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Liste
1
p. 33-35
« C'est en toutes choses que le Roy se montre véritable [...] »
Début :
C'est en toutes choses que le Roy se montre véritable [...]
Mots clefs :
Bonté, Souverain, Récolte, Blé, Marchands
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texteReconnaissance textuelle : « C'est en toutes choses que le Roy se montre véritable [...] »
C'eft en toutes chofes que
le Roy fe montre véritable
34 MERCURE
Pere de fon Peuple. Ce que
je vay vous dire en eft une
marque. La derniére récolte
des Bleds n'ayant pas efté fi
abondante que de coûtume,
Sa Majefté qui cherche à en
procurer le bon marché par
toute forte de voyes , afin de
faire fubfifter aisément fes
Sujets , a déchargé du payement
du Droit de Fret , de
cinquante fols par Tonneau,
que je leve fur les Vaiffeaux
Etrangers , tous les Marchands
, Maiftres de Navires ,
& autres Particuliers , qui feront
entrer dans le RoyauGALANT.
༢༢
me des Bleds dans des Vaif
feaux Etrangers , pendant les
fix premiers mois de cette
année.
le Roy fe montre véritable
34 MERCURE
Pere de fon Peuple. Ce que
je vay vous dire en eft une
marque. La derniére récolte
des Bleds n'ayant pas efté fi
abondante que de coûtume,
Sa Majefté qui cherche à en
procurer le bon marché par
toute forte de voyes , afin de
faire fubfifter aisément fes
Sujets , a déchargé du payement
du Droit de Fret , de
cinquante fols par Tonneau,
que je leve fur les Vaiffeaux
Etrangers , tous les Marchands
, Maiftres de Navires ,
& autres Particuliers , qui feront
entrer dans le RoyauGALANT.
༢༢
me des Bleds dans des Vaif
feaux Etrangers , pendant les
fix premiers mois de cette
année.
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Résumé : « C'est en toutes choses que le Roy se montre véritable [...] »
Le roi a pris des mesures pour garantir le bon marché des céréales après une récolte de blé moins abondante. Il a exempté de droit de fret, à hauteur de cinquante sols par tonneau, les importations de blé par voie maritime. Cette exemption concerne les marchands et les maîtres de navires pour les six premiers mois de l'année.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 270-271
AIR NOUVEAU.
Début :
Je vous envoye une Chanson nouvelle. AIR NOUVEAU. / Que la Recolte sera belle ! [...]
Mots clefs :
Récolte, Moisson
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texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Je vous envoye une Chanson nouvelle.
AIR NOUVEAU.
Que la Recoltesera bcu tque nous devons à Cybelle,,
Qui nous préparéavecprofusion
Toutceque peutproduire une ricin
Moisson.
AIR NOUVEAU.
Que la Recoltesera bcu tque nous devons à Cybelle,,
Qui nous préparéavecprofusion
Toutceque peutproduire une ricin
Moisson.
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3
p. 58-64
LETTRE A l'Auteur du Mercure, sur le grain.
Début :
J'ai lû avec attention, Monsieur, dans votre dernier Mercure, page 137, la [...]
Mots clefs :
Grain, Terres, Prix, Religieux, Magasins, Récolte, Vin, Argent, Laboureur, Cultivateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A l'Auteur du Mercure, sur le grain.
LETTRE
Al Auteur du Mercure , fur le grain.
J'Ar lûavec
'Ar lû avec attention , Monfieur , dans
votre dernier Mercure , page 137 , las
Lettre d'un Religieux à M. Duhamel du
Monceau , fur les avantages que le Public
retireroit des magafins de grain que
les Ordres Religieux pourroient faire dans
leurs Maifons je ne peux qu'applaudir
aux intentions de ce Religieux , elles me..
paroiffent pures , & n'avoir pour but que
l'utilité publique le projet qu'il propofe
a été conçu & exécuté à Paris , il y a déja
plufieurs années.
Je connois tout l'avantage qui réfultera
des magafins faits librement ; j'ai vû une
fi grande abondance de grain en 1743 &
en 1744 dans les Provinces de France où
l'on eft dans l'ufage de battre la récolte au
JUILLE T. 1753 59
bout du champ * , que les laboureurs
ne
fçavoient où le loger , j'ai vû en même tems
les Meſtiveurs
auxquels on donne ordinairement
le neuvième de la récolte pour .
leur falaire , rançonner les colons , & exiger
outre ce neuvième , un fupplément
en
argent exceffif.
J'ai fuivi ces inconvéniens , & j'ai vu
qu'après les bonnes récoltes le cultivateur
fémoit moins de grain qu'à l'ordinaire &
augmentoit fon bétail : j'ai obfervé qu'il
négligeoit de remuer le grain dans les greniers
, parce que le prix des journées,
d'hommes augmente à mefure que celui
du grain baiffe ; j'ai remarqué que chaque
laboureur élevoit une plus grande quantité
de volailles & de porcs qu'à l'ordinaire
; j'ai vu les cultivateurs prodiguer le
grain à leurs boeufs & moutons pour les
engraiffer faute de confommation , ils
trouvent ce moyen de convertir leur grain
en fuif , & de les faire marcher fans voitures.
