Résultats : 3 texte(s)
Accéder à la liste des activités. Détail
Liste
Personnes exerçant cette activité, avec leurs éventuels coauteurs :
1
p. 169-188
EXHORTATION DE Mr L'EVESQUE D'ANGER.
Début :
Tous ceux qui pûrent l'entendre, furent très-édifiez du zele/ Dieu soit loué, mes tres-chers Freres, de ce qu'il [...]
Mots clefs :
Dieu, Erreur, Église, Frères, Coeur, Avertissement, Maux, Chaire, Grâce, Erreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXHORTATION DE Mr L'EVESQUE D'ANGER.
Tous
ceux qui purent l'entendre
, furent tres-édifiez
P
170
du zele qu'ils firent paroiftre,
außi-bien que du
Difcours que M¹ VEvefque
d'Angers leur
adreffa en ces termes.
171
52552525 :5252525
EXHORTATION
DE M' L'EVESQUE
D'ANGERS.
Di
Ieu foit loué, mes
tres -chers Freres ,'
de ce qu'il a rompu la
dureté de vos coeurs , &
éclairé les tenebres de
vos ames. Dieu foit
loué , dis- je , de ce qu'il
vous a tirez de la nuit
profonde de l'erreur où
vous cftiez engagez
,
Pij
172
pour vous appeller à la
lumiere
de la Foy, qui
vous réunit aujour
d'huy à fon Eglife . Dieu
foit loué , dis-je encore
une fois, mes Freres , de
ce que d'Enfans
rebelles
que vous eftiez à
cette divine Epoufe de
J.C. vous venez aujourd'huy
la reconnoiſtre
pour vôtre Mere. Nous
vous affuros de ſa part,
comme bien inftruits de
fon efprit par la grace
173
de l'Epifcopat qui nous
a admis , quoy que tresindignes
, au rang de fes
premiers Miniftres, qu'
elle oublie toutes les
defobeïfsaces que vous
luy avez renduës , &
toutes les injures que
vous luy avez faites , &
qu'elle vous embraffe
& vous reçoit en fon
fein comme fes veritables
& fes tres- chers
Enfans. Mais nous vous
devons avertir qu'une
PHJ
174
fimple abjuration de
voftre Erreur ne fuffit
pas pourreparer d'auſſi
grands maux que ceux
que vous luy avez faits ;
car vous ne vous etes
pas contentez de vous
féparer d'avec elle ,
vous luy avez ravy ſes
Enfans, vous avez, empoifonnéfon
Troupeau,
& comme des Aveugles
qui en conduifent d'autres,
vous les avez précipitez
dans l'abîme de
1
175
la perdition. Voila en
effet de grands maux,
mes chers Freres , &
nous n'y pouvons faire
refléxion fans admirer
la grace merveilleuſe
que Dieu vous a faite,
non feulement de les
reconnoiftre, & de vous
en repentir , mais encore
de les condamner
avec unefainte hardieffe
dans l'Affemblée de
ceux avec lefquels vous
les avez autrefois com
P iiij
176
mis. Nous ne nous ar
refterons
pas à vous
la
repréſenter
; l'humiliation
où
nous
vous
voyons aux pieds du
Saint
Autel , nous perfuade
affez que celuy
qui vous l'a donnée ,
yous la fait
comprendre
luy-meſme , & que
voftre coeur qu'elle éclaire
à préfent, en eft
touché d'une
parfaite.
reconnoiffance ; mais
comme vous ne con177
noiffez pas encore quel
eft l'efprit de l'Eglife en
une occafion comme
celle- cy , nous vous devons
avertir qu'elle affure
fes Enfans , que le
peché le moins digne de
miféricorde , eft d'eftre
ingrat à la Grace , &
3
encore à une Grace
auffi grande que celle
que vous avez réçeuë,
qui vous a fait defcendre
de la Chaire de
menfonge , pour vous
178
faire écouter les Inftructions
falutaires de la
Chaire de verité , &
vous a fait quitter la
qualité de Pafteurs d'une
fauffe Eglife , pour
vous foumettre auxPafteurs
légitimes de la veritable
, qui eſt la Catholique
, Apoftolique,
& Romaine , hors laquelle
il ne peut jamais
y avoir de falut. Nous
ne doutos pas que vous
ene foyez entrez dans
179
ces fentimens , fans lefquels
vôtre Converſion
feroit fauffe ; car come
l'Erreur veut détruire
la Verité, la Verité auffi
veut détruire l'Erreur
jufqu'aux fondemens .
Ce font deux Empires,
l'un du Démon, l'autre
de Dieu , qui fe font continuellement
la guerre ,
mais dont la victoire .
eft toujours affurée à la
Verité par N. Seigneur .
Ce que Dieu vous de180
mande donc principalement
, mes chers Freres
, c'eft que vous n'ô- .
mettiez rien de tout ce
qui peut dépendre de
vous, pour procurer la
Converfion de ceux qui
font dans l'Erreur que
vous avez quittée , &
fur tout de vos proches,
& de ceux qui ont efté
fous voftre conduite .
