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1
p. 361-378
Modes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à l'Article des Modes nouvelles, dont je ne vous entretiendray [...]
Mots clefs :
Habits, Fleurs, Gris, Corps, Modes, Temps, France, Draps, Couleurs, Nouvelles, Étoffes, Roi, Paris, Satin, Saisons
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texteReconnaissance textuelle : Modes nouvelles, [titre d'après la table]
e p a (Te à l’AmcIe des Modes
nouvelles, donr je ne vous en-
tretiendray que parce que je
îïj’v fuis engagé. le ne devaisJ Lz O ^7
pas fixer un temps pour vous
en parler; & puis que lïnconff
tance les fait naiitre, je devais
croire que je ne pou vois rien
promettre d’affuré fur cet Ar-A
ticle, Je me Sois fur le change-
mentdes Saifons, mais elles font
fouvent bien uompeufes. IL eft
vray qu’elles confervent tou
jours leur nom\ mais on ne les
peur quelquefois rcconnoiftre
que par là, & leur nom ne füffit
pas pour produire des Modes
nouvelles, quand durefte elles
n’ont rien de ce qu’on attend
d’elles, quePHyver régné pen
dant les premiers jours du Prin
temps, & les chaleurs de FEté
pendant la plus grande partie
deFAuromne. Ce déreglement
des S.rifons fera caufe que dso-
refnavant je ne vous parleray
de Modes qu’a mefure qu’elles
feront inventées, Je ne vous en-
apprendray guéres à la fois,,
mais je vous en entretiendray
ïbuvenr, Sc peur-eftre en trou
verez-vous quelque chofe dans
la plus grande partie de mes
Lettres tant ordinaires qu'ex
traordinaires, Comme on a
cette Année paffé tour d’un
coup de rEté à EHyver, &que
; les pluyes continuelles ont fnc-
cedé aux grandes 8c longues
chaleurs, fans que nous ayons
joüy des beaux jours que l’Au-
tomne devoir nous donner, je
pafleray de mefine des Modes
de l’Etéa celles de l’Hyver. le
croy vous devoir entretenir d’a
bord des Habits 8c des Etofes
d’or 8c d’argent, le fçay bien
qu’il eft défendu d’en porte
& vous le fçavcz comme rnoy.
Cependant il eft peu de per-
tonnes de qualité qui n’en ayentfl
Il eft vray qu’elles ne s’en fer
vent que rarement 5 ôc que lors
qu’elles les portent, ce n’eft que
dans des lieux où il n’y a rien J,
craindre duplusjufte &du:plus
vigilant luge de Police que nous
ayons veu en France. .Le-temps
forces de qcfenfes $ il Jes faloir
fins celle renouveller $ on tfitn-
ceux
ofbient y contrevenir • mais ce
temps eftpafle, ôcquoy queMr
de ia ReyniefoirleMagiftratdu
monde le plus affableon peut
aflurer que lors qu'il s’agir de
faire execucer les voloncez du
Roy, rien ne luy peut faire re
lâcher de la j «(le feverité que
tout luge qui veut eftre cqui-j
table doit avoir. le croy que
cec éclairciflement eftoit ne-
çeffâire avant que de vous par
ler des E.tofes d’or & d’argent.