La vilité du prix du grain le leur faifoit
regarder comme une denrée qui ne
méritoit aucun foin . J'ai vu enfuite les intemperies
des faifons faire manquer la
récoke , les terres non cultivées & les
* Méthode dont je fuis en état de démontrer i
l'abus.
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
champs fans fumier , par la mortalité des
beftiaux , alors les difettes fe font fait
fentir , & le peuple toujours injufte , a accufé
les Magiftrats de défaut de vigilance
fur la fortie des grains , tandis que trois
mois auparavant il les accufoit d'infléxibilité
fur ces forties. La véritable caufe du
mal ne doit pas fe chercher ailleurs que
dans la négligence du laboureur, qui n'a pas
fçû bien admniftrer le dépôt que la Provi
dence lui avoit confié . Une ſeconde raiſon
de difette , c'est qu'auffi- tôt que le grain
augmente dans les Provinces , les Colons
augmentent leurs femailles , & comme la
mauvaiſe récolte de grain eft ordinairement
accompagnée d'une difette de légumes
& herbages , la confommation du pain
augmente , parce qu'il faut que le grain
tienne lieu de tout : on en a vû un exemple
en 1751 , il n'y avoit prefque ni féves
, ni pois , ni lentilles , ni chataignes
ni glands ; les chenilles avoient rongé tous
les choux , & les herbes ne fourniffoient
qu'un lait maigre & une chair molle , Que
feroit- on devenu fans la bonté du Roi &
la fageffe du miniftere ?
Ces obfervations m'ont fait conclure
qu'il feroit très- avantageux à l'Etat
que le
commerce du grain fûr auffi libre que celui
du vin nous avons vû plufieurs an
JUILLE T. 17538 61
peu
nées abondantes en vin , & cependant
il n'a point augmenté de prix en proportion
avec le grain , les marchands fçavent
le conferver , & ils en font des magafins
, fans crainte d'être appellés monopolears
: il eft cependant certain qu'on en
manqueroit fans ces magafins : l'expérien
ce nous apprend qu'un Vigneron qui récolte
vingt barriques de vin , en vend
communément feize ; fi les Marchands
achetent , & que s'il ne fe fait pas d'enlevemens
, il ne refte pas deux barriques
à ce vigneron , au bout de deux ans ; il le
confomme infenfiblement , ou il le laiffe
gâter faute de logement ou faute de foins,
Il eft donc certain qu'il feroit très avantageux
qu'il y eût , dans les pays de grain ,
des enlevemens après les récoltes : il
ne s'agit pas ici d'exportation à l'Etranger
, mais de débaraffer le laboureur du
foin de fon grain , & d'être à portée de
le lui conferver au cas de befoin .
Si un Corps Religieux étoit chargé de
ces enlevemens , il faudroit lui interdire
la liberté d'en faire lorfque le froment excéderoit
cent livres le muid , qu'il ne pût
faire fes levées par préférence à perfonne
, que fes greniers fuffent toujours ouverts
, qu'il renouvellât fes grains en vendant
les anciens , fans pouvoir forcer le
$
62 MERCURE DE FRANCE.
Public à acheter , fous quelque prétexte
que ce fût , & qu'il ne pût augmenter le
prix du grain fans la permiffion du Magiftrat
, enforte que le plus haut prix n'excédât
pas cent cinquante livres le muid :
les différentes révolutions lui procureroient
un bénéfice fuffifant , & au moyen
des levées le cultivateur feroit de l'argent
quand il en auroit befoin .
*
J'aurois beaucoup de chofes à dire
fur la maniere de conferver les grains , &
fur les précautions pour le voiturer ; je
démontrerois que le bled voiture vieux
fouffre les mêmes altérations que le vin
que l'on a laiffé furanner dans les vigno
bles , lequel ne peut plus fouffrir de tranfport.
M. Rouffeau reproche à bien jufte
titre à notre Nation la frivolité de fes occupations.
On fait des Sociétés Littéraires
pour microſcoper les mots , & on ne s'eft
point encore avifé de former une fociété
de cultivateurs qui fe communiquaffent
leurs expériences de Province en Province.
Nous avons vu paroître quelques Ouvrages
de Mrs de Buffons & Duhamel , à
peine leur a- t- on marqué quelqu'obligation
de leurs recherches. M. de Combe a
tracé une autre carriere ; on laifle leurs
Livres , on va à la Campagne , on y porte
des Romans. Que de perfonnes le font
JUILLET. 63
1753
4
ruinées en facrifiant leur fortune fur mer
qui auroient fait un profit immenfe , s'ils
cuffent employé la même activité à cultiver
des fonds !
On convertit en parcs & en jardins de
plaifance , les terres labourables qui envi
ronnent un Château ; on fe ruine à ache
ter ces terrains , on les paye le quadruple
de leur valeur , & on ruine le payfan , on
le met dans une aifance momentanée , il
confomme l'argent de fon fonds , il perd
avec fon fonds & l'habitude du travail, &
le peu de probité qu'il avoit ; " ſa maiſon
eft détruite , fon champ eft devenu inculte
pour l'Etat , il n'a plus rien à perdre ,
le crime ne lui coûte plus rien . Les pay- .
fans ne fe preffent point de marier leurs
enfans , lorfqu'ils n'ont point de terres à
leur donner , ils perdent l'amour de la Patrie
, ceux qui n'ont point de poffeffions :
ne tiennent à rien..