Joignez pour cela vos
voeux aux noftres , mes
chers Freres , & pour
181
vous bien acquiter des
actions de graces que
vous devez à Dieu , de
la grande miféricorde
qu'il vous a faite , ayeż
dans la bouche & dans
le coeur, ces paroles fi
touchantes d'un des
plus grands Peres de
l'Eglife. Gratias tibi,
Deus meus , qui fugientem
te perfecutus es, &
oblitum tui non es oblitus
. Soyez loué à jamais,
ô mon Dieu, qui
182
m'avez pourſuivy lors
que je vous fuyois ,. &
qui vous eftes fouvenu
de moy , lors que je
vous avois oublié. Que
voftre foy ſoit ferme,
comme l'Anchre qui
affermit le Vaiſſeau ,
felon
l'Apoftre ; que
ceux qui ont efté les
Perfécuteurs de l'Eglife
Catholique, foient à l'avenir
fes Défenſeurs';
que ceux qui ont ravagé
la Bergerie de J.C.
183
en devienent les Oüailles
; & que ceux qui ont
fait la guerre à ſa divine
Epoufe , fe confeffent
vaincus,pour avoir part
à fes victoires . Or comme
Dieu qui tient en fa
main le coeur des Roys,
fe fert viſiblement de
noftre grand & invincible
Monarque pour l'acroiffement
de la Foy,
vos actions de graces
feroient imparfaites, s'il
n'y avoit une part tou184
te particuliere ; & vous
n'ignorez pas fans dou
te , que pour eftre Enfans
de la veritable Egli
fe, il faut eftre à luy encore
plus par le devoir
de la Religion, que par
celuy de la Naiffance.
Qu'il foit donc defor
mais l'objet , non plus
de voftre crainte , mais
de voftre reconnoiffance
; que fon zele pour
la ruine de l'Hérefie,
excite le vostre pour la
185
confervation de fa Perfonne
facrée; & que cet
Ennemy fi redoutable
de l'Erreur que vous
quittez aujourd'huy,
foit à l'avenir confideré
de vous comme le Protecteur
de la Verité que
vous avez embraffée,
afin
qu'accompliffant
tous les devoirs de notre
fainte Religion, vous
méritiez la
récompenfe
que Dieu promet à ceux
qui vivent & qui meu186
4
rent dans la Communion
des Saints . Nous
fuplions N. Seigneur
J. C. que ces langues
de feu qui font defcenduës
aujourd'huy fur
fes Apoftres , purifient
vos lagues & vos coeurs
du refte des mauvaiſes
impreffions que l'Erreur
y auroit pû laiffer;
& c'eft ce que nous
vous fouhaitons , mes
tres- chers Freres , dans
les fentimens d'un coeur
187
tout remp de tendreffe,
d'affection , & de
charité pour vous , avec
les Benédictions duDieu
tout- puiffant, Pere , Fils ,
& Saint Efprit.
Il n'y eur perfonne qui ne fut
touché de ce Difcours, & du zele
plein de charité avec lequel ce
Prélat le prononça. Ceux quifont
Les fonctions de Miniftres parmy
les Prétendus Réformez , eftant
plus éclairez queles autresfur les
Points qui ont fourny prétexte à
Calvin de fe féparer de l'Eglife,
leur Converfion ne peut produire
que de tres -grands fruits. Auſſi
188
wit-on dés ce mefme jour l'Abjaration
de M's Gilly & Courdil fuivie
de celle de Mr Clement , Añeien
du Temple de Sorges, Gentil
homme tres- eftimé dans tout le
Party, & de deux de fes Enfans;
d'un Ancien du Lieu où M Courdil
exerçoit fon Miniftere ; de M' de
Beaulieu , Medecin à Beaufort, Beau
frere de M Gilly,& de trois autres
Perfonnes. M'l' Evefque d'Angers
acheva la Cerémonie par le Te
Deum qu'il entonna , & qui fut
chanté par la Mufique aufon de
toutes les Cloches.
ceux qui purent l'entendre
, furent tres-édifiez
P
170
du zele qu'ils firent paroiftre,
außi-bien que du
Difcours que M¹ VEvefque
d'Angers leur
adreffa en ces termes.
171
52552525 :5252525
EXHORTATION
DE M' L'EVESQUE
D'ANGERS.
Di
Ieu foit loué, mes
tres -chers Freres ,'
de ce qu'il a rompu la
dureté de vos coeurs , &
éclairé les tenebres de
vos ames. Dieu foit
loué , dis- je , de ce qu'il
vous a tirez de la nuit
profonde de l'erreur où
vous cftiez engagez
,
Pij
172
pour vous appeller à la
lumiere
de la Foy, qui
vous réunit aujour
d'huy à fon Eglife . Dieu
foit loué , dis-je encore
une fois, mes Freres , de
ce que d'Enfans
rebelles
que vous eftiez à
cette divine Epoufe de
J.C. vous venez aujourd'huy
la reconnoiſtre
pour vôtre Mere. Nous
vous affuros de ſa part,
comme bien inftruits de
fon efprit par la grace
173
de l'Epifcopat qui nous
a admis , quoy que tresindignes
, au rang de fes
premiers Miniftres, qu'
elle oublie toutes les
defobeïfsaces que vous
luy avez renduës , &
toutes les injures que
vous luy avez faites , &
qu'elle vous embraffe
& vous reçoit en fon
fein comme fes veritables
& fes tres- chers
Enfans. Mais nous vous
devons avertir qu'une
PHJ
174
fimple abjuration de
voftre Erreur ne fuffit
pas pourreparer d'auſſi
grands maux que ceux
que vous luy avez faits ;
car vous ne vous etes
pas contentez de vous
féparer d'avec elle ,
vous luy avez ravy ſes
Enfans, vous avez, empoifonnéfon
Troupeau,
& comme des Aveugles
qui en conduifent d'autres,
vous les avez précipitez
dans l'abîme de
1
175
la perdition. Voila en
effet de grands maux,
mes chers Freres , &
nous n'y pouvons faire
refléxion fans admirer
la grace merveilleuſe
que Dieu vous a faite,
non feulement de les
reconnoiftre, & de vous
en repentir , mais encore
de les condamner
avec unefainte hardieffe
dans l'Affemblée de
ceux avec lefquels vous
les avez autrefois com
P iiij
176
mis. Nous ne nous ar
refterons
pas à vous
la
repréſenter
; l'humiliation
où
nous
vous
voyons aux pieds du
Saint
Autel , nous perfuade
affez que celuy
qui vous l'a donnée ,
yous la fait
comprendre
luy-meſme , & que
voftre coeur qu'elle éclaire
à préfent, en eft
touché d'une
parfaite.
