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1
p. 139-147
Code des Loix des Gentoux, ou Réglemens des Brames, traduit de l'Anglois, d'après les Versions faites de l'original écrit en Langue Samskrète, 1 vol. in-4to. A Paris, chez Stoupe, rue de la Harpe, 1778. SECOND EXTRAIT.
Début :
Ce Code, ce monument de Jurisprudence le plus singulier & le plus curieux qu'on [...]
Mots clefs :
Femme, Gentoux, Chapitre, Lois, Brames, Homme, Maison, Mari, Vie, Code
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texteReconnaissance textuelle : Code des Loix des Gentoux, ou Réglemens des Brames, traduit de l'Anglois, d'après les Versions faites de l'original écrit en Langue Samskrète, 1 vol. in-4to. A Paris, chez Stoupe, rue de la Harpe, 1778. SECOND EXTRAIT.
Code des Loix des Gentoux , ou Réglemens
des Brames , traduit de l'Anglois , d'après
les Verfions faites de l'original écrit
en Langue Samskrète , vol. in-4to.
A Paris , chez Stoupe , rue de la Harpe
, 1778.
I
SECOND EXTRAIT *.
CE CODE , ce monument de Jurifprudence
le plus fingulier & le plus curieux qu'on
ait jamais publié , commence par un petit
difcours préliminaire où les Brames expofent
eux mêmes l'objet & l'utilité de cette
compilation . Ce morceau refpire le fentiment
, la nobleffe & la bienfaifance . La
tolérance eſt un dogme de la Religion des
Gentoux , fondé fur cet article de leur foi ,
que Dieu ne permettroit pas un fi grand
nombre de Religions , s'il n'avoit pas du
plaifir à contempler cette variété .
La première partie de l'introduction contient
l'Hiftoire de la Création , telle que
la croient les Gentoux : on y dit que les
quatre grandes tribus primitives provien-
* Voyez le premier Extrait , Mercure du 25 de Juin.
140
MERCURE
nent des quatre différens membres de Bra
ma ; & de la fonction principale attribuée
à ces quatre membres , fe déduifent les
devoirs , les travaux & le fort de chaque
cafte. Le Brame vient de la bouche (fageffe)
pour prier , lire & inftruire. Le Chehterée
vient du bras (force) , pour tirer l'arc ,
combattre & gouverner. Le Bice vient du
ventre & des cuiffes ( nourriture) pour pourvoir
aux befoins de la vie par l'agriculture
& le commerce. Le Sooder vient du pied
(fujétion) pour travailler , fervir , voyager.
Ces quatre grandes tribus comprennent les
divifions primitives d'un état bien gouverné.
Une cinquième tribu , nommée Burrun-
Sunker , eft formée des ouvriers & petits
Marchands de moindre importance ,
fervant plutôt au luxe qu'aux befoins de
la vie , & fe fubdivife prefqu'en autant de
caftes féparées qu'il y a de genres de travaux
& de trafics particuliers.
La feconde partie de l'introduction expofe
les qualités néceffaires à un Magiſtrat
, c'eſt-à- dire à celui qui gouverne , &
les devoirs de fa place. « Il doit être en état
"
de dominer fa concupifcence , fa colère ,
» fon avarice , fa folie & fon orgueil ; être
» bienfaifant , parler aux peuples en termes
tendres & affectueux ; être jufte &
» punir le crime ; avoir de l'indulgence &
» de la commifération pour les malheureux ,
DE FRANCE. 141
»
» partager les afflictions & les maux de tout
fon peuple. Il fe choifira fept ou huit
» Confeillers parmi ceux qui auront des
principes fages , de la pénétration & du
» jugement , des opinions faines , & l'a-
» mour des chofes louables. Il établira ,
» pour fon Secrétaire , un homme qui ait
» de l'honnêteté , de la fcience & de l'éloquence
, & qui n'ait point de mauvai-
» fes habitudes . » Tout ce début début que nous
regrettons de ne pouvoir tranfcrire en entier
, eft plein de chofes judicieuſes , dignes
du plus grand Législateur.
"3
Le Chapitre premier traite du prêt & de
l'emprunt. Le prêt est néceffaire & avantageux
au public , mais c'eft autant qu'il eft reftreint
dans de certaines bornes , & dirigé
par des réglemens qui maintiennent parmi
le peuple la fûreté , la confiance & l'équité.
Ce Chapitre eft divifé en fections
qui traitent en particulier de l'intérêt , des
gages , des cautions , de l'acquittement des
dettes , &c. En lifant les loix des Gentoux
fur cette matière comme fur plufieurs autres
, on eft étonné des Priviléges qu'elles
accordent à quelques Caftes , & de leur
extrême févérité à l'égard des autres . Cette
diftinction odieufe aux yeux du Philofophe
, ne l'eft point chez les Indoux , qui
font fi perfuadés de la fupériorité de la
nature des Brames , qu'ils ne murmurenţ
142 MERCURE
point du fort auquel ils font accoutumés
dès l'enfance .
Au Chapitre II , on détermine les droits
de fucceffion . Ici un homme eft regardé
comme tenant fa propriété feulement à
ferme pour la vie , & comme devant la
tranfmettre , ou plutôt la laiffer aller à fes
héritiers naturels . On y voit que , d'après
une coutume immémoriale en Orient , les
fils demandent leur Patrimoine durant la
vie de leur père qui eft obligé de le leur
accorder , quoiqu'il les connoiffe pour des
diffipateurs , ce qui explique l'hiftoire de
l'Enfant prodigue de l'Ecriture- Sainte.
Voici un paffage remarquable : « Si une
» veuve donne fa propriété & fes biens aux
» Brames pour des objets religieux , le don
» eft rigoureuſement valide (c'eft- à- dire
"
qu'il ne contredit pas la Loi) ; mais cette
» action n'eft pas convenable , & la femme
» eft digne de blâme. » Si cette cenfure
n'eſt pas une prohibition abfolue , c'eſt au
moins un avis fuffifant pour ceux qu'une
piété mal- entendue pourroit égarer, & une
preuve que la baffe avidité ne dominoit
point ces Prêtres légiflateurs.
Les Chapitres III , IV & fuivans , juſqu'au
IX , traitent de l'adminiſtration de
la Juftice , du Dépôt ou du Fidéi- Commis
, de la vente de la propriété d'un étranger
, c'est-à-dire d'une perfonne qui n'eft
DE FRANCE. 143
point alliée au vendeur ; des partages , des
donations , de la fervitude & des falaires.
Il y a une fection particulière des falaires
des danfeufes & des proftituées ; ce qui
prouve que les plus anciens Gouvernemens ,
comme les modernes , ont toléré la proftitution
& des lieux publics de débauche ,
en les foumettant à des réglemens d'autant
plus néceffaires , que le fexe & le métier
des proftituées les expofent davantage
aux infultes & aux mauvais traitemens.