Celles qui fonde ;plus en ré
gné, font des Draps d’or façon
nez de plu fleurs fortes, fur des
■•fondsde couleurdemufc, clairs
& bruns, brochez d’or St d’ar
gent. On brode aufii en or ôC
■en argent fur des Gros de Na-
p'es.,ou Moires liffces defoye,
fabrique de Paris s & façon de
velours ras. Ceux qui Dépor
tent ny or ny argent, font bro
der ces Etores de foye de plu-
fleurs couleurs. On y faicnief-
me imprimer ou gauffrer des
Fleurs.. On double les Habits
de pluche ou pannes de cou
leurs hautes, comme de cou
leur de feu oudecerife. Lapiû-
parc des Hommes ne s'habille*
ront cet H y ver que de deux
fortes d’Ecofcs^ La premiers
eft un Drap gris, que Ton peut
dire auffi bien travaillé que le
Caftor, La fécondé eft une
Etofe brochée avec un cordon»
net. MlGaultier de la Cou»
ronne Rue des Bourdonnois,
a fait faire ces Erofes qui font
tres-belles. Les Habits de Ville
des Femmes feront d’Erofes de
foye de toutes fortes de maniè
res. Il y en aura avec du velouté
tant en noir qu’en couleur. On
portera des Iupes brodées tant
fur leMeftier que par le Bro-
deur, qui imiteront les Points
de France. On porte à prefent
quantité de gros Satins couleur
d® cheveux, gris de Souris, &
gris de perle, qui font femez
d’un courant de Fleurs. On
porte auffi de grqs Satins don
les Fleurs font fraizces, comme
fi c’eftoit du velours cizelé, &
des Etamines à fleurs à fonds
de Tarin blanc. Nous avons veu
naiftre deux couleurs depuis
quelques années ( ce qui n’ar
rive que très - rarement. ) Ces
deux couleurs font celles de
paille & de Prince. A41 Gaul
tier en promet une troifiéme,.
mais il n’en veut point encor
dire le nom. Il attend pour la
S. Martin une Flore de très-
riches Erofes. Les Manteaux
que FonFait font toujours aflez
négligez • & la plupart des
Robes font faites à l’Indienne.
On porte â la Cour l’or
î’argent fur le bleu & fur le
rouge, pourveuquece ne foie
point de la Broderie, car elfe
n’eft permifc qu’à ceux qui ont
des lutte - £- corps de Btever5
mais on couvre en récompenfe
les lufte-à.corps bleus & rou.
ges d’un Point de France &
d’un Point d’Efpagne fi relevé
& fi bien fait, qu’il furpafle la
Broderie en beauté, & il y en a
mefine qui font tour couverts
d’argent trait. Les Echarpes
font magnifiques, Se font d’un
Point d’Efpagne d’or, ou d’or
& d’argent enfemble, niais fi
maniables, qu’elles ne groffif
fent point. Ces Echarpes ne fe
metrent pas feulement pardef
fus les Lüfte-à'Corps bleus &
rouges garnis de Dentelles on
les met encor fur ceux de ve
lours, & fur les gris. L’on fe fort
toujours des Boutons de ver-
sdeil doré, mais l’on ne fait
point de Boutonnières de fil
d'or. Les Boucles de Souliers
les plus à la mode font d'or.
Les Nœuds d’épaule &d*Epée
font brodea-paffèz, feulement
d’url demy pied de haut\ avec
une Frange doublé 5- ou une
Campaned'or & d’argent. le
croy que vous-n’ignorez pas
que brodé-païfé eft une Bro
derie place qui paroift des deux
coftez. Les Rubans que l'on
porte fans or & fans argent font
tresdarges r & la plupart tabf-
fez & moucherez. Les Cha
peaux qui fe portent avec les
riches Iufte-à-corps dont je
Vous ay parlé, font bordez d'or
& d’argent ,S< l’on commence
ïliefine-à-porter nn périr fil d’or
autour des Caudebecs. On
forte avec les mefmes Jufte-à-
corpsdesBandriersà fleursd’or,
découpez avec des couleurs
deflbus,. On apetiffe tous les
jours les Chapeaux, ôcles Ca
ftais font toujours ras.LesBou-
quets de Plumes commencent
à devenir â la mode. Celle des
Habits n’ePc point changée, ils
font toujours â la Cavalière.
Les Bas font toujours roulez,
& les lufle-â-corps longs. Les
Canons des Rhingraves fout
toûjours évidez, excepté ceux
que fon fait de point deFrance,
dont on voit beaucoup â pre-
fent. On portera des Habits
gris brodez de fbye, avec ces
Canons de Point» Il y a une
Fabrique Royale établie no-u-
ellement à S. Maur près Paris
par le Sieur Charlier, où l’on
fait des Etofes d’or, d’argenr,.
