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1
p. 1534-1539
L'EPOUX MALHEUREUX, ET TOUJOURS AMOUREUX, ELEGIE.
Début :
Mortels, soumis aux loix de l'amoureux Empire, [...]
Mots clefs :
Sylvie, Malheureux, Coeur, Amour, Épouse, Époux, Ingrate, Ciel, Dieux
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texteReconnaissance textuelle : L'EPOUX MALHEUREUX, ET TOUJOURS AMOUREUX, ELEGIE.
L'E POUX MALHEUREUX ,
ET TOUJOURS AMOUREUX ,
M
ELEGI E.
Ortels , soumis aux loix de l'amoureux
Empire ,
Qui contez aux Rochers votre tendret martyre
,
Suspendez vos regrets , plaignez dans un
Epoux
Un amant mille fois plus malheureux que
vous. Y
Prêtez- vous , s'il se peut , aux disgraces des autres
;
Au
JUILLET. 1733 .
1733. 1535
Au
récit de mes maux vous oublirez les vô-
+ tres.
Des charmes de l'Amour connoissant le danger
,
Je formois te dessein de ne point m'engager
,.
Quand un hazard fatal au repos de ma vie
Offrit à mes regards l'inconstante Sylvie.
Venus sembloit en elle épuiser ses attraits ,
Et l'Amour par ses yeux blessoit de mille
traits.
Eu vain de leur pouvoir je voulus me deffendre
,
Mon trop sensible coeur s'empressa de se rendre.
<
Judicieux projet , sage raisonnement
Tout fuit , tout m'abandonne au dangereux
moment.
Moment qui me fut cher , & qui m'est si funeste
!
Mes pleurs et mes soupirs sont tout ce qui m'en
reste ,
Non , que d'abord Sylvie , en dédaignant mes
feux ,
Par de honteux refus eût rebuté mes voeux.
Ma famme par l'Hymen fut bientôt con
ronnée ;
Mais ce triomphe au plus ne dura qu'une an
née.
Pour l'ingrate attentif à redoubler mes soins
Sa
153 MERCURE DE FRANCE
Sa fierté , ses mépris .ne m'accabloient pa
moins ;
Je sens à chaque instant appesantir ma chaine ,
Sans espoir de toucher un e Epouse inhumaine.
Perfide , que devient le serment solemnel ,
Que de m'aimer toujours tu me fis à l'Autel
?
•
Dieux garants du serment , mais témoins du
parjure ,
Vous êtes plus que moi blessez par cette injure
:
Ah ! d'un si noir forfait , vangez moi , vȧngez
vous ;
Que dis-je ? malheureux ! non , suspendez vos
coups ;
A vos droits violez s'il faut une victime ,
Faites -moi de Sylvie expier tout le crime ;
Si l'ingrate que j'aime éprouvoit vos rigueurs ,
Il en coûteroit trop au plus tendre des coeurs.
Vous le sçavez assez , vallons , bois & fontaines
,
Cent fois je vous parlai de mes mortelles peines
,
Cent fois je vous ai fait le récit douloureux
Des chagrins que me cause un Hymen malheu
reux .
Vous sçavez mes tourmens , mais vous sçavez
de même
Combien
JUILLET. 1733 .
1537
Combien pour qui me hait ma tendresse est extrême
?
Je l'aime , ch ! quel pinceau par des traits assez
forts
De Sylvie en courroux marqueroit les transports.
D'un souffle impétueux l'Aquilon dans nos
plaines ,
Agitant des Ormeaux les feuilles incertaines
Abbat et fait languir les plantes et les fleurs
Que la brillante Aurore arrosa de ses pleurs.
C
Mais tout renaît bien - tôt , quand le calme succede
,
Tandis qu'à mon tourment il n'est point de
reméde .
Près du Cocyte un jour succombant sous mes
maux ,
Je voyois Atropos s'armer de ses ciseaux.
Auprès de moi déja ma famille assemblée.
Sur mon sort malheureux gémissoit désolée.
Que faisiez - vous alors , Sylvie , ah ! votre
coeur
Accusoit en secret la Parque de lenteur.
Qu'osai-je dire ? Ciel ! ... non dans mon trouble
extrême ,
Je m'égare
j'aime.
et j'outrage une Epouse que
Non , encore une fois , non , tant de cruauté
Ne se trouva jamais avec tant de beauté.