2
Les loix contenues dans les huit Chapitres
qui fuivent concernent les baux &
locations , les achats & les ventes , les bornes
& limites , les partages dans la culture
des terres , la police des villes & des bourgs ,
les dommages faits à une récolte , les injures
, les violences qu'un homme pent faire
à un autre , le vol , &c. Les Législateurs
entrent dans de grands détails fur toutes
ces matières , & il faut convenir
que quel
ques- unes de ces loix portent l'empreinte
d'une profonde raifon qui feroit honneur
à nos tribunaux modernes , mais il y en a
de puériles , de contradictoires , d'abfurdes
même, qui cependant ne laiſſent pas d'être
en vigueur , parce qu'elles tiennent à des
préjugés auffi fortement enracinés dans les
efprits des Indoux , que les principes de la
plus faine morale dans l'ame du Sage. On
a écrit en Europe que le Code criminel
ques144
MERCURE
des Gentoux , extraordinairement doux ,
ne condamnoit prefque perfonne à perdre
la vie. On fera détrompé en lifant le Chapitre
du vol & quelques autres. On y verra
le voleur condamné en diverfes circonftances
à être ou crucifié , où étranglé , ou mutilé
& puis jeté au feu. Les Brames feuls ne
font pas foumis aux peines capitales , quel
que crime qu'ils commettent , mais la loi ,
dans tous les cas où elle porte peine de
mort contre tout autre , leur impofe des
châtimens fi terribles qu'on doit croire que
cette exemption de mort eft plutôt fondée
fur le refpect dû à la prééminence de lenr
nature , comme nous l'avons déjà dit , que
fur une injufte préférence que fe foient attribuée
ces Législateurs.
Le Chapitre XIX , intitulé de l'Adultère
, offre quelques idées contraires à notre
manière de penſer , & des crimes qui ne
font point défendus parmi nous : ce qu'il
faut attribuer fans doute à la différence des
moeurs. En Afie , dit M. Halhed dans fa
Préface , la virginité de la femme a toujours
été la condition la plus effentielle du
mariage : cette précaution eft une fuite de la
chaleur du tempérament des deux fexes ,
& de la jaloufie univerfellement répandue
parmi les hommes : le premier acte d'incontinence
a toujours été jugé fort dangereux
pour la fuite ; & Moyfe confidéroit
ce
DE FRANCE. 145
se crime fous un point de vue auffi férieux
que les Gentoux , puifqu'il ordonna de la
pider une fille qui ne fe trouveroit pas
vierge à fon mariage . Si les Indoux font
auffi délicats que les Juifs , il ne doit pas
paroître extraordinaire que leur Code con
damne tout ce qui peut violer la virgini
té , de quelque manière que ce foit ..
On lit au Chapitre XX un paffage bien
fort fur la débauche infatiable des femmes ,
& pourtant les Brames s'y expriment d'une
façon fi conforme à ce que dit Salomon
dans le Livre des proverbes , qu'on croiroit
qu'ils n'ont fait que le traduire littéralement.
Cette idée peu avantageufe de
la vertu des femmes , eft la fource de cette
difcipline dure & comme tyrannique à laquelle
le fexe a été affervi en Afie de temps
immémorial , fuivant les Ecrivains facrés &
profanes. Voici quelques particularités de la
Loi des Gentoux.
« Un homme doit le jour & la nuit con
tenir tellement fa femme dans la fou
» miffion , qu'elle ne puiffe rien faire de fa
"propre vvoolloonnttéé.. » La raiſon
La raifon que la Loi
donne d'un pareil commandement , c'eft
qu'une femme maîtresse de fes actions fe
comporte toujours mal. Il feroit difficile de
dire lequel eft le plus choquant & le plus
injufte , de la Loi ou du motif.
» Une femme qui , fuivant fon inclina-
15 Septembre 1778 .
G
146 MERCURE
» tion , va par-tout où il lui plaît , & ne
"
fait aucune attention à ce que lui dit fon
» maître , fera chaffée de la maifon de fon
» mari, 誓
» Une femme ne fortira jamais de la
maifon fans le confentement de fon ma-
» ri , & elle aura toujours le fein couvert ;
elle n'ira jamais dans la maifon d'un étran
» ger ; elle ne reftera point à la porte , &
» elle ne regardera jamais par la fenêtre.
» Une femme qui mange avant fon mari
» fera chaffée de la maifon.
»
»
» Si un homme va faire un voyage , fa
femme ne fe divertira pas par le jeu ; elle
» n'ira à aucun fpectacle public ; elle ne rira
point ; elle ne mettra ni fes bijoux ni fes
» beaux habits ; elle ne regardera point danfer
; elle n'exécutera point de mufique ;
» elle ne s'affiéra point à la fenêtre ; elle ne
montera point à cheval ; elle ne contem
» plera aucune curiofité , mais elle fermera
bien la porte de fa maifon ; elle vivra retirée
; elle ne mangera aucune friandife ;
» elle ne noircira point fes yeux avec de la
poudre à cil ; elle ne fe regardera pas
au miroir ; elle ne s'adonnera à aucun
» exercice agréable pendant l'abſence de
» fon mari.
»
ه د
» Il eft convenable qu'une femme fe
brûle avec le cadavre de fon mari. »
Quoique ce ne foit pas là un commande
DE FRANCE. 147
ment abfolu , cependant comme la Loi
ajoute que la femme qui fe brûlera ainfi
accompagnera fon mari en Paradis , il. paroît
que c'eft un devoir religieux ; & M.
Halhed nous affure que cette coutume n'eft
point tombée en défuétude , comme l'a: pu
blié un célèbre Ecrivain.
Enfin le XXI & dernier Chapitre contient
des réglemens fur divers objets , qui.
n'ont aucun rapport entre eux , tels que le
jeu , l'ufage de certains alimens , l'adoption
, & c. La Loi condamne au banniffement
un Brame qui mange volontairement
des oignons ou de l'ail ; fi un Sooder apprend
par coeur les Bedas , c'eft une profanation
qui mérite la mort . Cela eſt bien
dur.
des Brames , traduit de l'Anglois , d'après
les Verfions faites de l'original écrit
en Langue Samskrète , vol. in-4to.
A Paris , chez Stoupe , rue de la Harpe
, 1778.
I
SECOND EXTRAIT *.
CE CODE , ce monument de Jurifprudence
le plus fingulier & le plus curieux qu'on
ait jamais publié , commence par un petit
difcours préliminaire où les Brames expofent
eux mêmes l'objet & l'utilité de cette
compilation . Ce morceau refpire le fentiment
, la nobleffe & la bienfaifance . La
tolérance eſt un dogme de la Religion des
Gentoux , fondé fur cet article de leur foi ,
que Dieu ne permettroit pas un fi grand
nombre de Religions , s'il n'avoit pas du
plaifir à contempler cette variété .
La première partie de l'introduction contient
l'Hiftoire de la Création , telle que
la croient les Gentoux : on y dit que les
quatre grandes tribus primitives provien-
* Voyez le premier Extrait , Mercure du 25 de Juin.