reconnoiffance ; mais
comme vous ne con177
noiffez pas encore quel
eft l'efprit de l'Eglife en
une occafion comme
celle- cy , nous vous devons
avertir qu'elle affure
fes Enfans , que le
peché le moins digne de
miféricorde , eft d'eftre
ingrat à la Grace , &
3
encore à une Grace
auffi grande que celle
que vous avez réçeuë,
qui vous a fait defcendre
de la Chaire de
menfonge , pour vous
178
faire écouter les Inftructions
falutaires de la
Chaire de verité , &
vous a fait quitter la
qualité de Pafteurs d'une
fauffe Eglife , pour
vous foumettre auxPafteurs
légitimes de la veritable
, qui eſt la Catholique
, Apoftolique,
& Romaine , hors laquelle
il ne peut jamais
y avoir de falut. Nous
ne doutos pas que vous
ene foyez entrez dans
179
ces fentimens , fans lefquels
vôtre Converſion
feroit fauffe ; car come
l'Erreur veut détruire
la Verité, la Verité auffi
veut détruire l'Erreur
jufqu'aux fondemens .
Ce font deux Empires,
l'un du Démon, l'autre
de Dieu , qui fe font continuellement
la guerre ,
mais dont la victoire .
eft toujours affurée à la
Verité par N. Seigneur .
Ce que Dieu vous de180
mande donc principalement
, mes chers Freres
, c'eft que vous n'ô- .
mettiez rien de tout ce
qui peut dépendre de
vous, pour procurer la
Converfion de ceux qui
font dans l'Erreur que
vous avez quittée , &
fur tout de vos proches,
& de ceux qui ont efté
fous voftre conduite .
Joignez pour cela vos
voeux aux noftres , mes
chers Freres , & pour
181
vous bien acquiter des
actions de graces que
vous devez à Dieu , de
la grande miféricorde
qu'il vous a faite , ayeż
dans la bouche & dans
le coeur, ces paroles fi
touchantes d'un des
plus grands Peres de
l'Eglife. Gratias tibi,
Deus meus , qui fugientem
te perfecutus es, &
oblitum tui non es oblitus
. Soyez loué à jamais,
ô mon Dieu, qui
182
m'avez pourſuivy lors
que je vous fuyois ,. &
qui vous eftes fouvenu
de moy , lors que je
vous avois oublié. Que
voftre foy ſoit ferme,
comme l'Anchre qui
affermit le Vaiſſeau ,
felon
l'Apoftre ; que
ceux qui ont efté les
Perfécuteurs de l'Eglife
Catholique, foient à l'avenir
fes Défenſeurs';
que ceux qui ont ravagé
la Bergerie de J.C.
183
en devienent les Oüailles
; & que ceux qui ont
fait la guerre à ſa divine
Epoufe , fe confeffent
vaincus,pour avoir part
à fes victoires . Or comme
Dieu qui tient en fa
main le coeur des Roys,
fe fert viſiblement de
noftre grand & invincible
Monarque pour l'acroiffement
de la Foy,
vos actions de graces
feroient imparfaites, s'il
n'y avoit une part tou184
te particuliere ; & vous
n'ignorez pas fans dou
te , que pour eftre Enfans
de la veritable Egli
fe, il faut eftre à luy encore
plus par le devoir
de la Religion, que par
celuy de la Naiffance.
Qu'il foit donc defor
mais l'objet , non plus
de voftre crainte , mais
de voftre reconnoiffance
; que fon zele pour
la ruine de l'Hérefie,
excite le vostre pour la
185
confervation de fa Perfonne
facrée; & que cet
Ennemy fi redoutable
de l'Erreur que vous
quittez aujourd'huy,
foit à l'avenir confideré
de vous comme le Protecteur
de la Verité que
vous avez embraffée,
afin
qu'accompliffant
tous les devoirs de notre
fainte Religion, vous
méritiez la
récompenfe
que Dieu promet à ceux
qui vivent & qui meu186
4
rent dans la Communion
des Saints . Nous
fuplions N. Seigneur
J. C. que ces langues
de feu qui font defcenduës
aujourd'huy fur
fes Apoftres , purifient
vos lagues & vos coeurs
du refte des mauvaiſes
impreffions que l'Erreur
y auroit pû laiffer;
& c'eft ce que nous
vous fouhaitons , mes
tres- chers Freres , dans
les fentimens d'un coeur
187
tout remp de tendreffe,
d'affection , & de
charité pour vous , avec
les Benédictions duDieu
tout- puiffant, Pere , Fils ,
& Saint Efprit.
