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1
p. 11-22
ODE.
Début :
Vous, qui guidez nos pas au Temple de la Gloire, [...]
Mots clefs :
Gloire, Maroc, Louis, Ambassadeurs, Siam, Univers, Regards, Maure, Terre, Rois
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texteReconnaissance textuelle : ODE.
ODE. vOus
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
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Résumé : ODE.
Le poème célèbre les exploits et la grandeur du roi Louis XIV. Il commence par une invocation aux Muses pour inspirer le poète à chanter les victoires du roi. Le texte décrit les réactions des peuples et des nations face à la puissance et à la magnanimité de Louis XIV, notamment la soumission d'Alger et de Gênes, ainsi que l'admiration de l'Europe. Le roi est présenté comme un héros glorieux dont les exploits sont admirés dans le monde entier, y compris par les ambassadeurs du Maroc et de Siam. Le poème met en avant la beauté et la grandeur de Paris et de Versailles, soulignant les merveilles architecturales et artistiques présentes dans ces lieux. Des sites emblématiques comme le Louvre, l'Observatoire, et les jardins de Versailles sont mentionnés. Les ambassadeurs étrangers sont émerveillés par ces splendeurs et par la personne du roi lui-même, entouré de figures allégoriques telles que Minerve et Bellone, symbolisant respectivement la sagesse et la guerre. Le poème se conclut par une prière adressée à Dieu, demandant Sa protection et Sa sagesse pour le roi. Cette prière souhaite que les sujets vivent sous les lois divines et que le roi continue à régner avec justice et gloire. Les ambassadeurs sont invités à témoigner des grandeurs du roi en Asie, contribuant ainsi à perpétuer sa renommée et son immortalité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 105-116
ODE SUR LA MORT DE LOUIS LE GRAND.
Début :
La Mort, du plus grand des Monarques [...]
Mots clefs :
Mort, Louis le Grand, Larmes, Regards, Fortune, Rois, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA MORT DE LOUIS LE GRAND.
ODE
SUR LA MORT
DE LOUIS LE GRAND.
- La Mort , du plus grand des
Monarques
Paroißoit respecterles jours :
Que vois-je ? LeCiseau des Parques
A
Vientd'en interromprele cours.
Par cette perte irreparable ,
Francesle Ciel inexorable
Veut éternifer tes douleurs =
:
106 MERCURE
Dans defi cruelles allarmes
Taris laſourcede tes larmes ,
C'esttroppen pour toy que des
pleurs.
Si ta vengeance estafſſouvie ,
N'en accuſonsque nos forfaits ,
GrandDieu ;tous les jours defa
vie
Eſtoient marquez par tes bienfaits.
On le vit fournirfa carriere
Environnéd'une lumiere
Dont l'éclat éblouit nosyeux ,
Ettufis fentir àla France
Que le bonheur defanaiſſance
Fut le moindreprefent desCieux.
ॐ
GALANT 107
Il regne,quelheureuxpréſage!
LaGloireaccompagne ſes pas ,
LaVictoireluy rend hommage
D'unbonheurqu'ilneconnoîtpas.
Mars prendſoin deſa destinée ,
Etdela Diſcorde enchaînée
Il briſe les traits meurtriers.
Teleft vainqueur fousses aufpices,
Qui loindeſes regards propices
Voitflétrirſesplus beaux lauriers.
Vos efforts ,peuples redoutables,
N'étonneront point fon grand
coeur,
Il rendra les Lys refpectables ,
Illesfoûtientparsa valeur..
108 MERCURE
Bientôt d'invincibles armées
Dans vos Villes épouvantées
Arboreront ſes étendars .
C'est affez que cejeune Alcide
Afes guerriersferve de guide ,..
Pour enfaire autantde Cefars.
:
Oui vos orgueilleuses murailles
Sont pour vous defoibles rempars;
Sonfeul nom gagne des batailles,
Commentfoûtenirſes regards ?
Accablez ſous les traits qu'il
lance ,
C'eſt , dites - vous , Mars qui
s'avance.
Ilen a l'intrepidité....
Cen'estpoint leDieude laThrace,
GALANT. 109
MonHeros n'en a que l'audace ,
Etnon pas laferocité.
LOUIS reprenden main la
foudre,
Tremblez, fuperbes ennemis ,
Prêt à réduire tout en poudre ,
Il s'arrête ,il vous voit ſoûmis.
Maître du deſtin de la Terre ,
Il veutſuſpendreſon tonnerre ,
Pour offrir une heureuse paix;
Il compte , arbitre des tempêtes ,
Ses campagnes parfes conquêtes ,
Etfes Traitezparses bienfaits.
ॐ 4
Mais pour affûrerfa memoire ,
Cherchons de plus fürs fondemens
,
110 MERCURE
Un Heros dortſouventfa gloire
Au bonheur des événemens.
Offrons de plus noblesſpectacles ,
Preſentons de nouveaux miracles
Aux regards de tout l'univers :
LOUIS doit l'éclat defa gloire
Moins aux faveurs de lavictoire
Qu'àfes plus terribles revers .
Fortune legere&volage ,
Abandonne ſes étendars ;
Fais-luy reffentir dans tarage
Toutes les fureurs duDieuMars.
Que Bellone pâle &sanglante
Porte le trouble l'épouvante
Fuſques au coeurde fes Etats:
Ilſçait dans ce defordre extrême
GALANT . III
Eftre le maijtre de luy même ,
S'il n'est le maistre des combats...
ॐ
Il triomphe de tes outrages ,
Lepoursuivras tu donc toûjours ,
Fortune? aprés tous ces orages
Ne verra t-il plus d'heureux
jours ?
Que ton courroux illegitime
Respecte un Heros magnanime
Fuſques dans lesplusgrands malbeurs
;
Ceffe d'attaquerfa puiſſance ,
Il a du moins parſaconftance.
Affez merité tes faveurs.
Princes ,appuis de fa Couronne
,
T
It 2 MERCURE
Il vous voit tomber tour à tour ;
LaMort implacable moiffonne
Tous les objets de ſon amour.
Arrête, monstre ſanguinaire ;
Il reffent tes coups,ileftpere ,
MaMiaiss iilln'en estpoint abbatu :
Il craint d'augmenter nos allarmes
,
I
Sa raiſon commande àſes larmes,
Etfait triompherſa vertu.
Ne nommons point vertu ſtoique
Safermetédans les malheurs ;
L'effort d'un courage heroïque
Luyfaitseul dévorerſes pleurs.
Centfoisfon coeur de la nature
Entendit
GALANT. 113
Entendit lepreffant murmure :
Mais il regne, il a d'autresfoins;
Pour ménager notrefoibleſſe ,
Larmes ,qu'ildoitàſa tendreſſe ,
Il vous immole ànos besoins .
Dans cette carriere nouvelle
Cherchons fafolide grandeur ;
Ilte doit , Fortune infidelle ,
Plus qu'il ne dutàſa valeur.
Dans les plus affreuſes disgraces ,
Herosfameux ,suivezſes traces,
Il vous apprendà les fouffrir;
C'est peu , l'univers le contemple,
Il luy doit encore un exemple,
Il va vous apprendre à mourir.
Janvier 1716. K
114 MERCURE
Ahplustoft, Dieu vengeurdes
A crimes ,
Suſpens pour un temps, ton cour
TOUX;
N'eft il donc point d'autres vietimes
Quipuiffent tomberfous tes coups?
Faut-ilqu'une Teſteſi chere
Soit immoléeàtacolere?
Vains regrets! defirsSuperflus!
C'en estfait, déja ta vengeance
Seprepare àpunirla France;
Il languit ,que dis je ? il n'est
plus.
Epargne du moins ce qui refte
D'unHerasfi cher à nosyeux ;
GALANT S
Souviens toyqu'un coupfifuneste
Nous l'a rendu plus précieux.
Que l'histoire luy represente
Les cris de l'erreur expirante
Sous le débris de fes autels ;
Il apprendra par ces exemples ,
Que l'honneurde tesfacrezTemples
Rend toûjours les Rois immortels.
७८
Conforve se Prince équitable ,
Dont nous admirons lesprojets:
Pour rendre le Monarque aisupsommables.
• Il veutrendre beureux lesſujets
La même mainqui dans la guerre
Afçû faire tremblerla terre,
Kij
116 MERCURE
Vaformer leplus grand des Rois,
Et la pofteritéfidelle
Luy tiendra compte deſon zele ,
Encorplus que deſes exploits.
NIC INGOULT , D. L. C. D. J.
SUR LA MORT
DE LOUIS LE GRAND.
- La Mort , du plus grand des
Monarques
Paroißoit respecterles jours :
Que vois-je ? LeCiseau des Parques
A
Vientd'en interromprele cours.
Par cette perte irreparable ,
Francesle Ciel inexorable
Veut éternifer tes douleurs =
:
106 MERCURE
Dans defi cruelles allarmes
Taris laſourcede tes larmes ,
C'esttroppen pour toy que des
pleurs.
Si ta vengeance estafſſouvie ,
N'en accuſonsque nos forfaits ,
GrandDieu ;tous les jours defa
vie
Eſtoient marquez par tes bienfaits.
On le vit fournirfa carriere
Environnéd'une lumiere
Dont l'éclat éblouit nosyeux ,
Ettufis fentir àla France
Que le bonheur defanaiſſance
Fut le moindreprefent desCieux.
ॐ
GALANT 107
Il regne,quelheureuxpréſage!
LaGloireaccompagne ſes pas ,
LaVictoireluy rend hommage
D'unbonheurqu'ilneconnoîtpas.
Mars prendſoin deſa destinée ,
Etdela Diſcorde enchaînée
Il briſe les traits meurtriers.
Teleft vainqueur fousses aufpices,
Qui loindeſes regards propices
Voitflétrirſesplus beaux lauriers.
Vos efforts ,peuples redoutables,
N'étonneront point fon grand
coeur,
Il rendra les Lys refpectables ,
Illesfoûtientparsa valeur..
108 MERCURE
Bientôt d'invincibles armées
Dans vos Villes épouvantées
Arboreront ſes étendars .
C'est affez que cejeune Alcide
Afes guerriersferve de guide ,..
Pour enfaire autantde Cefars.
