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p. 140-144
« ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
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ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...]
Mots clefs :
Calculs, Newton, Navigateur, Méridien, Observations, Mouvements
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texteReconnaissance textuelle : « ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
TAT DU CIEL , pour l'an de grace
1755 , calculé fur les principes de
Newton , & rapporté à l'ufage de la mari .
ne ; par A. G. Pingré , Chanoine Régulier
de Ste Geneviève , correfpondant de l'Académie
royale des Sciences , Affocié de
celle de Rouen. A Paris , chez Durand ,
rue Saint Jacques , au Griffon ; & Piffot ,
quai de Conti , à la Sageffe .
pu-
L'accueil que le public éclairé a fait à
l'Etat du Ciel de 1754 , n'a point été le
fruit de la faveur ou de la prévention . On
defiroit depuis long- tems en France un
ouvrage de cette efpéce ; mais la longueur
& la difficulté des calculs ralentiffoient le
zéle de ceux qui pouvoient l'entrepren
dre. Le defir de contribuer à l'utilité
blique l'a enfin emporté fur la féchereſſe
pénible d'une multitude de calculs embarraffans.
On a vû en France un Etat du ciel ,
où les mouvemens céleftes étoient déterminés
fur les principes les plus certains ,
fur les tables les plus parfaites. On paroiffoit
fatisfait. M. Pingré , auteur de l'ouvrage
, ne l'a point été ; il a fenti que fon
travail étoit fufceptible d'une perfection
FEVRIER. 1755. 14!
plus grande : il n'a point voulu qu'on pût
lui reprocher qu'il ne fervoit le public
qu'à demi . On peut dire que l'Etat du ciel
de 1755 eft beaucoup plus fupérieur à celui
de l'année précédente que celui- ci ne
l'étoit à l'égard de tous les ouvrages de
cette efpéce qui avoient paru jufqu'alors .
M. P. avertiffoit l'année derniere , dans
fa préface , que pour diminuer l'ennui &
la prolixité des calculs , il s'étoit fouvent
fervi de méthodes d'approximation qu'il
s'étoit faites pour lui-même. Il a maintenant
abandonné toutes ces méthodes ; tout
eft calculé en rigueur , & aucune addition
, aucune fouftraction , aucune autre
regle d'arithmétique n'a été employée ;
dont la preuve n'ait été faite .
Les mouvemens de la lune font ici les
plus effentiels , puifque c'eft d'eux principalement
que dépend la connoiffance des
longitudes fur mer ; ils n'étoient calculés -
en 1754 qu'en dégrés & minutes ; en
1755 la précifion va jufqu'aux fecondes.
Il ne peut y avoir d'autre erreur , dit l'auteur
, que celles qui auront été occafionnées
par des fractions de fecondes , négligées
dans les différentes équations. Ces
erreurs montent donc quelquefois à deux
ou trois fecondes au plus. Nous n'étions
pas encore accoutumés à des calculs d'une
142 MERCURE DE FRANCE.
telle précifion . Puiffent les navigateurs en
recueillir les fruits que l'Auteur , en déterminant
avec toute la précifion poffible les
principales limites de la terre & de la mer ,
fe propofe de leur procurer ! Pour ce qui
regarde le paffage de la lune au méridien ,
foit fur l'horizon , foit au - deffous , il n'y a
nulle part une feconde d'erreur .
Les éclipfes font annoncées ici avec toute
l'exactitude dont ces fortes de prédictions
font fufceptibles . Avant que de les
calculer , M. P. a corrigé l'erreur des tables
, tant en longitude qu'en latitude , fur
des obfervations correfpondantes.
Pour que les navigateurs puiffent retirer
de cet ouvrage toute l'utilité poffible
, la déclinaifon de la lune eft içi calculée
de douze en douze heures ; à l'afcenfion
droite du même aftre , on a fubftitué
fon angle horaire , calculé pareillement
pour les heures de midi & de minuit
, méridien de Paris ; cet angle eft celui
que fait le cercle de déclinaifon de la
lune avec le méridien. Enfin à côté de
tous les élémens de la lune on a ajouté les
mouvemens horaires correfpondans. C'étoit
, fans contredit , la meilleure méthode
que l'Auteur pût employer pour remplir
parfaitement fon objet , c'eft- à -dire
pour rendre fon ouvrage d'un uſage abſólument
général .
FEVRIER. 1755. 143
Dans les explications que donne M. P.
pour l'ufage de fes calculs & de fes tables ,
on trouve une méthode pour conclure fur
mer la longitude du vaiffeau , d'une feule
obfervation de la hauteur de la lune fur
l'horizon * .