Il n'y eur perfonne qui ne fut
touché de ce Difcours, & du zele
plein de charité avec lequel ce
Prélat le prononça. Ceux quifont
Les fonctions de Miniftres parmy
les Prétendus Réformez , eftant
plus éclairez queles autresfur les
Points qui ont fourny prétexte à
Calvin de fe féparer de l'Eglife,
leur Converfion ne peut produire
que de tres -grands fruits. Auſſi
188
wit-on dés ce mefme jour l'Abjaration
de M's Gilly & Courdil fuivie
de celle de Mr Clement , Añeien
du Temple de Sorges, Gentil
homme tres- eftimé dans tout le
Party, & de deux de fes Enfans;
d'un Ancien du Lieu où M Courdil
exerçoit fon Miniftere ; de M' de
Beaulieu , Medecin à Beaufort, Beau
frere de M Gilly,& de trois autres
Perfonnes. M'l' Evefque d'Angers
acheva la Cerémonie par le Te
Deum qu'il entonna , & qui fut
chanté par la Mufique aufon de
toutes les Cloches.
Fermer
Résumé : EXHORTATION DE Mr L'EVESQUE D'ANGER.
L'évêque d'Angers adresse un discours à ses auditeurs, les exhortant à louer Dieu pour les avoir éclairés et délivrés de l'erreur. Il souligne la grâce divine qui leur a permis de reconnaître l'Église catholique comme leur mère spirituelle et de se repentir. L'évêque insiste sur la nécessité de dépasser la simple abjuration de l'erreur en accomplissant des actions concrètes pour réparer les maux commis. Il met en garde contre l'ingratitude envers la grâce divine, qu'il considère comme un péché grave. Il encourage également les convertis à œuvrer pour la conversion de ceux qui restent dans l'erreur, en particulier leurs proches. Le discours se conclut par une prière pour la purification des cœurs et des langues des auditeurs, ainsi que des bénédictions pour leur vie future dans la communion des saints. Plusieurs personnes, dont Messieurs Gilly, Courdil, Clément, et d'autres, annoncent publiquement leur abjuration. La cérémonie se termine par un Te Deum, chanté par la musique et accompagné du son de toutes les cloches.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 1889-1892
DISCOURS prononcé par M. l'Evêque Duc de Laon, dans son Eglise Cathedrale, pour la Benediction des Etendarts du Régiment de LA CORNETTE BLANCHE, au mois d'Août 1733.
Début :
Per turmas, signa atque vexilla, Castrametabuntum Filii Israel, per gyrum Tabernaculi Foederis. [...]
Mots clefs :
Dieu, Gloire, Seigneur, Armées, Victoire, Turenne, Bénédiction, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé par M. l'Evêque Duc de Laon, dans son Eglise Cathedrale, pour la Benediction des Etendarts du Régiment de LA CORNETTE BLANCHE, au mois d'Août 1733.
DISCOURS prononcé par M. PEvêque
Duc de Laon , dans son Eglise
Cathedrale , pour la Benediction des
Etendarts du Régiment de LA CORNETTE
BLANCHE , au mois d'Août
1733.
Per turmas , signa atque vexilla, Castrametabun
tum Filii Israel . per gyrum Tabernaculı Foederis.
Num 2.
I
de
plus
L n'est rien , MESSIEURS ,
gréable gré ble au Seigneur que les hommages
des Guerriers. Mettre au pied de ses
Autels des Erendirts , c'est le reconnoître
pour le Dieu des Combats , le Dieu
des Triomphes et de la Victoire ; c'est lui
donner le titre sublime de Dieu des Armées
, qu'il prend lui- même si souvent
dans les Saintes Ecritures : Dominus Deus
exercituum.
Avec quelle complaisance ne jette til
donc pas les yeux sur cette auguste Céré
monie , sur cette Pompe brillante , avec
laquelle vous venez révérer dans son
Temple sa Grandeur et sa Puissance.
Oi , MESSIEURS , c'est parce que vous
l'avez toujours reconnu comme l'arbitre
suprême de votre destinée et l'unique
source du véritable héroisme , qu'il a ré--
Ivi panda vj
1890 MERCURE DE FRANCE
pandu tant de Gloire sur votre Illustre
Corps , et qu'il lui a donné de si fréquens
et de si heureux succès .
>
Il est vrai que tout a concouru à
vous les procurer , ces succès éclatans
conduits autrefois par M. de Turenne
c'est-à dire , par un Héros dont les rares
qualitez égaloient la haute Naissance ; et
commandez aujourd'hui par un Seigneur
du même Sang et de la même valeur
, il n'est pas surprenant que la Victoire
vous ait fuivi par tout, et que dans
le temps même de la Paix , la Gloire ne
Vous ait pas abandonné . Que vous ayez
fait tant de prodiges en Allemagne et en
Italie ; que M. de Turenne se soit crû invincible
à la tête de votre Régialent; que
Messieurs deCatinat et deVilleroy l'ayent
comblé d'Eloges; qu'à Luzara et à Calciil
ait ravi d'admiration M. le Duc
de Vendôme ; que vous soyez devenus ,
pour ainsi dire , sa Troupe favorie
qu'au lieu de prendre dans l'Infanterie
selon l'usage ordinaire , une Garde pour
sa Personne , il n'en ait pas voulu d'autre
que des Cavaliers si braves et si vigilans.
nato ,
et
3
Mais l'on peut dire aussi que sans le
secours du Tres- Haut , ces grands Capitaines
n'auroient pû inspirer à leurs Trou
pes de si glorieux sentimens.