:
Oui vos orgueilleuses murailles
Sont pour vous defoibles rempars;
Sonfeul nom gagne des batailles,
Commentfoûtenirſes regards ?
Accablez ſous les traits qu'il
lance ,
C'eſt , dites - vous , Mars qui
s'avance.
Ilen a l'intrepidité....
Cen'estpoint leDieude laThrace,
GALANT. 109
MonHeros n'en a que l'audace ,
Etnon pas laferocité.
LOUIS reprenden main la
foudre,
Tremblez, fuperbes ennemis ,
Prêt à réduire tout en poudre ,
Il s'arrête ,il vous voit ſoûmis.
Maître du deſtin de la Terre ,
Il veutſuſpendreſon tonnerre ,
Pour offrir une heureuse paix;
Il compte , arbitre des tempêtes ,
Ses campagnes parfes conquêtes ,
Etfes Traitezparses bienfaits.
ॐ 4
Mais pour affûrerfa memoire ,
Cherchons de plus fürs fondemens
,
110 MERCURE
Un Heros dortſouventfa gloire
Au bonheur des événemens.
Offrons de plus noblesſpectacles ,
Preſentons de nouveaux miracles
Aux regards de tout l'univers :
LOUIS doit l'éclat defa gloire
Moins aux faveurs de lavictoire
Qu'àfes plus terribles revers .
Fortune legere&volage ,
Abandonne ſes étendars ;
Fais-luy reffentir dans tarage
Toutes les fureurs duDieuMars.
Que Bellone pâle &sanglante
Porte le trouble l'épouvante
Fuſques au coeurde fes Etats:
Ilſçait dans ce defordre extrême
GALANT . III
Eftre le maijtre de luy même ,
S'il n'est le maistre des combats...
ॐ
Il triomphe de tes outrages ,
Lepoursuivras tu donc toûjours ,
Fortune? aprés tous ces orages
Ne verra t-il plus d'heureux
jours ?
Que ton courroux illegitime
Respecte un Heros magnanime
Fuſques dans lesplusgrands malbeurs
;
Ceffe d'attaquerfa puiſſance ,
Il a du moins parſaconftance.
Affez merité tes faveurs.
Princes ,appuis de fa Couronne
,
T
It 2 MERCURE
Il vous voit tomber tour à tour ;
LaMort implacable moiffonne
Tous les objets de ſon amour.
Arrête, monstre ſanguinaire ;
Il reffent tes coups,ileftpere ,
MaMiaiss iilln'en estpoint abbatu :
Il craint d'augmenter nos allarmes
,
I
Sa raiſon commande àſes larmes,
Etfait triompherſa vertu.
Ne nommons point vertu ſtoique
Safermetédans les malheurs ;
L'effort d'un courage heroïque
Luyfaitseul dévorerſes pleurs.
Centfoisfon coeur de la nature
Entendit
GALANT. 113
Entendit lepreffant murmure :
Mais il regne, il a d'autresfoins;
Pour ménager notrefoibleſſe ,
Larmes ,qu'ildoitàſa tendreſſe ,
Il vous immole ànos besoins .
Dans cette carriere nouvelle
Cherchons fafolide grandeur ;
Ilte doit , Fortune infidelle ,
Plus qu'il ne dutàſa valeur.
Dans les plus affreuſes disgraces ,
Herosfameux ,suivezſes traces,
Il vous apprendà les fouffrir;
C'est peu , l'univers le contemple,
Il luy doit encore un exemple,
Il va vous apprendre à mourir.
Janvier 1716. K
114 MERCURE
Ahplustoft, Dieu vengeurdes
A crimes ,
Suſpens pour un temps, ton cour
TOUX;
N'eft il donc point d'autres vietimes
Quipuiffent tomberfous tes coups?
Faut-ilqu'une Teſteſi chere
Soit immoléeàtacolere?
Vains regrets! defirsSuperflus!
C'en estfait, déja ta vengeance
Seprepare àpunirla France;
Il languit ,que dis je ? il n'est
plus.
Epargne du moins ce qui refte
D'unHerasfi cher à nosyeux ;
GALANT S
Souviens toyqu'un coupfifuneste
Nous l'a rendu plus précieux.
Que l'histoire luy represente
Les cris de l'erreur expirante
Sous le débris de fes autels ;
Il apprendra par ces exemples ,
Que l'honneurde tesfacrezTemples
Rend toûjours les Rois immortels.
७८
Conforve se Prince équitable ,
Dont nous admirons lesprojets:
Pour rendre le Monarque aisupsommables.
• Il veutrendre beureux lesſujets
La même mainqui dans la guerre
Afçû faire tremblerla terre,
Kij
116 MERCURE
Vaformer leplus grand des Rois,
Et la pofteritéfidelle
Luy tiendra compte deſon zele ,
Encorplus que deſes exploits.
NIC INGOULT , D. L. C. D. J.
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3
p. 241-246
ODE. Sur la Canonisation des Saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague.
Début :
Quelle Cour pompeuse et brillante [...]
Mots clefs :
Canonisation, Stanislas Kostka, Louis de Gonzague, Regards, Cour fabuleuse, Lubriques Divinités, Trône, Religion, Couronne, Lyre
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texteReconnaissance textuelle : ODE. Sur la Canonisation des Saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague.
O D E.
Sur la Canonisation des Saints Stanislas
Kostka et Louis de Gonzague.
Q Uelle Cour pompeuse et brillante
Se dévoile à mes yeux surpris ?
Dans quelle Région charmante
Un Dieu ravit- il mes esprits ?
Que vois-je ? Ce n'est plus la Terre ;
Au-dessus même du Tonnerre
Je porte de libres regards..
Un Temple brille dans la Nuë :
Quel jour ! une main inconnuë
M'ouvre les Cieux de toutes parts.
Ce n'est point la Cour fabuleuse
Des Dieux que l'erreur a vantés ,
Séjour d'une foule orgueilleuse
De lubriques Divinités ;;
Il n'est plus ce culte coupable :
Dans le Sanctuaire adorable
Que soutient la voûte des airs ,
Un seul Maître , un seul Dieu réside
Sa Majesté sainte y préside ,
Et veille au sort de l'Univers,
247 MERCURE DE FRANCE
Inclinés au pied de son Thrône
Les Anges saisis de respect ,
De la splendeur qui l'environne ,
Ne peuvent soutenir l'aspect.
Mais quoi ! vers ce Trône terrible ,
A tout Mortel inaccessible ,
Dans un char plus brillant que
Par une route de lumiere ,
Quittant la terrestre carriere ,
l'or ,
Deux Mortels prennent leur essor !
M
Volez , Vertus , et sur vos aîles
Enlevez leur char radieux ;
Jusqu'aux demeures immortelles
Portez ces jeunes demi- Dieux :
Ils vont , ils entrent dans la Gloire ,
'Au milieu des chants de victoire
De tous les celestes Esprits ;
Frappé de cent voix unanimes ,
L'air retentit des noms sublimes
De Stanislas et de Louis.
Tout le Ciel avec allegrésse
Reçoit ces Habitans nouveaux
La Religion s'interesse
Au Triomphe de ses Héros ;
La Pieté leur dresse un Trône
La
FEVRIER.
243 1731.
La Pudeur forme leur couronne
De ses Myrrhes toujours fleuris
Et dans cette fête charmante
Chaque Vertu retrouve et vante
Ses plus fideles favoris.
L'éclat de leur saint diadême
Leur cause de moins doux transports
Que le pur amour que Dieu même ...
Mais quel bras suspend mes accords ?
Une secrette violence
Force ici ma Lyre au silence
Sur ce bonheur Mysterieux ;
Dans ses Conseils impénetrables
Dieu seul voit les dons inéfables
Que sa main répand dans les Cieur.
潞
Nouveaux Saints , ames fortunées
Regnez , jouissez , sans désirs ;
La Mort abrégea vos années
Pour éterniser vos plaisirs.
Jaloux d'une immortelle vie ,
La fleur de vos jours est ravie
Sans vous causer de vains regrets
Vous tombez dans la nuit profondé
Trop tôt pour l'ornement du monde ;
Trop tard encor pour vos souhaits.
Da
244 MERCURE DE FRANCE
Du haut des sacrés tabernacles ,
Par mille prodiges nouveaux ,
Couronnez les anciens miracles ,
Qui font l'honneur de vos tombeaux ;
Sur l'encens de nos sacrifices
Attirez les regards propices
Du Maître absolu des humains ;
Eteignez le feu du Tonnerre ,
Que l'impieté de la Terre
Allume souvent dans ses mains.
Pour un Roi pacifique et juste
Offrez nos voeux au Roi des Rois ;
Veillez sur une Reine auguste ,
Le
sang * exige ici ses droits.
Les fruits d'un heureux hymenée
Dont la France se voit ornée ,
De l'Eternel sont les bienfaits :
Soyez les Anges tutelaires
Et les premiers dépositaires
Des dons chéris qu'il nous a faits.
諾
Tout change. Aux mortelles contrées
Faut-il donc ramener mes yeux ?
Pourquoi les portes azurées
Me referment - elles les Cieux ?
* La Reine est parente de ces deux Saints:
Toug
FEVRIER. 1731 .
245
Tout a disparu comme un songe ;
Mais ce n'est point un vain mensonge
Qui trompe mes sens éblouis :
Rome a parlé tout doit l'en croire ;
Son Oracle a marqué la gloire
De Stanislas et de Louis.
M
Peuples , retracez dans vos fêtes
La Pompe du divin séjour ;
Que tout applaudisse aux conquêtes
Que le Ciel fait en ce beau jour .
- Unissons des chants de louanges
Aux Concerts que le choeur des Anges
Consacre aux nouveaux Immortels ;
Et que sous ces voutes sacrées
Leurs images de fleurs parées
Tiennent un rang sur nos Autels .
讚
Jeunes coeurs , troupe aimable et tendre
'Accourez , offrez votre encens ;
Deux jeunes Saints ont droit d'attendre
Vos hommages reconnoissans.
A leur héroïque courage.
L'Univers a vû que votre âge ,
Capable d'illustres travaux ,
Peut aux Enfers livrer la guerre ,
Etre
246 MERCURE DE FRANCE.
Etre l'exemple de la Terre ,
Et peupler le Ciel de Héros .
Gresset Jésuite .
Sur la Canonisation des Saints Stanislas
Kostka et Louis de Gonzague.