Pourquoi n'éleve t'on pas les enfans des
Hôpitaux au travail de la terre ? craïnt on
qu'ils foient robuftes , & qu'ils portent
par tout des bras qui les faffent fubfifter ?
J'aurois trop à dire fi je voulois traiter
cette matiere , & fi j'entreprenois de faire
voir les abus qui naiffent des priviléges
qu'on obtient par des charges , après
avoir acquis fouvent moitié des terres d'u64
MERCURE DE FRANCE.
ne Paroiffe . Il me feroit facile de démon
trer pourquoi beaucoup de terres reftent
incultes , quoique ces terres puffent enti
chir nombre de familles , felles appartenoient
à des cultivateurs : mais ce détail
meneroit trop loin ; il feroit à défirer qu'une
bonne plume l'entreprît , cela feroit
plus utile que des réflexions fur Pline qui
a parlé pour fon pays je pourrois fournir
des matereaux , & je ne demanderois.
d'autre récompenfe que d'être utile à ma
Patrie. Je fuis , & c. L ***
Al Auteur du Mercure , fur le grain.
J'Ar lûavec
'Ar lû avec attention , Monfieur , dans
votre dernier Mercure , page 137 , las
Lettre d'un Religieux à M. Duhamel du
Monceau , fur les avantages que le Public
retireroit des magafins de grain que
les Ordres Religieux pourroient faire dans
leurs Maifons je ne peux qu'applaudir
aux intentions de ce Religieux , elles me..
paroiffent pures , & n'avoir pour but que
l'utilité publique le projet qu'il propofe
a été conçu & exécuté à Paris , il y a déja
plufieurs années.
Je connois tout l'avantage qui réfultera
des magafins faits librement ; j'ai vû une
fi grande abondance de grain en 1743 &
en 1744 dans les Provinces de France où
l'on eft dans l'ufage de battre la récolte au
JUILLE T. 1753 59
bout du champ * , que les laboureurs
ne
fçavoient où le loger , j'ai vû en même tems
les Meſtiveurs
auxquels on donne ordinairement
le neuvième de la récolte pour .
leur falaire , rançonner les colons , & exiger
outre ce neuvième , un fupplément
en
argent exceffif.
J'ai fuivi ces inconvéniens , & j'ai vu
qu'après les bonnes récoltes le cultivateur
fémoit moins de grain qu'à l'ordinaire &
augmentoit fon bétail : j'ai obfervé qu'il
négligeoit de remuer le grain dans les greniers
, parce que le prix des journées,
d'hommes augmente à mefure que celui
du grain baiffe ; j'ai remarqué que chaque
laboureur élevoit une plus grande quantité
de volailles & de porcs qu'à l'ordinaire
; j'ai vu les cultivateurs prodiguer le
grain à leurs boeufs & moutons pour les
engraiffer faute de confommation , ils
trouvent ce moyen de convertir leur grain
en fuif , & de les faire marcher fans voitures.
La vilité du prix du grain le leur faifoit
regarder comme une denrée qui ne
méritoit aucun foin . J'ai vu enfuite les intemperies
des faifons faire manquer la
récoke , les terres non cultivées & les
* Méthode dont je fuis en état de démontrer i
l'abus.
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
champs fans fumier , par la mortalité des
beftiaux , alors les difettes fe font fait
fentir , & le peuple toujours injufte , a accufé
les Magiftrats de défaut de vigilance
fur la fortie des grains , tandis que trois
mois auparavant il les accufoit d'infléxibilité
fur ces forties. La véritable caufe du
mal ne doit pas fe chercher ailleurs que
dans la négligence du laboureur, qui n'a pas
fçû bien admniftrer le dépôt que la Provi
dence lui avoit confié . Une ſeconde raiſon
de difette , c'est qu'auffi- tôt que le grain
augmente dans les Provinces , les Colons
augmentent leurs femailles , & comme la
mauvaiſe récolte de grain eft ordinairement
accompagnée d'une difette de légumes
& herbages , la confommation du pain
augmente , parce qu'il faut que le grain
tienne lieu de tout : on en a vû un exemple
en 1751 , il n'y avoit prefque ni féves
, ni pois , ni lentilles , ni chataignes
ni glands ; les chenilles avoient rongé tous
les choux , & les herbes ne fourniffoient
qu'un lait maigre & une chair molle , Que
feroit- on devenu fans la bonté du Roi &
la fageffe du miniftere ?
