voifins , des encouragemens fi puiffans , ne ſeroit-
ce pas une espece de prodige que ce Prince
vînt à dégénérer , & que des aigles qui ont porté
hardiment leur vol dans les cieux ,
n'euffent engendré
qu'une timide colombe ?
Tels font les augures que je formerois à la
gloire de la Nation , fi je n'avois pas à célébrer
la naiffance d'un Comte de Provence. Mais cette
dénomination demande des traits moins généraux
, & plus propres à exprimer l'intérêt particulier
que vous prenez à cet événement . Bor-
"
nons-nous donc à féliciter la Provence de l'honneur
qu'elle a de donner fon nom à l'augufte
enfant qui vient de naître , & effayons de réfoudre
deux queftions qui femblent embraffer tout
ce qu'offre ce fujet. Qu'est- ce qui a procuré à la
Provence une diftinction fi glorieuſe & que
doit-elle en attendre ? Je trouve qu'elle en eft
redevable à l'amour du Roi pour cette Province
& à l'attachement de cette Province pour nos
Rois. Que doit-elle s'en promettre ? La protec
tion la plus fignalée ; diftinction , par conféquent
, la plus glorieufe dans fes caufes , la plus
avantageufe dans fes effets.
Pour vous donner une idée de cette piece d'éloquence
, citons- en quelques morceaux qui
vous feront connoître le ton & la maniere de
P'Auteur.
La faveur dont la Provence vient d'être honorée
, n'eft point une de ces démonſtrations d'eftime
& de bienveillance qu'on fçait fi bien affecter
dans les Cours , démonftrations verbales &
extérieures que la politique , que la néceflité des
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
conjonctures arrache fouvent & dont on fe fert
quelquefois pour payer le mérite & les fervices
. C'eft une marque non fufpecte , non équivoque
, à laquelle on ne fçauroit méconnoître
les fentimens favorables du Prince à notre égard.
Ce n'eft point une de ces graces qui tombent
uniquement fur quelques particuliers qu'on
éleve aux premieres charges , tandis que le corps
entier refte dans la pouffiere. Celle dont il s'agit
intéreffe toute la Province. Ce n'eft point un de
ces témoignages d'attachement , connus feulement
de la perfonne qui les reçoit & qui n'éclatent
point au- dehors , qu'on donne dans le fecret ,
& qu'on peut défavouer en public . Rien de fi folemnel
que le témoignage d'affection donné à
cette province . En nommant fon auguſte petitfils
Comte de Provence , le Roi dit à toute l'Europe
, dit au monde entier attentif à ſes démarches
, que la Provence eft une contrée privilé
giée & favorite , que c'est un nom qui lui eft cher,
& qu'il met dans fa famille pour avoir occafion
de l'entendre fouvent répéter .
L'Orateur prouve enfuite que l'affection du
Roi pour la Provence , eft l'unique caufe qui aic
pu lui procurer une diftinction li glorieufe ; que
ce n'étoit point une obligation qu'il eût à remplir
, ni un ufage qu'il fallut refpecter.
Le Dauphiné compte avec raifon parmi fes
plus belles prérogatives , celle de donner fon nom
à l'héritier préfomptif de la Couronne . Mais fans
prétendre dégrader fes privileges , ne peut-on pas
dire que le nom de Dauphin eft moins une preuve
de la bienveillance de nos Rois que de leur
juftice, une grace qu'ils accordent , qu'une dette
qu'ils acquittent Ici fans être déterminé par le
devoir , ou averti par la coutume , fans trouver
AVRIL. 1756. 205
dans l'espace de trois ficcles la moindre trace d'une
pareille prédilection , Louis n'écoutant que fon
amour pour cette Province , veut être le premier
à lui donner cette marque de préférence , & qu'une
fi brillante époque pour elle date de fon regne :
attention précieufe du Souverain que la Provence
doit mettre dans les faftes de fa gloire . Eh quoi !
fi le moindre figne de bonté de la part de ces maîtres
du monde eft remarqué avec foin ; fi un coup
d'oeil favorable jetté comme par hazard , fi un
éloge échappé eft recueilli avec tranfport , une
faveur auffi réfléchie , auſſi déciſive , auffi intéreffante
, trouveroit - elle des coeurs froids & diftraits
?
La diftinction que reçoit la Provence , n'eft pas
feulement la preuve de l'attachement du Roi pour
cette Province ; c'eft encore la récompenfe de
l'attachement de cette Province pour nos Rois.