140
MERCURE
nent des quatre différens membres de Bra
ma ; & de la fonction principale attribuée
à ces quatre membres , fe déduifent les
devoirs , les travaux & le fort de chaque
cafte. Le Brame vient de la bouche (fageffe)
pour prier , lire & inftruire. Le Chehterée
vient du bras (force) , pour tirer l'arc ,
combattre & gouverner. Le Bice vient du
ventre & des cuiffes ( nourriture) pour pourvoir
aux befoins de la vie par l'agriculture
& le commerce. Le Sooder vient du pied
(fujétion) pour travailler , fervir , voyager.
Ces quatre grandes tribus comprennent les
divifions primitives d'un état bien gouverné.
Une cinquième tribu , nommée Burrun-
Sunker , eft formée des ouvriers & petits
Marchands de moindre importance ,
fervant plutôt au luxe qu'aux befoins de
la vie , & fe fubdivife prefqu'en autant de
caftes féparées qu'il y a de genres de travaux
& de trafics particuliers.
La feconde partie de l'introduction expofe
les qualités néceffaires à un Magiſtrat
, c'eſt-à- dire à celui qui gouverne , &
les devoirs de fa place. « Il doit être en état
"
de dominer fa concupifcence , fa colère ,
» fon avarice , fa folie & fon orgueil ; être
» bienfaifant , parler aux peuples en termes
tendres & affectueux ; être jufte &
» punir le crime ; avoir de l'indulgence &
» de la commifération pour les malheureux ,
DE FRANCE. 141
»
» partager les afflictions & les maux de tout
fon peuple. Il fe choifira fept ou huit
» Confeillers parmi ceux qui auront des
principes fages , de la pénétration & du
» jugement , des opinions faines , & l'a-
» mour des chofes louables. Il établira ,
» pour fon Secrétaire , un homme qui ait
» de l'honnêteté , de la fcience & de l'éloquence
, & qui n'ait point de mauvai-
» fes habitudes . » Tout ce début début que nous
regrettons de ne pouvoir tranfcrire en entier
, eft plein de chofes judicieuſes , dignes
du plus grand Législateur.
"3
Le Chapitre premier traite du prêt & de
l'emprunt. Le prêt est néceffaire & avantageux
au public , mais c'eft autant qu'il eft reftreint
dans de certaines bornes , & dirigé
par des réglemens qui maintiennent parmi
le peuple la fûreté , la confiance & l'équité.
Ce Chapitre eft divifé en fections
qui traitent en particulier de l'intérêt , des
gages , des cautions , de l'acquittement des
dettes , &c. En lifant les loix des Gentoux
fur cette matière comme fur plufieurs autres
, on eft étonné des Priviléges qu'elles
accordent à quelques Caftes , & de leur
extrême févérité à l'égard des autres . Cette
diftinction odieufe aux yeux du Philofophe
, ne l'eft point chez les Indoux , qui
font fi perfuadés de la fupériorité de la
nature des Brames , qu'ils ne murmurenţ
142 MERCURE
point du fort auquel ils font accoutumés
dès l'enfance .
Au Chapitre II , on détermine les droits
de fucceffion . Ici un homme eft regardé
comme tenant fa propriété feulement à
ferme pour la vie , & comme devant la
tranfmettre , ou plutôt la laiffer aller à fes
héritiers naturels . On y voit que , d'après
une coutume immémoriale en Orient , les
fils demandent leur Patrimoine durant la
vie de leur père qui eft obligé de le leur
accorder , quoiqu'il les connoiffe pour des
diffipateurs , ce qui explique l'hiftoire de
l'Enfant prodigue de l'Ecriture- Sainte.
Voici un paffage remarquable : « Si une
» veuve donne fa propriété & fes biens aux
» Brames pour des objets religieux , le don
» eft rigoureuſement valide (c'eft- à- dire
"
qu'il ne contredit pas la Loi) ; mais cette
» action n'eft pas convenable , & la femme
» eft digne de blâme. » Si cette cenfure
n'eſt pas une prohibition abfolue , c'eſt au
moins un avis fuffifant pour ceux qu'une
piété mal- entendue pourroit égarer, & une
preuve que la baffe avidité ne dominoit
point ces Prêtres légiflateurs.
Les Chapitres III , IV & fuivans , juſqu'au
IX , traitent de l'adminiſtration de
la Juftice , du Dépôt ou du Fidéi- Commis
, de la vente de la propriété d'un étranger
, c'est-à-dire d'une perfonne qui n'eft
DE FRANCE. 143
point alliée au vendeur ; des partages , des
donations , de la fervitude & des falaires.
Il y a une fection particulière des falaires
des danfeufes & des proftituées ; ce qui
prouve que les plus anciens Gouvernemens ,
comme les modernes , ont toléré la proftitution
& des lieux publics de débauche ,
en les foumettant à des réglemens d'autant
plus néceffaires , que le fexe & le métier
des proftituées les expofent davantage
aux infultes & aux mauvais traitemens.
2
Les loix contenues dans les huit Chapitres
qui fuivent concernent les baux &
locations , les achats & les ventes , les bornes
& limites , les partages dans la culture
des terres , la police des villes & des bourgs ,
les dommages faits à une récolte , les injures
, les violences qu'un homme pent faire
à un autre , le vol , &c. Les Législateurs
entrent dans de grands détails fur toutes
ces matières , & il faut convenir
que quel
ques- unes de ces loix portent l'empreinte
d'une profonde raifon qui feroit honneur
à nos tribunaux modernes , mais il y en a
de puériles , de contradictoires , d'abfurdes
même, qui cependant ne laiſſent pas d'être
en vigueur , parce qu'elles tiennent à des
préjugés auffi fortement enracinés dans les
efprits des Indoux , que les principes de la
plus faine morale dans l'ame du Sage. On
a écrit en Europe que le Code criminel
ques144
MERCURE
des Gentoux , extraordinairement doux ,
ne condamnoit prefque perfonne à perdre
la vie. On fera détrompé en lifant le Chapitre
du vol & quelques autres. On y verra
le voleur condamné en diverfes circonftances
à être ou crucifié , où étranglé , ou mutilé
& puis jeté au feu. Les Brames feuls ne
font pas foumis aux peines capitales , quel
que crime qu'ils commettent , mais la loi ,
dans tous les cas où elle porte peine de
mort contre tout autre , leur impofe des
châtimens fi terribles qu'on doit croire que
cette exemption de mort eft plutôt fondée
fur le refpect dû à la prééminence de lenr
nature , comme nous l'avons déjà dit , que
fur une injufte préférence que fe foient attribuée
ces Législateurs.
