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1
p. 192-194
COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
Début :
ON a oublié d'insérer ces Complimens dans le premier Volume ; ils sont / AU ROI, SIRE, Après tant d'éclatans témoignages de respect, [...]
Mots clefs :
Joie, Roi, Peuple, Zèle
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texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
COMPLIMENS adreſſés au Roi , à
la Reine , à Monseigneur le Dauphin &à
Mesdames , par les fix Corps des Marchands
, le Dimanche 15 Novembre.
Na oublié d'inférer ces Complimens
dans le premier Volume ; ils ſont
l'ouvrage d'un Ecrivain célébre , qui dans
cette occafion a prêté ſa plume à ſa joye ,
pour exprimer le zéle & l'amour du Peuple
pour ſonRoi.
:
SIRE ,
AU ROI.
Après tant d'éclatans témoignages de refpect
, d'amour , de douleur & de joye , de
imples Citoyens trembleroient de paroître
devant V. M. fi le langage des coeurs , le
ſeul qu'ils puiffent employer , n'étoit pas
toujours bien reçu d'elle. Notre profeffion
eſt d'entretenir par nos travaux l'abondance
, que la ſageſſe de V. M. fait fleurir , &
que ſes conquêtes nous affurent. Chaque
Ordre de l'Etat a ſes prerogatives , mais le
zéle eft commun à tous ainſi que vos bienfaits.
Les cris de victoire de vos guerriers ,
les
NOVEMBRE. 1744. 193
les actions de grace de votre Clergé , les
Harangues de tant d'illuſtres Compagnies ,
nos foibles voix enfin , tout part du même
principe , & tout éprouve la même bonté.
ALA REINE.
MADAME ,
Quelquefois la foule des hommages devient
importune , quand ils ne ſont que
des reſpects , mais la vertu écoute toujours
avec fatisfaction tous les tranſports qu'elle
inſpire , & c'eſt à elle que nous parlons :
c'eſt elle qui augmenta nos douleurs ; c'eſt
elle qui ajoute aujourd'hui à notre joye , &
qui nous encourage à l'exprimer ; cette
joye éclate au nom de tout le Peuple de la
France , de ce Peuple innombrable , dont la
voix toujours fidelle eſt l'interpréte de la
vérité, de la nature , & qui deftituée de tout
art ne s'en fait que mieux entendre au coeur
deV. M.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN,
MONSEIGNEUR ,
Il nous eſt permis d'oſer joindre ici nos
acclamations à votre joye , & pour comble
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
,
de bonheur , après nous être proſternés devant
un Roi , qui remplit tous nos défirs
nous ſommes aux pieds de celui qui fait toutes
nos eſperances.
A MESDAMES .
MESDAMES ,
Daignez recevoir ici les témoignages fimples
& finceres de nos reſpects & de notre
joye , comme vous avez reçû tant d'hommages
offerts avec plus d'appareil & d'éloquence,
la Reine , à Monseigneur le Dauphin &à
Mesdames , par les fix Corps des Marchands
, le Dimanche 15 Novembre.
Na oublié d'inférer ces Complimens
dans le premier Volume ; ils ſont
l'ouvrage d'un Ecrivain célébre , qui dans
cette occafion a prêté ſa plume à ſa joye ,
pour exprimer le zéle & l'amour du Peuple
pour ſonRoi.
:
SIRE ,
AU ROI.
Après tant d'éclatans témoignages de refpect
, d'amour , de douleur & de joye , de
imples Citoyens trembleroient de paroître
devant V. M. fi le langage des coeurs , le
ſeul qu'ils puiffent employer , n'étoit pas
toujours bien reçu d'elle. Notre profeffion
eſt d'entretenir par nos travaux l'abondance
, que la ſageſſe de V. M. fait fleurir , &
que ſes conquêtes nous affurent. Chaque
Ordre de l'Etat a ſes prerogatives , mais le
zéle eft commun à tous ainſi que vos bienfaits.
Les cris de victoire de vos guerriers ,
les
NOVEMBRE. 1744. 193
les actions de grace de votre Clergé , les
Harangues de tant d'illuſtres Compagnies ,
nos foibles voix enfin , tout part du même
principe , & tout éprouve la même bonté.
ALA REINE.