SC de foye, & des Draps d’or à
la façon des perfes, & d’autres
à la maniéré d’Italie 5 des Ve
lours, Satins, Damas,. & de tou
tes forces de Draps d’or & de
fbye de qualités extraordinaires
que l'on peut acheter delà pre
mière main, en allant d fon Ma-
gazin à Paris Rue de la Cou
tellerie, au Cerceau d’or, où il
débité tefdits Ouvrages. Ce
Mr Charlier a une intelligence
toute particulière pour faire fa
briquer toutes fortes d’Etofesa
C’eft luy qui a fait depuis fix
ans toutes celles qui ont fervy
pour habiller le Roy. Il en fait
d'admirables pour les Amevu
&lemen.v Quant à celles qui1
fervent à faire des Habits, j}
les fait fi maniables,, qu’on ne
fijauroit affez les admirer, &■
c'en par là qu’elles ont plû au
Roy. On ne doit pas s'étonner
du merveilleux talent qu’il a
pour ces fortes de chofes, puis
qu’il a veu tous les Païs Etran
gers ou iesplus belles Etofcs fa
fabriquent* Il en fait de nou^
velles dont les Deffèins font
admira blés ■ ôc d’une invention
toute particulière. Il rfy* a que
luy1 en France qui puiffe venir
àboucdes choies qu’il -execute;
Il faut jufques à-quînze milles
cordes pour monter la plupart
de fès Mefliers, & on ne les
fçauroit voir fans furprife. Apres
vous avoir parlé d’Etofes, de
Jlodes, 6c de Manufactures
[ nouvelles t je croy vous devoir
^faire voir deux Figures habil
lées. Jettez le^yeux fur ce C'a-
jhalier, vous verrez dans fon
[habillement uneparùcdes cho
ies dont je vous viens d'entre-
ï tenir. Imaginez-vous qu’il re-
vient de F Armée, & qu'on Fa
(habillé félon les premières Mc*
; des qui ont paru. Son Habit
eft de ces Draps gris dont je
vous ay déjà parlé , & qui fe
vendent chez le Sieur Gaultier»
»
( Son Julie -à*-corps eft long, &:
fa Vefte un peu plus courte que
j celles qu'on-portoit FEtéder*.
nier. Elle eft brodée de foye
fur un fonds de Satin, ( cen’eft
pas qu'on n’en porte de4phi-<-
fieurs autres Etofes. ), Il n’y.iu
Joint de Modes generales pou?
les Veftes. Les Manches de ce
Cavalier fontà l‘ordinaire, avec,
un fort grand Nœud de Ruban
large. Ses Gants font de Frange
de la couleur de fa Garniture-
&C fon Nccud d’épaule ftceluy
dé fon Epée font larges & bro_
dez-pafîez , avec une grande
Frange au bord. Son Baudrier
eft brodé de foye fur un fonds
de la couleur de fa Garnirure.
fon Echarpe eft de Point
d’Efpagne. Il a un Manchon
de petit gris, (' on n’eft pas feûr
que cette Mode continue, mais
il eft certain que les Marchands
le fouhaitent, & quaih en ont
fait faire beaucoup.) Son Cha
peau eft petit j 6c garnv dïm
Bouquet de Plumes. Il eft de
Caftor gris blanc, & ras. Ôn
porte auflï de petits Caudebecs
noirs, légers, Sc maniables. La
Perruque que vous voyez eft
encor à la Cavalière, 8c laCre*
vate eft de Point de France.
Je ne vous dis rien des Defleins
de ce Point, puis qu’ils n’ont pas
changé depuis que je vous en
ay parlé. Les Bas de ce Cava
lier font roulez, fes Boucles
d’or, 8c fes Souliers luftrez.