A O UST. 1733. 1891
Oui , je le répéte , si vous avez été jusqu'ici
la terreur des Ennemis par votre
bravoure ,et si vous êtes aujourd'hui l'ornement
de l'Etat par votre Naissance et
vorre Probité , c'est qu'autrefois , comme
aujourd'hui , vous avez offert à Dieu vos
Armes avant les Batailles , et vos Trophées
après vos Victoires. Cette succession
de courage qu'on admire dans votre
invincible Légion , et qui a fourni aux
Armées du Roy des Généraux si distinguez
, n'est autre chose que la récompense
d'une si constante vertu .
Venez donc , Illustres Guerriers , consacrer
encore au Seigneur les préparatifs
de vos nouveaux Combats : Venez vous
dévouer vous - mêmes à la défenfe des
Autels de votre Dieu , de l'autorité de
votre Roy et de la sûreté de votre Patrie .
Semblables à cette Colomne de feu qui
brille sur vos Etendarts , continuez de
montrer aux autres le chemin de la Gloire
, et de leur apprendre, par votre exemple
, qu'il n'y a pas de valeur plus parfaite
que celle qui est soutenue par l'esprit.
de Religion .
Tel est . MESSIEURS , la grande , mais la
juste idée que vous laissez de vous dans
une Contrée qui ne vous perd qu'avec un
regret infini , et qui édifiée de la sagesse
de
1892 MERCURE DE FRANCE
de votre conduite , ne ces era de la proposer
pour modele à ceux qui vous y succederont.
Plaise au Ciel d'exaucer les voeux que je
fais pour une si noble Portion de nos Armées
, et après vous avoir accordé mille
Triomphes sur la terre , vous couronner
ensuite d'une gloire qui ne passera jamais.
Duc de Laon , dans son Eglise
Cathedrale , pour la Benediction des
Etendarts du Régiment de LA CORNETTE
BLANCHE , au mois d'Août
1733.
Per turmas , signa atque vexilla, Castrametabun
tum Filii Israel . per gyrum Tabernaculı Foederis.
Num 2.
I
de
plus
L n'est rien , MESSIEURS ,
gréable gré ble au Seigneur que les hommages
des Guerriers. Mettre au pied de ses
Autels des Erendirts , c'est le reconnoître
pour le Dieu des Combats , le Dieu
des Triomphes et de la Victoire ; c'est lui
donner le titre sublime de Dieu des Armées
, qu'il prend lui- même si souvent
dans les Saintes Ecritures : Dominus Deus
exercituum.
Avec quelle complaisance ne jette til
donc pas les yeux sur cette auguste Céré
monie , sur cette Pompe brillante , avec
laquelle vous venez révérer dans son
Temple sa Grandeur et sa Puissance.
Oi , MESSIEURS , c'est parce que vous
l'avez toujours reconnu comme l'arbitre
suprême de votre destinée et l'unique
source du véritable héroisme , qu'il a ré--
Ivi panda vj
1890 MERCURE DE FRANCE
pandu tant de Gloire sur votre Illustre
Corps , et qu'il lui a donné de si fréquens
et de si heureux succès .
>
Il est vrai que tout a concouru à
vous les procurer , ces succès éclatans
conduits autrefois par M. de Turenne
c'est-à dire , par un Héros dont les rares
qualitez égaloient la haute Naissance ; et
commandez aujourd'hui par un Seigneur
du même Sang et de la même valeur
, il n'est pas surprenant que la Victoire
vous ait fuivi par tout, et que dans
le temps même de la Paix , la Gloire ne
Vous ait pas abandonné . Que vous ayez
fait tant de prodiges en Allemagne et en
Italie ; que M. de Turenne se soit crû invincible
à la tête de votre Régialent; que
Messieurs deCatinat et deVilleroy l'ayent
comblé d'Eloges; qu'à Luzara et à Calciil
ait ravi d'admiration M. le Duc
de Vendôme ; que vous soyez devenus ,
pour ainsi dire , sa Troupe favorie
qu'au lieu de prendre dans l'Infanterie
selon l'usage ordinaire , une Garde pour
sa Personne , il n'en ait pas voulu d'autre
que des Cavaliers si braves et si vigilans.
nato ,
et
3
Mais l'on peut dire aussi que sans le
secours du Tres- Haut , ces grands Capitaines
n'auroient pû inspirer à leurs Trou
pes de si glorieux sentimens.
A O UST. 1733. 1891
Oui , je le répéte , si vous avez été jusqu'ici
la terreur des Ennemis par votre
bravoure ,et si vous êtes aujourd'hui l'ornement
de l'Etat par votre Naissance et
vorre Probité , c'est qu'autrefois , comme
aujourd'hui , vous avez offert à Dieu vos
Armes avant les Batailles , et vos Trophées
après vos Victoires. Cette succession
de courage qu'on admire dans votre
invincible Légion , et qui a fourni aux
Armées du Roy des Généraux si distinguez
, n'est autre chose que la récompense
d'une si constante vertu .
Venez donc , Illustres Guerriers , consacrer
encore au Seigneur les préparatifs
de vos nouveaux Combats : Venez vous
dévouer vous - mêmes à la défenfe des
Autels de votre Dieu , de l'autorité de
votre Roy et de la sûreté de votre Patrie .
