De PARIS , le 10 Septembre.
ON attend avec impatience des nouvelles de la feconde
fortie de M. le Comte d'Orvilliers ; » il a actuellement
30 vaitſeaux de ligne , écrit-on de Breft
en date du 4 de ce mois . Il en aura 31 quand le Neptune
l'aura joint. Ce vaiſſeau a été mâté hier , & fera.
prêt en peu de jours , l'Etat -Major ne veut aucun
emménagement de commodité. La Ville de Paris
entrera dans le baffin dans 2 ou 3 jours . Il y a des
ordres pour la conftruction d'un vaiffeau de 100
canons , & pour la refonte du Sceptre , du Minotaure
& du Northumberland.
Les Camps projettés commencent à s'affembler ;
on doit y exécuter le règlement preferit fur le fervice
de l'Infanterie en Campagne. Voici le préambule
de ce règlement , qui a 229 pages in -folio .
" La nouvelle conftitution des Troupes exigeant
une nouvelle Ordonnance de Service de Campagne ,
S. M. a fait rédiger provifoirement le préfent règlement
, afin qu'étant mis à l'épreuve dans les Camps
qu'elle fe propofe de faire aflembler , on puiffe profiter
de toutes les obfervations de l'expérience , pour
lui donner enfuite fous la forme d'Ordonnance toute
la perfection dont cet important ouvrage eft fufceptible
".
» M. le Maréchal de Broglie , écrit - on de Breft ,
a paffé ici 8 jours avant le départ de M. le Comte
d'Orvilliers ; comme ils ont eu de fréquentes conférences
enfemble , on ne manque pas de conjecturer
qu'ils ont concerté enfemble quelque opération ; les
fpéculatifs qui veulent tout deviner , & qui peut- être
K 4
( 224 )
n'y ont pas mieux réuffi cette fois , irrités des outrages
que les Corfaires de Jerfey & de Guernefay
ont fait à nos bâtiments Marchands , leur fuppofent
le projet de les venger. Ils préfument en conféquence
qu'on pourroit bien faire une defcente dans ces Ifles .
Comme les gros vaiffeaux ne peuvent paffer dans
l'une ni dans l'autre , les troupes qu'on y employeroit
, feroient tranfportées fur des frégates & des
bâtimens de St-Malo & de Coutances. Cependant ,
comme ces Ifles font fituées dans la Manche, l'entre->
prife feroit hafardée fi M. le Comte d'Orvilliers ne ;
s'affaroit pas une fupériorité abfolue fur les Anglois
; on dit qu'il fera renforcé par l'Efcadre du Che .
valier de Fabry. On nomme M le Marquis de Caftries
, pour commander cette expédition que l'on
défire en général , mais qui n'eft peut-être pas à la
veille d'être exécutée ".
Les Anglois le réjouiffent du retour de 10 vaif-.
feaux de leur Compagnie des Indes Orientales , dont
ils eftiment la cargallon 1,500,000 liv. ſterl . , fi ces
vaiſſeaux ont trouvé la mer libre , les nôtres ont
eu le même avantage. Il en eft arrivé deux à l'Orient ,
le Terray , venant de Pondicheri , & les Quatre- .
Amis venant de Bengale , la cargaison de ce dernier
feul , monte à plus de 4 millions. Outre ces vailfeaux
, il en eft arrivé 54 des Indes Occidentales ,
qui font entrés dans les Ports de Nantes & de Bordeaux,
& qu'on évalue à plus de 20 millions . Il en arrive
journellement d'autres dans nos différents Ports.
Nos Armateurs répandus fur toutes les mers de
l'Europe , font fouvent des prifes confidérables. On
les voit jufques fur les côtes d'Angleterre , y gêner.
le commerce , & conduire fréquemment des prifes
à Oftende. » Deux Armateurs de Dunkerque , dont
un de 22 canons , commandés par MM. de Pers ,
pere & fils , écrit-on de ce Port , fe font emparés
d'un Corfaire Anglois de 24 canons , convoyant deux
vaiffeaux Marchands de fa nation ; il les ont con
( 225 )
duits ici , où ils ont été accueillis avec des démonstrations
d'une joie générale «.