C'eft aflez vous entretenir de
ce qui regarde l’ajuftement des
Hommes ; il eft temps de vous
parler des Dames, Il n’yaencor
rien de changé à leurs coë
res j leurs cheveux font tou
jours moitié crêpez Sc moitié
boudez, ôc fort feparez dans le
milieu du front, Elles mettent
ordinairement deux Cornerez
de Point à la Reyne, on de foye
écruç, & fort rarement de Point’
de France, parce que le Point
clair fied mieux au vifage. La-
petite Cornéte fraizée qui en
approcheleplus, eft notice d'un
Ruban fous le menton, La fe.J
conde qui accompagne la pe
tite, eft plus longue • & l’on
mec au basde la croifiéme ap-j
peilée la-grande, deux Nœuds J
négligez, On noue-fur la tefteï
un Ruban large Sc tournant/O
La première Cocffe eft dePoint
de mefme les CorneEes?, .& laû
fécondé de Gaze double. Tout-
cela fe voit dans la Figure de :■
Femme que je vous-envoye, fur!
laquelle vous n’avez qu’àjecten
lesyeux. La forme de fon Man4
teau eft à l’ordinaire. II eft de
grosSatin de,Florence, couleur
de Mufc, brodcdefo.ye.de cou
leurs modeftes, qui font le vio,-
1er, le gris delin,'& la couleur
de Prince. H y a un peu de
blanc méfié parmy ces cou
leurs. Sa Jupe eft d'un gros
Satin d’un blanc un .peu laie,
brodé de foyes bleues & vio
lâtes, & de couleur de Prince
& de Mufç. Il y a en bas une
grandeDentelle de foye rebro-
dée&pliflee. On-met toujours
un double rang de Point aux
Manches, 8c des Manchetes
doubles, JLes devans des Man
teaux font retrouflez de Nœuds
dePierreries. On brodelesSou
liers de .grands fleurons or 8c
argent j 8c les Manchons des
Dames font faits de tiffu &. de
pluche. On met de gros N ccuds
de Ruban fur ces Manchons;
J’ay oublié à vous marquer
que les Habits de fatigue des
Hommes font deFrize d'Irlan
de, & qu’on en porte beau
coup
nouvelles, donr je ne vous en-
tretiendray que parce que je
îïj’v fuis engagé. le ne devaisJ Lz O ^7
pas fixer un temps pour vous
en parler; & puis que lïnconff
tance les fait naiitre, je devais
croire que je ne pou vois rien
promettre d’affuré fur cet Ar-A
ticle, Je me Sois fur le change-
mentdes Saifons, mais elles font
fouvent bien uompeufes. IL eft
vray qu’elles confervent tou
jours leur nom\ mais on ne les
peur quelquefois rcconnoiftre
que par là, & leur nom ne füffit
pas pour produire des Modes
nouvelles, quand durefte elles
n’ont rien de ce qu’on attend
d’elles, quePHyver régné pen
dant les premiers jours du Prin
temps, & les chaleurs de FEté
pendant la plus grande partie
deFAuromne. Ce déreglement
des S.rifons fera caufe que dso-
refnavant je ne vous parleray
de Modes qu’a mefure qu’elles
feront inventées, Je ne vous en-
apprendray guéres à la fois,,
mais je vous en entretiendray
ïbuvenr, Sc peur-eftre en trou
verez-vous quelque chofe dans
la plus grande partie de mes
Lettres tant ordinaires qu'ex
traordinaires, Comme on a
cette Année paffé tour d’un
coup de rEté à EHyver, &que
; les pluyes continuelles ont fnc-
cedé aux grandes 8c longues
chaleurs, fans que nous ayons
joüy des beaux jours que l’Au-
tomne devoir nous donner, je
pafleray de mefine des Modes
de l’Etéa celles de l’Hyver. le
croy vous devoir entretenir d’a
bord des Habits 8c des Etofes
d’or 8c d’argent, le fçay bien
qu’il eft défendu d’en porte
& vous le fçavcz comme rnoy.
