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1
p. 112-118
A Paris ce 23 Février 1717.
Début :
Je satisfais volontiers, M. à la demande que vous avez bien [...]
Mots clefs :
Incendie, Feu, Marchand, Combustibles, Négligence, Secours, Sauvetage, Marchandises, Pompes à incendie, Danger, Maisons, Dommages, Reconstruction, Citoyens, Tragédie
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texteReconnaissance textuelle : A Paris ce 23 Février 1717.
A Paris ce 23 Février 1717 .
E fatisfais volontiers , M, à la demande
que vous avez bien voulu
me faire , que je vous informafle de
ce que j'ai vû , & de ce que je pou
rois apprendre de l'incendie arrivée
au quartier où je demeure : Je ne
vous l'envoye cependant que fur la
promeffe , que vous m'avez faite
d'ajoûterez , ou de retrancher ce que
vous jugerez à propos .
Le 16 de ce mois , le feu prit entre
deux & trois heures du matin.
dans une maison qui faifoit le coin
au midy des rues faint Martin & de
faint Merry , chez le fieur Ferand Epicier.
Comme le principal commerce de
ce Marchand eftoit la cire ; fa maifon
eftoit par confequent remplie de
poix -railines , mêches, & autres matieres
combustibles,
MERCURE. 113
Ce feu , qui par la negligence de
fes garçons , prit à une des chambres
du fecond étage , où ils s'endormirent
en travaillant,ne fut pas long
tems ,fans fe communiquer dans toutes
les parties du bâtiment , dont le
corps n'étoit que de bois ; il devint
des plus violents & des plus dangereux
, qu'on eut vû dépuis long- tems
à Paris ; puifque pendant plus de 4
heures , il poulla en l'air des charbons
& flammêches , dont le vent
qui eftoit au Sud- Ouest , en porta fur
des maifons à plus de cinq cent pas
de là ; il enflamma vis-à- vis , à travers
la rue neuve faint Mery , plufieurs
chaffis & croifées de la maifon
où demeure un Notaire ; enfin ce
quartier fe trouva dans un peril évident
pendant plus de fix heures, on en
fut delivré par les fecours qu'on y
apporta ; ce qui fut executé fous les
ordres , & en la prefence de Melfieurs,
les Prevost des Marchands & Eche.
vins , de Meffieurs les Lieutenant
Civil , & Procureur du Roy du
Châtelet.
Kiij
114 LE NOUVEAU
Les premiers fecours & les plus éfficaces
que l'on pût donner dans ces
premiers moments , furent de fauver
les marchandifes qui étoient dans la
boutique , & quelques effets du premier
étage , ce que l'on ne pût executer
fans beaucoup de difficulté , tant
à cauſe de la cire fonduë qui tomboit
à travers les planchers du fecond, que
parce que le feu gagna l'unique efcalier
qui eftoit dans cette maiſon ; ce
qui réduifit ceux qui fe trouverent
pour lors au premier étage , dans la
neceffité de defcendre par les fenêtres
, à la faveur des échelles qu'on y
pofa . Comme cette maiſon fe trouvoit
alors trop embrazée, pour l'em+
pêcher de brûler;que le feu commençoit
à gagner les maiſons voisines , le
principal objet devoit eftre d'en arrêter
le cours ,c'eft à quoi les uns s'occuperent
, en y portant de l'eau avec les
premiers feaux de la Ville qui fe
trouverent à la main , pendant que
les autres firent des baftards - d'eau,
pour que les pompes dont on efperoit
le plus , n'attendiffent point aprés
MERCURE .
105
l'eau , quand elles feroient placées ;
c'eft à quoy fervirent utilement plufieures
faignées que l'on fit à des
tuyaux qui paffent fous le pavé de ce
quartier.