Q Uelle Cour pompeuse et brillante
Se dévoile à mes yeux surpris ?
Dans quelle Région charmante
Un Dieu ravit- il mes esprits ?
Que vois-je ? Ce n'est plus la Terre ;
Au-dessus même du Tonnerre
Je porte de libres regards..
Un Temple brille dans la Nuë :
Quel jour ! une main inconnuë
M'ouvre les Cieux de toutes parts.
Ce n'est point la Cour fabuleuse
Des Dieux que l'erreur a vantés ,
Séjour d'une foule orgueilleuse
De lubriques Divinités ;;
Il n'est plus ce culte coupable :
Dans le Sanctuaire adorable
Que soutient la voûte des airs ,
Un seul Maître , un seul Dieu réside
Sa Majesté sainte y préside ,
Et veille au sort de l'Univers,
247 MERCURE DE FRANCE
Inclinés au pied de son Thrône
Les Anges saisis de respect ,
De la splendeur qui l'environne ,
Ne peuvent soutenir l'aspect.
Mais quoi ! vers ce Trône terrible ,
A tout Mortel inaccessible ,
Dans un char plus brillant que
Par une route de lumiere ,
Quittant la terrestre carriere ,
l'or ,
Deux Mortels prennent leur essor !
M
Volez , Vertus , et sur vos aîles
Enlevez leur char radieux ;
Jusqu'aux demeures immortelles
Portez ces jeunes demi- Dieux :
Ils vont , ils entrent dans la Gloire ,
'Au milieu des chants de victoire
De tous les celestes Esprits ;
Frappé de cent voix unanimes ,
L'air retentit des noms sublimes
De Stanislas et de Louis.
Tout le Ciel avec allegrésse
Reçoit ces Habitans nouveaux
La Religion s'interesse
Au Triomphe de ses Héros ;
La Pieté leur dresse un Trône
La
FEVRIER.
243 1731.
La Pudeur forme leur couronne
De ses Myrrhes toujours fleuris
Et dans cette fête charmante
Chaque Vertu retrouve et vante
Ses plus fideles favoris.
L'éclat de leur saint diadême
Leur cause de moins doux transports
Que le pur amour que Dieu même ...
Mais quel bras suspend mes accords ?
Une secrette violence
Force ici ma Lyre au silence
Sur ce bonheur Mysterieux ;
Dans ses Conseils impénetrables
Dieu seul voit les dons inéfables
Que sa main répand dans les Cieur.
潞
Nouveaux Saints , ames fortunées
Regnez , jouissez , sans désirs ;
La Mort abrégea vos années
Pour éterniser vos plaisirs.
Jaloux d'une immortelle vie ,
La fleur de vos jours est ravie
Sans vous causer de vains regrets
Vous tombez dans la nuit profondé
Trop tôt pour l'ornement du monde ;
Trop tard encor pour vos souhaits.
Da
244 MERCURE DE FRANCE
Du haut des sacrés tabernacles ,
Par mille prodiges nouveaux ,
Couronnez les anciens miracles ,
Qui font l'honneur de vos tombeaux ;
Sur l'encens de nos sacrifices
Attirez les regards propices
Du Maître absolu des humains ;
Eteignez le feu du Tonnerre ,
Que l'impieté de la Terre
Allume souvent dans ses mains.
Pour un Roi pacifique et juste
Offrez nos voeux au Roi des Rois ;
Veillez sur une Reine auguste ,
Le
sang * exige ici ses droits.
Les fruits d'un heureux hymenée
Dont la France se voit ornée ,
De l'Eternel sont les bienfaits :
Soyez les Anges tutelaires
Et les premiers dépositaires
Des dons chéris qu'il nous a faits.
諾
Tout change. Aux mortelles contrées
Faut-il donc ramener mes yeux ?
Pourquoi les portes azurées
Me referment - elles les Cieux ?
* La Reine est parente de ces deux Saints:
Toug
FEVRIER. 1731 .
245
Tout a disparu comme un songe ;
Mais ce n'est point un vain mensonge
Qui trompe mes sens éblouis :
Rome a parlé tout doit l'en croire ;
Son Oracle a marqué la gloire
De Stanislas et de Louis.
M
Peuples , retracez dans vos fêtes
La Pompe du divin séjour ;
Que tout applaudisse aux conquêtes
Que le Ciel fait en ce beau jour .
- Unissons des chants de louanges
Aux Concerts que le choeur des Anges
Consacre aux nouveaux Immortels ;
Et que sous ces voutes sacrées
Leurs images de fleurs parées
Tiennent un rang sur nos Autels .
讚
Jeunes coeurs , troupe aimable et tendre
'Accourez , offrez votre encens ;
Deux jeunes Saints ont droit d'attendre
Vos hommages reconnoissans.
A leur héroïque courage.
L'Univers a vû que votre âge ,
Capable d'illustres travaux ,
Peut aux Enfers livrer la guerre ,
Etre
246 MERCURE DE FRANCE.
Etre l'exemple de la Terre ,
Et peupler le Ciel de Héros .
Gresset Jésuite .
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Résumé : ODE. Sur la Canonisation des Saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague.
Le poème célèbre la canonisation des saints Stanislas Kostka et Louis de Gonzague. L'auteur décrit une vision céleste où il aperçoit un temple divin habité par un seul Dieu, entouré d'anges respectueux. Deux mortels, Stanislas et Louis, montent vers ce trône divin dans un char lumineux, accompagnés par des vertus et des esprits célestes. Le ciel accueille ces nouveaux saints avec allégresse, et chaque vertu célèbre ses favoris. La pudeur, la piété et l'amour divin sont particulièrement mis en avant. Le poème exprime également l'admiration pour ces saints dont la vie fut écourtée pour une immortalité éternelle. Les saints sont invités à intercéder pour un roi pacifique et juste, ainsi que pour une reine auguste. Le texte se termine par un appel aux peuples et aux jeunes cœurs pour honorer ces saints et suivre leur exemple héroïque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 461-464
ODE TIRÉE DU CANTIQUE D'HABACUC, Domine, audivi auditionem tuam et timui, &c.
Début :
L'ai-je bien entendu ! quelle horrible Sentence [...]
Mots clefs :
Habacuc, Cantique, Ennemi, Mort, Ennemis, Mer, Regards, Voix, Maux, Seigneur
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU CANTIQUE D'HABACUC, Domine, audivi auditionem tuam et timui, &c.
ODE
TIRE'E DU CANTIQUE D'HABACUĆ ,
Domine, audivi auditionem tuam
et timui , & c.
L'Ai- je bien entendu ! quelle horrible Sentence
Vient émouvoir mes sens ! quelle sinistre voix !
Ah! pardonne, Seigneur ; differe ta vengeance ;
Sois touché de mes pleurs pour la derniere foist
Où t'alloit emporter un Jugement funeste ! ´´.
Pour quel forfait le glaive armoit- il ton courroux?
Pouvois -tu l'immoler , ce déplorable reste
D'un Peuple que tu mis à couvert de tes coups.
'Armé pour sa deffense , il est tems de paroître ,
Vainement Babylone oppose ses Remparts ;
Combats , triomphe , cours ; Seigneur , fais- toi
connoître ;
Que dis-je? tu le peux d'un seul de tes regards.
Tel jadis tu parus , quand éclatant de gloire ,
Tu trainois à ton Char tes Ennemis vaincus ;
Les Echos du Pharam témoins de ta victoire ,
Du bruit de tes Exploits furent soudain émûs.
C iij
Le
462 MERCURE DE FRANCE
Le Soleil , à l'aspect de ta face brillante ,
Dans un nuage épais renferma sa splendeur ;
Les Foudres qui partoient de ta main menaçante ,
Terrassant l'Ennemi , rassuroient le vainqueur.
La Mort devant ton Char précipitoit ses traces ;
Le carnage et l'horreur suivoient ses tristes pas ;
L'Enfer à tes côtez , vengeur de tes disgraces ,
Portoit, selon ton ordre , à chacun le trépas .
Tu fixes tes regards ; tu parlas ; et la Terre
Reçoit , en frémissant , ton ordre souverains
Elle obéit , s'entr'ouvre , et bien - tôt le Tonnerre
Force tes Ennemis à rentrer dans son sein.
Tout fléchit devant toi , les Vallons et les Plaines
Aux Monts les plus chenus , se virent égalez ;
La Mer retint ses flots , les Fleuves, les Fontaines ,
Vers leurs Sources soudain fuyrent épouvantez.
L'Aveugle Egyptien , le blasphême à la bouche ,
Fut contraint de ceder aux efforts de ton bras;
Le sacrilege Chef d'une Race farouche ,
Abandonna son Camp au gré de tes Soldats .
Le Soleil dans les flots va finir sa carriere ;
La nuit confond déja ton Peuple dans l'oubli
Ти
MARS 1734 .
Tu tonnes . . . des Eclairs la bleuâtre lumiere ...
Guide le coup mortel qui frappe l'Ennemi.
La Mer entend ta voix ; son Onde menaçante
Attend pour s'écarter un seul de tes regards ;
Tu la fixes ; bien -tôt étonnée et tremblante ,
Elle forme en son sein deux humides remparts.
Ton Peuple craint les flots ; ta présence l'anime;
Il franchit des sentiers aux Mortels inconnus ;
L'Ennemi court , s'élance , il chancelle ; il s'abîme
,
La Mer gronde , se joint, et l'Ennemi n'est plus.
Mais ce jour a jamais marqué pour ta clémence,
Que d'horreurs, que de maux doivent le préceder !
Tu m'en as revelé la funeste science ,
Dieu Puissant , et je tremble à m'en persuader.
mort , vien de mes ans terminer la misere ;
Douce Mort hâte- toi de m'unir au Seigneur ;
Dérobez -moi, Tombeaux , aux traits de sa colere,
J'en connois la justice et j'en prévois l'horreur .
Tous les maux à la fois regneront sur la Terre
Une éternelle mort dévorera son sein
Nos Champs ensanglantez des fureurs de la guerre
Du triste Moissonneur tromperont le dessein .
C iiij
Les
464 MERCURE DE FRANCE
Les Fleuves tariront ; l'Astre qui nous éclaire
Refusera ses feux à nos Arbres naissants ;
Les Troupeaux périront sous la dent meurtriere
Des Lions affamez et des Ours dévorants.