Semblables à cette Colomne de feu qui
brille sur vos Etendarts , continuez de
montrer aux autres le chemin de la Gloire
, et de leur apprendre, par votre exemple
, qu'il n'y a pas de valeur plus parfaite
que celle qui est soutenue par l'esprit.
de Religion .
Tel est . MESSIEURS , la grande , mais la
juste idée que vous laissez de vous dans
une Contrée qui ne vous perd qu'avec un
regret infini , et qui édifiée de la sagesse
de
1892 MERCURE DE FRANCE
de votre conduite , ne ces era de la proposer
pour modele à ceux qui vous y succederont.
Plaise au Ciel d'exaucer les voeux que je
fais pour une si noble Portion de nos Armées
, et après vous avoir accordé mille
Triomphes sur la terre , vous couronner
ensuite d'une gloire qui ne passera jamais.
Fermer
Résumé : DISCOURS prononcé par M. l'Evêque Duc de Laon, dans son Eglise Cathedrale, pour la Benediction des Etendarts du Régiment de LA CORNETTE BLANCHE, au mois d'Août 1733.
En août 1733, dans la cathédrale de Laon, l'évêque Duc de Laon bénit les étendards du Régiment de La Cornette Blanche. Il exprime sa gratitude envers Dieu, le qualifiant de 'Dieu des Combats, des Triomphes et de la Victoire'. L'orateur célèbre les succès militaires du régiment, autrefois dirigé par M. de Turenne et aujourd'hui par un seigneur de même lignée. Il mentionne les éloges reçus de généraux comme Messieurs de Catinat et de Villeroi. Les victoires sont attribuées aux talents des capitaines et au soutien divin. L'évêque encourage les soldats à continuer de consacrer leurs armes et trophées à Dieu, à défendre les autels, l'autorité du roi et la sûreté de la patrie. Le discours se conclut par un vœu pour que le régiment continue de briller par sa valeur et sa piété, servant de modèle aux générations futures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 245-248
MANDEMENT de Monseigneur l'Evêque de Saint-Malo, à l'occasion de la Conquête de l'Isle Minorque.
Début :
Les actions de graces solemnelles que nous vous annonçons, Mes [...]
Mots clefs :
Conquête de l'île de Minorque, Dieu, Protection divine, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANDEMENT de Monseigneur l'Evêque de Saint-Malo, à l'occasion de la Conquête de l'Isle Minorque.
MANDEMENT de Monseigneur l'Evêque
de Saint- Malo , à l'occasion de la Conquête de
L'Ife Minorque .
Ean
Ean - Jofeph de Fogaffes de fa Baftie , par la
miféricorde de Dieu ., & c. Salut.
Lij
246 MERCURE DE FRANCE.
Les actions de graces folemnelles que nous vous
annonçons , MES TRÈS-CHERS FRERES , ne doivent
pas être regardées comme de vaines cérémonies
, ou comme de fimples démonftrations de
la joie que nous caufent les événemens qui en
font l'objet. On protefte publiquement par ces
fignes extérieurs de reconnoiffance , que le Sei
gneur eft le Dieu des Armées ( 1 ) & que fa providence
en dirige toutes les opérations , fuivant l'ordre
de fes décrets toujours infiniment fages & infiniment
juftes , quoique fouvent impénétrables.
Les Puiffances de la terre fe glorifient en vain
dans le nombre de leurs Troupes ou de leurs Vaiffeaux
. Il y a dans le Ciel un fouverain Maître à
qui la mer & la terre appartiennent également ,
& qui déconcerte , quand il lui plaît , tous les projets
des hommes .
Comment êtes- vous tombée ( 2 ) difoit autrefois le
Seigneur par fes Prophétes à une Nation qui fe
vantoit de pofféder l'empire de la mer , Comment
êtes-vous tombée , vous , qui habitiez dans la mer,
qui étiezfiforte fur cet élement , dont les habitans
s'étoient rendus redoutables tout le monde ? vous
qui difiez ( 3 ): Je fuis placée au milieu de la mer, je
fuis le fiege du commerce du trafic des Peuples ?
vous (4) dont les Négocians étoient des Princes ,
dont les Marchands étoient les perfonnes les plus il-
(1 )Tu Domine exercituum Deus , 2 Reg. 7. ¥.27
(2) Quomodo perifti qua habitas in mari , urbs
inclyta qua fuifti fortis in mari cum habitatoribus
tuis quos formidabant univerfi. Ezech . 26. ¥. 17. ·
(3) Negociationi populorum ad infulas multas....
tu dixifti perfecti decoris ego fum & in corde maris
fita. Ezech. 17. V. 3 & 4.
(4 ) Cujus negotiatores principes , inftitores ejus
inclyti terra. Ifaie 23. V. 8 .
SEPTEMBRE . 1756. 247
luflres de la terre ? Les Vaiffeaux ( 1 ) maintenant
ferontfaijs d'étonnement , lorsque vous ferez pouse
même faifie de frayeur : les Ifles feront troublées
dans la mer , parce que perfonne ne fortira de chez
vous. C'est le Seigneur ( 2 ) qui a prononcé cet arrêt,
qui a refolu de vous traiter de la forte pour ren➡
verfer toute la gloire des fuperbes. C'eft ( 3 ) parce
que votre coeur s'eft élevé que vous avez dit : Je
fuis affis comme un Dieu au milieu de la mer : c'eſt
pour cela , dit le Seigneur , que je ferai marcher
contre vous les plus puiffans d'entre les peuples qui
viendront l'épée à la main confondre votre prétendue
fageffe.