Cependant il eft peu de per-
tonnes de qualité qui n’en ayentfl
Il eft vray qu’elles ne s’en fer
vent que rarement 5 ôc que lors
qu’elles les portent, ce n’eft que
dans des lieux où il n’y a rien J,
craindre duplusjufte &du:plus
vigilant luge de Police que nous
ayons veu en France. .Le-temps
forces de qcfenfes $ il Jes faloir
fins celle renouveller $ on tfitn-
ceux
ofbient y contrevenir • mais ce
temps eftpafle, ôcquoy queMr
de ia ReyniefoirleMagiftratdu
monde le plus affableon peut
aflurer que lors qu'il s’agir de
faire execucer les voloncez du
Roy, rien ne luy peut faire re
lâcher de la j «(le feverité que
tout luge qui veut eftre cqui-j
table doit avoir. le croy que
cec éclairciflement eftoit ne-
çeffâire avant que de vous par
ler des E.tofes d’or & d’argent.
Celles qui fonde ;plus en ré
gné, font des Draps d’or façon
nez de plu fleurs fortes, fur des
■•fondsde couleurdemufc, clairs
& bruns, brochez d’or St d’ar
gent. On brode aufii en or ôC
■en argent fur des Gros de Na-
p'es.,ou Moires liffces defoye,
fabrique de Paris s & façon de
velours ras. Ceux qui Dépor
tent ny or ny argent, font bro
der ces Etores de foye de plu-
fleurs couleurs. On y faicnief-
me imprimer ou gauffrer des
Fleurs.. On double les Habits
de pluche ou pannes de cou
leurs hautes, comme de cou
leur de feu oudecerife. Lapiû-
parc des Hommes ne s'habille*
ront cet H y ver que de deux
fortes d’Ecofcs^ La premiers
eft un Drap gris, que Ton peut
dire auffi bien travaillé que le
Caftor, La fécondé eft une
Etofe brochée avec un cordon»
net. MlGaultier de la Cou»
ronne Rue des Bourdonnois,
a fait faire ces Erofes qui font
tres-belles. Les Habits de Ville
des Femmes feront d’Erofes de
foye de toutes fortes de maniè
res. Il y en aura avec du velouté
tant en noir qu’en couleur. On
portera des Iupes brodées tant
fur leMeftier que par le Bro-
deur, qui imiteront les Points
de France. On porte à prefent
quantité de gros Satins couleur
d® cheveux, gris de Souris, &
gris de perle, qui font femez
d’un courant de Fleurs. On
porte auffi de grqs Satins don
les Fleurs font fraizces, comme
fi c’eftoit du velours cizelé, &
des Etamines à fleurs à fonds
de Tarin blanc. Nous avons veu
naiftre deux couleurs depuis
quelques années ( ce qui n’ar
rive que très - rarement. ) Ces
deux couleurs font celles de
paille & de Prince. A41 Gaul
tier en promet une troifiéme,.
mais il n’en veut point encor
dire le nom. Il attend pour la
S. Martin une Flore de très-
riches Erofes. Les Manteaux
que FonFait font toujours aflez
négligez • & la plupart des
Robes font faites à l’Indienne.
On porte â la Cour l’or
î’argent fur le bleu & fur le
rouge, pourveuquece ne foie
point de la Broderie, car elfe
n’eft permifc qu’à ceux qui ont
des lutte - £- corps de Btever5
mais on couvre en récompenfe
les lufte-à.corps bleus & rou.
ges d’un Point de France &
d’un Point d’Efpagne fi relevé
& fi bien fait, qu’il furpafle la
Broderie en beauté, & il y en a
mefine qui font tour couverts
d’argent trait. Les Echarpes
font magnifiques, Se font d’un
Point d’Efpagne d’or, ou d’or
& d’argent enfemble, niais fi
maniables, qu’elles ne groffif
fent point. Ces Echarpes ne fe
metrent pas feulement pardef
fus les Lüfte-à'Corps bleus &
rouges garnis de Dentelles on
les met encor fur ceux de ve
lours, & fur les gris. L’on fe fort
toujours des Boutons de ver-
sdeil doré, mais l’on ne fait
point de Boutonnières de fil
d'or. Les Boucles de Souliers
les plus à la mode font d'or.