Mais pourquoi t'affliger,ô mon ame ? qu'importe?
Pourquoi t'abandonner aux plus vives douleurs ?
Espere au Tout-Puissant ; crains - tu que sa main
forte ,
Ne puisse t'affranchir des plus pressans malheurs?
O Dieu , parmi les maux que ton bras nous
prépare ,
Ma voix ne cessera d'éxalter tes bienfaits ;
Israël dans les fers d'un Ennemi barbare
Connoîtra que c'est toi qui punis ses forfaits.
Oui c'est toi... quel rayon vient éclairer mon
ame !
Quel tumulte , quel bruit se répand dans les airs !
Les Remparts ennemis sont en proye à la flâme
Israël a brisé la honte de ses fers.
Releve- toi , Sion , mille cris de victoire
Annoncent la grandeur du Dieu de tes Ayeux ,
Vante à tout l'Univers sa puissance et sa gloire ,
Et que son nom soit craint de tes derniers Neveux.
Par M. R. Billard de Marseille.
TIRE'E DU CANTIQUE D'HABACUĆ ,
Domine, audivi auditionem tuam
et timui , & c.
L'Ai- je bien entendu ! quelle horrible Sentence
Vient émouvoir mes sens ! quelle sinistre voix !
Ah! pardonne, Seigneur ; differe ta vengeance ;
Sois touché de mes pleurs pour la derniere foist
Où t'alloit emporter un Jugement funeste ! ´´.
Pour quel forfait le glaive armoit- il ton courroux?
Pouvois -tu l'immoler , ce déplorable reste
D'un Peuple que tu mis à couvert de tes coups.
'Armé pour sa deffense , il est tems de paroître ,
Vainement Babylone oppose ses Remparts ;
Combats , triomphe , cours ; Seigneur , fais- toi
connoître ;
Que dis-je? tu le peux d'un seul de tes regards.
Tel jadis tu parus , quand éclatant de gloire ,
Tu trainois à ton Char tes Ennemis vaincus ;
Les Echos du Pharam témoins de ta victoire ,
Du bruit de tes Exploits furent soudain émûs.
C iij
Le
462 MERCURE DE FRANCE
Le Soleil , à l'aspect de ta face brillante ,
Dans un nuage épais renferma sa splendeur ;
Les Foudres qui partoient de ta main menaçante ,
Terrassant l'Ennemi , rassuroient le vainqueur.
La Mort devant ton Char précipitoit ses traces ;
Le carnage et l'horreur suivoient ses tristes pas ;
L'Enfer à tes côtez , vengeur de tes disgraces ,
Portoit, selon ton ordre , à chacun le trépas .
Tu fixes tes regards ; tu parlas ; et la Terre
Reçoit , en frémissant , ton ordre souverains
Elle obéit , s'entr'ouvre , et bien - tôt le Tonnerre
Force tes Ennemis à rentrer dans son sein.
Tout fléchit devant toi , les Vallons et les Plaines
Aux Monts les plus chenus , se virent égalez ;
La Mer retint ses flots , les Fleuves, les Fontaines ,
Vers leurs Sources soudain fuyrent épouvantez.
L'Aveugle Egyptien , le blasphême à la bouche ,
Fut contraint de ceder aux efforts de ton bras;
Le sacrilege Chef d'une Race farouche ,
Abandonna son Camp au gré de tes Soldats .
Le Soleil dans les flots va finir sa carriere ;
La nuit confond déja ton Peuple dans l'oubli
Ти
MARS 1734 .
Tu tonnes . . . des Eclairs la bleuâtre lumiere ...
Guide le coup mortel qui frappe l'Ennemi.
La Mer entend ta voix ; son Onde menaçante
Attend pour s'écarter un seul de tes regards ;
Tu la fixes ; bien -tôt étonnée et tremblante ,
Elle forme en son sein deux humides remparts.
Ton Peuple craint les flots ; ta présence l'anime;
Il franchit des sentiers aux Mortels inconnus ;
L'Ennemi court , s'élance , il chancelle ; il s'abîme
,
La Mer gronde , se joint, et l'Ennemi n'est plus.
Mais ce jour a jamais marqué pour ta clémence,
Que d'horreurs, que de maux doivent le préceder !
Tu m'en as revelé la funeste science ,
Dieu Puissant , et je tremble à m'en persuader.
mort , vien de mes ans terminer la misere ;
Douce Mort hâte- toi de m'unir au Seigneur ;
Dérobez -moi, Tombeaux , aux traits de sa colere,
J'en connois la justice et j'en prévois l'horreur .
Tous les maux à la fois regneront sur la Terre
Une éternelle mort dévorera son sein
Nos Champs ensanglantez des fureurs de la guerre
Du triste Moissonneur tromperont le dessein .
C iiij
Les
464 MERCURE DE FRANCE
Les Fleuves tariront ; l'Astre qui nous éclaire
Refusera ses feux à nos Arbres naissants ;
Les Troupeaux périront sous la dent meurtriere
Des Lions affamez et des Ours dévorants.
Mais pourquoi t'affliger,ô mon ame ? qu'importe?
Pourquoi t'abandonner aux plus vives douleurs ?
Espere au Tout-Puissant ; crains - tu que sa main
forte ,
Ne puisse t'affranchir des plus pressans malheurs?
O Dieu , parmi les maux que ton bras nous
prépare ,
Ma voix ne cessera d'éxalter tes bienfaits ;
Israël dans les fers d'un Ennemi barbare
Connoîtra que c'est toi qui punis ses forfaits.
Oui c'est toi... quel rayon vient éclairer mon
ame !
Quel tumulte , quel bruit se répand dans les airs !
Les Remparts ennemis sont en proye à la flâme
Israël a brisé la honte de ses fers.
Releve- toi , Sion , mille cris de victoire
Annoncent la grandeur du Dieu de tes Ayeux ,
Vante à tout l'Univers sa puissance et sa gloire ,
Et que son nom soit craint de tes derniers Neveux.
Par M. R. Billard de Marseille.
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Résumé : ODE TIRÉE DU CANTIQUE D'HABACUC, Domine, audivi auditionem tuam et timui, &c.
Le texte est une ode extraite du Cantique d'Habacuc, qui exprime la peur et la supplication face à la vengeance divine. Le narrateur, après avoir entendu une sentence terrible, implore Dieu de retarder sa vengeance et de pardonner. Il s'interroge sur la raison pour laquelle le glaive est levé contre un peuple déjà éprouvé et espère que Dieu se manifestera pour défendre son peuple contre Babylone. Le narrateur rappelle la puissance divine en évoquant les victoires passées où Dieu a terrassé ses ennemis et commandé aux éléments naturels. Il décrit les signes de la colère divine, tels que la mer qui s'ouvre et les montagnes qui s'abaissent. L'ode se conclut par une acceptation des maux à venir, mais aussi par une espérance en la clémence divine et la libération d'Israël de ses oppresseurs. Le peuple est appelé à se relever et à proclamer la grandeur et la puissance de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1143-1147
DESCARTES. POEME. Par M. d'Arnaud.
Début :
Fille de la Raison, sage Divinité, [...]
Mots clefs :
Yeux, Cieux, Nuit, Jour, Erreur, Arts, Regards, Philosophie, Raison, René Descartes
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texteReconnaissance textuelle : DESCARTES. POEME. Par M. d'Arnaud.
DESCARTES.
POEM E:
Par M. d'Arnaud.
Fulle de la Raifon , fage Divinité ,
Toi , qui conduis nos pas à l'immortalité ;
O toi , par qui des Cieux franchiffant la barriere ,
Des Aftres étonnés nous bornons la carriere ;
Toi , qui nous éclairant de ton divin flambeau ,
Sur la nuit de l'Eſprit répans un jour nouveau
Et de l'erreur des fens diffipant les preſtiges ,
Anos yeux chaque jour découvres des prodiges;
Maîtreffe de ma vie , ame de tous les Arts ,
Echauffe mes Ecrits du feu de tes regards ;
Souffre que m'élevant fur l'aîle du génie >
Je chante le pouvoir de la Philofophie.
Qu'affociant tes fruits aux fleurs de l'Hélicon ,
J'éternise ma gloire , en célebrant ton nom .
Je confacre mes Vers au fublime Descartes ;
Qu'à jamais de ces Lieux le menfonge s'écarte ,
Et faifant devant moi marcher la vérité ,
Guide mes pas tremblans dans cette obfcurité ;
Des ombres de l'erreur , la Terre environnée ,
Afon aveuglément s'étoit abandonnée ;
Longtemps, à l'Ignorance élevant des Autels ,
E iij
La
1144 MERCURE DE FRANCE
La Superftition abufa les Mortels ;
Des Arts qu'elle obfcurcit la clarté fut éteinte
L'Univers oprimé n'obéit qu'à la crainte ,
Et rampant fous le joug imposé par l'Erreur ,
De ce Tiran facré refpecta la fureur ;
Son poifon étouffant le germe des Sciences ,
Des vices dans nos coeurs entretint les femences ,
En vain la vérité fit entendre fa voix ,
Le menfonge usurpa fon empire , & les droits
De la crédulité , déplorable victimes ,
Scs
yeux
Les humains confondoient les vertus & les crimes,
Et mettant fur leurs yeux eux -mêmes le bandeau;
Toujours de la raiſon repouffoient le flambeau .
La Terre enfin fortit de cette nuit profonde ,
Le voile de l'Erreur ne couvrit plus le monde ;
furent ouverts , le jour qu'il entrevit ,
En éclairant fon coeur éclaira fon Efprit ;
De cet éclat nouveau les rayons l'étonnerent
Alors vers la raiſon ſes regards fe tournerent ;
Cette aurore naiffante aux Mortels annonça
Un Soleil plus brillant qui bien - tôt l'effaça ,
Et la Philofophie étendant fa carriere ,
Lui prêta tous les traits de fa vive lumiere ,
Sur ce vafte horison il commença fon cours ,
A l'Europe fçavante il difpenfa fes jours ,
De cet Aftre vainqueur , même dans fa naiſſance ,
Dominis le premier reffentit l'influence ,
JUIN . 1145 1740.