Ces événemens , quoique predits par Pefprit
de Dieu long- temps auparavant , furent regardés
lorfqu'ils arriverent , comme les effets ordinaires
de l'ambition & de la politique . Mais fi Dieu ,
pour exercer notre foi , fe plaît à cacher les opérations
fous le voile des caufes naturelles , il n'en
eft pas moins la caufe premiere & principale à la
quelle toutes les autres font fubordonnées , & qui
les fait toutes fervir à l'exécution de fes deffeins.
C'eft lui qui préfide au Confeil des Rois & qui
eft l'auteur de la fageffe des projets qu'ils forment .
C'est lui qui répand dans le foldat cette valeur à
qui rien ne réſiſte , & cette conſtance que rien ne
›
(1 ) Nunc ftupebunt naves in die pavoris tui:
turbabuntur infula in mari , eo quòd nullus egrediatur
ex te. Ezech. 26. V. 18.
(2) Dominus exercituum cogitavit hoc, ut detraheret
fuperbiam omnis gloria. Ilaïe 23. V. .9 .
.... Toin
(3 ) Eo quòd elevatum eft cor tuum & dixifti...
Deus ego fum, & ... fedi in corde maris ... propterea
dicit Dominus .... ecce ego adducam fuper te
buftiffimos gentium , &nudabunt gladios fuosfuper
pulchritudinem fapientia tua . Ezech . 28. V. 2 , 6, 7.
248 MERCURE DE FRANCE.
rebute. C'est lui qui inſpire aux Généraux l'activité
, la prudence , le courage & la fermeté . Ceſt
lui qui les fait triompher des obftacles multipliés ..
que leur oppofent la nature , l'art , les contretemps
& la défenfe la plus opiniâtre . C'est à lui
par conféquent & à lui feul que doit fe rapporter
toute la gloire des ſuccès.
Tel eft M. T. C. F. l'efprit qui doit animer les
chants d'allégreffe & les Cantiques de louange
que nous allons offrir au Seigneur en reconnoiffance
de la conquête de l'Ile Minorque . Il eſt naturel
que cette reconnoiffance s'étende à ceux dont
Dieu s'est fervi pour une conquête fi glorieufe &
fi utile à la Nation . La Religion autorife ces fentimens
loin de les condamner , & nous avons dans
cette Province & prefque fous les murs de cette
Ville , un motif bien intéreffant de nous y livrer.
( 1 ) Mais n'oublious jamais que c'eft ( 2 ) le Šeigneur
qui, fans avoir égard à la puissance des armes , donne
la victoire , comme il lui plait , à ceux qui en
font dignes. Implorons donc fon ſecours avec confiance
demandons- lui qu'il continue de bénir
les entrepriſes du plus puiffant , du plus jufte & du
plus pacifique de tous les Rois. Après les preuves
de modération que fes Ennemis même ont dû
admirer en lui , prier pour la profpérité de fes Armes
, c'eft prier pour le repos & pour le bonheur
de toute l'Europe. A ces cauſes , &c.
( 1 ) Il y a un Camp auprè de Saint -Malo.
(2) Non fecundùm armorum potentiam , ſed, prout
ipfi placet , dat dignis victoriam. 1. Mach. 15. Ý. 21 .
de Saint- Malo , à l'occasion de la Conquête de
L'Ife Minorque .
Ean
Ean - Jofeph de Fogaffes de fa Baftie , par la
miféricorde de Dieu ., & c. Salut.
Lij
246 MERCURE DE FRANCE.
Les actions de graces folemnelles que nous vous
annonçons , MES TRÈS-CHERS FRERES , ne doivent
pas être regardées comme de vaines cérémonies
, ou comme de fimples démonftrations de
la joie que nous caufent les événemens qui en
font l'objet. On protefte publiquement par ces
fignes extérieurs de reconnoiffance , que le Sei
gneur eft le Dieu des Armées ( 1 ) & que fa providence
en dirige toutes les opérations , fuivant l'ordre
de fes décrets toujours infiniment fages & infiniment
juftes , quoique fouvent impénétrables.
Les Puiffances de la terre fe glorifient en vain
dans le nombre de leurs Troupes ou de leurs Vaiffeaux
. Il y a dans le Ciel un fouverain Maître à
qui la mer & la terre appartiennent également ,
& qui déconcerte , quand il lui plaît , tous les projets
des hommes .
Comment êtes- vous tombée ( 2 ) difoit autrefois le
Seigneur par fes Prophétes à une Nation qui fe
vantoit de pofféder l'empire de la mer , Comment
êtes-vous tombée , vous , qui habitiez dans la mer,
qui étiezfiforte fur cet élement , dont les habitans
s'étoient rendus redoutables tout le monde ? vous
qui difiez ( 3 ): Je fuis placée au milieu de la mer, je
fuis le fiege du commerce du trafic des Peuples ?
vous (4) dont les Négocians étoient des Princes ,
dont les Marchands étoient les perfonnes les plus il-
(1 )Tu Domine exercituum Deus , 2 Reg. 7. ¥.27
(2) Quomodo perifti qua habitas in mari , urbs
inclyta qua fuifti fortis in mari cum habitatoribus
tuis quos formidabant univerfi. Ezech . 26. ¥. 17. ·
(3) Negociationi populorum ad infulas multas....
tu dixifti perfecti decoris ego fum & in corde maris
fita. Ezech. 17. V. 3 & 4.