Les Nœuds d’épaule &d*Epée
font brodea-paffèz, feulement
d’url demy pied de haut\ avec
une Frange doublé 5- ou une
Campaned'or & d’argent. le
croy que vous-n’ignorez pas
que brodé-païfé eft une Bro
derie place qui paroift des deux
coftez. Les Rubans que l'on
porte fans or & fans argent font
tresdarges r & la plupart tabf-
fez & moucherez. Les Cha
peaux qui fe portent avec les
riches Iufte-à-corps dont je
Vous ay parlé, font bordez d'or
& d’argent ,S< l’on commence
ïliefine-à-porter nn périr fil d’or
autour des Caudebecs. On
forte avec les mefmes Jufte-à-
corpsdesBandriersà fleursd’or,
découpez avec des couleurs
deflbus,. On apetiffe tous les
jours les Chapeaux, ôcles Ca
ftais font toujours ras.LesBou-
quets de Plumes commencent
à devenir â la mode. Celle des
Habits n’ePc point changée, ils
font toujours â la Cavalière.
Les Bas font toujours roulez,
& les lufle-â-corps longs. Les
Canons des Rhingraves fout
toûjours évidez, excepté ceux
que fon fait de point deFrance,
dont on voit beaucoup â pre-
fent. On portera des Habits
gris brodez de fbye, avec ces
Canons de Point» Il y a une
Fabrique Royale établie no-u-
ellement à S. Maur près Paris
par le Sieur Charlier, où l’on
fait des Etofes d’or, d’argenr,.
SC de foye, & des Draps d’or à
la façon des perfes, & d’autres
à la maniéré d’Italie 5 des Ve
lours, Satins, Damas,. & de tou
tes forces de Draps d’or & de
fbye de qualités extraordinaires
que l'on peut acheter delà pre
mière main, en allant d fon Ma-
gazin à Paris Rue de la Cou
tellerie, au Cerceau d’or, où il
débité tefdits Ouvrages. Ce
Mr Charlier a une intelligence
toute particulière pour faire fa
briquer toutes fortes d’Etofesa
C’eft luy qui a fait depuis fix
ans toutes celles qui ont fervy
pour habiller le Roy. Il en fait
d'admirables pour les Amevu
&lemen.v Quant à celles qui1
fervent à faire des Habits, j}
les fait fi maniables,, qu’on ne
fijauroit affez les admirer, &■
c'en par là qu’elles ont plû au
Roy. On ne doit pas s'étonner
du merveilleux talent qu’il a
pour ces fortes de chofes, puis
qu’il a veu tous les Païs Etran
gers ou iesplus belles Etofcs fa
fabriquent* Il en fait de nou^
velles dont les Deffèins font
admira blés ■ ôc d’une invention
toute particulière. Il rfy* a que
luy1 en France qui puiffe venir
àboucdes choies qu’il -execute;
Il faut jufques à-quînze milles
cordes pour monter la plupart
de fès Mefliers, & on ne les
fçauroit voir fans furprife. Apres
vous avoir parlé d’Etofes, de
Jlodes, 6c de Manufactures
[ nouvelles t je croy vous devoir
^faire voir deux Figures habil
lées. Jettez le^yeux fur ce C'a-
jhalier, vous verrez dans fon
[habillement uneparùcdes cho
ies dont je vous viens d'entre-
ï tenir. Imaginez-vous qu’il re-
vient de F Armée, & qu'on Fa
(habillé félon les premières Mc*
; des qui ont paru. Son Habit
eft de ces Draps gris dont je
vous ay déjà parlé , & qui fe
vendent chez le Sieur Gaultier»
»
( Son Julie -à*-corps eft long, &:
fa Vefte un peu plus courte que
j celles qu'on-portoit FEtéder*.