MADAME ,
Quelquefois la foule des hommages devient
importune , quand ils ne ſont que
des reſpects , mais la vertu écoute toujours
avec fatisfaction tous les tranſports qu'elle
inſpire , & c'eſt à elle que nous parlons :
c'eſt elle qui augmenta nos douleurs ; c'eſt
elle qui ajoute aujourd'hui à notre joye , &
qui nous encourage à l'exprimer ; cette
joye éclate au nom de tout le Peuple de la
France , de ce Peuple innombrable , dont la
voix toujours fidelle eſt l'interpréte de la
vérité, de la nature , & qui deftituée de tout
art ne s'en fait que mieux entendre au coeur
deV. M.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN,
MONSEIGNEUR ,
Il nous eſt permis d'oſer joindre ici nos
acclamations à votre joye , & pour comble
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
,
de bonheur , après nous être proſternés devant
un Roi , qui remplit tous nos défirs
nous ſommes aux pieds de celui qui fait toutes
nos eſperances.
A MESDAMES .
MESDAMES ,
Daignez recevoir ici les témoignages fimples
& finceres de nos reſpects & de notre
joye , comme vous avez reçû tant d'hommages
offerts avec plus d'appareil & d'éloquence,
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Résumé : COMPLIMENS adressés au Roi, à la Reine, à Monseigneur le Dauphin & à Mesdames, par les six Corps des Marchands, le Dimanche 15 Novembre.
Le 15 novembre 1744, les six corps des marchands ont adressé des compliments au Roi, à la Reine, au Dauphin et à Mesdames. Ces compliments, rédigés par un écrivain célèbre, expriment le zèle et l'amour du peuple pour leurs souverains. Les marchands mettent en avant leur contribution à l'abondance grâce à leurs travaux, soutenus par la sagesse et les conquêtes du Roi. Ils affirment que tous les ordres de l'État partagent le même zèle et bénéficient des bienfaits royaux. Les cris de victoire des guerriers, les actions de grâce du clergé, et les harangues des compagnies illustres, ainsi que leurs propres voix, témoignent de la bonté du Roi. À la Reine, ils déclarent que sa vertu inspire joie et fidélité. Au Dauphin, ils expriment leur espoir et leur bonheur. Enfin, ils offrent leurs respects et leur joie à Mesdames, en complément des nombreux hommages déjà reçus.
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2
p. 94-101
COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Début :
AU ROI. SIRE, les voeux de la France sont exaucés, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Espérances, Majesté, Félicité, Peuples, Délices, Allégresse, Voeux, Sujets
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texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
COMPLIMENTS
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
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Résumé : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Le document célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du Dauphin et de la Dauphine, survenue le 26 septembre 1751. Les Dames de la Halle manifestent leur joie et leurs vœux pour le nouveau-né et la famille royale. Elles mettent en avant les succès militaires et la modération du roi, ainsi que la grandeur et la générosité de la monarchie française. La naissance du Duc de Bourgogne est perçue comme l'accomplissement des espérances nationales et la garantie du bonheur futur de la France. Le texte exprime également l'admiration et la reconnaissance envers le roi et la reine, ainsi que les espoirs placés dans l'avenir du jeune prince, vu comme un futur souverain juste et bienveillant. Les auteurs adressent leurs hommages au Duc de Bourgogne, à la Dauphine et à la famille royale, exprimant leur allégresse et leur fidélité. Une lettre adressée au Duc de Gesvres exprime une grande allégresse et reconnaissance pour la naissance du Duc de Bourgogne. Les auteurs rendent hommage aux bienfaits et à l'autorité du Duc de Gesvres, soulignant que la félicité de Paris et de la première province du royaume est due à ses vertus et actions. Les habitants voient en lui une réunion des qualités de ses ancêtres et apprécient sa capacité à obtenir les faveurs du roi. Le duc est perçu comme un régisseur bienveillant, utilisant ses bienfaits plutôt que son autorité. La lettre se conclut par une expression de gratitude pour les soins et les attentions du duc, permettant de témoigner de la joie liée à la naissance du Duc de Bourgogne et de publier les bienfaits et la reconnaissance envers le duc.
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1
p. 174-177
PLACET A. MADAME Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle.
Début :
Digne fille d'un Roi, des mortels adoré, [...]
Mots clefs :
Saint-Cyr, Roi, Cardinal, Prière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLACET A. MADAME Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle.
PLACET A. MADAME
Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle,
DIgne fille d'un Roi , des mortels adoré,
Vous , dont la Piété fert d'exemple à la notre ,
Vous qui ſçavez à quel dégré
Le coeur porte les ſoins d'une fooeur pour une au
tre ;
Pour la mienne aujourd'hui je tombe à vos ge
noux.