Ces obfervations m'ont fait conclure
qu'il feroit très- avantageux à l'Etat
que le
commerce du grain fûr auffi libre que celui
du vin nous avons vû plufieurs an
JUILLE T. 17538 61
peu
nées abondantes en vin , & cependant
il n'a point augmenté de prix en proportion
avec le grain , les marchands fçavent
le conferver , & ils en font des magafins
, fans crainte d'être appellés monopolears
: il eft cependant certain qu'on en
manqueroit fans ces magafins : l'expérien
ce nous apprend qu'un Vigneron qui récolte
vingt barriques de vin , en vend
communément feize ; fi les Marchands
achetent , & que s'il ne fe fait pas d'enlevemens
, il ne refte pas deux barriques
à ce vigneron , au bout de deux ans ; il le
confomme infenfiblement , ou il le laiffe
gâter faute de logement ou faute de foins,
Il eft donc certain qu'il feroit très avantageux
qu'il y eût , dans les pays de grain ,
des enlevemens après les récoltes : il
ne s'agit pas ici d'exportation à l'Etranger
, mais de débaraffer le laboureur du
foin de fon grain , & d'être à portée de
le lui conferver au cas de befoin .
Si un Corps Religieux étoit chargé de
ces enlevemens , il faudroit lui interdire
la liberté d'en faire lorfque le froment excéderoit
cent livres le muid , qu'il ne pût
faire fes levées par préférence à perfonne
, que fes greniers fuffent toujours ouverts
, qu'il renouvellât fes grains en vendant
les anciens , fans pouvoir forcer le
$
62 MERCURE DE FRANCE.
Public à acheter , fous quelque prétexte
que ce fût , & qu'il ne pût augmenter le
prix du grain fans la permiffion du Magiftrat
, enforte que le plus haut prix n'excédât
pas cent cinquante livres le muid :
les différentes révolutions lui procureroient
un bénéfice fuffifant , & au moyen
des levées le cultivateur feroit de l'argent
quand il en auroit befoin .
*
J'aurois beaucoup de chofes à dire
fur la maniere de conferver les grains , &
fur les précautions pour le voiturer ; je
démontrerois que le bled voiture vieux
fouffre les mêmes altérations que le vin
que l'on a laiffé furanner dans les vigno
bles , lequel ne peut plus fouffrir de tranfport.
M. Rouffeau reproche à bien jufte
titre à notre Nation la frivolité de fes occupations.
On fait des Sociétés Littéraires
pour microſcoper les mots , & on ne s'eft
point encore avifé de former une fociété
de cultivateurs qui fe communiquaffent
leurs expériences de Province en Province.
Nous avons vu paroître quelques Ouvrages
de Mrs de Buffons & Duhamel , à
peine leur a- t- on marqué quelqu'obligation
de leurs recherches. M. de Combe a
tracé une autre carriere ; on laifle leurs
Livres , on va à la Campagne , on y porte
des Romans. Que de perfonnes le font
JUILLET. 63
1753
4
ruinées en facrifiant leur fortune fur mer
qui auroient fait un profit immenfe , s'ils
cuffent employé la même activité à cultiver
des fonds !
On convertit en parcs & en jardins de
plaifance , les terres labourables qui envi
ronnent un Château ; on fe ruine à ache
ter ces terrains , on les paye le quadruple
de leur valeur , & on ruine le payfan , on
le met dans une aifance momentanée , il
confomme l'argent de fon fonds , il perd
avec fon fonds & l'habitude du travail, &
le peu de probité qu'il avoit ; " ſa maiſon
eft détruite , fon champ eft devenu inculte
pour l'Etat , il n'a plus rien à perdre ,
le crime ne lui coûte plus rien . Les pay- .
fans ne fe preffent point de marier leurs
enfans , lorfqu'ils n'ont point de terres à
leur donner , ils perdent l'amour de la Patrie
, ceux qui n'ont point de poffeffions :
ne tiennent à rien..
Pourquoi n'éleve t'on pas les enfans des
Hôpitaux au travail de la terre ? craïnt on
qu'ils foient robuftes , & qu'ils portent
par tout des bras qui les faffent fubfifter ?
J'aurois trop à dire fi je voulois traiter
cette matiere , & fi j'entreprenois de faire
voir les abus qui naiffent des priviléges
qu'on obtient par des charges , après
avoir acquis fouvent moitié des terres d'u64
MERCURE DE FRANCE.
ne Paroiffe . Il me feroit facile de démon
trer pourquoi beaucoup de terres reftent
incultes , quoique ces terres puffent enti
chir nombre de familles , felles appartenoient
à des cultivateurs : mais ce détail
meneroit trop loin ; il feroit à défirer qu'une
bonne plume l'entreprît , cela feroit
plus utile que des réflexions fur Pline qui
a parlé pour fon pays je pourrois fournir
des matereaux , & je ne demanderois.
d'autre récompenfe que d'être utile à ma
Patrie. Je fuis , & c. L ***
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Résumé : LETTRE A l'Auteur du Mercure, sur le grain.