nier. Elle eft brodée de foye
fur un fonds de Satin, ( cen’eft
pas qu'on n’en porte de4phi-<-
fieurs autres Etofes. ), Il n’y.iu
Joint de Modes generales pou?
les Veftes. Les Manches de ce
Cavalier fontà l‘ordinaire, avec,
un fort grand Nœud de Ruban
large. Ses Gants font de Frange
de la couleur de fa Garniture-
&C fon Nccud d’épaule ftceluy
dé fon Epée font larges & bro_
dez-pafîez , avec une grande
Frange au bord. Son Baudrier
eft brodé de foye fur un fonds
de la couleur de fa Garnirure.
fon Echarpe eft de Point
d’Efpagne. Il a un Manchon
de petit gris, (' on n’eft pas feûr
que cette Mode continue, mais
il eft certain que les Marchands
le fouhaitent, & quaih en ont
fait faire beaucoup.) Son Cha
peau eft petit j 6c garnv dïm
Bouquet de Plumes. Il eft de
Caftor gris blanc, & ras. Ôn
porte auflï de petits Caudebecs
noirs, légers, Sc maniables. La
Perruque que vous voyez eft
encor à la Cavalière, 8c laCre*
vate eft de Point de France.
Je ne vous dis rien des Defleins
de ce Point, puis qu’ils n’ont pas
changé depuis que je vous en
ay parlé. Les Bas de ce Cava
lier font roulez, fes Boucles
d’or, 8c fes Souliers luftrez.
C'eft aflez vous entretenir de
ce qui regarde l’ajuftement des
Hommes ; il eft temps de vous
parler des Dames, Il n’yaencor
rien de changé à leurs coë
res j leurs cheveux font tou
jours moitié crêpez Sc moitié
boudez, ôc fort feparez dans le
milieu du front, Elles mettent
ordinairement deux Cornerez
de Point à la Reyne, on de foye
écruç, & fort rarement de Point’
de France, parce que le Point
clair fied mieux au vifage. La-
petite Cornéte fraizée qui en
approcheleplus, eft notice d'un
Ruban fous le menton, La fe.J
conde qui accompagne la pe
tite, eft plus longue • & l’on
mec au basde la croifiéme ap-j
peilée la-grande, deux Nœuds J
négligez, On noue-fur la tefteï
un Ruban large Sc tournant/O
La première Cocffe eft dePoint
de mefme les CorneEes?, .& laû
fécondé de Gaze double. Tout-
cela fe voit dans la Figure de :■
Femme que je vous-envoye, fur!
laquelle vous n’avez qu’àjecten
lesyeux. La forme de fon Man4
teau eft à l’ordinaire. II eft de
grosSatin de,Florence, couleur
de Mufc, brodcdefo.ye.de cou
leurs modeftes, qui font le vio,-
1er, le gris delin,'& la couleur
de Prince. H y a un peu de
blanc méfié parmy ces cou
leurs. Sa Jupe eft d'un gros
Satin d’un blanc un .peu laie,
brodé de foyes bleues & vio
lâtes, & de couleur de Prince
& de Mufç. Il y a en bas une
grandeDentelle de foye rebro-
dée&pliflee. On-met toujours
un double rang de Point aux
Manches, 8c des Manchetes
doubles, JLes devans des Man
teaux font retrouflez de Nœuds
dePierreries. On brodelesSou
liers de .grands fleurons or 8c
argent j 8c les Manchons des
Dames font faits de tiffu &. de
pluche. On met de gros N ccuds
de Ruban fur ces Manchons;
J’ay oublié à vous marquer
que les Habits de fatigue des
Hommes font deFrize d'Irlan
de, & qu’on en porte beau
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