Ici on met fous un feul point de vue les principaux
monumens de zele & de fidélité par lesquels
les Provençaux ont fignalé leur amour pour nos
Souverains ; leurs exploits , les fervices qu'ils ont
rendus à la Monarchie lorfque leur Pays eft devenu
le théâtre de la guerre. Chaque coup de pinceau
eft un nouveau trait glorieux à la Provence .
Trois fois l'Autriche eft venu fondre dans ces
contrées avec des forces redoutables , & trois fois
cette aigle , qui comptant fur une proie certaine ,
avoit pris fon effor vers la Provence , a été obligée
de revoler vers les lieux d'où elle étoit partie
; ces armées nombreufes qui avoient inondées
vos villes , ont été diffipées comme l'ombre , &
ceux qui ont échappé au carnage , obligés honteufement
de s'enfuir , n'ont emporté avec eux que le regret
d'avoir
ofé attaquer
une nation
f
fidèle
& fi formidable
,
206 MERCURE DE FRANCE.
L'Orateur fait une mention particuliere de la derniere
irruption des Autrichiens en 1746. Il peint
avec les plus vives couleurs les défaftres aufquels
la Provence fut alors en proie , & les efforts héroïques
qu'elle oppofa aux armées ennemies . Et
il conclut ainfi ce morceau :
Mais quelle contrée fournit à la France dans
ces temps critiques des reffources fi prodigieufes ?
Eft-ce un de ces pays riches de leur propre fonds ,
qui dans l'étendue ou la fertilité, trouvent de quoi
faire les plus grandes avances , & fubvenir aux
plus preffans befoins ? Non : c'eſt la Province la
plus ftérile du Royaume , & une des plus petites ;
où la terre eft aufli ingrate que le ciel y eft beau ,
& qui produit le fuperflu fans donner le néceffaire.
Mais que ne peut pas l'amour de la patrie , le zele
pour fon Roi ? Il multiplie , il étend les reffources ;
il fupplée à la ftérilité du fol ; il compenfe le défaut
des richeffes ; il adoucit les charges les plus
pefantes. C'eft cet amour qui foutient , qui confole
la Province malgré l'épuifement où fes derniers
efforts l'ont réduite , & dont elle n'eft
encore relevée .
pas
La protection fignalée que la Provence trouvera
dans le Prince nouveau -né , & les effets avantageux
qui en réfulteront , font la matiere de la
feconde partie.
N'eft-il pas naturel , dit le P. D. que le nom
de Comte de Provence , nom qui n'ayant point
été porté avant lui par aucun fils de nos Rois
doit l'affecter d'avantage , lui rappelle fans ceffe
les intérêts de cette Province , foit pour elle un
titre à fa protection , un gage de fes bienfaits ?
Rien ne demande d'être manié avec plus d'art
que la louange. Elle n'offre que des fadeurs aux
Héros même qui en font l'objet , fi fe préfentant
AVRIL. 1756 . 207
trop à découvert , elle ne ménage point la modeltie
de ceux dont on prétend flatter l'amour - propre.
Notre Orateur a brûlé quelques grains d'encens
en l'honneur de ce qu'il y a de plus illuftre
dans la Provence ; mais c'eft un encens léger &
qui n'eft nullement infipide. Il fuppofe que dès
que la raifon aura éclairé le Comte de Provence ,
la Province dont il tire fon nom , fera un des premiers
objets de fa curiofité ; que charmé de connoître
cette contrée , fes moeurs , fes grands
hommes , on lui vantera la magnificence de cette
ville ( d'Aix , ) le ton d'aménité & de politeffe qui
y regne , ton qui fembloit être affecté à la Ĉapitale
du Royaume , & c. Les diverſes réponſes
faites au jeune Prince pour fatisfaire fa curiofité ,
renferment les éloges des Cours fouveraines , des
chefs qu'elles ont à leur tête , de M. le Duc de
Villars , Gouverneur de la Provence , de la Nobleffe
, des Provençaux célebres dans le monde
fçavant , &c. éloges d'autant plus flatteurs qu'ils
font plus indirects , & qu'en peu de mots ils offrent
un grand fens .
Quel défir ces divers Portraits n'infpireront- ils
pas au jeune Comte d'avoir près de fa perfonne
quelques membres de cette Province ? Pourra-t'il
les connoître fans aimer l'enjouement du caractere
, la vivacité de l'efprit qui femblent être
comme un des fruits de ce terroir ? & pour combien
l'honneur de l'approcher va- t'il être l'origine
de la fortune & l'époque de l'élévation ? ( 1 )
(1 ) Un détail intéreffant préfage ici aux divers
Habitans de la Provence , au Patriote zélé , au
Guerrier courageux , à l'amateur éclairé , à l'induftrieux
Négociant des avantages relatifs à leur
état. Cette Peinture riante femble contrafter avec
208 MERCURE DE FRANCE.
.....
Ainfi le Seigneur dont le bras vient de s'appéfantir
fi fenfiblement fur une grande partie de
la Provence , veut bien lui ménager des motifs de
confolation. Tandis que les fleuves qui l'arrofent
franchiffant leurs barrieres , & s'ouvrant des routes
nouvelles , ont montré , après leur débordement
l'aviron fendant les flots , là où deux jours
auparavant la charrue ouvroit la terre ; tandis
que ce nouveau déluge offroit l'affreux fpectacle
de digues renverfées , d'édifices écroulés , de
champs inondés, de troupeaux noyés , d'hommes
enfevelis fous les eaux , de malheureux placés entre
la famine & le naufrage , & du haut de leurs
maifons appellant avec des cris plaintifs la charité
bienfaifante ; dans le temps que nos Contrées
étoient ainsi déſolées par ces fléaux que je ne fais
qu'ébaucher , & qui auroient été bien plus funef
tes fans l'active prudence des Peres de la Patrie ,
du milieu des maux , du fein des défaftres , nous
voyons fortir l'efpérance. Sur l'horizon de laFrance
brille un nouvel Aftre dont l'éclat rejaillit en
grande partie fur cette Province , & lui annonce
les plus beaux jours. Des mains de Louis , la Provence
reçoit fon petit-fils pour Génie tutélaire ,
pour Protecteur . Et quel Protecteur ! Eft - ici un
de ces foibles appuis qui manquent aux befoins
les plus preffans , de ces fragiles rofeaux que le
moindre foufe déracine , de ces favoris dont la
chûte eft fort voisine de l'élévation , que la bizarre
fortune montre tantôt au faîte de la grandeur
, tantôt rampant dans la pouffiere , aujourd'hui
excitant l'envie , demain objet de compaffion
Le fang , la qualité du Protecteur dont je
le tableau des malheurs qui ont derniérement affligé
cette Province .
AVRIL. 1756. 209
parle , le mettent à l'abri de ces étranges viciffitude
; fon rang les place néceffairement , & toujours
à la fource des graces , & nos espérances ne
fçauroient fe repofer fur un appui plus folide.,
Il feroit trop long de fuivre l'Orateur dans la
defcription brillante des Fêtes magnifiques que
M. le Duc de Villars & la Ville d'Aix ont données
à l'occafion de cette naiffance. On y rappelle les
abondantes largeffes d'un Prélat ( 1 ) refpectable,
qui font allés chercher l'indigence dans les fombres
réduits où elle fe cachoit , y ont porté la joie ,.
& en ont chaffé la faim.
Verfez , ô mon Dieu ; les plus amples bénédictions
fur cette Princeffe , dont la fécondité eft le
prix de la vertu , qui au milieu des écueils & des
naufrages , montrant la piété la plus pure, fuit de fi
près les traces de l'Efther de la France . Continuez
à combler de vos bienfaits fon augufte époux qui ,
deftiné à retracer à nos neveux les regnes les plus
fortunés , donné par fes rares qualités les plus belles
efpérances. Plus flatté d'être le premier fujet
du Roi , que l'héritier préfomptif de la Couronne ,
ce Prince n'ambitionne point de porter la main
aux rênes d'un empire qu'il gouvernera toujours
trop tôt au gré de ſes défirs ; & à l'ombre d'un trône
où il voit affife avec Louis XV, la juftice , la clémence
, la valeur , la générofité , il fe contente de
fe montrer , de fe rendre toujours plus digne de
régner. Ne ceffez point , Seigneur , de préfider aux
Confeils de ce Roi bien aimé, pour qui renaiffent
ces jours brillans de la France , ou Louis XIV
voyoit fon Fils unique pere de trois Princes , &
une nombreuſe poſtérité affermir toujours plus le
Sceptre dans fon augufte maiſon : mais dans cette
(1) Monseigneur l'Archevêque d'Aix.