Le Chapitre XIX , intitulé de l'Adultère
, offre quelques idées contraires à notre
manière de penſer , & des crimes qui ne
font point défendus parmi nous : ce qu'il
faut attribuer fans doute à la différence des
moeurs. En Afie , dit M. Halhed dans fa
Préface , la virginité de la femme a toujours
été la condition la plus effentielle du
mariage : cette précaution eft une fuite de la
chaleur du tempérament des deux fexes ,
& de la jaloufie univerfellement répandue
parmi les hommes : le premier acte d'incontinence
a toujours été jugé fort dangereux
pour la fuite ; & Moyfe confidéroit
ce
DE FRANCE. 145
se crime fous un point de vue auffi férieux
que les Gentoux , puifqu'il ordonna de la
pider une fille qui ne fe trouveroit pas
vierge à fon mariage . Si les Indoux font
auffi délicats que les Juifs , il ne doit pas
paroître extraordinaire que leur Code con
damne tout ce qui peut violer la virgini
té , de quelque manière que ce foit ..
On lit au Chapitre XX un paffage bien
fort fur la débauche infatiable des femmes ,
& pourtant les Brames s'y expriment d'une
façon fi conforme à ce que dit Salomon
dans le Livre des proverbes , qu'on croiroit
qu'ils n'ont fait que le traduire littéralement.
Cette idée peu avantageufe de
la vertu des femmes , eft la fource de cette
difcipline dure & comme tyrannique à laquelle
le fexe a été affervi en Afie de temps
immémorial , fuivant les Ecrivains facrés &
profanes. Voici quelques particularités de la
Loi des Gentoux.
« Un homme doit le jour & la nuit con
tenir tellement fa femme dans la fou
» miffion , qu'elle ne puiffe rien faire de fa
"propre vvoolloonnttéé.. » La raiſon
La raifon que la Loi
donne d'un pareil commandement , c'eft
qu'une femme maîtresse de fes actions fe
comporte toujours mal. Il feroit difficile de
dire lequel eft le plus choquant & le plus
injufte , de la Loi ou du motif.
» Une femme qui , fuivant fon inclina-
15 Septembre 1778 .
G
146 MERCURE
» tion , va par-tout où il lui plaît , & ne
"
fait aucune attention à ce que lui dit fon
» maître , fera chaffée de la maifon de fon
» mari, 誓
» Une femme ne fortira jamais de la
maifon fans le confentement de fon ma-
» ri , & elle aura toujours le fein couvert ;
elle n'ira jamais dans la maifon d'un étran
» ger ; elle ne reftera point à la porte , &
» elle ne regardera jamais par la fenêtre.
» Une femme qui mange avant fon mari
» fera chaffée de la maifon.
»
»
» Si un homme va faire un voyage , fa
femme ne fe divertira pas par le jeu ; elle
» n'ira à aucun fpectacle public ; elle ne rira
point ; elle ne mettra ni fes bijoux ni fes
» beaux habits ; elle ne regardera point danfer
; elle n'exécutera point de mufique ;
» elle ne s'affiéra point à la fenêtre ; elle ne
montera point à cheval ; elle ne contem
» plera aucune curiofité , mais elle fermera
bien la porte de fa maifon ; elle vivra retirée
; elle ne mangera aucune friandife ;
» elle ne noircira point fes yeux avec de la
poudre à cil ; elle ne fe regardera pas
au miroir ; elle ne s'adonnera à aucun
» exercice agréable pendant l'abſence de
» fon mari.
»
ه د
» Il eft convenable qu'une femme fe
brûle avec le cadavre de fon mari. »
Quoique ce ne foit pas là un commande
DE FRANCE. 147
ment abfolu , cependant comme la Loi
ajoute que la femme qui fe brûlera ainfi
accompagnera fon mari en Paradis , il. paroît
que c'eft un devoir religieux ; & M.
Halhed nous affure que cette coutume n'eft
point tombée en défuétude , comme l'a: pu
blié un célèbre Ecrivain.
Enfin le XXI & dernier Chapitre contient
des réglemens fur divers objets , qui.
n'ont aucun rapport entre eux , tels que le
jeu , l'ufage de certains alimens , l'adoption
, & c. La Loi condamne au banniffement
un Brame qui mange volontairement
des oignons ou de l'ail ; fi un Sooder apprend
par coeur les Bedas , c'eft une profanation
qui mérite la mort . Cela eſt bien
dur.
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Résumé : Code des Loix des Gentoux, ou Réglemens des Brames, traduit de l'Anglois, d'après les Versions faites de l'original écrit en Langue Samskrète, 1 vol. in-4to. A Paris, chez Stoupe, rue de la Harpe, 1778. SECOND EXTRAIT.
Le 'Code des Lois des Gentoux' est un ouvrage de jurisprudence traduit de l'anglais à partir de versions en langue samskrète, publié à Paris en 1778. Il commence par un discours préliminaire où les Brames expliquent l'objet et l'utilité de cette compilation, mettant en avant la tolérance religieuse et la diversité des croyances. L'introduction relate la création selon les Gentoux, décrivant les quatre grandes tribus primitives issues des membres de Brahma : les Brames, qui prient et instruisent ; les Chehterée, qui combattent et gouvernent ; les Bice, qui pourvoient aux besoins par l'agriculture et le commerce ; et les Sooder, qui travaillent et servent. Une cinquième tribu, les Burrun-Sunker, regroupe les ouvriers et petits marchands. Le texte décrit ensuite les qualités requises pour un magistrat, qui doit être juste, bienveillant et capable de dominer ses passions. Divers sujets juridiques sont abordés, tels que le prêt et l'emprunt, les droits de succession, l'administration de la justice, les dépôts, les ventes, les servitudes, les salaires, et même les prostituées. Les lois montrent une distinction marquée entre les castes, avec des privilèges pour certaines et une sévérité envers d'autres, reflétant la croyance en la supériorité des Brames. Le Code criminel des Gentoux est particulièrement sévère envers les voleurs, qui peuvent être crucifiés, étranglés ou mutilés. Les Brames échappent à la peine capitale mais subissent des châtiments sévères. Le Chapitre XIX traite de l'adultère et compare les mœurs européennes, où la virginité féminine est essentielle pour le mariage. Le Chapitre XX critique la débauche des femmes, justifiant une discipline stricte en Asie. Plusieurs lois détaillent les restrictions imposées aux femmes, comme l'interdiction de sortir sans consentement, de manger avant leur mari, ou de se divertir pendant l'absence de celui-ci. La coutume du sati est mentionnée comme un devoir religieux. Le Chapitre XXI réglemente divers sujets comme le jeu, l'alimentation, et l'adoption, avec des sanctions sévères pour certaines infractions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 147-148
Addition au premier extrait du Code des Gentoux.
Début :
Cette addition porte une démonstration frappante de la ressemblance ou identité de [...]
Mots clefs :
Breton, Sanskrit, Addition, Langue, Bretagne, Cruel, Cruelle, Le Brigant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Addition au premier extrait du Code des Gentoux.
Addition au premier extrait du Code des
Gentoux.
Cette addition porte une démonftration
frappante de la reffemblance ou identité de
la langue facrée des Brames , ou du hanfcrit ,
avec la langue des Bretons de France , telle
qu'on la parle encore en Bretagne.