» La frégate la Sultane , mande-t- on de Toulon ,
qui faifoit partie de l'Efcadre du Chevalier de Fabry ,
qui avoit été détachée avec le chebec le Renard , &
la corvette la Sardine , pour aller croifer entre Gênes
& le Cap Corfe , a fait différentes prifes qu'elle
a amenées dans ce Port ; elle a dû repartir le 18 du
mois dernier , pour eſcorter les bâtiments qui vont
pafler des troupes en Corfe , & en ramener celles
qui y font.
" La frégate l'Aurore , écrit-on de Breft , commandée
par M. de Préville , & la corvette le Roffignol
, par M. de la Touche , ont conduit dans ce.
Port 2 frégates Angloifes l'une de 20 canons & l'autre
de 16 ; cette dernière avoit été faite par la corvette
, qui avoit été prise enfuite elle-même par un
Corfaire Anglois de 20 canons , auquel elle n'avoit
pu réfifter , parce qu'elle avoit mis une partie de
fon équipage fur fa prife . Sa captivité n'a pas été
longue , puifque le lendemain , la frégate l'Aurore
l'a délivrée en s'emparant des deux Anglois « .
Un Pêcheur de ce Port , écrit-on de S. Jean - de- Luz ,
vient de faire une prife qui lui procurera une fortune
brillante pour un homme de fon état ; c'eſt un bâtiment
chargé de 4000 quintaux de morue , eftimé
50,000 écus . La manière dont il s'en eft rendu
maître eft allez fingulière «. Ce Pêcheur étant en
mer découvrit le bâtiment Anglois . Le Capitaine -
qui ne connoiffoit point ces parages , & qui s'eftimoit
à la hauteur de St.- Sebaftien , Port d'Espagne ,
voifin de celui de St.- Jean-de Luz , ayant découvert
la barque du pêcheur courut fur elle , & pria le patron
de le piloter jufqu'à St- Sebaſtien ; celui -ci qui
parloit Efpagnol , le remorqua en effet , & le pilota
bien qu'il le mena dans le Port de St. -Jean -de-
Luz ; quand il fut entré affez avant pour être fous
le canon du Fort , & à l'abri d'une révolte de la part
K s
( 226 )
des Anglois , il leur déclara qu'ils étoient ſes priſonniers
. Le Capitaine Anglois jura beaucoup contre la
furprife , & voulut fe facher ; mais il fut forcé de s'en
tenir là,& il fut conduit dans le Fort avec fon mondec
Ces fuccès multipliés animent les Armateurs dont
le nombre augmente tous les jours ; felon des lettres
de différents Ports , on arme à Marſeille 4 Corfaires
, dont 2 de 20 canons , un de 18 , & un de 10.
A Breft on arme pour la courfe 2 frégates de 26 canons
, & 2 goëlettes , l'une de 10 & l'autre de 6.
La frégate l'Iphigénie , a envoyé , le 31 du mois dernier
, dans ce Port , une prife chargée de vin , d'eaude-
vie & de taffia , & quelques jours après un corfaire
Anglois de 12 canons & 18 pierriers .
On dit que Madame la Ducheſſe de Chartres ayant
envoyé à M. Deftouches , Capitaine de Vaiffeau , qui
commandoit l'Artéfien , au combat d'Oueflant, & qui
dégagea le St- Efprit , attaqué par plufieurs vailleaux
Anglois , une fuperbe boîte d'or ; ce brave Officier a remercié
cette Princeffe avec beaucoup de ſenſibilité ,
en difant qu'il ne croyoit pas mériter une récompenfe
fi grande pour avoir fait fon devoir & exécuté
les ordres de fon Général.
On croit que la Légion de Marine , que M. le Duc
de Lauzun vient d'obtenir l'agrément de lever , eft
deftinée pour les Grandes Indes ; elle fera , dit- on ,
de 4 à 5000 hommes ; il en eft Colonel - Général ,
& il aura fous lui 4 Colonels. Plufieurs Officiers du
Régiment Royal Dragons , dont il étoit Meftre-de-
Camp , auront la permiffion de le fuivre ; c'eft M. de
Gontault , qui , dit-on , commandera à fa place le
Régiment Royal Dragons.