Il échauffa fon fein de fes feux bienfaifans ;
Il regarde , le Ciel s'ouvre à fes yeux perçans ;
Dans ce Dédale obfcur guidé par le génie ,
Raffûré par le fil de la Philofophie ,
Du préjugé puiffant il dompte les erreurs ,
De l'écharpe d'Iris fa main peint les couleurs ;
Il démêle avec art ces diverfes nuances ,
Des rayons repétés éclatantes fubftances ;
Descarte enfin paroît ; cet Aigle audacieux
Bientôt d'un vol hardi s'éleve dans les Cieux ;
Dans fa courfe déja franchiffant les nuages ,
Il pénetre la Sphere , où naiffent les orages ;
Dans le fein de la foudre il porte ſes regards ,
Il voit de tous côtés ces tourbillons épars ,
Qui , fans ceffe nageant dans des flots de lumiere ;
Semblent donner une ame au corps de la matiere ;
Par lui l'impulfion donne aux Aftres des loix ,
Ces globes enflammés dociles à fa voix ,
D'un nouveau Zoroaftre éprouvant la puiffance ,
A fon compas vainqueur foûmettent leur diſtance ;
De l'Univers furpris il regle les refforts ;
La Mer en mugiffant s'arrête fur fes bords ,
Il découvre à nos yeux ces brillans Météores ,
Ces Cometes , ces feux , fugitives Aurores ,
Qui de l'Aftre du jour empruntant leur clarté ,
Enfantent le trépas et la ftérilité .
Il détruit tous ces corps nés avec la Nature ,
E iiij
Ces
4146 MERCURE DE FRANCE
la main
d'Epicure ,
Ces fantômes créés par
Qu'adopta l'ignorance , & que l'impiété
Apuya du pouvoir de la crédulité.
De l'Aftre de la nuit la carriere eft bornée ,
Dans un cercle annuel fa courfe eft entraînée ;
De la lumiere enfin diftinguant tous les traits ,
Il connoît à la fois fa caufe & les effets ;
La Nature à fon art n'opoſe plus d'obſtacles .
Defcartes , tes travaux font autant de miracles ;
Soleil , refte immobile , et fixe dans ton cours ,
Sur le Thrône des Cieux affieds - toi pour toujours ;
Qu'aux loix du mouvement la Terre obéiffante
Dans l'Océan des airs foit fans ceffe flotante.
Et vous qui jufqu'ici nous étiez inconnus ,
Mercure , Jupiter , Saturne , Mars , Venus ,
Planettes , qui des Cieux ornez l'immenſe voûte ;
Defcartes pour jamais a marqué votre route.
C'est ainsi qu'éclairant les yeux de l'Univers ,
Il ôta le bandeau dont ils étoient couverts :
Ainfi faifant ceffer la triſte léthargie ,
Où la France long- temps languit ensevelie ,
Des Beaux Arts endormis il hâta le réveil ,
Il retira l'efprit d'un fi honteux fommeil ,
De la nuit de notre ame il chaffa les ténebres.
Par lui tous les Talens fe rendirent célebres ;
LOUIS fit oublier et Rome et fes Césars ,
A l'ombre des lauriers il cultiva les Arts.
Leur
JUIN. 1740.
4147
.
Leur tige par fes foins devenant plus féconde ,
Etendit ſes rameaux jufques -aux bouts du monde ;
Et partout répandant et fes fleurs et fes fruits ,
Nous fit chérir la main qui les avoit produits.
Mais à fon Dieu fidele , et Philofophe ſage ,
Defcartes l'adora dans fon fublime ouvrage ;
Et gardant le refpect que l'on doit à fon nom ,
Sçut toujours à la Foi foûmettre la raiſon .
POEM E:
Par M. d'Arnaud.
Fulle de la Raifon , fage Divinité ,
Toi , qui conduis nos pas à l'immortalité ;
O toi , par qui des Cieux franchiffant la barriere ,
Des Aftres étonnés nous bornons la carriere ;
Toi , qui nous éclairant de ton divin flambeau ,
Sur la nuit de l'Eſprit répans un jour nouveau
Et de l'erreur des fens diffipant les preſtiges ,
Anos yeux chaque jour découvres des prodiges;
Maîtreffe de ma vie , ame de tous les Arts ,
Echauffe mes Ecrits du feu de tes regards ;
Souffre que m'élevant fur l'aîle du génie >
Je chante le pouvoir de la Philofophie.
Qu'affociant tes fruits aux fleurs de l'Hélicon ,
J'éternise ma gloire , en célebrant ton nom .
Je confacre mes Vers au fublime Descartes ;
Qu'à jamais de ces Lieux le menfonge s'écarte ,
Et faifant devant moi marcher la vérité ,
Guide mes pas tremblans dans cette obfcurité ;
Des ombres de l'erreur , la Terre environnée ,
Afon aveuglément s'étoit abandonnée ;
Longtemps, à l'Ignorance élevant des Autels ,
E iij
La
1144 MERCURE DE FRANCE
La Superftition abufa les Mortels ;
Des Arts qu'elle obfcurcit la clarté fut éteinte
L'Univers oprimé n'obéit qu'à la crainte ,
Et rampant fous le joug imposé par l'Erreur ,
De ce Tiran facré refpecta la fureur ;
Son poifon étouffant le germe des Sciences ,
Des vices dans nos coeurs entretint les femences ,
En vain la vérité fit entendre fa voix ,
Le menfonge usurpa fon empire , & les droits
De la crédulité , déplorable victimes ,
Scs
yeux
Les humains confondoient les vertus & les crimes,
Et mettant fur leurs yeux eux -mêmes le bandeau;
Toujours de la raiſon repouffoient le flambeau .
La Terre enfin fortit de cette nuit profonde ,
Le voile de l'Erreur ne couvrit plus le monde ;
furent ouverts , le jour qu'il entrevit ,
En éclairant fon coeur éclaira fon Efprit ;
De cet éclat nouveau les rayons l'étonnerent
Alors vers la raiſon ſes regards fe tournerent ;
Cette aurore naiffante aux Mortels annonça
Un Soleil plus brillant qui bien - tôt l'effaça ,
Et la Philofophie étendant fa carriere ,
Lui prêta tous les traits de fa vive lumiere ,
Sur ce vafte horison il commença fon cours ,
A l'Europe fçavante il difpenfa fes jours ,
De cet Aftre vainqueur , même dans fa naiſſance ,
Dominis le premier reffentit l'influence ,
JUIN . 1145 1740.
Il échauffa fon fein de fes feux bienfaifans ;
Il regarde , le Ciel s'ouvre à fes yeux perçans ;
Dans ce Dédale obfcur guidé par le génie ,
Raffûré par le fil de la Philofophie ,
Du préjugé puiffant il dompte les erreurs ,
De l'écharpe d'Iris fa main peint les couleurs ;
Il démêle avec art ces diverfes nuances ,
Des rayons repétés éclatantes fubftances ;
Descarte enfin paroît ; cet Aigle audacieux
Bientôt d'un vol hardi s'éleve dans les Cieux ;
Dans fa courfe déja franchiffant les nuages ,
Il pénetre la Sphere , où naiffent les orages ;
Dans le fein de la foudre il porte ſes regards ,
Il voit de tous côtés ces tourbillons épars ,
Qui , fans ceffe nageant dans des flots de lumiere ;
Semblent donner une ame au corps de la matiere ;
Par lui l'impulfion donne aux Aftres des loix ,
Ces globes enflammés dociles à fa voix ,
D'un nouveau Zoroaftre éprouvant la puiffance ,
A fon compas vainqueur foûmettent leur diſtance ;
De l'Univers furpris il regle les refforts ;
La Mer en mugiffant s'arrête fur fes bords ,
Il découvre à nos yeux ces brillans Météores ,
Ces Cometes , ces feux , fugitives Aurores ,
Qui de l'Aftre du jour empruntant leur clarté ,
Enfantent le trépas et la ftérilité .
Il détruit tous ces corps nés avec la Nature ,
E iiij
Ces
4146 MERCURE DE FRANCE
la main
d'Epicure ,
Ces fantômes créés par
Qu'adopta l'ignorance , & que l'impiété
Apuya du pouvoir de la crédulité.
De l'Aftre de la nuit la carriere eft bornée ,
Dans un cercle annuel fa courfe eft entraînée ;
De la lumiere enfin diftinguant tous les traits ,
Il connoît à la fois fa caufe & les effets ;
La Nature à fon art n'opoſe plus d'obſtacles .
Defcartes , tes travaux font autant de miracles ;
Soleil , refte immobile , et fixe dans ton cours ,
Sur le Thrône des Cieux affieds - toi pour toujours ;
Qu'aux loix du mouvement la Terre obéiffante
Dans l'Océan des airs foit fans ceffe flotante.
Et vous qui jufqu'ici nous étiez inconnus ,
Mercure , Jupiter , Saturne , Mars , Venus ,
Planettes , qui des Cieux ornez l'immenſe voûte ;
Defcartes pour jamais a marqué votre route.
C'est ainsi qu'éclairant les yeux de l'Univers ,
Il ôta le bandeau dont ils étoient couverts :
Ainfi faifant ceffer la triſte léthargie ,
Où la France long- temps languit ensevelie ,
Des Beaux Arts endormis il hâta le réveil ,
Il retira l'efprit d'un fi honteux fommeil ,
De la nuit de notre ame il chaffa les ténebres.
Par lui tous les Talens fe rendirent célebres ;
LOUIS fit oublier et Rome et fes Césars ,
A l'ombre des lauriers il cultiva les Arts.
Leur
JUIN. 1740.
4147
.
Leur tige par fes foins devenant plus féconde ,
Etendit ſes rameaux jufques -aux bouts du monde ;
Et partout répandant et fes fleurs et fes fruits ,
Nous fit chérir la main qui les avoit produits.
Mais à fon Dieu fidele , et Philofophe ſage ,
Defcartes l'adora dans fon fublime ouvrage ;
Et gardant le refpect que l'on doit à fon nom ,
Sçut toujours à la Foi foûmettre la raiſon .
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6
p. 57-58
AU ROI, A son retour de l'Armée.
Début :
Quand le Soleil, ame de la Nature, [...]
Mots clefs :
Roi, Retour, Nuit, Regards, Cieux, Voix, Peuple, Sensible, Doux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI, A son retour de l'Armée.