Hanferit. Celtique ou Breton.
Péeta ké renérram shé- Bè tad lhè rè en ra zè
troah, troh ;
Gij
149 MERCURE
Mata rhétroo reshée leé 'Mata zè trah rès hè la
1 né,
•
n'e ;
Bharia ro'pevveté she Bar ia ro pe vèté zć
19
troah 2 troh .
Potrèh shétroo raipun- Potr rèh ze troh rai
dèté . bouté té.
La traduction littérale du Breton eft telle
qu'elle fuit : « Celui qui eft père , & qui
fait trop de dépenfe , eft cruel pour fes
» enfans. Une mère , qui fait ce qui n'eft
» pas conforme à la foi qu'elle a jurée , eft
» cruelle. Une belle femme qui accorde
» des faveurs à d'autres , lorfqu'elle eſt à
toi , eft cruelle. Un fils indocile , ou
défobéiffant , eft cruel à l'égard de ceux
qui lui ont donné la vie » .
22
LE BRIGANT , de l'ancienne
Société des Arts de Bretagne, Aggr
à celle de Heffe Hombourg.
Gentoux.
Cette addition porte une démonftration
frappante de la reffemblance ou identité de
la langue facrée des Brames , ou du hanfcrit ,
avec la langue des Bretons de France , telle
qu'on la parle encore en Bretagne.
Hanferit. Celtique ou Breton.
Péeta ké renérram shé- Bè tad lhè rè en ra zè
troah, troh ;
Gij
149 MERCURE
Mata rhétroo reshée leé 'Mata zè trah rès hè la
1 né,
•
n'e ;
Bharia ro'pevveté she Bar ia ro pe vèté zć
19
troah 2 troh .
Potrèh shétroo raipun- Potr rèh ze troh rai
dèté . bouté té.
La traduction littérale du Breton eft telle
qu'elle fuit : « Celui qui eft père , & qui
fait trop de dépenfe , eft cruel pour fes
» enfans. Une mère , qui fait ce qui n'eft
» pas conforme à la foi qu'elle a jurée , eft
» cruelle. Une belle femme qui accorde
» des faveurs à d'autres , lorfqu'elle eſt à
toi , eft cruelle. Un fils indocile , ou
défobéiffant , eft cruel à l'égard de ceux
qui lui ont donné la vie » .
22
LE BRIGANT , de l'ancienne
Société des Arts de Bretagne, Aggr
à celle de Heffe Hombourg.
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Résumé : Addition au premier extrait du Code des Gentoux.
Le document présente une addition au premier extrait du Code des Gentoux, soulignant la similitude entre le sanskrit, langue sacrée des Brahmanes, et le breton parlé en Bretagne. Il compare des phrases en sanskrit avec leurs traductions littérales en breton, illustrant des principes moraux. Par exemple, un père prodigue est cruel envers ses enfants, une mère qui trahit sa foi est cruelle, une femme infidèle est cruelle, et un fils désobéissant est cruel envers ses parents. Le texte fait également référence à 'Le Brigant', une œuvre de l'ancienne Société des Arts de Bretagne, associée à celle de Hesse-Hombourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 148-149
Traduct. d'un Morceau de l'Iliade, [titre d'après la table]
Début :
Traduction d'un morceau de l'Iliade, qui a concouru pour le prix de l'Académie Françoise [...]
Mots clefs :
Ajax, Morceau, Iliade, Académie française, Troyens
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texteReconnaissance textuelle : Traduct. d'un Morceau de l'Iliade, [titre d'après la table]
Traduction d'un morceau de l'Iliade , qui a
concouru pour le prix de l'Académie Françoife
en 1778 ; par M. le Chevalier de
Langeac.
Cet ouvrage eft du nombre de ceux dont
l'Académie a fait une mention honorable ,
Leftyle, quoiqu'un peu foible , a de la pureté.
Nous nous bornerons à citer un morceau
de poéfie defcriptive , qui nous a paru le
meilleur de la pièce.
DE FRANCE. 449
>
C'eſt en ces mots qu'Achille exhaloit fon courroux.
Cependant tout périt ; foible & feul contre tous
Ne refiftant qu'à peine au nombre qui l'accable
Ajax en fuccombant , eft encore indomptable ;
Il frémit de céder & devient plus ardent.
Mais du maître des Dieux le terrible afcendant
En faveur des Troyens contre lui fe déclare ,
Et déjà de leurs coeurs un feu divin s'empare.
Pour triompher d'Ajax , il falloit cet appui :
Tous les yeux , tous les dards font dirigés vers lui ;
Du choc de mille traits tout fon cafque étincelle ;
Sous fon lourd bouclier déjà fon bras chancelle ,
Et laffé d'un tel poids va trahir ſa valeur.´.
Mais en vain les Troyens raniment leur fureur
Rien n'intimide Ajax ; certain de fon courage
Sans reculer d'un pas , il fait tête à l'orage :
Il commande , la mort obéit à fes loix .
De fucur inondé, fans haleine , fans voix ,
Seul , il fe multiplie , & combattant fans trouble ,
Quand le péril s'accroît , fon audace redouble.
concouru pour le prix de l'Académie Françoife
en 1778 ; par M. le Chevalier de
Langeac.
Cet ouvrage eft du nombre de ceux dont
l'Académie a fait une mention honorable ,
Leftyle, quoiqu'un peu foible , a de la pureté.
Nous nous bornerons à citer un morceau
de poéfie defcriptive , qui nous a paru le
meilleur de la pièce.
DE FRANCE. 449
>
C'eſt en ces mots qu'Achille exhaloit fon courroux.
Cependant tout périt ; foible & feul contre tous
Ne refiftant qu'à peine au nombre qui l'accable
Ajax en fuccombant , eft encore indomptable ;
Il frémit de céder & devient plus ardent.
Mais du maître des Dieux le terrible afcendant
En faveur des Troyens contre lui fe déclare ,
Et déjà de leurs coeurs un feu divin s'empare.
Pour triompher d'Ajax , il falloit cet appui :
Tous les yeux , tous les dards font dirigés vers lui ;
Du choc de mille traits tout fon cafque étincelle ;
Sous fon lourd bouclier déjà fon bras chancelle ,
Et laffé d'un tel poids va trahir ſa valeur.´.
Mais en vain les Troyens raniment leur fureur
Rien n'intimide Ajax ; certain de fon courage
Sans reculer d'un pas , il fait tête à l'orage :
Il commande , la mort obéit à fes loix .
De fucur inondé, fans haleine , fans voix ,
Seul , il fe multiplie , & combattant fans trouble ,
Quand le péril s'accroît , fon audace redouble.