Fuyés , soupçon injuste , et respectez Sylvie ;
D Jamais
1538 MERCURE DE FRANCE
Jamais d'un pareil crime elle ne s'est noircie
,
Elle sçait quand la mort a menacé ses
jours ,
Que j'ai voulu des miens finir le triste cours.
Ce trait de ma douleur , croyons - le pour sa
gloire ,
Sans doute est pour jamais gravé dans sa mémoire.
Crédule que je suis ! si de mon déplaisir
Sylvie eut conservé le moindre souvenir ,
Pourquoi n'en pas donner un leger témoi
gnage ?
Non , je n'eus de son coeur que la haine en parə
tage ,
Quand je revis le jour par un bienfait des
Dieux ,
Je fus pour elle encor un objet odieux ;
Ses rigueurs de ma flamme égalent la constance
;
Que n'eut - elle à m'aimer , même perséve
rance ' !
Penser pour mon amour séduisant et fat❤
teur ,
Que ne m'abuses- tu par une fausse ardeur !
Je suis prêt , chere, Epouse , à seconder ta
feinte ;
Mais non , sa cruauté se nourrit de ma plainte ;
Allons au bout du monde étouffer nos sou
pirs ,
Par.
JUILLET. 1733. 1539
Par ma fuite à l'ingrate offrons mille plai
sirs ;
Cependant si le Ciel appaisoit sa colere ,
S'il pouvoit être un jour sensible à ma misere
....
Helas quoiqu'il lui plaise ordonner de mon
sort .
Mon amour ne pourra s'éteindre qu'à la
mort.
Changez , changez 8 Ciel , cette aimable
cruelle ;
Je la reçûs de vous , je lui serai fidele ,
Déja des Dieux fléchis j'éprouve le pouvoir ,
Ils versent dans mon coeur quelque rayon d'es
poir .
Viens t'offrir à mes yeux , Epouse que j'adore
,
Et bannir d'un regard l'ennui qui me devore
Viens , pour me rendre heureux , il suffit en
jour
D'un instant près de toi ménagé par l'A
mour.
ET TOUJOURS AMOUREUX ,
M
ELEGI E.
Ortels , soumis aux loix de l'amoureux
Empire ,
Qui contez aux Rochers votre tendret martyre
,
Suspendez vos regrets , plaignez dans un
Epoux
Un amant mille fois plus malheureux que
vous. Y
Prêtez- vous , s'il se peut , aux disgraces des autres
;
Au
JUILLET. 1733 .
1733. 1535
Au
récit de mes maux vous oublirez les vô-
+ tres.
Des charmes de l'Amour connoissant le danger
,
Je formois te dessein de ne point m'engager
,.
Quand un hazard fatal au repos de ma vie
Offrit à mes regards l'inconstante Sylvie.
Venus sembloit en elle épuiser ses attraits ,
Et l'Amour par ses yeux blessoit de mille
traits.
Eu vain de leur pouvoir je voulus me deffendre
,
Mon trop sensible coeur s'empressa de se rendre.
<
Judicieux projet , sage raisonnement
Tout fuit , tout m'abandonne au dangereux
moment.
Moment qui me fut cher , & qui m'est si funeste
!
Mes pleurs et mes soupirs sont tout ce qui m'en
reste ,
Non , que d'abord Sylvie , en dédaignant mes
feux ,
Par de honteux refus eût rebuté mes voeux.
Ma famme par l'Hymen fut bientôt con
ronnée ;
Mais ce triomphe au plus ne dura qu'une an
née.
Pour l'ingrate attentif à redoubler mes soins
Sa
153 MERCURE DE FRANCE
Sa fierté , ses mépris .ne m'accabloient pa
moins ;
Je sens à chaque instant appesantir ma chaine ,
Sans espoir de toucher un e Epouse inhumaine.
Perfide , que devient le serment solemnel ,
Que de m'aimer toujours tu me fis à l'Autel
?