Les affiches de Reims nous fourniffent le trait fuivant
, que nous nous empreffons de rapporter , il a le
mérite de l'intérêt , s'il n'a pas celui de la nouveauté .
Le Prince de Rohan , Colonel du régiment de fon
nom , fe trouvant feul à pied fur le champ de ba
taille , à Rosbach , en 1757 , fut fecouru par un dragon
du régiment d'Apchon , qui le reçut fur fon
( 227)
cheval & le mit en sûreté ; le Prince , après avoir foupé
avec les dragons , donna fix louis à fon libérateur
, & partagea le refte de fon argent entre les
autres. Il recommanda au premier de le venir voir ,
& lui promit de l'obliger . En 1771 , le dragon fe
trouvant dans le cas de quitter le fervice , écrivit au
Prince , qui lui fit la réponſe fuivante , le 6 Mars :
J'ai reçu , mon cher Gerard , votre lettre avec un
grand plaifir , & je vous prie d'en être perfuadé . L'étendue
de la reconnoiffance que je vous deis ne peut
être comparée qu'à la feule envie que j'ai toujours eu
de vous en pouvoir , dans tout le cours de ma vie ,
donner des preuves convaincantes. J'ai eu jufqu'au moment
où j'ai reçu votre lettre , l'inquiétude la plus
grande , vous ayant perdu de vue , & ne fachant où
vous retrouver pour vous faire part du defir qu'a mon
coeur de pouvoir vous être utile au moment que vous
ferez dans l'intention de vous retirer du fervice . Oui ,
mon cher Gerard , vous pouvez demander votre
congé ; vous devez être affuré que vous aurez toujours
une retraite chez moi , fi vous voulez l'accepter.
Je vous prie de recevoir 400 liv . de penfion que
je vous continuerai à votre arrivée ici , mais aux conditions
que vous ne ferez chez moi que fur le pied
d'un brave & honnête militaire auquel je dois la vie :
fi à votre arrivée le pays ne vous convient pas , mon
coeur facrifiera toujours fa fatisfaction à votre bonheur
, & vous jouirez de votre penfion par - tout où
vous irez. Adieu , mon cher Gerard , foyez perfuadé
que vous aurez toujours en moi un ami bien reconnoiffant.
P. S. Accufez-moi , je vous prie , la réception
de ma lettre , & adreffez-moi la vôtre au Château de
Coufière , près Monbazon «. L'Auteur des affiches
de Reims affure qu'il tient le fait du fieur Gerard ,
qui lui a remis copie de la lettre du Prince . Le
brave dragon , qui fe nomme Gerard Gaillard , eft
né à Biermes , près Rethe , & s'eft retiré à Reims depuis
quelques années .
K 6
( 228 )
On lit dans le Journal de Patis , le trait fuivant ,
un enfant de 12 à 13 ans , fe baignant il y a quelques
jours , fut entraîné par le courant dans un lieu
profond , ou il fe feroit infailliblement noyé , fi un
chien qu'il avoit , n'étoit venu à fon fecours ; cet
animal a plongé après lui 14 ou is fois de fuite , &
l'a ramené autant de fois à la furface de l'eau , en le
prenant , tantôt par le bras , tantôt par les cheveux ;
il a donné le tems de venir au fecours de l'enfant ,
mais l'animal extenué de fatigue , & ne pouvant être
affez-tôt fecouru , a péri en fauvant fon maître.
» C'est dans le choc varié des paffions , & dans la
peinture des moeurs des particuliers , qu'on peut connoître
le coeur humain , & tirer des leçons de morale .
