Oeuvre commentée (1)
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Oeuvre probablement commentée (1)
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1
p. 179-194
EXTRAIT De la frivolité, Comédie en un Acte & en vers, de M. de Boissy.
Début :
L'Esprit de frivolité, dont le nom même étoit ignoré il y a vingt ans, a fait par degrés tant [...]
Mots clefs :
Frivolité, Français, Opéra, Esprit, Suisse, Paris, Marquis, Madame, Pièce, Arlequin, Comédie, Musique, Anglaise, Amant
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT De la frivolité, Comédie en un Acte & en vers, de M. de Boissy.
EXTRAIT
De lafrivolité,Comédie en un Aile & en
vers , de M. de Boissy.
, dont le nom mêmeétoit
L'Esprit de frivolité
ignoré il y a vingt ans, a fait par degrés tant
de progrès en France
,
qu'il est devenu
, pour ainfL
dire, le caractere, ou du moins la fantaisie de la
Nation. Elle a d'abord protégé tous les Arts & les
ralens agréables,elle s'enestinstruite pour (on,
amusement: voilà le bon emploi. Mais ensuite
s'appliquant sérieusement àce qu'ils ont de fri
vole, elle en a fait sa premiere occupation
, 5C
:voilà l'abus. Etcom
bientôt son affaire capitale
me de l'abus on passe ordinairement à l'excès,
son goût a redoublé pour eux èè; qu'ils ont paru
siccessivement sous un habit étranger, au point
q-uil a dégeneré en tlUnle,!-{ qu'il les a préferes
~auxsenspropres.C'est cenouveauridicule,ou
plutôt ce mal épidemique que l'Auteur a eu lc
courage d'attaquer en plein Théâtre
,
mais avec
toute la circonspection d'un prudent Médecin ,
qui ménage son malade & tâche de l'égayer pour
le guérir plus Jurement. Le spécifiqne a heureu
sement réiifll
; le François, qui parmi ses bonnes
qualités a celle d'entendre parfaitement la rail
lerie, & de rire le premier de les écarts,s'est
prêté à la plaisanterie de la meilleure grâce du
monde.U a senti que laleçon n'avoir rien d'offen
sant, & qu'elle étoit vraiment philosophique ;
sous,
un air de badinage ill'a goûtée en conséquence;
, le plus unanime &le
plus fouteru
,
est le prix dont il l'a généreusement
& le succès le plus grand
payée. Exempledigne d'être imité par plusieurs
de ses voisins, donc la vertu n'est pas desouffrir
patiemment qu'on le badine en public
, même
pour son utilité. Pam
aoublié dans cette occa
sion que laPiéceétoit jouée auThéâtre Italien,,
où il est du mauvais ton de trouver bonne une
Comédie Françoise. Il a jugé l'ouvrage par lui
même
, & lui a accordé toutel'estimequ'ileût p:
ebrenir dans la bouche des Afteurs du fauxbourg
Saint-Germain. Mais ce qu'il y a de plus lfnrreur
pour M de Body, c'est que laCour & la Vi!:e
ont témoigné tout haut qu'elles croient charmées
probité
de sa réussite; le talent a recueilli le fruit de la
plaisir rare Se pur dont jouissent peu
,
d'Ecrivair.s.
L'Hyverouvre la Piéce avec laFrivolicé,qui
lui fait compliment sur sa parure il lui répond
qu'il s'est paré exprès pourelle, & qu'il étoit im
patient de la revoir.
Pour vous., dit-il ,
j'étens mesdroits sur toutes les
[airons;
Je racourcis PAutoomc, & Couventje recule:
lesrofes du Printems, qu'allarment mes glaçons.
Je fais trembler l'Eté
,
quelque feu qui le brûle,
Et pour vous je ramene ici les aquilons
Dans le fort de la canicule.
Elle lui fait entendre qu'il fait murmurer Paris,
f\f cet empressement qui le géle, ajourant cepense
dant qu'il est sa faisonfavorire, puisqu'il rap
pelle tous les ris & les jeux avec lui. Ensuite elle
é:ab!ic son pouvoir
; j'ai pris, dit-elle
, les traits
d'une jeune veuve de finance, & je résiste dans.,
son richeHôtel.
J'attire ici toute la France ,
Dont je suis la divinité
Legere, vive
;
,gaye, étourdie &coquette»
Je fixe L*s ddirs de ce peuple brillant.
Les ris composent seuls le culte qu'il me rend ; >•
Et mon autel est ma toilette
Où jereçois les verux en minaudant.
Le Magistrat que je délasse
,
Vient me rendre le soir son hommagebadin
AuMilitaire il dispute la place
;
De mon premier Menin;
Et le jeune Marquis qui tous deux les Curpasse
Sur.lebeau sexe même
,a le pas dans ma Cour )
Il taille mes ponpons, il leur donne la grace,
Et j'en fais macoiff-'i/e
L'Hyverlaq-iitre
,
,
ou ma Dame d'atour.
, eu l'assurant qu'il va rar-"
fcmbier tous les plains de sa suite pour venir avec
«ixcélt.b:v'ributetour. M, Fauster, qw.e'iuij,,.
Suisse instruit,vient le premier rendre bommage
à la Frivolué, il établit ainsi son caractere.
Madame
, vous voyez un Socrate moderne,
Qui, pour ne rien sçavoir
, étudia vingt ans
Et qui honteux d'avoir perdu son tems
De dépit est parti de Berne
,
,
Pour devenir en France un aimable ignorant.
,
Tout ce que j'ai, Madame
, appris certainement i
C'est qu'ici-bas tour est frivole
,
Que la réalité n'est que l'amusement,
Etpour apprendre promptement
Cejoli sçavoir-là
Tout est
, je viens à votre école.