AU ROI ,
A fon retour de l'Armée,
QUandle Soleil , ame de laNature ,
Au Monde ; en s'éclipſant , dérobe ſa clarté ,
Tout s'attriſte& languit dans une nuit obſcures
Tout eſt ſans vie & fans beauté.
Qu'il reparoiffe & brille fans nuage ;
Aſes premiers regards tout revit ſous les Cieux ;
Et pour chanter ſon retour glorieux ,
Tout a ſa voix & ſon langage.
Legazoüillement des Oiseaux
Des tranquilles Forêts interrompt le filence ;
Sur le gazon fleuri bondiſſent les Troupeaux ;
Le Poiſſon , même qui s'élance ,
Se plaît ſur la face des Eaux.
Louis , à ce Tableau tu reconnois la France
Dans ſon ſein , Aftre bienfaiſant ,
Que ton Eclipse , hélas , a répandu d'allarmes !
Mais à la ſeule joye il échappe des larmes ,
Quand ſur ſon horiſon tu parois renaiſſant.
Quel concours empreſſé d'un Peuple qui t'adore !
Il te voit , s'attendrit , & veut te voir encore ;
Le jour qu'il te retrouve , eſt le plus beau des jours;
Pour le prolonger dans ſon cours ,
58 MERCURE DE FRANCE.
Il embellit la nuit des clartés de l'Aurore ;
Tout s'anime , tout ſe décore :
Ici de mille voix s'élevent les Concerts ;
Là le ſalpêtre ardent, qui s'exhale en éclairs,
Brille, ſerpente , éclate , & par ſes jeux rapides ,
Ton nom qu'il fait éclore à nos regards avides,
Ainſi quedans les coeurs eſt écrit dans les airs .
GRAND ROI , cet hommage ſi tendre ,
Que le zéle François brûle de t'exprimer ,
Pourroit-il ne pas te charmer ?
Il eſt ſi doux de te le rendre !
Il eſt ſi doux d'élever juſqu'aux Cieux
Un Roi , que fes périls ſuivis de la Victoire ,
Nous rendent aufli cher, qu'il eſt grand à nos yeux
Senſible à la folide gloire ,
Senſible à nos tranſports , applaudis à nos Voeux ::
Affés d'exploits brillans affûrent ta mémoire ,
Mais ton amour pour nous, tracé dans ton Hiſtoire,
Fera douter chés nos Neveux ,
Qui du Prince ou du Peuple étoit le plus heureux,
: Le P. R de l'Oratoire.
A fon retour de l'Armée,
QUandle Soleil , ame de laNature ,
Au Monde ; en s'éclipſant , dérobe ſa clarté ,
Tout s'attriſte& languit dans une nuit obſcures
Tout eſt ſans vie & fans beauté.
Qu'il reparoiffe & brille fans nuage ;
Aſes premiers regards tout revit ſous les Cieux ;
Et pour chanter ſon retour glorieux ,
Tout a ſa voix & ſon langage.
Legazoüillement des Oiseaux
Des tranquilles Forêts interrompt le filence ;
Sur le gazon fleuri bondiſſent les Troupeaux ;
Le Poiſſon , même qui s'élance ,
Se plaît ſur la face des Eaux.
Louis , à ce Tableau tu reconnois la France
Dans ſon ſein , Aftre bienfaiſant ,
Que ton Eclipse , hélas , a répandu d'allarmes !
Mais à la ſeule joye il échappe des larmes ,
Quand ſur ſon horiſon tu parois renaiſſant.
Quel concours empreſſé d'un Peuple qui t'adore !
Il te voit , s'attendrit , & veut te voir encore ;
Le jour qu'il te retrouve , eſt le plus beau des jours;
Pour le prolonger dans ſon cours ,
58 MERCURE DE FRANCE.
Il embellit la nuit des clartés de l'Aurore ;
Tout s'anime , tout ſe décore :
Ici de mille voix s'élevent les Concerts ;
Là le ſalpêtre ardent, qui s'exhale en éclairs,
Brille, ſerpente , éclate , & par ſes jeux rapides ,
Ton nom qu'il fait éclore à nos regards avides,
Ainſi quedans les coeurs eſt écrit dans les airs .
GRAND ROI , cet hommage ſi tendre ,
Que le zéle François brûle de t'exprimer ,
Pourroit-il ne pas te charmer ?
Il eſt ſi doux de te le rendre !
Il eſt ſi doux d'élever juſqu'aux Cieux
Un Roi , que fes périls ſuivis de la Victoire ,
Nous rendent aufli cher, qu'il eſt grand à nos yeux
Senſible à la folide gloire ,
Senſible à nos tranſports , applaudis à nos Voeux ::
Affés d'exploits brillans affûrent ta mémoire ,
Mais ton amour pour nous, tracé dans ton Hiſtoire,
Fera douter chés nos Neveux ,
Qui du Prince ou du Peuple étoit le plus heureux,
: Le P. R de l'Oratoire.
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7
p. 11-16
ELOGE DE LA POESIE. Epître à Monsieur F***.
Début :
Voulez-vous qu'en rimes fleuries, [...]
Mots clefs :
Poésie, Aimable, Secours, Regards, Goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE DE LA POESIE. Epître à Monsieur F***.
ELOGE DE LA POESIE.
Epître à Monsieur F***.
Voulez-vous qu'en rimes fleuries,
Du Pinde Eleve ambitieux
J'offre à vos regards curieux
Un Tableau de mes rêveries;
Que par des traits fastidieux,
Je compose mes broderies
D'Amours de Diables, de Furies,
De Bergers, de Rois, & de Dieux?
Non, non, d'un pareil assemblage
La bisarre difformité,
Loin de gagner votre suffrage,
S'oppose à la naiveté
Dont le bon goût vous a doté.
C'est par lui que, Juge équitable,
Amant de la solidité,
Vous préférez la Vérité
Aux vains ornemens de la Fable.
Ce n'est pas qu'un conte agréable,
Fils d'une heureuse invention,
Quelquesois, par un tour aimable,
Ne flate votre attention;
Mais notez que la fiction
Avj
12
MERCURE DEFRANCE.
Marquée au coin de la justesse,
Doit unir dans l'expression
La force à la délicatesse.
Envain, par un effort nouveau,
Pour créer telle mignature,
A la contrainte la plus dure
J'abandonnerois mon cerveau;
Rebuté d'un travail extrême
Plein de dépit contre moi même,
Je briserois Lime & Rabot.
C'est dans le vrai que je réside;
Lui seul m'enhardit, & me guide,
La Nature en a fait mon lot:
Aimable don, simple avantage
Banni du précieux jargon,
Que fourde aux cris de la raison,
Des François arbure volage,
La Mode introduit en usage.
Qu'elle accorde à ses Favoris,
Pour prix d'un hommage fidéle,
La qualité de beaux esprits;
Que maint Lecteur seduit par elle
Applaudisse à leurs faux écrits
Masqués d'un fade coloris;
Qu'ils reçoivent de l'artifice
Vagues recueils, objets proscrits
D'un choix aux vrais taleus propice
Mots ambigus, tiens affectés.
MARS. 1752.
Qui par le caprice enfantés,
Seront détruits par le caprice.
Du bon sens esclave soumis,
Je regle mes pas affermis
Dans une route plus unie.
Ennemi de la nouveauté
Je soustrais mon foible génie
A la fastueuse manie
Dont notre siecle est entêté;
Et j'ose au gré de mon envie,
D'un pressant délire agité,
A l'immortelle Poësie,
Par une breve apologie,
Donner un Encens mérité.
Des vastes Cieux Etres sublimes,
Pour jamais, brulans Seraphins,
Dans vos Cantiques magnanimes,
Dévouez ses Charmes divins
Aux louanges du Saint des Saints.
De vos coeurs aimable interprête,
Courez au pied de vos Autels,
Signalez vous, heureux Mortels,
Par le secours qu'elle vous prête:
Livrés à ses accords puissans
Qu'ils soient Pame de votre zele,
Qu'elle dispense à vos accens
Une force toujours nouvelle.
Volex dans les Plaines de Mars,
oog
13
14 MERCURE DEFRANCE.
Suivez une fougue rapide
Héros; au milieu des hazards
Prenez un essor intrepide;
Ardens, à déployer vos bras
Pénétrés du feu de la gloire,
Cherchez dans l'horreur des combats,
Ou le trépas, ou la victoire.
Une Muse bien- tôt, de vos Exploits faneux
Va d'un crayon leger tracer la noble image
Où vainqueur de l'oubli, leut pompeux étalage
Instruira nos derniers neveux
Des efforts de votre courage.
Et vous, Monarques fortunés,
Qui libres sous vos Diadêmes,
Vrais Philosophes couronnés,
Louissez toujours de vous-mêmes;
Que soutenus par vos bienfaits
Amoureux de votre puissance,
Les beaux Arts, Enfans de la Paix,
Heureux germe de l'abondance,
Comblent vos utiles souhaits,
Des Fruits de leur reconnoissance.
Toujours craints, & toujours aimés,
Toujours contre le vice armés,
Rois vigilans, Amis sinoeres,
Zélés, tendres, généreux Peres,
Sçachea, à la vertu formés,
MARS. 1752.
Embellir de ses caracteres
Les coeurs de vos Peuples charmés.
Que voi-je? loin de la barierre,
Asservis aux regles du tems,
Vous touchez, conduits par les ans,
Au terme de votre carriere !
Un voile affreux dérobe à vos regards pesans
Les Rayons affoiblis d'un reste de lumiere
La Mort ètend sur vous une main meurtriere:
Déja vous expirex sous ses coups triomphans..
Déja l'auguste Poësie,
Vous ravit au sein des Tombeaux,
Glorieuse par ses travaux
De vous donner une autre vie,
Et que de vos vertus l'Univers enchanté
Vous consacre par elle à l'immortalité.
Des plaisits de la Scene arbitre favorable,
Elle y devient fertile en préceptes chéris;
Et tantôt sa morale est un sel agréable,
Qui corrige les moeurs par le secours des ris: (a)
Tantôt elle nous montre au milieu des allarmes (6)
Des vives passions l'effet précipité.
Elle nous plaît, nous touche, & maintient par nos
larmes
(a) La Comédio.
(b) La Tragédie.
Digitzed by Goo-
15
16 MERCURE DE FRANCE.
L'Empire de l'humanité.
Vous dont l'astre vainqueur, par sa douce in-
fluence
De Despreaux en vous confirme la sentence;
Vous qui cedant aux Loix d'un penchant précieux,
Loin du vaste sentier des rimeurs ennuyeux,
Soutenus, enflammés par les Leçons d'Horace,
Suivez en liberté les routes qu'il vous trace
Partisans du bon goût, que son mâle secours
Attache à vos succès la splendeur de nos jours.
Le vieux Timon vous hait, contre un talent su-
prême
Il lance injustement un frivole anathême;
Accablé sous le joug de la prévention,
Il doit piquer encor votre émulation.
Gardez- vous, entrainés par une ardeur caustique
De suivre les fureurs du Démon Satyrique.
Auteurs gays & badins, mais sans obscuritem,
Et plus graves bien-tôt, mais sans austérité;
Soigneux de contenter un désir salutaire:
Jouissez du bonheur & d'instruire & de plaire.
Montrez qu'on peut enfin, par d'invincibles
nouds,
Allier le Poôte à l'homme vertueux.
Qu'un Zoile insensible aux traits de la nature,
Oppose à vos écrits une indigne censure;
Contens de mépriser un soible jugement
Soyez toujours par oux l'écho du Sentimeat
Epître à Monsieur F***.
Voulez-vous qu'en rimes fleuries,
Du Pinde Eleve ambitieux
J'offre à vos regards curieux
Un Tableau de mes rêveries;
Que par des traits fastidieux,
Je compose mes broderies
D'Amours de Diables, de Furies,
De Bergers, de Rois, & de Dieux?
Non, non, d'un pareil assemblage
La bisarre difformité,
Loin de gagner votre suffrage,
S'oppose à la naiveté
Dont le bon goût vous a doté.
C'est par lui que, Juge équitable,
Amant de la solidité,
Vous préférez la Vérité
Aux vains ornemens de la Fable.
Ce n'est pas qu'un conte agréable,
Fils d'une heureuse invention,
Quelquesois, par un tour aimable,
Ne flate votre attention;
Mais notez que la fiction
Avj
12
MERCURE DEFRANCE.
Marquée au coin de la justesse,
Doit unir dans l'expression
La force à la délicatesse.
Envain, par un effort nouveau,
Pour créer telle mignature,
A la contrainte la plus dure
J'abandonnerois mon cerveau;
Rebuté d'un travail extrême
Plein de dépit contre moi même,
Je briserois Lime & Rabot.
C'est dans le vrai que je réside;
Lui seul m'enhardit, & me guide,
La Nature en a fait mon lot:
Aimable don, simple avantage
Banni du précieux jargon,
Que fourde aux cris de la raison,
Des François arbure volage,
La Mode introduit en usage.
Qu'elle accorde à ses Favoris,
Pour prix d'un hommage fidéle,
La qualité de beaux esprits;
Que maint Lecteur seduit par elle
Applaudisse à leurs faux écrits
Masqués d'un fade coloris;
Qu'ils reçoivent de l'artifice
Vagues recueils, objets proscrits
D'un choix aux vrais taleus propice
Mots ambigus, tiens affectés.
MARS. 1752.
Qui par le caprice enfantés,
Seront détruits par le caprice.
Du bon sens esclave soumis,
Je regle mes pas affermis
Dans une route plus unie.
Ennemi de la nouveauté
Je soustrais mon foible génie
A la fastueuse manie
Dont notre siecle est entêté;
Et j'ose au gré de mon envie,
D'un pressant délire agité,
A l'immortelle Poësie,
Par une breve apologie,
Donner un Encens mérité.
Des vastes Cieux Etres sublimes,
Pour jamais, brulans Seraphins,
Dans vos Cantiques magnanimes,
Dévouez ses Charmes divins
Aux louanges du Saint des Saints.
De vos coeurs aimable interprête,
Courez au pied de vos Autels,
Signalez vous, heureux Mortels,
Par le secours qu'elle vous prête:
Livrés à ses accords puissans
Qu'ils soient Pame de votre zele,
Qu'elle dispense à vos accens
Une force toujours nouvelle.
Volex dans les Plaines de Mars,
oog
13
14 MERCURE DEFRANCE.
Suivez une fougue rapide
Héros; au milieu des hazards
Prenez un essor intrepide;
Ardens, à déployer vos bras
Pénétrés du feu de la gloire,
Cherchez dans l'horreur des combats,
Ou le trépas, ou la victoire.
Une Muse bien- tôt, de vos Exploits faneux
Va d'un crayon leger tracer la noble image
Où vainqueur de l'oubli, leut pompeux étalage
Instruira nos derniers neveux
Des efforts de votre courage.
Et vous, Monarques fortunés,
Qui libres sous vos Diadêmes,
Vrais Philosophes couronnés,
Louissez toujours de vous-mêmes;
Que soutenus par vos bienfaits
Amoureux de votre puissance,
Les beaux Arts, Enfans de la Paix,
Heureux germe de l'abondance,
Comblent vos utiles souhaits,
Des Fruits de leur reconnoissance.
Toujours craints, & toujours aimés,
Toujours contre le vice armés,
Rois vigilans, Amis sinoeres,
Zélés, tendres, généreux Peres,
Sçachea, à la vertu formés,
MARS. 1752.
Embellir de ses caracteres
Les coeurs de vos Peuples charmés.
Que voi-je? loin de la barierre,
Asservis aux regles du tems,
Vous touchez, conduits par les ans,
Au terme de votre carriere !
Un voile affreux dérobe à vos regards pesans
Les Rayons affoiblis d'un reste de lumiere
La Mort ètend sur vous une main meurtriere:
Déja vous expirex sous ses coups triomphans..
Déja l'auguste Poësie,
Vous ravit au sein des Tombeaux,
Glorieuse par ses travaux
De vous donner une autre vie,
Et que de vos vertus l'Univers enchanté
Vous consacre par elle à l'immortalité.
Des plaisits de la Scene arbitre favorable,
Elle y devient fertile en préceptes chéris;
Et tantôt sa morale est un sel agréable,
Qui corrige les moeurs par le secours des ris: (a)
Tantôt elle nous montre au milieu des allarmes (6)
Des vives passions l'effet précipité.
Elle nous plaît, nous touche, & maintient par nos
larmes
(a) La Comédio.
(b) La Tragédie.
Digitzed by Goo-
15
16 MERCURE DE FRANCE.
L'Empire de l'humanité.
Vous dont l'astre vainqueur, par sa douce in-
fluence
De Despreaux en vous confirme la sentence;
Vous qui cedant aux Loix d'un penchant précieux,
Loin du vaste sentier des rimeurs ennuyeux,
Soutenus, enflammés par les Leçons d'Horace,
Suivez en liberté les routes qu'il vous trace
Partisans du bon goût, que son mâle secours
Attache à vos succès la splendeur de nos jours.
Le vieux Timon vous hait, contre un talent su-
prême
Il lance injustement un frivole anathême;
Accablé sous le joug de la prévention,
Il doit piquer encor votre émulation.
Gardez- vous, entrainés par une ardeur caustique
De suivre les fureurs du Démon Satyrique.
Auteurs gays & badins, mais sans obscuritem,
Et plus graves bien-tôt, mais sans austérité;
Soigneux de contenter un désir salutaire:
Jouissez du bonheur & d'instruire & de plaire.
Montrez qu'on peut enfin, par d'invincibles
nouds,
Allier le Poôte à l'homme vertueux.
Qu'un Zoile insensible aux traits de la nature,
Oppose à vos écrits une indigne censure;
Contens de mépriser un soible jugement
Soyez toujours par oux l'écho du Sentimeat
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8
p. 64-65
VERS A Mlle Puvigné, dansant en Hébé dans l'Opera de Castor & Pollux.
Début :
Pollux va quitter l'Empirée, [...]
Mots clefs :
Opéra, Regards, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS A Mlle Puvigné, dansant en Hébé dans l'Opera de Castor & Pollux.
VERS
A Mile Puvigné , danfant en Hébé dans
l'Opera de Caftor & Pollux.
Pollux
Ollux va quitter l'Empirée ,
Et ravir fon frere au trépas.
Hebé , pour retenir les pas ,
Opofe à fa vûe égarée
Ses careffes & les apas ;
Le teint coloré de l'Aurore ,
Les regards de Vénus , les pas de Terpficore ,
Et la décence de Pallas.
Il s'émeut , il s'arrête , il contemple , il admire ;
Il fuit , il revient , il foupire ,
Il s'attendrit ; Caftor eft oublié :
N'en rougis point , Hebé te juſtifie .
Que vois-je tout- à- coup le Héros facrifie
Le plaifir au devoir , l'amour à l'amitié ;
Il cache des regrets qu'il ne fçauroit contraindre.
Digne à la fois d'eftime & de pitié ,
On doit le louer & le plaindre.
Mais quoi l'objet qui l'avoit enchaîné ,
N'eft point une Déeffe ,
C'eft la charmante Puvigné ,
Cette Danfeuſe enchantereffe ,
Qui par fes doux regards & fes talens divers ,
JUIN. 1755. 65
Etonne , ravit , intéreffe
Paris , la France & l'Univers.
Sur fes levres l'amour reſpire ;
Ses bras forment de tendres fers ;
Et je vois à fes pieds les aîles de Zéphire.
Des Graces elle a le fourire ,
Le port & la légereté ;
Elle peint le defir , même la volupté ,
Sans reffentir ce quelle infpire.
Pollux à tant d'attraits a-t- il dû réſiſter ?
A-t-il pû t'immoler à l'amour fraternelle ?
Non , Puvigné , je dois le détefter ,
Et tu rends à mes yeux fa vertu criminelle .
Mais par fa fuite & fes dédains ,
Si ta beauté fut outragée ,
Choifis entre tous les humains
Par qui tu veux être vengée.
Mailbol.
A Mile Puvigné , danfant en Hébé dans
l'Opera de Caftor & Pollux.
Pollux
Ollux va quitter l'Empirée ,
Et ravir fon frere au trépas.
Hebé , pour retenir les pas ,
Opofe à fa vûe égarée
Ses careffes & les apas ;
Le teint coloré de l'Aurore ,
Les regards de Vénus , les pas de Terpficore ,
Et la décence de Pallas.