La voix du ſang, loinde ſe taire,
Eft favorable auprès de vous.
Admiſeen cet azile auguſte & falutaire
Où l'on benit d'une ardeur ſi ſincere
Le nom de Dieu , le votre ,&celui de Louis
Pour une autre moi - même agréez quejeſpere
L'avantage dont je jouis.
Mon pere dans les Camps ayant vieilli dix luftres
Les armes à la main a terminé ſon fort ;
Sept guerriers de mon nomdans des hazards ille
ftres :
Ont trouvé la gloire & la mort
MA. 1. 1746.
A ces titres d'honneur je joins vos bontés même,
Le ſouvenir des jours pour moi ſi précieux ,
Où mes foibles talens aidés d'un zéle extrême
Attirerent fur moi vos yeux.
*Quand nous avons chanté les rapides conquêtes ,
La France renaiſſante avec fon Roi vainqueur ,
L'hymen qui de nos Lys affûre le bonheur ,
Vous étiés attendrie à nos pieuſes fêtes.
Quel préſage pour nous ! l'actrice de Saint Gyr .
Ofe, en vous implorant , compter de reuffir.
* La convalefcence du Roi, ſon départ & fon
retour , le mariage de Monſeigneur le Dau
phin. Trois Idyles dramatiques déclamées &
chantées à Saint Cyr en préſencede laReine
dans les années 1744 & 1745 , compofées
par M. Roy Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel
Le Placet eſt de la même main; il a été préſenté
au nom de Mlle de la Bachelere qui
a deja deux foeurs à Saint Cyr ; la reception
d'une quatriéme eſt une grace ſinguliere qui
ne demandoit pas moins que la protection
de Madame.
Le même Auteur , auſſi devoué aux Dames
de Saint Cyr que l'étoit M. Racine , a
exprimé leurs ſentimens à M. l'Evêque de
Chartres leur Superieur à l'occafion de la
nouvelle année. :
د
Hiiij
876 MERCURE DE FRANCE ,
........
Nous avons recouvré depuis peu une piéce
de vers de M. Roy préſentée à M. le
Cardinal de par une Dame de ſes
parentes avec l'envoi d'un vafe de Saxe ; nous
avons cru que le public verroit avec plaifir
un éloge inſpiré par le ſentiment & rendu
avec élégance.
De cette coupe fortunée.
Hebé verſoit aux Dieux le nectar enchanté;
Source de l'immortalité ;
Auſſi n'eſt - elle environnée
Que des fleurs que produit le Printems ou l'Eté,
Eh! que feroient ces Dieux d'un éternelle vie
Aux infirmités aſſervie ?
Autant vaudroit l'humanité.
Vivre , c'eſt poſſeder& jeuneſſe & ſanté,
Quels tréſors pour mon ſexe! il en feroit dependre.
Sa ſuprême felicité.
Seigneur j'oſe vous aprendre ,
Qu'il eſt un ſentiment & plus noble & plus tendre
,
Où mon coeur s'eſt arrêté.
Quand je demeurerois toujours dans le bel âge ,
Qu'importe à l'Univers ? un ſi rare avantage
MAI 1746.
177
Ne feroit que pour moi , que pour ma vanité ;
J'en dois faire : un meilleur uſage.
Que ce charme vainqueur des ans &des deftins
Paſſe en de plus utiles mains ,
Dans celles que le Ciel employe au grand ou
vrage ,
;
Du bonheur de tous les humains.
i
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux
de l'Archevêché de Paris qu'il fouhaitoit
qu'on fit des prieres publiques pour
attirer la bénédiction du Ciel ſur les armes
de Sa Majesté ils ont ordonné ces prières
&elles commencerent le 8de ce mois dans
l'Egliſe Métropolitaine de Paris par l'expofition
du Saint Sacrement.
Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle,
DIgne fille d'un Roi , des mortels adoré,
Vous , dont la Piété fert d'exemple à la notre ,
Vous qui ſçavez à quel dégré
Le coeur porte les ſoins d'une fooeur pour une au
tre ;
Pour la mienne aujourd'hui je tombe à vos ge
noux.
La voix du ſang, loinde ſe taire,
Eft favorable auprès de vous.
Admiſeen cet azile auguſte & falutaire
Où l'on benit d'une ardeur ſi ſincere
Le nom de Dieu , le votre ,&celui de Louis
Pour une autre moi - même agréez quejeſpere
L'avantage dont je jouis.