(4 ) Cujus negotiatores principes , inftitores ejus
inclyti terra. Ifaie 23. V. 8 .
SEPTEMBRE . 1756. 247
luflres de la terre ? Les Vaiffeaux ( 1 ) maintenant
ferontfaijs d'étonnement , lorsque vous ferez pouse
même faifie de frayeur : les Ifles feront troublées
dans la mer , parce que perfonne ne fortira de chez
vous. C'est le Seigneur ( 2 ) qui a prononcé cet arrêt,
qui a refolu de vous traiter de la forte pour ren➡
verfer toute la gloire des fuperbes. C'eft ( 3 ) parce
que votre coeur s'eft élevé que vous avez dit : Je
fuis affis comme un Dieu au milieu de la mer : c'eſt
pour cela , dit le Seigneur , que je ferai marcher
contre vous les plus puiffans d'entre les peuples qui
viendront l'épée à la main confondre votre prétendue
fageffe.
Ces événemens , quoique predits par Pefprit
de Dieu long- temps auparavant , furent regardés
lorfqu'ils arriverent , comme les effets ordinaires
de l'ambition & de la politique . Mais fi Dieu ,
pour exercer notre foi , fe plaît à cacher les opérations
fous le voile des caufes naturelles , il n'en
eft pas moins la caufe premiere & principale à la
quelle toutes les autres font fubordonnées , & qui
les fait toutes fervir à l'exécution de fes deffeins.
C'eft lui qui préfide au Confeil des Rois & qui
eft l'auteur de la fageffe des projets qu'ils forment .
C'est lui qui répand dans le foldat cette valeur à
qui rien ne réſiſte , & cette conſtance que rien ne
›
(1 ) Nunc ftupebunt naves in die pavoris tui:
turbabuntur infula in mari , eo quòd nullus egrediatur
ex te. Ezech. 26. V. 18.
(2) Dominus exercituum cogitavit hoc, ut detraheret
fuperbiam omnis gloria. Ilaïe 23. V. .9 .
.... Toin
(3 ) Eo quòd elevatum eft cor tuum & dixifti...
Deus ego fum, & ... fedi in corde maris ... propterea
dicit Dominus .... ecce ego adducam fuper te
buftiffimos gentium , &nudabunt gladios fuosfuper
pulchritudinem fapientia tua . Ezech . 28. V. 2 , 6, 7.
248 MERCURE DE FRANCE.
rebute. C'est lui qui inſpire aux Généraux l'activité
, la prudence , le courage & la fermeté . Ceſt
lui qui les fait triompher des obftacles multipliés ..
que leur oppofent la nature , l'art , les contretemps
& la défenfe la plus opiniâtre . C'est à lui
par conféquent & à lui feul que doit fe rapporter
toute la gloire des ſuccès.
Tel eft M. T. C. F. l'efprit qui doit animer les
chants d'allégreffe & les Cantiques de louange
que nous allons offrir au Seigneur en reconnoiffance
de la conquête de l'Ile Minorque . Il eſt naturel
que cette reconnoiffance s'étende à ceux dont
Dieu s'est fervi pour une conquête fi glorieufe &
fi utile à la Nation . La Religion autorife ces fentimens
loin de les condamner , & nous avons dans
cette Province & prefque fous les murs de cette
Ville , un motif bien intéreffant de nous y livrer.
( 1 ) Mais n'oublious jamais que c'eft ( 2 ) le Šeigneur
qui, fans avoir égard à la puissance des armes , donne
la victoire , comme il lui plait , à ceux qui en
font dignes. Implorons donc fon ſecours avec confiance
demandons- lui qu'il continue de bénir
les entrepriſes du plus puiffant , du plus jufte & du
plus pacifique de tous les Rois. Après les preuves
de modération que fes Ennemis même ont dû
admirer en lui , prier pour la profpérité de fes Armes
, c'eft prier pour le repos & pour le bonheur
de toute l'Europe. A ces cauſes , &c.
( 1 ) Il y a un Camp auprè de Saint -Malo.
(2) Non fecundùm armorum potentiam , ſed, prout
ipfi placet , dat dignis victoriam. 1. Mach. 15. Ý. 21 .
Fermer
Résumé : MANDEMENT de Monseigneur l'Evêque de Saint-Malo, à l'occasion de la Conquête de l'Isle Minorque.
Le mandement de l'évêque de Saint-Malo célèbre la conquête de l'île de Minorque et rappelle que les actions de grâce sont des manifestations de reconnaissance envers Dieu, le Seigneur des Armées, qui dirige toutes les opérations selon sa providence. L'évêque met en garde contre la vanité des puissances terrestres qui se glorifient de leurs troupes et vaisseaux, soulignant que Dieu peut déjouer leurs projets. Il cite des prophéties bibliques pour illustrer la chute des nations orgueilleuses qui se vantent de leur puissance maritime. L'évêque explique que les événements, bien que prédits par l'Esprit de Dieu, sont souvent attribués à l'ambition et à la politique humaines. Cependant, Dieu reste la cause première et principale, présidant aux conseils des rois et inspirant courage et constance aux soldats. Il inspire également aux généraux activité, prudence, courage et fermeté, leur permettant de surmonter tous les obstacles. Le mandement invite à rendre grâce à Dieu pour la conquête de Minorque et à reconnaître le rôle des hommes qui ont contribué à cette victoire. Il encourage à prier pour la prospérité des armées du roi, soulignant que cela contribue au repos et au bonheur de toute l'Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer