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p. 66-82
SUITE de la Lettre de M. l'Abbé JACQUIN, sur l'introduction à la Science des Médailles, par D. MANGEART.
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LA seconde Partie de cet Ouvrage renferme tout ce qui regarde les Types [...]
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre de M. l'Abbé JACQUIN, sur l'introduction à la Science des Médailles, par D. MANGEART.
SUITE de la Lettre de M. l'Abbé JACQUIN,
sur l'introduction à la Science
des Médailles, par D. MANGEART.
LA seconde Partie de cet Ouvrage
renferme tout ce qui regarde les Types
des Médailles.
Les Médailles ont deux côtés ; l'un
;
s'appelle la face ; l'autre le revers. Sur
chacun de ces côtés font ordinairement
gravés un type & une légende.
Les types doivent être confidérés comme
faifani le corps de la Médailles : les lé-
gendes en font l'âme & la langue : ce
font elles qui nous apprennent ce que les
types fignifient. Sans elles ils refferoient
fouvent muets. Il ne faut pas cependant
s'en repoſer toujours fur les légendes
pour connoître les Médailles : au con-
traire , il eft abfolument néceffaire de
fe mettre au fait des types , afin de pou-
voir les expliquer, foit que les légendes
JUILLET. 1764.
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manquent tout-à-fait , foit que les Mé-
dailles foient fruftes & difficiles à lire
foit enfin que les légendes ne foient
compofées que de lettres initiales. C'eſt
pour faciliter cette connoiffance que
Ï'Auteur a traité ces deux parties d'une
·
manière fort étendue. Suivons le rapi-
dement dans ce qui regarde les types ;
la variété feule des objets qu'ils nous
préfentent fera aifément fentir combien
cette partie eft curieufe & inftructive
+
pour l'Hiftoire , & combien elle peut
fervir aux Artistes pour faifir , avec le
goût de l'Antiquité , les traits des Prin-
ces & des Perfonnages illuftres , & le
Coftume de chaque fiècle.
On trouve fur les Médailles tout ce
qui regarde la religion des Payens , leurs
Divinités avec leurs habillemens , attri-
buts , fymboles ; leurs Temples , Au-
tels , Sacrifices : les Fêtes confacrées
pour embellir le culte qu'on leur ren-
doit; les Prêtres & les Prêtreffes chargés
des cérémonies de ce culte ; les Apo-
théofes & les Confécrations , & c. & c.
Après avoir expofé l'origine de l'ido-
lâtrie , l'Auteur divife les Divinités ent
deux claffes : il place dans la première
les perfonnages réels ou chimériques ,
que l'Hiftoire ou la Fable ont élevés
68 MERCURE DE FRANCE.
par oubli ou par mépris de la Divinité
effentiellement une , aux honneurs di-
vins. En parlant de chacune de ces Di-
vinités, il rapporte dans des articles fé-
parés ce qu'elles étoient felon l'Ecriture
Sacrée ou hieroglyphique desEgyptiens,
felon l'Hiftoire & felon la Fable : il les
confidére enfuite dans la numifmatique,
& décrit d'une manière précife & claire
les différens attributs fous lefquels on
peut les réconnoître fur les Médailles ;
des exemples tirés des piéces les plus
rares & les plus curieufes , gravées dans
les planches qui ornent cet Ouvrage
mettent l'inftruction fous les yeux.
Les Divinités de la feconde claffefont
les fymboles & les attributs des pre-
mières & des Etres moraux où allégo-
riques , tels que les vertus , les paffions ,
les vices mêmés. L'Auteur les confidére
particuliérement par rapport à la nu-
mifmatique. En parlant de l'Honneur &
de la Vertu ( Sect. XV. de l'Art. II du
Chap. V. ) « Voici , dit-il , deux Déeffes
allégoriques , que l'on trouve quel-
quefois repréſentées enfemble fur les
Médailles
elles eurent chacune un
Temple à Rome bâti
,
par Caius-
» Marius , ou plutôt elles n'eurent qu'un
» même Temple, dont la partie anté-
JUILLET. 1764.
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rieure fut confacrée à la Vertu , & la
» fuivante à l'Honneur ; en forte qu'il
» falloit paffer par le Temple de la Vertu
» pour arriver à celui de l'Honneur
$
".
Quelle gloire pour le Paganifme , s'il
n'avoit eu que de pareilles Divinités !
" La Vertu prife pour cette qualité de
» l'âme qui rend les hommes eſtima-
» bles , & dont l'honneur eft la récom-
» penfe , fut perfonifiée & déïfiée ſous
» différentes figures d'homme. L'Hon-
neur , au contraire , fut adoré fous la
» figure d'une femme.
On les trouve enfemble parmi les
» Médailles de la famille Cornelia , de
» Galba , de Vitellius , & c. Sur celles de
» la famille Cornélia , ce font deux têtes
" accolées , dont l'une d'homme , cou-
» verte d'un cafque , & l'autre de fem-
» me , couronnée de laurier....L'une ou
» l'autre de ces deux Divinités fe trouve
"
» feule fur d'autres Médailles , la Vertu
» y étant confidérée tantôt comme une
" Y
» Divinité , tantôt comme une bonne
» qualité qui porte au bien en général ;
» tantôt enfin comme force , courage &
» valeur militaire. Les formes & les lé-
"
gendes qu'on a données à ces piéces ,
» qui font en affez grand nombre , ont
1
to MERCURE DE FRANCE.
" toujours quelque rapport à ce qu'on a
» voulu leur faire fignifier.
Après avoir expofé ces différens rap-
ports & attributs , Dom Mangeart paffe
à la feconde Divinité. « Quant à l'Hon-
neur , ajoute-t- il , nous ne voyons
» cette Divinité repréſentée que de trois
» façons ; ſavoir , par une tête de fem-
» me avec le cafque , couronnée de lau-
» rier & feule , comme dans la famille
» Volteia ; ou par une tête accolée avec
celle de la Vertu fans cafque , mais
couronnée de laurier , comme dans
les Médailles de la famille Cornelia ;
» & en troifiéme lieu , par la figure
» d'un jeune homme ou d'un autre qui ,
» habillé de long , fans cafque & fans
» couronne , tient une pique , un ra-
meau d'olivier ou une branche de lau-
" rier d'une main , avec une corne d'a-
" bondance de l'autre , comme pour
» marquer que la Paix , dont l'olivier eft
»
le fymbole , & que l'Abondance ac-
» compagnent la Vertu & la Valeur
» auffi-bien que l'Honneur & la Gloire ,
"
» & qu'elles en font la récompenfe. Les
légendes portent ou Honos , l'Hon-
" neur , fans rien ajouter ; ou Honos
honori Augufti , l'Honneur , ou à
JUILLET. 1764.
71
» l'honneur de l'Augufte ; ou Honos &
Virtus , l'Honneur & la Vertu ».
A la fin de cette Section on renvoie
à la Planche XIII , depuis le n°. 22 juf-
qu'au 35 , où l'on trouve quatorze Mé-
dailles différentes de l'Honneur & de la
Vertu.
Après les Divinités , & ce qui regarde
leur culte , on trouve dans les types
des Médailles les Rois , les Confuls , les
Empereurs , les Princes , les Reines , les
Impératrices , les Princeffes , les Hé-
ros , les Fondateurs , les Légiflateurs ,
& tous les Perfonnages célébres qui fe
font diftingués par leur naiffance , leur
rang, leurs mérites ou les grands événe-
mens auxquels ils ont eu part. On y
remarque même jufqu'à leurs habits ,
leurs coëffures , les différentes marques
de leurs dignités & emplois , &c. Ici on
voit le Ciel avec fes fignes , fes étoiles
& fes planettes : là , c'eft la Terre avec
fes Parties , fes Empires , fes Royaumes,
fes Provinces , fes Villes , fes Edifices ,
les Eaux
les Plantes , les Animaux ,
&c. Le Temps & les Saifons paroiffent
auffi dans quelques- uns de ces types :
dans d'autres ce font des Batailles de
terre & de mer , des Victoires , des
Trophées , des Récompenfes , & tout
72 MERCURE DE FRANCE.
ce qui concerne le Militaire. Les Jeux
les Courfes , les Spectacles & les Chaffes
y font repréſentés : enfin les Alliances
les Confédérations , les Bienfaits , les
Grâces & les Punitions y font figurés.
Quel tableau ! tous les objets fenfibles
s'y retrouvent. Que de lumières ! que
d'inftruction pour l'Histoire & pour les
Arts !
3°. Avant de paffer aux légendes , il
eft bon d'obſerver ici que l'Auteur fe
borne aux Médailles Grecques & La-
tines , comme à celles dont il eft plus
important d'étudier les types & de con-
noître les légendes.
» La plupart des Médailles n'ont qu'une
»légende fur chacune des deux faces :
» cette légende eft ordinairement placée
au contour du grénetis , dont fouvent
» elle n'occupe que la partie fupérieure .
» Cependant il y en a qui ont deux lé-
» gendes fur le contour, & une troi-
» fiéme fur le champ , ou bien dans
» l'exergue , au bas 'de la pièce. Quel-
» ques-unes n'ont qu'une légende à la
» face ou au revers. Sur d'autres , la
légende eft au milieu du champ , en
» forme d'infcription . On en trouve qui
font placées comme en pal & en fau
≫toir. Celles-ci font placées fur un bou-
clier ,
כן
JUILLET. 1764.
73
clier , ou au frontifpice de quelque
» édifice : celles-là font gravées de droit
» à gauche , contre l'ufage , ce qui eft
» rare. Enfin il y a apparence qu'il a
» dépendu des Graveurs ou des Officiers
monnétaires de placer les légendes à
leur fantaisie & fuivant leur goût ,
puifqu'on les voit pofées tantôt d'une
»façon & tantôt d'une autre , quelque-
fois même d'une façon bien bizarre ».
Les légendes font encore pour un
Amateur qui aime à s'inftruire de l'An-
tiquité , une fource prèfque inépuiſable
deconnoiffances : elles nous apprennent
les différens noms & les différens titres
⚫ des dignités en ufage chez les Grecs &
les Romains. Elles nous rappellent les
titres que les Villes Grecques ont pris
fur leurs Médailles. Enfin elles nous
font remarquer tout ce qui regarde les
Colonies
K9
les Municipes , les Royau-
mes , les Provinces & les Villes con-
quifes par les Romains .
Pour faciliter l'intelligence de ces Mé-
dailles , l'Auteur donne une ample Table
alphabétique des lettres initiales & des
principales abréviations qu'on trouve
fur les Médailles. Cette Table forme
trois colonnes ; la première renferme les
lettres initiales ou les abrégés ; la fecons
II. Vol.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
de , l'explication latine ; la troifiéme ;
la traduction françoiſe : elle eft fuivie de
l'explication des lettres grecques prifes
arithmétiquement , & de la combinai
fon des lettres numérales de l'Alphabet
Grec.
Les légendes des Médailles grecques
font en grec ; celles des Médailles latines
font en latin . On trouve cependant des
légendes partie grecques & partie latines
fur les Médailles du Bas-Empire , juf-
qu'à l'époque de la deftruction de l'Em-
pire d'Orient. La fureur des Romains
après les beaux jours de la Latinité
pour
les Littérateurs Grecs & la déca-
dence du goût , furent les caufes de
cette bifarrerie , qui annonçoit les fiécles
de ténébres & d'ignorance,
D'après cette réfléxion , confidérons
l'état de la Numifmatique en France.
Dans les beaux fiécles de la Gréce & de
Rome , les types des Médailles repré-
fentoient non-feulement le bufte ou la
tête des Rois , des Empereurs & des
grands hommes , mais tous les objets
fenfibles & tous les événemens remar-
quables : c'étoit , pour ainfi dire , un
Corps d'Histoire chronologique , où la
Religion , les Moeurs , les Sciences ,
les
Arts , la Géographie , fur-tout l'Hiſtoire
JUILLET. 1764.
75
Naturelle & l'Art militaire , fe retra-
çoient aux yeux du Public. Chez nous ,
la monnoye fixée pour revers aux armes
de nos Princes , ne nous préfentent fur la
face que leur effigie. Si de temps en
temps on frappe des Médailles pour cé-
lébrer les avénemens de nos Princes à la
Couronne , les Cérémonies de leurs Ma-
riages , l'inauguration de leurs Statues ,
&c, leurs matières précieufes , l'étendue
de leur module & le petit nombre qu'on
en diftribue , les rendent fi rares , qu'il
eft difficile d'en former des collections
>
même fous les règnes fous lefquels on
les fabrique. Une Médaille d'or de 800
€
à 900 livres , telle que celle
l'on
que
frappa l'année dernière pour la confécra-
tion de la Place de Louis- le- Bien- aimé
paffe bientôt des mains du Poffeffeur
chez l'Orfévre. C'est parce qu'on con-
fignoit chez les Anciens tous les événe-
mens remarquables fur les monnoyes
qui avoient cours dans le commerce ,
que nous fommes en état , après bien
des fiécles , & malgré l'ignorance &
l'avarice , de ramaffer les plus riches &
les plus précieuſes collections des Mé-
dailles antiques.
Pourquoi , d'un autre côté , s'entêter
de repréfenter nos Princes tant fur les
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Médailles que dans leurs Statues , fous
le Costume Grec ou Romain ? Les
Grecs avoient reçu les Science & les
Arts des Egyptiens : cependant calque-
rent-ils leurs Princes & leurs Héros d'a-
près l'habillement des Egyptiens ? Les
Romains , après avoir puifé le goût chez
les Grecs, prefcrivirent-ils à leurs Artiſtes
de faire revivre leurs Empereurs & leurs
Hommes illuftres fous des ornemens
Grecs ? Pourquoi ne pas offrir au Fran-
çois les Princes à la Françoife? Que ne
créons-nous un Coftume , fous lequel
nous puiffions paffer chez nos neveux &
en être reconnus ? Quand oferons- nous
voler de nos propres ailes ? Notre Na-
tion n'aura-t- elle donc jamais affez de
conftance pour éffayer à connoître ce
qu'elle vaut?
Les Grecs n'employèrent pour les lé-
gendes de leurs Médailles & pour les
infcriptions des Monumens publics , que
leur Langue. Les Romains eux-mêmes
ne fe fervirent jufqu'à la décadence du
goût pour les leurs , que du Latin . Nous
dont la Langue épurée dès le fiécle de
Louis XIV eft devenue pour ainfi dire
celle de toute l'Europe , nous continuons
à employer celle des Romains pour les
infcriptions de nos Monumens & pour
-
JUILLET. 1764
77
les légendes de nos Médailles & de nos
monnoyes. Servons -nous de notre Lan-
gue fur la pierre , le marbre & les mér
taux ; c'eft le vrai moyen de la fixer , &
de la rendre à jamais refpectable à nos
defcendans. Quelle fatisfaction d'ailleurs
pour le Peuple François de pouvoir lire
dans fon Idiômé l'éloge abrégé d'un
Prince , à qui chaque cœur éleve un
Monument d'amour & de dévouement
Les jettons des différens Corps & des
Communautés ont les défauts des mon-
noyes du Bas-Empire , dont nous ve-
nons de parler : outre que leur relief eft
trop mince , leur légende eft ordinaire-
ment partie en Latin & partie en Fran-
çois celle de l'exergue fur-tout eft en
langue vulgaire. Donnons plus d'épaif-
•
feur à la gravure : mettons dans notre
Langue toutes les légendes , & nous en
ferons des Médailles intéreffantes pour
l'Hiftoire des différentes Compagnies &
des Arts.
Le droit de frapper là monnove a tou
jours été celui du Souverain. En Grèce
les Rois , les Chefs des Républiques &
les Officiers' municipaux des villes libres
en ont toujours joui. A Rome , les Rois
* La Statue de Louis XV , dit le Bien- Aimé
élevée en 1763 dans la nouvelle Place.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
furent les feuls maîtres de la Monnoye.
Du temps de la République , le Sénat
eut feul le même droit ; ce qui paroît
par le S. C. Senatus Confult. qu'on
trouve fur toutes les Médailles frappées
fous ce gouvernement. Après avoir don
né fon Décret , fans confulter le Peu-
ple ,, pour déterminer le métal , le mo-
dule , les types , les légendes , le poids
& le prix des monnoyes nouvelles , il
confioir le foin de l'exécution aux Trium-
virs monnétaires , dont l'Office eft ainfi
défigné fur les Médailles ; III-VIR A.
A. A. F. F ; Trium-vir-auro, argento, are
flando feriundo. Sous le règne des Em-
pereurs , le Sénat conferva encore pen-
dant quelques fiécles beaucoup d'auto-
rité fur la Fabrique de la Monnoye. L'or
& l'argent furent entièrement réservés
aux Empereurs : alors le S. C. n'y parus
plus....Le Sénat demeura en poffeffion de
fairefrapper la monnoye de bronze , dans
les trois modules que nous appellons
grand , moyen & petit. Le S. C. y fu
toujours marqué.
Le droit de frapper la monnoye fur
le bronze , que les Empereurs abandon-
nèrent au Sénat , ne regarde que Rome
& l'Italie. Ils accordèrent cette permif-
fion aux Colonies & aux Villes muni-
JUILLET. 1764.
79
cipes de l'Empire , dans les cas de be-
foin , comme le Sénat lui-même la don-
noit aux Provinces & aux Villes qui lui
étoient échues dans le partage fait avec
les Empereurs. Voilà pourquoi on trou-
ve fur quelques Médailles de Colonies ' ;
Permiffu Augufti ; Indulgentia Augufti ,
& fur d'autres S. C. Senatus Confulo ,
ou S. R. Senatus refcripto.
Pour ne rien laiffer à defirer , après
avoir appris dans le Corps de l'Ouvrage
à connoître & à apprécier les Médailles
foit par leur rareté , foit par la quantité
des figures , foit par le nombre & la po-
fition des têtes , foit enfin par leur belle
confervation , on finit par donner les
l'on
moyens que l'on a employés &
que
employe encore tous les jours pour
tromper les Curieux en Médailles . Ces
moyens fe réduifent à huit : leur expofi-
tion eft fuivie de la manière de décou-
vrir ces fraudes & de fe mettre à l'abri
des rufes de la cupidité. On apprend mê-
me à n'adopter qu'avec prudence &
examen certaines décifions trop géné-
ralement reçues. Il s'agit des Médailles
fourrées. On doit fe rappeller ici que
ces fortes de pièces fabriquées par les
faux Monnoyeurs , ne font qu'un mor-
ceau de fer ou de bronze enveloppé de
D iv
80 MERCURE DE FRANCE.
chaque côté d'une feuille d'or ou d'ar-
gent , & frappé en même temps entre
les deux coins , fur l'un defquels étoit
contrefait la face d'une Médaille légi-
time , & fur l'autre fon revers. Comme
on s'eft toujours perfuadé que les fauf-
faires modernes ne pouvoient que très-
difficilement imiter cette fraude , on a
regardé jufqu'à préfent les Médailles
fourrées comme indubitables ; en forte
qu'elles paffent pour véritablement an-
tiques & pour autant de fondemens de
l'Hiftoire
mais ces principes adoptés
par la plupart des Amateurs , ne de-
>> vroient être reçus qu'avec précau
» tion
,
puifqu'il eft certain que les
fauffaires modernes ont eu l'art de
» frapper des Médailles fourrées , à l'imi-
» tation de l'Antique. Un écu de Varin
»& plufieurs autres pièces qui fe trou-
» vent dans le Cabinet de M. d'Ennery
»en font la preuve la plus complette »..
D'après l'efquiffe de ce grand tableau
il eft aifé de prendre une idée des avan-
tages & des agrémens que l'on retire de
l'étude des Médailles. Elle nous retrace
tout ce que la Mythologie , la Cofmo-
graphie , la Géographie , l'Aftronomie ,
I'Hiftoire , la Chronologie & l'Hiftoire
Naturelle , préfentent de curieux par
JUILLET. 1764.
81
rapport à l'Antiquité. Elle offre aux
Peintres , aux Architectes & à une infi-
nité d'autres Artiftes , des leçons utiles
fur le Coſtume de tous les temps , &
des modèles en tout genre. D'un autres
côté , elle remplit agréablement les jours
d'un Amateur , & pique continuelle-
ment fa curiofité à la vue des riches
moiffons qui restent encore à faire dans
ce vafte & fertile champ. >> On décou
» vre tous les jours quelques parties des
» tréfors que la terre renferme dans fon
fein: ce n'eft même que depuis peu
» de temps qu'on a vu entrer dans plu-
·
» fieurs Cabinets des Refcennius d'or
» des Othons de bronze & des Vetranio
» d'or & d'argent , Médailles extraordi-
naires & inconnues jufqu'à préfent.
Les riches Collections de M. Pelerin
» & de M. d'Ennery pourroient nous
» en fournir plufieurs autres exemples.
» Ce dernier vient encore d'acquérir
» une Médaille d'or de Vitalianus , Ty-
» ran peu connu , que
après avoir pris
» la pourpre fous le règne d'Anaftafe
» remporta plufieurs victoires für les Gé
néraux de cet Empereur , s'empara de
„ la Thrace , où il étoit né , de la Mœfie
» & de plufieurs autres Provinces voifi-
nes , & fe foutint fur le Trône contre
Dy
82 MERCURE DE FRANCE.
» toutes les forces de l'Empire , juſqu'à
» ce que l'Empereur Juftin le fit affaffi-
» ner dans fon Palais , où ill'avoit attiré
» fous ptétexte d'amitié ». Quelle douce
fenfation pour un Curieux d'imaginer
qu'il peut trouver une pièce rare &
unique ! quelle joie quand il la pofféde !
Ce Cours complet & méthodique de
la fcience des Médailles , dédié au Prince
Charles de Lorraine , l'Ami & le Protec-
teur des Gens de Lettres , eft un témoi
gnage public de la reconnoiffance de
Dom Mangeart pour fon bienfaiteur ,
& ne fait pas moins d'honneur à fon ef-
prit & à fes lumières qu'à fon cœur. La
modeftie avec laquelle il s'exprime dans
fa Préface , annonce l'exactitude de fes
recherches & la vérité de fes affertions.
Sa mort nous fait regretter un Religieux
zélé , un Sçavant éclairé & un Amifen-
fible. Pourquoi n'a-t-il pu finir quelques
autres Ouvrages intéreffans , qu'il avoit
concus , & dont il s'occupoit !
L'introduction à la Science des Mé-
dailles eft une fuite néceffaire de l'Ou-
vrage de Dom Monfaucon : auffi a-t- on
eu foin qu'elle fût imprimée dans les mê
mes formats , & avec les mêmes carac-
tères , que l'Antiquité expliquée.
J'ai l'honneur d'être , &c.
JACQUIN.
sur l'introduction à la Science
des Médailles, par D. MANGEART.
LA seconde Partie de cet Ouvrage
renferme tout ce qui regarde les Types
des Médailles.
Les Médailles ont deux côtés ; l'un
;
s'appelle la face ; l'autre le revers. Sur
chacun de ces côtés font ordinairement
gravés un type & une légende.
Les types doivent être confidérés comme
faifani le corps de la Médailles : les lé-
gendes en font l'âme & la langue : ce
font elles qui nous apprennent ce que les
types fignifient. Sans elles ils refferoient
fouvent muets. Il ne faut pas cependant
s'en repoſer toujours fur les légendes
pour connoître les Médailles : au con-
traire , il eft abfolument néceffaire de
fe mettre au fait des types , afin de pou-
voir les expliquer, foit que les légendes
JUILLET. 1764.
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manquent tout-à-fait , foit que les Mé-
dailles foient fruftes & difficiles à lire
foit enfin que les légendes ne foient
compofées que de lettres initiales. C'eſt
pour faciliter cette connoiffance que
Ï'Auteur a traité ces deux parties d'une
·
manière fort étendue. Suivons le rapi-
dement dans ce qui regarde les types ;
la variété feule des objets qu'ils nous
préfentent fera aifément fentir combien
cette partie eft curieufe & inftructive
+
pour l'Hiftoire , & combien elle peut
fervir aux Artistes pour faifir , avec le
goût de l'Antiquité , les traits des Prin-
ces & des Perfonnages illuftres , & le
Coftume de chaque fiècle.
On trouve fur les Médailles tout ce
qui regarde la religion des Payens , leurs
Divinités avec leurs habillemens , attri-
buts , fymboles ; leurs Temples , Au-
tels , Sacrifices : les Fêtes confacrées
pour embellir le culte qu'on leur ren-
doit; les Prêtres & les Prêtreffes chargés
des cérémonies de ce culte ; les Apo-
théofes & les Confécrations , & c. & c.
Après avoir expofé l'origine de l'ido-
lâtrie , l'Auteur divife les Divinités ent
deux claffes : il place dans la première
les perfonnages réels ou chimériques ,
que l'Hiftoire ou la Fable ont élevés
68 MERCURE DE FRANCE.
par oubli ou par mépris de la Divinité
effentiellement une , aux honneurs di-
vins. En parlant de chacune de ces Di-
vinités, il rapporte dans des articles fé-
parés ce qu'elles étoient felon l'Ecriture
Sacrée ou hieroglyphique desEgyptiens,
felon l'Hiftoire & felon la Fable : il les
confidére enfuite dans la numifmatique,
& décrit d'une manière précife & claire
les différens attributs fous lefquels on
peut les réconnoître fur les Médailles ;
des exemples tirés des piéces les plus
rares & les plus curieufes , gravées dans
les planches qui ornent cet Ouvrage
mettent l'inftruction fous les yeux.
Les Divinités de la feconde claffefont
les fymboles & les attributs des pre-
mières & des Etres moraux où allégo-
riques , tels que les vertus , les paffions ,
les vices mêmés. L'Auteur les confidére
particuliérement par rapport à la nu-
mifmatique. En parlant de l'Honneur &
de la Vertu ( Sect. XV. de l'Art. II du
Chap. V. ) « Voici , dit-il , deux Déeffes
allégoriques , que l'on trouve quel-
quefois repréſentées enfemble fur les
Médailles
elles eurent chacune un
Temple à Rome bâti
,
par Caius-
» Marius , ou plutôt elles n'eurent qu'un
» même Temple, dont la partie anté-
JUILLET. 1764.
69
rieure fut confacrée à la Vertu , & la
» fuivante à l'Honneur ; en forte qu'il
» falloit paffer par le Temple de la Vertu
» pour arriver à celui de l'Honneur
$
".
Quelle gloire pour le Paganifme , s'il
n'avoit eu que de pareilles Divinités !
" La Vertu prife pour cette qualité de
» l'âme qui rend les hommes eſtima-
» bles , & dont l'honneur eft la récom-
» penfe , fut perfonifiée & déïfiée ſous
» différentes figures d'homme. L'Hon-
neur , au contraire , fut adoré fous la
» figure d'une femme.
On les trouve enfemble parmi les
» Médailles de la famille Cornelia , de
» Galba , de Vitellius , & c. Sur celles de
» la famille Cornélia , ce font deux têtes
" accolées , dont l'une d'homme , cou-
» verte d'un cafque , & l'autre de fem-
» me , couronnée de laurier....L'une ou
» l'autre de ces deux Divinités fe trouve
"
» feule fur d'autres Médailles , la Vertu
» y étant confidérée tantôt comme une
" Y
» Divinité , tantôt comme une bonne
» qualité qui porte au bien en général ;
» tantôt enfin comme force , courage &
» valeur militaire. Les formes & les lé-
"
gendes qu'on a données à ces piéces ,
» qui font en affez grand nombre , ont
1
to MERCURE DE FRANCE.
" toujours quelque rapport à ce qu'on a
» voulu leur faire fignifier.
Après avoir expofé ces différens rap-
ports & attributs , Dom Mangeart paffe
à la feconde Divinité. « Quant à l'Hon-
neur , ajoute-t- il , nous ne voyons
» cette Divinité repréſentée que de trois
» façons ; ſavoir , par une tête de fem-
» me avec le cafque , couronnée de lau-
» rier & feule , comme dans la famille
» Volteia ; ou par une tête accolée avec
celle de la Vertu fans cafque , mais
couronnée de laurier , comme dans
les Médailles de la famille Cornelia ;
» & en troifiéme lieu , par la figure
» d'un jeune homme ou d'un autre qui ,
» habillé de long , fans cafque & fans
» couronne , tient une pique , un ra-
meau d'olivier ou une branche de lau-
" rier d'une main , avec une corne d'a-
" bondance de l'autre , comme pour
» marquer que la Paix , dont l'olivier eft
»
le fymbole , & que l'Abondance ac-
» compagnent la Vertu & la Valeur
» auffi-bien que l'Honneur & la Gloire ,
"
» & qu'elles en font la récompenfe. Les
légendes portent ou Honos , l'Hon-
" neur , fans rien ajouter ; ou Honos
honori Augufti , l'Honneur , ou à
JUILLET. 1764.
71
» l'honneur de l'Augufte ; ou Honos &
Virtus , l'Honneur & la Vertu ».
A la fin de cette Section on renvoie
à la Planche XIII , depuis le n°. 22 juf-
qu'au 35 , où l'on trouve quatorze Mé-
dailles différentes de l'Honneur & de la
Vertu.
Après les Divinités , & ce qui regarde
leur culte , on trouve dans les types
des Médailles les Rois , les Confuls , les
Empereurs , les Princes , les Reines , les
Impératrices , les Princeffes , les Hé-
ros , les Fondateurs , les Légiflateurs ,
& tous les Perfonnages célébres qui fe
font diftingués par leur naiffance , leur
rang, leurs mérites ou les grands événe-
mens auxquels ils ont eu part. On y
remarque même jufqu'à leurs habits ,
leurs coëffures , les différentes marques
de leurs dignités & emplois , &c. Ici on
voit le Ciel avec fes fignes , fes étoiles
& fes planettes : là , c'eft la Terre avec
fes Parties , fes Empires , fes Royaumes,
fes Provinces , fes Villes , fes Edifices ,
les Eaux
les Plantes , les Animaux ,
&c. Le Temps & les Saifons paroiffent
auffi dans quelques- uns de ces types :
dans d'autres ce font des Batailles de
terre & de mer , des Victoires , des
Trophées , des Récompenfes , & tout
72 MERCURE DE FRANCE.
ce qui concerne le Militaire. Les Jeux
les Courfes , les Spectacles & les Chaffes
y font repréſentés : enfin les Alliances
les Confédérations , les Bienfaits , les
Grâces & les Punitions y font figurés.
Quel tableau ! tous les objets fenfibles
s'y retrouvent. Que de lumières ! que
d'inftruction pour l'Histoire & pour les
Arts !
3°. Avant de paffer aux légendes , il
eft bon d'obſerver ici que l'Auteur fe
borne aux Médailles Grecques & La-
tines , comme à celles dont il eft plus
important d'étudier les types & de con-
noître les légendes.
» La plupart des Médailles n'ont qu'une
»légende fur chacune des deux faces :
» cette légende eft ordinairement placée
au contour du grénetis , dont fouvent
» elle n'occupe que la partie fupérieure .
» Cependant il y en a qui ont deux lé-
» gendes fur le contour, & une troi-
» fiéme fur le champ , ou bien dans
» l'exergue , au bas 'de la pièce. Quel-
» ques-unes n'ont qu'une légende à la
» face ou au revers. Sur d'autres , la
légende eft au milieu du champ , en
» forme d'infcription . On en trouve qui
font placées comme en pal & en fau
≫toir. Celles-ci font placées fur un bou-
clier ,
כן
JUILLET. 1764.
73
clier , ou au frontifpice de quelque
» édifice : celles-là font gravées de droit
» à gauche , contre l'ufage , ce qui eft
» rare. Enfin il y a apparence qu'il a
» dépendu des Graveurs ou des Officiers
monnétaires de placer les légendes à
leur fantaisie & fuivant leur goût ,
puifqu'on les voit pofées tantôt d'une
»façon & tantôt d'une autre , quelque-
fois même d'une façon bien bizarre ».
Les légendes font encore pour un
Amateur qui aime à s'inftruire de l'An-
tiquité , une fource prèfque inépuiſable
deconnoiffances : elles nous apprennent
les différens noms & les différens titres
⚫ des dignités en ufage chez les Grecs &
les Romains. Elles nous rappellent les
titres que les Villes Grecques ont pris
fur leurs Médailles. Enfin elles nous
font remarquer tout ce qui regarde les
Colonies
K9
les Municipes , les Royau-
mes , les Provinces & les Villes con-
quifes par les Romains .
Pour faciliter l'intelligence de ces Mé-
dailles , l'Auteur donne une ample Table
alphabétique des lettres initiales & des
principales abréviations qu'on trouve
fur les Médailles. Cette Table forme
trois colonnes ; la première renferme les
lettres initiales ou les abrégés ; la fecons
II. Vol.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
de , l'explication latine ; la troifiéme ;
la traduction françoiſe : elle eft fuivie de
l'explication des lettres grecques prifes
arithmétiquement , & de la combinai
fon des lettres numérales de l'Alphabet
Grec.
Les légendes des Médailles grecques
font en grec ; celles des Médailles latines
font en latin . On trouve cependant des
légendes partie grecques & partie latines
fur les Médailles du Bas-Empire , juf-
qu'à l'époque de la deftruction de l'Em-
pire d'Orient. La fureur des Romains
après les beaux jours de la Latinité
pour
les Littérateurs Grecs & la déca-
dence du goût , furent les caufes de
cette bifarrerie , qui annonçoit les fiécles
de ténébres & d'ignorance,
D'après cette réfléxion , confidérons
l'état de la Numifmatique en France.
Dans les beaux fiécles de la Gréce & de
Rome , les types des Médailles repré-
fentoient non-feulement le bufte ou la
tête des Rois , des Empereurs & des
grands hommes , mais tous les objets
fenfibles & tous les événemens remar-
quables : c'étoit , pour ainfi dire , un
Corps d'Histoire chronologique , où la
Religion , les Moeurs , les Sciences ,
les
Arts , la Géographie , fur-tout l'Hiſtoire
JUILLET. 1764.
75
Naturelle & l'Art militaire , fe retra-
çoient aux yeux du Public. Chez nous ,
la monnoye fixée pour revers aux armes
de nos Princes , ne nous préfentent fur la
face que leur effigie. Si de temps en
temps on frappe des Médailles pour cé-
lébrer les avénemens de nos Princes à la
Couronne , les Cérémonies de leurs Ma-
riages , l'inauguration de leurs Statues ,
&c, leurs matières précieufes , l'étendue
de leur module & le petit nombre qu'on
en diftribue , les rendent fi rares , qu'il
eft difficile d'en former des collections
>
même fous les règnes fous lefquels on
les fabrique. Une Médaille d'or de 800
€
à 900 livres , telle que celle
l'on
que
frappa l'année dernière pour la confécra-
tion de la Place de Louis- le- Bien- aimé
paffe bientôt des mains du Poffeffeur
chez l'Orfévre. C'est parce qu'on con-
fignoit chez les Anciens tous les événe-
mens remarquables fur les monnoyes
qui avoient cours dans le commerce ,
que nous fommes en état , après bien
des fiécles , & malgré l'ignorance &
l'avarice , de ramaffer les plus riches &
les plus précieuſes collections des Mé-
dailles antiques.
Pourquoi , d'un autre côté , s'entêter
de repréfenter nos Princes tant fur les
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Médailles que dans leurs Statues , fous
le Costume Grec ou Romain ? Les
Grecs avoient reçu les Science & les
Arts des Egyptiens : cependant calque-
rent-ils leurs Princes & leurs Héros d'a-
près l'habillement des Egyptiens ? Les
Romains , après avoir puifé le goût chez
les Grecs, prefcrivirent-ils à leurs Artiſtes
de faire revivre leurs Empereurs & leurs
Hommes illuftres fous des ornemens
Grecs ? Pourquoi ne pas offrir au Fran-
çois les Princes à la Françoife? Que ne
créons-nous un Coftume , fous lequel
nous puiffions paffer chez nos neveux &
en être reconnus ? Quand oferons- nous
voler de nos propres ailes ? Notre Na-
tion n'aura-t- elle donc jamais affez de
conftance pour éffayer à connoître ce
qu'elle vaut?
Les Grecs n'employèrent pour les lé-
gendes de leurs Médailles & pour les
infcriptions des Monumens publics , que
leur Langue. Les Romains eux-mêmes
ne fe fervirent jufqu'à la décadence du
goût pour les leurs , que du Latin . Nous
dont la Langue épurée dès le fiécle de
Louis XIV eft devenue pour ainfi dire
celle de toute l'Europe , nous continuons
à employer celle des Romains pour les
infcriptions de nos Monumens & pour
-
JUILLET. 1764
77
les légendes de nos Médailles & de nos
monnoyes. Servons -nous de notre Lan-
gue fur la pierre , le marbre & les mér
taux ; c'eft le vrai moyen de la fixer , &
de la rendre à jamais refpectable à nos
defcendans. Quelle fatisfaction d'ailleurs
pour le Peuple François de pouvoir lire
dans fon Idiômé l'éloge abrégé d'un
Prince , à qui chaque cœur éleve un
Monument d'amour & de dévouement
Les jettons des différens Corps & des
Communautés ont les défauts des mon-
noyes du Bas-Empire , dont nous ve-
nons de parler : outre que leur relief eft
trop mince , leur légende eft ordinaire-
ment partie en Latin & partie en Fran-
çois celle de l'exergue fur-tout eft en
langue vulgaire. Donnons plus d'épaif-
•
feur à la gravure : mettons dans notre
Langue toutes les légendes , & nous en
ferons des Médailles intéreffantes pour
l'Hiftoire des différentes Compagnies &
des Arts.
Le droit de frapper là monnove a tou
jours été celui du Souverain. En Grèce
les Rois , les Chefs des Républiques &
les Officiers' municipaux des villes libres
en ont toujours joui. A Rome , les Rois
* La Statue de Louis XV , dit le Bien- Aimé
élevée en 1763 dans la nouvelle Place.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
furent les feuls maîtres de la Monnoye.
Du temps de la République , le Sénat
eut feul le même droit ; ce qui paroît
par le S. C. Senatus Confult. qu'on
trouve fur toutes les Médailles frappées
fous ce gouvernement. Après avoir don
né fon Décret , fans confulter le Peu-
ple ,, pour déterminer le métal , le mo-
dule , les types , les légendes , le poids
& le prix des monnoyes nouvelles , il
confioir le foin de l'exécution aux Trium-
virs monnétaires , dont l'Office eft ainfi
défigné fur les Médailles ; III-VIR A.
A. A. F. F ; Trium-vir-auro, argento, are
flando feriundo. Sous le règne des Em-
pereurs , le Sénat conferva encore pen-
dant quelques fiécles beaucoup d'auto-
rité fur la Fabrique de la Monnoye. L'or
& l'argent furent entièrement réservés
aux Empereurs : alors le S. C. n'y parus
plus....Le Sénat demeura en poffeffion de
fairefrapper la monnoye de bronze , dans
les trois modules que nous appellons
grand , moyen & petit. Le S. C. y fu
toujours marqué.
Le droit de frapper la monnoye fur
le bronze , que les Empereurs abandon-
nèrent au Sénat , ne regarde que Rome
& l'Italie. Ils accordèrent cette permif-
fion aux Colonies & aux Villes muni-
JUILLET. 1764.
79
cipes de l'Empire , dans les cas de be-
foin , comme le Sénat lui-même la don-
noit aux Provinces & aux Villes qui lui
étoient échues dans le partage fait avec
les Empereurs. Voilà pourquoi on trou-
ve fur quelques Médailles de Colonies ' ;
Permiffu Augufti ; Indulgentia Augufti ,
& fur d'autres S. C. Senatus Confulo ,
ou S. R. Senatus refcripto.
Pour ne rien laiffer à defirer , après
avoir appris dans le Corps de l'Ouvrage
à connoître & à apprécier les Médailles
foit par leur rareté , foit par la quantité
des figures , foit par le nombre & la po-
fition des têtes , foit enfin par leur belle
confervation , on finit par donner les
l'on
moyens que l'on a employés &
que
employe encore tous les jours pour
tromper les Curieux en Médailles . Ces
moyens fe réduifent à huit : leur expofi-
tion eft fuivie de la manière de décou-
vrir ces fraudes & de fe mettre à l'abri
des rufes de la cupidité. On apprend mê-
me à n'adopter qu'avec prudence &
examen certaines décifions trop géné-
ralement reçues. Il s'agit des Médailles
fourrées. On doit fe rappeller ici que
ces fortes de pièces fabriquées par les
faux Monnoyeurs , ne font qu'un mor-
ceau de fer ou de bronze enveloppé de
D iv
80 MERCURE DE FRANCE.
chaque côté d'une feuille d'or ou d'ar-
gent , & frappé en même temps entre
les deux coins , fur l'un defquels étoit
contrefait la face d'une Médaille légi-
time , & fur l'autre fon revers. Comme
on s'eft toujours perfuadé que les fauf-
faires modernes ne pouvoient que très-
difficilement imiter cette fraude , on a
regardé jufqu'à préfent les Médailles
fourrées comme indubitables ; en forte
qu'elles paffent pour véritablement an-
tiques & pour autant de fondemens de
l'Hiftoire
mais ces principes adoptés
par la plupart des Amateurs , ne de-
>> vroient être reçus qu'avec précau
» tion
,
puifqu'il eft certain que les
fauffaires modernes ont eu l'art de
» frapper des Médailles fourrées , à l'imi-
» tation de l'Antique. Un écu de Varin
»& plufieurs autres pièces qui fe trou-
» vent dans le Cabinet de M. d'Ennery
»en font la preuve la plus complette »..
D'après l'efquiffe de ce grand tableau
il eft aifé de prendre une idée des avan-
tages & des agrémens que l'on retire de
l'étude des Médailles. Elle nous retrace
tout ce que la Mythologie , la Cofmo-
graphie , la Géographie , l'Aftronomie ,
I'Hiftoire , la Chronologie & l'Hiftoire
Naturelle , préfentent de curieux par
JUILLET. 1764.
81
rapport à l'Antiquité. Elle offre aux
Peintres , aux Architectes & à une infi-
nité d'autres Artiftes , des leçons utiles
fur le Coſtume de tous les temps , &
des modèles en tout genre. D'un autres
côté , elle remplit agréablement les jours
d'un Amateur , & pique continuelle-
ment fa curiofité à la vue des riches
moiffons qui restent encore à faire dans
ce vafte & fertile champ. >> On décou
» vre tous les jours quelques parties des
» tréfors que la terre renferme dans fon
fein: ce n'eft même que depuis peu
» de temps qu'on a vu entrer dans plu-
·
» fieurs Cabinets des Refcennius d'or
» des Othons de bronze & des Vetranio
» d'or & d'argent , Médailles extraordi-
naires & inconnues jufqu'à préfent.
Les riches Collections de M. Pelerin
» & de M. d'Ennery pourroient nous
» en fournir plufieurs autres exemples.
» Ce dernier vient encore d'acquérir
» une Médaille d'or de Vitalianus , Ty-
» ran peu connu , que
après avoir pris
» la pourpre fous le règne d'Anaftafe
» remporta plufieurs victoires für les Gé
néraux de cet Empereur , s'empara de
„ la Thrace , où il étoit né , de la Mœfie
» & de plufieurs autres Provinces voifi-
nes , & fe foutint fur le Trône contre
Dy
82 MERCURE DE FRANCE.
» toutes les forces de l'Empire , juſqu'à
» ce que l'Empereur Juftin le fit affaffi-
» ner dans fon Palais , où ill'avoit attiré
» fous ptétexte d'amitié ». Quelle douce
fenfation pour un Curieux d'imaginer
qu'il peut trouver une pièce rare &
unique ! quelle joie quand il la pofféde !
Ce Cours complet & méthodique de
la fcience des Médailles , dédié au Prince
Charles de Lorraine , l'Ami & le Protec-
teur des Gens de Lettres , eft un témoi
gnage public de la reconnoiffance de
Dom Mangeart pour fon bienfaiteur ,
& ne fait pas moins d'honneur à fon ef-
prit & à fes lumières qu'à fon cœur. La
modeftie avec laquelle il s'exprime dans
fa Préface , annonce l'exactitude de fes
recherches & la vérité de fes affertions.
Sa mort nous fait regretter un Religieux
zélé , un Sçavant éclairé & un Amifen-
fible. Pourquoi n'a-t-il pu finir quelques
autres Ouvrages intéreffans , qu'il avoit
concus , & dont il s'occupoit !
L'introduction à la Science des Mé-
dailles eft une fuite néceffaire de l'Ou-
vrage de Dom Monfaucon : auffi a-t- on
eu foin qu'elle fût imprimée dans les mê
mes formats , & avec les mêmes carac-
tères , que l'Antiquité expliquée.
J'ai l'honneur d'être , &c.
JACQUIN.
Fermer
2
p. 83-86
LETTRE à l'Auteur du Mercure, sur une Anectote singulière de l'Histoire de la Ville de LILLE. A S. Omer, le 18 Juin 1764.
Début :
J'AI une grace à vous demander ; Monsieur ; je me flatte que vous me [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure, sur une Anectote singulière de l'Histoire de la Ville de LILLE. A S. Omer, le 18 Juin 1764.
LETTRE à l'Auteur du Mercure, sur
une Anectote singulière de l'Histoire
de la Ville de LILLE.
A S. Omer, le 18 Juin 1764.
J'AI une grace à vous demander ;
Monsieur ; je me flatte que vous me
l'accorderez , tant par l'intérêt que vous
prenez fûrement à l'honneur de l'Ar-
tois où vous avez longtemps demeuré
& qui vous a chargé de fes intérêts
qu'en confidération de notre ancienne
connoiffance.
M. l'Abbé de Monlinot vient de don-
ner une Hiftoire de la ville de Lille
dont il ne paroît que le premier Vo-
lume qui fe vend chez Panckoucke &
chez les principaux Libraires de la Flan-
dres ( 1764 ) in- 12.
Dans ce Volumé , page 177. Il dit
que » Guy Pape raconte un fait comme
témoin oculaire ; qu'un cochon ayant
tué un enfant en Bourgogne , on lui
fit fon procès dans les formes , on le
condamna à être pendu , & la Sen-
» tence fut gravement exécutée en pré-
»fence des Juges.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
La note qui eft au bas de cette page
eft conçue en ces termes..
( c ) sa Décif. 138. La même aventure arriva
à S. Omer à-peu-près dans ce temps- là. Un co-
» chon ayant dévoré un enfant dans la Banlieue ,
» les Echevins le condamnerent à être pendu.. Ce
qu'il y a de plus fingulier , c'eft que les Eche--
» vins de cette Ville dans un procès actuellement
» pendant au Parlement , contre les Officiers du
D
Bailliage , employent férieufement cette Sen-
>tence , comme une piéce juftificative de l'exer
» cice qu'ils ont de la Haute-Juſtice , & ils la font
valoir avec d'autant plus de force , qu'elle a
été éxécutée en dernier, reffort & fans appel.
Voilà deux faits , Monfieur.
Il ne
refte à M. de Montlinot qu'à les prouver;
ce fera peu de chofe pour lui. Un Hif
torien qui ofe attaquer fi griévement
un Corps public , que le fait l'Auteur ,
a fûrement des garants. Il eft vrai que fi
ce font des Citoyens qui lui ont fourni
ces belles Anecdotes , affurément ce ne-
font pas les meilleurs Patriotes. Quoi-
qu'il en foit , on lui nie ces deux faits.
Le premier eft fondé à la vérité fur une
une Tradition populaire ; mais qui a vu
la Sentence prétendue ?
J'ai lû plus de
tres de S. Omer que M. l'Abbé , j'ofe
le dire ,, & celui-là ne m'a jamais été
communiqué , & ne m'eft jamais tombe
entre les mains...
JUILLET. 1764.
85
Le fecond fait eft plus grave : car
quand le premier feroit vrai ; il prou-
veroit feulement la fimplicité des Juges
d'un fiècle d'ignorance ; mais l'accufa-
tion intentée contre les Echevins de S.
Omer d'avoir récemment produit un
titre auffi ridicule que la Sentence de
mort du cochon eft une espéce de per-
fonnalité bien imprudente au moins , fi
elle eft mat fondée. Je fçai qu'à la page
12 d'un mémoire imprimé à S. Omer
chez Fertel in-fol, en 1748 , il eft dit
» qu'en 1370 le Lieutenant-Général &
quelques Sergens du Bailliage avoient
» réclamé un porc d'une maifon fituée
» dans la Banlieue , prétendant que ce
» fût un épave qui appartenoit au Com-
» te d'Artois , attendu qu'il n'étoit ré-
» clamé de perfonne , à caufe que par
» fa morfure
il avoit occafionné la
» mort d'un Domeſtique ; mais fur les
"
repréſentations des Mayeur & Eche-
» vins que c'étoit une entrepriſe fur
» leur Jurifdiction , les Officiers du
"
Bailliage leur délivrérent un acte par
lequel il eft déclaré qu'ils ont fait re-
» mettre & rétablir cet animal au lieu
» où il avoit été pris , à charge qu'il
» leur feroit délivré comme appartenant
à- la-Comteffe d'Artois , fi par le Ju
86 MERCURE DE FRANCE.
» gement des Mayeur & Echevins il
» étoit décidé que ce fût une épave.
» Cet ace eft datté du 18 Décembre
» de la même année. »
S'il y a là du ridicule , eft -il du côté
des Mayeur & Echevins de S. Omer ?
Mais où eft le procès criminel du co-
chon ? M. l'Abbé de Montlinot nous le
produira fans doute ; fon honneur y eft
intéreffé. Il auroit dû même citer les
preuves. Et nous lui laiffons avec plaifir
le foin de faire l'hiftoire du cochon
dont je viens de lui donner le com-
mencement ; il y ajoutera les piéces
juftificatives & affurément ce fera un
morceau très-intéreffant.
J'efpére , Monfieur , que vous infſe-
rerez cette Lettre dans votre Ouvrage ,
qui étant un des plus répandus , détrom-
pera plutôt le Public , & même un *
Journaliste qui fur la foi de M. de Mont-
linot , a aidé très-innocemment à faire
croire à fes Lecteurs cette Hiftoriette ri-
dicule.
* LeJournal Encyclopédique , Avril 1764.
une Anectote singulière de l'Histoire
de la Ville de LILLE.
A S. Omer, le 18 Juin 1764.
J'AI une grace à vous demander ;
Monsieur ; je me flatte que vous me
l'accorderez , tant par l'intérêt que vous
prenez fûrement à l'honneur de l'Ar-
tois où vous avez longtemps demeuré
& qui vous a chargé de fes intérêts
qu'en confidération de notre ancienne
connoiffance.
M. l'Abbé de Monlinot vient de don-
ner une Hiftoire de la ville de Lille
dont il ne paroît que le premier Vo-
lume qui fe vend chez Panckoucke &
chez les principaux Libraires de la Flan-
dres ( 1764 ) in- 12.
Dans ce Volumé , page 177. Il dit
que » Guy Pape raconte un fait comme
témoin oculaire ; qu'un cochon ayant
tué un enfant en Bourgogne , on lui
fit fon procès dans les formes , on le
condamna à être pendu , & la Sen-
» tence fut gravement exécutée en pré-
»fence des Juges.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
La note qui eft au bas de cette page
eft conçue en ces termes..
( c ) sa Décif. 138. La même aventure arriva
à S. Omer à-peu-près dans ce temps- là. Un co-
» chon ayant dévoré un enfant dans la Banlieue ,
» les Echevins le condamnerent à être pendu.. Ce
qu'il y a de plus fingulier , c'eft que les Eche--
» vins de cette Ville dans un procès actuellement
» pendant au Parlement , contre les Officiers du
D
Bailliage , employent férieufement cette Sen-
>tence , comme une piéce juftificative de l'exer
» cice qu'ils ont de la Haute-Juſtice , & ils la font
valoir avec d'autant plus de force , qu'elle a
été éxécutée en dernier, reffort & fans appel.
Voilà deux faits , Monfieur.
Il ne
refte à M. de Montlinot qu'à les prouver;
ce fera peu de chofe pour lui. Un Hif
torien qui ofe attaquer fi griévement
un Corps public , que le fait l'Auteur ,
a fûrement des garants. Il eft vrai que fi
ce font des Citoyens qui lui ont fourni
ces belles Anecdotes , affurément ce ne-
font pas les meilleurs Patriotes. Quoi-
qu'il en foit , on lui nie ces deux faits.
Le premier eft fondé à la vérité fur une
une Tradition populaire ; mais qui a vu
la Sentence prétendue ?
J'ai lû plus de
tres de S. Omer que M. l'Abbé , j'ofe
le dire ,, & celui-là ne m'a jamais été
communiqué , & ne m'eft jamais tombe
entre les mains...
JUILLET. 1764.
85
Le fecond fait eft plus grave : car
quand le premier feroit vrai ; il prou-
veroit feulement la fimplicité des Juges
d'un fiècle d'ignorance ; mais l'accufa-
tion intentée contre les Echevins de S.
Omer d'avoir récemment produit un
titre auffi ridicule que la Sentence de
mort du cochon eft une espéce de per-
fonnalité bien imprudente au moins , fi
elle eft mat fondée. Je fçai qu'à la page
12 d'un mémoire imprimé à S. Omer
chez Fertel in-fol, en 1748 , il eft dit
» qu'en 1370 le Lieutenant-Général &
quelques Sergens du Bailliage avoient
» réclamé un porc d'une maifon fituée
» dans la Banlieue , prétendant que ce
» fût un épave qui appartenoit au Com-
» te d'Artois , attendu qu'il n'étoit ré-
» clamé de perfonne , à caufe que par
» fa morfure
il avoit occafionné la
» mort d'un Domeſtique ; mais fur les
"
repréſentations des Mayeur & Eche-
» vins que c'étoit une entrepriſe fur
» leur Jurifdiction , les Officiers du
"
Bailliage leur délivrérent un acte par
lequel il eft déclaré qu'ils ont fait re-
» mettre & rétablir cet animal au lieu
» où il avoit été pris , à charge qu'il
» leur feroit délivré comme appartenant
à- la-Comteffe d'Artois , fi par le Ju
86 MERCURE DE FRANCE.
» gement des Mayeur & Echevins il
» étoit décidé que ce fût une épave.
» Cet ace eft datté du 18 Décembre
» de la même année. »
S'il y a là du ridicule , eft -il du côté
des Mayeur & Echevins de S. Omer ?
Mais où eft le procès criminel du co-
chon ? M. l'Abbé de Montlinot nous le
produira fans doute ; fon honneur y eft
intéreffé. Il auroit dû même citer les
preuves. Et nous lui laiffons avec plaifir
le foin de faire l'hiftoire du cochon
dont je viens de lui donner le com-
mencement ; il y ajoutera les piéces
juftificatives & affurément ce fera un
morceau très-intéreffant.
J'efpére , Monfieur , que vous infſe-
rerez cette Lettre dans votre Ouvrage ,
qui étant un des plus répandus , détrom-
pera plutôt le Public , & même un *
Journaliste qui fur la foi de M. de Mont-
linot , a aidé très-innocemment à faire
croire à fes Lecteurs cette Hiftoriette ri-
dicule.
* LeJournal Encyclopédique , Avril 1764.
Fermer
3
p. 87
AU MESME.
Début :
J'AI lu, Monsieur, dans le second Mercure du mois de Janvier 1762 une [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU MESME.
AU MESME.
J'AI lu, Monsieur, dans le second
Mercure du mois de Janvier 1762 une
lettre que M. F... vous a écrite au fu-
jet de quelques Antiquités de Paris.
Comme il ne figne fon nom que par
cette le ttre F , je pourrois , s'il vou-
loit bien fe faire connoître & donner
fon adreffe , lui communiquer plufieurs
recherches à ce fujet qui feroient très-
curieufes & très-utiles pour la Républi
que des Lettres.
J'ai l'honneur d'être , &c.
D. N. Abonné au Mercure.
Paris, ce 26 Juin 1764.
J'AI lu, Monsieur, dans le second
Mercure du mois de Janvier 1762 une
lettre que M. F... vous a écrite au fu-
jet de quelques Antiquités de Paris.
Comme il ne figne fon nom que par
cette le ttre F , je pourrois , s'il vou-
loit bien fe faire connoître & donner
fon adreffe , lui communiquer plufieurs
recherches à ce fujet qui feroient très-
curieufes & très-utiles pour la Républi
que des Lettres.
J'ai l'honneur d'être , &c.
D. N. Abonné au Mercure.
Paris, ce 26 Juin 1764.
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4
p. 87-89
« M. DE GARSAULT avertit à la suite de l'Avis qu'il a distribué à la fin de [...] »
Début :
M. DE GARSAULT avertit à la suite de l'Avis qu'il a distribué à la fin de [...]
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texteReconnaissance textuelle : « M. DE GARSAULT avertit à la suite de l'Avis qu'il a distribué à la fin de [...] »
M. DE GARSAULT avertit à la suite
de l'Avis qu'il a distribué à la fin de
Février dernier 1764 , qu'il a fait tirer
500 Exemplaires de fon Recueil de Fi-
gures des Plantes & Animaux compris
dans la Matière Médicale de M. Geoffroi.
Chaque Exemplaire contient 734
Planches divifées en 5 tomes in- 8° . def-
finées par lui d'après nature , gravées
88 MERGURE DE FRANCE .'
fous fes yeux par les meilleurs Gra
veurs , & imprimées fur de beau papier
par les meilleurs Imprimeurs en Taille-
douce.
Ces 500 premiers Exemplaires ont
commencé à fe vendre chez lui rue S
Dominique , Porte S. Jacques , tous les
jours depuis dix heures du matin juf-
qu'à midi , & depuis 4 heures du foir
jufqu'à 6 , à commencer du Lundi 4
Juin,
On en trouvera auffi chez Defaint &
Saillant,Libraires , rue S. Jean de Beau-
vais , Defprez, Imprimeur du Clergé ,
rue S. Jacques , près la rue des Noyers,
& chez le Clerc , Libraire , quai des Au-
guftins.
Chaque Exemplaire fera de 48 li-
vres , jufqu'au dernier du mois d'Août
prochain , après
lequel temps Les
Planches doivent paffer en d'autres
mains qu'il voit difpofées à en aug-
menter la valeur , ce qu'il n'a pu rai-
fonnablement contredire , vû la modi-
cité du prix actuel auquel il a bien vou-
lu fe réduire en faveur du Public zélé ,
pendant le temps qu'elles feront en fa
poffeffion.
On fournira gratis une Table des
noms latins & françois à tous ceux qui
JUILLET. 1764.
89
la voudront , foit qu'ils ayent le Livre
de M. Geoffroi ou non.
On infére ici l'Avis du mois de Fé-
vrier , parce qu'il inftruit pleinement du
deffein & du plan de l'Ouvrage en
question.
de l'Avis qu'il a distribué à la fin de
Février dernier 1764 , qu'il a fait tirer
500 Exemplaires de fon Recueil de Fi-
gures des Plantes & Animaux compris
dans la Matière Médicale de M. Geoffroi.
Chaque Exemplaire contient 734
Planches divifées en 5 tomes in- 8° . def-
finées par lui d'après nature , gravées
88 MERGURE DE FRANCE .'
fous fes yeux par les meilleurs Gra
veurs , & imprimées fur de beau papier
par les meilleurs Imprimeurs en Taille-
douce.
Ces 500 premiers Exemplaires ont
commencé à fe vendre chez lui rue S
Dominique , Porte S. Jacques , tous les
jours depuis dix heures du matin juf-
qu'à midi , & depuis 4 heures du foir
jufqu'à 6 , à commencer du Lundi 4
Juin,
On en trouvera auffi chez Defaint &
Saillant,Libraires , rue S. Jean de Beau-
vais , Defprez, Imprimeur du Clergé ,
rue S. Jacques , près la rue des Noyers,
& chez le Clerc , Libraire , quai des Au-
guftins.
Chaque Exemplaire fera de 48 li-
vres , jufqu'au dernier du mois d'Août
prochain , après
lequel temps Les
Planches doivent paffer en d'autres
mains qu'il voit difpofées à en aug-
menter la valeur , ce qu'il n'a pu rai-
fonnablement contredire , vû la modi-
cité du prix actuel auquel il a bien vou-
lu fe réduire en faveur du Public zélé ,
pendant le temps qu'elles feront en fa
poffeffion.
On fournira gratis une Table des
noms latins & françois à tous ceux qui
JUILLET. 1764.
89
la voudront , foit qu'ils ayent le Livre
de M. Geoffroi ou non.
On infére ici l'Avis du mois de Fé-
vrier , parce qu'il inftruit pleinement du
deffein & du plan de l'Ouvrage en
question.
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5
p. 89-94
AVIS touchant un Recueil de Plantes & Animaux utiles en Médecine, gravés d'après les desseins de M. de GẠRSAULT, 1764.
Début :
SI la connoissance des Simples a toujours passé pour une science rare & [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS touchant un Recueil de Plantes & Animaux utiles en Médecine, gravés d'après les desseins de M. de GẠRSAULT, 1764.
AVIS touchant un Recueil de Plantes &
Animaux utiles en Médecine, gravés
d'après les desseins de M. de GẠRSAULT,
1764.
SI la connoissance des Simples a toujours
passé pour une science rare &
difficile à acquérir , ceux qui en ont
fait leur objet principal , & qui après
des expériences réitérées, ontraffemblé ,
dans un corps d'Ouvrage , les Plantes
qu'ils ont reconnu falutaires, capables de
rendre la fanté & de prolonger la vie ;
ceux-là , dis-je , doivent être précieux
au genre humain : tel a été M. Geoffroi ,
Docteur en Médecine de la Faculté de
Paris , de l'Académie Royale des Scien-
ces , de la Société Royale de Londres
Profeffeur en Chymie au Jardin du
Roi
>
& de Médecine au Collège
Royal. C'eſt à cet homme célébre que
90 MERCURE DE FRANCE.
nous devons , fous le titre de Matière
Médicale , la defcription , les vertus &
les ufages des Plantes ufuelles en Mé-
decine ; Ouvrage reconnu généralement
pour le meilleur qui ait été compofé
en ce genre , mais auquel manquoient
les figures des Plantes , dont il traites
acceffoire , prèfque auffi effentiel que
l'Ouvrage même. M. de Garfault , Au-
teur du nouveau Parfait Maréchal , &
maintenant Membre de la Société Roya
le d'Agriculture de Paris , ayant eu , dès
fa tendre jeuneffe , un goût naturel pour
l'Art du deffein , conçut , dans un âge
plus avancé , que ce bel Art , qu'il exer
çoit indifféremment fur tout ce qui fe
préfentoit , pouvoit l'être beaucoup
plus utilement. L'idée de copier la natu-
re même , en faifant les portraits des
Plantes d'ufage en Médecine , fut celle
à laquelle il ne pouvoit manquer de
s'arrêter ; il entama donc alors le Recueil
dont il eft ici queftion ; il deffinoit les
Plantes avec toute l'application dont il
étoit capable , à mesure qu'il les ren-
controit à la campagne. M. Bernard de
Jufficu , Docteur en Médecine de la
Faculté de Paris , Démonftrateur au
Jardin Royal des Plantes , de l'Acadé-
mie Royale des Sciences , & de la So-
JUILLET. 1764.
ciété Royale de Londres , qu'il avoit le
bonheur de connoître , les examinoit
enfuite , & mettoit lui-même le nom au
bas de celles auxquelles il ne trouvoit
rien à defirer ; mais à celles où la nature
n'étoit pas affez fidélement rendue ,
il
falloit les rectifier , quelquefois même
les recommencer : il lui indiquoit auffi
celles qui ne fe rencontrent que dans
les Jardins de Botanique , ou dans les
ferres chaudes. Enfin , après nombre
'd'années , cet amas de deffeins eft de-
venu fi confidérable , qu'il comprend ,
article par article , toutes les Plantes de
la Matière Médicale de M. Geoffroi , &
la rend un Ouvrage parfait : il ne ref-
toit plus à l'Auteur que de mettre la
dernière main au projet d'utilité qu'il
avoit formé , ( qui peut s'étendre même
à toute matière médicale , ) & en mê-
me temps à retirer le fruit des travaux
de toute fa vie , par le plaifir de fentir
qu'il étoit en lui de pouvoir rendre quel
que fervice au Public. C'eft pourquoi ,
auffi-tôt que fon Recueil a été rempli ,
il a commencé à faire graver , à ſes frais ,
non -feulement les Plantes , mais encore
les figures des Animaux , dont le tout ,
ou les parties , peuvent fervir à la Mé-
decine , fuivant le plan que M. Geoffrot
92 MERCURE DE FRANCE.
s'étoit formé , & que fes Continuateurs
ont exécuté.
*
Il efpére qu'on ne trouve-
ra pas les Animaux moins exacts que
les Plantes : tous ceux qu'il a pu copier
d'après nature , l'ont été ; & comme
fon goût pour deffiner les Animaux ,
étoit une fuité de celui qu'il avoit pour
la chaffe , il paffoit une partie de fes
loiſirs à en faire des études , & même
à peindre ceux qui lui tomboient fous
la main : c'eft pourquoi il n'a pas eu de
peine à raffembler & à mettre de fuite
les animaux que la Matiére Médicale lui
a indiqués. A l'égard du petit nombre
de ceux donton n'a que des defcriptions
fans deffeins , ou avec de très- mauvais
deffeins , comme les baleines , la chèvre
du bézoart , le renne de la Lapponie ,
& c , il n'eft pas certain que les figures
en foient auffi parfaites : il ne lui a été
poffible que de comparer & de combi .
ner les différentes defcriptions ; conful-
ter , de vive voix , les perfonnes qui ont
pu voir ces Animaux dans leurs voyages,
& s'aider de leurs parties , confervées
dans les Cabinets curieux du Roi &
autres.
On verra que tous ces deffeins font
MM. Arnaud de Nobleville & Salerne , Mé➡
decins à Orléans.
د
JUILLET. 1764.
traités d'une manière qu'on peut appel-
ler nouvelle , principalement les Plantes,
lefquelles
quelque grandes qu'elles
foient, font exprimées toutes en entier ,
& comme on les apperçoit fur la terre ,
afin qu'on puiffe les reconnoître au
premier coup d'œil , indépendemment
des parties féparées qui les caractériſent,
comme fruits , fleurs , &c, ce qui n'a ,
jufqu'à préfent , été exécuté par au-
cun Auteur de Botanique , comme elles
le font ici.
4. L'Auteur ofe encore fe flatter que les
Curieux & les Amateurs d'Hiftoire Na-
turelle trouveront dans ce Recueil de
quoi fe fatisfaire ; & que les Peintres &
Deffinateurs d'ornemens , d'étoffes &
de payfages y rencontreront plus de
variétés qu'ils n'en peuvent imaginer.
Cet Ouvrage , compofé de plus de
730 Planches & plus , in-8°. gravées
fur cuivre en taille- douce , s'imprime
actuellement. Il fera divifé en cinq to-
mes le premier contient les Plantes
exotiques ou étrangères ; le fecond
troifiéme & quatriéme , les Plantes in-
digènes , ou de nos climats ; & le cin-
quiéme , les Animaux : le tout fera du
prix de 48 livres. On fournira gratis ,
à ceux qui n'auront pas la Matière
94 MERCURE DE FRANCE.
Médicale de M. Geoffroi , & qui fe
contenteront des deffeins feuls
feront ajoutés aux noms Latins.
,
une
Table imprimée où les noms François
On compte que le tout fera en état
d'être préfenté au Public dans le cou-
rant du mois de Mai prochain. En at-
tendant ce terme , ceux qui voudront
voir un échantillon de tout l'Ouvrage,
peuvent dès-à-préfent s'adreffer :
A Paris , à MM. Defaint & Sail-
lant , Libraires , rue S. Jean de Beau-
vais , ou à M. Defprez , Imprimeur du
Roi & du Clergé de France, rue S.Jac-
ques , au coin de la rue des Noyers.
Animaux utiles en Médecine, gravés
d'après les desseins de M. de GẠRSAULT,
1764.
SI la connoissance des Simples a toujours
passé pour une science rare &
difficile à acquérir , ceux qui en ont
fait leur objet principal , & qui après
des expériences réitérées, ontraffemblé ,
dans un corps d'Ouvrage , les Plantes
qu'ils ont reconnu falutaires, capables de
rendre la fanté & de prolonger la vie ;
ceux-là , dis-je , doivent être précieux
au genre humain : tel a été M. Geoffroi ,
Docteur en Médecine de la Faculté de
Paris , de l'Académie Royale des Scien-
ces , de la Société Royale de Londres
Profeffeur en Chymie au Jardin du
Roi
>
& de Médecine au Collège
Royal. C'eſt à cet homme célébre que
90 MERCURE DE FRANCE.
nous devons , fous le titre de Matière
Médicale , la defcription , les vertus &
les ufages des Plantes ufuelles en Mé-
decine ; Ouvrage reconnu généralement
pour le meilleur qui ait été compofé
en ce genre , mais auquel manquoient
les figures des Plantes , dont il traites
acceffoire , prèfque auffi effentiel que
l'Ouvrage même. M. de Garfault , Au-
teur du nouveau Parfait Maréchal , &
maintenant Membre de la Société Roya
le d'Agriculture de Paris , ayant eu , dès
fa tendre jeuneffe , un goût naturel pour
l'Art du deffein , conçut , dans un âge
plus avancé , que ce bel Art , qu'il exer
çoit indifféremment fur tout ce qui fe
préfentoit , pouvoit l'être beaucoup
plus utilement. L'idée de copier la natu-
re même , en faifant les portraits des
Plantes d'ufage en Médecine , fut celle
à laquelle il ne pouvoit manquer de
s'arrêter ; il entama donc alors le Recueil
dont il eft ici queftion ; il deffinoit les
Plantes avec toute l'application dont il
étoit capable , à mesure qu'il les ren-
controit à la campagne. M. Bernard de
Jufficu , Docteur en Médecine de la
Faculté de Paris , Démonftrateur au
Jardin Royal des Plantes , de l'Acadé-
mie Royale des Sciences , & de la So-
JUILLET. 1764.
ciété Royale de Londres , qu'il avoit le
bonheur de connoître , les examinoit
enfuite , & mettoit lui-même le nom au
bas de celles auxquelles il ne trouvoit
rien à defirer ; mais à celles où la nature
n'étoit pas affez fidélement rendue ,
il
falloit les rectifier , quelquefois même
les recommencer : il lui indiquoit auffi
celles qui ne fe rencontrent que dans
les Jardins de Botanique , ou dans les
ferres chaudes. Enfin , après nombre
'd'années , cet amas de deffeins eft de-
venu fi confidérable , qu'il comprend ,
article par article , toutes les Plantes de
la Matière Médicale de M. Geoffroi , &
la rend un Ouvrage parfait : il ne ref-
toit plus à l'Auteur que de mettre la
dernière main au projet d'utilité qu'il
avoit formé , ( qui peut s'étendre même
à toute matière médicale , ) & en mê-
me temps à retirer le fruit des travaux
de toute fa vie , par le plaifir de fentir
qu'il étoit en lui de pouvoir rendre quel
que fervice au Public. C'eft pourquoi ,
auffi-tôt que fon Recueil a été rempli ,
il a commencé à faire graver , à ſes frais ,
non -feulement les Plantes , mais encore
les figures des Animaux , dont le tout ,
ou les parties , peuvent fervir à la Mé-
decine , fuivant le plan que M. Geoffrot
92 MERCURE DE FRANCE.
s'étoit formé , & que fes Continuateurs
ont exécuté.
*
Il efpére qu'on ne trouve-
ra pas les Animaux moins exacts que
les Plantes : tous ceux qu'il a pu copier
d'après nature , l'ont été ; & comme
fon goût pour deffiner les Animaux ,
étoit une fuité de celui qu'il avoit pour
la chaffe , il paffoit une partie de fes
loiſirs à en faire des études , & même
à peindre ceux qui lui tomboient fous
la main : c'eft pourquoi il n'a pas eu de
peine à raffembler & à mettre de fuite
les animaux que la Matiére Médicale lui
a indiqués. A l'égard du petit nombre
de ceux donton n'a que des defcriptions
fans deffeins , ou avec de très- mauvais
deffeins , comme les baleines , la chèvre
du bézoart , le renne de la Lapponie ,
& c , il n'eft pas certain que les figures
en foient auffi parfaites : il ne lui a été
poffible que de comparer & de combi .
ner les différentes defcriptions ; conful-
ter , de vive voix , les perfonnes qui ont
pu voir ces Animaux dans leurs voyages,
& s'aider de leurs parties , confervées
dans les Cabinets curieux du Roi &
autres.
On verra que tous ces deffeins font
MM. Arnaud de Nobleville & Salerne , Mé➡
decins à Orléans.
د
JUILLET. 1764.
traités d'une manière qu'on peut appel-
ler nouvelle , principalement les Plantes,
lefquelles
quelque grandes qu'elles
foient, font exprimées toutes en entier ,
& comme on les apperçoit fur la terre ,
afin qu'on puiffe les reconnoître au
premier coup d'œil , indépendemment
des parties féparées qui les caractériſent,
comme fruits , fleurs , &c, ce qui n'a ,
jufqu'à préfent , été exécuté par au-
cun Auteur de Botanique , comme elles
le font ici.
4. L'Auteur ofe encore fe flatter que les
Curieux & les Amateurs d'Hiftoire Na-
turelle trouveront dans ce Recueil de
quoi fe fatisfaire ; & que les Peintres &
Deffinateurs d'ornemens , d'étoffes &
de payfages y rencontreront plus de
variétés qu'ils n'en peuvent imaginer.
Cet Ouvrage , compofé de plus de
730 Planches & plus , in-8°. gravées
fur cuivre en taille- douce , s'imprime
actuellement. Il fera divifé en cinq to-
mes le premier contient les Plantes
exotiques ou étrangères ; le fecond
troifiéme & quatriéme , les Plantes in-
digènes , ou de nos climats ; & le cin-
quiéme , les Animaux : le tout fera du
prix de 48 livres. On fournira gratis ,
à ceux qui n'auront pas la Matière
94 MERCURE DE FRANCE.
Médicale de M. Geoffroi , & qui fe
contenteront des deffeins feuls
feront ajoutés aux noms Latins.
,
une
Table imprimée où les noms François
On compte que le tout fera en état
d'être préfenté au Public dans le cou-
rant du mois de Mai prochain. En at-
tendant ce terme , ceux qui voudront
voir un échantillon de tout l'Ouvrage,
peuvent dès-à-préfent s'adreffer :
A Paris , à MM. Defaint & Sail-
lant , Libraires , rue S. Jean de Beau-
vais , ou à M. Defprez , Imprimeur du
Roi & du Clergé de France, rue S.Jac-
ques , au coin de la rue des Noyers.
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6
p. 94-95
« VALLEYRE Père, Imprimeur-Libraire, à Paris rue S. Severin, a imprimé, [...] »
Début :
VALLEYRE Père, Imprimeur-Libraire, à Paris rue S. Severin, a imprimé, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « VALLEYRE Père, Imprimeur-Libraire, à Paris rue S. Severin, a imprimé, [...] »
VALLEYRE Père, Imprimeur-Libraire,
à Paris rue S. Severin, a imprimé,
& débite une Brochure intitu-
lée Extrait de la Gazette du Commerce ,
concernant la Société des Soufcripteurs
de Londres , & celle quife forme à Paris
pour l'encouragement de l'Agriculture ,
des Manufactures & du Commerce. Cet
Ecrit eft dédié à M. le Duc de Praflin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat. Il eft pré-
cedé d'un Avertiffement dans lequel
M. Le Rebours , qui a rédigé jufqu'ici
la Gazette du Commerce , fait de nou-
veaux efforts pour infpirer à fes Lec-
JUILLET. 1764.
95
teurs la réfolution de fe foumettre à
une contribution annuelle pour encou
rager les travaux utiles parmi nous. On
voit dans le cours de l'Ouvrage la fuite
des prix propofés à Londres fur toutes
les branches d'induftrie. On y apprend
que plus de trois mille Anglois dépo-
fent annuellement dans une caiffe com-
mune deux guinées chacun pour ré-.
compenfer les travaux utiles. On y lit
avec plaifir les réfléxions que M. Le
Rebours faifoit à mesure qu'il annon-
çoit les prix de Londres , & on y lit
avec encore plus de plaifir les noms
d'un nombre confidérable de François
de tous les états qui fe font foumis vo-
lontairement & annuellement à con-
tribuer de deux louis chacun pour en-
courager en France l'Agriculture , les
Manufactures & le Commerce. On ne
peut pas douter que cet exemple , fi
digne d'éloges , ne foit imité par un
grand nombre de Citoyens. Il fera alors
bien agréable pour M. Le Rebours de
voir un projet , dont il a le premier ré-
pandu l'idée dans le Public , adopté par
la Nation , & produire les avantages im-
menfes qu'on a lieu d'en attendre.
à Paris rue S. Severin, a imprimé,
& débite une Brochure intitu-
lée Extrait de la Gazette du Commerce ,
concernant la Société des Soufcripteurs
de Londres , & celle quife forme à Paris
pour l'encouragement de l'Agriculture ,
des Manufactures & du Commerce. Cet
Ecrit eft dédié à M. le Duc de Praflin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat. Il eft pré-
cedé d'un Avertiffement dans lequel
M. Le Rebours , qui a rédigé jufqu'ici
la Gazette du Commerce , fait de nou-
veaux efforts pour infpirer à fes Lec-
JUILLET. 1764.
95
teurs la réfolution de fe foumettre à
une contribution annuelle pour encou
rager les travaux utiles parmi nous. On
voit dans le cours de l'Ouvrage la fuite
des prix propofés à Londres fur toutes
les branches d'induftrie. On y apprend
que plus de trois mille Anglois dépo-
fent annuellement dans une caiffe com-
mune deux guinées chacun pour ré-.
compenfer les travaux utiles. On y lit
avec plaifir les réfléxions que M. Le
Rebours faifoit à mesure qu'il annon-
çoit les prix de Londres , & on y lit
avec encore plus de plaifir les noms
d'un nombre confidérable de François
de tous les états qui fe font foumis vo-
lontairement & annuellement à con-
tribuer de deux louis chacun pour en-
courager en France l'Agriculture , les
Manufactures & le Commerce. On ne
peut pas douter que cet exemple , fi
digne d'éloges , ne foit imité par un
grand nombre de Citoyens. Il fera alors
bien agréable pour M. Le Rebours de
voir un projet , dont il a le premier ré-
pandu l'idée dans le Public , adopté par
la Nation , & produire les avantages im-
menfes qu'on a lieu d'en attendre.
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7
p. 96
AVIS AU PUBLIC.
Début :
LE Public éclairé a reçu avec tant d'ardeur, & lu avec tant de plaisir les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS AU PUBLIC.
LE Public éclairé a reçu avec tant
d'ardeur, & lu avec tant de plaisir les
diverfes Traductions Allemandes qu'on
lui a données depuis peu , que les Alle-
mands ont été juſtifiés de la prévention
dans laquelle on étoit en France, contre
leur goût , & furtout contre leur Poë-
fie. L'Allemagne eft fi fauvent le théâ-
tre de la guerre , que la Langue de
cette Nation eft néceffaire aux Militai-
res ; auffi fait-elle partie de l'éducation
de cette jeune Nobleffe deſtinée à la
défenſe & à la gloire de l'Etat. Plu-
fieurs perfonnes qualifiées font leur étu-
de , ou leur amufement de l'Allemand.
C'est dans la vue d'en faciliter l'étude ,
& d'en rendre les fecours plus pro-
chains , que le fieur Mufier fils ,` Li-
braire quai des Auguſtins , a fait venir
de différentes Villes d'Allemagne les
Livres les plus effentiels & les plus efti-
més dans cette Langue. Il fe charge
même de faire tenir les Livres qu'on
lui demande.
LE Public éclairé a reçu avec tant
d'ardeur, & lu avec tant de plaisir les
diverfes Traductions Allemandes qu'on
lui a données depuis peu , que les Alle-
mands ont été juſtifiés de la prévention
dans laquelle on étoit en France, contre
leur goût , & furtout contre leur Poë-
fie. L'Allemagne eft fi fauvent le théâ-
tre de la guerre , que la Langue de
cette Nation eft néceffaire aux Militai-
res ; auffi fait-elle partie de l'éducation
de cette jeune Nobleffe deſtinée à la
défenſe & à la gloire de l'Etat. Plu-
fieurs perfonnes qualifiées font leur étu-
de , ou leur amufement de l'Allemand.
C'est dans la vue d'en faciliter l'étude ,
& d'en rendre les fecours plus pro-
chains , que le fieur Mufier fils ,` Li-
braire quai des Auguſtins , a fait venir
de différentes Villes d'Allemagne les
Livres les plus effentiels & les plus efti-
més dans cette Langue. Il fe charge
même de faire tenir les Livres qu'on
lui demande.
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8
p. 97-110
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
LE droit Public de l'Europe, fondé sur les traités ; par M. l'Abbé de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
LE droit Public de l'Europe, fondé
sur les traités ; par M. l'Abbé de
Mably; troifiéme Edition revue, corrigée
& augmentée ; à Genêve par la com-
pagnie des Libraires ; 1764 ; trois volu-
mes in-12.
Le mérite de cet ouvrage connu l'a
fait nommer par quelques Miniftres , le
Manuel des Politiques. En en donnant
une nouvelle Edition , on s'apperçoit
que l'Auteur l'a revu & travaillé avec
beaucoup d'attention ; & nous avons
remarqué , en comparant cette édition
avec les précédentes, qu'il a rendu celle-
ci beaucoup plus utile , en traitant plu-
fieurs matières importantes avec plus
d'étendue ; mais nous croyons que ce
Livre ne peut convenir qu'aux perfon-
nes qui ont déja quelque connoiffance
du Droit naturel & de l'Hiftoire moder-
ne de l'Europe.
LE Jeu du Reverfis ; à Amfterdam ;
1763 , Brochure in- 12. de 128 pages.
Ce Jeu , difficile à bien jouer
II. Vol.
de-
mandoit des régles claires & bien rédi-
E
98 MERCURE DE FRANCE.
gées ; c'eft ce qu'on trouvera dans
cette Brochure qui a le double avantage
d'être écrite avec clarté & préciſion,
MÉMOIRES ou Avantures de Dom
Inigo de Pafcarilla , par l'Auteur de
la nouvelle Marianne ; dédiés à M. le
Comte de Noailles ; en Efpagne &
fe trouve à Paris , chez Duchesne , rue
S. Jacques , Mufier , quai des Auguftins;
Panckouke , rue de la Comédie Fran-
çoife ; 164 ; deux parties féparées in-
12 , formant enſemble un volume relié.
L'Auteur de ce Roman , dans le goût
Efpagnol , eft M. l'Abbé Lambert , con-
nu par plufieurs Ouvrages d'une vafte
étendue. Son but a été de peindre dans
celui-ci un Philofophe Eſpagnol , ami
de l'humanité , ne cherchant qu'à ren-
dre les hommes heureux
fortune ,
repos , douceurs de la vie , il leur facrifie
tout ;il entreprend la réforme d'un Peu-
ple entier ; il veut en faire des hommes.
nouveaux , & il y réuffit.
AMUSEMENS Philofophiques , par
M. de Montagnac , ci- devant Capitaine
au Régiment, de Breffe ; avec cette Epi-
graphe : omnis ætatis homines hæcfchola
admittit. SÉNEQUE. A la Haye , & à
JUILLET. 1764.
>
99
Paris , chez les Libraires qui vendent
les nouveautés ; 1764 ; 2 volumes in-
12.
Cette double brochure forme un mê-
lange très-agréable & très-varié de Ve s
& de Profe , de morceaux d'Histoire ,
de Contes , d'Anecdotes , d'Avantures ,
& de Réfléxions ; le tout terminé par
une piéce de Théâtre intitulé la Fille de
feize ans , ou la Capricieufe , Comédie
en vers & en trois Actes. La lecture de
ce Recueil nous a fait plaifir ; & nous
croyons furtout que les morceaux Hif-
toriques & plufieurs Anecdotes galan-
tes pourront plaire à la plupart des Lec-
teurs.
DICTIONNAIRE Domestique por-
tatif, contenant toutes les connoiffances
relatives à l'économie domeftique & ru-
rale , où l'on détaille les différentes
branches de l'Agriculture , la manière
de foigner les chevaux
nourrir & de conferver toutes fortes de
beftiaux , celle d'élever les Abeilles
les Vers-à-Soye ; & dans lequel on trou
ve les inftructions
néceffaires fur la
Chaffe , la Pêche , les Arts , le Com-
merce ,
celle de
la Procédure , l'Office , la
Cuifine &c ; Ouvrage également utile à
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
ceux qui vivent de leurs rentes , ou qui
-ont des terres comme aux Fermiers
aux Jardiniers , aux Commerçans & aux
Artiftes ; par une Société de Gens de
Lettres ; à Paris , chez Vincent , Impri-
meur-Libraire , rue Saint Severin , avec
Approbation & Privilége du Roi ; 1764 ,
trois volumes in- 8°. à double colon-
ne.
Ily a eu jufqu'à préfent peu de Livres
auffi utiles , & d'un ufage auffi uni-
verfellement étendu , que celui que
nous annonçons. Il n'eft prèfque pas
poffible de s'en paffer dans une maifon ;
auffi ne manquerons- nous pas d'en don-
ner un Extrait plus étendu , qui en fera
connoître mieux les avantages,& même
l'indifpenfable néceffité.
PLAN d'Etudes & d'Education avec
un difcours fur l'Education ; par M.
Sutaine , Chanoine régulier de Saint
Antoine ; à Paris , chez A. M. Lottin ,
l'aîné , Imprimeur & Libraire de Mgr
le Duc de Berry , rue Saint Jacques
au Coq , près Saint Yves ; avec Appro-
bation & Privilége du Roi ; 1764 , un
volume in
12.
Quoiqu'on ait déjà beaucoup écrit
fir cette matière , elle ne paroît point
1
JUILLET. 1764.
ΙΟΙ
encore épuifée , & tous les jours on
préfente au Public de nouvelles vues à
ce fujet. L'ouvrage que nous annonçons
eft divifé en plufieurs lettres , dans lef-
quelles on indique les Ecrivains dont
la connoiffance eft néceffaire au Maître
qui veut fe préparer à enfeigner la Lan-
gue Latine à fes Difciples ; on y trouve
auffi des jugemens fur ces Auteurs , &
une indication des Ecrivains François les
plus utiles pour faire un cours de belle.
Lettres. Ces Lettres font fuivies d'un
plan d'étude particulier pour la jeuneffe,
avec des principes pour une bonne
éducation ; & c , & c.
MÉMOIRE Hiftorique & critique
fur les principales circonftances de la
vie de Roger de Saint Lary de Belle-
Garde , Maréchal de France ; & prin-
cipalement fur l'entreprife qu'il forma
pour fe rendre indépendant de l'autorité
Royale dans le Marquifat de Saluces ,
& fur les fuites qu'eut fa révolte après fa
mort ; par feu M Secouffe , de l'Aca-
démie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres ; à Paris , 1764 , vol. in- 12.
Entre plufieurs points de nos Annales
qu'avoit difcutés M. Secouffe , celui qui
regarde les principales circonstances de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
la vie du Maréchal de Bellegarde , eft
traité avec la plus grande exactitude.
On y voit partout le flambeau de la
critique éclairer les grandes négocia-
tions qui pafférent entre les mains de ce
Maréchal. C'est toujours d'après les Au-
teurs ou les Monumens du temps, qu'il
reléve les Ecrivains que le défaut d'at-
tention , ou trop de légéreté avoient
écartés de la vérité. L'affaire du Mar-
quifat de Saluces , un des plus impor-
tans événemens qui fe foient paffés
fous le régne de nos Rois de la troifié-
me race , y eft parfaitement éclaircie ;
toutes les intrigues de la Cour mifes
dans une entière évidence ; & les inten-
tions & les motifs du Maréchal de Bel-
legarde dévoilés avec la même clarté.
On en trouve des Exemplaires chez
MM. Deffaint & Saillant.
PRINCIPES du Droit naturel & po-
litique , par J. J. Burlamaqui , Confeil-
ler d'Etat , & ci-devant Profeffeur en
Droit Naturel & Civil
Geneve ; nou-
velle édition , revue & corrigée ; à Ge-
néve & à Coppenhague , chez Cl. & Ant..
Philibert ; 1764 ; & à Paris , chez les
mêmes.
Cette nouvelle édition ne contient
JUILLET. 1764.
rien de plus que la dernière qui fut
103
pu-
bliée en 1763 du même caractère que
celle-ci , format in 4°. que l'on peut
relier en un ou deux volumes , & à
laquelle on a joint un Supplément con-
tenant diverfes Piéces intéreffantes &
relatives à la vie de l'Auteur. Ce Sup-
plément fe débite auffi à part pour fer-
vir de fuite aux précédentes éditions
in-4°. Celle que nous annonçons à pré-
fent eft divifée en trois volumes in- 12,
dont le premier contient le Droit Na-
turel , & les deux autres , le Droit Po-
litique.
PROJET d'ouverture & d'exploita-
tion de minières & mines d'or & d'au-
*
tres métaux , aux environs du Cézé
du Gardon , de l'Eraut , & d'autres
Rivières du Languedoc , de la Comté
de Foix , du Rouergue..... & c ; par
M. l'Abbé de Gua de Malves. A Paris ,
chez Deffain Junior , Libraire , Quai
des Auguftins , à la Bonne Foi ; 1764 ;
avec Approbation & Permiffion ; Bro-
chure in-8°. de 260 pages , avec des
Cartes Topographiques.
En 1751 M. l'Abbé de Gua préfen-
ta un Mémoire au Contrôleur - Géné-
ral , fur des moyens nouveaux de trou-
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
ver de l'or foffile dans le Royaume , en
peu de temps ,
à
peu de frais , & en
affezgrande abondance. Après la lec-
ture de ce Mémoire , le Miniftre l'en-
voya dans la partie des Cevenes qu'ar-
rofe la riviere de Cézé , pour y faire
un effai. Ce voyage fait le fujet d'une
partie de cette Brochure. On y prouve
en commençant , que les Gaules du
temps des Romains
& la France
dans les premiers temps de la Monar-
chie , ont été très- fécondes en mines
d'or ; & il réfulte de divers faits confi-
gnés dans l'Hiftoire de notre Nation
qu'on n'y a jamais abandonné le projet
de tirer parti de ces mines. L'Auteur
s'arrête principalement fur quelques dé-
couvertes qu'il a faites dans fon voya-
ge , toujours relatives à fon objet ; &
expofe dans le plus grand détail tou-
tes les objections qu'on pourroit faire
contre l'ouverture & l'exploitation des
minières d'or en France ; il les difcute
& il y répond. Il dit enfin un mot des
fecours qui lui paroiffent néceffaires
pour réuffir à ouvrir avec le plus grand:
avantage des minières de toute efpé-
ce , qu'il a découvertes.
ESSAI fur l'Education des Demoi
JUILLET. 1764.
TOS
felles ; par Mademoiſelle d'Espinally ;
à Paris au Palais
,
chez Barthelemi
Hochereau , lejeune , au Pilier des Con-
fultations ; 1764 ; avec Approbation &
Permiffion ; Brochure in- 12 de 84 pag.
Le but de cet Ouvrage eft d'éloi-
gner des jeunes Demoifelles toutes les
paffions dangereufes à leur féxe , &
de les rendre auffi fenfées qu'aimables.
Dans ce deffein l'Auteur les prend dès
leur plus tendre enfance , & les conduit
jufqu'à leur mariage. Les Maîtres , les
Maîtreffes qu'il faut leur donner , la
Religion qu'il faut leur enfeigner , les
lectures qui doivent les occuper , l'éta-
bliffement qu'il faut leur procurer, font
les divers points de cette Brochure.
MÉMOIRE contre la légitimité des
naiffances prétendues tardives
,
dans
lequel on concilie les Loix civiles avec
celles de l'économie animale ; par M.
Louis , Profeffeur Royal de Chirur-
gie , Cenfeur Royal , Chirurgien con-
fultant des Armées du Roi , & c. A
Paris , chez P. G. Cavelier , Libraire ,
rue S. Jacques , au Lys d'Or ; 1764 ;
avec Permiffion ; Brochure in-8°. de
92 pages.
11 eft question de fçavoir fi une
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
femme qui met au monde un enfant
dix mois & plus , après la mort de fon
mari , peut faire paffer cet enfant pour
légitime. Cette matière intéreffante &
délicate mérite d'occuper une place
plus étendue dans ce Journal , & nous
ne tarderons pas d'entrer là- deffus dans
un plus grand détail. On y verra com-
ment un homme d'efprit , qui joint la
facilité d'écrire aux connoiffances de
fon Art , a fçu mettre à la portée de
tous les Lecteurs , un des myſtères les
plus cachés de la Nature.
MÉMOIRE fur les Limites de l'Em-
pire de Charlemagne , qui a remporté
le prix propofé par l'Académie Royale
des Infcriptions & Belles- Lettres ; par
Dom Philippe-Louis Lieble , Bénédic-
tin de la Congrégation de S. Maur , à
l'Abbaye de S. Germain- des-Près. A
Paris,de l'Imprimerie de H. L. Guerin,
L. F. Delatour ; 1764 ; avec Approba-
tion & Permiffion. Brochure in- 12 .
Pour remplir l'objet de ce Mémoire ,
il n'a fallu qu'examiner quelles font les
Contrées , où les Limites de l'Empire
François furent les plus réculées fous
Charlemagne ; & pour cela l'Auteur
divife fa matière en quatre parties qui
JUILLET. 1764.
107
font 1 °. La Saxe à laquelle il joint les
contrées de la Germanie , où des Na-
tions Slavones s'étoient établies. 2º. La
Pannonie qui lui donne occafion de
parler de l'ancienne Bajoarie ou Ba-
viere. 3°. L'Italie à laquelle fe joint
la Dalmatie , parce qu'elle eft rangée
fur le bord de la Mer Adriatique.
4. L'Efpagne , par laquelle il termine
fon Mémoire.
LETTRES du Marquis de Rofelle ;
par Madame de Beaumont ; à Londres ,
& fe trouve à Paris chez Louis Cellot ,
Imprimeur- Libraire , Grand-Salle du
Palais , & rue Dauphine ; 1764' ; deux
parties in-12.
La multitude des Nouveautés Litté-
raires dont nous fommes obligés de
rendre compte ,
nous permet pas
toujours d'en donner des extraits auffi-
tôt qu'elles paroiffent ; à peine avons-
nous même le temps de les parcourir.
Le Roman de Madame de Beaumont
eft du nombre de ceux qui méritent
une attention particulière par l'Intérêt
qui y regne & les leçons qu'on y donne ;
& le Public attend de nous quelque cho-
fe de plus qu'une fimple annonce .
LES Mufes Françoifes ; première
E vj
1
108 MERCURE DE FRANCE.
Partie contenant un tableau univerfel
par alphabet & numéro des Théâtres
de France ; avec les noms de leurs Au-
teurs , & de toutes les Piéces anony-
mes de ces Théâtres , depuis les myf-
tères , jufqu'en l'année 1764 ; à Paris
chez Duchefne , rue S.. Jacques , au
Temple du Goût ; avec Approbation
& Privilége du Roi ; un vol. in-8°,
petit format , prix , 2 liv, broché.
Tout le monde connoît l'excellent
Dictionnaire Portatif des Théâtres par
M. de Léris , dont on a fait déja plu-
fieurs Editions
9
& une entr'autres
l'année dernière , infiniment plus com-
plette que les précédentes. L'Ouvrage
que nous annonçons aujourd'hui n'eft
qu'une compilation imparfaite de cet.
excellent Dictionnaire . La Juftice nous
oblige d'en avertir le Public.
COMPTES des Conftitutions & de
la Doctrine des Jéfuites , & c.
Defpilly , Libraire , rue S. Jacques
à la Croix d'Or , donne maintenant au
Public les Ouvrages fuivant à un prix
très modique ; fçavoir , Compte des
Conftitutions de la Doctrine de la So-
ciété fe difant de Jéfus , rendu au Par-
lement de Normandie ; par M. Charles ;
.
JUILLET. 1764.
vol. de 427 pages in-12. broché
200
liv.
Second compte rendu fur l'appel
comme d'abus des Conftitutions des
Jéfuites ; par M. Louis René de Cara-
deuc de la Chatotais ; volume de 160
pages in-12 , 8 fols.
MÉMOIRE fur la culture du fainfoin,
& fes avantages dans la Haute Cham-
pagne ; par M .... de la Société Litté-
raire de Châalons , Affocié-correfpon-
dant de l'Académie Royale des Sciences
& Arts de Metz ; à Amfterdam, & fe trou-
ve à Paris chez Deſpilly , Libraire , rue
S. Jacques , à la Croix d'Or ; 1764. Bro-
chure in-12 de 60 p. prix , rof. broché.
Nous renvoyons les Laboureurs de
Champagne à la lecture de ce Mémoire
qui nous a paru clair & méthodique.
DISSERTATION neutre fur l'Inocu-
lation de la petite Vérole ; à Amfter
dam , & fe trouve à Paris chez Def
pilly , rue S. Jacques , à la Croix d'or ;
1764 ; Brochure in
Prix , 10 f. broché.
12. de 68 pages.
On ne fe laffe point d'écrire fur l'I-
noculation.. Nous craindrions de laffer
le Public , fi nous donnions des Extraits-
& même des notices un peu étendues
de toutes les Brochures qui paroiffent
110 MERCURE DE FRANCE .
fur cette matière ; nous nous contente-
rons déformais de les annoncer.
LETTRE d'Alcibiade à Glycère ,
Bouquetière d'Athénes ; fuivie d'une
Lettre de Vénus à Pâris , & d'une Epî-
tre à la Maîtreffe que j'aurai ; à Genève ,
& à Paris , chez Sebaftien Jorry , Im-
primeur-Libraire , rue & vis-à- vis la
Comédie Françoife , au Grand Monar-
que & aux Cigognes ; 1764 ; brochure
in- 8° . de 36 pages , très-bien imprimée,
fur de beau papier , avec de fort jolies
Gravures.
C'eſt donner une idée avantageufe de
ces diverfes petites productions , que
d'avertir le Public qu'elles font de l'Au-
teur de Zélis au bain , & éxécutées dans
le même goût , quant à la partie Typo-
graphique & aux ornemens du burin . A
l'égard de la verfification , c'est toujours
la même légéreté , la même fraîcheur de
coloris.
LE droit Public de l'Europe, fondé
sur les traités ; par M. l'Abbé de
Mably; troifiéme Edition revue, corrigée
& augmentée ; à Genêve par la com-
pagnie des Libraires ; 1764 ; trois volu-
mes in-12.
Le mérite de cet ouvrage connu l'a
fait nommer par quelques Miniftres , le
Manuel des Politiques. En en donnant
une nouvelle Edition , on s'apperçoit
que l'Auteur l'a revu & travaillé avec
beaucoup d'attention ; & nous avons
remarqué , en comparant cette édition
avec les précédentes, qu'il a rendu celle-
ci beaucoup plus utile , en traitant plu-
fieurs matières importantes avec plus
d'étendue ; mais nous croyons que ce
Livre ne peut convenir qu'aux perfon-
nes qui ont déja quelque connoiffance
du Droit naturel & de l'Hiftoire moder-
ne de l'Europe.
LE Jeu du Reverfis ; à Amfterdam ;
1763 , Brochure in- 12. de 128 pages.
Ce Jeu , difficile à bien jouer
II. Vol.
de-
mandoit des régles claires & bien rédi-
E
98 MERCURE DE FRANCE.
gées ; c'eft ce qu'on trouvera dans
cette Brochure qui a le double avantage
d'être écrite avec clarté & préciſion,
MÉMOIRES ou Avantures de Dom
Inigo de Pafcarilla , par l'Auteur de
la nouvelle Marianne ; dédiés à M. le
Comte de Noailles ; en Efpagne &
fe trouve à Paris , chez Duchesne , rue
S. Jacques , Mufier , quai des Auguftins;
Panckouke , rue de la Comédie Fran-
çoife ; 164 ; deux parties féparées in-
12 , formant enſemble un volume relié.
L'Auteur de ce Roman , dans le goût
Efpagnol , eft M. l'Abbé Lambert , con-
nu par plufieurs Ouvrages d'une vafte
étendue. Son but a été de peindre dans
celui-ci un Philofophe Eſpagnol , ami
de l'humanité , ne cherchant qu'à ren-
dre les hommes heureux
fortune ,
repos , douceurs de la vie , il leur facrifie
tout ;il entreprend la réforme d'un Peu-
ple entier ; il veut en faire des hommes.
nouveaux , & il y réuffit.
AMUSEMENS Philofophiques , par
M. de Montagnac , ci- devant Capitaine
au Régiment, de Breffe ; avec cette Epi-
graphe : omnis ætatis homines hæcfchola
admittit. SÉNEQUE. A la Haye , & à
JUILLET. 1764.
>
99
Paris , chez les Libraires qui vendent
les nouveautés ; 1764 ; 2 volumes in-
12.
Cette double brochure forme un mê-
lange très-agréable & très-varié de Ve s
& de Profe , de morceaux d'Histoire ,
de Contes , d'Anecdotes , d'Avantures ,
& de Réfléxions ; le tout terminé par
une piéce de Théâtre intitulé la Fille de
feize ans , ou la Capricieufe , Comédie
en vers & en trois Actes. La lecture de
ce Recueil nous a fait plaifir ; & nous
croyons furtout que les morceaux Hif-
toriques & plufieurs Anecdotes galan-
tes pourront plaire à la plupart des Lec-
teurs.
DICTIONNAIRE Domestique por-
tatif, contenant toutes les connoiffances
relatives à l'économie domeftique & ru-
rale , où l'on détaille les différentes
branches de l'Agriculture , la manière
de foigner les chevaux
nourrir & de conferver toutes fortes de
beftiaux , celle d'élever les Abeilles
les Vers-à-Soye ; & dans lequel on trou
ve les inftructions
néceffaires fur la
Chaffe , la Pêche , les Arts , le Com-
merce ,
celle de
la Procédure , l'Office , la
Cuifine &c ; Ouvrage également utile à
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
ceux qui vivent de leurs rentes , ou qui
-ont des terres comme aux Fermiers
aux Jardiniers , aux Commerçans & aux
Artiftes ; par une Société de Gens de
Lettres ; à Paris , chez Vincent , Impri-
meur-Libraire , rue Saint Severin , avec
Approbation & Privilége du Roi ; 1764 ,
trois volumes in- 8°. à double colon-
ne.
Ily a eu jufqu'à préfent peu de Livres
auffi utiles , & d'un ufage auffi uni-
verfellement étendu , que celui que
nous annonçons. Il n'eft prèfque pas
poffible de s'en paffer dans une maifon ;
auffi ne manquerons- nous pas d'en don-
ner un Extrait plus étendu , qui en fera
connoître mieux les avantages,& même
l'indifpenfable néceffité.
PLAN d'Etudes & d'Education avec
un difcours fur l'Education ; par M.
Sutaine , Chanoine régulier de Saint
Antoine ; à Paris , chez A. M. Lottin ,
l'aîné , Imprimeur & Libraire de Mgr
le Duc de Berry , rue Saint Jacques
au Coq , près Saint Yves ; avec Appro-
bation & Privilége du Roi ; 1764 , un
volume in
12.
Quoiqu'on ait déjà beaucoup écrit
fir cette matière , elle ne paroît point
1
JUILLET. 1764.
ΙΟΙ
encore épuifée , & tous les jours on
préfente au Public de nouvelles vues à
ce fujet. L'ouvrage que nous annonçons
eft divifé en plufieurs lettres , dans lef-
quelles on indique les Ecrivains dont
la connoiffance eft néceffaire au Maître
qui veut fe préparer à enfeigner la Lan-
gue Latine à fes Difciples ; on y trouve
auffi des jugemens fur ces Auteurs , &
une indication des Ecrivains François les
plus utiles pour faire un cours de belle.
Lettres. Ces Lettres font fuivies d'un
plan d'étude particulier pour la jeuneffe,
avec des principes pour une bonne
éducation ; & c , & c.
MÉMOIRE Hiftorique & critique
fur les principales circonftances de la
vie de Roger de Saint Lary de Belle-
Garde , Maréchal de France ; & prin-
cipalement fur l'entreprife qu'il forma
pour fe rendre indépendant de l'autorité
Royale dans le Marquifat de Saluces ,
& fur les fuites qu'eut fa révolte après fa
mort ; par feu M Secouffe , de l'Aca-
démie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres ; à Paris , 1764 , vol. in- 12.
Entre plufieurs points de nos Annales
qu'avoit difcutés M. Secouffe , celui qui
regarde les principales circonstances de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
la vie du Maréchal de Bellegarde , eft
traité avec la plus grande exactitude.
On y voit partout le flambeau de la
critique éclairer les grandes négocia-
tions qui pafférent entre les mains de ce
Maréchal. C'est toujours d'après les Au-
teurs ou les Monumens du temps, qu'il
reléve les Ecrivains que le défaut d'at-
tention , ou trop de légéreté avoient
écartés de la vérité. L'affaire du Mar-
quifat de Saluces , un des plus impor-
tans événemens qui fe foient paffés
fous le régne de nos Rois de la troifié-
me race , y eft parfaitement éclaircie ;
toutes les intrigues de la Cour mifes
dans une entière évidence ; & les inten-
tions & les motifs du Maréchal de Bel-
legarde dévoilés avec la même clarté.
On en trouve des Exemplaires chez
MM. Deffaint & Saillant.
PRINCIPES du Droit naturel & po-
litique , par J. J. Burlamaqui , Confeil-
ler d'Etat , & ci-devant Profeffeur en
Droit Naturel & Civil
Geneve ; nou-
velle édition , revue & corrigée ; à Ge-
néve & à Coppenhague , chez Cl. & Ant..
Philibert ; 1764 ; & à Paris , chez les
mêmes.
Cette nouvelle édition ne contient
JUILLET. 1764.
rien de plus que la dernière qui fut
103
pu-
bliée en 1763 du même caractère que
celle-ci , format in 4°. que l'on peut
relier en un ou deux volumes , & à
laquelle on a joint un Supplément con-
tenant diverfes Piéces intéreffantes &
relatives à la vie de l'Auteur. Ce Sup-
plément fe débite auffi à part pour fer-
vir de fuite aux précédentes éditions
in-4°. Celle que nous annonçons à pré-
fent eft divifée en trois volumes in- 12,
dont le premier contient le Droit Na-
turel , & les deux autres , le Droit Po-
litique.
PROJET d'ouverture & d'exploita-
tion de minières & mines d'or & d'au-
*
tres métaux , aux environs du Cézé
du Gardon , de l'Eraut , & d'autres
Rivières du Languedoc , de la Comté
de Foix , du Rouergue..... & c ; par
M. l'Abbé de Gua de Malves. A Paris ,
chez Deffain Junior , Libraire , Quai
des Auguftins , à la Bonne Foi ; 1764 ;
avec Approbation & Permiffion ; Bro-
chure in-8°. de 260 pages , avec des
Cartes Topographiques.