Dans une lettre publiée dans le Mercure, un auteur approuve la proposition d'un religieux visant à créer des magasins de grain gérés par les ordres religieux pour le public. Cette initiative, déjà expérimentée à Paris, vise à résoudre les problèmes rencontrés lors des bonnes récoltes de 1743 et 1744, marquées par une surabondance de grain et des abus des métayers. Les cultivateurs, négligeant souvent la gestion de leur grain, provoquent des pénuries lors des mauvaises récoltes suivantes. Les intempéries et la mauvaise gestion des terres aggravent ces difficultés. L'auteur suggère que la liberté du commerce du grain, similaire à celle du vin, serait bénéfique. Il propose que les corps religieux puissent acheter du grain après les récoltes pour aider les cultivateurs à gérer leurs surplus, sous certaines conditions strictes. Le texte critique également la conversion des terres agricoles en parcs et jardins autour des châteaux, soulignant que cette pratique ruine les paysans. En achetant ces terrains à des prix élevés, les propriétaires terriens appauvrissent les paysans, les privant de leurs moyens de subsistance et les poussant à la délinquance. Les paysans évitent aussi de marier leurs enfants faute de terres à leur léguer, ce qui affaiblit leur attachement à la patrie. L'auteur suggère d'éduquer les enfants des hôpitaux au travail agricole pour renforcer la main-d'œuvre rurale. Il mentionne les abus liés aux privilèges obtenus par des charges et l'inculture de nombreuses terres, tout en exprimant le besoin d'une analyse approfondie de ces problèmes pour le bien de la patrie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 109
AGRICULTURE. [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION du Semoir-à-bras de Languedoc avec les figures nécessaires [...]
Mots clefs :
Semoir-à-bras , Imitation, Récolte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AGRICULTURE. [titre d'après la table]
DESCRIPTION du Semoir-à - bras de
Languedoc avec les figures néceffaires
pour pouvoir l'imiter . Edition gratuite
&c. Ce petit Cahier de 76 pages in - 16
que l'Auteur donne gratis à quiconque
le lui demande par une lettre affranchie ,
contient 1 °. un Mémoire préfenté à MM.
des Etats-Généraux de Languedoc . 2 °.
Quelques réfléxions fur les qualités
effentielles qui conftituent un bon Semoir.
3 °. Les planches & l'explication
néceffaires pour une bonne imitation .
4°. Les inftructions pratiquées pour en
faire ufage. 5 °. Une lifte numérale de
183 perfonnes qui ont acquis ce Semoir
dans l'intervalle de trente mois. 6°. Quel
ques expériences de la récolte de 1762.
Nous allons les tranfcrire mot- à-mot.
Languedoc avec les figures néceffaires
pour pouvoir l'imiter . Edition gratuite
&c. Ce petit Cahier de 76 pages in - 16
que l'Auteur donne gratis à quiconque
le lui demande par une lettre affranchie ,
contient 1 °. un Mémoire préfenté à MM.
des Etats-Généraux de Languedoc . 2 °.
Quelques réfléxions fur les qualités
effentielles qui conftituent un bon Semoir.
3 °. Les planches & l'explication
néceffaires pour une bonne imitation .
4°. Les inftructions pratiquées pour en
faire ufage. 5 °. Une lifte numérale de
183 perfonnes qui ont acquis ce Semoir
dans l'intervalle de trente mois. 6°. Quel
ques expériences de la récolte de 1762.
Nous allons les tranfcrire mot- à-mot.
Fermer
5
p. 110-116
PREMIERE SUITE d'Expériences, faites avec le semoir-à-bras de Languedoc. Récolte de 1762. Résultats purement sommaires pour être envoyés par la poste.
Début :
M. DARESTE (n°. 95 de la Liste) suivant un certificat en forme, du 3 [...]
Mots clefs :
Semoir, Semence, Produit, Récolte, Sécheresse , Charges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERE SUITE d'Expériences, faites avec le semoir-à-bras de Languedoc. Récolte de 1762. Résultats purement sommaires pour être envoyés par la poste.
PREMIERE SUITE d'Expériences ,
faites avec le femoir-à-bras de Languedoc.
Récolte de 1762. Résultats
purement fommaires pour être envoyés
par la pofte.
M. DARESTE ( nº . 95 de la Liſte )
fuivant un certificat en forme , du 3
Juillet , figné par MM. Goyran , Darnond
& Verrier , Curé & Confuls de
Chavanay en Forêt ; 48 livres de Froment
lui ont produit 1230 : c'est 25 &
demi pour un. Il avoit employé la moitié
de la femence ordinaire ; il a pris un
autre Semoir & m'en a fait débiter fix .
M. Duroure ( nº. 15 ) fuivant fa Letstre
du 11 Août , 238 livres lui ont fait
3240 , pár une féchereffe de dix mois
fans pluie ; c'eft plus de 13 & demi pour
un. Dans la partie de comparaiſon ,
476 liv. ont donné 2593. C'eſt un peu
moins de 5 & demi pour un; il a pris
un autre Semoir.
MM . Les Benedictins ( 93 ) fuivant la
Lettre de Dom Lefpès , du 12 Août ,
ayant employé la moitié de la femence ,
le Semoir a fait 7 & deux tiers pour un
JUILLET. 1763. TIX
& la comparaifon 3 & demi , par une
féchereffe inouie ; ils ont pris une autre
Semoir.