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Résumé : Traduct. d'un Morceau de l'Iliade, [titre d'après la table]
Le texte est une traduction de l'Iliade réalisée par le Chevalier de Langeac, qui a obtenu une mention honorable de l'Académie Française en 1778. Bien que le style soit jugé faible, la traduction est reconnue pour sa pureté. Le passage décrit la fureur et le courage d'Achille et d'Ajax face aux Troyens. Ajax, malgré les attaques incessantes, reste indomptable et combat avec bravoure. Les Troyens, soutenus par Zeus, se concentrent sur Ajax, mais celui-ci ne recule pas. Il affronte les dangers avec détermination, multipliant ses efforts et redoublant d'audace face au péril croissant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 149-152
Commencement du 16e Chant de l'Iliade, [titre d'après la table]
Début :
Commencement du XVIe Chant de l'Iliade : Sujet proposé par l'Académie Françoise [...]
Mots clefs :
Académie française, Iliade, Pitié , Vaisseaux, Hector
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Commencement du 16e Chant de l'Iliade, [titre d'après la table]
Commencement du XVIe Chant de l'Iliade:
Sujet propofé par l'Académie Françoife
pour le Prix de Poéfie de l'année 17785
traduit par M. le Marquis de Villette .
>
Nec verbum verbo curabit reddere fidus
Interpres. Hor.
A Paris, de l'Imprimerie de Demonville
'I
G iij
350
MERCURE
Imprimeur-Libraire de l'Académie Fran
goife , aux Armes de Dombes.
Cette Pièce eft une de celles que l'Acadé
mie a diftinguées & qui lui ont paru dignes
d'eftime. Elle eft en général écrite avec faeilité
, & plufieurs morceaux font honneur
au talent du Traducteur. Nous citerons une
partie de la converſation de Patrocle &
d'Achille , dans laquelle on remarquera de
beaux vers. Patrocle reproche à fon ami
d'être inexorable dans fes reffentimens , &
de n'avoir nulle pitié de fes concitoyens.
Il continue ainfi :
Pardonne , j'en dis trop ; mais fi vers cette rive
Ton éternel courroux tient ta valeur captive
Ou fi de nos devins quelqu'Oracle menteur
Enchaîne ton courage & nous âte un vengeur ,
Souffre au moins qu'un ami puiffe tenir ta place.
Prête-moi ton armure , & j'aurai ton audace.
» Autour de nos Vaiffeaux Ajax combat encor ;
Ton cafque fur mon front fera trembler Hector :
Etton nom préparant un triomphe facile,
» Les Troyens font vaincus,s'ils penfent voir Achilles.
C'eft ainfi qu'il parloit. Ainfi par fa vertu
Il ébranle un courroux de pitié combattu ;
Il l'affiége , il le preffe ; ah ! malheureux , arrête .
Hélas ! tu ne vois point ce que le ciel t'apprête..
Ta vertu te trompoit ,, tu courois au trépas
DE FRANCE. 151
ACHILLE cependant ne le rebutoit pas
Mais dans fa bonté même éclatoit la colère.
« Je méprife , dit-il , cette erreur populaire
50 Qui croit que l'avenir au Prêtre eft révélé ,
» Et qu'il nous faut mourir , lorfque Delphe a parle
Je ne m'occupe point d'une chimère vaine ;,
» J'écoute mon dépit , je me livre à ma haine
» Elle eft jufte , il fuffit. Je n'ai point pardonné
» A cet indigne Roi par mes mains couronné ,
» A cet Atride ingrat , au rival que j'abhore ,
20
Qui m'ôta Briféide , & la retient encore ,
» Qui devant tous les Grecs ofa m'humilier :
05
55
לכ
Non , jamais tant d'affronts ne pourront s'oublier.
MAIS enfin j'ai preferit un terme à ma vengeance;
J'ai promis, fijamais pourfuivis fans défenfe ,
Les Argiens tremblans aux bords du Ximois
Fuyoient jufqu'aux vaiffeaux par nous- même conduits
,
Qu'alors de ces vaincus j'aurois pitié peut-être;
Queje pourrois fouffrir qu'on fecourût leur maître,
Qu'on le couvrit de honte, en confervant les jours.
» Le temps eft arrivé : va , marché à ſon ſecours.
" Je vois d'Agamemnon la fuite aviliffante ;"
» D'Hector qui le pourfuit , j'entends la voix tonnante
:
» Il t'appelle à la gloire ; arme-toi contre lui ;
Et fi le ciel vengeur te feconde aujourd'hui
Giv
852 MERCURE
» N'abufe point fur- tout du bonheur qu'il t'envoye .
» Ne tente point les Dieux, ne va point jufqu'à Troye
Modère ta valeur : c'eft affez d'écarter
בכ
20. Cet Hector infolent qui nous ofe inſulter ;
? C'eſt affez d'arracher aux flammes , au pillage ,
Nos vaiffeaux expofés fur cet affreux rivage.
Puiffent cès fils de Tros , & ces Grecs odieux ,
» Ces communs ennemis en horreur à mes yeux ,
S'égorger l'un par l'autre , & tomber nos victimes !
Que leur fang déteftable efface enfin leurs crimes !
Qu'il ne refte que nous pour détruire à jamais
» Les lieux qu'ils ont fouillés d'opprobre & de forfaits
»>!
Sujet propofé par l'Académie Françoife
pour le Prix de Poéfie de l'année 17785
traduit par M. le Marquis de Villette .
>
Nec verbum verbo curabit reddere fidus
Interpres. Hor.
A Paris, de l'Imprimerie de Demonville
'I
G iij
350
MERCURE
Imprimeur-Libraire de l'Académie Fran
goife , aux Armes de Dombes.
Cette Pièce eft une de celles que l'Acadé
mie a diftinguées & qui lui ont paru dignes
d'eftime. Elle eft en général écrite avec faeilité
, & plufieurs morceaux font honneur
au talent du Traducteur. Nous citerons une
partie de la converſation de Patrocle &
d'Achille , dans laquelle on remarquera de
beaux vers. Patrocle reproche à fon ami
d'être inexorable dans fes reffentimens , &
de n'avoir nulle pitié de fes concitoyens.
Il continue ainfi :
Pardonne , j'en dis trop ; mais fi vers cette rive
Ton éternel courroux tient ta valeur captive
Ou fi de nos devins quelqu'Oracle menteur
Enchaîne ton courage & nous âte un vengeur ,
Souffre au moins qu'un ami puiffe tenir ta place.
Prête-moi ton armure , & j'aurai ton audace.
» Autour de nos Vaiffeaux Ajax combat encor ;
Ton cafque fur mon front fera trembler Hector :
Etton nom préparant un triomphe facile,
» Les Troyens font vaincus,s'ils penfent voir Achilles.
C'eft ainfi qu'il parloit. Ainfi par fa vertu
Il ébranle un courroux de pitié combattu ;
Il l'affiége , il le preffe ; ah ! malheureux , arrête .
Hélas ! tu ne vois point ce que le ciel t'apprête..
Ta vertu te trompoit ,, tu courois au trépas
DE FRANCE. 151
ACHILLE cependant ne le rebutoit pas
Mais dans fa bonté même éclatoit la colère.