•
Dieux garants du serment , mais témoins du
parjure ,
Vous êtes plus que moi blessez par cette injure
:
Ah ! d'un si noir forfait , vangez moi , vȧngez
vous ;
Que dis-je ? malheureux ! non , suspendez vos
coups ;
A vos droits violez s'il faut une victime ,
Faites -moi de Sylvie expier tout le crime ;
Si l'ingrate que j'aime éprouvoit vos rigueurs ,
Il en coûteroit trop au plus tendre des coeurs.
Vous le sçavez assez , vallons , bois & fontaines
,
Cent fois je vous parlai de mes mortelles peines
,
Cent fois je vous ai fait le récit douloureux
Des chagrins que me cause un Hymen malheu
reux .
Vous sçavez mes tourmens , mais vous sçavez
de même
Combien
JUILLET. 1733 .
1537
Combien pour qui me hait ma tendresse est extrême
?
Je l'aime , ch ! quel pinceau par des traits assez
forts
De Sylvie en courroux marqueroit les transports.
D'un souffle impétueux l'Aquilon dans nos
plaines ,
Agitant des Ormeaux les feuilles incertaines
Abbat et fait languir les plantes et les fleurs
Que la brillante Aurore arrosa de ses pleurs.
C
Mais tout renaît bien - tôt , quand le calme succede
,
Tandis qu'à mon tourment il n'est point de
reméde .
Près du Cocyte un jour succombant sous mes
maux ,
Je voyois Atropos s'armer de ses ciseaux.
Auprès de moi déja ma famille assemblée.
Sur mon sort malheureux gémissoit désolée.
Que faisiez - vous alors , Sylvie , ah ! votre
coeur
Accusoit en secret la Parque de lenteur.
Qu'osai-je dire ? Ciel ! ... non dans mon trouble
extrême ,
Je m'égare
j'aime.
et j'outrage une Epouse que
Non , encore une fois , non , tant de cruauté
Ne se trouva jamais avec tant de beauté.
Fuyés , soupçon injuste , et respectez Sylvie ;
D Jamais
1538 MERCURE DE FRANCE
Jamais d'un pareil crime elle ne s'est noircie
,
Elle sçait quand la mort a menacé ses
jours ,
Que j'ai voulu des miens finir le triste cours.
Ce trait de ma douleur , croyons - le pour sa
gloire ,
Sans doute est pour jamais gravé dans sa mémoire.
Crédule que je suis ! si de mon déplaisir
Sylvie eut conservé le moindre souvenir ,
Pourquoi n'en pas donner un leger témoi
gnage ?
Non , je n'eus de son coeur que la haine en parə
tage ,
Quand je revis le jour par un bienfait des
Dieux ,
Je fus pour elle encor un objet odieux ;
Ses rigueurs de ma flamme égalent la constance
;
Que n'eut - elle à m'aimer , même perséve
rance ' !
Penser pour mon amour séduisant et fat❤
teur ,
Que ne m'abuses- tu par une fausse ardeur !
Je suis prêt , chere, Epouse , à seconder ta
feinte ;
Mais non , sa cruauté se nourrit de ma plainte ;
Allons au bout du monde étouffer nos sou
pirs ,
Par.
JUILLET. 1733. 1539
Par ma fuite à l'ingrate offrons mille plai
sirs ;
Cependant si le Ciel appaisoit sa colere ,
S'il pouvoit être un jour sensible à ma misere
....
Helas quoiqu'il lui plaise ordonner de mon
sort .
Mon amour ne pourra s'éteindre qu'à la
mort.
Changez , changez 8 Ciel , cette aimable
cruelle ;
Je la reçûs de vous , je lui serai fidele ,
Déja des Dieux fléchis j'éprouve le pouvoir ,
Ils versent dans mon coeur quelque rayon d'es
poir .
Viens t'offrir à mes yeux , Epouse que j'adore
,
Et bannir d'un regard l'ennui qui me devore
Viens , pour me rendre heureux , il suffit en
jour
D'un instant près de toi ménagé par l'A
mour.
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Résumé : L'EPOUX MALHEUREUX, ET TOUJOURS AMOUREUX, ELEGIE.