M. de S. Tropes ( 89 ) Nous avons
appris le 13 Août , de la propre bouche
de M. l'Abbé de S. Tropès fon frère .
que 7 Emines de Bled en ont produit
157. C'eft 22 & demi pour un : on
avoit employé la moitié de la femence ,
il'a pris deux nouveaux Semoirs .
M. Duverger ( 83 ) ayant bien voulu
jondre à fa Lettre du 24 Août , la copie
d'un Mémoire qu'il a lu dans une Affemblée
de la Société du Mans , il en réfulte
qu'il a fait , avec une attention fupérieure
, fept épreuves en Froment ,
Seigle , Orge , Epaute , Avoine , & c,
dans toutes lefquelles on a épargné environ
les deux tiers de la femence &
augmenté le produit tant en pailles qu'en
grains , dont la qualité l'emporte fur
ceux de comparaifon , foit au poids ,
foit à l'oeil. Il y prouve que certains
grains qu'on croit ne pouvoir être femés
qu'en Hyver , peuvent l'être également
au Printemps & que certains autres du
Printemps , réuffiffent en Hyver. Il s'éléve
auffi contre le préjugé où l'on eft ,
dans les terres fortes les Sillons bom .
bés font préférables aux Planches . Que
n'avons-nous affez de place pour pouque
12 MERCURE DE FRANCE.
voir donner ce Mémoire en entier
M. de la Lauziere ( 94 ) dans fa Lettre
du 15 Septembre , nous marque avoir
femé une charge de bled dans une terre
peu préparée , & où les mottes dominoient
, laquelle lui en a rendu quinze.
Il n'a profité par comparaifon , que de
la moitié de la femence , fans diminution
de récolte. Il a trouvé le moyen de
connoître les befoins du Grainier fans
ouvrir le couvercle : il pofe un morceau
de planche fur le bled , tenant à un cordon
qui pend au- dehors ; à mesure que
le bled baiffe , le cordon rentre , &
avertit la Semeufe qu'il faut remettre
du Grain . Il a fait conftruire un fecond
Semoir d'après le nôtre , où il a pratiqué
quelques changemens qui ne nous
font pas affez connus pour en juger.
M. Carenet , ( 66 ) Lettre du 23 Septembre.
De quatre Setiers de Froment ,
il en a récolté 95 , malgré la féchereffe;
qu'il eftime l'avoir fruftré d'environ 60
Setiers de plus .
M. Fefquet (78 & 79 ) Lettre du 28
Septembre. De 5 Setiers en a retiré 100 ;
& 14 Setiers & demi femés ailleurs ,
ne lui ont donné que 117 , à caufe de
la féchereffe qui a diminué là récolté
dans tout le pays ; il a pris un troifiéme
Semoir,
JUILLET. 1763. 113
M. Chriftol ( 19 ) Lettre du 2 Octobre.
Son Laboureur n'ayant pas affez
ferré les Sillons , il n'eft tombé que la
cinquiéme partie de la femence avec
42 Cellules ouvertes. Ce Semis a paru
pitoyable jufques à la fin de Mars , que
les Plantes ayant tallé & travaillé vigoureuſement
, le Semoir a produit à
la récolte 60 mefures de Bled , tandis
que la piéce de comparaifon , avec toure
la femence , n'a rapporté que 66
mefures. Il eft furprenant , qu'après une
pareille faute , cet Officier ait encore
eu deux mefures de bénéfice , puifqu'en
ayant économifé 8 aux femailles , il
n'en a perdu que 6 fur le produit. It
y avoit dix pouces entre les rangées de
la femence.
M. de Novi ( 73 ) Lettre du 4 O &obre.
Avec les plus belles apparences
d'une récolte avantageufe jufqu'au mefurage
des grains , il n'a pas eu la fatiffaction
de connoître au vrai le bénéfice
du Semoir, puifqu'ayant mené le matin
quelques amis pour en être les témoins
il trouva que fes gens avoient malicieuſement
profité de la nuit pour mêler
les deux récoltes enfemble. Il remarque
, entr'autres chofes , qu'il faut femer
la moitié & non le tiers de la fe
114 MERCURE DE FRANCE .
mence , & qu'il y avoit moins de mauvaiſes
herbes dans la partie du Semoir
que dans les Terres femées à l'ordinaire
.
•
M. Attanoux ( 58 ) Lettre du 4 O & obre.
Cet Amateur intelligent à faire entrer
différens effais dans le total de fon
expérience , pour connoître la quantité
de Semence que fon fond peut comporter
, & le degré de profondeur auquel
il convient de la mettre , ayant opéré
dans une contenance de 2000 toifes
quarrées à 30 , 36 & 42 cellules & à
differentes profondeurs , il y a eu bien
des lacunes , tant par rapport aux deux
premiers nombres , dont le produit étoit
trop clair , que par rapport à la Semence
trop profonde qui n'a pas levé. Il n'y
eft entré que 100 liv . de Froment, au lieu
de 320 qu'il en eft tombé dans les 2000
toifes de comparaifon. Les 100 du Semoir
ont porté 3283 liv. & la piéce de
comparaifon n'a produit que fept charges
pour une. Le bénéfice fur cette modique
étendue , a été de deux charges
huit panaux fur la récolte , & de fept
panaux fur la femence : total , 3 charges
5 panaux. Le Bled du Semoir pefoit
10 liv. de plus par charge que celui de
la méthode ordinaire.
JUILLET. 1763. 115
C'eft pour la feconde fois qu'on remarque
( comme M. Fefquet ) que le
Bled de la nouvelle méthode n'eft pas
fujet à verfer par les pluies. M. le Baron
de la Tour- d'Aigues , ( 18 ) avoit prévu
cet avantage du Semoir -à- bras , même
avant toute expérience .
M. Attanoux a fait une feconde épreuve
qui lui a réuffi . Il y a dans le Pays
une forte de Terre fabloneufe qui ne
porte que du Seigle : la couverture avantageufe
que le Semoir procure à la Semence
, lui ayant infpiré d'y femer du
Froment , deux panaux en ont produit
12 de la plus belle qualité. Il fe difpofe
à femer une étendue de 16000 toifes ,
d'où probablement nous tirerons de nouvelles
connoiffances.
M. de Lubieres ( 65 ) a fait prendre
un autre Semoir. Quoique nous n'ayons
pas encore le détail de fes opérations ,
on doit les croire favorables .
Le prix du Semoir eft , fur les lieux ,
de trente -fix livres , & la caiffe d'embalage
pour les Villes éloignées coûte
trois livres. Le tout enfemble ne peſe
que 75 à 80 livres poids de Montpellier.
L'adreffe , tant pour demander la
brochure que le Semoir eft à M. l'Abbé
Soumille , Correfpondant des Acadé116
MERCURE DE FRANCE.
mies Royales des Sciences de Paris ,
Toulouſe & Montpellier , Affocié libre
de la Société Royale d'Agriculture de
Limoges , à Villeneuve -lès - Avignon . On
doit affranchir le port des Lettres &
de l'Argent
.
faites avec le femoir-à-bras de Languedoc.
Récolte de 1762. Résultats
purement fommaires pour être envoyés
par la pofte.
M. DARESTE ( nº . 95 de la Liſte )
fuivant un certificat en forme , du 3
Juillet , figné par MM. Goyran , Darnond
& Verrier , Curé & Confuls de
Chavanay en Forêt ; 48 livres de Froment
lui ont produit 1230 : c'est 25 &
demi pour un. Il avoit employé la moitié
de la femence ordinaire ; il a pris un
autre Semoir & m'en a fait débiter fix .
M. Duroure ( nº. 15 ) fuivant fa Letstre
du 11 Août , 238 livres lui ont fait
3240 , pár une féchereffe de dix mois
fans pluie ; c'eft plus de 13 & demi pour
un. Dans la partie de comparaiſon ,
476 liv. ont donné 2593. C'eſt un peu
moins de 5 & demi pour un; il a pris
un autre Semoir.
MM . Les Benedictins ( 93 ) fuivant la
Lettre de Dom Lefpès , du 12 Août ,
ayant employé la moitié de la femence ,
le Semoir a fait 7 & deux tiers pour un
JUILLET. 1763. TIX
& la comparaifon 3 & demi , par une
féchereffe inouie ; ils ont pris une autre
Semoir.
M. de S. Tropes ( 89 ) Nous avons
appris le 13 Août , de la propre bouche
de M. l'Abbé de S. Tropès fon frère .
que 7 Emines de Bled en ont produit
157. C'eft 22 & demi pour un : on
avoit employé la moitié de la femence ,
il'a pris deux nouveaux Semoirs .
M. Duverger ( 83 ) ayant bien voulu
jondre à fa Lettre du 24 Août , la copie
d'un Mémoire qu'il a lu dans une Affemblée
de la Société du Mans , il en réfulte
qu'il a fait , avec une attention fupérieure
, fept épreuves en Froment ,
Seigle , Orge , Epaute , Avoine , & c,
dans toutes lefquelles on a épargné environ
les deux tiers de la femence &
augmenté le produit tant en pailles qu'en
grains , dont la qualité l'emporte fur
ceux de comparaifon , foit au poids ,
foit à l'oeil. Il y prouve que certains
grains qu'on croit ne pouvoir être femés
qu'en Hyver , peuvent l'être également
au Printemps & que certains autres du
Printemps , réuffiffent en Hyver. Il s'éléve
auffi contre le préjugé où l'on eft ,
dans les terres fortes les Sillons bom .
bés font préférables aux Planches . Que
n'avons-nous affez de place pour pouque
12 MERCURE DE FRANCE.
voir donner ce Mémoire en entier
M. de la Lauziere ( 94 ) dans fa Lettre
du 15 Septembre , nous marque avoir
femé une charge de bled dans une terre
peu préparée , & où les mottes dominoient
, laquelle lui en a rendu quinze.
Il n'a profité par comparaifon , que de
la moitié de la femence , fans diminution
de récolte. Il a trouvé le moyen de
connoître les befoins du Grainier fans
ouvrir le couvercle : il pofe un morceau
de planche fur le bled , tenant à un cordon
qui pend au- dehors ; à mesure que
le bled baiffe , le cordon rentre , &
avertit la Semeufe qu'il faut remettre
du Grain . Il a fait conftruire un fecond
Semoir d'après le nôtre , où il a pratiqué
quelques changemens qui ne nous
font pas affez connus pour en juger.