& de conduite pour toutes les claffes de la fociété . Ce
motif détermine à donner ici le précis d'une affaire
remarquable par fa fingularité . Jacques Jouy , de
Cuxac , Diocèfe de Carcaffonne , inconftant par caractère
, changeoit fouvent de demeure ; la fituation
du lieu d'Efcale , au Diocèfe de Narbonne , lui ayant
plu , il crut pouvoir s'y fixer ; il convint , verbalement
, avec Etienne Calveyrac de lui acheter , au prix
de 150 liv. , un champ , & fans en prendre poffeflion
il lui compta cette fomme. Dégoûté , bientôt après ,
du féjour d'Efcale , il la réclama ; mais Calveyrac
étoit alors hors d'état de la lui remettre. Un procureur
leur fit faire un accord , felon lequel Calveyrac
devoit compter à Jouy , dans un an , la moitié de la
fomme , & l'autre moitié l'année ſuivante. Les parties
ne fachant pas écrire , ne le figuerent pas. Après
l'échéance du dernier terme , le Procureur ayant ren
contré , par hazard , à Efcale , Calveyrac , il lui demanda
s'il avoit fatisfait au payement de ce qu'il devoit
à Jouy. Cette demande fait aflez fentir qu'il n'étoit
pas chargé de la fuite de cette affaire. La réponse
de Calveyrac , dictée par l'ingénuité , fut , qu'au
moyen de fes travaux & de fes fueurs , il étoit parà
ramaſſer la fomme due , qu'il étoit prêt à la venu
( 229 )
compter à celui qui lui remettroit la quittance de
Jouy , & que comme ce dernier n'étoit pas venu la
retirer , il y avoit lieu de croire qu'il étoit mort. Le
Procureur , profitant de cette ouverture , fit affigner
Calveyrac , le 27 Août 1777 , & malgré les pro-
'meffes qu'il lui fit de ne pas continuer les pourfuites
d'après fon offre réitérée de payer la fomme due , il
obtint un jugement de condamnation qu'il fit rendre ,
le 15 Septembre fuivant , par un poſtulant , qui n'étoit
pas le Juge naturel des parties . Par une précipitation
remarquable , il envoya le lendemain , 16 , à Eſcale ;
des Huifliers & des Records pour fignifier le Jugement
à Calveyrac , & pour lui faifir & enlever, en préfence
de fa famille infortunée , le peu d'effets que recéloit
fa chaumière. Pour fe mettre à l'abri de cette cruelle
expoliation , Calveyrac n'eut d'autre parti à prendre
que de remettre aux Huiffiers la fomme demandée &
le montant des frais des pourfuites. Comme la quittance
qui lui avoit été délivrée ne le déchargeoit pas
valablement , il réfolut de fe procurer celle de Jouy
fon véritable céancier. Mais quelle ne fut pas fa
furprife , lorfque , conduit par fes recherches , il découvrit
que Jouy étoit décédé , le 16 Septembre 1776,
un an avant l'affignation ; d'où il fuit que le Procureur
l'avoit affigné , pourfuivi , faifi , au nom d'un mort ,
& conféquemment fans en avoir le droit ni la miſſion .
C'étoit faire un ufage merveilleux de la fameufe maxime
le mortfaifit le vif. Touché de ce défordre &
des vexations exercées contre un de fes vaffaux , M,
de Marcorelle , Seigneur & Baron d'Eſcale , vint à
fan fecours , & réclama les bontés & la juftice de M.
de Noé , Procureur- Général au Parlement de Touloufe
. Ce Magiftrat , après avoir fait vérifier fur les
lieux les faits , & en avoir reconnu la vérité , obligea
le Procureur de reftituer , aux héritiers de Jouy , la
fomme qu'il avoit inducment reçue , & de rembourfer
à Calveyrac les frais fi cruellement exigés . La reftitution
fut faite , le 9 Décembre 1777 , par acte paſſé
( 230 )
devant Notaire , & le remboursement a été opéré le
13 Août de l'année courante 1778. C'eſt ainſi qu'a fini
cette affaire , fingulière par fa nature , & intéreffante
par fes effets . Elle renferme une leçon qui apprend
quelques-uns des moyens dont fe fert l'impofture
pour ufurper le bien d'autrui , & ceux qu'on doit employer
pour la démafquer & la punir «< .