On fçait que la bonté des méthodes
qu'on propofe aux navigateurs , dépend , &
du petit nombre d'obfervations qu'il faut
faire , & de la facilité des calculs qu'il
faut employer. Ajoutons encore à cela ,
qu'une méthode eft d'autant meilleure
que les opérations qu'on y propofe fe peuvent
réitérer plus fréquemment . Or il ne
paroît pas douteux que par rapport à la
réunion de ces trois conditions , la méthode
de M. Pingré ne foit préférable à
toutes celles qui ont paru jufqu'à préfent ;
elle n'exige qu'une feule obfervation . Les
calculs qui doivent fuivre l'obfervation , paroiffent
à la portée de tout le monde . Enfin
l'obfervation requife peut fe faire tous les
jours & à toute heure , pourvu que la lune
Les latitudes ne peuvent être conclues que
de l'obfervation des hauteurs. Il eft donc naturel
d'y rapporter auffi les longitudes , d'autant plus
que ces obfervations peuvent fe faire aujourd'hui
avec un inftrument d'un ufage très- facile
indépendant du mouvement du vaiffeau. Voyez le
Voyage au nord , par M. l'Abbé Outkier.
> &
144 MERCURE DE FRANCE.
foit fur l'horizon , & qu'elle ne foit pas
trop voifine du foleil ou du méridien .
Nous n'entrerons pas plus avant dans
les détails curieux & inftructifs que renferme
cet ouvrage ; c'eſt au Public , &
principalement à M M. de la Marine &
aux Aftronomes , à juger de fon utilité : il
eft d'ailleurs fort bien exécuté.
1755 , calculé fur les principes de
Newton , & rapporté à l'ufage de la mari .
ne ; par A. G. Pingré , Chanoine Régulier
de Ste Geneviève , correfpondant de l'Académie
royale des Sciences , Affocié de
celle de Rouen. A Paris , chez Durand ,
rue Saint Jacques , au Griffon ; & Piffot ,
quai de Conti , à la Sageffe .
pu-
L'accueil que le public éclairé a fait à
l'Etat du Ciel de 1754 , n'a point été le
fruit de la faveur ou de la prévention . On
defiroit depuis long- tems en France un
ouvrage de cette efpéce ; mais la longueur
& la difficulté des calculs ralentiffoient le
zéle de ceux qui pouvoient l'entrepren
dre. Le defir de contribuer à l'utilité
blique l'a enfin emporté fur la féchereſſe
pénible d'une multitude de calculs embarraffans.
On a vû en France un Etat du ciel ,
où les mouvemens céleftes étoient déterminés
fur les principes les plus certains ,
fur les tables les plus parfaites. On paroiffoit
fatisfait. M. Pingré , auteur de l'ouvrage
, ne l'a point été ; il a fenti que fon
travail étoit fufceptible d'une perfection
FEVRIER. 1755. 14!
plus grande : il n'a point voulu qu'on pût
lui reprocher qu'il ne fervoit le public
qu'à demi . On peut dire que l'Etat du ciel
de 1755 eft beaucoup plus fupérieur à celui
de l'année précédente que celui- ci ne
l'étoit à l'égard de tous les ouvrages de
cette efpéce qui avoient paru jufqu'alors .
M. P. avertiffoit l'année derniere , dans
fa préface , que pour diminuer l'ennui &
la prolixité des calculs , il s'étoit fouvent
fervi de méthodes d'approximation qu'il
s'étoit faites pour lui-même. Il a maintenant
abandonné toutes ces méthodes ; tout
eft calculé en rigueur , & aucune addition
, aucune fouftraction , aucune autre
regle d'arithmétique n'a été employée ;
dont la preuve n'ait été faite .
Les mouvemens de la lune font ici les
plus effentiels , puifque c'eft d'eux principalement
que dépend la connoiffance des
longitudes fur mer ; ils n'étoient calculés -
en 1754 qu'en dégrés & minutes ; en
1755 la précifion va jufqu'aux fecondes.
Il ne peut y avoir d'autre erreur , dit l'auteur
, que celles qui auront été occafionnées
par des fractions de fecondes , négligées
dans les différentes équations. Ces
erreurs montent donc quelquefois à deux
ou trois fecondes au plus. Nous n'étions
pas encore accoutumés à des calculs d'une
142 MERCURE DE FRANCE.
telle précifion . Puiffent les navigateurs en
recueillir les fruits que l'Auteur , en déterminant
avec toute la précifion poffible les
principales limites de la terre & de la mer ,
fe propofe de leur procurer ! Pour ce qui
regarde le paffage de la lune au méridien ,
foit fur l'horizon , foit au - deffous , il n'y a
nulle part une feconde d'erreur .