Mon pere dans les Camps ayant vieilli dix luftres
Les armes à la main a terminé ſon fort ;
Sept guerriers de mon nomdans des hazards ille
ftres :
Ont trouvé la gloire & la mort
MA. 1. 1746.
A ces titres d'honneur je joins vos bontés même,
Le ſouvenir des jours pour moi ſi précieux ,
Où mes foibles talens aidés d'un zéle extrême
Attirerent fur moi vos yeux.
*Quand nous avons chanté les rapides conquêtes ,
La France renaiſſante avec fon Roi vainqueur ,
L'hymen qui de nos Lys affûre le bonheur ,
Vous étiés attendrie à nos pieuſes fêtes.
Quel préſage pour nous ! l'actrice de Saint Gyr .
Ofe, en vous implorant , compter de reuffir.
* La convalefcence du Roi, ſon départ & fon
retour , le mariage de Monſeigneur le Dau
phin. Trois Idyles dramatiques déclamées &
chantées à Saint Cyr en préſencede laReine
dans les années 1744 & 1745 , compofées
par M. Roy Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel
Le Placet eſt de la même main; il a été préſenté
au nom de Mlle de la Bachelere qui
a deja deux foeurs à Saint Cyr ; la reception
d'une quatriéme eſt une grace ſinguliere qui
ne demandoit pas moins que la protection
de Madame.
Le même Auteur , auſſi devoué aux Dames
de Saint Cyr que l'étoit M. Racine , a
exprimé leurs ſentimens à M. l'Evêque de
Chartres leur Superieur à l'occafion de la
nouvelle année. :
د
Hiiij
876 MERCURE DE FRANCE ,
........
Nous avons recouvré depuis peu une piéce
de vers de M. Roy préſentée à M. le
Cardinal de par une Dame de ſes
parentes avec l'envoi d'un vafe de Saxe ; nous
avons cru que le public verroit avec plaifir
un éloge inſpiré par le ſentiment & rendu
avec élégance.
De cette coupe fortunée.
Hebé verſoit aux Dieux le nectar enchanté;
Source de l'immortalité ;
Auſſi n'eſt - elle environnée
Que des fleurs que produit le Printems ou l'Eté,
Eh! que feroient ces Dieux d'un éternelle vie
Aux infirmités aſſervie ?
Autant vaudroit l'humanité.
Vivre , c'eſt poſſeder& jeuneſſe & ſanté,
Quels tréſors pour mon ſexe! il en feroit dependre.
Sa ſuprême felicité.
Seigneur j'oſe vous aprendre ,
Qu'il eſt un ſentiment & plus noble & plus tendre
,
Où mon coeur s'eſt arrêté.
Quand je demeurerois toujours dans le bel âge ,
Qu'importe à l'Univers ? un ſi rare avantage
MAI 1746.
177
Ne feroit que pour moi , que pour ma vanité ;
J'en dois faire : un meilleur uſage.
Que ce charme vainqueur des ans &des deftins
Paſſe en de plus utiles mains ,
Dans celles que le Ciel employe au grand ou
vrage ,
;
Du bonheur de tous les humains.
i
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux
de l'Archevêché de Paris qu'il fouhaitoit
qu'on fit des prieres publiques pour
attirer la bénédiction du Ciel ſur les armes
de Sa Majesté ils ont ordonné ces prières
&elles commencerent le 8de ce mois dans
l'Egliſe Métropolitaine de Paris par l'expofition
du Saint Sacrement.
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Résumé : PLACET A. MADAME Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle.
Le document est un 'Placet' sollicitant l'admission d'une demoiselle à l'établissement de Saint-Cyr. L'auteur, une femme issue d'une famille honorable, invoque la piété et la bienveillance de Madame pour obtenir cette faveur. Elle met en avant les exploits militaires de son père et de ses frères, ainsi que ses propres talents artistiques, notamment des pièces de théâtre jouées à Saint-Cyr devant la Reine. Le Placet, rédigé par M. Roy, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, demande une grâce exceptionnelle pour l'admission d'une quatrième fille de la famille. Le texte inclut également un poème de M. Roy dédié à un cardinal, exprimant le souhait d'utiliser la jeunesse et la santé pour des fins nobles. De plus, il est mentionné que le Roi a ordonné des prières publiques à partir du 8 mai 1746 pour attirer la bénédiction divine sur les armées françaises.
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