L'école de Mathématiques , de Deffin , de Géographie
& d'Hiftoire , établie à Paris , rue & vis -à- vis
l'Abbaye Saint-Victor , & dirigée par M. de Longpré ,
Profeffeur de Mathématiques , jouit d'une réputation'
méritée ; l'éducation des enfans deſtinés à la Marine ,
à l'Artillerie ou au Génie , eft particulièrement dirigée
vers ce but. Il eft forti de cette Ecole un grand
nombre d'élèves , actuellement ingénieurs ordinaires
du Roi , dont le mérite & les talens font honneur à
ceux de M. de Longpré. Exciter la curiofité des enfans
, proportionner les leçons à leur fagacité , diſcoufir
fouvent avec eux par forme d'amuſement , former
leur ame par des inftructions de morale miles à
leur portée , échauffer leur coeur par les traits de
l'Hiftoire qui infpirent l'amour de la vertu ; voilà le
plan d'éducation de M. de Longpré , qui le développe
avec plaifir , en donnant aux parens intéreffés à les
connoître tous les détails qu'ils peuvent defirer . L'expérience
& la raifon prouvent qu'un enfant apprend
plus aifément la Géométrie élémentaire , que les principes
fecs & abftraits de la Grammaire. La Géométrie
en l'accoutumant à ne raifonner que jufte , rend trèssûrs
& très-rapides fes progrès dans les autres fciences .
Le Deffin amufe & occupe utilement les enfans portés
à l'imitation ; la Géographie eft une ſcience de leur
âge ; en deflinant eux-mêmes la carte , les noms
des lieux & leur pofition refpective , fe fixent fans
peine dans leur tête , & les difpofent à l'étude de
T'hiftoire. Les exercices publics que M. de Longpré fait
foutenir à ſes élèves viennent à l'appui de ce qu'on
avance ici. Les progrès prodigieux de ces élèves éton
1
( 231 )
nent , tous les ans , les Membres de l'Académie
Royale des Sciences , qui s'empreffent d'affifter à ces
exercices. Dans ceux qui ont été foutenus les 17 , 18 ,
19 , 20 & 21 du mois dernier , on a vu un enfant de
TI ans , M. Antoine - Romain- Coquebert de Montbret
, répondre avec netteté , affurance & précifion
fur l'Arithmétique , la Géométrie , la Trigonométrie
rectiligue & fphérique , l'Algèbre , jufqu'aux équations
du quatrième degré inclufivement ; l'applica
tion de l'Algèbre à la Géométrie , les Sections coniques
, les principes du Calcul différentiel & intégral ,
la Statique , la Dinamique , la Géographie & l'Hif
toire. Un enfant de 11 ans capable de répondre avec
intelligence & netteté fur toutes ces parties , eft fans
doute un phénomène intéreffant , & le public à qui
M. de Longpré en préfente de pareils , prefque tous
les ans ne fort point encore de fon étonnement.
Ces faits prouvent plus en faveur de fa méthode que
tout ce que nous pourrions ajouter .
A l'annonce que nous avons faite dernièrement du
taffetas gommé , impénétrable à l'eau , nous devons
ajouter que le public peut voir au Magaſin général
tous les différents ouvrages que l'Auteur en fait faire ,
& le tarif des prix différents de chacun . Ce Magafin
eft aux Quinze-Vingts , vis-à-vis le Cimetière, efcalier
n°. 8. Mlle. Guerin , qui le tient , fatisfera
à toutes les demandes qui lui feront faites , même
par lettres , pourvu qu'on les lui adreffe franches de
port.
Pierre- Charles de Beaufort - Montboiffier , Mar.
quis de Canillac , Lieutenant - Général des Armées
du Roi , eft mort le 10 du mois dernier , en fon
Château de Chaffaigne en Auvergne.
Le Comte de Montefquiou - Fezenffac , Brigadier
des Armées du Roi , chef d'une Brigade de Carabiniers
, eft mort le 19 dans fon Château d'Algens ,
près Lavaur.
Pierre-Aimé de Guiffrey de Monteynard , Comte
( 232 )
de Marcieu , Chevalier , Grand- Croix de l'Ordre
Royal & Militaire de St. Louis , Commandant de
celui de St. Lazare , de Jérufalem , & de Notre-
Dame du Mont Carmel , Doyen des Lieutenants-
Généraux des armées du Roi , Gouverneur en furvivance
des Villes & Citadelle de Valence , ancien
Infpecteur- Général d'Infanterie , & ci- devant Commandant
en chef en Dauphiné , eſt mort à Grenoble
le 26 , âgé de 91 ans .
Charles de la Michaudiere , Confeiller d'Honneur
au Parlement , eft mort ici le 31 Août , âgé de 89 ans.
Les Numeros fortis au Tirage du premier de ce
mois , de la Loterie Royale de France , font : 76 ,
44 , 85 , 52 , 60.