Le texte est une élégie intitulée 'L'Époux malheureux, et toujours amoureux' datée de juillet 1733. Le narrateur, un homme marié, exprime sa douleur et son amour pour son épouse, Sylvie, qui le rejette et le méprise malgré ses efforts pour la satisfaire. Il se remémore le moment où il a rencontré Sylvie et comment il est tombé amoureux d'elle malgré ses tentatives de résistance. Leur mariage, initialement heureux, a tourné au drame après une année, Sylvie devenant froide et méprisante. Le narrateur se lamente sur l'injustice de son sort et implore les dieux de venger son malheur, tout en exprimant son amour inconditionnel pour Sylvie. Il évoque également les paysages naturels comme témoins de ses souffrances et de son amour persistant. Malgré les cruautés de Sylvie, il espère encore un changement et un retour de son affection.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2175-2178
LE TRIOMPHE de la raison. ODE.
Début :
Enfin vous êtes revenuë, [...]
Mots clefs :
Amour, Âme, Raison, Voix, Ingrate, Cieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TRIOMPHE de la raison. ODE.
LE TRIOMPHE
de la raison .
OD E.
Enfin vous êtes revenue ,
Douce raison , fille des cieux ;
Pour une ame trop prêvenue ,
Vous êtes un présent des Dieux
Enfin j'abandonne Climene ;
Honteux d'avoir pour l'inhumaine ,
Méprisé long-temps, votre voix ,
Je hais mon ancien esclavage ,
Et pour jamais devenu sage ,
Je viens me ranger sous vos Loix. É
T
Heu2176
MERCURE DE FRANCE
Heureux qui toujours vous adore
Malgré le feu des jeunes ans !
Heureux qui vous retrouve encore
Après de longs égaremens !
La Paix , cette aimable immortelle ,
Est votre compagne éternelle.
Vous nous comblez de mille dons ;
Mais , infortunez que nous sommes
Nous cessons d'être vraiment hommes ,
Du moment que nous vous perdons.
來
Quelquefois , Neptume docile ,
Tient ses Ondes dans le repos ;
La nature paroît tranquille ;
Le Zéphir joue avec les Flots 3
Déja la voile se déploïe ,
Déja poussant des cris de joïe ,
Le Naucher s'éloigne du bord ;
Mais bien-tôt l'affreuse tempête ,.
Lui montre la mort toute prête ,
Et lui fait regretter le Port.
M
Par de semblables artifices ,
L'amour trahit les jeunes coeurs 5
Il conduit dans des Précipices ,
Par des chemins semez de Acurs ;
Nous
OCTOBRE . 1733 .
2177
Nous suivons une douce pente ;
D'abord il flatte notre attente ,
Par l'espoir d'un bien qui nous fuit;
Notre ame sans effort s'engage
Et ne chérit rien davantage ,
Que le charme qui la séduit.
龍
>
Grands Dieux ! qu'un coeur tendre et sincere ,
Ressent de troubles en un jour ,
Lorsque par un objet sévere ,
Il voit mépriser son amour !
Envain par des ruisseaux de larmes,
Par des soupirs , par des allarmes ,
Nous exprimons nos déplaisirs
L'ingrate , parmi ses caprices ,
S'applaudit de ses injustices ,
Et se moque de nos soupirs.
Enfin notre dépit éclate ;
Impatiens de nous venger ,
Non contens de quitter l'ingratte ,
Nous osons encor l'outrager ;
Le désespoir seul nous possede ,
L'amour qui pour un temps lui céde ,
Paroît expirer dans nos coeurs ,
Tandis que caché dans notre ame ,
Cer
2178 MERCURE DE FRANCE
Certain du pouvoir de sa flamme
Il rit de nos vaines fureurs.
2
Bien-tôt cet amant si rebelle ,•
Quittant un impuissant courroux ;
Revient , en Esclave fidelle ,
Reprendre ses fers à genoux ;
Superbe alors de sa victoire ,
L'Ingrate , du haut de sa gloire ,
Exerce des droits rigoureux ;
Et l'infortuné qui l'adore ,
Par ses respects lui donne encore
Le droit de mépriser ses feux.
Une Divinité puissante ,
M'affranchit de ces maux divers ;
C'est vous , ô Raison bien - faisante !
Qui brisez aujourd'hui mes fers ;
Au fond de mon ame éperduë ,
Votre voix enfin descenduë ,
Parle et m'instruit du haut des Cieux ;`
A cetre voix l'Amour docile ,
Fuit , ainsi que l'Ombre mobile ,
Qui s'évanouit à nos yeux.
de la raison .