Auffi-toft que les pompes furent
arrivées , le Sieur du Perier , & fes
gens ne furent pas long - tems à les
diftribuer & à les mettre en état
dans les endroits neceffaires ; Elles
commencerent àjouer à fix heures ,
& cotinuerent avec tant de fuccés,
qu'en moins de quatre heures , elles
firent celler le danger qui menaçoit
toute ce quartier , elles furent
fervies par les trente - deux hạm.
mes qui font deftinez à cet ufage :
Elles eftoient au nombre de huit , il
n'en falloit pas moins , à cauſe que
de tems en tems il s'en trouvoit
d'interrompuës pour n'être
point allez menagées , & pendant
qu'on les rétablifoit elles
eftoient remplacées par d'autres . Je
ne pourrois, fansfaire tort au Sieur
du Perier , taire ici les mouve-
9 :
" LE NOUVEAU
116
mens qu'il le donna dans cette occafion
; ils furent , tels que fes gens ,
& les autres ouvriers qui travailloient
à ce feu , n'en
n'en pouvants
faire
ceffer le danger,fans fe mettre en peril
de leur vie ; il y expofa plufieurs
fois la fienne pour les exciter par fon
exemple .
,
Sur les dix heures du matin , le plus
important travail eftant achevé , qui
avoit confifté à couper , & éteindre
le feu qui gagnoit a droite & à gauche
les maifons voifines; Il s'agilfoit
pour lors d'en étouffer un autre ,
qui menaçoit les caves de cette
maifon remplies d'un grand nombre
de tonneaux de cires & de
quelques autres marchandifes . Ces
caves avoient quelques illuës qu'on
n'avoit pû boucher , principalement
un petit efcalier dérobé , qui eftoit
au fond de la boutique ; il eftoit
tombé fur un endroit de la vout
deux poutres debout , qui auroient
pû la crever ; cette voute eftoit de
plus chargée des debris de l'incendie ;
comme le tout compofoit
enMERCU
RE.
117
&
core un feu épouventable , il fur
attaqué avec toutes les pompes, principalement
par les endroits de cette
cave que l'on crût ouverts
par un nombre infini de feaux
d'eau,dans les endroits où on les
pou
voit jetter. Ce qui fut continué juſqu'à
ce qu'on eut noyé & étouffé ce
feu ; on conçût pour lors l'efperance
de fauver pour plus de 30 mille livres
de marchandiſes , que l'on retrouva
deux jours aprés que l'on eut
achevé de dégager l'entrée defdites
caves,dans lefquelles il ne fut pas aifé
d'entrer pour les en tirer , à caufe de
la fumée de & l'eau dont elleseftoient
remplies..
Le dommage de ce feu confifte en
la aifon de l'Epicier , qui eft brû….
lée jufqu'au rez de chauffée de la Ruë ,
fes marchandifes qui eftoient dans
les chambres , la plupart de fes meubles,
quelques papiers & argent comtant
; à l'égard des petites maifons
attenantes , lefquelles font au nombe
de trois , dont deux dans la rue
faint Martin , & une, ruë, neuve S.
1 LE NOUVEAU
Mery;on aura de la peine à fe difpenfer
de rebâtir celle qui eft la plus proche
de la maiſon brûlée, du côté de la
rue S.Martin, dans laquelle demeuroit
un Boulanger , dont le comble eft
abbatu , & le murfeft un peu panché.
La curiofité amenoit à cet affreux
ſpectacle , des gens oififs , qui venoient
jouir , pour ainfi dire , de la
terreur & du peril des Citoyens fecourables,
les Archers faifilloient de
tems à autre ces badauds faineants, &
on les forçoit incivilement à jouer
un rôle utile dans cette tragedie.
E fatisfais volontiers , M, à la demande
que vous avez bien voulu
me faire , que je vous informafle de
ce que j'ai vû , & de ce que je pou
rois apprendre de l'incendie arrivée
au quartier où je demeure : Je ne
vous l'envoye cependant que fur la
promeffe , que vous m'avez faite
d'ajoûterez , ou de retrancher ce que
vous jugerez à propos .
Le 16 de ce mois , le feu prit entre
deux & trois heures du matin.
dans une maison qui faifoit le coin
au midy des rues faint Martin & de
faint Merry , chez le fieur Ferand Epicier.