« Je méprife , dit-il , cette erreur populaire
50 Qui croit que l'avenir au Prêtre eft révélé ,
» Et qu'il nous faut mourir , lorfque Delphe a parle
Je ne m'occupe point d'une chimère vaine ;,
» J'écoute mon dépit , je me livre à ma haine
» Elle eft jufte , il fuffit. Je n'ai point pardonné
» A cet indigne Roi par mes mains couronné ,
» A cet Atride ingrat , au rival que j'abhore ,
20
Qui m'ôta Briféide , & la retient encore ,
» Qui devant tous les Grecs ofa m'humilier :
05
55
לכ
Non , jamais tant d'affronts ne pourront s'oublier.
MAIS enfin j'ai preferit un terme à ma vengeance;
J'ai promis, fijamais pourfuivis fans défenfe ,
Les Argiens tremblans aux bords du Ximois
Fuyoient jufqu'aux vaiffeaux par nous- même conduits
,
Qu'alors de ces vaincus j'aurois pitié peut-être;
Queje pourrois fouffrir qu'on fecourût leur maître,
Qu'on le couvrit de honte, en confervant les jours.
» Le temps eft arrivé : va , marché à ſon ſecours.
" Je vois d'Agamemnon la fuite aviliffante ;"
» D'Hector qui le pourfuit , j'entends la voix tonnante
:
» Il t'appelle à la gloire ; arme-toi contre lui ;
Et fi le ciel vengeur te feconde aujourd'hui
Giv
852 MERCURE
» N'abufe point fur- tout du bonheur qu'il t'envoye .
» Ne tente point les Dieux, ne va point jufqu'à Troye
Modère ta valeur : c'eft affez d'écarter
בכ
20. Cet Hector infolent qui nous ofe inſulter ;
? C'eſt affez d'arracher aux flammes , au pillage ,
Nos vaiffeaux expofés fur cet affreux rivage.
Puiffent cès fils de Tros , & ces Grecs odieux ,
» Ces communs ennemis en horreur à mes yeux ,
S'égorger l'un par l'autre , & tomber nos victimes !
Que leur fang déteftable efface enfin leurs crimes !
Qu'il ne refte que nous pour détruire à jamais
» Les lieux qu'ils ont fouillés d'opprobre & de forfaits
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Résumé : Commencement du 16e Chant de l'Iliade, [titre d'après la table]
Le texte relate une traduction du XVIe Chant de l'Iliade, réalisée par le Marquis de Villette et imprimée par Demonville et Mercure pour le Prix de Poésie de l'Académie Française en 1778. Cette œuvre est saluée pour sa clarté et certains passages notables, notamment une discussion entre Patrocle et Achille. Patrocle critique la colère persistante d'Achille et son manque de compassion envers ses compatriotes. Il demande à emprunter l'armure d'Achille pour affronter Hector et les Troyens. Achille, malgré sa colère, accepte après avoir exprimé son mépris pour les prédictions des devins et justifié sa fureur par l'affront d'Agamemnon, qui lui a pris Briséis. Il met en garde Patrocle contre l'arrogance et conseille la modération. Achille espère la destruction mutuelle des Troyens et des Grecs, afin que leur sang purifie les lieux de leurs crimes.
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5
p. 152-155
Hist. universelle des Théâtres, [titre d'après la table]
Début :
Histoire Universelle des Théâtres de toutes les Nations, depuis Thespis jusqu'à nos [...]
Mots clefs :
Histoire universelle, Théâtres, Auteurs, Portraits, Ouvrage, Ouvrages, Nations, Vie, Amateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hist. universelle des Théâtres, [titre d'après la table]
Hiftoire Univerfelle des Théâtres de toutes
les Nations , depuis Thefpis jufqu'à nos
jours ; par une Société de Gens de Lettres.
Dédiée à MONSIEUR , Frère du Roi.
Ouvrage en 36 Volumes in- 8 ° . orné de
Gravures , du Plan & de l'élévation des
différentes Salles de Spectacles de l'Europe
, des Portraits des Auteurs , Acteurs,
Actrices , Muficiens , Danfeurs , Danfeufes,
Pantomimes, Peintres & Architectes ,
qui ont travaillé pour les Théâtres d'une
manière diftinguée , & des Deffins enluminés
des différens Coftumes néceffaires
à la parfaite repréſentation des Ouvrages
Dramatiques : propofé par foufcription ,
contenant ;
DE FRANCE. 153
C
1. L'Hiftoire de l'établiffement des Theatres
dans les différentes Capitales du
Monde.
2. La vie des Auteurs Dramatiques ; une
analyfe taifonnée de chacun des Ouvrages
qui mériteront d'être connus ; an
examen des jugemens qui en on
été portés
; la comparaifon des Drames dont le
fujet aura été traité par différens Auteurs
; en un mot , la Notice exacte de
toutes les Pièces jouées ou imprimées ,
dont la médiocrité n'offriroit que des
détails inutiles & fouvent ennuyeux .
30, La vie des plus fameux Comédiens de
toutes les Nations.
4. Les Anecdotes relatives à l'Hiftoire des
Théâtres.
"
e
5. Un Extrait de tous les Ouvrages didac
tiques fur l'Art de la Comédie , foit
comme création , foit comme exécution.
6. Des réflexions impartiales fur la Profeffion
du Comédien , fur le préjugé
attaché à cet État , un rapprochement
des Ouvrages Polémiques de toute nature
, qui ont été publiés fur cette matière
, avec un réfultat de ce qu'on doit
de confidération à ceux qui exercent cette
Profeffion.
7° . Le tableau des Fêtes qui ont été données
à la Cour de France , & dans les
principales Cours de l'Europe , dont
GY
154
MERCURE
l'Art Dramatique ou les Arts qui y ont
un rapport immédiat , ont fait le premier
ornement.
8. Des recherches fur la Mufique , fur la
Danfe , fur la Pantomime ancienne &
moderne , avec la vie des plus fameux
Muficiens , Danfeurs , Danfeuſes , &
Pantomimes .
}
Le prix de la Soufcription eft de 30 liv..
par an pour Paris , & de 36
Province , franc de port.
liv. pour la
On foufcrit chez les Auteurs , rue Ticquetonne
, la feconde porte cochère à gauche
en entrant par la rue Montmartre , mai--
fon de M. Cofme d'Angerville , Maître en
Chirurgie , à Paris ; & chez la veuve Duchefne
, Libraire , rue Saint-Jacques , au
Temple du Goût.
Le Bureau général , rue Ticquetonne ,.
fera ouvert tous les jours, excepté les Fêtes :
& Dimanches , depuis 9 heures du matin.
jufqu'à une heure , & depuis 3 jufqu'à 6.
On fe fera un plaifir d'y faire voir aux:
Amateurs & aux Artiſtes , les Gravures &
les Portraits deſtinés à orner cer Ouvrage ; ,
on y recevra également les avis qu'ils voudront
bien donner fur set objét..