Il s'émeut , il s'arrête , il contemple , il admire ;
Il fuit , il revient , il foupire ,
Il s'attendrit ; Caftor eft oublié :
N'en rougis point , Hebé te juſtifie .
Que vois-je tout- à- coup le Héros facrifie
Le plaifir au devoir , l'amour à l'amitié ;
Il cache des regrets qu'il ne fçauroit contraindre.
Digne à la fois d'eftime & de pitié ,
On doit le louer & le plaindre.
Mais quoi l'objet qui l'avoit enchaîné ,
N'eft point une Déeffe ,
C'eft la charmante Puvigné ,
Cette Danfeuſe enchantereffe ,
Qui par fes doux regards & fes talens divers ,
JUIN. 1755. 65
Etonne , ravit , intéreffe
Paris , la France & l'Univers.
Sur fes levres l'amour reſpire ;
Ses bras forment de tendres fers ;
Et je vois à fes pieds les aîles de Zéphire.
Des Graces elle a le fourire ,
Le port & la légereté ;
Elle peint le defir , même la volupté ,
Sans reffentir ce quelle infpire.
Pollux à tant d'attraits a-t- il dû réſiſter ?
A-t-il pû t'immoler à l'amour fraternelle ?
Non , Puvigné , je dois le détefter ,
Et tu rends à mes yeux fa vertu criminelle .
Mais par fa fuite & fes dédains ,
Si ta beauté fut outragée ,
Choifis entre tous les humains
Par qui tu veux être vengée.
Mailbol.
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Résumé : VERS A Mlle Puvigné, dansant en Hébé dans l'Opera de Castor & Pollux.
Le poème est dédié à Mile Puvigné, qui incarne Hébé dans l'opéra 'Castor et Pollux'. Pollux, prêt à quitter l'Empyrée pour sauver son frère Castor, est retenu par la beauté et les charmes d'Hébé. Mile Puvigné utilise ses attraits pour convaincre Pollux de rester. Ému, Pollux admire Hébé mais choisit finalement le devoir et l'amitié fraternelle. Le poème met en avant la beauté et le talent de Mile Puvigné, qui captivent Paris, la France et l'univers. Malgré ses efforts, Hébé ne parvient pas à retenir Pollux. Le texte se conclut par une invitation à Mile Puvigné de choisir un vengeur parmi les hommes, suggérant que sa beauté a été offensée par le départ de Pollux.
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9
p. 40-41
VÉNUS ET ADONIS.
Début :
Vénus alloit d'Amathonte à Paphos ; [...]
Mots clefs :
Vénus, Berger, Amour, Adonis, Char, Regards, Terre, Ciel, Songe, Conte
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texteReconnaissance textuelle : VÉNUS ET ADONIS.
VENUS ET ADONIS.
VENUS alloit d'Amathonte à Paphos ,
Elle étoit fur fon char : fes colombes fidèles
La traînoient par les airs , volant à tire - d'aîles:
La déefle cherchoit les douceurs du repos ;
Mais en laiflant tomber fes regards fur la terre ,
Elle voit au bord d'un ruiffeau ,
Sous un ombrage folitaire ,
J
Un berger près de fon troupeau.
Quel berger ! Non , jamais la reine de Cythere' ;
An ciel ne vit rien de fi beau !
Il dormoit , & déjà l'immottelle foupire
NOVEMBRE. 1769 . 41
Adonis n'avoit pas encore ouvert les yeux ,
Elle eft auprès de lui , le contemple & l'admire
Et forme en fecret mille voeux .
Il s'éveille , il regarde.... Oſurpriſe nouvelle !
Il voit , il adore Vénus !
L'amour , le tendre amour la rend encor plus belle;
Les regards du berger au coeur de l'immortelle
Portent des tranfports inconnus.
Viens à ma cour , mortel aimable !
Que ta pudeur eft adorable !
Viens , c'eft une divinité
Qui t'abandonne fon empire ,
Dit-elle avec ce doux fourire
Qui foumit tant de fois Jupiter enchanté !
Dans fon char auſſi - tôt la charmante déeffe
Emporte l'objet de les feux ;
Elle vole , elle arrive , & toute à la tendreffe ;
Elle oublie & l'Olympe & Mars & tous les dieux.
De tout ceci que faut- il que j'infére ?
L'amour égale tout , les bergers & les rois ,
Le ciel , l'enfer , l'onde & la terre.
Qui peut fe fouftraire à fes loix ?
De Minerve empruntez l'Egide toute fois.
Par l'auteur du fonge d'Irus. *
Le fonge d'Irus ou le bonheur , conte en vers
à J. J. Rouffeau , fuivi de Silveftre , conte en
profe , de quelques apologues , &c . C'est le titre
d'un ouvrage du même auteur qu'on trouvera inceffamment
chez J. P. Coftard , libraire , rue St
Jean de Beauvais
VENUS alloit d'Amathonte à Paphos ,
Elle étoit fur fon char : fes colombes fidèles
La traînoient par les airs , volant à tire - d'aîles:
La déefle cherchoit les douceurs du repos ;
Mais en laiflant tomber fes regards fur la terre ,
Elle voit au bord d'un ruiffeau ,
Sous un ombrage folitaire ,
J
Un berger près de fon troupeau.
Quel berger ! Non , jamais la reine de Cythere' ;
An ciel ne vit rien de fi beau !
Il dormoit , & déjà l'immottelle foupire
NOVEMBRE. 1769 . 41
Adonis n'avoit pas encore ouvert les yeux ,
Elle eft auprès de lui , le contemple & l'admire
Et forme en fecret mille voeux .
Il s'éveille , il regarde.... Oſurpriſe nouvelle !
Il voit , il adore Vénus !
L'amour , le tendre amour la rend encor plus belle;
Les regards du berger au coeur de l'immortelle
Portent des tranfports inconnus.
Viens à ma cour , mortel aimable !
Que ta pudeur eft adorable !
Viens , c'eft une divinité
Qui t'abandonne fon empire ,
Dit-elle avec ce doux fourire
Qui foumit tant de fois Jupiter enchanté !
Dans fon char auſſi - tôt la charmante déeffe
Emporte l'objet de les feux ;
Elle vole , elle arrive , & toute à la tendreffe ;
Elle oublie & l'Olympe & Mars & tous les dieux.
De tout ceci que faut- il que j'infére ?
L'amour égale tout , les bergers & les rois ,
Le ciel , l'enfer , l'onde & la terre.
Qui peut fe fouftraire à fes loix ?
De Minerve empruntez l'Egide toute fois.
Par l'auteur du fonge d'Irus. *
Le fonge d'Irus ou le bonheur , conte en vers
à J. J. Rouffeau , fuivi de Silveftre , conte en
profe , de quelques apologues , &c . C'est le titre
d'un ouvrage du même auteur qu'on trouvera inceffamment
chez J. P. Coftard , libraire , rue St
Jean de Beauvais
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Résumé : VÉNUS ET ADONIS.
Le poème 'Venus et Adonis' relate la rencontre entre la déesse Vénus et le jeune berger Adonis. Vénus, voyageant de Amathonte à Paphos sur un char tiré par des colombes, découvre Adonis endormi près d'un ruisseau. Éblouie par sa beauté, elle l'observe en secret avant de se révéler à lui. À son réveil, Adonis est captivé par Vénus et succombe à son charme. La déesse, séduite, l'invite à monter dans son char, oubliant temporairement l'Olympe et les autres dieux. Le poème souligne que l'amour surpasse toutes les distinctions sociales, unissant bergers et rois, et que nul ne peut échapper à ses lois. L'œuvre est attribuée à l'auteur du 'Songe d'Irus', dont un autre ouvrage sera bientôt disponible chez le libraire J. P. Costard, rue Saint-Jean de Beauvais.
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10
p. 55-56
LA BEAUTÉ.
Début :
BEAUTÉ, charme des yeux, tourment d'un coeur sensible, [...]
Mots clefs :
Beauté, Yeux, Regards, Vains
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA BEAUTÉ.
L A B E A U T É.
B,AUTÉ, charme des yeux, tourment d'un corrr
ſenſible,
Un ſeul de tes regards ſuffit pour l'enflammer,
Un ſeul de tes regards pourroit le conſumer :
Pourquoi déchires-tu, Vainqueur doux & terribie,
Un coeur tendre qui craint d'aimer ?
Ce bonheur, à la fois délicat & ſolide,
Ces plaiſirs toujours purs qu'on ne goûte jamais,
Eſt-ce toi qui nous les promets ? -
Tu brilles, éblouis de ton éclat perfide,
On te pourſuit, tu diſparois ;
On t'aime, & tu n'es plus. Vains deſirs, vains re
grets.
. C iv
56 MERCURE DE FRANCE.
Souveraine des coeurs, ton empire homicide ,
Finit, paſſe avec tes attraits,
Comme l'éclair vif & rapide
Fuit les yeux bleſſés de ſes traits.
" • Par M. Drobecq.
B,AUTÉ, charme des yeux, tourment d'un corrr
ſenſible,
Un ſeul de tes regards ſuffit pour l'enflammer,
Un ſeul de tes regards pourroit le conſumer :
Pourquoi déchires-tu, Vainqueur doux & terribie,
Un coeur tendre qui craint d'aimer ?
Ce bonheur, à la fois délicat & ſolide,
Ces plaiſirs toujours purs qu'on ne goûte jamais,
Eſt-ce toi qui nous les promets ? -
Tu brilles, éblouis de ton éclat perfide,
On te pourſuit, tu diſparois ;
On t'aime, & tu n'es plus. Vains deſirs, vains re
grets.
. C iv
56 MERCURE DE FRANCE.
Souveraine des coeurs, ton empire homicide ,
Finit, paſſe avec tes attraits,
Comme l'éclair vif & rapide
Fuit les yeux bleſſés de ſes traits.
" • Par M. Drobecq.
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Résumé : LA BEAUTÉ.
Le texte décrit la beauté comme à la fois charmante et tourmentante. Elle peut enflammer ou consumer un cœur sensible. La beauté promet des plaisirs délicats mais disparaît rapidement, laissant des désirs et regrets vains. Comparée à un éclair rapide, elle est éphémère et trompeuse, exerçant un empire homicide sur les cœurs avant de s'évanouir.
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