Comme le principal commerce de
ce Marchand eftoit la cire ; fa maifon
eftoit par confequent remplie de
poix -railines , mêches, & autres matieres
combustibles,
MERCURE. 113
Ce feu , qui par la negligence de
fes garçons , prit à une des chambres
du fecond étage , où ils s'endormirent
en travaillant,ne fut pas long
tems ,fans fe communiquer dans toutes
les parties du bâtiment , dont le
corps n'étoit que de bois ; il devint
des plus violents & des plus dangereux
, qu'on eut vû dépuis long- tems
à Paris ; puifque pendant plus de 4
heures , il poulla en l'air des charbons
& flammêches , dont le vent
qui eftoit au Sud- Ouest , en porta fur
des maifons à plus de cinq cent pas
de là ; il enflamma vis-à- vis , à travers
la rue neuve faint Mery , plufieurs
chaffis & croifées de la maifon
où demeure un Notaire ; enfin ce
quartier fe trouva dans un peril évident
pendant plus de fix heures, on en
fut delivré par les fecours qu'on y
apporta ; ce qui fut executé fous les
ordres , & en la prefence de Melfieurs,
les Prevost des Marchands & Eche.
vins , de Meffieurs les Lieutenant
Civil , & Procureur du Roy du
Châtelet.
Kiij
114 LE NOUVEAU
Les premiers fecours & les plus éfficaces
que l'on pût donner dans ces
premiers moments , furent de fauver
les marchandifes qui étoient dans la
boutique , & quelques effets du premier
étage , ce que l'on ne pût executer
fans beaucoup de difficulté , tant
à cauſe de la cire fonduë qui tomboit
à travers les planchers du fecond, que
parce que le feu gagna l'unique efcalier
qui eftoit dans cette maiſon ; ce
qui réduifit ceux qui fe trouverent
pour lors au premier étage , dans la
neceffité de defcendre par les fenêtres
, à la faveur des échelles qu'on y
pofa . Comme cette maiſon fe trouvoit
alors trop embrazée, pour l'em+
pêcher de brûler;que le feu commençoit
à gagner les maiſons voisines , le
principal objet devoit eftre d'en arrêter
le cours ,c'eft à quoi les uns s'occuperent
, en y portant de l'eau avec les
premiers feaux de la Ville qui fe
trouverent à la main , pendant que
les autres firent des baftards - d'eau,
pour que les pompes dont on efperoit
le plus , n'attendiffent point aprés
MERCURE .
105
l'eau , quand elles feroient placées ;
c'eft à quoy fervirent utilement plufieures
faignées que l'on fit à des
tuyaux qui paffent fous le pavé de ce
quartier.
Auffi-toft que les pompes furent
arrivées , le Sieur du Perier , & fes
gens ne furent pas long - tems à les
diftribuer & à les mettre en état
dans les endroits neceffaires ; Elles
commencerent àjouer à fix heures ,
& cotinuerent avec tant de fuccés,
qu'en moins de quatre heures , elles
firent celler le danger qui menaçoit
toute ce quartier , elles furent
fervies par les trente - deux hạm.
mes qui font deftinez à cet ufage :
Elles eftoient au nombre de huit , il
n'en falloit pas moins , à cauſe que
de tems en tems il s'en trouvoit
d'interrompuës pour n'être
point allez menagées , & pendant
qu'on les rétablifoit elles
eftoient remplacées par d'autres . Je
ne pourrois, fansfaire tort au Sieur
du Perier , taire ici les mouve-
9 :
" LE NOUVEAU
116
mens qu'il le donna dans cette occafion
; ils furent , tels que fes gens ,
& les autres ouvriers qui travailloient
à ce feu , n'en
n'en pouvants
faire
ceffer le danger,fans fe mettre en peril
de leur vie ; il y expofa plufieurs
fois la fienne pour les exciter par fon
exemple .