OD E.
Enfin vous êtes revenue ,
Douce raison , fille des cieux ;
Pour une ame trop prêvenue ,
Vous êtes un présent des Dieux
Enfin j'abandonne Climene ;
Honteux d'avoir pour l'inhumaine ,
Méprisé long-temps, votre voix ,
Je hais mon ancien esclavage ,
Et pour jamais devenu sage ,
Je viens me ranger sous vos Loix. É
T
Heu2176
MERCURE DE FRANCE
Heureux qui toujours vous adore
Malgré le feu des jeunes ans !
Heureux qui vous retrouve encore
Après de longs égaremens !
La Paix , cette aimable immortelle ,
Est votre compagne éternelle.
Vous nous comblez de mille dons ;
Mais , infortunez que nous sommes
Nous cessons d'être vraiment hommes ,
Du moment que nous vous perdons.
來
Quelquefois , Neptume docile ,
Tient ses Ondes dans le repos ;
La nature paroît tranquille ;
Le Zéphir joue avec les Flots 3
Déja la voile se déploïe ,
Déja poussant des cris de joïe ,
Le Naucher s'éloigne du bord ;
Mais bien-tôt l'affreuse tempête ,.
Lui montre la mort toute prête ,
Et lui fait regretter le Port.
M
Par de semblables artifices ,
L'amour trahit les jeunes coeurs 5
Il conduit dans des Précipices ,
Par des chemins semez de Acurs ;
Nous
OCTOBRE . 1733 .
2177
Nous suivons une douce pente ;
D'abord il flatte notre attente ,
Par l'espoir d'un bien qui nous fuit;
Notre ame sans effort s'engage
Et ne chérit rien davantage ,
Que le charme qui la séduit.
龍
>
Grands Dieux ! qu'un coeur tendre et sincere ,
Ressent de troubles en un jour ,
Lorsque par un objet sévere ,
Il voit mépriser son amour !
Envain par des ruisseaux de larmes,
Par des soupirs , par des allarmes ,
Nous exprimons nos déplaisirs
L'ingrate , parmi ses caprices ,
S'applaudit de ses injustices ,
Et se moque de nos soupirs.
Enfin notre dépit éclate ;
Impatiens de nous venger ,
Non contens de quitter l'ingratte ,
Nous osons encor l'outrager ;
Le désespoir seul nous possede ,
L'amour qui pour un temps lui céde ,
Paroît expirer dans nos coeurs ,
Tandis que caché dans notre ame ,
Cer
2178 MERCURE DE FRANCE
Certain du pouvoir de sa flamme
Il rit de nos vaines fureurs.
2
Bien-tôt cet amant si rebelle ,•
Quittant un impuissant courroux ;
Revient , en Esclave fidelle ,
Reprendre ses fers à genoux ;
Superbe alors de sa victoire ,
L'Ingrate , du haut de sa gloire ,
Exerce des droits rigoureux ;
Et l'infortuné qui l'adore ,
Par ses respects lui donne encore
Le droit de mépriser ses feux.
Une Divinité puissante ,
M'affranchit de ces maux divers ;
C'est vous , ô Raison bien - faisante !
Qui brisez aujourd'hui mes fers ;
Au fond de mon ame éperduë ,
Votre voix enfin descenduë ,
Parle et m'instruit du haut des Cieux ;`
A cetre voix l'Amour docile ,
Fuit , ainsi que l'Ombre mobile ,
Qui s'évanouit à nos yeux.
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Résumé : LE TRIOMPHE de la raison. ODE.
Le poème 'Le Triomphe de la raison', publié dans le Mercure de France en octobre 1733, exprime la joie du narrateur de retrouver la raison, vue comme un don divin, après une période d'égarement. Il renonce à son ancien esclavage et se soumet aux lois de la raison. Le texte compare la raison à la paix, qui offre de nombreux bienfaits mais que les hommes perdent souvent. Il met également en garde contre les dangers de l'amour, qui trahit les jeunes cœurs en les conduisant à leur perte. Le narrateur décrit les tourments d'un cœur sincère méprisé et la lutte intérieure entre l'amour et le désespoir. Finalement, la raison triomphe, brisant les chaînes de l'amour et instruisant le narrateur.
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