La Frivolité lui répond qu'il prend le bon parti.
dit-ellefournis à mon éventail , le sage
,
comme le sou est au rang de mes sujets.
Et l'Anglois si profond
, ouqui passe pour tel,
Creuse dans le frivole
,
& tombe dans le vuide.
Le François qui tout haut s'honore de mes sers.
Est plus raisonnable & moins dupe
Son esprit leger ne s'occupe
Qu'à parer ses dehors
;
, à varier ses jeux,
Qu'à goûter le plaisir, sans rechercher sa cause ,
Et qu'à prendre en passaut
la fleur de chaque.
chose ;
Par ce systême avantageux
Ilenestplus aimable
,& cent fois plus heureu
Le Suirre luidit que pour l'imiter
,il compose
aa-roman.qa'il vientlui. dédier&,q'ilj'"r.i:..c:l:1
hnoisd'un style fortléger.LaFfivolitcparoîc
surprise d'un honneur si rare, & lui demande le,
litre de l'ouvrage.
:;'elt, réplique-t'il, le Suisse qui rêve, ou la Phi
losophie,
Réduite à rien par un homme d'esprit.
•
•
»
•-••
Ce paradoxe vous étonne.
Et choque ouvertement le proverbe reçu.
La Frivolitélui avoue franchementque l'erprit.
n'estpas une vertu donc on soupçonne ceux de
son pays.
Cleti-li
, reprend
il, ce que j'aicombattu dans
nu Iliéfacel'efpiit comme le Soleil répand fo
lumiere par tout égaiemeot, onle uaofplaotc.C:Il.
commerçant..
il s'embarqu sur mer
,franchit les Dardanelles,
,
Et circulecommel'argent.
Voilà pourquoichaque peuple varie ::.:
Entrafiquant dans les autres climats
Il en prend l'air, les façons
,
,
Communique le sien à ces mêmes Etats.
, le génie
Les mœurs ainsi par tout se mêlent en partie
;
Et forment par degiés un morde tout nouveau.-.
L'Europe maintenant, & qui plus est l'Asie ,
iiosyeuxundifférenttableau;
c: beau sexe n'est plus esclave en Italie,
Et l'on boit du vin en Turquie;
En France l'on s'est mis à l'eau
l'on faitdes vesi
ceRuilU,
Votre commerce
, ajoute-t'il
, & vosouvrages
nous ontpolis; & nous prenons desarmes chez
vous pour vous vaincre unjour. On parle votre,
idiome dans tous les pays.
Comme celui de Rome & de la Gréce
A Coppenhague on le professe;
Er j'J(qu'en Amérique il fait des beaux esprits.
La révolution n'est pas si loin qu'on pense
Notre bon goût se forme
,
, & le votre commence
A s'altérer dans vos écrits.
Le Sçavant parmi vous tombé dans le mépris ,
Fait dans le Nord sa résidence,
Et pour les Arts qu'il récompense ,
Berlin déjale dispute à Paris.
Nous n'estimons pas moins, interrompt-elle ;
l'aqfiraic que l'agréable.
Neuton plus que Dupré nous paroît admirable ,
Et l'Electricté nous frappe uniquement
Ses invincibles coups
:
, qui tiennent de la sable
Commeceux de l'Amour
, exercent à présent
Un empire aussî fort qu'il est inexpliquable
Nous l'employons univesellement,
Et dans notre fureur
,
, jusqu'au feu du tonnerte,
,
Nous électrisons tout impitoyablement.
Nouveaux Titans
, dans cette guerre
Nous voulons désarmer le Roi du Firmament,
,
*»•- 1.
Et soumettre le Ciel au pouvoirde la terre,
».
,
Pour l'éruditiondont la lourdeur accable
Si nous la négligeons, le mal n'dl: pas bien
grand.
Le gros sçavoir fait un pédant,
;
L'espritlui seul fait l'hommeaimable
Qui chez nous dl le vrai sçavant.
M. Fausterrépond que l'esprit en faitpartous.
La Frivolité le persisle un peu là-dessus. Il répli
que àcette ironie
,que nos piéces comme nos
p/opoi, font les Susses les héros de la bêcHe, &
les chargent d'un vieux ridicule quin'existeplus
que dans notre idée, & qu'il vient prendre sa re
vanche.
Comme Berne, dit-il, Paris 4 ses originaux.
Cette Ville qui toujours tranche,
Ne doit pas se mocquer de nos treize Cantons,
Madame
,Se vosMarquis valent bien nos Barons.
UneAngloisesurvient, il s'éloigne un momens.
, qui est le nom de cetteEtrangere ,
Miss Blar
vient prendre congé de la Frivolité , & se plaint de
ce que l'air de Paris a augmenté s'espritnoir qui
la tourmente, au lieudelediminuer. M.Fausster
s'avance à ce propos
, & lui fait offre en qualité
de Médecin des Dames, de la guérir la Frivolité
se joint à lui, & dit à Mis Blar qu'il faut se dis
siper
:Eh!
le moyen, repart-elle?rien ne m'a
muse & tout m'enauye; M.Fauster luipropose
de prendre un amant pour son Médecin. Elle dit
:.
que le reméde estpire que le mal. Vous l'ave!:,'
donc essayé,réplique-t-il Non pas à Londres.
tépand-cile,
M. Fauster.
En France
,Miledi, l'auriez-vous éprouvé ?
MissBlar.
Metaire, c'est assez répondre.
LaFrivolité.
Chere Miss, votre cœur s'en est-il bien trouvé ?
Miss Blar.
Au mieux le premier jour, je crus alors renaître.
Pour la premiere fois le jour me parut beau,
Et je goûtaile bon-heur d'être.