,
Sur les dix heures du matin , le plus
important travail eftant achevé , qui
avoit confifté à couper , & éteindre
le feu qui gagnoit a droite & à gauche
les maifons voifines; Il s'agilfoit
pour lors d'en étouffer un autre ,
qui menaçoit les caves de cette
maifon remplies d'un grand nombre
de tonneaux de cires & de
quelques autres marchandifes . Ces
caves avoient quelques illuës qu'on
n'avoit pû boucher , principalement
un petit efcalier dérobé , qui eftoit
au fond de la boutique ; il eftoit
tombé fur un endroit de la vout
deux poutres debout , qui auroient
pû la crever ; cette voute eftoit de
plus chargée des debris de l'incendie ;
comme le tout compofoit
enMERCU
RE.
117
&
core un feu épouventable , il fur
attaqué avec toutes les pompes, principalement
par les endroits de cette
cave que l'on crût ouverts
par un nombre infini de feaux
d'eau,dans les endroits où on les
pou
voit jetter. Ce qui fut continué juſqu'à
ce qu'on eut noyé & étouffé ce
feu ; on conçût pour lors l'efperance
de fauver pour plus de 30 mille livres
de marchandiſes , que l'on retrouva
deux jours aprés que l'on eut
achevé de dégager l'entrée defdites
caves,dans lefquelles il ne fut pas aifé
d'entrer pour les en tirer , à caufe de
la fumée de & l'eau dont elleseftoient
remplies..
Le dommage de ce feu confifte en
la aifon de l'Epicier , qui eft brû….
lée jufqu'au rez de chauffée de la Ruë ,
fes marchandifes qui eftoient dans
les chambres , la plupart de fes meubles,
quelques papiers & argent comtant
; à l'égard des petites maifons
attenantes , lefquelles font au nombe
de trois , dont deux dans la rue
faint Martin , & une, ruë, neuve S.
1 LE NOUVEAU
Mery;on aura de la peine à fe difpenfer
de rebâtir celle qui eft la plus proche
de la maiſon brûlée, du côté de la
rue S.Martin, dans laquelle demeuroit
un Boulanger , dont le comble eft
abbatu , & le murfeft un peu panché.
La curiofité amenoit à cet affreux
ſpectacle , des gens oififs , qui venoient
jouir , pour ainfi dire , de la
terreur & du peril des Citoyens fecourables,
les Archers faifilloient de
tems à autre ces badauds faineants, &
on les forçoit incivilement à jouer
un rôle utile dans cette tragedie.
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2
p. 823-825
EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
Début :
Après avoir travaillé long-temps à la construction de [...]
Mots clefs :
Pompes à incendie, Mécanique, Charpentes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
EXTRAITd'une Lettre , écrite de Rennes, ·
au sujet d'une nouvelle Pompé , pour·la
plus prompte extinction des Incendies.
Près avoir travaillé long- temps à la
construction de plusieurs morceaux
de Mécanique , aussi nouveaux que reconnus utiles dans la pratique ; je me
suis appliqué à construire une Pompe aspirante , et foulante sans Balancier , capable d'éteindre en peu de minutes les
flames de quelque Incendie que ce soit ,
en la maniant adroitement. Elle est por
tative , et un seul homme peut la faire
mouvoir. Feu mon Frere , Officier des
Milices Bourgeoises , qui s'employà utile
Iy
ment
1
824 MERCURE DE FRANCE.
ment lors de l'Incendie general de cetre
Ville , vint à bout par ce moyen,
de sauver entierement son quartier.Ce qui a été
depuis suivi de plusieurs autres experien
ces aussi heureuses , que j'ai faites moimême.La premiere,chez M. de Ligouyer,
Conseiller de ce Parlement ; et tout récemment à la Maison du sieur Perrineau,
près de l'Intendance, où un feu violent s'é
toit pris dans une Cheminée , adhérante
à une Charpente qui joignoit celle de
mon Presbitere. Trois injections de ma.
Pompe l'éteignirent tout- à-fait ; ce qui
fut fait en presense du sieur Abbeille, Ingenieur de la Ville , logé dans la même
maison , lequel admira cette machine et
son succès.