M. Carenet , ( 66 ) Lettre du 23 Septembre.
De quatre Setiers de Froment ,
il en a récolté 95 , malgré la féchereffe;
qu'il eftime l'avoir fruftré d'environ 60
Setiers de plus .
M. Fefquet (78 & 79 ) Lettre du 28
Septembre. De 5 Setiers en a retiré 100 ;
& 14 Setiers & demi femés ailleurs ,
ne lui ont donné que 117 , à caufe de
la féchereffe qui a diminué là récolté
dans tout le pays ; il a pris un troifiéme
Semoir,
JUILLET. 1763. 113
M. Chriftol ( 19 ) Lettre du 2 Octobre.
Son Laboureur n'ayant pas affez
ferré les Sillons , il n'eft tombé que la
cinquiéme partie de la femence avec
42 Cellules ouvertes. Ce Semis a paru
pitoyable jufques à la fin de Mars , que
les Plantes ayant tallé & travaillé vigoureuſement
, le Semoir a produit à
la récolte 60 mefures de Bled , tandis
que la piéce de comparaifon , avec toure
la femence , n'a rapporté que 66
mefures. Il eft furprenant , qu'après une
pareille faute , cet Officier ait encore
eu deux mefures de bénéfice , puifqu'en
ayant économifé 8 aux femailles , il
n'en a perdu que 6 fur le produit. It
y avoit dix pouces entre les rangées de
la femence.
M. de Novi ( 73 ) Lettre du 4 O &obre.
Avec les plus belles apparences
d'une récolte avantageufe jufqu'au mefurage
des grains , il n'a pas eu la fatiffaction
de connoître au vrai le bénéfice
du Semoir, puifqu'ayant mené le matin
quelques amis pour en être les témoins
il trouva que fes gens avoient malicieuſement
profité de la nuit pour mêler
les deux récoltes enfemble. Il remarque
, entr'autres chofes , qu'il faut femer
la moitié & non le tiers de la fe
114 MERCURE DE FRANCE .
mence , & qu'il y avoit moins de mauvaiſes
herbes dans la partie du Semoir
que dans les Terres femées à l'ordinaire
.
•
M. Attanoux ( 58 ) Lettre du 4 O & obre.
Cet Amateur intelligent à faire entrer
différens effais dans le total de fon
expérience , pour connoître la quantité
de Semence que fon fond peut comporter
, & le degré de profondeur auquel
il convient de la mettre , ayant opéré
dans une contenance de 2000 toifes
quarrées à 30 , 36 & 42 cellules & à
differentes profondeurs , il y a eu bien
des lacunes , tant par rapport aux deux
premiers nombres , dont le produit étoit
trop clair , que par rapport à la Semence
trop profonde qui n'a pas levé. Il n'y
eft entré que 100 liv . de Froment, au lieu
de 320 qu'il en eft tombé dans les 2000
toifes de comparaifon. Les 100 du Semoir
ont porté 3283 liv. & la piéce de
comparaifon n'a produit que fept charges
pour une. Le bénéfice fur cette modique
étendue , a été de deux charges
huit panaux fur la récolte , & de fept
panaux fur la femence : total , 3 charges
5 panaux. Le Bled du Semoir pefoit
10 liv. de plus par charge que celui de
la méthode ordinaire.
JUILLET. 1763. 115
C'eft pour la feconde fois qu'on remarque
( comme M. Fefquet ) que le
Bled de la nouvelle méthode n'eft pas
fujet à verfer par les pluies. M. le Baron
de la Tour- d'Aigues , ( 18 ) avoit prévu
cet avantage du Semoir -à- bras , même
avant toute expérience .
M. Attanoux a fait une feconde épreuve
qui lui a réuffi . Il y a dans le Pays
une forte de Terre fabloneufe qui ne
porte que du Seigle : la couverture avantageufe
que le Semoir procure à la Semence
, lui ayant infpiré d'y femer du
Froment , deux panaux en ont produit
12 de la plus belle qualité. Il fe difpofe
à femer une étendue de 16000 toifes ,
d'où probablement nous tirerons de nouvelles
connoiffances.
M. de Lubieres ( 65 ) a fait prendre
un autre Semoir. Quoique nous n'ayons
pas encore le détail de fes opérations ,
on doit les croire favorables .
Le prix du Semoir eft , fur les lieux ,
de trente -fix livres , & la caiffe d'embalage
pour les Villes éloignées coûte
trois livres. Le tout enfemble ne peſe
que 75 à 80 livres poids de Montpellier.
L'adreffe , tant pour demander la
brochure que le Semoir eft à M. l'Abbé
Soumille , Correfpondant des Acadé116
MERCURE DE FRANCE.
mies Royales des Sciences de Paris ,
Toulouſe & Montpellier , Affocié libre
de la Société Royale d'Agriculture de
Limoges , à Villeneuve -lès - Avignon . On
doit affranchir le port des Lettres &
de l'Argent
.
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