Le second jour mon plaisir s'altéra
,
Mon amant fut absent
,
mon cœur en soupira.
Le troisiéme il revint, & chassa ce nuage.
Le quatriéme, il parut moinsardent,
Et mon amour troublé s'allarma vivement.
Le cinquième il devint volage ,
Et tout mon bonheur disparut,
En quatre mots
, voilà mon histoire finie;
Tout calculé bien justement.
Je n'ai vécu quetrois joursdans ma vie.
La Frivolité lui demande le nom de son amant,
elle dit que c'est son savois ;ce fripon de Mar
quis, qu'elle lui a fait connoître.
Elle ajoute qu'elle atoujours confervé eHae,
Went sa sagesse, malgré tout son amour.
Al.Fanfter.
C'estun effort bien surptenant.
Miss Blr.
Monsieur, particulierement
Dans une fille de spectacle.
MFauster paroît surpris, & lui avoue qu'il la
oyoitMiledi.
MissBlar.
Souvent je le suisau Théatre.
M. Fauster.
ous pourriezl'être ailleurs,par un litre plus
fort.
}¡1i;1BLuo
°
m,avecamun Milord;
Lmai; je ne
lotre profession à Londre est gloiseuse
,
fne Atteiee de nom
, quandelle est vertueuse, ]
eutaspirerchez nous an patti le plus grand)
)n y rougit du vice & non pas du talent.
Jt1. b'aufier.
Si vous jouez la Comédie
En
pluGeurs langues ,
moi,j'en.faisfacilement.
••••••
Tout à coup dans moncœur jesensnaîtrepour
vous,
Mestris, une estime amoureuse.
Il se jette à ses ,genoux..
AsisBlar.
Our faites-vous
Jii.
Fauster.
Devant «neA&riîe fameuse,
On Auteur doit toujours fléchir les deux genouz.
MissBlar, qui voit venir le Marquis
,
oblige le
Suisse de se lever, & s'éloigne avec lui
, pourap-'
prendre sans être vue, quelle raison amene son
persi se.
Le Marquis entre transporté dejoie,&vient
annoncer à la Faivoliré qu'ils ne partiront point,
4
qu'ils vont lesrevoir qu'ils vont les entendre.
Quidrie,">'4cr.e-t'elle?le Marquis pour défi-4
gner les Bousons,parodre alors l'air que chante M.
Manelli d,Ha la 's"fva padrona ,fem?reineomrajîi,
si & no. La
Frivolité
de son côté partageant
son transport
,chante ASerpintPensoreta, & UJ
Jardiniere de la fausse Suivante ibtgnfio. C'est
danç cette Scéne toute de jeu
,
, cd Mad. Favard
qui joue la Frivolité ,
déployé tout son ralent
pour la Parodie. Le Marquis termine la Scéne,
tft. faisant éclazzer son goût pour Serpilla, qu'il
exprimeparcetpatôdiedecelui de uno diilo.
basso, basso
,duMaître de Musique.
Ecoutez, tout bas, toutbas,
Je fuis fou de ses appas;
Et pour faire un grand fracas,
Nous irons tous à l'Opéra.
Ma main la cla ,
claquera.
*>
MissBlar, s'approchant&l'interrompant
Quel secret,dites-v-ous-là ?
Je disois que je vous adore, répond le Marqiufr
abarrassé. Non,répliqua-t'elle c'est Serpilla
Ine vous aimez; elle le presse en même tenis de
rononcer sur le choix, qu'elle ne veut point de
attage.
Le Uargtiii.
: ne prononce point entre Londre& Florence,
te vos divers talens je ne puis me passer ,
apprends à chanter d elle & de vous à penser.
M. Fauster s'écrie à cette décision , voilà bien
: François.
ontransport l'autrejour étoit l'anglomanie,
u-dessus de Corneille il mettoit sa Kespir ;
Une nouvelle frénésie
Aujourd'hui vient de le (aiftr,
C'.:llla fureur des accords d'Italie.
Le Marquis protesse qu'il veut les établir tout
cul,
et qu'il veut qu'à leur gloire un Autel soit dreÍfé.
Sur les derniers débris & d'Armide & d'islé.
M. Fauter l'apostrophe ainsi
:
François dénaturé
, quel transport vous égare
CesOpéra du sentiment,
Dont la mélodie est si tendre ,
Vous les sacrifîez
,Monsieur.
Le MarquiJ.
Oui, forcément.
4ous n'avons plusd'Acteurs aujourd'huipour les
rendre
;
te dernier desRomainsest prêt à nous quitter.
Miss Blaar sourient qu'il est indécent de rire ]
l'Opéra. Le Marquis répond que l'indécence
,
l'Opéra est dans la mauvaise Musique
plus noble cft celle quial'approbation desam
,
& que
reurs.
M-'JfÏÏlar.
Tous ces prétendus amateurs
Qui la vantent par air avec un son
le aî.re-,
AParisenfontleshonneur.
Sans avoir bien souvent celui de la connoître.
La Frivolité s'adressant àM Fattfïer+
Monsieur est d'une Nation,
Qui toujours neutre agit îans passion
;
Je m'en rapporte à lui ,
quM décide la chose.
M. Fœulhrprononce.
Votre Opéra Parisien
Me fait priser Lulli
,
mais Quinaut davantage,
L'intérêt de la Scène est son premier soutien,
Et le Poëte (çJtt si bien
* "De la tendresse exprimer le langage,
Que le cœur avec lui devient Musicien.
A l'égard du chant italique
,
Comme j'ai calculé ses accords séducteurs;
,d'unoell
,
Etvû sonaction
J'applaudis tout haut la musique,
E* ris tout basdujeudesesActeurs.