Beaucoup de personnes s'en sont éga- lement servies , avec le même succès ,
pour éteindre des Incendies cachez, dont
il y avoit beaucoup à craindre , et qui
n'ont point cu de suite.
Si cette Pompe , d'autant plus à considerer qu'elle n'est point chargée de res
sorts , construite avec art , dans la simplicité de l'hydraulique , est agréée du public , j'en ferai tenir à Paris , à Padresse
qu'on trouvera bon de me donner. La façon de s'en servir est aussi très-simple ;
la jonction étroite du peu de ressorts quila
AVRIL 1732. 825
a composent , est d'ailleurs à l'épreuves
de l'eau et impenetrable à l'air. Le corps
de la Machine est d'un Métail sonnant et
leger.
Cependant on distribuera de ces Pompes , à Rennes , chez le sieur Bolleret ,
Marchand Planneur, ruë de la Frocassiere,.
lequel donnera en même temps une Instruction imprimée sur la maniere de s'en servir. Leur prix,à Rennes, sera de liv.
et à Paris , de 18 liv. le port compris. J'ai
plusieurs autres Machines et Ouvrages de..
Mécanique , également utiles, que je communiquerai en temps et lieu.
Mon adresse est à M. Bouros , Vicaire
perpetuel de S. Jean , lez Rennes , à son
Presbitere , près l'Intendance.
ARennes en Bretagne ,
lele 2929:1
Fe
vrier 1731.
au sujet d'une nouvelle Pompé , pour·la
plus prompte extinction des Incendies.
Près avoir travaillé long- temps à la
construction de plusieurs morceaux
de Mécanique , aussi nouveaux que reconnus utiles dans la pratique ; je me
suis appliqué à construire une Pompe aspirante , et foulante sans Balancier , capable d'éteindre en peu de minutes les
flames de quelque Incendie que ce soit ,
en la maniant adroitement. Elle est por
tative , et un seul homme peut la faire
mouvoir. Feu mon Frere , Officier des
Milices Bourgeoises , qui s'employà utile
Iy
ment
1
824 MERCURE DE FRANCE.
ment lors de l'Incendie general de cetre
Ville , vint à bout par ce moyen,
de sauver entierement son quartier.Ce qui a été
depuis suivi de plusieurs autres experien
ces aussi heureuses , que j'ai faites moimême.La premiere,chez M. de Ligouyer,
Conseiller de ce Parlement ; et tout récemment à la Maison du sieur Perrineau,
près de l'Intendance, où un feu violent s'é
toit pris dans une Cheminée , adhérante
à une Charpente qui joignoit celle de
mon Presbitere. Trois injections de ma.
Pompe l'éteignirent tout- à-fait ; ce qui
fut fait en presense du sieur Abbeille, Ingenieur de la Ville , logé dans la même
maison , lequel admira cette machine et
son succès.
Beaucoup de personnes s'en sont éga- lement servies , avec le même succès ,
pour éteindre des Incendies cachez, dont
il y avoit beaucoup à craindre , et qui
n'ont point cu de suite.
Si cette Pompe , d'autant plus à considerer qu'elle n'est point chargée de res
sorts , construite avec art , dans la simplicité de l'hydraulique , est agréée du public , j'en ferai tenir à Paris , à Padresse
qu'on trouvera bon de me donner. La façon de s'en servir est aussi très-simple ;
la jonction étroite du peu de ressorts quila
AVRIL 1732. 825
a composent , est d'ailleurs à l'épreuves
de l'eau et impenetrable à l'air. Le corps
de la Machine est d'un Métail sonnant et
leger.
Cependant on distribuera de ces Pompes , à Rennes , chez le sieur Bolleret ,
Marchand Planneur, ruë de la Frocassiere,.
lequel donnera en même temps une Instruction imprimée sur la maniere de s'en servir. Leur prix,à Rennes, sera de liv.
et à Paris , de 18 liv. le port compris. J'ai
plusieurs autres Machines et Ouvrages de..
Mécanique , également utiles, que je communiquerai en temps et lieu.
Mon adresse est à M. Bouros , Vicaire
perpetuel de S. Jean , lez Rennes , à son
Presbitere , près l'Intendance.