Les perfonnes qui prendront la peine
d'y venir , demanderont M. Teftu , chargé
de la Correfpondance des Auteurs : c'eft:
lui que les Etrangers & les Soufcripteurs
DE FRANCE. 155
des Provinces adrefferont leur argent & leurs
lettres , le tout franc de port.
Comme le Plan & l'élévation des Salles
de Spectacles feroient gâtés fi on les plioit
dans l'Ouvrage , on les enverra roulés fur
carton : ces Deffins , ainfi que ceux des Portraits
, feront traités par les Artiftes les plus
célèbres
Au commencement de chaque année ,
on domiera la lifte des Abonnés.
Nota. Les Amateurs Étrangers & Nationaux,
qui voudront bien nous adreffer des
Mémoires , ou nous indiquer des Portraits ,
font priés de mettre fur leurs enveloppes ,
Matériaux pour l'Hiftoire Univerfelle des
Théâtres. Avec cette attention , leurs envois
feront retirés aux frais des Auteurs..
ود
Il faut lire le Profpectus de cet Ouvrage,
qui fe trouve chez Cloufier , rue S. Jacques..
On n'a point encore préfenté de Plan plus
vafte pour l'Hiftoire d'un Art devenu le
premier de tous chez toutes les Nations
policées ; & cette entrepriſe mérite d'être
encouragée par tous les Amateurs.
les Nations , depuis Thefpis jufqu'à nos
jours ; par une Société de Gens de Lettres.
Dédiée à MONSIEUR , Frère du Roi.
Ouvrage en 36 Volumes in- 8 ° . orné de
Gravures , du Plan & de l'élévation des
différentes Salles de Spectacles de l'Europe
, des Portraits des Auteurs , Acteurs,
Actrices , Muficiens , Danfeurs , Danfeufes,
Pantomimes, Peintres & Architectes ,
qui ont travaillé pour les Théâtres d'une
manière diftinguée , & des Deffins enluminés
des différens Coftumes néceffaires
à la parfaite repréſentation des Ouvrages
Dramatiques : propofé par foufcription ,
contenant ;
DE FRANCE. 153
C
1. L'Hiftoire de l'établiffement des Theatres
dans les différentes Capitales du
Monde.
2. La vie des Auteurs Dramatiques ; une
analyfe taifonnée de chacun des Ouvrages
qui mériteront d'être connus ; an
examen des jugemens qui en on
été portés
; la comparaifon des Drames dont le
fujet aura été traité par différens Auteurs
; en un mot , la Notice exacte de
toutes les Pièces jouées ou imprimées ,
dont la médiocrité n'offriroit que des
détails inutiles & fouvent ennuyeux .
30, La vie des plus fameux Comédiens de
toutes les Nations.
4. Les Anecdotes relatives à l'Hiftoire des
Théâtres.
"
e
5. Un Extrait de tous les Ouvrages didac
tiques fur l'Art de la Comédie , foit
comme création , foit comme exécution.
6. Des réflexions impartiales fur la Profeffion
du Comédien , fur le préjugé
attaché à cet État , un rapprochement
des Ouvrages Polémiques de toute nature
, qui ont été publiés fur cette matière
, avec un réfultat de ce qu'on doit
de confidération à ceux qui exercent cette
Profeffion.
7° . Le tableau des Fêtes qui ont été données
à la Cour de France , & dans les
principales Cours de l'Europe , dont
GY
154
MERCURE
l'Art Dramatique ou les Arts qui y ont
un rapport immédiat , ont fait le premier
ornement.
8. Des recherches fur la Mufique , fur la
Danfe , fur la Pantomime ancienne &
moderne , avec la vie des plus fameux
Muficiens , Danfeurs , Danfeuſes , &
Pantomimes .
}
Le prix de la Soufcription eft de 30 liv..
par an pour Paris , & de 36
Province , franc de port.
liv. pour la
On foufcrit chez les Auteurs , rue Ticquetonne
, la feconde porte cochère à gauche
en entrant par la rue Montmartre , mai--
fon de M. Cofme d'Angerville , Maître en
Chirurgie , à Paris ; & chez la veuve Duchefne
, Libraire , rue Saint-Jacques , au
Temple du Goût.
Le Bureau général , rue Ticquetonne ,.
fera ouvert tous les jours, excepté les Fêtes :
& Dimanches , depuis 9 heures du matin.
jufqu'à une heure , & depuis 3 jufqu'à 6.
On fe fera un plaifir d'y faire voir aux:
Amateurs & aux Artiſtes , les Gravures &
les Portraits deſtinés à orner cer Ouvrage ; ,
on y recevra également les avis qu'ils voudront
bien donner fur set objét..
Les perfonnes qui prendront la peine
d'y venir , demanderont M. Teftu , chargé
de la Correfpondance des Auteurs : c'eft:
lui que les Etrangers & les Soufcripteurs
DE FRANCE. 155
des Provinces adrefferont leur argent & leurs
lettres , le tout franc de port.
Comme le Plan & l'élévation des Salles
de Spectacles feroient gâtés fi on les plioit
dans l'Ouvrage , on les enverra roulés fur
carton : ces Deffins , ainfi que ceux des Portraits
, feront traités par les Artiftes les plus
célèbres
Au commencement de chaque année ,
on domiera la lifte des Abonnés.
Nota. Les Amateurs Étrangers & Nationaux,
qui voudront bien nous adreffer des
Mémoires , ou nous indiquer des Portraits ,
font priés de mettre fur leurs enveloppes ,
Matériaux pour l'Hiftoire Univerfelle des
Théâtres. Avec cette attention , leurs envois
feront retirés aux frais des Auteurs..
ود
Il faut lire le Profpectus de cet Ouvrage,
qui fe trouve chez Cloufier , rue S. Jacques..
On n'a point encore préfenté de Plan plus
vafte pour l'Hiftoire d'un Art devenu le
premier de tous chez toutes les Nations
policées ; & cette entrepriſe mérite d'être
encouragée par tous les Amateurs.
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Résumé : Hist. universelle des Théâtres, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire Universelle des Théâtres de toutes les Nations, depuis Thespis jusqu'à nos jours' est une collection de 36 volumes dédiée au frère du roi. Elle comprend des gravures, plans et élévations des salles de spectacles européennes, ainsi que des portraits d'artistes contribuant au théâtre. Les principaux thèmes abordés incluent l'histoire des théâtres dans diverses capitales mondiales, les vies et œuvres des auteurs dramatiques, les vies des comédiens célèbres, et des anecdotes sur l'histoire des théâtres. L'ouvrage présente également des extraits d'ouvrages didactiques sur l'art de la comédie, des réflexions sur la profession de comédien et les préjugés associés, ainsi que des descriptions des fêtes à la cour de France et dans les principales cours européennes. Il explore aussi la musique, la danse et la pantomime, avec des biographies des artistes renommés. Le prix de la souscription est de 30 livres à Paris et 36 livres en province, frais de port inclus. Les souscriptions peuvent être faites chez les auteurs ou chez la veuve Duchefne, libraire. Un bureau général est ouvert pour consulter les gravures et portraits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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