En 1751 M. l'Abbé de Gua préfen-
ta un Mémoire au Contrôleur - Géné-
ral , fur des moyens nouveaux de trou-
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
ver de l'or foffile dans le Royaume , en
peu de temps ,
à
peu de frais , & en
affezgrande abondance. Après la lec-
ture de ce Mémoire , le Miniftre l'en-
voya dans la partie des Cevenes qu'ar-
rofe la riviere de Cézé , pour y faire
un effai. Ce voyage fait le fujet d'une
partie de cette Brochure. On y prouve
en commençant , que les Gaules du
temps des Romains
& la France
dans les premiers temps de la Monar-
chie , ont été très- fécondes en mines
d'or ; & il réfulte de divers faits confi-
gnés dans l'Hiftoire de notre Nation
qu'on n'y a jamais abandonné le projet
de tirer parti de ces mines. L'Auteur
s'arrête principalement fur quelques dé-
couvertes qu'il a faites dans fon voya-
ge , toujours relatives à fon objet ; &
expofe dans le plus grand détail tou-
tes les objections qu'on pourroit faire
contre l'ouverture & l'exploitation des
minières d'or en France ; il les difcute
& il y répond. Il dit enfin un mot des
fecours qui lui paroiffent néceffaires
pour réuffir à ouvrir avec le plus grand:
avantage des minières de toute efpé-
ce , qu'il a découvertes.
ESSAI fur l'Education des Demoi
JUILLET. 1764.
TOS
felles ; par Mademoiſelle d'Espinally ;
à Paris au Palais
,
chez Barthelemi
Hochereau , lejeune , au Pilier des Con-
fultations ; 1764 ; avec Approbation &
Permiffion ; Brochure in- 12 de 84 pag.
Le but de cet Ouvrage eft d'éloi-
gner des jeunes Demoifelles toutes les
paffions dangereufes à leur féxe , &
de les rendre auffi fenfées qu'aimables.
Dans ce deffein l'Auteur les prend dès
leur plus tendre enfance , & les conduit
jufqu'à leur mariage. Les Maîtres , les
Maîtreffes qu'il faut leur donner , la
Religion qu'il faut leur enfeigner , les
lectures qui doivent les occuper , l'éta-
bliffement qu'il faut leur procurer, font
les divers points de cette Brochure.
MÉMOIRE contre la légitimité des
naiffances prétendues tardives
,
dans
lequel on concilie les Loix civiles avec
celles de l'économie animale ; par M.
Louis , Profeffeur Royal de Chirur-
gie , Cenfeur Royal , Chirurgien con-
fultant des Armées du Roi , & c. A
Paris , chez P. G. Cavelier , Libraire ,
rue S. Jacques , au Lys d'Or ; 1764 ;
avec Permiffion ; Brochure in-8°. de
92 pages.
11 eft question de fçavoir fi une
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
femme qui met au monde un enfant
dix mois & plus , après la mort de fon
mari , peut faire paffer cet enfant pour
légitime. Cette matière intéreffante &
délicate mérite d'occuper une place
plus étendue dans ce Journal , & nous
ne tarderons pas d'entrer là- deffus dans
un plus grand détail. On y verra com-
ment un homme d'efprit , qui joint la
facilité d'écrire aux connoiffances de
fon Art , a fçu mettre à la portée de
tous les Lecteurs , un des myſtères les
plus cachés de la Nature.
MÉMOIRE fur les Limites de l'Em-
pire de Charlemagne , qui a remporté
le prix propofé par l'Académie Royale
des Infcriptions & Belles- Lettres ; par
Dom Philippe-Louis Lieble , Bénédic-
tin de la Congrégation de S. Maur , à
l'Abbaye de S. Germain- des-Près. A
Paris,de l'Imprimerie de H. L. Guerin,
L. F. Delatour ; 1764 ; avec Approba-
tion & Permiffion. Brochure in- 12 .
Pour remplir l'objet de ce Mémoire ,
il n'a fallu qu'examiner quelles font les
Contrées , où les Limites de l'Empire
François furent les plus réculées fous
Charlemagne ; & pour cela l'Auteur
divife fa matière en quatre parties qui
JUILLET. 1764.
107
font 1 °. La Saxe à laquelle il joint les
contrées de la Germanie , où des Na-
tions Slavones s'étoient établies. 2º. La
Pannonie qui lui donne occafion de
parler de l'ancienne Bajoarie ou Ba-
viere. 3°. L'Italie à laquelle fe joint
la Dalmatie , parce qu'elle eft rangée
fur le bord de la Mer Adriatique.
4. L'Efpagne , par laquelle il termine
fon Mémoire.
LETTRES du Marquis de Rofelle ;
par Madame de Beaumont ; à Londres ,
& fe trouve à Paris chez Louis Cellot ,
Imprimeur- Libraire , Grand-Salle du
Palais , & rue Dauphine ; 1764' ; deux
parties in-12.
La multitude des Nouveautés Litté-
raires dont nous fommes obligés de
rendre compte ,
nous permet pas
toujours d'en donner des extraits auffi-
tôt qu'elles paroiffent ; à peine avons-
nous même le temps de les parcourir.
Le Roman de Madame de Beaumont
eft du nombre de ceux qui méritent
une attention particulière par l'Intérêt
qui y regne & les leçons qu'on y donne ;
& le Public attend de nous quelque cho-
fe de plus qu'une fimple annonce .
LES Mufes Françoifes ; première
E vj
1
108 MERCURE DE FRANCE.
Partie contenant un tableau univerfel
par alphabet & numéro des Théâtres
de France ; avec les noms de leurs Au-
teurs , & de toutes les Piéces anony-
mes de ces Théâtres , depuis les myf-
tères , jufqu'en l'année 1764 ; à Paris
chez Duchefne , rue S.. Jacques , au
Temple du Goût ; avec Approbation
& Privilége du Roi ; un vol. in-8°,
petit format , prix , 2 liv, broché.
Tout le monde connoît l'excellent
Dictionnaire Portatif des Théâtres par
M. de Léris , dont on a fait déja plu-
fieurs Editions
9
& une entr'autres
l'année dernière , infiniment plus com-
plette que les précédentes. L'Ouvrage
que nous annonçons aujourd'hui n'eft
qu'une compilation imparfaite de cet.
excellent Dictionnaire . La Juftice nous
oblige d'en avertir le Public.
COMPTES des Conftitutions & de
la Doctrine des Jéfuites , & c.
Defpilly , Libraire , rue S. Jacques
à la Croix d'Or , donne maintenant au
Public les Ouvrages fuivant à un prix
très modique ; fçavoir , Compte des
Conftitutions de la Doctrine de la So-
ciété fe difant de Jéfus , rendu au Par-
lement de Normandie ; par M. Charles ;
.
JUILLET. 1764.
vol. de 427 pages in-12. broché
200
liv.
Second compte rendu fur l'appel
comme d'abus des Conftitutions des
Jéfuites ; par M. Louis René de Cara-
deuc de la Chatotais ; volume de 160
pages in-12 , 8 fols.
MÉMOIRE fur la culture du fainfoin,
& fes avantages dans la Haute Cham-
pagne ; par M .... de la Société Litté-
raire de Châalons , Affocié-correfpon-
dant de l'Académie Royale des Sciences
& Arts de Metz ; à Amfterdam, & fe trou-
ve à Paris chez Deſpilly , Libraire , rue
S. Jacques , à la Croix d'Or ; 1764. Bro-
chure in-12 de 60 p. prix , rof. broché.
Nous renvoyons les Laboureurs de
Champagne à la lecture de ce Mémoire
qui nous a paru clair & méthodique.
DISSERTATION neutre fur l'Inocu-
lation de la petite Vérole ; à Amfter
dam , & fe trouve à Paris chez Def
pilly , rue S. Jacques , à la Croix d'or ;
1764 ; Brochure in
Prix , 10 f. broché.
12. de 68 pages.
On ne fe laffe point d'écrire fur l'I-
noculation.. Nous craindrions de laffer
le Public , fi nous donnions des Extraits-
& même des notices un peu étendues
de toutes les Brochures qui paroiffent
110 MERCURE DE FRANCE .
fur cette matière ; nous nous contente-
rons déformais de les annoncer.
LETTRE d'Alcibiade à Glycère ,
Bouquetière d'Athénes ; fuivie d'une
Lettre de Vénus à Pâris , & d'une Epî-
tre à la Maîtreffe que j'aurai ; à Genève ,
& à Paris , chez Sebaftien Jorry , Im-
primeur-Libraire , rue & vis-à- vis la
Comédie Françoife , au Grand Monar-
que & aux Cigognes ; 1764 ; brochure
in- 8° . de 36 pages , très-bien imprimée,
fur de beau papier , avec de fort jolies
Gravures.
C'eſt donner une idée avantageufe de
ces diverfes petites productions , que
d'avertir le Public qu'elles font de l'Au-
teur de Zélis au bain , & éxécutées dans
le même goût , quant à la partie Typo-
graphique & aux ornemens du burin . A
l'égard de la verfification , c'est toujours
la même légéreté , la même fraîcheur de
coloris.
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9
p. 110-112
« CAMPAGNES du Maréchal de Créquy en Lorraine & en Alsace en 1677 ; [...] »
Début :
CAMPAGNES du Maréchal de Créquy en Lorraine & en Alsace en 1677 ; [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CAMPAGNES du Maréchal de Créquy en Lorraine & en Alsace en 1677 ; [...] »
CAMPAGNES du Maréchal de Créquy
en Lorraine & en Alsace en 1677 ;
rédigée par M. Carlet de la Roziere ,
Chevalier de Saint Louis , Lieutenant-
Colonel de Dragons , & ci- devant Aide-
Major- Général des Logis de l'Armée du
Haut-Rhin ; à Paris , chez Merlin , Li-
JUILLET. 1764.
III
braire au Mont Saint Hilaire ; feconde
édition , revue & corrigée.
Nous avons déjà fait connoître cet
ouvrage lors qu'il parut pour la première
fois. La nouvelle édition qui fe trouve
chez Merlin, Libraire, prouve le prompt
débit de ce Livre , qui effectivement
mérite d'occuper tous les Militaires. M.
Carlet de la Roziere , Officier de diftin-
&tion , & qui a eu la confiance de plu-
fieurs de nos Généraux , n'eft pas fim-
ple Editeur de cette campagne célébre ;
il a rapporté des circonftances & même
des faits omis dans le Manuſcrit qu'il
s'eft donné la peine de rédiger ; il a
auffi relevé & ajouté quantité de dates
& d'époques qui manquoient ; & il n'a
fait ces
additions & ces corrections
qu'après de bonnes autorités. Il eft glo-
rieux à un jeune Militaire d'avoir fçu
mériter l'eftime des Généraux à l'Ar-
mée , & celle des Gens de Lettres &
des Sçavans dans la Capitale.
Le même Libraire , le fieur Merlin ;
vend auffi la Traduction libre ou l'I-
mitation en vers , du fameux Poëme
Italien , le Richardet. Nous avons déja
annoncé cette agréable compofition ,
qui rend dans notre Langue , de la ma-
nière la plus ingénieufe & la plus plai-
112 MERCURE DE FRANCE.
fante , toutes les fingularités du Poëme
Italien . Nous en avons promis un Ex-
trait que nous ne tarderons pas d'offrir
à nos Lecteurs pour égayer notre Jour-
nal. Ce n'eft pas qu'il n'y ait auffi dans
ce Poëme des morceaux très- pathéti
ques auquel l'Auteur François a fçu
conferver toute leur énergie ; & l'on
peut regarder cette imitation poëtique
comme un mêlange de comique & de
férieux qui en fait une production très-
fingulière & en même-temps très-agréa-
blé.
Le fieur Merlin , qui eft chargé du
débit de cette Nouveauté, diſtribue auffi
depuis quelque temps les Campagnes
du Roi de Prufſe en 1742 & 2745 ,
avec des réfléxionsfur les caufes des évé
nemens; vol: in- 12 , dont nous donne-
rons un extrait inceffamment , de même
que des fuccès d'un Fat , joli Roman
dont le même Libraire vient de donner
une nouvelle édition , & que nous
n'avons fait qu'annoncer dans un de
nos précédens Mercures. On trouve auffi
chez lui , rue du Mont Saint Hilaire.
toutes les Nouveautés , & fpécialement
les dernières éditions des Œuvres de M.
de Voltaire , & plufieurs Ouvrages cu
rieux qui ne fe vendent point ailleurs.
en Lorraine & en Alsace en 1677 ;
rédigée par M. Carlet de la Roziere ,
Chevalier de Saint Louis , Lieutenant-
Colonel de Dragons , & ci- devant Aide-
Major- Général des Logis de l'Armée du
Haut-Rhin ; à Paris , chez Merlin , Li-
JUILLET. 1764.
III
braire au Mont Saint Hilaire ; feconde
édition , revue & corrigée.
Nous avons déjà fait connoître cet
ouvrage lors qu'il parut pour la première
fois. La nouvelle édition qui fe trouve
chez Merlin, Libraire, prouve le prompt
débit de ce Livre , qui effectivement
mérite d'occuper tous les Militaires. M.
Carlet de la Roziere , Officier de diftin-
&tion , & qui a eu la confiance de plu-
fieurs de nos Généraux , n'eft pas fim-
ple Editeur de cette campagne célébre ;
il a rapporté des circonftances & même
des faits omis dans le Manuſcrit qu'il
s'eft donné la peine de rédiger ; il a
auffi relevé & ajouté quantité de dates
& d'époques qui manquoient ; & il n'a
fait ces
additions & ces corrections
qu'après de bonnes autorités. Il eft glo-
rieux à un jeune Militaire d'avoir fçu
mériter l'eftime des Généraux à l'Ar-
mée , & celle des Gens de Lettres &
des Sçavans dans la Capitale.
Le même Libraire , le fieur Merlin ;
vend auffi la Traduction libre ou l'I-
mitation en vers , du fameux Poëme
Italien , le Richardet. Nous avons déja
annoncé cette agréable compofition ,
qui rend dans notre Langue , de la ma-
nière la plus ingénieufe & la plus plai-
112 MERCURE DE FRANCE.
fante , toutes les fingularités du Poëme
Italien . Nous en avons promis un Ex-
trait que nous ne tarderons pas d'offrir
à nos Lecteurs pour égayer notre Jour-
nal. Ce n'eft pas qu'il n'y ait auffi dans
ce Poëme des morceaux très- pathéti
ques auquel l'Auteur François a fçu
conferver toute leur énergie ; & l'on
peut regarder cette imitation poëtique
comme un mêlange de comique & de
férieux qui en fait une production très-
fingulière & en même-temps très-agréa-
blé.
Le fieur Merlin , qui eft chargé du
débit de cette Nouveauté, diſtribue auffi
depuis quelque temps les Campagnes
du Roi de Prufſe en 1742 & 2745 ,
avec des réfléxionsfur les caufes des évé
nemens; vol: in- 12 , dont nous donne-
rons un extrait inceffamment , de même
que des fuccès d'un Fat , joli Roman
dont le même Libraire vient de donner
une nouvelle édition , & que nous
n'avons fait qu'annoncer dans un de
nos précédens Mercures. On trouve auffi
chez lui , rue du Mont Saint Hilaire.
toutes les Nouveautés , & fpécialement
les dernières éditions des Œuvres de M.
de Voltaire , & plufieurs Ouvrages cu
rieux qui ne fe vendent point ailleurs.
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