Miss Blar témoigne, qu'elle sortmoins trlfl
après ce jugement. Le Marquis lui dit guM r.ej
bitre pas sa main pour la conduire
, qu'elle
,qui saisivive.
a un
meilleur EcuyerdansM.Fauster
mentcette occasion pour se déclarer. Il se ré
crie dans son transport :
Que l'hymen nous unisse
!
Nous sommes faits pour nous lier,
La raison est Angloise
,
& le bon sens est Suisse.
Le Marquis.
Etl'esprit est François, qui n'en est pointjaloux.
Ii sist compliment à l'époux,
Quand samaîtressese marie ,:
Sûr que le lendemain
,
appaifant son courroux,
Elle sera sa bonne amie.
Mij]BlaraM.Fausser.
Monsieur, je vous donne ma main.
Pourvous qui tournez tout,Marquis ,en raillerie.
Vous n'aurez point de lendemain.
La Frivolité.
Vouspartez mécontente.
, ,
.A--il!/BlMr..
Oui, puisqu'il faut répondre.
•
Vos speciales changés ne sont plus une école.
On ne voir plusregner chez eux
Qu'un plagiat qui me désole ,
Ec qu'un déplacement affreux.
C'est l'Opéra que par tout on copie
;
Cn chante au Théâtre François,
*
Des vers bouffis faits pour mugir exprès.
Où comme lui plutôt on crie
X-a troupe Italienne en tout le
parodie,
Et lui dérobant ses moutons,
Ne quitte plus la bergerie
;
Pour avoir sa revanche il a pris leurs bouffons.
Tout paroîttravesti,toutest lazzis
,chantons.
Comme on outre le jen ,
l'on chaigelamusique
Et tout Paris n'est plus qu'un Opéra Comique.
A4. Flluficr en s'en allant.
5
Pour étrebien, Messieurs
çois,
,resteztoujours Fran.
N'imitez que vous-même & vous ferez parfaits.
Revenant.
3fe reviens sur mes pas vous dire une nouvelle , *
Tout à coup il se levé une aurore si belle ,
Qu'elle a rendu le jour à votre chant.
Je vous en félicite
, adieu
,
bon jour
, bon an.
Ces troisScénes duSuisse
,del'Angloise
,da
Marquis & de la Fuvolté, quoiqu'elles parois
sent épisodiques composent un tout si bien lié,
qu'on ne peut les séparer sans détruirele corps
de la Pièce. Ellesforment un nœud par l'incident
du Marquis
, &un dénouement par le mariage de
Miss Blar avec M. Fiuller. Mlle Sylvia rend
;MDehesserpréssente le
l'Angloise parfaitement
Suisse avec beaucoupd'intelligence, & MlleFa
vard mer beaucoup d'art & ce grace dans le rôle
de la Frivolité, le principalde la Piéce.
11rIc;a
Après leur départ
, la Frivolité dit au Marquis,
que pour combattre le succès de Tiron & l'Au
rore,
il faut célébrer leurs favoris par un duo;
le Marquis veut que cesoit par un trio
,de la
façon d'un Serin de Bergame
,
qui est Arlequin
déguisé en chanteur. Il arrive tout en désordre ,
& fait la description d'uncombat ridicule que les
deux partis se sont livré au Cat1, où il a étélui
même très-maltraité. On l'a prispourlemusico
, sur quoi la Frivolité lui demande
des bouffons
Seriez-vous en effet ce fausses si vanté?
.ArLequin.
1\08, Madame
0
, je suisune taille accomplie.
:
:
Le Marquis ajoute
Qu'il compose lui seul des Opéraburlesques
Qu'il fait des vct4 Gascons, des airs Toscans,
Et des Ballets TellJeIqus,
Arlequin.
J'en tiens de sûrs garans.
Voilà pour vous
,Madame
,
Et voici pour nous trois un morceau triomphant.
, une chanson d'élite
La Frivolité.
Pour assurer la réullîre
Il faut l'accompagner d'un Ballet Allemand.
,
Arlequin,
En attendant, Madame
, un Danseur Moscovite.
La Frivolité chante.
AIR.
Comme
al'auselprèsolniou,
Mon cor clido , que sa pietat,
Ausî que sa piou , piou ,
Per aber la libertat.
Cet air est suivi d'un trio,chantéparlaFri
volité
,le Marquis,&Arlequin,qui sortent tous
trois à reculons, en saluantJe Public à la manière
des bouffons, Un Ballet Allemand termine la Pié
ce. 1: est de la composition deM.Dehesse
,&
mérite les applaudissemens qu'il reçoit du Par
terre.
La Musique de l'Ariette Gasconne, est de M.
Blaise
; elle lui fait honneur. Mad. Favart qui la
chante
,
lui prête de nouvelles beautés.
Voici des vers anonymes qu'on aenvoyés à
M. deBoissysur sa Pièce, ils ne doivent pas être
oubliés.
Dans les couleurs de la Nature
Les Graces trempent tes pinceaux,
Et la Raison d'une main sûre ,
Ordonne & finit tes tableaux
Ton génie, à chaque parole
Exprime une moralité.
Boissy
,
dans ta frivolité,
,
;
Le titre seul tient du frivole.
C'étoit le 17 de ce mois la douzièmereprésen
tation ,elle alloit àprès de quatre mille francs,
La Pièce a été jouée deux fois à la Cour avec le
même succès qu'à laVille. C'estunediftinttion
d'autant plus flatteuse,que les Comédiens Ita
liens depuis long rems Wy représentent plus de
Pièces Françoises
De lafrivolité,Comédie en un Aile & en
vers , de M. de Boissy.
, dont le nom mêmeétoit
L'Esprit de frivolité
ignoré il y a vingt ans, a fait par degrés tant
de progrès en France
,
qu'il est devenu
, pour ainfL
dire, le caractere, ou du moins la fantaisie de la
Nation. Elle a d'abord protégé tous les Arts & les
ralens agréables,elle s'enestinstruite pour (on,
amusement: voilà le bon emploi. Mais ensuite
s'appliquant sérieusement àce qu'ils ont de fri
vole, elle en a fait sa premiere occupation
, 5C
:voilà l'abus. Etcom
bientôt son affaire capitale
me de l'abus on passe ordinairement à l'excès,
son goût a redoublé pour eux èè; qu'ils ont paru
siccessivement sous un habit étranger, au point
q-uil a dégeneré en tlUnle,!-{ qu'il les a préferes
~auxsenspropres.C'est cenouveauridicule,ou
plutôt ce mal épidemique que l'Auteur a eu lc
courage d'attaquer en plein Théâtre
,
mais avec
toute la circonspection d'un prudent Médecin ,
qui ménage son malade & tâche de l'égayer pour
le guérir plus Jurement. Le spécifiqne a heureu
sement réiifll
; le François, qui parmi ses bonnes
qualités a celle d'entendre parfaitement la rail
lerie, & de rire le premier de les écarts,s'est
prêté à la plaisanterie de la meilleure grâce du
monde.U a senti que laleçon n'avoir rien d'offen
sant, & qu'elle étoit vraiment philosophique ;
sous,
un air de badinage ill'a goûtée en conséquence;
, le plus unanime &le
plus fouteru
,
est le prix dont il l'a généreusement
& le succès le plus grand
payée. Exempledigne d'être imité par plusieurs
de ses voisins, donc la vertu n'est pas desouffrir
patiemment qu'on le badine en public
, même
pour son utilité. Pam
aoublié dans cette occa
sion que laPiéceétoit jouée auThéâtre Italien,,
où il est du mauvais ton de trouver bonne une
Comédie Françoise. Il a jugé l'ouvrage par lui
même
, & lui a accordé toutel'estimequ'ileût p:
ebrenir dans la bouche des Afteurs du fauxbourg
Saint-Germain. Mais ce qu'il y a de plus lfnrreur
pour M de Body, c'est que laCour & la Vi!:e
ont témoigné tout haut qu'elles croient charmées
probité
de sa réussite; le talent a recueilli le fruit de la
plaisir rare Se pur dont jouissent peu
,
d'Ecrivair.s.
L'Hyverouvre la Piéce avec laFrivolicé,qui
lui fait compliment sur sa parure il lui répond
qu'il s'est paré exprès pourelle, & qu'il étoit im
patient de la revoir.
Pour vous., dit-il ,
j'étens mesdroits sur toutes les
[airons;
Je racourcis PAutoomc, & Couventje recule:
lesrofes du Printems, qu'allarment mes glaçons.
Je fais trembler l'Eté
,
quelque feu qui le brûle,
Et pour vous je ramene ici les aquilons
Dans le fort de la canicule.
Elle lui fait entendre qu'il fait murmurer Paris,
f\f cet empressement qui le géle, ajourant cepense
dant qu'il est sa faisonfavorire, puisqu'il rap
pelle tous les ris & les jeux avec lui. Ensuite elle
é:ab!ic son pouvoir
; j'ai pris, dit-elle
, les traits
d'une jeune veuve de finance, & je résiste dans.,
son richeHôtel.
J'attire ici toute la France ,
Dont je suis la divinité
Legere, vive
;
,gaye, étourdie &coquette»
Je fixe L*s ddirs de ce peuple brillant.
Les ris composent seuls le culte qu'il me rend ; >•
Et mon autel est ma toilette
Où jereçois les verux en minaudant.
Le Magistrat que je délasse
,
Vient me rendre le soir son hommagebadin
AuMilitaire il dispute la place
;
De mon premier Menin;
Et le jeune Marquis qui tous deux les Curpasse
Sur.lebeau sexe même
,a le pas dans ma Cour )
Il taille mes ponpons, il leur donne la grace,
Et j'en fais macoiff-'i/e
L'Hyverlaq-iitre
,
,
ou ma Dame d'atour.
, eu l'assurant qu'il va rar-"
fcmbier tous les plains de sa suite pour venir avec
«ixcélt.b:v'ributetour. M, Fauster, qw.e'iuij,,.
Suisse instruit,vient le premier rendre bommage
à la Frivolué, il établit ainsi son caractere.
Madame
, vous voyez un Socrate moderne,
Qui, pour ne rien sçavoir
, étudia vingt ans
Et qui honteux d'avoir perdu son tems
De dépit est parti de Berne
,
,
Pour devenir en France un aimable ignorant.
,
Tout ce que j'ai, Madame
, appris certainement i
C'est qu'ici-bas tour est frivole
,
Que la réalité n'est que l'amusement,
Etpour apprendre promptement
Cejoli sçavoir-là
Tout est
, je viens à votre école.
La Frivolité lui répond qu'il prend le bon parti.
dit-ellefournis à mon éventail , le sage
,
comme le sou est au rang de mes sujets.
Et l'Anglois si profond
, ouqui passe pour tel,
Creuse dans le frivole
,
& tombe dans le vuide.
Le François qui tout haut s'honore de mes sers.
Est plus raisonnable & moins dupe
Son esprit leger ne s'occupe
Qu'à parer ses dehors
;
, à varier ses jeux,
Qu'à goûter le plaisir, sans rechercher sa cause ,
Et qu'à prendre en passaut
la fleur de chaque.
chose ;
Par ce systême avantageux
Ilenestplus aimable
,& cent fois plus heureu
Le Suirre luidit que pour l'imiter
,il compose
aa-roman.qa'il vientlui. dédier&,q'ilj'"r.i:..c:l:1
hnoisd'un style fortléger.LaFfivolitcparoîc
surprise d'un honneur si rare, & lui demande le,
litre de l'ouvrage.
:;'elt, réplique-t'il, le Suisse qui rêve, ou la Phi
losophie,
Réduite à rien par un homme d'esprit.
•
•
»
•-••
Ce paradoxe vous étonne.
Et choque ouvertement le proverbe reçu.
La Frivolitélui avoue franchementque l'erprit.
n'estpas une vertu donc on soupçonne ceux de
son pays.
Cleti-li
, reprend
il, ce que j'aicombattu dans
nu Iliéfacel'efpiit comme le Soleil répand fo
lumiere par tout égaiemeot, onle uaofplaotc.C:Il.
commerçant..
il s'embarqu sur mer
,franchit les Dardanelles,
,
Et circulecommel'argent.
Voilà pourquoichaque peuple varie ::.:
Entrafiquant dans les autres climats
Il en prend l'air, les façons
,
,
Communique le sien à ces mêmes Etats.
, le génie
Les mœurs ainsi par tout se mêlent en partie
;
Et forment par degiés un morde tout nouveau.-.
L'Europe maintenant, & qui plus est l'Asie ,
iiosyeuxundifférenttableau;
c: beau sexe n'est plus esclave en Italie,
Et l'on boit du vin en Turquie;
En France l'on s'est mis à l'eau
l'on faitdes vesi
ceRuilU,
Votre commerce
, ajoute-t'il
, & vosouvrages
nous ontpolis; & nous prenons desarmes chez
vous pour vous vaincre unjour. On parle votre,
idiome dans tous les pays.
Comme celui de Rome & de la Gréce
A Coppenhague on le professe;
Er j'J(qu'en Amérique il fait des beaux esprits.
La révolution n'est pas si loin qu'on pense
Notre bon goût se forme
,
, & le votre commence
A s'altérer dans vos écrits.
Le Sçavant parmi vous tombé dans le mépris ,
Fait dans le Nord sa résidence,
Et pour les Arts qu'il récompense ,
Berlin déjale dispute à Paris.
Nous n'estimons pas moins, interrompt-elle ;
l'aqfiraic que l'agréable.
Neuton plus que Dupré nous paroît admirable ,
Et l'Electricté nous frappe uniquement
Ses invincibles coups
:
, qui tiennent de la sable
Commeceux de l'Amour
, exercent à présent
Un empire aussî fort qu'il est inexpliquable
Nous l'employons univesellement,
Et dans notre fureur
,
, jusqu'au feu du tonnerte,
,
Nous électrisons tout impitoyablement.
Nouveaux Titans
, dans cette guerre
Nous voulons désarmer le Roi du Firmament,
,
*»•- 1.
Et soumettre le Ciel au pouvoirde la terre,
».
,
Pour l'éruditiondont la lourdeur accable
Si nous la négligeons, le mal n'dl: pas bien
grand.
Le gros sçavoir fait un pédant,
;
L'espritlui seul fait l'hommeaimable
Qui chez nous dl le vrai sçavant.
M. Fausterrépond que l'esprit en faitpartous.
La Frivolité le persisle un peu là-dessus. Il répli
que àcette ironie
,que nos piéces comme nos
p/opoi, font les Susses les héros de la bêcHe, &
les chargent d'un vieux ridicule quin'existeplus
que dans notre idée, & qu'il vient prendre sa re
vanche.
Comme Berne, dit-il, Paris 4 ses originaux.
Cette Ville qui toujours tranche,
Ne doit pas se mocquer de nos treize Cantons,
Madame
,Se vosMarquis valent bien nos Barons.
UneAngloisesurvient, il s'éloigne un momens.
, qui est le nom de cetteEtrangere ,
Miss Blar
vient prendre congé de la Frivolité , & se plaint de
ce que l'air de Paris a augmenté s'espritnoir qui
la tourmente, au lieudelediminuer. M.Fausster
s'avance à ce propos
, & lui fait offre en qualité
de Médecin des Dames, de la guérir la Frivolité
se joint à lui, & dit à Mis Blar qu'il faut se dis
siper
:Eh!
le moyen, repart-elle?rien ne m'a
muse & tout m'enauye; M.Fauster luipropose
de prendre un amant pour son Médecin. Elle dit
:.
que le reméde estpire que le mal. Vous l'ave!:,'
donc essayé,réplique-t-il Non pas à Londres.
tépand-cile,
M. Fauster.
En France
,Miledi, l'auriez-vous éprouvé ?
MissBlar.
Metaire, c'est assez répondre.
LaFrivolité.
Chere Miss, votre cœur s'en est-il bien trouvé ?
Miss Blar.
Au mieux le premier jour, je crus alors renaître.
Pour la premiere fois le jour me parut beau,
Et je goûtaile bon-heur d'être.
Le second jour mon plaisir s'altéra
,
Mon amant fut absent
,
mon cœur en soupira.
Le troisiéme il revint, & chassa ce nuage.
Le quatriéme, il parut moinsardent,
Et mon amour troublé s'allarma vivement.
Le cinquième il devint volage ,
Et tout mon bonheur disparut,
En quatre mots
, voilà mon histoire finie;
Tout calculé bien justement.
Je n'ai vécu quetrois joursdans ma vie.
La Frivolité lui demande le nom de son amant,
elle dit que c'est son savois ;ce fripon de Mar
quis, qu'elle lui a fait connoître.
Elle ajoute qu'elle atoujours confervé eHae,
Went sa sagesse, malgré tout son amour.
Al.Fanfter.
C'estun effort bien surptenant.
Miss Blr.
Monsieur, particulierement
Dans une fille de spectacle.
MFauster paroît surpris, & lui avoue qu'il la
oyoitMiledi.
MissBlar.
Souvent je le suisau Théatre.
M. Fauster.
ous pourriezl'être ailleurs,par un litre plus
fort.
}¡1i;1BLuo
°
m,avecamun Milord;
Lmai; je ne
lotre profession à Londre est gloiseuse
,
fne Atteiee de nom
, quandelle est vertueuse, ]
eutaspirerchez nous an patti le plus grand)
)n y rougit du vice & non pas du talent.
Jt1. b'aufier.
Si vous jouez la Comédie
En
pluGeurs langues ,
moi,j'en.faisfacilement.
••••••
Tout à coup dans moncœur jesensnaîtrepour
vous,
Mestris, une estime amoureuse.
Il se jette à ses ,genoux..
AsisBlar.
Our faites-vous
Jii.
Fauster.
Devant «neA&riîe fameuse,
On Auteur doit toujours fléchir les deux genouz.
MissBlar, qui voit venir le Marquis
,
oblige le
Suisse de se lever, & s'éloigne avec lui
, pourap-'
prendre sans être vue, quelle raison amene son
persi se.
Le Marquis entre transporté dejoie,&vient
annoncer à la Faivoliré qu'ils ne partiront point,
4
qu'ils vont lesrevoir qu'ils vont les entendre.
Quidrie,">'4cr.e-t'elle?le Marquis pour défi-4
gner les Bousons,parodre alors l'air que chante M.
Manelli d,Ha la 's"fva padrona ,fem?reineomrajîi,
si & no. La
Frivolité
de son côté partageant
son transport
,chante ASerpintPensoreta, & UJ
Jardiniere de la fausse Suivante ibtgnfio. C'est
danç cette Scéne toute de jeu
,
, cd Mad. Favard
qui joue la Frivolité ,
déployé tout son ralent
pour la Parodie. Le Marquis termine la Scéne,
tft. faisant éclazzer son goût pour Serpilla, qu'il
exprimeparcetpatôdiedecelui de uno diilo.
basso, basso
,duMaître de Musique.
Ecoutez, tout bas, toutbas,
Je fuis fou de ses appas;
Et pour faire un grand fracas,
Nous irons tous à l'Opéra.
Ma main la cla ,
claquera.
*>
MissBlar, s'approchant&l'interrompant
Quel secret,dites-v-ous-là ?
Je disois que je vous adore, répond le Marqiufr
abarrassé. Non,répliqua-t'elle c'est Serpilla
Ine vous aimez; elle le presse en même tenis de
rononcer sur le choix, qu'elle ne veut point de
attage.
Le Uargtiii.
: ne prononce point entre Londre& Florence,
te vos divers talens je ne puis me passer ,
apprends à chanter d elle & de vous à penser.
M. Fauster s'écrie à cette décision , voilà bien
: François.
ontransport l'autrejour étoit l'anglomanie,
u-dessus de Corneille il mettoit sa Kespir ;
Une nouvelle frénésie
Aujourd'hui vient de le (aiftr,
C'.:llla fureur des accords d'Italie.
Le Marquis protesse qu'il veut les établir tout
cul,
et qu'il veut qu'à leur gloire un Autel soit dreÍfé.
Sur les derniers débris & d'Armide & d'islé.
M. Fauter l'apostrophe ainsi
:
François dénaturé
, quel transport vous égare
CesOpéra du sentiment,
Dont la mélodie est si tendre ,
Vous les sacrifîez
,Monsieur.
Le MarquiJ.
Oui, forcément.
4ous n'avons plusd'Acteurs aujourd'huipour les
rendre
;
te dernier desRomainsest prêt à nous quitter.
Miss Blaar sourient qu'il est indécent de rire ]
l'Opéra. Le Marquis répond que l'indécence
,
l'Opéra est dans la mauvaise Musique
plus noble cft celle quial'approbation desam
,
& que
reurs.
M-'JfÏÏlar.
Tous ces prétendus amateurs
Qui la vantent par air avec un son
le aî.re-,
AParisenfontleshonneur.
Sans avoir bien souvent celui de la connoître.
La Frivolité s'adressant àM Fattfïer+
Monsieur est d'une Nation,
Qui toujours neutre agit îans passion
;
Je m'en rapporte à lui ,
quM décide la chose.
M. Fœulhrprononce.
Votre Opéra Parisien
Me fait priser Lulli
,
mais Quinaut davantage,
L'intérêt de la Scène est son premier soutien,
Et le Poëte (çJtt si bien
* "De la tendresse exprimer le langage,
Que le cœur avec lui devient Musicien.
A l'égard du chant italique
,
Comme j'ai calculé ses accords séducteurs;
,d'unoell
,
Etvû sonaction
J'applaudis tout haut la musique,
E* ris tout basdujeudesesActeurs.
Miss Blar témoigne, qu'elle sortmoins trlfl
après ce jugement. Le Marquis lui dit guM r.ej
bitre pas sa main pour la conduire
, qu'elle
,qui saisivive.
a un
meilleur EcuyerdansM.Fauster
mentcette occasion pour se déclarer. Il se ré
crie dans son transport :
Que l'hymen nous unisse
!
Nous sommes faits pour nous lier,
La raison est Angloise
,
& le bon sens est Suisse.
Le Marquis.
Etl'esprit est François, qui n'en est pointjaloux.
Ii sist compliment à l'époux,
Quand samaîtressese marie ,:
Sûr que le lendemain
,
appaifant son courroux,
Elle sera sa bonne amie.
Mij]BlaraM.Fausser.
Monsieur, je vous donne ma main.
Pourvous qui tournez tout,Marquis ,en raillerie.
Vous n'aurez point de lendemain.
La Frivolité.
Vouspartez mécontente.
, ,
.A--il!/BlMr..
Oui, puisqu'il faut répondre.
•
Vos speciales changés ne sont plus une école.
On ne voir plusregner chez eux
Qu'un plagiat qui me désole ,
Ec qu'un déplacement affreux.
C'est l'Opéra que par tout on copie
;
Cn chante au Théâtre François,
*
Des vers bouffis faits pour mugir exprès.
Où comme lui plutôt on crie
X-a troupe Italienne en tout le
parodie,
Et lui dérobant ses moutons,
Ne quitte plus la bergerie
;
Pour avoir sa revanche il a pris leurs bouffons.
Tout paroîttravesti,toutest lazzis
,chantons.
Comme on outre le jen ,
l'on chaigelamusique
Et tout Paris n'est plus qu'un Opéra Comique.
A4. Flluficr en s'en allant.
5
Pour étrebien, Messieurs
çois,
,resteztoujours Fran.
N'imitez que vous-même & vous ferez parfaits.
Revenant.
3fe reviens sur mes pas vous dire une nouvelle , *
Tout à coup il se levé une aurore si belle ,
Qu'elle a rendu le jour à votre chant.
Je vous en félicite
, adieu
,
bon jour
, bon an.
Ces troisScénes duSuisse
,del'Angloise
,da
Marquis & de la Fuvolté, quoiqu'elles parois
sent épisodiques composent un tout si bien lié,
qu'on ne peut les séparer sans détruirele corps
de la Pièce. Ellesforment un nœud par l'incident
du Marquis
, &un dénouement par le mariage de
Miss Blar avec M. Fiuller. Mlle Sylvia rend
;MDehesserpréssente le
l'Angloise parfaitement
Suisse avec beaucoupd'intelligence, & MlleFa
vard mer beaucoup d'art & ce grace dans le rôle
de la Frivolité, le principalde la Piéce.
11rIc;a
Après leur départ
, la Frivolité dit au Marquis,
que pour combattre le succès de Tiron & l'Au
rore,
il faut célébrer leurs favoris par un duo;
le Marquis veut que cesoit par un trio
,de la
façon d'un Serin de Bergame
,
qui est Arlequin
déguisé en chanteur. Il arrive tout en désordre ,
& fait la description d'uncombat ridicule que les
deux partis se sont livré au Cat1, où il a étélui
même très-maltraité. On l'a prispourlemusico
, sur quoi la Frivolité lui demande
des bouffons
Seriez-vous en effet ce fausses si vanté?
.ArLequin.
1\08, Madame
0
, je suisune taille accomplie.
:
:
Le Marquis ajoute
Qu'il compose lui seul des Opéraburlesques
Qu'il fait des vct4 Gascons, des airs Toscans,
Et des Ballets TellJeIqus,
Arlequin.
J'en tiens de sûrs garans.
Voilà pour vous
,Madame
,
Et voici pour nous trois un morceau triomphant.
, une chanson d'élite
La Frivolité.
Pour assurer la réullîre
Il faut l'accompagner d'un Ballet Allemand.
,
Arlequin,
En attendant, Madame
, un Danseur Moscovite.
La Frivolité chante.
AIR.
Comme
al'auselprèsolniou,
Mon cor clido , que sa pietat,
Ausî que sa piou , piou ,
Per aber la libertat.
Cet air est suivi d'un trio,chantéparlaFri
volité
,le Marquis,&Arlequin,qui sortent tous
trois à reculons, en saluantJe Public à la manière
des bouffons, Un Ballet Allemand termine la Pié
ce. 1: est de la composition deM.Dehesse
,&
mérite les applaudissemens qu'il reçoit du Par
terre.
La Musique de l'Ariette Gasconne, est de M.
Blaise
; elle lui fait honneur. Mad. Favart qui la
chante
,
lui prête de nouvelles beautés.
Voici des vers anonymes qu'on aenvoyés à
M. deBoissysur sa Pièce, ils ne doivent pas être
oubliés.
Dans les couleurs de la Nature
Les Graces trempent tes pinceaux,
Et la Raison d'une main sûre ,
Ordonne & finit tes tableaux
Ton génie, à chaque parole
Exprime une moralité.
Boissy
,
dans ta frivolité,
,
;
Le titre seul tient du frivole.
C'étoit le 17 de ce mois la douzièmereprésen
tation ,elle alloit àprès de quatre mille francs,
La Pièce a été jouée deux fois à la Cour avec le
même succès qu'à laVille. C'estunediftinttion
d'autant plus flatteuse,que les Comédiens Ita
liens depuis long rems Wy représentent plus de
Pièces Françoises
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p. 195
A Madame Favart, sur la Comédie de M. de Boissy.
Début :
Une Muse aimable & riante, [...]
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texteReconnaissance textuelle : A Madame Favart, sur la Comédie de M. de Boissy.
Madame Favart, sur la Comédie
de M. de Boissy. U
Ne Muse aimable & riante,
Vient de mettre au grand jour une jeune beauté,
Folâtre, fine,séduisante,
Et qui par sa legereté
Du François seul devroit être l'amante,
Ou plutôt la Divinité;
Mais craignons la rivalité,
Car déja l'Etranger la chante,
Et quand Favart la représente
Avec tant d'agrément & de vivacité,
Tous les coeurs font épris de la Frivolité.
Guerin
de M. de Boissy. U
Ne Muse aimable & riante,
Vient de mettre au grand jour une jeune beauté,
Folâtre, fine,séduisante,
Et qui par sa legereté
Du François seul devroit être l'amante,
Ou plutôt la Divinité;
Mais craignons la rivalité,
Car déja l'Etranger la chante,
Et quand Favart la représente
Avec tant d'agrément & de vivacité,
Tous les coeurs font épris de la Frivolité.
Guerin
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