ARennes en Bretagne ,
lele 2929:1
Fe
vrier 1731.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
L'auteur d'une lettre présente une pompe aspirante et foulante sans balancier, conçue pour éteindre rapidement les incendies. Cette pompe, portable et manœuvrable par une seule personne, a démontré son efficacité lors de plusieurs interventions, notamment à Rennes chez M. de Ligouyer et chez le sieur Perrineau. Le sieur Abbeille, ingénieur de la ville, a admiré son succès. La pompe est simple à utiliser, robuste et composée de peu de ressorts étanches à l'eau et à l'air. Son prix est de 16 livres à Rennes et 18 livres à Paris, port inclus. L'auteur propose de distribuer la pompe à Rennes chez le sieur Bolleret, qui fournira une instruction imprimée pour son utilisation. Il mentionne également d'autres machines et ouvrages mécaniques utiles qu'il pourrait communiquer ultérieurement. Pour plus d'informations, l'auteur peut être contacté à l'adresse de M. Bouros, vicaire perpétuel de Saint-Jean, près l'Intendance à Rennes.
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3
p. 144-146
LETTRE de M. Thillaye, Privilégié du Roi pour les pompes à incendies, demeurant à Rouen, à l'Auteur du Mercure.
Début :
MONSIEUR, Je pourrois vous détailler les différens pays étrangers & [...]
Mots clefs :
Pompes à incendie, Succès, Incendie, Certificat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Thillaye, Privilégié du Roi pour les pompes à incendies, demeurant à Rouen, à l'Auteur du Mercure.
LETTRE de M. Thillaye , Privilégié du Roi
pour les pompes à incendies , demeurant à
Rouen , à l'Auteur du Mercure.
MONSIEUR,
E pourrois vous détailler les différens
pays étrangers & les différentes villes du
royaume à qui j'ai fourni de mes pompes ;
mais comme ce détail pourroit devenir ennuyeux
, je me bornerai à vous citer un
feul exemple de mon fuccès , qui eſt décifif.
M. de Beaumont , Intendant de Flan
dres , a envifagé , lorfqu'il étoit en Intendance
en Franche- Comté , qu'un de ſes
prémiers foins devoit être de garantir fa
Généralité des incendies. Ce Magiftrat ,
Occupé
FEVRIER. 1755.
1755 145
occupé de l'amour du bien public , voulant
faire emplette de pompes , & en établir
dans les villes de fon département , a
jetté les yeux fur moi , & ce n'a été qu'après
avoir examiné lui - même mon ouvrage
qu'il m'a donné la préférence ; je lui ai
fourni vingt pompes , dont je puis dire
qu'il a été fatisfait.
J'ai crû , Monfieur , devoir vous rendre
compte de mon fuccès , auquel vous avez
contribué par vos annonces favorables ; je
vous prie de rendre ma lettre publique par
la voie de votre Journal , & d'inferer à la
fuite le certificat de M. de Beaumont , afin
que ceux qui ne connoîtroient pas tout l'avantage
qu'on peut tirer de mes pompes ,
ne puiffent plus en douter.
J'en délivre gratuitement les figures &
la defcription . Je prie ceux qui me feront
l'honneur de m'écrire, d'affranchir leurs lettres.
Les perfonnes qui defireront avoir de
ces pompes , à Paris , pourront s'adreffer
chez les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré , où j'en ai en magafin de toutes
grandeurs.
J'ai l'honneur d'être , &c.
CERTIFICAT.
Jean -Louis Moreau , Chevalier , Sei
G
146. MERCURE DE FRANCE.
1
gneur de Beaumont , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Maître des Requêtes ordinaire
de fon Hôtel , Intendant du Comté.
de Bourgogne.
Certifions que le fieur Thillaye , Maître
Pompier à Rouen , a fourni par nos ordres
, pendant l'année derniere & la préfente
, à plufieurs villes de Bourgogne
vingt pompes de différentes grandeurs def
tinées à éteindre le feu en cas d'incendie
defquelles nous avons fait faire l'épreuve,
avec fuccès en notre préfence ; elles nous,
ont paru , par leur forme & par leurs effets ,
être extrêmement utiles dans des incen
dies.