210 MERCURE DE FRANCE.
:
diftribution de faveurs céleftes , réſervez en une
part abondante pour le Comte de Provence . Ce
ne font point des profpérités humaines, des couronnes
fragiles que nous ſouhaitons , que nous deman-
'dons pour ce Prince , nos voeux ont un objet plus
fublime puiffe -t'il avoir pour la Religion un
amour inaltérable ,& la maintenir dans fes droits, à
l'exemple de fes ayeux , plus touchés du nom de
très- Chrétien , de Fils aîné de l'Eglife , que des
titres fuperbes de monarque & de conquérant !
que tandis que les arts éclaireront fon efprit , les
vertus forment fon coeur ! Ecartez de fa perfonne
ces hommes dangereux qui fe font une gloire
d'être les Miniftres des paffions des Princes, d'éveil
ler la volupté , & de lui prêter de nouvelles armes
contre leur foibleffe ! Qu'il détefte la flatterie, dont
le poifon defféche les plus beaux fruits du naturel
& de l'éducation ! & que la vérité trop fouvent
captive dans les palais des Grands , à travers les
barrieres & les nuages qu'on lui oppofe , faffe retentir
à fon oreille fes divins oracles ! Pour s'exciter
à l'héroïſme qu'il jette de temps en temps les yeux
fur les Bourbons fes ancêtres ! Non ; il na pas befoin
d'encouragemens étrangers : les exemples domeftiques
fuffifent ; & fans fortir de ſa famille , il trouvera
Augufte , Titus , Antonin & Trajan.
Ce Difcours qui parut être fort goûté des connoiffeurs
, fut fuivie d'une grand'Meſſe en Mufique.
Au fortir de l'Eglife , on trouva la Cour du College
tapiffée & décorée d'emblêmes , de devifes ,
de vers en plufieurs langues , où les Muſes Grecques
, Latines , Italiennes , Françoiſes & Provençales
, payoient à l'envi un tribut poétique au
nouveau Comte de Provence.
Le 3 & le MM. les Penfionnaires S repréfenteAVRIL.
1756. 211
rent un Drame Héroïque intitulé le Génie Tutélaire
, en trois Actes en vers , mêlé de chants &
de danfes. Cette Piece de Théâtre , de la compofition
du P. de Beaumanoir , Profeffeur de Rhétorique
, fut très -bien exécutée & généralement
applaudie. Elle offroit fous le voile de l'allégorie ,
tout ce qui peut intéreffer la Provence . Le concours
de Spectateurs qu'elle attira , fut prodigieux:
MM. les Confuls , à la tête du Confeil de Ville , ont
préfidés à la premiere repréſentation. M. le Duc
de Villars , Mefdames de la Tour , premieres Préfidentes
& Intendantes , & profque tout ce qu'il y
a de perfonnes de diftinction dans cette Ville ,
ont honoré la feconde de leur préfeace . Une brillante
illumination chaque jour a terminé la fête.
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Résumé : Relation des Fêtes données à Aix, au College Royal-Bourbon, de la Compagnie de Jesus, à l'occaison de la naissance de Monseigneur le Comte de Provence.
En avril 1756, le Collège Royal-Bourbon des Jésuites à Aix organisa des festivités pour célébrer la naissance du Comte de Provence. Ces événements visaient à former de bons citoyens et à honorer la maison des Bourbons, fondateurs du collège. Le 2 janvier 1756, le Père Dufferre, professeur de rhétorique, prononça un discours en présence de dignitaires locaux et d'une assemblée nombreuse. Il évita les généralités en se concentrant sur l'intérêt de la Provence pour la naissance du prince. Le discours souligna l'amour du roi pour la Provence et l'attachement de la Provence pour la monarchie, illustré par les services rendus lors des invasions autrichiennes. Le Père Dufferre mentionna également les ressources prodigieuses fournies par la Provence malgré sa stérilité, soulignant l'amour patriotique et le zèle pour le roi. Il conclut en espérant que le Comte de Provence, portant le nom de la province, en deviendrait un protecteur et un bienfaiteur. Parallèlement, le texte décrit les ravages causés par des inondations en Provence, avec des digues renversées, des édifices écroulés, des champs inondés, des troupeaux noyés et des hommes ensevelis. Malgré ces malheurs, une lueur d'espoir apparaît avec la naissance du Comte de Provence, présenté comme un appui solide et stable, contrairement aux favoris éphémères. Le Duc de Villars et la ville d'Aix organisèrent des fêtes magnifiques pour célébrer cette naissance, et un prélat respecté porta secours aux indigents. Des prières furent adressées pour la santé et la vertu du Comte de Provence, afin qu'il suive les traces de ses ancêtres illustres et gouverne avec justice et clémence. Les célébrations inclurent une grand-messe et une pièce de théâtre allégorique intitulée 'Le Génie Tutélaire', composée par le Père de Beaumanoir. Les représentations attirèrent un grand nombre de spectateurs distingués et furent marquées par des illuminations brillantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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