Les éclipfes font annoncées ici avec toute
l'exactitude dont ces fortes de prédictions
font fufceptibles . Avant que de les
calculer , M. P. a corrigé l'erreur des tables
, tant en longitude qu'en latitude , fur
des obfervations correfpondantes.
Pour que les navigateurs puiffent retirer
de cet ouvrage toute l'utilité poffible
, la déclinaifon de la lune eft içi calculée
de douze en douze heures ; à l'afcenfion
droite du même aftre , on a fubftitué
fon angle horaire , calculé pareillement
pour les heures de midi & de minuit
, méridien de Paris ; cet angle eft celui
que fait le cercle de déclinaifon de la
lune avec le méridien. Enfin à côté de
tous les élémens de la lune on a ajouté les
mouvemens horaires correfpondans. C'étoit
, fans contredit , la meilleure méthode
que l'Auteur pût employer pour remplir
parfaitement fon objet , c'eft- à -dire
pour rendre fon ouvrage d'un uſage abſólument
général .
FEVRIER. 1755. 143
Dans les explications que donne M. P.
pour l'ufage de fes calculs & de fes tables ,
on trouve une méthode pour conclure fur
mer la longitude du vaiffeau , d'une feule
obfervation de la hauteur de la lune fur
l'horizon * .
On fçait que la bonté des méthodes
qu'on propofe aux navigateurs , dépend , &
du petit nombre d'obfervations qu'il faut
faire , & de la facilité des calculs qu'il
faut employer. Ajoutons encore à cela ,
qu'une méthode eft d'autant meilleure
que les opérations qu'on y propofe fe peuvent
réitérer plus fréquemment . Or il ne
paroît pas douteux que par rapport à la
réunion de ces trois conditions , la méthode
de M. Pingré ne foit préférable à
toutes celles qui ont paru jufqu'à préfent ;
elle n'exige qu'une feule obfervation . Les
calculs qui doivent fuivre l'obfervation , paroiffent
à la portée de tout le monde . Enfin
l'obfervation requife peut fe faire tous les
jours & à toute heure , pourvu que la lune
Les latitudes ne peuvent être conclues que
de l'obfervation des hauteurs. Il eft donc naturel
d'y rapporter auffi les longitudes , d'autant plus
que ces obfervations peuvent fe faire aujourd'hui
avec un inftrument d'un ufage très- facile
indépendant du mouvement du vaiffeau. Voyez le
Voyage au nord , par M. l'Abbé Outkier.
> &
144 MERCURE DE FRANCE.
foit fur l'horizon , & qu'elle ne foit pas
trop voifine du foleil ou du méridien .
Nous n'entrerons pas plus avant dans
les détails curieux & inftructifs que renferme
cet ouvrage ; c'eſt au Public , &
principalement à M M. de la Marine &
aux Aftronomes , à juger de fon utilité : il
eft d'ailleurs fort bien exécuté.
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Résumé : « ETAT DU CIEL, pour l'an de grace 1755, calculé sur les principes de [...] »
Le texte présente l'ouvrage 'État du Ciel pour l'an de grâce 1755' rédigé par A. G. Pingré, chanoine régulier de Sainte-Geneviève et correspondant de l'Académie royale des Sciences. Cet ouvrage, basé sur les principes de Newton, est destiné à la navigation maritime et a été bien accueilli par le public éclairé en France. Pingré a amélioré son travail par rapport à l'édition de 1754 en abandonnant les méthodes d'approximation pour des calculs rigoureux. Les mouvements de la Lune, cruciaux pour la détermination des longitudes en mer, sont calculés avec une précision accrue, allant jusqu'aux secondes. Les éclipses sont annoncées avec exactitude après correction des erreurs des tables observées. Pour les navigateurs, la déclinaison de la Lune est calculée toutes les douze heures, avec les mouvements horaires correspondants ajoutés. Pingré propose une méthode pour déterminer la longitude d'un vaisseau à partir d'une seule observation de la hauteur de la Lune sur l'horizon, jugée préférable pour sa simplicité et sa fréquence d'application. Le texte souligne l'utilité de l'ouvrage pour la marine et les astronomes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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