Fait au camp de Gray le 4 Septembre
1754.
Signé DE BEAUMONT,
pour les pompes à incendies , demeurant à
Rouen , à l'Auteur du Mercure.
MONSIEUR,
E pourrois vous détailler les différens
pays étrangers & les différentes villes du
royaume à qui j'ai fourni de mes pompes ;
mais comme ce détail pourroit devenir ennuyeux
, je me bornerai à vous citer un
feul exemple de mon fuccès , qui eſt décifif.
M. de Beaumont , Intendant de Flan
dres , a envifagé , lorfqu'il étoit en Intendance
en Franche- Comté , qu'un de ſes
prémiers foins devoit être de garantir fa
Généralité des incendies. Ce Magiftrat ,
Occupé
FEVRIER. 1755.
1755 145
occupé de l'amour du bien public , voulant
faire emplette de pompes , & en établir
dans les villes de fon département , a
jetté les yeux fur moi , & ce n'a été qu'après
avoir examiné lui - même mon ouvrage
qu'il m'a donné la préférence ; je lui ai
fourni vingt pompes , dont je puis dire
qu'il a été fatisfait.
J'ai crû , Monfieur , devoir vous rendre
compte de mon fuccès , auquel vous avez
contribué par vos annonces favorables ; je
vous prie de rendre ma lettre publique par
la voie de votre Journal , & d'inferer à la
fuite le certificat de M. de Beaumont , afin
que ceux qui ne connoîtroient pas tout l'avantage
qu'on peut tirer de mes pompes ,
ne puiffent plus en douter.
J'en délivre gratuitement les figures &
la defcription . Je prie ceux qui me feront
l'honneur de m'écrire, d'affranchir leurs lettres.
Les perfonnes qui defireront avoir de
ces pompes , à Paris , pourront s'adreffer
chez les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré , où j'en ai en magafin de toutes
grandeurs.
J'ai l'honneur d'être , &c.
CERTIFICAT.
Jean -Louis Moreau , Chevalier , Sei
G
146. MERCURE DE FRANCE.
1
gneur de Beaumont , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Maître des Requêtes ordinaire
de fon Hôtel , Intendant du Comté.
de Bourgogne.
Certifions que le fieur Thillaye , Maître
Pompier à Rouen , a fourni par nos ordres
, pendant l'année derniere & la préfente
, à plufieurs villes de Bourgogne
vingt pompes de différentes grandeurs def
tinées à éteindre le feu en cas d'incendie
defquelles nous avons fait faire l'épreuve,
avec fuccès en notre préfence ; elles nous,
ont paru , par leur forme & par leurs effets ,
être extrêmement utiles dans des incen
dies.
Fait au camp de Gray le 4 Septembre
1754.
Signé DE BEAUMONT,
Fermer
Résumé : LETTRE de M. Thillaye, Privilégié du Roi pour les pompes à incendies, demeurant à Rouen, à l'Auteur du Mercure.
M. Thillaye, privilégié du Roi pour les pompes à incendie à Rouen, écrit au rédacteur du Mercure pour souligner son succès dans la fourniture de ces équipements. Il mentionne l'exemple de M. de Beaumont, Intendant de Flandres, qui, après avoir examiné les pompes de Thillaye, en a commandé vingt, satisfait de leur qualité. Thillaye attribue une partie de son succès aux annonces favorables publiées par le destinataire de la lettre. Il souhaite rendre cette lettre publique et inclure le certificat de M. de Beaumont pour convaincre les sceptiques des avantages de ses pompes. Thillaye offre gratuitement les plans et descriptions de ses pompes et invite les intéressés à le contacter ou à se rendre chez les Pères Feuillans à Paris. Le certificat de M. de Beaumont confirme la livraison et l'efficacité des pompes à plusieurs villes de Bourgogne, soulignant leur utilité en cas d'incendie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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